Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

La presse, 2000-07-02, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 7LP0101A0702 A1 DIMANCHE 7LP0101A0702 ZALLCALL 67 01:09:38 07/02/00 B 1 3 4 6 MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 P 116e ANNÉE, NO 248, 64 PAGES, 4 CAHIERS P 60 ¢ TAXES EN SUS / EST ET NORD-OUEST DU QUÉBEC, HULL-OTTAWA 70 ¢ Rouge et blanc PHOTO REUTERS Les Cubains ont manifesté hier à Manzanillo pour marquer le retour du petit Elian et dénoncer l'embargo américain.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse Ranee Lee occupe une positiion importante dans la programmation du Festival de jazz.Les Cubains accueillent le petit Elian Mais d'autres rêvent encore de partir Ranee Lee, notre diva du jazz ALAIN BRUNET Si elle persiste à entretenir la flamme, polir son art, ressentir les choses, emmagasiner toute sa vie dans sa voix, la chanteuse de jazz se bonifie avec l'âge.Son rayonnement s'accroît, son autorité s'impose.C'est tout à fait le cas de Ranee Lee.Quelle belle histoire que celle de notre diva du jazz à nous, celle d'une femme forte, généreuse, ouverte, et qui occupe une position importante dans la programmation du 21e FIJM.Dark Divas, son nouveau récital théâtralisé qui consiste à mettre en relief certaines des plus grandes vedettes afro-américaines ( Josephine Baker, Lena Horne, Pearl Bailey, Sarah Vaughan, etc.) , est présenté ce soir et demain au Club Soda, fera rayonner une artiste dont la maturité la prédispose aux grandes ligues de la jazz business.Même à ce stade relativement avancé de sa trajectoire.Ranee Lee, 57 ans, mère courage.La résidante de Brossard est née à Brooklyn, elle y a grandi et y a fondé une famille au tournant de la vingtaine.Trois enfants sont nés d'un premier mariage qui n'a pas fonctionné.« Je me suis retrouvée seule avec mes trois petits.Ma mère, toujours mon modèle ultime, m'a alors offert d'élever mes enfants avec moi.Ce qui m'a permis d'avoir une vraie carrière.Mes enfants ont toujours compris la situation.J'étais souvent en tournée, mais je savais qu'ils pouvaient compter sur une mère extraordinaire, la mienne.Pour eux, ce mode de vie était devenu normal.» Ranee Lee, tous azimuts.« Au début des années 70, je ne savais pas exactement ce que je deviendrais en tant qu'artiste.» Cette talentueuse et belle Afro-Américaine du show-business a tout fait avant d'être chanteuse de jazz.Ratissant les clubs des États-Unis et du Canada, elle embrassait tous les styles: pop, soul, rock, nommez-le, elle le chantait.Voir RANEE LEE en A2 GILLES PAQUIN envoyé spécial, MARIEL, Cuba Javier est encore jeune, 24 ans, mais il en a assez des privations du régime et de tout ce cirque autour du petit Elian.Lui aussi il rêve de quitter le paradis communiste de Fidel Castro.Huit personnes, dont deux de ses amis, ont acheté une embarcation de fortune le mois dernier pour entreprendre la traversée vers la Floride.Un vieux bateau qu'ils ont rafistolé avec l'aide d'un copain mécanicien.« Cinq jours plus tard, ils ont téléphoné à leurs parents depuis Miami.Tout s'était bien passé et ils étaient sains et saufs, ravis de leur exploit », dit Javier avec un brin d'admiration dans la voix.Selon lui, ils ont eu de la chance parce que c'est un voyage dangereux pour des apprentis marins de La Havane.Sur une carte c'est tout près la Floride, 150 km environ, mais il y a les tempêtes, les pannes de moteur et surtout les garde-côtes.Ici à Mariel, à 45 km de la capitale cubaine, tout le monde peut vous raconter des histoires de « balseros » qui vivent maintenant aux États-Unis.Plusieurs peuvent aussi vous parler des autres, ceux qui ne sont jamais arrivés à destination.« Il y en a qui partent chaque soir et beaucoup prennent des risques énormes.J'ai connu des jeunes qui ont fabriqué un radeau avec quatre barils et des madriers pour se lancer sur la mer.Une nuit, ils ont quitté la plage de Cabanas, le lendemain ils ont été interceptés par la Garde côtière », se souvient Hilda, 58 ans.Mais il y a également tous ceux qui périssent en mer parce que leur barque a chaviré ou que le moteur a flanché.Il y en a aussi qui sont morts de soif et de faim pendant la traversée, faute d'avoir prévu une quantité suffisante de provisions.Voir LES CUBAINS en A2 PHOTO PC Jean Chrétien a amorcé les célébrations de la fête du Canada à Ottawa hier par une visite à la tombe de Sir Wilfrid Laurier, le premier premier ministre francophone du Canada.Le rouge et le blanc dominaient le décor dans la capitale fédérale: des drapeaux, des visages peints, même les parachutes de l'équipe des Skyhawks avaient revêtu les couleurs canadiennes.À Montréal aussi le rouge et le blanc étaient à l'honneur.Quelques dizaines de milliers de personnes se sont massées tout le long du parcours à l'occasion du 22e défilé organisé par le Dr Roopnarine Singh, cardiologue arrivé au Canada en 1961.Ils étaient également des milliers à afficher leur appartenance au pays de l'unifolié dans le Vieux-Port, où de nombreuses activités avaient été organisées.Il y avait notamment distribution de jeunes plants d'érables, de calendriers et d'affiches.Un spectacle et des feux d'artifice étaient au programme en soirée.Nos informations, pages A10 et A11 Rubriques Arts et spectacles .B4 à B11 - télévision B2 - Festival de jazz B4 et B5 À votre tour A19 Bandes dessinées C10 Bridge C9 Décès C11 Feuilleton C10 Êtes-vous observateur?.C6 Génies en herbe B11 Horoscope C7 La presse d'ailleurs A17 L'été cahier B Loteries A2 et A5 Monde A16 et A17 Mots croisés B11 et C8 Mot mystère C10 Oxygène A14 Petites annonces C6 - immobilier C6 et C7 - marchandises C7 - emplois C7 et C8 - automobile C8 et C9 - affaires Politique A4 Santé cahier C Sciences A18 Têtes d'affiche C4 MÉTÉO Averses Max.20, min.14 cahier Sports, page 20 http://lapresse.infinit.net Les chômeurs d'Internet RICHARD HÉTU collaboration spéciale Aune époque vraiment pas lointaine, presque du jour au lendemain, des gars et des filles dans la vingtaine ou la trentaine devenaient multimillionnaires ( sur papier, du moins ) grâce à des compagnies Internet appelées Foo Foo.com ou Boo.com.C'était le nouveau Klondike, une ruée frénétique vers l'argent facile.Cette époque, qui a vu le jour il y a environ quatre ans, semble révolue aux États-Unis.Depuis le début de l'année, les compagnies Internet, dont le géant du commerce électronique Amazon.com, ont licencié plus de 4000 employés.La mort dans l'âme, ceux-ci ont tous vu leurs précieuses stock-options fondre comme neige au soleil.Pendant ce temps, Foo Foo.com, Boo.com et plusieurs autres entreprises nées de l'obsession des « dot-com » ont fait faillite, incapables de transformer leur « vision » en profits.La soudaineté du passage d'une époque à une autre est merveilleusement illustrée par l'histoire de Jeff Bezos, fondateur d'Amazon.com.En décembre dernier, Bezos est élu « homme de l'année » par le magazine Time.À 35 ans, l'ex-employé de Microsoft est à la tête du premier supermarché mondial sur Internet, où les consommateurs peuvent acheter des livres et des disques, entre autres.Sa compagnie, fière représentante de la nouvelle économie et chouchou des investisseurs, caracole en tête de l'indice Nasdaq, qui regroupe les titres technologiques.Sur papier, elle vaut plusieurs milliards.À peine un mois plus tard, Bezos annonce le licenciement de 150 employés.En dépit de sa vaste clientèle, Amazon.com est encore et toujours dans le rouge.Depuis sa création, en 1994, la compagnie de Seattle a englouti plus d'un milliard de dollars.Et les analystes lui prédisent des pertes additionnelles de plus de 400 millions cette année.Quelqu'un mettra-t-il un jour fin à cette hémorragie fulgurante?Il y a neuf jours, deux analystes de Wall Street ont sonné l'alarme à propos de la situation financière d'Amazon.com, n'écartant pas la possibilité d'un « désastre ».Dans la même journée, le titre d'Amazon a chuté de 20 % à 33 $.En décembre, il « flyait » à 106 $.Ainsi, après avoir flotté au-dessus des autres mortels, les actionnaires d'Amazon.com doivent aujourd'hui calculer leurs pertes.Pour ceux qui en avaient assez de se faire casser les oreilles avec les millions magiques d'Internet, c'est la rigolade.Voir LES CHÔMEURS en NEW YORK La Presse 7LP0202A0702 A2 DIMANCHE 7LP0201A0702 ZALLCALL 67 01:10:09 07/02/00 B Suite de la une A 2 R LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 Les Cubains accueillent Elian LES CUBAINS / Suite de la page A1 Ce drame a été évoqué par plusieurs des orateurs hier lors de la grande manifestation de Manzanillo, à 900 km à l'est de La Havane.Un rassemblement de 200 000 personnes organisé par le Parti communiste pour célébrer le retour d'Elian et dénoncer une nouvelle fois l'embargo des États-Unis contre Cuba.Le ministre des Relations extérieures, Felipe Roque, a ajouté qu'il fallait également protester contre la loi américaine qui accorde automatiquement le statut de réfugié à tout citoyen qui pose les pieds aux États-Unis.« Une loi injuste qui pousse des personnes naïves à chercher un paradis artificiel au péril de leur vie », a dit Roque.Même si le parti multiplie les manifestations pour Elian depuis sept mois, il a aussi dénoncé la « mafia de Miami » qui a utilisé cet enfant pour des raisons politiques.Insensible à ce discours, Hilda juge que les jeunes ont raison de partir parce que la vie est dure et leur avenir bouché à Cuba.Selon elle, les parents sont inquiets au début, puis ils se réjouissent en pensant que leurs enfants vont mieux vivre et peut-être leur venir en aide financièrement.« D'ailleurs, il n'y a pas que les jeunes qui s'en vont, il y a même des personnes âgées.Si ce n'était de ma fille épileptique et de ma vieille mère de 90 ans, je serais moi-même déjà partie », poursuit Hilda.Moins sévère envers le régime, sa soeur Elisabeth reconnaît néanmoins que le rationnement alimentaire qui dure depuis 40 ans leur procure tout juste ce qu'il faut pour vivre.Elle estime par contre que les soins de santé et l'éducation gratuits pour tous sont de rares privilèges dans un pays pauvre.Les gens qui partent reçoivent souvent de l'aide de Miami, soit qu'un bateau vienne à leur encontre ou qu'on leur fasse parvenir de l'argent.Dans ce dernier cas, cela peut servir à acheter une embarcation ou encore, à corrompre des policiers pour qu'ils ferment les yeux.Le port de Mariel est désert aujourd'hui, les navires étrangers viennent de plus en plus rarement y chercher des cargaisons de sucre et de ciment.Ceux qui n'ont pas la chance d'avoir un emploi dans ces industries travaillent à l'usine thermique ou à la cueillette du chanvre.Sur la plage à la sortie de la ville, Antonio, un chômeur de 45 ans, ramasse du sable avec son ami Andrès, 38 ans.Lorsque leur charrette est pleine, ils vont le vendre dans les villages des environs.« Droit devant c'est la Floride, dit-il.Je connais des tas de gens qui sont partis, même deux de mes oncles et deux de mes tantes, mais moi je reste.J'aime mieux manger des yucas dans mon pays que d'être un exilé méprisé aux États-Unis », dit-il.Andrès charge une autre poche de sable, puis raconte que certains de ses parents ont également traversé le détroit de Floride, en 1980, avec ceux qu'on a appelés les marielitos.Fidel a vidé les prisons et les asiles pour se débarrasser de ceux qu'il jugeait indésirables, dit-il, mais moi je reste et j'attends pour voir ce qui arrivera après son départ.Les chômeurs d'Internet LES CHÔMEURS / Suite de la page A1 D'autant plus qu'Amazon.com n'est pas la seule vedette de la nouvelle économie à avoir perdu des plumes.Depuis le début de l'année, les titres de Yahoo et Priceline.com, entre autres, ont chuté de 50 % ou plus.Boo.com, une boutique de mode en ligne qui se voulait révolutionnaire, a pour sa part brûlé 135 millions en six mois avant de remercier ses employés et d'expirer.La bulle est enfin crevée.Il ne suffit plus de mettre un point-com à la fin d'une raison sociale pour attirer le capital-risque et les investisseurs.De l'obsession, certains sont passés à la dérision.Sur Internet, on retrouve aujourd'hui des sites dont la mission est de répertorier les compagnies Internet ayant licencié des employés ou fermé leurs portes.L'un de ces sites s'appelle Fuckedcompany.com.Un autre a pour nom Dotcomfailures.com.Si certains rigolent, c'est aussi parce que les chômeurs d'Internet ne sont pas trop à plaindre.Certes, quelques-uns sont frustrés.Imaginez: on leur avait fait miroiter des retraites dorées à 30 ans.Mais la plupart savent qu'ils ne resteront pas au chômage très longtemps.Certains profiteront même de la situation pour prendre des vacances bien méritées en Amazonie.Pendant ce temps, chez Amazon.com, Jeff Bezos continuera à se battre pour sa survie et son honneur.Un jour, après des années de déficit, il finira peut-être par présenter un bilan positif.S'il y parvient, il confirmera la leçon d'America Online: sur Internet, seuls les très gros peuvent faire de l'argent.Pour les petits, ça craint, et pas seulement dans le secteur commercial.Dans le domaine journalistique, l'optimisme a fait place au doute, comme le démontre l'expérience de Salon.com, considéré par plusieurs comme le meilleur magazine en ligne.Le 7 juin dernier, l'éditeur du site, David Talbot, a licencié 13 de ses employés et réduit ses dépenses de 20 %.Comme plusieurs entreprises médiatiques sur Internet, Salon.com brûle l'argent à un rythme effarant.Aux États-Unis, le défi de rentabiliser le journalisme en ligne n'a pas encore été relevé avec succès, sauf par le Wall Street Journal, qui fait payer ses lecteurs.Soulignons que David Talbot a employé une méthode toute nouvelle pour choisir les journalistes de son équipe à licencier.Internet permet de mesurer avec exactitude la popularité des journalistes.Il suffit de compter le nombre de fois où les internautes cliquent sur leurs articles à l'aide de leur souris.Talbot a mis au chômage les journalistes de Salon.com qui recevaient le moins de « hits ».L'expression cliquer avec ses lecteurs ne devra plus seulement être prise au figuré.Ranee Lee, notre diva du jazz RANEE LEE / Suite de la page A1 Qui plus est, elle jouait plusieurs instruments; de la basse dans un groupe country, du saxophone dans un groupe rock, de la batterie.Elle pouvait aussi danser! « Toutes ces expériences ont façonné ce que je suis devenue aujourd'hui.» Ranee Lee, chanteuse de jazz.« À travers tous les styles dans lesquelles je puisais en tant que chanteuse, le jazz revenait toujours à la charge.J'aimais l'expression, l'ouverture de la forme, le raffinement, les paraphrases.Finalement le jazz s'est imposé en moi.» Depuis les années 80, elle s'est acquis une solide réputation nationale.Et l'internationale?Elle voyage de plus en plus \u2014 elle part d'ailleurs chanter en Hollande dans quelques jours.Elle dit jouir d'une entente idéale avec son étiquette de disques ( Justin Time ), qui vient de lancer un CD double du concept Dark Divas.Ne reste qu'à débusquer l'impresario qui pourra vraiment.Ranee Lee, grande Montréalaise.Elle s'est installée dans la région en 1972.« Régulièrement, je venais y travailler dans les gros hôtels et les grands clubs.J'adorais travailler à Montréal.Je m'y sentais chez moi, plus que partout ailleurs.Bien sûr, j'y ai trouvé l'âme soeur et c'est la raison première pour laquelle j'y suis restée.» Le guitariste Richard Ring, son homme, faisait partie des groupes avec qui elle jouait lors de ses engagements à Montréal.« Nous avons été amis pendant longtemps, le destin a fini par nous unir.Et nous sommes toujours ensemble.» Ranee Lee, esprit grand ouvert.Lorsqu'elle a découvert Montréal, la chanteuse, la mère seule, était prête à vivre cette heureuse union mixte.« J'ai été tout de suite fascinée par la diversité, la tolérance et la liberté qui prévalent dans cette ville.J'étais quand même préparée à évoluer dans un tel contexte; le voisinage de mon enfance était peuplé d'enfants de toutes les races.Lorsque je traverse une épreuve difficile, je retourne à mes bases, je me dis que je ne peux détruire ces valeurs.Il n'y a pas de couleur dans ma famille, je ne vois pas mon conjoint comme un Blanc.Les relations humaines vont vers où le coeur va.» Aurez-vous saisi pourquoi la chanteuse de jazz se bonifie avec l'âge?Fort séisme au Japon Un séisme survenu dans l'île de Kozushima, à 150 km au sud-ouest de Tokyo, hier après-midi, a provoqué ce glissement de terrain.Les secouristes ont réussi à dégager un automobiliste enfoui sous un amas de terre, mais ce dernier devait succomber à ses blessures à l'hôpital.Le tremblement de terre d'une magnitude de 6,4 sur l'échelle ouverte de Richter a secoué un chapelet d'îles, provoquant des coulées de boue.Ce sont les îles de Niijima et Kozushima qui ont été les plus touchées.L'épicentre du séisme a été localisé à 10 kilomètres au nordouest de l'île de Miyakejima, sous le niveau de la mer.PHOTO AP Renseignements : (514) 285-7272 Abonnement : (514) 285-6911 Télécopieur pour abonnement : (514) 285-7039 Lundi au vendredi de 6 h 30 à 17 h 30 Samedi de 7 h à midi Dimanche de 7 h à 11 h Rédaction : (514) 285-7070 Promotion : (514) 285-7100 Les petites annonces : (514) 285-7111 Télécopieur : (514) 848-6287 Lundi au vendredi de 8 h 00 à 17 h 30 Décès, remerciements : (514) 285-6816 Lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h 30 Grandes annonces Détaillants : (514) 285-6931 National, Télé Plus : (514) 285-7306 Carrières et professions, Nominations : (514) 285-7320 Comptabilité Grandes annonces : (514) 285-6892 Les petites annonces : (514) 285-6900 La Presse est publiée par: La Presse, Ltée, 7, rue Saint-Jacques, Montréal H2Y 1K9.http://lapresse.infinit.net Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne - Contrat de vente numéro 0531650» Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518.LOTERIES La quotidienne à trois chiffres : 841 à quatre chiffres : 1008 6/49: 10 15 17 20 31 44 Compl.4 Extra: 3 0 0 4 2 4 DEMAIN DANS LA PRESSE Auto à vendre! Que celui ou celle qui n'a jamais pleuré en apprenant la valeur de revente de son véhicule lève la main.Non?Alors vous ne perdez rien pour attendre.Le jour où l'on vous informera que les 28 000 $ versés pour votre véhicule neuf ne valent plus grandchose, vous en aurez sans doute les yeux rougis.Éric Le François explique comment ne pas se faire piéger au jeu des options et surtout comment faire les bons choix pour faciliter la revente de la voiture.À lire demain dans le cahier Auto.QUESTION DU JOUR Vous voulez vous faire entendre?Répondez à la question du jour: \u2014 par téléphone, en composant le 514-285-7333; \u2014 par Internet : http://lapresse.infinit.net Quitterez-vous le Québec pendant vos vacances?Avez-vous l'intention de participer au Festival de jazz?À cette question posée vendredi, le pourcentage des réponses obtenues a été: Oui: 40 % Non: 60 % NDLR: Ce sondage maison sert uniquement à prendre le pouls de nos lecteurs et n'a aucune prétention scientifique.INSOLITE Le cricket à nu! Une équipe de cricket au complet a été surprise le week-end dernier en flagrant délit de match, joué sous la lune, et tous nus, sur leur terrain du Scholes Cricket Club, près d'Huddersfield, dans le nord de l'Angleterre.Les cris de joie des joueurs, des hommes de 30 à 40 ans, ont réveillé un voisin qui, après avoir regardé le match, a appelé la police.« Un citoyen nous a prévenu que des hommes nus étaient apparemment en train de jouer au cricket.Un officier leur a parlé, et leur a donné des conseils judicieux quant à leur tenue », autrement dit, les joueurs ont dû se rhabiller, a déclaré un porte-parole de la police.Aucune arrestation n'a eu lieu.Le match déshabillé est intervenu après les victoires du Scholes Cricket Club dans la ligue et la coupe de cricket.Tirage du 2000-06-30 Tirage du 2000-06-30 Tirage du 2000-06-30 Tirage du 2000-06-30 Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.Tirage du 2000-06-30 NUMÉROS LOTS 966572 100 000 $ 66572 1 000 $ 6572 250 $ 572 50 $ 72 10 $ 2 2 $ NUMÉROS LOTS 261362 50 000 $ 61362 5 000 $ 1362 250 $ 362 25 $ 62 5 $ 26136 1 000 $ 2613 100 $ 261 10 $ Numéro complémentaire: 12 7LP0301A0702 a03 actus dim 02 juillet 7LP0301A0702 ZALLCALL 67 01:08:07 07/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 A 3 L'EXPRESS DU MATIN Le rituel du déménagement, une grande corvée urbaine MARTINE ROUX « Ayoye, câ.! » Voilà une expression qui était fort répandue, hier dans les rues de Montréal, alors que se croisaient frigos, canapés et matelas dans les escaliers en colimaçon.Mais malgré les imprévus, les Montréalais ont changé de décor dans la bonne humeur.Si le déménagement est un sport national, il se pratique assurément en équipe.Et en famille.Rue de la Visitation, hier, une dizaine de personnes aidaient Ginette Biron à trimbaler ses cartons vers un avenir meilleur.Deux portes plus loin, le clan Guay était venu aider Isabelle et son copain à vider leur logis.« C'est drôle, ça fait 26 ans qu'on n'a pas déménagé et c'est la deuxième fois en un an que nous aidons Isabelle à le faire ! » remarquent ses parents, qui fournissaient l'une des voitures réquisitionnées pour l'occasion.Sur le Plateau, dont les rues étaient anormalement calmes pour un 1er juillet \u2014 un effet de la hausse des loyers ?\u2014, la fruiterie Valmont profitait de la journée nationale du déménagement pour quadriller les rues en offrant des bouteilles d'eau aux assoiffés.« C'est une première expérience organisée un peu à la dernière minute, explique le gérant, Pascal Continelli.Pour nous, c'est certain que c'est une forme de publicité, mais c'est aussi une façon de contribuer à la vie de quartier, de souhaiter la bienvenue aux nouveaux résidants.» Rares sont les migrants rencontrés qui faisaient appel aux services des déménageurs professionnels.On sollicitait surtout les muscles des amis, le char de pôpa et le camion d'un cousin.Serge Bolduc, Étienne Ostiguy et Francis Moreau s'échangeaientquant à eux les véhicules et les coups de main : avec quelques autres comparses, ils se tapaient trois déménagements (six allers-retours) en une journée ! « On est super organisés, on entre et on sort aussi vite, raconte Étienne.On a seulement loué une remorque et on s'occupe du reste avec nos véhicules.» En emménageant rue Casgrain, dans la Petite-Italie \u2014 quartier transformé hier en véritable musée du déménagement \u2014, Chantal Nadeau pouvait quant à elle compter sur les bras de cinq amis.masculins ! Mais la joyeuse bande a freiné ses efforts en constatant que les anciens locataires de l'appartement tardaient à faire place nette.« On a attendu trois heures », déplore Claude Brunet en pointant du menton les effets de son amie Chantal éparpillés aux quatre vents, entre un canapé éventré et des vieux magazines abandonnés.Mais la récompense \u2014 pizza et bière, comme le veut la tradition \u2014 n'était pas bien loin.« Finalement, on se fait fourrer dans cette affairelà : on fournit les bras, le camion et l'essence et ça va juste lui coûter trois extra-larges », lance-t-il dans l'hilarité générale, l'humour étant aussi une condition sine qua non du succès de l'opération.Il y autant de déménagements que de bonnes raisons de déménager.Mais plusieurs adeptes de l'exercice confiaient hier vouloir fuir un propriétaire devenu trop gourmand.C'était le cas de Nicolas Lamontagne, qui renouait hier avec un appartement de la rue Saint-Dominique après avoir vécu un an au centre-ville.L'exercice lui a tout de même coûté.une vieille machine à coudre, qui s'est fracassée au beau milieu de la rue.Assise sur le balcon où elle est enracinée depuis une douzaine d'années, Mme Bouchard observait d'un regard las les incessants va-etvient de ses (nombreux) nouveaux voisins.« Je les trouve bien courageux », soupirait-elle.Noyade n Un petit garçon de 9 ans s'est noyé vendredi après-midi à la plage du cap Saint-Jacques à Montréal, lors d'une sortie de groupe.L'enfant, habitant Rivière- des-Prairies, faisait partie d'un groupe de 17 jeunes de son âge qui s'étaient rendus à la plage en compagnie de six adultes, dont deux qui étaient chargés de compter les enfants toutes les 15 minutes.Dès que la disparition a été signalée, les moniteurs ont fait sortir tous les enfants de l'eau et des recherches ont été entreprises avec les sauveteurs de la plage.Le corps de l'enfant a été retrouvé dans un peu plus d'un mètre d'eau.Une autopsie sera pratiquée en début de semaine afin de déterminer la cause du décès.Tristes vacances n Un Montréalais de 29 ans, Habib Abou-Fayssal, a perdu la vie vers 6 h hier sur l'autoroute 93 sud, près de Ashland, au New Hampshire.L'accident s'est produit lorsque l'automobiliste a perdu la maîtrise de son véhicule qui a d'abord dérapé sur l'accotement intérieur de l'autoroute pour ensuite traverser le terre-plein séparant les deux voies et heurter un garde-fou.Le véhicule a alors fait plusieurs tonneaux.Cynthia Takla, 24 ans de Pierrefonds, ainsi que ses deux jeunes enfants qui se trouvaient dans l'automobile ont été blessés et transportés dans un hôpital de Plymouth.Blessés moins grièvement, les deux enfants ont reçu leur congé de l'hôpital et ont été confiés à leur père qui suivait dans une autre voiture.Ashland est situé à environ 150 kilomètres du sud de la frontière du Québec.Poursuite abandonnée n Des policiers de la Sûreté du Québec qui s'étaient lancés tard vendredi soir à la poursuite d'un automobiliste de 21 ans, à Sainte- Rosalie, ont décidé de mettre fin à la chasse à l'homme lorsque le conducteur, en était d'ébriété, s'est engagé à contresens sur l'autoroute 20.Craignant pour la vie des autres automobilistes, les agents ont interrompu la poursuite amorcée quelques minutes plus tôt.Les policiers avaient intercepté le véhicule du suspect pour une vérification d'usage.L'homme a alors sorti un couteau de chasse et l'a placé sur sa gorge pour faire reculer les policiers, et prendre la fuite.Le véhicule du suspect a finalement été retrouvé en début de nuit à Saint-Nazaire.L'homme a pénétré par effraction dans une résidence de la municipalité, volé un fusil de calibre 12 et une voiture.Il a été vu quelques heures plus tard dans un bar de Drummondville, armé du fusil, mais a pris la fuite avant l'arrivée des policiers.Finalement repéré, le fuyard a foncé sur une voiture de la SQ avec son véhicule lors d'un barrage sur le rang Brodeur.Il a été arrêté vers 10 h à Saint-Nazaire, alors qu'il s'était réfugié sur le balcon d'une résidence, après avoir laissé tomber son couteau.Un policier de la SQ a été légèrement blessé lors de l'impact avec le véhicule du suspect.Une évaluation psychiatrique sera demandée.Deux morts à Montréal n Deux personnes ont perdu la vie vendredi à Montréal dans des accidents de la circulation.Caitlam Perryman, 22 ans, qui déambulait sur le trottoir rue Ontario, près de l'avenue Papineau, a été heurtée mortellement par une automobile à la suite d'une collision survenue entre deux véhicules qui circulaient en direction sud sur Papineau.À la suite de l'impact, une des deux voitures a été projetée sur le trottoir et a heurté de plein fouet la victime.Peu après 9 h, une autre collision survenue entre deux véhicules à l'intersection Armand-Bombardier et Maurice-Duplessis, a fait un mort, lorsqu'un des automobilistes a été éjecté de son véhicule à la suite de l'impact.La victime est Léonardo Ricchiuti, 37 ans.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © On n'en finissait plus hier de charger et de décharger les véhicules garés rue de la Visitation, tout en abandonnant quelques babioles derrière soi.Deux suspects arrêtés quelques minutes après une fusillade qui a fait un mort et un blessé RAYMOND GERVAIS Deux hommes dans la vingtaine seront accusés de meurtre prémédité et de tentative de meurtre, relativement à une fusillade survenue vendredi après-midi dans le quartier Saint-Michel à Montréal, qui a fait un mort et un blessé.L'agression est survenue vers 14 h, au 4140, 40e Rue.La victime, un homme de 20 ans dont l'identité n'a pas été révélée par la police, se trouvait sur son balcon, au premier étage de l'édifice, en compagnie d'un ami lorsque les coups de feu ont été entendus.Deux inconnus circulant à bord d'une automobile ont ouvert le feu en leur direction à plusieurs reprises, atteignant mortellement la victime, blessant légèrement son compagnon.De nombreux témoins ont pu fournir aux policiers une bonne description des assaillants.Les agents n'ont mis qu'une quinzaine de minutes à retrouver le véhicule des suspects à l'intersection du boulevard Henri-Bourassa et de la rue Pascal-Hudon, à Montréal- Nord.Deux hommes de race noire ont été arrêtés et une arme qui se trouvait dans le véhicule a été saisie.Il s'agissait de la quatrième agression armée à survenir dans ce secteur depuis une semaine et la troisième en deux jours.Vendredi, le commandant André Bouchard, responsable de l'Unité des crimes majeurs du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal, a expliqué que les policiers de la section antigang collaborent à l'enquête puisque tout indique que les attentats pourraient tous être liés à une guerre de gangs de rue, composés d'Haïtiens qui se battent pour le contrôle de la vente des stupéfiants.M.Bouchard a précisé que ses hommes tentent actuellement de voir s'il existe des liens entre chacun des événements.Le premier est survenu le 24 juin à Montréal-Nord.Deux jeunes ont été la cible de tireurs qui circulaient dans une automobile.Mercredi, Charles Okenson a été atteint de plusieurs projectiles d'arme à feu.Jeudi, Jean Moïse Haspilaire, 29 ans, a été touché par des balles alors qu'il se trouvait à l'intersection des rues Viau et Saint-Zotique vers 23 h 10.Haspilaire a été atteint plusieurs fois à l'abdomen et est toujours dans un état grave.Il a été touché au moment où il se trouvait à bord de son automobile.Incendie rue Henri-Julien Un incendie qui s'est déclaré dans la nuit de vendredi à samedi dans un édifice à logements de trois étages situé au 7734, rue Henri-Julien, à Montréal, a nécessité trois alertes et forcé l'évacuation de 16 personnes.La cause du sinistre qui a débuté au deuxième étage n'est pas connue et les dégâts matériels sont importants.Personne n'a été blessé.Battu à mort par des skinheads Un homme de 39 ans, Christian Thomas, est décédé vendredi, six jours après avoir été attaqué et sauvagement battu par une bande de skinheads à sa sortie du bar Hélène, rue Bélanger, à Montréal.Retrouvé inconscient, l'homme est demeuré dans le coma durant près d'une semaine avant de rendre l'âme.L'attentat s'est produit dans la nuit du 24 juin à la suite d'une engueulade survenue entre la victime et une dizaine de jeunes skinheads à l'intérieur du bar.La raison de l'agression n'est pas connue et selon ce que des témoins ont raconté à la police, les skinheads s'en seraient pris à la victime sans raison.L'homme a été battu à coups de poing et à coup de pied. 7LP0401A0702 a04 lamon dim 02 juillet 7LP0401A0702 ZALLCALL 67 01:07:17 07/02/00 B A 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 Un son et lumière à la manière suisse GEORGES LAMON Pour Toni Busmann fils, revenir à Montréal et participer au 16e International Benson & Hedges, c'est surtout se donner les moyens de progresser dans le domaine pyromusical en côtoyant les meilleures firmes pyrotechniques.Comme il dit : « Faire un pas en avant.» « À Montréal, il faut absolument présenter un spectacle de qualité, insiste-til.L'intéressant c'est que le site i c i p e r m e t d'adapter toutes les combinaisons possibles.» Car Bugano Feuerwerk, firme installée à Neudorf, près de Lucerne, veut une fois encore prouver que de petites firmes peuvent aussi produire des spectacles de qualité sans nécessairement déployer un arsenal imposant.Ils tireront ainsi 2200 pièces.C'est là l'objectif premier : procurer de la joie et des émotions voire un peu de magie aux spectateurs.Elle l'a d'ailleurs démontré l'an dernier par un spectacle étonnant.N'eût été des bombes-parachutes, interdites à Montréal, elle aurait pu gravir le podium.Bien sûr, tout est question de synchronisation et de choix de pièces, mais sans oublier qu'on a besoin aussi d'« un peu de chance ».Selon M.Bussman, un feu pyromusical doit « susciter l'intérêt des amateurs de la première à la dernière minute », sinon on perd le fil et le public.« Nous voulons faire un feu vraiment différent de celui de l'an dernier, renchérit-il.Avec l'expérience acquise, il nous reste maintenant à faire le mieux possible et espérer gagner un prix.» Deuxièmes concurrents, comme l'an dernier, les Suisses de Bugano nous proposent un feu son et lumière d'une durée de 32,33 minutes, étalé encore sur huit tableaux où la musique classique jouera un rôle prépondérant.Avec notamment Strauss (Danube bleu) et Haendel (Réjouissance).« C'est mon père qui a choisi ce programme musical », s'empresset- il d'ajouter, sourire en coin.On sent bien qu'il aurait préféré davantage laisser libre cours à ses goûts personnels.Des morceaux de Sissel (Fire in your Heart), du groupe hongrois Tol + Tol (Eleni et Hellenic) ainsi que Arrival, du groupe suédois ABBA, style s'apparentant à la fois à la musique celtique ou encore irlandaise.Bien sûr, quelques pièces instrumentales ont été glissées pour toucher tous les publics.On nous revient encore avec du Vangelis (1492, Conquest of Paradise).Chacun des tableaux comportera une très brève pause de cinq secondes, question de permettre la reprise de chaque petite finale, sinon de dissiper la fumée.Le départ puissant sur 2001, Odyssée de l'espace, s'accompagnera de scintillements et de soleils tournoyant comme des ballerines, nous invitant à valser sur le Danube bleu.De morceau en morceau, on sera entraîné sur des variations à la fois fougueuses et tranquilles qui nous amèneront vers une finale tout en douceur et en finesse.C'est du cinquième tableau que devrait venir la surprise : une nouvelle bombe chrysanthème taïwanaise aux couleurs vertes déployant en son centre des étoiles argentées.Pièce déjà testée ailleurs.Volcans suisses, mines (rouge-blanc), diadèmes bleu et argent, bombes en éventail et chandelles Panzera seront également du spectacle tiré à la manière traditionnelle.« Nous avons perfectionné notre système, ajoute le jeune Bussmann.Contrairement aux autres artificiers, nous tirons nos bombes (75 et 100 mm) en éventail (par tableaux), plutôt qu'à la verticale.Cela permet davantage d'effets.» Évidemment, il est aussi réaliste, parfaitement conscient qu'il lui faudra inévitablement s'adapter à la technologie moderne (mise à feu par ordinateur).« Nous sommes en train de nous familiariser et nous adapter à cette nouvelle technique, précise-t-il, il nous faut chercher à perfectionner nos produits.» Bugano Feuerwerk, fondée en 1987, emploie 40 personnes.Elle a déjà été récompensée à au moins 12 reprises pour ses spectacles : Genève, Cannes, Hambourg, Macao et à Taïwan.Très affairée comme toutes les firmes du genre, dès le 1er août, Fête nationale suisse, elle se lancera dans une longue série de spectacles qui ne lui laissera guère le temps de souffler.À peine le temps en juillet d'une incursion à Montréal où Toni Bussmann fils espère décrocher une récompense.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © La petite équipe suisse de Bugano Feuerwerk est prête à relever le défi de ce soir.Sur la photo, Heidi Fluder, artificière chez Bugano depuis 9 ans, Patrick Baumgartner, Toni Bussmann fils, concepteur du feu et Andréas Jost à un poste de bombes chrysanthèmes taïwanaises de 150 mm.Le Canada est un pays méconnu de ses habitants Presse Canadienne OTTAWA Seulement 23 % des 1500 Canadiens qui ont participé au test annuel de la fête du Canada sur les faits marquants de l'histoire du pays ont obtenu la note de passage.Ce test a été réalisé en mai dernier au téléphone par la firme de sondage Angus Reid, pour le compte de l'Institut du Dominion et du Conseil pour l'unité canadienne.Les Canadiens de 55 ans et plus ont été trois fois plus nombreux à réussir le test que ceux de 18 à 34 ans.En fait, plus du tiers des répondants de 55 ans et plus ont obtenu la note de passage.Ce test d'évaluation des connaissances était constitué de 15 questions sur des moments marquants de l'histoire du Canada.Le questionnaire a pour objectif de « promouvoir une meilleure connaiss a n c e e t une m e i l l e u r e compréhension de l'histoire canadienne », selon les auteurs.Les adultes de 55 ans et plus ont enregistré de bons résultats aux questions concernant la découverte de l'insuline par Frederick Banting, les premiers chercheurs canadiens à avoir remporté un prix Nobel, et la bataille de Vimy, durant la Première Guerre mondiale, alors que les troupes canadiennes ont libéré des territoires importants des mains des Allemands, en 1917.Le groupe d'âge des 18-34 ans s'est bien tiré d'affaire pour les questions concernant le débarquement de Normandie et la ruée vers l'or du Klondike.Néanmoins, la génération plus âgée a fait encore mieux.Les répondants situés en Ontario semblent être ceux qui ont une connaisance plus grande, selon les résultats du test.Les résidants des autres provinces répondaient correctement aux questions concernant des événements qui, le plus souvent, se sont déroulés près de chez eux.Environ 39 % des hommes et 18 % des femmes ont réussi le test.La question pour laquelle on a enregistré le plus grand nombre de bonnes réponses était : « En 1944, à quelle opération militaire, appelée Jour J, les Canadiens ont-ils participé ?» (débarquement de Normandie).La question échouée par tous les répondants du Québec : « Quel village, fondé en 1812, a été la première colonie européenne permanente dans l'Ouest et la porte d'entrée du commerce des fourrures vers les terres ?» (Red River) La marge d'erreur du sondage est de 2,5 %, 19 fois sur 20.L'Institut du Dominion est un organisme à but non lucratif qui vise à « s'assurer que tous les Canadiens connaissent suffisamment leur histoire pour participer activement aux débats de société », selon ce que l'institut, qui se dit politiquement indépendant, affirme sur l'un de ses sites Internet. 7LP0501A0702 A5 DIMANCHE 7LP0501A0702 ZALLCALL 67 01:08:31 07/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 A 5 Le complot de Vénus Stéphane Laporte collaboration spéciale Les gars, réveillez-vous ! Vous êtes en train de vous faire avoir.Il n'y a pas si longtemps, au 20e siècle, les deux grandes priorités de l'homme québécois étaient sa blonde et son sport.En ordre croissant, bien sûr.Ça pouvait être le soir de la Saint-Valentin, s'il y avait un match Canadien-Nordiques à la télé, l'homme regardait son hockey.Et la blonde comprenait.Un match Canadien-Nordiques, c'était sacré.Durant l'été, la blonde allait seule au Festival de jazz, au Festival Juste pour rire, au festival de danse moderne, bref à n'importe quel festival, pendant que l'homme regardait la centaine de matchs des Expos présentée à la télévision.La blonde endurait.Presque sans rien dire.Mais pas nécessairement sans rien faire.Parce que, voyez-vous, nous voilà rendus au 21e siècle, et c'est étrange, il n'y a plus de matchs Canadien-Nordiques, il n'y a plus de Nordiques, le Canadien est à vendre, il n'y a plus de matchs des Expos à la télé, et bientôt il n'y aura plus d'Expos du tout.L'homme québécois est en train de perdre son sport.L'homme québécois est obligé d'aller au Festival de jazz avec sa blonde.L'homme québécois n'est plus un homme.Vous allez me dire que les femmes n'ont rien à voir là-dedans.Que c'est le sport qui est malade.Pauvres naïfs ! Comment ça se fait que, si le sport est malade, le Grand Prix du Canada et les Alouettes vont très bien ?Je vais vous le dire pourquoi.Parce que le Grand Prix du Canada, ça dure 2 heures, pas 10 mois comme le hockey.Non, deux heures.Et la saison des Alouettes comprend 18 matchs, pas 162 comme les Expos.Non, 18.Les femmes ont donc décidé de nous laisser ces deux activités sportives qui nous occupent seulement durant 19 jours.Ça leur permet de faire leurs soupers de filles.Et de mieux nous contrôler durant les 346 autres jours.Messieurs, je vous l'annonce, en primeur, la disparition du sport professionnel au Québec est due à un vaste complot organisé par les femmes québécoises.Le complot de Vénus.C'est leur nom de code.Pendant que, innocemment, nous regardions le Canadien jouer contre les Nordiques ou les Expos jouer contre les Braves, nos Vénus se réunissaient dans des sous-sols d'église pour mettre au point leur stratégie secrète.Dans l'unique but de détruire leur plus grande rivale, l'industrie du sport, et d'ainsi remettre totalement le grappin sur leurs hommes.Après plusieurs rencontres et beaucoup de réflexion, elles ont eu l'idée de génie.L'illumination.Elles ont trouvé LA façon.Le moyen infaillible pour tuer le sport.Les femmes ont décidé de se mettre à boire de la bière.Beaucoup de bière.Pendant que nous étions toujours affalés devant notre téléviseur à regarder Carbonneau couvrir Stastny en sirotant notre p'tite douzaine de Molson, nos blondes ont envahi les bars et se sont mises à commander des bières, de la blonde, de la rousse, de la canadienne, de l'importée.Toutes sortes de bières.Fini le petit verre de vin blanc et la crème de menthe verte.Les femmes sont devenus des grosses consommatrices de bière.Non seulement, elles se sont mises à en boire, mais elles se sont mises à en boire énormément, car leur mission était d'en boire au moins autant que les gars.Les premières à avoir atteint leur but sont les femmes de la ville de Québec.Et leur stratégie a marché.O'Keefe s'en est aperçue.O'Keefe soutenait les Nordiques pour une seule raison ; vendre de la bière.Tous les buveurs de bière aimaient regarder les Nordiques.On leur donnait ce qu'ils voulaient.Mais à partir du moment où la moitié des buveurs de bière était des buveuses de bière et qu'elles ne regardaient pas les Nordiques, ce n'était plus rentable pour O'Keefe d'assumer les coûts d'une équipe de hockey pour rejoindre à peine 50 % de leur clientèle.Ils ont donc décidé d'investir dans d'autres événements rejoignant l'ensemble de leurs vieux consommateurs et de leurs nouvelles consommatrices.Des événements comme le théâtre ou les concerts, là où toute leur clientèle est réunie.Réunie de force mais réunie quand même.O'Keefe lâchant les Nordiques, c'était la fin des Nordiques.La fin du hockey à Québec.Ça a pris plus de temps aux femmes de Montréal pour réussir à boire autant de bière que les gars de Montréal.Québec est une ville de fonctionnaires, après trois bières, ils sont pompettes.Mais à Montréal, on est capables d'en prendre.Les boys en boivent, de la broue.Mais avec beaucoup de pratique, les Montréalaises ont atteint leur but.Cinq ans après les filles de Québec, les filles de Montréal sont parvenues à boire autant de bière que leurs hommes, ce qui a convaincu Molson de mettre en vente le Canadien.Pour les mêmes raisons que O'Keefe.Ce n'est qu'une question de temps avant que le hockey disparaisse complètement du Québec.Le complot de Vénus aura réussi à 100 %.La seule autre industrie qui aurait pu avoir un intérêt à investir dans le sport est celle du tabac.Mais les femmes ne sont pas folles, elles se sont mises à fumer.Comme des déchaînées.Plus aucune compagnie au Québec ne peut donc faire de profit en ne rejoignant qu'un public masculin.Adieu hockey, baseball et testostérone.L'homme québécois vient de perdre le dernier pouvoir économique qu'il possédait.L'homme québécois ne vaut plus rien.L'homme québécois devra désormais s'intéresser à l'art.L'homme québécois va déprimer.Avant de nous avouer vaincus, il nous reste peut-être un dernier espoir.Vaincre les femmes à leur propre jeu.Mettons-nous à acheter de la crème.De la crème de jour.De la crème de nuit.De la crème antirides.De la crème pour les poches.De la crème contre la cellulite.De la crème pour tout.Achetons-en plus que nos femmes.C'est sûr qu'on risque de faire faillite, mais l'Oréal ou Cover-Girl, pour rejoindre leur nouveau public, vont peut-être décider de réanimer l'industrie du sport québécois.Lise Watier va acheter le Canadien, Revlon va sauver les Expos, et Max Factor va faire renaître les Nordiques.Et nous serons sauvés ! Messieurs, à vos pots ! H O NUMÉRO COMPLET100 000 $ 5 DERNIERS CHIFFRES 1 000 $ 4 DERNIERS CHIFFRES 100 $ 3 DERNIERS CHIFFRES 30 $ 2 DERNIERS CHIFFRES 20 $ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.100 000$ chaque jour du 1er au 30 juillet 2000 (numéros décomposables) Numéro du 2000-07-02 000347 2000-07-01 238948 TVA, le réseau des tirages de Loto-Québec Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de L-Q, cette dernière a priorité.NUMÉRO: 300424 NUMÉRO: 966572 Ventes totales: 7 492 746 $ Prochain gros lot (approx.): 2 500 000 $ Tirage du 2000-07-01 Tirage du 2000-07-01 Tirage du 02 03 10 13 14 2000-07-01 Tirage du 2000-07-01 Tirage du 2000-06-30 Tirage du 2000-07-01 Tirage du 2000-06-30 GAGNANTS LOTS 7/7 1 2 500 000,00 $ 6/7+ 2 67 515,10 $ 6/7 63 1 875,40 $ 5/7 2 960 142,50 $ 4/7 63 156 10,00 $ 3/7+ 58 628 10,00 $ 3/7 517 797 participation gratuite Numéro complémentaire: 04 Numéro complémentaire: 41 Numéro complémentaire: 12 7LP0601A0702 a06 dimanche 2 juillet 7LP0601A0702 ZALLCALL 67 01:02:29 07/02/00 B Société A 6 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 10 ans plus tard Oka Depuis deux ans, afin d'améliorer les conditions de vie des autochtones, le gouvernement du Québec multiplie les ententes de développement économique avec eux.Ces accords ne règlent toutefois pas le fond de leurs revendications territoriales.Aux yeux des plus militants d'entre eux, ils représentent surtout un moyen de les amener à reporter le nécessaire débat sur leurs droits ancestraux.Dans le deuxième volet de notre série Oka, 10 ans plus tard, La Presse se penche sur le difficile équilibre entre le développement à court terme des communautés autochtones et leur espoir lointain de devenir des nations autonomes.Les questions autochtones avancent.à petits pas Le problème, c'est qu'on ne sait pas trop où elles s'en vont «Le monde autochtone, présentem e n t , e s t comme.endormi.L'avocate Renée Dupuis, spécialisée dans les droits de la personne, hésite longtemps avant de qualifier l'état des relations entre les Québécois et les autochtones du Québec.Et quand elle parle d'un « sommeil » des questions autochtones, ce n'est pas au sens d'une « menace qui dort », mais plutôt d'une sorte de torpeur, ou d'attente.La question, il est vrai, est piégée.On ne peut porter un jugement d'ensemble sur la situation sociale, politique et économique d'un bloc d'environ 75 000 personnes, appartenant à dix nations distinctes, divisées en 42 communautés réparties dans presque toutes les régions de la province, et qui vivent des réalités différentes selon la qualité de leurs leaders, le climat économique de leur région d'appartenance et leurs relations quotidiennes avec leurs voisins des villes et des champs.Et ce, des côtes du golfe du Saint-Laurent jusqu'aux rives de la rivière Outaouais, et de Montréal jusqu'à Kujjuaq.Il ne fait aucun doute que les relations se sont calmées entre les Québécois et les autochtones.Mais ont-elles progressé pour autant ?« La stratégie du gouvernement du Québec est sans doute remplie de bonnes intentions, affirme Me Dupuis, mais la capacité d'intervention des provinces, en matière autochtone, est limitée par le cadre des lois provinciales.Dans les matières qui concernent les autochtones, c'est le gouvernement fédéral qui détient les pouvoirs essentiels.Et sa stratégie est beaucoup moins claire que celle de Québec.» Héritages empoisonnés Il a d'abord fallu en finir avec les héritages empoisonnés de la crise d'Oka de 1990.La contrebande de cigarettes à grande échelle menée surtout par des Mohawks à travers le territoire d'Akwesasne, a constitué le coeur d'un ressentiment profond envers les Indiens, en général, jusqu'au milieu des années 90.Ce trafic est mort raide quand, au printemps de 1994, le gouvernement de Daniel Johnson a décrété une baisse importante des taxes sur le tabac.Les excès d'humeur et de chantage successifs du chef de Kanesatake, Jerry Peltier, ont fini par ne plus énerver personne à force de se répéter.À chacun des étés qui suivit celui de 1990, jusqu'en 1994, le chef promettait un « été chaud ».Ce qui lui restait de leadership et de crédibilité, en 1995, s'est pitoyablement désintégré quand la Sûreté du Québec est venue \u2014 avec les ministres Serge Ménard et David Cliche \u2014 ramasser des plants de pot dans des serres appartenant à la famille d'un des membres de son conseil.Exit Jerry Peltier et avec lui, l'un des plus tristes avatars de la crise d'Oka.Sur le plan des « grandes questions », il n'y a pas eu de reprise des débats presque passionnels sur la Constitution ou sur l'unicité du territoire du Québec, qui marquèrent les accords de Meech, de 1987 à 1990, et celui de Charlottetown en 1992.Au référendum sur la souveraineté, en 1995, on n'a pas beaucoup protesté lorsque les Cris ont menacé de partir seuls ou de s'annexer au Canada, advenant un OUI.On a été un peu plus surpris quand les Inuits ont dit la même chose, parce qu'on croyait (très abusivement) que sur ces questions, ils étaient des « alliés » du Québec.Mais après le vote, on a tout juste relevé que l'écrasante majorité des autochtones qui ont pris la peine de se rendre aux urnes, avaient voté NON.Les Micmacs de Listiguj (Restigouche) ont bien érigé des barricades en Gaspésie pour réclamer des quotas de bois plus élevés en août 1998, mais bon.c'était sur la route 138, en plein été.Ce n'était pas l'autoroute 20, ni un pont bloqué à l'heure de pointe qui met toute la métropole en retard d'une demiheure, chaque matin.Les choses se sont tassées assez vite quand le ministre responsable des relations avec les autochtones, Guy Chevrette, a attribué des permis de coupe additionnels à des entreprises de la réserve.Le débat entre autochtones Dans la foulée des « nouvelles orientations concernant les affaires autochtones », adoptées sans tapage par le gouvernement du Québec, en avril 1998, une trentaine d'ententes diverses ont été conclues avec des communautés abénakises, algonquines, atikameks, micmacs, mohawks et montagnaises.La grande majorité de ces ententes consistent à financer, jusqu'à 50 %, des projets de développement économique et communautaire proposés par les communautés elles-mêmes.D'autres, conclues avec les nations abénakis et malécite, notamment, visent à encadrer la pratique d'activités de chasse et de pêche dans des territoires donnés.Elle s'ajoute à celle sur la chasse à l'orignal, signée par les Hurons en 1997.Les dix ententes signées avec le conseil de bande de Kahnawake, le 30 mars 1999, ont par ailleurs marqué officiellement un apaisement des relations entre les Mohawks et leurs voisins immédiats de la Montérégie.Aux yeux des amateurs de symboles, elles pourraient quasiment tenir lieu d'accord de paix et de coopération avec les Mohawks.On progresse, donc ?Pas forcément, répond Guy Bellefleur, porte-parole du conseil tribal Mamit Innuat, mandaté pour négocier les revendications territoriales des communautés innues de La Romaine, Mingan et de Pakua Shipi, sur la Basse-Côte-Nord.« On ne s'oppose pas au développement économique dans les réserves même si le ministre Chevrette m'a personnellement accusé de le faire, ajoute M.Bellefleur avec amertume.Ce qu'on reproche à ces ententes-là, c'est qu'elles ne règlent rien à long terme.» Le conseil tribal de Mamit Innuat est considéré par de nombreux observateurs de la scène autochtone (surtout des Blancs) comme un « pur et dur » sur la question des droits ancestraux et d'un titre aborigène aux terres, les deux canons des revendications territoriales classiques d'un bout à l'autre du Québec.Il y a deux semaines, les revendications territoriales qu'il mène pour ses trois communautés depuis 1994 en relève du défunt Conseil Atikamek-Montagnais, ont pris un tour que d'aucuns qualifieraient de « radical ».Dans le but avoué de court-circuiter l'entente intervenue entre Québec, Ottawa et Mamuitun, un autre conseil tribal innu qui défend les intérêts de trois autres communautés, Mamit Innuat a proposé que la totalité des redevances que touche le gouvernement du Québec sur l'exploitation des ressources naturelles de son territoire, soit versée aux Innus.Rien de moins.Mamit a aussi étendu ses revendications à l'île d'Anticosti, en plus d'exiger un droit de veto sur les projets d'Hydro-Québec sur son territoire, en particulier le mégaprojet de 10 milliards de Churchill Falls.« Nos revendications sont fondées sur des droits ancestraux et sur un titre aborigène aux terres que nous refusons d'éteindre, soutient M.Bellefleur.Le gouvernement avait l'air sérieux, il y a deux ans, en nous proposant ce qu'il appelait une approche commune pour régler nos revendications.On a senti une érosion assez nette de sa volonté, depuis.» Rémy Kurtness, négociateur en chef du Conseil tribal Mamuitun, voit la situation autrement.« Nos droits ancestraux seront reconnus par cette entente et traduits dans la réalité contemporaine par un concept moderne, qui va s'appliquer sur l'ensemble du territoire.» Ce désaccord entre les deux conseils tribaux des Innus sur l'existence d'un droit ancestral, et la définition concrète qu'on en donnera, est représentatif des débats qui font rage, non pas entre Québec, Ottawa et les autochtones, depuis quelque temps, mais entre les autochtones eux-mêmes.Le dilemme, c'est de savoir si les autochtones peuvent patienter des années avant que leurs droits, reconnus et confirmés par de nombreuses décisions de la Cour suprême du Canada depuis 10 ans, prennent forme concrètement, et se traduisent dans des traités qui reconnaissent leur spécificité juridique de premiers habitants du pays.Dans les mois qui viennent, les discussions qui auront cours au sein de la nation innue pourraient s'envenimer.L'issue du débat pourrait déterminer le cours des négociations dans d'autres nations autochtones, et conduire à l'isolement des plus revendicatrices d'entre elles, comme les Cris, les communautés innues de la Basse-Côte- Nord, et même les Innus de Uashat- Maliotenam, qui se sont retirés depuis deux ans des négociations de Mamuitun, et qui menaçaient il y a un mois à peine de bloquer la rivière Moisie, près de Sept-Îles, si leurs quotas de pêche au saumon n'y sont pas révisés à la hausse.Bruno Bisson Isolés.ensemble BRUNO BISSON Quand la route 138 est finalement arrivée à Natashquan, en 1996, on a cru un moment qu'elle amènerait avec elle les touristes.Il en est venu, bien sûr, mais pas la manne attendue.Le chômage a continué d'occuper la moitié du village en hiver.Avec la pêche, on s'en tire mieux en été.Il avoisine seulement les.20 %.Dans les circonstances, il ne faut pas s'étonner que tous les regards aient convergé vers le village autocthone, en septembre, quand une rumeur s'est répandue selon laquelle les Innus allaient devenir partenaires à 55 % dans la construction d'une scierie, un projet de 30 millions.La Coopérative forestière de Laterrière, au Saguenay, fournira la gérance d'usine et l'expertise en forêt en plus de 45 % du capital nécessaire au projet.La scierie créera 170 emplois, en usine et en forêts, dont la moitié ira aux autochtones, et l'autre à des non-autochtones des villages voisins de Natashquan, Baie Johann- Beetz et d'Aguanish.« C'est le Klondyke », dit en riant le chef de Natashquan, Antoine Ishpatao.« En fait, ajoute-t-il plus sérieusement, on vivra presque une situation de plein-emploi.C'est rare, ça, au Québec ».Et ce qui est encore plus rare, c'est de voir qu'une bande indienne puisse devenir le moteur économique des communautés voisines, et non le contraire.Le pari de l'autonomie En mai 1999, au moment de signer une entente prolongeant leur droit de pourvoirie sur 150 kilomètres de la rivière Natashquan, les Innus ont offert à leurs voisins non autochtones des villages de Natasquan, Baie Johann-Beetz et d'Aguanish, de partager leurs ressources, comme avec le projet de scierie.« Nos problèmes se ressemblent », commente le chef en parlant de ces voisins Blancs, avec qui les Innus vivent « isolés, ensemble », selon son expression.Les deux communautés ont à peu près la même population (autour de 800 personnes) et un même problème : retenir les jeunes qui s'exilent, faute d'un avenir.Depuis deux ans, les Innus de Natashquan ont résolument pris le pari de l'autonomie et du développement économique locaux.Des 42 bandes indiennes du Québec, Natashquan est celle qui a négocié le plus grand nombre d'ententes particulières avec le gouvernement du Québec, si on fait exception des 10 ententes administratives de Kahnawake : agrandissement des pourvoiries, des droits de pêche et de chasse, services policiers, ententecadre sur le développement économique, expansion du territoire de la réserve, etc.Ce faisant, la communauté a tourné le dos au Conseil tribal de Mamit Innuat, qui négocie les revendications territoriales au nom des Innus de La Romaine, Mingan et Pakua Shipi.À Mamit, et dans les autres communautés innues, on s'est fait critiquer assez durement, avoue M.Ishtapao.Mais que voulez- vous faire d'un gouvernement innu quand votre base est marginalisée depuis des générations au plan social et économique ?Ça fait 20 ans qu'on négocie.Pendant ce temps-là, on continue de s'enliser.Au village, 60 % des résidants ont moins de 25 ans.S'ils veulent rester, de quoi vont-ils vivre dans cinq ou dix ans ?» DEMAIN : Où vont les subventions de 6,7 milliards ?PHOTOTHÈQUE La Presse C'était à l'été 1995, le ministre Serge Ménard faisait la récolte de plants de marijuana à Oka.Exit Jerry Peltier, le chef de bande.En août 1998, les Micmacs de Listiguj érigent une barricade sur la route 138 en Gaspésie.Québec, pour régler la crise, attribue des permis de coupe additionnels à des entreprises de la réserve. 7LP0701A0702 A7 DIMANCHE 7LP0701A0702 ZALLCALL 67 01:06:34 07/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 A 7 Le Danemark sous le choc après un concert tragique qui a fait huit morts La bousculade s'est produite vendredi peu avant minuit devant la scène principale du festival de Roskilde, où une foule compacte, composée en majorité de jeunes gens, se pressait en extase dans la nuit noire, à quelques mètres des barrières placées devant la scène.À plusieurs reprises, les organisateurs et les musiciens de Pearl Jam avaient demandé au public de reculer, mais en vain.Agence France-Presse ROSKILDE, Danemark Le Danemark était sous le choc hier, au lendemain de la mort de huit jeunes hommes piétinés dans un mouvement de foule lors d'un concert du groupe américain Pearl Jam auquel assistaient environ 50 000 personnes à Roskilde, à l'ouest de Copenhague.Hier soir, la police avait identifié les huit victimes : il s'agit de trois Danois âgés, pour deux d'entre eux, de 17 ans et, pour le troisième, de 22 ans, de trois Suédois, dont deux âgés de 22 ans et le troisième de 20 ans, d'un Allemand de 26 ans, élève-policier à Hambourg, et d'un Néerlandais de 23 ans.Trois personnes ont été grièvement blessées et une trentaine d'autres ont été plus légèrement atteintes lors de la tragédie qui a endeuillé l'histoire d'un festival de rénommée internationale fêtant ses trente ans d'existence.Le drame a par ailleurs assombri la cérémonie de mise en service, hier après-midi, du pont-tunnel de l'Oeresund qui relie le sud de la Suède au Danemark.Le premier ministre danois, Poul Nyrup Rasmussen, a interrompu la cérémonie d'inauguration de l'ouvrage pour demander aux milliers d'invités « d'observer une minute de silence en mémoire de ces jeunes morts et en signe de compassion avec leurs familles ».La bousculade s'est produite vendredi peu avant minuit devant la scène principale du festival de Roskilde, où une foule compacte, composée en majorité de jeunes gens, se pressait en extase dans la nuit noire, à quelques mètres des barrières placées devant la scène.À plusieurs reprises, les organisateurs et les musiciens de Pearl Jam avaient demandé au public de reculer, mais en vain.« Puis tout s'est passé très vite », a raconté à l'AFP Jesper Poulsen, un jeune Danois de 20 ans.« J'ai vu une bousculade, des tumultes, entendu des bruits de chute, des cris, puis l'orchestre a arrêté de jouer et allumé la lumière pour découvrir un amas de corps par terre.» Des ambulances sont arrivées rapidement sur les lieux pour transporter à l'hôpital onze personnes inanimées, croyant, à l'instar de la police, qu'il s'agissait de cas de surdose d'ecstasy.Le drame, encore inexpliqué, a provoqué une onde de choc sur le festival, fréquenté par quelque 90 000 personnes.PHOTO REUTERS DERNIÈRE CHANCE! L'EMBARGO AMÉRICAIN SUR LES TAPIS PERSANS EST LEVÉ Depuis la levée de l'embargo commercial américain, la plupart des tapis persans sont expédiés sur le marché des États-Unis.Nous voulons offrir à nos clients l'occasion d'acheter leurs tapis pendant cette vente spéciale, avant que les prix des tapis soient multipliés par quatre ou même cinq.Nous avons tous les genres de tapis, Qum en soie, Tabriz laine et soie, Heriz, Isfahan, Kashan, Mashad, etc., dans toutes les dimensions, jusqu'à 16' x 12' et des tapis de passage jusqu'à 22' de longueur.TOUS NOS TAPIS VONT DE 100$ À 2 200$ Premiers arrivés, premiers servis Samedi 1er juillet 2000 \u2014 13 h à 19 h Dimanche 2 juillet 2000 \u2014 11 h à 18 h Lundi 3 juillet 2000 \u2014 11 h à 18 h Hôtel Ruby Foo's 7655, boul.Décarie Montréal (Québec) (514) 731-7701 CHÈQUE Heriz Persian Rugs Célébrités.60e anniversaire de mariage de Thérèse et Roland Gagné.Mariage célébré le 28 juin 1940 à St-Stanislas-de-Kostka.De cette union sont nés 5 enfants dont 9 petits-enfants et 2 arrière-petits-enfants.MARTIN BISSON, de Brossard, s'est mérité la médaille du Gouverneur Général pour l'excellence de ses résultats scolaires en dernière année du secondaire au Collège Charles- Lemoyne de Ste-Catherine.Sincères félicitations de la part de sa famille.50e anniversaire Le 1er juillet 1950 à Montréal, Solange Blanchette et Roger Morin ont uni leur destinée.Vos enfants, parents et amis sont heureux de souligner cet exceptionnel anniversaire.Merci pour votre amour et votre incessant soutien.Célébrités.Pour plus de renseignements 285-6999 OU 285-7274 Appels interurbains sans frais : 1 (800) 361-5013 Avec la collaboration de GRÂCE À LA FONDATION LES AILES DE LA MODE, COUREZ LA CHANCE DE GAGNER LA MAISON DE RÊVE LES AILES DE LA MODE Au total, 16 prix à gagner, dont une Audi TT.La Maison de Rêve est située au 421, rue de la Prunelle, dans le projet l'Esplanade de l'Île à l'Île des Soeurs et pourra être visitée entre le 22 mai et le 8 octobre 2000.Heures de visite: Lundi, jeudi et vendredi de 14h à 20h.Samedi et dimanche de midi à 17h.Le tirage de la Maison de Rêve se tiendra le 9 octobre 2000 sur les ondes de TQS.FILL126 La Presse 2 juillet 2000 Page A8 manquante La Presse 2 juillet 2000 Page A9 manquante 7LP1001A0702 A10 DIMANCHE 7LP1001A0702 ZALLCALL 67 01:09:25 07/02/00 B A 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 La fête du Canada PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Nathalie Young avait généreusement décoré son chignon de petits drapeaux canadiens distribués par milliers dans la rue Sainte-Catherine et dans le Vieux-Port, hier.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Pour la 22e année consécutive, le Dr Roopnarine Sing, un cardiologue de Montréal, a organisé le défilé de la fête du Canada.La fête du rouge et blanc, rue Sainte-Catherine ANDRÉ DUCHESNE Les petits drapeaux du Canada étaient partout.À la boutonnière, dans la poche arrière des bermudas des messieurs, dans les chignons des petites filles, au bout des doigts nacrés de rouge des vieilles dames qui esquissaient un petit pas de danse au rythme de la fanfare qui passait.D'autres pendouillaient un peu négligemment derrière une oreille.Un jeune homme en avait planté deux ou trois à l'extrémité du manche de sa guitare acoustique.Quelle que soit la façon dont on le portait, c'était bel et bien la fête de l'unifolié \u2014 et du pays, bien sûr \u2014 hier, rue Sainte-Catherine, entre Atwater et Peel, à Montréal.Quelques dizaines de milliers de personnes se sont massées tout le long du parcours à l'occasion de ce 22e défilé, organisé par le Dr Roopnarine Singh, un cardiologue arrivé au Canada en 1961.« Ce pays est le meilleur au monde, pour la liberté, la tolérance et l'ouverture à la différence », disait ce dernier en ne s'arrêtant pas de saluer les participants à cet événement pour le moins hétéroclite.On y a vu en cascade une fanfare écossaise, les chars de la communauté bouddhiste, de l'Association des Philippins de Montréal, du Festival celtique, les membres du club de motocyclistes Karnak, un autre char de la Société Alzheimer, la troupe des Carillons de Charlemagne, l'harmonie des Panthères de Valleyfield et tutti quanti.Le rouge et le blanc étaient à l'honneur.Pour rien au monde, Joyce Turner, d'Ottawa, n'aurait porté d'autres couleurs.« Ça fait quinze ans que j'assiste à ce défilé pour fêter mon pays », lance-t-elle, une jolie broche représentant le drapeau canadien épinglée à son chandail.Rue Peel, près de la Place du Canada, là où le défilé prenait fin, Mazzona Macola, un vieil immigré italien arrivé ici il y a 49 ans, maugréait un peu contre tous ces petits drapeaux en papier que des organisateurs lançaient à pleines poignées aux spectateurs de tous âges.« C'est de la camelote et ce n'est pas bon pour les affaires », marmonne ce dernier, incapable de vendre les unifoliés en tissu qui restaient au fond de son sac.Depuis 20 ans, ce retraité de 79 ans est de toutes les fêtes, de tous les défilés, dans le but de vendre quelques articles d'occasion.« Les affaires ne sont plus ce qu'elles étaient », soupire-t-il.Lars Ling et Asa Laveno, un couple de Suédois au pays pour un an, étaient quant à eux pas mal impressionnés.« Il n'y a pas de festivités de cette ampleur à l'occasion de notre fête nationale, le 6 juin », raconte Lars, son bébé Arvid hissé sur ses épaules pour mieux voir passer les chars allégoriques.Place du Canada, le ministre canadien des Finances, Paul Martin, était tout sourire, serrait des dizaines de mains, était attentif à un ancien combattant venu le saluer.« Cette parade est le reflet de notre pays.Regardez-moi cette diversité.Il n'y a pas un pays qui ne reflète mieux l'avenir que le Canada.» En bout de défilé, plusieurs ont pu se régaler en dégustant un énorme gâteau et en se souhaitant l'un l'autre « Bonne fête, Canada ».Bien sûr, tout cela se passait dans les deux langues officielles.À preuve, cette dame s'adressant à un des animateurs de la fête : « Si vous voulez que je fête, donnezmoi un flag, je n'en ai pas.» Et l'homme de s'exécuter sur-lechamp.PHOTO Presse Canadienne À Ottawa, hier après-midi, les gens se sont massés le long de la colline du parlement dans l'espoir d'apercevoir le premier ministre Jean Chrétien, qui participait à la 133e célébration de la fête du Canada.L'Ô Canada a 120 ans cet été C'est à l'occasion d'un grand congrès national, tenu en juin 1880 à Québec, que Théodore Robitaille, lieutenantgouverneur du Québec, demanda au juge Adolphe Routhier d'écrire un poème qui servirait d'hymne national, sur une musique de Calixa Lavallée.Le 24 juin 1880, soir de la Saint- Jean-Baptiste, au pavillon des patineurs, lorsque le président du banquet proposa un toast au lieutenant- gouverneur Robitaile, les cent instrumentistes des trois fanfares de Fall River, Beauport et du 9e bataillon de milice attaquèrent à plein l'Ô Canada.Mais nul n'est prophète en son pays, dit le proverbe.Loin de faire l'unanimité, l'oeuvre suscita de la jalousie, des hésitations, même des accusations, certains y voyant la reproduction de l'intermède de la Flûte enchantée de Mozart.L'accusation fut vite réduite à néant mais il en fallait plus pour voir la fortune sourire à Lavallée.Non seulement fallut-il trois quarts de siècle et le gouvernement Pearson pour que l'hymne de Lavallée, dans sa version française, anglaise (et même maintenant bilingue) devienne l'hymne national du pays, mais Lavallée, incapable de gagner sa vie ici, dut s'exiler à Boston où il mourut de maladie, le 21 janvier 1891, au début de sa 49e année.De toute façon, bien avant de composer l'Ô Canada, Lavallée avait passé presque toute sa vie en exil, la musique ne faisant pas alors vivre son homme au Québec.Pourtant, sa carrière musicale avait été fort remarquable, surtout pour l'époque.Calixte Lavallée est né le 28 décembre 1842, dans un rang de Verchères.Comme les habitants du coin avaient l'habitude de l'appeler « Câlisse », on jugea plus sage, pour éviter les blasphèmes, de le rebaptiser en pratique Calixa, prénom sous lequel il fut connu par la suite.Son père, Augustin Lavallée, était lui-même musicien.En plus d'être bûcheron, forgeron et armurier, il était aussi facteur d'orgue, chef de fanfare, directeur d'orchestre, professeur de piano et luthier.Après avoir acquis une formation musicale à Montréal chez Paul Letondal et un dénommé Sabatier, deux des cinq professeurs de musique que comptait alors Montréal, le jeune Calixa Lavallée, alors âgé de 15 ans seulement, se rendit à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane.Il s'inscrivit à un grand concours de musique d'où il sortit vainqueur après avoir émerveillé le jury par sa maîtrise du violon, du piano et du cornet.C'est ainsi que, malgré son jeune âge, il se vit engagé comme accompagnateur du violoniste espagnol Olivera pour une tournée qui l'amena en Amérique du Sud, aux Indes occidentales et dans le sud des États-Unis.Partisan de l'émancipation des Noirs, il décida de s'enrôler dans l'armée de l'Union, en 1861, à Providence, dans le Rhode Island, comme musicien dans le Fourth Rhode Island Regiment.À l'époque, les fanfares militaires sonnaient la charge sur le champ de bataille même.Le 17 septembre 1862, Lavallée fut blessé au front, à la bataille d'Antistam.En 1863, Calixa Lavallée revint une première fois à Montréal, espérant y gagner sa vie comme professeur de musique.Il y était établi en 1864, comme professeur.Durant les 14 mois suivants, il donna 20 concerts.Malheureusement, ces performances ne lui rapportaient pas de quoi payer son sel et il s'exila de nouveau aux États-Unis en 1865, allant jusqu'à se barbouiller la figure de noir pour jouer le cornet dans une troupe de Noirs avant d'atteindre la Californie, puis de revenir à La Nouvelle-Orléans.Professeur de musique, compositeur, il aurait également rempli des fonctions assez importantes à l'Opéra français et écrit des partitions.Vers 1870, on le retrouvait à New York, où il agissait comme « surintendant » du Grand Opera House.En 1872, il écrivait, en collaboration avec Arnold de Thiers, un opéra bouffe, Loulou.Mais la veille de la première, le propriétaire du Grand Opera House fut assassiné, et le compositeur jeté sur le pavé.Lavallée reprit la route de Montréal et, grâce à des bienfaiteurs, partit bientôt pour Paris, où il étudia au Conservatoire et composa diverses oeuvres.Après un séjour de deux ans à Paris, il revint au pays et y ouvrit, à l'été de 1875, un studio avec deux autres artistes connus de l'époque, Jehin Prume et Rosita Del Vecchio.Les trois donnèrent, quelques mois plus tard, un concert qui fut considéré comme l'événement artistique le plus considérable qu'ait connu Montréal.Le 14 avril 1877, devant une foule d'admirateurs, il monta Jeanne au bûcher, qui eut un vif succès.Décidé à fonder un conservatoire, Lavallée partit pour Québec et descendit tout droit chez le premier ministre d'alors, Charles de Boucherville.Il arriva en pleine crise politique et son projet avorta.Lavallée ne se découragea pas et décida de monter La Dame blanche de Boieldieu à Montréal.La première eut lieu le 22 avril 1879.Il s'établit à Québec, où il connut d'autres succès artistiques qui ne l'aidèrent cependant pas à renflouer ses coffres, d'où son exil aux États-Unis, peu après la première duÔ Canada.Pendant un temps, le succès lui sourit, l'un de ses opéras, La Veuve, étant joué à La Nouvelle-Orléans.À Cleveland, le 3 juillet 1884, il devint le premier à organiser un concert exclusivement consacré à la musique américaine.Et en juillet 1886, il fut élu président de la Music Teachers' National Association et délégué au congrès mondial de Londres, le 3 janvier 1887.Nommé organisateur du congrès mondial de Chicago, il mourut avant de pouvoir s'acquitter de sa tâche, le 21 janvier 1891, à Boston.Il fallut 42 ans pour que, le 13 juillet 1933, on transporte ses restes à Montréal.La dépouille de ce grand musicien, auteur de notre hymne national, fut accueillie en grande pompe, une foule nombreuse se massant sur son passage.UNE PAGE D'HISTOIRE Pierre Vennat 7LP1102A0702 A11 DIMANCHE 7LP1101A0702 ZALLCALL 67 01:10:03 07/02/00 B La fête du Canada LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 R A 11 Jean Chrétien sur la tombe de Wilfrid Laurier Presse Canadienne OTTAWA Jean Chrétien a amorcé sa journée de célébrations de la fête du Canada hier par une visite à la tombe de Sir Wilfrid Laurier, le premier premier ministre francophone du Canada.Lors d'une entrevue, M.Chrétien a affirmé que le Canada avait un brillant avenir et rappelé encore une fois que pour la septième année consécutive, l'Unesco avait choisi le Canada comme le meilleur endroit où vivre.Mais dans son discours officiel à l'occasion de la fête du Canada, la gouverneure générale, Adrienne Clarkson, a rappelé que les Canadiens demeurent préoccupés par la pauvreté vécue par des hommes, des femmes et plus particulièrement des enfants.Tandis que des milliers de Canadiens joyeux tentaient de se rapprocher de lui pendant un bain de foule et alors que l'équipe de parachutistes des Skyhawks flottait audessus de la colline parlementaire, M.Chrétien a aussi constaté : « Le 1er juillet est un jour fantastique pour être premier ministre.» Dans son discours, le premier ministre a évoqué le rapatriement des restes du Soldat inconnu, dont « le sacrifice symbolise notre attachement à la démocratie, la paix et la liberté (.) et qui incarne l'idéal canadien ».Le rouge et le blanc dominaient le décor : des drapeaux, des visages peints, même les parachutes de l'équipe des Skyhawks avaient revêtu les couleurs canadiennes.Côté spectacles, les 100 000 personnes présentes aux festivités ont pu assister à des prestations de la troupe de danse Vinok's Mexican, des chanteuses Natalie Mc Master et Chantal Kreviazuk, ainsi que des chanteurs Bruce Cockburn et Roch Voisine.L'aspirant à la direction de l'Alliance canadienne, Preston Manning, et le chef du Parti conservateur du Canada, Joe Clark, ont célébré la fête sur la colline alors que le meneur dans la course à la direction de l'Alliance, Stockwell Day, se trouvait en Alberta.À Montréal, des milliers de personnes se sont rendues au square Dominion.Devant une foule de 4000 participants au défilé, le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, a rappelé que c'est à cet endroit que les Canadiens étaient venus dire aux Québécois, avant le référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec, qu'ils ne souhaitaient pas les voir quitter le pays.« Les Québécois ont hâte de construire, et non de détruire, ce beau pays », a dit le ministre lors d'une entrevue à la Presse Canadienne.« Les Canadiens, d'un océan à l'autre, savent que nous vivons dans un monde sans frontières et qu'il est temps d'effacer les limites, non de les créer.» À Toronto, la Monnaie royale canadienne a dévoilé son nouveau modèle de la pièce de 2 $, qui comporte maintenant côté pile une ourse polaire avec ses deux oursons.L'organisation affirme que cette famille a été choisie en tant que symbole du partage familial.Plus de 5000 nouveaux Canadiens, qui ont obtenu leur citoyenneté hier, ont également reçu en cadeau un exemplaire de cette pièce.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse © Dans le Vieux-Port de Montréal, ces grandes lettres peintes en rouge et formant le nom Canada ne passaient pas inaperçues.PHOTO ROBERT SKINNER, La Presse © Il fallait avoir une âme d'irréductibles Gaulois et un soupçon de flegme breton pour assister aux spectacles présentés en soirée dans le Vieux-Port de Montréal.Plusieurs ont bravé la colère des éléments en se protégeant avec des moyens de fortune.PHOTO PC En provenance du Royaume-Uni, ces très jeunes motocyclistes du groupe IMP Performance s'apprêtent à se joindre au défilé de la fête du Canada qui avait lieu à Halifax en Nouvelle-Écosse.Le plus beau pays sous le soleil et sous la pluie ANDRÉ DUCHESNE Le Canada est le plus beau pays du monde.quand il ne pleut pas.C'est sans doute ce qu'ont dû se dire des milliers de personnes qui ont déserté un Vieux-Port noyé sous la pluie hier soir alors que se poursuivaient, bon gré mal gré, les célébrations de la fête du Canada.N'empêche.Ceux qui avaient l'âme d'irréductibles Gaulois et un soupçon de flegme breton ont répondu « présents » au spectacle de la Manitobaine Chantal Kreviazuk.La jolie récipiendaire de deux prix Juno ne les a pas déçus, interprétant ses pièces les plus connues que les spectateurs fredonnaient avec un plaisir évident sous une pluie battante.Une paraplégique avait peine à avancer avec son fauteuil électrique dans une mare de boue.Une jeune fille s'est approchée et l'a abritée sous son parapluie.Elles ont suivi le concert comme deux vieilles copines.Les milliers de braves ont poireauté de longues minutes entre la fin de ce concert et le début de la prestation de Bruno Pelletier et de Gino Vannelli.Grand bien leur fit, car la pluie a miraculeusement cessé avec l'entrée en scène de Pelletier.« On va essayer de vous mettre du soleil dans le coeur », a-t-il lancé.En après-midi, le Vieux-Port était carrément surpeuplé avec des stands et des activités pour tous les goûts proposés à l'occasion des célébrations du premier juillet.L'esprit était à la fête et à la rigolade.Il y avait par exemple ces deux Nathalie et cette Céline, trois adolescentes d'origine asiatique qui s'amusaient à parodier la fameuse publicité « My name is Joe and I am a Canadian » lorsque les représentants de La Presse leur ont demandé pourquoi elles avaient accroché autant de petits drapeaux canadiens à leurs cheveux.« Sans blague, tout le monde n'a qu'un seul drapeau à la main.Nous, on veut être originales et extravagantes », lance Céline.Un peu plus loin, Fariha, 16 ans, attendait que ses deux amies, Jennifer et Stéphanie, aient terminé leur séance de maquillage dans un des innombrables stands installés dans le Vieux-Port.« Bien sûr que je célèbre le Canada, dit-elle un tantinet gênée.C'est un pays pacifique, où il n'y a pas de problème.Il m'apporte beaucoup de choses et je lui remets ce qu'il me donne en participant à cette fête.» Mais Fariha, Jennifer et Stéphanie voulaient aussi voir le spectacle présenté en soirée, assister aux feux d'artifice et faire un saut du côté du Festival de jazz.Et les garçons ?Vous ne chercheriez pas la romance, peut-être ?Ben.euh.oui, si l'occasion se présente, répondent-elles, alors là, très très gênées.Pour les enfants, les lieux étaient comme un vaste trésor à ciel ouvert dans lequel chaque stand était un bijou merveilleux.Celui des miroirs était particulièrement achalandé.Vous auriez dû les voir, avec leurs parents, s'esclaffer de rire, devant ces glaces déformantes.C'est d'ailleurs dans ce stand que nous avons rencontré Éric L'Archevêque, sa conjointe Florence, et leurs enfants Thomas, 8 ans, et Émilie, 6 ans, habitant Montpelier en France.« On a assisté au défilé ce matin et le nôtre est beaucoup plus militaire, plus strict.C'est très sympa ici.Vous aimez vraiment vivre », assure Éric.D'autres enfants avaient également un plaisir fou à se faufiler à l'intérieur des immenses lettres CA- N-A-D-A peintes en rouge et dressées près de la voie ferrée, face à la rue de la Commune.Pendant ce temps, Marie Vincent prenait en photo son ami Sal Loft, un Mohawk de Kanawake, portant fièrement un chapeau aux couleurs du Québec et du Canada.« Cette fête m'est excessivement importante, assure Marie.J'ai un sentiment d'appartenance très fort envers mon pays.Et puis, toutes ces activités, ça fait rire, ça fait sourire les gens.» 7LP1201A0702 A12 DIMANCHE 7LP1201A0702 ZALLCALL 67 01:06:55 07/02/00 B A 12 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 Actualités Le grand dérangement selon Bélonie ANTONINE MAILLET collaboration spéciale Ne cherchez pas cette histoire dans les livres, vous risquez de l'y trouver et ce serait dommage.De multiples rubriques, titres et soustitres, statistiques, dates, thèses et antithèses lui ont rongé son mystère et noyé son âme.Et une histoire sans âme ne mérite pas de franchir la barre du Temps.Pourtant cette histoire vit, corps et âme, enfouie quelque part dans des mémoires insoumises et tenaces, et attend.Elle attend les conteurs qui ne racontent pas l'histoire à la manière des historiens, c'est-à-dire telle qu'elle s'est passée ; mais à leur façon, la seule vraie, qui est celle que vous voulez entendre.Je l'ai dénichée par bribes, violant les consciences les plus récalcitrantes, à coups de hache à même les têtes dures des vieux qui ne demandaient qu'à s'endormir tranquilles.Dormir ?Oh ! non, pas ça ! Pas avant de passer au fils du fils de votre fils les retailles d'histoire que vous a transmises un soir d'hiver le père du père de votre père.Et de maillon en maillon, j'ai regrimpé jusqu'à l'ancêtre Bélonie, un quasi-centenaire en 1770, tout paré pour l'ultime voyage, sûr que personne ne viendrait plus lui pigouiller les reins pour lui arracher du bord de la tombe ses derniers souvenirs.Des souvenirs qui remontaient au traité d'Utrecht de 1713 qui venait sceller définitivement le sort d'un pays que se disputaient depuis un siècle les rois de France et d'Angleterre, en se lançant par-dessus la Manche des chartes qui changeaient le nom d'Acadie en Nova Scotia, de nouveau en Acadie, en Nova Scotia, en Acadie.terre promise qu'aucun roi britannique ou français n'avait encore vue, mais que Bélonie rêvait de passer à ses descendants.Il en avait rêvé jusqu'en 1755.Hélas ! Une seule débâcle en une seule nuit avait tout emporté.À l'âge de soixante-quinze ans, Bélonie avait vu flamber son logis, ses granges, ses récoltes, et périr la moitié des siens.L'autre moitié partait en exil sur un navire anglais, qui en moins de deux jours s'engouffrait dans l'oeil d'un cyclone.Bélonie, de la proue d'un bâtiment qui l'emmenait avec des restants de compatriotes en terre étrangère, vit à l'horizon disparaître sa lignée.Après cela, il n'était plus qu'un vieil homme.C'est ce vieil homme que quinze ans plus tard va recueillir Pélagie dans sa charrette pour le ramener d'exil jusqu'en terre d'Acadie.Un vieil homme revêche et buté.Pourquoi ?Pourquoi quitter la Géorgie ?Pourquoi retourner dans une Acadie morte et sans descendance ?Non, Pélagie, Bélonie avait déjà fait un pacte avec la Faucheuse.S'il remontait les côtes d'Amérique, ce serait dans la charrette de la Mort, pas dans celle des vivants.Mais Pélagie qui, elle, avait rescapé la moitié des siens, avait décidé de les ramener au pays contre vents, marées, Dieu, Diable et Destin.Et elle finit par tasser au fond de sa charrette, bien malgré lui, ce ballot de chair, de grincement et de mémoire qui eut tout juste le temps d'accorder son couinement au cliquetis des roues avant de cligner de l'oeil au sombre fourgon, sans portières ni fanaux, tiré par six chevaux flambant noirs, qui parcourait le monde depuis le commencement des temps : la charrette de la Mort.\u2014 Si personne l'a donques vue, comment c'est qu'on sait qu'elle est noire, votre charrette ?Mais Bélonie ne répondit pas à Pélagie, décidé de ne jamais gaspiller sa salive dans des obstinations perdues.Aucun vivant n'a jamais vu la Mort, et tout le monde la connaît.Le diable encorné, l'Archange saint Michel accoté sur sa lance, qui les a vus ?Bélonie traînerait sa propre charrette, veut, veut pas, Pélagie, jusqu'en défunte Acadie.Les morts dépassaient en nombre les vivants et méritaient autant qu'eux de passer leur éternité en terre promise.La terre promise Le vieil homme, cargué au milieu des gréements et du barda de voyage, bougonne.Terre promise heh ! .qui n'a pas même tenu promesse.À qui reviendra cette Acadie brûlée jusqu'aux racines, violée, anéantie, rayée de la carte ?Qui peut encore en rêver ?Pas Bélonie, non, qui n'a pas su dans la débâcle rescaper un seul descendant.Tous engloutis, fauchés jusqu'au dernier rejeton, un marmot qui avait à peine les yeux ouverts.Celui-là rentrerait avec les autres chez les ancêtres, mais dans la charrette funèbre, celle que Bélonie tirait à l'insu de tous, accrochée par un fil invisible au convoi de Pélagie.Et hop ! Vers le nord, les morts ! Pélagie ne répond pas au marmonnage intérieur du vieux toqué, mais continue de traîner des lambeaux d'Acadie tout le long d'une Amérique qui n'entend même pas grincer les essieux de sa charrette.Elle remontera, à pied, à travers bois et marais, à la quête d'une terre où planter ses racines plus échevelées que des algues flottantes.Bélonie comme les autres y enterrera ses os chargés de mémoire.La mémoire !.La mémoire, Bélonie, vous en avez vingt ans de plus que les plus vieux des survivants, que Charles à Charles, qu'Anne- Marie-Françoise, que Célina-laboiteuse, vous êtes un maillon indispensable de la transmission qui sans vous.L'Histoire se passera de moi, que marmonne le bougonneux, je ne parlerai pas, les morts n'ont plus besoin de témoigner.Je ne suis plus de votre monde.Vous avez voulu à tout prix que je sois du convoi ?Tant pis ! La Faucheuse sera ma seule compagne de voyage , elle qui transporte au fond de sa sombre charrette toute ma descendance inscrite sur ma propre pierre tombale, hi !.La vie est passée tout droit, en ce matin de septembre à Grand-Pré, et nous a laissés nous engouffrer dans l'entonnoir sans fond.La mémoire est retournée en terre.Quel dommage ! Bélonie aurait eu tant à raconter .Un siècle et demi depuis Port- Royal où Champlain et Marc Lescarbot fondaient le théâtre Neptune et l'Ordre du Bon Temps pour traverser sans déprime les premiers hivers.Puis petit à petit, l'enclos qui devient domaine, la contrée qui devient pays.Cent ans de bonne vie en sol libre et fertile où les Bélonie de père en fils construisaient des aboiteaux pour dérober de la terre à l'océan, remplissaient les caves et les greniers, chantaient à la grand-messe du dimanche, dansaient aux noces de leurs enfants, transmettaient de gorge en gorge les plus vieux mots de France qui empruntaient aux vents et marées d'un climat nouveau une intonation chantante et un accent rocailleux.Une vie qui n'en finissait pas de refaire peau neuve chaque matin.Pour l'éternité.Une éternité qui s'arrête d'un coup sec un matin de septembre.À l'étonnement des sages patriarches et des prophètes de bonne fortune, voilà l'histoire qui bascule, qui déchire les pactes et les traités, qui enferme les hommes dans l'église de Grand-Pré pour leur faire lecture d'une lettre de Sa Joyeuse Majesté britannique qui les absout de leurs trahisons, et les expédie sans autre procès en terre d'exil.Un peuple entier déporté tout le long des côtes américaines, de la Géorgie jusqu'à la Nouvelle-Angleterre.Allez ! Dans les marécages, les landes, les bois, qu'on y refasse sa vie comme on pourra.Bélonie songe que les évènements se sont déroulés à une telle vitesse en ce matin de septembre 1755, qu'il n'a pas eu le temps de se défaire de ses croyances ancestrales ni de se refaire une mentalité, qu'il n'a pas réussi en quinze ans à épouser un pays nouveau qu'on lui a enfoncé contre son gré dans la gorge.Après lui avoir coupé ses racines, puis dépouillé de ses bourgeons, on lui demandait de se souvenir ?Mais que faire d'une mémoire bâillonnée ?Il avait vu sombrer jusqu'au dernier de sa race, l'enfant emporté avant qu'il n'ait les yeux ouverts.À partir de cet instant, le vieil homme avait perdu la mémoire.\u2014 Bélonie ! Bélonie ! Quelqu'un le secoue et interrompt son monologue intérieur : \u2014 Bélonie ! On vous demande.Voilà un jeune homme du nom de Bélonie à Thaddée à Louis à Bélonie qui vient de débarquer dans les marais de Salem.Il conte que.Le vieil homme lève la tête et plante les yeux dans le front du survenant.Thaddée à Louis.à Bélonie.?Pélagie se fraye un chemin entre les curieux et pose la main sur l'épaule du vieux.L'aïeul va sur ses cent ans, faut pas venir le troubler avec des histoires à dormir debout.Il n'y a plus de descendants Bélonie.Mais le messager ose affronter Pélagie.Il pousse en avant la jeune apparition qui prétend sortir en ligne directe des Bélonie de Grand-Pré.\u2014 Il aurait été recueilli en mer quinze ans passés par le capitaine Beausoleil en personne.Et aurait point cessé depuis, apparence, de bourlinguer sur tous les océans.Bélonie a beau ouvrir les palmes de ses oreilles, plisser les yeux, ramasser tout son visage autour de son nez, il ne saisit pas.Parce que l'impossible est insaisissable.L'histoire ne se refait pas, ne se remonte pas à rebours.Aucun remous ne repasse deux fois dans le même sillon.Et Pélagie : \u2014 Allons, Bélonie, essayez de vous souvenir.Le petit dernier disparu en mer.Il portait quel nom ?\u2014 Pas de nom.pas même ondoyé.À ce moment-là, le jeune homme se détache, s'approche du centenaire et, avant que Pélagie n'ait eu le temps de l'avertir que le vieux n'était pas sourd, il lui crie dans l'oreille : \u2014 J'ai été ondoyé durant plusieurs jours, qu'on a rapporté, avant que les matelots de Beausoleil m'aient pêché de mon panier d'osier qui flottait au large de l'île de Sable.Qu'on a rapporté.Tous les yeux sont braqués sur Bélonie.Un long silence plane.Puis les regards passent au survenant qui s'empresse de répondre aux multiples points d'interrogation qui jaillissent de toutes les prunelles.\u2014 Si fait, ç'a pris des années avant qu'on retrace mes origines.On avait même décidé de m'appeler Moïse-sauvé-des-eaux.Puis un jour que le capitaine Beausoleil ramenait des Antilles une pleine cargaison de déportés pour les rentrer en Gaspésie.\u2014 En Gaspésie ?Pour quoi faire en Gaspésie ?\u2014 Ben voyons, par rapport que la Gaspésie était encore française ces années-là.\u2014 Quoi c'est que t'en sais ?\u2014 Taisez-vous et laissez le survenant raconter.Le jeune homme sourit, s'ébroue et reprend \u2014 Parmi les déportés, y avait une vieillevieille femme qui se souvenait que des côtes de l'île de Sable, elle avait vu de ses yeux vu un navire envalé corps et biens par la sorcière de vent.\u2014 Le cyclone ! Que balbutie Bélonie-le- Vieux.Petit à petit, toutes les charrettes entendent jusqu'au bout le récit du jeune rescapé, unique survivant du fameux naufrage, un enfant sorti miraculeusement de la gueule du cyclone.La vieille femme déportée aux Antilles était parée à faire serment qu'une fois l'ouragan passé, elle avait aperçu un panier à la dérive sur les eaux.Elle avait tenté de s'en approcher, mais la mer avait été la plus forte.\u2014 C'est elle qui a reconnu mon berceau d'osier dans la cale du bateau de Beausoleil.Et qui m'a dit que fallait que je sois le fils de Louis à Thaddée à Bélonie.Et c'est elle qui ce jour-là m'a donné le nom du premier de ma lignée.La mémoire retrouvée Durant des jours, Bélonie-le Vieux entraîne son arrière-petit-fils à l'abri des oreilles indiscrètes et lui parle.Lui parle à s'en assécher le gosier.Le temps presse.La mémoire lui est revenue d'un seul coup en plongeant son regard dans celui de son unique héritier.Mais pas pour longtemps.Il s'est trop engagé vis-à-vis de la Faucheuse, depuis quinze ans, il sait qu'elle ne lui laissera pas long de corde dumeschui.\u2014 « Dumeschui », l'aïeul ?\u2014 « Dorénavant », mon enfant.Faut que tu enfonces aussi dans ta caboche les mots que les vents du Sud risquent d'emporter.Des mots si vieux, que seuls les vieux gosiers savent encore les dire sans les écorcher.Il faudrait à Bélonie-le-Jeune apprendre à conter comme un vieux.L'unique rejeton d'un long lignage, un ébouriffé d'à peine quinze ans, revenait chaque jour les yeux exorbités et la bouche ouverte des buissons où l'entraînait le centenaire.À l'écart de la caravane des charrettes, l'aïeul lui pétrissait la mémoire et l'imagination comme une boulangère sa pâte à pain.Pas de temps à perdre.Dans les siècles à venir, Bélonie- le-Jeune serait chargé de transmettre le seul héritage sauvé de la débâcle de 1755 : la mémoire.Raconte, Bélonie.Le refus de prêter inconditionnellement serment au roi d'Angleterre.L'incendie de l'église et des logis blottis le long de la Baie française, appelée aussi baie du Fond.L'entassement dans des cales de bâtiments de tout un peuple qui n'avait pas achevé d'engranger ses dernières récoltes.Les enfants arrachés des bras de leurs mères, les mères de leurs hommes, dont plusieurs, en cherchant à prendre le bois, seront abattus à bout portant.Des familles disloquées abandonnées sur des rives inhospitalières, souvent refoulées vers la mer, errant de côte en côte entre la Marilande, la Pennsylvanie, la Caroline, la Géorgie.L'histoire des Thibodeau détachés du convoi de Pélagie pour tenter la grande aventure de la Louisiane où se cachaient déjà des Landry, des Martin et des Cormier.Le rêve de Pélagie de ramener ses restants de familles au pays des ancêtres, après quinze ans d'exil, de les accrocher aux ridelles de sa charrette malgré la résistance des peureux et des fainéants, malgré les risques de famine, de froid, d'épidémies.La lente remontée vers la terre promise, sur la pointe des pieds, pour ne pas réveiller l'ours qui dort.Une caravane qui remonte l'Amérique par les arrière-chemins, doucement, à l'insu de l'Histoire qui en ces années-là a la tête tournée du bord des escarmouches entre les colonies anglaises et la mère patrie.Au point que lorsque sonneront les cloches de Philadelphie pour célébrer la victoire de l'indépendance de l'Union américaine, le peuple acadien qui se cachait dans les buissons croit entendre tinter le glas.Bélonie-le-Vieux se tut.Le temps lui manquerait pour raconter la suite.Son petit-fils, que Dieu lui prête vie, connaîtrait seul le dénouement de cette épopée d'un peuple que l'Histoire avait déjà mis au rancart.Mais l'Histoire n'est pas seule à décider du sort d'un peuple.La vie qui bouge dans les viscères, qui racle le fond du coeur où sont collés des restes de sentiments, qui allume les cerveaux tout imbibés de souvenirs dont ils n'arrivent pas à se débarrasser, la vie est parfois plus forte, plus entêtée que le Destin.Mets ça dans ta caboche, Bélonie-le-Jeune.Car l'aïeul, lui, ne continuera pas.Il a donné rendez-vous.Le centenaire tourne la tête du côté de sa Charrette, la sienne, celle qui transporte sa pierre tombale.Qu'elle vienne maintenant.Bélonie- le-Vieux n'est pas un homme à faire attendre une dame.Et la Dame s'amène.\u2014 C'est toi, Bélonie ?\u2014 Range-toi que je monte.\u2014 Tu es donc si pressé ?\u2014 Je me languis de savoir.\u2014 Savoir.?\u2014Connaître la fin de l'histoire que j'ai été chargé de raconter.\u2014 Je serai muette, tu ne sauras rien.\u2014 Ce n'est pas de toi que je compte l'apprendre.\u2014 .?\u2014 Tu m'as trompé, vaurienne, en me faisant accroire que j'étais le dernier de ma lignée.Mais les Bélonie ne disparaissent pas avec le vieux toqué de radoteux de défricheur de la mémoire d'un peuple.L'Histoire même pourra se taire, si elle n'a plus envie d'ouvrir les pages qui font grincer son grand livre.On se passera de l'Histoire.\u2014 Tu n'es pas encore monté dans ma charrette et déjà tu divagues ?\u2014 J'ai un pied sur la marche de ta charrette, et enfin je sais.Je sais que la mémoire se transmettra de logis en logis, de siècle en siècle, de Bélonie en Bélonie.On racontera.\u2014 Mais tous, jusqu'au dernier, finiront comme toi dans ma Charrette, tu le sais bien.\u2014 Auparavant, chacun aura raconté.La Faucheuse donne un grand coup de faux sous les pieds du centenaire qui a juste le temps de cligner de l'oeil à la vie et lui lancer un dernier : Hi !.Bélonie-le-Vieux pouvait partir.Bélonie-le-Jeune raconterait au coin de la maçoune à son fils Bélonie, troisième du nom, qui le raconterait à Thaddée à Bélonie, qui le raconterait à Bélonie à Thaddée, qui le passerait à Louis à Bélonie Maillet, mon cousin.PHOTOTHÈQUE La Presse © L'auteure a rédigé cette nouvelle dans le cadre du projet « Les grands moments de l'histoire du Canada » conçu par l'Institut du Dominion.Dormir ?Oh ! non, pas ça ! Pas avant de passer au fils du fils de votre fils les retailles d'histoire que vous a transmises un soir d'hiver le père du père de votre père. La Presse 2 juillet 2000 Page A13 manquante 7LP1401A0702 A14 - DIMANCHE 7LP1401A0702 ZALLCALL 67 01:02:36 07/02/00 B A 14 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 La cathédrale du diable Il fait plus noir que nuit.Tout maintenant se confond dans une obscurité sans ride : le long canyon suintant, l'entrée du boyau où se tient Alain Goupil, la dalle qui délimite l'horizon plafonnier, la cavité lacustre qui s'évase et s'enfonce devant mes bottes pleines d'eau, la main gantée que je passe devant mes yeux.L'oeil ouvert, les deux fermés, c'est pareil.Nos pupilles se dilatent à l'infini, pour rien.Dans cette encre opaque où flotte encore l'odeur plaisante du carbure, les paroles s'envolent et les pensées écrivent des courbes invisibles.J'aimerais m'endormir ici et laisser ma poitrine s'emplir de ce philtre sans lumière.La surface du monde n'est plus qu'un souvenir, la rumeur des gouttelettes qui tombent ponctue cette méditation souterraine, notre mère la terre nous enveloppe d'une froideur ouatée.Car voici la substance de nos origines.Tâter pour voir Nous reprenons notre marche à l'inverse, sans rallumer.La main frôle le mur, manière de voir.Nos pas clapotent dans notre sentier le ruisseau.Tout le paysage me revient sans images.La voûte surbaissée qui m'a contraint à prendre un bain froid jusqu'à l'abdomen.La galerie Léo Brassard où j'ai rampé sans bravoure.Alain disparu dans la salle des Pluies et réapparu derrière moi au détour d'un passage secret.La galerie des Marmites, tube sans confort où mes genoux ont demandé grâce.Les anfractuosités sans nombre, les motifs rupestres et les sédiments aux apparences trompeuses.Une chute miniature coule dans un grondement d'enfer sur un lit beige, sorte de viscère béante pissant un sang transparent.Minuscules mammelons de stalactites.La vapeur épaisse de nos souffles poussée par un vent subtil qui change parfois de direction, tombe, se ranime.Les chambrettes tout en haut tapissées de terre, revers de l'invisible surface d'où pendent des racines bien vivantes.Dômes.Cloches.Quasimondes.Et les araignées, partout, gardiennes de l'immobile, de la calcite et de sa gluante cristallographie.Quelque part dans cette cathédrale, mon guide m'a patiemment expliqué comment \u2014 avec boussole, clinomètre, rubans, cairns et bloc-notes imperméable \u2014 lui et sa blonde cartographient les cavités souterraines.Il faut sûrement une patience de moine, mais je ne doute pas de celle d'Alain.Lorsque nous sommes entrés sous terre, j'ai cru le voir émerger.C'est une longue et étrange marche vers la sortie, à trois cents mètres devant.Parfois, dit-on, un castor la fait aussi, ou un raton laveur.Le regard ne comprend rien Une sorte de pâleur vaporeuse se dessine très lentement.Mon regard ne comprend pas, je suis persuadé que c'est une image mentale, elle met tant de temps à se préciser, glissant de gauche ou de droite selon les méandres de mes pas.Puis soudainement, j'y arrive.Une tranche de pierre verticale s'illumine au détour, tellement irréelle que j'y mets la main pour mieux la voir.Une source minuscule et vive, là haut, se fraye un chemin dans des angles luisants.De l'extérieur, ce trou doit être introuvable.Je replonge dans ma route aveugle, désarçonné par cette lumière.Depuis un moment, Alain ne répond plus à mes commentaires.J'en déduis qu'il est maintenant derrière moi et qu'il s'amuse à m'observer à sa façon, comme une chauve-souris.Une autre fente approche \u2014 on l'a bien vue à l'arrivée \u2014 mais sa lueur diffuse entache l'obscurité, comme une sorte d'anti-lumière.Une incroyable confusion m'envahit alors, je ne sais plus distinguer le haut et le bas, je crains de perdre pied et pour me rassurer, j'allume ma lampe frontale un court instant.Ce n'était donc que le reflet du ruisseau.Cette fenêtre est spectaculaire.La lumière coule, incandescente, végétale, par une brèche verdoyante.Je me retourne et vois Alain, bon diable, heureux dans son royaume \u2014 il est, sachez-le, directeur technique de la Société québécoise de spéléologie.On reprend la progression dans le canyon, encore assez long pour retomber dans la noirceur.Je retire un gant et laisse mes doigts bondir sur les marmites de calcaire qui miment des millénaires de vaguelettes.Car c'est bien le ruisseau qui a, depuis cent siècles, dissout le calcaire et façonné la cavité naturelle.Cette grotte, baptisée Le Trou du Diable à une époque où le paradis n'était qu'au ciel, est la deuxième plus grande du Québec.À distance, vers la sortie, le jour se reflète dans l'eau.Alain contemple longuement l'éclat du monde, méditatif, aucunement pressé d'y retourner.Regrets du retour L'éboulis de roches, à la bouche de la grotte, est inondé d'une lumière éblouissante.Quand on en émergera, dans quelques minutes, presque déçus de retrouver le plancher des vaches, il ne subsistera rien de l'impression que nous avions ressentie à l'arrivée, celle d'une dépression nichée dans un boisé ombrageux.Trois heures plus tard, nous complétons l'aller-retour de six cents mètres.Je ne croirais pourtant pas avoir été parti plus d'une heure.Pas étonnant que les cycles circadiens des spéléologues soient perturbés lorsqu'ils séjournent longtemps sous terre.Nous voici donc revenus à Saint- Casimir-de-Portneuf, une bonne campagne située à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Québec.Une brise tiède caresse la fin de l'après-midi, la verdure ondoyante est encore juvénile, le soleil brille, brille, brille et joue dans des nuages sans ombrage.On aurait voulu faire du vélo, redresser une clôture, marcher au bois ou s'endormir sous un arbre mais, jamais au grand jamais passer une aussi belle journée à l'intérieur.Et on ne regrette pas de l'avoir fait.Courriel rchartie@lapresse.ca La Société québécoise de spéléologie (514-252-3006) peut encadrer la visite d'une grotte et offre des stages d'initiation et de perfectionnement.info-sqs@speleo.qc.ca Internet www.speleo.qc.ca PHOTOS ALAIN GOUPIL, collaboration spéciale La rivière souterraine qui a sculpté ce passage en dissolvant le calcaire correspond au sentier dans lequel on progresse.Personne ne trouve le temps long dans la fascinante grotte de Saint-Casimir.Le colibri à gorge rubis, champion incontesté du vol acrobatique En collaboration avec le Biodôme de Montréal, La Presse publie chaque dimanche au cours de l'été une chronique sur les oiseaux.MARTINE LAGACÉ collaboration spéciale Qui n'a jamais été fasciné par le vol particulier du colibri à gorge rubis ?Il faut dire que ce fier habitant de nos régions a de quoi piquer la curiosité.En fait, une section complète du livre des records devrait lui être consacrée tant ses caractéristiques sont exceptionnelles ! Son étonnante petite taille, sa beauté majestueuse, son vol acrobatique, son interminable migration, tout cela contribue à faire du colibri à gorge rubis un représentant unique de la faune ailée.Seul membre de sa famille (trochilidés) au Québec \u2014 de même qu'à l'est du continent américain \u2014 le plus petit de nos oiseaux arrive au sud du 49e parallèle dès la mi-mai, avec l'éclosion des premières fleurs.Son apparence a de quoi séduire.Du bout du bec à l'extrémité de la queue, le colibri à gorge rubis fait entre 8 et 9 centimètres.Véritable « poids plume », il ne pèse qu'environ 3 grammes, d'où son surnom d'oiseau-mouche.Les ailes et le dos du mâle sont d'un vert chatoyant, tandis que son ventre est blanchâtre.On le distingue des femelles et des jeunes par la tache rubis qui orne sa gorge.Le secret de son vol si particulier ?Des battements d'ailes ultra rapides (de 20 à 80 battements à la seconde) qui lui permettent de faire de la haute voltige.Tantôt, il s'élance à une vitesse stupéfiante, tantôt il s'arrête et fait du surplace avant de voler à la verticale et même à reculons ! En mouvement rapide, ses ailes semblent disparaître et produisent un bourdonnement semblable à celui d'un insecte.Sa taille et sa façon de voler rapprochent d'ailleurs le colibri du sphinx, un gros papillon nocturne à battements d'ailes très rapides, qui butine de fleur en fleur habituellement au crépuscule ou une fois la nuit tombée.Un de ces papillons porte même le nom de sphinx colibri ! Préférences alimentaires Le colibri à gorge rubis fait ses délices du nectar de fleurs, de petits insectes happés au vol ou trouvés près des fleurs, et de la sève s'écoulant de trous percés dans les arbres par le pic maculé.Gardant jalousement son territoire d'alimentation, il en expulse prestement ses congénères et les insectes qui osent s'y aventurer.On trouve l'oiseau-mouche autant dans les jardins que dans les clairières et les bordures de forêts.Il n'a en fait qu'une seule exigence : y trouver des fleurs.Le colibri est attiré par les fleurs aux couleurs vives contrastant de façon marquée avec l'environnement où elles poussent.De façon générale, il ne résistera pas aux fleurs tubulaires, munies de glandes produisant le nectar qu'il extrait au moyen de son long bec effilé comme une aiguille et de sa longue langue extensible.Sachant cela, vous n'aurez qu'à planter les variétés qu'il affectionne pour qu'il vienne vous visiter.Fuchsia, chèvrefeuille, ancolie, lobélie, coeur saignant, digitale pourpre, monarde, impatiente du Cap et piedd'alouette, entre autres, ne manqueront pas de l'attirer.Chaque oiseau-mouche visiterait plus de 1500 fleurs par jour, agissant ainsi comme un pollinisateur.Ces merveilleux petits oiseaux s'approcheront volontiers de votre maison pour peu que vous leur offriez un abreuvoir contenant de l'eau sucrée.Dans les quincailleries ou les centres de jardin, vous trouverez plusieurs modèles d'abreuvoirs parés de rouge ou d'orangé, ses couleurs favorites.Afin de les attirer dès leur arrivée parmi nous, il est préférable d'installer les abreuvoirs tôt au printemps, avant le début de la floraison.Quelle est la recette magique pour concocter le liquide tant convoité ?Il suffit de mélanger une partie de sucre blanc dans quatre parties d'eau, de faire bouillir et de laisser refroidir avant de verser dans l'abreuvoir.Inutile d'ajouter du colorant rouge, il peut être nocif pour la santé des oiseaux.N'oubliez pas de changer le liquide tous les trois jours et de bien nettoyer chaque partie de l'abreuvoir à l'eau savonneuse.Des prouesses inimaginables Voyageur infatigable, ce minuscule migrateur parcourt des distances qui dépassent l'imagination.L'automne venu, les mâles partent les premiers, suivis des femelles et des jeunes.Ils quittent le Québec pour le sud des États-Unis, le Mexique et l'Amérique centrale, et traversent même le golfe du Mexique sans escale.650 kilomètres, d'un seul trait ! En fait, on a longtemps considéré impossible qu'un si petit oiseau puisse franchir de telles distances.On a même cru que les colibris migraient vers le sud confortablement installés sur le dos d'un plus gros oiseau, comme les bernaches, par exemple.On sait aujourd'hui que ce mythe était sans fondement.Avant de quitter nos régions (aire de nidification), en septembre, les colibris ne chôment pas.La femelle, en particulier, accomplit une tâche colossale.En effet, au cours des mois précédant le grand départ, c'est elle qui s'acquitte de toutes les tâches relatives à l'incubation et à l'élevage des petits.Elle construit son nid \u2014 d'un diamètre à peine plus gros qu'une pièce d'un dollar \u2014 à base de fibres végétales et de toiles d'araignées, qu'elle recouvre de lichen.Elle pond deux oeufs blancs gros comme des pois d'où émergent des oisillons de la taille d'une abeille.Et lorsque, bien gavés (réserve de graisse équivalant à leur poids), les colibris nous quittent à la fin de l'été, c'est pour rejoindre leur aire d'hivernage, où ils trouveront un temps plus clément.Que de grands exploits pour un si petit oiseau ! L'auteur est membre de la Société des amis du Biodôme de Montréal.À TIRE D'AILE PHOTO JEANNE LEHOUX, collaboration spéciale Colibri se nourrissant de nectar provenant d'une de ses fleurs préférées, le chèvrefeuille. 7LP1501A0702 A 15 dimanche, 2 juillet 1LP9801K0901 ZALLCALL 67 01:02:53 07/02/00 B Actualités LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 A 15 Les Coréens de Montréal vivent d'espoir et de crainte À l'occasion du 50e anniversaire du déclenchement de la guerre de Corée le 25 juin, La Presse a rencontré quelques membres de la communauté coréenne de Montréal afin de connaître leurs impressions à la suite du sommet historique qui a réuni les présidents des Corée du Sud et du Nord à la mi-juin.L'entente qu'ils ont alors signée permet d'espérer la réunification du pays, divisé officiellement depuis 1953, ainsi que les retrouvailles de nombreuses familles séparées.PASCALE BRETON et ÉRIC PLOUFFE Dans son petit commerce du quartier Notre-Dame-de- Grâce où s'entassent statuettes, bibelots et autres babioles, Young Lee rêve de retrouver l'un de ses frères dont il a perdu la trace il y a un demi-siècle, quelque part en Corée du Nord.L'homme âgé d'une cinquantaine d'années a vu le jour à quelque 200 kilomètres de Séoul, la capitale de la Corée du Sud.Sa famille a été séparée lors de la division du pays.Il n'a jamais vu l'un de ses frères qui s'est exilé au Nord avant sa naissance, pour des raisons politiques.Voilà maintenant 15 ans que M.Lee est à la recherche de ses proches par le biais d'une organisation de Toronto.« En 1994, j'ai finalement reçu une première lettre des membres de ma famille, raconte-t-il avec la fierté de ceux qui persévèrent.Depuis, j'ai appris qu'un de mes frères est mort en Corée du Nord, l'année dernière, mais j'espère retrouver l'autre.» M.Lee a immigré à Montréal en compagnie de son épouse, Chao Hwa Lee, en 1977.Comme à l'époque où le couple habitait en Corée, Mme Lee enseigne la danse traditionnelle dans un local adjacent au commerce dont elle est copropriétaire.« Le processus de réunification sera très long et très difficile, mais j'espère un jour visiter la Corée du Nord et connaître sa culture, peutêtre même y faire des démonstrations de danse », confie-t-elle.Comme elle, plusieurs des quelque 3000 membres de la communauté coréenne de Montréal fondent de grands espoirs dans l'accord historique signé le 14 juin.De grandes attentes Pour eux, tout paraît possible depuis que le président sud-coréen, Kim Da-Jung, et son homologue nord-coréen, Kim Jung-Il, se sont réunis à une même table à Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord.Les deux dirigeants se sont alors entendus pour enclencher le processus de réunification des deux Corée.Du coup, les quelque dix millions de personnes séparées depuis que trois rangées de barbelées ont divisé leur peuple pourraient célébrer des retrouvailles dans un avenir pas si lointain.« J'ai vu mon cousin pour la dernière fois peu de temps après la fin de la Deuxième Guerre mondiale.J'avais huit ans », raconte un sexagénaire d'origine coréenne rencontré par hasard près d'une église du quartier St-Henri, à Montréal.Débarqué au pays en 1980, ce Coréen qui souhaite garder l'anonymat réussit à avoir des nouvelles de son cousin qui vit toujours en Corée du Nord.Un de ses oncles vivant en Corée du Sud reçoit des lettres de ce cousin grâce à un messager bien payé.Celui-ci est chargé de livrer le courrier en empruntant des sentiers secrets vers la Corée du Sud, depuis la Corée du Nord, en passant par la Chine.« Une des lettres mentionne que la famille ne manque de rien, résume l'homme.Mais je ne le crois pas vraiment.Ils ont de quoi manger, se vêtir et se loger, mais ils n'ont pas de liberté d'expression.» Établie à Montréal depuis un an, Jung-Hee Park a pour sa part quitté Séoul, capitale de la Corée du Sud, l'été dernier et travaille maintenant avec sa famille au restaurant Quatre- Saisons, dans le quartier St- Henri.Elle se réjouit de l'entente historique.« Ça fait 50 ans qu'on attendait cette nouvelle », lance la dame de 42 ans, en se concentrant sur la préparation des plats de nouilles Shabu destinés au repas du midi.Puis elle prend une pause et réfléchit.« Si j'ai de la chance, je voudrais visiter la Corée du Nord.Je suis curieuse de voir les habitants du Nord puisqu'ils n'ont pas ouvert leurs portes depuis un demisiècle.Dans le quartier Notre-Dame-de- Grâce, qui abrite une forte proportion de la communauté coréenne, Chul-Ho Kim s'affaire à remplir les étalages de bouquets de citronnelle dans son épicerie coréenne.Les mains sur les hanches, le Sud-Coréen de 37 ans se dit surpris des derniers événements historiques, lui qui croyait que la réunification n'arriverait jamais.« Pendant mon enfance, en Corée du Sud, mes professeurs nous enseignaient à ne pas critiquer le gouvernement et la haute société, se remémore-t-il.En fait, il était difficile de faire des reproches au gouvernement.» Encore beaucoup d'obstacles L'énorme fossé qui s'est creusé entre les deux Corée au plan social, économique et culturel représente l'un des principaux obstacles au processus de réunification selon Hun Bang, un directeur artistique montréalais qui a vécu en Corée du Sud jusqu'à l'âge de 16 ans.« Les Nord-Coréens croient encore qu'ils doivent sauver les malheureux sud-coréens prisonniers des États- Unis », explique-t-il.Assis dans son petit bureau du centre-ville, Yung Dae Shin, journaliste à l'hebdomadaire Abacus, une publication de la communauté coréenne, partage aussi cette idée.« C'est sûr que ça va être long parce que vous imaginez la réaction des gens du Nord s'ils sortent de leur pays du jour au lendemain et apprennent la vérité sur les 50 ans de propagande du gouvernement communiste », lance-t-il d'un air dépité.Le jeune homme de 34 ans se souvient d'un voyage effectué pendant ses études à l'Université de Séoul en Corée du Sud.Ses professeurs l'avaient conduit à la frontière afin qu'il comprenne mieux la réalité d'un pays divisé.« Il y a trois clôtures qui séparent le pays sur une bande de terre large d'environ trois kilomètres, raconte le journaliste, diplômé en ingénierie.Des soldats de l'armée nord-coréenne étaient postés derrière l'une d'elles, et l'un d'eux nous criait avec fierté qu'il recevrait un bon repas à l'heure du souper, contrairement à nous.» Yong Jik Nahm, propriétaire d'un restaurant du Vieux Port, avait dix ans lorsqu'il a fait la connaissance avec des soldats de l'armée nord-coréenne qui ont envahi son petit village natal, près de Séoul.Établi à Montréal depuis 25 ans, il réalise à quel point il est chanceux que sa famille n'ait pas été séparée.À 60 ans, il se dit maintenant heureux du processus de réunification, mais pressent qu'il s'échelonnera sur plusieurs années.« L'histoire de la Corée est très triste, nous avons vécu une terrible tragédie, souligne M.Nahm.Ce sera très long.Je serai peut-être même mort lorsque les deux territoires seront enfin réunis.» CORÉE DU NORD CHINE Pyongyang Seoul 100 milles 100 km CORÉE DU SUD Infographie La Presse PHOTO ROBERT MAILLOUX, La Presse © Young Lee et Chao Hwa Lee espèrent qu'une réunification de leur pays d'origine leur permettra de retracer l'un des frères de M.Lee, qui réside en Corée du Nord.De la rupture à la réunification PASCALE BRETON et ÉRIC PLOUFFE En 1953, la signature du traité d'armistice met fin à la guerre de Corée et vient consacrer la division de cette péninsule de l'Asie de l'Est.Les États-Unis et l'ex- URSS, puissances mondiales, se partagent le territoire au 38e parallèle sans se donner la peine de consulter la population coréenne.Environ dix millions de personnes perdent contact avec des membres de leur famille à cause de cette nouvelle frontière.Un demi-siècle plus tard, les communications sont toujours quasi inexistantes entre les 21 millions d'habitants confinés dans le Nord communiste et les 46 millions du Sud capitaliste.Le 14 juin dernier, une entente historique a été conclue entre les deux gouvernements ouvrant la porte à la réunification et aux retrouvailles de nombreuses familles.Les négociations risquent d'être ardues, mais déjà, les choses commencent à bouger, comme le constate Seong-Sook Yim, professeure et responsable des études coréennes au Centre d'études de l'Asie de l'Est (CETASE) à l'Université de Montréal.« J'assiste déjà aux effets du rapprochement entre les deux Corée via de nouveaux projets d'investissement et d'affaires commerciales et culturelles qui s'annoncent chaque jour depuis la signature de l'entente », a indiqué à La Presse la chercheure invitée qui séjourne cetété à l'Université de Séoul, en Corée du Sud.D'après Mme Yim, qui occupe aussi la fonction de secrétaire générale au sein du Conseil consultatif de la réunification pacifique et démocratique coréenne à Montréal, deux barrières majeures se dressent sur le chemin de la réunification.Le manque d'échanges et les différences idéologiques entre les deux États constituent un frein au projet, selon elle.Un long apprentissage reste aussi à faire, souligne Yung Dae Shin, journaliste à l'hebdomadaire Abacus, une publication de la communauté coréenne de Montréal.« Le Sud considère le Nord comme celui qui lui a volé une partie de son territoire et vice-versa.Pour l'un et l'autre, c'est comme si quelqu'un prenait possession de sa maison en ne lui laissant que la salle de bain », explique l'homme de 34 ans.Aux yeux de Hun Bang, directeur artistique engagé dans la communauté coréenne de Montréal, il y a peu de différences entre la culture des deux peuples coréens, mais une méconnaissance importante.« Les habitants du Nord sont repliés sur eux-mêmes et croient encore que les Sud-Coréens sont malheureux et opprimés par les Américains.Il faudra également que le Sud soit encore plus riche pour parvenir à aider le Nord.» La réunification de la Corée est souvent comparée à celle de l'Allemagne, mais pourtant, elle risque d'être plus complexe.La réunification de l'Allemagne s'était réalisée au moment de l'effondrement du bloc communiste alors qu'en Corée, la république et la dictature communiste devront trouver un terrain d'entente.La Corée du Sud est aussi moins riche que ne l'était la République fédérale allemande, alors que la situation économique de la Corée du Nord est de loin inférieure à l'ancienne République démocratique allemande.« La réunification fait peur à bien des personnes, surtout en raison des coûts élevés, affirme M.Bang.Ce sera long, mais cette fois-ci, c'est nous qui allons être responsables de notre réunification et non pas les grandes puissances.Ça, c'est important.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Le restaurateur Jong Jik Nahm est heureux de voir que le processus de réunification de la Corée est enclenché, mais craint de ne pas vivre assez vieux pour assister à sa réalisation. 7LP1601A0702 A16, dimanche, MONDE 7LP1601A0702 ZALLCALL 67 01:09:31 07/02/00 B A 16 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 Monde L'EXPRESS INTERNATIONAL Effluves de pratiques illégales à la veille du vote au Mexique ANDRÉ BIRUKOFF Agence France-Presse, MEXICO Le parti au pouvoir au Mexique est soumis à une vague d'accusations sur des pratiques électorales illégales à la veille d'une élection présidentielle qui pourrait marquer la fin de son hégémonie de 71 ans sur la vie politique du pays.L'accusation la plus grave a été portée par le quotidien indépendant Reforma, selon lequel un haut fonctionnaire aurait détourné quelques 80 millions de dollars de fonds publics en faveur de la campagne électorale du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, au pouvoir depuis 1929).Cette révélation a pris d'autant plus de relief que quelque 59 millions d'électeurs mexicains doivent choisir aujourd'hui entre la continuité avec le candidat du PRI Francisco Labastida ou l'alternance avec Vicente Fox du Parti d'action nationale (PAN, conservateur).Lors du scrutin de dimanche, les Mexicains doivent également renouveler leur parlement.À la veille de ces choix décisifs, le journal Reforma a révélé que le gouverneur de l'État de Michoacan (centre-ouest), Victor Tinoco, avait détourné 80 millions de dollars pour la propagande électorale du parti au pouvoir.Membre du PRI, M.Tinoco a aussitôt démenti, même si Reforma a affirmé être en possession de l'enregistrement d'une conversation téléphonique dans laquelle le gouverneur reconnaît le détournement de fonds.« C'est une calomnie (.) destinée à ternir l'image du processus électoral », a-t-il dit, interrogé hier au téléphone par des correspondants étrangers lors d'une rencontre avec des membres du PRI.Si elle était vérifiée, l'accusation pourrait avoir un impact sur le scrutin d'aujourd'hui, le candidat de la droite, Vicente Fox, ayant à plusieurs reprises affirmé que le parti au pouvoir utilisait des fonds publics \u2014 aides gouvernementales en particulier \u2014 pour faire pression sur les électeurs afin qu'ils votent en faveur de Francisco Labastida.Au cours des derniers jours, des organisations non-gouvernementales ont confirmé que le processus électoral avait été marqué par de nombreuses irrégularités.Ce genre d'accusations a d'autant plus de poids pour l'opinion publique mexicaine que le parti au pouvoir a souvent été soupçonné dans le passé de fraudes électorales.Face à ces attaques, le PRI s'est retranché derrière l'existence d'un Institut fédéral électoral, indépendant de tout parti et chargé de contrôler les scrutin, et d'un Tribunal électoral pour enquêter sur les dénonciations de fraudes.Le parti au pouvoir a souligné également que le scrutin d'aujourd'hui sera surveillé par quelque 800 observateurs étrangers.Toutefois, les accusations ont fait monter la tension et le gouvernement a voulu calmer le jeu après l'apparition de « scénarios-catastrophes » prévoyant un refus des deux favoris de reconnaître une éventuelle défaite avec comme conséquence une période de troubles sociaux et économiques.« Nous avons des lois justes, des institutions fiables, des procédures claires et transparentes», a tenu a rappeler le président Ernesto Zedillo à ses concitoyens à la veille du scrutin.« Chaque vote sera comptabilisé et respecté », a-t-il souligné.ÉTATS-UNIS Financement électoral n Le président américain Bill Clinton a signé HIER une loi obligeant les organismes à caractère non lucratif qui financent les campagnes électorales à dévoiler leur identité et le montant de leurs dépenses.Le projet de loi avait été approuvé par le Sénat jeudi.L'adoption de cette loi, qui entre immédiatement en application, intervient au coeur d'une affaire de financement occulte qui empoisonne la campagne du candidat démocrate Al Gore, à moins de cinq mois de l'élection présidentielle.d'après AFP CORÉE Révision en cours n Les États-Unis pourraient revoir la taille de leur contingent militaire déployé en Corée du Sud, si les relations entre les deux Corée continuent à s'améliorer, a dit le secrétaire américain à la Défense, William Cohen, à CNN.Il s'est cependant prononcé en faveur du maintien de la présence militaire américaine sur la péninsule, même si les Corée décidaient une réunification.d'après AFP MOYEN-ORIENT Coordination gelée n Un responsable de la sécurité palestinienne a dénoncé hier le « mauvais traitement » infligé aux Palestiniens dans les points de passage entre l'Etat hébreu et les zones autonomes palestiniennes, et a affirmé que la coordination entre les deux parties était gelée.Ce responsable qui parlait sous le couvert de l'anonymat a dit que « les arrestations sont le lot quotidien des Palestiniens dans ces points de passage où les services de sécurité israéliens imposent des restrictions sur le déplacement des Palestiniens et exercent du chantage sur certains commerçants et hommes d'affaires » palestiniens.d'après AFP COLOMBIE Attentat à l'explosif n Un attentat à l'explosif à Cali visant apparemment un commissariat de police, a fait un mort et au moins trente-sept blessés hier parmi la population civile, ont annoncé la police et les autorités locales.Des inconnus ont lancé deux bonbonnes de gaz en direction du commissariat dans le centre-ville, selon les premières indications des autorités.d'après AFP SRI LANKA Tamouls attaqués n Des centaines de soldats srilankais ont lancé une offensive contre les séparatistes tamouls dans le nord du pays, qui a fait au moins 49 morts, a-t-on appris hier de source officielle.L'armée a lancé cette opération vendredi, dans le village de Gajabapura, contre des positions des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE).d'après AFP ZIMBABWE Nouvelles occupations n Au moins 25 nouvelles fermes appartenant à des blancs ont été occupées par les anciens combattants depuis la fin des élections, le week-end dernier au Zimbabwe, a annoncé hier le syndicat des fermiers commerciaux (CFU).Ces informations n'ont pas été confirmées par Chenjirai Hitler Hunzvi, le chef des anciens combattants de la guerre d'indépendance qui mène depuis février le mouvement d'occupation des fermes, ni par le ministre de l'Information et porte- parole du gouvernement Chen Chimuntengwende.d'après AFP ALLEMAGNE Zhu en visite n Le Premier ministre chinois Zhu Rongji est arrivé hier à Hambourg, nouvelle étape de sa visite officielle de quatre jours en Allemagne.M.Zhu a rencontré samedi matin le président Johannes Rau qu'il a invité à se rendre en Chine, mais aucune date n'a encore été arrêtée.d'après AFP PHOTO AP À la veille des élections mexicaines, le président sortant, Ernesto Zedillo, a présidé hier à Mexico aux cérémonies marquant l'entrée en vigueur de l'accord commercial conclu entre son pays et l'Union européenne.Ottawa se plaint du manque de transparence au procès des juifs en Iran Plaintes aussi de Clinton et de l'UE d'après AFP et AP OTTAWA Le Canada est « gravement préoccupé » par les condamnations à des peines de prison prononcées contre 12 Iraniens, juifs ou musulmans, accusés d'espionnage au profit d'Israël, a déclaré hier le ministre canadien des Affaires étrangèrs, Lloyd Axworthy.Le procès de 13 accusés juifs et de quatre musulmans, dont seulement cinq ont été acquittés, « a été entaché de nombreux vices », a estimé M.Axworthy, soulignant notamment qu'il avait eu lieu à huisclos et que les prévenus étaient restés détenus pendant un an sans pouvoir être assistés par des avocats.À Washington dans l'intervalle, le président Bill Clinton a qualifié le verdict d'injustice.« Nous avons à plusieurs reprises exprimé notre préoccupation lorsque le gouvernement iranien a traité les intellectuels, les journalistes, les religieux musulmans et les membres de la communauté bahaïe avec la même injustice fondamentale », a déclaré le chef de la Maison- Blanche, en soulignant que la commission des droits de l'Homme des États-Unis avait dénoncé le caractère « gravement imparfait » la procédure judiciaire de Chiraz.« Nous sommes profondément déçus que le gouvernement iranien ait une fois de plus failli à agir en tant que société fondée sur l'État de droit, auquel aspire le peuple iranien », a ajouté Bill Clinton à Washington.« Nous appelons le gouvernement iranien à remédier immédiatement aux manquements de ces procédures et à annuler ces condamnations injustes.» Quant au ministre des Affaires étrangères du Canada, M.Axworthy, il a ajouté que le « le Canada continuera de suivre cette affaire de près », précisant que l'Iran avait fait des progrès en matière de réformes politiques et économiques depuis l'élection du président Mohammad Khatami en 1997, mais qu'il devait redoubler d'efforts pour « améliorer le respect des droits civils et humains, comme le souhaite la population iranienne ».Dix juifs iraniens ont été condamnés à des peines allant de quatre à treize ans de prison et deux musulmans iraniens à deux ans de prison, pour leur rôle « auxiliaire » dans cette affaire.Trois juifs, qui étaient en liberté provisoire et deux musulmans, poursuivis dans la même affaire, ont été acquittés.Le Congrès juif canadien (CJC) s'était vivement élevé au cours des dernières semaines contre l'attitude du gouvernement iranien dans cette affaire.« Depuis la révolution islamique de 1979, 17 juifs ont déjà été pendus en Iran », avait rappelé une porte-parole du CJC, Dorothy Zalcman Howard.L'organisme avait demandé au Canada d'exiger la libération des prisonniers et, en cas de verdict négatif, de prendre des sanctions économiques et diplomatiques contre l'Iran.Outre-Atlantique entre-temps, l'Union européenne a exprimé hier sa « préoccupation » et sa « déception » après l'annonce du verdict.« L'Union européenne a pris connaissance avec préoccupation du verdict prononcé par le tribunal révolutionnaire de Chiraz », a fait savoir au nom des Quinze la France, qui assure depuis hier la présidence française de l'UE.Dans un communiqué publié à Paris par le ministère français des Affaires étrangères, l'UE « marque sa déception pour la tenue du procès à huis clos en dépit des assurances données par les autorités iraniennes » et « relève qu'il existe une possibilité d'appel du jugement ».« Compte tenu de l'importance qu'elle attache à cette affaire, elle espère vivement que la Cour d'appel reviendra sur les condamnations prononcées », ajoute le communiqué du quai d'Orsay qui conclut que « l'Union européenne continuera de faire connaître ses préoccupations aux autorités iraniennes ».PHOTO AP Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Lloyd Axworthy.Déception à la suite du verdict prononcé contre des accusés juifs en Iran.PHOTO AP Au premier jour du mandat français à la présidence de l'Union européenne, le président Jacques Chirac a accueilli hier à l'Élysée le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat.Signes d'impatience chez les candidats à l'élargissement de l'UE Associated Press VARSOVIE Au premier jour de la présidence française de l'Union européenne, les pays candidats à l'élargissement n'ont pas manqué de rappeler à la France sa promesse de présenter un « scénario » avant la fin de l'année sur les chances de chaque nouveau membre potentiel.Nous « attendons des progrès qualitatifs dans les négociations sous la présidence française », a déclaré le chef des négociateurs polonais Jan Kulakowski lors d'une rencontre à Cracovie avec ses homologues de Chypre, la République tchèque, la Hongrie et la Slovénie.Tous ont appelé l'UE à approuver un calendrier des négociations jusqu'à la fin de l'année.« Un tel scénario rendrait le processus de l'adhésion prévisible et transparent », ont-ils souligné dans un communiqué commun.Ces six pays sont considérés comme les plus avancés dans les négociations, même s'ils soulignent que chacun d'entre eux travaille séparement et n'attendra pas les autres.La Pologne, qui a exprimé, comme d'autres candidats, sa frustration devant l'absence d'un calendrier précis, espère rejoindre l'UE en 2003.Mais les Quinze ont laissé entendre que cela serait plutôt vraisemblablement en 2005.Treize pays au total ont entamé des négociations avec l'UE.La France a promis qu'avant la fin de sa présidence en décembre, l'UE présenterait à chaque membre potentiel « un scénario » sur ses perspectives d'adhésion. 7LP1701A0702 A17, dimanche, AILLEURS 7LP1102A0416 ZALLCALL 67 01:07:33 07/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 A 17 Migration: frénésie planétaire Un commerce souvent mafieux, en voie de doubler celui de la drogue Il ne se passe pas une semaine sans que la presse internationale ne nous informe de quelque avarie affectant le vaste mouvement migratoire qui grouille partout sur la planète.Pendant que des pays riches, à court de cerveaux pour faire marcher la Nouvelle Économie, écrèment le tiersmonde de ses champions du bulbe, des plus pauvres de ce tiers-monde jugent qu'ils ont droit eux aussi à l'Eldorado et confient leur sort à de nouvelles mafias qui leur promettent une place au soleil d'Amérique ou d'Europe.Et soudain, une tragédie comme celle qui vient de se produire dans le port britannique de Douvres \u2014 58 Chinois morts asphyxiés découverts au fond d'un conteneur \u2014 force l'éclairage sur le phénomène et donne une autre occasion d'en mesurer l'ampleur.Dans un excellent reportage publié dimanche dernier, le Telegraph, de Londres, a reconstitué dans le détail l'aventure tragique de ces 58 Chinois \u2014 54 hommes, quatre femmes \u2014 partis à grands frais, pour eux et leurs familles, de leur province méridionale du Fujian pour venir échouer sans vie sur les rives de la Terre promise.Trente-deux jours de voyage en train et en périodes d'attente.Deux jours de train d'abord pour joindre la gare de Pékin, à 1600 km du Fujian.De Pékin, c'est le train qui conduit à Moscou en sept jours, en passant par la Mongolie, puis la Sibérie.Autre train ensuite de Moscou à Prague, en passant par Minsk et Varsovie, mais de Praque les migrants doivent marcher pendant des jours pour atteindre un poste frontière assez sûr entre la république tchèque et l'Allemagne.Ils aboutissent ensuite à la frontière néerlandaise qu'ils traversent à pied.Dix jours d'attente, et un train les conduit à Anvers, puis dans le port voisin de Zeebrugge, la ligne Zeebrugge-Douvres étant l'une des plus actives sur la Manche pour le transport des conteneurs.Du Fujian à Douvres, c'est beaucoup de frontières à traverser.Ça prend, soit beaucoup de complicités, soit de faux papiers, soit les deux.L'ultime complicité, fatale, aura été celle d'un camionneur hollandais qui aura transporté les Chinois dans un conteneur chargé de caisses de tomates et qu'on avait oublié d'aérer.Les « têtes de serpent » Seule une mafia solidement organisée est capable d'encadrer pareille aventure et en l'occurrence, on l'appelle « tête de serpent ».Et les « têtes de serpent » foisonnent dans le monde.Au point où un mouvement comme le International Organisation for Migration estime que le trafic d'émigrés est devenu aujourd'hui une affaire plus importante que le trafic de la drogue.Les autorités du port de Douvres, citées par The Economist, rappellent qu'elles ont créé un corps de police spécial pour surveiller l'immigration illégale en 1994, mais que néanmoins, depuis six ans, cette immigration illégale a augmenté de 500 %.On en arrête maintenant 100 par jour.Placés en liberté provisoire, certains \u2014 les Albanais, les Afghans et les Iraquiens surtout \u2014 revendiqueront aussitôt un statut de réfugié, mais les Chinois et les Indiens choisiront plutôt de disparaître pour aller se fondre dans leurs communautés ethniques un peu partout en Grande-Bretagne.La tragédie de Douvres conduit à s'interroger sur l'ampleur du phénomène dans le monde.Les services d'immigration du ministère de l'Intérieur britannique, cités par The Economist, estiment que 30 millions de personnes annuellement traversent illégalement des frontières dans le monde et précisent que ce commerce atteint un chiffre d'affaires se situant entre 20 et 50 milliards de dollars CAN par année.Les polices de leur côté ont identifié une cinquantaine d'organisations mafieuses impliquées dans ce commerce.On connaît maintenant les tarifs : 4000 $ CAN pour voyager de Roumanie en Grande-Bretagne ; entre 15 000 et 20 000 $ si on part de l'Inde ; et près de 40 000 $ si on vient de Chine.Pour les sujets et leurs familles, les méthodes de remboursement sont typiques des mafias : harcèlement, chantage et exécution à la rigueur.À ce prix, c'est dans les milieux nantis de Chine qu'on repère le client.De fait les 58 Chinois trouvés morts à Douvres partaient de Fuzhou, ville relativement prospère située entre Shanghai et Hong Kong, en face de Taiwan.Menace planétaire Le Centre de migration de Vienne estime qu'entre 400 000 et 500 000 personnes entrent illégalement dans les pays de l'Union européenne annuellement.Les États- Unis de leur côté dénombrent 300 000 immigrants illégaux par année, venus du Mexique surtout.Et depuis que Washington et Ottawa ont resserré les contrôles sur l'immigration chinoise illégale, celle- ci prend volontiers le chemin de la Grande-Bretagne.Entre-temps, un spécialiste des Nations unies en matière de crime organisé confirme au New York Times l'ampleur rapidement croissante de l'immigration illégale dans le monde.Mais ce qui intéresse le fonctionnaire Pino Arlacchi, sociologue de formation, c'est surtout ces immigrants \u2014 femmes et enfants le plus souvent \u2014 tombés sous la coupe esclavagiste des mafias à des fins de commerce sexuel et autres travaux forcés.M.Arlacchi a une image pour faire comprendre la situation : en quatre siècles, dit-il, on a dénombré quelque 11,5 millions d'esclaves sortis d'Afrique ; or durant la seule dernière décennie, plus de 30 millions de femmes et d'enfants asiatiques auraient été réduits à l'esclavage sous une forme ou sous une autre.À l'échelle mondiale, le sort de quelque 200 millions de personnes actuellement dépendrait de trafiquants de toute nature.M.Arlacchi décèle dans ce phénomène l'entorse la plus considérable aux droits de la personne qui soit dans le monde.D'autres échos de pratiques esclavagistes viennent d'un peu partout.De Birmanie par exemple (devenu le Myanmar), où, selon The Economist, l'Organisation internationale du travail tente de faire enquête sur la présence dans ce pays à régime dictatorial de quelque 800 000 personnes vivant dans un état plus ou moins larvé d'esclavage.L'esclave aux visages multiples Mais l'esclavage dénoncé ne se limite pas aux bordels de Thaïlande ou aux ateliers d'Inde employant des enfants en bas âge.Le International Herald Tribune ouvre ses pages à Iain Guest, coordonnateur du mouvement humanitaire Advocacy Project, qui attire l'attention sur le fait que quelque 15 000 femmes du Nigeria travaillent comme prostituées en seule Italie, ce qui ne saurait être le fait d'une libre circulation des personnes.On a commencé d'abord, en toute banalité, par faire venir régulièrement des Nigérianes pour la cueillette des tomates dans la fin des années quatre-vingt, mais bientôt des femmes se sont retrouvées piégées dans des appareils de prostitution.À travers ces monceaux d'information dégoulinant de misère humaine perce parfois une petite lueur d'espoir.Le Los Angeles Times raconte l'histoire d'une jeune Népalaise, Sushma Katuwal, qui fut contrainte d'aller pratiquer la prostitution en Inde à l'âge de 14 ans, qui réussit à s'enfuir, à rentrer chez elle où, à 19 ans maintenant et infectée du VIH, elle a organisé un mouvement de femmes libérées de la prostitution obligée qui a pris les mafias en chasse.Agissant comme chiens de garde à divers postes frontaliers entre le Népal et l'Inde, ces femmes ont réussi depuis 1997 à faire arrêter 70 suspects de trafic et à rendre la liberté à 240 jeunes femmes aux frontières.Mais il reste que la notion même de l'esclavagisme moderne est très élastique.L'Espagne actuelle par exemple se demande ce qu'il faut penser de ses vieux couvents de soeurs qui, faute d'une relève nationale, recrutent par dizaines des « novices » en Inde et en Afrique.Il se trouve que ces couvents regorgent de religieuses âgées qui ont besoin qu'on s'occupe d'elles et que ces novices issues du tiersmonde tombent à point.L'âge moyen des religieuses en Espagne se situe entre 65 et 70 ans, indique le Telegraph, de Londres.Plus près de nous Plus près de nous, autre information qui fait tiquer, communiquée celle-là par l'hebdo britannique The Observer : 800 000 enfants sont affectés à des travaux agricoles aux États-Unis et plus de la moitié d'entre eux ont moins de 15 ans.Les lois américaines imposent l'âge minimum de 14 ans pour occuper un emploi, mais de 12 ans dans le cas de l'agriculture.Il n'est pas rare, dit le reporter du Observer, qu'on rencontre des enfants de neuf ans travaillant au champ, surtout chez les « illégaux ».Human Rights Watch a ouvert un dossier, mais dans l'intervalle, voilà une des raisons pourquoi \u2014 madame, monsieur, comme disait l'autre \u2014 vos carottes en provenance des États-Unis ne coûtent finalement pas très cher.PHOTOMONTAGE La Presse Tradition Usurpation Urbanisation Démocratisation n Les technopoles de l'avenir ne ressemblent pas à Silicon Valley mais s'apparentent plus à la région de Washington, à celle de Dallas ou au sud de la Californie, estime dans le Los Angeles Times l'universitaire Joel Kotkin.Son avis intéresse Montréal, dont la haute technologie se développe plutôt sur le modèle de Washington ou de Dallas que sur celui de Silicon Valley.L'ultraconcentration de Silicon Valley a entraîné des problèmes sociaux considérables.Les nouvelles technopoles par contre exercent un effet de croissance plus diffus sur l'ensemble d'une région.La haute technologie ne comptait que pour 2,5 % de l'emploi à Washington dans les années soixante-dix ; elle atteint aujourd'hui 7,7 %.Dans l'intervalle, la plus importante technopole américaine \u2014 qui dépasse Silicon Valley \u2014 est désormais l'ensemble du sud de la Californie, réservoir de quelque 2000 entreprises.Le coeur de cette technopole est Santa Monica combiné à la partie ouest de Los Angeles.Parmi les problèmes sociaux qui émanent d'une concentration comme Silicon Valley, il y a celui du logement : un appartement d'une chambre peut aisément coûter 750 000 $US à Palo Alto ; un tiers des 30 000 citoyens sans domicile fixe de Silicon Valley ont un emploi à temps plein.n La forme d'esclavage la plus classique dans le monde n'est pas affaire de mafia mais de tradition : le travail des jeunes enfants.Elle existe depuis des millénaires et l'UNICEF évalue à quelque 250 millions le nombre d'enfants de cinq à 14 ans contraints de travailler, une affaire de pure survivance pour les ménages dans une foule de cas.Le Chicago Tribune a dépêché un reporter dans le nord-est du Brésil où il a rencontré Gidevaldo, sept ans, qui avec sa mère, Iraci, travaile 11 heures par jour à mouler des boues pour la fabrication de briques.Les grands-parents de Gidevaldo faisaient la même chose au même âge et ça dure jusqu'à la mort, qui peut survenir très jeune chez les moins résistants.Au Brésil, on compte entre 2,5 et 4,5 millions d'enfants de moins de 14 ans qui travaillent comme Gidevaldo, et dans des métiers parfois plus durs encore, comme casser de la pierre avec de petites masses ou couper à la machette le sisal, dont on fait des moquettes qui ornent des salons en Amérique du Nord.L'intérêt qu'offre le Brésil actuellement, c'est le programme gouvernmental, associé à l'UNICEF, qui accorde 14 $ par mois à un ménage pour qu'un enfant fréquente plutôt l'école.Dans l'État de Bahia, le programme s'applique déjà avec succès à 66 000 enfants.n « Notre fort, c'est l'acier ; notre force, nos employés ! » disait jadis une pub radio du matin.Pardi ! Si vous payez ces employés des salaires de crève-faim parce qu'ils sont des étrangers « illégaux », cette simple « force » devient « puissance ».Un ami parisien est capable d'identifier, aux environs de la rue Réaumur, les ateliers de couture embauchant des « illégaux », turcs surtout.En plein coeur de Paris.Périodiquement, dit le professeur Emmanuel Terray, de l'École des sciences sociales de Paris et cité par le Los Angeles Times, les gouvernements font de grandes sorties contre l'immigration illégale, mais bon an mal an, le nombre d'« illégaux » ne bouge pas en France \u2014 quelque part entre 250 000 et 400 000.Et les États-Unis, avec cinq millions d'« illégaux », en comptent quelque six fois plus.C'est que tout ça profite finalement à bien des entrepreneurs, qu'ils soient dans la carotte aux États-Unis, ou dans la guenille en France.Avec des conséquences politiques qui font frémir : des sudistes américains se sont mis un bon matin à tirer à vue sur des Mexicains qui franchissaient la frontière et dans l'intervalle, des partis comme le Front national en France ou le parti de Joerg Haider en Autriche en ont fait leurs choux gras.n Un pays comme les États-Unis aime bien porter haut le flambeau de la démocratie dans le monde et s'approprie volontiers les succès obtenus ci et là.Ainsi à l'initiative de Freedom House, un organisme privé américain, un « Forum mondial sur la démocratie » a été tenu la semaine dernière en Pologne, séance qui a permis de constater que pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une majorité de terriens vivent sous un régime que l'on peut qualifier de démocratique.Il y a été dit que 120 des quelque 190 pays de la planète peuvent prétendre vivre en démocratie.Mais Freedom House est le premier à reconnaître \u2014 et The Economist s'en fait l'écho en le soulignant \u2014 que plusieurs de ces 120 pays vivent une démocratie moribonde.Le régime électoral est une chose, la liberté réelle des citoyens en est une autre.Seulement 86 de ces 120 pays ont droit au titre de pays à citoyens libres, ce qui veut dire que des imposteurs se sont glissés dans le forum de Pologne, puisque plus de 100 pays y étaient officiellement représentés.La liberté dépasse les boîtes de scrutin.Elle suppose aussi une liberté de parole et de presse, un système judiciaire indépendant et une règle de droit impartiale.Or l'actualité récente met sérieusement en doute la prétention démocratique de pays comme la Russie, le Pérou, Haïti, la Malaysie et le Zimbabwe. 7LP1801A0702 a18 dimanche sciences 7LP1801A0702 ZALLCALL 67 01:05:30 07/02/00 B A 18 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 et techniques La pollution atmosphérique urbaine p r o v o q u e une hausse de la mortalité et des hospitalisations chez les personnes âgées, confirme une nouvelle étude réalisée dans 90 villes américaines.Selon cette enquête, les décès chez les plus de 65 ans augmentent en moyenne de 0,5 % pour chaque élévation de 10 microgrammes par mètre cube de particules produites par la pollution urbaine, dont les gaz d'échappement des automobiles, précise cette étude du Health Effects Institute (HEI) de Cambridge (Massachusetts).Par ailleurs, pour cette même quantité de particules nocives, les hospitalisations montent de 1 % pour les affections cardiovasculaires et de 2 % pour les maladies pulmonaires (pneumonie.), précise le rapport.Agence France-Presse Une équipe de recherche de l'Université d'Ottawa a découvert, lors d'essais en laboratoire, qu'un virus bénin, dont les symptômes s'apparentent à un léger rhume, n'en est pas moins mortel pour les cellules cancéreuses.Les chercheurs de l'Université d'Ottawa et du Centre régional de cancérologie d'Ottawa ont effectivement découvert que le virus en question détruisait toute une variété de cellules cancéreuses, y compris le mélanome et celles du cancer du poumon, du colon et du sein.Cette recherche sur le virus de la stomatite vésiculaire (VSV) fait l'objet d'un article dans la revue Nature Medicine.L'université a demandé un brevet relativement aux applications médicales de cette découverte.L'équipe de recherche espère débuter un protocole d'essais cliniques sur des patients cancéreux d'ici 18 mois, en collaboration avec une firme de biotechnologie américaine.L'équipe médicale a aussi découvert que le défaut génétique qui provoque le cancer au sein d'une cellule rend celle-ci vulnérable à l'infection par le VSV.Presse Canadienne Une pierre de couleur sombre, de la taille d'une balle de baseball, a été trouvée réc e m m e n t dans un désert du sultanat d'Oman.Sa particularité : c'est une météorite venue de Mars, selon le Dr Larry Taylor, un géologue de l'Université du Tennessee.Quatorze météorites martiennes ont été trouvées, et cellelà \u2014 découverte par des chercheurs en février dans cette région du Proche-Orient \u2014 est seulement la troisième à être localisée dans une zone désertique.Elle a d'abord été emmenée en Russie, avant d'être envoyée aux États-Unis pour y être analysée.Associated Press Le groupe japonais Fujitsu vient d'annoncer une importante découverte avec la mise au point d'une technologie capable d'éliminer la dioxine émise notamment par les incinérateurs de déchets.La dioxine est une substance chimique extrêmement toxique considérée comme responsable de certains cancers et de défauts congénitaux à la naissance.Fujitsu Laboratories a annoncé la mise au point d'une technologie catalytique qui « décompose et rend inoffensives les dioxines présentes en forte concentration de 100 microgrammes par mètre cube de nitrogène », selon le groupe.« Cette avancée dans la recherche devrait se traduire par la mise au point d'applications pratiques qui permettront de fortement réduire les émissions nocives de dioxine », a estimé Fujitsu dans un communiqué.Les risques liés aux émissions de dioxine font la une de l'actualité depuis plusieurs mois au Japon, où l'industrie du traitement des déchets a largement recours à la combustion.Agence France-Presse Environnement Recherche LÉA MÉTHÉ MYRAND Agence Science-Presse Une graine provenant d'un jardin londonien se coince dans la semelle d'un voyageur d'affaire.Elle arrive intacte à Montréal et, quelques jours plus tard, germe sur le Mont-Royal.Avec ses seuls moyens, même une graine déterminée aurait eu du mal à franchir l'Atlantique.L'intervention de l'homme, cependant, a permis à des milliers d'espèces végétales et animales de se disperser dans de nouvelles régions.L'arrivée de ces intrus peut avoir des conséquences écologiques désastreuses.Au point où, aujourd'hui, les invasions biologiques causées par l'homme commencent à brouiller les cartes des différents écosystèmes, et mettent en péril la diversité biologique de notre planète.Mark Lonsdale, directeur d'un centre de collaboration international sur le problème des invasions, affirme qu'«avec les invasions qu'on a créées depuis 200 ans, on a vraiment changé les communautés végétales et animales partout dans le monde».C'est que certaines plantes possèdent des mécanismes de conquête à toute épreuve: une maturation précoce, une croissance rapide, des fleurs produisant des dizaines de milliers de semences viables, des graines qui peuvent «dormir» dans le sol pendant plusieurs années ou encore, la production d'hybrides avec des plantes locales.Le chardon des champs, une des mauvaises herbes les plus communes en Amérique du Nord, est robuste et couvert d'épines qui rebutent les prédateurs.Pire, il produit des toxines qui nuisent à la croissance des autres végétaux.À l'instar de nombreuses plantes exotiques nuisibles, il envahit d'abord les terrains perturbés par l'homme, au moment où la flore locale n'a pas encore repris ses droits.Les plantes et les animaux dits envahissants ne posaient pourtant pas de problèmes dans leur milieu d'origine: ils y occupaient une place définie dans la chaîne alimentaire.Sauf que dans les milieux qui leur sont étrangers, ils n'ont souvent aucun prédateur, et peuvent donc s'épanouir en toute quiétude.Le cas le plus connu est celui de la moule zébrée.Importée d'Eurasie dans l'eau de ballast de navires, elle a déjà, en moins de 20 ans, conquis les Grands Lacs et une partie des eaux intérieures de l'est des États-Unis.Ce mollusque long de 3 à 4 cm est une véritable plaie.Par endroits, on en trouve quelque 20 000 au mètre carré, tapissant le fond des cours d'eau d'un ciment vivant.En plus de menacer les espèces aquatiques par sa voracité, il entrave les moteurs de bateau et les prises d'eau des villes riveraines.Plusieurs de ces envahisseurs arrivent dans leur nouvel environnement par accident alors que leurs semences se trouvent dans l'eau de ballast de navires, dans du terreau, du fumier ou mêlées à d'autres semences.D'autres sont d'abord importés pour la consommation, l'ornementation ou pour leurs vertus médicinales.Les animaux sont introduits pour l'élevage, la garde en captivité ou comme prédateurs.De toutes les espèces introduites, quelque 10% s'établissent et, parmi ces dernières, une sur dix est potentiellement nuisible.La salicaire (lithium salicaria) par exemple, importée d'Eurasie vers 1800, est la plante la plus envahissante du Québec.Prolifique, elle peut éradiquer toute compétition sur un terrain donné.Quand la flore locale rend les armes, les insectes et les petits animaux qui en dépendent deviennent vulnérables.La salicaire préfère les sols humides, elle colonise les marais et les rivages, nuisant entre autres à la couvaison des oiseaux aquatiques.On l'accuse aussi d'obstruer les canaux d'irrigation et de nuire à la pêche en eau douce.Le problème de l'envahissement constitue la deuxième plus importante menace écologique, après la destruction des habitats naturels, soit plus grave encore que la pollution, écrit Randy Westbrooks, du comité inter-agences du gouvernement américain sur la gestion des espèces nocives et exotiques, dans le cadre d'un document commandé spécialement pour «faire prendre conscience de la destruction et des pertes économiques causées par les espèces envahissantes ».Pertes économiques, car les espèces envahissantes nuisent aussi, par exemple, aux cultures de céréales, la base de l'alimentation mondiale.Dans l'Asie du Sud-Est, on estime que la présence de ces «mauvaises herbes» est responsable de la réduction de 30 à 35% des récoltes de riz.Le problème affecte aussi les forêts et les cultures destinées à l'industrie du textile.Selon une étude menée par l'Université Cornell (É-U), les mauvaises herbes étrangères coûteraient 35,5 milliards de dollars US chaque année aux États-Unis, suivies par les insectes nuisibles (20 milliards).C'est qu'une fois une espèce introduite, les moyens de l'éliminer ou de contenir sa progression sont coûteux.On peut combattre par l'herbicide chimique, l'arrachage mécanique, le brûlage ou une combinaison des ces méthodes.Pour les animaux, il y a cette escouade louisianaise qui utilise le ragondin, un rongeur originaire d'Amérique du Sud comme.cible de tir! Plus fréquemment, on utilise le piégeage et l'empoisonnement.Il y aussi la possibilité d'importer des prédateurs du milieu d'origine de ces espèces, mais on se retrouve avec un deuxième envahisseur sur les bras.C'est le cas du moineau domestique: introduit aux États-Unis en 1853, on espérait qu'il se nourrisse de l'arpenteuse, un ver parasite.Aujourd'hui, le moineau s'attaque aux récoltes, est porteur de maladies et embête les autres oiseaux.Tandis que les arpenteuses arpentent toujours.Après la publication en janvier de l'étude de l'Université Cornell, le gouvernement américain a prévu de consacrer quelques 28,8 millions à la lutte contre les envahisseurs.Chez nous, seule la moule zébrée fait parler d'elle.Le phénomène reste méconnu, même s'il a été identifié comme une menace écologique importante lors du congrès de l'Union mondiale pour la conservation de la nature, à Montréal, en 1996.Chez Environnement Canada, aucune initiative majeure n'est à l'ordre du jour.L'idéal serait de prendre des mesures sévères pour prévenir le transport de ces «vagabondes ».mais la graine coincée sous la chaussure passera toujours inaperçue! Pour plus d'informations: Invasive Plants Understanding the Problem http://www.denix.osd.mil/ denix/Public/ES-Programs/ understand.html Astronomie Les protéines, nouveau défi de la biogénétique Innovation FRANCIS TEMMAN Agence France-Presse WASHINGTON Après le décodage du génome humain, les scientifiques vont s'atteler à une tâche tout aussi colossale et qui constitue l'un des mystères les plus insaisissables de la biologie : le secret des protéines humaines.La question taraude les biologistes : pourquoi les protéines, ces grosses molécules, une fois créées par l'organisme à partir des instructions contenues dans les gènes, prennentelles une certaine forme selon leur fonction ?En effet, c'est son aspect tridimensionnel en forme de tonneau, de beignet, de sphère globulaire ou encore de « fermeture éclair » qui confère à chaque famille de protéines ses propriétés biologiques particulières.Du coup, de nouvelles disciplines, telles que la « protéomique » (étude des protéines) et la « génomique structurale » sont actuellement en plein essor.Car les protéines renferment la clé de nombreux traitements thérapeutiques.Elles remplissent en effet une myriade de fonctions indispensables à la vie : enzyme (digestion), transport de molécules, contrôle de la coagulation sanguine, défense immunitaire, régulation des cellules musculaires (myoglobine), de la transmission des influx nerveux, production d'énergie, etc.Or, souligne le Pr Steve Scherer, du Centre de séquençage du génome humain au Baylor College de Houston (Texas), une anomalie dans un gène peut entraîner un défaut dans une protéine ou sa mauvaise activation.Si une protéine est ainsi déformée, elle ne peut plus remplir sa fonction : « Deux protéines qui devraient normalement s'assembler, à la manière d'une clé dans une serrure, ne peuvent alors plus le faire », explique-t-il à l'AFP.Des maladies génétiques comme la fibrose cystique et l'anémie à hématies falciformes sont ainsi causées par une protéine défectueuse.D'autres, comme Alzheimer, sont le fruit d'une protéine déformée.Une infection qui résiste aux antibiotiques ?Une allergie à un médicament ?Là aussi, cherchez le coupable.Or, plutôt que de remplacer un gène défectueux, il sera avantageux dans de nombreux cas de simplement remplacer une protéine déficiente ou de modifier son comportement, par exemple en bloquant son activité.Les Instituts nationaux américains de la Santé (NIH) vont lancer à l'automne, en collaboration avec neuf pays, un programme fédéral de génomique structurale de 20 millions de dollars, destiné à dresser un catalogue des formes de chaque famille de protéines à l'aide de la cristallographie aux rayons X et la résonnance magnétique nucléaire (NMR).« Ce qui nous intéresse, c'est d'arriver à déterminer au cours des dix prochaines années 10 000 pliages de protéines », explique le Pr Charles Edmonds, directeur du programme de biologie cellulaire aux NIH.Quant à Celera Genomics, la société américaine qui vient de réaliser le décryptage du génome humain, elle va se lancer elle aussi cette année dans le séquençage des protéines.Le projet d'IBM est plus ambitieux.Le géant de l'informatique va construire pour 2004 l'ordinateur le plus puissant du monde, Blue Gene (gène bleu), doté d'une capacité d'un million de milliards d'opérations à la seconde.Le but : modéliser les mouvements des dizaines de milliers d'atomes au sein d'une protéine en train de se plier.Un problème de chimie moléculaire qui exigerait, avec les moyens actuels, 300 ans de calculs.Blue Gene ne mettra qu'un an pour analyser le pliage d'une seule protéine, affirme Sharon Nunes, directrice des technologies émergentes chez IBM.« Si l'on arrive à comprendre pourquoi des anomalies surviennent lors du pliage de la protéine, on pourra un jour concevoir des médicaments plus efficaces, souligne-t-elle.C'est un problème incroyablement compliqué à résoudre.Mais si la nature peut le faire, on doit pouvoir également y parvenir ». 7LP1901A0702 a19-dimanche 7LP1501A0701 ZALLCALL 67 01:03:11 07/02/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 A 19 À votre tour Juste pour rire?GAËTAN BLANCHETTE L'auteur est à l'emploi de la Commission de transport de la Rive-Sud et entraîneur de soccer dans ses loisirs.L'autre soir j'étais assis tranquille avec mon épouse et nous prenions un moment de répit après une fin de semaine passée en tournoi de soccer sur l'île de Montréal, pour ma part, et une fin de semaine à Québec, où mon garçon Benoît devait disputer quatre parties de soccer.Mon épouse, quant à elle, a assuré le transport.Ce fut donc une pause bien méritée.Nous nous proposions de regarder un film coté « R ».Nous avons demandé à Benoît d'aller prendre un bain et se reposer, après une fin de semaine comme celle-là il en avait bien besoin.Il ne voulait pas obtempérer immédiatement, essayant plutôt de gagner un peu de temps en paressant devant l'écran de télévision.J'ai un autre garçon, de 16 ans celui- là, plus libre et plus « mature », qui a fait sentir sa présence en disant sèchement à Benoit : « Allez, va-t-en, sacres ton camp.C'est pas fait pour toi ! » Évidemment, cette façon de faire n'a pas plu à Benoit, il s'est raidi et a invectivé son grand frère, ne pouvant cacher ses sanglots.Mon épouse et moi étions là, bouche bée.Cette façon de parler ne nous a pas plu du tout, nous avons donc demandé à notre plus vieux de s'excuser immédiatement.J'étais vraiment sonné d'avoir entendu ces mots si peu empreints d'amour et de compréhension.C'est alors que mon épouse me relate une autre anecdote de la fin de semaine, cette fois avec Benoît et sa soeur.Avant le départ pour Québec, Benoît avait fait la remarque désobligeante qu'il était déçu que sa soeur l'accompagne lors de ce voyage, évidemment le coeur tendre de ma fille la fit pleurer, elle comprit qu'elle n'était pas la bienvenue.Pourquoi parler d'un événement qui se passe dans presque toutes les familles?Parce que les gens parlent de leurs problèmes et nous avons tous entendu ce genre d'histoire.Tous ces drames, si anodins soient-ils, portent le germe de l'intolérance.Et l'intolérance nous mène à l'exclusion, aux moqueries, au sexisme, au racisme, etc.Il n'y a pas qu'à la maison que cela se passe, il y a à l'école et aussi au travail.Je constate que partout les gens se moquent des différences de chacun.Nous devenons tour à tour sujet de moqueries, de raillerie et de blagues, juste pour rire.La recherche de notre identité, celle que tout adolescent(e) recherche tant, est devenue un problème grave qui bloque notre intégration à l'ensemble de la société.Et cette identité, qu'elle en soit une de couleur, de sexe ou de tendance sexuelle, de problème de peau (acné) et maintenant du fait de notre profession nous amène un lot de stress qui n'était pas si omniprésent il y a 15 ou 20 ans.Qu'est ce que tout cela a à voir avec le comportement de mes enfants ?Mon épouse et moi constatons que cette façon de s'exprimer ne vient pas de l'éducation transmise à la maison.Nous aimons nos enfants et nous faisons tout pour leur transmettre de bonnes valeurs de fraternité, de valorisation de soi, de partage et d'amour.D'où vient donc cette intolérance ou plutôt cette tolérance à se faire apostropher de toutes les façons ?Force est de constater que le cynisme provient de plus en plus de nos médias, surtout électroniques.Nous n'avons qu'à penser à Piment Fort, les Simpsons et toutes les blagues de mauvais goût de nos soidisant comiques.Et après on s'interroge sur le taux de suicide élevé de nos enfants.Où est notre dignité humaine dans tout ça ?En tant que parent je me dois d'agir et vite, à la vitesse de la Formule 1, pas à celle des gouvernements qui roulent en trottinette.Chez nous, nous avons parlé à nos enfants et leur avons fait part de notre inquiétude face à cette montée de sarcasmes déplacés.Nous avons fait un choix, nous avons décidé de ne plus regarder les Simpsons et toutes les émissions qui mettent un accent sur l'intolérance gratuite.Avis à tous les promoteurs, mon intolérance va aussi jusqu'à boycotter les commanditaires.Seul, je ne peux faire la différence, telle une goutte d'eau dans l'océan.Mais si mon épouse et moi, le voisin, le confrère de travail, le travailleur social et beaucoup d'autres disons notre indignation, nous pourrions changer le cours des événements et nous pourrons ainsi donner à nos enfants ainsi qu'aux générations futures le droit d'être.À titre d'auteure de la lettre primée de la semaine, M.Blanchette recevra un exemplaire de l'édition reliée de luxe de notre volume Cent ans d'actualités à La Presse.LETTRE DE LA SEMAINE La famille Blanchette a décidé de mettre à l'index un grand nombre d'émissions de télé qui ne correspondent pas à leurs valeurs de vie.À tous mes étudiants et à toutes mes étudiantes Pérou quand tu nous prends.FRANÇOIS DI PIÉTRO L'auteur est technicien en télécommunications à la station terrienne de Téléglobe à Weir, au Québec.Lima, le 25 janvier 1986, trois jours avant la destruction de la navette Challenger, nous fêtions l'anniversaire de Jean-François, notre fils de six ans.Sa « nouvelle petite soeur Gaby » célébrait avec nous.Les démarches d'adoption allaient bon train jusqu'au jour où tout s'arrêta brusquement puisque le juge venait d'être accusé de trafic d'enfants.Mon épouse et mon fils sont donc retournés au Canada, trois semaines après notre arrivée, et je fis de même sept semaines plus tard, laissant derrière moi la belle petite Gaby sans avoir réussi à renverser la vapeur.En 1990, je décidais de m'impliquer dans la présentation de projets humanitaires au Pérou.Boulangerie, bibliothèque, cuisines populaires, construction de garderies pour jeunes enfants, projets divers pour enfants handicapés, envoi de médicaments, etc.Et cela grâce au support d'organisations telles que le Club 2/3, la Fondation Roncali, la Fondation du père Eusèbe Ménard, la Fondation Marcelle et Jean Coutu, Collaboration Santé International, etc.et cela pendant presque huit ans.Beaucoup d'eau a coulé sous le pont depuis ce temps mais la petite Gaby est encore dans mes pensées quatorze ans plus tard.Merçi Gaby, car c'est grâce à ta rencontre qu'un jour le Pérou s'empara de moi.Puisse-t-il en être de même pour tous ceux qui auraient le désir de s'impliquer dans un si beau pays.P.S.Gaby, j'aurai toujours une pensée pour le beau sourire que tu as laissé dans mon coeur un jour de janvier 1986.Je sais que tu as de bons parents, sois heureuse.JULIE ROBERGE L'auteure enseigne le français au cégep André-Laurendeau Quand arrive le mois de juin, j'ai toujours un peu le cafard.Certes, les vacances s'amènent et avec elles, un peu de repos.Mais c'est aussi le moment des adieux, ou au mieux, des au revoir.À chaque année, je vous vois partir pour les vacances en me disant que je vous reverrai peut-être, si ce n'est pas au cégep, ce sera quelque part sur la rue, au cinéma ou dans une boutique.Et pourtant, quand arrive la fin de l'année, malgré la fatigue accumulée depuis septembre (ou, dans les faits, depuis le milieu du mois d'août puisque d'année en année, il me semble qu'on commence l'année de plus en plus tôt.), j'ai envie de vous remercier, tous et toutes que vous êtes.Depuis onze ans que j'ai embrassé le fabuleux métier d'enseignante, vous avez été près de 2500 à me stimuler, m'encourager, à me dire que ce que je faisais valait la peine d'être bien fait.Deux mille cinq cents.pardonnez-moi si je ne me souviens pas de tous vos noms, mais vous étiez tous beaux et toutes belles, dans la tête et dans le coeur.Parmi vous, des drôles, des moins drôles, des lunatiques, des organisés comme des désorganisés, des curieux, des paresseux, des minutieux, des éternels retardataires, des angoissés et des pas énervés.Oui, vous étiez tous beaux, vous étiez toutes belles.Depuis onze ans, j'ai fréquenté des jeunes et des moins jeunes.J'ai commencé ma carrière en enseignant au secondaire et depuis huit ans, je professe au collégial, tout en donnant quelques charges de cours à l'université, où je contribue à former les enseignants de français de demain.Chaque ordre d'enseignant apporte son lot de bonheur et ses angoisses; mais rassurez-vous, je ne m'inquiète pas pour vous.Certains iront jusqu'au bout de leurs rêves les plus fous alors que d'autres se contenteront de rêver éveillés.Accrochez-vous! Vivez! Allez au bout de vous-mêmes! Je me souviens d'un groupe majoritairement peuplé de gars qui ont joué un extrait des Belles-Soeurs, de Tremblay.Vous m'aviez épatée! Je me souviens de Bruno qui a réussi son examen de français du ministère de 5e secondaire, de Jacky qui a fait un exposé oral devant la classe malgré un bégaiement prononcé, de Ian qui venait causer sexualité dans mon bureau sur l'heure du midi, de Vincent qui jouait de la guitare, de Christine qui s'intéressait aux camps de concentration, de Jérôme qui a ajouté quelques phrases à sa réplique de théâtre, de Daniel qui va sûrement publier bientôt son premier roman, de Geneviève, Caroline et Patrick qui ont déjà publié un petit bouquin à l'intention des futurs enseignants, de Sophie qui tenait le journal étudiant entre ses mains ou de Gino qui jouait la « grosse structure » dans la pièce de théâtre montée par la troupe du cégep.Enseigner, c'est vraiment le plus beau métier du monde! Pour le plaisir de donner, de se donner.Et de recevoir, un jour qu'on s'y attend le moins, quelque chose en retour.Merci à tous mes étudiants.Ceux que j'ai côtoyés cette année comme ceux que j'ai rencontrés ces dernières années.Vous avez fait de moi non seulement un meilleur prof en m'obligeant à me dépasser mais surtout un meilleur être humain.Je vous souhaite de belles vacances.PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Julie Roberge Offre d'emploi Le salaire n'est pas à discuter et les conditions de travail sont épouvantables RICHARD TREMBLAY L'auteur habite Boucherville.Élu par le peuple, vous devez être disponible sept jours par semaine, trois semaines sur quatre et, les dernières semaines de session, cinq jours.Tout candidat peut être plombier comme médecin, pourvu qu'il soit élu par le peuple.Le salaire n'ira pas d'après l'expérience.Tout candidat aura le même salaire, plombier comme médecin.Le salaire annuel est de 60 000 $, plus 12 000 $ non imposables.Vous devrez être disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, surtout en cas de catastrophe.Vous devrez vivre à Québec au moins sept mois par année et être en excellente santé.P.S.: Pour ce poste et à ce salaire, nous nous attendons à recruter plus de plombiers que de médecins.Être député, c'est pas facile et je ne vois pas beaucoup de grandes gueules comme André Arthur faire de la politique.Il est bien trop paresseux pour ça! Il n'y a que de bonnes personnes individuellement comme députés, car ce sont les gens qui les ont élus.Les médias devraient refaire leur image et le premier ministre augmenter leur salaire, car il est prouvé dans tous les pays qu'il est malsain de ne pas bien payer ses politiciens.Ce sont des économies de bouts de chandelles que l'on veut faire en ne rémunérant pas comme il le faut les services de nos élus.Une nouvelle loterie?CLAUDE BISAILLON L'auteur réside à Ottawa.À vos claviers, « spinneurs » de tout poil, il faut célébrer l'Annonciation selon Dion.Voici bien, dans l'oeuf, le nouveau trésor du patrimoine canadien.Que dis-je, du patrimoine Canada.Il faut revoir les budgets, contacter la Fondation Bronfman, noliser les Entreprises Scully.Ah! je la vois déjà sur nos écrans, précéder nos navets estivaux, la nouvelle minute du patrimoine relatant les aléas de la procréation Dion-Angélil.Oui, le Canada peut survivre à la mort de sa figure totémique du XXe siècle, le Rocket.À peine une semaine après la mise en bière de celui-ci, les bouchons de champagne ontarien vont pouvoir sauter.C'est par une femme, et quelle femme, que vient le XXIe siècle Canada: un nouveau petit Dion, cent pour cent showbiz.Il faut, sur-le-champ, organiser une nouvelle loterie nationale: sera-ce un garçon, sera-ce une fille?Il faut en outre assurer le suivi de la gestation: la prise de poids est-elle régulière ?La mère porte-t-elle haut ou bas ?Veut-elle de la glace ou des cornichons ?Il fait partie du mandat de Radio-Canada de nous tenir informés, au moins une fois par jour, de l'avancement de la grossesse; une fois par semaine, Bureau au chevet! Évidemment, j'entends les sceptiques plaindre les Stéphane et autres Mario, maintenant déchus de la faveur populaire; rien n'est perdu, ils seront parrain et porteur au baptême! Et les méchants, dire qu'il est l'enfant de la Vierge et du Cancer: gare, vous serez confondus.Mars: oui, ce sera un petit poisson que le rejeton Dion.Autre priorité nationale susceptible de créer de l'emploi et admissible à une subvention du ministère du Développement des ressources humaines: l'établissement de sa carte du ciel.J'oubliais, il faut revoir le programme de Postes Canada.Vite, graphistes, à vos planches, il y va de notre salut national.Il n'y a pas trop de neuf mois pour concevoir la nouvelle série de timbres.Oui, « spinneurs » de tous poils, préparez-vous à écrire le Canada Évangile, foin des Ancien et Nouveau Testaments.Vous tenez le verbe directement de la mère, plus besoin d'ange pour cette annonciation.La bonne nouvelle est canadienne, répandez-la de par le monde.Sheila Copps, la nouvelle sainte Anne, préparera la présentation, non pas au Temple, mais au Parlement, belle cérémonie en perspective pour le printemps prochain que la présentation à Jean.L'heureux événement lui permettra d'ailleurs de surseoir à la tenue des élections générales.Le peuple ne peut se déchirer avant la naissance de l'Élu du Canada.En vérité, nous Canadiens, Canadiennes, vivont une époque formidable. 7LP2099A0702 A 20 dim., 2 juil.PERS 7LP2099A0702 ZALLCALL 67 10:29:10 07/04/00 B A 20 LA PRESSE, MONTRÉAL, DIMANCHE 2 JUILLET 2000 ANDRÉDESMARAIS PRÉSIDENT DU CONSEIL D'ADMINISTRATION GUY CREVIER PRÉSIDENT ET ÉDITEUR MARCELDESJARDINS VICE-PRÉSIDENT ET ÉDITEUR ADJOINT YVES BELLEFLEUR DIRECTEUR DE L'INFORMATION ALAINDUBUC ÉDITORIALISTE EN CHEF SUR LA SCÈNE DE L'ACTUALITÉ / SEMAINE DU 2 JUILLET 2000 Caroline Brunet JEAN-PAUL SOULIÉ Titulaire du titre de championne du monde, Caroline Brunet vient de remporter une autre médaille d'or le 25 juin à Duisburg, en Allemagne, dans le cadre des compétitions de la Coupe du monde de canoë-kayak.Duisburg était la dernière grande rencontre des kayakistes du plus haut niveau avant les Jeux olympiques de Sydney, un rendez-vous que Caroline prépare avec la détermination et le sérieux qui ont fait d'elle, à 31 ans, la grande favorite dans sa discipline.Que fait une athlète comme Caroline, parvenue, après des années de travail acharné, au sommet de sa forme, en pleine possession de ses moyens, de sa technique \u2014 qui est son meilleur atout \u2014 et de ses ressources psychologiques ?Elle s'entraîne, encore et toujours, et avec encore plus d'acharnement que jamais, si c'est possible.À son camp d'entraînement en Norvège, mercredi dernier, où La Presse cherchait à la joindre, Caroline devait avoir terminé son travail quotidien à cinq heures.Mais les journées sont longues en Scandinavie, et elle ne s'est arrêtée qu'après six heures.Les dernières victoires, les médailles accumulées, ne lui donnent aucune impression de sécurité.« Au-dessus de toutes les autres ?Mais non ! C'est assez serré, vous savez.Dans une course, il faut que tout soit parfait.C'est jamais facile.» La grande fille rieuse, toujours soucieuse d'exprimer ce qu'elle pense avec précision, retient ses mots : « Si j'ai peur ?Non.Mais j'anticipe toujours les prochaines compétitions.» Et les prochaines qu'elle « anticipe » en ce moment, ce sont celles de Sydney, en Australie.Caroline a déjà participé aux Jeux olympiques.Ses premiers, c'était en 1988, à Séoul.À Atlanta, en 1996, elle avait décroché la médaille d'argent du 500 mètres K-1, la seule distance offerte aux femmes.En Australie, la jeune femme originaire de Lac-Beauport entend bien grimper sur la plus haute marche du podium.La Presse salue la carrière impeccable d'une grande athlète, et nomme, pour ses exploits toujours renouvelés et pour la troisième année consécutive, Caroline Brunet Personnalité de la semaine.L'an dernier, Caroline disait : « L'année qui commence, juste avant les Jeux de Sydney, ça va être l'enfer ! » Elle parlait en connaissance de cause, forte de ses expériences passées.Tout le travail effectué depuis, les compétitions gagnées, les heures passées à pagayer, à s'entraîner au gymnase, la vie réglée de façon quasi monacale, tout ça a été enduré, conquis, pour conserver cette fragile avance d'une seconde, parfois de fractions de secondes, sur une compétition féroce, toujours à l'affût d'un faux geste, d'une minuscule faiblesse.Cinq cents mètres en kayak, Caroline vous avale ça en une minute 51 secondes et quelques millièmes.En course, elle a des yeux tout autour de la tête et « sent » ses compétitrices, derrière elle, à une seconde.La meute la poursuit, pendant une minute 51 secondes et des poussières, mais l'arrivée, en tête, justifie les années d'efforts des bras, des reins, des jambes, et une mise en forme mentale permanente.Pour Caroline, la vie d'athlète de niveau olympique ne semble pas porter atteinte au plaisir de vivre.En Norvège, en Allemagne ou au Québec, la grande fille sympathique est toujours prête à répondre aux questions avec la simplicité joyeuse qui est sa marque de commerce.Oui, elle a toujours le même chum ; oui, elle espère bien que les résultats de son équipe en double, avec Karen Furneaux, de la Nouvelle-Écosse, vont s'améliorer.Le tandem a terminé troisième à Duisburg.Une question de secondes et moins encore.« Mais on sera satisfaites quand on va gagner ! » Côté entraîneur, Caroline a toujours le même Danois, « le meilleur du monde ».Ses nièces et neveux vont bien, et à la fin de juillet elle va retrouver toute sa famille au Québec pour une semaine.Puis ce sera le grand départ pour l'Australie, avec son ami Knut, le Norvégien.« Après les Jeux de Sydney, il faudra aussi penser à l'avenir », songe Caroline.Ses commanditaires des débuts, le pain Bon Matin et l'eau en bouteille Naya, ne l'ont jamais abandonnée.Mais cette année elle en a un autre, un troisième, avec une entente portant sur trois ans qui sera annoncée officiellement le 25 juillet : Home Depot, une firme américaine qui a une université privée à Atlanta, où elle pourrait aller étudier quelque chose qui la passionne : la décoration intérieure.Une passion qui vient, pour Caroline, après celle du kayak, mais qui pourrait bien devenir une profession quand la grande fille sympathique aura décidé de ne plus « marcher sur les eaux », comme disent les kayakistes quand ils foncent au ras de la surface de l'eau.En course, elle a des yeux tout autour de la tête et « sent » ses compétitrices, derrière elle, à une seconde.La meute la poursuit, pendant une minute 51 secondes et des poussières, mais l'arrivée, en tête, justifie les années d'efforts des bras, des reins, des jambes, et une mise en forme mentale permanente.« Au-dessus de toutes les autres ?Mais non ! C'est assez serré, vous savez.Dans une course, il faut que tout soit parfait.C'est jamais facile.» "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.