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Titre :
Le passe-temps
Le Passe-temps est une revue culturelle qui présente principalement un contenu musical. [...]

La revue Le Passe-temps paraît à Montréal du 2 février 1895 au mois de décembre 1949, malgré une interruption de 1935 à 1944. Passionné de musique et imprimeur de métier, son fondateur, Joseph-Émilio-Sibert Bélair (1865-1933), est l'inventeur d'un procédé de gravure qui permet de reproduire des partitions à un coût minime. Son décès en 1933 entraîne une première cessation de parution du Passe-temps pendant quelques mois.

Publiée deux fois par mois pendant les premières années, la revue devient mensuelle en 1924. De 2500 en 1910, son tirage passe en 1920 à 10 000 exemplaires, distribués principalement au Canada et aux États-Unis. Les revenus de la revue proviennent non seulement des abonnements, mais aussi des annonces publicitaires. Des journalistes réputés comme Lorenzo Prince et Gustave Comte feront partie de l'équipe de rédaction du Passe-temps.

Le contenu de la revue change au cours des années. Pour l'essentiel, Le Passe-temps vise à rendre compte de la vie culturelle montréalaise en traitant de sujets variés, comme en témoigne d'ailleurs son sous-titre, « Littérature, musique, théâtre, mode, sport ». À cette dimension culturelle s'ajoutent quelques actualités politiques, des renseignements pratiques, comme des recettes de cuisine ou des conseils à la ménagère, de même qu'une section « Divertissements », qui propose des jeux d'échecs, des charades, des histoires drôles, des devinettes, etc.

Dès 1896, le sport est retranché du contenu et remplacé par les « Mondanités », mieux adaptées au lectorat de la revue, sans doute en majorité féminin. En 1898, Le Passe-temps se transforme à nouveau pour devenir un journal « musical, littéraire et fantaisiste », une dénomination qui durera 35 ans même si, à partir du tournant du XXe siècle, la revue se consacre surtout à la publication de partitions musicales. Le Passe-temps est d'ailleurs la revue à vocation musicale qui a connu la plus longue existence au Canada. En 1933, l'éditeur adapte une dernière fois son contenu aux exigences de ses lecteurs, cette fois en raison de l'avènement de la radio dans le paysage culturel. Dès lors, le sous-titre devient « Musique, radio, littérature ».

Les partitions musicales du Passe-temps sont le plus souvent des pièces de danse, comme des valses et des polkas, des extraits d'opéras, des chansons traditionnelles. On y publie aussi des morceaux de Beethoven, de Schumann, de Saint-Saëns, de Fauré et de plusieurs compositeurs canadiens, dont Claude Champagne, Calixa Lavallée et Rodolphe Mathieu. La revue offre ainsi à ses lecteurs la possibilité d'animer les soirées familiales, comme l'atteste le nom du supplément qui paraît dans chaque numéro dès 1898, « ... Musique vocale et instrumentale... pour le salon ».

S'il a pour objectif de divertir ses lecteurs, Le Passe-temps tente également de les instruire, par l'entremise de leçons de musique et de suggestions de lecture. Il tient également ses abonnés informés des dernières nouvelles de la scène artistique, mais il ne propose pas de véritables critiques en matière musicale. À cet égard, la politique éditoriale de Bélair est plutôt conservatrice, ce qui s'explique probablement par le contenu avant tout familial de la publication. Malgré cette position, Le Passe-temps contribue à la vie culturelle de Montréal, notamment par sa proximité avec Ernest Lavigne, créateur et propriétaire du Parc Sohmer, l'une des scènes musicales les plus courues de la ville.

Outre son contenu musical, Le Passe-temps publie régulièrement des textes littéraires de genres variés. Il offre ainsi des contes, des nouvelles, de brefs récits, des monologues en vers et en prose, ainsi que des poèmes d'auteurs français (Sully Prudhomme, Victor Hugo, Edmond Rostand) et canadiens-français, parmi lesquels figurent des membres de l'École littéraire de Montréal (Émile Nelligan, Arthur de Bussières, Albert Lozeau, Joseph Melançon, etc.). Malgré les moyens financiers restreints de l'éditeur, la revue réussit également à offrir à ses lecteurs un grand nombre d'illustrations, dont plusieurs sont l'oeuvre d'Edmond-Joseph Massicotte.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 335-336.

EVERETT, Jane, « Montréal en revues », Écrits du Canada français, no 76, 1992, p. 51-78.

« Le Passe-temps » dans L'Encyclopédie canadienne - Encyclopédie de la musique au Canada, www.thecanadianencyclopedia.com/articles/fr/emc/le-passetemps (consulté le 29 mai 2013).

PRINCE, Lorenzo, « Quelques souvenirs sur le fondateur du Passe-temps », Le Passe-Temps, vol. 39, no 864, août 1933, p. 40.

TRÉPANIER, Léon, « L'étrange histoire de Joseph-Émilio-Sibert Bélair, fondateur du Passe-temps, révélée par lui-même », La Patrie, 5 février 1950, p. 68 et 91.

Éditeur :
  • Montréal :J.E. Bélair,1895-
Contenu spécifique :
v. 8, no 201
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Le passe-temps, 1902, Collections de BAnQ.

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PER P-26 E PASSE-TEMPS ABONNEMKNXS: Pour l'Amérique : Ud un.$1.60 ; six mois, 75 cent» Pour l'Rarope: Ud bd.lOfrs; fix mo'xt, fl frs r* vABi.k d'avancss MONTREAL, SAMEDI, 6 DECKMBKE 1902 ANNONCES' lifewrt agate) - { Ire Insertion 10e la \igw, Insertions aubséiuentefl 6c Le No, 5 c ; anciens Nos, 10c \ iw \MhDnoaoM francise* Cadres*.r ài.pc.—-—-————-——-——-___.,- J BUCITÉ FRANÇAIS* KT l.VTRXNATIOXA42 TUB cnsée.I.es poèmes, outre tjue des sut faces coloriées de riches tons, ont des sonorités profondes, brèves ou redondantes, et leurs échos coïncident avec nos plus internes frémissements.Ils sont ouvragés, ce» jtoemes, avec patience ct hardiesse, et leur contoumement ou leur carrure les fait blocs ou arabesques, d'une dure matière dc cristal et d'ébène, d'un pur dessin de tristesse ou de sérénité." En surcroît d'un mérite intrinsèque, 11I-es Fleurs du Mal " ont une situation en littérature.Venu au déclin du romantisme, Baudelaire y participa et y contredit.Son œuvre est mixte et ambigiie ; elle a le double intérêt d'être, à la fois, un aboutissement ct une prévision.Eu même temps qu'elle se filie a la littérature dc 1830.elle engendre une part de celle d'aujourd'huî et quoique composite, elle est elle-même ct forme an tout organisé qu'on peut aimer ou détester, mais dont 11 est impossible de nier l'importance circonstancielle et absolue, tant elle porte en soi la marque d'une génie autoritaire.41 Non seulement Baudelaire fut un poète ori.ginal et admirable, égal aux plus (rands, avec je ne sais quoi d'une saveur captieuse cl d'un tour magnifique, un linguiste excellent, mais encore un esprit qui eut, si l'on peu! dire, de l'architecture.Les parties s'en correspondent ct, outre que les assises en sont solides, l'édifice est parachevé par une ornementation délicate el imprévue qui l'enjolive et le parfait.11 Baudelaire eutdesidées abondantes, coordonnées et systématiques ; il se préoccupait qu'elles le fussent.Il aimait a les répartir ét â les étiqueter.Le poète, semble-t-il se dire, ne doit non plus rien ignorer de la nature du Beau et de la façon de le reproduire, que de ln manière dont il s'est produit, à travers les temps, dans les œuvres les plus diverses qui l'ont toutes pour principe ct où l'on en peut déterminer la présence." De la, chez Baudelaire, un sens critique expert et suraigu et une haute curiosité intellectuelle qu'il appliquerait simultanément a l'Art et ù la Vie."Sur la peinture, ses lucides travaux restent a lire et telles pages sur Delacroix demeurent en leur invariable justesse, de même que ce qu'il écrivit sur TannhaUscr montre la plui définitive et la plus péremptoire perspicacité." • Monsieur J.H.Roy, de Lowell, Mass.vient dc publier un volume de belles poésies: *' Les Voix étranges." Les vers sont très musicaux, les rythmes berçcorsct les pensées toujours nobles.Une émotion sincère, doucement mélancolique se dégage des vers du poète.C'est un artiste quelque peu épris de symbolisme.Nous félicitons Monsieur Roy d'avoir su conserver un tel amour dc la langue française, dans un pays ou quelques-uns des nôtres semblent la dédaigner, ne l'écrivant jamais et la parlant très mal — quand lis la parlent.Succès ù " 1-cs Voix étranges I " * Nous rendrons compte dc tout ouvrage dont deux exemplaires nous seront adressés.ALBERT LOZEAU.* MaeDOUGALL ET A'//¦'/.On se souvient qu'en l'année 1869 l'Hon.William MrcDougall, arrêté par Kiel sur la frontière américaine, y demeura campé jusqu'à la fin de l'année, épiant un moment fa vorable pour pénétrer dans son royaume.Durant la nuit du 7 au S décembre, il sortit dc son campement, sitaé à un mille de la frontière pour aller afficher la proclamation de la Reine sur le laineux poteau de chêne servant a désigner la ligne de démarcation entre le territoire anglais et le territoire américain.Le temps était froid et la soir-sombre ; l'ennemi le plus redoutable, ce ton-la, c'était le vent du nord.En apprenant 1?fait d'armes de MacDougall, qui avait affronté le vent, Riel fit une chanson dans laquelle il tournait un ridicule cette sortie milium ¦.et ce c liant devient populaire chez les méii Nous en donnons une reproduction avec musique dans le Passk-Tkmps.Dans le prochain numéro : CIIROFI-QUE DE QUINZAINE, par LOUIS-JOSEPH DO U CET.A U FIL DE LA PL VMM V avons-nous gravement pensé ?.Novembre a déjà fui, novembre, mois triste, mois des morts ; époque dont chaque jour semble se hâter plus vite encore a fabri quer du néant : agonie des parfums, fin des fleurs, déclin morose de l'année.Les fleurs ne vivent plus que dans les serres, dans les chambres closes, buvant a pleines corolles, à travers les vitres embuées, les rayons refroidis du soleil qui baisse, et d'où elles ne sortent que |K>ur aller fleurir une tombe aimée cl pour répandre sur elle le dernier parfum, le plus accentué, le plus grisant.En ces temps dc matérialisme effréné, où l'on ne pense qu 'à ce qui se touche, se voit el se palpe ; où la royauté du corps asservit l'âme tt U relègue au second plan, comme un empereur son conseiller, le culte des morts ne recouvre qu'une parcelle de sa primitive éloquence que (rente jours dans l'année cl qu'un seul, peut-être, toute l'intensité des émotions d'autrefois.Pourquoi cela ?Nos Ames s'atrophient cl le souvenir lui-même ne peut plus y vivre.Nous parlons bien de nos morts, mais seul l'esprit se souvient ; le cœur, lui, a oublié., Si l'Eglise ne se chargeait du soin dc leur «a p) Une Prime Incomparable i Pour obtenir comma prime (absolument gratuite) et franoo le dernier ouvrage de M.Ernest Lavigne, Intitule —25 melodies— et dont 1a preste d'Amérique et d'Europe fait les plui grandi éloges, il suffit le payer deux ana d'abonnement d'avance au Passe Timps, ¦oit $3.00.Cette p'im» est att-si donnée aux abonnés pavant nn an d'avance et ajoutant DOo au prix de l'abonnement, aoit en tout $2.00.Chaque mélodie oomporte un accompagnement de piano et dea paroles françaises et anglaises.L'ouvrage, magnifiquement imprimé sur papier da luxe, ie vend $1.60 ; aveo notre Coupon, $1.46.Adressez : LE PASSE-TEMPS, Montreal, fil LE PA8BB - TRMPS '79 POÉSIE ENRHUMÉ On te lève avec le nez Et les yeux enchi(Irenes.On tousse.On crache.On se mouche.On n.la, comme une mouche.La, sur l'amygdale, au fond ! El U nanti dans le plafond I On «e remouchc.On recrache, La poitrine en feu s'arrache.Ah I le nez va I.Comptez-y I Il se renfle, cramoisi.Et la mouche Y bat d'une aile En chantant sa ritournelle.On la souffle.Elle va choir, Captive, dans le mouchoir.Pas du tout 1 C'est dans la E0rfic, Elle y fait un bruit de forge.Ou retousse, tt hium I Crebleu ! Hardi! L'on en devient bleu.Hardi ! Heum I Ferme ! On éclate.D'azur on passe écarlatc.Heum ! Breum ! Un dernier effort Toussons raide et crachons fort 1 On raie.On se toril la bouche.On sort la langue.Et la mouche, Avec des btiml claironnés, Vous remonte en l'air au nez.Goguenarde, elle y chantonne Sa romance monotone.Est-ce en sol ou bien en la ?Vous qui savez, notez U, Pour moi, las, je me recouche.Imjraissant contre la mouche.A qui mon nez flûte un ni De mépris en clef de zut.JEAN RlUIErW.CHOSE A DIRE LE BAPTEME DE_LOUCHTALOT Ch'est moi que je chuis louchtalot, De pere en fils et un finaud Né chur le hameau de Vcyreau, Dans le canton de l'eylereau, Arrondichemcnt de Millau Kl l'Avcyion fut mon berceau.Ma femme est la groche Margot, Ief'«nçsl>»s «ire i «tron grandeur n»tu-j leàftets.i0 fssrteules du l^norsms Sa on à 31 eenis eh-eun.Cartes Poslsles lllusirfes d« tou" les psys du monde Q 30 ct Su e.'nts Is d .us.Albums pour e rte.poet.les contenant 300 4110.tn et 1000 eartes.Commandes prompte ment eié-utées.MAISON FONDaK EN 1880 ^itiuriii|ril» j^oil^rnr G.N.MANSEAU, propriétaire 85, St-Jacques, Montreal Imprtesinns de toutes sortes i dea prix eiccssivement bas.Attention spéciale aux commandos par la malle.Vctor Nadeau Du Conservatoire de Phllsdelpbto PROFESSEUR de MUSIQUE Orehesu-o pour Bals, Concerts, «ta.No 35, St-Philippe, Montreal 8^^^»«)»s>»)»)»)«)s) 0000000CK>00s trois belser* M.hnptfW 'ip b/-lié 16—0, }A Meyeleite M.Lu ' '1 1 n-ii'i jrif.A2C Vac Till — No 201 t.h pilh-tlmm FEUILLETON 000 00000000000000000000000 l'ERREUR .d'isabelle OU VU A OK COURONNE PAR L'ACADÉMIE FRANÇAISE (tuile) XIII La lendemain soir, encore fatiguée de ses niiigoini nth qu'elle vonait, de ter ninor, Isabelle ae mit en devoir d'inapeeter aa garde-robe.On lui avait parlé d'un dîner de famille, et en outra, elle ne pensait 1 as que le genre do société dans lequel elle était introduite commandât des frais do toilotto considérables.Ello prit une robo de cachomiro gris, ti oa simple, dont la nuance douce seyait à son teint pal , piqua a son col uue rose rouge à d mi épanouie de leur petit jtrlin, et, ayant boulonnéaea lungs gants de Suède, jeta sur-sa téte et sur aea épaules une ample mantille de dentelle, ce qui était bien suffisant pour se rendre rue Koynle, où demeu-rait Mme Eynolda, Le vestib île était brillamment éclairé, et uuo femme de chambro très correcte, ayant débarrassé Isabsllo de sa mantille, l'introduisit avec -un pare dans le grand salon dont, la veill , elle avait entrevu l'ameablement à la fois richo et sobre.Bien qu'on lût au mois do mai, les soirées étaient fraîche-, el un feu bril lant, mélangé de bois ot do charbon, brûlait dans la cheminée monumenta le en bois sculpté relevé do filets d'or bruni.Mme Kynolds, vêtue d'une robe de soie noire tiès simple, mais dont les plis raides se tenaient debout, ot coiffée d'un polit bonnet de dontolle blancho, a'uvacga pour leur souhaiter la bienvenue, et questionna amicale ment Isabelle aur l'emploi de aa jour née et aea traraux do ménagère.Tout en lui répondant, la jeune tille regardait avec ourioMté les meubles sculptés ou incrust s d'ivoire et de cuivre, les sièges de grand style, couverts en tapisserie ancienne ou en lainptia a grandes Honrs, et kuitout los tableaux mélangés d'ombres savantes et de points lumineux qui tous portaient la signature d'un maître.Un ca'tel de cuivre suspondu eu face d'ello sonna sept heures avec nn timbro grave et Sonore à la fois.La dernière vibration tremblait encore dans l'air loisque la porto s'ouvrit.Un bonimo de taille très élevée et d'apparence très robuste entra dans le salon, ot Mme Eynolda se tourna aussitôt vers M.d'Emerancy."Mon fils," dit-elle; " mais je crois que la présentation est presque supeittuo; Thierry m'a appris hier, après votre visite, qu'il a voyagé avec ( Voir let Not 195 et tuivuntt.) Sos lecteurs sont vous sans savoir alors qu'il était destiné à vous roncontrer en z moi.— Ainsi, c'est au neveu do mes vieux amia que j'ai été redevable d'une assistance si courtoise I " s'écria M.d'Emeranoy aerrant cordialement la main de M.Eyi olds." Do gruoe, ne parlons plus d'un nervico si insignifiant, " répliqua celui-ci avec un sourire, se tournant v.rs Isabello pour la sduer.Au mémo instant le dtner fut annoncé, ot il offrit son bras à la jenne fille, tandis quo le baron oonduiaait Mme Eyuolds dana la salle à manger.C'était un couvert & quntro, mais la table était irnée aveo uno magnificence qu'Isabelle jugea affectée ot oxagé-rée, croy.nt voir de la vanité et de l'ostentation là où entrait en réalité, aveo une très petite dose de ce senti ment, l'inb ntion d'honorer les hôtes en les recevant d'une manié e digne de leur rang.Le dîner était servi à l'nncionne mode : sur quatre léohauds étaient placés des mets substantiels et bien apprêtes.L'argenterie était riche et mas-ive, lo linge d'une finesse merveilleuse, et la chaude lumière d'uno lampe on cuivre ciselé, suspendu au-dessus do la Inble, faisait étincelor dans los angles de la vaste pièce les runouts d'argenterie rt les brillantes faience ranges sur les dressoirs.Tout d'abord, la conversation languit un peu.Mais M.d'Emerancy parla de Bruxelles, des souvenirs qu'il eu avait oonasrvé, dea merveilles qu'il s'empresserait d'y revoir.Ainsi que la Veille, Mme Eynolda fit prouve d'une érudition d'ailleurs dénuéo de ptéteutions, et bien que un fils par-lit peu, il était aisé de voir qu'il aimait avec passion le paya do .a mère.Il no ressemblait pas aux hommes Qu'Isabelle avait connus jusque-là Evidemment, c'était un travailleur, un homme occupé presque exclusivement de ses affaires, et des nuances presque insaisisei'bles pour toute autre qu'une fommo du monde révélaient qu'il n'avait pas eu le loisir ou la goût de fréquenter un grand nombre de salons.Physiquenvnt, il n'était ni beau ni I laid ; mais sa stature puissante et partout l'expression de tranquille forme'.é répandue sur ses traita l'eussent em- CSché de passer inaperçu II resaem-lait à sa mère, et avait oommo elle des yeux d'un bleu clair, intelligents et pénétrants.Ses longs et épais favoris avaient des reflets fauves, ot ses cheveux blonds, coupés ras, laissaient Voir las contours parfaits do sa têlo et de son front.U avait en effet trop peu fréquenté le monde pour posséder le secret de oes causeries légères qui so poursuivent presque sans sujet, ipli effleurent mille nouvelles diverses, millo thèses sans profondeur Ses manières n'étaient point communes, mais aucune élégance no les caractérisait.Il n'était pas lo preini r venu, Cependant, et peu de temps suffisait pour s'en oonvaincie.Il semblait que sa force physique lût comme le reflet ou l'imago d'une personnalité intellectuelle puissante et originale.M.d Emorancy lui a Iressaquelques questions à propos de l'industrie qui l'occupait.A ce mo'i.ont Isabelle le regarda aveo Ouriosité, s'a'.U-ndant à le voir s'ani du et développer av.c ardour ce sujet familier.Ello f .t trompée.M, Eynolda répondit eu peu de mois que sa fabrique était située sur uno ligne de ohemin de for et au bord d'un canal, à une oeitaiuo distance d'uu ceutre civilisé, qu'il employait plusieurs centaines d'ouvriers, et que son temps, à lui, était assez occupé pour no lui laisser que très peu de loisirs.L'ontretieu retomba donc sur les questions ^énéraiis.On parla tour à tour de politique, de littérature et d'art.Les a-peots sous lesquels M.Eyuolds envisageait ces questions diverses étaient absolument nouveaux poor Isabelle; il les traitait avec une profondeur singulière, une autorité incontestable, et peut être plussérieu-snmont que ne l'eût fait un homme du mondo en présence do deux femmes et au milieu d'un repas.Ses théories économiques et ses vues artistiques ne semblaient pu cependant trop abstraites pour sa mère.Celle-ci mêlait à l'entretien un mot sensé, uno opiniou judicieuse, a'inter-rouipant copendant do lempa k autre pour s'enquérir, non sans un pou d'inquiétude, do l'opinion do sos hêtesau sujet de sa cuisine.Ello promit à Isabelle la recette de ses croquettes de [loi.-suii, comme celle de la eoupe compacte qui èiait un des triomphes de sa cuisinière.Après lo repas, elle invita M.d'Emerancy à allumer un cigare ou à choisir une pipe, et no fut paa peu surprise d'apprendre qu'il ne fumait jamais.Son fil» recon luisit Isabelle au salon et dit avec uu >ourire, so tou nant k demi vers le baion : " Pour mon compte, j'ai contracté d'une manière si invétérés l'habitude do fumer, que je serais malade si je manquais k cette vieille routine.Veuillez excU'cr 00 défaut d'uu Flamand nt d'un solitaire, j'aurai hAto d'ailleurs de revenir ioi." Isabelle fit ou imperceptible mouvement de tête ; Mme Eynolda proposa alors à M.d'Emerancy uno partie d'échecs, et il accepta avec un vrai plaisir, aimant avec passion ce jeu savant." Thierry reviendra bientât vous tenir compagnie," dit-elle à la j-une fille, tout en s'inBtalla devant l'échiquier." Peut-être, en attendant, trouver' a-vuu quelque plaisir à parcourir ces vieux livres, qui sont remplis d'ea-tampes assez ourieu-es." Isabelle alla s'asseoir piès de li tablo sur luquolle ae trouvaient, on effet, quelques rares et préeieu-os éditions, ot commune 1 à feuilleter distraitement un Trait* ite la rha-ie tout illustré de dessins naïfs.Mais son esprit était ailleurs.D'une part elle souffrait de se voir transplantée, do se sentir si éloignée des élégants allons parisiens dans baquols elle avait vécu jusqu'à ce jour, et.d'une autre, clin chorchait i se rend'e compte de l'impression que p oduisait sur ello lo fils de son hôtesse, impression complexe, singulière, maia qui tenait surtout de l'antipathie.C'était cotte nuance même d'antipathie qu'elle essayait d'analyser.En retrouvant on lui le complaisant étranger qui 1 tait venu, deux jouiaaupara-vant, au secours de sa détresse, il semblait qu'' lie eût dû n'éprouver à son égard que de la gratitude et do la bienveillance.A qu.1 motif raisonnable ol logique p"uvait-ollo donc attribuer l'espèce d'irritation que le r.-gard cl m ir ot pe-çant de M.Eynolda Elisait naître chez elle ?Était-co puce que lui, simple industriel et fabricant de toiles, se plaçait sur un pied d'égalité aveo elle, parce qu'il ae targuait de sa lignés) d'anoêtrcs marchands avec autant de tranquille satisfaction qu'elle-même de ses aïeux illustres sur maint champ de batnillet Seul u: elle inatinctivemeut entre eux la lutte et la rivalité de deux oastes, dont l'une, dans ce pays même, avait plus d'une fois imposé ans lois à la noblesse T Lni déplaisait-il de so trouver avec un hommo qui avouait n'avoir pas fréquenté les salons ?Ou uulin était elle secrètement irritée do l'espèce d'examen dont elle s'était sentie l'objet de la part d'un inconnu, et surtout d'un inconnu qu'elle ne voulait pas voir à son niveau ?Thierry ne resta pas longtemps ab-aent du salon.Il jeta en souriant 1 n regard vera la tablo où sa mère, le sourcil froncé, l'œil attontif, suivait le jeu serré de son adversaire, et vint s'asseoir près d'Isabello/qui ofleotado Itrkf dé ref*"* ,a pagination de la PARTIE MUSICALE ^««-«Vc «n avoir préalablemen' F11 « coupé lea feuilleta.MONOLOGUES déjà parus dans le PASSE-TEMPS Ces monologues sout envoyés franco sur réception de lOo pièce.Prière de déiiyner chaque monologue par non numéro.S Fiancé de Mnrivonn.le « Chanteuse, la Kl l'nnlolun.li1 3s Un monsieur qui ne vaut pas chaîner »e« habitude» .15 vnyaifck d'une puce, les M Roman de Jeanne, le 37 MasterCorbeau avec Master Renard 38 Grenouille iul voulait faire lui ansa! crosse que lo beeuf XI Médecin Il raja un rhume 42 irfflTp aveo l'aaneau.U 62 On n'entre pas ft3 Nini Pimbêche •'il Dimanche d'Kuxooe, lo 65 Bat.téme do Bébé, le '» Kniant m.rtrr 70 .Mèro du supplicié, la 71 Credo d'amour 72 Nouvel an 73 Premier amour 76 Sur lo boulevard n jjitn 78 Chaussette*do papa, les 79 Moque.81 Joli mois d.mal 82 Uraphvloaie, la 83 Pourquoi r 84 Kp.va.I' 87 Mail» Jean -j?.* CSLk.88 Joies matrimonial., Ih 90 Pour la drapeau 91 Chanson» d.sr.nd'mère 92 Val», dw l.uillm 33 Bab, 95 Lettre d'un étudiant à un.étudiante 96 L'or allemand ou I.Trahit-on du petit bo.a 97 Petit tambour d.Orave-Inlt.99 Morreaui du Paradis 1(12 V.eabond», U.106 Toilette de» condamné».I.10* Merlaa, lt l'i Compliment de Bébé 113 Ob I Mad.mol».ll.111 Homme aux arilloo», P 118 Papillon» 121 Kn (.mille 122 Tien» I voilà la eaMrne 123 Dramo do la ruo Msslay 125 Master Corbeau 12i"» l'no esclandre 127 Cheveu blanc, I.129 Brouette, la 130 Sapin», le» 131 Naufranor, le 132 AIcIobTV 133 Parfait bonheur 134 flréi.d.» ramn.urt ISS Post.¦ ¦ ¦ >leuj- ¦_.136 Braves coeurs 138 Oui 13" DotéanOM «ur rkipo-mluin 140 Aux bain» d.m.r 141 Vl.ux poète, I.142 Deux auto» 143 Clairon, m 144 Bulletin de vol.145 Uno di-tractlon IM Simple histoire 147 Dans I.train 148 A la srand.tassa 149 Délai, la Ifû l.e if».I.» 152 Contes d.Perrcault 153 Soupirs d'ua near.167 Bal de mouleur Rom, I.168 Mort des ramoneurs 169 Para Monceau ¦ Soupira loi Too petit cotor 1A4 Brise du traite.u 165 Va dea malades dans la maison 166 Méeontent le 167 Erreur d.Tiérelehmots 168 Ches I.dentiste l-'.i l'i.'I* mol MSfAM 170 J'suis pas axé 171 Si Marias avait voulu .172 La petit Blum 173 Oh I la.enfanta „ 9» lh passe) - tbiip8 ne paa lever la tête ot de s'absorber dans la contemplation des gravures." Aimez-vous donc beaucoup les li vres?.En ce cas, " dit-il, "il faut aller admirer à la Bibliothèque une des plus belles collections de manuscrits enlumines.Vous y virres, en outre du célèbre missel de Mathias Corvin, sur lequel Ferdinand et Isabelle prêtèrent serment comme souverains des Flandres, des spécimens merveilleux de l'art italien, français, flamand et anglais, chaquo pajs se distinguant par des qualités spéciales, et faisant déjà entrevoir dans ces patientes enluminures le génie différent qui devait caractériser son école." Bien qu'elle feuilletât lentement le livre qu'elle tenait, Isabelle arriva à la dernière page ot le posa snr Ut table.Thierry choisit ce moment pour lui adresser une question inattendue." Oserais-je vous demander, Made moiselle, si, commo j • le pense, vous êtes alliée à uu jeune homme que j'ai quelque pou connu ot qui se nomme, comme vous, d'Emerancy ?.Lorsqu» je l'ai vu à Paris, il y a troiB ans, il était attaché aux affaires étrangères, et l'année dernière, je l'ai rencontré à Vienne ; il était alors à l'ambassade." Isabelle sentit son cœur battre avec une violence soudaine, et il se passa quelques secondes avant qu'elle pût répondre de son ton le plus froid : " C'est mon frète, Monsieur." Une sorte de satisfaction passa sur le visage de Thierry." Alors je serai charmé que vous me donniez de ses nouvelles.Je l'ai rencontré à Paris ohez le comte Van Beulen, qui est un de mes condisciples du collège des Jésuites de Vati-girard, et j'avais gardé de lui un souvenir assez sympathique pour me réjouir sincèrement de le retrouver k Vienne." Isabelle, violemment agitée, lit un nouvel effoit pour dominer son émotion, et répondit avec un calme forcé et une expression glaoiale : " Mon frère a quitté l'Europe.Il tst consul dans l'Ile de Java." Les traits de M.Kynolds exprimé rent la surprise." Était-ce dono avantagoux pour lui ?On en parlait à Vienne comme ayant de l'avenir, et il y avait formé des relations do naturo à l'aider dans sa carrière.— Je ciois, " dit-elle, toujours du même t n glacé, '' que cotte carrière exige iinpériousomcnt une fortune que mon fiè.o nn possédait pas.Mon itère s été malheureux, et les revers qu'il a essuyés devenaient un obstacle pour son fils.Cependant, un tel exil est une extrémité fâcheuse.Ceux qui s'en vont si loin courent le risque u'ètre oubliés.Se platt il, au moins, dans sa nouvolle résidence ?Ne s'y trouve-t il pas terriblement seul T " Un flot do sang empourpra les joues d'I-abelle." Il est marié, " dit-elle faiblement •n détournant la lête.L'altération de sa voix surprit vive ¦lient Thierry.II attribua son émotion, cependant, an chagrin de voir sou frère si loin d'elle." Marié I " répéta-t-il." Cest uns femme bien dévouée que celle qui s le courage de s'expatrier ainsi.Mais peut-étro i'ii t-i 1 (oonnue,*dans ce Mimi-Pinson IUSSET Poésie de ALFRED de MUSSET Musique de F.BER AT Mi ¦ mi Fin • son est u • ne Mon - de, U - ne —±z~&z mon - de, Lan - de - ri *- ret - te I El qu'un bon - net.Le Grand Turc en a d'à • van - ta • ge ; Dieu vou - lut de cet - te fa - La ren - dre On ne peut pas la mettre en ga - ge, La- ro - be de Mi • mi Pin • son, La ro - lie de Mi - mi Pin - son.Mimi Pinson porte une rose, Une rose blanche au côté ; Cette fleur dans «on cieur éclose, Landeriretle I C'est la galle.Quand nn bon soulier la réveille, Elle (ait sortir la chanson De l> tiouteille.Parfois il penche sur l'oreille Le bonnet de Mimi Pinson, (bit) 3 Elle a les yeus el la main prestes ; I '¦- carabins malin cl soir, Usent les manches de leur vestes, Landeriretle, A son comptoir.Quoique sans maltraiter |iersonne, Mimi leur fait mieux la leçon Qu'à la Sorbonne.II ne faut pas qu'on la chiiïonne La robe dc Mimi Pinson, (bis) Mimi Pinson peut rester fille ; St Dieu le veut, c'est dans son droit.Elle aura toujours son aiguille, Landerirelte I Au bout du doigt.Pour entreprendre sa conquête Ce n'est pas lout qu'un lieau garçon.Faut être honnête, Car il n'est |«ts loin de sa tête Ix bonnet dc Mimi Pinson, (bis) S D'un gros bouquet île fleur d'orange Si l'Amour veul la couronner.Elle a quelque chose en échange, Landeriretle I A lui donner.Ce n'est pas, on se l'imagine.Un manteau sur uu écusson Fourré d'herndnc ; C'est l'étui d'une perle fine, La robe dc Mimi Pinson, (bis) Mimi n'a pas l'Ame vulgaire, Mais son cœur est républicain.Aux trois jours, elle a fait la guerre, • Landeriretle I En casaquin.A défaut d'une hallebarde, On l'a vue avec son poinçon Monter In garde.Heureux qui mettra la cocarde Au bonnet de Mimi Pinson I (bis) Paris, Paul Choudens, éditeur, 30, Iwulevard des Capucines pays?.fi !:.!¦(, — Non, elle est allemande, " dit la jeuno fille qui, ne'pouvant plus endurer lo supplice de cette conversation, se leva dans l'intention d'y mettre uu terme, et s'approcha de la oheminéo." Avez-vous froid 1 " demanda Thierry poussant "aussitôt un siège vers olle./'^Oui, vous quittez_un'pays oh le printemps est plus liAtif et plu» tiède que chex nous.Maia notre climat n'est point désagréable, ot j'e-pè re qu'il conviendra à M.d'Ënietan-oy.M 51M ni|B Il se tenait debout piôajl'elle, et sa pensée revint au jeune hommo dont il venait d'apprendre avec surpriso le lu usque départ et le lointain exil.Un homme du inouue u'eût point renoué cet onlretion ; il eût compris très clairement, au ton ot à la froideur de Mlle d'Emerancy, qu'elle ne parlait qu'à regret de son fiôre, et il eût pressenti dans sa réserve quelque désagréable secret de famille qu'il n'appartenait pas à un étranger d'approfondir.Mais Thierry était profane dans las repli?tortueux de cotte 8clenco mondaine ; il n'entendait rien aux nuances, bien qu'il fût loin de manquer do tact, ct il s'aventura du nouveau, sans aucun soupçon sur co terrain dangereux." Ma mère a des parents à Vienne, " dit-il, " et bien qu'ils ne fassent point précisément partie du cercle que monsieur votre frèro était appeler & fréquenter, je connais, au moins de nom, une cortaine portion de la société viennoise.Est-il indiscret do vous demander 4 quelle famille appartient madame votro belle .«mr ï.•• " Il n'était pas possible d'accuser Thierry d'une intention maligne ot blessante ; cependant, Isabelle sentit coutro lui uu courroux inaisonné ; ce mot de l/elle-œur rouvrait béante la pluie de son orgueil.Elle le regarda en face aveo dea yeux étincolants de colère." La fomme do mon frèro n'appir-tient pas .1 une famille dont elle ait lieu de se targuer," dit-elle d'un ton à la fois bas et- violt-nt." Il s'tst marié contre lo gré de mon père, à la tille d'un commis, et il n'y a plus désormais rien do commun entre nous." Ayant prononcé ces paroles, elle quitta do nouvoau sa place aveo uno attention bien accusée, cette fois, de rompie l'entretien et de s'éloigner de lui, ct ello lepril machinalement entre ses mains tremblnntes le livre qu'elle avait déjà feuilleté.Thierry demeura un instant pétrifié par la surprise ; puis, sans faire un mouvement, il attacha un regard attentif sur L-abelle.Quelque chose de dur so peignait sur son beau visage, et au bout d'un in-tant Thierry secoua imperceptiblement la tête d'un air de ri grot.Un domestique qui entrait, portant un pluteau chargé de vin ot de gâteaux, mit à propos un tonne à une situation qui devenait embarrassante, ot dont l'ctrangeté commençait à attirer l'attention do Mme Eynolds.Isabelle refusa ces rafraîchissements et se rapprocha de l'échiquier jusqu'au moment oh, la partie étant terminée à l'avantage do M.d'Emerancy, la maltresse do lu maison demanda a la jeuno fille si elle jouait du piano.Elle se défendit d'abord de fairo de la musique." Thierry pourrait jouer avec vous uno sonate ou un concerto à quatro mains, " dit Mme Eynolds, insistant.Son tè.f inteivintà son tour, ot Isabelle sn rapprocha du piano d'un air e hauteur." Aurons-nous le plaisir do vous entendre seule ?" demanda la vieille durae." Peut-être ma fille n'est-elle pas en doigts, " dit M.d'Emerancy.Mais elle sera toujours capable do faire sa partie dans un morceau à quatre mains." Thiorry s'approcha et ouvrit le petit piano à queue." Préférez vous Beethoven^ Mozart ou Haydn T" domonda-t-il, se diri- l £ BAUME RHUMAL est le ROI DES GUERISSEURS Î.B PASSB - TUMPS 9i géant v.rs le casier élevé où se trouvait rangée une riche bibliothèque musicale.Elle Gt un geste indifférent, et il posa sur lo pupitre un volume des symphonies d'Haydn.Isabelle était vraiment musicienne, et avait cultivé avec amour des dispositions peu ordinaires.Ello n'augu-lait guère, à vrai dire, du talent de cet industriel, tout occupé de machines «t d'argent; maia aux premiers accords que frappèrent les mains robustes et nerveuses de son partner, elle comprit qu'il possédait une admirable organisstion musicale.Son propre jeu s'anima involontairement, el elle no sougoa pas à bo formuliser des avis et des indications que Thierry lui donnait sous une forme brève, (out en continuant sa partie.Qunnd ils ae levèrent du piano, M.d'Eme rancy, qui aimait la musique, applaudi sincèrement, et Mme Eyuolds prit la main d'Isabelle." Que vou« jouei bien ! " dit-elle avec une satisfaction qui épanouissait son visage placide." Savex-vous que la perspective de faire quelquefois de la musique avoc vous sera un aimant de plus pour amener mon fils à Bruxelles T Ne voulez-vous pas nous jouer autre chose ?" Mais Isabelle échangea un regard avec aon père." L'heure s'avance, Madame, " dit-elle, " ot, quelque plaisir que nous trouvions près de vous, nous nous ressontons eucore dos fatigues do notre installation à peine achevée." Mme Eynolda exprima ses regrets, mais n'insista pas.Kilo se tint sur lo seuil du salon tandis que sa femme do chambre aidait Isabello à s'envelopper la téte et les épaules, et échangea aveo M.d'Kmerancy une cordiale poignée de main Isabello tressaillit à co moment on entendant près d'ollo la voix basse de Thierry." Je dois vous prier d'agréer mes excuses, " dit-il, non sans froideur, " pour la gaucherie avec laquelle j'ai appuyé aur un sujet qui vous était pénible.Veuillez bion n'y voir que l'intérêt et la sympathie que m'avaient inspirés votre frère." Elle s'inclina très légèrement sans répondre Désoimais il y avait entre eux une banièro, uno antipathie d'autant plus m d venue qu'ils étaient destinés à se voir souvent.Si la sincère affection que portait M.Lemercier à la fille do son client avait élé jusqu'à rêver de l'appeler un jour sa niée, la f.rtune 11 la grande situation industrielle de Thierry pouvant, à ses yeux, compenser le debut de particule, il eût été bien déçu, l'excellent homme, s'il lui avait «te donné de lire dans le coeur dos deux jeunes gens l'impres sion mutuelle qu'ils s'étaient faite.XIV Il y avait trois mois que M.d'Emerancy et su fille se trouvaient à Bruxelles, et lo baron, en dépit de sos résolutions, avait noué quelques relations dans ls colonie française et le personnel de l'ambassade.Cela s'était bit par hasard.Faute d'occupations chez lui, il cherchait au dehors los distractions dont il reason-tait un_bisoin pressant.Les musées étaient,.certes une choso très intéres- sante ; mais bien qu'il en appréciai les trésors, il n'était pas l'homme des réjouissances solitaires et des admirations recueillies ; il lui fallait du monde, du mouvement, du bruit, et malgré les sagos observations d'Isabelle, à qui était confiée la (fiche épineuse d'équilibrer le budget, il no se passait guère do semaine qu'il ne prit les meilleurs chevaux d'un loueur à la modo pour se promener au bois de la Cambre ot sa mêler au mondo bruxellois.Sa fille, qui ne vivait pas lorsqu'il était loin d'elle, l'accompagnait alors, et ni elle ni lui n'étaient gens à i usseï- inaperçus, surtout dans uno villo comme Bruxelles qui, tout en ayant de très franches allures de capitale, n'est pas, comme Paris, propre à l'incoguito.Q-ielques attachés d'ambassade, qui avait connu Bertrand, et quelques Bolges do haut rang qui avaiont passé plus d'une sabon à Paris, reconnurent co baron aimable et fou qui so ruinait avec tant de désinvolture, et aussi cette jeune fille aussi li ut.une que belle, qui n'était jamais plus admirable que dans l'amnzone do drap sombre qui dissinait sa taille à la fois majestueuse et élancée.Ou avait bien ouï dire que le baron n'avait plus un «ol et que son fils s'était ea-sé le cou pnr un mariage disproportionné ; cela n1' in éclmi; pas qu'ils ne fussent do bonne nuissance et gens du meillt ur monde.Des saints furent d'abord échangés , puis il y eut dos rencontres fortuites, et au bout de peu do tempn, M.d'Emerancy se Irouva on-i rai né i\ fréquenter un corclo français où l'on jouait le whist à un louis la fiche, ce qui, naturellement, causa à sa fille plus d'une nuit d'insomnie.Très fier et très digne dans sa pauvreté, il déclina cependant l's invitations qui lui furont bites, jusqu'au jour où il s'avisa do trouve que sa maison, si petite qu'elle fût, avait fort bon air avec les meubles précieux, épaves du naufrage, qu'Labello avait rassemblés avec goût.Alors, il donna quelques déjeuneis, pour lesquels on prenait un valet d'emprunt, et qui obéraient d'uno manière inquiétante leurs modiques ressources.Isabello essayait souvent de representor à son père lour situation réello.Les quelques milliers do francs do revenu qui leur restaient pouvaient suffire à uno vie très simple, mais non aux dépenses inutiles que multipliait le baron." Tu as r.u'sou, ma chère, " répliquait-il d'un air convaincu." Nos ressources, hélas nour condamnent à la solitude et aux privations." Mais le lendemain, elle trouvait en core entamée la petite somme qu'elle tenait en réserve, et un découragement terrible s'emparait d'elle en se posant cette question vulgaire si pleine d'angoiase dans sa banale concision.Comment nuuir le» deux bouts t.A ooa soucia tout matériels venait se joindre une inqiii tude incessante au sujet do la santé de son père.Il ne s'était jamais remis complètemenl depuis l'espèce d'attaque qu'il avait eue lore de son arrivée.Paifois, une tendance à l'assoupissement, des fourmillements dans les membres, un léger embarras de parole, ven lient rendre pluB poignante la crainte qu'éprouvait la joune fillo.Son tme ployait sous tant de fardeaux, dont l'éloignement de son frèro n'était pas le moindre.Souven', lasse à mourir, elle ontrait à Sainte-Marie, ou se réfugiait dans la tranquille petite chape le des Pères Jésuites, et là, elle essayait do répandre ses peines et de trouver l'allégement.Mais la paix no revenait pas à son Ame : elle sentait toujours cotte birriè-ru à la fois invisible et ré lie qui l'empêchait do parler à Dieu et d'en-tendie sa voix.Dans de tels moments, sa conscience troubléo lui reprochait l'amertume qu'elle rossentail contro son frère, ot elle cherchait avec une sorte d'Apre violence à se persuader qu'ollo n'avait uul reproche à s'adresser, et qu'il était bien légitime de ne pas accueillir l'aventurière qui lui avait enlevé son cher liertrand.Kilo voyait souvent Mme Eynolda ; mais lour intimité était purement extérieure.La vieille dame était tiop placido, peut-être, pour deviner des soucis qui se oachaionlsous l'apparence du confort et do l'élégance, ou tout un moins trop discrète et trop réservée pour solliciter dos confidences qui ne venaient point à elle.Ello accueillait toujours la jeuno fille avec cordialité, lui donnait des consoils utiles, l'initiait aux mystères dos grands nettoyages, dos lessives compliquées, des savantes conserves.Elle ne la recevait plus en étrangère dans son petit salon, mais l'a (mettait dans une grande chambro claire, uns sortit de cuisine donl elle avait foil sin lieu favori.Dans cetto chambro, tiès différente des vastes cuisines du sous-sol, il y avait cependant des fourneaux, dos usleuhilea do cuivre brillant com comme l'or, une grande table massive, des étagères chargées de provisions ; c'était la que la vieillo daiuo confectionnait les pista qu'elle excollait à préparer, et la pâtisserie pour laquelle ello avait un faible.Il s'y trouvait d ¦ grands f.ubtuiU de paille garnis de Coussins, et il n'étail pas rare d'y vo r, prés du tiicot, des lunettes el du livre de priètea de Mme Eyuolds, quelque ouvrage d'un stylo élové, traitant d'histoire, do phiiosopbi -, uN littérature, piourant que celte ménagère modèle, qui veillait de si près à l'ordre matériel do sa muiaon, ne négligeait pas le soin do son esprit ot lui ménageait uno forto et sniuo nourriture.La loi des contrastes attirait Isabello vors cette nature à la fois soli.ro et paisible, qui ignorait aussi bien los passions quo la frivolité ; ello ressentait slle-n émo uno sorte d'apaisement après une heure d" coj versât i n uvec sa vieille amie.Celle ci l'invitait fré-quemn-out, ainsi que ton \ èro, à passer la soirée avec ello; mais lo baron aimait par-dessus tout la société des jeunes gens, et il peusiit faire prouve d'uno condescendance suffisante en venant prendre aa fillo au rotour do son côtoie.Il ne faudrait pas toutefois conclure de ce qui précède qu'Isabelle avait oublié la distance qui régnait entre le monde qu'elle avait fréquonté et celui auquel appartenait Mme Eyuolds.Dans des conditions différentes do celles où elle se trouvait, elle se fût peu souciée de cetto intimité.Mais elle était si terriblomint abandonnée, elle sentait si pénibloment sa solitude, qu'ollo se rattachait avec uuo sorte d'ardeur à celle maison ob il y i vu t une femme, — uue femme âgée et bienveillante, toujours prête à l'accueillir avec une affection tranquille et égale, bieu que dénui o d'euthou-siiiMn -.Ello avait revu plusieurs fois Thierry chez sa mère ; mais leurs rapports restaient froids el contraints, et ils s'ontondaient tacilemont pour éviter touto conversation en têto à tête.Isabelle avait entondu parler do M.Eynolda dans le cercle de sa mère.Ello avait appris, non peut êtro sans surprise, qu'il possédait uno fortuno considérable dont une grande partio était employéo, non à défrayer un luxe antipathique à ses goûta, mais à améliorer le sort de s< s ouvriers et 4 donner de l'extension à son industrie.| Il avait joué un role politique dans r La PERFECTION dans la COUPE* nouveau nom sisiPMPifc aj pacilk A appkksurr le SYSTEME LAMBERT Voyez toutes les jupes qu'on peut tailler aveo ce système; de plus ou peut tailler d'après les modes nouvelles qui peuvent égalements'y adapter à mesure (Les petites barres représentent les nombres.) qu'elles se présentent.Six mesures sont nécessaires pour im Ht toute jupe: celle de la ceinture, celle des hanches et quatre autres pour la longueur.Mme BRETON est MODISTE DIPLÔMÉE, et elle se sert avec beaucoup de.succès du nouveau SYSTEME LAMBERT, que ses nombreuses clientes apprécient hautement.De fait, c'est le meilleur système encore connu et le plus juifaii ; il per-met de tailler DIX-HUIT PATRONS DE JUPES.Il est évidemment indispensable dans les familles.Toutes les jeunes filles devraient l'apprendre.C'est le système le plus facile, le plus simple et le plus économique.A la demande pressante de ses pratiques el d'un grand nombre de dames, Mme Jos.BRETON a décidé de donner des COURS SPÉCIAUX pour l'enseignement de la coupe d'après le SYSTÈME LAMBERT.L'on peut s'inscrire en aucun temps en s'adressant à la directrice, Mme Jos.BRETON, 107 rue St-André, Montréal, qui est seule autorisée a enseigner le Système Lambert pour le district de Montréal.N.B.—Ces cours n'empêcheront nullement Mme Breton de recevoir ses pratiques.Au contraire, son personnel vient d'Être augmenté en vue de continuer comme d'habitude ses travaux comme modiste.Satisfaction assurée à toutes clientes.Ordres exé-cutés avec soin et promptitude.81 VOUS TOUSSEZ PRENEZ LE "BAUME RHUMAL" 02 l'une des dernières assemblées, et l'opinion le désignait comme étaut appelé à exercer, à un n ornent donné, nne influence considérable dans sa région, peut être sur son pays.Malgré elle et instinctivement, elle avait appris lt compter avec lui, à se rendre compte qu'il n'était pas nn vulgaire manieur d'argent, et qu'une fortune ainsi acquise, une industrie ainsi ox-ercéo confèrent à un homme une situation un relief, da s n'importe quel monde, I - f -a_J- ¦4 — -i—t- i H—i— — r 4ut 0 _ 0 'é I 1 1= cresc.t t .f r -y-H— /r/ti/ MINERALE EN CRISTAUX un ,)em' k»"0» «'««"«f «« >»in £ £ £ ^ £ £ £ gxptrjnit e9 JL4 Itxt: v \ei> .0-0.ai :xx '9- o*— -0.»—\* —i-i I -p- .* 1 xr± re •1 p.;3=X ~i—r *3 f *-f4-U- fr-fr .»_«_ :.xj: r -B-i- 3^ -Ë—fr T-r—r ,____•_».St 1Ti 'I 7*1' ft*-— a m 3t> tmrr^*- i —i - xrz r __ -i)T=_p=p: -fen 41 < *5 -—i—v 11^ -j.: —v- -i—r • -i—.to- 1—!— ! -t-Jf- -0—0- x=C rilTrA \/ H î I Q UK QUI CD cl"';' N- I»©^©*"»1©» marchand tailleur, 1586 Notre-Dame.Assortiment c om-j HI j tu" f U U w |H tll n,'*r dA nouveaux patrons pour habillements et pjrdessm.Ul mut voit sollicitée. LH PA88B - TEMPS «75 .p .anime: jusqu'à la fin ^ • 2=E -#—p "*¦ £ $4 p=p rrr q=P=p: 4-4 4L* —#- Et: '-4M -i—hp ft appassionato =44= r 1 y y :pj=t: —!-p — P 1.^=4: 3I=—1._j_«_p.-«-P- p—•» -j- -p—p.- mm f=*= -p- -p- m -p—p- •-p-p- • bbbbbbbb " ¦ li- test 3 8- "4.—JT - îj|p * p._ _p.-f- ¦+->-p- I « » ! a*« 1-6 UD PA8BH - TE MTU Qu'est-ce qui vous Amuse le Plus ?La Musique de Fanfare ?„.$ ) Gram UonM re- prod'iit facilement lea plus beaux morceaux de la Fanfare de Sousa, la Fanfare Municipale de Milan, la Fanfare de l'Artillerie Royale de Londres, Aug., la Fanfare de Killles, Torouto, et d'autres fameux »-¦ de musiquo.La Musique d'Orchestre ?LeGram-hone reproduit lea plus beaux morceau z d'orchestre connus — forts, clairs et brillants.— Un choix de morceaux par l'Orchestre Metropolitan et l'Orchestre Municipale de Londres.Solos dinstruments?n^u^ choix do monvnux exécutés par les plus grands artistes du mondo.Solos de trom-ooiic, par Arthur l'ryor, Soins de cornot, par Herbert L.Olarko et Walter B.Roger», Solos do clarinet, par Arthur Taylor, Solos de llûte, par Mr Radollct el Geo.Sehwcinfrst, Solos de Xylophone, par C.P.iAtwf el l'A valus musical, Kolos de Saxa-phone, par MM.Moremans et Badollet, Solos de violon, par Chs d'Almaine, Solos do Banjo, par H.Clarke et Vess.L.Oss-maii, Solos de l'inno, par landen Ronald, et une foule d'autre», dont chaque noto ronne juste.Solos de Chantais les, comiques, de chansons de nègres, ou airs d'opéras, est reproduite par le Gram o phono.Solos do ténor, par Harry Mao!.! oiu-li et E.M, Favor; Solos de bats», par W.F.Hooley ; chansons oomi-ques.par Chs Fiater; folos de bariton, par Herher*.Goddard el J.J.Fisher: Solos de contralto, par Mmo Benzig ; Solos de soprano, par Mme Romaine, Miss Lil.Hawthorne et Mme l'n 'lia.et plusieurs autres chansons repn diiitcs par de fameux chanteurs.Mais ceci n'est pas tout La listo d
de

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