La Revue moderne., 1 mai 1924, mai
MAI 1924 MONTREAL, CANADA 5e ANNEE, No.7 nui mu inu LA REVUE MODERNE TETE DE MADONE REVUE MENSUELLE PRIX 25 SOUS uni ¦un luu 8 9 8 4-; UNE PIECE PEUT EXPRIMER dans le langage rêveur des coloris, une sincère bienvenue, l'agréable camaraderie des intimes, la douce quiétude du confort.Nos tissus aux coloris permanents pour les rideaux et draperies, conservent au cours des années, tout leur charme primitif et nous garantissons les couleurs à l'épreuve du soleil et du lavage.Ainsi vous pouvez bénéficier de vos rideaux toute l'année durante.Venez voir ces superbes étoffes.Prix très modérés.PAPIERS MURAUX Lorsque vous construisez ou simplement changez de maison le tapissage des murs s'impose.Les dessins de nos tapisseries sont des plus jolis et notre assortiment très choisi.GRAVURES ENCADREES ET MIROIRS Tous genres de gravures artistement |^ encadrées à compter de SI.00 l'unité.Miroirs ornementés polychrome, toutes grandeurs à compter de $4.75.PETITS MEUBLES UTILES Lampes Bridge, fer forgé avec abat-jour parchemin, complet.SU.50 Table console avec miroir, complet.35.00 Pupitre-Clavecin (Spinet).47.50 Tables de Living.24.50 La maison de confiance par excellence.# * ^ où» a& (3i'mmdcf)escRosiers(imitée Direction artistique Armand Des Rosiers Direction Commerciale Agapit DesRosiers 657 et 659 rue Sainte-Catherine Ouest, (près Crescent) TEL.UPTOWN 0925 MONTREAL m;ii 1*>24 LA REVUE MODERNE 1 Pour faire des croûtes croustillantes et feuilletées UNE tarte délicieuse veut dire que la croûte est délicieuse.C'est la pâtisserie riche, feuilletée, fondante, à laquelle s'ajoute la saveur du contenu, qui a fait la "tarte" si universellement populaire.Et le saindoux a un rôle très important dans la confection d'une pâtisserie parfaite.C'est pourquoi les cuisinières emploient de préférence le Saindoux absolument pur de Swift, le "Silverleaf", car elles savent, par expérience, que ct^te graisse si renommée est toujours de la même qualité, toujours pure — elle ne contient pas de grumeaux, elle est crémeuse et douce.Elle s'introduit parfaitement et facilement dans la farine, la rendant ainsi plus légère et croustillante.La Graisse Parfaitement Pure de Swift, la "Silverleaf", est également bonne pour les pâtisseries et les fritures, et elle donne d'excellents résultats dans la confection d'un grand nombre de desserts.Cette graisse est la favorite de milliers de ménagères qui savent bien qu'elle donne un goût délicieuq à tous les mets dans la confection desquels elles la font servir.Le Saindoux Pur de Swift: " Silverleaf" Votre épicier ou votre boucher peut vous le fournir en boîtes de carton, ou en canistres de ferblanc de différentes grandeurs.Swift Canadian Co.Limited LA REVUE MODERNE mal r' 'i %ivm]aqemarilirne rapide NewYbifc, 0 VIA CUBA ET LE CANAL de PANAMA Trois grands transatlantiques rapides, le " Kroonland " et le " Finland " respectivement de 22,250 tonnes et le " Manchuria " de 22,900 tonnes, font le service pour la compagnie " Panama Pacific".CL ils possèdent tout le confort moderne, salles publiques magnifiques et spacieuses, cabines bien éclairées et bien aérées, ponts vastes; et le service se fait à légal des grands hôtels.CL Ces océaniqnes font escale à la gaie capitale de Cuba, la Havane, et traversent le merveilleux canal de Panama pour suivre la côte jusqu'à la Californie ensoleillée.Un voyage mémorable que vous devriez faire cette année.Départs bimensuels.La compagnie "Panama-Pacific" Ce service bi-mensuel n'est surpassé maintient sur ses navires le même ser- en intérêt que par les fameuses vice que celui si hautement apprécié sur croisières de la " White Star", les paquebots de la lignes " WhiteStar- sur la Méditerranée et dans les Dominion." , Antilles.Pour tous renseignements additionnels, plans et tarifs, s'adresser au directeur de langue française de notre Service d'Informations.211, rue McGill, Montréal OU CHEZ LES AGENTS LOCAUX Pacific Line •LA LIGNE DES GRANDS PAQUEBOTS' m.ii l'>24 I.A REVUE MODERNE CONDITIONS—"o V «ou* du mot h> CW« • nnon-' "ievr* 4m iccompap**» du W> »> 4* 1 - 1.-— 4t l'inrioncuf k> L*« 4>24 J'our 'I/oô 24 Cela voulait dire : " Ils sont au-dessus d'une mesquine jalousie.Voilà longtemps qu'ils connaissent l'humanité." Mais il finit par aller rejoindre son père et sa mère dans leur chambre.La petite fille achevait, en précipitant son débit pour être débarrassée plus vite : ".Aussi, le jour qui nous rappelle votre arrivée dans la vallée est-il un jour de fête que nous voulons commémorer par cette plaque d'argent, fruit de notre cotisa tion, où nous avons fait graver cette date inoubliable." • Là-dessus, le plus vieil ouvrier gravit le perron, soutenant de ses deux mains en plateau la plaque d'argent.Les Alibert la prirent et l'observèrent en hochant la tête.Puis ils embrassèrent le vieux, et un tonnerre d'applaudissements se mit à gronder, se prolongea, ne finissait plus.Au bruit de ces applaudissements, M.Xavier regarda sa femme et son fils avec un petit sourire philosophique.A ce moment Samuel devait sans doute imposer silence aux manifestants et faire signe qu'il allait parler, car un silence absolu se fit : on allait entendre la réponse des Alibert.Les châtelains se demandaient ce que pourrait dire Samuel, car, hommes de bien tous les deux par raison, et justes naturellement, jamais les Alibert n'avaient connu devant le matériel humain, dont la volonté assujettie pouvait, selon ses soubresauts, faire ou défaire leur fortune, la tendre émotion qui étreignait à chaque instant le coeur des Martin d'Oyse.Un sentiment puissant liait ceux-ci à leurs ouvriers.C'étaient, pour beaucoup, les enfants de ceux qui travaillaient déjà chez M.Béchemel il y a trente ou quarante ans.Une sorte de douce féodalité s'était établie.Les Alibert, eux, voyaient simplement des machines vivantes envers qui leur dignité commandait de se montrer équitables.Et c'était à Samuel qu'échoyait aujourd'hui la chance unique de leur parler dans une minute d'enthousiasme.M.Martin d'Oyse savait bien ce qu'il aurait dit, lui ! Son cœur débordait.Eh bien, non, il ne pourrait rien dire.La voix de Samuel résonnait en bas sous le balcon.Les Martin d'Oyse prêtaient l'oreille, passionnément.Ils recueillirent des bribes : " Nous n'avons rien fait en comparaison de ce qui nous reste à faire pour vous.Et c'est alors que les maisons ouvrières .La prospérité de la filature .Lin personnel sur iequel nous fondons toute notre espérance." Des applaudissements avertirent les Martin d'Oyse que le discours de Samuel était fini.Les mots de " Vive messieurs Alibert ! " devinrent une clameur.Cependant, les Alibert dirent un mot.Alors on entendit crier : " Vive messieurs Martin d'Oyse ! " M.Xavier demanda : — Faut-il nous mettre au balcon ?— Je le crois, dit Elie, sans quoi nous aurions l'air de bouder.Quand la foule vit ces messieurs au balcon, elle acclama ses anciens maîtres.M.Xavier fit un signe au jardinier, qui monta prendre ses ordres.C'était qu'on permit aux ouvriers de se promener dans le parc tout le matin.Alors la foule se répandit dans les allées.Sam et Freddy descendirent du perron et se mêlèrent aux ouvriers.M.Martin d'Oyse dit à son fils : — Nous ne sommes plus rien ici.CINQUIEME PARTIE I Cécile eut un gros garçon.Quand on le fit voir à sa jeune maman, elle s'écria, n'ayant rien perdu de son entrain : — Mais il ressemble à Chouchou ! J'aurai trop regardé ce mauvais sujet lors de son dernier séjour aux Verdelettes.Elie goûtait un bonheur profond qui confinait au mysticisme.Il avait un fils, un Martin d'Oyse ! Ce petit bonhomme continuerait bien l'espèce.Et peut-être que déjà sommeillait en lui l'ftme inspirée de Chouchou.S'il avait du génie, le génie littéraire si cher à Elie ! Sait-on jamais, devant le mystère de ces petits enfants ! Le soir, les Alibert demandèrent la permission de venir saluer la jeune mère.Ils arrivèrent ensemble de leur pas souple et assourdi, et vinrent baiser la main de Cécile.Elle leur dit : — Voyez le beau petit garçon que j'ai ! La garde, sur un geste de Cécile, tira l'enfant du berceau.Elie rayonnait et scrutait la physionomie des Alibert pour voir si elle exprimerait de l'admiration.Mais ils dirent seulement, tant la remarque s'imposait : — Oh ! c'est vraiment le portrait du grand-père Boniface.Elie ne broncha pas.Il se mit à considérer l'enfant pour s'assurer que les cousins riches venaient de mentir.Mais il était trop tard.Ils avaient dressé devant lui l'image du vieux marchand de bestiaux, grand, sec, les yeux bleus bridés, le visage tailladé de rides, i'air fin et dominateur.Et il fallait bien en convenir, le bébé portait en lui quelque chose d'intraduisible qui l'apparentait à l'aïeul des Alibert.Ce fut pour Elie un moment de trouble extrême.Il lui semblait qu'on venait de lui enlever son fils.Alors c'était un Alibert, cet enfant ?Ses associés venaient de lui en donner la révélation brutale.Cette race vigoureuse mais lointaine, qui l'épouvantait par sa distance, elle serait celle de son fils, qu'il le voulût ou non.Son fils ne serait pas entièrement à lui.Quand les Alibert furent partis, Cécile congédia la garde et appela de ses bras tendus son mari qui vint s'agenouiller près du lit, baisa sa main distraitement et prononça enfin : — Vous avez entendu ce qu'ont dit vos cousins : cet enfant ressemblerait à votre grand-père Boniface.— Si je l'ai entendu ! Et si j'ai vu que vous en aviez la figure longue ! Cela vous chiffonne, avouez-le, mon pauvre Elie?— Moi, dit Elie, je le voyais surtout très Martin d'Oyse.Cécile se tut.Au bout d'un instant, Elie vit que de grosses larmes roulaient le long de ses joues, sur ses lourdes tresses d'or.Il sursauta : — Je vous ai fait de la peine ?Qu'ai-je dit, donc ?Elle ne répondait pas.Elie, ravagé de la voir dans un tel chagrin, voulut caresser son front, mais elle le repoussa : — Comme vous méprisez ma famille ! finit-elle par soupirer.Cela vous a donné un soufflet que mes cousins déclarassent que ce pauvre petit tenait des Alibert.Je serais enchantée qu'il ressemblât aux Martin d'Oyse, mais vous n'empêcherez pas que je me sois mise en lui, moi et ma race.Il est tout diminué à vos yeux de pouvoir posséder la nature que j'ai prise dans cette race Alibert, dont j'ai bien droit d'être fière, il me semble.Comment m'aimez-vous donc, Elie ?— Ma femme adorée, je chéris tout ce qui est en vous.Je vous aime Alibert et pas autre et j'aimerai dans l'enfant tout ce que vous aurez mis en lui de vous.— Ce n'est pas vrai, reprenait Cécile dont la sensibilité s'exaspérait.Vous détestez ma famille ignorante des chimères, ma famille terre à terre qui vit de réalités.Vous nous regardez de haut, mes cousins, moi et jusqu'à ce pauvre bébé à qui vous reprochez de n'être pas exclusivement le fils de votre lignée supérieure.Mais allez-vous nier les qualités fortes que je lui aurai transmises malgré vous, à ce fils de poètes, de chevaliers et de littérateurs ?Il supplia angoissé : — Tais-toi, tu vas être malade, et ce serait ma faute.C'est toi qui as raison.Tu as communiqué à ce petit être ce dont nous aurions été incapables de le doter, tous les dons qui nous sont refusés.Je sais bien que les Martin d'Oyse n'atteignent point la perfection, mais ton fils y arrivera, chérie, puis-qu'en lui nos deux races se compléteront.— Ah ! s'écria-t-elle, vous y venez donc ! vous y venez, j'en suis bien aise.Les Alibert ont du bon, je ne vous l'ai pas fait dire.Elie tremblait que cette discussion ne l'eût agitée.Il lui semblait qu'elle avait de la température.Il se jugeait coupable, s'humiliait devant elle pour son orgueil de race, vantait les Alibert.A la fin, la bonne Cécile lui donna le baiser de paix, et lui dit tout bas, à l'oreille : — Et puis, sois tranquille ; ce sera toujours un Martin d'Oyse.II Fanchette, qui avait passé à Paris quelques semaines de l'année nouvelle, était réinstallée aux Verdelettes.On la trouvait très anémiée, très fatiguée.Comme on lui conseillait de se promener dans la campagne pour gagner de l'appétit, on la voyait, le matin, s'en aller sur la route.Souvent elle s'aventurait jusqu'au petit bois où le cruel Philippe lui avait si durement expliqué les impossibilités de leur amour.Et là, toute seule et loin des regards, elle relisait la lettre de Chouchou, reçue la veille du jour où Cécile avait mis son fils au monde." Je vous suis devenu odieux, Fanchette, ce qui n'est que juste .Je suis à la merci de mon appareil .Si je tombais, ce serait dans la certitude que vous me détestez.Non, non, Fanchette, pas cela ! Je ne veux pas que vous me détestiez ! " Au rebours de ce que j'espérais, l'absence a développé cet amour contre lequel je voulais me défendre parce que nos divergences morales le viciaient.Depuis que je vous ai revue ce soir de décembre, aux Verdelettes, je vous porte en moi, vous m'anéantissez.Mais, j'en demeure toujours plus certain, il me serait meilleur de mourir que de voir notre amour s'avilir au contact de nos deux natures disparates." Seulement, il ne faut pas me haïr, Fanchette, souvenez-vous-en toujours.Aujourd'hui, demain, peut-être même dans la mort, je vous aime ".Elle reprenait la lettre d'un bout à l'autre et sa peine y trouvait un horizon nouveau.Fanchette se nourrissait, s'abreuvait de cette lettre insensible à tout ce qui n'était pas le grand cri d'amour jaillissant de ces lignes.Philippe l'aimait encore ! Souvent elle pensait à lui écrire aussi.Le dernier mot de la lettre résonnait perpétuellement en elle.Mais Philippe ne demandait pas de réponse.Il disposait de leurs deux cœurs, impérieusement.Elle saurait se taire.Un matin où elle suivait le cours de la claire Aubette, elle entendit de longs coups sourds ébranler l'atmosphère.Fanchette fut prise de curiosité et pressa le pas.Le bruit venait de la filature.Et bientôt elle vit de la poussière voler par-dessus la cime des arbres.Un échafaudage entourait la maison de Nathalie.Des maçons circulaient autour du toit crevé, et deux d'entre eux s'acharnaient avec leur pic sur la brèche déjà faite, faisant crouler les plâtras à l'intérieur, pendant qu'un nuage sale comme une fumée sortait du cratère.Debout au centre du potager, Fanchette mal vu\ I.A REVUE MODERNE 49 aperçut M.Martin d'Oyse, contemplant la démolition.Sam et Frcddy ne s'étaient pas trompés.Il n'y en avait pas pour longtemps à mettre par terre la vieille maison.Ce spectacle attira Fanchette.Elle s'amusait à voir ce toit s'effondrer, la destruction écorner le mur, abattre la cheminée du pignon comme un château de cartes.Et elle pensait avec une satisfaction violente que, cette cabane disparue, l'usine doublée recouvrirait ce terrain de ses métiers.Ses frères et les Martin d'Oyse s'enrichiraient encore.Que la bicoque fût vite par terre, et que les bobines se missent à valser.Hardi ! Plus vite, les démolisseurs ! M.Martin d'Oyse n'avait pas bougé d'une ligne.Il était grand, mince et droit.Fanchette s'avança de quelques pas.Alors elle remarqua que les volubilis qui garnissaient le mur jaune étaient fleuris.Mais les fleurs étaient étouffées sous les gravats.La liane fragile s'écroulerait avec le mur, s'ensevelirait elle-même.M.Martin d'Oyse intimidait Fanchette, mais l'attirait aussi.Malgré elle, à ce moment, elle se rapprochait de lui insensiblement.Il finit par se retourner.Et Fanchette aperçut son visage baigné de larmes.— Vous êtes venue vous aussi, mademoiselle, voir tomber la vieille maison ?Je vous demande pardon de vous montrer le spectacle de mon émotion.Cette vieille maison me rappelait le plus cher de mon passé.Il se tut.Mais Fanchette comprit.Il avait perdu non seulement la maison, mais ce qui en était l'âme : le culte religieux de la vieille servante.Et M.Martin d'Oyse pleurait aujourd'hui l'époque où les Alibert n'étaient pas encore venus, où la guerre était dure contre l'adversité, mais où il s'épanouissait au milieu de sentiments subtils et robustes à la fois, que personne au moins ne cherchait à combattre.Fanchette voyait le rapport poignant qui existait entre l'écroulement de la maison et le cœur de M.Martin d'Oyse.Elle balbutia : — Je le reconnais à présent, c'est odieux ce que mes frères ont fait là.M.Martin d'Oyse la considéra, surpris.Puis il lui dit : — Mes larmes m'ont trahi, mon enfant, mais que vos frères l'ignorent.III Le grand-père Boniface fut invité aux Verdelettes pour le baptême du bébé dont il était parrain.On vit descendre du train à peine arrêté ce grand bonhomme encore solide, qui regardait les gens avec un sentiment de souveraineté.Il était vêtu avec beaucoup de soin et même de coquetterie.Il avait encore les mouvements rapides et brusques d'un jeune homme.On le fit monter en auto pour le conduire aux Verdelettes.Mais en passant devant l'usine, il exprima le désir de s'y arrêter.Là il donna l'impression d'être chez lui.Au bureau, il serra la main de M.Mnrtin d'Oyse.Tous deux se toisèrent imperceptiblement, comme deux chefs qui se msurent.Il y avait quelque chose de royal dans le port du vieux paysan qui par son génie avait mis debout une race.Rien ne lui avait résisté.De la Fortune il avait fait ce qu'il avait voulu.Il se jouait encore avec I argent comme un virtuose.Il avait l'autorité morale que donne le succès.D'autre part, son existence apparaissait claire, sans une tache.Pas une affaire louche, pas une combinaison inavouable, pas une spéculation criminelle dans son commerce avec l'argent.M.Martin d'Oyse, qui représentait un autre monde et une race différemment formée, appréciait dans le vieillard des facultés qui lui demeuraient toujours inaccessibles.On parla de Samuel et de Frédé- ric ; le grand-papa Boniface les regarda orgueilleusement.Il mit une main sur l'épaule de chacun d'eux et répéta son jugement favori : — Ce sont deux lapins.Ix- gentilhomme sourit et tourna un compliment sur l'intelligence merveilleuse de ses jeunes associés.Puis on visita l'usine.Sam expliqua à son grand-père que bientôt cette salle serait doublée, et il comptait sur ses doigts les machines multipliées.On le conduisit alors sur le terrain qui s'allongeait après cette salle.11 ne restait plus trace de la maison de Nathalie.Plus de soixante ouvriers travaillaient au chantier, et des camions apportaient jusqu'ici les pièces de fer destinées à la charpente.Puis Samuel et Elie le conduisirent en auto jusqu'aux Verdelettes, où il était l'hôte de madame Martin d'Oyse.La châtelaine lui souhaita la bienvenue, ses petites filles l'embrassèrent et on sonna la bonne d'enfant qui apporta le bébé endormi.— Regardez-le, grand-père, votre arrière-petit-fils, dit Cécile.Il se pencha ; il devait être ému ; il dit simplement : — Ah ! ah ! Madame Martin d'Oyse, par raffinement de politesse, lui raconta qu'on avait trouvé que cet enfant lui ressemblait : — Tant mieux ! répliqua l'aïeul.Ce mot frappa Elie, non pas comme un propos de vanité échappé par inadvertance à un vieux rustre, mais comme une appréciation due à la sagesse de l'ancêtre.Après tout, est-ce que ce n'était pas un bienfait si ce petit Martin d'Oyse, dernier-né d'une race trop raffinée, s'était emparé, dans le sang maternel, de la force et du rude génie de cet invincible bonhomme ?La loi des alliances est éternelle et nécessaire.Les races doivent s'y soumettre à intervalles, pour s'incorporer des éléments nouveaux sans se dénaturer.Elie comprit soudain qu'il fallait dire tant mieux si son fils héritait, en se l'assimilant, la supériorité du vieil Alibert.— Et votre aviateur viendra-t-il au baptême ?interrogea le vieillard.Madame Martin d'Oyse expliqua son chagrin : Philippe ne pouvait quitter le camp en ce moment.Sur le merveilleux appareil qu'il tenait de ses amis Alibert il faisait des expériences.Il ne disait pas lesquelles.Ce devait être mortellement périlleux.— C'est dommage, dit le grand-père Boniface.Je l'aime bien, moi, l'aviateur.Quand il fut seul avec madame Martin d'Oyse, il lui déclara sans ambages : — J'avais caressé l'idée que ma petite-fille Fanchette épouserait l'aviateur.Sa crâneric me plaît, à ce garçon.Quant à la fille, il y en a de plus laides, et je me suis laissé dire qu'ils ne se déplaisaient pas mutuellement.— Mademoiselle Fanchette est charmante, opina madame Martin d'Oyse.Le vieux dit en se redressant : — Je lui prépare une surprise.Je lui fais construire à Paris, un petit hôtel, pas grand, mais bien, que je lui donnerai quand elle se mariera.Si Fanchette devient jamais madame Philippe Martin d'Oyse, le jeune ménage ne serait pas mal, je crois, là-dedans.Il rit de tout son visage pâli par l'âge, où seuls les yeux bleus mettaient une couleur.La châtelaine parut touchée.— Je suis très flattée pour Philippe de votre désir, monsieur, dit-elle.Mademoiselle Fanchette ferait une femme délicieuse pour lui.Vous êtes bon de penser déjà aux conditions de ce mariage éventuel.On baptisa l'enfant le lendemain.C'était madame Martin d'Oyse qui, avec le vieil Alibert, le tenait sur les fonts.Le grand-père offrit à sa commère une bonbonnière d'or et plaça dans les doigts de son filleul, un chèque dont la vue fit rougir Cécile de joie.— C'est pour lui donner le goût du solide, expliqua-t-il aux parents qui le remerciaient.Alors on accomplit la cérémonie qui suivait chaque baptême.Il s'agissait d'une présentation solennelle du nouveau baptisé au génie de la famille qui flottait avec tous les souvenirs du passé dans la chambre de Henri IV.Sa grand'mère le prit dans ses bras.Tous les patents l'accompagnèrent.Les Alibert goûtaient beaucoup ces manifestations, qui leur étaient fermées et mystérieuses, mais qu'ils suivaient avec respect et curiosité.Tout ce monde pénétra dans la chambre de la tourelle.Madame Martin d'Oyse déposa le poupon à l'endroit même où s'était allongé le corps du grand roi de France.Sam et Freddy, les bras croisés, se tenaient comme à l'église.Le grand-papa Boniface parlant tout bas se faisait expliquer par la jeune bru l'histoire de cette chambre et du roi.Fanchette contemplait le lit et mesurait la puissance d'une cause purement idéale qui peut pendant tant de générations survivre et dicter sa loi.Dans l'observance de ce rite, elle était frappée par une sorte d'éternité, défiant la mort.Elle sentait son cœur devenir Martin d'Oyse.Elie dit en riant : — Voilà mon fils fait chevalier.— Hé, ma foi, reprit M.Martin d'Oyse, c'est un peu cela.Ici j'ai toujours vu la chapelle de l'honneur familial.Et il raconta au père Alibert l'anecdote du panache blanc de Henri IV, qui avait été posé ici sur cette table pendant le sommeil du roi.— Je comprends, disait le vieux, d'un air méditatif.Les anciennes familles ont ainsi des souvenirs précieux qu'il est bon de conserver.Voilà des choses qu'on ne trouverait point partout.Il vint de près voir le couvre-lit et le baldaquin, examina le bois des colonnes, puis il dit, comme un homme assommé par une émotion religieuse : — Dire qu'un roi a couché là-dedans ! Livres de Stall —Pureté et Vérité Ce que tout jeune homme devrait savoir Ce que toute jeune fille devrait savoir Ce que tout homme marié devrait savoir Ce que toute jeune femme devrait savoir Ce que tout homme de 45 ans devrait savoir Ce que toute femme de 45 ans devrait savoir $1.00 LE VOLUME PAR POSTE.LIBRAIRIE PONY, W4's,c^:!::0",NIKnl 50 LA REVUE MODERNE mal i'»24 En&jite ce fut un festin qui rappela les repas de la Renaissance.Les Martin d'Oyse, petits mangeurs, sacrifiaient là encore à la tradition.Il y eut des pâtés monstrueux et un faisan doré habillé de ses plumes.L'alternance des vins était savante.Le père Ali-bert, qui à la droite de madame Martin d'Oyse mangeait et buvait bien, disait à chaque coup: — Ah ! ah ! Comme on passait un coulis exquis de légumes printaniers, il confia à sa voisine : — J'ai mangé dans les plus grands hôtels de Paris.J'ai traité des consuls, des sénateurs, des ministres : je n'ai jamais rien trouvé de pareil à ce que vous me servez là, madame.La maîtresse de maison répliqua simplement : — C'est de la vieille cuisine française, d'anciennes recettes.Ces mots le frappèrent, ainsi que Sam et Freddy.Il y avait là une initiation inaccessible pour eux, des secrets de famille.Et ils restaient graves.Fanchette avait demandé qu'on lui mit le bébé sur les genoux, et, faisant semblant de goûter à tout, ne s'occupait que de l'enfant dont elle raffolait.Grand-papa Boniface la regardait attendri et une association d'idées lui fit dire : — Moi, je regrette que l'aviateur ne soit pas là.Il était mis en train par le bon vin.Il se sentait content.— Voilà un beau baptême, pensait-il tout haut, une réunion dont on se souviendra, une vraie fête de famille.Le château y prête, jî dois dire.Tout y devient riche et curieux.Le plus original, c'est cette chambre où un grand roi de France s'est couché.Je l'ai trouvée bien intéressante.Voudriez-vous la vendre, monsieur Martin d'Oyse ?Celui-ci ne répondit pas, se contenta de considérer le vieillard avec stupeur.Le bonhomme continua : — Je la placerais dans le petit hôtel que je fais construire à Paris.Je la disposerais comme elle est ici, en plaçant au pied du lit la petite table où le roi a posé son plumet.Et je serais heureux de montrer cela aux gens qui viendraient voir la maison.— Monsieur, dit M.Martin d'Oyse, comment pouvez-vous imaginer que je voudrais me séparer de cette relique ?— J'y mettrais le prix, fit remarquer le vieil Alibert.M.Martin d'Oyse gardait le silence.La châtelaine avait pâli.Elie souriait.— Voyons, grand-père, ne croyez-vous pas qu'il est des objets de piété familiale sur lesquels nul argent ne peut avoir de droits ?Qu'en dites-vous, Samuel ?Samuel répondit : — Ces objets, dans notre famille, auraient été entourés du même culte que chez vous.Les souvenirs ne s'improvisent pas.Il faut bien recourir à ceux des autres.Quand les hommes furent seuls, dans le billars, les fils Alibert en revinrent à la chambre de Henri IV.L'aïeul avait d'un mot mis à découvert une convoitise qu'ils gardaient secrète, depuis qu'ils avaient pris contact pour la première fois avec ce Ieg9 du passé.S'ils n'avaient point parlé, c'est qu'on était là sur un terrain où le prestige de M.Martin d'Oyse les jugulait.Aujourd'hui Frédéric osa dire : — Après tout, pourquoi pas?Nous vous proposons un échange, un gros avantage d'argent contre une valeur dont la perte ne vous serait pas si sensible que vous ne le croyez.Toute la curiosité qui s'attache.Cet»?fois Elie se fâcha.— Mon cher cousin, laissez-moi vous dire que vous commettez une erreur.Il n'est pas question pour nous, là, de curiosité, mais d'une sorte de sentiment religieux à l'égard du sanctuaire où se concrétise toute notre histoire familiale.Vous saurez qu'il est des choses sacrées, mon cousin.— Je le sais, dit Frédéric.Mais je pensais que nous, les Alibert, qui n'avons jamais compté avec vous, qui avons fait nôtre votre cause, avions acquis ici une créance morale.Elie et son père se sentirent écrasés à cette phrase.Que dire si maintenant les cousins riches en appelaient à la reconnaissance de ceux qu'ils avaient sauvés ! — Je vois que l'art d'être bienfaiteur est difficile, monsieur, dit M.Martin d'Oyse, puisqu'il arrive toujours un moment où l'obligé devient un vaincu devant l'autre.Mais le vieux avait saisi le colloque et en avait senti les pointes.C'était le moment d'intervenir : — Si j'ai demandé d'acheter cette chambre, fit-il hautement, c'était pour la joie de ma petite-fille Fanchette à qui je voudrais en faire cadeau en même temps que de l'hôtel qui s'élève pour elle.Mais mon idée va plus loin.Mon idée, c'est qu'elle épouse l'aviateur.N'empêche que si mes deux désirs se réalisent, la chambre du roi de France restera le bien d'un Martin d'Oyse, puisque Fanchette l'apporterait en dot, avec le petit hôtel.— Messieurs, dit monsieur Martin d'Oyse, je vous donne ici ma parole que l'obligation que j'ai envers vous est devant mes yeux totale, précise et accablante.Alliés avec nous contre le sort, vous en avez triomphé.Grâce à vous, la ruine fut conjurée et je m'enrichis aujourd'hui.Je vous dois tout de ce que je possède.Mais je n'ai pas licence pour disposer à votre profit du patrimoine spirituel de ma famille.Vous n'emporterez pas hors de ses murs ce qui en est le cœur toujours palpitant et qui demeure le signe de l'impérissable honneur des Martin d'Oyse.IV Le grand-père Boniface parti, un froid demeura entre les associés de la filature.Pour la première fois le prix du service rendu avait été mis en question.La reconnaissance avait cessé d'être légère à ceux qui avaient reçu, tandis que les bienfaiteurs Morency Frères Limitée Voici l'époque des déménagements.Confiez-nous la restauration de vos cadres, miroirs, tableaux, meubles dorés.Travail assuré, prix modérés.346, RUE STE-CATHERINE EST TEL.EST 3202 n'en sentaient pas assez le poids.Tout le secret désaccord tenait en cette différence.Pendant ce temps, les mur9 de la salle de filage s'éli'v.iiciil rapidement, cl Marthe Natier disait aux Alibert : — Je suis pressée de voir les nouveaux ateliers construits, j'en ai la fièvre.Elle se confiait volontiers à eux.A force de travailler ensemble, ils en étaient venus à une sorte de complicité.Ainsi Marthe était au courant de l'idée qu'avaient eue les Alibert de construire à mi-côte de la vallée des maisons ouvrières.Elle avait pris parti pour eux et commençait à trouver M.Xavier plein de préjugés.M.Martin d'Oyse dit un jour, au château : — L'âme de Marthe n'est plus ce qu'elle était autrefois.— C'était à prévoir, dit la belle Elisabeth.Pour la reconquérir, il faudrait que nous puissions éloigner les Alibert.— Oui, mais comment, une fois le service rendu, éloigner ceux à qui l'on doit son salut ?pensa tout haut M.Xavier.Jamais, jamais, quoi qu'ils m'imposent et quoi qu'ils fassent, je ne perdrai le souvenir du jour où ils m'apportèrent leur appui.C'était un soir d'été, dans le parc.Fanchette, dont on voyait l'étroite robe bleue aller et venir nonchalamment derrière les massifs, s'approcha et dit d'une voix singulière : — Il y a une auto d'ambulance arrêtée devant la grande grille.Une anxiété instinctive naissait de ces seuls mots.L'auto à la croix de Genève roula sur les allées sablées qui entouraient la pelouse.Quand elle s'arrêta devant le perron, une infirmière sortit et dit aux personnes qu'elle voyait devant elle : — J'amène un blessé Monsieur .Martin d'Oyse .qui a fait une chute assez grave au parc d'Argenteuil.Il a demandé à être conduit chez lui.Les chirurgiens l'ont permis dans des conditions spéciales.La mère n'en écouta pas davantage et s'élança sur le marchepied de la voiture.— Attendez, madame! ordonna l'infirmière qui restait seule maîtresse de son blessé.Et elle pénétra dans l'auto à la place de madame Martin d'Oyse.Le père demanda : — Quand est-ce arrivé ?Il y avait quatre jours, depuis lesquels il était soigné dans la petite clinique du parc.Les Alibert étaient venus se ranger près des parents avec Cécile et Elie.Le chauffeur et le valet de chambre soulevèrent le brancard, et l'on vit apparaître la longue statue blanche, la statue brisée de Chouchou, inerte entre les bras des porteurs.Aussitôt les yeux du blessé cherchèrent ceux de Fanchette.Elle était là ! Il l'avait revue ! Tout le soleil et le diamant de leur amour passèrent dans leur grave regard.Et Fanchette nota qu'il l'avait cherchée avant sa mère.Celle-ci ne vint qu'en second, et à elle il sourit en disant : — Ce n'est rien, je vous assure.Elle s'effondra devant lui : — Mon pauvre petit ! Les Alibert expédièrent les deux hommes pour se charger eux-mêmes du brancard.Ce furent eux qui portèrent Philippe, au bout de leurs bras forts, jusqu'à son lit où ils le déposèrent en soutenant son corps de leurs quatre mains fermes.Fanchette, farouche et discrète, se tenait près de la porte sans oser avancer.Les parents seuls's'approchè-rent du lit ; la mère se repaissait de ce visage intact, sauvé de la mort.Elle répétait": — Mon pauvre petit.Mais Chouchou, qui paraissait ce soir un chevalier de neige sous son casque btanc de linges et de gazes, appela tout d'un coup : — Où est Fanchette ? mai I'»24 L A REVUE MODERNE 51 Alors elle accourut et s'agenouilla au chevet pour pouvoir s'entendre mieux avec lui.Puisqu'il l'appelait, elle voulait bien mettre en spectacle son amour devant l'univers.Et il contempla dans une béatitude sans nom, les tendres lèvres qui dessinaient comme un baiser en murmurant : — Chouchou ! Il lui dit à voix basse : — Quand je suis tombé, je vous ai vue devant moi, et j'ai regretté, oh ! j'ai regretté la vie ! Quand on m'a ramassé, j'ai souhaité d'aller finir près de vous.Maintenant on me dit qu'on va me réparer Tant pis ! il a fallu que je vous rejoigne quand même.Il en était à ce point, à cette étape avancée et encore, si l'on peut dire, dans le champ magnétique de la mort, où les pudeurs s'annulent ; et il ne cherchait pas plus à cacher son amour pour Fanchette que la détresse de son corps brisé.Fanchette répondit : — C'est moi qui vous soignerai et qui vous guérirai.Il la regarda encore très longuement, il dit à son père : — Je l'aime, vous savez .M.Martin d'Oyse s'appliquait à contenir ses émotions.Il répondit sans paraître surpris : -— Tu fais bien.On chercha Sam et Freddy.Mais ils roulaient déjà sur la route de Rodan pour ramener un chirurgien.Sans émotion déprimante, à froid, ils s'incorporaient le malheur des autres, adoptaient leur chagrin, s'oubliaient parfaitement pour se consacrer à terrasser leur épreuve.Ils ramenèrent avant la nuit une célébrité de la ville.Pendant la consultation, M.Martin d'Oyse, le cœur débordant, leur étreignit les mains : — Vous êtes d'admirables amis ! — Oh ! ce n'est rien, cela ! dirent-ils en riant.Le chirurgien n'approuvait pas beaucoup le transfert du blessé dans une maison particulière, et il parla d'une clinique de Rodan.Sam et Freddy lui dirent alors : — S'il faut une salle d'opération, on en improvisera une dans la chambre voisine.Les Martin d'Oyse les regardaient avec adoration.Les Alibert apparaissaient ce soir puissants et bienfaisants, dans tout l'éclat de leur amitié.Le blessé dit à Fanchette : — Ne me quittez pas.Et cet amour de Chouchou scellait l'intimité.Tout paraissait naturel ce soir, même ces accordaiMes soudaines.Quand la jeune fille déclara qu'elle passerait la nuit à le veiller, madame Martin d'Oyse la serra dans ses bras.Quel lien nouveau avec les Alibert ! V Elic guettait le moment propice pour venir s'entretenir avec son jeune frère.Il avait à coeur d'effacer le souvenir d'un autre entretien où il s'était évertué à tuer en Philippe l'amour de Fanchette.— Vois-tu, mon petit, nous nous trompons dès que nous perdons de vue la fin des causes.Je t'ai dit des choses très dures le soir où je t'adjurais de ne pas épouser une Alibert.Depuis, j'ai bien changé.J'ai un fils aujourd'hui, et j'aperçois la raison de nos phénomènes psychologique* en tenant dans mes bras cet enfant qui est le but auquel ten-faient les dits phénomènes.Chouchou, tu est dans le vrai en aimant la jolie Fanchette.Si ces femmes très différente*, de nous, que nous ne possédons jamais complètement, attirent ainsi notre désor, c'est que notre race est avide de se parfaire en elles.Constate ce que les Alibert nous ont opporté à côté de leurs capitaux.L'œuvre accomplie est énorme.Qui en est l'auteur?Les Ali- bert.Je sais bien qu'ils sont en train de nous manger, de se substituer aux Martin d'Oyse dans le rôle héréditaire que nous tenions dans le pays.Leur vitalité a tout pompé : la popularité, l'admiration, les vieilles fidélités.Papa l'a dit un jour : nous ne sommes plus rien ici, mais crois-tu que je ne me réjouis pas à penser que mon enfant sera plus complet que moi et possédera les qualités de Cécile?Cécile m'a fait souffrir souvent.Je l'adore et je mentirais si je disais que je suis pleinement heureux.Elle a trop raillé ma littérature, comme elle dit, et les subtilités de ma race ; elle n'a épousé que la moitié de moi-même et je me brise le front contre l'impénétrable de son âme, moi qui avait rêvé l'union absolue.Suis ton amour.Chouchou : ce n'est pas aveuglément qu'il te conduit à Fanchette.Si tu dois frémir souvent devant le mur qui vous séparera toujours, dis-toi que c'est peu de chose que notre cœur soit mortifié.Philippe était toujours une blanche statue souffrante, dont seuls les yeux dévorateurs vivaient.Mais il était sauvé maintenant.On devait d'ici peu briser l'enveloppe de plâtre qui le moulait.Icare se relèverait pour effronter encore le soleil.VI Les Martyn d'Oyse étaient un jour au perron de la maison blanche, devant le cèdre, quand deux mécaniciens au visage noirci et sentant le fer s'avancèrent, d'un pas rythmé, venant de l'usine.On montait en ce moment une seconde machine à vapeur de quatre cents chevaux.Les Alibert travaillaient avec les ouvriers du constructeur.— Quelle besogne ! dit M.Martin d'Oyse en les voyant.Quelle fatigue ! — C'est fini ! dit Frédéric en riant.Ils étaient transformés.Le corps ondulant dans ces vêtements lâches, au bleu souillé, respirant la force physique, ils paraissaient vraiment les rois de la matière.— Eh bien, vous êtes contents?leur demanda Elie.Les deux Alibert dirent ensemble : — Non ! Et ils expliquèrent : — L'extension de l'usine va exiger un personnel double.L'heure est arrivée de faire quelque chose pour nos ouvriers.Nous voulons leur organiser une vie confortable et il faut que vous nous aidiez en nous cédant quelques hectares du terrain dans le coteau, pour que nous mettions à exécution notre projet de cité ouvrière.M.Martin d'Oyse demanda : — On déboiserait le coteau ?On ferait tomber les acacias et les hêtres, et à mi-côte vous construiriez une de ces longues casernes.Samuel appela : — Mademoiselle Natier, voulez-vous nous apporter le dossier de l'architecte et nous chercher le projet en couleur ?Ils comptaient sur ce projet en couleur qu'ils trouvaient joli pour séduire M.Martin d'Oyse comme ils avaient séduit Nathalie.Le gentilhomme était tout frémissant, mais il se taisait.Lorsque Marthe lui eut mis sous les yeux l'image de cette bâtisse interminable, hérissée en feston de ses multiples toits portant chacun sa cheminée unique, il s'écria : — Jamais on ne déshonorera la vallée, qui est la plus belle du pays, par ces construction ignobles ! La nature a pris elle-même la peine de dissimuler par une poussée de verdure plus luxuriante qu'ailleurs les laideurs de l'industrie, aux bords de la rivière.Vous voudriez déraciner ces beaux arbres, .ettre à nu le coteau, et y étaler l'horreur de ces façades régulières, c'est-àldire détruire l'incomparable charme de cette vallée, en tuer toute la poésie ?Je m'y oppose.Les Alibert mettaient de la bonne volonté à essayer de le comprendre, mais ne parvenant pas à sentir la divine importance de la beauté, ils ne se fâchaient pas contre ses conceptions qu'ils jugeaient nobles.Samuel dit doucement : — Ces maisons ne sont pas laides.Et puis, monsieur, le bien-être de vos ouvriers ne prime-t-il pas ces considérations ?— Mes ouvriers, dit M.Martin d'Oyse, habitent de petites maisons disséminées dans la verdure, où ils goûtent le bien-être de l'habitude.Ils seront beaucoup moins heureux si vous les transplantez dans ces bâtisses où ils perdront le sentiment du foyer personnel.Plus de souvenirs, plus de passé, plus rien comme jouissance, que le bien-être matériel.Mais compensera-t-il le bien-être moral qu'ils auront laissé dans leur chaumière nichée au hasard entre trois chênes, entourée d'un jardin fantaisiste, et bien à eux ?Si vous voulez faire le bonheur de vos ouvriers, messieurs, faites comme ma femme qui les visite, qui s'enquiert de leurs besoins moraux autant que matériels, et puisque vous avez la grande puissance des capitaux, dotez-les d'institutions moralisantes, de mutualités, de bibliothèques, mais pour Dieu ne faites pas constituer votre bienfaisance dans l'action d'un froid logement où le robinet remplace le jeu antique du puits.A NOS CLIENTS ET AMIS Pour avoir plus d'espace, vous donner un meilleur Service, un plus grand Assortiment, de meilleurs Prix, Nous transporterons vers LE 10 MAI 340, rue STE-CATHERINE EST, (Coin Notre-Dame de Loin, h s).Notre département de Broderies et Patrons, actuellement rue St-Denis et Notre département de musique, depuis 3 ans, chez Bouvier Liée.\ eiiez vous rendre compte et profitez de notre vente d'inauguration RAOUL VENNAT, 340 Ste-Catherine Est Notre Département de Musique, Gros et Détail, 642 rue St-Denis, continuera toujours, et vous y serez les bienvenus.Les Bureaux sont également rue St-Denis 642.où l'on est prié d'adresser toute la correspondance.RAOUL VENNAT, 642, rue St-Denis Tel.Est 822 et 3065 52 LA REVUE MODERNE mal l*>24 — Nous leur devons, dit Samuel, de mettre à leur disposition les commodités modernes dont nous jouissons nous autres.Cela sera, monsieur, parce que cela doit être.Et il tapait de son doigt plié sur le papier étalé devant eux, à la balustrade du perron, et où rutilaient, avec leurs toits de tuiles, quatre-vingts maisons d'un seul tenant.— La beauté de la vallée ne sera pas détruite avec mon consentement, s'écria M.Martin d'Oyse.Ce serait un crime de priver à jamais les générations futures du spectacle àui nous a erfchantés nous et nos pères depuis des siècles.L'homme n'est pas le maître absolu des paysages.11 en est comptable devant ceux qui naîtront après lui, et nous n'avons pas le droit, vous entendez, nous n'avons pas le droit de détruire un ensemble de beauté.Je ne veux pas, mon fils et moi ne voulons pas qu'il soit touchée à la vallée.Samuel, à ce point de la discussion lança la phrase fatale : — Et nous, alors, pour qui comptons-nous ici ?— Quand je vous ai proposé de vous associer à nous pour gérer la filature, dit M.Martin d'Oyse, il n'avait pas, que je sache, été question de vous remettre en outre les destinées d'un pays où ma famille domine depuis des siècles.— Les services que nous avons rendus au pays dans un ordre, dirent les Alibert, nous invitaient d'eux-mêmes à poursuivre notre action dans les autres.Ce que vous ne voulez pas nous laisser faire à proximité des ateliers, nous l'établisons plus loin.Marthe ramassait les documents du dossier, qu'elle allait emporter, quand M.Martin d'Oyse lui demanda : — Que pensez-vous de cela, mon enfant, vous, la fille de la vallée ?Marthe pâlit ; elle craignait de se montrer ingrate envers les Alibert.Pourtant le gentilhomme venait de la reconquérir par tout le prestige d'autrefois.Elle se tournait naturellement vers la race dont elle tenait sa formation morale : — Je pense, monsieur, répondit-elle, que c'est vous qui savez le mieux ce qu'il faut au pays.— En effet, dirent les Alibert, mortelle- Quincaillerie départementale Spécialités : Tapisseries Glacières Ustensiles en Aluminium 124 Mont-Royal Est Coin Hôtel-de-Ville Tél.Bél^ir 0044 et .W04 ment outragés, nous ne sommes, ici, que des étrangers VII Chouchou fit d'abord ses premiers pas aidé de béquilles, puis bientôt se contenta d'une canne et du bras de Fanchette où il s'appuyait de toute sa confiance.Ils se promenaient dans le parc, sur le chemin creux qui menait à l'usine, ils allaient jusqu'au bois, toujours inséparablement enlacés.Ils passaient comme l'illustration d'un beau romanîde chevalerie.Lui était le Tristan de la conquête des airs ; elle, l'Yseult d'une cité lointaine, qu'un enchantement lui avait si longtemps défendue.Il prétendait ne pouvoir faire un pas sans le bras de Fanchette.Sam et FYeddy dirent à Fanchette : — Les Martin d'Oyse sont des ingrats.Ils sont riches aujourd'hui et c'est notre oeuvre.Mais ils veulent nous condomner au rôle d'ouvriers de leur opulence et limiter là notre action.Il nous semblait intéressant d'apporter à cette ancienne et illustre famille l'appui de notre puissance.Puis nous voulions en outre faire du bien dans leur propre domaine.Nous nous figurions qu'ils ne nous en aimeraient que davantage et qu'ils applaudiraient aux vues et aux réalisations dont ils sont incapables, eux, rêveurs.Mais voilà qu'au rebours de ce que nous attendions, ils se sont montrés jaloux de ce bien que nous opérions.Après que nous les avons dotés de toutes sortes d'agréments pratiques, et que nous leur avons enseigné l'art de vivre que nous possédons mieux qu'eux, ils se retournent contre nous et nous traitent en ennemis.Cela nous cause une peine profonde, Fanchette.— C'est que, dit Fanchette, lorsqu'on a rendu service à son ami le plus cher, il faut éviter ensuite d'en prendre avantage pour faire le maître chez lui.VIII M.Martin d'Oyse vint à son tour : — Ma chère Fanchette, vous serez demain une Martin d'Oyse, vous l'êtes déjà par les sentiments et je puis vous parler avec liberté.Pourquoi vos frères veulent-ils détruire ici des habitudes séculaires et une spiritualité qui, bien que n'étant pas leur fait, a donné forme à notre race ?Ils m'obligent à leur dire, ce qui est atroce après tous leurs bienfaits, que je saurai gouverner sans eux.Voilà, ma chère Fanchette, à quoi j'en suis venu.Il s'agit de défendre contre eux l'esprit de ma race.Les ai-je blessés ?.je le crains ! — Vous les avez blessés, dit Planchette, et ils en souffrent.Mais il le fallait.La première fois que Fanchette dit à ses frères qu'ils devraient résilier leur association et quitter les Verdelettes pour reprendre la minoterie, ils se mirent en colère et répondirent qu'ils ne voudraient jamais laisser péricliter l'œuvre qu'ils avaient établie sur de telles bases.— Elle ne périclitera pas, dit Fanchette, car les Martin d'Oyse sont capables de la gérer sans vous, sinon sans vos capitaux.Leur caractéristique est justement d'être capables des entreprises les plus diverses et de marier dans leur esprit la littérature et l'art avec les activités pratiques.Restez leurs commanditaires, car ils ont besoin d'argent, et leurs amis, car ils ont besoin d'amitiés, mais retirez-vous.La salle de filage était maintenant comme une cathédrale aux vitraux blancs, où soixante mille broches valsaient si vertigineusement que le fil, entraîné par cette giration, simulait autour de chacune un nuage impalpable, une vapeur.Souvent les Alibert entraient et regardaient ce formidable travail, né là lus des deux machines à vapeur, agitées de leur convulsion incessante.Ils en remplissaient leurs yeux en pensant au conseil de Fanchette Il leur fallut deux mois pour qu'ils se résignassent à quitter les Verdelettes.Quand ils furent décidés, ils en vinrent avertir les Martin d'Oyse, un soir, au salon.L'hiver était venu.Tout le monde était rassemblé autour de la lampe électrique, et les radiateurs répandaient une chaleur pesante.Sam et Freddy exprimèrent leur dessein.M.Martin d'Oyse se récria.— Jamais ! Vous ne partirez pas.Votre amitié nous est trop précieuse.Mais ce que les Alibert avaient mis deux mois à résoudre, ils ne manquaient plus de l'exécuter.Ils partirent comme ils l'avaient dit, trois jours après.Leur père leur avait envoyé une voiture qui les attendait devant le perron du château.Eux, comme lorsqu'ils étaient arrives, vinrent baiser la main de la châtelaine.— Ah ! leur dit-elle, au moment de vous perdre, je mesure l'attachement qui nous liait à vous.— Nous regrettons aussi, dirent-ils, mais nous avons bien réfléchi.C'était trop difficile.C'est mieux ainsi.Quand ils arrivèrent à M.Martin d'Oyse, celui-ci prit les mains et les garda dans les siennes.— Pourquoi faut-il .Pourquoi faut-il.murmura-t-il.Tant de dévouement, tant de loyauté dans l'amitié, et cette impossibilité de se comprendre entièrement ! Ce mystère des races !.Je vous aimais, amis bienfaisants.Votre tranquille bonté me charmait, et le souvenir du service rendu ne me quittait pas un instant.Je crains qu'il ne m'accable aujourd'hui.Doutez-vous de notre reconnaissance ?— Non, dit Samuel ; pour toute question de cœur et de l'esprit, qui pourrait douter de vous ?Et M.Martin d'Oyse les embrassa.Les Alibert laissaient au château Fanchette, que Philippe épouserait le mois suivant.C'était le meilleur gage de leur fidélité.A l'heure dite, ils montèrent en voiture.Sam prit le volant, et l'auto glissa sur le sable mouillé.Ainsi partaient, après leur œuvre accomplie, les dieux nouveaux qui avaient quelque temps prêté à la race noble l'instrument de leur génie.Les dieux étrangers savent s'arracher en temps opportun à ceux qu'ils veulent servir, pour que l'hommage du regret s'ajoute à celui de la reconnaissance.Les Martin d'Oyse, 'e cœur déchiré, demeurèrent tous au perron, après que les Alibert eurent disparu.Mais un appel venu du dedans les obligea de rentrer.C'était le petit enfant d'Elie et de Cécile qui pleurait dans les bras de sa nourrice.F-I-N En cour d'assises.Le président à un témoin : — Il paraît que vous fréquentiez beaucoup l'accusé.Et le témoin, très digne, de répondre : — Je ne l'ai plus revu depuis l'assassinat.LA REVUE MODERNE est éditée par Madame Madeleine Glea-son-Huguenin, 147, rue Saint-Denis, Montréal, et imprimée par la Cie d'Imprimerie des Marchands I.tée., est, rue Notre-Dame, à Montréal. mal M 11 LA REVUE MODERNE 53 JEAN GOSS.— Votre annonce ne parait que ce mois-ci car elle est arrivée trop tard pour notre livraison d'avril.Il nous 6erait absolument impossible de vous charger moins que le dollar déjà versé pour chaque annonce supplémentaire.Avant d'accepter votre collaboration, il faudrait lire quelques-uns de vos articles.Vous me pardonnerez de ne pas vous faire de promesse à la légère, mais soyez sûr que je serais très heureuse de vous accueillir parmi mes collaborateurs.PIERRE POUREUX.— Plaire à tous et à chacun est une chose impossible.Il faut nécessairement de temps à autre publier un roman plus court, afin de permettre au roman à suivre d'occuper plusieurs pages.Je ne sais de quel manuscrit vous voulez me parler, il me faudrait au moins un nom pour me permettre d'identifier l'article en question.J'attendrai les renseignements supplémentaires de votre bonne et attentive volonté.UN OBSERVATEUR AMERICAIN.— C'est une manie de quelques auteurs français d'utiliser depuis quelques années des termes anglais dans leurs écrits.Disons que c'est une douce manie qui leur passera avec le temps.CHRYSANTHEME.— Je lirai votre article en me reposant chez moi, et soyez certaine que s'il m'est possible de le publier dans la Revue Moderne, que je le ferai avec le plus grand plaisir.Je vous retrouve toujours souriante et aimable à toutes les étapes de ma vie littéraire, et rien ne saurait m'être plus doux et plus agréable.MATALENA.— Ceux qui aiment vraiment sont toujours un peu jaloux et vous n'avez pas à vous étonner de l'incident que vous me racontez.C'est absolument dans l'ordre normal des choses, seulement, soyez bien gentille afin de réparer tous les ennuis qui sont survenus à la suite d'un petit acte d'indépendance provoqué très naturellement par les circonstances.Tâchez de faire comprendre à votre jeune ami que vous ne pouviez vraiment agir autrement que vous l'avez fait.SUZANNE.— Vous êtes l'amie la plus gentille que l'on puisse souhaiter, même lorsque l'on est comme moi fort exigeant.VIOLA.— Vous pouvez écrire le mot égoïsme sur le dossier de ce personnage et vous aurez absolument trouvé le mot de la situation.Seulement, je vous engagerais à exercer une grande indépendance, à ne jamais paraître froissée de l'indifférence de la personne en question et à paraître en prendre votre parti le plus allègrement possible.II faut châtier les orgueilleux de cette façon, et jamais faire montre de la sensibilité qui nous fait souffrir.D'ailleurs, est-ce que l'on peut se compter seule lorsque l'on a des petits à aimer et à caresser ?Croyez m'en, votre part est encore belle comparée à la tristesse et à la solitude de certaines vies.PAULE RAYMONDE.— Je serais très heureuse de vous accueillir comme collaboratrice si le verdict de notre critique littéraire nous l'autorise.LULL.— Je n'ai malheureusement pas encore reçu la bonne réponse à vous donner.J'espère tout de même y réussir d'ici quelques jours.Et alors, je serai très heureuse de vous communiquer une bonne nouvelle.R.DE L.L.—J'ignore absolument où ce personnage se trouve actuellement, mais j'ai toute raison de croire que vos renseignements sont absoluments exacts, et il faut plaindre celui qui souffre ainsi et souhaiter ardemment son retour à la santé.J'AIME FLORIAN.— Le deuil d'une grand'mère est relativement très court et chacun doit le porter suivant son sentiment et aussi les circonstances.2.—Oui.3.— Il vaut mieux teindre ce manteau en noir.4.—Ces ouvrages doivent se laver avec beaucoup de précaution dans une eau tiède additionnée de savon ou de " Lux ".Puissent les bambins vous récompenser de tout votre dévouement.VOTRE ADMIRATEUR.—Mon prochain volume s'appellera : " Le meilleur de soi ", et paraîtra tout prochainement.Voyez ailleurs une petite annonce à ce sujet.Merci beaucoup.FERNANDE LA PAYSANNE—Vous aussi, vous êtes de ces amies sûres et justes qui défendent et protègent.Il n'y a que les inutiles ou les insignifiants qui ne sont critiqués, et nous n'avons pas la pensée d'appartenir à cette catégorie n'est-ce pas?Soignez vous bien, car ceux qui vous aiment ont besoin que vous leur restiez longtemps encore.PETITE AVEUGLE.—Je n'ai pas eu encore le temps de lire posément vos petits essais, mais je le ferai bientôt et serai si contente de vous en faire compliment.OHMAL.—Merci de votre joli souvenir de voyage ; il m'a fait infiniment plaisir.PETITE HEUREUSE—Tout ce bonheur qui vous arrive vous l'avez bien mérité, et vous saurez d'autant mieux l'apprécier que vous en connaissez le grand prix Je me réjouis de ce qui vous arrive et souhaite que votre vie commencée dans le sacrifice et le dévouement s'achève dans le bonheur parfait.Je n'ai pu répondre à votre lettre dans le dernier numéro, notre courrier ferme le 15 exactement et votre lettre était datée du 16.Si vous m'aviez donné une adresse personnelle, je me serais fait un plaisir de vous donner les renseignements demandés.Maintenant il ne me reste que mes vœux à offrir, mais ils sont bien sincères, je vous l'affirme.SOUCIEUSE.—Vous êtes la bienvenue dans notre courrier et je vais essayer de vous trouver l'article qui pourrait le mieux vous renseigner sur les symptômes du cancer.Seulement allez voir et tout de suite, un médecin ; cette maladie est trop grave pour lui différer les soins voulus.Faites au plus vite, voulez-vous et ne négligez rien.J'IRAI.-— et je vous ai vainement attendue, et j'en ai conclu que votre esprit avait agréablement dérivé.Cependant, s'il vous était utile et aimable de passer un jour chez moi, sachez bien qu'après la lecture des pages que vous m'avez consacrées, je suis devenue l'amie la plus accueillante et la plus sympathique qui se pousse trouver.SYLPHIDE.—¦ Je vous remercie des paroles charmantes que vous m'adressez et qui sont certes de nature à me faire grand plaisir.Nous nous chargerons volontiers de recevoir votre correspondance par la petite poste et de vous l'expédier à l'adresse que vous voudrez bien nous indiquer.SONGEUSE.— Vous ne sauriez croire combien la sympathie que vous m'exprimez en de si jolis termes m'est sensible, et je vous en remercie affectueusement.Si vous voulez bien lire nos pages de travaux féminins, vous verrez que nous avons l'intention de donner à ces ouvrages une plus grande extension et nous comptons que vous voudrez bien vous rallier à nos travailleuses afin d'accomplir des œuvres non seulement jolies mais encore productives.E.D.MARCEAU.— Hélas, St-Just est mort ! Notre poète Lozeau avait choisi ce pseudonyme pour son rôle de critique.Nous le remplacerons bientôt.La pièce de vers que vous m'aviez confiée est restée la dernière sur sa table de travail.Je ne sais s'il l'avait déjà appréciée, en tout cas, celui qui prendra la charge de juger nos pièces de vers rendra la réponse que vous êtes en droit d'espérer.SIMONNE.— Je vais lire "Ma sœur Blanche " et j'espère d'ici quelques jours pouvoir vous en dire beaucoup de bien.MAUD.— Comment n'être pas sensible à un témoignage aussi spontané que gentil d'une affection qui me flatte et me plaît.Vous êtes une chère petite fille que j'aurai grand plaisir à accueillir à notre courrier.JOYEUX PRINTEMPS.—Une fille de dix-huit ans, à moins d'être émancipée, ne peut signer aucun engagement valable sans l'autorisation de son père.PETITE AVEUGLE.— Il y a quelque chose de doux et de tendre dans les petits croquis que vous m'avez adressés.J'en publierai certainement quelques-uns, -pas tous,-surtout celui de Pâques que vous avez singulièrement fleuri.Cependant, je trouve dans quelques-uns des qualités qui me font franchement plaisir, et dans votre lettre, petite fille, une tendresse infinie qui me comble de ses dons les plus aimables.B.YONAD.— Il faudrait vraiment un peu plus de travail et je serai fort heureuse alors d'accueillir vos charmants essais.KORRIGANE.— Comme je l'accueille votre joie, petite fille, et vous ne sauriez croire quel bien elle me cause ! Soyez certaine que je n'aurais jamais laissé une lettre de vous sans réponse, vous êtes parmi celles qui m'accompagnez de votre douceur depuis des années et l'une de mes favorites, car, l'affection que vous m'avez offerte m'a toujours semblé de qualité supérieure.Je publierai le " Vieux Pin " qui m'a plu comme tout ce que vous écrivez d'ailleurs.JULIE N.— 1.Les jaquettes sont portées très longues, à quelques pouces de la jupe.2.Le choix d'un chapeau dépend toujours un peu de la personne qui doit le porter.Cependant, les petits chapeaux sont toujours beaucoup plus seyants avec le costume.3.Les deux sont également portés.E.L.L.—Je lirai attentivement l'article que vous m'avez adressé et je vous en parlerai dans mon prochain courrier.PIE ROGUE.—Je n'ai malheureusement pas le temps de lire votre pièce de vers et je vous donne à vous aussi, rendez-vous A mon prochain courrier.MADELEINE. LA REVUE MODERNE mal i L'HEURE GRISE 7 t Par BERTRAND DENY Sur le seuil du salon se déroula la mince silhouette de Robert Maurice.Madame Norbert lui tendit amicalement la main : — C'est gentil à vous d'être venu à mon appel aussi promptement.— Mon Dieu ! Madame ne me félicitez pas trop, il se pourrait que la curiosité y eut sa part.— Peu importe en tout cas, j'ai besoin de vous Robert et vous êtes là.Madame Norbert de quelques années plus âgée que Robert Maurice et le connaissant depuis sa toute jeunesse, se donnait le droit de l'appeler par son prénom quand lui, respectueusement disait : Madame.— Vous devez, avec raison, être un peu surpris de cette entrevue que je vous ai demandée, commença-t-elle, abordant sans préambule, la question qui la préoccupait.Il eut un geste vague.Elle poursuivit : — J'ai une idée à vous soumettre qui vous paraîtra étrange peut-être, mais n'êtes-vous pas un bon ami plein d'indulgence ! Vous savez combien mon mari est absorbé par son travail, si absorbé qu'il ne pense plus à moi.Si je sors c'est avec des amies ou seule.A peine me consacre-t-il une soirée par-ci par-là.Les après-midi j'ai mes enfants à promener, mais dès qu'ils sont couchés je me retrouve vis-à-vis de moi-même ; je vous assure que ce n'est pas toujours très amusant d'être la femme d'un avocat de renom.Elle s'arrêta un peu hésitante sur ce qui lui restait à dire.Robert attendait, perplexe se demandant où elle voulait en venir.Elle reprit : — Cet état de chose a duré assez longtemps et j'ai pensé le faire cesser par un petit moyen romanesque, je le conçois, mais efficace je pense, il dépend de vous.— De moi ?Vous voudriez que je confesse Claude, que je lui répète ce que vous venez de me dire ?— Mais non ! — Alors je ne comprends plus.— Vous allez comprendre.Vous êtes un ami de la maison, à un autre j'aurais tû ces choses, à vous ce n'est plus tout à fait pareil.Voici : Il faudrait que vous aviez l'air de vous occuper de moi, un peu, pas trop, assez pour être remarqué de Claude.Oh ! rien que de très honnête, un petit flirt mondain par exemple qui paraîtra à mon mari beaucoup plus.je dirai.important.— Madame je ne m'attendais pas, je l'avoue, à rien de semblable et je ne sais trop quel parti prendre.Elle contint un mouvement d'impatience : — Je vous demande Robert, quelque chose d'inof-fensif pour nous deux et qui me donnera à moi un peu d'attention de la part de Claude.— Alors c'est par la jalousie, oui je dis bien, que vous voulez le reconquérir ?— Mon Dieu ! je ne vois que ce moyen.— Et s'il ne réussit pas ?— Du moins nous aurons essayé.— Eh bien j'accepte puisque vous croyez au retour du bonheur par là.Vous me donnez un rôle à jouer chez vous, il faudra de temps en temps renouveler quelques conseils de scène car je suis un très piètre artiste Madame.— Je vous rendrai votre rôle facile.— A quand le premier acte acheva-t-il en riant ?— Quand vous voudrez, le rideau est levé.— C'est bien je commence.Il lui prit la main et la porta à ses lèvres.Il s'écria en se redressant.— Ai-je assez l'air d'un jeune premier ! Ils rirent tous les deux, lui franchement, elle avec un peu de contrainte.— Le premier acte est à peine à son début et il faut que je me sauve.Un avocat même sans renom a encore du travail qui l'attend.Au revoir Madame.— A bientôt Robert.Restée seule dans le salon, Madame Norbert sentit une légère angoisse lui étreindre le coeur : " C'est un peu audacieux ce que je viens de faire, mais à un ami de toujours comme Robert, le danger n'est pas grave " se dit-elle, essayant de se convaincre.Ses enfants qui rentraient lui firent oublier momentanément tout ce qui n'était pas eux.Six mois plus tard dans le même salon à cette heure indécise qui n'est plus le jour et pas tout à fait la nuit.Madame Norbert écoute Robert Maurice qui lui parle d'une voix assourdie : — Je suis un homme bien différent d'il y a quelques mois quand vous me proposiez ce moyen de m'occuper de vous pour attirer Claude.S'il y a quelqu'un de changé, c'est moi et vous le devinez Madame.Claude travaille toujours, mais moi dans ce rapprochement forcé, j'ai appris à mieux vous connaître et mieux vous connaître c'est vous aimer.Elle ne fit pas un mouvement, ses yeux restèrent fixés vers la fenêtre seul point de clarté.Robert continuait : — Je vous ai aimé sans me l'avouer à moi-même, ce besoin que j'avais de vous voir si souvent c'était cela.Dans ma vie il n'y a pas eu d'amour, pas même d'amourette, mon cœur s'est pris très vite à celui-là et maintenant il est entré profondément en moi.Vouloir l'arracher de ma poitrine serait folie.Il se pencha vers elle, suppliant : — Laissez-moi vous aimer voulez-vous, laissez-moi vous donner de ce bonheur que vous désirez.Je voudrais ne plus voir ces yeux tristes, cette bouche amère.Dites voulez-vous ?Madame Norbert s'était levée toute droite, une flamme dans son regard.— Robert assez, je ne veux plus en entendre davantage.Je vous ai donné le droit de me dire ces choses et à le constater j'en éprouve une honte et une déchéance.Oui je suis et je serai plus malheureuse qu'avant si j'accepte le bonheur que vous m'offrez ; je le repousse, à ce prix je n'en veux pas.J'ai perdu la confiance si tranquille de mon mari, j'ai voulu lui expliquer, il a haussé les épaules.Elle eut un sanglot.— Nous avons joué un jeu dangereux Robert et je me sens affreusement responsable du mal que je vous fais.Pardonnez-moi mon ami, oubliez-moi et surtout mui 1024 LA REVUE MODERNE 15 ne me jugez pas trop mal.Il me reste une grande tâche, mes enfants et mon mari.Il croira en moi de nouveau, oui même si toute ma vie doive le lui apprendre.Klle s'arrêta puis reprit.— Nous serons de bons amis comme autrefois Robert.Quand tout cela sera chose du passé vous reviendrez et Claude comprendra que vous n'avez jamais cessé d'être un homme loyal.— Non Madame c'est fini, nous ne serons jamais tels qu'autrefois quoique nous fassions, l'amour a passé entre nos vies et sa trace ne s'effacera plus pour moi.Je n'ai rien à vous pardonner, vous me demandiez simplement de jouer un rôle facile, comme un jeune premier plein d'enthousiasme, j'y ai apporté tout mon cœur.Que Claude puisse comprendre un jour ce que vous êtes, tel est mon dernier vœu.Klle murmura presque bas : — Merci ! — Adieu Madame.Klle se retrouva seule dans la pièce pleine d'ombre.Des larmes brûlantes coulaient sur ses joues et tombaient sur ses mains croisées.Klle ne voulut pas s'appesantir sur sa douleur ; elle alluma la lampe et sur le grand cahier de comptes, elle commença d'aligner des colonnes de chiffres.Bertrand Deny.26 mars, 1924.CONDITIONS-—Trt» wj qu*tr« p*f« d'ëcnturv courut tr a I encrr iui pMptcr non r*yi pu de copte, Cirwju*nt* «ou* pu r-.ar.'i.' i- ¦- ir Si on dènrc le minuxnt.inclure une enveloppe t^rmu et affranchie.Pour les étude» ptrUculiera, envoyée» directement SI 00 Le Nouveau Piano Pratte OREADE.—Imaginative, délicate, tendre, un biin sentimentale, elle a de la grâce et un charme bien féminin fait de bonté, de souplesse, de spontanéité.Très sensible, nerveuse, d'humeur variable.La volonté est vive, assez ferme, un peu autoritaire : elle a de l'initiative et de la bonne volonté.Impulsive et légèrement impatiente.L'amour-propre existe et elle est un peu susceptible.Elle est intelligente mais il est évident que la culture est médiocre et c'est dommage.PHILIPPE-JOSEPH.—Trop d'imagination nuit au jugement, développe l'exagération, favorise l'illusion et les préjugés.Il est irréfléchi et un peu blagueur.Sincère et franc, très affectueux.Il a bon cœur et un caractère capricieux et un peu mou.Je lui vois bien parfois de la résolution et de la fermeté, mais le plus souvent, il se laisse influencer et entraîner par les plus énergiques que lui.Comme tous les faibles il a des entêtements brusques et raides.Il est enjoué, conciliant, très souple et fort capable de dissimulation malgré sa franchise ordinaire.Capable de se dévouer, car l'égoïsme est faible, actif, bruyant, agité.Il aime ses aises et les bonnes choses de la vie et il ne s'en prive pas.JEAN-LOUIS.—Esprit sobre, 9ensé, positif et sérieux.Réflexion et jugement.Il est bon.ses affections sont profondes, sincères et constantes.Il est orgueilleux et timide quoiqu'il essaie de le cacher.Activité égale et persévérante.Une vive sensibilité sans cesse combattue et tenue en laisse par la raison.La volonté est précise, modérée, vive, un peu flottante parfois dans des indécisions pénibles et nuisibles.Grande simplicité, aucune vanité ou prétention mais beaucoup de fierté digne.Il contredit facilement et il discute avec suite et logique.Beaucoup d'obstination, une grande puissance de résistance et d'indépendance, les deux sont protégées par une réserve extrême qui le rend impénétrable même à ceux qui le connaissent bien.VIVIANE.—Légère, un peu superficielle, très ima-ginative et portée aux exagérations, voilà un côté d'elle.L'autre côté révèle un sens pratique et un bon sens qui combattent les chimères et les rêveries folles.Elle a un bon cœur et elle est sensible, mais égoïste, peu disposée à s'oublier et a se dépenser pour les autres.La volonté est précise et ferme.Elle est plus dépensière que généreuse.L'ordre est médiocre mais elle en sent l'utilité, alors, elle finira peut-être par en acquérir.Elle attend beaucoup des autres, jusqu'à présent elle a peu donné d'elle, et cet égoîsmc, qui est visible, contribue à éloigner les sympathies probablement.Je ne veux pas croire que c'est de l'envie qui perce ici et là.c'est à elle de voir à l'étouffer si elle existe en germe.SHEILA.—Sensible, tendre, sentimentale et romanesque, elle est bonne, franche et d'une simplicité charmante.Active, sensée, capable et très persévérante.Elle est bonne et dévouée, enjouée et aimable.La volonté est un peu faible, ne se manifestant que par une obstination silencieuse mais qui ne cède paB, heureusement : sans cette puissance de résister elle serait une personne faible.Elle est douce, souple, généreuse, mais à l'occasion elle sait résister avec obstination.C'est une enthousiaste, une idéaliste, une rêveuse, dont la bienveillance et les illusions seront facilement exploitées par les trompeurs.Très grand charme.CLAUDE CEYLA.Nous sommes heureux de signaler l'apparition sur le marché du nouveau piano que M.Antonio Pratte vient de créer, et qui est une véritable œuvre d'art.Les musiciens qui l'ont expérimenté ne tarissent pas d'éloges, et l'un d'eux nous disait : " C'est le plus délicieux piano à queue du monde, un véritable bijou d'art, qui vient à l'heure même de sortir des ateliers Pratte.Un de nos musiciens Montréalais qui en a joué s'exprimait ainsi: "D'un volume de son extraordinaire pour son échelle, dit-il, il donne par son timbre et son mécanisme si parfaitement sympathiques aux doigts, l'illusion d'un grand piano de concert.L'échelle des sons est parfaitement homogène et les basses, notamment, sont absolument exemptes de cette sonorité lourde, confuse, caverneuse et si désagréable aux pianistes et néanmoins si fréquente dans les basses de presque tous les pianos.Le timbre est limpide, chantant et pur." Un autre artiste nous déclarait également : "Le son de ce piano possède un?douceur infinie, une ampleur et un charm.1 inaccoutumés unis à une sonorité exquise, et est différent de celui de tout autre piano".Et se résumant, il ajoutait : "Il est riche, velouté et sympathique dans les basses et dans le milieu, et les notes hautes ont quelque chose du timbre de la flûte ; rien de métallique ni de dur." Ce piano à queue d'un modèle élégant fera fureur, et nous serons heureux du succès accordé au travailleur si méritant et si éminemment doué qu'est M.Antonio Pratte.Depuis des années il n'a cessé de surveiller personnellement le travail des ateliers Pratte d'où sont sortis les instruments supérieurs qui sont un honneur pour la fabrication d'art canadienne.La maison Pratte a ses magasins au numéro 38 rue Notre-Dame ouest, où elle est heureuse de recevoir la clientèle qui M.ANTONIO PRATTE, créateur du Nouveau Piano Pratte.s'intéresse A ses pianos.Son nouveau piano est donc exposé à ce magasin, et nous engageons vivement tous ceux qui s'intéressent à la musique d'aller l'admirer et l'expérimenter.Récemment a circulé dans le public la fausse nouvelle que M.Pratte ne fabriquait plus.Quel meilleur démenti à apporter à ces bruits mensongers que de doter l'art canadien d'une œuvre aussi belle et aussi parfaite que ce nouveau piano, comparable, et peut-être supérieur aux meilleurs instruments des fabriques mondiales.Achetez votre piano directement chez Antonio Pratte MAGASIN DE Pianos Pratte K 38 NOTRE DAME O.MONTREA L Pris Plate d'A rmes M LA REVUE MODERNE mal 1924 LES OUVRAGES FEMININS n n n Nous commençons ce mois-ci, une série de publication de modèles de broderie, depuis les plus simples jusqu'aux plus ouvragés.Dans la composition des patrons, nous nous efforçons de répondre aux desiderata de chacune, aussi bien pour le genre que pour les capacités.Beaucoup de services à déjeuner (services de lunch), étant demandés, nous vous en présentons quatre ce mois-ci, et le mois prochain, quatre autres de formes différentes.Les centres de 20 pouces peuvent aussi s'établir ovales ; ceux de 10 pouces et de 5 pouces doivent rester ronds.Ces services que nous établissons sur très beau coton fini toile, un grand centre, 6 moyens, et 6 petits, valent $2.50, mais pour les abonnées de la Revue Moderne, le prix sera de $2.00, et en plus, nous leur enverrons un échantillonnage de notre broderie, pour guider dans la façon du travail.Ceci est un très grand avantage pour les abonnées.Ces mêmes services, sur pure toile soyeuse, $3.50 en magasin et $3.00 pour les abonnées, avec même privilège d'échantillonnage.Le No.8161, " Les Marguerites ", vu la forme des fleurs et des feuilles, se fait au plumetis.Les petits ronds, suivant le goût de la personne, se font soit à jour, (travail à l'anglaise), et s'appellent œillets, ou se travaillent pleins, (au plumetis) et s'appellent pois.No.8162, " les Chrysanthèmes ", mêmes explications que pour le précédent.No 8163, " Les Eglantines ", ressortant sur quelques barettes au richelieu, qui, en les détachant de la toile, donnent à ce service son élégance, se font au point de feston.Par conséquent le feston, entre les fleurs, ne devra pas être davantage bourré que le rebord des eglantines ; les pistiles se font au point de tige, et les pois au plumetis.Le cœur des fleurs est formé d'oeillets à l'anglaise.No.8164.Service " Les Trèfles ", feront certainement plaisir aux abonnées Irlandaises.Même travail que le précédent.Les trèfles, tout entier ou seulement, si l'on préfère, les feuilles en bordure, se feront au plumetis ainsi que les nervures.Ces deux derniers modèles n'ont pas de richelieu, que les barettes qui mettent en refief les motifs principaux.Peu d'ouvrage, beaucoup d'effet.(1) La dévouée Directrice de la Revue Moderne donne aujourd'hui des explications au sujet d'un Concours qu'elle désire organiser entre ses abonnées.A part les patrons qui paraîtront ultérieurement, les lectrices peuvent faire choix dans les différents patrons déjà parus sur les Revues précédentes, et collationnés dans notre nouvel album de broderie, envoyé franco dans tout le Canada sur réception de 35 cents.Nous avons l'avantage de prévenir nos aimables lectrices qu'à dater du 10 mai, le département de broderie et patrons, actuellement rue Saint-Denis, sera transporté au no 340 Est, rue Ste-Catherine.(1) L'emploi du coton M.F.A.par son lustre qui ne diminue pas au lavage, au contraire, est préférable à tout autre coton.No 8161 Ï^>J tl^J CJ C^J t^>J T^VJ T^>3 T^>3 C^J t^>7 T^>J No 8162 mal 1924 LA REVUE MODERNE 57 LES OUVRAGES FÉMININS p n n No 8163 T^^>J Ct^T tJ T^>J tl^T T^>J C7 t^>J tJ No 8164 UNE INNOVATION La Revue Moderne inaugure, avec cette livraison, un nouveau service de broderies dont elle veut faire bénéficier toutes ses abonnées et lectrices.La difficulté de se procurer, surtout à la campagne, des modèles à des prix raisonnables, préparés dans des tissus choisis sera ainsi abolie.En effet, nous venons de conclure avec la maison Raoul Vennat un traité par lequel cette maison s'engage à nous fournir tous les jolis modèles de travaux féminins, au prix exactement du gros, ainsi que nos amies pourront s'en convaincre en lisant l'avis que leur donne Madame Yennat elle-même dans les lignes qui précèdent.Nous croyons faire œuvre utile auprès de nos lectrices en leur offrant à des prix qui défient toute compétition, des modèles aussi distingués qu'agréables.Chaque année à une date que nous fixerons ultérieurement, nous ouvrirons pour toutes nos travailleuses un concours de travaux féminins dont les détails seront précisés dans une prochaine édition de la Revue Moderne.Des prix en argent seront alors offerts en récompense.Un jury dont Madame Yennat sera la présidente, à cause de sa haute et sûre compétence en la matière, se chargera de décerner les prix.De plus nous ferons de tous les travaux susceptibles d'intéresser des acheteuses, une grande exposition, et nous accepterons alors de diriger cette exposition et de fournir ainsi à nos amies, l'occasion qui leur manque de communiquer avec le public susceptible d'acheter leurs travaux.Nous voulons ainsi ouvrir un marché nouveau et favoriser le travail à la maison.Nous croyons que cette innovation plaira à nos lectrices, et afin qu'elles en soient exclusivement les bénéficiaires, la Maison Yennat ne consentira les réductions sur les ouvrages étampés sur toile, et tous échantillonnés dont elle vous donne aujourd'hui la description, qu'aux personnes qui présenteront le petit coupon de la Revue Moderne, ci-annexé.Que toutes se mettent au travail, afin que nous puissions dès l'automne prochain présenter aux montréalaises des travaux d'art féminins exécutés avec tout le soin possible, travaux qui iront ensuite embellir bien des maisons, et dont le coût d'achat aidera peut être nombre de femmes à rendre leur vie plus agréable et plus douce.MADELEINE.Travaux féminins de la Revue Moderne - j Veuillez trouver ci-inclus le montant de.j pour le modèle No.Nom.'.->.:.| Adresse.| Veuillez présenter ce coupon avec chaque achat j A la Maison RAOUL VENNAT j 340 Est, rue Ste-Catherine Montréal S8 LA REVUE MODERNE mai l'>24 Les Choses Féminines par Sœur MARTHE Cordon Bleu Pâte feuilletée.— li tasse de farine, } cuillerée à café de sel, 1-3 à } tasse de graisse.Assez d'eau froide pour faire une pâte ferme (environ 4} cuillerées à soupe).Mélangez et tamisez la farine et le sel.Travaillez-y la graisse soit avec le bout des doigts, soit en la broyant dans la farine avec deux couteaux.Ajoutez l'eau froide, vous servant d'un couteau pour la mélanger.Travaillez la pâte légèrement en pelote.Coupez en deux : étendez en disques proportionnés à la dimension de votre tourtière.Gâteau Louise.— 1 tasse de beurre défait en crème ; 3 oeufs, les jaunes et les blancs battus séparément.2 tasses de sucre ; 1 tasse de lait ; trois tasses de farine ; 3 bonnes cuillerées à thé de poudre à pâte " MAGIC ".Ajoutez les blancs battus en neige en dernier lieu.On peut ajouter à volonté soit des noix et du raison.Faire cuire à un four modéré.Pour nettoyer les légumes.— Voici le moment où apparaissent les nouveaux légumes, jeunes salades, etc.Les ménagères, soucieuses de varier le régime que le long hiver a imposé à la famille, se donnent parfois de la peine pour nettoyer convenablement les jeunes légumes des insectes qui s'y tiennent cachés.Les lavages répétés ne suffisent pas toujours.Un moyen bien facile de se débarrasser des vers, limaces, etc., consiste tout simplement à mettre tremper les légumes pendant quelques minutes dans de l'eau salée.Aucun insecte ne restera entre les feuilles.Vol-au-vent à la châtelaine.— Faites durcir six œufs, les couper en tranches, les mettre dans une sauce au beurre ; faites simplement avec de l'eau, farine, beurre et jus de citron un bon assaisonnement.Ayez une croûte de vol-au-vent à la porte de l'étuve; au moment de servir, la garnir avec votre appareil.Servez tel quel.Moules au gras.— Grattez et nettoyez vos moules à plusieurs eaux, mais sans les y laisser.Mettez-les dans une casserole pour les faire ouvrir.Détachez-les entière ment de l'intérieur des coquilles et réservez l'eau qu'elles auront rendue.Passez au lard fondu de petits champignons, saupoudrez d'un peu de farine, mouillez de bouillon parfumé à l'arôme l'atrelle, ajoutez bouquet garni, poivre et sel, faites cuire à petit feu.Mettez alors vos moules et un peu de leur eau, faites chauffer et servez.Pour utiliser les sirops qui commencent à fermenter.— Souvent des sirops employés dans les ménages et aussi les sirops pharmaceutiques fermentent un peu.On serait tenté de les juger mauvais.Cependant, ils peuvent encore très bien être employés ; les pharmaciens eux-mêmes les jugent bons quand ils les ont fait bouillir au bain-marie.Voici comment on procède : La bouteille contenant le sirop est placée dans une casserole dans laquelle on a mis de l'eau froide en quantité suffisante pour que le flacon baigne au moins aux trois quarts.Cette casserole est mise sur un feu modéré, et l'on peut activer un peu la chaleur quand le tout est échauffé ; on fait bouillir et l'on maintient l'ébullition pendant au moins une dizaine de minutes.Le sirop, s'il n'est pas complètement décomposé, redevient alors aussi bon que frais.Soyons Coquettes Pour noircir les sourcils blonds.— Voici pour noircir les sourcils une pommade d'une préparation très simple qui donnera toute satisfaction : Bâton d'encre de Chine, 8 gr., Eau de roses, 100 gr.Triturer, mélanger, faire fondre et filtrer au tamis de soie.Soignez vos mains : — Plus que jamais les maîtresses de maison sont appelées à faire elles-mêmes leur ménage, quitte à se salir les mains qui deviennent vite rugueuses à laver la vaisselle, frotter les parquets, etc.Voulez-vous avoir les mains blanches et douces malgré n'importe quelle besogne ?Délayez chaque matin dans votre eau de toilette quelques poignées de farine de maïs, cette pâte LES GALETTES DE LEVAIN ROYAL ïfçtit (p Qualité UÏÏÛIA cùù de douce lissera et polira votre peau sans qu'il soit besoin d'employer le savon si onéreux.Avant l'essuyage, frottez de plus vos mains avec quelques gouttes de glycérine, puis essuyez-les.Si vous avez les mains trop noires, usez du citron, ou encore d'une décoction de feuilles et de racines d'orties avec de l'eau de fontaine.Pour avoir les mains souples et douces.— La glycérine est, de tous les spécifiques de la peau, le meilleur pour conserver les mains souples et douces, malheureusement elle a un petit défait : lorsqu'on en fait un usage journalier, elle jaunit un peu la peau.Voici un moyen de remédier à cet inconvénient et de fabriquer à peu de frais une excellente pâte pour les mains.Délayez à l'aide d'une spatule de bois 75 grammes de glycérine pure avec 50 grammes de savon mou, ajoutez 500 grammes d'huile d'amandes douces et 5 gouttes d'essence de vanille.Une onction, le soir avant le coucher, sur les mains en frictionnant bien fait merveille.Contre les cors aux pieds.— Une bouillie de pain et vinaigre chaude constitue un emplâtre excellent pour guérir les cors aux pieds.Essence de fleurs.— Prenez les fleurs dont vous voulez avoir l'essence, telles que mai i')24 I, A REVUE MODERNF violettes, etc.; arrachez leurs pétales et mettez ceux-ci dans un pot de grès ; surjla couche de pétales, mettez une couche de gros sel de cuisine, puis une couche de pétales et ainsi de suite, alternativement.Quand le pot est rempli, bouchez avec le couvercle après avoir introduit dans le cercle du pot du mastic ou de la terre glaise afin que la fermeture soit aussi hermétique que possible ; placez dans un endroit frais et laissez pendant un mois.Renversez alors le contenu du pot dans une étamine tendue, sur un vase plus large d'ouverture que le premier.Le liquide qui passera sera de l'essence avec laquelle vous remplirez les deux tiers d'un flacon.Celui-ci étant bien bouché, exposez-le au soleil aussi longtemps que vous voulez.Pommade à la rose pour la chevelure.— Axonge (graisse de porc), 10 gr.; Huile d'œillette, 100 gr.; Essence de rose, 2 gr.; Essence de géranium, 1 gr.Faites fondre l'axonge dans l'huile, au bain-marie ; colorez le mélange en fusion avec un peu de carmin de cochenille (rose) ou de rocou (jaune) ; puis ajoutez-y les essences.Contre l'haleine fétide.— Quand elle provient d'aigreurs de l'estomac, on emploie avec succès les tablettes de charbon, ainsi composées : Charbon de bois en poudre, 20 gr.; Sucre blanc, 20 gr.; Chocolat, 60 gr.; Mucilage de gomme, 50 gr.Assainissement des appartements neufs.— La tradition veut qu'il soit malsain d'habiter un appartement neuf, l'humidité des plâtres occasionnant des douleurs rhumatismales.Toutefois, comme il est agréable d'être bien et proprement logé, lorsqu'on voudra sécher des murs nouveaux, on commencera par aérer les pièces en ouvrant toutes les fenêtres afin d'établir des courants d'air.Ensuite, dans chaque chambre bien close on fera brûler à deux ou trois reprises une certaine quantité de charbon de bois.On procédera à une nouvelle aération et l'appartement sera habitable.Pour faire disparaître l'odeur des peintures, on placera quelques récipients contenant chacun environ 50 grammes d'acide sulfu-rique.Au bout de quelques heures l'odeur aura disparu, et il n'y aura plus qu'à ventiler les pièces.Savon au miel.— Voici la recette d'un très bon savon qui conviendra tout particulièrement aux épidermes fragiles.Huile d'amandes douces, 250 gr.; Miel, 25 gr.; Savon de Nice, 10 gr.; Essence de bergamote, 2 gr.; Essence d'amandes 1 merci, 2 gr.; Alcoolat de cochlearia, 2 gr.nés ménagères Manière de réchauSer les biberons sans feu.— Le soir, au moment de se coucher, remplir une marmite d'eau bouillante et la couvrir soigneusement.Puis la placer dans une caisse pleine de balles d'avoine de manière qu'elle y soit en quelque sorte enterrée.La balle d'avoine étant mauvaise conductrice de la chaleur, l'eau garde toute la nuit une température assez élevée pour qu'on puisse réchauffer les biberons en les y plongeant.Une marmite enterrée à 11 heures du soir possède encore le lendemain après-midi une température de 122 farenheit Voilà qui n'est pas difficile et qui mérite d'être essayé.Nettoyage des cols de vêtements.— Verser dans un grand verre d'eau le contenu d'une cuiller à bouche d'ammoniaque.Tremper le coin d'une serviette dans cette préparation et frotter le col du vêtement avec ce inge mouillé.Il se forme alors une écume que l'on enlève avec le dos d'une lame de couteau, en appuyant assez fort pour faire sortir l'humidité.On recommence cette opération jusqu'à ce que le drap soit bien net ; généralement, il suffit de la renouveler deux ou trois fois pour obtenir le résultat voulu.Pour nettoyer le marbre blanc.— Pulvériser, en une poudre très fine, du blanc d'Espagne, le délayer avec une cuiller d'eau de Javel.Former ainsi une pâte compacte, frotter le marbre avant d'enlever les taches.Laisser sécher.Essuyer avec un chiffon sec, et donner le brillant en frottant avec un autre chiffon légèrement imbibé de pétrole.Pour enlever les odeurs de légumes.— Très souvent, quand on a épluché ail ou oignons, l'odeur reste aux mains, malgré le lavage.Il suffit de mettre quelques gouttes d'eau de Javel dans l'eau pour se laver les mains ; puis, de les frotter avec un peu d'eau de Cologne.Remède efficace contre les rhumatismes.— Boire à jeun, pendant les irises, une infusion de café vert (Martinique si possible), préparé à froid, de la manière suivante : une cuillerée à bouche de grains pour les trois quarts d'un verre d'eau.Laisser mariner pendant 24 heures.Sucrer légèrement.Taches de pétrole.— Les taches de pétrole doivent être traitées comme les taches d'huile ou tout autre genre de taches grasses.Pour les étoffes délicates, par exemple la soie des abat-jour, on emploiera l'ammoniaque, l'essence de térébenthine ou l'éther.La tache sera lavée délicatement avec un morceau de flanelle imbibée d'un de ces liquides et l'opération sera poursuivie jusqu'à complète disparition des traces grasses.On aura soin de placer sous l'étoffe un linge humide plié en plusieurs épaisseurs.Enrouement.— Un bon remède contre l'enrouement et les extinctions de voix consiste à mettre du citron au four comme on le fait des pommes, de presser ensuite ce citron et de verser le jus épais — qu'on aura soin de battre un peu — sur des morceaux de sucre qu'on croquera de temps à autre.Contre les dartres.— Chaque matin, à jeun, humecter d'un peu de salive du gros sel de cuisine ; appliquer sur l'endroit du visage atteint.Au bout de quelques jours, les dartres auront disparu.Piqûres d'aiguilles et d'épingles.— Lorsqu'on s'est piqué le doigt, la main ou n'importe quelque autre partie du corps a.vec une aiguille, une épingle, une épine, un poinçon, un clou, une alêne, ou tout autre instrument ou objet pointu, sans que la piqûre ait intéressé aucun organe important, il suffit de laisser saigner quelque temps la piqûre, afin d'éviter que le sang ne s'extravase sous la peau.Si le sang ne coule pas, il faut maintenir le doigt ou la partie blessée dans de l'eau aussi chaude qu'on pourra la supporter, afin de faciliter ou de provoquer même l'écoulement du sang.Mais dans aucun cas, il ne faudrait frapper sur l'endroit piqué avec un corps dur, avec un dé, par exemple, comme le font souvent les couturières lorsqu'elles se sont piquées avec leur aiguille : en meurtrissant ainsi la chair, on pourrait donner lieu à la formation d'un abcès ou d'un panaris.Utilisation des éponges usées.— Lorsque les éponges usées s'en vont en débris plus ou moins petits, on met ces débris à tremper dans du lait pour les bien nettoyer, puis on les passe dans de l'ammoniaque largement étendu d'eau qui dissout toute la caséine du lait ; on les rince copieusement à l'eau claire, on les fait sécher et on les enferme dans un petit sac en forme de balle confectionné avec du tricot de coton très lâche ; on obtient ce tricot en se servant de grosses aiguilles en bois et de coton de moyenne grosseur.L'éponge, ainsi reconstituée, peut rendre encore de longs services.LAIT SAIN pour bAbte • t malade* Un breuvage nutritif pour tous les âges.Ayez toujours du HORLICK'S pour colla-tionner au Bureau ou à la Maison. M LA REVUE MODERNE mai 1024 *** POUR LUI ! Par ALICE PUJO -¦f l l l l l -4 (Suite) — Si j'étais sûre, du moins, que Dick n'en souffrît pas ! — Ah ! Sybil, c'est l'expression de la vérité qui vous échappe.Il saisit ses mains dans son ardeur.— Alors, mon cher amour, vous seriez à moi.N'avez-vous de pitié que pour l'homme que vous n'aimez pas ?Cela ne vous fait donc rien de me voir souffrir ?— Je vous fais la même question.Vous n'avez pas souci d'augmenter mes chagrins ?Elle retira résolument ses mains.— Ecoutez bien, Brian.Elle s'était levée, elle alla à l'autre extrémité de la chambre et le regarda de là, laissant parler son regard de toute sa passion comprimée.— Je crois que vous êtes un homme d'honneur.J'ai confiance en vous et je vous dirai tout.Peut-être alors vous ne me refuserez plus votre appui.J'ai peur de vous aimer.Oh ! je veux être franche ! Je vous aime passionnément ; non, ne bougez pas, je n'ai pas fini.Je veux garder ma foi, je l'ai promis, il m'aime, il souffre, je ne peux pas lui refuser ma main.Je me ferai violence ; oui, je sais, ce sera dur de renoncer au bonheur, à ce bonheur qui me ferait peur s'il m'était possible de l'accepter.Vous qui êtes un homme, vous aurez autant de courage que moi, vous m'aiderez à accomplir mon devoir.Dites, Brian ?Je vous en supplie, promettez-moi d'essayer?Il cachait sa figure dans sa main, il ne répondit pas.Elle continua : — Vous avez tant d'autres éléments de bonheur autour de vous, vous avez tout à souhait ! Vous vous distrairez.L'on dit que les hommes oublient plus facilement ! Je veux vous chasser de mes pensées, chasser l'obsession de vos regards, de votre voix, fermer les yeux devant ce bonheur impossible ; et peu à peu j'espère que l'apaisement se fera, que le temps sera clément pour nous deux ; avec le temps nous oublierons.Rashleigh, profondément remué par cet appel passionné de la jeune fille à ses instincts les plus nobles, s'approcha d'elle et lui dit : — Je ne veux pas me laisser dépasser par vous en générosité.Que ce soit donc un pacte entre nous.Jusqu'à ce que Tremaine revienne et que vous ayez décidé ensemble ce que vous ferez, je reprendrai mon rôle de protecteur et d'ami, mais vous ne me cacherez rien de vos actes, et je vous jure que vous n'entendrez plus un mot d'amour sortir de ma bouche.— Est-il besoin de mots ?murmura Sybil comme à elle-même, le regard perdu sur les collines à l'horizon.— Nous savons que non, fit Rashleigh.Donc, si vous êtes décidée à aller à Londres, je vous aiderai de mon appui ; vous partirez.Londres est assez grand pour nous contenir tous deux, ajouta-t-il à mi-voix, il ne se passera plus longtemps avant le retour de Tremaine, — ou, se dit-il en lui-même, avant qu'on ait reçu la nouvelle de sa mort.Je l'attendrai.Il lui tendit la main et serra fortement celle qu'elle lui donna : — Adieu à l'amour, jusqu'à nouvel ordre, fit-il avec un soupir, et il quitta la chambre.IX EN LIBERTE Mrs.Rashleigh, depuis l'enlèvement de sa fille, n'avait pas éprouvé un choc aussi violent que celui qu'elle ressentit lorsque Sybil lui annonça son intention de quitter le Prieuré pour toujours et d'aller vivre à Londres du produit de son travail.Rien ne pouvait exciter chez la vieille dame plus d'estime que la pensée que cette enfant était capable de gagner sa vie en travaillant.Mrs.Rashleigh se creusait l'esprit à s'expliquer la détermination soudaine de sa petite-fille et à un tel moment ! Comment pouvait-elle en partant abandonner les espérances brillantes que la préférence marquée de Brian devait lui faire entrevoir?Brian serait-il capable de la suivre et de l'épouser clandestinement?ce serait trop fort!.Non, Brian était trop fier, sa nature hautaine ne s'abaisserait pas à un tel procédé.Il Réceptions Banquets - Noces - Excursions Pique-niques Vous êtes assurés de faire honneur à vos obligations sociales et de procurer une intime joie à vos amis, en nous confiant vos commandes.Téléphone : Est 2140* OUTREMONT MONTREAL WESTMOUNT n'avait personne à craindre ou à ménager, personne à consulter et, après tout, Sybil n'était pas une femme dont il pût avoir honte ; il pouvait la montrer au grand jour.C'est qu'il lui avait fait comprendre que ses manœuvres ne la conduiraient pas jusqu'au mariage et elle devait avoir perdu courage ; elle préférait partir que de lui donner le spectacle de sa déception.En somme, c'était une vie misérable qu'elle allait entreprendre.Mais puisqu'elle pouvait se suffire à elle-même, personne n'avait le droit de s'en plaindre.Autant valait lui accorder un consentement dont elle se passerait deux mois plus tard.Sybil commença ses préparatifs de départ avec une hâte fiévreuse.Les huit jours qu'elle s'était accordés pour prévenir miss Parry et faire ses adieux à Lynnchester passèrent comme un songe.Elle fut un peu surprise de voir Brian quitter le Prieuré deux jours avant elle, sous prétexte d'une visite promise à Aldershot depuis longtemps.Le dernier moment arrivé, la jeune fille se rendit chez Mrs.Rashleigh.Sybil tendit son front ; la douairière y mit un baiser glacial et à la fin d'un petit speech de circonstance, elle offrit cinq livres à sa petite-fille qui les refusa doucement, mais avec " son admirable ténacité ", pensa Mrs.Rashleigh.Enfin Sybil vit disparaître les figures amies, les dernières maisons de Lynnchester, puis les tours du Prieuré se perdirent aussi dans le lointain ; les endroits familiers des champs et de la forêt s'envolèrent de chaque côté de sa route et la jeune fille sentit que sa vie commençait une étape nouvelle.Son train n'était pas un express.Il s'arrêta d'abord à Wrayford, le point de jonction entre la ligne Freitsborough et celle de Londres.Ensuite il devait parcourir un espace de plusieurs milles sans arrêt et Sybil, se sentant un extrême besoin de repos, s'accota dans son coin et ferma les yeux Peu avant l'arrivée du train à Freitsborough, elle fut tirée de son engourdissement, car il faisait une matinée de février froide et pluvieuse ; le son d'une voix bien connue ia fit tressaillir.— Voulez-vous me permettre d'ouvrir?disait-elle.Sybil leva les yeux, son cœur battait à coups violents ; elle vit Rashleigh, enveloppé d'un long ulster qui le faisait paraître plus grand et plus imposant que jamais, passer la moitié de son corps dans le compartiment.— Vous avez eu pas mal de retard, lui dit-il en manière de bonjour du ton le plus naturel.Voulez-vous venir dans mon compartiment ?il y a une place qui vous attend.Sybil, stupéfaite par cette apparition soudaine, un peu effrayée et complètement enchantée, n'hésita pas à suivre Rashleigh sur le quai à travers la foule des paysans.II avait passé son bras sous le sien : de l'autre main, il portait son sac et ses parapluies.En cet équipage, ils arrivèrent devant un coupé de première classe, dans lequel des couvertures étalées, un sac défait, des journaux dépliés dans tous les coins indiquaient que le compartiment était réservé.Rashleigh dégagea une place pour Sybil auprès de la portière ouverte et il s'assit en mai 1934 LA REVUE MODERNE M face d'elle.Un employé vint presque immédiatement s'assurer de leurs billets.Un.m m iucjiIiii-.iI uvoir plus.Venez près du feu, je vous servirai votre thé en approchant la table.Dites-moi, qu'est-ce que Mrs.Sybil soupira profondément et ne répondit pas.— Vous êtes fatiguée, ma chère petite; montons à votre chambre ; je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pas les moyens de vous la donner plus belle.C'était un grand changement, au lieu du train de maison élégant et facile du Prieuré, de se trouver transportée subitement dans l'humble intérieur, étroitement ordonné, qu'elle devrait partager avec de pauvre gens aux habitudes mesquines réduites aux proportions de leur médiocrité.Cependant, personne n'eût vécu sous le toit de Thomas Parry sans y être pénétré d'un sentiment de bien-être particulier : on sentait en toutes choses un large esprit de générosité qui aurait mis à leur aise les plus timides.La jeune fille descendit une demi-heure plus tard, elle trouva toute la famille réunie dans le petit parloir.Et la pauvre enfant sans famille prit sa place naturellement dans ce milieu paisible ; Rashleigh a dit quand elle a su que vous les rayons affectueux de ces yeux amis agis vouliez quitter le Prieuré?saient comme un baume; elle sentit un grand — Elle a cru que je n'avais pas toute ma calme descendre en elle et oublia pour un soir raison, mais nous nous sommes séparées son chagrin dévorant dans le» douceurs de avec beaucoup de dignité des deux côtés, la famille.La chance daigna favoriser Rashleigh le matin de son retour à Londres.Il faisait un temps sec, un froid vif et un clair soleil d'hiver qui semblait sortir exprès du brouillard, afin de prêter un attrait de plus aux beautés de la grande ville qu'une jeune provinciale émerveillée devait explorer au bras de son amoureux.Sybil finissait à peine de se parer de sa plus belle robe quand la petite Hetty vint lui dire d'un air confidentiel : — Le monsieur attend dans le parloir.Sybil s'avança sur le palier et appela doucement Araminta du haut de l'escalier.Elle la pria de venir le plus tôt possible la rejoindre dans le salon.— Suis-je venu trop tôt?lui demanda Rashleigh venant vivement à sa rencontre.— Non, je vous attendais.— Nous avez cent fois meilleure mine que le jour où nous avons voyagé ensemble.Quand cela ?L'année dernière, ou il y a une semaine ?— Trente heures, je crois, répondit-elle en essayant de rire d'un air gai, et mon temps a été bien employé.J'ai dépaqueté toutes mes affaires et donné une place à chacune.Le désordre me rend malade.— Etes-vous confortablement installée, au moins ?— Je suis très bien, merci.Vous n'avez pas froid ?J'ai dit à Minty de ne pas allumer de feu dans cette pièce aujourd'hui, puisque nous devions sortir immédiatement.Seulement, Brian, si vous n'avez rien de mieux à faire.— Je n'ai rien à faire à Londres que de passer mon temps avec vous et le temps est supportable.ROTIS JUTEUX ET TENDRES Le nouveau rôtisseur ovale en aluminium DURO conserve et accentue la saveur de toutes les viandes.S'arro-sant automatiquement et assez vaste pour contenir une grosse dinde.Demandez à votre fournisseur de vous faire voir les articlesen aluminium DURO.Agents des ventes dans la Province de Québec.La Cie des Nouveautés, Enrg.211, rue des Fossés, Québec, P.Q.ustensiles de Cuisine en /ILUMINIUM m h Mil LA REVUE MODERNE 63 — Alors nous ferons bien de partir.Je voudrais voir beaucoup de choses.Notre temps sera limité.Je suppose que vous repartirez bientôt pour I.ynnchester ?— Rien ne me presse.Et pour l'amour de Dieu, Sybil, tâchons de profiter des derniers bons moments que nous avons à passer ensemble.Miss Parry entra sur ces paroles.Brian la salua avec la plus aimable cordialité.— Vous nous prendrez quand nous reviendrons, miss Parry.Ne nous attendez pas de trop bonne heure.Il faut que Sybil fasse connaissance avec les curiosités de la capitale et peut-être, pour finir, avec l'opéra au Grand-Théâtre.— Si vous voyez tout cela en un jour, dit miss Parry, vous ne laisserez rien pour demain.Puisque vous parlez d'aller au théâtre, prenez la clef de la grille, Sybil, nous nous couchons de bonne heure.Sybil disparut dans l'intention de revêtir son manteau et son chapeau.— Tous mes compliments sur sa bonne mine, miss Parry, dit Rashleigh en faisant un signe du côté où Sybil venait de sortir.Je l'avais quittée l'autre soir dans un triste état.— Ah ! ce n'est pas étonnant, c'est pour elle un temps d'épreuve difficile à traverser.Et pourvu que tout cela se termine bien ! Que ce pauvre Mr.Tremaine nous arrive vivant.Vous l'avez connu, monsieur?Un si charmant garçon, si gai, si brillant ! Juste le mari qu'il fallait à Sybil.Ce sera un couple parfaitement assorti.Il serait bien à souhaiter que ce jeune homme se rétablisse.Enfin, avec la jeunesse on peut toujours espérer.— Ah ! Sybil, vous voilà ! Partons vite.Pensez à ce que nous voulons faire.Bonjour, miss Parry ! Rashleigh avait laissé son cab à la porte ; ce fut avec un sentiment de triomphe qu'il se vit emporter dans la direction de Westminster à côté de ses amours.— A quel théâtre irons-nous ?En préférez-vous un autre que l'Opéra?— Oh ! pas ce soir, Brian ! ce sera pour un autre " jour heureux ".— Mais cela ne vous empêchera pas d'y aller un autre jour : tous les soirs, si vous le voulez ; il y a tant de choses à voir ! — Tous les jours ! A quoi pensez-vous ?Il ne faut pas me mettre dans la tête des idées extravagantes.— J'aurais trop à faire ; et je vous aime autant en raisonnable petite femme que vous êtes.En outre, vous ne montrez pas une grande disposition à adopter mes idées.— Suis-je donc si obstinée, Brian ?Il serait trop long de raconter cette journée et toutes les autres que nos amoureux passèrent ensemble.Tout cela était rempli de charme et de nouveauté pour Sybil.Cependant la nouveauté de se trouver en ville, l'intérêt vif et intense qu'elle prenait à toutes les merveilles de la civilisation qui lui étaient inconnues, l'aidaient à supporter l'attente.Rashleigh était presque irrité de remarquer à quel point elle se laissait distraire d'elle-même et de lui par la variété des agréments de la ville.Un soir qu'ils rentraient en voiture, Brian lui dit : — Maintenant, faites-moi le plaisir de penser à ce que nous verrons demain.— Demain?laissez-moi me reposer.J'ai besoin de réfléchir et de savoir où j'en suis.J'ai à peine eu le temps de penser ces jours derniers.— Cela vaut mieux, Sybil, dit-il en se penchant et s'aventurant à prendre sa main.Vous ferez aussi bien d'éviter les pensées jusqu'au moment où le temps de l'action sera venu.Sybil garda le silence ; elle retira sa main doucement et ils arrivèrent ainsi devant le cottage de Camden Town.Rashleigh fit descendre sa compagne et lui dit : — Donnez-moi la clef, j'ouvrirai, tout le monde dort.— Bien doucement, Brian.Minty a le sommeil si léger ! Une bougie avait été posée sur la table du corridor servant d'entrée.Rashleigh frotta une allumette et, après avoir hésité une seconde, il suivit la jeune fille dans le parloir.— Ainsi, vous ne me voulez pas demain?— Non, vraiment, j'ai à terminer des tabliers que je veux donner aux petites filles.Je n'ai rien fait d'utile depuis que je suis arrivée.Je crois que j'avais complètement oublié le passé .et l'avenir.— Moi aussi, fit-il à mi-voix.J'avais totalement oublié ! Mais ne vous ennuyez-vous pas à mourir ici quand vous n'êtes pas en courses avec moi ?Sybil laissa échapper son joli rire clair d'autrefois.— Savez-vous, Brian, que je vous trouve d'une fatuité ! — Oh ! non, je ne suis pas fat ! Si je l'avais été, vous auriez réussi à présent à m'en guérir.Ce n'est pas une fatuité de supposer que vous vous amusez davantage à vous promener dans Londres, même avec moi, qu'à vous morfondre seule dans ce trou.— Ah ! s'écria-t-elle, je hais la solitude ! J'ai si peur d'être ressaisie par mes atroces pensées.Non ! n'appelez pas un trou cette chère maison.On y sent encore l'ombre d'une grande douleur, mais il peut contenir tant d'éléments de bonheur dans ce pauvre logis ! Plus je connais la vie, Brian, et plus je suis convaincue qu'elle peut paraître douce, même dans la pauvreté.Je ne veux pas dire la pauvreté absolue.On doit mettre tant d'intérêt, de fierté, d'activité à tirer le meilleur parti des plus petites choses.Puis l'éducation des enfants qui vous récompensent en tendresse et en gentillesse des peines qu'ils coûtent ; enfin ce succès lent qui est le résultat des efforts continus.— Vous rêvez sans doute à un cottage embelli de l'amour de Tremaine, interrompit Rashleigh d'un ton ironique.— Non, répondit-elle, je pensais à Minty et à ses enfants.Mais je pense si souvent, oh ! si souvent, à Dick.Elle s'était assise sur la première chaise venue auprès de la bougie et elle appuyait son front dans sa main.— N'y a-t-il plus de place pour personne dans vos pensées, Sybil ?— Vous y êtes aussi constamment ! dit-elle d'un accent désolé Brian, reprit-elle avec plus de fermeté, nous ne nous sommes pas aperçus que les jours s'écoulaient.Ii sera en Angleterre dans quatre ou cinq jours.I^issez-moi me préparer à le revoir.A moins que vous ne vous amusiez à Londres ou que des affaires vous y retiennent, vous n'aurez plus rien à faire ici.— Vous voulez dire que je ne vous verrai plus, vous me renvoyez ! — Oui, c'est une grande faiblesse que j'ai eue de vous garder si longtemps.— Ainsi, c'est fini de nos tête-à-tête, de nos excursions, de nos parties de théâtre, déjà ! — Il le faut.Quand Dick sera revenu, je veux être toute à lui.Mon temps, ma personne, mes pensées lui appartiennent exclu sivement.Vous le voyez, il vaut mieux partir.Rashleigh s'était mis à marcher nerveusement.Sybil, les mains croisées, le suivait d'un regard suppliant.— Le peu de plaisir dont nous jouissons est si chèrement acheté par le chagrio qui se prépare I Et pour moi la pensée de mal faire DOULEURS ATROCES, _CRAMPES Absolument soulagées par le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Eberts, Ont—"J'ai commencé à souffrir de crampes et douleurs au bas-ventre à 11 ans; je devenais si nerveuse que je ne pouvais rester couchée, et je criais de douleurs.Ma mère faisait venir le médecin, pour qu'il me fasse prendre quelque chose.Mariée à 18 ans, j'ai quatre enfants bien portants, mais j'ai encore des douleurs au côté droit.Epouse d'un cultivateur, j'ai plus d'ouvrage que j'en puis faire.J'ai pris trois bouteilles du Composé Végétal de Lydia E.Pinkham, et tous les jours je m'aperçois que cela me fait du bien.C'est ma belle-soeur qui, ayant pris de votre remède pendant quelque temps, et employant votre "Sa-native Wash", m'en a parlé, et maintenant je le recommande, car j'en ai retiré un grand soulagement."—Mme Nelson Yott, R.R.1, Eberts, Ont.Le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham est un remède pour les maladies propres aux femmes.Il a été employé depuis prés de cinquante ins, et des milliers de femmes ont, comme Mme Yott, éprouvé beaucoup de soulagement par l'emploi de cet excellent remède.Si vous souffrez d'irrégularité, périodes douloureuses, nervosité, maux de tête, de dos ou mélancolie, vous devriez prendre immédiatement le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Il est excellent pour fortifier le système.fèves au LARD Clark Toujours tendre* s u n s être molle*.—Mers délicieux et nutritif.Choli de mucm: tomates, Chili ou ordinaire."Canada approved" sut chaque boite.En vente partout.TT — 1.4 LA REVUE MODERNE mal 1934 empoisonne toute ma joie.Si vous partiez, je serais soulagée d'un tourment.Vous ne pouvez pas être ici lorsque.— Il faut que vous me promettiez d'accepter tous les délais, de rechercher tous les moyens de retarder.la catastrophe finale.— C'est impossible ! Si Dick veut m'épou-ser tout de suite et que rien ne s'oppose à notre mariage, je l'épouserai, et sans délai Elle pâlissait de plus en plus.— Ne voyez-vous pas que je ne puis pas faire autrement ; que ce sera honteux de l'abandonner maintenant ! Et toutes ces luttes me tuent.Je veux en finir le plus tôt possible.Ayez pitié de moi, Brian.Elle s'était levée, immobile et tremblante j elle fixait sur les siens ses yeux sombres et secs, éloquants d'une douleur profonde.— Pardon, Sybil ; je vous torture.Je suis honteux de moi-même.Que voulez-vous que je fasse ?Que je vous quitte ?Sa voix s'était adoucie.— Oui, jusqu'à ce que nous sachions .Je vous avertirai si.Elle s'arrêta les lèvres tremblantes.— Je partirai, dit-il vivement.Je partirai demain.Promettez-moi seulement de m'é-crire si je vous étais nécessaire.Faites ce que vous jugerez le mieux, ma chère bien-aimée.Ma vie dépend de vous, du moins tout ce qui fait la vie digne d'être vécue.Adieu, Sybil.Je veux espérer quand même.D'un mouvement doux, il la prit dans ses bras, il baisa lentement ses yeux d'où débordaient les larmes, et sortit sans retourner la tête.Une minute après, elle entendit un bruit de roues.Il était parti, elle ne le reverrait plus ! Elle retira la main qui comprimait sa poitrine et, posant son front sur la table, affaissée sur sa chaise, elle sanglota tout bas.— Eh bien ! ma chère, commença miss Parry, le lendemain matin, où allez-vous aujourd'hui ?Araminta, en regardant Sybil, pensait qu'un jour de repos lui serait bien nécessaire.Sa petite amie avait les yeux cernés, les joues pâles et, malgré sa volonté de secouer sa torpeur, elle paraissait faire un effort pour prononcer chaque parole.— Nulle part, Minty, j'ai été bien peu courageuse depuis mon arrivée ; je vous ai laissé toute la charge de la maison et des enfants ; je vais prendre d'autres habitudes, maintenant que Brian ne sera plus là.—¦ Le capitaine est parti ?— Il a dû partir ce matin, dit Sybil en détournant ses yeux du regard d'Araminta.Au même moment, un coup de sonnette se fit entendre.Araminta restitua vivement son couvercle à la théière et enleva le plateau avec dextérité.— J'espère que Martha fera entrer au salon si c'est une visite, dit-elle à mi-voix.— Oui, et une belle visite, dit Sybil qui avait soulevé un coin du rideau.Il y a un coupé à la porte avec un cheval magnifique.— Ah ! mon Dieu ! dit Araminta, en portant les mains à sa tête : et je suis encore en bonnet de nuit.Au même moment, Martha passa sa tête par la porte entr'ouverte : — Une dame pour vous, miss.— Pour moi ! Sybil entra au salon assez intimidée.Elle vit devant elle une belle dame couverte de fourrures.Sa taille était au-dessus de la taille moyenne ; son âge de quarante à quarante-cinq ans, et tout son ensemble portait un cachet de tranquille distinction.— Miss Carew, je suppose?commença-t-elle.Je suis obligée de me présenter moi-même : mistress Tremaine.Je n'ai eu votre adresse qu'hier, c'est ce qui m'a empêchée de venir plus tôt.Le cœur de Sybil battait, une vive rougeur monta à ses joues, elle tendit la main à la visiteuse en disant avec autant de calme qu'elle put : — Je vous remercie d'être venue, madame.Elle avança un fauteuil pour Mrs.Tremaine.Celle-ci tenait son regard attaché avec insistance sur la jeune fille.— J'ai un message à vous remettre, miss Carew, une lettre de mon beau-frère qu'il a envoyée dans la dernière que nous avons reçue.Il me donnait votre adresse à Londres en me priant de porter sa lettre moi-même pour être plus sûr que vous l'ayez à temps.Il ne savait pas au juste si vous aviez quitté Lynnchester comme vous le lui annonciez dans votre dernière lettre.— Je suis à Londres depuis une douzaine de jours, madame.J'aurais voulu venir vous voir la première, mais.j'ai été très occupée.Elle se raidit contre le souvenir des derniers jours passés ; elle regarda Mrs.Tremaine qui l'observait toujours attentivement.— Voici la lettre de Richard, miss Carew ; voulez-vous en prendre connaissance?J'espère qu'il ne vous dit rien de particulier sur son état que nous ne sachions déjà.Sybil, avec des doigts tremblants, déplia la feuille et lut : (A suivre) Avec ce Récepteur vous jouirez du Radio DISPOSITIF PARTICULIER Cadre de Réception Intérieur (Loop) ne cause pas de ré-émission Circuit de Pont.Vous serez fier de le montrer à vos amis.Il attrappe les postes lointains — et toujours avec les mêmes ajustements.D'un fonctionnement simple et d'un ton très clair et fort — dans un joli cabinet d'acajou qui ajoute à l'apparence de toute pièce.Ecrivez pour notre livret "FE" qui décrit complètement tous les appareils Marconi.JJBRCONIPHONE III (Neutrogénérateur) The MARCONI WIRELESS TELEGRAPH COMPANY OF CANADA, LIMITED MONTREAL La Cr oisiere Idéal e Le voyage de repos par excellence durant vos prochaines vacances d'été.Traversez Les Grands Lacs sur un navire du Pacifique Canadien, de Port-McNicoll à Fort-William, en passant par le Sault Ste-Marie.Visitez nos grandes mers d'eau douce en suivant la route des hardis découvreurs d'antan.Allez-vous dans l'Ouest ?La croisière des Grands Lacs rompra alors la monotonie d'un long trajet en chemins de fer.BILLETS ET RENSEIGNEMENTS AUX BUREAUX DU PACIFIQUE CANADIEN TTTHn y Plate1 jjl 01 KLQU'UN était obligé d'expliquer par un seul mot la grande vogue des argenteries COMMUNITY PLATE, le mot qu'il emploierait serait probablement: "Universalité".Dans le nombre de dessins exquisdes Co.MMUNITY, chaque femme en trouvera un qui satisfera sont goût particulier.Les belles qualités pratiques des COMMUNITY, ne laissent aucun doute sur leur valeur.Le Parfait Service du COMMUNITY PLATE n'a pas omis un seul article pouvant rendre plus attrayante une table bien garnie.q e Hjoufîe Votre bijoutier peut vous fournir le joli livret: Correct Table Service — édité par la secrétaire sociale de Madame J.K.L.Ross,—ou nou" vous le procurerons nous-mêmes sur réception de lOcentins OneIDA community, Ltd, Niagara Falls, Can.
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