La presse, 29 octobre 1994, B. Plus
[" CAHIER Montréal, samedi 29 octobre 1994 Éditorial Opinions waaw > v- «iw « Ce serait une grave erreur Pierre Bourque » Le maire Doré réclame un troisième mandat pour terminer « la réorganisation de la métropole » ANDRÉ PÉPIN L es Montréalais commettraient une grave erreur s'ils choisissaient Pierre Bourque pour diriger leur ville, croit son adversaire, le maire )ean Doré, qui sollicite un troisième mandat.« Je veux ce mandat pour terminer l'oeuvre de réorganisation de la métropole », insiste le maire.« Ce serait une grave erreur, parce que Pierre Bourque dit et promet n'importe quoi.Il a fait des promesses pour 600 millions de dollars.C'est complètement irresponsable », tranche Doré, plus mordant, sentant son adversaire lui souffler dans le cou, dans ce dernier sprint de la campagne municipale.Il admet que la course à la mairie, cette fois, est beaucoup plus difficile.Les sondages le disent, le rythme et l'omnipresence de Pierre Bourque l'indiquent.Dore est en campagne tôt le matin, jusqu'à tard en soirée.Une bonne douzaine de débats, des entrevues, des visites de quartiers, etc.« Il n'y a rien de comparable avec les campagnes de 1986 ou de 1990.Oui, c'est un véritable affrontement », a admis lean Doré, lors d'une interview, cette semaine, avec un groupe de journalistes de La Presse.* C'est presque au pas de course qu'il s'est amene au journal, avec une demi-heure de retard, encore maquillé pour la télé, s'excusant d'avoir été re-tenu par un débat télédiffusé le même jour.L'avocat de 49 ans doit donc coà-rir, se battre, attaquer l'adversaire.Dès qu'il est installe pour un entretien, le plaideur est à l'oeuvre.C'est vrai qu'il peut parler des heures, mats ce qui étonne le plus chez cet homme, c'est sa connaissance des dossiers montréalais en général.Sa connaissance également du territoire ; il nomme les rues, les edifices, les projets de construction, même les collecteurs dégoût.« C'est évident que Pierre Bourque ne connaît pas sa ville.Il vient de découvrir qu'il y a des pauvres à Montréal.Puis il propose des choses irréalisables », lance Doré, visiblement occupé à démolir l'offensive de son principal rival Des temps difficiles D'entrée de jeu, il admet que l'administration de Montréal est de plus en plus difficile, avec des nouveaux défis plus exigeants.« Montréal est une ville complexe Avec les changements multiples, nous ne pourrons plus jamais administrer comme nous l'avons fait dans le passé », suggérant ainsi l'austérité.Beaucoup de dossiers doivent encore etre réglés.« Lorsque nous sommes arrivés à la mairie, en 1986, les règlements de zonage s'entassaient dans des boites à chaussures.Les fonctionnaires, avec des pots de colle, devaient quotidiennement mettre les choses en ordre.Maintenant, nous avons un plan d'urbanisme qui fait l'envie de plusieurs.Les délais seront de plus en plus courts pour les décisions », argumente-t-il, admettant du même souffle que son administration, comme toutes les autres, a commis des erreurs, mais que, dans l'ensemble, Montréal a su se tirer de la période économique difficile.« Alors que des gouvernements voyaient leur cote de crédit revue à la baisse, celle de Montréal a été maintenue par Moo-dy's.» Il faut maintenant serrer la vis encore davantage, maintient-il, promettant de ne pas céder devant les pressions des employés de la ville, particulièrement les cols bleus.« C'est vrai que nous leur offrons la semaine de quatre jours, mais c'est pour obtenir une meilleure flexibilité.Nous ne pouvons plus payer le double tarif pour le déneigement ou la cueillette des ordures Les méthodes de travail doivent changer », explique-t-il.Il tient également k la décentralisation des services pour favoriser les quartiers et éviter les déplacements onéreux des fonctionnaires.« Le principe de l'ancienneté dans l'emploi fait qu'un col bleu de l'Est, s'il tombe malade, doit souvent être remplacé par un collègue de l'Ouest.Nous n'avons plus les moyens de vivre avec de telles conditions Et nous ne céderons pas sous la menace », insiste-t-il.Il croit que les grands services municipaux ont grandement été améliores depuis son arrivée aux affaires de la ville.« Dans le seul service des incendies, nous avon6 investi 30 millions À notre arrivée, les casernes de PHOTO Pfttf MCCANN U Tout sourire lors de son arrivée * la Presse, le maire Jean Doré a montré les crocs lors de l'Interview pour attaquer son principal adversaire : \u2022 Pierre Bourque dit et promet n Importe quoi.N a fait des promesses pour eoo mimons de dollars C'est complètement Irresponsable \u2022 pompiers tombaient en décrépitude, nous avions de* camions vieux de trente ans.» Aujourd'hui, le service des incendies de Montréal jouit de l'une des meilleures réputations au monde, admettent les experts.C'est d'ailleurs le service des incendies qui l'a alerté, le forçant à restaurer l'hôtel de ville, une initiative qui a tant fait jaser, notamment à cause de la fameuse « fenêtre du maire » « Les pompiers nous ont montré que l'élec-trification était déficiente.Des fils électriques dégainés, avec 'du jus', risquaient de provoquer un incendie.Nous avons agi », explique-t-il Ces services coûtent cher Doré admet que la préparation du prochain budget, en novembre, pose « un sacré caase-téte ».Et le premier qui se fera secooer.c'est le premier ministre Jacques Parizeau, si les Montréalais décident de conserver le meme maire « M.Parizeau s'est fermement engagé à revoir le financement de Mon tréal », se rappelle |ean Doré.« Des injustices sont commises à l'endroit de Montréal et elles devront être corrigées », ajoute-t-il, donnant les exemples de la police et du transport scolaire, financés presque partout par Québec, sauf a Montréal.C'est 90 millions que Québec devrait tout de suite verser, avant même de parler de partage fiscal.L'équivalent, ou presque de la fameuse surtaxe sur les immeubles commerciaux qui a tant fait suer lean Doré au cours des deux der- nières annees.« C'est une veritable camisole de force que l'ancien ministre Claude Ryan a imposé à Montréal sur le plan fiscal.Même le transport en commun a fait l'objet d'un désengagement provincial », plaide-t-il.Plusieurs solutions sont possibles pour aider au financement de Montréal, mais l'aide de Québec est essentielle.Une volonté politique ferme doit se manifester chez le premier ministre lacques Parizeau.Le maire Doré pense, entre autres, à récupérer 2 p.cent de la taxe sur les chambres d'hôtel, au moment ou le secteur touristique fait bonne figure à Montréal.!1 se dit encouragé par la formation d'un comité politique chargé de revoir la fiscalité de la métropole.La présidente du comité exécutif.Mme Léa Cousineau, et le responsable pour le gouvernement, le député Camille Laurin, sont à l'oeuvre pour degager des pistes de solutions.Ils doivent faire part de leurs conclusions à la mi-novembre, après les élections.C'est, pour lean Doré, une raison de plus qui milite en sa faveur auprès des électeurs.Un pouvoir réel Le maire de Montréal jouit de véritables pouvoirs, croit-il.On ne lui passe pas sur le corps, surtout s'il peut compte, sur l'appui de tous les milieux.« Nous avons montré, dans le dossier de l'Hôtel-Dieu, que nous pouvions changer des choses, l'avais prévenu à l'époque le premier ministre Robert Bourassa qu'il s'attirait des problèmes en déménageant l'hôpital.» Si son pouvoir est réel, le maire de Montréal se retrouve sur la première ligne pour les critiques.« Lorsque tout va bien, c'est grâce a tout le monde, mais lorsque ça va mal, c'est la faute du maire », confesse-t-il, sur le ton de l'humour.Il sait très bien, par exemple, que les propriétaires de Montréal sont furieux contre la surtaxe sur les immeubles locatifs: une facture de 110 millions que Pierre Bourque s'est engage à éliminer.« Nous avons commis une erreur, a compter de la deuxième année d'imposition, en voulant épargner 20 millions de plus.C'est pourquoi nous voulons négocier une nouvelle entente fiscale avec Québec », dit le maire.Un nouveau plan de financement est également nécessaire pour réparer les conduites souterraines, laissées en mauvais état par les « prédécesseurs ».Doré ne pointe pas directement )ean Drapeau, mais souligne largement les faiblesses du « prédécesseur ».La Ronde L'une des oeuvres du maire Drapeau, le parc de La Ronde, fait justement partie des préoccupations de lean Doré.« Il faut se demander si l'administration d'un parc d'attractions est l'affaire d'une ville », s'inter-roge-t-il, pour expliquer les pourparlers en cours relativement au projet Exponova de la compagnie Devenco-re.« 11 est clair qu'il ne s'agit que d'un projet.Rien n'est décidé, les promoteurs doivent nous présenter plus tard un plan plus précis.Montréal n'est pas forçee de vendre La Ronde.Le parc fait ses frais », dit-il.L'administration de son parti n'est pas non plus chose simple.Il a perdu près de la moitié de ses conseillers, qui ont soit quitté les rangs, soit décidé de ne pas se représenter au scrutin du 6 novembre.« Certains moments, c'était difficile, ça chauffait fort.Nous avons traversé une période tu-, multueuse, mais nous revenons avec une équipe fort compétente, issue principalement du monde des affaires.» La modernisation de l'administration est la principale fierté de lean Doré.C'est pour la compléter qu'il veut un autre mandat.Pierre Bourque.insiste-t-il, n'a pas la connaissance des dossiers nécessaires pour gouverner.Doré accuse également son adversaire d'avoir une bien piètre opinion de Montréal.« Il répète que la ville est sale, abandonnée.Il a travaillé trente ans pour l'embellir.Montréal n'est pas plus sale qu'au moment où il a quitté ses fonctions », soutient-il.Les prochains jours seront donc décisifs pour le maire sortant.La bataille est vigoureuse.Doré n'a pas l'intention d'organiser de grands rassemblements qui demandent une energie incroyable, préférant concentrer ses efforts dans les quartiers et les médias lour après jour, il veut démolir « les idées farfelues » de son principal rival.La presence dans la course de lérôme Choquette ne semble pas l'in- ?uiéter.L'homme à abattre, c'est terre Bourque. I, MONTREAL, SAMEDI 29 OCTOBRE 1994 ÉDITORIAL Paul Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubue éditorialiste en chef Immigration : le temps des choix Mardi prochain, Serglo Marchi, ministre fédéral de la Citoyenneté et de l'immigration, annoncera ses nouveaux seuils d'immigration qui préciseront combien le Canada est prêt â accueillir d'immigrants, d'Ici ta fin de la décennie.Dans le passé, ce genre de dossier a été accueilli dans la plus totale indifférence Ce manque d'intérêt nous a coûté très cher.^^^^^^^^ C'est cette indifférence qui a permis, à notre : jtfHPSfl&S insu' au gouvernement conservateur de modl-^¦pr^^B fier de façon radicale les politiques d'immlgra-WB'\tM tlon En permettant l'arrivée d'un nombre re- I cord d'immigrants, un quart de million par wShjk ^ S année, le Canada s'est lancé dans une aventu-¦t - \\ M re dont on commence à peine à découvrir les mmm M effets non souhaitables, tant sur le plan social dm qu économique.^^Wf'^H Même si le ministre Marchi a voulu un débat public, c'est avec beaucoup de réticence que notre société ose aborder cette question, de peur d'engendrer des débordements de racisme.Mais II y a des questions qu'il faut se poser : pourquoi voulons-nous des immigrants, combien en voulons-nous, combien sommes nous capables d'en accueillir, comment voulons-nous les choisir ?Le problème le plus criant soulevé par les politiques des dernières années est celui de la quantité.En moyenne, dans les décennies d après-guerre, le Canada a accueilli un peu moins de 150 000 Immigrants par année Ce nombre a même chuté ra- dicalement.après la récession des années 80, pour descendre jusqu'à 84 000, en 1985.Le nouveau seuil annuel de 250 000 immigrants.instauré en 1990, représente un bond énorme par rapport à nos propres traditions et par rapport aux normes Internationales.Notre taux d'immigration atteint 0.92 p.cent par année.C'est le double de ce que font les deux autres grands pays d'immigration, les USA avec 0.46 p.cent et l'Australie avec 0.40 p.cent Cette vague engendre des problèmes sociaux, des coûts financiers et humains d'intégration d'une masse énorme de nouveaux venus, des coûts liés à la pauvreté de ceux qui ne se trouvent pas d'emploi, des tensions sociales liées à un bouleversement trop rapide des équilibres Chose nouvelle, cela pose aussi des problèmes économiques Le Conseil économique a démontré.Il y a quelques années.que l'Immigration avait un impact neutre sur l'économie, ni négatif ni positif.Mais la vague actuelle Introduit des facteurs nouveaux.Parce que le nombre d'Immigrants a bondi au coeur d'une récession, qu'il impose une Impressionnante masse de travailleurs quand nous découvrons que nous manquons d emplois, et parce que ces travailleurs, de plus en plus sous-quallflés, s'installent quand nous découvrons que la croissance ne reposera plus Jamais sur le « cheap labour ».A ces problèmes quantitatifs s ajoute un problème qualitatif.En moyenne, ces nouveaux Immigrants sont moins qualifiés, moins éduqués, plus souvent analphabètes que leurs prédécesseurs, ce qui s'explique largement par le fait que le Canada ne choisit pas ses immigrants Cette année, par exemple, le Canada accueillera 28 000 réfugiés et 111 000 Immigrants sélectionnés dans le cadre de la réunification des familles : des pères.des oncles et des soeurs choisis par ceux qui sont déjà Ici.Et parmi les Immigrants dits économiques, là aussi on trouve un grand nombre d'Immigrants qui sont acceptés en raison de leurs liens de parenté avec ceux qui sont déjà Ici En bout de ligne, ceux qui sont vraiment choisis pour leur apport économique se réduisent à 17 500 travailleurs et à 6 000 investisseurs Moins de dix p.cent du total Voilà pourquoi le ministre Marchi se doit d'annoncer des changements importants, pour que le problème actuel ne se transforme pas en catastrophe, il serait essentiel d abaisser sensiblement les seuils d'immigration, par exemple pour les ramener à leurs niveaux historiques, autour de 150 000.il faudra aussi revoir la répartition des Immigrants pour réduire la proportion de ceux qui se prévalent de la réunification des familles.il faudra enfin aborder la question des coûts de cette Immigration sur nos services sociaux.Le ministre osera-t-ll ?On sait à quel point il est délicat de toucher aux tabous de l'Immigration.Le Québec, qui s'est fait regarder de travers parce qu'il ne fait pas sa part en accueillant seulement 40 000 immigrants, en sait quelque chose.Mais disons-nous que.même si le Canada réduisait le nombre d'Immigrants qu'il accueille de 250 000 à 150 000, Il resterait encore le pays le plus ouvert et le plus généreux au monde Alain DUBUC Visions Montréal Pierre Bourque.principal adversaire du maire Jean Doré aux élections du 6 novembre, s'est longtemps fait reprocher ses discours vagues.Depuis que la course à la mairie est entrée dans sa phase cruciale, il a peu à peu dévoilé ses intentions.Mais au-delà de sa rhétorique verte, l'homme qui.selon les sondages, pourrait devenir le prochain maire de Montréal, a bien du mal à donner une cohérence à son programme.Celui-ci est construit autour d'Idées posées en vrac sur des fondations fragiles.Globalement, vision Montréal compte investir près de 200 millions par an en Immobilisations de toutes sortes.Dans son dernier plan triennal, l'administration Doré a projeté des dépenses approchant les 600 millions sur trois ans.La différence n'est pas énorme.Pourtant, M Bourque Jette allègrement de nouveaux projets sur la table.Maison de la culture, gare Jean-Talon, pavillon Lafontal-ne.carrière Mlron.ûuestlon : où prendra-t-ll l'argent pour financer tout ça ?Compte-t-il couper dans les investissements projetés par l'équipe sortante, et si oui.lesquels ?Ou bien veut-il endetter davantage la ville ?A moins de recourir aux services d'un illusionniste.M.Bourque peut difficilement contourner ce dilemme Autre fragilité, plusieurs des engagements de M.Bourque reposent sur la prémisse suivante : les gouvernements et le secteur prive vont accourir à toute vitesse pour aider Montréal à financer ses rêves.Ce n'est pas évident.Surtout si ceux-ci risquent de se transformer en cauchemars.C'est le cas de l'un des projets auxquels M.Bourque tient le plus : la carrière Mlron.L'idée d'y Installer un parc n est pas nouvelle.L'équipe Doré n'y a pas donné suite, Jusqu'à maintenant, parce que le problème de gestion de déchets sur l'île de Montréal n'est toujours pas résolu.M.Bourque.lui.veut tout régler d'un coup.Ainsi, deux usines de com-postage verraient le Jour à côté du futur îlot de verdure.Le hic.c'est que dans I état actuel de la technologie, ce type de transformation convient mal aux quartiers résidentiels.Parlez-en aux gens de Tracy : Il y a trois ans.une usine de compostage y a ouvert ses portes.Elle empestait tellement que la ville a dû faire fermer les lieux Ce sont les citoyens de Saint-Michel qui vont être contents ! M.Bourque promet aussi de réorganiser de fond en comble l'appareil municipal, et de l'amincir d'une centaine de millions.Mais au-delà de cette déclaration de principe, il se perd dans les contradictions.De toutes les hypothèses qu'il a lancées Jusqu à maintenant, on retient surtout ceci : si Vision Montréal accédait au pouvoir, on en aurait pour des mois de tâtonnements administratifs.A moins que le chef de Vision Montréal ne s attende à quelque illumination au lendemain du scrutin.Une illusion, un zeste de magie et un brin de poudre aux yeux.Et si M.Bourque avait non pas une.mais des visions ?Agnès GRUDA Le pardon En principe, tout le monde a le droit de se tromper.Y compris un ministre Surtout si le fautif a reconnu son erreur et qu'elle n a pas eu de conséquences fâcheuses.C'est I argument retenu par M.Chretlen pour absoudre son collègue Michel Dupuy Ce dernier, de l'aveu même du premier ministre, s'est fourvoyé en intervenant auprès du CRTC pour un de ses électeurs requérant une licence pour une station de radio en langue grecque.On sait maintenant que cette démarche Intempestive n'a pas aidé la cause du demandeur.Au contraire.puisque sa demande a été rejetée S'il est exact que cette bévue n'a rien à voir avec un grave conflit d'Intérêts ou un cas de corruption, elle viole néanmoins une règle sacrée en démocratie parlementaire, qui Interdit .toute ingérence, réelle ou apparente, de l'exécutif dans un ; appareil Judiciaire ou quasi-Judiciaire A plus forte raison lorsqu elle provient du ministre responsable de l'organisme visé comme c est précisément le cas en I occurrence.Mais II y a plus.Cet incident survient au moment où M.Dupuy sera .sur la sellette, prochainement, alors qu'il devra défendre des dossiers majeurs sur l avenir de Radio-Canada.Téléfilm .eti ONF.En passant l'éponge M Chrétien ne fait pas que déroger a une tradition pleine de sagesse qui, pour préserver la crédibilité de l'institution, ne tolère aucune entorse à ce principe et entraîne automatiquement la démotion du ministre fautif.Il compromet pour la première fols l'Image de rigueur et de saine Intransigeance qui a toujours été une de ses caractéristiques en politique Le maintien du ministre à ce poste stratégique, en dépit de sa vulnérabilité et de sa naïveté, met en lumière la pauvreté de la députation du Québec, où M.Dupuy a des allures de moindre mal M Chrétien ne l'admettra pas publiquement, mais on peut croire que.s i! avait eu le choix, il n aurait pas fait preuve de tant de mansuétude.Il reste que son pardon à M.Dupuy est regrettable.Car.s'il est un cas oû II ne devrait pas suffire d avouer sa faute pour être pardonné.c'est celui d'un ministre qui manque de Jugement Pierre G RAVEL LS te 44 Â/BE&ré- 410OS TU &Hn£Ht>S/ Mocf té?fa/WPS', foc* t/e^owse\tDe K&BQ \\u\t(A
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