Bulletin de la Bibliothèque nationale du Québec, 1 septembre 1983, septembre - décembre
LES GRANDES SOMMAIRE Michel Tremblay (Photo Christiane Masson) Montréal — 17e année, nos 3-4 Septembre-décembre 1983 Éditeur: Jean-Rémi Brault Directeur et rédacteur en chef: Louis Chantigny Adjoint au rédacteur en chef et directeur de l'édition: Louis Bélanger Secrétaire à la rédaction : Louise Lecavalier Directeur de la photographie : Jacques King Courrier de la deuxième classe Enregistrement n" 1503 Dépôt légal —4e trimestre 1983 Bibliothèque nationale du Québec ISSN 0045 — 1967 Reproduction autorisée des textes non copyright, sur demande et mention de l'auteur et de la source.Les articles publiés n'engagent que leurs auteurs.LE BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC est publié trimestriellement.Il est distribué gratuitement à titre personnel.On peut se le procurer en adressant sa demande à la Bibliothèque nationale du Québec.Service de l'édition 1700, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2X 3K6 Un quotidien dans la vie du Québec «Les belles oeuvres de Michel Tremblay» et son monde imaginaire Les travaux de bibliothéconomie: un travail d'équipe Pour saluer un ami Encyclopédie de la musique au Canada Le dépôt légal des documents cartographiques La doyenne des revues scientifiques: Le Naturaliste Canadien Avis de recherche: documents québécois Les confidences dans notre littérature II— Michelle Le Normand — Léo-Paul Desrosiers III— Le ménage Le Normand — Desrosiers Statistiques de l'édition au Québec en 1982 Quand Duplessis, Lévesque et Trudeau se retrouvent avec Gérard Pelletier Un don rare et précieux Pages Willie Chevalier Collaboration spéciale 3 Lyne Rivard Collaboration spéciale 8 Jean-Rémi Brault Conservateur en chef 13 Gilles Archambault Collaboration spéciale 14 Denis Rivest Service des collections spéciales 15 Pierre Lépine Service des collections spéciales 17 Le passé toujours vivant d'un vieux péché Leurs coeurs mis à nu Documentation et micrographie au Québec Jacques Prince Bureau de la conservation 19 Serge Bertin Service des acquisitions 21 Ruth Tétreault Service du choix de la documentation 22 Pierre de Grandpré Collaboration spéciale 23 Pierre de Grandpré Collaboration spéciale 24 Pierre A Hard Bureau du dépôt légal 27 Guy Deshaies Collaboration spéciale 28 Roland Auger Direction du développement et de la conservation des collections 33 France Ouellet Service des collections spéciales 38 Roger Duhamel Collaboration spéciale 40 Yvan Morier Bureau de la conservation 42 2 BULLETIN DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DU QUÉBEC — SEPTEMBRE-DÉCEMBRE I9X.1 La Presse a un siècle UN QUOTIDIEN DANS LA VIE DU QUÉBEC par Willie Chevalier Vous le savez sûrement: le quotidien montréalais La Presse est entré dans sa centième année de publication.Depuis plusieurs semaines il nous le rappelle chaque jour avec un sens aigu de la réclame, mettant à contribution la radio-télévision et d'autres moyens de communications pour que nul ne l'ignore.De tout ce battage il restera surtout le journal lui-même, avec un tirage déjà enviable passablement accru, et une monographie élégamment présentée, illustrée à profusion et d'abord bien conçue et rédigée avec correction et simplicité par l'un de ses anciens éditorialistes, M.Cyrille Felteau.Recherches fastidieuses En entreprenant d'écrire l'histoire de La Presse, malgré tous les moyens mis à sa disposition, l'auteur se condamnait à de longues et fastidieuses recherches, au repérage de documents dispersés hors des archives de l'institution, puis au démêlage de l'écheveau de nombreuses intrigues qui semblent n'avoir pris fin qu'avec l'avènement du propriétaire actuel (mais n'anticipons pas car nous n'avons que le premier tome, le deuxième et dernier nous étant promis pour l'automne prochain).Disons tout de suite que ces intrigues sont dans la nature des choses à cause, notamment, de l'influence que peut exercer un grand journal.On en retrouve de semblables dans l'histoire de prestigieux quotidiens français, anglais et américains.Après avoir pour ainsi dire déblayé le terrain par une introduction en deux parties — « Quelques jalons de l'histoire de la presse canadienne de langue française aux XVI1P' et XIX' siècles» et «L'ère des conflits idéologiques et des querelles partisanes ; les « rouges » contre les ultramontains, les programmistes et les « castors » ; Mgr.Ignace Bourget et l'Institut canadien » — M.Felteau relate les circonstances de ce qu'il appelle la naissance «fortuite» de La Presse, le 20 octobre 1884.Les guillemets sont de lui.Le véritable fondateur du journal Contrairement à la croyance générale, ce journal n'a pas été fondé par Trefflé Berthiaume mais par un certain William-Edmond Blumhart (1844-1907), Québécois puisque né à Cap-Rouge, dans la proche banlieue de la capitale.Petit-fils d'un militaire allemand venu au Canada pendant la guerre de l'Indépendance américaine (1776-1883), il était fils d'une Canadienne française, Louise Parrot.Ce que M.Felteau raconte de ce précurseur, de cet innovateur, de cet autodi- Trefflé Berthiaume dacte apparemment aussi doué pour les affaires que pour le journalisme, suffit aux fins de son travail mais on voudrait en savoir davantage.Quand il fonda La Presse, Blumhart était gendre d'un brasseur d'affaires — commerçant, entrepreneur, armateur et quoi encore ?— lié au Parti conservateur après avoir été candidat libéral, Louis-Adélard Senécal.Quelles furent les causes de son « virage de capot », comme on disait alors ?L'auteur ne le dit pas mais nous apprend que son activité inspira au jeune Wilfrid Laurier un pamphlet intitulé « La caverne des quarante voleurs » dans lequel Senécal était désigné comme «chef de bande» pratiquant une insolite méthode de calcul tout à fait personnelle : « Je pose zéro .et je retiens tout ».Senécal semble avoir été «a cha-racter», comme les Américains appellent des individualistes de toutes les classes de la société.Volontairement ou non perturbateurs, ils sont, tout compte fait, des levains utiles à la société.Orientations politiques On a deviné que La Presse fut à l'origine conservatrice en politique, mais sans servilité abjecte.Elle eut même, provoquée par le Mail de Toronto à l'occasion de l'affaire Riel, des velléités d' «indépendantisme » comme en aura plus tard Joseph-Napoléon Francoeur, député libéral à Québec durant la Première Guerre mondiale.Elle publia un article retentissant qui, tel la célèbre motion Francoeur, pourrait se résumer ainsi : « Chers Canadiens anglais, si nous vous empêchons tellement de danser en rond, nous sommes tout disposés à nous détacher de la Confédération.» À noter que ni Blumhart ni Francoeur ne proposèrent d'association après l'éventuelle séparation.Mais revenons à Blumhart.Il se démène tellement que l'état de sa santé l'oblige à ralentir son activité.Il s'ensuit, au sujet de La Presse, de 1886 à 1889, toute une série de transactions si compliquées qu'on ne saurait dire à qui elle appartient malgré les efforts de M.Felteau pour les élucider.En 1889, Trefflé Berthiaume, maître-imprimeur reconnu comme un as de la typographie, est chargé de réorganiser l'entreprise par un politicien qui s'en proclame dans un document «seul propriétaire», J.-Adolphe Chapleau, tribun convaincant, intrigant surgi d'un roman de Balzac, future bête noire d'Henri Bourassa qui l'appellera l'homme le plus corrompu de notre politique.C'est en 1894 que Berthiaume peut enfin se dire, sans contredit possible, propriétaire de La Presse et la lancer bulletin de la bibliothèque nationale du québec — septembre-décembre 1983 3 Première page du numéro spécial de Lu Presse lors du 25'' anniversaire de fondation (Photothèque La Presse) 4 BULLETIN DE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DU QUÉBEC — SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 1983 Monseigneur Ignace Bourget sur la voie de la prospérité.Devenu en 1896 conseiller législatif, il restera homme du peuple et saura toujours deviner ce que celui-ci attend de son journal.Mais il sera longtemps harcelé, l'adjectif n'est pas trop fort, parle remuant Chapleau qui, même lieutenant-gouverneur de la province de Québec, lui imposera sa prose anonyme.Interventions religieuses Et quand Chapleau sera mort (en 1896), le pauvre Berthiaume, patron consciencieux qui se reconnaît des responsabilités sociales et s'en acquitte, travaille sans relâche et avec succès, devra subir les assiduités épistolaires d'une autre mouche du coche, l'archevêque de Montréal, Mgr.Paul Bruchési, aux interventions duquel M.Felteau consacre un chapitre qui aurait aussi sa place, en changeant quelques noms et dates, dans l'histoire d'autres journaux du Québec.On pourrait croire que l'éminent prélat, ne sachant comment meubler ses loisirs, les employait à lire La Presse à la loupe.Mais n'était-ce pas rendre hommage à l'influence grandissante de la «feuille de chou» (expres- sion de ses détracteurs) que d'accabler son propriétaire de critiques et de recommandations?Avec le recul du temps, et en se plaçant dans l'optique de l'époque, certaines interventions de Mgr.Bruchési semblent justifiées, elles ont sûrement aidé Berthiaume à tenir son journal dans les limites de la respectabilité, mais on voit trop qu'un zèle souvent intempestif est une cause de la désaffection, à tout prendre injuste, dont souffre le clergé depuis quelques décennies.Quand on aura bien décanté notre passé, nous devrons convenir que nous sommes malgré tout, Québécois, d'insolvables débiteurs de nos prêtres et de nos communautés religieuses d'antan.Vente et reprise du journal Ce hors-d'oeuvre nous éloigne de l'attachant Trefflé Berthiaume qui, dans la nuit du II au 12 octobre 1904, sollicité et circonvenu par des gens qui avaient toute sa confiance, abandonne la propriété de La Presse à des capitalistes canadiens-anglais promoteurs de chemins de fer, voués à la défaite du gouvernement Laurier aux élections prochaines.Il s'en repent tout de suite au point d'en « pleurer pendant plusieurs jours » et il réussit, deux ans plus tard, épaulé par Wilfrid Laurier, à récupérer « son bien».De la part de ses initiateurs, la transaction n'était qu'un élément d'un complot qui échoua parce que Laurier et ses amis veillaient au grain et que Robert L.Borden, chef de l'opposition, gentilhomme dont jamais que l'on sache la probité ne fut mise en doute, refusa d'y participer.Malgré un texte de Berthiaume sur la fameuse nuit, et malgré les commentaires et les conjectures de M.Felteau, on ne sait pas encore exactement pourquoi Berthiaume succomba à la tentation de vendre.C'est un épisode à la fois obscur et éclairant de l'histoire non seulement de La Presse mais aussi, vraiment, de l'histoire du Canada où, comme aux États-Unis et en d'autres pays que l'on dit neufs, politique et affairisme s'imbriquent facilement quand il y a tant à construire.Quoi qu'il en soit, la parfaite bonne foi de Trefflé Berthiaume dans cette affaire est certaine ; les hommes les plus avisés se laissent parfois berner.Mais une question se pose.Berthiaume fut nommé au Conseil législatif par le dernier gouvernement conservateur du Québec, celui d'Ed-mund James Flynn, le 16 novembre 1896.Or, en 1904 et peut-être dès 1900, La Presse soutenait Laurier.Est-ce à dire que le grand quotidien était « bleu à Québec, rouge à Ottawa » ?À partir de quelle date ?Consolidation de La Presse Redevenu maître de La Presse, Berthiaume l'a «établie», consolidée.Il n'a jamais prétendu, et ses successeurs non plus, l'avoir fondée.Durant de longues années, elle a répété chaque jour en page éditoriale que, «telle qu'établie par l'honorable Trefflé Berthiaume», elle était « une institution irrévocablement dévouée aux intérêts canadiens-français et catholiques » et « indépendants des partis politiques ».J.-N.Francoeur bulletin de la bibliothèque nationale du québec — septembre-décembre 1983 5 i ! i ft ;\ ' S ' ' ' Cyrille Felteau auteur de Histoire de La Presse {tome 1) Le livre du peuple 1884-1916.La rotative «Morinoni» qu'a utilisé La Presse dès son premier numéro le lundi 20 octobre 1884.(Photothèque La Presse) Vue de la rue Saint-Laurent à l'intersection de la rue Saint-Antoine, au début du siècle, à l'endroit même où sera érigé quelque cinquante ans plus tard l'édifice de La Presse.6 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC — SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 1983 Joseph-Adolphe Chapleau Cette dernière affirmation, M.Fel-teau devrait la nuancer dans son deuxième tome.« Indépendante des partis politiques » ?Oui, dans une certaine, voire dans une large mesure.Il faut savoir qu'elle était en plein essor quand le Parti libéral éprouva le besoin de se doter de son propre organe de presse à Montréal, Le Canada, qui vécut une cinquantaine d'années au cours desquelles il fut à certaines périodes, malgré son sectarisme de service, un modèle de bonne tenue.On ne peut donc parler de symbiose entre le Parti libéral et La Presse, mais plus d'un vieux lecteur a cru constater que son respect du pouvoir établi se révèle plus profond quand ce pouvoir est aux mains des libéraux.On ne saurait le lui reprocher dès lors qu'elle ne fausse pas les faits.Et, charbonnier étant en principe maître chez soi, il est tout simplement raisonnable qu'un journal reflète de temps à autre l'opinion de sa direction surtout quand cette dernière n'inflige pas aux lecteurs des mandements soporifiques (allusion aux manies d'un patron heureusement très provisoire de La Patrie, défunte, un temps rivale de La Presse qui l'avala).Si, dans l'empyrée, Blumhart et Berthiaume lisent les admonestations que servent de temps à autre les éditorialistes de «leur» journal aux puissants du jour à Ottawa et à Québec, ils applaudissent sûrement, ils contresigneraient volontiers.Rayonnement social L'avant-dernier chapitre de l'ouvrage de M.Felteau s'intitule "Nothing Succeeds like Success » (rien ne réussit comme le succès).Il expose en détail les moyens employés par Berthiaume pour accroître de jour en jour le tirage de son quotidien et pour le faire apprécier de plus en plus, indépendamment de son contenu.Ils supposent de l'imagination, de l'ingéniosité et de la persévérance dans l'exécution.Ainsi La Presse organise des pique-niques très populaires et réussit, vers le même temps, à faire rendre plus équitable la taxe d'eau des Montréalais.Elle donne l'exemple aux gouvernements en ouvrant un bureau de placement pour travailleurs en chômage et ne se lasse pas de réclamer des écoles du soir.Berthiaume, d'humble naissance et aimant les enfants, elle encourage les caisses d'épargne pour eux et lance une Oeuvre des étrennes pour les enfants pauvres ; elle suscite la fondation d'un refuge de nuit parce qu'il faut cesser d'assimiler la misère au crime; on la trouve à l'origine du célèbre Conservatoire Lasalle et l'Alliance française, section de Montréal, prend naissance dans ses salons; elle fait oeuvre de pionnière en navigation d'hiver et en voirie.Etc.Si plusieurs de ces idées fécondes venaient de collaborateurs et conseillers de Berthiaume, du moins avait-il le grand mérite de savoir s'entourer et d'écouter.Sa gestion prudente en même temps qu'audacieuse fut telle qu'une quinzaine de mois avant son décès, le samedi 2 janvier 1915, sa fortune s'élevait à 1 436 500$.Pour l'époque, et pour le fils d'un menuisier de Saint-Hugues de Bagot.La mort de Trefflé Berthiaume fut le début de conflits familiaux dont on nous donne un premier aperçu.La suite au second tome.M.Felteau consacre une vingtaine de pages aux premiers journalistes de La Presse, dont plusieurs étaient de qualité.Brocarder., le journal de la rue Saint-Jacques », comme si Le Canada et le Star n'avaient pas eu pignon sur la même rue, tout près, fut longtemps de mode en certains milieux.Il était — et il sera toujours — facile de lui trouver des défauts et il n'a pas — n'aura jamais — fini de commettre des erreurs.Mais il a souvent eu à son emploi des journalistes presque aussi remarquables que ses critiques les plus intéres- Wilfrid Laurier sants, y compris deux de ces derniers, les grands Olivar Asselin et Jules Fournier.Par exemple M.Victor Barbeau, au sujet duquel il faut supprimer l'adverbe «presque».Compte tenu des moyens du bord et du fait que la belle ville de Montréal n'est tout de même pas une des plus importantes du globe, La Presse se compare favorablement à des quotidiens considérés comme des oracles.Et elle a l'avantage de n'être pas publiée dans une capitale où les pressions de toute sorte sont grandes et parfois funestes.D'entrée de jeu nous avons dit que l'« Histoire de La Presse, Le Livre du Peuple », était un ouvrage bien conçu.Et c'est vrai, quoique il donne parfois une impression de décousu.C'est, on suppose, que l'auteur fait des retours en arrière, des « flashbacks », pour mieux se faire comprendre.Le texte est allégé par de nombreux encadrés qui rendent inutiles de longues explications.Le très estimable Robert Ru-milly et M.Conrad Black auraient pu recourir à cette méthode pour la biographie de Duplessis.La Presse joue depuis bientôt un siècle un tel rôle dans la vie du Québec qu'elle fait un peu — beaucoup — partie de notre patrimoine.Raison suffisante pour que quiconque se soucie de la chose publique lise le bon et beau livre, aussi vivant que le grand journal lui-même, de M.Felteau.?BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC — SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 1983 7 LES BELLES OEUVRES DE MICHEL TREMBLAY ET SON MONDE IMAGINAIRE par Lyne Rivard L'écrivain assis dans les marches de l'institution qui adonné son nom au roman Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges.(Photo Jacques King) Lorsque, en avril '83, l'idée de présenter une rétrospective des oeuvres d'un auteur québécois à la Bibliothèque nationale a commencé de germer, •il fut convenu qu'il s'agirait d'un auteur vivant, jouissant d'un rayonnement international.Le choix de l'élu se portait d'évidence sur Michel Tremblay.Ne se trouve-t-il pas au zénith d'une carrière qui ajoute sans cesse des fleurons à son blason d'auteur prolifique et de dramaturge réputé?Ont collaboré à l'expo-environ-nement «LES BELLES OEUVRES DE MICHEL TREMBLA Y» : Coordonnateur et recherchiste : Denis Roy Conception graphique et exécution : Christiane Musson Photographies: Jacques King et Christiane Masson Éléments sonores, éclairage et accessoires: François Dttranleau Recherche et planification : un grand défi Il aura fallu trois rencontres avec Michel Tremblay, trois autres avec son agent John Goodwin, une centaine de photographies récentes, 12 manuscrits, 48 livres de l'auteur, deux caricatures, 18 photographies de l'enfance de M.Tremblay, 37 affiches et une maquette de théâtre, avant de commencer le long processus de planification et d'élaboration du projet d'exposition: «Les belles oeuvres de Michel Tremblay».Une fois ces éléments en main, Denis Roy et son assistante Christiane Masson ont dû consacrer environ 300 heures de travail pour offrir au public une rétrospective aussi complète et vivante de l'oeuvre de Michel Tremblay.« C'est l'exposition la plus importante en envergure et celle qui a consommé le plus d'énergies pour mettre en valeur les collections de la Bibliothèque nationale », dira M.Roy.Le fait d'avoir rencontré personnellement M.Tremblay a permis à Denis Roy de mieux comprendre et de rendre plus humain le dramaturge.En ce qui a trait aux contraintes inhérentes à ce genre de projet, M.Roy mentionne : « Les contraintes, nous avons dû nous les imposer de nous-même.On a convenu, dès le départ, de ne pas élaborer sur l'utilisation de la langue des personnages.« Les belles oeuvres.» ne reflètent que l'homme et l'oeuvre ».Le choix sonore: l'opéra! Le choix sonore servant à illustrer «Les belles oeuvres.» s'est tout naturellement porté sur Mozart et Rossini qui tendent à exprimer la relation de Michel Tremblay avec l'opéra, comme il l'explique lui-même: «.le lyrisme demeure mon grand moyen.Toutes mes pièces sont très près de l'opéra, l'opéra étant pour moi l'absurdité complète, le théâtre parfait.» Une présentation environnementale éblouissante C'est à Christiane Masson, jeune stagiaire à la conception et réalisation des expositions de la BNQ qu'est revenue la lourde tâche de la présentation environnementale des « Belles oeuvres.» (titre qu'elle a d'ailleurs choisi).Mlle Masson est actuellement finissante en design d'environnement à l'UQAM.Elle a accepté d'enthousiasme de se charger de l'aspect graphique et du montage des « Belles oeuvres» tant au niveau de l'expérience personnelle que par rapport au contenu qu'on lui proposait.«Mon but n'était pas seulement de transmettre de l'information mais de matérialiser le contenu des livres.Pour moi, c'est une expérience de mise en scène par le biais de la couleur et des volumes, l'éclairage et l'environnement sonore.C'est pourquoi il est primordial de travailler avec une équipe qui réponde instinctivement aux vibrations communes », explique Christiane.Les personnages tubes En ce qui concerne l'aspect visuel, ce qui nous frappe en premier lieu est certainement ces bizarres sculptures de tubes où on distingue des allures humaines si on plisse les yeux en les 8 BULLETIN DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC — SEPTEMBRE-DÉCEMBRE 1983 L'arrière de son ancienne demeure qui a inspiré l'auteur pour la fresque intitulée La grosse L'auteur s'entretient avec une résidente qu'il a connu.(Photo Jacques King) femme
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