La presse, 7 janvier 1990, C. Détente
[" Les livres blancs, les agendas et les répertoires d'adresses de Marc Senécal sont colorés, joyeux et souvent de formes inhabituelles.des motifs émotifs ! LUCIE CÔTÉ collaboration spéciale pris d'extraordinaire, inventif, le jeune designer Marc Senécal dessine des articles de bureau différents, un peu fous, et de somptueux livres blancs qui surprennent, séduisent et réjouissent la vue.Remarquée, sa collection Motif émotif, créée en collaboration avec la relieuse Lorraine Choquet lui a valu, au dernier Salon des métiers d'art, le prix d'excellence |ean-Marie \u2022 Gauvreau, créé à la mémoire du fondateur du Salon.L'association plutôt inusitée du caractère noble de la reliure et du design moderne aux formes et aux couleurs dynamiques a plu aux membres du jury, se réjouit M.Senécal, tout heureux et étonné d'avoir remporte ce prix avec sa premiere collection.«le voulais dépasser mes limites, appliquer mes idées a des objets utilitaires, en privilégiant l'aspect design, l'ai toujours rêvé d'appliquer mes connaissances artistiques à des objets.Ma formation m'a habitué à aussi tenir compte de la fonction, pas seulement de l'intérêt esthétique d'une chose.|e trouvais que les articles de bureau, les agendas manquaient de vie, d'originalité, mais je ne connaissais rien à la reliure.Lorraine, elle, avait besoin de renouvellement, envie de donner une nouvelle dimension à son métier.Nous nous sommes donc associés l'année dernière, l'essaie de livrer des idées novatrices, avec du punch.|e conçois les formes, je choisis les couleurs et je fabrique des maquettes pour que Lorraine réalise mes concepts»,dit-il.Pourquoi, pourquoi?«Pourquoi un livre devrait-il nécessairement être rectangulaire?», s'esl-il d'abord interrogé, lorsqu'il a amorcé cette collection.La forme des objets fut donc la base de son concept.Livres d'écriture au luxueux papier fin, blocs-notes, couvertures d'agenda, albums photos et liseuses sont carrés, ronds ou oblongs, ornés d'ovales, de cercles, de triangles, equilatéraux et isocèles.Le designer joue avec ces formes, leurs agencements, leurs superpositions.» «lit pourquoi ces livres devraient-ils en plus être tristes?», se demande-t-il ensuite, joyeux triangles, cercles et carrés ornent les couvertures de couleurs éclatantes.Les couleurs fondamentales d'abord, rouge, jaune et bleu.Plusieurs teintes de rouges et de bleus.Puis les couleurs secondaires, dés verts, des violets, des oranges.Et encore, plus sobres, le noir, l'argent et les couleurs de terre.Pour accompagner ses livres.Marc Senécal conçoit aussi sous-main, boites a crayons, boites ii courrier et à cartes d'affaires, etc.Tout ce qu'il faut pour être bien organise sans s'ennuyer.Le jeune designer a voulu que ses oeuvres soient belles, sensuelles, agréables a palper et à manier, que les gens feuillettent cl caressent les livres, fassent connaissance avec les objets.«Ce sont des objets d'art, de beaux objets pratiques qui attirent l'attention\", qui sont décoratifs et utiles à la fois», cxpose-t-il.Lorraine Choquet, qui a remporté une médaille d'or pour son travail aux |eux de la francophonie l'été dernier au Maroc, réalise donc ces objets avec de beaux cuirs, fins et souples.Des peaux de dindon, de serpent, d'autruche.Avec leur motifs bien particuliers, stries, points, cercles.Des peaux travaillées, lisses, gaufrées ou en relief.La relieuse a dû pousser ses recherches pour parvenir à exécuter les oeuvres souhaitées, par exemple pour tendre les peaux, signale M.Senécal.«Mais ses connaissances l'ont toutefois aidée à surmonter les obstacles pour faire des réalisations impeccables», apprécie-t-il.».Un passionné Marc Senécal est passionné par les multiples facettes de son Marc Senécal et l'une de ses oeuvres uniques.Un somptueux livre d'écriture pour consigner ses souvenirs les plus précieux.metier de designer.El il veut tout faire.Valu bile, il expose ses projets avec simplicité.«J'ai toujours eu envie de transformer mon environnement.Au debut, lorsque j'emménageais dans un appartement, je voulais tout y refaire.|e ne veux pas me limiter, je souhaite être multidisciplinaire», annonce-til, convaincu.Ce goût omnipresent d'explorer a guide sa formation académique et le choix de ses experiences de travail, très diversifiées.Il a d'abord étudié en arts plastiques au cégep, puis a complete un baccalauréat en design graphique et un certificat de gestion publicitaire.Depuis dix ans.il a été designer graphique, illustrateur de livres, d'affiches, de dépliants, concepteur publicitaire pour les magazines des éditions Le Nordais en mode (Clin d'oeil).en decoration (Chu/, soi), en cuisine (Sel et poivre), maquettiste, directeur artistique pour le magazine Allure de Québécor, avant de fonder, il va deux ans, sou propre studio de graphisme et de publicité.Ruse Design, et cette année l'atelier de reliure d'art.Motif émotif.Ses sources d'inspiration sont nombreuses et son approche diffère selon l'objet à créer.Il dessine parfois des vêlements parce qu'il ne trouve que rarement ce qu'il aurait envie de porter.Des vêtements inspirés du Moyen-Âge, aux couleurs minimales, très discrètes.Mais il imagine des meubles de rangement très modernes et ses projets d'aménagement unissent des éléments très actuels ou d'avant-garde à d'autres des époques antérieures, «éléments qui étaient sans doute eux-mêmes audacieux â ce moment», fait-il remarquer.Depuis que sa collection d'articles de bureau est terminée, les choses bougent rapidement pour Marc Senécal.Des boutiques spécialisées veulent désormais ses créations, que beaucoup de gens ont admirées au Salon des métiers d'art.Cette reconnaissance devrait maintenant l'aider à tout faire, à mettre tous ses projets à exécution, estime le designer.Il a adore se retrouver au Salon en décembre dernier et parle de cette nouvelle experience avec enthousiasme et emotion.Il s'émerveille encore d'avoir rencontre tous ces gens interesses à son travail, intrigues par les formes inhabituelles des articles de bureau et qui les achètent parce que ces objets leur plaisent.«Ce contact avec les clients, c'est ce qui rapporte le plus, c'est très enrichissant et'ea m'a fait chaud au coeur qu'ils aiment ce que je lais.L'important, c'est justement d'arriver a toucher les gens».Il explique volontiers pourquoi : «Je travaille surtout en publicité et en graphisme.La publicité est un véhicule artistique éphémère et son cote superficiel, accroche à des modes, me pesé parfois, ne nie satisfait pas toujours.Une publicité, même parfaitement réussie, très belle, ne sert qu'à vendre un produit aux consommateurs, l'aime mieux apporter une autre dimension, quelque chose qui louchera lés gens d'une manière plus profonde».A cause de la haute qualité des matériaux choisis, les articles de la collection Motif émotif sont plutôt coûteux.Mais les couvertures, soigneusement fabriquées, sont amovibles et peuvent abriter un agenda pendant plusieurs années.Les blocs-notes peuvent être remplaces, car les boutiques offriront ce papier aux formes si particulières.Peut-être aussi une autre collection, encore à venir, scra-t-elle moins chère, car Marc Senécal « rêve de créer d:s choses qui plaisent tout en étant accessibles a tous».Toutes ces experiences tendent finalement vers un seul but, extrêmement important pour le designer de 33 ans: se consacrer éventuellement à la sculpture et à la peinture.C'est d'ailleurs l'art qui l'avait d'abord attiré au début.«C'est mon grand rêve, mais j'attends encore, c'est une question de réalisme.A 20 ans, j'aurais été un parfait inconnu et ma situation matérielle aurait été extrêmement précaire.Alors, j'ai choisi de travailler dans des domaines connexes de création.Mais je reviendrai â l'art.Alors que d'autres sont vifs et égaient tout de suite un bureau.Certains ensembles en noir et gris métallique, sont plus sobres. LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 7 JANVIER 1990 ^ .et si c'était la décennie du transport en commun ?EY1ÉLANIE COUTURE Collège Champlain ui! Nous sommes à la frontière des années 2000! À l'aube d'une ère nouvelle! La décennie dans laquelle nous venons d'entrer nous rappelle que nous n'appartenons déjà plus au 20e siècle, mais que nous nous sommes engagés, pleins gaz, dans le boulevard menant inévitablement au siècle suivant, le 2le du nom de Jésus-Christ lui-même.Parlons gaz et boulevard, justement.Verrons-nous de notoires chan-gemcnts dans les moyens de transport durant la prochaine décennie?le vous laisse spéculer sur le sujet.Mes connaissances sont véritablement très minces dans le domaine des nouvelles technologies de transport.Et puis, qui sait si nous ne découvrirons pas, dans quelques années, une substance qui réglera tous nos problèmes de circulation terrestre, souterraine ou aérienne?On peut toujours rêver et imaginer quelque fantastique découverte digne des romans de science-fiction.Reste qu'on peut régler bien des problèmes reliés aux transports par des moyens qui n'ont rien de révolutionnaires.Et j'ai nommé les transports en commun et le covoiturage.Les fameuses bottes de sept lieues, qui vous font parcourir des distances énormes en peu de temps, ça n'existe que dans les contes de Perreault.Oubliez ça pour les heures de pointe.Oubliez aussi les gadgets volants qu'Astro le Petit Robot utilise dans le dessin animé du même nom pour sauter par-dessus les obstacles indésirables.Mais rappelez-vous que, pas loin de chez vous, il y a un arrêt d'autobus ou une station de métro! À défaut de voler au-dessus du trafic, vous utiliserez donc des voies rapides réservées au transport en commun ou passerez littéralement au-dessous des longues filées de véhicules attendant de parvenir au centre-ville.Le métro sera très probablement développé et étendu en tous sens dans les prochaines années.On en prévoit même l'extension à Laval et sur la Rive-Sud.Ça deviendra donc un moyen de transport pas du tout négligeable pour les habitants de la banlieue.La CUM devrait aussi penser à réserver, durant les heures de pointe, un couloir sur les autoroutes pour les voitures con- LA COURSE AMÉRIQUE-AFRIQUE TOUT UN MONDE À DÉCOUVRIR ! Le dimanche à 13 heures, à la Télévision de Radio-Canada, vous pouvez vivre et partager les aventures vécues sur deux continents par les concurrents de LA COURSE AMÉRIQUE-AFRIQUE.Choisissez ensuite votre reportage préféré et courez la chance de gagner un voyage d'une semaine pour deux personnes à Tunis, hébergement inclus.LA COURSE AMÉRIQUE-AFRIQUE : tout un monde à découvrir ! LF CONCOURS SE TERMINE LE 4 MARS 1990 Cette semaine, les sept films portent sur l'Afrique mais l'équilibre se rétablira d'ici deux semaines.Ne manquez pas aujourd'hui notre reportage sur une très émouvante histoire d'amour.MARC CAYER FRANÇOIS COLAS FRANÇOIS DAGENAIS STÉPHANE DROLET HUGUES DUFOUR ANDRÉ GARIÉPY JEAN-ROBERT MORIN ANNE-MARIE POULIN 2496 (Cameroun) Fermiers cultivés (Bénin) Bonheur et insouciance (Mali) Ne Bounde (l'accusation) (Cameroun) (Relâche) Rêve d'Afrique (Niger) Perles de pluie (Burkina Faso) \u2022 Une balade pour Etienne (Louisiane) LE PRIX DU PUBLIC Un prix de 2 000$ sera remis au reporter ayant reçu le plus grand nombre de votes du public lecteur de LA PRESSE.r i tàli Radio-Canada '5?r Television i i tenant quatre passagers ou plus.Un tel système existe déjà à Washington D.C.(et probablement aussi dans plusieurs autres villes à forte densité de circulation).Il encourage fortement le covoiturage et, de ce fait, réduit de façon substantielle le trafic durant les heures de pointe.Mais l'utilisation du métro, de l'autobus, et du covoiturage ne fait pas que réduire les problèmes de circulation.Elle élimine aussi les questions de stationnement dans le centre-ville et, fait pas du tout négligeable en.cette pollueuse époque, elle contribue à améliorer notre environnement en diminuant les émissions des déchets toxiques.Dommage que les gens soient têtus.Il est difficile en effet de leur inculquer l'idée du transport en commun et du covoiturage.Mais l'ignorance ou le dégoût des gens pour les transports en commun est peut-être dû aussi à un manque de promotion.ou à l'image carrément négative que les transports en commun projettent par leur manque trop fréquent de ponctualité.Sans parler des multiples grèves internes qui les secouent et qui ont le don de décourager les éventuels usagers.Et j'en sais gros là-dessous.Vive le transport en commun! Vive le métro! PHOTO La Presse investir temps et ?iutes Acioe énergie pour rendre In Planète vlveble LOUISE OUESNEL Cégep Ahuntsic 1990! Notre planète est toujours en danger et il faut la sauver! Pour ne pas aggraver la situation, nous devons entreprendre de bonnes actions afin de vaincre la pollution.11 existe déjà des campagnes de sensibilisation en ce sens mais il ne faut pas s'arrêter là.Nous devons recycler les bouteilles, le papier, éviter le gaspillage, etc.II y a quelque temps, le gouvernement fédéral a décidé d interdire la vente d'essence avec plomb.Les compagnies pétrolières ont jusqu'au 1er juillet pour se conformer à la nouvelle législation.Cette mesure permettra de diminuer la pollution de Pair.On peut aussi collaborer en faisant partie de groupes à caractère écologique.Ces groupes se forment généralement dans les écoles où ils incitent les étudiants à participer à la conservation de l'environnement par la présentation de films, de visites guidées dans des usines, la concrétisation de plusieurs projets, etc.Si nous faisons le bilan des an- nées, ce ne sont pas les catastrophes écologiques qui manquaient: Saint-Basile, les marées noires.Tchernobyl, etc.Si nous ne voulons pas que d'autres bouleversements surviennent, nous devons forcer le gouvernement à punir les gens qui font du tort à l'environnement, à dédommager ceux qui en sont victimes, à récompenser les personnes qui ont trouvé des moyens de vaincre ce fléau.C'est bien beau les subventions mais ce n'est pas ça qui va empêcher les drames de se produire, il faut sensibiliser la population et les industries à ce problème par des conférences et des projets de toutes sortes.II y en a mais je trouve qu'il n'y en a pas assez.Nous devons, nous les adultes de demain, contribuer à l'environnement car notre survie en dépend.Comme c'est nous qui mettrons au monde les enfants à venir, c'est important, afin qu'ils grandissent dans un environnement vivable.Comme vous voyez, ce ne sont pas les idées qui manquent.Il faut seulement investir du temps et de l'énergie afin de rendre notre planète à ce qu'elle était.La vie sera belle, la famille-heureuse i i i i i i i i i L J'ai préféré le reportage de : (nom du concurrent) Nom_ Adresse Code postal .Téléphone.Retourner à : Société Radio-Canada LA COURSE AMÉRIQUE-AFRIQUE.Casier postal 9080.Succursale A.Montreal.Quebec H3C 3P3 I I I I I I I i J FRÉDÉRIC FORTIN t voilà, on a réussi: nous sommes arrivés sains (?) et saufs dans cette dernière décennie du siècle, l'en connais plus d'un qui sont bien surpris que nous ayons évité tant de problèmes.Personne n'a lancé LA bombe et bien que la planète soit pourrie, elle n'est pas encore morte.Cependant, les années 90 ne se sont pas amenées sans changements.Si les sciences, par exemple, ont produit des transformations plus visibles, il est d'autres secteurs de l'activité humaine qui ont également changé.La famille, pour une, fut bouleversée.C'est le moins qu'on puisse dire.La surprise devant le phénomène des nouvelles familles est surtout due au fait que la famille semblait immuable.Établie depuis toujours, cette institution avait brillamment survécu au passage du temps.Bien sûr, certaines données différaient d'un pays à l'autre, tel que le nombre d'enfants par famille.Mais au-delà de ces légères dis- Earités, la famille restait une des ases solides de notre société: un endroit sain pour élever un enfant.Le père, la mère, les frères et .soeurs procuraient à tous la chance de s'initier à une vie de société en miniature.Les premiers changements furent difficilement identifiables.Mais peu à peu, ils devinrent plus évidents, jusqu'à ce qu'on s'éveille un jour avec les journaux qui titraient: «La famille éclatée».Les femmes délaissèrent la maison pour se lancer à l'assaut du marché du travail.Le nombre d'enfants se mit à décroître.Morceau par morceau, la famille se brisait.Pendant un certain temps, on essaya bien de recoller, mais il arriva un jour où on ne pouvait plus.Au début des années 80 la preuve tangible de la dissolution de la famille était là: le divorce.Si les premiers enfants qui ont eu à vivre un divorce passaient pour anormaux, il en est tout autrement aujourd'hui.Avoir des parents séparés est tout ce qu'il y a de plus ordinaire de nos jours.Comme avoir, trois pères, deux mères, quatre demi-frères et cinq maisons.Familles monoparentales, bébés-éprouvettes, garderie, tout ça fait partie du visage de la famille des années 80.Que produiront toutes ces transformations en 1990?Personne ne peut en jurer, mais certaines choses sont évidentes, et pour le reste, mes prédictions valent bien celles d'un autre.II ejt difficile de connaître l'impact qu'ont eu les divorces sur les enfants.Il faut tenir compte de plusieurs choses.L'âge auquel l'enfant a vécu la séparation» le climat de la séparation, etc.Cependant, si on se fie aux études faites sur le sujet et aussi à son gros bon sens, on peut prévoir que les familles des années 90 opteront pour un retour à la famille traditionnelle.Par contre, le désir de grimper le plus vite possible et Te plus haut possible dans sa profession, forcera les parents à attendre pour avoir des enfants.On peut prédire, sans trop se tromper, que la famille de la décennie actuelle sera stable, peu nombreuse et avec des parents plus vieux.Les années 80 auront été celles des divorces et de la famille éclatée.On en paie encore le prix.photo Lâ Presse Alors, la vie est belle, les parents ont eu le temps de s'emplir les poches, ils offrent donc une vie confortable à leurs deux enfants et ils ne songent même pas une seconde au divorce.Retour en arrière?Pas tout à fait, car on peut oublier les mauvais souvenirs d'une séparation, mais on ne peut effacer les gens.Les parents divorcés des années 80 seront les grands-parents des années 90.Comment prendront-ils leur place dans un univers tout nouvellement créé?Est-ce qu'ils ne briseront pas la fragile stabilité à peine établie?Les grands-parents représentent les bonnes bouffes, les vieilles histoires, les réunions de famille, lis unissent la famille et conservent l'histoire vivante.Us sont la continuité.Mais s'ils n'ont pas connu la stabilité durant leur vie, ils ne pourront pas la transmettre.De plus, les grands-parents des années 90, ce seront les « baby boomers ».Quel genre de grands-parents feront ces anciens hippies et tous ceux-là qui ont voulu changer le monde?le crois que cela partie restera sans réponse, au moins encore pour le début de la décennie.La famille semble peu de chose à côté de questions telles que l'environnement, l'énergie, etc.Mais si nous voulons combattre ces maux, il faut en avoir le moins possible soi-même.Une famille chaleureuse et ouverte permettra peut-être à l'enfant de mieux affronter la vie.Et même la sauver.\u2022 ! ( \u2014 Promenades littéraires dank Montréal j LA PRESSE, MONTREAL, DIMANCHE 7 JANVIER 1990 C3 MONIQUE LARUE en collaboration avec JEAN-FRANÇOIS CHASSAY La Deuxième Guerre mondiale engendra de vives tensions à Montréal e Montréal pendant la guerre, les romans ne dessinent pas, il s'en faut de beaucoup, une fresque complète, même si cet épisode historique y ' revient de façon significative.En i 1939, le début de la Deuxième Guerre mondiale demeure une abstraction pour le Montréalais.« Y aura-t-il des soldats dans nos rues?», se demande le jeune Claude jasmin.«Allons-nous entendre le bruit des balles de fusils dans les ruelles et celui des bombes, la nuit?Non, c'est loin, c'est en Europe, dans des pays lointains, si lointains»1, conclut-il.Bien sûr, la propagande s'affiche partout.La jeune Simone, héroïne du roman les Pierrefen-dre, «avance, les yeux baissés, comme honteuse d'être vue en compagnie d'un jeune homme qui ne porte pas l'uniforme devant les grands panneaux qui pointent sur les civils des doigts accusateurs: \"Votre pays a besoin de VOUS.\"»2 Si, à Saint-Henri, «la guerre comme une chance vraiment personnelle, sa chance à lui d'une ascension rapide»5, réjouit furtivement Jean Léyesquc, et si les soldats ivres, qui vont bientôt saccager l'appartement de Mercedes et Béatrice, dans le Plateau Mont-Royal, hurlent dans les rues: «'On va les avoir les Allemands, on va leur montrer, aux Anglais!' en levant les bras au ciel en signe de victoire»4, ce sont là des comportements marginaux.Les autres résidents de ces quartiers francophones restent relativement peu sensibles à l'atmosphère de la guerre.Cette situation prévaut dans l'ensemble du Québec.C'est à Montréal toutefois qu'elle créera, et de loin, les tensions les plus explosives.L'éventualité de la conscription obligatoire se précise de jour en jour et les manifestations nationalistes se multiplient.Nicole Brossard, encadrant la mémoire historique dans la fiction urbaine, rappelle dans Sold-Out que «le 22 avril 1942, cinq jours avant le plébici-te (sic), 20 000 personnes sont rassemblées au marché Atwa-ter»5.Quelques mois plus tôt, alors que 10 000 individus s'étaient réunis «au Marché Jean-Talon (.), des tramways vides de la Montreal Tramways défilèrent constamment non loin du lieu de rassemblement, de manière à empêcher les orateurs de se faire entendre du public»6.Héraut de la cause nationaliste, Lionel Pierrefendre est de toutes les luttes.Le «vingt-sept avril 1942», jour du plébiscite qui libère le gouvernement canadien de ses engagements antérieurs concernant le service militaire, «restera gravé dans sa mémoire comme un jour néfaste»7.Les résultats du vote exposent au grand jour le clivage entre francophones et anglophones.Dans En quatre journées, Charles se souvient d'un événement relié à ces circonstances.«Comme il allait monter dans le tramway, quatre soldats de la police militaire avaient exigé ses papiers.(.) À la suite d'examens, on l'avait réformé.11 feignit de ne pas entendre le soldat qui lui rendait son certificat d'exemption.« French coward »8, mur-mure-t-il.Est-on lâche ou patriote si l'on ne va pas à la guerre?Le gouvernement, du moins, a tranché.Même «le maire Cami-lien Houde, qui ne voulait pas s'enrôler dans l'armée canadienne outre-mer» se retrouve enfermé à l'ile Sainte-Hélène, dans «le vieux fort où le chevalier Lé-vis a brûlé les drapeaux français plutôt que de les rendre aux Anglais lors de la prise de Ville-Marie»9, remarque un débardeur du roman Faites leur boire le fleuve.Le mari de la Grosse Femme (.) sait eyprimer «les grands Les départs vers les champs de bataille sont toujours chargés de tristesse et de «coeurs serrés» mais la fin du conflit se célèbre dans l'allégresse et les défilés sur la rue Sainte-Catherine.phototheque La Presse courants d'idées» qui agitent les «ouvriers, retraités» réunis à la taverne pour écouter ce que certains d'entre eux appellent «le sermon de Gabriel».«Pourquoi vous pensez qu'on a toutes voté non au plébicite, la semaine passé?Parce qu'on est toutes des peureux?Non, c'est pas vrai ça! C'est juste parce qu'on a pas envie d'aller se faire tuer dans une guerre qui a rien à voir avec nous autres!»10 Pourtant, lorsqu'un de ses comparses laisse entendre que la grossesse de sa femme n est peut-être pas « innocente», celui qui est «en grande partie responsable du «non» formel que tous les hommes du quartier avaient répondu au plébicite de MacKenzie King» balbutie et cherche à se justifier de peur qu'on ne le prenne pour un lâche.Au-delà des idéologies, une peur atavique \u2014 et fort compréhensible \u2014 repousse le plus loin possible la guerre et les visions de « corps percés de baïonnettes»11.Pourtant plusieurs partent, volontairement.Rarement parce qu'ils sentent «couler dans (leurs) veines le sirop épais de l'héroïsme à bon compte»12 auquel s'identifieront, quelques années plus tard, les adolescents montréalais enthousiasmés, au dire de Normand Rousseau, par la guerre de Corée.En 1939.«ce qui poussait Azarius Laçasse et ses semblables à s'enrôler, c'est plutôt l'argument qui «souriait partout sur les affiches» de la publicité gouvernementale: «Tu me donnes ton mari, j'te donne quatre-vingts piasses par mois!»15 Les ouvriers sont coincés: s'ils ne vont pas à la mort en s'enrô-lant, ils seront, eux et leur famille, lentement broyés par la crise et par îe chômage massif.S'ils vont «se faire casser la gueule au front»14, ils peuvent vivre grâce à l'argent octroyé par le gouvernement.C'est ainsi que, dans Bonheur d'occasion.Rose-Anna Laçasse verra partir son fils puis son mari.Cynique et lucide, Jean Lévesque aura résumé, devant l'auditoire consterné du restaurant les Deux Records, l'effort de guerre: «D'un bout à l'autre de l'échelle, c'est le pofit qui mène.»15 Références des citations 1.Jasmin, C, la Petite Patrie, 1972.p.9.2.Naubert, Y.les Pierrefendre, 1972, p.116.3.Roy, G., Bonheur d'occasion, 1945, p.33 (éd.1973).4.Tremblay, M., la Grosse.Femme d'à côté est enceinte, 1978, p.60.5.Brossard, N., Sold-Out, 1973.p.50.6.Id., ib., p.52.7.Naubert.Y., ib, p.230.8.Fugère, I.-P.En quatre journées, 1982, p.47.9.Richard, |.-|., Faites leur boire le fleuve, 1970, p.65.10.Tremblay, M., ib., 1978.p.201.11.Roy, G., ib., p.216.12.Rousseau, N., À l'ombre des tableaux noirs, 1977, p.139.13.Tremblay, M., ib., p.90.14.Roy.G., ib., p.42.15.Id., ib., p.42.Citations en marge A ) l'en reviens, des soldats, si tu savais.Rien que de savoir que ben vite y vont partir se faire tuer dans les vieux pays, ça m'écoeure.l'ai l'impression qu'y sont déjà morts.«Pense pas à ça.» «À part de t'ça, y font tellement dur avec leurs idées d'aller sauver la France.Pis l'Angleterre.Imagine! Les deux en même temps! Avant, quand y voyaient un Français de France, y riaient de lui à cause de son accent pis y le traitaient de tapette, pis quand y voyaient un Anglais y'y criaient des bêtises par la tête parce que les Anglais sont toutes des écoeurants.pis là.des vrais fous.Là.tout d'un coup, sont prêtes à se faire tuer, à se faire couper en petits morceaux, à pardre des bout tes de bras pis de jambes parce que la France pis l'Angleterre sont en danger.» Trpmblay.M., lê Crosse femme dJ côte est enceinte, 1978.p.18-19.B) En compagnie de son ami Hubert Langelot, Lionel Pierrefendre pénètre dans la salle du Monument national déjà presque remplie d'une foule calme mais sombre.(.) L'assemblée de ce soir en est une de protestation et d'attestation parce que l'on sait qu'une déclaration de guerre par le Canada suivra de près celle de la Grande-Bretagne et parce que l'on ne possède pour lutter que la vieille arme de la langue.Elle servira sans doute une fois de plus à protester contre l'éventuel envoi des troupes en Europe et contre la conscription dont on aperçoit au loin la lueur menaçante.Naubert, Y., les Pierrefendre.1972, p.51.C) Bien que le Canada eût déclaré la guerre à l'Allemagne depuis plus de six mois, les défilés militaires restaient une nouveauté dans le quartier de Saint-Henri et attiraient la foule sur leur passage.Le détachement déboucha à la hauteur du Quinze-Cents.Flor rentine se pencha pour le voir passer avec un intérêt presgue enfantin, avide et étonné.Les soldats défilaient, des gars costauds, bien plantés dans le solide manteau kaki, les bras également raidis dans un poudroiement de neige (.) C'étaient maintenant les nouvelles recrues qui avançaient dans son champ de vision: ils étaient encore en civil: quelques hommes vêtus d'un complet léger, d'autres portant un mauvais paletot d'automne, troué, rapiécé, dans lequel le vent aigre s'engouffrait.Elle connaissait de visages quelques-uns de ces jeunes qui marchaient derrière les soldats.Us avaient été, comme son père, longtemps secourus par l'assistance publique.Et soudain, confondue à ce qu'elle trouvait d'excitant, d'incompréhensible, de spectaculaire dans cette évocation de la guerre, elle eut la très vague intuition d'une horrible misère qui reconnaissait là sa suprême ressource.Roy.C, Bonheur d'occasion, 1945, p.20 (éd.1965).Architecture La critique urbaine sévère de l'architecte Roger Kemble JEAN-PIERRE BONHOMME n ce début d'année, l'idée de faire un cadeau saute à l'esprit.Le nôtre, cette année, aura un certain arrière-goût acide; ce sera une petite pilule amère, mais qui a pour but de remettre certaines choses urbaines à leur place.Nous offrons donc aux lecteurs un petit livre qui vient de paraître.Un livre écrit en anglais qui s'intitule «The Canadian City; St.John's to Victoria, a critical commentary » et dont l'auteur est un architecte canadien-anglais de Vancouver.Roger Kemble a visité 16 des plus grandes villes canadiennes et il en a décrit les zones centrales, dessins à l'appui, pour en faire l'évaluation.Il n'arrive pas tous les jours que des observateurs regardent ainsi avec une bonne distance ce qui se trame dans nos milieux urbains.Les citoyens du Canada, ceux du Québec, ne font pas exception \u2014 ont accoutumance de se taper pas mal dans le dos.Leur Montréal, leur Toronto, ne sont-ils pas, à leur yeux, de petits paradis exemplaires?Eh bien en lisant «The Canadian City» ils verront que !a réalité est moins rose qu'ils pensent.Non pas qu'il ne s'est rien fait de bon, dans nos villes.M.Kemble reconnaît facilement que certains lieux, la place d'Armes de Montréal, malgré ses défauts dont il faudra parler un jour et la Place de l'hôtel de ville de Toronto sont des squares de bonne qualité.Les citoyens s'y retrouvent à l'aise et peuvent communiquer facilement, ce qui est le propre des places publiques.Le passant', Place d'Armes, se trouve dans un environnement qui plaît à l'oeil et qui élève l'âme parce que le lieu est la repésenta-tion d'une projet commun, d'un dessein qui dépasse les intérêts morcelés des sociétés privées.La Place d'Armes est un lieu appartenant à tous et qui représente chacun.Or cela n'est malheureusement pas la règle dans nos villes modernes.Roger Kemble nous l'explique: la réalité urbaine canadienne est vraiment désolante.«Les villes modernes du Canada \u2014 M.Kemble ne distingue malheureusement pas le Québec du reste du pays \u2014 sont pratiquement «inhabitables», dit-il.Les citoyens ordinaires, consta-te-t-il, ne peuvent plus vivre dans leurs villes centrales, il n'en ont plus les moyens, et ils n'en ont même plus le goût.Car ils doivent faire face, dans la vraie ville, par opposition à la ville périphérique, à un «chaos visuel» et à une «confusion par le bruit».Tout l'environnement urbain central est devenu si stressant par le bruit, et la dispersion des intérêts, (on pourrait ajouter la boue chimique dans laquelle les Montréalais baignent pendant de longs mois) qu'ils n'ont plus le goût de s'y trouver.Le pire, en tout cela, signale-t-il, c'est que plus personne ne s'en formalise.Les questions d'environnement, précise-t-il, sont associées aux bois, à la ver- Les citoyens ordinaires n'ont plus le goût de vivre dans leurs villes centrales car ils doivent faire face à un «chaos visuel» et à une «confusion par le bruit», comme aux abords du Centre des congrès.PH0T0 ARMAND TR0TT,ER-u Presie dure, et aux vieilles pierres.La bonne organisation urbaine d'aujourd'hui, du moment présent, laisse presque tout le monde indifférent.Pourtant c'est bien en ville, ou dans ce qui devrait être une ville que les gens doivent vivre s'ils veulent porter le nom de civilisés.L'architecture moderne, contemporaine, soutient M.Kemble, est «en crise».L'auteur va jusqu'à dire, ce qui a le mérite d'être clair, que nos goûts, en architecture contemporaine, peuvent être classés dans la catégorie «haute-vulgarité».Voilà qui n'est pas contourné.Et pour démontrer ses avancés, M.Kemble prend, au premier a-bord, un exemple montréalais, le square Victoria.Le piéton éprouve, en marchant dans ce square oui vient d'être rénové, devant le grand immeuble du même nom, dit l'auteur, un sentiment de vide urbain.La municipalité, dit-il, 3ui n'avait pas de vision au sujet e cet important espace qui relie l'ancienne et la nouvelle ville, a planté là un peu d'herbe dans des boites de ciment, sans unité de vision.Elle a par ailleurs permis la construction d'un édicule de métro placé en crochet et parsemé le tout d'équipements disparates.Si bien que les citadins, l'été, l'occupent comme des naufragés, coincés qu'ils sont dans un environnement d'« immeubles discordants», en attendant de pouvoir le fuir.La rénovation des immeubles du square, côté est, améliore un peu les choses.Mais, signale l'auteur, il va falloir pas mal d'imagination pour redonner à ce lieu la qualité qu'il avait lorsqu'il a été conçu.Comment refaire la cicatrice que constitue la bouche d'aération de l'autoroute Ville-Marie, qui la jouxte, et comment réduire l'impact des murs aveugles des tours de la Banque nationale du Canada et de Bell?On pourrait ajouter que le square Victoria a le malheur, comme c'est la pratique montréalaise, d'être placé dans une sorte de boite de ciment, au mépris de toutes les règles de l'art de l'aménagement.Les squares et les places doivent normalement être disposées au raz du sol, justement pour permettre aux piétons un accès facile et pour créer un sentiment de lien avec les immeubles qui les entourent.On s'entend, chez les experts, du reste, pour dire qu'un remblai de place, s'il en faut un, ne doit jamais dépasser trois pieds de hauteur.On s'entend aussi pour dire qu'il aurait été nécessaire, si l'on veut absolument honorer l'impératrice Victoria, installer son monument au coeur du plan géométrique principal.Le plus problématique, en tout cela, c'est que les planificateurs de ces espaces publics sont généralement contents de ce qu'ils font, comme si le sens de la ville avait été perdu même chez ceux qui ont des responsabilités primordiales en la matière.Les planificateurs du square Victoria nous ont en effet dit leur contentement après la récente réfection ! Roger Kemble critique par ailleurs maints autres espaces urbains du Canada.Les principaux lieux publics du Canada, conclut-il, ceux du Harbourfront de Toronto, pour n'en nommer qu'un autre, montrent qu'avec leurs immeubles conçus isolément les uns par rapport aux autres, nous vivons dans une société «de division» (separateness).11 faudra bien un jour, «repenser» la ville et la redonner en partage aux gens ordinaires qui devraient s'y réinstaller. :4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 7 JANVIER 1990 sfeAROUStf£fcT MATH JEU « système somm PO COMM&STÇA L'ÉTOILE PU &E£
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