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Titre :
La Revue moderne.
Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. La publication prend le nom de Châtelaine en 1960. [...]

Publiée à Montréal de 1919 à 1960, La Revue moderne est une revue généraliste mensuelle de grand tirage qui vise principalement un public féminin. C'est la journaliste d'expérience Madeleine Huguenin, de son vrai nom Anne-Marie Gleason, qui fonde La Revue moderne. L'éditeur torontois Maclean Hunter achète la revue en 1960 pour fonder Châtelaine, toujours publiée aujourd'hui.

La Revue moderne se donne une double mission, à la fois intellectuelle et populaire, qu'elle maintiendra tout au long de son existence. Elle vise à satisfaire à la fois une clientèle intellectuelle intéressée par la science, la littérature et les idées, et une clientèle populaire à laquelle elle offre un contenu de divertissement adapté au goût et à la morale du Canada français. Les deux sections de la revue sont autonomes et évoluent en parallèle.

Dans les premières années de son existence, La Revue moderne vise une clientèle aisée, qui profite d'une certaine croissance économique d'après-guerre. En font foi les annonces publicitaires de produits de luxe et le grand soin mis dans la conception des illustrations. La revue prend un ton qui va à l'encontre du nationalisme alors en vogue véhiculé par Lionel Groulx et Henri Bourassa.

La Revue moderne montre dès le départ un intérêt certain pour la littérature : en plus de publier des romans-feuilletons, elle compte sur des collaborations de Louis Dantin et de Louvigny de Montigny. De 1930 à 1935, l'engagement de Jean Bruchési pour la littérature canadienne alimentera aussi le contenu littéraire de la revue. Celui-ci sera ensuite plus orienté vers la France. Dans les années 1950, La Revue moderne fait moins de place à la littérature, et s'intéresse davantage à la télévision.

Plus de la moitié du contenu de La Revue moderne est voué aux pages féminines. Un roman de littérature sentimentale et d'évasion, visant particulièrement la clientèle féminine, y est publié en feuilleton chaque mois. Ces romans sont principalement l'oeuvre d'auteurs français, dont la romancière Magali, qui jouit d'une immense popularité. Les pages féminines traitent de la mode, des soins de beauté, des arts ménagers, de l'éducation des petits et d'activités mondaines, comme le bridge. Le public féminin est aussi la principale cible des annonceurs.

La lectrice type de La Revue moderne est mariée et mère, elle est citadine et catholique, aisée et charitable, sentimentale et raisonnable. Elle a le souci de son apparence et de celle de son foyer. Elle bénéficie de temps libres pour se cultiver. C'est une femme moderne intéressée par les nouveautés, mais pas féministe pour autant. Elle ne cherche pas à rompre avec la tradition. Cela changera avec Châtelaine.

La Revue moderne gagnera des lectrices jusqu'à la fin de sa publication. Le tirage de la revue, de 23 120 en 1922, passe à 12 904 en 1929, à 31 343 en 1940, à 80 000 en 1944 et à 97 067 en 1956, pour atteindre un peu plus de 101 650 exemplaires en 1960.

La publication de La Revue moderne est interrompue pendant cinq mois de décembre 1938 à avril 1939, pour revenir en mai 1939 avec une nouvelle facture graphique. Cette renaissance est attribuée à Roland Beaudry, alors vice-président et administrateur de la revue.

En plus des collaborateurs nommés plus haut, La Revue moderne s'attire la participation de personnalités comme Robert Choquette, Albert Pelletier, Alfred DesRochers, Michelle Tisseyre, Jehane Benoit, Damase Potvin, Ringuet (Philippe Panneton), Alain Grandbois, Robert de Roquebrune, Gustave Lanctôt, Adrienne Choquette, Germaine Guèvremont, René Lévesque, Jean Le Moyne et Valdombre (Claude-Henri Grignon).

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1982, vol. V, p. 294-295.

DES RIVIÈRES, Marie-José, Châtelaine et la littérature (1960-1975), Montréal, L'Hexagone, 1992, 378 p.

PLEAU, Jean-Christian, « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », Mens, vol. 6, no 2, 2006, p. 205-237.

RICARD, François, « La Revue moderne : deux revues en une », Littératures (Université McGill), no 7, 1991, p. 76-84.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1919-1960.
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Châtelaine.
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Références

La Revue moderne., 1934-05, Collections de BAnQ.

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La pèche dans nos Laurentides en mai i Page 8 EN -L'HONNEUR de Par Jean BRLCHLSI CARTIER TROIS mois seulement nous séparent des fêtes qui marqueront le quatrième centenaire de la découverte du Canada.De tous les projets mis de l'avant, en ces dernières années, la crise ou le manque d'entente préalable n'auront peut-être permis que d'en retenir un ou deux.11 n'est plus question d'élever une spacieuse basilique de pierre à Gaspé.L'idée d'ériger un phare sur la pointe où ( artier planta sa croix le 24 juillet 1534, est allée rejoindre le projet d'une basilique.Il est pratiquement décidé que la Semaine Sociale n'aura pas lieu, cette année, à Percé, et la grande exposition par laquelle Trois-Rivière» entendait célébrer l'anniversaire de sa fondation, restera un l>eau rêve.( )n avait parlé aussi d'une escadrille aérienne française qui devait venir survoler notre province et de navires de guerre qui auraient remonté le Saint-Laurent, de Gaspé à Québec.Jusqu'au prince de Galles qui aurait songé, parait-il, à répéter le geste de son père venant, en présider les éblouissantes fêtes du Tricentenaire.N'y pensons plus.Résignons-nous a célébrer le quatrième centenaire de la découverte du t'anada sans l'enthousiasme et la splendeur qui ont marqué, il y a vingt-six ans, le troisième centenaire de la ville de Cham-plain.En ces temps difficiles que nous traversons, personne ne peut se montrer trop exigeant.Estimons-nous heureux que pareil anniversaire ne passe pas inaperçu.Il est d'ores et déjà certain que des fêtes auront lieu à Gaspé à la fin d'août.Pourquoi la fin d'août et non la fin de juillet ?Afin de permettre aux quelques centaines de Français qui viendront prendre part au Congrès des Médecins de langue française, de rendre hommage au hardi capitaine de Saint-Malo.Certes, il ne viendra à personne l'idée d'adresser le moindre reproche aux médecins qui ont, depuis longtemps, arrêté la date de leur congrès.Regrettons, toutefois, qu'il ait fallu, pour assurer la présence de nos "cousins", reporter de la fin de juillet à la fin d'août les fêtes de Gaspé.Souhaitons que l'été se prolonge plus que de coutume ,,d^ns, ce^te, part»?de noire province où l'automne est pïteuce»i.Sfciuhaiti< u 1ES ombres faisaient place à la nuit L'année 1673 a s'écoulait.Cha(|ue jour, chaque soir apportaient à l'héroïne, attentive jusque dans ses souffrances, l'écho plus net du glas qu'elle savait bien être le sien.Elle s'alita définitivement en mai.Autour d'elle, on ne gardait plus aucun espoir.On s'empressait à ce chevet où s'éteignait une vie si pure, si désintéressée, qui avait accompli de grandes choses.Sœur Bourgeoys, Mère Catherine Macé, supérieure actuelle de l'Hôtel-Dieu, Mme Zacharie Dupuis, née Jeanne Groissard, que Jeanne Mance aimait tout particulièrement, se «levaient à tour de rôle d'auprès d'elle.Le 27 mai, un matin, Jeanne Mance manifesta soudain un désir.Un peu de force semblait lui revenir.Elle voulait s'entretenir avec M.Souart.N'était-il pas, depuis l'année précédente, selon les intentions qu'elle avait exprimées elle-même, dans un premier codicille, son présent exécuteur testamentaire ?M.Souart se rendit auprès de Jeanne Mance.Il reçut et transcrit quelques nouvelles confidences suprêmes.De nouveau, il admira cette intelligence ferme allant dfDil au but; il apprécia ce cœur dont la délicatesse, la puissance de souvenir étaient toujours exquisement nuancées.Elle parlait avec mesure, et révélait un sang-froid intellectuel parfait.Elle prévoyait, elle réglait toutes les circonstances qui allaient accompagner son décès.Elle eut des mots d'affection pour ceux et celles qui tentaient en ce moment d'adoucir ses heures d'agonie.Elle songea à tout.A Ville-Marie, à son église qui s'élevait en des jours assez difficiles encore, à tout son petit peuple du Montréal, dont elle était bien un peu la mère ! Elle voulut que le premier tabernacle de l'église en construction fut un don de ses mains.Elle en versa l'or nécessaire.Jeanne Mance se souvint-elle, en cet instant, du premier autel jamais élevé à Montréal, celui du 17 mai 1642, formé et orné par ses soins ?Enfin, l'héroïne acquiesça au vœu suprême que formulait en tremblant un peu, M.Souart.Oui, elle consentait à léguer après sa mort son pauvre cœur de chair à ses fidèles Montréalistes.Ils se rappelleraient peut-être que le cœur de Ville-Marie avait souvent battu par le sien, ou par celui de son fondateur exilé, Paul de Chomedy de Maisonneuve L'héroine survécut trois semaines à cette mémorable entrevue.Ses yeux se fermèrent au monde, le dimanche 18 juin, vers les dix heures du soir.Une frêle petite cloche tinta, annonçant à Ville-Marie, attentive, que l'une des nobles âmes, la plus tendre à coup sûr parmi celles de ses fondateurs, venait d'expirer.A l'Hôtel-Dieu, ses vigilantes infirmières des derniers mois s'attardaient auprès du lit où elle reposait, majestueuse, paisible, n'ayant plus sur le front le reflet pénible de souffrances intimes, obsédantes.Sans doute, aussi près d'elle, on retrouvait priant et pleurant la dernière petite protégée Montréalaise de son1 cœur si maternel: Angélique de Sailly.De bonne heure le lendemain, 1° juin, des pas fermes se firent entendre dans les couloirs silencieux de l'Hôtel-Dieu.On (rappa doucement à l'une des portes entrouvertes.La lueur pâlie des cierges filtrait, luttant mal avec la clarté du jour.A ce léger bruit, Sœur Marguerite Bourgeoys et Madame Zacharie Dupuis tressaillirent, puis se levèrent en hâte.On venait apposer les scellés, leur apprit-on, sur les meubles et effets de Jeanne Mance.Le bailli et le greffier entraient, chapeau bas.Depuis plusieurs heures, déjà, la supérieure de la Congrégation et sa compagne, Jeanne Grois-sard-Dupuis, s'absorbaient dans la prière auprès de la chère dépouille! Toutes deux avaient tant aimé celle qui s'immobilisait, depuis la veille, dans le geste du long sommeil! Marguerite Bourgeoys avait vu se clore les lèvres d'une confidente incomparable, se raidir les mains accueillantes, si douces à la souffrance, d'une amie sans égale.Le souvenir d'un passé héroïque vécu avec la fondatrice de l'Hôtel-Dieu, était venu lui rappeler les milles liens qui l'unissaient à l'âme de Jeanne Mance.Combien de fois dans un commun accès de confiance elles avaient déversé, l'une auprès de l'au-'e trop-plein de leur cœur! Combien de fois avaient souri des mêmes joies, craint les mêmes déceptions, pleuré les mêmes deuils! Et jamais l'une n'avait quitté l'autre sans qu'un peu d'espoir eût éclairé la tourmente, ou dissipé l'inquiétude de situations voilées d'ombre.tre, elles # Par Marie-Claire DAVELUY A pas lents, Charles d'Ailleboust des Musseaux, balli du Montréal, s'approcha de la morte.Il s'inclina devant elle avec une gravité pleine de sympathie.11 avait bien connu l'admirable femme que Dieu venait de rappeler à Lui.Le neveu de Louis d'Ailleboust de Coullonga et de Barbe de Boullongue savait mieux que tout autre quelle amitié sa famille portait à Jeanne Mance.Il la partageait.Il se redressa bientôt.Il procéda avec discrétion aux nécessaires formalités légales.Le soir, vers huit heures, eut lieu, dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, une touchante cérémonie."Messire Gabriel Souart, prestre du Séminaire Saint-Sulpice.habitué en l'isle de Montréal, ancien curé de la paroisse de la dite lsle et Mre d'Escolles (maître d'école)", ayant à ses côtés "Messire Gilles Pérot, prestre et curé de la dite paroisse", veilla à l'accomplissement du vœu suprême de Jeanne Mance: le dépôt de son cœur dans la chapelle de l'Hôtel-Dieu, "sous la lampe d'Icelle, attendu qu'on ne l'a peu enterer dans le lieu destiné pour l'Eglise paroissiale de ce lieu où les fondements sont seulement jetés et comme n'étant pas encore bénitte" Le document marque que "dans la dite Damoiselle son cœur en a esté séparé, et renfermé dans une escuelle destin couverte d'ung couvercle aussy destin".L'inhumation de son corps se fit aussitôt après, comme en témoignage l'acte de sépulture: "Le dix-neufe Juin de lad.année a esté enterré Damelle Jeanne Mance Administratrice de Ihospital de ce lieu âgée de soixte et six à sept ans prise aud.hospital".(Il Mademoiselle Marie-Claire Daveluy publie, cea joura-cl, aux éditions Albert Lévesque.une précieuse biographie de Jeanne Mance.Nos lecteurs nous sauront gré de leur offrir Ici une passage inédit de cet ouvrage.MAIGRIR, tant il uni demeure le souci cons-ine bonne partie du sexe faible.Erreur trop fâcheuse pour que nous omettions de la dissiper de l'esprit de nos compagnes.La beauté corporelle, avons-nous déjà écrit, ne s'accommode guère de la maigreur.Et nous savons, que toute question de sexe mise à part, la notion de la beauté reste essentiellement variable suivant les latitudes et suivant les individus.Les Orientaux optent pour l'obésité, et nos bordelais .parisiens accordent leurs préférences au type féminin, tout de finesse et de sveltesse.Nulle opinion ne saurait rallier tous les suffrages.Notre humble avis n'aura donc pas l'approbation générale.Nous n'en conservons pas moins un parler franc.Il est plus loyal de servir que de flatter.N'est-ce pas ce bon Lafontaine qui a pu écrire: "Mon Dieu, ma fille, que je vous gronderais de bon cœur d'être si aise d'être maigre! Si c'est par résignation, cela est admirable; mais par goût, vous n'êtes point raisonnable".Cet observateur exquis, jugeait déjà, mal que l'on maigrit par inclination.Sans hésiter nous l'approuvons tant il nous parait dangereux de recourir à la sous-alimentation ou à une médication factice, pour répondre aux exigences de la mode, "tyran qui n'épargne personne".C'est folie que de lutter contre les lois de la nature.Ou nous sommes venus au monde avec la possibilité de ressembler au "canon idéal", ou nous ne l'atteindrons jamais.Indiquons très succinctement quelques types classiques.Le canon égyptien a comme commune mesure la longueur du doigt médium, qui serait contenue dix-neuf-fois dans la hauteur totale du corps.Le canon grec veut que la largeur de la main à la naissance des doigts (palme vrai) soit contenue, en moy-.iM.s fois dans la longueui .lu pied Par Jean A.LATTE Ensuite on trouve six fois ce palme dans la hauteur de la jambe, six autres fois, depuis le dessus de la rotule jusqu'au nombril; six fois encore de ce point au centre de l'oreille.Six palmes donnent la hauteur du torse redressé depuis l'attache du col aux clavicules, jusqu'au bas de la région pubienne.Le palme partage en quatre parties la distance entre la première phalange du médius et le coude, et en quatre la distance du coude au sommet de l'épaule.La longueur de la main, la grandeur du masque, la hauteur des pectoraux, l'espace qui s'étend des pectoraux au nombril, et de celui-ci au bas ventre: toutes ces divisions sont égales à deux palmes.Et j'arrête cette énumération un peu fastidieuse, pour revenir au titre de cet article.Chacun sait que la beauté esthétique ne se recommande pas de la seule taille.L'harmonie des proportions, le modelé des formes, interviennent pour large part.Si l'on ne peut guère allonger ou diminuer la hauteur de son corps, en revanche il est loisible d'atteindre un meilleur tour de biceps, une poitrine plus ample, une taille plus fine et des hanches plus arrondies.L'exercice, judicieusement appliqué, demeure un facteur de réussite.Malheureusement, trop de jeunes filles, trop de femmes l'ignorent.L'effort les inquiète et la persévérance leur manque.Au régime efficace, durable par ses résultats, et sain entre tous, elles préfèrent le remède nocif mais qui bannit toute dépense physique.La perversion du sens esthétique se produit partout où l'abandon des exercices du corps, où l'éloignement de la vie active et naturelle ont fait naître des préjugés absurdes.Chez les atrophiées modernes, la beauté semble se mesurer à un certain degré de maigreur.Sachez, chères lectrices, que vous nous plairez davantage si le muscle modèle la chair.Ne recherchez donc pas volontairement la rétraction du tissu cellulaire.Adonnez-vous à l'exercice en plein air, à la marche, au basket-ball, au hockey, au ski.au patinage, à la natation, à la gymnastique de plancher, De même qu'engraisser c'est vieillir, n'oubliez pas que trop maigrir c'est enlaidir. La Revue Moderne — Montréal, Mai 1931, Page 5 MAURICE CULLEN Par René GARNF.AU IL n'y a rien dan» la vit- rie Maurice Cullen, ses cinq annéesd'étudesà Paris mises à part, qui puisse expliquer ou le choix de ses thèmes,ou sa technique,ou < cl indiscutable don de coloriste qui lui vaudra de passer à quelques générations d'amateurs qui l'aimeront assez pour revenir aux meilleures de ses ouvres, une fois l'an.Qu'il soit né a Saint-Jean (Terre-Neuve) en 1M6, • i|H sa famille soit venue habiter Montréal alors qu'il avait trois ans, qu'on l'ait destiné aux affaires et qu'il n'en ait pas fait, tout ceci n'est guère significatif et jusqu'à ce qu'il ait de lui même rejoint l'école de sculpture du Montréalais Philippe Hébert; rien de précis ne s'esquisse sur le fond de toile que sont les "enfances Maurice ( ullen".L'artiste naît chez un homme quand la volonté est forle sulfsamment pour composer avec les rêves de l'adolescence, les souvenirs de l'enfance, l'éveil de la sensualité, et les premiers pas de la raison, cette synthèse, faculté nouvelle, d'où sortira l'iruvre d'art.Pour qu'une telle o livre naisse à la vie, il faut le métier: surtout quand il s'agit des arts de la main.Cullen, après quelques années chez Hébert, partit pour Paris où il entra aux Beaux-Arts.C'est au début de son séjour là bas qu'il se décida à devenir peintre.Use découvrit, en face des toiles de Yéronèse, de Rembrandt et du Titien, plus sensible aux jeux de la lumière et de l'ombre qu'à la subtilité de la ligne et à cette opposition des niasses qu'est la forme.Il dût sûrement comme les élèves des Beaux-Arts le font encore, recommencer, autour des tables de ces délicieux petits cafés de la rue des Saints-Pères et de la rue Bonaparte, ces interminables discussions sur les formules qui complètent le travail de l'atelier et reposent du dogmatisme des professeurs.C'était le temps où l'impressionismeenthousiasmait la jeunesse des écoles.Au diable le dessin, périssent Ingres et Oavid et vivent les modernes, Manet, Monet, Pissaro.Renoir (le premier Renoir)! La couleur est l'essence de la peinture, le dessin, bourgeois, étriqué, passé.Cullen féru autant que ses camarades de la supériorité esthétique de la couleur sur le dessin n'en profita pas moins pour cela de l'académisme de ses niaitres de l'école.Au fond c'était un garçon pratique qui savait fort bien qu'il n'avait aucune chance de faire goûter des toiles d'une pure technique impressionniste à ses compatriotes Il fut plus malin que tous.Aux modernes il prit leur, sens de la couleur et leur passion pour la longue recherche des tons savamment préparés, mais il se méfia de l'absolu des formules et se persuada une fois pour toutes que le pointillisme et toutes ces techniques en isme ne lui vaudraient que sourires de mépris ou de pitié à son retour et les oublia.En 1894, il exposa un paysage d'été au Grand Salon-Jugea-t-il que le paysage d'été n'était pas son genre?Il se mit à étudier les reflets de lumière sur la neige et après quelques mois de voyage en Bretagne, dans les Alpes et en Algérie (ce n'est sûrement pas à Alger qu'il apprit grand chose des radiations de la neigea il brossa un paysage d'hiver que le Gouvernement Français acheta pour ses musées.Il avait trouve sa voie, un peu trop vite à mon sens; il peindrait des tableaux d'hiver.feti 1895 II revient à Montréal et se met immédiate-inent à l'œuvre.Il prend quelque temps à se faire admettre de ses compatriotes.Lui se sent un esprit neuf devant notre nature d'hiver, et en tire des œUAres méritoires et qui lui apportent bientôt la considération et l'aisance nécessaire à son travail.Il est élu à la Société Royale on 1907 et expose de nombreuses fois et toujours avec succès à nos différentes galeries.Kn 1918 le Gouvernement Canadien reconnait officiellement son talent en lui commandant une série de 12 tableaux de guerre qu'il \a peindre en France.'.Cullen, lorsqu'il alla chez Hébert, voulait être sculpteur.C'est peut-être à cette formation première qu'il doit d'avoir été moins fort dessinateur que coloriste.Amedeo Modigliani qui fit ces étranges et très beaux portraits aux têtes allongées qui sont fort appréciés de la critique européenne, avait rêvé lui aussi d'être sculpteur, mais laissa l'ébauchoir pour le pinceau et fut, comme Maurice Cullen, aussi bon coloriste que mauvais dessinateur.Je ne voudrais pasélever cet te simple constatation à la hauteurd'une loi, mais il me semble utile de noter que le travail de la niasse ne prépare pas à celui de la ligne et que la majorité des artistes qui s'initient d'abord à la technique de la sculpture font d'assez mauvais dessinateurs.Ce qui est sûr c'est que Cullen eut la passion de la couleur.Il la prit autant chez les impressionnistes que chez les grands anciens.Comme les premiers il n'attachait aucune importance aux thèmes de sa peinture l-orsqu'il eut découvert que le sujet le plus commode aux recherches qu'il voulait faire des effets de lumière sur le blanc était le paysage d'hiver, il ne se mit pas en peine d'en découvrir d'autres.A part quelques œuvres photographique tous le* traits d'un visage ou d'un paysage.Un tableau, une œuvre littéraire naturalistes ne doivent pas être des clichés.L'art, quel qu'il soit, est d'abord transposition; c'est la nature vue à travers un homme.Cullen, qui savait cela, en a tiré des effets très riches de vérité en même temps que d'humanité et d'art.Enfin, en bon coloriste il sut garder à son pinceau une fraîcheur qu'il renouvela jusque dans ses dernières toiles, et qui éclate surtout dans ses pastels qui sont les plus fins que l'on ait jamaiB faits au Canada.Qu'il ait été un véritable peintre canadien au sens où une certaine 1 * Derniers rayons de soleil, par Maurice Cullen de commande, il a toujours refait le même tableau Henri Girard, qui est avec Jean Chauvin, notre meilleur critique d'art, et qui doit avoir raison, prétend que cette constance de Cullen à peindre des paysages d'hiver s'explique par son désir d'exploiter une veine qui lui avait valu les plus chaleureux éloges de la critique et de nombreuses commandes.Je crois qu'il y a plus que cela et que Cullen était convaincu qu'il améliorait ses rendus de lumière et de couleur à chaque nouvelle ouvre où il avait traité les blancs de neige.Chez les impressionistes il apprit ce naturalisme raisonné que les amateurs canadiens n'aiment guère et qui transpose la nature au lieu de la photographier.Le naturalisme, sauf pour certains auteurs de manuels n'est pas une doctrine aussi rigide et aussi simple qu'elle commande à l'artiste de reproduire avec la minutie d'un appareil école nationaliste entend ces mots, c'est fort possible; mais ce n'est pas par cela qu'il vaut et doit être jugé.Le patriotisme est une chose et l'esthétique une autre et celle-ci n'a rien à voir avec ces questions de clocher.Cullen fut un artiste consciencieux, amoureux de son art et qui comprit très jeune qu'il devait sacrifier au goût de ses compatriotes une grande part de ses rêva afin de pouvoir réaliser les autres.Son œuvre est un compromis entre les exigences de la vie quotidienne et celles de l'art.Il a dû souffrir, le premier, de ne pouvoir être le chercheur de formules nouvelles qu'il avait l'ambition de découvrir.Il est de ces gens dont on dit.et c'est un très grand mérite chez nous, "qu'ils ont fait quelque chose".EMOLUMENTS D'ECRIVAINS A V grand siecle.ee n'était guère sur la vente cie leurs livres ou les représentations de leurs pièces que les auteurs pouvaient compter pour assurer leur matérielle Seule la munificence royale ou la générosité de quelque Mécène — permettait aux ''riourrlsscms des Muses" de joindre, comme on dit, les deux bouts.A cet égard, n'est-elle point intéressante à consulter, cette liste des pensions que Louis XIV faisait aux écrivains en 1663 et que nous avons relevée dans un vieux numéro de la Rrvuf dt VInslrmlion puhliquf} Les titres de chaque titulaire y sont mentionnés à côté du chiffre de leur allocation.Au sieur Pierre Corneille, premier poète dramatique du monde.2.000 fr.Au sieur Desmarets, le plus fertile conteur et doué de la plus belle imagination.1.200 fr.Au sieur Ménage, excellent pour la critique des pièces.2 000 (r Au sieur Abbé de Pure, qui écrit l'histoire en latin pur et élégant.1.000 fr Au sieur.Corneille jeune, bon poète français dramatique.Au sieur Molière, excellent poète comique Au sieur Benserade, poète français fort agréable Au Père Lccointre, de l'Oratoire, habile pour l'histoire.Au sieur Abbé Cottin, orateur français.Au sieur Vallier, professant parfaitement la langue arabe.Au sieur Perrier, poète latin.Au sieur Racine, poète français.Au sieur Chapelain, le plus grand poète qui ait jamais été et du plus solide jugement Au sieur abbé Cassagne, poète, orateur et savant en théologie.Au sieur Perrault, habile en poésie belles lettres, Au sieur Mezeray, historiographe.Racine et Molière, moins bien Thomas Corneille et Chapelain! ciclle, voilà bien de tes coups! 1.000 fr.1000 fr.1.500 le.1.500 fr.1 200 fr.600 fr.800 fr.800 fr.; ooo fr.1.500 fr.1.500 fr.4.000 fr.rentes que Cottin.Consécration offi- rage 6 La Revue Moderne — Montréal, Mai 1 9 S 4 Brins de Vulgarisation Scientifique Par Docteur FAUST PHYSIOLOGIE DE LA CIRCULATION Nombre des Battements du Coeur ¦ XOUR bien comprendre le mécanisme de lacircula-I tion du sang dans le corps humain.il faut savoir en tout premier lieu que le cœur qui vit est animé de battements; il suffit de mettre la main sur la surface de la poitrine qui recouvre le cjeur pour s'apercevoir d'un choc plus ou moins fort; ce choc correspond aux battements du cœur.Prenez une montre et calculez dans le cadran aux secondes, combien de fois le cœur bat par minute: voici approximativement ce que vous constaterez: L'enfant de 0 à 1 an: 120 pulsations à la minute.L'enfant de I à 2 ans: 110 L'enfant de 2 à 3 ans: 105.A 8 ans, on en compte 95.A 20 ans, on en compte: 80.L'adulte a un cœur qui bat de 70 à 75 fois à la minute.Ce nombre cependant n'est pas fixe: il augmente après un travail musculaire long et pénible.A la suite d'une émotion, après un accès de fièvre comptez les battements Co*i\to\c\io» ConVvdc Vton ck do \'or«i|liHe V«Yih-icul« 2 5 : ^Révolution cardiaque compte Répartition du Travail et du Repos du cœur et vous serez surpris de constater que ce n'est plus 70 ou 75 mais bien 80 et même 90 pulsations à la minute.Durant le sommeil, au contraire où toutes les manifestations vitales sont de beaucoup réduites, le cœur bat sensiblement moins vite.Débit Cardiaque Vous avez sans doute entendu parler d'un accident quelconque, où un individu frappé par une machine a eu un membre arraché, laissant béant de nombreux vaisseaux, et dans l'entourage on disait: ce pauvre malheureux est mort, saigné à blanc.Cela veut évidemment dire qu'il a perdu tout son sang.En réalité, il en reste quand même dans le corps après la mort.Si vous aviez pu recueillir tout le sang perdu, combien en auriez-vous pu mesurer ?On calcule en général que le sang circulant dans le corps humain est égal en poids au treizième du poids total du corps.Ainsi une personne qui pèse 156 livres a une quantité de sang qui pèse 12 livre*, soit, en moyenne, 6 pintes de sang." - Le sang qui passe, par minute à travers les différentes parties du cœur est d'une demi-chopine par minute, et à chaque fois, que l'oreille appuyée sur le cœur d'une autre personne perçoit un battement, cela veut dire que le muscle cardiaque a refoulé dans l'organisme à pep près une demi-tasse de sang.Pression du Sang Vous est-il déjà arrivé d'être témoin d'un accident survenu à une personne de votre entourage alors qu'un jet de sang jaillissait de la blessure ?Rien de plus pressé que de comprimer aussitôt le vaisseau ouvert pour arrêter l'hémorragie: c'est donc que le sang dans le vaisseau a une certaine pression.Il est bien entendu, néanmoins, que la pression du sang dans les artères diminue à mesure que l'on s'éloigne du moteur propulseur, le cœur.A sa sortie, le sang a une pression que l'on évalue approximativement à 25 livres au pouce carré.Vitesse du Sang En hydraulique, l'on sait que la vitesse de l'eau dans un tuyau dépend de la pression du liquide, de la résistance des parois du tube et aussi du diamètre du conduc-i • 11r On calcule habituellement que la vitesse du sang dans les artères de moyenne grandeur est de 10 pouces par seconde.Toutes ces données sont fournies à la suite de nombreuses expériences faites sur le vivant, en des laboratoires bien outillés.Energie et Force de Résistance du Coeur On a eu la curiosité, bien placée celle-là, de mesurer la somme d'énergie dépensée par le cœur en 24 heures, chez un adulte normal.Faisons ensemble un petit calcul ^i l'on sait que le cœur bat 75 fois par minutes, il suffit de multiplier par 60 pour avoir le nombre de battements par heure: nous trouvons: 4 500 pulsations par heure.Multiplions de nouveau par 24, pour avoir le nombre de battements par jour: le résultat nous donne 180 000 par jour.Par des calculs qu'il serait trop long et trop fastidieux d'énumérer ici, on est venu à admettre que la force déployée par le cœur pour maintenir en circulation la masse du sang 108 000 par jour, équivalait à celle dépensée pour lever un poids de 90 tonnes à 1 pied de hauteur, ou, si vous voulez prendre le problème à l'inverse, lancer un poids de 2 000 livres à une hauteur de 90 pieds.Quelle somme d'énergie dépensée, et dire que ce pauvre cœur suffit à toute vie qui se prolonge parfois 60, 70, 80 ans et même plus, sans jamais fléchir! Comment expliquer cela ?I.e problème est plus simple que vous ne le soupçonnez.Tout d'abord, il faut dire, à votre grande surprise, que le cœur se repose.Quoi, le cœur se repose! Oui, le cœur se repose, autrement, il ne pourrait pas fournir une si longue carrière.Je m'explique, vous allez comprendre.Si vous séparez en 5 parties tout le travail du cœur, vous aurez une révolution cardiaque complète qui se fait comme suit: les deux oreillettes se contractent pendant le premier cinquième du temps; survient une première phase de repos qui forme le deuxième cinquième de la révolution.(Le travail des oreillettes est terminé pour toute cette révolution).Après la première phase de repos, les ventricules gorgés de sang se contractent ensemble pour s'en libérer; ils prendront le troisième et LES MOUETTES™ Eclat de plumes et de cris, Tournoiement qui monte et descend, Puis d'un air rieur et surpris.Danse en rond au ciel tout blanc'.0 mouettes aux plumes claires, Aux yeux d'azur et d'émeraude, Frôlez nos coeurs, ailes légères Où du soleil palpite et rôde.Vous apporte! dans la blancheur De vos corps doux et veloutés, Des chansons roses de gaieté Et des rives comme des fleurs.Vous vous milez aux transparences Du ciel et des flots confondus; Et nos élans se sont perdus Emmi les brumes du silence.Jean Bordeaux (1) M.Jean Bordeaux, neveu du célèbre romancier, mourait en 1933.a l'âne de vingrt-six ani Des mains pieuses ont recueilli quelques-unes des lettres du Jeune homme, deux pièces de théatro et plusieurs milliers de vers.Los vers sont groupés sous le titre qui est aussi celui du volume: Amitié des Choses (Albert Mcssler.édlt ) Nous •0 extrayons ce court ot llmpl.li- poème.(.I „(.I / in.,,., le quatrième cinquième "du terrils; ufiV dernière phase de repos vient occuper le dernier cinquième de la révuli-tion et le cycle recommence.Ici nous faisons abstraction de la longueur de la pause: en réalité il y a une petite et une grande pause comme il y a un petit et un'grand bruit.Vous voyez donc que les différentes parties du cœur ne travaillent pas continuellement, qu'au contraire chaque partie travaille un certain temps pour se reposer ensuite.En résumé les oreillettes travaillent un cinquième du temps, les ventricules, deux cinquièmes, ce qui fait trois cinquièmes de travail et deux cinquièmes de repos.Les oreillettes travaillent environ 5 heures par jour et se reposent' 19 heures.Les ventricules travaillent environ 10 heures et se reposent 14 heures par jour.Voilà, bien simplement la, résistance du cœur expliquée.PUBLICITE INTERDITE Le secrétaire général du parti fasciste en Italie ne s'est pas contenté d'interdire aux membres du parti de porter des chapeaux hauts de forme et des vêtements trop élégants.Il vient de leur recommander, par une circulaire rendue publique, d'éviter de faire mettre dans les journaux leurs noms et leurs photographies."Cette publicité, dit-il, n'ajoute rien au mérite des gens nommés et portraicturés, et ne met en lumière que leur vanité.Désormais on ne désignera plus les personnages officiels, en rendant compte d'une cérémonie, que par leur fonction et non par leur nom; quant aux photographies, elles devront montrer, non les autorités, mais l'ensemble de la cérémonie et la foule qui y assistera.Les éphores de Sparte n'auraient pas désavoué une telle sévérité.s*.LE FEMINISME EN CHINE Le féminisme —qui l'eût dit il y a trente ans?— commence à faire quelque progrès en Chine.Certes, les filles du Ciel ne sont pas encore avocates ou médecins.Pour l'instant, elles se contentent d'être barbièxes.Et elles rasent vite et bien.Si vite et si bien, d'ailleurs, que les coiffeurs, ennuyés de cette concurrence, viennent de s'adresser au Conseil communal.iTHélas! les juges de Canton ont répondu aux mécontents que les Chinoises avaient une main suffisamment légère pour manier le rasoir avec mesure et que leur plainte était irrecevable.Mais qu'en pense le vieux Confucius?COMMENT EST NE LE BRIDGE Le bridge fut créé en 1883, par un groupe de diplomates accrédités auprès du sultan de Turquie Ab-Dul-Hamid II, qui régnait alors à Constantinople et dont la cour était loin d'être folâtre.Ils s'ennuyaient ferme, ces diplomates, Constantinople manquait de distractions, ils eurent alors l'idée de combiner plusieurs jeux et principalement le "whist" français, le "fontainebleau" américain, et le "hkédive" turc.Ils prirent les combinaisons de l'un, mariées aux combinaisons de l'autre: il y eut quelques tâtonnements, des essais, puis enfin le nouveau jeu prit corps.Le bridge était créé.Et maintenant il s'impose dans le monde entier et connaît un succès éclatant.M.Georges Zarif, un Turc, ajoute d'intéressantes précisions."Dans ma famille, écrit-il, on joue le bridge depuis 1869.Il existe même une tardition: c'est un oncle à moi, Antoine Nicopoulo, qui, après un séjour en Angleterre et en Russie, aurait combiné le whist et le vint en un jeu nouveau adopté aussitôt par tous mes compatriotes.Il est assez probable qu'en 1883, des diplomates étrangers se soient mis à le jouer.Mais jusqu'en 1890 leur nombre était excessivement restreint et le bridge était observé avec beaucoup d'étonnement par tous ceux qui d'Occident venaient visiter les villes d'Orient.Les règles de 1869 étaient restées en vigueur jusqu'en 1910, mais, depuis cette date, l'Amérique y apporta de telles modiAtatîOTÏs tjiiè' le rfrltigt (faujôurd'hiii "hé 'ressemble'1 guère rituA ô!é Wos gra-n-ds-pêres'1 !" *•'' ' Lu Revue Moderne — Montréal, Mai 1 9 3 U Page 7 QU'EST-CE QUE LA LUMIERE 1 DE toutes les énigmes que le Sphinx de la science propose à la curiosité humaine, il n'en est guère de plus déconcertante que celle-ci: Qu'est-ce que la lumière ?Jusqu'au XVI Ile siècle, les philosophes inclinaient pour l'opinion d'Aristote.Celui-ci admettait qu'il existait des corps transparents par eux-mêmes, tels que le verre, l'eau, la glace; mais comme ces corps ne remplissent pas leur mission pendant la nuit, on disait qu'ils ne sont transparents qu'en puissance et, pour cette raison, on définissait la lumière l'acte du corps transparent considéré comme tel.C'était tout simplement éluder le problème, et il faut arriver à Newton pour rencontrer une véritable théorie du phénomène.Suivant l'opinion du père de la gravitation universelle, la lumière est produite par un bombardement de particules qui s'échappent du soleil ou sont réfléchies par un corps éclairé.Pour lui, un rayon lumineux n'était autre qu'une procession en ligne droite de menus projectiles séparés par de larges intervalles.En supposant que ceux-ci se succèdent au nombre de 100 par seconde, chacun d'eux serait distant du suivant par un intervalle de 2 980 kilomètres (env.2000 miles).Malheureusement, cette théorie dite de l'émission se trouva impuissante à expliquer dans la suite des faits nouveaux tels que la diffraction et les interférences.Ce fut de là que naquit la théorie ondulatoire de la lumière qui fut imaginée pour la première fois par Huygens.Elle fut développée dans la suite par Young et Fresnel.Au lieu de particules lancées à grande vitesse, on admit que tout corps lumineux était le centre d'une agitation qui se propageait sous la forme d'une ondulation à travers un milieu ,M'l,r'rrl ¦¦¦ii)i:)TiiTo;[iiirriiiiJiHjifriiiiriiiiMiiiiiiiii>iiiFr[iiiiiiiiiiiMirir[iiii miTTri nu nriTiiiinif itm rii 11 lumniDmnimcTmuinximn^^^ Ce que lisent .1A Ligue Des Femmes Françaises s'est livrée à une curieuse enquête dont les résultats viennent d'être publiés.Voici les trois questions posées: 1.Si un auteur vous offrait d'écrire un livre pour vous, quel genre chois,iriez-vous: — Roman d'aventures?— Roman sentimental?— Roman policier?— Roman évoquant la vie familiale?— Relation de voyage?— Récit historique?— Belle vie?— Ou ?Soulignez ce que vous préfères, ou ajoutes le genre de votre choix, s'il n'est pas sur la liste.2.Cites deux ou trois de vos livres préférés, et si vous voûtes, ajoutes la raison de votre choix.3.Quand vous lisez un livre, aimez-vous mieux: Celui dont les péripéties se passent dans votre milieu?Ou dans d'autres milieux?Celui qui vous emporte dans le rêve?Ou celui qui vous laisse dans le vrai?Celui qui fait rire?Ou celui qui fait pleurer?Soixante-seize départements ont été touchés par les questionnaires et environ vingt mille personnes ont répondu aux enquêteurs.Il convient d'indiquer que ces personnes appartenaient toutes aux milieux catholiques.Voici le détail des réponses à la première question qui établissait une compétition entre les divers genres: Jeunes hlles Adultes Roman d'aventures ou policier.921 1.298 2.219 2.861 3.977 6.838 Roman évoquant la vie familiale.5.102 3.862 8.964 Voyage.1.895 1.802 3.697 Histoire.\ .2.543 2.015 4.558 Belle vie.4.621 3.672 8.293 Par l'Abbé Th.MORELX — qu'on nomma éther.Le nombre de vibrations par seconde rendait compte des différentes couleurs.Toute l'optique apprise dans ma jeunesse reposait sur ces principes qu'on croyait immuables.* * La trêve fut de courte durée, et ce fut Maxwell qui attacha le grelot vers 1873.Déjà, à propos de l'émission, sir John Herschel avait fait remarquer que si la lumière était produite par des particules dont chacune aurait pesé un seul grain (0 gr.065) son effet aurait dû être égal à celui d'un boulet de canon de plus de 150 livres animé d'une vitesse de 305 mètres par seconde.Or, jamais on n'avait Un Prince Généreux r t XE femme de lettres, qui connut Madu-I J me de Loynes, la célèbre égérie de Jules ^""^ Lemaitre, raconte, dans Candide, ses souvenirs d'une époque déjà bien éloignée de nous.Voici une anecdote dont le héros est un médecin célèbre de la seconde moitié du XlVe siècle, le docteur Bravais qui fut appelé à traiter Madame de Loynes alors dans la fleur de l'âge.Le docteur Bravais mit à sa disposition son château de Belleau, situé aux environs d" Paris.Les méthodes thérapeutiques laissaient à ce moment-là beaucoup à désirer.Lorsque la convalescence arriva, Mme de Tourbey eut la surprise de voir l'allée, longue de deux kilomètres, qui menait de la porte d'entrée à l'habitation, toute couverte de pétales de roses.Ce trait de galanterie caractérise le célèbre médecin.Sur l'originalité de Bravais, il courait beaucoup d'anecdotes.Il jouissait d'un grand prestige auprès des personnages les plus en vue de l'époque, qui le considéraient et le protégeaient.En voici une: Dans cette même propriété de Belleau, ii recevait un jour Ismaïl-pacha, x-ice-roi d'Egypte.Pendant le déjeuner, celui-ci dit en riant: — Je vous achèterais bien votre château, Bravais.— Si Votre Altesse veut m'en offrir deux xnillions .Ce prix était tellement exagéré qu'il en dc-veimit plaisant.Sans broncher, Ismaïl-pacha répondit : — Les deux millions sont à vous, et le château est à moi.La journée passa; il ne fut plus question de ce que le docteur Bravais croyait être une simple boutade, mais lorsqu'il accompagna le prince à la gare: — Je n'ai pas oublié notre marché, mon cher Bravais.Voici un chèque de deux millions, mais gardez le château, je vous le donne.constaté que les grains de lumière aient pu communiquer le moindre mouvement aux miroirs qui les recevaient.Sir John Herschel fût donc demeuré sceptique devant les calculs de Maxwell, son pom-patriote, qui démontrait théoriquement qu'en fait la lumière exerçait une action sur les corps.Mais il eût dû, sans doute, changer d'avis lors-qu'en 1901, Nichols et Hull, dans des expériences célèbres, montrèrent qu'en réalité cette pression prévue par la théorie existait bel et bien.C'était revenir à l'hypothèse de l'émission newtonienne.Maintenant nous savons que, par sa lumière, le Soleil exerce sur la Terre une poussée de 70 000 tonnes! La lumière est donc pesante et ce résultat n'a pas été inventé par Einstein, comme trop de vulgarisateurs se plaisent à l'affirmer.Dèi lors, on aurait pu prévoir qu'un rayon lumineux formé de particules ne voyage pas nécessairement en ligne droite, mais peut être dévié de sa route lorsqu'il passe près d'un corps attirant comme une étoile ou le soleil.Encore un résultat qu'on attribue volontiers à la relativité, mais qui, en fait est expliqué tout au long dans le livre des "Principes" de Newton.Seulement lorsqu'on s'en réfère aux expériences, la déviation d'un rayon lumineux par le soleil ne répond exactement comme valeur ni à la théorie de Newton, ni à celle d'Einstein! En vain a-t-on essayé, par des formules extrêmement compliquées, d'associer un phénomène ondulatoire à chaque particule lumineuse — on dit aujourd'hui des photons — nous ne sommes pas plus avancés.S'il faut conserver, pour les besoins de la cause, l'hypothèse des ondulations de Fresnel et en même temps celle de l'émission des particules qu'imposent toutes les expériences récentes, personne, en vérité, n'aperçoit comment se fait le mariage de deux époux si dissemblables et si mal assortis.Actuellement l'existence même de l'éther est sérieusement battue en brèche.Mais comment s'en passer ?Entre le soleil et nous, on ne peut faire autrement que d'imaginer un milieu où il se passe quelque chose.Ce milieu est-il oui ou non continu ?S'il l'est effectivement, les physiciens le renient.S'il présente des vides, les philosophes poussent les hauts cris et ne veulent pas revenir au plein absolu, cher à Descartes.De toutes façons, il faut avouer que nos théories de la lumière se débattent dans une véritable impasse.les Françaises Sur le choix des auteurs, l'enquête a donné les curieux résultats que voici: Jeunes filles Adultes 1.Pierre l'Ermite .1.865 1.951 3.816 voix (18%) 2.René Bazin.1.780 1.917 3.697 — (18%) 3.Henry Bordeaux.1.385 1.504 2.889 — 14%) 4.Delly.1.232 898 2.130 — (10%) 5.Paul Bourget.539 751 1.290 — ' 6%) 6.P.Lhande.474 378 852 — ( 4%) 7.Antoine Redier.547 298 845 — ( 4%) 8.Ste Thérèse de Lisieux.282 397 679 — ( 3%) 9.Germaine Acre- mant.434 209 643 — ( 3%) 10.Berthe Bernage.392 199 591 — ( 2%) Il Pierre Loti.341 192 533 — ( 2%) 12.Florence Barclay .309 196 505 — ( :%) 13.Elisabeth l.eseur.113 383 496 — ( 2%) 14.Jeanne de Cou- lomb.222 235 457 — ( 2%) 15.Trilby.233 191 424 — ( 2%) 16, Reynès-Monlaur.187 229 416 — Ajoutons que M.Pierre Benoit est plus demandé que l'Imitation, que Dumas père a recueilli 159 voix et Anatole France 35, Xavier de Montépin 36 et Biaise Pascal 21 que Romain Rolland a recueilli 17 suffrages, comme Dickens et Paul Doumer.Troisième question: il s'agissait de savoir si les lectrices préféraient la description de leur milieu ou d'un milieu étranger, le rêve ou la réalité, rire ou pleurer.La majorité s'est nettement déclarée pour la peinture de son milieu (7.576 voix contre 4.739 pour "l'autre milieu"): pour la réalité contre le rêve (13.803 voix à la première, 2.598 au second) et pour le livre qui fait pleurer (7.654 voix, contre 5.251 au rire). Page 8 La Revue Moderne — Montréal, Mai 1 9 S U Dans le Monde SAVONAROLE 1£ 21 septembre 1452.à Ferrare, naissait Jérôme-Marie-François-Mathieu Savonarole.Vingt-trois ans plus tard, ce même Jérôme devenait moine chez les Dominicains de Bologne.Ses parents avaient voulu faire de lui un médecin, un savant qui n'aurait eu qu'à marcher sur les traces du grand-père Michel, professeur à l'Université de Ferrare.Mais le jeune homme, dont le livre préféré était la Bible, n'avait pas tardé à se rendre compte que les principes qu'on lui avait inculqués étaient en contradiction avec ceux du monde.Cédant aux tendances de son esprit qui devaient, un jour, le conduire à la révolte contre l'autorité pontificale, insensible aux ambitions que sa famille entretenait pour lui, il tournait brusquement le dos à ce monde où il ne voyait que vices et dépradations.Mais avant de partir, il tenait à exhaler son mépris du monde en des pages terribles dont il ferait plus tard un traité et qu'il laissait à son père en guise d'adieu."In primis, écrivait-il, le motif qui me pousse à entrer en religion est celui-ci: la grande misère du monde, l'iniquité des hommes, la concupiscence, les adultères, les brigandages, l'orgueil, l'idolâtrie, 1 -s blasphèmes qui ont tant avili le siècle qu'on re saurait tr< uver un seul homme qui fit le bien".Et ce furent six années de retraite, six années de paix, au cours desquelles frère Jérôme fouillait les Ecritures, domptait sa chair, faisait péniblement ce que son excellent biographe, M.Ralph Roeder appelle "la conquête de l'éloquence".Pendant ce temps-là, le mal n'avait fait que croître et l'Eglise elle-même offrait le triste spectacle d'une société où le mauvais exemple venait d'en haut.Envoyé par ses supérieurs au couvent de Saint-Marc, à Florence, le moine s'était aussitôt livré à la prédication, n'y récoltant, du reste, que d'humiliants échecs.I.a seule personne, que la conviction de l'orateur avait fini rar toucher, fut le célèbre Pic de la Mirandole.Renonçant à satisfaire ses auditeurs exigeants de Florence qui préféraient à sa rude et sévère éloquence, l'élégance et la modération d'un autre Dominicain, Fra Mari-ano, Savonarole partagea son temps entre l'étude et la direction des novices.Puis, un jour, Pic de la Miran-111 munir dont l.i parole avait remué lr^ fibres les plus intimes de son cœur.Il le recommanda à Laurent de Médicis qui usa de son influence pour faire revenir le Frate au couvent de Saint-Marc.La véritable carrière de Savonarole commençait.Ce n'était plus le même homme.Peut-être aussi le peuple de Florence n'était-il plus dans les mêmes dispositions.Toujours est-il qu'il n'y eut pas d'église assez grande pour contenir la foule des fidèles qui se pressa désormais au pied de la chaire d'où tombaient de véritables paroles de feu.Le thème de ces sermons, dont l'écho ne tardait pas à gagner Rome, était que l'Eglise serait châtiée pour les fautes de ses ministres, puis qu'elle serait régénérée dans un avenir prochain.L'une des principales erreurs du moine fut de croire et de proclamer qu'il était l'instrument de cette réforme catholique, de cette régénérescence, allant même jusqu'à écrire: "Si Rome est contre nous, elle est contre le Christ et s'attaque à Dieu".Une autre erreur consista à vouloir jouer un rôle politique et à s'attaquer ouvertement à l'autorité légitime au nom de principes invoqués de tout temps par la démagogie.Le Pape — c'était alors Alexandre VI — invita Frère Jérôme à plus de modération.La politique •'en mêla et le moine fut solennellement excommunié.Un jour, le peuple de Florence se souleva contre les moines de Saint-Marc.Arrêté, traîné devant un tribunal civil, puis devant des juges ecclésiastiques, Jérôme Savonarole s'entendit condamner à la peine de mort par pendaison, il mourut courageusement au centre de la célèbre Piazza des Lanzi où tant de fois le peuple de Florence avait fait éclater sa joie ou sa colère.Le livre de Ralph Roeder est l'une des plus puissantes évocations qu'on puisse trouver d'un drame qui intéresse toujours les historiens.Ceux surtout qui sont allés à Florence, qui se sont promenés dans le cloître de Saint-Marc et qui ont pénétré, non sans un serrement de cœur, dans l'étroite et froide cellule du Frère Jérôme, ne manqueront pas de lire l'émouvante biographie qui ressuscite, en un style vigoureux, dépouillé de longueurs, un homme, une ville, une époque.J- B.(1) «mssnlf, par TUlph Roeder.traduit il* l'anglais par Blanche Pranei; coll -A m a» at Vlea«e« Armand Colin, «dit.PIERRE RADISSON n EXDONS grâces à M.Donatien Frémont qui Jf\ vient d'apporter une précieuse contribution à l'histoire du Canada tout en enrichissant nos lettres d'une œuvre qui fait honneur à son talent d'écrivain.Depuis quelques années, chez nous comme en France, l'histoire est à la mode.Le nombre s'accroit, non seulement de ceux que le passé attire et qui y puisent le sujet de livres vivants, mais de ceux que passionne la lecture de telles œuvres.Le Pierre Radisson dont nous voulons dire ici quelques mots, se place d'amblée au premier rang autant par la sûreté de la documentation que par la souplesse et la correction du style.Ces indéniables qualités de fond et de forme permettent amplement à l'auteur de se faire pardonner certains passages touffus et plusieurs négligences sans lesquelles la critique honnête pourrait saluer une oeuvre parfaite.De ce Pierre Radisson que son biographe appelle à juste titre le roi des coureurs des bois, nous savions fort peu de chose avant le livre de M.Frémont.Xos manuels et traités d'histoire nous le représentent comme un aventurier sans foi ni loi.uniquement préoccupé de s'enrichir, comme un traître qui passa sans scrupules, par dépit, avec son beau-frère et compagnon d'aventures, Chouart des Groseillers, au service des Anglais.M.Frémont est parvenu, sans porter atteinte à la vérité, à nous le rendre LES MENDIANTS w Courbant, dressant leur maigre échine.Soûlés de soi}, les mendiants, Miteux, loqueteux, clopinent.Avec la faim entre leurs dents, Avec leur coeur battant sur terre Le carnaval de la misère, Ils vont trouant les horizons Qui, pour eux, n'ont point de maisons.L'aube du jour: Presque une farce\ Tant dt blancheur s'épand, comparse: Ange muet sur leur réveil.Pourront-ils approcher leur lèvre De la citerne du soleil ?Avec ce ballot de leur fièvre ?Avec ce corps qui les encombre ?Et tous leurs pas traînant de l'ombre?A u loin, des rayons cabriolent.Tandis que leurs jambes flageolent D'avoir frôlé de hautes fleurs Que le vent colle à leurs genoux.Plus vite ils fuient comme des fous Que tenaille une sourde peur.Et leurs doigts gauches n'osent pas Bouger aux branches de leurs bras.Et lorsqu'au coude des chemins .Se dressent de grands Christs de bois.Eux qui n'ont pas même de croix Où clouer leur fatigue immense, Les mendiants lourds de silence, Ne veulent pas joindre leurs mains.Honteux de les savoir si jaunes: Couleur de pain dur et d'aumônes.Mais quand le soir dot chaque porte A leur pauvreté qui chemine, Avec la haine pour escorte Griffant leur chair comme une épine.Les mendiants sont plus divins Sous la lune qui les irise Que la beauté calme des saints Dans les verrières de l'église.Mcdjé Véiina 11) La publication de Chaque heure a son vlsatfe (Lan éditions du Totem) vient de nous révéler une excellente artiste du vers dans la personne de Mademoiselle M.!)•' Véiïna.Nous avons choisi au hasard, dans ce recueil où les bonnes pages sont 1ns plus nombreuses, le poème Intitulé "Les Men-dlanta".des Lettres sympathique.Il a tracé de son héros un portrait li.na en couleurs, ne cherchant à dissimuler ni les faiblesses de caractère, ni les outrances, ni les fautes.A peine pouvons-nous lui reprocher de se montrer un peu trop sévère pour le gouverneur d'Avaugour et d'affirmer que Radisson sauva la colonie à deux reprises.Sans doute, le commerce des peaux de castor était essentiel à la vie économique de la Xouvelle-Franoc, mais rien ne prouve que cette dernière eût péri sans les riches cargaisons transportées par le coureur des bois de la baie James à (Juébec.La biographie de Radisson tient du roman.S'il n'existait des textes sur lesquels s'appuient les dires de l'historien, le lecteur, entraîné malgré soi par la verve de M.Frémont, croirait vivre quelque conte de fée.L'auteur lui-même ne s'en est pas caché: "Dans ces temps heureux, écrit-il, nos ancêtres vivaient en pleine épopée.Leurs exploits s'apparenteraient volontiers à la fiction".Mais il n'en est rien.Tout est véridique dans le récit de M.Frémont pourvu que l'on tienne compte des réserves que nous avons dites.Et comme le biographe a su faire revivre magniaquement la lointaine époque où une poignée d'hommes courageux ouvraient un continent à la civilisation! Historien de Radisson, il l'est aussi de tous ceux qui s'enfon .aient dans l'inconnu, bravant le froid, la faim et la mort, et nul n'a peut-être mieux raconté que lui les dramat iques débuts de la célèbre Compagnie de la Baie d'Hudson et tout au moins une partie substantielle du duel épique que la France et l'Angleterre se sont livré pour la possession des territoires du nord.Il a démêlé, avec l'art qui est la marque du véritable historien, l'inextricable écheveau des intrigues et des trahisons, des marchandages et des ambitions qui enveloppèrent le commerce des peaux de castor en Amérique.Il a projeté sur un demi-siècle de notre histoire une lumière qui nous permet aujourd'hui de saluer en cet être étrange, complexe, que fut Pierre-Esprit Radisson, l'une des figures sinon les plus sympathiques, du moins les plus extraordinaires et attirantes d'une époque héroïque entre toutes.JE.i 1 i Pierre Radisson, par Donatien Frémont, coll."Figures canadiennes", Albert Lévesque, édit.Histoire du Canada pour tous CET ouvrage est moins une compilation scientifique qu'un ouvrage de vulgarisation qui fait de notre histoire un récit vivant et intelligent, susceptible d'intéresser non seulement cette jeunesse étudiante à laquelle l'Histoire du Canada pour tous semble spécialement destinée, mais encore tout profane que l'histoire attire, mais que les longues et sèches énumérations de faits et de dates rebutent.En effet, l'auteur, tout en gardant à son œuvre un caractère strictement historique, a évité avec soin les nomenclatures fastidieuses.De sorte que son livre tient le milieu entre le manuel — toujours un peu morne et sans attrait — et le document savant et précis, mais qui n'a d'intérêt que pour le spécialiste.Le tome I, qui vient de paraître, couvre toute la période du Régime français et commence même à l'époque où les premières migrations humaines se dirigèrent vers l'Amérique.Ce livre paraît vraiment au moment opportun et répond à un besoin réel.En cette année du 400e anniversaire de la découverte du Canada par Cartier, et du tricentenaire trifluvien, qui verra affluer les touristes, c'est l'article-souvenir tout indiqué qu'il nous appartiendra de leur offrir.L'étranger que nos fêtes attireront tiendra sans nul doute à connaître de notre histoire autre chose que l'arrivée de Cartier à Gaspé Et il ne saurait mieux choisir, pour se renseigner sur l'héroïque épopée canadienne écrite de 1534 à 1760, que VHisloire du Canada pour tous.Nous aurons prochainement l'occasion de publier une analyse plus substantielle de ce nouvel ouvrage de notre rédacteur en chef. La Revue Moderne — Montréal, Mai 1 9 3 h pan» '/ Indigènes confectionnant des couronnes de coquillages.Aux Iles Tl-amotu AVANT que ne commence la saison des pluies aux /-\ soudaines et violentes tempêtes, profitons du beau temps pour une visite aux îles Tuamotu, l'ancien archipel Dangereux auquel on a rendu le nom indigène de Tuamotu, qui veut dire îles lointaines.Un négociant chinois de Papeete m'a accordé, après de laborieuses tractations, le passage sur sa goélette qui part pour l'aventure, joli nom dont on décore la recherche du coprah sans itinéraire déterminé.Le capitaine, métis de Scandinave et de tahitienne, m'accueille avec cette cordialité un peu brusque des gens de mer et m'installe de son mieux.J'aurai un matelas sur le pont et, s'il vient à pleuvoir, je pourrai transporter ma paillasse dans le couloir qui accède à la chambre du moteur.Les délicats trouveraient peut-être ce voisinage malodorant, mais chacun sait que "Les délicats sont malheureux.Rien ne saurait les satisfaire".et à la mer comme à la nier! Sur cet encouragement adressé à moi-même, je descends prendre le premier repas dans le réduit qui tient lieu de carré, de chambre des cartes et, aux escales, de bureau de vente et d'achat.Outre le capitaine, le subré-cargue chinois est déjà attablé.Cet homuncule aux yeux bridés feindra pendant trois jours de m'ignorer et, pas une fois, je ne pourrai saisir son regard, marque du mépris qu'il professe pour le blanc et se refuse à travestir en respect.Le mécanicien, chinois également, dont la cotte trop grande flotte sur son mince corps nu, apparait, un chiffon gras à la main, se gorge de riz en hâte et disparait.Sans identifier toujours ce que je mange, je fais honneur à la cuisine, heureuse combinaison des traditions culinaires chinoises et tahitiennes.Après une bonne nuit à la belle étoile sous l'œil vigilant de l'homme de barre, j'ai pris ma douche à l'eau de mer pour ménager l'eau douce, rare dans les parages où nous allons.Puis j'ai laissé s'enfuir les heures, vides et légères, et le soir nous a surpris près de Makatéa, île dont la falaise verticale, creusée de grottes, supporte un plateau élevé de deux cents pieds au dessus de la mer.Des oiseaux de mer viennent à notre rencontre: fous, albatros, fré- VOICI DES LIVRES LE FEU INTERIEUR, roman, par Rex Desmarchais, édit.Alb.Lévesque.— "Ce jeune romancier, dont le premier ouvrage VInitiatrice a reçu beaucoup d'éloges de la critique, ne décevra pas ceux qui, déjà, voient en'lui, selon l'expression d'un critique, "le meilleur, le seul romancier psychologique canadien".L'intrigue peut se résumer en quelques mots.Une jeune femme, courtisée par un sculpteur et un romancier, épouse ce dernier, bien qu'il soit de condition sociale inférieure à la sienne, parce qu'elle lui prévoit un grand avenir et se croit sa véritable inspiratrice.Dans l'ivresse d'un amour qu'il croit partagé, le héros, Robert Levai, oublie ses ambitions.Mais la déception vient vite, et le malheureux Robert se jette dans le travail avec une énergie désespérée, parce qu'il sent fuir l'amour, seul lien qui le rattache à l'existence.Une maladie l'abat, sans qu'il songe à lutter.Mais dans la douceur d'une convalescence, l'aurore d'un autre amour monte en lui.Et c'est •ur un autre drame, celui de l'épouse, enfin reconquise, mais qui sent Robert lui échapper, que se clôt ce beau livre.Livre d'une inspiration bien humaine, où l'auteur, avec un sens psychologique, très rare, chez-nous, a su animer ses personnages et les faire vivre intensément." Noies de voyage IMAGES POLYNESIENNES ===== Par Jean LANDRIEU - gâtes, paille en queue .Jadis cette île était leur domaine inviolé; aujourd'hui une compagnie exploite avec un outillage moderne des gisements de phosphates qui vont fertiliser le sol en Allemagne.au Japon, en Nouvelle-Zélande.Le lendemain, au lever du jour, nous sommes face à la passe de l'Ile Tikehau et nous y engageons, favorisés par la marée montante.La passe franchie, c'est de nouveau la mer à perte de vue, mais une mer intérieure peu profonde.Curieuse fantaisie de la nature, ces îles Tuamotu.toutes des atolls, c'est-à-dire des anneaux de corail à fleur d'eau enfermant un lagon au milieu.De terre, point.MM les savants ont émis des explications ingénieuses et contradictoires; le mystère subsiste.L'ancre aussitôt jetée, je saute dans la baleinière qui se dirige vers le rivage habité.Le subrécargue va s'informer de la possibilité d'acheter du coprah et d'en payer une large part avec sa pacotille: cotonnades, savon, riz, farine, estimés au prix fort naturellement.Les pourparlers n'aboutissent pas.Je le regrette car, à peine ai-je eu le temps de parcourir le village, que déjà il faut se rembarquer, partir pour une autre ile.Nous allons tenter la chance à Rangiroa dont, le jour suivant, nous traversons le lagon large de vingt cinq milles.La scène de la veille recommence.Je décide alors de débarquer.J'attendrai qu'une autre goélette puisse me ramener à Tahiti; dans l'intervalle j'aurai le loisir de faire connaissance avec le pays.Une demi-heure plus tard je vois mon navire s'éloigner tandis que je reste sur la grève, ma cantine à côté de moi.Bientôt j'ai marché conclu avec un indigène chez qui je prendrai mes repas.Il met à ma disposition une case minuscule mais pourvue d'un matelas posé sur un cadre tendu d'une natte tressée en guise de sommier.Assuré du gîte et du couvert, je pars visiter ma nouvelle résidence.J'ai dit que les atolls sont des anneaux de corail.Ces anneaux n'émergent pas sur tout leur pourtour.Ils présentent de larges solutions de continuité séparant des ilôts espacés, ou rapprochés en séries comme les grains d'un chapelet.A Rangiroa la muraille madréporique sous-marine mesure plus de cent milles de tour; un tiers seulement émerge.La largeur des îlots entre la mer abyssale et le lagon est en moyenne de cinq cents pas, et leur point culminant n'est qu'à cinq ou six pieds au dessus du niveau de la mer; aussi éprouve-t-on l'étrange impression d'être, non sur une île, mais sur le bord d'une goutte d'eau géante isolée dans l'immensité du Pacifique.La structure de ces îles conditionne le mode de vie des indigènes.Leur village est bâti sur l'îlot principal ou sur le moins exposé aux dévastations des cyclones.Chacun y a sa maison dans laquelle il ne passe que quelques mois par an.En effet, pour l'exploitation des cocotiers, tous les habitants se transportent ensemble d'îlot en ilot.J'arrive à Rangiroa justement au moment d'un rahui et l'îlot où je débarque n'est habité que trois mois par an.Pendant ce temps les noix de coco tombées depuis la dernière récolte sont ramassées et, avec une grande agilité, les jeunes gens montent aux cocotiers pour faire tomber les fruits presque mûrs.Tous sont ouverts d'un coup de hache, puis exposés au soleil afin de sécher l'amande qui, détachée de la coque, constitue le coprah avec lequel les usines d'Europe et d'Amérique fabriquent des graisses comestibles, des savons, etc.Le cocotier est la ressource des îles Tuamotu dont le sol, formé uniquement de débris coraliens, est impropre à la culture.Avec les feuilles tressées on construit les maisons et on fabrique des nattes.Avec l'eau contenue dans les jeunes noix on se désaltère.De la pulpe râpée des cocos frais on exprime un lait qui remplace le lait, la crème et le beurre inconnus dans ces îles sans bétail Les enveloppes fibreuses des noixdonncnt un combustible d'autant plus apprécié que le bois est très rare.Enfin le coprah est le seul produit négociable, et sa vente Une case à un étage construite avec des feuilles de cocotiers.permet d'acheter les denrées que l'habitude prise a rendu indispensables.L'alimentation est peu variée.Le poisson, abondant dans le lagon, en forme la base.Tout le monde ici pêche, nage et plonge à merveille.C'est un spectacle impressionnant de voir, à travers l'eau limpide, un plongeur harponner un poisson dans une anfractuosité de corail et remonter en disputant sa prise aux requins.Les plongeurs les plus endurants avaient coutume d'aller faire une saison de plonge dans celles des îles où, sous le contrôle de l'Administration, on ramasse au fond du lagon les belles huitres qui fournissent la nacre noire et les perles.Les cours trop bas ne valent plus d'affronter les fatigues et les dangers d'une plonge à de grandes profondeurs.Les huitres peuvent bailler à leur aise, elles ne seront pas dérangées cette année.Les femmes ne participent pas aux rudes besognes des hommes.Les soins du ménage et de la cuisine, simplifiés, prennent peu de leur temps.Le reste, elles le consacrent à de menus travaux.Elles excellent à tresser pour cent usages divers toutes sortes de fibres végétales et les couronnes de coquillages qu'elles confectionnent sont des petits chefs-d'œuvre de patience et de goût.Ces couronnes se posent, à la place de ruban, sur les légers chapeaux tahitiens à larges bords pour les empêcher de s'envoler au vent.Elles constituent la principale coquetterie masculine.On en fabrique dans toutes les îles de Polynésie, mais celles des Tuamotu se distinguent par la petitesse des coquillages, l'originalité de l'ornementation obtenue par une harmonieuse juxtaposition dde coloris naturels.Avant mon départ, une soirée de musique m'est offerte.Sur une aire à sécher le coprah la jeunesse se réunit.Autour de nous, de vieux cocotiers aux troncs minces rayent l'ombre bleue de longs traits argentés; leur feuillage se découpe haut dans le ciel étoile comme s'épanouit une fusée.Prestigieux décor qui donne plus de relief aux mélopées nostalgiques, aux rythmes trépidants, dont les guitares accompagnent chants et danses.A titre de souvenir, l'on me fait cadeau d'une perle en me prévenant qu'elle est de peu de valeur parce que tachée.Que m'importe, puisque, sur son globe poli, je retrouve la lumière irisée de vos aurores, ô Tuamotu.îles lointaines.Jean Lan drieu VOICI DES LIVRES L'EDUCATION DE LA PURETE, par le R.P.Le-maire, S.J., édition Casterman.— "Ce petit volume contient surtout trois conférences que l'auteur a données aux parents des élèves d'un grand collège et à un groupe d'instituteurs et d'institutrices, dans le but de les inciter à une collaboration effective dans l'important problème de l'éducation de la pureté des enfants.L'initiative vaut d'être retenue; appelé par sa charge à étudier la question, le R.P.Lemaire s'est bien vite rendu compte qu'un contact était inexistant dans ce domaine, entre les éducateurs naturels et responsables de l'enfant.Et cependant, l'éducation de la pureté est, de toutes les disciplines, la plus délicate, la plus difficile et la plus importante.C'est aussi celle où la collaboration des parents et des maîtres est, par une entente préalable sur le but et les moyens, la plus nécessaire et la plus souhaitable.En des pages fortement pensée*, où les conseils abondent, le R.P.Lemaire, S.J.a étudié avec la compétence d'un psychologue doublé d'un excellent pédagogue les multiples aspects de ce problème.Il faut le remercier d'avoir donné à sa parole la diffusion du livre et d'avoir mis ainsi à la portée de tous les éducateurs et surtout des parents et des maîtres d'utiles, d'indispensables enseignements." Page 10 L a R évite M o d e i n c — M o kir4 al, Mai 1984 LA VIE CANADIENNE min.iiitiuiimiiim.mniiiiiiiiiii.niiiiiiiinii.niiiniiiiiiiiiiiiinmiiiiiiiiiiiiiiii.iiiiim Un Deuil pour Nos Lettres 1E-S lettres canadiennes ont pris le deuil.j L'un de ceux qui les a servies avec le plus de fidélité et de talent, M.le juge Gon-zalve Désaulniers, est mort au soir du 5 avril, alors que rien n'annonçait une fin aussi brusque.Ce même jour, l'intègre magistrat avait siégé au tribunal qu'il honorait par ses connaissances juridiques; sa droiture et son tact.Le matin encore, avant de se rendre au Palais de Justice, il avait jeté sur le papier quelques vers qui devaient être les derniers.Et ce petit fait illustre bien, à lui seul, la profonde vérité du témoignage que M.Firmin Roz rendait à notre compatriote, dans Figao, lors de la publication des Bois qui chantent: "Oui, la poésie a été sa compagne, toujours présente, môme quand elle restait silencieuse.Tandis qu'elle cheminait à son ombre, il marchait, lui, dans sa lumière qui le transfigurait et transfigurait pour lui toutes choses; elle rythmait ses pas, elle baignait ses pensées, elle éclairait ses rêves.Elle lui chantait son chant, qu'il ne cessait d'entendre, qu'il notait et transcrivait dès qu'il en trouvait le loisir".C'est à cette continuelle présence de la poésie, aux côtés d'un homme sensible, aimant le beau, capable de traduire, en strophes élégantes et en souples cadences, sentiments et impressions, que nous devons quelques-uns des meilleurs veis publiés chez nous.Journaliste, à une époque où l'âpre polémique ne ménageait ni les choses de la religion ni les hommes d'Eglise de chez nous, Gonzalve Désaulniers était alors l'un de ces brillants jeunes gens pour qui le culte des lettres n'était pas un prétexte à satisfaire des rancunes personnelles et une occasion de faire naître de vaines querelles.Il fonda, avec une demi-douzaine de camarades, l'Ecole Littéraire de Montréal qui eut tous les défauts et qualités d'une chapelle et dont ce pince-sans-rire de Germain Beanlieu s'est fait l'humoriste historien.Mais, dans ce pays où la seule vocation littéraire, loin d'assurer le pain quotidien, est trop souvent un obstacle au succès, Gonzalve Désaulniers ne pouvait songer à vivie de sa plume.Avocat, il se plia à la rude discipline du Droit, gardant toujours, par bonheur, une large fenêtre ouverte sur le ciel lumineux où se meut l'âme des poètes.Devenu,juge, il céda à la pression de ses amis et sans doute, aussi, à ce secret besoin qui pousse l'auteur d'un livre à se débarrasser de ce double de soi-même.Il publia Les Bois qui chantent, recueil de poèmes où la belle facture du vers s'allie à la pureté de la langue et à la force des idées.La critique salua en lui un bon disciple de Lamartine.Elle souligna l'exquise sensibilité de l'écrivain, l'expression élégante, limpide, douce de sentiments restés jeunes.Nourri des classiques anciens et modernes, le juge Désaulniers se rattachait à cet honnête et jovial magistrat du XVIJJe siècle, Charles de Brosses, qui conservait lui aussi, au milieu d'absorbante- eu banal et qui me plaît.Mais mademoiselle Le LA NÉVRITE EST SOULAGÉE EN QUELQUES MINUTES Jl JEAN,LA NÉVRITE ME TUE.JE NE PUIS ALLER AU BAL DE CHARITÉ ET JE SUIS PRÉSIDENTE DU ,£p\ COMITE ! a WL-4.1S NOUS AVONS ENCORE Y UNE HEURE-PRENDS | DÈS MAINTENANT B DEUX COMPRIMÉS | ASPIRINE.-TU SERAS 1 BIEN EN QUELQUES l MINUTES.1 2.CEST INUTILE -IL LEUR FAUDRAIT ACCOMPLIR UN MIRACLE ESSAIE TOUJOURS.1 ASPIrtlNE A LA PROPRIÉTÉ DE SE DISSOUDRE RAPIDEMENT ET D'AGIR AUSSITÔT.UNE HEURE PLUS TARD TU ES EXQUISE, MARIE.ET COMMENT VA L'ÉPAULE?PLUS D'ÉLANCEMENT, CES COMPRIMÉS FONT MERVEILLE ASSURÉMENT' VOICI POURQUOI ASPIRINE AGIT SI VITE Jetez un comprimé Aspirine dons un verre d'eau.Vous remarquerez qu'il commence à se désagréger AVANT de toucher le fond du verre.Ce qui se produit dans le verre se produit dans l'estomac.De là l'action rapide d'Aspirine.Cette découverte soulage promptement des millions de patients Voici qui apporte un soulagement rapide, prodigieusement rapide, aux maux de tête, rhumatisme, névrite, névralgie.Souvent il agit en quelques minutes .on dit que c'est le soulagement sans danger le plus prompt qu'on ait encore découvert.Ces résultats sont obtenus au moyen d'une découverte scientifique, par laquelle un comprimé Aspirine commence à se dissoudre ou à se désagréger dans l'espace étonnant de deux secondes, s'il vient en contact avec l'humidité.Par conséquent, il « s'attaque au mal » quelques minutes après son absorption.La vignette du verre, ci-dessus, le démontre.Un comprimé Aspirine commence à se désagréger aussitôt qu'on l'avale.D'où il suit qu'il est prêt à agir presque instantanément.Cette découverte unique de l'Aspirine vous procure, ainsi qu'aux vôtres, un prompt soulagement à vos douleurs; économise le temps perdu par les maux de tête, la névralgie ou le rhumatisme.Et ce soulagement est sans danger puisque Aspirine n'affecte pas le coeur.Exigez Aspirine de votre fournisseur.Cherchez le nom Bayer en forme de croix sur chaque comprimé.Se dissolvant presque instantanément.Aspirine agit de même à l'intérieur, après absorption.Dans tourcs pharmacies, en boîte de 12 comprimés, ou en bouteilles de 24 ou de 100 comprimés.ASPtRIS — Aspirine en français — est la matant de comment de Bayer Company.Limited.Les Comprimés Aspirine sont fabriqués au Canada N'AFFECTE PAS LE COEUR I Page 16 La Revue Moderne — Montréal, Mai 1 9 S .', .i_ velouté et la _doit conserver Je ve souplesse de diss.rnuler non pos £™ Eviter donc •¦ours some, pour rester Wieune et Uduisonte éternellement.n'avei Vous pa le choi*, tadorne l odoptei la CALONS PLIES EN BIAIS LINON SOIE * RAYON GUIHGAM PERCALE I.KS TAHI.IKHS L s plut rhlrn «ont u >"•" a\ »>r IVIm II lit — qui Ne pone siimnI vite nue voua pouvez coudre kuiih M» k-.-1- i \.ii M (OU If ii m uni.-.rhuri.I .¦ rt ru rumltlniUnouH de il' mi teinte* — icurnnlIfH ii l'épreuve ilu lavage, l'eu dispendieux.Kn vente piirloot.Th< K\V M ANUFACTURING CO Limited t»Hlt, rue Au m - lu Mont reril LA REVUE MODERNE aat éditée par Notil-E La noix.Limitée, et Imprimé* par lu Compagnie d'Imprimerie daa Marchanda.Enrg , 320 est, rue Notre-Dame.Montréal.POILS et DUVETS disgracieux enlevés radicalement et pour toujours par "GYPSIA", produit importé de Paris Nous payons le port et la Douane.Ecrivez pour Notice gratuite avec attestations, à: Gyptia Products Co.(AT.O.) 55 W.it Street, New-York.cZo mousse embaumée et douce du ?>nvon Own a la peau même la plus délicate lO'CARTONS INDIVIDUELS TO KH»T«âl Kardec arrêta ses élans et coupa court à son enthousiasme.— "THAÏS" va commencer dit-elle, et je crois raisonnable de gagner nos fauteuils.— Dire que sans vous, mademoiselle, moi qui pourtant suis une passionnée de la musique, dans la griserie du jeu j'allais l'oublier! je crois que c'est fort heureux que je ne sois pas homme, dit-elle en riant, car moi aussi j'aurais pu comme tant d'autres, perdre ma fortune au jeu.Tandis qu'une jeune tille a si peu d'argent à sa disposition et si rarement l'occasion de jouer!.Maintenant ils sont installés à leurs places.Ce soir tout est nous'eau pour Josette, car très jeune, jamais encore son père ne l'a conduite au théâtre.Et c'est avec une véritable impatiente, qu'elle ne cherche même pas à dissimuler, qu'elle attend le lever du rideau.L'orchestre de Monte-Carlo peut rivaliser avec celui de l'Opéra.Il est composé d'artistes de choix que depuis de longues années dirige magistralement le Maître Jéhin.La mise en scène et les décors tont l'admiration de tous les touristes.Dès l'ouverture de "THAÏS" Josette se sentit emballée.— Monte-Carlo est un séjour des dieux, dit-elle, nature merveilleuse, panorama unique et dans ce nid enchanteur, un splondide Casino dont la musique vous transporte dans l'Olympe.— Et le plaisir de la roulette ?Déjà vous n'y pensez plus mademoiselle?dit J.ini - v;.liment Quelle ingratitude! Le rideau se lève Thaïs commence Josette ouvre tout grands ses beaux yeux et presque religieusement elle écoute le délicieux opéra de Massenet.Comme en extase, l'Américain contemple le joli minois où passent toutes les impressions ressenties si vivement et qui semble trans iguré par un indicible émoi.— Que c'est beau! Tentend-il dire tout bas à mademoiselle Le Kardec.— Oui c'est beau, mignonne.C'est un régal pour les yeuxeomme pour l'oreille, et moi aussi je suis absolument sous le charme.— lit moi, dit timidement M.Miller, que la musique jusqu'ici a toujours laissé indifférent, ce soir, près de vous, mademoiselle, je l'aime.Que de choses contenait cette simple phrase1 i hoses que dans smi inexpérience juvénile mademoiselle de Telvac ne comprit même pas."Simple formule de politesse" pensa-t-elle.Ce garçon, fort bien élevé veut lui aussi se mettre au diapason de mon enthousiasme.Mais combien elle était loin de soupçonner le coup de foudre du jeune homme pour elle! Maintenant le premier acte est fini et gaiment tous les trois ils retournent à la roulette.— Je mets encore vingt francs sur zéro, dit Josette.Kl le les perdit avec autant de plaisir que si elle avait gagné.— Seul l'amusement du jeu compte pour moi, dit-elle.C'est effrayant comme vite on devient joueuse.Et une fois encore elle essaie sa chance, mais pour reperdre à nouveau.— Ainsi va la vie! dit philosophiquement sa demoiselle de compagnie: joie aujourd'hui, peine demain!.— Oh! protesta en souriant l'Américain; joie aujourd'hui et joie toujours pour moi, je veux croire.Et sans même qu'elle le remarquât, son regard se posa affectueusement sur le lin protil de la jeune angevine.— On appelle pour le second acte, dit vivement celle-ci Dépéchons-nous de regagner nos fauteuils?Tout de même je préfère encore la musique au jeu, et il m'est fort agréable de le constater, je m'en voudrais vraiment de perdre une note de ce chef-d'œuvre.Et bientôt ce furent les émouvantes, les sublimes Méditations.Dans les concerts, les réunions mondaines, voire même dans les auditions d'élèves données par leurs professeurs, partout on les a jouées .Et de très médiocres violonistes ont, crû pouvoir les interpréter alors qu'ils en ternissaient la beauté.Car cette admirable mélodie ne supporte pu la médiocrité.Il lui faut un exécutant digne d'elle.En ce moment c'est un virtuose qui tient toute la salle suspendue au bout de son archet .C'est son âme qui prie, son ¦ i m qui aime, sa pensée qui rêve, son intelligence qui comprend On n'ose plus prononcer une parole, plus faire un mouvement, on retient son souffle On prie, on aime, on songe, on comprend avec lui.De toutes ces poitrines haletantes, de tous ces cerveaux enthousiastes, des rêves s'échappent Rêves d'espoir, rêves de bonheur, rêves d'amour que de visions douces et tendres ces "Méditations" évoquent! que de souvenirs aussi pénibles et douloureux elles éveillent que de regrets amers pour de chères illusions évanouies.Mademoiselle Le Kardec laisse couler ses larmes en songeant à son fiancé, oincier de marine distingué, à l'âme si loyale et si belle et qui dort maintenant son dernier sommeil dans un petit cimetière de l'Yser.Au contraire M.Miller sourit à un mirage enchanteur qui follement fait battre son cœur très naïf et très tendre .Déjà il se voit l'heureux mari de mademoiselle de Telvac et ces langoureuses Méditations l'incitent à lui dire son espoir Mais il n'ose et un profond soupir remplace l'aveu qu'il arrête sur ses lèvres.Josette elle aussi a sur ses lèvres un doux sourire, mais ce sourire s'envole, loin, très loin.Il s'en va en Anjou retrouver son gentil voisin de campagne, Gérard de Reille.Elle le revoit dans les pique-nique, les chasses à courre, au tennis et dans toutes les réunions estivales, toujours élégant et charmant avec ses étranges yeux pervenches intelligents et bons.Il a été son professeur de danse et de bridge.Excellent violoniste, souvent elle Ta accompagné au piano, et avec le plus grand plaisir a interprété avec lui nos maîtres classiques.Et quand sous les applaudissements frénétiques les "Méditations" s'achèvent, Josette elle aussi exhale longuement son premier soupir d'amour.Ce rêve très tendre et très pur est si nouveau qu'il lui semble que ce sont ces Méditations qui, par leur emprise, ont changé tout à coup son exur d'enfant en cœur de jeune fille Ses yeux sont devenus plus brillants, son sourire plus tendre et ses joues se sont carminées comme si Gérard subitement eut apparu devant elle, tant en ce moment elle se sent près de lui.Et de son âme innocente et chrétienne monte pieusement cette prière "Mon Dieu faites qu'IL m'aime comme je l'aime" !.Oh! la musique!.Quelle soif de tendresse et de bonheur elle éveille ou développe en nous!.Ce ne fut pas la jeune silhouette évoquée dans sa pensée que Josette vit en face d'elle en revenant au prosaïsme de la réalité, mais son père dont les traits ravagés et le beau visage contracté faillirent lui arracher un cri.Comment en quelques heures un tel changement a-t-il pu s'opérer ?Elle se le demande anxieusement.Jamais elle ne Ta vu si triste, si profondément accablé .et elle en est très malheureuse.Affectueusement, elle lui prend la main.— Certainement vous êtes fatigué cher papa ?et je regrette extrêmement qu'au lieu de vous reposer vous soyiez venu nous retrouver ici.D'où souffrez-vous ?dites-le moi, je vous en prie.Il eut aux lèvres un sourire forcé.— Mais ma chérie, je n'ai rien, absolument rien, un peu de lassitude simplement Ne te mets donc pas martel en tête sur de simples apparences et jouis pleinement de ta première soirée théâtrale.Et c'est pour constater le plaisir que tu y goûtes que j'ai voulu venir t'y retrouver ma petite tille.N'est-ce-pas que tout dans "THAÏS" est joli?surtout avec des interprètes comme on en trouve ici ?.— Ah! certes papa je suis ravie, absolument ravie.— Et moi, cher monsieur, dit gaiment M.Miller, je le suis aussi Car mademoiselle votre fille est tellement enthousiasmée des chants et de la musique que j'ai été atteint par la contagion.Puis, grâce à mon tuyau, à la roulette elle a gagné six cents francs sur zéro.Et cette chance Ta tellement amusée que j'en suis content, très content moi aussi.Dans.ce langage naïf, presque enfantin, empreint de spontanéité, il y avait une telle sincérité et tant de joie dans les yeux pâles, que M.de Telvac se prit à sourire et que ses traits se détendirent."Quelle bonne nature, pensa-t-il, et comme il semble emballé pour Josette.Certainement avec lui, elle ne pourrait :: DESTINEES :: être que très heureuse.Pourquoi aurais-je donc tant de scrupules à la lui donner ?Après tout, avec un excellent mari, le bonheur en Amérique n'est-il pas le même qu'en France?Et n'est-ce pas la seule fa;on de reprendre le mien ?" Demain je reverrai Dorry.Mademoiselle Le Kardec's'absorbe dans la lecture d'un roman pendant qu'appuyée à la balustrade de la terrassejdu Casino, Josette se complaît dans le doux rêve ébauché la veille.A ses pieds, de leurs ailes blanches, les mouettes effleurent la Méditerranée avec de petits cris apeurés.Mais elle ne les voit pas, une seule vision passe et repasse devant ses yeux.Cellede Gérard de Raille.Elle voit son sourire expressif, elle entend sa voix chaude et prenante et son cœur si calme, si raisonnable toujours, fait ce matin, des bonds désordonnés qu'elle ne cherche pas à apaiser."Jamais je n'épouserai que lui", se iit-elle".A cette pensée, le soleil lui paraît plus radieux, les Heurs plus brillantes, plus suaves; la chanson des Hots bleus lui semble une délicieuse berceuse qui doucement berce son beau rêve.Et inconsciemment elle murmure: — Oh! s'il était donc là! Et télépathie mystérieuse tout près de son oreille un jeune visage se penche et une voix chère s'exclame: — Vous ici, Josette?Est-ce possible! Elle tressaille, et brusquement se retourne.La vision si lointaine tout à l'heure, maintenant a pris corps, elle est là à deux pas d'elle qui la regarde, qui lui parle, qui jui sourit.Ce qu'il y a quelques minutes à peine elle vivait en rêve, elle le vit à présent dans la réalité.Et défaillante elle ne peut que murmurer.— Gérard! Oh! Gérard!.Elle est blanche comme une belle statue, ses lèvres tremblent, ses yeux se troublent.— Mais vous allez vous trouver mal, ma petite amie ! s'écrie monsieur de Reille.Et comme se parlant à elle même, tout bas, très bas elle répond: — On ne s'évanouit pas de bonheur.C'est au jeune homme à pâlir à son tour, en proie à l'émotion la plus intense.Il se penche vers elle, les cheveux d'or effleurent son visage et à mi-voix il lui demande: — Est-ce vrai Josette ?— C'est vrai! Et les yeux de la jeune fille achèvent ce qu'elle n'ose dire.Pas un mot d'amour n'a été prononcé et cependant c'est l'aveu suprême, spontané et sincère de la plus pure tendresse.La main dans la main maintenant, ils se taisent .Pour l'un comme pour l'autre cette scène a été si prompte, si imprévue qu'ils se croient le jouer d'un songe ou d'une hallucination.Puis ils se ressaisissent et Josette éclate d'un rire très joyeux mais où se devine cependant un certain émoi.— Mais oui, dit-elle c'est bien vous, Gérard, et c'est bien moi en chair et en os, qui, sans pourtant nous être entendus, nous retrouvons tout à coup à plus de mille kilomètres de l'Anjou.Mais dites-moi, mon ami comment se fait-il que vous soyez ici ?— J'y suis par le plus grand des hasards.L'oncle de ma tante Lacroix est décédé, lui laissant à Monte-Carlo une grande villa mais qui lui déplait extrêmement parce qu'elle n'a rien du confort moderne.Et c'est pour la faire transformer et m'en-tendre avec son architecte qu'elle m'a appelé près d'elle.Il devint grave.— Ma petite Josette, dit-il, je tiens absolument que ma tante qui est aussi ma marraine vous connaisse au plus vite, car je veux que maintenant elle aime celle qui bientôt j'espère deviendra ma fiancée.Le rose qui était reparu sur le joli visage disparut à nouveau et mademoiselle de Telvac se laissa tomber dans un fauteuil tout proche.— Votre fiancée ?dit-elle avec un tremblement dans la voix.Alors ? La Revue Moderne — Montréal, Mai 192!* Page 17 :: DESTINEES — Alors, chère aimée, reprit monsieur de Reille en lui souriant tendrement, dès aujourd'hui je vais prier ma mère —[qui déjà vous aime comme sa fille et sera ravie de ma détermination — de demander votre main à monsieur votre père.Il m'a toujours témoigné tant d'affectueuse bienveillance que j'ai le ferme espoir qu'il voudra bien me confier 6on plus cher trésor.— Oui, espérez Gérard.Un long moment ils restèrent l'un près de l'autre formant les plus doux rêves, appelant de tous leurs vœux l'instant béni de leurs fiançailles.Puis il fallut se séparer.Mademoiselle Le Kardec qui voguait en plein océan avec son auteur favori, sans avoir rien vu ni entendu de ce conciliabule, sursauta d'étonnement en voyant s'incliner devant elle le charmant angevin qu'elle rêvait pour sa chère élève.L'air radieux des jeunes gens lui apprit la vérité et elle s'en réjouit vivement.A peine Gérard venait-il de disparaître que M.Miller arriva.Sans le voir, mademoiselle de Telvac s'était de nouveau accoudée à la balustrade et souriait en songeant aux circonstances providentielles qui venaient de décider de son avenir: L'Américain vint la saluer.Il paraissait fort ému et ses petits yeux clignotaient sous son lorgnon.Après quelques phrases banales il s'approcha plus près de la jeune fille, car il y a des choses qui ne se disent que tout bas, et avec son bon sourire, et un peu de trémolo dans la voix: — Bien entendu, mademoiselle, lui dit-il, vous savez les projets de mariage de monsieur votre père avec ma sœur ?— Mais oui, répondit Josette en étouffant un soupir.— Combien je bénis ces fiançailles qui m'ont permis de vous connaître, mademoiselle, et d'espérer.Josette le regarda avec""une telle surprise qu'il s'arrêta net et rougit interloqué.Il y eut un court silence, puis reprenant son sang-froid.— .d'espérer, continua-t-il, que vous voudrez bien me donner l'immense bonheur de m'accorder votre main.Dès que vous m'êtes apparue, mademoiselle, je vous ai aimée, ne l'avez-vous donc pas compris ?.— Oh! pas du tout monsieur! et en toute loyauté je ne peux vous laisser le moindre espoir.Je vous trouve très sympathique et je vous crois extrêmement bon, mais je ne puis vous promettre ma main.—Oh! mon Dieu! dit le pauvre garçon en pâlissant, quelle peine vous me faites, mademoiselle.Mais l'Amérique est trop loin de la France c'est là certainement l'obstacle entre vous et moi ?.Mademoiselle de Telvac s'accrocha à cette planche de salut qui lui permettait de dissimuler son indifférence pour lui et son amour pour monsieur de Keille.— Oui, lui répondit-elle, je n'épouserai jamais qu'un français.M.Miller comprit que toute insistance serait vaine, il serra la main de la jeune fille, et tristement la quitta.Celle-ci rejoignit sa gouvernante.— Voici,dit-elle, une matinée qui comptera dans ma vie, deux demandes en une heure, dont celle de l'élu de mon cœur:.Pauvre James! je suis navrée de le faire souffrir, mais pouvais-je m'imaginer que son cœur était en amadou et prendrait feu tout de suite en me voyant ?Gaîment mademoiselle de Telvac, regagna l'hôtel et de la fenêtre de sa chambre, elle vit son père revenir avec Miss Miller.Ils parlaient amicalement et paraissaient très contents.En se penchant sur le balcon elle entendit l'ingénieur dire à l'américaine en entrant dans le hall: — Eh bien! c'est entendu, avertissez votre frère que j'appuyerai sa demande.La jeune fille tressaillit.mais quelle importance devait-elle attacher à ces paroles ?Le souvenir de son entretien avec Gérard chassa son appréhension.Au déjeuner elle retrouva son père aussi radieux que le soir de son arrivée, aussi empressée, aussi affectueux avec sa fiancée qu'au premier repas de Josette avec eux L'expression triste de la veille avait disparu et dans son amour filial la charmante enfant s'en réjouit.Sa future belle-mère n'avait plus aux lèvres ce sourire moqueur et impertinent, et la regardait de façon plus bienveillante, ses prévenances et son amabilité lui parurent bizarres, car somme toute elle ne lui avait pas dit encore un mot simplement poli pour lui exprimer sa satisfaction de la voir épouser son père.Pourquoi au lieu de se formaliser de son attitude froide et réservée avec elle, ce matin lui adressait-elle couramment la parole et lui sourit-elle si gentiment ?Au contraire James demeurait sombre et restait silencieux.Sa sœur le remarqua et l'en taquina.— On broie du noir mon vieux ?.— Peut-être, répondit-il.mais parlons d'autre chose.Josette rougit car elle sentait poser sur elle le regard de son père et de sa fiancée.Leur gaité semblait maintenant envolée et tous les deux échangeaient des coups d'œils qui facilement pouvaient s'interpréter ainsi: "Pour que James ne parle plus à Josette, et affecte même de ne plus la regarder, qu'a-t-il pu se passer entre eux ?.Celle-ci eut voulu donner libre cours à la joie dont son cœur était rempli et n'y tenant plus au dessert elle dit gaîment.à son père: — Devinez papa qui je viens de" rencontrer ?— J'ai horreur des devinettes ma chérie, dis-moi tout de suite le nom, c'est infiniment plus simple.— Votre jeune ami d'Avrillé.— Gérard de Reille, alors ?— Parfaitement, tous les deux nous avons bavardé un certain temps ravis de nous retrouver.Il viendra vous voir très prochainement, papa, et désire vivement nous présenter le plus tôt possible à sa tante madame Lacroix.Celle-ci l'a appelé ici afin de le consulter sur la restauration de la villa dont elle vient d'hériter.L'ingénieur restait songeur.Gérard de Reille ?Ce charmant et joli garçon ?C'était le loup dans la bergerie.C'était le renversement du projet de miss Miller pour James et sa fille,projet dont dépendait la réalisation du sien.La gaité débordante de Josette en parlant de cette rencontre était un aveu.Elle aime le séduisant angevin et à cause de lui a dû décourager les avances de l'américain.De là sa profonde mélancolie.Et à nouveau le visage de M.de Telvac s'assombrit et un pli barra son front.VI Gérard n'avait que dix ans quand la guerre éclata.Lorsqu'il avait entendu sonner le tocsin, il avait pâli et tout frémissant il s'était jeté dans les bras de sa mère en s'écriant: — Maman, c'est la'guerre n'est-ce-pas?La guerre dont depuis quelques jours on parle tant ?Et papa, mon papa chéri, va y partir ?.Et anxieusement ses grands yeux intelligents et profonds interrogeaient madame de Reille.Car pour lui son père était un dieu.un dieu dont il recevait les baisers avec une joie délirante, dont il buvait les paroles, dont il épiait le sourire approbateur et tendre.Naturellement studieux, il l'était encore davantage pour être agréable à ce père bien-aimé dont pour ses excellentes notes et ses bonnes places, il recevait toujours une caresse, un éloge, un encouragement."Je suis fier de toi" lui avait-ifdit un soir de composition sans faute, et tout rougissant de bonheur, Gérard lui avait répondu "Je ferai en sorte, papa que toujours vous soyez fier de moi' .Et jusqu'à ce jour il avait tenu sa promesse et il devait aussi la tenir dans l'avenir.Le meilleur moment du garçonnet était le soir, où blotti dans les bras paternels il écoutait religieusement les récits guerriers, et émouvants dont l'officier se plaisait à meubler le cerveau de son fils.Et la guerre allait le lui ravir!.En proie elle-même à la plus douloureuse émotion, madame de Reille répondit à Gérard.— Oui, comme officier ton père sera un des premiers à partir, mon pauvre petit.Elle achevait sa phrase au moment même où le capitaine entrait.Son mâle visage était contracté à l'extrême, mais ON Y GAGNE TOUJOURS A CUIRE AVEC LA "MAGIC" GATEAU ETAGE AUX NOIX ••MAGIC" Voyez comme la Poudre a Pâte ••Magic " donne un beau gâteau \-2 tasse shortening 1 tasse sucre 3 blancs d'oeufs 1 c.à thé vanille 2 tasses farine â pâtisserie, ou 1** tasse farine â pain 3 c.i thé Poudre à Pâte "Magic" Hc.à thé sel H tasse lait Défaites shortening en crème; ajoutez lentement sucre, battant bien.Ajoutez blancs d'oeufs non battus, un à la fois, battant après chaque addition.Ajoutez essence.Tamisez ensemble farine, poudre à pâte et sel.Ajoutez au premier mélange, alternant avec lait.Versez en moules à gâteau étage bien graissés et cuisez environ 25 minutes à four modéré, 375° F.Ceci donne 2 étages de 8 pouces.Lorsque froid, étendez du Givre 7-Mi-nutes entre les étages, sur le dessus et les côtés (voir page 14 du nouveau Livre de Cuisine 'Magic") et parsemez le dessus de noix de Grenoble hachées.armer VOUS mettez peu de poudre à pâte dans un gâteau—généralement 2 à 3 c.à thé—mais cette petite quantité est très importante! Car si la poudre à pâte fait défaut, vous ratez votre gâteau .et vous gaspillez parfois tous vos autres ingrédients! Il n'est donc pas étonnant que les plus grandes autorités canadiennes en art culinaire insistent tant sur l'usage d'une poudre de qualité."Cuisez avec la "Magic" et vous serez certaine de réussir," disent-elles.C'est que ces personnes d'expérience savent que la "Magic" donne toujours de bons résultats.C'est pourquoi elles l'emploient et la recommandent exclusivement, m Pourquoi vous exposer quand la "Magic" coûte si peu?De fait, il en faut pour moins de le pour un gros gâteau étage.C'est payer peu cher la certitude de réussir chaque fois! Votre épicier tient la "Magic." Com-mandez-cn une boite aujourd'hui.FMlKK.lt FF AU CANADA "NE «ÎONTIFNT PAS D'ALllN." Otto déclaration sur chaque hoiteenl voir t- Cir.int le ,|,,,- |.i Poudre à Pâte "Magic" no contient ni alun, ni aucun In.arrdlon t nuisible.^ MM» QUAND VOUS CUIREZ A LA MAISON—vous trouvère* très utile le nouveau Livre de Cuisine "Magic." 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"Mais avez-vous essayé la marche?C'est la nouvelle marotte.Il n'y a rien de plus chic que la marche." "Oh! cela ne m'a jamais réussi"."Bien, c'est peut-être que vous ne marchez |m- .i-r/ vite ou assez loin Depuis que j'ai suivi l'avis de mon médecin à ce sujet, non seulement je dors mieux, mais j'ai perdu cinq livres.Je suis maintenant moins lourde et je me sens très bien".Cette jeune femme avait raison.Une bonne marche régulière est salutaire à la santé, au poids, au bonheur.Son effet ne sera pas instantané, il n'aura pas raison de l'apathie ou de l'indolence en une semaine.Pas plus qu'il pourrait résoudre magiquement des problèmes moraux ou intellectuels.Mais avec le temps, son action bienfaisante se fera sentir.Pour les troubles nerveux, il n'y a pas de meilleur remède.Les hommes eux-mêmes ont repris goût à la marche.Il est possible que la dépression soit pour quelque chose dans la reprise de cet exercice.On a commencé par vouloir épargner quelques sous; maintenant on marche avec plaisir et on sait reconnaître l'utilité des pieds que le bon Dieu nous a donnés.Un des points importants en faveur de la marche, c'est qu'elle est aussi convenable et économique que salutaire et chic.Elle ne nécessite l'achat d'aucun accessoire spécial.Toute garde-robe bien organisée comprend les vêtements convenables pour la marche: une robe deux-pièces ou une jupe et un chandail.La question des chaussures est certainement la principale; elles doivent être confortables pour que la marche soit plaisante et attrayante.Notons en passant qu'une récente dépêche de Paris annonce que la mode des talons bas a gagné beaucoup de terrain dans les milieux fashionables et que les Parisiennes portent plus que jamais les escarpins d'après-midi et les sandales à talon bas.Et en parlant du monde de la mode, rappelons l'opinion de Madame Schiaparelli, une autorité en la matière: "La femme qui fait de l'exercice en plein air et ne craint pas la marche, conserve plus longtemps sa beauté que sa sœur de serre-chaude.Par conséquent, elle s'habille plus facilement, la bonne santé donne meilleur air à sa figure.Son élégance se prolonge, son goût va vers les modèles classiques, de sorte que si elle est obligée d'économiser, ses vêtements de l'année dernière ne sont pas sérieusement démodés".De son côté, Elizabeth Arden dit: "Une demi-heure de marche rapide après le travail du jour est plus salutaire et reposante que de dormir avant la veillée".Les médecins recommandent fortement la marche aux femmes.Ils sont ravis de la nouvelle marotte; ils espèrent qu'elle durera aussi longtemps que la fureur des casse-tête.Par la marche rapide, disent-ils, les muscles des jambes et des bras opèrent le massage des veines et donnent au sang la poussée nécessaire pour le faire circuler et revenir au cœur.Puisque si peu de femmes ont le temps et l'argent pour des exercices gymnastiques réguliers, il est à souhaiter que la marche fasse partie du programme quotidien de toute ménagère.Non pas la marche dans la maison; cela n'est pas suffisant, le bon air frais fait partie de tout bon régime de santé.On doit marcher assez vite pour stimuler le sang, activer sa circulation pour qu'il atteigne les extrémités et ainsi garder les mains et les pieds chauds même par les jours humides.Respirer profondément, ne pas manger pesamment avant ou après la marche, si on désire maigrir, veiller à la liberté de mouvement des bras et tenir la têtejiaute.ursuivre au loin un rêve .un rêve qu'elle craignait sans lendemain .Pour couper court à sa mélancolie, d'un mouvement brusque la jeune file se leva du banc rustique où songeuse elle était venue s'asseoir en attendant Athos.et s'adressant à lui: — Viens dit-elle, tous les deux faisons le tour de l'étang que, si souvent, Lui aussi doit faire avec toi.JASPER MAGNIFIQUE MONTAGNES ROCHEUSES w JASPER PARK LODCE $4.750 PRIX SPECIAL À FORFAIT Jii»p I ICE 1 lit.h M Mil t il SKKVK I EX»EI.I.ENT ET .«UK.Almarlex-voue éprouver le Poil Sllvo pour Argenterie?Demandex-en par n échantillon gratuit.W LA PETITE REVUE Petit format — 112 pages 15 sous — Vous connaissez Menton et le jrap Martin ?lui demanda son jeune ami.— Nous y sommes allés l'autre jour, mais il nous reste encore beaucoup de choses à voir, et si vous aviez le projet d'y aller, nous y retournerons avec plaisir?— Et Nice?— Nous ne le connaissons pas encore, mais nous nous y arrêterons en regagnant l'Anjou.— Alors, mon neveu, fais volte face, et conduis-nous à Nice, dit gracieusement madame Lacroix.Quelques minutes après ils roulaient gaiment sur l'admirable route de la Corniche qui de Monte-Carlo à Nice longe la mer et suit des sites merveilleux.Que de beautés autour d'eux!.que de villas ravissantes nichées dans la verdure, entourées d'orangers dont les fleurs se mêlaient aux fruits de mandariniers et de citronniers.Et quelle profusion de fleurs aux parfums délicieux et subtils dont l'air était imprégné.Et Josette ne savait ce qu'elle devait le plus admirer de cette végétation de terre promise ou de l'immensité bleue qu'ils dominaient et qui à gauche, aux pieds des rochers Qcierlaient doucement.Le visage de la jeune fille rayonnait et l'air salin joint à la joie qu'elle éprouvait l'embellissait encore.Elle était à côté de Gérard et à chaque instant elle lui souriait et le fixait de ses grands yeux aimants.— Oh! le beau pays! — Doublement beau pour moi, quand je le vois avec vous ma petite Josette.Nous ferons notre voyage de noces en Italie, voulez-vous?Et nous nous arrêterons dans cette région témoin de nos premiers aveux et où se sont ébauchés de si doux rêves.Depuis longtemps je vous aimais ma chérie, depuis toujours, dit-il en riant, et vous n'aviez que quinze ans, quand je vous ai choisie.Mais vous étiez si jeune, que je n'osais vous le dire, ni faire présenter ma demande.— Et c'est moi, répondit Josette en riant à son tour, qui ai eu l'incorrection de vous laisser lire dans mon cœur, ce qui va avancer nos fiançailles.— Vous avez parlé à monsieur votre père ?— Non pas encore.— Oh! pourquoi?Moi tout aussitôt après notre entretien, j'ai fait part de mon bonheur à ma tante qui avec moi s'en est réjouie.— Le motif de mon silence le voici: Mon père je le crains à un autre projet pour moi et je préfère que la lettre de madame votre mère vienne solliciter ma main avant de lui confier notre cher secret.Mais il se pourrait que notre attitude et notre conversation — où sans l'entendre il doit cependant pressentir tant d'intimité— ne le fasse m'interroger.— Un autre projet?dit M.de Reille, l'air soucieux, vous m'effrayez, Josette.On demande à acheter Petite ferme ou camp avec lac dans les Laurentides.S'adresser: Dept B.La Revue Moderne, 320, rue Notre-Dame E., Montréal rORD/m.HOTELS F r n n -i n i I i j i, i- ^^Q , I.,.¦ $1.50"à"$2.50 Simple, pas de prix plu* élevé*.Stationnement tréa facile pour autos.Et aaaai autre* M¦.i.i- | irf «11* n ) ^Tfflij M.s messieurs laissent le pardessus, le chapeau, le parapluie ou la'canne, la capote et le képi s'ils sont en tenue militaire.Les enfants imitent leurs parents: les lillrtte» entrent au salon en tenue de ville.et les petits garçons laissent à l'entrée leur manteau et leur chapeau.Que notre visite soit brève, si nous ne faisons point partie des intimes.Ne restons pas trop tard.Sachons partir.Nous n'avons pas besoin d'attendre qu'un nouveau visiteur fasse son entrée au salon; quand une légère accalmie se produit dans la conversation, profitons-en pour saluer la maîtresse de maison et disparaître.Il ne faut pas retenir longtemps la personne qui nous accompagne à la porte, et dont la présence est sans doute nécessaire au salon.Quand un mari et une femme font une visite ensemble, c'est toujours la femme qui donne le signal du départ.Une jeune fille attendra que sa mère se lève.Et qu'on ne vous voie pas consulter la montre de votre poignet! Une femme du monde sait par intuition que sa visite a duré assez longtemps.L'Exposition de Bruxelles 1935 ÏES travaux d'aménagement du vaste - plateau où s'érigera l'Exposition Universelle et Internationale de Uruxelles (avril-octobre 1935) sont à peu près terminés.Les voies d'accès, les voiries intérieures sont presque achevées, ces dernières, comportant environ 8,000 mètres de pavages et revêtements divers, ayant entraîné une dépense de 40 millions de francs belges.Deux ponts ont été construits: dès à présent, les tramways urbains conduisent les visiteurs au cœur des chantiers.Chiffres suggestifs: 25,000 mètres de conduite de gaz; 29,000 mètres de conduite d'eau; trois câbles haute tension dont le premier, de 4,300 mètres, vient d'être posé; 12,000 K\V.de puissance à transformer et à distribuer.Les chemins d'eau, les bassins, les fontaines lumineuses ont leur emplacement fixé.Deux millions de boutures sont préparées pour la décoration florale.Le Parc forestier de 17 hectares, avec son étang de 9,500 mètres, est mis en état.Près du Stade des Sports, construit en 1930, (75,000 places), on a commencé depuis plusieurs mois l'édification des Grands Palais, en matériaux durables.Cet ensemble monumental couvre 44,000 mètres carrés de superficie.Les participations belges sont si nombreuses que l'on se voit obligé d'agrandir la section belge.D'autre part, de nombreux Pays étrangers ont choisi leurs emplacements ou sont sur le point de le faire: France, avec Algérie, Indo-Chine, Maroc, Tunisie; — Italie, — Lettonie, — Tchéco-Slovaquie, — Grand-Duché de Luxembourg, — Ethiopie, — Norvège, — Autriche, — Hongrie, — Pologne, — Egypte, — Brésil, — Allemagne D'autres nations encore ont fait connaître leur intention de participer à l'Exposition.En tout, une vingtaine de pays participeront officiellement.Ce sera un succès sans précédent. La Revue Moderne — Montréal, Mai 193k Page 27 Une Causerie de Marjolaine Marjolaine, rédaetriee drx rage» féminine» de La Revue Moderne, était l'hôte d'honneur du Club musical et littéraire de Montréal à »on d'un r-causerie du mardi 10 avrit dernier, dans le salon A de l'hôtel Queen's.La soirée était sous la jirésidence de M.Gérard Gamache, directeur du Club, et Mlle Hélène Charbonneau, ».a.a remercié la conférencière avec toute sa grâce de poète.Le programme musical a été exécuté par Mme d'Aragon O'Kane, violoniste, et Mlle Jeanne d'Arc Gamache au piano d'accompagnement, deux artistes que l'on applaudit toujours avec un plaisir nouveau.A la table d'honneur, on remarquait: Mme S.P.Gamache, j/résidente du Club, M.Gérard Gamache, directeur, le révérend Père M.A.Lamar-che, o.p., M.le curé Emile Lambert, M.l'abbé Robert Mitchell, Marjolaine, Mlles Hermine Lanctôt, Hélène Charbonneau, Françoise St-Germain, MM.J.P.Labarre, Lucien Duchaine et Simon Latour.Nous croyons être agréables à nos lecteurs en reproduisant la causerie de la rédactrice de nos Pages féminines, qui avait choisi pour sujet: L'IDEAL, SOURCE DE COURAGE Monsieur le président, Mon Révérend Père, Messieurs les abbés, Mesdames, Messieurs, TOUT ce que le monde compte d'autorité, d'expérience et de valeur dans le domaine social et économique, cherche, depuis déjà plus de quatre ans, à résoudre le problème de la crise actuelle.Alarmés de la gravité de la situation, l'Eglise, les gouvernants, les savants, les éducateurs, tous les maîtres de la finance, de l'industrie et du commerce ont cherché la cause du mal pour trouver le remède.Nombreuses ont été les lacunes découvertes.Toutes remontent à la même source, toutes découlent de la même erreur.Il est reconnu, et on ne peut se tromper, que le modernisme et le progrès ont passé sur le monde en tourbillons de réformes et de transformations.Que, parce qu'ils ont été mal compris, leur fièvre d'exagération a provoqué une effervescence de liberté, et une indépendance faite d'égoïs-me, d'intérêt personnel, d'ambition, et que cette nouvelle conception de la vie a exercé son influence sur les sentiments, comme le temps a modifié l'aspect des choses.Et c'est alors, pendant que le monde s'amusait follement, jusqu'à la satiété, que les lacunes, semblables au taret, ce minuscule insecte qui, plus de vingt fois, mit en danger les belles digues de la Hollande, les "plus fortes du monde, c'est alors, dis-je, que les lacunes ont sapé la base de l'édifice social, et que se sont produites les fissures que nous déplorons.Longtemps gardien respectueux des grands principes, l'homme s'est peu à peu laissé emporter par le courant; il a déserté son poste d'honneur, et en suivant la marche des idées nouvelles, il est devenu l'instrument de cette déchéance.Depuis, l'amour des vieilles coutumes n'est plus un héritage sacré.On le juge préjudiciable aux intérêts modernes maintenant que la soif de l'argent, de la liberté et des plaisirs, est devenue une autorité qui a supprimé les traditions consacrées parler siècles.Le vieil enseignement du passé, insurpassable dans sa grandeur morale et qui a formé la fière lignée de nos ancêtres, est tombé en disgrâce, discrédité par la force des arguments nouveaux.Pourtant, aujourd'hui vaut tout autant qu'hier.L'humanité est encorett sera toujours un mélange de sagesse et de folie, de vaillance et de lâcheté.De nos jours, comme de tous temps, la beauté et la laideur se coudoient, l'é-goisme et la charité cheminent de front, la vérité et le mensonge se heurtent.La vie n'a pas changé d-± valeur.Elle n'a rien perdu de ce qui la rendait précieuse, elle demeure encore grande, belle et bonne, son but reste le même.Si, aujourd'hui, on ne sait plus l'aimer, si l'âme n'a plus le temps de la comprendre, ni le coeur celui de lui sourire, cela vient, je crois, de ce que le recueillement de l'esprit n'en faisant plus partie, on ne sait plus se retremper dans la pensée haute et profonde qui monte jusqu'à l'Idéal.L'Idéal! qui n'exprime pas une idée, qui ne s'apparente ni avec l'illusion, ni avec la fantaisie, Pasteur l'a défini: "Regarder en haut, apprendre au-delà, chercher à s'élever toujours." La pensée profonde du savant français explique suffisamment pourquoi la vie en vitesse et en mouvement que nous menons, repousse la valeur de l'idéal dans un coin d'ombre.Elle explique aussi pourquoi, cette conception presque infinie du Beau et du Vrai restera toujours la source la plus pure de l'énergie.Regarder .apprendre .s'élever .c'est tout simplement le mécanisme silencieux de la volonté qui commande la vie totale, et lui permet toute la somme possible de rendement.Il est permis de dire sans exagération, que presque toutes les faiblesses humaines découlent d'un défaut de courage.Je ne parle pas ici du courage farouche et égoïste fermé aux sentiments de charité, de pitié et de bonté, mais du courage édifié dans U plénitude des convictions sincères et appuyées, celui que n'abat pas l'apparente injustice des choses, et qui comprend les grands efforts comme des possibilités de vie haute et utile.C'est ce courage-là qui fait que, tout ce que le passé a enregistré de grand, de noble et d'héroïque, est une profession de foi en la lumière de l'Idéal.Et c'est de ce courage qu'ont jailli des gestes d'une telle générosité, que les siècles en ont gardé l'immortel reflet.Le Canada, tout autant que les autres pays, a le droit d'être fier des rayons qui éclairent ses quatre cents ans d'existence.Tous les grands faits de notre Histoire ont passé par le sillon de l'Idéal que le courage des enfants de France a jadis creusé en terre canadienne.Nous avons Jacques Cartier, le voyageur intrépide plantant, le 24 juillet 1534, la Croix dans ce coin de notre Gaspésie où demain s'élèvera la basilique du Souvenir.Nous avons Samuel de Champlain, le fier défenseur des habitations du cap Diamant où, à jamais, se sont gravées les fleurs de lis du drapeau de la mère-patrie.Nous avons Paul de Chomedy de Maison-neuve, le pieux fondateur de Ville-Marie, la petite colonie qui fut la sève vigoureuse de l'Erable superbe qu'est aujourd'hui notre métropole.Nous avons Dollard des Ormeaux et ses compagnons, poignée de héros luttant pour le salut de la patrie, et dont toute la ressource de défense était la bravoure de dix-sept jeunes français animés du sentiment d'une profondeur de mystère qui les poussa au sacrifice suprême.Nous avons les missionnaires venus évangéliser les peuplades indiennes défendant férocement leurs forêts, et ne songeant qu'à assouvir leur haine contre ces Visages-Pâles qu'ils jugeaient être les ravisseurs de leurs vastes horizons, de leurs espaces immenses, eux qui venaient leur apporter la loi d'amour et sa paix! Les missionnaires qui ont écrit de leur sang l'histoire religieuse de notre pays, à qui le martyre a valu la gloi.-e de la canonisation et que nous invoquons sous le nom de Saints Martyrs canadiens.Nous avons Louis Hébert, Il faut dans la diète de l'enfant, du fer et de la vitamine! Sans cela, il ne peut se développer.La véritable Mélasse Marque "BEMA" occupe un premier rang parmi les aliments contenant du fer et de la vitamine.Pour la santé de toute votre famille, employez sur la table, et à la cuisine, la Mélasse "BEMA"—la meilleure et la plus économique au monde ! La Véritable MELASSE f fxtrg Fancu rfM BARBADES Ne se vend qu'en quantité chez tous Jes bons épiciers* SE LISEZ.La Petite Revue Rn vente partout 15 sous BUVEZ LA BIERE OLD STOCK PRIME PAR LA FORCE ET PAR LA QUALITE Page 28 La Revue Moderne — Montréal, Mai 193 Un *».:l.!l-MW.WW-.'.'.*fl ne précieuse suggestion pour obtenir une bonne cuisson Dans la plupart des recettes pondre, a pâte, sonde et sel sont toujours des Ingrédient» qu'il est difficile de mesurer à canse des petites quantité-, n-ifiilM-K.Vous tous épargnerez nombre de désappointements si vous utilisez la Farine préparés- Krodle \\\ pour toutes vos cuissons.( cit.- nli'lire fnrlne pré-Mréa contient les proportion- eviirtes de poudre H pâte, de soude et de sel ri ni imml I" cul-son parfulle des gâteaux, galettes, croûtes de taries légères, etc.Elle mus éparirnern du temps et tons les ennnls qu'entraînent la mesure et le mélange de ces Ingrédients Importants, t -«ayez-en nn paquet en rente dans toutes les bonnes épiceries.[Faites venir nos bonnes 1 recettes expédia gratis I sur votre simple demande J FARINE PRÉPARÉE XXX BRODIE ItltoniF.A IIIRYIK LIMITED 911.me nienrj.Montréal le vaillant colon au large geste de semeur, défrichant cette terre neuve de la Nouvelle-France sur laquelle courait librement le souffle du large."Ce hardi pionnier" dit le poète Alonzo Cinq-Mars, .pressent l'avenir du pays, Dont l'occident flamboie à ses yeux [éblouis.Puis, devant la splendeur du beau [jour qui s'achève, Tandis que les oiseaux s'apaisent [dans les nids, Il s'arrête un instant et voit, comme [en un rêve, Briller des épis d'or sur des champs [infinis.C'est encore et toujours l'idéal qui a été le courage des femmes généreuses qui ont bravé tous les dangers et les pires difficultés pour apporter chez nous, avec la vieille civilisation, la délicatesse de leur bonté et l'ardeur de leur dévouement.Et nous saluons Marguerite Bourgeoys, la première éducatrice du Canada, préparant par l'instruction des enfants de Ville-Marie, l'oeuvre rayonnante de la Congrégation de Notre-Dame à laquelle je suis heureuse d'offrir, ce soir, le tribut de ma reconnaissance et l'hommage de mon souvenir.Madame d'Youville, ouvrant aux déshérités, aux vieillards et aux enfants, un refuge de sécurité, frêle tige perdue au milieu de la forêt canadienne, et qui est devenue le grand arbre aux racines profondes et aux vigoureux rameaux de la communauté des Soeurs Grises, dont l'ombre bienfaisante est si douce aux détresses de la terre.Mademoiselle Mance, maternellement penchée sur le berceau de Ville-Marie et se consacrant au soulagement des malades.Première semence confiée à la terre à peine défrichée des bords du Saint-Laurent, mais qui a fécondé sans compter le germe qui lui demandait la vie, et nous a donné l'Hôte!-Dieu.Madeleine de Verchères, l'enfant de 14 ans devenue une héroïne en face du danger et assurant, par sa bravoure, le salut des habitants du fort qu'elle défendit, pendant 8 jours et 8 nuits, contre les attaques des Iroquois.Marie Rollet, la compagne de Louis Hébert, la première fermière canadienne, que ne rebuta aucun sacrifice, aucun labeur, accomplissant, sans bruit et sans éclat, sa mission de vaillance et d'amour, traçant toute droite dans sa simplicité, la route où devaient cheminer toutes les canadiennes soucieuses du bonheur de leur foyer et sachant faire chanter toutes les choses, même celles qui pleurent.C'est ce courage puisé à la source d'un idéal de foi, qui a édifié notre vieux passé de gloire.Il a été la force des colons venus greffer l'âme française au coeur du pays laurentien.Gardien de nos traditions, riche héritage reçu des ancêtres, il est encore à l'honneur chez nous, comme la force indestructible de nos fières origines et l'appui le plus solide de notre vie nationale.L'déal demeure, d'après Sully-Pru-dhomme, la lueur La plus belle et la plus lointaine.J'ajouterai la plus haute, puisqu'elle s'élève à mesure que nous l'approchons.Et c'est pourquoi tant de gestes touchants ont continué à s'inscrire aux pages de notre histoire, en dépit de l'atmosphère étouffante qui envahit le monde et paralyse tant d'élans.Vie laborieuse de l'homme des champs, amour de la campagne, attachement au sol, grandeur délaissée qui voue la terre à l'abandon, vous resterez Les beaux jours lumineux d'un [magique passé.Ce vers de Madame Lucie Félix-Faurr Goyau fait surjrr en un tableau de lumière, les vieilles maisons de pierre, les vastes cuisines aux solives sombres, les bûches d'érable dans la cheminée, la flamme joyeuse du poêle à fourneau, le rythme berceur du rouet, la voix assourdie du métier; les champs de blé et d'orge ensoleillés, les longs guérets bruns voilés de brume, la sonnerie des grelots par les chemins de neige.Il évoque le coq gaulois du clocher blanc de l'église du village, le modeste presbytère et son jardin embaumé de lilas, la charité discrète et le zèle du Pasteur.Coeur de la paroisse canadienne où s'est conservé intact le pur idéal qui nous a valu le miracle acadien, l'expression du courage dans la survivance la plus magnifique dont une race se puisse glorifier.C'est encore le courage qui a fait la trouée dans les forêts aux profondeurs silencieuses du Saguenay, et qui a donné aux hardis défricheurs débarqués à la Grande Baie le 11 juin 1838, le coin de terre dont chacun a pu dire avec orgueil: "C'est ici ma maison, mon champ et [mes amours" J'ai vu tout près de l'église de Saint-Alexis - de-la - Grande - Baie, au bord du chemin, comme pour mieux remplir sa mission du souvenir, le monument élevé à la mémoire des 80 fondateurs du Saguenay.Sur le gris doux de la pierre, j'ai lu leur histoire, histoire d'un passé qui ne compte pourtant pas encore un siècle.Et je me suis demandée pourquoi toutes nos paroisses n'auraient pas, comme celle-là, un souvenir commémoratif de leur fondation ou de quelque fait historique s'y rattachant.N'est-il pas aussi utile qu'intéressant d'apprendre l'histoire de sa petite patrie, d'en connaître les premiers événements importants?Et pour aider aux mémoires trop souvent oublieuses, pour enseigner aux petits enfants et à la jeunesse avide de s'instruire, quelle voix peut rivaliser avec celle de la pierre quand elle raconte éloquemment le passé, en rappelant les noms de ceux dont le temps a depuis longtemps effacé les pas sur le sol qu'ils défrichèrent avec une si belle ardeur.Et ici, plus près de nous, on a vu le curé Labelle, émerveillé des richesses insoupçonnées du Nord, devenir l'ardent apôtre colonisateur de cette splen-dide partie du pays, et travailler toute sa vie, et avec quelle courageuse persévérance! pour que dans les Lau-rentides, suivant la belle pensée de Pamphile Lemay, "l'âme de la forêt fasse place à l'âme humaine." En dépit des plus rudes adversaires et malgré les pires obstacles, il y a toujours parmi nous des forces agissantes pour traduire la valeur du courage.Ces forces, peut-être un peu plus effacées, n'en expriment pas moins tout un idéal, "ce pourquoi les mortels ont vécu, ont souffert et se sont sacrifiés, depuis qu'il y a des hommes qui pensent et qui aiment", écrivait un jour l'abbé Martial Levé, qui faisait remarquer que "c'est là tout ce qui forme la trame de la vie".Les temps sont changés.le rôle social s'est compliqué.notre époque est, dit-on, une des plus dfificiles à vivre.Cependant, plus forte que la folie sur laquelle pivote le monde, il y a l'oeuvre de lumière des foyers chrétiens.Le foyer! où l'enfant apprend le vrai sens de la vie et l'amour du beau, où se développe la force morale et le culte de la famille, où se façonnent les âmes d'élite, où se prépare la vigueur d'une nation saine, où le sentiment de l'Infini rayonne sur le devoir, quand la mère sait faire de la maison, la demeure joyeuse et bonne à nulle autre pareille.Quand elle sait mettre au coeur des enfants, des souvenirs chauds de tendresse, y graver des images souriantes et douces, en faire le refuge du véritable courage.C'est donc le coeur des mères qui donne la mesure de la vaillance de l'âme canadienne.Aux jours tragiques de la Grande Guerre, lorsque notre 22ême s'est vaillamment Jeté dans la mêlée sanglante pour sauver la France sauvagement traquée, ce geste m'a semblé avoir été la réplique de la va- leur ancestrale, un élan d'idéal préparé par le courage maternel, et qui a exprimé en action les paroles du maréchal Foch, paroles qu'en 1922 il laissait comme adieu à la ville de Québec où il venait de sentir palpiter la gloire de notre passé: "Le devoir m'appelle", disait-il, "et je ne connais que le devoir"."On ne sait pas chez nous ce que c'est que la guerre", écrivait Louis Fréchette dans son poème: "Vive la France".C'est vrai.Nous ne le savions pas! Mais nous l'avons appris depuis et nous savons maintenant ce qu'elle coûte! C'est que le Canada n'a pas hésité à se souvenir que le sang français a été le premier à féconder son sol.Le présent a su être solidaire du passé.C'était un devoir, et le devoir est fait de dignité et d'honneur, de bonté et de courage, de force et d'activité.Il ne recule jamais, il avance toujours.Il est la conception parfaite du bien, de la droiture et de la justice; 11 est Intransigeant, il rejette toute compromission, il réclame la liberté et le respect.Le devoir est calme, il a la volonté de durer.D'après Maeterlinck, "Nous sommes chargés de rendre heureuse l'heure qui vient chercher un refuge dans notre âme".Je comprends cette pensée comme la définition du devoir: l'accomplir joyeusement quoi qu'il en coûte et en remplir toutes les obligations.L'éducation joue ici un rôle unique dans la formation morale de l'enfant.De l'empreinte reçue dépendent la grandeur de son âme et la force de son caractère."L'éducation n'est pas seulement une science, c'est aussi un art", explique M.René Guénette dans son bel article: "A l'oeuvre et à l'épreuve", de l'Ecole canadienne du mois de septembre 1933.C'est un art, en effet.Un art si noble, si grand qu'il est le sillon lumineux du grand Idéal humain, de l'idéal de ceux qui passent sur la route en semant la vérité, la générosité, la bonté.de ceux qui pourraient dire avec le vieux laboureur de Maurice Brillant: "J'ai peiné jusqu'au soir sur ma tâche [divine." On se plait à répéter qu'aujourd'hui pour être à la page il faut considérer la délicatesse des sentiments et l'élévation des pensées comme des choses ridicules et vieillottes.Je crois que c'est une erreur.Il brille encore dans le monde des étoiles qui sourient à la terre .il y a encore une jeunesse qui a foi en l'avenir.et chaque jour se renouvelle en quelque coeur, l'offrande d'une fleur de confiance en la vie.Si la fièvre des plaisirs, les folies de l'orgueil, les tentations du luxe, les tourments de l'ambition, les calculs de l'égoïsme ont déséquilibré le monde .si le féminisme exagéré a du même coup désorganisé la famille, s'il y a des foyers lamentablement déserts où l'union des coeurs n'existe pas, il y a toujours chez nous, des mères saintement bonnes, des mères adorablement tendres, dont l'amour et le dévouement font lever des moissons ensoleillées dans des coeurs pétris d'idéal et de courage, dans des coeurs toujours plus haut dans le sentiment de l'honneur.SI la loi du travail est devenue lourde, s'il arrive que l'on cherche à s'en affranchir et que l'on ne comprenne plus les nobles tâches, il y a encore chez les nôtres des âmes qui possèdent la plus grande qualité du courage: la volonté de tenir par l'effort sincère d'accepter les misères humaines quelles que soient leurs formes.On raconte qu'un homme d'état anglais s'arrêta un jour près de trois ouvriers occupés à tailler des pierres pour la construction d'une cathédrale."Que faites-vous?" demanda-t-il au premier."Je taille des pierres", répondit l'ouvrier."Et vous?" flt-il au second."Je gagne un shilling à l'heure"."Et vous?" continua l'anglais en (Suite à la page jo) La Revue Moderne — Montréal, Mai 19SU Page 29 •¦!¦! H>>.C»e jamais (19, Montréal.P.Q.I ruillri m'rniovrr le feutllrt et le patron au fer chaud pour lr* brodrrtri lurianfes: Coussin Q; Image brodf* f ].* Sert ice à dtjeuner f~|; CanlÊ de foi/e Q; Motiji de bridfte Image broder [ J.J'indut 5c pour « in une (ÏSc pour la s*>i> de» ¦ »*).Marquez iWIn que MsJU ivulr:.Nom.Idre,,, Ce que femme veut .L'épouse comblée, mais que le bonheur n'avait pas rendue égoïste, fit si bien, manoeuvra si adroitement, que Marguerite, quelques jours plus tard, voyait, comme par un coup de baguette magique, se réaliser son rêve — ce rêve qu'elle avait à peine osé caresser autrefois et qu'elle avait ensuite enfermé au fond d'elle dans la persuasion que tout espoir lui était interdit.Elle était la fiancée de Jacques! — Si vous saviez, lui disait-il, combien j'ai été attristé par votre départ et quels reproches je me suis adressés pour n'avoir pas fait avant la démarche qui eût assuré deux ans plus tôt notre bonheur.Mais notre tendresse saura réparer le temps perdu puisque nous allons être pour toujours l'un à l'autre! Un sourire attendri voltigeait sur les lèvres de Mlle Chambonnel, une joie ineffable resplendissait dans s
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