Vie ouvrière., 1 janvier 1979, janvier
OUVRI�RE PhlR P-79 EX.2 'J�{.XZII "�'d '-IV.IM.I.NON 35iH�inft m.vn 'ona1 IH siwm-.i.s ooz i *s:-midol>im�i m�ih(i "x:i 'til�til'l 'ii.i:ki nu iiv:onm DOSSIERS "VIE OUVRI�RE"___________________ AU SERVICE DES MILITANTS CHR�TIENS DU MONDE OUVRIER Comit� de la r�daction Denise Gauthier, Robert Guimond, Raymond Levac, Guy M�nard.Jules Paradis Collaboration: Jeunesse Ouvri�re Chr�tienne (J.O.C.) Mouvement des Travailleurs Chr�tiens (M.T.C) Centre de Pastorale en Milieu Ouvrier (C P.MO.) Paul-�mile Charland.r�dacteur en chef Lucie Leb�uf, assistante � la r�daction et � la promotion Secr�tariat: Liliane Lemay Abonnement: $900 pour un an �diteur: Revue Vie Ouvri�re Inc.Adresse: 1201, rue Visitation, Montr�al, Canada, H2L 3B5 T�l�phone: (514) 524-3561 Courrier de deuxi�me classe � Enregistrement no 0220 ISSN 0384-1146 D�p�t l�gal.Biblioth�que nationale du Qu�bec Index�e dans le R�pertoire analytique d'articles de revue du Qu�bec (RADAR) Imprimerie Notre-Dame, Richelieu, Que. SOU! IH�irC Janvier 1979 � Vol XXEX, N� 131 Une nouvelle �tape dans la vie de la revue Le conseil de direction 2 �ditorial Le syndicalisme au Qu�bec Pau�-�mile Charland 4 Dossier Les chiffres parlent: donn�es de base 7 La C.E.Q.: une centrale que ses pratiques d�mocratiques caract�risent et justifient Gilbert Laplante 10 La F.T.Q.: la vraie force des travailleurs au Qu�bec Le service de recherche F.T.Q.16 La C.S.N.: faire avancer les choses dans le sens d'une dignit� humaine toujours � reconqu�rir Michel Rioux 21 Les syndicats, cibles majeures de la police secr�te Ligue des droits de l'homme 26 �a fait 7 mois qu'on est en gr�ve (Nacan) Interview 32 Comment lutter contre le syndicalisme: un cours aux patrons La r�daction 39 Le syndicalisme et les jeunes Claude Hardy 45 Les �tudiants et le syndicalisme Jean-Roch Tremblay 49 Le maraudage inter-syndical Joseph Gigu�re 52 Le monde religieux et le syndicalisme Raymond Levac 57 Luttes d'ici, luttes d'ailleurs Robert Quevillon 63 Une nouvelle �tape dans la vie de la revue La revue Vie Ouvri�re vous arrive sous une nouvelle pr�sentation qui permettra de faire ressortir davantage les th�mes abord�s.Mais l� n'est pas le principal changement qu'a connu la revue au cours de l'ann�e �coul�e: elle a chang� de mains.Fond�e par les aum�niers de l'Action catholique ouvri�re en 1951, la revue �tait, jusqu'� cette ann�e, la propri�t� des Oblats de Marie-Immacul�e qui l'ont soutenue depuis sa fondation.Au cours de l'ann�e derni�re, des d�marches ont �t� entreprises en vue d'une incorporation civile.Le 4 janvier 1978, une charte provinciale constituait la Revue Vie Ouvri�re en corporation � but non lucratif, selon la 3e partie de la loi des compagnies.Une participation plus �largie Les raisons de cette d�marche �taient d'impliquer un plus grand nombre de groupes populaires et de communaut�s chr�tiennes dans la publication d'une revue de pastorale ouvri�re qui avait d�j� plus de 25 ann�es d'exp�rience.Les Oblats ont pens� qu'une revue comme "Vie Ouvri�re" devait appartenir � l'ensemble de la soci�t�.C'est pourquoi, tout en continuant de participer � la nouvelle corporation, les Oblats ont voulu demeurer un membre parmi d'autres dans ce travail d'animation et de promotion de la classe ouvri�re.La mise en �uvre de la corporation a pris plusieurs mois: il fallait pr�voir les r�glements, recruter des membres, tenir la premi�re assembl�e g�n�rale et, enfin, �lire le premier conseil d'administration.L'assembl�e g�n�rale est actuellement compos�e d'une vingtaine de repr�sentants d'organismes et de membres individuels, solidaires de la classe ouvri�re.Mais ce nombre n'est pas restrictif et le conseil d'adminis- 2 tration pourra recevoir les candidatures de ceux qui d�sirent partager les buts et objectifs de la corporation.Le premier conseil d'administration � �tre �lu est compos� de Gilles H�bert, pr�sident; Gis�le Turcot, vice-pr�sidente; Denise Gauthier, tr�-sori�re; Guy Cousin, secr�taire; Fran�ois Delorme, conseiller.Le conseil a confirm� Paul-�mile Charland dans la charge de r�dacteur.Buts et objets de la corporation Les buts de la revue restent les m�mes: �ducation, animation, �vang�-lisation.Promouvoir dans la soci�t� et parmi les chr�tiens une meilleure connaissance de la classe ouvri�re, de ses probl�mes, de ses luttes et de ses espoirs.La revue est publi�e par des chr�tiens engag�s dans le monde ouvrier au nom de leur foi et de leur solidarit� avec les travailleurs et leurs organisations.Elle voudrait �tre un instrument au service des militants engag�s en monde ouvrier.Dans la charte, les objets pour lesquels la corporation est constitu�e sont les suivants: 1) Faire la pastorale du monde ouvrier, principalement par la publication et la diffusion d'une revue et publications d'inspiration chr�tienne; 2) Promouvoir dans la soci�t� et dans l'�glise une meilleure connaissance du monde ouvrier; 3) Faire de la recherche en pastorale du monde ouvrier et organiser des colloques et rencontres � ce sujet.Nous esp�rons qu'une participation �largie par la nouvelle constitution de la revue, contribuera � lui donner un nouveau souffle en �tendant son appartenance et sa responsabilit� � un plus grand nombre de personnes.Nous voulons �galement remercier les abonn�s, anciens et nouveaux, de leur appui et de leur int�r�t, et les inviter � se sentir responsables de la revue dans chacun de leur milieu.Le conseil de direction 3 ditoxiaL Le syndicalisme au Qu�bec La soci�t� qu�b�coise peut se compter heureuse d'avoir encore des organisations syndicales et ouvri�res qui jouissent d'une certaine libert� d'action.De retour d'un voyage au Chili o� j'ai pu observer de plus pr�s le fonctionnement d'un r�gime totalitaire, li�e aux int�r�ts financiers de la classe poss�dante, la libert� syndicale appara�t encore davantage comme un bien qu'il faut pr�server � tout prix.C'est une conqu�te de la classe ouvri�re, bas�e sur un droit fondamental de la personne humaine, le droit � la libre association.Dans le contexte de conflit d'int�r�ts entre le capital et le travail, les associations ouvri�res restent la seule force que les travailleurs poss�dent pour d�fendre leurs int�r�ts.L'histoire du syndicalisme au Qu�bec va de pair avec l'am�lioration relative des conditions de travail et des mesures sociales dont b�n�ficie la soci�t� toute enti�re.Nous ne reprendrons pas ici cette hisoire que nous avons abord�e dans deux dossiers pr�c�dents1.L'objet du pr�sent dossier veut rendre compte plut�t de la situation actuelle du syndicalisme au Qu�bec.Situation toujours fragile, surtout dans le contexte actuel.Quelques chiffres significatifs Si on analyse de pr�s la carte syndicale du Qu�bec, on peut se rendre compte d'un double ph�nom�ne: la baisse g�n�rale des effectifs syndicaux, et la multiplication des syndicats ind�pendants.Depuis 1974, en effet, le taux global de syndicalisation est tomb� de 4%.Durant cette p�riode, c'est le monde ouvrier, celui des travailleurs manuels, qui a �t� le plus durement touch�: car au cours de ce m�me laps de temps la syndicalisation des professeurs et des professionnels de la sant� a vu ses effectifs augmenter.1 Histoire des organisations syndicales, dossier 111, janvier 1977 (�puis�); Les vieux nous racontent, dossier 123, mars 1978.4 D'autre part, la mont�e des syndicats ind�pendants, qui sont pass�s de 120,000 � 147,423 entre 1974 et 1976, n'est pas sans allumer le signal d'alarme pour le syndicalisme au Qu�bec.Le syndicalisme ind�pendant est une accommodation qui divise la classe ouvri�re et fait le jeu du pouvoir.Plusieurs hypoth�ses peuvent expliquer ce ph�nom�ne, comme le gigantisme des centrales et une radicalisation parfois trop rapide, mais aussi l'attaque plus forte et plus syst�matique qu'ont connue les syndicats au cours de cette p�riode.Sans doute, les grandes centrales syndicales ne peuvent satisfaire toutes les aspirations, et un certain pluralisme joue le r�le de stimulant.Mais i�parpillement des forces est toujours un signe de faiblesse.Les trois grands Nous avons demand� � chacune des grandes centrales de se pr�senter et de dire comment elles se situent dans le contexte socio-�conomique et politique actuel.On remarquera les points de rencontre, mais aussi les diff�rences qui les caract�risent.Malgr� ces divergences, elles ont �t� capables de Fronts communs lors des grands enjeux qu'a connus la classe ouvri�re durant ces derni�res ann�es: indexation des salaires, politique anti-inflationiste, n�gociations dans le secteur public, lutte pour la sant�-s�curit� au travail.Le pluralisme syndical donne lieu � ce qu'on appelle le "maraudage", ou le recrutement � l'int�rieur des autres centrales.C'est un point d�licat � aborder, et qui risque d'entretenir la division et la ranc�ur � l'int�rieur du mouvement ouvrier.Avec lucidit� et franchise, loseph Gigu�re, pr�sident du conseil central C.S.N.de Qu�bec, nous parle du "maraudage" inter-centrales, alors qu'un si grand nombre de travailleurs ne sont pas encore syndiqu�s, surtout chez les jeunes.Les forces anti-syndicales Les pr�jug�s anti-syndicaux sont de plus en plus r�pandus dans la soci�t�: nous avons demand� aux principaux int�ress�s ce qu'ils en pensaient.Ceux qui nourrissent et entretiennent ces pr�jug�s jouent un jeu bien dangereux et risquent de se retrouver, demain, dans une situation pire que celle qu'ils connaissent aujourd'hui.Nous ne sommes pas pr�ts � justifier tout ce que font les syndicats ouvriers, mais il existe une autocritique r�gularisatrice que les travailleurs sont capables d'exercer eux-m�mes, sans avoir besoin des pontifes venant de l'ext�rieur.5 Plusieurs se chargent, d'ailleurs, de "veiller" sur les syndicats.La Ligue des droits de l'homme a mis � jour les multiples tactiques d'infiltration polici�re destin�es � tenir � l'�il les syndicats trop combatifs.L'�tirement des gr�ves, avec la complicit� de la faiblesse des lois, comme par exemple celle des employ�s de Nacan, est une autre tactique employ�e pour venir � bout de la patience des syndiqu�s.Et comme si les employeurs �taient � court de moyens, il y a des cours qui se donnent sur la fa�on de se d�barrasser des syndicats.Le mouvement anti-syndical n'est pas propre au Qu�bec: il y a des pays o� la r�pression est encore plus sauvage.D'o� la n�cessit� d'une solidarit� internationale.Devant l'omnipr�sence des soci�t�s multinationales, les travailleurs doivent songer � mettre sur pied une solidarit� � l'�chelle mondiale.C'est l'initiative des travailleurs qu�b�cois, regroup�s dans la Conf�rence Internationale de Solidarit� Ouvri�re (C.l.S.O.) qui a commenc�, il y a quelques ann�es, � inviter des travailleurs du Tiers-monde surtout � poser les bases d'une lutte commune contre un ennemi commun.Les travailleurs d'ici ont encore beaucoup � apprendre de la r�alit� ouvri�re des pays en voie de d�veloppement.Les chr�tiens et le mouvement syndical L'�glise des ann�es 40 au Qu�bec a �t� plus pr�sente au monde ouvrier qu'elle ne l'est actuellement.Le syndicalisme �tait per�u comme une n�cessit� pour le monde ouvrier.De nombreux chr�tiens se sont alors sentis appuy�s dans leurs luttes et se sont engag�s dans la mise sur pied de syndicats.Aujourd'hui, alors que les luttes sont devenues n�cessairement plus dures et les affrontements plus vigoureux, on h�site � s'engager et � soutenir la classe ouvri�re.Une enqu�te aupr�s des religieux et religieuses, membres de syndicats, r�v�le que 42% sont agressifs � l'�gard de l eur organisation.Pour comprendre la vie syndicale actuelle, il faut avoir �t� aux prises avec les probl�mes quotidiens d'une famille � nourrir, ou l'ins�curit� du lendemain.Ou encore, avoir d�lib�r�ment partie li�e avec ceux qui connaissent ces situations.Les chr�tiens qui ont � c�ur de vivre leur foi en la force lib�ratrice de l'�vangile, auront compris l'importance pour le monde ouvrier de se doter d'organisations syndicales fortes et autonomes.Paul-�mile Charland 6 J2>05.1LEZ Le syndicalisme au Qu�bec Donn�es de base I � Aper�u global Qu�bec 1976: population totale plus de 6,000,000 population active 2,743,500 effectifs syndicaux 846,619 31.2% (pr�s de 3000 unit�s de base) Il faut noter que la proportion de travailleurs syndiqu�s de 31.2% s'�l�ve � 33.5% si on exclut de la population active totale les travailleurs � leur compte et les travailleurs familiaux non r�mun�r�s.Soulignons que le taux de syndicalisation au Qu�bec d�cro�t depuis 1974 de 37.7% � 33.5% en 1976.II � Les effectifs syndicaux selon les centrales syndicales 19741 1975= 1976=
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