L'itinéraire, 1 janvier 2001, décembre
[" L'Itinéraire a besoin de * frigo commercial \u2022 machine espresso \u2022 imprimante laser \u2022 télécopieur \u2022 magnétophones portatifs \u2022 caisse enregistreuse \u2022 bibliothèque \u2022 meubles d'ordinateur Si vous avez des appareils ciui fonctionnent encore, s il vous plaît, contactez-nous au (514) 597-0238 Attention aux fraudeurs! L'Itinéraire tient à prévenir la population que des imposteurs sollicitent des dons sans son consentement.Que ce soit par sollicitation téléphonique ou de porte à porte, personne n'est autorisé à solliciter des dons monétaires ou matériels pour L'Itinéraire.Nous invitons les personnes sollicitées à communiquer immédiatement avec la police pour mettre fin à cette sollicitation frauduleuse.Pour aider L'Itinéraire, les gens sont invités à se procurer notre revue auprès de nos camelots dûment identifiés.Vous trouverez des camelots sur toutes les grandes artères de la ville ainsi que dans plusieurs stations de métro.Les dons sont les bienvenus mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907 rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec nous au (514) 597-0238: Chantai St-Onge, conseillère en publicité, poste 27 ou Ariane Pelletier, responsable de l'administration, poste 28, ariane-aelletier@videotron.ca L'Itinéraire est produit et vendu en majeure partie par des personnes itinérantes, ex-itinérantes, sans emploi, alcooliques ou toxicomanes, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sur le marché du travail.Pour chaque numéro vendu 2 dollars, 1 dollar revient directement au camelot.Les profits de Lltinéraire servent à financer les coûts de production du journal, les projets de réinsertion sociale, le Calé sur la rue, et L'Espace Internet.La direction de L'Itinéraire tient à rappeler qu'elle n'est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal, ou demandent des dons, ils le font à titre personnel.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus ou le comportement des vendeurs, communiquez sans hésiter avec le responsable de la distribution.Gabriel Bissonnette au (514) 597-0238, poste 32 vencIre VIt\\nérmre.CaIé sir h Rvt, au 1104, rue OntarIo Est 4n(jll amherst) Des gens de la rue ou de milieu modeste se côtoient au Café sur la rue dans une ambiance agréable.De bons petits repas sont servis par des personnes en réinsertion sur le marché de l'emploi pour la modique somme de 4,50$.Un cuisinier leur apprend à travailler et à gérer une cuisine.Les personnes à faible revenu peuvent se procurer une carte de membre au coût de 5$ et obtenir un repas à 2,25$, pour une période d'un an.Fin de la campagne téléphonique d'abonnement Le Groupe communautaire L'Itinéraire a mis fin à sa campagne de sollicitation téléphonique d'abonnement au Journal L'Itinéraire.Le mandat du groupe La Relance est donc terminé.Personne n'est autorisé à solliciter des abonnements pour le Journal L'Itinéraire ou des dons en argent, en services ou en biens.Nous invitons toute personne sollicitée à des fins d'abonnement ou de demandes de dons, en personne ou par téléphone, de communiquer immédiatement avec la police et L'Itinéraire pour mettre fin à toute sollicitation non autorisée.Les dons sont les bienvenus, mais ils doivent être directement adressés à nos locaux du 1907, rue Amherst, Montréal H2L 3L7.Pour plus d'information, communiquez avec à Ariane Pelletier, responsable de l'administration, (514) 597-0238, poste 28, arianepelletier@videotron.ca La formation professionnelle des travailleurs(euses) au Journal L'Itinéraire a été rendue possible grâce, entre autres, au Ministère de la Métropole à la CDEC _du Plateau Mont-Royal/Centre-Sud, à la Ville de Montréal, à la Régie régionale de la santé Montréal-Centre et à l'UQAM. 1907, rue Amherst, Montréal (Québec) H2L 3L7 Tél.: (514) 597-0238 Fa: (514) 597-1544 Courriel: itineraire@videotron.ca http://itineraire.educ.in finit Le journal L'Itinéraire a été fondé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d'aide et maisons de chambres.Depuis mai 1994, il est vendu régulièrement dans la rue.Plus de la moitié de cette publication est rédigée par des personnes ayant connu l'itinérance.Les articles écrits par des journalistes pigistes professionnels portent la mention «collaboration spéciale».Le Groupe communautaire L'Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1989 pour aider les itinérants.Le conseil d'administration est composé en majorité de personnes ayant connu l'itinérance, l'alcoolisme ou la toxicomanie.Conseil d'administration du Groupe communautaire L'Itinéraire: Présidente: Geneviève Denis Vice-président Jean-Marie Tison Secrétaire: Réjean Mathieu Trésorier: Jean-Paul Baril Conseillers: Lise Samuel, Josée Boisvert, Éric Cimon, Robert Dion, Mario Châteauvert Comité de direction: Denise English, Ariane Pelletier, Jean-Pierre Lacroix Equipe de production du journal: Rédacteur en chef: Jean-Pierre Lacroix Adjoint à la rédaction: Gopesa Paquette Collaborateurs: Pierre Demers.Gina Mazerolle, Élyse Frenette, Alain Gignac, Marie-Christine Gagnon, Maxime, Gilles Marcoux, Léo Paul Lauzon, Mario Lanthier, Jean-René Lavoie, Claude Dubuc, Micheline Lefebvre, Jean-Marie Tison, Robert Beaupré, Pierrette Jeanneault, Michel Boyer, Luc Denis, Vianney, Michel Côté.Yvon Gonneville, Gilbert Pouliot.Infographiste: Jocelyne Sénécal Révision: Marie-Thérèse Déry, Jean-Paul Baril, Micheline Bonnoyer, Guy Crevier, André Martin, Mariette Éthier-Morand.Mots croisés: Gaston Pipon Imprimeur Québécor World Lebonlon Tirage 18 000 exernptoes vendus par des itinérants el des sans-emploi dans les rues de Montréal Administration du groupe: \u2022 Secteur administration Responsable Ariane P \u2022 Secteur Café \u2022 Secteur dtetlbutlon \u2022 Secteur Internet \u2022 Secteur journal: Adjointe administrative â combler Publicité Crantai St-Onge la rue Responsable Denise English Responsable i combler Adjointe Genevieve Denis Responsable Mylène Bonin Responsable: Jean-Piene Lacroix Adjoint Gopesa Paquette Lltinéraire est membre de: NASNA \u2022 Association nord-américaine des |ournau< de me Le réseau international ( [Hx-l des journaux de rue AMECC Sommaire Actualité 7 D'Haïti à Montréal 8 Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents «Une loi répressive qui favorise les mesures automatiques 10 Lire, écrire et compter, c'est un minimum! 11 La nuit des jeunes sans-abri 2001 Détresse et espoir 12 Les Voix du coeur, la voie de l'espoir 14 Être Père Noël pour être heureux 16 Mon cadeau de Noël pour les amis de L'Itinéraire 17 Échos de la rue! 18 S.P.I.T.(Squeegee Punks in Traffic) de Daniel Cross Le squeegee à la caméra 19 Entrevue avec Daniel Cross 20 La pauvreté en Ontario 22 La rencontre des imaginaires 24 Marginal un jour, marginal toujours Chroniques Editorial 5 Billet 6 Chronique Internet 25 Globe trottoir 26 Mots des camelots 29 Prof Lauzon 32 Mots croisés 34 Le costume est une gracieuseté de l'Association des Pères Noël de la province de Québec.514-526-2847.âVda Lltlnirtfre est Vw entièrement recyclable MONTREAL' DECEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINERAIRE 31 Vidéotron La télé à petit prix illico vous offre la télé numérique la plus économique sur le marché.Procurez-vous votre terminal illico pour seulement 92 $ dans un magasin Le SuperClub Vidéotron ou chez Archambault.Et accédez à un univers télévisuel unique.Pour vous abonner, composez le (514) 281-1711 / 1 877 380-2511, visitez notre site au www.illico.tv ou présentez-vous chez: ARCHAMBAULT WWW.ARCHAMBAULT CA ICO La télé comme vous ne l'avez jamais vue.¦ Wbounéd* \\W Jroretrttfitotyogramnuliond* \" 1 conctrtionnel a latonnemenl au wrviu> (Dultra Appall remn | neuf, plein* garant* d'un i L» modèle peul Ww arriérent Of l'illustration illtcg nt disponible la ou Id technologie If permet In Sïrvttn ronditions el Urrfi peuvent varier wton In regioni et lont modifiables vans préavis Tau* www.illico.tv DON SPÉCIAL POUR NOËL Je vous fais parvenir mon don de: 20$ ?50$ ?100$ ?_$ Autre Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Tél.: ( )__ Je désire recevoir un reçu pour fin d'impôts [ Q/^ÙfcÎ etç^ayeuàe (^Wefeû Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L1R1 14 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 Le piège des grandes villes On serait tenté de croire que la pauvreté urbaine a peu à voir avec la richesse d'un pays.Les États-Unis représentent sans doute le meilleur exemple d'une société d'abondance où pourtant la pauvreté urbaine est particulièrement aiguë.On serait tenté de croire qu'il s'agit d'un phénomène réservé aux pays en voie de développement; pourtant, certains d'entre eux comptent un nombre de nécessiteux inférieurs à celui de pays développés.On estime qu'aux Etats-Unis, près du quart de la population pauvre se compose de Noirs, de Mexicains, de paysans nécessiteux, de personnes âgées désemparées et de jeunes déracinés.L'exclusion économique et sociale fait de plus en plus de victimes, mais la pauvreté dans les grandes villes revêt souvent un caractère occulte.Si les mendiants et les sans-abri y sont de plus en plus visibles, la face la plus sordide de la pauvreté est souvent masquée.Si la misère, phase extrême de la pauvreté, n'est pas aussi apparente dans certains pays industrialisés, c'est qu'elle a été éliminée des villes.Si on l'y rencontre toujours, c'est beaucoup plus pour des raisons politiques que pour des problèmes liés à l'urbanisation; ce qui rend la situation doublement injuste.Dans des petits pays développés, sans desseins politiques et économiques d'ordre international, où la population est peu nombreuse et les industries à la mesure de l'homme, la mise en place de mesures sociales préventives pour lutter contre la pauvreté a permis l'élimination de la misère.Ce résultat, cette égalité des chances pour tous les citoyens, se manifeste notamment dans les pays Scandinaves: Islande, Norvège, Finlande, Suède, Danemark.Même s'ils ne détiennent pas tous de record mondial pour le plus haut revenu per capita, ils sont tous parvenus à réduire de beaucoup les inégalités et le déséquilibre entre la campagne et la ville.Leurs conditions de vie sont d'un niveau plus qu'acceptable.Conscients des dangers liés à un développement économique trop rapide, certains pays ont ralenti leur développement industriel, d'autres ont freiné le tourisme.Ils ont misé sur une croissance riche en emplois, sur un développement durable, un progrès privilégiant la qualité de vie de ses habitants.Bien entendu, de tels choix sont possibles à condition de régler le problème de l'analphabétisme, de satisfaire aux besoins élémentaires des habitants, de maintenir le taux de chômage au plus bas niveau possible et, enfin, à favoriser une participation MONTREAL\u2022 DECEMBRE 2001 \t \t Jean-Pierre\t Lacroix\t démocratique active.Les bienfaits de la croissance économique, aussi réels soient-ils, doivent être accompagnés d'un immense effort de solidarité et de réformes sociales hardies pour en corriger les dérives.* * * noël pour qui ?Notre page couverture affiche un père Noël.Nous aurions voulu, comme par les années passées, présenter à nos lecteurs un numéro de décembre incluant un superbe cahier spécial en couleur.Hélas, les coûts de production grimpent sans cesse et, chaque mois, un camelot souriant vous propose L'Itinéraire toujours au même prix.Nous aimerions tellement aider plus d'itinérants et leur offrir de meilleurs services, mais nous manquons de moyens pour accroître cette aide.Comme pour la majorité des groupes communautaires, notre travail est immense et nos ressources, limitées; nous aimerions avoir plus de liberté financière pour alléger la misère que l'on côtoie quotidiennement.Malheureusement, cette année, et particulièrement depuis les événements du 11 septembre, nous notons une baisse marquée de dons.Pour poursuivre et intensifier son travail d'aide auprès de ceux qui sont aux prises avec des problèmes d'itinérance, d'alcoolisme ou de toxicomanie, le Groupe communautaire L'Itinéraire a un besoin urgent de revenus d'appoint.Le groupe offre aux démunis de nombreux outils pour les aider à s'en sortir: accueil et référence, lieu de rencontre et de restauration, encadrement, formation (informatique, journalisme, etc.), accès Internet.Et si le père noël se manifestait grâce à nos lecteurs?Imaginons un instant que des citoyens corporatifs nous offrent des aliments non périssables pour notre Café sur la rue, des ordinateurs pour notre Espace Internet ou d'autres biens et services nécessaires à la poursuite de nos objectifs.Imaginons que tous ceux et celles qui achètent L'Itinéraire posent un geste concret de solidarité en nous faisant parvenir un chèque de 20$ ou 50$.Qui sait le nombre supplémentaire de repas gratuits que nous pourrions distribuer pendant le temps des Fêtes?Nous comptons sur votre appui, pas uniquement un appui moral mais un appui concret.Faites-nous croire au père Noël! jplac@videotron.caÇH JOURNAL L'ITINÉRAIRE ~ ~TÎ M\\e\\ BORBORYGMES.Faim ou Satiété?«Les mots que vous employez n'étant plus les mots mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience.» Jean-IHarie Tison Léo Ferré (La Solitude) Alors que les Fêtes arrivent à grands pas, il m'est apparu opportun de partager avec vous quelques réflexions personnelles concernant les rapports qui unissent l'écriture et la nourriture.Lundi 1er octobre 2001 Un peu plus de trois semaines se sont écoulées déjà et le cortège des mots, criés ou chuchotes, qui déferlent de toutes les bouches médiatiques se poursuit sans relâche.Les mots s'accumulent, s'entassent, se bousculent, empiètent les uns sur les autres jusqu'à se fondre en un magma étrange, docile et malléable, épousant la forme de nos haines, de nos peurs, de notre incompréhension que nous nous empressons de dévorer à notre tour dans une digestion sans fin.étrange festin.Le «creux» persiste cependant et alimente lui-même une angoisse qui ne se dissipe pas.Les logorrhées suffisent à peine à satisfaire notre boulimie d'ordre et de sens.Quel sens?Le «gros bon sens», celui dont tout le monde souffre sans doute et qui commande une réponse immédiate à la Frontenac.Ce que nous exigeons des mots participe désormais de l'horreur qui se profile sur un horizon absurde.Nos mots nourrissent nos maux et vice-versa.«Nous prenons l'habitude de vivre avant d'acquérir celle de penser, écrivait Camus.En fait l'édifice de nos certitudes qui s'articulent sur cet échafaudage grotesque d'habitudes égoïstes que nous appelons la vie, n'est qu'un monument trahissant notre avidité.Un banquet funèbre.Mordre dans la vie.Voilà ce qu'on nous a appris.Mordre et avaler goulûment.Dévorer.et déféquer de haut, bien à l'abri.Alors que nous ne savions que savourer la grandeur de notre propre appétit, voilà que nous éprouvons pour la première fois, au ras du sol, les vertiges de la faim originelle! Pas question de revoir le menu, et encore moins de le remettre en question.Et en attendant, vite des mots.Beaucoup de mots.Amers, durs, croquants! D'amuse-gueule les voici maintenant devenus plat de résistance.S'enivrer de mots que nos dents arrachent aux lambeaux de discours aux arômes de sang.Ne rien mastiquer surtout.Se gaver de mots jusqu'à les dépouiller de leur saveur.Et retrouver cette fadeur que nous chérissons tous parce qu'elle nous est commune comme l'est la blancheur douteuse des squelettes.Construire.Bâtir à nouveau.Tout refaire.comme avant.Aplatir au plus vite, comme une crêpe, le silence qui se prolonge et se déploie en points d'interrogation au-dessus de nos têtes, dans nos tripes et plus rarement dans nos coeurs.S'élever enfin au dessus des cendres et de la poussière qui nous aveugle en reflétant notre propre opacité.Tous s'aggrippent aux guillemets, aux majuscules et aux caractères gras en brandissant points d'exclamation, point d'indignation, son poing.S'élever encore et encore, s'enfler.Ne pas regarder vers le bas.La seule vue de nos pas donne la mesure du vide de nos coeurs et aiguise le vertige.Allez! un peu plus loin, un peu plus haut! «Un peu plus à l'ouest», disait le professeur Tournesol! «Un peu plus à droite», répond le choeur! Loin vers l'Est, l'exode massif de millions d'hommes, de femmes et d'enfants muets d'effroi, qui tentent de se dérober à nos regards furieux, en cherchant refuge au coeur d'un hiver qui fera bientôt crier leurs ventres affamés jusqu'à les rendre sourds à nos mots menaçants.Autres maux, autres moeurs.Une terre et un peuple opprimés auxquels nous étions à jamais indifférents, sauf lorsque celui-ci menaçait de destruction un temple figurant l'oriental bedonnant de béatitude, assis et «zené» devant nous, si cher à nos livres d'histoire.Et moi j'en rajoute.Je vampirise à mon tour, me nourissant du malheur d'autrui pour soulager le mien.Empruntant aux mots des uns et aux maux des autres pour improviser un étrange démo qui n'en est pas moins obscène, parce qu'il est commandé par ma faim.tison2000@hotmail.com f«J L'ITINÉRAIRE A UN BESOIN URGENT d'un RÉFRIGÉRATEUR COMMERCIAL contactez ^ Denise English au (514) 597-0238, poste 32 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 D'Haïti à Montréal Gina mRZEROLLE Camelot au Carré St-louis Daniela Laine est une Québécoise haïtienne de 44 ans.Elle a choisi de vivre à Montréal parce qu'il y a beaucoup de Noirs.Elle trouve le monde gentil et la ville propre.Daniela Laine a aussi remarqué que les Montréalais ne sont pas racistes.«Moi, je parle français tandis que dans les autres villes, on doit s'exprimer en anglais.Ici, c'est le fun.J'aime la façon de bâtir les maisons.» ajoute Daniela Laine.Daniela s'ennuie parfois de son Haïti natale, surtout en hiver parce qu'il fait chaud là-bas.«Les quatre saisons sont presque semblables sauf en décembre.Là-bas, il peut faire un petit vent froid à KinscoffTomassin qui est en dehors de la ville.On doit porter un petit manteau ou un chandail.Ma parenté me manque naturellement et les endroits où j'allais, quand j'étais petite.Il y a des fruits que l'on trouve à Haïti à longueur d'année, et pas ici, comme le corossol et l'abricot.Pour le moment, j'aime Montréal.» La différence qu'elle trouve entre Montréal et Haïti est plus du côté travail.«À Montréal on trouve des riches qui vivent bien, qui peuvent travailler dans un bureau ou avoir leur propre entreprise, qui les fait bien vivre.On peut dire qu'ils ne travaillent pas trop fort, pourtant ils ont les moyens de vivre comme il le faut.Tandis qu'en Haïti, il y en a qui travaillent tris dur, qui n'ont même pas les moyens de manger à leur faim.On peut dire par exemple que les bourrettiers (les gens qui poussent les brouettes), les marchands de charbon, les changnes qui nettoient les souliers et les marchands de gaz à lampe sont pauvres.Il y a jusqu'à quatre catégories de personnes: les riches, les moins riches, les pauvres et les mendiants.Les pauvres sont ceux qui veulent travailler mais qui n'ont pas trouvé de travail ou qui veulent faire un petit commerce mais qui n'en ont pas les moyens.Là-bas, les mendiants prennent un quit, un fruits qui a la forme d'un melon d'eau et qui pousse dans un arbre.On la coupe en Gina et Daniela deux, on le vide puis on s'en sert comme bol.Les mendiants s'en servent pour mendier,» poursuit-elle.D'après Daniela les Montréalais ne sont pas racistes.«Les Montréalais s'entendent avec les autres groupes.Si on les respecte, ils nous respectent et si on ne les respecte pas alors ils ne nous respectent pas.C'est pareil pour tout le monde.Ici, on peut s'habiller comme les gens riches.Les prix sont les mêmes pour tout le monde dans les magasins.On peut aussi aller dans les restaurants comme tout le monde.» «Je suis ici depuis 12 ou 13 ans.Je suis Québécoise depuis 1992, ça fait déjà neuf ans.Ce n'était pas difficile alors d'obtenir la citoyenneté canadienne.J'ai trois enfants dont deux ont obtenu leur citoyenneté canadienne avant moi.En 1993, j'ai fait entrer ma fille aînée qui est devenue citoyenne au bout de trois ans», confie Daniela Laine.«Ily a beaucoup d'organismes qui viennent en aide aux Haïtiens en difficulté à Montréal, même s'ils se débrouillent pas mal dans leur commerce, dans leurs études et dans leur travail.Si j'en ai besoin je peux faire appel à eux,» poursuit-elle.«Quand je suis arrivée à Montréal, j'ai été impressionnée par l'aéroport.Dans l'avion, je pensais que c'était seulement nous, les Haïtiens qui étions pour nous rendre au Canada, tandis qu'il y avait du monde qui venait de partout», conclut Daniela.fïîx] Louise Harel Ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole Agir autrement par l'action sociale pour retrouver force et dignité tout en participant au développement de la collectivité québécoise.Québec ca es e3 ca MONTREAL\u2022 DECEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 71 Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents «Une loi répressive qui favorise les mesures automatiques» Gopesa Paquette Hugues a 17 ans.C'est un jeune délinquant qui tient à sa gang et qui commet avec elle toutes sortes de petits délits: graffitis, vandalisme, bière dans les parcs, etc.Hugues est le prototype du jeune délinquant qu'utilise le Bloc Québécois dans sa campagne contre le projet de loi C-7, sur les jeunes contrevenants.Selon la Coalition pour la justice des mineurs, qui réunit plus d'une vingtaine d'organismes canadiens, dont le Bloc, la CSN et l'Association des directeurs de police du Québec, l'adoption de cette loi viendrait compromettre les chances de récupérer un jeune comme Hugues.«C'est une loi essentiellement punitive, affirme Me Mario Gervais, directeur de l'Aide juridique de Longueuil, une loi de sanction, où l'essentiel de la démarche est axée sur la punition pour le geste posé au détriment des besoins propres de l'adolescent.C'est l'inverse de ce qui se fait aujourd'hui.» L'actuelle Loi sur les jeunes contrevenants mise sur la réhabilitation des jeunes délinquants, plus que sur la punition pour faire baisser la criminalité chez les jeunes.Le Québec a présentement le taux de criminalité juvénile le plus bas au Canada, ce que la Coalition attribue à l'approche particulière adoptée dans la province.«Le Québec est la seule province à avoir une profession dédiée à la réhabilitation, celle du psycho-éducateur,» souligne Pierre Lamarche directeur général de l'Association des centres jeunesse du Québec (ACJQ).La présente loi laisse une marge de manœuvre suffisante pour que les intervenants du milieu \u2014 juges, procureurs, avocats de la défense, et psycho-éducateurs \u2014 puissent s'adapter à chacun des jeunes qui se présentent devant eux.Selon l'ACJQ, le projet de loi C-7 «brise l'équilibre des principes qui a fait le succès de l'actuelle Loi sur les jeunes contrevenants», qui consiste à appliquer une recette personnalisée contenant la dose appropriée de punition pour le crime commis, La Chorale de l'Accueil Bonneau ~C*ru,ô te-d w-em^tfr* cte la* cA^rictte.vo-ua crf^LCt^t tecct.n\\.eltteu.v» weurX.cte 6>&f%A&u.t et cte 5cYi*,t Pour t'inscrire: (514) 526-1651 Services gratuits > Ateliers de groupe > Stages en entreprise > Suivis individualisés > Activités post-formation > Support dans la recherche d'emploi Tu es > Agé(e) de 16 ans ou plus > Motivé(e) à intégrer ou réintégrer le marché du travail > Démuni(e) face à l'emploi Les services du GIT sont offerts grâce à la contribution financière d'Emploi-Québec Québec! .aa Groupe Information Travail > 2260, av.Papineau > Montréal (Québec) H2K 4J6 > git@videotron.net MONTREAL* DECEMBRE 2001 151 Mon cadeau de Noël pour les amis de L'Itinéraire Alain Gignac En parcourant les artères d'une grande métropole comme Montréal, le spectacle de la misère et de la détresse criantes ne cessent de nous rappeler (et d'une façon peut-être encore plus dérangeante en cette période des Fêtes) que nous sommes vraiment à des années-lumière d'un monde où les hommes vivraient d'amour! Bien sûr, la plupart d'entre nous, hommes et femmes de bonne volonté, cherchons à faire généreusement notre part, aussi minime soit-elle, pour venir en aide à toutes ces personnes profondément blessées par la vie qui nous tendent la main au détour d'un trottoir.On donne son gros 2$ pour acheter L'Itinéraire, on est bénévole pour la guignolée de sa paroisse, on achète sa petite collation pour Centraide avant d'aller au bureau ou à l'université, on braille en écoutant Vision Mondiale et puis ensuite allez hop! on essuie sa petite larme et on passe à autre chose: son devoir est fait, sa conscience est soulagée et merci, bonjour, à l'année prochaine! Après tout, n'existe-t-il pas des organismes mandatés et subventionnés pour s'occuper de tout ça.?(lesquels font des merveilles, soit dit en passant, avec souvent pas grand-chose).De doctes universitaires (sociologues, psychologues, ethnoloques ou thérapeutes de toutes sortes) et des intervenants qualifiés (toxicologues, travailleurs de rue, voire agents de pastorale sociale) s'interrogent sur les tenants et aboutissants de la problématique de l'itinérance, particulièrement celle des jeunes, peut-être la plus troublante, et cherchent à y porter remède.On essaie de comprendre le phénomène à travers ses diverses composantes bio-psycho-sociales, d'en analyser les causes, d'en mesurer l'étendue et les effets, ou encore d'en quantifier le coût social dans l'espoir de trouver des solutions adéquates et durables.Tout cela est bel et bon, et je suis le premier à m'en réjouir.Mais il n'en demeure pas moins que l'une des dimensions fondamentales du problème (que l'on me corrige si je dis des sottises) ne semble guère intéresser qui que ce soit, même si elle constitue, jusqu'à un certain point, la clef de voûte de tout le phénomène et c'est la prévention.C'est extraordinaire de chercher à rassembler toutes les compétences et toutes les bonnes volontés pour essayer de transformer (à grands frais) une réalité intolérable dans une société telle que la nôtre, mais n'y aurait-il pas quelque chose à faire avant qu'une personne se retrouve toute seule avec sa détresse à mendier dans la rue, dans l'espoir de se remplir le ventre, de se trouver une piaule pour la nuit ou encore de se procurer la substance (quelle qu'elle puisse être) avec laquelle elle tente d'engourdir une souffrance que personne ne parvient à guérir.jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et finisse par aller se jeter devant une rame de métro.Comment se résigner à croire qu'il ne puisse exister des pistes de solutions, peut-être toutes simples, tellement simples, parfois, qu'elles finissent par échapper à notre attention à force d'être évidentes.Comme se plaisait à dire une bonne soeur de mes amies: «si on les aimait un peu plus et un peu mieux, ces gens là, pendant qu'il en est temps, peut-être bien qu'on aurait moins à les aider, lorsque ça devient plus grave et qu'il est souvent trop tard.Après tout, on ne vient pas au monde tout croche, on le devient.et rarement de son plein consentement!» C'est dans cet esprit que j'ai eu envie de vous proposer un court texte paru dans le courrier du coeur de Louise Deschâtelets (eh oui!) dans le Journal de Montréal du 30 novembre 2000.D'un auteur inconnu, il avait été présenté à l'attention des lecteurs par une grand-maman touchée par le suicide de son petit-fils.Se disant «totalement consciente du peu de ressources susceptibles de venir en aide aux jeunes» et se refusant à blâmer qui que ce soit, elle souhaitait que ce texte «puisse épargner notre jeunesse et réveiller ses géniteurs».Voilà un noble souhait que je partage de tout mon coeur.comme vous, sans aucun doute.Alors bonne lecture et.bonne réflexion! Suite en page2^ JIL Église Unie Saint-Jean Communauté protestante francophone au cœur de la cité + célébration chrétienne dominicale à 10h30 + ressourcement spirituel et biblique + pastorale des mariages Visitez notre site web: www.cam.org/~stjean 110, rue Sainte Catherine Est Montréal H2 X 1K7 (514) 866-0641 I 16 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL* DECEMBRE 2001 Echos de la rue! Gilles ITlarcoux Président du conseil d'administration du Gîte flmi à Gatineau Décriée par plusieurs, la fusion municipale arrive à son point culminant: l'élection d'un nouveau conseil municipal.Les pro blêmes économiques et sociaux que vit notre région actuellement sont tels que les élus n'auront d'autre choix que de compter sur le dynamisme et la bonne santé des organismes communautaires locaux pour les aider à améliorer les conditions d'existence des citoyens.En effet, les organismes communautaires jouent un rôle de premier plan au sein de la population, chacun dans sa spécialité: activités sociales pour les aînées, aide aux adolescents en difficulté, action auprès des exclus sociaux, etc.Depuis un certain temps déjà, plusieurs membres de la communauté se posent la même question: «Quel est l'avenir du Gîte Ami?».Dans une société où la pauvreté, l'exclusion sociale et l'itinérance ne sont plus réservées à une couche soit-disant «pré-destinée» de la population, les discussions vont bon train.D'aucuns voient le Gîte Ami, centre d'accueil et de dépannage au service des exclus, comme un mal nécessaire qu'il faut bien tolé- rer.D'autres estiment cependant que le Gîte Ami doit prendre une place prépondérante parmi les organismes de services aux démunis et considèrent qu'il est du devoir de la communauté de soutenir ses efforts de développement.Les personnes qui font appel à nos services n'ont pas de voix, elles ont même rarement une adresse fixe.Affaiblies physiquement, psychologiquement et socialement, souvent aigries, elles sont éventuellement réduites à l'errance et à la mendicité.L'amélioration des conditions de vie de ces personnes n'est pas une simple affaire de toit.Débordé par l'ampleur et la complexité de ce phénomène social, le Gîte Ami, faute de moyens adéquats, n'est plus en mesure de répondre à la demande.Aussi réclame-t-il de tous les paliers gouvernementaux qu'ils s'impliquent davantage et sans réserve dans la lutte contre ces fléaux.Si, la fusion municipale permet d'envisager une meilleure gestion et une coordination plus efficace des programmes d'intervention, d'aide au logement et de support aux sans-abri, encore faut-il que nos dirigeants soient animés d'une réelle volonté d'améliorer le sort des démunis! Services d'octrompognement et de suivi dans la ronwnunaulè Service d'accompagnement et de suivi dans la communauté À qui ça s'adresse?\u2022 À des adultes habitant Montréal qui ont des problèmes de santé mentale sévères et persistants ainsi que des problèmes judiciaires, (qui en ont eu durant les dernières années ou qui risquent d'en avoir) ou qui vivent dans l'itinérance, (qui utilisent les refuges comme la «Maison du Père» ou qui ont des problèmes de logement).L'intervenant de Diogène \u2022 On peut vous aider à faire des démarches auprès de la sécurité du revenu, dans la recherche d'un logement, des cartes d'identité, etc.On peut aussi vous rencontrer, une fois par semaine, pour vous écouter, échanger avec vous, pour voir comment se passe votre quotidien et vous appuyer en cas de besoin.\u2022 Les rencontres se font à l'endroit que vous choisissez.\u2022 Nous n'obligeons personne à être suivi et vous le faites sur un base volontaire et vous pouvez mettre fin à votre suivi quand vous le désirez.\u2022 Nous regardons ensemble uniquement les aspects de votre vie que vous souhaitez partager.\u2022 Nous vous accompagnons à votre rythme.\u2022 Service gratuit.Si nos services semblent correspondre à vos besoins, n'hésitez pas à nous contacter entre 8h30 et 17h au (514) 874-1214.MONTREAL* DECEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 171 S.P.I.T.(Squeegee Punks in Traffic) de Daniel Cross Le squeegee à la caméra Pierre Demers Impossible de ne pas partir du premier film de Daniel Cross, The Street, portrait de trois sans-abri en décomposition, pour aborder son second film, encore plus ouvert sur la vie et la rue: S.P.I.T.(Squeegeepunks in traffic).Ces jeunes révoltés de la rue, le cinéaste les avait déjà reconnus lors de son premier tournage.Il avait déjà l'intention d'y consacrer du temps.Un film, quoi.Fidèle à son projet d'inventaire des damnés de la rue, il poursuit dans la même direction en se donnant ici un temps supplémentaire.Après tout, faire un film documentaire engagé à fond dans son sujet, ce n'est pas autre chose que donner du temps, son temps et tout le temps qu'on peut trouver, pour mieux saisir le réel sur le vif.Du temps pour voir les choses évoluer, chan- Roach (Éric Denis) squeegee ger et surtout du temps pour dévoiler à la fin ce qu'on ne peut jamais tourner du premier coup.En cinéma direct, on appelle cela la confiance gagnée pendant ces heures de complicité entre le sujet et le cinéaste.Ici dans S.RI.T.(comme dans J'irai cracher sur vos tombes.sans doute.Belle expression de la culture punk que Boris Vian aurait sans doute endossée), Cross va plus loin dans sa prise de confiance et de temps.Il refile une caméra à son personnage principal - Éric «Roach» Denis - pour qu'il puisse filmer sa vie et ses visions quand il est absent.Comme s'il avait voulu devenir son double.Ainsi, il arrive à recueillir des moments encore plus intimes dans toutes ces images (250 heures de stock shots) prises par Roach et ses amis de la rue.Bref, le cinéaste colle encore plus à son sujet unique par la métamorphose de Roach en caméraman.Il est vrai aussi que Cross ne s'est pas trompé de sujet.Roach représente un beau cas de jeune de la rue, révolté et anarchiste dans l'âme, brisé dès son enfance.Depuis son premier séjour en prison à l'âge de 14 ans, il a vécu dans la rue avec tout ce que ce choix comporte.Quand Cross filme Roach à partir de 17 ans, celui-ci pratique le squeegee pour survivre et se payer sa drogue.Ce qui fascine chez lui c'est sans doute sa conscience sociale et politique.L'abandon de la part de sa famille, surtout de son père, l'a marqué définitivement (il téléphone encore chez lui quand la rue l'étouffé).La séquence tournée chez lui à Sudbury est à ce sujet révélatrice et dévastatrice.C'est sans doute l'une des plus fortes du film, où il fait visiter au réalisateur la maison de son enfance.Le frigo et la porte de la chambre de son père sont cadenassés.Il consulte aussi un de ses cahiers de dessins aux images révoltées, que le cinéaste a eu la bonne idée de faire animer par le bédéiste (et critique de films) Rick Trembles du Mirror.Autre beau flashback de ce voyage vers son enfance; la pêche sur la glace à 25° sous zéro.On est loin alors du trafic urbain des squeegees.On peut alors filmer l'essentiel, le rejet de la famille.Roach cristallise bien le milieu punk des jeunes de la rue à Montréal.Il se bat contre tout et tous pour protéger son territoire et, bien souvent, en subit les conséquences.Un commerçant veut détruire sa caméra, au coin d'une rue; sur la brosse à Québec, il se blesse à la tête et se retrouve à l'urgence; à Montréal il se fait embarquer par l'anti-émeute, lors de la fameuse journée violente contre la brutalité policière en 2000.Il vient de sortir de la prison de Bordeaux où il a purgé une peine pour contraventions impayées.Le film révèle aussi ses amitiés avec les musiciens punk du groupe Deadly Pale qu'il filme lors d'un concert aux Foufounes électriques et qui assurent la bande musicale de 5.7?/.T.Ses amitiés avec ses chums de la rue qui squattent le plus souvent comme lui - ou vivent dans des logis ouverts à tous vents, une gare - et l'amour de sa blonde, victime de la drogue comme lui.L'amitié avec les autres de la rue, avec les bénévoles de Chez Pops, les chiens qui protègent souvent les jeunes contre la solitude et les flics.Enfin, l'amitié avec Daniel Cross qui traverse bon nombre de séquences clés de ce film tourné partout comme un road movie, comme la vie d'un squeegee qui, elle non plus, n'arrête jamais de tourner en rond.Suite en page 28^ Photo : Mila Aung-Thwin JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 Entrevue avec Daniel Cross Pierre Deniers L'Itinéraire: Dans quelle mesure ton expérience de The Street t'a-t-elle servi dans S.BIT, un film intimiste mais, à mon avis, plus politique?D.Cross: Mon premier film m'a appris qu'il était possible de faire un tel film.Comme réalisateur, c'est toujours toi qui décides d'investir Roach (Eric Denis) cinéaste.Photo : Mila Aung-Thwin ou pas dans un pareil sujet.Le temps que tu prends sur les vrais lieux de tournage, avec de vrais personnages filmés dans leur vrai milieu ne peut être remplacé.Surtout pas par des raccourcis cinématographiques comme un commentaire, des interviews, des trucages, quoi.Je savais que je ne pouvais pas filmer ce film comme The Street.En réfléchissant aux résultats de mon premier film, je me suis dit que je devais changer d'approche.Je travaillais maintenant avec des jeunes très engagés sur le plan politique, en bonne santé, bruyants, dogmatiques et pas encore tout à fait vaincus par la condition humaine.Ils n'étaient pas résignés sur leur coin de rue a mendier ou devant leur bouche de métro, une bouteille à la main.Ces jeunes étaient vraiment fiers de résister dans la rue.Je ne A l'AdRESSE SUÎVANTE 1108 rue Ontario Est, MontréaI, H2L 1R1 Nom .Prénom .f ( Ad r esse J- z Tél.: .Montant .JE dÉSÎRE RECEVoi R UN REÇU dÏMpOT (Pour tout montant ds 10 $ et plus) O Contribuez à la poursuite de cette oeuvre auprès des plus démunis voulais pas les traiter en victimes, leur faire la charité, jouer les missionnaires avec eux, ou même les défendre.C'est pour cette raison que je leur ai fourni des outils -une caméra - pour qu'ils puissent mieux faire entendre leur voix et montrer leurs points de vue.Pour la même raison, la musique du film est forte et provocante, au lieu d'être émouvante comme dans les bandes sonores habituelles.Ces jeunes vivent en marge de la société, sans rien demander, et souvent leur seule présence nous rend mal a l'aise.Au moyen de sa caméra, Roach est devenu plus agressif, plus mordant, plus préoccupé par son sort personnel, ce qui me semble une réalité commune à ces jeunes de la rue.Au moment du tournage, Roach avait 17 ans.Ce que j'avais appris en réalisant The Street, c'est que, malgré les mêmes exigeâmes de respect pour mon sujet, je ne pouvais le faire de la même manière ou obtenir les mêmes résultats.Roach est un jeune O'Malley (vieux sans-abri du film The Street,) et j'espérais que le film l'aiderait à sortir de la rue.Effectivement, il vient de terminer le tournage de son premier film et il est maintenant en train de _le monter.L'Itinéraire.Pourquoi avoir choisi de donner une caméra à Roach?D.Cross: Je trouvais que c'était plus honnête de lui donner une caméra, et utile pour lui permettre d'exprimer sa subjectivité, celle qui se trouve dans la tête des jeunes comme lui.Roach est devenu ainsi un des membres de l'équipe de tournage dans la rue (un des leaders d'ailleurs).Je ne pouvais pas le filmer ainsi, je n'y étais pas.Suite en page 28 Prière au Saint-Esprit Saint-Esprit, toi oui resouds tous les problèmes, toi qui éclaires lous les chemins pour m'aider à atteindre mon but, toi qui me donnes le don divin de pardonner et d'oublier le mal que l'on fait, toi qui te trouves à mes côtés dans toute, les circonstances de la vie Je veux, par cene courte prière, le remercier pour tout el le confirmer une feus de plus que je ne voudrais pas être séparé de lot.même en dépil de toutes tentaùons matérielles illusoires.le veux être avec toi dans la gloire éternelle.Merci pour la miséricorde envers moi et les miens.Vous devez réciter cette prière pendant trois jours consécutifs.Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle vous parait difficile à obtenir.Vous devez alors publier cette pnère, y compris les instructions, irrunédiaternent après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vxvs initiales devront apparaître à la fin de cette prière.1.1 MONTREAL\u2022 DECEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 191 L'Auguste Théâtre présente Animation urbaine 2001 Une idée originale de Reynald Bouchard du 24 novembre au 23 décembre au Parc Lahaie (angle St-Laurent et St-Joseph) tous les jours de 10h à 21 h Marche de Noël : 1er décembre, avec la Fanfare Zuruba Fête du solstice d'hiver : 21 décembre à 19h30 avec mucisiens A surveiller pour 2002 à 2005 L'Avènement qui transformera le parc en espace festif, véritable village en ville.ctivites les jours de semaine La Boule de Noël musicale : les mercredis 5,12 et 19 décembre de 17h à 18h30 Animations pédagogiques pour les groupes scolaires : les mercredis 12 et 19 décembre de13h à14h30 La Place du Feu, présence de moutons, service de vin chaud épicé et breuvages chauds pour les enfants 1 ctivites les fins de semaine La crèche musicale : Trio de folklore de 13h à 17h les 1er et 2 décembre, les 15 et 16 décembre Quatuor à cordes de 13h à 17h les 8 et 9 décembre La Boule de Noël musicale : toutes les fin semaines : musiciens en alternance avec la crèche musicale : horaire : 13h45,14h45,15h45, 16h45.En soirée : 18h30,19h et 19h30 Promenades en calèche de 12h à 17h 3 nimations oour enfants La Place du Feu (apportez vos saucisses, guimauves, marrons) présence des moutons, service de vin chaud épicé et breuvages chauds pour les enfants.Informations (514) 281-8942 Toutes les activités sont gratuites Vente de sapin sur place La pauvreté en Ontario Élyse Frenette À l'invitation du Front Commun ontarien, des étudiants de l'UQAM et d'autres universités, principalement d'Ontario, se sont rendus à Toronto le 16 octobre 2001 pour manifester contre la politique du premier ministre Mike Harris.Le jour même, les manifestants ont appris la démission de ce dernier, donnant, d'une certaine façon, raison à leurs revendications.Le Front Commun ontarien est une alliance de personnes engagées à faire une campagne de perturbation économique et mettre ainsi au défi le gouvernement conservateur en place depuis 1995.Cet organisme a vu le jour, à la suite d'un appel lancé par l'Ontario Coalition Against Poverty (OCAP) pour mettre sur pied un mouvement militant et un réseau de résistance important.Ce Front Commun est constitué de militants anti-pauvreté, de syndicalistes, d'étudiants, de mères seules, d'aînés , de travailleurs dans les domaines de la santé et de l'éducation, de chômeurs, de sans-abri, d'immigrants, de réfugiés et d'autochtones.En d'autres termes, de marginaux.De nombreux facteurs ont contribué à la création du Front Commun ontarien: l'incapacité des groupes d'opposition à arrêter les nombreuses attaques contre les travailleurs et travailleuses, les services sociaux, l'éducation et la santé, l'augmentation des heures de travail, la diminution des salaires, la pauvreté, l'itinérance, les changements aux normes d'employabilité et la difficulté d'obtenir une aide de dernier recours.iïlike Harris et sa guerre contre les pauures Deux mois après son élection, le gouvernement conservateur a coupé de 21,6% les sommes allouées aux services sociaux.Les familles qui n'ont pas été immédiatement touchées ont subi une baise de 30% de leurs revenus.Un tiers de la population admissible à la sécurité du revenu, il y a cinq ans, ne l'est plus maintenant.Le gouvernement prétend que ce groupe a trouvé du travail grâce au programme d'emploi, ce qui n'a pas été prouvé.Les organismes d'aide aux pauvres considèrent que ce programme oblige les assistés à travailler pour toucher un chèque de sécurité du revenu et non pour un chèque de paye.Ceci implique qu'aucun de ces travailleurs ne profite des avantages sociaux et se voit souvent refuser le droit à la syndicalisation.Statistique Canada a démontré qu'un individu qui possède un diplôme universitaire profite d'un réseau d'influences de 70% plus développé qu'un diplômé du niveau secondaire.Et c'est ce reseau plus que le diplôme qui assure l'emploi.L'Ontario Works, qui s'occupe de l'emploi, paye la scolarité jusqu'à la douzième année.Pour réduire la dépendance à l'assistance sociale, Mike Harris choisit d'expulser les assistés-sociaux du système en leur donnant des emplois non-valorisants et précaires.En Ontario, la moitié des bénéficiaires de la sécurité sociale sont des enfants.À 4600 $, les dépenses pour les services publics per capita sont à leur plus bas niveau depuis 25 ans.Pour recevoir une aide de dernier recours, il faut passer un test de dépistage de consommation de drogues et une évaluation du niveau de scolarisation.Quand la personne n'a pas le niveau de scolarité exigé, elle doit retourner aux études.En novembre 1995, le gouvernement Harris a coupé $60 millions dans le budget de l'éducation des adultes et, en 1996 avec la Loi 34, s'est ajoutée une autre coupure qui a porté à 70% la réduction du budget.L'inscription des adultes aux études a chuté de 71% depuis 1995.Dans la région de Toronto seulement, les fonds consacrés à l'éducation des adultes en programmes de jour sont passés de $7000 par étudiant à $2257.Tous les programmes d'aide qui finançaient les garderies ont été éliminés.Sans aide financière, un adulte dans le besoin ne peut poursuivre ses études et espérer obtenir un meilleur emploi.En Ontario, quarante-trois pour cent des assistés-sociaux sont handicapés et 68% sont forcés, une fois par mois, de s'adresser aux banques alimentaires pour subvenir à leurs besoins.Depuis l'arrivée au pouvoir des conservateurs, la ville de Toronto a connu une augmentation de 44% d'enfants sans-abri et, en proportion, a dépassé la ville de New York pour le nombre de sans-abri.Le salaire minimum se maintient à $6,85 depuis cinq ans.Le problème du logement en Ontario Le gouvernement conservateur a aboli le contrôle des loyers.L'an dernier seulement, le coût moyen d'un deux-pièces a doublé le taux de l'inflation.Ce même gouvernement n'a absolument rien fait pour régler le problème des sans-abri, d'ailleurs délogés du centre-ville de Toronto, comme pour cacher la réalité des coupures dans les services sociaux.Depuis 1995, 17 000 logements coopératifs ont été éliminés.Pour ceux qui restent, le financement est passé du gouvernement provincial à l'administration municipale.Les lois interdisant la démolition des logements ou leur transformation en condominiums ont été abolies.Les subventions qu'un bénificiaire de la sécurité du revenu recevait pour son logement, ont été abolies et les propriétaires ont le droit d'augmenter le loyer et d'expulser les locataires qui ne peuvent payer dans un délai de cinq jours.Le Safe Streets fid En novembre 2000, le gouvernement de Mike Harris a fait voter le Safe Streets Act pour s'assurer que les rues sont réservées aux citoyens respectueux les lois.Cette loi poursuit trois objectifs: rendre illégaux les squeegees, limiter le nombre de mendiants dans la rue et éliminer les condoms souillés, les verres cassés et l'utilisation des seringues en public.La première offense coûte 500$, les suivantes 1000$ ou six mois de prison.Selon l'ancien procureur-général Jim Flaherty, «Les Ontariens ont le droit de marcher dans la rue, de se déplacer en voiture et de jouir des lieux publics sans se sentir intimidés».En réalité, cette loi ne profite qu'à une seule catégorie de citoyens: les blancs de la classe moyenne.Elle donne aussi plus de pouvoir de répression aux policiers pour intervenir contre les pauvres et les sans-abri.The Highway Traffic Act interdit aux squeegees d'arrêter une voiture à une intersection et impose une contravention aux contrevenants.On crée ainsi de nouveaux criminels et une nouvelle catégorie de comportements criminels qui englobe des comportements de survivance.Ces données ont été receuillies par la Coalition Ontarienne contre la pauvreté.Pour communiquer avec elle par téléphone, on appelle le 416-925-6939 ou on visite leur site web: WWW.OCAP.CA.elysefrenette@hotmail.com J^ae cette hénode r/e réjouissances soit l'occasion fi-ritu/égiée c/e reafp rmer nos so/rc/arites dans fiavtaae et d''amitié.iztv 'e//e soit aussi, yhou/r vous et vos //roc/ies, /e/iré/ude d'une année empreinte de haix et d'amou r.Joyeux L Voël et Zfionne Sonnée 2002 DIANE LEMIEUX Député de Bourget, ministre d'État à la Culture et des Communications, Québec ! Centre d'écoute Pierrette Leclair Écoute téléphonique Rencontre individuelle Pour femmes francophones Tél.: (514) 376-4406 Du lundi au vendredi De 9 H à 16:30 H MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 21 I De gauche à droite: Geneviève Denis, Jean-Marie Tison, Jean-Pierre Béliveau, Gabriel Bissonnette, Gina Mazerolle et Gopesa Paquette de L'Itinéraire et Patrick Ewen de Bretagne.Gopesa Paquette_ Le 23 octobre dernier, conteurs et camelots joignaient leurs forces pour alimenter l'imaginaire des spectateurs lors de la Veillée des quêteux, Mémoire de quêteux, mémoires de conteux, qui avait lieu au Théâtre Corona.La Maison de la culture Marie-Uguay, la Maison Saint-Gabriel et le journal L'Itinéraire ont collaboré à cette grande rencontre qui a permis à camelots et conteurs de découvrir d'autres réalités.Gina Mazerolle, camelot au Carré St-Louis a adoré cette occasion de découvrir le conte qui lui était jusqu'alors inconnu.«J'ai découvert le conte.Maintenant je peux parler du conte et savoir de quoi je parle, parce que je l'ai vécu.» Pour d'autres, la découverte a été d'une autre sorte.Geneviève Denis, responsable intérimaire de la distribution, a été confrontée au trac.«Pour la première fois, j'ai vraiment senti le trac et toutes les émotions qui le suivent.» Cette première expérience a été un véritable baptême pour elle.«C'est quelque chose, monter sur scène devant 600 personnes et présenter un conteur que tu viens à peine de connaître.L'émotion t'envahit trop, c'est trop grand, une émotion aussi forte» se rappelle-t-elle, souriante.Jean-Marie Tison, camelot et chroniqueur au journal, a particulièrement aimé voir et sentir la fébrilité d'avant le spectacle.«J'ai vécu toute ma vie en ayant la chienne.Ce soir-là, tout le monde avait la chienne, mais je me sentais dans mon élément.» Il a aussi été heureusement surpris de la simplicité des conteurs.«J'ai senti qu'on traitait d'égal à égal,» explique-t-il.«C'était le fun, ajoute Geneviève, parce qu'on n'avait pas beaucoup de temps pour se connaître, on est donc allé droit au but, sans niaiser.» Certains des conteurs provenaient d'Europe et d'Afrique et la rencontre des cultures a profité à tous.«La couleur venant des conteurs des autres pays, (Suisse, Bretagne, Gabon) apportait beaucoup.La texture qu'ils donnaient à leurs contes nous a permis de goûter à autre chose», poursuit Geneviève.Pour Gabriel Bissonnette, camelot rue St-Denis, l'événement lui a permis de rencontrer une idole: Jocelyn Bérubé.Lors de la première rencontre, où les organisateurs sont venu au Café sur la rue pour présenter l'idée, Gabriel a été surpris de voir que Jocelyn Vous voulez aider les gens de la rue autrement qu'en leur donnant directement de l'argent?Bon «Je c o m m a n d r pouR carte repas Tél.: Je désire recevoir nombre de cartes:_ Total:_ Signature:_ _X 2,25$ chacune Veuillez joindre votre chèque à l'ordre du Groupe communautaire L'Itinéraire, et postez à l'adresse suivante: 1907, rue Amherst, Mtl (Que) H2L 3L7 Aussi en vente au Café sur la rue, 1104, rue Ontario Est, Tél.:597-0238, poste 32 OFFREZ AUX PLUS DÉMUNIS DES CARTES REPAS POUR SEULEMENT 2,25 chacune Offrez-leur une carte-repas du Café sur la rue.Ils pourront bénéficier d'un bon repas et seront accueillis dans une ambiance cordiale par les membres de L'Itinéraire.Vous leur donnerez peut-être la chance de se faire de nouveaux amis et de recevoir une aide de la part de personnes qui ont vécu la même situation.JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 Jocelyn Bérubé Bérubé, conteur de renom, se souvenait d'un conte qu'il avait écrit dans L'Itinéraire il y a quatre ans.«Il se souvenait de la date de parution, décembre 1997, se rappelle-t-il, encore étonné.Qu'un conteur comme Jocelyn se souvienne de moi, ça m'a beaucoup touché.» C'était une première expérience pour les camelots, mais c'était aussi une première expérience pour les conteurs qui ont été confrontés au monde de la rue.«Les conteurs ont vécu quelque chose d'unique, une première expérience avec des gens qui viennent de la rue», avance Michel Faubert, un des initiateurs de la rencontre.Il a été réjoui de la participation des camelots de L'Itinéraire.«J'ai aimé la façon dont ils l'ont fait, explique-t-il.Chacun a parlé de son expérience et nous a fait connaître sa réalité.» Il s'étonne de ce qui est sorti de la brève rencontre entre les conteurs et les camelots.«Lorsque Jean-Pierre Béliveau, un des camelots, a présenté le conteur belge, Philip Campiche, il a expliqué que le Belge contait pour changer le monde alors que lui, camelot, écrivait dans L'Itinéraire pour la même raison.Ça m'a beaucoup touché.» Patrick Ewen Il envisage avec enthousiasme de poursuivre l'expérience lors du prochain festival et il souhaite même que l'activité prenne une autre ampleur avec une plus grande implication des camelots.«J'aimerais voir des camelots raconter davantage la réalité de la rue et participer à des ateliers d'écriture.Ça pourrait aller beaucoup plus loin car tout le monde est très enthousiaste.» Marc Laberge, directeur et fondateur du Festiva interculturel du conte, au cours duquel se déroulait la Veillée de Quêteux, affirme que la soirée a été un des moments forts du festival.«On en a beaucoup entendu parlé, affirme-t-il, et tout le monde a été agréablement surpris du succès de la soirée.» Il prévoit un aven prometteur à une collaboration de la sorte entre Lltinéraire et le festival.Lui aussi souligne l'émotion ressentie de la rencontre.«La salle était pleine et ce n'était pas de la charité.Il y avait une ambiance et une atmosphère inégalables.» Éric Michaud alias Hubert Sanspré.50,61$ pour 12 numéros (taxes et frais de poste compris) Recevez-nous chez vous! Prière au Saint-Esprit Saint-Esprit, loi qui resouds lous les problèmes, loi qui éclaires lous les chemins pour m'aider a atleindre mon hut.loi qui me donnes le don divin de pardonner el d'oublier le mal que l'on fait, loi qui le trouves à mes côtés dans toutes les circonstances de la vie.Je veux, par cette courte pnère, te remercier pour tout et te confirmer une fois de plus que je ne voudrais pas être séparé de loi, même en dépit de toutes tentations matérielles illusoires Je veux être avec loi dans la gloire étemelle Merci pour ta miséncorde envers moi et les miens.\\fous devez réciter cette pnère pendant trois jours consécutifs Ensuite, la faveur demandée vous sera accordée, même si elle sous paraît difficile à obtenir \\fous devez alors publier cette prière, y compris les instructions, immédiatement après que votre souhait a été exaucé, mais sans mentionner la nature de votre voeu.Seulement vos initiales devronl apparailre a la fin de cette prière.S.G.Pour chaque abonnement V?~cac2^g supplémentaire à la même adresse, ajoutez 24$.Pour tout renseignement: (514) 597-0238 Nom.Prénom:.Adresse:.Tél.: ( ).Nombre d'abonnements.À compter du mois de.Nom du camelot qui vous a suggéré l'abonnement: Envoyer un chèque ou mandat-poste à l'ordre du Groupe L'Itinéraire à l'adresse suivante: 1108, rue Ontario Est, Montréal (Québec) H2L 1R1 MONTREAL\u2022 DECEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINERAIRE 23 I Marginal un jour, marginal toujours Robert Beaupré Couper la consommation des substances nocives ne m'a pas changé fondamentalement.Je suis devenu davantage moi-même simplement.Plus jeune, avec un nouvel emploi, il m'est arrivé de me croire normal et d'en éprouver une sorte de gratitude, d'état de grâce, de repos de l'âme.La conscience sociale cessait de me tourmenter.Obscurément j'éprouvais comme un droit acquis à l'amour, à l'approbation.Ce sentiment de plénitude artificielle avait la fâcheuse tendance à se dissiper comme il était venu.Une fois l'euphorie de l'emploi ou de la condition extérieure favorable engloutie dans l'ennui, ce droit tombait dans le caniveau.Du moins, le croyais-je.Je ne me sentais pas différent à cause d'un vécu de toxicomane.Je me sentais différent indépendamment des conditions extérieures.Complexe d'infériorité et sentiment d'impuissance me rongeaient, comme le poids des difficultés détermine souvent notre degré d'impuissance à améliorer nos conditions de vies.Marginalisation qui isole, nous coupe de nous-mêmes, d'autrui mais aussi, à tort, de l'énergie spirituelle.À un point tournant de mon expérience d'homme j'ai rencontré la spiritualité.Je croyais avoir trouvé Dieu.Mais justement, s'est jeté en travers de mon chemin ce sentiment de ne pas être comme les autres, de ne pas mériter l'amour.Je me sentais comme ce personnage d'un roman de Hermann Hess, Peter Camenzind, qui se croyait porteur d'une marque invisible «le signe de Caïn» qui le singularisait.Les autres sentaient cette différence en lui et le rejetaient, croyait-il.Je me suis longtemps senti porteur de cette tare et, même lorsque je me suis engagé su la voie spirituelle, j'ai traîné en moi ce sentiment parfois accablant.Le conformisme existe aussi en ces lieux dit de Lumière.L'autre jour, j'ai rencontré une vieille connaissance engagée sur une voie spirituelle depuis de nombreuses années et qui a réussi dans la vie en mettant sur pied des boutiques de prêteurs sur gages.Curieux, je lui ai demandé s'il n'éprouvait pas de malaise à se repaître du malheur et de la pauvreté de ses semblables.«Ces gens sont des irresponsables, me dit-il, ce ne sont pas de vrais pauvres», m'a-t-il répondu sans broncher.Hum!?Je sais que Pour voir la lumière au bout du tunnel Le projet Nouvelle vision de L'Itinéraire Bien des itinérants ne voient plus clair dans leur vie.parce qu'ils perdent ou brisent leurs lunettes et ne sont pas admissibles aux services offerts par l'aide sociale.L'Itinéraire collecte les vieilles montures afin de les redistribuer et d'aider les plus démunis à mieux voir.Si vous avez de vieilles lunettes dont vous ne vous servez plus, faites-les parvenir au Café sur la rue, 1104, rue Ontario Est, Montréal (Que) H2L 1R2 cette perception égoïste et faussement individualiste a bonne presse dans les hautes sphères de la spiritualité.D'ailleurs, c'est à se demander s'il ne vaut pas mieux ne croire en rien que d'affirmer de telles choses.Maintenant la question se pose.La différence qui marginalise est-elle bien réelle?Une évidence persiste toutefois et c'est la résultante, le conflit aigu entre le conformiste et le marginal.Le marginal, évidemment, insémine un malaise dans le confort du conformiste.Si je me rapporte à ma propre expérience dans l'enfance je n'ai pas tellement bien réagi à la violence et au manque d'approbation.Plus tard, il m'aurait fallu, par compensation, être le héros triomphateur d'un monde hostile et qui trouve finalement la fortune, l'amour et l'estime de tous.En ce qui concerne le milieu familial, James Hillman, un psychologue américain déclare dans son livre Le code caché de votre destin: «En magnifiant le monde parental, on perd les parents du monde et le monde lui-même.Car le monde lui aussi nous forme, nous éduque, nous dispense ses enseignements» Plus loin il ajoute: «Plus nous exagérons le rôle des parents, plus nous les dotons de pouvoirs mythiques, moins nous remarquons le rôle éducateur de tout ce qui nous entoure».La marginalisation appauvrit et la pauvreté marginalise.Le poids des difficultés détermine souvent l'impuissance que nous éprouvons à améliorer nos conditions de vies.On dit de ce désespoir qu'il n'est pas uniquement métaphysique ou psychologique, qu'il est social, politique.La ligne de démarcation fuit devant le regard.\u201e.nadabindu(?lycos.com Député de LaurierSainteîRarie Chef du Bloc québécois 1717, boul.René-Lévesque Est, bureau 205, Montréal (Québec) H2L 4T3 Tél.: (514) 522-1339 Téléc.: (514) 522-9899 I 24 JOURNAL L'ITINÉRAIRE MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 Ecoute en ligne, enfin ! Luc Denis Décembre est le mois idéal pour parler des besoins d'Ecoute.Combien de personnes ressentent le besoin de se confier, de parler, de demander?Nous connaissons déjà les lignes d'écoute téléphonique, mais avec la progression fulgurante d'Internet dans nos vies et dans celle de la collectivité, un nouveau phénomène se développe: l'ordinateur devient un instrument de communication incontournable.Grâce au clavardage, des liens humains se tissent souvent et des réseaux de communication se développent.Le jeune adulte qui a grandi avec l'ordinateur et l'Internet fait soudainement face à de nouvelles réalités (études, premier emploi, vie de couple, etc.).La personne isolée établit de plus en plus ses contacts au moyen du clavardage.Il était plus que temps que les centres d'écoute offrent des sites de clavardage ou de forums.Tel-Ecoute a lancé récemment un nouveau service, dans Internet: Tel-Ecoute en ligne (http://www.tel-ecoute.org/).Selon le dossier de presse présenté au lancement: «Ce service offrira des séances d'écoute par chat privé (clavardage), 7jours sur 7, de 18h à 22h, et par courrier électronique en tout temps.» On suggère deux adresses de courriel sur le site: tel-ecoute@tel-ecoute.org, pour tous, et tel-aines@tel-ecoute.org, pour les personnes de 60 ans et plus et leurs proches.Tel-Écoute s'est rendu compte que «grâce au clavardage et au courrier électronique, se tissent des liens à la fois très impersonnels, parce que virtuels, et très intimes parce que le contenu abordé lors des conversations traite de la vie privée des gens.» Tel-Ecoute soutient que l'Internet est devenu «un médium aussi important et pertinent que le téléphone pour parler de soi et exprimer ses émotions et ses difficultés.» Ce nouveau médium rejoint des personnes qui ont des attitudes et des intérêts différents de celles qui s'en tiennent aux anciens médiums de communication.On souligne que les jeunes se démarquent de leurs aînés.Ce médium rejoint aussi une tranche de la population qui n'a pas le choix.Certains vivent isolés, d'autres dans la détresse.Des personnes ont été victimes d'un traumatisme important, (viol ou inceste) ou ne veulent pas être reconnues dans leur communauté ou par leur entourage.Le clavardage convient aussi aux personnes malentendantes ou handicapées.Le chat confidentiel facilite l'expression de sentiments et d'émotions en gardant l'anonymat.Il est courant d'utiliser un pseudonyme dans Internet, voire d'adopter un rôle, de jouer un personnage.L'absence de contact verbal change immédiatement les perceptions qui biaisent souvent une expression profonde et complète.Le courrier électronique permet à chacun de composer à son rythme, de reformuler sa pensée, de se corriger, de poursuivre le fil de sa pensée puis de revenir sur un détail et de suivre une nouvelle piste.On peut prendre son temps: le courriel offre un sain compromis entre le courrier traditionnel et la conversation téléphonique.N.B.: Vous trouverez des informations complémentaires à l'adresse suivante: itinéraire.tripod.ca/enligne.htm sinon visitez: www.iquebec.com/mes-coups-de-coeur/Journal litineraire /Chroniques/Enligne.htm BÉNÉVOLE DEMANDÉ pour donner des cours de base en comptabilité Groupe L'Itinéraire Jean Pierre Lacroix 597-0238, poste 24 CHAMBRE DES COMMUNES Bernard Bigras Député de Rosemont 2105, rue Beaubien Est Montréal (Québec) H2G 1M5 Tél.: (514) 729-5342 Télécopieur: (514) 729-5875 LA RICHESSE EST LE FRUIT DES EFFORTS DE LA MAJORITÉ Confédération des syndicats nationaux 1601, av De Lorimier, Montréal, H2K 4M5 Tél.: 1 800 947-6177 CSN MONTRÉAL\u2022 DÉCEMBRE 2001 JOURNAL L'ITINÉRAIRE 25 1 Nouvelles internationales par Gopesa Paquette.Ces informations proviennent de différents journaux de rue du monde entier.L'aide d'urgence, efficace mais éphémère The Big Issue in Scotland, 4 au 10 octobre 2001 À la suite des attentats du 11 septembre, des milliers de per- services sociaux a écrit dans le New-York Times: «C'est comme si sonnes se sont retrouvées sans emploi, sans conjoint ou sans pa- l'Etat-providence était devenu le Paradis.Peu importe la langue rents et durement secoués par les événements.Du jour au lende- parlée, des interprètes sont là pour traduire et expliquer.Les télémain, des dons de tous genres ont afflué pour venir en aide aux phones sont gratuits, tout comme la garderie, le buffet à victimes.Mais au centre du Grand Central Neighborhood, un longueur de journée et la gentillesse pour les étrangers.Toutes les groupe qui vient en aide aux itinérants de la métropole new- agences, fédérales, étatiques et municipales sont présentes.Elles yorkaise, on craignait que les besoins des itinérants seraient sont bien identifiées, avec tout le personnel nécessaire et s'em-éclipsés par la tragédie.Au début pourtant, le groupe bénéficiait pressent de contourner les règles et de prendre des racourcis pour du surplus de chandails, bas, eau, etc., destinés aux victimes.Bob acheminer l'aide financière à ceux qui en ont besoin.Face à Mitchell, qui a vécu dans la rue et fréquenté le centre du groupe, l'abondance de moyens pour aider les victimes de l'attentat, on travaillait au World Trade Center le jour de l'attentat.Il décrit le est confronté au caractère éphémère du soutien.Grand Central Centre d'assistance familiale mis sur pied pour accueillir les vie- Neighborhood se demande si la gestion efficace de ce service times: «C'est un grand centre.Il y a tellement d'agences pour d'urgence se traduira dans l'avenir par une meilleure gestion de aider les gens.Il va des stations Internet, un buffet gratuit et une l'aide quotidienne aux pauvres.Aura-t-on oublié ces gens dans salle à manger.» Un observateur de longue date du milieu des quelques mois?La sobriété ou le travail The Big Issue, 24 au 30 septembre, 2001 En Angleterre, des personnes reconnues coupables de crimes liés aux stupéfiants doivent participer à un programme gouvernemental qui vise à les tenir loin de la drogue et hors des prisons.Mais, selon l'Association nationale des bureaux de conseils aux citoyens, les engagements que doivent remplir les participants et les longues sessions auxquelles ils doivent assister les empêchent de démontrer qu'ils sont activement à la recherche d'un emploi et qu'ils sont disponible: critère d'admissibilité aux bonis des chercheurs d'emploi.Le programme exige que les contrevenants se soumettent deux fois par semaine à des examens de dépistage de drogue, qu'ils assistent à des rendez-vous avec des travailleurs sociaux et des agents de probation, et qu'ils suivent des programmes de désintoxication.Pour les 13 premières semaines, le client doit garder le contact avec son travailleur social 20 heures par semaine pendant cinq semaines.S'il arrête de consommer des stupéfiants, la sentence est abrogée.Le programme peut s'étaler ainsi sur trois ans.Dans le premier mois, 29 pour cent des participants ont failli, principalement parce qu'ils consommaient de la drogue.Des chambres de motel pour les sans-abri Spare Change, 4 au 7 octobre, 2001 Depuis février, la Broward Coalition for the Homeless et The Sheperd's Way, un centre d'hébergement d'urgence à Fort Lauderdale en Floride, louent des chambres de motel pour accueillir des familles sans abri.Les 28 chambres servent de logement de transition, le temps qu'une place se libère dans un des refuges bondés de la région.Des programmes comme celui du comté de Broward soulèvent certaines critiques, dont celles de coûter cher et de n'être que du colmatage de fuites.Mais d'autre part, on affirme qu'une situation d'urgence exige des mesures d'urgence.Dans le comté de Broward, 31% des 7100 itinérants se déplacent en famille et, selon ['Institute for Children and Poverty, celles-ci constituent la population itinérante à plus forte croissance, comptant maintenant pour 40% des sans-abri.Les causes d'une telle crise sont multiples: une réforme de l'aide sociale qui fait qu'un nombre croissant de familles se retrouvent avec moins d'aide financière, des salaires insuffisants et une pénurie de logements véritablement abordables.I 26 JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL \u2022 DECEMBRE 2001 \tBulletin d'information\t \t\t RAPSIM Une crise sans précédent À Montréal, nous retrouvons plusieurs refuges où des personnes itinérantes peuvent se présenter pour y dormir.Ces ressources d'aide de première ligne remplissent un rôle essentiel: elles hébergent des hommes, des femmes et des jeunes, peu importe les problèmes auxquels ils et elles font face.Or, depuis plusieurs mois, ces refuges, comme plusieurs autres centres d'aide, font l'objet d'une importante augmentation de leur fréquentation.Globalement, c'est l'ensemble des groupes travaillant en itinérance, autant les refuges que les centres d'hébergement à court et moyen terme, qui doivent refuser des gens, faute de place.Et ces refus, c'est par milliers qu'ils se comptent depuis la dernière année.La crise du logement amplifie le phénomène Phénomène inhabituel, depuis le 1er juillet, le RAPSIM a reçu un nombre important d'appels téléphoniques de personnes n'ayant pas d'endroit pour dormir.Auparavant, nous ne recevions pas de demandes de cette nature.Ces personnes vulnérables risquent de voir leur situation se détériorer si elles ne se trouvent pas rapidement un logement.Selon elles, elles se sont retrouvées à la rue parce qu'elles n'ont pas trouvé de logement.Nous avons également appris que plusieurs personnes de 65 ans et plus doivent désormais dormir dans un refuge faute d'avoir les ressources financières pour acquitter le prix d'un loyer décent auquel s'ajoutent toutes les dépenses essentielles.Après un sondage téléphonique effectué le 2 novembre dernier auprès des différents refuges de Montréal, le RAPSIM a constaté que toutes les ressources de ce type sont confrontées au problème de surpopulation ou à la détérioration des conditions de vie des personnes qui les fréquentent.La situation montréalaise n'est pas unique puisqu'à Québec, on observe le même phénomène.Depuis la mi-octobre, les refuges de la Vieille Capitale refusent chaque soir de 5 à 10 personnes.Il faut toutefois être conscient que cette problématique s'aggrave alors que l'hiver est à nos portes et que nous savons très bien que le nombre de personnes fréquentant les refuges ira croissant à mesure que le froid s'installe.Malgré la gravité de cette situation, les démarches entreprises par les représentants d'organismes communautaires en itinérance et les pouvoirs publics n'ont toujours pas permis d'aboutir à un plan d'urgence.Pourtant, lors de la crise du verglas, rien n'avait été ménagé pour faire face à la situation.Force est de constater que lorsqu'il s'agit des personnes les plus vulnérables de la collectivité, on balaie le problème sous le tapis.Que ferons-nous lorsque le tapis ne sera plus assez grand pour cacher ce problème déjà trop évident?Cet exemple nous prouve qu'il serait facile de mettre en place des mesures temporaires.Toutefois, il ne faudrait pas oublier l'origine de ce grave problème.À Toronto, des mesures d'urgence mises en place il y a quelques années pour répondre à une situation semblable à celle qui prévaut à Montréal, sont vite devenues des mesures permanentes, maintenant ainsi le problème et occultant le besoin fondamental de développement de logement social soutenu par la communauté.Il faudra donc éviter à tout prix que ce genre d'orientation soit prise à Montréal.C'est pourquoi le Comité de liaison de la Régie régionale devra non seulement développer une réponse adéquate aux problèmes urgents des refuges et maisons d'hébergement mais aussi poursuivre sa réflexion sur les besoins immenses en ce qui a trait au logement social à Montréal.Parce que tant et aussi longtemps que les instances publiques ne voudront pas reconnaître la crise actuelle - une grave crise qu'on observe d'ailleurs à l'échelle du pays -, nous ne pourrons pas répondre adéquatement aux besoins sans cesse croissants des personnes démunies.Lors du débat électoral touchant aux problèmes de logement, débat qui a opposé Pierre Bourque à Gérald Tremblay, le nouveau maire de la nouvelle ville de Montréal avait clairement reconnu l'existence de la crise du logement.Nous souhaitons ardemment que M.Tremblay se souvienne des propos qu'il a tenus lors de ce débat et qu'il sache qu'il peut compter sur le RAPSIM pour lui dresser un état de la situation.Solidairement, L'équipe du RAPSIM Le réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de îHontréal.Tél.: (514) 879-1949 MONTRÉAL \u2022 TJEcTmBRE 2001 JOURNAL L'ITINERAIRE 271 Suite de la page\"! 6 Le cadeau parfait J'ai parcouru plusieurs kilomètres pour trouver le cadeau parfait pour mon enfant.Après deux longues soirées, fatigué, j'ai pensé lui demander ce qu'il voulait.Voici sa liste de cadeaux: - J'aimerais être Félix, notre petit chat, pour être moi aussi pris dans vos bras chaque fois que vous revenez à la maison.- J'aimerais être un baladeur pour me sentir écouté par vous deux, sans aucune distraction, n'ayant que mes paroles au bout de vos oreilles.Fredonnant l'écho de ma solitude.- J'aimerais être un journal pour que vous preniez un peu de temps, à chaque jour, pour me demander de mes nouvelles.-J'aimerais être une télévision pour ne jamais m'endormir le soir sans avoir été, au moins une fois, regardé avec intérêt.- J'aimerais être une équipe de hockey pour toi, Papa, afin de te voir t'exciter à chacune de mes victoires; et un roman pour toi, Maman, afin que tu puisses lire mes émotions.A bien y penser, je n'aimerais être qu'une chose: un cadeau inestimable pour vous deux.Ne m'achetez rien, permettez-moi seulement de sentir que je suis votre enfant.Auteur anonyme JasJ (Reproduit avec l'autorisation du Journal de Montréal) Suite de la page18 Pour conclure, une remarque sur la portée politique de ce film.Le personnage principal est révolté contre les exploiteurs et les symboles d'autorité qui l'entourent et qui cernent la ville.Il se révolte en assumant sa marginalité et en participant au moment du tournage du film à des manifestations filmées partout.On se retrouve ainsi au conseil municipal de Toronto, qui a interdit les squeegees, et au parlement d'Ottawa, où les ministres à l'époque réduisaient l'aide financière aux pauvres.Roach participe au tournage de ces visites politiques avec fougue et détermination.Là encore, grâce à ces images, le film prend la mesure de toute la révolte anarchiste de Roach et de ses amis punks.Comme pour montrer la prise de conscience et l'intelligence de ces jeunes de la rue qu'on traite trop souvent d'irresponsables.Le personnage de ce film est particulièrement conscient de ce qui l'entoure, de sa fuite en avant quand il se drogue et des rouages de la société de compétition.Pour s'en sortir, à la fin du film, il désire devenir cinéaste.La caméra l'a mordu, l'a contaminé.Cross avait raison de lui refiler ce venin.La rue mène à tout.Le cinéaste de The Street le savait sans doute.Il nous l'apprend, un film attachant qui poursuit son inventaire des damnés de la rue.N.B.S.P.I.T.est présenté à TEx-Centris (Cinéma Parallèle) du 21 décembre au 10 janvier 02).Info: www.atopia.com Suite de la page19 La caméra a permis à Roach de s'engager davantage dans le film; il s'est impliqué à un autre niveau dans le projet.Lui et les jeunes de son entourage qui se sont servis de la caméra ont fouillé davantage leur réalité, capté des émotions personnelles, poussé leurs amis à filmer aussi ce qu'ils ressentaient, ce qu'ils voyaient de révoltant autour d'eux et en eux.J'avais en tout 250 heures de pellicule impressionnée.Entre autres, la dernière nuit de tournage où les jeunes ont été battus, arrêtés par les flics et vidés de leur énergie.La caméra a permis de tisser des liens plus étroits entre Roach et moi.Il a compris ce que filmer voulait dire et ce que j'essayais de faire.Il a développé un respect et une plus grande responsabilité dans le processus du tournage.C'est très utile quand le film porte sur un seul personnage.L'Itinéraire: S.P.I.T.a-t-il aidé Roach et les autres jeunes de la rue?D.Cross: Roach s'est trouvé une vocation de cinéaste pendant ce film.Il tourne maintenant ses propres films.Il a des projets, un passeport, un logement.Il est sorti de la rue.Les jeunes comme lui n'ont pas beaucoup de voies de sortie et les programmes d'aide communautaire ne peuvent pas beaucoup les aider.Un film peut avoir son petit impact local mais pour combien de temps?Les films n'ont pas beaucoup de portée, si Ton considère les coûts et l'énergie qu'ils exigent, fe crois davantage aux retombées du processus de tournage du film comme tel.Les gens qui s'y investissent évoluent, changent.À la base, il y a un réel impact.À ce niveau, le tournage de S.P.I.T a aidé la communauté punk et les jeunes concernés à devenir plus forts, plus confiants en eux-mêmes.Ils sont fiers du film.A la première, ils regardaient Roach avec admiration faire des interviews à la télé.Ils ont vu les résultats d'un projet auquel ils avaient participé.Le groupe Deadly Pale a fait de la musique après la projection, les punks ont reçu «le vrai monde», qui a débarqué dans leur univers.J'espère que les jeunes vont avoir une plus grande confiance en eux et vont mieux saisir le rôle qu'ils peuvent jouer dans la société.On a engagé les jeunes punks pour une période de deux mois pour faire la promotion du film.Roach prévoit leur donner du boulot lors de prochains films.Dans le fond, le seul grand problème actuel de ces jeunes de la rue c'est ht drogue.un problème qui commence souvent à la maison quand ils sont jeunes et qui se termine dans la rue.C'est la lecture que n'ose pas faire ce film.Peut-être que la prochaine fois, je parlerai du milieu familial de ces jeunes: un sujet qui m'intéresse, mais pour le moment qui n'est pas très clair dans ma tête, fe vais taper sur mon clavier un certain temps pour rendre l'idée plus claire et plus concrète, JOURNAL L'ITINERAIRE MONTREAL «DECEMBRE 2001 lok es c
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