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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-11-24, Collections de BAnQ.

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w w w .I e d e v o i r DEVOI LES ACTUALITÉS Des CISC condamnés à Théodore Monod, l’homme sabrer dans les soins à domicile ?de sable, s’est éteint Page A 3 Page A 3 V o i.X C I N " 2 (i !) L E V E N I) K E I) I 2 î X O V E M B R K r a x k s = 1 $ Le seul McDo syndiqué d'Amérique ! M » JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un employé du restaurant McDonald's de la rue Peel, à Montréal, montre à travers la vitrine le certificat d’accréditation syndicale que vient de délivrer le ministère québécois du Travail.La CSN entre au McDonald’s de la rue Peel Une grande victoire pour un groupe de jeunes travailleurs FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR Il y a maintenant un restaurant McDonald’s syndiqué en Amérique du Nord, et il se trouve à Montréal.Le commissaire du Travail, Michel Denis, a finalement accordé le certificat d’accréditation aux employés qui voulaient syndiquer le restaurant McDonald’s sis au 1224 de la rue Peel.Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs McDo sera affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).Cette dernière avait déposé le 2 août au ministère du Travail une requête pour représenter une quarantaine de jeunes travailleurs.Hier, en conférence de presse, le porte-parole des employés du restaurant Pascal McDuff a déclaré que l'obtention du certificat d’accréditation ôtait une grande victoire pour les jeunes du Québec et le syndicalisme.Pour sa part, le président de la CSN, Marc Lavio-lette, a invité le propriétaire du restaurant de la rue Peel, Michel Marchand, à s’asseoir à la table avec ses employés syndiqués pour négocier la première convention collective.M.Marchand, qui exploite trois autres restaurants McDonald’s dans la région de Montréal, a fait savoir hier dans un communiqué qu’il était «surpris du dénouement de ce processus» et qu’il croyait que la syndicalisation de son établissement n’était pas le véritable souhait de ses employés.«Je ne crois pas que cette décision soit le reflet des véritables désirs de mes employés.Cette situation est nouvelle pour moi et, pour le moment, je vais concentrer mes efforts pour travailler avec mes employés et servir nos clients comme je le fais depuis 13 ans», a indiqué VOIR PAGE A 10: MCDONALD’S Enquête Sondagem-L^ Devoir-CKAC Des poussières d’avance pour le Bloc La course reste aussi serrée qu’en début de campagne KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Plus de quatre semaines de campagne électorale n’auront vraisemblablement rien changé aux intentions de vote des Québécois.Le Bloc québécois et le Parti libéral demeurent tout près l’un de l’autre, le premier recueillant 33,9 % des intentions de vote et le second, 30,7 %.Après répartition pondérée des indécis, qui s’élèvent à 19,2 %, les bloquistes devancent les libéraux d’un maigre 1,4 point de pourcentage (40 % contre 38,6 %).Cette enquête Sondagem réalisée pour Le Devoir et CKAC auprès de 912 personnes entre les 17 et 23 novembre tend à démontrer une certaine lassitude chez les électeurs, dont les trois quarts disent que cette campagne les a peu intéressés, voire pas du tout.Bien que les libéraux aient dit vouloir faire une campagne sur les valeurs fondamentales du Canada et que le Bloc québécois ait préparé sa plateforme de longue date, l’absence d’enjeux électoraux pourrait expliquer un taux particulièrement élevé d’indécis, soit 19,2 %.«La campagne n’a rien proposé de vraiment neuf.L'équipe libérale a évacué le débat d’idées.Ce chiffre indique que les gens sont désabusés.Cette campagne ne va pas redorer le blason des politiciens.Normalement, à quelques jours du scrutin, on ne devrait pas avoir plus de 12 à 13 % d’indécis», affirme Jean Noiseux, de la firme Sondagem.Après une répartition des indécis selon une pondération en fonction du profil des électeurs VOIR PAGE A 10: POUSSIÈRES Enquête Sondagem -Le Devoir - CKAC S’il y avait des élections fédérales aujourd’hui, pour quel parti politique voteriez-vous?Bloc québécois Parti libéral du Canada Alliance canadienne | Parti conservateur Nouveau Parti démocratique Autres partis 140,0% 38,6 % 10,3% 5.3 % 3.4 % 2.4 % Est-ce que cette campagne vous a intéressé beaucoup, assez, peu ou pas du tout?Beaucoup 8,1% Peu 40,0% Assez 17,3% Pas du tout 34,6 % Après répartition des indécis 912 répondants au Québec — Marge d'erreur: 3,3%, 19 fois sur 20 Vivement mardi ?Une campagne d'un ennui mortel, selon la majorité des Québécois LOUISE LEDUC LE DEVOIR Vous n’avez pas écouté les débats télévisés, vous ne savez toujours pas pour qui vous voterez lundi et vous avez nettement plus hâte au match des Alouettes, dimanche, qu'aux élections de lundi?Vous n’êtes pas seuls.Selon un sondage Sondagem, 74,6 % des Québécois ont trouvé la campagne électorale peu ou pas du tout intéressante.Sommes-nous désabusés?Etait-ce vraiment d’un ennui mortel et si oui, qui faut-il blâmer?Ces questions ont d’abord été posées aux caricaturistes.Ces joyeux lurons, payés par surcroît pour s’amuser pendant les campagnes électorales, ont-ils, eux, trouvé le temps long?«C’est la plus ennuyante campagne de toute ma carrière! Heureusement que la saga américaine nous a un peu sauvés», commence Guy Bado, caricaturiste au Droit.«Je donne un 6 sur 10 à la campagne, poursuit Terry Mosher, caricaturiste à The Gazette.Heureusement pour nous, caricaturistes, il y avait Stockwell Day, Kid Kodak comme pas un.Mais ce qui est bon pour les caricaturistes — à savoir une campagne hyper centrée sur l’image des chefs — est plutôt mauvais pour la santé politique du pays.On est loin des grands débats de fond, avec les Lévesque et Trudeau!» Brian Gable, caricaturiste du Globe and Mail, admet lui aussi que, pour la confrérie caricaturiste, rien ne vaut en effet un bonnet de laiterie sur une tête de politicien.Quand on lui suggère à la blague que le cynisme des caricaturistes a peut-être contaminé les journalistes qui ont à leur tour contaminé le grand public, l’hypothèse le séduit.«Oui, c’est ça, c’est la faute aux caricaturistes!» N’a-t-on pas, de fait, répété à satiété que la campagne du Bloc québécois de f997 avait été un échec total, et ce, en gros, simplement à cause de ce malencontreux bonnet et de cet autobus écarté avec à son bord une armée de journalistes.qui en salivaient?Un pays «plate»?De son côté, le directeur des communications du NPD, Wayne Harding, a commencé par nous vendre ses slogans quand on lui a demandé d’expliquer les raisons de l'apathie de l’électorat.«R faut attribuer la chose à l'écart grandissant entre les riches et les pauvres, à l’exclusion de trop de gens: les sans-abri, les Amérindiens des réserves, bon nombre d’immigrants.» VOIR PAGE A 10: MARDI ¦ La campagne électorale en pages A 4 et A 5 LE MONDE Rencontre israélo-palestinienne sur fond de violence Le vice-premier ministre israélien de la Défense, Ephraim Sneh, et le secrétaire de la présidence palestinienne, Tayeb Abdelrahim, se sont rencontrés hier.Cette rencontre n’a cependant pas arrêté les actes de violence au Proche-Orient.Les délégués israéliens et palestiniens ont fait «l’examen de l'application des arrangements de Charm el-Cheikh» qui déboucherait sur un arrêt de la violence entre les deux ixntples.C’est la première fois que M.Sneh rencontre un haut responsable palestinien depuis le début de la révolte palestinienne, le 28 septembre.Les résultats de la rencontre ont été soumis à une réunion du Haut Conseil palestinien de sécurité.De leur côté, les Israélien se sont rendus après la rencontre à Tel-Aviv pour prendre part à la réunion de leur cabinet de sécurité.¦ À lire en page B 7 N D E X Annonces.B 6 Avis légaux .B H Bourse.A fi Cinéma.B 10 Culture.B 8 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Monde.B 7 Mots croisés.B (i Météo.B 4 C’est la vie.B 1 Sports.B 6 Télévision.B 9 Tourisme.B 4 Des avis scientifiques ignorés Des chercheurs redoutaient les effets de l'hormone de croissance estradiol Santé Canada est passé outre.Les éleveurs canadiens ont accès à plusieurs hormones de croissance qui sont bannies en Europe.Mais les scientifiques du Bureau des médicaments vétérinaires de Santé Canada ont toujours émis de sérieux doutes quant à leur innocuité chez l’humain.Ijes effets préoccupants de l'estradiol chez les animaux, par exemple, étaient lourdement documentés.Mais Santé Canada a ignoré l’avis de ses experts.JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR 0^ a ne date pas d'hier que les scientifiques du Bu-reau des médicaments vétérinaires ruent dans les brancards parce qu’ils ont l’impression que leur opinion ne compte que pour du vent.En mai 1999, certains d’entre eux s’en sont plaints au comité sénatorial permanent de l’Agriculture et des Forêts, qui se penchait sur l’hormone de croissance bovine recombinante (STbr).1ü substance controversée avait failli être approuvée par Santé Canada avant que ses effets sur la santé des animaux ne viennent bloquer le processus.L’équipe du Bureau des médicaments vétérinaires VOIR PAGE A 10: SCIENTIFIQUES ERIC GAILLARD REUTERS I-e viande canadienne, tout comme l’européenne, n’est plus aujourd’hui au-dessus de tout soupçon.( I LE DEVOIR.LE VENDREDI 24 NOVEMBRE 20 0 0 A 2 •LES ACTUALITES- Gestion de la forêt La mésentente subsiste entre les Cris et Québec Vente des Expos Montréal empochera ses 13 millions sans attendre VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Un mois après avoir signé un document qui décharge le baseball majeur de toute responsabilité en cas de départ des Expos, le comité exécutif de la Ville de Montréal a fait savoir hier qu’aussitôt que les actionnaires québécois vendront leurs actions à Jeffrey Loria, la Ville empochera sans attendre les 13 millions de dollars reliés aux siennes.«C’est me décision strictement financière», a expliqué le président du comité exécutif, Jean Fortier, hier après-midi, lors d’un point de presse.Plus tard, il a ajouté: «Les autorités municipales souhaitent toujours que l’équipe reste à Montréal.» Selon M.Fortier, la Ville pourrait encaisser 14,9 millions de dollars de la transaction si elle attendait trois ans.«Dans la conjoncture actuelle, nous avons conclu que le risque ne valait pas la peine, raconte Jean Fortier.Et détenir des actions dans une équipe de sport, ce n’est pas notre corps de métier.» Lorsque les Expos étaient en vente en 1991, Montréal avait allongé 13 millions de dollars.Ce montant représente 17 % des actions du club de baseball, mais la Ville est un partenaire silencieux et l’argent qu’elle a investi ressemble plus à un prêt qu’à un investissement, soutient Jean Fortier.La Ville récupère donc sa mise et le président du comité exécutif est heureux.Et ce, même si le montant est inchangé et que cet argent aurait pu rapporter plus ailleurs.«En bout de ligne, on se retrouve au point mort.Mais on est satisfaits, puisqu’on a réussi à maintenir le club à Montréal.» M.Fortier défend ainsi la décision de l’administration Doré, qui avait versé cet argent au club de baseball.«C’était la chose à faire à ce moment-là.Ça permis d’attirer d’autres investisseurs.» Cette nouvelle arrive après que le commandité Jeffrey Loria et son beau-fils David Samson ont déclaré au quotidien Washington Post qu’un nouveau stade au centre-ville n'était plus garant de la survie de l’équipe à Montréal.Les dirigeants des Expos soutiennent maintenant que seul un meilleur partage des revenus entre les équipes peut aider les équipes situées dans les petits marchés.Les autorités du baseball majeur se prononceront bientôt sur la vente des actions des propriétaires québécois au Groupe Loria.Aussitôt que Jeffrey Loria sera l’actionnaire majoritaire (il détient présentement 24 % des actions), il pourra entreprendre des pourparlers avec les villes intéressées à acheter son équipe.On sait que la ville de Washington accueillerait à bras ouverts une franchise du baseball majeur.MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE Québec — Le gouvernement du Québec et les Cris de la Baie-James restent profondément opposés sur la gestion de la forêt québécoise.Une longue rencontre entre le premier ministre Lucien Bouchard, le ministre des Ressources naturelles, Jacques Brassard, son collègue des Affaires autochtones, Guy Chevrette, et le Grand Conseil des Cris n’a pas permis d’aplanir leurs différends hier.Essentiellement, les Cris demandent que l’exploitation de la forêt de la Baie-James soit placée sous l’égide d’une agence bipartite où siégeraient des représentants cris et de l’Etat québécois.Les Cris veulent que le rôle et les pouvoirs de cette agence soient inscrits dans une «convention complémentaire» à la Convention de la Baie-James et du Nord québécois et qu’on lui confère ainsi valeur de traité constitutionnel.Le gouvernement québécois préférerait plutôt qu’une entente de cogestion soit assujettie à la Loi sur les forêts.«D'aucune façon, par quelque entente que ce soit, l’État québécois ne renoncera à ses responsabilités et à ses prérogatives comme gestionnaire de la forêt publique», a déclaré le ministre Brassard à l’issue de cette rencontre avec le chef cri, Ted Moses, et ses collaborateurs.Le gouvernement québécois est d’accord avec le principe d’un partenariat avec les Cris sur l’exploitation de la forêt mais Jacques Brassard précise que Y «adaptation assez substantielle du régime forestier québécois» ne doit pas faire reculer les pouvoirs du Québec sur la forêt Les Cris menacent toujours de transporter ce débat sur la scène internationale mais se donnent tout de même deux semaines pour parvenir à une enten- te.Le chef Moses reconnaît qu’il s’agit d’un court délai pour des enjeux aussi considérables.«Deux semaines, c’est suffisant pour établir la possibilité ou l’impossibilité d’en arriver à une entente.Nous comprenons maintenant exactement ce qui nous sépare mais on a encore espoir qu’on puisse arriver à une entente», a indiqué le ministre Chevrette.Le conseiller du Grand Conseil des Cris, Roméo Saganash, est moins optimiste.Toute entente devra être constitutionnalisée, soutient-il.«C’est la première fois que je vois un peuple, à tout le moins qui se considère comme peuple, refuser de signer un traité.Ça nous dépasse, surtout venant d’un peuple qui dit avoir le droit à l’autodàermination», a-t-il déclaré.En commission parlementaire sur la loi 99, les Cris avaient pourtant soumis un mémoire affirmant que le peuple québécois n’existe pas, qu’il s’agit d’un «peuple inventé».EN BREF Groupe Forces: des accusations seront déposées (PC) — Le dossier des enquêtes policières effectuées dans la circonscription du premier ministre J[ean Chrétien refait surface, à quelques jours des élections fédérales.Radio-Canada a révélé hier que la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) recommandera de porter des accusations de fraude contre deux dirigeants du Groupe Forces, soit Mario Pépin et Paul Lemire.Depuis 1996, le Groupe Forces a obtenu plus de quatre millions de dollars en subvention auprès de différents organismes fédéraux.Quant à l’enquête portant sur l’entreprise Placeteco et son dirigeant, Claude Gauthier, aupune accusation ne sera portée, a ajouté la société d’Etat Un accident inusité (PC) — Deux personnes sont mortes dans l’écrasement d’un petit avion ultraléger, hier après-midi, dans le centre-ville de Hull.L’accident est survenu vers 15h sur le boulevard Sacré-Cœur.Des témoins qui se trouvaient dans des logements près des lieux de l’écrasement ont affirmé avoir entendu le bruit d’un moteur en difficulté peu de temps avant la tragédie.L’appareil, un Zodiac CH601, a explosé après l’écrasement II a heurté un arbre et des automobiles garées le long du boulevard, lequel a été fermé durant l’intervention policière.Les deux personnes ayant trouvé la mort sont les occupants de l’avion.On ne dénombre aucune victime au sol.Rapport du coroner sur la tragédie de Nicolet Le ministère des Transports doit être plus clair ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE Le coroner qui a mené l’enquête sur la tragédie routière ayant causé la mort de huit enfants se trouvant à bord d’une fourgonnette, à Saint-Jean-Baptis-te-de-Nicolet, en mars, somme le ministère des Transports de clarifier la législation sur les dispositifs de sécurité, tellement ambiguë que même les policiers y perdent leur latin.«Quand les lois [sur les dispositifs de retenue d’enfants] manquent de clarté au point que les policiers chargés de les faire respecter divergent d’opinion sur leur interprétation, peut-on décemment s’attendre à ce que des citoyens ordinaires fassent la part des choses», demande le coroner Raynald Gauthier dans son rapport La conductrice Jeanne Auger, qui a perdu dans l’accident son fils Samuel, transportait dans sa fourgonnette dix enfants vers un autobus, à trois kilomètres, qui devait les conduire dans une cabane à sucre.Elle a perdu le contrôle de son véhicule, qui a été frappé par une autre voiture venant en sens inverse.Les enfants ont été projetés dans le champ.Le parent qui devait aider Jeanne Auger à transporter les enfants ce matin-là lui avait fait faux bond à la dernière minute, de sorte que l’éducatrice s’est débrouillée seule.Un seul enfant portait une ceinture de sécurité.Le coroner note que, si le Code de la sécurité routière prévoit que chaque enfant doit être retenu par un dispositif approprié, il persistait chez les policiers certains doutes quant à savoir si un véhicule pouvait légalement contenir autant de passagers qu’il y avait d’espace pour les sièges appropriés lorsqu’il s’agit d’enfants.Aussi, le coroner Gauthier invite le ministère québécois des Transports et la Société de l’assurance automobile du Québec à lever les ambiguïtés contenues dans la législation actuelle.Au ministre de la Sécurité publique, le coroner recommande de voir à ce que les policiers reçoivent de l’information sur la réglementation portant sur les dispositifs de retenue des enfants.Le coroner presse les CLSC de désigner une personne bien au fait de la question pour conseiller les parents en cette matière.A la ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance, Nicole Léger, le coroner demande de vérifier si les dirigeants des garderies sont suffisamment informés sur les dispositifs de sécurité pour le transport des enfants avant de leur accorder leur permis.Par voie de communiqué, la ministre a promis de faire diligence.Qui dit affaires dit Rapidair! Au gré de vos horaires pour seulement 399$ l'aller-retour* •Voici le tout nouveau tarif RAPIDAIR qui vous simplifie la vie: faites votre réservation trois jours à l’avance et choisissez parmi plus de 60 vols, chaque jour d'affaires, entre Montréal et Toronto.• Aucuns frais additionnels pour les changements de réservations.• Aucun séjour minimal ou maximal exigé.• Accumulez des milles Aéroplan"0 ou des points Canadien Plus* admissibles sur tous nos vols.• Aussi disponibles, tarifs réduits offerts à partir de seulement 158$ l'aller-rf Certaines conditions s'appliquent.Pour plus de renseignements, communiquez avec votre agent de voyages ou avec Air Canada/Canadien au 1 888 247-2262 (ATS : 1 800 361 -8071 ).Réservez par Internet au www.aircanada.ca Doublez vos milles Aéroplan ou points Canadien Plus** du 18 novembre 2000 au 28 février 2001.Canadbn air canada (§t) •Saul avis contrai:., Isa vols Oeuv.nl Mr.assuré, aur (tes appareils d AIr Canada, des transporteur.Liaison Air Canada- ou de.Ugne.aériennes Canadien Un,.manorial "M Tarn, en vigueur au moment de la publication Applicables aux nouvelles réservation, seulement Le.taxes les rerievanre.ne nnvin.mn a.NAV CANADA et le.Irais d'aéroport ne .ont pas Inclue Les billets son! totalemem non remboursable.La nombre de places esl limité et fonction de la dis(x,n,l„i„é D'autre, condition, peuvent .'appliquer Tarit de IMS : achat Irai.|our.é l'avance.Tou.les voyage, doivent prendre iln au plus tn,,l le UB lZne ^nV Tarif de 15*»: achat tept |Our.é I avance Le tant peut ditlérer selon l'heure, le |our, lee dates de départ et de -.tour Séiour minimal et maximal Du 18 novamt,,,, jooo au 28 lévrier 2001.obtenez le double de.milles Aéroplan ou de.points Canadien Plu." pour les classes de réservation J V M nu B d'ilT.lwta de.Ligne, aériennes Canadien Intarnallonal liée ou d'AIr Ontario, pour les vols assuré, entre Toronto al Montréal ou enlre Toronto et Ottawa Le.vol.pour o„ depuis Toronto sont assurés à l'Aéroport International Toronto Lesler B Peareon el à l'Aéroport du centre-ville de Toronto uanaoa, "Boni Canadien Plu.en vigueur du 18 novembre au 31 décembre 2000 seulement “ Aéroplan el LIaieon Air Canada «ont de.marque, dépose.d'AIr Cannrlo - Canadien Plu» e»t une marque de commerce de.Lignas aérienne.Canadien International liée A ? LE DEVOIR.L E V E N D R E D I 21 X O V E M B R E 2 O O O A :i le devoir ACTUALITES Christian Rioux **¦ REUTERS Théodore Monod L’homme de sable A l’heure qu’il est, il doit être en train de marcher sur la banquise quelque part aux confins de la terre de Baffin ou pas trop loin du Groenland.Je l’imagine dans un gros anorak en train de guetter le morse sur les bords du détroit de Béring.A deux reprises, j’ai tenté de convaincre Théodore Monod d’aller arpenter le Grand Nord et de troquer un court laps de temps sa seule passion, le Sahara, pour l’immense désert blanc.Il me semblait que ce petit homme nous en aurait appris plus que n’importe qui sur ces régions qui composent l’essentiel de notre territoire et qui ont forjné notre imaginaire.A chaque fois, il m’a répondu qu’il n’avait pas assez d’une vie pour explorer le Sahara.Qu’il lui restait tant de choses à faire et de lieux à découvrir.Mais il me promit de s’y rendre un jour.Dans une prochaine vie, ajouta-t-il en éclatant de rire.C’est donc là qu’il doit être puisque ce grand amoureux du désert est décédé mercredi à Paris à l’âge de 98 ans.Presque centenaire et aveugle depuis peu, Théodore Monod était au Sahara ce que Pierre Perrault pouvait être au fleuve Saint-Laurent.Il en avait arpenté tous les recoins, rencontré tous les habitants, ramassé toutes les pierres, raconté toutes les histoires et noté tous les tracés.Il en parlait la langue, celle du silence aussi bien que l’arabe, et en possédait la mémoire.Dans le fouillis qui lui tenait lieu de bureau au Muséum d’histoire naturelle, à deux pas du Jardin des plantes, il avait toujours un caillou, le dessin d’une plante ou un insecte rare à vous montrer.J’ai toujours eu un faible pour les naturalistes.Ils essaient de ne pas trop juger.Ils tentent modestement de décrire ce qu’ils voient.Ils savent que, sous chaque pierre, se cache une histoire millénaire.Que chaque geste camoufle les mythes les plus anciens.Cela donne de l’humilité.En ces temps de moralisme exacerbé, ils n’abusent pas du point final.Jugez-en.Travailleur de l’ombre, ce fils d’une famille de pasteurs protestants a passé sa vie à essayer sans succès de retrouver une plante: le mo-nodiella flexiose.Le seul échantillon connu est celui qu’il a découvert le 18 mars 1940 au nord du massif du Tibesti.Un demi-siècle plus tard, à force d’arpenter à pied le désert, Théodore Monod a finalement retrouvé le lieu où il avait cueilli cet «affreux petit filament sinueux aplati sur le sol».Majs la plante n’y était plus.Le sable avait tout envahi.A 96 ans, il ne perdait pas espoir.Il explorait à pied ou à dos de chameau l’Ennedi, un massif plus au sud, et le Tassili, dans le Hoggar.A l’origine, Théodore Monod était ichtyologue.Autrement dit, spécialiste des poissons.Pas mal pour un amoureux du désert! Mais il était aussi botaniste, géologue, anthropologue et écrivain.Un savant, quoi! On lui doit le squelette de l’homme d’Asselar, un vestige néolithique.Il a cherché toute sa vie la gigantesque météorite signalée par Ripert dans l’Adrar mauritanien.Il a longtemps tenté de découvrir une oasis légendaire signalée par des voyageurs italiens.Tout cela n’était peut-être qu'un prétexte pour sillonner le désert, son «diocèse».Il fera à pied jusqu’à 900 kilomètres sans point d'eau.«Dans les grands déserts, disait-il, il y a toujours m endroit légendaire qu’on cherche longtemps et que, naturellement.on ne trouve jamais.» L’important est de chercher.Derrière sa barbe de prophète, Monod avait l’air d'un savant déguisé en quéteux.On l’aurait dit sorti de l’Accueil Bonneau.C’était un guenillou du désert, un cueilleur fasciné par les cailloux.Il pouvait parler des heures de l’antilope addax, qui vit dans des endroits où il n'y a pas de point d’eau et trouve tout ce qu’il lui faut dans les graminées dont elle se nourrit.Des cailloux, il en avait des tonnes sur son pupitre.Sur une étagère, il gardait aussi précieusement un exemplaire de Im Flore laurentienne, du frère Marie-Victorin, que lui avait offert le directeur du Jardin botanique de Montréal.De retour d’une visite dans son laboratoire, je me souviens être resté songeur devant un groupe de cé-gépiens désillusionnés alors que le vieillard que j’avais laissé à Paris pétait littéralement le feu.L'homme se définissait comme un «pessimiste actif».A chaque anniversaire du drame d’Hiroshima, Théodore Monod faisait un jeûne de plusieurs jours avec quelques compagnons à Taverny, siège du commandement nucléaire français.A Paris, on le croisait encore l'an dernier dans les manifestations pour le droit au logement.Monod respectait trop le Sahara pour ne pas se mettre en colère quand on lui parlait du Paris-Dakar, un rallye où les coureurs traversent sans rien voir un désert de guimauve.Monod n’était pas un grand philosophe.Il n’était pas le plus grand des zoologistes, des botanistes ou des écrivains.Le milieu scientifique ne prisait pas beaucoup sa dispersion.Il disait que la connaissance était comme un ballon.«Plus il grossit, plus les points de contact avec l’inconnu augmentent.» C’était un aventurier et un marcheur impénitent qui voyait de la vie là où le commun des mortels ne voyait que du sable.Le pergélisol doit lui aller à ravir.J’espère qu’il a de bonnes bottes.crioux@ledevoir.com La moitié des CLSC de Montréal accuseront un déficit Difficultés temporaires ! Quelques millions de plus permettraient de maintenir les services à domicile, le temps qu’Ottawa verse l’argent promis Débordés par la demande croissante pour des services à domicile, les CLSC accumulent les déficits.En attendant les réinjections de fonds annoncées par Ottawa, plusieurs sont condamnés à limiter l’accès à leurs services.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Malgré la loi qui l'interdit, la moitié des CLSC de l’île de Montréal termineront l'année avec un déficit, ce qui a déjà forcé plusieurs d’entre eux à sabrer, voire à couper l’accès à leurs programmes de soins et d’aide à domicile.La présidente du Regroupement des CLSC de la région de Montréal, Cécile Légaré, a d’ailleurs livré un plaidoyer devant le conseil d’administration de la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre hier soir afin d’exposer la situation critique qui oblige plusieurs CLSC à couper les vivres à de nombreux usagers nécessitant des services de maintien à domicile.«Les CLSC n’auront pas assez d’argent cette année pour répondre aux besoins de la population.Cette situation est connue depuis longtemps de la Régie mais nous arrivons à un point où la situation se généralise à l ensemble des CLSC de la région de Montréal», a-t-elle expliqué en entrevue.Pour éviter de creuser davantage leurs déficits, la plupart des CLSC ont déjà pris des mesures, parfois draconiennes, dont le refris des demandes venant de nouveaux clients, l’augmentation des listes d’attente, le non-remplacement des postes vacants et la baisse des heures de service par usager.Comme le rapportait Le Devoir la semaine dernière, le CLSC Saint-Michel a pour sa part «fermé» les portes de son service d’aide à domicile à tout nouvel usager pour une période indéfinie.Plusieurs autres CLSC de la métropole ont déjà agi de la sorte, notamment le CLSC Mercier, où cette mesure a été instaurée dès février dernier.«On ne peut arrêter complètement l'aide à domicile: ce serait contre notre mission première, qui est de désengorger les urgences et de prévenir la dégradation de l’état des patients», soutient Mme Légaré._ Au CLSC Mercier, les administrateurs viennent d’ailleurs de redonner l’accès aux services à domicile, quitte à enregistrer un déficit, plutôt que de priver plus longtemps une quarantaine d’usagers de l’aide dont ils ont besoin, «ù manque à gagner pour les services posthospitaliers va attendre 250 000 $, la demande a doublé en deux ans et on peine à équilibrer les ressources et la demande.Ça n’a plus d'allure de maintenir des gens aussi longtemps sur la liste d’attente.Aussi bien ne plus offrir de services du tout!», affirme André I-emelin, directeur général du CLSC Mercier.Pour éviter d’affecter encore davantage les services, les CLSC, dont le budget global est de 245 millions dont 100 pour le seul soutien à domicile, demandent à la Régie d'injecter quatre mifiions dès maintenant histoire de tenir le coup jusqu’à l’an prochain, au moment où les fonds promis par Ottawa pour financer les soins à domicile seront versés au Québec.Selon Mme Légaré, l’augmentation en flèche des services posthospitaliers entraînée par la baisse des durées de séjour dans les hôpitaux, le vieillissement de la population et le fait que de plus en plus de personnes âgées souhaitent demeurer le plus longtemps à domicile sont à l'origine de l’explosion de la demande de services.«Au lieu de nous obliger à fermer des services pendant des mois et à les rouvrir par la suite, pourquoi ne pas devancer l’aide que nous attendons pour établir un pont?», soutient la porte-parole des CLSC.Pour l’instant, ce sont surtout les personnes âgées, les personnes en phase terminale et les personnes handicapées qui sont affectées par les baisses d’intensité des services dans l’aide à domicile.Seuls les soins infirmiers considérés urgents ou essentiels, à la suite d’une opération ou d’une hospitalisation, sont moins affectés.Dans plusieurs CLSC, le délai d’attente pour obtenir de l’aide à domirile atteint de trois à quatre mois.Fusions municipales La loi 171 limitera rétendue du bilinguisme ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Sans l’adoption du projet de loi 171 déposé par la ministre Louise Beaudoin, la nouvelle grande ville de Montréal pourrait compter deux arrondissements bilingues de plus que les neuf qu’elle comptera à la fin du processus de fusion.Comme les arrondissements de Ville-Marie (le centre-ville) et de Notre-Dame-de-Grâce-Côte-des-Neiges abritent une majorité de citoyens qui parlent une langue autre que le français, ils auraient pu se qualifier pour obtenir un statut bilingue en vertu des disposi-tions actuelles de la Charte de la langue française.Mais voilà, la ministre responsable de la Charte de la langue française a prévu le coup: elle a modifié en conséquence l’article 29.1 de la charte.Seuls les arrondissements ou les municipalités dont la majorité des résidants sont de langue maternelle anglaise pourront désormais se prévaloir d’un statut bilingue.Plus question d’inclure les allophones dans le calcul.«C’est un projet de loi très équilibré parce que les droits acquis ne sont pas remis en cause.La situation linguistique est perpétuée», a livré Mme Beaudoin au Devoir Yàer.Six des neuf arrondissements (ces neuf arrondissements sont issus de 15 municipalités) qui jouissent d’un statut bilingue n’y auraient plus droit si on appliquait la nouvelle exigence.Mais le gouvernement a décidé qu’ils pourront conserver ce statut en vertu de droits acquis.Ce sont Dollard-des-Or-meaux, Dorval, Kirkland, Mont-Royal, Pierrefonds et Roxboro.Dans ces municipalités, les anglophones de langue maternelle sont minoritaires, tout comme les francophones de langue maternelle, et ce sont les allophones qui ont fait pencher la balance en faveur d’un statut bilingue.«C’est quand même une décision extrêmement structurante», a dit Mme Beaudoin.«Il y a une cohérence dans l’action du gouvernement sur l’intégration des immigrants.» En outre, Mme Beaudoin se réjouit que le projet de loi 170 sur les fusions municipales contienne la notion selon laquelle Montréal est une ville de langue française.Une ville française qui donne des services dans les deux langues, mais une ville française tout de même.Cette reconnaissance est une première, a fait observer la ministre.Au prochain conseil national du Parti québécois, les 2 et 3 décembre, des militants de Mercier présenteront une proposition visant à retirer leur statut bilingue aux six arrondissements de l’île de Montréal et à toutes les municipalités qui ne respecteront pas la nouvelle exigence.«Sur l’île de Montréal, il y a un fort taux d’assimilation non seulement des allophones mais des francophones.Le français a des problèmes, il ne faut pas en rajouter», a dit le président régional de Montréal-Centre du PQ, Mario Beaulieu, hier.Une autre proposition qui sera débattue vise à limiter le bilinguisme de la mégaville de Montréal aux seuls arrondissements à statut bilingue.D’une façon générale, la proposition veut que les municipalités qui n’ont pas de statut bilingue ne puissent offrir des services en anglais comme elles peuvent le faire à l’heure actuelle, a décrit M.Beaulieu.La CMM vient au monde sans ses parrains de la banlieue ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Une nouvelle structure gouvernementale est officiellement née hier soir dans la région de Montréal.La fête a toutefois été gâchée par l’absence d’un des parrains.Opposée à un autre volet de la réorganisation municipale, celui des fusions forcées, l’Union des municipalités de banlieue sur l’île de Montréal (UMBM) a choisi de boycotter la première séance du conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).Cela n’a toutefois pas empêché les représentants des autres villes de la région d’y participer, ni la ministre des Affaires municipales, Louise Harel, de saluer le travail de pionnier accompli dans ce domaine par l’UMBM.«Leur contribution a été déterminante, depuis le rapport Pichette en 1992, en faveur d’un leadership métropolitain, a-t-elle souligné.Cette grande table métropolitaine ne peut pas se passer de leur expertise.» Président d'office du nouveau gouvernement, le maire de Montréal, Pierre Bourque, ne s’est pas offusqué outre mesure de l’absence des protestataires.«Tant que la loi [170 sur les fusions] ne sera pas adoptée, a-t-il noté, il y aura des perturbations.L’objectif, de toute façon, n’est pas de se mettre immédiatement en action.» Ironiquement, les représentants de la couronne nord, qui se sont farouchement opposés à leur inclusion dans la CMM jusqu'à ce que la loi les y force, étaient présents à la réunion hier et ce, malgré l’invitation de l’UMBM à se joindre à son boycottage.Leur porte-parole et maire de Ro-semère, Yvan Deschênes, n’a d’ailleurs pas manqué de faire la leçon à ses collègues de l'île maintenant en guerre contre les fusions forcées.«Les maires de l’UMBM auraient eu intérêt à nous suivre dès le début de notre contestation alors qu’il était encore temps de forcer le gouvernement à changer son fusil d’épaule.» En l’absence des sept représentants des villes de banlieue de l’île, les 21 autres membres du conseil ont préféré remettre à la prochaine séance les décisions les plus importantes qui portaient notamment sur l’élection des membres du comité exécutif.Regroupant 105 municipalités, la CMM se veut une structure politique légère ayant essentiellement un rôle de planification et de concertation.Elle disposera d’un premier budget annuel de 42 millions, dont la plus grande part ira aux équipements régionaux qui lui sont confiés et qui se limitent pour le moment au Jardin botanique, au Planétarium, au Biodôme, à l’Insectarium et au Cosmodôme.Elle aura aussi pour tâche de superviser le développement du transport en commun à travers l’Agence métropolitaine de transport (AMT).Elle devra avoir élaboré d’ici cinq ans un schéma global d’aménagement.Ses compétences s’étendront également au développement économique, au logement social, ainsi qu'aux normes environnementales.Les villes centres encouragent Québec ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Désirant faire contrepoids au tonnerre de protestations de leurs collègues des villes de banlieue, les maires des grandes villes centres et villes d’agglomération du Québec ont uni leurs voue hier pour encourager le gouvernement à persister dans la réorganisation municipale qu’il a entreprise.Invités pour l’occasion à l’hôtel de ville de Montréal par le maire Pierre Bourque, les porte-parole des six villes centres et 25 villes d’agglomération du Québec ont réaffirmé leur conviction que la création de «villes nouvelles» par des regroupements municipaux, forcés ou non, s’avère la voie de l’avenir, fis en ont profité pour inviter les maires de banlieue «à finir leur baroud d’honneur dans la dignité et à se mettre ensuite à travailler à la construction de villes nouvelles».Tout en disant ne pas douter du degré de détermination du gouvernement, les maires se promettent de le garder à l’œil.«On sera très vigilants, a averti Pierre Bourque.Le gouvernement ne peut pas défaire ce qu’il a posé comme geste.Ce n’est pas parce que trois ou quatre personnes ou cinq mille ou dix mille protestent qu 'il faut changer de cap.A Toronto, le gouvernement a eu à faire face à un niveau de protestation beaucoup plus grand.U reste un mois et il faut passer à travers.» La prochaine étape importante, selon le maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, sera la commission parlementaire chargée de l'étude du projet de loi 170, dont les travaux commenceront la semaine prochaine.«Les commissions parlementaires, je parle d’expérience, sont souvent l’occasion de toutes sortes de compromis, nwrceau par morceau.Il va falloir éviter que, sur l'essentiel, la commission parlementaire soit l’occasion de compromis qui soient de tout petits trous dans la chaudière qui feront qu’au moment où on la soulèvera, elle sera devenue vide.» Aux côtés des maires de Montréal, Québec et Hull se trouvaient aussi hier notamment les maires de Sherbrooke et de Chicoutimi, villes qui pourraient bien, avec Trois-Rivières, faire à leur tour l’objet de projets de fusion en février.Egalement présent, Marc Gascon, maire de Saint-Jérôme et porte-parole des 25 villes d’agglomération du Québec, en a profité pour prier le gouvernement de ne pas s’arrêter en si bon chemin.Pour être nationale, a-t-il déclaré, la réforme devra ensuite s’étendre aux villes d’agglomération.Jacques LAMARCHE Maurice Richard ALBUM S0UUEMR Le cadeau iddai pour Noôl.144 pages-28,00$ GUÉRIN En ibiib uans lomes les iidraines Simone BUSSIÈRES au temps où les srnres marchaient collection leunesse.40 pages - 4,95 $ GUÉRIN En ueme dans tonies les linraines L K I) K V O I R , L K VENDREDI al N 0 V E M B R E 2 0 0 0 A 4 •élections 2000- Clark compte profiter d’une «impulsion évidente» VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Joe Clark est fébrile et cela se sent Après un blitz dans les Maritimes, le leader conservateur a fait un saut hier à Montréal pour rencontrer divers membres de la presse, gardant Le Devoir pour la fin.Fatigué et le français un peu hésitant, M.Clark est néanmoins joyeux.A peine assis dans son autobus que débute l’entrevue qui durera le temps de se rendre du centre-ville à Dorval.De là, il s’envolera à destination de Toronto.Viendra ensuite le dernier droit de la campagne: un saut au Manitoba et le test final dans son comté de Calgary-Centre lundi.Lui et ses collaborateurs n’ont qu’un mot en tète: l’anglicisme momentum.S’il est satisfait de sa campagne et tout particulièrement de sa tenue lors des débats télévisés, il précise que tout cela n’aura de valeur que s’il peut traduire la vague de popularité des derniers jours en votes lundi prochain.«Une impulsion évidente est avec nous.Je trouve cependant curieux que les gens parient de nos résultats en affirmant que nous n’obtiendrons qu'une dizaine de sièges.» De fait, Joe Clark croit qu’au moins une vingtaine (et peut-être une trentaine) de sièges sont à sa portée.Un rebirth, quoi.Et les attaques répétées de Jean Chrétien et de Stockwell Day à son endroit en sont la preuve la plus tangible, argue-t-il.«Les deux autres partis [libéral et allianciste] doivent voir notre “momentum” comme une menace, comme un obstacle qui les empêchera de gagner des sièges.» M.Clark indique que des sondages internes placent en avance trois de ses candidats en Ontario.«La question est maintenant de savoir qui sera capable, si un gouvernement libéral est réélu, de lui demander des comptes, raconte M.Clark.C’est sûr que le but de tout parti pendant une élection est toujours de former le gouvernement, mais il faut être réaliste.En regardant les chiffres, on voit qu’il est possible que le gouvernement élu en soit un minoritaire.» C’est évidement sur cette idée que les partis qui formeront l’opposition misent pour faire avancer leurs plates-formes respectives, faute de jouir du pouvoir.«Si nous formons le deuxième parti en chambre, la situation sera intéressante.J’ai une expé- rience parlementaire forte qui me donne une influence certaine.Je crois que j’ai la capacité de rassembler les gens de différents horizons.» Son objectif principal?«Forcer le gouvernement à être responsable.C’est ce qui a manqué aux deux derniers parlements.Ni le Bloc ni le Reform n’a réussi à surveiller les libéraux adéquatement.» Aux Communes, le leader conservateur entend également faire avancer les idées de son parti sur la santé et la fiscalité.Au moins un député au Québec Au Québec, M.Clark est confiant de préserver au moins l’unique siège du parti, soit celui d’André Ba-chand dans Richmond-Arthabaska.«Si les fusions ont un impact sur le scrutin et que les gens ne votent pas pour le Bloc québécois, ils ne choisiront pas les libéraux.Dans ce cas, on pourrait avoir des résultats intéressants dans certains comtés.» Quant aux transfuges de son parti qui sont passé du côté libéral, Joe Clark espère que le jugement de l’électorat sera sévère, tout particulièrement au Québec.Par ailleurs, au cours de son séjour dans les provinces de l’Atlantique, M.Clark a pu vivre ses pre- miers gros ralliements.Au cours d'un déjeuner qui avait lieu hier à Halifax, le leader conservateur a attiré plus de 500 partisans, ainsi que trois premiers ministres des Maritimes.Des sondages récents indiquent que les conservateurs ont compté des points aux dépens des libéraux et qu’ils ont maintenant l’appui d’environ 12 % des électeurs.Joe Clark attribue en partie le recul libéral aux pressions qu’il a exercées pour faire la lumière sur les agissements de Jean Chrétien.M.Clark a continué à critiquer l’éthique libérale, lors d’une conférence de presse télévisée mercredi.«Les libéraux ne peuvent prétendre avoir fait preuve de responsabilité financière alors qu’ils ont affiché un tel mépris pour l’argent des contribuables en acheminant des millions de dollars à leurs amis», a-t-il déclaré.Le leader conservateur doit livrer une bataille particulièrement ardue dans sa propre circonscription, Calgary-Centre, où les sondages indiquent qu’il est au coude à coude avec le député sortant de l’Alliance canadienne.Eric Lowther.Avec la Presse canadienne OUTREMONT La Ville du Premier ministre du Québec vous invite à UN GRAND RASSEMBLEMENT le samedi 25 novembre 2000 à 13 heures au Parc Beaubien (sur le chemin de la Côte Sainte-Catherine, entre les avenues Stuart et McEachran) Le Projet de Loi 170 décrétant les fusions municipales forcées est INACCEPTABLE Hausse de taxes: «Rien dans la loi ne garantit qu'après la fusion des villes de Tîle de Montréal, les hausses de taxes seront limitées à 5 % comme le suggère le gouvernement.» Marie-Claude Girard, journaliste, La Presse 23 novembre 2000 Venez nombreux pour lancer un message clair au gouvernement du Québec: Ne touchez pas à ma ville Nous vous encourageons à utiliser les transports en commun.Métro Outremont av.Stuart / av.Stuart Parc Beaubien Parcours à suivre vers le Parc Beaubien ^ Métro ^ Édouard-Montpetit, HOW* M*î^r«|nrfO0 !’ ».av Vincent-D'lndy " jTcouVi ?ooô h ?Le comité mixte contre les fusions forcées - Ville d'Outremont en collaboration avec DémocraCité www.democracite.org AU PROGRAMME A 0 Canada, terre de nos mafieux! Brian My les Le Devoir Un silence, lourd.Quand l’ex-parrain de la mafia italienne Francesco Di Carlo a révélé à l’émission W5 que le Canada est considéré par la puissante et sanguinaire Cosa Nostra comme le «plus meilleur» pays du monde pour y brasser de louches affaires, les politiciens n’ont pas récupéré le ballon.Protégé par une cagoule et par une armée de policiers, le délateur Di Carlo expliquait devant les caméras il y a deux semaines que le Canada est une terre de choix pour les mafieux: lois souples, peines d’emprisonnement clémentes, primauté du droit.Il songe même à venir s’y installer une fois sa sentence purgée.Si les partis politiques ont fait la sourde oreille à la suite des révélations de Francesco Di Carlo, c’est sans doute en raison du caractère quasi invisible çle la mafia italienne au Canada.A l’instar des organisations criminelles de souche asiatique ou est-européenne, elle rase les murs.Le Bloc québécois en tête, les partis ont mené leur guerre de mots sur l’image.Celle d’un Michel Auger sur une civière.Celle d’une communauté outrée par le sort tragique du cabaretier Francis Laforest, battu à mort à Ter-rebonne.Celle de motards qui tombent sous les balles sur la place publique.Celle de ces mêmes motards qui font la loi dans la majorité des patelins en exhibant leurs «couleurs».En campagne, la plupart des attaques ont été dirigées contre ces motards.Il ne faut pas s’étonner que le Bloc québécois et son chef, Gilles Duceppe, aient été parmi les premiers et les plus agressifs à les pourfendre.Reconnaissables entre toutes les familles du crime organisé, Hells Angels et Rock Machine ne sont jamais plus visibles que dans les circonscriptions fortes du Bloc québécois, c’est-à-dire la moitié est de Laval, l’est de Montréal et une bonne partie de la Rive-Sud.Quand Gilles Duceppe exige une loi antigangs plus musclée, assortie de «limites raisonnables» au droit de parole et au droit d’association, il s’attaque encore à la plus célèbre iconographie des groupes de motards, soit la Harley Davidson et la veste ornée d’une tête de mort.«Il faut avoir une véritable loi antigangs rendant illégale l’appartenance à un gang de criminels», réitérait récemment M.Duceppe au Devoir.Dans les faits, les Hells Angels ne forment pas une organisation criminelle.Il s’agit plutôt d’un regroupement planétaire de criminels.Chaque membre en règle mène ses affaires de façon isolée.Un authentique Hells s’en remet à une armée de contractants pour les sales besognes.L’actuelle loi définit présentement un gang comme un groupe d’au moins cinq individus ayant commis des crimes passibles de plus de cinq ans d’emprisonnement au cours des cinq dernières années.Le Bloc québécois souhaite que les «cinq» soient remplacés par des «deux» dans la loi: deux personnes, deux crimes passibles de deux ans de prison.Maigres programmes Au delà des déclarations, les programmes des cinq principales formations sont succincts, sinon silencieux, sur la question du crime organisé.Le NPD s’est doté d’un vaste programme: s'attaquer aux causes sous-jacentes de la criminalité en combattant la pauvreté.La formation d'Alexa McDonough suggère de durcir les peines et les conditions de libéra- tion pour les récidivistes et d’accroître les ressources de la GRC.Pour lutter contre le crime organisé, le NPD propose de rétablir la police portuaire.L’Alliance canadienne de Stockwell Day veut interdire les libérations conditionnelles pour les condamnés appartenant à un groupe criminel.A l’instar du NPD, M.Day propose de réinstaurer la police portuaire et d’infliger des peines plus sévères aux gros trafiquants de drogue et aux récidivistes.Il a déclaré la semaine dernière qu’il accorderait aussi des pouvoirs accrus à la police, entre autres la possibilité de recueillir un échantillon d’ADN sur toute personne accusée d’un crime grave.Le Parti conservateur assurerait la stabilité du financement de la Gendarmerie royale du Canada et du Service canadien du renseignement de sécurité.Le PC juge comme une priorité «l’élimination» du crime organisé, du blanchiment d’argent, du trafic d’individus, de la contrebande, de la fraude et du crime informatique.Les libéraux promettent enfin de nouvelles mesures pour cibler les recettes du crime organisé, faciliter les enquêtes et les poursuites et protéger l’appareil judiciaire de l’intimidation.Dans une volte-face, Jean Chrétien s’est même dit prêt à renforcer la loi antigangs s’il le faut.Les libéraux veulent enfin établir une stratégie nationale sur les stupéfiants dotée d’une enveloppe de 420 millions pour réduire l'offre et la demande de drogue.L’appât du gain Dans la lutte contre le crime organisé, les solutions simples n’existent pas.S’il ne faut retenir qu’une chose du plus récent rapport du SCRS sur la question, c’est que le crime organisé est partout.Animé par l’appât du gain, il s’infiltre jusque dans les structures sociales et économiques légitimes.Jeu illégal, fraude informatique, contrebande d’armes, d’alcool et de tabac, blanchiment d’argent, passage d’immigrants clandestins, trafic de stupéfiants, contrefaçon, exploitation sexuelle des enfants et trafic de personnes figuraient parmi ses activités de prédilection en 1999.Dims l’édition du l"r novembre de L’Actualité, l’auteur américain Jeffrey Robinson affirme qu’il ne suffit pas de mettre les bonzes du crime organisé en prison.Il faut forcer les banques, avocats et comptables qui blanchissent l’argent à rendre des comptes, estime cet auteur qui analyse les grandes organisations criminelles de la planète.Le bandit est un citoyen du monde qui poursuit un but unique: son enriehis-sement personnel.I-a semaine dernière, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté un premier traité contre le crime organisé, où on place le blanchiment au cœur des préoccupations internationales.Le traité oblige les gouvernements à harmoniser leurs lois pour s’attaquer au blanchiment et à la corruption et pour faciliter les procédures d’extradition.11 prévoit aussi une levée du secret bancaire, une interdiction des comptes anonymes, une surveillance des institutions financières et des poursuites possibles contre les entreprises qui profitent du blanchiment.I-es textes feront ouverts à la signature des Etats le 12 décembre lors d’une conférence de trois jours à Païenne, en Italie.Le traité entrera en vigueur après avoir été signé par un minimum de 40 pays.Au delà des promesses, une grande décision attend donc le prochain gouvernement.Plus que jamais, la lutte contre le crime organisé dépasse la ix)litique nationale.I I.K DEVOIR.L E V E X I) R E I) | 2 4 X O V E M B R E 2 O O O A A —-* Le devoir^ ELECTIONS 2000 Le Bloc et le NPD entrevoient la possibilité d’un gouvernement minoritaire libéral Pas question d’une coalition, disent Duceppe et McDonough Chrétien refuse d’envisager un scénario autre que celui d’un gouvernement libéral majoritaire FRANÇOIS CARDINAL LE DEVOIR Trois-Rivières — Gilles Duceppe et certains de ses acolytes de l’opposition croisent les doigts.Forts de nouveaux sondages positifs, les chefs blo-quiste et néo-démocrate croient de plus en plus à cette planche de salut que représente à leurs yeux l’élection d’un gouvernement minoritaire à Ottawa.Fini «l’arrogance», exit «le mépris», un gouvernement minoritaire piloté par Jean Chrétien n’aurait d’autre choix que de «reprendre enfin contact avec la population», croit le chef bloquiste.Aucun d’entre eux n’envisage de former un gouvernement de coalition.Lors d’un déjeuner à Trois-Rivières, hier matin, M.Duceppe a affirmé que «la meilleure des avenues» pour «le peuple canadien et le peuple québécois» serait l’élection d’un gouvernement minoritaire.«Voilà un gouvernement qui cesserait de regarder les autres de haut, qui devrait tenir compte des suggestions des autres partis et qui devrait gouverner dam l’intérêt de tout le monde», a-t-il dit.Les résultats de deux sondages pancanadiens dévoilés ces derniers jours {Compe&irNational Post et Deci-ma-Global TV) révèlent que les libéraux de Jean Chrétien ne recueillent plus que 39 % des intentions de vote auprès des Canadiens, leur plus bas niveau depuis le début des élections.Au début de la campagne et au cours des dernières semaines, le PLC recueillait grosso modo 45 % des intentions de vote.Les analystes évoquent donc de plus en plus l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire.Les six points de pourcentage perdus par les libéraux semblent s’être répartis presque équitablement entre les autres organisations politiques: 27 % pour l’Alliance canadienne, 12 % pour le Parti conservateur, 11 % pour le Bloc et 9 % pour le NPD.Cela représente une légère hausse de 2 % tant pour le Bloc que pour le PC.Mais malgré les sondages de mauvais augure et l’échéance électorale qui approche à grands pas, Jean Chrétien refuse d’évoquer le scénario d’un gouvernement minoritaire.Le premier ministre garde le cap: le Parti libéral est la seule formation en mesure d’offrir un vrai gouvernement national, et les électeurs sauront le reconnaître.«Je ne prévois pas qu’il y aura un gouvernement minoritaire; je prévois un gouvernement majoritaire», a-t-il souligné, tandis qu’il faisait campagne dans la région de Toronto.«Un bon parti national formant un bon gouvernement sera très bon pour le Canada», a-t-il ajouté.Il n’est pas question de commenter les sondages qui, selon lui, varient constamment Au Québec, M.Chrétien croit que son parti pourra s’en sortir la tête haute, malgré les sondages qui donnent l’avance au Bloc québécois.11 ne faut pas oublier, soutient-il, le phénomène du vote «silencieux» — prime à l’urne — dans la province, qui fausse les résultats des sondages en faveur des souverainistes.Ce facteur, remarque-t-il, avait joué lors des élections provinciales de 1998.Pas de coalition Tant le chef bloquiste que la leader néo-démocrate écartent l’hypothèse de former un gouvernement de coalition.Alors que Gilles Duceppe soutient que les projets de loi seront étudiés un par un en prenant en considération les intérêts des Québécois, Mme McDonough a déclaré qu’elle serait disposée à collaborer avec n’importe quel parti partageant son objectif d’améliorer les programmes sociaux, en particulier les soins de santé.«Nous allons travailler avec le gouvernement qui sera en place, quel qu’il soit», a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse télévisée à Saskatoon.De 1972 à 1974, alors qu’un gouvernement libéral minoritaire dirigé par Pierre Elliott Trudeau était au pouvoir, les 31 députés du NPD avaient une influence considérable sur les 109 députés libéraux.Le chef bloquiste refuse de croire que la seule histoire de l’appel fait par le premier ministre auprès du président de la Banque de développement du Canada dans le dossier de l'auberge Grand-Mère ait influencé les sondages.le chef bloquiste estime plutôt que c’est «l'accumulation» de bien des éléments qui fait perdre des plumes au parti de Jean Chrétien.«C’est une accumulation de prises de position, de flip-flop, d’indécisions, de manque de transparence, de mensonges purs et simples qui font que les gens en ont assez.» L’élection d’un gouvernement minoritaire obligerait notamment M.Chrétien à rappeler la Chambre avant les Fêtes afin de régler les problèmes liés à l’as-surance-emploi, fait remarquer M.Duceppe, puisque les quatre partis qui seront vraisemblablement sur les bancs de l’opposition — le Parti conservateur, l’Alliance canadienne, le Nouveau Parti démocratique et bien,sûr le Bloc — se sont entendus sur cette question.A l'initiative du parti souverainiste, Alexa McDonough, Stockwell Day et Joe Clark ont pressé M.Chrétien d’accepter de retourner siéger à la Chambre des communes à partir du 11 décembre prochain.Cela permettrait aux députés d’adopter des mesures d’urgence pour améliorer le programme d’assurance-emploi, espère M.Duceppe.Il a vivement critiqué la possibilité évoquée ces derniers jours par le secrétaire d'État au Sport amateur, Denis Coderre, et le premier ministre Chrétien d’attendre le retour après les Fêtes pour régler cette question.«Hier [mercredi], M Chrétien disait sur les ondes d’une radio que l'on recommencerait au mois de février et que l'on remettrait l’argent aux chômeurs de façon rétroactive.Le logement, ça ne se paye pas rétroactivement, a dit M.Duceppe, ni la nourriture ni l’éducation des enfants.[.] C’est d’être sans cœur de ne pas vouloir régler ça avant Noël.» Le chef bloquiste a refusé de se mouiller quant à la possibilité, dans un gouvernement minoritaire, de faire annuler la loi C-20 sur la clarté référendaire.Tout au plus a-t-il soutenu que «si ça va mieux pour la population, nous serom en meilleure position en tant que souverainistes pour faire la promotion de notre option».Avec la Presse canadienne Le bulletin spécial Une porte ouverte au double vote, selon le Bloc KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le Bloc québécois met en doute l’étanchéité du vote par bulletin spécial.Ce système ouvrirait la porte au double vote.La loi indique qu’un électeur qui décide de voter par bulletin spécial et dont l’inscription est approuvée ne peut voter autrement.Or quelqu’un ayant une trousse d’électeur (c’est un cas réel) a finalement décidé d’aller voter par anticipation lundi dernier.Rien n’indiquait, sur la liste électorale, que cette personne avait un bulletin vierge entre les mains.Vérification faite dans sa circonscription de Mercier pour savoir quoi faire avec son bulletin de vote vierge, on l’a in-forpiqe qu’elle n’avait qu'à le détruire.A Elections Canada, on affirme qu'il n’y a aucun problème puisque, lors du dépouillement du vote spécial, si le bulletin a été utilisé, il sera rejeté car on peut identifier à qui appartient l’enveloppe grâce au code-barre.Selon le conseiller juridique de campagne pour le Bloc, Claude St-Hilaire, il y a une faille dans le système.Il aurait fallu que le directeur de scrutin de la circonscription soit au courant et puisse ainsi rayer le nom de la liste électorale.Sinon, c’est la porte ouverte au double vote, croit-il.«Je ne fais pas d’accusation.Mais je sonne l’alarme», ajoute M.St-Hilaire.De plus, le dépouillement laborieux comporte des failles puisque la liste électorale est scellée dans l’urne.«Quand toutes les urnes vont entrer chez le directeur de scrutin, croyez-vous qu’il va avoir le temps de fouiller dam chaque liste pour savoir si cet électeur qui a utilisé le bulletin spécial a déjà voté?J’ai des doutes là-dessus», fait valoir M.St-Hilaire.De plus, M.St-Hilaire déplore que la présence des partis ne soit pas permise lors du vote par bulletin spécial, que l’on peut faire au bureau du directeur de scrutin ou par courrier.«C’est une invitation à faire des télégrammes.La transparence du vote est mise en péril.» Par ailleurs, le Bloc québécois s’inquiète du manque d’officiers électoraux dans la région métro-politaine, ce que révélait hier The Gazette.«Est-ce qu’Elections Canada va dépouiller notre organisation?», s’est interrogé Claude St-Hilaire.Ce dernier craint que les représentants des partis, présents dans les bureaux de vote, soient conscrits pour devenir scrutateurs ou greffiers, donc des officiers neutres.Du coup, les partis politiques perdraient leurs travailleurs partisans.Or ces derniers font du pointage tout au long de la journée pour évaluer la «sortie» du vote et permettre à leur parti de réagir.Une comparaison douteuse entre politiciens de l’Est et de l’Ouest C’était une blague, dit Chrétien HÉLÈNE BUZZ E TTI DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Le premier ministre Jean Chrétien s’est excusé du bout des lèvres hier pour avoir dit qu’il préférait travailler avec les politiciens de l'Est plutôt qu’avec ceux de l'Ouest.Sa remarque pourrait toutefois avoir déjà porté un dur coup à la campagne de ses deux seuls députés albertains, les ministres David Kilgour et Anne McD'llan.En tournée au Nouveau-Brunswick mercredi, M.Chrétien avait lancé: «J'aime faire de la politique avec les gens de l’Est.Joe Clark et Stockwell Day viennent de l’Alberta.Ils sont une différente sorte.» Il avait tout de suite ajouté: «Je fais une blague» et «Je suis sérieux».Devant la controverse provoquée par ses propos, et après que M.Day a demandé au premier ministre de s’excuser, M.Chrétien a déclaré qu’il avait été mal compris.«Si mes propos ont été mal interprétés, alors je suis désolé.Mais vous savez, je leur expliquais comment j’étais confortable d’être au Nouveau-Brumwick, où j'ai déjà été élu dans le passé [dans Beauséjour, en élection partielle en 1990].» Lorsque les journalistes lui ont demandé s’il devait s’excuser, M.Chrétien a dit non, ajoutant, dans une phrase difficile à interpréter qui laissait comprendre que ses commentaires ne s’adressaient qu’à une catégorie de gens de l’Ouest («my kind of Westerners»): «J’ai beaucoup d'amis là-bas.Anne McLellan et David Kilgour, et mes candidats, et mes 400 cousins d’Alberta.Joe Clark et M.Day n’ont pas été particidiè-rement gentils à mon endroit au cours des derniers jours et ils sont tous les deux d’Alberta.» Hier, le porte-parole de David Kilgour a expliqué que ce dernier était «préoccupé» par l’aliénation de l’Ouest et que, selon lui, Haydon.«On nous a dit que les hormones dans le bœuf ne posent pas de problème, qu’elles ne comportent aucun effet, a expliqué le D' Chopra au comité.Or même les Etats-Unis reconnaissent maintenant que l’estradiol est cancérigène.C’est l'hormone contenue dans le Revalor-II.C’est la même hormone qui figure dans les autres produits administrés au bétail.C’était le problème sur lequel nous nous penchions, et on nous a dit: “N'en parlez pas.Ce n 'est pas scientifique.Iss Européens ne sont pas,scientifiques.’’ On nous a réduits au silence.» A la suite de cet épisode, le Dr Shiv Chopra et ses collègues se sont plaints au président de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Steve Hindle.Après s’être fait refuser une rencontre avec le ministre de la Santé, Allan Rock, M.Hindle a écrit directement au premier ministre Jean Chrétien en décembre 1997.«Nos membres sont pressés parla direction d'ignorer les standards de rigueur professionnelle de leur pratique qui, ce faisant, créent des risques inacceptables et inutiles dans le processus d'homologation des médicaments, écrivait M.Hindle.Ce n’est qu’une demande inconsciente qui ne bénéficie qu’aux compagnies pharmaceutiques qui ne veulent que récolter des profits à court terme.» Le président réclamait entre autres «le lancement immédiat d’une enquête sur le fonctionnement de Santé Canada».la réponse est venue d’Allan Rock en janvier 1998.«Les débats scientifiques sur ces sujets sont attendus et encouragés», écrivait le ministre en citant le débat sur les hormones de croissance lors duquel Santé Canada avait accueilli l’avis «de deux comités d’experts externes, un sur la santé animale, l’autre sur la santé humaine».«Ij> département ne mettra pas en jeu la santé et la sécurité des Canadiens, concluait Allan Rock.A ce moment-ci, je ne vois aucune raison de mener une enquête publique sur la Division de l’innocuité pour les humains.»
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