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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-06-04, Collections de BAnQ.

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FONDÉ EN 191 O V II l .I.X XXVIII N " I 2 :i M o N T II K A L .I.K M K II «' U K DI I .1 I' I N MM> 7 8 S e + t I* s + T v g / T o il o X T h I $ j 1: m J e a n Dion ?PERSPECTIVES Tordre les chiffres On l’a vu à satiété, les campagnes électorales sont une excellente occasion de dire n’importe quoi, que ne surpassent peut-être que les lendemains d’élections.Et entre les commentaires de la rue et les thèses savantes, la célèbre maxime se trouve vérifiée.Oui, les chiffres sont aux analystes ce que les lampadaires sont aux ivrognes: ils fournissent bien plus un appui qu’un éclairage.e scrutin uninominal à un tour est le miroir déformant de nos vicissitudes politiques, le piège inévitable dans lequel, au nom de l’efficacité, s’enferre la démocratie, les résultats qu’il donne sont l’étalon de mesure d’une réalité approximative, parfois même carrément fausse, mais dont tout le monde semble s’accommoder faute de mieux.11 ne prouve en fait qu’une chose: que l'union fait la force au sens où il est plus lucratif d’agglutiner les voix dans des creusets à pensée unique que de chercher à essaimer d;ins toutes les sphères de la société.Le plus grand nombre, concept fondamental, n’a pas toujours raison.Les soirs d’élections, on regarde la distribution des sièges.Normal et logique, dans la mesure où on veut savoir qui formera le gouvernement.Mais les choses devraient s’arrêter là.Aussi, au moment où le cynisme populaire bat des records, où l’institution parlementaire est largement perçue comme un cirque, un repaire de grands enfants qui rivalisent d’effets de galerie et se mentent mutuellement, l’accent énorme mis sur la formation de l’opposition ne laisse-t-il pas d’étonner.Dans les heures qui ont suivi le scrutin de lundi, on a fait grand état de l’accession du Parti réformiste de Preston Manning au titre d’opposition officielle.L’heure de gloire, le triomphe tous azimuts de la droite pure et dure anû-French.Un phénomène qui, combiné à la réélection de Jean Chrétien, «consacre le rejet du Québec par le Canada», disait hier Lucien Bouchard.Un phénomène, par ailleurs et par l’absurde, dont plusieurs souverainistes disent tout bas qu’avec un chef du Bloc québécois peu populaire, c’était la meilleure chose qui pouvait leur arriver.La vérité, toutefois, c’est que le Reform a à peine progressé (0,6 point de pourcentage).Soixante députés, certes, mais peu de votes de plus au total qu’en 1993.Si la droite a gagné du terrain, c’est grâce au Parti conservateur qui est allé chercher trois points de pourcentage de plus, dont la majorité au Québec francophone de surcroît.En revanche, le Nouveau Parti démocratique, la formation fédéraliste la plus ouverte aux revendications du Québec, la gauche si out dans le néolibéralisme ambiant, a grimpé de quatre points à elle seule (plus que les deux autres réunis)! Et le Reform est demeuré incapable d’élargir ses assises géographiques.L’opposition officielle?Qui prétendra que le Canada est suspendu aux débats des Communes?M.Chrétien l’a dit Preston Manning posera la première question au lieu de la troisième.Et puis après?Bien des observateurs ont noté avec raison que la performance des réformistes en Chambre avait été au mieux ordinaire ces trois dernières années; or voilà qu’ils reviendront avec, grosso modo, la même équipe.Les médias qui leur accorderont plus d’attention?Au Canada anglais, les journalistes avaient décidé depuis longtemps que, le débat sur le Québec et l’ascendant de Lucien Bouchard mis à part le Reform était la véritable opposition.C’était encore plus vrai depuis le départ du fondateur du Bloc.Quant aux médias du Québec, on doute qu’ils se découvrent un attrait soudain, sinon un peu d’huile jetée sur le feu de temps en temps, pour ce parti aux antipodes dont il est possible qu’aucun des 60 élus ne sera en mesure de s’exprimer en français.Autres chiffres trompeurs et évaluations douteuses.Les libéraux se font fort de souligner que le Bloc a perdu 11 points par rapport à 1993 et donc, que les fédéralistes ont raflé près des deux tiers des voix au Québec.Soit Mais encore?Les votes conservateurs — prenez Chicoutimi, par exemple — sont-ils tous des NON en puissance?L’équation est trop facile.Il n’y a qu’à rappeler que les comtés de Jean Chrétien et Jean Charest remportés par de fortes majorités en 1993, ont livré des OUI deux ans plus tard.On tord les données dans le sens qui fait notre affaire.A la radio hier, le ministre Stéphane Dion a même dit que le Bloc avait été «chanceux» de récolter autant de sièges.Or le chef de ce ministre a-t-il dit qu’il avait été chanceux d’obtenir un gouvernement majoritaire?Pas du tout Il a dit qu’il avait gagné, point II n’a pas dit que 155 sièges avec 38 % des voix relevait de l’injustice.Il n’a pas dit non plus que 101 députés sur 103 en Ontario avec la moitié des suffrages à peine, il fallait une sacrée veine pour obtenir ça.En fait, même l’importance de l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire de justesse, qui a fait beaucoup jaser lundi soir, paraissait grandement exagérée.On a peine à imaginer, à part un budget, et encore, sur quel projet le Reform, le Bloc, le NPD et le PC auraient pu faire front commun, sans même parler du risque de replonger le Canada en campagne électorale alors que personne ne voulait de celle-ci.Les élections fédérales ont bien montré que le Canada est morcelé.Mais à trop rendre absolus des résultats relatifs — et le fait de dire que les règles sont les mêmes pour tout le monde n’arrange rien —, on s’expose à tronquer la réalité.Il ne faudrait pas oublier que la première fonction du lampadaire consiste à éclairer.Même les ivrognes.M É T É 0 Montréal Ensoleillé.Max: 24 Min: 7 Québec Ensoleillé.Max: 21 Min: 7 Détails, page B 6 I N D E X Annonces .B 7 Le monde A 7 Avis publics.B 5 Les sports B 6 Bourse .B 2 Montréal A3 Culture .B 8 Mots croisés.B 7 Economie .B 1 Politique A 5 Éditorial .A 8 Télévision B 7 Idées.A 9 MONTREAL Nuits d’Afrique: place à la fête des sens, page A 3 LE MONDE Un cessez-le-feu intervient en Sierra Leone, page A 7 MONTRÉAL Aznavour avec la chorale de l Accueil Bonneau?, page A 3 À court d’eau, Hydro projette de détourner six rivières LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Devant l’état alarmant de ses réserves hydrauliques, Hydro-Québec vient de demander à Québec d’autoriser six projets de détournement de rivières de la Côte-Nord et du Lac-Saint-Jean au profit des turbines des complexes Bersimis et Outardes, les deux bassins voisins de Manicouagan.C’est ce que révèlent les quatre «Avis de projet» officiellement déposés le 14 mars dernier par le président d’Hy- dro-Québec, André Caillé, auprès du ministre de l’Environnement et de la Faune, David Cliche, dont Le Devoir a obtenu copie en vertu de la loi d’accès aux documents publics.Ces demandes d’autorisation proposent de détourner vers le réservoir Pipmuacan, qui alimente les centrales Bersimis 1 et 2 sur la rivière Betsiamites, les trois réservoirs de tête des rivières Portneuf, Sault-aux-Cochons et Manouane.La Portneuf est actuellement exploitée par trois minicentrales appartenant à la société Innergex, qui tente de harnacher en plus les chutes de la Chaudière, près de Québec.La rivière Sault-aux-Cochons alimente trois autres petites centrales appartenant à la société RSP Hydro.Quant à la Manouane, qui se jette dans la Péribonka, elle alimente les six centrales d’Alcan, qui produit 2687 MW — l'équivalent de Grande-Baleine — avec les eaux de la Péribonka et du lac Saint-Jean lui-même.Le quaùième projet de détournement, enclenché en catimini par Hydro-Québec, vise à détourner vers le com- VOIR PAGE A 10: HYDRO fi i , ** ' JACQUES NADEAU LE DEVOIR ET PRESSE CANADIENNE Pressés de toutes parts par les journalistes, les chefs des cinq formations politiques canadiennes ont commenté hier les résultats du jour J.Le «contexte» explique le recul du Bloc, estime Duceppe Le chef devra faire son mea-culpa, dit Michel Gauthier PAUL CAUCHON LE DEVOIR Au lendemain des élections fédérales, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a eu fort à faire pour expliquer la performance de son propre parti, dont les appuis ont glissé sous les 40 % au Québec.Jonglant avec les chiffres, Gilles Duceppe s’est réjoui de ce que les souverainistes aient remporté «presque 60 % des comtés» au Québec.Mais interrogé à savoir s’il se sentait responsable du glissement des voix, Gilles Duceppe a répliqué qu’il se sent «responsable de cette victoire de 44 députés.Quand on est chef, on doit prendre toutes les responsabilités».Hier matin, Michel Gauthier, le précédent chef du Bloc, déclarait pourtant sur les ondes de Radiomédia que, «disons-le, hier soir [lundi], on a mangé toute une dégelée.L’appui a baissé de façon significative».Les propos de M.Gauthier laissent présager des débats houleux à l’intérieur du Bloc.Selon Michel Gauthier, le chef bloquiste devra, dans les prochaines semaines, se regarder dans le miroir et faire son mea-culpa.«On va tous se regarder parce qu’on a perdu des comtés stratégiques, dont celui de Chicoutimi», a-t-il ajouté.Pour expliquer la baisse de pourcentage des votes obtenus lundi soir, Gilles Duceppe a plutôt évoqué un ensemble de raisons: «Le contexte était fort différent de celui de 1993», a-t-il soutenu.D’abord, la première élection du Bloc suivait l’échec de l’Accord du lac Meech et le référendum de Charlottetown, et elle précédait de très peu une nouvelle élection provinciale avec référendum à la clé.Puis, Gilles Duceppe a mentionné la course au leadership et le fait que «nous a vions beaucoup de choses à faire en VOIR PAGE A 10: BLOC LIRE AUSSI I L’éditorial de Lise Bissonnette, page A 8 I Réaction «morcelée» à Québec, page A 4 ¦ Chrétien satisfait de sa performance, page A 4 là Charest dénonce l’effet Chrétien, page A 4 I Les résultats finaux, page A 6 ! Tiananmen, huit ans après MURE DICKIE REUTER Pékin — La propagande chinoise a beau tourner à plein régime sur la rétrocession imminente de Hong-Kong, rien n’y fait: c’est à l'anniversaire du Printemps de Pékin que s’intéressent bien des habitants de la capitale.Huit ans après les faits, beaucoup réclament — non seulement parmi les dissidents ou les parents des victimes, mais aussi chez l'homme de la rue — un réexamen officiel des dramatiques événements du 4 juin 1989.«Les animaux eux-mêmes résistent si on tue leurs enfants», déclare Zhou Shuzhuang, dont le fils de 24 ans a été tué par les soldats qui, à l'époque, étaient intervenus place Tiananmen pour mettre un terme aux manifestations étudiantes.Les familles ne peuvent oublier et n’auront de cesse que le pouvoir revienne sur sa version des faits, quelles que soient les pressions exercées pour les réduire au silence, a-t-il déclaré dans une récente interview.•Ils voudraient nous voir morts pour nous faire taire.Nous devons donc continuer à vivre».a ajouté ce retraité de 61 ans.l'un des 42 signa- «Les animaux taires d’une pétition réclamant une enquête parlementaire sur l’affaire.Ce genre de revendications ne trouve aucun écho dans la presse chinoise.Etroitement contrôlés par l’Etat, les journaux préfèrent depuis des semaines publier un flot ininterrompu d’articles triomphalistes sur la restitution de Hong-Kong, prévue le 1" juillet.Il n'en reste pas moins que le climat de cet événement historique a été très perturbé par les souvenirs tenaces du printemps 1989: depuis huit ans, l'anniversaire de la répression donne lieu à des manifestations hostiles à Pékin dans la colonie britannique.eux-memes résistent si on tue leurs enfants» Un anniversaire passé sous silence Jusqu'à présent la Chine n'a jamais dévié de son explication officielle: des mesures énergiques s’imposaient pour mettre un tenue à une rébellion contre-révolutionnaire déclenchée par les manifestations étudiantes.Même si les autorités chinoises passent pratiquement sous silence l’anniversaire du 4 juin, il est évident qu elles le prennent au sérieux: tous VOIR PAGE A 10: TIANANMEN Qualité-Québec se saborde MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Après six ans de promotion de l’«achat chez nous», la société de promotion Qualité-Québec réduira ses activités au strict minimum.Le conseil d’administration de cet organisme sans but lucratif, initialement fondé par le Mouvement Desjardins en 1991, a décidé la semaine dernière que la société cesserait d’exister sous sa forme actuelle.«Il n’y aura plus de permanence, confirme le porte-parole de Desjardins, André Chapleau, mais il faut que ça continue sous une forme différente.C’est un grand succès.» En fait, plusieurs sociétés d’Etat, qui contribuaient à 20 % du budget de l’organisme, se sont retirées de son financement au cours des derniers temps, comme Hydro-Québec, Loto-Québec et la Caisse de dépôt et de placement.Chez Desjardins, on refuse de préciser quelle était l’implication financière du Mouvement, mais les cotisations des entreprises-membres représentaient, quant à elles, 33 % du budget.L'an dernier, environ 150 entreprises se sont jointes à Qualité-Québec, mais 125 auraient également quitté l’organisme.Le conseil d'administration, présidé par le grand manitou de Desjardins.Claude Béland.a toujours privilégié l’auto-financement à l'aide des cotisations, mais cet objectif ne s’est jamais réalisé dans les faits, malgré un membership tournant autour de 1000.dont seulement 200 cotisants.En ce moment chez Qualité-Québec, seul reste en pla- VOIR PAGE A 10: PROMOTION 778313000665 A 2 !•: i) K v h i il .i.i m i it i is i: h i i !l La presse du Canada Chrétien n’entrevoit pas de contestation de son leadership i Charest croit avoir été victime de «l’effet Chrétien» Le premier ministre «savait ce qu'il faisait» en évoquant la non-reconnaissance d'un OUI à majorité simple A1A I.K I) K V (Mil, I, K M K II l II K DI I .1 I I X I » !» ï in V J u l m ü A A .1 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Au Festival créations jeunesse, organisé par Oxy-jeunes et qui se tenait hier au cégep Edouard-Montpetit, un groupe d’étudiantes présentaient leur numéro de danse, conçu durant l’année.La tentation de créer Oxy-jeunes présente un spectacle réalisé par des jeunes CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR On leur a donné une journée dans le tumulte de la fin de l’année scolaire pour s’exprimer librement sur scè-neJIls en ont largement profité en présentant une série de spectacles de danse et de théâtre, dans le cadre de l’événement 5000 secondes de folie créative, organisé par le groupe Oxy-jeunes, qui s’occupe depuis 17 ans de développer, d’encourager et de promouvoir la créativité chez les jeunes.«On s’est rencontrées dans un recoin de la cour d’école.C'était plein de graffitis, c’est nous qui les avons faits.C’est pour ça qu’on est si colorées», dit en substance l’une des filles dans le sketch présenté par les élèves de l’école secondaire Curé-Antoine-Labelle, intitulé Le Vide, le Noir et le Nu.Le sketch présente l’histoire d’un fils de médecin de campagne un peu gêné qui arriye chez trois colocataires urbaines aux allures bigarrées.A la fin du sketch, on entendra la voix d’un propriétaire mécontent qui tonne: «Vous êtes malpropres, vous êtes mal élevés, vous ne payez pas votre loyer!» L’événement regroupait des jeunes de 12 à 18 ans, de niveaux secondaire et collégial de tout le Québec, et même d’ailleurs au Canada.Il se voulait une réflexion artistique de la réalité vécue par les jeunes.Le tout baignait dans une ambiance passant de l’angélisme au destroy, rappelant assez bien ce passage ardu entre l’enfance et l’âge adulte qu’est l’adolescence.Dans la même foulée, Oxy-jeunes avait mené cette année une enquête sur les jeunes et les activités culturelles qu’ils pratiquent.Ils ont récolté entre autres les commentaires suivants, venant en vrac de la bouche des étudiants: «Je veux essayer par ce moyen de me donner ce que la vie ne m'offre pas»-, «Sans imagination, t’es rien qu’une tête morte» ou «Dès que je commence à créer, ça m’apaise.Ça permet de sortir de la réalité trop dure.Si t’imagines pas, tu vois du noir.» D’autres disent: «J’ai comme plus d’intérêt à ce que je vois»-, «C’est la base de tout.Il n’y aurait pas grand-chose s’il n'y avait pas l’art.C’est ce qui forme la personne par l’ouverture qu’il implique»-, «La musique aussi exige beaucoup de concentration,ça me sert partout, même en maths», et enfin «Moi, c’est la danse, elle me vide de ce qui est impur en moi, elle me réénergise.Sinon, comment en parler pour libérer la joie qui est en toi?» Hier matin, Oxy-jeunes avait également organisé un débat sur la créativité dans les milieux jeunesse, au café de l’Usine C, à Montréal.Y participaient quatorze personnalités du monde de l’éducation, des communications et de la culture, dont certaines têtes plus connues comme celles du chanteur, auteur-compositeur et musicien Raoul Duguay ou de l’éditorialiste Richard Martineau.Ce qui en ressortait, selon Raymond Dufault, professeur de théâtre retraité de Cowansville, qui assistait au débat, c’est que les jeunes des années 1990 créent peu en milieu scolaire parce qu’ils ont peu d’espace pour le faire.«Même les professeurs ont de la difficulté à sortir des structures imposées», dit-il.«Ils ont des difficultés à sortir des sentiers battus.» «Peut-être est-ce parce qu’aujourd’hui, les jeunes ont tout?», demande M.Dufault.On est revenus, semble-t-il, sur l’éternelle comparaison avec les jeunes des années 70, plus révolutionnaires, plus rebelles que ceux d’aujourd’hui.Dans un sondage mené auprès des adolescents par Oxy-jeunes et portant sur les arts, on découvre que c’est par besoin de réagir, d’exprimer ses sentiments, de partager ses goûts et ses réflexions que les jeunes sont tentés par la création.C’est aussi pour critiquer, protester, se défouler, pour la joie ou le plaisir qu’ils en ressentent Dans la majorité des cas, c’est l’émotion vécue qui est l’élément déclencheur de l’expression artistique.La Caserne rayonnante Robert Lepage et Ex Machina inaugurent leur centre de production à Québec RÉMY CHAREST CORRESPONDANT À QUÉBEC Pour ouvrir officiellement la Caserne Dalhousie, centre de production qu’il préparait depuis environ cinq ans, Robert Lepage et sa compagnie Ex Machina n’allaient pas se cantonner à la traditionnelle enfilade de discours et de petits fours qui sont habituellement le lot de telles occasions.L’inauguration de lundi soir dernier aura donc pris l’image d’un véritable événement multimédia (on y a entendu ou vu des lieder de Mahler, un site Internet, de la danse contemporaine, de l’animation 3D, du cinéma, etc.), à l’image du centre qu’elle visait à présenter au monde.Construit au coût de 7,5 millions de dollars, la majeure partie provenant des trois paliers de gouvernement, le siège social et centre névralgique d’Ex Machina comprend en effet une salle qui peut aussi bien servir de salle de répétition que de lieu de diffusion, de studio de cinéma ou de télévision, ainsi que des studios de montage audio, vidéo ou cinéma, des ateliers dédiés aux nouvelles technologies de l’information, etc.Dès l’année prochaine, une annexe entièrement dédiée à la formation et à la production multimédia viendra d’ailleurs se greffer à l’édifice existant: établi en collaboration avec les concepteurs de la compagnie Cyclone et l’Institut d’informatique de Québec, ce nouveau «module» viendra ajouter tout un pan d’activités à celles, déjà nombreuses, de la compagnie.Cette multinationale des arts (les trois quarts de ses revenus provenaient de sources étrangères en 1995-96) se retrouve donc maître d’un lieu unique en son genre dans le monde occidental.Les premières activités publiques de la Caserne illustrent bien la nature multiforme des lieux.Le 29 mai dernier, le centre accueillait le Sommet technologique de Québec, qui offrait à quelque 350 chercheurs, technologues et gens d'affaires du jeune secteur haute technologie de la capitale une vision artistique de leurs efforts scientifiques.Les 7,8 et 9 juin, le théâtre de l’Australien William Yang sera à l’honneur, offrant ainsi une diffusion plus habituelle de l’art théâtral.Au cours de l’événement de lundi soir, Ex Machina a également dévoilé ou confirmé une douzaine de projets qui occuperont ses concepteurs pendant les deux ou trois prochaines années en théâtre, musique, cinéma et télévision.En théâtre, on compte la production de La Tempête de Shakespeare, présentée au Trident au printemps 1998; une mise en scène de La Célestine de Fernando de Rojas, en coproduction avec le Dramaten de Stockholm, pour août 1998, alors que la capitale suédoise sera la Capitale européenne de la culture; la création, toujours en 1998, de La Mathématique des miracles, collectif sur la vie et l’œuvre de l’architecte Frank Lloyd Wright; une reprise A’Elseneur, cette fois avec le comédien britannique Peter Darling, à Ottawa, New York, Dublin et Madrid à l'automne 1997, et une reprise des Aiguilles et l’Opium par un producteur italien, avec un comédien argentin, qui sera en tournée en Italie et en Espagne, également l’automne prochain.En cinéma et télévision, on verra d’abord l’adaptation des Sept Branches de la rivière Ota (en sept fois sept minutes plutôt que sept heures) par Francis Ijeclerc, dont la première aura lieu au Festival international du nouveau cinéma et des nouveaux médias; l'adaptation télé de La Trilogie des dragons pour 1998; l’élaboration d'une série historique intitulée Le Pont de Québec.Côté musique, Robert Ijepage mettra en scène les Kindertotenlieder de Gustav Mahler, avec la soprano Rebecca Blankenship, à Londres, en mai 1998, ainsi que La Damnation de Faust de Berlioz, qui doit être présentée au Japon en septembre 1999, avec le chef d’orchestre Seiji Ozawa.Ajoutons à cela la présentation, l’automne prochain, dans les murs de la Caserne, d’un «cabaret technologique» visant la réunion de la science et de l'art autour du thème des cinq sens, et l’on peut aisément voir à quel point la Caserne semble vouloir être un tremplin pour les activités toujours grandissantes de Robert Ijepage et compagnie.Centres d’hébergement pour adolescentes Rochon garantit le maintien du nombre de places d’ici 1998 1*1 ERRE APRIL PRESSE CANADIENNE Québec — Tant et aussi longtemps que les ressources alternatives ne seront pas mises en place, il ne sera pas question de réduire le nombre de places disponibles dans les centres d’hébergement pour adolescentes enceintes et en difficulté.Le ministre de la Santé et des Services sociaux Jean Rochon a confirmé en Chambre, hier, un moratoire sur les fermetures de places dims ces centres au moins jusqu’en 1998.«Dans l’immédiat, le centre jeunesse maintient tout son potentiel d’hébergement pour s'assurer que les ressources vont être là et que les jeunes femmes qui doivent être hébergées le seront», a-t-il dit.«On va refaire le point en 1998, et s’il devait y avoir une diminution de places, comme on prévoit que cela pourrait arriver, les services [alternatifs] auront d'abord remplacé, à la satisfaction de tous, ces places d’hébergement», a-t-il ajouté.Dans une réponse différée à une question posée vendredi par la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, Nicole Ixûselle, le ministre a précisé qu’il est effectivement fort probable que son ministère en vienne à réduire le nombre de places dans ces centres d’hébergement.Cependant, puisque cette décision de rationaliser dans ce secteur spécifique semble incontournable, le ministre a indiqué qu’il n'est pas question de prendre des décisions hâtives qui iraient à l’encontre des orientations défendues par la ministre de la Condition féminine, Louise Harel, dans son document intitulé Programme d’action 1997-2000 pour toutes les Québécoises.Ce document consacre un long chapitre aux adolescentes en difficulté, proposant notamment une série de mesures alternatives pour leur venir en aide.M.Rochon a parlé de mettre en place des services mieux intégrés et de rendre disponibles pas moins de 90 professionnels, «dont 20 qui vont travailler spécialement avec et pour les jeunes filles et mères en difficulté».Alors que le chef de l’opposition libérale Daniel Johnson est revenu à la charge, hier, pour signaler au ministre que la fermeture de places dans des centres d’hébergement pour jeunes filles n’est vraiment pas la solution, M.Rochon^ a répliqué en affirmant que l’une des alternatives aux; places d’hébergement prévues dans la réforme fait davan-; tage appel à la prévention.«L’objectif est la prévention, a-t-il dit.Si elle réussit, on aura, à terme, besoin de moins de places.» Protection de la langue française Un pas de plus vers la loi 40 PRESSE CANADIENNE Québec — Le projet du gouvernement de créer une Commission de protection de la langue française a franchi une autre étape, hier.L’Assemblée nationale a adopté par 64 voix contre 37 le rapport de la commission parlementaire qui a étudié le projet de loi 40 créant cette commission.Le député indépendant de Montmorency, Jean Filion, s’est joint à la majorité ministérielle lors de la mise aux voix du rapport mais les députés Mario Dumont, chef de l’Action démocratique, et l’ex-ministre péquiste Richard Le Hir, député d’Iberville, ont joint leur voix à l’opposition libérale qui a voté contre le rapport.Développement régional Chevrette défend sa politique NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Le gouvernement québécois a créé 91 400 nouveaux emplois depuis juillet 1996, ce qui a permis le développement économique accéléré des régions, a soutenu hier à l’Assemblée nationale Guy Chevrette, ministre responsable du Développement régional.Au contraire, le taux de chômage a augmenté dans neuf des 16 régions du Québec, et à plusieurs endroits, le nombre d’emplois perdus a dépassé le nombre d’em- plois créés, a répliqué le porte-parole de l’opposition dans le dossier, Yvon Vallières, député de Richmond.Les deux points de vue ont paru irréconciliables lors de, ce long débat soulevé à l’Assemblée nationale sur le développement régional.Le ministre Guy Chevrette a soutenu que par sa nouvel- , le politique, le gouvernement avait simplifié le processus d’aide aux entreprises intéressées à se développer en ré-' gions.«Il n’y a plus qu’un seul guichet multiservices où des entreprises peuvent trouver l’ensemble des services.C’est le Centre local de développement [CLD] au niveau du territoire des MRC», a dit M.Chevrette.On vise juste quelle que soit la cible Léger & Léger Résultats (26-28 mai) Élections 97 BQ 36 % 38 % PLC 35 % 36% 26 % 22 % AUT 3 % 4 % Encore une fois Léger & Léger a présenté les résultats de sondage les plus précis.Léger & Léger, c’est 210 employés qui travaillent avec passion et rigueur pour vous offrir l’excellence.RECHERCHE ET STRATÉGIE MARKETING Étude de segmentation • La Sémiométrie Efficacité publicitaire * L’Effipub Test de concept • Le Build-Up Étude de satisfaction » Le Must Positionnement de la marque • Position Optimizer Denis Fagnan Vice-président Recherche Marketing Francine Simard Vice-présidente Recherche Marketing Michel Lemieux Vice-président Recherche Marketing et Directeur bureau de Québec LÉGER LÉGER RECHERCHE ET STRATÉGIE MARKETING Diane Laurence Vice-présidente Recherche Marketing Françoise Léger 1ere vice-présidente exécutive André Steenhaut 1er vice-président exécutif et Affaires internationales Jean-Marc Léger Président-directeur général « I.K I) K V 1)1 It .I.!•: M K It I It !•: I) I I ,1 I' I X Ml !» 7 LE DEVOIR ELECTIONS/:! 997 BA5-S.AINT-LAURENT- GASPESIE-COTE-NORD ! !Bonaventure-Gaspe-lles-de-• -la-Madeleine-Pabok (Lib 1) •jjVvan Bernier BQ 15 982 ^Patrick Gagnon Lib 15 808 jYves Quinton PC 6 302 •Dennis Drainville NPD 651 Gaston Beaudet PC 9 691 xJean LandryInd 1 988 Dominique Vaillancourt NPD 445 Portneuf (BQ 13 683) x Pierre De SavoyeBQ 18 615 Raynald Samson Lib 12 577 Raymond Me Bain PC 10487 Majella Desmeules NPD 1109 Charlevoix (BQ 16 457) IXGérard Asselin BQ 19814 Charlesbourg S «Ghislain Maltais Lib 9 883 (BQ 23 385) £ «Nicole Massicotte PC 6 430 Richard Marceau BQ 21 541 {f rançois Dumoutier NPD 457 Jacques Portelance Lib 17 603 s: Dany Renauld PC 13 841 * Kamouraska-Rivière-du-Loup- François Ruel Ref 1 140 ¦ Témiscouata-Les-Basques Jocelyn Tremblay NPD 962 : (BQ 10 459) Michel Audy LN 704 jxPaul Crête BQ 16 575 Claude Moreau M-L 282 ; ’France Dionne Lib 14 175 î ÎAndré Plourde PC 11 661 Louis-Hébert “Armand Pouliot LN t* 483 (BQ 18 206) |iElaine Côté NPD 429 Hélène Alarie BQ 23 653 Hélène C.Scherrer Lib 19 955 Manicouagan Christian Lessard PC 12 872 ' (BQ 8 847) Karl Adomeit NPD 1 155 - Ghislain Fournier BQ 12 208 Gilles St-Laurent Ref 1 025 .André Maltais Lib 10 675 Réal Croteau LN 667 Michel Allard PC 2 009 Pierre Ducasse NPD 1 041" Québec (BQ 13 833) xChristiane Gagnon BQ 24 838 Matapédia-Matane C.Tessier-Couture Lib 18121 (BQ 7921) Marc Jalbert PC 10 324 xRené Canuel BQ 15 691 Jean-Marie Fiset NPD 2 547 Robert Boulay Lib 10 558 Darryl Gray PC 7 981 Québec-Est Anny-Jos Paquin NPD 432 (BQ 20 443) Miville Couture LN 380 xJean-Paul Marchand BQ 23 245 Rémy Poulin Lib 18 539 Rimouski-Mitis Marquis Gagnon PC 14 533 (BQ 13 541) Suzanne Bhérer Ref 1 483 xSuzanne Tremblay BQ 17 282 Cecile Rainville NPD 1 240 ' 'Réal Marmen Lib 11 112 Jean Roy PC 'Elizabeth Clark NPD SAGUENAY-LAG SAINT-JEAN Chicoutimi (BQ18 385) André Harvey PC 18 649 ¦ xGilbert Fillion BQ 18 284 - ;Eric Delisle Lib 4 956 ,,Anne-Marie Buck NPD 859 LAURENTIDES- LANAUDIÈRE Joliette (BQ 30 953) xRené Laurin BQ 22 561 Anie Perrault PC 17 389 D.Cloutier Bergeron Lib 7 530 Gilles Roy LN 594 Jacques Trudeau NPD 502 Laurentides (BQ 23 171) Jonquière (BQ 18 484) J.Bujold Girard BQ Daniel Giguère PC 16416 11 824 xMonique Guay BQ Paul-André Forget Lib Jacques Vien PC 28 632 19013 13 992 Martial Guay Lib 4 870 David Rovins NPD 838 Carmel Bélanger NPD 351 Normand Dufour LN 350 Repentigny V.Lac-Saint-Jean (BQ 14 931) (BQ 42 928) ixStéphan Tremblay BQ 21 406 •Clément Lajoie Lib 7 123 '"Sabin Simard PC 4 836 'Jean-François Morval NPD 401 xBenoit Sauvageau BQ 33 285 R.Tranchemontagne Lib 12 514 Michel Carignan PC 12 424 Normand Capiette NPD 923 Saint-Eustache-Sainte-Thérèse (BQ 1) Roberval (BQ 13 246) Gilles Perron BQ 25 610 xMichel Gauthier BQ 16 207 Yolaine Savignac Lib 16100 "Jean-Pierre Boivin Lib 8 483 Jean Blanchard PC 12 555 France Tanguay PC 6 305 Valerie Kinslow NPD 1165 ^-Alain Giguère NPD 419 Beauce (Ind 2142) Claude Drouin Lib 21 955 Lucie Dion BQ 12 013 Use Bernier PC 9 351 Terrebonne-Blainville (BQ 29 484) xPaul Mercier BQ 26 739 Marcel Therrien Lib 13 526 Dominic Dupuis PC 11 167 Colette Bouchard NPD 1 030 Lili Weemen Ind OUTAOUAIS LES CHOIX DU PEUPLE Voici les résultats finaux du vote aux élections fédérales du 2 juin 1997 tels que compilés par la Presse canadienne.Ces résultats complètent et corrigent ceux présentés dans la dernière édition du Devoir d'hier.Le redécoupage de la carte électorale a modifié les limites de 264 des circonscriptions existantes et en a ajouté six, pour un nouveau total de 301 circonscriptions.Pour le Québec, les résultats sont présentés pour chacune des 75 circonscriptions.Entre parenthèses, on trouve le nom du parti du député représentant la circonscription correspondante au moment de la dissolution de la Chambre ainsi que sa majorité obtenue lors des dernières élections, générales ou partielles.(Une majorité nominale de 1 est indiquée lorsque le redécoupage de la carte empêche le calcul.) LE CHOIX DES CANADIENS Légende Lib: Parti libéral PC: BQ: Bloc québécois Ref: Ind: Indépendant NPD AC: Action canadienne LN: PV: Parti vert PHC: x: député sortant M-L: Parti progressiste-conservateur Parti réformiste Nouveau Parti démocratique Parti de la Loi naturelle Parti de l’Héritage chrétien Parti marxiste-léniniste Voici les résultats finaux des élections fédérales du 2 juin 1997.nombre de députés Lib Ref Bloc NPD PC autres 155 60 44 21 20 1 pourcentage des votes 38,4 % 19,3% 10,7% 11,0% 18,9% Nombre total de circonscriptions: 301 Nombre d’électeurs inscrits: 19 160 896 Nombre de bulletins de vote acceptés: 12 670 691 Yukon NPD Lib PC Ref i autres 0 Territoires du Nord-Ouest Lib 2 NPD 1 PC 0 Ref 0 autres 0 Total 3 Québec Bloc Lib PC NPD Ref autres Total Colombie- 1 Britannique 1 Ref 25 Lib 6 NPD 3 PC 0 autres 0 Total 34 Alberta Ref 24 Lib 2 NPD 0 PC 0 autres 0 Total 26 Saskatchewan Ref 8 NPD Lib PC autres 0 Total 14 Manitoba autres 0 Total 14 Ontario Lib 101 I PC T Ind 1 Ref ° NPD 0 Total 103 Terre- Neuve i Lib 4 PC 3 NPD 0 Ref 0 autres 0 Total 7 Résultats finaux Nouveau- Brunswick PC 5 Lib 3 NPD 2 Ref 0 autres 0 Total 10 Nouvelle- Ecosse NPD f PC £ Lib Ref lle-du- Prince- Edouard Lib PC 0 fl NPD 0 Ref 4 0 0 0 autres 0 autres 0 Total 11 Total 4 Pontiac-Gatineau-Labelle (Lib 2 826) xRobert Bertrand Lib 22 848 Robert Coulombe BQ 15 929 Pierre Miller PC 9 201 Brenda Lee NPD 1 119 Marc Lacroix LN 485 Thomas Sabourin PHC 275 Jean Corbeil PC 9 344 Elizabeth Lemay Amabili NPD751 EMEHMI Verdun-Saint-Henri (Lib 549) Saint-Bruno-Saint-Hubert (BQ 15 344) Trois-Rivières (BQ 13 977) NORD-OUEST Abitibi (BQ 4 525) 199/202 Guy St-Julien Lib 16 483 Jeannot Couture BQ 14 075 Armand Caouette PC 6 447 Claudette Paquin NPD 857 Yves Le Seigle M-L 238 xRaymond Lavigne Lib 21 325 x Pierrette Venne BQ 23 624 xYves Rocheleau BQ 21 265 Lac-Saint-Louis Donald Longuépée BQ 15 099 Claude Leblanc Lib 17 279 Jean-Guy Doucet Lib 15 599 Bourassa (BQ 53) (Lib 27 718) Aline Aubut PC 6 767 Camille Boité PC 10 579 Michel Charland PC 12 061 Denis Coderre Lib 24140 xClifford Lincoln Lib 42 532 Claude Ledoux NPD 1 150 Marie Henretta NPD 1 032 Dorothy Hénaut NPD 527 xOsvaldo Nunez BQ 15 221 Nick Di Tomaso PC 11 261 Michèle Beausoleil LN 509 Roger Périgny LN 502 Eric Wildhaber PC 5 997 Guy Àmyot BQ 4 364 Deepak Massand Ref 376 Saint-Hyacinthe-Bagot Dominique Baillard NPD 1 023 Chris Florence NPD 1 608 Geneviève Royer M-L 203 (BQ 17 890) Iflfijl William Haines Ref 1 557 xYvan Loubier BQ 21 016 Hochelaga-Maisonneuve Ruby Finkelstein LN 387 Westmount-Ville-Marie Jean-François Milette PC 16 313 Témiscamingue (BQ 13 292) x Pierre Brien BQ 18 523 Nora Bélanger-Teed Lib 12 616 Denis Pilon PC 7 854 Anik-Maude Morin NPD 699 Laval-Centre (BQ 12 431) xM.Dalphond-Guiral BQ 22 670 Sylvie Matteau Lib 20 032 Alain Dubois PC 12 993 Jean-Yves Dion NPD 1 456 -1Joel Pinon NPD 737 Laval-Est ‘ •; Argenteuil-Papineau (BQ 9126) (BQ 15 221) Beauport-Montmorency f- xMaurice Dumas BQ 21 202 xMaud Debien BQ 23 235 • Orléans (BQ 18 984) Stéphane Hébert Lib 17 648 Nathalie Paradis Lib 19 251 ¦xMichel Guimond BQ 22 307 André Robert PC 11 171 Vincent Della Noce PC 16 959 Simone Gosselin Lib 13 991 Didier Charles NPD 837 Peter Graefe NPD 765 • Michel Cliche PC 12 823 Marie-Thérèse Nault LN 509 "Yves Baribeau Ref 1 273 Laurent Filion PHC 505 Laval-Ouest ' Jessica Greenberg NPD 891 (Lib 1 989) Jean Bédard M-L 443 Gatineau (Lib 14 271) Raymonde Folco Lib 28 802 xMark Assad Lib 25 332 Sylvain Gauthier BQ 18 389 Bellechasse-Etchemins - Richard Côté PC 15 746 Yves Désormeaux PC 11 414 Montmagny-L'lsiet (BQ 1150) Christian Picard BQ 11 365 Karina Zeidler NPD 1 180 .Gilbert Normand Lib 14 025 Michelle Bonner NPD 982 xFrançois Langlois BQ Denis Roy PC 13 945 12 735 Jean-Claude Pommet LN Claude Grant PHC 443 440 HB Gaétan Pouliot Ref 665 Françoise Roy M-L 150 Branda Michaud NPD 587 Ahuntsic (Lib 1) Hull-Aylmer (Lib 13 695) xEleni Bakopanos Lib 28 926 Lévis (BQ 26 203) x Marcel Massé Lib 24 001 Pauline Charest BQ 18 622 xAntoine Dubé BQ 27 794 Ginette Tétreault BQ 9161 Nicole Roy-Arcelin PC 9 505 .Jocelyne Gosselin Lib Thérèse Boucher PC 17214 14 589 Stéphane Rondeau PC Peter Piening NPD 7 881 1 279 Stephen Moran NPD Carmel Bernard LN 1 044 584 France Michaud NPD 1 877 Camille Fortin Ref 896 Gail Walker PV 554 Anjou-Rivières-des-Prairies xRéal Ménard BQ 21 592 La Salle-Émard Denise Malo Lib 16 348 (Lib 13 590) Charles Boudreault PC 7514 xPaul Martin Lib 32 352 Milan Mirich NPD 906 Jean-Pierre Chalifoux BQ12 952 Richard Lauzon LN 574 Josée Bélanger PC 6419 Christine Dandenault M-L 444 Joe Bowman NPD 925 Russell Guest LN 462 Laurier-Sainte-Marie (BQ 15 120) 205/206 Mont-Royal xGilles Duceppe BQ 26 408 (Lib 36 274) ¦ David Ly Lib 11 117 xSheila Finestone Lib 29 917 Yanick Deschênes PC 5 768 Howard Galganov Ind 10 072 François Degardin NPD F.Rhino Gourd Ind 2160 1 255 Carolyn Steinman PC Jacques Thibaudeau BQ 5 006 2 023 Dylan Perceval-Maxwell PV 1 160 Adam Giambrone NPD 999 Serge Lachapelle M-L 336 Ena Kahn LN 252 Mathieu Ravignat Ind 123 Notre-Dame-de-Grâce- Mercier Lachine (Lib 22 913) (BQ 22 866) Marlene Jennings Lib 29 529 xFrancine Lalonde BQ 24 334 John Hachey PC 10 301 René Bourgeault Lib 14013 G.Dumont-Frenette BQ 8 498 Eric Champagne PC 8 539 André Cardinal NPD 2 291 Cathy Milner NPD 771 Ronald Bessette LN 657 Hélèné Héroux M-L 488 Bryan Wolofsky Ind 392 Caroline Polcsak Ind 310 (Lib 10 318) Antoine Locas Lib xLucienne Robillard Lib 26 736 Torn Davis PC 7 804 Bernard Guité BQ 5 080 Chris Carter NPD 2 568 Roopnarine Singh Ind 1308 Brian Sarwer-Foner PV 750 Allen Faguy LN 211 Normand Chouinard M-L 166 RIVE SUD Papineau-Saint-Denis (Lib 8 787) Outremont (Lib 4 439) x Pierre Pettigrew Lib Mario Beaulieu BQ xMartin Cauchon Lib Michel Sarra-Bournet BQ Beauharnois-Salaberry (BQ 9 998) Daniel Turp BQ 20 393 Linda Julien Lib 17 190 Dominique Bellemare PC 13 097 Erin Runions NPD 810 Brossard-La Prairie (BQ 1) Jacques Saada Lib 24 609 Françoise Bélanger BQ 17 265 Kiet Ngo PC 9 863 Samantha McGavin NPD 922 Chambly (BQ 18 682) ~ xGhislain Lebel BQ 26119 N.Bourget-Laramée Lib 14 060 Jacques Parenteau PC 11 802 Darren O'Toole NPD 998 Jacques Bousquet NPD 809 Saint-Jean (BQ 15 410) xClaude Bachand BQ 22 44c Diane Mac Donald Lib 13 091 Gérald L'Ecuyer PC 12 024 Julien Patenaude NPD 754 André Davignon M-L 347 Saint-Lambert (BQ 476) Yolande Thibeault Lib 19 416 xRichard Bélisle BQ 18 458 J.-F.Lafontaine PC 8 043 Allison Engel NPD 931 Jean Louis Page AC 313 Verchères (BQ 26 501) ~ xStéphane Bergeron BQ 29 978 Pierre Patenaude Lib 12 540 Jean Legault PC 12 382 Yas Etessam NPD 944 Vaudreuil-Soulanges (Lib 6 010) xNick Discepola Lib 23 667 René St-Onge BQ 17 564 Jean Lajoie PC 9 722 Peter Mc Loughlin Ref 624 Jason Sigurdson NPD 536 xDenis Paradis Lib 19 260 Claude Boulard PC 12 783 Noël Laçasse BQ 12 573 Nicole Guillemet NPD 845 Compton-Stanstead (BQ 3 012) David Price PC xMaurice Bernier BQ Gaétan Grenier Lib Christine Moore NPD Lisette Proulx LN Drummond (BQ 13 999) Lotbinière (BQ 12 068) ^Odina Desrochers BQ .Pierre Savoie Lib Ron Gray PHC Robert Mayer LN Pierre Soublière M-L Yvon Charbonneau Lib xRoger Pomerleau BQ Yannis Felemegos PC 6 230 Marguerite Sicard PC 5 381 Gaby Kombé NPD 1 232 Tooker Gomberg NPD 2 850 Châteauguay Peter Macrisopoulos M-L 482 Denis Cauchon LN 868 (BQ 16 531) Michel Dugré Ind 469 Louise Charron M-L 378 xMaurice Godin BQ 24 572 Sergio Pavone Lib 17 707 Berthier-Montcalm (BQ 19 789) Rosemont Pierrefonds-Dollard George Lavoie PC 10 444 xMichel Bellehumeur BQ 32 685 (BQ 16 588) 171/219 (Lib 29 262) Hannah Rogers NPD 784 Lise Perreault Lib 15 025 Bernard Bigras BQ 18 041 xBernard Patry Lib 38 542 Real Naud PC 13 293 Françoise Guidi Lib 12 073 Neil Drabkin PC 10 556 Longueuii Jean-Pierre De Billy NPD 1 133 Marc Bissonnette PC 5 877 N.Jean D’Ambrosio BQ 6 245 (BQ 24 640) Fidel Fuentes NPD 1 309 Robert Laganière Ref 1 135 Caroline St-Hilaire BQ 20 970 Champlain (BQ 10 567) Vicky Mercier Ind 378 David Lyons NPD 1 059 Carole Marcil Lib 12149 x Réjean Lefebvre BQ 20 695 Claude Brunelle M-L 367 Céline Chamard LN 465 François Leduc PC 7 773 Pierre Lesieur Lib 12910 Maurice Auzat NPD 854 Yves St-Amant PC 12 788 Saint-Léonard-Saint-Michel Saint-Laurent-Cartierville Petra Genest NPD 630 (Lib 15 920) (Lib 17 336) Richelieu xAlfonso Gagliano Lib 36 022 xStéphane Dion Lib 34 510 (BQ 20 625) Saint-Maurice (Lib 6 304) Umberto Di Genova BQ 8 464 Jean-Martin Masse PC 6 805 xLouis Plamondon BQ 26 827 xJean Chrétien Lib 22 215 Ronald Gosselin PC 5 953 Yves Beauregard BQ 6 275 Jocelyn Paul Lib 14165 Yves Duhaime BQ 20 656 Pierre Allard NPD 1 202 Jeff Itcush NPD 940 Yves Schelling PC 7 014 Denis Vincent PC 3 643 Hagop Karlozian Ref 688 Sylvain Pelletier NPD 1 040 Eric Hébert NPD 502 xPauline Picard BQ 18 578 Lyne Boisvert PC 14 782 Christian Méthot Lib 10163 Alexandra Philoctéte NPD 441 Frontenac-Mégantic (BQ 11 963) xJean-Guy Chrétien BQ 14 433 Manon Lecours Lib 13 965 Carole Dodier PC 9 885 Serge Trépanier LN 368 Sara Mayo NPD 249 Richmond-Arthabaska (BQ 12 231) André Bachand PC 21 687 xGaston Leroux BQ 19 264 Aldéi Beaudoin Lib 10 612 Martin Bergeron NPD _641, Shefford (BQ 12 971) Diane St-Jacques PC 17 890 xJean Leroux BQ 17 376 Chantal Gareau Lib 12 622 Karen Hurley NPD 531 Sherbrooke (PC 8 210) xJean Charest PC 32127 Jacques Blanchette BQ 16 247 Martin Bureau Lib 4 709 Torn Vouloumanos NPD 616 Christian Simard LN 480 Tous droits réservés © 1997 Ne manquez pas notre cahier spécial t o mbée publicitaire : le vendredi I LE DEVOIR publié le 2 / juin prochain! I.K |) K V (I I It .I.K M K It (' It K I» I I .1 V I N I !» i» 7 A LE DEVOIR L E M 0 N D Un cessez-le-feu intervient en Sierra Leone L’offensive militaire nigériane a échoué \ A la tête du parti travailliste israélien Ehud Barak succède à Shimon Peres ,, AGENCE FRANCE-PRESSE ''P el Aviv — L’ancien chef d’état-mqjor israélien Ehud Ba-L rak a été élu hier à la tête de l’opposition travailliste, à une très forte majorité, rapporte la télévision publique israélienne.M.Barak a obtenu 57 % des voix, et devance suf-lisamment ses trois concurrents, ce qui ne nécessite pas un deuxième tour pour le scrutin, selon des projections de la télévision.Plus de 1(X) (XX) des 167 (XX) membres du parti travaillis-• ont participé aux élections primaires de leur parti pour désigner un successeur à Shimoq Peres, 73 ans, le dernier représentant des fondateurs de l’État en 1948.Ehud Barak, 55 ans, se présente comme le fils spirituel du premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné par un extrémiste de droite juif en novembre 1995.Il a reçu l’appui cha-li ‘ureux de la veuve de Rabin, Léa.Il a réussi à convaincre les Travaillistes qu’il était leur seule chance de battre Factuel premier ministre de droite Benjamin Nétanyahou aux prochaines élections générales prévues en l’an 2000.Son principal rival Yossi Beilin, 49 ans, ancien ministre colombe» chargé du processus de paix, a obtenu 28 % des suffrages, selon les estimations de la télévision.Le député Shlomo Ben Ami, 53 ans, professeur d’histoire, ancien ambassadeur à Madrid et espoir des juifs sépharades, d’origine orientale, a obtenu 11 %.Le quatrième candidat, M.Lphraïm Sneh, 53 ans, ex-ministre de la Santé, n’a obtenu que 4 % des suffrages.Positionné à droite dans le parti travailliste, M.Barak joue de son prestige de militaire, comme en son temps l’avait fait Rabin dont il a repris la rhétorique sécuritaire.M.Barak a fait surface sur la scène politique il y a à peine deux ans, après 35 ans sous l’uniforme.Il a maintenu un certain flou sur son programme, notamment en soutenant du bout des lèvres la plate-forme idéologique du parti travailliste approuvant avec quelques réserves la création d’un État palestinien indépendant.Très critique au départ envers les accords d’Oslo avec les Palestiniens, il s’était abstenu en septembre 1995 lors du vote du cabinet de Rabin sur l’extension de l’autonomie palestinienne.Dans sa courte carrière politique, il a eu très peu de contacts avec la direction palestinienne et s’est abstenu de rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat au cours des derniers mois, contrairement à ses rivaux.M.Barak a d’emblée annoncé qu’en cas de victoire, il oeuvrerait «à l’unité et au nouveau visage de son parti».En écartant M.Peres de la direction travailliste, la classe montante du parti travailliste s’est donnée les coudées franches pour rivaliser avec le Likoud (droite).Celui-ci avait fait peau neuve en portant M.Nétanyahou à sa tête en 1993, un an après la défaite électorale d’un de ses chefs historiques Yitzhak Shamir.«t Révélations sur la Guerre des six jours Les généraux menaient le bal MARIUS SCHATTNER AGENCE FRANCE-PRESSE T érusalem — De nouvelles révélations, 30 ans après la J guerre de juin 1967, montrent que les généraux israéliens ont exercé des pressions considérables sur le gouvernement pour le pousser à engager la bataille.Le rôle des militaires ne s’est pas borné au déclenchement de la guerre.Selon des documents qui viennent d’être publiés, des décisions de la plus haute importance concernant les objectifs à atteindre et les futures lignes de cessez-le-feu ont été prises par des généraux sur le terrain, sans tenir compte des directives politiques.L’armée a atteint les rives du canal de Suez contre l’avis du ministre de la Défense de l’époque, Moshé Dayan, qui craignait dans ce cas une intervention de l’URSS aux côtés de l’Egypte.La bande de Gaza a été occupée alors que des ordres explicites contraires avaient été donnés.Le plateau du Golan a été conquis sur la Syrie sous la pression d’un lobby politico-militaire, alors que le même Dayan S’y était longtemps opposé.«La direction politiqiie n’a pu exercer qu’un contrôle limité sur l’appareil militaire», constate l’historien militaire Ami Gluska, de l’université hébraïque de Jérusalem.«Un fossé séparait les responsables gouvernementaux des militaires, en moyenne vingt ans plus jeunes et qui brûlaient d'en découdre», souligne-t-il.La guerre a été décidée lors d’une dramatique rencontre nocturne, le 2 juin 1967, entre l’état-major et le gouvernement travailliste de Lévy Eshkol, après l’échec de tractations diplomatiques.Depuis près de deux semaines, l’armée israélienne était mobilisée à la suite du déploiement massif des troupes égyptiennes dans le Sinai' et du blocus par le président égyptien Gamal Abdel Nasser du détroit de Tiran, qui débouche sur le Golfe d’Aqaba, acte considéré par Israël comme un casus belli car il coupait son accès à la mer Rouge.Au cours de la rencontre, les généraux dressent un tableau alarmiste.Ils affirment qulsraël ne peut rester indéfiniment sur le pied de guerre et que le risque d’une attaque arabe augmente d’heure en heure avec l’alliance de la Jordanie avec l’Egypte., Des généraux accusent même le gouvernement d’être faible et de douter des capacités de son armée.«Il n’y pas eu à proprement parler de “révolte des généraux mais nous avons convaincu le Premier ministre qu’il fallait porter le premier coup car sinon, nous subirions des pertes considérables», explique à l’AFP le général de réserve Yeshayahu Gavish, à l’époque chef du front sud.La décision d’attaquer la Syrie n’a été prise que dans la nuit du 8 au 9 juin, vers la fin de la guerre des Six jours, dé-trenchée le 5 juin.Auparavant le ministre de la Défense avait accusé d’autres ministres et des généraux de visées expansionnistes sur la Syrie.«tfrws voulez repousser la frontière avec la Syrie pour protéger nos villages [bombardés par l’armée syrienne] mais ce genre d’arguments nous poussera à de nouvelles conquêtes.Je ne crois pas que le monde arabe l'acceptera et je ne pense pas que cela justifie une opération», a déclaré le général Dayan, selon un protocole gouvernemental publié cette semaine en Israël.«Moshé Dayan, hostile à la conquête du Golan, a finalement donné son feu vert quand il a appiis que l ’Egypte réclamait un cessez-lefru et que la guerre allait s'arrêter dans les prochaines heures», précise le chercheur Mali Marsel de l’université de Tel Aviv.Selon lui, ce sont les généraux sur le terrain qui ont décidé de conquérir tout le Golan.Neuf ans plus tard, le général borgne regrettait son choix.Le calme était revenu hier dans la capitale, Freetown, bombardée la veille dès l’aube par des navires nigérians croisant au large.En marge de leur sommet de Harare, au Zimbabwe, les responsables africains, qui avaient dénoncé le coup d’Etat, devaient se rencontrer hier pour discuter d’éventuelles sanctions contre les putschistes.REUTER Freetown — Après l’échec de l’offensive militaire lancée contre les soldats putschistes sierra-léonais et leurs alliés rebelles, les forces armées nigérianes ont conclu lundi un cessez-le-feu avec les auteurs du coup d’Etat du 25 mai à Freetown.La trêve, conclue grâce aux efforts du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), permettra d’évacuer les quelque 600 civils pris au piège, lundi, des combats qui faisaient rage autour de l’hôtel Mamy Yoko.Trois cents soldats nigérians, dont 13 officiers, se seraient constitués prisonniers hier auprès des autorités putschistes sierra-léonaises, ont annoncé ces dernières dans un communiqué.Cette information, qui ne pouvait être confirmée dans l’immédiat, a été accueillie hier avec scepticisme par les habitants de Freetown.Le calme était revenu hier dans la capitale, bombardée la veille dès l’aube par des navires nigérians croisant en baie de Freetown.L’armée nigériane, agissant au nom de la force ouest-africaine d’interposition (Ecomog), souhaitait venir en aide à une cinquantaine de ses soldats qui défendaient un hôtel où s’étaient réfugiés de nombremc civils.Mais le manque de munitions et les défaillances du système de communication des troupes nigérianes ont permis aux rebelles, il est vrai très supérieurs en nombre, de s’emparer du bâtiment que venaient d’évacuer les civils.Ceux-ci devaient quitter le pays hier sur le USS Kearsarge, un batiment de FUS Navy.D’après le général Victor Malu, commandant de l’Eco-mog, le Nigeria va dépêcher sur place des bombardiers et des renforts de troupes.«Nous avons conclu hier un cessez-le-feu.Nous espérons que [les soldats et les rebelles] le respecte- Le Guatemala est l’un des pays où l’exercice de la profession de journaliste est un métier qui se révèle à «haut risque».De 1970 à 1994, cinquante-deux journalistes y furent assassinés et 25 autres, portés disparus.Le 27 novembre 1996, le Congrès guaté-maltègue abrogeait une loi qui avait contribué depuis son adoption, en 1966, à provoquer des attentats contre les publications dites «pro-communistes» dont maints collaborateurs durent choisir l’exil plutôt que de s’exposer aux menaces, au chantage ou aux tentatives d’assassinat.Peut-on affirmer que la liberté de presse existe dans ce pays, plus de cinq mois après la signature des accords de paix qui mirent fin à 36 ans de guerre civile et au moment où Factuel président, Alvaro Arzü, parle de dialogue et de réconciliation?Iléana Alamilla est directrice d’une agence de presse alternative (CERI-GUA) fondée en 1983 au Mexique pour présenter «l’autre côté de la médaille» sur la réalité de ce pays «qui a une longue tradition de silence ou d’autocensure».C’était au plus fort d’une répression qui avait forcé 45 000 paysans à se réfugier au Mexique et 100 000 autres à quitter les montagnes; au moins 400 villages ont été rasés.Elle et son équipe prirent il y a quatre ans une «décision pas facile, mais une bonne décision»: s’implanter à Guatemala au moment où apparaissait une embellie dans le ciel politique de ce pays.Rien n’est changé en profondeur, selon Mme Alamilla qui était ces jours-ci de passage au Devoir — elle prononce demain soir, au centre Strathearn, une causerie sur Liberté d’expression et accords de paix.CERIGUA et d’autres organismes non gouvernementaux organisent dans quelques semaines un palais de justice parallèle; il s’agit de mener à terme l’enquête inachevée sur l’assassinat (3 juillet ront, dans le cas contraire nous nous préparons à poursuivre notpe offensive», a-t-il ajouté.A Abuja, les autorités nigérianes n’ont fait aucun commentaire sur ces événements.Seul Torn Ikini, le ministre des Affaires étrangères, a annoncé vendredi lors d’un sommet de l’OUA à Harare que son pays consultait les autres acteurs ré-gionaux de la crise pour déterminer un plan d’action.En marge du sommet de Harare, les responsables africains, qpi avaient dès vendredi vigoureusement dénoncé le coup d’Etat à Freetown, devaient se rencontrer en privé hier pour discuter d’éventuelles mesures à appliquer aux auteurs du putsch.A l’hôpital principal de Freetown, on faisait état hierd’une soixantaine de morts, tombés au cours des affrontements de la veille, et de 11 blessés, la plupart par des éclats d’obus.De leur côté, les putschistes avançaient les chiffres de 80 morts et de plus de 100 blessés.Le Nigeria et la Guinée, déjà présents en Sierra Leone au sein de l’Ecomog, ont renforcé leurs contingents sur place après l’annonce du coup d’Etat.Quelque 3000 de leurs soldats seraient aujourd’hui déployés dans le pays.Le Ghana a annoncé qu’il allait également envoyer des troupes, mais dans le seul but d’évacuer ses ressortissants.Leçons de démocratie À Lagos, les commentateurs politiques, qui dans leur ensemble approuvaient hier l’offensive menée contre les putschistes sierra-léonais, exprimaient en même temps leurs doutes à l’égard d’un régime militaire nigérian fort mal placé pour donner des leçons de démocratie à ses voisins.Si le quotidien indépendant Vanguard appelé ainsi en «Une» les autorités à intensifier leurs efforts pour «mettre les gredins dehors», Akin Ogunremi, dans le même journal, estime que «cette action aurait été glorieuse si elle était venue de pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Afrique du Sud, où règne une réelle démocratie».«[Les putschistes] ont mené un coup d'État avec succès, ils sont arrivés au pouvoir comme nos propres dirigeants», souligne le pasteur Taiwo Dopesi.«Alors que le gouvernement militaire nigérian veut se poser, à l’étranger, en champion de la démocratie, il ne devrait pas se dispenser de faire de même à l’intérieur des frontières», renchérit le Vanguard.1993) du directeur d’un journal influent, Jorge Car-pio Nicolle, cousin de l’ex-président de Léon Car-pio.Les forces de l’ordre n’avaient désigné qu’un «suspect»-, un militant de la CUC (Commission pour l’unité paysanne) que l’on voulait discréditer, mais jamais l’on a creusé les mobiles véritables de ce crime que veulent élucider la députée indigène Rosali-na Tuyuc, le Prix Nobel de la Paix Rigoberta Men-chu et d’autres personnalités qui comptent sur la présence d’observateurs étrangers.Iléana Alamilla se prend à rêver aux conditions qui pourraient mener à la «construction d’une nouvelle nation», d’un pays où, conformément à la «mystique» qui a présidé à la survivance de son agence depuis 14 ans, la communication ne serait plus à sens unique, reflétant la diversité — il y a 22 langues mayas parlées au Guatemala, en plus de l’espagnol — et exposant les préoccupations de populations qui apprennent à rompre le silence, à revendiquer les terres dont elles ont été spoliées.L’un des principaux problèmes au Guatemala, avoue cette avocate-notaire devenue journaliste par nécessité, est l’insécurité due aux séquelles d’un règne de terreur où policiers et militaires étaient vus comme des agresseurs, des complices des malfrats.D’où les tristes statistiques qui font état d’un lynchage aux quatre jours (!), la population «ne faisant pas confiance au système judiciaire» et se révoltant contre la corruption ambiante.On cite un cas de prisonnier s’évadant vêtu en policier; quand la chose se sut, la foule s’en prit alors aux gardiens vénaux, et détruisit la prison en molestant ces matons.Mme Alamilla continue à croire à un journalisme non axé sur l’appât du gain.Son agence tente avec d’autres de relever le «défi de la démocratie» en suscitant des analyses et des débats dans un pays où, déplore-t-elle, le président Arzü va répétant qu’il n’a pas à s’arrêter devant les micros des journalistes pour répondre à leurs questions! Passation des pouvoirs JACQUES BRINON AP LE PREMIER MINISTRE élu Lionel Jospin est officiellement entré en fonction hier à l'hôtel Matignon.On le voit ci-dessus en compagnie du premier ministre défait Alain Juppé.M.Jospin annoncera aujourd’hui la composition de son gouvernement.Cuba a des alliés à l’OÉA AGENCE FRANCE-PRESSE Lima — Le Canada, dont la délégation est dirigée par le sénateur Gildas Molgat, le Brésil et Je Mexique ont exprimé le souhait que l’Organisation des Etats Américains ré-tingère Cuba, pays qui a été expulsé de l’OEA il y a 35 ans.Le thème de Cuba ne figure pas officiellement à l’ordre du jour de la 2T assemblée générale de l’OEA qui se déroule jusqu’à demain à Lima, mais le sénateur Molgat a invité ses collègues à réfléchir au moment où Cuba «sera de nouveau bienvenu» dans un système américain qui a vu le jour à Bogotâ en 1948 et qui regroupe 34 pays.Des propos similaires ont été prononcés depuis lundi pâr le ministre mexicain des Affaires étrangères, José Angel Gurria, et par le sénateur (ex-président) brésilien Itamar Franco qui reconnaît que pour son pays l’isolement de Cuba est un «thème de préoccupation permanente» à propos duquel Brasilia sent une amitié profonde et «de nombreuses identités culturelles».D’après José Angel Gurria, «le dialogue et la communication sont de meilleures solutions de rechange que l’isolement, les embargos et les sanctions».Le ministre mexicain a rappelé que le Comité juridique interaméricain (CJI) avait, sur proposition du Mexique, approuvé l’avis que «le fondement et l’éventuelle application de la dite loi Helms-Burton ne peuvent êptre considérées comme conformes au droit international».Approuvée par le président Clinton en mars 1996, cette loi impose des sanctions aux sociétés qui investissent à Cuba dans des biens ou propriétés qui ont appartenu aux Américains et que le gouvernement de Fidel Castro a expropriés.Gurria a dit espérer que cet avis du CJI serve à faire modifier ou à éliminer cette loi «bien que nous observions avec inquiétude les récentes tentatives de législateurs [américains] pour durcir» les dispositions de cette loi quant à son contenu et à son champ d’application.Bolivie : les otages de la guérilla seront libérés AGENCE FRANCE-PRESSE Bogota — La guérilla communiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement ont annoncé hier lors d’une conférence de presse avoir conclu un accord pour la libération de 70 soldats retenus en otages.Les 70 soldats avaient été fait prisonniers au cours d’opérations de la guérilla en août 1996 et en janvier dernier.Cette libération est prévue pour le 15 juin à Cartagena del Chaira (sud-est de la Colombie).L’accord a été conclu après près de cinq heures de négociations entre les porte-parole de la guérilla et des délégués du gouvernement du président Ernesto Samper lors de cette première rencontre destinée à fixer les modalités pour la libération de ces soldats.La loi et l’ordre selon le shérif Arpaio Les Dalton n’ont qu’à bien se tenir JEAN-LOUP SENSE AGENCE FRANCE-PRESSE Phoenix— Sous un soleil de plomb, des détenus en uniformes rayés noirs et blancs (et slips roses) déambulent dans une prison de tentes sous la surveillance de bergers allemands équipés de cameras électroniques: tous sont là grâce à Joe Arpaio.qui se veut le «shérif le plus dur de l’Amérique».La politique de Joe Arpaio, 65 ans.Sheriff du comté de Maricopa depuis 1992, est claire: «Les prisons, dit-il, ne sont pas des country-clubs.Je crois dans un système carcéral dur.» Il a supprimé café, tabac, revues érotiques, violence à la télévision et repas chauds.En revanche, il a rétabli les «chain gangs», les chaînes de forçats, tant pour les hommes que pour les femmes.«Je suis pour l’égalité dans l’incarcération», souligne-t-il.Le shérif a commencé à innover le 2 août 1993.A l’arrière d’une prison traditionnelle, dans la banlieue de Phoenix, capitale de l’Arizona.il ouvrait «In-Tents», prison en plein air «efficace et peu onéreuse», qui.dit-il.a été «un tel succès• que peu après, il ouvrait un second camp: «Con-Tents».Les deux camps accueillent des condamnés à un maximum de un an de détention.Leurs méfaits sont généralement liés à la drogue ou l’alcool et vont de la conduite en état d’ivresse à la tentative de meurtre.Aujourd’hui, à «In-Tents», trente-neuf tentes accueillent quelque 600 hommes et 200 femmes.Trois cents autres détenus, qui ont violé les règlements, sont entassés par groupe de quatre dans des cellules où ils demeurent vingt-trois heures sur vingt-quatre.«Vacancy» Les tentes sont des reliquats de la guerre de Corée.Du haut d’une tour de guet, un garde surveille les mouvements des détenus.Une enseigne lumineuse proclame: «Vacancy», le terme par lequel les hôtels américains indiquent que des chambres sont libres.«R y a de la place dans le désert, d'ici jusqu'au Mexique, et nous avons plein de tentes, affirme Joe Arpaio.qui ne cache pas que le camp est situé près d’une décharge, lorsque le vent souffle, il y a des tas d’odeurs différentes.» Aux critiques qui lui reprochent de placer les détenus dans un désert où la température peut atteindre jusqu a 48 degrés Celsius, il rétorque que «si les tentes étaient suffisantes pour nos soldats en Bosnie et en Ara- bie Saoudite, elles sont certainement suffisantes pour les prisonniers».«Les chiens n’ont commis aucun crime» A la lisière du camp patrouillent à tour de rôle depuis le 22 mai quatre bergers allemands, avec caméras et micros électroniques qui retransmettent aux gardes les mouvements et les propos des détenus.Joe Arpaio est soucieux de les protéger des méfaits du soleil: «les chiens, dit-il, n’ont commis aucun crime.» S’il ne peut légalement supprimer la télévision, le shérif peut choisir les programmes: une chaîne météorologique, la chaîne d'informations CNN, un programme sportif et tous les mardis, un cours d’histoire politique enregistré par Newt Gingrich avant qu’il ne devienne le président de la chambre des Représentants.«Une punition inhabituelle», reconnait-il.Autre innovation: Joe Arpaio a fait teindre en rose les slips portés par les détenus: «Ils ont horreur du rose.Pourquoi leur donner une couleur qu'ils aiment ?».De la chaîne où, par groupes de cinq, les volontaires, attachés par le pied, effectuent hors de la prison des travaux d’intérêt pu- blic jusqu’au sandwich qui constitue leur seul déjeuner, la même idée sous-tend les «innovations» de Joe Arpaio: faire de la prison un endroit tellement pénible que les détenus ne voudront jamais y revenir et économiser de l’argent pour le contribuable (94 000 dollars grâce à la suppression du café).Ernest Beck, qui depuis trois semaines travaille sur le «chain gang», n’est pas sûr que la prison de Joe Arpaio soit plus dure qu’une autre: «C’est partout pratiquement pareil», dit-il.Quant aux tentes, ce n’est pas un problème: «Je préfère être dehors que dédans.» John Franck, un comptable cocaïnomane, en est à son deuxième séjour depuis Fan dernier.«Quand je suis parti la dernière fois, je me suis dit que je ne reviendrai jamais.Mais ce n’est pas la prison qui décide si les gens reviennent ou pas.C’est le monde extérieur.» Joe Arpaio a lancé une étude pour déterminer si sa politique est couronnée de succès et si le nombre de récidivistes est inférieur à la moyenne dans ses prisons.Pour l’avenir, il n’a pas de plan précis.«Je suis à court d'idées, reconnait-il.R faut que je réfléchisse.» GUATEMALA Le journalisme à haut risque CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR L’insécurité est due aux séquelles d’un régime de terreur I.K I) K V (MU.I.K M K It C It K IM I .1 I' I X | Il II 7 A S 1\ ru 1 j Une transition Lise Bissonnette Muet sur sa mince majorité et sur l’ample vote de protestation qui vient d’ébranler son gouvernement, le premier ministre réélu se donnait contenance, lundi soir, en agitant les clichés du passage au «XXV siècle».Comme si le voyage où vient de s’engager le Canada, après une élection-choc, était un embarquement pour Cythère.Il paraît plus juste d’évoquer, comme le faisait le chef réformiste Preston Manning, un «Parlement de transition», cahoteux et chaotique même, qui pourrait avoir de la difficulté à tenir jusqu’en l’an 2000.c ertes une partie de la déroute visible sous la maigre victoire libérale est due à un simple ras-le-bol d’un électorat qui en a eu assez de voir le premier ministre s’enivrer de l’air de l’Asie et des compliments des bonzes de la mondialisation tandis que ses politiques rendaient l’atmosphère irrespirable dans les provinces canadiennes les plus pauvres.La saisissante percée du Nouveau Parti démocratique dans la région de l’Atlantique, et jusqu’au cœur de l’Acadie libérale, marque un retour du balancier, la fin de l’acceptation tranquille des «sacrifices» imposés au nom d’une économie qui se relance sans les «sacrifiés».Ce que les Français viennent de dire en défaisant leur gouvernement de droite, les Canadiens le disent aussi.Et la glissade du Bloc québécois, on le sait, n’est pas rest a attiré la fraction du vote souverainiste de 1995 qui espère encore une «réconciliation» avec le Canada et le fameux «changement» qui se fait attendre depuis des décennies.Comme M.Charest n’est surtout pas en position de produire lui-même ce changement et que M.Chrétien n’a plus de crédibilité pour tenter quelque grande manœuvre dans le «reste du Canada» qui lui échappe, l’impasse est prévisible.Et les tièdes, ces conditionnels d’un pays qui leur répond si mal, seront tentés de quitter le stationnement conservateur pour revenir en mode de pression souverainiste.Sans que les jeux soient faits pour autant, loin de là.Tout en se défendant de souhaiter «la politique du pire», nombreux sont les souverainistes qui la pratiquent et qui se réjouissent de ce qui est un pourrissement du mal canadien.Plus M.Chrétien sera aux abois et plus les réformistes seront visibles et hargneux, se disent-ils, plus les bloquistes seront libres de étrangère aux politiques semblables du se replier sur les seuls «intérêts du Qué- gouvernement du Parti québécois, qui a Même majoritaire, bec» aux Communes et de nourrir ainsi provoqué ici la même grogne.Le retour du balancier s’impose.Mais le Parti libéral du Canada sort si affaibli du scrutin qu’il est en fort mauvaise position pour prendre quelque virage.L’essentiel de ses appuis lui vient de l’Ontario, avec 101 députés auxquels le statu quo convient parfaitement, tout comme à l’électorat qui les a plébiscités.Le rôle d’opposition officielle appartient désormais au Reform Party qui réclame un gouvernement plus dur encore, moins interventionniste, plus soumis aux forces du sacro-saint «marché».Et la formation qui a fait les progrès les plus spectaculaires, le NPD, a retrouvé statut de parti reconnu aux Communes et devrait galvaniser les forces de protestation.Dans ces conditions de fracas perpétuel, la minuscule majorité libérale obligera le gouvernement à des calculs infinis autour de chaque décision et risque de le paralyser.Seul un leader subtil et solide pourrait espérer tirer son épingle de ce jeu mais c’est justement ce qui manquera le plus au Parti libéral qui vient de se heurter comme jamais aux limites personnelles de M.Chrétien et de sa façon tâcheronne de gouverner au jour le jour, de petits pas en petits plans aussi improvisés les uns que les autres.Après avoir frôlé de peu la défaite référendaire en 1995, il vient de frôler la défaite électorale au Canada comme dans son propre comté et n’est plus qu’un chef en sursis.Sa capacité de rassurer, de chantonner que tout va bien malgré l’orage, était sa carte maîtresse mais il n’en reste que des lambeaux.C’est ainsi, outillé au plus mal au sommet, que le gouvernement fédéral entreprend un mandat qui devrait au surplus déboucher sur un autre rendez-vous référendaire.La chute du vote souverainiste qui a perdu dix points de pourcentage au Québec, n’aura conforté que les fédéralistes à courte vue.D’une part, le renforcement du Reform Party et la lutte qu’il fera à tout ce qui pourrait ressembler à une «faveur» au Québec pourraient raviver les tièdes.D’autre part, et c’est ce qui compte, si les libéraux peuvent s’enorgueillir aujourd’hui d’avoir fait quelques percées au Québec hors leurs fiefs traditionnels, ils le doivent au passage des mêmes tièdes dans l’orbite du chef conservateur, Jean Charest; M.Chrétien lui doit même sa propre réélection dans Saint-Maurice à la faveur d’une lutte à trois.M.Châ- le gouvernement libéral et son chef sont en sursis.leur mouvement.C’est oublier qu’on ne saurait bâtir un pays et encore moins un pays «associé» sur quelque coup de cœur passager de souverainistes d’occasion, agacés par un Manning, fatigués d’un «gars de Shawinigan» et décidés de guerre lasse.Si le vote souverainiste a régressé aussi facilement, c’est qu’il contient une fraction bien fragile, séduite par le charisme de M.Charest en 1997 comme elle l’avait été par celui de M.Bouchard en 1995, sable mouvant sur lequel on n’assoit aucune légitimité.Les analogies simplettes avec les parties de hockey devraient, avec le dernier épisode électoral, avoir vécu.Quand on veut un divorce de velours, on le prépare.Le nouveau Parlement du Canada est un arc-en-ciel de toutes les tendances où il vaut la peine d’explorer.Les souverainistes détestent avec raison qu’on les considère uniformément comme des «séparatistes ethniques» mais ils confondent allègrement les deux millions et demi d’électeurs du Reform Party avec une bande de rednecks plutôt sordides.Cela les empêche d’y déceler des forces de changement et par là de compromis moins irrémédiablement usés que ceux que véhiculent les partis traditionnels.De même faut-il cesser de croire la gauche canadienne si doctrinaire qu’elle ne puisse modifier ses vues sur le Québec.Au sortir de son exil et conduit brillamment par Alexa McDonough qui ne connaît rien au Québec mais qui semble avoir toutes dispositions pour apprendre rapidement, il est possible d’imaginer que ce parti contribue à repenser en profondeur la relation Québec-Canada.Dans les cercles intellectuels qui l’entourent, en tout cas, la rupture à l’amiable est de moins en moins un tabou.L’un des principaux obstacles sur ces voies changeantes, outre la pensée magique qui décrète l’indépendance «inexorable», est la faiblesse du leadership bloquiste.La vie politique est ainsi faite qu’elle repose non seulement sur les idées et les programmes mais sur ceux qui les portent.Elus malgré M.Du-ceppe, les rescapés du Bloc québécois ne resteront qu’une bande d’amateurs désorganisés s’ils ne se donnent, à plus ou moins court terme, une autre direction.Ce n’est pas un hasard si les deux partis qui ont nettement perdu de la faveur populaire au scrutin de lundi, les libéraux et le Bloc, ont ce problème majeur en partage.E T T R E S - Incomprise, la langue française On bafoue la langue française parfois jusqu’au ridicule, on la réduit (absence fréquente de traits accentués, d’accents en langage courant).Pire, on l’ignore, souvent au prix d’une langue dite plus directe, mais sans nuances.Oui, la langue française est une grande incomprise.Cette langue qu’on s’acharne pourtant à défendre puisqu’elle est la voix d’un peuple; ce même peuple qui peut aussi la mépriser souverainement.Bof, entend-on trop souvent lorsqu’on fait remarquer la piètre orthographe d’un écrit Ou alors on s’expose à recevoir le quolibet de personne zélée.Et pourtant! Qu’on pose notre regard sur les affiches qui nous entourent, qu’on écoute la radio ou la télévision, qu’on lise nos journaux, le désespoir risque plus d’une fois de nous gagner.A moins d’avoir un sens de l’humour très aiguisé — inépuisable surtout — et de s’amuser d’expressions telles AB (pour hobby) et combien d’autres.A vrai dire, le cocktail est varié: orthographe en déroute, profusion d'anglicismes, quand ce n’est pas carrément un emprunt indu au vocabulaire de langue anglaise.Ces fichues erreurs dont nombre d’écrits sont truffés, quelles complications pour celui et celle qui veulent apprendre ou parfaire la langue française.Je peux comprendre leur désarroi.Quel cafouillis! Ix- champ de références s’en voit réduit comme une peau de chagrin.La fierté d'un peuple et sa distinction devraient d’abord passer par la justesse de son expression langagière et des mots qui les façonnent.Cette fierté qu’on pourrait bien retrouver avec des efforts quotidiens, bien ciblés.C’est ça ou la honte de se retrouver devant notre incurie.Bof?Céline Borduas St-Jean-sur-Richelieu, 12 mai 1997 Privatisation à outrance Il ne se passe pas une semaine sans que le mot «privatisation» n’apparaisse dans les gros titres des journaux.La promotion de cette croisade du néolibéralisme se fait subtilement, presque pernicieusement, pour tranquillement nous convaincre que pour que les choses aillent bien, rien de tel que le dynamisme de l’entreprise privée, qui ragaillardira notre économie.On veut chaque jour nous convaincre de l’efficacité mythique de l’entreprise privée.Mais qu’en est-il?Regardons ce qui s’est passé dans les cas récents de privatisation que nous connaissons.Comme l’a conclu la commission Doyon, Hydro-Québec a acheté, sous la pression de hauts fonctionnaires et politiciens complaisants, de l’électricité à des petites centrales privées; les contrats signés n’ont profité jusqu'à maintenant, et pour longtemps encore, qu'aux propriétaires privés puisque Hydro s’est engagé à acheter toute cette électricité à un prix plus cher que celui que nous pouvons obtenir a la revente.Eh oui, nous, les citoyens, subventionnons des entreprises privées pour produire de l’électricité dont nous n’avons pas besoin.Pas brillant.Et le stationnement à Montréal.Grâce à l’indulgence des administrations de MM.Doré et Bourque, les revenus provenant des stationnements tarifés ont été détournés vers la Chambre de commerce pour libérer la Ville de la lourde gestion de ce qui est devenu une vraie mine d’or.Tenues de verser une partie fixe de 11 millions sur les profits nets (non ajustable avec les revenus), ces entreprises privées ont tout fait depuis pour accroître leurs revenus: des milliers de nouveaux parcomètres installés, 85 % d’augmentation du tarif horaire ici et là.Rien de plus pour les contribuables.Et maintenant, l’eau.Les vautours qui convoitent notre eau ont déjà beaucoup investi d’anciens et d’actuels politiciens pour cette croisade.Malgré la promesse de Québec, la bataille n’est pas encore gagnée.Il est primordial que Québec ne laisse aucune entreprise privée s’insérer (par un soi-disant partenariat) dans la gestion de nos eaux.Ce ne peut être qu’un leurre.Il n’y a pas d’économie à faire avec une entreprise privée qui paie ses employés la moitié du salaire d’une entreprise publique; l’écart ira dans la poche d’obscurs actionnaires, qui chaque année demanderont une augmentation de leur profit bien plus grande que les miettes d’augmentation de salaire accordées aux employés publics.Comme les Cyniques le disaient si bien, en lui laissant la place, l’entreprise privée veut notre bien et elle l'aura.Lucette de Gagné Montréal, 17 mai 1997 [>I CTION Jocelyn Arse n mit (d/mtorMappn.risionuemenù, distribution cl production).Mark-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bédard.Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Mariejosee Hudon.SyhamLesage.Chnstian \ ien.Obvier ZuhU.SERVICE À LA C IJENTÉlEJohanneBnen Tontons,,Ne à la prvm.éion des abonnements).Manon Blanchette-Turrotte.Monique L'Heureux.Lise UchapeDe.RacheOe Lederc-Venne.L'ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur).Dany Depade(od^nnte al administration «responsable des ressources humaines).Nicole Carmel Monde (secretaire à la direction).Céline Furoy.Ghislaine Infleur.Nathalie Perrier.Danielle Ponton.Danielle Rosse LA FONDATION DC DEVOIR Marcel Couture (president).Roger Boisvert (ncepresident aecutrfet directeurgeneraD- f A 10 i.K I) K V II I It .I.K M K It C It K l> I I .1 I! I X III» 7 LK DEVOIR La fatigue VADIM GH1RDA AP LE PAPE Jean-Paul II n’a pu réprimer un long bâillement alors qu’il célébrait une messe à Gniezno, en Pologne.Près de 250 000 personnes ont assisté hier à cette messe en plein air.Le pape effectue actuellement une tournée de 11 jours dans son pays d’origine.EN BREF De nombreuses femmes aiL\ Communes Ottawa (PC) — Les femmes seront plus nombreuses que jamais à la Chambre des communes.Mais on est encore loin de la parité des sexes.Les résultats officieux montrent que 64 femmes ont été élues au scrutin fédéral de lundi, contre 53 en 1993.On compte cette fois-ci 301 sièges aux Communes, plutôt que 295 auparavant.Ce sont les néo-démocrates, sous leur chef Alexa McDonough, de Halifax, qui se sont le plus rapprochés d’une représentation également répartie entre hommes et femmes.Huit des 21 élus néo-démocrates sont des femmes.En 1993, l’ex-leader du parti, Audrey McLaughlin, avait été la seule femme néo-démocrate à remporter la victoire.C’est également le parti de Mme McDonough qui présentait le plus grand nombre de candidatures féminines au cours de cet-+te campagne électorale, soit 107.Du côté des libéraux, 38 des 84 candidates ont réussi à obtenir un des 155 sièges remportés par le parti.Par ailleurs, 12 des 16 candidates qui briguaient les suffrages sous la bannière du Bloc québécois ont été élues.Au Parti réformiste, quatre des 23 candidates ont réussi à se faire élire.Seulement deux des 56 femmes qui se présentaient sous la bannière conservatrice ont remporté la victoire dans leur comté.Faible taux de participation Ottawa (PC) — La réélection lundi d’un gouvernement libéral faiblement majoritaire ne s’est pas faite dans le plus grand enthousiasme pour les Canadiens.67 % des électeurs ayant le droit de vote ont effectivement exercé celui-ci, soit moins que les 69,9 % qui l’avaient fait en 1993, et beaucoup moins que la moyenne de 75 % atteinte au cours des 12 dernières élections fédérales.En tout, quelque 13 millions de Canadiens se sont rendus aux urnes dans 301 circonscriptions pour choisir parmi 1672 candidats en lice, alors qu’un peu plus de 19 millions auraient pu le faire dans les 59 958 bureaux de vote dispersés à travers le pays.Les Québécois ont été les plus nombreux à voter, avec un taux de participation de 71 %.Les citoyens des Prairies ont été les moins nombreux, seulement 62 % d’entre eux s’étant prévalus de leur droit de vote.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9.E$3 Place-des-Arts ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333.Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Sur Internet devoir@cam.org Pour l'agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et petites annonces Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Ijp Ifftoir f*t publié du lundi su umfdi pv 1/ Devoir Inc.dont le t situé au 2050.rue de Bleury.9 étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9 par Imprimerie Québécor USdfe.7743.rue de Bourdeau, division d Qu-b»tor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montreal.L’agence Pr« Qt Impnmei is J> Dr* HYDRO SUITE DE I-A PAGE 1 plexe Outardes les eaux de la rivière Boucher, un affluent de la Betsiamites qui avait l’outrecuidance de couler inutilement en aval des turbines de Bersimis 2.Enfin, U Devoir a appris qu’Hydro-Québec a «réitéré le 25 avril dernier auprès des instances gouvernementales concernées [s/c] son intérêt de procéder au détournement partiel des rivières Carlieil et qux Pékans», deux affluents de la Moisie que la société d’Etat veut détourner vers,les turbines du barrage SM-3.Curieusement, la société d’Etat n’a pas déposé à ce jour Y «Avis de projet» requis par la Loi québécoise de l’environnement pour ces deux détournements même si elle a amorcé les négociations avec la bande montagnaise de Mani-Utenam.C’est ce qui ressort en effet de la lettre envoyée le 5 mai dernier par Michel Blais, chef des relations avec les autochtones d’Hydro-Québec, au cht;f Élie-Jacques Jourdain de la bande Mani-Utenqm, à Sept-Iles.Une entente lie actuellement la société d’Etat à cette bande, entente qui prévoyait d’importantes compensations financières en rapport avec le projet SM-3.La relance des détournements des deux affluents de la Moisie, une des grandes rivières à saumons du Québec, exige une relance des «discussions et négociations», précise M.Blais, qu’Hydro-Québec se dit prêt à «entamer dans les meilleurs délais».L’intérêt d’Hydro-Québec pour les détournements se traduit désormais non plus par une course aux mégawatts (MW) mais par une recherche d’énergie, soit des térawatts-heure (TWh).Les térawatts décrivent l’énergie potentielle d’un réservoir, que l’on peut extraire plus ou moins rapidement selon la gourmandise ou la puissance des turbines, qu’on exprime en mégawatts.Au moment où Québec presse Hydro-Québec de lui refiler un maximum d’hydro-dollars, la société d’Etat fait face à une baisse sérieuse de ses réserves d’eau, et cela, au moment même où elle intensifie sa quête de clients importants du côté américain.Durant le premier trimestre de 1997, Hydro-Québec a vendu plus de 5 TWh aux Américains, soit le tiers de ses ventes annuelles en un quart d’année.Exception faite des détournements de la Sainte-Marguerite, Hydro-Québec obtiendrait 1 TWh du détournement des trois rivières dans les turbines de Bersimis et de 0,2 TWh en dérivant les eaux de la Boucher vers Outardes-3.Selon d’autres documents internes qu’Hydro-Québec refuse désormais de divulguer, l’ensemble de ses réserves d’eau affichaient, le 1er mai, un niveau moyen «inférieur» à la norme, soit 21 % seulement de leur capacité totale.A pareille date l’an dernier, les réserves d’Hydro s’élevaient à 26 %.Globalement, le parc hydro-québécois est donc de 5 % sous le niveau de l’an dernier à pareille date, ce qui fournit un aperçu de la gestion annuelle globale, juste avant le remplissage avec la crue printanière.Or, d’après d’autres documents confidentiels, l’hiver dernier n’a pas été plus abondant que d’habitude à la Baie-James et sensiblement moins généreux que celui de l’an dernier, ce qui augure mal pour le remplissage en 1997.Il était tombé durant les quatre premiers mois de 1996 exactement 1811 millimètres d’eau sous forme de neige dans le bassin de La Grande, à la Baie-James, comparativement à 1475 mm cette année.On perçoit le côté inquiétant de la situation quand on réalise qu’au 1er mai, il n’y avait plus que 3,6 TWh d’eau dans le réservoir Manicouagan, comparativement à 6 TWh l’an dernier, soit près de 40 % de moins! Les réserves actuelles du complexe La Grande (18,6 TWh) sont pour leur part de 30 % sous celles de l’an dernier (25,9TWh).Du côté de Churchill Falls, c’est encore moins rose: «On turbine de la roche», dira une source bien informée qui précise qu’il y reste tout au plus 1,5 TWh, soit 25 % de moins que les réserves de l’an dernier.Quant aux différents détournements au moyen desquels Hydro-Québec entend ajouter de l’eau à ses actuelles turbines, ils vont susciter, selon les avis déposés au MEF, des impacts environnementaux (fauniques et sociaux) importants.La société d’Etat soutient cependant que leur impact sera marginal sur l’exploitation des centrales privées en place, qui perdent néanmoins la tête du cours d’eau qu’ils exploitent.Ce sont les saumons de la Betsiamites et la bande amérindienne locale, qui tente de reconstituer ses stocks depuis une décennie en misant sur les eaux et les fosses jusqu’ici vierges de la rivière Boucher, qui risquent d’en prendre un coup.Les eaux de la Betsiamites vont être gonflées par les trois détournements envisagés alors que la Boucher, qui sera en grande partie asséchée, deviendra de moins en moins favorable à la reproduction.«Im réalisation des projets de dérivation partielle, dont celui de la rivière Manouane, pourrait engendrer des effets cumulatifs sur la pêche au saumon dans la Betsiamites», reconnaît le document avec une prudence calculée.Les quatre détournements au profit des deux complexes voisins de Manicouagan vont aussi susciter des impacts majeurs sur les cours d’eau en cause, qui seront totalement asséchés à leur tête jusqu’à ce que de nouveaux affluents les fassent revivre avec des débits réduits.Les humains vont aussi subir les séquelles de ces projets, soit les autochtones sur la Betsiamites, près d’une vingtaine de pourvoyeurs ainsi que les milliers de chasseurs, pêcheurs et villégiateurs blancs qui fréquentent ces différents plans d’eau.La ZEC de Forestville sera tout particulièrement touchée par le détournement de la Sault-aux-Cochons, qui passe sur son territoire.Le détournement de la Manouane devrait être terminé en septembre 2002.La dérivation de la Portneuf vers le complexe Outardes serait pour sa part complétée en novembre 2001.Hydro-Québec a cependant prévu un surprenant tempo administratif pour les projets de dérivation des rivières Portneuf et Sault-aux-Cochons: selon le calendrier soumis à Québec, les mises en service seront prêtes dès novembre 1998.Les deux «rapports d’avant-projet» seront publiés en février 1998, et dès avril suivant, les autorisations gouvernementales devraient être signées! Normalement, les avant-projets — soit l’étude du terrain et des caractéristiques d’un projet — sont prêts avant que le MEF écrive sa directive environnementale, question de savoir ce qu’on va évaluer.D’autre part, l’échéancier d’Hydro-Québec ne tient pas compte des quatre mois requis pour les mandats d’audiences publiques, comme si on allait en être exempté ou favorisé par de nouvelles règles du jeu.L'EAU DES RESERVOIRS Voici la quantité de précipitations que reçoivent les réservoirs La Grande et Manicouagan, par année, en millimètres.Les lignes pointillées indiquent les quantités normales.200 a Ce tableau montre que le réservoir Manicouagan, mesuré au poste Montagnais, bénéficie d’apports d’eau plus constants que ceux de La Grande.L’important volume d’eau dont il a écopé en 1996 est, en réalité, sa part du déluge du Saguenay, ce qui n’empêche pas ses réserves actuelles d’être de 38% inférieures à celles de l’an dernier.Cela pourrait s'expliquer à la fois par le bas niveau d’autres réservoirs comme ceux de La Grande mais aussi par l'augmentation des ventes au Québec et aux États-Unis.BLOC «La souveraineté est une solution concrète à des problèmes réels» SUITE DE LA PAGE 1 même temps: mettre sur pied une équipe, mettre sur pied des structures de financement, élaborer une plateforme, tout ça en très peu de temps, tout en siégeant à Ottawa».Dans son bilan de la campagne livré hier devant les médias, Gilles Duceppe a reconnu avoir
de

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