La presse, 19 mars 1991, B. Informations nationales - Le Monde
[" 1 \u2022 Informations nationales à Le Monde LA PRESSE, MONTRÉAL, MARD119 MARS 1991 John Crow Crow s'explique devant le comité des Communes Presse Conadîenne OTTAWA e gouverneur de la Banian que du Canada, M.John Crow, a dù expliquera un comité des Communes, hier, pourquoi il a dépensé 207_ millions en 1990, soit 11.5 pour cent de plus que l'année précédente, au moment même où le gouvernement fédéral prêche la restriction sous toutes ses formes.M.Crow a cité, en premier lieu, l'augmentation du volume des billets de banque, qui doivent être traites à Montréal et à Toronto.H y a eu hausse, d'un autre côté, des coûts d'administration de la dette fédérale de 400 milliards.La Banque du Canada a commence à faire l'achat, de plus, d'appareils dispendieux pour combattre la contrefaçon des nouveaux billets de 50$ et de 100$.Reste la question des salaires du personnel de la banque centrale, qui se sont élevés à 78.9 millions, soit une hausse de 9,4 pour cent.M.Crow a noté, à ce sujet, que la plupart des employés se trouvant a Ottawa, H fallait donner des augmentations «pouvant faire concurrence à celles du gouvernement fédéral».Toronto Il a fallu, d'un autre côté, accorder des hausses spéciales au personnel de Toronto, où les salaires sont généralement plus élevés.H y a eu.enfin, des gratifications à ceux dont le travail a été juge «au-dessus de la normale».Le député libéral Herb Gray a continué à se demander, après les explications de M.Crow, pourquoi les salaires avaient tellement augmenté à la Banque du Canada, alors que les fonctionnaires fédéraux devront se contenter de hausses limitées à trois pour cent en 1991-92.«le crois que vous n'avez pas présenté une cause très convaincante», a-t-il dit.Les souverainistes sont prêts à patienter jusqu'en 92 Ce compromis sur la tenue du référendum vise à amener Bourassa à signer le rapport B.-C.CILLES NORMAND du bureau de La Presse QUÉBEC ¦ ^ Les députés péquistes de même que le bloc des souverainistes non alignés qui siègent à la Commission Bélanger-Cam-peau sont disposés à bouger de quelques mois quant à la date de la tenue d'un référendum sur la souveraineté, afin d'amener Robert Bourassa à signer le rapport.C'est ce qu'a donné à entendre le président du Mouvement Desjardins et membre de la commission constitutionnelle, Claude Bé-land, hier, en conférence de presse à Québec.Pour obtenir un consensus le plus large possible, ce qui permettrait aux libéraux provinciaux d'y souscrire, on consentirait donc à wmmmm mu amender la proposition des présidents Michel Bélanger et Jean Campeau pour fixer en 1992 la tenue d'un référendum qui était proposé pour 1991, ce qui était inacceptable aux libéraux de Robert ,Bourassa.Un autre amendement serait toutefois exigé: il consisterait à modifier la proposition de telle sorte qu'il y soit précisé que le référendum porte sur la souveraineté du Québec.Ce à quoi se sont \u2022 objectés jusqu'ici les commissaires attachés au Parti libéral.Les commissaires cherchent manifestement un moyen de contraindre le premier ministre Bourassa à respecter une recommandation de tenir un référendum sur la souveraineté, en passant si nécessaire par les mécanismes d'une loi qui serait adoptée par l'Assemblée nationale.C'est apparemment la pression très forte exercée par les non-ali-gnés qui aurait amené les partis politiques à des positions de repli, depuis quelques jours, alors que des négociations souterraines qui n'ont eu de cesse entre les uns et les autres semblent enfin donner plus de résultats que les pourparlers à la grande table de la commission.Ainsi, le bloc du Parti québécois serait favorable à cette dé- ne sont plus que 60 % des habitants de l'île de Montréal \u2022\u2022V Leur poids relatif baisse au profit des allophones, selon une étude de la Commission Bélanger-Campeau statistiques du Bureau de la statistique du Québec et de Statistique Canada, et elles ne dépassent pas l'année 1986.Pour réaliser cette etude, l'auteur a tenu compte es francophones représentent' d'une distinction entre la langue %¦ moins de 60 p.cent dç la po- maternelle, qu'il définit comme la première langue apprise et encore comprise, et la lange d'usage ou celle le plus souvent parlée à la maison.CILLES NORMAND du bureau de La Presse OUIBEC \u2022V - «T pulation de l'île de Montréal, les anglophones plus du quart, tandis que le poids relatif de ces deux communautés est en baisse au profit des allophones.p.cent à 10,3 p.cent), la baisse étant plus lente lorsqu'on considère la langue d'usage, soit de 14,7 p.cent en 1971 à 12,3 p.cent en 1986.Depuis 1976, cette baisse de la représentation relative signifie, en termes absolus, une diminution d'environ 100 000 personnes.C'est ce que révèle une étude confidentielle réalisée pour le compte de la Commission Bélanger-Campeau, et dont La Presse a obtenu copie.L'étude, intitulée «L'évolution démolinguistique du Québec et du Canada», dirigée par Marc Termote, professeur de démographie et d'économie régionales à l'Institut national de la recherche scientifique ( INRS-Urbanisa-tion ), conclut que la décroissance démographique est à ce point inéluctable, pour le groupe francophone, que «la question n'est plus seulement de savoir si on parlera encore le français au Québec, dans quelques générations, mais aussi combien il restera de Québécoises et de Québécois pour le parler».On attribue cette situation à la chute relativement plus rapide de la fécondité chez les francophones que chez le groupe anglophone, mais aussi au fait que le groupe allophone bénéficie à la fois de la fécondité la plus élevée, de la mortalité la plus basse et d'une immigration croissante.En ce qui a trait aux perspectives d'avenir, l'auteur conclut que, selon toute probabilité, «on parlera de plus en plus le français au Québec, du moins en dehors de l'île de Montréal (pour laquelle toutes les tendances portent à prévoir une baisse du pourcentage de francophones, au profit de celui des allophones)».Mais, soutient-il, «ce sont des Québécois de moins en moins nombreux qui le parleront».En 1986, la population total de l'île de Montréal atteignait 1 728 005 habitants, comparativement à I 737 565 en 1981.De ce nombre, 1 026 436 personnes avaient pour langue d'usage le français, en 1986, contre 448 789 pour qui c'était l'anglais et 252 781 immigrants qui s'exprimaient autrement.Le recensement de 1981, lui, établissait le nombre de francophones à 1 042 060 habitants, celui des anglophones à 468 340, et les allophones à 227 165.Ces derniers, comme on peut l'observer, sont les seuls qui ont augmenté leur nombre.Le document de travail extrêmement fouillé s'appuie sur des L'auteur croit que les allophones continueront, dans des proportions élevées (environ 70 p, cent), à choisir leur langue maternelle comme langue d'usage.«Toutefois, rien ne permet jusqu'ici de déceler parmi les 30 p.cent qui adoptent une nouvelle langue d'usage, un renversement significatif dans leur préférence (à deux contre un) pour l'anglais.» Le groupe français ne se fortifie pas Les données de 1951 à 1986 témoignent d'une érosion lente mais continuelle du groupe de langue maternelle anglaise au Québec ( dont le poids dans la population totale est passé de 13,8 Toutefois, le déclin du groupe anglophone ne veut pas dire que le groupe francophone renforce sa présence.«En fa.i, avec un poids relatif de 82,9 p.cent de la population du Québec en 1986, le groupe francophone n'a retrouvé qu'entre 1981 et 1986 sa part de 1951.«Ce qui signifie que c'est le groupe de langue maternelle autre, qui, en passant de 3,7 p.cent en 1951 à 6,8 p.cent en 1986, a repris à son compte les points de pourcentage perdus par le groupe anglais», précis^Ie document du professeur Termote.Signalant de fortes disparités dans l'évolution démolinguistique hors du Québec, M.Termote précise que sur l'île de Montréal, le poids relatif des groupes français et anglais a diminué au point que ceux dont la langue maternelle est «autre» représentent près de 20 p.cent de la population, soit autant que le groupe anglophone.Une tendance accélérée par un niveau élevé d'immigration internationale.Quant aux immigrants de pays francophones, ils ne manifestent guère une propension plus élevée à rester au Québec, au contraire.Selon l'étude, la perte moyenne parmi l'ensemble des immigrants arrivés entre 1976 et 1986, donc après une durée moyenne de cinq ans de séjour, est de 28 p.cent, mais elle s'élève à 30 p.cent parmi ceux nés au Liban, au Maroc et en Belgique, à 40 p.cent chez ceux qui originent de Suisse, à 44 p.cent chez les Algériens et à 47 p.cent chez les Français.marche mais, s'il est disposé à accepter que le référendum glisse quelque peu en 1992, il ne veut pas que ce soit aussi loin qu'à l'automne.Quelque part en au début de 1992, donc.Informé des propos de M.Bé-land, le leader du Parti québécois a l'Assemblée nationale, Guy Chevrette, a lancé: «Pas question que l'on signe, un chèque en blanc.Il n'est pas question de nous faire adopter Allaire.Il faut que le référendum porte sur la souveraineté du Québec et que cela soit précisé dans la proposition.» Et, d'ajouter M.Chevrette, «tant que les libéraux n'accepteront pas de dire ce sur quoi ils veulent que porte le référendum, on ne discutera pas de date», laissant toutefois entrevoir une certaine souplesse.Du côté péquiste, advenant une entente avec les libéraux pour favoriser un plus large consensus, on exigerait que Robert Bourassa signe le document «de manière à ce qu'il ait les pieds barrés par sa signature», a confié un autre commissaire.M.Béiand a aussi précisé que la proposition à laquelle on travaille prévoit la formation d'un comité pour préparer la souveraineté.L'homme d'affaires a répété qu'il était toujours favorable à la souveraineté, après quoi on négocierait une association économique avec le reste du Canada.Les travaux de la Commission Bélanger-Campeau reprennent aujourd'hui, à la Maison Maize-rets.Le vote final sur la proposition principale est prévu pour demain, mais on n'écarte pas la possibilité de siéger également jeudi.gfl I 4 \" Claude Castonguay Castonguay ne souhaite pas de référendum en 91 MARIO GILBERT de ta Presse Canadienne e disant plus pessimiste qu'avant l'échec de l'accord du lac Meech, le sénateur Claude Castonguay souhaite que la Commission Bélanger-Campeau ne propose pas la tenue d'un référendum dès l'automne 1991, au moment précis où, croit-il, le gouvernement Mulroney présentera ses propositions constitutionnelles.Après l'échec de l'accord du lac Meech, le Parti conservateur s'est retrouvé sans position constitutionnelle, a-t-il dit aux journalistes, hier soir, avant de prendre la parole devant la Chambre de commerce de la Rive-Sud de Montréal.«Les flûtes qui doivent être accordées ( à Ottawa ) sont plus nombreuses», a-t-il ajouté.Selon M.Castonguay, la tenue d'un référendum à l'automne de 1991, comme pour- rait le proposer le rapport final de la Commission Bélanger-Campeau, ne permettrait pas non plus aux Québécois d'obtenir toute l'information nécessaire avant de décider de l'avenir du pays.M.Castonguay a par ailleurs douté que la commission B.-C.en arrive à présenter un seul rapport unanime.11 y aura probablement deux rapports parallèles, a confié celui qui avait été le porte-parole du Regroupement des gens d'affaires en faveur du lac Meech, avant le rejet de l'entente en 1990.Une division qui déçoit M.Castonguay.«Si l'on veut (le Québec) être raisonnablement crédible, le plus unis nous serons, le mieux ce sera».L'ancien ministre libéral espère toutefois que le ou les rapports de la commission permettront de bonifier le rapport Allaire, qui va un peu trop loin, selon lui.Le français dans les petites entreprises : Ryan préfère la persuasion guy pinard \u20224 % Le ministre Claude Ryan, responsable de l'application de la Charte de la langue française, n'a pas l'intention de demander à l'Assemblée nationale de modifier la loi afin d'obliger les entreprises de moins de 50 employés à obtenir un certificat de francisation comme elle l'exige des entreprises de 50 employés et plus.C'est ce qu'il a affirmé hier, lors d'une rencontre avec la presse, où il dévoilait la liste des projets retenus dans le cadre du Programme de soutien financier à la promotion du français dans les entreprises.M.Ryan a également refusé de répondre aux questions ayant trait au dossier municipal, préférant s'en tenir à l'objet de la conférence de presse: la promotion du français dans les entreprises.La Presse soulignait récemment que le Conseil de la langue française était divisé sur l'opportunité de proposer au ministre d'obliger les quelque 20 000 entreprises de 10 à 50 employes à obtenir un certificat de francisation, comme le sont les quelque 4000 entreprises de 50 employés et plus.L'an dernier, le ministre Ryan avait fermé la porte à cette possibilité et il n'a pas changé d'idée depuis.«Nous n'avons pas l'intention de transformer le Québec en un vaste collège», a dit M.Ryan, en précisant que son gouvernement faisait confiance au sens des responsabilités des entreprises et préférait d'emblée la persuasion à la coercition.M.|ean-Claude Rondeau, président-directeur général de l'Office de la langue française, avait précédemment parlé du succès du programme de visites des inspecteurs dè l*OLF auprès des entreprises de moins de 50 employés.Les contacts sont positifs à 90 p.cent, a-t-il précisé à cet égard.La Presse faisait également état d'un certain piétinement dans la progression du français comme langue de travail, constaté lors d'une imposante étude commandée par le Conseil deux ans plus tôt.«Ce matin; je serai avare de commentaires au sujet de ce rapport», a dit M.Ryan en précisant qu'il n'avait pas encore lu le document ( il en a obtenu une copie hier matin), qu'il «préférait ne, pas contribuer à alimenter certaines confusions» par ses propos, et qu'il le commenterait lors de l'étude des crédits de son ministère le mois prochain.M.Ryan a ajouté qu'il sera alors en possession d'un deuxième rapport, préparé celui-là par son conseiller spécial, Rodrigue Dubé, au terme d'une visite d'environ 200 entreprises.«Il faut éviter de se laisser éblouir ou décourager par des statistiques», avait-il dit précédemment dans son discours au sujet de la francisation des entreprises qui, a-t-il souligné par des exemples, progresse dans certains secteurs et semble connaître des difficultés dans d'autres.Subventions à 29 entreprises L'objet premier de la rencontre avec la presse était évidemment le dévoilement de la liste des pro- jets retenus dans le cadre du Programme de soutien financier à la promotion du français dans les entreprises, programme qui en est à sa deuxième année.Les résultats de ce programme comblent d'aise le ministre: de 63 qu'il était en 1990, le nombre de projets soumis est grimpé à 154, une augmentation de 144 p.cent.Et le comité consultatif d'évaluation a retenu 29 de ces projets, pour des fins qui vont de l'animation à des cours de français, en passant par la traduction de lexiques, l'établissement d'une terminologie française et la francisation de l'informatique.Gilles Racine, secrétaire de l'OLP, a précisé à cet égard que 59 p.cent des projets soumis et 40,8 p.cent des projets retenus ont été proposés par des entreprises de moins de 50 employés.Le programme coûtera 410 000 S au gouvernement, et le ministre Ryan était heureux de souligner qu'il serait maintenu pour au moins une troisième année.Spicer «n'a pas le temps» de s'expliquer sur sa gestion « V Presse Canadienne OTTA WA Le président du Forum des citoyens Keith Spicer a refusé de comparaître devant un comité parlementaire chargé d'étudier la gestion de sa commission parce qu'il n'en avait pas le temps.11 a proposé d'envoyer à la place son directeur exécutif, David Broadbent.Le comité permanent de la consommation, des corporations et de l'administration gouvernementale n'a que cette semaine pour étudier le budget du Forum des citoyens sur l'avenir du Canada.La semaine dernière, le greffier du comité a communiqué avec M.Spicer pour s'informer de ses disponibilités et lui proposer deux dates.Le président du forum lui a envoyé une lettre pour rejeter ces dates et lui expliquer qu'il serait occupé toute la semaine.11 $ notamment indiqué qu'il prononcera des discours ce matin dans des écoles secondaires de Wilcox et de Rouleau, en Saskatchewan, et qu'il rencontrera demain, à Toronto, un groupe d'éditeurs de magazines canadiens.Le Bloc québécois et lès libéraux ont condamné ce manque de coopération de la part de M.Spicer.«je ne peux que déplorer l'attitude snobinarde de cette lettre»,\" a lancé le député de Shefford, lean Lapierre, du Bloc québécois.Il a expliqué que M.Broadbent pourrait peut-être donner tous les ! détails voulus sur les comptes de; dépense, mais qu'il ne pourrait répondre aux questions plus fon-1 damentales sur le déroulement des travaux.1\tam g i/4 %\t \tans * \t) 1/2 % \tans \t) 1/2 % | \t «»CMê du Qu«o«c \\ hua «ut*!» SJntpWtu DE PLUS SI VOUS AVEZ ATTEINT 60 ANS Mst-mum S 000 S Appelez-nous.Un de nos conseillers s'occupera de vous.Montréal - centre-ville: (514) 844-2050 1-800-361-8625 Laval: (514)687-7360 Sillery-av.Maguire: (418)681-1550 Personnellement, moi.c'est la S\\F SOCIÉTÉ NATIONALE DE FIDUCIE CROUPI MFQ r j Aw iirvic* Ses Quéteccis atpus plus d« 70 *ns 1 B2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARD119 MARS 1991 Éditorial Paul Desmarais president du conseil d administration Roger D.Landry president et éditeur Claude Masson Marcel Desjardins éditeur adiomt directeur de I information Alain Dubuc editor iaiiste«fr chef L'URSS, entre le «da» et le «niet» n allant voter dimanche, les Soviétiques étaient théoriquement appelés à se prononcer sur l'avenir constitutionnel de l'URSS.Dans les faits, cette consultation bâtarde aura surtout servi d'épreuve de force dans le combat des chefs que se livrent, de façon de plus en plus véhémente, Mikhail Gorbatchev et son rival, Boris Eltsine.Car une fois qu'on aura terminé de compter les «da» et les «niet», encore faudra-t-il en tirer quelque conclusion.Or, sur le fond, le référendum de Gorbatchev était une véritable auberge espagnole, où chacun pourra apporter ce qu'il voudra au moment d'interpréter les résultats.D'abord, parce que la question référendaire était construite sur un paradoxe: les électeurs devaient se prononcer sur le «maintien d'un fédéralisme renouvelé.» Il n'est pas aisé de préserver tout en renouvelant, d'autant plus quand on ignore de quoi sera fait le renouveau.Or, le projet constitutionnel de Gorbatchev est extrêmement flou.Et ce n'est qu'une quinzaine de jours avant le scrutin que la population a pu prendre connaissance de l'éventuel traité d'union, encore incomplet sur bien des aspects, que caresse son président.Deuxième problème: les autorités soviétiques n'ont pas encore décidé si les résultats du référendum devront être inter- prêtés globalement ou république par république.Que faire si le « oui » l'emporte dans l'ensemble du pays, mais est fortement rejeté en Ukraine, par exemple?Troisième difficulté: dans certaines républiques, on a modifié la question principale ou rajouté des questions supplémentaires.Les exégètes auront beau couper les cheveux en quatre, quelle conclusion vont-ils tirer du fait qu'à Kiev, 44 p.cent des votants ont soutenu le projet gorbatchévien, mais 78 p.cent ont voté en même temps en faveur d'une Ukraine indépendante?Élément à ne pas oublier, six des 15 républiques soviétiques ont boycotté le référendum.Moscou y a quand même installé des bureaux de vote.Les résultats partiels provenant notamment de l'Estonie, qui a voté sans équivoque pour l'indépendance il y a à peine deux semaines, donnent maintenant un bon appui à la préservation de l'empire soviétique.Doit-on en conclure que les Estoniens veulent bien dune URSS, à la condition de ne pas en faire partie?Ou plutôt que l'on a fait appel à un électorat de service?Les conditions dans lesquelles s'est tenu le scrutin discréditent elles aussi ses résultats.Seul le «oui» a eu droit à des égards publicitaires; des gens ont été incités à voter contre la promesse d'un repas; et l'on a pu lire dans «L'Étoile Rouge», organe de l'armée, que la désintégration de l'empire conduirait tout droit à.une guerre nucléaire! Au lieu d'éclairer l'URSS sur son avenir, la consultation de dimanche ne fera que plonger le pays davantage dans le noir, laissant la porte ouverte à de stériles matches rhétoriques.Si bien que ce que l'Histoire risque de retenir de cet exercice, ce sont les dividendes politiques qu'en tireront, à terme, le président de la fédération et celui de la république de Russie.Il est encore trop tôt pour dire lequel des deux a remporté cette manche.S'inclinant devant la complexité du processus, Boris Eltsine, ce pur produit de l'appareil communiste qui incarne aujourd'hui les forces de la démocratie, n'a jamais ouvertement appelé ses supporters à voter de quelque façon que ce soit, les laissant seuls avec leur conscience.M.Eltsine a plutôt consacré ses énergies à convaincre les Russes de changer le mode d'élection de leur président, de façon à ce que ce dernier soit dorénavant choisi au suffrage universel.À Moscou, les trois quarts des électeurs l'ont appuyé sur cette question.À moyen terme, Eltsine pourrait donc déclencher des élections et obtenir la légitimité politique qui fait défaut à Mikhail Gorbatchev.Les gains de Gorbatchev, eux, dépendent de la marge de sa prévisible victoire.Or, si Ion se fie aux résultats récoltés dans les principales villes du pays ( infime majorité de «da» à Moscou et à Leningrad ), ces gains risquent d'être trop faméliques pour renforcer tant soit peu sa position, on ne peut plus précaire, sur l'échiquier politique de l'URSS.Agnès gruda Le rêve impossible du PE Même s'il est plus ou moins clair, le virage du Parti libéral prive les électeurs québécois d'une véritable alternative fédéraliste.Dans ce vacuum, le Parti Égalité est maintenant le seul parti québécois résolument fédéraliste.Il n'en fallait pas plus pour que son chef, Robert Libman, souhaite attirer les fédéralistes de toutes tendances politiques, y compris les francophones qui ne se reconnaissent plus dans le Parti libéral de Robert Bourassa.Cela n'arrivera pas.D'abord, bien sûr, parce que le congrès du week-end, le premier du parti, a montré à quel point le PE a du mal à s'affranchir de ses origines.Créé pour exprimer la colère des anglophones abandonnés par le gouvernement libéral, les revendications linguistiques restent au coeur des préoccupations de ses militants.Si le bilinguisme et le libre-choix dans les écoles peuvent toucher une corde sensible chez des anglophones plus âgés, qui souhaitent le retour au statu quo d'avant 1970, ces revendications attireront difficilement des francophones qui, avec quelques nuances, approuvent le nouvel ordre linguistique.Mais le principal obstacle à un quelconque succès du PE auprès de la majorité francophone est beaucoup plus profond.La vision du Québec que propose le Parti Égalité est fondamentalement incompatible avec celle que s'en font les francophones, peu importe leurs convictions constitutionnelles.Et à ce chapitre, les rêves d'expansion de M.Libman reposent non seulement sur l'incompréhension, mais sur une incommensurable ignorance de la réalité québécoise.Il y a des fédéralistes francophones au Québec, certes moins nombreux qu'avant.Mais on peut constater que la très grande majorité d'entre eux se définissent comme québécois, mettent les intérêts du Québec avant ceux de la Confédération et, surtout, partagent avec les souverainistes une même vision du Québec: celle dune nation avec son peuple, son histoire, son territoire et ses institutions.Déjà, la plupart de ces fédéralistes francophones auront le plus grand mal à s'identifier à une formation politique qui affirme que le Québec doit être une province comme les autres.Mais ils ne pourront carrément pas tolérer des propositions qui visent le démembrement du Québec, l'amputation du territoire québécois advenant la souveraineté.L'idée de la création d'enclaves canadiennes dans un Québec souverain trouve ses origines dans un charmant sophisme du premier ministre Trudeau pour qui, si le Canada est divisible, le Québec l'est aussi.On quitte alors le terrain du droit à l'autodétermination des peuples pour entrer de plain-pied dans les expériences malheureuses des bantoustans sud-africains, des enclaces yougos-Javes ou des cités-États du Moyen-Âge.Cette idée fera sans doute surface dans les débats entre le Québec et le Canada, de même que celle qui consiste à contester les droits du Québec sur le nord de son territoire.Mais cette stratégie qui revient à vouloir détruire le Québec pour sauver le Canada compromet toute possibilité pour le Parti Égalité de faire des gains auprès de la majorité francophone.On peut même se demander quel écho cette vision aura auprès de la communauté anglophone.Le Québec a découvert à quel point les anglophones, en pleine évolution, expriment leur profond attachement à un Québec qu'ils ont contribué à bâtir.Les anglophones sont autant québécois que le sont les francophones, même si ce sentiment d'appartenance s'exprime de façon différente.On ne sent pas cet attachement dans les propositions que le Parti Égalité a adoptées en fin de semaine.Et cette incompréhension du Québec et des Québécois condamne le Parti Égalité à rester un groupuscule.Alain dubuc Un secret bien gardé Cl est comme un secret bien gardé.Ou un anniversaire sans importance qu'on oublie de célébrer.En tout cas, bien peu de Québécois s'en doutent.Mais c'est demain que, un peu partout dans le monde, on célébrera la Journée de la Francophonie.Sauf au Québec.Plusieurs facteurs justifieraient pourtant qu'on y souligne l'événement.C'est, en effet à Québec, lors du Sommet de 1987, que le 20 mars a été décrété Journée de la Francophonie.Cette date rappelle la fondation, en 1970, de l'Agence de coopération culturelle et technique « ACCT» dont l'actuel secrétaire général est un Québécois.L'élection de Jean-Louis Roy à ce poste apparaissait d'ailleurs assez importante aux gouvernements du Québec et du Canada, il y a dix huit mois, pour qu'ils fassent vigoureusement campagne en sa faveur.Contre le candidat commun de la France et de la Belgique.Le Québec est également le berceau de cette même ACCT, créée il y a vingt-et-un ans, à partir de l'AUPELF.Cette association mondiale d'universités francophones, elle-même mise sur pied à Montréal, en 1961, par le journaliste Jean-Marc Léger, y a toujours son siège social.De même que l'UREF, un organisme servant de réseau de communication et de concertation entre chercheurs et enseignants universitaires d'expression française.Mais il y a plus.Dans le passé, à chaque fois que c'était politiquement rentable, tous les dirigeants québécois, y compris Robert Bourassa, ont réaffirmé, la main sur le coeur, l'intérêt pour le Québec de resserrer ses liens avec la francophonie internationale.Si c'était vrai lorsqu'il s'agissait de se faufiler, pour une photo officielle, parmi les chef d'État d'une cinquantaine de pays, ce doit l'être encore aujourd'hui.Surtout au moment où le Québec, au nom même de cette francophonie qui le distingue, s'Interroge sur son avenir.Le 20 mars aurait pu nous rappeler cette réalité.Et, du même coup, l'existence du ministre Guy Rivard, responsable, dit-on, de ce dossier.Pierre GRAVEL tfue voulez* 4 > .t.%i \u2022 + ï \u2022 \u2022 \u2022 .Ç .' n'y*» y ».I « - .r.VU Ji i i' .Ml .\u2022 \u2022 ¦ t > .i \u2022 \u2022 «-.« r.DROITS RESERVES Tout sourit aux souverainistes alors que la guigne s acharne sur les fédéralistes i * 4 \u2022 * MARCEL ADAM Les fédéralistes doivent envier les souverainistes qui ont profité samedi dernier du panégyrique médiatique auquel a eu droit leur héros, René Lévesque, à l'occasion du colloque qui se tiendra sur sa vie et sa carrière politique, en fin de semaine à l'UQUAM.Comme le hasard fait bien les choses pour les souverainistes, gémiront les fédéralistes qui aimeraient bien, au moment où ils en ont tant besoin, pouvoir capitaliser aussi sur un héros en voie de canonisation.Loin d'avoir cette chance, ils n'ont pas non plus celle qu'ont les souverainistes d'avoir, au chapitre du leadership, l'embarras du choix.Les fédéralistes n'ont pas de chef prestigieux capable de redonner de la crédibilité à leur option et de faire en sorte que se tienne un vrai débat public pour permettre aux Québécois de faire un choix éclairé le moment venu.Ils ne peuvent quand même pas compter sur Robert Bourassa.Dénonçant le souverainis-me mais refusant de s'afficher résolument comme fédéraliste, il donne l'impression d'être en quelque sorte un agnostique qui ne croit qu'en une seule chose: le pouvoir.Ils ont pensé un moment que Claude Ryan pourrait redevenir, comme en 1980 leur chef de file, après avoir entendu ses réserves au sujet de la Commission Bélanger-Campeau faisant la part trop belle aux souverainistes, et au sujet du rapport Allaire qui ne rendait pas justice à la fédération canadienne.Mais ils ont compris que l'homme et les circonstances ont changé depuis l'époque où il était le chef du camp du non.D'abord il n'est plus le chef d'orchestre, mais tout au plus le premier violon.Et la partition à laquelle il n'a rien eu à voir est fort différente de celle contenue dans son Livre beige.Ensuite, cet ancien combattant qui porte les blessures de plusieurs vains combats pour un fédéralisme renouvelé, est devenu trop nationaliste pour être enepre le fédéraliste qu'il a été.Enfin il est peut-être devenu trop partisan; ne déclarait-il pas, lundi dernier, qu'il demeurera fédéraliste aussi longtemps qu'une forte majorité de militants libéraux \u2014 pas de Québécois, de libéraux \u2014 n'aura pas opté nettement pour la souveraineté?En quoi cet aveu le démarque-t-il de son chef qui préfère se définir comme libéral plutôt que comme souverainiste ou fédéraliste?Il y eut naguère Pierre Trudeau en qui l'idée fédéraliste avait trouvé son plaideur le plus articulé et le plus éloquent, notamment à l'occasion du référendum où il a peut-être exercé une influence décisive.Mais à cause de sa réforme faite contre la volonté de l'Assemblée nationale, il constitue ajourd'hui une lourde hypothèque pour le camp fédéraliste plutôt qu'un modèle de référence comme l'est René Lévesque pour les souverainistes.Le lendemain du congres libéral La Presse titrait: Le « puck » ne roulait pas pour les fédéralistes.Cette image sportive décrit tout aussi bien la si- tuation générale des fédéralistes qui, depuis l'échec de Meech, constatent que la rondelle ne roule que pour les souverainistes.Dans une conjoncture où la thèse fédéraliste ne jouit plus d'aucun crédit dans l'ensemble de la population, comment pourrait-il en être autrement?Pour plaider la cause fédéraliste avec quelque chance d'être entendu, il faudrait pouvoir démontrer qu'il est encore possible de réformer la fédération, malgré l'échec de Meech qui était pourtant une réformette par rapport à l'ambitieuse réforme que souhaitent généralement les fédéralistes.Ne pouvant expliquer comment briser l'impasse, les fédéralistes sont condamnés ou bien à se taire, ou bien à tenter de convaincre les sceptiques ou les mécréants que la souveraineté est un remède pire que le mal que l'on veut corriger, ou bien encore à proclamer que le fédéralisme a bien servi le Québec et qu'il faut lui accor-der#une dernière chance, cette fois'la der des der, juré craché.Mais ce n'est pas un discours susceptible de réhabiliter la cause fédéraliste ni de soulever les fouies, il faut bien l'admettre.Claude Ryan s'est plaint que lui et d'autres adeptes de la thèse fédéraliste ont été empêchés de se faire entendre au congrès.Qu'aurait-il dit, à part de plaider pour l'adoption des quelques amendements au rapport Allaire qui ne visaient pas de toute façon à en changer fondamentalement la nature?\u2022 Aurait-il, comme dans le Livre beige et ses discours référendaires, défendu les vertus du fédéralismes?Et proposé encore une fois une réforme profonde et fonctionnelle
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