Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
L'Avenir du Nord
Hebdomadaire libéral fondé à Saint-Jérôme en 1897. [...]

Fondé à Saint-Jérôme en janvier 1897 par Wilfrid Gascon et le Dr Henri Prévost, L'Avenir du Nord est un hebdomadaire libéral de Saint-Jérôme créé pour rivaliser avec Le Nord, journal conservateur de la famille Nantel. La même année, Jules-Édouard Prévost, frère du Dr Prévost, est nommé rédacteur en chef et éditeur du journal.

Jules-Édouard Prévost crée une imprimerie commerciale afin de produire L'Avenir du Nord et d'ajouter à son offre commerciale de librairie et de papeterie, tentant ainsi de profiter de l'essor économique de Saint-Jérôme et de la région des Laurentides. Wilfrid Gascon participe au journal sous le pseudonyme de Francoeur jusqu'en mars 1902, année durant laquelle Jules-Édouard Prévost en devient propriétaire.

Par son appartenance à la famille Prévost de Saint-Jérôme, Jules-Édouard est héritier de la tradition des « Lions du Nord », notables et patriotes qui se sont imposés comme figures marquantes de Saint-Jérôme et des Laurentides au cours du XIXe siècle. Libéral modéré, il appuie Wilfrid Laurier à Ottawa et les libéraux à Québec. Jules-Édouard travaille de près avec son cousin Jean Prévost, député libéral de Terrebonne à Québec de 1900 à 1915, puis avec son influent successeur, Athanase David, de 1916 à 1936. Jules-Édouard Prévost est lui-même député libéral fédéral de 1917 à 1930, puis sénateur jusqu'à sa mort en 1943.

L'Avenir du Nord demande des réformes en éducation, domaine dans lequel Prévost est très impliqué. Cela l'amène à subir les foudres de la presse catholique et à se faire rabrouer à de multiples reprises par l'évêque de Montréal, Mgr Bruchési. Le journal profite de plusieurs occasions pour critiquer l'intervention politique du clergé.

L'Avenir du Nord est plus qu'un journal partisan. Il vise à couvrir l'actualité locale, régionale, nationale et internationale. En plus d'un contenu fortement politique, on y trouve des chroniques agricoles, médicales, ouvrières et littéraires. La colonisation, les transports, le commerce local et les industries régionales y trouvent aussi fréquemment leur place.

On trouve de nombreux textes littéraires dans les pages de l'hebdomadaire, qui publie les premiers textes de Claude-Henri Grignon (Claude Bâcle et Valdombre), du frère Marie-Victorin, de Robert Choquette et d'Adolphe Nantel. Louis Dantin est aussi un important collaborateur du journal. D'autres collaborateurs de renom passent au journal, comme Olivar Asselin, qui y fait ses premières armes au début du siècle, et le Térésien Lionel Bertrand, futur politicien et fondateur de La Voix des Mille-Isles, qui y participe de 1925 à 1936 à titre de chroniqueur, sous le pseudonyme de Céliber.

Des ennuis financiers et des problèmes de santé poussent Jules-Édouard Prévost à vendre L'Avenir du Nord aux frères Lucien et Jean-Berchmans Parent vers 1926. Les nouveaux propriétaires et leurs investisseurs sont d'allégeance conservatrice, mais Jules-Édouard Prévost conserve la direction politique du journal, ce qui occasionne des différends qui amènent les frères Parent à lui remettre le journal en 1935 pour fonder L'Écho du Nord. Les deux hebdomadaires mèneront une lutte acrimonieuse durant quelques années. Jules-Édouard Prévost quitte le journal en 1942, un an avant sa mort.

De 1940 à 1960, années durant lesquelles Hector Perrier, politicien et avocat, est propriétaire de L'Avenir du Nord, le journal demeure d'allégeance libérale et s'oppose à l'Union nationale de Maurice Duplessis. La concurrence de L'Écho du Nord et de la grande presse montréalaise rend la vie difficile au journal. Gérald Cyr lui donne un format tabloïd en 1965, mais le journal disparaît en 1969.

L'Avenir du Nord est tiré à plus de 2000 exemplaires dès sa première année de publication, nombre qui est maintenu durant de nombreuses années, puis le tirage augmente de façon régulière, passant de 4250 en 1933 à 6210 en 1960, puis à 7200 en 1965.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, vol. 4 : 1896-1910, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, p. 28-31.

BOURGUIGNON, Claude, « Région 15 - Laurentides », Histoire de la presse hebdomadaire au Québec, Montréal, Hebdos Québec, vol. 8, p. 9-16.

Fonds Famille Prévost (1734-1957), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, BAnQ Vieux-Montréal (P268), Société d'histoire de la Rivière-du-Nord (P020).

LAURIN, Serge, Rouge, bleu - La saga des Prévost et des Nantel - Chronique d'un siècle d'histoire politique dans la région des Laurentides, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1999, 284 p.

Éditeur :
  • Saint-Jérôme :[s.n.],1897-1969, 1981-
Contenu spécifique :
vendredi 30 septembre 1898
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'Avenir du Nord, 1898-09-30, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
ORGANE LIBERAL du DISTRICT de 1 & ÇH£>T>ER.ERREBONNE.L£ MOT OE f AVENIR EST OAKJ UE PEUPLE MÊME KOUfi VERRONS PROSPERER LES FILS DO5» QIURLMT Q&.SOUTXJ Deuxieme (Trjnee Saint-Jeronje, 30 Septembre 1898 No 39 S MVBE.U1.E».& L/ÀVENIR DU NORD JOUKNA L 1 IBUDOM A DA 1 Jtlï .fi àiigé en collaboration.ST-JEROME (Terrebonne) P.Q.Abonnement,: Un an.$1.0b " Six mois.Ü.50 Pour abonnements, annonces, impressions, etc s'adresser i\ J.K.PREVOST fils, iMritiMKint, Directe u r-Proprietaire SOM/TAIRE Méli-Mélo A propos vio Dreyfus [TI] Francœur Une réforme nécessaire J^es Irlandais dans l’armée anglaise Los interpellations au sujet do Dreyfus Le surplus et les conservateurs Mort de M.Pacifique Nantel Tribune libre Une cause célèbre, Bernard Lazare L;s erreurs de plume Entretien des machines agricoles.Poésie : Les roses fanées, Paul Bourget Histoire de la semaine: Jeanne, Catulle Me» dès Faits divers Livres, journaux, etc.1— HEU - MELO — 1 Sfc Sa» ^iuMLiuLLummiivuLLmLiitxuLLumv.»uLimuiLLî.uji:-tLimjmL>:mjtLvitLLi àk • ut mnii itiiti iiinmrmnnnnnminti t mmin m»* Lu prohibition n'n pas trouvé un terrain propice il Saint-Jérôme ; le résultat «le la votation «1 "1 lier dans notre ville donne contre elle une majorité do 891.JIM.Lomer Gouin et R.Lemieux, députés, ont intenté une action de mille puis-très chacun pour libelle contre la M utero pour avoir dit qu'ils éoiient les auteurs du fameux article de la Libre Parole contre M.Tarte, et (pii a conduit son propriétaire, en prison.Le Dr Adolphe Lamarche, de Montréal, vient d’avoir la {«ramie douleur de perdre un fils qui, médecin et dans la force de lage «t ilu talent, lui laissait espérer un brillant avenir.Nous prenons une large part au chagrin de M.le docteur Lamarche et nous le prions «le vouloir bien accepter nos plus cordiales condoléances.Le Meesmjero assure que le Vatican a donné l’ordre au Nonce de Paris de prier les évêques et le clergé catholique, ainsi (pie les journaux c ’ ’’ es de France, «le cesser la campagne entreprise contre la révision du procès Dreyfus.Au sujet de cette révision, il a été décidé.à une réunion du conseil des ministres, à Paris, le 2G courant, «pu; la Cour de cassation serait invitée il sc prononcer sur son opportunité.Le président McKinley a accepté l'invitation du tzar Nicolas relative il une conférence internationale sur le désarmement et il n fait exprimer au gouvernement russe toute sa symyutliie pour le généreux projet de l’empereur.Quand le moment sera venu pour M.McKinley de uoinmer hi représentant des Etats-Unis il la conférence «lu désarmement, il fera bien de choisir un _ ’ ' '_ entiaire parlant le français ; il peut être assuré que la langue de Corneille et de Jlolière sera la seule qu'emploieront les représentants de toutes les nations européennes.A PROPOS DE DREYFUS II Lu Patrie répond à mes observations de la semaine dernière en «lisant pudiipiement et gravement ns lxmrgeois qui tiennent encore pour la fooorine si chère à Brid’oison.Les dépêches de source hostile «|tii se conrir-inent à fond tous les jours ne nous effarouchent plus.Il est inutile de nous parler de l'hostilité de la source «les dépêches «pii ont annoncé puis confirmé, les aveux et le suicide «iu colonel Henri, la punition «le i’iity de Clam, la fuite et les confessions d’Esterbazy et, pardessus t«jut, la fameuse galle de M.Cavaignac, etc., etc., etc., etc.Quant à la pornographie de M.Zola, je répondrai «jue cet écrivain mène une vie en apparence régulière, qu’il vit avec sa femme ; «ju’il n’est pus, comme Esterhazy, si cher aux a'iversaires de Dreyfus et d’Emile Zola, un escroc, un traître, un menteur, un parjure, un faussaire, qui a deux domiciles connus à Paris et «pli habite plus souvent la maison de sa maîtresse, Mme Pays, «pie la demeure «le ses enfants.M.Zola n’est pas cet homme méprisable que la Croix, la Vérité, le Trijlu vien, la Patrie voudraient nous faire croire : c’est un psychologue qui a fait des études de mœurs et écrit «les romans «lont le réalisme d’un goût douteux, je l’avoue, a cependant «'-té fort apprécié de la majorité des lecteurs français puisque les ouvrages «le cet écrivain ont eu les plus forts tirages qu’on ait connus jusipi’ici.Je ne me réclame pas non plus du collectiviste Jaurès et du socialiste Bernard Lazare.Au reste, les doctrines «pie ces deux hommes de talent préconisent sont «les doctrines économiques dont l’étude et la propagande ne sauraient déshonorer en quoi «pie ce s«jit leurs partisans sincères.Rien n'est noble comme «le consacrer sa vie à la cause «lu peuple et de rechercher le système «pii donnera il ses frères la part de bonheur terrestre si inégalement distribué dans la société actuelle.Du reste, c’est un bon point en faveur du collectiviste Jaurès et du socialiste B.Lizare «pie de s’être trouvés.avec le nornograplie Zola, dans l'affaire, ou plut«‘»t dans le scandale Dreyfus, du côté du «lniit et «le la justice alors «pie tous les pouvoirs en France, le gouvernement, la magistrature, l’armée, le clergé, la presse, la foule égarée et fanatisée conjuraient ensemble pour imposer l’erreur, exalter le mensonge et fouler aux pieds les.libertés les plus précieuses, les droits les plus sacrés de l'homme.Nul homme, est-il dit dans la déclaration «les droits de 17S9, ne peut être accusé, arrêté ni (létemKpiedaiislescasdétermiiiéspar la loi et selon les formes «pi’oile a prescrites (art.Vil).Moutrcz-moi donc une loi qui permette de condamner un homme sans l'avoir mis auparavant en demeure de contester les charges élevées contre lui.Et I article continue en «lisant «pie ceux «pii sollicitent, expédient, exécutent ou font xécuter des ordres arbitraires doivent être punis.Si la troisième Républiipte n’a pas 1 renié l'œuvre de salut de la Première, elle châtiera donc le général Mercier comme coupable d'avoir «lonné des ordres arbitraires et outrageusement injustes et les officiers d’état-major avec les membres «les conseils «le guerre «pli les ont sollicités, expédiés et exécutés.Après les stupéfiantes «« révélations «¦ du correspondant parisien de la Patrie sur la provenance du bordereau «pti a servi il faire condamner Dreyfus, nous ne croyons pas à la sincérité de la Patrie ilors«]ii’elle affirme qu'elle reste avec ceux «pti sont convaincus «pie Dreyfus a été j net entent et équitablement jugé par le conseil de guerre.Comment ! vous avouez «pi'un document fnbiiqin' exprès par Esterhazy sur l'ordre de si's chefs a été versé au débat dans le procès Dreyfus comme uniipiu base de l'accusation contre celui-ci, et vous osez, à l’époque où nous, sommes affirmer «pie le procès «T la condamnation ont été justes et éipiitables t ,_Un faux ù la base de l’accusation! un faux fabriqué exprès pour les besoins de la cause, alin «b; constituer contre Dreyfus une preuve «pi on n’avait pas ! Et vous voulez faire accepter par la foule ignorante, ameutée, cet acte .souverainement immoral comme un acte de souveraine justice.I Mais c’est «le la démence ’ Vous avez n* vol té la conscience universelle.Tout ce qu'il y a d'hommes libres, d’hom-nics justes dans le monde entier, vous méprise, vous et votre œuvre alioiiiinable.En foulant aux pieds les droits «l’un homme, vous avez foulé aux pieds l«.-s droits de tous les hommes.En opprimant mon semblable, vous m'opprimez, et c’est pounpioi je me lève avec le f nornograplie Emile Zola, avec le eollectivn^fi Jean Jaurès, avec le socialiste Bernard Lazare, et je proteste contre la tyrannie, l’esclavage et le mensonge que des hommes néfastes, dé-1 nués de tout sens moral et qui n’orit de ] républicain que le nom, voudraient imposer -, à la nation française, cette incarnation de ; la générosité, de la loyauté et de l’honneur.La Patrie déclare «pi’elle restera avec ceux «pii croient encore à la France.Qu’est-ce que c’est, au juste, que de croire à la France ?11 y a deux camps qui croient, chacun a sa manière, à la France.Il y a le camp de ceux «pii pensent «pie lfes intérêts de notre ancienne mère-patrie ne peuvent être sauvegardés «pie par le mensonge et le parjure, «;t il y a le camp de ceux qui estiment assez lu France pour la croire incapable de chercher sou salut «lans une iniquité; Comme M.Cavaignac, ceux-ci proclament «pi aucune raison de salut public ne saurait engager un gouvernement honora ble à maintenir au bagne un innocent.Or, Dreyfus «««t innocent jusqu'il ce qu’on l’ait convaincu «lu crime d< o» l’accuse (art.VIII «le la déclaration Jour cela, il faut recommencer par le commencement.Fhancœck.Urçe réforme nécessaire Nous n’avons pas caché notre admiration pou r la manière habile avec laquée l honora ble M.Mulock a administré le «lépartement des postes et nous applaudissons d» grand en1 n i à chaque réforme avantageuse qu’il y ap port o.Nous avons mémo cru lion quelquefois «le lui suggérer d’autres réformes et nous revenons à la charge encore aujourd’hui.Cette foi* nous voulons parh'r du système postal en vi- ; gueur dans le comté dcTerrehonne et une partie j «lu «imité i-airelle.Il y a quatre ans il était déjà reconnu «jue ce système ne donnait plus satisfaction et les citoyens «le chaque paroisse, sans distinction de parti, signèrent des requêtes priant le gouvernement «le rendre plus prompte la distribution des matières postales entie M«mtréal et Lalxdle, en plaçant sur les chars un commis «le postes, «xrntme la chose se prati-ipie sur les autres lignes et même surdes lignes «le beaucoup moins d'importance «)ue la nôtre, j Ces requêtes, j>our une raison ou ]>our une an- ! tre, n’ont produit aucun rcsultat.Ce qui était à cette épKxjue consùtéré comme t ris utile et même nécessaire est devenu aujourd'hui indis-pcnsatjle par !«¦ développement considérable du commerce et de l'industrie et l'impulsion toujours eroissunti- don née à la colonisation.Nos conseds municipaux ont «loue cru devoir agir officiellement et ont dernièrement adopté des résolutions «lans le même sens que les rcquètes d«:jà presentée-s.1 ,e conseil de comté de Ter-ii'bonne a suivi leur exemple et touti'S ces r< solutions fortement appuyées |«ar des homines éminents ont «;té soumises à l'honorable ministre «les pnistes.Un exemple sullira pour démontrer l'inefficacité du système en vigueur aujourd’hui.Une lettre mise h la poste de Saint-Faustin pour Saint-Jovite, distance «le 6 milles, doit passer par Montreal avant do parvenir à destination, ce qui occasionne un retard d’une journée.Comine il en est de même sur toute la ligne, le commerce, l’industrie, etc., souffrent naturellement beaucoup de cet état «le choses Pour y rémédier le gouvernement n’encourra «îit’une légère augmentation de dépenses «¦haqite année, et nous espérons «qu’il se rendra le plus vite possible au désir bien légitime «les hommes «l'affaire et «le tous it>s citoyens des comtés «le Terrclsmne et I.abclle.Ainsi l’année anglaise obéit en ce moment à un généralissime irlandais, successeur d’un prince «lu -sang, d’un fils de la reine Victoria, le «lue «le Cambridge : c’est le général lord Wolseley, autrefois commandant la milice canadienne.Lord Ro-lx:rts, un atitre Irlandais, commande les forces britanniques en Irlande.Sir William White est à la tête de l’armée anglaise des Indes qui serait attaquée la première en cas d’un conflit avec La Russie.Encore un Irlandais, ce sir Herbert Kitchener, aujourd'hui lord Kitchener of Kiirthoum, qui vient de mener si vigoureusement la campagne du Soudan.A cette liste, ajoutons le nom du général O'Connor, sorti du rang, récompensé pour sa belle conduite a la bâtai!U «le l'Alma, et, dans la marine, lord Charles Beresford.Interpellations au sujet de l’affaire Dreyfus DIX ! Voici quelles stint en ce moment les interpellations annoncées pour la rentrée de la Chambre des députés en Frances, relatives à l’afTaire Dreyfus : L Interpellation de M.Fournier sur la présence du générai Jatnont à la distribution des prix, de l'école d’Arcueil et sur sou approbation donnée au discours du Père Didon.2.Interpellation de M.Millevoye sur les mesures que le gouvernement compte prendre ou demander aux Chambres contre les meneurs de la campagne drevfusiste.3 Interpellation de M.Bauday d’Assoit sur la fuite de Zola.4 Interpellation de M.Lazies sur l'incident Stapfer.5 Interpellation d** M.Barry sur H façon dont M.Bertuîus comprend ses devoirs de juge d'instruction.ij Interpellation de M.Zevaês hur le cas de M.Stapfer.7 Interpellation du* M.Charruyer sur Patti -tude du préfet de la Charente-Inférieure dans la discussion des vœux relatifs à 1 affaire Dreyfus.> Interpellation de M.Mirman >ur le faux du colonel Henry.0 Interpellation de M- Breton sur le même sujet.10 Interpellation de M.Giroux sur le même sujet.Le surplus et les conservateurs Les irlandais dans l’armée anglaise Les Irlandais ont été longtemps pour l’Angleterre ce que Iiïs malheureux Juifs étaient pour les nations entholiques de l’Europe occidentale : une race méprisée et opprimée.Le travail lent, mais sûr, do la civilisation a arraché petit ù petit des co-urs anglais le préjugé stupide, et ceux qu'on avait injustement regardés comine des êtres inférieurs, comme des esclaves incapables «le commettre une action d'éclat ont finalement trouvé ouvertes sous leurs pas toutes les issues «pii mènent à la re-nomtm'e et il la gloire.Inutile de dire «pie le surplus dans les finances «lu parti :béml exaspère ces bons conservateurs n connaît avec quelle violence sévit chez nous le fanatisme politique.Jl.Pacifique Nantel a quelquefois pouisé sa bonté jusqu’à une abnégation admirable.C’est ainsi qu’il s’est dévoué dernièrement, en prodiguant s«;s soins à son neveu, JL Gaston Beaulieu, mort des fièvres typhoïdes.Quelque temps après, M.Nantel était lui-même atteint de l’affreuse maladie qui vient de causer sa mort.X Inspecteur d’écxiles pour le district de Terrebonne depuis 1882, JL Pacifique Nantel, «loué d’un esprit oliscrvateur, a été à même do constater ce qui est bon et mauvais dans notre système d’éducation.Aussi franc que clairvoyant, il n’a pas hésité de proclamer l’utilité des réformes demand«Ses depuis si longtemps.En face «ies intérêts de l’éducation dans notre provin»», il n’a jamais craint d’approuver hautement les projets île réformes utiles, quelque fût le parti politique qui te" proposait C’est ainsi qu’il s’est montré favorable à la création d’un ministère de l’Itstruction Publique à Québec, création demandée par le gouvernement libéral Marchand.M.Pacifique Nantel comptait dus amis dans tous les groupes et dans toutes l«uniur -l/it*jrtu»y » » vu a.t a* perts avaient été consultés : MM.Gobert et Bertillon.Ils avaient émis tous «leux un avis différent et, sur cette divorge.nce, on avait arrêté celui que nul autre indice no désignait.Après l'arrestation, trot» autres export» fu rent commis : MM.Çliaravay, Teyssonniôres et Pelletier.Un d'entre eux, M.Pelletier, conclut à l'innocence, les deux autre», MM.Cbaravay et Teyssonnière», à la culpabilité.Mais le rapport le plus important, celui qui semble avoir fait, du moins sur le général Mer cier et sur M.Du Paly do Glam, l’effet le plus décisif, c'est celui de M.Bertillon, rapport «lu’il a complété après l’arrestation à tel point que sa déposition devant le conseil de guerre «jura près «le trois heures.C’est donc de lui, tout «l'abord, que nous allons nous occuper.Avant d’examiner son rapport, il importe de parier de sa personne.Simple policier relevant du Ministère de l’inférieur, effronté charlatan, ayant organisé, d'après le» idées des nu très, ce service «le tortuie qu’on appelle le service anthropométrique, auxiliaire de geôlier et condamné à une liasse besogne quotidienne, M.Bertillon eût dû être récusé par la défense.Un policier ne peut être libre, il est au service d’un gouvernement, ce qui aliène son intléjroii-«lar.ee, et son rapport est une chose suspecte.Indépendamment de ces raisons légitimes de suspicion, le personnage est une manière de détraqué, un homme à système, prêt à conduire quelqu’un au bagno ou à l’échafaud pour démontrer l’excellence de »es théories.Devant les juges, il a affirmé que, sur la culpabilité du capitaine Dreyfus, aucun doute n’était possible et, sans hésitation aucune, il l’a déclaré l’auteur du bordereau.Quelle foi peut-on avoir dans un témoignage si singulier, et.quelle inconscience suppose-t-il chez colui qui, un an après le procès Dreyfus, appelé a témoigner dans une affaire de faux en é-riture, refusait de reconnoitre coupable un clerc d'huissier qui avouait avoir fait ce dont on l’accusait, «lisant pour sa justifitmtion : m Je n'affirme jamais l'authenticité d un écrit.On peut, quoique ce/a ne soit pas sans présenter de bien tjrande difficultés, établir à peu lires certainement, dans certains cas, qu'une pièce est fausse et encore ne doit-on accepter, sous réserves, une telle conclusion que lorsqu'elle est confirmée par des preuves (Tordre matériel.Mais aujourd'hui que la urnpholooie.que je ne considère, bien entendu, que comme la science de Técriture et non au point de rue des appréciations auxquelles elle s-rt de prétexte sur le caractè-re des scripteurs, s'est répandue et qu'elle permet, nar une analyse minutieuse, de s'assimiler une écriture, à ‘a condition d’avoir le tour de main nécessaire, let faussaires ont beau jeu, et il n'est pas douteux que tels ou tels documents, reconnus même judiciairement pour authentiques, ne l'étaient point et —je l’ajoute à la décharge d-s experts, qui donnèrent des conclusions conformes — qu'ils ne ]>ouva ie/it pas être graphiquement reconnus faux.m C’eut jiourqnui je m'abstiens toujours, quant à moi, de conclure, me contentant dindiquer des probabilités.o M.Bertillon n'a pas su se contenter de ces probabilités, il a affirmé nTauthenticité (Tun écrit.n Pourquoi, sinon paroi- qu’il s'est laissé dominer par un parti pris injustifiable, ce que prouvent ses arguments, dérivant tous d’une hypothèse a priori ?Comme le bordereau accu- sateur ot l'écriture de Dreyfus présentent d’incontestables dissemblances, M.Bertillon suppose quo le capitaine a volontairement déguisé son écriture, qu'il y a introduit des inoùincn-lions, ot il le montre décalquant- sa propre écriture pour la modifier légèrement.la folio «l’une telle hypothèse est flagrante.Comment, voilà un homme qui trahit et- il ne trouve rien de plus ingénieux, lorsqu'il écrit à ses complices, que «l’altérer son graphisme, de décalquer ses propres écrits ! Plus même, il va (c’est le rapport «le M.Bertillon qui l'affirme) chercher «laits un do ses travaux anciens déposé au ministère «les mots qu’il reporte ensuite dans sa correspondance.Ce graphologue, faisant fone-tion do ministère public, ne suppose pas un instant que l’écriture qu’il étudie puisse être falsifiée ; il ne lui paraît pas évident, puisqu’il trouve des mots de l’écriture authoiiliquo du capitaine Dreyfus .-s'appliquant rigoureusement sui des mots du bordereau, qu’il est en présence d'uu faussaire, de quelqu'un qui ft voulu perdru eolui qu’on accuse.Et pomquoi citte c inclusion no s'impose-t-elle pas à lui, comme elle s’est iinposéw-.à d'autres, sinon parce que M.Bertillon est parti de cette idée : ¦> Ia; capitaine Dreyfus est coupable » Tout, son rapport n’est d’ailleurs que le «lève-loppeuient de cette hypothèse absurde, et toutes ses déductions prétendent la renforcer.Les mots officiers et in extenso, dit-il, ont été relevés sur un document émanant des archives de la Guerre et que le capitaine Dreyfus reconnaît.avoir écrits de sa main ; ou les a calqués Stir gélatine, et ces décalques ont couvert exactement tout ou partie des mêmes mot - du bordereau, Quant- aux différence» qu'on remarque, elles sont mises là, prétend-il, puur détourner les soupçons.Par exemple, dans les mots avec double u s e le capitaine Dreyfus a l'habitude de mettre un »_/'» long d’ubord, an petit u s ensuite, dans le bordereau il a fait le contraire, se réservant ainsi, en cas de découverte, un moyen de défense.De même, au lieu «le mettre, comme dans son écriture habituelle, dits déliés au commencement dos mots, il les ajoute à la fin dans le bordereau.Ainsi voilà un bouline qui, d’après M.Bertillon, calque quelques-uns de ses mots et en dénature certains autres : il se livre à cet increvable travail, et il n’a pas songé à ce qui eût été moins long et plus sûr pom lui, à découper des lettres i imprimées dans un journal ou à se servir d'une machine à écrire.Cette série d'hypothèses n’iti-dique-t-elle pas chez M.Bertillon un fâcheux équilibre mental, ce dont on ne doute pas lorsqu’on rapproche de son rapport écrit sa dépo sition orale î Avant de développer les conclusions de son rapport, M.Bertillon fit distribuer aux juges du conseil de guerre ut aux assistants un dessin «ju’il prétendait être le schéma de l'affaire Dreyfus elle-même.Ce dessin représentait une sorte de pentagone, ou plutôt de cœur, désigné sous le nom d'arsenal, relié par deux chemin», qualifiés de chemins souterrains, à une sorte de citadelle crénelée au centre de la quelle sont écrits les mots : ,, 7 ir à langue portée, feux de tous côtés, u Cette citadelle se rattache a un rectangles figurant le but.A la gaucho de ce rectangle sont tracé» six demi-cercles ; c’est, selon les indications écrites de M.Bertillon : n Le plan de defence venant de i la gauche, n Chacun des intervalles «le ces deI mi-cercles est rempli par une légende indiquant les moyens do défense imaginés par Mc traître,, eu cas de découverte.Cette composition infi-! aiment précieuse pour renseigner chacun sur l’état d’esprit de II.Bertillon, est intitulé : n Coup monté, ti Outre ce curieux tableau, qui ne laissa pas de surprendre les membres du conseil de guerre, M.Bertillon fit circuler aussi deux petites cartes superposées dont la supérieure, jouant dans une sorte de coulisse, pouvait recouvrir l’inférieure.Sur l'une d’elle était écrit le mot adresse i, sur l’autre le nom ¦¦ A.Dreyfus „, M.Bertillon voulait, à l'aide de ce petit appareil, démontrer la culpabilité du capitaine Dreyfus.Pour arriver à ces fins, il faisait jouer rapidement les deux cartes l’une sur l'autre et couvain |uait ses auditeurs qu’au bout d'un temps fort court il leur était impossible du distinguer les deux mots qu’elles portaient.11 est indifférent, disait-il, que la superposition de leurs lettres soit impossible au repos, il suffît de retenir la confusion qui s établit «Mitre les deux mots lors qu’on les fait glisser l'un sur l’autre, finii.gnunt de n ôtre pas compris, il ajoutait qu’ou-plioniquement la constatation était la même et qu'en prononçant alternativement avec volubilité le mot n adresse n et le nom n A.Dreyfus» on arrivait a les confondre et à dire l’un pom 1 autre, ce «jui, d’après cet étonnant expert-, prouvait leur identité.Une pareille déposition n’eût elle pas dû amener 1 acrpiittement du malheureux, victime d un pareil halluciné î 11 en eût peut-être été ainsi devant le conseil «le guerre, si ce conseil n avait pas eu à compter avec la pression exer cee par le général Mercier et par l’opinion.Il est cependant, surprenant qu’aucun des juges nait réclame pour M.Bertillon le bénéfice de l’irresponsabilité, après que celui-ci eut prétendu avoir trouvé dans l’écriture du bordereau le prix dont avaient été naves lus document» \ Que valent les autres rapports et comment ont opéré les doux autres experts hostiles, MM.Gbnravay ot Teyssouilières I Ils ont pris simplement dans les pièces de comparaison qui leur étaient fou: aies, o’ost-à-dire dans les lettres et travaux authentiquement écrits par le capitaine Dreyfus, quelques mots ayant uno ressemblance avec des mots «lu botderoau ; cela leur u suffi.Ils ne se sont aucunement préoccupés «les dissemblances; leur rapport n’est pas, connue celui «le M.lïeitiili ii, l'œuvre de déséquilibrés, niais l'œuvre d’incompétents à la conscience légère, n’ayant aucune idée des mé-' bodes et lies procédés de la graphologie et envoyant au bague un homme, sur la foi de leur science incertaine, sans trouble i‘t sans remords.Se sont-ils tous servis, au moins, fie pièces de comparaison normales I Comment procède-t-on ordinairement dans des expertises d’écritures 1 On donne nttx experts le document qu’il s’agit d'identifier et (les spécimens fie l’écriture courante >le celui ou de ceux qui sont soupçonnés d’avoir écrit ce document.Cela n’a pas suffi pour le capitaine Dreyfus, car il était dit qu'en tout lies mesures exceptionnelles seraient prise;» à son .égard.Certaines des pièce» de comparaison ont été obtenues par «les procédés qui permettraient de déclarer coupables vingt personnes sur cent prises au hasard.M.DU PAT Y DE CLAM, DANS SON ING É-MT0S1TÉ 1 N QU ISITQHI AL E, A FAIT KOI U HE AU CAPITAINE JUSQU’À SOIXANTE FOIS ET PLUS DES PHRASES OU DES PARTIES DE PHRASES DE LA n LETTRE MISSIVE », par exemple le mot » manœuvres ¦¦ et la phrase : » Je vais partir en manoeuvre », L’OBLIGEANT À ÉCRIRE TANTOT DEBOUT, TANTOT GANTÉ, TANTOT MAINS MUES, TANTOT LENTEMENT, TANTOT AVEC RAPIDITE.S’il l’avait osé, il lui aurait demandé sans doute d'imiter l’écriture du bordereau anonyme.N’est-ce pas un moyen semblable à ceux employés dans les formes judiciaires de jadis ?Au lieu tie torturer physiquement un accusé, on le torturait moralement jusqu’à ce qu’on eût obtenu de lui une imitation graphique qui satisfit à peu près l'accusation.Sera-t-il permis, après cela, fie Ilétrir ceux, qu’ils portent ou non i’uniforme, qui se font les tour-menteurs et les bourreaux des hommes livrés à leur autorité toute puissante ; et ee dernier tableau n’achève-t-il pas de prouver l’indignité de ceux qui ont pris au procès Dreyfus une part active : qu’ils s’appellent Mender, ou Bertillon, ou Du Patv de Clam î pie l’un (A suivre) BkhxahI) Lazare.ST-N1 COLA S 19e année.Sommaire «lu numéro 12, lé Septembre 1898 : — Le dernier coup de canon, P.du Château.— Jean Tapin, Cap.Dan-rit.— L’enfant prodigue, L.Morin.— Le prince Cam, V.Aury.— Boîte aux lettres.— Tirelire aux devinettes.— Illustration pat Paul de Semant, G.Boddien, Louis Morin, Birch, etc.Envoi franco d’un numéro specimen sur demande par lettre affranchie.Librairie Ch.Dclagrave, lû, rue Soufflot, Paris, et chez tous les libraires.Alionneiiients : Paris et Départements: six moi», lOfr.; un an, LS fr.LES ERREURS DE PLUiVIE Il ne faut pas être trop sévère pour les romanciers populaires, si l’on songe «pi’aux plus grands écrivains il est arrivé d’écrire des bourdes.Les feuilletons en fournissent une ample moisson : Sa main était froide comme ce serpent.On attribue celle-la a Ponsoti du Terrai!.Les jours-ci ne lis-iit-on pas sous la plume d'un écrivain célèbre : Elle lui tendit sa main onctueuse comme de la vaseline.Fi ! la sale'! Quand les e»i-i,ii.'.,- 5U!» .«:ii habiles do leurs mains et cassent beaucoup do vaisselle, elles disent qu’elles ont.» les mains «le beurre ».C est bien du style de cuisinière, et c’est ainsi que devait parler, au siècle dernier, celle de M.de Bièvre, auteur dramatique assez estimé, qui était mécontent d’elle.11 disait : — Elle casse trop.C’est Inès de Castro.Voici un Napoléon 1er qui n'a pas une attitude banale : — L’empereur était immobile sur le pont, les deux mains croisées sur le dos, et l’autre passée dans le gilet.L’auteur do cette phrase fut-il hanté par ses souvenirs classiques î Dans » l’Aululairo », comédie de Plaute, l’avare Euelion fouille son esclave Strobile, pour vérifier s’il n’a rien volé, et i! lui dit : • Fais voir tes mains ! Bon ! Et la troisième à présent ! Strobile répond naïvement : — Mais je n’ai pas trois mains ! Cost qu’il n’était pas Napoléon.L’TTarp.t-gon de Molière dit quoique chose d’approchant à I.» Flèche : — Fais voir tes mains! Bon ! A présent, les autres ! C’est par des étourderies de ce genre que les grand» comiques marquent dans leurs personnages le trouble de la pour ou de l'émotion.Mais Napoléon, sursoit pont, n’en était pas là ! Tous ces temps-ci, on a remué tous ces menus déchets, on a sorti les monstres, les ratés, les bourdes et les lapsus.La revue en est fort divertissante, et pourrait prendre pour épigraphe la phrase célèbre : — Le char de l'Etat navigue sur un volcan.On cm a cité de tellement invraisemblables qu'on a peine à les accepter sans contrôle.Faut-il croire «ju’Albert Wolff écrivit un jour : — Le talent de Mme J jdic est une ! » iu teille à l'encre dans laquelle il ne faillirait pas trop potter le scape! par crainte de ne trouver au fond qu’une pincée de cendres ! .M.«1 Amfreville cite ee texte comme authentique.C'est un peu fort ! Ces cendres qui reposent au fond d’une bouteille remplie d’encre qu’on casserait à l'aille d'uu scalpel ! Quelle bouillie, et quelle opération ! Et cet autre qui insulte le parti politique de ces » valets entrés dans les souliers dos maîtres par les portes bassos «le la domesticité ».Des souliers à portos ! C’étaient des nefs île cathédrales, ou de» boîtes à violons.L’auteur aura confondu avec les culottes a pont.Alexis Bouvier décrit, ainsi un empoisonnement au moyen d’une fiole de.poison : — Le misérable se précipita sur l’enfant, il lui saisit la tete, lui en vida le contenu dans la bouche, et le pauvre petit retomba suffoqué.Il y avait fie quoi.Un enfant à «pii on vide dans la bouche le contenu de sa tète a toujours le droit «l’être étonné, tout comme l’eût HISTOIRE DE Le SEMAINE JEANNE i Ce soir-là, sous les poutres de la chatn-bre basse, devant un feu de chènevotte.s encore mouillées, «|ui pétille pius qu’il ne flambe et fume plus qu'il ne pétille, la mère, tout en filant, contait de très belles histoires, tandis que Jean Darc, le père, debout contre le mur, aiguisait d’un caillou, pour la besogne du lendemain, l’acier plat d’un outil à retourner la terre.Elle savait beati-«yjup de choses, la filëusc, parce qu’elle lisait souvent dans les livres de dévotion et parce qu’elie avait fait le pèlerinage de Rome; c’était à cause de ce voyage qu’on l’appelait la Routée.Elle contait donc, en faisant virer le Jin entre ses doigts mouillés, et tes enfants en groupe, — l'aîné accoudé aux genoux de sa mère, le menton sur les poings, — écoutaient de toutes leurs oreilles, les yeux ravis, avec de petits cris qüi s'extasient.Mais Jeanne, la cadette du «yidet, était assise sur un eiwytbenu dans le coin le plus obscur de la chambre : elle avait les mains jointes comme pour la prière, et tenait la tête levée, comme si elle eût contemplé à travers la fumée, au lieu du plafond, le ciel ; quand les chènevottes, tout-à-coup, s'allumaient avec un éclaboussement d'étincelles, ou voyait dans le rayonnement de son visage, vite effacé, une pâleur de fleur chétive, et deux larmes qui tombaient comme deux gouttes de rosée.La Rornée conta : » En ce temps-là, l'Enfant-Jésus jouait sur les bords «lu fleuve avec ses petits compagnons.» Et cela n’était pas bien, parce que c’était le jour du SabaL » Un homme qui passait alla dire à saint Joseph : » — Vous devriez corriger votre fils qui se divertit, le jour du Seigneur, à faire des tas de sable près «le l’eau ; et c’est une chose «jui est défendue.» «Saint Joseph alla vers les bords du fleuve ; il vit «jtie l’Enfant-Jésus faisait véritablement ce que l'homme avilit dit.» II entra dans une grande colère et lui ordonna de revenir à la maison.» Mais l'Enfant-Jésus, irrité d’être grondé, tapa du pied en jetant en l’air le sable qu’il avait dans les mains.« Et les poignées de sable furent de beaux oiseaux «jui s’envolèrent en chantant ».Cependant Jean Darc avait achevé «l’aiguiser l’outil «le labour ; malgré les belles histoires, l«js enfants sentaient se baisser leurs paupières ; Jeanne se leva et, après les souhaits de bon sommeil, elle monta dans sa chambre, oh, à genoux sur le lit.devant des images de saints, parlant «juel-quefois à voix basse avec l’air «le répondre à d'invisibles anges, elle resta en prière jusqu’à l'heure où chante le coq matinal, dont la voix grêle et déchirante est comme le cri du jour nouveau-né qui s’éveille.II Elle allait souvent, après la messe entendue, s’asseoir au bord d’un champ, sur les ruines de quelque masure; elle regardait les portes défoncées de la demeure vide, le lit brisé sous le toit qui s'effondre, et le bâillement noir île la cave sans futailles et la huche où l’on a volé le pain ; car le temjis était dur, alors, pour les paysans de France ; trop souvent, par bandes farouches, des homines habillés du fer, «lu bronze (jui sonne, et criant dans une langue que l’on entend point, bondissaient de la ravine ou de la lisière du bois, et se ruaient flans le village, effrénés, hideux, nicen-diant les granges, les chaumières, étranglant lus vieillards,, forçant les filles, j>il-lant et carnngcant ; et c’était une grande pitié.J««inne pleurait du voir autour d’elle tant de reliques désolées ; elle pleurait bien plus en songwuit qu'il en était ainsi partout, dans lu douce et belle France.Mais bientôt elle relevait le front, et «les lueurs, dans les larmes, illuminaient sus yeux.C’était quelle entendait, non de l'oreille, mais du cœur, flans le bruissement des feuilles, dans la fuite dus souffles, dans le bruit même de la pierre d’un mur, qui tenait à jieinu et touillait, «les voix «pii lui donnaient, dus conseils d’espérance et de gloire, ou lui chantaient des jirophêties, et c’était qu’elle voyait, au loin, uu-delà de campagnes heureuses et du florissantes cité", dans une brume «le soleil dormit des piliers de cathédrales, un étendard de neige fleurdelisée, où sont peints Dieu et les auges, et (pii sc penche, perini l’encens, sur la tête d'un roi agenouillé.IU Un jour qu'elle s'était levé de grand matin, elle alla droit devant elle et maiclia très longtemps.A l'orient rose d'aurore, il y avait des déchirements «le nuées : des blancheurs sut la route, sur la plaine, sur la verdure tremblante des lwis, étaient comme des écltarpes qui traîneraient du ciel sur la terre : puis ce fut le grand jour, vaste et resplendissant, avec l’or lumineux des blés et les forêts pareilles à d'immenses bûchers d'émeraudes dans tout l’espace ensoleillé.Elle avait tant marché qu’elle arriva, au bord d’une petite rivière, dans une roseraie où il y avait des roses en si grand nombre qu'elle n’en avait jamais tant vu et si belles quelle ne croyait pas qu’il yen eût de semblable!).Elle s’arrêta ; elle était au milieu de toutes les roses, si jiâlc, comme un grand lis.Mais elle ne s’était pas arrêtée à cause des belles fleurs et du vent parfumé : ce qui l'empêchait d’aller plus loin, c’était qu'au delà de la rivière, ce n’était plus la France.Elle s’assit au ljoid do l'eau, sur le sable.Elle sourit.Elle se souvenait du conte qu’avait dit la Roméo.Elle se le raconta à elle-même, le trouvant joli.Ou sera un héros, mais on est une petite lielle.Elle prit du sable dans ses mains et le fêta en l’air.O miracle : la poignée de sable fut un chardonneret ! elle en jeta une autre, et ce fut uno linotte ! une autre, et ce fut une fauvette ! une autre, et ce fut un pinson ! une autre, et ce fut un rossignol qui alla rossignoler dans le rosier voisin ! Do sorte que, bientôt, elle se vit cuve' _ _ 'e, — car ics oiseaux nu fuyaient pas, — d’une nuée gazouillante oil battaient des ailes de toutes les couleurs.Elle s’amusa quelque temps d’écouter les chansons et de voir briller les plumes Puis, elle dit avec douceur: » Allez, partez, petits oiseaux! je vous aime et vous êtes jolis, mais vous no devez pas toujours rester auprès de moi.Puisque vous avez pris vie, il faut que vous songiez à voler dans les bruiteurs du ciel, à faire vos nids dans les arbres.Allez, petits oiseaux, du côté où le vent vous pousse ! » Ce fut comme si elle n’eut ne» dit ; ils no cessaient de pépier et de voleter autour d’elle, se posant dans ses cheveux ou sur ses épaules, lui becquetant l’oreille ou la lèvre: et la fauvette gazouille enfin ! " Non, nous n’irons pas du côté où le vent nous pousse, parce que, la-bas, ce n’est plus la terre de France, d’où nous sommes nés, et nous testerons avec toi, toujours ' » 59 L’AVENIR DU NORD été le voyageur >uis XIV monta sur le trône en Kî l.'l, que la pomme de terre était connue chez nous îlcpu»:: 158.0, ot qu’t.ii n«/iAun»«- mm, mi champ de pommes de terre a le temps de pousser.De même un journaliste relevait, récemment à titre u d’amusante annonce •» cotte ligne d’un journal de province: — A céder un bon commerce d’issues.Kt il faisait suivit» ci» mot •• issues n d’un halailh n de points d’exclamation, constatant par là mène» sa profonde ignorance de la langue française, dont ce terme a les honneurs de tous les dictionnaires pour désigner les déchets de la mouture.11 ne faut pas que le censeur mérite les verges.Orateurs, journalistes, académiciens, tous ont eu des absences et des lapsus.Duma père en commit beaucoup, moins que Victor Hugo, qui parle de la Sorbonne cinq cents ans avant Sur* b'ui ou bien qui décrit la terre molle encore du déluge au bout de deux mille quatre-vingts ans.1a*s plus grands y passent.Jd.se/.le u Virgile Travesti *« de Scarron ; c’est une satire soutenue, qui souligne et raille plus d une inconséquence.Ainsi, dans sa Descente aux Knfeis, Enée voit Thésée assis sur un siège de fer où il demeurera pour l’éternité, en répétant à voix haute cette belle maxime : Apprenez la justice et respectez les dieux.Le maîtie Scarron ajoute sa petite note, car il lui semble qu’au milieu des ombres des morts, qui en ont fini avec la vie», il est bien tardif et bien inutile de donner un pareil conseil : La maxime est lionne et lielle, Mais en enfer, de quoi sert-elle î Inobservation est juste.Faire de la morale au c morts, c’est peine su peril ue ; il est tiop tard.Et voilà le divin Virgile pris en flagrant délit d’inadvertance.Et Molière ! Que diriez-vous si vous le lisiez d’un pou près, en l’épluchant ?On y a bien souvent relevé des phrases baroques.Il parle de l’âme Kl la plus glorieuse a des n gals peu eliors liés *| 11*011 \oii qu’on nous mêle avec lout l’univers.Dans les éditions classiques, il y a beaucoup de ces passages que le consciencieux professeur et annoteur essaye d’expliquer ou d’excuser de son mieux, n Tournure un peu vieillie ; tour tombé en désuétude.! Dame ! Molière travaillait vit.» ; il était tout ensemble, acteur, auteur, directeur.Il fallait bien payer la rnmpjn de la rapidité.On le lui a assez reproché, souvent avec bien de la rudesse.Lahruyèru dit que le style de Molière n’est que jargon et barbarisme.Fénélon l'appelle du galimatias.Il eût fallu, pour se divertir, que Eibruyèro et Fénélon eussent pu lin* quelques pages de Xavier de Montépin ou de Ponson du Terrai!.Cela leur eût paru du huron.D’erreur commence quand on veut accord ci-trop d’impôt tance à ces vétilles et à ces Imîvuoh.Il 11e faut pas chercher les parasites dans la crinière du lion avant de s’apercevoir que c’est un lion, et qu'il est beau même avec ses para-üivûn.Quiuitl un tuiseuioie résiste à ces menues critiques de détail, c’est que celles ci n'onfc pas de portée et que la grandeur du tout peut supporter sans dommage ces piqûres : car si celles-ci font du mal, alors c’est que Pieuvre était en baudruche crevable.Aussi est-ce un innocent plaisir de collée lionner ces bévues des écrivains, ces 1: lapsus calami n qui sont le tribut payé à l'étourderie humaine pour amuser l’humanité souffrante et exercer les vérificateurs.Un jour, dans une classe de rhétorique, le devoir était de composer le discours d’un officier à ses soldats, sous le règne de Philippe de Valois.Ce guerrier leur disait : — .'Soldats î nous partons pour la guerre de Cent ans ! Cela paraît si naturel î Plus loin il s’écriait: — Nous autres gentilshommes du moyen âge ! Ces bévues ne sont absurdes qu’à la réflexion, tout comme celle ch* Jules Janin disant que le homard est ht cardinul des mers.Z.lïrirnrmrnnfrn.iTnmiiiTrirninmfTnfnnTrni rfrrrrn.rTmTnrm 11.irrrrriTin* I îkFaits Divers^ 1 umutijmumimmmiun.::uumiiu^» ftn 11 mmi 11 rmnmmimni Sfl INT-JEROME SEANCE D’HISTORIOGRAPHE POUR ENFANTS.— A la dernière minute on nous prie d'annoncer que dimanche après-midi, à H heures, se donnera à la salle du marché, une séance spéciale d’historiographe pour les enfants.ENTREE : loCts.— Le règlement autorisant h* conseil-de-ville à emprunter $35,590 pour construire un aqueduc en fer contre les incendies, est contesté.L’avocat de la contestation est M.F.X.Mathieu, île Sainte-Scholastique.— Les courses de chevaux qui devaient avoir lieu au Parc Jérôme, le 30 du courant, sont remises à mercredi, le 5 octobre.Qu’on s’y rende en grand nombre.— M.Georges L.ileMartigny vient d’ouvrir 11:1 bureau d’agence générale là où était auparavant le bureau de I’Avknih nu Nord, près île l’hôtel Corbeil.— MM.P.Simard, Demers et autres reviennent d’une excursion au Du* des Grandes Haies.Leur pêche a été abondante.— On dit que les travaux du nouvel aqueduc en fer contre les incendies ne seront commencées qu’au printemps prochain.— Nos amateurs de volailles de race ont été* chanceux dans les dernières expositions : M.le Dr Longpré a remporté quatre seconds prix ; deux à Sherbrooke et deux à Québec.M.Sa-vard a eu un ffèine prix à Sherbrooke et un 1er et un 2ème à Québec.M.Chagnon a remporté un 1er et 2èmo prix à Sherbrooke et trois 1ers et un Sème à Québec.— Seule et grande exposition de modes de la saison, chez H.Castonguay.Vous y trouverez tout ce qu’il y a île beau et de cliic dans les nouveautés.Déjà un grand nombre de personnes sont venues visiter notre département de mode*».le profite de l'occasion pour remercier le public île son bienveillant encouragement et je réitère mon invitation : que ce soit comme acheteurs ou visiteurs, vous serez les bienvenus.— Nulle part on trouve un aussi joli choix de bijoux de toutes sortes, nulle part les réparations aux montres, ou aux horloges 11e sont faites aussi bien et aussi promptement que» chez M.A.Cartier, en face du marché.— Ta* contrat pour l'intérieur de notre non-elle église est donné.Les soumissions étaient comme suit : MM.Mouette A: Vézitm, $31.000 “ Boileau, 32,000 M.Bourque, 32,400 La soumission Boileau a été acceptée par la fabrique.Mais comme celle-ci a l'autorisation de 11’ei n prunier que $25,000, l'archevêque a retranché certains travaux de manière â baisser le montant de $32,IKK) à celui de $20,000.C’est-à-dire que la fabrique va emprunter $25,000 et y joindra les $1,000 qu’elle a en banque.Les travaux doivent commencer sous peu et mettront l’église logeable et convenable.— Le Cercle des Variétés ouvre la série de ses Kl»i !•/.,.u é’.iiip.fj* d’hi *.**.: T, pSI* di'ÜX d’historiographe, dimanche et hindi.Voir h; programme un peu plus loin.— Choix considérable de cadeaux pour mariages.fêtes de naissance et autres anniversaires remarquables de la vie, voir à la Librairie St-Jérôuie.— La majorité contre la prohibition à Saint-Sauveur, est de 1 11.— Assurez votre vie dans la G HEAT WEST, compagnie qui a obtenu une moyenne de sept pour cent sur ses placements depuis son organisation.Ses placements sont sur des propriétés de ville rapportant dits bénéfices.Seul agent pour le district : M.JOS COU-ÜEIL.Saint-Jérôme.Chaussures — Désirez-vous une chaussure élégante, sur forme modern»^ «n?ne blesse jirssi; !c pied » Allez chez J.D.FOURNELLE, qui a toujours en magasin le plus bel assortiment de bottines et souliers de toutes couleurs à très bas prix.Spécialité : Balmoral pour hommes, avec caoutchouc au talon et n «trappe •• brevetée par George T.Slater.îVussi un bel assortiment de chapeaux poor hommes, femmes et enfants.— BELLE TERRE à vendre sur la rivière du Nord, à 5 milles de la ville de Saint-Jérôme, tout près de la fromagerie.Si on le désire h* propriétaire vendra la terre seule ou bien avec tout le roulant et avec la récolte.C’est utie Is'lle place pour un cultivateur qui désire s’établir.S’adresser à Masserro tk Cie., ou à l1 Avenir du Nord, Saint-Jérôme, comté de Terrebonne.Sainte Anne des Plaines — M.Conrad Chaumont, fils de M.Joseph Chaumont, a été ordonné prêtre à la cathédrale de Montréal, par Mgr Bruchési.Dimanche il chantait ici sa première messe, accompagné à l’autel parle Rév.M.Cousineau, supérieur du séminaire de Sainte-Thérèse.M.Sauriol, du même séminaire, a fait un magnifique sermon.Le soir, un banquet a été donné par le père du nouveau prêtre.Ont pris part à ce joyeux festin de famille, M.Dugas, curé de Sainte-Anne et son frère, M.l’abbé Dugas, le Rév.M.Benoit, la Révde.Sceur Supérieure du couvent et deux autres religieuses de Sainte-Anne, S(jnir et cousine du héros de la fête, et le Dr Douais, son beau-frère.M.l’abbé Chaumont part sous peu pour Rome où il va consacrer quelques années à l’étude de la philosophie et de la théologie.Livres, Journaux, Revues 9 » 9 % £5^ II sfr a rendu compte dans co journal de tout ouvrage dont on nous enverra un exemplaire.LA NOUVELLE REVUE Livraison du 15 septembre 1898.—.Sommaire : Le duc de Richelieu au Congrès d'Aix Îa-Cluipelle.1818.(1), V.Ernest Daudet ; Le Prélude de Chopin, (fin), Comte Lwve Lvo-vitch Tolstoi ; Lit nationnulité belge et le Pangermanisme, M.L.Van Keymeulen ; L’Amiral Benedetto Brin, M.Henri Montecorlioli ; L*n sculpteur écrivain, M.Eugène Guillaume, M.Henry Join; Sur les routes d’Andalousie, M.Georges Eli né ; L'Art impressionniste au Musée du Luxembourg, M.Etienue Bricon ; Zele, Mœurs Jugo-Slaveè, Mme Christiane Solvejgs ; L’Exode des Dieux, M.P.Hippoly BoUssac ; I.ie$ Economies à Rebours, M.Saint Genid ; Lettres sur la politique extérieure, Mme Juliette Adam ; Pages courtes, Coin te- -se de Sesmaisons, Ce qui se dit à Paris.LE DRAME DE ST-L1R01RE ].u pâle poussière s'anima, s’enfla, prit forme, devint peu n peu de grandes ailes palpitantes autour d'unejeune fille pâle qui sourit île s’éveiller.Et les oiseaux, à présent, n’étaient plus des pinsons, ni des linots, ni des fauvettes ; c’étaient des anges qui, dans un déploiement de g.amies ailes blanches, emportaient Jeanne vers le beau Parutli», oette Franco du ciel ! Catulle Menues.Tout le monde le sait Le RAUMK RIIl'MAL est le sjiéeiliqne par excellence pour soulager et gu.rir la toux, le rhume, h t maux île gorge.Il ne pouvait s’habiller seul U n ctU-tiviitr.ur île lu Nouvelle-Kcosne raconte ce qu'il a souffert du rhumatisme et comment il a été guéri.De 1'Enterprise, Bridgewater, N.E.¦ Quand le rhumatisme s’acharne sur une victime, les tourments qu’il cause sont in-tolérales.11 faut avoir souffert de cette maladie pour comprendre la joie que doit éproux'er quelqu'un qui est délivré de ses étreintes.M.\V.E, Polkenlmm, de New Elut, N.E., est un de ceux qui ont été soulagés .i.1.i i , ost l agent sjk*- 11 est à remarquer que l«* prix est moins elove que cial pour ce remede merveilleux.M.\Y.IL Scott a celui de tous les autres remèdes du mémo genre.Prix de ce Remède infaillible - $25.00.S'adresser à JV.-II.SCO 77, Saint-Jérôme, P.O jOttH LABArj* ALE & STOUT SEUL JOURNAL D’AMERIQUE Publiant «Ica dépêches spéciales do sou correspond.-uri de Paris, les dépêches il«' Frimce et: mitres pays d Th i rope de tous les urauds journaux de Ncw-VurU ainsi «pie les dé pêches de la presse associée de toutes les parties «lu 'nondc.CONDITIONS D'ABONNEMENT ruix DK L'A HON N KM KNT TOUR LKS ETATS-UNIS KT l.IC CANADA Payable invariablement «l'avanco Un An Six moi* 3 mois Edition Quotidienne (Courrier «lu Dimanche compris) $11 6o $630 $j ,«, Courrier du Dimanche (paraissant le dimanche matin) 150 1 50 Edition Hebdomadaire (paraissant le mardi matin) ,s J«> a 60 1 50 Les abonnnue.nts /xirtcnl «lu 1er et tin là JSTI3Hfî/lBli.E DE des pieilleures fabriques à des prix déliant toute compétition Tutur let plue bas — La roule la et la j tins jtopulttire.; Passant par les pi im ipale.s villes du Canada et j par Chiengo, St-Paul, le .Minnesota et le |).,tota Nos c hars doi t.iis gratuits pour l«-s tamilles des Collins et autres qui s,, dirigent vets l’ouest , sont très co:i)!u«h]«*s et lus |Ntssa^«*)r> pouvent y apporter leur lit«*ri«* ou p hr» a.m.r , ., , .et 10.25 hrs p.m., commençant le K mars.Interet «tlloue sut depots.I^-s p;Lssag»*rs p«»nr les JVlipes cJ*oy du ¦fukop et du Klopdyke auront gt-atui-teineiii a leur ilisposition ih-s ehars-,K>t toirs jus.Billets d’encan Fait toutes espèces de collections (Traites émises sur toutes les parties d l’Amérique K.DESCHAMBAULT.Gérant ;D>a j-§ © c ?° c n M.A.ETHIER, tw’r licite la visite de tous ceux qui veulent des habits bien faits.Coupe garantie et prix modérés.A ETHIER, Rue Sain‘©-Marie, près du pont de fer.GTAPITAt PAY—- FOptBSi.île pESEpVt $6,000,000 $3,000,000 G.HAGUE, Gérant-général.THOMAS FYSHE, Gérant général adjoint.E.F.HERDEN, Surintendant les succursales.SUCCURSALES DANS TOUTES LES CITES ET DANS LES PRINCIPALES VILLES DE LA PUISSANCE DU CANADA Fait toutes sortes de transactions de Banque.Change Anglais et Américain acheté et vendu.Nous «îsconptons les billets approuvés des manufacturier», marchands, commerçants cultivateurs.DépAts reçus et intérêts payés nu taux courant.Lettres de crédit émises payables en Chine, an Japon et dans tous les pays du monde A- C.E.DELMEGE, Gerar)t Succursale d«ï St-JérAmo M.DAHASE RICHER Voiturier, — Ferreur, — Forgeron OUVRAGE GENERAL Réparation de toutes espèces de machines.Ouvrage fait avec soin et a des prix modérés.RUE SAINT-GEORGES.Près de l’épicerie
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.