Le devoir, 9 septembre 1913, mardi 9 septembre 1913
VOLUME IV—No.210 UN SOU LE NUMERO MONTREAL, MARDI 9 SEPTEMBRE.1913 ABONNEMENTS : Édition Quotidienne t CANADA ET ETATS-UNIS *3.00 UNION POSTALE.*6.00 Édition Hebdomadaire : CANADA.*1.00 El ATS-UNIS • » * tir J.*** m + * * 4.-* «.SI»50 UNION POSTALE.$2.00 Tl?TIWftTD IjIj l/JjVUlli Rédadion |.\drami^lration 2 7 U RUE T-JACQUES MO.AL._ — ^ TÉLÉPHONES: \ ADMINISTRATION : Main 746! RÉDACTION: - Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! ARMAND LAVERGNE A WINDSOR L’“Evening Record” de Windsor, nous apporte un résumé du discours prononcé à Windsor, le 1er septembre, par M.Armand Lavergne.Le député de Montmagny parlait en anglais, devant un auditoire mixte.Il ne semble point qu’il ait plus ménagé ses mots que dans la province de Québec.“Armand Lavergne avait pris pour thème “Canada First”.Avec feu et audace, quoique sans apparence de passion à l’endroit des personnes, il a traité sans gants la question navale et autres questions brûlantes”, dit le “Record”.p Et ailleurs, après avoir noté que l’orateur parlait “en faveur de la langue française, des écoles françaises et contre toute cohtribution à la défense de l’Empire”, le “Record” ajoute : “L’orateur québecquois a sans rougir condahiné l’action de la diplomatie britannique en ce qui concerne le Canada, ainsi que les deux grands partis politiques parce qu’ils refusent d’approuver un referendum sur la question navale.Il a aussi déclaré que l’immigration à outrance constitue un péril plus grave que le péril allemand et fait ia suggestion nouvelle que les Anglo-Canadiens devraient favoriser l’établissement, toüt le long de la frontière internationale, de colonies canadiennes-françaises afin de protéger le pays contre l’américanisation”.Et l’on voit, à travers le compte-rendu forcément incomplet du “Re-' cord” que M.Lavergne a repris tous les thèmes familiers aux nationalistes et qu’il les a développés avec la plus grande franchise.Personne cependant ne semble avoir crié à la “guerre civile”.Il est évident que les Anglo-Canadiens ont les nerfs moins sensibles que certains de nos anciens compagnons d’armes du Québec.r * * Pourquoi d’ailleurs se seraient-ils scandalisés?Quand Lavërgne fait le procès de la diplomatie britannique, il n’est que l’écho, et l’écho affaibli, de PAnglo-Canadiçn John S.Ewart et de maints autres.Quand il déclare que les intérêts du Canada doivent passer avant tous autres et qu’il pousse son cri de “Canada First”, il reprend une formule ancienne et qui eût dans l’Ontario d’illustres champions.Quand il affirme que les Canadiens, prêts à défendre le drapeau britannique au Canada, n’ont pas à se mêler de la défense générale de l’Empire tant que subsistera, entre les colonies et la métropole, l’état de choses actuel, il ne fait que formuler la politique prêchée et pratiquée par les deux partis pendant un demi-siècle.Quand il tourne en ridicule l’argument de ceux qui prétendent que nous devons à l’Angleterre des hommes et des vaisseaux, parce que les capitalistes anglais trouvent intérêt à placer Ici leurs capitaux, il a pour complices l’expérience, le sens des affaires et le bon sens de tous ses auditeurs.Quand il met ceux-ci en garde contre le danger de l immigration à aïïfrance, il peut surprendre les politiciens incapables de réflexion, mais il répond à la pensée intime de tous les observateurs désintéressés.Quand il rappelle les services rendus par ses compatriotes, il ouvre simplement les pages d’une histoire que chacun peut feuilleter avec lui.Quand il réclame l’égalité pratique des races, c’est l’écho des paroles fameuses de MacDonald et de Blake qui traverse son discours.* * Lavergne retournera sans doute bientôt dans l’Ontario, mais il serait à souhaiter qu’il fût suivi de maints autres.-Combien de préjugés seraient dissipés par le contact personnel, par de franches et nettes explications.Orner HEROUX.ETATS-UNIS ET MEXIQUE La situation mexicaine ne s’est pas modifiée depuis qrie le président des Etats-Unis a chargé- M.John Lind d’une mission spéciale auprès du gouvernement provisoire du général Fîuerta.Les troupes fédérales continuent à batailler sans grand résultat contre les guérillas insurgées, et les résidents améri-ieains, invités à quitter le Mexique, refusent généralement de répondre à l’invitation.Fin somme, la politique adoptée par le président Wilson et l’échec de ses négociations but créé une impression plutôt défavorable et pénible aux Etats-Unis et à l’étranger.Un Ex-Attaché, dont le pseudonyme, dit-on, couvre la personnalité d’un diplomate américain d’expérience, dit à ce propos que la mission de M.Lind équivaut à la tâche d’un émissaire anglais qui, au début de ia guerre de Sésession, serait allé demander à Lincoln et à ï)avis de renoncer à leurs présidences respectives et de promettre de ne pas être candidats à une autre élection.Il ajoute qu’à l’heure actuelle tout l’avantage, est du côté d’IIuerta.Il a maintenu Sa position, comptant que les fautes de ses adversaires seraient tout profit pour lui, et jl n’a pas été déçu.Dès le principe, la diplomatie du gouvernement américain s’est trouvée en défaut.La pre.inièi’e erreur du président Wilson a été d’annoncer qu’il avait pleine confiance en l’ambasadeur Wilson et de le révoquer ensuite pour le remplacer par un homme qui ne connaissait rien du Mexique et manquait totalement d’expérience en diplomatie.Le président Wilson a‘ commis line autre faute en déclarant, après l’échec de la mission Lind, qu’il était radicalement opposé à toute intervention des Etats-Unis au Mexique.Cette politique de non-intervention est comme on sait de règle parmi les démocrates.Quant aux républicains, certains d’entre eux ne redouteraient point de voir «dopter à l’égard du Mexique une conduite moins délibérément pacifique, comme le sénateur Penrose l’a prouvé en proposant, sans succès du reste, que des mesures énergiques fussent prises pour protéger Jes vies et les biens des Américains.],'Ex-Athtchc dit que, de fait, neuf Américains sur dix sont hostiles à l’intervention des Etats-Unis dans les affaires mexicaines ; mais il était de bonne politique pour le président Wilson de ne pas admettre ce fait et de conserver rette arme de l’intervention comme une menace pour forcer le président Huerta à accepter ses propositions.En proclamant l’interdiction du commerce des armes et des munitions de guerre sur la frontière mexico-américaine, le gouverneur Wilson a reconnu la qualité de belligérants aux insurgés et s’est interdit tout droit de réclamer des compensations pour les pertes de vies et les dommages à la propriété des citoyens américains, dit encore VEx-Atlaché.Lu presse anglaise, de son côté, a signalé -sans indulgence les maladresses du président Wilson et les points faibles de sa politique à l’égard du Mexique.La presse française ne se montre pas moins sévère.Après avoir cité les conditions soumises au général Huerta et repoussées par lui, le Journal des Débats dit: “Il faut convenir que ces exigences étaient fort rigoureuses et que le général Huerta pouvait difficilement les admettre.Le général Huerta estime qu’il a tous les droits à la présidence de son pays et qu’il a aussi toutes les capacités requises pour exercer le pouvoir avec succès.Son coup de force n’a pas encore été ratifié par le peuple, mais il n’est pas le premier Mexicain qui s’impose par la violence.La faveur populaire viendra après.Le général Huerta estime qu’il est de tous les candidats le plus qualifié, que ses partisans représentent la majorité de la nation et qu’avec le temps il finira bien par réduire ses adversaires.Cette opinion est probablement justifiée.Les principaux adversaires du général Huerta, les “constitutionalistes”, qui paraissent bénéficier des sympathies de Washington, seraient peut-être fort embarrassés pour trouver dans (leurs rangs un président capable et «on autorité serait certainement contestée plus encore que celle du président Huerta.” “L’action personnelle du nouveau président des Etats-Unis vient de se manifester pour la première lois dans le domaine de la politique extérieure, à l’occasion de la onsc révolutionnaire au Mexique, dit M.llené d’Aral, dans le Gaulois.“Elle n’e.st pas, au dire des Américains eux-mêmes, des plus heureuses.Elle débuta en effet par 1 envoi a Mexico d’un ambassadeur extraordinaire dont la mission consistait à persuader le général Huerta, 1 actuel président ^provisoire du Mexique qui lutte contre les insurgés, qu’il fallait qu’il nrésidât à des elections présidentielles faites "sans aucune pression”, avec cette condition toutefois qu’il s’engageât à no point poser sa candidature.“Comme le général Huerta est maître des trois quarts du pays, on se figure aisément l’accueil qu’il fit à cette proposition; l’ambassadeur spécial en fut pour ses frais et revint bredouille.Le président Wilson, voyant qu’il avait fait fausse route, eût été désireux de battre en retraite; malheureusement pour lui, le général Huerbg^ s’empressa sur ces entrefaites de rendre public l'ultimatum étrange qu’il avait reçu.Impossible dès lors de reculer.M, Wilson a donc été obligé de maintenir ses prétentions.Il les a même aggravées en cherchant à les atténuer, ainsi que l’atteste son, message d’avant-hier.“On espère, au reste, que cet incident s’arrangera et qu’une transaction habile permettra au président Wilson de se tirer de ce mauvais nas.Sa regrettable attitude est néanmoins scabreuse en ce qu’elle risque d’encourager cette tendance si manifeste aux Etats-Unis à vouloir régenter les autres Etats américains.Or, les “panaméricains” en Amérique sont aussi dangereux que les pangermanistes en Allemagne : ils peuvent entraîner le gouvernement beaucoup plus loin qu’il ne désire aller.” En effet, le gouvernement de Washington peut encore se consoler de ses fautes en songeant qu’elles n’ont pas eu de conséquences irréparables.Uktéric TREMBLAY.-^ i — -—— ¦ Trop pessimiste Le séjour d’Europe souvent recommandé pour guérir de tous maux, ne va pas à tout le monde : il arrive même qu’il produit un effet désastreux.Qui a entendu le Dr Adami il y a quelques mois ne le reconnait plus aujourd’hui.D’optimiste qu’il «lait le Dr Adami revient d’Europe affligé d’un pessimisme navrant.Il ne voit que désastre pour le Canada et même pour l’Angleterre.Le Canada serait voué à la ruine s’il ne vote pas une contribution ou refase de construire des vaisseaux de guerre ; et l’Angleterre aurait la guerre civile si elle persiste à donner le home raie à l’Irlande.“L’action du sénat, dit-il, a fait au Canada un tort incalculable dont il ne se remettra pas avant des années.Les banquiers qui auparavant recommandaient les valeurs canadiennes à leurs clients sont si dégoûtés qu’ils ne veulent plus avoir rien à faire avec le Canada.Ce sentiment a déjà détourné des millions du Canada et il est difficile d’évaluer l’in-fluence désastreuse que le rejet du bill naval aura sur les intérêts industriels du pays.” Evidemment, le Dr Adami n’a fréquenté en Angleterre que des milieux rie sa mentalité.Car l’impression n’est pas la même partout.Notre ministre ides finances qui a séjourné en Angleterre, lui aussi, est revenu tout au contraire très confiant.Et puis, les faits ne corroborent aucunement les prédictions du bon docteur.Un emprunt de la Nouvelle Galle dii Sud a presque échoué sur le marché de Londres tandis qu’une émission du Canadien Nord a été entièrement souscrite et à de bonnes conditions.Du reste, le Dr Adami est à peu près le dernier des impériali-sants à recourir à l’argument d'argent pour influencer l’opinion canadienne.Il y a longtemps que les autres ont abandonné cette tactique qui n’a pas eu de succès, et te distingué professeur n’est plus dans le mouvement.En Angleterre, on ne songe plus à mêler la question financière à la question de défense, surtout dans le monde financier, M.W.L, Palmer- du Financial News de Londres, journal réputé la meilleure autorité mondiale en matière de finance, disait ces jours-ci au représentant du World de Toronto : “Le crédit du Canada brille avec éclat dans le monde financier de Londres, et il continuera de briller, pourvu que les Canadiens éminents dans la finance se montrent prudents.A cause de la gêne financière due à la récente guerre dans les Balkans, Londres est nécessairement obligée de surveiller plus que jtamais les cordons de la bourse.Cependant le Canada qui devra emprunter beaucoup d’ici à quelques années encore sera accueilli avec, faveur à Londres aussi longtemps qu’il demandera de l’argent pour des entreprises légitimes et sûres.” En d’autres termes, les Anglais prêteront toujours aux Canadiens qui paieront leurs intérêts régulièrement et rembourseront le capital à échéance.Voilà qui doit rassurer le Dr Adami.Il serait trop regrettable qu’un esprit si jovial restât affligé du pessimisme qu’il parait avoir rapporté d’Angleterre : bien des oeuvres sociales auxquelles le Dr Adami s’est dévoué si généreusement jusqu’à ce jour pourraient en souffrir, Jean DUMONT.M.J.-Eudore Couture Nous apprenons avec plaisir que notre confrère du Progrès du Golfe, M.J.Kudore Couture, qui avait été victime d’un grave accident de voiture, est en voie de complet rétablissement.M.Couture pourra prochainement reprendre la rédaction de son journal.Le Progrès du Golfe est l’un des journaux les mieux faits et des plus indépendants de la province.BILLET DU SOIR.0.H.M.S.M.Doherty, Ottawa.Cher Monsieur, Permetlez-moi de vous présenter mes excuses les plus humbles, si je vicfis abuser de nos précieux moments; pour que mon importunité soit moins grande, je m’adresse au juge en retraite qui, m’assure-t-on, a l’auanlage de bien connaître l’honorable ministre de la Justice.L’un me fera sans doute l'honneur de transmettre ma missive à l’autre.Sachant combien sont rares ses loisirs, je veux lui signaler un ras de médisance dont il est la victime.Hier, en effet, un journal jadis de ses ennemis mais aujourd’hui embrigadé sous l’étendard bleu, annonçait avec grand éclat que l’honorable ministre d'e la Justice se rendait à Montréal, expressément pour entendre l’appel Thaw.Qu’un juge en retraite puisse se laisser attirer à l’appât d’une cause sensationnelle, possible; mais qu'un ministre du Conseil Privé de Sa Gracieuse Majesté le Roi d’Angleterre aille s'immiscer dans une affaire aussi compliquée alors que ses multiples fonctions le réclament à son poste, c’est absurde.Néanmoins, le public prêt à croire tout ce qui est imprimé ne doit pas être laissé dam; l'erreur.—Comment, dira-t-on, l’honorable ministre trouve-t-il le temps de s’intéresser au sort d’un assassin en rupture d’asile quand, il y a quelques mois, il ne put, — bien à contre coeur, moi, j’en suis convain-‘cu, — voler au secours d’un de ses collègues en butte au tapage de maîtres-chanteurs.” Il faut, n’est-ce pas, Monsieur le juge, dissiper ces doutes.Un mot de Monsieur le minisire et la lumière se fera.—Un minisire, me disait M.Coderre, un jour, est comme la femme de César, il ne doit pas être soupçonné.Mes respect, Monsieur le juge, Nap.TELLIER.Un peuplé fidèle à sa langue « J’ai cité un jour eri exemple à mes compatriotes, trop timides dans l'usage de leurs droits, les Alsaciens-Lorrains fidèles envers et contre tous au parler français.Je m’appuyais alors sur des témoignages étrangers.Il vient de m’être donné d’en constater par moi-même l’absolue véracité.C’est en France, il y a un mois, que j’ai rencontré pour la première fois un vrai Messin.Invité à brûle pourpoint à prendre la parole dans une réunion intime de jeunes catholiques, il y affirma très fièrement son culte envers la langue française et sa volonté bien arrêtée de subir toutes les persécutions plutôt que de la renier.J’ai retrouvé ce Messin dans son pays, ou plutôt j'y ai retrouvé, très vivante, l’âme qu’il incarnait, cette “vieille âme française, militaire et rurale” que Maurice Barrés nous a révélée dans son admirable “Colette Baudoche”.11 ne faut pas juger Metz à première vue, surtout par son quartier neuf qui nous reçoit au sortir de ia gare.On y entend et on y lit plus d’allemand que de français.11 n’y a pas ici comme au Canada deux langues officielles.La ville est remplie de fonctionnaires.Et la consigne que leur a donnée le gouvernement est sévère.Bon nombre d'Allemands sont aussi venus s’installer dans leur conquête.Leur nombre dépasse maintenant celui des indigènes.De leurs boutiques on ne saurait tirer le moindre sou français.Mais sous ce vêtement emprunté qui trompe un peu les premiers venus, le people messin conserve ses aspirations et ses moeurs traditionnelles.Plusieurs des rues étroites du vieux Metz, le Metz d’avant la guerre, sont bordées de petits magasins.J’y suis entré.Et j’ai recueilli de la bouche même de ces humbles gens les témoignages spontanés de leur attachement à la langue française.Je l'ai lu aussi sur leurs maisons que n’entache aucune inscription allemande; je l’ai surpris dans Jes conversations et les cris de leurs enfants courant sur les quais, au bord de la Moselle.Si l’on songe que la survivance du français en Alsace-Lorraine n’a d’autre appui que la ténacité agissante d'une minorité, qu’elle est fortement combattue par l’organisation générale et officielle du pays s’essayant à tout germaniser,il faut bien reconnaître, en face des résultats obtenus, de quelle influence puissante disposent quelques volontés bien trempées.Un fait en passant.Le CUe congrès des catholiques allemands se tient actuellement à Metz.Quelle raison a déterminé le choix de celte ville, je l'ignore.Mais ce que je sais bien, c’est que les organisateurs se sont trouvés acculés à cette situation: ou bien employer la langue française simultanément à la langue allemande, dans leurs séances, ou bien s’exposer à uu échec.Si hardie DEMAIN : Le Devoir publiera un article de M.Henri Bourassa.que fut une telle innovation, ils ont dû s’y rallier malgré les cris de rage de plusieurs journaux, et à la grande séance d’ouverture, le dimanche soir, les Messins ont eu la joie d’entendre le président, et un bon nombre d’orateurs leur adresser la parole en langue française.Dans un congrès international cela passerait inaperçu, parce que très naturel; dans un congrès de catholiques allemands, e’est tout un événement.Le prince de Loewenstem a tenu d'ailleurs à en signaler lui-même la haute portée.Et les applaudissements des Lorrains français ont ébranlé la salle.Au Canada, les lois nous favorisent.Qu’elles soient appliquées, vécues, c’est tout ce que nous réclamons, tout ce que nous demandons aux autres.Est-ce là être révolutionnaire ou loyal sujet de la constitution?Est-ce être ouvrier de guerre ou ouvrier de paix?Un petit groupe, dont les principaux efforts tendraient à obtenir de la charte qui nous régit tout ce qu’elle doit nous donner, rendrait à la race un service immense.S’il s’en trouvait aie fût-ce qu’un membre, mais actif, dans chaque centre important, de quels jalons de victoire nous sèmerions notre route vers nos destinées futures.Puisse l’exemple des Messins aviver nos énergies! Puisse Jeanne d’Arc, la Bienheureuse, dont je viens de revivre l’histoire réconfortante à Domrémy, dans la petite église de village, où elle priait au Bois Chenu, sur les clairs vallons aux pentes douces, puisse Jeanne d’Arc susciter sur Ja terre canadienne d’ardents défenseurs, comme elle, des traditions françaises et catholiques.Pierre HOMIER.Sur le Pont d’Avignon.M.Coderre est de retour à Ottawa avec une excellente impression de l’.Ouest.Il reste à savoir l’impression que l’Ouest garde de M.Coderre.*¦¦*¦*¦ Au banquet qu’il offrait à M.Samuel au Kent House, M.Pelletier, nous dit l’Evénement, a “fait remarquer avec un heureux choix d’expressions que bien que son hôte fut le ministre des postes du plus grand et du plus ancien empire des temps modernes, il était encore si jeune d’apparence qu’il pouvait passer pour le fils du ministre des postes de la colonie canadienne”.H en faut “un heureux choix d’expressions” pour faire passer celle-là.* * * Lloyd George doit commencer dans le cours du mpis prochain sa campagne de réforme de tenue des terres en Angleterre.Les grands seigneurs peuvent se préparer à un assaut d’épithètes.* * * R’c are the bosses, déclare M.Rogers.M.Rogers est évidemment boss mais sa persistance à Taffirmer dénote un manque d’éducation déplorable.* * » A Winnipeg, M.Pelletier a donné à entendre que le service de colis postaux serait établi le 1er janvier prochain.Si les prévisions du ministre se réalisent à la date mentionnée le peuple canadien aura en janvier 1914 des étrennes appréciables.* * * Le retour de M.Coderre à Ottawa va-t-il hâter le dénouement de l’affaire Lalumière.Le Veilleur.L’OPINION DES AUTRES PIRE QUE LA GUERRE “Durant le mois passé, deux Montréalais ont été tués, treize se sont noyés, onze ont été tués par le tramway, six ont été tués à l’ouvrage, quatre ont été brûlés a mort, quatre ont trouvé la mort sur les chemins de fer et un a été tué par une explosion.La vie de Scutari durant le siège ou de Mexico durant la révolution était bien terne comparée à celle d’ici.” — Herald, Montréal.LE REFUGE DES OISIFS “Les personnes au fait de 'a qualité et de la composition des foules d’audiences judiciaires ne seront pas surprises de la scène remarquable nui a eu lieu devant le juge Glo-bemsky quand Thaw fut applaudi et que les hommes et les femmes se bousculaient pour lui presser la main.Une salle judiciaire est un refuge favori nour les oisifs.L’audition des causes offre une agréable diversion aux esprits inoccupés.Naturellement, les gens de Sherbrooke qui avaient à s’occuper de leurs propres affaires n’étaient pas représentés à cette audience.” _ Times, New-York.L’IMMIGRATION HINDOUE “Il faut se rappeler qu’il y a trois cents millions d âmes aux Indes et que ce pavs oourrait se dispenser d’une population trois ou
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