Mainmise, 1 janvier 1976, septembre
! .00 SEPTEMBRE 1976 FINDHORN ou quand Pamour fait pousser les légumes Premier texte de Leary depuis sa sortie de prison rencontrent Dionne et Brégent et Marc Desjardins du OUTREMONT au 5 mars 77 Mets en trente le F novembre 76 production b««u twc yy 'm CERWIN-VEGA-FENDER Dynachord-MOOG-Système SG-Amps.V.T.-SHURE Disco tek Amplificateurs Haut-Parleurs CLAVIERS Système de Son-Chant Microphones SYNTHETIZERS Pédales d'Effets-Wah Wah-Fuzz-Etc.Locations Svstèmes de sons Amplis Instruments Guitares ARIA, GIBSON, FENDER, MARTIN, OVATION GUILD, DO-BRO, RICKENBACKER, LUDWIG, RODGERS, KING, DEFORD, SEL-MER, LATIN PERCUSSION, ETC.J REPARATIONS Amplis.Fuzz, etc.P.MARRAZZA MUSIQUE INC.INFORMATIONS: 7082 St-Hubert.Montréal, 271-1182 475 Ste-Catherine Ouest.Montréal 849-8069.Ou/mot fWVr >4cJfafo&l>. MAINMISE No 62 SEPTEMBRE 1976 Mainmise est publié mensuellement par les Editions Mainmise Inc.filiale à 60 pour cent de la Fondation de Recherche en Ecologie et Alternatives Québécoises Inc.et distribué par les Messageries Dynamiques, 775 Lebeau, Montréal (SI4) 332-0680.Dépôt légal 2e trimestre I976.Courrier de 2e classe.No :25 1 1 .Port de retour garanti par Mainmise.Fondateurs : Jean Basile et Georges Khal.Rédaction : Pierre Voyer - Clodo-mir Sauvé - Christian Belleau - Sleepy La Goune - Michèle Favreau -Georges Khal - Christian Allègre -Paul Chambcrland - Raymond Trot-ticr - Michel Bélair - Michel Chcvrier B.D.: Claude Pulf-Puff et Yves Poissant.Composition : Micheline - Georges Khal - Christian Allègre.Conception visuelle Madeleine Hébert - Bruno - Pierre-François Tusse - Pierre Rodrigue.AdministT«tion : André Gilles d' Astoux.éditorial En décidant de marquer "la rentrée" par un numéro spécial sur l'éducation, Mainmise a délibérément mis de côté cette marmite bouillante qu'il faut bien appeller "le système d'éducation" au Québec.Fidèles à notre option de départ - l'alternative - et au choix que nous faisons, chaque mois, de traiter les questions vitales à un niveau autre que celui des problèmes concrets - surtout politiques - tels qu'ils se posent à court terme à la population dans son ensemble - et qui sont largement traités ailleurs - nous avons construit ce numéro - principalement centré sur l'école libre - autour de deux morceaux de choix : le témoignage des pionniers de la communauté de Findhorn, enEcosse, et la rencontre Manson-Leary, dans la prison de Folsom, en Californie.Le cas Manson est exemplaire.Manson a poussé à sa limite, exploité systématiquement la situation de la peur - moteur de cette société - et l'agressivité qu'elle génère - jusqu'à la catharsis - et l'accès à une conscience diabolique du monde.Ce que les membres de sa "famille" n'ont pas manqué de souligner, au procès.Il ne faut pas penser, parce que nous ne vivons pas dans un régime totalitaire, un régime de terreur, et que nous ne sommes pas soumis à la peur au premier degré, que nous en soyions débarrassés.Au contraire.La peur a pris des formes occultes, et qui sont d'autant.plus destructirces pour la personnalité, que nous n'en sommes pas toujours conscients.Il y a la peur de la vie et de la mort - la peur de Dieu et du Diable - évidemment - mais aussi la peur de la Nature, la peur du sexe, la peur des femmes, la peur de "l'autre'', la peur de l'échec, la peur du ridicule, la peur du jugement des autres sur soi (en attendant le jugement dernier), et avec l'avènement du matérialisme, la peur panique du manque, des maladies, des accidents, des incendies, des voleurs, etc.Un système qui est entièrement basé sur la compétition, au niveau des relations humaines, et sur la réussite matérielle, ne permet en aucun cas d'y échapper.Le mouvement de libération de l'enfant - et toutes les expériences d'écoles libres, un peu partout depuis Summerhill - sont une tentative pour exorciser la peur, toutes les peurs dont l'enfant est affligé dès sa naissance, et pour reconstruire la société humaine sur le principe de la CONFIANCE : Confiance en la vie, la destinée, confiance en soi et dans les autres, et sur le principe de l'AMOUR.Le jardin de Findhorn est la preuve concrète que de tels principes, quand ils sont VRAIMENT mis en application, au niveau de toutes les relations, y compris des relations avec la Nature et les forces cosmiques, permettent de transformer la matière, et de transformer l'homme, au delà de tout ce que nous pouvons imaginer, suivant le processus alchimique de la TRANSMUTATION, qui est le principe même de la CREATION.A condition, seulement, que nous soyons prêts à faire notre effort (aide-toi, le ciel t'aidera) comme disent les "esprits de la Nature" à Findhorn.Le témoignage d'Agnès, qui a fait l'expérience de l'école libre de la rue Esplanade, à Montréal, met aussi l'accent sur le fait que la permissivité, dans une société où l'autorité traditionnelle s'est effondrée, mais où on ne l'a remplacée par rien du tout, transforme les enfants en monstres, parce qu'on leur donne la liberté, sans développer en eux la responsabilité, ni le respect d'autrui.Dans une situation semblable, où l'enfant peut presque tout faire, mais où il n'a plus de guides, où personne, en fait, n'est vraiment attentif à lui (libérer l'enfant n'est pas démissionner !) et où, avouons-le, PERSONNE NE L' AIME, ou presque, tout le monde s'occupe de ses affaires, de son chèque de paye, ou de sa sécurité d'emploi, l'enfant, donc n'a plus d'autre alternative que la PANIQUE.Tout le monde sait que dans une situation de panique, n'importe qui fait n'importe quoi.Raymond Trottier, lui, qui s'occupe de l'école libre de St.Jean Baptiste de Rouville, insiste sur la libération du corps de "l'enfant vivant" - à partir des principes de Reich - et de l'expérience de Summerhill - et sur le droit à la JOUISSANCE -toute la jouissance du monde - au sens le plus entier du terme - qui est l'expression incarnée de l'AMOUR, le chemin vers le DIVIN.Idée fondamentale, que l'on retrouve chez tous les pionniers, Montessori, Summerhill, l'école du libre progrès d'Aurobindo, en Inde ou Carl Rogers, aux Etats-Unis, et qui s'impose aujourd'hui avec force Michèle Favreau.WFOROCK P/ERRË Vo?£R ViONNE ETHRBÙE.HT RENCohiTRBRT.chronique DE DISQUES INFORMATION LES CARNBTS VEMÉOoR 45 5 10 7- a 4 15" iî 11 24 26 25 32 % ZôNMAiSSBZ- VûO$l£JAPT>W Oe fltiPtiORN foême v>£ eAryiotii) trûttjïr L'eNFMftVORchizoid man".s,Ce n'est pas^fvKr^^arJHBniI est électron i-ie.Il parle^J^ngag^fes^^^Rts.Il a des aMejv îfia ntes/t'e$tt pn oVit!\ unl^gseau cgsrr^que.m /ex'tra^rè$trer;"jffn de terre à terre, la potion du ^rf/ekyll & mr.Hyde.Iptnonce £^'apô4à|fpse.Ce qu'il prx ;ier«*.BSction c'est xn$$Qflmi.On peut SgaBËer ms écra'n^jJ^d^bl'BUr-sr^s irnj&ges di-Fectes^gSSfws';- en /écoutant "ftgbp^and the woo J|f' *xtes^^i't lté éy4u f s -parler) t jffq uadrapho-nie, ^ggg^pFi^ourfrhanger des%i#w-du its synthé-b|*mbes therJïrtHj$)€léaires satellisées ^^a.tions^^rl^assant par dessus Tictjifirfi est partout.C'était 13 moyen de s'en échap-Ftie de la science fiction.L'oiseau roc questions, il jFstlâ, c'est un sphinx, il pose des sa réponse.Il sait que la compréhension est incompréhensible, il divague, il est fou.Parfois il ment.Le groupe ABCD plagie, il fait le même concert identique depuis soixante-dix-sept fois, il n'est plus sincère ; le show-business rampe en dessous.Ces musiciens ne croient pas à ce qu'ils font ?Il y a des gens qui ne croient pas à ce qu'ils écoutent.Le progressif c'est une affaire de foi, c'est un culte de science fiction.Les gens qui écoutent le progressif n'aiment pas toute la musique, ceux qui écoutent tout la musique ne savent pas ce que c'est d'aimer le progressif.Chatun vit de son mieux, anyway.Il y a tous les sons, tous les sens, tous les styles dans le progressif ; tous les sons, tous les genres^ ne le sont pas forcément.Puis soudain l'oiseau rock se métamorphose, il devient folklore, il devient chez soi, c'est un loup, c'est un renard, un lion, c'est un phoque qui complaint, il se sauve de la ville.On le prendrait pour un paquet de gélatine qui fond au soleil, il se transforme, c' est déjà aut'chose.C'est une bête heavy, elle est la violence qui neutralise l'agression des Babels actuelles, cette sorte de torche combat cette sorte de petit feu.C'est un oiseau torche.Il est hard ?Il devient roc.Et quand on pense bien, au fond à cet oiseau là, c'est peut-être une pieuvre, un poulpe avec d'abjects tentacules, un poulpe à dollars.Il suce la cervelle des compositeurs et l'on dit, un moment donné, qu'ils sont vidés.Cet oiseau là, peut-être c'est une hydre ; chaque tête repousse aussitôt qu'on la tranche, chaque tête est un cou de plésiosaure préhistorique, aucun Hercule pour zigouiller ça.C'est un monstre intuable, c'est un monstre sacré, en tous cas c'est un sacré monstre.Déclarez le mort, il renaît de ses cendres, cet oiseau là c'est le Phénix.C'est le dieu Thot égyptien, sa tête d'ibis vous fixant, il a la magie qui envoûte, on est toujours l'objet de sa fascination.C'est un carnaval, il est bigarré de costumes, il porte tous les masques.C'est Jethro Tull ?C'est un lapin qui ne boit pas de thé.C'est Genesis ?Ce fut une chauve-souris.C'est Kiss ?Ce sont "dW"vOT«*©,^-p«^ les spectacles ont leurs Mmm^JB^j,ois ce 'fTtr^arjt que les instru- ajs ity.a des corné- Même les gens qui aiment l'argent vous ils dépendent de vous.Préférons ceux qui" bleront sincères.Quand l'oiseau rock se confond avec le perroquet il radote ce que les gugusses lui demandent.Notre décor a beau changer, il reste autant de naifs qu'aux autres époques.Quand certains pensent que "c'est bien fait" pour des perroquets, ils s'imaginent que ce sont des hirondelles.Ces gens-là ont le printemps trop facile.Les producteurs sont des coqs, ils croient toujours qu'en faisant cocorico ils vont corn mander la basse-cour, mais ces trucs là ça ne réveille rien.Le mutant, l'enfant de Métallopolis, le paysan des derniers paysages de la terre, le bouffeur d'utopie, n'entendent plus ces caquetages, ils traversent les murs à la vitesse de la lumière, ils se téléportent.L'automne s'en vient.Il arrive-, avec ses tas de disques, ses tas de spectacles.Il y aura tous ces gadgets, tous ces délires, avec leurs bombes au magnésium, leurs stroboscopes, leurs rayohs laser.Il y aura le théâtral, il y aura l'acrobatique.Nous serons là, le plus heureux possible, nous allons regarder, nous entendrons, nous dirons.La sicence fiction a ses témoins.Elle est là, dans votre chambre : ouvrez les yeux, voici venir l'oiseau rock, il décolle.Nous allons parler de tous ces coups d'ailes, tous les spectacles vont passer.Le mois dernier vous n'aviez pas d'inforock ; maintenant vous avez l'oiseau rock.Clodom ir Sauvé. Lettres &¦»»¦« Bonjour ! J'ai un an, un popa et une moman qui travaillent dans et autour de Maimmise.Je cherche-un petit garçon ou une petite fille pour jouer et vivre avec moi.Il (ou elle) peut amener son père et/ou sa mère, on a un grand 8 pièces à partager dans le centre ville.Appelle le jour Micheline (Moman) 843.4792 ou Pierre (Popa) 871.0064.LE GROUPE POLLEN désire compléter sa formation avec un cinquième musicien devant posséder d'excellentes cordes vocales ît de préférence virtuose à la flûte saxophone ou clarinette, en vue d'enregistrement du second album (novembre, décembre) et d'une tournée au Québec et en terres canadiennes (avril, mai, juin 1977).L'ORGANISATION KOSMOS pour un prochain cycle d'activités recherche secrétaire de production, bilingue relationnistes en promotion (province & Montréal) éclairagiste, deux ans d'expérience Adresser démo ou postulat à Jean Bertrand Les Productions Kosmos 4163 avenue de l'Esplanade Montréal (514) 288-1763 La commune Fullum, 1404 Fullum, tél.522-8272, cherche des filles.Amenez-vous.Maxime, Marc, Sandra, Tobie, Keiven, Tyroum, Bob vous attendent.SALUT MM, je suis coco le grin de poussière qui vous a déjà écrit, sa ne fait rien; je suis à la recherche des BHUSSE de tout le monde , que tu sois Jeune ou Vieux, pourvu que tu sois québécois.En vois mois tu ce que tu ne Grande pas.Je conte sur toi.A : Maco Larocque, Coco, 425 St-Paul, Bronwburg, J0V-2C0, P.O.UNIVERSITE ALCHIMIQUE.L'énergie créatrice est l'entonnoir qui s'ouvre sur la vie.Ceci est une invitation à participer à l'action, artistes et artisans, venez vous exprimer, venez communiquer.CENTRE PLEIN ERE.Tu peux écrire : Trois Canards, route 2, Ste-Zo-tique, cté de Soulanges.Ou bien tu peux te rendre chez nous : par la route 20, entre Ste-Zotique et la frontière de l'Ontario.TOUT est disponible, local, espace intérieur et ext-erieur.Et divers instruments sont à la portée de TOUS.- Y MANQUE QUE DU MONDE.Réjean pi la gagne.TROIS CHATONS A CHOYER Myosotis et Cefalu, de Mainmise, ont eu cinq chats: Myosotis la volage en à eu quatre et Céfalu la taciturne un seulement; ou plutôt une, une petite chatte noire avec un toupet blanc sous le cou, que Marie-T a décidé de garder pour un mois ou deux encore.Il reste donc 4 chatons, moins un, donné hier.Les 3 restants sont des mâles, si ma vue et mes connaissances anatomiques sont bonnes; tous les trois sont nés le 21 juin, sous l'escalier à Mainmise, à mi-chemin entre les Gémeaux et le Cancer.Le père est un voisin très gentil, qui mange ici de temps à autre, un énorme matou noir.L'un des chatons est noir, un est zébré noir et gris clair, et le troisième est zébré noir et gris foncé.Venez les chercher, nous n'avons pas le temps de tripper avec.AUX COMMUNES et aux mutants qui se cherchent un pied à terre:mon ami et moi avons 117 acres, tenant à vendre, que nous avons crus idéals pour ce genre de chose.C'était l'an dernier et depuis ce temps nous avons rencontré deux autres types assez dans le même trip pour que nous voulions déménager chez eux quelques milles (10) plus loin et que nous nous retrouvons tout à coup avec deux fois plus de place que nous quoi en faire.Nous ne cherchons ni le profit, ni une vente (rapide, à outrance, éclaire) facile, et nous aimerions surtout laisser le terrain auquel nous avons eu tout et tous le temps de s'attacher,- à quelqu'un de bien.Voici l'annonce que nous avons fait paraître dans un quotidien local et aux termes de laquelle nous tenons : "7 7 7 acres panoramiques, terre à bois, quelques acres défrichables (15-20), sources, ruisseaux, lac de castor, cabane hivernisée, excellent pour chasse et pêche, 60 milles d'Ottawa, près de Campbell's Bay (Outaouais ouest), Québec, $16,000.- (moins cher pour les mutants)." C'est dans le bois, super tranquille, bon pour toute culture marginale.Si vous pensez que c'en vaut le téléphone, c'est 613-745-0774.L'adresse c'est 170 Duford, Vanier.N'importe quand.Salut, Bernard et Louis.ELECTRONICIEN SANS expérience cherche une job à plein temps ou à temps partiel n'importe où dans la région de Montréal.Certificat du ministère de l'éducation du québec.Chris Rock, 231 rue Québec, Cowansville.Ou (514) 263-4185.Aussi disques neufs et usagés, 45 et 33 tours; possibilité d'échange.Disques en bonne condition.JE SUIS à la recherche des disques suivants : "Mo-thermania" (Mothers of Invention), le premier Sylvain Lelièvre, le premier album de l'Infonie et "Vos Voisins" de Jacques Perron.Ecris-moi : Mario Bergeron, 221 des chenaux, Cap de la Madeleine, PK.BONJOUR."Le Mouvement Interculturel Mondial pour les Communautés" est né il y a un an en Italie.Voici l'adresse de la coordination francophone : Marianne Gless, 5 rue St-Louis, 67000 Strasbourg, France.Que ceux et celles qui ont de quoi à dire sur les expériences communautaires au Québec ou au Canada transmettent leurs renseignementsa cet endroit.Une nouvelle rencontre internationale (la 2e) aura lieu cet été.((Note du composeur : alio, encore moi, au moment où ce message paraîtra, septembre, la rencontre aura eu lieu.)) ALLO.Dans un restaurant crasseux, on a trouvé qu'on avait pas d'affaire ici.Donc est-ce qu'il n'y aurait pas une place chez vous pour un gars (moi) un peu freak sur les bords mais j'espère honnête en tout ((note du composeur : bonjour, il y a ici sur l'original un joli et simple dessin d'étoile.A bientôt.)), Anne-Marie, une belle gourmande de temps en temps; lan, un gars-soleil de 3 ans et (sur une toune religieuse) (pour l'autre) Frère-Thierry, 18 mois.Faites-le nous savdr au plus vte.Ecrire à Lui, Anne, lan et Thierry, 4) Marsolet, no.18, Sept-lles.Bernard, de la Chronique "Ramassez les pots cassés" offre aussi des conseils et des soins à domicile pour l'entretien de vos plantes, moyennant la somme de $10 (c'est beaucoup et c'est très peu).Son numéro de téléphone est 844 -7726.Demandez Bernard Bertrand.NOUS AVONS à vendre une maison avec un petit terrain.Nous avons passé des annonces dans les journaux de la région, ça ne colle pas, les gens veulent du "clean" pour venir passer leurs fins de semaine L'endroit est magnifique et sain, à un et demi milles du plus proche voisin.L'hiver, la charrue vient tourner ici.Il y a un ruisseau à truites à deux arpents.La maison est vieille de 75 ans et en très bon état; c'est probablement son papier brique extérieur qui lui enlève de la popularité.Prix : $5,000.Communiquez avec Pierre Leblanc, CP.432, St-Tite, P.Q.365-5261.LA PRODUCTION 7ième Coordination présente "FUTURACTION, Disciple des Dieux laissés aux hasards par le Destin".Cette formation n'est pas une religion, c'est une gang de jeunes compositeurs d'histoire et de poésie, qui cherchent de jeunes compositeurs pour correspondre avec eux.Discutions, échanges de trips et de poèmes, etc.Le bonheur, eux ils l'ont trouvé.Veux-tu savoir où est le bonheur, toi compositeur ?Tu le sauras en correspondant avec eux.Tu tripperas au-delà de la réalité et de la vraie vérité si tu ne lâches pas la patate.C'est une invitation pour ceux qui sont poètes et compositeurs seulement.Chris Rock 231 rue Québec Cowansville PK, Kanada.VILLAGE COMMUNAUTAIRE LAÏQUE - PROJET "LA VALLEE" Le V.C.L."La Vallée" est un groupe en formation.Indépendant de tout fanatisme politique et religieux, ses buts se veulent sociaux et n'intéressent en fait qu'une petite minorité de personnes d'esprit foncièrement pacifique mais dégoûtées d'une société basée sur l'égoisme, la compétition, l'artificiel, la violence, l'insécurité et l'angoisse.L'objectif final du V.C.L."La Vallée" est de reconstituer en pleine Nature un Art de Vivre du type tribal plus en harmonie et conformité avec les aspirations profondes de ses futur(es) membres.L'édification d'un Village "PI" donc entièrement auto suffisant étant prévue hors des frontières canadiennes, toute personne faisant partie du projet sera d'accord à s'expatrier et en mesure de le faire au moyen de documents légaux appropriés.La phase présente est celle du regroupement d'individus des deux sexes DEJA convaincus et décidés à solutionner, rapidement leurs problèmes.Le projet tel que prévu étant complexe et téméraire et parce que sa réalisation dépend exclusivement de la détermination et capacités de chacun(e) des membres, il est recherché que des individus en pleine possession de leurs moyens physiques, stables dans l'exécution de leurs décisions et en tout points responsables de leurs actes et pensées.Le Règlement Interne régissant les relations sociales au sein du groupe une fois celui-ci constitué rejette toute forme de discrimination à l'endroit de la personne.Et ceci conerne le sexe, la race, la nationalité d'origine, la religion et la condition sociale.Tout(e) postulant(e) intéressé(e) par ce projet acceptera de participer à une entrevue "à coeur ouvert'' qui déterminera son rejet ou son incorporation au V.C.L."La Vallée".A tout membre admis à participer auprojet il sera demandé une étroite collaboration dans l'accomplissement des tâches et activités au sein du groupe.Chacun et chacune devant au profit de tous coopérer au maximum de ses capacités personnelles.Enfin et pour faire face aux très nombreux problèmes vitaux qui se poseront inévitablement, il sera exigé de toutes et tous une discipline et obéissance totale durant tout le temps que nécessitera la réalisation du projet.Phrase piège.Toute personne favorable au projet mais indécise quant à sa participation par suite de raisons personnelles doit écrire pour expliquer clairement son cas.Après étude du problème exposé une réponse assortie ou non d'une solution positive lui sera retournée dans les plus brefs délais.Pour inscription ou information complémentaire, écrire à V.C.L."La Vallée" 2393 Rue Bordeaux - MONTREAL H2K 3Z1 P.Q.- Canada - Cette a-dresse est valable pour les correspondants étrangers.Pour les Québécois et Canadiens, écrire à V.C.L."La Vallée" 684 Cousi-neau Appt 3 - Laval - P.Q.- Canada.Joindre une enveloppe timbrée pour la réponse.6 MAINMISE Septembre 1976 LES VEILLEURS DU LIEU SACRE DIONNE - BREGENT RENCONTRENT DIONNE BREGENT ET MARC DESJARDINS Un bel après-midi du mois de juillet dans l'appartement de Brégent sur l'avenue du Parc.Le groupe s'installe avec Marc Desjardins leur concepteur scénique devant plusieurs tasses de thé.Dans le background l'intégrale des oeuvres pour orgue de Messiaen joue.Dionne - Brégent c'est le nouveau groupe qui monte au Québec.Deux gars, un per-cussioniste, un clavieriste, des influences ^contemporaines, à l'avant-garde d'une recherche musicale qui n'existait pas encore.LES ORIGINES D.B.: Au début on a vraiment fonctionné comme une troupe de théâtre d'improvisation, sans idées préconçues, on s'est installés devant un paquet d'instruments et puis on a laissé venir l'inspiration.Un paquet d'instruments avec deux bonshommes dans une salle, sans metteur en scène, sans arbitre.La musique s'est mise à s'organiser par elle-même finalement.Au travers des luttes, du sang, des cris et puis les découvertes mutuelles.On avait hâte de voir ce qui allait se passer, ce qui allait arriver.Notre musique existait pas que déjà elle nous intéressait comme un miroir qui semble nous réfléchir et réfléchir les choses.On savait depuis longtemps l'un et l'autre qu'il fallait qu'on travaille ensemble, intuitivement, au travers de notre inspiration commune, de nos expériences diverses.On sentait la capacité d'une relation qui soit en même temps affective et créatrice.Un moment Brégent, jouait en quatre/ quatre pis se faisait engueuler par Dionne.L'autre moment c'e$t Dionne qui se blessait de rage sur ses instruments.A un moment donné le son est sorti, c'était ça qu'on voulait faire, qu'on voulait entendre.D : Le troisième jour, ça a commencé.comme ça.Un moment donné on a trouvé un thème.On a continué à improviser sur ce thème là, du matériel s'est élargi à partir de ça ; finalement, il ne manquait plus rien que l'introduction.Georges a pondu une introduction.D.B.: On se regardait faire et puis on s'inspirait l'un l'autre la suite du geste à poser.C'était stimulant et démocratique.On est pas des ti-culs qui écrivent chacun de leur bord leur petite ligne pis qu'y demandent à l'autre de la jouer pour voir comment ça sonne.Toute cette musique là a été pondue en se jetant dedans, en agressant puis en retirant de ça le matériau efficace.B : Des fois je jouais, mes mains allaient toutes seules pis je savais même pas où est ce qu'elles allaient.Mais à mesure que je trouvais je devenais plus précis.D.B.: On est parti chacun aussi avec notre éducation, notre formation musicale.C'est ben certain que tout travail de création part de là.De l'expérience préalable.Pour pouvoir la rejeter pour en inventer une nouvelle y faut finalement savoir d'où elle vient.On ne part pas du vide, on naît du passé pour créer l'avenir.B : Mais c'est quand même extraordinaire de dire que finalement, les pièces qui sont là, qu'on entend, c'est un canevas dans lequel les gens peuvent vraiment agir comme tel, entrer, sortir.du canevas, mais on reste dans la toile.D : La seule musique que j'ai fait avant, ça a été vraiment de la musique concrète t'sé, électro-acoustique, des sons que tu enregistres sur bandes magnétique, que tu travailles, j'ai appris la technique de studio, mais généralement c'est très instinctif.Je ne suis pas un scientifique, je n'ai pas l'esprit à ça, mais finalement, ça m'a permis quand même de réaliser des choses, de prendre des décisions sur une structure musicale, t'apprends à composer.Finalement composer, c'est prendre des décisions pis agencer des sons en rapport avec toi, c'est ça.D.B.: On a Nun rôle particulier parce qu'on est en même temps compositeur et interprète dans le sens classiciste du terme.Ca nous permet aussi de faire un travail dans lequel on peut prévoir toutes sortes d'imprévus, des transformations dans l'exécution.D.B.: Le sens de la musique nouvelle ressemble à ça, une écriture précise mais remontable et démontable à volonté : Pour y insérer des nouveaux éléments.D'ailleurs nous autres, on espère en venir assez rapidement au moment où on va réorchestrer nos pièces pour pouvoir les jouer avec un ensemble symphonique, une chorale.B : D'ailleurs on pense à augmenter le groupe à s'adjoindre des gens comme Claude Lemay (de Pollen) qui vont nous permettre de grossir notre son, de donner de la liberté à l'intérieur de notre travail.On peut pas travailler seulement à deux.D.B.: Nous autres, on est conscient finalement qu'on a un mode d'expression particulier, notre vibration à nous autres, elle est très forte.Finalement cette musique là, elle se situe vraiment dans un monde à part, difficile à cataloguer, disons qu'on aura beaucoup de difficulté à la faire passer.On attends les réactions du public, les réactions des gens.C'est aussi straight que ça, c'est vraiment aussi straight que ça.LES INFLUENCES On est nés d'une formation classique.C est elle qui nous a engendré on peut pas I' oublier en arrière de nous autres.Tu vois dans l'enseignement classique t'as des professeurs, des maîtres ; c'est eux autres qui colorent notre univers.D : Moi je parle beaucoup de musique minimale.Ca m'influence énormément, ça marque mon écriture.J'ai découvert le monde de la musique minimale l'année dernière.Sauf qu'au moment où ça m'est apparu c'était déjà une notion que je portais au plus profond de moi-même.Tu vois j'étais en Europe et puis je faisais un ' gros trip de musique électro-accoustique avec Pierre Schaeffer.On avait pas le droit de jouer deux coups de file.Le rythme était proscrit.Pourtant moi je sentais en dedans de moi que ça valait la peine d'essayer de reprendre des notes plusieurs fois de suite juste pour voir.J'voulais pas m'empétrer dans des affaires trop compliquées juste pour le fun de compliquer.Puis là, j'me suis mis à écouter les américains, et je me suis rendu compte que ça ressemblait à ce que je voulais faire.D.B.: En fait nos influences les plus importantes c'est celles qu'on assimile après les avoir confrontées à notre vie.D : A part de ça j'ai le problème de pas écouter de musique parce que j'ai pas de système de son.Ces jours ci, j'suis bien limité dans mon audition.B : Ouais, c'est pas tout à fait mon cas.(Georges a une vaste collection de disques dans tous les domaines) Moi, mon éclectisme m'a fait passer d'un courant à l'autre de la musique.Tout ce qui est bon me touche, je veux dire tout ce qui est vraiment branché, sur une forme d' énergie, t'sé.Mahler a composé des .mauvaises symphonies, en fait il y a des mauvais moments dans Mahler, pis il y a des bons moments dans Mahler.Mais il y a aussi Pink Floyd, il y a aussi Chick Corea, pis il y a aussi l'évolution.En fait moi je voudrais tout écouter.Un gars comme Messiaen m'a beaucoup influencé à une époque où je commençais à découvrir la composition.D.B.: Y a des influences sur notre composition tout comme y a des choses qui nous donnent tout simplement des sensations émotives le fun.LA COMPOSITION D.B.: Y a un espèce de mythe autour du compositeur qui est très embarrassant dans un cas comme le notre où on chevauche deux domaines.Dans la musique MAINMISE Septembre 1976.7 D - Llmmanrlé c'est quoi ?Cast l'homme ?B * L^wraretft c'est toute cette prograaton de la consderoe qui tend à la vertical bé tot* qui est Dieu, pis on est une mini me partie de cette conscience universelle nous-autres.D - Où elle va u mémoire de l'homme ?B - Ole reste, c'est vertical, c'est ça la mémoire.Il y a des choses, des gestes, qu'on peut pas recréer, c'est pour ça que toute l'histoire existe, c'est pour ça que les gens essaient de chercher.Les exemples sont toujours de plus en plus extrêmes.Si tu compares.la dernière guerre mondiale par rapport avec le début, les gens se tuaient, okay, mais rendu à la fin c'était vraiment de la boucherie.C'était pire encore, finalement Moi, en tout ce que j'accepte c'est une forme de désintégration personnelle, pis à ce moment là, la perte de mémoire fait partie de cette desintégration.Là, justement., je suis en train d'essayer de m'en sortir, c'est pour ça que je suis en criss contre moi-même, parce que je sens que je me désintègre puis je ne veux pas me désintégrer, je ne veux vraiment pas me désintégrer.D - Tu te désintègres pour renaître à autre chose.B - Justement, justement, mais actuellement, je veux être dans l'action, je veux vivre, pleinement., et sincèrement D • Oh, lala, moi je n'ai rien contre ça, mais moi,.Je peux lire la bible, je peux croire ce qu' il y a là-dedans, t'sé je veux dire, je ne veux pas être StThomas finalement II reste que l'expérience est vachement impartante, tu comprends Dans toute l'histoire de l'humanité, on a demandé aux gens de croire.Croyez-croyez-croy-ez-croyez-croyez.il y avait des prophètes, la, Si avaient LA vérité, tu comprends ?pis la , c'était ça, finalement, de croire sans vérifier B - Ben la vérité, le prophète c'est le gars qui sait aussi, pis savoir c'est pas de se péter la gueule pis d'arrêter d'en parler.D - Oui, il aimerait comprendre, mais finalement il ne comprenait pas, donc.avec la foi on lui disait ben "soumets-toi", finalement, "crois ce que moi ie te di s parce-que." B - "Fais-moi confiance" D - "fais-moi confiance.mais ça n'a jamais marché, ça n'a vraiment jamais marche, tu comprends ?B - Parce qu'il était mal branché avec le mauvais bonhomme.D - Mais finalement, aussi, il peut se détruire avec ça.En fait ce que je peux dire c'est que lui, il a des pouvoirs qui lui sont donnés finalement, je veux dire pour être capable de vivre au niveau matière.A partir du moment où tu as ton corps, je veux dire.t'as besoin de manger, bon ça te prends une force qui puisse te dire.bon : la faim, qu'est ce que c'est ?Pour aller chercher la nourriture, pour que toi tu l'avales et qu'elle te conserve en vie, finalement.B - Justement.D - Tas besoin d'un coeur qui fait marcher tout ton truc, en fait, t'as besoin d'un intellect aussi, t'as besoin d'une conscience qui nourrit tes pensées, et tes pensées deviennent action, t'sé, tu comprends ?T'as besoin de ça, entoucas pour vivre, finalement t'es à ce niveau là.Et a partir du moment où l'homme essaie de dépasser ça, sa voie, son origine personnelle, là tu tombes dans le mythe et la légende pi kesséktu trouves ?Là, la mémoire n'aide pu pantoute.elle ne peut plus aller dans ces dimensions 11 Tu comprends elle ne peut plus y aller.Donc la mémoire die est bonne finalement pour ça, mais i I y a un autre système, un autre n iveau de conscience, justement, à ce moment là, qui ¦ arrive, tu comprends, c'est à dire que ce niveau de conscience là, en fait, c'estjui qui entrevoit les choses, disons, beaucoup plus que la matière elle-même."Tsé tout à I "heure, on parlait de la drogue qui ouvre l'esprit à un moment donné, qui rejoint des choses en fait qui sont innateignables finalement, tu comprends ?Ca laisse entrevoir une autre dimension.c'est extraordinaire finalement, une dimension qui avec ton corps, tu ne peux pas y aller, tu vois ?C'est pour ça, qu'on dit qu'il faut toujours revenir au point de départ puis s'accomplir à chaque instant, avant d'arriver à cette là, pis la dépasser, finalement, t'sé, moi en fait.on parlait de théoriepratique, bon, ce que j'veux dire c'est que on apportait des choses spirituelles, tu peux dire des maudites belles choses.Pour moi, quand on parle de force matérielle, de force végétale, de force animale, de force humaine, ou l'homme est, finalement, tu comprends, il est au niveau humain, t'se, il est au-dessus de toutes les forces finalement qui le régissent, lui, t'se, c'est à dire, moi, ma façon de comprendre ça, c'est que l'homme n'est pas libre, il l'est pi il ne l'est pas.finalement, l'homme il fait partie de forces qui l'animent finalement, t'sé, ce que j'veux dire ?On ne s'est jamais posé la question pourquoi on se mettait un pied en avant de l'autre, pour marcher, l'énergie, finalement, t'sé, d où ça vient toute cette énergie là que Ion a, quel les sont les forces finalement qui nous soutiennent finalement, tu comprends ?B - Ben, c'est ça.D - Qi'est-ce que c'est finalement, les forces dans la nourriture, tu manges, ostie pi t'es plus le même homme, t'sé j'veux dire.c'est vachement important.B - Quand tu manges pas tu ne peux plus prétendre à la même chose que tout le monde.D - En fait, c'est ça, pi l'homme finalement, se doit d'être au-dessus de toutes ces forces là.Quand l'homme est dominé par ces forces là, il se passe ce qui se passe actuellement dans un monde, où tout est finalement, presqu'enfer, finalement, t'sé, l'homme ne se comprend plus, l'homme se fait la guerre, finalement, puis il trouve des moyens pour se la faire la guerre, finalement., en temps de guerre, t'sé je veux dire, la production, ça marche, t'se je veux dire, la terre est vraiment changée, l'homme, on dirait que i 'homme a quelque chose à faire à un moment donné, tu comprends ?Il se sent vraiment important dans la vie, il fait la guerre, tu comprends la nature de l'idée.B - Pas nécessairement.C'est une station à passer, j'veux dire, c'est un stage à passer.C'est sûr que personne ne veut se tuer, personne ne veut s'exterminer au complet, mais.à un moment donné, j'veux dire, t'as une évolution fasciste qui peut se produire pis que tout le monde embarque dessus, c'est un événement c'est une conjoncture vraiment importante, pis ça teste une force importante dans l'histoire que l'on veut répéter ou non, je veux dire.Si les gens n'aiment pas ça pis ça sent mauvais, les gens s'en éloignent pis ça reste dans la mémoire pi c'est ça qui est le phénomène de l'évolution.D - Ben oui ! C'esi vraiment les deux potes.classique et surtout le classique d'avant-garde, le compositeur est un être quasi sacré qui sort des partitions sur papier dans lesquelles se situent toute l'organisation des sons.Pourtant ce gars là, c'est un théoricien qui même s'il a un cerveau fantastique ne peut pas tout entendre ce qu'il produit sur papier.Par contre, dans la musique pop c'est tout le contraire, on trippe sur des virtuoses, sur des instrumentistes qui font des grands dessins sans structures sur leurs instruments.Eux autres, y connaissent leurs instruments à fond mais ils ne prennent pas tous les moyens nécessaires pour organiser leur matériau sonore.D : Le compositeur y est pogné dans une tour d'ivoire avec sa partition, pis c'est un peu lui qui entretient les mythes avec lesquels il vit.J'trouve ça un peu prétentieux d'être loin du travail.Moi j'peux pas.Y' faut que j'sois en plein dedans, au milieu de ce que je fais.C'est pour ça que j'ai travaillé avec des troupes de théâtre et puis de ballet pour être dans le concret.B : Composer c'est tenter de donner une situation avant de l'avoir vécue.Des fois ça marche, ça se peut.Mais pas toujours.C'est comme prévoir une chicane avec sa femme et puis toute l'organiser à l'avance pour en tirer le maximum de profits possibles.Mais quand tu te retrouves devant la réalité, c'est plus pareil.Moi j'aime à voir les deux des fois.Je vois le mythe dans sa forme abstraite puis en même temps je conçois sa concrétisation dans le matériau qui est technologique.Des fois je peux faire-de l'affabulation tandis que d'autres fois j'peux être direct dessus.D : Des fois je perds le contrôle volontairement.ma façon à moi d'évoluer.commencer violent, très violent, pis après ça se calme.tu vois où tu voulais en venir finalement, mais avant d'arriver à la fin.tout est embrouillé.Je me suis aperçu finalement que l'amélioration, c'était par l'expérience : ce qui m'intéresse c'est aller à la limite de moi-même, toujours pousser, mais rester dans mes capacités finalement, t'sé.Ben si mes capacités s'élargissent, ben je vais le savoir.je vais pousser.B : Moi, moi .ce qui me fend la face c'est quand je comprends pas.D : Tout est vraiment comme monter des marches, on se rend compte qu'on ne peut pas en sauter.Parce que tout est passager, il n'y a rien de détruit.Il n'y a rien qui se crée, il n'y a rien qui se fait dans le fond.C'est toute une immense transposition des.univers qui sont parallèlles.D.B.: Et ces univers parallèles là y contiennent toute l'information sur notre histoire et sur nos espoirs en même temps.C'est là que se tient la mémoire de l'homme, sa conscience infinie qui s'étend sur les domaines matériels et immatériels.D : T'sé la mémoire de l'humain, elle ne va pas plus loin que ça, elle reste au niveau de la contraction parce qu'elle ne peut jamais résoudre le problème, tu comprends ?B : La mémoire, c'est commode.Je le sais, moi.D : C'est commode, mais dans son temps.La mémoire de l'humain finalement joue contre lui actuellement.C'est tellement petit la mémoire de l'homme, tu ne peux, pas t'en faire une idée.B : Mais Dieu, c'est la mémoire de l'uni-, vers.D : Ouais, mais l'homme c'est pas Dieu, tu comprends ?D.B.: Dieu est très présent au centre de notre musique, à toutes sortes de niveaux.On est croyants, je crois que c'est clair dans ce qu'on fait autant que dans nos discussions.Nous avons articulé notre recherche sur des bases autant spirituelles que musicales.C'est peut être l'articulation principale de notre travail en dehors de la recherche sonore.On parle toujours de Dieu comme on joue toujours de la musique.Un peu plus loin, Brégent soutien que "le Christ il a été galvaudé, martyrisé, ils ont martyrisé son histoire, le pauv' gars, ." et Dionne conclut " ben, son image a été très déformée, mais en fait.B : La vie c'est la vie, la vie de Dieu qui s'accomplit dans toute sa force.Toi tu fais partie de ça, la beauté c'est de le voir, de le produire, de vraiment comprendre ça.C'est vraiment le moment présent.C'est vraiment contrôler ton instant.D : Finalement le problème c'est le corps.B : C'est le corps, c'est l'expérience, la conscience de pouvoir y penser, de pouvoir faire quelque chose avec.Quand tu joues du piano, quand tu joues un instrument, il faut que tu prouves que tu veux faire quelque chose avec, quelque chose de divin, quelque chose qui peut faire transcender la matière, c'est ce que les B : On s'était dit que c'était pour être une oeuvre très très diluée, finalement, le plus simple possible, comme la musique minimale, alors on a divisé le thème par quatre en ajoutant la dominante.J'entendais la mer dans le fond ; pis ça a abouti à ce thème là.Finalement ça parlait du Christ donc de la résurrection.Il fallait trouver un moyen de faire reprendre ça.Il fallait garder la même pulsation, on est parti de ça, trouver une sonorité.C'te sonorité là c'est les cloches de Vincent t'sé dans une résurrection, y a des cloches il y a de la joie.D.B.: C'est une pièce qui passe par toutes sortes de petites sensations miniatures qui évoluent en même temps que l'auditeur sur un lent et beau voyage.C'est un peu plus une musique pour tripper.D : T'sé, c'est ce que Steve Reich décrit quand il parle de sa musique : t'arrives sur le bord de la plage pis tu t'apperçois que l'eau vient sur tes pieds, pis t'as une sensation, t'sé.ça se retire pis t'en as une autre, finalement : donc c'est ça, c'est des petites choses mais qui, sont comme grossies au microscope, parce qu'elles sont seules.Une note après une autre change le phénomène de perception de la même chose en fait, parce que comme c'était dans un déroulement très linéaire, chaque note qui apparaît en rapport avec ce qui se faisait avant, ça change ta perception par addition de sensations.D.B.: Avec ça on a plus voulu quelque chose de très fluide, sans dimension épique comme il y a dans l'Eveil du Lieu.gens veulent.Les gens qui crèvent de faim, ils ne sont pas intéressés à crever de faim parce qu'ils ne peuvent pas faire partie de la grande famille des gens qui peuvent réussir à penser pis à faire quelque chose.D : La liberté justement, c'est de se sentir parfaitement en harmonie avec soi-même et avec les autres.De sentir que tu peux accomplir ce que tu dois accomplir, pis tu peux le faire, pis tu le fais bien.C'est différent pour chaque bonhomme, il n'y a pas un être de pareil sur la terre.LE TROISIEME JOUR D.B.: La première pièce de l'album, ET LE TROISIEME JOUR, est d'ailleurs une pièce très religieuse sinon chrétienne dans son inspiration.La naissance, la renaissance ; la résurrection de l'âme supérieure à l'humain.C'est aussi une pièce d'ajout.La façon dont on l'a bâtit y'a toutes sortes de petits éléments qui viennent se rajouter, les uns par dessus les autres.On a voulu guider ça très simple au fond, avec une espèce de sens minimal de l'événement.L'EVEIL DU LIEU D.B.: L'Eveil du Lieu c'est un grand exorcisme au complet avec tous les cantiques, les chandelles, les cloches et le rituel compliqué : y'a une histoire avec un début et puis une fin.D : Finalement pour moi la tôle du tout début, c'est vraiment "la prise de possession".J'ai toujours visualisé un genre de démon, tu comprends, les grincements c'est là comme s'il v aurait quelqu'un qui icriait, des cris humains, mais pris au sein du matériau, pour moi ça a toujours été ça.D.B.: C'est une musique à programme ça, dans le sens précis qu'il y a toute une série d'événements prévus et composés, organisés dans un ordre presque chronologique, matériel de la pensée composée.C'est aussi l'illustration de mythes autant modernes qu'anciennes sur la surface desquels on navigue toujours.Juste au niveau des sons c'est déjà clair.8 MAINMISE Septembre 1976 B : Autant t'as des grincements dans Stockhausen, autant dans l'éveil du lieu c'est un archet.Pis t'as un autre son complètement différent.Nos grincements, on pensait justement à.des voies ferrées, vraiment je les entends, un train qui arrête, la friction du métal contre un autre, la ville, qui s'élève dans toute sa stature, les autobus qui arrêtent "iiiiiiéééé" pis toute ça.D : Il y a un mouvement dramatique, là-dedans, finalement, la montée thème par thème c'est être capable de suivre le déroulement, l'espèce de drame qui se situe là, on l'entend très bien, c'est évident, c'est vraiment ça, la musique a des déroulements dramatiques.B : Dramatique dans le sens où ça exprime un geste.Finalement tu peux prendre un personnage et tu peux dire : bon j'exerce un contrôle dessus, j'exerce du stress, jusqu'à ce qu'il en éclate.C'est une pièce à verbe.Une pièce d'action Le troisième jour est plus une pièce d'état.D : Ca rejoint mes idées personnelles dans la vie aussi, je sais que pour pouvoir arriver à un calme comme je veux atteindre, il faut que j'éclate d'une façon à un moment donné.D.B.: En fait chronologiquement ça devrait être comme ça, tu passes de l'Eveil du Lieu, outil stressant, pour éclater et aboutir à la résurrection du 3eme jour.Notre processus de création ressemble beaucoup à ça.Il s'agit de voir comment' ça agira sur les oreilles des auditeurs.ICI MAINTENANT ET DEMAIN D.B.: On pense que notre demain sera pas tout à fait comme leur hier.B : Il faut que les québécois se mettent sensemble s'ils veulent réussir à produire quelque chose de bon, s'ils veulent réussir à produire quelque chose de nouveau.J'ai pratiqué avec ben du monde de différentes manières.Je me suis fait dire quoi faire, j'ai dirigé les groupes dans un certain sens, ça dans le futur j'aimerais refaire toutes ces choses là, me faire diriger, diriger, mais qu'il y ait une direction, t'sé, c'est absolument impossible de vivre sans direction.T'as encore les moyens de pouvoir y arriver avec les instruments que t'as, il y a moyen de pouvoir exprimer exactement un cheminement.D : La scène musicale locale, c'est l'histoire du Québec en général, c'est un grand corrid'art, le phénomène créateur local est.est presque nul, mais je crois qu'il commence à évoluer.Quand je te dis ça, je pense aux musiciens d'antan finalement.Au niveau de la création, il y a les chansonniers qui ont apporté beaucoup, mais dans un style qui ne nous appartient pas, même notre musique finalement, les bons vieux rigodons, c'est pas d'ici, c'est celtique, ça vient d'Irlande, ça passe par la Bretagne, ça revient ici, ça va aux Etats-Unis.D.B.: Nous avons évolué en fait d'un milieu un peu différent de celui qui a jusqu'ici produit la plupart des musiciens québécois.C'est pour ça que notre produit est différent.Il est peut-être plus universel parce qu'il nait de grands principes qui sont partagés partout.Mais il nait ICI pour rayonner vers l'étranger.Et c'est là l'importance, notre pouvoir de rayonner, de se mettre par rapport à d'autres.D : Moi, j'ai trente quatre ans pis, finalement, ce qui m'importe, c'est l'esprit dans lequel on s'insère, tu comprends ?D.B.: Alors le temps va évoluer doucement, notre image va évoluer avec lui.C est très important pour nous de se rattacher très parallèlement à l'évolution humaine.C'est comme pour la présentation scénique ; de plus en plus on se rend compte de l'importance de donner un spectacle autant visuel que sonore, puisqu'en fait l'être humain n'est pas séparé par catégories, par section, il vit toutes ses expériences à la fois ; c'est dans cette optique que nous voulons faire du spectacle pour communiquer sur d'autres terrains de jeux.Déjà on pense à de l'expansion, plus tard on verra ce qui nous est indispensable pour continuer.Pour le moment il ne nous resterait peut-être à nous souhaiter, le plus matériellement possible, une bonne équipe pour nous entourer, pour nous sécuriser par la connaissance poussée des moyens de travail.D : Je ne pense pas que nous fassions la musique de demain.B : C'est juste qu'on écoute EN MEME TEMPS qu'on joue.L'apparition sur le marché québécois de la musique populaire d'un groupe comme Dionne Brégent constitue une preuve tangible de notre évolution en tant que public.Après de longues années au carrefour du rock américain et de la chanson française, nous pouvons enfin écouter et surtout donner naissance à un produit audacieux.L'exposition massive que nous avons récemment eue aux groupes progressifs britanniques a rendu nos oreillesplus exigeantes.Des groupes comme Genesis qui empruntent les techniques d'arrangement/orchestration de Ravel, ou encore Yes aux influences carrément "Stra-vinskyennes", s'ils ne sont pas des produits pour puristes ont tout de même eux, grâce à leurs larges ventes, l'avantage de donner au jeune audiophile d'autres perspectives que le SOL-SOL 7ème.Et que aire des légendes de l'underground Outre-Atlantique dont on se passe religieusement les disques à la chandelle, chez les initiés.Jusqu'à quelques tempsencore il n'y avait à déplorer qu'une chose : tous ces nouveaux groupes stagnaient souvent dans des structures musicales empruntées au début du siècle.Comme le disait justement Ray Coleman du Melody Maker, il n'y a pas à proprement parler de groupe pop avant-gardiste.Rares exceptions dans le tableau : l'étonnant et méconnu "Henry Cow" ainsi que quelques groupes de l'étiquette "Virgin".Et voici qu'un nouveau groupe québécois, Dionne - Brégent vient apporter un peu d'eau au moulin avec une musique aux accents peu orthodoxes de l'avant-garde, tout en conservant le feeling du bon rock.C'est difficile à identifier parce que ça ne ressemble pas tellement à quoi que ce soit.Même pas à ses propres influences.Deux gars, percussions et claviers, deux faces, deux univers musicaux, deux pièces différentes sinon opposées.1 er Côté - Le TROISIEME J OUR La pièce titre de l'album.La pièce lumière.La pièce résurrection.Dès le départ la volonté de créer un climat, une ambiance (stimmung, en allemand).L'océan.La basse profonde, uniforme puis modulée.Le frissonnement de l'orgue et du gender (instrument percussif balinais).Une genèse minimale avec des moyens musicaux réduits pour éviter l'artifice, la surcharge.On pense aux Floyd, aux Allemands, à Steve Reich, mais ce n'est pas vraiment ça, il ne s'agit pas d'une volonté de "faire à la mode" de faire "comme l'école" (Kraftwerk) c'est plus une nécessité de se réduire, de se retirer.L'humilité.Le thème entre ensuite repris de diverses façons par les percussions et les claviers.Un thème simple, 4 notes, un ton, un tempo obsédant, répétitif, qui balaie de notre tête ce qui l'embarrassait.Et le groupe s'installe dans l'oscillation, puis, juste comme le son semble devenir fragile, de cet encerclement, on libère du synthétiseur une grande envolée qui n'est pas le désir de prouver un virtuose mais le souffle presque sacré d'un interprête attentif à sa musique (Messiaen).Rupture.Vibraphone, toujours "l'ambiance" et c'est la voix de Pauline Vail-lancourt qui, dans toute l'étendue de son expressivité "signe" autant que 20 couplets surchargés d'encre , et elle les signe dans toutes ,les langues.On revient ensuite au son tribal, c'est la résurrection jouée sur les Anklungs(bali-nais) on dirait une fête de village, un peu barbare toujours rituelle, le final devenant lui-même toute une pulsation blanche, très sentie, très près du cantique de sortie d'une célébration.Une pièce simple parce que sans séduction artificielle.Avec plutôt un dépouillement souriant ou l'émotion n'est jamais plus loin que le souffle de l'interprète.2 eme Côté - L'EVEIL DU LIEU A mon avis la pièce maîtresse de l'album même si c'est également la plus lourde, la plus indigeste à première audition.J'ai eu l'impression d'un exorcisme au complet depuis les premières transes jusqu'à la délivrance.La pièce commence alors que Dionne joue sur une tôle suspendue, avec une balle de caoutchouc et un archet.On pense à Mi krophonie I de Stockhausen mais la comparaison s'arrête vite.Là où le compositeur allemand obtenait un son uniforme de son gong, Dionne se permet de phraser les harmoniques de la tôle.Il fait parler le matériau.C'est le départd'un long chant d'envoûtement qui s'achèvera sur une incursion dans le sanctuaire dédié à l'exorcisme.Chant choral, carillons, cloches de verre, un vaste dôme stéréophonique.Puis "Le temple du silence" la préparation à la cérémonie, douce et menaçante, aux cloches tyroliennes, avant de tomber dans la section médiane, "Des cycles et des passions" très violente, très percussive par le jeu des contretemps et des fractures de rythme (I5/8) le tout convergeant pour une union autant rythmique que thématique avec les cloches, le gong et le piano, de là une montée et un accelerando se terminant dans une explosion, cri de libération, délivrance, accouchement, orgasme.La matière musicale de cette dernière pièce est beaucoup plus riche et abondante et il faut nettement plus d'une audition pour s'en pénétrer.Mais c'est de toute évidence un grand classique épique dont Les dimensions de fresque m'évoquent Wagner sans la prétention bourgeoise.Tout au long des deux faces de l'album, Dionne et Brégent utilisent une grande variété de jeux d'écriture et d'interprétation qui les situent aisément comme des inventeurs de plein titre.Deux hommes en pleine possession de leur production, ayant établi la distance nécessaire face à leur formation afin de pouvoir s'en servir pour exprimer pleinement leur vécu et leur senti.L'album "LE TROISI EME JOUR" est une production très honnête malgré certains défauts de prise de son et une gravure moyenne.A comparer à la production québécoise habituelle, il est plus que valable.Dionne Brégent nous offrent ici une musique neuve et intelligente, mûrie mais dont la plus grande qualité demeure sans doute la sensibilité Une musique sans snobisme, vaste, qui se touche mais ne s'abandonne pas.C'est peut-être ça une véritable musique concrète.par Marc Desjardins MAINMISE Septembre 1976 9 Les nuits blanches A l'heure où les bardes sont des "amateurs" au sens de la loi, puisqu'ils sont oblige's d'avoir des jobs payantes pour survivre ! A l'heure où les trouvères du passé sont l'avant-garde de la chanson ! A l'heure où notre ministre des Affaires Culturelles, M' L'Allier, avec ses amis officiels, s'est mis à considérer la chanson, à se rendre lentement compte de la situation : elle est notre médium culturel.On en fait beaucoup et bien.J'espère qu'on ne s'assoit pas là-dessus comme un trésor.J'espère aussi qu'on ne la laissera pas s'envoler, comme une richesse naturelle, aux mains des capitalistes qui ne sont pas si méchants qu'on le raconte, mais qui sont bêtes.bêtes.A l'heure où des groupes américains comme Styx ou Starcastle cherchent à sonner britannique ! A l'heure où la crème des disques du jeune Jazz, sevré du lait de sa mère noire, jaillit en fontaines mirifiques du studio d'Arne Bendikson à Oslo.à l'heure où les oreilles des français se tortillent sans trop comprendre entre l'américo-britannique et le faisceau irrévocablement riche des folklores régionaux.L'éclatement de la France en pays plus petits, sans frontières autant que possible, POccitanie ou la Bretagne, le Quercy et le Berri.oui, oui, fait fleurir la musique.A l'heure où les Allemands voyagent au synthétiseur et prennent des vacances reposantes chez Schulze, Froese.mangent des tangerines qui font rêver même les machines les plus industrielles (Kraftwerk veut dire outil).A l'heure où les musiques de partout envahissent mes oreilles ! C'est l'heure où je sors pour courir vers les charmes audibles.l'heure où je me tiens debout devant tout le monde, tout nu, prêt à chanter.Vais-je crier Môman ?Ben non, voyons Toute la fanfare nationale est en arrière de moi, qui me soutient.KS — Sleycl.lt.harmonium.L.guidon eat remplacé par un har Que font nos oreilles québécoises ?Midi approche ! Le nationalisme est mal vu dans le "monde" ; nous sommes tous dans un mélange racial et ethnique et nous cherchons à jouer - c'est notre tour ! - la carte du nationalisme.C.est légitime et génital, utile et pressant ! Nous cherchons à vivre la lutte Québec/monde et nous sentons les pulsations de notre musique battre en nous.Nous avons une arme, un outil que l'on manie assez bien ici : la musique.Midi approche.La moitié de ton coeur est séduite par le bien fondé des théories collectivistes ; l'autre moitié cherche un pays pour s'étendre et se reposer.La moitié qui pompe la sève nationaliste dans un effort qui ressemble parfois à la masturbation.Effort suave ! La musique ouvre toutes les portes.Dans notre répertoire mobile de disques et de musiques, certaines surcharges d'intentions culturelles habillent parfois de très belles musiques d'une manière qu'on jugera déplorable ! A quoi bon un répertoire si on ne croit pas que la musique des autres pays peut nos être utile, nous servir d' outil ?C'est déplorable que la musique brésilienne se chante en brésilien ! Aux yeux gron-deux de l'international-analyste tout régionalisme est déplorable ! Une chanson ukrainienne, péruvienne ou même anglaise peut perdre son charme à nos oreilles quand elle est truffée d'ukrainismes, de péru- de Sainte -Cécile vismes ou même de britannismes, perturbateurs pour les oreilles pures du sauvage québécois.La même chose s'applique à la chanson québécoise, une surcharge de québécismes pourrait la rendre moins charmante aux oreilles des étrangers.So what ?Je t'aime, yes I love you ich liebe dich.On est capable de taire du bon disco aussi.Patsy Galant, Nanette et Boule Noire savent faire danser tout notre petit monde, et c'est bon ! On est à l'échelle de l'international swing ! On s'est rendu là.ça va peut être plus loin ?Ca va peut être ailleurs ?Une foule de révolutionnaires embourgeoisés persistent à croire que le peuple (la masse laborieuse) est bête, qu'il faut lui servir des choses nécessairement faibles, faciles et simples : du pablum.Comment peut-on révolutionner quoi que ce soit quand on croit que le peuple est il y en a qui appellent ça de l'energie nous on appelle ça des outils bête ! On essaye même pas de lui laisser entendre de la musique reposante ou intelligente : ça rentre pas dans le programme.On filtre tout le nouveau et l'inattendu.On préfère la musique rentable pour les déjeuners décaféinés des endormis permanents.Je crois fermement que le peuple vient du peuplier, que le vent qui.charrie nos chansons nous traverse et nous agite doucement, veux veux pas ; le peuple fait le bruit de la mer.Je préfère penser à un arbre qu'à une masse quand je veux parler des "laborieux".Un arbre qui frémit à la moindre chanson, au moindre air.La chanson est un moyen populaire d'expression.On ne peut pas la déraciner, ni la noyer, ni la pendre.Elle chante chez nous à la mode des américains dans bien des cas ; elle se cherche des "modes" et des allures dans d'autres cas.Notre folklore, celui qui souffle dans le coeur, a donné ses thèmes et ses allures à Forestier, aux Séguin, Jim et Bertrand, à tant d'autres aussi qui avancent, plus ou moins anonymes, plus ou moins révélés, vers une expression proprement québécoise d'un fond traditionnel qui ne l'est pas forcément.La musique des violonneux est celte ; les modulations harmoniques des turlutages de Mme Bolduc ressemblent étrangement aux fugues de Bach.Entre une gigue à l'irlandaise et une complainte française d'inspiration arabe, on cherche dans notre musique folklorique ce qui est québécois.C'est par les allures nouvelles que l'interprétation donne à la musique folklorique que certaines chansons ou certaines tounes deviennent québécoises.En cherchant l'internationalisme on risque de ne pas le trouver.C'est en étant soi-même qu'on y arrive ! La course à l'internationalisme a terni beaucoup de musiques, de bien des pays, depuis le phénomène Broadway et sa diffusion internationale.Par ailleurs la course au nationalisme, bien qu'elle aille dans le sens contraire, étouffe parfois l'expression dans l'oeuf ; elle réduit les musiciens qui choisissent "l'authentique" à la répétition de certaines figures fixes, à l'utilisation répétée des mêmes formes.A force de vouloir être traditionnel, on perd le goût de l'invention, ce qui me semble attristant.L'artisanat l'est moins.Il fuat tapoter la musique et la tailler à sa mesure : elle est un métier d'art, elle aussi.•Ca devient facile d'être québécois quand tout ce qu'on fait pour l'exprimer, c'est lever sa bière au bout de son bras, dans une annonce ou non, et crier :"Salut ! Frère québécois." Cornme si on était depuis longtemps les héros incontestés de tous les combats.On a gagné les trophées de la mortalité routière et du parlage au téléphone, non ?Des groupes comme Offenbach ou Morse Code font une musique de qualibre internationale que des québécismes et des nationalismes transfigurent.Leur auditoire les enchaîne presque ici.On a nationalisé l'électricité musicale aussi.Les résultats seront-ils comparables à ceux de l'Hy-dro ?Le grand bloc du jazz-rock nord-européen avance vers nous avec ses synthèses de traditions et d'éléments américains remanipulés.Nous avançons vers eux avec nos expériences.La rencontre risque d'être fructueuse.On ne ressent pas le besoin d'aller vers le bloc américain, puisque la musique qu'il diffuse nous poursuit et nous atteint partout.Leurs stars nous cachent des merveilles.C'est souvent les critiques européens qui sensibilisent les lecteurs ou les auditeurs aux musiques originales qui peuvent sortir des U.S.A.Ils les révèlent au marché international, larret et Oregon sont des vedettes européennes.Que la musique soit un marché est une réalité bien dégradante qui a des effets barbarisants sur les producteurs, les musiciens et les auditeurs.mais c'est l'ampleur de ce marché qui a pû permettre l'apparition des courants parallèlles d'échanges.On peut se procurer la musique de partout chez nous.La radio en joue en peu, miette à miette.mais les tables tournantes de certains mélomanes s'épuisent en découvertes de toutes sortes.La musique québécoise s'adresse au monde par un de ces courants parallèles du marché international.Le marché est une plaie pleine de bibittes, mais une plaie qui s'ouvre des fois sur des iles vierges et mystérieuses, sur des oasis silencieux, sur des tourbillons troublants qui nous plaisent.10 MAINMISE Septembre 1976 THE ALAN PARSONS PROJECT TALES OF MYSTERY AND IMAGINATION/ EDGAR ALLAN POE 20th C.R.T-508 Décidément, ce conte traverse les âges à la manière d'un courant d'air : sans jamais s'émécher ni s'user, toujours à ravir les enfants d'une génération à l'autre.Pourtant ce n'est plus les enfants qu'alors nous étions que touche cette nouvelle adaptation du conte, remanié dans un style tout à fait à l'anglaise.Tout y est : une présentation irréprochable (pochette, livret intérieur comprenant textes édités en français, en anglais, etc., dessins et indications des musiciens dans chacune des parties du conte); on peut choisir selon ses goûts ou sa nationalité : le récit peut être entendu en français, anglais, en italien, en espagnol ou en allemand (à condition de pouvoir trouver l'édition, pour les trois dernières); par la qualité des musiciens ici présents, c'est un projet d'envergure car ont été regroupés des noms tels Manfred Mann (Pierre), Stéphane Grapel-li au violon (le chat), Eno (le loup), les batteurs Bill Bruford, Phil Collins et Cozy Powell (les chasseurs), le pianiste Keith Tip-pett (le lac) et sa femme Julie (ex-Driscoll) accompagnés par la Chorale Anglaise, Alivin Lee, Jon Hiseman et Chris Spedding (ces deux derniers anciennement avec Jack Bruce).Généralement le disque est tenu (magnifiquement d'ailleurs) par Garry Moore (gtr.), Percy Jones (basse) et Phil Collins (bat.); tout y est car la prise de son est ici exceptionnelle.Elle fait de cet enregistrement un petit chef d'oeuvre inspiré par une simple i-dée et des thèmes bien connus de Serge Prokofiev.Même si vous êtes nourris de préjugés, comme l'étaient certains de mes amis, vous redécouvrirez avec plaisir les petites rengaines et vous découvrirez les nouvelles aussi.Pour ce qui est des vieilles, cette adaptation inattendue les enveloppe d'un nouveau hâle, les transfigure en y projetant des inatruments et des sonorités plus récentes et plus proches de notre XXe siècle.Mais il ne faudrait surtout pas croire que le disque est un exemple vivant de l'art contemporain, parce qu'on peut y entendre une chprale, des arrangements de cuivre, un rock'n-roll, un blues, (duo Alvin Lee et Stéphane Grapelli), et un superbe thème final arrangé par les producteurs Jack Lancaster et Robin Lumley, qui sont les instigateurs de ce projet, thème dans lequel on chante avec force et rage que Pierre est un brave, que Pierre est un héros.On chante à tue-tête à la gloire de ce petit bonhomme, le seul que je connaisse qui ait pu à ce jour se faire bon ami des oiseaux, des canards et aussi capturer un gros-méchant-loup.L'histoire se termine évidemment à l'avantage des bons et au désavantage des mauvais.Mais c'est un conte.Ce que Prokofief ne savait peut-être pas, c'est que le loup ne chasse qu'rn bande.Ici on excusera car les erreurs de ce genre sont les meilleurs pré- textes aux belles oeuvres de ce genre.Enfants, nous préférions le rêve à l'éducation; nous étions plus porteurs de nos rêves que studieux et enragés élèves, plutôt insensibles aux messages politiques.Mais qui n'a pas été par Yellow Submarine ?, à ma connaissance, le conte le plus politique et le plus engagé par une des voies les plus subversives, celles du rêve, de la musique et des couleurs.Entre nous, il n'y avait peut-être pas un groupe plus engagé que les Beatles; et c'est justement avec ces derniers qu'Alan Parsons obtint son premier contrat d'impprtance : il fut assistant ingénieur pour Abbey Road.Tout dernièrement, Alan Parsons a été producteur d'un disque-projet intitulé "Tales of Mystery and Imagination/Edgar Allan Poe (toutes les pièces sont inspirées de nouvelles de cet é-crivain mort en 1849 dans des circonstances mystérieuses), disque un peu différent de "Pierre et le Loup", mais non de moindre envergure, puisqu'on y apprécie la présence d'un orchestre composé de 200 musiciens, sans compter les 27 autres de formation moins classique, et la Chorale Anglaise.Parsons a aussi été l'ingénieur en chef de "Dark Side of the Moon" de Floyd, de "Red Rose Speedway" de McCartney, de "The air that I breathe" des Hollies.Je vous informe de tous ces détails car ils donnent une très bonne idée du traitement du son qu'il applique pour son propre disque, et aussi une idée du style qu'on peut facilement rapprocher de celui des Beatles vers la toute fin, et plus particulièrment de celui de McCartney et de Pink Floyd.Le disque, cependant, possède une atmosphère bien à lui, différente pour chaque pièce musicale du fait que chacune de celles-ci est inspirée d'une "histoire extraor-, dinaire" et contée/chantée par' un chanteur différent.Parmi ceux-ci, il y en a un qui presque insupportable, Arthur Brown, qui, dans l'ensemble du disque, fait très déplacé; et c'est dommage, parce que la pièce est animée d'une mélodie et d'un rythme forts appréciables, qui pourraient faire danser un grand-père - si l'idée lui en venait naturellement.Je distingue dans ce disque trois parties bien précises : tout d'abord, il y a la mélodie thème, jouée de différentes manières avec différents instruments à travers trois pièces (A dream within a dream, The Raven, Doctor Tarr and professor Fether) qui, elles, en entourent deux, chantées et nous venant des mêmes compositeurs; ces deux-là, et une autre de la face B, ne sont pas de nature tes différente des trois autres, mais elles ont toutes une présence, une existence plus détachée de l'ensemble du disque-projet; fianlement, la troisième partie, avec l'aide d'Andrew Powell qui travailla aux côtés d'artistes aussi différents que Humble Pie et Stocchausen : c'est une suite conduite par Powell dominée par desarrangements d'orchestres et de choeurs et inspiré du conte bien connu 'The Fall of the House of Usher' qui s'étire d'un Prélude à la chute; l'album est clos par une merveilleuse chanson qui a beaucoup de points en commun avec 'Us and Them' des Floyd.Somme toute, c'est un disque fascinant à mettre aux côtés de 'Pierre et le Loup' parce qu'on y sent le même désir de travail d'envergure sans bavures, qui est une qualité indéniable chez les Anglais, peuple cherchant à éviter le plus pssible les erreurs en tous genres.Musicalement parlant, on n'aura jamais à craindre d"eux qu'un jour ils nous envoient des saloperies par la gueule : ils sont tout à fait immunisés contre le travail 'sloppy".Christian Belleau MANFRED MANN, ENO, BILL BRUFORD, PHIL COLLINS, ALVIN LEE, etc • • • • PIERRE ET LE LOUP RSO 2394-162 MAINMIS NMISt Septembre 19/6 11 FRIPP & ENO EVENING STAR Island Help 22 Eno repose sa voix; il ne chante pas ici, il programme.Il prépare des rubans paisibles et infinis qui servent de tapis volants au vol discret des guitares de Fripp.Ils ont donné ensemble une série de concerts qui a dérouté tous ceux qui cherchaient les spectres/âmes de King Crimson et Roxy Music.C'est toute une nouvelle musique qui a résulté de leur collaboration.On connaissait déjà le disque No Pussy Footings qui était leur première expérience commune, mais il faut dire qu'ils ont fait un bon bout de chemin depuis.Eno a retrouvé son calme avec 'Another Grwen World' et Fripp s'est remis du cauchemar U.S.A., la fin tragique de King Crimson.La très lente évolution de leur musique dispose au repos ou à la rêverie; un module se construit à pas de tortue, comme une chenille harmonique.Ils choisissent quelques notes, les replient sur elles-mêmes, les enferme dans un cocon, et quand l'équilibre s'impose de soi-même, la musique s'éteint.C'est chacune de leurs constructions qui s'envole comme un papillon immobile, comme une libelkille plutôt.Ses ailes frémissent bien qu'elle reste immobile.La structure mélodique des morceaux de Fripp-Eno est encore plus simple que celle des longues sagas de Klaus Schulze.trois ou quatre notes, et le tour est joué.Jamais d'emportement! Fripp ne se lâche pas; il ne fait pas de solo déchirant.On dirait qu'il va au-delà de la cruauté de ses guitares métalliques; il les retient pour créer un presque-silence viscéral.Cette musique éthérée du duo' brittannique s'inscrit d'emblée dans la famille mystique des néoromantiques électroniques.Elle cherche le silence à travers le dépouillement progressif de la musique.comme une He au nord du monde où fleurirait un seul pommier.C'est des pommes d'or qu'ils cherchent à produire pour nos oreilles qui s'en argentent.Si vous revenez vérifier votre table tournante pour voir si elle est restée accrochée, c'est parce que votre avidité nerveuse, gâtée par les sling-shots du rock'n'roll, n'est pas encore disposée à recevoir la musique des sphères célestes.Qu'une note dure une demi-heure n'est pas un crime, ni une farce dadaiste ! C'est une porte ouverte - grande ouverte ! - à la participation de l'auditeur.Evening Star n'est pas un disque qu'on pourra offrir à des adolescents pour Noel, à moins que les adolescents cessent d'imiter l'agitation destructrice de leurs aines.Pierre Voyer FELIX PAPPALARDI CREATION A&M SP4586 Si vous avez encore vos vieux disques des "Cream", de "Mountain" et de Jack Bruce comme disques de chevet, vous serez charmé par ce retour de Felix qui chante toujours aussi divinement et se fait quelquefois présent à la basse et aux claviers, accompagné ici de quatre petits japonais qui se débrouillent assez bien, dont un guitariste qui se prend 'pour Leslie West lui-même.Made to be played loud.Christian Belleau GARY WRIGHT/ SPOOKY TOOTH THAT WAS ONLY YESTERDAY A&M SP-3528 A l'ordinaire, je suis tout à fait contre la formule 'Greatest Hits', qui n'est qu'une misérable mise en scène de la part de la compagnie opérante qui espère ainsi s'octroyer encore quelques gros profits sur le dos d'un groupe de renommée, récemment dissous.Quand je dis "à l'ordinaire", je signifie par là que ce double album fait un peu exception car il recèle de petites qualités appréciables : a) on trouve, à l'intérieur, une biographie du groupe, complète et agrâble à lire; b) je ne sais pas ce que A&M a fait au son : on pourait s'imaginer au départ que chacun des morceaux aura son son original, ce qui ferait de cet album un ramassis de conceptions sonores difficilement conciliables, mais non, il y a eu effort de ce côté là.Tout au' long des deux disques, sonne une homogénéité sonore qui donne l'impression que l'ensemble a été prévu par le groupe aux fins d'une seule édition; même certaines pièces ont été améliorées, comme 'Evil Woman' tiré de "Spooky Two".Pour ce qui est du choix des pièces, je rte suis pas déçu, toutes mes préférées sont là sauf une qui manque au gâteau et c'est'I'm the Walrus'.On se THAD JONES / MEL LEWIS NEW LIFE A&M/Horizon SP-707 Dans la collection "Horizon" de A&M, qui est un effort louable de cette compagnie pour a-méliorer le son, la documentation, le choix des artistes et la' présentation dans la catégorie Jazz, j'ai pu apprécier une nouveauté : "New Life" de Thad Jones et Mel Lewis.Si vous vous remémorez avec nostalgie ces vieux orchestres Big Band, comme ceux de Gil Evans, Charles Mingus, Woody Herman, Count Basie, Benny Goodman, Duke Ellington, vous n'aurez aucune peine à saisir la volupté perfectionniste qui se dégage de ce disque; vous aurez tous les plaisirs du monde à savourer ces pièces construites avec concision et mathématique et qui, de plus, savent respirer par toutes les pores de leurs instruments.Ces qualit-tés entremêlées font de ce disque un parfait mélange de fOU- t^t j-.-.m.-I New Life gue et de légèreté.Pour ceux qui n'ont aucune idée de ce que ça peut donner, laissez-vous tenter; c'est un achat difficile à regretter.Par ce disque, Thad et Mel fêtent leur dixième anniversaire .de vie commune et de swing imperturbable.On souhaite à cette deuxième décennie qui s'ouvre à eux, autant de voeux de vie re-nouvellée dans le jazz des grands ensembles qu'il est possible d'en formuler.Christian Belleau console en se disant qu'il n'y avait peut-être pas de place.Mais c'est rien parce qu'il y a une compensation : deux inédits de la formation "The Mirror" : 'I know' et M can't see the reason', dont la parution était prévue pour un 45 tours.Par contre, rien du disque "The Mirror" n'est ici édité; de l'avis du biographe, cette formation était une prometteuse combinaison de musiciens, mais le plat a raté; et alors on a pu se mirer dans de la gelée décourageante et sans âme.Pour tous ceux qu'intéressent l'esprit et la fougue débordante su Spooky Tooth d'entre les années '68 et '73, et pour ceux-là qui voudraient économiser des sous, "That was only Yesterday" est un bon acaht.Mais je suis toujours contre cette politique gros-sou des compagnies en plastique.Qu'est-ce que ça va être quand les Stones vont se dissoudre.! .Christian Belleau MARK-ALMOND TO THE HEART ABC D 945 Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la musique de Jon Mark et Johnny Almond, il faut la présenter avec des gants blancs.Ce duo s'est spécialisé dans une sorte de blues à fleur de peau, un swing jazzé,une voix de presque enrouée, entourée de voiles sensuels, un saxophone or-gasmique et la détente esthétique.Ils reviennent ici à la Samba, un peu voisine de celle qu'on entendait sur The Ghetto.Il y reste bien sûr des moments d'emportement, des brusqueries subites, mais la voix de Mark, comme un fil de soie, rétablit toujours le calme.La sensibilité de Mark est exceptionnelle; j'ai toujours l'im- pression qu'il va fondre en larmes.'Here comes the rain' lui ressemble comme deux gouttes d'eau - c'est le cas de le dire ! -on y trouve des sautes d'humeurs presque troublantes.Le duo déjà célèbre s'est entouré cette fois-ci du non moins célèbre Billy Cobham à la batterie et de Greg Bloch au violon.Le résultat est impressionnant.C'est sans doute un des meilleurs disques qu'ils aient publiés.Leur musique se range difficilement dans les catégories déjà nommées; ils font une espèce de folk-jazz un peu sud-américanisé qui jne ressemble qu'à eux.Reposant, rêveur, sensuel.La guitare classique de Jon Mark a vraiment des accents espagnols qu'un romantisme exacerbé vient épouser dans un bain de vibraphone.C'est Johnny Al- mond qui en joue quand il n'a pas la bouche et le souffle exta-tiquement happés par ses saxophones.C'est sans doute le plus calme de leurs disques.J'espère que ce ne sera pas le dernier, puisqu'il semble que le duo se soit réuni pour répondre à la demande de leurs fans.C'est ce qu'explique une note sur la pochette.To the Heart semble être le disque d'une réunion.Et leur cohésion a tellement de poids qu'elle arrive à calmer, relativement, les élans effrénés de Cobham; ils ont dû le tenir attaché dans un coin de studio et le lâcher seulement quand ils en avaient besoin.Le dosage est excellent.On sent qu'ils ont beaucoup d'énergie, mais elle est contrôlée.Ils lâchent leurs chevaux fous sur 'Busy on the Line' : c'est étour- dissant !.Mais on s'attend à retomber dans le "deep blue", et c'est ce que nous ramène 'Everybody needs a friend'.Le disque s'achève dans un style résolument "ballade" à la Mark-Almond; le saxophone fait et défait des noeuds dans le ventre de ceux qui se donnent la peine d'écouter.Pierre Voyer PETER ALLEN TAUGHT BY EXPERTS A&M SP4584 Connaissez-vous la grande folle du film "Cabaret", Liza Minel-li ?Eh bien, ce monsieur est son ancien mari et si vous avez apprécié la grande folle, vous apprécierez ce grand fou très décontracté mais trop mélancolique.très friand de ballades, de sérânades, des grandes villes (Hollywood, New York), des avions, des stars, des comédies musicales romantiques.A noter : la présence d'excellents batteurs (J im Keltner et J im Gordon) aux côtés de musiciens d'un tout autre étage (un peu plus bas), fait très curieux, très incompréhensible.enfin.Christian Belleau • 12 MAINMISE Septembre 1976 CONEY ISLAND BABE LOU REED RCA APL1-0915 ment par Bob Kulick et par Bruce Yaw.Parce que Lou Reed renouvelle sa panoplie de musiciens à chaque album, il change du même coup toute une conception mais non la qualité.La seule chose qui reste égale à elle-même à travers tous ces changements, c'est la présence bien personnelle de Reed.Pour se faire une idée du personnage, CONEY ISLAND BABE LOU REED RCA APL1-0915 Jusqu'à ce jour je ne connaissais Lou Reed qu'a cause du succès de chansons comme "Wal king on the wild side", "Satur- peut-être ne devrait-on pas trop day night", et.entendues si se fier à Rock and Roll Animal souvent dans les clubs, vers 2h.qui n'est qu'un moment unique du matin lorsqu'on se met à dans sa production musicale, flotter bizarrement dans le som- Dans Coney Island Babe on re,-bre velours des souterrains de la trouve un nombre appréciab|e hi f-K,,^ TLT* VJl\î de ballades comme "A gift" dans heure-la que Lou Reed est le , .n , ,° plus appréciable, lui qui est le ,aclu?lle Reed se Proclame com-symbole vivant (à New York du me etant un cadeau a toutes les moins) de tout ça, lui l'ex-mem- femmes du monde.On retrouve bre du Velvet Underground, aussi beaucoup de rock, du Rock groupe qui fut auréolé par la 'n Roll d'époque, de la chanson présence d'Andy Warhol, aujour- d'atmosphère dont "Kicks" fait d'hui remercié pour son apport partie| derrière laquelle s'insinu-spintuel a Coney Island Babe.en[ des discussions intermina Transformer mis a part, ma ., , , ___¦ Aa DaaA__.,„ véritable initiation au Lou Reed bles; La volx de Reed nous re sauvage et acéré a eu lieu grâce à "ent sa"s cesse comme une con-la rencontre-assemblage inatten- fesslon de s",df,s,rs pas telle due d'un bassiste marseillais frai- m_fnt secrets d allleurs„ Tout comme dans Rock chement débarqué, qui à l'époque gagnait sa croûte avec ces artistes marginaux de Paris qui ont "l'accent qui pète", et du disque live "Rock and Roll animal".Le mélange de ces deux enragés du Rock'n Roll donna une de ces mixtures à n'ingurgiter qu'en cas d'extrême léthar- and Roll Animal et dans Coney Island Babe on pourrait se deman der pourquoi son style décousu de vagabond a tellement besoin de s'entourer d'aussi bons musi ciens.Il faut s'entendre ici: Lou Reed n'est pas toujours un chanteur extraordinaire.Tâche-t-il de compenser son manque de sûreté gie.C'est, voyez-vous, que les vocale par un fond musical irre musiciens de cet album dépassaient en consistance et en puissance un tank de la deuxième guerre en pleine action.Et c'est peu dire.Avec Coney Island Babe, Lou Reed est bien fidèle à son mythe il le nourrit et le nourrit bien avec maints et maints coups de dents et d'accents rageurs.Pourtant, on assiste ici à un person- prochable?Par moments, on pourrait presque imaginer Reed en poète troubadour à la Dylan s'il n'avait pas, et c'est ici que ça devient intéressant, ce côté ani malesque américain du nord qu nous déverse à flots une agressi vite fantasmatique, presque pas sive, des balafrés et junkies d East Harlem, de Jamaica Queens de Brooklyn, du Bronx et de Co Pour tout vous dire ou plutôt nage plus tendre qu'à l'habitude, un peu moins grinçant.Reed va ney lslanû même jusqu'à une certaine so- ,r .i ^ .-, „u,„k, ne pus rien vous dire, s il y avait phistication quand il chante K„ nJj; .L„:i "Crazy feeling" et "Kicks" Après "Rock and Roll animal" "Coney island Babe" déçoit un peu; tout dépend à quelle facette du personnage on s'attache.Pour ma part, il n'a plus cette même intensité de base qui avait surtout été créée par Steve Hunter à la guitare et par Prakash John à la basse.Si le mood a changé c'est largement du au fait qu' ils ont été remplacés respective- un album de Lou Reed à conseil 1er pour un de ses non-incondi tionnels, je serais tenté de choisi Rock and Roll Animal pour des nuits d'orgie enragée et Coney Island Babe pour les sauvages un peu plus tranquilles et bavar deurs, pour les amoureux de pro menades amoureuses dans Coney Island."then I sore and I get the whole thing for you".Christian Belleau AL Dl MEOLA LAND OF THE MIDNIGHT SUN Columbia / KC 34074 Pour tous les amateurs de jazz et de rock, fusionnés ici par l'arme à six cordes, beaucoup de disques sont à conseiller; mais au risque de ne plus savoir où donner de la tête parmi cette débordante production de musique constamment progressive, je voudrais en dévoiler un dont lé titre 'Land of the midnight sun' éclaire diurnement et nous invite à fouiller plus avant les recoins autrefois sombres, parce qu'ayant été longtemps inconsidérée par le public, d'une musique touche-à-tout, avide d'explorations rythmiques, harmoniques et mélodiques, très soucieuse de la résultante sonore.(Afin d'illustrer, on n'a qu'à penser à Miles Davis qui sut si bien relancer sur la scène mondiale des virtuoses tels Shorter,, Me Laughlin, Corea, Hancock, Zawinul, Cobham, etc.) Ce guitariste qui a pour nom Al Di Meola, nous réserve d'étonnantes surprises tellement il s'attache à la diversité musicale comme à celle du personnel.C'est un véritable méli-mélo : on y retrouve Mingo Lewis, qui signe la pièce d'ouverture, ancien membre de Santana; tout au long de cet album, il assure des percussions épicés dans un style typiquement latin.La qualité de certains morceaux est rehaussée par la présence de têtes d'affiches : Stanley Clarke, Lenny White et Chick Corea (tous membres de "Return to Forever" dans lequel Al Di Meola exerce ordinairement ses joyeux talents).De Corea, on peut admirer l'aisance et la propreté au piano dans 'Short tales of the black forest', pièce uniquement composée d'un époustoufflant duo.Je ne voudrais pas oublier de mentionner le batteur Steve Gadd qu'on peut également é- couter dans le "Journey to Love" de Stanley Clarcke, ni le bassiste Anthony Jackson qui fait ici ses premières armes : il s'aiguise, ni Jaco Pastorius, bassiste qui occupe présentement la nouvelle formation de "Weather Report", ni Alphonse Mouzon qui, par son passage dans "Report" et qui pour avoir accompagné Corryell dans "Eleventh House", conquit ses lettres de noblesse.Ah oui., j'oubliais Barry Miles qui fit son tout premier disque à l'âge fort avancé de quatorze ans.Ce fouillis de musiciens de talents, nous les retrouvons tous éparpillés car le disque n'est pas supporté par un groupe fixe.Di Meola (il n'a que 23 ans) évolue avec une facilité déconcertante; il saute du jazz au rock,au spul, au latin sans jamais choquer l'au diteur qui ne peut que rester é-bahi à l'écoute de tant de sou plesse et de force, ces deux antipodes dans une seule main qui, réunis, permettent de s'aventurer très loin et de risquer très gros.Ici tous les styles sont permis : il utilise la distorsion sauvage et passionnée qui évoque Santana et Jeff Beck, sans en faire une habitude, ce qui lui permet cette version de la Sarabande de J.S.Bach qu'il nous exécute seul, dans une calme simplicité.Cette sérénité se continue à travers "Love theme from 'Pictures of the Sea' " dont toute la beauté est redevable à l'attrayante ligne de basse (Clarke) et à la voix de Patty Buyukas, célèbre inconnue.Voici, entre tous, un des meilleurs exemples de ce que peut nous apporter la technologie des années '70, dont la caractéristique essentielle est la fusion, et aussi un des meilleurs exemples des étranges (mais de bonne entente) compagnonnages de musiciens secoués de leur solitude et/ou de leur stable sécurité.Ce genre de disque est une médecine raffinée : elle ne fera pas crof-tre vos organes auditifs en grosseur mais en sensibilité.Ce qui est tout de même mieux; ils prennent aussi moins de place, par contre, ils apprennent à prendre plus de l'ampleur musicale qui leur est donnée.Christian Belleau JOHN MILES REBEL Capitol PS 669 S'il avait fallu que je me fie à pochette, vous n'auriez jamais lu ces lignes.Elle est grotesque.Le titre et la pose de Miles, avec une carabine sur les épaules, sont empruntés à la mythologie de James Dean.On brasse et rebrasse ce mythe du beau révolté, mais il n'est que très rarement efficace ! Il sera toujours l'image superficielle d'une Amérique sans but précis.Qu'est-ce qu'il a fait James Dean ?Quelques apparitions dans des films et un accident spectaculaire ! John Miles, lui, est un musicien de talent.Sa versatilité le promène d'un style à l'autre avec une élégance étonnante.Il sonne parfois "beatle" et définitivement "steeve wonder" sur 'Lady of my Life', mais il n'imite pas.il fonce.Sa voix est riche et sûre; elle s'attaque à des mélodies périlleuses sans jamais faillir.Humour et romantisme se côtoient; John Miles est un des auteursrs-compositeurs-inter-prètes les plus complets de la relève britannique - si on suppose qu'il y en ait une ! D'un riff simple, sans jamais être banal, il fait un monument symphonique victorien.Sur 'Pull the damn Thing down' il me fait beaucoup penser à Bowie; certaines de ses inflexions vocales font "Garbo's eyes' même si l'image que la po- chette veut donner de lui en est une de "butch".On sait à quoi s'en tenir avec les toffes; ils ont toujours une âme en caramel.La chanson qui ouvre et clôt le disque, 'Music', est un déploiement grandiose de violons et de guitares électriques : "Music was my first love and it will be my last.Music of the future, music of the past".c'est pas sorcier, mais ça se prend bien.'Highfly' me rappelle un peu Supertramp, sans excès.Les petites notes perchées que Miles va chercher avec sa voix compéti-tionnent avec son jeu de guitare qui, sans être de la virtuosité, ne' tombe jamais dans la banalité ou la répétition facile.Rebel est un disque qui a sans doute beaucoup d'avenir.Il évoque beaucoup de choses différentes, des sons connus - 'You have it all', titre révélateur, me fait penser à Babe Ruth - mais il englobe tout pour essayer de pousser tout ça un peu plus loin.Ce n'est pas de la musique qu'il faut écouter avec une attention religieuse - on peut faire la vaisselle en l'écoutant ! - mais ça ne donne jamais dans l'arrache-nerf.Pierre Voyer MAINMISE Septembre 1976 13 DAVID LIEBMAN & RICHARD BEIRACH FORGOTTEN FANTASIES A&M Horizon 9 SP 709 C'est le deuxième disque de David Liebman dans la collection Horizon que A&M consacre au jazz.Lé saxophoniste joue ici avec un pianiste dont le style détendu et traditionnel lui convient parfaitement.Leur musique s'écoule en rubans gracieux et paisibles; elle est rarement choquante et toujours éthérée.C'est envelope d'orientaleries que nous arrive ce nouveau disque; la présentation se résume ici à une citation du Tao-to-King de Lao Tseu.Cette saveur à la fois chinoise et philosophique ac- !3K compagne à merveille la musique ¦spirituelle de Liebman et Bei-rach.Leurs variations mélodiques sur une base simple à respiration lente construisent dans l'air des volutes reposants.Ils ne s'éloignent pratiquement jamais du "modèle" d'um jazz traditionnel; ils font une musique méditative et contemplative qui n'a rien à envier aux formes plus bousculantes du nouveau jazz.Si vous vous apprêtez à disposer quelqu'un sur votre sofa; si vous voulez l'induire" à des dispositions délicates, voici le disque qu'il vous faut, coulant, sensuel et reposant.Une vraie cure anti-stress ! Quand Liebman laisse le saxophone pour la flûte, c'est un versant plus ensoleillé de sa montagne qui nous apparaît.Les arabesques se suivent sans se ressembler, paisiblement.Etrange d'entendre une telle musique, évocatrice de branches de pruniers en fleur devant la pleine lune» produite par des musiciens new-yorkais ! Il faut croire que tous les jazzmen n'ont pas choisi le portrait réaliste de la confusion urbaine.Pierre Voyer JEFFERSON STARSHIP SPITFIRE Grunt BFLI 1557 Les vieilles vedettes qui sont sur leur retour d'âge peuvent, à notre époque, prendre leur retraite vers trente ans; mais il y en a des tenaces qui tiennent bon et qui continuent.C'est le cas des Kantner, des Balin et de Grace Slik, une très belle petite vieille dans la trentaine.Le style de Jefferson Starship est établi, on en connaît la texture, les forces et les faiblesses, mais on dirait qu'ils ont resserré tout ce qu'ils avaient pour produire Spitfire.Les chansons ne sont pas plus savantes qu'elles ne l'étaient auparavant, les thèmes sont sensiblement les mêmes, mais on dirait qu'une nouvelle fureur s'est emparé d'eux.Les images de tigre et de dragon, les couleurs chaudes et la révolte ont toujours été les pilleirs de leur musique, mais ils prennent ici une vigueur qu'ils avaient perdue.ou qu'on leur a-vait oubliée.Grace Slik est divine dans 'Hot Water' ! Les nerfs tendus de ce rock typiquement west-coast lui forment une trampoline des plus funky.Le laisser-aller qui carac- térise leur musique s'affirme ici comme le plus solide ferment de leur style.Les voix dépassent toujours; Grace s'envole et lâche des petits cris suaves.Elle est sérieusement dynamite dans 'Hot Water', j'insiste! Les fleurs dans la tête de San Francisco sont aussi loin que Surrealistic Pillow, les déceptions ne se comptent plus dans les rêves de ces anciens jeTTnés américains, mais ils tiennent bon! La chanson 'St-Charles' est un peu le résumé lyrique de leurs espoirs.La guitare de Craig Cha-quico se tortille de sa plus belle manière, s'embrouille dans son propre message.La visite (Papa John Creach) est repartie, mais les membres de la famille s'en trouvent regénérés, renouvelés et frais comme jamais.Au nombre qu'ils sont, il est pratiquement impossible qu'ils évitent la confusion, elle fait même partie de leur son, mais il s'en dégage toujours une saveur de conviction socio-politique qui m'a toujours fascinée.Conviction et confusion se fondent toujours en tendresse quand Marty Balin et Grace Slik s'épousent vocalement.Spitfire m'a surpris.agréablement.Pierre Voyer THE REVOLUTIONNARY ENSEMBLE THE PEOPLE'S REPUBLIC A&M Horizon 8 SP 708 Le jazz libre s'assagit; on dirait qu'il commence à se purifier, à s'assénir.Lui qui a toujours été le fidèle portrait de la réalité urbaine, du freak de la vie moderne ! Le jazz de Leroy Jenkins, Sirone et Jerome Cooper trouve dans ce disque récent une formule musicale que je ne qualifierais pas de "compromis" mais qui abandonne peu à peu le mille-notes-à-la-minute pour une structure plus réfléchie.Le 'New York' de Leroy Jenkins est plutôt lyrique que réaliste.Il commence par un solo de violon très expressif que viennent ponctuer assez délicatement la basse de Sirone et le rythme de Cooper.On est encore au coeur de l'expérience pure, de la recherche qui prend des fois un visage d'audace avant-gardiste, mais la musique cherche ici à n'être que de la musique, sans implications culturelles évidentes.Les "clusters" jaillissent quand même.Il y a des chocs.On fait des flamèches, mais on dirait qu'il y a maintenant une esthétique plus perceptible des dissonances et des écarts de rythmes.Ils utilisent sur The People's Republic, la pièce titre du disque, une panoplie d'instruments pour faire une musique presque africaine.Leurs éclats fusionnent dans 'Ponderous Planets'.Ce n'est pas une musique à écouter en dînant, mais quand on a envie d'une expérience unique, d'une attaque bombardante des sens qui, en fin de compte, fait réfléchir.Pierre Voyer IRA SULLIVAN IRA SULLIVAN A&M/Horizon SP-706 Ira Sullivan, presqu'unique-ment connu à Chicago, ayant refusé de s'installer à New York où il aurait pu amorcer une carrière musicale jonchée de réussites, nous revient maintenant après plusieurs années de silence qui l'ont sûrement reposé, peut-être redevables au soleil et à la verdure tropicale de la Floride où il a cru bon de planter sa tente vers 1962.Entouré de musiciens encore inconnus du public (Joe Diorio, Steve Bagby, Tony Cas-tellano), Ira Sullivan nous présente un jazz de qualité, raffiné, qui ne déborde jamais.Le jeu de Sullivan (surtout par le biais du Saxophone Soprano, mais aussi de la trompette, de la flûte, de l'afuche et du Sax.Ténor) fait par moments songer à Coltrane.Mais on sait qu'il a subi la bénéfique influence de Charlie Par- TERDJE RYPDAL ODYSSEY ECM 1067-68 Le studio de Ame Bendiksen à Oslo est un lieu de rencontre des noms les plus prestigieux de la "relève" du jazz moderne : Co-rea, Garbarek, Jarret, Burton, Weber et bien d'autres.Terdje Rypdal (prononcez "taireyë Rupdal") y est chez lui; ce jeune guitariste norvégien est vraiment le "prodige" du nouveau jazz nord-européen.Ce n'est pas sa virtuosité qui le distingue, c'est le souffle de son imagination musicale, la sobriété de son audace harmonique et le calme étrange qui se dégage de sa musique.Quatre faces de longs dialogues entre la guitare lancinante et le trombone divaguant, un délire délicieux à une respiration qui ne s'agite que très rarement.Torbjôrn Sunde joue le trombone; Brynjulf Blix tient pendant des longues minutes des accords d'orgue qui se transforment subtilement au gré des architectures harmoniques surprenantes de Rypdal.Sveinung Hovensjô fait le point, il balance à la basse, discrètement puis soudain magistralement sur 'Better off without you'.Svein Christiansen à la batterie est silencieux comme les autres, il écoute beaucoup puis joue peu.Tous les musiciens de ce groupe écoutent l'air, quelque chose dans l'air leur parle de la mer et de l'infini.On a dit d'Hendrix qu'il faisait parler sa guitare.Terdje Rypdal parle norvégien; c'est une langue chantante, avec des inflexions.Il explore des fjords d'effroi et ses voyages sont de plus en plus convainquants.Whenever I seem to be far away et What comes after ne révélaient que quelques facettes de son immense talent et de son originalité fermement déconcertante.Odyssey nous ouvre quatre faces de complaintes languissantes où s'allument des geysers d'astéroïdes.Un grand calme dramatique où se faufilent des glissades de demi-tons suspects.L'orgue est partout; il sonne comme l'instrument étrange des vieux professeurs maniaques des films d'horreur.Le professeur a toujours un accent allemand; il serait ici le cousin de Klaus Schulze.Un orgue encastré dans le roc, sur la paroi d'une grotte où il se passe des affaires troublantes et belles.'Rolling Stone' est une sorte de long morceau funky-céleste.'Rolling Stone' est une sorte de long morceau funky-céleste.Les soli du trombone y prennent des dimensions inouies.Il faut l'entendre.Une lente décomposition harmonique où le trombone lâche des cris siphonnants dans une musique de nuit où la persistance du motif de basse rencontre en cachette, par petits blocs de surprises, la guitare "croche" et suave du troll d'un rock nordique qui cherche le fantôme de Malher ou Wagner.La fin de 'Rolling Stone" (23 minutes) arrive vraiment comme une surprise.'Fare Well' : je ne suis pas encore arrivé à percer le mystère de cette pavane d'une douzaine de minutes.Beauté troublante ! On peut penser qu'une telle musique, avec toutes les musiques qu'elle influencera, peut arriver à abolir définitivement les classes : jazz, classique, rock, folklore, standard, disco, go-go et "progressif".Elle puise à plusieurs sources, mais ce qu'elle projette laisse coi.Pierre Voyer TERJt R Y PO Ai.ODYSSEY .j *, ^jJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJJ * m Lit marnât» m et surtout, et d'ailleurs grace à la "couverture" des pègres et des po liticiens, le seul Pouvoir qui se Fonde re'soloment sur la liquidation des traditions, c.à.d sur le détournement a s0n proFitdes potentialités de l'avenir, fe podVoir de la Tëfcnocrafie, est en train d'étendre a presque tout© la terre sa colossale prise — l'impérialisme en sa °phase suprême entoocas, nous voici pleinement engages/ par-delà le saut qualitatif 'resultantde l'accélération constante, du changement, dans l'attraction prévalente do Futur sur celle du passe' un peu a la Façon dont ça •sepasse quand un mobile quitte le champ gravitationnel d'un astre pour entrer dans celui d'on autha « un seuil est Franchi, la composition des vecteurs de Forces, en tel point du parcours, pre'd'étermine on renversement de direction le Colosse tehhocratiqUe pourra bien atteindre une stature jamais égalée par aucun empire avant lui : il tire sa puissance de 'a synthèse des Forces de mort qui se déchaînent présentement à la sorFa-cede la terre ; il reunit, il accumule, au Faîte de s0n achève -ment suprême, les conditions mêmes de sa destruction un événement va se produire au tournant d'un "An 2001 " que je serais bien en peine de dater Ccomme s'il pouvait s'agir d'un spectacle \) quelque chose comme la victoire du M'ont dé Liberation des Enfants, consommée dans la mise à m0rtdu rnoole-Androïde - Osin's sera venge par Horus, et la Terre Isis consolée ' il n'est pas Facile d'imaginer un renversement de situation qui consiste, contre un pouvoir absolu, dans Je triomphe de 1' ImpoUVOir - le secret est à trouver dans les pfeds 5'argile do Colosse chose certaine, cet" événement ne hou s ht pas du dehors mais nous travaille du dedans • j'ai |e de-.r.11 «_____.___ Vie Voir et le plaisir de l'annoncer le "fossé des générations" s'est considérablement élargi et, surtout, s'est transforméen conflit entre adultes, entre deux types d'adultes conFlit qui passe par chaque famille, chaque école j d'allure souvent Feutrée, /'/ n'en est pas moins lancinant, lézarde active qui désagrège les "arrangements" de surface en proie au changement qui investit léndogène des corps et des consciences les adultes peuvent reagir de deux Façons opposées l'une àlâuttfe-' adherer résolument aux consequences qui s'imposent"de la brusque modification de leur condition ou seraidiretse laisser saisir vifs dans la justification defensive de leur sclérose te changement de la condition de l'enFant n'est pas un éve'ne dent invalide au depart toutes sortes de * réformes" en education proposées pardes adultes de "bonne volonté'" ; seulement cette o-mission : ne pas inviter les enfants, les jeunes, à participera l'élaboration des politiques qui les concernent directement/ re'vèle le racisme re'actionnel latent des adultes rien n'est gagne' — au contraire Ie "réformisme" masque/surderermine une régres-.ion — tantqu 'on persiste à restreindra la problématique à problématique è de simples • changements de méthode "dans une relation " péda -£qS5'
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