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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1923-09, Collections de BAnQ.

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LA REVUE MODERNE Zm^-^SL ¦ IV Œil ji-^B^^ ait.SERAI-JE ASSEZ BELLE ?Revue Mensuelle A.WEISZ PRIX: 25 SOUS A UN ROMAN COMPLET OANS CHAQUE NUMERO 'I%V\ IF1* Nous venons vous remercier de l'encouragement donné à notre concours en vous montrant si intéressé à une industrie de chez-nous.3276 noms nous ont été suggéré.L'heureuse gagnante de notre concours est Melle CARMEN DUPUIS DE LA RUE SWEETLAND - - OTTAWA, ONT.en nous suggérant le nom gentil de Parfait Bonheur que notre jury a choisi après une délibération sérieuse." Nous tenons à remercier Mlle Dupuis de l'heureux choix et nous espérons que le " PARFAIT BONHEUR " s'unira à elle pour le grand voyage de la vie." Nous enverrons à qui en fera la demande un numéro de notre revuette " Toiletta " et ce gratuitement.Toujours à votre service.Le parfum "PARFAIT BONHEUR " sera en vente vers la mi-oclobre à l'occasion du cinquième anniversaire de notre parfumerie.Le prix de ce parfum sera 35c la bouteille d'essai et mis dans une petite boite bleue.N'en acceptez pas à la mesure.LA SEULE PARFUMERIE CANADIENNE-FRANÇAISE LA PARFUMERIE J.J.JUTRAS 1739, AVE.PAPINEAU MONTREAL.'î ï Aux aimables lecteurs et lectrices de ¦ "La Revue Moderne" | et de \ toil'etta I i I septembre i''2.< LA REVUE MODERNE Un Développement d'un siècle UNE confiance inébranlable dans les destinées du Canada, une coopération active et incessante à son activité commerciale et son développement industriel, telles ont toujours été les bases de la politique de la Banque de Montréal.La Banque possède aujourd'hui, dans tout le Canada, des succursales qui s'adaptent aux besoins spéciaux de chaque localité.Ses disponibilités, ses réserves et son actif lui permettent de faire face à toutes les éventualités.Telles sont les conditions dans lesquelles elle poursuit la réalisation de sa politique fondée il y a plus d'urt siècle et qui consiste à prendre une participation toujours plus active aux progrès du Canada.BANQUE DE MONTREAL Fondée il y a plus de 100 ans L'actif total dépasse $650,000,000.00 Siège Social BANQUE'DE MONTREAL Montréal.Compagnie Générale Transatlantique Ligne Française NEW-YORK — PLYMOUTH — LE HAVRE par les paquebots: PARIS, — FRANCE, — LAFAYETTE.NEW-YORK—LE HAVHE—PARIS par les paquebots: ROCHAMBEAU, — SUFFREN, — LA SAVOIE, ROUSSILLON, — CHICAGO.NEW-YORK—VIGO—BORDEAUX par le paquebot LA BOURDONNAIS GENIN, TRUDEAU & CIE Limitée Agents Généraux Canadiens Tél.M.2605—24, Notre-Dame Ouest, Montréal Articles de Bureau LE PLUS GRAND CHOIX SANS EXCEPTION Garnitures de bureau en cuivre, Encriers, etc.Classeurs de bureau, Aiguiseurs automatiques.Plumes Réservoir, Crayons or, argent, Cahiers et livres blancs à feuilles mobiles.Boîtes en métal à argent, à lettres, à documents.Machines à écrire, papiers et accessoires.Sous-mains buvard, paniers, protège-chèques.Certificats, sceaux en métal et en caoutchouc.Travaux d'impression et de reliure.Attention spéciale apportée aux commandes par la poste.DEMANDEZ NOTRE CATALOGUE D'ARTICLES DE BUREAU.GRAINGER FRÈRSi LibRûàRes.PîvpctieRS.lmpoRt&lcuRs 4} NotRe-DàmcOuest "Kontuésd 2 LA REVUE MODERNE septembre 1")2.< Le BLEU Liquide "CHINOIS" est plus économique et bien meilleur que tous les autres bleus, soit en liquide ou en cubes solides.a DEMANDEZ A VOTRE EPICIER DE VOUS LE PROCURER NE TACHE PAS LE LINGE Facile à employer Rend le linge blanc comme la neige Fabr,dqept,isT8092tréal! Par H.F.PACAUD & CIE, i4iru:uSestPAU^ La Poudre à Pâtisserie W O MclABt" .Uwmo C00K5 FRIEND Soulève la Pâte le Plus Haut Médailles d'Or aux Expositions Fabriquée en Canada depuis 1862 Rend la Pâte poreuse, légère et digestive LA PLUS ECONOMIQUE Le temps l'a démontré La popularité de la Poudre â Pâte Cook's T^riend n'est ni imaginaire iii fantaisiste.Elle repose sur la satisfaction véritable qu'elle donne.Il y a plus d'un demi siècle que la Poudre à Pâte Cook's Friend sert à fabriquer les nourritures les plus succulentes et les plus hygiéniques des Canadiens.L'avez-vous déjà essayée ?Envoyez-nous votre adresse et vous recevrez GRATUITEMENT une boîte-échantillon de " COOK'S FRIEND " par la poste, avec recettes pour pâtisseries.Ecrivez à COOK'S FRIEND BAKING POWER CO.LTD., 641 rue St-Paul, ouest, MONTREAL, P.Q- LA REVUE MODERNE LITTERAIRE, POLITIQUE, ARTISTIQUE ABONNEMENTS 1 an 0 moi* ( m.1.1 $3.00 yi.so I ir.n.tn f4.00 $3.00 Directrice: Madame III M 1 M\ (Madeleine) Rédigée en Collaboration Téléphones: Direction et Rédaction: EST 1418 Publicité et Impressions: MAIN 3272 Rédaction et Administration: 147 rue Saint-Denis Publicité H impressions: Est, rue Notre-Dame 4 Année—No 11 S'unir pour grandir Montréal, Septembre 1923 ORGANE FRANÇAIS OFFICIEL DE L'ASSOCIATION DES AUTEURS CANADIENS SOMMAIRE: Pages La Revue Moderne dans la voie de Nouveaux Progrès .Madeleine.5 Le Théâtre Français à Montréal.M.G.H.G Une lettre.René Deville.6 Ceux qui nous font honneur : Ld Dr G.E.Milette.Madeleine.7 Violette.'\., , Sr G.-M.8 On demande des auteurs.Victor Morin.9 Au pays de l'Epinette noire.Claude Marois.10 La Douleur de la Ville.Marcel Dugas.13 Les Amis de la Revue Moderne.14-15 Voyage autour du monde.L'Abbé E.-J.Auclair.16 Villégiature d'autrefois et d'aujourd'hui.A.De Celles, fils.20 Livres et Revues.Louis Claude.50 Notes et Echos.Luc Aubry.52 ROMANS :— La jolie fille d'Arra-s.Gabrielle Réval.23 Magali (3ème partie).M.Delly.55 LE COURRIER DE MADELEINE :— L'Entre-Nous., Madeleine.4!) Les Choses Féminines.Soeur Marthe.46 La petite Poste.R.E.49 Le Crochet de Fil.Mme R.V.51 Etudes Graphologiques.Claude Ceyla.53 Nos Illustrations: — Dr G.E.Milette; — Vue générale d'Amos; — Ecole de la Reine; — La première maison d'un colon ; — Ferme de M.-1.A.Cloutier; — Les amis de la Revue Moderne; ¦— La Pointe-au-Pic (4 vignettes) ; — Petit tapis; — Dessus de piano à queue; — L'Empress of Scotland.La Revue ne répond pas des manuscrits communiqués CLINIQUE PRIVEE DU Dr.PREVOST Des hôpitaux de Paris - Londres - New-York Voies Génito - Urinaires Malndles des reins, de la vessie et des organes génitaux 460, rue ST-DENIS Maladies vénériennes et maladies de la pean Tél.Est 7580 "Un bon litre est un ami" Faites-vous de bons et loyaux amis à La Librairie Dêom 251 Est, me Ste-fntbrrlne MONTREAL On y trouve toujours le plus grand choix de nouveautés.Téléphone: Ksi LV.M. LA REVUE MODERNE septembro l2.< ¦siniirTrim TRAVAILLEUR ECONOME! Contemple avec fierté cette belle et grande ville, ses superbes édifices, ses immenses usines, ses chemins de fer, son port magnifique! Tout cela, nous le devons à la puissance de l'ECONOMIE et au gênîe du TRAVAIL.Ton bras vigoureux, mû par le sentiment du DEVOIR envers ton Pays, ta famille, et envers toi-même, a rendu possible cette splendide cité, orgueuil du Canada- GLOIRE A TOI ! LA BANQUE D'EPARGNE DE LA CITE ET DU DISTRICT DE MONTREAL "La Grande Banque des Travailleurs' Bureau principal et seize succursales à Montréal.A.P.LESPERANCE.Cirant Général.tf.TTT^ Alll *-HT septembre l')2.î LA REVUE MODERNE S V— h LA REVUE MODERNE fermera, avec son édition d'octobre, ses quatre années d'existence, pendant lesquelles elle a assisté à la disparition de quelques revues, à la faillite d'autre, sans cesser de continuer solidement et prudemment l'œuvre qu'elle s'était imposée.Pendant ce temps, la directrice, aidée d'un personnel au dévouement éprouvé, a donné à son œuvre un essor magnifique, et l'a, non sans luttes et sans efforts, amenée au succès d'aujourd'hui.Notons que ce succès repose entièrement sur la circulation de la Revue, et non sur la publicité qui ne représente qu'une très faible partie des frais encourus par une publication aussi élégante, et par conséquent dispendieuse que " La Revue Moderne." Nous croyons, parce qu'on nous l'affirme, être la seule publication qui ait atteint à ce résultat très-flatteur.mais anormal.Il s'agissait donc de rétablir l'équilibre entre les deux forces vitales de la Revue, et l'intervention d'un homme d'affaires averti nous parut absolument nécessaire.C'est alors que nous avons eu la bonne fortune de rencontrer M.J.A.Beaudry, directeur-propriétaire du "Prix Courant", à la tête d'une forte maison d'édition et possédant en matière de publicité une compétence absolue.La directrice de la " Revue Moderne lui a confié, avec empressement, son contrat de publicité, avec la certitude qu'elle assurait ainsi le succès à venir de la " Revue Moderne ", et qu'elle sauvegardait à tout jamais son avenir.Elle a estimé, et avec justesse, que cette revue appartient à la race qui l'a tout de suite adoptée et qu'elle devait à cette confiance comme à cette sympathie du public faire honneur en toute circonstance.Nos amis et nos lecteurs—ce qui est d'ailleurs synonyme — constaterons donc bientôt le développement de notre publicité, et ils sauront à qui en revient le mérite.Nous tenons à ce que ces faits soient bien connus, de façon à démontrer le souci que nous avons de faire progresser une publication canadienne-française qui ne vise qu'à promouvoir les meilleurs intérêts de la race.La " Re\ ne Moderne " reste la propriété de celle qui l'a fondée, et rien n'est changé dans sa direction matérielle ni morale, mais un appoint nouveau s'ajoute, pour développer son succès et assurer son avenir et son progrès.Nous avons —t \ ) ) —4 cru bon de donner ces explications très-nettes et très-claires qui convaincront nos lecteurs que la " Revue Moderne " entre dans l'ère bienheureuse qu'elle devait forcément atteindre pour consolider une œuvre qui a coûté un effort et un travail que nous ne saurions évaluer, mais qui représente, nous pouvons l'affirmer, en probité et en clarté, un inestimable capital.La " Revue Moderne " fait en ce moment une campagne de recrutement qui a un gros succès, et à ce propos, nous devons insister sur l'importance de préférer le journal ou la revue dirigés par nos Canadiens-français, à celui ou celle poussés par des directeurs d'une autre langue et d'une autre mentalité que la nôtre.La presse, ne l'oublions pas, est à l'heure qu'il est, notre force vitale.Si nous nous laissons envahir par des journaux ou par des revues dirigés par d'autres que par nous, nous en arriverons fatalement à abolir notre mentalité, à détruire notre goût et à répudier nos meilleurs ambitions.La "Revue Moderne" a été essentiellement fondée pour remplacer aux Foyers Canadiens Français tant de publications qui ne répondent en rien à notre idéal, ni à notre mentalité.La pluspart sont rédigés en anglais et américanisent fatalement notre race ; d'autres traduites en notre langue, tentent de nous fasciner par cette complaisance plus ou moins habile.Protégeons nos œuvres avant tout, sauvegardons nos institutions, sachons à qui nous confions nos esprits et nos cœurs, et ne laissons par l'étranger s'asseoir à notre foyer, comme s'il était chez: lui, pour pétrir à son image l'âme et l'intelligence d'enfants qui parleront notre langue, mais auront perdu déjà le plus grand des biens: l'idéal de leur race ! Certes, nous devons comprendre et apprécier ceux qui vivent à nos côtés, et qui sont indiscutablement dignes de notre estime, mais cela, sans cesser de résister à la force envahissante qui désagrégera les énergies de la race, et qui, fatalement à la longue, annihilera nos qualités natives."S'unir pour grandir," certes, mais que cette union commence d'abord par l'entente et l'union absolue de la race qui doit à ses origines de progresser, de plus en plus, sur les rives laurentien-nes, où elle a pris naissance, et qui ne peut La Revue Moderne dans la voie de Nouveaux Progrès , Par MADELEINE 6 LA REVUE MODERNE septembre 192.* atteindre ce résultat sans grouper solidement ses forces.Et lorsque nous élargirons notre puissance, lorsque nous comprendrons de plus en plus noi.re intérêt, nous arriverons à ne rien redouter, et nous soutiendrons alors nos droits, de telle sorte, qu'ils ne seront bientôt plus discutés.Imitons l'exemple des races fortes qui pratiquent supérieurement le " Charité bien ordonnée commence par soi-même " et rappelons-nous que c'est en protégeant avant tout nos institutions nationales que nous arriverons à conquérir tous les respects et toutes les estimes.Dans la voie des progrès où elle entre délibérément, et sous les meilleurs auspices, la " Revue Moderne ", sans aucune idée de fanatisme, et encore moins de jalousie, réclame hautement des gens de sa race la protection et l'encouragement £ auxquels elle a droit, tant pour son^'passé qui est une page d'énergie, que pour son avenir qu'elle veut magnifique, puisqu'il doit prouver comment les Canadiens-français savent aimer et protéger leur bien ! MADELEINE.Le Théâtre Français à Montréal La prochaine saison théâtrale sera au point de vue français certainement la plus brillante que nous ayions eue.La troupe Calmettes qui débute le 3 septembre à l'Orpheum, la scène la mieux appropriée pour la comédie que nous possédions, nous offrira les spectacles les mieux variés et les mieux distribués que nous puissions rêver.Le Directeur artistique de cette nouvelle troupe est un artiste de haute réputation que nous serons heureux d'applaudir dans plusieurs pièces de son répertoire.De plus M.J.A.Gauvin à qui nous devons la création de la scène française à l'Orpheum, nous offrira des semaines de grande vedette.Le nom de Féraudy est déjà mentionné ; nous en savons d'autres qu'il serait peut-être indiscret de nommer, connus déjà de tout-Montréal, et qui feront également accourir les foules.De plus, M.Gauvin nous donnera des concerts du dimanche.Pav-lowva nous est également promise, et que sais-je encore de charmant et d'attirant.Nous souhaitons à M.Gauvin le plus grand succès dans sa noble et si patriotique initiative.Entreprenant et intelligent, devinant le goût du public, et n'épargnant rien pour lui donner satisfaction, M.Gauvin mérite certes de réussir, et ce succès, nous le lui souhaitons de tout cœur.Le "Canadien-Français" a déjà ouvert ses portes, et l'on augure là aussi une excellente saison.Plusieurs artistes admirés et aimés du public, nous sont revenus et leur succès de rentrée a été très-vif.Les nouveaux artistes ont fort bien débuté.Nous souhaitons également le succès de cette scène française qui doit aider à la propagande que nous désirons si fort voir se développer ici.Montréal, troisième ville française du monde a bien les moyens de faire vivre plusieurs théâtres français.Une Lettre Montréal, le 12 août, 1923 Madame, Je lis avec beaucoup d'intérêt "La Revue Moderne" et je viens de terminer la lecture de votre dernier numéro.Franchement, je me demande pourquoi vous attachez une si grande importance à ce qu'a pu écrire M.R.V., sur les Canadiens d'origine française.Je suis moi aussi français, vivant avec vous depuis longtemps et je crois bien vous connaître.Il m'est arrivé en trop d'occasions d'entendre en ce pays des choses peu aimables pour la France, mais jamais je n'ai pensé attribuer aux Canadiens-Français, pris en leur ensemble, une attitude malveillante envers nous, et malgré les affirmations de M.H.Bourassa, je crois les Canadiens bien attachés à la France et très fiers de leurs origines." Beaucoup de Canadiens sont de sang mêlé " dit R.V.Et après ?En admettant que cela soit, y a-t-il là indice d'infériorité ?Toute la question est là.Je suis originaire d'une région française fréquemment envahie au cours de l'histoire : huns, germains, anglais, espagnols, pour ne citer que les grands conquérants, ont tour à tour foulé le sol de mon pays natal.Elle n'en est pas moins restée tellement française cette région, qu'elle fournit à l'armée ses meilleurs soldats.La nationalité, la race, c'est l'ambiance et la culture qui la crée, en dépit des mélanges de sang.Alexandre Dumas était d'origine créole (sang mêlé) ; Bonaparte, italienne ; Maurice de Saxe, germaine En furent-ils pour cela de moins bons français ?Je pourrais multiplier les exemples d'étrangers venus se fondre dans le Grand Creuset." A la fonte " disait Benvenuto Cellini, et de cette fonte est sortie la grande famille françaies, dont la branche canadienne fait partie intégrante.Peu importe donc le mélange de sang signalé par R.V.si vous continuez sur ce sol la mission des aïeux.Et puisque je parle de ce sol, laissez-moi à mon toCTr regretter de trouver sous la plume de M.le Docteur Desloges, le sophisme malheureux, trop souvent mis en avant de: la France vous abandonnant en 1760 ! C'est aussi l'avis de M.Bourassa qui n'hésite jamais à donner une entorse à la vérité pour étayer la mauvaise thèse qu'il soutient.Ce n'est pas la France qui vous abandonna en 1760.C'est le Roi félon et libertin dont l'histoire a flétri la mémoire.La France, elle, était sur les plaines d'Abraham et de Ste-Foy avec les petits soldats de Montcalm et de Lévis, tombant les uns après les autres, autour du drapeau, pour que vous restiez français ! Dire le contraire c'est commettre un sacrilège.Allons les Lavigueur, les Labonté, les Sansregret, les Sansfaçon, les Vadeboncœur, les Beausoleil et tant d'autres dont les si jolis noms évoquent les grenadiers de Guyenne ou de Royal Rousillon, continuez à l'aimer et à la défendre cette France que vos arrières grands-pères chérissaient, laissez les R.V.d'un côté, les Bourassa de l'autre, essayer de désunir la grande famille française, ils en seront pour leurs élucubrations.Et quand nous nous serrons la main, canadiens ou français, en nous regardant dans le fond des yeux, soyons assurés que nous trouverons toujours, sous les battements de notre pouls, les pulsations du cœur de notre mère.RENE DEVILLE. septembre 1923 LA REVUE MODERNE 7 Ceux Qui Nous Font Honneur: Le Docteur Georges Etienne Milette NOUS recevions, il y a quelques mois un communiqué d'un lecteur français de la " Revue Moderne " qui se lisait ainsi : Nous avons gardé souvenance à " Garches tout aussi bien qu'à Vaucresson d'un jeune " médecin militaire qui faisait partie de l'Hôpital Saint " Cloud, en qualité de chirurgien, et qui avait son billet " de logement à l'hôtel de Garches.Nous aimions beau-" coup ce tout jeune offi-" cier aimable et accueil-" lant à tous, et nous eû-" mes bientôt l'occasion de " constater que cette sym-" pathie nous était large-" ment rendue.Lorsque la " population civile de notre " région fut en proie à " l'effroyable épreuve de la " grippe espagnole, se gref-" fant sur toutes les hor-" reurs de la guerre, privée " de ses médecins ordinai-" res, mobilisés pour nos " hôpitaux et nos ambu-" lances, notre population " civile se vit en proie à " une terreur sans nom." Dans son angoisse, elle " se tourna vers ce jeune " médecin, dont le nom est " resté cher chez-nous : le " docteur Georges-Etienne " Millette.Alors ce jeune " Canadien d'une rare " énergie, et d'un dévoue-" ment insurpassable, sans " négliger son service à " l'hôpital canadien de " Saint-Cloud, entreprit sur " ses heures de repos, de " soigner les populations de " Garches et Vaucresson " que la grippe espagnole " terrorisait.Alors, jour " et nuit, nous voyions, sur " sa motocyclette, passer " et repasser le docteur " Milette courant vers tous " les foyers atteints, multi-" pliant les prodiges, ac-" complissant des actes de véritable héroïsme, pour conci-" lier ses devoirs militaires et son besoin de dévouement à " tous ceux qui souffraient.Son action fut vraiment " admirable, et le maire de Garches, soulevé d'enthou-" siasme, comme de gratitude, appuyé, d'ailleurs, par " les autorités tant de sa commune que de celle de " Vaucresson, secondé également par la population des m.u m- a m iiirgiens \li et " deux bourgs, demanda pour celui qui avait sauvé tant " de vies françaises, une décoration qui honora l'un des " plus nobles coeurs que nous ayions connus." Or, Madame, ce jeune homme est votre compa-" triote.Vous devez le connaître, et savoir comment " s'est orienté sa vie, s'il pense toujours à cette France " qu'il a si admirablement servie ?Vous ne savez pas la " gratitude que nous vous " garderions, pour des ren-" seignements sur ce noble " ami des mauvais jours à " qui nous gardons un sou-" venir, dont vous ne soup-" çonnez pas la profon-" deur.Toute nouvelle " que vous pourrez nous " donner, provoquera no-" tre reconnaissance, etc., " etc." Cette lettre nous intéressa, et tout de suite nous avons voulu savoir ce que devenait dans la vie canadienne, un jeune homme dont la France se souvenait avec une telle émotion, et nous avons cru intéressant de noter ici une carrière qui ne fait que commencer, mais qui a déjà donné, non-seulement des espoirs, mais encore des réalités magnifiques.Nous croyons devoir fixer ici la brève biographie de ce médecin canadien qui a su offrir sa vie avec une telle élégance.Elève du Mont Saint-Louis, le docteur Milette conquit son brevet, sous la direction du professeur Charles de Boissieu, et fut reçu médecin en 1914.Il s'enrôla sans hésiter aux premières heures de la guerre.En 1915, il partait outre-mer avec l'hôpital stationnaire No.4 qui s'installa à Saint-Cloud, en novembre 1915.Et là, il servit quatre ans durant en qualité de chirurgien, et fit merveille dans son service.L'armistice le ramena à Paris où il continua, sous les meilleures directions, ses études de chirurgie gynécologique et d'obstétrique.L'automne de 1920 le ramena à Montréal, où devait se manifester désormais sa vie scientifique.C'est à hllc, l'un de nos gunûcoloyistes.un Meurs ehi- LA REVUE MODERNE septembre l')2.< l'hôpital Français que nous retrouvons le docteur Milette opérant, comme chirurgien en second, et avec un succès tout-à-fait remarquable.Nous le suivons jusque dans ses bureaux de la rue Saint-Denis où nous voyons défiler une clientèle de choix.Nous apprenons, que le docteur Milette est versé dans les spécialités des maladies de la femme, et de l'obstétrique, où il accomplit toute une œuvre en supprimant les douleurs inhérentes à la naissance.Quoi ! les enfants peuvent naître sans le martyre ?les mamans peuvent leur ouvrir tout de suite des bras joyeux, et sans aucune lassitude, est-ce que cela peut-être vrai que l'épreuve tant redoutée de la maternité devienne au contraire une chose douce et facile, grâce à la science admirable de notre siècle ?Il est une découverte qui s'appelle la " Rachianesthésie ", dont la chirurgie s'est tout de suite emparée, et qui a donné immédiatement des résultats inespérés.Grâce à une simple piqûre dans l'épine dorsale, inoculée naturellement avec art, les patients sont complètement insensibilisés.De cette découverte merveilleuse, le docteur Milette a voulu tirer parti pour apaiser les douleurs de l'enfantement, et il se trouve aujourd'hu' des centaines de jeunes mamans qui bénissent son action bienfaisante.Nous avons cru faire œuvre sociale et même patriotique, en relatant comment l'application de la " Rachianesthésie apaise et console les jeunes mères soucieuses de garder les forces si nécessaires pour élever leur petite famille.Combien d'en-tr-elles ont jusqu'ici eu la frayeur affreuse de la maternité, combien ont méconnu leurs devoirs devant la certitude d'endurer un martyre qui les effrayait.Combien auraient aimé serrer sur leur cœur un petit enfant, qui ont renié cette joie suprême dans la terreur de ce qu'elle coûtait.Alors, en disant aujourd'hui à toutes celles-là, que la plus grande partie de leur martyre est abolie, que si on ne peut supprimer ce que la maternité comporte de sacrifices et de dévouement, d'oubli du soi, — ce qui est la rançon de la joie suprême d'être une mère, on peut tout de même lui ôter son obsession cruelle, n'ouvre-t-on pas ainsi une source de confiance et de joie ?\i i|i \ (ins-nouv pi- i h it confideni e à toutes celles qui perpétuent la race, de limiter leurs souffrances et de leur enlever les inquiétudes affreuses qui rendent leurs esprits inquiets tout le temps de l'attente.Je me faisais toutes ces réflexions, en sortant d'une expérience, car à l'instar de saint Thomas, je ne veux croire qu'après avoir vu.Et j'ai vu sourire dans ses draps blancs, une toute jeune maman, qui avait pleine conscience du mystère qui s'accomplissait et qui riait déjà au petit enfant que l'on poserait bientôt dans ses bras ravis.Et je me suis dit que ce secret il fallait le répandre, tout en rendant hommage à celui qui savait l'appliquer avec autant de talent à la cause qui nous reste la plus chère : la maternité.Et je songeais aussi que les habitants de Garches et de Vaucresson se réjouiraient singulièrement en lisant combien leur jeune ami, et mieux encore, leur sauveur de 1917 continue de comprendre son rôle scientifique et social.MADELEINE.DANS NOTRE PROCHAIN NUMERO MONIQUE par Paul Bourget, de l'Académie Française.MAGALI de M.Delly (4ème partie) C'était à la fin de juin, par un bel après-midi plein de lumière.Pour former l'un de ces contrastes si fréquents dans lu me, le deuil ce jour-là même était entré, avec la mort, dans une villa sise sur le penchant du Mont-Royal.Dans le salon aux tentures nuancées de lilas et de mauv, sur un lit jonché de fleurs,¦vêtue de blanc et enveloppée du manteau bleu de la Vierge, dormait de son dernier sommeil, une jeune fille de dix-neuf ans.Modeste et pure comme la fleur dont elle empruntait le nom, Violette avail su charmer les regards de la Reine du Ciel, qui vint la cueillir, la trouvant digne d'orner son bienheureux séjour, mais elle laissait, remplis de tristesse et de regret ceux dont elle était l'unique enfant, le seul trésor et le plus grand bonheur.Une mort très calme, très douce avait mis fin au poème à peine commencé d'une vie qui promettait de chanter longtemps encore.A cette jeune fille, âme d'élite s'%1 en fut, Dieu avait donné de solides aptitudes, un esprit ouvert, des goûts nobles et sérieux.On la vit briller au pensionnat où elle voulut étendre jusqu'à leur pleine mesure ses facultés intellectuelles.Sans cesse elle s'efforça de réaliser ce programme: piété, étude, action.Sa tâche quotidienne fut toujours consciencieuse.Voilà pourquoi elle était digne d'être présentée à ses compagnes comme modèle.Autour de cette vierge endormie, nombreux vinrent les témoignages de pieuses sympathies, fleurs immortelles parmi les fleurs éphémères qui décoraient la demeure.Au matin des funérailles, le soleil était radieux et semblait mettre des rayons d'espérance autour du blanc cercueil.Durant le Saint Sacrifice aux chants de la sainte Liturgie s'unit l'encens de ferventes prières, puis l'on entendit l'appel si consolant toujours: "Vous qui pleurez, venez u C.N.R.) Le clergé, selon son habitude est allé de l'avant.Le missionnaire ou le curé étaient là pour recevoir les nouveaux venus.En un clin d'oeil vingt paroisses furent fondées, vingt églises furent érigées.Les écoles ne tardèrent pas à ouvrir leurs portes et les enfants revirent sur le seuil la figure accueillante et aimée de " Mademoiselle ".La nature elle-même n'est pas revêche.Son aspect sévère n'est que superficiel.Les arbres ne sont pas enracinés profondément.On dirait qu'ils acceptent d'être chassés de leur domaine et qu'ils n'ont pris possession du sol que temporairement.Les souches sont si faciles à arracher que deux hommes peuvent nettoyer une clairière d'un arpent carré dans leur journée.Et à part quelques coteaux pierreux, espacés, la roche est inconnue.Le défricheur abitibien a donc une besogne relativement facile.L'hiver il coupe son bois et le vend aux pulperies.Si les prix ne sont pas assez élevés pour rétribuer convenablement son travail il attend le printemps et met le feu aux abattis.Le procédé n'est pas très recommandable et le service forestier, prévoyant l'avenir, s'en plaint amèrement.Il n'est pas toujours écouté malheureusement.Dans nombre de cas le colon regarde le feu comme un ami.Il semble prendre plaisir à le provoquer.A mon arrivée à La Reine, après avoir passé une journée dans la fumée et vu brûler des centaines d'acres de bois, je m'enquérais anxieusement des dommages subis.L'on me rit au nez : — " Pensez-donc ", me dit un colon, tout réjoui, " le feu fait tout notre travail.Il brûle non seulement le bois qui nous gêne, mais de plus la mousse et la terre noire qui recouvrent la bonne glaise ".II arrive aussi que des incendies volontaires consument, par distraction sans doute, les maisons et les granges de ces optimistes.Fâcheux contretemps, mais il ne décourage personne.Ces petites misères ne sauraient abattre des pionniers au cœur bien trempé.L'un d'eux me disait que le feu, courant dans la tourbe, avait rasé trois fois sa cabane.Aujourd'hui il possède une belle maison et refuse $15,000 pour ses deux lots.Lorsqu'il n'est pas un spéculateur, c'est-à-dire qu'il défriche avec l'intention de s'établir à demeure et non pas seulement de vendre à bon compte un lot en partie ouvert à la culture, le colon prend tout de même certaines précautions contre les feux de forêts.Il se ménage au moins une réserve de bois de chauffage.Les arbres et la mousse disparus, reste une terre planche, forte, d'une fertilité merveilleuse.A certains endroits le blé pousse aussi bien que dans le Manitoba.Partout l'avoine, le trèfle, et le foin viennent " à pleine clôture ".C'est ce que l'on cultive le plus généralement parce que le marché est voisin et pour plusieurs années illimité.Les camps miniers et d'exploitation forestière absorbent toute la production.Le lin, l'orge, les légumes et même les arbres fruitiers viennent aussi très bien.De ce côté le colon n'a rien à craindre.S'il vend son bois ou s'il possède un petit capital lui permettant d'attendre confortablement l'automne, il est assuré du succès.La terre généreuse de l'Abitibi, une glaise mêlée de sable et de terre noire, ne demande qu'à produire abondamment.Et le soleil qui se couche là-bas une heure plus tard que dans nos paroisses mûrit des récoltes merveilleuses.Bientôt, lorsque le défrichement aura fait son œuvre, les immenses plaines de l'Abitibi, assez semblables à celles de l'Ouest, apparaîtront dans toute leur beauté et leur richesse.Ces conditions exceptionnelles : paternalisme d'un gouvernement anxieux de retenir dans notre province ceux qui se laissent tenter par le mirage de l'étranger ; rapidité du défrichement et fertilité su sol ; climat sain et propice à l'agriculture ; routes et chemin de fer offrant toutes les facilités de transport, ne doivent pas nous faire oublier le rôle du colon.Il est admirable.Nos ancêtres, ceux qui ont ouvert ce que nous appelons aujourd'hui les " vieilles paroisses " ont du vaincre des difficultés plus grandes c'est vrai.Ils ont rencontré sur leur pénible chemin moins d'aide efficace.Mais autres temps, autres mœurs.Les premiers défricheurs étaient peut-être plus robustes, d'un courage plus farouche : je ne crois pas qu'ils aient été animés d'un plus noble esprit de progrès que leurs descendants établis dans l'Abitibi.En tout temps l'homme s'adapte aux circonstances.Autrefois le travail était plus dur, mais on avait plus de temps pour l'accomplir.Pour ne pas se laisser distancer aujourd'hui il faut faire vite et suivre le mouvement avec intelligence.Les premiers colons n'étaient pas des sots, certes, mais ceux de l'Abitibi profitent d'un siècle d'instruction et de perfectionnement.Ils sont modernes et agressifs.Justement orgueilleux du développement extraordinairement rapide de leur région ils le continuent avec enthousiasme.Ils ont le goût du grand.Le risque ne les effraie pas.Sans cesse ils anticipent l'avenir et prévoient les besoins futurs.Par exemple les grandes rues de leurs villages sont deux fois plus larges que Ferme de M.J.A.Clouticr, située à deux milles d'Amos.Remarquez l'excellente route de colonisation qui passe devant cette ferme, et signale un avenir plein de promesses.(Cliché du C.N.R.) septembre 1923 LA REVUE MODERNE 12 celles de la plupart de nos petites villes.Toutes leurs ambitions, tous leurs projets sont à cette échelle.Ils voient l'Abitibi aujourd'hui telle qu'elle sera sans doute dans vingt ans : l'une de nos plus belles régions agricoles ayant une population non plus de 15,000, mais de 75,000'âmes.Mais leur imagination n'est pas occupée uniquement à rêver.Elle s'applique à des résultats pratiques.Des nouvelles paroisses se fondent, des maisons neuves s'élèvent, des améliorations nouvelles sont en marche.Les beurreries et les fromageries s'ouvriront prochainement.L'agriculture fait des pas de géant, le commerce prospère.Chaque jour marque un progrès, chaque semaine la forêt recule de plusieurs arpents.Les rapports des colons ont le ton de bulletin de victoire." En avant " pourrait être la devise des Abitibiens et le mot de l'un de leurs pionniers, le premier article de leur programme:—"La colonisation est une offensive", a dit M.Hector Authier qui fut l'un des premiers à se lancer à l'attaque des préjugés répandus contre l'Abitibi et à travailler au développement de cette région.Rendu optimiste par le succès, jouissant des faveurs gouvernementales, des avantages d'un chemin de fer et du confort moderne, le colon de l'Abitibi est naturellement attaché à sa région.Il la regarde comme une petite patrie dans la grande et n'est pas loin de s'apitoyer sur le sort de ses " cousins d'en bas ", pauvres bougres qui peinent encore sur des terres ingrates ou vont s'étioler dans des manufactures américaines.Sa vie a lui est large et relativement facile.Sa terre prend chaque année une valeur plus grande et il sait que l'avenir de ses enfants est assuré.On lui a dit aussi que son exemple était fécond et qu'il accomplissait une tâche patriotique.Il le croit et la pensée de servir réchauffe son entrain.Et puis le colon est soutenu, encouragé par sa femme.L'admirable compagne ! L'Abitibienne est digne de cette canadienne vaillante, au cœur généreux et à l'âme forte, qui a fortifié de son exemple le premier pionnier.C'est elle qui assure le succès de l'entreprise nouvelle par son énergie morale, son travail et sa perpétuelle lionne humeur.Ni l'ennui, ni les difficultés, ni les travaux pénibles ne la rebutent.C'est le bon génie du pays, celui qui rend possible la colonisation.Le Canada-Français lui doit une grosse dette de reconnaissance.Tout ceci tendrait à faire de l'Abitibi le pays idéal, une sorte de réplique canadienne de l'Eden d'autrefois.Il ne faut rien exagérer.Cette région a ses désagréments, ses défauts comme toutes les autres; mais ils sont amplement compensés, plus qu'ailleurs peut-être.Peu d'endroits au monde offrent à l'homme énergique et laborieux de plus grandes chances de succès.Pour peu que l'on veuille travailler, le succès est sûr de venir couronner bientôt le moindre effort.Je disais au début que l'Abitibi ne répondait pas à la conception simpliste que l'on se fait généralement des pays de colonisation.Mais cela implique nullement qu'elle manque de pittoresque.Rien de curieux par exemple, comme de constater à côté d'un développement tout moderne des traces de vie indienne ; de trouver réunis le chemin de fer et le canot d'écorce, l'automobile et l'attelage de chiens.Des coutumes algonquines surnagent là-bas notre civilisation.Pendant que son père se rend à la chasse ou à la pêche en " Ford ", le petit abitibien met le harnais à son chien esquimaux et charrie le bois de la maisonnée.Le même enfant conduira la faucheuse mécanique et le père traversera le lac Abitibi en canot.Simple affaire d'habitude, intelli- gente adaptation.Le colon abitibien qui chasse l'orignal et les animaux à fourrure de façon à rendre des points au trappeur indien, ne manquera pas de profiter des expériences tentées sur la ferme expérimentale d'Amos avant d'entreprendre une nouvelle culture.Disons un mot de cette ferme du nord qui rend aux colons des services inappréciables.Son directeur, M.Fortier, est un agronome de renom doublé d'un administrateur remarquable.C'est lui qui a fait La Ferme ce qu'elle est aujourd'hui : un modèle du genre.Un sens pratique des plus louables le guide.Ses expériences multiples tendent vers un but unique : instruire le colon sur les ressources du sol abitibien.Il a déjà prouvé de façon concluante que non seulement le grain poussait admirablement dans l'Abitibi mais aussi les légunes et bien autre chose.Lui même a récolté en pleine terre des tomates, des concombres, etc.Il a planté un verger sur lequel il fonde des espoirs optimistes et cette année il a importé des ruches.Chaque été voit s'agrandir le champ de ses expériences et se multiplier ses succès ; chaque année La Ferme étend son influence féconde.Le gouvernement fédéral mérite des éloges pour le concours intelligent qu'il accorde ainsi à nos colons, mais surtout pour avoir mis à la tête de sa ferme l'un des nôtres les plus qualifiés pour en assurer le succès.Tous ceux qui, comme moi, ont eu l'avantage de connaître M.Fortier et d'apprécier la haute valeur de ce gentilhomme agriculteur, seront du même avis.Vue générale d'Amos, chef-lieu de l'Abitibi, qui a été visité par les membres de l'excursion organisée par le ministère provincial de la Colonisation, avec le concours du chemin de fer national du Canada.(Cliché du C.N.R.) La Ferme et son intelligent directeur sont des exemples.Esprit progressif et hommes remarquables voilà surtout ce qui caractérise l'Abitibi.Nous aurions mauvaise grâce de lui demander plus.Quel tableau romanesque vaudra jamais celui que nous donne nos colons du nord en train d'ouvrir une immense région agricole et de nous faciliter les moyens de garder chez-nous les Canadiens-Français prêts à s'expatrier ?Quelle plus merveilleuse épopée que celle du défricheur moderne luttant contre nos problèmes nationaux et assurant notre avenir ?Oui ! l'Abitibi déroute nos conceptions simplistes de la colonisation, mais elle exalte notre espoir de peuple jusqu'à l'enthousiasme.Nous pouvons tout attendre d'une race comme la nôtre assez forte pour dominer les circonstances et imposer son génie.Claude MAROIS. septembre 1923 LA REVUE MODERNE 13 r La douleur de la ville qui monte au firmament.l'ar Marcel DUGAS ( l i l Le jour, selon ton habituât séculaire, ramasse ses i uniques éclatantes qu'il a laissé flotter sur la terre et se retire pour les offices de la ntûit.Il se dépouille de son énorme caresse, de ses couleurs criardes, du cri trop vif de ses oiseaux, de la pompe tumultueuse, bigarrée qui drape les aspects éternels de sa misère.Avant de s'en aller, il obéit aux lois de la dégradation ; avec des plaintes il choit sur ttê ailes molles de l'espérance qui fléchit.C'est le moment de la grâce sanctifiante, et, sous l'effcuillement des minutes d'or, la face du regret montre les arêtes aiguës d'un front décharné qu'éclairent des yeux vides et morts d'adieux.Mais la grâce, de son vêtement frêle et doux, enveloppe l'âme fatiguée des hommes, la grâce qui fait lever les têtes vers des lumières moins humaines.Tout se replie de la mascarade journalière : choses, bêtes et gens.Pierrot, exténué, rentre sous sa tente avec son fard, ses chevaux de bois, ses jeux de cartes, et ses filles.A peine quelques haillons qui trainent.Le cirque va dormir, dort.Mais voilà bien une autre comédie qui s'annonce.La souffrance de la terre se déplace ; elle change de théâtre.Regardez-la monter lentement sur les colo?mes de l'êther qui supportent le dais royal où s'éternise, souriant, le destin des planètes.Elle s'agrippe aux fûts soyeux, aux fûts de ouate dont elle pénètre, peu à peu, l'architecture fragile.Ainsi qu'une ejsence débordée, sournoise, elle envahit la voûte.Sa marche est sûre, irrésistible ; elle ne connaît ni rives ni obstacles.Ou plutôt, les obstacles, elle les charrie dans son flot, les noie, les subjugue.La victoire est complète.Les chemins sont remplis de vaincus qui s'êtreignent dans les ombres et s'exaspèrent à) se sauver des ténèbres.Elle s'attaque aux comètes, à cette vie inconnue qui fourmille dans ces mondes mystérieux que, seul, le soupir de l'astrologue a visités.Elle va, jusque dans cette demeure d'éternité où les dieux reposent, fleurir d'une blessure le col d'Apollon ou écraser le sein de Vénus.L'Olympe est secoué sur ses bases ; les dieux trébuchent, tombent cl mêlent dans une clameur leur cri unanime.Et dans ses miroirs, la douleur renvoie les figures fiancées des olympiens, tordues d'une grimace pareille.La souffrance rient Intoxicationï: Blenolisme, morpliinomnnie.«te.Trois choses sont assurées aux malades : DISCRETION.SYMPATHIE.SOINS DEVOUES L'on prend un soin tout partirulicr des cas né-rrosées qui se présentent, sachant que chacun (JYi/r requiert umc attention spéciale.Il en est de même pour les intoxications.L'usage imimidcr>'- d> s e.rcitants et des narcotiques étant une matait),- de Viimc autant qu'une maladie physique, nous avons en >>uc cette double aué-risoit, et tous les mogenê cmpl-iyés convergent vers ce but.Les chéris patientai parfois si souffrantes moralement et physiquement, trouvent ici la paix, le calme, une douée et bienfaisante atmosphère, ainsi que tout le bien-être qn'clhs ont le droit d'attendre: chambres oii sont réunis I, /»./¦ I, R N I 11 du palais d'Aladin en ruines." Je cherche " la lampe merveilleuse ", écrit M.Wilson.Sa vertu magique pourrait peut-être faire revivre ce palais dont la description enchantait mes veillées et dorait les rêves de mes nuits d'enfance.Je regrette de l'avoir visité tout éveillé.La réalité désenchante.J'aurais dû y venir en rêve et bien endormi." A Madras, rencontre d'une sœur canadienne, religieuse chez les Franciscaines Missionnaires de Marie (p.281).A Ceylan, pareillement (p.289), on visite une léproserie dirigée par des Franciscaines, dont plusieurs sont du Canada.Le voyageur le note avec émotion.C'est à Ceylan aussi qu'on assiste à la récolte du thé." Dans les rangs des petits arbrisseaux, écrit pitto-resquement le fidèle observateur (p.286), des femmes, des fillettes, des enfants, la hotte au dos, cueillent les petites feuilles vertes dont l'infusion fait les délices des amateurs et.des prohibitionnistes." A Jérusalem, M.Wilson est visiblement touché par les grands souvenirs chrétiens et il déplore ce qu'il appelle avec raison la confusion des cultes dans les temples saints." Notre première visite est pour le saint sépulcre (p.313).Nous le découvrons à mi-montagne, après avoir cherché dans les couloirs obscurs, partie découverts, partie voûtés d'énormes pierres, que sont les rues de Jérusalem.A quatre heures, procession des catholiques et chemin de la croix.Cierge à la main, nous y prenons part.L'exercice se termine au sommet du GolgOtha, au pied de la croix.— " O crux, ave, spes unica ! " J'ai peut-être cité trop copieusement.J'y tenais pourtant.Ces traits, ces réflexions, qui coulent sous la plume, montrent si bien, il me semble, quelle vie, quelle émotion et quel charme en un mot, pour le lecteur, le tour personnel dont s'est avisé M.Wilson, dans ses récits et ses descriptions, est parvenu à mettre dans son volume de notes.* * J'aurais bien quelques reproches à lui faire.La fin de son " Voyage autour du monde ", par exemple, me paraî ttrop brusquée.On a signalé déjà ("La Patrie", 2 juin 1923), sa belle page sur son arrivée à Constantino-ple (29 mai 1921).Soit ! Mais, pour toute sa randonnée en Europe (Turquie, Bulgarie, Serbie, Italie, Suisse et France), il s'en tire avec une douzaine de pages.C'est peu et cela manque de proportion avec le reste.L'auteur a l'air pressé d'en avoir fini.Cela déplaît.Il m'a semblé aussi que M.Wilson, qui s'affirme et est sûrement un catholique croyant et pratiquant, se mettait quelquefois assez à l'aise en parlant de Dieu et de sa propre religion.Il est bon, dit-il quelque part, de s'arranger pour être en bons termes avec tous les dieux.C'est dit évidemment pour plaisanter, au sujet d'un Bouddha quelconque.Mais cela détonne un peu.Il y a, de même, ça et là, pas souvent (voir aux pages 254 et 265) certaines évocations de choses sensuelles plutôt crues.que je bifferais dans une réédition.L'auteur, parfois, ne se soucie guère de ménager et de préparer ses transitions.Voyez, par exemple, au bas des pages 259 et 263.Son correcteur d'épreuves a aussi laissé passer quelques coquilles, une au moins, je pense.C'est à la page 335.Il est question de Tyr.On nous dit qu'elle fut l'une des vieilles reines de la Phénicie.M.Wilson a dû écrire " l'une des villes-reines " de la I'iiénicie.Vétilles sans doute ! Oui, mais j'ai voulu les signaler pour établir que j'avais lu avec attention.En somme, beau livre, livre intéressant autant qu'instructif, que ce " Voyage autour du monde " de celui qui est aujourd'hui M.le juge Wilson.Les belles " vues " qu'il donne pour l'illustration du volume, et qu'il a toutes enregistrées lui-même, si je ne m'abuse, dans son kodack, sont aussi bien agréables à contempler.Le plus souvent, madame ou monsieur Wilson, ou tous les deux, sont au fond du tableau, ou mieux, au premier plan.Cela ne gâte rien, tout au contraire.L'impression, caractères et gravures, est excellente.Elle fait honneur aux artistes et aux habiles ouvriers de la " Compagnie d'imprimerie moderne ".* * Sur la feuille de garde de l'exemplaire qu'il m'a fait la faveur de m'adresser, M.le juge Wilson m'écrit aimablement " d'enlever mes " berniques sévères " d'académicien et de mettre sur mon " promontoir " les " bonnes lunettes " de l'indulgence ! " Il va trouver peut-être que, dans cette modeste étude, j'ai gardé mes lunettes noires.En tout cas, on ne pouvait être plus sincère que je ne l'ai été'.A la société de discussion " Ducharme ", à Sainte-Thérèse, il y a trente-cinq ans, Avila Wilson, humaniste, soutenait un jour la cause de Charlemagne contre celle d'Alfred le Grand ou de Louis XIV, je ne me rappelle plus bien, que défendait son confrère et son émule Joseph Monette, aujourd'hui avocat à Lawrence, et lui aussi ancien député.Wilson avait grandi son héros, tant qu'il avait pu, mais il n'avait pas parlé de ses faiblesses et de ses oublis.Monette, en réplique, eut un mot heureux, dont j'ai gardé la souvenance: " Mon honorable ami, dit-il, a fait comme son héros, il a oublié Rolland dans la vallée de Roncevaux." En appréciant le livre de M.le juge d'aujourd'hui, j'aurais voulu ne rien oublier.A d'autres de dire si j'ai réussi.L'abbé Elie-J.Auclair, de la Société Royale du Canada.A NOS ABONNES Les abonnements à LA REVUE MODERNE sont strictement payables d'avance.Les comptes sont envoyés dans le mois où finit l'abonnement.Aucun reçu n'est adressé aux abonnés.La bande •d'abonnement porte la date d'échéance de chaque abonné.Après l'envoi de leur abonnement, les abonnés n'ont qu'à consulter cette bande et à réclamer si le changement n'a pas été fait.Les abonnés qui changent d'adresse sont instamment priés, en nous demandant de faire le changement, de mentionner l'ancienne en même temps que la nouvelle adresse.Les comptes arriérés devront être réglés immédiatement, car autrement notre administration sera forcée d'en confier la perception à une agence de collection.Tout abonnement est considéré comme renouvelé faute d'avis contraire 15 jours avant l'expiration.L'ADMINISTRATION. La revue moderne septembre 1923 Villégiature d'autrefois et d'aujourd'hui LA Pointe-au-Pic, véritable Mecque au Canada pour les touristes, a eu des commencements plutôt modestes.Ce n'est que vers l'année 1830, qu'elle vit venir ses premiers baigneurs.Jusqu'à cette époque, ses grèves restaient sauvages et désertes.Pour atteindre cette future ville d'eau, les voga-geurs d'alors n'avaient à leur disposition que des moyens de transport assez lents, assez peu commodes.Il leur fallait se diriger de Québec, en voiture, par les routes abruptes et montagneuses de la côte nord.Chemin faisant, le relais se laissait parfois désirer.Ils pouvaient encore arriver à cet Eden en s'embarquant sur une goélette, grand papillon diapré aux ailes étendues, donnant le service dans le bas du fleuve.Ce n'est que plus tard, que de petits bateaux à vapeur firent leur première apparition dans les eaux, si souvent tumultueuses, de ce lieu de félicité.Mais, c'est à partir de 1856, date où l'on construisit le quai, que la Malbaie, comme on la désignait généralement, entra dans une ère nouvelle.Le développement et le progrès frappaient à sa porte ! Des vaisseaux d'un plus fort tonnage lui amenaient des visiteurs nouveaux et nombreux.Elle, de son côté, édifiait ses premiers hôtels pour les recevoir.Petit à petit, son renom de station balnéaire allait grandissant.La plus belle plage canadienne était née, un peu comme Vénus sortant de 'onde ! Si l'on en croit les récits et les chroniques de ce temps-là, ceux qui fréquentaient la primitive Malbaie y menaient une existence fort simple, très peu compliquée.Le snobisme, paraît-il, était ici chose inconnue.grand papillon diapré aux ailes étendues.La Polnte-au-Plc, véritable Mecque au Canada pour les touristes.Quelques familles, de .Québec surtout, s'installaient dans les hôtels de l'endroit et y demeuraient durantquatre ou six semaines, moyennant des prix bien modiques.Repas, bains, promenades, tout se passait très simplement ; on vivait, p o u r a i n s i dire, comme les membres d'une même famille, i | Parmi les pensions les plus en vogue entre les années 1873 et 1894, les établissements Duberger et Warren figurent au premier rang.L'hôtel Chamard (situé dans les environs de l'endroit où s'élève actuellement le Manoir Richelieu) était également fort achalandé.Entourées d'arbres et construites à proximité de la plage, les maisons Duberger et Warren abritaient chacune environ une centaine de personnes, lorsque la saison battait son plein.Le centre de toute l'activité se trouvait incontestablement chez Duberger.Là, il y avait une salle de danse, un billard, une buvette, un jeu de quilles et un bureau de télégraphe.La longue façade de la bâtisse principale possédait, comme ornements, deux galeries superposées, où les gens en villégiature s'installaient souvent pour contempler le spectacle éternel et toujours changeant de la mer.Du côté droit de la porte centrale, un mai d'une centaine de pieds de hauteur arborait divers drapeaux, que gonflait mollement la brise estivale.Deux jets d'eau se déversaient dans des immenses cuves vertes, où parfois nageaient des poissons, et pendant le calme des nuits d'été, l'on entendait chanter l'eau vive dans les fontaines ! Deux bateaux par semaine visitaient le port.Le courrier venait quotidiennement de Québec, le postillon conduisant la " malle de terre ".Le dimanche, il fallait aller entendre la messe au village de la Malbaie, dans la vieille église paroissiale, située à près d'une lieue d'ici.Le soir, quelques fanaux placés çà et là, éclairaient vaguement le chemin.Tout au fond de la baie, de petites lumières vacillantes trahissaient le bourg enveloppé de ténèbres.Mais quand la blonde Phébé répandait sa clarté blême, on distinguait la lointaine silhouette du temple, et alors : C'était, dans la nuit brune, Sur un clocher jauni, La lune, Comme un point sur un i. septembre 1923 LA REVUE MODERNE 21 Au large, sur la plaine liquide, les phares de Kamou-raska et les Pèlerins brillaient comme des étoiles dans la nuit noire.Arthur Buies, qui a écrit des pages charmantes sur la Malbaie, nous raconte un peu ce qui s'y passait aux environs de 1873.Un petit épisode extrait de ses " Chroniques " intéressera probablement le lecteur." A l'hôtel Duberger, nous dit-il, on a le jeu de quilles, le billard, de l'entrain, du laisser-aller, de la vraie vie de campagne, et surtout on a Madame Duberger mère, une femme héroïque de soixante-dix ans, qui est un prodige parmi tant de prodiges de l'endroit.Toujours sur pied, alerte, vive, elle ne se donne pas un instant .c'est avec un profond sentiment de tristesse dans l'àme que nous lui disons un si mélancolique "au revoir" ! de repos.Ses pensionnaires sont ses enfants.Il faut la voir à table, appelant de tous côtés ses servantes, les dirigeant, les stimulant, leur inspirant son infatigable activité.Sa voix domine toutes les voix, et c'est un plaisir autant qu'un spectacle de voir cette incomparable matrone allant à droite, à gauche, prévenant tous les désirs, devinant tous les appétits.La semaine dernière elle tomba morte de fatigue ; on la crut perdue ; elle reçut les derniers sacrements, et deux jours après sa voix retentissait de nouveau au milieu des tables étonnées et ravies." L'été dernier, en feuilletant les pages jaunies d'un vieux registre de l'hôtel Warren, j'ai retrouvé les noms d'une foule de touristes, qui, en ce temps-là, fréquentaient notre plage.Hélas ! je dois le dire, cette lecture fut pour moi comme une longue promenade parmi les tombes, dans un cimetière ! Presque tous ces joyeux voyageurs du temps jadis ne sont plus ! A peine, çà et là, un rare survivant.Je transcris donc pieusement ces noms, comme si je copiais des actes de décès.(1881) Sont arrivés à l'hôtel Warren : Dr et Mme Sewele, M.E.Valières, M.S.Desbarats, M.et Mme Ernest Pacaud, M.et Mme Tom.Chase Casgrain, M.J.E.Lemoine, M.Jules Tessier, Dr et Mme Ahern, M.J.A.Green, M.H.H.Sharples, M.J.C.Aylwin, M.L.E.Taschereau, M.H.C.Sheppard, M.H.Mountain, M.S.Morency, M.A.E.Huot, Mlle Chinic, M.J.C.Lee, M.et Mme Langelier, M.A.LaRue.M.J.Shehyne, tous de Québec.Un peu plus tard nous trouvons encore une foule de gens de la vieille capitale en villégiature sur notre plage.Parmi ceux-ci nous notons : M.L.M.Dufresne, M.A.R.Angers, M.G.R.Grenier, M.W.B.Scott, M.H.A.Drum-mond, Mme J.Blanchet, M.C.J.Burrough, M.Honoré Mercier, M.Chs.Langevin, M.A.Lemieux, M.F.Langelier, M.J.G.Garneau, M.P.Garneau, Dr Pelletier, M.P.DeCazes, M.Gus.Grenier, M.G.Amyot, M.J.I.Tarte et famille, M, A.Letellier, Mlle deSala-berrv, M.C.A.Parent, M.et Mme F.de St-Maurice, M.À.S.Hall, Mme N.Turcotte, M.A.Dobell, M.L.P.Pelletier, M.Nap.Legendre, M.Gaspard Lemoine, M.E.Montizambert, M.Achille Carrier, M.E.B.Garneau, M.Alex.Chauveau, M.V.Cha-teauvert, M.R.M.P.Casgrain, le Juge et Mme J.A.Gagné, (ceci nous amène jusqu'en 1896).Parmi les montréalais : Alf.DeSève, M.G.Notman, M.P.R.Smith, M.Fernand Mav, M.G.A.LeBlanc.M.R.Morin, N.P., M.R.A.Allan, M.D.Stewart, Mlle L.DeLisle, M.E.Lafleur, M.J.A.Painchaud, M.C.de Lanaudière, Dr et Mme De St-George, M.A.Hamel, M.C.de B.Macdonald, M.C.de Salaberry, Capt.R.Kane, M.\V.Prévost, M.Thos.Tait, M.L.Perrault, M.A.Bisaillon, M.A.Allan, M.D.Thi-baudeau, M.E.Pomainville, M.L.Rinfret, M.et Mme F.B.LaYallée, M.C.Gélinas, M.E.Lareau, M.J.O.Hétu, M.J.M.Fortier, M.H.Lamontagne, M.L.A.Globensky, M.J.G.H.Bergeron, M.P.B.Laviolette, M.L.Armstrong, M.A.W.P.Buchanan, Des cendres encore fumantes du petit village d'autrefois allait naitre une Pointe-au-Pic nouvelle ! Mme J.T.Dillon, M.V.V.Belliveau, M.E.C.Thibault, M.E.R.Sauvalle, M.F.X.Roy, M.C.Lane, M.Pagnuello, M.P.Jobin, M.J.H.Major, Mme V.Geoffrion, M.H.Taschereau, M.O.Soulières, M.J.Grenier (maire de Montréal), M.J.W.Molson, M.G.Hughes, Hon.L.Beaubien, M.A.Laframboise, M.B.Joubert, N.P., Mme R.Masson.Quelle évocation du passé ! Cet appel retentit dans la nuit sombre, comme une longue plainte ! Les choses en restèrent à peu près ainsi jusqu'en 1894, alors qu'un terrible incendie dévasta la Pointeau-Pic.Plusieurs maisons ainsi que les hôtels Duberger et Warren devinrent la proie des flaniims. 22 LA REVUE MODERNE st'plemîre 192.* Des cendres encore fumantes du petit village d'autrefois allait naître une Pointe-au-Pic nouvelle ! Cette fois, ce serait une véritable ville d'eau ultra moderne.Elle aurait de somptueux hôtels éclairés à l'électricité, où l'on savoure de succulents repas aux sons d'une douce musique ! Les multiples raffinements d'aujourd'hui envahiraient l'endroit.Des vapeurs, ou plutôt des palais flottants, accosteraient à son quai tous les jours.Des touristes au portefeuille bien garni construiraient de riches villas sur ses côtes riveraines.Mollement étendus dans des hamacs, sur de claires et spacieuses vérandas, des citadins fuyant les lourdes chaleurs des cités torrides, berceraient leur far-niente en écoutant les mélodieux accords d'un pianola ou d'un phonographe.Les rues et les boulevards resplendiraient, la nuit, sous les mille feux électriques d'un long cordon lumineux, véritable Couronne Boréale tombée du ciel sur le versant de la montagne.Un chemin de fer franchirait les caps et les abîmes amenant les voyageurs à pleins wagons.Enfin, l'automobile arriverait en vrombissant sur le brillant macadam ! Des jours d'autrefois il ne subsiste que peu de chose ! " Les ruines elles-mêmes ont péri ! " Quelques constructions fort modestes et c'est tout ! Parmi ces chères reliques, une partie de l'ancien hôtel Warren a échappé à la destruction ! Monument de cette pé- riode déjà lointaine, sa robuste charpente brave encore victorieusement le Temps destructeur et les intempéries des quatre saisons ! Et ces hautes marées d'autrefois qui portèrent les premiers vapeurs chargés de gais touristes, où sont elles ?Disparues à jamais dans le vaste Océan ! Et tous ces passagers, qui, appuyés au bastingage, agitaient leurs mouchoirs, en signe d'allégresse pour saluer les parents se pressant au débarcadère pour les recevoir ?Hélas ! pour la plupart ils dorment de leur dernier sommeil, en attendant le moment où l'Ange sonnera la trompette annonciatrice de la Résurrection de la chair ! Tous ceux qui visitent cette plage enchanteresse semblent garder d'elle un souvenir impérissable ! En vérité, je le demande, comment pourrait-il en être autrement ?Par un philtre mystérieux, elle fait germer en notre cœur un amour indestructible ! C'est pourquoi, la venue des journées automnales est-elle si mal accueillie de la part de ses fidèles, puisque cela signifie : séparation ! Et quand la sirène du vaisseau annonce l'heure définitive où sur le quai on largue les amarres, alors que dans les yeux embués de larmes se cristalise la suprême vision de l'adieu, c'est avec un profond sentiment de tristesse dans l'âme que nous lui disons un si mélancolique " au revoir " ! Alfred DeCelles,ïfils.——4 / POUR L'EDUCATION SUPERIEURE.1 AIDE APPORTEE AUX ETUDIANTS ' ET ETUDIANTES PAR NOTRE '{ PUBLICATION.ï-~-• ) ) -~——~.-4 LA REVUE MODERNE s'efforce par tous les moyens possibles d'encourager l'éducation supérieure.Non seulement elle ouvre dans ses colonnes, une tribune large et généreuse .un talents canadiens, mais encore, elle favorise toujours ,1.- prefereiue la iIiism- stmlli'Usu qui prépare son avenir et celui de la race.C'est ainsi qu'elle confie de préférence la sollicitation de ses abonnements à des Jeunes gens qui sont obliges de gagner par leur initiative et leur travail, leurs (ours soti si lenllhques, artistiques ou lirté-raires.Elle a depuis sa fondation versé au-delà de douze mille dollars a des jeunes gens qui ont pu, grâce à leur travail dévoué pour " La Revue Moderne'* s'assurer la continuation de leurs cours.Afin de faciliter le travail, elle vient d'instituer pour 1rs étudiants un département de l'Education, et elle confie à ses jeunes solliciteurs et solliciteuses, des certificats qui leur servent de carte de présentation, et leur permettent de s'accréditer auprès des amis de notre publication.Nous envoyons ces jeunes gens et ces Jeunes filles, dans toutes les directions, et Us propagent avec enthousiasme la revue qu'ils aiment, a cause de son patriotisme, de sa note absolument canadienne-française, de sa belle tenue et de sa générosité.Convaincus qu'une oruvre littéraire et artistique comme "La Revue Moderne" est un honneur pour la race qu'elle représente, ces Jeunes gens et ces jeunes filles savent être éloquents.Kt leur sollicitation est des plus fructueuses, car l'administration de "La Revue Moderne" sait se montrer généreuse envers ceux qui la servent bien ! Noua avons des lettres fort touchantes de maints étudiants et de plusieurs étudiantes qui ont, grâce à "La Revue Moderne "( pu continuer des études qui, sans elle, n'auraient pu être menées Jusqu'au bout.Tous les étudiants qui voudront s'enrôler sous les drapeaux de "La Revue Moderne", et Justifier leurs titres a nos faveurs, sont accueillis avec empressement.Un Jeune homme travailleur peut dans ses mois de vacances ramasser amplement l'argent nécessaire a ses cours.Il a ainsi l'orgueil de s'être fait lui-même, et il entre dans la vie, la tête haute, ayant acquis la fierté de pouvoir gagner sa vie Plusieurs de ces Jeunes gens et de ces Jeunes filles «ont entrés en campagne; d'autres suivront bientôt.Nous réclamons pour eux un accueil empressé.Songez que cette Jeunesse laborieuse cet l'espoir de demain, et que notre race vaudra par les être* d'énergie et de vaillance qu'elle aura formés.Tous nos solliciteurs sont munis d'un diplôme ainsi rédigé, et estampillé au nom de "La Revue Moderne' .WÊÊËÈÊHk .La Revue Moderne, Montréal-Canada Directrice: Madame Muduenin Madeleine* DÉPARTI.M fi Vf DE L'FDL PKEStNTES ATI F-STENT gut ' «t tncrir Lf ni r-sr-ibrr dev iTOnhré* dt notre l'tparUrTruTrt de l'Eduutkm afin de g^gnr-r dar OOl'RSE couvTmni klr^d'Arhk-alujn, pendant unr> rarwA\ darr* tooir Cmvt-rsiit.ou tout CoH*u*Lom/ru-a>.il.''Ilishâchnol," Ptiv.>'ju.tii pour iTifi-m¦>¦¦(>.Ccut> d'Art bramaiique.nu Conservai rare de Mutlquc.LETTRE D'IDENTIFICATION Ceci certifie que M.dont la signature apparait ci-après .si autorise a solli, (ter ci percevoir des a hou uetiiet) t s a "La Revue Minlerne" jusqu'au et aux prix cl-bas mentionnés, SANS AUCUN CHANGEMENT.Non valable après cette date.CANADA: Un an.U.00 ETRANGER: Un an.$4.00 Deux ans.5.00 Directrice.Deux ans 7.01) c , nv qui ne pourront présenter VUS ou l'AUTRE de ces documents sont de faux agunts que le puhlii iosi iii.ii.i.de faire arrêter Les personne» aolHcItéea dOlrant — rexidff compte si le certl-h, .h ou l.i l< no .1 identification son i bien a tlaie septembre 1"23 L A REVUE MODERNE 23 — LA JOLIE FILLE D'ARRAS l Par l.al.rUllc Réval -f l I l -* LE PREMIER BAL DE NANETTE Nanette s'éloigna de la glace qui lui renvoyait son image ; cette robe de tulle blanc, à peine décolletée, lui donnait l'air d'un long et frêle narcisse.— Maman, fit la jeune fille d'une voix hésitante, tiens-tu à aller à ce bal ?— Comment! si j'y tiens?répondit Mme Pamproux ; tu me demandes si j'y tiens ?.à cette heure ?.quand la voiture est à notre porte.que ton père a son habit et qu'il ne me reste plus qu'à sortir mon éventail ?Es-tu folle, mon enfant ?— C'est que, fit Nanette.j'ai peur.— Peur ?interrogea la vieille dame interloquée, peur de quoi?mon Dieu ! — Peur de nous fourvoyer, dit la petite.— Par exemple ! fourvoyés ! nous ! nous fourvoyés au bal du général ! En vérité, mon enfant, la joie te trouble l'esprit.Nanette soupira et se mit à lisser ses longs gants de Suède.Mme Pamproux essayait vainement d'agrafer sa jupe, le tour de taille étant devenu trop étroit.— Passe-moi les ciseaux, je vais faire une entaille à la ceinture, dit la mère.J'ai bien fait de m'y prendre un peu tôt.Au dernier moment, il arrive toujours quelque chose de désagréable ! Et comme Nanette l'aidait à glisser ses gros bras rouges dans les emmanchures un peu étroites du corsage, la bonne dame reprit d'une voix pincée : — Fourvoyés ! En voilà un mot ! Est-ce que les Legay, les Commores, les Darboulin n'ont pas été invités aussi?Tout le Conservatoire y sera ! — Oui, mais ces dames n'ont pas accepté.— M'ame Legay va au bal ; or, si m'sieu Legay est professeur d'harmonie, ton père est professeur de violon ; lequel est le plus "capable"?.Tu ne dis plus rien.Mazette ! — Que veux-tu que je dise, mère ?Voici mon premier bal : nous ne connaissons personne à la division ; je ne compte pas sur M.Legay ou sur les élèves de papa pour me faire danser, alors j'appréhende de faire " tapisserie ".Et puis, j'ai vu, à l'étalage de la rue Saint-Géry, deux robes pour ce bal.je te regarde, maman, et je trouve que nous ferions mieux de nous déshabiller, et de travailler tous les trois au coin du feu.Mme Pamproux avait détourné la tête, agitant son cou dans un col trop serré, " un carcan ", disait-elle.En réalité, elle voulait cacher à sa fille la rougeur qui lui montait au visage, comme un coup de feu reçu au-dessus de ses fournaux.Sa pauvre robe rafistolée.Elle toussota, le temps d'escamoter son émotion.— Ma petite, tu es trop coquette pour ta vieille maman.Eh quoi ! tu te fais du tintouin parce que je n'ai pas de robe de soie, et que je vais t'accompagner avec une robe de cachemire et mon châle de dentelle.Est-ce qu'on regarde les atours des vieilles gens ! Si quelqu'un même s'aperçoit que l'étoffe de ma robe n'est pas réglementaire, et que mes manches vont craquer, sois certaine que dans ce monde-là ces choses ne se remarquent point!.Tu as beau secouer la tête, je suis une maman qu'on aimerait pour belle-mère.Tiens, un peu de poudre au bout du nez, ici sur mes joues ; une autre fois, je me ferai saigner la veille, j'ai trop de sang, tout de suite il me monte au visage, quand je suis émue.— Toi aussi, tu es émue ?— Dame ! ce n'est pas tous les jours fête.— Oh ! fête ! soupira Nanette ; je tremble, moi, comme si j'allais à confesse.Mme Pamproux feignit de ne pas entendre sa fille ; elle allait, venait, devant l'armoire à glace, étudiant un salut qui participait de la révérence et du plongeon, cherchant comme il convient de porter l'éventail et le mouchoir bordé de valenciennes, son beau mouenoir de noces.En vérité, elle n'était pas aussi mal qu'on aurait pu le craindre ; sur la vieille robe élimée, le châle en imitation de chantilly faisait une polonaise, et une pointe de même dentelle drapait son corsage entr-ouvert.Nanette tournait autour de sa mère, rajustait le chignon, et n'en pouvant plus, prise d'une angoisse irraisonnée, la jeune fille se jeta au cou de la vieille dame, suppliant encore : — Restons, dis, veux-tu ?— Encore, vilaine entêtée ! Mais c'est pour toi que nous allons à ce bal.Le docteur a dit : " Votre fille s'ennuie ; si vous ne la distrayez pas, elle tombera malade." Te voir tomber malade, mais j'aimerais mieux mourir ; ma chérie, chasse ces mouches noires, tu vas rayonner quand on dira derrière nous : " — Quelle est cette charmante blonde ?" — C'est Mlle Pamproux?" — Qui ça, Mlle Pamproux ?continuait la mère en minaudant, comme si elle jouait avec un bébé." — La fille du violoniste, un de nos grands artistes, professeur au Conservatoire." — Sois sûre qu'il se trouvera aussitôt une méchante langue pour ajouter : " Elle est répétitrice de solfège au Conservatoire, c'est une petite "si bémol", puisque c'est notre surnom, et les gens qui regardaient Nanette ne la regarderont plus.— Incorrigible ! tu es bien la fille de ton père, toujours inquiète ! Et patati et patata ! fit la mère en brisant le point de soie qui attachait ses gants neufs.Tiens, aide-moi à enfiler ces gants de torture ; il me faudrait la pointure d'un tourlourou ! Mes pauvres mains, vous avez fait trop de choses dans votre vie, vous êtes déformées comme ma robe ; allons, que l'on vous cache .Réflé- chis Nanette, dit Mme Pamproux d'une voix insinuante ; qui donc viendrait te dénicher chez nous?Il faut qu'on te voie, qu'on te connaisse ; si nous ne fréquentons personne, comment trouver à te marier ?Nanette fit un geste résigné.Elle n'osait avancer d'un pas, de crainte de salir ses souliers blancs sur le carrelage rouge.— Tu sais bien, reprit Mme Pamproux, qu'en dehors du mariage tout est détresse ; mieux vaut souffrir à deux que de rester seule.Je n'avais pas un rouge liard quand je me suis mariée avec ton père.Tu seras de même.Si tu es répétitrice au Conservatoire, c'est en attendant ; pour te distraire et non pour gagner de l'argent ! Quoi ! aux gens qui trouveraient à redire que tu travailles, tu ne répondras rien ?Allons donc ! On répond crânement, en riant : " Et si ça m'amuse, moi, de chanter do, mi, sol, do, avec les petites filles ! Quel mal y voyez-vous ?." Mais jamais n'avoue que tu travailles pour gagner un peu d'argent; cela déplait aux épouseurs, et, à cause de cela, LANCLAIS ENSEIGNE Méthode nouvelle.Succès assuré.Coût modique.Envoyet coupon jwur recevoir circulaire descriptive.LA CIK CAX.DES COURS PAR CORRESPONDANCE.Ltée 333-33!) 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Je vous en prie, madame, puisque vous avez ramené les chers souvenirs que je fuyais, faites-moi la grâce d'apparaître au milieu d'eux.Dites-moi quel nom cache cet N mystérieux.Parlez-moi de vous, de ceux qui vous sont chers et qui vivent auprès de vous.Lamousse n'osait pas dire : " Je brûle de savoir si vous êtes veuve, si vous avez des enfants, si vous êtes jeune." Mais Nanette, entre ces lignes, lisait d'autres lignes qui faisaient battre son cœur.Quand Mme Pam-proux eut fini de lire la lettre du lieutenant, la jeune fille détourna son visage, afin que la mère malicieuse ne pût apercevoir ses joues en feu." Vous voulez donc savoir qui je suis, monsieur ?un portrait vous renseignerait beaucoup mieux que ma plume ne saurait le faire.Mais je n'ai jamais consenti à laisser fixer un peu de moi-même, sur ces petits cartons qui marquent les coups d'un jeu cruel, entre la première et la dernière mèche de cheveux gris.Qu'importe mon visage, puisque je suis vieille." — Ah ! soupirait Lamousse, ma première impression ne m'avait pas trompé." J'aime mieux, continuait Nanette, vous parler de ceux qui furent les derniers amis de Mme Chaumine, du plaisir qu'elle prenait à écouter le violon de M.Pamproux, et le piano, dont je joue quelquefois.— Allons, rien n'y manque, fit Lamousse, elle est mariée ! — Qu'est-ce que cela fait ?jeta négligemment Thiébaut, puisque pour toi les femmes ne comptent qu'à partir du douzième lustre ! Lamousse haussa les épaules ; comment convenir, à cette heure, que la certitude du douzième lustre était une cruelle déception ?— Mon cher, tu n'entends rien à la sentimentalité, et venir en tiers me.— Tiens, tiens ! dit le sous-lieutenant, l'aventure se corse, te voilà jaloux ! — Moil Lamousse avait pris con camarade par les épaules et gentiment, mais résolument, le poussait vers la porte.— Mon cher, va donc voir si on a reçu des oeufs de Figuig ; je te rejoindrai à la popote.— Collégien, va ! murmura Thiébaut, après avoir fait ironiquement à son supérieur un grave salut militaire.Lamousse reprit sa lecture." .Vous avez été l'aiguillon de ma curiosité, continuait Nanette ; ne dites pas, monsieur, que vous me devez de la reconnaissance, c'est moi qui vous dois la joie d'avoir fait l'école buissonnière en compagnie de gens qui m'étaient inconnus, et qui me laissent toute charmée.Au retour, je vous offre ma cueillette, et m'en vais, gardant de cette promenade, le parfum, hélas ! que je n'ai su vous envoyer." — C'est justement ce parfum qui me tourne la tête, se disait le jeune homme.Et trois fois par semaine, à l'arrivée du courrier, il se hâtait ; ses yeux dévoraient le petit point noir, à peine visible à l'horizon, le spahi au galop qui apportait les lettres de France.Une correspondance régulière commença entre l'officier et celle qu'il appelait toujours Mme Pamproux.En vain essaya-t-il d'obtenir d'elle quelques mots qui pussent matérialiser sa chimère, Nanette se dérobait, évoquant les heures intimes du logis, et sa vie était si bien confondue avec la vie de sa mère, qu'elle pouvait, sans mentir, identifier leurs occupations et leurs mutuelles songeries.Le calme profond de cette existence de petite ville augmenta la nostalgie de Lamousse.Il éprouvait un besoin éperdu de tendresse.Jadis, après les mois de silence, qui avaient suivi la mort de son amie, le jeune homme avait cherché autour de lui quelqu'un, quelque chose à aimer.A force de vivre au milieu de choses inanimées, il en arrivait à les doter de quelque personnalité presque vivante.Il attribuait aux montagnes, aux cailloux, aux palmiers, autre chose qu'une signification ; il aimait le Djebel-el-Maîz, entre tous, parce que sa forme, ses couleurs, lui paraissaient douces, et caressaient ses yeux, que brûlait la blancheur fulgurante de la plaine.Depuis que Lamousse se refusait aux confidences, malgré les taquineries du sous-lieutenant, c'était encore vers le Djebel-el-Maïz qu'il se tournait, quand ses lèvres murmuraient les noms de femme commençant par cet N mystérieux : Noémie, Ninon, Ninette, Nelly ; quel était le nom de Mme Pamproux ?Il sortait du camp pour mieux voir la montagne qui apparaissait à peine, au troi- sième plan, derrière les créneaux de l'Atlas.L'échancrure béante d'un col, l'abaissement d'un disque montagneux, laissent apercevoir, au-dessus des rochers ocres et ver-dâtres, le géant vêtu d'azur et de gris tendre.Longtemps Lamousse restait là, les yeux enchantés, devant cet amalgame du mont lointain et du ciel bleu.Ses lettres, de jour en jour, prenaient un caractère plus intime ; il en vint à écrire à Mme Pamproux : " .Je souffre de cette solitude que j'ai trop bien défendue ; j'ai chassé de moi le désir de créer un foyer.Ah ! si j'avais une femme, un enfant.Non, c'est impossible, je suis trop vieux.et puis, madame, j'ai peur d'aimer." — Tu vois, mère, à quoi tu m'exposes.M.Lamousse continue à me prendre pour toi.Il va me confier ses chagrins.S'il savait qu'il s'adresse à une jeune fille.— Eh bien ! où est le mal ?répond la vieille dame, que la méprise du jeune homme amusait ; puisque c'est moi qui ouvre ses lettres.S'il va trop loin, je la glisserai dans ma poche.— Tu vas voir qu'il te demandera de lui chercher femme ! murmure Nanette.— Ma fi, réponds-lui qu'elle est toute trouvée.— Moi, moi, lui avouer ce mensonge?Jamais ! Il croirait que nous lui avons tendu un piège, et que penserait-il de nous?fit Nanette.Brisons cette correspondance romanesque, tu verras qu'un jour il découvrira tout ; s'il se moque de moi, j'en mourrai de honte ! — Comment peux-tu songer à retirer à ce garçon une illusion qui le charme?L'idée de notre tranquille bonheur lui suggère l'idée d'être heureux ; tu le ramènes au désir du mariage, cet endurci, ce templier ! Mais c'est une bonne action, mon enfant ! N'y prends-tu donc aucun plaisir?Comme ces paroles répondaient bien au désir secret de Nanette, de poursuivre un jeu où son cœur éprouvait, de jour en jour, une surprise innocente ! Quel sentiment lui inspirait l'officier?de la curiosité?un intérêt attendri?de l'amitié?.Naïvement, elle jouissait du plaisir que lui apportait les lettres de son ami, et ce plaisir s'avivait encore de la crainte que Valentin ne découvrit le subterfuge maternel.— Evite les confidences, disait Mme Pamproux ; parle-lui du ciel, des nuages, de nos moulins à vent ; raconte-lui les travaux de notre ville, nos remparts démolis, la porte Baudimont abattue.Nanette fit la moue, elle devinait que par ces chemins détournés, leurs cœurs se rencontreraient encore.— Alors, parle-lui de Notre-Dame-des-Ardents.Dis-lui que je brûle un cierge devant la Sainte-Chandelle, chaque mois afin que la Vierge le protège et le ramène bientôt en notre cher Artois.Ecris, écris-lui, mon enfant ! Nanette, devant sa feuille de papier blanc, se faisait toute vieille, toute vieille ; avec des mots désuets, elle parlait de son chat, de son tricot, des petits paysages entrevus deirière les rideaux épingles.Mais ce qu'elle écrivait était charmant, et Lamousse se demandait toujours : — Quelle est cette femme, qui a ainsi gardé la fraîcheur de ses vingt ans ?XII UN COUP DE SIROCO Il est trois heures et demie, l'heure à laquelle chacun sort de la sieste, avec la figure de gens qui s'échappent d'un bain de vapeur.De minces effilochures apparaissent dans le septembre 1923 LA REVUE MODERNE ;itciire-Lit-BibHntlièque et Wagon-Salon sur le Train quittant Montréal à 10 a.m.(VnRons-Llts réguliers sur le train de 7.30 pjn.< ompartlment pour Clubs, Salon et Wagons-Lits réguliers sur les trains quittant Montréal à 9.30 p.m.et à 11.00 pan.Pour réserver ses billets et pour tons renseignements, s'adresser an guichet.280.rue Saint-Jacques.Main 3020.Le Chemin de Fer National du Canada donne un excellent service." septembre 1923 LA REVUE MODERNE Les Amis de La Revue Moderne (Sui de la page 15) vous se demandée, croyant, par là, non pas rendre-un service, mais accepter une marque de délicatesse qui m'honore.des vous un affectueux souvenir et une grande estime.Veuillez agréer, Madame, l'hommage de mes respects.WILFRID GAGNE, Capt.vous so.ent transrms pour le succès de votre g Diarnant, Canada S.S.L.L., Votre bien dévoué, ^ue Veuillez me croire, Madame, Votre tout dévoué, THS.-LS.BERGERON.R.A.BENOIT, Secrétaire particulier.Montréal, le 23 juin, 1923 Chère Madame Huguenin, En réponse à votre lettre du 23 courant, je suis heureux de me rendre à votre demande et soyez bien persuadée que j'apprécie l'excellent travail que vous faites dans votre revue et vous en félicite chaudement.Je suis très intéressé au progrès de votre publication et je suis flatté de l'honneur que vous voulez bien me faire en publiant ma photographie et surtout en me plaçant devant vos lecteurs comme un ami de votre revue.Avec l'expression sincère de mes hommages respectueux, je demeure, Bien à vous, J.A.PAULHUS.Montréal, 26 juin, 1923 Madame, Je ne puis me résigner à croire-,' même après avoir pris le temps d'y penser, que la publication de ma photographie dans la Revue Moderne " vous aidera en quoi que ce soit.Ce serait une fatuité que je ne puis me permettre.Tout de même, je vous l'envoie avec autorisation de la publier, parce que vous me la demandez comme ami et protecteur de votre très excellente Revue.Si, à l'inverse de l'impression que j'en ai.il en résulte quelque profit pour votre œuvre, j'en serai particulièrement heureux.Veuillez recevoir, Madame, mes respectueuses salutations.J.B.ARCHAMBAULT.Québec, le 23 juin, 1923 Madame, J'ai votre lettre et je vous envoie, sous pli séparé, une de mes photographies, suivant le désir que vous avez exprimé.Je profite de l'occasion pour vous féliciter sur l'utilité et la belle tenue de votre revue, que je lis avec attention chaque fois qu'elle m'arrive.Votre bien dévoué, J.A.D.CARON.Restigouche, 27 juin, 1923 Madame, Votre lettre du 23 est reçue, et tel que demandé, je vous inclus copie une de mes photographies.Je ne crois pas que ceci puisse vous aider beaucoup pour le succès de votre entreprise, cependant, si ce peut vous être utile en quelque chose, cela me fera certainement plaisir.Soyez assurée, Madame, de l'assurance de ma plus haute considération.Votre bien dévoué, D.CHAMPOUX Pointe au Pic, 30 juin, 1923 Trois-Rivières, 23 juin, 1923 Chère Madame, Sous pli je vous transmets la photo demandée, vous remercie et vous souhaite plein succès.Votre bien dévoué, DOCTEUR L.P.NORMAND.Madame, Ottawa, le 30 juin, 1923 Madame, Je suis vraiment peiné qu'une absence forcée m'a mis si en retard pour répondre à votre bonne lettre du 23 juin.Je prends la liberté de vous dire en même temps que je pars pour aller représenter sur le train d'exposition le Ministre de l'Agriculture Fédérale, et pour donner quelques conférences sur le Canada Agricole.Je serais heureux de profiter de cette situation pour être utile, à l'occasion, à la bonne œuvre que vous poursuivez.Je devrai être absent, pendant quatre ou cinq mois.Je vous prie d'agréer l'expression de mes meilleurs sentiments.GEORGES BOUCHARD, Député de Kamouraska.Je me fais un devoir en outre du plaisir, d'accéder à votre demande ; ou dirai-je plutôt d'accepter l'honneur que vous m'offrez si gracieusement.Je serai des plus heureux si je puis contribuer, même de la plus petite part, au succès de la bonne cause pour laquelle vous travaillez avec tant de dévouement et de patriotisme.Je suis fier de l'occasion qui me permet de vous exprimer mon admiration pour votre belle œuvre.Détail, qui vous intéressera peut-être, la photographie, de grandeur, fut prise par le regretté Charles Gill lors d'un de ses voyages sur " mon bateau ", au Cap Trinité, qu'il désirait pour copies en couleur.Permettez de vous dire, Madame que bien avant la Revue, vous n'étiez pas une inconnue chez nous, puisque mon épouse se dit une amie des jeunes années qui garde toujours Pierreville.1er juillet, 1923.Madame, Votre lettre du 23 juin m'a rappelé de vieux souvenirs, vieux de plus de vingt ans, lorsque jeune étudiant, je me permettais de caresser les muses et que j'étais admis avec bienveillance dans le Royaume des Dames.C'était alors le bon temps, riche d'illusions et d'espérances ! Pourquoi est-il déjà si loin ?Je n'aurais qu'une raison pour ne pas vous accorder l'autorisation que vous demandez.C'en est une toute personnelle que vous avez déjà devinée sans doute, et je pense qu'il vaut mieux apprécier l'amabilité de votre démarche, quand même ma modestie devrait en souffrir.Veuillez croire, Madame, à la sincérité des vœux que je fais pour le succès de votre Revue et accepter l'hommage de mes sentiments distingués.AIME BOUCHER.AVIS Avant de payer votre abonnement à "La Revue Moderne" à un de nos représentants, assurez-vous qu'il est porteur du certificat reproduit ci-dessous, assurez-vous aussi que la date imprimée sur le certificat n'est pas expirée et que le prix de l'abonnement est imprimé au verso.Ceci certifie que M.dont la signature apparaît ci-après.est autorisé à solliciter et percevoir des abonnements à "La Revue Moderne" jusqu'au.et aux prix ci-bas mentionnés.SANS AUCUN CHANGEMENT.Non valable après cette date.Québec, le 5 juillet, 1923 Madame, Le premier ministre me charge d'accuser réception de votre lettre du 23 juin, et de vous dire qu'il s'intéresse vivement à l'œuvre que vous ambitionnez d'accomplir en publiant " La Revue Moderne." C'est avec plaisir qu'il se rend à votre demande, et il désire que ses meilleux vrrux CANADA: Un an.$3.00 Deux ans.5.00 ETRANGER: Directrice Un an.$4.00 Deux ans.7.00 64 LA REVUE MODERNE septembre 1923 MAGALI (Suite de la page 62) dit lady Isabel.Freddy, nous vous recommandons de veiller à ce qu'elle ne travaille pas trop aujourd'hui.— Vous entendez, Fred, vous voilà investi de cette difficile fonction, ajouta lord Gérald en souriant.Vous nous ferez un rapport.et nous espérons n'avoir pas de reproches à adresser, dit-il en s'inclinant pour prendre congé de Magali.Il s'éloigna avec sa sœur et lord Lowetead, tandis que Magali, au bras de son frère, se dirigeait vers l'appartement de Mlle Amélie.Roswell demeura seul dans le hall.Ses yeux gris, aux lueurs un peu phosphorescentes, avaient enveloppé tout à l'heure lord Lowetead, ils avaient suivi Magali et Freddy jusqu'à ce qu'ils eussent disparu à l'extrémité du hall .Maintenant le secrétaire, appinr .1 la muraille, reliée hissait profondé-ment, et son froid visage s'éclairait d'une lueur satisfaite.— J'ai de quoi combiner là un coup superbe, murmura-t-il.La fortune n'est pas tout entière en majorât, une partie reste aliénable.Il faudrait que ce soit sa dot.Et si belle, avec cela ! Roswell, mon ami, il s'agit de bien manœuvrer, car jamais vous n'avez eu telle occasion de faire un mariage superbe et de vous venger, du même coup, de l'orgueilleuse qui vous a si bien repoussé, autrefois .Ah ! ah ! lord Lowetead, vous ne vous doutez pas que j'ai deviné ce qui se passait en vous, tout à l'heure, et que ce Roswell que vous avez à peine effleuré d'un ri v;• '1 ' I |Misséi|i- certains papiers qu'il vous serait peut-être désagréable de connaître ! Et, se frottant les mains, il regagna la pièce où il travaillait une partie de la journée, près du cabinet de travail du duc de StaldifT.Lord Gérald, lui, s'était dirigé vers la galerie des fêtes où venaient se réunir, pour Fa répétition, les comédiens amateurs.Lady Ophelia allait et venait, veillant à tout, sans rien perdre de son calme olympien.L'"Empress of Scotland", 25,000 tonnes, de la flotte du Pacifique Canadien, est le plus large et l'un des plux luxueux paquebots assignés au service Québec-Cherbourg, Houthampton et Hambourg.En liaison avec les "Empress of Britain" et "France", il maintient un service d'environ 6'/2 jours entre les deux continents, ce qui en soit est le plus rapide.Mme Nellie Mclba, célèbre cantatrice d'une renommée mondiale, a retenu une suite à bord du "Scotland" quittant Southampton le 19 septembre courant et arrivant à Québec le bf septembre suivant.— Eh bien ! Isabel ne vient pas, Gérald ?Nous n'attendons plus qu'elle.— Elle est allée changer de toilette, répondit le duc en s'approchant d'une petite table où étaient déposés les programmes.Il en prit un, l'examina avec attention .— Ce sont des chefs-d'œuvre, n'est-ce pas ?dit lady Dowtill.Cette miss Daultey a tous les talents, en vérité ! — Oui, ces peintures sont ravissantes.Mais l'auteur de ces petites merveilles a été soumis à un travail au-dessus de ses forces, et, de ce fait, vos programmes demeureront inachevés, Ophelia.La jeune fille, occupée à redresser devant une glace une onde un peu aplatie de sa coiffure, se détourna vivement.— Inachevés?.Par exemple, quelle plaisanterie Gérald ! Magali peut très facilement me les donner tous ce soir, j'ai compté le temps qu'il lui fallait.— Eh bien ! vous avez mal compté, dit-il tranquillement.Il fallait vous y prendre plus tôt pour demander ce service à la complaisance de miss Daultey .je ne dis pas l'exiger, naturellement.Mais maintenant, il faut vous résigner à n'avoir qu'un peu plus de la moitié de ces charmants programmes.(A suivre) Table Alphabétique des Annonces Banque de la Cité et du District de Montréal Banque de Montréal.Manque Royale du Canada.La.Beauchamp, Dr Arthur.Borden Company Limited, The.Bovrll, Limited.C CI* des Cours par Correspondance.Cahlll, M.F.Carrière & Sénécal.Chase, Dr.Chase & Sanborn.Chemin de Fer National du Canada.Chesebrough Mfg Co., Ltd.Cle des Frais Funéraires.Cle Générale Transatlantique.Clark Limited, W.Cooper Co.1 ¦ Déom Frère.La Librairie Dominion Corset Co* .Dusaault, Limitée, Thomas 4 1 56 33 40 47 23 28 30 36 48 57 59 46 1 3 et 36 .D8 .44 Ecole de Musique de Montréal ortler.Limitée.Joseph Oernaey.Ed.Olllett Co.Ltd.E.W.Oranger Frères.Limitée Hirviy Chemical Co.The Hopklns & Son.Ferd.T.Il 26 Horllck's Malted Mllk.47 Hurtublse & Sfcint-Cyr.33 I Institut Laroche.54 J Jaeger Co.Ltd., The.37 K Kerhulu & Odlau, Limitée.,.42 L L'Aiglon.Limitée.38 Lamontagne, Limitée.46 Lemleux.Dr Henri.44 M McLaren, W.D.2 Morency Frères, Limitée.24 O Oriental Drug Co.23 Othine Laboratories.60 P Pacifique Canadien, Le.p.3 Couverture Parfumerie J.Jutras.P.2 Couverture Pear's, Le Savon.32 Lydla E.Plnkham Médecine.39 Prévost, Dr Albert.3 pt 31 Produits Riga, Limitée, Les.33 R Rivet, Dr A.N.37 S Service Provincial d'Hygiène.p.4 Couverture Société d'Administration Générale.La.26 Société des Produits Persans.43 V Vennat, Raoul.27 W Waterman Co., L.E.(-,5
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