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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1980-10, Collections de BAnQ.

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[" L'ACTION NATIONALE Volume LXX, Numéro 2\tOctobre 1980\t$2.APRÈS LE RÉFÉRENDUM \u2014 Il par François-Albert Angers LE PATRONAT ET LA QUESTION NATIONALE par François Morneau LE LIVRE BEIGE ET LE POUVOIR D\u2019URGENCE par Guy Bertrand LE SORT DE LA FRANCOPHONIE AUX É.-U.par Calvin Veltman LA PENSÉE NATIONALE DE FA.ANGERS par John Grube RÉFÉRENDUM ET PRESSE ÉTRANGÈRE COURSE VERS LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE par Patrick Allen L'ECONOMIE MUTUELLE\u2014VIE \u2022\tASSURANCE-VIE RÉGULIÈRE ET VARIABLE \u2022\tASSURANCE COLLECTIVE \u2022\tRENTES VIAGÈRES \u2022\tREVENU-ÉPARGNE VARIABLE mm.moi m ™J23!Elrninro AGENCES ET UNITÉS DRUM MON DVILLE GRANBY JOLIETTE LAVAL MONTRÉAL OTTAWA QUÉBEC RIVE-SUD SAGUENAY - LAC ST-JEAN SAINT-HYACINTHE SHERBROOKE THETFORD MINES SIEGE SOCIAL TÉL : (514) 844-2050 SIÈGE SOCIAL: 385 EST, RUE SHERBROOKE, MONTRÉAL, QUÉ.H2X 3N9 L'ACTION NATIONALE Volume LXX, Numéro 2\tOctobre 1980\t$2.TABLE DES MATIÈRES FR.-A.ANGERS: Après le référendum\t\u2014 Il.91 FRANÇOIS MORNEAU: Le patronat et la question nationale .110 GUY BERTRAND: Livre beige et pouvoir d\u2019urgence .129 CALVIN VELTMAN: Le sort de la francophonie aux É.-U.141 JOHN GRUBE: La pensée nationale de F.-A.Angers .147 PATRICK ALLEN: Référendum et presse étrangère .169 Réforme constitutionnelle.173 Dépôt légal \u2014 2e semestre 1980 ISBN-2-89070 Courrier de la deuxième classe Enregistrement No 1162 ISSN 0001-7469 Il AVOCAT\tJEAN-HUBERT MARANDA, avocat 325 est, boul.St-Joseph Montréal \u2014 288-4254 BIJOUTERIE POMPONNETTE inc.J.Brassard, prés.256 est, rue Ste-Catherlne Montréal H2X 1L4 \u2014 288-3628-29\tBIJOUTIER CAISSE POP\tCAISSE POPULAIRE DE SAINT-JACQUES 1255, rue Berri Montréal, H2L 4C6 Tél.: 849-3581 Directeur: Marcel Beauchemin F.X.LANGE INC.ACIER DE STRUCTURE SECOND TIGE À BÉTON \u2014 PLAQUES 10530 est, boul.Henrl-Bourassa MONTRÉAL H1C 1C6 \u2014 648-7445\tFER TRADUCTION\tCLAUDE-PIERRE VIGEANT, traducteur et publiciste 604, rue Waterloo, LONDON - ONTARIO N6A 4E3 GROULX, CADIEUX & MONGEAU Notaires Yvon Groulx, b.a., I.ph., Il.l.Gilles Cadleux, b.a., Il.l.Denis Mongeau, b.a., Il.l.J.-C.Larocque, b.a., Il.l.4416, boul.Ple-IX\tTél.: 254-9435\t Ill Le Mouvement national des Québécois\t demande la souveraineté\t SNQ ABITIBI TFMISCAMINGUE\t\t14,000 membres SNQ CÔTE-NORD \t\t1,400 membres SNQ EST DU QUÉBEC \t\t34,000 membres SNQ DES HAUTES RIVIÈRES \t\t13,875 membres SNQ DU LANAUDIÈRE\t\t28,000 membres SSJB DE MONTRÉAL \t\t13,000 membres SNQ OUTAOUAIS\t\t1,050 membres SNQ RÉGION DE L'AMIANTE\t\t3,900 membres SNQ RÉGION DE LA CAPITALE\t\t100 membres SNQ DES LAURENTIDES\t\t13,000 membres SNQ SAGUENAY LAC ST-JEAN \t\t8,000 membres SNQ RICHELIEU YAMASKA \t\t9,500 membres SNQ RICHELIEU-ST LAURENT \t\t4,500 membres SNQ DES CANTONS\t\t350 membres On demande un jour à M.Jacques Parizeau, ministre des Finances:\t Espérez-vous gagner le référendum en faveur de\tl'indépendance du Québec alors que les fédéralistes et le gouvernement fédéral jettent\t cent millions de dollars dans la lutte?\" Il répondit:\t\"Le gouvernement fédéral et les Anglo-Canadiens ont toujours eu\tplus d'argent que nous! Mais nous, nous avons les hommes et les femmes du Québec\t qui font la majorité! Votre mouvement n'a-t-il pas 160,000\t membres?\"\t HOMMES ET FEMMES DU QUÉBEC, PRENEZ VOTRE PAYS EN\t MAIN!\t VOUS FAITES LE PAYS!\t LE QUÉBEC N'EST PAS À VENDRE!\t IV AVOCATS\t \tGUY BERTRAND & ASSOCIÉS, Avocats 42.Sainte-Anne, suite 200, Québec, Qué.G1R3X3 Tél : 692-3951 Guy Bertrand, Gilles Grenier, Louise Otis COMPTABLES\tDESFORGES, GERMAINS & ASSOCIÉS Comptables agréés 210 ouest, boul.Crémazie, suite 2 Montréal 354 \u2014 Tél 388-5738 vQVG V LAINE\tLAINE PAUL GRENIER ENR.Spécialité: laine du Québec 2301 est, rue Fleury Montréal H2B 1K8 388-9154 366-9116 LES FONDOIRS GABRIEL CHARRON LTÊE 1083A L\u2019Épiphanie 563, 45e Avenue LASALLE, Qué.H8P 3B9\tFONDOIRS PLACEMENTS\t RAYMOND CAMUS INC.Courtiers en valeurs mobilières 1200, ave McGill College, chambre 1400, Montréal H3B 4G7 OBLIGATIONS \u2014 Actions et Fonds mutuels Tél.: 879-1714\t QUINCAILLERIE\tÉDOUARD ROY & FILS LTÉE Quincaillerie en gros exclusivement 4115 est, rue Ontario, Mtl H1V 1J8 Tél.: 524-7541 FRANÇOIS-ALBERT ANGERS POUR ORIENTER NOS LIBERTÉS Volume de 280 pages, publié en 1969, qui reproduit le meilleur de la pensée de M.Angers et qui éclaire l\u2019actualité que nous vivons sans toujours voir les grandes lignes de fond.\t mm IMNIR S/INNONCE BIEN! 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et aussi la connotation \u201cfrançais et catholique\u201d qui avait défini jusque-là la civilisation propre des \u201cAnciens Canadiens\u201d ou Canadiens-Français\u201d.Mais ils n\u2019ont pas LES DANGERS D\u2019UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.93 assez tenu compte que l\u2019expression \u201cQuébécois\u201d, elle, n\u2019avait pas d'histoire et que tout le monde, ne la comprenant pas ou se refusant même à la comprendre comme eux, allait nous engager dans une lutte de signification de ce qu'est un Québécois.Tant que nous nous disions Canadiens-Français, personne d\u2019autres que nous ne pouvait s\u2019identifier à notre histoire, à nos droits, sans accepter de s\u2019identifier à nous, tels tant de Canadiens-Français qui portent effectivement des noms anglais, irlandais ou écossais.Dès que nous nous sommes dits Québécois s\u2019est amorcée la prétention de beaucoup d\u2019autres d\u2019être Québécois autant que nous.Nous venions de leur offrir la chance de nous voler non seulement notre nom, mais notre pays même du Québec.Et notre gouvernement issu de la pensée indépendantiste a donné une sorte de sanction légale à ces prétentions en établissant le droit de vote au référendum de l\u2019auto-détermination sur la citoyenneté canadienne et la résidence au Québec, et non pas sur l\u2019appartenance nationale qui fonde ce droit.Le prétexte?Il lui fallait se comporter ainsi pour agir en bon démocrate et en esprit dépourvu de tout préjugé raciste.Le sort d\u2019une nation, de notre nation, a été ainsi remis aux mains d\u2019une proportion importante de Québécois qui n\u2019en font pas partie.De Québécois qui sont probablement moins vraiment Québécois que n\u2019étaient d\u2019authentiques Canadiens, des citoyens de naissance d\u2019origine ethnique japonaise que le gouvernement libéral ne s\u2019est pas gêné de dépouiller de leur droit de vote et même de leurs biens et de leur droit de résidence en Colombie Britannique quand il s\u2019est agi de décider la politique du Canada pendant la dernière guerre.Dans cette nouvelle perspective, le caractère français du Québec n\u2019est plus qu'une question de majorité actuelle, non plus une question de droits nationaux fondamentaux, historiques, donnant droit de réclamer la latitude d\u2019aménager le territoire en nation française de langue et de civilisation.La nouvelle situation présuppose que les autres groupes ne se distinguent de nous que par le nombre, et constituent des communautés 94 L'ACTION NATIONALE aussi valides que la nôtre et dont nous devons, comme majorité, respecter les particularités en renonçant aux efforts d\u2019intégration et d\u2019assimilation, exactement comme nous avons fait; mais nous de plein droit dans l\u2019intérieur du Canada comme minorité.Voilà à quoi nous sommes en train de nous laisser acculer.Voilà ce que commence déjà à signifier la façon dont nous avons accepté de conduire ou de laisser conduire l\u2019opération référendaire.Autrement dit, la nation qui est à l\u2019origine de toute cette action pour un Québec indépendant est en train de se laisser dessaisir de la propriété du Québec qu\u2019elle réclamait en affirmant son droit à l\u2019autodétermination.Elle admet la règle que la minorité \u201cétrangère\", coalisée avec une minorité des membres de la nation, puisse décider de l\u2019avenir politique de celle-ci et de son orientation culturelle.Actuellement \"française et pluraliste\u201d dit-on, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019à ce qu\u2019une autre majorité s\u2019estime justifiée de la déclarer autre selon l\u2019état de majorité ou de minorité des groupes qui fondent le pluralisme.Michel Brunet avait trouvé la vraie formule, celle qui a de la substance, quand il refusait de traduire les termes et distinguait au Canada deux nations: les \u201cCanadiens\u201d formant une nation sociologiquement bien caractérisée mais privée de son État, et les \u201cCanadians\u201d, nouvelle nation en formation à l\u2019intérieur du territoire enlevé à la France et tentant de nous éliminer par émigration, assimilation ou minorisation à l\u2019état d\u2019insignifiance par noyade dans un flot d\u2019immigrants.C\u2019était reconnaître le fait, qui ne pourra jamais être changé, que nous sommes et avons été les seuls Canadiens, on peut dire au moins jusqu\u2019à la guerre de 1914.Même cette distinction sémantique que nous nous sommes laissé imposer, sur la différence de sens du mot \u201cnation\u201den anglais et en français, est en bonne partie de la foutaise que nos trop grands soucis de bonne entente nous ont fait gaver pour nous faire accepter comme normal que les Anglo-Canadiens ne nous considèrent pas \u201cas a nation\u2019\u2019.Séraphin Marion montrait, dans Le Devoir du 9 ou 10 juillet .1980, que tous les auteurs anglais d\u2019avant 1850 parlaient de nous comme étant \u201cla nation canadienne\u201d. LES DANGERS D'UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.95 Et je répète encore une fois que Lord Durham, dans sa formule célèbre parle de \u201ctwo nations at war in the same State\u201d.L\u2019addition du mot \u201cfrançais\u201d à Canadien est devenue nécessaire parce que des Anglais ont voulu à un moment donné se considérer comme \u201cCanadians\u201d et que nous avons voulu bien préciser notre différence en cas de traduction.Canadiens-Anglais et Canadiens-Français expriment donc bien ce que nous sommes respectivement comme nations, et non les termes Québécois, Ontariens ou Albertains, etc.Et nous aurions dû garder, comme Benjamin Suite, l\u2019écriture \u201cCanadien-Français\u201d, plutôt que le \u201cCanadien français\u201d imposé par l\u2019autorité littéraire d\u2019OIivar Asselin.La seconde ne distingue pas une nation canadienne-française, mais une nation canadienne comprenant comme qualificatif, et non comme substantif, des gens d\u2019expression française.L\u2019autre est le nom composé d\u2019un peuple d\u2019origine française qui a fondé le Canada et s\u2019y est développé en formant une nouvelle nation.Il faut mettre de côté, à ce sujet, les objections superficielles comme celles qui veulent que nous ne puissions plus au Québec indépendantiste, au Québec qui veut se séparer du Canada, employer l\u2019expression Canadiens-Français à cause de ceux des autres provinces.Il est bien évident que les Canadiens-Français des autres provinces continuent d\u2019appartenir à la nation, comme restent Français tous les Français hors de France qui maintiennent leur attachement à leur patrie d\u2019origine.Cela ne veut pas dire qu\u2019en continuant de nous appeler Canadiens-Français nous étions obligés de faire participer à nos décisions du Québec ceux qui ont quitté celui-ci, pas plus que les Français hors de France ne participent aux décisions de la France.C\u2019est là une autre histoire, qui se définit dans les lois et les règles selon lesquelles se détermine le droit de vote à l\u2019intéreur d\u2019un territoire.Non moins superficiel, l\u2019argument qui prétend que par là nous voudrions restreindre le droit de participer à la vie et aux décisions sur l\u2019avenir de la nation aux seuls 96 L'ACTION NATIONALE descendants des 65,000 colons vivant au Québec au moment de la Conquête.En nul pays, français, anglais, allemand, américain, etc., la désignation nationale ne signifie que seuls les descendants des premiers habitants ont des droits de citoyens.Mais pour les exercer, les étrangers qui sont venus se joindre aux groupes originaux ont dû devenir Français, Anglais, Allemands, Américains, etc., selon certaines conditions en vertu desquelles ils ont été intégrés à la nation.Pourquoi, Dieu du ciel! nous laissons-nous raconter par les Anglo-Canadiens de tels enfantillages et pourquoi faut-il qu\u2019il se trouve chez nous des gens apparemment sérieux pour les répéter sans faire montre du moindre esprit critique?Disposés à les avaliser même, en inventant ce concept de pluralisme qui n\u2019est finalement qu\u2019un aveu de faiblesse, de notre refus d\u2019assimiler.Quelle tristesse que d\u2019être à ce point une nation criolée d\u2019esprits colonisés, prêts à retourner contre nous tous les arguments futiles des colonisateurs pour nous maintenir sous leur hégémonie.N\u2019y a-t-il pas déjà au Québec tous les Harvey, les Murray, les Warren, les McNicoll, les Blackburn, les Fraser, les Allen, etc., pour régler ce débat.Problème éminemment sérieux donc que cette confusion autour du \u201cQuébécois\u201d, car elle met en jeu le fondement même de notre légitimité à revendiquer le droit à l\u2019autodétermination dans l\u2019intention de pouvoir construire nous-mêmes le Québec de demain.Car la question se pose: les Québécois, tel que nous avons accepté de les laisser définir pour la participation au référendum, ont-ils droit à l\u2019autodétermination?Je crains fort que la réponse ne soit: NON! Car ce Québec-là n\u2019est pas propre aux seuls Canadiens-Français, peuple conquis, réclamant comme tel, et légitimement comme tel seulement, sa libération.Ce Québec-là est un produit de l\u2019histoire canadienne et sur lequel le Canada a des droits si ce n\u2019est pas la primauté des nôtres que nous affirmons.Car le droit à l\u2019autodétermination ne relève pas du principe démocratique, mais du droit des peuples, des vrais peuples à disposer d\u2019eux-mêmes.Et le Québec de \u201ctous les Québécois\u201d indifférenciés n\u2019est pas un vrai peuple, mais une partie de ce peuple canadien qui tient la nation canadienne-française en sujétion. LES DANGERS D'UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.97 Ne voit-on pas le ridicule de parler du droit à l\u2019autodétermination, par rapport au Canada, des Canadiens-Anglais vivant au Québec?Pour eux, voter \u201coui\u201d au référendum eut équivalu à une trahison de leur vrai pays, le Canada; une injure à la nation \u201cCanadian\u201d dont ils font partie.Leur demander de dire \u201coui\u201dà notre autodétermination?Situation complètement loufoque, dont un René Lévesque n\u2019a pas su se tirer en raison de faux scrupules démocratiques et d\u2019une peur quasi morbide de tomber dans le racisme, alors que ce dont il s\u2019agissait, c\u2019était d\u2019avoir le courage d\u2019affronter la vérité contre les déchaînements de faussaires de la démocratie soucieux de leurs privilèges et de leur domination.Mais pourquoi ne blâmer qu\u2019un René Lévesque, alors que j\u2019ai vu tant de nos nationalistes même les plus traditionnels se sentir tout honteux à la seule pensée qu\u2019on pourrait nous accuser de racisme parce que nous tenterions de faire reconnaître les exigences du plus élémentaire bon sens: à savoir que doivent voter sur un tel problème, ceux-là seuls qui appartiennent, non pas à un certain territoire, mais à la nation concernée.Ferions-nous voter tout le Québec s\u2019il s\u2019agissait de savoir si les Inuits veulent s\u2019autodéterminer?Cela qui nous paraîtrait d\u2019un ridicule achevé ne l\u2019est pas moins même si les \u201cétrangers\u201d ne sont que 20% du Québec.Non, le droit à l\u2019autodétermination ne peut pas être fondé sur l\u2019idée de démocratie, car on aboutirait à l\u2019absurde.Au nom de la démocratie, n\u2019importe quelle section de territoire, n\u2019importe où, pourrait décider de se séparer si tel le voulait la majorité de ses habitants.Les Montréalais pourraient décider demain de former un pays indépendant, et ainsi de suite du Saguenay-Lac-Saint-Jean, etc.Le droit à l\u2019autodétermination est une affaire de nation, c\u2019est-à-dire de communauté ayant une histoire, de vie en commun, dans un état d\u2019affinité généralement linguistique et culturel, etc., avec l\u2019exigence de l\u2019occupation historique d\u2019un territoire, qui rend praticable l\u2019exercice du droit.Ce droit supplante et ordonne le principe démocratique auquel il interdit de pouvoir briser la communauté nationale sur la base de fantaisies individualistes majoritaires.Et au moment de l\u2019exercice du droit, il est proprement absurde de faire voter des person- 98 L'ACTION NATIONALE nés qui sont en dehors de la communauté concernée.Cela, qui devient si difficile à saisir, et même à admettre dès qu\u2019on fait intervenir le terme \"Québécois\u201d, saute aux yeux si on parle des Canadiens-Français.Mais alors que faire des Anglo-Canadiens qui vivent avec nous depuis presque toujours et qui s\u2019estiment aussi Québécois que nous?Ils s\u2019estiment peut-être aussi Québécois que nous parce qu\u2019ils aiment vivre physiquement au Québec à leur façon.Mais s\u2019ils restent Canadiens-Anglais, ils ne sont évidemment pas Canadiens-Français de quelque façon que ce soit.Ils ont leur citoyenneté canadienne, mais ils n\u2019ont pas encore les qualités d\u2019une citoyenneté québécoise qui devrait se définir en fonction de la communauté francophone du Québec si celui-ci était, avait été ou devenait un pays indépendant.William Pitt avait parfaitement défini la situation lorsque, en 1791, s\u2019effectua la séparation du Haut et du Bas-Canada, par laquelle toute la partie ouest du Canada français de 1774 était réservée pour des colons anglais dans un pays qui deviendrait anglais.Il était bien évident que Montréal ne pouvait historiquement être donnée au Canada anglais bien que sa population fût alors fortement anglaise.À la question posée sur la minorité anglaise ainsi créée, il répondait en substance (je cite de mémoire): \u201cNous ne pouvons tracer une ligne de frontière qui ne créerait pas de minorités.De chaque côté des frontières respectives, la minorité devra accepter le gouvernement de la majorité\u201d.En terme d\u2019autodétermination, cela n\u2019aurait pas pu vouloir dire autre chose que ceci: la minorité anglaise du Québec devra laisser à la nation canadienne-française le soin de décider ce qu\u2019elle entend faire de son pays.Aujourd\u2019hui, après le référendum, après que contre tout principe valable, que par faux démocratisme et à l\u2019encontre de tout bon sens, nous avons accordé le droit de se prononcer sur l\u2019autodétermination à tous les Québécois canadiens sans distinction d\u2019appartenance nationale autre que canadienne, une réflexion sérieuse va s\u2019imposer à ceux qui songent encore à un Québec in- LES DANGERS D'UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.99 dépendant quant à savoir quelle sorte de Québec ils veulent construire.Et si c\u2019est un Québec français qu\u2019ils envisagent des redressements majeurs d\u2019attitudes vont s\u2019imposer.Dans la perspective de l\u2019évolution actuelle, ce qui se prépare, c\u2019est un tout autre Québec que celui que nous avons travaillé à libérer: un Québec bilingue et biculturel, multilingue et multiculturel.Nous allons perdre notre Québec, même en accédant à l\u2019indépendance politique.Le Québec que nous voulions libérer, c\u2019est le Québec conquis en 1760 et qui a vécu depuis sous divers régimes d\u2019occupation de types constitutionnels plus ou moins élargis en termes de libertés démocratiques.Nous songions qu\u2019un jour, ce Québec-là, le Québec des Français canadiens, foyer d\u2019une nation, se prononcerait lui-même avec tous ceux qui l\u2019ont joint, pour faire rayonner en Amérique une civilisation franco-québécoise.Or ce n\u2019est pas ce Québec-ià qui est impliqué dans l\u2019œuvre mise en train par le gouvernement actuel au référendum.C\u2019est un Québec curieux, bigarré, dont on ne peut pas dire que son peuple désire, ou peut désirer sa libération.Toute une partie des Québécois reconnus ne peuvent tout de même pas vouloir se libérer d\u2019eux-mêmes, étant ceux dont nous, comme Canadiens-Français, avons aspiré depuis toujours à nous libérer.Toute une autre partie de ces Québécois, immigrés de fraîche date ou descendants d\u2019immigrants, sont venus \u201cau Canada\u201d et n\u2019ont, ne se sont donné, n\u2019ont jamais jusqu\u2019à récemment été sollicités de se donner, aucun fondement sur quoi établir la signification d\u2019être partie d\u2019un peuple québécois.Ils ne sont Québécois que régionalement, et non nationalement.\u2014 Oui! Mais la majorité fait la règle du jeu, rétorque-t-on.\u2014 Mais, justement, cela n\u2019a rien à voir avec la question.Encore une fois, ce n\u2019est pas un problème de majorité, mais de droit que nous pouvons avoir comme nation de leur réclamer en justice la liberté de disposer de nous-mêmes.Si ce n\u2019est pas cela, c\u2019est qu\u2019alors nous admettons leur droit de nous déposséder éventuellement quand ils auront pu devenir majorité faute d\u2019avoir été assimilés.En fait, si nous insistons pour n\u2019être que des Québécois, notre sort se réglera vraisemblablement en 100 L\u2019ACTION NATIONALE fonction de la confusion qui en résulte.Notre histoire nationale propre vient pour ainsi dire de se terminer.Avec notre population décroissante, vieillissante, par dénatalité, le développement économique du Québec, en s\u2019activant, va appeler un peuplement croissant d\u2019immigrants de toute sorte devant qui nous démissionnons en leur conférant tels qu\u2019ils sont les mêmes droits que nous de décider de l\u2019avenir du Québec.Cela pèsera encore plus fort pour le \u201cnon\u201d dans de prochains réréfendums.À moins qu\u2019étant des francophones ou des francophiles moins colonisés, donc plus agressifs que nous pour la conservation du caractère français du Québec, ils ne contribuent à notre réveil comme cela s\u2019est vu dans l\u2019immigration française d\u2019après 1945.Autrement, notre sortie du Canada deviendra chaque jour plus impossible, pendant que notre proportion dans l\u2019ensemble canadien se dégradera rapidement, donc notre influence à Ottawa.Et dans Québec même, notre proportion s\u2019amenuisera, quoique plus lentement; à la faveur de quoi grandiront les réclamations multiculturelles résultant de notre renonciation à la liaison \u201cQuébécois\u201d et \u201cintégration ou assimilation à la nation originelle\u201d.De sorte qu\u2019un \u201coui\u201d ne résoudrait guère mieux le problème pour autant qu\u2019il reste posé dans la perspective \u201cquébécoise\u201d actuelle plutôt que canadienne-française.Un \u201coui\u201d massif obtenu avec la collaboration des anglophones et des allophones dans l\u2019équivoque du droit à la non-intégration, créerait les bases d\u2019un Québec nouveau.Car alors, ceux-là s\u2019estimeraient reconnus comme des communautés distinctes, pourvues de droits et se retrouvant, au Québec, dans la même position que nous avons soutenus être à l\u2019intérieur du Canada.Ils nous réclameraient leur droit de rester eux-mêmes en raison même du droit que nous leur avons concédé de décider avec nous selon leur entité propre.Lors du débat sur la langue à propos du bill 63, j\u2019ai fait remarquer, dans mes analyses de L\u2019Action nationale, que la façon dont René Lévesque conduisait son argumentation d\u2019opposition, en fondant les droits des anglophones sur une théorie de droits acquis, engageait le Québec dans la voie de la formation d\u2019une seconde LES DANGERS D\u2019UNE OPÉRATION REFERENDAIRE.*|Q1 Belgique, c\u2019est-à-dire d\u2019un pays finalement bilingue, non pas d\u2019un vrai Québec français.Grâce à Camille Laurin, la loi 101 nous a évité les confusions les plus flagrantes en réduisant les droits statutaires reconnus des anglophones au rang d\u2019un privilège consenti généreusement en raison de considérations historiques spéciales, non en vertu d\u2019un droit fondamental réel; et en orientant toute la loi dans le sens d\u2019une francisation totale de toutes les autres institutions.Ainsi s\u2019est affirmée l\u2019existence et se sont fondées les bases d\u2019un Québec français linguistiquement parlant, qui laisse sous-entendre nos droits, non pas de majorité démocratique, mais de nation possédante du Québec, d\u2019en faire un pays de culture \u201cquébécoise\u201d au sens, qu\u2019il faut inéluctablement faire intervenir si l\u2019on veut se comprendre, de \u201ccanadienne-française\u201d.Mais cette législation restera bien fragile et finira par sauter, si dans tout le reste de notre politique nous ne nous affirmons pas comme la nation possédante de droit et seule justifiée d\u2019exercer ses droits pour construire un Québec de culture.canadienne-française.Car si je dis \"québécoise\u201d, tous les \u201cQuébécois\u201d tels que nous les avons fait voter au référendum sur leur libre disposition d\u2019eux-mêmes, tels qu\u2019ils étaient, \u2014 réclament le droit perpétuel de rester ce qu\u2019ils sont, de se développer comme communauté anglaise, italienne, allemande, ukrainienne, etc.Et il n\u2019y a plus une nation du Québec de culture bien définie, mais une nouvelle nation québécoise en formation dont la culture ultime sera le résultat d\u2019un mixage plus ou moins complet des cultures des différentes ethnies selon leur bon vouloir.En ce sens, le \u201cnon\u201d massif de l\u2019élément non-canadien-français de la population québécoise sauve en partie la situation en faisant la preuve concrète de l'erreur commise; et nous permet de nous reprendre.Pour sortir de cette confusion mortelle pour l\u2019avenir d\u2019un Québec français, il faut nous ressaisir au plus vite et reprendre la bataille en la resituant dans sa perspective nationale.Bien sûr, il nous faut pour cela faire un appel claironnant à la solidarité nationale qui nous permettra d\u2019utiliser l\u2019instrument de notre majorité pour nous 102 L'ACTION NATIONALE réaliser.Mais c\u2019est notre histoire nationale, les droits historiques qui en découlent pour fonder notre autorité qui, seuls, nous justifient de réclamer la possession fondamentale et le droit d\u2019aménager le Québec selon notre culture par l\u2019intégration et l\u2019assimilation graduelle de ceux pour qui nous sommes une terre d\u2019asile, de liberté et de prospérité.Et non pas notre majorité qui n\u2019est en la matière qu\u2019instrumentale dans la possibilité de faire valoir nos droits.Serions-nous minorité, ou le deviendrions-nous que nos prétentions n\u2019en seraient pas moins fondées, quoique évidemment plus difficiles à exercer.Inutile de dire que dans la tradition de L\u2019Action nationale, le nouveau Québec \u201cfrançais et pluraliste\u201d dont parlent d\u2019aucuns est trop plein de l\u2019équivoque du Québécois indifférencié pour ne pas risquer d\u2019être une trahison de la lutte séculaire pour un Québec français.Ce qu\u2019il s\u2019agit de faire respecter ce sont les droits de notre nation française d\u2019Amérique de retrouver la possession pleine et entière du territoire national qui lui reste de sa longue histoire de lutte pour le triomphe d\u2019un lieu de civilisation française en Amérique.Cela ne veut pas dire que nous nions les droits individuels des minorités ethniques qui habitent avec nous de conserver à leur guise leur langue et des traits de leur culture originelle, qui ne peuvent qu\u2019être une cause d\u2019enrichissement de notre propre culture.Mais cela veut clairement dire que nous devons cesser d\u2019avoir peur de parler d\u2019une politique intelligente et humaine d\u2019intégration de ces ethnies à notre culture nationale de façon que leurs membres deviennent progressivement de véritables Québécois-Canadiens-Français avec les générations.Il nous faut cesser de nous laisser rendre honteux, par la propagande anglophone répandue chez nous par les ethnies, de parler d\u2019intégration et même d\u2019assimilation des minorités à notre civilisation.Ce n\u2019est pas autrement qu\u2019on a fait en France et aux États-Unis, des Français et des Américains, avec des Juifs, des Italiens, des Polonais, des Allemands, etc.C\u2019est ce qui se passe normalement partout; et c\u2019est ce que les LES DANGERS D'UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.-|Q3 Canadiens-Anglais eux-mêmes font ou tentent de faire des immigrants qu\u2019ils attirent de leur côté.Nous sommes donc arrivés à l\u2019heure où il faut mettre de la lumière dans nos esprits et de la détermination dans nos coeurs.Mais de la lumière dans nos esprits d\u2019abord, car ce n\u2019est pas sans beaucoup de cœur \u2014 trop de cœur mal éclairé \u2014 que nous avons malgré nous généré tant de confusion depuis dix ans.Que nous nous désignions comme Québécois ou comme Canadiens-Français, il va nous falloir remettre de l\u2019avant avec beaucoup de force et de détermination, par une surenchère de cœur bien dirigé, l\u2019essentiel: à savoir que le Québec est la partie du Canada (historique nous n\u2019y pouvons et n\u2019y pourrons jamais rien) nettement destinée par toute son histoire à incarner le fait français en Amérique.Et qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019en démordre, si antidémocratiques ou racistes qu\u2019on puisse nous prétendre pour cela.Ce fait français, c\u2019est notre droit de le vivre dans toute sa plénitude de nation française d\u2019Amérique libre que nous réclamons sur l\u2019ensemble de tout le territoire québécois et dans toutes ses parties, sous réserve des droits.Des Amérindiens qui seuls peuvent nous opposer des réserves (dans le sens général du mot, et sans mauvais jeu de mots).La place des autres n\u2019est pas une \u201cmarginalisation\u201d; c\u2019est une distinction légitime à faire entre des \u201cétrangers dans la Cité\u201d, qui peuvent être bienvenus comme tels s\u2019ils nous respectent, et des amis qui choisissent de vivre avec nous le fait français en s\u2019y intégrant tout en l\u2019enrichissant de leurs propres caractéristiques particulières intégrables, c\u2019est-à-dire non contradictoires.Ce qui est indéniable, c\u2019est que dans notre situation historique, il est plus facile de faire passer et accepter notre cause en nous définissant comme Canadiens-Français plutôt que comme Québécois.La preuve en est maintenant faite par les confusions dans lesquelles cette dernière notion a fait tomber même nos chefs supposé- 104 L'ACTION NATIONALE ment les plus avisés.Mais si on n\u2019y peut plus rien psychologiquement; par rapport à nous, à cette \u201cfierté d\u2019être Québécois\u201d qui en a motivé plusieurs, alors que cette fierté nous pousse à vouloir trouver, à partir de là, la formulation plus significative capable de nous tirer de la fraude dont nous sommes en train de devenir les victimes consentantes.Il faut nous rendre compte comme avec Michel Brunet pour le terme \u201ccanadien\u201d qu\u2019il y a à distinguer pareillement deux sortes de Québécois; parallèlement aux expressions \u201cCanadiens\u201d et \u201cCanadians\u201d, il y a des \u201cQuébécois\u201d et des \u201cQuebeckers\u201d.De sorte que parallèlement encore et pour fins de distinction en traduction, il faudrait parler de \u201cQuébécois-Français\u201d et de \u201cQuébécois-Anglais\u201d, dont ressortira l\u2019évidence que le droit à l\u2019autodétermination ne concerne et ne peut concerner que les Québécois-Français, les autres ne pouvant nullement y être impliqués, sauf par rapport au droit des Québécois-Français de le leur imposer en s\u2019autodéterminant.Les considérations de politique électorale, de langage édulcoré sur le sujet pour gagner le vote des autres ne doivent plus être tolérés par rapport à cette ligne droite.Si nous ne sommes pas disposés à affronter les exigences d\u2019une politique d\u2019autodétermination, n\u2019en parlons plus et passons à autre chose.Les chefs nationaux capables de bien mener cette lutte finale, les trouverons-nous dans le Parti québécois?Pour le moment, ce serait sûrement un désastre s\u2019il fallait qu\u2019il n\u2019en soit pas ainsi.Ce serait, sous une autre forme, la réédition de l\u2019aventure de l\u2019Action libérale nationale; et il nous faudrait ensuite combien d\u2019années pour reporter au pouvoir un autre parti vraiment dévoué à la cause nationale plus qu\u2019à des intérêts partisans?La grande nécessité de départ, c\u2019est que le Parti québécois \u2014 je ne veux pas dire en changeant de nom \u2014 redevienne la continuation de notre histoire qu\u2019il était du moins jusqu\u2019à 1973, et on peut même dire jusqu'à la loi 101; la résurrection du parti de Papineau, du parti canadien-français.Dans la confusion du \u201cQuébécois\u201d, il s'est fourvoyé en voulant se proclamer \u201cle parti de tous les Québécois\u201d dans le sens au fond canadien (tous les LES DANGERS D\u2019UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.-JQ5 citoyens domiciliés au Québec), comme si on n\u2019était pas dans un sens encore plus plein et plus profond, le parti de tous les Québécois en étant \u201cle parti canadien-français\u201d.Car c\u2019est seulement ainsi qu'il peut être le parti de la libération, le parti de l\u2019autodétermination, le parti de la justice en l\u2019occurrence, puisqu\u2019il y a là un droit premier à faire triompher en fonction duquel s\u2019ordonnent tous les autres droits.Gouverner pour assurer ce triomphe dans le respect bien ordonné des autres droits en fonction de celui de la nation, c\u2019est vraiment gouverner pour \u201ctous les Québécois\u201d dans tous les sens du terme.C\u2019est bien gouverner, parce que c\u2019est gouverner en reconnaissant à chacun ce qui lui revient; mais en insistant sur la nécessité que soit reconnu le droit premier de la nation lésée, ce qui est la caractéristique du parti en cause et lui donne son nom: un parti Québécois canadien-français.Pourquoi tant vouloir être le parti des autres, qui de toute façon ne l\u2019appuieront jamais tant qu\u2019il ne se sera pas imposé du fait de la solidarité des Canadiens-Français.De toute façon, on ne peut se demander sérieusement si le Parti québécois a le droit moral de reculer, de se contenter d\u2019être le parti champion de l\u2019autonomie à la façon de Duplessis et de Johnson parce que cela paraîtrait électoralement plus rentable, alors qu\u2019il a conduit 50% DE LA NATION à appuyer son idée de négocier la souveraineté-association.L\u2019ennui, sans doute, c\u2019est que la répartition de ce 50% rend les chiffres peu rentables en termes de nombre de comtés à gagner dans des élections.Mais pourquoi le Parti québécois tiendrait-il tant à reprendre le pouvoir, plutôt que de continuer son oeuvre d\u2019émancipation de la nation si le pouvoir ne mène pas là?Jacques Parizeau a pris, à ce sujet, une position qui peut paraître séduisante, mais qui me paraît bien périlleuse.Sa séduction tient en une certaine logique: ne vaut-il pas mieux que les indépendantistes consentent à tous les adoucissements de la thèse actuellement nécessaires pour gagner le pouvoir à la suite de la prochaine élection, de sorte que les destinées du Québec restent entre leurs mains si possible en attendant des événements qui s\u2019annoncent pour jouer dans le sens de 106 L\u2019ACTION NATIONALE la thèse indépendantiste.Cela éliminerait le risque que l\u2019arrivée au pouvoir de Claude Ryan ne conduise à des arrangements qui pourraient compromettre la situation du Québec pour longtemps.En attendant, le parti, lui, radicaliserait sa position, éliminerait les propositions étapistes, en vue de préparer l\u2019élection suivante.Ici, il faut dire que Parizeau n\u2019a formulé cette position que dans la perspective où les élections auraient lieu cet automne, estimant que c\u2019est courir à un suicide inutile que de faire une élection sur la souveraineté-association si peu de temps après la défaite au référendum.Mais le point critique est justement là d\u2019abord.Devant tout ce qui s\u2019annonce, et probablement s\u2019en vient, faire des élections cet automne sur l\u2019idée du \u2018\u2018bon gouvernement\u201d ne peut relever que de la manœuvre électorale, justement parce que dans la logique de la cause à défendre, et le gouvernement du Parti québécois ayant la possibilité de faire encore un an, IL NE FAUT ABSOLUMENT PAS PRENDRE LE RISQUE DE LAISSER CLAUDE RYAN PRENDRE LE POUVOIR DÈS CET AUTOMNE ET ASSUMER LA TÂCHE DES CONSÉQUENCES DE L\u2019APRÈS-RÉFÉRENDUM PENDANT L\u2019ANNÉE CRUCIALE QUI S\u2019EN VIENT.À mon sens, la conclusion la plus logique que Parizeau aurait dû tirer de la situation, c\u2019est qu\u2019il ne faut pas d\u2019élections à l\u2019automne.C\u2019est peut-être finalement ce qu\u2019il a voulu dire, en montrant qu\u2019une telle élection obligeait impérieusement, en vertu du simple bon sens, à abandonner la lutte pour la cause qui apparaîtrait politiquement quasi-ridicule tellement elle serait suicidaire.Et cela à un moment où va se jouer une partie si grave pour l\u2019avenir du Québec.La sagesse de Lafontaine me paraît être celle que les circonstances imposent: \u201cUn tiens vaut mieux que deux tu l\u2019auras\u201d.Il y a quand même des possibilités que le Parti québécois perde une élection d\u2019automne.Et alors, c\u2019est tout de suite et pour au moins quatre ans que les craintes de Parizeau se trouveront réalisées.Bien plus, si Trudeau va jusqu\u2019au bout de ce qu\u2019il annonce, ce sera si excessif que ce sera fournir à Ryan l\u2019occasion de se donner l\u2019allure d\u2019un grand champion de la cause du Québec, alors que l\u2019on sait d\u2019avance combien loin des LES DANGERS D\u2019UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.107 revendications même les plus traditionnelles du Québec des vieux partis, se retrouveront les propositions qu\u2019il sera ensuite prêt à accepter.En vivant l\u2019année de pouvoir qui lui reste, le gouvernement actuel court de grandes chances de voir l\u2019opinion évoluer considérablement vers l\u2019idée que le Québec ne saurait se tirer du bourbier canadien que par l\u2019indépendance; et se rendre compte de la gravité de l\u2019erreur qu\u2019a constitué le \u201cnon\u201d du référendum.Et cela surtout si le gouvernement assume son rôle d\u2019éclaireur et de mobilisateur de la conscience nationale du Québec français, en se débarrassant complètement du souci de compromis, même verbaux, pour se ménager de l\u2019appui chez les anglophones et les autres ethnies.Dans une situation que l\u2019on peut estimer comparable, toute proportion gardée, Duplessis en 1948 a fouetté la fierté et les sentiments nationaux canadiens-français sans s\u2019occuper de ce qu\u2019en pensaient les Anglais.Il a effectivement perdu tous les comtés anglais; mais il a balayé sans une exception tout le reste du Québec.Mais pour obtenir pareille réponse, il ne faut pas craindre de lancer les appels appropriés quoi qu\u2019on en pense chez l\u2019adversaire.À l\u2019heure actuelle, le gouvernement sait, par le référendum supposément perdu lui-même, que la moitié de la nation franco-québécoise est prête à aller de l\u2019avant.Déjà, en fonction de ce qui se passe, plusieurs des \"non\u201d québécois-français ont sûrement révisé leur jugement et diraient \u201coui\u201d maintenant.Il ne s\u2019agit plus de ménager la chèvre et le chou pour tâcher de gagner du vote anglophone ou ethnique: même un gros progrès relatif de ce côté \u2014 de toute façon très improbable \u2014 n\u2019influencerait pas pour la peine le résultat global.Ce qu'il faut prendre d\u2019assaut et faire sortir au grand jour, c\u2019est ce qui gît au fond silencieux du cœur et de la conscience de chaque Québécois-Français depuis plus de 200 ans: être un jour débarrassé de \u201cl\u2019Anglais\u201d.À mon sens, le Parti québécois et le gouvernement qui en est issu ne peuvent plus, au point où ils ont été portés et où ils ont porté la nation, s\u2019esquiver derrière des jeux électoraux et le souci du pouvoir avant tout, quelles 108 L'ACTION NATIONALE que soient les apparentes bonnes raisons qui peuvent être invoquées pour cela.Le parti aurait pu se montrer moins pressé et ne pas se soucier de prendre le pouvoir avant d\u2019avoir réussi à mettre derrière lui une majorité confortable des forces nationales: sur le plan électoral c\u2019est plus facile que sur un plan référendaire, à cause de la concentration dans quelques comtés seulement du vote anglophone et allophone.Maintenant que le pouvoir tel qu\u2019il l\u2019a obtenu ne lui a pas permis d\u2019atteindre l\u2019objectif envisagé, il serait téméraire de penser qu\u2019une nouvelle désescalade permettra d\u2019aller plus loin ensuite.C\u2019est une illusion trop facile quand on est en tentation du goût du pouvoir.Il n\u2019y a pas d\u2019autre issue honnête maintenant que de tenter de profiter des événements pour assumer le risque de se faire élire en temps et lieu, c\u2019est-à-dire après l\u2019expérience faite d\u2019un an d\u2019après-référendum, sur ce que commandera alors l\u2019intérêt national, en préférant alors oeuvrer dans l\u2019opposition plutôt que sur un faux mandat si le peuple n\u2019est pas encore mûr.Le résultat de l\u2019opération référendaire ne saurait validement être invoqué contre une telle vision des choses, sauf pour le très court terme; et alors, pour les raisons que nous avons vues, à mauvais escient.Nous ne pouvons rien en tirer de concluant pour l\u2019avenir, sauf quant à la certitude déjà quand même significative du 50% de \u201coui\u201d chez les Québécois-Français.D\u2019autant plus significative qu\u2019on peut dire que la véritable opération référendaire n\u2019a pas vraiment eu lieu.La campagne du \u201coui\u201d s\u2019est faite en général avec tellement de ménagement qu\u2019elle n\u2019a enthousiasmé personne.Parce qu\u2019il y a des choses qu\u2019on n\u2019a pas voulu dire afin d\u2019arracher un \u201coui\u201d aux groupes que nos préoccupations nationales ne pouvaient pas intéresser, on n\u2019a pas voulu parler franc le langage de la nation qui aurait pu aller au cœur des gens intéressés et les motiver émotivement à ne pas pouvoir dire \u201cnon\u201d.Personne ne peut dire, par conséquent, si dans une élection qui aurait lieu dans un an, au surplus après des événements qui devraient faire vibrer intensément la corde nationale, une campagne électorale où l\u2019on saurait parler à notre peuple le langage de ses colères refoulées LES DANGERS D'UNE OPÉRATION RÉFÉRENDAIRE.109 et de son cœur, ne mobiliserait pas la conscience nationale pour que soit porté au pouvoir, avec un mandat très clair, un véritable gouvernement de libération nationale.C\u2019est le risque de cette entreprise que nous attendons du Parti québécois et qu'il a le devoir de tenter. LE PATRONAT ET LA QUESTION NATIONALE par François Morneau1 1.Étudiant en sciences politiques, à l\u2019Université de Montréal LE PATRONAT ET LA QUESTION NATIONALE 111 INTRODUCTION L\u2019histoire du Québec présente un intérêt particulier dans l\u2019étude des sociétés capitalistes.C\u2019est, ironiquement, l\u2019histoire de deux forces congénitalement antagonistes qui se disputent l\u2019avenir d\u2019un immense et vaste territoire qu\u2019est le Québec.L\u2019avenir constitutionnel de cette province constitue l\u2019enjeu principal de ce rapport de force entre les indépendantistes et les fédéralistes.C\u2019est la confrontation idéologique entre deux groupes d\u2019intérêts diamétralement opposés, entre deux thèses constitutionnelles carrément différentes.Cette histoire s\u2019avère donc, sous certains aspects, un champ d\u2019analyse privilégié.Dans le cadre de cette étude, il est possible d\u2019y étudier les rapports existant entre la question nationale et la détermination du patronat à vouloir sauver la Confédération.Pour ce faire, nous diviserons cet ouvrage en cinq chapitres bien distincts.Le premier aura pour but de nous remémorer à l\u2019esprit les événements qui ont marqué la Confédération.Dans un second temps, nous identifierons le patronat, ses composantes, son idéologie, sa structure et sa position constitutionnelle.Par la suite, nous verrons la position du patronat face au Livre blanc du gouvernement québécois et au Livre beige du Parti libéral du Québec.Pour finir, nous tenterons d\u2019analyser le comportement du patronat face à la question nationale.Nous savons d\u2019ores et déjà que le patronat est beaucoup plus sensibilisé aux problèmes socioéconomiques de la décision collective future des québécois qu\u2019au facteur politique comme tel.Le patronat réagit par intérêt, non par émotivité.L\u2019analyse que nous ferons de cette période récente de l\u2019histoire du Québec nous permettra de mieux comprendre la position patronale dans le présent débat référendaire. 112 L'ACTION NATIONALE Avec le référendum, la décennie des années 80 marquera peut-être le début d\u2019un temps nouveau pour toute la collectivité québécoise.Pour en savoir plus, il faut attendre la suite de l\u2019histoire.I \u2014 ORIGINE DE LA CONFÉDÉRATION Concernant la question nationale, l\u2019historiographie québécoise est, on le sait, divisée sur cette question.Les historiens nationalistes s\u2019attachent à faire ressortir les oppositions nationales en négligeant les oppositions de classe.Pour d\u2019autres, plus sensibilisés aux problèmes socio-économiques, ils s\u2019intéressent davantage aux problèmes posés par les antagonismes de classe, niant ou négligeant les oppositions nationales.Pour traiter de l\u2019origine de la Confédération, une multitude d\u2019auteurs s\u2019offrent à nous.Personnellement, j\u2019ai choisi l\u2019historien Stanley Bréhaut Ryerson pour son ouvrage remarquable intitulé: Capitalisme et Confédération.Son analyse de la Confédération me semble rigoureuse, sérieuse et très intéressante.Pour Ryerson, les architectes de la Confédération sont les industriels et les capitalistes des sociétés ferroviaires.Pour cette bourgeoisie, l\u2019union a comme avantage majeur d\u2019élargir le marché économique.Les profits découleront du renversement des barrières et de l\u2019ouverture d\u2019un marché beaucoup plus grand pour toutes les entreprises capitalistes.Le chemin de fer constitue l\u2019épine dorsale de la Confédération.\u201cDe fait, les nouvelles structures politiques étaient conçues en fonction des intérêts économiques et politiques des groupes sociaux dominants tant dans les colonies que dans la métropole impériale\u201d1.De prime abord, nous pouvons d\u2019ores et déjà affirmer que la Confédération est un nouveau pacte au profit de la haute bourgeoisie nationale.Elle profite essentiellement aux élites locales, régionales et nationales.Comme le souligne Alfred Dubuc: 1.RYERSON, Stanley Bréhaut, Capitalisme et Confédération, Parti Pris 1978, p.262. LE PATRONAT ET LA QUESTION NATIONALE 113 \u201cLa Confédération fut essentiellement une opération de finances publiques ayant pour but de mettre à la disposition des agents reconnus responsables de l'investissement les ressources nécessaires au développement économique du pays.Elle reposait sur un projet fondamental de développement économique\"1.La Confédération est une nouvelle structure étatique, fondée sur des bases économiques, destinée à mieux servir les intérêts de la classe capitaliste montante.Elle est le reflet des valeurs et des intérêts du capitalisme du XIXe siècle.La constitution de 1867 est liée au sort du système capitaliste.Ryerson distingue clairement deux facteurs qui ont amené la nouvelle constitution de 1867, ce sont: 1\t\u2014 l\u2019essor du capitalisme industriel, qui se trouve à l\u2019ori- gine des efforts visant à unifier et à développer le marché interne par le regroupement des provinces coloniales en un seul état dont le domaine allait s\u2019étendre d\u2019un bout à l\u2019autre du continent.2\t\u2014 l\u2019existence, côte à côte, de deux collectivités na- tionales distinctes, l\u2019une de langue française, l\u2019autre de langue anglaise.Les deux sociétés partageaient, dans une certaine mesure, un passé commun fait de la dure expérience de la colonisation, de la résistance aux visées américaines, de la lutte contre les mêmes oppresseurs pour obtenir les libertés démocratiques et l\u2019autonomie politique.Pour diverses raisons, le projet de confédération obtint l\u2019adhésion de l\u2019élite commerçante, de la majeure partie du haut clergé et d'un important secteur de la population.\u201cLa réalité historique du pacte se dégage donc, non pas de quelque document juridique ou politique, mais du fait que la création de l'état canadien fut l\u2019œuvre commune de la bourgeoisie canadienne-anglaise dominante, de ses subordonnés canadiens-français et de l\u2019Église\u201d2.1.\tIbid.2.\tRYERSON, op.cit., p.287 114 L'ACTION NATIONALE Pour la bourgeoisie, il est compréhensible de savoir pourquoi elle a appuyé le projet confédératif; pour elle, c\u2019est un potentiel économique énorme à découvrir et à exploiter.Pour les capitalistes, le capital n\u2019a pas de nationalité, il est universel et sert de passeport.\u201cLa conclusion de tout cela, c\u2019est que, d\u2019une part, on laisse entendre à la nation canadienne-française qu\u2019elle adhère à une association fondée sur le principe de l\u2019égalité, alors que d\u2019autre part on lui prescrit des structures politiques qui ne correspondent pas à de telles relations.Le fédéralisme que l\u2019on a tant chanté n\u2019est pas celui qui correspond à un état binational, mais bien autre chose.L\u2019illusion d\u2019optique peut persister, mais la réalité est différente\u201d1.Pour résumer le tout, nous pouvons dire que la Confédération a été possible grâce, en partie, à une alliance de classes entre canadiens-anglais et canadiens-français.Elle est née avec l\u2019industrialisation et a surtout profité à la haute bourgeoisie dominante.Nous pouvons aussi dire que la Confédération s\u2019est développée de pair avec le capitalisme.Nous vivons présentement une grande période de concentration industrielle tout comme l\u2019état fédéral centralise de plus en plus.Il - LE PATRONAT QUÉBÉCOIS Composantes: Face à l\u2019ampleur grandissante du pouvoir pris par le mouvement ouvrier au Québec, à la complexité de plus en plus évidente de l\u2019état provincial et à la menace d\u2019un déséquilibre des puissances, le patronat s\u2019est donc doté à son tour d\u2019une organisation regroupant tous les hommes d\u2019affaires sous une même bannière.D\u2019ailleurs, au sujet de la mobilisation patronale, Pierre Fournier dit: \u201cLes associations patronales sont une composante du pouvoir financier à trois titres principaux: elles sont des voies officielles d\u2019accès auprès des organismes décisionnels du gouvernement: elles constituent un vaste réservoir commun de ressources et un organe de relations publiques 1.RYERSON, op.cit., p.289. LE PATRONAT ET LA QUESTION NATIONALE 115 et de propagande: enfin, elles renforcent l\u2019unité du monde des affaires en s\u2019en faisant le porte-parole auprès du gouvernement et des autres groupes sociaux\u201d1.Nous pouvons donc dire que le patronat a procédé à un regroupement des forces disparates en vue d\u2019accorder plus de poids à ses revendications.C\u2019est, si l\u2019on peut dire, une nouvelle forme de syndicalisme.Les principales associatons patronales du Québec fonctionnent de deux façons, qui sont: A \u2014 regroupement des sociétés, B \u2014 regroupement des dirigeants d'entreprises, c\u2019est-à- dire des individus.Dans le regroupement des sociétés, nous retrouvons le Board of Trade, l\u2019Association des manufacturiers canadiens (division du Québec), et les différentes associations professionnelles.Dans le regroupement des dirigeants d\u2019entreprises, nous retrouvons les chambres de commerce, le centre des dirigeants d\u2019entreprises et le Conseil général de l\u2019industrie.Regardons maintenant plus en détail, les différentes composantes du patronat québécois: Association des manufacturiers canadiens: L\u2019AMC comptait en 1972, dans tout le Canada, 8300 sociétés membres, représentant 75% de toute la production manufacturière.La division du Québec compte huit bureaux régionaux et 1800 entreprises en sont membres.Cette association patronale est très homogène puisqu\u2019elle ne représente seulement que les manufacturiers.L\u2019association identifie ses intérêts et ses objectifs à ceux du public.Elle se définit comme étant apolitique malgré le fait qu\u2019elle présente des mémoires sur la question linguistique, les relations ouvrières, les problèmes sociaux et autres.Elle ne prend pas position sur le plan politique néanmoins elle exprime son opinion sur les 1.FOURNIER, Pierre, Le patronat québécois au pouvoir: 1970-1976 Éditions HMH, 1979, p.65. 116 L\u2019ACTION NATIONALE sujets locaux, provinciaux ou fédéraux concernant l\u2019industrie manufacturière.Chambre de commerce: Cette association exerce son activité à trois niveaux: canadien, provincial et local.La Chambre de commerce du Québec constitue une fédération de 235 chambres locales et regroupe 30,000 personnes à 90% de profession libérale sans compter 2000 entreprises membres.Cette association est la plus hétérogène de toutes.La protection du fait français est sa seule raison d\u2019être.Elle est la seule association à entretenir des relations aussi officielles avec le gouvernement du Québec.Elle s\u2019occupe aussi beaucoup de l\u2019éducation de l'économie.Montreal Board of Trade: Cette association est le pendant canadien-anglais de la Chambre de commerce.Contrairement à celle-ci, cependant, tous ses membres sont des entreprises.Elle représente environ 3000 établissements commerciaux de la région de Montréal.Elle participe à de nombreux débats politiques au niveau gouvernemental.Centre des dirigeants d\u2019entreprises: Composée d\u2019environ 1000 membres représentant approximativement 400 entreprises, cette association recrute principalement des gens de la petite et moyenne entreprise et sont à 90% francophones.Le CDE n\u2019est pas une fédération, ses huit bureaux régionaux relèvent du bureau de Montréal.Ses objectifs principaux sont sociaux et idéologiques.Elle s\u2019occupe de relations ouvrières, de développement régional et de la question linguistique.C\u2019est l\u2019association patronale la plus avant-gardiste du Québec.Conseil du patronat du Québec: C\u2019est une fédération d\u2019employeurs regroupant les associations patronales, à l\u2019exception de la Chambre de commerce.Elle compte 150 associations membres représentant les employeurs de plus de 80% de la main-d\u2019œuvre québécoise.C\u2019est l\u2019interlocuteur des hom- LE PATRONAT ET LA QUESTION NATIONALE 117 mes d\u2019affaires auprès du gouvernement et de la population du Québec.Plus de 90% des activités du Conseil se déroulent sur la scène québécoise.Le Conseil défend énergiquement le fédéralisme et la libre entreprise.Idéologie: Le profit, la croissance de l'économie, la paix sociale, un climat favorable aux affaires, une stabilité politique; autant de termes pour définir en gros l\u2019idéologie patronale.Il a donc une idéologie plutôt con-servarice, il refuse la remise en question du système et favorise le statu quo.Il accepte les changements sociaux et autres, à condition que ce soit lui qui les prévoit.Il est un agent de changement dans la mesure où ce même changement favorise ses intérêts.Pour le patronat, le gouvernement doit être fort, stable et favorable à leur cause.Il ne doit pas avoir peur de s\u2019ingérer dans les affaires syndicales, et au besoin, les mâter.Le patronat appuie un parti dans la mesure où il peut influencer les décisions de ce parti.Il va sans dire qu\u2019il n\u2019aime pas le Parti québécois car il ne peut pas contrôler le parti via les contributions à la caisse électorale.Structure du patronat: Après avoir vu les composantes et l\u2019idéologie du patronat, il serait intéressant de connaître la structure du patronat sur la scène québécoise ainsi que les liens d\u2019interdépendance entre les différentes associations patronales et le gouvernement québécois.Il est à noter que cet organigramme provient de la recherche de Pierre Fournier sur le patronat québécois.Selon un sondage effectué, dans le cadre de sa recherche, l\u2019association patronale qui est la plus efficace dans ses rapports avec le gouvernement est sans contredit le Conseil du patronat.Position constitutionnelle: Il va sans dire que le patronat est fédéraliste et antiséparatiste.Face à la montée croissante d\u2019une vague de changement, le patronat préfère de beaucoup donner son 118 L\u2019ACTION NATIONALE Diagramme 4 Associations patronales du Québec: réseau des relations officielles .Conseil rentrai de l\u2019industrie (orgjn.sme consultatif! Centre des dirigeants \u2022 l
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