Mon magazine, 1 octobre 1927, octobre
J* V0L- 11 No- 7 ^sUCï^t BeauceviUe, Octobre 1927 Revue Canadienne de la Famille et du Foyer Mon Magazine, Octolre 1927 Ouvrez la voie à la Ouvrez simplement les petits orifices au dessus de la boîte et voici Old Dutch Cleanser qui vous apporte la Propreté Hygiénique — si importante pour tout home.Old Dutch assure la Propreté Hygiénique parce qu'il enlève les impuretés invisibles dangereuses aussi bien que la crasse et la saleté visibles.II remet tout flambant neuf, et laisse les surfaces tout à fait propres, saines et hygiéniques.5e distinguant par sa qualité et son caractère Old Dutch est exempt de sable dur et égratigneur, il ne laisse pas d'égratignures qui sont des attrappe-tout pour la crasse et les impuretés.Sous le microscope ses particules apparaissent floconneuses et pailletées.Ce sont des milliers d'ef-faceurs qui enlèvent toute malpropreté.Old Dutch simplifie le travail du ménage, il est sûr, complet, économie.Il n'est rien comme lui pour la porcelaine et l'émail, les articles d'aluminium et la verrerie, les ustensiles de cuisine, les tuiles, la boiserie peinte, les parquets, les fenêtres.les réfrigérateurs, les poêles, etc.Il protège la surface et en prolonge la durée.// fait mieux — dure plus longtemps.Comme sauvegarde à la santé, comme aide pour rendre le nettoyage plus facile — Employez Old Dutch Cleanser.Fabriqué en Canada. Mon Magazine, Octobre 1927 1 Ce pauvre Pantaléon.Par V.de la Vfre Un bon rasage assouplit et protège la peau ES sa plus tendre enfance, Pantaléon Damiette avait trouvé la vie dure à cause de son prénom qui prêtait à la blague.Sur la rue, à l'école, au collège, plus tard au bureau on l'appela Monsieur Pantalon et, comme il était timide, peu batailleur, il souriait lorsqu'on le ridiculisait.C'était d'ailleurs la crème des braves garçons, on était d'accord à dire qu'il n'avait pas pour un sou de malice et, c'était vrai, Pantaléon était la bonté même, l'esprit de sacrifice personnifié.Ses compagnons de travail se moquaient aussi de lui parce qu'il assistait chaque jour à la messe, on le qualifiait du titre de bigot alors qu'il était simplement dévot.Lorsqu'il eut atteint l'âge de vingt-huit ans, son père qui n'avait jamais joui d'une très forte santé, s'alita et après quelques jours de maladie il rendit son âme à Dieu et Pantaléon hérita- des responsabilités du chef de famille disparu et bravement il accepta la tâche.Sa mère n'avait plus que lui, et bien, il serait tout à sa mère.Après quelques jours d'absence il retourna au bureau, vêtu de noir et il se voua à sa besogne avec plus d'attention, on aurait dit qu'il voulait par le travail oublier ses chagrins.Deux ans se passèrent ainsi pour Damiette.Le matin de bonne heure, après avoir embrassé sa mère, il prenait le chemin de l'église : la messe entendue il se rendait à son bureau et son travail terminé on pouvait le voir, marchant d'un pas régulier vers le cottage où aux beaux jours, sa mère l'attendait sur le pas de la porte.Et sa vie s'écoulait ainsi, triste et monotone, toute de devoir.Un soir, comme il se mettait à table, sa mère, qui depuis quelques semaines était souffrante, lui tendit une lettre, le priant de la lire.C'était une missive du curé de Mont-fort qui demandait à Mme Damiette si elle pouvait prendre sous sa protection une parente éloignée de son mari, une jeune fille orpheline.Pantaléon lut, puis questionna sa mère : —Eh bien, que comptez-vous faire?—Ce serait une gTande consolation pour moi d'avoir cette jeune fille près de mol.Les heures sont si longues lorsque vous êtes au travail, mais ce serait de l'égoisme si je vous demandais ce surcroît de responsabilité.Il n'y a pas de responsabilités.Et puis, lorsqu'il y en a pour deux, il y en a pour trois.Huit jours après, Noella s'installait au foyer des Damiette.C'était une fillette d'une dizaine d'années, pas jolie, mais intelligente, laborieuse et la gaieté même.Par sa présence elle ensoleilla la demeure des deux éprouvés, elle fit revivre le sourire sur les lèvres pâles de la mère, chassa les papillons noirs qui souvent obscurcissaient l'horizon de Frérot Panta qui, pour s'amuser avec Noella, était presque redevenu un enfant.après les heures de bureau.Et des années se passèrent ainsi '.Noella, de fillette devenait jeune fill", passait par les différents degrés de l'école, en sortit avec ses diplômes, entra au même bureau que Frérot Panta et un vrai bien-être entra dans la maison, car on avait fait venir une vieille amie de Mme Damiette, qui tout en étant sa compagne, faisait une grande partie de la besogne du petit ménage.La vie devint un rêve pour Pantaléon.son bonheur était parfait.Noella et lui faisaient route ensemble matin et soir et ensemble aussi Ils bâtissaient des châteaux en Espagne.On ferait ajouter une chambre à la maison, on aurait une serre pour la culture des fleurs et, le souper pris, on parlait de tout cela à Mme Damiette qui souriait tendrement à la joie de ses enfants.Mais ce calme ne pouvait durer.Un soir, comme Mme Damiette se trouvait seule avec son fils, elle lui dit : —Fils, sais-tu que Noella a vingt-deux ans?—Oui.Non.Et puis?—Notre devoir est de l'établir.Vois-tu, moi je ne suis plus jeune et toi, mon garçon, tu commences à grisonner.Nous avons commencé une bonne action, nous devons la rendre à bonne fin.Nous devons trouver un bon mari à Noella.—Marier Noella.Rien ne presse.—Non, non.rien ne presse.Pour moi, j'ai presque peur de voir partir notre jeune compagne, mais nous n'avons pas le droit d'être égoistes, nous ne pouvons sacrifier l'avenir de cette enfant pour la garder près de nous.—Maman.tu.as.raison.Pantaléon rentra défaillant dans sa chambre II venait de constater qu'il aimait Noella plus que fraternellement.Mais, il était hors de question comme mari.Il était vieux, laid, mal fichu.Et pourtant, il aimait de tout son coeur.Il aimait comme un amoureux de vingt ans et.Noëlla lui témoignait beaucoup d'affection, elle était si franche, si ouverte.Elle lui avait souvent dit qu'elle voulait rester toujours toujours, avec le grand Frérot Panta.Et, pourquoi pas?C'est vrai qu'il n'était plus jeune, mais Noëlla était habituée à sa mine et puis, il serait si dévoué.Pourquoi lui aussi ne serait-il pas heureux?n avait donné sa vie pour les autres, par devoir, mais, est-ce que ce devoir demandait tous les sacrifices?En tout cas, il questionnerait Noëlla.Le lendemain, comme Noëlla et Da-miftte retournaient au foyer, Pantaléon demanda brusquement : ¦—Noëlla, ne songez-vous jamais au mariage?—Oui, comme toutes les jeunes filles, surtout lorsque votre maman m'en parle.Ce qu'elle est pressée de se débarrasser de mol la maman.Et puis, je crois que je vais pouvoir la contenter.Il faut que je vous raconte cela Frérot.j'ai fait une conquête.—Oui.—Monsieur Dessart.Raoul.Il doit aller trouver votre maman demain.Il veut lui demander la permission de me faire la cour.—Kt vous.eh.—Il ne me déplaît pas, au contraire.Après souper, lorsque Damiette se trouva seul dans sa chambre 11 eut un moment de défaillance, ensuite de la révolte.Pourquoi tous les bonheurs pour les autres et rien que le devoir pour lui?Le devoir.Est-ce que ce n'était pas là toute sa vie?Longtemps Il pé trit ce mot dans sa tête, finalement 11 s'agenouilla devant le crucifix qui ornait sa chambre et lorsqu'il se releva Il était plus calme.Il ferait son devoir jusqu'au bout.A partir de ce jour 11 ne travailla plus que dans l'Intérêt du futur ménage.De concert avec Raoul, qui était assez fortuné il acheta un cottage voisin, ensemble Ils le transformèrent, remanièrent le jardin, puis, peu à peu.Ils montèrent la maison du mobilier nécessaire.Pantaléon continuait à travailler pour le bonheur des autres.Arriva le grand jour.Damiette remplaça le papa absent et après la cérémonie les Jeunes époux filèrent pour la Floride.(Voir la suite à la page 3) jf^ES hommes de tous les âges, mais ayant la figïire jeune, commencent leur journée avec un sentiment de juste fierté, lorsqu'ils s'emparent de leur joli rasoir Valet AutoStrop.Le repassage de la lame a quelque chose qui plait tout particulièrement — en un instant, elle a retrouvé son merveilleux tranchant.Puis le rasage lui-même s'opère promptement — EXACTEMENT COMME IL FAUT — laissant la peau jeune et fraîche.Il ne reste plus ensuite qu'à nettoyer le rasoir, sans rien enlever ni remettre en place, et à le ranger.Une lame bien repassée conserve au visage sa fraîcheur RASOIR VALET S'aiguise lui-même GARANTIE Nous (lt'>irns que < haque |xrsonne qui (.ut us.i^i- du Rasoir Y.ilit AutoStrop en soit toujours enthousiaste.S'il arrivait quelque chose à votre Rasoir qui l'empêchait de vous donner un service parfait, envoyez-nous le et nous vous le retournerons comme neuf sans qu'il vous en coûte un sou.AUTOSTROP SAFETY RAZOR CO., LIMITED (52-F.M ) TORONTO, CANADA 2 Mon Magazine, Octobre 1927 Cette femme a gagné $2,247.00 — pendant ses moments de loisir à la maison J^ORSQUE Mme E.Gauvreau, de Québec, répondit à une de nos annonces, elle était loin de penser que cette simple action signifierait pour elle plus de deux mille dollars.Cependant nos archives font voir que nous lui avons déjà fait parvenir des chèques de paie pour un montant total de $2,247.00.Et voici exactement ce que Mme Gauvreau fait pour gagner cet argent.Elle tricote pour nous, dans l'intimité de son foyer, des chaussettes en laine au moyen de l'Auto-Tricoteuse.Chaque semaine, sans y manquer, elle nous fait parvenir un paquet d'ouvrage, et chaque semaine, sans y manquer, nous lui faisons parvenir par malle un chèque de paie.De plus, nous lui fournissons la laine qu'elle emploie.Si vous avez des moments de loisir, même seulement une heure par jour, nous aimerions à vous montrer comment, sans avoir à quitter votre demeure, vous pouvez vous créer un revenu supplémentaire continuel.VOICI peut-être enfin exactement ce que vous cherchiez—une manière privée de gagner de l'argent.L'Auto-Tricotage constitue réellement une occupation idéale, facile, propre, un moyen d'utiliser les heures et les demi-heures qui seraient si facilement perdues.Voici brièvement ce qu'est notre plan de gagner de l'argent à la maison: Vous tricotez chez vous, au moyen d'une Auto-Tricoteuse, des chaussettes pour nous — consacrant à ce travail les moments de loisir que vous avez.Pour chaque paire de chaussettes régulières que vous nous envoyez — par régulières nous voulons dire tricotées d'une grandeur uniforme —¦ nous vous payons un prix fixe garanti et nous vous fournissons avec la laine nécessaire.Il n'y a pas de sollicitation ou de vente à faire, il suffit simplement de tricoter des chaussettes et de nous les envoyer., L'endroit où vous vivez importe peu Comme tout se fait par la poste, l'endroit où vous vivez importe peu.Mme A.Colmcr.qui demeure dans la Colombie Anglaise, nous écrit: "Je puis dire en toute vérité que j'ai gagné au moins $1 500.00 avec ma machine." Et Mlle E.McPhillamey, de l'Alberta.dit : "Comme je suis l'aînée de la famille, j'ai pensé qu'il me plairait de gagner de l'argent.J'ai gagné au-dessus de $1000.00 avec mon Auto-Tricoteuse." Mme E.Shaw, de la Nouvelle-Ecosse, nous écrit: "Nous étions comme bien d'autres qui ne savaient pas de quelle manière ils réussiraient à joindre les deux bouts pendant l'hiver, mais avec l'Auto-Tricoteuse nous avons gagné $567.00." Et Mme G.Poole, de l'Ontario, dit: "J'ai ma machine depuis plus de quatre années et je ne voudrais pas m'en séparer pour tout au monde.L'hiver dernier j'ai gagné $525.00 pendant mes moments de loisir." La laine et les chèques vous sont envoyés /^E qui enchante ceux qui entreprennent l'Auto-Tricotage c'est l'indépendance que cette occupation assure.Ils savent, avant de commencer, le prix exact qu'ils recevront.Ils savent qu'ils auront toujours un assortiment de laine.Et, ce qui est encore mieux, ils savent qu'il n'y a aucune sollicitation ou vente à faire.De plus l'ouvrage est propre, facile et peu fatiguant.Le tricotage ordinaire consiste simplement à tourner la manette et à faire de simples changements d'aiguilles.Les jeunes gens, comme les vieux, et même les enfants travaillent pour nous.Une lettre reçue il y a trois mois de Mlle Grace Lawson, de l'Ontario, dit : "Je suis âgée de 16 ans et je tricote depuis 1925.Je tricote maintenant en moyenne 80 paires de chaussettes par semaine." M.E.Covey, de la Saskatchewan, nous écrit : "Je suis âgé de 59 ans et l'Auto-Tricoteuse m'a permis de faire beaucoup.Et ce qu'un homme de mon âge peut faire, n'importe qui peut certainement le faire." Contrat de salaire et détails complets gratis Nous vous avons dit au début de cette annonce de quelle manière Mme Gauvreau nous a envoyé son nom et ce que cela a signifié pour elle.Maintenant nous vous demandons de faire la même chose.Nous désirons que vous connaissiez quelle positionagréablc et profitable nous avons à vous offrir comme un de nos travailleurs.Nous désirons que vous sachiez quels sont les montants d'argent substantiels que vos moments de loisir peuvent vous gagner.Nous désirons tout particulièrement vous faire parvenir des faits et des chiffres vous prouvant ce que nous prétendons.Envoyez-nous simplement votre nom et vous servant du coupon approprié ci-dessous.Ceci ne vous oblige en rien et vous serez enchanté de ce que vous recevrez.Découpez et envoyez-nous le coupon par la poste dès aujourd'hui.I Tlie Auto Knitter Hosiery Co., I .I Département No 9710 1870 Davenport Road.Toronto 9, Ont.Messieurs:—Il me serait possible de consacrer mes moments de loisir à faire du travail à la maison pour vous.Veuillez m'envoyer ces détails complets sur la manière de débuter.Il est entendu que ceci ne m'oblige en aucune manière.Nom .Adresse Province .Publication Mon Magazine, oct.1, 1927. Mon Magazine, Octobre 1921 S D'UN MOIS À L'AUTRE Avec les auteurs et leurs livres Yfcnntnt ck paraître La Chevauchée des Mers.•EXPLOIT de Lindbergh volant de New-York à Paris sans escale restera légendaire.Quoiqu'il advienne, il appartient de façon définitive à l'Histoire.Mais d'autres prouesses l'ont précédé, aussi prodigieuses, étant donné les moyens de l'époque.C'est grâce à elles que Lindbergh a pu triompher de l'Atlantique Rappelez-vous en effet l'enthousiasme au lendemain de la traversée de la Manche par Blériot, le triomphe de Garros volant d'un seul coup d'aile de St-Raphael à Bizerte et celui d'Al-cook et Brown allant de Terre-Neuve à l'Irlande.Et les essais malheureux, ceux des martyrs.Jacques Mortane, le grand historien de l'aviation, l'apôtre du souvenir, a tenu à élever un monument à tous les héros qui se lancèrent au-dessus des flots.La Chevauchée des Mers, s'é-tayant d'une documentation de^ plus curieuses va courageusement au-devant des légendes, nous présente à la fois les As, les hommes et.les appareils Ce beau livre, peut-être le plus noble, le plus émouvant de l'Oeuvre de Jacques Mortane, se lit comme une passionnante aventure Le volume illustré de 22 photographies saisissantes.Editions Baudiniè-re, Paris.Jacques Mortane.* * * Vers des jours meilleurs par Paul Pourot.Roman politique de grande envergure, traité par un maître du sujet.1 vol.in-8.Editions Bauainière, Paris.* * * Levy-Durand, Banquier.Par René Pujol.Admirable étude des moeurs de la banque juive où l'auteur, collaborateur au Figaro, a mis tout son talent d'écrivain 1 vol.in-8, Editions Baudi-nière.Paris.* * * Dictionnaire du Bon Langage, par l'abbé Etienne Blanchard, 280 pages, iième édition 1927.—Cette nouvelle édition mise à jour, a des améliorations que nous tenons à signaler Elle est d'un format de poche, d'un usage pratique pour toutes les classes de la société et spécialement adaptée à l'enseignement.L'auteur, comme les grammairiens, procède par exemples, en mettant chaque mot dans son cadre, afin d'en faire mieux comprendre ce qui blesse l'oreille, la grammaire, la logique ou le bon usage.On trouve dans l'appendice cent termes de radiophonie, cent termes d'automobl-lisme et quatre chapitre- extraits du "Bon français en affaires": Les marques de fabrique —Tètes de lettres et cartes d'affaires — Sur les enveloppes — Remarques dactylographiques.On peut se le procurer au prix de 60 sous (relié), franco 70 sous (timbres acceptés), en s'adressant à l'abbé Etienne Blanchard, Eglise Saint-Jacques, Montréal.Se trouve aussi chez les libraires.* * * Jeux de Cartes du Bon Langage (Fème sériel—S'instruire en s'amusait par questions et réponses.Fait sur le modèle des jeu\- de cartes d'Histoire du Canada.d'Histoire Sainte.d'Histoire de France et de Géographique du Canada, qu'on peut se procurer à la même adresse et au même prix.Prix : 35 sous: franco.40 sous.* * * 2000 Mots Bilingues par l'Image — Troisième édition, revisée.Chaque dessin fait à la main par d'excellents artistes Magnifique apparence Noms français et anglais de 20000 gravures Prix : 30 sous; franco.35 sous.* * » En Garde ! —Anglicismes et termes anglais dans le commerce, les amusements, les métiers.Edition Beauche-min.grand format.Prix 40 sous: franco, 45 sous.* * ?Les Canadiens-français et la Confédération "L'Action française" vient de publier une étude qui s'impose à l'attention de tous.C'est un inventaire complet de l'influence et l'activité des nôtres depuis l'établissement de la Confédération.Le sommaire du petit volume (150 pages, format 5 x 7U) indique combien il est en mesure d'intéresser notre population.SOMMAIRE Abbé Lionel GROULX : Soixante ans de Confédération.Anatole VANTER : Les Canadiens français et l'établissement de la Confédération Olivar ASSELIN : L'immigration, les fonds publics et nous Hermas BASTIEN : Les Canadiens français et le développement économique du Canada Edouard MONTPETIT : Les Irlandais et nous les Canadiens français et le développement intellectutel du Canada Yves TESSIER-LAVIGNE : Québec, les chemins de fer et la Confédération.Abbé Philippe PERRIER : Les Canadiens français et la vie morale et sociale au Canada.Mgr BELIVEAU : Les Canadiens français et le rôle de l'Eglise dans l'Ouest canadien.Louis-D.DURAND : Les Canadiens français et la vie nationale au Canada.Esdras MINVILLE : En entendrons-nous parler bientôt?Antonio PERREAULT : Griefs et déceptions.Albert LEVESQUE : La jeunesse canadienne-française et la Confédération canadienne.Avec les collaborateurs distingués qui ont fourni cette oeuvre nécessaire, le lecteur connaît la valeur intrinsèque de l'Acte fédératif.11 suit les développements économiques, intellectuels, moraux, sociaux et nationaux des Canadiens français sous le régime actuel.Il résume les griefs et les déceptions suscités par l'application du pacte fédéral et connaît la théorie sur laquelle la jeunesse canadienne-française est décidée d'ordonner l'avenir de la Confédération canadienne.Un livre à consulter et à conserver.Chez les meilleurs libraires et chez l'Editeur.Librairie d'Action française, 1735, rue St-Denls, Montréal NOTRE LANGUE Paru à Ottawa.Imprimerie Beauregard : La Beauté du Verbe (entretiens sur la langue française au Canada), par Alfred DeCelles, fils, 58 pages.L'auteur jette un coup d'oeil sur l'histoire de la langue française transplanté sur la terre canadienne et sur les vicissitudes de sa conservation.Il pousse ensuite un cri d'alarme au sujet du parler contemporain: Il n'est pas tendre pour ces compatriotes.Le style des journaux le rend sévère.La langue courante du public lui semble barbare.Malgré quelques exagérations, cet opuscule peut prendre rang parmi les livres qui encouragent la croisade en faveur du bon parler au Canada.• • • '•LA BELLE AU BOIS CHANTANT" Par Myriel-Gendreau.Il y a quelques semaines, paraissait, dans le monde des poètes, ce Joli petit recueil de vers, le premier-né d'un jeune poète du terroir, M.Henri-Louis Gendreau.de Beaucevllle.M.Gendreau est né poète.Plusieurs de ses pièces sont Inspirées du meilleur souffle.Certaines peuvent être avantageusement comparées avec celles de nos meilleurs poètes.L'auteur est encore jeune.11 est travailleur et les belles-lettres sont pour lui un passe-temps favori.Avec de l'étude, de l'observation, il est appelé à faire son chemin et notre littérature nationale devra s'enrichir de ses productions lyriques.Ces premières pages d'un travail laborieux et constant sont un gage du succès qui l'attend.Nous aimons à croire que le jeune auteur de "La Belle au Bols Chantant" n'en restera pas là et que, dans un avenir prochain, il nous donnera une preuve nouvelle de son talent.Nous le jugerons à l'oeuvre et nous serons heureux d'applaudir à ses nouveaux lauriers.Le volume est en vente dans toutes les librairies et cher l'auteur.Ce peauvre Pantaléoo.(Suite de la page \) Lorsque la mère et le fils se retrouvèrent seuls à la maison, la maman dit brusquement à son garçon qui avait les yeux brûlés par les larmes.—Tu soufTres, n'est-ce pas, fils .Ne nie pas, tout dernièrement J'ai compris.Tu aimais Noëlla.—Qu'une fois de plus tu devais te sacrifier.Pourtant garçon, combien ta vie a été triste.Je viens de m'en rendre compte.J'ai été égoïste.—Maman.—Tu m'as donné toute ta Jeunesse et à l'ftge mûr Je vais te laisser seule, car le moment de la séparation approche.Pour mieux te donner aux autres, tu as passé à côté do tout ce qu'il y avait de bon dans la vie.Je n'ai pas vu clair.Tu ne m'en veux pas, hein?Et, comme lorsqu'il était enfant, la mère avait attiré son fils à elle; elle étrelgnalt sa tête contre sa poitrine, comme autrefois dans ses boucles blondes, elle passait des doigts amaigris dans ses cheveux qui se faisaient rares et grisonnants.Ce n'était plus un homme, c'était son petiot qu'elle consolait et finalement, dans un sanglot elle s'écria : —Fils, pauvre fils, la vie a été bien dure pour toi.Et Pantaléon, levant la main vers le ciel répondit : —Maman.Cela Ira mieux là-bas.Sa fol le sauvait du désespoir.V.DE LA VERE SOMMAIRE DU MOIS D'OCTOBRE 1927 Pages Pages Pages CE PAUVRE PANTALEON.1 AVEC LES TOURISTES DE LA LIAI LA CAUSERIE DE TANTE 26 D'UN MOIS A L'AUTRE.3 SON FRANÇAISE.18 LA BONNE CUISINE.27 EDITORIAL.5 UN SOUVENIR '.19 PICKLES ET PLATS DU JOUR .28 LA FEMME ET LA CIVILISATION 6 DEPUIS QUAND ETES-VOUS MA CONSOMMONS DU LAIT .29 L'AVEUGLE ET LE DEFIGURE 10 RIE ?.^ 19 SON PREMIER THE.13 ETUDE SUR L'IDEAL.20 EN MARGE DE LA BAGARRE .44 L'IMPERATRICE D'AMERIQUE 14 NOS MODES ET NOS PATRONS .22 LE DERNIER MOT.48 4 Non Magazine, Octobre 1927 La bonne vieille glacière reprend son aspect accueillant maintenant qu'elle est bien approvisionnée de Bière Mo/son Un cordial accueil qui "réchauffe le coeur Mon Magazine, Octobre 1927 5 Vol.Il No 7 ABONNEMENT, $2.00 par année, payable d'avance, pour le Canada et l'Empire Britannique.Le numéro, 25 cents.Etats-Unis.$3.00.Autres pays étrangers., $4.00 par année.Les remises peuvent être faites par mandat-poste, lettre recommandée, mandat-express ou chèque auquel on a ajouté le montant de l'échange.Enregistré comme matière de deuxième classe au bureau de poste de Beau-ceville, P.Q.iy\AGAZIi\^ Revue Canadienne de la Famille et du Foyer J.-L.K.-LAFLAMME Directeur J.-A.FORTIN aérant-Général EDOUARD FORTIN, Président OCTOBRE 192: ADMINISTRATION GÉNÉRALE 1651 rue St-Denis, Moutréul.Tél.Est.20«« ATTENTION.Changement d'sdrease.Nous changeons l'adresse d'un «bonne à u demande, mail il taut donner l'ancienne adreaae en même temp* que 1a nouvelle pour que le changement puisse être (ait.Public' le 1er du mol* par LA COMPAGNIE DE PUBLICATION DE "MON MAGAZINE" LIMITEE, MONTREAL ^Jî propos de cinémas Il serait oiseux d'exprimer à notre tour tout l'é-tonnement que nous a causé le dénouement d'une enquête fameuse où il fut question de l'ouverture des théâtres le dimanche et où l'on a, en, même temps, recherché les personnes responsables d'une catastrophe causée par l'aménagement défectueux d'un théâtre.Sur ce dernier point on est venu bien prés de déclarer que les coupables n'étaient pas autres que les soixante-quinze victimes d'une incurie administrative.Le point de vue ne manquait pas d'originalité sinon de bon sens.Pour ce qui est de l'ouverture des salles de cinéma le dimanche, l'opinion semble assez partagée, suivant les classes, les boutiques ou les intérêts.Mais, à notre avis, on n'a peut-être pas suffisamment parlé du cinéma lui-même, de son influence sur l'esprit de ceux qui le fréquentent.Le fait que l'on trouve des pièces souvent fort repréhensibles, devant des auditeurs de tous âges a singulièrement compliqué la question.Il n'est pas vrai qu'un spectacle n'offrant aucun danger pour un adulte puiêÊ$, en toute sécurité être déroulé devant les i/riix d'un enfant.Et, à ce propos, j'aime beaucoup cet apologue par lequel un célèbre cinématographiste parisien a tout simplement donné la solution du problème."L'autre jour, dit-il je me suis présenté chez un tailleur que j'ai prié de me confectionner un ha-billement qui i on viendrait simultanément à un enfant de dix ans et à un homme de quarante-cinq ans."Le brave homme me répondit, stupéfait de ma demande, que cela était impossible.Et comme j'insistais et que j'essayais de lui faire comprendre que s'il n'était pas prêt à remplir des commandes comme la mienne, il ferait mieux de fermer boutique, le brave tailleur voulut, sur le champ, me faire interner dans une maison de santé."Plus tard, un censeur de vues cinématographiques i>int me demander de préparer un film qui conviendrait également à un enfant de dû ans et à un homme de quarante-cinq."Je répondis que ce n'était pas possible.Il insista et me dit, à son tour, que si je ne pouvais pas me rendre à son déir, je ferais mieux de fermer boutiijuc "Et quand je voulus le faire interner, personne ne voulut m'écouter".Mais il y a loin de dix ans à quarante-cinq ans et bien des âmes candides, entre ces deux âges, voient dans les cinémas des choses qui ne devraient pas s'y trouver, tout comme, entre ces deux âges, se rencontrent dans les cinémas des petits messieurs et des petites madones qui devraient être ailleurs.Il est certain qu'il y a, de ce côté, beaucoup à corriger et beaucoup â demander.Voici un art merveilleux qui a grandi avec une rapidité vertigineuse à peu près libre de toute critique.Le seul jugement sur lequel on se soit reposé, c'est la faveur populaire et on sait que, sous ce rapport, ce ne sont pas les spectateurs qui manquent.Mais, comme il arrive toujours en pareil cas, l'absence de critique a donné lieu à une foule d'à- Mme Lucia de Munck Soprano dramatique et prlma-dnnna belge, vient de s'établir à Montréal, après un séjour de quelques années à Toronto.Douée d'une belle voix, Mme Lucia de Munck travailla le chant avec des maîtres tels que Bonheur et Demest, à Bruxelles; puis alla se perfectionner à Paris, où elle fut une élève remarquée de Rose Caron et Du-vernoy.Très éprise de son art.d'un tempérament passionné, cette grande artiste a fait preuve, dans toutes ses Interprétations, d'un sens musical et d'une compréhension artistique qui dénotent une nature vraiment exceptionnelle.En même temps que sur les prenu.scènes de France et de Belgique, elle se faisait applaudir dans des soirées mondaines, fêtes de bienfaisance, concerts artistiques, etc.Après la grande guerre, dont elle fut une des victimes les plus éprouvées, elle vint au Canada, où elle fut durant trois ans a la tète du département vocal au Conservatoire Hambourg, puis a l'Académie Canadienne, tous deux à Toronto.Ontario.Depuis quelques semaines à Montréal.Mme Lucia de Munck enseignera l'art du chant dans ses moindres détails, à son studio, No 1431, Bishop, Apt 8.bus qui, pour être diversement appréciés selon les milieux où on les discute, n'en sont pas moins des abus.Dans un pays comme le nôtre où la diversité des croyances et des usages sont multiples, il est certains sujets qui offrent autant d'opinions qu'il y a de groupes.Dans ce cas-là il faut bien se retrancher derrière quelques principes fondamentaux dont personne peut s'écarter, même s'il a la loi pour lui, sans compromettre son bonheur et celui des autres.Le grand défaut des cinémas, c'est bien qu'en traitant de la vie.du foyer, ils ont l'air de poser comme règle générale une foule de pratiques qui, dans le cours ordinaire des choses ne sont encore que des anomalies, des irrégularités, ou, dans tous /es- cas, ce que parmi la moyenne des honnêtes gens, on n'a pas cessé de regarder comme des exceptions regrettables.C'est de là que rient cette diversité d'appréciation qui fait que, dans une province, la censure "passera" un film qu'une autre s'empressera de rejeter.Et je ne vois même pis en quoi un bureau central de censure offrirait quelque avantage sur le régime actuel.Le danger que l'on signale est profond, mais aussi il est général et produit par des conditions nouvelles.Il est fort heureux que nous en soyons rendus à le voir et à re sin-broderie.Le devant et le do» sont fioncéa a un empiècement.La robe est «ans manches Taille 2 à • ¦ ana.3334 — Rôtie avec appliqué No.12»7*.Le devant et le dos sont f.onces aux manches ragian.Taille 1 a fi ans.3855 — Robe, contenant le des-sin-smocking.La robe est froncée sous le col.Taille 2 a 6 ans.3c03 — Robe, contenant 1.- ém sin-brodeiie.Cette robe e*t froncée en avant et en arrière.Taille 2 à fi ana.4066 — Habit.Petit habit charmant et nouveau.La culotte est droite ; la blouse eat à manches couites.Taille 1 a S ans.3874 — Robe, contenant le des-sin-amor king.Col.reversible; le devant de la robe est garni d'une bande.Taille 2 à 0 ans.4021 — Robe, contenant le dessin-broderie.Long corsage réuni à une jupe très courte; petit col rond.Taille 2 à 6 ans.4071 — Kobe.Les plis et In manches sont à remarquer sur ce petit modèle de robe d'enfant.Les plis sont cousus sur l'épaule.Taille 2 i fi ans.4033 — Taille 4 ans demande 1 \ verge de kasha de 04 pouces de large et 1 \ verge de doublure de 36 pouces de large.3969 — Taille 4 ans demande % de dimiti de 36 pouces de lar 3984 —- Taille 4 ans demande 2 ** verges de gingham de 32 pouces de large.3934 — Tsille 4 sns demande 1 S verge de gingham uni de 32 pouces et *s de gingham blanc de 32 pouces de large.3855 — Taille 4 ans dem.inde 2 V» verges de voile de large et l *4j \ergc de garniture.3803 — Taille 4 ans demandr 1 % verge de crêpe de chine de SV pouces de large et 4 verges île gar-i.ilure.3874 Including Shocking Design 4066 — Taille 4 ana demande v» lerge de gingham a carreaux et T% verge de gingham uni |n»ur la blouse.4071 — Taille 4 ana demande 1 % verge d'imprimé de 32 pouces de large.% verge de tissu uni et ?verges de bordure.3874 — Taille 4 ans demande 2 \ de gingham de 32 pouces de large.4021 — Taille 4 ans demande 2 H verges de chsmbrsl de 32 pou ¦ • - 1 ¦ t fk'.!.¦ , ),.im.brsl de teinte différente.4021 Including 1 mbroUlci Dc.lfn Ces dessins sont de la 'Tletorlul Review" et vous |touve* vous procurer les |>eugle et le défiguré fSuite rte quoi : robes ou draperies.Voua pouvez accomplir dea merveillea a bon marché avec quelque* Diamond Dyea (de vraie* tein-turea).Des couleur* nouvelle* pur-dessua les anciennes.N'imports qusl matériel.GRATIS.—Ailes chez votre pharmacien c t obtenez gratia une Diamond l>> | 4 > clopedia.Suggeationa prccleuaea, direction* aiuiple*.Ecbantillona de couleurs sur couptma.Ou le groa livre Illustre "Color Craft" gratia en adressant votre ilrnunil.a IU \M\|I l>\ KS, Hept.M 1 Windsor, Ont.Diamond Dyes Just Dip to TINT, or Boil to D YE Tremper seulement pour teinter, ou bouillir pour teindre.31-27 Ménagères "Les Cuisines Clark Vous Aideront" SOUPES CLARK Los soupes Clark vous permettent Je servir à l'imprévu, une soupe délicieuse à peu de frais.En venta partout.Toutes viandes employées sont inspects— (Canada A p proved) W.CLARK Limitée Montrcul aux prétentions de l'extérieur et où l'esprit doit tenir lieu de tout.— Pardon princesse, lui répond-Il, les écrivains et les acteurs ont dix ans de moins que le vulgaire bourgeois.Si une Jeune fille lisant mes vers concevait une passion invincible pour la poète et venait le lui avouer, que ferlez-vous à ma place?—Je lui ferais comprendre Ha folle et Je n'en abuserais pas.—Oh! princesse! comme vous connaissez peu les hommes et les poètes.Pour observer les réserves que vous prêchez 11 faillirait être un saint ou un vieillard décrépit.—Non.il suffirait d'être un honnête homme.L'inépuisable charité de la princesse revit dans l'oeuvre de Notre-Dame-iles-Sept I lotileiirs.Installée il Niinlh dans l'asile qui porte Hon nom, où de 1 au\ res petites im uraliles s.11r i un fiées à lliK iiinparalile dévouement des (Voir la suite à la fOft 40) hO Mon Magazine, Octobre 1927 — LJt FEMME E7 L QLIYISÂTIOjS — (Suite de la page 39) pieuses filles de Saint-Vincent de Paul.La toilette est un chapitre important dans l'histoire de cette époque.Une grande révolution s'opère dans la toilette féminine.On voit apparaître le couturier.C'est la princesse de Metternich, la plus parisienne des étrangères, qui la première eut l'audace d'aller chez un tailleur pour dames.Elle avait découvert dans une petite rue, près de la bourse, un couturier nommé Worth, à qui elle confia le soin de l'habiller; et pour la première fois un homme habilla une femme.L'impératrice Eugénie fut si charmée par une robe faite par Worth et portée par la princesse de Metternich, à l'un des bals des Tuileries, qu'elle s'informa du nom de la couturièrç.Elle donna alors à Worth le privilège de faire ses toilettes.Tout l'art de Worth consistait dans la simplicité.La toilette se modifie au goût capricieux de la mode qui ne fait que traduire les sentiments d'une époque.Le XVIIIe siècle, avec ses paniers, et le second Empire, avec ses crinolines, sont bien en rapport avec la mentalité de ces deux époques qui se ressemblent.Le Directoire, avec ses péplums, ses tuniques flottantes n'était-il pas par les moeurs à l'âme antique?Pas par son âme héroïque, mais surtout par le dévergondage de ses moeurs; les femmes ne craignaient pas de se montrer dans les rues ne voilant leur nudité que sous une gaze transparente.Les derniers salons remarquables de la fin du XIXe siècle sont ceux de Mme Aubernon, de Mme Buloz, femme du fondateur de "La Revue des Deux-Mondes", de Mme Juliette Adam, l'auteur de "Païenne" et de "Chrétienne" et de Mme Armand de Caillavet.Chez Mme Aubernon, c'est Renan qui préside, comme un chanoine désabusé, aux débats littéraires sous l'oeil sévère et la légendaire sonnette de la docte maîtresse de maison, comme autrefois chez Aspasie, un doux Philosophe, Socrate, dévotement impie lui aussi; Péladan y remplace Py-thagore, de qui se réclame les occultistes; Jérôme et Falguière.Phidias et Praxitèle; Détaille, Xeuxis; Bru-netière.Anaxagore.Joseph Marmette a raconté à sa Aile, Marie-Louise Brodeur, lors de son séjour à Paris, qu'un jour chez Mme Aubernon, où il était reçu, Henri Bec-que discutait avec un des invités qui ne brillait pas pour son esprit; ennuyée de la tournure de la conversation, il fit signe à son hôtesse, qui agita sa sonnette et dit : "Que voulez-vous M.Becque?— Un peu de sel", répondit le spirituel auteur de "La Parisienne." Dans son salon de l'avenue Hoche.Mme Armand de Caillavet (10) continua les traditions des salons du XVIIte siècle.Elle sut grouper autour d'elle toute une élite : Alexandre Du mas, fils, Sully-Prudhomme, Jules Le-maître, Pierre Loti, Pailleron, Marcel Proust, Arsène Houssaye, Georges Ro-denbach, Jaurès, Paul Hervieu.Gustave Larroumet, J.H.Rosny, Charles Maurras.Reynaldo Hahn disait : "Je me rappelle un dîner scintillant d'esprit où M.Clemenceau rivalisa d'esprit avec M.France." Que d'autres dîners, que d'autres Joutes entre les esprits les plus fins, les plus brillants, les plus cultivés; la comtesse de Noallles, la princesse Alexandre Caraman-Chimay.M.et Mme Henri de Régnier.Mme Madeleine Lemaire, Mlle Hélène Vacaresco.Mme Raoul Duval, Raymond Poincaré, (10) Elle fut la mère de Gaston de Caillavet, l'auteur de tant de comédies si pétillantes d'esprit.Louis Barthou, Henri Lavedan, Bri-and.Painlevé, Victorien Sardon, Alfrpd Capus, Pierre de Nolhac.Marcel Prévost, Georges de Porto-Riche, le comte Primoli, Robert de Fiers, M.l'abbé Mugnier, Adrien Hébrard, le professeur Pozzi, le professeur Dumas, le professeur Robin.Abel Hermant, Tristan Bernard, Fernand Vanherem, Pierre Mille.Mme Réjane, Lucien Guitry, etc.; on ne peut les citer tous.M.Gugliemo Ferrero, l'éminent historien, qui était un habitué du salon de l'avenue Hoche, y fit une conférence sur "La Romanisation de la Gaule".M.l'abbé Moreux.le savant astronome de l'observatoire de Bourges, vint aussi avenue Hoche faire une conférence, avec projections, sur la planète Mars.Un soir, on entendit Mme Marcelle Tinayre parler de l'amour dans la littérature féminine.La Loïe Fuller fit danser sa troupo enfantine un autre soir pour les invi- tés de Mme de Caillavet, avec qui elle était très liée.Mme de Martel, la spirituelle Gyp, était aussi une amie intime."C'est à Mme de Caillavet, écrit M.Hovelaque, (11) que nous devons le France des grandes années.Elle l'a révélé à lui-même.Elle a fait, de ce paresseux un laborieux." Sur l'édition originale de "Crainque-bille" Anatole France écrivit : "A Mme Armand de Caillavet ce petit livre, que sans elle je n'aurais pas fait, car sans elle je ne ferais pas de livres." J'ai connu, dit M.Gabriel Hanotaux, le grand écrivain quand il n'était pas sorti de ses langes et qu'il fréquentait les boutiques de Ferroud et de Menu, libraires.Ah! on me l'avait changé - mon commis libraire! Quelqu'un avait éveillé dans cette âme nonchalante, la fantaisie d'Ariel.Dans toute l'histoire littéraire il n'y a pas d'exemple d'une influence aussi forte d'une femme sur l'esprit d'un homme.Conclusion Même lorsqu'elles sont le plus dépendantes de l'homme, les femmes ont une influence sur la société.Sheridan a dit avec raison : "Les femmes nous gouvernent, tâchons de les rendre parfaites; plus elles auront de lu mières plus nous serons éclairés; de leur culture dépend notre sagesse." "Sans la femme, dit Châteaubriau'l, l'homme serait rude, grossier, solitaire et il ignorerait la grâce, qui n'est que le sourire de l'âme." Les femmes, il est vrai, n'ont produit aucun chef-d'oeuvre dans les lettres et les arts.Elles n'ont écrit ni lllliade, ni l'Enéide, ni la Divine Comédie, ni Hamlet, ni le Paradis Perdu, ni le Cid.ni Tartuffe, ni Athalie.Elles n'ont composé ni la Création, ni le Messie.Elles n'ont pas peint la Transfiguration, ni sculpté l'Apollon du Belvédère.NI elles ont fait de grandes découvertes scientifiques.Mais elles furent les mères des auteurs de ces oeuvres immortelles.N'est-ce pas assez?La femme est plutôt inspiratrice que créatrice, le rôle d'Egérie est celui qui lui est propre.Les hommes doivent souvent leur supériorité à leur mère, car on voit rarement le fils du grand homme hériter du génie de son père; en retour, les hommes célèbres ont eu des pères médiocres : il fallait donc qu'ils aient hérité leur talent de leur mère.Les trois meilleurs rois de France ont été formés par leur mère : saint Louis par Blanche de Castille; Louis XII par Marie de Clèves; Henri IV par Jeanne d'Albret.On entend peu parler du père de Cromwell, mais beaucoup de 6a mère, veuve d'un écuyer anglais.Comme Cromwell logea sa mère à Whitehall, le palais des rois.Napoléon plaça sa mère, la fille d'un avocat de Corse, au milieu des splendeurs des Tuileries; on sait ce qu'il devait à sa mère.Les Etats-Unis doivent beaucoup à la mère de Washington.Restée veuve, elle entreprit seule l'éducation d'une nombreuse famille.William James, le grand philosophe américain, eut une compagne qui sut à merveille le comprendre, l'aider et l'encourager.Son mariage rétablit sa santé débile.La mère de Goethe fut une femme remarquable.Un voyageur qui avait fait sa connaissance disait : "Je comprends maintenant comment Goethe est devenu l'homme qu'il est." Sa feni- (11) Quelques Souvenirs sur Anatole France."Revue de France".1er avril 1925.(Voir la suite à la page 42) souvenir de vacances "Le court et le long d'un plongeon" Mon Magazine, Octobre 1927 41 UNE OFFRE INTÉRESSANTE LISEZ BIEN CECI! GRATIS GRATIS Aimables lecteurs, gentilles lectrices, désirez-vous gagner une ou plusieurs de ces jolies primes?Si oui, vous n'avez qu'à nous faire parvenir quelques abonnements à : MON MAGAZINE et par ière malle, ces cadeaux vous seront envoyés sans qu'il vous en coûte un sou! 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Jt2 Mon Magazine, Octobre 1927 J^a femme d la Civilisation (Suite de la page 8) me Christiane Vulplan, beaucoup plus jeune que lui, prenait une part modeste à son activité littéraire et il attachait la plus grande importance à ses jugements.Le mariage de Schumann avec Clara Wiech fut aussi idéal dans le monde musical que celui des Brownings dans le monde littéraire.Chacun sait ce que fut pour Miche-let sa femme qui fut sa collaboratrice.C'est à la collaboration de Mme Curie que Pierre Curie dut la découverte du radium.Guizot, homme d'Etat et historien, fut encouragé dans sa carrière ardue par la grandeur d'âme de sa compagne.Le chimiste Berthelot ne put survivre à sa femme qui l'aida dans aes travaux.Faraday, célèbre physicien et chimiste, dit que son mariage fut une source de bonheur dépassant tout le reste.La femme de Carlyle fut durant quarante ans sa compagne Adèle et aimante.Elle l'aida dans tout ce qu'il entreprit; elle était lettrée, mathématicienne, bonne latiniste et bonne ménagère.George Grote dit que son "Histoire de la Grèce" n'aurait jamais été écrite sans sa femme.L'épouse de Stuart Mill, célèbre philosophe et économiste anglais, fut I i principale inspiratrice de son immortel essai "The Subjection of Women".C'est lui qui a ouvert la porte à l'émancipation de la femme.Andersen, le poète et romancier danois, doit à sa mère son talent poétique et original.Klopstock, l'auteur de la "Messia-de", avait une femme cultivée et raffinée, douée d'habileté littéraire et d'une faculté de critique.Tous nous savons ce qu'Elisabeth Barrett Browning fut pour sou mari, le poète de "Paracelse".Il est intéressant et instructif de retracer le progrès de la femme dans le monde des lettres; on y voit que le progrès correspond exactement avec les avantages croissants placés à sa disposition.Comparez le XIXe siècle avec le XVIIe siècle, seulement en Angleterre, et vous remarquerez la grande activité de l'intellect féminin.Vous allez la trouver dans tous les champs de l'activité mentale.Une George Elliot dans la fiction; une Elisabeth Barrett Browning dans la poé- sie : ses ouvrages sont marqués du doigt du génie, son poème "Aurora Leigh" renferme les vues des plus fortes intelligences de ses contemporains sur les questions qui affectent le bonheur, les devoirs, les responsabilités, la mission des femmes; un/j Mrs.Somerville dans l'enquête scientifique : elle montra que la femme pouvait maîtriser les problèmes les plus ardus de la science et conduire les arguments les plus difficiles avec une exactitude rigoureuse; comme en France Sophie Kovalewski, une mathématicienne de génie, qui a formé des élèves qui sont eux-mêmes des savants.L'Académie des Sciences lui accorda un de ses grands prix.Elle était Russe, mais vécut en France, où ses travaux excitèrent l'admiration des savants.En 1888 on accorda aussi le grand prix des mathématiques à Sophie Germain, qui s'est illustrée par des découvertes dans le domaine des mathématiques.Mme Curie a gagné le prix Nobel pour la chimie.Clémence Royer, à vingt ans, traduisit Darwin qu'elle fit connaître aux Français.Elle rendit ainsi un service considérable à la science et à la philosophie contemporaines.Elle s'assimila toutes les sciences de la mathématique à l'astronomie, de la chimie à la biologie, de la physique à la géographie.Son principal ouvrage, "La Constitution du Monde" renferme des vues géniales.Lady Jane Gray fut remarquable par son savoir prodigieux.Encore enfant, elle savait le Grec et le Latin, elle parlait l'Arable, le Chaldéen, le Français, l'Italien et l'Hébreu.Sou écriture était un modèle d'élégance.Elle jouait avec goût et adresse plusieurs instruments de musique; elle avait une voix mélodieuse et remarquable.Son habileté en broderie excita l'admiration de ses contemporains.Elle était jolie, ce qui n'est pas la moindre qualité pour une femms.Cette femme extraordinaire montra une fois de plus que les arts domestiques et d'agréments sont compatibles avec le savoir, qui n'enlève rien du charme de la femme.Il est remarquable que les hommes n'ont pas avancé au siècle dernier au-delà du point culminant qui existait avant, excepté dans le domaine des sciences.Personne ne pourrait dire que Tennyson est un meilleur poète que Milton, Mill un plus grand phi- losophe que Bacon, Thackeray un plus grand romancier que Fielding.C'est le contraire que nous venons de voir pour les femmes de lettres.On pourrait dire la même chose pour la France.Depuis un demi-siècle, les poète sont inférieurs à Lamartine, Hugo et Musset.Les critiques valent-ils Sainte-Beuve?Les historiens sont-ils à la hauteur de Guizot, Thiers et Michelet?Seul le domaine scientifique ouvre des horizons nouveaux.Quant aux femmes de lettres, la comtesse Mathieu de Noailles, Lucie De-• larue-Mardrus, Renée Vivien en poésie; Marcelle Tinayre, Colette, Daniel Lesueur, Séverine Jeanne Marni, Georges de Peyrebrune, Jean Pomme-roi, Colette Yver, Gérard d'Houville, Judith Gauthier dans le roman dépassent en capacité et en nombre les femmes de la première moitié du XIXe siècte, exception faite pour Mme de Staël, Mme Ackermann, une poétesse de génie et Marcelline Desbor-des-Valmore.Récemment Fannie Hurst a gagné le prix de $50,000 offert par une revue américaine "Liberty" pour le meilleur roman et une Canadienne, Mlle Mad zo de la Roche a remporté le prix de $10,000 offert par le magazine "Atlantic Monthly" avec une nouvelle, intitulée "Jalna"."La part des femmes, dit Rémy de Gourmont, est si grande dans l'oeuvre de la civilisation qu'il serait à peine exagéré de dire que l'édifice est bâti sur le3 épaules de ces frêles cariatides." "Les femmes savent des choses qui n'ont jamais été écrites ni enseignées, et sans lesquelles tout le matériel de notre vie quotidienne serait inutilisable." "S'il était possible, ajoute le même auteur, d'assigner au langage une origine, on dirait qu'il fut la création de la femme.Mais le secret de toutes le3 origines nou3 échappera éternellement.La grande oeuvre intellectuelle de la femme est l'enseignement du langage.Les femmes sont les ouvrières élémentaires et les poètes les ouvriers supérieurs." La plus grande partie de la littérature a été l'oeuvre indirecte de la femme, faite pour lui plaire, pour toucher son coeur, l'exalter ou maudire son charme, sa grâce et sa beauté."Rien ne m'a plus frappé, écrivait jadis Tocqueville, que l'influence qu'exercèrent toujours les femmes dans les affaires publiques, influence d'autant plus grande qu'elle est plus indirecte." "La femme est le lien le plus puissant de l'état social, elle exerce une influence suprême sur les moeurs et les civilisations," dit le Dr Belouino, qui pourtant est sévère pour les femmes.L'énergie maternelle est la force par laquelle l'altruisme et l'industrie vinrent au monde.C'est par leur activité, attisée par l'amour de l'enfant que les premiers efforts de l'art et que les métiers prirent naissance.Même à l'aurore de la civilisation une lumière brille autour de la femme dès que les hommes sortent de la barbarie.Comme on vient de le voir, l'influence de la femme a été très grande dans le progrès de la civilisation.L'oeuvre de l'humanité n'est pas toute dans le laboratoire des savants, ni dans les bibliothèques, ni dans les usines.La femme a d'autres manières d'y travailler.Son rôle est ailleurs et autre sa fonction.Au lieu de chercher à Imiter l'homme en tout, "une copie ne vaut jamais l'original", il suffit qu'elle s'intéresse à ses travaux, qu'elle le comprenne, qu'elle l'encourage et sa part sera assez belle comme cela.Mais je suis loin de blâmer celles qui sont obligées de gagner leur vie, ou dont le talent est exceptionnel.J'aurais voulu mentionner aussi toutes les femmes qui ont aidé les premiers colons à faire de notre pays ce qu'il est devenu : Jeanne Mance, Marguerite Bourgeois, Marie de l'Incarnation, Mme de la Peltrie, Mme d'Youville, Madeleine de Verchères, Mme de Repentigny, grande dame de Québec qui, en 1705, après que la "Seine" apportant à la Nouvelle-France la cargaison annuelle de vêtements eût été capturé en haute mer par les Anglais, inspira aux paysans l'idée de cultiver le chanvre afin d'en tirer de l'étoffe.Mais nous savons tous l'influence qu'elles ont exercée au Canada, à une époque où elles étaient exposées à toutes sortes de privations et de périls.Les Etats-Unis, au XIXe siècle, ont fourni deux femmes remarquables .l'une a contribué par sa plume à faire cesser l'esclavage et l'autre sauva l'U-^ nion durant la guerre civile américai ne.(Voir la suite à la page 43) L SOW PREMIER THE (Suite de la page 13) —Oh! avec toi, c'est plaisant! Tu n'as rien d'acide au moins! Et nous irons demain certain.Toi, mon Bijou, viens me becquer en pincettes, t'entends! gronda joyeusement Madame Dugray en se mettant à genoux à la portée de petit Jacques.Madame Aupin dit alors d'un air qu'elle voulait rendre gracieux : "Vous savez, Madame Xavier, cela nous ferait bien plaisir d'aller faire la veillée chez vous, mais nous sommes si pris!." Au retour du bureau.Monsieur Dugray trouva sa femme qui songeait dans la demi obscurité de la pièce, le coude appuyé sur le bras de la berceuse.—Quelle mine malheureuse, mon loup! As-tu manqué ton après-midi?_Oui et non, dit-elle d'un ton maussade.Madame Rennat était malade.Madame Lamarre n'est pas venue et si je n'avais eu la visite inattendue de petit Jacques et sa mère, je n'aurais pu supporter les impertinences de ta sotte Aupin! Je me demande Henri, si tu perds la tête, continua-t-elle en se redressant, pour trouver un peu d'esprit et de joliesse à cette insignifiante qui n'a pas seulement le mérite d'être bien élevée._Quelle colère! grands dieux! fit celui-ci la figure soudain assombrie.Je sais que tu ne las jamais aimée.Vous ne vous entendez pas, voilà tout! Mais ça n'empêche pas les autres de la trouver gracieuse et même charmante.—As-tu reçu une réponse du Ministre au sujet de ton augmentation?questionna la jeune femme, changeant dédaigneusement de sujet.—Oui.Pas d'espoir.Les bureaux sont encombrés.L'économie stricte est requise et Je dois me compter heureux paraît-il d'être nommé permanent.—Et ça te suffît, toi, ces explications-là?Qu'est-ce que ça veut dire que le jeune F.dernier entré au bureau, est transféré à Ottawa avec cinq cents piastres d'augmentation.Tu seras toujours le benêt qui végète dans son coin en regardant empiffrer les autres! C'est à se décourager d'être honnête! s'exclama-t-elle nerveuse en se levant brusquement pour préparer le repas.Et jusqu'à l'heure du sommeil, un silence pesant et boudeur régna dans le luxueux petit logis.Chez les Xavier, on vient d'enlever le couvert, et les enfants avant de regagner leurs petits lits s'en donnent à coeur joie Le papa les place à cheval à tour de rôle sur sa jambe pendante, et faisant un effort surhumain qui ravit les enfants, Il les en- voie sauter à la hauteur de ses bras tendus : Houp! Houp! Houp là!! Et le jeu recommence.Madame Xavier qui les regarde d'un oeil amusé, met son mari au courant de sa matinée."Laura était très désappointée.Madame Lamarre et Madame Rennat n'avaient pu venir à son jour, et Madame Aupin, qu'elle ne pouvait souffrir, s'était rendue désagréable à plaisir.Je ne comprends pas dit-elle à son mari pourquoi Laura si intelligente, s'attache à cette vie futile et mondaine.Jamais d'affection vraie, jamais d'amitié sincère! Et elle vit dans une atmosphère de coquetterie et de duplicité.Pourtant si tu l'avais vue embrasser Jacques et jouer avec lui! Elle a certainement une fibre maternelle qui ne veut pas mourir! Et Je crois que si son éducation sans principes ne l'avait pas dirigée dans une voie fausse, en lui cachant le but véritable de la vie, qu'elle aurait été une mère dévouée, peut-être accomplie!" —Oui, répondit Monsieur Xavier, de son ton tranquille.Il leur manque à tous les deux, la fol qui éclaire.Ils font fausse route en croyant que le bonheur est dans la jouissance de toutes leurs aises, et ils n'ont pas le courage d'être vraiment heureux.Pour Copie Conforme : — Madame G.Conrad Bastien. Mon Magazine, Octobre 1927 43 La femme et la Civilisation (Suite de la page 42) Au point de vue historique, la révolution morale causée par la publication de "Uncle Tom's Cabin", en 1852, a été un des grands événements du XIXe siècle, puisqu'elle fut l'un des facteurs qui amenèrent la guerre civile américaine.D'un bout du monde à l'autre les félicitations arrivèrent.Trois mille exemplaires furent vendus en un seul jour.Des souscriptions s'ouvrirent de tous côtés pour le rachat des esclaves.Lorsque l'auteur, Harriet Beecher Stowe, fut présentée au président Lincoln, il s'écria : "Voilà cette petite femme qui a fait cette grande guerre." Anna Ella Carroll fut un génie inconnu.Dès le début de la guerre ses sympathies furent pour l'Union.Elle écrivit alors des articles sur la politique du jour qui attirèrent l'attention du président Lincoln.L'automne de l'année 1S61 fut un moment critique pour l'Union, qui avait été repoussée coup sur coup par les Sudistes.L'opinion prévalente était que les soldats de l'Union ne pourraient vaincre.Anna Ella Carroll conçut un plan pour détourner l'attention de l'armée du Sud, du Mississipi et l'attirer vers la rivière Tennesse.Elle dessina une mappe.écrivit un plan de campagne et l'envoya au gouverneur Bates qui se hâta d'aller porter ces plans au président Lincoln, et la victoire fut remportée par l'armée du Nord.Des discussions eurent lieu au Sénat et à la Chambre pour découvrir l'auteur de ce plan ingénieux qui sauva l'Union, et cette modeste jeune fille écoutait en silence, sachant le dommage qui s'en suivrait si on savait que 13 plan fut la conception d'un civil et surtout d'une femme.Florence Nightingale, fondatrioe de la Croix-Rouge, naquit à Florence, en 1820.A cette époque, l'Angleterre était fort arriérée en matière d'hygiène et des soins à donner aux malades.Elle organisa une croisade d'hygiène.Des professeurs donnèrent des avis pratiques sur la ventilation, les égouts, les désinfectants et la propreté.En l'année 1854 l'Angleterre fut émue par les rapports des malades et des blessés de la guerre de Crimée.Florence Nightingale partit avec trente-sept gardes-malades.Elle eut jusqu'à dix mille hommes sous sa direction.De 42 % le taux de la mortalité baissa à 2 % et cela seulement après quelques mois d'organisation.On connaît tous les services rendus par la Croix-Rouge durant la grande guerre.Florence Nightingale fut officiellement consultée pendant la guerre civile américaine et la guerre Franco-Prussienne.Avec les $200,000 qu'elle reçut en récompense de ses services, elle fonda en 1858, The Nightingale Home pour l'entraînement des gardes-malades.La publication de ses "Notes on Nursing" donna un grand stimulant à l'étude de ce sujet en Angleterre.En 1907 elle reçut l'Ordre du Mérite des mains d'Edouard VII et fut le sujet d'un beau poème de Longfellow.Je n'ai pas voulu, autant que possible, sortir de la France et de l'Angleterre; l'un le flambeau de la civilisation, l'autre la plus grande puissance mondiale.Cela dépasserait le cadre de cette étude, qui pourrait prendre des proportions considérables si on voulait analyser plus longuement la part que la femme a prise aux phases les plus marquantes de l'évolution humaine, tant par les ingéniosités délicates de son coeur que par les intuitions clairvoyantes de son esprit.Les récentes catastrophes mondiales qui ont secoué la terre, renversé les trônes, détruit des formules séculaires, ont poussé la civilisation vers un idéal plus humain.Elles ont révo lutionné les valeurs morales et intellectuelles, et ce sera l'oeuvre de !a femme au XXe siècle de contribuer au progrès d'une manière plus directe, car la femme comprend mieux aujourd'hui sa responsabilité, non seulement dans la famille, mais aussi dans la patrie et dans la vie internationale.Si un jour la paix règne entre les peuples, las de s'entredéchirer, ce sera dû à la femme qui, plus consciente de la vie humaine, s'unira dans le monde entier pour empêcher les guerres.Ce jour-là seulement la civilisation aura atteint son point culminant.Fraternité, Liberté et Justice ne seront plus alors de vains mots.L'aveugle et le défiguré (Suite de la page 37^ prits se sont élevés, par degrés identiques, jusqu'aux cimes.Nous sommes unis par tout ce qu'il est en nous de beauté morale, et nulle des contingences humaines ne saurait jamais souiller notre amour spirituel, qui n'a jamais connu le goût acre et le désenchantement des désirs satisfaits, — ces désirs qui, dans la vie courante, se succèdent et se remplacent plutôt qu'ils ne renaissent sous leur forme première.Le vrai miracle est de les prolonger, — de prolonger le bonheur qu'ils nous donnent : nous avons réussi ce miracle et prolongé notre bonheur vers l'infini."Les hommes ne savent pas.Qui d'eux ne nous plaindrait si nous leur faisions connaître notre vie actuelle, et, cependant, qui d'eux ne devrait nous envier."Le destin nous avait condamnés.Mais si sauvage que soit ce maître aux impénétrables lois, ses décrets ne sont jamais si formels qu'on ne puisse fléchir leur rigueur.La vie nous avait rejetés de son sein.Nous nous en sommes créée une autre à côté d'elle, — une vie spirituelle où nous ne sommes plus que des visionnaires; mais en quoi si différent des autres hommes, puisque toutes choses ici-bas ne valent que par l'Idée qu'on s'en fait?"Longtemps, longtemps, toujours, nous poursuivrons notre rêve Incomparable.Vous me verrez encore tel que j'étais autrefois.Vous me sentirez, par mes lettres, tout proche, et nous aurons si bien mêlé nos pensées, fondu nos consciences, que vous ne saurez plus distinguer la mienne et la vôtre.Mon esprit sera le vôtre et le vôtre mien.Quel amour charnel peut réaliser une telle fusion des âmes ?! "Notre enfant grandira ignorant que je suis son père, mais tout imprégné do nos idées.Ensemble, nous le guiderons.Vous lui enseignerez le courage de vivre et je vous y aiderai.Vous lui ouvrirez les voies vers un bonheur possible, et nous vivrons encore son propre bonheur." F I N ARRÊTEZ! LISEZ SOIGNEUSEMENT ! COMBIEN D'AMIS AVEZ-VOUS ?Voilà une question que, tous, nous nous posons à un moment de notre vie.Mais aujourd'hui, la réponse à cet-question vous rapportera de l'argent.AVEZ-VOUS 100 AMIS?ou CONNAISSEZ-VOUS 100 PERSONNES ?Si vous pouvez répondre à ces questions dans l'affirmative, vous pouvez alors faire $100 dans quelques heures de vos loisirs $100 LE VOULEZ-VOUS?ECRIVEZ AUJOURD'HUI — NE RETARDEZ PAS MILLARD G.TOOMAS The Famous Music Publishing Co.Reg'd 1693, rue Ste-Elizabeth, MONTREAL, Québec, Canada UN GRAND CONCOURS MUSICAL ! $100-$100 données gratuitement $100-$100 VOUS AVEZ DU TALENT Pourquoi ne pas l'utiliser à votre avantage ?Laissez-moi vous dire comment Vous pouvez jouer d'un instrument ! Vous pouvez chanter ! Vous pouvez parler ! 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MILLARD G.THOMAS THE FAMOUS PUBLISHING Co.Reg'd 1693, rue Ste-Elizabeth, MONTREAL, Québec, Canada Le concours est ouvert depuis le 1er septembre, se termine le 1er décembre 1927.Demandez à votre fournisseur un disque de phonographe et un rouleau pour piano automatique. •M Mon Magazine, Octobre 1927 En marge de la Ba&avve QUELQUES VUES RETROSPECTIVES Par J.AUGUSTE G ALI BOIS Les Batailles Françaises d'Arras.fS^SJ l'aube, nous sommes en route pour .a capi-BtfBra taie de l'Artois, Je vais revoir, complète-*-î3-4f m » ¦ ii l démolie, cette vieille ville, si réputée dans les annales des comtes de Flandres et de la maison de Bourgogne, si célèbre dans l'histoire de France, par ses églises, ses cent clochers, son beffroi, ses grandes places; par ses nombreux sièges, ses légendes, ses chansons, ses Jeux de la Feuillée; par son "Mal des Ardents" et sa "Vaudoi-sie d'Arras".dont parle Chateaubriand dans ses Etudes Historiques; par son commerce des vins de Bourgogne et d'Espagne, et par ses industries du tissage de la laine, ses draperies et ses tapisseries de réputation universelle durant tout le Moyen-Age; par les événements guerriers ou politiques qui survinrent dans ses murs, et au-dessus desquels planent toujours le souvenir de César, de Clovis, de Charles-le-Chauve, de Beaudoin Bras-de-Fer, de Philippe Auguste, de Saint-Louis, de la comtesse Mahaut, de Jean de Luxembourg, do Jeanne d'Arc, de Jean Sans-Peur, de Philippe le Hardi, de Louis XI, de Philippe-le-Bon, de Charles-le-Téméraire, de Condé, de Turenne, de l'abbé Prévost, et plus près de nous, du chevalier de Levis, dernier défenseur de la monarchie française au Canada, devenu duc de Lévis et maréchal de France; et quelques années plus tard de Lazare Carnot et de Robespierre; enfin de Victor Hugo, Corot et Verlaine.Mais en approchant d'Arras, d'autres réminis cences me viennent à l'esprit, pendant que je compare la nature des anciens conflits, avec les péré péties de la guerre actuelle.Les Allemands arrivèrent dans les environs d'Arras le trente et un d'août 1914.On rencontra d'abord à Tilloy une forte patrouille de uhlair;, qui s'approcha de la ville avec prudence, et pénétra, le premier septembre, dans la citadelle d'Arras, privée de garnison.Le lendemain, la population fut avertie que des forces considérables allaient défiler par les rues de la capitale, mais les boches ne vinrent pourtant que le six septembre, au moment où s'allumait, sur toute la longueur de la ligne française, la grande bataille de la Marne.Trois mille soldats teutons occupèrent les casernes.Ce détachement appartenait au groupe du général Von Arnim.qui vint lui-même, avec son état-major, s'installer à l'Hôtel de Commerce.Deux jours après, le huit septembre, ces trois bataillons allemands, ainsi que leur commandant, quittaient Arras pour rejoindre Von Kluck.tenu en échec sur l'Ourcq.Pendant trois longues semaines, la région d'Arras ne cessa guère de subir les incursions désagréables des compagnies de uhlans, qui battaient la campagne sans être inquiétés autrement que par l'action défensive de quelques troupes sénégalaises.Le vingt-sept septembre, le général Maud'huy arriva avec des troupes fraîches pour faire face aux allemands, dans la région de Lens et d'Arras, au cours de la fameuse randonnée vers la mer.Cette armée du général Maud'huy allait avoir à combattre les deux cent mille soldats de Von Bulow, en plus de deux corps de cavalerie de Von der Mar-witz.Monsieur l'abbé Foulon, aumônier français, a ainsi décrit la prise de contact, dans le secteur d'Arras, des deux armées ennemies."Les allemands, pensant nous gagner de vites-"se, comptaient s'emparer de la ville, bousculer nos "flancs-garde, et rabattre notre aile gauche par ie "Sud.Pour mettre ce plan à exécution, ils avaient "lancé sur Arras trois corps d'Armée, dont la garde "Prussienne, rappelée précipitemment des abords "de Craonne.L'état-niajor français fut, juste a "temps, averti de ces intentions.Une division •française, entièrement composée de troupes de "l'Orient, et qui combattait en ce moment non loin "de Reims, reçut l'ordre de se transporter d'urgen-"co au point menacé.Ce fut une course folle : "chemin de fer.autobus, marches forcées de nu'; "et de jour; enfin, le 27 septembre au soir.la di "vision était à pied d'oeuvie.Elle bivouaqua t.¦deux heures de marche de l'ennemi, au milieu des •champs de betteraves, dans l'immense plaine de •l'Artois.La nuit fut roide.et ceux qui veillaient "aux avant-postes purent voir la mélancolique co-"mète de 1914, alors dans toute sa splendeur, tour-"ner lentement autour de l'horizon, en déployant "autour de la Grande Ourse sa traîne argentée."Le lendemain matin la division fut prévenue "de ce que l'on attendait d'elle : il fallait à tout prix "arrêter la marche des allemands, afin de permet "tre au gros des renforts français d'arriver et de."prendre ses positions de combat."Les trois corps d'armée allemande, s'avançaient, protégés par un véritable rideau de feu."Leur artillerie lourde, dépensant ses munitions "sans compter, incendiait out en avant d'elle, "d'une invraisemblable averse d'obus.Les marmi-"tes tombaient sans discontinuer, balayant les crè-"tes, éventrant les routes, émiettant les rares bosquets, incendiant les hameaux, qui s'allumaient "soudain comme des torches gigantesques.N'im-"porte la division française se rua à l'assaut dans "cet ouragan."Le combat dura sept jours.Les 75, impuissants à découvrir les batteries lourdes ennemies, "ne jouèrent, cette fois, qu'un rôle secondaire.L'iu-"fanterie, avec des bonds brusques, des arrêts, des "brefs reculs suivis de sursauts désespérés, mit "trois jours à franchir l'infernale barrière des mar-"mites, puis elle s'élança avec sauvagerie sur l'ad-"versaire.Le contact fut pris par une attaque de "nuit à la baïonnette.L'ennemi surpris, déconte-"nancé, ignorant la faiblesse des effectifs qu'il "avait en face de lui, s'arrête, puis fléchit.Les "avant-garde lâchèrent pied, abandonnant les deux "villages de Mercatel et de Neuville-Vitasse.Ce "fut autour de ces deux villages que.le deux octobre au matin, la lutte repris plus acharnée que "jamais.Le régiment français qui avait occupé "Neuville-Vitasse, découvert par la mise hors de "combat du bataillon cycliste qui formait avanl-"garde, dut battre en retraite.Il revenait presqu1 "aussitôt, et reprenait le village.Toujours plus "nombreux les allemands de leur côté se lançaient "sans cesse à l'assaut, inlassablement; dans les "rues pavées, les Français se ruaient à leur rencontre.Les charges à la baïonnette succédaient "aux charges à la baïonnette.Commencées dans "la rue.elles se continuaient en corps à corps désespérés dans les cours, dans les jardins, dans les "chambres mêmes des maisons que leurs habitants "bien avisés, avaient, par bonheur, évacuées quei-"ques jours plus tôt."Cela dura jusqu'au moment où le régiment "qui combattait à l'est du village, dut plier sous le "nombre, et commença son mouvement de recul en "défendant le terrain pied à pied.Ainsi découvert "sur le flanc droit, les défenseurs de Neuville-Vitas-"se se trouvaient pris entre deux feux.Ils réussirent cependant à évacuer le village en bon ordre, "en infligeant à l'ennemi des pertes terribles.La "retraite de la division d'Orient se poursuivit tout "en combattant, jusqu'au 4 octobre.A cette date, "elle atteignit les éléments avancés des troupes de "renforts, qui non seulement avaient eu le temps "d'arriver, mais encore d'organiser sérieusement "la défense du terrain.Le but était atteint : l'ai-"le marchande allemande, son offensive brisée, se "heurtait à une muraille infranchissable.Mais les "Allemands tiendront pendant plusieurs mois à en-"viron deux kilomètres du centre d'Arras qu'ils "ne cesseront de bombarder.Le marmitage corn-"mence le six octobre au matin, pour se continuer "le lendemain sept octobre, qui vit l'incendie de "l'Hôtel de Ville.Cet incendie dura trois jours."Des tourbillons de fumée noire et de flammes montaient du toit, sortaient par les fenêtres, se tor-"dant, fusant vers le Ciel, enveloppant le beffroi et "jetant des flammèches incendiaires sur toute la "ville.Le brasier crépitait sans cesse et l'ardeur "du foyer était telle, d'une rue à l'autre, que les "maisons prenaient en feu." Ainsi parle un témoin oculaire, l'abbé Foulon, dans son livre : "Arras sous les obus".Puis il ajoute : "Quand l'incendie cessa, le corps principal "de l'Hôtel de Ville n'était plus qu'un squelette."Le toit si élégant avait été complètement détruit."Sur les murs, les grandes baies ogiviques se détachaient béantes, tandis que la dentelle de pierre "qui courait le long du mur apparaissait plus transparente et plus fine.Et à côté, le beffroi se dres-'sait toujours .mutilé déjà, troué par les obus, noir-"ci par l'incendie, mais plus admiré, plus aimé que "jamais." Paul Verlaine, qui avait jadis habité Arras, avait écrit : "Belle, très au-dessus de toute la contrée, "Se dresse éperdument la tour démesurée, "D'un gothique beffroi, sur le ciel balancé, "Attestant les devoirs et les droits du passé, "Et tout en haut de lui, le grand lion de Flandre, 'Hurle en criant dans l'air moderne : "Viens les les prendre ! " Le matin du cinq octobre, la bataille s'était violemment développée sur le promontoire.Des éléments de la 45ième division française sont, par le général Durhal, jetés dans la fournaise; Fayolle est attaqué, sur sa gauche, par Souchez, et refoulé jusqu'à Carency-Berthonval-Saint-Laurent.Mais le reste de l'armée de Maud'huy tient bon.La Garde prussienne essaye de couper les communications par le sud, en direction de Doullens, mais elle est arrêtée par le loième corps français, sur le plateau de Cojeul.Le soir du cinq, il faut reculer la ligne du dixième corps, mais la défense est organisée à Beaurains avec la 20ième division Anthoine, et au sud avec la 19ième division Ménissier.La division Barbot, repliée sur Saint-Laurent par le sud.s'est incrustée dans le sol; on s'appuie à la citadelle et à la gare d'Arras, avec les débris de la 71ième division.Le six octobre, tel que je viens de l'écrire, le bombardement de la ville se déclancha dans la matinée, dura tout le jour, et le soir un long cortège d'hommes, de femmes et d'enfants s'écoula par ie sud-ouest.Ménissier s'était retiré de Beaurains dès le midi.Le bombardement s'accéléra le 7 octobre.Le huit, Arras fut marmite par les obus incendiaires qui mirent le feu dans plusieurs quartiers.Les Allemands se terrèrent derrière le cimetière de Blangy, à un mille de la ligne française; nos allié?se barricadèrent dans les rues d'Arras, et creusèrent des tranchées à l'ouest, au sud-ouest et au sud.Le bombardement d'Arras continua durant tout le mois d'octobre.Le vingt, le dixième corps ayant dégagé Rouville et la briqueterie de Beaurains, les canons boches écrasèrent Arras sous une véritable pluie d'obus jusqu'au 22 au midi alors que le beffroi s'écroula.Dans l'après-midi de ce jour, en présence de Guillaume on attaqua la division Bar-bot, et on lui arracha la partie est de Saint-Laurent.Le 23.six bataillons du Sénégal reprirent la moitié du terrain perdu.Après cette date du 23 octobre 1914, les troupes françaises réussirent à s'incruster dans Arras même, et en dépit du marmitage quotidien, s'y maintinrent jusqu'à décembre 1916, alors qu'elles lurent remplacées dans ce secteur par les troupes britanniques, revenant de la Somme, troupes d'abord composées, en majeure partie, de soldats ca nadiens des trois premières divisions, pendant que la quatrième se formait à l'arrière, pour venir ensuite prolonger les trois autres à Neuville-Saint-Va-ast-Vimy-Souchez.sur un secteur d'une étendue de quatre kilomètres, où pendant les vingt-sept mois antérieurs les plus effroyables combats s'étalent incessamment livrés! Mais ne quittons pas l'armée française et revenons à l'automne de 1924.La bataille allemande d'Arras terminée, et la ligne de Maud'huy demeurant intacte jusqu'à Saint-Laurent Blangy, la lutte s'était rapidement déplacée vers le nord.N'ayant pu capturer la ville en l'attaquant de l'est à l'ouest, le IVième Corps prussien la bombardait sans merci, pendant que le 1er corps bavarois avançait sur Vi-my et semblait vouloir prendre Arras à revers par la grande route de Béthune.C'est le secteur que trente mois plus tard les Canadiens rendront célèbre par leur brillante victoire du 10 avril 1917.Lu lutte un peu ralentie au front d'Arras, transformée en bombardement intense sur une ligne sta bilisée, s'est soudainement réveillée sur les collines de Vimy-Lorette, où les troupes ennemies vont se livrer de légendaires combats.11 s'agissait d'abord pour l'armée française d'empêcher les Allemands de s'emparer de la région minière de Lens-Béhune, seule ou première ressource de toutes les industries du pays.Mar-witz, avec quatre divisions à cheval, s'était le premier octobre, près de Lens, heurté à la cavalerie française, et l'avait refoulée.Le quatre octobre, la cavalerie allemande pénètre dans Lens.Le lendemain, de Maud'huy concentre toutes ses troupes dans la région d'Aubigny et à l'ouest des collines de Lorette, et se décide d'attaquer Lens avec le Mon Magazine, Octobre 1927 45 maximum de ses forces.La treizième division doit marcher sur Liévin, la quarante-troisième sur Souchez.Mais, au même moment, le Corps d'Ur-bal est forcé d'abandonner la colline de Vimy et de reculer jusqu'à Roclincourt et Carency.La cavalerie de Von der Marwitz ayant soutenu la droite du 1er Corps bavarois se pousse en avant le 6 octobre, franchit la route d'Arras-Lens, et parvient jusqu'à la crête de Notre-Dame de Lorette.Il s'agit maintenant pour lui de se maintenir à la chapelle de Lorette et au bois de Bouvigny, où sa division de cavalerie de la Garde Prusienne a pris pied.Le sept octobre, la division française Putz canonne vigoureusement Lorette, mais son infanterie ne progresse que lentement.Le même jour, de l'autre côté de la côte, la 43ième division Lan-quetot a atteint Carency.Le huit au soir, la treizième division tient la fosse Calonne et Aix-Nou-lette, et la quarante-troisième le Bois-de-Bouvigny, et la côte 124 de Carency.Le neuf octobre, la 43ième se lance à l'assaut de Notre-Dame de Lorette et s'empare de la chapelle.La ligne se stabilise; le 21ième Corps de Maud'huy s'incruste ainsi dans le sol de l'Artois depuis Carency jusqu'à Loos.Mais ici la bataille n'est pas finie ! • • • • Cette lutte d'octobre, pour la stabilisation d^s lignes, ne nous avait laissé que la partie ouest de la "Colline Sacrée", comme l'a depuis désignée Pasteur Vallery-Radot.L'Allemand qui devant nous, à l'est, tenait toujours Vimy dans ses serres, s'organise en profondeur dans les ruines de Souchez et d'Ablain Saint Nazaire, et s'incruste au bord oriental de la colline.Des hauteurs où se trouve l'armée française, (je veux dire le 21ième Corps), — on voit distinctement les boches circuler dans Carency, dans Ablain ¦— et on les voit même traîner leur» canons dans Liévin et dans Angres.Le trente et un octobre, huit jours après la fixation des lignes à Arras, les boches, recapturent la chapelle de Lorette, et ouvre de nombreuses tranchées depuis le sommet de la Colline jusqu'au îuisseau d'Ablain Saint Nazaire.Le communiqué officiel du triste mois de novembre qui va suivre vous parlera chaque jour de la lutte titanesque qui va être livrée pour la possession de ces tranchées, transversales et droites dans les fonds de Buval, érigées en forme de croissant sur les hauteurs de Lorette.On vous parlera de l'éperon Matins, du grand Eperon, de l'éperon de Souchez, de la Blanche Voie et des Arabes : l'étendue de tous ces éperons réunis n'atteint pas mille mètres de longueur.A partir de la Toussaint, premier novembre, et graduellement durant tout l'hiver, le bombardement s'accélère et devient effroyable.Les boches arrosent les français de leurs trois pouces, "wizz-bang", de leurs quatre pouces, "fusants", de leurs six pouces, "marmites", de leurs huit pouces, "les gros"; chez les français le bombardement n'est pas moindre, mais il n'est pas aussi varié; on se sert surtout du "cinq pouces", dont le tir est précis et efficace.Pendant l'hiver, les troupes françaises s'exercèrent au lancement des bombes, des torp.l-les et des grenades, par-dessus les tranchées, barri- cadées de sacs de terre, et reliées par des boyaux.Les sentinelles, placées aux postes d'écoute, s'insultent, se jettent des bombes, se fusillent, se bousculent à coups de crosse ! Le seize mars le Grand Eperon tombe entre les mains de la 13Sième Division.• • • • Avec le printemps, la lutte reprend plus féroce qu'auparavant.Il s'agit pour l'armée française d'essayer de reprendre cette montagne de Vimy qui masque la plaine de Douai, où l'ennemi concentre ses troupes et organise une opiniâtre résistance, protégé qu'il est par une forteresse naturelle qu'il qualifie d"'Iniprenable".C'est pour Joffre le moment d'une offensive générale à laquelle les fantassins ont pensé tout l'hiver dans leurs abris de mines insalubres, parce qu'on les considère fort provisoires, en raison de l'avance prochaine, qui doit rompre ie front allemand.C'est au général d'Urhal qu'est réservée la tâche d'attaquer les boches de front, dans le secteur Souciiez-Neuville Saint-Vaast, pendant que les troupes britanniques vont essayer de franchir Pestubert, en direction d'Aubers.Le 21ième Corps français a Lorette pour objectif; le 33ième Corps doit avancer sur Souche?., Carency et la Côte 119; le 20ième Corps et la division marocaine sont dirigés sur la ferme de la Folie, la côte 140, et Neuville-Saint-Vaast.Nous sommes au 9 mai 1915, une des dates les plus remarquables de la Grande Guerre.A six heures du matin, depuis Lorette jusqu'à Saint-Laurent, dans cette morne plaine, "comme une onde qui bout dans une urne trop pleine", sur un front de sept milles, le bombardement commence avec une violence inouïe." Quatre cents grosses pièces, sans compter les autres, tirent sans interruption jusqu'à dix heures du matin.L'atmosphère est limpide : il fait très beau.Sans les horreurs de la guerre, cette matinée serait une de ces choses délicieuses qu'on appelle les douceurs du printemps de France, et qu'on ne trouve pas ailleurs ! A dix heures les troupes s'élancent à l'assaut Au centre les choses marchent admirablement, et le succès s'accuse tout de suite comme devant être considérable.A onze heures, la Targette est prise, et une lutte épique, une lutte homérique se livre dans Neuville Saint-Vaast et aux Ouvrages Blancs, dans les tranchées de craie.Le 97ième bataillon (appartenant au 33ième Corps Pétain) atteint Souchez et s'y maintient: le 159ième le dépasse, puis atteint la Côte 119; la division marocaine gravit les Côtes de la Colline 140, puis l'un de ses bataillons se rue dans Givenchy à la poursuite de l'ennemi.Il semble bien que le front allemand soit percé, devant le Corps de Balfourier et devant celui de Pétain.En deux heures, on a progressé de trois milles en profondeur, et infligé à l'ennemi des pertes énormes.Les Allemands doivent faire appel à leurs réserves.Pétain demande des reu-forts.mais les réserves françaises sont à six milles en arrière et ne peuvent arriver à temps.Le 159iè-me bataillon redescend la côte 119, sous la pression des contre-attaques allemandes, la division marocaine doit aussi abandonner la colline 140.On se replie, en bon ordre, avec des milliers de prisonniers.Au sud de Neuville, et au nord de Souchez, l'attaque n'avait pas été aussi brillante.Le 20ième Corps n'avait pu qu'entamer quelque peu le Labyrinthe, et se faire héroïquement décimer au cimetière de Saint-Vaast.A Carency, la TOième division Fayolle n'a pu que mordre dans les premières tranchées de l'organisation allemande, bien que le village se soit écroulé sous un déluge de vingt mille obus tirés en quelques heures.Sur le plateau de Lorette.l'insuccès des français a encore été plus marqué.Le 21ième Corps n'a pu s'emparer que de deux lignes de tranchées, et a subi des pertes énormes.Dix-huit mois plus tard.Je me souviens d'avoir vu, au petit cimetière situé près de la chapelle de Notre-Dame de Lorette, une grande croix de bois portant cette inscription : "A la "mémoire des officiers et soldats du 133ième d'In-"fanterie, tués à la bataille du 9 mai 1915.et dont "les corps reposent ici.Pas un seul soldat de ce "bataillon n'a survécu pour témoigner de l'héroïs-"me des autres.Priez pour eux tous." — Cette inscription donne une excellente Idée de l'âpreté
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