Le bien public, 9 janvier 1936, jeudi 9 janvier 1936
[" OPGANE DU RÉVEÏL TRÉFLUVIEN 28e ANNEE\u2014No.2 MOT D'ORDRE POUR 1936 La jeunesse trifluvienne prendra ses propres affaires en mains Le temps des fêtes est fini.Nous recommençons une nouvelle année.Personne de ceux qui nous connaissent, qui nous font l\u2019honneur de nous suivre et de nous appuyer ne s\u2019étonnera de nous voir reprendre le travail là où nous l\u2019avions quitté.Organe du réveil trifluvien, le Bien Public ne se lassera pas.Il y mettra la ténacité qu\u2019il faut, l\u2019entrain, l\u2019allant, la vigueur nécessaires.: L'apathie des autres stimule son énergie.Rien ne le découragera.L\u2019incompréhension fouette sa volonté d\u2019aboutir et de faire comprendre.naît à l\u2019heure actuelle dans notre province des groupements nombreux de jeunes gens qui, la plupart, ne se connaissent que d'hier et se rejoignent dans des formations qui ne doivent rien aux partis et n\u2019en attendent rien.Ce phénomène, qui surprend, par sa nouveauté, ici, existe depuis déjà quelques années ailleurs, notamment en Allemagne, en France, en Italie.A côté des partis a dit un auteur allemand, en 1933, ont surgi des associations, des groupements, des organisations, qui expriment le sens de l\u2019Allemagne bien plus que ne le font les représentants du peuple qui sont morts ou paralysés en se croyant vivants.Un autre, dans la même année et devant le même phénomène, dit encore: \u201cQuand une foule innombrable de jeunes gens qui ne voient aucun avenir devant eux se sentent ainsi acculés d\u2019abord au désespoir, puis à la résignation et enfin à la déchéance complète, qui donc oserait s'étonner que ceux parmi ces masses que l\u2019instinet de conservation n\u2019a pas encore abandonné, se précipitent dans les bras de l\u2019extrémisme le plus inconsidéré?Ce serait faire preuve de cette arrogante incompréhension de notre \u201cbonne bourgeoisie\u201d.Nous n\u2019en sommes pas encore là, pas tout à fait du moins, mais cela explique pourquoi les jeunes inquiets et anxieux, se groupent en dehors et au-dessus des partis, bien -décidés à dire leur fa- gon de penser et à agir.en consé- * quence.- Nous sommes de cette équipe qui est fatiguée des discours, des votes, des élections, des interpellations, des contestations, ou pire, des résolutions platoniques: Tout cela donne l'illusion qu\u2019il se passe continuellement quelque chose, sans qu\u2019aucune transformation ne s\u2019accomplisse jamais, ni que le moindre changement ou la plus timide amélioration ne soient méme tentés.Le Bien Public, dans le désarroi général, s\u2019est piété dans la doctrine du régionalisme comme outil approprié pour opérer le resaisissement de notre petit pays trifluvien.Il fait appel aux jeunes, aux vivants, à ceux qui n\u2019ont pas encore démissionné devant 1a via.Il n'a pas la prétention de vouloir sauver le Canada, mais il est prêt à sonner la diane dans la Mauricie, il est prêt à lui insuffler le goût d\u2019une vie collective, à lui faire prendre conscience de ses possibilités morales et matérielles.Que dans les autres régions on en fasse autant et toute la province s\u2019en portera mieux, mais commençons d\u2019abord par nous réveiller nous-mêmes.Si personne fait mine de s'apercevoir ici que la jeunesse tri- fluvienne ne s\u2019est pas rendormie depuis les fétes du tricentenaire, la.jeunesse va s\u2019occuper de le démontrer.Elle ne se précipitera pas dans les bras de \u201cl\u2019extrémisme le plus inconsidéré\u201d, mais si un extrémisme mûrement \u201cconsidéré\u201d lui paraissait valoir mieux que la routine, la paresse d\u2019esprit, le piétinement sur place dans la contemplation du néant, la jeunesse trifluvienne fera ce qu\u2019il faut pour prouver aux satisfaits, aux arrivés ou à ceux qui ont peur de leur ombre et à qui la pensée d\u2019agir donne la colique, qu\u2019elle n\u2019entend pas se laisser conduire vers les paradis du secours direct éternel sans ruer dans le brancard.Si l\u2019on est incapable ou si l\u2019on ne veut pas comprendre en l\u2019appliquant chez soi, la leçon formidable que comporte un pareil soulèvement- mondial des jeunes, écoeurés et angoissés à la fois, il est temps que la jeunesse tri- fluvienne prenne ses propres affaires dans ses mains quand ce ne serait que pour épargner a -Ceux qui vienneñt immédiate- LES TROIS-RIVIERES, LE JEUDI 9 JANVIER 1936 - 5 sous la copie Sus aux parlementaires ! Le 25 novembre le bon peuple a parlé.Mécontent du régime des parlementaires, sevré d\u2019indigences, il a dit m.a cette engence de trustards, des chèquards et d\u2019exploiteurs de la misère publique.Pourtant l'engence rouée s\u2019est maintenue.Que va-t-il arriver ?Dans la province on assiste à des formations de ligues et d\u2019associations protestataires.Les crève-la-faim vaticinent sur les trottoirs.Dans les bureaux les ronds-de-cuir s\u2019émeuvent.Dans le cercle de famille le journal indépendant va semer une espèce de fièvre antiparlementaire.Tout le monde est dans l\u2019attente de ce qui va arriver.xxx Les parlementaires ont déjà un pied dans la glue.Ils cherchent un moyen de ne pas y mettre l\u2019autre.Une étonnante force d'attaque est mobilisée.Pendant que les juges palabrent, pendant que l\u2019appareil judiciaire fonctionne, les parlementaires essaient de se donner du temps pour esquiver les Justiciers, Ils reculent l\u2019échéance fatidique.La session aurait dû commencer le 7 janvier.Les affaires de la province attendront le bon plaisir du premier ministre.Celui-ci n\u2019a-t-il pas avoué à un journaliste dans un moment d\u2019humcur: \u201cLe temps ne presse pas j'attendrai pour réunir les députés que le délai accordé par la loi soit expiré.\u201d Belle parole d'un premier ministre, fière attitude, pose désintéressée, quand le peuple réclame du pain et quand l\u2019urgence de certains règlements se précise de jour en jour! xxx Le régime parlementaire a avili la conscience populaire en lui faisant gober de fausses valeurs.Nos bonnes gens ont été peu à peu amenées à admirer l\u2019action malfaisante d\u2019une serve domesticité.On s\u2019est laissé bercer par l\u2019éloquence du régime.Pendant ce temps, dans tous les coins de la province, on fauchait la tête des bons hommes chaque fois qu\u2019ils la levaient.On sacrifiait les purs sur l'hôtel des barons de la sottise et de la finance.On remettait à la mode une féodalité aocapareuse et mangeuse des petits Intérêts.ment après elle la situation humiliante et désespérante qu\u2019on lui a faite.Nous n\u2019avons pas à nous inquiéter de l\u2019Abitibi, de la Gaspésie ou du Lac St-Jean.Ce qui nous concerne parce que personne autre que nous y verra, c\u2019est Trois-Rivières et la région.Son Excellence Mgr Courchesne a donné un jour un fameux conseil que, pour notre part, nous avons pleinement compris: \u201cMêlez-vous de vos affaires \u2014 mais mêlez-vous en !\u201d Nous sommes décidés de nous en mêler.Le B.P.Soudain les bonnes gens s\u2019'aperçoivent qu\u2019elles sont littéralement plongées jusqu\u2019au nez dans le pétrin.Et comme on veut vivre, on lance de toutes parts de suprêmes S.OQ.S.Que vont faire les parlementaires devant la vague de dégout, devant les forces réactionnaires du parti national, parti neuf, celui-là, absent de toute velléité parlementariste ?\u201cLe régime parlementaire, écrit M.Pierre Gaxotte dans Candide, assure à merveille la défense des intérêts pars ticuliers.Les cantonniers, les instituteurs révoltés, les bouilleurs de crus, les pêcheurs à la mouche, les planteurs de géraniums, les éleveurs de puces, les petits propriétaires, les petits contribuables, les petits délinquants, les petits fraudeurs, les petits forgats.tous les intérêts particuliers légitimes ou illégitimes y trouvent leurs délégués, leurs porte-parole et leurs amis.\u201d Ce qui est vrai de la France l\u2019est aussi de la province de Québec.Les bonnes gens ne savent pas vous loir leur bien médiat.Ils élisent des hommes qui, selon que l\u2019aime le vouloir populaire, savent débiter des tirades grossières et, dans la conduite des choses publiques, n'hésitent pas à subordonner l\u2019essentiel à l'accessoire, c\u2019est-à-dire qui négligent de remplir honnêtement leur mandat pour assurer par des manoeuvres louches leur réélection.xxx Il fut un temps où nous pouvions nous permettre de mettre à la tête de nos intérêts des tripoteurs de fonds.Nous avons été à l\u2019aise.Peu nous importait que nos parlementaires s\u2019attaquassent à notre avoir.Cet avoir paraissait devoir triompher de toutes les entailles et de toutes les brèches.Nous avons été indulgents au grabuge de ces députés et ministres débonnaires.Mais Zut! Ces débonnaires ont pris goût à nous dévorer.Ils se sont mis à croire candidement que leur pouvoir était inamovible.Ils ont fabriqués quantité de lois, mais de mauvaises lois.Ils ont administré de travers.Ils ont touché à tout, sans rien arranger.Ils ont compliqué notre situation au lieu de la simplifier.Nos parlementaires n\u2019ont été que la caricature des véritables politiques que nous attendions.Aujourd\u2019hui il est temps de revenir au sens commun.La province veut un parlement où elle se reconnaisse.Elle réclame une force nationale qui ne vive pas de scandales et de saletés.Que va-t-il arriver ?Clément MARCHAND.ofe \u201cLe Bien Public\u201d est en vente à Montréal à LA LIBRAIRIE ADAM (ancienne Librairie Méthot) 325, rue Ste-Catherine est DANS LE CHAMP MUNICIPAL \u2014 Le Blen Publit Le droit de vote des locataires L'approche des élections municipales remet cette question dans le plan de l'actualité.A l'heure présente, si nous comparons la position du locataire avec celle du propriétaire, un point nous frappe tout particulièrement.Singulièrement semblable, \u2014à un vote près, \u2014 quant aux droits, cette position est énormément différente quant aux obligations.De fait et pratiquement, le locataire n\u2019a de devoir strict à l'égard de la cité que celui de payer sa part, très minime, du service de l'aqueduc.Et encore, dans bien des cas, c'est le propriétaire qui en est tenu responsable.Sans essayer de faire la somme totale des services d'utilité publique payés par les propriétaires, nommons en quelques-uns, de mémoire seulement.Loc.Trop\u2014protection de nos vies contre les malfaiteurs: ss \u2014protection de nos biens contre le vol: $$ \u2014protection de nos biens contre l'incendie: ss \u2014entretien de notre système de voirie: s$ \u2014entreticn des pares publics ss \u2014enlèvement de la neige ss \u2014déblaiement des trottoirs au cours de l'hiver: ss \u2014risques que la ville assume à l\u2019égard des automobilistes et des piétons: ss \u2014mainticn d\u2019un service municipal d\u2019hygiène: ss \u2014maintien d'un service d'inspection des viandes: ss \u2014mMmaintien d\u2019un service d'inspection du lait: $s \u2014service de l\u2019aqueduc ss ete, etc.SS$$S -1-$3-i-SS$$$ I faudrait être de bien mauvaise foi pour soutenir que ces services ne profitent pas, pour le moins autant au locataire qu\u2019au propriétaire.Et pourtant, c\u2019est bien celui-ci et non celui-là qui en paie les frais._ On dira: \u201coui, mais pour être échevin même représentant des locataires, il faut être propriétaire.L'erreur est donc corrigée puisque, au fond, tous les administrateurs de la cité sont propriétaires\u201d.Distinguons.Tous les échevins sont propriétaires, très bien; mais tous ne representent pas les propriétaires, par exemple, Et c\u2019est cela qui constitue Ie fond du mal.Car après tout, l\u2019échevin au siège No 2 ne représente que lui-même et es intérêts, comme propriétaire.Quand au retse il est le représentant des locataires de son quartier.Les échevins actuels qui occupent les sièges No 2 peuvent tous être de très bons garçons, çà n'empêche pas qu\u2019ils sont nommés par les locataires, pour représen- Total CANADA, PROVINCE DE QUEBEC, District des TroiséRivières.LA CORPORATION de la Cité Des Trois-Rivières.AVIS PUBLIC AVIS est par le présent donné que le Conseil considè- Tera à sa séance du 16 JANVIER 1936, à 8 heures P.M, à l\u2019Hôtel de ville, les plaintes qui ont été faites à la liste électorale municipale, pour faire ajouter ou retrancher les noms de certains électeurs.Tous les intéressés sont en conséquence priés d\u2019être pré- nents.Le Greffier, Signé Arthur Béliveau.Hotel de ville, Trois-Rivières, P.Qle 8.janvier \u20181936.ter les intérêts des locataires.Et il est hors de tout doute que si les propriétaires avaient à faire le choix entre les candidats aux sièges No 2, l'élu ne serait pas toujours cclui que choisissent les locataires.Et cette distinction est plus importante qu'on ne croit, dans la pratique.Les locataires peuvent constituer la majorité dts citoyens de cette ville; leurs représentants actuels peuvent être des gens très compétnts; les coulissiers de la politique municipale peuvent trouver profit à exploiter la situation présente, tout ca ne dimi- ve pas d'un lela le poids des charges et des risques assumés par le propriétaire seul à l'égard de la cité.\u2018une crreur et même Voilà pourquoi, en fait comme en droit le propriétaire devrait avoir plus d'avantages que le locataire dans la nomination des adminitsrateurs de la ville.A mon sens, le monde actuel qui met pratiquement le propriétaire sur le même pied d'égalité avec le locataire, \u2014 a un vote près, celui, du maire, qui n\u2019est pas toujours prépondérant, \u2014 est une injusti- \u201cpeux échevins élus par les locataires seraient suffisant.Quand on ne prend pas de risques VIs-à- vis de la cité, on n'a pas le droit d'attendre un traitement égal à cclui de l'homme qui les porte tous.ous Dollard Dubé, Le Barreau local demande le choix d\u2019un juge trifluvien Au cours d'une réunion spéciale tenue au Palais de Justice, hier avant-midi, le Barreau des Trois-Rivières a passé une résolution pour demander au ministère de la Justice que la vacance causée par la mort de l'hon.juge Camille Pouliot soit remplie par la nomination d'un nouveau juge pris au sein du Barreau Rural de la province et tout particulièrement au sein du Barreau des Trois-Rivières, Dans la résolution, on mentionne le fait que les deux juges résidant aux Trois-Rivières faisaient, avant de monter sur le bane, partie d'un autre district judiciaire.Cette résolution fut adoptée unanimement, après avoir été proposée par Me Francois Lajoie, C.R.et secondée par Me Auguste Désilets, C, R.Pour demander que le sucoes- seur du juge Pouliot soit pris au sein du Barreau Rural Je la province, on mentionne le fait que ce dernier a toujours pratiqué dans un district rural avant d'être nommé juge.La résolution continue en disant que depuis plusieurs années, les juges résidents dans notre district venaient de l\u2019étranger ct que pour cette raison on devrait, cette fois, jeter les yeux sur un des membres du Barreau des Trois-Rivières.La résolution se termine en demandant au ministère de la Justice de vouloir bien considérer la nomination d'un juge membre du Barreau des Trois- Rivières.Copie de cette résolution sera envoyée aux députés fédéraux des comtés des Trois-Rivières, Maskinongé, Nicolet, Laflèche et Champlain sur proposition de Me Léon Méthot, secondé par Me L.D.Durand.Une autre résolution fut aussi adoptée à Jl\u2019unanimité.Elle voit à la formation d\u2019un comité d'étude formé des avocats et procureurs de Shawinigan et de Grand'Mère, sous ja présidence de Me Auguste Désilets, C.R, comité qui devra s'occuper des questions relatives à la juridiction de la Cour des Commissaires et faire rapport au comité exécutif du Barreau qui déter- minera les mesures à prendre.Ceite résolution avait été proposée par Me Léon Lajoic, C.Ret secondée par Me Jean-Marie Bureau.Lo.La réunion fut présidée par Me Edouard Langlois, C.R., ba- tonnier du Barreau des Trois- Rivières, Me Jules Birun agissait comme secrétaire \u201cad hoc\u201d, à cause de labsence de Me Jean- Louis Marchand.Y assistaient Mes Edouard Asselin, C.R., Jos.Barnard, R.Beaulac, Philippe Bigué, C.R, Jules Biron, Roger Bisson, Jean- Marie Bureau, Lucien Comeau, Roger Deshaies, Auguste Désilets, C.R., Francois Désilets, C.R., L.-D, Durand, Emile Ferron, Edouard Fleury, Hormisdas Gariépy, Alexandre Gélinas, _ Léon Gipard, Georges Gouin, C.R.Hamilton Heaton, Joseph Lafond, François ct Léon Lajoie, C.R, Joseph Marchildon, Rosaire Marcotte, Léon Méthot, Albert Paquin, Léopold Pinsonnault, Gustave Poisson, Jules et Raoul Provencher, G.-H.Robichon ct L.A.Talbot, Trifluviens aux examens de Droit Trois jeunes gens des Trois-Ri- vières subiront leur examen de droit au mois de janvier, ce sont MM.Jean-Jacques Lajoie, Picrre Lemire et Robert-L.-C.Ryan.M.Jean-Claude Guillemette, de Shawinigan, se présentera aussi à cct examen.Un jeune homme de Nicolet sc présentera pour obtenir son admission a l'étude du Droit.Il s\u2019agit de M.Marcel Trahan.Les cours à l\u2019Ecole Technique Les cours à l\u2019Ecole Technique ont repris hler matin, nous annonce le directeur M.Victor Baillairgé.Les élèves commenceront donc à préparer leurs examens semestriels.On sait que ces examens qui ont lieu deux fois l\u2019an vers la mi-janvier ct au début de juin permettent d\u2019établir le classement des élèves.Si ce numéro vous plaît.Si un article vous intéresse.\u2018 FAITES-LE LIRE A vos parents et 4 vos amis, et conseillez- leur de s\u2019abonner C\u2019est la plus efficace des propagandes Abonnement d\u2019un an.\u2026.$2.00 Abonnement d\u2019essai (6 mois).$1.00 Chaque semaine, Le Bien Public vous apporte de 16 à 20 pages de lecture, Un dernier livre de guerre: \u201cL'enfant jeté aux bêtes\u201d Un nouveau livre de guerre: le dernier.en date.II porte un titre pathétique, et qui nous indique asez qu'il s\u2019agit d\u2019un document humain: L'Enfant jeté aux bêtes.Les bêtes, ce sont les forces meurtrières nées de la main de l'homme, et déchaînées par lui.De ce livre, M.Georges Duhamel, qui en a eu le manuscrit centre les mains, nous dit que c\u2019est \u2018un livre loyal, généreux, humain\u201d, et qu'il \u201cdonne sur la guerre un son de voix que nous n\u2019avions pas encore entendu\u201d.Il ne constitue pas un début, mais presque.Nous connaissions son auteur, Jean- Paul Vaillant, par la revue qu'il a fondée ct qu\u2019il dirige dans les Ardennes: La Grive, déjà fameuse, \u20act par un petit livre savoureux ct profond sur Arthur Rimbaud tel qu'il fut\u2014 antérieur, no- tons-le en passant au \u2014Verlaine tel -\u2018\"il fut, \u2014 de M.François Porché, avec lequel il n\u2019a de commun que l'allure du titre.On peut donc dire que cet Enfant jeté aux bêtes est la pre- miére oeuvre importante de cet amourcux des lettres, et, en par- ticulir, des letires ardennaises.Une question vous vient immé- diatment à l\u2019esprit: \u201cPourquoi l\u2019auteur a-t-il attendu aussi longtemps pour l\u2019écrire?\u201d \u2014C'est la question que me posa Roland Dorgelès, qui, lui aussi, voulut bien me dire que, sur ce thème tragique, j'avais fait du neuf.cPurquoi?Parce que je n\u2019en avais pas le goût, si j'en avais le désir.Je ne me suis remis que lentement de la guerre: je puis dire que, pendant dix ans, j'ai vécu l'âme dans le plâtre.\u201d L'expression est profonde.\u2014Je suis de la classe 17, celle des \u201cbleuets\u201d, et j'ai été projeté, brusquement, presque sans transition, de la vie de collège dans celle des tranchées.C\u2019est le drame de cette jeunesse soudain mêlée à la tragédie où l'homme n\u2019a plus d'âge que j'ai voulu montrer.Je me suis longtemps senti incapable de le faire, et puis, mes occupations me laissaient peu de loisir.\u201cJJ n'ai pas écrit l\u2019Enfant jeté aux bêtes d\u2019un seul jet, mais en plusieurs fois, pendant plusieurs années.J'ai dû, sur le conseil de mon éditeur, Corréa, y apporter quelques modifications de forme avant de le livrer a li'mprimeur: figurez-vous que cette mise au point m'a procuré une joie infinie\u2026 C\u2019est avec passion que j'ai repris ce livre qui avait mis des années à mûrir\u2026 \u2014 J\u2019y retrouvais quelque chose comme la preuve de mon existence.\u201d C'est le dernier livre du genre en date, mais ce'st, je crois bien, le premier qui nous peigne la guerre d'artillerie.\u201cEncore la guerre!\u201d s'écrieront d'aucuns; non, pas la guerre, mais l'homme qui rpojetie en soi les lueurs de cette torche, saisit cette tragique occasion de se mieux connaître.CE S a \"Hotel de Ville Ouverture de la Campagne Municipale En faveur de Joseph LAMARCHE CANDIDAT A LA MAIRIE IR .| + .SA M.Lamarche, ex-échevin, y lancera le premier coup de canon de.la campagne municipale de 1936.Il exposera en partie son pro ; amme et discutera des questions qui intéressent tous \u2018les contribuables e la ville des Trois-Rivières: Toute la population est cordialement invitée. On demandait à lord Aberdeen ce qui donnait le pas à son pays sur la plupart des pays parlementaires du Continent, \u2014 Très simple ! répondit le noble lord, En Angleterre, les honnêtes gens n\u2019ont pas peur de montrer la même énergie que les coquins, Directeur: Raymond DOUVILLE, ENT NN tt NE NT AN PW tk AS NF TN LE BIEN PUBLIC HEBDOMADAIRE DU JEUDI nr rr wr mn LES TROIS-RIVIERES, LE JEUDI 9 JANVIER 1936 DANS LES SEPT JOURS Souhaits personnels par T.S.F.Le poste radiophonique de la Presse, poste tapeur, a innové pour le temps des fêtes une coutume qui plaira à tous les bourgeois et rentiers.Désormais tous les parvenus de la province pourront adresser leurs souhaits à leurs amis par T.S.F.Voyez que c\u2019est intéressant d\u2019apprendre que M.et Mme Latoupie souhaitent à leur fils, Toto, étudiant à l\u2019Université, de ne pas bloquer ses examens du premier semestre.Vraiment le poste de la Presse est im- battu.Il me semble que la première réaction des ligues patriotiques de la province devrait s\u2019exercer contre les autorités de ce poste radiophonique qui a plus fait pour abrutir les Canadiens-français que tous les autres facteurs de notre abétisse- ment.Vraiment à la Presse, on ne recule devant aucune platitude pour \u201crentrer\u201d quelques piastres dans la caisse.Dans un pays où le gouvernement ne serait pas constitué de mitaines et de parlementaires affairistes, il est à prévoir que les choses se passeralent autrement.C.M.La justice au service de l\u2019intrigue politique Il y a des associations bien intentionnées mais trop calmes.Elles se contentent de protester dans le secret des chapelles.Drôles d\u2019attitude reéactionnaire de ces membres niaisots et un peu bien bégueules qui croient que le comble de l\u2019action se résoud à des petits crachottements de salive.Pourquoi voient-on des hommes se fédérer sous ie chef d\u2019une idée?Est-ce pour satisfaire naturellement à l'instinct social qui dort dans tout être ou simplement pour pousser de l\u2019avant certaine doctrine et certaine raison?En général nos sociétés manquent de nerf.Elles se complaisent dans une éloquence oiseuse et sans effet.Les occasions ne manquent pourtant pas pourvu qu\u2019elles en viennent aux faits.Par exemple, dans ces temps de corruption politique, où l\u2019on voit la justice s'acoquiner au sous-monde de la politique, la pression concertée de nos associations et ligues patriotiques pourrait empêcher un avilissement pénible.Depuis les élections provinciales les scandales politico-judi- ciaires se sont succédé au vu et au su de tous.Un journal anglais, le \u201cHerald\u201d a même souligné la serve intrigue de quelques juges.Qu'\u2019attendent nos ligues pour mettre ces messieurs en demeure d\u2019administrer la justice équitablement?C.M, Un doyen du journalisme disparait C\u2019est un doyen du journalisme qui dis- parait avec M.J.-T.Fortin, dont nous apprenons la mort avec un vif regret.Il avait fonde l\u2019\u201cEcho de Charlevoix\u201d à Baie St-Paul en 1897 et plus tard l\u2019\u201cEclaireur\u201d de Beauceville.M.Fortin était le type du parfait gentilhomme et fl ne comptait que des amis dans notre profession.Ses deux journaux ont joué un rôle considérable et ils ont contribué à augmenter le prestige de la presse hebdomadaire, qui est grand depuis quelques années.Il fut secondé dans cette oeuvre par deux de ses fils, M.J.-Edouard Fortin, ancien député et président honoraire de l\u2019Ass.des hebdomadaires, et maintenant régistrateur de Ja Beauce, et M.J.-Alphonse Fortin.Nous prions les membres de Ja famille en deuil de bien vouloir agréer nos plus profondes condoléances.Nous reprenons le travail.Comme le Bien Public le dit en éditorial aujourd\u2019 hui, nous -reprenons le travail là où nous l'avions quitté.Je n\u2019ai pas besoin d'autre mot d'ordre.Patient, mais résolu, je reprends la plume, Et j'en avertis immédiatement nos lecteurs: pour une fois qu'un officiel élu au suffrage populaire a prononcé publiquement une parole intelligente et d'une vaste portée trifluvienne, en dehors et au-dessus des petits calculs mesquins de la politicaillerie, le Bien Public ne la laissera pas tomber dans l'oubli, M.Trudel, président de la Commission Scolaire, a déclaré qu\u2019il était de l'intérêt de Trois-Rivières et de la jeunesse trifluvienne de garder ici M.Léonce Cuvelier aux fins d'utiliser ses talents et ses connaissances.C'était d\u2019un bon sens éclatant, M.Ls Durand, dans une entrevue au Nouvelliste, a demandé s\u2019il existait une bonne raison pourquoi la Commission Scolaire n'engegerait pas M, Cuvelier comme directeur du dessin dans ses écoles, ainsi que telle chose existe ailleurs, et pseronne n'a pu lui en donner une, Tous nos journaux locaux, même le journal anglais, même un de Shawinigan, ont déclaré à l'envie que ce serait donner une suite éminement utile et pratique au mouvement déclenché ici en 1934.Le Nouvelliste y est revenu quatre fois au moins.La Chronique deux ou trois fois.Le Cet La seule perte irréparable est celle du temps.Les bons soins peuvent rebâtir une santé fort délabrée et aux incurables il reste l'espoir de la guérison.Une fortune dilapidée peut s\u2019édifier à nouveau avec du courage et des efforts intelligents.Une réputation avariée se reconquiert, partiellement du moins.Même la perte de la grâce sanctifiante n\u2019est pas irrémédiable car une confession sincère la redonne à l'âme pardonnée, Tout cela sans doute présuppose le temps, mais seul le temps nous échappe sans retour.On peut, d'ores et déjà, conclure à sa valeur.Nos voisins répêtent volontiers: \u2018time is money\u201d, le temps vaut de l'argent.Ce n\u2019est pas assez dire et cette maxime est trop matérielle pour exprimer une vérité totale.Le temps, c'est le ciel, c\u2019est l'éternité.Joli thème à prédication, dira quelque loustic! Mais depuis quand est- il défendu au prédicateur d'exprimer la vérité?Les plus grand moralistes ont été des prédicateurs, depuis Bourdaloue jusqu\u2019à cet abbé Vignot qui continue d\u2019enthousiasmer Charles Du Bos, Perdre son temps, au point de vue spirituel, c\u2019est voler son âme car c\u2019est l\u2019appauvrir; c\u2019est empêcher la sève spirituelle de circuler en soi, c\u2019est se placer dans une position d\u2019infériorité volontaire qui met en danger son salut éternel.Le temps nous conduit à ce qui n'a pas de durée et Chateaubriand a en raison d'\u2019affirmer: \u201cle temps est I'éternité moins la présence réelle de Dieu.\u201d Si nous ne pouvons arrêter son cours, nous pou- yons du moins le diriger, au lieu de gaspiller les énergies latentes dont il déborde.: Le temps nous est octroyé pour construire l'édifice de notre âme et, comme le spirituel et le matériel ne Se peuvent séparer, l'emploi du temps comporte des exigences purent hu- Maines.Notre premier devoir à l\u2019égard du temps est de bien l\u2019utiliser._ FPodriant que de gaspillages en cha- .cune de nos vies! Tous les jours nous\u2019 enjeu qu\u2019est la sacrifions des heures précieuses 3 d'inutiles bavardages, à cette fringale de parler qui engloutit nos minutes et celles des autres.Nous perdons notre temps par une complète oisiveté, laquelle est à l\u2019origine de la plupart de nos malheurs, Et, selon la judicieuse remarque de Socrate, \u201cest oisif non seulement celui qui ne fait rien, mais encore celui qui pourrait s'employer à de meilleures choses\u201d.Que d'actions insignifiantes, que de babioles chevillent nos moments de loisir! Nous pourrions consacrer ces loisirs a d'utiles lectures, à des conversations nourrissantes, à notre formation intellectuelle.Souvent, nous nous paignons de n\u2019avoir pas le temps de nous cultiver.Ce ne sont pas les loisirs qui nous manquent mais nous qui manquons aux loisirs, car, comme l\u2019écrivait Voltaire: \u201cle temps est assez long pour quiconque en profite\u201d.Une autre façon de gaspiller son temps est de mal accomplir son travail, Tout ce qui vaut la peine d'être fait, dit un proverbe, vaut la peine d\u2019être bien fait.En règle générale, nous n\u2019avons plus la patience ou la conscience de poursuivre une oeuvre jusqu'à sa perfection.La machine nous a habitués à la loi du moindre effort.Comme résultat.le travail est saboté, accompli, vaille que vaille, sans nul souci du détail.et il ne satisfait personne.Aussi ne faut-il] pas s\u2019étonner si les pertes de positions deviennent de plus en plus fréquentes?On ne perd pas son emploi quand on est préparé à le bien remplir.II est facile de remplacer un ouvrier malhabile, mais on ne congédie pas, sans de graves motifs, un ouvrier consciencieux car, par son application, son désir de bien faire, il s'est rendu nécessaire à sa tâche.Nos oeuvres valent ce que nous les avons payées de sueurs, d'efforts, d'acharnement.Tout travail accompli sans ce ressort n\u2019est pas un travail intelligent et peut mémé constituer une grave -injustice envers l'employeur, La vie.qualité du travail I'emportera toujours sur la quantité et une simple pensée de Joubert ou de Pascal nous console de tout l'oeuvre d'un Paul Féval, Pour bien profiter du temps il faut bien l'employer, le faire servir à notre enrichissement.L'esprit humain est toujours susceptible de progrès et ce qui n\u2019est pas renouvelé finit par s\u2019épuiser.\u201cIn labore requies\u201d: se reposer dans le travail.Telle a été la devise, avouée ou non, de tous les grands hommes.Sans doute est-il permis de se reposer en dehors du travail, mais que du moins ce repos en soit un vraiment.Le repos du travail ne doit pas ajouter à la fatigue du travail.\u201cJe me rappelle, écrit Abe! Bonnard, de quel air les bonnes gens d'autrefois, le soir, Jeur besogne faite, s'asseyaient devant leur porte, pour causer ensemble ou rêver tout seuls.L'ombre venait vers eux en leur apportant les étoiles.Comme ce grave loisir paraîtrait pauvre aux gens d'aujour- d'hui! Qu'est-ce qui pouvait remplir un moment si vide?Rien, sans doute, sinon un sentiment de bonheur\u201d Temps perdu, peut-étre, mais avec combien d\u2019i-propos! Il ne faut pas oublier cet enjeu quest la vie.Quand on le perd de vue on ne tarde pas à se contenter de \u201cnourritures terrestres\u201d, on n\u2019a d'appétence que pour elles et on abandonne son âme à sa faim inassouvie.Utilisons toutes nos minutes disponibles afin de compléter nos connaissances et de rendre notre âme plus accessible encore à la vérité.Jamais nous n\u2019aurons fini de former notre esprit et not'e coeur.Au début de cet an nouveau, rappelons-nous le coseil très sage pour une fois, de cette petite sotte que fut Marie Bashkirtseff : \u201cla vie est si courte, que la gaspiller est une infamie) | gts P,-Guillaume Lavallée, O.F, M.\u201c2eMMAR VASE: - REDACTION et ADMINISTRATION 1371, rue Hart Tél, 640 Les TFrois-Riviéres Abonnement: $2.00 par année Rédacteur: Clément MARCHAND Bien Public une dizaine de fois.L'ancien président de nos fêtes a demandé s'il existait une bonne raison pourquoi on n\u2019engagerait pas M.Cuvelier.On n\u2019a pas pu lui en fournir une.C'est peut-être qu\u2019il en existe de mauvaises.Nous allons avoir vite fait d'en faire le tour.C\u2019est la besogne à Iaquelle il faut s\u2019atteler?Entendu! Je commencerai, comme toujours, par le commencement, mais la semaine \u2018prochaine.En attendant il sera peut-étre permis de se demander pourquoi Trois- Rivières croupit et languit.Léon DUFROST.Un appel a nos hommes d\u2019affaires Nous devons signaler dés aujourd\u2019huf, quitte à y revenir puisque le sujet est d\u2019importance première, l\u2019app
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