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Titre :
Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens
Publié à Québec, ce journal d'information d'allégeance catholique et ultramontaine appuie les partis politiques conservateurs. [...]

Le Courrier du Canada est lancé à Québec le 2 février 1857 par Hector Langevin et Joseph-Charles Taché. La fondation du quotidien précurseur de la presse d'information catholique au Canada est subventionnée par l'archevêché de Québec. Le journal reçoit rapidement l'assentiment d'une grande partie du clergé de Québec dont la faveur était passée du Canadien au Journal de Québec.

Journal d'information locale, nationale et internationale, Le Courrier du Canada accorde une plus grande importance aux questions canadiennes, particulièrement à la défense du catholicisme et à l'épanouissement de la langue française en Amérique. La publication relaie les nouvelles de l'église romaine et appuie la papauté face à la montée de la question de l'unité italienne.

Le Courrier du Canada rejette la publicité pour des divertissements impies en échange de l'exclusivité des nouvelles émanant de l'évêché de Québec. Il milite pour le maintien des valeurs catholiques traditionnelles et le provincialisme, tandis qu'il s'oppose à la démocratie, au socialisme et à l'athéisme.

Hector Langevin quitte la rédaction du journal après seulement quelques mois pour se consacrer à la vie politique. Joseph-Charles Taché en devient alors le principal rédacteur. Conservateur opposé aux libéraux radicaux, il publie sous forme d'articles, du 7 juillet au 23 octobre 1857, un plaidoyer remarqué en faveur d'une confédération canadienne. Il quitte son poste en 1859 pour se consacrer à une carrière de fonctionnaire et d'auteur.

Auguste-Eugène Aubry, juriste français venu enseigner le droit romain à la nouvelle Université Laval, prend la relève à l'automne de 1859. Critiqué pour sa hargne à l'égard des anglophones et de la classe politique en général, il quittera ses fonctions au journal en 1863 et, après avoir repris l'enseignement, retournera en France en 1865, victime par association de la crise gaumiste, lutte opposant les fondamentalistes chrétiens aux partisans « libéraux » de l'enseignement des auteurs classiques.

Eugène Renault, qui écrivait déjà au journal, prend la relève de la rédaction de 1863 à 1873. Au nombre des collaborateurs présents durant ces années, on compte le musicologue Ernest Gagnon et Adolphe-Basile Routhier, homme de loi et auteur, notamment de l'Ô Canada. Guillaume Amyot (1873 à 1875) et Roch-Pamphile Vallée (1875-1880), tous deux politiciens conservateurs, se succèdent ensuite à la rédaction du journal. Homme aux mille talents et intérêts, Narcisse-Eutrope Dionne leur succède de 1880 à 1884 alors que le politicien conservateur Thomas Chapais tient la barre de 1884 à 1901.

Bien que basé à Québec, le journal est distribué dans toutes les régions du centre et de l'est du Québec et même au-delà, où il trouve des collaborateurs et des lecteurs en premier lieu parmi le clergé.

Le Courrier du Canada déclare des tirages de 1900 exemplaires en 1869 et 1500 exemplaires en 1898. Le journal s'éteint en 1901 faute de s'être adapté aux tendances émergentes en matière d'illustrations et de nouvelles à sensation.

BARNARD, Julienne, Mémoire Chapais, t. 2, 1961, Montréal, Fides, p.149-153.

« 25e anniversaire », Le Courrier du Canada, 1er février 1882, p. 1-6.

LAVOIE, Elzéar, « Les crises au Courrier du Canada : affaires et rédaction », dans Nive Voisine (dir.) Les ultramontains canadiens-français, 1985, Montréal, Boréal Express, p.143-159.

LAVOIE, Elzéar, « La clientèle du Courrier du Canada », Culture, vol. 30, no 4, déc. 1969, p. 299-309; vol. 31, no 1, mars 1970, p. 40-57.

SYLVAIN, Philippe, « Les débuts du Courrier du Canada et les progrès de l'ultramontanisme canadien-français », Les Cahiers des Dix, no 32, 1967, p. 255-278.

SYLVAIN, Philippe, « Auguste-Eugène Aubry [1819-1899] », Les Cahiers des Dix, no 35, 1970, p. 191-225.

Éditeur :
  • Québec,1857-1901
Contenu spécifique :
vendredi 19 février 1869
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 1869-02-19, Collections de BAnQ.

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I3erae année QUEBEC, VENDREDI 19 FEVRIER 1869 Numéro 9 JOURNAL DES INTERETS CANADIENS CROIS, J’ESPERE ET J’AIME.A quel prix on précité l’Evangile Noue avons dos traités avec ia Chine qui assurent la liberté des missionnaires.Par le bénéfice do ces traités, on ne les tue plu6, du moins le gouvernement chinois n’y met plus la main.Mais la lettre suivante prouve que la persécution n’a pas cessé, et que, dans cet état do paix où l’on est, les missionnaires ont encore besom d’un courage qui va jusqu’au sacrifice de la vie.Nous tirons cette lettre émouvante du dernier cahier des Annales de la Propagation de la foi.S.Dksqukrs.MISSIONS D'ASIE.CHINE.• FJftffiFKOTUKB APOSTOLIQUE DU KO U A NO-TON O ET DU KOUANG-8I.Maintes fois déjà nous avons signalé l’irsnffissnce des traités do 1860 pour assurer la liberté religieuse aux missionnaires et aux chrétiens de la Chine.Si ces traites ont pu jusqu’ici prévenir le retour des persécutions générales, leur inefficacité est notoire quand il s’agit d’cmpccher les persécutions locales excitées par le caprice des mandarins, la haine des lettres ou les préjugés de !a multituJe.En voici un nouvel exemple.Au mois d’octobre 1867, un missionnaire français a été arrête daus la province do Canton, et retenu quatorze jours prissn-nier.Il n’a dû son élargissement qu’à la courageuse et persévérante énergie du consul anglais Sow-tao, gérant du consulat français en ce lieu.Le récit suivant a ôté adresse par le missionnaire lui-mérne ù Mgr Guillemin.Lettre de J/.Ver chères, de la Congregation de* Missions-Etrangères, à Mgr.Guillemin, préfet apostolique du Kouang-Tong et du JCouutlg-si.Tai-yong, le 26 octobre 1S67.44 Monseigneur, “ Je peuec que Votre Grandeur aura reçu la lettre que j’ai eu la joie do lui écrire le 21 de mois.Je n’avais alors qu’un cliifîbn de papier à ma disposition* et ma main,-serrée parles fers durant quatorze jours, pouvait à peine tenir la plume.Aujourd’hui, me voilà revenu à peu près à mon état ordinaire, et le premier usage do mes forcés est pour vous "faire connaître les causes de mon arrestation et les divers incidents qui l’ont accompagnée.44 .Bien des fois Tai eu le plaisir de voue entretenir de la petite chrétienté de Hicn-young.Formée depuis peu d’années seulement, située au milieu des montagnes presque inaccessibles, elle Décomptait que 40 à 50 chrétiens au moment do mon arrivée.Depuis, grâce à Dieu et au séjour assez souvent répété que j’ai tâché d’y faire, le nombre des fidèles s’est élevé jusqu’à 130, tous hommes do foi et de pratique, mettant le bonheur d’appartenir à Dieu bien au-dessus do tout autre bonheur.Des progrès 6i rapides no pouvaient ûtro obtenus sans que le démon jaloux ne fit tous eea efforts pour les arrêter, et meme pour détruire la chrétienté naissante.44 A trois lieues de Hien-yong, au pays de Tai-yong, où je réside habituellement et où je compte un certain nombre de chrétiens, so trouve une famille nombreuse, composée de mauvais sujets, ui, voyant la position inaccessible do s Mes chrétiens me pressent do fuir.JojSonnier.Je nie recommandai de nou* hâte le pas : je mets, entre moi et les gens qui me poursuivent, une rivière assez profonde.Mais bientôt il me parut impossible de leur échapper.Renvoyant alors mes compagnons, et leur recommandant do pourvoir à leur propre sûreté, je retourne snr mes pas et me présente aux païens.“ —Me voici, leur dis-je.Puisque c’cet “ à moi que vous en voulez, je vous sms.“ L’un d’eux me saisit par la longue tresse do mes cheveux, un m’arrache mon bâton ferré, et m’en décharge sur les épaules des coups redoublés, taudis que les deux autres, armés de coutelas, me frappent rudement.Co traitement brutal, qui dura cinq minutes environ, était accompagné d’injure6 et de menaces.• J 14 —Il faut le tuer, disait l’un.44 —Comme il a la peau dure, reinar-44 quaient quelques autres.44 —Crevons-lui les yeux, ajoutaient ceux-ci, afin qu’il ne nous échappe pas.” 44 C’est ainsi que j’arrivai au village, où je fus accneiflipar les vociférations d’une multitude ameutée.44 Mon domestiquo, qui avait été arrêté en même temps que tnoi, et avait reçu de telles meurtrissures qu’il ne pouvait presque plus parler, ne tarda pas à nie rejoindre.“ Do3 que le calme sc fut un peu rétabli, je pris la parole, et m’adressant à Siong-kit, le chef do la bande.44—Pour quelle raison, lui dia-je, m’as-44 tu fait arrêter 3 44—J’ai ou à traiter avec les gens do 44 Hictyrong, il m’ont insulté.44—Et en quoi cela peut-il me concor-44 ner ?Je ne porte pas le ui&me nom de 44 famille que los gens de Hien-yong ; 44 d’après la loi du pays, tu n’a pas le 44 droit de m’arrêter.• 44—Pour les antres pays, c’est possible, 44 répond un des assistants ; il n’en est 44 pas de même ici.Quand les écoliers 44 sont en faute, c’est le maître qu’on doit 44 frapper ; 6i le peuple agit mal, c’est 44 au mandarin qu’il faut s’en prendre ; 44 puisque les chrétiens sont coupables, 44 c’est le Père qu’il faut punir.” veau à la Sainte Vierge.# 44 Le gardien refusa l’entrée, et après bien des disputes et des vociférations, le bruit cessa.Les geôliers toutefois, jugeant que la prison n’étuit pas assez sûre, ouvrirent mes cep6 et me conduisirent en ?ri autro endroit.Là, après m’avoir remis les ceps, après s’être bien assurés que je no pouvais leur échapper, ils allé* rent so coucher dans la chambre située au-dessus do la mienne.Pour moi, accablé de fatigue et de 6ommcil, no pouvant plus me soutenir, je m’endormis profondément.Lorsque jo m’éveillai, il était grand jour.Je voulus me mettre à genoux pour remercier le bon Dieu du sommeil réparateur qu’il m’avait accordé ; mes pieds et mes mains emprisonnés me refusèrent leur service.44 Le bruit de mon arrestation était arrivé rapidement jusqu’à Hien-yong, où se trouvait M.Tardy.Lc3 chrétiens prirent aussitôt les armes.Ils voulaient venir en masse pour me délivrer.44—Le Père a ôté pris, disaient-ils.A 44 quoi bon maintenant une chapelle et 44 des chrétiens t Allons le délivrer ou 44 mourir avec lui ! ” 44 Le dessein était généreux, mais imprudent.En cas d’échec, que serais-je devenu, livré à la merci de gens furieux qui n’auraient pas manqué de me faire, payer chèrement la tentative dirigée contre eux ?M.Tardy le comprit.Il engagea les chrétiens à déposer le6 armes, les assurant que lui-même allait prévenir M.Gaine, consul anglais à Sow-tao et gérant du consulat français en ce lieu.11 partit en effet.44 J’étais toujours attaché à ma chaîne les mains et les pieds liée.On comprend tout ce que cette position avait de gênant pour moi.Je m’aperçus bientôt qu’au moyen do certaines précautions ou pouvait encore s’habituer aux ceps.C’était tonte une étude à faire, mais une étude qui apportait toujours à mes souffrances quelque légor soula-gemeuî.Quant aux menottes, impossible d’en alléger lo poids ou d’en diminuer la gêne ; il m’était surtout pénible d’être obligé de recourir à des étrangers pour toutes les choses dont j’avais be- nui»:* ~ 1_______: - 4 ._______*•__ 44 Et là-dossus le Chinois qui s’ôtait ! soin.C’était de la main do mes gardiens emparé de.mon bâton do voyage, me {que je recevais le peu de riz que l’on vendu deux cents piastres, c’est-à-dire environ douze cents francs.44 Je devais partir avec mes nouveaux maître la nuit suivante, et déjà tous les préparatifs du voyage étaient faits, lorsque tout à coup un mandarin, suivi de douze satellites, so présente à Tai-yong, venant de la part du consul anglais do Sow-tno, réclamer uu missionnaires français, incarcéré depuis quelques jours par les habitants du pays.44 L’apparition subito do ce mandarin, en un lieu où depuis vingt ans on n’avait -vu aucun représentant do l’autorité administrative, jeta la consternation parmi les habitante.“—Eh quoi I disaient-ils, faut-il que, 44 pour un diable d’étranger, nous soyons 44 soumis aux exigences et aux perquisi-44 tions des mandarins ! ” 44 Néanmoins, il fallut d’abord, défrayer le mandarin et sa suite, chose toujours dispendieuse.Il fallut ensuite rompre le premier marché conclu à mon sujet, et payer une assez forte indemnité.Mais, lorsqu’on aborda la question de ma mise en liberté, comme si la possession de ina personne eût été pour ces païens d’un prix infini ou l’objet de quelque idée superstitieuse, ils se formèrent aussitôt en corps de défense, déclarant que pour rien au monde, ils ne consentiraient à mou départ.Force fut donc an maudariu de so retirer avec les gens de sa suite, et ma position devint plus fâcheuse et plu3 précaire qu’aupâravant.44 Dès lors, on ajouta à ma captivité tout ce qui pouvait l’aggraver.La nourriture fut plus rare, les geôliers se montrèrent plus dura, le clirétieu qui partageait ma captivité fut rudement trappe.Les paroles qu’on m’adressait prenaieut nu caractère de plus en plus Ïrouonco d’aigreur et de malveillance.rentoudais un païen dire uses compagnons : “Nous avons dépensé tant d’ar-“ geut pour recevoir le mandarin, qu’il 44 nous faut une vengeance.Infligeons u au Père le supplice de la peudaison.” En d’autres termes, il s’agissait de me lier les pouces derr.ère ic dos, et de me suspendre par la corde qui attachait mes mains.Un autre proposait de inc dé- [icn-yong, résolurent de s’en emparer pour en faire un repaire do voleurs.En-1 treprise d’une exécution d’autant plus difficile, que les mandarins no vont jamais dans ces montagnes, et que, chacun se rendant justice, c’est toujours la %raison du plus fort qui l’emporte.Us s’adressent d’abord aux chrétiens, auxquels ils suscitent une mauvaise affaire, afin de leur enlever lours champs et do Je6 éloigner de lour localité.Mais coux-ci démolirent inébranlables, et repoussent toute proposition capable do compromettre lour dignité.“Dans l’espoir do venir plus facilement à bout de leur entreprise, les païens songent alors à se rendre maîtres du missionnaire.Je no fus pas longtemps sans être prévenu (le co dessein ; mais, tant de fois j’avais entendu do pareilles menaces, tant de fois j’avais traversé le village sans mauvaise rencontre, que jo pouvais regarder le danger, s’il existait réellement, commo bion éloigné.44 Sur ces entrefaites, M.Tardy so rendait à ce village mémo de Ilien-yong et, commo depuis quelque temps je n’avais vu ce confrère, jo tenais à ne pas perdre l’occasion do le rencontrer.Jo me propose donc d’aller de Tai-yong lo rejoindre à Hien-yong.J’entre à la chapelle pour ma petite prière, 6clon l’usage de nos chrétiens, je me recommande à la bonne Mère, et me voilà parti avec mon domestique et deux hommes qui m’accompagnent.44 J’étais a peine sorti de la chapelle, que mon départ étaient signalé aux païens.Arrivé en face de leur village, je vois accourir à moi cinquante 611 soixante hommes, brandissant leurs lances, et ne dissimulant rien de leur projet.frappe avec fureur et à plusieurs reprises.Les coups furent tels, qu’au dire des païens, j’en deviendrais certainement impotent pour le resto de mes jours si je n’en mourais pas.Fut-ce illusion de ma part, ou bien les coups portèrent-ils sur mon scapulaire î toujours est-il qu’en appliquant alors la main sur la poitrine, je ne pus en découvrir les traces.Cependant on apporte des menotes, on y enserre mes mains, qu’on assujettit an moyon d’un gros cadenas ; puis Ton me fait monter dans une chambre où des ceps ont été préparés.Ces ceps sont formés do deux pièces de bois, longues chacune d’environ 1 m.50 cent., et à l’extrémité desquelles est ménagée une ouverture.On m’y introduit les pieds, qu’on serre au moyen d’une cheville s’enfonçant de ba9 en haut.Et comme si ces précautions ne suffisaient pus, mes persécuteurs pronnont les longues tresses de mes cheveux et les font passer par les fentes du plancher, de maniùro à les attacher en bas et à me fixer presque sans mouvement.44 La nuit était venue.Votre Grandeur peut 6C figurer quels tristes moments jo dus passer dans co réduit ténébreux, gisant dans la po3ture la plus pénible et livré aux anxiétés, aux préoccupations qui devaient naturellement assiéger mon es- bras bri-peu snr la planche, mais les ceps et les menottes no me permettaient pas même do prendre ce faible soulagement.Dans cet état de souffrances, jo m’adressais à Colle que nous appelons si justement notre Mere et le refuge du malheureux.Je mo disais en moi-inèmo : 44 Daniel a bien été 44 sauvé de la fosse aux lions.Je ne sau-44 rais sans doute me comparer en rien 44 au prophète ; mais, depuis que Notro-44 Seigneur nous a, sur la croix, donné 44 sa Mère pour être là nôtre, nous avons 44 réellement au ciel la plus tondre et la prit.J’avais les épaules et les sés ; j’essayai de m’otondre un n:c donnait, quelquefois une ou deux patates, tout juste ce qu’il fallait pour m’empêcher de mourir de faim.De leurs mains encore, jo devais recevoir les petits services personnels dont je ne pouvais me passer.Mais que de refus ou de paroles rebutantes n’avais je pas à subir ! 44 Dévoré par la soif, je m’adresse un jour à celui de mes gardiens qui me paraissait le moins dur, pour lui demander une tasse d’eau.Il me la refuse.44—Tiens, lui dis-je, voici unechaînetto 44 d’argent, seul objet qui lirait etc laissé 44 lors do mon arrestation.Prends la, et 44 donne-moi un peu d’eau.” 44 Le Chinois accepte avec empressement ; mais, au lieu de me donner l’eau que je lui demandais, il mo présente sa pipe, en mo disant : 44—Que lo Père fume un coup ; je ne 44 puis lui donner do l’eau, elle est trop 44 fraîche, elle lui ferait mal.” 44 Et je dus me montrer satisfait.44 Une autre fois, on me refusa également un peu do paille pour reposer mes épaules brisées de coupa et de lassitude.Tout ce qucjo pus obtenir, ce fut un misérable lambeau fait do je ne sais quelle écorce d’arbre et bien insuffisant pour inc garantir du froid.Enfin, la nuit, au lieu dlipporter quelque trêve a mes souffrances, ne faisait que les augmenter.C’est alors surtout que je sentais la privaton de mes mains, quand, assailli d’une nuée de moustiques, je n’avais aucun moyen de inc soustraire à leurs piqûres.44 Ainsi se passaient mes jours et mes nuits.J’éprouvais tout ce que la dureté chinoise sait préparer de rigueurs et do souffrances aux malheureux prisonniers.44 Mes recéleure ne pordaient pourtant pas de vue lo bénéfice qu’ils espéraiont tirer do leur capture.Us vinrent me proposer, comme condition do ma délivrance, d’écrire à mes chrétiens pour les engager à céder ce qui leur était deman 44 plus puissante des mères.Jo n’ai qu’à 44 mottro en elle ma confiance, et je no *167 Je mo gardai bien de lo faire ; c’eut 44 serai pas confondu.” Et, en effet, à co été abandonner le pays à nos ennemis, souvenir, l’horreur dos ténèbres semblait et fuir honteusement devant la persécu-s’éloigner ; lo calme et la paix renais- ’ saient dans mon cœur ; et, au millieu mémo de co repaire do voleurs où tout était à redouter, je sentais que je n’avais rien à craindre, qu’il no m’arriverait quo ce que Dieu voudrait, et cela pour mon plus grand bien.44 Vers minuit de* vociférations se font entendre, et la foulo vient investir la maison.44—Où est-il ce diable d’étranger ?44 qu’on nous lo donne, et nous verrons 44 bien s’il est aussi insensible qu’il pa-44 raissait l’ôtro hier.” 44 Au moment de mon arrestation, on avait supposé que je connaissais la ftia^io toun-tac, science au moyeu do laquelle celui qui reçoit des coups n’a qu’à fixer son attention sur un objet quelconque, et dos lors ce n’c6t plus sur lui, mai6 bien snr cet objet que tombout les coups.Chacun veut mo frapper et demaudo la elef de la chambre ou j’étais reton u pri- tion.“—Ko u, leur répondis-je hardimeut, 44 jo no puis faire cela.Voua avez co 44 qui est à vous.Quant à co qui no 44 vous appartient pas, je ne puis vous le ;t donner.” 44 Cette réponse me valut de nouvelles insultes et do nouvelles menaces.Un païen d’un village voisin offrit un buffle à celui de mes geôliers qui prendrait sur lui do me mettre à mort.Co moyen tut repoussé commo compromettant pour la localité.D’ailleurs on craignait une attaque do la part des chrétiens, qui se rassemblaient do toutes parts, et le village païen manquait d’argent.On jugea donc plus à propos do mo vendre, et d’employer la somme à se procurer des armes et des munitions.On chercha des acheteurs ; il so présenta plusieurs individus qui no demandaient pas mieux que de conclure le marché, duns l’espoir de mo revendre avec bénéfice.Jo fus cercle de bambou qu’un serre avec des coins, jusqu’à ce que lo sang 6orte par les yeux, les nariues et les oreilles.44 Un quatrième s’approchant de moi, me disait : 44 Le Père connaît-il tel en-44 droit, tel précipice ?Eh bien ! c’est là 44 que nous le précipitons, 6i le manda-44 riu vient encore noos tourmenter.” Un cinquième me demandait quel genre de mort jo préférais, si j’aurais grande répugnance ù être enterré vivant.44 Tels étaient les propos dont j’étais l’objet du matin au soir.Votre Grandeur pensera peut-être que ce n’était là que des menaces.Oui, menaces ulors, mais qui d’un moment à l’autre, pouvaient se changer en réalité, comme nous l’avons vu, il y a trois ans, lorsqu’un de nos chrétiens fut enterré vivant par son propre frère païen, et comme mo lo faisait craindre lo- caractère brutal et féroce de ces gens-là.44 Au milieu de ces menaces et do ces perplexités, mon recours était en Dieu et en l’auguste Vierge Mario ; et, à chaque peine nouvelle, je sentais aussi la consolation et l’espérance entrer dans mon cœur.Il se rencontra mémo une personne compatissante qui s’efforça d’adoucir mes souffrances.C’était une bonne vieille femme, belle-sœur de l’homme qui m’avait fait arrêter.44 Un soir, sans monter jusqu’à moi, elle mo demanda si mon père et ma raè-ro vivaient encore.Sur ma réponse affirmative, elle ajouta aussitôt : 44—Que cette pauvre mère est à plain-44 dre ! comme elle va pleurer lorsqu’elle 44 apprendra tes misères !” 44 En disant ces paroles, elle appela son petit-fils, et m’envoya par lui quelque chose à manger.Je n’avais encore rien pris do la journée ; ce soir-là du moins jo ne souffris pas trop do la faim.Plus tard jo l’entendais diro à 6a belle-sœur : “—Pourquoi avoir arrêté co Porc ?44 Si nous avions quelque pouvoir, nous 44 antres femmes, nous aurions bientôt 44 fait de le délivrer.Faisons au moins 44 coque nous pouvons pour adoucir ses 44 peines.” • 44 Et en même temps, olio se mit à allumer uu petit feu de paille, dont elle entretint la fumée, afin do chasser les moustiques qui me dévoraient.Attention bien precieuso pour moi, et à laquelle, des ce moment, elle ne manqua plus.Quelquefois son fils voulait l’cin-pccher do me rendre ce service ; mais, elle, toujours constante dans son dévouement : 44 —Laissez-moi faire, lui disait-elle.44 Sa pauvre mère eat 6i * malheureuse ! 44 Si jamais tu te trouvais dans la même 44 position, je serais trop contente que 44 quelqu’un eût la même attention pour toi.” .44 Jo trouvais une consolation bien douce à songer que c’était à la penséo et en considération de ma vieille mère, que je devais cet adoucissement à mes maux et des nuits moins pénibles.44 Six jours déjà s’étaient écoulés.Le 13 octobre, un autre petit mandarin arriva, nccompaguô d’une vingtaine d’hommes, afin de me faire mettre en liberté.M.Caine, ayant appris que j’étais toujours retenu dans les fers, avait envoyé la canonnière anglaise le Bustadr, avec le commandant Johnson, jusqu’à la sous-préfecture de Rei-ong, demander ra’son de mon emprisonnement ; lo mandarin avait dû s’exécuter.Malheureusement encore cette troupe de vingt hommes était trop peu aguerrie pour faire quelque chose de sérioux eu ma faveur.À son approche, le trouble et la confusion se mirent dans le village.44 Les uns disaient : 44—Il fauts’arran-44 ger ; les mandarins vont veuir avec 44 plusieurs centaines de soldats, et ils 44 ravageront tout le pays.” 44 Lc6 plus acharnés venaient au contraire me diro 44—To relâcher ! Non, jamais ! 44 Nous avons peut-être fait une 44 folio en te prenant ; mais, puisque tu 44 es entre nos maiii6, il faut que tu y 44 restes.Plutôt manger ta chair quo te 44 laisser partir.” 44 Ils saisissent en même temps doux de mc3 chrétiens, venus de loin pour traiter do ma délivrance.Us leur lient fortement la tète çontro lo 6ol, les frappent avec rage, et les laissent à demi-morts, sans que les satellites du mandarin osent prendre leur défense.Voyant l’inutilité de leur présence, ces satellites se disposent à partir, en annonçant toutefois qu’on aura bientôt de leurs nouvelles, et qu’une affaire si gravo ne peut se terminer ainsi.La frayeur alors se répand dans lo village, et tout lo monde prend 6cs précautions ; pendant la nuit, on conduit sur les montagnes les bufiles, qui sont les principale richesse du pays, on transpoite les plus jeunes enfants chez les parents éloigués, et chacun songe à 6a propre eûreté.44 Les deux chrétiens, saisis et fustigés la veille, étant revenus à eux, me prièrent et me firent prier de vouloir oicu entrer en accommodement, afin de sauver leur vie et la mienne.Cette demande venait-elle d’eux seulement, ou bien leur avait-elle été suggérée par les païens?Je ne sais ; mais ceux-ci commençaient à craindre pour eux-mêmes, et toutes les femmes se répandaient en larmes et en supplications pour obtenir que la paix fût faite.11 n’y avait plus à tergiverser ; les païens consentirent à traiter.44 Tout en brisant mes fera ot en inc rendant la liberté, ils tâchèrent de ne point oublier leurs propres intérêts.11s me demandèrent cle leur souscrire,* avec caution, une somme de deux cent piastres ; et pour mettre de leur côté quelque apparence de justice, ils 6’eugagèrent à me céder, moyennant cette somme, un certain nombre de champs cultivés.Sous la pression de la force, je dus subir ces exigences ; d’autant plus que les deux chrétiens, pris en venant plaider ma cause, me suppliaient do ne point prolonger leurs souffrances par mon refus.Je m’engageai donc à fournir les deux cents piastres ; après quoi mes fers tombèrent ; le lendemain, 20 octobre, fête de la Pureté de la très sainte Vierge, j’étais en liberté, je retrouvais mes chrétiens heureux de voir [me reparaître au millieu d’eux et do sacrifier tout ce qu’ils avaient de meilleur pour me recevoir.44 Voilà, Monseigneur, les principales circonstances do ma captivité et de ma délivrance.44 C’est un samedi qu’arriva pour la première fois le petit mandarin chargé do mo défendre ; la seconde troupe envoyée par le sous-préfet arrivait encore un samedi ; enfin c’est le jour consacré à houorer la pureté de l’Immr,culée More de Dieu, que je fus rendu à la liberté ; comme si Diou eût voulu mo montrer que c’est par les mains de Marie qu’il faisait veuir à moi les différents 6Ccours que j’ai reçus pendant ma captivité.C’est bien elle, on effet, qui est la mère du missionnaire abandonné ; c’est à elle aussi, j’aime à le redire, que je dois cette tranquillité d’esprit qui ne m’a pas quitté dans les épreuves.Pour la remercier, j ai fait à Notre-Dame do Foarvièrc, dont j’avais autrefois visité avec bonheur lo 6anctuaire, quelques promesses que ma bônnc et digne mère, j’en suis bien 6Ûr, acquittera fidèlement en mon nom.44 Quant à ce qui touche plus^articu-lièrement noire mission, j’avoae, Mon-6eigueur, que je suis honteux de vous parler do ma rançon, sachant combien déjà vous êtes surchargé pour la construction do l’église de Canton, et pour toutes les antres œuvres que vous avez à soutenir.Mais j’espère que la bonne Vierge, qui est venue à mon aide d’une manière si spéciale dans toutes le6 circonstances de ccttc persécution, voudra bien encore vous donner les moyens do m’affranchir do mes dettes, sans que cela nuise en rien à vos entreprises.Ce qui me chagrine le plus là dedans, le dirai-je ?c’est que les païens de Tai-yong, l’heure du danger passée, refusèrent de céder les champs qu’ils avaient offerts eux-mèmee, tout en gardant notre argent.Aussi n’y avait-il qu’une voix dans les onvirons pour regretter la paix que j’avais concluo ; on espérait que les mandarins seraient .venus dé-truiro nu village et disperser des gêna qui, de tout temps, ont mérité la haine de leurs voisins.44 Quoi qa’il en soit, jo pardonne volontiers l’injure personnelle qui m’est faite ; mais, pour la sécurité de nos chrétiens et pour la mienne à l’avenir, il me paraît necessaire que la question soit portée à la connaissance du consul do France.4‘ Laisscz-moi, Monseigneur, remettre le soin de cette affaire entre vos mains, heureux do savoir que votre bonté ne me fera pas défaut, plus heureux encore de bientôt vous revoir et de jouir avec * vous du progrès des travaux que Votre Graudeur à entrepris et soutient si courageusement pour la gloire de Dieu et la propagation do l’Evangile.44 C’e6t dans ces sentiments que, vous renouvelant l’expression de mon respect et de ma reconnaissance, j’aime à me dire, de Votre Grandeur, Le très humble et affectionné missionnaire, Verohere.cle lu Conff régai on des Mits>ont-Etrangeres.9’ ——1 ^ i Le fouet pédagogique.Voici un véritable petit chef-d’œuvre.Nous lo tirons du Journal de la Nièvre, et nous le jugeons propro à terminer la discussion qu’il résumc et tranche avec autant de bon sons que d’esprit.L’auteur de cotte pièce voudra bien pardonner à l’ami qui nons a livré le secret des initiales.Louis Veüillot.LE FOUET A CLÀMECY.On a fait grand bruit de l’affaire des Jésuites do.Bordeaux.Les quelques coups do fouet administrés à un mauvais élève, ont relenti dans tout l’univers civilisé.Une peau d’âne sur un tambour n’aurait pas produit plug de tapage.C’est pour le jeune drôle une belle entrée dan6 le monde ?S’il a du cœur, il doit être fort reconnaissant d’abord à son père qui lui a ouvert un pareil dossier, ensuite aux journaux qui en ont exhibé toutes les pièces.Je ne suis pas plus partisan qu’un autre des châtiments corporels.Elève et ancien professeur du petit séminaire, je déclare que, dans l’espace de huit ans, à part quelques taloches arrachées à l’im patience, jo n’ai jamais vu infliger de correction manuelle.„ Il n’en est pas do même des six années que j’ai passées au collège do ma ville natale.L’Université, qui fait tant la sucrée aujourd’hui, n’y allait pas do main morte.Je ne sais si c’était partout de meme qu’à Clatnecy, mais là on avait atteint la perfection du genre.Si-mes mains ne sont pas plus habiles, ce n’est pas la faute des patoches qu’elles ont reçues, et j’étais dans les bonnes grâces do mon principal, dont j’ai conservé le plue affectueux 6otivenir I Quelle vigueur de discipline à ce petit collège do Clamocy ! quel feu roulant de férules ! Il s’en distribuait, bon an mal an, une ccntaino par jour, avec chanteau, réjouissance et menus suffrages, sans préjudice des pensums, des retenues, des écriteaux infamants, du bonnet pointu, du sarrau de toile et du cachot, car il y avait aussi un cachot, commo à Bonnétable.Notre principal était un homme jovial ; il parlait volontiers latin.line nous inettait pas en retenue, il nous mettait in castu , locution scientifique dout nous avons fait lo castu, et que les gens du peuple francisaient à leur manière.Ce n’était pas précisément cassedète qu’ils l’appelaient, ils n’étaient pas si sauvages ; ils lui donnaient un nom plus pittoresque et plus humiliant aussi pour nos pauvres individualités.Heureusement qu’elles n’étaient pas de verre ! Sur la rédoutable férule se lisaient, inscrites en grosse coulée, et de la composition du bonhomme, ces paroles pleines do sens et d’à-propos Sapientiœ fons et doc'.rinœ.Pour nous autres, petits écoliers, c’était plutôt le lacrimosa sup-plex ?" Notre jeuuessc dégénérée no se doute mémo pas do ce qu’était la férule àcetto époque.Imaginez-vous une lanière formée de deux cuirs superposés, épais chacun commo une semelle deeoulier, et cousus ensemble.La partie affectée à la main du foruleur pouvait avoir 4 centimètres do largo sur 40 centimètres de long ; ello so terminait par un rond corsé et renforcé qui couvrait toute la main du torulé, et produisait sur tous les coins et recoins d’égales sensations.Elle avait la forme d’une presqu’île : aussi notre joyeux principal rappelait-il quelquefois la péuiu8ule do bonne espérance.44 Petits, mes enfants, nous disait-il dans ses jours de gaieté, du bout de ma fèninsule je gouvernerais l’univers.” !t de fair, il gouvernait admirablement son collège, qui a fourni plusieurs lauréats aux concours géuéraux et des hotntnc3 distingués dans toutes les carrières.Dame ! H fallait travailler.Malheur à l’écolier qui eaor;fiait à la paresse I II était en môme temps sacrificateur et victime.Le travail même et l’spplicft-tioa n’étaient p&9 toujours de sùm préservatifs.Il y avait des férules pour LE COURRIER DU CANADA.tous Ica cas : la ration ordinaire était de six pour une faute vénielle ; mais combien chaque jour recevaient double et triple ration ! Un seul mot dit à l’oreille de son voisin sufiisait pour graver sur les doigts de l’élève cette maxime : Que trop parler cuit, légère variante dont le facétieux correcteur assaisonnait scs patochc3.* Quand l’influence de \u péninsule ne se faisait plus suflisamment sentir, que le cuir de la férule reboiidissait sans profit sur le cuir d’un chenapan indécrottable : alors, on avait recours aux grands moyens.Le zélé représentant de nos familles, armé de tous les droits paternels, se rendait à l’étude, à une heure inaccoutumée.Il traversait la salle d’un pas majestueux, le front chargé do nuages, précurseurs do la tempête.Arrivé à son tronc, il essuyait ses lunettes humides d’émotion.Nous nous regardions tou6 avec inquiétude ; chacun interrogeait sa conscience et cherchait a deviner de quel côté tomberait l’averse.Bientôt, d’un ton pénétré, il nous annonçait qu’un grand forfait avait été commis.Hélas ! ce grand forfait, la moitié •peut-être des collégiens était capable de le commettre.Le malin le savait, et de reste ; aussi se plaisait-il à nous tenir en suspens, et ce n’était qu’a près avoir joui de nos transes, qu’il nommait le coupable, ajoutant, en forme de péroraison, qu’on allait illico procéder à une réparation exemplaire.On nous invitait alors à sortir de la salle on silence, on nous disposait en cercle dans la cour, et bientôt arrivait lo patient, conduit paternellement par le maître d’études et suivi du père Limit'd, tisserand de son métier et fouetteur par occasion, qui en ce moment paraissait à la hauteur de ses redoutables fonctions.Il portait a sa droite, en guise do navette, un bouleau trompé, disait-on, dans le vinaigre, ce qui nous donnait la chair de poule.Parvenu au centre do la cour, il s’emparait du coupable, comme il eût fait d’r.u paquet de toile, procédait .à sa toilette, qui consistait a lui mettre tontes voiles au vent, puis, lui prenant la tète entre ses deux jambes, longues et solides tenailles, il lui faisait baisser Ica reins et étaler, à ciel ouvert, la partie bien innocente, hélas ! des méfaits d’une mauvaise tête ou d’un cœur endurci.Je rends justice au père Linard ; il s’acquittait de son devoir en conscience et gagnait loyalement les vingt sols d’honoraires que lui donnait sa victime; cariafouettée ne se donnait pas gratis.
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