Le devoir, 10 novembre 1943, mercredi 10 novembre 1943
“Le Cased* ret use nation souveraine et ne peut avec docilité a :cepter de la Grande-Bretagne, ou dei Etats-Unis, ou de qui que ce soit d’autre l’attitude qu'il lui laut prendre envers le monde.Le premier devoir de loyalisme d’un Canadien n’est pas envers le Commonwealth britannique des nations, mais envers e Canada et son roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.’’ oa-x-si) Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR R«4act«ai m chef i Omtr HKROUX Montréal, mercredi 10 novembre 1941 REDACTION CT ADMINISTRATION 4i0 1ST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LES SERVICES TELEPHONE i RSUir il*!'' SOIRS, DIMANCHES ET FETES Adminiftratioa i BEIair 3361 Réduction i EEUir 2984 Cérsiil t ^ BEIair 3361 ( Voir er page 3) Lemprunt atteint jusquici $1,337,887,850 Pour les entants affamés de l’Ëurope Les Gaullistes maîtres du Comité français de libération Une grande oeuvre humanitaire — Des centaines de milliers minés par l'anémie — Toute une génération en péril — Grave menace pour la France — Le "plaidoyer" de M.Howard Kershner Dans un livre qu’il vient de publier sous le titre One humanity, a plea for our friends and allies in Europe, un grand philanthrope américain, M.Howard Kershner, convie le public britannique et américain à une oeuvre dont il s’est constitué l’apôtre infatigable en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis: l’a’imentation des enfants d’Europe affamés, M.Kershner fut le directeur de l’American Friends Service Committee, de 1938 à 1942, et il est présentement le vice-président de la Commission internationale pour l’assistance aux enfants réfugiés.M.Kershner.industriel retiré des affaires et, au surplus, écrivain et conférencier, s’emploie à vaincre les résistances qui s'affichent encore à Londres et à Washington contre son projet de nourrir une dizaine de millions de petits Europénes en voie d’extermination par la faim.Cette oeuvre doit spécialement faire appel à des liens qui nous sont plus particulièrement très chers, puisque les petits Français et les petites Françaises en auraient leur grosse part.La nécessité de ces envois de nourriture se démontre à la lumière de divers témoignages sur l’anémie, la tuberculose et la décroissance numérique qui rongent la population française et dont les ravages se font notamment sentit parmi l’enfance.La France de demain se trouve compromise par ces lamentables saignées.M.Kershner nous en offre la preuve irréfutable dans son livre bourré de renseignements, abondamment illustré et qui constitue un plaidoyer auquel personne ne peut rester indifférent.M.Pierre Rertaudin, ancien commissaire des affaires familiales dans le gouvernement de Vichy, révélait récemment la profondeur du mal qui mine la France: le taux de la natalité a diminué à tel point, disait-il.qu’il équivaut à la disparition chaque année de la carte de 1a France d’une ville de 40,000 habitants; la population française est la plus âgée qui soit au monde, ajoutait-il, puisque un Français sur sept a plus de 60 ans.Au cours des huit dernières années, les décès ont excédé les naissances de 40,000 par année.Et M.Renaudin prévoit qu’à ce régi-ge, son pays sera réduit à une population de 29,000,-000 en 1985 alors qu’elle était de 41,000,000 au début des hostilités.De son côté, un porte-parole de VUnited Associations, M.Townree, estime que la population de la France a diminué de deux millions d’âmes par suite de la guerre, des exécutions et de la famine.L’effectif numérique de ce pays, déjà réduit par la dénatalité et le million et demi de son peuple tué au cours des années 1914 à 1918, est encore menacé dans ses enfants, en conséquence de 1 insuffisance de nourriture: la tuberculose et l’anémie creusent des pertes irréparables chez l’enfance et la jeunesse.M.Kershner écrivait dans le Los Angeles Times et il reprend l’exposé de ces faits avec plus d ampleur dans son livre One Humanity—, après une expérience de deux années dans le sud de la France: “La plupart des enfants de France perdent du poids et deviennent rachitiques.Dans certaines régions, la proportion des petits tuberculeux est de 40 pour 100 et un autre 30 pour cent se trouve dans un état de prétuberculose.Au moment de mon départ de la France, il y a moins d’un an, j'ai constau la diminution du poids des nouveau-nés au point de dépasser à peine la moitié de la normale.Bien que les chiffres officiels nous manquent, poursuit M.Kershner, je puis affirmer que le taux de la mortalité infantile s'est accru d’au moins 200 pour 100.Il n’est pas rare de voir un petit écolier s'éyanouir à son pupitre dans les écoles publiques.“'Sans aucun doute, toute une génération d’enfants est sur le point de mourir ou se trouve en voie de déformation physique et d’affaiblissement mental.” Et le directeur européen de VAmerican Friends Service Committee a raison d’ajouter: Les Allemands sont en passe de réaliser leur rêve de domination raciale: les nations démocratiques sont peu à peu décimées par la famine: le Reich jouira ainsi d’une grande supériorité après la guerre: ses populations auront été bien nourries tandis que celles des pays subjugués par Hitler seront affaiblies, ou diminuées, par la sous-alimentation, la tuberculose et la mortalité.Mais les Nations-Unies porteront en partie la responsabilité de cette situation aux conséquences désastreuses pour l’avenir de la démocratie.Nous pouvons facilement nous porter au secours des enfants de France, de Belgique, de Norvège, des Pays-Bas, et si nous faillissons a ce grand devoir que nous imposent le sens humanitaire et 1 esprit de solidarité, la terrible faute nous seta imputable.M.Kershner a pourtant réussi à aviver l’attention américaine sur cette croisade en faveur des petits affamés de l’Europe: le Congrès de Washington s’en préoccupe.M.Kershner rassure les sceptiques.“Après avoir nourri 100,000 enfants du.rant les deux dernières années, je sais par expérience que les Allemands ne se sont approprié aucune bouchée de nos vivres”, assure-t-il à ceu^ qui seraient portés à craindre que les aliments destinés aux enfants des régions occupées par les Nazis profiteraient surtout à ces derniers.Berlin a jusqu’ici émis les sauf-conduits nécessaires aux navires de ravitaillement et les accorde présentement dans le cas de la Grèce.Ces vivres jetaient transportés par des cales suédoises non utilisables pour fins de guerre, ils seraient payés à même les fonds norvégiens, danois, belges et français gelés aux Etats-Unis, et on utiliserait le surplus de nos céréales, de même que l’excédent de gras, de viande et de lait dont dispose l’Amérique du Sud.Nourrir les petits affamés de l’Europe nous coûterait peu, ne dérangerait en rien l’économie de guerre américaine et ne bénéficierait pas non plus aux Axistes.La Croix Rouge, par ses bureaux de Suisse et de Suede, se chargerait de la distribution de ces millions de tonnes de vitamines destinées à 1a survivance de nos Alliés, de nos petts cousins de France, notamment, qui en ont si grand besoin., Comme l’écrit l’auteur du Plaidoyer en faveur de nos amis et de nos alliés de l Europe: "Des siècles d'histoire ne réussiront pas à effacer la flétrissure morale que nous nous serons infligée si nous testons inactifs pendant qu’une génération d enfants périt.Cet appel ne devra pas laisser insensibles les Canadiens français, particulièrement, à cause de leurs affinités si étroites avec les plus nécessiteux peut-être des petits enfants d’Europe, ceux de France.La survivance de la nation française est en jeu.Louis ROBILLARD A Ottawa Les libéraux d’aujourd’hui sont pareils aux tories d’antan Quelques remarques en marge de la joie qu a value a M.lisley le succès du récent emprunt — M.Crerar et la question de l’immigration juive (por Léopold Richer) Ottawa, 10-XI-43.— La campagne du cinquième emprunt de la victoire a remporté un plein succès, ce qui n’était, pas inattendu.Les campagnes des emprunts de la victoire sont préparées de longue main.On ne prend aucun risque.Lundi le ministre des Finances, M.J.-L.lisley, ne se tenait pas de joie en annonçant que l’objectif du cinquième emprunt avait été largement dépassé.La somme des souscriptions était de $1,282,027,850, alors que l’objectif avait été fixé à i?l,200,000,000.Les rapports finals indiqueront probablement que les souscriptions dépasseront $1,300.000,000.Il n’y a lieu de s’étonner que d’une chosç, savoir la somme d’argent disponible dans nos institutions financières et industrielles, aussi bien que chez les particuliers.Il est vrai que bon nombre de souscriptions individuelles sont faites à tempérament.Il ne faut pas oublier toutefois que c’est le second emprunt de la victoire lancé cette année.Le Canada disait le 18 mai 1943: “Ce qui paraissait difficile, pour ne pas dire impossible, a pu être accompli dans le temps fixé: le Canada a sursou» crit le quatrième emprunt de la victoire malgré le chiffre étonnant de son objectif, $1,100,000,000, (.) Le moral est sauf, l’esprit guerrier reste bon.Les slogans adoptés pour la publicité de l’emprunt relevaient tous du fait de la guerre ou des buts de guerre”.L’objectif du cinquième emprunt dépassait celui du quatrième.Ou passe d’étonnement en étonnement.En un an, institutions financières, commerciales, industrielles.fonctionnaires, agriculteurs, ouvriers ont souscrit plus de $2,500,-000,000 en obligations de la victoire.Sans parler des impôts de plus en lourds., ,, .n dira: il y a de largent.Il il plus juste de dire qu’on trou-le l’argent quand on le veut.Il Ira se rappeler l’ampleur et le •ès de cette double opération neière lorsqu'il s’agira de cous-re le inonde de demain, d eta-l’ordre nouveau, d’assurer le heur de l’humanité, pour em-,er les expressions chères aux raux, et tie trouver de l'argent r soutenir les projets de législa-sociale des gouvernements féal et provinciaux.Dans ce ps-là, ce sera le temps heureux.> qu’on nous promet; reverrons-s la rareté de l’argent comme nt la guerre, alors qu'une som-de $100.000,000 votée par le vernement Bennett pour porter nirs aux chômeurs canadiens, aissait aux libéraux d’alors un rmc scandale, un effroyable pillage de fonds publics, un pas nitif et sans retour vers la le du pays?Phénomène de métempsycose Que les temps sont changés, tout de môme! Ou plutôt que nos libéraux onl évolue! On ne les reconnaît plus.Ils ne doivent pas, quant à ça, se reconnaitre eux-mêmes.Quand ils se voient dans un miroir, ils sont tentés de s’invectiver comme ils enguirlandaient sir Robert Borden, M.Arthur Meighen et le vicomte Bennett! Quand nous songeons aux mânes des vieux tories et que nous regardons les libéraux d’aujourd’hui, nous commençons â croire à la métempsycose! Les libéraux se prennent pour des tories.A cette différence que M.Ils- > ley est bien plus fort que sir Thomas White! M.lisley, s’il est enco- (suite à la dernier» page) Bloc-notes (par O.H.at Roger Duhamel) Des précisions, s’il vous plaît Deux Juifs en vue, M.Maurice Hartt et M.Louis Pitch, échangent des amabilités.La querelle, pour le moment du moins, ne nous intéresse pas; mais il est dans la lettre de M.Fitch que publie ce matin la Gazette deux lignes qui mettent en cause la province entière et qui appellent, même de la part d’un non-belligérant, un bref commentaire.M.Fitch dit donc que ce serait une bonne chose pour notre province si les cent mille Juifs dont parle la lettre produite dimanche à Sainte-Claire par M.Duplessis, et qu’il qualifie de faux grossier, s’en venaient ici.C’est un malheur, écrit-il, que M.Duplessis, même s’il a été l'innocente victime de cette mpstifi-cation, se soit laissé aller à prêcher la haine de race.Le plus grand malheur c’est que l’essence de l’histoire ne soil pas vraie.Ce serait une bonne affaire pour cette province si f00,000 Juifs p venaient.Ils y apporteraient l’esprit d'entreprise et la tolérance, deux choses dont la province a besoin.(It is a pity that Mr.Duplessis, even if he was an innocent victim of this hoax, lent himself to preaching race hatred.The greater pity is that the essence of the story is not true.It would be a good thing for this province if 100,000 Jews come into it.They would bring enterprise and tolerance.both of which the province is in need of).Nous ne chicanerons point M.Fitch sur la haute opinion qu’il a de ses congénères: c’est chose naturelle et, d’ailleurs, plus d'unê fois nous avons noté ici mime qu’à certains égards, ceux-ci pourraient nous servir d’exemple, — en ce qui concerne, par exemple, l’ardeur au travail et l’esprit de solidarité.Mais nous aimerions savoir — cela pourrait nous aider à nous amender — en quoi notre province manque d’esprit de tolérance: en quoi aussi la venue de 100,000 Juifs additionnels pourrait, de ce point .(suite A la dernière page) M.Georges Pelletier î Nous avons de bonnes nouvelles de M.Georges Pelletier.Notre directeur, au cours de son récent voyage dans l'Ouest, au moment où, après avoir participé au congrès canadien-français de l’Alberta, il allait partir pour un bref séjour à la Côte du Pacifique, avail été victime d’un accident de santé.Il est aujourd'hui complètement hors de danger.Malheureusement, il lui faudra pendant quelque temps encore s’imposer un repos absolu et, comme il est à quelque deux mille milles de Montréal, il ne saurait être question de le ramener tout de suite chez lui.Une aussi longue course, en de pareilles circonstances, comporterait trop d’inconvénients.Nos lecteurs se joindront à nous pour souhaiter à notre directeur une prompte convalescence et un complet rétablissement.Il a encore de l’ouvrage à faire, - m i m - Billot du soir Convolescence S'éveiller.Aller prendre un médicament, se remettre au lit et attendre les premiers pas des autres dans la maison; ne pas partager leur riche déjeuner, mais s’asseoir à labié avec eux, les forcer à sortir vraiment du sommeil, à parler, et à rire.Puis, retourner s’êtnulre et avoir maintenant le devoir de demeurer allongée jusqu’au prochain repas: voir devant soi la journée vide, à soi, toute à soi, et sur le lit une pile de livres, et sur la petite table, la bible, le missel, un cahier, un crayon, le thermomètre, les limes, le vernis à ongle, de quoi, enfin, s’instruire et s’amuser.Soupirer profondément, mais de joie cette fois.Tous les malaises ont fui.L’appétit est à peu près revenu.La maison, qui était devenue un cauchemar pendant les jours de fièvre, la maison sans cuisinière, sans mère, sans personne pour nourrir et soigner la famille (suite à la dernière page) o(e caxnet du glincheux Voici qu’il nous arrive du Mexique des oranges qui sont, parait-il grosses comme de petits potirons.Sous le régime de l’économie dirigée, c’est tout ou rien.* ?Un fonctionnaire du ministère fédéral du Revenu national vient donner dans notre ville des conférences en langue anglaise qui jetteront, à ce qu'on dit, un jour lumineux sur les incompréhensibles subtilités de l’impôt sur le revenu.Cet homme savant va-t-il parler en Bade English, la padura chère à M.Churchill?¥ V ¥, M.Harold Ickes, de_ l'administration Roosevelt, à son tour, s’en prend à des journaux de son pays exprimant des vues qu’il ne prise pas.Les journalistes visés diront sans doute qu’ils n’ont pas plus cure des vitupérations de monsieur Ickes que de celles de monsieur Igrec ou de monsieur Zède.« * * Dans Toronto et ensuite dans Halifax, un millionnaire, qui court le risque de passer pour légèrement excentrique, distribue à tout venant des billets de cent et de mille dollars comme si ce n’était que de vulgaires confettis.Cet homme prévoit-il l'inflation et yeut-il par avance, se mettre à l'abri là-contre?* * Les membres du C.P.C.de Toronto ont tellement bien accoutumé de jouer aux soldats amateurs qu'ils entendent continuer même contre l'avis ^ du gouvernement.Six mois après l’armistice et même le traité de paix, ces messieurs nous ménageront encore les agréments de l’obscuration.Le Grincheux Citation d'actualité Le chômage, lié si étroitement dans les faits à la concentration urbaine, est cependant indépendant de la densité générale de la population.C'ést la concentration urbaine, concentration Industrielle, qui crée en cas de crise la situation du chômage beaucoup plus que la densité de la population.C’est aussi la concentration urbaine qui donne au chômage son caractère douloureux, car une ville grande ou petite, mais surtout la grande ville, a ceci de particulier, entre autres choses, qu'elle ne produit rien pour manger, rien des besoin» .élémentaires de I homme.LUCIEN ROMIIR Le général Giraud abandonne la coprésidence—Le sort des ralliés en France et en Italie — Mouvement de réaction contre les militaires — Les politiciens de la Troitième République veulent rétablir leur situation — 150 sous-marin* allemands coulés en six mois Le général Charles de Gaulle a réalisé sa grande ambition: il est devenu le chef incontesté du Comité français de libération nationale dont il entend faire le gouvernement provisoire de la France.A la suite d'une sorte de remaniement ministériel qui a précédé l'ouverture de la session de l'Assemblée consultative réunie à Alger, le général Henri Giraud a donné sa démission comme coprésident du comité et il ne conserve plus que le commandement des troupes françaises.La radio allemande a donné plusieurs explications de la démission du général Giraud que l'on doit prendre avec un grain de sel, — il aurait été menacé d'arrestation, il aurait reçu tant de lettres de menaces qu'il aurait dû renforcer sa garde de corps de soldats américains, etc., — mais il n'en reste pas moins qu'il n'a pas dû abandonner de gaieté de coeur toute son autorité.Trois autres commissaires sont partis en même temps que le général Giraud: ce sont le général Alphonse Georges, chef d'état-major de l'armée française en 1940, commissaire sans portefeuille, M.le Dr Jules Abadie, commissaire de l'Education, et M.Maurice Couvé de Murville, commissaire des Finances.Le général de Gaulle a fini par imposer le principe de la séparation de l'autorité militaire et de l'autorité civile: le commissariat de la Défense nationale qui avait été confié au général Paul LeGentilhomme est aboli et remplacé par les commissariats de la Guerre et de la Marine attribués à deux civils, l'ancien député socialiste André Letrocquer, un avocat, et Louis Jacquinot, fils d'un ancien député communiste.Le général Georges Catroux, chargé des Affaires musulmanes, est nommé commissaire sans portefeuille et l'on croit que ce n'est là que le premier pas pour lui enlever le poste de gouverneur général de l'Algérie qui comporte un patronage considérable.Le général Emmanuel d'Astier de la Vigerie remplace au commissariat de l'Intérieur M.André Philip qui devient commissaire sans portefeuille.M.René Massigli, commissaire aux Affaires étrangères, M.François de Menthon, commissaire de la Justice, M.René Pleven, commissaire des Colonies, M.Henri Bonnet, commissaire de l'Information, M.René Mayer, commissaire des Communications, M.Adrien Tixier, commissaire des Affaires sociales, M.André Diethelm, commissaire des Vivres, M.Jean Monnet conservent leurs postes dans le comité.M.Pierre Mendès-France, ancien député de gauche, devient commissaire des Finances, M.René Capitant, un autre politicien, devient commissaire de l'Education, et M.Pierre Frenay entre dans le comité pour s'occuper des prisonniers de guerre et des ouvriers conscrits en Allemagne.M.Henri Queuille, ancien ministre radical, devient commissaire sans portefeuille.On avait offert un poste au communiste André Mercier dans le comité, mais les communistes ont refusé en protestant contre le secret qui a entouré le remaniement ministériel.L'Assemblée consultative elle-même s'est donné comme président M.Félix Gouin, ancien député socialiste d'une circonscription de la région de Marseille.File a décidé d'accorder deux autres représentants aux mouvements de résistance de l'Alsace-Lorraine.LA RENTREE DES POLITICIENS On remorquera tout de suite que le remaniement ministériel n'a pas seulement fait sauter les prétendus collaborationnistes, mais tous les amis du général Giraud, et que l'on s'en prend même au général Catroux, l'un des premiers partisans du général de Gaulle, mois qui aurait le tort d'être lié au général Giraud par une vieille omitié.On voit que tous les chefs français de l'Afrique-Nord qui ont lâché le gouvernement de Vichy pour se rallier aux Alliés à l'exemple de l'amiral Darlan n'ont guère avancé leurs affaires.L'amiral Dorian lui-même a été assassiné, le général Bergeret est en prison, le général Noguès est en exil et les autres se voient rejetés dans l'ombre les uns après les autres.Le général Giraud lui-même, qui a quitté le territoire français contre la volonté du maréchal Pétain en comptant qu'on lui confierait le commandement suprême de l'expédition alliée en Afrique-Nord, a connu toutes sortes d'humiliations et ne conserve plus que le commandement de l'armée française qu'on pourra toujours lui retirer un jour ou l'outre.On observe d'ailleurs le même phénomène en Italie où l'on a accompli une volte-face complète pour passer du camp de l'Axe dans celui des Alliés.Le chef de l'état-major général, le général Vittorio Ambrosia, et le chef de l'état-major de l'armée, le général Mario Roatta, ont tous deux suivi le roi Victor-Emmanuel et le maréchal Badoglio lors du coup d'Etat qui a renversé Mussolini.Les Alliés viennent de demander la mise en accusation du général Roatta et ils ont commencé une enquête sur le compte du général Ambrosia, tous deux dénoncés par les Yougoslaves qui leur reprochent le régime terroriste qu'ils auraient instauré dans le pays pendant l'occupation italienne.Le roi Victor-Emmanuel lui-même est menacé de perdre son trône.Il se manifeste à Alger comme dans d'autres milieux français un mouvement de réaction contre l'armée.Le général Alphonse Georges, chef de l'état-major général au moment de l'armistice, est évincé sans cérémonie du Comité français de libération nationale.Le général Georges Catroux, un officier qui a fourni une brillante carrière et un grand administrateur colonial, voit son influence amoindrie.Les portefeuilles de la Guerre et de la Marine sont confiés à des civils.De France même, on annonce la mort du général Marie-Eugène Debeney à la suite des blessures reçues dans un attentat dont il fut victime il y a deux mois.Le général Debeney, qui était âgé de 79 ans, s'était brillamment distingué pendant l'autre guerre, il avait été chef d'état-major général de 1924 à 1930 et il était l'auteur d'une très forte thèse sur "la guerre è échéance".Lors de la débandade de 1940, c'est l'armée qui a entrepris à la suite du maréchal Pétain de sauver quelque chose de l'actif de la France.Les politiciens qui étaient alors complètement déconsidérés fui ont abandonné tous les pouvoirs militaires, mais apparemment les rigueurs de l'occupation allemande et les embarras du gouvernement de Vichy les ont subséquemment servis.On remarquera que le reman lament du Comité français de libération nationale à Alger a ramené è la direction des affaires nombre de politiciens connus.On voit reparaître sur la scène M.Henri Queuille, un radical qui a fait partie de 28 ministères différents, M.Pierre Mendès-France, un Israélite qui fut sous-secrétaire aux Finances dans le gouvernement de M.Léon Blum, M.René Capitant, qui a également déjà été sous-secrétaire d'Etat, JriM.Félix Gouin, Aadré Letrocquer, Louis Jacquinot.Un peut se demander si le général de Gaulle, un militaire que M.Paul Raynaud avait appelé dans son cabinet au moment de la débâcle, n'est pas l'instrument des politiciens de la Troisième République qui entendent bien rétablir l'ancian état de choses.LES OPERATIONS MILITAIRES En Russie, les Allemands admettant de nouveaux replis au nord et à l'ouest de Kiev ainsi qua de violents combats au nord-ouest de Smolensk.Ils disent que les combats qui se livrent en Crimée, dans l'isthme de Pérékop et dans le voisinage de Kertch, ne sont que d*s engagements locaux, mais ils annoncent en dernière heure un nouveau débarquement en Crimée.La nouvelle de la prise de Kertch annoncée par l'agence "Reuters" n'a fias été confirmée.Les Russes disent qu'ils ont avancé de 27 milles à l'ouest de Kiev dans la journée d'hier et pris plus de 80 villes et villages.En Italie, on rapporte que h résistance allemande se raffermit sur toute l'étendue du front, notamment dans la région de Mignono et de Venafro où l'ennemi a vainement lancé neuf furieuses contre-attaques au cours des 24 dernières heures contre des unités de la 5e armée.Dans le secteur oriental, la 8a armée a consolidé ses positions sur les hauteurs qui dominent la rivière Sangro près de l'Adriatique et avancé de quelque quatre milles à l'intérieur pour s'emparer des villages de Castiglione, de Forli et de Corvifli.On rapporte que des documents saisis sur des prisonniers ennemis indiquent que les Allemands ont choisi les positions actuelles qu'ils occupent le long de la Sangro à l'est et de la Garigliano à l'ouest comma leur ligne d'hiver et qu'ils doivent les tenir è tout prix pendant huit semaines au moins.L'aviation allié# a pilonné la fabrique de roulements è billes de Villar-Perosa au sud-ouest de Turin ainsi que las aciéries Ansaldo à Gênes.Le bulletin militaire le plus important de la journée est probablement celui qui a été émis conjointement par les gouvernements de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis touchant la guerre sur mer.Dans son discours d'hier, le premier ministre Churchill avait déclaré que les Alliés ont brisé la menace sous-marine qui était apparue à un moment donné comme la plus grave de toutes.Le bulletin dit que l'on a coulé 60 sous-marins allemands au cours des trois derniers mois, que les pertes causées par les sous^marins ont été la moitié moindres que pendant la période précédente en dépit du fait que les convois ont été plus nombreux, que la marine alliée a été en mesure de lutter efficacement contre les nouvelles armes et les nouvelles tactiques employées par les sous-marins allemands.La flotte sous-marine allemande aurait perdu quelque 150 unités au cours des six derniers mois.Une dépêche de Lourenço-Marquàs, en Afrique orientale portugaise, annonce la destruction de 10 navires alliés dans l'océan Indien, ce qui est vraisemblablement attribuable à l'intervention des sous-marins japonais.L'Amirauté annonce que les sous-marins anglais ont coulé six navires ennemis et en ont avarié neuf autres au cours d'opérations en Méditerranée.Les Japonais n'ont jamais eu le dessus dans la guerre sous-marine contre les Etats-Unis.Les Allemands qui avaient fait du submersible leur arme principale sur mer en raison de l'infériorité de leur flotte de surface paraissent avoir définitivement perdu la partie, et en même temps tout espoir d'empêcher les Etats-Unis d'intervenir efficacement sur le continent européen.— Pierre VIGEANT.io-xr-4a Le cas du général Mario Roatta LONDRES, 10
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