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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1996-07-27, Collections de BAnQ.

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[" B Montréal, Samedi 27 juillet 1996 Plus La Presse Hôtel Déports tous les jours de l'année 4 fois par jour avec Autocars Adirondack « Autocars Deluxe avec vidéos Choix de 6 hôtels sur Manhattan ?.\u201e \\moeurs 4prJ*£ttJ!?>)t*i Ad i rond sic k i CONSULTEZ VOTRE AGENCE DE VOYAGES EDITORIAL / OPINIONS Rivière Valin Rivière Shipshaw I Abitibi-Price (en rénovation) \u2014 .^ Alcan can Rivière Saguenay CHICOUTIMI Ri vicie aux Sables Abitibi-Price Ville de Jonquière Abitibi-Price Ministère de l'Environnement JONQUIÈRE \"Y*\"***' Elkem Hydro-Québec Hydro-Québec LA BAIE Baie des Ha! Ha! Rivière du Moulin Stone-Consol (défait) Stone-Consol (défait) digue c RéservoirKénogami Ministère de l'Environnement Rivière des Ha! Ha! LATERRIÈRE Rivière à Mars FERLAND Les rivières les plus touchées Barrage ou centrale ( et nom de l'exploitant) BOILLEAU Stone-Consol 1 .T Infographie La Presse Les rivières sans barrages ont causé moins de dommages André Noël CHICOUTIMI M agella Morin, un entrepreneur, s'est construit sur les berges de la rivière Valin, qui se jette dans le Saguenay à un kilomètre de Chicoutimi.Le week-end dernier, tranquillement assis dans son salon, M.Morin a regardé la télévision, comme des millions de Québécois, et vu avec stupéfaction les scènes de dévastation dans les vallées de rivières voisines, qui coulent juste à côté de chez lui.À plusieurs endroits, les rives de la Chicoutimi, de la rivière aux Sables et de la rivière des Ha ! Ha ! se sont affaissées, et les maisons, effondrées.La Valin est elle aussi sortie de son lit pendant les grandes précipitations des 19 et 20 juillet.Mais elle n'a fait aucun dégât, hormis à un petit chalet en amont, dangereusement près de l'eau.Pourtant, la Valin est une aussi grosse rivière que la Chicoutimi et dévale des montagnes aussi hautes.Il est vrai que les monts Valin, sur la rive nord du Saguenay, ont reçu un peu moins de pluie que le 'bassin hydrographique du réservoir Kénogami, sur la rive sud.Au plus fort de la crue, le réservoir Kénogami se déversait au rythme de 1200 mètres cubes par seconde dans la rivière Chicoutimi, qui traverse la ville du même nom, et 600 dans la rivière aux Sables, qui traverse Jonquière, soit dix fois plus que la normale.Les monts Valin, eux, se trouvaient juste en bordure de Tépicentre du déluge.¦ Mais un autre phénomène explique la différence de comportement de la Valin, croit M.Morin : aucun barrage n'entrave son cours.« Le ministère de l'Environnement peut bien dire ce qu'il veut, ajoute-t-il, les faits sont têtus : les rivières où il y a le plus de barrages sont celles où il y a le plus de dommages.» Sur le même versant que la Valin.la rivière Shipshaw s'est dan- gereusement gonflée et a arraché des routes, indique Gaétan Fortin, du ministère des Ressources naturelles.Or, la Shipshaw est jalonnée de barrages de la compagnie Abitibi-Price.Toujours sur le même versant, la petite rivière du Caribou, encore naturelle, n'a pas abîmé les maisons riveraines.Sur le versant sud du Saguenay, la rivière du Moulin est aussi sortie de son lit, mais en faisant beaucoup moins de dommages que les autres : seul un petit barrage entrave son cours.Elle a la même trajectoire, la même longueur, un plus petit débit et reçu les mêmes précipitations que la rivière voisine des Ha ! Ha !, qui a emponé plus de 50 maisons quand une digue s'est rompue dans le réservoir de tête.Un autre facteur joue en faveur de la rivière du Moulin : beaucoup moins de maisons ont été construites en zone inondable que dans les autres vallées.La rivière à Mars, juste à côté, est un cas mitoyen.Ses berges ont été aménagées et elle compte un vieux barrage : il y a eu des dégâts, moins imponants cependant que sur la Ha ! Ha !, plus aménagée.Plus à l'est, la rivière Éternité, une rivière à saumons, coule librement.Elle traverse le village de Rivière-Éter- nité : celui-ci a été relativement épargné par le déluge.Encore plus à l'est, le village d'Anse Saint-Jean a été dévasté.Selon la cane hydrographique d'Hydro-Québec, la rivière Saint-Jean est obstruée par un barrage privé.« Une rivière conservée à l'état naturel est capable d'absorber une crue exceptionnelle, dit Magella Morin, en montrant les arbres qui plongent leurs racines sur les berges détrempées de la Valin.Quand il y a un barrage, les grosses eaux se cherchent un autre chemin.Et c'est là que ça devient catastrophique.» L'exemple des Ha ! Ha ! C'est exactement ce qui s'est produit sur la rivière des Ha ! Ha !, qui se jette à La Baie après un parcours d'une cinquantaine de kilomètres.La papetière Stone-Consol possède les droits hydrauliques de la rivière, qui alimente son usine de La Baie depuis le début du siècle.La porte-parole de la compagnie, Denise Dallaire, affirme que la Stone n'est pour rien dans le drame qui a affligé le quartier de Grande-Baie, de loin le plus affecté de la région.Une multitude de témoins se posent néanmoins des questions.Se- lon eux, la Stone a conservé le niveau du réservoir des Ha ! Ha ! beaucoup trop haut, avant les grandes précipitations.Des résidants de Boilleau, un village situé sous le réservoir, disent qu'ils ont demandé avec insistance de baisser le niveau du réservoir, bien avant le 19 juillet.Des ouvriers de la Stone affirment que la compagnie gardait le maximum d'eau dans son réservoir pour limiter le débit de la rivière et pouvoir rénover plus facilement deux ouvrages en aval.Les plages du réservoir étaient inondées, ce qui ne faisait pas l'affaire d'un centre de villégiature.Monique Otis, directrice du domaine des Ha ! Ha !, s'est plainte que la compagnie nuisait à son commerce et refusait d'ouvrir les vannes.Même des ingénieurs auraient donné des avertissements, selon d'autres témoins.Il y a quelques mois, la compagnie avait fait faire une étude sur « l'intumescence » ( gonflement ) de la rivière Ha I Ha ! par une firme de consultants de la région.Jean Vallée, professeur de géotechnique à l'Université du Québec à Chicoutimi, a visité le réservoir des Ha ! Ha ! après le déluge.Il a constaté que deux des trois vannes du barrage de la Stone étaient fer- Les barrages La construction de barrages ne date pas d'hier au Saguenay et au Lac-Saint-Jean.En 1910, la compagnie Price construit la première grande centrale hydro-électrique sur la rivière aux Sables, à Jonquière.Dans le passé, il y a eu plusieurs précipitations exceptionnelles.Sir William Price est mort le 2 octobre 1924, emporté par une crue soudaine de la rivière aux Sables.Son corps, enterré à côté de l'usine Abitibi-Price, à Jonquière, a failli être emporté de nouveau le week-end dernier! Voici comment se repartissent les principaux barrages au Saguenay.Des ban-ages du réservoir Kénogami sont gérés par le ministère de l'Environnement du Québec en tenant compte des riverains du réservoir et des besoins des compagnies en aval.Le réservoir se déverse dans deux rivières, qui se jettent dans le Saguenay: ¦ La rivière aux Sables traverse Jonquière.Abitibi-Price exploite deux barrages et deux centrales; elle puise aussi son eau dans un bassin aménagé dans la rivière pour fabriquer du papier à son usine de Kénogami.La canonnerie Cascade prend aussi de l'eau.La ville de Jonquière venait de rénover une centrale hydro-électrique au coût de 6,5 millions.Les centrales ont toutes été inondées pendant le déluge.Pertes totales.Une cinquantaine de maisons ont été endommagées.¦ La rivière Chicoutimi traverse Laterrière et Chicoutimi.HydroQuébec exploite deux barrages hydro-électrique.La compagnie Elkem Métal a aussi un barrage et Abitibi-Price a une centrale.Alcan a une prise d'eau dans la rivières pour alimenter son usine d'alumine.Les centrales ont été inondées, ainsi que des dizaines de maisons et le vieux centre de Chicoutimi ( des maisons historiques, comme la maison Robin, ont disparu ).Par ailleurs, la compagnie Stone Consol détient des droits sur la rivière Ha! Ha!, qui traverse La Baie, vers l'est.Cinquante kilomètres plus au sud, la compagnie a aménagé un réservoir qui s'est vidé pendant le déluge après la rupture d'une digue.Deux vieux barrages ont été détruits, ainsi qu'une centaine de maisons et de commerces à l'embouchure.La Stone puise son eau dans la rivière pour faire du papier, Abitibi Price a plusieurs barrages sur la rivière Shipshaw, sur le versant nord du Saguenay.Des routes ont été arrachées.Au total, la compagnie a une capacité de 145 mégawatts dans la région, dont 132 sur la Shipshaw.Alcan exploite des barrages sur la rivière Péribon-ka et dans le Saguenay.Elle utilise le lac Saint-Jean comme réservoir.Celui-ci draine un territoire plus grand que le Nouveau-Brunswick.Alcan a ouvert les vannes de presque tous ses barrages pendant le déluge.Très peu de dommages.mées.Selon lui, la pression était tellement forte que l'eau s'est cherché un autre chemin : une digue s'est rompue, ce qui a pu entraîner un « coup d'eau ».Le réservoir, qui a une longueur de huit kilomètres, s'est vidé par une brèche large de 500 pieds et profonde de 45.Ce facteur a vraisemblablement aggravé la crue provoquée par la nature.Confusion au réservoir Kénogami La confusion régnait aussi au réservoir Kénogami, à l'origine un lac, qui surplombe les villes de Chicoutimi et de Jonquière.Le lac a été transformé en réservoir sous les pressions des papetières dès le début du siècle.Le niveau naturel a été gonflé d'une vingtaine de pieds.Des fermes et un village ont été inondés dans les années 20 : les cultivateurs se sont révoltés, et l'armée a dû intervenir.Toutes les issues du lac ont été bloquées, afin que le réservoir se déverse seulement dans deux rivières, avec plus de force : la rivière aux Sables et la rivière Chicoutimi.En 1930, la Commission des eaux courantes du Québec affirmait dans un rapport que toute cette opération \u2014 l'aménagement et l'endi-guement du bassin du Kénogami \u2014 était « loin d'être positive et est sujette à des erreurs presque inévitables ».Russel Bouchard, un historien qui a écrit une trentaine de livres sur le Saguenay, affirme que ces prévisions pessimistes se sont réalisées quelques fois, et avec fracas ces 19 et 20 juillet.Selon lui, la multiplication des barrages et des digues sur les tributaires du Saguenay « a mis en place tous les éléments requis pour une catastrophe, et on l'a eue en pleine face.» Le ministère de l'Environnement, qui gère les barrages du réservoir Kénogami, a été pris de cours par l'abondance des pluies.Il a dépêché des ouvriers qualifiés sur les lieux et fait ouvrir les vannes.Il a agi du mieux qu'il pouvait dans les circonstances.Mais, selon les experts rencontrés dans la région \u2014 et notamment chez Alcan \u2014 il n'y a aucun doute qu'il faudra réviser la gestion des barrages.« Le facteur humain a joué, dit Dominique Bouchard, directeur du réseau hydraulique d'Alcan.Il n'y a aucun doute là-dessus.Il faudra revoir bien des choses.» Ce qu'on appelle l'« Act of God » explique une bonne parue de l'imprévisible désastre qui s'est abattu sur le Saguenay.Mais plusieurs croient que c'est aussi un cas ou Dieu s'est fait tordre le bras par les hommes. B 2 LA PRESSE, MONTREAL SAMEDI 27 JUILLET 1996 Editorial La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry PRÉSIDENT et lditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur de l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Pierre Gravel Act of God et « trêve de Dieu » Une semaine après le déluge qui a inondé plusieurs régions de l'est du Québec, personne n'est encore en mesure d'évaluer avec précision toute l'ampleur des dégâts.Mais, tout le monde a pu, par contre, observer l'extraordinaire raz-de-marée de solidarité qui, depuis, continue de déferler un peu partout.Le plus distrait des observateurs aura aussi été frappé par la remarquable unanimité qui s'est instantanément faite sur la seule préoccupation importante à l'heure actuelle : redonner confiance, espoir et sécurité à ces milliers de victimes d'une catastrophe sans précédent dans l'histoire du Québec.iBBannHanHD Face à ce défi à court terme, pas de \" I place pour les querelles de clochers, £ \\ les rivalités entre gouvernements ou i les ambitions personnelles.Pas de temps à perdre avec des problèmes qui, hier, faisaient les manchettes mais qui paraissent aujourd'hui un brin dérisoires devant la gravité de ce drame collectif.À croire que, par un mystérieux dessein, cet Act of God aura aussi été, au delà de sa dimension tragique, le prétexte à une « trêve de Dieu » dont tout le monde avait le plus grand besoin.Cette « trêve de Dieu » qui, au Moyen-Âge, obligeait les armées ennemies à suspendre les hostilités pendant l'Avent et le Carême, a été d'abord perceptible sur le plan politique.On en a ressenti les premiers effets dès les débuts de la crise quand les premiers ministres Chrétien et Bouchard ont donné le ton en affichant bien clairement leur volonté d'oublier momentanément leurs divergences.Et leur détermination à tout mettre en oeuvre, ensemble, pour organiser les secours et rassurer la population.On aura observé que, depuis, leur exemple a été suivi par tous les ministres qui ont eu à intervenir dans ce dossier et dont pas un n'a cédé, jusqu'à maintenant, à la tentation mesquine de faire de la petite politique sur le dos des sinistrés.Même réaction de la part de l'Opposition où on a vu Daniel Johnson donner son aval à la loi spéciale qui devra être adoptée plus tard pour autoriser rétroactivement les budgets nécessaires aux mesures d'urgence.Il faut aussi souligner la retenue dont a fait preuve le chef réformiste Preston Manning.Ce dernier, en refusant de s'associer à leurs propos fielleux, a, lui aussi, donné une belle leçon de noblesse aux quelques rares red necks qui, au Canada anglais, ont subi une sérieuse crise d'urticaire en réalisant qu'une partie de leurs impôts profitera à ces « damnés séparatistes » du Saguenay.Cette bienheureuse trêve aura aussi permis de remettre dans sa juste perspective le rôle de grandes institutions, comme l'armée et la Croix-Rouge, dont l'image a été gravement amochée au cours des derniers mois.Certes les problèmes reliés au comportement de quelques têtes folles en Somalie et en Bosnie ou au scandale du sang contaminé restent entiers.Mais l'efficacité et la rapidité de l'intervention militaire ainsi que l'impressionnante capacité de mobilisation de la Croix-Rouge auront mieux fait que n'importe quelle campagne d'information pour rappeler que ces organisations sont essentielles et beaucoup plus grandes que les erreurs qu'on peut leur reprocher.Le désastre qu'on vient de vivre et les innombrables gestes de touchante générosité auxquels il a donné lieu auront sûrement des effets positits à long terme.Lorsque les rivières auront regagné leur lit et les sinistrés leur maison et quand les plaies seront cicatrisées, les bonnes vieilles querelles referont surface.Mais on se souviendra longtemps que, devant l'adversité, des hommes et des femmes de partout se sont un jour serré les coudes au delà de leurs intérêts égoïstes.Et qu'ils ont découvert, là, l'enivrante puissance de la solidarité.Tous ceux qui, à leur manière et où qu'ils soient, auront, un jour, su s'émouvoir devant la détresse des autres ne seront plus jamais les mêmes.Et c'est tant mieux.Ils seront les véritables bénéficiaires de cette « trêve de Dieu ».C0OAB0RATI0N SPECIALE LA PRESSE ET VOUS Le square La Presse, dans le Vieux V ous habitez Montréal, la banlieue ou une autre région du Québec.Vous êtes un habitué du Vieux-Montréal, un visiteur occasionnel, un touriste étranger.Le Vieux-Montréal fait partie de votre routine ou de votre itinéraire de visite.Curieusement, même si des centaines de milliers de personnes circulent dans le Vieux-Montréal chaque année, plus particulièrement en période estivale, peu de gens connaissent les richesses architecturales, culturelles, économiques que renferme ce magnifique quartier historique de la métropole.Cet été, La Presse.en collaboration avec les organismes de développement et de promotion du Vieux-Montréal, a décidé d'ouvrir et de consacrer son square, situé à l'angle des rues Saint-Antoine et de la Côte de la Place d'Armes, à la découverture du Vieux-Montréal.Cet emplacement, qui n'était jusqu'à il y a à peine quatre ans qu'un laid parking, donnant une image de délabrement peu agréable à l'oeil, a vu le jour en 1992, à l'occasion du 350* anniversaire de fondation de Montréal.Le square La Presse est significatif de l'attachement de notre journal à Montréal puisque ce lieu compte aujourd'hui l'un des plus jolis parcs de la ville, situé à l'une des entrées les plus importantes du Vieux-Montréal.Ouvert tous les jours de la semaine et le week-end jusqu'à 20 heures, ce parc est accessible gratuitement à tous.Jusqu'ici, les présentoirs exposés dans le square ont servi à rappeler des événements dont La Presse a été le témoin.Cette année, souscrivant au souhait des autorités municipales et aux organismes parapublics du Vieux-Montréal, La Presse a décidé de consacrer ses présentoirs à mieux faire connaître le Vieux-Montréal comme les diverses dimensions de ce quartier.Plusieurs raisons ont motivé la décision de notre journal de s'impliquer.Institution plus que centenaire, La Presse est née dans ce quartier et ne l'a jamais quitté.Elle y est profondément attachée.Il était donc tout à fait approprié qu'elle contribue, par ce square, à présenter aux Montréalais eux- mêmes comme aux touristes les beautés de ce quartier unique de la ville.Et ce faisant, La Presse poursuit ainsi, à titre de citoyen corporatif contribuant à l'économie montréalaise avec plus de 900 emplois directs, un de ses plus importants objectifs, celui de se tenir engagée dans sa communauté, dans sa ville, dans sa métropole.À l'heure où la notion de partenariat entre le privé et le public prend une nouvelle importance, La Presse est heureuse d'avoir pu s'associer à la Ville de Montréal et aux organismes de sensibilisation du Vieux-Montréal pour y présenter un éventail des richesses historiques, culturelles et touristiques que recèle cette partie de la ville.En visitant les présentoirs du square La Presse.vous y découvrirez en même temps un véritable guide pour vous aider à séjourner, l'espace de quelques heures ou de quelques jours, dans le Vieux-Montréal.Bienvenue dans ce quartier à nul autre pareil.Belle visite dans le Vieux-Montréal.Claude MASSON Editeur adjoint Opinions Deux modestes observations sur le Québec BRIAN DICKSON Le texte qui suit sont des extraits des notes d une allocution prononcée récemment par Brian Dickson, juge en chef de la Cour suprême du Canada à la retraite, devant l Ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem.Grand Prieuré du Canada, à Winnipeg.À chaque fois que j'entends le premier ministre ( Lucien ) Bouchard menacer de tenir encore une fois un référendum sur la souveraineté, j'ai un pincement au coeur.Même si nous gagnons ce pari-là \u2014 et je m'attends bien à ce que nous le gagnions advenant que nous nous retrouvions dans cette situation \u2014beaucoup trop de temps et d'énergie, habituellement consacrés à des tâches productives et importantes, auront été utilisés simplement pour que le Canada reste ce qu'il est.Alors, qu'est-ce que les Canadiens de bonne foi et dévoués à leur pays peuvent faire en ces temps troublés ?Je garde à l'esprit qu'à titre d'ancien membre de la Cour de dernière instance au pays, je ne dois pas m'aventurer trop loin sur un terrain qui appartient en fait à des leaders politiques élus et responsables.Compte tenu de cette réserve, permettez-moi de vous faire part de deux modestes observations.Je crois d'abord que la meilleure stratégie pour gagner le prochain référendum est d'entreprendre des maintenant et au tours des prochains mois des démarches positives pour persuader les Québécois au'un changement est possible dans le cadre de la fédération.Les changements recherches n'ont pas nécessairement besoin de prendre la forme de modifications constitutionnelles.Par exemple, le gouvernement fédéral a annoncé dans son discours du Trône de février 1996 qu'il n'utiliserait pas son pouvoir de dépenser pour créer de nouveaux programmes cofinancés dans des domaines de compétence exclusivement provinciale sans le consentement de la majorité des provinces.Ce changement positif a été mis en oeuvre sans aucune modification constitutionnelle formelle.M.lis parmi ces changements certains nécessiteront éventuellement une forme quelconque d'enchâssement constitutionnel.C'est le cas notamment de la reconnaissance du v irai tere unique du Québec au sein du Canada, pour utiliser des mots qui sont compris par les Québécois et les autres Canadiens et acceptables à leurs yeux.Je sais que cette question demeure un sujet quelque peu controversé dans l'Ouest canadien.Mais permettez-moi de dire tout de go que je suis très à l'aise avec ce concept.En fait les tribunaux interprètent déjà la Charte des droits et la Constitution en tenant compte du rôle distinctif du Québec dans la protection et la promotion de son caractère francophone.Conséquent-ment, dans la pratique, l'enchâssement de la reconnaissance formelle du caractère distinct du Québec dans la Constitution ne nous éloignerait pas beaucoup des pratiques actuelles de nos tribunaux.Ceci m'amène à ma deuxième observation générale : en dépit de nos efforts de renouvellement et de réforme, nous pourrions être confrontés à la nécessité d'un troisième référendum sur la souveraineté.Nous pouvons espérer que le tout se déroule pour le mieux, mais nous devons être prêts si les choses ne se passent pas exactement comme nous l'aurions souhaité.C'est la raison pour laquelle je crois qu'il est important que nous commencions à discuter dès maintenant, avec un esprit ouvert et dans le respect de la démocratie, des règles du jeu à appliquer durant et au lendemain d'une future campagne référendaire.On a soulevé récemment la ques- reconnaissance tion de savoir si la primauté du droit devait être respectée dans le cadre des discussions à venir concernant la sécession d'une province.À mon avis, la réponse à cette question est claire.Je crois que tous les Canadiens, peu importe leurs opinions sur la question de l'unité canadienne, ont un intérêt commun Enchâsser la JJgJ^ tion et le respect de formelle du la primau- té du droit caractère et ils s'en- .tendent la- dlStlIICt dU dessus, Québec dans la Sf'^ Constitution ne fullat d ;m futur reie-noUS rendum.éloignerait pas maLlflé p£û beaucoup des droil Tc\" r présente le pratiques fondement de la liber-actuelles de té et de la .ar la Ville de Jonquière, a été ba-aye par le déluge de la dernière fin de semaine.Il reste encore quelques milliers de mégawatts à exploiter sur les rivières Ashuapmushuan, Mistassini et Péribonka notamment, mais la population s'opposera à l'installation de centrales géantes supplémentaires qui ne seraient pas reliées à des projets générateurs d'emplois permanents.Avec ses six centrales d'une capacité de 2600 mégawatts installées sur les rivières Saguenay, Péribonka et Shipshaw, Alcan domine largement le réseau*régional.Cette énergie fait tourner les quatre aiu-mineries du Saguenay-Lac-Saint-Jean de même que celles de Beau-harnois et de Shawinigan.Alcan dispose même d'un léger surplus qu'elle vend évidemment à HydroQuébec.Hydro mise à contribution Mais elle prévoit augmenter s.i consommation d'énergie avec la mise en oeuvre d'une aluminerie géante, dont elle a déjà annoncé la construction quelque part au Lac Saint-Jean au début du troisième millénaire.Alcan aurait pu demander au gouvernement québécois l'autorisation d'ériger une autre centrale sur la rivière Péribonka.Elle préfère se procurer l'électricité Alcan, Abitibi-Price et Stone partagent avec Hydro-Québec l'exploitation des grandes rivières du Saguenay-Lac-Saint-Jean auprès d'Hydro-Québec, évitant ainsi un nouvel investissement important.La multinationale vient d'ailleurs de s'engager, par contrat, à acheter une quantité d'électricité évaluée à 2,5 milliards de dollars sur une période de 20 ans.Le président et chef de la direction, Jacques Bougie, avait laissé présager ce choix dans l'entrevue accordée à Jean-Marc Carpentier dans le dernier numéro du magazine Forces.Il s'interrogeait alors sur l'avantage, pour une entreprise, dans le contexte mondial actuel, de consacrer des milliards de dollars à l'aménagement de ses propres installations hydro-électriques.Dans une allusion assez directe aux avantages consentis aux nouvelles alu-mineries que le gouvernement, avec la contribution d'Hydro-Québec et de la Société générale de financement ( SGF ), a fait surgir le long du Saint-Laurent au cours de la dernière décennie, il avouait que « des compétiteurs deviennent très coriaces, compte tenu des avantages énergétiques dont ils disposent », parce qu'ils n'ont pas eu l'obligation d'investir.« Et il y a même des contrats où le prix de l'énergie fluctue en fonction de celui de l'aluminium, ce qui constitue un avantage énorme en période de ralentissement.» Mais la dernière entente conclue entre Hydro et Alcan ne comporte pas de privilèges, nous indiquent les deux partenaires avec insistance.La multinationale de l'aluminium paiera le tarif industriel offert à toutes les entreprises.Si Alcan possède les plus importantes installations du réseau hydro-électrique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'est Abitibi-Price qui a m-.mmoms construit le plus grand nombre d'ouvrages depuis 1903, soit huit, qui ne produisent toutefois que 180 mégawatts.La pape-tière stone, à La Baie, exploite deux petites centrales d'une capacité globale d'un mégawatt.Elle puise l'eau au lac des Ha ! Ha ! dont la digue, en cédant sous une pression irrésistible, samedi dernier, a déclenché un raz-de-marée qui a rasé la petite localité de Fcrland-Boil-leau et inondé le centre-ville de La Baie, causant des dommages estimés à plus de 70 millions de dollars.Les trois dernières unités du réseau régional, soit celles de Chute Garneau, Pont Arnaud et Anse-Saim-Jean, sont administrées par Hydro-Québec.Pour alimenter les 20 centrales hydro-électriques, Alcan, Hydro et Price gèrent les immenses réservoirs Manouane et Pipmuacan aménagés dans le moyen Nord inhabité ainsi que ceux des lacs Saint-Jean et Kénogami.Neuf digues et barrages contrôlent le débit des eaux.Comme le déluge de vendredi et samedi derniers s'est abattu spécifiquement dans la Réserve faunique des Laurentides et sur l'agglomération Chicoutimi-Jonquière-La Baie, c'est le lac Kénogami qui a transmis les débordements aux rivières Chicoutimi et Aux Sables qui baignent les villes de Chicoutimi et de Jonquière avant de disparaître dans le large et profond Saguenay.L'électricité lance l'industrialisation Interdit à la colonisation jusqu'à l'arrivée, à La Baie en 1838, des 16 premiers défricheurs de la Société des Vingt-et-Un, le « Royaume du Saguenay », appellation héritée des Amérindiens, fut d'abord une région agricole.L'activité forestière occupait aussi évidemment une place importante.À son cinquantenaire, environ 30 000 personnes occupaient le territoire.La population avait déjà atteint 50 000 habitants au début de l'ère industrielle marquée, au tournant des 19« et 20* siècles, par la construction de la Pulperie de Chicoutimi et la première centrale hydroé-électrique.Cinquante ans plus tard, la popu-lation atteignait 300 000 personnes.Après l'épopée de J.-E.-A.Dubuc, le premier grand exploitant forestier, William Price, reprit son droit d'aines-se.Au tout début du siècle, la région prit son envol économique lorsque l'Américain James Bucha-nan Duke, monarque de l'industrie du tabac, entreprit la mise en valeur, sur une grande échelle, de la puissance énergétique du Saguenay et de ses affluents.La première usine hydroélectrique majeure fut celle d'Isle-Mali-gne, bâtie de 1923 à 1925 sur la Grande Décharge du lac Saint-Jean au coût de 55 millions.Quand on se rappelle qu'à l'époque, le budget du gouvernement québécois se chiffrait à 26 millions, on réalise l'ampleur de l'ouvrage qui produit toujours 720 mégawatts.L'énergie servit d'abord à la papeterie Price d'Alma avant de susciter la naissance d'Alcan.C'est Alcan vient de s'engager à acheter d'Hydro-Québec quelque 2,5 milliards de dollars d'électricité sur une période de 20 ans.alors que le complexe de la multinationale prit forme à Arvida, ville maintenant intégrée à Jonquière.La demande croissante d'aluminium, surtout durant la Deuxième Guerre mondiale, fit surgir les grandes centrales de Chute-à-Ca-ron ( 224 mégawatts ), Shipshaw ( 900 mégawatts ), Chute-Du-Dia-ble ( 205 mégawatts ), Chute-à-la-Savane ( 210 mégawatts ) et Chute-des-Passes ( 750 mégawatts ).L'industrie des pâtes et papiers et une dizaine de municipalités trouvèrent aussi leur avantage en investissant dans l'hydroé-lectrici-té.La majorité des petits exploitants jugèrent par la suite plus avantageux d'acheter l'énergie d'Alcan.La nationalisation, en 1962, provoqua la réorganisation de l'exploitation de l'hydro-électricité.Alcan et les papetières échappèrent au mouvement parce que l'énergie produite, surtout par Alcan, est considérée comme de la matière première.La bauxite qui recèle l'aluminium provient, en effet, de pays tropicaux.Or, 6700 des 7800 employés d'Alcan au Québec, en incluant ceux du siège social de Montréal, travaillent au Saguenay-Lac-Saint-Jean.Et 1200 d'entre-eux, dont des centaines d'ingénieurs et de techniciens professionnels, évoluent à l'usine Vaudreuil, la seule notamment à transformer la bauxite en alumine, au Canada.Des dizaines d'autres emplois gravitent autour d'Alcan dans une multitude de PME spécialisées dans la fabrication d'équipements servant à l'in-dustrie de l'aluminium et de produits spécifiques faits en aluminium.L'avènement de l'hydro-électricité ne fut cependant pas toujours bénéfique.En 1928, le relèvement de trois mètres du niveau du lac Saint-Jean causa l'inondation des terres riveraines et amplifia l'érosion naturelle des berges.Des victimes contestèrent en vain jusqu'en Cour suprême.Québec avait opté pour I nui u su ia lis.il ion et le gouvernement Taschereau légalisa, par le truchement de la loi Mercier, toute l'opération qualifiée de « drame du lac Saint-Jean ».L'élévation du plan d'eau et sa stabilisation relative ont favorisé, cependant, durant les décennies 50 et 60, la construction domiciliaire et récréative.Depuis une décennie.Alcan consacre une soixantaine de millions de dollars à l'application d'un programme de stabilisation des berges qui devient un modèle du genre.Un dernier sondage a confirmé la satisfaction de 83 pour cent des riverains du lac Saint-Jean.Un certain mode de gestion L'exploitation des rivières et de la forêt du Saguenay-Lac-Saint-Jean demeure néanmoins une préoccupation majeure de la population dans le contexte actuel.En laissant l'initiative du développement aux mains du grand capital, le gouvernement du Québec, prétendent les historiens Camil Girard et Normand Perron dans leur « Histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean » publiée en 1989 par l'Institut québécois de recherche sur la culture, perpétue un mode de gestion, qui, dans les régions éloignées et relativement peu peuplées, accorde une grande liberté d'action à l'entreprise capitaliste.Mais à mesure que se renforcent les communautés régionales, elles manifestent leur insatisfaction devant ce mode de gestion des ressources qui conduit au mal-développement de l'économie.La société régionale manifeste son impatience, constate-t-il, devant « l'exploitation abusive des ressources ne laissant pas suffisamment de retombées structurantes.» Quant au Conseil régional de concertation et de développement qui a tenu les premiers états généraux sur l'avenir de la région en septembre dernier, il favorise « la prise en main de leviers décisionnels et l'usage prioritaire des ressources dans un objectif de soutien au développement régional ».L'organisme prône même l'utilisation des redevances tirées de l'exploitation des ressources naturelles au développement de la région.H rappelle que les entreprises qui exploitent les ressources naturelles du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont versé quelque 84 millions de dollars au gouvernement québécois à titre de redevances, en 1993-94, dont 45 millions pour la tarification forestière et 37 millions pour l'énergie hydro-électrique.Le CRCD insiste enfin pour que les surplus énergétiques produits par les utilisateurs privés soient réinvestis prioritairement dans la création d'emplois en région. B 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 27 JUILLET 1996 1 Plus Les portes d'entrée du centre d'accueil RÉGINALD HARVEY collaboration spéciale NDLR-Dans sort dernier article, l auteur décrit la vie à I intérieur des différents centres d'accueil et se demande comment ce réseau réussira à ajuster ses services aux compressions.Chaque activité, chaque moment vécu à l'intérieur d'un centre d'accueil devient un terrain d'évaluation sous les aspects cognitif, psycho-cor-porel, affectif, moral et social pour l'adolescent qui y séjourne.Robert Dubuc, chef d'unité à l'Equinoxe décrit la journée d'un pensionnaire.À cet égard il mentionne à priori que c'est à partir de chacun des gestes de son quotidien et à travers ses attitudes au sein des nombreuses activités pn \"animées que son comportement sera inlassablement étudié et remodelé au besoin.Levé à 7 lu le jeune homme devra rendre sa chambre présentable.II assure aussi l'entretien de l'unité dans laquelle il habite.À huit heures, le petit-déjeuner comme tous les autres repas se prend en groupe à l'unité même.Il sera suivi de la journée normale d'école.Les cours sont dispensés sûr place, de la première à la cinquième secondaire si nécessaire, grâce à un contrat de service avec la Commission scolaire Jérôme-Le-royer.La grande majorité de la clientèle suit les cours sur le campus même, principalement au niveau du pré-secondaire, de la pre-mière et de la deuxième secondaire.Une autre fraction des pensionnaires, de 10 à 15 ans, fréquente des écoles de l'extérieur, et une trentaine d'autres sont sur le marché du travail ou en recherche active d'emploi.À midi, retour à l'unité pour le repas.À 16 heures, activités libres suivies du rassemblement et du souper qui est pris à 17 heures.En soirée, les activités reprennent et peuvent comporter un aspect aussi ludique qu'artisanal : judo, photo, hockey, céramique, conditionn-ment physique, etc.Sauf exception, si le temps fait défaut par exemple, il y a immanquablement retour sur l'activité, de façon individuelle ou en groupe.À 23 heures, ou parfois plus tôt, les lumières dans les chambres devront s'éteindre jusqu'au lendemain.Selon Hubald Marcoux, directeur par intérim des services de réadaptation de l'adolescence au Mont-Saint-Antoine, un tel régime de vie et un tel rythme spatio-temporel sont extrêmement durs à supporter pour la jeune clientèle.» 11 Les foyers de groupe Issu d'une formule vieille d'une dizaine d'années, ce genre d'établissements s'est mutiplié, si bien qu'on en compte maintenant 17 disséminés aux quatre coins de Montréal, 13 relevant du secteur public et 4 appartenant au secteur privé.Les 146 places disponibles sont fort convoitées et les listes d'attente pour y trouver une niche toujours remplies à capacité.Ces foyers prennent la forme de vastes logements, sur un ou plusieurs étages, dotés minimalement de quatre grandes chambres partagées par deux personnes.Le profil des clientèles demeure, dans les grandes lignes, le même que dans les campus ouverts plus traditionnels, quoique le jeune est appelé ici à faire preuve de plus d'autonomie et de responsabilisation.Contrairement à la croyance populaire, l'objectif visé par la vie en foyer ne consiste pas à développer chez le jeune un sentiment très fort d'appartenance au groupe, mais à favoriser chez lui un esprit d'ouverture sur la société.Pour le reste, le même programme que dans les autres points du réseau est à l'affiche pour soutenir la clientèle.La réadaptation Le campus Cité des Prairies, la Cité des Prairies, la seule ressource en milieu sécuritaire des Centres Jeunesse de Montréal, compte 156 places disponibles dédiées à deux catégories d'individus, les Jeunes placés sous garde fermée ou en garde ouverte.seule ressource en milieu sécuritaire des Centres jeunesse de Montréal, est situé sur le boulevard Saint-Jean-Baptiste, complètement dans l'est de Montréal.Ce complexe compte 156 places disponibles dédiées à deux catégories d'individus, les jeunes placés sous garde fermée ou en garde ouverte.Pour pallier le surplus de clientèles chez les garçons, en vertu d'ententes de service avec la régie de Laval, plusieurs jeunes de la région de Montréal sont régulièrement dirigés vers le centre Cartier de Laval.Sur la même base, la maison Notre-Dame de Laval, un vieux couvent situé tout à côté du centre Cartier, reçoit environ 90 filles par année, en raison de l'absence de ressources physiques disponibles en milieu sécuritaire chez les filles dans la région de Montréal.Aussi bien au centre Cartier qui offre des services de réadaptation de courte durée en milieu sécuritaire, qu'au campus Cité où des services identiques de longue durée sont dispensés, les hautes clôtures sécuritaires qui entourent les enceintes de ces deux complexes ne laissent planer aucun doute sur leur vocation.Chez les plus de 18 ans, il serait question de centre de détention et de milieu carcéral.Ici on parle de centre de réadaptation et de milieu sécuritaire.Toute la différence du monde, mais une semblable réalité physique.À l'exception de la porte principale donnant accès au hall d'entrée, il importe de montrer patte blanche à la réception et d'être accompagné d'un guide au trousseau de clés bien garni pour circuler d'un endroit à l'autre de ces campus : particulièrement dans les unités reconnues à garde fermée où même les portes des chambres demeurent verrouillées durant la nuit, malgré la présence des gardiens de faction.En tout temps, des équipes de gardes musclées peuvent intervenir à la suite d'un appel d'urgence lancé par le personnel d'encadrement afin de maîtriser un pensionnaire en état de déstabilisation.Selon la profondeur du malaise et de la violence du comportement, l'adolescent peut alors être dirigé vers un endroit d'isolement pour une période variable.Dans ce type de centre, les jeunes sont répartis par groupe de 12 dans des unités de vie à partir desquelles ils rayonnent sur les différents lieux d'activités à l'intérieur ou à l'extérieur de l'enceinte de sécurité : gymnases, salles d'activités, ateliers, piscine, patinoire, terrains d'exercice.Généralement, au centre de l'unité se retrouve un vaste espace commun de 25 par 30 pieds où se prennent les repas, où se pratiquent des jeux de société et où une table de ping-pong est souvent plantée dans le décor.Un salon attenant, à peu près de la mêMe grandeur sert, entre autres, de salle de télévision et.peut-être utilisé pour les rencontres de groupe.Les bureaux du chef de service et des éducateurs, une petite cuisine, la salle de toilette et les douches avec miroir en tôle sont disposés autour de ces deux pièces principales.Placées en rangée de chaque côté de la salle à manger, il y a les 12 chambres : des espaces d'environ 7 pieds par 8 pieds, qui comptent une porte vitrée, un lit plutôt rudimentaire, une table fixée dans le plancher et une chaise droite.Les jeunes en garde fermée Alain Dumas, psychologue et conseiller clinique de support aux chefs de services et aux éducateurs du campus Cité, identifie deux catégories bien distinctes de pensionnaires : les jeunes placés en garde fermée et ceux qui effectuent un séjour en encadrement intensif en milieu sécuritaire.En garde fermée, la Cité compte sept unités de vie de 12 jeunes encadrées chacune par un chef de service et huit éducateurs.Les ados sont âgés de 14 à 18 ans et la moyenne d'âge à l'admission se situe à 16 ans et 9 mois.Il sont pensionnaires de la Cité pour des périodes variant de trois mois à trois3 ans et le chiffre des admissions par année varie de 175 à 210.Au cours des six ou sept dernières années, la croissance du taux de placement chez les communautés culturelles haïtiennes et jamaïcaines a été plus que significative, si bien qu'elles représentent aujourd'hui de 25 à 30 % de la clientèle en garde fermée.{ Selon M.Dumas, leur portrait social et psychologique est le suivant : ils sont violents, possèdent une intelligence normale et leur contact avec la réalité est préservé.Ils accusent un retard scolaire, ils viennent, dans une plus grande proportion, d'une famille désunie, et ils sont issus d'un milieu socio-économique plus bas que la moyenne ; quoique certains échappent assez régulièrement à cette dernière règle.Ils n'ont pas dans l'ensemble subi d'atteintes au développement, ni massives ni précoces, mais sont marqués par des bouleversements enregistrés durant la période de latence( 7 à 11 ans ) et au début de l'adolescence, de même que par des soubresauts intra-familiaux, un environnement familial dysfonction-nel et conflictuel.Ils ont développé un sentiment d'impuissance face à ces blessures et cherchent ailleurs des points de référence : notamment chez des gangs restreintes au sein desquelles ils s'adonnent à leurs mauvais coups.Quant à la nature des délits généralement commis par cette clientèle, elle est de deux ordres, soit les crimes dirigés contre la personne, qui revêtent un caractère de dange-rosité, et les crimes contre la propriété.Dans la première catégorie, il y a les meurtres, complots pour commettre un meurtre et tentatives de meurtre, les vols qualifiés avec violence et / ou menaces, les voies de fait simples, graves et avec lésions corporelles, ainsi que les agressions sexuelles.Pour ce qui est des crimes contre la propriété, se retrouvent généralement en garde fermée les jeunes contrevenants qui font preuve d'une récidive notoire et d'une persistance systématique susceptibles d'entraîner un inévitable recours à l'utilisation des armes dans l'avenir.Dans l'un et l'autre cas, les liens directs avec le crime organisé sont le lot d'une très petite minorité et ne sont pas encore réellement perceptibles.Par contre, environ 30 % des jeunes appartiennent à des gangs bien organisées.Selon M.Jean-Claude Bohémier, responsable de la coordination du service en garde fermée du campus Cité, un fait est acquis : depuis deux ans, les crimes contre la personne reliées aux gangs de rues, tels le taxage, les agressions, les voies de fait et voir même les meurtres, connaissent un réel taux de croissance mesurable en milieu sécuritaire.Au chapitre de la récidive, Jean-Claude Bohémier soutient que, si des rechutes peuvent se manifester assez fréquemment, par contre l'ampleur du délit sera moins importante.Il pourra s'agir, par exemple, de la conduite d'un véhicule sans permis, au lieu d'un vol avec violence.Note encourageante, il mentionne que chez les jeunes auteurs de meurtre, le taux de récidive après trois ans est nul.Quinze jeunes reconnus coupables de meurtre au cours des trois dernières années résident présentement en garde fermée au campus Cité pour des périodes de trois années fermes et deux années de probation.De tels chiffres laissent voir une moyenne de cinq cas d'homicides par année au Québec chez ce type de clientèle.Les écorchés vifs Dans cinq autres unités du campus Cité vivent en commun 60 jeunes dont 85 à 90 % sont ici en vertu de la loi sur la protection de la jeunesse, et 10 à 15 % selon la loi des jeunes contrevenants.Ils ont quinze ans.À 80 %, ce sont des Québécois de souche.De 120 à 125 sont admis annuellement.Dans leurs cas la sécurité et le développement sont plutôt « maga-nés » \u2014 très sérieusement compromis \u2014 parce qu'ils sont devenus de véritables inadaptés sociaux bourrés de tensions et de problèmes.Ces jeunes sont généralement dans un état de détresse profonde, constate Alain Dumas.Ces écorchés vifs font preuve de dispositions suicidaires fatalistes liées àoin comportement de dépendance^-fle passivité et d'errance.La majorité consomme des drogues sur-une base régulière et plusieurs possèdent des problèmes de toxicomanie.Des carences affectives et des troubles de personnalité leur causent un envahissement d'anxiété qui les conduit à la prostitution, aux injections par seringues douteuses, à l'intoxication, à l'overdose », aux vols de voitures et par effraction, ou à d'autres délits du même genre : c'est une sorte de spirale vertigineuse qui les aspire vers le vide.Le placement en milieu sécuritaire de ces personnes représente tme mesure extrême et restrictive qui, selon M.Dumas, constitue une exception.Les demandes pour les placements de ce genre de cas sont malheureusement à la hausse et risquent encore d'augmenter, constate-t-il.Tout comme, de plus en plus, il est fréquent de déceler chez ces jeunes des signes de troubles de la santé mentale.Ces jeunes-là nous renvoient en pleine face le miroir de toute la désorganisation de la vie familiale et sociale du Québec au cours des 15 dernières années.L'autre tranche de 10 à 15 % de la clientèle en encadrement intensif est composé de jeunes contrevenant légers.Le processus de réadaptation Au sujet des interventions de réadaptation, Alain Dumas fait d'abord observer que l'esprit de l'intervention doit tenir compte des balises que pose la société.C'est ainsi que pour la clientèle de la garde fermée, l'alignement central consistera d'abord à prévenir la récidive.Afin de respecter ce principe, il faut prendre en considération l'application de certaines prescriptions de la loi : en d'autres termes, de garder cette clientèle à l'ombre et à vue pour un certaine temps.Par la suite, selon la pertinence de certains facteurs cliniques en présence, le jeune est intégré aux activités scolaires et professionnelles offertes à la Cité.Il existe, entre autres, des ateliers de boucherie, d'hôtellerie, de menuiserie, de soudure, d'horticulture et d'électrotechnique.Grâce à un programme de sous-traitance, les jeunes du campus Cité peuvent amasser de l'argent pour leut* retour à la vie normale en participant à l'extérieur des murs à des travaux d'assemblage et d'emballage.Le coude à coude ponctuel avec les éducateurs, les rencontres individuelles avec des professionnels et les échanges en groupe figurent au tableau.Il existe, pour les individus particulièrement violents, un projet de gestion de l'agressivité, dont le principe repose sur l'expression et le partage des expériences entre jeunes, parents, éducateurs et autres intervenants.L'encadrement intensif est fondé sur la résolution de l'état de compromission de sécurité et de développement.Les techniques de réadaptation s'apparentent à celles qui sont suivies dans un campus à milieu ouvert, comme le Mont-Saint-Antoine.Au sujet des mesures de réadaptation, M.Dumas insiste sur un point : il importe que les enfants, les parents et le éducateurs collaborent à l'élaboration du plan d'intervention de l'ado.Les parents doivent en être des partenaires prioritaires car, dans la majorité des cas, les jeunes retourneront dans leur milieu d'origine.Alain Dumas pose cette conclusion.Le lien avec la famille demeure dans tous les cas déterminant.La rupture avec la famille est toujours un facteur de tension et de souffrance pour le jeune, tant qu'il n'a pas résolu ce problème.\u2022 I Faire plus et différemment avec moins \u2022 \u2022 \u2022 REGINALD HARVEY collaboration spéciale l'instar des établissements du réseau de la santé et des services sociaux, les Centres jeunesse de Montréal, subissent présentement d'importantes compressions budgétaires.Le défi auquel ils sont confrontés est toujours le même: Est-il possible de faire plus et différemment avec moins ?Simultanément les Centres de jeunesse poursuivent la configuration de leur réseau, déjà amorcée dans le sens d'un fusion rationnelle des 12 centres regroupés sous leur juridiction.Les centres sont contraints de procéder à un resserrement budgétaire qui entraîne un manque à gagner de 10 millions de dollars, sinon 11 millions, durant l'exercice de l'actuel plan triennal qui s'étend jusqu'en 1997.Pour parvenir à cette fin, le nombre de places d'accueil et de séjour, qui se situe actuellement à 609 en milieu ouvert, devra être réduit de 10 % et plus, soit une diminution de 60 à 80 places à plus ou moins court terme.Pour répondre à des besoins de plus en plus nombreux et satisfaire une clientèle en pleine croissance, les centres jeunesse se doivent d'appliquer une nouvelle stratégie.Grâce au redécoupage du territoire en quatre sous-régions, les services seront autant que possible dispensés dans les milieux de vie naturels de la clientèle : de moins en moins de jeunes qui sont admis dans les campus et de plus en plus qui sont inscrits et reçoivent des services à l'externe.Voilà donc une approche complètement différente qui consiste à maintenir le jeune dans son cadre de vie et à lui fournir sur place, non seulement des services spécialisés mais aussi des outils de soutien liés à son propre environnement : un mode d'intervention qui doit être fondé sur l'engagement de tous les partenaires du milieu et l'utilisation de la gamme complète des ressources disponibles sur le terrain.Reste à savoir si les citoyens engagés dans une telle réforme, qu'ils soient touchés sur les plans fami- lial, professionnel ou social, seront prêts à consentir les efforts nécessaires à la réussite d'un tel projet.Car ce projet-là exige le sens de la concertation, le goût de la polyvalence, la volonté de mise en commun des énergies, l'esprit de tolérance, ainsi que l'ouverture au partage du territoire et des ressources.Pour réussir dans ces domaines, les investissements humains figurent en priorité et doivent en certaines circonstances primer sur le reste.Tout en se serrant la ceinture, le citoyen saura-t-il se desserrer le coeur ? LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 27 JUILLET 1996 ?B 7 Plus Haïti, les nouvelles tensions \u2022 \\ Jooned Khan oilà six mois que René Préval a prêté serment comme président d'Haïti, mais les grands calicots à son effigie flottent encore sur les rues de Jérémie, dans le sud-ouest du pay*.«'On dirait qu'il n'est pas sûr d'avoir été élu », commentent en riant Marie, Alix et Gérard, des jeunes qui font de l'animation so-cialé\"duprès des paysans de la région.« Aba Nazè ! », lit-on sur les murs de la ville.Les graffiti sont pour Brière Nazaire, le délégué départemental, en d'autres mots le représentant personnel du chef de l'État dans la Grande-Anse.« Il va être révoqué.Les gens n'en veulent plus.Il ne consulte personne.Le COREGA dit qu'il manque de caractère.Et il y a les trois millions de gourdes », affirme, par écrit, Roosevelt Azor.Battu et torturé trois jours avant le débarquement US de 1994, l'instituteur du quartier pauvre de Sainte-Hélène, ci militant du mouvement coopératif KAS, ne peut plus ni entendre ni parler.Le COREGA, ou Comité de résistance de la Grande-Anse, c'est le vrai parti majoritaire dans la région ( un sénateur sur trois, 10 députés sur 11, la mairie de Jérémie ).Ne en réaction au putsch de 1991, le COREGA est allé aux urnes en 1995 avec la coalition dite de la Table, mais il se démarque de plus en plus de l'OPL ( Organisation politique Lavalas ) qui domine le pouvoir exécutif ei législatif à Porf-au-Prince.Les « trois millions de gourdes » ( 300 000 S CAN ) furent remis par l'ancien président Jean-Bertrand Aristide en 1995 à Na/aire pour aider les démunis de la Grande-Anse.Nazaire aurait surtout aidé ses amis.'\u2022 C'est faux », dit Hugues Léo-pold.flatté, et gêné, d'avoir de la visite dans son bureau vide de vice délègue.« L'argent est bien allé aux démunis », soutient-il.« L'avenir du délégué Nazaire?Je n'en sais rien, je n'écoute pas les rumeurs », ajoute-t-il.Comme Nazaire, Léopold est OPL.Mais il a bien vécu le putsch.Le nouveau président d'Haïti, René Préval (à droite), lors de la passation des pouvoirs par son prédécesseur, Jean-Bertrand Aristide « on dirait qu'il (Préval) n'est pas sûr d'avoir été élu »v commentent des jeunes de Jérémie.,i'U Les bailleurs de fonds d'Haïti guettent l'aval du FMI pour débloquer des crédits, certains fonctionnaires n'ont pas été payés depuis 20 mois.\u2022 \u2022 \u2022 4 \u2022 4 ' » t > « Je n'étais pas Lavalas, j'étais cultivateur ; j'ai joint l'OPL après le retour d'Aristide », dit-il.Au mur, une inscription : « il n'y a pas d'oreiller plus doux qu'une conscience tranquille ».« L'OPL a les moyens financiers liés au contrôle de l'appareil d'État, mais le COREGA n'est pas démuni : il retient par exemple 75 % des droits perçus sur les navires qui entrent à Jérémie avec du ciment ou du sucre », disent Azor et ses amis du KAS.Eux-mêmes, qui dénoncent « la démocratie des clans » et mili-tent pour une démocratie « de justice et d'équité », sont débordés par l'AKO-KASH du père Samedi, curé de Sainte-Hélène.« Il a de l'argent, il lance des projets, il donne du travail, c'est bien », disent-ils.« Mais on veut plus de participation et on se fait traiter de macoutes ; c'est comme au temps des vrais macoutes, la critique n'est pas tolérée », se plaignent-ils.Participation, maître mot du nouvel Haïti.Pour l'avoir ignoré, le COREGA lui-même a engendré une grave crise quand il a interdit d'office la coupe du bois et la production du charbon, par souci d'écologie, mais sans consulter les paysans sur les possibles solutions de rechange.Des luttes de pouvoir À Dame-Marie, une petite radio aux mains d'un pasteur méthodiste a pris la défense des paysans qui sont descendus des mornes armés de machettes.« Une manoeuvre pour intimider la nouvelle police », dit Jean-Louis Oison, directeur de lycée et membre de Soley Lakay, qui y symbolise l'opposition à l'OPDAM, Filiale locale de l'OPL.« La radio nous a refusé le droit de parole », ajoute-t-il.À Anse d'Hainault, des hommes armés ont attaqué un groupe qui chargeait sur des bateaux du charbon de bois pour Port-au-Prince.Il y eut une fusillade et des blessés, l'industrie du charbon étant aux mains de la vieille élite de grands propriétaires.Luttes de pouvoir féroces au sein des organisations populaires, scissions, défections, manipulations, telles sont les tensions nouvelles qui se cachent sous la normalité retrouvée en Haïti.Les 10 premières années de l'après-Duvalier ont été dominées par le déchoukaj, la campagne pour extirper l'ancien régime macoute du corps social haïtien ; la période qui s'ouvre doit servir à y enraciner la démocratie, comme l'affirme la Fondation Aristide.Mais la variété de démocratie à ensemencer divise les planteurs.Et bien des racines macoutes trainent encore dans le terroir.Ainsi, le grand débat sur le Programme d'ajustement structurel ( PAS ) imposé par le FMI et la Banque mondiale, avec son cortège de réforme administrative de privatisations, est le reflet de ces tiraillements au niveau national.Le FMI attend la réponse de Préval dès la semaine prochaine, les bailleurs de fonds d'Haïti guettent l'aval du FMI pour débloquer des crédits, certains fonctionnaires n'ont pas été payés depuis 20 mois, mais le pays reste divisé sur la question.Entre partisans et adversaires du FMI, Préval prône un compromis à la bolivienne, dit « privatisation par capitalisation », où les sociétés d'Etat visées deviendraient « mixtes » : 35 % des bénéfices iraient à l'État sous forme d'impôts; l'État et le secteur privé se partageraient les 65 %, avec pour l'État un total de 67,5 % des bénéfices, 32,5 % allant aux collectivités régionales et locales.Celles-ci doivent encore être élues, pour compléter l'armature institutionnelle de la démocratie haïtienne, et les préparatifs font l'objet d'âpres luttes.L'impasse parlementaire Au Parlement, qui compte pourtant 74 députés OPL sur 83 et 18 sénateurs OPL sur 27, c'est l'impas- se, plusieurs députés OPL se joignant au COREGA, et au PUB ( Parti louvri baryé ) de Renaud Bernardin implanté dans le nord, et à la Fondation Aristide, pour exiger que l'application du PAS se fasse strictement « dans le cadre d'un débat national ».Même l'économiste Marc Bazin, ancien de la Banque mondiale, qui fut premier ministre des putschistes, et Evans Paul, ancien maire de Port-au-Prince qui boycotta les dernières élections, se sont prononcés fermement contre les privatisations Si bien que.le 20 juin, des anciens soldats de l'armée dissoute protégés par des Casques bleus de la MIN U HA, manifestaient de vaut le Palais présidentiel pour réclamer 20 mois d'arriérés et une nouvelle armée de 2000 hommes, faute de quoi ils menaçaient de recourir au
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