Mainmise, 1 janvier 1974, décembre
j — parlez plus fort, je vous entend! mal.j Rédaction, administration, circulation, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 rue St-Denis, Montréal 129, Province de Québec Téléphone: 843 4792 Dépôt légal 3e trimestre 1974.MAINMISE n'est pas responsable des manuscrits et dessins que nous* recevons.MAINMISE est pour la légalisation de la marijuana.Courrier de deuxième classe, numéro 2511.Port de retour garanti par MAINMISE.' MAINMISE est On magas'ine mensuel publié sous l'inspiration directe de Pénélope.Le premier numéro a vu le jour en octobre 1970 (en plein milieu des événements que nous connaissons).Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Directeurs: Roland Vallée, Georges Khal Et Michel Bélair.Distribution exclusive pour l'Amérique du Nord: Distribution ECLAIR, 8320 Place de Lorraine, Anjou 437 Québec.Téléphone: 353 6060 or/0 Alors ce mois-ci, alors, c'a été LE mois s on s'est rincé le médium jusqu'à ce qu'on éjacule des pleurs.On a ri (beaucoup) avec, sur, et DE nous (surtout).On avait décidé de faire un numéro sur la communication.Tellement sérieux un truc pareil.Donc » danger.Donc t compensation.Alors on s'est braqué un vidéo sur nouzaute pi on s'est regardé faire.Parce uqu'au fond, on s'est vite rendu compte que le numéro sur la communication serait en réalité un numéro sur les MEDIA de communication.Or comme on est nous un médium, on s'est mis dans le bain.Vous aurez donc droit à une anatomie de la boîte.Une décou- verte î mademoiselle Errata Kleinform.Qui ?Ben, errata, parce que les erreurs, c'est pas ce qui manque ca peffinet toujours de rirei kleinform, parce que iMfp"\ér c'est une nouvelle méthode de lecture de la réalité T\vîS-' qui consiste à imaginer n'importe quoi sous la forme ftj^T» d'une bouteille dont le goulot revient sur lui-même et pénètre dans la bouteille dont il est issu.Mais pas plus là-dessus i vous trouverez dans le numéro un article sur la kleinform et, cachées un peu partout, des centaines de kleinform verbales ou graphiques.Une fois qu'on a catché le truc, on se met a en voir partout et à en créer sans arrêt.surtout lorsque l'assemblée est stone et que la conscience de soi (qui est LA kleinform par excellence) se met à faire surgir l'humour de partout et de nulle part.Bon, voilà pour la demoiselle.Michel Trahan, toujours à la hauteur de son médium radio, est venu vous-nous supplier d'atterrir dans la réalité québécoise et de nager dans les ondes audio i avec des ailes.Donald Turcotte a fait le magicien et a rempli ses pages sur le Vidéo de recettes alchimiques et de techniques shamaniques i comment devenir le régisseur absolu dans cet insensé studio de télévision qu'est notre cerveau et notre corps.Georges qui n'arrête pas de voir la tradition orphique jusque dans de vieux cartons d'allumettes s'est ballade jusqu'à Toronto pour y rencontrer McLuhan père et McLuhan fils.Pi la mère Michel nous a fait une superbe traduction d'un merveilleux texte sur la guérilla cybernétique (la kleinform est là).Bonne (autre) nouvelle « Gérard Lambert va dorévavant s'occuper de la chronique des disques i on espère que ca sera très stable et que les mois prochains il aura beaucoup plus de pages que ce mois-ci.A part ca, ca continue très bien « votre coup de pouce de septembre a projeté la fusée MM au-delà de l'enlisement.Toute la maison s'en ressent et sans fausse pudeur on avoue que et la boîte et l'équipe s'est embelli (singulier voulu).Alors pou'Noël, on vous dit ce que vous savez de toute façon : on vous aime, on s'amuse avec vous à distance, on espère que vous rirez.Le 25, fumez ou droppez en pensant à nous.Et nous ici, on en fera autant.Ce sera une ben grosse, une géante kleinform pour célébrer la naissamce du soleil.sz O T3 3 0) *.^.• A.„ BIEN SUR, VOUS L'AVIEZ DEVINE! «vô-US.IWXujOa»t«V(A Cl *i*M-CA.La bande dessinée figurant sur la L& VtOuv-ljZJti Cxvwjvu'okLAJL d- t*-~ /t couverture du numéro 41 était une 10^ *0y\AJU nM^^ftw./ realisation de Gilles SAVOIE et les .Til" • 1/'I è.Z l^'xTn *S deux strips non identifiées de la page v*C.U «Juv^A^feM/ftWiC." 54 ,,oeuvk de Rober, THERIAULT.MAINMISE 1 Mes deux dernières chroniques, sur la culture des petits fruits au Québec, auront peut-être paru un peu trop spécialisées à certains.Disons qu'à part le fait qu'elles constituaient un document unique sur le sujet, la Mère Michel (qui a perdu son chat pour en retrouver douze) se trouvait en transit (et a donc du utiliser du matériel déjà accumulé).En effet, elle quittait, après un an et demi de travail, d'études et de.continence, la campagne.La regrette-t-elle?Mais non, puisque la voilà revenue à Montréal "en ville" et à Mainmise où elle oeuvre maintenant à plein temps et où, àl'instar de Flaubert, elle s'écrie à tout bout de champ: "La Mère Michel, c'est moi!".Il lui arrive parfois de pousser un gros soupir en songeant à ses chers petits bois perdus.Au parfum extraordinairement cochon de la sève des érables.etc.etc.Mais quoi?L'hiver ne va jamais plus loin que le printemps.Et comme le disait Verlaine, "l'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable".Les légumes d'hiver Si j'ai choisi de parler aujourd'hui des légumes d'hiver, c'est que je crois que ce dernier sera dur et long.On l'ignore peut-être: certains légumes, gardés dans les bonnes conditions, peuvent se conserver pendant huit mois.C'est à dire le temps de faire le joint entre la fin des récoltes de l'automne jusqu'aux premières récoltes du printemps (les dernières récoltes — salsifis, chicorées, choux de Bruxelles, poireaux etc.— ont lieu à la mi-novembre; les premières — cresson, oseille, chicorée, pissenlits sauvages etc.— au jeune printemps).A noter en passant les cas uniques du panais et du salsifis, qui, plantés tôt au printemps d'une année peuvent passer l'hiver en terre et être récoltés le printemps de l'année suivante.On peut toujours congeler ses légumes ou les mettre en conserves.Ces deux méthodes comportent de nombreux désavantages.En congelant ses légumes — c'est à dire en les maintenant au point de congélation, 32-35F.— on s'expose, advenant une saute d'humeur syndicale des 12,012, à les perdre tous d'un seul coup, surtout si on est en voyage.Je ne parle même pas ici du coût du congélateur et de la dépense en électricité.Quant à la mise en conserves, elle exige: 1.Un investissement financier très lourd.2.Bôôôcoup (prononcer à la Jehane Benoît) de temps.3.Une fidélité spatiale qu'on n'a peut-être pas et qui permet aux agences de collection de vous repérer très rapidement.Elle implique en outre: 1.Une acidification vénénifiante des produits.2.Une perte en vitamines des produits (la C surtout).Je vous la recommande faiblement.2 MAINMISE Charte de Conservation des Légumes du Québec Légende: F: FRAIS, CH: CHAUD, S: SEC, H: HUMIDE.SOUS LE SABLE: Enfouis dans du sable sec ou de la mousse de tourbe à une profondeur suffisante pour inhiber la germination.CIRES: Enduits complètement de paraffine chaude ou, mieux, tiède.La paraffine comme le sable agissent comme isolants.Se conserve dans ces conditions de cette manière.ail blanc; 4-6 mois F.S.SUSPENDUS, EN CHAPELETS.AIL ROSE: 6-8 mois F.S.SUSPENDUS, EN CHAPELETS.BARDANE: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.BETTERAVES: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.CARDON (RACINES): 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.CELERI: 3-4 mois F.H.SOUS LE SABLE.CELERIAC: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.CERFEUIL BULBEUX: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.CHOUX D'HIVER: 4-6 mois F.H.SUSPENDUS, LA TETE EN BAS.CHOUX DE BRUXELLES: 4-6 mois F.H.SUSPENDUS, LA TETE EN BAS.CHOUX-RAVES: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE, OU CIRES.CITROUILLE: 3-4 mois CH.S.40-60F.SUR DES ETAGERES.COURGES D'HIVER: 3-4 mois CH.S.40-60F.SUR DES ETAGERES.CROSNES DU JAPON: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.FEVES SECHEES: X mois S.EN BOITES DE METAL HARICOTS SECHES: X mois S.EN BOITES DE METAL.MAIS: 3-4 mois F.H.SUR DES ETAGERES.NAVET: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.OIGNONS: 6-8 mois F.S.SUSPENDUS, EN CHAPELETS.PANAIS: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.PERSIL A RACINES: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.POIREAU: 4-6 mois F.H.SOUS LE SABLE.POMME DE TERRE: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.RACINES POUR FORÇAGE: CHICOREE-ENDIVE: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.CHICOREE SAUVAGE: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.PISSENLIT: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.RHUBARBE: 8-12 mois F.H.SOUS LE SABLE.RADIS D'HIVER: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.RAIFORT: 8-12 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.RUTABAGA: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.SALSIFIS NOIR OU BLANC: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE OU CIRES.TOPINAMBOUR: 6-8 mois F.H.SOUS LE SABLE.POMMES D'AUTOMNE: 3-4 mois F.S.ENVELOPPEES INDIVIDUELLEMENT POMMES D'HIVER: 6-8 mois F.S.DANS DU PAPIER-JOURNAL.xïllél/lt/ NOTE: A noter qu'au moment de leur mise en conservation, les légumes doivent être entiers et le plus parfaits possible.Toutes les racines doivent avoir été coupées au collet et débarassées de leurs radicelles.NOTE II: Pour méthode de forçage des racines de chicorée et pissenlit, revoir Mainmise 36.NOTE III: Ne jamais envelopper les pommes dans de vieux Mainmise.Employer les feuilles de n'importe quel autre journal de droite ou de gauche peu importe.A betôt, La Mère Michel.MAINMISE 3 Anatomie d'un médium ou comment 5 personnes peuvent alimenter MAINMISE MAINMISE Christine; Claude Puff-Puff: MAINMISE H.Rolland (Romain) 5 je commence, dans ce numéro, one erode, a développer dans les suivants, et qoe j'ai intitulée ^"j'jq^ grand ckangement "il est l'amour; mesure parfaite et re'inventeé, raison merveilleuse, et imprévus, et i éternité-, machine aimée des qualités fatales / , r ! .,, I il raot compTer désormais avec la \cl|'oOn, cp n'opère qoe sur les facultés qu» president" à la catégorie des phénomènes de Ic3 bOnfë pUVG" jemesois mis à rédiojsr cetexte a partir d'une interrogation sur la «nouvelle col tore" ("contre-culture") interrogation sans cesse déroutée, a la Fin imitante d'être relancée à propos de ce qui se découvre un faux objet d'autant plus faux qu'il réfère à tant de faits "tangibles (dope, communes, yoga, rocK.un etc.inépuisable) / la "nouvelle culture" on dit * nouvelle culture "'pour designer un ojros tas de choses qui ne ressemblent pas trop au htft Carlton ou à l'entrain d'un "organisateur d'élections" Comment V3-t-on s'arranger pour comprendre que, maigre l'échange d'un joint, l'électronicien psychique ne tombe pas forcement d'accord avecVe v'néo-primihT" qui fait cuire son pain dans un four qui n'est plus lexpression même de "nouvelle culture" est d'une platitude abyssale, elle commande la perspective d'un trottoir jonche'de pelures de bananes pourtant, tous ceux qui veo\ent designer l'interminable etc.d'un certain bourdonnement de phénomènes parviennent^ difficilement à s'en passer, à la remplacer, qu' ils «e considèrent oo non "dans le coup" / ce n est pas fauté d avoir chercher d'autres formules ici même, 3 mainmise, on a souvent eu recours au label *|' AlterhSft Sui 3 lG ^eVite de la precision une teiie notvon «tyiiftet un mouvernent oriente à partir d'une disjonction race a un état de Paît perçu comme irrecevable (on pense au "Système'; autre platitude sans borne) bon, nous M'a aux prises avec un grave embarras sémantique j'ai pourtant bien l'intention de parler de kèkchose ! -avec cette pieuvre entre les pattes ?l'idée de nier le problème est une pernicieuse naïveté' un tel embarras fait siqne de plus que d'une tracasserie de mots : il signale on tenace empêchement dans la pensée, les attitudes, noire pensée, HOS attitudes (ce "nous" reste àdé'fïnir) «mes racines *onî celles des sapins et des ëpinettes du Sagoenay" Jean-Roch Simard, le père de Rene' MAINMISE il y a un eFfort, constant depuis les millénaires, pour Pains danser l'Espèce un peo plus haut que te trou où elle enterre ses morts voilà le point qui fait la difference ceux qui traitent les vivants comme des morts, ministres oo pushers, perpétuent one très'ancienne culture," infatigablement rénovée, si l'expression ^-nouvelle culture" désigne on faox objet, ce n'est pas tant quant aux faits socioculturels auxquels elle renvoie, c'est parce qu'elle les confond tous subrepticement"dans une seO le entité' qui, grâce à la magie du "nom" a tout l'air d'exister comme une "personne normale* le fantôme "noovelie culture" n'autorise en Fait que la plus grande confusion seules la complaisance ou l'hostilité'peuvent s'en trouver satisfaites donnons-nous le contentement d'une rigueur sans concession rigueur qui aura à s'éprouver au cours d'une derive à travers la profusion des representations >ndex.ables au fallacieux indice "nouvelle culture" mais avec en main le fil d'une hypothèse formée dan» ia voyance".l'espèce humaine va bientôt" connaître un "grand changement" dans v économie de mon texte., l'expression 'grand chanojetnent" sera graduellement substituable a cette de "nouvelle culture" c'est le'travail"d'une écriture d'opérer les permutations de sens dont l'effet se fait sentir dans la conscience lectn'ce.j'insère dans l'interstice do texte one proposition : noos Sommes pre'sente-tnenv one Fragile micro- société' de marginaux rêWeorsjexpeMmentateors tâtonnants, -reserves* dans une latence foetale poor.notre matrice esi dans l'avenir "question de méthode* •.je parlerai de moi de ."ftotn" c à partir de), et non "aboot" C â propo s de) c est d ' un tet " lieu " C je ) oue j'ai I es me i l-leo*es chances de penser; de communiquer av«c le plus de.justesse adopter cette attitooe- Je communique, è des Compagnons-chercheurs les résultats de s- ans de "laboratoire de poésie pratique* one contribution en forme, de rapport circonstancié et j'enchgîne toudsuite sur la circonstance d'où m'est venu l'idée de "parler de moi" MAINMISE on matin, baiqne'dans le plein so\eil qui metombait de la fenêtre, je parvenais peoà peu à neo-tra\iser l'agitation dans laquelle m Vaitmis IWapaoV, à plusieurs reprises, de démarrer ceqoi ail an devenir le present texte, lorsque Je me laissai complètement aller ao mouvement done rêverie favorite (relation ultérieure suivra) on peu plostawd,»/moment-du de- crescendo, brusque tournant de sensation-, j'en étais a ruminer l'amer "dementi" des faits Côntii différents je "revécus" au second deqr devenu le'témoin'de deux totalités de conscience bien distinctes l'une de \autre en cours de découverte, je parvins à identifier °.de ces totalités je voyais la courbe do mouvement de ma vie depuis Sans : avecqoelte inconscience do processus, je "saute" alternativement d'un momenta l'autre méconnaissance du sauf celte Fois, je "Voyais" l'enchaînement dans le discontinu, je tenais l'obscur interstice, la maille qui "file" en chaque moment pour faire basculer, tôt ou tard, la conscience au suivant autre découverte •.le trajet se totalisait aux q phases, ce qui aurait dû être 'a 10e n'étant que le retour de la pre- mièra un mouvement circulaire, mandala d'états de conscience j'assistais au déploiement sphe'rique demon fonctionnement/dysfonctionnement" ojobal, j'apprenais la structure dynamique de ma "roue karmique", comment je suis "programme" un e'puisant carrouset maniaco-dépressif ou un cycle alchimique complet pas queslion de confier la ualeur d'un tel "modèle" nulle d'un point de vue "scientifique" fout à fait arbitraire (pourquoi pas 12., ou 100 phases ?) sa valeur est d'ordre existentiel, fondée dans l'expérience de celui qoi en est le sujet machine de conscience : ça marche, c'est fécond, ça met en formées) le vécu poissant" dispositif à induire le processus d'intégration, d'individua^'on une spirale neurologique efficace une TOUS c^ue j'ai jugée apte a articuler ma reflexion sur le "Grand Changement" q.le redéploiement des pratiques î.leretoor à l'Ordinaire (Q r.la nuit obscure i.la vision d'Utopie (9 2.le dementi de laTealtle' (9 3.la guerilla do bonheur b.la RI.at.on hermét.qoe 1 'lmpasse P*w*«»* ® 5".le rapt schi*ophren»que 8 MAINMISE phase i la vi sion d1 Utopie les phase* l'Avènement du Royaume, Terre Libre) connaître les premiers effets "pratiques de /g cotation -des ouragans neurologiques la Fusion gémellaire, la gloire phase 2 : le dementi de la -réalité" le gâchis de laterre, le Fond de /'Age Noir, l'imminence de la "fin du monde'; la rage apocalyptique transmuter l'un dans l'autre rêve et réalite' la passion politique encaisser magnétiquement les vibrations de /a masse humaine, assumer /a conscience de l'espèce phase 3:1a guérilla do bonheur "il est temps de réagir enfin contre ce qui nous choque et nous courbe si souverainement" témoigner, intervenir partout où c'est possible contribuer au traitement de /a ne'vrose col -lecWe, Faire sauter les interdits, propager /a contagion sexamoureuse, Paire Fùïgurer des pana du monde harmonique phase 4 : l'impasse paranoïaque risques, danejers au-dehors (répression) comme au-dedans ( intoxication au contact du noyau noir de l'inconscient géo-social) vivre des situations-limites (à l'horizon : suicide, prison ou psychose) de toutes façons, subir l'insurmontable, se heurter à l'inertie, suffoquer phase 5'.le rapt schi?ophre'nïque "ils nets tueront pas plus que si tu étais cadavre" je suis un extraterrestre, un anqe, en mission sur terre une fois mon 'programme" accompli, je réintégrerai ma sphère d'origine j'a,' des "guides", dont le principal est un enfant Terra IL, l'ess amour phase Q> ¦¦ la Filiation hermétique remontée aux temps de /a Grande Pyramide j'appartiens à une lignée d' "inities" un waste plan h isîori al-cosmique dans lequel j'ai ma fonction à remplir une occulte commun au te'd'é-lus s'est donné rendez-vous aujourd'hui, pour être k Ferment de 'a terre nouvelle (es hommes ne forment qu'un seul Homme__le Soi, le Noos, le St-Esprit phase"'-, la nuit obscure le black-out, la chute dissolution de toutes les images —1 la Face cachée de la i-one, 'a poigne placée de Saturne toute la série : doute, désarroi, confusion, angoisse, désespoir.humour noir et fier entêtement de la fblie Fatigue, enfantillages-bouées phase S ¦• le retour è l'Ordinaire suspension d'intellect et de volonté, l'immobile station dans le rien regression foetale au Vide tonique 3 même le souffle je m'alimente à la Mère Vie "j'ai fait confiance à ta totalité' du reel" réintégration au Tao, à l'Ordre cosmocrgtiqoe attention au plus proche, au quotidien humour blanc l'innocence, la "souveraineté" phases ; le redéploiement des pratiques bondées sur la racine du Vïde tonique, entre autres celles-ci.'a commune, l'écriture, le "laboratoire de poésie pratique" contacts, rencontres, collaborations les projets de village) l'entrain de repartir, de pro doing, de changer *sonne sonne la sonnette et entre dans la kitchenette" (la grand-mère ao p'hr Chaperon rooge^ sUife au prochain numéro P3ul chamberland MAINMISE 9 10 MAINMISE MAINMISE lorsqu'un prophète , de la mutation un mutant ^^ de la prophétie A A.- OU V.du jeu de mot • • • J—-f aT« c par Georges Khal comme moyen de transport visite à McLuhan, père et fils Les limites de mon langage signifient les limites de mon propre monde.Je suis mon propre monde, le microcosme.Le sens du monde doit se trouver en dehors du monde.Ce qui est mystique, ce n'est pas comment est le monde, mais le fait qu'il est.Contempler le monde sous l'angle de l'éternité, c'est le contempler en tant que totalité rrçais totalité limitée.Le sentiment du monde en tant que totalité limitée constitue l'élément mystique.Il y a assurément de l'inexprimable.Celui-ci se montre, il est élément mystique.Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.Ludwig Wittgenstein "Vois-tu, papa, le professeur McLuhan dit que l'environnement que l'homme se crée devient le médium qui lui servira à y définir son rôle.L'invention de l'imprimerie créa la pensée linéaire ou séquentielle, qui permit de séparer la pensée de l'action.Maintenant, avec la télévision et ia musique rock, la pensée s'est rapprochée de l'action, et un plus grand engagement social est possible.Nous vivons à nouveau dans un village.Saisis-tu? personne ne lira cet article.Je pourrais donc y mettre n'importe quoi et m'en tirer honorablement.Je pourrais.Mais non, j'y mettrai des raisonnements pieusement recueillis à Toronto la pure pour vous prouver, ô inexistants lecteurs, que c'est l'article qui vous lira.Si c'est là une grave offense au sens commun, ce n'est pourtant qu'une autre façon de dire que le médium est le message.A un deuxième degré, cela revient à dire que le messager EST le message.Le coup du miroir.Mais je rêve, mais je piétine et je reprends tout le morceau depuis le début.Projetant un numéro sur la communication, l'idée nous vint d'interviewer Marshall McLuhan, ce pape pop de la prophétie électronique.Mais n'interviewe pas un pape qui veut.Un contact bien placé à Ottawa m'obtint d'assister au séminaire public que tient McLuhan tous les lundis soirs dans le salon du Center for Technology and Culture qu'il dirige à l'université de Toronto.Pas plus, car le gentleman n'est pas du genre à qui l'on pose des questions.Restait son fils, Eric McLuhan, collaborateur du père, que je connaissais par le biais d'un article paru dans une revue d'aviation sur ses recherches dans le domaine des pyramides.Or comme les pyramides nous intéressent à MM et que j'étais curieux de connaître la perspective du fils sur les travaux du père, j'obtins de pouvoir parler au fils.Je pars donc par un pluvieux lundi après-midi, gorgé de café et de livres.On ne dort guère dans un Voyageur sinon que par un masochiste effort pour se déplacer trois vertèbres et tordre vingt muscles.Je préférai dans une tension fébrile (le café) parcourir les 14 livres que j'emmenais pour y trouver de quoi alimenter les questions de la conversation.Ce fut un déluge de flash, d'intuitions, de citations, de considérations, à tel point que je me demandai pourquoi diable j'allais à Toronto.Le séminaire de McLuhan commençait à huit heures du soir.J'arrivai au terminus à 8.15, et sur les ailes d'un taxi, j'atterissai au Center à 8.30.Eric me reçoit et me fait passer au salon.C'est plein, bondé full tight.Cinquante personnes assises en cercle, la moitié par terre, se retournent vers moi.Je gèle sur le seuil (dieu merci j'avais pas fumé de joint) jusqu'à ce que la voix de Marshall m'invite gentiment à trouver une place dans ce chaos ordonné de corps.Je spotte mon spot et m'y engouffre avec une agilité que j'espérais toute québécoise: the medium is the message.Le séminaire reprend.Devenu invisible, puisque j'étais maintenant à ma place, je braque mes microscopes sur l'assemblée et commence une longue série de panoramiques assortis de gros-plans zoomés.Un bien beau cirque, ou plutôt un salon littéraire du XVIIIe siècle, avec juste assez de débraillé pour apaiser la conscience radicale de l'assemblée.Au moment où je suis arrivé, McLuhan parlait de l'emploi du latin dans la messe catholique, de son rôle incantatoire et méditatif: étaient-ce là les vertus d'une langue que l'auditoire ne comprend pas?Par implication, l'emploi du français ou de l'anglais, langues que l'auditoire comprend effectivement, détruisait la magie d'une cérémonie sacrée.Et on passe au suivant.Chacun des invités se présente à tour de rôle et résume en quelques phrases son activité du moment, ses préoccupations, la raison de sa présence ce soir.McLuhan pose des questions, commente, part dans un trip étymologique, y va de quelques blagues; d'autres interviennent et quelquefois une discussion s'engage, et on passe au suivant.Il y a là des auteurs, des bio-chimistes, des étudiants de doctorat, des cinéastes, des recherchistes en vidéo, des ingénieurs en télécommunication, des cartographes du gouvernement.Je me concentre sur McLuhan.Il est très grand, très à l'aise, très brillant.De toute évidence, il est le focus de la soirée et son animateur monarchique.Il intervient souvent, avec une façon d'interrompre qui me fait penser aux interventions d'un musicien dans la ligne mélodique d'un autre musicien.Les jeux de mots fusent sans arrêt; ce n'est pas là un jeu, c'est une méthode.Le calembour devient, par la magie des ressemblances et le comique des recoupements, l'instrument de la découverte incandescente.Pensée stone et théorie des flashs: le môsieur a-t-il fumé?A plusieurs reprises, il corrige ce qui lui semble des énormités dans la bouche des invités.Par exemple, chaque fois que quelqu'un parle du "contenu" d'une phrase, d'un livre, d'un film, d'une annonce, d'une religion, il intervient aussitôt et déclare avec MAINMISE 13 un ton qui n'admet aucune réplique, comme s'il s'agissait là d'une si évidente vérité, "the content is always the user, it's the user who's the content of any medium." Au début, je ne comprends pas: l'évidence trop énorme de cette phrase trop courte (user = content) m'échappe.Je fouille ma grammaire mcluhanienne.Tout à coup j'y suis: c'est le fait de lire un livre qui a un effet sur vous et non pas ce que vous y lisez, ce qu'on appelle le "contenu" d'un livre.Par conséquent, selon lui, le contenu d'un médium c'est la personne qui perçoit ce médium, qui y consacre toute son attention, et s'ouvre par là même à une action continue de la structure d'un médium.Quelqu'un qui lit est influencé par l'imprimé, les mots séparés, l'alphabet, la lecture de gauche à droite et de haut en bas; quelqu'un qui regarde un film est influencé par la salle obscure, l'écran brillant, la superposition 24 fois par seconde d'images sur la rétine; quelqu'un qui regarde la télévision déchiffre neurologiquement de milliers de petits points blanc ou gris ou noirs balayés incessamment sur le canon électronique du tube-écran.Le contenu, ce qui se fait "pétrir" par un médium c'est l'usager du médium.Nous pensions être le sujet d'un livre, alors que nous n'en sommes que l'objet.C'est plutôt raide à prendre et encore plus difficile à admettre.La planète McLuhan n'est pas d'accès aisé.Dans les paysages lunaires de notre architecture industrielle, McLuhan apparait soudainement, déguisé en fou du roi et ruisselant de calembours perpétuels.Plus encore, il ose avec un brio qu'on ne lui pardonne pas en milieux littéraires nous rejouer la fable de l'empereur qui est tout nu et de l'enfant qui est le seul à le voir.MAIS A L'ENVERS.Vous pensiez, dit-il, que l'empereur est nu, mais moi je vous dis qu'il est habillé de la tête aux pieds de vêtements électroniques que vous ne voyez même pas: remplacez votre oeil par votre oreille et vous "verrez" une mer d'énergies et d'informations électroniques qui vous entourent de tous côtés.Son argument le plus puissant parce, que directement organique et directement écologique: les poissons savent-ils qu'ils sont dans l'eau?Comment pourraient-ils être conscients d'une chose qui les entoure de partout et qu'ils ne peuvent différencier d'avec rien?Nous, humains, baignons dans un environnement de télé-communications et d'informations invisibles qui deviennent par le fait même notre milieu naturel de vie mentale et, surtout, neurologique.J'étais venu, moi, inexistant délégué mainmi-sien, pour le surtout.Parler de mutation est une chose et MM ne s'est jamais gêné.Autre chose est de la prouver.Le succès de McLuhan dans les milieux de la contre-culture et chez les étudiants en média semblait moins venir du brillant de sa théorie que de la justification implicite qu'il amenait de la contestation de toute la structure sociale et psychique de l'Occident.Si les media nous affectent neurologiquement et déterminent toute notre représentation de l'univers, il importe fortement de le savoir et d'en devenir conscients.Si notre civilisation vit dans une myopie si épaisse qu'elle ne se préoccupe que des causes, il urgait qu'elle se penche de plus près sur les "effets" de ses gestes.L'empoisonnement de notre environnement trahissait directement notre incompétence totale et notre ignorance fondamentale des feedbacks écologiques.Alors quoi?J'étais venu pour le surtout et je n'ai pas pu placer un mot.Déjà, il était dix heures et demie et il fallait arrêter la ronde des invités.On se lève et lentement la salle se vide.Je me tiens près du grand Marshall qui cause paisiblement avec des amis qui le saluent, mais je n'arrive pas à trouver l'énergie pour même tenter de lui adresser la parole.Zut tant pis so what, je vais trouver Eric et nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain à dix heures.Je sors; il pleut toujours.Je trouve un téléphone et appelle un abonné de MM à Toronto.Au deuxième téléphone, je tombe sur Jean M.qui, très chaleureusement, accepte de m'héberger pour la nuit.Par merveilleuse chance, il habite à deux rues de la cabine téléphonique, au 21e étage d'une habitation coopérative d'étudiants.J'y cours, j'y monte et c'est la chaleur d'un intérieur ouvert et le sourire d'amis accueillants.Jean est étudiant de médecine, se spécialisant à Toronto en pédiatrie et plus précisément en hématologie, le sang.Nous parlons de ce qu'il fait et soudain je me rends compte à quel point ce qu'il me raconte doit nécessairement s'insérer dans ce voyage à Toronto.S'il y a mutation, comment le corps social réagira-t-il?Jean me parle de greffes d'organes sur les enfants et des problèmes énormes qu'engendrent ces greffes.Introduire un organe étranger dans un organisme, c'est réveiller dans ce dernier tout le système de défense et de protection Nous ne pouvons échapper au fait que l'univers que nous connaissons est construit dans le but (et ainsi, de telle façon à pouvoir être capable) de se voir lui-même.C'est cela qui est vraiment stupéfiant.Pas tellement pour ce qu'il voit, même si ce qu'il voit est déjà bien assez fantastique, mais à cause du simple fait qu'il puisse voir tout court.G.Spencer Brown 14 MAINMISE (ce que la médecine appelle l'immunologie), et assister à l'expulsion et au rejet radical de l'organe greffé par l'organisme freaké.Réussir une greffe nécessitait donc de réduire à zéro tout le réseau immunologique de l'organisme par une manipulation savante à l'aide de médicaments.Dangeureuse manoeuvre, car elle rend l'individu extrêmement vulnérable à tout microbe, bactérie ou virus malin désirant s'installer au chaud.Il arrivait quelquefois que ce soit l'organe greffé qui rejette l'organisme où on l'a transplanté.C'est le cas dans les greffes de moelle épinière qui peut elle-même sécréter des anti-corps et qui possède un mécanisme de détection.Au-delà du sérieux médical du problème, il y avait aussi l'image très drôle d'une partie "pensante" qui rejette le tout.S'il y a des mutants dans un milieu plus nombreux qui par définition n'est pas mutant, le tout allait-il rejeter la partie?A quel point le milieu social est-il tolérant d'une mutation interne?Et vice-versa: les "mutants" pensants (praxisés) allaient-ils rejeter dans une guérilla incessante le milieu social dans lequel ils baignent?A quel point la mutation est-elle tolérante du milieu social?Les Grands Passages sont liés à la destruction des formes.En quoi ils se différencient des révolutions, où ce qui existe est transmué; l'être est affecté plus profondément que dans les couches où s'opère la mutation.Le plasma sans forme et sans différences est tiré du tréfonds et ses pouvoirs originels s'activent; à notre époque de changements la matière elle-même dévoile ses forces nouvelles.Ernest Junger m 1 \:-rS:L .Le lendemain, à dix heures, je suis au Center pour y rencontrer Eric.C'est lui aussi un grand garçon, aimable, plein de l'assurance mcluhanienne.Sa journée étant très chargée, il ne peut me consacrer qu'une heure, et moi qui ai quarante questions! Je me lance donc à l'abordage.Quel rôle joues-tu auprès de ton père?"Je suis tout simplement un assistant de recherches et je m'occupe avec lui du Center for Technology and Culture.J'ai mis sur pied certaines expériences et j'ai participé à des études sur la perception sen- sorielle.J'ai aidé aussi à monter le studio d'enregistrement électronique du Creative Electronics College qui fait partie du campus de Toronto.A ce sujet, les québécois seraient bien intéressés par ce collège, parce qu'étant un peuple extraordinairement sensible auditivement, il serait très à l'aise dans un tel environnement.Du reste, le Québec possède parmi les meilleurs studios d'enregistrement au Canada, et il existe une connivence très forte (dynamic relationship) entre l'audience québécoise et l'industrie artistique.Il y a là une cohérence et une intégrité qu'on ne trouve pas ailleurs." MAINMISE 15 Qu'essayais-tu de réaliser dans le Creative Electronics?"D'abord j'étais une espèce de tampon entre l'administration et les étudiants, assez spéciaux parce qu'on avait surtout choisis des "drop-outs" des autres facultés, des instables ou des inadaptés académiques qui avaient justement beaucoup plus de chances d'être "créatits" et innovateurs.Il s'agissait surtout pour moi d'éduquer la sensibilité de mes étudiants envers le médium qu'il utilisait, de les rendre conscients des eflets du médium.L'éducation se tait à partir de l'étudiant et non à partir de l'école, c'est du CORPS même de l'étudiant et DANS son corps qu'on peut lui apprendre les formes de perception.Le corps est le grand entrepôt de toutes les inventions possibles." Le monde et les êtres peuvent aussi être envisagés en eux-mêmes, comme existant à part, comme exprimant, par leur configuration extérieure, leur essence individuelle; de là, chaque chose porte en son extérieur, en son corps, la "signature" par laquelle nous pouvons juger des forces et qualités qu'elle recèle, ce qui nous permet, en inspectant, par exemple, une plante ou un cristal de savoir d'avance, par sa "signature", ses propriétés médicales.Paràcelse Quelle technique emploies-tu dans cette éducation de la perception?"C'est toujours la même chose: j'applique, nous appliquons une analyse de structure: nous étudions les rapports entre les objets plutôt que les objets eux-mêmes.Ce n'est rien de nouveau, c'est une technique que nous ont enseignée les poètes et les artistes, ces "antennes de la race".Ce genre d'analyse structurale n'a rien de logique au sens traditionnel, elle ne sert en fait qu'à dégager la "métaphore" de chaque médium, sa façon bien à lui d'agir; et cette "métaphore", dégagée de l'observation de la structure, sert comme abréviation du médium et de sa structure." "Quel rôle ont joué les poètes et les artistes dans cette histoire?"Ce sont les poètes qui ont été les premiers structuralistes, surtout ceux de la fin du XIXe et du début du XXe.Des gens comme Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, les Symbolistes, Joyce, Eliot, Pound, se sont intéressés beaucoup plus aux effets de leur poésie sur le lecteur: comment agit la littérature.Et ils se mirent à jouer avec les structures de ce qu'ils écrivaient, à devenir conscients de la torce effective qui se dégagait du médium qu'ils employaient." Pourquoi t'es-tu intéressé aux pyramides?"Cà, c'est fascinant.Encore là, avec les pyramides, je n'ai fait qu'appliquer la même technique: une analyse de la structure, point.Ce qu'il y a de littéralement incroyable avec les pyramides, c'est qu'elles engendrent des effets qu'elles ne sont pas du tout supposées avoir, selon la science.La science dit: si l'on regarde et étudie une pyramide objectivement, elle ne peut absolument rien taire par elle-même.Et c'est pourtant tout le contraire: quiconque s'est renseigné sur le sujet ou a simplement expérimenté avec une pyramide en carton sait qu'une pyramide a des effets bien spéciaux sur ce qui se trouve à l'intérieur.Pour ne citer que les expériences les plus connues une pyramide peut aiguiser les lames de rasoir, elle empêche les corps organiques de se décomposer à l'intérieur d'elle-même, etc.Cette contradiction entre la science et les effets de la pyramide est bouleversante, parce qu'alors se pose la question: qu'est-ce qui provoque ces effets?et bien évidemment c'est la structure de la pyramide, c'est la forme, la "façon" dont elle est faite, les rapports géométriques de sa structure c'est ça qui provoque les effets." 16 MAINMISE Ça recoupe admirablement les études sur les médias! "Exactement.Une analyse de structure nous révèle que TOUT a un effet, et que cet effet est dû à la structure du médium et non au contenu.La pyramide a toujours les mêmes effets, qu'elle soit en carton, en vitre, en pierre, en plastic, en tissu, etc.Alors une fois qu'on sait ces choses sur les pyramides, on se dit: les gens qui les ont construites savaient exactement ce qu'ils faisaient, parce que qu'ils les ont construites avec un souci maniaque de précision.Et ce n'est certainement pas des tombeaux qu'ils construisaient.Alors quoi?qui étaient-ils?pourquoi ont-ils construit ces extraordinaires générateurs?que savaient-ils que nous ne savons plus et que nous commençons très lentement à redécouvrir?Il y a là de terribles questions et je pense que les réponses à ces questions vont provoquer un choc profond dans la conscience de l'humanité." McLuhan dit qu'une nouvelle technologie entraine toujours une guerre.Quel effet aura cette redécouverte des propriétés pyramidales?"Une guerre bien sûr.Et pas une guerre dans le futur; la guerre a déjà lieu, elle nous entoure.Toute nouvelle définition du genre humain provoque de terribles tensions et ça se traduit par des conflits à tous les niveaux." 2 FLÉAUX {[jj1 LE BOCHE TUBERCULOSE l'aigle boche sera vaincu LA TUBERCULOSE DOIT L ÊTRE AUSSI Commission Am«pic«ined^^»«rv»ïïonconTi-^^ïbercuïo»«TT^^^c^ Dans une telle situation, qu'essayez-vous de faire, ton père et toi?"Nous essayons d'éduquer la sensibilité des gens d'une façon rigoureuse.On ne peut plus se permettre de myopie ou de cécité, la race a des responsabilités envers les effefs qu'elle provoque par ses actions.L'écologie en est un exemple bien évident.Il f'agit tout simplement d'étudier le processus d'un geste, d'une action, d'un médium et de devenir conscient des effets qu'engendre ce processus.Et c'est là que toutes sortes de questions "structurales" apparaissent, et il importe d'y répondre, sans essayer de s'enfuir ou de s'endormir." L'écologie, c'est la compréhension des conséquences.Frank Herbert L'heure était déjà terminée et d'autres tâches appelaient Eric.Je dus partir, un peu déçu parce que j'aurais voulu poser tellement plus de questions et lui faire préciser plusieurs détails.Dans ces quelques pages de l'article, je ne peux évidemment pas rapporter toute la conversation que nous eûmes, et par une inversion que je voudrais exempte de toute vanité, je préfère ici reproduire la majorité des questions qui n'ont pas été posées à Marshall et Eric McLuhan.Je justifie cette inversion au nom de la mutation, au nom d'une certaine conscience québécoise se posant face au prophète McLuhan et égale à lui dans sa perception de la nouvelle humanité, dans ses recherches personnelles au plus profond de la psyché.Je les liste donc, sans ordre apparent, purement comme une série de symptômes à déchiffrer.Lorsque la gauche marxiste s'oppose à la contre-culture, elle invoque l'Histoire.Lorsque la contre-culture se dit post-marxiste, elle le fait au nom de la Nature.Quels sont les effets de cette opposition entre Histoire et Nature?Un ingénieur californien a découvert l'existence dans la galaxie d'un réseau "biologique" de communication qui contredit absolument toutes les propriétés (espace-temps) du réseau électromagnétique que nous utilisons sur la planète (radiotélévision).Si les plantes sont des médiums de communication, quel est le message de ce médium?MAINMISE 17 S'il y a mutation biologique par le canal de la pollution chimique et bio-chimique, quelle mutation culturelle provoque la pollution de l'information (livres-radio-télévision-cinéma)?Dans une vision cyclique et organique de révolution, nous sommes au novembre de notre civilisation: chute des feuilles, pourriture, mort.Comment voyez-vous le fait que notre génération se pose non seulement comme le fruit de l'arbre, mais aussi, par une synthèse de tout l'arbre, comme la graine de la prochaine race?Le "retour" à la terre" se fait parallèlement à un "retour au corps".L'électronique et la psychique du corps sont devenues une préoccupation alchimique.Quel est le message du corps en tant que médium?La théorie mcluhanienne pose une explosion-création au point exact de rencontre de deux disciplines isolées ou de deux domaines distincts.Si l'on fait recouper au même endroit TOUTES les disciplines humaines, et qu'on réduit la pluralité de l'univers à UN seul point, à quel genre d'explosion atomique aurons-nous droit?.Les théories cybernétiques en arrivent à poser des méta-programmes (théorie des systèmes généraux) au-delà de toute la programmation humaine.Certains ont appelé ça la "cybernétique du sacré", ou la preuve électronique de la transcendance.Est-ce une nouve Ile superstition?t-a_.i- 3 Dans la pièce Hamlet, le fantôme du père d'Hamlet appraît à son fils et lui donne comme mission de tuer le faux roi qui est sur le trône, l'imposteur.Aujourd'hui, si l'on recoupe tous les grands penseurs de la race: Teilhard, lllich, Watts, Lilly, Soleri, Fuller, Bateson, Freud, Jung, Roheim, Reich," N.O.Brown, Marx, Dansereau, Vadeboncoeur, Frye, McLuhan, et cetera, le message est très net: il y a un imposteur sur le trône (économie-politique-société-psychologie-sexualité), le pouvoir, et il s'agit de le remplacer.Comment voyez-vous cet énorme affrontement entre une vision idéale de l'humanité et les mécanismes sociaux de la répression?McLuhan a écrit: "A l'origine, les choses apparaissent dans une forme opposée à celle qu'elles présentent à la fin." C'est la célèbre théorie du renversement ou de l'inversion.Les Hopis prédisent qu'à la fin du cycle présent les pôles de toutes choses s'inverseront.Le contenant deviendra le contenu et vice-versa.Dans un premier mouvement, le Verbe se fait Chair, et dans un second mouvement, la Chair se fait Verbe.Quels seront les effets de cette inversion globale?A la fin d'un processus, tout s'inverse et le contenant devient contenu, et le contenu devient contenant.Par exemple, jusqu'à pas longtemps, la matière était perçue comme le contenant de la conscience; maintenant, c'est la conscience qui contient la matière.Stô boutte.Jacques Larocque 18 MAINMISE McLuhan écrit: "Le rituel est une forme non-narrative que l'homme lettré traduit en narration romantique et que l'homme électronique retraduit en rituel." Les jeunes qui veulent revivre sous une forme rituelle la nouvelle mythologie cosmique sont-ils des régressifs, des primitifs superstitieux, ou marquent-ils une nouvelle étape de la conscience?L'intervalle entre les choses est l'instrument de l'épiphanie ou de la révélation.C'est l'instrument de l'intuition analogique de l'Etre.C'est l'intervalle résonnant de la musique, c'est le saut quantique de la physique nucléaire.Croyez-vous à une communication cosmique par le biais des Archétypes de Jung?Le Cosmos se révèle-t-il à nous, ou bien ne faisons-nous que l'imaginer?Mous devenons ce que nous contemplons.Blake Castaneda: Peut-être, mais j'ai un copain, voyez-vous (il cligne de l'oeil), il est très fort, il connait tout Quel est le sens du conflit entre la Ville et le Jardin, entre la Technologie et l'Organisme, entre la Machine et le Corps?f Quel est le point de rencontre entre la Loi et la Liberté, entre la Hiérarchie et la Démocratie, entre la Nécessité et l'Imagination, entre la Croix et la Rose?Norman O.Brown écrit: "Tout n'est que poésie.Tout est métaphore, puisqu'il n'y a rien.Le Silence est Tout." Il propose même un retour à l'ETYMologie comme un retour à l'ADAMologie: retourner au début, à la source, à l'Homme premier, un retour au langage muet comme langage originel, à la lecture silencieuse et poétique des formes de la Nature.Si le langage humain ne peut servir qu'à la CELEBRATION de l'univers, pourrons-nous encore longtemps nous en servir comme moyen de COMMUNICATION sans revivre les terreurs de la tour de Babel?McLuhan Que pensez-vous de cette phrase de William Irwin Thompson (tiré de: Devant nous, l'Histoire): "La question: est-ce que la structure existe dans la réalité ou n'est-ce que la projection de l'esprit humain, est bien sûr la traditionnelle question sans réponse de la science.Mais si l'Esprit fait partie de la Nature —, il est plus que probable que les nerfs de la Nature —, il est plus que probable que les nerfs de nos corps et les étoiles du ciel sont accordés à la même clé." Croyez-vous à la communication entre espèces animales et humaines?Croyez-vous à la reprogrammation complète du cerveau humain par lui-même?A la synthèse générale et universelle?à l'alchimie de la matière?au rôle de l'homme comme lien magique et médiateur conscient entre la terre et le ciel?MAINMISE 19 Et cetera et cetera et cetera dans les siècle des siècles amen.Mais vous n'êtes qu'un vulgaire utopique, mon pauvre ami, un médiocre attardé romantique.Cette réponse est tellement prévisible! L'étymologie du mot Utopie nous apprend que ça veut dire: l'endroit qui est nulle part.Charmant.De plus, une étude sur les utopies dégagait deux genres de cette bébite: il y a l'Utopie qui a eu lieu ICI mais il y a très LONGTEMPS, et il y a l'Utopie qui a lieu MAINTENANT mais très très LOIN d'ici.Encore plus charmant.Dans la tradition hermétique, Hermès (Mercure) est le messager céleste.C'est lui qui enseigne toutes les techniques, les arts, les métiers.C'est lui qui apporte l'écriture aux humains et les instruit dans l'art et la science de la communication.Mais à quoi servent tous ces arts, ces techniques, cette science?Elles ne sont révélées à l'espèce que pour qu'elle puisse évoluer et devenir un jour semblable.au messager.A la fin de l'Enseignement, l'élève cesse de se concentrer sur son "devoir" et levant la tête comprend qu'il doit devenir semblable à celui qui l'instruit.Le messager EST le message.(Entendu dans une conversation) Si le médium est le message, si le messager est le message, si l'effet est dans la structure, si le secret est dans la forme, combien de ces "si" nous fallait-il ajouter les uns aux autres pour se donner le droit de croire à l'Imagination comme mère de la perfection et oser transformer la Chair dans une mutation qui nous rapprocherait simultanément du centre de la terre et des étoiles?Dans l'autobus qui me ramenait de nuit vers Montréal, un jeune soldat des Forces Armées Canadiennes, ignorant délibérément mes cheveux longs, me confie son angoisse devant la situation sociale contemporaine: "Il y a un gigantesque complot contre notre société qui travaille par en dedans pour nous renverser: les Beatles, les idées révolutionnaires, les films contestataires, la violence partout, la pornographie, et cetera, tout cela mine lentement notre tissu social." Que pouvais-je lui répondre?Et pendant quelques heures, je lui racontai l'histoire d'une mutation, coincée elle-même dans la gigantesque confrontation planétaire entre la gauche et la droite, je lui racontai la possibilité d'une rencontre du genre 2001, d'une épreuve planétaire qui consistait à trouver l'harmonie, et qu'une telle épreuve voulait dire la guerre, et que seulement en temps de guerre on de répression, les gens éprouvaient-ils cette fameuse solidarité si difficile à éprouver en temps d'abondance, je lui racontai l'extra-ordinaire arrogance et blasphème de la race blanche envers les races de couleur, la bêtise de l'homme dans ses rapports avec la terre, de l'argent qui profanait tout, des oppressions, des aliénations, de tous ceux qui étaient morts et de tous ceux qui mourraient.Dans l'obscurité de l'autobus, un lien s'était créé entre un soldat de droite et un freak de gauche, qui nous abolissait tous deux, car il n'était pas plus soldat que je n'étais quoi que ce soit.Rien n'existait plus que cette trêve murmurée entre deux chevaux broutants ensemble, côte à côte, dans le silence de la nuit.Demain la guerre, demain les uniformes, demain les slogans.Il n'y avait plus maintenant que ce rapprochement entre deux cerveaux convenant de la nécessité de l'harmonie entre les consciences, pas plus.Et ce seul médium devenait notre message, et nous étions à nous-mêmes notre propre message.Car, qu'est-ce qu'il y a d'autre?Personne n'a lu cet article.En portant la certitude intérieure au niveau de dialogue, je ne fais pas seulement don à l'autre de ce que je possède, mais je constitue avec lui une vérité commune, qui est la seule vérité.Sur le plan de la vérité de l'être de l'homme, il n'est jamais fait don de ce que l'on ne POSSEDE pas.René Schérer 20 MAINMISE Parfois je me sens seul, incertain de ma nouvelle voie Car où je vais personne n'est encore allé Et je n'ai personne avec qui partager ce que je vois ou crois voir Pourtant j'en dois convaincre d'autres afin qu'ils me suivent et m'aident; Car leur confiance en moi renforce la mienne propre Qui ne repose maintenant que sursisàmÊké&jjreuves Puisque tout commence. Une réaction d'alarme à "l'état d'urgence" dont parle Robert Charlebois, un de nos frères, m'oblige à prendre le stylo, moi qui est habitué à tenir un micro.Cré trac.Ce n'est pas une joke, on est embarqué, sans radio, sans l'outil nécessaire dans une vie, pour ne pas dire dans un voyage où pourtant l'essentiel part encore des airs (communication).Or, ce qu'on a trouvé entre ciel et terre, il faut le déposer sur terre, le concrétiser.(It's time to get down).Toutes ces belles idées québécoises: théâtre, poésie, chanson c'est bien joli mais sans radio ça ne dure que deux mois au maximum; les créateurs en savent quelque chose.Ce qui manque donc depuis toujours à la contre-culture québécoise, ainsi qu'à la culture tout court c'est ça: la continuité.C'est ce manque qui la maintient marginale, sans quoi, beaucoup de gens auraient compris et nous serions des millions.Why not! La radio de préférence à la télévision a ce don d'improvisation, d'instantanéité etc.; combien de gens ont cherché vainement ailleurs.C'est par la radio que tout a commencé (CKGM-FM-1968); les chansons venaient par ce medium exclusivement.La télévision étant toujours occupée à des choses plus sérieuses du genre: guerres, quizz, hockey.En 1974, ce qu'il faut démontrer, c'est qu'au Québec rien n'a vraiement changé depuis l'avènement de la CC (Contre-culture).Les Anglais nous prêtent toujours quelques minutes sur leur radio et la télévision française est toujours aussi pépère.Les chansons tournent toujours en rond.Nous devons réagir si nous voulons subsister jusqu'à la saison nouvelle.Une radio veut naître.Tous les jeunes québécois quelles que soient leur langage ou leur origine devraient être vigilants à l'avenir concernant certains projets radiophoniques: ils sont essentiels pour écouler nos savoirs, nos musiques, nos poésies.Les créateurs sont tous floués dans leur coin, dans leurs patelins.Une radio; une seule même, pourrait les unir instantanément.Ici dois-je rappeler que créateur équivaut à travailleur et l'effort de chacun mérite qu'on s'y arrête.En 1971, du temps d'LS Radio de Lévis, toute une partie du Québec, malgré les distances, Montréal compris, semblait drôlement en profiter.Cette fois, avec le projet CHAR-FM, nous voulons cogner plus haut: puissance accrue et moyens techniques multiples.Nous serons à Montréal où tout semble vouloir commencer.J'ai en mémoire des discussions à ce propos avec tous les chanteurs-interprètes de Vigneault à Pagliaro, des réunions tenues à la Casanou et ailleurs, des heures pendant lesquelles j'ai pu sentir une vibration issue d'un vaste espoir: celui de s'unir enfin.Il nous faut une radio à tout prix pour réaliser cela.Pour qu'on puisse dire à l'autre qu'on a faim, qu'on a soif de lui.Ailleurs, c'est peut-être entre nous.Perdu à Sherbrooke, Jacques Beaulieu qui est pourtant un radioman averti sait trop bien que le son de cloche doit venir d'abord d'ailleurs.A Québec, la radio universitaire (CKRL-FM) masque le temps d'attente par un mélange de musique et de mots qui ne peut trahir la suite d'LS Radio que les Québécois espèrent encore.A Trois-Rivières, les derniers hips de la radio ont disparu dans la foule.C'est à Chicoutimi qu'un effort va se tenter pour très bientôt (un nouveau poste FM).Mais tout en étant content de cette bonne nouvelle, j'ai bien peur que Chicoutimi soit trop loin de nous et que le temps de rouage nécessaire ne nous amène à notre point de départ: Montréal.Le drop-out en radio doit être calculé.Quand on devine où s'en va la radio de demain, c'est-à-dire vers le contact direct, on peut tout de suite oublier la radio d'hier.L'esprit d'équipe remplacera celui de la compétition.La radio sera guérie, car aujourd'hui elle est dangereusement malade.Trop d'individus travaillent que pour eux-mêmes dans ce métier.Partout, nous voyons des types possédant des aptitudes et qui sont contraints à un travail aliénant: donner l'heure et la météo; ils régressent petite petit et quelques fois, à la limite, laissent tout tomber abandonnant la partie.C'est regrettable, en radio, nous avions besoin de chacun de nous.La relève venant du CEGEP de Jonquière n'est pas suffisante.On y enseigne la radio, mais laquelle au juste?"Tout le monde le fait, fais-le donc", est peut-être le critère de cette usine à génie.Les étudiants au dire des professeurs doivent être prêts là aussi pour le marché du travail.Ce qui les attend à leur sortie n'a rien de trop professionnel.(Il faudrait les mettre au courant).Il n'y a qu'un critère qui compte pour les exploitants propriétaires de la radio privée: l'argent, toujours l'argent.Et eux seuls savent, disent-ils, comment aller la chercher.C'est du mercantilisme, Gilles Proulx a raison.C'est là que les professionnels (sic) devraient intervenir; mal regroupés, ils ne peuvent hélas que soupirer et applaudir lorsqu'un d'entre eux se lève: comme Jean Yanne et son film sur la radio: TOUT LE MONDE IL EST BEAU, TOUT LE MONDE IL EST GENTIL.La radio commerciale a même le culot d'inviter Gilles Proulx à ses micros pour parler de son livre "POUR UNE RADIO CIVILISEE".En trente minutes, on se confesse, on avoue puis, c'est fini.Il y a là un manque flagrant de continuité.Il faudrait donner une radio à Gilles Proulx, il ne faut plus dire, Il faut faire.Et vite, puisque des gens sans gêne capitalisent pendant tout ce temps sur nos chansons et notre avenir.Si, au moins, nous pouvions ici a Montréal sur un total de vingt postes faire une bonne fois le poids, même si nous n'obtenions qu'un seul poste, mais qu'il soit bien à nous, pour tenter une expérience de bon goût par le neuf de tous nos projets.Ce serait la Fête! Telle est notre intention.(Message personnel).Attachez vos ceintures fils de chansons."Soyez sans crainte" si vous êtes un com- 22 MAINMISE positeur ou auteur ou chanteur d'ici.Nous savons très bien ce qui se passe.Vous avez des amis, mais pas assez; et surtout aux endroits où vous en auriez le plus besoin, comme à la radio: c'est tellement beau quand ça veut la radio.Nous voulons vous aider dans votre lutte, puisque c'est aussi la nôtre."Le combat que nous menons dissimule son Nom au Nom de la raison, on se débat, on se déchire, (entre artistes aussi), mais si l'on voit en cela que l'on ne renonce pas, c'est vivre pour vivre".(Claude Lelouch).Nous sommes déjà en place.Avril sur mars, avril, mai, juin.Votre projet CHAR-FM avance-t-il?C'est pour quand?Tous les jours ces questions reviennent, et de plus en plus on sent que les gens considèrent ce projet, leur projet; ils s'interrogent, s'inquiètent et parfois s'agitent.Ceci autant parmi les travailleurs que chez tout le monde.On veut savoir.Coûte que coûte.Premièrement, il faut dire tout de suite qu'un projet de radio FM coûte très cher ($150,000) et que ceux qui ont la tâche de mener le projet à terme sont souvent seuls et travaillent comme des fous à trouver des sous.Une somme nécessaire au départ est déjà trouvée, le reste doit venir bientôt.Deuxième, il faut que le Conseil Canadien de la Radio et de la Télévision dise oui.Ce n'est pas encore fait.La demande s'effectuera aux premiers mois de 1975.On espère avec tout le monde que le gouvernement fédéral acquiescera à notre demande pour CHAR-FM.Après tout, le pouvoir, c'est un peu nous.Nous pourrions être là pour l'été 75 du moins, si tout marche bien.J'ajoute pour ma part que cela me semble bien tard.Il y a si longtemps.Comment allons-nous faire, en tant que québécois face à un auditoire qui s'anglicise depuis six ans.Tout un défi pour une jeune radio.Mais ce n'est rien! Et si, par hasard, on manquait de fric et que le CRTC dise non.Hein! Tous les projets à l'eau.Non! Tout le monde il est radio.Tout ne finit pas là pour moi et ceux qui voudront essayer nous ferons de la radio sans radio.Houba! Puisque la radio semble tirer de la patte: "Faites votre radio vous-même!" Cela sans commerciaux kétaines et sans niaisages.Il est temps! C'est commencé un peu partout.Ouf! Beaucoup de gens sont devenus de très bons disc-jockeys sans avoir mis les pieds dans un poste de radio.J'ai eu la joie d'entendre souvent des émissions-maisons d'une qualité supérieure à celle des radios ordinaires.Pour dire vrai, plusieurs bonshommes possèdent dans leur cave un outillage plus perfectionné que beaucoup de postes professionnels.On peut se procurer, en effet, sur le marché des appareils à faire rêver n'importe quel gars de radio.C'est comme ça que j'ai compris mon avenir: "back home baby".Dorénavant, on peut tout faire chez soi.Et surtout de la radio.C'est certain que beaucoup d animateurs professionnels sont meilleurs à leur gros pick-up chez eux.Ils ont là leur propre choix de musique.Eh bien! vous faites partie de ces gens là.N'attendez pas que l'on vous donne un contrôle dans un poste de radio.Ce pouvoir est déjà entre vos mains, les boutons attendent, trouvez quelques bons disques et quelques amis.Voilà votre premier auditoire.En radio, les premières émissions, on les fait toujours pour des amis, qu'on se le dise une fois franchement.En terminant, désormais ceux qui veulent faire de la radio du type progressif, devraient passer par les discothèques, celles des maisons et les autres plus vastes du genre "Lime Light" rue Stanley.C'est un truc en passant.On y apprend beaucoup de choses.Pourquoi?C'est simple, la radio, du moins la communication qu'on voulait faire au début, peut se faire maintenant sans l'appareillage usuel: antennes, studio, etc.C'est ça la radio sans radio.Ceci en bouleversera quelques-uns qui voulaient jouer tout seul avec ce terrible instrument qu'est la radio, mais le vedettariat est une chose dépassée, périmée et sincèrement inutile.Il y a mieux à faire.¦ : : on s'est vite rendu compte que c\ C* jw^ au fait' cest çà la '°ke maitress ,jt'ûne approbation du Comité de Lecture et des Retus Catégoriques, >st peut-être all in nos minds mais y'a des lois qu'une structure ça aide, i de ce numéro.Journal d'un scribe égyptien (forme romancée) Quoique la table fut rectangulaire, nous décidâmes, cette nuit-là, de faire une table ronde sur la communication.Nous, c'est à dire nous.Pendant que les cinq chats cherchaient les points chauds de la maison, là où s'établissaient les axes magnétiques célestes habituels, nous nous préparions un pot de café fort, de quoi nous attendre à une Pentecôte qui viendra peut-être un jour.Etaient dans l'Affaire les individus suivants — tous et chacun doués d'un moi catégorique mais mou: Claude Fruchier, dit Puff-Puff, Christine L'Heureux, la Seule Femme de Mainmise, Georges Khal, Sleepy-la-Goune, deux Français de France et la Mère Michel.Claude: Puis-je me permettre de faire une synthèse des problèmes.Sleepy: Pour la première fois, de l'humour à Mainmise.! Claude: La dernière fois, on a ri le lendemain.M.Michel: Christine, dis quelque chose.Christine: Ah! je trouve ça tellement sacrant d'avoir quelque chose demain matin.Un Français de France: Amusons-nous! Georges: Quelques blagues que nous vous proposons humblement.Claude: C'est absolument anti-commercial.Christine: J'espère que le restant va être plus drôle.Georges: Un peu de sérieux.Un français de France: Il faut que je pense à ma carrière.Quelqu'un: Combien de pages est-ce qu'il reste à remplir?Un premier joint de hasch va s'allumer.Marocain blond.James Joyce, la tête émergeant d'un sac Glad vert.Dialogue sur l'incommunicabilité entre Bergman (Ingmar) et Antonioni: Antonioni:.Bergman:.Antonioni:.Bergman:.Antonioni:.Bergman:.etc.etc.134 (%.ce esscLM^ sur nciÀS - ôti&d Uk mûtyci rwCU(JU£ /.' ^bu Ji> wm yùlxj Oxocit) Quelqu'un propose que cet article sur la communication soit distribué dans tout le numéro.A suivre.Deuxième joint va s'allumer.Stop.Chacun demeure préoccupé de problèmes particuliers quoique non-individuels.Stop.D'ailleurs nous savons que c'est dans le rêve, c'est à dire l'Utopie que nous formons notre vrai corps mystique, (fin de la forme romancée) Mère Michel: Qu'est-ce que la noosphère?Georges: Hin! (avec un ton Fernand Reynaud).Et voici les pages qui restent.lËiiilItl MAINMISE a cybernétique de la trajectoire type d'une prise de décision dans une bureaucratie hiérarchique.Mode d'emploi: suivre pointillés et flèches.Toutes.Ne riez pas, on ne rit pas avec ces choses là.D'usage courant.psychiatre Femme du Boss Chien du Boss maîtresse du boss 1er directeur 2ième directeur Maire Drapeau s ORDINATEUR I.B.M.DIEU 1 1 Informaticiens J Théologiens 3ième directeur sous-directeur (vacant) I Sous-d irecteur adjoint I bridge le vendredi I «j adjoint thé café chocolat bouillon de poulet let supplément de sucre supplément de lait ?I bureau de recherche,analyse prospective (et statistique) objets trouvés I chef de section sous-chef sous-chef adjoint rien I 0> ait t (0! Sous-d irecteur I adjoint / / A chef de section secrétariat organisateur des party de bureau I comptes décomptes recomptes maréchal des logis délégué syndical -.—1-1_¦ comité d'organisation de l'arbre de Noel _ attachez vos ceintures ¦ a G ¦p w .c o ¦p 2 contrôleur contrôleur du contrôleur atelier de production pommlssion de contrôle élue oar les employés MAINMISE Darwinisme et Mutation f Et si Darwin avait droppé un champignon magique aux Iles Gallapagos, hein?et si on avait retrouvé ces notes dans ses écrits secrets posthumes, hein?des visions en quelque sorte, hein?homo organicus merveillensis (noble sauvage) homo organicus degenerensis (sombre brute) homo technologicus fuckatus (Citoyen adapté) homo technologicus playboyus (macho heureux) 36 MAINMISE I Ci-dessus: V>e.uL&u£ MftfNMtSlEtf: "Mais qo'cst-te
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