Le devoir, 19 avril 1997, Cahier A
Les municipalités de demain — Un cahier spécial ?FONDÉ EN 19104- LE DEVOIR V » l .L X X XVIII ¦ N "85 ?M O N T II.É A LES ARTS Vues d'Afrique: cinémas d'urgence et de survie, page B 1 I.E S S A M E I) I 1 !) E T I) I M A N C II E 2 O A V I! I I.I !) !) 7 MONTRÉAL Arrivée contestée de la nouvelle directrice du CHUM, page A 3 LE MONDE Imbroglio à l'indienne, page A 7 5 C A II I E II S - I , 9 7 $ + t i> s + T y g ÉCONOMIE Le nouveau président de TM, Daniel Lamarre, vise haut, page C 1 PERSPECTIVES Pau le des Rivières La télé en effervescence Achat de Télévision Quatre Saisons par Québécor, nomination d’un nouveau président et embauche de vedettes à TVA, arrivée de nouveaux canaux à l’automne.la télévision privée québécoise est en pleine effervescence.Mais tous ces mouvements ne veulent pas nécessairement dire que la télé québécoise est en bonne santé.Le réseau TVA pavoise.En attirant Simon Duriva-ge clans ses filets, il a acheté, selon plusieurs observateurs, ce qu’il y a de plus précieux pour un réseau: la crédibilité.Mais derrière l’orgueil du vainqueur se cache une grande inquiétude.L’achat éventuel de Télévision Quatre Saisons par le consortium Quebecor-Can-com est une mauvaise nouvelle pour le plus important réseau privé du Québec.Car s’il est clair que ce réseau livre désormais une concurrence très vive à Radio-Canada, avec des séries de qualité et une information de plus en plus cohérente, il reste que les gains de popularité de TVA sont avant tout dus aux déboires de TQS.Mais le paysage télévisuel québécois changera considérablement au cours des prochains mois.Non seulement TQS passe aux mains d’un propriétaire prêt à investir de gros sous, mais trois nouvelles chaînes spécialisées — le Canal de nouvelles, le Canal vie et la chaîne Musi-max — ainsi qu’un canal bilingue de dessins animés feront leur apparition au Québec.Naturellement, TQS ne va pas changer du tout au tout demain matin.La programmation ne pourra porter la griffe de l’abondance avant janvier puisque le consortium ne pourrait devenir officiellement propriétaire du réseau avant le 22 août prochain.Et encore là, un réseau évolue plus qu’il ne change de manière vraiment notable.Néanmoins, plusieurs questions demeurent Et si Québécor réussissait à faire de TQS une sorte de Journal de Montréal télévisé?Et si, dans quelques mois, TQS développait un bulletin de nouvelles montréalais, en y mettant les immenses ressources dont dispose Québécor?Et si les quotidiens et hebdomadaires appartenant à M.Péla-deau venaient appuyer, discrètement ou non, les stations de TQS en région et à Montréal?H est bien certain que les difficultés actuelles de TQS à conclure des ententes avec les annonceurs s’estomperaient derrière les puissants contacts dont bénéficient non seulement Québécor mais aussi Cancom et son propriétaire WIC.Une autre tuile pour TVA et Radio-Canada, qui.se battent pour une assiette publicitaire restreinte.A l’extérieur de Montréal, Radio-Canada pourrait aussi écoper d’un renforcement de la position de TQS.Comme elle pourrait souffrir de l’arrivée du Canal de nouvelles, affilié à TVA Déjà, l’arrivée de personnalités populaires comme Julie Snyder et Simon Durivage donne une grande confiance au personnel du réseau privé.Le message n’a en effet échappé à personne: si TVA est capable d’attirer dans ses filets les vedettes de Radio-Canada, c’est que le réseau a atteint une crédibilité qui n’est plus l’apanage de la télé publique.La responsable de la télé française, Michèle Fortin, se console en disant qu’après tout, a 22h à l’automne, Radio-Canada sera sur tous les écrans, à TVA avec Simon Durivage, à Télé-Québec avec Christiane Charette et à Radio-Canada avec Bernard Derome.Ouais.Il est vrai qu’on peut voir dans ce «rayonnement» une forme d’hommage.Reste que cette approche philosophique n’aidera pas Radio-Canada à garder son caractère distinct.Mme Fortin se plaît également à dire que l’arrivée de Simon Durivage ne changera pas le contenu des informations à TVA pas plus qu’il n’apportera miraculeusement des correspondants étrangers au réseau.Elle a raison d’insister sur ce point car le télédiffuseur public est le seul à offrir à ses téléspectateurs un point de vue québécois sur l’actualité internationale.Ce n’est pas rien.Mais ce n’est pas tout.Et c’est faire peu de cas de l’importance de l’image dans un médium qui ne survit, après tout, que grâce à elle.Pour Radio-Canada, comme pour Télé-Québec à un autre niveau, l’année qui vient sera ardue.Dans le cas de Télé-Québec, le réseau devra faire la preuve de sa pertinence, préciser sa personnalité et accroître quelque peu son auditoire, à un moment où les réseaux spécialisés grugent des pans entiers d’auditoire.Ce sera pour lui une question de survie.Dans le cas de Radio-Canada, il s’agira de contenir la vague de privatisation qui déferle sur la production télévisuelle, de manière, là encore, à garder sa raison d’être et à préserver une vision des choses qui est de plus en plus floue.MÉTÉO Montréal Québec Dégagement Dégagement graduel.Venteux.Max: 7 Min: -1 Dimanche: soleil.Max: 10 Min: 0 Détails, page C 9 Agenda.B 12 Annonces.C 8 Les Arts.B 1 Avis publics.C 7 Bourse.C 6 Economie.C 1 Éditorial.A 8 INDEX Idées.A 9 Livres.D 1 Le monde.A 6 Les sports.C 10 Montréal.A 3 Mots croisés.C 9 Politique.A 5 Les Québécois invitent Bouchard à rester à la maison Une majorité désapprouve son implication dans les élections fédérales MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Au moment où le premier ministre Lucien Bouchard se lance avec vigueur dans la précampagne électorale fédérale, près des deux tiers des Québécois (63 %) estiment au contraire qu’il ne devrait pas se mêler du prochain scrutin.Par ailleurs, selon un sondage omnibus Sondagem effectué pour Le Devoir, le taux de satisfaction de l’électorat à l’égard du travail de M.Bouchard semble en hausse, comparativement à des enquêtes récentes d’autres mai- sons de sondages.M.Bouchard reste légèrement plus populaire que son parti, le Parti québécois recevant lui-même davantage d’intentions de vote que son petit frère fédéral, le Bloc québécois.VOIR PAGE A 10: BOUCHARD Lire aussi en page A 5 ¦ Le PQ se réunit en conseil national pour s’arrimer au Bloc en vue des élections SONDAGEM-IE DEVOIR Pensez-vous que Lucien Bouchard devrait s’impliquer personnellement dans la prochaine campagne électorale fédérale?non 63 % oui 37 % Avant répartition des indécis: non 56,2 %; oui 32,9 %; 10,9 % des Québécois interrogés n’ont pas répondu ou se sont déclarés indécis Heureux d'un printemps., JACQUES GRENIER LE DEVOIR LA RACLEE du printemps a pris bien des Montréalais au dépourvu hier: bouchons de circulation, voitures ensevelies, bourrasques de vent mariées à des averses de neige, il n’y avait pas là de quoi réjouir les amoureux du printemps.Mais l’heure n’est plus à la maussaderie puisqu’il refera surface aujourd’hui.Lire notre reportage en page A 10.Commissions scolaires linguistiques Le gouvernement Chrétien retarde le dépôt de la motion Confusion à Ottawa: Stéphane Dion et Herb Gray se renvoient la halle MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Même s’il se disait désireux d’agir rapidement, le gouvernement fédéral a décidé d’attendre la semaine prochaine avant de soumettre à la Chambre des communes la résolution unanime de l’Assemblée nationale mettant fin à l’obligation constitutionnelle de maintenir des commissions scolaires confessionnelles à Montréal et à Québec.Les ministres n’avaient qu’une raison à offrir pour expliquer que la motion n’ait pas été déposée hier, comme l’avait annoncé le ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, mercredi.L’ordre du jour chargé des travaux parlementaires serait à l’origine de ce délai.«C’est une question de planification des travaux de la Chambre», a dit le leader parlementaire du gouvernement, VOIR PAGE A 10: MOTION La bibliothèque idéale Le livre est à l’honneur dans l’édition d’aujourd’hui: voyez les résultats d’un appel lancé aux lecteurs par Lise Bissonnette sur les bouquins composant leur «bibliothèque idéale» (page D 5) et parcourez également la chronique de la directrice sqr ce retour d’appel (page B 3).A la une du cahier Livres, l’industrie du livre est sérieusement menacée et il faudra lui donner un second souffle.Enfin, en page Idées (A 9), Jacques Godbout et Pascal Assathiany soulignent l’importance de redonner une place à la lecture au Québec.+ La Grande-Bretagne après 18 ans de thatchérisme Le Bill Clinton britannique Le leader travailliste Tony Blair serait-il le plus grand chef conservateur depuis Margaret Thatcher?Nous amorçons aujourd’hui, sous la plume de notre correspondant Christian Rioux, la publication d’une série d’articles sur la Grande-Bretagne où des élections générales auront lieu le 1er mai prochain.Des élections qui, à moins d’une surprise, mettront fin au long règne conservateur.Premier de six CHRISTIAN RIOUX ENVOYÉ DU DEVOIR À LONDRES Les projecteurs du Plymouth Guild Hall s’allument alors que retentit soudain une musique de science-fiction.La voix du capitaine Picard, le célèbre commandant du Starship Enterprise de la série télévisée Star Trek, résonne dans un nuage de filmée.Elle annonce l’arrivée d'un homme qui, après 18 ans de gouvernement conservateur, semble venir de l’espace dat consécutif.Ce qui ferait de la Grande-Bretagne l’un des derniers pays à parti unique, rigole-t-on dans les officines travaillistes.«Tony Blair ressemble à un homme qui a pour tâche de transporter un vase Ming du XV' siècle, dit Donald Macintyre, chroniqueur du quotidien The Independent.Dans les semaines qui viennent, il ne doit surtout pas trébucher.La moindre gaffe, la moindre hésitation, la moindre promesse en l’air peut renvoyer les travaillistes dans l’opposition pour une troisième décennie.» «New Labour.New Britain.» Le slo- intersidéral.«J’ai nommé le chef du Par- RN GRANDE- 8311 ne l^sse aucun doute.Le leader de ti travailliste, Monsieur Tony Blair!» RRFTA f1 WT?^ ans veut conva'ncre les millions Sous les réflecteurs et les applaudis- B KL 1 nu IN L d’électeurs qui ont soutenu pendant 18 sements, celui que les sondages désignent depuis des mois comme le prochain premier ministre britannique apparaît investi d'une mission historique: empêcher le retour au pouvoir des conservateurs pour un cinquième man- ans la révolution conservatrice de Margaret Thatcher que le Parti travailliste, autrefois identifié aux syndicats et à la gauche, a changé.VOIR PAGE A 10: BLAIR I L’IRA applique sa «stratégie du chaos» à la campagne de John Major, page A 6 IAN WALDIE REUTERS À Edimbourg, en Ecosse, Tony Blair s’apprête à engloutir une Blair Brew, une bière brassée spécialement pour faire mousser sa campagne électorale.La mission du leader travailliste: faire avaler aux électeurs que le Parti travailliste, autrefois identifié aux syndicats et à la gauche, a changé.Il est tout prêt de réussir.i 778313000696 L E I) E V 0 I ft, L E S S A M E D I I » E T I) I M A N C 11 E 2 0 A V R IE I !) I) 7 .'A 2 L’Etat doit garder le contrôle de l’eau, estime le SCFP PRESSE CANADIENNE Si des projets d’exportation de l’eau sont sérieusement envisagés, la gestion doit en revenir à une société d’Etat, et non à l’entreprise privée ou à une société mixte.De plus, un fonds du patrimoine devrait alors être institué pour redistribuer les profits entre le gouvernement du Québec et les municipalités.C’est le souhait qu’a formulé hier le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente 32 000 syndiqués dans plusieurs municipalités du Québec.Devant toutes les rumeurs et études qui circulent à l’heure actuelle concernant des projets d’exportation de l’eau, le SCFP demande aussi la tenue d’un débat public.«La population est absente» de ce débat crucial au Québec alors qu’on est «un peuple d’eau», déplorait Claude Généreux, président du SCFP-Québec.Le SCFP affirme n’avoir «aucune objection de principe» à l’exportation de l’eau potable du Québec mais insiste pour que celle-ci profite à l’ensemble de la collectivité québécoise, comme c’est le cas pour l’hydroélectricité, et non à une entreprise privée qui lancerait l’idée.Parmi les hypothèses qui ont circulé jusqu’ici, on a évoqué des revenus de 2,6 milliards de dollars pour les promoteurs du projet, mais des revenu^ de seulement 2,6 millions pour l’État.Gilles Charland, directeur québécois du SCFP et vice-président de la FTQ, trouve une telle répartition de 1 pour 1000 inacceptable.L’eau, rappelle-t-il, appartient à l’ensemble des Québécois et les équipements de filtration sont gérés par les municipalités.Pourquoi ne pas mettre à profit cette expertise?Le SCFP suggère aussi d’instituer un fonds du patrimoine à l’image du Heritage Fund qui avait été mis sur pied en Alberta pour gérer les profits du pétrole.AC1U A L1TES ?Fuite de renseignements personnels Boisclair reproche à la Commission d’accès à l’information de ne pas avoir enquêté NORMAN DE LIS LE PRESSE CANADIENNE Québec — La Commission d’accès à l’information est critiquée pour avoir négligé d’enquêter sur la fuite de renseignements personnels qui se serait produite au sein de divers ministères et organismes du gouvernement.«Le résultat n’est pas à la hauteur des attentes des Québécois», a dit hier le ministre André Boisclair, responsable des Relations avec les citoyens, lors de l’étude des crédits de son ministère.On pourrait revoir le rôle de la Commission à l’occasion de la révision quinquennale du mandat de l'organisme.Cette révision est prévue par la loi.Un des dirigeants de la Commission d’accès à l’information (CAI) a révélé en février dernier qu’il existait un marché noir de vente de renseignements personnels auquel participent certains fonctionnaires.Des gens peuvent obtenir sous la table, pour des prix variant de 25 à 150 $, le dossier personnel d’un individu tel que compilé dans les différents ordinateurs du gouvernement ou d’organismes publics, avait révélé ce dirigeant de la CAI.Par exemple, on peut avoir copie d’un rapport d’impôt pour 100 $, d’un rapport médical ou de renseignements tirés de la Centrale des renseignements de la police.La Commission d’accès à l’information a justement le mandat d’enquêter sur de telles allégations et elle ne l’a pas fait, a déploré le ministre Boisclair hier.C’est finalement la division des crimes économiques de la Sûreté qui a déclenché l’enquête.Le point de vue du ministre Boisclair est partagé par le porte-parole de l’opposition, le député de Chomedey Thomas Mulcair, qui accuse la CAI d’être «empreinte de naïveté» lorsqu’elle tente de protéger les renseignements personnels.Selon M.Mulcair, il faudrait que la CAI ait plus de «perspicacité» et vérifie elle-même auprès des organismes du gouvernement si les renseignements personnels des citoyens détenus au gouvernement sont convenablement protégés.Pour le député péquiste de Lévis, Jean Garon, les «establishments dans la société se protègent de façon éhontée.Il faut définir le devoir de divulgation de façon à mieux protéger la vie privée».Il a donné des exemples précis: les recteurs d’universités qui s’insurgent contre le fait que leur salaire soit divulgué, bien que ces salaires proviennent des fonds publics.Il a cité aussi un quotidien montréalais qui refuse de publier la liste de ses souscripteurs.On a aussi révélé que des policiers avaient fourni des renseignements personnels à un individu de Laval qui voulait ouvrir un bar et vérifier les antécédents du personnel qu’il voulait embaucher.Quant au président de la Commission d’accès à l’information, l’ancien journaliste Paul-André Comeau, il a soutenu que le rôle de l’organisme qu’il dirige n’est pas de jouer au policier mais de faire de la prévention.C’est ainsi que la Commission a émis à l’intention des hôpitaux du Québec des directives pour sauvegarder la confidentialité des dossiers médicaux.Des vérifications ont démontré l’efficacité de cette mesure, a dit M.Comeau.REGISTRE REGISTER INSCRI' ONCE AND FOR ALL.- m , U T I) IMA » C II E 2 0 A V It II.I !) !) 7 ÏA 6 —-?LE DEVOIR ?LE MOP REVUE DE PRESSE Pitié pour les tories et pour Pompéi! François Brousseau Le Devoir Trois monuments en péril — si ce n’est en naufrage — attirent cette semaine notre attention: le régime conservateur britannique, dont la défaite est tenue pour certaine le 1" mai prochain.L’Albanie, où l’intervention italienne provoque sarcasmes et .scepticisme, et Pompéi, la ville-musée «en train de mourir pour la seconde fois».La presse britannique, qui traite d’ores et déjà le régime conservateur de John Major comme un fait du passé, dresse un bilan très contrasté des 18 années de la droite à Downing Street, à la veille des élections du lormai qui devraient ramener au pouvoir le Parti travailliste, aujourd’hui dirigé par le moderniste et fort séduisant Tony Blair.Beaucoup attirent l’attention — certains pour s’en réjouir, d’autres pour le déplorer — sur l’alignement des travaillistes sur l’économie de marché, les privatisations, la loi et l’ordre, le libre-échange, tous les thèmes traditionnels de la droite.Ainsi The Guardian (400 000 exemplaire), héraut de la gauche, écrit que «le reniement par le Parti travailliste de son passé, marqué par l’interventionnisme et la redistribution des richesses, a laissé un vide.Comme les hommes politiques ont besoin d’un terrain d’affrontement, on est en train, des deux côtés, de compenser le consensus économique par [.] une surenchère de populisme pur et dur».' Le International Herald Tribune quotidien, mariage européen du New York Times et du Washington Post, a ainsi résumé le paradoxe des travaillistes: «Ils s’opposent à la politique conservatrice dans son ensemble.et dans le même temps promettent de ne rien changer» Dans une autre direction, le Financial Times (300 000 exemplaires), le quotidien couleur saumon qui donne le ton dans la City, affirme d’une façon surprenante que non, les tories au pouvoir n’ont pas tué l’Etat-providence, qu’ils l’ont au contraire renforcé: «Depuis 1979, et contrairement à une idée largement répandue, la politique budgétaire a conduit à un renforcement de l’Etat-providence plutôt qu’à son affaiblissement.» Et le journal de donner quelques chiffres, comme pqr exemple ceux de la traction occupée, dans le budget de l’Etat, par les trois postes fondamentaux que sont l’éducation, la santé et la protection sociale.À l’aube du thatchérisme, ces trois postes mobilisaient 49 % des dépenses publiques.alors qu’aujourdhui, le pourcentage correspondant est de 61 %.Certes, écrit le Financial Times, certains postes ont connu une forte décroissance: le logement («mais l’arrêt de la construction de logements sociaux a été compensé par l'augmentation du budget des allocations logement»), la défense (passée de 11 % à 7 %), les transports.Exception à cette tendance: la loi et l’ordre (les prisons bien remplies, la police), où la part budgétaire progresse de 3,5 % à 5,4 %.?Intervention italienne — ou italo-française — en Albanie.Et pas beaucoup d’applaudissements.Il faut dire que le spectacle navrant d’une classe politicienne romaine se chamaillant sur l’opportunité d’envoyer quelques soldats de l’autre côté de l’Adriatique avait tout, la semaine dernière, pour dissiper l’enthousiasme.Que penser par exemple d’un ministre de la Défense, Beniamino Andreatta, qui, pensant les micros fermés alors qu’ils ne le sont pas, laisse tomber que «notre objectif, c’est de dégommer Berisha» [le président albanais, sérieusement contesté depuis deux mois par la partie Sud du pays], alors que tel n’est pas du tout le mandat de la force européenne?Qu d’un Fausto Bertinotti, leader de Refondation communiste (communistes orthodoxes), qui, dénonçant pêle-mêle lé néo-impérialisme européen et le régime de Berisha, s’oppose de toutes ses forces à l’intervention?Franco Venturini, dans le Corriere della Sera, le grand quotidien bourgeois de Milan (premier quotidien généraliste d'Italie avec ses 800 000 exemplaires) se moque de ceux qui diabolisent Berisha et «qui font un dogme du déclenchement tambour battant d’élections pour libérer l’Albanie de son insupportable tyran».Mais les commentaires à l’étranger ne sont pas moins méchants.Le Monde écrit que «l’Italie a offert le misérable spectacle de partis qui marchandent leur appui à M.Prodi [le premier ministre italien] et qui se sont abandonnés au Parlement à des jeux de basse politique qui n’ont rien à voir avec le sort de l’Albanie».Notre «grand frère» parisien n’est pas plus tendre pour le reste de l’Europe, qui simultanément «s’en est lavé les mains».Le Los Angeles Times, le très gros quotidien de la côte ouest américaine, opine que cette intervention «durera beaucoup plus longtemps que prévu», et que «l’Italie n’a pas fourni de claire vision de ce qu’elle va faire», qu’elle n’a établi «ni les règles d’engagement, ni une stratégie de sortie».Al-Ahram, le grand quotidien égyptien, parle, lui, de «la mission qui fait peur» et énumère les multiples dangers quoi attendent les Européens sur ce «terrain miné».La presse du monde «Sauvez Pompéi!», s’exclame l’hebdomadaire italien L ’Espresso.«Le site archéologique le plus visité d’Italie, le cité antique au charme insolite, se désagrège chaque jour davantage», se lamente le magazine de gauche, dont les «unes» oscillent entre filles dénudées et caricatures horribles de Silvio Berlusconi.Ironie: conservée intacte pendant 1700 ans sous la cendre, Retrouvée par hasard il y a deux siècles, et progressivement mise au jour depuis, pour aboutir à l’orgie touristique dont elle est aujourd’hui devenue le symbole (près de deux millions de personnes par an visitent ce site de 44 hectares), Pompéi «se meurt pour la seconde fois» selon L’Espresso.Sous l’effet du flux continuel de touristes, avec son lot de nourriture, d’objets divers, de cigarettes, de graffitis ou d’égrati-gnures contre les statues, la ville-musée agonise de nouveau.«On s’est contenté d’ouvrir le site, sans se préoccuper de la Protéger ou de le valoriser», déclare au magazine le super-ministre Walter Veltroni, vedette du gouvernement Prodi, titulaire notamment du ministère des «Biens culturels», comme on l’appelle en Italie.I Mais son idée de remise en valeur ne fait pas l’unanimité: «Ne pourrait-on pas inventer un parc d’attraction, une sorte de «Jurassic Pompéi», à mi
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.