L'itinéraire, 1 janvier 2008, vendredi 1 février 2008
[" VOLUME XIV, NUMÉRO 3, MONTRÉAL 1er février 2008 Le magazine des grandes causes Zoom sur le film Borderline Marie-Sissi Labrèche et Isabelle Blais Le Réseau est un organisme de charité enregistré en Écosse : SC036369 M.q Mme q Prénom : ________________________Nom : ________________________________ Entreprise : _________________________________________________________________________ Adresse : ___________________________________________________________ App.: __________ Ville : ___________________________ Province : _____________ Code Postal : _________________ Téléphone : ____________________________Courriel : ____________________________________ Paiement qChèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire qVisa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I Expiration ____ / 20____ Numéro de carte Mois Année Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100, rue de Maisonneuve Est, Suite 001, Montréal (QC) H2K 4S1 Pour plus d\u2019information, communiquez avec Nathalie Gélinas 514 597-0238, poste 226 J\u2019achète ___ cartes-repas X 3$ = ____$ Je fais un don à la mission générale de L\u2019Itinéraire de ________$ 1 En vertu d\u2019une loi de Revenu Canada, les cartes achetées que vous choisissez de distribuer vous-mêmes ne sont pas admissibles aux déductions fiscales.2 Vous recevrez votre reçu d\u2019impôt au début de l\u2019année 2009.Vous pouvez acheter des cartes-repas et faire un don en remplissant le coupon ci-dessous, ou les commander par Internet au www.itineraire.ca qPostez-moi les cartes-repas pour que je les distribue1 qJe désire que vos intervenants ou bénévoles les distribuent2 Avec les cartes-repas de L\u2019Itinéraire, chaque don de 3$ vous permet de nourrir une personne dans le besoin.Lorsqu\u2019une personne se présente au Café sur la rue munie d\u2019une carte-repas, elle est accueillie dans un environnement chaleureux et peut recevoir différents services, comme être soutenue par des membres de notre Groupe, des bénévoles ou des intervenants psychosociaux.Offrez un bon repas qui casse la faim\u2026 et la solitude! L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 6 Macadam en vrac 10 Marie-Sissi Labrèche et Isabelle Blais Zoom sur le film Borderline 12 Société Être sexy ou ne pas être 15 Économie responsable Cinéma Beaubien Un David au pays des Goliath 17 Caïman Fu Les fu de la musique 19 Michel Auger sous enquête 20 Monde du travail Des gains pour les travailleurs 22 Mots de camelots 25 Environnement Un coup de pouce pour les éleveurs biologiques 26 Les ONG d\u2019ici Semaine du développement international Mettre le cap sur les objectifs du Millénaire 29 Santé/bien-être Saint-Valentin - Fleurs et chocolat équitables 30 Contes et comptes du prof Lauzon Rions un peu Le magazine L\u2019Itinéraire a été créé en 1992 par Pierrette Desrosiers, Denise English, François Thivierge et Michèle Wilson.À cette époque, il était destiné aux gens en difficulté et offert gratuitement dans les services d\u2019aide et les maisons de chambres.Depuis mai 1994, L\u2019Itinéraire est vendu régulièrement dans la rue.Cette publication est produite et rédigée en majorité par des personnes vivant ou ayant connu l\u2019itinérance, dans le but de leur venir en aide et de permettre leur réinsertion sociale et professionnelle.La direction de L\u2019Itinéraire tient à rappeler qu\u2019elle n\u2019est pas responsable des gestes des vendeurs dans la rue.Si ces derniers vous proposent tout autre produit que le journal ou sollicitent des dons, ils ne le font pas pour L\u2019Itinéraire.Si vous avez des commentaires sur les propos tenus par les vendeurs ou sur leur comportement, communiquez sans hésiter avec le 514 525-5747, poste 230.Actualité Chroniques L\u2019Itinéraire est appuyé Convention de la poste publication No financièrement par 40910015, No d\u2019enregistrement 10764.Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada, au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire, 2100, boul.de Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2K 4S1, itineraire@itineraire.ca Nous reconnaissons l\u2019aide financière accordée par le gouvernement du Canada pour nos coûts d\u2019envoi postal et nos coûts rédactionnels, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines.Le magazine L\u2019Itinéraire Éditeur et directeur général : Serge Lareault Directeur des médias : Jonathan Chodjaï Rédactrice en chef : Audrey Coté Adjoint à la rédaction : Jérôme Savary Infographiste : Serge Cloutier Photo de couverture : Éric Carrière Révision : Lorraine Boulais, Hélène Pâquet, Sylvie Martin, Sophie Desjardins, Pierre Aubry, Édith Verreault, Isabel Matte, Michel Camus, Julie Pelletier, Nicolas Joly, Jean-Pierre Bourgault, Nicole Éva Morin, Noëlle Samson, Philippe Robert et Jean Guimond Coordonnateur de la distribution: vacant Site Internet : Serge Cloutier, Drafter.com Imprimeur : Quebecor World Conseillers publicitaires Renée Larivière :1 866 255-2211 renee.lariviere@itineraire.ca Mario St-Pierre :1 866 570-6668 mario.stpierre@itineraire.ca Le Conseil d\u2019administration Président : Robert Beaupré Vice-président : Jean-Paul Baril Trésorier : Martin Gauthier Secrétaire : André Martin Conseillers : Audrey Coté (rep.employés), Gabriel Bissonnette (rep.camelots), Alexandre Péloquin, Luc Denis et Pierre Goupil L\u2019administration Directeur général : Serge Lareault Directeur marketing/communications : Richard Turgeon Directrice de l\u2019insertion sociale : Jocelyne Sénécal Directrice administrative et des ressources humaines : France Beaucage Adjointe à l\u2019administration : Nathalie Gélinas Conseiller au développement : Mario St-Pierre Conseillère au développement stratégique et médias : Chantal Forman ISSN-1481-3572 L\u2019Itinéraire est entièrement recyclable L\u2019Itinéraire est membre de : Association nord-américaine des journaux de rue Le réseau international des journaux de rue Rédaction et administration \u2022 2100, boul.de Maisonneuve Est, bur.001 Montréal (Qc) H2K 4S1 Le Café sur la rue \u2022 2101, rue Ste-Catherine Est MagDVD Le 3e OEil \u2022 2103, rue Ste-Catherine Est, 2e étage Téléphones : 514 597-0238 514 525-5747 (services rue Ste-Catherine) Télécopieur : 514 597-1544 Courriel : itineraire@itineraire.ca Site : www.itineraire.ca Le Groupe communautaire L\u2019Itinéraire est un organisme à but non lucratif fondé en 1990 pour aider les personnes de la rue.Le conseil d\u2019administration est composé en majorité de personnes ayant connu l\u2019itinérance, l\u2019alcoolisme ou la toxicomanie. L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 5 Une grande dame a été assassinée en raison de ses convictions politiques et sociales.Aux yeux du monde, tant musulman qu\u2019occidental, elle incarnait de façon remarquable une femme forte et courageuse.Elle a défi é la mort à plusieurs reprises et elle a combattu sur des terrains économiques et politiques où, même en Occident, les femmes ont encore de la diffi culté à s\u2019imposer.La mort de Benazir Bhutto endeuille non seulement sa nation, mais le monde entier.La disparition d\u2019une telle fi gure a entraîné pour nous tous la perte d\u2019un modèle idéal.Depuis 2001, nous savons que le terrorisme menace le monde entier.L\u2019Occident a été frappé en plein coeur en étant la cible d\u2019une attaque destructrice.Mais plus que jamais, l\u2019assassinat de Mme Bhutto doit nous permettre de comprendre que le terrorisme est une attaque internationale qui menace la stabilité du monde, peu importe où explose la bombe.Qu\u2019ils soient attribués aux talibans ou à d\u2019autres factions extrémistes de toutes allégeances, les attentats qui menacent la sécurité et la paix de millions de personnes ont un dénominateur commun : tuerie et destruction.Le monde est maintenant tissé serré, au plan économique surtout, et nous ne pouvons plus rester indiff érents aux troubles qui sévissent dans d\u2019autres régions du monde comme l\u2019Orient et l\u2019Asie.Nous devons vaincre le terrorisme.Pas à la Georges W.Bush, mais à la Benazir Bhutto, par la voie du pacifi sme et de la démocratie : en aidant les autres pays, en fondant la stabilité du monde sur une meilleure équité entre les régions et favoriser le développement social et économique.Les terroristes sont fi nancés par des puissances économiques de tous acabits et c\u2019est là la véritable guerre : une guerre qui doit se faire sans armées, mais qui mettrait fi n au fi nancement d\u2019actions sanglantes tout en permettant à des politiciens de changer les choses sans être assassinés.L\u2019état du monde, c\u2019est la somme des interventions locales et internationales de diff érentes puissances.Presque toutes les nations sont impliquées dans le cafouillage actuel, nous sommes tous en cause.Pendant ce temps, des millions d\u2019êtres humains, des enfants de partout dans le monde souff rent de la pauvreté et d\u2019insécurité, et sont traumatisés par la guerre.Et cette souff rance, même si elle est dans le désert ou dans une région montagneuse à l\u2019autre bout du monde, fi nit par nous atteindre nous aussi d\u2019un point de vue économique, environnemental, etc.Dans le contexte de mondialisation actuel, nous sommes tous aff ectés par les bouleversements au Pakistan, en Afghanistan ou encore en Irak.On sait déjà que cela peut se rendre jusqu\u2019ici.Alors si on n\u2019intervient pas dans le but d\u2019aider d\u2019autres peuples, on devrait au moins le faire pour nous.Serge Lareault Éditeur serge.lareault@videotron.ca L\u2019assassinat de Benazir Bhutto, un deuil qui est aussi le nôtre Le 27 décembre dernier, l\u2019ex-première ministre du Pakistan, Benazir Bhutto, a été assassinée lors d\u2019un attentat terroriste.Mme Bhutto avait déjà dirigé ce pays situé dans l\u2019une des régions les plus troublées.Il est diffi cile de juger de sa carrière ou de l\u2019ensemble des gestes qu\u2019elle a posés.Mais une chose est certaine, elle représentait l\u2019espoir pour des millions de gens.Dans un pays soumis au pouvoir militaire, aux talibans, aux empires de la drogue et, conséquemment, qui vit dans une grande pauvreté, Mme Bhutto incarnait la possibilité d\u2019une société tolérante, d\u2019un état démocratique et d\u2019une lutte véritable contre le terrorisme et l\u2019exploitation.Photo : REUTERS/Asim Tanveer (PAKISTAN) 25 décembre, 2007.Benazir Bhutto Ex-première ministre envoyant la main à ses compatriotes lors de la course aux élections à Lodhran. 6 L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 Macadam en vrac Dictionnaire réinventé Micheline Rioux, journaliste de rue micheline.rioux@itineraire.ca L\u2019ABCd\u2019art de La rue des femmes est un recueil de 440 mots choisis et défi nis par les 129 femmes qui fréquentent de près ou de loin l\u2019organisme La rue des femmes de Montréal/Herstreet.Ces textes sont de véritables voix du coeur! L\u2019initiatrice de ce projet littéraire, l\u2019artiste visuelle Diane Trépanière, anime depuis plusieurs années des ateliers de photographie à cet oasis qui accueille des femmes en situation d\u2019itinérance et en grande diffi culté.Mme Trépanière a recueilli les récits de ces femmes pendant une année.«Avec cet ABC d\u2019art de La rue des femmes, conjugué au présent de l\u2019une et de l\u2019autre, mot après mot, nos réalités liées par les voix du vivant, il devient véritablement possible de croire qu\u2019il n\u2019en tient qu\u2019à nous, par notre force d\u2019action et nos paroles, de prendre part à la création de nos propres mémoires personnelles et collectives», écrit Diane Trépanière.qqq ABC d\u2019art de La rue des femmes, une initiative de Diane Trépanière, Les Éditions du remue-ménage, Montréal, 2007.Des arbres pour respirer! Le printemps prochain, les bourgeons devraient se multiplier à Montréal, puisque 12 000 arbres et 10 000 arbustes y ont été plantés en 2007.Ce bilan annuel du verdissement de Montréal a été remis début janvier à Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies, dont le siège est à Montréal.Montréal s\u2019inscrit ainsi dans l\u2019initiative environnementale de l\u2019ONU intitulée «Plantons pour la planète : la campagne pour un milliard d\u2019arbres».La plantation d\u2019un milliard d\u2019arbres est un objectif annuel mondial.À Montréal, la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) a été créée en 1992, soit la même année que la Convention sur la diversité biologique.Actuellement, cet organisme à but non lucratif s\u2019attaque principalement aux îlots de chaleur urbains.Selon M.Djoghlaf, un arbre de grandeur moyenne absorbe annuellement 12 kilos de gaz carbonique et produit l\u2019oxygène annuel nécessaire à une famille de quatre personnes.Ainsi, les 22 000 arbres et arbustes plantés fourniront l\u2019oxygène nécessaire à 22 000 familles montréalaises et absorberont 264 tonnes de CO2 par an, ce qui équivaut à environ 70 vols longs-courriers.(J.S.) qqq Information : www.soverdi.org L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 7 Actualités Exposition des artistes de Saint-James Les artistes du centre de jour Saint-James exposent au Centre Saint-Pierre tout le mois de février.«Malgré leur expérience assez troublante, la plupart de ces artistes signent des oeuvres colorées, très vibrantes», explique Anne-Marie Beaulieu, coordonnatrice de l\u2019atelier d\u2019art.La plupart de ces artistes ont en eff et des problèmes de santé mentale.Les ressources du centre de jour Saint-James permettent de les accompagner au quotidien, relativement à des questions de logement ou de suivi de santé, par exemple.Chaque mois, des expositions sont organisées dans diff érents lieux montréalais.«Leur art est brut, car ils n\u2019ont pas côtoyé d\u2019artistes professionnels, ajoute Mme Beaulieu.Plusieurs sont là tous les jours : ce sont de vrais boulimiques de l\u2019art! Alors que d\u2019autres dévorent des livres, eux ont besoin de peindre.» (J.S.) qqq Pour voir l\u2019exposition durant le mois de février au Centre St-Pierre, rendez-vous au 1212, rue Panet à Montréal Paul Hicks Jonathan Bowles Alexandra Cuellar « Notre-Dame de Montréal » : la saga se poursuit Micheline Rioux, journaliste de rue micheline.rioux@itineraire.ca Une coalition pour humaniser la rue Notre-Dame a été formée suite à l\u2019annonce de la Ville de Montréal et de Transport Québec d\u2019y créer une artère à huit voies en tranchée sur le tiers du trajet.Pour la coalition, qui s\u2019est dotée d\u2019un site Internet (www.notre-dame.ouvrage.org), la modernisation telle que souhaitée par l\u2019administration Tremblay-Zampino «s\u2019inspire d\u2019un modèle de développement des années 60».En eff et, le projet actuel ne prévoit réserver que deux voies \u2014 sur un total de huit \u2014 au transport en commun.Aucune voie d\u2019accotement n\u2019est prévue, ce qui pose à la fois un problème de sécurité et d\u2019environnement en cas de congestion.La coalition, qui souhaite un boulevard et non une autoroute, veut favoriser un renouveau urbain tel qu\u2019imaginé par de grandes villes tournées vers l\u2019avenir comme Toronto, Portland, Barcelone, Sydney ou Séoul.La coalition pour une rue à échelle humaine demande la réalisation d\u2019un boulevard Notre-Dame Est avec moins de véhicules et plus de transport en commun.L\u2019idée d\u2019un tramway est même proposée. 8 L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 Macadam en vrac La Fondation du Grand Montréal : partenaire du magdvd 3e OEil Mario St-Pierre Conseiller au développement Pour la deuxième année consécutive, la Fondation du Grand Montréal soutient notre action envers les jeunes de la rue.Le partenariat de cette année vise à augmenter l\u2019encadrement et le soutien psychosocial des jeunes participants (18-30 ans) afi n d\u2019assurer le succès de leur démarche en réinsertion sociale.Cet appui de 10 000 $ témoigne de la confi ance que porte La Fondation à cette initiative novatrice permettant aux jeunes de la rue de Montréal de s\u2019engager dans des actions positives.Le programme de subventions de la Fondation du Grand Montréal (FGM) prend de l\u2019ampleur.C\u2019est ainsi que la FGM a pu, cette année, consacrer deux millions $ au soutien d\u2019organismes de bienfaisance de la région.« Grâce à nos donateurs, nous disposons maintenant d\u2019un actif suffi sant pour nous permettre de jouer un rôle philanthropique signifi catif et d\u2019avoir une véritable infl uence sur la qualité de vie de nos concitoyens », a déclaré Mme Kathleen Weil, présidente et directrice générale de la FGM.La FGM a démontré cette année encore sa volonté d\u2019appuyer des projets et programmes novateurs et effi caces dans les secteurs les plus vulnérables, mais aussi dans l\u2019ensemble des secteurs qui contribuent à la qualité de vie de notre région : arts et culture, développement social, éducation, environnement, santé et bienêtre et santé mentale, notamment.Pour déterminer les orientations de son programme de subventions, la FGM s\u2019inspire en partie du rapport Signes vitaux du Grand Montréal, un bilan annuel de la situation dans tous les secteurs de la vie montréalaise.Ainsi, cette année, la FGM a accordé une attention particulière au décrochage scolaire, à la promotion de l\u2019activité physique et de la santé chez les jeunes, à l\u2019intégration des immigrants à l\u2019emploi et au problème de l\u2019isolement des aînés.Les fondations communautaires comme la Fondation du Grand Montréal sont des organismes locaux créés par et pour les citoyens d\u2019une région.La fondation recueille des fonds de dotation permanents destinés au fi nancement à long terme des priorités locales.Le capital, préservé pour toujours, est géré par des professionnels.Seuls les revenus sont distribués à des organismes de bienfaisance de tous les secteurs.Nous remercions vivement la Fondation de son appui et nous vous invitons à consulter son site Web pour plus d\u2019informations au www.fgmtl.org Nous remercions tout particulièrement M.Colin Bérubé pour son dynamisme et son attention aux besoins d\u2019organisme comme le nôtre.qqq Information : www.fgmtl.org Merci au Foyer de charité! Mario St-Pierre Conseiller au développement Toute l\u2019équipe de L\u2019Itinéraire remercie grandement le Foyer de charité pour son soutien fi nancier reçu en décembre dernier.En appuyant la mission de base de notre organisme, le Foyer de charité nous permet de lutter plus effi cacement contre la pauvreté et contribue à améliorer les conditions de vie des plus démunis.Fidèle partenaire depuis plusieurs années, le Foyer de charité démontre une grande sensibilité à l\u2019ensemble de nos activités.Un grand merci à Monsieur René Carrière pour son écoute et la disponibilité dont il fait preuve lors de nos demandes d\u2019appui. Conditions : 20 h/semaine Rémunération : 130 $ par mois Programme DEVENIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée d\u2019un an L\u2019Itinéraire recherche 15 bénéficiaires de l\u2019assistance-emploi âgés de 18 à 35 ans pour le magDVD Le 3e OEil et 5 autres personnes de tout âge pour diverses tâches.Conditions : 10 h/semaine, les six premiers mois et 20 h/semaine, les six derniers mois.Rémunération : 130 $ par mois plus le transport Le magDVD Le 3e OEil a besoin de bénévoles en production vidéo Information : Jocelyne Sénécal, 514 525-5747, poste 230 ou par courriel à jocelyne.senecal@itineraire.ca Programme INTERAGIR Mesure d\u2019insertion sociale d\u2019une durée d\u2019un an L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 10 Adapté des deux romans de Marie- Sissi Labrèche (Borderline et La brèche), le premier fi lm de Lyne Charlebois est dur et cru comme la vie ne se gêne pas pour l\u2019être dans le Centre-Sud ou Hochelaga-Maisonneuve.Étudiante en littérature qui aspire à devenir romancière, le personnage principal de Borderline, Kiki Labrèche, comble son mal d\u2019amour et de sécurité par l\u2019alcool et une sexualité débridée.Réalité ou fi ction?«Les deux.C\u2019est sûr qu\u2019il y a beaucoup de choses que j\u2019ai vécues, mais il y a des choses inventées», répond la romancière.Pas évident, poursuit-t-elle, d\u2019assumer la réaction de sa mère lorsqu\u2019elle verra le fi lm : «La mère de Kiki souff re de maladie mentale, se retrouve en institution et est à la fois détestée et aimée par Kiki», ajoute Marie-Sissi.Pour Isabelle Blais, incarner Kiki n\u2019a pas été plus facile, car le risque de tomber dans le cliché rôdait comme un vautour au-dessus d\u2019une proie : «Par exemple, retient-elle, les scènes sexuelles devaient être très étudiées, car elles sont là pour expliquer la complexité du personnage, ses tourments et sa diffi culté de s\u2019investir dans la vraie intimité.» Contrairement à ce que l\u2019on pourrait croire au premier abord, expliquent la romancière et la comédienne, le sexe et la déchéance, au sommet de la pyramide de la rentabilité au cinéma et en littérature par les temps qui courent, ne sont pas dans Borderline pour faire recette, mais plutôt pour compléter le récit de Kiki.Les stigmates de la pauvreté La pauvreté aff ective et matérielle qui accable Kiki dans Borderline préoccupe aussi Marie-Sissi : «J\u2019ai toujours peur de retomber dans cette pauvreté.Aujourd\u2019hui, je suis mariée et je suis bien, mais c\u2019est sûr que j\u2019ai encore un côté écureuil.Au resto, je prends souvent ce qu\u2019il y a de moins cher au menu et ce, même si l\u2019on m\u2019invite!» Dans le quartier Hochelaga- Maisonneuve qu\u2019elle habite, Marie- Sissi s\u2019occupe de «ses» pauvres, ses amis, ceux qui lui ressembleront toujours malgré le fait qu\u2019elle s\u2019en soit sortie.Qu\u2019en pense, pour sa part, la La une Audrey Coté Rédactrice en chef Dans le fi lm Borderline qui prend l\u2019affi che le 8 février prochain, la comédienne Isabelle Blais ressemble dangereusement à Kiki Labrèche, le double à peine dissimulé de la romancière Marie-Sissi Labrèche.C\u2019est la magie du cinéma.Dans la vie, on dirait plutôt deux soeurettes en cavale qui rigolent et se taquinent pour tout et rien.Même tête lunaire aux yeux de biche.Mais il y a plus : Marie-Sissi ne voyait personne d\u2019autre qu\u2019Isabelle pour l\u2019incarner à l\u2019écran.Avant même d\u2019auditionner pour le rôle, la comédienne s\u2019était déjà imaginée en Kiki, alias «Marie-Sissi».Dans un café de l\u2019Avenue du Parc, L\u2019Itinéraire a rencontré la romancière et «sa» comédienne pour en connaître davantage à propos d\u2019elles et de «leur» fi lm, Borderline, réalisé par Lyne Charlebois.Marie-Sissi Labrèche et Isabelle Blais Zoom sur le fi lm Borderline L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 11 La une Contrairement à ce que l\u2019on pourrait croire au premier abord, expliquent la romancière et la comédienne, le sexe et la déchéance, au sommet de la pyramide de la rentabilité au cinéma et en littérature par les temps qui courent, ne sont pas dans Borderline pour faire recette, mais plutôt pour compléter le récit de Kiki.comédienne?« Le personnage de Kiki m\u2019a interpellée par sa vulnérabilité et sa force à la fois.Mais moi, j\u2019ai eu la chance de ne pas souff rir de la pauvreté.Je viens de la classe moyenne et j\u2019ai grandi en banlieue».Pour Isabelle Blais, le rôle de Kiki est son premier grand rôle au cinéma.«C\u2019est la plus grande implication que j\u2019ai eue dans un rôle jusqu\u2019à maintenant.Je pensais toujours aux scènes du tournage.J\u2019étais entièrement habitée par le personnage.» Le message que Marie-Sissi souhaite que le public retienne après avoir vu Borderline est coloré, à l\u2019image de son écriture : «Il ne faut jamais se contenter des miettes du gâteau dans la vie.On a le droit d\u2019avoir le gâteau au complet!» Tout sourire, sa complice Isabelle ne tarde pas à renchérir : «Ce fi lm-là est aussi un fi lm d\u2019espoir qui nous dit qu\u2019il faut se donner le droit de se voir tel que l\u2019on est.» qqq Borderline de Lyne Charlebois sera à l\u2019affi che dans plusieurs cinémas montréalais à compter du 8 février.Outre Isabelle Blais, il met également en vedette Sylvie Drapeau, Angèle Coutu, Jean-Hugues Anglade, Pierre-Luc Brillant, Marie-Chantal Perron et Antoine Bertrand.Lisez l\u2019article sur Isabelle Blais et son groupe Caïman Fu à la page 16.Marie-Sissi Labrèche et Isabelle Blais L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 12 «Nous sommes vraiment dans une société de consommation avec un grand C, affi rme sans détour la sexologue Jocelyne Robert, auteure de nombreux ouvrages sur la sexualisation précoce.Les vendeurs nous proposent des modèles et des images qui donnent dans l\u2019hypersexe.Les adolescents s\u2019identifi ent beaucoup à ces modèles et s\u2019en inspirent pour façonner leur identité.Contrairement à il y a 15 ans, ils tombent aujourd\u2019hui sur de la pornographie gratuite sur Internet, par inadvertance.Cela s\u2019inscrit dans un modèle hypersexuel, perçu comme étant la norme et lié à l\u2019explosion des moyens de communication et à la culture de consommation.» Les vidéoclips, les publicités et les magazines de mode sont souvent pointés du doigt lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019hypersexualisation.La spécialiste des médias et auteure du livre In Your Face \u2013 The Culture of Beauty and You, Shari Graydon, décrit l\u2019impact de l\u2019exposition constante aux clichés sexuels : «Nous percevons les images à un niveau irrationnel, qui échappe au jugement critique.De nombreuses femmes s\u2019identifi ent ainsi aux images qui représentent le corps féminin comme un produit et intériorisent cette notion du corps comme une marchandise.» «Il bande donc je suis» La coordonnatrice d\u2019un projet de recherche sur la sexualisation précoce au Y des femmes de Montréal, Lilia Goldfarb, confi rme cette tendance, qu\u2019elle observe même chez les enfants du primaire.«En tant que femme, nous devenons des objets et cela s\u2019observe de plus en plus jeune.Pour les fi lles de 9 à 11 ans, être belle signifi e d\u2019abord être sexy.Pour être populaire, il faut être mince, à la mode, comme les vedettes.» La conformité du corps au modèle dominant de beauté devient aussi un gage de réussite sociale.«Être beau, mince et avoir du succès sont perçus comme allant de pair», renchérit Diane Pacom, professeure de sociologie à l\u2019Université d\u2019Ottawa, qui constate que depuis quelques années ses étudiants n\u2019ont soudainement plus de boutons, ont les dents parfaitement blanches et sont impeccablement coiff és.«Le corps est un objet à dompter, à réorganiser, à remodeler, à marquer, comme un objet d\u2019off rande ou un objet de possession, note Jocelyne Robert.Cela va jusqu\u2019à l\u2019idée que provoquer un sentiment de désir chez l\u2019autre est un signe de notre existence.Pourtant, c\u2019est plutôt un signe que nous faisons partie des objets de consommation dont l\u2019autre peut avoir envie.» Pour se conformer au modèle du corpsobjet idéal largement diff usé, certaines sont prêtes à aller très loin, des diètes sévères aux chirurgies génitales.«Pour les fi lles, formées tout le temps au regard de l\u2019autre, l\u2019estime de soi repose sur du superfi - ciel, comme les vêtements ou le maquillage.Les impacts sur la santé incluent le recours aux régimes ou à la chirurgie plastique, le tabagisme et même une plus grande vulnérabilité sexuelle chez les adolescentes », constate la chercheuse Pierrette Bouchard, auteure du rapport Consentantes?Hypersexualisation et violences sexuelles.«La sexualisation précoce est un problème de santé publique, mais quand on dit aux enfants qu\u2019il faut adopter des stéréotypes, c\u2019est aussi une forme de violence symbolique », ajoute Lilia Goldfarb en se référant au concept de domination par l\u2019imposition de productions symboliques, développé par Pierre Bourdieu.Selon la politicologue Pierrette Bouchard, le phénomène s\u2019aggrave.«À la fi n des années 1990, les jeunes fi lles que je rencontrais étaient extrêmement «Le corps est un objet à dompter, à réorganiser, à remodeler, à marquer, comme un objet d\u2019off rande ou un objet de possession.Cela va jusqu\u2019à l\u2019idée que provoquer un sentiment de désir chez l\u2019autre est un signe de notre existence.Pourtant, c\u2019est plutôt un signe que nous faisons partie des objets de consommation dont l\u2019autre peut avoir envie.» \u2014 Jocelyne Robert, sexologue Être sexy ou ne pas être Noée Murchisson Alors que parents, enseignants et sexologues s\u2019étonnent tous les jours de la sexualisation de plus en plus précoce des jeunes, les publicitaires et les producteurs s\u2019en donnent à coeur joie pour accaparer un marché en voie de devenir le plus important après celui des baby-boomers : les tweens.Vêtements hyper sexy, produits cosmétiques, revues off rant des trucs de séduction aux préadolescentes, c\u2019est à grands coups de sex appeal que le «marché» envahit ce que nous avons de plus intime, notre corps.Qu\u2019est-ce qui se cache derrière cette hypersexualisation?T\u2019es pas tout seul! L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 13 indépendantes et n\u2019étaient pas du tout centrées sur l\u2019apparence, relate-t-elle.Elles étaient des sujets agissants qui pensaient à se développer, alors que dix ans plus tard, elles sont des sujets sexuels.Je me demande si ce n\u2019est pas un ressac social contre l\u2019avancée des femmes, pour les ramener aux stéréotypes.» La libération en question Quarante ans après la montée du féminisme et la révolution sexuelle, certains penseurs interprètent la sexualisation actuelle comme une période de backlash, où la société postmoderne devient un «marché de la séduction».L\u2019auteur français, Michel Clouscard, avançait déjà, il y a un quart de siècle, que la libération sexuelle des années 1960 se transformait en capitalisme de la séduction, dans lequel le corps, non plus gage de liberté, devenait marchandise.Pour Jean-Claude Guillebaud, auteur du livre La tyrannie du plaisir, la permissivité sexuelle profi te avant tout au marché, qui récupère les professions de foi libératrices des années 1970 pour commercialiser de plus en plus de produits et contrer toute limitation morale à son expansion.«Les gens pensent souvent que le sexe, c\u2019est la libération.Mais l\u2019idée que la libération sexuelle c\u2019est de faire de la danse poteau\u2026 ce n\u2019est pas libérant», dénonce Lilia Goldfarb.«La révolution sexuelle a profondément changé tout notre rapport avec la vie, nuance la sociologue Diane Pacom.À partir des années 1960, cette révolution et le féminisme ont beaucoup contribué à une restructuration du corps.Si, traditionnellement le corps de la femme n\u2019était pas nécessairement de nature sexuelle, avec les body politics, le corps de la femme s\u2019est vu investi d\u2019une nouvelle sexualité.» Au sein d\u2019une société marchande, ces changements sociaux n\u2019ont pas tardé à créer de nouveaux marchés.«Alors qu\u2019il y avait une exigence de redéfi nition du corps, de la sexualité et de la séduction, la société de consommation a associé la libération des femmes à toutes sortes de produits permettant de se redéfi nir, poursuit Diane Pacom, spécialisée en tendances sociales.Un corps sexuel et sexué devenait un corps obéissant aux nouveaux critères de la mode.Prendre la pilule contraceptive était à l\u2019époque une déclaration politique, mais représentait aussi un marché immense.Toute l\u2019industrie de l\u2019esthétisme et de la lutte contre le vieillissement s\u2019est déployée pour promettre la jeunesse éternelle avec ce nouveau corps sexué.» Malgré les promesses des publicitaires et des industriels, le paradis ne semble pourtant pas s\u2019être réalisé.«Ce qui est le plus triste, c\u2019est le désillusionnement dans l\u2019exercice de la sexualité, observe Jocelyne Robert.Le corps des femmes doit être conforme à un idéal de beauté, alors que les hommes s\u2019identifi ent au culte de la performance.Mais la relation est en perte de sens, alors que la quête de signifi cation, qui accompagne la capacité de conscience et le besoin de donner un sens à nos gestes, est justement ce qui distingue la sexualité des humains de celle des animaux.» Société L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 1 ON LUTTE À VOS CÔTÉS Tu veux travailler ?Le GIT peut t\u2019aider ! Services gratuits q Ateliers de groupe q Stages en entreprise q Suivis individualisés q Activités post-formation q Aide dans la recherche d\u2019emploi Tu es q Âgé/e de 16 ans ou plus q Motivé/e à intégrer ou réintégrer le marché du travail q Démuni(e) face à l\u2019emploi Les services du GIT sont off erts grâce à la contribution fi nancière d\u2019Emploi-Québec Pour t\u2019inscrire : Tél.: 514 526-1651 Téléc.: 514 526-1655 Groupe Information Travail 3587, av.Papineau, Montréal (Québec) H2K 4J7 git@infotravail.net L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 15 Économie responsable S\u2019entraider, c\u2019est payant! Seul cinéma constitué en entreprise d\u2019économie sociale au Québec, le cinéma Beaubien est aussi l\u2019un des derniers cinémas de quartier de la province.Son quartier, c\u2019est Rosemont.Mais les cinéphiles viennent de beaucoup plus loin.Un sondage réalisé par l\u2019entreprise en 2006 a révélé que 40 % de la clientèle provenait du quartier et des environs (Saint- Léonard, Outremont, Plateau Mont-Royal, Mile -End).Les autres venaient d\u2019aussi loin que Vaudreuil-Dorion, Mont Saint-Hilaire et Drummondville.Fondé en 1937, le cinéma Beaubien, alors appelé Le Dauphin, a failli fermer ses portes en 2001 après que son propriétaire, Cinéplex Loews Odeon, eut annoncé la fermeture de plusieurs de ses salles partout au Québec.Attachés à leur cinéma, des citoyens ont alors mis sur pied un comité de survie.«Nous voulions garder ouverte cette salle qui est un lieu de diff usion du cinéma québécois et international en français», partage Mario Fortin, aujourd\u2019hui directeur général de l\u2019entreprise.Le comité s\u2019est adressé à la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) Rosemont-Petite-Patrie et a obtenu une subvention pour réaliser une analyse de faisabilité et un plan d\u2019aff aires.«Le scénario qui s\u2019est révélé le plus effi cace était la création d\u2019une entreprise d\u2019économie sociale», note M.Fortin.La Corporation de développement Le Dauphin, créée pour relancer le cinéma Beaubien, a ainsi pu obtenir 850 000 $ du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal.Le nouveau cinéma est né sous une bonne étoile.«Nous avons eu la chance de présenter Le fabuleux destin d\u2019Amélie Poulain la première semaine, raconte Mario Fortin.Cela nous a replacés sur la bonne voie pour ce qui a trait à la fréquentation et il a été plus facile par la suite d\u2019obtenir d\u2019autres fi lms importants.» Le directeur général peut maintenant dire «mission accomplie».Après avoir augmenté, au cours des premières années, la fréquentation de ses salles est stable, et ce, malgré la croissance des «multiplex», d\u2019Internet et du marché du DVD.D\u2019ici la fi n de l\u2019année, le nombre de salles de projection passera de trois à cinq, grâce à un partenariat avec la Fiducie du chantier de l\u2019économie sociale.Des travaux seront également réalisés pour rafraîchir les lieux et rendre le bâtiment plus respectueux de l\u2019environnement.L\u2019impact social de l\u2019entreprise se manifeste d\u2019abord auprès de ses employés, étudiants pour la plupart.Tous sont syndiqués.Leur horaire de travail est organisé de façon à favoriser la conciliation travail-études.Une prime leur est également versée à l\u2019obtention d\u2019un diplôme d\u2019études collégiales, d\u2019un baccalauréat ou d\u2019une maîtrise.Le quartier aussi en ressent les eff ets.D\u2019ailleurs, plusieurs membres du conseil d\u2019administration y résident.Grâce à une entente avec le cinéma, la Maison de la culture Rosemont-Petite-Patrie peut projeter des fi lms dans ses salles.Le cinéma travaille aussi avec les écoles et les CPE du quartier afi n d\u2019organiser des activités d\u2019éducation cinématographique.Selon Mario Fortin, le défi des prochaines années sera la révolution du numérique.Positif, il ne partage toutefois pas l\u2019opinion de ceux qui croient que le support numérique changera totalement la façon de consommer les fi lms.«L\u2019Homme est une bête qui éprouve le besoin de se rassembler autour d\u2019un feu de camp, avec un chaman, et de se faire raconter des histoires!», dit-il, convaincu.qqq Consultez l\u2019horaire des films présentés au cinéma Beaubien : www.cinemabeaubien.com Le cinéma Beaubien, dans le quartier Rosemont Cinéma Beaubien Un David au pays des Goliath Valérie Simard Sauvé de la fermeture en 2001, le cinéma Beaubien est un oiseau rare.Et pas seulement à cause de ses néons roses et de sa billetterie extérieure.Petite visite d\u2019un cinéma quasi mythique.Photo : Doominick Gravel L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 16 Retrouvez Isabelle Blais et son groupe Caïman Fu dans la quatrième édition du magDVD Le 3e OEil actuellement en vente.Ce magazine socio-culturel est produit par des jeunes de la rue et distribué par nos camelots, au prix de 5 $.Vous pouvez également le commander au www.itineraire.ca «C\u2019est une très bonne cause.C\u2019est un bon concept et une belle alternative pour aider les jeunes», assure le bassiste Igor Bartula, à propos du projet des jeunes du 3e OEil.Le groupe s\u2019est prêté au jeu en coopérant au tournage du vidéoclip de leur chanson C\u2019est pas d\u2019ma faute, réalisé en entier par l\u2019équipe du Mag.«C\u2019est vraiment rigolo, lance tout de go, Isabelle Blais.Ça fait sourire, c\u2019est léger et festif!» Lorsque la chanteuse et comédienne se met à parler des jeunes, on voit à la fois l\u2019incompréhension et la compassion dans son regard.«Sincèrement, c\u2019est mélangé ce que je ressens.Je ne peux pas m\u2019empêcher d\u2019être frustrée quand je vois un jeune dans la rue.En même temps, ça m\u2019attriste profondément parce que je trouve qu\u2019ils ont tout devant eux : l\u2019énergie, la santé et la jeunesse.Ça me fâche parce que je vois toutes les possibilités et le potentiel qu\u2019ils pourraient avoir, mais qui ne sont pas exploités», déplore la chanteuse.Elle poursuit, émue : «Je ne suis pas frustrée après eux, mais je ne comprends pas.On se sent impuissant! Je trouvais que participer au projet, c\u2019était une belle façon de faire notre part.» Caïman Fu n\u2019en est pas à sa première collaboration sociale.Le groupe se produit régulièrement dans les écoles et a participé à des spectacles-bénéfi ce pour aider 200 millions d\u2019enfants, victimes d\u2019esclavage (en 2006) ainsi que pour la Fondation du Centre jeunesse de Montréal en mai dernier.«On ne cherche pas à s\u2019associer à une cause sociale en particulier, mais quand on nous le demande et que ça nous touche, c\u2019est sûr qu\u2019on a envie d\u2019y participer, relève le nouveau batteur du groupe, Mathieu Massicotte.On ne fait pas de la politique, mais il y a des choses qui clochent dans la société et quand on peut donner un coup de main, on le fait.» Un album, un style?Leur dernier album intitulé Les charmes du quotidien ne rend pas justice à l\u2019énergie qu\u2019ils présentent sur scène.La chanteuse utilise son talent théâtral de façon unique, ce qui rend le spectacle fascinant.Pour les membres du groupe, les petits bonheurs du quotidien se trouvent dans des choses simples.«Une journée comme aujourd\u2019hui, faire de la musique tranquille, bien manger, être avec ses amis dans un endroit tripant : C\u2019est tout ça, les petits charmes du quotidien», explique simplement le guitariste Nicolas Grimard.«Ce sont les éléments routiniers agréables.C\u2019est ça qui donne un sens à la vie!», ajoute Mathieu.Il est impensable d\u2019arriver à défi nir un style à Caïman Fu.«On ne pense pas à ça.On fait de la musique et on s\u2019exprime à travers ça.C\u2019est le problème des autres de trouver quel genre de musique on fait», explique Nicolas.Tout comme ils laissent planer le doute sur la défi nition du nom de leur groupe.Quasiment fou?«On ne l\u2019est pas quasiment, on est fou!», répond Yves Manseau, le guitariste et cofondateur du groupe.«La famille fou! The fu family!» Et les membres se lancent encore dans «un feu roulant qui n\u2019arrête jamais», se plait à dire Isabelle en riant.Le prochain album, dont la sortie est prévue au printemps 2008, sera un peu plus rock que les autres (Ah! Un style!) «Avant, il y avait un côté plus jazzy-cabaret-funkrock.Le prochain sera plus homogène!», lance Isabelle Blais.On verra bien ce que les Français penseront du style de Caïman Fu lors de leur tournée en mai 2008! qqq L\u2019album Les charmes du quotidien, de Caïman Fu, est en vente actuellement.Caïman Fu n\u2019en est pas à sa première collaboration sociale.Le groupe se produit régulièrement dans les écoles et a notamment participé à un spectaclebénéfi ce pour la Fondation du Centre jeunesse de Montréal, en mai dernier.Caïman Fu Les fu de la musique Melanie Julien Caïman Fu, plus souvent qu\u2019autrement appelé le groupe de la comédienne Isabelle Blais, a bien su se démarquer sur la scène musicale québécoise ces dernières années.D\u2019un commun accord, ils ont accepté d\u2019emblée de participer au magDVD.Nouveau MagDVD Le 3e OEil - Hiver 2008 Isabelle Blais et le groupe Caïman Fu Photo : Dominick Gravel ctuellement proe duit égaleau OEOEil L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 17 Il y a trois ans, j\u2019ai retrouvé mon frère Jacques Boivin, après vingt ans d\u2019absence.Je n\u2019ai appris que quelques détails de sa vie passée, mais je peux vous dire que lorsqu\u2019il parlait de L\u2019Itinéraire, des camelots qu\u2019il côtoyait, des visites qu\u2019il y faisait pour l\u2019achat des publications, des dîners de Noël et des succulents déjeuners qu\u2019il prenait à l\u2019occasion, ses yeux brillaient de joie.Il était très fi er de dire qu\u2019il travaillait pour l\u2019organisme depuis 13 ans et demi.La passion était présente dans son travail.Le contact des gens et leurs sourires comblaient sa journée, beau temps, mauvais temps, alors que ses clients prenaient une grande place dans son coeur.Il était très à l\u2019écoute lorsqu\u2019il les rencontrait.La moindre petite chose positive dans sa journée le rendait heureux.Il se contentait de très peu.Jamais je ne l\u2019ai entendu se plaindre, que ce soit pour des questions d\u2019argent ou en raison de sa douleur physique.Ce qui émanait le plus de Jacques était son sourire, qu\u2019il partageait avec tous les gens sur son chemin.Je peux dire que ses grandes qualités étaient son courage exceptionnel, son inébranlable détermination et sa ténacité.Pour ne pas aller travailler, il fallait qu\u2019il soit très malade.C\u2019est ce qui lui est arrivé à la mi-décembre.Mais le message qu\u2019il nous transmettait était qu\u2019il allait de mieux en mieux.Il a toujours été très fi er et très indépendant.Par bonheur, dans les dernières heures, il était entouré de personnes compétentes pour prendre soin de lui et il n\u2019a pas souffert.De la part de Jacques, je transmets toute ma gratitude aux personnes qui l\u2019ont côtoyé, aidé, écouté et qui lui ont sûrement apporté de la chaleur humaine, même si elles ne le savaient pas.Jacques Boivin, camelot de L\u2019Itinéraire depuis 13 ans , nous a quitté.La bonne humeur au quotidien Jocelyne Sénécal Directrice de l\u2019insertion sociale à L\u2019Itinéraire Jacques était avec nous depuis presque le tout début.Il y a environ trois ans, j\u2019ai reçu un appel d\u2019une personne qui était à sa recherche pour le prévenir que son père était mort depuis déjà quelques années et qu\u2019un héritage l\u2019attendait.Peu de temps après, il renoua avec sa soeur qu\u2019il n\u2019avait pas vu depuis près de vingt ans.Il avait les yeux et le sourire lumineux quand il m\u2019a parlé des retrouvailles avec sa soeur.J\u2019ai toujours vu Jacques avec un sourire même quand ça allait mal et que la santé allait moins bien.Jacques était très apprécié de ses clients : quand il était absent de son «spot», les gens s\u2019inquiétaient et m\u2019envoyaient des courriels pour prendre de ses nouvelles.Un jour, alors qu\u2019on marchait ensemble vers son lieu de vente situé en face du Canadian Tire du Centre d\u2019achat Maisonneuve, il m\u2019a dit ceci : «Vendre L\u2019Itinéraire me permet de sortir de la maison et de parler avec les gens.J\u2019ai besoin de voir du monde et même si ça ne va pas toujours très bien, je suis toujours resté positif parce que c\u2019est ce que je veux qu\u2019on retienne de moi.» Jacques voulait être un modèle pour les autres et il a réussi! Hommage à L\u2019Itinéraire et à tout son personnel! Louise Boivin, soeur de Jacques Boivin Décès du camelot Jacques Boivin Photo : Jérôme Savary 18L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 Trucs de PRO 18 L\u2019actualité, Michel Auger est tombé dedans quand il était petit.Tout jeune, il se passionnait déjà pour la lecture du Nouvelliste de Trois-Rivières, dont il était l\u2019un des camelots.La scène judiciaire l\u2019intéressait avant toute autre chose.Il faisait l\u2019école buissonnière pour assister à des procès.Plus tard, lors de ses études secondaires, son expérience de travail au journal La Voix de Shawinigan a été l\u2019élément déclencheur de ses 43 années de carrière.«À l\u2019époque, il n\u2019y avait pas de formation en journalisme, on devenait journaliste en faisant du journalisme.» L\u2019apprentissage du système judiciaire fait aujourd\u2019hui partie de la formation journalistique.M.Auger, issu de la vieille école, dit qu\u2019assister à des procès est très instructif.«C\u2019est incroyable le nombre d\u2019histoires bizarres et intéressantes que l\u2019on peut entendre au palais de justice.On peut y apprendre énormément.» Doté d\u2019une insatiable curiosité, M.Auger s\u2019est rapidement spécialisé dans l\u2019actualité judiciaire et le journalisme d\u2019enquête, qui lui permettaient de travailler sur des dossiers de longue haleine tout en étant sur le terrain de la nouvelle quotidienne.«Ce que j\u2019aimais le plus, c\u2019était le suivi après les événements, interroger les gens et rechercher des documents.Par exemple, un gars qui se faisait fusiller en pleine rue m\u2019amenait à aller parler à son entourage, dont les gens me donnaient de l\u2019information utile pour mes grandes enquêtes.» Ses 12 ans passés à La Presse lui ont permis de se créer un précieux réseau de contacts qui l\u2019ont aidé à sortir plusieurs scoops.Son plus gros scoop à La Presse a sans doute été le scandale de décembre 1974 \u2013 pendant la Guerre froide \u2013, qui confi rmait la présence d\u2019un espion soviétique à l\u2019organisation des jeux Olympiques de Montréal.La couverture de la Commission d\u2019enquête sur le crime organisé pendant une dizaine d\u2019années lui a ouvert les portes de l\u2019émission canadienne d\u2019aff aires publiques The Fifth Estate de la CBC.«Mon travail consistait à faire de la recherche et des entrevues qui pouvaient s\u2019étaler pendant trois à six mois avant de pouvoir compléter un reportage.» Ainsi, il a contribué, entre autres, à obtenir l\u2019entrevue exclusive télévisuelle de l\u2019ex-tueur à gages Donald Lavoie, anciennement du clan Dubois.Dans son livre L\u2019Attentat, M.Auger relate sa participation à la diff usion de l\u2019histoire de deux Pakistanais.Ceux-ci étaient censés venir faire des travaux consulaires au Canada, mais en réalité, ils étaient venus nous rendre visite pour acheter les pièces nécessaires à la fabrication de bombes atomiques pour le compte d\u2019islamistes.Les faits divers ont souvent été associés aux chroniques de chiens écrasés et sont encore dénigrés par la profession journalistique.Cependant, certains en ont fait leur spécialité, comme le journaliste Michel Auger du Journal de Montréal.À partir de simples manchettes, il a mené des enquêtes en profondeur dans le but d\u2019informer le public des rebondissements de la scène judiciaire.Survivant d\u2019une fusillade commandée par le crime organisé en 2000, ce journaliste chevronné est venu nous rencontrer dans les locaux de L\u2019Itinéraire pour partager son expérience hors du commun.Michel Auger sous enquête «Si je n\u2019avais pas été journaliste, j\u2019aurais sûrement fait un bon enquêteur de police!» Micheline Rioux Journaliste de rue micheline.rioux@itineraire.ca L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 19 Trucs de PRO Photo : Jérôme Savary «J\u2019ai quitté The Fifth Estate pour revenir à la nouvelle quotidienne, car le feu de l\u2019action me manquait; moi, je suis un gars de quotidien!» M.Auger a fait une entrée fracassante au Journal de Montréal, avec son scoop de mars 1984 : Frank Cotroni le parrain des Hilton.La suite de la carrière de Michel Auger a surtout été marquée par l\u2019escalade dans la guerre des motards.La dénonciation des faits concernant le crime organisé lui a valu maintes menaces de mort, jusqu\u2019à sa quasi exécution, le 13 septembre 2000.«Tu ne te fais pas des amis quand tu exposes leurs erreurs et leurs faiblesses; et c\u2019est sûr que tout va bien quand tu encenses leurs bons coups!» Après la fusillade dans le stationnement du Journal de Montréal, Michel Auger n\u2019a reçu aucune autre menace.Quatre mois après l\u2019événement, il a repris le boulot.À la suite de l\u2019attentat, l\u2019intimidation d\u2019un journaliste est devenu une infraction grave au Code criminel.À la source\u2026 Entretenir ses sources est un art en soi.Pour ce faire, le journaliste montréalais a plus d\u2019un tour dans son sac.«Je continue de garder mes vieilles notes et les coordonnées de mes sources.Les jours plates de tempête de neige, je fais le ménage de mes papiers et je téléphone à certaines sources du passé pour simplement prendre de leur nouvelles.Les petites manchettes découpées dans d\u2019autres journaux que j\u2019empile au fi l des semaines peuvent aussi me servir pour eff ectuer un suivi qui pourrait déboucher sur une manchette intéressante.» Être bien préparé avant une entrevue est primordial pour M.Auger.«Avant de contacter quelqu\u2019un, il faut d\u2019abord être bien informé et documenté à son sujet.Comme ça, le gars ne peut pas te raconter n\u2019importe quoi et ça t\u2019aide à poser les bonnes questions.» Sa patience a souvent été mise à l\u2019épreuve.«J\u2019ai souvent eu des sources occasionnelles qui, au début, ne voulaient pas du tout me parler parce qu\u2019ils étaient fâchés contre moi après un mauvais article que j\u2019avais écrit sur eux.Certains m\u2019appelaient pour m\u2019engueuler et je les ai laissés se défouler.Puis, peu à peu, ils m\u2019ont dévoilé des faits.D\u2019autres m\u2019ont testé, question de savoir ce que je ferais de leurs renseignements, et certains me donnaient de l\u2019information pour nuire à leurs ennemis!» Se faire voler un scoop est chose courante en journalisme.M.Auger n\u2019a pas manqué l\u2019occasion de raconter une anecdote à ce sujet.«J\u2019ai présenté trois personnes à Jean- Pierre Charbonneau, mon stagiaire à La Presse dans les années 70.Des radoteurs que j\u2019étais tanné de voir; c\u2019était des sources que je ne croyais pas importantes mais lui, il les a entretenues et elles l\u2019ont mené à des scoops! Je suis en partie responsable de m\u2019être fait scoopé par mon chum», ricane-t-il.La recherche de documents, la bonne gestion des contacts, la connaissance du système judiciaire et surtout une parfaite maîtrise de ses dossiers sont la base de toute bonne enquête journalistique, selon Michel Auger.«Si je n\u2019avais pas été journaliste, j\u2019aurais sûrement fait un bon enquêteur de police!» À la suite de l\u2019attentat dont Michel Auger a été victime, l\u2019intimidation d\u2019un journaliste est devenue une infraction grave au Code criminel Des journalistes de rue rencontrent des journaliste s professionnels L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 20 En se regroupant au sein de syndicats, les travailleurs ont acquis le pouvoir de limiter l\u2019arbitraire patronal.«Les travailleurs syndiqués ont réussi à améliorer considérablement leurs conditions de travail en diminuant le nombre d\u2019heures travaillées par semaine et en augmentant leur salaire.Après la Deuxième Guerre mondiale, ils ont également réussi à se négocier des vacances», affi rme Jacques Rouillard, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal et grand spécialiste du syndicalisme québécois.Au départ, ces gains touchaient seulement les employés syndiqués, mais rapidement, ils se sont étendus aux autres travailleurs au fur et à mesure que le taux de syndicalisation grimpait.«Les gains des syndicats ont eu un eff et de démonstration, d\u2019abord, auprès d\u2019autres entreprises.Certains patrons qui voulaient attirer des employés compétents n\u2019avaient pas d\u2019autre choix que d\u2019off rir des conditions de travail aussi bonnes que les entreprises syndiquées et se vantaient même d\u2019accorder ces avantages aux employés sans que ceux-ci aient à payer de cotisations syndicales.De plus, le gouvernement en est venu à voter des lois pour obliger les employeurs à off rir certaines conditions de travail, comme des vacances chaque année, un salaire minimum et des pauses», ajoute M.Rouillard.Ces mesures obtenues par les syndicats ont amené les autres entreprises et les gouvernements à réduire les inégalités entre les travailleurs, se réjouit Henri Massé, exprésident de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).Législation sociale Ainsi, en plus d\u2019infl uencer directement le monde du travail, les syndicats ont exercé de fortes pressions sur les gouvernements pour qu\u2019ils se dotent de programmes sociaux.«Plusieurs lois à caractère social ont été adoptées au Québec grâce aux syndicats.On n\u2019a qu\u2019à penser à la pension de vieillesse, à l\u2019assurance-maladie, à l\u2019assurance- emploi, etc.», indique M.Rouillard.Des gains pour tous les travailleurs Martine Letarte On retrouve souvent deux catégories de travailleurs au sein d\u2019une entreprise : les syndiqués et les précaires.Ces derniers, qui, en attendant de se voir off rir un poste, doivent accepter à peu près toutes les demandes patronales, envient généralement les syndiqués, qu\u2019ils considèrent privilégiés.Les travailleurs, même les plus précaires, doivent pourtant beaucoup aux syndicats, qui ont amélioré les conditions de travail de tout un chacun.Quarante heures par semaine L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 21 Monde du travail «Plusieurs lois à caractère social ont été adoptées au Québec grâce aux syndicats.On n\u2019a qu\u2019à penser à la pension de vieillesse, à l\u2019assurance-maladie, à l\u2019assurance-emploi, etc.» \u2014 Jacques Rouillard, professeur d\u2019histoire spécialiste du syndicalisme québécois Le mouvement syndical s\u2019est aussi battu pour l\u2019obtention de la gratuité scolaire.«Avant que les syndicats n\u2019interviennent, il n\u2019y avait pas beaucoup de Québécois qui avaient la chance de fréquenter l\u2019université, qui n\u2019était accessible qu\u2019aux riches.En fait, nous avons grandement contribué à la mise en place d\u2019un véritable fi let social au Québec», affi rme M.Massé.Enfi n, l\u2019ancien président de la FTQ a remarqué, au cours des 40 années qu\u2019il a passées à militer au sein du mouvement syndical, que partout à travers le monde, les syndicats sont essentiels à la santé démocratique d\u2019un pays.«À travers mon expérience au sein de regroupements syndicaux internationaux, j\u2019ai pu constater que généralement, lorsqu\u2019on voit dans un pays un mouvement important en faveur de la protection de l\u2019environnement, de la défense des droits des femmes ou des immigrants, il y a eu d\u2019abord des syndicats forts, indique M.Massé.Le mouvement syndical est souvent la première organisation de défense des droits à s\u2019imposer dans un pays et elle trace la voie aux autres.» Cet article a été produit en collaboration avec la CSN et la FTQ.Photo : Éric Carrière Jacques Rouillard, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal et spécialiste du syndicalisme québécois L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 22Mots de camelots 22 , 1 Mots Pour chaque numéro vendu 2 $, 1 $ revient directement au camelot.Benoît Camelot, métro Radisson benoit_f_18@hotmail.com Linda Pelletier Camelot, av.de Bordeaux/ du Mont-Royal Magie de la Saint-Valentin Selon mon dictionnaire, voici la défi nition de la Saint-Valentin : Nom masculin : cavalier servant que chaque jeune fi lle choisissait.Autre défi nition : moment intime permettant aux couples de manger du chocolat aux vertus aphrodisiaques et de se rapprocher.Fête commerciale des coeurs rouges! J\u2019ai perdu mon coeur et on me disait «une de perdue, dix de retrouvées», mais ça fait longtemps «en titi» que j\u2019attends après les dix ou du moins, la seule et unique! Bonne Saint-Valentin à tous, car cette journée permet tout de même de rapprocher les couples et leurs enfants dans ce qui est la fête de l\u2019amour avec un grand «A».En passant, je me pose la question : avec un grand «A», c\u2019est quoi?Illusion perdue ou non?L\u2019amour partagé La journée de la Saint-Valentin est une journée pendant laquelle on pose de petits gestes pour les gens qui nous tiennent beaucoup à coeur.Ceci dit, on ne doit pas s\u2019empêcher de montrer notre amour et notre aff ection tous les jours de l\u2019année.Il suffi t d\u2019un sourire, d\u2019un mot gentil ou d\u2019une caresse pour partager cet amour avec les gens qui nous sont proches : notre conjoint, nos enfants et nos parents.Cependant, le 14 février reste un jour particulier que l\u2019on peut célébrer en souriant davantage aux gens que l\u2019on croise cette journée-là.La Saint-Valentin n\u2019est pas seulement la fête des amoureux.On oublie aussi qu\u2019elle est celle de l\u2019amitié.En écrivant ce mot, j\u2019ai une pensée pour Albert, mon ancien ami et collègue de travail, que j\u2019aimais beaucoup, car nous partagions énormément de choses.Cette journée est l\u2019occasion de faire preuve de tendresse et de bonté à l\u2019égard des autres.Je vous souhaite à tous de passer une bonne Saint-Valentin! Saint-Valentin En ce jour de Saint-Valentin Je te vois comme du crachin Donc je ne te donnerai rien Car pour toi mon coeur écrit fi n Avant avec toi je montais au fi rmament Maintenant tu m\u2019es devenu un tourment Avant de le ressentir j\u2019ai pris du temps Mais aujourd\u2019hui tout mon être crie «va t\u2019en» En ce jour de Saint-Valentin Je te vois comme du crachin Donc je ne te donnerai rien Car pour toi mon coeur écrit fi n Je vais si vite t\u2019oublier toi mon bébé Que je ne vais plus dire ton nom de taré Par une brume t\u2019ayant vu noirci caché D\u2019un écran en quoi mon oubli fait fl amber En ce jour de Saint-Valentin Je te vois comme du crachin Donc je ne te donnerai rien Car pour toi mon coeur écrit fi n Je ne veux plus tomber amoureuse pour être piégée Car toujours je décolle je plane déconnectée Viennent les chaos obsédants et déconnectés Je m\u2019immerge dans ce rêve tellement souvent rêvé En ce jour de Saint-Valentin Je te vois comme du crachin Donc je ne te donnerai rien Car pour toi mon coeur écrit fi n Saint-Valentin pour tout le monde Faire d\u2019abord plaisir à ma famille et mes amis, voilà ce qui fait battre mon coeur.C\u2019est important pour moi de leur faire savoir que je suis là pour eux et que je les aime.Je suis issu d\u2019une famille nombreuse, et je profi te souvent de la Saint-Valentin pour appeler mes neuf soeurs et leur souhaiter une joyeuse Saint-Valentin.Cette journée est pour moi celle de l\u2019amour et de la compréhension.C\u2019est donc une journée très importante pour tout le monde, car cela nous donne un prétexte pour partager notre bonté et mettre de côté les chicanes.C\u2019est aussi une journée d\u2019espoir qui n\u2019appartient pas seulement aux amoureux, mais à tout le monde.Les adultes comme les enfants peuvent et doivent profi ter de cette journée.Les parents avec leurs enfants\u2026 tout comme les enfants avec leurs parents.C\u2019est une fête importante parce qu\u2019elle est synonyme d\u2019amour.Richard T.Camelot, métro Place-des-Arts Ste-Catherine/St-Urbain Gilles Bélanger Camelot, Complexe Desjardins /Guy Favreau, Jeanne-Mance/René-Lévesque L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 23 Vos camelots , 1 Rien dans les mains, rien dans les poches, mais un journal dans la tête Retrouvez une dizaine de camelots dans le magDVD Le 3e OEil, en vente à tous les bons coins de rue! J\u2019aime la Saint-Valentin! La fête de la Saint-Valentin a ses origines dans la Rome antique.La Saint-valentin était déjà un événement très festif du temps de Jules César.Aujourd\u2019hui, la Saint-valentin s\u2019accompagne de traditions diff érentes suivant les pays.Aux États-Unis, on échange des cartes avec ses amis.Au Japon, comme dans beaucoup d\u2019autres régions du monde, on off re des chocolats aux femmes.J\u2019aime la Saint-Valentin, car c\u2019est une belle journée pour trouver l\u2019âme soeur, sortir entre amoureux ou avoir du plaisir, tout simplement.D\u2019habitude, les hommes off rent des fl eurs ou une boite de chocolats à leur petite amie.On peut aussi envoyer des lettres d\u2019amour à la personne qu\u2019on aime.La Saint-Valentin, c\u2019est aussi l\u2019occasion d\u2019avoir un repas en tête à tête à l\u2019une des meilleures tables du Québec ou à la maison.Généralement, à la Saint-Valentin, je me sens plus à l\u2019aise d\u2019aborder les femmes.Je me sens moins timide et plus ambitieux lors de cette journée spéciale.Je suis moins dans ma bulle et davantage ouvert aux autres.À la Saint-Valentin, les gens sont généralement joyeux et de bonne humeur.Il fait moins froid dehors.Le printemps va bientôt arriver.On voit les oiseaux s\u2019accoupler et on voit plus de gens se promener dans la rue.Les gens achètent des fl eurs pour leur amoureux ou amoureuse.Pff ff t la Saint-Valentin! Pour moi, la Saint-Valentin est une fête commerciale, voire une arnaque de plus, au même titre que la fête des Mères ou que celle des Pères : seulement une occasion supplémentaire pour acheter des fl eurs et du chocolat! Pourquoi attendre au 14 février pour inviter son amour au restaurant?Quand on aime comme on est aimé(e) de l\u2019autre, il ne devrait pas y avoir d\u2019occasion spéciale pour le démontrer! Qu\u2019est-ce qui fait battre mon coeur?Mes voisins qui font partie de mon entourage et qui prennent soin de moi comme je prends soin d\u2019eux.Et des choses toutes simples : écouter un beau concert, lire un bon bouquin, caresser ma fi dèle Chouchoune qui me fait son petit numéro de séduction auquel je ne peux pas résister, faire de belles rencontres, aller voir un fi lm, faire un tour de vélo, traverser la ville pour aller rencontrer des collègues, partager une bonne bouff e avec ma meilleure amie pour ensuite écouter Providence, écrire et écrire, toujours écrire et connaître parfois des moments de grâce, fermer ma porte à une personne trop envahissante, prendre des nouvelles des gens que j\u2019aime, aller visiter ma tante lorsque cela est possible, envoyer une lettre ou une carte d\u2019anniversaire à une personne chère qui est en prison, aller voir un spectacle, etc.Bref, trouver le bonheur là où il se trouve : en dedans de moi! Mon petit bonheur Je vais vous parler du bonheur, vous dire c\u2019est quoi pour moi le bonheur.Le bonheur, pour moi, se compose de petites choses de la vie.Des petites choses qui aux yeux de certains peuvent paraître insignifi antes, mais qui, à mes yeux, font toute la diff érence.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019aider un ami, un membre de la famille ou de simplement faire l\u2019acquisition d\u2019une pacotille, cela me comble et me rend heureux.Le bonheur est quelque chose qui se vit par moments, et qui semble ne jamais durer.De ce fait, quand il passe, j\u2019en profi te pour bien l\u2019apprécier.Parfois, faire une sortie avec un ami au restaurant, au cinéma ou à toute autre endroit qui me procure un sourire dans la face, et bien voila, je suis comblé et je vis du bonheur.L\u2019autre jour, un ami m\u2019a off ert un lecteur MP3.Cela m\u2019a rendu heureux, car je n\u2019avais pas les moyens de m\u2019en procurer un, et cela faisait quelque temps que je m\u2019en magasinais un.Je m\u2019en sers lorsque je pars faire une grande marche.Mais dans la vie, être heureux, ce n\u2019est pas juste recevoir, c\u2019est aussi de donner et le faire de bon coeur.Quand une personne vous sourit, même un ou une inconnue, juste le fait de lui retourner son sourire amène souvent de petites parcelles de bonheur pour bien des gens.Et pour certains, cela égaye le reste de leur journée.Le bonheur se vit chaque jour avec de petits gestes et en toute simplicité.Je vous donne à tous et à chacun le meilleur de mes sourires.À bientôt.Cylvie Gingras Journaliste de la rue Carl Festekjian Camelot, marché Atwater Stéphane Camelot, Jarry/Lajeunesse L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 2 www.rapsim.org LIeN réseaFu dO\u2019aide auRx peArsonPnes sSeulIesM et itinérantes de Montréal.Tél.: 514 879-1949 La demande pour une politique en itinérance a connu une avancée importante en décembre dernier.Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a en eff et déclaré que «non seulement il faut se mobiliser comme société et comme gouvernement, mais aussi il faut avoir une politique plus concertée en la matière.»1 Cette intervention du ministre se faisait au lendemain d\u2019une conférence de presse tenue à la Maison du Père et à la veille d\u2019une manifestation au Parlement pour réitérer la nécessité d\u2019une politique en itinérance et d\u2019un débat public sur la question.Depuis le printemps 2006, le RAPSIM, de concert avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec, fait la promotion d\u2019une réponse politique globale aux enjeux de l\u2019itinérance.En lien avec cette demande, le ministère de la Santé a élaboré un cadre de référence sur l\u2019itinérance, qui fait l\u2019objet cet hiver d\u2019une consultation du milieu concerné.Si ce cadre constitue un premier pas vers la reconnaissance du problème par le gouvernement, ce n\u2019est pas assez, comme le reconnaît le ministre Couillard lui-même : « Il faudrait aller plus loin qu\u2019un simple cadre de référence.Je pense qu\u2019il faut déboucher sur une Politique gouvernementale beaucoup plus large avec les Aff aires municipales, avec Emploi et Solidarité sociale.En fait, ce n\u2019est pas un problème de santé et de services sociaux.C\u2019est un problème de société.»1 Des actions pour prévenir et réduire l\u2019itinérance La demande d\u2019une politique en itinérance vise à interpeller l\u2019ensemble de l\u2019action gouvernementale en relation avec l\u2019itinérance.Cela va de l\u2019action des Centres jeunesse à celle des institutions psychiatriques et carcérales, de la sécurité du revenu, des programmes de logement, du ministère de la Justice, etc.Cette reconnaissance de la nécessité d\u2019une vision globale fait son chemin; les propos du ministre Couillard en témoignent.Largement appuyée par le milieu communautaire, la demande d\u2019une politique en itinérance est reprise par le Parti Québécois et est aussi appuyée par la Ville de Montréal.Les groupes en itinérance continueront à intervenir pour demander que le gouvernement se dote d\u2019une telle politique dans les prochains mois.Le gouvernement y répondra dans son plan de travail et les partis d\u2019opposition avec le leur et de possibles élections.Chose certaine, le gouvernement prépare son prochain budget et il se doit de continuer à répondre aux demandes pour un projet de politique en itinérance que porte le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec.Des investissements importants en logement social, la hausse des prestations de sécurité du revenu et un soutien accru aux organismes d\u2019aide aux sans-abri seront parmi les investissements nécessaires lors de son prochain budget.Quant aux partis d\u2019opposition, ils se doivent de démontrer leur appui à une politique en itinérance en prenant des engagements concrets pour répondre aux besoins.Pierre Gaudreau, coordonnateur RAPSIM.1 Site Web de la radio de Radio-Canada, Émission Maisonneuve en direct, 10 décembre 2007.Photo : Marie-Claude Vézina Québec 12 décembre \u2013 Plus de 200 personnes, dont une majorité en situation d\u2019itinérance, manifestent au Parlement pour demander une Politique en itinérance.Le gouvernement le reconnaît : Une politique en itinérance est nécessaire L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 25 Environnement Toutes les deux semaines, Ferme Odelil, par exemple, se rend «en ville».Membre du programme ASC depuis cinq ans, cette ferme de Sainte-Monique-de-Nicolet livre de la viande biologique aux familles qui la soutiennent.Ces familles s\u2019inscrivent en avril de chaque année auprès de la ferme.Chacune verse un acompte de 200 $, lequel permet à l\u2019éleveur d\u2019eff ectuer ses travaux printaniers et de défrayer certains coûts de production.Quand la famille souhaite recevoir de la viande, elle place une commande par Internet.La ferme livre les pièces de viande dans divers points de chute dans la région de Montréal, à Québec et à Sherbrooke.Soulignons qu\u2019il existe également un volet maraîcher au programme ASC.«On devient un fermier de famille pour les gens, affi rme Hélène Rouillard, de la Ferme Odelil.On crée des liens avec ces personnes.Certaines sont même venues nous visiter à la ferme.» La traçabilité et la nécessité de connaître la provenance de ce qu\u2019ils mangent est un élément important pour les consommateurs de viande biologique, remarque Hélène Rouillard.Or, la viande biologique, c\u2019est plus que ça.Pour obtenir la certifi cation bio, un élevage doit être nourri avec du fourrage et du grain exempts de pesticides et d\u2019engrais chimiques.Aucun antibiotique, ni aucune hormone ne sont administrés aux animaux.Les bêtes doivent également bénéfi cier de conditions d\u2019élevage naturelles, soit de la lumière, de l\u2019air frais et de l\u2019espace.«Dans un élevage traditionnel, il faut 15 mois pour amener un boeuf au poids du marché, indique André Lemire, de la Ferme Odelil.Avec un élevage biologique, c\u2019est plutôt de 20 à 24 semaines.» Pas étonnant que le prix de la viande biologique soit plus élevé que celui de la viande traditionnelle et varie même parfois du simple au double.Le prix explique d\u2019ailleurs en partie la réticence des consommateurs de viande à prendre le virage biologique, selon Isabelle Joncas, responsable du programme ASC chez Équiterre.Mais il y a plus.«J\u2019ai l\u2019impression que la conscience environnementale va souvent avec la volonté de manger moins de viande, observe-t-elle.Les gens vont plutôt intégrer plus de légumes à leur alimentation.» «Il y a de plus en plus de végétariens qui recommencent à manger de la viande parce qu\u2019elle est biologique», ajoute Hélène Rouillard.Point de vue santé La viande biologique est-elle meilleure pour la santé?«Aucune étude ne prouve qu\u2019elle a une meilleure valeur nutritionnelle que la viande traditionnelle, informe Nathalie Jobin, directrice de la nutrition et des aff aires scientifi ques du Centre Extenso de l\u2019Université de Montréal.Il n\u2019y a pas lieu de croire qu\u2019elle contient plus de protéines ou moins de gras.Il se peut qu\u2019elle contienne un peu plus d\u2019oméga-3, selon l\u2019alimentation des animaux.Mais, il n\u2019y en aura jamais autant que dans le poisson.» Toutefois, selon Isabelle Joncas d\u2019Équiterre, c\u2019est davantage par conscience du bien-être animal que les consommateurs choisissent l\u2019élevage biologique, alors qu\u2019en Europe, la population est plus sensible à la traçabilité à la suite des épisodes de maladie de la vache folle.«Au Québec, les gens sont plus sensibilisés aux conditions d\u2019élevage des animaux.Parfois, dans les élevages industriels, les porcs sont tellement entassés qu\u2019ils ont de la diffi culté à bouger.C\u2019est terrible à voir! Les gens ne veulent pas endosser ça.» qqq Pour soutenir un éleveur bio : www.equiterre.org Pour obtenir la certifi cation bio, un élevage doit être nourri avec du fourrage et du grain exempts de pesticides et d\u2019engrais chimiques.Aucun antibiotique, ni aucune hormone ne sont administrés aux animaux.Valérie Simard Agriculture soutenue par la communauté Un coup de pouce pour les éleveurs biologiques Pas facile d\u2019être éleveur bio au Québec.Alors que la demande pour les produits biologiques croît rapidement, ce n\u2019est pas tout à fait le cas pour la viande biologique.Heureusement, une douzaine de producteurs peuvent compter sur l\u2019appui de consommateurs fi dèles dans le cadre du programme Agriculture soutenue par la communauté (ASC) de l\u2019organisme Équiterre.Respirez par le nez Les vaches de la ferme Odelil sont élevées sans hormone ni antibiotique. L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 26 Les ONG d\u2019ici L\u2019an dernier, le Centre d\u2019interprétation et d\u2019expertise du développement international révélait que seulement 16% des Québécois ont déjà entendu parler des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies.Pourtant, l\u2019engagement des pays date de 2000.Les huit objectifs sont les suivants : (1) Réduire l\u2019extrême pauvreté et la faim; (2) Assurer l\u2019éducation primaire pour tous; (3) Promouvoir l\u2019égalité et l\u2019autonomisation des femmes; (4) Réduire la mortalité infantile; (5) Améliorer la santé maternelle; (6) Combattre le VIH/ sida, le paludisme et autres maladies; (7) Assurer un environnement durable; (8) Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.Des objectifs interreliés Si ces objectifs ont été clairement identifi és, dans l\u2019action concrète, ils sont très imbriqués.«Prenons comme exemple l\u2019objectif visant à assurer l\u2019éducation primaire pour tous.Dans plusieurs pays d\u2019Afrique, on croit qu\u2019il n\u2019est pas important d\u2019éduquer les fi lles.Il nous faut donc travailler à promouvoir l\u2019égalité pour arriver à l\u2019accès à l\u2019école primaire pour tous.De plus, l\u2019objectif d\u2019assurer un environnement durable comprend l\u2019accès aux services d\u2019assainissement, à des égouts et à des toilettes.On sait également que si une école a des toilettes, davantage de fi lles la fréquenteront, puisque pour elles, aller dans les champs pour uriner est une grande source d\u2019insécurité qui peut faire en sorte qu\u2019elles refusent d\u2019aller en classe», explique Christine Laliberté, directrice adjointe des programmes au Québec chez Oxfam-Québec.D\u2019autres liens sont aussi très évidents entre divers objectifs, comme c\u2019est le cas pour celui d\u2019assurer un environnement durable et de combattre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies.«Le paludisme est transmis par les moustiques qui prolifèrent dans des endroits humides et insalubres, donc là où les services d\u2019assainissement sont inadéquats, ou tout simplement inexistants», poursuitelle.Il y a également un lien direct entre l\u2019accès à l\u2019éducation des femmes et la santé des enfants.Comme l\u2019explique Mme Laliberté, une mère éduquée sera en mesure de lire le carnet de santé de son enfant et ainsi, elle aura plus de chances de lui donner les soins appropriés.Enfi n, promouvoir l\u2019autonomisation des femmes en leur permettant de réaliser des activités génératrices de revenus fait également en sorte de réduire l\u2019extrême pauvreté et la faim.«Tout est lié!», ajoutet- elle.Y arrivera-t-on?Dans le domaine de l\u2019aide internationale au développement, les belles promesses sont fréquentes, mais ne demeurent souvent que des paroles.Cette fois, les objectifs acceptés à l\u2019unanimité par les membres des Nations Unies auront-ils des chances d\u2019être atteints?«S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019eff orts colossaux de tous les acteurs, ce sera impossible.Nous en sommes à mi-chemin du parcours, mais le travail accompli est insuffi sant.Dans certains pays, des progrès ont été réalisés, mais dans d\u2019autres, la situation est pire», déplore Mme Laliberté.Même propos au Centre d\u2019étude et de coopération internationale (CECI) : «Si ça continue comme ça, la majorité des pays africains n\u2019atteindront pas les objectifs du Millénaire.Il y a eu quelques avancées, en santé par exemple, alors que le nombre de décès à la naissance a légèrement diminué, mais les progrès demeurent très fragiles», affi rme Michel Chaurette, directeur général du CECI.Le gouvernement de la Tanzanie a su améliorer grandement la situation de sa population en instaurant la gratuité scolaire.Ainsi, 3,5 millions d\u2019enfants de plus vont à l\u2019école dans le pays.Semaine du développement international Mettre le cap sur les objectifs du Millénaire Au tournant du 21e siècle, les États membres de l\u2019ONU se sont entendus sur huit objectifs du Millénaire, à atteindre d\u2019ici 2015.À quelques jours de la Semaine du développement international, alors que s\u2019est écoulée la moitié du délai pour atteindre ces buts, où en sommes-nous?Certainement pas assez loin, si on se fi e aux spécialistes.Mais le travail se poursuit et les ONG sollicitent la collaboration de tous.Martine Letarte L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 27 Cet article est produit en collaboration avec le gouvernement du Canada par l\u2019entremise de l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI).Les ONG d\u2019ici Photo : Oxfam-Québec Des écoliers du Niger dînent à leur table de classe.L\u2019atteinte des huit objectifs dépendra beaucoup de la volonté politique des pays du nord à verser les sommes promises, mais également de la volonté des gouvernements des pays du sud à bien cibler les priorités sur lesquelles agir.«La Tanzanie constitue un bon exemple à ce chapitre.Le gouvernement de ce pays a en eff et su améliorer grandement la situation de sa population en instaurant la gratuité scolaire.Ainsi, 3,5 millions d\u2019enfants de plus vont à l\u2019école dans le pays.C\u2019est évidemment une question de priorité, mais aussi d\u2019aide internationale au développement, car pour pouvoir abolir les frais de scolarité, un gouvernement africain doit avoir suffi samment d\u2019aide de pays étrangers et une certaine constance dans le versement des sommes.Malheureusement, jusqu\u2019à maintenant, bien des pays du nord ne respectent pas leurs engagements, tardent à verser les sommes promises ou les revoient à la baisse, ce qui est catastrophique pour les pays dans le besoin», explique Christine Laliberté.Plusieurs manières d\u2019agir Le simple citoyen peut se sentir bien impuissant devant les initiatives annoncées, mais plus ou moins respectées par les pays riches.Pourtant, tous peuvent agir et c\u2019est d\u2019ailleurs ce que demande le dernier objectif du Millénaire, qui consiste à mettre en place un partenariat mondial pour le développement.Mme Laliberté affi rme que chacun peut contribuer à sa manière à l\u2019atteinte de ces objectifs : «Pour un citoyen, cela peut vouloir dire s\u2019engager dans du bénévolat, eff ectuer un don, consommer de façon responsable en privilégiant, par exemple, les produits équitables.» qqq La Semaine de développement international a lieu du 3 au 9 février.Renseignements : www.acdi.gc.ca/sdi Toutes les ONG québécoises sont engagées dans des actions qui visent, de près ou de loin, l\u2019atteinte d\u2019un ou de plusieurs objectifs du Millénaire.Pour en savoir plus, visitez la section «membres» du site de l\u2019Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), au www.aqoci.qc.ca L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 28 pour une période de : q12 mois (24 numéros à 48 $) __________ $ q6 mois (12 numéros à 24 $) ___________$ J\u2019ajoute un don de soutien de ____________$1 Mon abonnement débute en _____________________________ Abonnement proposé par le camelot :______________________ Total ____________$ Ce projet est rendu possible, entre autres, grâce aux oeuvres du cardinal Léger, au Budget partenariat (ministère de la Solidarité sociale, Sécurité du Revenu de Montréal, le Centre local d\u2019emploi de Sainte-Marie), Emploi-Québec et Moisson Montréal.1Des reçus de charité seront émis pour les dons seulement.Le prix d\u2019achat du magDVD comprend un don de 10 $ pour lequel un reçu de charité sera émis.Notez qu\u2019il n\u2019y pas de reçu de charité pour l\u2019achat de cartes-repas ni pour les abonnements au journal.qM.qMme Prénom : ______________________________________________ Nom : ________________________________________________ Entreprise : ___________________________________________ Adresse : __________________________________ App.: ______ Ville : __________________________ Province : _____________ Code Postal : ___________________ Téléphone : ( ) ________________________________________ Courriel : _____________________________________________ Paiement q Chèque au nom du Groupe communautaire L\u2019Itinéraire q Visa, Master Card I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I__I No de carte Expiration ____ / 20____ Mois Année Signature X____________________________________ Postez ce coupon au Groupe communautaire L\u2019Itinéraire 2100, de Maisonneuve Est, bur, 001, Montréal (Qc) H2K 4S1Pour information : www.itineraire.ca ou 514 597-0238, poste 226 Je désire m\u2019abonner au magazine L\u2019Itinéraire L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 29 Lorsqu\u2019on pense aux produits équitables, on pense d\u2019abord au café.Mais il y a bien d\u2019autres produits sur le marché qui gagneraient à être mieux connus, à commencer par les roses.La plupart des gens qui en achètent n\u2019ont aucune idée de ce qui se cache derrière cette industrie.La grande majorité des travailleurs de l\u2019industrie fl oricole d\u2019Amérique du Sud ont des conditions de travail inhumaines : salaire de crève-faim, journées de travail interminables et, pire encore, exposition à des pesticides sans protection adéquate ou à des produits chimiques interdits, ce qui cause évidemment des problèmes de santé graves.Pour éviter les remords de conscience, on peut se tourner vers les fl eurs équitables.L\u2019idéal demeure les fl eurs cultivées ici, comme celles de Rose Drummond.D\u2019abord, cette entreprise respecte les droits des travailleurs en se conformant à nos lois et les fl eurs sont plus écologiques, puisqu\u2019elles nécessitent beaucoup moins de transport.Toutefois, il faut faire un eff ort pour se procurer ces fl eurs, qui ne sont pas nécessairement en vente chez le fl euriste du coin.«Lorsque nous avons des surplus, nous les envoyons aux marchés Jean-Talon et Atwater, mais c\u2019est souvent l\u2019été et certainement pas à la Saint-Valentin!», s\u2019exclame Marie Lampron, responsable du service à la clientèle chez Rose Drummond.Il est possible de se faire livrer des fl eurs de Drummondville à Montréal, mais évidemment, ce n\u2019est pas donné.«L\u2019idéal est de venir dans notre boutique, parce que nous avons un grand choix de variétés de fl eurs à découvrir.Et nos produits sont moins chers que chez un fl euriste.C\u2019est l\u2019avantage des produits locaux et de faire aff aire directement avec le producteur», ajoute-t-elle.Les fl eurs équitables Sierra Eco sont aussi très intéressantes.L\u2019importateur de fl eurs impose à ses fournisseurs des normes internationales de sécurité et de traitement équitable pour leurs employés.Ils doivent aussi pratiquer des méthodes de culture respectueuses de l\u2019environnement.Là encore, il n\u2019est pas facile de se procurer des fl eurs Sierra Eco.À Montréal, on peut les trouver chez Fleuriste Centre Ville, à la Gare Centrale.De beaux petits chocolats équitables Le chocolat équitable est un peu plus connu du grand public que les roses, mais généralement, on a l\u2019habitude de le voir sous forme de tablettes chez diff érents marchands.Un peu triste pour une soirée romantique! Heureusement, il y a Les Divins Chocolats de Sandra, dans le Vieux-Terrebonne.Cette chocolaterie artisanale produit des chocolats fi ns équitables à un prix abordable et distribue même ses produits dans quelques commerces de la métropole, comme Dix mille villages.«Pour la Saint-Valentin, nous préparons des petits coff rets en forme de coeur qui contiennent nos neuf saveurs équitables.De plus, nos chocolats sont encore de meilleure qualité depuis janvier, puisqu\u2019ils contiennent maintenant de 70 à 72 % de cacao», se réjouit Sylvain Lessard, conjoint de Sandra et copropriétaire de la charmante boutique.qqq Pour en savoir plus Rose Drummond : www.rose.ca Sierra Eco : www.sierraeco.com Fleuriste Centre Ville : 514 866-3751 Les Divins Chocolats de Sandra : www.divinschocolats.com La grande majorité des travailleurs de l\u2019industrie fl oricole d\u2019Amérique du Sud ont des conditions de travail inhumaines : salaire de crève-faim, journées de travail interminables et, pire encore, exposition à des pesticides sans protection adéquate Saint-Valentin Fleurs et chocolat équitables Martine Letarte Pour bien des couples, la Saint-Valentin n\u2019est pas la période la plus imaginative de l\u2019année : roses et chocolat sont au rendez-vous! Pour ceux qui voient un petit côté rassurant et charmant à perpétuer la tradition, pourquoi ne pas tout de même s\u2019ajuster à l\u2019air du temps et prendre le virage équitable?Santé/Bien-être Une pomme par jour.Sandra, de la chocolaterie Les Divins Chocolats de Sandra propose des coff rets en forme de coeur.Photo : Éric Carrière L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 30 Contes et comptes du prof Lauzon Léo-Paul Lauzon, professeur au département des sciences comptables et titulaire de la Chaire d\u2019études socio-économiques de l\u2019UQÀM Le doux Collège des médecins Face à la pénurie chronique du nombre de médecins au Québec, pénurie artifi cielle créée de toutes pièces par le Collège des médecins et la Fédération des spécialistes, le titre d\u2019un article du Journal de Montréal du 23 avril 2007 en dit long sur la bravoure de notre ministre de la Santé : «Couillard impuissant».On peut y lire que : «Le ministère de la Santé dit avoir une réelle ambition (sic) d\u2019impliquer davantage de médecins étrangers au Québec, mais il souligne que ce pouvoir de reconnaissance appartient au Collège des médecins.Nous ne pouvons pas nous impliquer au-delà de leur pouvoir».Bande de menteurs et de lâches.Pas nécessaire de chercher bien longtemps et bien loin pour contredire le beau barbu Philippe Couillard.En eff et, même pas un mois plus tôt, soit le 30 mars 2007, on pouvait lire dans un article du Journal de Montréal intitulé «L\u2019Ontario recrute six fois plus de nouveaux médecins que le Québec» ce qui suit : «Alors qu\u2019on compte 500 nouveaux médecins par année au Québec, l\u2019Ontario a annoncé, hier, qu\u2019elle en avait recruté 3000 depuis un an.Il faut dire que 63 % des nouveaux médecins ontariens proviennent de l\u2019extérieur de la province.Ce qui est encore plus surprenant c\u2019est que près de la moitié des nouveaux médecins provient d\u2019autres pays».Ce qui est possible en Ontario est impossible ici.Vraiment ignoble, et je choisis mes mots.Selon l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé, c\u2019est au Québec que l\u2019on retrouve le moins de médecins étrangers, comme le souligne Mathieu Perreault dans un article parue dans La Presse le 26 octobre 2007.(\u2026) Alors, qui mène au Québec?Les pétrolières, les banques et les papetières \u2014 comme je l\u2019ai déjà mentionné dans d\u2019autres articles \u2014, et les pharmaceutiques dans le présent texte.Il faut vraiment nous prendre pour des imbéciles pour venir nous dire que le gouvernement du Québec est impuissant devant le Syndicat des médecins alors que durant la même période, le gouvernement de l\u2019Ontario a réussi à juguler rapidement la pénurie de médecins.Ça, ça fait partie du modèle québécois que les lucides tiennent à nous imposer à tout prix.Mais, ce genre de soumission face aux puissants de ce monde n\u2019est pas du tout décriée par nos «faiseux» de tout poil.Si nos politiciens avaient le courage de se mettre vraiment au service des intérêts supérieurs de la société, oui, on pourrait agir pour le mieux-être de l\u2019ensemble, en remettant à leur place les médecins, les pharmaceutiques, les pétrolières, les banques, etc.Mais, vous préférez élire des gouvernements au service des intérêts particuliers des profi teurs et des fi lous.Et, n\u2019oubliez pas de continuer à chialer contre les syndicats et les assistés sociaux, supposément les privilégiés de la société.Faites donc, un coup parti, comme l\u2019ADQ de Mario Dumont qui veut absolument serrer la vis aux assistés sociaux (La Presse, 18 novembre 2007) et «slacker» la vis des pharmaceutiques, des juges, des pétrolières et des médecins afi n de les aider à mieux vous «entretenir».(\u2026) qqq Lisez l\u2019intégralité de la chronique du prof Lauzon au www.itineraire.ca Selon l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé, c\u2019est au Québec que l\u2019on retrouve le moins de médecins étrangers.Rions un peu avec le ministre provincial de la santé, Philippe Couillard Malgré les sparages de Philippe Couillard qui disait vouloir tenir tête aux pharmaceutiques au sujet des prix des médicaments (La Presse, 14 novembre 2003), on apprend avec étonnement que «Médicaments : Québec abolira le gel des prix» (Le Devoir, 17 décembre 2004)! On tombe ensuite sur le dos quand on lit que «certains médicaments pourraient coûter jusqu\u2019à 140 % de plus» (La Presse, 18 juin 2007).Parlez-moi de quelqu\u2019un qui sait tenir tête et qui ne lâche pas le morceau facilement.Il pourrait nous donner des leçons à tous\u2026 d\u2019autant plus que, dans les faits, ces médicaments ont augmenté de 300 %.(\u2026) L\u2019Itinéraire, 1er février 2008 31 "]
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