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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
samedi 15 novembre 1919
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1919-11, Collections de BAnQ.

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LITTERATURE, POLITIQUE, ARTS PRIX : 25 SOUS UN ROMAN COMPLET DANS CHAl'UE NUMERO LA REVUE MODERNE 15 novembre 1919  IKE Cet idéal no la philosophie antique, est la plus parfaite condition pour cette course au bonheur qu'est la vie.Je lisais dernièrement, dans un ouvrage d'hygiène, écrit par le docteur Buek, qu'aux Etats-Unis, cent, mille personnes meurent annuellement de maladies qui auraient pu être évitées, que cent-cinquante mille sont constamment malades de maladies qui auraient pu être évitées, et que les maladies des travailleurs qui auraient pu, elles aussi être évitées, représentent pour le pays, une perte de cent millions de dollars par année.Les pertes morales ne sont pas évaluées.Mais cela nous donne tout de même une idée de la valeur de chaque individu dans la nation.Si un pareil relevé était fait au Canada, nous resterions probablement stupéfiés, en constatant les désastres causés par l'absence d'hygiène, et l'on serait convaincu davantage de l'importance qu'il y a pour chacune de nous de connaître et d'observer fidèlement les règles de l'hygiène tant physique que morale.Ce sont ces règles que nous étudierons ensemble, chères lectrices, et cette étude nous aidera j'espère à accroître notre valeur physique, intellectuelle et morale, et à travailler ainsi à la grandeur future de notre cher Canada.Idola.AU ROYAUME DES MARMITES Nièces chéries, Si novembre annonce l'automne brumeux, précurseur de l'hiver et des frimas, par contre c'est le moment où s'ouvrent les salons, où les salles à manger s'illuminent à nouveau et les grands menus se combinent.Tout s'offre en abondance; o'est la saison des gourmandises! La maîtresse de maison n'a que l'embarras du choix pour exercer son savoir-faire, et, maintenir une "entente cordiale" entre les arômes exquis des mets qui sollicitent le palais.Venez donc, gentilles mies, dans ce Royaume y apprendre les secrets d'y faire des conquêtes.CANARD SAUVAGE A L'ORANGE Trousser et embrocher le canard après avoir eu soin d'introduire à l'intérieur un grain de sel et un morceau de beurre.Donner 30 ou 35 minutes de cuisson, plutôt moins que plus, le canard devant être tenu saignant, dégraisser le jus de sa cuisson et ajouter quelques cuillerées de jus de veau, ou simplement un peu d'eau les jours maigres.Lier très légèrement ce jus avec une demi-cuillêrée de fécule délayée avec un peu d'eau froide, exprimer dedans le jus de 2 oranges; ajouter une pincée de sucre en poudre et le reste de 2 oranges taillé en julienne très fine et passé 2 minutes à l'eau bouillante auparavant.Entourer le caneton de quartiers d'oranges dépouillés à vif, et envoyer le jus à part.POTAGE AU POTIRON Coupez en morceaux une tranche de potiron d'environ 2 Ibs.que vous mettez dans une casserole avec très peu d'eau et «une feuille de laurier amande.Faites bouillir en remuant souvent avec la cuiller de bois jusqu'à ce que le potiron soit cuit.Passer à la passoire fine.Mettez la purée dans une casserole avec une quantité de lait suffisante ou de bouillon de poulet ou de veau les jours gras, ajoutez 2 c.à table de beurre, assaisonnez de sel et de poivre, 1 c.à thé de sucre.Versez dans des tasses à potage, saupoudrez le dessus de persil haché fin et accompagnez-le de croûtons frits au beurre.Note: Ce potage convient très bien aux malades.GATEAU SANS FEU.Détails: H Ib.de doigts de dame ou autre biscuit éponge, 10 c.à tb.de beurre frais, non salé, 1 tasse de sucre fin, 2 grosses tablettes de chocolat, 2 jaunes d'œufs, 1 tasse de crème fouettée, JÎ tasse d'amandes.Couper les biscuits en deux, les dresser en lit sur un plat à gâteau, lui donner la forme désirée.Travailler le beurre en crème, y ajouter le sucre, les oeufs, le chocolat râpé.On aura' ainsi une crème au beurre dont on étendra une couche sur le biscuit.Le recouvrir avec un second lit de biscuit, une second couche de crème et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on trouve le gâteau suffisamment grand.Terminer par une couche de crème en ayant soin d'en mettre aussi sur les bords du gâteau.Emonder et tailler les amandes grossièrement, saupoudrer le dessus et les côtés du gâteau avec les amandes concassées.Ce gâteau a l'avantage de se faire sans feu et en 15 minutes.Décorer le tour du plat avec des cuillerées de crème fouettée sucrée et vanillée.CHOSES BONNES A SAVOIR.Dattes, jujubes, raisins secs de Malaga, figues, bouillis ensemble 10 minutes, donnent une tisane pectorale assez sucrée par elle-même et vaut mieux que beaucoup de "sirops calmants".Convient aux enfants comme aux adultes.La salsepareille, la racine de bardane et des carottes, bouillies 15 minutes, donnent une tisane dépurative du sang à un haut degré.LAURIER.—Arbrisseau dont il y a différent genres qui se divisent en plusieurs espèces ou variétés: celui dont nous faisons mention ici, est le laurier franc ou laurier jambon, ou laurier sauce.Ce laurier toujours vert, de moyenne grandeur, se plaît dans les pays chauds.Ses feuilles entrent dans plusieurs sauces et ragoûts, c'est aussi avec les feuilles de ce laurier qu'on décore les jambons.Les feuilles de laurier amande sont bonnes pour parfumer le riz, la crème de riz et les crèmes; s'achètent chez les pharmaciens.* * * Pour enlever les taches de rouille sur le linge, mettez du sel d'oseille entre deux linges de coton blanc, appliquez sur la tache, mouillez et repassez avec un fer chaud, puis rincez à l'eau fraîche.Petits oiseaux rôtis à l'italienne.— Après les avoir habillés, embrochez-les sur un hâtelet en les alternant avec une croûte de pain frit mince garnie de chaque côté d'une tranche de jambon également frite et mince; fixez le hâtelet à la broche, arrosez de beurre fondu et faites cuire à feu vif.Après quelques minutes, salez très légèrement, saupoudrez de mie de pain, arrosez de nouveau de beurre fondu, retirez et dressez sur un plat dans le même ordre que le hâtelet.TANTE JEANNE. 15 novembre, 1919.LA REVUE MODERNE 31 UN TOUR DANS LES GRANDS MAGASINS -Par CHIFFONNETTE- Ma nature curieuse et fureteuse de Chif-fonnette m'entraîna l'autre jour à regarder toutes les splendeurs des beaux magasins, pour y découvrir justement les petites merveilles que personne ne vise du premier coup, et qui sont pourtant les riens ultra-chics, qui finissent et complètent la toilette d'une élégante.Ainsi j'ai aperçu chez Fairweathebs, des dessous de fine batiste française, brodés à ravir, ajourés de dentelle de prix.Des jupons enrubannés et endentelés, des merveilles; d'autres frémissants dans leur soie souple.De petits souliers de daim et de cuir verni qui avaient l'air d'avoir des ailes.Des bas où les grandes arabesques se découpaient dans la finesse du tissu de soie.Des gants à grands revers, à la mode écuyere, d'autres plus sobres et si collants dans leur cuir délicat et parfumé.Et que d'autres belles choses: robes du soir, costumes, chapeaux, mais je n'en finirai plus.Il faut y passer pour connaître le chic dans tous ses détails et ses raffinements.Parure de Martre de la Baie d'Hudson Naturelle.Parmi la riche collection de chez Fairwealhers, nous avons remarqué cette magnifique elole, genre châle, garnie de queues et de pattes, ainsi que manchon appariant.Cette fourrure est très en faveur chez nos élégantes, celte année.(Modèle de Fairwealher).J'adore les bijoux, et soudain je pense à cette broche dont mon amie m'a fait voir le dessin, et qui se trouve justement dans les vitrines de Mappin & Webb.J'y vole\ Quel éblouisse menti Quelle jolie disposition dans l'étalage de toutes ces splendeurs.L'étalagiste de Mappin & Webb, doit être ^un artiste.Je trouve ma broche.Nonl mais quelle jolie composition, et comme mon amie a su bien choisir.Et combien d'autres sauront trouver dans toutes ces merveilles, le cadeau à donner en étrennes à sa femme, à sa fille, à sa "blonde", à sa marraine ou à sa filleule] Je raffole La collection Fairwealher comprend aussi un choix varié de vêtements de vison — fourrure toujours recherchée — et nous pouvons voir, tel que le démontre la vignette ci-dessus, un magnifique manteau genre dolman, confectionné de Vison canadien naturel de qualité supérieure.Ce manteau assure en même temps le confort et l'élégance.(Modèle de Fairwealher).d'une petite montre que mon mari devrait bien m offrir.si j'en avais uni Mais hélasl je suis un amour de vieille fille, gaie comme le pinson, et qui se console de l'aveuglement masculin, en remplissant sa vie, de toutes les choses aimables et amusantes qui passent.Tiens, je me payerai toute seule, ce nouveau modèle de manicure, en argent, enrichi de ciselures merveilleuses, si je ne choisis pas l'autre si uni et si chic que mon monogramme seul pourrait orner.J'ai bien envie aussi de cette bourse en soie, terminée d'un gros gland, et doublée d'une soie merveilleuse avec un fermoir de vieil argent ciselé.Peut-être aussi, choisirai-je ce petit sac de voyage abondamment pourvu de tous les accessoires de la toilette féminine, en vieil ivoire, petit sac mignon et joli qui vous donne l'envie furibonde de prendre l'essor ver des deux plus cléments.Je quitte ce beau magasin avec regret, mais d'autres beautés \me sollicitent.Pour l'auto, le modèle de Rat Musqué noir naturel ci-haut est des plus convenables.Ce manleau^est confectionné de peaux allongées, avec grand collet châle et manchette» d'Alaska.(Modèle de Fairwealher). 32 LA REVUE MODERNE 15 novembre 1919 Très élégante robe du soir, toute en tulle et en georgelte, avec maints petits frisotis qui t'envoient légers et gracieux.(Modèle de la Maison Dupuis).Justement c'est chez Holl et Renfrew que je m'arrête.Je viens d'y voir une fourrure qui m'attrape l'œil irrésistiblement.Et la fourrure, un large dolman de zibeline élégamment drapé, est surmontée d'un petit chapeau parisien.O mannequin, que tu es heureux de porter de si jolies choses.Tiens, je n'avais pas encore songé à la joie d'être mannequin, et voilà que, maintenant, j'y rive\ Là, dans un coin, j'aperçois toute une théorie de petites blouses vaporeuses et fines.J'y cours.Comme j'aimerais celle-ci taillée à la russe, dans un crêpe georgelte bleu marine, brodée de petites perles qui brillent à peine, mais qui semblent échappées d'un «crin de princesse orientale.Un cordonnet de soie tordue retient la blouse à la taille, légèrement, comme sans faire exprès.Dans le coin là-bas, des chandails à mille teintes.Comme tout cela est joli et brillant.Puis là-bas des manteaux des plus précieuses fourrures: "seal", loutre, zibeline, kolenski, vison, et des courts, des longs, des ajustés, des amples.qui est-ce qui a ait que plaie d'argent n'était pas mortelle.O l'imbécile] Devant mon supplice de Tantale, je ne l'engagerais pas à répéter ça tout haut\ Mais je fil* vers l'est, mon cher est, mon chez-nous, et que j'aime, où chaque poteau de télégraphe me fait la risette.Et vous imaginez ce que c'est gai tout le long de la roule] Mon Dieu\ que cela parfume ici.Pas étonnant, le magasin du fleuriste renommé, M.Ed.Gernaey, m'offre la magnificence de son jardin en fleurs.J'entre] Je choisis une rose, la plus belle, la plus parfumée, pour le plaisir de la regarder et de la respirer, et je la pique à ma jaquette de duvetene bleu marine.Je ne sais pas, mais il me semble que je vois moins bien.Peut-être parce que j'aperçois l'affiche de Carrière et Sénécal, et que je suis un peunerveuse.Tout de même si je me choisissais tout de suite le binocle qui va m'aider à mieux regarder la vie.Je sors de ce magasin où l'on est si aimablement accueilli, et je regarde aux étalages.Soudain, je m'arrête médusée.O les jolies bottines et les coquets souliers.Pas étonndnt, je suis chez M.Thomas Dussault qu'une juste réputation surnomme le "bottier fashionable".Encore une tentation, encore une! Je ressorts grimpée sur des talons nouveaux, et chics à crier] Merci M.Dussault, vous qui avez compris que j'adorais être bien chaussée.Et dare-dare, chez Kerhulu et Odiau, le coin le plus chic de toute la ville, où l'on mange les meilleures choses, où l'on se bourre de petits fours débordants de crème, et de mille pâtisseries succulentes.Que c'est bon] Je regarde, et je reconnais tous les snobs et toutes les snobinetles de "dans l'ouest ma chère." Et je ris tout haut et toute seule.Un petit monsieur à monocle me dévisage: "Moque-toi, mon bonhomme" fais-je intérieurement, — "tu n'auras jamais assez d'esprit sous l'arrangement savant de ta toison, qui essaie de copier Becman, pour jouir de la bêtise humaine autant que moi".O salle de thé et de café de Kerhulu, ce que tu parfumes nos cinq heures désœuvrées] Vrai, c'est à devenir gourmand pour toute la vie.Mais voilà qu'arrive tout un cercle de belles madamcs, qui sentent l'iris et la violette, tu parles] Je fais des petits coups de tête qui disent bonjour, je manque m étouffer dans des sourires traversés d'éclairs au chocolat — puis je file pour céder ma place à la dame chic, qui a l'air de trouver que je m'éternise, tandis que le monde entre à pleine porte, pour goûter chez Kerhulu et Odiau.O cette cuisine française]]] * * Au coin de la rue Saint-Denis, devant le groupe d'étudiants qui y pérore et y gouaille, je passe, et j'entends des hem.hem.hem.Ben sûr, qu'ils trouvent ma loque de chez Fairweathers ravissante, et mon tailleur de chez Renfrew épatant.Ils ont tant de goût, ces étudiants.Mais je me aanaine, sans émotion, car il est plus loin celui que j'aime, que tnon cœur .et je file chez Dupuis, où je suis accueillie par des mots français, par des sourires français.Je tombe dans un fouillis de dentelles et de rubans.Il y en a de toutes les teintes, de tous les dessins.A droite ce sont des bourses, des sacs de tous les genres et bien aussi de toutes les dimensions.Tiens comme c'est chic cela: Un fond en broderie de perles multicolores incrusté dans le velours noir d'un sac est d'un joli effet nouveau.Le fermoir est en ivoire.Plus loin, ce sont les mouchoirs, les petits mouchoirs de fine batiste à tout petits ourlets roulés, ornés de la manière la plus variée et mélangés de linon de couleur.J'en choisis quelques-uns, aussi jolis que bon marché.Mais je vois la gentille commis qui jette un coup d'œil anxieux vers le cadran.Six heures.Et j'allais retarder le moment du repos de cette si complaisante vendeuse.Je m'excuse, et je trouve vite la porte, tandis que de tous les échos du magasin s'échappe^le soupir de soulagement qui clôture les journées bien remplies.A la Maison Gagnon, qui offre un étalage de tout premier choix, j'irai demain chercher cette robe d'un velours merveilleux qui m'habillera si bien.Pas encore six heures.Je suis certaineque M.Aimé de Montignyest encore là.Si j'allais inventorier de ce côté.Justement le magasin illuminé et souriant m'invite.Le patron qui comprend et pratique le commerce moderne me fait voir tous ses trésors de cuir fin, de satin brillant, de kid, de suède.Je suis dans le ravissement.Mes dernières piastres y passent, mais je m'en retourne avec la satisfaction d'un magasinage (en français "Shopping") bien rempli, et qui va m'aider à figurer avec avantage dans toutes nos prochaines exhibitions mondaines] Car j'ai encore des prétentions] Très-beau manteau du jour et du soir, très-habillé, et d'une coupe irréprochable, enrichi d'un superbe collet de castor canadien.(Modèle de la Maison Gagnon). 15 novembre, 1919.LA REVUE MODERNE LE COURRIER DE MADELEINE De toutes parts, m arrivent des notes désolées.Toutes celles qui ont Vaccoutumance de m1 adresser leurs jolis billets, et d'attendre leurs réponses, me disent leurs craintes et leurs plaintes.Alors, nous le reprenons ce courrier que vous paraissez tant aimer, et chaque mois, nos fidèles trouveront ici, avec l'expression de notre sollicitude affectueuse, le mot de conseil, de réconfort, de joie ou de tristesse, sollicités par des confidences charmantes et sincères: Le courrier de la Revue Moderne aura ceci de particulier.C'est qu'il ne sera pas gêné par aucune contrainte, et Von s'y parlera à cœur ouvert.L'on y sera, en un mot, chez-nous.M illicbnt.—Comme voue avez été gentille d'accueillir la fondation de la Revue Moderne, avec une telle joie.Une joie qui m'a fait chaud au cœur! Vous serez toujours la bienvenue ici, vous le sentez bien, n'est-ce pas.La maison est grande; et j'y ai ménagé un coin de choix pour des amies telles que vous.Je vous ai déjà fait du bien; je ne demande qu'à continuer.Si vous voulez vous abonner à notre revue qui apparaîtra tous les mois, vous en trouverez les conditions dès les premières pages du journal.Vous pourrez également l'acheter dans presque tous les dépôts.Et je vous donne un roman par mois, en sus de toute la belle littérature canadienne.N'est-ce pas que je suis gentille?Venez souvent nous importuner de votre "bavardage" tout aimable.Semeuse d'Espoir.—J'espère que vous aurez trouvé le chemin de la Revue Moderne, car votre lettre m'a fait comprendre que vous comptiez me trouver encore dans le Royaume des Femmes.Or, mes nouvelles fonctions de directrice, administratrice, et tout ce que vous voudrez, de notre Revue, m'empêche de faire ailleurs du journalisme.Je me garde toute pour nos amies de la Revue Moderne.Et voyez le grand "chez-nous" que j'ouvre à votre intention, où nous mettrons tout ce qui peut vous intéresser, vous instruire, et bien aussi vous amuser.Il faut se délasser l'esprit, comme le cœur, n'est-ce pas.Maintenant, venez me raconter tout ce qui vous tourmente ou vous opprime.J'ai plus que jamais le temps de vous écouter et de vous parler.Cette amie si aimée, priera pour vous, et elle obtiendra que vous soyiez très heureuse, de mon côté, je me ferai très tendre poue la jeune amie qui a besoin qu'on l'aide à comprendre et à aimer la vie.Revenez tous les mois, je vous attendrai, et vous nous sèmerez l'espoir à plein cœur! Jean Pleure.—Il faut donc le consoler.Mais à 19 an6, ma mignonne, l'on ne doit pas connaître ces désespoirs-là, mais, savoir attendre.Soyez assurée que le bonheur viendra à son heure, tranquillement ou en coup de foudre, on ne sait jamais, mais qu'il viendra, parceque vous êtes une tendre petite fille qui le méritez bien.Oui.d'est moi qui ai fondé la Revue Moderne, où je compte bien garder mienne, une aussi gente petite amie.Et vous me direz comment vous l'aimez notre Revue, car elle est à vous, comme à moi, pas vrai?Cécile la Canadienne.—Que vous êtes gentille d'accueillir ici d'un sourire aimable la fondation de la Revue Moderne, où vous allez être aimée immensément.Vous aurez trouvé, j'en suis certaine, les conditions d'abonnement.Venez me dire bien vite que vous €te9 des nôtres, et venez me voir, au moins tous les mois.Pauvre Malade.—Je comprends combien la vie est laide avec ses troubles perpétuels.Mais ces malaises peuvent cesser.Il s'agit de le vouloir.D'abord, nettoyez bien votre estomac etvotre intestin, en prenant, chaque matin, avant le déjeuner, une petite dose de cette Eau de Riga qui fait vraiment des miracles.Votre système ainsi débarrassé, votre digestion deviendra vite meilleure, grâce à cette eau bienfaisante dont vous pourrez ensuite faire un usage constant, sans anémier votre système, le moindrement.Essayez, et vous m'en direz des nouvelles ?Pourquoi chercher des remèdes compliqués, quand nous avons de la simple hygiène à pratiquer.Blanche.—J'espère que vous saurez me trouver ici, ou j'ai bâti un nid charmant.— n'est-ce pas ?— un nid où je compte réunir tous les mois, ma chère et grande famille.Merci pour les jolis souhaits que vous adressez à la Revue Moderne, et que sa fondatrice accueille, vous l'imaginez bien, d'un cœur sensible.Embrassez pour moi.tous vos chéris, et plus particulièrement mon homonyme que je me sens fort disposée à aimer de tout mon cœur.Margot Margoton.—Votre nom est séduisant.Vous m'écrivezi au Royaume que j'ai quitté.Je veux mettre ici un petit mot d'invite, pour bien marquer que vous serez toujours la bienvenue à la Revue Moderne.Un Peu en peine.—Oui.le premier diner voilà une chose compliquée, et qu'il faut accomplir dans tous les rites volus, surtout dans un joli monde, si l'on ne veut pas être classé parmi les inexpérimentées et les insouciantes.11 y a la série des mets, et l'ordre dans lequel, ils doivent figurer sur le menu.A votre place, pour ne pas faire d'impair, et comme vous désirez résussir quelque chose de très chic, adressez vous donc a la maison Kerhulu et Odiau.dont vous trouverez d'ailleurs l'annonce dans ces pages, et consultez-la sur tous ces préparatifs.Cette maison est de tout premier ordre, et répondra parfaitement à tout ce que vous en pouvez espérer.Voyez l'un des patrons lui-même, à ce sujet.Il vous composera le menu, vous le remplira, vous indiquera quel vin doit figurer avec chacun des services, et vous fournira même le garçon pour servir, si vous voulez quelqu'un de bien stylé, comme il conviendrait dans la circonstance.Et si vous suivez mes conseils, votre maison sera tout de suite cotée parmi celles où l'on mange bien, et vous savez c'est quelque chose de fort important.Vous saurez plus tard m'en dire de nouvelles, et votre mari sera ravi de votre jolie façon de recevoir les amis qu'il entend bien traiter.Feuille d'Automne.—Je ne sais si vous m'aurez suivie jusqu'ici, mais je réponds tout de mime à vos questions.Il ne faut jamais, en parlant de votre mari à des égaux, et encore moins des supérieurs, dite M.X.On dit alors, mon mari, ou si ce sont des parents ou de très intimes, on peut l'appeler de son nom de baptême.On ne dit Monsieur qu'en s'adressant à des inférieurs ou à des domestiques.Soyez certaine que c'est la seule et vraie manière de bien parler.J'ai laissé vos vers au Royaume, et je sais que "Petite Mère" vous donnera une réponse satisfaisante.La Dame Chic.—C'est un grand problème que d'être chic, mais c'est aussi un peu le devoir de toute femme de s'y employer sérieusement et consciencieusement, sans toutefois dépasser la limite de ses moyens.Vous trouverez chez Fairweather, des amours de robes du soir, jolies, jolies, à faire rêver.Et vous pouvez, aussi vous chausser dans cette maison de la plus élégante et de la plus jolie façon.Et les gants, tous jolis chics, du dernier goût.Et la lingerie.Faites le tour de tous les comptoirs, et vous serez ravie.Certes il ne faut pas dépasser son budget, mais il faut aussi quand l'on occupe une certaine position, y rester élégante et absolument dans la note.C'est encore et simplement de l'éducation.La Meunière.—Tiens, vous trouverez dans cette page, l'annonce de la St-Lawrence Flour Mills qui vous donnera tous les renseignements que vous désirez Cette Compagnie qui fait des affaires magnifiques fournit aussi des recettes fort piatîques dans tous les ménages, où l'on se soucie de bien manger, sans donner dans l'extravagance ou la folie.La Dame en Noir.—Vous trouverez sûrement chez Holt et Renfrew.ces beaux manteaux, et ces costumes élégants, ces robes charmantes dont vous et vos amies rêvez.Savez vous que la Revue Moderne a sélectionné les annonces, de façon à n'annoncer que de très bonnes maisons où l'on peut s'adresser à coup sur, sans risquer jamais d'être trompés ou ennuyés.D'ailleurs la maison Holt et Renfrew est tellement connue dans tout le pays, qu'il me semble superflu de faire plus longuement son éloge, et c'est fou de croire que l'on paie dans ces grandes maisons, plus cher qu'ailleurs, on y trouve la qualité supérieure qui explique abondamment la différence de prix qui s'accuse quelquefois.Mieux vaut être bien traitée par ses fournisseurs et n'avoir jamais à se méfier de ce que l'on achète, n'est-ce pas?Le Mari Craintif.—Vous avez droit d'avoir peur.Un mari ne doit laisser le foyer de sa femme et de ses enfants dans l'insécurité.Que n'assurez-vous votre maison contre l'incendie perfide et ruineux ?Vous trouverez Ici même, l'annonce de la grande compagnie d'assurance Royal, et celle de ses agents Hurtubise et Saint-Cyr, que l'on peut recommander comme de toute première valeur.N'hésitez pas à prendre cette élémentaire précaution.Demain le feu aura peut-être détruit le nid où vous abritez si fièrement votre nichée.Un Pere en Peine.—La mort vous fait peur, surtout parce que vous craignez de voir dilapider le bien que vous avez péniblement amassé, et dont vous voudriez bien assurer la conservation à vos jeunes enfants.Personne, autour de vous, ne parait mériter vos suffrages, et vous craignez.Que ne confiez-vous la gérance de votre succession, par testament, à une compagnie comme l'Administration Générale, une compagnie qui ne meurt pas, et qui est régie par des hommes respectés, et parfaitement au fait des affaires.Je connais plusieurs successions régies par cette société et d'une façon qui fait honneur à ses dirigeants.Je crois sincèrement, puisque vous me demandez mon opinion, que vous ne sauriez être plus sage dans la façon de disposer de l'administration de votre héritage.J'aime les Fleurs.—Des fleurs, mais achetez-en chez Ed.Gerneay.où elles sont fraîches tous les jours, et parfumées, je ne vous dis que ça.De plut Gernaey s'est fait une réputation de bon marché qui lui fait honneur.Allez-y sans crainte, ou téléphonez, et vos ordres seront remplis proraptement et gentiment.Le Bon Liseur.—C'est à la librairie Déom que vous trouverez tous ces bouquins qui vous intéressent.Oui cette maison vend uniquement des livres, des revues et des journaux, et son choix est tout ce qu'il y a de mieux.Fortunate.—Vojs avez cru que cela se passerait comme cela.Non.Je vous ai, je vous garde.Et que la chaîne de notre bonne amitié ne se brise jamais.Mme L.P.Turgeon.—J'espère que notre Revue vous plaira.Elle aura son courrier mensuel, à part tout le reste.Nos lectrices du Royaume y trouveront de la lecture pour tout leur mois à la fois, ce qui est aussi agréable que de le recevoir par bribes, et de l'attendre souvent en vain.Je compte bien vous garder mienne, comme par le passé.Merci des jolies paroles d'amitié qui me sont allées au cœur.Blandinb D.—Vous avez bien reçu, n'est-ce pas.les renseignements que vous désiriez et je souhaite que voua restiez toujours, notre tendre et bonne petite amie.M.N.C.M.—Je souhaite que la Revue vous plaise.La trouvez-vous jolie, et aimable, et bonne?Répondez à toutes ces questions.J'ai un tel désir de vous être à tous, utile et agréable.Elise G.—Vous êtes bien toujours la même et gracieuse amie, et comment ne pas apprécier cette délicatesse exquise qui s'attache à tous nos gestes, et fait pour nous, la vie plus belle.Merci.Marie C G.—Je vois avec un sourire arriver ma petite amie lointaine, et je lui adresse mon plus doux sourire, avec mon merci le plus affectueux.H.B.—C'est parce que je vous aimais tant, que vous m'aimiez un peu.et même beaucoup.Vous m'avez donné de bien douces joies, et la certitude de vous garder à moi.me met le cœur en fêtel Madelon.—Ils sont jolis ces vers, petite fille, et tendres ohl Comme l'on sent chanter le printemps en vous! L'on peut s'abonner à la "Revue" ou encore l'acheter tous les mois, dans tes dépôts où elle sera déposée.En tout cas.vous me trouverez sûrement et facilement.Notre Revue va être assez jolie pour se faire remarquer, et partout où elle se trouvera, elle attirera l'attention de petites artistes comme ma mie Madelon.Renée.—Votre billet m'est arrivé trop tard pour que je le puisse publier dans la Patrie.Je l'ai laissé 4 ma remplaçante, qui sans doute, l'insérera avec plaisir.Peut-être m'aurez vous suivie ici ?A tout risque, je mets ce petit mot qui vous dira bonjour, et vous fera trouver la maison meilleure.Marjolaine.—Je sais que vous serez l'une de nos premières lectrices, et je vous écris le mot de bienvenue le plus chaleureux qui se puisse dire.Et puis ce petit article je l'ai gardé pour nous.Vous aurez eu la surprise de la trouver dans le Fémina de la Revue Moderne, où il fait jolie figure, n'est-ce pas ?Marthe des Bois Verts.—Vous trouverez juste* ment dans ces colonnes, l'annonce d'une pftte épila-toire fameuse préparée par Marie Vasello.Je puis vous le recommander comme un produit de première classe, et tout coup infaillible.La Bonne Ménagère.—Je crois que le beurre de la Montréal Dairy est l'un des meilleurs sur le marché Essayez-le.et vous verrez qu'il ne coûte pas plus cher que tout autre, et qu'il a de la saveur.Oui.la crème à la glace de cette même compagnie est justement réputée, et vous ne vous trompez pas.c'est bien la Montréal Dairy qui avait élevé à la kermesse du Parc Lafontaine pour l'Hôpital Notre-Dame .ce si joli kiosque qui fit sensation, et dont M.Daoust fut l'architecte.Ma chère Madeleine:— Je suis pour le moment assez perplexe.comme à toute mère de famille, le temps des étrennes m'occasionne quelques soucis.Je ne sais que donner à mes enfants; chaque année.Us sont gorgés de joujoux de toutes sortes et je voudrais, contre toute habitude, leur faire un cadeau utile et pratique qui puisse leur inculquer le goût de l'économie.Récemment, une connaissance me parlait de la Caisse Nationale d'Economie, particulièrement avantageuse aux jeunes enfants, disalt-on.Connaissez-vous cette institution?Une maman qui doterait ses enfants de pensions viagères A l'occasion du nouvel an.ferait^lle bien?Qu'en pense notre sage Madeleine?Une Petite M ère.Chère petite mère:— Les étrennes vous tracassent donc à ce point?Que voulez-vous, il vous faut en prendre courageusement votre parti, ma mignonne, c'est le grand ennui de ces jours joyeux.Vous me demandez ce que je pense de la Caisse Nationale d'Economie.D'après ce que j'en sais, c'est une puissante institution financière, éclose au sein de la Société St-Jean-Baptiste de Montréal, qui consacre ses Immenses capitaux au développement des œuvres canadiennes-françaises; elle se recommande donc par elle-même.Mais il y a un point qui intéresse surtout la petite maman que je sais; les avantages de la Caisse Nationale d'Economie pour les jeunes enfants.Ils sont Incontestables; votre fillette, devenue majeure, est dotée d'un revenu annuel qui dure jusqu'à la mort, vos bambins chéris, après vingt ans de contributions, les voilà rentiers confortables pour toute leur vie.Est-il nécessaire de vous dire après cela, que J'approuve entièrement ce genre de cadeaux pour les bébés.Si les mamans faisaient toutes un choix aussi judicieux et sage dans leurs étrennes, 11 y aurait beaucoup moins d'engants gâtés, blasés même, dans nos familles canadiennes.C'est une Initiative a prendre et a faire connaître chez nous.A vous de tout cœur.Madeleine, Prière d'adresser avant le 28 du mois, toute la correspondance 4 MADELEINE, Casier Psotal 36, Station N.MONTREAL. 34 LA REVUE MODERNE 15 novembre, 1919.PEU R.A travers l'automne insensée.Je suis passée Et f avais peur.Quelle est cette pourpre vapeur ?Est-ce un malheur Dans les pacages ?Quel est cet horrible incarnat 1/ assassinat Sur les feuillages ?Quel est cet étrange parfum Du fourré brun Taché de rouge?Je crois qu'on a tué quelqu'un.Inopportun, Le buisson bouge.Je crois qu'on a tué l'été.Là, dans l'allée Trop efeuillée.Mon regard est épouvanté.Du sang, peut-être.Va m'apparaître?Je crois qu'on a tué l'Amour Là, sous ce hêtre Où meurt le jour.Lucie Delarue-M ardrus Kl! DFS(;KAPHOLO(iIQUES Plusieurs demandes nous sont venues, sollicitant des études graphologiques dans la "Revue Moderne".Nous nous faisons un devoir de répondre au désir exprimé par nos tout premiers abonnés.Nous avons eu la bonne fortune de trouver dans "Sybil de Maisy" un graphologue de toute première valeur.Et afin de ne pas retarder l'attente de ceux et celles, qui ont fait appel à la colonne graphologique, nous leur donnons ces premières études faites d'après les billets qu'ils nous ont adressés: BRIGADIER.Vue de bonté, et que de légèreté.Si l'on est un brigadier plein de fougue, on ne saurait être vindicatif; la vie m.ii- mlili' irn|i belle, pour la noircir d'une rancune.On peut tout donner, moins non coeur; on ne veut point d'entrave après Lisette, Suzon.Sens esthétique du goût, de l'élégance, du charme, de la gaieté.On a de l'esprit, toutes les qualités, de l'imagination, de l'intuition et de la déduction.Ecrivez, soyez orateur, vous avez de l'envergure.SAVOIR.Fierté qui se connait, qui s'estime pour ce qu'elle a de bon, personnalité qui s'impose.De l'esprit, du juge-mont, do la droiture, une volonté qui sait mener à bon terme une entreprise, do l'aisance dans les manières sans rudesse.Sensibilité bien équilibrée, une pointe d'é-goismo.Los questions d'affaires offrent de l'intérêt.On a l'habitude du commandement.On cause avec facilité, mais on no dit quo ce que l'on veut dire.Cette écri-t\it.-t d'uni' femme PIERRE.Votre écriture offre deux personnalités et dans ces deux la je ne trouve pas assez de volonté pour bien équilibrer un homme.Du rêve do la fantaisie, do la légèreté, des idées, de l'intuition, de la déduction, de la délicatesse.Toutes les qualités d'un intellectuel et pas assez de volonté pour mener a bien une telle individualité.Cependant on peut donner sa valeur, mais sous la poussée d'une autre volonté.On est un peu fat, on manque de générosité.On aime son confort et les bons petits dîners.QUAND MEME.En un mot vous avez fait votre analyse.Très indépendante et très fière vous cachez votre personnalité sous les apparences d'une extrême sensibilité qui n'est en réalité que de la sensiblerie, toute enveloppée de charnie et d'une grande séduction.Lorsqu'une fantaisie se présente à l'esprit, il ne vous vient pas à l'idée qu'il puisse exister un obstacle, on a une certaine ruse douce et gracieuse qui sait passer à travers les difficultés.Si bien qu'on a un peu joué tout son monde et personne ne s'en est avisé.Finesse, ruse et diplomatie.Esprit cultivé, on est artiste, beaucoup plus occupé.' îles choses de l'esprit que de questions matérielles.Très douce, un peu entêtée, aimant surtout les livres.UN MONSIEUR.Orgueilleux, un peu susceptible, positif, habile en affaire, franc et droit, mais assez prudent.On parle beaucoup, mais dans les affaires on ne dit que ce que l'on veut.Généreux par fantaisie, humeur variable, aimable en société, gai et spirituel.On se décourage quelquefois, et alors, on perd la tête; puis une idée nouvelle nous fait retrouver notre courage et nos esprits.On est très nerveux, rarement violent, mais ça peut arriver.Sybil de Maisy.NOTE.—SYBIL DB MAISY s'empressera de répondre par lettre personnelle, aux demandes d'études graphologiques, qui lui seront faites, et ce, au prix d'un dollar.Ces lettres devront êtres adressées à SYBIL DE MAISY, La Revue Moderne, Casier Postal 35, Station N.MONTREAL LA COMPAGNE J'ai demandé à mes amis: — Quelle est la première condition pour qu'une femme soit réellement la compagne de la vie ?Ils ont répondu: — C'est de collaborer avec son mari à la construction du foyer.Formule un peu prétentieuse, un peu vague aussi, et qu'il fallait préciser.Un jeune romancier, mort il y a quelques années, a écrit un livre où il montre l'effort prolongé et toujours vain d'une jeune femme, qui voudrait devenir l'associée de son mari.Elle ne parvient pas à ce partage de la peine, de la joie, et de la pensée du mari, à cette union qu'elle sent possible, qu'elle a rêvée sûrement comme un idéal, et peut-être observée autour d'elle.C'est là une formule équivalente: comment donc être l'associée ?Suffit-il d'apporter une dot?Evidemment non.L'apport des capitaux peut constituer l'association commerciale, mais ici l'association est d'un autre ordre.Lorsque c'est la femme qui est riche, et le mari qui est pauvre, je ferai remarquer simplement que cette situation crée un danger dont on ne comprend la gravité que plus tard.Quand un homme riche épouse une jeune fille sans dot, il agit noblement, et il s'en sait gré à lui-même, ce qui est la reconnaissance la plus facile à obtenir.Si, au contraire, un homme sans fortune épouse une femme riche, il peut se faire qu'il arrive au >111¦.¦.s dans la carrière qu'il a choisie, et alors il se sentira l'égal de celle qu'il a épousée, et ce sera un argument puissant pour le maintien de l'union; mais il peut arriver qu'il ne réussisse pas, et que la médiocrité de sa carrière souligne et augmente sa dette envers sa femme.Or, les dettes qu'on ne peut acquitter d'aucune manière sont lourdes à certaines gens, et la dette du bien-être a divisé plus de maris et de femmes qu'on ne croit.La fortune apportée par la femme peut donc être un danger, elle ne suffit pas pour faire une associée.Il en est de même de la beauté.La beauté n'a pas pour admirateurs jusqu'au mariage inclusivement, et pour fidèles, ensuite, tous ceux qui écrivent son nom avec un grand B, mais, enfin, elle en a, et avec raison.La beauté, la grâce, la distinction d'une femme autant de joies précieuses, différentes par la durée, et qui nous suivent plus ou moins longtemps sur le chemin de la vie.Quant à l'esprit, chose curieuse, il est moins recherché en mariage que la fortune.Beaucoup de jeunes hommes en ont peur, pour une raison qu'ils ne peuvent avouer, mais qui doit être solide, à en juger par la peur qu'ils éprouvent.Mais, recherchés ou non, il est clair que ni la beauté, ni l'esprit, ne sauraient faire d'une femme l'associée de la vie.Comment donc atteindre à cet idéal ?Est-ce que la femme devra collaborer avec son mari, l'aider dans sa profession, peindre s'il peint, rédiger un mémoire sur l'impérialisme anglais s'il est économiste, préparer les dossiers s'il est avocat, et, s'il est botaniste et qu'il découvre un lichen, découvrir une mousse ?L'association, est-ce la profession en partie double ?Je ne crois pas que cela soit impossible.Il y a des exemples de gens heureux, très heureux, qui n'avaient qu'un métier pour deux.Mais ce n'est pas la règle: d'ordinaire, la parfaite harmonie a pour condition la dissemblance des devoirs.En interrogeant mes amis, j'ai compris, peu à peu, que le premier bien que la femme devait apporter à son mari, c'était autre chose, une chose qui parait simple et qui ne l'est pas: la paix de la maison.Elle doit s'associer au travail de l'homme en le respectant et en le protégeant.Elle prend sa part du labeur de son mari, quand elle n'augmente pas sans raison les dépenses de loyer, de toilette et de réception; elle collabore en faisant les visites que son mari ne peut pas faire, en souriant pour lui, en se taisant, quelquefois; elle fait acte d'intelligente amie si elle mesure les obligations du monde à l'humeur et au loisir de celui qu'elle a épousé; elle l'encourage, sans avoir besoin de tout comprendre, quand elle s'intéresse à tout ce qu'il entreprend; elle s'élève jusqu'à la perfection, si elle parvient à être le juge de l'épreuve avant la lettre, le censeur discret et sûr, le conseiller intime de la carrière, si elle apporte la grande dot qui n'est constituée ni par le père ni par la mère, mais par la femme elle-même; celle du courage et du soutien dans la vie.Et combien de femmes sont capables de cette perfection?Une multitude, presque toutes celles qui peuvent aimer.Je dirai encore qu'une femme rend le plus éminent service à son mari, quand elle l'empêche de s'absorber dans sa profession, et qu'elle l'en repose, et l'en distrait sans jamais l'en éloigner.Et voilà la paix qu'on demande d'elle, l'atmosphère chaude et douce qui est son œuvre, et où il fait bon vivre.René Bazin, de l'Académie Française. 15 novembre, 191**.LA REVUE MODERNE 35 LA CAUSERIE DU DOCTEUR Veillée de Novembre Le ciel est noù, et le grand vent d'automne roule de gros nuages lourds d'orage.Il secoue furieusement les arbres, dont les branches nues craquent sous la rude étreinte, et avec frénésie, les vagues du lac viennent heurter la côte, où elles se brisent en gémissant.Quelequs pâles lumières tremblent aux fenêtres des maisons, où l'on veille au coin du feu; et se répondant de ferme en ferme, quelques chiens aboyent dans la nuit noire.Près de la cheminée où flambe la bûche d'érable, dont les reflets brillants l'enveloppent, et mettent de chauds tons rouges sur ses joues ridées et pâles, une femme est assise, penchée vers l'âlre où tombe la braise en fusées légères.L'horloge chante lentement son tic-tac qui résonne très doux, dans le profond silence de la cuisine, où sur le boh sombre, se détache la claire mousseline des rideaux.Sous la table, un chat dort, la tête entre 1rs pattes, sans se soucier des fureurs de la tem pète.Dans la chaumière, où, un par un se sont endormis, ses bien-aimés, la mère Basile écoute les voix inoubliables.Seule ce soir, elle tend vers la flamme, les pauvres mains glacées que ne réchauffe aucune étreinte.Bruits des berceaux, rires des enfants, joies de la jeunesse qui rêve et chante, causeries des hommes qui fument devant le poêle, groupes des femmes qui lisent, tricotent ou causent, murmures des vieillards qui prient et se recueillent: tout revit en une vision troublante qui emplit la pièce de la splendeur féerique du passé.Minutes délicieuses toutes d'azur, d'or et de soleil.Toute joie dure peu.Soudain, des yeux gris, aux mystérieuses profondeurs, une larme tombe, glisse sur les mains jointes.C'en est fait.Maintenant, la voix sourde de novembre résonne jusqu'au cœur de la mère Basile, qui se met à prier, tout haut pour les âmes de ses trépassés.Marjolaine.Novembre 1919.RAISON MAJEURE —Pourquoi pleures-tu '.' —Parce que j'ai pas de vacances.—Comment ca se fait-il que tu n'as pas de vacances ?—Parce que j'vais pas encore à l'école.MADAME R.MacMILLAN Professeur de Chant Elève de DELATTRE (Paris) DELAQU ERRIERE (Paris) VAN NI NI (Florence) Placement de la voix—Interprétation STUDIO 633 rue Ste.Catherine Ouest Tel.Uptown 4828 1-i F- La puberté dit Rullier est «l'époque de la vie particulièrement caractérisée par le développement rapide, le complément d'organisation et l'aptitude à l'exercice de leurs fonctions, qu'acquièrent les organes de la reproduction de l'espèce.» Ceci posé, étudions les différents phénomènes.Dans notre pays, une jeune fille est pubère à douze, treize et même dix et onze ans.Comme partout ailleurs, il y a cependant des retards.Diverses influences jouent un rôle prépondérant dans cette précocité: ainsi le climat, la latitude géographique, l'héridité, le genre de vie et les occupations.La jeune fille riche, vivant d'une nourriture substantielle et pouvant s'adonner plus facilement aux exercices au grand air, sera pubère plus tôt que l'humble ouvrière qui peine dans son atelier où le jour entre difficilement et dont le régime alimentaire laisse souvent à désirer.Toutefois, il ne faut pas oublier que pour cette dernière, ce qu'elle entendra dans son travail ou dans sa famille pourra hâter cet événement.J'énumère rapidement différents signes prémonitoires tels que: lassitude générale, bouffées de chaleur, pesanteur dans les lombes, palpitations, nausées, troubles dyspeptiques et inappétence, maux de tête, vertiges, frissons.Pour celles dont l'héridité est arthritique, les prodromes sont plus prononcés: tantôt ce sont des migraines et des névralgies tenaces, tantôt ce sont des angines, des épistaxes abondantes, fluxions dentaires, laryngites, furoncles, conjonctivites, poussées d'herpès et de nombreuses, pustules d'acnée qui font le désespoir de la jeune fille.J'en arrive maintenant aux modifications de l'organisme.Ces dernières sont très importantes parce qu'elles nous per-mi-ttr.mt d'eux isager uni1 thérapeutique propre à chacune d'elles.D'abord la glande thyroïde s'hypertrophie.le cou augmente de volume.La poitrine s'élève îles membres, les épaules et les hanches, prennent un caractère d'expansion, de grâce et de rondeur; » c'est la femme qui se forme.Du côté du système osseux on constate fréquemment des déformations de la taille, surtout la scoliose»; des ostéalgies.La croissance de nombreux organes et la nutrition vigoureuse qui existent & cet âge, exigent une dépenso exagérée que les moyens réparateurs ne suffisent pas à combler.Ceci explique donc pourquoi l'on rencontre si souvent des adolescentes anémiées.Les voies respiratoires sont également le siège de grands changements: ainsi la voix mue, son timbre change.Le nombre des respirations augmente, de même que la capacité pulmonaire, la ventilation, l'acide carbonique exhalé, l'oxygène consommé.La transformation intellectuelle et morale n'est pas moins grande que la transformation physique.Ici, les parents et les éducatriees doivent faire preuve de beaucoup de tact.Le cerveau exigeant une certaine période de temps pour se développer, il faut de toute nécessité entourer la jeune tille île circonstance fax iirai îles, user île soins minutieux et de grands ménagements, car il en résultera plus tard une vie heureuse ou malheureuse, une lionne ou mauvaise santé.Le caractère est 1res variable; à la gaieté succède la tristesse, une tendance à l'isolement, la paresse, la mélancolie; l'imagination est plus vive et facilement impressionnable, la mémoire plus étendue, le goût se forme.La puberté étant une époque de transformation naturelle, c'est à l'iixgièue qu'il faudra s'adresser pour aider la nature.L'alimentation sera soignée, généreuse et tonique.Elle comprendra donc les viandes rôties et grillées, des légumes et des graisses, on supprimera les boissons glacées durant un certain temps.— Le jeune fille vivra dans sa famille où elle aura le grand air et le soleil si nécessaire et un régi-meappropriéeà sa condition.C'est un faux pas que de vouloir commencer l'internat à cet te époque, mieux vaut plus toi ou plus tard.— Le froid étant dangereux il ne faut pas s'exposer, bien choisir ses vêtements.Ils seront assez amples pour ne point comprimer les organes.Du reste, il me semble que l'on puisse suivre la mode et cependant voir a ce que ces dernières protègent contre les variations brusques de l'air.Le corset qu'on accuse d'avoir causé des dégâts, s'il est bien appliqué, c'est-à-dire, ne faisant pas une eonstnction exagérée, peut être toléré et même est excellent.— Pour fortifier les différents systèmes, on s'adressera surtout aux exercices gy mastiques.11 nous fait plaisir de constater que maintenant ces exercices sont en vogue dans plusieurs de nos institutions.Nous ne pouvons trop insister sur la gymnastique ayant été à même de constater les bienfaits prodigieux obtenus dans l'armée canadienne.La gymnastique suédoise est l'idéal.La promenade a beaucoup d'avantages, la natation est excellente de même quo le tennis.La danse serait bonne, mais elle occasionne des veillées prolongei - dans des appartements trop chauds et souvent mal aérés.I)isons comme Ecgcndre: «Encourager l'exercice mais faire la guerre aux sports.» — Les bains de mer ou de rivières, les douches, devront être surveillés car souvent ils font plus de mal que de bien.— En classe, il faudra corriger le- attitudes vicieuses, surveiller les fonctions visuelles.— Quant à l'instruction et l'éducation., il faut surtout épargner les nerfs; proscrire les romans, les lectures bizarres ou peu appropriées à l'âge de la Illicite; s'éloigner des théâtres de vues animée- K ne.m rageons plutôt ln musique et les beaux arts.if.S.Mi Intosii, Ml).Les injures sont le- raisons de ceux qui ont tort.L'exemple est |c plus éloquent .le tous les sermons.I>a liberté doit être le droit d'avoir tort.Le malheur est aussi nécessaire à l'homme que l'ombre au tableau.Un homme continûment heureux se laisserait vivre, mais ne vivrait pas.Jean Siuatjx.La vertu est un état de guerre, et pour y vivre on a toujours quelque combat à soutenir contre soi. 36 LA REVUE MODERNE s.n ¦ Royale.N.' l'riiM-r « 1 • ¦ (îaUrs, ic|iier en soi le mépris des sens.Paul Kern re dut Le recuiniiltre bientôt.Il mit do la complaisance à se souvenir II n'axait |ias aee.illtlll.le ell.'isser le- I en t a t n m -.ml en y cédant.Pour se libérer, il recommença île penser .1 (lerinaine .-I :elie-a des repr.ielies: «Je n'aurais pas dû vonir.Je n'ai rien appris et ma déuiareli., i .n.me une trahison.Germaine meurt du secret qu'elle garde.L'amour seul le lui arrachera \i-je su l'aimer ?.i 50 LA REVUE MODERNE 15 novembre, 1919.VI LA RENCONTRE Quand Paul rentra.Mme Ferrière écrivait une lettre, non sans peine, sur la glande table de la salle à manger.La petite Claire, assise sur ses genoux, endormait une poupée qu'elle berçait avec vigueur, .lean, coiffé d'un képi et prudemment affublé d'un tablier qui lui remontait jusqu'au cou, barbouillait, dans ce travestissement guerrier et domestique ensemble.|i- gravures de mode d'un catalogua hors d'usage, à l'aide d'un pinceau qu'il plongeait successivement dans un verre d'eau et, au hasard, dans sa boîte de couleurs.Il donnait force détails sur sa peinture, et sa sieur réelamait le silence, de sorte qu'ils échangeaint entre eux, par intervalle-., des propos dépourvus d'aménité.Paul regarda ce tableau de famille auquel il ne manquait vraiment qu'un sourire île Germaine pour exprimer le bonheur.Mais Germaine ne souriait plus.Il frémit à la pensée de tout ce qu'il avait fnilli perdre, et par sa faute.Par sa faute: élait-ee par sa faute'.' Il aecusait le sort davantage.— Comment peux-tu écrire?dit-il à sa Pomme.— J'ai l'habitude.Klle leva sur lui ses yeux bleus chargés d'ombre et continua sa lettre.—A qui écris-tu ?A Mme Ilétrv, qui nous invite à sa matinée de samedi prochain.— Tu refuses ?— Non, j'accepte.— Quelle idée! .le n'ai pas le temps et tu n'aimes pas le monde.Klle quitta la plume, se débarrassa de Claire doureinent et détendit son opinion: :i l'ordinaire elle consultait -nu mari et se rangeai) à ses avis sans les discuter: La préfecture te conlic des affaires et Mhh Mit r \ insiste avec beaucoup de politesse.Toute la ville y sera.Nous ne pouvons guère nous dispenser d'y aller aussi, ("est fort ennuyeux.— C'eU bientôt passé.Quelle raison donner pour nous ?—Notre installation à la campagne par exemple.— Tu ne peux quitter Annecy qu'au i.- d'août.Il- lurent interrompus brusquement par un petit accident facile à prévoir.Claire, profitant de la distraction maternelle et voulant prendre part aux travaux artistiques de son frère, avait renversé le rem d'eau, et la table était inondée.l'aul -e fâcha: < !w enfants, dit-il, sont insupportables) Kl.dans une réaction nerveuse qui lui enlevait toute patience cl toute justice, il frappa le petit Jean qui se mit a hurler: — Je n ai rien fait ! (icrmaitie.déjà levée, prit l'enfant dans -• - lira- et le coin rit île son corps sans dire un mot.De son regard droit, elle fixait ion mari II lui avait déjà vu cette expres-ion de fermeté.Kurieiix contre lui même, il s,,rtit de la chambre.— l'apa méchant! dit Jean qui n'avait pas eu de mal et (pu avait compris, avec cette astuce particulière aux enfants, la du ision de -e- parents.A sa surprise, sa mère le gronda: Quand nous parlons, \oiis devez, vous taire et n-ster tranquilles.Le petit garçon protesta: — Puisque c'est Claire.Et la fillette, modestement, revendiqua sa responsabilité: — C'est moi.Leur maman joignit leurs petites mains et les expédia en mission pacifique: — Allez tous les deux embrasser votre père.Paul gâta ses enfants toute la soirée.Quand ils furent couchés, il retint sa femme qui ne veillait plus guère dans son cabinet.— Ecoute, dit-il: veux-tu que nous nous installions tout de suite à la Sapinière ?Tu me le demandais il y a quelque temps.Etonnée, elle le regarda: — Ne dois-tu pas attendre les vacances ?— .Mes plus grosses affaires sont plai-dées.Et puis, avec ma bicyclette, il m'est facile de venir en ville.Tous les jours, si c'est nécessaire.Le soir, nous respirerions le bon air venu de la montagne.Te souviens-tu de nos belles heures de l'an dernier ?Tu mettais un châle et nous restions tard sur la terrasse.Le lac nous apparaissait comme une nappe d'or, au crépuscule.— Oui, répondit-elle, et ses beaux yeux s'emplirent de mélancolie.Ainsi, par une indélicatesse dont il n'avait même pas conscience, il lui offrait à elle qui devait tout savoir, de s'installer dans le voisinage du pavillon où il avait reçu sa maîtresse, et il faisait allusion aux facilités que lui procurerait sa bicyclette pour ses allées et venues.La croyant ébranlée, il ajouta l'argument qu'elle-même avait employé pour le convaincre: — Claire et Jean seraient si bien à la campagne.Ils prendraient des joues rondes et roses.Elle ne fit aucune objection, comme si elle n'avait pas de répugance à retourner à la Sapinière.Quel empire elle gardait sur elle! Ou bien, n'était-ce pas la preuve que Mme de Chéran s'était trompée ?-— Comme tu voudras, dit-elle sans émotion, mais non peut-être sans sécheresse.— Nous partirons bientôt, n'est-ce pas?— Quand tu voudras.— Alors, cette semaine?— Cette semaine ?reprit^elle sur" un ton interrogatif.Il nous faudrait revenir pour la matinée de Mme Ilétry.— Rien ne nous oblige à accepter son invitation.- Ma lettre est déjà partie; je l'ai expédiée tout à l'heure.— Envoie un billet d'excuse.— Il est trop tard.Il se tut, découragé.Il voulait à tout prix empêcher sa femme de rencontrer Bertlie de Chéran.et se heurtait à une volonté précise qui l'inquiétait et dont il ne s'expliquait pas le but.«Elle agit, se disait-il, comme si elle ne savait rien.Or, elle sait.Que dois-je penser?» 1^'s poursuites de sa maîtresse l'énervaient, et sa femme l'attirait comme une énigme.Il se sentait en présence d'une tant mystérieuse et se demandait si l'amour ne réservait pas à ses élus un domaine secret et sublime que Germaine connaissait et que lui-même ignorait.Et il eomença de mépriser les caprices de se» sens et les théories indulgentes par lesquelles il se disculpait.La matinée de la préfète passionnait Annecy.Quand la vie somnolente des petites cités s'éveille, elle se découvre des ardeurs toutes neuves et des forces qu'un long repos a réparées.Les belles mada-mes, stylées par Mme Marolaz qui vraiment n'avait pas ménagé sa peine durant les derniers jours et n'avait pas craint de multiplier les visites et les sous-entendus, étaient la proie d'une curiosité d'autant plus lancinante qu'elles n'osaient l'exprimer que par allusions.Et le même dialogue s'échangeait d'un bout de la ville à l'autre: — Ires-vous à la préfecture ?— Mais certainement.— Mme Hétry reçoit si bien.— A la perfection.Chez elle, on est assurée de se divertir.— A-t-elle lancé beaucoup d'invitations ?— On le dit, la noblesse y viendra.— Ah ! la noblesse y xaeâdra ?— Mais oui.La noblesse, le barreau, la magistrature, l'armée, etc.— Très bien, très bien.Ces rumeurs favorables, par le canal de Mme Marolaz, parvenaient à Mme Hétry qui se préparait, comme un grand capitaine, non plus à une bataille au succès incertain, mais à une éclatante victoire.Elle entendait la célébrer avec pompe et expédiait ses fourriers chez les meilleurs fournisseurs.Ne fallait-il pas offrir à ses invités les chefs-d'œuvre de la pâtisserie et de la confiserie, avec le spectacle de la rencontre sensationnelle que sa diplomatie avait ménagée?Enfin le Tout-Annecy, réuni par ses soins, éluciderait publiquement ces deux points fort importants de la chronique locale, et jusqu'à présent sujets à controverse: M.Paul Ferrière était-il, oui ou non, l'amant de Mme de Chéran ?et Mme Ferrière avait-elle, oui ou non, surpris les deux amants en flagrant délit '.' Au jour dit, chacun s'en alla de bonne heure à son poste, c'est-à-dire aux jardins de la préfecture.Il s'agissait d'arriver à temps, c'est-à-dire de devancer Mesdames de Chéran et Ferrière.Leur entrevue déciderait de tout l'intérêt de la matinée.Comment ne pas être là pour un tel coup de théâtre! Et l'on bravait le soleil de juillet qui, malgré les feuillages épais des platanes, chauffait l'avenue d'Albigny, et l'on descendait de voiture le sourire aux lèvres et les joues animées, en grand appareil, car toute représentation commande à la femme une toilette spéciale conforme à son importance, et celle-ci ne dominait-elle pas la saison mondaine ?Mme Hétry accueillait ses hôtes avec cette modestie, cette indulgence et ce parti pris de vanter chacun sans mesure qui lui valaient un renom d'intelligence et de bonté.Mme Marolaz, en lieutenant fidèle, l'assistait dès la première heure; ses petits yeux qu'allumait la convoitise éclair-laient toute sa figure osseuse, sèche et pointue.Sûre de son fait, elle avait, en Femme pratique, décidé la préfète à mettre un enjeu dans la partie engagée, et c'était l'avancement de son lils: le jeune conseiller serait ])roposé au choix si Mme Ferrière refusait la main de Mme de Chéran.Mais elles tenaient secret le pacte qui les unissait.Berthe de Chéran arriva la première escortée il.se- deux témoins qui étaient son mari et M.Artène.Klle avait ramassé ce dernier sur la route et cherchait à s'en faire un allié, car elle le savait fort bavard 15 novembre, 1919.LA REVUE MODERNE SI et répandu dans li' iiiiiiuli'.Dés -(in entrée elle fut examinée du chapeau aux bottines, et l'on s'accorda à reconnaître son bel équipement.Elle avait pour armes une robe de linon mauve que garnissaient des losanges de fine dentelle et, sur la tête, une capeline de paille noire ornée de longues plumes qui jetait une ombre légère sur son visage.C'était discret, sobre, élégant, comme il sied à une toilette de combat.On devinait très suffisamment, pour peu qu'on eût l'œil exercé, les formes gracieuses et arrondies de ce corps adroit qui, par un merveilleux artifice, trouvait le moyen de paraître à la fois mince et potelé: et les hommes, avec le regret de n'y avoir point participé, excusaient les péchés dont les femmes accusaient sans miséricorde cette chair peut-être coupable, mais certainement savoureuse.— Comme vous êtes aimable, chère madame, disait Mme Hétry, d'embellir de votre présence ma petite fête! — Je ne me prive pas volontiers d'un plaisir, répliqua Berthe.Le mot fut trouvé charmant par les uns, et jugé bien audacieux par les autres.La jeune femme sentait autour d'elle une atmosphère orageuse.A défaut de courage, elle avait l'insolence de sa caste.Au milieu de toutes ces mines curieuses et sévères son Detit nez se retroussait d'un air de défi.Elle faisait bonne contenance; en réalité, elle tremblait de peur.De méchants bruits l'avaient informée de la présence des Ferrière à la préfecture et de l'importance aue la ville y attachait.Refuser l'invitation de Mme Hétry, c'était avouer sa crainte d'une rencontre; elle n'y pouvait songer.L'accepter, c'était courir le risaue d'un affront en public.Sur la route, allongée dans sa Victoria, elle revoyait distinctement le pâle visage de Germaine à la fenêtre du chalet du garde.Avait-elle rêvé oui ou non?Etait-ce une hallucination ou une véridique image?Elle-même, avec le temps, devenait incapable de le démêler, mais son effroi intérieur ne lui laissait aucun doute.M.Artène, fort heureusement, l'avait distraite par ses discours.En entrant dans le jardin, elle cachait sous les sourires une âme pleine de terreur et cherchait des yeux sa vision sous les massifs.Les jours précédents, il siilïis.-iil d'uni' réflexion |.r la rassurer: «Si (iermaine nous avait vus, elle n'eût i>as repris la vie commune avec son mari.» Et voici au'au dernier moment cette preuve perdait toute sa vertu.«(iermaine nous a vus, se disait-elle.Jamais elle ne supportera de me rencontrer.Elle accepte de venir ici pour me témoigner publiauement son mépris ou sa haine.Que dois-je faire?» Un rapide coup d'ieil, à l'arrivée, lui avait révélé qu'elle devançait l'ennemi.Aussitôt elle avait résolu d'en profiter.Tandis qu'elle s'avançait vers la préfète et défilait sous le feu des regards de toute l'assistance, elle avait murmuré en hâte à son mari docile: —r Le temps de saluer tout le monde, et nous partons.— Très bien, ma chère amie, avait approuvé M.de ( 'liéran.Et c'est ainsi que Berthe axait l'ait son entrée.La manoeuvre faillit lui réussir.Elle venait de distribuer à la ronde ses sourires et ses compliments et pensait profiter de l'organisation d'une partie de croquet pour s'enfuir à l'anglaise, lorsque les Ferrière, dont le retard préoccupait chacun, furent enfin signalés.Ils durent l'être par un service d'éclaireurs que l'initiative in-dividuelle avait improvisé, car on les annonçait avant même de les apercevoir.D'une oreille à l'autre volaient ces deux mots comme une clameur guerrière: — Les voici! les voici! Point n'était besoin de les désigner avec plus de clarté.Les maillets et les boules furent abandonnés d'un commun accord et jonchèrent bientôt le sol comme les épaves d'un champ de bataille.Les invités se portèrent en masse au secours de Mme Hétry, un peu interloquée de ce renfort qu'elle ne réclamait point, et l'entourèrent ainsi qu'un jeune et frémissant état-major aux uniformes bigarrés entoure son général qui demeure impassible et, dans cette agitation même, envisage avec sang-froid la situation.— Je ne comprends rien à ce qui se passe, expliquait M.de Chéran à sa voisine qui se trouvait être Mme Marolaz.Tout à l'heure on jouait au croquet, et maintenant on sonne le rassemblement.Au lieu de répondre, Mme Marolaz, inquiète, lui demanda: — Où donc est Mme de Chéran ?— Je n'en sais rien.Elle m'avait fait signe de partir, et je ne la vois plus.¦— Ah! elle vous avait fait signe de partir?répéta la méchante femme que cette circonstance réjouissait.Elle aperçut en même temps les plumes noites et la robe mauve qui se tenaient trop modestement à l'écart et les interpella d'une manière flatteuse, mais bruyante, ce qui fit retourner quelques têtes.Aussitôt le cercle s'élargit, et Berthe dut bon gré mal gré y prendre place.Cependant nul ne pouvait deviner à l'air de son visage son trouble intérieur.M.et Mme Ferrière s'engageaient dans l'allée sablée.Ils virent cette troupe mondaine qui frétillait à leur approche.«Les rosses! se dit Paul.Je ne leur conseille pas de se moauer de nous; je suis capable de les cravacher.» Et il pesa sa canne dans sa main légère Formé par la lutte quotidienne des audiences, il affrontait sans émoi, et même avec une excitation agréable, ce public malveillant.Mais' dans quel guêpier conduisait-il Germaine?Jamais il n'avait ressenti plus profondément la force des liens de famille et leur supériorité sur toutes les autres passions de l'amour.En M moment il estimait que ces liens seuls peuvent être indissolubles, car ils sauvegardent une œuvre durable et ne se nouent ni ne se dénouent comme ces caprices nés nassagèrement de notre illusion.Instinctivement, et parce qu'il v avait en lui un homme social croyant à la nécessité et au respect des lois et des engagements, il ne pensait, à l'instant du combat, qu'à protéger sa femme et s,)n foyer, miels .| ¦ |, fussent les sacrifices qu'ils exigeraient.Anxieux néanmoins, il se tourna von celle oui marchait d'un pas égal ft son côté.Il ne découvrit sur le cher visage aucune trace d'émotion, et il se rassura: «Evidemment son ignorance est complète.¦¦ Puis, découvrant au milieu du groupe la robe mauve et les plumes noires, il jeta un nouveau regard plus inquiet encore sur Germaine toujours impassaible.et ajouta pour lui-même: c.Ou son courage est admirable.» Germaine était vêtue de blanc: chapeau blanc, robe blanche, souliers blancs.Sa maigreur nouvelle n'avait pas rompu tout à fait les lignes harmonieuses de son 'corps et paraissait allonger sa taille déjà, haute.Aisée dans ses mouvement* et douce de visage, d'une grâce flexible ensemble et vigoureuse, elle donnait une impression de tranquilité résolue, de paix armée.Sa beauté, dont elle ne cherchait pas à tirer avantage et qui appelait l'attention sans qu'elle y prit garde, avait pris un caractère plus grave, plus posé.Il y avait moins d'éclat et de jeunesse sur ses joues, mais plus de fermeté dans l'expression de ses yelIX.Mme Hétry vint & sa rencontre avec une amabilité excessive.Et toutes les têtes de son entourage se penchaient en avant, interrogeant du regard la nouvelle trenue.— Comme vous êtes aimable, madame! dit la préfète qui ne variait guère ses formules de politesse.Germaine s'excusa: — Nous sommes fort en retard.Mais avec des enfants, madame, est-on jamais libre?Côte à côte, les deux femmes rejoignirent lentement le groupe qui les attendait, qui les guettait.Par une série de pi-tits déplacements imperceptibles et simultanés qu'expliquait l'intérêt général et dont Mme Marolaz avait donné le savant exemple, Mme de Chéran, immobilisée par la crainte, se trouva d'un pas en avant lorsque Mme Ferrière fut dans l'obligation de saluer la société.Epais comme un mur, le silence entoura les deux femmes, et dans une fièvre de convoitise se tendaient tous les visages.«S'il arrive quelque chose, songeait Paul qui serrait les dents, je giflerai l'archéologue, i L'archéologue, c'était M.de Chéran qui n'y pouvait rien; mais il fallait une victime.Cependant Germaine s'avançait \ ers Mme de Chéran qui ne bougeait pas.l^e plus naturellement du inonde, elle lui tendit la main avec les paroles les plus banales ; — Bonjour, madame, comment allez-vous ?Voici longtemps que je n'ai eu le plaisir de vous rencontrer?— En effet, madame, répondit Bcrtho qui, une seconde, avait fermé les yeux devant le précipice où elle croyait tomber, et qui.se sentaill '•aille et -ail\ , .I lait par tous les traits de -a ligure, par son petit UCZ retroussé, pal le'- fusse! les ,|e ses Jolies, par ses lèvres i n arc.ce qui acheva de décontenancer les sp, elati m - Le désappointement fut immense.On escomptait depuis une huitaine de jours cette reneonlre.et les deux rivales né- " MIMEOGRAPI1 " Machine rotatolre a copier.Mécanisme parfait.Simple, économique, pratiqua.Capacité: plut de 100 copias & la minuta.JOSEPH FORT 1ER, Limitée.FABRICANTS PAPKTIKRS 210 rue Notre-Dame Oiif»t Antfle de la rue St-Plerre - MONTRKAI.1-lï K 52 LA REVUE MODERNE 15 novembre, 1919.changeaient que deux bonjours sans résultat.Mme Marolaz fut indignée: elle perdait sa considération personnelle et l'avancement de son fils.Elle et Mme Hé-try, pareillement vexées, troquèrent un regard navré contre un regard sévère.Paul qui, dans un but de vengeance, prenait avec les yeux l'empreinte de toutes ces physionomies, ne fixa que des airs piteux, de longs nez et des bouches tombantes.Il se fût moqué volontiers, mais il était le seul de l'assistance qui ne fût pas convaincu.Au lieu de tirer de cette «cène la sécurité définitive, il se disait: «.La brave petite! î Et il s'aperçut qu'en faisant ainsi face au dang: :.: LE CHATEAU FRONTENAC Ml aussi le centre de la vie sociale de la vieille capitale et sa réputation égale celle des( plus belles hôtelleries de ce continent.>: :-: l'uur renseignements, s'adresser au gérant de l'hôtel ou au bureau de \l K.-L.HUTCHINSON, Gcrant-gcnéral du Service des Hotels du Pacifique Canadien, Gare Windsor.Montréal.PENSEES ET MAXIMES Notre pire ennemi, celui qui s'acharne le plus contre nous c'est notre caractère, s'il est mauvais.Ivlmond Thiaudibre.^voir des remords, c'est s'estimer encore.Comtesse Dl ANK.Il n'y a pas de petit ennemi; toute haine apporte un mal.* * * Une demi-vérité, c'est le mensonge compliqué de vraisemblance.* * On n'apprend pas aux hommes à être honnête gens; on peut leur apprendre tout le reste.K AI.LVK.TEL.EST 2551 La Librairie Deom 251, Est Ste-Catherine MONTREAL (Maison Fondée en 1896) Offre le plus beau choix de livres Français en Canada: HISTOIRE, GEOGRAPHIE, VOYAGES, SCIENCES, ARTS, LITTERATURE, ENSEIGNEMENT, ROMANS, THEATRE :-: :-: Journaux illustrés.Journaux de Mode, Magazines,- Périodiques.On y trouve toujours les plus récentes nouveautés.1-1 F.Bulletin d'Abonnement A LA REVUE MODERNE, Casier Postale 35, Station N, Montréal.Veuillez trouver sous pli la somme de $- pour.mois d'abonnement à "LA REVUE MODERNE" Nom :- Rue:-.No.- Ville :.-.-.COSTUMES POUR DAMES Ne manquez pas de voir nos nouveaux Manteaux d'hiver et notre bel assortiment de Robes et Toilettes.Vous rhs assurées de trouver toujours chez nous un accueil courtois.('NE VISITE VOUS CONVAINCRA.Les plus récents modèles.Nouveautés de grand chic.1*1 GAGNON WOLFE 591 Rue Si-e.CntheiIne. 15 novembre 1919 LA RENTE MODERNE ¦ JC ' i Cicéron plaidant contre Catilina c > le grand orateur romain, vers l'an 55 avant Jésus-Christ, écrivait lCCrOIl, pour ses contemporains: "J'estime que dans la famille comme dans l'Etat, la meilleure source de vertu est L'ÉCONOMIE Vingt siècles n'ont rien changé à l'actualité de cette affirmation.Il est sage de ne jamais négliger ce mode de perfectionnement que constitue L'ECONOMIE et de vous servir des moyens que nous mettons à votre disposition pour vous en faciliter la pratique.Nous vous invitons cordialement à vous présenter à nos comptoirs.Nous vous réservons toujours le meilleur accueil.LA BANQUE D'ÉPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTREAL Bureau Principal et 16 Succursales à Montréal.A.-P.LESPERAN< JB, Gérant Cm, ml II fi Rentiers à 21 ans /^*ELA vous fait sourire et pourtant c'est un fait habituel et fort ordi-^ naire à la Caisse Nationale d'Economie, car le nombre est grand • les parents qui ont eu la prévoyance d'y inscrire leurs enfants dès le berceau.La Caisse Nationale d'Economie fournit des rentes à ses membres après vingl ans (20) de sociétariat.Si donc, vous inscrivez votre enfant dis sa naissance, il sera rentier avant même sa majorité et comme la rente esi viagère, cela peut signifier un revenu annuel qui durera dix, vingt, trente, quarante ans—même un "DEMI-SIECLE", Vous aimez votre enfant?Associez-vous dès maintenant à son avenir.Imposez-vous le sacrifice de verser $4.00 par année pour lui et vous verrez le jour ou nous pourrez vous-même le présenter à la Caisse Nationale d'Economie pour loucher sa première rente.DEMANDEZ NOTRE LIVRET GRATUIT "COMMENT DEVENIR RENTIER" Ca Caisse nationale d'Économie •*KTI,AIRK>T >IO^VTKJE Al^ téléphone : Main 3914-4577
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