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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. La Presse Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1990-10-06, Collections de BAnQ.

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[" LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 OCTOBRE 1990 CELTEX inc.- SPECIAL PORTATIF PT 500 ACTIVATION AVEC BATTERIE.CHARGEUR ET ÉTUI 984-5292 BUREAU 887-9770 La gmnde hay me en cachait une autre Même avant la Loi des mesures de guerre, la SQ et l'armée voulaient faire des arrestations sans mandat r.MICHÈLE OUIMET Au début du mois d'octobre 1970, avant même qu'il soit question de proclamer la Loi sur les mesures de guerre, l'armée et la Sûreté du Québec voulaient procéder à une série d'arrestations sans mandat, affirme l'ex-commandant de la GRC responsable du territoire québécois, Yves Dubé.«L'armée et la SQ voulaient que la GRC soit présente lors de ces arrestations et qu'on leur fournisse les noms des suspects parce qu'ils ne savaient pas qui arrêter, explique Yves Dubé, 20 ans plus tard.Mais j'ai refusé en dépit des nombreuses pressions politiques qui ont été exercées sur moi.Cette action était totalement illégale.Ca n'avait pas de bon sens.On ne peut pas arrêter quelqu'un sans mandat.» «l'ai aussi refusé de donner mes dossiers à la SQ parce qu'ils n'étaient pas suffisamment étoffes pour obtenir des mandats d'arrestation.On avait des suspects mais, tout ce qu'on pouvait leur reprocher, c'était des affaires assez innocentes.» «Legouvernement voulait arrêter450 personnes et me mettre ça sur le dos ce qui leur aurait permis de s'en tirer les mains blanches.» Les pressions politiques auraient été exercées par le commissaire de la GRC, William Higgitt.et le Solliciteur général du Canada, George Mcllraith.Un soir, William Higgitt téléphone à Dubé et essaie de le convaincre de collaborer avec la SQ.Dubé refuse.Après plusieurs conversations téléphoniques infructueuses au cours de la nuit, c'est finalement le solliciteur général, George Mcllraith, qui décroche le téléphone.«Mcllraith m'a dit que je devrais collaborer avec la SQ, raconte Yves Dubé.Le message était clair, il voulait que je donne dWnoms à la SQ et qu'on arrête des gens sans mandat.Il était quatre heures du matin.Excédé, j'ai jeté le téléphone par terre.» \u2014 On a finalement passé par-dessus votre tête?\u2014 Évidemment.Ils ont trouvé un autre moyen d'effectuer les arrestations.Avec leur loi sur les mesures de guerre, ils n'avaient plus besoin de mandat.Quelques jours plus tard, Yves Dubé est invité à assister à une réunion du cabinet.John Turner vient alors vers lui et lui dit: «That was a good decision the other night » («C'était une bonne déci: sion l'autre nuit»).Yves Dubé est alors convaincu que le gouvernement était au courant des tractations de l'armée et de la SQ.«Au cours de cette réunion, précise Yves Dubé, on m'a demandé combien de personnes nous pouvions arrêter.J'ai répondu environ 400.Quelqu'un a alors dit que c'était, moins que les quelques milliers avancés par un officier de l'armée.» Selon Marc Lalonde, alors directeur de cabinet de Pierre Elliott Trudeau, «c'est fort possible que la GRC et le ministre responsable, George Mcllraith, aient fait des pressions sur Dubé mais je ne suis pas au courant.Peut-être que Higgitt voulait absolument montrer des résultats au gouvernement.Mais le cabinet n'a jamais été impliqué dans ces tractations.» Dans la nuit du 16 octobre, la Loi sur les mesures de guerre est proclamée et 450 personnes sont arrêtées.Un climat d'amateurisme C'est la police qui a confectionné la liste des 450 suspects dans un climat d'amateurisme et de division, selon Mc )ean-François Duchaîne, auteur d'un rapport sur les événements d'octobre.La plus grande partie de cette liste a été préparée au quartier général de la GRC les 13 et 14 octobre, soit deux jours avant la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre.En principe, la GRC, la Sûreté du Québec et la police de la ville de Montréal devaient travailler conjointement sur cette opération mais c'est la GRC qui en fut le maître-d'oeuvre.«La collaboration de la GRC avec la SQ ne fut qu'apparente, écrit Me Duchai-ne.Les policiers de la SQ furent conduits dans une salle, tandis qu'on leur fournissait des noms à partir de dossiers auxquels avaient accès des policiers de la GRC occupant une autre salle.Les policiers de la SQ n'avaient donc aucune connaissance directe de l'information utilisée dans la confection des listes.» Les policiers avaient établi quatre critères pour établir leur liste, allant des personnes soupçonnées de faire partie du FLQ aux membres appartenant à diverses organisations d'extrême- gauche.William Higgitt, commissaire de la GRC en 70, a exercé de fortes pressions sur le commandant Dubé pour qu'il donne ses listes de noms à la SQ.Ce dernier critère, affirme Mc Duchaîne, «permettait tous les excès.» Il y a eu aussi des erreurs au cours de ces arrestations.Un jeune activiste du nom de Gérard Pelletier figurait sur cette fameuse liste.Mais les policiers se sont trompés de dossier et sont allés perquisitionner chez Gérard Pelletier, le ministre.Selon le lieutenant Julien Giguère, trop de gens ont été arrêtés en même temps par des policiers qui n'étaient pas suffisamment qualifiés.«Nous n'avions pas les ressources pour faire ce travail adéquatement et porter des accusations.Les interrogatoires se faisaient avec un formulaire! Nous n'avions même pas le dossier de la personne interrogée.» Jérôme Choquette affirme qu'il n'a jamais vu la liste des 450 personnes mais, précise-t-il, le directeur de la SQ, Maurice Saint-Pierre, lui aurait montré par la suite une liste de 70 suspects.«Je ne connaissais personne sauf le nom d'un avocat sans reproche.Si toute la liste est pareille, elle ne vaut rien, ai-je dit à Saint-Pierre.On l'a détruit et il n'y a pas eu d'autres arrestations.» Une liste exhorbitante D'où venaient les noms que la GRC gardait jalousement dans ses classeurs?«Aucune idée, affirme Marc Lalonde.Ai-je vu la liste?Je ne me rappelle pas.Par contre, le cabinet trouvait que la liste était exhorbitante.» L'ex-commandant de la GRC, Yves Dubé, reste vague.«11 faut comprendre comment fonctionnent les enquêtes sur l'intelligence et le renseignement.On essayait de déterminer la tendance des individus.Si, par exemple, on voyait un poseur de bombes bien connu prendre un café dans un restaurant avec un ami, on le fichait dans nos dossiers même si aucun soupçon ne pesait contre lui.» \u2014 Et les membres des groupes populaires?Ils faisaient systématiquement l'objet d'une enquête de la GRC?\u2014 .Votre imagination est aussi bonne que la mienne.Quoi qu'il en soit, ces arrestations n'ont servi en aucune façon à retrouver James Cross et les frères Rose.C'est en effet par le biais d'une enquête classique, menée par le sergent de la GRC, Don Mc Leery, que l'on a découvert les ravisseurs et le diplomate britannique.«Cette loi a amorti l'état d'insurrection appréhendée, réplique Marc Lalonde.Elle a calmé l'hystérie collective, la terreur qui s'était emparée des gens.Le système était emballé et l'emballement a cessé avec la loi.Elle a ramené tout le monde à terre.On s'est ressaisi.» «Ces 450 personnes ont été arrêtées pbur pas grand chose, avoue l'ancien ministre de la Justice Jérôme Choquette, mais je ne verserai pas de trop grosses larmes.Je regrette pour certains, mais il y en a qui ont applaudi à l'annonce de la mort de Pierre Laporte.D'ailleurs, pour plusieurs, c'est un certificat de gloire d'avoir fait de la prison en 1970.» Octobre 1970: une police omniprésente à Montréal, 450 arrestations sans mandat consécutives à la promulgation de la Loi des mesures de guerre par le gouvernement fédéral.photo paul-henri taibot.presse Un détenu d'Octobre accuse : Trudeau Va voulu.Charles Prévost a passé 21 jours en prison: «Le pire, c'est de ne pas savoir ce qui se passe» MICHELE OUIMET photo jean goupil, Lê Presse Charles Prévost .Ac qui me reste 20 ans \" après?Une grande amertume.» Charles Prévost, professeur de biochimie à l'Université de Montréal en 1970, a passé 21 jours en prison.Il faisait partie des quelque 450 personnes arrêtées le 16 octobre en vertu de la loi sur les mesures de guerre.Deux policiers se sont présentés à son domicile à quatre heures du matin.Assez civilisés, ils lui ont demandé de le suivre en précisant qu'ils n'avaient pas besoin de mandat en vertu d'une loi spéciale.Charles Prévost quitte alors sa femme et ses deux enfants pour suivre les policiers qui ramènent à Parthenais.On prend sa photo, ses empreintes digitales et on l'enferme dans une cellule où il sera confiné 23 heures sur 24.«Le pire, c'est de ne pas savoir ce qui se passe et d'ignorer combien de temps on sera détenu, se rappelle Charles Prévost.Dès le début de mon incarcération, j'ai adopté une attitude de résistance.Nous étions complètement coupés du monde extérieur.» Pourquoi Charles Prévost a-t-il été arrêté?Probablement parce qu'il avait étudié pendant six ans en Californie en pleine contestation de la guerre du Vietnam avant d'occuper son poste à l'Université de Montréal.Probablement aussi parce qu'il tentait de mettre sur pied un syndicat des professeurs à l'Université de Montréal tout en étant impliqué dans le mouvement étudiant, le comité ouvrier Saint-Henri et l'organisation des grandes manifestations telles McGill français et la loi 63.«Pour la police, raconte-t-il, il n'y avait qu'un pas à franchir pour m'associer au FLQ.De toutes façons, tout ce qui bougeait ou revendiquait était associé au Front de libération par la police.» Après avoir passé une semaine dans une petite cellule de six pieds sur dix, les détenus se met- tent spontanément à protester contre leur incarcération.Munis d'ustensiles, ils tapent sur leurs barreaux.Alertés, les policier- arrivent mais Charles Prévost ne les voit pas venir.Il continue à frapper jusqu'à ce qu'il soit face à face avec un policier qui l'identifie alors comme un meneur.On le confine au «trou» pendant 24 heures, isolé, aveuglé par une lumière continuelle et muni d'une simple paillasse.« Les autres détenus nous voyaient tout à coup disparaître et ça créait beaucoup d'insécurité.» À son neuvième jour de détention, Charles Prévost et quelques autres détenus commencent une grève de la faim qui durera, dons son cas, jusqu'à sa libération.Ce jour là, un haut responsable de la prison \u2014 le directeur, croit Charles Prévost\u2014 le reçoit dans son bureau et lui apprend qu'il est libre.«C'était une discussion de salon.J'ai eu l'impression qu'on ne voulait pas que je garde une image négative.» «Ces arrestations étaient inacceptables, non justifiées, complètement démesurées.Cette atteinte à des droits fondamentaux laisse des traces extrêmement longtemps.On avait tous les droits démocratiques dont jouit normalement une société et du jour au lendemain, oups! ça n'existe plus.» Charles Prévost est amer car, affirme-t-il, c'est Pierre Elliott Trudeau qui a été le grand responsable de ce qui s'est passé.«C'est à cause de lui si cette vague d'arrestations a pris une telle envergure.Il en voyait les impacts à moyen et à long terme.Il voulait tuer dans l'oeuf toute velléité de mouvements indépendantiste et contestataire.Le Québec a pris 20 ans de retard et a perdu alors ses espoirs de changements.» Gérald Codin Gérald Godin, ex-ministre dans le gouvernement Lévesque, a aussi été arrêté dans la nuit du 16 octobre.Il a passé une semaine en prison.Mais il a eu sa revanche, précise-t-il.Lors des élections de 1976, il a battu Robert Bourassa dans son propre comté.Aujourd'hui, 20 ans après,,Gérald Godin est toujours en colère.Il était à cette époque journaliste à Québec-Presse.«C'était comme une rafle de nuit effectuée par des SS, raconte-t-il.l'étais avec Pauline et cinq ou six policiers ont défoncé notre porte.l'ai pensé que la maison était en feu.» « |e leur ai demandé s'ils avaient un mandat.Pas besoin de ça, m'ont-ils répondu, on a voté une loi cette nuit.» Les policiers ne savaient pas trop quoi faire avec la chanteuse Pauline Julien, la compagne de Gérald Godin.«Un des policiers a dit à son collègue \"Pauline julien est ici, raconte Gérald Godin.On l'embarque-tu?Appelle le boss.\" Ce qu'ils ont fait et Pauline a aussi été arrêtée.» «Us nous ont tous deux reconduits à Parthenais.Avant de nous quitter, nous nous sommes embrassés et les policiers nous ont sifflé comme des vrais rockers.Ja» mais je ne l'oublierai.» La réflexion se poursuit LES LIVRES SUR LA CRISE D'OCTOBRE Qïiis Cam* s B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 OCTOBRE 1990 Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins Alain Dubuc éditeur adjoint directeur de I information éditorialiste en chc» 9 ; Vingt ans plus tard, comme si de rien n'était On célèbre certains anniversaires pour se rejouir qu'une page soit définitivement tournée.Tel celui de l'Armistice, depuis 1918.Et dans l'avenir, sans doute, le 9 novembre qui rappellera l'ouverture du Mur de Berlin.Il en est d'autres, par contre, qu'on s'abstient tacitement de commémorer.Comme pour oublier.Soit une défaite encore amère ou une victoire toujours inachevée.Par exemple, la bataille des Plaines d'Abraham, le 13 septembre 1759.La Crise d'octobre 1970 appartient à cette catégorie d'événements dont la signification ne fait pas encore l'unanimité.Ce qui n'empêche pas, au contraire, journalistes et historiens d'épiloguer à profusion sur son déroulement exact.Ou sur la mo-; tivation et le rôle précis de* ses principaux protagonistes.De même que sur ses conséquences.> \u2022 \u2022 .\u2022 Du côté du FLQ, les choses se sont passablement clarifiées au .gré des enquêtes, des procès et des confidences des acteurs de ; -cette opération d'agit-prop qui a tourné au drame.» \u2022 On sait maintenant que cette soi-disant armée secrète \u2014qui a ébranlé les fondements même de la démocratie canadienne\u2014, ne regroupait en réalité qu'une trentaine de jeunes idéalistes ayant mal assimile la pensée de Mao, de Franz Fanon et d'Albert Memmi.Ou l'exemple de Che Guevara.On n'ignore pas non plus que ces apôtres trop naïfs dune im-.possible révolution prolétarienne ne rêvaient pas vraiment de renverser le pouvoir à Québec.Leur objectif était déjà largement atteint avec la diffusion de leur évangile qui a rapidement sombré dans l'oubli après une éphémère heure de gloire à la télévision d'État.' ( On s'interroge encore, certes, sur les circonstances exactes de là mort de Pierre Laporte et sur les responsabilités individuelles des membres de la cellule Chénier.Mais nul ne peut plus ignorer maintenant que le temps n'a pas émoussé leur solidarité.Une \u2022profonde complicité qui, après vingt ans, leur fait encore assu- \u2022 jner collectivement la paternité du geste de l'un des leurs.\u2022 \u2022 $ .Le temps a également permis de mesurer le désarroi de la po- - lice devant les premières manifestations du FLQ.Et l'inquiétude, voisine de l'hystérie, qui s'est emparée du gouvernement du Québec et des autorités de la ville de Montréal devant la réaction ' afnùsée, voire sympathique, de l'opinion publique.Du moins jusqu'à l'irruption de la tragédie dans ce qui n'apparaissait alors à plusieurs que comme un happening.- On s'entend généralement aussi pour reconnaître que la Crise \u2022 d'octobre n'a pas changé grand chose à l'histoire du Québec.Elle 'tVa,'en tout cas, pas permis au mouvement indépendantiste de .btùïer des étapes.Ni même, dix ans plus tard, de faire l'économie ;à;uo référendum désastreux.Elle n'a cependant pas empêché non plus son développement par les voies démocratiques qui se \u2022traduisait, dès 1976, par l'accession au pouvoir du Parti québécois.\u2022 * Une des conséquences directes des événements de 1970 aura - peut-être été de mettre en lumière un des aspects contradictoires de l'image de Pierre Trudeau.Et, avec le recul, l'ampleur de son échec et le facteur de distorsion qu'il aura été dans l'histoire : canadienne.\u2022 \u2022 » i , « - Porté au pinacle en tant que champion des droits démocratiques, il demeurera dans la mémoire collective des Québécois comme le responsable de la suspension des libertés individuelles.\u2022 Certes, la pauvreté des informations disponibles à l'époque ont - pu servir d'alibi à la proclamation de la Loi des mesures de guerre ét aux excès des mesures répressives employées.Mais ces justifications à posteriori n'altèrent en rien le sentiment généralement répandu aujourd'hui que Pierre Trudeau a voulu se servir de la Crise d'octobre pour briser définitivement le noyau indépendantiste.Et même discréditer l'ensemble du mouvement nationaliste au Québec.Oh sait maintenant que la manoeuvre a fait long feu.Mais l'acharnement de l'ancien chef libéral contre le Québec depuis .^970 donne un relief singulier au fiasco total de toute son action dans ce domaine.De même, incidemment, qu'en ce qui a trait à la plupart de ses autres grands objectifs politiques comme «la société juste» et la fin des disparités régionales.Déterminé à infléchir définitivement le cours des événements au chapitre de l'unité dite nationale, Pierre Trudeau n'aura tout au plus réussi qu'à le faire dévier de façon provisoire.Grâce à sa prodigieuses intelligence, à la force de sa volonté et au charisme de sa puissante personnalité, il sera parvenu, le .temps de son règne, à créer l'Illusion du bilinguisme officiel au Canada.Plus encore, en réalisant un coup de force constitutionnel sans précédent dans les annales canadiennes, il aura réussi à rapatrier la constitution canadienne.Et même à y inclure une \u2022charte de droits et libertés individuelles qui devait, entre autres mérites, protéger définitivement les droits des minorités linguistiques partout au Canada.Y compris au Québec.H aura suffi que Trudeau disparaisse de la scène pour que renaissent les vieux démons qu'il croyait bien avoir exorcisés.Et ; que se déchaînent ceux qu'il avait lui-même engendrés.Comme la dislocation profonde du fédéralisme canadien après le rapatriement de la constitution sans l'accord du Québec.Et les déchirements irréparables résultant d'une tentative de réconciliation qui n'a pas réussi.Tout se passe maintenant comme si l'histoire reprenait sa rou-.te là où Pierre Trudeau a vainement tenté de la faire bifurquer.Le Canada anglais et le Québec prennent conscience de la fragilité, voire de la nocivité, d'un mariage contre nature.Et chacun se .prépare ou se résigne, en toute sérénité ou avec mauvaise grâce, à réfléchir sur les termes d'une nouvelle forme d'association.Én fait, six ans seulement après la démission de l'ancien premier ministre, le Canada n'a jamais été aussi près de l'éclatement souhaité par le FLQ en 1970.Mais contrairement au styJe de contestation prôné par les ravisseurs de James Cross et de Pierre Lapôrte, toute cette remise en question s'effectue dans le plus grand respect des règles démocratiques.C'est probablement là la plus éloquente riposte du Québec au FLQ et à Pierre Trudeau .qgi n'ont réussi ni à accélérer ni à empêcher la suite normale des événements.Et peut-être aussi la principale conclusion à retenir de lâ.Crise d'octobre.Pierre GRAVEL ~v?rc ,j>-htic.rùi dt 'r>eme Que celte ae noire collàoorateu! jerques Jutresne.Demain, Claude Masson commentera en editorial le remaniement ministériel annoncé-par le premier ministre du Québec.-p-,\u2014,- T Z [à&&es i^m^T &rs^ eoaè&sez: Ires mirotJF&s 1 Tu i/0 ?0etvj&\u20ac \\ fèolù J (Droits réserves) M.Trudeau s'expliquait à la télé.Quelque 12 heures après avoir invoqué la Loi sur les mesures de guerre, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau expliquait à la population, sur les ondes de la Société Radio-Canada, les raisons qui ont poussé son gouvernement à recourir à de telles mesures d'exception.Nous reproduisons de larges extraits de cette déclaration.vons sont d'une gratté exceptionnelle.Un groupe d'extrémistes a décidé de s'attaquer par la violence et le terrorisme à la liberté et à l'unité du pays.Des menaces pèsent sur la vie de deux hommes innocents.Ces questions sont extrêmement sérieuses, et je me dois de vous entretenir de la situation et des mesures que le gouvernement a prises pour y faire face.«Ce qui s'est produit à Montréal, au cours des deux dernières semaines, n'est pas sans précédent.Cela est arrivé aileurs dans le monde à plusieurs reprises, et pourrait se produire dans d'autres régions du pays.Mais les Canadiens ont toujours cru que de tels événements ne pourraient survenir ici; c'est pourquoi nous en sommes si bouleversés.«Notre présomption était peut-être naïve, mais elle s'expliquait aisément, parce que la démocratie est solidement enracinée chez nous, et parce que nous avons toujours attaché le plus grand prix à la liberté individuelle.(.) «Les gouvernements du Canada et du Québec se sont fait dire par des groupes de révolutionnaires que, si l'on ne donne pas suite à leurs demandes, deux hommes seront assassinés.Les ravisseurs prétendent agir ainsi pour attirer l'attention sur des cas d'injustice sociale.Mais l'attention de qui veulent-ils attirer?Celle du gouvernement du Canada?Celle du gouvernement du Québec?Tous les gouvernements du pays sont parfaitement conscients qu'il existe des problèmes sociaux à la fois graves et complexes.(.) «Ces victimes qui ont été enlevées, qui sont-elles?Pour les familles éprouvées, ce sont des maris et des pères.Pour les ravisseurs, ils ne sont que des moyens de chantage.Ces ravisseurs en effet auraient pu s'emparer de n'importe qui, de vous, de moi, ou même d'un enfant.Leur but est d'exploiter les sentiments de compassion que nous ne pouvons pas manquer d'éprouver dans de telles circonstances, et de forcer cette sympathie à servir la violence de leurs ambitions révolutionnaires.«Qu'est-ce que demandent ces gens en retour de la vie de leurs otages?Plusieurs choses.Entre autres, ils exigent que soient publiquement étalés leurs griefs, comme s'il suffisait de lancer des slogans et des injures pour régler les problèmes de l'univers et pour rallier l'opinion a leur cause.«lis exigent aussi que leur soit sacrifiée par la police une personne qui aurait, selon eux, contribué à l'arrestation légale et à la juste condamnation de certains criminels de leurs amis.«Ils exigent aussi de l'argent.«Ils exigent encore plus.Que soient libérés de prison 17 criminels et que soient retirées les accusations portées contre 6 autres hommes, !es% uns et les autres étant qualifiés par eux de « prisonniers politiques».Qui sont-ils, ces individus qu'on voudrait nous faire passer pour des patriotes et des martyrs?|e vais vous le dire.«Trois d'entre eux ont été condamnés pour meurtre; cinq autres ont été mis en prison pour homicide involontaire; un autre a été condamné à l'emprisonnement à perpétuité après s'être reconnu coupable de nombreux délits en rapport avec des explosions à la bombe; un autre encore a été déclaré coupable de 17 vols à main armée; deux autres ont été libérés sur parole, mais sont de nouveau incarcérés et subiront leur procès sous des inculpations de vols.«Et on voudrait nous faire croire que ces gens ont été victimes d'injustices, qu'ils ont été emprisonnés à cause de leurs opinions politiques et qu'ils méritent d'être libérés.«La responsabilité de décider si l'un ou l'autre de ces prisonniers devrait être élargi appartient au gouvernement fédéral.C'est une responsabilité que le gouvernement assumera conformément aux dispositions de la loi.Mais céder aux pressions de ces ravisseurs qui exigent l'élargissement des détenus ne serait pas seulement abdiquer cette responsabilité, mais provoquerait un accroissement de l'activité terroriste au Québec.(.) « Le FLQ détient comme otages dans la région de Montréal deux hommes, un diplomate britannique et un ministre du gouvernement québécois.On menace de les assassiner.Si les gouvernements cédaient à ce grossier chantage, la loi de la jungle finirait alors par supplanter nos institutions juridiques, qui se désagrégeraient graduellement.Car enfin, si, comme certains le suggéraient, on avait accédé cette fois-ci aux exigences des terroristes, quitte à exercer «la prochaine fois» une sévérité et une vigilance accrues, on n'aurait fait que retarder l'échéance.Demain, la victime aurait été un gérant de caisse populaire, un fermier, un enfant.C'aurait été, dans tous les cas, un membre de votre famille.« Est-ce alors seulement qu'il aurait fallu s'opposer au chantage?Combien d'enlèvements aurait-il fallu avant de dire non aux ravisseurs?L'his- toire ne nous a-t-elle pas suffisamment éclairés sur ces pays qui ont payé cher une complaisance de cet ordre, trop longtemps entretenue?En décidant de prévenir une telle éventualité, le gouvernement n'entend pas seulement défendre un principe important, il veut protéger, des périls auxquels j'ai fait allusion, la vie de tous les citoyens.(.) «Au cours des douze derniers jours, les gouvernements du Canada et du Québec se sont constamment consultés.La ligne de conduite qui a été adoptée a reçu l'appui complet des deux gouvernements et des autorités municipales de Montréal.Dans le but de sauver la vie de Monsieur Cross et celle de Monsieur La- t porte, nous avons établi un contact indirect avec les ravisseurs.«Les ravisseurs n'ont pas encore accepté notre offre d'un sauf-conduit vers un pays de leur choix en retour de la liberté des otages.Ils n'ont pas encore accepté non plus l'offre du gouvernement du Québec de recommander la libération conditionnelle de cinq détenus éligibles à ce privilège.«Si nous avons offert un sauf-conduit, c'est uniquement parce que M.Cross et M.Laporte pourraient identifier leurs ravisseurs et contribuer à leur éventuelle condamnation.De cette façon, nous éliminons donc les motifs que ces derniers pourraient avoir de faire mourir leurs otages.«Pour survivre, toute société démocratique doit pouvoir se débarrasser du cancer que représente un mouvement révolutionnaire armé, voué à la destruction des fondements mêmes de notre liberté.«Pour cette raison, après avoir examiné la situation, et compte tenu des requêtes du gouvernement du Québec et de la ville de Montréal, le gouvernement du Canada décide de proclamer la Loi sur les mesures de guerre.Ceci a été fait à 4 heures ce matin, afin de permettre aux autorités de prendre immédiatement les dispositions nécessaires pour -1- tenir en échec tous ceux qui préconisent la violence, ou l'exercent, à des fins politiques.«La Loi sur les mesures de guerre accorde au gouvernement des pouvoirs très étendus.Elle met aussi en suspens l'application de la Déclaration canadienne des droits de l'homme.Je peux vous assurer que ce n'est pas de gaieté de coeur que le gouvernement assume de tels pouvoirs.Il ne s'y est résolu que lorsqu'il est devenu évident que la situation ne pouvait plus être maîtrisée autrement.Les pouvoirs que leur confère la Loi sur les mesures de guerre permettront aux gouvernements de parer aux dangers très graves que représentent pour la société les organisations terroristes.Le droit criminel, dans son état actuel, est insuffisant face à l'action du terrorisme systématique.«Par conséquent, il a été accorde à la police certains pouvoirs extraordinaires qui lui permettront de faire un travail de détection plus efficace, et d'éliminer le FLQ ou tout autre groupe préconisant l'usage de la violence à des fins politiques.Ces groupes et l'appartenance à de tels groupes ont été déclarés illégaux.Ces pouvoirs comprennent le droit de procéder sans mandat à des perquisitions ou à des arrestations, de détenir des suspects sans avoir à porter immédiatement contre eux des accusations précises, et de recourir à la détention sans cautionnement.«Ce sont la de très amples pouvoirs, qui ne me sourient pas plus qu'à vous, j'en suis sûr.Mais, sans eux, la police ne pourrait pas avoir raison de ces individus qui se sont voués au renversement de notre régime démocratique par la violence.«Le gouvernement est conscient de sa grave responsabilité en intervenant dans l'exercice de certaines libertés, et il répondra de ses actions devant le peuple.D'autre part, il révoquera cette proclamation le plus tôt possible, compte tenu dé son obligation de protéger l'État contre l'insurrection.(.) .«Ceux qui ont déclenché cette série d'événements dramatiques l'ont fait dans le dessein de briser notre société et de déchirer notre pays; c'est le contraire qui arrivera, j'en suis sûr.Le résultat de leur action ce sera une société plus forte dans un pays plus uni.Ils voulaient nous diviser, ils auront fait notre union.«|e comprends l'inquiétude' de tant de Canadiens.Plusieurs d'entre vous sont bouleversés, et cela s'explique.|e veux vous assurer que les autorités ont la situation en main.Nous faisons tout ce qui doit être fait.Tous les niveaux de gouvernement au pays sont prêts à agir dans l'intérêt du salut public.» LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 OCIOBRE 1990 * * DU FL » Bc Front de Libération du Hi Québec n'est pas le messie, ni un Robin des Bois des temps modernes.C'est un groupement de travailleurs québécois qui sont décidés à tout mettre en oeuvre pour que le peuple québécois prenne définitivement en mains son destin.« Le Front de Libération du Québec veut l'indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les «big-boss» patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse-gardée du cheap labor et de l'exploitation sans scrupules.« Le Front de Libération du Québec n'est pas un mouvement d'agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l'entremise de, marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (le show de la Brinks, le bill 63, la carte électorale, la taxe dite de «progrès social» (sic), power corporation, l'assuran-ce-médecin, les gars de Lapal-me.).« Le Front de Libération du Québec s'auto-finance d'impôts volontaires (sic) prélevés à même les entreprises d'exploitation des ouvriers (banques, compagnies de finance, etc.).«Les puissances d'argent du statu quo, la plupart des tuteurs traditionnels de notre peuple, ont obtenu la réaction qu'ils espéraient, le recul plutôt qu'un changement pour lequel nous avons travaillé comme jamais: pour lequel on va continuera travailler.René Lévesque, 29 avril 1970.«Nous avons cru un moment qu'il valait la peine de canaliser nos énergies, nos impatiences comme le dit si bien René Lévesque, dans le Parti québécois, mais la victoire libérale montre bien que ce qu'on appelle démocratie au Québec n'est en fait et depuis toujours que la « democracy » des riches.La victoire du Parti libéral en ce sens n'est en fait que la victoire des faiseurs d'élections Si-mard-Cotroni.En conséquence, le parlementarisme britannique, c'est bien fini, et le Front de Libération du Québec ne se laissera jamais distraire par les miettes électorales que les capitalistes anglo-saxons lancent dans la basse-cour québécoise à tous les quatre ans.Nombre de Québécois ont compris et ils vont agir.Bourassa dans l'année qui vient va prendre de la maturité: 100000 travailleurs révolutionnaires organisés et armés! «Oui il y en a des raisons à la victoire libérale.Oui il y en a des raisons à la pauvreté, au chômage, aux taudis, au fait que vous M.Bergeron de la rue Visitation et aussi vous M.Legendre de Ville de Laval qui gagnez 10000 dollars par année, vous ne vous sentiez pas libres en notre pays le Québec.«Oui il y en a des raisons, et les gars de la Lord, les connaissent les pêcheurs de la Gaspésie, les travailleurs de la Côte Nord, les mi- neurs de la Iron Ore, de Québec Cartier Mining, de la Noranda les connaissent eux aussi ces raisons.Et les braves travailleurs de Caba-no que l'on a tenté de fourrer une fois de plus en savent des tas de raisons.«Oui il y en a des raisons pour que vous, M.Tremblay de la rue Panet et vous, M.Cloutier qui travaillez dans la construction à Saint-Iérôme, vous ne puissiez vous payer des «vaisseaux d'or» avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l'a fait Drapeau-l'aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu'il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.«Oui il y en a des raisons pour que vous Madame Lemay de St-Hyacinthe vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.«Les braves travailleurs de la Vickers et ceux de la Davie Ship les savent les raisons, eux à qui l'on n'a donné aucune raison pour les crisser à la porte.Et les gars de Murdochville que l'on a écrasés pour la seule et unique raison qu'ils voulaient se syndiquer et à qui les sales juges ont fait payer plus de deux millions de dollars parce qu'ils avaient voulu exercer ce droit élémentaire.Les gars de Murdochville la connaissent la justice et ils en connaissent des tas de raisons.«Oui il y en a des raisons pour que vous, M.Lachance de la rue Ste-Marguerite, vous alliez noyer votre désespoir, votre rancoeur et \u2022 votre rage dans la bière du chien à Molson.Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari.«Oui il y en a des raisons pour que vous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social.Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la Domptar à Windsor et à East Angus les savent.Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayers et les gars de la Régie des Alcools et ceux de la Seven Up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.«Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants Néo-Québécois, enfants chéris du bill 63).« Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les brab du système; ils auraient dû s'apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence plus rien ne fonctionnait le 7 octobre! «Nous en avons soupe du fédéralisme canadien qui pénalise les producteurs laitiers du Québec pour satisfaire aux besoins anglo-saxons du commonwealth; «qui maintient les braves chauffeurs de taxis de Montréal dans un état de demi-esclaves en protégeant honteusement le monopole exclusif de l'écoeurant Murray-Hill et de son propriétaire-assassin Charles Hershorn et de son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre 12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant; «qui pratique line politique insensée des importations en jetant un à un dans la rue les petits salariés des Textiles et de la Chaussure, les plus bafoués au Québec, aux profits d'une poignée de maudits « money-makers » roulant cadillac; «qui classe la nation québécoise au rang des minorités ethnique du Canada.«Nous en avons soupe, et de plus en plus de Québécois également, d'un gouvernement de mitaines qui fait mille et une acrobaties pour charmer les millionnaires américains et les suppliant de venir investir au Québec, la Belle Province où des milles carrés de forêts remplies de gibiers et de lacs poissonneux sont la propriété de ces mêmes seigneurs tout-puissants du XXe siècle; «d'un hypocrite à la Bourassa qui s'appuie sur les blindés de la Brinks, véritable symbole de l'occupation étrangère au Québec, pour tenir les pauvres «natives» québécois dans la peur de la misère et du chômage auxquels nous sommes tant habitués; «de nos impôts que l'envoyé d'Ottawa au Québec veut donner aux boss anglophones pour les «inciter», ma chère, à parler français, à négocier en français: repeat after me: «cheap labor main d'oeuvre à bon marché»; «des promesses de travail et de prospérité, alors que nous serons toujours les serviteurs assidus et les lèche-bottes des big-shot, tant qu'il y aura des Westmount, des Town of Mount-Royal, des Hams-tead, des Outremont, tous ces véritables châteaux-forts de la haute finance de la rue St-|acques et de Wall-Street, tant que nous tous, Québécois, n'aurons pas chassé par tous les moyens, y compris la dynamite et les armes, ces big-boss de l'économie et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.«Nous vivons dans une société d'esclaves terrorisés, terrorisés par les grands patrons, Steinberg, Clark, Smith, Neople, Timmins, Geoffrion, |,L.Lévesque.Hershorn, Thompson, Nesbitt, Desmarais.Kierans (à côté de ça.Rémi Popol la garcette, Drapeau le dog, Bourassa le serin des Simard, Trudeau la tapette, c'est des peanuts!) «Terrorisés par l'Église capitaliste romaine, même si ça parait de moins en moins (à qui appartient la Place de la Bourse?), par les paiements à rembourser à la Household Finance, par la publicité des grands maîtres de la consommation, Eaton, Simpson, Morgan, Steinberg, General Motors.; terrorisés par les lieux fermés de la science et de la culture que sont les universités et par leurs singes-directeurs Gaudry et Dorais et par le sous-singe Robert Shaw.«Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste et le jour s'en vient où tous les Westmount du Québec disparaîtront de la carte.«Travailleurs de la production, des mines et des forêts; travailleurs des services, enseignants et étudiants, chômeurs, prenez ce qui vous appartient, votre travail, votre détermination et votre liberté.Et vous, les travailleurs de la General Electric, c'est vous qui faites fonctionner vos usines; vous seuls êtes capables de produire; sans vous, General Electric n'est rien! «Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous.Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n'attendez pas d'organisations-miracle! «Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail.Et si vous ne le faites pas vous-mêmes, d'autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et tout sera à refaire.Vous seuls êtes capables de bâtir une société libre.«Il nous faut lutter, non plus un à un, mais en s'unissant, jusqu'à la victoire, avec tous les moyens que Ton possède comme l'ont fait les Patriotes de 1837-1838 (ceux que notre sainte mère l'Église s'est empressée d'excommunier pour mieux se vendre aux intérêts britanniques).«Qu'aux quatre coins du Québec, ceux qu'on a osé traiter avec dédain de lousy French et d'alcooliques entreprennent vigoureusement le combat centre les matra-queurs de la liberté et de la justice et mettent hors d'état de nuire tous ces professionnels du hold-up et de l'escroquerie: banquiers, businessman, juges et politicailleurs vendus.«Nous sommes des travailleurs québécois et nous irons jusqu'au bout.Nous voulons remplacer avec toute la population cette société d'esclaves par une société libre, fonctionnant d'elle-même et pour elle-même, une société ouverte sur le monde.«Notre lutte ne peut être que victorieuse.On ne tient pas longtemps dans la misère et le mépris un peuple en réveil.«Vive le Québec libre! « Vive les camarades prisonniers politiques! «Vive la révolution québécoise! «Vive le Front de Libération du Québec!» Crise d'octobre crise d'Oka LFRANCINE PELLETIER collaboration spéciale Je n'ai pratiquement rien vu de la Crise d'octobre.Ni les tanks, ni les arrestations, ni le communiqué lu à la télévision.Rien su de la police méprenant un livre sur le cubisme pour un manuel sur la révolution, ni Madame Cross implorant les fel-q u i s t e s d'emporter les pilules anti-haute pression de son mari.A l'époque, j'ignorais tout cela.À l'époque, j'étudiais la littérature dans l'ouest canadien, l'étais à mille lieues non seulement du Québec, majs de toute dure réalité politique.(À 20 ans, j'étais bien davantage du côté de la poésie que de la politique), l'ai donc vécu la Crise d'octobre comme la majorité du Canada «profond»: avec un mélange d'horreur et d'incrédulité généralement réservé aux événements qui se passent.ailleurs.Vingt ans plus tard, je ne m'étonne plus de ce qui s'est passé.Ni du cafouillage des felquistes, ni de la répression policière, ni de l'arrogance de Trudeau.Je méton-ne, plutôt, qu'il ait fallu attendre 20 ans avant de revenir sur la question, l'ai l'impression que nous avons traité cette affaire, ici au Québec, comme un parent traiterait un enfant délinquant.En la protégeant quelque peu, en en parlant le moins possible et, au mo-meht propice, en la réintégrant, mine de rien, dans le rang familial.On a chuchoté pendant des années au Québec sur les événements d'octobre comme les membres d'une famille chuchotent, partagés entre la déception et l'affection, sur la «honte» de la famille.Et puis, un jour, alors que fiston a grandi, mûri et changé ses vilaines manières, et que la famille a, de toute façon, bien d'autres chats à fouetter, voici l'ex-délinquant qui rebontit à la table familiale, avec à peine un toussotement pour souligner le malaise que tout le monde ressent mais que tout le monde s'empresse d'oublier.Ce genre de doux purgatoire, il n'y a que le giron familial pour le permettre.Et le Québec.Pouvez-vous imaginer un autre endroit au monde où les auteurs d'actes terroristes, après avoir purgé une peine sévère, auraient droit à autant de considérations?Pas moi.Je ne dis pas qu'il faudrait faire autrement, je ne dis pas qu'il faille retirer les micros (ou les jobs) à Paul Rose, Francis Simard et Jacques Lanctôt.Pas du tout.|e dis seulement que le long silence qui a entouré la Crise d'octobre, suivi de cette attention soudaine et toute sentimentale (je pense à l'émission spéciale présentée à Télémétropole il y a deux semaines), sont révélateurs de qui nous sommes.De cette capacité infinie que nous avons de serrer les rangs autour de la famille québécoise.C'est le côté charmant de notre histoire.Moins drôle, par contre, est l'espèce,de déresponsabilisation qui accompagne ce repli sur soi.Certes, on sort aujourd'hui le squelette du placard.Mais pour dire quoi?Que le problème n'est pas tant la démesure felquiste (qui serait, comme chez les enfants, en partie accidentelle) mais plutôt la démesure fédérale.Le message, ici, est le suivant: la faute ne nous appartient pas vraiment.Cette déresponsabilisation n'est pas unique à la Crise d'octobre.Chaque crise majeure au Québec, chaque descente aux enfers \u2014 Crise d'octobre, Polytechnique, crise d'Oka \u2014 ravive le même phénomène.Affolement, d'abord.Intervention policière ou armée, ensuite.Ratissage quasi maniaque des détails de l'événen-ment.Et puis, le silence.Sur le fond du problème.Ce qui m'amène à l'épineux sujet d'Oka.Épineux parce qu'encore si brûlant.Épineux aussi parce que cette crise remet en cause non seulement le rôle de l'État, de la police et des médias \u2014 comme d'ailleurs l'a fait la Crise d'octobre \u2014 mais aussi, le rapport avec les autochtones.C'est la première fois au Québec que nous nous confrontons, en fait, à quelque chose qui est plus gros que nous-mêmes.A quelque chose qui dépasse notre histoire, ou le sentiment que nous en avons.Épineux surtout parce qu'il s'est créé des divisions profondes tout le long de cette crise.Des divisions qui dépassent la simple divergence d'opinions et laissent, dars leur foulée, beaucoup de ressentiment.Comme pour la Crise d'octobre, c'est la réaction à l'événement, bien plus que l'événement comme tel, qui est ici trouble et mystérieuse.Que s'est-il donc passé?.Personnellement, ce qui m'a troublée durant cette crise c'est l'aspect frileux du débat, le peu de place, finalement, pour l'opinion divergente ou extérieure.Très vite, tenir une position qui n'était pas celle du gouvernement équivalait à être anti-québécois (j'ai reçu des lettres me demandant si je ne serais pas, au fond, anglophone ou amérindienne) ou anti-démocratique.11 fallait, bien sûr, dénoncer les Warriors.La question n'est pas là.Mais cette obsession pour les Warriors n'a-t-elle pas fini par taire le débat?À force de parler des Warriors, la cause n'était plus celle des autochtones malmenés par nos gouvernements mais de plus en plus, la cause des Québécois malmenés par les Mohawks.'Ceux qui ont exprimé une sympathie quelconque pour les Warriors (ou même les Mohawks) se sont vite retrouvés au banc des accusés.Des organismes aussi respectables que la Fédération internationale des droits de l'homme, la Ligue québécoise des droits et li- bertés et le Parlement européen ont été accusés de porter des «ornières» et de n'avoir aucune «crédibilité».La Fédération de journalistes a été insultée et ridiculisée (par d'autres journalistes!) pour avoir simplement voulu faire son travail.Même John Ciaccia, pour avoir été trop sympathique aux Mohawks, perd aujourd'hui son job de ministre des Affaires indiennes! C'est pour le moins bizarre, non ?Cette peur bleue de tout rapprochement avec la faction adverse, cette certitude d'avoir raison.Comment l'expliquer sinon par la fragilité de la société québécoise, toujours prête, au moindre signe de danger, à se jeter sur quiconque vient troubler son «intégrité»?Sur quiconque, finalement, rompt le charme et ose la critiquer.Nous sommes une société jeune et particulièrement vulnérable, c'est le moins qu'on puisse dire.Mais la crise d'Oka comporte aussi une autre leçon: encore aujourd'hui, nous nous percevons comme des victimes.C'est à nous que le malheur est censé arriver, comment donc pourrions-nous l'imposer aux autres?Nous percevant comme opprimés, nous ne pouvons aucunement nous concevoir comme oppresseurs.De là, toute l'énergie mise à trouver des boucs émissaires.(La théorie du «complot» en est d'ailleurs un exemple frappant.La confrontation entre le gouvernement québécois et les Mohawks pourrait bien être, chuchotait-on au début de la crise, un complot malicieux de la part du fédéral pour discréditer et déstabiliser le Québec.Encore une fois, ce n'est pas nous les coupables, c'est eux.Ceux qui ne nous aiment pas).Sans nier la responsabilité des autres dans tout ce tumulte, n'est-il pas temps, 20 ans après la crise d'Octobre, d'admettre que, oui, parfois il nous arrive aussi de faire des erreurs?.Lysiane Gagnon Le point tournant L e point tournant de la crise d'octobre ne fut pas l'arrivée des tanks à Montréal.Ni la proclamation de la loi des mesures de guerre.Le point tournant survint un dimanche, aux petites heures dû matin, quand le cadavre de Pierre Lapone fut découvert.Pour le week-end.j'étais chez des amis qui avaient un chalet dans les Laurentides.Le samedi soir, à table, tout le monde avait discuté chaudement des «événements».La plupart des convives étaient des électeurs péquistes.plutôt sympathiques aiiVobjectifs du FLQ sinon à leurs méthodes.Il flottait quand même dans l'air une sorte de complicité envers ces Robin des Bois qui faisaient un tel pied de nez aux pouvoirs établis.Autour de cette table, tout le monde était jeune, et l'époque, turbulente et passionnée: on croyait encore aux vertus des revolutions cubaine et'algérienne, et aux enseignements de Mao, Fanon et Mar-cusc.Même si l'identité des felquistes n'était pas connue, il ne serait venu à l'idée de personne de voir dans ces enlèvements un complot d'origine étrangère: tout le monde pressentait que ces felquistes n'avaient fait que mettre en pratique des idées qui couraient partout.; * ; _ \u2022 \u2022 En ce temps-là.il n'y avait pas de discussion politique qui ne débouchât sur la question de la Violence: était-ce la seule voie du changement réel?|e faisais partie de ceux qui réprouvaient absolument le recours à la violence dans une société démocratique comme la nôtre, mais je connaissais beaucoup de gens qui étaient convaincus que le système électoral était fondamentalement vicié.(Six mois auparavant, le PQ.avec 24 p.cent des voix, avait récolté seulement sept sièges sur 108).\u2022 .\u2022 .La discussion se poursuivit tard dans la nuit, sur le mode abstrait et théorique évidemment.( Naïveté ou « wishful thinking*, tout le monde était, convaincu que rien n'arriverait aux deux otages.) |é dormais profondément quand l'une des mes amies a fait irruption dans ma chambre en pleurant à chaudes larmes.«Ils l'ont tué! Ils l'ont tué!, hurlait-elle, jamais plus je ne voterai pour le PQ!» En bas.dans le salon, tout le monde, brutalement revenu sur terre, était en larmes ou en état de choc.Un homme était mort.Au flou romantique, succéda le dégoût.Le FLQ mourut à cet instant: \u2022!\u2022 *!f *!» .js »j.Plus de dix ans plus tard, j'eus l'occasion de mesurer à quel point la blessure était encore viveau sein de la société.La mère des frères Rose mourut d'un cancer, sans que son fils Paul, qui purgeait-encore sa peine de prison, n'eût reçu l'autorisation d'aller lui rendre une utlime visite sur son lit de mort.Cette cruauté inutile me scandalisait: il n'y a rien d'incompatible à être à la fois contre le terrorisme et en faveur d'un traitement humain pour lès prisonniers.le suis allée aux funérailles, et de retour au journal, j'ai écrit, à chaud, une chronique très éjno-tionnelle, hantée par la mort \u2014 toute mort renvoieà ses propres deuils \u2014, et teintée par l'indignation.que -je ressentais à l'idée qu'on avait empêché un homme d'aller embrasser sa mère une dernière fois.C'était au fond une chronique qui n'avait rien à voir avec la politique ni avec la crise d'octobre.Dans la soirée, j'ai réalisé que le ton en était équivoque, mais c'était trop tard, les presses tournaient.\u2022 * \u2022 * Le lendemain, à mon arrivée au journal, la téléphoniste m'a donné, en même temps qu'un sourire réconfortant, une énorme liasse de messages téléphoniques hostiles.Toute la journée, le téléphone ne dérougit pas.Vinrent ensuite l'avalanche de lettres, de lecteurs furieux et blessés, protestant contré ce qu'ils avaient interprété comme de l'indifférence à la mort de Pierre Lapone.Ils avaient raison, mais que pouvais-je faire?|e le dis bien humblement, lamais, dans toutes mes années de métier, n'ai-je reçu autant de réactions négatives.Le pire, c'étaient les témoignages positifs \u2014 fondés eux aussi sur l'équivoque.Les ( rares) lecteurs qui voulaient me féliciter pour cette chronique qu'ils croyaient, à tort, sympathique aux assassins de Pierre Laporte.avaient tous quelque chose de pervers ou d'extrêmement marginal.h * \u2022 # * le n'ai, au fond, jamais changé d'idée sur le.terrorisme politique.À 20 ans.j'ai envoyé à la revue Parti-Pris un texte contre la violence politique 7- refusé parce qu'il n'entrait pas dans la ligne idéologique de la revue, l'étais contre les premiers FLQ des années 60.et, pour les mêmes raisons, contre lès warriors cet été.Si ces derniers n'avaient pas été armés, et s'ils n'avaient pas terrorisé leurs voisins après avoir terrorisé pendant deux ans leur propre communauté, j'aurais réagi différemment.Hélas, ce vingtième anniversaire voit affluer les révisionnistes de tout poil, qui tentent de transformer cet épisode en glorieuse aventure et les felquistes en héros romantiques, quand ils ne tombent pas dans le délire paranoïaque des théories de la conspiration.le suis estomaquée, et franchement dégoûtée, par la façon dont certains ex-felquistes parlent aujourd'hui de leurs anciens otages.La mort de Laporte était, selon Jacques Lanctôt.une «erreur stratégique majeure».Une erreur stratégique?La mort d'jm homme?Pour Jacques Cossette-Trudel.c'était «une exécution ratée», une « ejaculation précoce», inspirée par une «violence (qui allait éclater) comme un orgasme» (sic.sic et resic).Quant à lames Cross, il fut, écrit Cossette-Trudel, «exproprié», et son plus grand malheur aura été de «rater une partie de bridge» et de «manger à la québécoise pendant 59 jours».À ce cynisme de pacotille, je préfère la réserve obstinée d'un Francis Simard.qui se contente de répéter que la cellule Chénier est responsable de la mort de Laporte.qu'elle ait été accidentelle ou rion.«Son enlèvement n'a pas été accidentel», dit-il.'C'est en effet le détail important.Le professeur Weinmann.quant à lui, opine que «la crise d'octobre fut l'an zéro du Québec (et) la naissance de la nation québécoise».Autre sottise qui n'a rien à voir avec la réalité.Le FLQ fut au contraire le principal obstacle auquel se heurta le mouvement indépendantiste.De 1963 à 1970, René-Lévesque, et les autres leaders indépendantistes démocrates, ne cessèrent de se dissocier du terrorisme\u201eet ils avaient raison : après des années de patient travail de persuasion, le PQ gagna.Qui dit que le PQ aurajt rallié une majorité si le FLQ avait encore été actif'en 1976?\u2022 La contribution du FLQ à l'évolution politique du Québec aura peut-être été de faire.passer lérQ, en comparaison, pour une organisation modérée! C'est assez mince comme contribution.Quant à l'impact sur la scène internationale, le «Vive le Québec libre» de De Gaulle, en 1967, aura fait plus.et avec infiniment moins de dégâts \u2014 que les bombes et les assassinats pour faire connaître le mouvement indépendantiste québécois. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 OCTOBRE 1990 Mus PHOTO MICHEL CRAVEL, L3 Presse Une des nombreuses arrestations effectuées dès la promulgation de la Loi sur les mesures de guerre, le 16 octobre 1970.La ponce admet avoir travaillé m' , m ¦ dans la confusion la plus totale MICHÈLE OUIMET EL e 5 octobre 1970.lorsque lames Richard Cross est kidnappé par le FLQ, la police est prise de court.Elle improvise et travaille dan s; la confusion la plus complete.Cinq jours plus tard, le minisire Pierre Laportc se fait enlever à son.tour.La confusion se transforme alors en chaos.V* Trois corps policiers enquè-iûijenusur ces deux enlèvements soit la GRC, la Sûreté du Québec fit Ja^police de la ville de Montréal plus particulièrement sa section-anti-terroriste (SAT).Gilles /Viassp çtait enquêteur au SAT en J970;pt il travaillait sous les or-lîrèsâtf lieutenant Julien Giguère.\u2022^\u2022jLic^sque Cross s'est fait enlever* raconte-t-il, la machine ne Sjesi.pas mis en branle, elle a br$njé.On n'était pas du tout prêt.» C'est le SAT qui prend en char-ÈéTI-'Çnftjuéte Cross.Mais ce servi-c&ôjât composé que de 12 enquêteurs, deux lieutenants et un capitaine.Submergés par les 2000 appels quotidiens qui proviennent du public et que le SAT vérifie un a un, ils doivent vite faire appel -aux autres policiers de la ville.de Montréal cjui ne possèdent* aucune expérience dans la luftetanti-terroriste.«Ces'.nou veaux, se rappelle Gil-les Masse, étaient incapables de Tàîreîltbdifférence entre Lénine et \"|4fo$sâne.On en a mis du temps pt)uJ*organiser et établir nos priorités.Certains endroits ont même\" été .Tquisitionnés cinq fois à vàuse d'un manque de coordination.C'était véritablement le bordel, la désorganisation la plus totale.» Julien Giguère n'est pas d'accord.Un centre de liaison avait été établi dès le début de la crise.Les.trois corps policiers se rencontraient tous les jours et discutaient de l'enquête.«Amateurisme?Non.Mais dépourvus de moyens et débordés d'information, oui, réplique Julien Giguère.Quand tu as un bureau avec 12 enquêteurs et que tu reçois des milliers d'appels par jour.On nous a critiqués et traites d'amateurs et pourtant, on a finalement retrouvé Cross.Nous sommes le premier pays au monde à avoir réussi un tel exploit.On était des héros.On aurait dû nous élever des monuments.» Selon Mc Jean-François Du-chaine; chargé d'enquêter sur les 0' I PHOTO PAUL-HENRI TALBOT.La Presse Gilles Masse, à l'époque enquêteur à la Section anti-terroriste à la CUM : « C'était le bordel, la désorganisation la plus totale.» # événements d'octobre par le gouvernement du Parti québécois, la police suivait toutes les pistes et allait dans toutes les directions.«Au bout de trois semaines, raconte Mc Duchaine, entre 3000 et 4000 enquêtes étaient en cours.À la SQ, par exemple, ils avaient empli une trentaine de filières avec leurs dossiers sur la crise.» La GRC aussi était mal préparée, si Ton en croit Marc Lalonde, alors directeur de cabinet de Pierre Elliott Trudeau.«Depuis la fin de la deuxième guerre, elle s'occupait surtout de la lutte contre le communisme.Vu d'Ottawa, c'était le SAT qui faisait le boulot et qui était le mieux équipé.» Nombreux conflits De nombreux conflits opposaient la GRC, la Sûreté du Québec et la police de la ville de Montréal.Pire, la compétition régnait aussi à l'intérieur d'un même corps de police et paralysait le travail des enquêteurs.t Mc Duchaine évoque, dans son rapport, les relations tendues qui s'établissent dès le début de la crise entre le service de sécurité et le bureau des enquêtes criminelles de la Sûreté du Québec.Les responsables respectifs de ces deux services rencontrent le directeur de la SQ, Maurice Saint-Pierre, et lui demandent de leur confier l'enquête sur l'enlèvement de Pierre Laporte.Le kidnapping viole les dispositions du code criminel et à ce titre doit revenir à la section des enquêtes criminelles, plaide l'un.La personne enlevée est un politicien et Il'enquête relève donc de la sécurité, argumente l'autre.Saint-Pierre tranche la poire en deux.«Cette répartition ambiguë des rôles fut très préjudiciable à l'efficacité de l'enquête, écrit Duchaine.La somme accumulée des tensions et des conflits qui résultèrent de cette situation, de même que l'échec complet de certaines enquêtes, contribuèrent à créer entre le 10 et le 18 octobre ce qui a été unanimement qualifié par les policiers que nous avons interrogé «d'indescriptible panique.» La Sûreté du Québec n'avait d'ailleurs pas très bonne presse auprès des autres corps de police.«Ce sont des policiers de campagne habitués à travailler à Sorel ou à Saint-Ours, affirme un expolicier de la ville de Montréal impliqué dans la Crise d'octobre et qui préfère ne pas être identifié.Quatre-vingt p.cent de leur travail consiste à régler la circulation.En 1969, lors de notre grève, ils ont été incapables de nous remplacer plus de cinq minutes.Ils ne connaissaient pas les rues de Montréal et ne savaient même pas où était l'Oratoire Saint-Joseph.» Bouillie pour les chats Jérôme Choquette, alors ministre de la Justice, défend «sa» police.«Le rapport Duchaine, affir-me-t-il, c'est de la bouillie pour les chats.Il y a certes eu quelques bavures mais la police s'en est bien tirée.La GRC était effectivement avare de ses renseignements et n'aimait pas les communiquer aux autres corps de police.Quant -à la SQ, il y a eu des difficultés a l'interne.Oui, c'est très juste de dire qu'il y a eu un problème de fonctionnement.» Selon Don Mc Leery, sergent à la GRC en 1970 et qui a contribué, grâce à son enquête, à retrouver l'endroit où était séquestré James Cross, les forces policières collaboraient sur le terrain.C'est d'ailleurs à partir d'un dossier remis par Julien Giguère que Mc Leery a pu remonter la filière et découvrir Cross.Gilles Masse confirme: «Il y avait beaucoup de conflits entre les corps de police mats pas à la base.C'était à la direction que ça se chicanait.» Ottawa voyait un FLQ puissant MICHÈLE OUIMET Le 5 octobre 1970, jour de l'enlèvement de lames Richard Cross, les policiers et les hommes politiques ne savent pas trop ce qu'est le Front de libération du Québec.Lorsque Pierre Laportc est enlevé à son tour, le doute sur la force réelle du FLQ fait alors place à une certitude: le Québec doit se défendre contre un groupe puissant et bien organisé.«L'État même du Québec et l'État fédéral sont réellement en danger au Canada, déclare alors le ministre Jean Marchand à la Chambre des communes.Les plus pessimistes disent qu'il y a à peu près 3000 membres du FLQ (.) C'est qu'ils sont infiltrés dans tous les endroits vitaux stratégiques de la province de Québec (.).On a donc affaire à une organisation assez bien ordonnée (.) dont le premier objectif est la destruction du pays.» Le lieutenant Julien Giguère.qui était un des responsables de la section anti-terroriste de la police de la ville de Montréal (SAT), croyait au discours de Jean Marchand.«On a identifié une trentaine de felquistcs, explique:t-il, mais c'était les soldats qui allaient au front.On n'a pas réussi à arrêter les généraux, les financiers.Le FLQ, c'était aussi 3000 activistes prêts à tout faire sauter.J'avais 5 à 6000 noms dans mes filières.Des contestataires, des révolutionnaires prêts à renverser le gouvernement.» Le directeur du service de police de la ville de Montréal en 1970, Marcel Saint-Aubin, refuse de commenter ces événements, «l'ai perdu la mémoire» , a-.t-il dit lorsque La Presse l'a contacté.De son côté, Maurice Saint-Pierre, directeur de la Sûreté du Québec en 1970, croit que le moment est mal choisi pour parler d'Octobre à cause de la crise amérindienne.«Les gens ignorent comment fonctionne un corps de police.Est-ce que ça marche comme sur des roulettes dans les médias?Ce n'est pas facile de coordonner les activités de plusieurs corps policiers.» Lui aussi pensait que Jean Marchand n'exagérait pas.«Nous savions que le FLQ était composé de cellules indépendantes les unes des autres.Il n'y avait pas 3000 felquistes mais plutôt 3000sympathisants.» Marc Lalonde Pris de court Le pouvoir politique aussi se pose des questions.«On ne savait pas trop ce qu'était le FLQ, explique Marc Lalonde, alors directeur de cabinet de Pierre Elliott Trudeau.Depuis 1963, il y avait eu des attentats à la bombe, des vols d'armes et de dynamite.C'était un groupe qui paraissait bien organisé.On a été pris de court.Est-ce qu'ils allaient aussi faire sauter le pont Jacques-Cartier?On ne savait pas.» En fait, Marc Lalonde était bien informé.Le Strategic Ope-ration Center (SOC), mis sur pied pendant la crise d'octobre et formé de conseillers proches de Pierre Elliott Trudeau, de représentants de la GRC et de l'armée, avait pour mission d'analyser toutes les informations relatives à cette crise.Le SOC informait quotidiennement Marc Lalonde.C'est d'ailleurs à partir des informations de la GRC et des lettres pressantes de Robert Bou-rassa et de Jean Drapeau que le cabinet fédéral a décidé de pro- mulguer la loi sur les mesures de guerre.«Oui, nos informations provenaient de la GRC, confirme Marc Lalonde.Mais nous ne vivions pas sur la lune.On voyait ce qui se passait.» Jérôme Choquette, ministre de la Justice au Québec à l'époque de la crise, connaissait mal le FLQ, à l'exemple de ses collègues.«Le FLQ?C'était assez inconnu mais je n'aurais jamais dit une connerie comme Marchand.» «J'ai donné une conférence de presse pour dire que j'offrais des sauf-conduit aux felquistes mais que je refusais leurs autres revendications et, deux heures plus tard, Pierre Laporte était kidnappé.Le déroulement de ces événements, le « timing », nous ont donné l'impression d'une force beaucoup plus grande, extraordinaire.On a été pris par surprise et il a fallu se débrouiller avec les moyens du bord.» Pourtant le FLQ.selon ML lean-François Duchaine, auteur d'un rapport sur la crise d'octobre, se composait alors d'environ 35 personnes.«Les moyens financiers dont il dispose sont extrêmement limités, écrit Duchaine (.) Les deux enlèvements ont été réalisés dans des conditions quasi-artisanales et par des groupes numériquement réduits, ils ont pourtant créé un choc hors de proportions avec leur importance réelle.» La Sûreté du Québec et la police de la ville de Montréal, poursuit Duchaine, «ne possédaient en octobre aucune information leur permettant de prévoir l'enlèvement de James Richard Cross.(.) Il n'existait pas de centre de traitement de l'information.Il n'y avait qu'un centre d'archives où tout était classé sans analyse.» Aujourd'hui, M1' Duchaine endosse toujours les conclusions de son rapport.«Les policiers étaient noyés, inondés d'information.11 n'y avait pas d'analyse, pas de méthode d'enquête sophistiquée.L'information était en vrac, non traitée.11 n'y avait pas de prospective, ils éteignaient des feux.» «On était 12 enquêteurs, pas 12 analystes, réplique Julien Giguère.Ton travail, c'est d'enquêter sur une bombe ou un meurtre.Tu trouves le gars et tu l'arrêtes.» L'insurrection appréhendée Cette surévaluation des forces du FLQ a amené la GRC, le SAT et la SQ à brosser un tableau très sombre de la situation aux hommes politiques.«Nous avons besoin de plus de pouvoir pour retrouver les ravisseurs», disaient-ils aux hommes politiques.«Le directeur du service de police de la ville de Montréal, Marcel Saint-Aubin, m'a demandé c'est quoi ton problème, raconte Julien Giguère.Je lui ai dit que j'avais besoin de pouvoirs accrus en matière de Rétention, d'arrestation et de perquisition.On avait seulement 24 heures pour interroger un suspect.Quand on le relâchait, il allait rejoindre les rats (ravisseurs) dans leur trou.Est-ce qu'il va falloir attendre que quelqu'un meurt?» On craint l'insurrection, lie 16 octobre, la loi sur les mesures de guerre est promulguée.En quelques heures, 450 personnes sont arrêtées.« En mai 68 en France, le gouvernement a failli être renversé et c'est une simple manifestation étudiante qui avait provoqué l'emballement du système, explique Marc Lalonde.En 1970, il n'y avait rien d'anodin dans la crise et les forces policières étaient totalement submergées.Elles étaient incapables de veiller au maintien de l'ordre » La police dit mieux équipée aujourd'hui MICHELE OUIMET Vingt ans après la crise d'octobre, le directeur de la police ile la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM), Alain S;ilni-Germain, croit que la police pst maintenant mieux équipée pour faire face à ce genre d'événement.Le nerf de la guerre, a-t-il affirme a lu Presse, c'est la qualité des services de renseignement.«\u2022Nous possédons une section renseignements qui s'est passablement-développée depuis dix ans.Nous avons des experts qui analysent l'information, ce qui nous permet de développer des stratégies d'intervention et de voir les choses venir.»- D'ailleurs la fameuse section anti-terroriste de la police de la ville de Montréal, qui avait été au coeur de l'action policière lors des événements d'Octobre, a disparu à la fin des années 1970 pour être remplacée par la section des renseignements.Ces experts remettent régulièrement des rapports au directeur de la police.Les grands sujets de l'heure font l'objet d'analyses.Le débat autour du lac Meech, par exemple, a été suivi de près.La police voulait être prête a réagir aux possibles manifestations de mécontentement des Montréalais francophones.On surveille aussi les dates d'échéance des conventions collectives dans un contexte de récession économique, on étudie l'impact de l'entrée en vigueur de la TPS sur la Jiausse des fraudes commerciales, etc.« Nous ne sommes pas dans une société de Big Brother, précise le directeur Saint-Germsin, et on ne peut pas prévoir comment le service de police réagirait si la crise d'octobre recommençait.Un service de police peut d'ailleurs être débordé.La population a souvent une image un peu fausse de notre travail.Avec tous ces films américains qui nous montrent des policiers infaillibles qui savent tout et possèdent tout l'équipement nécessaire.» «Lors des événements d'octobre 1970, la police n'était ni équipée, ni entraînée pour gérer correctement la cueillette d'informations, affirme de son côté Jacques Beaudoin, sous- ministre de la Sécurité publique à Québec et ex-directeur de la SQ de 1974 à 1988.Si l'action de la police n'est pas basée sur le renseignement, elle n'est pas efficace.» Les policiers sont mieux formés aussi, croit Alain Saint- Germain.«Chez nous, tous les policiers doivent obligatoirement suivre un cours de formation de quatre jours par année.Aujourd'hui, les trois-quarts des policiers admis ont un diplôme collégial en techniques policières.» Pour Jérôme Choquette, ministre de la Justice lors des événements d'octobre, «on a essayé d'améliorer la formation des policiers mais on en a fait des littéraires et des distingués.Ça fait pas des bons policiers.La structunte, le syndicalisme et la bureaucratie tuent la police.» Ce qui choque aussi Jérôme Choquette, c'est «qu'on a détruit le ministère de la Justice avec Je vague à l'âme du Parti québécois.Dans mon temps, police et- justice se tenaient ensemble.» «Une société, poursuit M.Choquette, ça ne se tient pas avec du «scotch tape» et de la bonne volonté.II faut savoir jouer du baton et de la carotte.Je ne crois pas que toutes les crises peuvent se régler par la négociation.Aujourd'hui, on fait des études et des analyses.C'est de la foutaise!» LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 6 OCTOBRE 1990 B5 Plus \u2022 _ Roublard fut le journaliste, redoutable fut le politicien CILLES NORMAND ierre Laporte, pour ceux qui n'étaient pas nés lors de la crise d'octobre 1970, c'est un pont, dans le bout de Québec, et une école, dans le bout de Montréal.Pour les plus vieux, c'est un journaliste qui a embrassé la politique, démontrant beaucoup plus d'éclat comme parlementaire que comme reporter, et qui surtout a perdu la vie de façon tragique, exécuté selon la théorie felquiste, et mort probablement par accident selon que les témoignages et les analyses s'accumulent.En prenant Laporte, le FLQ savait qu'il attaquait l'àme même du gouvernement libéral.Ayant appris, en rentrant du Texas, le rapt du diplomate britannique lames Cross, les frères Rose et Francis Simard sont convaincus qu'aucun gouvernement ne négociera la libération d'un tel otage.Celui qui allait devenir leur victime était tout à fait de leur avis.«Le gouvernement ne peut pas négocier avec des terroristes.Cela établirait un dangereux précédent», confiera le ministre Laporte a son chef de cabinet et ami Jean-René Gagnon, quelques jours après ce premier enlèvement.«Il était partagé entre la ligne dure pour laquelle devait opter le gouvernement et le bouleversement qui accablait la famille du diplomate.Quand il a été kidnappé à son tour, il a dû se rappeler cette réflexion.et comprendre Robert Bourassa», raconte M.Gagnon, qui voit son ancien patron comme un des éléments les plus nationalistes du gouvernement du temps.Chef de cabinet de M.Laporte à l'Immigration, en 1970, alors que son ancien patron détenait aussi le portefeuille du Travail, M.Gagnon rappelle que Pierre Laporte s'était senti extrêmement déchiré, en 1967, quand René Lévesque a quitté le parti libéral en claquant la porte.\u2022«Il était très près des idées de M.Lévesque sur le plan constitutionnel», soutient-il, ajoutant qu'aujourd'hui, l'ex-mi-nistre du Travail se serait situé dans l'aile nationaliste du Parti libéral.' \" Ceux qui ont connu Pierre Laporte parlent tous de son penchant nationaliste.Mais pour les felquistes qui l'ont kidnappé, en ce début de soirée du 10 octobre, il est l'un des ministres du gouvernement qui se sont le plus ouvertement prononcés contre le séparatisme et Tin-dépendance du Québec.De plus, dans un communiqué qui suivra le rapt, ils le qualifient de ministre du chômage et de l'assimilation des Québécois.Mais il y a gros à parier que c'est surtout la proximité de la maison de l'homme politique par rapport à celle des ravisseurs, sur la Rive-sud, qui aura déterminé ce choix.Sans parler du fait qu'il avait dérogé à une toute nouvelle directive du cabinet: désormais, tous les ministres devaient être protégés par un garde du corps.Le clan Laporte Né à Montréal, le 27 février 1921, de Juliette Leduc et du Dr René Laporte, il fait ses études classiques au collège de l'Assomption et est admis au Barreau en 1945.Durant ses études en droit à l'Université de Montréal, il se révèle déjà un excellent orateur.Il aura deux enfants \u2014 Claire et Jean \u2014 de Françoise Brouil-let, qu'il épouse le 11 août 1945.La vie familiale a été une de ses priorités, malgré ses nombreux engagements.Pierre Laporte, souligne Jean-René Gagnon, portait à bout de bras ce qu'il appelait lui-même «le clan Laporte».Ayant perdu prématurément ses deux frères, il a assumé la tutelle de la famille de l'un d'eux, Roland.Alors qu'il était membre du gouvernement, il a fait l'achat d'une maison pour sa mère, maison voisine de la sienne, à Saint-Lambert.«Ce dont il n'avait pas les moyens», précise une amie de la famille, et ce que confirmera son ex-employeur au quotidien Le Devoir, Gérard Filioh, \u2022précisant qu'il avait laissé tant de dettes, à sa mort, que des amis ont lancé une souscription pour les régler.C'est le 14 décembre 1961 qu'il fait son entrée à l'Assemblée législative \u2014 devenue l'Assemblée nationale \u2014 après avoir remporté une élection partielle dans la circonscription de Cham-bly, sous l'étiquette libérale.Il se révèle tôt un parlementaire rusé, habile, adroit et lean Lesage le nomme ministre des Affaires municipales le 5 décembre de l'année suivante.Les libéraux perdent le pouvoir en 1966, mais Laporte est réélu et devient président du caucus libéral et leader parlementaire de l'Opposition jusqu'à la reprise du pouvoir en 1970, sous Robert Bourassa.Ce même Bourassa qui l'a vaincu à la course à la direction du parti, plus tôt, la même année.Pourtant, la démission de Jean Lesage, en 1969, faisait de Pierre Laporte l'homme tout désigné pour diriger le Parti libéral.Homme de premier plan au conseil des ministres, sa formation d'avocat et son expérience de journaliste lui permettaient de comprendre les situations en un clin d'oeil et de les décortiquer rapidement.«Il était au travail très tôt, le matin.C'était un homme extrêmement décisionnel et expéditif.Des fonctionnaires arrivaient avec une brique de documents et il leur disait: retournez travailler; je veux cela en une page», rappelle Jean-René Gagnon.Un journaliste brouillon et roublard C'est comme homme politique que Pierre Laporte aura laissé sa meilleure image.Comme journaliste, on se rappelle de lui volontiers comme d'un individu brillant, qui saisissait vite les situations, mais qui bâclait souvent son travail et qui avait la réputation d'entretenir des «combines» pour en tirer quelque argent.Si Gérard Filion, son employeur au Devoir, s'en souvient comme d'un gros travailleur, il le jugeait néanmoins fort indiscipliné et imprévoyant.«Il n'avait aucun sens de l'administration, aucun sens de l'argent, pas plus du sien que de celui des autres.Il avait tendance à s'endetter terriblement », précise-t-il.«II lui arrivait de disparaître sans aviser, pour une semaine ou une dizaine de jours, pour revenir tout bonnement» comme s'il n'était jamais parti.Il était allé sous le soleil de la Floride.Mais il était difficile de le réprimander.C'était un bon travailleur», ajoute M.Filion, précisant que le plus beau fleuron journalistique de Pierre Laporte était sans doute d'avoir fait éclater le scandale du gaz naturel, en 1958.Michel Roy, ex-collègue de Laporte au Devoir, voit les choses dans une perspective pour le moins divergente.Il avait dû réécrire toute la série d'articles dénonçant le scandale du gaz naturel.«11 fallait même compléter et vérifier certaines informations», précise-t-il, tant Pierre Laporte était brouillon.«Toutes sortes de combines» À cette époque, le journalisme ne permettait guère de vivre à un homme marié, ayant des enfants et une maison.Comme cela arrivait à d'autres, Pierre Laporte se débrouillait.Il était de notoriété, dans la salle de rédaction du Devoir, que ce reporter entretenait «toutes sortes de combines», rappelle en riant M.Roy.Journaliste de 1945 à 1961, Pierre Laporte a surtout été courriériste parlementaire à Québec.«À l'époque, des gens de la tribune des journalistes pratiquaient une sorte de trafic d'influence, en ménageant certaines entrevues pour des associations ou des individus auprès de Duplessis, ou de certains ministres», explique M.Roy, précisant que Pierre Laporte n'était pas étranger à cette pratique.Ce côté roublard devait lui servir plus tard à saisir rapidement, dans n'importe quel milieu, quelle personne pouvait lui être utile.Ce qui lui a été profitable en politique, mais ce qui lui a aussi valu d'être la cible de diverses allusions à des relations douteuses, avec la mafia même, mais dont la preuve n'a jamais été apportée.Robert Bourassa fut plus que le pantin de Trudeau LOUIS FALARDEAU EL histoire fait un bien mauvais parti au Robert Bourassa gestionnaire de la crise d'octobre.Elle le décrit le plus souvent comme un homme dépassé par les événements, qui a abandonné tout leadership au gouvernement fédéral et à son chef, Pierre Trudeau.Louis Fournier, dans sa magistrale histoire du FLQ, écrit que c'est toujours M.Trudeau qui lui dictait sa ligne de conduite et nous le montre même écrivant presque sous la dictée du ministre Marc Lalonde! Cette opinion était aussi celle de la majorité des commentateurs de l'époque, qui présentaient M.Bourassa comme un acteur secondaire d'une crise gérée par le gouvernement fédéral.René Lévesque, chef du PQ et chef officieux de l'opposition, allait bien plus loin quand il déclarait, au lendemain de la proclamation de la Loi des mesures de guerre: «Le Québec n'a plus de gouvernement.» Avec 20 ans de recul, sachant mieux ce qui s'est passé et connaissant mieux Robert Bourassa, on peut penser que le jugement de l'histoire sera revisé à la hausse.M.Bourassa était bien plus qu'un pantin dans la main de Pierre Trudeau.Mais on comprend aussi que c'est son style particulier de gestion qui lui a valu sa mauvaise image.Il faut dire qu'au départ, le premier ministre du Québec est placé dans une situation d'infériorité.11 est un nouveau venu: il dirige le Parti libéral depuis moins d'un an et le Québec depuis moins de six mois.Il est jeune aussi, à peine 37 ans, ce qui en fait le plus jeune premier ministre de l'histoire du Québec.Enfin, il n'a pas du tout l'allure d'un homme d'État.Plutôt celle, a-t-on écrit, d'un comptable qui ne mange pas à sa faim! Et puis, la crise commence par l'enlèvement d'un diplomate, ce qui en fait tout naturellement une affaire fédérale.C'est d'ailleurs Mitchell Sharp, ministre des Affaires extérieures, qui prend l'affaire en mains au début.Le premier jour, M.Bourassa reste silencieux.C'est le ministre de la Justice, Jérôme Choquette, qui annonce que toute décision sera prise conjointement avec le gouvernement fédéral.Le lende- main, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le premier ministre ne consacre que quelques phrases à la crise.Il parle plus volontiers de son voyage de trois jours à New-York et à Boston qu'il n'a pas l'intention d'annuler car cela pourrait «laisser croire aux investisseurs et aux prêteurs que la situation est beaucoup plus grave qu'elle ne l'est».Il passe donc les trois jours suivants aux Etats-Unis, où il parle, déjà, du développement de la Baie James.Et il'ren-tre le 10, quelques heures avant l'enlèvement de Pierre Laporte.Jusque là, on a l'impression que M.Bourassa accorde bien peu d'importance à la crise.«Il la prend au contraire très au sérieux», rétorque Guy Lan-glois, qui était alors son chef de cabinet et qui est aujourd'hui vice-président principal d'Unigesco.M.Langlois, qui a passé toute cette période aux côtés du premier ministre, explique que Robert Bourassa était très conscient de la gravité de la situation.«Il suivait ça de très près.À New-York, il était en contact téléphonique constant et s'il avait fallu revenir, on n'était quand même qu'à une heure de Montréal.Et quand on est rentrés le samedi midi, M.Choquette nous attendait dans un hôtel près de l'aéroport pour faire le point sur la situation.«Quand Laporte est enlevé, c'est sûr que ça devient encore plus important pour lui.D'abord c'est un ministre de son gouvernement, mais en plus c'est un ministre important, un bras droit.À partir de ce moment-là, il va s'impliquer dans la \"cuisine\" même de l'affaire, tâche qu'il avait jusque là confiée à Choquette.Des inventions «Le soir même, il parle à Trudeau pour lui dire toute l'importance qu'il accorde à l'affaire et il convoque ses ministres en réunion spéciale à Montréal.Et il garde son calme comme il le fera tout au long de la crise.Les histoires de panique, de crises de larmes, sont de l'invention.M.Bourassa n'est pas un émotif.Il est difficile de trouver un homme qui va mieux gérer une situation comme celle-là.» Mais le lendemain, il fait le geste qui provoquera les pires critiques dont il sera l'objet.Alors que, deux heures avant l'enlèvement de M.Laporte, son gouvernement, par la voix de M.Choquette, rejetait toutes les conditions des ravisseurs, M.Bourassa indique maintenant qu'il est prêt à négocier.Il donne l'impression qu'il se dissocie de la ligne dure incarnée par M.Trudeau, que le » » Québec a pris l'affaire en main.-Son geste est salué par toute une série de leaders \u2014syndicats, PQ, Mouvement Desjardins \u2014 qui s'étaient déjà prononcés en faveur de la négociation.# Puis, trois jours plus tard, sans qu'il y ait vraiment eu négociations, il change à nouveau complètement de cap.Il re;-jette toutes les demandes du FLQ et dô-mande à Ottawa de proclamer la Loî sur les mesures de guerre.Il rejoint le camp des durs, il semble avoir cédé û Trudeau.\u2022 Jérôme Choquette ne partage pas cet,L te opinion.«Je ne crois pas qu'il ait jamais été prêt à libérer les prisonnière politiques.Il voulait peut-être gagner du temps., il y avait des collègues au cabinet qui voulaient céder., mais as: sez rapidement il s'est rendu compte que ça ne donnait rien.» Guy Langlois pense aussi que M.Bourassa n'a \"jamais été partisan de la libération des.prisonniers politiques.Plaire à tout le monde ::- \u2022 ^ * Vingt ans plus tard, et après \"l'avoir vu à l'oeuvre comme premier ministre pendant 11 ans, cette image de McBpu-rassa parait plus crédible qu'en TJXlPlii-tôt que d'avoir cédé à Trudeau, il aurait été d'accord avec lui tout au long de la crise.Mais il aurait tergiversé, il aurait trompé non seulement les ravisseurs mais aussi tous les Québécois partisans de la négociation, dont certains de ses ministres, pour gagner du temps, pour plaire à tout le monde au moins à un moment donné.Comme tant de fois par la suite/comme cette année dans la crise amérindienne, M.Bourassa aime toujours mieux gagner du temps que prendre une décision qui pourrait être mauvaise.Il aime aussi plaire à tout le monde en attendant que les sondages lui disent clairement ce que souhaite la majorité.En 70 comme cette année, il voulait avant tout éviter les pertes de vie.11 a mieux réussi cette année.Son vieil ami et adversaire politique, Pierre Bourgault, trouve qu'il a été 'aussi bon en 70 que cette année.« Il n'a pas été spectaculaire, mais il a fait ce qu'il fallait.» .Guy Langlois fait aussi la comparaison entre 70 et aujourd'hui.«Oka, je'r^ gardais ça de l'extérieur et je me disais qu'il fonctionnait de la même façon.Il va peu à la télé, il fait peu de grandes déclarations, ce n'est pas son style.* Une se voit pas comme un grand communi-cateur.Mais il s'arrange pour que ce soit géré comme il le veut.II se préoccupe du résultat.C'est lui qui mène, il n'y a aucun doute.» Pierre Trudeau et Robert Bourassa, aux funérailles de Pierre Laporte: le second fut-il le pantin du premier?témoins disent que non.Des C'aurait au LOUIS FALARDEAU Ouand Pierre Laporte est enlevé, le samedi 10 octobre, Robert Bourassa est à sa résidence de Sorel avec sa femme, Andrée, et son chef de cabinet, Guy Langlois.Ils s'apprêtent à se mettre à table, quand le téléphone sonne.M.Bourassa répond lui-même et entend le ministre de la Justice, Jérôme Choquette, lui annoncer que Pierre Laporte vient d'être enlevé.Quelques minutes plus tard, la sonnerie retentit de nouveau.Cette fois, c'est Langlois qui répond.Une femme lui dit: «Nous venons d'enlever Pierre Laporte, mais c'est Robert Bourassa qu'on voulait enlever», et raccroche aussitôt.Bourassa.Guy Langlois, qui raconte l'histoire à La Presse, se précipite à l'extérieur pour voir de quelle protection jouit le premier ministre.«H y avait un policier de la SQ, un seul, rappelle-t-il, et il n'était pas armé.Il se promenait devant la maison et il avait laissé son revolver dans sa voiture.Je lui ai dit d'appeler des renforts et quelques minutes plus tard plusieurs auto-patrouilles protégeaient la maison.» «C'aurait pu être Bourassa», conclut-Il, reconnaissant que les felquistes auraient pu enlever le premier ministre presque aussi facilement que son ministre du Travail.À l'époque, explique-t-il, les mesures de sécurité se résumaient à presque rien.«L'atmosphère a beaucoup changé par la suite.C'est devenu moins serein à mesure que la sécurité s'est faite plus lourde.Mais on n'avait pas le choix.» Il est quand même étonnant que;M.Bourassa n'ait pas été mieux protégé.Trois mois plus tôt, le 16 juillet, la police a* désamorcé une bombe placée contre un mur de l'hôtel Victoria ou il logeait lorsqu'il était à Québec.Et depuis l'enlèvement de Cross, la police à lais$e couler une rumeur voulant que lé FLO ait un plan d'assassinats sélectifs d'hommes politiques, dont M.Çouras-sa.Mais quand on sait que M.Laporte, qui était le numéro 2 du gouvernement, n'était pas protégé du tout même après l'enlèvement de lames Cross, qn_comprend que le Québec politique nj Vivait pas encore à l'heure du terrorisme. B6 Plus 19 7 0 i LUNDI 9 À 8 h 20, quatre hommes enlèvent le diplomate britannique lames Richard Cross de son domicile de Westmount.Dès neuf heures, les policiers ont dressé des barrages aux carrefours stratégiques.?Dans un communiqué déposé au pavillon Lafontaine de l'Université du Québec à Montréal, la cellule Libération du Front de libération du Québec (FLQ) revendique l'enlèvement.Les ravisseurs exigent notamment, en échange de la vie de leur otage, la libération de 20 ^ prisonniers «politiques» et leur transport vers Cuba ou l'Algérie, une rançon de 500 000$ et la publication du manifeste du.FLQ.Les ravisseurs donnent aux autorités 48 heures pour satisfaire à leurs conditions.James Cross 6 OCTOBRE ¦ À Ottawa, le secrétaire d'État aux Affaires '.extérieures Mitchell Sharp qualifie les exigences du FLQ de «tout à fait déraisonnables».\u2022 m \u2022 \u2022 ¦ a Lî 18 h : second communiqué de la cellule i Libération.« Les autorités en place ne semblent pas ! prehdre au sérieux les recommandations du Front ; de libération du Québec (.) Il est certain que ! lorsque le délai sera expiré, nous n'hésiterons ituljement à supprimer M.Cross .car la vie et la liberté des prisonniers politiques et des gars de Lapalme valent bien des centaines de diplomates qui ne représentent que les seuls intérêts des \"big boss\" anglo-saxons et américains.» 7 OCTOBRE ¦ 9h: expiration du délai fixé par le FLQ.D 9h 30: à Ottawa, le premier ministre Trudeau explique pourquoi le gouvernement a rejeté les conditions posées par les ravisseurs du diplomate britannique.«L'engagement envers la société est plus important que toute autre chose.» ?11 h 15: en conférence de presse, le ministre de la Justice Jérôme Choquette se dit disponible en tout temps pour entamer des pourparlers avec les \"ravisseurs.;DËn début d'après-midi, Mme Cross se rend au tftibrtier général de la police.On fait défiler devant elle 10 personnes arrêtées au cours des dernières heures, reconnues comme sympathisantes du FLQ.Elle ne reconnaît aucune de ces personnes.?La station radiophonique CKLM reçoit une enveloppe du FLQ.Celle-ci contient un communiqué demandant la lecture du manifeste du Front à la télévision et à la radio de Radio-Canada et l'arrêt des perquisitions, (ointe au communique, une lettre de M.Cross demandant aux autorités d'accueillir favorablement les demandes de ses ravisseurs.?En fin de soirée, le secrétaire d'État aux Affaires extérieures M.Sharp annonce qu'Ottawa est prêt à négocier avec les felquistes.8 OCTOBRE I ¦ La police effectue une dizaine de perquisitions et arrête une trentaine de personnes pour les interroger, ?14 h 40: Pierre Pascau, alors journaliste à CKLM, reçoit un nouveau communiqué du FLQ.À nouveau, les ravisseurs exigent la lecture de leur manifeste à Radio-Canada et la cessation des perquisitions.Ils donnent aux autorités jusqu'à minuit pour satisfaire à ces deux conditions.?22h 30: Radio-Canada diffuse le manifeste du FLQ.C'est l'annonceur Gaétan Montreuil qui lit le document.«Le Front de libération du Québec veut l'indépendance totale des Québécois, réunis dans une société .libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les « big-boss » patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse gardée du £h$ap labor et de l'exploitation sans scrupules (.)» ?Minuit; expiration du délai accordé par le FLQ.Gaétan Montreuil 9 OCTOBRE ¦ 15 h : à la demande du ministre de la Justice, les stations de radio diffusent un communiqué demandant aux ravisseurs une preuve que leur otage est toujours sain et sauf.«(.) qu on fasse parvenir une lettre manuscrite de M.Cross dans laquelle il se trouvera la phrase suivante: \"It is now five days since I left, and I want you to know, darling, that 1 miss you every minute.\"» ?21 h : deux communiqués du FLQ et une lettre de M.Cross sont rendus publics.Le premier communiqué daté du 8 octobre, oh, annonce la suspension temporaire de la menace de mort pesant sur M.Cross, en réponse à la lecture du lùadifeste du FLQ à Radio-Canada.Le second eoirmuniqué daté du 8 octobre, 18h, reproche aux autorités de n'avoir pas diffusé le communiqué précédent.(L'original de ce communiqué, lé communiqué no.6, n'aurait jamais été récupéré par le journaliste auquel il était destiné.) Les felquistes fixent un ultime délai: 18h, samedi.La lettre écrite par M Cross comprend la phrase exigée .par le ministre de la justice plus tôt dans la journée.K5§ S8 Jours qui ébranlerait 10 OCTOBRE J 18h : expiration de l'ultime délai fixé par le FLQ.À Montréal, le ministre de la Justice Jérôme Choquette donne une conférence de presse.Il annonce qu'Ottawa est prêt à donner aux ravisseurs un sauf-conduit pour qu'ils puissent quitter le Canada.Aux «prisonniers politiques» actuellement devant les tribunaux, il promet la clémence.?18 h 18: trois hommes armés de mitraillettes enlèvent le ministre du Travail Pierre Laporte devant sa résidence de Saint-Lambert, sous les yeux de son neveu.?Toute la nuit, les forces policières mènent des recherches: à l'île Charron, à l'île Bizard, à Bouchervillc.Des barrages routiers ont été établis.Les stations de radio suivent tous les développements de la crise en direct.Les alertes à la bombe se multiplient.Pierre Laporte Après l'enlèvement de Pierre Laporte, la police multiplie les barrages routiers dans la région métropolitaine.Daniel McGinnis 11 OCTOBRE * t ¦ Durant la nuit, la police effectue des dizaines de Perquisitions et arrête plusieurs'sympathisants du LQ.?En matinée, le journaliste Daniel McGinnis, de CK AC, apprend qu'un message a été déposé pour lui dans une poubelle de la station de métro Peel.Il y découvre le premier communiqué de la «cellule de financement Chénier» du FLQ, qui revendique l'enlèvement de M.Laporte, «le ministre du Chômage et de l'Assimilation québécoise.Le ministre sera exécuté dimanche soir, lOh, si d'ici là, les autorités en place n'ont pas répondu favorablement aux sept demandes émises à la suite de l'enlèvement de M.Cross».?L'avocat des felquistes, M* Robert Lemieux, est arrêté.?En début d'après-midi, le reporter Daniel McGinnis découvre un second communiqué.Les ravisseurs répètent leur ultimatum.Une lettre de M.Laporte à sa femme est jointe au communiqué, «je pense à vous trois constamment.Cela m'aide à tenir le coup.» n 16h45: nouveau communiqué découvert par CKAC.jointe au communiqué, une lettre du ministre du Travail au premier ministre Bourassa.«Tu as le pouvoir de décider do ma vie», écrit M.Laporte, qui supplie le premier ministre de se rendre aux conditions des felquistes.?En soirée, au cours d'une assemblée électorale, le Front d'action politique (FRAP), qui se présente contre le Parti civique du maire Drapeau aux élections municipales, annonce qu'il approuve les objectifs du FLQ et dénonce «la violence du système.» ?Dans une allocution diffusée à la radio et à la télévision, le premier ministre Bourassa demande aux ravisseurs de fournir des garanties que la satisfaction de leurs exigences mènera bel et bien à la libération des deux otages.Robert Bourassa Ce n'est qu'en relisant, jour par jour, les journaux de l'époque, qu'on retrouve l'atmosphère de l'automne 1970.Ou plutôt les atmosphères.Car la Crise d'octobre a eu, comme la crise d'Oka, ses orages et ses accalmies.La crise de 1970, on l'a peut-être oublié, a duré aussi longtemps que l'été indien : près de trois mois, de Venlève-ment de James Cross le 5 octobre à l'arrestation des meurtriers de Pierre Laporte le 28 décembre.À en juger par la couverture faite par les journaux, l'enlèvement de James Cross, s'il a suscité beaucoup d'inquiétude, n'a pas tout de suite plongé le Québec dans une «crise».Le gouvernement et les médias avaient encore le temps de faire autre chose.De travailler, notamment, sur la menace de grève des médecins spécialistes, à l'approche de l'entrée en vigueur de l'assurance-maladie.Le 7 octobre, le premier ministre Bourassa se permet même de quitter le Québec: il se rend rencontrer des investisseurs à New York.C'est l'enlèvement de Pierre Laporte qui précipite le Québec dans la crise.Les Québécois en ont le souffle coupé.Dans les jours qui suivent, toute la population vit au rythme des communiqués du FLQ et des perquisitions.Comme la télévision pour l'été indien; la radio diffuse la Crise d'octobre èn direct.Le drame atteint son apogée avec fa découverte du cadavre de Pierre Importe.Par la suite, graduellement, la tension diminue, même si M.Cross est toujours aux mains du FLQ.La liberation du diplomate début décembre met un terme à la crise comme telts* Ne manque plus que l'arrestation ravisseurs de Pierre Laporte.Une les frères Rose et Francis Simard c turcs le 28 décembre, la Crise d'ocM bre quitte Factual i té pour entrer dat l'histoire.ANDRÉ PRATÏÏJ I' / il! 12 OCTOBRE ¦ Durant la nuit, CKLM diffuse un nouveau communiqué de la cellule Libération.Celle-ci réitère ses demandes, mais ne fixe pas de délai.Une lettre de M.Cross au premier ministre du Québec est jointe au communiqué.Le diplomate s'y dit convaincu qu'on le libérera si les gouvernements se rendent aux exigences des felquistes.?16 h 30: Pierre Pascau trouve un communiqué de la cellule Chénier.Alors que la cellule Libération a fait savoir qu'elle accepterait de libérer M.Cross si deux de ses conditions originales étaient satisfaites, la cellule Chénier exige, avant de libérer M.Laporte, que toutes les conditions du FLQ soient remplies.?17h30: 500 soldats prennent position à Ottawa.Leur mission: protéger les députés et les diplomates.?Minuit: le gouvernement Bourassa désigne un jeune avocat, Me Robert Deniers, comme négociateur.Mc Demers amorce des discussions avec le représentant du FLQ, Mc Robert Lemieux, toujours détenu au quartier général de la L'armée protège police de Montréal.|e parlement 13 OCTOBRE ¦i ¦ En après-midi: interrogé par les journalistes sur la nécessité de faire venir l'armée à Ottawa, le premier ministre Trudeau déclare: «La société doit prendre tous les moyens à sa disposition pour se défendre contre l'émergence d'un pouvoir Fiarallèle qui défie 'autorité élue du pays.» ?Le Conseil central de Montréal de la CSN publie un communiqué dans lequel il appuie «sans équivoque tous les objectifs du manifeste du FLQ.«(.)Le FLQ/ne s'attaquera jamais aux salariés, mais plutôt à la minorité dominante qui est la cause de tous les maux actuels au Québec».?22 h : rupture des négociations entre le gouvernement du Québec et le représentant du FLQ.Le gouvernement exige des garanties sur la libération des otages sains et saufs.Pierre Trudeau l 7T « .'Y '¦' 14 OCTOBRE O lOh 15: nouveau communiqué du FLQ envoyé au journaliste de CKLM Pierre Pascau.Comme l'avait fait leur avocat, les felquistes rejettent les propositions gouvernementales, Les ravisseurs exigent une nouvelle fois la fin des perquisitions: «.notre arrestation signifie LA MORT IMMÉDIATE DU DIPLOMATE ET DU MINISTRE DU CHÔMAGE ET DE L'ASSIMILATION».?En après-midi : reprise des négociations entre Mc* Demers et Lemieux.?Dix personnalités québécoises, dont le directeur du Devoir Claude Ryan, le chef du PQ René Lévcsque et les présidents des grandes centrales syndicales, donnent une conférence de presse pour appuyer le gouvernement du Québec dans son intention de trouver une solution négociée à la crise.Les personnalités dénoncent «l'atmosphère .de rigidité presque militaire que l'on peut décelef à; Ottawa».Claude Ryan René Lévesque JEUDI 15 OCTOBRE -v ; ¦ En après-midi: l'armée fait son apparition à Montréal et à Québec, à la demande du premier .ministre Bourassa, «pour protéger les édifices publics et la population ».?Séance extraordinaire de l'Assemblée nationale pour voter une loi forçant les médecins spécialistes à mettre un terme à leur grève.Les médecins ont \" débrayé pour protester contre l'entrée en vigueur du régime d'assurance-maladie.?21 h : dans un communiqué, le premier ministre Bourassa rejette la plupart des exigences des felquistes.Le gouvernement ne s'engage qu'à recommander la libération conditionnelle de cinq détenus qui l'ont demandée, et a permettre aux ravisseurs de quitter le pays.?22 h 15 : conférence de presse de Mc Robert Lemieux.«le n'ai plus rien à dire, le gouvernement s'est moqué de moi et du peuple.» ?Rassemblés au Centre Paul-Sauvé, 3000 étudiants acclament Mc Lemieux, Pierre Vallières, Charles Gagnon et Michel Chartrand et scandent «FLQ! FLQ!> timet m S.¦ Robert Lemieux VENDREDI 16 OC ¦ 4 h : à la demande du gouvernement du Québec et de la ville de Montréal, le gouvernement fédéral proclame la Loi sur les mesures de guerre et adopte un décret permettant aux forces de l'ordre d'arrêter sans mandat toute personne qu'elles soupçonnent de faire partie du FLQ.Les personnes arrêtées peuvent être détenues jusqu à 21 jours avant de comparaître devant un juge.Dans sa demande, le maire de Montréal lean Drapeau invoque la nécessité de «protéger la société du complot séditieux et de l'insurrection appréhendée dont les enlèvements récents ont marqué le déclenchement».?5 h : les forces policières de toute la province se.lancent dans une série de perquisitions chez des » ; personnes ayant sympathisé, de près ou de loin.! avec le FLQ, Dès les premières heures, 250 personnes sont arrêtées, une vingtaine d'armes 1 sont saisies, de même que plusieurs tonnes de littérature «subversive».Parmi les personnes arrêtées: Pierre Vallières, Charles Gagnon, Michel \u2022 Chartrand, Me Robert Lemieux, Gérald Godin, Pauline Julien, Pierre Nadeau, le docteur Serge Mongeau et le poète Gaston Miron.?La Chambre des communes approuve à l'unanimité l'application de la Loi sur les mesures de guerre.Le chef de TOpposition Robert Stanficld s'inquiète cependant de l'importance des pouvoirs qu'elle accorde à la police.Robert Stanfleld B7 19 9 0 ,]77'\"aBBiiiiiii la démocratie canadienne Le corps de Pierre Laporte fut trouvé dans le coffre de cette Chevrolet, à proximité de l'aéroport militaire de Saint-Hubert.17 OCTOBRE ¦ Durant la nuit: deux candidats du FRAP sont arrêtés, et la police saisit la liste des membres du parti municipal.?21 h 30: à la suite d'un appel reçu à CKAC, le reporter Mychel Saint-Louis trouve un communiqué lui indiquant où se trouverait le cadavre de M.Pierre Laporte.«Face à l'arrogance du gouvernement fédéral et de son valet Bourassa, le FLQ a décidé de passer aux actes.» Le journaliste se rend à Saint-Hubert, à proximité de l'aéroport militaire.Il y trouve une voiture de marque Chevrolet.?22h45: les militaires ouvrent la valise de la voiture trouvée par M.Saint-Louis.Ils y trouvent le corps de M.Laporte.Le Québec et le Canada sont indignés.Pierre Elliott Trudeau: «le suis habité par un sentiment de honte devant un geste aussi cruel, posé avec autant de sang-froid et de perfidie.» René Lévesque: «Ceux qui, froidement et délibérément, ont exécuté M.Laporte, après l'avoir vu vivre pendant tant de jours, sont des êtres inhumains.S'ils ont vraiment cru avoir une cause, ils l'ont tuée en même temps que Pierre Laporte (.)» DIMANCHE 18 0CT0BR ¦Mi ¦ 11 h 30 : les journalistes de CKLM trouvent une lettre de M.Cross, démontrant qu'il est encore vivant.?Depuis la proclamation de la Loi sur les mesures de guerre, 343 personnes ont été arrêtées.Seulement une vingtaine ont été relâchées.Û Claude Ryan, René Lévesque et les dirigeants des (rois centrales syndicales pressent le gouvernement et le FLQ de négocier pour sauver lames Cross.?Des mandats d'arrestation sont émis contre Marc Carbonneau, 37 ans, chauffeur de taxi, et Paul Rose, 27 ans, professeur, soupçonnés d'avoir participer à l'enlèvement de MM.Cross et Laporte et au meurtre de ce dernier.D Le gouvernement du Québec renouvelle son offre d'un sauf-conduit pour les ravisseurs du diplomate britannique.Le gouvernement de Cuba a accepté de les accueillir.B Cinq mille personnes défilent devant le cercueil de Pierre Laporte, dans le hall du nouveau Palais de justice de Montréal.?16h 30: funérailles de Pierre Laporte à l'église Notre-Dame, en présence des premiers ministres Trudeau et Bourassa, sous la garde de nombreux soldats et policiers.LUNDI 19 OCTOBRE I 2 h : la maison où le ministre Pierre Laporte a été détenu pendant sept jours est découverte par des détectives de la Sûreté du Québec, à la suite d'un appel téléphonique anonyme.La maison est Isituée au 5630 rue Armstrong, à Saint-Hubert, non loin de l'endroit où on a trouvé le corps de M.Laporte.?La mère et les deux soeurs de Paul Rose sont arrêtées.Le 5630 de la rue Armstrong, à Saint-Hubert, la maison où Pierre Laporte fut gardé en captivité.MARDI ¦ Citant diverses sources, les médias annoncent Ique M.Laporte a été torturé avant d'être assassiné.Le ministre de la Justice a ordonne que le rapport d'autopsie ne soit rendu public qu'après les funérailles de la victime.21 OCTOBRE ¦ Le coroner du district de Montréal Me Laurin Lapointe rend public le rapport de l'autopsie pratiquée sur le corps de M.Laporte.Le ministre a été étranglé avec la chainette qu'il portait au cou.Les médecins ont aussi trouvé trois coupures: au poignet gauche, à la hauteur du pouce droit, et à la poitrine.Ces blessures avaient déjà saigné abondamment au moment de la mort de M.Laporte.?Dans une entrevue accordée à un journaliste anglophone de Vancouver, le ministre de l'Expansion économique régionale Jean Marchand affirme que le FRAP sert de «couverture» au FLQ.Selon le ministre, les informations fournies à Ottawa par le gouvernement du Québec et par l'administration Drapeau lui donnaient de bonnes raisons de croire Siue «les éléments elquistes du FRAP voulaient troubler les élections municipales de dimanche prochain par des explosions de toutes sortes, par de nouveaux enlèvements et même, par des fusillades.» M.Marchand révèle aussi que selon les informations fournies au gouvernement fédéral, le FLQ compte entre 1000 et 3000 membres.Jean.Marchand ?Au cours d'un congrès conjoint, la CSN, la FTQ et la CEQ condamnent à la fois le FLQ et «le terrorisme policier et militaire» des gouvernements.22 OCTOBRE ¦ M.Marchand précise ses propos de la veille: le FRAP n'est pas une «couverture», mais plutôt une «caution morale» pour le FLQ, puisqu'il en a appuyé publiquement les objectifs.?Le maire de Montréal lean Drapeau, quant à lui, déclare que le FRAP et le FLQ sont «très liés».11 en veut pour preuve le fait que !e FRAP ait invité à une de ses assemblées les orateurs «les plus révolutionnaires que l'on connaisse», tels Pierre Vallières, Robert Lemieux et Michel Chartrand.Plus tard dans la journée, le maire soutient que « le sang mâ Jean Drapeau coulera dans les rues» si le FRAP est élu.Les dirigeants du FRAP qualifient les propos de M.Marchand de «nouveau coup de la Brink's ».?La Sûreté du Québec libère 48 des 170 personnes détenues à Montréal depuis plusieurs jours en vertu de la Loi sur les mesures de guerre.25 OCTOBRE ¦ Victoire écrasante du maire Jean Drapeau: 92 p.cent du vote.52 sièges sur 52.Dans son discours, le maire Drapeau remercie les électeurs de l'avoir aidé à résister «non seulement aux attaques connues des révolutionnaires, mais aussi aux \u2022 tentatives de mettre sur pied un gouvernement provisoire chargé de présider au transfert des pouvoirs constitutionnels à un régime révolutionnaire.» Dans les heures et les jours qui suivent, on se perdra en conjectures sur l'existence réelle du «pouvoir de transition» évoqué par M.Drapeau.Selon les informations publiées par les médias, c'est au groupe de personnalités animé par Claude Ryan et René Lévesque que le maire faisait allusion ce soir-là.Ces personnalités se seraient tenues prêtes à faire partie d'un gouvernement provisoire disposé à négocier avec le FLQ; René Lévesque qualifie ces informations de «sinistre farce» et Claude Ryan parle de «rumeurs stupides».LUNDI 26 OCTOBRE ¦ Sur les ondes de CKLM, Mmc James Cross supplie le FLQ de libérer son mari.?L'opposition à la Loi sur les mesures de guerre va croissant.Le président de l'exécutif du PQ Jacques Parizeau affirme qu'Ottawa a profité de l'affaire Cross-Laporte pour engager l'affrontement inévitable avec le Québec: ?Découverte d'un nouveau communiqué du FLQ, portant l'empreinte digitale de Paul Rose et accompagné de son passeport expiré.2 N0VE ¦ Les gouvernements du Canada et du Québec offrent chacun une récompense de 75 000$ aux personnes qui leur transmettront des renseignements menant à l'arrestation des ravisseurs de James Cross et aux meurtriers de Pierre Laporte.RECOMPENSE _,,$150,000 CARBONNEAU REWARD Dut» y ¦?^!r-_I ««tut Tl.i : mu cattttvi Ufl '¦\u2022¦tk' m C .-«\u2022 Nabi IfMI 0T:> \u2022» % \u2022 >1> NAPPERONS Styles inusités, élégants, attrayants, traditionnels.un beau choix pour bien garnir votre table.j 20% à 60% DE RABAIS! 1 K^'^\"^\"T*BMMiMMWWMBH\u2014ffi | j 33SBQ1 CADEAUX mxmi INOXBECK De l'Italie.les plus belles pièces en acier inoxydable avec touches de plaqué or (vont au luve-vaisselle).Maintenant à prix abordables.A partir de 69,95 ENSEMBLES DE DRAPS Percale américaine Notre prix Jumeau.24,95 Double.34,95 Queen .49,95 King.59,95 JUSQU'A 60% DE RABAIS! s sur le plus vaste choix de DRAPS, DOUILLETTES ASSORTIES ET ACCESSOIRES DE PERCALE ET SUPERCALE.f/mMansA CANNON MARÏEX Spnngmaid sievens ^feir Une nouveauté! 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