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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1998-11-19, Collections de BAnQ.

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LE DEVOI V II i.I X .\ X I X X " 2 (i 3 PERSPECTIVES Au travail, l’âge d’or ! Menacé par le vieillissement des baby-boomers, le système de protection sociale américain est à bout de souffle.Des réformes s’imposent au plus vite.Relever Page de la retraite est devenu un credo populaire A Washington.Le président Bill Clinton doit en discuter en janvier avec les nouveaux leaders du Congrès.Après avoir séjourné un peu plus de huit jours dans l’espace, John Herschel Glenn Jr offrit ce petit conseil aux 35 millions d’Américains ayant comme lui dépassé l’âge de la retraite: «Ne restez pas allongés sur le soja!» Ije plus vieil astronaute de tous les temps n’est pas le seul à croire que travailler lorsqu’on a atteint l’âge d’or, c’est être au septième ciel.C’est bon pour le moral! Les préoccupations de Washington à l’égard de ses citoyens du troisième âge sont plus terre à terre: il faut relever l’âge de la retraite afin d’éponger le déficit prévisible de la Social Security â l’aune du prochain siècle.Le prolongement de la durée de la vie active — vieillissement de la population «métro-boulot-dodo» et financement des retraites obligent — est, on le sait, un phénomène propre aux pays industrialisés.Fixé à 65 ans il y a quinze ans, l’âge de la retraite aux Etats-Unis devrait être porté à 67 ans au cours des prochaines années.Et pourquoi pas à 70 ans, se demande-t-on au Congrès?Pour l'heure, 3,9 millions d’Américains de plus de 65 ans sont encore sur le marché du travail.Ils représentent 12 % de leur tranche d’âge et 2,9 % de la force de travidl de la première puissance économique.Ixs États-Unis sont d’ailleurs le pays industrialisé où le taux d’activité des plus de 55 ans est le plus élevé: 63 % contre 42 % en France.C’est peut-être parce que, en matière de retraite, les prestations de sécurité sociale ne remplacent que 40 % du salaire de l'ouvrier moyen.Dans une société sans âges où l’on s’habitue à un astronaute de 77 ans, à une grand-mère de 40 ans, à un député de 25 ans et à un père de 60 ;uis ayant un enfant à la maternelle, il était normal que l’on finisse par s’interroger sur l’obligation d’un âge fixe pour la retraite.Quand l'âge de la retraite a été institué en 1935, l’espérance de vie d'un Américain était de 59 ans et les tâches â accomplir bien plus pénibles qu’aujourd’hui.Travailler, c’était vraiment trop dur! Stephen Pollan, auteur du best-seller Die Broke (Mourez ruiné!) rappelle d’ailleurs ceci: «Désormais, votre travail le plus éreintant sera d’appuyer sur des boutons de téléphone ou de taper sur un clavier.Alors, quel que soit votre âge, vous serez toujours productif.Votre activité vous stimulera intellectuellement et les revenus qu’elle vous rapportera compenseront la faillite des caisses de retraite.» C’est une évidence, mais pas poulies travailleurs manuels parmi les baby-boomers vieillissants.Relever l’âge de la retraite pénaliserait plus particulièrement les «vieux» peu scolarisés, estime la centrale syndicale AFLCIO.«Ia- bon sens nous dit que ceux qui passent leur vie à nettoyer les planchers [.] ou à porter des briques sur un chantier auront une vie professionnelle plus réduite (.) que ceux qui, comme nous, passent leurs journées de travail derrière un bureau.» De manière générale, peut-on encore vraiment «mettre le paquet» après 65 ans?«1m majorité des travailleurs, âgés de 62 à 67 ans, ne semblent pas avoir de problèmes de santé de nature à limiter leur carrière», estime un rapport du General Accounting Office (GAO), l’équivalent du bureau du Vérificateur général du Canada.Les retraités américains se portent en effet relativement bien: près du tiers seulement ont des problèmes de santé contre 10 % pour la population en général.Repousser de deux, trois ou même cinq ans l’«âge du re|X)s» est une idée qui pliât dans un pays où le mythe de la jeunesse a de vieilles racines.Soixante pourcent des Américains de 65 ans rêvent d’ailleurs de travailler encore.Même ]X)urcentage pour les Français, mais qui souhaitent cette fois que la n4raite soit avancée à 55 ans.La préretraite a le vent en [x>u|x' dans l’Hexagone où l’on pousse plus que partout ailleurs les «anciens â la porte».Cela arrange tout le monde: les pouvoirs publics trouvent là le moyen de gérer des restructurations d’entreprises (qui engagent des jeunes moins bien payés et plus conciliants) dans la paix sociale, même si le coût est élevé.Ixs syndicats considèrent la préretraite comme un moindre mal.Autre pays, autres mœurs.Ne partez pas à la retraite, conseille Stephen Pollan aux baby-boomers de «/’upper middle class gagnant 150 000 $ par an, vivant dans des immeubles avec concierge, passant leurs vacances en Europe, achetant du vin par caisse, lisant le Wall Street Journal et s'en remettant pour le reste aux bons soins d'un psychanalyste, d'un nutritionniste, voire d'un culturiste pour raffermir les pectoraux».Ixs «vieux» Américains, riches ou pauvres, ont l’intention de suivre le conseil de John Glenn en se maintenant le plus possible en orbite sur le marché du travail.Repousser l’âge du repos: une idée qui plaît aux Américains Auto i n e C h a r ?.••O® M É T É 0 Montréal Neige débutant en après-midi.Max: 0 Min: -4 Québec Neige débutant en soirée.Max:-2 Min:-8 Détails, page B 4 I N I) K X Annonces .B 7 Le monde .B (i Avis publics.B 4 Les sports .B 8 Culture .B 10 Montréal .A4 Economie .B 2 Mots croisés.B 4 Editorial .A8 Politique .A 2 Horizons .B 6 Télévision .B 9 www.ledevoir.com M (I N T K K A I.HORIZONS La chronique de Jean Dion: L'urgence d'attendre, page B 1 I.K .1 E I I) I I il X (I \ y.M I î E I il il s ÉCONOMIE Cogeco se lance dans la téléphonie, page B 2 8 7 c + T A X I s I $ T oit o \ T n I $ HORIZONS Les enlarlistes s'expliquent, page B 1 Les enseignants descendent dans la rue Les membres de la CEQ ont répondu massivement à l’appel à la grève lancé par Lorraine Pagé.Un million d’enfants ont été privés de classe.PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Les enseignants du Québec ont répondu massivement hier à l’appel à la grève lancé par la CEQ pour faire avancer le dossier de l’équité salariale.A Montréal, après avoir fait du piquetage devant leurs écoles à partir de 7h et s’être rassemblés au Tazmahal, rue Berri, les enseignants ont manifesté sur le pont de la Concorde pendant plus de trois heures.Leurs collègues des commissions scolaires avoisinantes les ont rejoints vers midi, de sorte que ce sont plus de 6000 personnes qui ont accueilli la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, vers midi trente.«Nous sommes des dizaines de milliers d'enseignants à rappeler que notre lutte est légitime, que le travail des femmes vaut autant que le travail fait par des hommes (.) Nous n 'avons pas le droit de laisser une profession malmenée aux générations plus jeunes.» Répliquant aux propos tenus en matinée par le premier ministre Lucien Bouchard, qui s’est dit «choqué» par la grève illégale, Mme Pagé a dit: «Nous ne sommes pas là pour faire un hold-up ou pour faire du chantage en période électorale.C'est la journée de la leçon.Qu’il [M.Bouchard] aille faire ses devoirs», pendant que les manifestants scandaient «So, So, So, Solidarité».Mme Pagé était radieuse.Ix* caractère généralisé des manifestations et du piquetage, un peu partout au Québec, est venu donner au dossier de l’équité salariale une incontestable visibilité, ce qui est l’objectif recherché.La grève a entraîné la suspension des classes pour près d’un million d’enfants, qui sont restés à la maison ou ont fréquenté les services de garde scolaire qui étaient ouverts.A Montréal les manifestants ont non seulement bloqué le pont de la Concorde, ils ont également provoqué la fermeture du Casino, considéré comme la machine a sous du gouvernement.Mais, informée de ces projets, la Sûreté du Québec avait pris les devants et tout s’est déroulé dans le plus grand calme.VOIR PAGE A 10: ENSEIGNANTS Le pont de la discorde JACOUES NADEAU L.E DEVOIR Père Nsël ça fait :jue mon prof ATTEND BRAVANT LE FROID et les grognements des amateurs des machines à sous, quelque 6000 enseignants ont fait la leçon au gouvernement, hier, en bloquant le pont de la Concorde, qui donne accès au Casino, pour réclamer l’équité salariale.Les milliers d’enseignants du primaire, du secondaire et du collégial membres de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ) ont participé à cette grève illégale partout en province, geste que le premier ministre Lucien Bouchard n’a pas tellement apprécié.Le débat a galvanisé l’ADQ Dumont cherchera à mettre en valeur son équipe La performance de Mario Dumont au débat des chefs de mardi soir a galvanisé les troupes du parti Action démocratique du Québec.Mais la performance se traduira-t-elle en sièges à l’Assemblée nationale?Et au fait, qui sont les membres de l’«équipe Mario Dumont?», demeurés jusqu’ici relativement dans l’ombre?MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Lysane O’Sullivan a regardé le débat des chefs, mardi soir, dans son bureau de circonscription, à Blainville, avec une demi-douzaine de partisans et organisateurs de l’Action démocratique du Québec (ADQ).«Le premier commentaire que j’ai entendu, c’est “Il est capable!”, raconte-t-elle.Aujourd'hui, on est emballés.Eton est blindés.» Hier, elle a poursuivi sa campagne sur le terrain: petit déjeuner à la Chambre de commerce de Bois-des-Filions, déjeuner à celle de Ste-Thérèse/Blainville.«J’ai passé mon temps à rencontrer des gens qui m'ont dit: “Continuez, vous êtes en train de me VOIR PAGE A 10: ADQ RENÉ MATHIEU LE DEVOIR Stéphane Asselin, candidat de l’ADQ dans Charlesbourg, et Richard Lizotte, candidat dans Limoilou, accompagnent leur chef, Mario Dumont.Bouchard demeure intraitable «Il n'est pas question qu'on négocie cette affaire pendant les élections» KATHLEEN LÉVESQUE MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Victoriaville — Lucien Bouchard s’est montré impitoyable envers les enseignants qui ont paralysé hier la majorité des écoles primaires et secondaires de la province pour effectuer une «journée d’étude» sur l’équité salariale.Des sanctions seront prises contre les grévistes qui «vont trop loin», a tranché le premier ministre sortant.«Je ne comprends pas que la CEQ ait lancé cette opération dont clic sait qu'elle est illégale, qui ne lui rapportera absolument rien.Il n’est pas question qu’on négocie cette affaire pendant les élections», a affirmé M.Bouchard, qui a référé le dossier au Procureur général pour que des mesures soient prises contre les syndiqués.Québec évalue à quelque 800 millions les revendications de la Centrale de l’enseignement du Québec en VOIR PAGE A 10: BOUCHARD 11, ï C TI 0 N S Q 11 11! E C 199 8 ¦ Charest met son programme constitutionnel au rancart, page A 3 ¦ Michel Venne: Le «p'tit mozus», page A 3 ¦ Santé: Bouchard va en terrain miné, page A 2 ¦ Les universités lancent un cri d'alarme, page A 2 ¦ Dion se fait cinglant envers Bouchard, page A 2 Une plainte contre Pinochet déposée à Montréal JUDITH LACHAPELLE LE DEVOIR Pendant que la Chambre des lords d’Angleterre se penche sur l’immunité de l’ancien chef d'Etat Auguste) Pinochet, une Québécoise, victime du coup d’Etat au Chili en 1973, veut prendre des mesures pour que le dictateur de l'époque soit jugé au Canada pour crimes contre l'humanité.Hier, son avocat a déposé en son nom une plainte auprès de la ministre de la Justice et Procureur général du Canada, Anne McLellan.Selon la plaignante — qui désire conserver l’anonymat, du moins tant que le gouvernement n’aura pas pris de décision concernant sa plainte —, le Canada «a le pouvoir et le devoir» d’intenter une poursuite contre Pinochet, d’autant plus que ce dernier ne peut être condamné dans son propre pays en raison d’une amnistie.Son histoire, elle l’a tue pendant des années avant de décider d’entreprendre une action en justice.En 1973, la plaignante, Canadienne de naissance, était religieuse à Santiago dans une congrégation relevant d’une supérieure générale qui se trouvait alors à Montréal.Dans la nuit du 11 octobre 1973, six militaires sont entrés dans sa chambre, l’ont arrêtée et ont fouillé les lieux.Fille a été ensuite emmenée de force dans une jeep avec une dizaine d’autres personnes arrêtées.Après un arrêt à San Bernardo, elle a été conduite jusqu’au centre de torture de Cerro Chena.Ixs yeux bandés, une couverture sur la tête, elle a entendu les cris de terreur des autres détenus.VOIR PAGE A 10: PINOCHET i 778313000672 I I l> !•: V 0 1 It .I- E .1 E 1’ l> I I il N 0 V K M It It |.: I i, x A 2 r\ rr ONS Dion et Pettigrew se montrent cinglants envers Bouchard MANON CORNE L LI ER DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Comme l’équipe de Jean Charest, les libéraux fédéraux ont réagi au débat des chefs de mardi en s’attaquant au projet de «référendum gagnant» du chef péquiste Lucien Bouchard.«Tous les débats qu'on a eus depuis deux ans sur ce qu 'est une question claire, une majorité claire, le statut des territoires, ça va reprendre au lendemain delà réélection [de Lucien Bouchard].Est-ce qu’on veut vraiment ça?Il y a une façon très simple de l’éviter, c’est de voter pour un gouvernement qui croit dans un Québec fort dans un Canada uni», a commenté avec vigueur le ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion.Le ministre du Développement des ressources humaines, Pierre Pettigrew, a été bref mais catégorique.«M.Bouchard nous a dit qu'il y aura un référendum et que ce sera un référendum gagnant.Je trouve qu’il y a quelque chose de très arrogant dans cette façon de nous dire qu'un référendum n’est gagnant que si les péquistes gagnent.Pour moi, à chaque fois que les Québécois s'expriment librement [.] ils gagnent.» M.Dion, lui aussi, se montre cinglant face à cette idée de référendum gagnant.«Ça peut être deux choses.Soit qu’on a une preuve évidente que les Québécois ne veulent plus être Canadiens [.] et on n’a aucun signe que c’est le cas en ce moment.Soit que M.Bouchard veut concocter une question confise et, à la faveur d’une conjoncture inté- ressante, essayer de passer à la limite du 50 % plus un et ça, c’est contre la loi.» Le ministre des Finances Paul Martin s’est fait plus discret, félicitant surtout M.Charest pour sa performance.Les députés d’arrière-banc, eux, ont profité de la période accordée aux déclarations libres pour multiplier les attaques.L’ancien chef syndical Yvon Char-bonneau a souligné «l'ambiguïté» du discours de Lucien Bouchard, citant au passage son insistance sur un référendum «gagnant» et le fait qu’il n'a jamais mentionné le mot «souveraineté».«Plus de doute possible, un gouvernement péquiste travaillerait encore pour les prochaines années à la préparation d’un référendum et à la promotion de la séparation du Québec [.] au détriment du bien-être des Québécois qui, eux, ne veulent pas de référendum», de renchérir la députée de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine, Marlene Jennings.M.Dion s’est par ailleurs insurgé contre l’affirmation de M.Bouchard selon laquelle le Québec fait toujours plus de gains quand il est dirigé par un gouvernement péquiste.«Dans le cas des commissions scolaires linguistiques, M.Bouchard et ses ministres n ’ont rien fait pour bâtir un consensus au Québec, au contraire.Ils ont plutôt insulté tous les gens qui ne pensaient pas comme eux.C’est moi qui ai fait ce travail», a-t-il lancé, oubliant de mentionner au passage le travail du PLQ dans ce dossier.Il a toutefois donné crédit à son homologue libéral dans le dossier de la formation de la main-d’œuvre, un dossier qui a été résolu, dit-il, grâce à Ottawa.Bouchard en terrain miné Le premier ministre arrive en Abitibi au moment où une grave crise secoue le centre hospitalier de Rouyn-Noranda La santé risque-t-elle une fois de plus d’assombrir la campagne de Lucien Bouchard en Abitibi?Dans cette région désertée par les médecins, la santé est devenue un enjeu régional, hautement explosif.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le premier ministre Bouchard mettra le pied, demain, dans une autre région où le réseau de la santé vit des moments difficiles.Une crise sévit au Centre hospitalier de Rouyn-Noranda, oil la presque totalité des pédiatres ont remis leur démission.Plus encore, c’est la région tout entière qui se mobilise pour dénoncer le sous-financement chronique des services de santé en Abitibi.Depuis le 11 novembre, quatre des six pédiatres de la région ont remis leur démission du Centre hospitalier de Rouyn-Noranda (CHRN), excédés par les changements que souhaite réaliser l’hôpital, acculé à un déficit de 2,6 millions pour l’année en cours.Un cinquième pédiatre menace d’en faire autant si rien ne se règle.Les 236 infirmières, tout aussi insatisfaites, arborent des vêtements noirs en guise de protestation et ont manifesté hier à tour de rôle pendant 24 heures.C’est que le projet de l'hôpital de regrouper les services de pédiatrie et aux nouveau-nés a récemment fait déborder le vase, insiste le Dr Godefroy Cardinal, chef du département de pé- Une présentation de mETRO Malheur ! Les prophètes de bonheur s’en vont.ls font le bonheur des Montréalais et des critiques, autant avec leurs peintures qu’avec leurs objets d’art décoratif.Mais le bonheur est éphémère.Et ils vont bientôt nous tirer leur révérence pour toujours.En effet, l’exposition Le temps des Nabis, réalisée exceptionnellement grâce à de nombreux prêteurs du monde entier, constitue un événement unique.Vous avec donc jusqu’au 22 novembre pour venir admirer Bonnard, Vuillard et leurs camarades.C’est maintenant ou jamais! L nain PROPHÈTES DE BONHEUR PLUS QUE 4 JOURS B diatrie au CHRN.«Mettre des nouveau-nés vulnérables avec des enfants qui viennent consulter pour toutes sortes d'infections, c'est inacceptable.L’opinion des médecins et des infirmières n'est pas du tout considérée dans cette décision», affirme ce dernier.Or, privé de pédiatres, l’hôpital ne pourra tout simplement plus offrir des services spécialisés aux nouveau-nés et les parents devront se tourner vers l’hôpital Sainte-Justine, à Montréal.«Si on ne veut plus maintenir les soins en région, qu’on le dise clairement», tranche le Dr Cardinal.Les parents, qui manifestaient eux aussi hier soir à l’occasion du conseil d’administration de l’hôpital, croit que le plan proposé creusera la tombe des services aux bébés prématurés dans leur région.«Ça fait six ans que ce projet est dans l'air.Les pédiatres se découragent et en ont assez.Nous, on va se battre pour les garder», affirme Renda Napsky, une mère qui, après avoir passé sept mois au chevet de sa fille à Sainte-Justine, a fondé un comité de survie des services de pédiatrie et de néonatalogie dans la région.Selon Mme Napsky, le taux de mortalité infantile était le plus élevé au Québec avant l’arrivée à Rouyn-Noranda, il y a plus de 10 ans, d’un néonatalogiste de renom.Depuis, le taux de mortalité infantile est revenu à lq normale.A la Régie régionale de la Santé d’Abitibi-Témiscamingue, on se dit confiant d’en arriver à un arrangement entre les pédiatres et l’hôpital d’ici le 11 janvier, date où les démissions deviendront effectives.«Il y a beaucoup de résistance au changement dans ces réactions.Nous sommes sensibles à ces démissions, mais vous comprendrez que c'est un moyen de pression», soutient le directeur général de la Régie, Claude Sannesac.En fait, c’est à la demande pressante de la Régie et du ministère de la Santé que le Centre hospitalier de Rouyn-Noranda a élaboré un plan d’équilibre budgétaire prévoyant des compressions de 1,6 millions pour l’année prochaine.Et cela, parce que l’hôpital, dont le budget annuel est de 28 millions, affichera un déficit accumulé de 6,5 millions en mars prochain.Selon la Régie, le CHRN a tardé à rationaliser sa gestion, comparativement aux autres établissements de la région, et doit poursuivre ses efforts.Chose certaine, la Régie refuse de se prononcer sur le bien-fondé de la décision de l’hôpital de regrouper les services de pédiatrie et de néonatalogie, préférant attendre les conclusions d’experts de Sainte-Justine consultés par le CHRN sur la question.Hier soir, la direction de l’hôpital de Rouyn-Noranda devait d’ailleurs dévoiler la totalité du plan d’équilibre budgétaire qu’elle entend appliquer au cours des prochains mois.Les médecins en colère Par ailleurs, la décision du premier ministre de régler le problème des omnipraticiens de Jonquière a semé la colère des médecins d’Abitibi.Alors que les besoins en effectifs dans la région ne sont comblés qu’à 75 %, ces médecins, de même que la Régie régionale de l’Abitibi, entendent réclamer le même traitement.«La mesure prônée pour Jonquière risque d'avoir des effets négatifs pouf l’Abitibi.L'équilibre entre régions est: précaire et dès qu’on en favorise une, il y a des mouvements», affirme Claude Sannesac.Selon les plans d’effectifs du ministère de la Santé et de la Régie, il manquerait 40 omnipraticiens et 39 spécialistes en Abitibi.Avant-hier, la Régie a d’ailleurs réclamé une rencontre avec le premier ministre Bouchard pour scruter le problème de sous-financement du réseau de la santé abitibien.Faute de pouvoir rencontrer le ministre Rochon, une coalition prévoyait «sensibiliser» le premier ministre à cette question lors de son passage dans la région demain.Or hier, le ministre de la Santé a finalement accepté d’aller au front, le 25 novembre prochain, pour écouter les doléances des gens de la région.Car c’est toute la région (Régie, MRC, comité régional de développement, etc.) qui se mobilise pour réclamer que les budgets versés à la santé soient revus à la hausse.Une étude du ministère soutient que l’Abitibi souffre de sous-financement, comparativement à d’autres régions, et pâtir rail d’un manque de 3,6 millions par année.Le dossier est devenu éminemment politique.«Pendant quç notre région est sous-financée, les établissements souffrent de déséquilibres.budgétaires et je crains que cette situa-, tion puisse mettre en péril l'accès équitable aux services de santé».L’hôpital de Rouyn-Noranda n’est en effet pas ' seul à afficher un déficit.L’hôpital de Val-d’Or entrevoit lui aussi un trou dr; 1,6 million dans son budget d’ici la lin de l’année financière.Le recteur de l’Université Laval écrit à Bouchard ERIC DES R OSIERS LE DEVOIR Se disant bien forcé de reconnaître que le message des universités québécoises ne passait pas, le recteur de l’Université Laval et vice-président de la Conférence des recteurs et principaux du Québec, François Tavenas, a fait parvenir hier une lettre au premier ministre ! Ministère de la Culture * et des Communications MUSÉE DUS HEAUX-AirfS diî Movniru Invitation Le Programme d'études sur le Québec de l'Université McGill et les Éditions Québec Amérique vous invitent à venir assister à une table ronde ayant pour titre « L'économie du Québec: orientations et mutations » le lundi 23 novembre 1998 entre 16 h 00 et 18 h 30 au Faculty Club de l'Université McGill situé au 3450, rue McTavish.Les participants seront les suivants: • M.Claude Béland, président, Mouvement Desjardins • M.Claude Blanchet, président et chef de la direction, Société générale de financement • M.Michel Boucher, professeur, École nationale d'administration publique • M.Pierre Paquette, animateur, Droit de Parole • M.Marc-Urbain Proulx, professeur, Département des sciences économiques et administratives, Université du Québec à Chicoutimi Président de séance : • M.Jacques Girard, président-directeur général, Montréal International Entrée libre.Prière de réserver.Information : (514) 398-3960 www.arts.mcgill.ca/programs/qs 1 ICiaurfc B H a n ri Valeurs et pièges du nouveau pouvoir economique Programme d'études sur I Quétxr Université McGill QUEBEC AMERIQUE www.quebec-amerique.com OUfntt AMfRIQIIt Lucien Bouchard pour le presser d’augmenter de toute urgence leur financement.«Ns conversations que j'ai eues avec vous, commence-t-il dans sa lettre, [.] et avec certains de vos collègues députés et candidats du Parti québécois' m’ont permis de réaliser que les milieux universitaires de la province n’ont pas su, jusqu’ici, vous informer convenablement sur leur évolution récente et sur leur situation présente.» M.Tavenas fonde entre autres son impression sur les déclarations de Lucien Bouchard à l’émission Le Point, plus tôt cet automne, ainsi que, sur la brève rencontre que les deux hommes ont eue le 22 octobre dernier à l’occasion d’une apparition du premier ministre devant des étudiants de l’Université Laval.M.Bouchard avait, à ces occasions, déclaré que les recteurs devaient «faire leur travail» en matière de rationalisation.Jugeant au contraire que les universités ont déjà largement fait leur part dans la lutte du gouvernement au déficit, au point de mettre en péril la qualité de leur formation et leur degré de compétitivité, le recteur conclut dans sa missive de huit pages que «pour redonner à nos universités les moyens de s’affirmer sur la scène mondiale, le gouvernement se doit d'injecter rapidement plusieurs centaines de millions de dollars.» Lucien Bouchard et Pauline Ma-rois ont promis, la semaine dernière, qu’un gouvernement péquiste investirait à terme 40 millions de pins dans les .universités.Evoquant les progrès inégalés «dans le monde développé» accomplis par le réseau universitaire québécois en moins d’une génération, le recteur prétend que ce dernier a absorbé depuis 1994 «une part plus grande des compressions gouvernementales que tout autre secteur public».En plus des compressions directes de 360 millions, rappelle-t-il, et d’une série de compressions indirectes de 139 millions, les universités québécoises ont dû prendre à leur charge les coûts de programmes de retraite de 122 millions.«Des compressions d'une telle ampleur n ont pu être absorbées sans défi remises en question majeures de structures et de programmes», plaide-t-il.Il en veut pour exemple sa propre université où des postes administratifs et des programmes ont été supprimés et où de nombreux partenariats avec le secteur privé ont été établis.Ce travail a tellement été bien fait dans l’ensemble du réseau, argumente-t-il, que la Commission des universités sur les programmes «n’a pas décelé jusqu ’ici de secteurs dans lesquels des actions spectaculaires seraient nécessaires.» Mais en abolissant notamment plus de 900 postes de professeurs, les universités québécoises ont fatalement porté préjudice à la qualité de la formation des cours, réduit le recrutement de jeunes professeurs et donc, accusé une perte de compétitivité face aux autres universités canadiennes et étrangères.«Pour un gouvernement qui aspire à affirmer la place du Québec dans un monde de plus en plus dominé par l’économie du savoir, écrit François Tavenas, il ne peut y avoir de plus grande priorité que de donner à sa population la meilleure formation possible.» 4 I.K I) K V (tllî.I.K .1 K 1! |) I I !l X 0 V K M 15 I! K 19 0 8 A A E (IT10 S S BEC 199 8 '*’ M i c h c I Vc ii ii e EN CAMPAGNE Le «p’tit mozus» ¦ est curieux de voir Mario * Dumont soudainement irrité par l’étiquette «de droite» que lui accolent ses adversaires politiques.Au débat télévisé, mardi soir, M.Bouchard l’a ainsi qualifié.Et hier, le chef de l’ADQ s’en est formalisé.La droite, la gauche.M.Dumont rejette les étiquettes.Tout comme il a toujours refusé d’être rangé parmi les souverainistes.Lui de droite?Ben voyons.S’il est vrai qu’en politique les adversaires sont prompts à se cataloguer mutuellement, dans ce cas-ci, le principal intéressé n’a que lui à blâmer.M.Dumont est responsable de cette dénomination qu’il trouve aujourd’hui embarrassante puisqu’il se l’est lui-même attribuée.* * * Par exemple, au cours d’une conférence de presse précédant le congrès de son parti, le 20 octobre 1996, M.Dumont déclarait qu’il «n’y a rien de mal à être de droite.Au niveau économique, nos propositions sont plus de ce côté-là», disait-il.En avril de la même année, à son r.etour d’un voyage d’études aux États-Unis, il confiait à un collègue de La Presse qu’il s’apprêtait à présenter, ah conseil général de son parti, des propositions «pas mal de droite».Il lui est arrivé souvent de plaider en public qu’il existait «une place pour un parti de centre-droite au Québec».C’est vrai que, comme le disait son père, Charles-Aimé, à propos de son fils, en regardant le débat mardi: «Y’é baveux, le p’tit mozus».Le PLQ a sonné hier le début d’un nouveau segment de la campagne en dévoilant de nouvelles affiches du parti ornées du mot «référendum» barré d’un trait rouge.D’ici au 30 novembre, M.Charest va résumer son message à quelques mots: pas de référendum.Pour la «campagne du siècle», c’est un peu court.S’il est vrai qu’une majorité d’électeurs ne veulent pas de référendum durant le prochain mandat, est-il normal qu’un parti qui aspire à gouverner n’ait rien de plus substantiel à offrir?Et dire qu’on s’attendait pour ces élections à un grand débat de société.A la télévision, mardi, M.Charest a ressorti des boules a mites le document constitutionnel du Parti libéral du Québec, celui dont Mario Dumont disait avec raison qu’il a été écrit par un politicologue qui est aujourd’hui un conseiller du ministre fédéral Stéphane Dion.Accusé de n’avoir pas de programme constitutionnel, le chef libéral a montré à la caméra le document intitulé Reconnaissance et interdépendance.Avez-vous remarqué qu’il n’a pas dit un mot sur ce qu’il contient?De son côté, Lucien Bouchard est-il plus clair?11 l’est de plus en plus.M.Bouchard s’emploierait, au cours des quatre prochaines années, à «créer une ferveur» pour la souveraineté.Une fois réunies ces conditions gagnantes, et il est «convaincu» d’y parvenir, il le fera, ce référendum.Sachez-le.Le sondage que nous avons publié cette semaine indique que la stratégie des conditions gagnantes marche.A la question «S’il était élu, M.Bouchard devrait-il attendre les conditions gagnantes avant de faire un référendum?», 68 % des répondants disent oui.Quatre-vingt pour cent des électeurs qui s’apprêtent à voter pour le Parti québécois se disent d’accord avec cet énoncé, mais également 58 % des électeurs qui s’apprêtent à voter pour le Parti libéral et 72 % de ceux qui se préparent à voter pour Dumont.Mais les gens, si nombreux à accepter cette stratégie, même s’ils ne l'appuient pas tous, savent-ils au moins ce que sont ces conditions gagnantes?Selon le sondage Angus Reid publié la semaine dernière, un électeur sur cinq n’en sait strictement rien.Parmi ceux qui croient le savoir, près de la moitié soutiennent que la seule véritable condition gagnante, c’est une avance du OUI d;uis les sondages.Seulement quelques personnes mentionnent une multitude d’autres raisons, notamment une forte croissance économique, l'élimination du déficit ou une Mésentente avec le fédéral.Donc, vous avez le choix entre un chef qui promet de ne pas tenir de référendum et un autre qui laisse le public Croire que quelques sondages défavorables le décourageraient d’en faire un.Qui a dit que nous vivions la campagne du siècle?Sous la rubrique «sujets oubliés», les suggestions d’un lecteur, Normand Bélair, qui aimerait que nos politiciens patient dans la campagne du contrôle des Québécois sur les entreprises d’ici, dont notre correspondant s’inquiète quelles soient nombreuses à être* vendues à des intérêts ontariens ou américains.Il voudrait aussi entendre les orientations des partis ên lice en matière de sauvegarde de notre patrimoine.¦ D’autres sujets oubliés?Envoyez-moi vos suggestions: mvenne@qbc.clic.net L’achat de Proviso par Loblaws La Caisse de dépôt devrait envisager de bloquer la transaction, dit Bouchard KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR ictoriaville - Lucien Bouchard souhaite que la Caisse de dépôt et placement puisse envisager de bloquer la transaction entre le géant ontarien de l’alimentation Loblaws et la chaîne québécoise Provigo.Le chef du Parti québécois a émis des réserves hier quant au bien-fondé pour l’économie de la province de l’offre d’achat que les actionnaires de Provigo ont unanimement acceptée lundi.Avec quelque 35 % du capital de Provigo, la Caisse de dépôt a la capacité de modifier le cours des choses d’ici le 27 novembre, alors que l’offre d’achat prendra fin.«Il y a des impératifs de protection de nos producteurs.Il y a également la question qui se pose à savoir, est-ce que le Québec ne doit pas conserver ici de grandes chaînes d’alimentation après les efforts qui ont été faits pour les constituer?Est-ce une bonne chose pour l'économie québécoise [.] de perdre le contrôle, en réalité, de nos réseaux de distribution alimentaire?», s’est interrogé M.Bouchard en conférence de presse.Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Laurent Pellerin, s’est réjoui des commentaires du premier ministre sortant où il décèle la volonté de protéger les producteurs du Québec.«Ça ouvre la porte à ce qu’on a essayé de faire circuler comme information depuis une dizaine de jours.Il y a des opportunités, bien sûr, mais il y a des risques dans cette transaction-là.Et les risques, c’est de s'assurer qu’on ne perdra pas une entrée dans les chaînes d'alimentation agrandies ou regroupées», a indiqué M.Pellerin.D’un strict point de vue légal, le gouvernement du Québec ne peut toutefois trancher la question puisque la Caisse de dépôt est un organisme paragouvernemental indépendant.Mais dans les faits, les dirigeants sont choisis par Québec, qui impose ainsi ses vues.«Il est entendu que le gouvernement, par le truchement de son ministre des finances, peut exprimer des avis.Mais la décision se prend formellement à la Caisse de dépôt», a souligné M.Bouchard.Le 30 octobre dernier, Loblaws a fait part de son intention d’acquérir Provigo pour 15 $ l’action (évaluée à 9,90 $ avant cette annonce), soit une transaction de 1,6 milliard.Les administrateurs de Provigo l’ont acceptée après avoir reçu un avis d’experts de Valeurs mobilières TD.Depuis cette offre, les actions de Loblaws sont a la hausse, passant ainsi de 28,75 $ à 32,80$ il y a trois jours.Ijà semaine dernière, le directeur général de la Caisse de dépôt, Jean-Claude Scraire, a évoqué l’idée que l’organisme puisse se tourner vers une multinationale étrangère en alimentation pour contrer l'offre de Loblaws.M.Scraire ouvrait ainsi la porte à d’autres options avec d’autres partenaires.Lucien Bouchard a également suivi cette voie.«Cette transaction soulève en effet des interrogations que nous avons à l’esprit.Im Caisse de dépôt est en train d'analyser la question.On attend de voir quels seront les résultats de ces études qui sont en cours.[.] Il y a différentes hypothèses.Ça peut être des transactions alternatives aussi», a dit M.Bouchard.De façon préliminaire, M.Bouchard et le ministre des Finances, Bernard Landry, s’étaient montrés prudents, se bornant à souligner, sou- Charest met son programme constitutionnel au rancart Le chef libéral ressort le spectre de Vincertitude politique MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Sherbrooke — Le programme constitutionnel du Parti libéral est mis au rancart par le chef libéral Jean Charest.Quand il parle Constitution, le chef du PLQ préfère maintenant renouer avec la tradition fédéraliste québécoise en ressortant, dans ce dernier droit de la campagne électorale, le spectre de l’incertitude politique qui fait office de «programme» du Parti québécois, selon lui.«Un des consensus du Sommet économique de 1996, c’était que l’incertitude politique empêchait les investissements et la création d’emplois.Pour le Parti québécois, un consensus, c’est quand tout le monde est d’accord et, s’ils ne le sont pas, on va continuer à leur poser la question jusqu’à tant qu’on ait la bonne réponse.» S’attaquant, comme promis, à ce mantra vieux de 25 ans, à cette «camisole de force» référendaire que veut impo-ser Lucien Bouchard au Québec, M.Charest se pose en défenseur du «libre choix», en défenseur des intérêts du Québec, même si cela doit clairement se dérouler (^Constitution.Se disant «constant et fidèle», Jean Charest est prêt à tout sauf à toucher à la Constitution canadienne.Un premier mandat libéral avec lui à sa tête s’occupera de santé et d’éducation, d'économie et d’emploi et appuiera l’union sociale canadienne, mais le programme constitutionnel du PLQ, Reconnaissance et interdépendance, ne dépassera pas l’étape de projet pour l’instant.«Ça ne veut pas dire qu’on met de côté des changements qu'on souhaite», ajoute M.Charest Ces changements ne toucheront pas ]X)ur l’instant à la Constitution canadienne.Pourtant, défendu par l'ancien chef Daniel Johnson, le programme libéral Reconnaissance et interdépendance suggère des balises sur le pouvoir du fédéral de dépenser et pour établir la notion que le Québec forme une société distincte.Chez les libéraux, le plus loin qu’on souhaite aller pour l’instant est d’appuyer jusqu’au bout la démarche provinciale sur l’union sociale.Ultimement, après une entente avec le fédéral et un banc d’essai de quelques années, l’exercice devra éventuellement se traduire en une constitutionnalisation de l’entente, mais la chose de- REUTERS Jean Charest veut s’attaquer à la «camisole de force» référendaire.vient difficilement réalisable durant un premier mandat libéral à Québec.Le chef du PLQ dit qu’il défendra les positions toujours défendues par cette formation politique.«Peu importe les circonstances, peu importe le dossier, peu importe le moment, je défendrai toujours ce que j’ai dans mon cœur et dans mon ventre, je défendrai toujours les intérêts du Québec.[.] Ça suppose qu’on peut faire autre chose que des référendums et des amendements constitutionnels.» Questionné par les journalistes hier matin dans son château plus ou moins fort de Sherbrooke, où la députée pé-quiste Marie Malavoy pense avoir des chances de l’em]X)rter, le chef du Parti libéral du Québec a répété ses priorités à lui par rapport à Y «obsession référendaire» de son adversaire péquiste.«Le système de santé, c’est l’enjeu réel.[.] Le prochain mandat, on veut mettre l’accent sur l’union sociale.Il y a des changements possibles qui changent la façon dont la fédération se gère.Là-dessus, on va mettre beaucoup d'énergie et de temps.En même temps, on va s'occuper d’économie et d’emploi.» Le chef du PLQ a confirmé que les douze derniers jours de la campagne libérale se passeraient à attaquer inlassablement le souhait du PQ de tenir un autre référendum sur la souveraineté.«M.Bouchard a demandé un mandat pour tenir un référendum, il aura sa réponse le 30 novembre prochain.Ce référendum va être l’élément dominateur d’un gouvernement du Parti québécois [.] avec tous les effets que nous connaissons.» Au lendemain d'un débat qui n’a pas fait de grand gagnant, au moment où certains commentateurs disent que sa performance ne réussira pas a renverser la tendance électorale, le chef libéral a parlé de «loyauté» à Sherbrooke, sa ville natale.Sa loyauté et sa fierté ont toujours été inébranlables envers le Québec, a-t-il rappelé.«La loyauté, ça compte pas quand ça va bien.Ça compte quand on est mis à l’épreuve, quand des gens nous contestent, quand ils mettent à l’épreuve nos convictions.Mes convictions à moi n'ont pas changé.» Devant plus de 300 personnes à un diner de la Chambre de commerce de Sherbrooke, un des vice-présidents de la compagnie Bombardier, Marc Pelletier, a présenté Jean Charest hier comme le produit d’une culture originale qui n’utilisera pas la «stratégie du couteau sur la gorge, comme sait si bien le faire Lucien Bouchard».Des pancartes libérales brandies par quelques hommes d’affaires plus tôt hier matin au château Champlain ne laissaient point d’équivoque sur ce que sera la stratégie libérale d’ici la fin de la campagne.Le bleu des affiches est désormais tapissé du mot «souveraineté» rayé par une barre1 oblique.A ce groupe de partisans, M.Charest a promis de travailler fort jusqu’à la date de l’élection.«Terrain, terrain, terrain», leur a-t-il répété.GUERIN Un style élégant, très personnel | .|.Un bonheur d’écriture qui devient pour nous, jusqu’à la fin dramatique et inattendue, bonheur de lecture.Lise Lachance, l.e Soleil Un grand cru |.|.Un coup d’envoi fort réussi.S tanley Pi an, Ici vlb éditeur NOUVEAUTE LE FOU DU PARADIS Angoisse et al.Roman Guérin littérature 400 pages, 25,50 $ Nilma Saint-Gelais Née à Québec en 1954, Nilma Saint-Gelais, diplômée en service social, s'intéresse depuis plusieurs imitées aux diverses consequences de la maladie mentale ainsi qu'à la violence à l’endroit des femmes et des enfants.Le tou du paradis est son premier roman.Un soir de mai.la disparition de la petite Fanny sème le désarroi chez les Carderi.famille bien connue d’Outremont.Consternée par ee tragique événement, Maryse Fitzgerald, la mère, vit alors un insoutenable cauchemar tandis que son mari, Antonin Carderi, magnat montréalais de la publicité, affiche une attitude indifférente.Après de longs jours d’investigation entretenant les pii es appréhensions de la famille, la police doit reconnaître qu’elle ne dispose d’aucun indice sérieux pour retrouver l’enfant.Malgré tout, l'enquêteur Édouard Thomassin poursuit inlassablement ses recherches, refusant de voir cette affaire aboutir parmi les trop nombreux cas de disparition inexpliquée.Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée, 4501, rue Drolet.Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone : (514) 842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Adresse Internet : http://www.guerin-editeur.qc.ca Lucien Bouchard doute que la transaction Loblaws-Provigo soit dans l’intérêt du Québec.rire en coin, que la supposée incertitude politique générée par la seule présence d’un gouvernement péquiste ne semblait pas réduire l’intérêt d'une entreprise ontarienne à venir investir au Québec.L’éducation oubliée (Le Devoir) — lit Fédération des commissions scolaires et la Fédération québécoise des professeurs d’universités ont toutes deux déploré hier que l’éducation soit passée inaperçue lors du débat des chefs, mardi soir.Ije président de la Fédération des professeurs d’universités, Roch Denis, s’est alarmé de ce que le chef du gouvernement sortant s’était fait fort de proclamer que le Québec ne vivrait plus au-dessus de ses moyens, donnant l’impression que le Québec avait vécu au-dessus de ses moyens en education.«C'est fata, dit-il, et l'éducation ne devrait pas figurer daits la colonne des dépenses mais bien des investissements.» Pour sa part, le président de l;i Fédération des commissions scolaires, André Caron, a lui aussi déploré que ce secteur ait été relégué aux oubliettes mardi soir.«De toute evidence, a-t-il constaté, l'éducation n'est plus une priorité pour nos politiciens et cela est très inquiétant.» Dernière chance (PC) — Le directeur général des élections, M" Jacques Girard, rappelle que les électeurs bénéficient d’une dernière chance pour s’inscrire sur la liste électorale.Ceux qui désirent s'inscrire ou taire apjxrrter une correction sur la liste électorale doivent se présenter a l’un des trois bureaux de révision spéciale de leur circonscription entre le 18 et le 25 novembre, de lOh à 21h.Le dimanche 22 novembre ENEZ FETER LE LANCEMENT Les contes québécois du grand-père forgeron à son petit-fils Bouscotte de Vctor-Lévy Beaulieu O h N V O % h 03 % O 15 h aux stands 400 et 402 des Éditions Trois-Pistoles Au Salon du livre de Montréal Gilbert Sicotte Antoine Beauchemm Nancy Gauthier Eugenie Beauchemin Julien Bernier-Pelletier Bouscotte et plusieurs autres artisans du téléroman Bouscotte ! Ce lancement sera suivi à 16 h d'une lecture de larges extraits du volume Les contes québécois du grand-père forgeron à son petit-fils Bouscotte À la Place médias/Alice Parizeau du Salon du livre Avec Julien Bernier-Pelletier, Nancy Gauthier et Gilbert Sicotte! Après cette lecture, la fête continuera aux stands 400 et 402 des Éditions Trois-Pistoles pour une mémorable * séance de signatures! Q-j-j Demies trennes! , DANIEL ÎAÇÇpOV-.PROTECTEUR VICTOR LEVY PEAL LIEL QUEBECOIS Dl CKANDTEKE FOKC.EKON A SON l’ETIT FILs noi SCOTTE v:vXÿ:X;:;Tv DanielJacoby Signera son ouvrage Le Protecteur du citoyen, le samedi 21 novembre de 14 h à 16 h et de 19 h à 21 h De même que le dimanche 22 novembre de 13 h à 15 h! « PROTECTEUR,.CITOYEN I.E I) !•: V (1 I It .L K .1 K I' III I II Il V E M It It K | 8 A 4 ?LE DEVOIR ?MONTREAL Vision Montréal veut réduire de moitié la période de questions La nouvelle administration du maire Bourque tente de bâillonner l'exercice démocratique, dénonce Helen Fotopulos L’administration du maire Bourque craint-elle que l’assemblée spéciale du conseil de ville du 12 novembre, très mouvementée, donne le ton aux prochains affrontements?Hier, le premier comité exécutif s’est conclu par une proposition de couper court aux prochains débats au conseil municipal.LOUISE LEDUC LE DEVOIR La conseillère d’Equipe Montréal.Helen Fotopulos, accuse l'administration Bourque de porter atteinte à la démocratie municipale en tentant de réduire de moitié la longueur des futures périodes de questions des citoyens et de bâillonner les conseillers.C’est une note du leader de la majorité, Pierre-Yves Melançon, sur une proposition de modification aux règlements de régie interne du conseil, qui a incité Mme Fotopulos à sonner l’alarme.Dans cette note, M.Melançon propose de réduire de 60 à 30 minutes la période de questions des citoyens.Le droit de parole des conseillers serait par ailleurs limité par la volonté de l’administration Bourque de révoquer leur droit de prolonger de 30 minutes la période de questions.«L'administration n a pas tardé pour tenter de bâillonner le processus démocratique»-, de lancer Mme Fotopulos, conseillère du district de Mile-End.Pour justifier ses propositions, M.Melançon évoque les lacunes du règlement actuel qui font dire aux observateurs de la scène municipale que les séances du conseil ressemblent à un cirque.Pour discuter de la proposition, M.Melançon a convoqué les conseillers ce matin, à 9h3Q, à une réunion qu’entend boycotter Equipe Montréal «pour protester contre ce non-sens parlementaire», explique Mme Fotopulos.Mme Fotopulos s’insurge encore contre l’introduction d’une distinction entre le droit de parole des différents conseillers.«Le maire aurait droit à ses 20 minutes habituelles, tout comme le porte-parole de l'administration et le chef de l'opposition officielle.Les leaders auraient désormais droit à 15 minutes et les autres membres du conseil devraient dorénavant se contenter de dix minutes.Auparavant, tout le monde avait droit à 20 minutes.» C’est au terme du comité exécutif d’hier matin que l’administration Bourque a lancé cette proposition de changement aux règlements du conseil municipal.Comme l’ordre du jour du prochain conseil municipal est déjà très rempli, cette question ne sera discutée qu’au conseil du 14 décembre, comme l’explique l’attachée de presse (lu maire Bourque, Madeleine Champagne.«Cette proposition fait suite à une demande d'un peu tout le monde», préci-se-t-elle.«Le comité de la présidence a étudié les anciens règlements et certains lui semblaient peut-être un peu vieillots.» Ce comité de la présidence se compose du président, provenant de la majorité, de deux membres issus du parti politique le plus nombreux et de deux membres des autres partis politiques.«Après cela, va-t-on complètement éliminer la période de questions et revenir au bon vieux temps de M.Drapeau?La période de questions à la Ville, c’est assez récent dans l’histoire de Montréal», s’interroge Mme Fotopulos.Selon elle, des débats écourtés deviendraient particulièrement difficiles au moment de discuter du budget et du programme triennal d’immobilisation.«Quand t’as siégé sur une commission où tu as passé en revue une quinzaine de services, tu n'aurais plus qu’une minute pour intervenir sur chacun des services.Tout de même, on parle ici du budget, ce n’est pas rien», de conclure Mme Fotopulos.Une guerre de jouets dangereux oppose les fabricants à Santé Canada et Greenpeace Greenpeace croule sous les appels LOUIS-G I L L E S FRANCOEUR LE DEVOIR Pendant que les chaînes de magasins, y compris l’importante chaîne Toys’R US, commençaient à retirer des tablettes les jouets de PVC mous pour tout-petits en raison de leur concentration de phtalates cancérigènes, les bureaux de Greenpeace à Toronto et à Montréal, croulaient sous les appels des consommateurs, inquiets du dossier dévoile lundi qui pointe un doigt accusateur vers les jouets de PVC contenant, cette fois, du plomb et du cadmium.-j- Selon Matthew Bramley, de Greenpeace-Québec, les quelques permanents du bureau de Montréal, qui ne bénéficient d’aucun secrétariat, ont reçu jusqu’à 100 appels à l’heure hier de parents et de consommateurs qui veulent en savoir plus ou se plaindre de grands magasins qui refusent de leur rembourser les jouets jugés dangereux.Lundi, une course assez inusitée devait opposer à Ottawa Greenpeace et Santé Canada.Greenpeace révélait à 10 heures le résultat de nouveaux tests effectués sur différents jouets d’enfants en PVC, dont certains affichaient des concentrations de plomb et de cadmium allant dans certains cas jusqu’à 13 000 parties par million.Au Canada, on interdit la vente de peinture contenant plus de 600 ppm de plomb, mais il n’y a aucune norme similaire pour les jouets d’enfants, reprochait Green-peace au fédéral.A midi, le même jour, Santé Canada recommandait en conférence de presse le retrait des jouets mous de PVC, destinés aux tout-petits de moins de 8 kg, qui contiennent des phtalates, soit le plastifiant qui les rends souples et agréables.dans la bouche.Cette recommandation de retrait volontaire était aussitôt dénoncée comme insuffisantes parce qu’elle omettait les jouets destinés aux plus vieux — jusqu’à trois ans — dans lesquels Greenpeace a relevé d’importantes concentrations de plomb et de cadmium, deux métaux lourds dommageables au système nerveux, à différents organes y compris le cerveau, et dans le cas du cadmium, potentiellement cancérigène.Hier, le porte-parole de Greenpeace, Matthew Bramley, se disait «consterné de voir que l'étude sur les phtalates utilisée par Santé Canada avait été réalisée par les fabricants européens de jouets, une étude de l’industrie sur les dangers de ses propres jouets.» «Si Santé Canada avait utilisé plutôt les études effectuées par certains gouvernements européens, beaucoup plus rigoureuses et indépendantes, c’est un ordre de retrait total et non une recommandation de retrait volontaire qu’on aurait dû émettre» de façon à éliminer tous les jouets présents sur le marché qui contiennent des phtalates, ajoutait M.Bramley.L’industrie pour sa part continue de soutenir que les phtalates ne constituent pas un danger dans les jouets.La direction de Santé Canada mise en cause dans ce dossier est la même qui a été accusée au cours des dernières semaines par ses propres chercheurs d’avoir fait pression sur eux pour homologuer, malgré leur opposition, l’hormone de croissance de la société Mosanto, conçue pour stimuler la production laitière des vaches.Les chercheurs ont accepté de témoigner après avoir reçu l’assurance du IYocureur général du Canada qu’ils n’en subiraient aucun préjudice.C’est aussi la même direction qui a été mise en cause dans l’affaire du sang contaminé et dans celle des implants mammaires.L’osmose de plus en plus critiquée entre cette direction et les lobbies industriels résulte d’un changement fondamental de philosophie.Comme au ministère québécois de l’Environnement et de la Faune, la «clientèle» de Santé Canada n’est plus la population mais bien la «clientèle» des industriels demandeurs de permis ou d’homologation.C’est depuis ce changement de cap que les dérapages se succèdent.flulo 402 -HOMMC® À votre service depuis 20 ans COSTUMES importés d’Italie au prix de gros 100% laine Coupe exclusive De 299 $ ù 499 $ le costume Du lundi au vendredi De 9 h 30 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E R IC DESROSIERS LE DEVOIR Entre deux et trois cents personnes ont érigé, hier devant la permanence nationale du Parti québécois à Montréal, un camp fait de panneaux électoraux pour exiger la construction de plus de logements sociaux au Québec.Provenant d’un peu partout au Québec, les protestataires ont déploré le peu de cas qui a été fait jusqu’à présent du problème de la pauvreté durant la campagne électorale.Dénonçant la retraite des gouvernements sur le front des politiques de développement de logements sociaux, l’organisateur de la manifestation, Pierre Saillant du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), invite non seulement les partis politiques en campagne à maintenir, sinon augmenter, les budgets consacrés à cette priorité, mais aussi à profiter du rapport de force que peuvent leur donner les nombreux mouvements populaires concernés pour que le Québec aille chercher son dû à Ottawa.PRISE DE PAROLE Atelier de formation de porte-parole d’entreprise Bien s’exprimer ne suffit pas Une entrevue n’est pas une conversation mondaine Il faut savoir comment dire, a la radio et à la télévision Acquérez du savoir-dire médiatique Votre message passera mieux Samedi 5 décembre 1998 Hôtel Le Delta 475, avenue du Président Kennedy Montréal, Québec Nombre de participants limité Inscrivez-vous maintenant I rais de l’atelier: 275,00$ (plus taxes) Informations: (514) 484-3556 Consultez le syllabus: http://www3.svmpatico.ca/ibernard LES COMMUNICATIONS JACQUES BERNARD jbernard@sympatico.ca Pierre Saillant condamne l’occultation des problèmes de la pauvreté et du logement durant la campagne.«Je n’en reviens pas que Ton puisse parler autant de la santé sans parler des raisons de la maladie, dénonce-t-il.Il me semble que Ton a démontré depuis longtemps le lien entre les problèmes de santé et la pauvreté, les mauvaises conditions de logement et la mauvaise alimentation.» Sachant qu’un demi-million de ménages québécois consacrent le tiers de leurs revenus au paiement de leur loyer, alors que 273 000 d’entre eux y engouffrent plus de la moitié de leurs revenus, Pierre Saillant juge insuffisant le récent engagement de Québec de construire chaque année, de 1997 à 2002, 1325 nouveaux logements sociaux.«Quand on consacre autant d’argent au loyer, dit M.Saillant, on doit nécessairement couper dans d'autres besoins essentiels.Et la dépense la plus compressible, c’est souvent l’alimentation.» Pour faire mieux, selon lui, le gouvernement doit exiger d’Ottawa, qui avait été traditionnellement responsable de ce genre de programme jusqu’à ce qu’il décide de s’en retirer en 1994, non seulement qu’il transfère les points d’impôts nécessaires pour la construction de nouvelles unités de logement et l’entretien des unités existantes, mais aussi qu’il s’engage à compenser l’injustice historique dont a été victime le Québec.En effet, déplo-re-t-il, le Québec n’a reçu que 19 % des budgets fédéraux alloués aux logements sociaux alors que l’on y retrouve 29 % des familles en ayant besoin.La réparation de cette injustice permettrait, pense-t-il, de hausser le nombre d’unités construites à 8000 par année.Déçu de voir, jusqu’à présent, le gouvernement péquiste négocier mollement avec Ottawa, et sceptique quant aux chances de voir un possible gouvernement libéral faire beaucoup mieux, le FRAPRU presse les deux partis en campagne d’appeler à la constitution d’un front commun populaire pour se donner un véritable rapport de force.Partie du square Berri, la manifestation d’hier s’est terminée dans un sous-sol d’église, par une soupe populaire et des discours d’appui de représentants de la Table de concertation sur la faim, de la Fédération des femmes du Québec et du Conseil des travailleurs et travailleuses du Montréal métropolitain. DEUX BANQUES.UN ENGAGEMENT.• 4 J EN JANVIER DERNIER, NOUS, DE LA BANQUE DE MONTRÉAL ET DE LA BANQUE ROYALE, ANNONCIONS NOTRE PROJET DE FUSION.Depuis, nous avons passé beaucoup de temps à travailler ensemble afin de faire face aux interrogations de nos clients et de la population en général.Avec autant de questions sur les frais de service, l’avenir de la banque dans sa collectivité, le service à la clientèle et notre engagement envers les petites entreprises, nous croyons qu’il est temps de vous donner des réponses adéquates.Le but de ce projet de fusion est de bâtir une banque meilleure qui profitera à tous les gens d’ici ainsi qu’aux petites entreprises.A cette fin, voici ce que la nouvelle banque fera : NOUS RÉDUIRONS LES FRAIS DE GESTION.Nous réduirons les frais de gestion des programmes de services bancaires aux particuliers d’au moins 10 %.D autres frais bancaires seront réduits et certains seront complètement supprimés.NOUS AUGMENTERONS L’ACCÈS AUX SUCCURSALES.Le nombre total de nos points de vente avec personnel passera de 2 500 à 3 000.___________ NOUS AURONS UNE NOUVELLE BANQUE ENTIÈREMENT CONSACRÉE AUX PETITES ENTREPRISES.Nous mettrons 40 milliards de dollars à la disposition des petites et moyennes entreprises.C’est-à-dire que nous doublerons la somme totale que nous prêtons actuellement à ce secteur.Nous créerons, à l’intérieur de notre banque, une nouvelle banque destinée exclusivement aux petites et moyennes entreprises.Le taux de roulement de ses directeurs de comptes sera réduit et un plus grand nombre de décisions de crédit seront prises localement.NOUS AURONS DU PERSONNEL QUALIFIÉ PLUS NOMBREUX AU SERVICE À LA CLIENTÈLE.Nous affecterons un plus grand nombre de personnes qualifiées au service à la clientèle.Les employés qui répondront en personne aux clients seront donc plus nombreux.NOUS CONTINUERONS À DESSERVIR LES RÉGIONS RURALES DU PAYS.Nous veillerons à ce qu’aucune petite ville, région en raison de la fusion.rurale ou collectivité éloignée ne soit privée d’accès à une succursale bancaire Et surtout, au cours des prochains mois, nous nous engageons à écouter attentivement ce que vous, notre client, avez à nous dire et « à poursuivre le dialogue avec vous.En unissant nos talents, notre énergie et nos ressources, nous serons en mesure d économiser et de partager les épargnes avec nos clients.Nous sommes déterminés à bâtir une meilleure banque pour tous.C’est notre engagement envers vous.Le président du Conseil et chef de la direction Banque de Montréal A/• Banque de Montreal Le président du Conseil et chef de la direction Banque Royale John E.Clegli BANQUE ROYALE Pour obtenir un exemplaire gratuit de notre livre Deux banques.Un engagement., appelez sans frais au 1 877 842-2566 ou visitez notre site au www.propositionfiision.com. A (> i.iî v.v U I li .1 Y.V I) I I !> N e chef conservateur cherche à rassembler les forces de la droite pour faire échec aux libéraux «qui se font élire par défaut», grâce à la division du vote de la droite.Il n’est pas question toutefois de s’unir aux réformistes.M.Clark estime qu’il peut très bien s’acquitter de cette tâche à l’extérieur du Parlement.Quelques-uns de ses députés ont l’intention d’assister à une conférence organisée par les réformistes dont l’objectif est de créer une coalition de la droite, en février à Ottawa.M.Clark n’y sera pas.«Les objectifs du Parti réformiste sont très clairs.Ils sont désespérés, a-t-il dit hier.Ils savent qu 'ils ont de sérieux problèmes internes, ils cherchent un baume.S'ils échouent, quelques-uns de leurs députés pourraient revoir leur décision de rester aux Communes.La même chose pourrait se produire au Bloc québécois.» M.Clark, élu à la direction du parti à l’issue du deuxième tour de scrutin samedi dernier, était en réunion hier pour la première fois avec son caucus.11 a d’ailleurs reconfirmé les députés dans leurs fonctions.Elsie Wayne demeure la leader adjointe, Harvey André, le whip, et Peter MacKay, un partisan de Hugh Segal, le leader parlementaire.«Il ne veut pas faire trop de brassage», a souligné hier un député conservateur.ARCHIVES I.E DEVOIR E N It K E F Lionel Jospin viendra au Canada le mois prochain Ottawa (PC) — Le premier mi-.nistre de France, Lionel Jospin, effectuera une visite au Canada du 16 au 19 décembre, a-t-on appris du bureau du premier ministre Jean Chrétien, hier.Le visiteur passera les 16 et 17 décembre à Ottawa, où il aura des entretiens avec M.Chrétien et plusieurs ministres canadiens.Son programme, plutôt chargé, prévoit qu’il se rendra aussi à Montréal, Québec et Toronto.«Cette visite nous permettra de resserrer nos relations transatlantiques et renforcer nos efforts de partenariat sur plusieurs questions économiques», a déclaré M.Chrétien par voie de communiqué.Le premier ministre canadien s’est rendu en France en janvier 1997.alan AUTEUR DU POPULAIRE TfLfROMAN Bouscotte ET DE Les contes québécois du grand-père forgeron à son petit-fils Bouscotte SIGNE SES OUVRACES Stands 400 n 402 des Éditions Trois-Pistoles Tous les jours de 14 h à 17 h mie 19 h à 22 h e Mon treat- s’enivrer A17 heures, on s'ouvre à toutes les passions ! 17 h - Ouverture du Salon 18 h - Cérémonie d'inauguration 19 h - S.A.Q.- Conférence de Michel Montignac : Boire du vin pour rester en santé.Livrez-vous à vos passions ! EXPOSITIONS : • Les prix littéraires / les beaux livres à consulter, Place Loto-Québec • Les anniversaires des exposants - l'histoire, Place Alcan • La nuit à lire debout - affiches des quatre finalistes et du gagnant • Des livres qui s'ouvrent sur le monde (Les 40 ans des Éditions de l'Homme) • Les revues littéraires au Québec (SODEP) Programme complet au Salon du livre de Montréal et sur le site Internet.Heures d1 Jeudi : Vendredi : Samedi : Dimanche Lundi : Mardi : ouverture : 17 h à 22 h 9 h 10 h 10 h 9 h 9 h 22 22 22 22 18 Adultes : 6 S Étudiants et membres de la FADOQ : 3 S http://www.slm.qc.ca du livre de Montréal du 19 au 24 novembre 1998, Place Bonaventure / r ALC 1*1 Patrimoine canadien ALCAN ’¦ Les Arts du Maurier SAO src •§;> LJ Québec:: ^ loto-québec A 8 1, !•: 1) K V 0 I li .1.K I !•: I I) I I !) N 0 V R M b B E I !l < I K EDITORIAL ÉLECTIONS 1998: L’ÉDUCATION Que Ton poursuive le travail î Avec Pauline Marois à la barre, le système d’éducation est passé en seconde vitesse, tout comme la politique d’aide à la petite enfance.Plutôt effacée depuis le début de la campagne électorale, cette femme énergique a fourni au PQ certains des meilleurs arguments pour une éventuelle réélection.il faisant le bilan du gouvernement sortant, il est impossible de passer à côté de la performance remarquable de la ministre (l'État à l’Éducation et jusqu’à récemment ministre de la Famille, Pauline Marois.En trois années seulement (on se rappellera qu’elle a succédé à Jean Garon à qui on doit la Commission des états généraux), Mme Marois a entrepris et souvent complété bon nombre de réformes dont il est encore tôt pour en apprécier les résultats.Mentionnons pour mémoire la revalorisation tant attendue de Tense ignement secondaire professionnel et le début de la construction de ponts conduisant aux ordres d'enseignement supérieurs; la création de pi ugrammes de stages en milieu de travail; la réforme du curriculum au pi ofit des matières de base au primaire et au secondaire; l’ouverture en un temps record des maternelles à temps plein pour les enfants de cinq ans; l’ouverture de dizaines de milliers de places à cinq dollars par jour dans les centres de garde et dans les écoles; la transformation des commissions scolaires confessionnelles en commissions linguistiques et la réduction de leur nombre de plus de la moitié.Non seulement la liste est-elle longue, mais elle est aussi impressionnante par l’envergure de ces réformes qu’il faut maintenant digérer.Après tout, on ne bouleverse pas ainsi des structures et des habitudes sans qu'il faille un certain temps avant de retrouver un rythme de croisière plus rassurant.D’autant plus que certains des changements n’entreront en vigueur qu’un peu plus tard, telle la réforme du lui riculum au primaire et au secondaire.?i out n’est pas parfait, loin s'en faut.On se rappellera le cafouillage dels le dossier de la laïcisation des commissions scolaires et les pro-blèmes causés par la précipitation à créer les maternelles à temps plein pour les enfants de cinq ans.De même, il aura fallu attendre la présente campagne électorale pour que Mme Marois admette la nécessité d’ac-cu.(1er plus de place aux sciences à l’école.Quant à l’obligation faite aux commissions scolaires de demander la permission à la ministre avant d’ouvrir une école à vocation particulière, voilà bien le genre de contrôle central paternaliste qui vient en contradiction avec le discours de déconcentration de l’exercice du pouvoir que tient la ministre.Par ailleurs, il faut aussi regretter qu’on ne soit pas allé voir de plus pies ce qui se passe dans les collèges et les universités.On s’est contenté de laisser les premiers poursuivre une réforme discutable lancée du temps de la ministre Lucienne Robillard, et les universités se pencher elles-mêmes sur leur propre situation, une démarche dont on doute depuis le début quelle aboutisse à des résultats satisfaisants.Parmi les problèmes depuis longtemps identifiés, celui du taux d’abandon scolaire à tous les ordres d’enseignement est sans doute le plus aigu.Les raisons qui expliquent le mal varient selon qu’on parle des élèves du secondaire ou des candidats au doctorat, mais dans tous les cas, des mesures s’imposent qui serviraient à la fois la société, les individus concernés.et les finances de l’État.Peu de choses ont été laites au cours du premier mandat du Parti québécois si ce n’est la négociation de mesures très limitées d’encadrement au collégial et le développement du secteur professionnel au secondaire.Le Parti libéral propose tout au plus de corriger les erreurs de son adversaire en éducation.Jean-Robert Sansfaçon ?La campagne électorale a été jusqu’ici l’occasion pour le Parti libéral de s’attaquer a quelques-unes de ces faiblesses du bilan péquiste.Selon ie ; libéraux, ce sont les compressions de plus de 850 millions de dollars dans les budgets de l’éducation qui ont fait le plus de mal au réseau, du pi unaire jusqu’à l’université.Ils ont raison et quiconque suit de près 1 évolution du réseau de l’éducation se demande s’il sera possible de ;.verser la dernière étape de la mise en ordre des finances publiques ,s endommager le navire d'une façon irréparable.Les universités, .amment, ont atteint le point de rupture et Ton ne comprend pas Tin-un ïerence du gouvernement à leur endroit.Au secondaire et au collège, c’est l’abolition de milliers de postes de p.-tessionnels qui pose le problème le plus grave.Comment le Parti québécois peut-il prétendre mieux orienter et encadrer les jeunes après q.il eut lui-même présidé a ce carnage?Pour leur part, les libéraux promettent de mettre fin dès Tan prochain aux compressions a tous les ordres d’enseignement, une promesse salutaire mais dont on doute de sa réalisation dans l’actuel contexte h,.ancien Par la suite, ils proposent une mesure qui sera moins bien re-s ¦ par les intéressés, celle d’introduire un mécanisme faisant intervene des «indicateurs de performance» lors de l’attribution d’une partie des budgets des institutions postsecondaires.La carotte et le bonbon.Autre engagement du parti de Jean Charest, celui de créer 25 000 / ges rémunérés en partenariat avec les employeurs.Voilà une idée si elle n’est pas nouvelle, n’en est pas moins toujours intéressante, h, .is cette fois, ce sont des spécialistes du milieu de l’enseignement cooperatif qui doutent qu’elle soit réalisable bien au delà de ce qui se pra-n , je déjà dans les collèges et les universités.oa mesure la plus significative du programme libéral est Taugmenta-u n du nombre d’heures d’enseignement qu’on s’engage à porter de 2., 5 heures par semaine à 25 au primaire, soit le niveau de la moyenne .:Aionale.C’est en effet le seul moyen a la fois d’offrir plus d’heures u nseignement des matières de base et d’accroître le temps consacré à i apprentissage des langues secondes, des arts et de la technologie.D’inspiration conservatrice, la politique des libéraux à l’endroit des je.mes familles s’apparente à celle des adéquistes de Mario Dumont.A la méthode péquiste qui préfère créer un nouveau programme pour u;.e clientele bien identifiée, Jean Charest oppose de redonner plus d rgent aux parents en les laissant libres de décider de ce qui leur convient le mieux.I^e choix est idéologique, mais il est aussi fiscal puis-il est toujours plus coûteux de créer un nouveau programme que de baisser les impôts.Dans l’ensemble et malgré quelques traits qui en font un parti plus à droite que le PQ, les libéraux n’annoncent donc aucune révolution en education, ni même une façon différente de faire les choses.Tout au plus promettent-ils de remettre un peu d’argent dans le système et d’ap-perter des correctifs aux réalisations du gouvernement sortant.Malheureusement pour le PLQ et son chef qui pourraient fort bien emplir la mission que nous attendons du prochain gouvernement, A ne Marois a permis au Parti québécois de prendre une confortable .••rince dans la direction qui était souhaitée en éducation.jrsansfacon%ledevoir.ca Le devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE CAYOUETTE, PIERRE BEAULIEU.NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN T1FFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ «un o&DÎNAiÊÊ.» P Ç>uis J£un£, \ / PLUS fOU.j/L gÆi.L E T T R, E S -4- Champagne et les droits humains Nous avons appris avec tristesse la mort de Maurice Champagne.Ce militant infatigable de la cause des droits humains a marqué l'histoire du Québec et celle de la Ligue des droits et libertés.Maurice Champagne a été élu vice-président de la Ligue en avril 1971 et président en avril 1972.Il a démissionné de ce poste en septembre 1972 pour devenir le premier directeur général de la ligue, poste qu’il a occupé jusqu’à la création de la Commission québécoise des droits de la personne dont il est devenu le vice-président en 1975.Sous sa direction, la Ligue a pris une expansion considérable et a su se tailler une place unique dans la société québécoise.C’est la «période sociale» de la Ligue au cours de laquelle Maurice Champagne a mis à contribution tous ses talents de stratège pour arracher une Charte des droits au gouvernement québécois.S’employant à décrire de façon exhaustive l’état des droits au Québec en 1972, la Ligue rend public un manifeste identifiant les minorités sociales dont les droits sont constamment bafoués.De 1972 à 1974, la Ligue mène une campagne d’éducation et de sensibilisation sur le projet de charte.La Charte que revendique la I jgue serait en quelque sorte une version québécoise de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et garantirait non seulement les droits civils et politiques mais également le droit à l’égalité et les droits économiques, sociaux et culturels.En octobre 1974, le ministre de la Justice de l’époque, Jérôme Choquette, dépose un projet de loi.La Ligue se réjouit du projet qui, par son ampleur et son inspiration, place le Québec à l’avant-garde de tout le Canada.Le Ligue réaffirme la nécessité d’une Charte qui soit véritablement une loi fondamentale ayant préséance sur les autres lois.En juin 1975, la Charte est adoptée par l’Assemblée nationale.La Commission des droits de la personne est alors créée et Maurice Champagne quitte la Ligue pour devenir vice-président de la Commission et travailler à sa mise en place.Si la mobilisation qu’il a orchestrée autour de l'adoption par le Québec d’une Charte des droits constitue sa contribution majeure à l'édifice québécois des droits de la personne, bien d’autres luttes ont été menées au cours de la même époque, notamment sur le droit à l’avortement, le droit à l’autodétermination du peuple québécois, les droits linguistiques, les droits des détenus, les droits de l’enfance et de la jeunesse, l’abolition de la peine de mort, le droit à la vie privée, l’arrêt de la déportation des réfugiés haïtiens, les droits des immigrants et bien d'autres.La Ligue rend hommage à ce grand homme qu’était Maurice Champagne, dont le travail acharné a permis des avancées historiques en matière de droits humains au Québec.Lucie Lemonde Présidente de la Ligue des droits et libertés Montréal, 16 novembre 1998 Haro sur le baudet ! C’est «référendum» qu’on le nomme.Si Ton veut en croire Jean Charest et son thuriféraire outaouais, Stéphane Dion, un référendum, c’est le mal incarné, un mal qui dans sa terreur entraînera avec lui tous les maux de la terre! Tous, tant que nous sommes, péquistes, adéquistes, fédéralistes mous et durs, nous devrions donc voter massivement pour Jean-Charest-le-sauveur-du-Canada, le chevalier sans peurs et sans reproches, seul capable de terrasser ce mal apocalyptique, plus terrible que le plus terrible Armageddon! C’est que, voyez-vous, le PQ, ce pelé, ce galeux, a décidé, comme chacun le sait, de maintenir ouverte la possibilité d’une consultation référendaire s’il est réélu! Dites-moi donc au nom de qui ou de quoi on pourrait le lui reprocher! Y a-t-il, pour un gouverne ment, geste plus démocratique que de consulter le peuple qui l’a élu?«Mais 63 % des gens n’en veulent pas!», nous répètent les sondages, répercutés par les échos de la campagne électorale, bien sûr! D’accord, la sagesse populaire nous enseigne cependant qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée.Alors?Qui nous dit que dans deux, trois, cinq, dix, quinze ou vingt ans, les Québécois n’en voudront pas, de ce fameux référendum?De plus, la première «condition gagnante» de tout référendum, n’est-ce pas que le peuple en veuille un?Où est le mal?Le scandale?Jean Charest, «crinière au vent», et son ami Stef, «petit nez en l'air», seraient-ils partis à l’assaut de monstres imaginaires?Le baudet pourtant ne tondit de ce pré que la largeur de sa langue! Érnest Boudreau L’Assomption, 8 novembre 1998 Montréal, un milieu de vie Dans une lettre intitulée «La solution pour Montréal» et publiée dans Le Devoir du 11 novembre, un habitant de Mont-Saint-Hilaire propose l'unification de toutes les villes de file de Montréal.Accepterait-il l’unification de toutes les villes de la Montérégie, pour que Mont-Saint-Hilaire se perde dans un grand tout plus puissant?Ce qu’il oublie sans doute, c’est que Montréal n’est pas seulement un pôle économique, comme peuvent le sentir les Montérégiens qui ne font que travailler à Montréal, mais aussi un milieu de vie.Personnellement, je n’aimerais pas vivre dans une ville devenue majoritaire non francophone, sinon anglophone.Mais sans doute cette situation favoriserait-elle la croissance des villes de banlieues.Sylvain Auclair Montréal, novembre 1998 L I B R E OPINION -?- A propos des conditions gagnantes A N D K É B A R I L Secrétaire à la revue Combats Depuis quelque temps, les fameuses «conditions gagnantes» évoquées par le premier ministre Bouchard ont fait écrire et jaser bien du monde.Il y a quelques jours encore, à la télé, Michel Chartrand ridiculisait l’expression en laissant entendre que Bouchard jouait à la loterie.Il y a quelques semaines, l'écrivain Pierre Nepveu dénigrait lui aussi l’expression, mais en affirmant tout le contraire, à savoir que cette stratégie des conditions gagnantes «exclut explicitement à l’avance une possibilité de défaite» (Le Devoir, 10 octobre 1998).Chers détracteurs, accordez vos violons, s’il vous plait! Soyons bon joueur, doutons avec eux: et si M.Bouchard nous avait enfermés dans un insoluble dilemme?Ou bien les conditions gagnantes sont imprévisibles, ou bien les conditions gagnantes seront imposées de force; alors elles seront imposées de force.C’est sans doute ce que les critiques veulent nous dire.S’ils ont raison, il faudrait alors combattre ce méchant premier ministre, cet homme — ce «toupet», ce «chef charismatique» — qui aurait ainsi piégé toute la population.Or il me semble que ce sont plutôt ses détracteurs qui ont une vision très réductrice du réel en général et de la réalité politique en particulier.En effet, considérons un instant la complexité du réel.Le réel est-il réductible à deux options: hasard ou nécessité?Est-ce juste de ramener les comportements de l’électorat à un simple événement aléatoire (une «loterie», comme le disait Michel Chartrand), ou à une force, un mouvement déterminé d’avance («la logique d'un torrent», a écrit Pierre Nepveu)?Évidemment non, car à la vérité, la réalité d’un référendum est celle des choix ou des décisions des électeurs.Quel est donc cet ordre du réel?Dans Fondements des mathématiques (Presses de l’Université de Montréal, 1976), Yvon Gauthier, l’un de nos meilleurs philosophes des sciences, a expliqué les modèles formels qui rendent compte de la complexité du réel.Notamment, la distinction entre les suites régulières, les suites aléatoires et les suites de choix est particulièrement éclairante pour notre propos.Une suite de choix est une suite de valeurs librement choisies, mais non pas de manière aléatoire ou irréfléchie.Traduisons cela en politique.L'électeur et Télectrice sont libres de leurs choix, mais cela ne veut pas dire qu’ils choisissent n’importe quoi.Nous recherchons tous une cohérence entre nos choix.Il s’agit d’une cohérence interne, non d’un ordre imposé de l’extérieur.Si l’on veut absolument caricaturer la théorie des décisions ou illustrer une suite de choix, nous pouvons utiliser, par exemple, le jeu d’échecs.Dans ce jeu, les choix et les décisions ne sont pas des réalités aléatoires, encore moins des réalités déterminées d’avance, ou imposées de force.Alors?Ce sont des réalités contingentes.Entre le hasard et la nécessité, il y a encore une autre réalité — et ce n’est pas une réalité occulte — , il y a la contingence.Qu’est-ce que la contingence?Comme on le sait, cette petite question fut à la base de la philosophie de Jean-Paul Sartre (voyez son dialogue avec Simone de Beauvoir, dans Im Cérémonie des adieux).Pour en donner une brève définition, disons que la contingence est le maximum de connaissances dont espère disposer l’ac- teur social lorsqu’il se prépare à agir.Ce maximum de connaissances, les politiciens espèrent l’obtenir grâce aux enquêtes et sondages.Je ne suis pas sûr que cela soit la meilleure source de connaissance, mais j’ai bien peur que notre premier ministre ne diffère pas, sur ce point, de ses prédécesseurs.Aussi, le livre de chevet de nos stratèges est peut-être l’étude de Pinard, Bernier et Lemieux (Un Combat inachevé.Presses de l’Université du Québec, 1997).Les trois chercheurs ont établi de très longues suites de choix: on peut suivre, pendant des décennies, le comportement électoral selon l’âge, le sexe, etc.Bref, on y trouve de nombreuses indications pour saisir ce que pourraient être les «conditions gagnantes» (ou perdantes) d’un référendum.Mais cela est un autre problème.Et je ne voudrais surtout pas terminer sans remercier Michel Chartrand d’avoir apporté, sur la scène publique, l’idée d’un revenu de citoyenneté.Cette idée, cette politique d’avenir, nous devons en débattre.Adopter cette idée veut dire que Ton renonce au contrôle (socialiste) de la production.Cela n’est pas évident pour la gauche.Par ailleurs, le revenu garanti n'a rien à voir avec la compassion.Le revenu garanti n’apporterait peut-être pas non plus de nouvelles libertés.Seulement, il changerait la condition de vie de la majorité de la population.L’égale dignité des personnes aurait enfin une signification économique.Et je ne voudrais pas non plus terminer sans dire au poète et essayiste Pierre Nepveu que je rêve, moi aussi, d’un «compromis historique».Je participe» rais volontiers à l’édification d'un pays plurinational.Mais avec qui?Pour l’heure, le premier ministre du Canada ne semble pas du tout disponible. I.K I) !•: v 0 I li .I.K .1 i: I I) I I !» X v K M I! I! K I !l il S A 9 IDEES Les soins et les services de santé Quelle est la recette miracle ?Sachons qu’à l’heure actuelle, les administrateurs et les gestionnaires de la santé se livrent à un exercice utopique JEAN-PAlll.CADIEUX MARC DE H ELLE FEU ILLE ALBERT PAIN CHAUD Les auteurs, respectivement président, vice-président et secrétaire général, forment le comité exécutif de la Conférence régionale de l’AHQ de Montréal-Centre regroupant une quarantaine d’établissements de courte et de longue durée I y a quelques semaines, l’Association des hô- Ipitaux du Québec dévoilait la situation finan-cière dans laquelle se débattent les établissements hospitaliers québécois, aux prises avec des déficits d’exploitation accumulés qui totaliseront vraisemblablement 580 millions de dollars le 81 mars prochain.Dans la seule région de Montréal, le déficit régional accumulé de nos centres hospitaliers atteindra près de 300 millions de dollars pour l’année courante.En effet, les résultats actuels et nos prévisions de déficit oscillent entre 90 et 100 millions de dollars d’ici le 31 mars.Ceci équivaut à 12,5 % de l’ensemble des budgets de fonctionnement du réseau hospitalier montréalais.En fait, depuis le début de la transformation du réseau de la santé et des services sociaux, en 1994-1995, la région (le Montréal a très largement contribué à livrer les économies exigées par le gouvernement par voie de compressions budgétaires.La Régie régionale de Montréal l’a d’ailleurs reconnu.Plus récemment, le ministre lui-même admettait que le réseau avait frôlé le dérapage.11 est clair qu’un |>as de plus dans des compressions, directes et indirectes, constitue un risque majeur.Le 29 octobre dernier, la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre dévoilait des demandes financières spéciales pour l’année en cours qui, essentiellement, tournent autour du non-financement par le gouvernement des coûts de système, en particulier la hausse du coût de la vie et les hausses de la masse salariale, ainsi que d’importants manques à gagner provenant de la surévaluation par le ministère de la Santé et des Services sociaux des revenus que peuvent tirer les établissements.A ce titre, mentionnons, par exemple, la diminution des revenus de location de chambre causée par la baisse du nombre de lits et des hospitalisations, les coûts de certaines mesures absorbées sans compensation par les établissements, comme l’obligation de ne pas réutiliser les cathéters, les coûts des médicaments, etc.Globalement, les demandes spéciales de la Régie se chiffrent à 5ti millions de dollars pour l'année en cours.Pourraient aussi figurer également sur cette liste de réclamations d’autres éléments comme, par exemple, les conséquences financières sur les établissements de la sous-évaluation des impacts du vieillissement de la population sur la consommation des services et des soins.Bien que l’on ait tenté de banaliser la gravité de la situation financière, les constats concordent et ne sont toujours pas démentis: le sous-financement des centres hospitaliers mine l’accessibilité et rend de plus en plus fragile la qualité des services.De même, comme l’a démontré au début de 1998 la crise dans nos urgences, au lendemain de la tempê-te de pluie verglaçante, les ressources insuffisantes en amont et en aval de l’hôpital font en sorte que le réseau hospitalier doit assumer des responsabilités pratiquement aussi lourdes qu’auparavant, mais avec sensiblement moins de moyens pour le faire.L’offre de service est déstabilisée.Ix*s annonces ou les promesses électorales récentes ne changent rien pour le moment au fait que nous ouvrirons nos livres, le 1er avril prochain, avec l’obligation de rembourser la dette accumulée, capital et intérêt compris.Pour cela, les conseils d’administration de nos centres hospitaliers doivent produire des plans de redressement financier, incluant des mesures d’économie, visant l’équilibre budgétaire sur deux, trois, quatre ou cinq ans, et ce, sans affecter les services à la population.Quelle est la recette?Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes.Ix>rs de la publication de ses orientations pour 1998-2001 (Le Défi de l'accès), le printemps dernier, la Régie régionale de h JACQUES NADEAU I.E DEVOIR L’accessibilité et la qualité des services ont été préservées, mais la cote d’alerte est maintenant atteinte.Montréal avait formulé un certain nombre de conditions de réussite pour la consolidation du réseau de la santé et des services sociaux et le maintien de la qualité et de l’accessibilité des services.Li principale était certes le financement adéquat des services à la population et des investissements significatifs pour permettre de réduire les listes d’attente, d’augmenter la disponibilité des ressources alternatives et de suivre le train des changements technologiques.En février 1998, notre Conférence régionale avait réagi aux propositions de la Régie régionale en l’incitant à faire preuve de réalisme.A nos yeux, les nombreux «si» qu’elle posait sur le plan financier pour la réalisation de ses orientations rendaient l’exercice tout à fait futile.En effet, comment le réseau montréalais aurait-il pu atteindre les objectifs proposés sans en avoir les moyens?Et la Régie régionale l’a reconnu en réexaminant avec lucidité chacune de ses propositions et en s’engageant à présenter au ministère des demandes plus conformes aux besoins et à la réalité.Nous avons endossé la démarche de la Régie régionale et nous continuons de le faire.La région de Montréal doit absolument — dès maintenant — recouvrer ses capacités d’offrir des soins et des services à la mesure des besoins de la population et des différentes clientèles.Au cours des dernières années, nos centres hospitaliers ont réalisé des progrès très importants.Ainsi, tout en absorbant des compressions budgétaires qui dépassent le demi-milliard de dollars, ils ont réussi à faire face aux conséquences de la fermeture de sept hôpitaux, de plusieurs fusions d’établissements et de transformations de mission, de la courte durée à la longue durée.Ils ont accéléré le virage ambulatoire.Par exemple, les interventions en chirurgie d’un jour représentent maintenant environ la moitié de l’ensemble des chirurgies pratiquées dans les centres hospitaliers montréalais.Nous avons réduit de 1250 le nombre de lits dans notre région pour atteindre un taux d’un peu plus de deux lits par 1000 habitants, occupés à environ 90% de leur capacité.Nos durées moyennes de séjour à l’hôpital ont également dimi- L’avenue du Parc Touche pas à ma voie réservée ! Le problème de la voie réservée de l’avenue du Parc traduit bien la situation des Montréalais: penser aux autres avant de penser à eux-mêmes MARTIN FOURNIE R Membres du Comité des résidants du Mile-End Citoyen de Montréal =" e mercredi 4 novembre dernier, Charles I an- Lguay, un lecteur d’Outremont, indiquait qu’il avait eu de la difficulté à terminer I article publié quelques jours plus tôt par Serge 1 ruffaut au sujet de l’avenue du Parc.Ce cpii est drôle, c’est — Il qu’à mon tour j'ai éprouvé la même difficulté, mais en ce qui concernait son propre texte! L‘ texte de M.Tanguay reflète en effet ce contre quoi les résidants et commerçants du Mile-End se battent depuis six ans: le syndrome du banlieusard (même d Outremont) qui profite des services de la Ville de Montréal sans en payer le prix et sans considération pour ses habitants.11 oublie que l'avenue du Parc n'a jamais été conçue comme une autoroute ou une voie métropolitaine de transport.Elle est avant tout la rue principale d un quartier qui existait avant la fondation d’Outremont.Et si son déclin s’est amorcé avant l’arrivée de la voie réservée, il n’en demeure pas moins que son avènement a considérablement nui à sa vitalité commerciale et à sa revitalisation.Aujourd’hui, près de 25 % de ses locaux commerciaux sont vides, trois fois la moyenne montréalaise! C’est à se demander si M.Tanguay vit dans le même monde que nous.Bien sûr que non, il habite Outremont.Et son arrogance est à l’image de sa municipalité, qui se permet de vouloir déverser sa neige usée chez nous et de faire obstacle à l’établissement du poste de police de quartier là où il serait pourtant le plus utile, c’est-à-dire sur l’avenue du Parc, justement! J’invite M.Tanguay à proposer aux commerçants des avenues Laurier et Bernard, les deux artères commerciales principales d’Outremont, l’abolition du stationnement à l’heure de pointe.Ils lui répondront certainement: «Vous êtes fou, ce sont nos meilleures heures de vente.» Concernant l’autobus 535, je suis désolé de décevoir M.Tanguay, mais il est déjà aux trois quarts plein à son arrivée à la rue Van Horne, à trois arrêts seulement de son départ de la station de métro du-Parc.Mais ce n’est pas contre l’autobus 535 que les riverains de l’avenue du Parc en ont.En conférence de presse il y a deux semaines, une coalition de résidants, de groupes communautaires et de commerçants proposait, entre autres mesures, d'abolir la voie réservée et d’installer des feux prioritaires réservés aux autobus et taxis.C’est une mesure déjà en vigueur au sud de l’avenue des Pins et qui fonctionne très bien.Quant aux statistiques sur la circulation automobile, il est bien étonnant que M.Tanguay y ait accès, puisque la nué, même s’il reste encore beaucoup à faire, et des améliorations notables ont été introduites dans la gestion de nos salles d’urgence, réduisant de beaucoup les séjours sur civière de plus de 24 heures, et ce, en dépit de l’alourdissement marqué des cas des personnes qui se présentent à l’urgence.L’accessibilité et la qualité des services ont été préservées: mais la cote d'alerte est maintenant atteinte.Les objectifs de trois ans fixés pour la transformation du réseau montréalais en 1994-1995 ont été atteints et même dépassés, à un point tel qu’il a fallu appliquer le frein d’urgence pour éviter, sous l’effet d’entraînement, de déséquilibrer l’offre de services.A titre d’exemple, mentionnons qu’il a fallu, dès le début de l’année, renverser la tendance aux fermetures de lits de courte durée pour maintenir un niveau acceptable de lits disponibles pour les personnes habitant la région de Montréal.Nous ne pouvons pas continuer de celte manière et penser que des recettes miracle pour camoufler les déficits peuvent solutionner la situation financière difficile que les centres hospitaliers doivent traverser.Voilà pourquoi nos administrateurs et nos gestionnaires demandent aux partis politiques et aux candidats aux élections provinciales dans les circonscriptions montréalaises de les éclairer sur cette question qui demeure encore et toujours sans réponse, malgré les promesses et les engagements électoraux qui, au mieux, ne feraient qu’éviter de nouveaux déficits.Etant donné que 80 % de nos budgets sont affectés aux salaires et que dans le reste, soit les services auxiliaires, des économies prevues fixées par le gouvernement et la Régie régionale, mais non réalisées, ont déjà fait l'objet de ponctions budgétaires, comment pouvons-nous maintenir le même niveau de services et, en même temps, rembourser nos emprunts et leurs intérêts accumulés?Que l’on sache bien qu’à l’heure actuelle, les administrateurs et les gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux se livrent à un exercice utopique: emboîter les poupées russes à l’envers, c’est-à-dire en commençant par la plus grande.coalition susmentionnée a vainement tenté d’en obtenir.Serait-ce parce que M.Tanguay néglige de dire qu’il est associé de près à Transport 2000?Cette dernière est d’ailleurs la seule organisation qui s’oppose officiellement aux demandes des riverains de l’avenue du Parc, agissant ainsi comme des intégristes du transport en commun, au détriment des problèmes réels de la population.Une autre fausseté véhiculée par M.Tanguay consiste à dire que les commerçants n’ont pas cherché à profiter des subventions municipales destinées à rénover les façades de leur commerce.Au contraire, un programme Opération Commerce est en place depuis deux ans et quelque 57 projets ont été déposés.Le problème, c'est que les propriétaires refusent d’investir tant qu’on ne réglera pas le problème de fond: la voie réservée qui empêche les travailleurs du centre-ville de faire leurs emplettes au retour du travail.On ne peut certainement les blâmer.Finalement, plus de 4000 citoyens ont signé une pétition demandant l’abolition de la voie réservée.De plus, une quinzaine de groupes et d'associations de citoyens et de commerçants,ont décidé d’appuyer les riverains de l’avenue du Parc.À mes yeux, cela représente certainement la reconnaissance d’un problème véritable.Plus qu’un mythe, le problème de la voie réservée de l’avenue du Parc traduit bien la situation des Montréalais: penser aux autres avant de penser à eux-mêmes.C r et li i.-n/.Tnm.,,., airerteur rrénéraPi taire administrative).Nathalie Perrier, Danielle Bouton.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Coulure (président), Roger Boisvert (ncc-president exécutif et directeur général).(éducation), Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement), Judith Lachapelle, Louise des pages thématiques)'.Martin Duclos et Christine Duinazet (relecteurs); (cinéma), Jean-Pierre Legault, Clément Trudel (musique) : à l'information (éditorialiste).Claude Lévesque ; il l’information politique : Pierre O’Neill, A K) I K |) K V il I li .I.K .1 K I' I) I I !> N I) V K M 11 11 E I !» Il S LE DEVOIE ACTUALITÉS PINOCHET SUITE DE LA PAGE 1 Elle sera libérée deux jours plus tard.Entre-temps, elle est ligotée et violemment interrogée à deux reprises, accusée d’être une communiste plutôt qu’une religieuse.De retour en pleine nuit à Santiago, elle est revenue péniblement chez elle en se cachant à cause du couvre-feu.Elle est finalement rentrée au Canada dans les jours qui ont suivi.C’est la polémique déclenchée depuis l'arrestation de Pinochet à Londres le mois dernier qui a incité la femme à porter plainte.«On s'est rendu compte que, pou rie cas d'une Canadienne maltraitée à l'étranger, c’est possible [de poursuivre]», dit l’avocat Michel Marchand.Par contre, il se dit «réaliste» quant aux chances que la plainte fasse son chemin.«C’est dur à dire.Je ne sais pas du tout ce que [le ministère de la Justice] va faire.Est-ce qu'il va dire qu’il va attendre la fin des procédures [en Angleterre] pour faire quelque chose?Qu'est-ce que la cour anglaise va décider?Est-ce qu’elle va décider de l'envoyer en Espagne?Si c’est le cas, il va y être pour plusieurs années.Si elle le renvoie chez lui, le Canada n'a rien à faire là-dedans.» L’avocat recommande l’extradition d’Augusto Pinochet, mais surtout que des accusations soient déposées au Canada.Dans l'éventualité où Pinochet — ou l'un de ses complices militaires de l’époque — venait au Canada, les autorités judiciaires pourraient se charger de l’arrêter.L’action qui vient d’être enclenchée — une première au pays selon l’avocat Marchand — pourrait inciter d’autres Canadiens à sortir de l'ombre et à apporter ainsi du poids à la plainte.«Notre premier ministre a dit en Malaysia qu’il était très respectueux des droits de l’homme.S'il est conséquent, il devrait regarder ça avec sérieux. Les magistrats de la Chambre des lords doivent annoncer mercredi prochain leur décision sur l’immunité éventuelle en tant qu’ancien chef d’Etat de M.Pinochet, qui se trouve à Londres.S’ils décidaient en sa faveur, M.Pinochet échapperait à une procédure d’extradition lancée contre lui par plusieurs pays et pourrait regagner le Chili.La plainte de la religieuse est soutenue par plusieurs organisations, notamment Amnistie Internationale, la Ligue des droits et libertés, le Comité d’ex-prisonniers politiques au Chili et l’Association américaine des juristes.«Le Canada doit faire sa part pour que justice soit rendue», a souligné Francine Lemay, de la Ligue des droits et libertés, au cours de la conférence de presse.Avec l'Agence France-Presse Une conspiration française ?PRESSE CANADIENNE Quelque 36 responsables du gouvernement français, parmi lesquels de hauts fonctionnaires, ont pris part à une conspiration visant à permettre au Québec de quitter le ^-Canada, ces 30 dernières années, affirme l’auteur et historien John Bosher.Et cette soi-disant mafia québécoise, dont fait vraisemblablement partie l’actuel président de la République française, Jacques Chirac, profite d’un large soutien public en France dans ses efforts en vue d’atteindre son objectif, prétend M.Bosher dans un nouvel ouvrage intitulé The Gaullist Attack On Canada, 1967-1997.«Les signes qui me parviennent montrent que la vision et le message ne sont plus limités à des groupes plutôt restreints — ils sont assez répandus», a-t-il déclaré dans le cadre d’une entrevue accordée depuis son domicile d’Ottawa, hier.The Gaullist Attack On Canada, 1967-1997 sera en librairie la semaine prochaine, à quelques jours des élections provinciales québécoises, le 30 novembre.M.Bosher affirme que l'ancien président français Charles de Gaulle a entrepris une campagne concertée, en 1963, visant à miner la confédération canadienne en accordant un soutien moral, politique et financier aux séparatistes québécois.Cette politique secrète a tout d’abord été mise en branle lors de visites effectuées au Québec par des responsables et diplomates français de premier plan.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ÉE Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1 -800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au 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«pointage» téléphonique, c’est-à-dire la vérification, par les travailleurs d’élections, des intentions de vote dans sa circonscription, la plaçait nez à nez avec la députée sortante, une péquistç, tandis que le candidat libéral se trouvait loin derrière.A l’ADQ, on a ainsi relevé une douzaine de circonscriptions «chaudes».Et on a bon espoir de faire élire un candidat dans la moitié d’entre elles.«Notre performance dépend vraiment de dynamiques locales, dit Jean-Simon Venne, directeur de la campagne de l’ADQ.Il y a des endroits où les choses marchent vraiment très bien pour nous.D'autres où ça ne va pas du tout.» Dynamiques locales ou pas, c’est un discours plutôt étonnant.Lors du dernier sondage publié par Le Devoir, lundi dernier, le parti récoltait encore moins de 10 % des intentions de vote, après répartition des indécis.L’ADQ n’a pour l’instant qu’un seul siège à l’Assemblée nationale, détenu par son chef Mario Dumont, député de Rivière-du-Loup.Et surtout, on a l’impression que, hormis le chef, le parti est composé de purs inconnus.Mais, chez les organisateurs et les candidats de l’ADQ, on n’est pas à court d’arguments pour étayer l'espoir.D’abord, souligne-t-on, le parti récoltait, en début de campagne, à peine 6 % des intentions de vote.On rappelle la performance du Parti québécois en 1970 qui, avec à peine plus de 20 % des voix, a fait élire sept députés.Et on finit en énumérant les circonscriptions où l’on voit de sérieuses luttes à trois se dessiner.Plusieurs des circonscriptions chaudes sont celles où le parti avait fait bonne figure aux dernières élections.C’est le cas de Blainville, où Lysane O’Sullivan, qui est aussi vice-présidente du parti, avait récolté 15 % des voix en 1994.«Je suis très impliquée dans la région, tout le monde me connaît et, en quatre ans, notre parti a eu le temps de se faire connaître», ajoute celle-ci.Les «espoirs» de F ADQ comprennent aussi Daniel Croze, qui avait récolté 17 % des votes aux élections partielles dans Pointe-aux-Trembles, il y a deux ans, Jacques Hébert, directeur général du parti, qui avait eu l’adhésion de 15,2 % des électeurs en 1994, et Marie Grégoire, dans l’Assomption, une des principales porte-parole du parti, qui avait récolté 16,2 % des votes en 1994.D’autres pronostics sont plus inattendus.Jean-Simon Venne cite par exemple les circonscriptions de Chicoutimi, de Roberval et de Saguenay, celle de Limoilou, dans Québec (détenue par le péquiste Michel Rivard), celles de Shef-ford, en Estrie, et de la Prairie, sur la rive-sud de Montréal.«Ce sont des endroits où les candidats sont très impliqués dans SUITE DE LA PAGE 1 matière d'équité salariale.M.Bouchard a répété que leurs demandes étaient prises en compte dans le cadre financier de ses engagements électoraux.Mais pas question d’aller au-delà pour l’instant.«Je ne veux certainement pas courtiser le vote des gens en contrepartie de l'acceptation d’une chose illégale et illégitime comme celle d'aujourd’hui», a-t-il insisté.Quelque 2(X) enseignants mécontents ont formé un comité d’accueil bruyant à l’arrivée de M.Bouchard à l’entreprise Miel Labonté de Victoriaville hier matin, exigeant que la Loi sur l'équité soit respectée.Quelques heures plus tard, à Saint-Célestin, le ton a monté d’un cran.M.Bouchard a été hué par les manifestants qui le suivaient à la trace après qu’il les eut ignorés.M.Bouchard s’est engouffré dans l’autobus du Parti québécois sans leur adresser la parole, ce qu'ils réclamaient.Outrés, des manifestants avaient des mots très durs pour le gouvernement péquiste.«On a retiré depuis longtemps notre appui à cet objectif du déficit zéro qui a été dévié.[.] Im seide façon de régler notre dossier, c'est de l’amener sur la place publique», a lancé sur un ton enflammé le président du Syndicat des enseignants de la Riveraine (à Nicolet), Raynald Bellerive.Ce dernier a dénoncé ce qu'il appelle le mépris du gouvernement, qui a cédé devant les producteurs de porcs et les autochtones qui ont bloqué des routes au Québec et, plus récemment, devant les médecins de Jonquière qui ont obtenu des forfaits de 20 000 $ sur deux ans.Visiblement agacé par la présence des manifestants, M.Bouchard s’est refusé à évaluer les conséquences de l’action syndicale sur le climat des prochaines négociations tout en se disant déçu d’un tel comportement qui se fait au détriment des enfants et des parents, croit-il.«Je ne vois pas SUITE DE LA PAGE 1 L’Alliance des professeurs de Montréal avait apporté 60 kilos d’arachides, avec lesquelles ses membres ont tracé un chemin pour faire comprendre qu’«o« ne travaille pas pour des peanuts».Un peu partout des manifestations ont eu lieu, notamment à Québec, a Trois-Rivières, à Drummondville, sans parler des groupes qui ont accueilli Lucien Bouchard et Jean Charest À Hull, les enseignants ont manifesté devant leur casino et, en Abitibi, des enseignants ont bloqué une route en y installant une classe, avec chaises et pupitres.D-s enseignants de sept commissions scolaires sur 60 (du côté francophone) ont préféré accueillir les élèves hier.La présidente de la CEQ en a profité pour dire que ceux qui avaient tenté de dire que le dossier de l’équité n’était porté que par quelques personnes se trompaient manifestement.Certains médias ont été très critiques à l’endroit des revendications de la CEQ, notamment parce quelles nécessitent des ajustements de 700 millions de dollars par année, sans parler du 1,2 milliard qui devrait être versé en rétroactivité.Hier, devant les manifestants, Mme Pagé n’a pas parlé de chiffres.Elle a parlé en revanche d’un geste fait «pour que notre profession soit reconnue à sa juste valeur».Et la, Mme Pagé touche une corde sensible.Car les enseignants qui s’étaient déplacés hier ont la nette impression que leur travail n’est pas reconnu à sa juste valeur et que le nombre d’heures réellement travaillées n’est pas pris en compte dans les discussions avec le Conseil du trésor visant a rajuster leurs salaires.Comme cette ensei- la région, très près des enjeux locaux, où ils font de grosses campagnes et où les bénévoles sont très impliqués», dit Jean-Simon Venne.Ainsi, Cari Savard, dans Chicoutimi, est un ancien membre du PQ qui s’implique de près dans le dossier des fermetures d’hôpitaux.Armand Maltais, au Saguenay, est un important commerçant de Baie-Comeau, très connu lui aussi.Quant au candidat de Shefford, Serge Nadeau, propriétaire de deux terrains de golf ckuis la région, il serait lui aussi un homme d’affaires archi-connu et très populaire.«Aux dernières nouvelles, il planifiait même de diffuser des annonces à la télévision!», dit Jean-Simon Venne.A partir de maintenant, Mario Dumont, tout en continuant de mettre l’accent sur le programme et les idées de son parti, se concentrera de plus en plus sur les circonscriptions où il y a quelque espoir de gagner.«Et on s’attaque sérieusement à convertir les sympathies en vote», ajoute Eric Montigny, l’attaché politique de Mario Dumont, qui voit le débat de mardi soir comme un sérieux tremplin.«C’est la première fois que la plupart des gens pouvaient vraiment entendre, de la part de Mario, autre chose que des clips, dit-il.Ils ont eu pour la première fois un véritable aperçu Je son programme, de ses idées.» Eric Montigny, qui, tout comme Mario Dumont lui-même, est un transfuge des jeunes libéraux, est un des principaux stratèges dans l’entourage immédiat de Dumont.Les autres sont Jean Allaire, le fondateur du parti, qui, bien que ralenti par des problèmes de santé, joue le rôle de conseiller quant au contenu, et Michel Lalonde, ancien conseiller en communications au Parti libéral, qui est aussi candidat dans Anjou.Pour Jean-Simon Venne, si le parti se maintient à 10 % des voix, il n'y a pas grand espoir.«Mais à 15 %, on peut espérer quelque chose en terme de sièges si l'on fait sortir le bon vote», dit-il.«Et à partir de 20 %, tout est possible», renchérit Michel Lalonde.Les observateurs extérieurs sont cependant portés à tempérer sérieusement ces récentes ardeurs.«Je serais très surpris de les voir ajouter des sièges, dit Pierre Drouilly, sociologue à l’UQAM et spécialiste de l’analyse des sondages.Les partis marginaux, comme les Créditistes dans les années 70, ont récolté des sièges parce qu'ils pouvaient compter sur un vote régional, au Lac-Saint-Jean, en Abitibi-Témiscamingue et en Beauce.C’était un peu la même chose pour le PQ en 1970: le vote était concentré dans certaines régions.On ne voit rien de tel avec l’ADQ.Pour la plupart des gens, de toute façon, leur idée est faite.Et ce ne sont pas les indécis, qui s’intéressent mojns à la politique, qui ont écouté le débat.» A l’ADQ, cependant, on ne se laisse pas refroidir pour autant.«Avant, les partisans de l’ADQ ne s'affichaient pas trop, souligne Marie Grégoire.Mais, depuis le débat, les gens sont fiers de dire qu 'ils appuient l'ADQ.On ne sait pas jusqu 'où ça peut aller.» ce que la CEQ peut gagner à faire cela sinon que de perdre un peu de l'estime que les Québécois portent aux enseignants.(.) Quand on sait que les enseignants sont des modèles pour les élèves, qu’ils leur enseignent le civisme, le respect des lois, disons que ça me trouble», a-t-il commenté.Pour sa part, le chef libéral Jean Charest laisse entendre que des poursuites pourraient être entreprises contre les enseignants de la CEQ qui ont délaissé les salles de classe hier dans le but de tenir une journée d’étude pour faire avancer le dossier de l’équité salariale.D*s revendications des enseignant?représenteraient un coût de plus de 700 millions pour l’État québécois.M.Charest a parlé aux représentants de quelques dizaines de manifestants de la CEQ hier à Sherbrooke avant de s’expliquer aux journalistes à ce sujet quelques kilomètres plus loin à Windsor.Il a réitéré hier que, dès le départ, il n’était pas favorable au «débrayage» des enseignants puisque leur message a bel et bien été entendu pendant cette campagne électorale, pense-t-il.Dès l'élection d’un gouvernement libéral, il veut s’asseoir avec la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, afin de régler ce problème le «plus rapidement possible».Mais la loi, c’est la loi, a-t-il aussi indiqué hier.«La loi est la même pour tout le monde et on va agir en conséquence.Il faut que la CEQ respecte l'avis du Conseil des services essentiels.C'est malheureux.» Ixt journée d’étude des syndiqués de la CEQ a quelque peu bousculé l’agenda de la campagne péquiste, qui misait liier sur l’agriculture.U‘S promesses de créer un programme d’aide pour la «surtransformation des produits agricoles» (trois millions en trois ans) et le soutien financier a l’établissement de jeunes producteurs (2,5 millions par année jusqu’en 2002) sont passés quasi inaperçus parmi les pancartes et les slogans syndicaux.gnante de 28 ans de Mascouche, Marie-Claude Giguère, qui, à 31 (XX) $, trouve son salaire bien bas.Les enseignants réclament «le rangement 21», qui placerait leur rémunération sur le même pied que les psychologues, les conseillers en orientation ou les ingénieurs du gouvernement, payés pour une semaine de travail de 40 heures.Une enseignante avait écrit sur sa pancarte que «l’enfance a besoin (le présence».Mme Pagé résume la situation en exhortant les autorités à verser aux enseignants le même salaire que celui d’un emploi équivalent, exercé par des hommes.Demain, justement, le Conseil du trésor remettra une série de rapports a la Commission sur l'équité.La loi créant l’équité salariale avait donné aux employeurs privés et publics jusqu’au 21 novembre pour faire leur bilan.Djs rapports du gouvernement prendront en compte les ajustements déjà consentis lors de discussions sur la relativité salariale, en espérant que la Commission les juge suffisants pour satisfaire les conditions de l’équité.Dans le cas des enseignants, le gouvernement s'engagera à poursuivre les discussions.À ce sujet, la CEQ espère que les manifestations d’hier entraîneront le gouvernement à reconnaître le nombre d’heures quelle revendique ainsi que les corps d’emploi que la CEQ souhaite utiliser à des fins de comparaison.Hier, répondant au premier ministre qui disait qu’il n’était pas question d’entreprendre des négociations en pleine campagne électorale, la présidente de la CEQ a déclaré: «L’équité n’est pas un dossier que nous pouvons régler avant l’élection.Mais nous voulons sortir du tournage en rond.» Qui a gagné le débat?Ma rce I C ô / c .i un sondage sur le résultat du 30 novembre Savait été mené mardi après-midi au sein de la classe politique, avant le débat, Lucien Bouchard aurait probablement été déclaré gagnant.Mais il faut toujours se méfier de ces victoires prématurées.L’électorat a de ces caprices dont même le plus futé des sondeurs se méfie.Un professionnel des élections ne crie victoire, ou n’avoue sa défaite, que le soir de l’élection.Le débat changera-t-il quelque chose?Pour la grande majorité des électeurs, un débat ne fait que confirmer des a priori.A treize jours du scrutin, plus de huit électeurs sur dix ont arrêté leur choix.Seule une gaffe majeure pourrait les amener à changer d’opinion d'ici le 30 novembre.Les chefs de parti en sont bien conscients et deviennent très prudents, car la joute est encore serrée.Bien qu’un débat ne change que peu les intentions de vote, il peut avoir une influence déterminante.A treize jours des élections, de 10 à 20 % des électeurs sont encore ambivalents et hésitent entre les candidats, trouvant du bien et du mal chez chacun.Discrets quant à leurs hésitations et peu politisés (et très différents de ces indécis professionnels qui ont défilé dans les studios de télé après le débat), ces indécis sont généralement peu enclins à participer à des discussions sur la politique avec des amis et des collègues.La majorité d’entre eux n’ont probablement pas écouté le débat et en seront informés par la couverture des médias ainsi que par les discussions de cuisine et de corridor qu’ils saisiront aujourd’hui et demain.Lorsqu’il s’agit d’un débat, un match nul n’est jamais neutre.Car les indécis se branchent en fonction de leurs perceptions.Généralement, leur dilemme se situe entre un candidat et un parti.J’aime mieux ce candidat, mais je n’aime pas son parti.Une telle structure de choix rend difficile un débat neutre.En effet, parce qu’un débat se concentre sur les chefs, un match nul est un débat perdu pour le meilleur des chefs, qui est condamné à gagner s’il veut impressionner les indécis.Mario Dumont Plusieurs de ces électeurs mous se retrouvent parmi ceux qui ont dit aux sondeurs qu’ils pourraient voter pour Mario Dumont.Leurs votes sont «parkés» temporairement à l’ADQ.Ixi performance de Mario Dumont a-t-elle affermi ces votes pour l’ADQ, un geste dont ils savent qu’il n'influencerait pas la position des partis à l’Assemblée nationale, mais qui exprimerait bien leur pensée quant à la politique québécoise, un rejet des vieux partis.Mario Dumont a plus à perdre dans le débat d’hier que Jean Charest ou Lucien Bouchard, car il devait convaincre les électeurs indécis qui lui sont favorables, qui l’aiment bien, de persister à vouloir donner un coup de pied sur la chaudière politique, aussi futile le geste soit-il électoralement.Lucien Bouchard Fidèle à son image, Lucien Bouchard s’est bien défendu.Mais il s’est trop défendu et s’est vu obligé de confirmer des positions que l’électorat indécis n’aime pas.L’électeur indécis sait déjà que Lucien Bouchard se présente bien, qu’il parle bien, qu’il dit les bonnes choses.Néanmoins, cette bonne impression n’était pas suffisante avant le débat pour obtenir sa confiance.Mardi soir, Lucien Bouchard est donc tombé dans le piège.S’est-il attaqué à ces éléments négatifs?Jugez-en: son engagement à tenir le référendum, qui fait peur et qui n’est pas souhaité, le taux de chômage de 10 % qui est très élevé et dont les conséquences s’observent autour de l’indécis, le problème de la santé, dramatisé durant le débat, qui relève du gouvernement péquiste depuis quatre ans, les négos dans le secteur public, déjà illustrées par la grève des enseignants aujourd’hui et qui laissent présager des affrontements après les élections.Lucien Bouchard a sûrement plu aux électeurs convaincus, mais il n'a pas changé son image et n’a pas atténué les politiques qui inquiètent les indécis.Jean Charest Depuis le début de la campagne, il souffre de la comparaison avec Lucien Bouchard, qui bénéficie de ce que les politiciens appellent le «momentum» électoral.Hier, quelle impression Jean Charest a-t-il donnée aux indécis, dont beaucoup voyaient en lui en mai dernier un sauveur, mais qui ont déchanté depuis.C’est difficile à dire.Il a été gagnant, et ce à deux titres.D’une part, il fut «du bon bord» sur la plupart des enjeux qui préoccupent l’indécis.Par ailleurs, dans les multiples comparaisons en direct avec Lucien Bouchard, il a été son égal, sinon supérieur.Sera-t-il vraiment meilleur que l-ucien Bouchard, se demande l’indécis?U>s indécis qui se sont branchés depuis le début de la campagne ont choisi majoritairement, mais de [jeu, le Parti québécois.Le débat d’hier soir aura peut-être ralenti la vitesse acquise par Lucien Bouchard, qui n’y a pas apporté beaucoup d’éléments nouveaux et qui n’est pas apparu vraiment meilleur que Jean Charest.Celui-ci a clairement été son égal, ce qui a probablement surpris plus d’un indécis.Il a aussi su rappeler les politiques qui ont l’appui des indécis.Mais il reste encore treize jours de campagne et environ 15 % des voix à distribuer entre trois candidats.Arracher un avantage marqué dans une fin de campagne est toujours un grand défi.Jean Charest a démontré hier soir qu’il pourrait le faire.Nouvelles frontières ?Toronto (PC) — Un voyage récent avec sa petite famille a convaincu le ministre fédéral du Revenu, Herb Dhaliwal, de l’intérêt d'apporter des changements à certaines règles régissant le passage des voyageurs aux frontières canado-américaines.Le ministre pense à faire grimper de 500 $ à 750 $ l’exemption de base pour les marchandises rapportées au Canada par des Canadiens ayant séjourné au moins sept jours à l’extérieur du pays, rapporte le National Tost dans son édition d'hier.Par contre, il est peu probable que le ministre modifie l’exemption de 200 $ pour un séjour de 48 heures et plus, rapporte le quotidien.Le ministre s’est en outre interrogé sur le bien-fondé d'exiger qu’un formulaire de déclaration soit rédigé pour chaque membre d’une même famille qui passe la frontière.BOUCHARD Charest laisse entendre que des poursuites pourraient être intentées contre les enseignants qui ont débrayé illégalement ENSEIGNANTS «L’équité est un dossier que nous pouvons régler avant l’élection», affirme Lorraine Pagé i
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