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Titre :
La Croix.
La Croix est un journal de combat voué à la défense des intérêts conservateurs de l'Église catholique. Il s'en prend aux libéraux, aux francs-maçons, et particulièrement aux Juifs. [...]
La Croix est fondée en 1903 à Montréal par Joseph Bégin, qui sera le principal artisan du journal jusqu'à la fin de sa publication en 1937. On connaît peu de collaborateurs au journal, qui reprend régulièrement des articles de journaux européens, dont des textes de Louis Veuillot.

La Croix est un journal de combat voué à la défense des intérêts conservateurs de l'Église catholique. Joseph Bégin, qui est gendre de Jules-Paul Tardivel, rédacteur virulent et dogmatique de La Vérité, s'en prendra sur un ton offensif non seulement aux libéraux, mais aussi aux francs-maçons, et surtout aux Juifs.

Ultramontain, le journal catholique défend la primauté du religieux sur le social et le politique. Papiste, il relaie parfois dans leur intégralité les encycliques et les lettres d'évêques québécois. La Croix impose avec intransigeance le respect de l'ordre catholique traditionnel. À son lectorat principalement constitué du petit clergé s'ajoutent des lecteurs dans les professions libérales.

Le journal s'intéresse aux problèmes économiques et aborde particulièrement la question de la crise structurelle du secteur agricole québécois. Il participe aux campagnes pour la tempérance.

La Croix est fondée en 1903 à Montréal par Joseph Bégin, qui sera le principal artisan du journal jusqu'à la fin de sa publication en 1937. On connaît peu de collaborateurs au journal, qui reprend régulièrement des articles de journaux européens, dont des textes de Louis Veuillot.

La Croix est un journal de combat voué à la défense des intérêts conservateurs de l'Église catholique. Joseph Bégin, qui est gendre de Jules-Paul Tardivel, rédacteur virulent et dogmatique de La Vérité, s'en prendra sur un ton offensif non seulement aux libéraux, mais aussi aux francs-maçons, et surtout aux Juifs.

Ultramontain, le journal catholique défend la primauté du religieux sur le social et le politique. Papiste, il relaie parfois dans leur intégralité les encycliques et les lettres d'évêques québécois. La Croix impose avec intransigeance le respect de l'ordre catholique traditionnel. À son lectorat principalement constitué du petit clergé s'ajoutent des lecteurs dans les professions libérales.

Le journal s'intéresse aux problèmes économiques et aborde particulièrement la question de la crise structurelle du secteur agricole québécois. Il participe aux campagnes pour la tempérance.

Le tirage de La Croix atteint 3500 exemplaires en 1916.

REID, Philippe, « La Croix, 1923-1924 », dans Fernand DUMONT et autres (dir.), Idéologies au Canada français, 1900-1929, Québec, Presses de l'Université Laval, 1974, p. 45-85.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1903-
Contenu spécifique :
dimanche 5 avril 1903
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
autre
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Références

La Croix., 1903-04-05, Collections de BAnQ.

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[" Parait le samedi pour pl #l- B/C MONTREAL, LE DIMANCHE, 5 AVRIL 1903.Rédaction et Administration : 60 rue Saint-Gabriel Telephone Bell: Main 2725 ABONNEMENTS 2 CANADA ET ETATS-UNIS : 1 AN, 81.00 ; ° EN VILLE, PAR LA POSTE : Ÿ AN.$1.00 ; MOIS.50 c.MOIS, 50 Cla campagne et le dimanche pour la ville LA CROIX Pay ce signe tn vaineras!.| Le lendemain de l'apparition miraculeuse, le grand Constantin arborait à la tête de ses armées le Labarum.Et prodige! avec des troupes ciny fois inférieures, il renverse Maxence, il entre dans Romeet les autels des faux dieux sont renversés, et le vieil empire avec ses institutions paiennes, ses mwurs dépravées, son despotisme écrnsant, disparait peu à peu pour faire pluce nu ChRisTet à sa divine loi.Quelle merveilleuse puissance que cell: de ln croix! C'est pourquoi nous n'avon- pas hésité à nous mettre sous son égide.Elle sera notre force et notre espérance.\u2014\u2014 La mauvaise presse à fait parmi nous, dans ces dernières années, des progrès imn- menses.le flot montant de l\u2019impiété en France a malheureusement jeté sur nos bords quelques épaves de Paris, toutes contaminées.Lu haine du Christ et de sa divine reli- gionunimeces hommes.Ils se disent eatho- Qiques-Us proclumient hautement lour ros pect envers l'autorité religieuse.À les entendre.rien n'est beau, rien n'est grand comme l'Église, et il ne se passe pas de semaine sans qu'ils attaquent cette même Église dans ses institutions, dan: ses chefs, dans son clergé et dans ses fidèles L'hypocrisie pharisuque est leur arme favorite.Quelquefois ils attaqueront de front, mais c'est l'exception.Tls savent que le Canadien est hon catholique ot ils W\u2019osent encore se montrer tels qu'ils sont.Prehons garde que bientôt de nouvelles re- C\u2019est un ennemi duns nos murs.erues nie jui viennent en aide et nous enlèvent nos pusitions fortes.Nous avons aussi à déplorer l'indifférence, les écarts, «à quelquefois l'impiété sinon l\u2019immoralité de la plupart de nus journalistes À de rares exceptions pres, nous n'avons pas de journaux vraiment catholiques.canadiens.\u20140 Fils de l'Eglise et aimant cette bonne Mare de tout notre être, nous voudrions par In Croix ln dédommager quelque peu de tant de défections.Et pour cela nous demandons au ciel de bénir notre œuvre, et à tous ceux qui peuvent le faire de travailler à sa propagatio.Aux Jettrés, les colonnes de journal sont ouvertes pour faire ie bon combat.Ici, ils auront leurs coudées franches pour traiter les hommes et les choses à leur mérite.A l\u2019œuvre donc ! et que In Croix soit le\u2018point de ralliement de tous les hommes'dé cœur.notre \u2014 Il est probable que les grands jour- maux, nos confrères, ne portent guère de/Tious.On fera tout son possible pour \u201cHum tepir dans Pombre.Nous prions nos amis dene pas se laisser prendre À cette tactique.Qu\u2019on travaille et ln Croix fera son chemin, Elle ira semor partout le bon grain qui, fécondé par la grâce de 4 PAGE = , .iow, ira ses fruits, f La Dingorionee 4 \u201cce Ll LE VOEU DU POETE EST EXAUCÉ Ah! bientot puis-ion-nons, ddrapeau de nos pères, Voir tous les Canadiens unis commo des fréres, Comme au jourdn combat se serrer pres do tol ! Puisse des souvenirs ln tradition sainte, En régnant dans leur cœur, garder de toute nt- Et leur langue et leur foi ! [teinte Le vœu du potte est exaucé.Le drapeau de Carillon, traversé de In croix blanche avec l'emblème du Sacré Cœur au centre, est maintenant notre drapeau national.+ La France, avant de repasser les mers, à laissé un souvenir à nos ancètres: c\u2019est le glorieux étendurd de Carillon, qui devait nous rappeler notre langue ct notre foi.Il faisait pour ainsi dire partie de notre héritage.Mais si nous avons conservé notre foi et nutre langue, nous nvons, je ne sais par quel oubli impardonnable, mis de côté notre drapeau pour en arborer un autre à sa place.C'était aussi un drapeau de lu France, mais de la France révolutionnaire dont In Providence à su nous séparer à temps afin que le mal qui la minait ne nous atteignit pas.Réparation et honneur donc au drapeau de Carillon et reprenons nus droits à l\u2019héritage sucré qui u été légué à nos pères.Mais il ne faut pus perdre de vue ln vraie signification du drapeau.S'il nous rappelle nos gloires nationales, il duit aussi faire tourner nos regards vers les belles choses du ciel.Les étendards, après tout, n\u2019ont-ils pas toujours été regardés, jadis, comme des signes religieux propres à attirer sur les armées et sur les peuples ln protection de Dieu.Les païens mêmes se faisaient un devoir d\u2019implorer ln divinité par leurs drapeaux.Les aigles romaines n'étaient- elles pas des symboles de lu confiance au dieu Jupiter auquel l'aigle était consacré ?Un drapeau doit done être national et religieux.Sur le drapeau de Carillon, il y avait, d\u2019un côté, l'image de la Vierge, et de l\u2019autre les armes de ln maison de France.A une réunion du + Comité du Drapeau \u201d de Québre, tenue il y à quelques jours, et a laquelle ussistaient des membres influents de la Société saint-Jean- Baptiste, il a été placer la Vierge et les armes décidé de rem- françaises pur le SACRÉ-CŒUR : le SACRÉ- Cœur veut pect des hommes, qui a demandé tout spécialement, qui être aimé et res- révélation à la Bienheureuse Marguerite-Marie, de met- par tro sa divine image sur les étendards de la France.Béni le peuple qui va au devant des désirs do son Dieu ! TI fera de grandes choses et il sera invincible, parce que le CiirisT est avec lui.Et maintenant, * l'ombre de ce dru- peau plein de souvenirs, nous n\u2019oublierons plus los temps glorieux Où souls, abandonnés parla France leur mure, Nos afoux défondnient son nom victorieux Et voyaient dovant eux fuir l'armée étrangère, PatrriorE.UN SIGNE DE VICTOIRE La Croix ! Est-ce la un nom de guerre ou un nom de paix?Pour sûr, c'est avant tout un nom de paix et d\u2019amour ; mais c\u2019est aussi un nom de combat et de victoire.\u201d La lutte pour ln vie est parfois chose terrible et désustreuse.Trop de gens s\u2019en vont le nez au vent, air affairé, lu front chargé de soucis, qui ne voient pas ôù ils vont ni beaucoup ce qu'ils font.Depuis des milliers d\u2019années, l'humanité marche toujours, les générations se Bussent les unes les autres, comme ces cas flots du large qui viennent, si puissants, se briser sur les rochers des vieilles falaises, A mesure que vous vieillissez, vous sentez mieux que la poussée du temps est rapide et que la mort est fatale.Demain, je me coucherai dans une tombe, et lo monde continuera de vivre ; il m'oubliern bientôt, après m\u2019uvoir assez maltraité, en attendant qu\u2019à votre tour il vous maltraite et vous oublie.Bref, ! incontestablement, le monde Pemportéra sur chaoun d'entre nous.Triste, mais vrai ! Où est la victoire qui Pemportyra jamais sur la mêrt et sur-le monde ?; \u2014 \u2014r\u2014\u2014\u2014 .Quelque part dans une de ses épitres, l\u2019apôtre saint Jean a donné à cette question bien humaine la réponse du ciel : \u201c Tout homme, qui est vraiment venu de Dicu et qui lui demeure fidèle, l\u2019emportera sur le monde ; et ln victoire par laquelle il triomphern ainsi, c'est sa foi ; car quel est celui qui pout l'emporter sur le monde si ce n\u2019est l\u2019homme qui croit que Jésus est le Fils de Dieu (1).\u201d Mais lu foi, ob est ss marque et son signe ?Où est-il le signe qui me rappelle les triomphes du Cunisr sur l\u2019er£ux-et sur le monde ?Où est-il lesigne qui me parle \u201c ()ATI Ép.de saint Joan, chap.V, v.4.de la grâce ot de ln rédemption ?Où est- il le signe que nes ancêtres, les chrétiens de tous les temps et spécialement les chrétiens fils de mu race, ont honoré et vénéré comme le signe de la victoire du CHRIST et de ses disciples ! Liu marque et le signe de la foi, c'est In Croix © Si je voulais faire un sermon, J'aurais lu un sujet excellent, points.La CHOIX c'est un signe de victoire pour en trois le Christ, pour les chrétiens, spécialement pour les Canadiens-français.Mais Je ne\\veux pas faire de sermon.luisse Je les deux premiers points dans l'ombre, Que la Croix soit le dernier mot de ln vie de JESUS of que ce mot suit une vie- toire, pas un chrétien qui ne le sache très bien.Que ment la Croix ait l\u2019instru- lequel et sur lequel le peuple chrétien l'a jadis emporté contre le Été aussi merveilleux par vieux monde romain, c'est encore connu des croyants.Que les fils des croisés n'aient pas à fuiblir de Voltaire, tout La Croix est en quelque manière entrée dans les mœurs chrétien- devant ceux cela est admis.nes et civilisées, si bien, que les persécuteurs de moines et de nonnes attachent encore de nos jours, à ln poitrine de ceux qu\u2019ils veulent honorer, des croix les croix de la légion d'honneur ! Done cest admis de tous, la Croix c'est le signe de ln victoire du Crust sur le monde, la Croix c'est le signe de lu victoire des chrétiens sur le monde.Pa Je voudrais ajouter que In Croix fut aussi le signe de notre victoire À nous, Canadiens-français, sur le monde qui a voulu parfois nous étouffer.Dans l'histoire de notre jeune pays.au-dessus de la charrue qui svmbolise le noble labeur de nos défricheurs et de nos chers Achitante, nu-dessus du livre droits et de ment défendus de nos ntos lois, si vaillam- por nos orateurs et nos hommes d'état, au-dessus de l'épée bri) lante que tenait haut et ferme lu moin de nos soldats et de nos capitaines d\u2019au- trefuis, il faut apercevoir la Croix de JEsvs qui fut la Croix de nos pères.C'est une pensée de foi qui a conduit vers nus immenses régions les fils de la race française.D'autres ont pu avoir des visées plus pratiques, nous, nous sommes en droit de nous récinmer d\u2019une lignée d\u2019apôtres ! Avant de faire voile vers le mystérieux inconnu, Jacques Cartier allu s\u2019agenouiller, dans Ja cathédrale de Saint-Malo, devant un évêque et aux pieds d\u2019une croix.Ce que voulsit Champlain de la colonie qu\u2019il jetait sur le rocher de Québec, c'était une pépinière d\u2019apôtres.Aux flanes du Mont-Royal, Maison: neuve greffait aussi une colonie d'abord chrétienne, puisqu'il la placait sous la garde de la mère de JÉsUs et In nommait Ville-Marie.Tous nos hérus ont été des chrétiens sincères quand ils n\u2019étaient pas des apôtres.Partout sur les rives de nos fleuves et aux pieds de nos montagnes, a côté du drapeau de lu France, on pladtäit, on ancrait au sol lu Croix du Cris ! Et quand les hnsards de ln guerre et les caprices de lu.politique nous eurent céllés à la protestante angleterre, qu pq le drapeau aux fleurs de lys eut retétiyes les mers, la Croix du Christ nous .Clest ce qui nous sauya.O leg prêtres - \u2018Festèreüt-aveo le peuple; sileSéprtiquèrent ET iY CE .\\ LA CROIX, 5 AVRIL 1903 3 à présenter ln CROIX A ses adorations, À lui prêcher les vertus de la Croix.C\u2019est à cela que,nous avons dû d'être un peuple moral et pur; capable de donner des hommes de cœur et des mères de famille incomparables ! Ah! Qu'on ne s'étonne pus de nous voir, aux jours des fêtes patriotiques, faire large ct belle la place au signe vainqueur de ln Croix.Pour s\u2019étonner il faut être débarqué d\u2019hier sur nos rives et avoir apporté de là-bas une mentalité et un état dime qui ne sont pus les nôtres.Pour nous trouver trop chrétiens et arriérés, il faut ignorer notre histoire ! La CROIX, pour nous, c\u2019est un signe dé victoire.L'abbé EL1-J.AUCLAIR, ptre.Sherbrooke, mars 1903.L'EGLISE ET LE TRAVAIL LA CONCEPTION CHRÉTIENNE DU TRAVAIL Rien n\u2019est plus méconnu peut-être, à l'heure présente, que In grandeur originelle de l'homme.De prétendus philosophes.à coup d'arguments qu'ils disent \u2018 scientifiques \u201d, tâchent à nous ravaler au rang, sinon au-dessous, des animaux.Leurs assertions, pour grossières qu'elles soient, n'en ont pas moins pénétré jusque dans les masses populaires.Aux insolents propos de ces calomniateurs de l'humaine nature plusieurs ré- bises peuvent être faites, assurément.Nous n\u2019en voulons mettre qu\u2019une en lumière, à savoir que, seul parmi les animaux, l'homme, véritablement et dans le seusplein du mot, travaille.Tous les animaux, guidés par l'instinct, pourvoient aux nécessités de leur existence et, de cette munière, ils travaillent.Ceux-là que nous appelons domestiques, deviennent, pour ainsi parler, sons notre main, des machines vivantes : ils portent des fardeaux ou ils les traînent et, de ln sorte, facilitent singulièrement nctre labeur.Mais pas un ne fait ce que fait l\u2019homme.La pensée humaine conçoit des plans dont elle confie l'exécution à lu main.La science guide l'industrie ; je prends des objets qui, à l'état brut, n'ont aucune utilité et je les transforme en oh- jets utiles.Les connitissances acquises, je m'en sers pour de nouvenux progrès.Ce que je possède en abondance, je l'échange contre ce que je n'ai pas.Sans doute l'oiseau, lui aussi.travaille.L'oiseau fait son nid ; mais il le fait, après plus de six mille ans, comme au premier jour; rien de plus ni de mieux.L'abeille d\u2019aujour- d\u2019hui construit des rayons comme l'abeille.d'hier, comme la première abeille : rien de plus ni de mieux.L'oisenu et l'abeille font leur nid et leur rayon en quelque sorte aveuglement.& peu prés comme la plante, aveugle elle aussi, pousse sa fleur et son fruit.L'animal est incapable des opérations intellectuelles qui créent ln science.L'animal a bien la connaissance, mais il n'a pas-la raison.L'homme a la raison.Donnez-lui quelques flocons de laine, un peu de duvet.Par une série d\u2019opérations ingénieuses il en fera une étoffe, un vêtement.Voyez-le brisant un rocher.Voyez-le taillant la pierre.Il en bâtit des palais, des cathédrales.Ce morceau de métal, il va l\u2019assouplir en ressorts étonnants pour d'admirables machines.Les éléments eux-mêmes, depuis le feu que, seul, il sait allumer, jusqu\u2019à Pétincelle électrique, deviennent, comme les ani- Maux, ses serviteurs.Sur des rails étroits, il lance À travers l'espace des wagons rapides.Sur une planche à laquelle il attache un bout de toile ou la vapeur qu'il dirige à son gré, le voilà qui fend les mers.Au moyen d'un fil, il transmet, d\u2019un hémisphère à l'autre.sa pensée, sa parole.son cœur.Tous les êtres, en un mot, inanimés ou vivants, subissent ls souveraineté de son intelligence, L'humanité travaille.Les oisifs ne sont ici-bas que des exceptions, relativement u nombreuses.arcourez le globe.artout vous verrez des mœurs et des coutumes différentes, sans doute ; mais, rtout aussi, vous constaterez que le ras de l\u2019homme est au service de son intelligence ; partout vous rencontrerezle travail.Vous-mémes, lecteurs, qu'avez vous fait aujourd\u2019hui ?Que faisiez-vous hier ?Que ferez-vous demain ?Vous avez travaillé et vous travaillerez.Ne vous en plaignez pas.C\u2019est parce que vous êtes travailleurs que vous êtes hommes.Mais, ur retirer de vos labeurs tous les bien- Fits qu\u2019ils contiennent, il faut en quelque sôrte connaître l\u2019histoire du travail.Nous Allons en rappeler tout d'abord l'origine.\u20140\u2014 Au commencement, alors que le premier homme était juste et pur, la loi du travail lui fut imposée.Lignorance oula mauvaise foi, & la suite de Proudhon qui condamne en des pages blasphématoires la théorie chrétienne et sociale du travail, s'en vont répétant que lu religion a maudit le travail et elles ont l'audace de préciser en affirmant que le texte même de la malédiction se trouve À Ia première page de In Bible.Lu vérité, c\u2019est qu\u2019à la première page de la Bible, la loidu travail est solennellement proclamée.On y voit que le travail est le devoir essentiel et primordial de l\u2019homme.Que dit Dieu, en effet, & nos premiers rents ?Dieu, après les avoir créés, les nit et il leur dit : .Croissez et multipliez-vous.Romplissez la terre et vous Vassujettissez.\u201d Mais comment dompter la terre et se l'assujettir ?Comment faire sortir de ses entrailles tous les trésors qu\u2019elle renferme, les métaux par exemple ct les fruits?sinon par le travail, Tournez la page et lisez encore : Diau placa l'homme dansle paradis délices pour-lé travailler ot le garder.\u201d acts AR Voilà bien le travail avant la chute.Le travail on soi n'est done pas un châtiment.C\u2019est l'évolution normale des puissances de l\u2019homme.* O Diou, dira plus turd le Sage dans les divines écritures, par votre sagesse vous avez établi lhounnne pour qu\u2019il dominât lu créature, votre ouvrage, pour qu\u2019il dispo- sit le globe terrestre dans l'équité et la justice.\u201d Quel bein commentaire de ln Genèse ! Après le travail individuel, le travail social : In disposition du globe dans l\u2019équité et In justice, Au lendemain de In prévarication, c'est encore le travail, et la Bible se sert exactement duimême mot: *\u201cLe Seigneur Dieu fit sortir l\u2019homme du paradis de délices, pour qu'il sen alla travailler ln terre.\u2019 Quelle est donc ln différence entre le travail de l\u2019homme innocent et le travail de l\u2019homme coupable ?C'est qu'avant le péché, le travail était facile et doux, moins une fatigue qu'un repos, et, suivant le mot charmant de saint Augustin, le libre épanouissement d\u2019une volonté joyeuse : exhilaritio volun- tatis.Depuis le pâché, le travail est une lutte perpétuelle contre l'obstacle, contre ln terre maudite à cause de lu prévarication d'Adam, contre les ronces et les épines, un rude labeur, et voilà le châtiment.C\u2019est.à la sueur de son front que l'homme arrachera du sol le pain.Toute sa vie il lui faudra lutter pour dompter non pas seulement ln terre, mais les éléments en révolte, et pour conquérir des vérités ou des vertus suns lesquelles ilne verra jamais Dieu.Est-ce vrai, oui où non ?Dieu s\u2019est conduit vis-à-vis du_ premier homme pour le ramener au bien, comme la justice humaine vis-à-vis des grands criminels: il Pa condamné aux travaux for- eds, et, dans sa personne, tous les hommes.La loi pénitentinire du travail est universelle.Le peuple de Dieu ne s'est point soustrait à cette loi inéluctable, Israël savait que \u2018l\u2019homme nait pour travailler comme l'oiseau pour voler, \u201d et Israël travaillait.© C\u2019étuient des mains libres et même des mains royales qui accomplissaient en Palestine les rudes travaux de ln campagne.Gédéon battait lui-même son blé: Snûl, déjà roi, Inhourait son champ; et David, sur le front de qui passait le souffle prophétique, retournait à son troupeau après avoir charmmé par ses accords In tristesse de Snül \u201d.Même aux jours de lu décadence isrné- lite, Ces antiques traditions n'avaient pas éri.** Le travail pénible et le labourage, institués par le Tres-Haut \u201d, étaient toujours en honneur et les lettrés eux-mêmes ne rougissuient pas d'exercer les arts manuels.\u201c Le prophète inspiré qui a écrit les psaumnes, à composé le chant du travail.En voici quelques strophes : \u2018* Heureux ceux qui craignent le Seigneur et qui marchent dans ses voies ! \u2018*Parce que vous mangez le fruit du travail de vos mains, vous êtes heureux et vous le serez encore à l'avenir.: * Votre femme sera dans l\u2019intérieur de votre maison, comme la vigne qui porte beaucoup de fruits.** Vos enfants se grouperont autour de votre table comme les jeunes rejetons de l'olivier.\u201c Ainsi_ sera bind celui qui eraint le Seigneur\u201d.< De l'histoire du travail, tel est en substance, ami lecteur, le premier chapitre.T1 faut travailler.Dieua voulu le travail.La loi du travail est une-loi de Dieu.JEAN VAUDON.POUR RIRE Excellent ménage: \u2014 Oui, les Hunter, aussitôt après leur mariage, ont fait un arrangement.Ils ont convenu que chnque fois que l\u2019un d'eux se fAcherait.se mettrait en colère, l\u2019autre garderait le silence.\u2014 Ça leur a réussi?\u2014 Oui.il y a vingt ans que le mari ne dit pas un mot!.Deux membres de la Société protectrice des animaux causent dars un coin du sn- lon.\u2014 Jugez de mon chagrin : nous allions à New-York mon chien et moi.Or, à peine à la sortie du port, Ia pauvre bête ressentit l'affreux mal de mer.Frictions, cordiaux, citron, rien n\u2019y fit.Alors\u2014 Alors?\u2014 Je l'ai jeté par-dessus bord.Une vieille bonne femmie un peu sourde, blessée pendant un cyclone et soignée à l'hôpital, demande à l'infimnière quelle tisane on lui fait boire.\u2014De la bourrache et du chiendent.\u2014Mercil je sors d'en prendre, de In hour- rasque et du chien d'temps ! Un pauvre diable se plaint de vives douleurs internes, résultant d'une chute qu\u2019il vient de faire.\u2014 Est-ce près de la colonne vertébrale que vous voùs êtes blessé ?\u2014 Non, docteur, c'est près de Ix colonne Vendôme.Les privilèges de l'amitié: Sur le boulevæud, Guy, pressé, écrase en passant l\u2019orteil de Gontran\u2014 Oh ! mille pardous, fait-il.\u2014 De rien, de vien, gémit poliment Gontran.Et, tout à coup, reconnaissant Guy : \u2014 Comment, c'est toi, espèce d\u2019idiot, tu ne peux donc pus regarder.où tu poses tes pieds\u2019! Un proverbe danois : : \u2014 On est myope pour ses défauts, et _presbyte pour les défauts des autres.in | gentiment ! me \u2014 DEM.\u2014 Donnez-moi votre bras.Et le vieux Gluot tira de dessous les draps moites, une main aux doigts courts et droits, usés par la terre, une main brûlée de soleil, coutournée en tous sens de, glusses veines noires, ombrées de poils fauves.\u2014 Hein, monsieur le docteur, qui voit ses veines, y voit ses peines.J'ai t\u2019y dû en avoir, à c\u2019t'heure, des peines ?.pas vrai?.Mais le médecin ne répond pas.Sa montre d\u2019une main, le bras du malade dans l\u2019autre, il compte les pulsations: * .Diable ! fait-il à la fin .Votre langue?\u201d Et le moribond exhibe une langue.une langue à faire pâlir In palette d\u2019un peintre impressionniste de la rue Lepic.** Diable !.\u201d répète une seconde fois le docteur.Et les deux mains derrière le dos, il examine une minute ce corps cassé en deux à force de fouiller le sol, et jeté là, tout cmpoisonné de maladie, avec des préoccupations de veaux, de blé, d'avoi- ue!cet homme qui voudrait, et qui ne peut plus.et que la mort attend, impatiente déjà, prête à river autour de sa gorge amaigrie l\u2019étau de ses doigts osseux.\u2014 Vous allez lui donner pour vingt sous d'huile de ricin dans un bouillon chaud, le plus têt possible.Faut atteler tout de suite.\u2014 Mais le cheval est à la charrue.\u2014Tant pis, vous le mettrez à la voiture : ce soir deux cachets de quinine.\u2026.\u2014 De?.\u2014 Vous prévceupez pas.c'est écrit.Vous ferez ensuite le reste ; le pharmacien vous expliquera, \u2014 Enfin, fait le paysan en se mettant assis, avec un craquement lamentable de sommier, je suis t'y flambé, oui ou non.\u201d -\u2014 Non\u2014- Mais je peux le devenir ?\u2014 Oui, si vous ne m'obéissez pas absolument.* La Et comme le docteur ouvrait in porte à claire-voie sur Ia route, il dit à Lu femme : \u201cEt puis, c'est pas le tout.faut appeler M.le curé.il est perdu, votre homme.\u2014 Eh ben.je m'en doutions, quand je l'ai vu, ce matin, cracher sur sa bolée de marc.Mais alors, ajoute-t-elle avec un éclair dans ses petits yeux bridés, tout pleins de laurmes.lepharmacien?.pas la peine ?.Le docteur est déjà dans sa voiture : et, tout en démélant ses guides: ** Vous allez porter mon ordonnance chez le pharmacien, et tout de suite! Vous entendez.?\u201d Et la vieille regarde s'éloigner le en- briolet dans la poussière du chemin ; puis elle rentra en essayant sa figure tannée, du coin de son tablier.Mais toute la basse-cour a profité de son absence etdeln porte entr\u2019ouverte.Toutes les poules, aubliées.négligées, à cause de la maladie, se sont avancées eu tirailleurs sur la terre battue de In chaumière, cherchant résolument In pâtée qui ne vient plus; iln'ya pas jusqu'à Coquard, un mauvais petit coq anglais, le favori de Gluot, qui a sauté sur la tringle du lit, et fait entendre un cucurier d'indignation!.St cela fend le cœur du paysan.ll n'y a pus huit jours qu\u2019il est couché, et tout va déjà à lt débandade., \u2014 Comment te trouves-tu, maintenant, interroge In vieille ?Gluot, d\u2019un air fermé, se retourne sur le côté.\u2018* Soigne ben les poules, et puis le viau.et puis la vache.Jde te demande que ça! \u201d Mais quand on lui parla du curé, ce fut autre chose.Gluot, suffoqué, ramena vivement son bonnet de coton sur le devant de sntdte: * Le curd.?et pourquoi faire.?\u201d Ce n\u2019était pas qu'il fât mal avec lui: on faisait même à l\u2019occasion un brin de causette ensemble.Il n'y avait pas plus d'un mois que, le rencontrant en train de bîiner ses vignes, M.le curé lui parlait, et \u2014 Et comment que ça va, père Gluot ?\u2014 Pas fort, Monsieur le curé, avait-il répondu en redressant le plus qu'il pouvait si taille cassée en deux.Et M.le Curé lui avait fait un petit sermon : fallait venir à la messe, failnit ns croire que la terre c\u2019était tout : fnillait ever uelguefois les yeux vers le ciel._\u2026 C\u2019est ça, pour que je tombions sur le dos.Enfin, tout s'était bien passé.Mais delà, à venir le voir dans son lit.sa- risti! alors c'était fini.quoi! autant ui dire tout de suite.\u2014 Et puis faut te confesser, insistait la vieille!.\u2014 Pourquoi me confesser ?-\u2014 Pour te purger l'âme avec le corps.\u2014 Et Gluot se retourne du côté du mur, en répondant : \u2018* Je verrons demain.\u201d Le lendemain, Gluot est plus mal.Le grand Mathieu, le fermier d'en haut.est descendu le voir.Mathieu est l'orncie du pays: intelligent et découplé, il possède In terre, lui; mais In terre ne le possède pad; c'est pourtant le cultivateur passionné et fler de son métier, le premier du monde! Et quand il va en ville sur sa jument bal-brun, les officiers eux- mêmes se retournent, et en voyant le rude cavalier, tout doré de soleil sous gon large chapeau, îls disent : ** Cristf, le bows: gars!\u201d Ils pourraient ajouter: * Le fameux chrétien!\u201d car il est plus benu eacore à l'intérieur qu\u2019à l'extérieur.Ln vieille l\u2019a fait venir pour décidur- Gluot, presque i I'ngonie, of qui n'a plus que ce mot à In houche : * demain ! demain!\" ~ Demin?dit Mathieu de + voix graves qui donc est sûr d'être.en vie demain?.\u20148i.demain.! \u2014 Et pourquoi pas aujourd'hui F \u2014 Demain C Alors, sentant l'imminence du danger, voyant \u2019accourir In mort de toutes les extrémités de l'être, les supplications de chacun se font plus pressantes, plus sup sinntes devant l'éternité horrible, don es bords semblent être W.tout près.\u2014 Attendez !.fait le Mathieu, » > » Et dix minutes après, il ramennit, au and galop, le vieux curé en voiture, ce fo jetait presque dans le chambre, d'oi tout le monde sortit nussitôt.* Demain.murmure moribond.\u201d ow Mais le curé ne l'entend pas, il s'approche ; et fuisant passer dans sa voix, dans sus yeux, dans ses gestes, lu grande pitié des choses qui est nu fond du ca-ur de tout prêtre ici-bas : .Eh bien, mon vieux père Gluotle bon Dieu, c'est le premier de tous les médecins, et on va te mettre de son côté, n'est-ce pas?\u201d .Mais le paysan se terrant dans le coin du lit, ramenant ses draps comme un bouclier, et fixant le prêtre du regard dur d'avance le de ses deux enfoneés : \u2018*.Demdem.\u201d .Puis subitement il se renverse, et finit In seconde syllabe du mot.dans l\u2019é- ernité, PIERRE L'ERMITE, UN NOUVEAU LIVRE ARTICLES ET ETUDES Nous voulons parler des Articles ef \u201cfrdes par l'abbé Elie-J.Auclair, S.T.D.et J.C.D., un magnifique volume de 300 pages qui sera mis en vente sous pew, La renommée littéraire de Fanteur quoique jeune encore, est déjà faite, Arficles et Ftudez devrait être dans toutes les bibliothèques paroissiales, et les maisons d'éducation devraient rivaliser d'ardeur pour le donner en récompense au mérite.Mais laissons parler l'auteur ot plutôt Lu préface de son œuvre : POURQUOI lisons PAS?Lorsque, l'autre jour, un ami, probu blement trop bienveillant, me suggéra de mettre en volume les Articles ef Etudes que jai naguère écrits pour différents périodiques, je restai songeur, À quoi bon, pensai-je, un nouveau livre?Est-ce que par hasard je m'en vais prétendre qu\u2019il n\u2019y en a pas assez de ces pauvres bouquins qui sont destinés à dormir, dans la poussière et dans l'oubli, au fond des avrière-houtiques, chez Grangerchez Beauchemin ou ailleurs?Et pourtant, mon ami, lui, soutenait que les bons livres ne sont pas assez communs.[1 protestait qu'on en voit trop, hélas! aux vitrines de certains boutiquiers et sur les tablettes de certaines librairies suspectes, qui, par leurs titres seuls et par leurs gravures, allument déjà dans les yeux des passants imprudents de tristes convoitises.avait raison.Mais de ce qu\u2019il faille, en nos temps, se servir dela presse et des livres pour le bien\u2014puisque d'autre part ils font tant de mall\u2014et tâcher d'opposer les bons volu- Mes AUX Mauvais qui: nous arrivent de partout, ilne s'ensuit pas rigoureusement.Après tout, pourquoi pas ¥ Pourquoi ne pas apporter ma modeste pierre au mur protecteur, fait de bon nes et honnêtes lettres, qu'il conviendrait de construire, quelque part autour de nos villes et de nos villages, afin d'arrêter ou mieux de détourner de têtes qui nous sont chères les flots envahissants de la tnnu- vaise presse?Pourquoi se figer toujours dans Pinaction ?De l\u2019aveu de tons, la presse, c'est-à-dire, le journal et le livre, sont de nos jours les guides de l'opinion.C\u2019est devenu banal de je répéter.Sans prétendre à vouloir révolutionner le monde, son modeste coup gniement ! Pourquoi pas # Qui snit si quelques bonnes pensées, qu'on pourra recueillir ça et là dans tel article ou dans telle étude, sous une forme plus plaisante ou plus sérieuse, ne fera pas quelque bien à celui qui se donnera la peine de me lire?saint Paul n\u2019affirme-t-il pas quelque part (I Cor.1, 27) que Dieu, souvent, choisit des instruments infirmes pour faire les œuvres de su droite?Et sans doute, il on peut y aller de d'épaule!\u201d Allons-y Au reste, je ne me suis pus mis en frais d'imagination pour établir un ordre rigoureux entre tous ces Articles ct Elrudes toinbés de mn plume, depuis tantôt trois ans, aujour le jour, et au petit bonheur des circonstances.Tout au plus, j'ai cherché à les coordon- nor selon le sérieux de In pensée et de In forme, procédant, autant que faire se ouvait, du plaisant au sévère.Quant à ordre chronologique, je me suis réservé d'indiquer, pour'chaque écrit, In date à laquelle il fut d'ahord_ publié ninsi que le nom de la Revue qui lui fit l'honneur de le mettre au jour.0e Et maintenant va, mon pauvre livre, si cela t'est possible, porter quelque part un peu de bon grain ! Que si ton allure paraît trop légère à celui-ci ou trop sérieuse à celui-là, ne te froisse pus, et peut-être Inisse-toi froisser.Tu n\u2019y peux rien | Beau ou laid, intéressant ou ennuyeux, tu exis- Les toujours ! c'est quelque chose, Et pourquoi d\u2019ailleurs.Dien aidant, ne ferais-tu pas quelque bien ! Oui, pourquoi pas?Fable express : Un'long tamnbour-mnjor pressé par In {famine Dinait d'une simple sardine.Et s'en régalait fort, ma foi.Morale Dn a souvent hesoin d'un plus petit que soi.UIREANDE ET.SES MAITRES \u2014\u2014 L'avonir paraft sourire aux flls de la verte Evin.Depuis tant d'années que © peuple subit lu loi dure de son maître, si le soleil pouvait se lever un peu plus ru- dieux pour ini, le monde entier s\u2019en réjouirait.Le gouvernement anglnis vient de présenter au parlement un nouveau projet de loi sur l\u2019Irlande.T1 veut tenter d'apaiser le conflit tragique qui, depuis trois siècles, ruet Aux prises le peuple d'Irlande et ses maîtres anglais.On sait que ce conflit, après avoir parfois secoué jusque dans ses fondations l'empire britannique, est aujourd'hui encore nussi réel, aussi profond qua jadis, quelque moins mena- want en apparence.Comme au temnpsoù les habitants d\u2019Erin accueillaient en libérateurs les soldats de Hoche, où Henry Grattan, puis le grand O'Connell faisaient retentir des éclats de leurs voix puissantes le parlement de Westminster, où Parnell enfin jouait si sousent à la chambre des communes le rôle d'arbitre entre Jos partis anglais, li question irlandaise est toujours non résolue, et [a haine des Irlandais pour l'Angleterre non apaisée.Malgré les lois agraires de Gladstone, la création de commissions judiciaires chargées de limiter les prétentions des propriétaires et de réduire les fermages, lu lutte se poursuit âApre et sans fin entre les malheureux tenanciers et les agents des \u2018\u201clandlords\u201d.Les procédés des mai- tres du n'ont.pas changé depuis trente ans; comme au temps de In Ligue agraire, les mêties évictions brutailes des fermiers s'opèrent avec aide de la police anglaise, On sait qu'en Irlandele sol n'appartient pas aux Irlandais.Dès le XVIe siècle, des millions d'acces de terre furent arrn- chés aux clans irlandais qui en avaient In propricté commune, pour être distribués aux grands seigneurs de la cour d'Elisabeth, Pais, ce fut l'expulsion des habitants de Ulster en 1641 et la contiseation de 2,600,000 acres dont une partic fut wise it Pencan dans la cité de Londres, le reste donné en garantie à ceux qui offri- vaient les fonds nécessaires pour écraser l'insurrection conduite par le chef irlandais O'Neill.Ce fut enfin, avec Crownwell, l'Irlande tout entière noyée dans le sang de ses enfants a la lueur des fermes vt des granges incendides, Cing cent mille personnes furent passées au {il de l'épée sans distinction d'âge ni de sexe, cent mille vendues comme esclaves dans Ls colonies des Antilles, toute In population enfin expropride, to ansplantée, suivant la terrible expressiot ancêtres dans le .
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