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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
B. Plus
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 1999-05-29, Collections de BAnQ.

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[" B Montréal, samedi 29 mai ?1999 Plus La Presse Assurance n voyage ÉDITORIAL / OPINIONS / MONDE / POLITIQUE 1-888-211-4444 55 Maxl sécurité \u2022 Mini prix La crise du Kosovo, une erreur tragique NDLR: Notre journaliste séjourne à Belgrade depuis deux semaines.Il travaille dans des conditions difficiles qui modifient forcément la cueillette de ses informations.Pour quitter la capitale, Belgrade, il doit obtenir l'autorisation que les forces armées yougoslaves distribuent avec parcimonie.Gilles Paquin envoyé spécial BELGRADE Les Yougoslaves ne se gênent pas pour critiquer le président Slobodan Milosevic en privé, mais peu acceptent de le faire sur la place publique pendant que leur pays est en guerre.Ceux qui osent, comme les chefs des partis d'opposition, se font traiter de traîtres par la télévision.Décortiquer la crise du Kosovo ei en attribuer la responsabilité aux autorités serbes est tout aussi risqué.Plusieurs des intellectuels serbes interrogés par La Presse ont refusé de s'aventurer sur cette voie, d'autres se sont contentés de répéter le discours officiel.Un professeur de l'Université de Belgrade, dont la famille est originaire du Kosovo, Petar Bunjak, a néanmoins accepté de porter un regard critique sur le comportement de son gouvernement face à la minorité albanaise du Kosovo.Pour lui, il ne fait aucun doute que les dirigeants de Belgrade sont les premiers responsables de cette crise.« Le problème en Serbie, c'est que le démontage du communisme n'est pas encore terminé et qu'un certain nationalisme romantique est remonté à la surface pour embrouiller les choses », dit M.Bunjak.Le Kosovo, partage entre les Serbes et les Albanais depuis des générations, est devenu la terre d'affrontement entre ces deux nationalismes.Au fil des ans, la composition de la population a changé alors que les Serbes quittaient la région pour remonter vers le nord, tandis que les Albanais en faisaient autant à partir de l'Albanie.Entre les deux guerres mondiales, les Albanais du Kosovo n'avaient aucun droit, mais le régime communiste de Tito leur en a reconnu en leur accordant le statut de province autonome de la Serbie.Les premières revendications des Albanais se sont faites entendre après la mort de Tito, au début des années quatre-vingt, lorsqu'ils ont demandé que la province obtienne les mêmes pouvoirs que les six républiques constituantes de la Fédération yougoslave.« L'État a étouffé ces revendications à la manière communiste, par la répression », affirme M.Bunjak.L'arrivée de Milosevic Lorsque Slobodan Milosevic a accédé au pouvoir quelques années plus tard, il a entrepris une réforme de la Constitution qui s'est soldée par l'abolition du statut de province autonome du Kosovo en 1988.« À partir de cette époque, la Serbie a commencé à se mêler des affaires intérieures du Kosovo.Milosevic s'est érige en défenseur des Serbes opprimes de cette région »».dit M.Bunjak.Selon lui, certains parlaient alors «« d'un genre de nettoyage ethnique » qui poussait les Serbes à vendre leurs terres pour monter vers le nord.Ils étaient entre 400 000 et 450 000 au début des années soixante-dix, ils sont 200 000 de moins maintenant.Les Albanais n'ont jamais accepté cette nouvelle Constitution.Lors de l'instauration du multipartisme en Yougoslavie, vers 1988-89, ils ont créé leur propre formation politique.L'Union démocratique du Kosovo, dirigée par Ibrahim Rugova, a rapidement rallié l'élite intellectuelle albanaise.« Le malentendu s'est aggravé lorsque les Albanais ont organisé un référendum sur l'autonomie du Kosovo, pour ensuite prôner la création d'un État indépendant.La Serbie a refusé net et la tension n'a cessé de monter », ajoute M.Bunjak.Plus tard, au début des années quatre-vingt-dix, les Albanais ont boycotté les élections aidant ainsi Milosevic a s'emparer d'une soixantaine de sièges au parlement de Serbie.Entre-temps, la Bosnie et la Croatie réclamaient à leur tour l'indépendance et la guerre civile éclatait.Les nationalistes albanais plus radicaux ont voulu profiter de la situation, mais Rugova s'y est opposé.En 1993, lorsque le ministre de l'Éducation de la Serbie a décidé d'imposer le même programme à toutes les institutions d'enseignement de la république, les Albanais ont refusé de s'y conformer.« J'aurais fait la même chose si j'avais été à leur place, il n'y avait jamais eu de programme uniforme avant », affirme M.Bunjak.La réaction du ministre ne s'est pas faite attendre.Il a coupé les vivres aux écoles et à l'Université de Pristina au Kosovo.Les 800 professeurs albanais ont démissionné en bloc et l'université est devenue serbe.C'est par la suite qu'a véritablement commencé la révolte armée des Albanais, explique M.Bunjak.D'abord par un attentat contre le recteur, puis contre les policiers.Plus tard est née l'UCK, mouvement armé alors décrit comme terroriste par Washington.L'escalade s'est poursuivie avec-une réaction brutale de la police et la formation de milices.Au printemps dernier, les policiers serbes étaient devenus les cibles préférées de l'UCK.« Tout le reste est de la propagande de la part des uns et des autres », tranche M.Bunjak.Malheureusement, le pouvoir a refusé de négocier avec ces Albanais alors qu'il en était encore temps.Ce n'était d'ailleurs sans doute guère possible puisqu'il n'existait alors même pas de dialogue serbo-serbe, dit le professeur.Rambouillet, c'était trop tard.À l'époque où Rugova voulait discuter, Milosevic ne voulait pas.Lorsque Milosevic a finalement voulu négocier avec Rugova, celui-ci ne pouvait plus.L'UCK était devenue plus forte que lui.Rambouillet est une erreur tragique de l'Ouest, même les Serbes les plus démocratiques ne peuvent pas accepter l'entrée de l'OTAN au Kosovo.Cela est perçu comme une occupation.« Les bombardements sont terribles, mais je crois que les Serbes n'accepteront l'occupation qu'après une défaite militaire.Ne me demande/, pas si c'est logique, moi i aurais accepté Rambouillet », dit M.Bunjak.Selon lui.un grand nombre de B\u20ac8 concitoyens regrettent maintenant de ne pas avoir compris la gravite de la situation.Les Serbes se sentent trahis, les Albanais ne savent pas s'ils pourront revenir dans ce pays détruit.PHOTOS AFP Les tirs des batteries anti-aériennes traversent les nuits de Belgrade au rythme des raids aériens des avions de l'OTAN.Réfugiés kosovars et matériel sanitaire attendent d'être transportés à l'intérieur des terres en Albanie.En Serbie, une bombe a anéanti un immeuble de la télé nationale.La guerre sans combat sème la mort et la destruction GILLES PAQUIN envoyé spécial BELGRADE Le long de la grande rue de Zemon, un quartier périphérique de la capitale yougoslave, une dizaine de camions militaires sont cachés sous les arbres d'un parc.Des soldats montent la garde de manière nonchalante, ils savent que l'ennemi est là, mais il est insaisissable.La Yougoslavie est en état de guerre même si ses troupes ne livrent aucun combat hors du Kosovo.C'est du haut des airs que viennent les attaques et le déploiement des forces armées serbes au sol semble tout à fait futile.Les Yougoslaves ont rapidement compris que rien ne pouvait les protéger des bombardements incessants de l'aviation de l'OTAN.Rien, sauf la fuite et peut-être les abris souterrains.Ce qui frappe le plus un étranger arrivant à Belgrade ces jours-ci, i est que la capitale yougoslave semble vivre tout à fait normalement.Le jour, les rues sont très animées, les terrasses des cafés remplies et la plupa1** des commer ces encore ouverts.Le soir toutefois, la ville change.Les rues se vident très tôt parce que la plupart des commerces et services publies ferment vers 16 h 30.Les gens rentrent aussitôt à la maison et sortent rarement en soirée.L'éclairage des voies publiques est presque inexistant.Cinémas, théâtres et restaurants sont déserts dès la nuit tombée.L'impression de normalité se dissipe rapidement lorsqu'on interroge les gens sur leur vie quoti- dienne, leurs nuits d'angoisse rythmées par les sirènes d'alerte et leur inquiétude face aux lendemains difficiles.Le visage de la plus grande ville serbe porte également de nombreuses cicatrices des bombardements disséminées dans tous les quartiers.Personne parmi ses deux millions d'habitants ne peut échapper à ces rappels constants de la guerre, peu importe où il habite.Les immeubles des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur, rue Knesa-Milosa au centre-ville, sont en ruine ; le grand hôtel Yougoslavie n'est plus qu'un squelette calciné au bord du Danube ; l'usine pétrochimique de Pancevo, en banlieue, est partiellement écroulée ; le complexe hospitalier de Dedinje est inutilisable; la tour de la télévision serbe est un amas de ferraille ; l'ambassade de Chine est éventrée.S'ajoutent la résidence du président, l'aéroport, le quartier général de l'armée.Bref, la liste des destructions est interminable.Les centaines de pannes Et presque chaque soir, parfois même en plein jour, les avions de l'OTAN reviennent survoler la ville en faisant entendre leur vrombissement inquiétant.Dans la rue, le jour, les gens lèvent la tète pour apercevoir ces oiseaux de malheur.Dans leur lit, la nuit, ils se réveillent et attendent le fracas des bombes.Les tirs des batteries anti-aériennes éclairent le ciel.Le matin, les habitants de Belgrade ont l'air encore fatigue.Les heures de sommeil manquees s'accumulent au fil des nuits et pèsent sur leur système nerveux.On boit beaucoup ici, pour oublier, on fume encore plus, comme si on voulait s'occuper les mains.Depuis plusieurs semaines maintenant, les pannes d'électricité ou d'eau courante sont fréquentes.On s'éclaire souvent à la chandelle, on mange froid et on perd des aliments loisque les frigos s'arrêtent pendant de longues heures.Devant certains commerces les gens font la queue pour acheter des produits rares : huile, sucre, essence, cigarettes et même la lessive.Les prix ont tendance à doubler sur le marché noir.Rares sont ceux qui parviennent à s'évader de cette ville où régnent la peur et l'inquiétude.Les hommes de moins de 65 ans n'ont pas le droit de quitter le territoire yougoslave, les plus jeunes attendent avec résignation leur mobilisation.Les hôpitaux et les pharmacies manquent de médicaments.Les salles d'opérations fonctionnent à régime réduit, les files d'attentes sont longues, les patients résignés.L'aéroport de la capitale, comme tous les autres, est fermé depuis le début des bombardements.Pour sortir du pays, reste la route vers Timisoara, en Roumanie, et celle qui conduit à Budapest, en Hongrie.Certains ponts ont été détruits et il faut souvent faire de longs détours en plus de franchir de nombreux barrages avant d'arriver à destination.Tout Belgrade attend la lin de ce cauchemar en faisant de l'humour noir sur les négociations qui n'en sont pas et sur les dirigeants isoles qui les ont conduit dans cette im-passe. LA PRESSE, MONTRÉAL, SAMEDI 29 MAI 1999 Editorial La Presse André Desmarais président du conseil d'administration Roger D.Landry président et éditeur Claude Masson éditeur adjoint Marcel Desjardins directeur dl: l'information Alain Dubuc éditorialiste en chef Radio-Canada: l'impossible schizophrénie endant que le CRTC lançait ses audiences sur Radio-Canada, de l'autre côté de l'Atlantique, l'Assemblée nationale française adoptait un projet de loi qui privera les chaînes de télé publique du tiers de leurs revenus publicitaires.Ce ne sera pas une perte sèche: le manque à gagner sera compensé par des subventions de l'État, si bien qu'en bout de ligne, la télévision publique française en sortira enrichie.Quoiqu'elle devra respecter certains paramètres avant de dépenser la manne supplémentaire.¦nMMBunwm Outre le hasard des dates, le lien entre la réforme française et le débat sur l'avenir de Radio-Canada est, en apparence, plutôt ténu.Le contexte est différent, les cultures politiques aussi.Pourtant, au-delà des détails, en France comme au Canada, la même question de fond se pose: pourquoi l'État devrait-il financer des diffuseurs publics de plus en plus soumis aux lois du marché, de plus en plus racoleurs et de plus en plus semblables à leurs concurrents privés ?Et en corollaire: la radio et la télévision publiques ont-elles encore une raison d'être ?Ce dilemme a été accentué par le déferlement de nouveaux joueurs sur nos écrans et nos zapettes.Plus il y a de chaînes privées, plus la télévision publique doit justifier sa pertinence.Et éventuellement, réajuster son tir.« Dans le passé, dans un marché qu'elle dominait, la BBC avait l'obligation de rejoindre tous les auditoires et de répondre à tous les besoins; à l'avenir, elle devra mettre l'accent sur des responsabilités clairement définies Agnès Gruda agruda@lapresse.ca pour mieux compléter les services offerts par le secteur privé », écrivait lucidement le diffuseur britannique au début des années 90.Peu après, la BBC subissait une grande réforme, visant à la prémunir contre l'écueil de la commercialisation.S'il y a une chose qui soit certaine dans le débat sur l'avenir de Radio-Canada, c'est que notre radiodiffuseur public n'a pas su éviter cet écueil.Devant le fractionnement du marché et les compressions draconiennes (en quatre ans, la société a perdu près du quart de ses subsides), Radio-Canada a opté pour une compétition frénétique avec le privé, essayant de séduire un auditoire de plus en plus vaste avec une programmation qui rend sa voix de plus en plus semblable à toutes les autres.L'émission d'affaires publiques Enjeux ne ressemble-t-elle pas de plus en plus au défunt Match de la vie?Avons-nous besoin d'une télé publique pour diffuser La Fureur ?Et que vient encore faire Radio-Canada sur les patinoires de la LNH, quand des chaînes spécialisées privées peuvent très bien s'en occuper ?Paradoxalement, plus Radio-Canada se soumet à la tyrannie des cotes d'écoute, plus le public la fuit: entre 93 et 97, la part d'auditoire du réseau français de la télévision publique a fondu de 15 %.Les auditeurs se sentent floués par un contenu allégé et une présence publicitaire de plus en plus lourde.Les réseaux privés se sentent floués par une concurrence qu'ils jugent déloyale.Le gouvernement, après avoir coupé ses subventions jusqu'à l'os, se montre de plus en plus insatisfait.Que fait Radio-Canada devant tant de pression ?Pour l'essentiel, elle fait l'autruche et mise sur la fuite en avant.Contre l'évidence, la société d'État refuse de se remettre vraiment en question.Quand cela fait son affaire, elle em- prunte le langage du privé.Elle ne voit aucun problème à ce que l'argent que lui confient les contribuables serve à négocier les droits de diffusion d'un film comme Titanic: après tout, si elle se soumet humblement aux impératifs des cotes d'écoute, c'est au nom de tous les Canadiens qu'elle a le mandat de rejoindre.Elle ne voit pas non plus pourquoi elle devrait être soumise à la Loi sur l'accès à l'information, comme le sont pourtant les autres sociétés d'État.Les auditeurs délaissent-ils ses bulletins d'information au profit de chaînes privées ?Changement de cassette: Radio-Canada se drape de pureté, joue le désintéressement et parle en langage « public ».Le dernier plan stratégique de la société d'État perpétue ce double langage.Quant aux projets de chaînes spécialisées convoitées par Radio-Canada et rejetées par le CRTC, ils n'auraient fait qu'ajouter à la confusion en dispersant davantage des énergies que la société d'État a du mal à canaliser.Il y a trois ans, le rapport Juneau proposait une nouvelle façon de financer Radio-Canada pour mettre fin à sa schizophrénie et la sauver de la suicidaire tentation commerciale.Jugé impraticable, ce rapport a été mis de côté.Le déclin tranquille s'est poursuivi.Les audiences du CRTC ramènent les dilemmes de Radio-Canada sur la table.Évidemment, les voix qu'on y entend ne sont pas toutes désintéressées, loin de là.Et même si elles ont raison, sur bien des points, de se montrer critiques, on ne peut quand même pas demander à Radio-Canada de réaliser l'impossible: faire beaucoup plus, avec beaucoup moins.Ottawa a des examens de conscience à faire à ce sujet.Un réseau public fort ne peut pas se développer dans un environnement anorexique.Reste que le débat qui se tient maintenant devant le CRTC a le i;rand mérite de toucher au coeur du problème.La Grande Blancheur Les margariniers ont été déboutés en Cour supérieure dans leur tentative de casser le règlement qui interdit la coloration de la margarine en invoquant la liberté d'expression.C'est mieux ainsi, car le droit à la margarine jaune n'est sans doute pas l'un de ceux que la Déclaration universelle des droits de l'Homme cherchait à garantir.nnBMHHBMBBi Mais le magistrat, dans son jugement, ne s'est pas gêné pour ridiculiser ce règlement, unique au monde.En soi, le fait que les consommateurs québécois soient forcés par l'État à utiliser de la margarine blanche n'est pas un gros drame.Mais cette mesure, archaïque, est révélatrice d'un troublant phénomène de culture, d'une façon de gouverner qui n'a plus sa raison d'être.Le principe de s'attaquer à la margarine pour protéger les producteurs de lait remonte à Duplessis.Mais si de tels règlements existent encore à l'aube de l'an 2000, ce n'est pas un oubli.L'interdiction de colorer la margarine, abandonnée en 1972, a été réintroduite sciemment en 1987 par le gouvernement Bourassa.Elle a été maintenue de façon militante par le gouvernement Bouchard, qui a consacré bien des énergies pour la faire appliquer : inspecteurs du ministère de l'Agriculture qui font des saisies \u2014 des oléo-macoutes ?\u2014, batterie d'avocats pour défendre en Cour ce règlement imbécile.Pourquoi ?Le gouvernement québécois a manifestement du mal à maîtriser ses appétits interventionnistes et préfère avoir l'air fou que de relâcher ses contrôles.On a aussi du mal à sortir de la Grande Noirceur et à se débarrasser d'une certaine image de la ruralité.On cède donc aux lobbies agricoles, comme dans le temps de Duplessis, en oubliant que les réalités sociales ont changé.Alain Dubuc adubuc@lapresse.ca UNE 'vit, DUE vUlE.UO MMRE 00 0 DROITS RÉSERVÉS \u2022*tk».Elle-même n'était pas exactement en bonnet et en crinoline (elle portait des shorts et un t-shirt).Et, a-t-il ajouté à un journaliste apns que la Cour suprême ait cassé l'acquittement.elle ne sortait pas du couvent.Il s'est plaint qu'ont ait décrit la plaignante comme « une petite fille aux grands yeux qui ne savait pas ce qui lui arrivait.Well, corne on, now ! » Dans l'affaire Vriend, touchant au congédiement discriminatoire d'un enseignant homosexuel, il s'est dit inquiet à l'idée que l'on finisse par faire de la sodomie un droit constitutionnel, « niant ainsi un millénaire d'enseignement moral ».Il a ensuite fait dévier son jugement sur des psychopathes sexuels.Ces propos aussi sont répréhensibles, de dire le comité.Ils laissent croire, en plus d'être sans rapport avec le sujet traité, que les homosexuels sont déviants et dangereux pour les enfants.L'indépendance des juges ne leur permet pas de dépasser les bornes de la décence dans l'expression de leurs idées, de dire le comité.Mais le comité en est venu à la conclusion que les excuses du juge McClung, ajoutées à une carrière autrement admirable, suffisaient à rassurer la population sur sa capacité d'entendre en toute impartialité des causes sur les droits des homosexuels ou des affaires de moeurs.Il n'y avait donc pas lieu de recommander la constitution d'un comité d'enquête public, comme dans l'affaire Jean Bienvenue, pour décider s'il devait être destitué.Tant mieux pour lui.Mais bien des juges ayant dit de bien moins grosses énormités ont été traînés dans une enquête publique, forcés de s'expliquer en long et en large puis réprimandés officiellement.Ils avaient le plus souvent « échappé » leur bêtise, ce qui ne les excuse pas, mais ce qui est moins grave que d'attaquer le plus haut tribunal au pays, par écrit, en des termes loufoques.Le juge Bienvenue, de la Cour supérieure du Québec, avait fait l'objet de plaintes des procureurs généraux du Canada et du Québec, ce qui, par la loi, forçait le conseil à tenir une telle enquête.Dans un procès pour meurtre à Trois-Ri-vières, il avait dit que les juifs avaient moins souffert dans un camp de concentration que l'homme dont la gorge avait été tranchée par l'accusée.Mais il avait surtout laissé entendre que la femme est d'une nature moralement différente de l'homme.La femme, a-t-il dit, si elle le décide, peut s'élever à des sommets de perfection inatteignables pour le meilleur des hommes ; mais si elle décide de « s'abaisser », elle se rendra alors hélas ! bien plus bas que le plus vil des hommes.Il avait présenté ses excuses aux personnes « qui auraient pu être offensées », ce qui revient à déplorer l'effet de ce qu'on a dit mais pas à en reconnaître la sottise.Devant le comité d'enquête public du conseil, le juge avait refusé d'abjurer sa vision de la femme.C'est par cette porte que le comité s'est introduit, à quatre contre un, pour recommander sa destitution.Il a, comme tout le monde, le droit à ses préjugés.Mais s'il a une vision « discriminatoire » de la femme, et qu'il refuse de combattre cette vision, le public peut raisonnablement entretenir une crainte qu'il soit partial à l'avenir, a dit la majorité.Le Conseil de la magistrature du Canada, qui regroupe tous les juges en chef des cours de nomination fédérale, a entériné la recommandation de destitution du juge Bienvenue, mais le quart des membres était dissident, estimant que la faute reprochée au juge ne suffisait pas à mettre fin à sa carrière, et que le comité avait appliqué un test inadéquat.Est-on bien sûr, avec cette foçon expédi-tive de procéder, que le juge McClung.lui.combattra de toutes ses forces les préjugés que le comité déclare par ailleurs bien deu s-t.ihles ?Mieux que Jean Bienvenue ?On aimerait en être convaincu.JACQUES HENRIPIN L'auteur, démographe, est professeur émérite à l'Université de Montréal.Je me suis opposé récemment, dans ces pages, à l'octroi de pensions de réversion aux conjoints survivants des couples homosexuels.Je n'ai pas l'intention de répondre point par point aux supputations, interprétations, confusions, extrapolations ou autres arguments avancés contre mon propos et je me limiterai à faire deux choses : a) placer la question dans le contexte d'une société vivante ; b) clarifier ma position.Ce qui me déconcerte, dans le débat actuel, c'est l'absence de distinction entre couple et famille, et pour tout dire l'évacuation de la notion de famille.Des « conjoints de même sexe », cela forme un couple, point.Nous sommes bien d'accord.Ces femmes ou ces hommes s'entraident, partagent leurs peines et leurs joies, leurs revenus, leurs vacances, que sais-je encore.Cependant, d'autres sortes de couples (tante-nièce, amies célibataires ou veuves, frères, père-fils) font exactement la même chose, moins la vie amoureuse.Ces diverses formes de vie commune sont aussi émouvantes, aussi respectables que les conjoints de même sexe, et méritent certainement les mêmes égards.Mais si l'on veut bien jeter un autre regard que celui du photographe, on comprendra qu'un couple hétérosexuel, ce n'est pas seulement un couple : c'est l'embryon d'une famille.Et dans huit cas sur dix, d'ailleurs, ce couple deviendra effectivement une famille au sens plein du terme, c'est-à-dire des parents avec un ou plusieurs enfants.Bof ! diront certains, et puis après ?Un couple, c'est un couple ! Pour un photographe, oui, mais un couple et une famille, ce sont deux choses différentes, du point de vue du fonctionnement d'une société.Il faut une population pour soutenir une société, on me dispensera de le démontrer.Or, une population est un peu comme un être vivant.Elle n'est pas qu'un nombre d'habitants, pas plus qu'un chat n'est qu'un nombre de cellules.Une population animale (humaine en particulier) est constituée d'individus qui ont, entre autres caractéristiques, des sexes et des âges différents.Disons que pour fonctionner convenablement et perdurer, une société doit respecter une certaine morphologie, une certaine composition par âge.Il y a là beaucoup de souplesse, bien sûr, mais une société fonctionnerait mal avec 60 % de vieux et elle ne durera pas longtemps avec 5 % d'enfants.Des enfants.C'est casse-pied, mais il en faut.Encore faut-il les taire.et les élever ! Et c'est à cela, parmi d'autres mérites, que servent les familles.Et il n'y a malheureusement pas de substitut pour la procréation et l'éducation des «.niants.Peut-être cela mérite-t-il quelque attention particulière ?Peut-être cela appelle-t-il une certaine discrimination en faveur des familles ?C'est avec ce souci que je m'inquiète du sort des parents et de leurs enfants, ces derniers étant probablement le groupe le plus négligé de la société nord-américaine.Sans compter qu'ils seront bien peu nombreux, dans trente ans, pour supporter le poids des pensions et soins de santé des adultes peu féconds d'aujourd'hui.Mais s'il est vrai que je trouve la natalité du monde occidental trop faible, je ne réprouve aucune femme inféconde, aucun homme sans descendance.Chacun choisit ses oeuvres.Il reste que celles et ceux qui élèvent des enfants le font à des prix croissants et sans aide suffisante de la société.Élever deux ou trois enfants, c'est, bien sûr, se faire plaisir ; c'est aussi donner à ses contemporains les futurs producteurs de biens et services dont ils auront grand besoin dans leur vieillesse.Ces producteurs ne tomberont pas du ciel.Il se trouve qu'un des prix à payer est particulièrement onéreux, car même aujourd'hui, la plupart des mères sacrifient à cette fonction une partie de leur vie professionnelle, de même que les avantages financiers qui s'y rattachent.Un très grand nombre d'entre elles n'ont droit qu'à une bien piètre pension personnelle.C'est le fondement le plus sérieux, à mon sens, des pensions de réversion.C'était d'ailleurs leur seul but quand on les a mises en place.On les a dans la suite étendues aux veufs sans trop rctlechir, sous l'empire de la mythologie de l'égalité mécanique des sexes.On a ainsi brouillé les cartes, car il n'y a probablement pas trois pères sur cent qui sacrifient de façon sensible leur vie active (et la valeur de leur pension) pour élever, leurs enfants, de sorte que cet égalitarisme nous a beaucoup éloignés de la justification originelle des pensions de réversion.Ce n'est pas leur pension que les pères sacrifient, en général ; c'est l'épargne qui a ete rongée par le coût des enfants.À ce titre, ils ont sans doute droit à certains égards financiers.Mais je ne suis pas convaincu que le système de pensions de réversion, tel que nous le pratiquons, soit la meilleure solution.Par exemple, il n'y a pas de raison de donner une pension de réversion à celles et ceux qui n'ont pas eu d'enfants, sauf si elle est prise à même la pension principale.J'ai proposé ailleurs un système difte rent, axe sur les années d'éducation des entants.Il serait accessible, dans mon esprit, a toutes les sortes de couples.Si c'est l'entraide entre adultes qu'on veut récompenser, alors il faut donner des pensions et autres avantages aux couples île tante-nièce, de frères, de soeurs, de perc-fille.qui vivent ensemble, partagent leurs ressources, se soignent, .etc.Et pourquoi seulement les couples ?Pourquoi exclure les trios et les quatuors?On peut alors se demander ou diable cela s'arrêtera et quelle sera l'ampleur des cotisations aitl régimes île retraite î II est peut-être sage de s'en te nir aux éleveurs d'entants, quelle que soit leur En 1941, les femmes n'entrent pas au Barreau par la grande porte.C'est par une seule voix de majorité que le conseil général, le 8 janvier 1941, se prononça en faveur de l'admission des femmes à l'exercice de la profession d'avocat.Et c'est Elizabeth C.Monk qui devint, offi- ciellement, la première femme admise au Barreau du Québec l'année suivante.Aujourd'hui, les avocates représentent environ le tiers des effectifs du Barreau du Québec, qui compte 15 000 avocats.Me Sylviane Borenstein devenait, en 1990-91, la première femme à occuper le poste de bâtonnier du Québec.Cette institution se transforma peu jusqu'en 1967.En effet, les pouvoirs que le législateur avait consenti à la « corporation professionnelle des avocats » étaient principalement assurés par les sections locales du barreau.Pendant longtemps, donc, les activités du Barreau du Québec se résumaient en une assemblée annuelle ou semestrielle de son conseil général.La structure très décentralisée du barreau, où toutes les fonctions importantes étaient assumées par les sections locales, accordait bien souvent plus de prestige à ces dernières qu'au Barreau du Québec.Par exemple, le titre de bâtonnier fut longtemps réservé aux bâtonniers régionaux, t.indis que le véritable bâtonnier du Québec se faisait plutôt appeler « président du conseil général ».Le besoin de contrôler efficacement l'admission à l'étude et à l'exercice de la profession amenèrent toutefois le Barreau du Québec à récupérer toujours un peu plus de pouvoirs à travers les modifications à sa loi constituante.Toutefois, jusqu'en 1960, le secrétariat du barreau était assure a temps partiel par un avocat, souvent à partir de son cabinet.Ce n'est donc qu'a compter de la Révolution tranquille qu'un secrétariat plus important se développa.Le barreau moderne Le barreau moderne est né en 1967 par l'adoption par l'Assemblée législative du Québec d'une nouvelle loi constitutive.Fruit de nombreuses années de réflexion chez les avocats, elle permit au Barreau du Québec de récupérer la majorité des pouvoirs jusque-là exercés par ses sections régionales.La présentation de plusieurs projets de loi importants, au cours des années soixante-dix, notamment dans les cas de l'aide juridique et de l'assurance-automobile, incitèrent le Barreau du Québec à intervenir publiquement.En plus des domaines traditionnels, comme sur la réforme du Code civil, le barreau intervient désormais sur une foule de sujets, dont les principaux thèmes s'articulent autour de l'administration de la justice, du rôle de l'avocat, de la promotion du droit ou de tout autre sujet jugé d'intérêt et pouvant affecter le travail des avocats ou de mettre en péril certains droits fondamentaux.Depuis 1973, le barreau est assujetti, comme tous les ordres professionnels du Québec, au Code des professions et il a maintenant pour tâche de protéger le public.En conséquence, le barreau af- fecte une proportion importante de son budget et de ses effectifs au respect de ce mandat.Le Barreau du Québec a également affecté des ressources à la promotion des intérêts des avocats comme la négociation du tarif de l'aide juridique, un support technique aux associations d'avocats et la coordination d'un régime d'assurances collectives ou l'obtention d'avantages commerciaux au profit des avocats.Le bâtonnier actuel du Québec est Me Jacques Fournier, de Montréal.Entré en fonction en juin 1998, il termine son mandat dans quelques semaines, en juin, alors qu'il sera remplacé par Me Denis Jacques, de Québec.Conformément à la loi du Barreau, son mandat est d'une durée d'un an.La loi, bien sûr, autorise un bâtonnier à solliciter un nouveau mandat, mais depuis plusieurs années, les avocats du Québec respectent la tradition voulant que les bâtonniers demeurent en poste une seule année.Une autre tradition, celle de l'alternance.Une année, le bâtonnier est issu du Barreau de Québec, l'autre, de celui de Montréal.El tous les quatre ans, de la province.En 1997-98, d'ailleurs, c'est un avocat de la Côte-Nord, Mi> Serge Francoeur, qui fût bâtonnier du Québec.La syndicalisation des avocats Tout le débat autour du code des professions n'a pas été sans soulever, au sein de la profession, la question de fond du rôle que devraient jouer les corporations professionnelles dans notre société.Comme l'a explique André Sinclair dans son article sur l'histoire de la profession d'avocat au Québec, paru dans les Cahiers de droit, la question est d'autant plus pointue que le barreau avait toujours prétendu concilier ses deux rôles de protecteur de l'intérêt public et de représentant de l'intérêt tle ses membres.Le 25 mars 1972, lors d'une rencontre spéciale des bureaux de direction des associations d'avocats de Montréal, de Québec, des Laurentides et de Bedford, on décidait de procéder à la création de la Fédération des avocats du Québec, dont le but serait de défendre les intérêts socio-économiques de ses membres.Mais comme l'écrit Sinclair, « malgré ses efforts, la FAQ n'a pu rallier la majorité des avocats à ses vues.Ceux-ci pensent encore que le barreau peut remplir les deux rôles qui lui ont été traditionnellement dévolus.» « Le débat concernant la syndicalisation n'est sans doute pas terminé.Cette question de fond est susceptible de rejaillir dans l'actualité publique à plus ou moins long terme.On peut soulever des doutes sérieux sur la question de savoir si une corporation professionnelle peut encore, à notre époque, jouer un rôle de revendication, en même temps que remplir efficacement une fonction sociale de service public.» Pierre Vennat Réclamé depuis de nombreuses années, l'acte de constitution du Barreau du Bas-Canada permit aux avocats, reunis en corporation, de superviser et d'administrer l'application des règles d'admission et de pratique.C'est Me Toussaint Peltier qui fut le premier bâtonnier du Barreau de Montréal (1849-1852) tandis que Henry Black occupa le même poste pour celui de Québec, mais beaucoup plus longtemps, soit de 1849 à 1866.La première assemblée de la nouvelle association eut lieu à Montréal, le 24 juillet 1849.Des 63 membres du Barreau qui y assistaient, il n'y en avait que trois, cinquante ans plus tard, encore vivants : le juge Buchanan, l'honorable Gédéon Ouimet, qui fut premier ministre du Québec, et Me Strachane Bethune, C.R.Au nombre de ceux qui assistèrent à cette première assemblée, La Presse identifiait sir Antoine-Aimé Dorion, sir Georges-Etienne Cartier, les juges Beredith.Berthelot, Beaudry, McKay, Dunkin, Buchanan et Austin, qui occupa plus tard le poste de juge en chef des Antilles, et Bétoursay, lequel fut ultérieurement nommé juge au Mani-toba.Bien que les avocats du Haut-Canada (Ontario) eurent obtenu la leur des 1797, la constitution du Barreau du Bas-Canada (Québec) ne vint qu'en 1849, probablement à cause de l'opposition permanente existant entre le gouverneur et l'Assemblée législative du Bas-Canada.Très rapidement, en effet, une bonne partie de l'élite canadienne-française s'était dirigée vers la pratique du droit.Ces avocats, tout comme leurs confrères notaires, entendaient incarner le leadership des Canadiens français et, par conséquent, investirent l'Assemblée législative du Bas-Canada.L'histoire parlementaire de cette époque est d'ailleurs marquée par un affrontement permanent entre les pouvoirs législatif et exécutif, affrontement qui devait trouver son dénouement dans la rébellion de 1837.Un soir du mois de novembre 1898, un groupe de 18 jeunes avocats, se plaignant que les dossiers importants aboutissaient entre les mains d'un petit groupe d'avocats et désireux d'avoir leur voix au cha- î.i loi qui établit le Barreau, en 1849, comportait un article stipulant que pour être reçu avocat, un candidat devrait avoir étudié sans interruption, comme clerc chez un avocat, pendant cinq ans.Cette exigence existait depuis 1785.lors de la reconnaissance légale de la profession.Il était toutefois prévu que ceux qui avaient suivi un cours d'études complet » dans un collège ou un séminaire n'en feraient que quatre, et ceux qui avaient complété leur cours de droit, trois ans seulement.On ne créait pas un enseignement du droit comme tel, mais on l'encourageait.Les premiers cours réguliers de droit au Québec ont été donnés à compter de 1848.Avant cette date, c'étaient des cours d'initiation isolés, comme ceux dispensés à Que-bec par Louis Plamondon, de 1826 à 1828.Mais en juin 1848, des étudiants qui fréquentaient des coins prives en droit auprès d'un avocat réputé, William Badgley, demandèrent .i McGill, qui n'était alors qu'un collège, d'instituer un cours régulier conduisant à un diplôme en droit.Et c'est en juillet de la même année que les dirigeants de McGill acquiescèrent a leur requête et fonde-rent une École de droit.Trois ans plus tard, en 1851, le collège Sainte-Marie inaugurait à son tour une « école » de droit, la première école française, sous la direction de Maximilien Bibaud.Enfin, l'Université Laval créa la sienne en 1854, à Québec.Le collège Sainte-Marie dispensa son cours de droit jusqu'en 1867.Au départ de Bibaud, le cours cessa mais l'Institut canadien de Montréal assura la relève en fondant s.i propre École de droit.Celle-ci fut d'abord affiliée à l'Université Victoria, de Cobourg, en Ontario, puis à l'Universit McGill, à partir de 1870.Mais cette école disparut peu après, en même temps que l'Institut lui-même, sous le coup des condamnations ecclésiastiques.Finalement, en 1878, l'enseignement du droit en langue française à Montréal fut institutionnalisé alors que l'Université Laval établit une succursale a Montréal.Cette faculté continua ses opérations jusqu'en 1920, lorsque l'Université de Montréal fut finalement créée.Ce n'est toutefois que depuis 1937 que les futurs avocats doivent absolument suivre un cours de droit universitaire.Déjà, en 1886, le Barreau avait CHINE Succès mitigé des cures de désintoxication forcées des héroïnomanes SYLVIANE TRAMIER collaboration spéciale.KUNMI\\G Des le premier coup d'oeil, on se rend compte que l'on n'est pas ici dans un centre de désintoxication cinq étoiles pour cures de luxe.Dans la cour dénudée comme celle d'une prison, les pensionnaires exécutent des marches militaires sous le commandement d'un officier de police.Au premier étage, les chambres \u2014 des cellules étroites aux murs nus, quatre lits de fer, pas d'effets personnels \u2014 sentent le desinfectant industriel.Un peu plus loin, une centaine de patients assis sur des tabourets bas autour de longues tables plient et collent des sa-chets d'emballage pour des médi-
de

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