Le Journal des Trois-Rivières, 28 décembre 1876, jeudi 28 décembre 1876
[" (A remet rem r rrermrmarenerrrrerrrtrrrrrr re 2m Douzième Année.Les Trois-Rivières, Jevot 28 Décembre 1876, MS YATE CATHOLIQUE, POL REDISÉ PAR UN Co nité do Collaborateur i.ee es 0 1 ITIQUE ET LITTER! IN NIOESSARIIS, UNITAS; IN DUBIIS, LIBERTAS {IN OMNIBUS, CHARITAS.} ° du ÉDITÉVRE-PRÉ TI 2II1F \u201cGEDEON DESILETS & Frères, Feuilleton di \u201cJournal\u201d FERNANDO D'UN JEUNE ESPAGNOL.(Buite.\\ CHAPITRE XIV | \u2014Seigneur, puisque les aventares d'un infortané psuvent vons intéresser, ju vais vous en faire le récit, Peu de jours après mon attentat sur la personne da juane Fernando.quatuil la première agitation de mon Ame so fut tn peu calmés, comms je comp- tals toujours sur vos promusses, lo désir d\u2019é- poaser Éséunote-s'éleva de nouveau dans mon cœur.Je me vendis chez elle, ju lui appris que j'étais devenu propriétaire d'un dosnains considérable, et je lui duman-lai sa main.Muis l'esprit pénétrant de cette de- moiselie devina tout le mystère de ce subit chaugement de ma furtaue, * Quel effroyable trat de lumière ! s'écria-t-elle, Com ment ! don Alonzo vous à fait présent de te bien ! Quelle espèce de service lui avez- vous dont rendu pour cela ?Ce n'est cer.taînement pas Votre taent pour lo chant et pour lu musique qu\u2019il a eu l'intention de récompenser st généreusement, J'ai l'affreux pressentiment que vous lui avez servi d\u2019is- trument pour uccélérer la mort de son jeu- lu neveu, et Vous pensez que je pourrais épouser un meurtrier ! Non, nou, jamais, vous me faites horreur ! \u201d \u201c lin achovant ces paroles, elle longa au cie! un regard de vive douleur : * Mon Diuu, ajouta-t-elle, combien ju me suis trom- péu en viraant cet homme j'en rougis de honte.* Des larmes amères couluient de ses yeux.Je mo jetai à ses pieds ; mais elle me repoussa avec horreur, et ne dit : \u201c Retire: toi, mandit serpent, tigre aitéré de sang humain, et ne t'avise plus de te présenter devant mes yeux.\u201d ; \u201c Ma conscience, qui ne s'ètait jamais tont à fait endormie, g'éveillu alors avec une for- cs nouvelle ; elle me leprocha d'être un empoisonneur et un assassin ; car j'uurais en effut empoisonné le jeune comte si Dieu n'avait empêché que je trouvasse du poison, Le couteau cont je me snis servi s'est de même refusé à l'exécution de mon crime ; C\u2019est encors Dieu qui l'a voulu nina, Je ne peux assez remercier le Tout-Puissant de ln grâce qu'il me lit d'affaiblir mon bras quan j'allais 6gorger le pauvre enfant.Si mon crime eut été complétement consommé, je serais duvenu fou, on je serais mort de désespoir, Je regardai pour lors comme un devoir d'aider le jeune comte à recouvrer son héritage.Ayant appris que le noble chovalier qui avait sauvé le petit Fernando et le pieu ermite de la mon- tugne étaient la mème personne, j'allni le trouver, je lui remis vos lettres, et je lu conjurai de mettre tout en @uvre pour faire rendre justice i Fernando.« C'est bien là mon intention, me ré- poudit cet excellent humnumne, et vous pouvez compter sur moi ; quand le moment d'agir sera Venu, je me porterai hautement acousateur contre Alonzo, en cws que les voies du douceur se trouvent impuissantes.Eu - attendant, j'enfermerni ces redoutables lettres dans an paquet que je remettrai au prieur du convent des chartieux, qui est mon ami, en le priant de ies déposer dans les archives du couvent ut de ne les remettre: qu'à moi-même sans les avoir décache- tôus, lt vous aussi gardez le silence et allez en paix.\u201d \u201c Ayant ainsi déchargé ma conscience ot appris qu'Étéonore avait pris le voile dans l'ordre austère de Naumte-Claire, je pris la résolution de me retirer du monde et d'entrer dans un couvent, Ju craignais cependant que, si vous appreniez que je vous avais trahi et que j'étais encore vivant, vous n'employassiez tout pour vous venger ; voilà pourquoi, alin de ne soustraire à vos poursuites, j'imagiuai de briser ma mandoline sur les bords du la mer, et d'y déposer mon chapeau ct mon manteun, afin de vous faire croire que ju m'étais noyé.+ Ju me re dis ensuite duns une provin ce très- éloignée, et ju demandui À être reçu duvs l'ordre de Naint-lrançois ; mais ce ns fut qu'après bien des instances et un long noviciat qu'on m'accorda cetto faveur.Je me dévouai à la prière ct à in méditation, et jo remplis fidèlement les devoirs qui m'étaient imposés.Séparé du monde.j'appris cependant par hasard, on plutôt par In volonté divine, que Bernardo était mort depuis longtemps, emportant avec lui dang la tombe le secret de l'existence de Fornando, qui avait quitté le pays.J'appris aussi que vous étiez venu habité co châte.u et que vous y passiez une vie triste el so j- taire.Je Bentis alors le besoin du vous parler, et jo priai mon supérieur da mo dési- gher pour me rendre wuprès du vous et vous apporter lus secours du lu religion dans votre maladie, O'ust ainsi qu'après tant de tourments et de souffrances Dien a peri que nous nous revisions, \u201d Pedro continus : \u201c Je suis venu pour en tendre votre confvssion, et ju vous ai fait la mienne ; votre complice ne peut rien pour vous, Moi uussi j'avais perdu l'espérance, mon crime me gumblait plus grand que la miséricorde de Dieu.Enfin j'usai dévoiler mon âme tout entière à uh digne vieillurd, le plus pieux des pères de notre couvent.II sut me faire mieux comprendre la clémence infinie du Sanvenr ; il m'exnligna l'Infaillibio efficacité d'un sincère repentir et les offéto salutaires et consolunts d'une bonne confession.Je les ai moi-même éprouvés ; cur dès lors mon cœur s'ouvrit à l'espérance, et je cessai de frémir en sou- ;geant à l'Eternel.Voulez vous que je vous envoie ce pieux vieillard ?\u201d Alonzo y consentit.Le bon père passa trois jours au château, ¢t conlessa le comte, qui avec lu paix de l'âme recouvra promptement la santé du corps, et rézolut de chercher Fernando pour lui rendre son héritage.CHAPITRE XV Dès qu'Alonzo se sentit complétement rétabli, il partit, malgré son grand âge, pour se rendre en Bohème.En pussant à Vien \u201cne, il eut soin dese procurer pour Fernando ane lettre du comte de Gallas ; cettu lettre disait senlement que le personnage auquel on la remettait élait un grand d'Espa que qui voyageait en Bohême, et devait s'arrêter quelque temps au château.On recommandait À l\u2019intendant de lui en faire les honneurs avec leségards dus A son rang distingué.Lorsque, après beaucoup de fatigues à travers les chemins Apres et raboteux de la Bohême, sa voiture tut arrivée au sommet d'ane moutagne fort élevée, Il aperçut de tom l'antique château du comte de Gallas, séjour\u2019 de Fernando, * Cher Antonio, dit-il À sou compagnon de voyage, vous ne croiriez pas combien j'ai le cœur serré, Quand Fernando nura appris ce que j'ai voulu tenter contre lui, iine pourra que me hair et 1ne regarder comme un monstre.Oh! qu'il est douloureux pour un vieillard, un oncle, de paraître en coupable devant un jeune homme ; \u2014 Soyez tranquille, monsieur le comte : Fernando iguore, j'en suis sûr, que la tentative de meartre fuite contre lui venait de vous, il nu l\u2019attribue qu'à la démence du joueur de luth.Cependant nous le ques- lionnerons, et nous verrons ce qu'il sait de cette histoire, afin de te lu rien dire de plus qu\u2019il n\u2019est nécessaire.\u2014 Vousavez raison, et nous acquerrons par ce moyen la certitude que cet intendant est véritablement notre Fernando.\u201d lls descendirent au fond de ln vallée, et arrivèrent dans un viliage dont les maisons ôtuiest basses et construites en bois.Ils quittèrent la voiture.et se rendirent à pied au château, Alonzo avait caché son riche costume de grand d'Espagno sous un long muntean, et Antonio, revêtu des habits de son ordre, marchait an bréviaire à la main.Ils entrèrent dans le jardin du chât au, ot se dirigèrent par un allée qui lescondui- sit à un vergé planté d'arbres de toute es- pice.Un jeune garçon au teint vermeil était tnonté sur une échelle appuyée contre un cerisier chargé de fruits, qu\u2019il cueillait et \u201cu\u2019il Inissoit tomber dans le tablier de sa petite sœur.Un autre petit garçon arrangeait en souriant dans un joli panier les cerises que sa sœur Ini présentait, Ces trois enfants eurent à puine aperput les deux étrangers, qu'ils quittèrent aussitôt leur oc cupation.Les deux frères s'approrhèrent du religieux, lui bai-èrent la maiv avec respect et s'inclinèrent devant Alonzo, tandis que leur petite sœur se tint timidement à l'écart.\u201cCes messieurs viennent sans doute voir notre jardin ?dit Painé, Mop lrère, veux-tu leur montrer, pendant que je vais chercher papa ?\" Les deur enfants conduisirent les voyageurs par tout le jardin, ot leur lit admirer tour a tout, avec ia naivetd de leur Age, les allées, les plates bandes, les bercéaux, les | 9 statues et le grand bassin, mais surtout l'o- rangeric.Le père de ces charmants enfants parut enfin an bout d'une longue allée.Aiouzo alls au-devant de lui, et fui remit la lettre du comte do Galas.Fernando en prit lec.türe ; il regarda d'abord Alonzo avec élon- nement, puis amsaitôl lui présenta ves res- peuts, ainsi qu'au père franciscaiu.Capendant Alonzo sentait ses genoux trembler ; il fut obligé de s'asseoir, et il pris Fernando de prendre place entre Antonio et lui.Après quelques politesses d'usage, Fernando engagea la conversation, \u201c* Mvssieurs, dil-il, vous venez d'Espa- gLe : c'est ma patrie, c'est là que j'ei pussé les belles auntes de mon enfance.\u2014 Comment ! vous êtes né en Espagne ! Et quels étaient vos parents ?Comment se fait-il que vous ayez prafuré a cette belle et riche contréu les forêts et les montagnes de la Bohème ?\u2014 Mes aventures ont quelque chose de bizarre ot de particalier, mes souvenirs d\u2019eufanco ressemblent à un rève confus.Je demournie daus vu château antique entouré d'un beau jardin.La dame que jo regardais comme mu mère, qui ne l'était pus, comme je l'ai sut dupuie, était très-belle, et surtout très bonne envers moi.Mes trois lrères ot sœur nînés, où qu'alors je croyais l'être, s'éppelaient Philippe, Eugénie et Carlos ; j'ui oublié les noms des plus petits, Le seigneur que d'appelais mon père était tarement à lu maison, et n\u2019aîmait pas les entants ; nous le craignions tous.Voilà u peu près tout cu dont je me souviens, Ju me rappelle encore cependant qn'nn, jour !niaiserie dont nous »f 2 je fas tout à'coup saisi d'une rAälndte gru- ve.Mu mère, mes freres et nes sœurs partirent subitement ; le père l'ordonnait ainst, | car il craignait que mon mai ne fut conta: gieux ; il les pressa de partir, depuis je ne les ai plus revus, Tout le monde m'abandonna, excepté un jeune homme, nomme Pedro, qui était nn joueur de luth ; il était fort aimable et nous plaisait à tous.Sonvent il nons avait amusés en nous chantant de belles ballades, en nous apprenant toutes sorles da petits jeux ; il nous fuisait ans- si de petits cadeaux.Pendant que j'étais malade, il resta auprès de moi pour me sui- gner.Soudain il devint fou, et vonlut me tuer avec un coutean.Il se laiss« pourtant émouroir par mes prières et me laissa is vie, mais après in'avoir fait trois blessures dont je porte encore les cicatrices.\u201d (A coutinuer.) rer er Courage ! Courage ! I Courage ! Courage ! Tel est le cri qui s'élève lorsque les fléaux re déchaînent.Nous avons entendu ce cri aux inceudivs et aux inondations.Quand les murs déchirés par la Hamme ménagaient d'engloutir les travailleurs, une voix sortie de ln foule crinit : Couruge ! Lorsque la digue allait se briser sous les efforts des vagues, l'air retentissait du cri : Courage ! Courage ! L'heure est venue pour les gens de cœur de répéter cet appel suprême.Désormais, il fau: du courage, autant pour braver le péril que pour vamcre\u2019 le dégoût et surmonter le mépris.n moment nous avous cherché à nous familiariser avec les bassesses, les lâchetés, les corruptions et ies cymwmes, Afin de nous blaser, nous venions de relire l\u2019histoire de lu Régence et celle du Directoire.S.dint-Simon nous avait rappe.é les soupers du régent : * La chère y était exquise, les galanteries passées et présentes de la cour et de la ville, les vieux contes, les disputes, rien, ni personne n'étaient épargnés.On buvait beaucoup, et du meilleur vin ; on s'échauffait, on disait des ordures à gorge déployée, des impiétés à qui mieux mieux ot quand on avait fait du brüit et qu'on était bien ivre, on s'allait coucher.\u201d Mais toutes ces infamies so pussaient portes closes entre Mines de Parabère et de Sabran.Les ordureset les impiêtés à qui nieux mieux ne retentissatent pas à la tri- buve ; les vieux contes n'étaient pas trans- tormés en grotesques harangues, et puis, quand on était bien ivre, on s'ailuait coucher sans souci des applaudissement de la vale taille.Le Directoire avait aussi ses discrétions et quelque semblant de pudeur.Quoique l'orgie fût complète, Barras ne dépouilluit pas son habit de gentilhomme pour endosser lâchement In carmagnole des révolutionnaires.La Régence et le Directoire ne saursient donc nous blaser, nos lèvres se sont trempées dans des coupes plus amères, L'antiquité nous offre bien une figore qui rappelle vaguement la physionomie du prinee Jérome Bonaparte.Cette figure est celle de Vitellius,le courtisan de Claude.Lorsqu'il confia à ce Vitellius le commau- dement de la Germanie supérienre, Galha dit à ses officiers : \u201c Les goinfres no sont, pas dangereux, \u201d Galba se trompait, car itellius fut un traître.Vespasien marcha contre lui pour le punir de ea trahison,mais Vitallius se cacha dans la loge d'un portier du palais, Ni la Régence, ni le Directoire, ni même Viteltias n'ont soulevé notre coeur antant ue cu prince démocrate, fuieant retentir la tribune parlementaire de paroles insensées.Moins fier que Barras, il a endossé la carmagnole.Sous cette carmagnole nous découvrons sans peine l'habit brodé d'or du sénateur de l'empire ; l'uniforme éclatant de général de division, et aussi l'habit de cour de mise dans les palais aux fêtes de la toyauté, Sous les revers de cetts carma grnols, nous apercevons même le grand cor dou de la Légion l'honneur, dont le prin- Ce a 0s6 8e parer «15 praciliques revues du Champ de Mars.Ces choses sont d'ordinaire le prix des mérites éminents, des grands services rendus au pays, des longs travaux consacrés à la science, et surtout des gloires de la guerre.Mais si un homme, jeune encore, sans mérites, sans servicus.étranger à l'étude, d'une bravoure plus que douteuse, se drape fièrement dans ces vêtements ot dans ces cordons, il na sunrait être qu'un courtisan du la fortune.Quoi, cn démocrate n'a rien refusé ! Repu d'honneurs, comblé du richesses, engraissé de bivufuils, il s'est vautré dans le palais de Philipe licalité,il à tendu la main au cuissier du Sénat et a pris sa large part au budget de ln guerre, Ia eu son navire, ses matelots et sa grosse dotation.Un jour l'empire s'est fcroulé, entraînant dans l'abîine los caissiers et les matelote, les palais et les boudoirs.C\u2019est alors que le prince a endossé ls car magnole démocratique at caché son visage sous le masque républicain, Lui reprocher son ingratitude sersit une lo vieux capiteine ent À dévorer, Dieu seul Hous pas.La-reconnaisance, ia fidélil@lic respect de soi-! même sont presque efifcés des Ames par les | révolutions.Que ce prince soit un apostat, , peu importe : un de plus ne changera pas nos destinévs.Meis ce que nous ne saur tions permettre, ni soulfrir, c'est de voir ce: hoinme parler.au nom de l'armée trançai- se Non pas que nous le considérions comme un transtuge du camp.Nul, parmi noûs, n'a pris au sérieux ses épuulettes étoilées et son épée toujours vierge.L'uniforme milituire lui avait fait une place à part entre le dédain et la pitié.Nous savons bons nombre d'officiers qui du prince ; * Ce n\u2019est pes de l'armée que pourra jamais venir cet esprit d\u2019intolérance.Non, l'armée est nationale ; mais c'est du parti clérical, qui veut se servir de préjugés qu'il prête à l\u2019armée pour luire ce qu'il juge convenable.\u201d ; Lursqu\u2019il s\u2019est écrié : \u201c l'armée est nationale, \u201d le prince a dû frissonuer, Des souvenir cruels auraieut troublé une conscieu- ce moins usée que lu sienne.Derrière cette simple phrase: \u201c l'armée est national, \u201d il y avait la Crimée, l'Italie et nos batailles de la dernière guerre.Il y avait des blessés et des morts, de nobles dévonements et de sublimes sucrifices ; mais il y avait, à côté de ces grandears, des actes pusillanimes, des peurs, dos fuites et des hontes.Ces peurs, ces fuites, ces hontes sont la part du prince les grandeurs sont la part de l'armée, qui est nationale.\u2018Aucun spectacle ne saurait être plus douloureux que celui d'un prince dout le père a porté la couronne et qui, dans la force de l'âge, s'agenouille les mains jointes, duvant la populace, lui demandant d'oublier sont passé de haut et puissant seigneur.Mais la populace n'oublie pas, Vainement lui jettera-t-on en pâture les jésuites et les cu- tés, la populace répondra qu\u2019elle a coutume d'égorger les princes après l\u2019égorgement des prêtres.La logique des assassins est terriblement brutale, et ces gens flairent un prince, latil caché sous un mantean républicain.Il à parlé fort longuement des empiétements du clergé ulin d\u2019exciter la colère el les vengeances ; tnuis ces emplétements sont autres que ne le dite prince Jôrémé, S'il avait vule champ de bataille de lu dernièreguerre, ses regards auraient partout rencontré le prêtre ; le clergé empré- tait sur l'honneur et le patriotisme des soldats.A Sednn, a Metz, à Paris, sur les rives de la Loire, dans l\u2019Est commeau Nord, jésuites et franciscaius, capucins et dgpini caing, curés de campague et moines do tons les ordres, se pressaient dans lo mélés sanglante el empictaient aux ambulances sur les devoirs des wmlirmiers.Ils mélnient leur sang au nôtre et Housenseignaient les douceurs de la mort chrétienne, Mais le rince Jérôme n'étaient ni à Sedan, ni à etz, vid Paris, I! avait fui, loin d'Orléans laissant derrièrë lui les armées de l'Est et du Nord.Il avait franchila frontière, et, galant émigré, lo prince souriuit derrière ies évantails des comédiennes de Florence.Les vieux généraux en retraite reprenaient, d'une main glacée par l\u2019âge, leur épée d'autrefois, Ils toinbuient à la bataille comme Renaud et Lacharrière, tandis que le prince Jerème désertait à l'étranger en présence de l'ennemi Ses épaulettes, ses grands cordons son sabre prenaient place aux bagages, Daus sa fuite précipitée, il n'udessait mème pas un signe d'adieu fraternel aux généraux de sa sorle, les Bordone et les Garibaldi.Un profond décourngement s'est emparé de ceux qui ont entendu le discours du prince Jérôme.Une question s'est dressée devaut eux : Que penseront de la France les princes et les peuples de l\u2019Europe ?est alors que le cri des travailleurs a retenti à nos oreilles: Courage ! Courage ! 1 Pendant que l'une dos enceintes lBgisla- tives était le théâtre du cetty affigeante co- môdie, l'autre enceinte dounait un spécta- cle presque sussi latienteble.\" \u2018 On y répétuit an nom clier'à l'armée, un nom dont s'honore le France.Co nom du général Vinoy était prononcé, commenté, alotté et enfin repoussé.Cependant l'armée pense que si.le Sénat te se composnit que de dix homines, le général Vinoy devrait être des dix.L'armée n'a pas oublié la guerre de 1870.Vinoy, qui n\u2019était plus en activité, ne se souvient plus de son ège.ll part, après avoir formé, non sans difficultés, le 18s corps d'armée, Il est à Mézières te jour de la bataille do Sedan, il entend le canon, assiste à In dévoute' Un autre eùt désespéré, mais Vinoy domine lu situation.Il entreprend celte admirable retraite eur Paris, ui étonne l'Allemagne et qui arrache à Mde Moltke des dloxes dont nous sornmes fiers.Cette retraite du général Vinoy est la seule véritable opération militaire de la campagne, elle restera votre unique consolation.À lo tôte de ces braves régiments Ste et 42e qui s'étuient vigoureusement trempés à Rome, Vinoy traverse la France, entre à l\u2019aristet devient l'âme de ladétense.Dieu seul l'ut témoin des amertumes que ont frémi d'indignation en lisont ces paroles |.In faiblesse des autres, nu barvardage de tous, il opposa sa science, sa lurmeté, sph silence.Son caractère se montra toujours grand, il déploya souvent des taientg de premier ordre, vt toujours une clairvoyance remarquable, Nous le déclarous haute- Uent, parce que nous y élions, sans le général Vihoy etson 18e corps, Paris n'elit pus soutonn le siége, Les Français sont fiersde lu résistance de leur capitule.Ils ont raison.Muis les représentants, les ivterprètes de la nation ne devraient pas oublier que celte résistance est Que, pour la grande part, au général Vinoy À cet immense service, qui est en vérité patrimoine national, le général Vinoy pourrait joindre lu longue liste de ses combats et bataille, trais sa modestie le retient.Il appartient à ceux qui l'ont vu à la pere de rappeler l'élévation de ses centimente, la loyanté de son âme et l'énergie de son cœur, Cependant cet homme est arrété aux portes du Sénat : elles se ferment devant celui qui suit mieux ordonner uue butaille'que combiner les effets d'un discours.Les Ini seurs politiques se groupent autour du vieux soldat, tous leurs balances en main.Ils pèsent Jes discours et les blessures, ot trouvent celles-ci inférieures à ceux-là, Ils ne se doutent même pas qu\u2019un général Vinoy apporterait au Sénat plus d'honneur qu'il n\u2019en recevrait.Quoi qu'il en soit, le tableau de cette Intte électorale fait pendant à cot autre tableau, ont le prince en carmaguole renie son Dieu et su maison, Les artiste amis de In symétrie doivent être contents.Que le sPectgteur he se 16isse pas aller aù décoûragement.qu'il chiende le eri : Courage ! courage ! Ce n'est point parce que nous allons trop vite et trop luin qu'il faut désespérer.Jus marches précipitées ne sont pus d'aujour d'hui seulement.111 A la fin du quatorzième siècle, on 1802, l'infortuné \u2018v6i \"do France, Charles VI, épronvait de cruels ennuis, Ses consuillers, trop nombreux, n'étaient point a accord, et chacun, suivant son intérèt, poussait le malheureux Charles, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre.Lis ro: se rendait enBretagne ct chevauchait dans un chemin creux de la lorèt du Mans.Les seigneurs suivaient en silence, Ou n'entenduit que le ler des coursiers, frappant les pierres du chemin.Charles tout pensil marchait seul en avant.\"Tout i conp un homwe enveloppé d'un mantean ef lo visage bouleversé s'élanca d'un buisson et saisit la bride du cheval de Charles, D'une voix éclatante cet homme erin: * Seigneur, ne va pus plus avant.Arréte loi, lorsqu'il est temps encore ; tu es trahi ¥ Il y a cinq siècles que cet homme a jeté ce cri d'alarme, et les échos répètent encore ce cri.Allez par les chemins de France, et vous entendrez sortir de tous les buissons le cri de l'homme au manteau : * Ne ya pas plus avant ! arréte-toi ! ta es trahi!\" Cut homme est le génie de la France, Il sort du son buisson lorsque ln marche ge précipite et que le péril se rapproche.- Prètez l'oreille, et vous allez l'entendre Général AMBERT.Amérique du Nud.oniLl.\u2014Le 18 soptembre des fétes ont.616 cc lébrees pour anniversaire de la deli vrancu de ja république et pour le change ment du président, qui a lien tous les cing ans.M.Pinto à remplacé le président Bre razuriz avec toutes les cérémonies et lu s0- lennité habituelles, moins les barricades ot les coups de fusil.qui ne sont pus ici aussi fréquents que daus les républiques voisitits- Le nouveau président, conformément à l'are ticte 80 de la constitution, s'était rendu d'abord au palais de lu représentation nationale, où se trouvaient russemblés les sénateurs et les députés, pour prêter le serment d'usage, dont voici la teneur : * Moi, Anibal Pinto, je jure devant Dieu Notre-Beignour et sur les saîuts Evangiles, de nracquitter fidèlement de mes fonctions comme président de là république ; de pratiquer et de protéger lu religion catholique apostolique, romuine ; de conserver l'inté- rité et l'indépendance de la république, ct d'observer et de frire observer la constitution et les lois.Si je le fais ainsi, que Dieu ne vienne en aide, et qu'il soit ma défense, sinon qu'il m'en demande compte.\u201d Ce mêtme serment à été Gcrit et signé au bas du procès-verbai, Après lu cérémonie civile, le président se_ rendit à l'église, sur le seuil de laquelle Mgr l'archovèque de Sauliago l'attendait accompagné du chapitre.Lu président adora le erncilix que le prélat lui présentait, et conduit sous le dais alla s'ussuir pros du grand antel, oll ane messu d'astions de grâces fui célébrée, On voit par cet aperçu que ces présidents am ricnins ne contenteraient peut être pas cortains républicains que nous counaiesous, Le nouveau mini-têre se compose de M.connut les difficultés dont on entoura cha- Lnstarrin, président di conseil et ministre do l'intérieur, ot de MM.Alfonso, Amunucun de ses pas.À l'ignorance des \u2018dns, à, tement SA ERA guie, Sotomayor et Prute, ministres au dé.parlements des affaires étrangères, de la justice, des finances et de la guerre respec tivement.Le procès concernant la saisiedu navire frangnisJeanne-Amélie vient d\u2019ètre vidépar les tribunaux.Le jugement rendu en première instance conclut à l'acquittementd M.Pierre-Gniilaunie, capitaine dubâtnnent Ce jugement est fondé sur des circonstances atténuantes qui expliquent facilement le fuit incriminé.D'abord,les papiers du capitajue étuignt.en règle et uis il n'y avait pas moyéhde préciser l'éndroit\u2018de In côte de Patagonie où commençant ie territoire appartenant à la république du Chi- La permission signée du conseil de Mon tévidéodont le capitaine était porteur.pour faire un chargement de guano dans ces côtes, désignait comme limite sud le degré 51 de latitude.Le procureur de la Répu blique a appelé de ce jugement, _ Ajoutons que le gonvernement du Chili à déclaré et annoncé.qu'il est défendu aux bâtiments de toutes les nationalités, de mouiller duns les eaux des îles silnées au près du détroit de Maguellan et de In Ter- re-du-Feu, on d'en approcher sans la per- missiondez autorités chiliennes, sous peine de saisie du bateau et des marchandises, Le département des affaires étrangères vient de publier les documents échangés entre les gouvernements de Buenos-Ayres et du \u2018Chili, a propos de la question au droit à la domination sur les coutrées nommées plus haut.Ila cingans que cettequestion traine, et le ministre avoue qu'il a pen confiance dans l'utilité de la discussion comme moyen d'arriver & un accord, ct qu'il continue de croire que l'arbitrage devra mettre un terme à ces longues négociations.Cette arbitrage n'aurait rien à faire duns la côte orientale de la Patagonie, et, en dernier lieu, la République renoncerait à la possession de Punta Aronas et du Détroit PEROU.\u2014Par suite des troubles du mois d'août, une crise ministérielle a éclaté.Le présiden* du consvil, M, Arenus, a quitté son poste à la suite d\u2019un vote défavorable du Sénat, Il à été remplacé par le docteur Larrosa.JEUDI 28 DECEMBRE 1376.\u2014 Nous avons fait connaître à nos lveteurs le résultat de la contestation de l'élection de Bonaventure.Nous soinines maintenant renseignés sur les motifs pour lesquels cette élection a été annulée et le défendeur 4.Beauchesne privé de ses droits de citoyen pour l'espace de sept ans.Le Canadien du 22 Décembre a publié les not:s du jugement de M.le Juge Casault, notes rédigées par M.Casault Itt-mnême pour lu publicité En les parcourant nons n'avons pu nous défendre d'un pénible sentiment, car c'eé- taient bien les paroles d'un étranger a notre race et à notre religion que nous avions sous les yeux et qui cependant sortaient de la bouche d'un de nos compatriotes, d'un citoyen élevé daus une famille canadienne, iustruit dans la religion catholique, et à cause de ses talents revêtu d'une haute charge publique.Nous sommes réellement matheurcux depuis nombre d'années de n'avoirpn produi- Tu pour remplir les pius importantes fonctions civiles que des hommes qui n\u2019ont ni les sentiments, ni les convictions de notre Nation.Comment ca se fait-il et d'où vient que nous sommes comme invencible- ment conduits a Une odi-uss servitude ?C'est un fit inexpliqué mais qui n'est pas inexplicable sinous voulons y ré fléchir, Een attendaut, il faut le regonnaitre, la main de Dieu s'uppesdntit visiblement sur nous et nous marchous d'abimnes en abi- mes.Séparés violemment de la mère patrie.dans lu temps où nous avions le plus be.son de protection, il nous était resté au moins dans notre malheur la liberté de servir Dieu et de manifester ouvertement; notre foi.Il parait que nous n'avons pus, usé decette liberté comme nous te devis! ons, car voilà qu'elle nous est graduellement retirée et que nous retoimbous gux temps des persécutions.A l'époque de l'Aveuir et du Pays, nous entendions force déclainations contre l'I£- glise mais les cas de violence étaient rares et isolés, Anjourd'h>i ils ge 1épèieut avec tune rapidité elfrayante.Le bruit de lat faire Guibord n'était pas encore teint, que l'affaire de M.je curé Arch ombauit uttirait l'attention publique suivie de lu contest! tion de Charlevoix et de cell» de Bonaventure, Dans touts cos causes il s'agissait «le limiter la liberté du prêtre dans Poxercic de son saint et redoatable ministère, et l'on n'ex connait que trop los tristes v sul tats, La décision rendue dans la contestation, d'élection de Bonaventure a Un caractère narticulièrement provo quant pour les cu- thohiques.Il ue s'agissait pis comme dans les autres causes, de forcer l'Eslise à traiter\u2018 les impies comme le commun des flilèles, mais d'infliger une flétrissure et un chati- | ment dun citoyon irréprochable pour le: seul fait de s'être conduit avec honnêteté ot religion, M.Beauch ane, le dépnté de Bonaventure, à été, chose inoute, dépossédé de son\u2019 sid ze en parlomsnt et traits comme un in fame par deux juges catholiques unique-' nent pour avoir dit, qu'il était le candidat | choist par le clergé, qu'il avait collfiance duns \u2014 I Le JousNaL DES\u2019 Trois-RivieRes, 28 Décembre 1876 \u2014\u2014 le clersgé el que sans le clergé il ue serait ju- mais venu de l'avnnl.C'est là son crime et tout son crime.Nous avons çru d'abord à nne mystification, lorsque les journaux ont répandu cetie afflirernte naavelle, mais force à été de nous renife, en nyant devant les yeux les propres paroies d'un des Juges qui présidaient le tribunal._ Ue même juge a 6lé encora plué loiñ en soulenant que toute menace faite par le piêtre du haut de la chaire du refus des sacrements on d'autres peines contre ceux qui ne remphraient pas leurs devoits d'électeurs suivant la religion, devait être réputée immorale en loi, fat-elle même prononcée par l'antorisntion de l'Évèque.Que l'on motte pour un iustant de sem- blubles paroles daus ls bouche d'un juge cathoiique au sortir de l'Eglise et que l'on nous cite le fiddle qui n'en serait pas épouvanté.: Voila cependant le plus haut dégré qu'à atieint ia sience légnle duns lo pays.La cougclence catholique, vraiment, ne saurait être plus vutragée qu'elle ne l'a été par ces hommesde la sciencedans la contestatinde l'élection de Bonnventure, et elle nu sera soulagée que ei lve juges qui ont prononcé pendus de leur fonction pour violation liberté attentat a lu relixieuse de jugement où d'une fausse application talité.corps social.Si la science, par une fatale fondements même de la société.en feratent une cause nationale,et qu'ils 1 auratent sonftest de telles violences.plir les charges publiques dont 1lg sont revêtus, c'est de demaud-r leur suspension.C'est un droit dont usent toutes les nations dang les grandes circonstanees ; ob collect en est une, En Angleterre on a puni de gronds généraux pour avoir perdu dvs hae tailles qui compromettaient le salut de la nation ; nous consiléroas que la perte sion qui vient d'être rendur, st c-ux qui elle est mise universeliement en Vigneur, Cust un Ent éclatant comme vant les aimdes anglaises qu'après avoir attachés à leur fouction.Sa Majesté Britannique a été encore plas loin : elle à compris que ta religioi serait an si puissant anxilliaire pour le bon gouveraement du ses nouvulles colonies, ef ments de soumission à son autorité, qu'elle ne s'est pas contentée de leur assurer lu li berté du leur religion ; mais qu'elle gest «leplus enxagre de donner les ordres les pius efficaces, pour que ses nouveaux sujets catholiques Romains puissent professer le \u2018culte de leur religion selon les rites de l'Eglise de Rome, en autant que les lois d\u2019Augleterre le permettent gieusequi était compiôte, l'Angleterre s\u2019obli- écoatée de ses enfants, Ces ble condition que les rares catholiques qui ecciésiästiques qu'en autant que Bretagne, clésiastique n'avait pas | svoulter pour se Lure protéger mettre de troub.er l'ordre dans les églises : que «des ecclésiastiques reb-is à leura vêques auraient pu uvoir l'inteiltion de rester par lorce eu possession des cures a eux coalides pour wi tems, ot ce au grand prâjadice de lu religion catholique ot du bon ordre.Il importuit donc que l'Angleterre s'obli- goût du donner des ordres au besoin pour a protvetion de l'Igliso et c'ust ce qu'elle a promis solennellement de faire sans préjudice aux intorêt« des protestants soumis d'avane aus lois unglmses.Or pouvons-nous imaginer une plus on Vert trauagressiou du cu traité que la dé.lu su Itence dont nous parlons, ne sont sus- \u2018de la Constitution qui nous regit el qui nous est garantie par des traités solen- uels.Ilne s'agit plus ici d'un simple écart d'une loi en elle mème équitable, mais d\u2019un deni complet de justice affectant non-seule- ment un citoyen mais toute la nation dans ce qu'elle a de plus chère et qui touche le LL.plus directement à son autonomie et sa- vie! Los cas sont identiques, car dans le pre- Nous ne mettons pas ici en suspi- cien l'honnêteté par des juges, mais dans de teiles circonstances la bonne foi ne doit être comptée pour rien parce que les actes qu\u2019elle produit mettent en péril tout el aberration, est prête à tout nier, même les droits les plus sacrés, il faut la reprimer et lui «nlever la liberté de détruire jusqu'aux S'il mrivait a nos frôres séparés d'être troublés de cette façon par des personnes constituées en autorité dans l'articulation de leurs croyances et dans leur soumission aux directeurs de leurs ministres, nou - cou- naissons ngs-z leur fièreté pour savoir qu'iis\u2019 s'arréteraient qu'après avoir obtenu ln es.titotion de l'officier de la part duquel ils y a au moyen constitationnel de se débarrasser de ceux qui ne savent psg rem- tion de Bünäventure, puisque loin de maintenir les'tglholiques, dghs In sournig- sion aux obiggomeits nés duhatit de u
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.