Le devoir, 14 juin 1941, samedi 14 juin 1941
"Le Canada est une nation souveraine et ne peut avec docilité accepter de la Grande-Bretagne, ou des États-Unis, ou de qui que ce soit d’autre, l’attitude qu’il lui faut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers le Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (12-X-1T) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Montréal, samedi 14 juin 1941 Rédaction rr administration 4J0 1ST, NOTRI-DAMK MONTREAL TOUS LES SERVICES TILEPHONI : REUir ii$l* SOIRS, DIMANCHES ET FETES Dir«ct*«r-gcrjnl > CtorgM FELLITIER FAIS CE QUE DOIS RMscUiir m «h«f i Omti HEROUX Administration Redaction ; Gérant : BElalr 3366 BBalr 2984 BElalr 2239 I* Il y a un an.et depuis OU VA L’EUROPE ?'‘Le gouvernement français, parti de Paris pour Tours, rend aujourd'hui à Bordeaux.Les routes vers le sud >nt encombrées de réfugiés qui fuient en désordre devant s chars d'assaut allemands.Des soldats du Reich vien-ent d’entrer à Paris.” Voilà ce qu’on lisait dans les dépêches de la journée, coeur serré, il y a juste un an, — le 14 juin 1940.y a un an.L’univers était dans l’angoisse.C’était la itastrophe.Serait-ce la fin du monde dont nous étions, ce (onde insouciant, ne pensant guère à l’avenir, vivant dans présent, oublieux du passé, monde qui, s’il ne dansait oint sur un volcan, s'était endormi dessus?En avril, l’Allemagne avait envahi le Danemuk et la lorvège.En mai, les Anglais avaient abandonné leur cam-agne en Scandinavie : c’était la première d’une série de îtraites et d’évacuations militaires qui devaient aboutir ù l’on sait: à l’exclusion de la Grande-Bretagne du tonnent européen où il ne lui reste plus aujourd'hui que le ac de Gibraltar.Le 10 mai, invasion foudroyante de la (ollande, de la Belgique, du Luxembourg.Le 30 mai, t plage de Dunkerque survolée d’avions allemands, Pariée britannique en déroute, des navires qui, sous le feu, -nbarquent des milliers de soldats coincés entre la capti-ité ou la mort, et la retraite vers les ports anglais.La elgique, la Hollande, le Luxembourg, Hitler les tient, a défense française a cédé, Weygand a remplacé Gamelin.umze généraux français ont été cassés à la suite du nou-eau désastre de Sedan.Juin, mois terrible, qui commence ar des raids aériens sur Paris pour se clore par la signa-ire d'armistices entre Bordeaux.Berlin et Rome.Occu-ation de Paris.L’Italie entre dans la guerre.Reynaud en va.Pétain prend le pouvoir.La France signe à Com-iègne sa déchéance.Il n'y a plus un soldat anglais sur le >1 français.La Ille République se meurt.La France est ux abois, vaincue, écrasée, ligotée.Heures et jours ’épouvante.Semaines poignantes.Que deviendra la Fran-» sous l'Allemand?Comment résistera l'Angleterre, isole, qui a perdu canons, munitions, tout un fourniment e guerre, des milliers d’hommes, sous la pluie d’enfer de Junkerque?Où s’en va l’Europe?Aux abîmes?L’ANGLETERRE EN FEU de si terribles épreuves — il est douteux si d'autres nations de son prestige en connurent jamais autant—a recouvré toujours son unité, malgré la diversité de ses petits pays.C'est qu’ils portaient chacun en eux-mêmes une parcelle de l ame française.On parle du miracle de la Pologne tant de fois divisée, tant de fois renaissante: Polonia res-tituta.La France, Pologne du sud, est, comme l’autre, immortelle.Germaniser 1a France?Ctoit-on que ce serait plus possible que de franciser l’Allemagne, faire de la Prusse un pays d’âme latine, de la Bavière une Italie?Les épreuves françaises sont effroyables, assurément.Le feu qui chauffe à blanc le creuset où l’on a jeté For est terrible, aussi.L’or, pourtant, sort du creuset, nettoyé de toute scorie.L’or est incombustible: s’il fond au feu, il se purifie.L’épreuve française élèvera l’âme française.Malgré la tragédie de la rupture avec l’alliée, la domination germanique, la lassitude de ceux-ci, les complaisances de ceux-là, l’inertie de quelques-uns, l’abandon de plusieurs autres, qui voudra croire, s’il a lu l’histoire, que la France va s'abandonner, se coucher, mourir?Personne, s’il sait de quoi est faite l’âme française: — du culte des ancêtres, de l’amour du sol et de la famille, de la pratique des vertus les plus humbles comme les plus élevées, d’un esprit parfois poussant à l'extrême le raisonnement, mais dont la pente naturelle incline l’homme vers la connaissance la plus étendue de l’intérêt national, tout cela, avec de l'intelligence, de la clarté, de la finesse, de la délicatesse, du charme, l'on ne sait quoi encore de plus où l’esprit chrétien pose sa marque ineffaçable, sans quoi le Français ne serait pas le Français, — personne ne croira jamais que la France puisse ne plus être la France, d’ici la fin des temps.Si elle souffre, si elle expie les erreurs de ses mauvais maîtres, elle sera libérée, pour redevenir l’une des plus hautes nations du monde.Espérons-le, souhaitons-le.Tant de gens prient pour que cela soit que cela sera.TROIS DICTATURES M.Hull déplore la résistance française aux troupes anglaises et gaullistes L'actualité Depuis le 14 juin 1940, Paris est aux Allemands: et s trois cinquièmes de la France avec Paris.La Roumanie, i Bulgarie, la Hongrie, la Yougoslavie, la Grèce sont aux Jlemands; l’Italie elle aussi.Et si Mussolini reste de om l’associé de Hitler, i! est de fait son domestique, son risonniers de guerre.Le drapeau à la croix gammée flotte e Dantzig à Bukarcst, d’Oslo à la Canée.La bête alie-lande nage à son gré dans l’océan arctique et dans la iéditerranée.L’Atlantique est son étang de chasse: après-emain ce sera la poussée vers le golfe Persique, vers Inde.L’Angleterre?Elle résiste.Criblée de bombes aériennes, le jour et de nuit d’abord, puis presque tous les soirs de j:s mois derniers, elle a pour capitale un Londres entamé, 'ù quart incendié, dont les édifices publics ont leurs toits '.rêvés et dont le palais de Buckingham montre des pans ,.*•?murs noircis par des explosifs allemands.Ses musées ublics, la Chambre des communes, l’abbaye de Westminster, la cathédrale Saint-Paul, cinquante temples, cent, x cents monuments portent la marque de sauvages ssauts, s'ils ne se sont volatilisés en bordure de rues aux lavés enfoncés, trouées de cratères de bombes.Les ports le mer anglais ont subi de fréquentes et dures attaques jfui les ont désorganisés.Les villes industrielles aussi.Des lilliers de civil* qui tenaient malgré tout sont morts: des aillions de soldats, arme au poing, s’entraînent contre invasion du pays, toujours possible.Prodige et miracle, i population entière a résisté à la frayeur, au décourage-icnt, aux bombes, aux avions, a\ix nuits glaciales et sans ommeif dans de misérables abris, aux jours, aux semaines la ration, sans charbon, presque sans pain, sans viande raîche, sans fruits, sans légumes: il lui faut compter même usqu’à la cup of tea chère à l’Anglais.Il y a des impôts ans nombre, des privations de tout ordre indéfiniment multipliées, accumulées, des coulages océaniques inces-ants, le blocus des submersibles allemands, des deuils épétés.La menace de la mort subite plane sans cesse sur [ous.Un projectile tombe, un pâté de maisons croule, des amilles sont enfouies sous les décombres, on déblaie au .oisinage de l’incendie., la vie se poursuit, les affaires larchent.Il n’y a ni invasion, ni capitulation, ni révo-jtion.Churchill gouverne, le peuple travaille, la marine feille, le soldat et la garde civile attendent l’envahisseur.-’Angleterre vit.Elle vit, se bat.jeûne, résiste.Elle tient, prodige d’obstination, merveille de courage têtu, siège sans xemple, non d’une ville, de dix villes, mais de tout un {leuple, dont le sort se joue sur les mers et les océans, dans ’air et sous l’eau, partout, à toute heure.Nulle faiblesse.Défaites, replis, alternance de rares gains et de dures pêrtes.Des ruines, du sang.Sur tout cela, un drapeau flotte; drapeau d’un pays (irgueilleux, hier maître de l’univers, presque, aujourd'hui ^nenacé de toutes parts, pays dont le coeur, c’est ce drapeau, déchiqueté par les éclats de bombes et qui bat très Fraut.Car l'Angleterre hisse son drapeau.La résistance mglaise, c'est la démonstration de ce que peut, appuyée •ur la fierté de son passé, la ténacité de son présent, une nation orgueilleuse de son drapeau.1 Quand donc aurons-nous le nôtre?BI LA FRANCE VAINCUE I La France, menée aux bords de l’abime par des chefs svcugles, sans prestige, inconscients de ce qui s'tn venait | et qui avaient mis à se tenit les yeux fermés tant d'achat-^nement qu’il ne leur en restait même plus pour tâcher à y voir clair, la France, en juin 1940, épuisée d’une lutte perdue, saignant de toutes parts, a cherché du répit.Si elle ne l’avait eu.elle allait être anéantie.* Deux millions de scs fils prisonniers de guerre, des mil-| tiers d’autres dépossédés, expatriés, les deux tiers du pays asservis aux ordres du conquérant, l’autre tiers tenu dans june étroite surveillance, la France, malgré cela, vit.au ' coeur des Français.Elle s’est débattue sous la poigne bru-italr qui, la tenant à la gorge, voulut toujours l’étouffer, en g*silence.Impuissants à résister, pensait-on.Français et 'Françaises, au fond de leur âme, résistent néanmoins.Le conquérant les étranglera.Du moins il le pense.Erreur.Dès avant Jeanne d'Arc, d'autres eurent cette illusion que.s'ils découpaient la France, elle en mourrait.La Pucelle vint.Les cendres du bûcher de Rouen, jetées à la Seine, lièrent ensemble les provinces perdues, les provinces repri ses.les provinces restées françaises.La France, qui traversa Il y a les autres: Allemagne, Italie Russie, — les trois dures dictatures de l’Europe.L'une a jusqu’ici triomphé: peut-être même connaî-tra-t-elle d’autres victoires, ces temps-ci.Qui sait où cela la mènera?Jamais si loin, si haut, qu’elle puisse échapper à la juste justice de Dieu, à son heure.Hitler a beau s'accrocher aux pics neigeux de sa retcaite, à Berchtesgaden.Hitler aura comme tous les autres conquérants, d’Attila à Tamerlan, de Gengis-Khan à Bonaparte, ses jours d’insuccès.de découragement, d’angoisse.La mort, — violente, peut-être, ou dans l'abandon et la solitude, ainsi que vient de mourir Guillaume II d’Allemagne, — la mort le «joindra.Devant lui, avant qu’elle ne le frappe, cet empire devra s’écrouler, car la violence, la force, l’égoïsme, l'ambition démesurée n’ont jamais rien bâti de durable.De puissants empires ont vécu des années, dont les siècles ont fait oublier les noms mêmes.Du sable écarté pat hasard sur des ruines enfouies, une inscription découverte au cours de fouilles archéologiques, voilà ce qui reste de tant de grandes nations.Tyr, Ninive, Bagdad, noms dans les dépêches de ces jours-ci qui ne disent rien depuis mille ans et plus à des millions d'hommes.Pourtant, il y a des siècles, ces noms avaient empli de leur éclat les annales de toute une époque.Une bataille, un siège, un désastre ont passé; la cité s’est effondrée, l’écho même de toute sa puissance s’est tu, l’on doit aujourd’hui compulser, pour tacher de projeter un peu de clarté sur ces civilisations disparues, des tomes poudreux, où se sont éteints les ultimes reflets de vastes flambées de gloire.Hitler passera.Son empire aussi.Dieu seul peut longtemps secouer le monde sur ses assises.Hitler n'est pas Dieu.Mussolini, Staline ne le sont pas non plus.Quoi qu’ils pensent, quoi que disent leur entourage, leurs flatteurs, ils passeront avec les autres, qui sait?peut-être plus vite que tant d’autres.Leur avenir?Ce sont, depuis septembre 1939, les comparses, plus ou moins orgueilleux, de Hitler, dont la mèche sur le front jette tant d’ombre sur l’univers contemporain.Mussolini eut ses heures d’utilité, ses années de prestige.Ce fut aux temps où il accomplissait des oeuvres de paix.Depuis un an qu’il poursuit des oeuvres de mort, il boit et mange des épreuves et des revers.Il a perdu les deux tiers de son empire colonial, il doit à l'intervention de Hitler de n'avoir pas encore subi Fultimc défaite.Les Allemands l’ont secouru parce qu'il y allait du prestige de cette institution du passé remontée à la surface dans le présent: la dictature tyrannique.Les Allemands s’en servent comme instrument.Un homme frêle, tout de blanc vêtu, et qui.priant et suppliant Dieu, se promène quelques minutes chaque jour aux jardins de l’étroite colline du Vatican, a plus de véritable puissance, de prestigieuse autorité dans le silence de sa retraite que n'en eut et n'en aura jamais le Duc».C’est que le Pape est le yicaire de Dieu; l’autre est le vicaire d’une force brutale armée, terrifiante, périssable.Staline?La Russie soviétique?Vautours planant sur les champs de bataille de l'heure.Ils se sont jetés sur la Pologne pantelante.Ils l’ont démembrée.On les avait vus tournoyant autour de la Tchécoslovaquie dépecée.On les vit au-dessus de la Roumanie terrifiée à laquelle ils arrachèrent.il y a un an, la Bessarabie et la Bukovine, après avoir déchiqueté la Finlande, digéré l’Estonie, la Latvie, la Lituanie.Où les légions de Hitler sèment la ruine, écrasent les populations, mutiplient des morts, les becs claquent, les serres se ferment.Hitler épouvante les vautours, mais il leur abandonne les cadavres, les ayant dépouillés.Depuis deux ans, les vautours ne se sont jamais tant repus.Ils accompagnent partout le conquérant.Il va.S'il fait d’autres victimes, ils seront là.Si lui-même tombe, ils seront les premiers à se jeter dessus, avant même qu’il ne meure.Ils lui crèveront les yeux, lui mangeront la cervelle.La bête de proie suit et mange l'homme de proie.SOUS LE FOUET DU TEMPS Deux ans bientôt que dure cette guerre infernale où l'humanité risque de s'épuiser, de se vider les veines, de mourir exsangue.Un an que la France se débat, agonise.Un an que l’Angleterre résiste, souffre, lutte, s’accroche.Combien de mois encore cela durera-t-il avant que se lèvent enfin le jour de la victoire, le soleil de la paix sur un monde las de tant se battre, titubant de tant d’efforts et qui tient néanmoins tant à la vie?Encore un an.trois ans.cinq ans?Secret de Dieu.Qu’Il fasse qu'enfin le monde puisse s'agenouiller devant Lui sans avoir dans les oreilles le cliquetis des armes et.dans le coeur, une angoisse d’Apocilypse.i 14-v»-*' Georges PELLETIER A Saint-Benoît-du-Loc .1 partir d'aujourd’hui la popula-\tion est invitée à visiter le nouveau monastère des Bénédictins, à Saint-i Benoit-du-Lac, faveur toute, spèciale \ et qui ne durera seulement que jus-i qn’en juillet alors qu’auront lien la j bénédiction solennelle et la clôture \ du cloître.En ces temps d’horreurs où le i monde se déchire, où les fils du I Christ se battent à mort contre les fils du Christ, est-il rien de plus j réconfortant que de parler d’autre j chose que de la guerre, que de se | réfugier brièvement dans une oasis ! de prière telle que celle de Saint-Benoît?Alors que partout dans la monde on fait preuve d’une activité nocive, il fait bon de se rappeler que des communautés ou congrégations contemplatives s'agenouillent, nuit et jour, au pied de i autel, afin de prier pour ceux qui n’ont pas le temps ou la volonté de prier.On entend trop souvent dire, hélas! même chez les catholiques, que les religieuses el religieux contemplatifs sont des propagandistes peu efficaces—sinon fainéants — de la gloire de Dieu.On oublie qu’il est parfois plus dur de rester les bras inactifs que de tendre son esprit constamment vers l’immatériel.S’imagine-t-on.par hasard, que la lâche de Pie XII est moins ardue que celle de Churchill et même.de celui qui a déclenché cet épouvantable conflit mondial?Le glorieux fardeau qui pèse sur nos l’apes de guerre (Benoit XF et Pie XII entre autres) est d’autant plus pénible à supporter que ces successeurs de saint Pierre doivent nécessairement oublier leur sang, leur race, leur allégeance personnelle pour dispenser leurs conseils douloureux et sans écho, leurs consolations et leurs paternels encouragements à l’humanité entière.S’il y a sur terre des élres qui peuvent vraiment nous ramener la paix, ce sont bien des hommes comme.PacelU, le providentiel continuateur de l’oeuvre de Pie XI, l'émouvant Père de la chrétienté qui a inauguré son règne par l une des plus cruciales épreuves dont le monde moderne ait jamais été témoin; des cires comme les fils de Saint Benoit, comme les fils et tes filles des autres ordres contemplatifs.Il n’est plus besoin d'insister sur l’oeuvre si fructueuse accomplie sur les rives du lac Memphrema-gog, ni sur le degré de culture musicale religieuse qui de Saint-tie-nolt-en-Canada rayonne depuis plusieurs années sur le monde entier.Nous aurons d’ailleurs l’occasion de rappeler certains points historiques d’importance, quant à la fondation et à l’épanouissemenl extraordinaire de l'institut bénédictin canadien.Gontentons-nous, pour aujourd’hui, d’attirer spontanément l’attention sur la nouvelle étape que vient de franchir l’abbaye de Dom Léonce Crenier, l’incomparable continuateur de l’oeuvre de Dom Paul Vannier.Avec nos voeux les plus cordiaux, nous joignons nos imparfaites prières pour que la nouvelle abbaye — oeuvre d'art d’un grand architecte bénédictin qui désire garder l’ano-uymat — devienne un véritable foyer d’attraction pour tous les catholiques du pays qui, en quelques jours ou même quelques heures de meditation et de repos, y trouveront ou y retrouveront le bonheur serein d’une conscience en pair, dans une atmosphère bénie, de.Dieu, Lucien DESBIENS H-VI-41 Le secrétaire d’Etat des Etats-Unis accuse le groupe Darlan-Laval d’avoir livré la France à Hitler M.Henry-Haye réaffirme qu'il ny a pas de froupes de l'Axe en Syrie WASHINGTON, 14.(AT.) — Dans une declaration faite hier soir, le secrétaire d'Etat, M.Hull, déplore la résistance française aux troupes britanniques et aux troupes du général de Gaulle en Syrie et accuse l'Allemagne d'avoir induit le gouvernement de Vichy à faire sa guerre dans le Levant.Le secrétaire d'Etat Hull est dur pour "le groupe Dalan-Laval" en France et dit que Tattitude du présent gouvernement de Vichy fait éprouver la douleur et le désappointement les plus profonds " M.Hull accuse le groupe Darlan-Laval d'avoir livré la France politiquement, économiquement, socialement et militairement à Hitler; leurs déclarations récentes en témoigneraient.Il affirme que le gouvernement avait promis il y a quelques semaines de ne pas permettre aux Allemands de se servir de la Syrie pour attaquer les Britanniques en Irak.L'usage de la Syrie est un point important du plan hitlérien d'invasion de l'Irak, de l'Egypte, de la zone du canal de Suez et de l'Afrique, dit M.Hull.La France, en Syrie, dit-il encore, a favorisé l'expansion du théâtre de la guerre dans le territoire sous mandat français.Pour contrecarrer cette expansion de l’agression allemande, les Britanniques du Levant sont entrés en Syrie avec les Français libres, de sorte que ce n'est pas seulement un conflit de Français contre Anglais mais de Français contre Français.L'Allemagne parait avoir réussi à faire faire sa lutte dans la région de la Syrie par les Français.En outre, ajoute le secrétaire d'Etat, les déclarations publiques de Darlan et de Laval démontrent que le peuple français s'attend non seulement à renoncer pour toujours et sons condition à sa fidélité aux traditions, aux institutions, aux libertés, à la culture, aux intérêts et aux modes de vie qui lui sont propres et qui ont fait la grandeur de la France, mais à transporter cette fidélité à Hitler dons l'espoir de gagner sa faveur.L'adoption générale de l'hitlérisme réporterait le monde de cinq à dix siècles en arrière.finit# i la pagt 3) “Je suis persuadé de plus que votre journal, poursuivant sa campagne: “Canada d’abord ', se fera un devqir d’en avertir ses lecteurs." [ Voici qui est fait, l’avertissement aux lecteurs se trouve donné.Il est évident en effet, puisqu’il existe une | loi qui statue ‘‘sur ta renonciation à ’ la nationalité canadienne”, que cette , nationalité est juridiquement recon-| nue.On ne peut renoncer à quelque chose qui n'existe pas.Question de passeports Par la même occasion autant faire tenir à nos lecteurs une autre information qui me vient de diverses sources, savoir: que le secrétariat d’Etat, à Ottawa, indique sur les passeports qu’il émet, dans le cas de ceux qui en font la de-[ mande expresse, la nationalité canadienne nu lieu de la nationalité britannique.Pour le présent, attendu que les Canadiens ne peuvent plus se procurer d’argent pour voyager à l’étranger, les demandes de passeports se font rares à Ottawa, si ce ne sont les demandes relatives au passeport spécial émis à ceux qui obtiennent la permission d’aller aux Etats-Unis.Mais les circonstances finiront par changer, la guerre se clora et tes Canadiens pourront de nouveau entreprendre des voyages où il leur plaira.Pour-cpioi la coutume ne s’établirait-elle pas alors d’obtenir un passeport en déclarant sa nationalité canadienne?Les réponses ru recenseur Il est donc parfaitement loisible à un citoyen canadien, en répondant aux questions que lui pose le recenseur, de désigner sa nationalité comme canadienne.De plus, le Canadien d'origine française ne doit pas négliger d’indiquer aussi, de façon bien précise, que son origine raciale est canadicnne-françai-se et que sa langue maternelle est le français.n-vi-41 BENOIST Bloc-notes La nationalité canadienne Contrairement à ce qu’il m’est arrivé d’écrire, ici même, dans la colonne du Bloc-Notes, il y a quelques jours, la nationalité canadienne, juridiquement, existe bien et ceux qui sont nés au Canada ou qui sont devenus Canadiens par voie de naturalisation ont sans conteste le droit de déclarer, en réponse an questionnaire du recensement, qu’ils sont de nationalité canadienne.La nationalité canadienne entraîne la nationalité britannique mais elle existe par elle-même, de façon distincte.Un lecteur de Québec, M.Antonio Langlais, avocat, m’adresse à ce propos la lettre que voici: “Dans votre récent article au sujet du recensement, permeftrz-mot de relever la phrase suivante: “Comme indication de nationalité, il est manifeste que c'est britannique qu’il faut dire, puisque la nationalité canadienne, juridiquement, ne parait pa:; exister encore." Notre loi de la nationalité édictée en 191Ï, reproduite aux Statuts Révisés du Canada, chapitre IN, ne mentionne en effet qu’une nationalité britannique.Mais il ne faudrait pas oublier la loi de 1911, reproduite aux Statuts Révisés de 1927, chapitre 21, intitulée: “Loi ayant pour objet de définir l’expression ressortissants du Canada et de statuer sur le renonciation à la nationalité canadienne’’.•“Je suis persuadé qu’apres avoir pris connaissance de relie toi, vous serez d’avis que notre législation décrète une nationalité canadienne et que les habitants du Canada peuvent légalement répondre au questionnaire du recensemenl: “citoyen canadien”.Le carnet du grincheux Un piragraph# long et entortillé dans le Jour à seule fin d’en arriver 1 ce calembour: préfér#rai#nt-il* i I Orner ainei amélioré l'Omer d'alors?En fait de préférence, nous préférons ''Almanach V#r-mot de 1899 où ce calembour a opur la première fois vu .le jour.* * * Pour remplacer Francœur à la radio (choix qui n’est pas facile, selon, le |our), il ne faudrait pour aucune considération (fût-ce, évidemment, celle oe l’in-térét de la Société Radio-Canada) nommer quelqu’un qui fût recommandé par l'école du Devoir.,.”.* * * Le Devoir ne recommande pourtant personne autre que lean-Char'es lui-même, car la propagande qu'il ferait aurait un terrible effet de réclame à l'envers pour ses idées biscornues: l'anglicisation des Canadiens français, l'à-guatra pattii-me et, la guerre finie, (car jean-Charles a peur des barbelés), les doctrines mos-coutaires, ses vieilles amours.« * * M.Frigon ne déploie, à son poste de directeur de Radip-Canada, se'on l'ineffable jean-Charles, "qu'une activité ralentie et sans esprit progressif.Possible que M.Frigon ne soit pas l'as des as, mais ce n’est tout de même pas une raison pour le remplecer par le joker des jokers, postulafeur de cette place comme de toutes les places.« « * Jean-Charles a commencé ses confessions, mais veut ! A preuve cette parenthèse dans une notule du |our; "(que ne ferait-on pas pour de l’argent?)”.* * » Le jour prétend que le "sieur Coursier" est "de la Gestapo".Hum) près de qui "le sieur" fut-H donc photographié a la distribution du College Stanislas?“In Hoc Signo Vinces” (par le R.P.Joseph-Papin Archambault, SJ.) Le monde connut-il jamais des jours aussi troublés que ceux que nous vivons actuellement?Une ère d’égoïsme el de matérialisme nous a conduits à la plus sanglante, à la plus barbare des guerres.Jetons un coup d’oeil sur les vingt années qui ont séparé ces deux périodes tragiques où l’humanité.prise de délire, s’entr’égorge.De quoi sont-elles faites?Quel esprit les anime?A quelle passion souveraine obéissent-elles?Sans doute, comme à toute époque de l’histoire, il y eut des âmes nobles et généreuses.Elite intellectuelle et morale qui fait l’honneur du catholicisme.Phalange croissante d’apôtres dont le zèle se mesure aux limites mêmes de l’uni* vers.Troupe d’humbles héros assoiffés de renoncement, de justice sociale, de fraternité chrétienne.Mais la masse?Mais la multitude qui constitue l’âme d’une nation?Mais les chefs qui en sont ta tête?De quel côté les a-t-on vus?Dans quelle cité vivaient-ils?La cité du bien ou la cité du mal?Pie XI a écrit dans Quadragesima Aano: “Nous affrontons un monde retombé en grande partie dans le paganisme”.Un an plus tard il renchérissait: “Si nous remontons par la pensée la longue et douloureuse suite de maux qui, triste héritage du péché, ont marqué pour l'homme déchu les étapes du pèlerinage terrestre, difficilement, depuis le déluge, rencontrons-nous une crise spirituelle et matérielle aussi profonde, aussi Universelle que celle que nous traversons maintenant; les plus grands fléaux eux:mêmes, ceux dont les traces sont restées indélébiles dans la vie et la mémoire des peuples, s’abattaient tantôt sur une nation, tantôt sur l’autre.Maintenant, au contraire, c’est l’humanité entière qui se trouve étreinte par la crise financière el économique et de façon si tenace que, plus elle cherche à se dégager, plus ses liens O horreur, près de M.le lénateur Reoul Dandurand et autres illustrations ejudem farina#, * * * lean-Char'es termine un long article pir cette imploration significative: "Laissez aboyer les chiens, La caravane passe ", C’est ce qu'on appelle chercher une querelle d’Allemand, car qui donc a jamais tenté d’empêcher jean-Charles d'aboyer?Nous-mêmes, qu’il tient pour ses ennemis, nous voulons qu'il aboie partout, même par Radio-Canada.Nous voulons même que comme Macaire, fils spi-| rituel de son auteur favori, il continue ! de 'ever partout sa patte rhumatisante.* * * jean-Charles propose de refuser le ! diplôme de l'école normale à quiconque j ne sait pas l’anglais.Nous sommes du ! même avis que lui, sauf pour le dernier i mot; qu'on mette français au lieu d’an-; glais.Après cette réforme, nos petits ' auront au moins le moyen d'apprendre | une langue, ce qui veut infiniment mieux iQue d'en ignorer deux, * A * Les Canadiens pourront-ils gagner la guerre sans la flèche ?Il reste toujours la pointe.Mai» que vaut la pomte sans la flèche?Le Grincheux 14-V1-41 ^ ^ A-t-on jamais.?Une personne de nos omis réel» t mail hier, aux bureaux de ITmpôt sur le Revenu, rue MrOllI, la version française d’une déclaration ù faire par certains employés IN.I).T.1).—• Nous n'avons pas de textes français, a-t-on répondu; nous en aurons nu milieu de la semaine prochaine.A-t-on jamais, rue McGill, même pour quelques jours, manqué de formules anglaises?— O.H.semblent impossibles â rompre.H n’y a pas de peuple, il n’y a pas d’Etat, de société ou de famille, qui ne soit plus ou moins gravement accablé par les calamités ou ne sente le contre-coup de celles des autres.“Déplorable condition de choses, vénérables Frères, qui fait gémir Notre coeur de Père et Nous fait sentir toujours plus intimement le besoin d’exprimer selon la mesure de Notre petitesse les sublimes sen timents du Saeré Coeur de Jésus: ‘‘J'ai pitié de cette foute.” Mais encore plus déplorable est la racine d'où naît relie lamentable condition de choses: car si ce que le Saint-Esprit affirme par la bouche de saint Paul est vrai: ‘‘La racine de tous les maux est l’amour de l’argent”, combien plus cette parole s]applique-t-ellc au cas présent! N’est-ce pas, en effet, cette avidité des biens de celte vie que le poêle païen appelait déjà dans sa juste indignation aurl sacra fames; n’esl-ce pas ce sordide égoïsme qui trop souvent préside aux relations individuelles et sociales; n’est-ce pas, en somme, la cupidité, quelles qu’en soient l’espèce et la forme, qui a entraîné le monde aux extrémités que tous nous voyons et déplorons?” Ces paroles sont claires.La cupidité, voilà, selon le jugement même du clairvoyant Pontife, le grand mal de notre époque, la source de toutes nos misères: désordres individuels, troubles de famille, luttes des classes, conflits entre les nations, révolte contre Dieu.Or à ce ma! profond la Providence nous offre un remède.Elle l'a réservé au siècle actuel car elle savait qu’il en aurait un besoin par ticuliér, qu’il ne trouverait pas dan» sa détresse de meilleur secours.C'est la dévotion au Sacré Coeur.La cupidité, en effet, consiste dans l’attachement aux biens de la terre.Or la dévotion au Coeur de Jésus détruit cet attachement.Elle brûle dans les âmes tout ce qui est terrestre.Elle consume toutes les affections humaines dans le feu régénérateur de l’amour de Dieu.Dévotion totalitaire, pour employer un mot à la mode.L'àme dont elle s’empare ne connaît plus que l’amour de Notre Seigneur, ou, pour mieux dire, elle élève, purifie, absorbe dans l’amour divin tous les amours qui la possédaient jusque là.Mais c'est un amour de retour.Car elle est elle-même enveloppée, pénétrée, saisie par cet amour incomparable que le Christ nourrit pour les hommes.C’est cct amour de notre Sauveur mieux compris qui a fait naître en elle un sentiment si profond.Echange admira-blc entre deux coeurs: le coeur du Créateur, du Rédempteur, et celui de sa créature rachetée.“Voici ce Coeur qui a tant aimé les hommes, a dit Notre Seigneur à sainte Marguerite-Marie, et en retour il n'en reçoit qu’ingratitude! et mépris”.Toute l’essence de la dévotion au Sacré Coeur est là.Noire Seigneur lui-même est l’instigateur de ce culte.C’est lui qui a demandé qu’on lui rende amour pour amour, qu* des âmes généreuses le consolent des âmes ingrates.11 a même voulu indiquer quel ques pratiques par lesquelles s’exprimerait cet amour.“Jésus-Christ m'assura, écrit la voyante de Paray-le-Monial, que comme son Coeur est la source de toutes les bénédictions, il se plai rail à répandre avec abondance scs bénédictions dans tous les lieux où serait exposée l’image de cet aima blc Coeur pour y être aimée et honorée”, et encore: “qu’il prenait un plaisir particulier à se voir honoré sous la figure de ce Coeur de chair (fuite À la pa«« 1 ) LC DEVOIR, MONTREAL.SAMEDI 14 JUIN 1941 Gazette :des Tribunaux par Poul SAURIOL DéqualificaHon d*un cchcvin — L’.ntcrd.ct.on pour un membre du conseil municipal de contracter avec la vi||c — Responsabilité du patron pour un accident d’automobile causé par son employe—La determination du fait qu’un employé est ou non dans I exercice de ses fonctions — Modification à l’ordonnance no 4 de la Commission du salaire minimum — Convention collective des coiffeurs pour dames dans I «le de Montréal ques et Francoeur qui l’ont rejeté.L’appel de la compagnie reposait sur le plaidoyer que son employé, M.Guy Beauchesne, n’était pas au moment de l'accident dans l’exercice de ses fonctions ni sous le contrôle de la compagnie.La Cour a rejeté ce moyen comme l’avait fait la Cour supérieure.Voici quelques extraits des notes de M.le juge Saint-Jacques: ¦ “Guy Beauchesne était a l'emploi Première liste .de la défenderesse en qualité de | Deuxième liste La souscription Lavoie Voici de nouvelles listes .• .Voici d'abord le résumé des premières listes: Troisième liste Quatrième liste Cinquième liste Sixième liste .Septième liste .Huitième liste .Neuvième liste .I quête de quo warranto contre M.30 mai | Riel.alléguant que ce contrat de blanchissage où M.Riel était intéressé, le rendait inhabile à siéger comme échevin, M.Riel a plaide que le contrat avait été accordé à une compagnie dont son fils était I propriétaire, et qu’il n’avait viole incien echevin du quat- | ,lllt,une prescription de la charte.M.le ‘juge Louis Cousineau, de la Cour supérieure, a accordé la requête par jugement du 10 septembre 1940, et M- Riel a porté la cause en appel.Sir Mathias Tellier et MM.les juges Galipeault.Saint-Germain, Barclay et Surveyer (ad hoe) Arrêt ée l« Cour
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