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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
lundi 1 mars 1886
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1886-03, Collections de BAnQ.

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müiili HH 7 .>• _ K 6me Année 1er MARS 183/ Numéro 5 d&SsL- I T> ^ - iJJ i,vd “*4 - bemiua ire JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES J.-I2.€LOIJTI£B« Bédtwetem*-propriétaire AIDÉ PAR UN COMITÉ DE COLLABORATION Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payaole d avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, piofesseur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & U rére, împrnncurs-ecuteurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE :—Actes officiels: Nomination de commissaire d’écoles et érection de municipalité.—Compte rendu de la dernière séance du Bureau des examinateurs catholiques de Montréal.—Bureau des examinateurs catholiques de Québec.— Notice nécrologique de feu F.E.Juneau, inspecteur d’écoles— Pédagogie : La grammaire et la langue maternelle, par J.C.Magnan, (Suite et fin).ïSliïl’Gîlïl ©X«8iïiB.ÎM-£8)tGlll*S CSltllO" liquids de Montréal Actes Officiels Département db l’Instruction publique Il a plu à.Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un Ordre en Conseil en date du 12 février courant (1886), de nommer M.Adolphe Eiopelle, commissaire d’écoles pour la municipalité de Wexford, comté de Montcalm, en remplacement de M.Joseph Desert, décédé.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 12 février courant,(1886), de modifier l’ordre en conseil No.442, du 22 octobre dernier 1885), divisant la municipalité de Belœil.(dans le comté de Verchères), en deux municipalités scolaires, et d’ordonner que les lots Nos.145, 146, 152, 153, 154, 155, 156.157, 158, 159, 160, 161 et 163, du cadastre de la dite paroisse de Belœil, soient détachés de la municipalité du Village, et annexés à la paroisse pour les fins scolaires.Membres du bureau : M.M.l'abbé L.W.Le clair, président) U.E.Archambault, vice-président ) l’abbé S.Rouleau, l’abbc J.Quinlivan, E.X.Valade, W.Fahey, A.D.Lacroix, secrétaire.Séance du 2 février 1885.Membres présents q M.M.U.E.Archambault, vice-président ; l’abbé J.Quinlivan, F.X.Valade, A.D.Lacroix, secrétaire.CANDIDATS BREVETES Ecole modèle 1ère classe Déliés Marie-Rose-de-Lima Pelletier,français.Nellie O’Shaughnessy.Fit ;a Do^ul do anglais.Catherine n 'ale, do 59 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ecole élémentaire 1ère classe Déliés Catherine Nully, Florentine Beaudry, Julie Martin, Alexina Parent, Ernestine Forest, anglais.français.¦ Ecole élémentaire 2me classe Déliés Victoria Sauvé, Joséphine Bricault, Elise Martin, Eugénie Turcot, français et anglais Marit-Lina Lahaie, français français.«> do do Marie-Louise Brouillet, do Anna-Diana Martin, français etangl.Aurore Laguë, français.Delmi.na Riopel, do Eudoxie Prégent, do Canditats qui ont réussi.Candidats qui ont failli.Total.Er.nl e m od nl e ' 4 15 _ 1 8 5 23 Ecole élémentaire.Totaux 19 9 28 DICTEE ANGLAISE EPREUVES ECRITES Ecole élémentaire Dictée française Winter La croix' Il s’est trouvé, dans ce monde que se sont partagé les misères et les crimes, un symbole de gloire et de vertu dans ce monde où la force s’est installée avec l’esclavage, un symbole d’éternelle justice et de sainte liberté; dans ce monde où s’est perpétuée la douleur, un symbole d’éternelle consola-3ym.Celui qui s’est dit le Fils de l’Homme, a Wué l’instrument de son supplice à 1’human Ré ; et, pendant dix-huit siècles et deïhi, l’humanité s’est prosternée devant ce legs sacré.Avant lui les riches et les rois s’étaient arrogé ïe droit d’avoir seuls des insignes et des bannières : il en a donné une aux pauvres, au genre humain tout entier, et les riches et les rois ont abdiqué les leurs pour l’adorer.La croix du Christ a présidé à toutes ses adversités et à toutes ses gloires.Elle a servi d’élai à ses institutions et d’étendard à ses armées.Elle a consacré les pompes les plus illustres de la civilisation, comme les émotions les plus intimes de la piété.Elle a sanctifié le palais des empereurs et la chaumière du paysan.Nos vierges s’en sont servies comme d’une parure, nos guerriers l’ont choisie pour décoration ; et quand la mort nous a frappés, elle vient se placer sur notre tombe comme un signe consolant d’espérance et d’immortalité.The scenes around us have assumed a new chilling appearance.The trees are shorn of their foliage, the hedges are laid bare, the fields and favorite walks have lost their charms and the garden, now that it yields no perfumes and offers no fruits, is like a friend in adversity forsaken.The tuneful tribes are dumb, the cattle no longer play in the meadows, the north wind blows.“ He sendeth abroad his ice like morsels : who can stand before his cold.” We rush in for shelter.But winter is not without its uses.It aids the system of life and vegetation ! It kills the seeds of infection ; it refines the blood ; it strengthens the nerves ; it braces the whole frame.Snow is a warm covering for the grass ; and while Inti L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE si it defends the tender blades, from nipping frosts, it also nourishes their growth.When the snow thaws,it becomes a genial moisture to the soil into which it sinks ; and thus •the globe is replenished with nutriment to produce the bloom of spring and the bounty of autumn.ARITHMETIQUE I.—Trouvez la valeur de (101 + of» -t- (8f - 5|) R6p.Solution : l% + 5J.10A + 5*-15«.8f-5|-8H-5* = 3«- 1 4 17^ aiX — 3_7_7 _j_ 1.0 J _ 3 7 7 y J S — ?C39 _ • "i 8 — it • -j s ~~ a-t A lX>r— ti'yTT ' 4 2 1 5 4 «ro7.r- II.—Trouvez la valeur de (lf-r2|) + Rép.2f>.Solution : | 5.A- 9J _ 7 A.5 — 7 v 2 _ r 1 4 • *’2 ï • rr ~ 4 x TT ~ TÜ1 VJ.a.ai = LI a.2JJ * 2 • 2 • 3 1 1 X 8 — 88 Î 5 sê* UL.4.8 8._ iî /* 4.8 3, _ L.2 3 _ 9 J.3 I 0 T "5 0 5Û T 50 5 0 ~‘ ~ 5 0 * ECOLE MODÈLE Dictée française Un voyage dans les airs.Voici comment un de nos plus célèbres aéronautes décrit une ascension qu’il a effectuée le quinze août mil huit cent cinquante-sept, et les sensations qu’il a éprouvées.“ Notre aérostat, qui avait seize mètres et demi de haut sur quatorze environ de large, s’est d’abord élevé avec un léger mouvement de rotation, et a été porté par une douce brise d’est à la hauteur d’environ neuf cent mètres.Quelques minutes après, sa rapidité s’étant diminuée, j’ai reconnu qu’il s’était opéré un changement dans le courant de l’air.L’aérostat a été d’abord emporté dans une direction tout opposée, sans cependant cesser de monter très rapide ment.A la hauteur d’environ treize cent cinquante mètres, un nouveau courant a porté l’aérostat du sud-ouest au nord-est et sa marche ascensionnelle s’est tout à coup ralentie.Le pilote a jeté quelque portion de lest, et, après cette manœuvre, l’aérostat a commencé à monter avec une rapidité plus grande que nous 11e l’avions cru, en suivant une spirale tout irrégulière, mais si douce que les voyageurs se sont à peine aperçu du mouvement.Enfin, à la hauteur d’environ deux mille mètres, l’aérostat est devenu tout à coup immobile fet est resté ainsi durant un quart d’heure.J’ai éprouvé, pendant ce temps, une des plus délicieuses sensations que j’ai jamais ressenties.Mollement balancé dans une région complètement calme, au sein des formes toutes vaporeuses des nuages, j’embrassais de mes regards le vaste panorama qu’offrait le pays.Pendant le peu de moments que nous avons passés ainsi nous avons joui d’un repos, d’une tranquillité qu’on a rarement trouvée sur terre au milieu des inquiétudes et des vains bruits du monde.Nous avons de nouveau jeté du lest, et notre léger esquif s’est encore élevé ; mais alors ayant éprouvé une sensation désagréable, semblable à une pression qu’on aurait opérée sur le tympan des oreilles, nous avons pris le parti d’ouvrir le robinet, et la descente s’est accomplie sans aucun accident.COMPOSITION FRANÇAISE La charité chez l’ouvrier.Argument.La tradition de la charité s’est conservée chez l’ouvrier: les formes sont rodes, mais le cœur est bon.Dans une petite ville du 52 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE département de la Moselle, vivait une pauvre famille d’ouvriers.Epuisé par le travail, le père meurt après une longue maladie.Tout le mobilier se disperse pièce à pièce, et la mère s’épuise à son tour pour nourrir ses deux enfants désormais orphelins.Un matin, une voisine, presque aussi pauvre qu’elle, la trouve morte sur là même couche où, quelques mois auparavant.Elle ferme les yeux à la mère, et, confiante en Dieu, elle emporte les deux enfants.Le soir, le mari de cette généreuse femme rentre de son travail.Il la trouve triste ; elle lui raconte la mort de la voisine.Ce récit fait naître dans le cœur du brave ouvrier un élan de générosité sublime: ‘‘Va chercher les deux orphelins ; nous aurons cinq enfants ! ” Elle tire les rideaux du lit, et, sejetant au cou de son mari : “ Tiens, lui dit-elle, les voilà !” Développement L’homme du peuple, l’ouvrier a conservé la tradition de la véritable charité.Etudiez bien sa vie ; ne vous laissez pas effrayer par quelques formes un peu dures, un peu âpres, arrivez jusqu’à son cœur, et vous trouverez que ce cœur est le foyer d’un amour inépuisable.Ecoutez : Dans une petite ville du département de la Moselle, vivait une pauvre famille d’ouvriers.Le père vint à mourir.Martyr du travail, il avait trop présumé de ses forces.Pour tous, la maladie est une chose affreuse, mais, pour l’ouvrier, c’est le pire des fléaux qui puissent fondre sur lui ; car, n’ayant que ses bras pour tout trésor, iljvoit tarir rapidement la source de son bien-être.Pour nourrir sa femme et ses enfants, il épuise en quelques mois les économies de dix années de travail, et quand la mort arrive, il les laisse sans asile et sans pain.Tel fut le sort de la famille dont nous parlons.Lorsque le père mourut, la chambre était froide et vide.A part le crucifix de bois suspendu à la muraille, tous les meubles avaient disparu.La mère ne perdit pas courage,mais elle s’épuisa pour nourrir ses deux enfants désormais orphelins.Un matin, une voisine de la malheureuse, entre chez elle pour lui rendre, ainsi qu’elle en avait l’habitude, quelques petits services.Elle la trouva morte.Les deux enfants dormaient en souriant dans leur berceau.L’étrangère, ne prenant conseil que de son cœur, ferme pieusement les yeux à la mère, et emporte les deux enfants en disant : “ Dieu fera le reste.” Le reste.est facile à deviner.Cette femme, mère comme la veuve, était pauvre comme elle.Sou mari, travailleur laborieux, n’avait qu’un modique et hasardeux salaire pour nourrir les siens.A l’heure du repas il revint au logis, et trouva sa femme fort triste.“ Femme, qu’as-tu ?” lui demanda-t-il en l’embrassant.“ Le malheur d’un autre m’afflige, répondit-elle ; notre voisine est morte.” Ce fut au tour du mari d’être sombre et rêveur; mais il eut bientôt pris son parti.“Jusqu’à présent, s’écria-t-il, j’ai su donner du pain à tous, à toi et à nos trois enfants, espérons que je serai assez heureux pour gagner aussi celui de ces deux orphelins.Femme, va les chercher, nous aurons cinq enfants.” “ Tiens, dit la femme en tirant les rideaux du lit et en se jettant au coup de son mari, les voilà !” Ce courage et cette hardiesse de la charité, vous les trouverez chez tous les travailleurs honnêtes et chrétiens, de tout âge et de toute.condition.Sublime leçon pour les riches égoïstes de ce monde.DICTÉE ANGLAISE Cleanliness Cleanliness may be defined to be the emblem of purity of mind, and may be recommended under the three following heads : as it is a mark of politness ; as it produces affection, and as it bears analogy to chastity of sentiment.First, it is a mark of politness, for it is universally agreed L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 upon, that no one unadorned with this virtue, can go into company without giving a manifold offense ; the different nations of the world are as much distinguished hv their arts and sciences ; the more they are advanced in civilisation, the more they consult this part of politness.Secondly, cleanliness may be said to be the foster mother of affection.Beauty commonly produces love but cleanliness preserves it.Age, itself, is not unamiable while it is preserved clean and unsullied ; like a piece of metal constantly kept smooth and bright, we look on it with more pleasure than on a new vessel cankered with rust.I might furthur observe, that as cleanliness renders us agreable to others, it makes us easy to ourselves ; that it is an excellent preservative of health ; and that several vices, both of mind and body, are inconsistent with the habit of it.COMPOSITION ANGLAISE The Humming-Bird Where is the person, who on observing this glittering fragment of the rainbow, would not pause, admire, and instantly turn "his mind with reverence towards the Almighty Creator, the wonders of whose hand we at every step discover, and of whose sublime conceptions we everywhere observe the manifestations in his admirable 4 system of creation ?There breathes not such a person ; so kindly have we all been blessed with that intuitive and noble feeling-admiration.No sooner has the returning sun again introduced the vernal season, and caused millions of plants to expand their leaves and blossoms to his genial beams, than the little humming-bird is seen advancing on fairy wings, carefully visiting every opening flower-cup, and, like a curious florist, removing from each the injurious insect that otherwise would ere long cause their beauteous petals to droop and decay.Poised in the air, it is observed peeping cautiously, and with sparkling eye into their innermost recesses, while the ethereal motions of its pinions, so rapid and so light, appear to fan and cool the flower, without injuring its fragile texture, and produce a delightful murmuring sound, well adapted for lulling the insects to repose.The prairies, the fields, the orchards, the gardens, nay the deepest shades of the forest, are all visited in.their turn, and everywhere the little bird meets with pleasure and with food.Its gorgeous throat, in brilliancy and beauty bafles all competition.Now it glows with a fiery hue, and again it is changed to the deepest velvety black.The upper parts of its delicate body are of resplendent changing green ; and it throws itself through the air with à swiftness and vivacity hardly conceivable.It moves from one flower to another like a gleam of light, upward, down * ward, to the right, and to the left.In this manner it searches the extreme northern portions of our country, following, with great precaution, the advances of the season, and retreats with equal care, at the approach of Autumn.ARITHMÉTIQUE I.—Si un mur de 28 pieds de hauteur est bâti en 15 jours par 63 hommes, combien faudra-t-il d’hommes pour construire un mur de 32 pieds de hauteur en 8 jours ?Rép.135.Solution : Pieds 28 : 32 pieds.\ h.9 Jours 8 : 15 jours.) ; ; 63 : x.9x15 = 135 Rép.(1) II.—Quel est le coût de 96 âcres, 1 vergée, 14J perches, à £7 = lls = 5Jd par acre ?Rép.£729 = 9 = 7XJW.(1) Faute de signes propres, nous n’avons pu indiquer les contractions. U L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : £H = 11 =5|-96 726 = 18= 0 11?= i acre = 1 = 17 = 1 OfV = 40 p = i v ~ 0 = 5$-J = x^4g\r* ~ 0= 9 rVîr — 'nrsV 2 P ~ ü P — ^r^êj= tsW* £729-9-7 =T'iW- ALGÈBRE I.-—Quatre personnes ont acheté ensemble 66 oranges ; la première en a autant que la deuxième et la troisième ; la deuxième a la moitié de ce qu’ont ensemble la troisième et la quatrième ; et la troisième en a trois fois autant que la quatrième.Combien chaque personne en a-t-elle acheté ?Rép.6, 18, 12, 30.Solution : æ —4e 3ar=3e 2x = 2e 5;c=le lia; = 66 cr= 6 3x — 18 2æ — 12 5a; —30 II.—Divisez 48 a3—76 ax2—64 a2x +105 as par 2 x—3 a.Rép.24 a2—2 ax—35 a2 Solution : 48:c3—76aæ2—64a22 +105a3 | 22—3a.482s—72 ax2 2\x2—2 ax—35a2 4a22—64a22 4a22+ Ga2j?—?0a22 + 105a3 —70a2r+105a3 MESURAGE L—Quelle est la surface d’un triangle ABC, dont les trois côtés AB, BC, et CA, ont 24, 36 et 48 pieds ?Rép.418.282 pieds.‘ Solution : AB-24 54 54 54 BC-36 24 36 48 CA = 48 30 18 6 i 1 108 54 x oo x O , IK> x 6 = 174960.v"l 74960 -418.282.Quelle est la surface d’un pentagone régulier dont les côtés ont chacun 25 pieds, et la perpendiculaire 17.2 Rép.1075 pieds.Solution : 15 x 5 = 125, 125 x-17-2 = 1075.A.I).Lacroix, Secrétaire.-o-O-o- Bureau des examinateurs catholiques de Québec Le bureau des examinateurs catholiques de Québec s’est réuni mardi le deux février dernier, dans l’une des salles du monastère des Dames-Ursulines, lieu ordinaire de ses séances.On nous informe qu’à cette réunion vingt-six diplômes ont été octroyés, dont trois pour école modèle et vingt-trois pour école élémentaire.N Notice nécroïogiqiiie Feu M.F.E.Juneau Nous avons le pénible devoir d’annoncer la mort du distingué doyen des instituteurs du district de Québec, M.Félix-Emmanuel Juneau, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 décédé le 16 février dernier, à l’âge de 69 ans et 9 mois.Ame d’élite, chrétien fervent et sincère, instituteur instruit et dévoué, d’une charité qui le faisait s’oublier soi-même, d’une grande aménité de caractère, la mort de cet homme de bien cause des regrets parmi tous ceux qui l’ont connu et qui ont pu apprécier ses grandes qualités de l’esprit et du cœur.Né à Québec, le 27 mai 1816, de feu Nicolas Juneau, alors marchand, et de dame Josephte de Yillers, le jeune Félix se fit bien jeune remarquer par sa piété, son amour du travail et son application à l’étude.Après avoir terminé avec succès son cours classique au séminaire de Québec, son respectable père ayant éprouvé dans le même temps des pertes considérables, par suite de sa trop grande libéralité envers des amis qui l’avaient trompé, le jeune homme dut renoncer à son projet d’étudier la médecine, et se fit instituteur pour subvenir aux besoins de sa famille.Il alla donc fonder à St.Eoch cette excellente école commerciale qu’il a dérigée avec talent, énergie et succès, école fréquentée par 150 à 160 élèves.C’est alors que commence pour lui cette vie d’abnégation, de travail et toute de sacrifices, qui s’est continuée pendant 50 ans.De cette école sont sortis des hommes qui font honneur dans tous les classes de la société : plusieurs prêtres, médecins, avocats, marchands, y ont puisé leur première éducation.N’allons pas croire cependant que M.Juneau fût malheureux dans cette nouvelle carrière ; non, l’accomplissement d’un grand devoir filial, la satisfaction d’être utile à la société dans la tâche ardue mais consolante d’instruire la jeunesse, furent pour lui une véritable jouissance.D’ailleurs, la Providence qui voulait pourvoir à une instruction chrétienne, pratique et forte du peuple canadien, instruction jusqu’alors fort négligée, s’était choisi ce grand coeur pour travailler à ses desseins.Il n’y avait encore ni écoles normales ni bureaux d’examinateurs, ni inspecteurs d’écoles, et les instituteurs étaient laissés à eux-mêmes ; l’homme instruit pouvait être supplanté par le premier venu selon le caprice des gens.M.Juneau comprit que, pour avoir un système d’instruction publique efficace, il fallait faire de l’enseigne- ment une"profe8sion composée d'hommesinstruits., dévoués, et capables de donner des garanties sous le rapport des mœurs et de la capacité.Ce fut dans ce but, qu’aidé de MM.Et.Legaré C.Dion, F.X.Toussaint, J.Eichard, B.Marquette, il jetait dans sa propre demeure, les base.» de la première association d’instituteurs, association qui a existé jusqu’à l’établissement de l’école normale Laval.A l’appel de ces généreux pionniers de l’enseignement, on vit bientôt se ranger sous leur bannière tous les instituteurs de ce district, et cette association compta jusqu’ à 60 membres actifs.Une réunion avait lieu tous les mois et tenait une séance de trois jourspendant les vacances.On a vu jusqu’à 36 membres présents à cas conférences.Cette association a servi d’école pédagogique jusqu’à la fondation des écoles normales.C’est là que se discutait la manière d’enseigner chaque matière du cours primaire-supérieur ; c’est là que chacun apportait sa part d’expérience, montrait les écueils à éviter ; c’est là que le jeune instituteur surtout puisait, au contact des anciens, cette force, ce courage qui l’ont fait persévérer dans la carrière qu’il avait embrassée ; c’est dans cette association que se sont discutées les grandes réformes à faire pour asseoir notre système d’instruction publique sur une base solide et efficace : la fondation des écoles normales, la création de bureaux d’examinateurs, l’inspection des écoles par des hommes compétents, la publication d’un journal pédagogique, la création d’un fonds de retraite, etc., etc.Chaque année, cette association adressait à la législature des requêtes demandant les réformes les plus urgentes, et toutes ces choses ont été établies en leur temps, avec la haute approbation religieuse et aux applaudissements des vrais amis de l’éducation : elle obtint aussi du parlement un acte d’incorporation et une subvention annuelle de?$200.00 pour aider à la formation d’une bibliothèque.» En 1849, M.Juneau fut appelé à faire partie du bureau d’examinateurs, charge qu’il a remplie jusqu’à sa mort.Et lorsque l’examen est devenu obligatoire, on l’a vu.consacrer une partie de ses-vacances à préparer les candidats à cette épreuve décisive. 56 L’ENSEIG-N EMENT PEIMAIRE En 1857, il fut nommé professeur à l’école normale Laval, puis inspecteur d'écoles en 1859, pour Lévis et Dorchester, et transféré à Québec, Montmorency et Portneuf à la mort du Dr.Bardy.En 1875, le gouvernement divisa son trop vaste district, en donnant à M.Prémont, les comtés de Montmorency et Québec.Dans toutes les conditions où il a été appelé, il s’est montré le digne ami de l’éducation.Par son tact exquis, son urbanité, son sens des affaires, il a aplani beaucoup de difficultés, concilié bien des différends.M.Juneau était un écrivain élégant et poëte à ses heures.On a de lui plusieurs odes charmantes dont plusieurs ont été publiées.Homme studieux et ami du progrès, il est l’auteur de plusieurs ouvrages classiques fort appréciés, tels que méthode pour apprendre à bien lire, calcul mental, petites leçons de choses, etc.Ses courts moments de loisir, il les consacrait aux œuvres pies et au soulagement des pauvres : 44 ans secrétaire de la congrégation de St.Koch, et aussi longtemps président d’une conférence de St.Vincent de Paul, font que les congréganistes et les pauvres de St.Koch rendent un juste hommage à son zèle, à son dévouement et à son ardente charité.Kéduit lui-même deux fois à l’extrême indigence par de désastreux incendies, deux fois il s’est relevé avec un courage indomptable, et a continué le cours de ses bonnes œuvres.C’est surtout dans sa dernière maladie, longue de treize mois, que sa patience s’est montrée, que sa foi s’est fortifiée.Enfin, mûr pour le eiel, comblé de mérites, Dieu l’a appelé à lui pour le récompenser d’une vie si bien remplie.Ses funérailles ont eu lieu le 20, au milieu d’un concours immense de personnes de toutes conditions.On remarquait dans le cortège, l’Hon.M.G.Ouimet, surintendant de l’instruction publique, les professeurs et les élèves de l’école pormale, MM.les inspecteurs Carrier et Prémont, de nombreuses députations des élèves des Frères, des sœurs de la Charité, etc.remarquait au chœur MM.les grands vicaires Hamel et Legaré ; MM.Bolduc, procureur de l’Archevêché, F.X.Plammondon, L.H.Bégin, Principal de l’école normale, T.G.Rouleau, assistant principal, M.Audet, chapelain du couvent de Jésus-Marie, M.Bonneau, M.le Curé de St.Koch et ses vicaires.M.J.B.Plamon-, don, ancien curé.La levée du corps a été faite par M.Bolduc, et le service chanté par M.J.E.Rouleau, assisté du K.P.Mayeur O.M.I.et de M.l’abbé Michaud, comme diacre et sous-diacre ; M.le grand vicaire Hamel fit l’absoute et ensuite le corps fut escorté au cimetière par plus de 50 voitures, où un libera fut chanté par M.Audet, cousin du défunt.C’est au cimetière St.Charles que reposera cet ami des instituteurs et des pauvres, à côté de son vieux père, à côté aussi de cet autre ami de cœur, de ce savant que des malheurs avaient jeté sur nos rives lointaines mais hospitalières, je veux dire M.Emile de Fenouillet, premier professeur d’histoire et de littérature à l’école normale.Qu’il me soit permis de rappeler en cette occasion le souvenir de ce professeur distingué, de cette figure si sympathique et si franche que M.Juneau assista à son heure suprême, auquel il prodigua tous les secours et toutes les consolation de l’amitié fraternelle, et qu’il fit inhumer parmi les siens.Nous aimerons à visiter ce modeste coin de terre, et nos cœurs reconnaissants feront monter vers le Très-Haut d’ardent es prières pour le repos de leurs âmes.J.Letourneau PÉDAGOGIE LA GRAMMAIRE ET LA LANGUE , MATERNELLE Conférence donnée d l’école normale Laval par M.Joseph Magnan Les porteurs des coins du poêle étaient MM.F.X.Gauvreau, F.Kirouac, N.Laçasse, F.E.Hudon.La vaste église de St.Roch était remplie.On (Suite) “ Les enfants, réunis en groupe auprès du tableau noir, tiennent d’une main leur ardoise et de l’autre leur crayon. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CM de Le M.—Mes enfants, savez-vous ce que c est Hu’un être matériel ?Les élèves ouvrent de grands yeux, s’entre •egaident, mais personne ne répond.Le M.—Ecoutez-moi bien, mes enfants.Tout :o que nous pouvons voir, sentir ou toucher, ’appelle un être.Quelles sont les choses dans la classe que vous ouvez voir ou toucher ?Les Elèves.—Les bancs, le3 tables, les livres, es ardoisses, le maî're, les élèves, etc.» Le M.—Que voyez-vous représenté sur les ableaux suspendus au mur ?Le3 Elèves.—Un cheval, un bœuf, un chien, etc.Le M.—Bien ! mes amis, vous venez là de me nommer des êtres matériels, et tous ces êtres se divisent en trois classes, comme nous l’avons déjà dit ; des personnes, des animaux et des hoses.Les personnes sont des êtres raisonnables, qui peuvent comprendre : vous par exemple, me.3 enfants, vous êtes des êtres raisonnables parce que vous me comprenez quand je vous parle.Les animaux sont les êtres ptivés de raison.Ils ne sauraient comprendre notre langage.Les êtres qui ne sont ni des personnes, ni des animaux sont des choses.Maintenant, Louis, donnez-moi trois noms de personnes 1 Louis.— Un écolier e3t une personne, un menuisier est urne personne, un cultivateur est une personne.Le M.—Joseph, nommez-moi trois noms d’animaux î Joseph.—Un cheval est un animal, un mouton est un animal, un bœuf est un animal.L9 M.—Et vous, Paul, nommez-moi trois choses.Paul.—Un livre est une chose, une table C3t une chose, un banc est une chose.Aprè3 avoir fait épeler chaque mot trouvé, le maître l’écrit lui-même sur le tableau et le fait reproduire par les élèves sur leurs ardoises.Il examine celles-ci pour s’assurer si l’orthographe a été exactement observée, corrige les fautes qu’il rencontre et ordonne d’effacer.Il dicte la o i même chose de nouveau et corrige le6 faute3 commises de la môme manière que la première fois.Il faut continuer ce travail jusqu’à ce que la plupart des enfants écrivent correctement tous les mots étudiés.Cet exercice doit se répéter plusieurs jours, afin de familiariser les enfants avec l’orthographe et la signification d’un grand nombre de noms.Définition du nom : Vous venez, mes enfants, d’écrire des mots qui désignent des personnes, des animaux et des choses.Eh bien ! tous ces mots sont des noms.Dites avec moi : Définition : Le nom est un mot qui sert à désigner des personnes, des animaux ou des choses.Il faut faire répéter cette définition jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement sue, et y revenir encore plusieurs fois aux leçons suivantes.On profitera de l’occasion pour faire classer par les élèves des noms de personnes, d’animaux ou de choses.Modèle : Le maître écrira sur le tableau noir plusieurs noms de personnes, d’animaux ou de choses.Après en avoir fait faire la lecture aux élèves, il leur en fait remarquer l’orthographe, puis il leur en donne l’explication.Ensuite il leur dira : mes enfants, séparez votre ardoise en trois parties ; dans la première partie, vous écrirez les noms de personnes : dans la seconde, les noms d’animaux ; dans la troisième, les noms de choses.Personne* Animaux Choses Père, mère Cheval, chien Table, livre Deuxième leçon intuitive de grammaire.(Yoir l’Ecole Primaire, Yol 1, page 42) ‘’ Le maître s’adressant à un élève.Comment vous appelez-vous mon enfant 1 E.—Je m’appelle Henri.Même question adressée à plusieurs enfants.M.—Qu’est votre père, Henri ?Henri Il est cultivateur. 58 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.—Et vous Jules 1 Jules.—Il est boulanger.M.—Qui vous a élevé, Joseph.% Joseph.—C’est mon père et ma mère.M.—Qui vous a instruit Martin 1 Martin.—C’est mon maître.M.—Qui vous donne l’instruction religieuse, à l’église 1 Martin.—C’est M.le curé.M.—Par quel mot nomme-t-on celui qui fait le pain 1 E.—On le nomme boulanger.M.—Comment nomme-t-on ceux qui vous instruisent.E.—On les nomme instituteurs si ce sont des hommes, et institutrices si ce sont des femmes.M.—A quoi sert le mot Henri ?E.—Il sert à nommer une personne.M.—A quoi servent les mots boulanger, maître, cuié, charpentier, père, mère frère, sœurs, etc.Les élèves donnent pour chacun de ces mots des réponses convenables.M.—Qui peut me dire par quoi nous avons terminé notre dernière leçon 1 Plusieurs enfants.— Nous avons dit que les mots qui servent à nommer des personnes, des animaux, ou des choses sont des noms.M.—Bien ! mes enfants, quelle sorte de noms avons-nous étudiés aujourd’hui ?E.—Des noms de personnes, M.—C’est cela : la prochaine fois nous étudierons des noms Tanimaux- Sième Leçom Dans notre dernière leçon, mes enfants, nous avons étudié des noms qui désignent des personnes ; aujourd’hui, nous en étudierons qui désignent- d’autres êtres.Joseph, comment s’appelle l’animal qui donne du lait 1 Joseph.—On l’appelle la vache.M.—Edouard, comment appelie-t-on les animaux qui traiaent la charrue ?Edouard.—Ce sont des bœufs ou des chevaux.M.—Quel nom donne-t-on aux animaux qui volent dans l’air, Gustave T Gustave 1 Ce sont des oiseaux.M.—Comment appelez-vous les oiseaux qui détruisent les insecles, Alfred ?Alfred.—Ce sont les petits moinaeux.M.— (a tous les élèves J Comment 7 les petits moineaux mangent les pauvres insectes ! Ils sont donc bien méchants ?Les E.— JSTon monsieur, car les inspectes font beaucoup de tort à l’agriculture.M.—Comment donc ! Les E.—Parce que les uns mangent la racine des jeunes plantes, d’autres détruisent les choux, les arbres fruitiers, etc.M.—Si les insectes font tort à l’agriculture, le3 moineaux en les détruisant, nous rendent donc service 1 Les E.—Oui monsieur.M.—Alors, quelle doit être la conduite des enfants envers les petits moineaux 1 Les E.—Ils ne doivent pas leur faire du mal, ni les dénicher.M.—Quel est l’animal qui fait la chasse aux rats et aux souris, Octave.Octave.—C’est le chat.M.—Joseph écrit : vache, cheval, bœuf, oiseau, insecte, chat, souris, rat, moineau,fauvette.M.—(a tous les élèves)—Quel est le mot vache î Les E.—Le mot vache est un nom pareequ’il sert à désigner un animal.(Et ainsi de suite pour tous le3 autres noms étudiés).Hous procéderons de la même manière pour les noms de choses, le genre et le nombre.(1) Après avoir exercé les élèves à la formation du pluriel dans les noms,il faut s’assurer s’ils ont bien compris la règle et s’il peuvent sans effort en faire l’application.Le maître fera écrire indistinctement tous les noms des objets qui se trouvent dans l’école sous la vue des enfants, tantôt au singulier, tantôt au pluriel.Un morceau facile de lecture à haute voix pourra aussi servir d'exercice d’application.Lorsque l’enfant aura lu une couple de phrases, on lui fera chercher les noms quelles contiennent, en lui demandant pourquoi tel mot finit par s ?pourquoi tel autre n’en a-t-il pa3 1 Et lorsqu’on se sera convaincu que la règle est bien comprise par la masse des enfants, on pourra faire un nouveau pas.(1) Ecole primaire Yol.1 page 138. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 59 Il ne faut pas néanmoins, dans le commencement, s'occuper des exceptions, car l’élève n’y est pa3 encore préparé, et on courrait risque de jeter la confusion dans son esprit.Il faut remettre la chose à plus tard, lorsque nous ferons repasser les règles déjà apprises.Il importe d’ailleurs d’arriver au verbe le plus tôt possible, afin de donner une idée du mécanisme de la proposition.Nous passerons donc les exceptions du nom et môme l’article dont l’emploi n’offre aucune difficulté à ceux dont le français est la larigue maternelle, pour arriver plus tôt à l’adjectif qua-lificalif.De l’adjectif Leçon intuitive de grammaire.E.P.p 138 Il faut encore ici procéder par la méthode d’invention, c’est-à-dire faire trouver à l’élève les choses qu’ on veut lui apprendre.M.—Alfred, pourriez-vous soulever le poôle, mom pupitre.E.—Non monsieur.M.—Pourquoi.E.—Parce que le qtoele, le pupitre sont trop lourds.M.—Lorsque vous regardez le soleil, la lune, les roues d’une voiture,le cerceau avec lequel vous jouez tous les jours, que p9nsez-vous de ces objets 1 E.—Je pense qu’ils sont ronds.M.—En regardant la neige, du lait, votre papier, à quoi pensez-vous ?E.—Je pense que ces objets sont blancs.M.—Bien, mes enfants, les mots qui marquent la manière d’être des personnes, des animaux ou des choses sont des adjectifs qualificatifs.Ainsi, les mots lourd, rond, blanc, que vous venez de trouver sont des adjectifs qualificatifs.Procédez de la môme manière pour faire trouver les mots grand, petit, chaud, froid, etc ; c’est à-dire faire connaître la chose avant le mot qui la désigne.Monsieur, je crois en avoir assez dit, et avoir donné assez d exemples pour démontrer clairement la supériorité de l’enseignement intuitif de la grammaire, c’est-à-dire l’enseignement de la grammaire par la langue maternelle, à l’enseignement routinier.Pour les autres parties du discours, voirl’-EV seignement primaire et Y Ecole primaire.Permettez moi, avant de terminer, de citer l’opinion de deux hommes qui se sont occupés beaucoup de cette matière : je veux parler du très regretté M.l’abbé Lagacé et du rédacteur de l'Enseignement primaire.M.Lagacé dans un de ces rapports, parlant de la méthode expérimentale dit : “ Le maître met l’enfant en présence des faits particuliers déjà connu?, et réglant sa conduite sur la conduite de la mère elle-même, (car l’éducation maternelle est le fondement de la pédagogie moderne) il montre à cet enfant le but à atteindre, et lui dit : Cherchez maintement votre route et marchez de vous-même ; voilà les instruments, servez vous en ; voilà votre modèle, édudiez-le, et émitez le.La méthode expérimentale développe d’avantage les facultés de l’élève et produit une éducation complète.Avec cette méthode, toutes les facultés de l’âme sont mises en jeu et trouvent occasion de se développer.Les facultés sensitives, qui sont les sens propres, lessens communs, l’imaginative, l’estimative et la mémoire ; les facultés intellectives, dont les principales opérations sont la perception, la réflexion, le jugement, le raisonnnement et la mémoire intellectuelle : les facultés appétitives, dont la plus importante est l’appétit raisonnable ou la volonté.Il ne suffit pas, en effet, pour faire l’éducation d’un jeune homme, de reiser dans son esprit des connaissances que l’on retira ensuite au besoin.comme on tire l’eau d’un réservoir ; il faut avant tout lui apprendre a chercher, à découvrir lui-même ; car le moment viendra bientôt oii, n’avant plus à ses côtés l’aide d’un maître, il lui faudra-trou ver dans ses seules ressources le moyen de découvrir la vérité, de triompher des obstacles qui en ferment l’accès.Il ne suffit pas de développer et d’en faire des machines à réciter ; il faut surtout fortifier sa volonté, éclairer son intelligence, lui donner des idées, lui apprendre à penser, à réfléchir, à raisonner, etc., pour qu’il devienne plus tard un homme de bon sens, un homme de jugement et d’énergie.S’il m’était permis ici d’exprimer une opinion 60 L’ENSEIGNEMENT PRIMAUTE je dirais que l’enseignement tel que nous le donnons dans nos écoles, me parait beaucoup trop dogmatique.Partout ailleurs, ou revient à une méthode plus expérimentale, qu’on appelle méthode intuitive.Malheureusement chez nous, ces sortes de modifications s’opèrent toujours bien lentement.” Puis citant cette belle pensée de Braun : Faites penser tout haut, c’est-à-dire faites parler vos enfants, et vous remplirez un devoir impérieux envers eux, envers celui qui vous les a confiés, il dit : “Ce que l’on reproche aux instituteurs, c’est de ne pas faire parler assez l’enfant dans l’école; il y a toujours un livre entre le maître et l’élève qui empêche l’un et l’autre de penser et de parler.Pourtant c’est, le maître qui doit enseigner.Paire apprendre des livres par cœur, c’est facile mais cela ne suffit pas.” L’esprit des enfants, dit un ancien, n’est pas seulement un vase que nous ayons à remplir, mais un foyer qu’il faut réchauffer.” Eu voilà suffisement, je crois, pour prouver que l’abbé Lagacé était en faveur de la méthode expérimentale.Cette méthode expérimentale ce n’ est ni plus ni moins que l’enseignement intuitif de la grammaire ou l’enseignement de la grammaire par la langue, en un mot, c’est l’enseignement de ‘la langue maternelle, proprement dit.Ceux qui ont suivi successivement et Y Ecole et Y Enseignement primaire ont dû s’apercevoir #ue le rédacteur de ces deux feuilles pédagogiques a toujours été, et est encore complètement en faveur de l’enseignement maternel d’après les principes émis par les Coménius, les Pesta -lozzi, les Girard et autres.Cependant, comme il y en a qui n'ont pas suivi ni Y Ecole ni Y Enseignement primaire, pour ceux-là, qu’il ne soit pas permis de citer l’appréciation qu’a faite M.Cloutier, au Congrès pédagogique de Montréal, d’un livre intitulé : 11 De l’enseignement régulier de la langue”, par le Père Girard : Après avoir cité quelques paragraphes de ce magnifique livre, il dit : Il serait trop long, Messieurs, de continuer les citations ; qu’il suffise de dire que l’admirable livre dont je viens de parler est un véritable chef-d’œuvre de science pédagogique : l’intuition, l’invention, la gymnastique intellectuelle, l’importance d’une grammaire d’idée et celle de former le cœur de l’enfant- eu développant chez lui le sentiment moral et religieux, en le rendant sensible à toutes les aspirations nobles et généreuses, enfin tout ce qui constitue un enseignement fondé sur la psychologie s’y trouve consigné ; de sorte que, comme je le lisais tout à l’heure, il n’y a rien de nouveau sous le soleil.Les écrivains d’aujourd’hui qui prêchent la nécessité d’opérer des réformes, l’importance d’améliorer les méthodes, de s’adresser à l’intelligence plutôt qu’à la mémoire, ne font que ressuciter la doctrine du’ père Girard, avec cette différence, que le savant éducateur de Fribourg avait pénétré plus avant clans le domaine de l’intelligence.” Voilà, messieurs, quelques idées que je viens soumettre bien humblement à votre sage considération, et je crois avoir démontré assez clairement, dans le cours de cet entretien, que la méthode préconisée par les grands maîtres est la plus appropriée au besoin de l’enfance, et qu’elle est infiniment supérieure au mille et une méthodes routinières qui sont généralement en usage dans no3 écoles.Que faut-il faire pour arriver à pouvoir se servir de cette méthode si éminemment pratique ?Instituteurs, c’est à nous de répondre.—Mettons-nous en rapport intime, si je puis m’exprimer ainsi, avec les grands écrivains dont je viens de parler : nous n’avons pour cela qu’à nous procurer leurs écrits, infini ment précieux à le3 lire, les relire, les méditer, et surtout à nous efforcer d’imiter ces hommes de dévouement, qui ont consacré leur vie à la jeunesse de leur pays.Ainsi, jeunes instituteurs, mettons-nous à l’œuvre.Nous tous, qui sommes les amis de l’enfauce et de la jeunesse, et qui désirons l’avancement et le développement intellectuel et morale du peupla canadien ; donnons-nous la main, entendons-nous sur ce terrain commun pour travailler avec plus d’efficacité à la .grande et noble cause de l’élusation.C.G.Magnan.
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