Mainmise, 1 janvier 1976, novembre
PER M 414 HUBERT AQUIN le vertige de rUn LES PYRAMIDES des centrales d'énergie la fantasia de JACQUES BLAÎS Dans ce numéro de novembre pluvieux et venteux - un bon mois pour la fuite : - Une interview avec le docteur Henri Laborit, médecin-chercheur dont l'oeuvre entière épouse la trajectoire fabuleuse de la VIE (du soleil à l'homme), en intégrant dans une synthèse magistrale les plus récents développements de la biologie moléculaire, la cybernétique, la nouvelle physique, la biochimie et la physiologie du cerveau, la science des comportements animaux et humains comparés (éthologie) la sociologie, la psychologie, l'anti-psychiatrie, etc.etc.pour déboucher sur une nouvelle SCIENCE DE L'HOMME (les sciences humaines n'étant que des sciences du langage dit-il).- Une lettre d'Hubert Aquin, qui devait nous écrire un article de fond, et qui nous réservait ce coup de théâtre : une lettre étonnante, où le texte, comme l'égo, de plus en plus coincé, refoulé par ce qui se passe "en marge", se trouve mis en question (Aquin débouche lui aussi tout naturellement sur le thème de la fuite et de l'Unité retrouvée).Comme chaque mois, un consensus involontaire s'est fait sur le thème, cette fois, de la fuite.Même notre Clodomir-oiseau en arrive à cette "inévitabilité" en parlant du spectacle de Gauvreau.- Un document sur les pyramides, qui en fait propose une fuite hors du cadre trop étroit de la science officielle, en démontrant que la "Magie naturelle" des anciens Anciens (bien avant l'Histoire) était une SCIENCE DE LA TOTALITE, puisqu'elle détenait, semble-t-il, le secret de la Terre et du Ciel et même un instrument fantastique pour les "mesurer", la Grande Pyramide soi-même ! - A signaler aussi : la participation de Bruno Dostie (ex-journaliste au Jour) à notre section musicale (focus sur les spectacles québécois), laissant ainsi à l'oiseau-rock le loisir de planer au-dessus ou ailleurs, quand il juge que c'est au-dessus ou ailleurs que "ça se passe" ! - Enfin, la nouvelle chronique des ateliers-galeries d'art alternatif signée Madeleine Hébert, responsable de la conception visuelle de Mainmise.Et, bien entendu, nos chroniques habituelles.Michèle Favreau MAINMISE No.64 NOVEMBRE HENRI i-ABoKrr Mainmise est publié mensuellement par les Editions Mainmise, Inc., filiale à 60 pour cent de la Fondation de Recherche en Ecologie et Alternatives Québécoises, Inc., et distribué par les Messageries Dynamiques, 775 Lebeau, Montréal (514) 332-0680.Dépôt légal 2e trimestre 1976.Courrier de 2e classe.No : 2511.Port de retour garanti par Mainmise.Fondateurs : |ean Basile et Georges Khal.Rédaction, Fabrication, Administration, Abonnements : Mainmise, 1591 St-Denis, Montréal (514) 843-4792.On peut rencontrer ou rejoindre par téléphone l'équipe de rédaction les lundis et jeudis de 13 h.à 17 h.à l'adresse du journal.Mainmise se vend $1 l'exemplaire.Abonnements : $10 par année.Imprimé Québec.Mainmise n'est pas responsable des taches de café ou pistes de pattes de chat ou tous autres ennuis pouvant survenir aux manuscrits ou dessins qui lui sont envoyés.On vous promet de faire attention quand même.COUVERTURE : EDMUND ALLEYN Equipe de production : Bruno, Micheline Danquigny, Michèle Favreau, Madeleine Hébert, Marlyse, Pierre Rodrigue.Administrations André-Gilles d'Astous.Ont participé : Arabelle, Christian Allègre, HubwtAquin.Claude Beau soleil, Christian Bélleau, Jacques Biais, Michel Bélair, Eric Brunet, Claude Puff-Puff, Eisa Chamberland Paul Chamberland, Michel Chevrier, Bruno Dostie, Stéphane Delaprée, Paul Décarie, Jean Guernon, le Grand Bernard, Georges Khal, Henri Laborit, Mao, Médor, Pierre McDuff, Pierre-François, Yves Poissant, Bernard Saulnier, Clodo-mir Sauvé, Shanti, Denis Vanier, Yolande Villemaire, Josée Yvon.1 MUSIQUE L'OISEAU-ROCK Clodomir Sauvé.p.6 JACQUES BLAIS Bruno, Georges et Michèle., p.8 CHARLEBOIS ET CADO Bruno Dostie.p.11 LUCIEN FRANCOEUR par lui-même.p.13 DISQUES .P.15 2 RECHERCHE LETTRE D'HUBERT AQUIN.p.18 INTERVIEW D'HENRI LABORIT par l'équipe de Mainmise.p.20 FRONT DE LIBERATION DES ENFANTS.p.24 DOCUMENT ETRANGER : LES PYRAMIDES.p.26 PAUL CHAMBERLAND.p.30 3 CONTACTS LIVRES .p.32 ARTS ET THEATRALITES .p.36 LES CARNETS DE MEDOR .p.39 4 PRAXIS LA TERRE CHE NOUS.p.40 YOGA .P- 44 MERE MICHEL .P.46 Merci à Paul Décarie pour les photos de la page d'abonnement et de l'annonce "J'ai lu" du mois passé.Paul a aussi réalisé les photos d'Henri Laborit pour le numéro de ce mois-ci.sommaire Mainmise novembre 76 3 icitte pi maintenant Cacouna, le soir du 11 octobre I Salut, Mainmise Partout ! (et quel plaisir.) j'vous fait part que j'ai une nouvelle adresse et le 1 même nom (même numéro d'abonné ?).Cekifè-que, | je voudrais que vous m'envoyiez Mainmise-en-papier \à c'te nouvelle adresse, à partir du prochain numéro; j'imagine que ça s'ra celui de novembre, sinon, celui de décembre.Et vous remarcie, pi vous dis mon plaisir de voir Mainmise reprendre de la consistance, après la période "music | only ".Et pi, bravo pour la succursale de Matane.Ecoutez les Vents, ceux du Large et ceux des Shic-Shocs, y vous en diront des belle ! Des vertes, et parfois des trop mûres, mais ça grouille, et sous nos pieds.Bon, où chu rendu ?Ah oui ! Salut là ! Bon Vent ! Bruno (Cacouna) j // est de plus en plus évident que le Québec d'ici Noël ! aura la joie de connaître la naissance d'un nouveau gou-J vernement.Selon les rumeurs, c'est en novembre que | les québécois auront à décider s'ils en ont soupe du j gouvernement Bourassa et du même coup du fédéral.Les Québécois auront à nouveau à décider s'ils redonneront naissance à un enfant mort-né, un enfant affligé l de 102 cancers.ou si cette fois plus conscients de leur identité, ils donneront naissance à un pays.Pour certains, la chose n 'est pas encore claire.Les véritables intérêts ne sont pas encore identifiés.la vie de freak plane bien au-delà de ces basses considérations et plusieurs croient que l'intérêt de la nation s'arrête avec les intérêts des perspectives-jeunesse.D'autres pensent, que l'avenir ne se situe pas dans un seul changement de ^ tête gouvernementale puisque cette tête répond tou-¦ jours aux secousses d'intérêts extérieurs à ceux qui la J subissent en bas, mais en emplissant les ventres, en Q huilant un peu les vertèbres.d'autres pensent que la démocratie c'est encore un suppositoire.Pourtant, cette fois, il semble que les conjonctures se sont regroupées pour ne laisser place qu'à une option possible : voter québécois.La répression américaine s'infiltre dans les pensées de nos supposés dirigeants et I même la survie de choses essentielles pour mener à bien j une véritable révolution de type utopique exige de passer par un bulletin de vote, sans cela c'est la strangulation j même de l'utopie.Ca vaut la peine qu 'on y pense car devenir québécois permettra un peu de nouveau sang dans l'évolution, ' un espoir et une raison de vouloir un changement qui | débordera ensuite le cadre de son petit patrimoine.I C'est maintenant ou jamais peut-être ! Jean Simoneau SI ON COMMENÇAIT PAR VOTER I Tout le monde sait maintenant que les élections provinciales auront lieu au Québec le lundi quinze novembre prochain.Cet appel au peuple arrive au moment où se joue, il ne faut pas se le cacher, la destinée du Québec et plus particulièrement celle de tous les québécois.Chaque parti politique en est très conscient et essaiera d'attirer le plus de vote possible en tentant d'élire un très grand nombre de députés afin que la situation de 1973 ne se répète pas.Laquelle situation, soit dit en passant, n'est pas démocratique pour cinq cennes parce que 102 députés ne peuvent pas représenter 55 pour cent de la population, pas plus que six députés s'évertuer à faire valoir les droits de 30 pour cent de l'ensemble du peuple québécois.Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond là-dedans et il faut en être conscient.Il faut aussi, je pense, être conscient et se sentir concerné par cet événement politique que seront les élections du 15 novembre.C'est aussi important, sinon plus, qu'un spectacle de Pink Floyd à l'Autostade.Je m'explique : 1 - c'est être coupé de la réalité (vivre dans les nuages) que de ne pas participer à l'évolution de la nation dont on fait partie; 2 - ça ne sert à rien d'aller manifester à Québec, de critiquer le gouvernement, de faire valoir son mécontentement, etc.entre deux élections si, quand c'était temps d'agir (c'est-à-dire voter), tu ne l'as pas fait; 3 - le droit de vote est important.Pour une fois qu'on t'accorde quelque chose, sers-toi de cela pour dire ton mot.Si on regarde le système dans lequel on vit ou dans lequel on est pogné (ça dépend du monde), nous réalisons de plus en plus que tout est organisé pour qu'on perde les vraies valeurs de la vie puis qu'on se détache du pratique, du quotidien.D'abord, il y a de plus en plus de nous autres qui retournent sur la terre parce que c'est là qu'on est le plus en contact avec la nature.Ensuite, il est clair que le gouvernement, de par ses alliances avec les gens de la pègre, s'arrange- pour ne pas rendre légal l'usage de la drogue mais en même temps s'organise pour que tous ceux qui en veulent puissent s'en procurer.Je n'ai rien contre ça mais cette situation a comme conséquence direct de démobiliser les étudiants parce qu'il est plus difficile de consacrer du temps et des énergies à un engagement politique que de fumer son joint.Enfin, la montée en flèche de divers groupes religieux de toutes tendances et qui se rattachent à un gourou, aux sciences occultes ou à n'importe quel autre "dieu" du même genre amène aussi une très forte démobilisation, c'est-à-dire une perte de conscience | collective (on n'est pas tout seul, pis y faut s'organiser * ensemble !), d'un besoin de s'informer, d'un feeling de sentir dans ses tripes que moi.en tant que québécois, lecteur de Mainmise, je fais partie d'un peuple qui est en train de dépérir, de mourir, de se faire acheter par les américains, de se faire passer un sapin.Il faut que ça change, peu importe pour quel parti, mais au moins que ça nous serve.Alors, qu'est-ce que vous en pensez : SI ON COMMENÇAIT PAR VOTER ! Pierre Forest Le 10 Octobre - 19 - tranquille I Salut la gang, Je vous écris pour la première fois, et je pense bien que ça me fait du bien d'écrire à du monde que je considère dans la catégorie des "cool"^ avec tout ce qu'on peut dire que mainmise ont change de style pis tout le blabla du monde qui veulent juste parler de dope, plutôt que de transcendance humaine.Vos articles deviennent de plus en plus en rapport avec le conscient planétaire et une vision de savoir-vivre, surtout en ces périodes critiques où l'intelligence est de plus en plus en demande.Votre dernier article parlant de Albert Hoffman m'a plu, c'est vrai qu'il fallait éclaircir cette histoire, je pourrais faire affaire à High Times, mais vu que vous 2g êtes juste là à côté, je pense bien, que vous pouvez me ' dire où je peux trouver un de ces livres qu'il dit avoir publiés dans l'article.Titre du livre ."La Botanique et la Chimie des Hallucinogènes".Peut-être que le bouquin est seulement publié en anglais, c'est pas grave, chu barlingue, faque si vous pouvez respecter ma demande, donnez-moi le titre principal, l'édition, pis moué je vas organiser le reste.Ecrivez-moué par exemple.Je vous laisse derrière la feuille un poème composé au Népal par moi-même, mais je désire garder l'anonymat pour éviter les erreurs des artistes monopolistes.Considérons que tout être est un artiste en soi oui ne demande qu'une floraison qui n'attend que le soleil.I YIN-YANG Sur trois routes je marche sans cesse La décadence, l'incertitude et la transcendance Mes plaintes, mes craintes, mes joies, la voie Pour crier il me faut chanter et me taire En mes personnes intérieures se trame mon futur\ Faire la navette entre mon île et Ha planète Planète où les hommes, mes amis, mes ennemis Me font remettre en question ma vie, la vie A la nature j'aime à me plonger nu Pour redécouvrir l'innocence et une liberté Qui se perd et se retrouve, frivole extase Découvrir en moi un ennemi, un ami Curieuses relations en moi-même Complots et sommeil, unité, divisions Parfois au naufrage, le destin me console % Donnant à l'aventure, mon frêle esquif B jusqu'à ce qu'en moi s'éveille H Un capitaine, un compas, un but.Montréal Bonjour à tous, J'adore votre journal et c'est chaque fois un enrichissement ; "y en a qui appelle ça un journal, moi j'appelle ça de l'Energie".J'ai cependant une remarque a vous faire.Certains articles ou plutôt entrevues sont retransmises intégralement.Quand il s'agit de québécois, ça devient très pénible à lire parce que notre langue est une langue parlée et non écrite.Je crois qu'on pourrait nous épargner les "ben.tsé, j'su.", toutes les pauses de voix les bégaillages enfin, vous savez ce que je veux dire.Ca se lit très mal.et ça devient pénible.Je crois qu'on peut garder l'atmosphère d'une entrevue sans donner textuellement chacun des mots béquille qu'on utilise.Je ne vous demande surtout pas de prendre le style français genre "Nouvel Observateur", mais y faut penser qu'on ne lit pas avec nos oreilles.A part ça, tout est a mon goût et je vous félicite.Continuez.Gros becs.Claire.4 Mainmise novembre 76 Cherchons grand apartement dans le centre-ville, six pièces au moins et éclairé.Appeler Denis Vanier ou Josée Yvon à 524-6694.Ferme à louer à Ste-Adelphe (dans la Mauricie) endroit tranquille - isolé - vaste et magnifique.S'adresser à André ou Ghislaine, 631-1492 Chalet à partager avec des couples et des enfants - Val David -pour saison de ski de fond.631-1492 : Ghislaine.ECKANKAR La Voie de la Conscience Totale L'Homme est plus qu'un simple corps physique ; il est également j une essence spirituelle.Grâce à l'aide du Maître ECK Vivant, le chéla \ (l'étudiant) d'ECKANKAR peut s'élever jusqu'à la conscience de sa vraie nature.Il peut enfin connaître l'énigme de sa vie, le "pourquoi" des injustices (karma-, sa raison d'être, ainsi que plusieurs moyens pratiques de venir à bout des aspects négatifs de cette vie présente, | indépendamment de son âge et de ses conditions de vie.ECKANKAR est la Science de la Conscience Totale, la voie de I' I effort spirituel correct menant à l'état de la Conscience Totale et I ' de la responsabilité totale, qui est le résultat naturel de la liberté 1 totale de toutes choses.Cela signifie 'travailleur associé avec Dieu." La définition d' ! ECKANKAR est la suivante : "La force spirituelle omniprésente du ' SUGMAD (Dieu) qui compose la vie et fabrique toutes les substances | élémentales, y compris les parties composant l'âme.C'est la force de vie audible que nous pouvons entendre en tant que Son et voir en tant que Lumière." Toute vie est Lumière et Son s'écoulant depuis le coeur même de 1 Dieu, la place secrète du Très-Haut, quelque part à l'intérieur de soi-I même.ECKANKAR est un enseignement qui donne la connaissance I de la Lumière et du Son; procurant la preuve de la survie ultime de 'homme.En ECKANKAR, l'importance est placée sur notre propre I expérience directe, qui constitue la facette la plus importante de I notre développement.ECKANKAR, l'enseignement spirituel le plus ancien connu de l'homme, offre la capacité d'expérimenter Dieu dès cette vie présente, directement et personnellement, à travers le Voyage de l'âme sous la direction du Martre ECK Vivant.On peut explorer à volonté les plans supérieurs de la réalité, s'élever au-dessus du domaine des prières, de l'occultisme, de la méditation, des austérités, des phénomènes et des dogmes, ce qui permet au chercheur de s'arrêter de chercher, de devenir celui qui connaît, de briser à tout jamais le cycle du karma et de la réincarnation.Pour renseignements additionnels, adressez-vous au : 1319 Ste Catherine Est - Montréal - tel : 521.6518 RENAISSANCE Si tu te contentes de la routine de la vie quotidienne, alors ces cours de yoga ne te concernent] pas.mais SI, au contraire, tu désires améliorer! ta condition de vie, à quelque niveau que ce' soit, alors tu peux et du dois VENIR nous ren-| contrer.Par les cours, et surtout par ce séminaire de fini de semaine, tu auras la réponse à beaucoup dej questions : - EVEIL DES PERCEPTIONS EXTRA-SENSORIELLES - PROJECTION A DISTANCE; TELEPATHIEJ PRATIQUE - TECHNIQUE DE L'ATELIER, POUR AT-j TEINDRE LES NIVEAUX DE CONSCIENCE DES ONDES ALPHA- - BRULER LE NEGATIF : FAIRE SAUTERj LES BLOCAGES PSYCHOLOGIQUES - VIVRE ICI MAINTENANT.VIVRE HEUREUX.HEUREUX.C'est une expérience à travers son corps, ses' émotions, et tout son être.C'est tout un voyage.! RENAISSANCE vendredi 19 nov.de 7h à 10h! samedi 20 nov.de 9h à 6h j dimanche 21 nov.de 9h à 6h Coût : $75.00 Une personne intéressée mais non décidée peut! venir le vendredi soir et assister au début gra-" tuitement.Pour tous renseignements sur les cours de yoga, J méditation, rencontres, enseignements, séminai-I res, communiquez avec : Shanti Le LOTUS BLANC 805 Ave.Murray, apt.9 Québec (près ch.Ste-Foy) Pour les personnes qui ne peuvent se déplacer, | nous offrons des cours par correspondance yoga, science occulte, théosophie, méditation et J science spirituelle.Ecrire à : KOSMOS CP.156 Ahuntsic Montréal H3L 3N7 Tu portes en toi le germe de la vie cosmique,, tu es le laboratoire de l'Esprit Divin, et, en toi, se déroule l'expérience la plus fantastique qui soit, celle qui grâce à l'étroite collaboration de tous les éléments de l'Univers, pour déboucher sur un miracle permanent - Cette expérience est unique, elle est en permanence contrôlée par des intelligences supérieures qui voyagent dans les galaxies et les atomes grâce aux circuits duodécimaux.VERSEAU, une antenne dans les atomes, et dans les! étoiles.VERSEAU, la revue de tous ceux qui ne veulent pas être| irradiés sans savoir, PVERSEAU, la Bible des Mutants, "te PLAN DE L'ACTION TOTALE ! ! ! MESSAGES ESTRA-TERRESTRES.[VERSEAU peut être envoyé gratuitement aux démunis! • pour peu qu'ils prouvent qu'ils ne jettent pas les messages au vide-ordure.Ecrire à VERSEAU, communauté spirituelle, B.P.34, 05400 VEYNES, FRANCE (Planète Terre).Précisez! bien ça, c'est très important.VERSEAU La réponse à toutes les questions que vous vous posez| sur La mutation du Verseau | - Le Voyage cosmique au sein du cristal des 12 | - Ces planètes qui sont en toi La chair des Dieux ou l'impossible quête du Graal Le massacre de la forêt et le viol nucléaire - Les pouvoirs psi et le véhicule christique L'Extase amoureuse.UAS1FESTE CHAMAN En corrélation avec les recherches écologiques, poétiques et psychédéliques de la contre-culture, on assiste à une renaissance des techniques initiatiques, du chamanisme, des sciences de l'extase et de l'expansion de la conscience.L'histoire des religions pourrait aider, selon Mircea Elia-de, à retrouver les sources oubliées de l'inspiration littéraire, c'est-à-dire du langage secret, cosmique, des chamans.Le* '.\ données de la psychanalyse et de l'ethnologie, et les expé-jÈl riences poétiques, peuvent, de même que l'histoire des reli-m\ gions, enfanter d'une nouvelle mythologie, ressusciter le mythe.Dans cette nouvelle mythologie, l'imagination est fonction de connaissance, comme toute conscience dont elle est la forme éminente.A ce stade, le roman et le poème sont moyen d'explorer les paysages de la psyché, grâce au < livre ouvert» en l'homme dont parlait Boehme.Notre société ne ressemble guère à la société poétique des Dogons ou à la société extatique des Muichols, mais le savoir oublié que cherchaient Gauguin en Polynésie, Artaud au Mexique ou certains d'entre nous en Orient, est en nous.C'est en remontant aux sources de ce savoir que nous pour-! rons changer la conscience et ainsi changer notre société sur le modèle de l'utopie fraternelle sans copier les autres sociétés extatiques (qui sont en voie de disparition).La parapsychologie suggère d'ailleurs à ceux qui savent l'entendre, l que si nous n'avons pas accès à la conscience cosmique, c'est à cause de la dictature du rationalisme mortifère qui règne en Occident et aliène les zones intuitives de la psyché.Or les .-ens oubliés et les forces inemployées que les romantiques, les symbolistes et les surréalistes prenaient grand peine pour éveiller, à l'instar des vieilles écoles d'initiation (archaïques, fciibbalistiques, soufies, yogis, bouddhiques, etc.) nous pouvons les recouvrer en perfectionnant les techniques non techniciennes de* ivresses divines, de la magie du verbe, de Mini-transport "L'oiseau-Bleu" Petits déménagements.Jean Boisvert.Tél.: 526-3553.l'extase, des danses qui enchantent el des déliTé-F-collectils in renforçant les procédé- traditionnels qui nous sont deve-l nus «coessible-.par l'apport du psychédélisme, les expérien-J ces contemporaines du langage, et les communions retrouvée- Ainsi pouvons-nous, pourvu que le sacré nous haute retrouver les vrais pouvoirs perdus, parvenir à la conscience cosmique, accéder à la connaissance de la matière et de l'uni vers, non pas comme les physiciens de façon intellectuelle,! mais une connaissance vécue corps et âme.Ainsi pourrons-nous remonter le temps ds notre mémoire génétique, explo-j rer les différents niveaux de l'esprit depuis l'infra-conscien-ce jusqu'à la supra-conscience et renouer des liens avec la nature dans une mentalité écologique.Alors, la seule libération véritable et qui s'impose, esl| celle de l'énergie cosmique aliénée en l'homme et d'une par-Mie inemployée du cerveau.Libération de l'énergie cosmique qui libérera l'homme à tous les niveaux et de tous les côtés, qui lèvera les barrières de l'anthropomorphisme et de la] schizophrénie.Finalement tout converge: écologie, psychédélisme etl création littéraire, en une renaissance du chamanisme qui re-| connaît que le* mêmes forces sont à l'œuvre dans la psyché et dans la nature, une seule sagesse grâce à qui le monde et l'homme sont — et ici redeviennent — le lieu de Dieu et de la conscience cosmique.Et rien ne va dans le bon sens qui ne mène, ainsi que doit le faire la parapsychologie selon l'astronaute introverti Edgar D.Mitchell, « a la sagesse, à la compassion, à l'humilité et à une connaissance bénéfique».C'est! cette Renaissance qui essaye d'atteindre le Réel et la vraie j vie, ici et maintenant, qui essaye d'être au monde en réali-| sant toutes nos potentialités, que Chaman entend favoriser.C'est cette énergie à laquelle nous nous éveillons que Chaman entend faire circuler.Robert Amadou, Jacques Brosse, Svlvia et Michel Joutdan.1976.R6V06 C*AMMJ,B.P.M'lf .092OO SAfNT-tfl'iWWJ, FKA.NCÉ .Petit matou jaune aux yeux de tigre très affectueux et paresseux se cherche maison pour l'hiver qui vient - 522-5994.Collection de Mainmise, du numéro 3 à 60 avec gratuitement les comix numéros 1, 2, 3, em-barke mon amour de Pierre Léger, les chômeurs de la mort de Claude Péloquin.En tout $50.Mon adresse, 3390 Sherbrooke Est, appartement 4.Normand (St-Jean).J'ai perdu ta trace.Donne-moi de tes nouvelles.Si tu le connais dis-y qui me fasse signe, on était ensemble en Amérique du Sud ce printemps.Salutoulmonde.Claude Maynard 7906 Baribeau .LaSalle Kébek Pour Denis Régimbald du 5897 B Park Avenue, Montréal.Tu nous as téléphoné plusieurs fois pour nous dire que tu n'avais pas reçu les Mainmise et ton disque.Et bien voilà, tout ce que nous t'avons posté nous est revenu avec la mention "adresse inexistante".Pourrais-tu nous rappeler et me demander.André-Gilles Possède camion "pick-up", trois quarts de tonne.Accepterais de faire petits déménagements ou autres transports similaires.Appeler Pierre Rodrigue à Mainmise : 843-5844.inmise novembre 76 "jiarnavon '^imniKM 5 o Sherbrooke, le 6 octobre 1976 Salle O'Bready, un Pierrot maquillé raconte une espèce de monologue éclairé par un spot, c'est la présentation la plus fantaisiste, la plus originale, que j'aie jamais vue, Pierre Biais de Pro-Actuel annonce Maelstrom, un groupe québécois qui s'opiniatre, déjà rencontré l'an dernier en première partie de PFM.C'est très tiède et c'est plutôt moche, le son est horrible et ça va plus loin que les groupes québécois EtCaetera et Pollen dans le plagiat de Gentle Giant, les textes naifs et le manque d'âme.Ces remâcheures de "Funny ways" manquent d'authenticité bien que parfois fort inventifs, et, n'eut été du saltimbanque revenant ça et là, même un nationaliste enragé n'aurait pas marché.Puis c'est le Van Der Graaf Generator, la légende, le mythe, le monstre.Le voilà donc ce fameux quatuor dont longtemps les premières parties furent assumées par des amis alors obscurs : Genesis, et pour lequel le Fripp de King Crimson n'a jamais caché sa plus vive admiration et collaboré quelques fois.C'est là- : David Jackson, deux saxophones dans la bouche la moitié du temps, délirant de pédales d'orgues et autres boites à métamorphoser le son, qui joue singulièrement, versatile et surtout unique.Guy Evans, un batteur nerveux, svelte, avec un style à la frontière où l'avant-garde devient classique, ou le classique cogne, avec ce "Gog" spectaculaire où tout éclate et fulgure, superbe.Hugh Banton, flegmatique, presque spectral, penché sur l'orgue de son invention à six générateurs, toujours présent.Peter Hammill, détraqué sa voix et ses textes déchirants, sa guitare Guild mordante et ses mimiques de mutant maudit.Le son n'est pas très bon, des gens s'en vont quasi-terrorisés, d'autres paraissent un peu déçus, VDGG n'a rien joué du temps de "Pawn Hearts" un rappel.début de tournée assez froid ; après le show plus tard, au restaurant, j'irai féliciter "quand même" Maelstrom, dont les musiciens seront secs, un peu bêtes, me regardant de très haut.Québec, le 7 octobre 1976 Presqu'une émeute, la police a été débordée, cela s'annonce heavy.3,200 cerveaux humains flottent dans le centre municipal des congrès et vers 21 heures tout se branche.Maelstrom n'est pas venu, il ne viendra plus.Le début paralyse et crispe, quelques feedback, la perfomance est estomaquante, et VDGG brillant.Encore inespéré, "Man Erg", un de leurs morceaux classiques, éberluera le public, "Killer", un rappel mérité par les appels d'un spectateur, les plongera dans un univers étrange et paralysant.VDGG a augmenté son spectacle pour remplacer la première partie, c'est énormément différent d'hier, le concert est excellent, les versions des morceaux -de "Godbluff" ont dix fois plus de punch que sur le disque, et Québec, la capitale des fans de BDGG, public ouvert et "très parti", est gâté.Montréal, le 9 octobre 1976 Pluie dégueulasse, journée froide ; Centre Paul-Sauvé les policiers futés comme des cochons d'inde paradent illillilllll L'ODYSSEE DU VAN DER GRAAF GENERATOR concert no 6 le 13 octobre à Rimouski Peter Hammil qu'on a vu vêtu de blanc jusqu'à alors se présente en noir pour le dernier concert au Québec et jappent des ordres à la foule, dédaigneux.La salle est minable, il fait froid, 2,400 freaks s'amènent, on sent que la foule attend énormément du spectacle, ils ont lu dans Pop-Rock que le show posséderait "une touche assez visuelle et beaucoup de matériel théâtral", ils seront déçus.Les imbéciles qui laissent les lumières allumées dans la salle y aideront.Des gens ne vont pas voir un show pour y vivre quelque chose, ce sont ceux-là qui ne retiennent que le superficiel et l'artificiel, VDGG n'offre pas beaucoup de gratuit, comprendront-ils ?Peut-être.Le spectacle est dur à écouter, de longs instants la voix, les textes de Hammill sont noyés dans le magma de sons qui éclaboussent, le piano électrique craque et Hammill s'écrie, en plein milieu d"'Arrow" : - It's dead ! It's absolutely dead ! Les gens n'auront pas droit à "Man Erg", le piano fouttu, pourtant cela ressemble à un triomphe, Jackson a fasciné la foule, Guy Evans a du nerf et du brio, l'état désastreux de l'accoustique du centre Paul-Sauvé ajoute on ne sait quoi de délire et d'angoisse aux apocalypses exprimées sur scène, cela fait partie de la malédiction qui entoure ces alchimistes du son.Des spectateurs ajoutent une sorte de feu d'artifice au spectacle.Pour finir, deux vieux flashs : "Killer" et "Darkness" des premiers albums, cela étonne.Plus tard, backstage, beaucoup de gens, dont, un bon moment, la plupart des musiciens d'un groupe québécois clandestin, Lucibel, sorte d'alter-égo très lointain du VDGG.en plus crac, et pour lequel David Jackson a été d'une amitié enthousiaste.Trois-Rivières, le 10 octobre 1976 Début terne, Oasis, un groupe cacophonique et Cara-vanesque mignon d'Ottawa, qui passe.VDGG, ils sont grandioses, ils n'ont jamais si bien joué chacun est virtuose dans son unicité, ils sont très ensemble.Peter m'hypnotise, il est fascinant, c'est un gouffre.Quelqu'un, backstage à Québec, disait que c'était un .schizophrène.peut-être.peut-être est-il sombré dans l'abîme du Rêve, tel que Nelligan, le Premier de nos poètes ; mais la schizophrénie n'explique pas le Rêve ; plutôt que fou, je dirais qu'il est seul ; la "Romance du Vin" ne devait pas sembler beaucoup moins dure que ne l'est le personnage torturé de "Childlike faith in chikdhood's* end".Plus tragique qu'un illuminé, c'est un tou conscient ; cette conscience là effraie, c'est la chimère du Romantisme classique, c'est le mur du Surréalisme, c'est une sorte de "passion Play" sans issue.Tous les soirs, voir monter Peter sur scène, c'est le mythe de Sisyphe roulant sa pierre, une absurdité lucide.On le sent terriblement seul, qui tourne en rond comme un singe dans une cage, guitare gauche et torturée ; Peter joue la moitié du temps le dos tourné aux gens, la tête baissée, très nerveux.Sa voix, délirante ou poignante, exécute une traduction géniale du sens au son qui donne à chaque mot une texture, un volume et un timbre spécifique, le son traduit vraiment le sens, ils viennent tous les deux des tripes.II est l'un des très rares dont le chant ne soit pas calculé mais total, il se donne au complet, on ne peut pas s'être plus.II se jette par terre, il se relève, c'est "Still Life", une finale d'orgue éblouissante, les émotions sont un trip extraordinaire.Et ce soir j'ai la sensation de la souffrance, et autour de moi flotte la froideur, le spectacle est très dur.L'intro de "Arrow" au piano électrique est terrible comme l'enfer de Dante, "life is a stage on wich we pass", la soirée grimpe, aussi cauchemardesque que le plus écoeurant des livres de science-fiction que vous voudrez, c'est de l'épouvante schizoide, c'est.ouf! Pas de backstage, épuisemant, sinon Guy, le batteur, dont la version de "Sleepwalkers" avait été magistrale, ce soir.Volubile et gentil, il vient vers nous comme un ami d'enfance.Rebours à bord du USS Caméléon, filant dans la Vallée des Stégosaures, rentrer chez-soi vers trois heures et demie.Chicoutimi, le 11 octobre 1976 Se rendre à Chicoutimi sur le pouce avec deux dollars, un lundi a quelque chose de téméraire.Le parc est ouaté de neige, ici, dans cette ville au décor fantastique, il y a dans les cours des bonhommes de neige.Nous rencontrons le groupe avant le show, Guy est décidément très sympathique, très vivant.PLus tard, le show le meilleur de la tournée, suivi d'un peu loin par Trois-Rivières et Québec.un concert sublime, applaudi à tout rompre par une salle comble comblée, c'est épous- 6 Mainmise novembre 76 touflant.Cela débute avec un "Masks" incomparable, du dernier album "World Record", que les gens d'ici n'ont toujours, pas vu bien qu'il soit sorti depuis Septembre à Montréal.D'une qualité belle et pénétrante, d'un rush de classe malgré des longueurs, les morceaux du dernier album, dont ce soir "Wondering" pour la première fois, sont aussi brillants que ceux de "Godbluff" et "Still Life".A un moment donné, Peter Hammill annonce, dans un français remarquable qu'il a parlé tous les soirs, une pièce que VDGG n'a pas joué depuis très longtemps en précisant que "quelqu'un dans la salle le comprendra, quelqu'un qui le sait, le saura, le savons, le savez." : c'est "Lemmings", l'un des chefs-d'oeuvre de l'album "Paxn Hearts" de 71, son texte le plus dense.Je sais qui ce quelqu'un était, je sais aussi qu'il a pleuré.Vraiment, c'est un spectacle bouleversant, la qualité du son est impeccable, les musiciens déchaînés, le public jublie, un vrai triomphe.Assis sur quatre chaises empilées devant le piano électrique, Peter chante "Man Erg", c'est abyssal.On sort abasourdi.Passer la nuit couché sur un plancher de cégep, partir le lendemain matin pour Rimouski.Rimouski, le 13octobre 1976 Venir n'a pas été facile, il pleut, le vent glacé est plein de scies.Mais quand même ! Tous ces gens que j'ai r.encontré aux concerts, sur le pouce, ici et là, j'aurai parcouru, 1,700 milles et le Québec dans tous les coins, goûté tous les décors avec dedans leur trip et leur feeling.J'ai vu tous les concerts ; ce n'est probablement pas objectif mais en revanche c'est complet.Rimouski où le dernier groupe anglais à être passé est Gentle Giant, début Octobre 72, se rend nombreux et asspiffé, il fait une chaleur terrible.Le show débute avec "Arrow" une pièce lugubre et grinçante, dont le rush foudroie, le public applaudit une minute avant la fin du morceau, débordé et ravi.Le son, très fort, connonce dans les murs du centre civique, c'est raide, on sent les musiciens traqués.Début "Man Erg", les freaks d'ici lancent un immense drapeau du Québec sur la scène, symbole de triomphe et d'amour du public, on applaudit à tout casser, on hurle de "bravos" ; déplié sur la scène par Peter et David, le fleur-de-lysé bouleverse l'audience.Le concert est impressionnant, sûr et certain chacun a réagi très fortement."But soon the dream is ended.".voilà.c'est fini.Plus tard, David et moi parlons des fascistes et des communistes d'Italie, où il leur est désormais interdit d'aller, de dope et de Hollande, et d'Un retour de VDGG pour Avril prochain.On arrose le manager de champagne et Peter, très saoul, parle peu et sourit ; son regard distillé a quelque chose du Van Gogh.On plie soigneusement le drapeau québécois que Guy, comique, propose de porter à Toronto, le seul concert avant New-York.Des au-revoirs, le coeur serré ; on sort, il pleut, des feuilles tombent, le vent balaie la rue de la Cathédrale.Je suis un être humain, je ne suis pas un journaliste.Clodomir Sauvé, avec la collaboration sur route de Fernando et Maryse, et des gros mercis pour Scott et pour Pierre.VENTE ECHANGE LOCATION REPARATIONS LIGNES COMPLETES D'INSTRUMENTS DE MUSIQUE ET DE PERCUSSION POUR TOUS LES BESOINS SYSTEMES DE SONS ET AMPLIFICATEURS équipement disco GROS ET DETAIL le : 2856 Ch.Ste-Foy Ste-Foy (418)658-7302 LESSARD MUSIQI 795 12ème rue Québec (418)529-6661 .Mainmise novembre.76 ,7 .*/ .M UNE RENCONTRE AVEC JACQUESBLAJS sis Qttététix qui connaissent V?5^?SS?^ la musique de.j deque's-Biais lèvent la main! Hum ! Effectivement y en-a pas beaucoup.Encore une minorité Privilégiée.! Heureusement, ça va pas durer.Bientôt, dans toutes nos têtes, une vibration de sa guitare.Inversion du contact.Pas une célébrité qui devise de son passé, mais prémices d'une musique qui va exploser.Pas des commentaires sur un disque, mais vers un/des disques.Pas l'observation d'une trajectoire, mais l'approche d'une énergie.Le contact s'est passé en trois temps.Un soir de septembre, d'abord, à Drummondville.A "La Boite", Jacques et Jessie Otten nous offrirent un spectacle presque privé.Un mois plus tard, on les retrouvait pour un show à l'Evéché avec deux musiciens de plus.Il y a quelques jours enfin, on se rencontrait chez Jacques Biais.Il y avait Jacques, bien sûr, et Louise, et pour Mainmise Michèle Favreau, Georges Khal, Bruno et une enregistreuse.Voici ce que raconte l'enregistreuse.Et nos impressions ?OK, on va les mettre aussi.G : Peux-tu faire un bref historique de ta "carrière" au sens large.M : En remontant aussi loin que tu veux.JB : De la musique, j'en ai toujours fait.J'étais jeune, je chantais, je jamais de la flûte à bec.Pis plus tard, vers 13 ans, j'ai débuté à la guitare, apprendre une couple d'accords, au moins, m'habituer sur l'instrument.B : Quel genre de musique tu jouais ?JB : Je jouais assez peu la musique des autres.Quoique, plus jeune, j'en ai fait quand même pas mal : je jouais la musique de Blood Sweet and Tears, de Chicago, des Cream, de Jimi Hendrix, etc.mais j'ai très rapidement commencé à faire mes compositions, puis à les jouer.G : Tu jouais seul, toujours, à ce moment-là ?J B : Oh non, là ça remonte au temps où j' avais des groupes, puis j'essayais de faire jouer par ces groupes là mes compositions C'était assez difficile parce que plus jeune t'as moins le choix des musiciens, ça semblait pas être la formule idéale pour moi.Alors j'ai arrêté un bon bout de temps pour travailler la musique, la composition j'ai même composé au piano.Je suis revenu finalement en 73 avec Normand Martin.On a essayé de monter un spectacle avec d'autres musiciens et une chanteuse pour une tournée dans les cégeps et puis cette histoire là n'avait pas fonctionné.Normand et moi.on s est dit "ben coudon, on est tout seuls, ben on va faire quelque chose tout seuls" finalement j'étais bien content de me ramasser à 2.Je n'ai jamais eu tant de succès dans ma vie que quand j'ai commencé à jouer à deux guitares.Tout d'un coup, tout le monde s'est mis à bien entendre mes solos de voix et mes solos de guitare.G : Dès le début, t'as été porté à développer un style de voix qui t'es très particulier ?JB : Oui je pense, Je faisais déjà ça avant 73 dans les groupes dont je vous parlais, puis je me suis mis à chanter, mais dans un registre très haut.M : As-tu commencé à l'époque où la voix change et où tu avait des possibilités dans le haut ?JB : Pas à 13-14 ans, mais je me rappelle, vers 15-16 ans, à la radio y avait des chanteuses comme Aretha Franklin ou d'au- 8 Mainmise novembre 76 très qui chantaient très haut et je chantais avec eux-autres.Mais je me disais pas "j' fais ca".Pis ie le faisais pas sur scène.La première fois, je me souviens, on taisait un spectacle au Lac Quenouillle, puis y a eu une difficulté technique, la batterie ou le chanteur, son fil était brisé.Fait qu'à ce moment là j'ai eu à trouver quelque chose très vite et je me suis mis à faire un solo de voix avec ma guitare.Pis j'ai jamais arrêté (rires).M : Comment reagissaient les gens quand tu partais à chanter comme ça ?JB : La première fois, après le spectacle, on entendait tout ie monde dans la foule qui faisait pareil.Ca a eu un effet.Même aujourd'hui, ça a le même résultat, des fois.L'année passée, J'ai débuté mon spectacle comme ça à la St Jean Baptiste, sur la Montagne.Je suis arrivé sur scène, j'ai fait une couple de notes, guitare et voix, comme ça, avant même de dire bonjour, j'ai fait "la la" pis tout le monde a répondu "lia Ma", pis jai continué comme M .Es-tu le seul des musiciens a faire ça, en connais-tu d'autres ?JB : Y a des guitaristes qui chantent leur solo de guitare avec leur voix, mais pas de la même façon.M : Pas dans un registre aussi étendu ?JB : Je pense pas, non.Habituellement, ça se situe plutôt dans un "middle-range".Alors que je le fais dans les basses, dans le middle-range, pis dans le très haut aussi.G : Tu chantes ton solo à l'unisson.JB : Avec la guitare ?Je le chante en harmonie aussi.Ca donne un effet de 2 instruments, ou de 2 voix, tu l'sais plus à un moment donné.G : Est-ce que c'est pour toi une partie essentielle de ton jeu d'avoir et cette voix et ce jeu de guitare.JB : Oui.Quoique j'ai souvent des solos de guitare qui sont-seulement des solos de guitare.Ca donne d'autres possibilités.G : Tu te sers de ta voix comme instrument JB : Beaucoup G : T'as finalement très peu de chansons avec paroles.JB : Oui, mais j'en fais quand même de plus en plus.De plus en plus j'aime chanter, même des paroles.G : Est-ce que c'est des paroles écrites par toi ?JB : Oui, la plupart du temps.Pour "t'as des nuages" on a fait les paroles à 2, Laurent Blanchard et moi."I don't blame you" a été fait avec Jessie, pour les paroles.Je fais toujours la musique moi-même G : Est-ce qu'écrire des paroles c'est quelque chose que tu découvres, que tu vas faire de plus en plus ou est-ce que ça t'intéresse moins ?JB : Non, non, ça m'intéresse, mais je suis tellement préoccupé par la musique que je concentre mon énergie la-dessus.Les paroles, ça vient après.C'est pas une question d'importance : je pense toujours en musique.Je découvre des notes, et puis des accords, et puis des rythmes, avant de trouver des paroles.A moins que j'ai un flash comme ça, des deux en même temps, en prenant mon bain, ça peut arriver.M : Est-ce que c'est toujours prévu tes interventions vocales, ou est-ce que ça t' arrive en jouant, tout à coup, d'avoir le goût de faire rentrer la voix ?JB : Depuis le temps que je le fais, c'est rendu partie de la structure.Mais je peux changer ma façon de le faire d'une journée à l'autre.L : Mais il me semble qu'avec ton nouveau groupe, ça t'arrive plus souvent d' improviser.G : Peux-tu parler de ton nouveau groupe JB : Ah oui.Ca se compose de Robert Alary à la basse, de Jessie Otten à la guitare et aux vocals, et puis Sylvain Coutu à la batterie.Sylvain, lui, faisait partie du groupe Pollen et puis Robert du groupe Le Pouls.G : Jessie vient d'où, lui ?JB : Je pense qu'il est né dans le New Jersey B : Il avait parlé de Louisiane aussi.JB : Oui, il est resté là longtemps, et puis il s'est promené partout dans le monde, même sur des bateaux.A Montréal il avait un groupe qui s'appelait Héritage.G : Quand as-tu formé ton groupe Fantasia ?JB : Avec Jessie, au début de l'été.Puis j'ai rajouté la basse et la batterie très récemment.M : Quand on t'a rencontré l'autre jour à Drummondville t'avais un peu d'appréhension de recommencer à travailler en groupe, c'était tellement beau les 2 guitares.As-tu autant de plaisir à jouer maintenant en groupe que t'en avais à ce moment-là ?JB : Oui, mais c'est pas tout à fait le même plaisir.Quand on est deux, on est presque seul, mais on n'est pas tout à fait seul.Quand on est un groupe, on n'est vraiment pas tout seul.Et puis j'aime être seul, parfois, à ce moment là, j'essaie d'intégrer dans mon spectacle des sections où il y a seulement les deux guitares.Je veux pas perdre ça parce que je crois que c'est un atout dans mon jeu d'avoir seulement une guitare d'accompagnement et pis de me faire entendre si bien.G : Comment tu vois ta place dans la musique québécoise rock ?JB : Je me demande des fois.G : Où tu te situes par rapport à ce qui existe déjà ?JB : Ce qui va faire que c'est différent ?Sans dire que ma musique est originale, je pense qu'au départ je lui donne, la façon dont je la joue, ce que je fais avec ma guitare et ma voix, c'est complètement différent de ce que les autres font.Ma façon d' improviser dans tout ça, c'est ce qui m'est très particulier.J'ai toujours fait de l'improvisation.Probablement qu'on s'amé- lore en improvisation comme en n'impor te quoi.De plus en plus, je chante des chansons avec des paroles et des structures bien établies, mais je me garde toujours des endroits pour improviser.Je ne pourrais pas ne pas improviser.B : Est-ce que tu joues stone ?JB : Non jamais.Ca m'est arrivé, mais depuis un bon bout de temps je travaille plus comme ça.En ce qui me concerne, pour atteindre une qualité de musique qui se compare à n'importe qui dans le monde, c'est évident que ça prend du travail.C'est vrai qu'indivuellement faut être bon Stone, pas stone, tu les perds pas tes qualités, mais je pense qu'on a plus de contrôle si on n'est pas stone ni saoul M : Justement, dans le dernier MM, Michel Seguin dit qu'à ce moment là on ioue trop chacun pour soi.As-tu cette impression aussi ?JB : Ca dépend.Tu peux t'attendre à n' importe quoi.Tu arrives, t'es ben stone, tu peux être excellent, tu peux paniquer.Ca peut être très harmonieux parce qu'il va y avoir une conscience, tout le monde va se mettre sur la même longueur d'onde mais ça peut être catastrophique aussi.G : Une chose que j'ai remarqué : la plupart des groupes québécois ont une espèce d'indentité qui passe par une image.En écoutant ton groupe, j'ai l'impression que vraiment t'es pas barré.JB : Non G : .dans une certaine identité.T'as pas une idée à transmettre au sens : l'univers est divisé en 7 branches - chez toi c'est beaucoup plus musical - Penses-tu qu'à ce moment là t'as une chance de percer sur le marché international encore plus que les autres ?La question est à plus-sieurs niveaux tu peux improviser là-dessus.JB : Oui peut-être.J'ai pas plus de limite dans les idées ou les feelings que je dégage qu'il y en a dans ma musique, dans les styles.Pour moi la musique, c'est la musique, du monde, c'est du monde.Des chinois, des japonais, n'importe qui, je pense que je pourrais jouer la même chose j'importe où dans le monde.Sans y penser, je suis québécois.Et puis je viens d'ici, je parle d'ici, peut-être sans m' en rendre compte.Probablement.Mais je parle du reste du monde en même temps.Je pense que ce que je dégage, c'est le rapport entre ici pis ailleurs.Justement j'ai fait une chanson pour les Olympiques, qui s'appelait "Ici ou ailleurs".Qu'est-ce que ça disait déjà cette chanson ?L :Tant d'énergie, tant de chaleur.JB à rassembler le monde entier.L '.jusqu'à l'extase du vainqueur.que nous pourrons nous partager.JB : Quelque chose comme .ici ou ailleurs, mon pays c'est l'humanité.Avez-vous l'impression que je fais québécois quand vous voyez mon affaire ?G : Non{ justement.T'es un des rares groupes ou il y a une emphase sur le fait qu'il y a un musicien, dont la spécialité est la guitare et un traitement musical très précis.JB : Au départ, mon premier long jeu, "Thème", c'est Jacques Biais.Je continue à faire la même chose, mais sous le nom Fantasia.Même si j'ai un groupe, je continue à jouer ma musique, avec mes arrangements et mon traitement la guitare -la voix.Je veux continuer à faire comme ça.Mais je veux pas empêcher les autres de jouer, je suis pas contre la notion de groupe, tout le monde égal, pis tout le monde pareil.C'est pas ça.C'est que si tu penses avoir découvert quelque chose, une forme d'expression qu'est vraie pis qui est pure, si tu laisses tout le monde se mêler de ça à part égale, ça va devenir faux, ça va devenir d autre chose de ce que je veux faire.G : Est-ce que tu vises une carrière internationale ?JB : Oui, sans y penser vingt quatre heures par jour.En fait, j imagine tout le monde comme mon public, même si je chante quelque chose de moins accessible parfois, je voudrais atteindre à faire une musique aussi belle que le lever du soleil.Le lever du soleil tout le monde trouve ça beau, les enfants, les veillards.Si on peut faire une musique qui est aussi belle que ça, tout le monde va la trouver belle.Si tu joues "vrai ou faux" à ma grand-mère, je sais pas si elle va aimer ça.Par contre elle va peut-être aimer "le matin".Chaque jour je m'interroge là-dessus : la façon de faire passer une musique qui peut être agressive à des gens qui le sont pas, une musique douce à des gens qui sont ben speedés pis qui trouvent que c'est platte la musique douce.Faut trouver le moyen de faire face à ça.Ya des gens qui sont quand même d'un certain âge, disons 40-50 ans, qui ont entendu quelques uns de mes spectacles, ou des émissions de TV, ils ont commente ma musique dans les moments où je fais des solos de voix ou de guitare et disent : "c'est comme la musique du ciel" ou des choses comme ça.C'est des commentaires qui me font plaisir, qui me font croire que j'ai atteint un peu mon lever de soleil.M : Le sens - tu quand tu atteinds ces moments là ?JB : Oui, t'as toujours des réactions dans la foule, tu les sens élevées pour une telle partie, ou tu sens un silence où les oreilles sont grandes ouvertes.Pis pas juste les oreilles, les coeurs aussi, tout au complet.G : C'est difficile de te situer.Tu fais du heavy rock, tu fais du blues, tu fais un peu de folk.JB : En général c'est plutôt jazz-rock.G : Je pose une question bizarre .Comment tu te vois dans le Québec, sur la planète, quelle musique, quel rôle tu joues, à quoi tu sers, ta propre réflexion sur toi ?Mainmise novembre 76 9 On sait jamais dans quel ordre ni comment, ni où, je me le demande tout le temps.IvTS* musique est à la fois de la recherche, des questions, des réponses.G : On pourrait même pousser ça plus loin : ce que tu as à dire, c'est que t'as rien à dire - c'est comme si t'étais un papillon dans une forêt.Un arbre joue un tel rôle dans l'écologie d'une forêt, le champignon va jouer tel autre rôle, l'her be un autre.Mais y a des êtres qui se pro mènent là dedans, qui n'ont rien à voir a-vec le maintien rie c't'affaire-là et en représentent le fruit ultime, cette liberté de se promener un peu partout.B : Justement tu es en train de préparer un disque, comment tu essayes de le concevoir ?JB : de la même façon dont je fais un bon spectacle, le moins possible comme racon ter l'histoire du petit poucet sur un long jeu.JB : C'est difficile d'avoir une propre réflexion qui va être la même demain matin (rires).Parce que j'aime me demander tout ça à chaque jour.C'est ce qui me permet de trouver ça correct, changer toujours, et puis d'être dans l'insécurité.Une des raisons pour lesquelles je me dois d'être là, pis d'être en avant, de caractériser moi-même mon spectacle, c'est que je suis le seul qui est sûr de continuer.Mais je suis tellement content de jouer avec mon nouveau groupe parce que c'est des musiciens plein d'énergie.Ils en dégagent beaucoup, j'en dégage beaucoup, on s'en va assez loin.Je pense que je peux dégager quelque chose qui est trop complexe pour être précis, mais en le vivant moi-même sur scène, j'essaie de le communiquer aux autres.A la fois des s d'espace, de temps, de vitesse, de qu'est-ce qu'on fait là, pis d'être heureux sans se demander qu'est ce qu'on fait là.G : Te vois-tu comme un transmetteur de bonne humeur ?JB : Un transmetteur de quoique que ce soit, de bonne humeur ou de.G : de rêve ?M : d'émotion, en fait.IB : d'émotion en général, c'est ça.M : Essaies-tu de ne pas laisser passer des sentiments ou des émotions négatives ?JB : Je pense que ce n'est pas négatif.On passe par plusieurs émotions en écoutant ma musique,, parce qu'il y a des moments qui sont plus tristes que d autres, même ça c'est pas négatif.Parce qu'une seconde après ça peut être changé.D'une seconde à l'autre je peux faire rire ou peut être faire pleurer les gens.Ma musique est comme ça et puis moi aussi je suis comme ça.M : C'est beaucoup plus proche de la vie finalement.JB : J'essaye de faire la musique la plus vraie possible, faire en spectacle ce que les gens vivent, mais le plus profondément possible.C'est pour ça que j'aime beaucoup l'improvisation, je me laisse aller complètement, j'ai pas peur de me montrer à nu.L : Moi je trouve qu'avant tout, t'es un compositeur.Quand tu improvises, c'est comme une composition qui continue toujours plus loin qui appartient pas à un groupe, à une idéologie.M : Autrement dit, t'es branché direct (rires).JB : A ce moment là, j'ai pas une idéologie, une façon d'être, une façon de penser je les ai toutes.G : Peux-tu raconter l'épisode Mick Iagger ?JB : Quand j'ai repris ma formule à deux au début de l'été, avec Jessie, on a fait une trentaine de spectacles.Ensuite on a joué à Mascouche, et puis la dernière journée j'ai reçu un appel de Paul Levesque -mon gérant actuel - "c'est la fête de Mick Jagger, veux-tu venir jouer à son hotel ?- Es-tu bien sûr qu'ils ne veulent pas un orchestre de danse ?- Non, il veut un musicien québécois.- C'est ben correct, organise ça comme tu voudras." Après de spectacle, on est allé avec tout l'équipement à l'hôtel de Jagger.On est arrivé là, c'était ben vrai.Ca allait assez mal le party à ce moment là, il paraît que Mick Jagger voulait mettre tout le monde dehors, c'était pas à son gout.On s'est installe quand même, on a commencé à jouer, et puis c'est à ce moment là que On avait fumé.Juste assez pour que cette première "visite" à Jacques Biais devienne un trip.Le voyage à Drummondville, le silence dans le "volks-bus", très proches les uns des autres, la salle vide, la conversation avec un Jacques Biais complètement décontracté, pas du tout freaké par la situation, la salle tout-à-coup tellement pleine de sa musique, une complicité, un échange (d'énergie ou quoi ?) entre lui et nous, comme si plus rien n'avait d'importance que ce "contact" sans arrières pensées.Puis, la route de nuit, déserte, sous les étoiles, à travers la campagne, et cette harmonie qui se prolongeait, jusque dans la manière de conduire un volks-bus et d'être avec les autres dans cette maison presque vide, un peu "western", où ils nous ont invité à terminer la soiree.(L'harmonie, c'est quand tout devient possible parce qu'un certain rapport entre le libre arbitre et le 'programme" se trouve parfait, par exemple, entre la coordination, la compétence du chauffeur et les données techniques (ou motrices) du véhicule, entre le métier du musicien, la maîtrise de son instrument, et la musique elle-même, l'inspiration, entre l'homme, sa volonté, sa conscience, et la destinée, les forces qui "/'agissent".) Jacques Biais n'est pas ce qu'on appelle un musicien "engagé".Il appartient à cette nouvelle génération de Québécois (on ne peut plus Québécois d'ailleurs I), pour qui le Québec va de soi.l'universalité aussi ! Avec Jacques Biais, "la musique est le message" (ça a l'air bête à dire, mais c'est ça)."La musique a le pouvoir de dissiper dans les coeurs la tension, effet des sentiments sombres.L'enthousiasme du coeur s'exprime spontanément dans le chant, la danse, les mouvements rythmiques du corps.Depuis toujours, la vertu exaltante des sons invisibles qui émeuvent et unissent les-coeurs des hommes, a été ressentie comme une énigme.Les souverains mettaient à profit ce goût naturel pour la musique.Ils la rehaussaient et l'ordonnaient.La musique était regardée comme une chose grave et sainte, devant servir à purifier les sentiments des hommes.Elle était destinée à célébrer les vertus des héros et à lancer ainsi un pont en direction du monde invisible.Extrait du Y i-King La musique de Jacques Biais est pure jubilation.Et l'effet bienfaisant qu'elle lui procure se dégage de toute sa personne.Tout en longueur, souple comme un chat, calme et harmonieux dans ses gestes, parfaitement coordonné, articulé dans sa parole et sa pensée mais sans le moindre 'nervosisme", sans rien à prouver, auto-discipliné dans son travail, il croit que la musique au Québec, cette musique dite "nouvelle" n'atteindra une certaine qualité universelle que quand les gars, ici, auront compris qu'il n'est pas nécessaire d'être paqueté ou gelé dur pour "partir", que l'improvisation réussie repose sur une très grande maîtrise de soi, de son instrument et de son art, et qu'un entraînement quotidien rigoureux est nécessaire, comme pour un athlète.Quand il joue, c 'est vrai, c 'est cette maîtrise superbe qui étonne chez un gars aussi jeune, et qui débute dans la carrière.On voit bien que c'est grâce à elle qu'il peut se laisser aller à une telle jubilation, et la communiquer à son auditoire.comblé.Aussi bien quand la guitare de Biais, et celle de Jessie Otten, se déchaînent, se répondent l'une l'autre (ils s'entendent à merveille, au vrai sens du mot, peut-être parce qu 'ils prennent la peine de s'écouter, comme dirait Michel Séguin, au lieu de s'imposer chacun pour soi) que quand Biais chante, ou plutôt "joue", comme on fait l'amour, avec sa voix chaude qu'il laisse monter et descendre librement, comme une caresse, tout au long d'un reqistre étonnant.Michèle J'étais ce soir-là au poste d'observation d'un phénomène musical au travers d'un cristal d'acide.Deux guitares ?Ah bon.C'est parti.Du rock ! Mmmh ! Des noeuds de vibration comme s'il en pleuvait.Où est l'orchestre ?Ben non, sont vraiment que deux.Des harmoniques qui volent a 12000 pieds.Et là, cette douleur au plexus.Kessessa ?Un oeil sur le stage, leurs visages, ça vient bien de la musique.Waow ! Et ça enchaîne - déchaîne sur des notes - rire, vitesse et le frisson d'éros de testi-culbe en bulle - Plus besoin de mots - Musique, premier médium androgyne.Flash d'une corde tendue entre vie et mort.Si tu arrives à jouer sur cette corde, tout sonne juste, douleur • rire - plaisir, même le petit clown à vélo qui tient dessus les limites de l'équilibre.Une voix dans le bus : s'il y a un feeling d'extraterrestres, quels chocs ils doivent prendre ! hier soir un document sur la torture, ce soir cette musique : ça doit s'équilibrer quelque part.P.S.La mère de Jacques Biais : "A sa première communion, au lieu d'un chapelet, je lui ai offert une flûte à bec.C'est là que tout a commencé".;» Qu'est-ce que ça donnerait comme son, Jacques Biais au chapelet électrique ?Bruno Une phrase commeça sur le staige s'est rapidement glissée au centre : (c'était en parlant de bière dont une gorgée venait d'être prise) "on en prends une et pi on en dégage 24".Parfait, parfait, nous on était assis seuls dans un club désert, on avait pris un joint et on en dégageait aussi 24.Donc, si on résume : nous assis les regardant, on amplifiait ce qu'ils faisaient.Eux amplifiaient ce que nous on envoyait, et ce retour venait nous blower et nous faire dégager d'autres du même qui allaient.Bon, les maths de ça, maintenant.Si 1 donne 24, et que 1 donne aussi 24, alors 1 plus 1 donne 48.Et comme ça s'est pas arrêté là, le 48 s'est retrouvé à 2304.Les conclusions expérimentales : (phrasées par un anonyme auteur) : "pour se comprendre soi-même, il faut être compris par un autre.Pour être compris par un autre, il faut comprendre l'autre." Donc, on peut en déduire que ça ne s'arrêtera jamais.Georges Jagger s'est mis à embarquer dans son party, puis à tripper, puis à aimer ça, puis à danser.Il a aimé ça au point d'insister pour au'on joue une autre fois.~G : As-tu parlé avec Jagger assez longtemps ?JB : Une vingtaine de minutes.Après le deuxième spectacle, Jagger est venu me voir.G : De quoi avez-vous parlé ?JB : De toutes sortes de choses.Du spectacle comme tel, de ce qu'on faisait.Il aimait beaucoup la composition des deux guitares - accoustique-électrique - et la guitare - la voix.On a parlé du stade olympique qu'il pensait pas venir y jouer - trop d'écho.Toutes sortes de choses, qu'il s'est fait renverser de la moutarde sur ses pantalons aux olympiques (rires).C'est une aventure assez spéciale, de jouer pour quelqu'un qui est une des plus grosses vedettes au monde.Parce que lui est tellement importante, ça devient un événe ment très important.Moi j'ai joué comme je joue d'habitude, mais j'ai joué pour des gens du milieu qui sont très importants sur le marché international.Le fait de viser le marché international, ça a l'air ben commercial, ben marketing.Comment voulez-vous avec des idées comme les miennes que j'essaie pas d'aller jouer partout ?Les émotions c'est à tout le monde,' c'est universel.Le seul moyen, c' est d'être sur le marché international, avoir des disques qui se vendent aux Etats-Unis, en Europe pis partout.Ca, c' est un moyen.Ce que je vise c'est pas le moyen, c'est le but, c'est de communiquer ça à tout le monde.M : Justement, à l'échelle de tout le mon de, y a un processus de transformation de la conscience qui est en cours au niveau de la planète.Est-ce que toi avec ta musique tu as l'impression de jouer un rôle la dedans ?JB : Sans comprendre directement des idé es bien précises, j'espère que juste pour le feeling, ça va aider, pis que ça se dégage assez pour que les gens le ressentent.Une fois qu'ils le ressentent, ils vont peut-être pouvoir le comprendre puis l'expliquer.M : Tu vis au niveau des émotions finalement.JB : C'est comique, parce que je vis à la fois par et pour mes émotions.J'en subis les conséquences , et en même temps je les cherche, je cours après, pis je m'en sors.G : Le troubadour des émotions (rires) M : As-tu un titre pour ton prochain long jeu ?JB : Rien de définitif.Ca peut s'appeler Fantasia.B : Comment as-tu choisi ce nom ?JB : Ca vient de mon amie Louise.L : Mon père, quand il était petit, s'appelait Lafantaisie.a un moment donne, ils ont changé de nom.Un jour, on revenait de la campagne et je racontais ça."Wow, mais c'est vrai ça, c'est moi Lafantaisie !" JB : Oui, je trouve ça me ressemble beaucoup, alors - Lafantaisie - j'ai appelé ça Fantasia.10 ,,.Mainmise novembre 76 [Robert Charlebois revient : l'excellence sans frissons par Bruno Dostie Du spectacle que Robert Charlebois a présenté 15 fois à Wilfried-Pelletier en octobre, rien n'était vraiment à vous couper -le souffle - à moins que Charlebois lui-m même ne suffise à vous le couper, comme le tonnerre d'applaudissements qui saluait son apparition sur scène permet de croire que c'est le cas pour plusieurs.Les attentes qu'un personnage aussi important pour la chanson et la musique québécoises qu'est Robert Charlebois continue à entretenir ne sont sans doute pas étrangères non plus à ce succès, mais ce spectacle ne les aura pas comblés.Peut-être était-ce d'ailleurs plus que Charlebois qui nous était arrivé avec lui, de "California" à "Québec Love", et dont il doit aujourd'hui continuer à porter tout le poids seul, même si la vague culturelle qui avait alors déferlé avec lui, et sur laquelle il pouvait se tenir comme un surfer héroïque, s'est depuis longtemps retirée de dessous lui."Québec Love", "Lindberg", "CPR Blues", "Dolores", "Le mur du son", "Ordinaire", et bien d'autres chansons qu'il n'a pas reprises, étaient, à l'époque de leur création, beaucoup plus que les grandes chansons qu'elles sont restées, et qu'il défend aujourd'hui avec un talent indéniable et un métier qui est devenu peu commun, mais sans parvenir à faire revivre la magie de l'époque, sans nous restituer toute leur fraîcheur, leur nouveauté ni, à plus forte raison, le choc souvent provocateur qu'elles constituaient pour nous qui découvrions la "Presque Amérique" (pour employer une expression qui est justement la sienne) en même temps que nous le découvrions dans une position clé de notre évolution culturelle à laquelle "La Boulée" de ses premiers débuts ne paraissait pas le destiner.Et en revanche, dans ce dernier spectacle de la Place des Arts qui constitue, en 24 chansons, une rétrospective de son oeuvre, la partie la plus rcente,- tirée du microsillon "Longue Distance", et dans laquelle lui comme ses musiciens étaient beaucoup plus à l'aise, n'apporte pas elle non plus l'exaltation qu'on aurait souhaité retrouver, portée par son souffle miraculeux, à toucher encore une fois un continent nouveau.Pourtant, une chanson comme "Wasichu" figure d'emblée parmi ses chefs-d'oeuvres, et son orchestre de la PDA (Marcel Beauchamp aux claviers, Jean-Marie Benoît aux guitarres, Richard Provençal à la batterie, Daniel Lessard à la basse et Jimmy Tanaka aux percussions et aux claviers) en a d'ailleurs fait un incroyable moment de musique.De son côté Charlebois, par son interprétation, donne enfin à "Mon ami Fidel" une portée 'Fu Man Chu", par contre, Pune des meilleures chansons qu'il ait faites entre "La fin du monde" et "trop belle pour mourir", a perdu en passant du Ville Emard au groupe de Marcel Beauchamp sa puissance d'évocation musicale pour devenir seulement une réussite de mise en scène.Les éclairages, splendides du début à la fin du spectacle, atteignent en effet leur sommet sur cette chanson : sur le "en pleine réalité" du milieu du texte, toute la salle se rallume pour justement nous ramener à la réalité ; à la fin, un projecteur rouge semble aspirer de la coulisse un Charlebois aux mouvements ralentis qui va s'évanouir dans l'écran imaginaire de ses cauchemars d'enfant.Pendant tout le spectacle, de son côté, un autre écran (réel celui-là) servait de support au mythe qu'est devenu Charlebois.C'est là que sous la forme d'un petit bonhomme bleu, blanc et rouge, une espèce de condensé de lui-même, résumant tous ses personnages et détachant en quelque sorte ce mythe qu'il paraît si difficile d'oublier du performer qu'on retrouvait là après une retraite de plus de deux ans, venait de temps en temps mettre dans ce spectacle une note de visuel, d'humour ou de distanciation.Et si la magie de Robert Charlebois parait s'être dissipée avec l'époque à quoi elle tenait sans doute, on retrou ve dans ce décor si juste, sous ces lumières si belles, de vant cet orchestre si compétent, avec cette production si bien huilée, l'image la plus parfaite du showbusiness qui s'est bâti avec et autour de Charlebois - et qui découle lui aussi de ces années folles où, en même temps qu'on inventait "Lindberg", on découvrait l'ambition, la technologie du son, de la scène et du "star-system", ainsi que le "rêve américain".C'était donc, à travais le survol d'un répertoire extraordinaire, un spectacle sorbre et raffiné, où triomphait partout l'excellence acquise.Sauf qu'il peut arriver qu' à vouloir ainsi conquérir l'univers, on perde son âme ! Dire que c'est chose faite serait prématuré.Disons pour l'instant qu'on en a perdu'tes frissons.qu'elle n'avait pas sur le disque où elle avait plutôt l'air d'une plaisanterie.Même "Je reviendrai à Montréal" dont, sur le disque, la poésie paraissait toute livresque et la mélodie rappelait trop le son de la deuxième face de son précédent disque (le 10ème, qui allait de "Je rêve à Rio" à "Le dernier corsaire"), trouve elle aussi son autonomie sur scène, sonne vrai tout-a-coup, et nous connecte par des fiches très sensibles aux rêveries que charrie l'hiver.La découverte du mois : Cano (Un canot qui vient de Sudbury, porté par les Séguin, Harmonium, Beau Dommage et la renaissance franco-ontarienne) par Bruno Dostie Finalement, la plus belle soirée de cette rentrée d'automne, c'est à l'Evêché que je l'aurai passée, lundi le 18 octobre, pour les débuts montréalais de Cano dont A&M qui faisait de son côté ses débuts dans le musique d' expression française au Canada, venait de lancer le premier microssillon : "tous dans l'même bateau"."Cano" est l'abréviation de Coopérative des Artistes du Nouvel-Ontario, une société de créaction artistique formée à Sudbury en 1971 par de jeunes Franco-Onta-riens qu'on rejoint depuis d'autres francophones du Québec et d'Acadie.C'est un lieu de ralliement, une fer me et une entreprise ; toutes les formes d'expression s'y manifestent ; et c'est aussi le foyer d'une rennaissance culturelle comparable à celles qu'ont connues le Québec, l'Acadie et la Louisiane.C'est en décembre dernier que s'était greffée à ce groupe la branche d'expression musicale que l'on découvrait l'autre jour à l'Evêché.Et c'était toute une découverte : celle d'un nouveau groupe qui se révélait excellent, ayant déjà à nous offrir deux fois plus de chansons que n'en contient son premier disque, avec un son, un message et une personnalité bien à lui, dont une pointe d'exotisme relève le charme rayonnant la fraîcheur et débordant d'énergie, dégageant les meilleures vibrations.Le charme spécial de l'accent de Sudbury, la naiveté de certains poèmes ("Pluie estivale" sur le disque, "Automne" dans le spectacle), ou ce parfum de Bob Dylan (et notamment celui des ballades à la "Knocking on Heaven's Door") qui vient sans doute plus d'Ontario, ne font pourtant pas quelque chose d'étranger ou de provincial de Cano.Au contraire, le groupe trouve sa place d'emblée sur la scène québécoise, parmi les groupes qui la caractérisent le mieux et sur les voies de recherche qui sont le plus fréquemment explorées.Même cette "naiveté" d'ailleurs, fait partie des voies que presque tous les arts explorent et, comme c'est le cas pour certaines chansons du Grand Cirque Ordinaire, elle passerait sans doute mieux si on la mettait dans son contexte (celui d'une pièce de théâtre par exemple) et si on ne la chantait pas au premier degré (mais plutôt avec le recul de l'ironie, de la composition dramatique, etc.) Il y a justement chez Cano un lien avec le théâtre qui est parallèle à celui qu'on rencontre actuellement au Québec, où les troupes deviennent des groupes et où la musique investit le théâtre.Il y a aussi ce goût du music-hall, de la parodie et de la théâtralité qu'illustrent, ailleurs Sparks ou 10cc entre autres, ici la Louise Forestier de "les souliers mous", le Beau Dommage de "Ginette" ou les Séguin de cette proclamation du "Festin d'amour" (pour donner les premiers exemples qui me viennent).Il y a aussi ce dialogue avec ses pères, qui se poursuit à travers le folklore, d'une manière on ne peut plus explicite chez lui dans "Baie Ste Marie", en Louisiane avec Zacharie Richard, ici avec Jocelyn Bérubé après tant d'autres.Il y a aussi cet attrait pour les chansons fleuve et / ou l'instrumentalité (dans "Baie Ste Marie" encore ou dans l'extrait d'une oeuvre de plus d'une heure fait sur scène) qui, encore une fois, se retrouve chez la plupart de nos groupes.Mais par le son, le climat qu'il établit, l'énergie qu'il dégage, c'est dans la lignée des Séguin, d'Harmonium et de Beau Dommage qu'on situera d'abord Cano, sans qu' il soit d'ailleurs question de parler de copies ou d'influences mal digérées.Ce sont en tout cas le "je" de Fiori qui chante toujours à la première personne, en se faisant le sujet de la chanson ; les ondées de guitares accousti-ques qui grésillent contre un rideau de claviers électroniques de son groupe Harmonium ; et parfois aussi les climats de leur premier disque.Mais p:r l'instrumentation, et parfois les constructions, ce sont les Séguin, la richesse de leurs couleurs musicales et la vigueur de leurs contrastes que rappelle Cano dont le violon, les rythmes nordiques, parfois les harmonies à deux voix masculine et féminine, renvoient encore aux Séguin.Enfin, par son goût du fait divers et de la quotidienneté, par sa sym pathie pour les personnages pittoresques ("Le vieux Mé-déric") ou la poésie populaire (le "Joséphine la pas fine" par exemple, de "les rues d'Ottawa".après celles de Montréal !) et par sa musique aussi, de l'énergie "fléchée' (comme dans ceinture) du "Picbois" et de "A chaque fois" à la progression dramatique bois-des-filienne de "Baie Ste Marie", c'est Beau Dommage.Mais partout, ça reste Cano, avec quelque chose qui n'est qu'à lui, en commençant par sa façon si originale de réaliser une telle synthèse.Cano, c'est huit musiciens.A la guitare sèche et à la voix surtout, Marcel Aymard (une voix étrange, un peu éteinte, qui charme lorsqu'elle dit mais ne suffit pas lors qu'elle chante) ; à la guitare électrique et à l'harmonica, David C.Burt ; à la batterie, Michel Dasti ; à la basse, au trombone et aux claviers, John Doerr ; aux claviers, Michel Kendel ; au violon et à la mandoline électriques, le remarquable Wasyl Kohut qui peut être californien comme chez Loggins et Messina, celtique ou classique ; à la voix et à la guitare sèche, Rachel Paiement, excellente in terprète (et auteur) de "Les rues d'Ottawa", dont la voix est très belle (je pense a cette demoiselle Choquette qui chante sur l'un des disques de Plume) ; et à la voix, à la guitare sèche et à la flûte à bec, André Paiement, merveil leux dans "En plein hiver", dont la voix ne manque que d'une maturité qui est sans doute plus morale que physique.Mainmise novembre 76 m Le folklore, Zacharie Richard, Gilles Vigneault.par Bruno Dostie C'était l'heure des bye-bye.Au moment de la clôture des Veillées d'automne (3e festival de musique traditionnelle de i'UQAM), leur instigateur André Gladu déclarait qu'il ne récidiverait pas, la relève étant selon lui assurée.Et ce qui me frappe d'abord dans cette rentrée, c'est bien la place exceptionnelle qu'on y a faite au folklore (en passant, je ne vois pas pourquoi le mot devrait rester péjoratif, et j'aime mieux ça qu'une expression avec "traditionnelle" dedans).A la Place des Arts même, il y a eu ces Veillées québécoises avec Jean Carignan, Jeanne d'Arc Charlebois, les Sortilèges et Zacharie Richard (un peu kétaine sur les bords, mais une consécration quand même et une fort belle soirée en prime).Parmi les disques nouveaux, il y a Jocelyn Bérube et Zacharie Richard, sans oublier Cano découvert à l'Evêché.A la Casanous, rappelons le passage éclair de Johny Comeau, qui promet de jouer aussi bien que Carignan, et qui joue pour l'instant avec toute la fougue, et la révolte, de ses 18 ans.A l'Evêché encore, il y eut aussi un véritable triomphe pour Zacharie Richard et son Bayou des mystères, dont j'entends parler sans arrêt, et qui paraît bien être l'événement du mois.OUTREMONT 24fâmer au 5 mars 7/ billets en imite te F novembre 76 production beau bec LA CRITIQUE .INTIME Mais à l'Evêché, Zacharie nous a fait nous poser des questions qui m' ont fait justement repenser aux espoirs d'André Gladu qui doit craindre aujourd'hui de ne voir le folklore prendre sa place que pour voir sa signi fication aliénée par la classe dominante et sa valeur commerciale exploitée par les mêmes intérêts pendant que le travail d'artiste comme Zacharie Richard ne servirait qu'à creuser d'autres moules où couler la musique de l'impérialisme (ouf ! on va vraiment finir par croire qu'il y avait des communistes au Jour.) C'était effectivement l'un des trois plus beaux spectacles que j'ai vus depuis la fin de septembre.On y découvrait, avec Zacharie, un orchestre dominé par Big Steve Broussard dont la guitare électrique est, incontestablement, magique.Mais en plus de ne pas être encore assez ensemble (dans le sens musical de "tight" comme dans celui des relations entre les musiciens), ce groupe quii brille surtout dans le rock, pour y perdre souvent son caractère "cajun" cependant, ne parvient par ailleurs qu'assez mal à suivre, et encore moins à pousser, Zacharie sur ses pièces plus tolkloriques ou simplement plus folk.Et Zacharie de son côte ne peut pas, dans ce contexte, se donner autant à son interprétation que je l'ai déjà vue faire, ni exploiter toute sa verve à l'accordéon et à l'harmonica.En même temps, la musique devient parfois psychédélique pendant que Zacharie se donne des airs de pop star.Sortir des Honki tonk n'est pas une raison pour prendre la relève de "Honky Tonk Woman" ! Dans toute ta simplicité de ses premières apparitions à Montréal, il s'était montré finalement beaucoup plus spectaculaire.Vigneault, lui, vu à minuit au TNM, m'a fait penser à certains vieux curés de collège qui se faisaient une gloire de s'écrire en latin ou de parler en vers.Il n'était déjà plus endurable en conférence de presse où il ne répondait plus aux questions, mais avec des poèmes, et on dirait qu'il nous a rapporté de son année sabbatique un show de bavardage dans lequel, pour parodier Louise Forestier, on pourrait dire qu'il parle bien pour le pur plaisir de bien parler.Quand il parait se moquer de lui-même, dans un de ces monologues qui prennent la part du lion de ce nouveau spectacle, ça n'est dirait-on que pour embellir encore plus sa posture en se dépeignant comme quel qu'un qui ne parle que de pays et de liberté au moment où il n'en parle justement presque plus.Mais c'est maintenant le temps de se laisser parler d'amour, dit-il aux gens du pays, et comme un amoureux qui veut impressionner sa blonde, il se met à leur péter de la broue en forme de poème.Se donner en spectacle, dit-il également, devant ce public qui à son tour, doit lui aussi se donner en spectacle.Mais on dirait qu' avant, il était une conscience, et ne nous laissait pas nous livrer à n'importe quel spectacle.Aujourd.hui il passe l'éponge de sa poésie sur cette mauvaise conscience-là et transfigure par le magie verbale notre vacuité qui est toute contente de se donner à si peu de frais toute la stature de ces beaux grands mots creux que sont devenus pays et les autres.Mais il refait aussi d'anciennes chansons qui n'ont rien perdu de leur splendeur première et nous en présente de nouvelles qui peuvent être aussi bonnes.La soirée est excellente ; on en sort content.Je me demande s'il faut croire davantage au pouvoir des mots, comme le suggère Vigneault, ou moins, comme nous y incite la réalité ?Et sincèrement, je n'exclus pas que Vigneault ait raison, et moi tort.BEAU BEC PRÉSENTE EN SPECTACLE i OUTREMONT 1248 Bernard 277-4145 JEAN LUC POlMTY 3^ 13 NOV.7h.30 et 10h.00 OCTOBRE ^^^^^^^^^ m ?JaoaESBBBBW 10 DEC.11 DEC.10h.00 7h.30 IOh.00 BILLETS EN VENTE (SIÈGES RÉSERVÉS) AU CINÉMA 277~4145*( AUSSI EN VENTE À L'ALTERNATIF J Lucien Francoeur par Lucien Francoeur Le rocker primai du cauchemar québécois Tapis noir, tentures de filet noir, des centaines de disques, une belle grand'rousse, et monsieur AUT'CHOSE lui-même.Lucien Francoeur, alias Billy the Kid, allias le motard Rangé, alias Arthur Rimbaud, alias Lucien Midnight "The Lonesome Hobo", alias Geronimo Polychrome, bardé de cuir noir, la chemise (noire) ouverte jusqu'au nombril."I'VE BEEN SINGING THE BLUES EVER SINCE THE WORLD BEGAN" (Jim Morrison, des Doors, cité par Lucien Francoeur dans "Suzanne, le cha-cha-cha et moi", aux éditions de l'Hexagone).- Le désespoir, ça fait partie de ma vie.Depuis l'âge de quinze ans, j'ai vécu la vie d'un bum de tavernes, accoté sur le juke-box.J'ai connu la drogue sous toutes ses formes, du joint à la seringue."IL Y A DES GENS COUPES COMME CA ! DES OISEAUX SEULS, SANS SEXE, ET PAR MOMENT DES SEXES GRANDS COMME CA, ET PUIS PLUS RIEN, ET PUIS DES ANGES ET PUIS DES DEMONS.LA VIE NE VAUDRAIT PAS LA PEINE D'ETRE VECUE -EN TOUT CAS POUR MOI - S'IL N'Y AVAIT PAS CETTE SOUVERAINE LUCIDITE SUR LES CHOSES ET PUIS CE BESOIN D'ETRE TRAQUE PAR QUELQUE CHOSE D'AFFECTIF, QUI SENTE L'AMOUR.SINON ON SE TUE." (Léo Ferré) - Aujourd'hui, j'ai laissé tombé la drogue.Mon désespoir est moins quotidien, plus cosmique.Tu me compares à Ferré.Ben, tu vois, sur l'acide, Ferré, il me donnait le goût de me jeter en bas du balcon.Ferré et moi, on est des écrivains réalistes, et même deux surréalistes psychédéliques.Ma poésie est une poésie d'acide et de tavernes, une poésie trippante.- Pour moi.l'écriture, c'est un défoulement.ET CEUX QUI SE DEFOULENT LE PLUS DEVIENNENT IMMORTELS, ET PIS Y DURENT PLUS LONGTEMPS.- Quand Aut'Chose s'est amorcé, j'ai boudé la littérature un temps.T'écris un livre, pis c'est à peine si t'es lu et connu.Tu chantes ce que tu écris, pis tu deviens une vedette.Ca m'a pris moins de 50 spectacles pour que je devienne une vraie bête de scène, et pour que "J' t'aime pis j't'en veux" prenne la treizième position à CJMS.- Est-ce que je suis un chanteur parlant ou un parleur chantant ?Je suis avant tout un écrivain qui a envie de faire des disques, et de monter sur une scène.Je viens de publier un livre en France, chez Seghers.Je l'avais intitulé "A l'abri de la sénélité", mais les Français, séduits par mon américanisme, ont préféré "Drive-in" comme titre."MR.MUFFLER : UN ROCKER AVEC DES TUYAUX D'ECHAPPEMENT AU CERVEAU / UN ROCKER QUI GRIGNOTE SES NEURONES" (Les grands spectacles, Lucien Francoeur, Editions de l'Aurore).- On me reproche de n'être pas assez Québécois.Qu'est-ce que tu penses que c'est un Québécois de 27 ans, sinon un gars qui a écouté les Rolling Stones et les Beatles à la radio, ou à coups de 30 cents dans les jukebox.- Traduis-moi en anglais, pis t'as du Bob Dylan.Je suis un québécois qui ne se limite pas.Faudrait se faire à l'idée qu'il existe du rock'n'roll québécois, comme il existe du rock'n'roll japonais.Le rock'n'roll, faut pas que tu oublies, c'est une musique bâtarde qui appartient à tout le monde.- Le rock folklorique marche fort au Québec.T'as rien qu'à voir Louise Forestier.Puis ici, faire du folklore, c'est faire de la politique.C'est à la mode, c'est rentable.- T'as même pu besoin de courage pour faire du rock poli tico-folklorique.Y'a juste Pauline Julien et Raymond ,.Léve>aue.qui.QOt vraiment mis leur carrière en jeu-auec.A mon tour d'en parler On m'a demandé de vou< fournir quelques information! inhérentes à une meilleure compréhension du "cauchemar américain", la réalité québécoise quotidienne : le propos de mon troisième microsillon.Parler en connaissance de cause du cauchemar n'est pas en faire l'apologie, soyez tranquilles ! Ceci dit, il est de toute urgence que vous compreniez qu'Aut'Chose utilise le disque comme véhicule libertaire et insurrectionnel.Ce 3e microsillon est l'occasion de vérifier l'irréfutable authenticité ainsi que l'extrême lucidité de ma démarche littéraire.Il est une manière de rejoindre ceux qui ont des affinités avec mon genre de vie et ma forme d'expression il est aussi une façon d'avertir l'engeance réactionnaire dont mercantilisme et soif de sang entretiennen libido à gogo & égo disco que Lucien Francoeur l'homme de lettres, alias Aut' Chose l'homme de paroles, est ici pour rester et qu'il a la ferme intention de récidiver partout toujours, aucune chance de réhabilitation possible.Je chante comme le monde parle (tout le monde le sait) parce que les mélodies ressemblent trop à des maladies de démagogues, parce que nous sommes à l'heure de nous parler dans face, dans le blanc des yeux : ne pas avoir peur des mots, voila mon leitmotiv syntaxique, le titre de mon oeuvre poétique.Je suis un beau parleur, un dépravé textuel, une force de la nature, incapable d'abnégations.Je ne parle pas à travers mon chapeau mais à travers un micro : "Mon imagina- assez constante et assez haute pour que nul ne puisse tenter de me convaincre d'erreur."(Paul Eluard) J'ai amorcé,la composition des textes pour "Le cauchemar américain" avant d'entreprendre en auto un voyage à travers les Etats-Unis, destination Los Angeles.Sur la route j'ai noté, au fil des paysages, des impressions de toutes sortes.C'est en traversant le Nouveau-Mexique que, envahi par l'immensité du pays et hanté par de constantes apparitions de Navahos, j'ai décidé, avant même d'avoir en main toutes les chansons terminées, d'intituler mon disque "Le cauchemar américain".Chose étrange, toutes les chansons une fois complétées vinrent s'agglutiner les unes aux autres, de façon à construire à mon insu un album concept (mais pas au sens progressif-conservateur du mot, à la mode au Québec, l'apanage d'indigents musiciens opportunistes) Le microsillon contient sept chansons : sept synopsis d'atmosphère coercitive."Le cauchemar américain" c'est AU I .CHOSE en pleine possession de ses moyens, prêts à tout risquer pour faire entendre raison aux plus indifférents.J'ai fabriqué mon disque avec en tête l'horrible ignominie des génocides séculaires (le Québec n'en est pas exempt) : ces gens là ont la guerre dans les pores de la peau.Je n'ai pas la langue dans ma poche : "Les poètes de ce temps montent la garde du monde".(Gaston Miron) Montréal, le 17 octobre 1976 des chansons engagées.C'est sûr que c'est un acte politique que de chanter notre pays.Mais pendant que le peuple gigue, il ne fait pas la révolution, ostie ! - Au Québec, y'a deux gars qui donnent un vrai spectacle Gilles Vigneault, pis moi.Lui, il danse la danse à St-Di-lon ; moi, je danse la danse du freak de Montréal.C'est la seule comparaison, à part qu'on porte nos cheveux pareil, pis qu'on perd nos cheveux pareil.- "RARES SONT CEUX QUI OSENT REVELER LES HORREURS QUI PULLULENT AU TREFONDS DE LEUR MACHINERIE PSYCHIQUE ; NOUS SOMMES TOUS DE PETITS FASCISTES, RETENUS PAR LA PEUR D'ETRE GOURMANDES." (L.Francoeur, en préface de "Lesbiennes d'acid" de Denis Vanier, aux éditions Parti Pris).- Pendant que Vigneault fait de la claquette, moi, je fais quelque chose de vraiment agressif, de primitif, de sexuel, de pronographique et de théâtral.-Tous les autres sont assis : Plume, Offenbach, Beau DOmmage.Charlebois aussi ! "ATTACHEZ VOS CEINTURES DE LUBRICITE" (L.Francoeur, dans "5-10-15", aux éditions Danielle Laliberté) - Y'a les femmes qui me considèrent comme frustré, et celles qui me considèrent comme super-sexué.Je peux te dire, en tous cas, que je ne suis pas frustré.C'est vrai : les femmes, je les aime, pis je leur en veux.J'ai jamais connu quelqu'un qui aime, pis qui ne déteste pas en même temps.- Moi, quand je dis d'une femme : "Tête de cochon" ou "belle grand' vache", c'est un hommage.Y'en a qui le prennent pas.Ils le prennent de la bouche de Mick Jagger, mais pas de moi.- Pourtant, quand j'entends un gars du groupe Octobre, qui représente les nouveaux-cultivateurs-super-cool, qui se dit libéré, parce que, de temps en temps, il fait la vaisselle avec "sa bonne femme", je le trouve aussi réactionnaire que son père ou que son grand-père.Moi, la vaisselle, je la fais, des fois, mais jamais je ne me servirai de cet exemple-là pour expliquer que ma relation avec ma femme est cool.Je préfère l'appeler "ma belle grand'vache", pis me tramer à ses genoux.- D'ailleurs, sur mon dernier disque ("Le cauchemar américain", sur étiquette CBS) y'a deux chansons, "24 heures d'amour" et "Belle grande bianche", qui illustrent assez bien ma position actuelle vis-à-vis la femme.Machine Gun Susie alias Susie Q est détrônée par une femme nouvelle (a "New Woman" ?) : Yoyo, "the Illuminated Kid from Fog Country "?.Ma vie sentimentale a changé.Je pensais jamais que je tomberais en amour comme ça.Pour moi, une femme, c'est un homme avec des tétons.Un homme, c'est une femme avec un pénis.Une vraie femme, c'est Janis Joplin, qui a jamais eu peur de crier "Fuck you" ; c'est Nanette, qui a balancé Johnny Halli-day et Mick Jagger ; c'est Edith Piaf.J'aime les femmes qui foncent, qui ne suivent pas les sentiers battus, comme Pauline Julien.Aujourd'hui je suis en amour.Je suis une vedette.Je vais rejoindre 200,000 sur les ondes.J'ai des amis en prison, comme Coco Mercier, le chef des Devils qui a tué deux Popeyes, et qui écrit de la poésie.Je suis toujours un "punk", un petit fendant.Seulement j'ai raffiné ma manière.J'ai pas fini de me bagarrer.Vois-tu, pour moi, la vie, c'est quelque chose à vivre ABSOLU MENT.Propos recueillis par Yolande St Arnaud ; Photo* de Mtrric-France Paslni v UJWMJttW : .m." Mair s io -embre 76 '4 JAN GARBAREK & BOBO STENSON QUARTET DANSERE ECM 1075 Polydor C'est un grand maigre aux cheveux noirs coupés très courts.Il a des sourcils relevés comme ceux d'un magicien Une tête d'oiseau ; il change de bec selon lesYirconstances.Ses saxophones chantent en oiseau norvégien.C'est avec Bobo Stenson, un pianiste qui file et tisse des toiles de fond flexibles, penché, comme planant sur son sombre clavier.Son éclat n'est pas aveuglant comme celui de Jarret avec qui Garbarek a déjà gravé un disque remarquable, mais il excelle dans l'art de rendre ses flots continus sectionna-bles et organisables.Palle Danielson à la base sectionne et organise comme un renard à l'affût des échappés mélodiques.Parfois c'est Danielson qui lyre et plie à la contrebasse pendant que l'oiseau vole.Dansere est un disque calme et reposant.Ils ont des allégen-ces harmoniques étranges.On ne peut pas dire que ces Scandinaves aient inventé une forme nouvelle de jazz, mais la richesse de leurs mélodies sur fond traditionnel et leur position avantageuse par rapport aux activités des studios d'Oslo et à la vivacité du nouveau Jazz autant que de la musique électro-acous tique dans le nord de l'Europe.Il ne s'agit pas d'exercices de style ou d'ejaculations spectaculaires de débutants, mais d'une musique sûre d'elle même, faite par des musiciens qui ont beaucoup d'expérience et quelques habitudes et qui, sans être installés, disposent de beaucoup de versatilité.Ils ont beaucoup de talent, je sais que ce mot en hérisse des cheveux ! mais je n'avais pas envie d'écrire "leur pouvoirl de production", j'aurais préféré leur "force de frappe" qui est toute douce et toute polie, nordique et romantique .presque brumeuse.avec beaucoup de vent ! Ils se décolonialisent lentement.Les titres du disque sont Bris, Lokk, Skrik u même 60.Dans un tel ca: il serait logiquement rempMcé par un vol de colombes ei retour (De Bané, Joyal oufhême Guilbault) ou par un d ces ministres à vocation économique (St-Pierre, Garneau) D'autre part Lévesque, si jamais il arrive accédera élu par des jeunes (48-25) oui d en plus de lui, il prendra ainsi le pouvoir ïWWBrfl'un parti tricéphale (Parizeau, les marxistes et les maîtresses d'école conservatrices).Si donc Lévesque a une très petite chance d'être élu avec une telle audience, il n'en a aucune de gagner un hypothétique référendum et devrait alors céder la main à un candidat de coalition (probablement Parizeau) moyens contre la seconde, à moins de nous être don! les instruments communautaires de service avant l'ii (tution d'un te) système; autrement dit, devenir nç iropre état afirftde pouvoir ne pas en tenir compte, paradoxalement*^ nous réusissons à établir une ipse, c'est nous, dans notre auto-suffisance à Vêt àVTrtemme, qui serom.il i anus le^wmtiiiilateurs fondements de la pensée de Mao.Pendant ce temps, Rodrigue Biron, le nouveau chef de la vieille Union Nationale mettait les québécois en garde contre une éventuelle coalition entre les libéraux et.le parti québécois.Cette déclaration, qualifiée de farfelue par plusieurs observateurs, ne l'est peut-être pas tant que cela.Même si l'on conçoit difficilement une accolade entre Claude Charron et Louis-Philippe Lacroix il n'en demeure pas moins que le parti de Paul Desrochers tient beaucoup plus au pouvoir qu'à l'acte de PAmérique/du Nord Britannique.D'autre part le parti libéral va chercher les énergies qui lui manquent à Ottawa, or les jeunes loups du fédéral ont justement un compte à régler avec la vieille fonction publique anglo-saxonne; enfin les sondages indiquent une augmentation rapide de l'idée nationaliste (le scénario exposé ici a d'ailleurs déjà été répété par René Lévesque qui est tout de même un ancien ministre de Lesage).Il est donc facjle de prévoir un rapide glissement nationaliste des libéraux qui abandonneraient ainsi les votes anglais et italien à l'Union Nationale.Il y a au moins une bonne chose qu aura faite cette campagne électorale et c'est de réparer une des plus graves injustices de l'histoire électorale du Canada : tra- ditionnellement les députés, leur famille ou beiie-fi et amis avaient droit aux honneurs et pots de vin durant les 4 ans qu&durait un régime mais durant la campagne électorale te sont les organisateurs de comtés qui raflaient l'assiette au beurre.L'injustice est flagrante : en effet, qui prend des chance» durant une élection, qui risque de perdre un emploi rémunérateur et sans charges aucune ?Qui serait injurier, n'a plus le temps de voir sa famille, ne peut (Nus se saouler avant 18 heures ?LE DEPUTE.Il est donc normal qu'un tel effort pour le bien général soit en quelque façon récompensé.La cité de Charlesbourge, en banlieue de Québec, vient de comprendre ce point essentiel de démocratie et de le mettre en application : il y avait dans la ville un boulevard qui portait le nom de Jean Talon.Or, après avoir consulté maints livres d'histoire spécialisés en la question, il est devenu évident que le ci-devant Jean Talon n'avait jamais été libéral; personne ne semble s'accorder sur son allégeance, mais une chose est certaine, il n'était pas libéral.Or, il y avait justement dans la ville un député du nom de Gérald Harvey, qui avait poussé le bon goût jusqu'à se faire nommer ministre des travaux publics (autrement dit ministre des boulevards) et qui, lui, était libéral.De plus, M.Harvey avait un frère du nom d'André qui était échevin de Charlebourg et qui ne voyait vraiment pas comment il pouvait se faire que le soi qu'a Drapeauville il ne faut chier sur rien pas ju|^i't^el de ville, la reine Victoria ou| li^pP^s^j|^graves, sur Jeanne Mance ou ive, Et dire q^|i fut une triste époque ou, pour se mettre en margj* é'urtèi société «lue l'on réprouvait et avoir droit au titre "noble d*feocial ou même d'pjtisocial, il fallait faire J des choses^tïlicompliquées comme faire sauter un manège militaire, organiser des manifestations violentes, lancer des^oeufsà la reine et même, parfois*, étrengler un mtrowe du trësyail.Heureusement ces temps de violence sont révolus,jtëpus pouvez avoir droit aujourd'hui aux mêmes titres*et «pémes honneurs en répandant sim plement un peu de nsje de*,eain eten sèche sur la voie publique à moins que vëusiIRÉaissiez un morceau de lard pjWdre dojrebord de votre fenêtre durant tout l'hiver ( Èespigeons adorent cela ) CtSarne il se prépare une restructuration en profondeur des structures de la police de la C.U.M.nous ne saurions trop recommander aux forces de l'ordre de prendre le pl$eon par les cornes et de créer une escouade complète connue sous le nom d'escouade anti-pro-pigeons.Agdex120 10 Les animaux laitiers ne doivent, en aucun temps, pâturer les champs traités au Dalapon durant les 12 mois qui suivent le traitement.Cependant, les bovins de boucherie peuvent pâturer l'herbe 3 semaines après le traitement; toutefois, ils devront être retirés du pâturage traité 30 jours avant l'abattage.Qu'y mangent donc d'Ia.viande j Mainmise novembre, 76 39 m g., Terre D'ABORD : LES NOUVELLES D'EN DEWAR.Mi-septembre dans les Cantons de l'est, à Maricourt, plus précisément, c'était la fête des communes du Kébek.Une fête centrée sur les enfants ; il y en avait une cinquantaine venus d'un peu partout qui se promenaient parmi les clowns de tout genre (nez rouges, grosses bretelles et banderolles de papier colorées) parmi les chèvres, les tas de foin et la joie discrète qui animait les quelques 100 communards venus là pour voir d'abord à quoi ils ressemblent.Un rassemblement-clé.Une sorte de grande coulée tiède où, O J.O.I.E., la qualité de vie et l'intensité de la rencontre se manifestaient d'abord par la DIFFERENCE.Pas de palabre.Pas de grands discours ou de positions de principes.Pas de conférences.Juste du monde.Du monde qui vivent à la campagne pour la plupart et qui parlent beaucoup plus du milieu (différent à chaque fois) dans lequel ils sont impliqués que de théories ou de grande bataille idéologique à livrer.Des gens simples, une vie simple à la mesure des problèmes concrets qui se posent à tous les jours.Des visages à la fois durs et beaux, reflets d'une réalité qui n'est plus idyllique dans le sens de ce romantisme du début de l'ère des communes, miroirs d'une implication quotidienne où tout n'est pas donné en partant.Stabinbô.Tellement que j'ai encore de la misère, phraseux que je suis un peu resté, à ne pas me laisser aller à l'ode, ou au dythirambe ou.whatever.Entéka.C'est toujours bin là que j'ai renoué avec une partie de ce début de Rézo que j'ai commencé à sentir en faisant le tour du Kébek pour le Répertoire des outils planétaires et que l'idée d'échange d'informations a semblé intéresser beaucoup de monde.C'est pas que les communards représentent une majorité, loin de là ; c'est plutôt que la majorité du monde que j'ai pu rencontrer à Maricourt sentent bon l'autonomie.Et je me suis mis à rêver.avec une lucidité de trip d'acide.à ce que pourrait donner une portion de société construite à partir de cette volonté de dépendre le moins possible de l'appareil de production en place.des entités régionales, un principe d'autonomie régionale, de petits centres de production et d'échange de biens tout autant que d'informations.cinq ou six centres de distribution répartis à travers le Kébek (qui pourraient être les cinq ou six coop d'aliments naturels déjà existants) et dont le rôle serait de distribuer les productions régionales et de centraliser les achats à l'extérieur.Un beau plan d'action.un sujet de dossier possible pour cet hiver ! Toujours est-il qu'on se retrouve à la veille de l'hiver ici à Matane ; qu'il reste à couper du bois encore, à calfeutrer les derniers chassis et à préparer le premier numéro de LA TERRE CHE-NOUS pour février.AUTOUR DE LA FERME.Ce mois-ci, c'est notre nouveau voisin Adrien qui nous a passé le "truc" du mois ; ça concerne la récolte des céréales.Bien sûr, il est un peu tard pour cette année, mais ça pourra vous servir l'an prochain.Voici comment le "problème" se présente.Vous venez de couper vos céréales.et il pleut ! Engrangées mouillées, les céréales "chauffent".Comment les faire sécher ?Comment éviter qu'elles moisissent ?Solution : Dégager un local fermé, (pièce abondonnée, haute de grange, portion d'étable ou ce que vous trouverez) une fois la pièce vide voici de quoi vous avez besoin.150 pieds de tuyau de drainage, un marteau, de la corde et des "crampes".Sur le plancher de la pièce, vous fixez le tuyau de draina ge de façon à lui faire parcourir toute la pièce sans que les replis du tuyau se rapprochent à plus de 4 ou 5 pieds pour fixer, il s'agit simplement de clouer une "crampe" de chaque côté du tuyau et d'y passer une corde.Bon.A CHE NOUS une extrémité de la pièce vous placez une boite en bois (style boite à beurre en plus gros) dans laquelle vou pratiquez deux ou quatre trous de la grosseur du tuyau de drainage.et vous y fixez les extrémités du tuyau  cette boite ou plutôt, DANS la boite vous placez une "fanne", un ventilateur en bon-frança.Vous recouvrez le plancher de 4 ou 5 pieds de céréales vous branchez le courant et vous laissez tourner de 3 à 5 jours selon le degré d'humidité des pauvres céréales mouillées.Merci Adrien ! Le trip du fumier.Pour que les images poétiques dans le style "les sil Ions gras gravissent mollement les hanches des collines' puissent avoir tout leur sens et toute leur odeur, on est passé par le trip du fumier, début octobre.Il faut voir à quel point les champs se garrochent là-dessus comme les mouches sur le miel ! On a presque l'impression de leur donner du gâteau ! Enfin.Comme y'a encore des gens d'Ia ville qui nous lisent, passons aux données plus techniques et moins odoriférantes.Toujours est il que le fumier de ferme peut vous permettre (vous le saviez !) d'éviter les fameux engrais chimiques, même (oui oui) MEME si vous faites des céréales ! Le petit article qui suit permettra de mieux évaluer la situation Le fumier de ferme, une richesse souvent négligée par : M.Vang Sophasath, agronome.Le tumier de ferme est un mélange de déjections solides, liquides et de litière en proportion variable.La qualité du fumier dépend des soins et de la conservation.Le but de cet article est de montrer l'importance du fumier'pour l'amélioration de la structure du sol et pour l'apport des éléments fertilisants et des microorganismes.A - Importance du fumier de ferme : 1 - Le fumier permet de retourner au sol une partie d'éléments nutritifs que les animaux ou les plantes ont absorbés.Les éléments nutritifs sont souvent sous forme assimilable : 50 p.cent de N (azote), 20 p.cent de P205 (phosphore), et 60 p.cent de K20 (potasse).2 - Le fumier apporte beaucoup d'oligo-éléments (éléments mineurs ou rares : Fe, Cu, Mn, etc.) Donc, le fumier est un bon préventif de carence d'oligo-éléments.3 - Le fumier fournit au sol la matière organique qui, en se décomposant, donne des acides variés (organiques et inorganiques), du gaz carbonique (C02) qui solubilisent les minéraux du sol.Ce rôle est très important pour le phosphore.4 - Les microorganismes qui décomposent la matière organique produisent des vitamines et des hormones qui activent la croissance des plantes.5 - Le fumier améliore la structure du sol par l'augmentation de capacité de rétention d'eau.Donc, il diminue l'érosion, par l'eau et le vent, des sols légers (sableux), et la compacité des sols lourds (argileux) : meilleure aération, pénétration plus facile des racines, bon développement du système radicu-iaire, meilleure absorption des éléments fertilisants, donc rendements élevés.B - Soin et conservation du fumier : La qualité et la quantité du fumier produit dépendent de : l'espèce, l'âge, la nourriture et la fonction de l'animal, la nature de la litière et le soin apporté à la conservation du fumier lui-même.Il y a dans le fumier des éléments solubles et volatiles (N azote).Voici quelques conseils afin de minimiser les pertes : - Empêcher le lessivage du fumier.Donc le plancher doit être étanche.- Empêcher l'oxidation du fumier.Donc le garder en tas compact et humide.- Se servir de substances absorbantes pour récupérer toute l'urine : paille coupée, sciure de bois, tourbe, etc.- Utiliser le préservatif "phosphate d'étable" qui se combi ne à l'ammoniac (NH3) et empêche l'azote de se perdre dans l'air.En plus, le phosphate d'étable a une action bactéricide et désinfectante.On emploie, en général, une livre de phosphate d'étable par unité animale et par jour (1 lb/UA/jr).Septembre, Octobre ; deux mois pleins.Tellement t ment ici, aux petits Valions, à se souvenir encan' de tout ce gui s'est passé.En plus du rouge aux feuilles et des sillons humides aux chomps qui s'étendent ici en amvmant mollement tes collines, il s fit ratauie des mntxii t\ nouveaux, ace paysage oui est le nptre depuis prés de $h mais , des commis mit ils \fw laissent présager enfin que 0&wmle eM peut-être prêt ti se parler ! 40 Mainmise novembre 76 suite page 42 pour l'hiver qui s'en vient: LE CHAUFFAGE AU BOIS Une petite chronique technico-pratique dans Mainmise: pour les agrobiologistes appliqués, les écologistes énergétiques et tous ceux que ça peut intéresser: elle comprendra : - des petits potins : événements à venir, revues, annonces, bibliographies, groupes, nouvelles, feedback, etc.- une chronique agrobiologiste : - La terre et ses secrets, le jardin, la vie du sol - Les techniques de jardinage et d'agriculture biologique, l'entretien et l'amélioration du sol, etc.- une chronique d'appropriation technologique : - Energie éolienne et solaire, les éoliennes, les séchoirs, les serres, les maisons - La philosophie : pours et contres - Les systèmes intégrés, le recyclage et les économies d'énergie - Les technologies appropriées Parce que, malgré la crise, on a toujours du pétrole ou du gaz, et que I électricité abonde au Québec, on a tendance à oublier que longtemps avant nous le froid était combattu à grands coups de bûches.Mettons de côté le folklore et le romantique du chauffage au bois et voyons les faits : si on peut se procurer une corde de bois franc (4' x 4' x 8') pour $ 80.00 ou moins, alors le bois devient un combustible de chauffage compétitif avec l'huile payée à .50 cts le gallon.(Cette situation est déjà atteinte et même dépassée dans plusieurs régions du Canada.) Pour ceux qui ont des terres à bois, le combustible est gratuit si on prend la peine d'aller le chercher, de le couper, le sécher, le fendre, et le corder ; et dans ce cas, ce bois aura "réchauffé" deux fois.En général, un boisé typique d'une vingtaine d'années devraint fournir en moyenne I corde de bois par acre par année, mais encore faut-il pouvoir brûler le bois de façon efficace pour réaliser ces économies.Le rendement total d'un système de chauffage au bois dépend de l'agencement des différents éléments qui le composent ; si un de ces éléments est mal conçu, de mauvaise qualité ou défectueux, le système entier en est affecté.Ces éléments sont : 1.) l'utilisation du bois le plus sec possible.(1 à 2 ans de séchage à l'air libre sous abri).2) une boite à combustible étanche 3) un ou des contrôles pour régler le taux de combustion du feu (registres) 4) tuyauterie et cheminée sécuritaires pour minimiser la formation de créosote et assurer une tire constante.5) la position du poêle et la circulation d'air dans la pièce.Si ces facteurs sont respectés, le système fonctionnera sans problèmes avec un entretien minimum.LE BOIS.Des ressources combustibles disponibles, le bois possède un avantage inégalé : il se renouvelle.Comme pour le charbon et l'huile, c'est une source énergétique provenant du soleil, mais qui est fabriquée sur une beaucoup plus courte période.L'arbre convertit et met en réserve directement l'énergie de photosynthèse qu'il reçoit du soleil.Le procédé qui est d une efficacité faible est en contrepartie le générateur d'une incroyable masse biologique qui contribue à regénérer l'air et à enrichir le sol.L'efficacité nette du processus de cette vie végétale est de toute évidence supérieure à celle d'un réacteur nucléaire et cela sans avoir de conséquences nuisibles sur l'environnement.C'est l'application la plus répandue du collecteur solaire et du stockage d'énergie combinés qu'on puisse trouver.Le bois est un combustible non concentré de forme et de dimensions irrégulières.L'énergie calorique d' une corde de bois franc équivaut à environ 200 gallons d'huile.Mais la moitié de la valeur calorifique du bois est constituée des gaz volatiles (methanol - méthane -hydrogène et acétylène) qu'il contient, et qui s'en échappent lorsque les bûches sont chauffées.L'autre moitié de la valeur calorifique du bois est constituée par le résidu carbonisé qui reste une fois les gaz "volatilisés".C'est pourquoi, un système efficace pour brûler le bois devra être en même temps capable de brûler les gaz volatiles : ce serait la combustion complète.Elle est cependant difficile à réaliser.Voici comment le bois est consumé : une bûche placée sur les tisons d'un feu ouvert ou d'un poêle "boite" à bois commence par perdre son contenu en eau (environ 20 p.cent du poids d'une bûche bien séchée à l'air est constitué d'eau), et par la suite, lorsque la bûche devient plus chaude, (300 -400 degré F), les gaz volatiles qu'elle contient sont libérés.Ce sont ces gaz qui donnent les langues de feu autour de la bûche et s'ils ne sont pas complètement brûlés, ils sont tirés sous forme de fumée par la cheminée.Si la température continue à augmenter, la "volatilisation" est complète à 1000 degrés F, et le bois est transformé en charbon.Pour que tous les gaz volatiles soient brûlés, il faut que la température soit d'au moins 1000 degrés F et qu'un apport d'oxygène secondaire soit prévu au-dessus de la bûche.En effet, la prise d'air primaire (sous le support du feu) sert à la production des gaz volatiles à partir des bûches au-dessus des tisons mais ne contient pas suffisemment d'oxygène au dessus du feu pour participer à leur combustion.Dans un poêle à prise d'air unique par le dessous, les gaz volatiles sont simplement aspirés par la cheminée.Si la force d'aspiration est suffisante, les gaz sont évacués dans l'atmosphère.Par contre si la tire est insuffisante (trop longue tuyauterie de raccord à la cheminée, cheminée défectueuse),, le bois est mouillé ou l'extrémité de la cheminée est froide, ces gaz se condensent (250 degrés F) sur les parois de la cheminée formant la créosote (distillation des gaz du bois).La quantité de chaleur donnée par une certaine quantité de bois dépend du type de bois, mais surtout de son contenu en eau.C'est ainsi que pour un même type de bois, on aura une valeur calorifique par unité de poids de 40 p.cent inférieure à celle du bois déshydraté (sans eau) si ce bois a un contenu en eau de 35 p.cent.Lors de la combustion d'un bois mal séché, la chaleur dégagée sert à chauffer et à évaporer l'eau, puis à porter cette vapeur d'eau à la température du foyer : autant de calories perdues pour garder le feu à température élevée pour une meilleure combustion.Selon le design du poêle les températures maximum peuvent varier entre 1000 degrés C et 1800 degrés C (le fer fond à 1500 degré C).Pour un même volume, le pouvoir calorifique de différents bois décroît dans l'ordre suivant : frêne, chêne, orme et mélèze, sapin, pin, tremble et peuplier, épinettes et cèdres, (bois francs, bois mous).Les bois de conifères sont les moins intéressants à cause de leur faible densité.Aussi les résines qu'ils contiennent en font d'excellents producteurs de créosote.Errata : Le mois dernier, l'article sur le compost était signé Bernard Saulnier.C'est en fait Eric Brunet qui en était l'auteur.A part ça tout va bien, merci.Il est maintenant officiel que des grandes corporations américaines prennent "possession de brevets dans le domaine de l'énergie solaire.Celles-ci incluent le chauffage solaire et la génération électrique par le soleil.Ces corporations sont les grandes industries américaines d'huile, de l'automobile et de l'aérospatiale.La plupart des contrats et des fonds fédéraux octroyés par la recherche en énergie solaire sont contractés par le secteur de l'aérospatiale et de la défense.Les petites firmes de quincaillerie solaire ne détiennent qu'une très faible part des brevets.En 1975, 89 p.cent des contrats de l'ERDA (Energy Research and Development Agency) et 83 p.cent des fonds de recherche de la NSF (National Science Foundation) sont allés a des grands corporations.Trois compagnies à elles seules (General Electric, Honeywell et Martin Mainetta) ont reçu 20 p.cent du total de ces octrois.Les grandes corporations recevant cet argent acquièrent une certaine légitimité dans l'industrie solaire du fait de ces masses de fonds gouvernementaux.Ces fonds permettent de se bâtir une banque de personnel et de données qui demeurent par la suite avec la compagnie après que le contrat soit terminé.De nouveaux contrats sont alors plus faciles à obtenir.Cette tendance à la spirale 'vicieuse" érige lentement un véritable monopole sur le développement, la distribution et les prix au consommateur des dispositifs et systèmes à énergie solaire.Science for the People, sept/oct.76, vol.8 no 5.boite A."Dans les foyers conventionnels, la plus forte chaleur du feu est directement aspirée par la cheminée et demeure inutilisée.La cheminée exerce une telle succion que même la chaleur de l'arrière, des côtés et du bas du foyer y est entraînée, et la chaleur radiée par le feu est continuellement retournée a l'extérieur par l'action de la cheminée.Dans ce foyer, la chaleur du haut du feu frappe et chauffe la plaque de dessus du foyer qui à son tour, chauffe l'air autour d'elle et réchauffe la piece De même, la chaleur que le feu communique aux côtés, à 1' arrière, au fond et au radiateur d'air est-toute ramenée dans la pièce.De sorte que l'on sent un courant continu d'air chaud se dégager du coin de la cheminée dans la pièce." Benjamin FRANKLIN.Coupe du foyer de Pennsylvanie Ce foyer de Pennsylvanie lorsqu'il fut conçu par Franklin é-tait ouvert à l'avant pour permettre de voir le feu, comme l'exigeait la coutume.Mais réalisant que cette grande ouverture permettait à encore trop de chaleur d'être aspirée par la cheminée sans participer à la combustion, il ajouta des portes.Ces portes coulissant sur des rainures portaient des registres et lui permirent de limiter l'apport d'air au feu au minimum nécessaire et tirer le plus de chaleur possible du foyer.Ce que l'on vend aujourd'hui sous le nom de poêle FRANKLIN est assez éloigné du poêle Franklin tel que conçu en 1740.CHENVikJeE- vue eaJ Coupe pu FoyEE.PE PEA/A/syLVrVJiK SOPHIE oviie.CHAUI combustion verticale à prise d'air unique Mainmise novembre 76 Boîte C Le préchauffage de l'air primaire aide à maintenir une tempé- ^ i rature élevée dans le poêle.Les registres des prises d'air sont pr*lifi Ct 3|f- contrôlés automatiquement.registre Canal de priwtair-e.combustion verticale à double prise d'air combustion inversée à double prise d'air.Boîte B v'oe_eu coupe A LA C^ewUWEE" vue.eo.puvo de la,b*ê£.combustion inversée à prise d'air unique Le poêle à combustion totale."L'effet de cette machine, si elle est bien opérée, est de brûler non seulement les charbons, mais aussi toute leurs fumées, de sorte que, pendant que le poêle fonctionne, si vous sortez et examinez la sortie de la cheminée, vous ne verrez aucune fumée, ni autre chose que de l'air chaud et clair, qui fait que les objets se trouvant à l'arrière apparaissent comme déformés par une vague.Mais il ne faudrait pas s'imaginer qu'elle est une solution aux cheminées défectueuses et encore moins, que puisqu'elle brûle les fumées, on puisse l'utiliser dans une piece qui n'a pas de cheminée.C'est grâce à une bonne cheminée, la plus haute possible, que cet effet est produit." Benjamin FRANKLIN, 1771.La combustion peut donc être inversée par rapport à la tendance normale des flammes.Ce poêle était conçu pour le charbon, mais des instructions pour fabriquer un poêle à bois de ce type ont aussi été données par Franklin.Dans ce cas, les gaz volatiles des bûches sont tirés vers le bas et brûlés complètement dans la haute chaleur des tisons.Ils peuvent donner des problèmes de fumée, à l'allumage ou lorsqu'on veut y remettre du combustible, et ceci est dû à la cheminée qui n'est pas assez chaude ou simplement à un mauvais tirage.Boîte D Dans le poêle norvégien, une températeure égale est maintenue sans recourir au contrôle de prise d'air automatique au moyen d'une cloison intérieure placée dans le haut du poêle qui force la circulation d'air sur une trajectoire en forme de S qui fait que les bûches se consument d'une extrémité à l'autre, comme un cigare.La prise d'air secondaire pour la combustion des gaz volatiles est située avec la prise d'air primaire sur la porte de changement.Comme le feu demeure qualitativement le même tout au cours d'un cycle de combustible, la production de chaleur est constante une fois le tirage établi.Ces poêles à bois sont fabriqués avec une qualité et une précision remarquables.Ils sont faits de fonte lourde et si bien scellés qu'ils sont étanches à l'air.Une solution très simple et très efficace.La compagnie Lunenburg en Nouvelle Ecosse a adopté la cloison norvégienne (Itul et Trolla) pour les poêles a bois qu'elle fabrique.Cette addition a accru son rendement de beaucoup, quoique la porte de changement ne possède pas de joint d'etanchéité.Mais son prix est à peu près trois fois moins cher que les poêles norvégiens importés.V\se.d'anspnmàire.prise dâu«S
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