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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
C. Arts et spectacles
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2000-09-05, Collections de BAnQ.

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[" 2LP0101C0905 ARTS 2LP0101C0905 ZALLCALL 67 00:48:10 09/05/00 B Montréal, mardi 5 septembre 2000 Arts et spectacles Un palmarès équilibré pour une finale relevée par Kusturica LUC PERREAULT Un palmarès « équilibré » : le mot circulait hier soir après la remise des prix du 24e Festival des films du monde, une remise incidemment qui n'a pas fait de vagues, suivant une tradition désormais fermement établie.N'eût été de la présence d'Emir Kusturica et de son orchestre, cette finale aurait même paru terne et sans éclat.Mais Kusturica et son groupe, sur des airs tziganes, ont volé le show après la séance de clôture, hier soir, malgré un vent et un froid de canard.On a souvent critiqué le manque d'atmosphère du FFM.En voyant le grand écran extérieur se transformer en scène de spectacle, les spectateurs n'en croyaient tout d'abord pas leurs yeux ni leurs oreilles hier midi lors de la première représentation de Kusturica.Petit à petit, à mesure que le soleil réchauffait les abords de la Place des Arts, on les a vus s'animer et applaudir chaleureusement cette musique venue des Balkans.Serge Losique lui-même figurait parmi les spectateurs les plus captivés, en compagnie de Michèle Laroque, la comédienne française membre du jury.Il faut bien qualifier de coup de génie cette invitation faite au cinéaste yougoslave de monter à deux reprises sur la scène en plein air jusque là réservée aux projections gratuites extérieures.Quant au palmarès, bien sûr qu'on pourrait lui reprocher l'oubli de quelques oeuvres valables parmi tous les films de la compétition officielle.Mais, dans l'ensemble, les six jurés ont fait du bon travail en traitant d'une manière équitable l'ensemble des oeuvres et des auteurs au programme.Quatre continents se retrouvent en effet sur le podium.L'Australie, grâce à Paul Cox, a su rallier à la fois le jury officiel et le grand public.Seule l'Afrique est absente de ce palmarès, absence que vient toutefois combler le jury oecuménique qui a primé Ali Zaoua du Marocain Nabil Ayouch.Une question pourtant se pose : ce prix des Amériques partagé entre Innocence et Le Goût des autres, estil le résultat d'une division du jury ou d'une volonté expresse de les signaler tous deux ?Dans la première hypothèse, il faudrait y voir la conséquence de la défection du Russe Gleb Panfilov qui a réduit à six le nombre des membres du jury.Mais en cas de division, le président Abbas Kiarostami aurait pu recourir à son vote prépondérant pour trancher en faveur de l'un des deux.Innocence est sans doute le film en compétition qui, cette année, a su le plus faire vibrer la corde sensible du grand public tout en ralliant les professionnels.Par contre, on est un peu plus surpris du choix du Goût des autres.Sans mettre en doute l'intelligence et la finesse de son écriture, ce film, premier long métrage d'Agnès Jaoui, est loin d'avoir l'impact émotionnel du film de Cox.Malheureusement, l'oeuvre la plus difficile mais sans doute la plus originale du festival ne figure pas au palmarès officiel.Seul le Prix de la critique (FIPRESCI) a su rendre son dû à Combat d'amour en songe de Raoul Ruiz, une oeuvre complexe mais très riche.Le cinéma québécois n'a pas été oublié : Maelström de Denis Villeneuve, en plus du prix de la meilleure contribution artistique qu'il partage avec André Turpin, son directeur photo, a décroché le très convoité prix Fedex du meilleur long métrage canadien, assorti d'un crédit de 25 000 $ pour son prochain film.La France est doublement honorée en remportant, grâce à Isabelle Huppert, une comédienne qui n'a plus à faire ses preuves, le prix d'interprétation féminine qu'elle partage avec Gong Li, une autre actrice qui n'a pas besoin de présentation.Absente au moment où son film était présenté le week-end dernier, l'actrice chinoise s'est présentée en chair et en os pour toucher des mains de Losique, avant son prix d'interprétation, le trophée qui lui rendait hommage.Ayant ainsi honoré des vedettes déjà consacrées, le jury a fait un choix beaucoup plus risqué en choisissant l'Américain Mark Ruffalo, un presque inconnu.À part le fait qu'il figurait il y a deux ans au générique d'un film d'Ang Lee, Ride with the Devil, on en sait très peu sur cet acteur qui, cependant, tire assez bien son épingle du jeu dans le film de Kenneth Lonergan.Ce film, incidemment, ne laissera guère de traces dans la mémoire des festivaliers.Seule production américaine en compétition, You Can Count on Me traite des retrouvailles d'un frère et d'une soeur dans une petite ville de l'État de New York.Elle (Laura Linney) est responsable des prêts à la banque locale.Lui (Ruffalo) sort de prison après avoir roulé sa bosse jusqu'en Alaska.À travers eux s'affrontent deux modes de vie opposés mais offrant chacun leurs bons et leurs mauvais côtés.Absent du palmarès, le dernier film de la compétition, Ce n'est pas le paradis, de Gianluca Maria Tavarelli, a permis de passer un bon moment.Ce thriller non violent axé sur un vol de camion postal réservait jusqu'à la toute fin des surprises.Si l'Italie figure, par ailleurs, au palmarès c'est grâce aux frères Avati, Pupi et Antonio, qui ont raflé le prix du scénario pour La Route des anges.Finalement, c'est sur des danses à claquettes qu'a pris fin ce festival.Inspiré de l'histoire de deux frères initiés par leur mère à cette discipline, Bootmen, un autre film australien signé Dein Perry, ravira les amateurs de comédies musicales.Il s'agit en fait d'un croisement de Flashdance et de The Full Mounty, une histoire faisant appel aux bons sentiments mais qui se laissait voir avec plaisir.PHOTO MICHEL GRAVEL, La Presse Akitoshi Asazuma, journaliste japonais.Les journalistes étrangers aiment le FFM STÉPHANIE BÉRUBÉ Durant le Festival des films du monde, l'hôtel Wyndham du complexe Desjardins se transforme en quartier général.Les journalistes y passent en courant, entre deux projections, visionnent des films sur vidéo ou jasent avec des collègues devant un c a f é .Bribes de conversations.Environ 440 journalistes internationaux sont accrédités pour couvrir le FFM.Plus de la moitié sont Canadiens.Les autres viennent beaucoup des États-Unis et d'Europe, un peu d'Amérique du Sud.Quelques oiseaux rares ont fait le voyage d'Afrique ou d'Asie.Akitoshi Asazuma est venu du Japon pour passer quatre jours au FFM.Et qu'en pense-t-il ?« Très différent de celui de Tokyo », affirme le journaliste qui réalise une émission de télévision qui cause cinéma, du genre Box Office.Le représentant de NHK, la plus importante télévision nipponne, tient le FFM en haute estime.Ce qu'il apprécie spécialement du festival, c'est qu'il est fait pour les cinéphiles et non pour les gens de l'industrie comme c'est le cas au Japon.Le FFM est dans la même catégorie de festivals de films que celui de Tokyo, c'est-à-dire « festivals compétitifs ».Seulement 11 festivals mondiaux sont accrédités par la Fédération internationale des associations de producteurs de films dans cette catégorie.Les prestigieux festivals de Cannes et de Berlin ; celui de Moscou aussi.Vincent Musetto, du New York Post, y est allé, à Moscou.Il raconte que les pépins du FFM sont risibles si on les compare aux problèmes de logistique majeurs du festival russe.« C'était vraiment mal organisé », dit le journaliste qui aime bien le FFM.« Je pense que c'est un festival merveilleux », dit-il.Selon l'Américain, ce qui est fantastique au FFM, c'est justement que ce n'est pas un défilé de stars d'Hollywood qui voleraient la vedette aux autres invités.« Si Gong Li se présente au festival de Toronto, elle sera complètement perdue dans la foule », dit Vincent Musetto.Le journaliste indien Gotham Hooja abonde dans le même sens.« C'est vraiment formidable qu'on rende hommage à des acteurs internationaux comme Om Puri », dit le journaliste de New Delhi qui vante aussi la variété des films présentés au FFM.En ce qui concerne la compétition officielle, il avoue cependant qu'elle n'est pas très relevée.C'est d'ailleurs le reproche qui revient le plus fréquemment de la part des journalistes rencontrés.« Cette année, c'est faible au niveau de la compétition.Les films manquent de subtilité dans les propos et dans le traitement », dit pour sa part, Yves Poncelet qui a passé la semaine au Festival.Poncelet, du journal belge Le Matin, de Liège, vient faire son tour à Montréal durant le festival depuis trois ans.Selon lui, ce qui nuit au FFM, c'est sa place sur le calendrier des festivals de films mondiaux.« Le FFM étouffe entre Toronto, Cannes, Venise et Deauville.Il a de la difficulté à trouver son identité.» Alors pourquoi revenir ici ?« C'est un festival qui ose », dit aussi le journaliste belge.Là-dessus, c'est le consensus.Les cinéphiles qui veulent faire des découvertes ont l'embarras du choix à Montréal.Second consensus : les journalistes étrangers aiment bien l'aspect festif du FFM.« Montréal est une ville de festivals », dit Akitoshi Asazuma qui est habitué à faire la tournée des foires de cinéma à la recherche de perles rares à faire découvrir aux téléspectateurs de NHK.L'homme, qui en était à sa première présence au FFM cette année, a été particulièrement séduit par les projections extérieures gratuites offertes aux festivaliers.Impensable de faire la même chose à Tokyo, penset- il.Selon lui, Montréal offre une véritable fête du cinéma, au même titre que le festival de jazz est une fête de jazz.PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse Denis Villeneuve a reçu des mains de la comédienne Michèle Laroque, membre du jury, le prix de la meilleure contribution artistique qu'il partage avec André Turpin, son directeur photo.Une Nana pas comme les autres RICHARD CHARTIER La Géorgie est, par alliance, ma deuxième patrie, et cela, bien sûr, m'influence.En dehors des liens du mariage, le FFM ne m'aurait pas permis de rencontrer les grands cinéastes de l'ancienne république soviétique, tels que Eldar Shenguelaya, Mikhaïl Kobakhidzé, Otar Iosséliani et autres Témour Bablouani.Le FFM les a vu défiler, car même si ces noms ne sont connus que des spécialistes et des cinéphiles, ils font déjà partie de la grande histoire du septième art.Arrivée au FFM en ni-vue-niconnue, comme des dizaines d'autres artistes de la pellicule, Nana Djordjadzé présentait un éblouissant film, 27 Missing Kisses, une romance de la Géorgie moderne avec cette touche fellinienne qui ne sera buvable que si elle s'appuie sur une originalité authentique.Avec des moyens très limités, malgré une coproduction impliquant pas moins de cinq pays \u2014 Allemagne, France, Royaume-Uni, Danemark et, bien sûr Géorgie, c'est pas tous les jours qu'on encombre ainsi le générique \u2014 Djordjadzé a fait lever un gâteau d'une saveur spéciale et exotique.Tout se passe dans un pays d'une beauté à faire rêver, dans des venelles qui sentent à la fois la vieille Europe et l'Asie, dans des maisons étranges mais réelles, autour de tables chargées de mets et de vins capables d'assurer la perdition d'une autre génération au moins.La romance \u2014 l'amour d'une enfant de 14 ans pour un homme de 41 \u2014 est une douce folie, un prétexte à images et à mouvements, où l'histoire, finalement, n'a qu'une importance secondaire.La légèreté du propos masque bien le terrain miné sur lequel Djordjadzé doit marcher pour mener à bien sa cinématographie.Cette femme admirable \u2014 je vais vous expliquer pourquoi elle l'est à l'instant \u2014 a réalisé Les mille et une recettes du cuisinier amoureux qui a laissé dans nos oreilles des polyphonies d'une beauté inoubliable.Le cuisinier d'alors, Pierre Richard, qui vieillit comme une bonne bouteille d'Akhacheni, est de retour dans 27 Missing Kisses, cette fois dans la peau d'un capitaine, ivre cela va de soi, qui traverse la campagne avec son bateau à la recherche de la mer.Djordjadzé s'est promenée incognito dans la foule du FFM, ce qui devait convenir à sa nature réservée.Personne ne l'a pointée du doigt dans la rue pour rappeler qu'elle a obtenu la Caméra d'Or (meilleur premier long métrage) à Cannes pour Robinsonade ou les tribulations de mon grand-père anglais au pays des Bolcheviks (1986).Ou encore que Les milles et une recettes du cuisinier amoureux a été en nomination pour un Oscar dans la catégorie du meilleur film étranger.Dans les premières images de 27 Missing Kisses, on voit un autobus en mauvais état qui descend dans les colline une route en lacets.Parfois, une bombe saute tout près du véhicule qui continue son bonhomme de chemin comme si de rien n'était.Et dans le car, l'accordéoniste continue de jouer, comme si l'explosion d'une bombe sur le bord de la route était une chose normale.Parce que c'est une chose qui, à défaut d'être normale, est bien courante en Géorgie.« Tourner dans les collines, ou n'importe où ailleurs au pays, explique Nana Djordjadzé, comporte toujours de risques.Il y a des mines, des bombes, des tireurs isolés.La plupart des bons réalisateurs géorgiens vont poursuivre leur carrière en Europe où il y a plus d'argent et moins de danger.Djordjadzé, elle, tient à montrer son pays et à y vivre.En tant que femme, dans un pays dominé par les machos et où les femmes sont encore fortement marginalisées, peu importe leur talent, son oeuvre est héroïque.Ce n'est pas elle qui oserait le dire.Et voilà, à l'an prochain ! PHOTO MICHEL GRAVEL, La Presse Nana Djordjadzé 2LP0201C0905 ARTS 2LP0201C0905 ZALLCALL 67 00:47:01 09/05/00 B C 2 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 Festival des films du monde La censure pèse toujours sur le cinéma iranien Agence France-Presse Le succès que connaît le cinéma iranien dans les grands festivals ne doit pas faire oublier la censure qui pèse sur la création artistique dans ce pays, soulignent des réalisateurs présents cette année au Festival des films du monde.Depuis la Palme d'or à Cannes décernée en 1997 au film Le Goût de la cerise d'Abbas Kiarostami \u2014 qui préside le jury du FFM \u2014, le septième art iranien a gagné une estime internationale.Les cinéastes doivent pourtant toujours se plier aux exigences de la commission gouvernementale qui examine leurs oeuvres.Comment par exemple filmer les rapports humains quand la loi islamique interdit de laisser passer le moindre contact entre un homme et une femme non mariés, ou une femme dont la tête n'est pas voilée Dans le documentaire Friendly Persuasion : Iranian Cinema After the Revolution de Jamsheed Akrami, neuf cinéastes expliquent les astuces auxquelles ils ont recours pour composer avec ces règles.Un sac à main tiraillé entre quatre mains devient le moyen de montrer un couple en train de se déchirer.Une fenêtre est la barrière nécessaire entre un mari et son épouse exprimant leurs sentiments.« J'ai fait ce film pour partager un genre d'hommage rendu au cinéma iranien mais aussi pour souligner certains problèmes, comme la censure ou la représentation de la femme », a expliqué le réalisateur, venu présenter son documentaire à Montréal.« J'avais envoyé une copie en Iran, mais on m'a signifié que mon film (fait aux États-Unis) ne pouvait pas être diffusé, sans donner de raison », a-t-il indiqué.On y voit Mohsen Makhmalbaf, un des cinéastes les plus connus à l'étranger, dire combien il est « fatigué » de se battre.« Je fais du cinéma depuis 15 ans dont la moitié pour rien », affirme-t-il.Non seulement son film Le Cycliste avait été selon lui allègrement amputé, mais un critique avait ensuite été chargé d'en souligner les incohérences.Le premier long métrage de la cinéaste Mariam Shahriar est aussi passé par le filtre de la censure.Dans Filles du soleil, présenté en première mondiale à Montréal, elle met en scène une jeune villageoise très pauvre du nom d'Armangol, rasée par son père afin qu'elle puisse passer pour un homme.En tant qu'homme, le travail qu'elle trouve dans une fabrique artisanale de tapis sera en effet bien mieux rémunéré.« Je pense que j'ai pu filmer une femme tête nue parce qu'une femme chauve n'est pas attirante physiquement selon un point de vue moyen-oriental », a-t-elle expliqué.Cependant, selon elle, le ministre iranien de la Culture, qu'elle a vu avant de venir à Montréal, a déploré que son film ait obtenu l'approbation des autorités, alors qu'il montre « des parties interdites de la femme » et une vision amère des villages.« Je ne suis pas une féministe, mon film ne traite pas de la situation des femmes mais de la perte d'identité d'un être humain », a-telle précisé.Dans la « bataille sans fin » qu'elle a menée pour faire ce film, elle dit avoir tenu ferme pour qu'une scène-clé ne soit pas coupée : celle où une jeune ouvrière caresse la tête d'Armangol, dont elle est tombée amoureuse.PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse Emir Kusturica et ses drôles de saltimbanques ont fait bouger les festivaliers avec des rythmes tzigano-destroy qui rappellent sans équivoque le ton unique des films de l'un des plus talentueux cinéastes contemporains.Emir Kusturica pimente le Festival MARC-ANDRÉ LUSSIER collaboration spéciale Voilà un événement qui a pimenté de belle façon les dernières heures du 24e Festival des films du monde.Dès midi hier \u2014 et ils ont remis ça plus tard en soirée \u2014 une bande d'extraterrestres tout droit sortis des Balkans a envahi une scène aménagée en pleine rue.Ces drôles de saltimbanques ont ainsi fait bouger les festivaliers avec des rythmes tzigano-destroy qui rappellent sans équivoque le ton unique des films de l'un des plus talentueux cinéastes contemporains.À la tête du No Smoking Band, Emir Kusturica, talentueux cinéaste de son état, deux fois d'or palmé à Cannes, une première fois en 1985 (Papa est en voyages d'affaires), et de nouveau dix ans plus tard (Underground).Voilà que le dit Emir s'amène sur scène guitare à la main, sautillant sur place, tournant sur lui-même, marquant le rythme avec six autres musiciens dans une atmosphère suavement \u2014 et slavement \u2014 bordélique.Il faut en effet avoir le sens aigu du chaos pour offrir des extraits de Casatschok, Smoke On the Water et Oh When the Saints dans une seule et même pièce ! Manifestement un peu surprises au début, les quelques centaines de personnes qui ont assisté au spectacle se sont vite laissé gagner par la folie contagieuse du groupe.En conférence de presse, le cinéaste, dont c'était la toute première prestation en Amérique du Nord en tant que musicien, s'est dit flatté de l'invitation que lui a lancée le Festival.« C'était une très bonne idée de venir jouer dans un endroit où les gens vont au cinéma.Particulièrement dans le cadre d'un festival qui tente de donner de l'espace au cinéma international.» Estimant, comme Fellini, que l'art de la musique est celui qui se rapproche le plus de celui du cinéma, Kusturica aime établir des liens entre les deux disciplines.« On trouve des ressemblances dans la structure, dans la manière de construire.Les couleurs qu'apporte chaque musicien sont comme autant de courts métrages.Et puis, vous n'avez, dans un groupe musical, de comptes à rendre qu'à vos partenaires.Ça fait beaucoup moins de gens à convaincre ! » Le cinéma, toutefois, demeure encore très présent dans sa vie.Victime des attaques de quelques intellectuels lors de la sortie d'Underground, Kusturica avait pourtant à l'époque annoncé qu'il abandonnait.Décision sur laquelle il est revenu quelques mois plus tard.« Ma décision ne découlait pas de ces attaques, mais plutôt d'un épuisement général, lié à des problèmes d'ordre familiaux.Avec le recul, j'estime d'ailleurs avoir fait Underground un peu trop tôt.J'ai toutefois vite réalisé qu'il était suicidaire pour moi d'arrêter de faire des films.C'est pourquoi Chat noir, chat blanc est un film plus lumineux.Kusturica a aussi fait l'acteur cette année pour Patrice Leconte dans La Veuve de Saint-Pierre.« J'ai accepté ce rôle parce que Leconte me voulait en tant que personne, et pas en tant qu'acteur dans un rôle.Je ne croirais pas pouvoir être un bon acteur d'ailleurs.Là, j'avais un certain lien émotif avec ce personnage qui tue un autre homme sans pour autant être un criminel.» Estimant que le salut du cinéma doit obligatoirement passer par les nouvelles technologies (et la démocratisation qu'elles entraînent), le cinéaste regrette l'absence notoire de véritables réalisateurs dans le cinéma contemporain.« Un bon réalisateur est plus qu'un simple conteur d'histoires.C'est un architecte.» Kusturica nous a offert hier un surprenant happening.On en veut encore.PHOTO DENIS COURVILLE, La Presse Emir Kusturica et son No Smoking Band, à l'angle des rues Sainte-Catherine et Jeanne-Mance, hier midi.De Cuba au Cambodge, saudade do futuro ?JOONEED KHAN Le 24e FFM est clos mais nombre de thèmes explosifs abordés restent entiers.Dont, au coeur de l'hémisphère, le destin de Cuba, sa dignité, sa musique, et sa « quarantaine de 40 ans ».Buena Vista Social Club a forcément imposé une mode.Signée Wim Wenders et Ry Cooder.Avec Spirits of Havana, produit par l'ONF, Bay Weyman et Luis Garcia en ont fait une variante : Cuba comme décor pour la flûtiste et saxophoniste canadienne Jane Bunnett.Mais voilà Karim Dridi, né à Tunis, vivant en France, qui prend la musique de Cuba, du son à la salsa, et même au rap, pour en fait prendre ce pays et ce peuple uniques à bras le corps.Buena Vista est coupé, isolé, aliéné du Cuba de tous les jours, un musée vivant mais vieillissant, face au mégapole vibrant de Manhattan, amputé du Bronx et de Harlem.Cuba Feliz de Dridi, lui, fait converger Miguel del Morales dit « El Gallo » et ses amis guitaristes, trompettistes, chanteuses de la génération Buena Vista avec les jeunes rappeurs de Los Cubanos Jubilados.De Santiago à Camaguey, de Trinidad à La Havane, ils portent leur musique et la mêlent à celle d'artistes locaux, à la grande joie des voisins et des enfants des quartiers : le spectacle est dans la rue ; l'énergie cubaine aussi.n n n Cesar Paes et Marie-Clémence Blanc ont-ils réalisé Saudade du Futuro en cédant à la mode Buena Vista ?Car ce documentaire de 94 minutes, très riche certes par ses repentes (joutes improvisées et chantées sur la place publique) et par ses voluptueux forros, des formes venues du Nordeste, se résume malheureusement à une promotion pour la ville de Sao Paulo.Le contraste y est, comme simple collage ; les horribles contradictions du Brésil n'y sont pas.Peut-être que les enfants de la rue et les escadrons de la mort n'ont pas de place dans un Saudade do Futuro ?n n n D'Asie, La Terre des âmes errantes est à sa façon un saudade do futuro, mais d'un futuro cynique, assassin et désespérant.C'est signé Rithy Panh, véritable mémoire du Cambodge sacrifié maintes fois sur l'autel des luttes Est-Ouest et des conflits Nord-Sud.Panh est né en 1964, quand le Cambodge était encore « le pays du sourire » sous le prince Sihanouk.Dans Les Gens des rizières, ils montrait en 1994 avec un impitoyable réalisme le sort cruel de la paysannerie khmère.L'an dernier avec Un soir après la guerre, il illustrait l'impossible bonheur d'un jeune soldat démobilisé et d'une danseuse dans la jungle mafieuse de Phnom Penh.Avec La Terre des âmes errantes, un film réalisé pour le canal ARTE, Rithy Panh suit des paysans, des soldats démobilisés, des éclopés de mines anti-personnel, des pauvres des villes creusant, avec femmes et enfants affamés et malades, une tranchée d'un mètre de profondeur de la frontière thaïe à celle du Vietnam pour la pose d'un câble de fibre optique, l'autoroute de l'information sur l'ancienne route de la soie.Armés de leurs seules pioches de paysans et creusant à travers champs de pierres et champs de mines, mal payés, souvent volés par les contremaîtres, endettés, brûlés au soleil, malades, ces Khmers travaillent sur une sorte de chantier néo-polpotien, dans le cadre de la mondialisation cette fois.Pour le bénéfice de qui ?On comprend que de Lon Nol à l'OMC, en passant par Pol Pot et Hun Sen, Panh n'épargne personne pour la tragdie du Cambodge.n n n Aussi peut-on, après avoir écrit cela, se plaindre de la très mauvaise qualité de la bouffe au FFM ?Oui, parce que c'est impardonable, pour une ville gastronomique comme Montréal, de limiter le choix des cinéphiles aux sandwiches caoutchoutés et aux muffins lourds et indigestes.Pour profiter des tables du Vieil Istanbul, du Casablanca ou de Chez Taïb, pour ne mentionner que ces trois haltes coin Bleury/Ste-Catherine, il faut le temps ; quand on court d'un film à l'autre, on souhaite aux comptoirs des cinémas des petits plats que tout bon traiteur montréalais peut confectionner.À l'an prochain ! 2LP0301C0905 ARTS 2LP0301C0905 ZALLCALL 67 00:45:05 09/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 C 3 Festival des films du monde Gong Li apporte une bouffée de fraîcheur RICHARD CHARTIER Les dix mille cinéphiles rassemblés samedi soir sur le parvis de la Place des Arts ont visionné avec émotion Épouses et Concubines sans savoir qu'au même moment, la vedette du film dormait dans une chambre de l'hôtel Wyndham, à moins de cinquante pas du grand écran de la rue Sainte- Catherine.Ils ne savaient pas.Gong Li non plus.Arrivée directement de Chine dans la nuit de vendredi, l'actrice chinoise a d'abord dû chasser les effets du décalage horaire avant de retomber sur ses pieds.Ce qu'elle a fait merveilleusement, dimanche matin, lorsqu'elle a rencontré les représentants de La Presse dans une petite suite du Wyndham.Film après film, on a l'habitude de voir sa beauté crever l'écran.Mais lorsqu'elle passe la porte, elle nous oblige à ravaler notre salive, car beauté est un mot bien ordinaire pour la décrire.Plusieurs personnes l'escortent mais on ne voit qu'elle, rayonnante, grande, le corps parfait moulé de cuir et de dentelles noirs, la peau d'ambre satinée, les mains longues et fines.Ses yeux parlent avant ses lèvres qui ont conservé la moue capiteuse de l'adolescence.On retient son souffle.Celui qui croyait faire un baisemain n'y pensera pas une seconde.Bernard Brault, lui, ne s'est pas laissé démonter.Notre bien-aimé photographe a réussi à entraîner Gong Li dans la pièce d'à-côté et avant que personne n'ait eu le temps de réagir, l'actrice était couchée sur le lit.Le réalisateur Sun Zhou \u2014 faut bien qu'on finisse pas vous dire qu'il était là \u2014, est allé jeter un coup d'oeil lui aussi.Les Chinois en perdaient leur mandarin.Ce Bernard Brault, quand même ! Et Gong Li ! Les deux nous ont bien surpris.Au moment de l'entrevue, Gong Li n'avait pas encore vu grandchose de Montréal, mais elle se réjouissait d'y être.« C'est ma première visite, dit-elle d'une voix câline.Plusieurs films de Zhang Yimou ont été présentés à Montréal et des réalisateurs m'avaient dit que beaucoup de films chinois y étaient montrés.J'avais hâte de venir à Montréal.Et j'y suis, finalement ! » Quand elle écoute une question, posée en anglais ou en mandarin, elle a une façon de lever un sourcil, ou les deux, qui suggère que, justement, elle sourcille.Peut-être qu'il vaut mieux ne pas l'embêter ou la gêner.Non pas qu'on puisse la soupçonner d'avoir un sale caractère \u2014 honnêtement, qu'en savonsnous ?\u2014 mais parce qu'elle est très intelligente, son esprit est vif et sa sensibilité est à fleur de cette peau qu'elle a si divinement belle.Ce qu'on a déjà entendu à son sujet et ce qu'elle raconte et dégage en interview semblent être deux choses.Il y aurait des émeutes quand elle tourne et, pour cela, il faut limiter les scènes en extérieur ?Elle avoue candidement qu'elle va faire elle-même son épicerie, que les gens la saluent simplement dans la rue.« Pensez-vous que je mets des lunettes et un foulard pour ne pas être reconnu ?Je ne veux pas avoir une attitude de star, car je veux rester près des gens.» C'est la logique de Gong Li : au cinéma, elle incarne son peuple, cela est aussi vrai dans Le Silence brisé que ce le fut dans Qiu- Ju, une femme chinoise.En reniant ses origines modestes, elle renoncerait à sa profession.Superstar Pourtant, par-delà le grand Mur, Gong Li est l'actrice chinoise la plus connue, sinon la Chinoise la plus célèbre de tous les temps.Quand on compare sa gloire à celle de Mao, quand on croit que son nom luira plus fort dans la nuit de l'histoire que ceux des empereurs, elle affiche une surprise sincère.Superstar ?Peut-être pas comme on le conçoit à Hollywood.La célébrité est-elle un poids sur vos frêles épaules, madame ?« Pas du tout, répond-elle, je m'arrange très bien avec cela.» Sa relation aux enfants ne semble en rien être une affaire de vedette qui souffle un peu de ses profits dans une organisation ou qui fait acte de présence de temps à autre, pour le bénéfice des apparences.Les enfants des provinces peu peuplées du nord-ouest de la Chine vivent des problèmes d'éducation et d'environnement liés au développement trop rapide de la région et Gong Li est sensible à leur sort.Elle s'inquiète en particulier pour les enfants souffrant de handicaps physiques et mentaux.Elle affirme en outre son intention d'aller elle-même sur le terrain, particulièrement dans la région de l'antique Route de la Soie, au Sinkiang, pour documenter les recherches susceptibles de mener à des solutions concrètes.Son titre d'ambassadrice de l'UNESCO, qui lui a été décerné juste avant le tournage de Silence brisé, témoigne de cette préoccupation.En tant que député \u2014 oui, vous avez bien lu \u2014, Gong Li est appelée à faire part de problèmes ou de questions de son choix à l'assemblée du peuple.Cette année, elle a justement soulevé le sort des enfants des provinces du nord-ouest.La rencontre avec Gong Li était minutée, cela va de soi, et cent questions n'ont jamais pu être posées.Des journalistes ont déjà tenté, mais en vain, de la faire parler sur les sujets qui chicotent l'Occident : le Tibet, Tienanmen, les Ouïgours, les fillettes assassinées.On pourrait croire que la belle de L'Oréal se contente d'empocher les millions sans se mouiller.Ce serait oublier que, dans ce pays où la démocratie n'existe pas, Gong Li a déjà réclamé moins de censure.C'est un geste courageux, car dans un régime qui a démontré ses aptitudes à la brutalité, il est dangereux.Le coeur d'une mère Actrice de grand talent mais sans prétention, politique peut-être plus habile et plus noble qu'on pourrait le supposer de prime abord, il y a une mère ardente et passionnée qui ne sommeille pas dans cette femme.Pour le tournage du Silence brisé, elle a tenu à passer beaucoup de temps avec l'enfant \u2014 véritablement sourd et muet \u2014 qui en partage la vedette avec elle.« J'ai fait beaucoup de films avec des enfants, notamment avec Zhang Yimou, mais c'est la première fois que je suis avec l'enfant du début à la fin.Plutôt que de développer une relation maternelle avec le petit, j'ai voulu développer une relation d'amitié », explique l'actrice qui précise que cette relation a été « intense » sans être une relation mèrefils.Il y a dans la tête de Gong Li une ligne de force à laquelle les têtes brûlées d'Hollywood ne nous ont pas habitués.Gong Li nous propose une bouffée de fraîcheur dans le star système.Elle donne à cet univers un parfum qui n'est plus dans l'air d'Hollywood depuis longtemps.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Film après film, on a l'habitude de voir sa beauté crever l'écran.Mais lorsqu'elle passe la porte, Gong Linous nous oblige à ravaler notre salive, car beauté est un mot bien ordinaire pour la décrire.L'actrice accepterait une offre de Win Wenders STÉPHANIE BÉRUBÉ « C'est très important pour moi de faire des films chinois : j'ai grandi en Chine, je vis en Chine et je connais les Chinois.» C'est clair et c'est dit sans prétention.Si Gong Li n'a tourné uniquement qu'avec des réalisateurs chinois, c'est par choix, affirme-telle.Et non seulement tient-elle à faire des films chinois, mais elle tient à faire des films de qualité, comme Le Silence brisé, le film de Sun Zhou en compétition officielle au Festival des films du monde.Et vlan ! Voilà qui donne le ton.Parmi les films que la populaire actrice fuit comme la peste, les films asiatiques qui plagient le cinéma américain.Sun Zhou et Gong Li déplorent l'américanisation du cinéma chinois, un fléau qui a gagné leur pays.Lorsqu'il a décidé de faire Le Silence brisé, Zhou n'avait pas tourné depuis huit ans.S'il reprenait la caméra, c'était pour faire un produit authentique.« Je voulais me lancer le défi de faire un film vraiment chinois », dit le cinéaste qui a passé la semaine à Montréal.Selon lui, bien que les Chinois aiment les films à l'américaine, ils ne sont pas rébarbatifs à voir des films qui se rapprochent plus de leur cinématographie traditionnelle.L'actrice est d'accord.Et lorsqu'elle a décidé d'interpréter le rôle principal du film de Zhou, elle savait exactement dans quoi elle s'embarquait.Sun Zhou et Gong Li se connaissent depuis des lunes, « depuis qu'elle est haute comme ça », montre de la main le réalisateur qui ne semble pourtant pas être beaucoup plus vieux qu'elle.Assis côte à côte pour l'entrevue, l'actrice et le réalisateur ne cessent de se complimenter mutuellement.« C'est un très grand réalisateur, réputé en Chine depuis très longtemps », dit-elle.« Elle a un très grand talent artistique et c'est une actrice superbe », dit-il.Les deux artistes encaissent les compliments avec complaisance.Tous deux ont été réunis par Chen Kaige sur le plateau de L'Empereur et l'Assassin.C'est là que le duo a décidé de réaliser un vieux rêve : faire un film où Sun Zhou serait derrière la caméra, et Gong Li devant.Le réalisateur ne s'en cache pas, la notoriété de Gong Li a été très utile à son film, l'histoire d'une mère qui a du mal a accepter que son fils soit sourd.Avant le tournage, Zhou a demandé à la superstar de s'installer à la campagne pour apprendre à mieux connaître le petit garçon qui interprète son fils malentendant.Audacieuse demande ?L'actrice n'a pas hésité.Elle est allée vivre dans la famille du jeune acteur qui a effectivement des problèmes de surdité.Elle allait le réveiller le matin, l'aidait à faire ses devoirs le soir.Gong Li a développé une solide relation avec l'enfant.Ce qu'on voit à l'écran, cette communication mère-fils, n'est donc pas que fiction.« En Chine, les enfants n'apprennent pas le langage des signes.On les encourage plutôt à lire sur les lèvres », explique patiemment Gong Li.Ce n'est pas la première fois que Gong Li s'exile à la campagne pour mieux s'imprégner de l'environnement réel de ses personnages : elle l'avait fait pour le film Qiu Ju de Zhang Yimou.Et on peut penser qu'elle le referait demain matin.Car l'actrice de 35 ans n'a que le mot vrai à la bouche.Et c'est d'ailleurs ce qui la freine de participer à des films étrangers.Gong Li affirme qu'elle aurait beaucoup de mal à « être vraie » dans un film qui est loin de son univers.On lui a déjà proposé de jouer le rôle d'une japonaise, raconte- t-elle en riant.Pour Gong Li, il n'est pas question de tourner un film étranger juste pour le prestige.Elle avoue être très difficile lorsque vient le temps de choisir avec qui et dans quoi elle joue.Cela étant dit, l'actrice ne refuserait pas de tourner avec des cinéastes étrangers si l'offre était intéressante.Et qui pourrait intéresser la belle ?Wim Wenders, répond-elle, sans hésiter une seconde, avant d'ajouter à sa liste le réalisateur de Central Station, Walter Salles, et Anthony Minghella à qui l'on doit Le Patient anglais.Selon Gong Li, ces cinéastes feraient probablement l'effort de comprendre son pays avant d'en parler, avant de mettre des images pêle-mêle sur un écran.D'ailleurs, précise-t-elle, Walter Salles a déjà passé beaucoup de temps à Xian.« Ce serait plus facile de communiquer avec des gens comme ça », dit-elle.Reste à voir si les scénarios de films seront acceptables pour l'actrice.Gong Li a déjà refusé à regret un rôle dans un film de Jean-Jacques Annaud qui se déroulait.au Tibet.Voilà qui rappelle que la liberté de choisir a des limites pour l'actrice chinoise.PHOTO BERNARD BRAULT, La Presse Sun Zhou et Gong Li déplorent l'américanisation du cinéma chinois, un fléau qui a gagné leur pays. 2LP0401C0905 ARTS 2LP0401C0905 ZALLCALL 67 00:46:34 09/05/00 B C 4 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 La saison d'hiver s'ouvre jeudi Mort de Gilles Potvin CLAUDE GINGRAS Gilles Potvin est mort hier matin, après sept ans de maladie.Né en 1923, il aurait eu 77 ans le mois prochain.Personnalité très connue de notre milieu musical, homme civilisé, aimé et respecté de tous, le disparu avait oeuvré dans tous les secteurs de la musique.Après avoir été violoncelliste puis choriste, Gilles Potvin avait été tour à tour cofondateur d'une petite compagnie lyrique appelée Opéra-Minute, imprésario d'artistes tels que les pianistes Walter Gieseking et Wilhelm Kempff, annotateur de programmes, critique musical à différents journaux dont La Presse de 1966 à 1970, et fonctionnaire à Radio- Canada à div e r s t i t r e s : réalisateur, producteur, administrateur.Biographe de la célèbre cantatrice québécoise Emma Albani, chercheur infatigable et passionné, Gilles monté avec deux collègues l'Encyclopédie de la musique au Canada et y avait consacré de nombreuses années.Le disparu laisse dans le deuil sa femme Micheline Tessier, soprano et professeur, et ses quatre enfants: Véronique, altiste à l'OSM, Nathalie, directrice du marketing au journal Arizona Republic de Phoenix, Caroline, gestionnaire dans le domaine de la mode, et Nicolas, avocat, ainsi que deux petits-fils.Les funérailles auront lieu demain après-midi, à 14h, à l'église Saint-Viateur d'Outremont.Exposition de la dépouille mortelle de 10h à 13h aux salons Alfred Dallaire, rue Laurier.Inhumation au cimetière de la Côte-des-Neiges.La saison musicale d'été se termine demain soir et la saison d'hiver débute le lendemain.Suivant la tradition, le 10e et dernier récital de la série estivale du mercredi soir à l'orgue de l'Oratoire Saint- Joseph est donné par le titulaire Raymond Daveluy, à la différence que, cette année, l'organiste ne se limite pas à un programme mais en propose quatre consécutifs.Les trois premiers ont eu lieu les 16, 23 et 30 août et le dernier a lieu demain soir, 20h.La première partie de cet ultime récital est consacrée à d'anciens maîtres français : Clérambault (Suite du deuxième ton, en sept mouvements), Marchand, Couperin et Grigny.M.Daveluy offrira ensuite l'oeuvre la plus célèbre du répertoire d'orgue, soit la Toccata et Fugue en ré mineur, BWV 565, de Bach.Il a aussi programmé, de Tournemire, l'une des suites de L'Orgue mystique, la 33e, pour la Pentecôte, ainsi que deux pages de Widor : l'Andante cantabile de la 4e Symphonie et la fameuse Toccata de la 5e Symphonie.Suivant son habitude, il terminera par une improvisation sur des thèmes qui lui seront alors soumis.Quant à la saison d'hiver, elle s'ouvre jeudi soir, 19h30, par le premier de quatre concerts de musique de chambre présentés au Centre canadien d'Architecture dans le cadre de l'exposition ayant pour thème les villes d'Europe centrale des années 1890-1937.Le répertoire établi pour ces concerts est d'ailleurs puisé chez des compositeurs identifiés à ce contexte.Jeudi soir, six instrumentistes, soit les violonistes Yehonatan Berick et Jonathan Crow, les altistes Neal Gripp et Douglas Mc Nabney et les violoncellistes Antonio Lysy et Brian Manker se partageront le programme suivant : deuxième Quatuor à cordes, sous-titré Lettres intimes, de Janacek, Duo pour violon et violoncelle de Kodaly et Sextuor à cordes du Tchèque Erwin Schulhoff, mort en 1942 dans un camp de concentration nazi et dont certaines oeuvres ont paru dans la série « Entartete Musik » de Decca / London.Chants Libres vendredi n Pauline Vaillancourt ouvre la saison de Chants Libres avec un « électr-opéra » intitulé L'Enfant des glaces.Première vendredi soir, 20 h, au Musée d'Art contemporain ; représentations jusqu'au 23.Le communiqué annonce un « spectacle métaphorique sur le double et le passage du temps inspiré d'un fait réel : la découverte, au sommet des Andes, d'une momie victime d'un sacrifice rituel Inca ».La musique mixte et électroacoustique est de l'Américain Zack Settel.L'OSM dimanche n La 67e saison de l'Orchestre Symphonique de Montréal s'ouvre dimanche, 14h30, salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, avec le premier concert de la série « Jeux d'enfants ».En vedette : Natalie Choquette et le comédien Étienne Lepage.Au pupitre : André Moisan, clarinettiste et saxophoniste de l'orchestre.Par ailleurs, l'OSM se produira non pas deux mais trois fois cette saison à New York.Aux traditionnels concerts du samedi soir et du dimanche après-midi à Carnegie Hall (cette année, 21 et 22 octobre) s'ajoute un concert de musique de Mikis Theodorakis au Avery Fisher Hall du Lincoln Center le lundi soir 23.Pierre Béique : 90 ans n Pierre Béique, qui participa en 1934 à la fondation du futur OSM et en fut l'administrateur puis le directeur général jusqu'en 1970, aura 90 ans jeudi, étant né le 7 septembre 1910.Sa carrière sera évoquée dans nos pages samedi.M.Béique a, par ailleurs, terminé la rédaction de ses souvenirs et leur publication ne devrait pas tarder.En bref n Le Prix d'Europe disparaîtra comme tel pour être remplacé par une autre compétition dont on ne connaît pas encore les détails.Comme Mc Gill, l'Atelier d'opéra de l'UQAM monte cette saison un Mozart, Die Zauberflöte (« La Flûte enchantée »), du 5 au 8 avril.Les Musici annoncent déjà un changement de concerto pour la saison.Le 26 octobre, la très jeune violoniste Maria-Elisabeth Lott remplacera le Mozart K.271a par le Paganini op.6.MUSIQUE Claude Gingras Gilles Potvin 2LP0501C0905 ARTS 2LP0501C0905 ZALLCALL 67 00:42:26 09/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 C 5 PHOTO ALAIN ROBERGE, La Presse Patrick Oliver, Caroline Macé et Frédéric Pignon préparent un numéro.À gauche, Raphaël Fréchette et Éric Gauthier (debout sur le cheval) en pleine répétition.Voltige, le Cirque du Soleil fait des petits JEAN BEAUNOYER Il faut croire que le Cirque du Soleil a fait des petits.Après le Cirque Éloïse, une troupe composée d'anciens membres du prestigieux cirque québécois, d'autres formations autonomes émergeront durant les prochaines années dont un groupe dirigé par Normand Latourelle qui présentera un spectacle multimédia équestre à compter de décembre prochain.Une tournée canadienne est prévue dans les grandes villes canadiennes, à l'intérieur des arénas en hiver et sous le chapiteau en été.Le projet est ambitieux et particulièrement original.Latourelle, qui a été associé au développement international du Cirque du Soleil de 1985 à 1990, au Grand Jeu de nuit à Montréal, aux célébrations du 350e anniversaire de la métropole québécoise, aux impressionnantes Légendes fantastiques à Trois- Rivières, remet ça avec Voltige.Cette fois-ci, ce ne seront pas des hommes mais des chevaux qui occuperont l'avant-scène d'un spectacle à grands déploiements.Des chevaux d'Europe et d'Amérique qui feront l'objet d'une fête alors que des écrans disposés autour d'eux, des jeux de sons et lumières, des acrobates, des musiciens et un conteur nous les feront connaître sous un jour nouveau.Parce qu'on connaît très mal le cheval.Surtout en Amérique.Normand Latourelle a eu l'idée de ce spectacle équestre, il y a cinq ans, et a visité depuis bon nombre de fermes d'élevage de chevaux en Europe et en Asie.Il a été particulièrement intéressé, lors de ses périples, par le travail de Frédéric Pignon et sa compagne Magali del Gado qui dirige la ferme d'élevage de Gado (120 chevaux à Avignon, en France).Le jeune homme d'une trentaine d'années qui se qualifie d'ethologue (nouvelle éthique dans le rapport homme-animal), est manifestement un passionné tenant des propos qui me semblent révoltionnaires sur l'art du dressage.Je l'ai rencontré à Drummonville, où il prépare la création du spectacle Voltige.« Tout est basé sur un rapport d'amitié avec le cheval, raconte-t-il.On joue avec le cheval, on s'amuse ensemble comme on le ferait avec un chien.Je ne suis pas d'accord avec la violence et le rapport de soumission dans l'éducation de base du cheval.En fait, les chevaux apprennent plus vite lorsqu'on les traite avec douceur.Le cheval, ce n'est pas un outil, c'est un complice.L'équitation a évolué, on se soucie désormais de la psychologie du cheval.Il faut même leur parler, leur dire bonjour et quand on l'oublie, ils peuvent nous bouder.» Pas moins de 15 chevaux de l'écurie Pignon-del Gado arriveront au écuries de Contrecoeur à la fin du mois.Ces chevaux sont entiers (non castrés) et feront partie du spectacle Voltige en compagnie de 10 chevaux du Québec, des Quarter Horses, dressés par Marc Moisan.Celui-ci semble avoir une approche plus américaine et ressemble davantage à un cow-boy, étant cascadeur de métier.On peut admirer son travail dans l'impressionnant spectacle Les Légendes fantastiques qu'on a présenté tout l'été à Drummonville.Moisan est un véritable pro qui a exécuté bon nombre de cascades avec les chevaux dans des films produits en Amérique et en Europe.Il a finalement décidé de se consacrer au spectacle Voltige durant les prochaines années.« Le respect du cheval est important, disait-il.Le cheval accorde facilement sa confiance mais il ne faut jamais le tromper.Si vous faites une erreur, il s'en souviendra et après c'est fini avec lui.Il a besoin de sécurité.Le bruit du fouet, le mors qu'on place dans sa bouche ne lui font aucun mal et le rassurent.Ces gens-là ne vivent véritablement qu'en fonction de l'animal et possèdent un vocabulaire bien à eux.On parle d'un cheval « débourré » pour signifier qu'on « casse » le cheval qui ne supporte pas naturellement quelqu'un sur son dos.Il faut savoir que le cheval, c'est l'animal par excellence de la liberté et qu'il ne supporte naturellement aucune contrainte.Les Américains ont souvent « cassé » des chevaux dans la violence surtout pour les fameux rodéos que Frédéric Pignon et Marc Moisan dénoncent à hauts cris.« On fait saigner les chevaux dans les rodéos, m'expliquait Frédéric Pignon, et après deux ans, ces chevaux sont finis.» On parle également de chevaux ongres.Ceux-ci sont castrés et habituellement américains.De toute façon, les 25 chevaux du spectacle sont des mâles.Si j'ai bien compris, il vaut mieux ainsi afin de ne pas créer de distractions.avec les juments.Je vous ferai grâce de bien d'autres termes utilisés \u2014 notamment la chambrière (la cravache) \u2014 dont ces animaux semblent apprécier le bruit.Tout un monde que celui du cheval.Mais il y a également des artistes « humains » dans ce spectacle qui devrait en étonner plusieurs.Des cavaliers bien sûr mais aussi des danseurs, des acrobates, un conteur, des musiciens.En tout, une trentaine d'artistes à l'intérieur d'un spectacle que Normand Latourelle cherche encore à définir.« Tout est centré sur la beauté et l'intelligence sur cheval mais il y a aussi des jeux de lumière, de la voltige alors que des cavaliers s'envoleront.L'élément artistique est important avec des tableaux, des images fuyantes, de l'animation, de la musique.Ce sera le cheval comme vous ne l'avez jamais vu.Mais je n'ai pas encore trouvé un nom pour ce genre de spectacle multidisciplinaire.» Le réputé Fernand Rainville signe la mise en scène de ce spectacle et Michel Cusson, qui a déjà fait partie du groupe Uzeb, a composé la musique de Voltige.La première représentation de ce spectacle aura lieu le 13 décembre prochain au parc Landsdowne à Ottawa et on entreprendra par la suite une tournée canadienne avant de tenter une percée du côté des États-Unis.« À l'époque où j'étais vice-président et directeur général du Cirque du Soleil, je devais vendre aux Américains l'idée d'un cirque sans animaux.Ce n'était pas évident », confiait Normand Latourelle.À compter de maintenant, il doit vendre aux Américains l'idée d'un cirque avec des chevaux respectés et élevés en douceur.Ce n'est peutêtre pas évident, ça non plus ! Normand Latourelle et Frédéric Pignon L'assassin de Lennon pourrait être libéré en décembre Associated Press ALBANY Mark Chapman, l'homme qui assassina John Lennon en 1980 à New York, comparaîtra en octobre prochain devant la commission de mise en liberté conditionnelle.La commission devrait l'auditionner dans la prison d'Attica (nord de l'État de New York) où il purge une peine comprise entre vingt ans et la perpétuité, a précisé hier Tom Grant des services de probation.La date de l'audition n'a pas encore été fixée.Comme Chapman approche du terme de la peine minimum et qu'il s'est bien conduit, il est en droit de jouir éventuellement d'une mise en liberté surveillée.Si la commission donne un avis favorable, il pourra être libre dès décembre.Aujourd'hui âgé de 45 ans, Chapman avait abattu l'ancien Beatle à la sortie de l'immeuble Dakota à Manhattan le 8 décembre 1980.Mais Robert Gangi, l'homme qui plaidera sa cause devant la commission, a reconnu que Chapman aurait peu de chance d'être libéré.« Toute personne condamnée pour le meurtre d'une personnalité a très peu de chance » de sortir, a-t-il confié au quotidien new-yorkais Daily News.Un porte-parole de Yoko Ono, la veuve de Lennon, a par ailleurs précisé qu'elle pourrait bien témoigner devant la commission, ce qui risque d'amoindrir les chances de Chapman.« Je suis sûr qu'elle aura quelque chose à dire sur le sujet », a souligné Elliot Mintz. 2LP0601C0905 ARTS 2LP0601C0905 ZALLCALL 67 00:46:42 09/05/00 B C 6 LA PRESSE, MONTREAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 EN BREF Pas de reve americain pour Bellucci n A l'affiche de Under Suspicion, remake americain du film noir du Francais Claude Miller Garde a vue, Monica Bellucci declare n'avoir aucune ambition en matiere de carriere americaine.Presente a Deauville avec Morgan Freeman, un de ses deux partenaires a l'ecran, celle qui succede a Romy Schneider dans le role de la tenebreuse Chantal , a dit : L'epoque des Gina Lollobrigida, Silvana Mangano et Sophia Loren est revolue.A leur epoque, travailler a Hollywood pouvait representer le couronnement d'une carriere, ce n'est plus le cas aujourd'hui .Nous avons aujourd'hui une veritable ecole europeenne du cinema, il faut la defendre , estime celle qui pretera prochainement ses traits a Cleopatre dans le deuxieme volet des aventures d'Asterix.Cascades et risques en tout genre n Une cascade pyrotechnique avec un garcon de neuf ans et qui aurait pu mal tourner, cet ete, incite le syndicat d'interpretes Actra a demander une enquete du ministere du Travail de l'Ontario.Le feu avait ete mis au bras enduit d'accelerant de l'enfant, qui est alors apparu tres agite, rapportent des temoins.Le garcon n'a pas ete blesse lors de l'incident, survenu lors du tournage de Jewel complete en juillet.Destine au reseau CBS, le telefilm compte Farrah Fawcett dans sa distribution.Selon Alex Gill, porte-parole d'Actra, c'etait vraiment deplace.Ce n'est pas normal d'impliquer des enfants dans des cascades serieuses comme celle-la .Pour Blue Murder, destinee au reseau Global, le comedien Michael Rawlins a ete blesse, le 25 aout, en tentant la traversee inopinee d'une rue passante.Frappe par un vehicule, il a subi des blessures mineures.La semaine derniere, le cascadeur professionnel Chris Lamon, 35 ans, a succombe a ses blessures ; il aurait mal execute son saut d'un vehicule en marche, durant le tournage d'Exit Wounds.Associated Press LOS ANGELES Une tempete hargneuse, le retour d'Ethan Hunt, des super-heros dans l'espace.Il en fallait manifestement plus pour egaler le record de l'ete 1999 : le box-office americain reste cette annee bien endeca du record des trois milliards de dollars de recettes realisees dans les salles obscures la saison derniere.Entre les week-ends feries du Memorial Day et de Labor Day, periode durant laquelle l'industrie cinematographique enregistre normalement 40 % de son chiffre d'affaires, les recettes ont atteint environ 2,75 milliards de dollars, selon les estimations d'Exhibitor Relations, qui realise le classement du box-office.C'est le deuxieme meilleur resultat en valeur absolue.Mais compte tenu de l'indubitable hausse des prix des places de cinema, ce chiffre cacherait une baisse de la frequentation de 10 a 15 % cet ete, selon Paul Dergarabedian, president d'Exhibitor Relations.Le printemps avait pourtant demarre fort, Gladiator, Dinosaur et Erin Brockovich maintenant le boxoffice legerement au-dessus de l'an dernier.Et les blockbusters de l'ete emmenes par Tom Cruise et George Clooney ont ensuite rempli leur devoir avec, en tete, Mission : Impossible 2, le plus gros succes de l'ete aux Etats-Unis avec plus de 200 millions de dollars, suivi par The Perfect Storm, 175 millions de dollars.X-Men et la surprise de l'ete, Scary Movie, parodie de Scream, lui-meme parodie de films d'horreur, ont atteint 150 millions de dollars et What Lies Beneath, avec Michelle Pfeiffer et Harrison Ford, 130 millions.Enfin, Nutty Professor 2, Big Mamma, Chicken Run et Le Patriote ont depasse la barre des 100 millions.Autres succes, Gone in 60 Seconds, Me, Myself and Irene, Space Cowboys et Road Trip.Beaucoup de gros succes donc, mais rien qui puisse egaler la phenomenale succession de mastodontes de 1999, des films que tout le monde ou presque avait couru voir aux Etats-Unis.Souvenez-vous, l'ete dernier.Tout avait commence par La Menace Fantome, episode I de la Guerre des etoiles, attendu comme le Messie par des millions de fans dans le monde entier, qui etait sorti juste avant le Memorial Day.Et puis tout s'etait enchaine : Austin Powers 2, Big Daddy et deux Julia Roberts pour le prix d'un, Notting Hill et Just Married.Et puis a la fin de l'ete, alors que le raz-de-maree semblait passe, Bruce Willis et le petit garcon qui voyait les morts faisaient partir en fleche la rentree, de concert avec l'eprouvante chasse aux sorcieres d'une equipe de documentaire perdue dans la foret.Succes surprises, The Blair Witch Project et Le Sixieme Sens avaient represente a eux seuls 10 %du box-office de l'ete.A cote de cette deferlante, 2000 a semble un ete mediocre en general , reconnait Mark Urman, copresident de Lions Gate Films.L'ete dernier, le grand ecran avait ete le theatre de phenomenes culturels dont les gens parlaient, explique pour sa part M.Dergarabedian.Cette annee, on parle de Survivor (le fameux jeu televise ou des concurrents luttent pour leur survie sur une ile deserte, tout en tentant de se debarrasser de leurs adversaires).Cela fait du tort a l'industrie cinematographique car les gens restent chez eux pour le regarder .Le declin du box-office tombe mal pour les salles de cinema, lourdement endettees par la construction de nouveaux complexes.Deux chaines, Carmike et Edwards, ont fait banqueroute le mois dernier et d'autres risquent de suivre.En outre, alors que les syndicats de scenaristes et d'acteurs negocient aprement les contrats qui expirent au printemps prochain, l'industrie doit faire face a la menace d'une eventuelle double greve qui pourrait suspendre la production.Les studios ont d'ailleurs accelere les cadences pour etre sur de pouvoir approvisionner les ecrans de nouveaux films l'an prochain en cas d'arrets de travail.Signe positif cependant, jusqu'a l'ete prochain l'affiche s'annonce allechante avec au debut de l'annee prochaine Hannibal, la suite tres attendue du Silence des agneaux.Et pour l'ete 2001, la fresque guerriere Pearl Harbor, A.I.de Steven Spielberg, La Planete des Singes de Tim Burton et enfin Tomb Raider, l'adaptation cinematographique des aventures de Lara Croft, la plus celebre heroine des jeux videos.Et pour la rentree, Drole de Dames, 102 Dalmatiens, et une pleiade de stars, Tom Hanks, Helen Hunt, Kevin Spacey, Will Smith, et Bruce Willis qui collabore a nouveau avec le realisateur de Sixieme Sens, M.Night Shyamalan, pour Unbreakable.Tout cela devrait redonner le moral a Hollywood.PHOTO AFP Le realisateur John Woo et l'acteur Tom Cruise en tournee de promotion pour le film Mission: Impossible 2.Un ete calme pour Hollywood, loin du record de l'an dernier VOTRE SOIREE DE TELEVISION 18h00 18h30 CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CABLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CABLE PBS CTV TQS TQ TVA RC VD VDO Ce soir/ q Estrie ce soir v Region ce soir Virginie La Facture / Debut Anne.la maison aux pignons verts Enjeux / Le bruit dans les garderies Le Telejournal/Le Point Sport Decouverte (23:18) Le TVA 18 heures Tot ou Tard / Luc Guerin Lampe magique Histoires de filles - Bloopers Histoires de filles Km/h Legendes ou Verites Le TVA Tot ou Tard / Mario Pelchat Sports / Lot.(23:22) Cinema (23:28) Macaroni tout garni Les Choix de Sophie Bob et Margaret Cultive et bien eleve National Geographic / Dauphins, les danseurs.Delirium Une famille comme les autres Anima L'Effet Dussault Bob et Margaret Les Choix de Sophie Grand Journal (17:00) Flash / Michel Tremblay Les Gingras- Gonzalez Coroner Cinema / LES HERITIERS AFFAMES (5) avec Michael J.Fox, Kirk Douglas Le Grand Journal 110% Phantasmes Flash Pulse Access H.Ladies Man Billy Graham Jacynthe in Concert Once & Again CTV News Pulse 11:30 News Wheel of.Jeopardy Who Wants to be a Millionaire?Drew Carey Spin City Talk TV with Pamela Wallin News Newswatch Mansbridge This Hour.It's a Living Market Place Venture Life & Times The National / CBC News Nat.Update Cadfael News ABC News Judge Judy Frasier Who Wants to be a Millionaire?Dharma &.Norm NYPD Blue News Night.(23:35) News CBS News E.T.Big Brother Ladies Man 60 Minutes II Judging Amy Late (23:35) News NBC News Jeopardy Wheel of.3rd Rock from the Sun Frasier Just Shoot me Dateline NBC Tonight (23:35) Newshour Nightly Bus.Burt Wolf Ayers Rock: \"Naked Planet\" Australia: Beyond the Fatal Shore (1/3) Cinema / WILD HEARTS.BBC News Nightly Bus.Newshour The Final Invasion Seasons of the Adirondacks BBC News Charlie Rose L.A.Law Law & Order Biography / Cesar Romero American Justice Investigative Reports Law & Order Jazz Box: Patricia Barber Videos See and Hear the World Abbamania Cinema / THE MAMAS AND THE PAPAS.NYPD Blue Contact Animal / Zebres Mega Construction Super Structures Biographies / Real Giguere L'Homme de six millions Cinema / LE COMTE DE.DW-tv Philippines Rete Italia.Teleroman italien / Felicita.Mini-serie Chronique.Palestine.La Voix d'Egypte Philippines Cegep en spectacle .Retraite L'Oeuvre de Fernand Dumont ACFAS Les Chasseurs du feu .Internet Imagine Monde.Orbicom Crocodile Hunter (2/2) Summer@discovery.ca Wild Discovery / Gremlins Predators / Ferocious Felines Survival in the Deep Blue Summer@discovery.ca Pret a partir Plus Belles Villes du monde Route.arts Escapades.Romantique Airport Vu d'en haut Iles en iles Pret a partir Little Lulu Lion's King Gargoyles Alf .I Shrunk the Kids: TV Show Cinema / THE DEVIL AND MAX DEVLIN (5) Cinema / CONDORMAN (5) (22:40) Drew Carey 7th Heaven That '70s Show Titus Family Guy The PJ's Angel Change of.Star Trek .(17:30) .National Student.E.T.Frasier 3rd Rock.Bob &.Futurama Prime.Sports La Face cachee de l'Histoire L'Histoire a la une Grandes Erreurs militaires Histoires de trains Shaka Zulu L'Histoire a la une It Seems.True Action Scattering.Historylands Turning Points Elizabeth / Virgin Queen (2/4) Legends of History Tour of Duty .Doctor Life.Pets The Tourist Shift TV Real World Moving.Extra .Miracles The Goods For Dinner?Real World Moving.Rythmes du monde Ed Sullivan Pop up video Musicographie / TLC The Tube Duo Benezra Les Legendes du rock Musicographie / TLC Top5M+com V.J.Musique Plus.com Wyclef Jean: Music Choice.Clip Hip Hop Clip BBC News Bus.News Castaway 2000 Counterspin The National Castaway 2000 Counterspin Euronews Cap.Actions Journal RDI .(19:20) Des armes et des larmes Le Telejournal et Le Point Le Canada aujourd'hui Le Journal.(23:20) Qc Courses Sports 30 Mag Tennis / U.S.Open Sports 30 Mag Salle des nouvelles Le Clown Brigade des mers Les Sopranos Combat de femmes Danger Bay T N T Dead Man's Gun Hope Island F/X: The Series Cinema / GO FISH (4) avec Guinevere Turner, V.S.Brodie Highlander Babylon 5 Making.Gormenghast Star Trek: Voyager X-Files Sportscentral Last Word.Cascar Castrol Superseries Boxing: Fight Time Sportscentral Sports Geniuses Last Word.Grouille-toi Volt Panorama Declic! Tournants de l'histoire.Cinema / L'ILE NUE (2) avec Nobuko Otowa O Zone Panorama Declic! Bob Vila's Home again 48 Hours / Save my Child Trauma / Total Divert Crunch: Sports Collisions.Crash Science Trauma / Total Divert Off.Record Sportsdesk Fitness Tennis / U.S.Open Sportsdesk Scoubidou La Classe.Av.mouche Daria Drole, voyou A.Anaconda Simpson Super Zero X-Men Av.mouche Simpson Ned.triton Question Les Idees.Journal FR2 Alors, heureux?/ Teletourisme (21:15) Telescope / La Mer.Journal belge Journal suisse Soir 3 Mechanics Journey.Avventura.Your Health Studio 2 Four.Floor Hist.Bites Killer Cults Studio 2 .(17:30) Les Copines Cinema / LES DERNIERS JOURS DE BONHEUR (4) .secondes Medecine.mieux-etre Les Copines Le Magazine Sante Saveurs.Savoir-faire L'Ombudsman Place publique Cite Mag A la une Reflets Quebec .Emploi Addam's.Grade Alien Mona.Worst Witch Big Wolf.Boy Meets Student.Sherwood S.Holmes Big Wolf.The New Addam's Family Tekwar .nerdz .cinema Chroniques du paranormal X Files Zone extreme Space 2063 Normand Brathwaite Louise Cousineau 17:00 r - PIMENT FORT Normand Brathwaite recommence et on jure qu'on cessera de s'acharner toujours sur les memes victimes.On dit aussi qu'on sera plus fou.Tant mieux.19:30 a - LA FACTURE Retour du magazine d'information le plus regarde de la tele anime par Gilles Gougeon.Ce soir: problemes avec la CSST et les malheurs d'un petit investisseur.21:00 a - ENJEUX Plusieurs garderies ont des niveaux de bruit qui depassent les normes de la CSST et risquent de rendre gardiennes et enfants sourds.Aussi: les Canadiens sont de plus en plus endettes.21:00 A - DELIRIUM Nouvelle sitcom qui se deroule dans l'univers d'une entreprise d'ideation.21:00 3 - BIOGRAPHIES QUEBECOISES Real Giguere, un des gros morceaux de notre television.21:30 A - UNE FAMILLE COMME LES AUTRES La famille Morin de la Rive-Sud a accepte de se laisser filmer durant cinq mois.Debut ce soir alors qu'Ariane fete ses 12 ans. La Presse 5 septembre 2000 Page C7 manquante 2LP0801C0905 ARTS 2LP0801C0905 ZALLCALL 67 00:42:44 09/05/00 B C 8 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 Luc Plamondon, «enfarger» et «bibite» dans le Petit Larousse La tragédie du Koursk hante Venise Agence France-Presse VENISE Avec l'odyssée du U-571, le film de l'Américain Jonathan Mostow, qui évoque l'action héroïque de marins pendant la Seconde Guerre mondiale, la tragédie du Koursk, le submersible russe disparu le mois dernier en mer de Barents, hantait hier la lagune de Venise.Le producteur du film, l'Italien Dino de Laurentiis, a annoncé qu'une minute de silence serait observée en hommage à l'équipage du sous-marin russe avant la projection officielle de U-571, présenté à la 57e Mostra de Venise dans la section « Rêves et visions ».Au cours d'une conférence de presse au Lido, certains des acteurs américains, Bill Paxton, Harvey Keitel, Matthew Mc Conaughey et le chanteur Jon Bon Jovi (qui fait un intermède cinématographique à Venise dans sa tournée européenne de concerts), ont évoqué ce drame.« Je pense que notre film peut célébrer l'héroïsme des hommes qui ont trouvé la mort dans le Koursk », a souligné Bill Paxton, qui a déjà connu bien des tourmentes à l'écran pour avoir joué dans Apollo 13, Twister et.Titanic.Inspiré d'événements réels, U- 571 raconte comment, en 1942, alors que la flotte allemande a la maîtrise des océans grâce à un code indéchiffrable, un groupe de marins réussit à s'emparer d'« Enigma », l'appareil servant à coder les messages radio.« J'ai voulu faire un film dans la tradition des années 40 et 50, exaltant les valeurs anciennes, a déclaré Jonathan Mostow, qui a grandi près d'une base de sous-marins dans le Connecticut.Après le Vietnam, on a fait des films contre la guerre.Je voulais célébrer ses valeurs positives, le courage, le sacrifice et la solidarité.» Pendant près de deux heures, le spectateur est plongé dans un huis clos claustrophobique et angoissant, au réalisme d'autant plus oppressant qu'il renvoie en écho au drame du Koursk.À un moment donné, le radio opérateur (Jon Bon Jovi) définit d'ailleurs le U-571 comme une « tombe sous-marine ».En 1942, un sous-marin allemand touché dans l'Atlantique lance un SOS à sa flotte.L'US Navy maquille un de ses propres submersibles et l'envoie, sous le sigle de la croix gammée, au secours de ce U-571 avec pour mission de s'emparer d'« Enigma ».Mais le bâtiment américain est coulé et une poignée d'hommes ordinaires (Matthew Mc Conaughey, Harvey Keitel, Jon Bon Jovi.) se trouvent pris au piège dans le sous-marin allemand désemparé, pourchassé par la flotte ennemie.Film d'action et de suspense autant que huis clos psychologique, U-571 ne lésine pas sur les explosions de grenades et les tirs de torpilles qui secouent la coquille de noix, et le spectateur doit avoir vraiment foi dans les « happy end » de Hollywood.Cette version de l'histoire, qui attribue aux Américains un haut fait d'armes britannique, a choqué le premier ministre Tony Blair qui a dénoncé, lors de la sortie du film aux États-Unis, l'« affront de Hollywood à la mémoire des marins de la Royal Navy qui ont perdu la vie dans cette action ».Mais le vétéran David Balme, qui a participé à l'opération et a servi de consultant à Jonathan Mostow, estime que U-571 montre au moins « la bataille de l'Atlantique à une génération qui autrement n'en saurait rien ».Pour les besoins du film, tourné dans les studios romains de Cinecitta et à Malte, un sous-marin a été construit, car, a précisé Dino De Laurentiis, « on a cherché en vain dans le monde entier un submersible de la Deuxième Guerre mondiale ».Mais c'est à bord d'un vaporetto portant le sigle « U-571 » que les acteurs sont arrivés au Lido, plongé hier sous les orages.Après 60 ans de carrière et un palmarès éclectique et éblouissant, de La Strada à Conan le Barbare, Dino De Laurentiis, l'un des derniers nababs du cinéma, qui produit Hannibal (la suite du Silence des agneaux), recevra cette semaine l'hommage du festival du cinéma américain de Deauville.Agence France-Presse PARIS Des mots comme « best of », « collector », « bibite » et « enfarger », des personnalités comme le chanteur Pierre Perret et le parolier Luc Plamondon figurent dans l'édition 2001 du Petit Larousse illustré, présentée hier, qui accorde aussi une grande place à l'espace francophone.Cette 96e édition du célèbre dictionnaire encyclopédique en un seul volume propose 87 000 articles (59 000 noms communs et 28 000 noms propres, séparés par les fameuses pages roses de citations latines), 3800 illustrations et 289 cartes.L'édition 2001 comprend cinq cahiers illustrés de 16 pages chacun, sur les thèmes suivants : « La mesure du temps » (calendriers, etc.) et « Le patrimoine mondial », « Faune et flore », « Les machines à communiquer » (de Gutenberg à Internet), « Les grands commencements » (formation de la terre, etc.) et « Les grands visionnaires ».Parmi les nouveaux noms communs figurent beaucoup de mots venus de l'anglais comme « babyboomer », « best of », « collector », « crumble », « start-up », « trekkeur », « piercing », « webcam », « webmestre » ainsi que « bourlingue », « coentreprise », « domien » (habitant d'un DOM, département d'outre-mer), « malbouffe », mot rendu populaire par l'adversaire du Mc Donald et de la mondialition José Bové, « pacser », du Pacte civil de solidarité (PACS), légalisant les couples non mariés, hétérosexuels ou homosexuels, ou « tchatcheur ».« Un mot n'a sa place dans le Petit Larousse que lorsqu'il est utilisé de manière répétitive, sous des plumes différentes », selon Michel Legrain, directeur éditorial de l'ouvrage.Une grande importance a été accordée aux mots venant de l'espace francophone \u2014 Belgique : « raccuser » (moucharder), Suisse : « abricotine » ou « mômier » (bigot), Québec : « bibite » (insecte) ou « enfarger » (faire trébucher quelqu'un), Afrique : « cadeauter », France d'outre-mer : « chicheté », « trâlée » (multitude), ou « zarabe » (indien musulman).Parmi les 44 entrants figurent notamment la présidente du Parlement européen Nicole Fontaine, la présidente du parti gaulliste RPR Michèle Alliot-Marie, des hommes et femmes de lettres, des arts, acteurs, écrivains ou chanteurs comme Hélène Carrère d'Encausse, Fabrice Luchini, Robert Hirsch, Bernard Kouchner, Mary Higgins Clark, Luc Plamondon, Quentin Tarantino, Andrée Chédid, Pierre Perret, Christiane Desroches- Noblecourt .Le Petit Larousse 2000, qui se voulait objet de collection, a été, tous genres confondus, le livre qui s'est le mieux vendu en France en 1999, à plus d'un million d'exemplaires.L'édition 2001 a été tirée à 800 000 exemplaires.Selon ses responsables, la marque Larousse figure pour les Français, en terme de « connaissance spontanée », en seconde position derrière Danone.PHOTO AFP Bill Paxton SPECTACLES Salles de répertoire AFTER LIFE Ex-Centris (salle 2, Fellini): 14h45, 17h10, 19h25, 21h40.BLOOD SIMPLE Cinéma du Parc (2): 19h15.BUTTERFLY Cinéma du Parc (1): 17h.CHUCK AND BUCK Cinéma du Parc (3): 17h.HAMLET Cinéma du Parc (2): 17h.JESUS' SON Cinéma du Parc (3): 21h55.KADOSH Cinéma Parallèle (salle 1): 17h15.LÉA Cinéma Parallèle (salle 1): 15h15, 19h30, 21h30.LIFESTYLE (THE): GROUP SEX IN THE SUBURBS Cinéma du Parc (3): 18h45, 20h20.MOLOCH Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 17h.OEUVRE DE DIEU (L'), LA PART DU DIABLE Collège Édouard-Montpetit (180, de Gentilly E., Longueuil): 20h.SUE (PERDUE DANS MANHATTAN) Ex-Centris (salle 3, Cassavetes): 15h, 19h, 21h.THE GOOD, THE BAD AND THE UGLY Cinéma du Parc (1): 21h05.TRIAL (THE) Cinéma du Parc (1): 20h50.VIRGIN SUICIDES Cinéma du Parc (2): 21h10.Théâtre THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE (84, Ste-Catherine O.) L'Odyssée, d'après Homère.Adapt.de Dominic Champagne et Alexis Martin.Mise en scène de Dominic Champagne.Avec François Papineau, Pierre Lebeau, Dominique Quesnel, Sylvie Moreau, Guillaume Chouinard, Julie Castonguay, Henri Chassé, Norman Helms, André Barnard, Pierre Benoît, Ludovic Bonnier, Jean Robert Bourdage, Michel-André Cardin, Éric Forget et Jacinthe Laguë: 20h.THÉÂTRE DU RIDEAU VERT (4664, St-Denis) Maudite Machine, de Abla Farhoud.Mise en scène de Louise Laprade.Avec Nicole Leblanc.Du mar.au ven., 20h; sam., 15h et 20h.THÉÂTRE ESPACE GO (4890, St-Laurent) Malina, inspiré de l'oeuvre de Ingeborg Bachmann.Mise en scène de Brigitte Haentjens.Avec Anne-Marie Cadieux, Denis Gravereaux, Pierre Hupin, Patrice Gagnon, Bernard Meney, Gaétan Nadeau, Gilles Simard, Guy Trifiro, François Trudel et Jean-Manuel Vital.Du mar.au sam., 20h.ESPACE LIBRE (1945, Fullum) Le Hasard fait bien les choses, idée originale de Marie-Eve Gagnon et Claudine Raymond.Mise en scène de Stéphane Crête.Avec Daniel Brière, Marie-Josée Forget, Maxim Gaudette, Violette Chauveau, Diane Dubeau, Josée Roussy, Michel Smith, Sheila Couture, Matthieu Gourd, Pascal Brullemans, Dominick Parenteau-Lebeuf et Emmanuelle Roy: 20h30.LA LICORNE (4559, Papineau) Trick or Treat, de Jean Marc Dalpé.Mise en scène de Fernand Rainville.Avec Frédéric Blanchette, David Boutin, Pierre Curzi, Jean Marc Dalpé et Maxime Denommée.Du mar.au sam., 20h; mer., 19h.Variétés CABARET DU CASINO DE MONTRÉAL Danse Sing, revue musicale, avec la troupe de Sophye Nolet: 21h, sauf lun., mar.Supplémentaires les 12 et 19 septembre et les 3 et 4 octobre.PETIT CAMPUS (57, Prince-Arthur E.) Concours Polliwog avec Divinity, Witz et Gou-H: 20h.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) Erratik Soul: 21h.P'TIT BAR (3451, St-Denis) Jacques Rochon: 21h30.CAFÉ SARAJEVO (2080, Clark) Andrew Sweeney: 21h.UPSTAIRS (1254, Mackay) Bryn Roberts: dès 21h. 2LP0901C0905 C9 - MARDI 2LP0901C0905 ZALLCALL 67 00:46:54 09/05/00 B LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 C 9 Cream au Stade olympique : une nuit veloutée PHILIPPE RENAUD collaboration spéciale Pendant que le quartier Hochelaga- Maisonneuve roupillait, des milliers de danseurs profitaient d'un lundi de congé en dansant jusqu'à l'épuisement.Hors des murs bétonnés du Stade olympique, l'air était frais et humide.La petite marche de l'auto au party n'était qu'un mauvais moment à passer, la température à l'intérieur, tout aussi humide, mais dans un registre plus tropical, seyant confortablement aux oiseaux de nuits.Et au terme du festival Cream, hier midi, la faune colorée a repris le chemin vers l'auto, cette fois sous un soleil confortable.Dès 22h (dimanche soir), les ravers convergeaient vers le stade des Expos, où le Montréalais Tiga les attendaient.Une agréable séance de réchauffement pour les heures à venir, qui promettaient d'être fortement pourvue en rythmes trance et hardhouse, avec notamment Max Graham, Dave Ralph, Laflèche, Sneak et Doc Martin et surtout, Darren Emerson, le clou de la soirée.D'abord, une petite reconnaissance des lieux, aménagés non pas sur le terrain de jeu du stade mais bien à la base du mât, un espace assez grand pour abriter les milliers de fêtards attendus.Du haut des premiers escaliers, on distingue une mer de têtes et de bras, parsemée de petites lueurs bleues, vertes, jaunes, rouges.Ce sont les « glow-sticks », accessoires chéris des ravers, qui s'en accrochent aux oreilles, dans leur bouteille d'eau, n'importe où mais bien en vue.Bien qu'il n'y avait qu'une seule salle (concept vers lequel semblent se tourner les Productions 514), celle qui nous apparaît en premier ne constitue que l'antichambre \u2014 munie d'un système de son moins précis que dans la vrai salle et décorée d'immenses ballons d'hélium et d'une fontaine surplombée d'une structure de lumières.Pour accéder à la salle principale, nous devions emprunter les larges corridors extérieurs (bordés de danseurs au repos), ou le corridor interne sur les murs duquel les projections vidéo hypnotisantes apaisaient notre regard.Puis, on mesure l'ampleur de l'événement : une immense salle s'ouvrait devant nous, au-dessus de laquelle pendait des structures cubiques illuminées.Au fond, sur la largeur, une immense scène d'où officiaient les DJ, ainsi qu'un puissant mur de haut-parleurs.Et du monde, du monde.Partout, dos découverts et torses nus suant à grosses gouttes.Aucune défection de DJ n'a perturbé la programmation musicale du 5e party Cream.La première portion de la nuit a été placée sous le signe de la trance, avec Max Graham et Dave Ralph.Alors que le premier a véritablement allumé la fête, tout en progression, avec sa sélections de disques trance et house progressif, Ralph lui s'est lancé dans un trance à la rythmique martelante mais sans grands éclats, construisant et déconstruisant la tension de façon trop linéaire.Il aura toutefois réussi à garder la température élevée pour l'arrivée du britannique Darren Emerson.Dès les premiers instants de son set, Emerson a affiché ses couleurs avec une version remixée de Moby : techno (au tempo modéré), certes, mais mélodieux et envoûtant, avec des constructions de sons et de rythmes qui nous berçaient allègrement.On l'annonçait comme l'un des meilleurs DJ au monde par les temps qui courent ; son set a été à la hauteur de sa réputation.Manque de pot, l'aiguille a sauté sur le premier disque que Laflèche a enfilé, vers les 6h du matin, en relève à l'ex-Underworld.N'allez pas croire que c'était de mauvaise augure ; le DJ montréalais a lâché toute la gomme hardhouse percussive, avec des sons riches faisant écho à l'ambiance installée par le précédent DJ.Sa prestation a été un feu roulant de basses et de tambours qui nous surprenaient constamment.Encore une fois, ç'a été le délire total que les DJ suivants (Sneak et Doc Martin) se sont empressés d'entretenir jusqu'à tard dans l'avant-midi.Une réussite, donc, que ce Cream, qui n'a pas semblé présenter d'irritants au niveau de l'organisation (pas de file d'attente, eau froide disponible, nombreux bars à eau, jus et bière, tables et chaises mises à la dispositions des danseurs).Il y avait même un petit corridor muni d'un arrosoir pour ceux qui désiraient se rafraîchir ! Terminons sur une note plus bleutée, celle de St Germain.Vendredi soir dernier au Spectrum, toujours dans le cadre du festival Cream, il n'y a pas eu d'événement.Malgré l'ambiance surchauffée (que le trio torontois New Deal avait gonflée à bloc en première partie), il est resté une inconfortable impression de vide à la suite de la courte prestation (1h 20, rappel inclus.) de Ludovic Navarre et ses musiciens.En clair, la performance fut peu inspirée.Navarre, au fond de la scène derrière ses consoles et écrans d'ordinateur, n'agissait même pas à titre de chef d'orchestre, se contentant de tripoter quelques boutons et laissant à ses musiciens le loisir de remplir les vides.Une succession de solos plus ou moins heureux (le saxophoniste, le guitariste et le pianiste étant corrects, on ne peut en dire autant des bruyants percussionnistes) démontrait un flagrant manque de cohésion.Sans aucune magie ni profondeur, l'alliage jazz/r&b et house n'a pris qu'à quelques rares moments dans la soirée.Bref, ce n'est pas St Germain qui réussira, avec créativité, à faire le pont entre le jazz et la musique électronique.La soupe jazzy qu'il nous a servie n'a été qu'une fade relecture de l'album Tourist, un trip de studio qui n'a pas passé la rampe de la scène.PHOTO LA PRESSE Le DJ Max Graham a véritablement allumé la fête hier soir au Stade olympique, avec sa sélections de disques trance et house progressif. 2LP1001C0905 C10 Mardi 2LP1001C0905 ZALLCALL 67 00:43:48 09/05/00 B C 10 LA PRESSE, MONTRÉAL, MARDI 5 SEPTEMBRE 2000 La Fondation François-Pinault dans l'île Seguin à Paris Un lapin transgénique peut-il être une oeuvre d'art ?Agence France-Presse PARIS Onze ans après la fermeture de l'usine Renault qui l'occupait au milieu de la Seine, en lisière de Paris, l'île Seguin va accueillir la Fondation d'art contemporain de l'homme d'affaires François Pinault, a annoncé hier le ministère de la Culture.Cette décision fait suite à un accord passé entre François Pinault, l'un des hommes les plus riches de France à la tête d'une holding Artemis, le président de Renault Louis Schweitzer et le maire centriste de Boulogne-Billancourt Jean-Pierre Fourcade.La Fondation est destinée à accueillir de façon permanente la collection d'art moderne et contemporain de François Pinault, constituée de peintures, sculptures, photographies et vidéos des plus grands artistes de la deuxième moitié du 20e siècle.Ce projet, présenté hier à la ministre Catherine Tasca, après des mois de polémique, s'inscrit dans le cadre du réaménagement des terrains de l'ex-régie Renault, dont l'île Seguin est la pièce maîtresse (11 hectares pour une longueur d'un kilomètre), mais qui s'étendent également sur 38 ha à Meudon et à Boulogne- Billancourt.La Fondation, selon le ministère, occupera un bâtiment de plus de 30 000 m2, dont la réalisation sera confiée à un architecte choisi par François Pinault, après concertation avec la Ville de Boulogne-Billancourt.Fils de paysan breton ayant commencé dans l'industrie de bois, M.Pinault, 64 ans, est aujourd'hui à la tête d'un empire évalué à 13,7 milliards d'euros qui comprend aussi bien le prestigieux vignoble bordelais Château Latour que les grands magasins parisiens du Printemps, la puissante société de vente par correspondance La Redoute, le distributeur la FNAC, l'hebdomadaire Le Point, la maison des ventes Christie's, Gucci, les valises Samsonite ou des stations de ski dans le Colorado.M.Pinault connaît et fréquente aussi tout ce qui compte dans le monde politique français, en premier lieu le président Jacques Chirac.Sa collection d'art, initiée il y a dix ans avec l'achat d'une toile de Mondrian, est l'une des plus importantes collections privées d'Europe.Elle comprend notamment les sculpteurs Eduardo Chillida, Henri Moore, ou l'Américain Richard Serra, les peintres Rauschenberg ou Andy Warhol.Une des dernières acquisitions, la monumentale tête hybride de cheval et de dinosaure à bascule fleurie du plus kitsch des artistes contemporains, l'Américain Jeff Koons, exposée au Palais des Papes à Avignon (sud-est), devrait faire figure de totem devant la future Fondation.C'est également une sculpture de Koons qui monte la garde devant le musée Guggenheim de Bilbao.Presse Canadienne OTTAWA Après les fraises et les tomates, voilà qu'un lapin se retrouve au coeur du débat sur les manipulations génétiques.Or, il n'est pas tant question ici d'éthique scientifique que de valeur artistique puisque Alba \u2014 c'est le nom de la petite bête \u2014est une lapine albinos qui, éclairée d'une lumière bleue, devient vert fluorescent.Née en avril, Alba porte en elle un gène emprunté à une méduse.Elle est le fruit des travaux conjoints d'un artiste de Chicago, Eduardo Kac, et d'une équipe de chercheurs français.Alba brillera d'ailleurs sous les feux de la rampe à l'occasion du symposium Art, science et liberté de parole : l'oeuvre d'Eduardo Kac qui aura lieu le 18 septembre à Chicago.C'est Louis-Marie Houdebine, directeur de la recherche à l'Institut national de recherche agronomique en France, qui a dirigé le projet.Grâce à un procédé appelé micro-injection du zygote, on a inséré dans un ovule de lapin fécondé le gène responsable de la fluorescence de la méduse Aequorea victoria.En se divisant et en se répliquant, l'oeuf a multiplié de facto le « gène vert » de sorte qu'il s'est implanté dans chacune des cellules d'Alba, notamment dans ses cellules pileuses.La lapine fluorescente vit désormais avec l'artiste et sa famille à Chicago.Elle est, selon Eduardo Kac, le premier spécimen d'art transgénique, « une nouvelle forme d'art fondée sur l'utilisation du génie génétique pour transférer à un organisme des gènes naturels ou synthétisés, pour créer des être vivants uniques ».C'est depuis depuis 1995 que la science a recours au gène de la fluorescence : à cette époque des scientifiques de l'Université Stanford ont commencé à greffer de tels gènes à des tumeurs animales.Le degré de fluorescence permettait ainsi d'évaluer les effets des traitements sur les tumeurs.Néanmoins, Eduardo Kac est le premier artiste à s'approprier ce gène, mais plusieurs autres créateurs pressentent depuis longtemps les possibilités des manipulations génétiques.Ainsi, Dale Hoyt, un vidéographe de San Francisco, a déjà rêvé de créer des oeuvres biogénétiques d'une telle complexité qu'elle reléguerait Alba au rang de simple dessin d'enfant.« J'avais de grands espoirs et des idées romantiques, je voyais des artistes créer des animaux fantastiques et absurdes », dit-il.Mais la réalité du génie génétique et son potentiel destructeur l'ont incité à réviser ses positions.« Je ne veux pas qu'un seul animal ne souffre à cause de l'ego d'un artiste, même si c'est moi », dit-il.S'il estime que le lapin transgénique de Kac est « fascinant », Dale Hoyt se demande tout de même s'il s'agit d'art ou d'élevage.Du reste, selon lui, Kac invite « les gens à repenser la relation entre l'homme et l'animal, laquelle, en cette nouvelle ère de biotechnologie, sera complètement réinventée ».La collection d'art de l'homme d'affaires François Pinault, initiée il y a dix ans avec l'achat d'une toile de Mondrian, est l'une des plus importantes collections privées d'Europe.Mostra 2000: hommage à l'écrivain cubain Arenas, gay et martyr Agence France-Presse VENISE Dix ans après son suicide à New York, l'écrivain cubain Reinaldo Arenas, esprit trop libre et trop gay pour le régime castriste qui l'emprisonna et le poussa à l'exil, revit sur les écrans de la Mostra de Venise dans le portrait-hommage que brosse le peintre et réalisateur américain Julian Schnabel.Before night falls, en compétition pour le Lion d'or, « n'est pas un manifeste politique », a déclaré Schnabel en présentant au Lido son film en première mondiale.Mais la voix de Reinaldo Arenas, « épine dans le flanc de Fidel Castro », « parle pour beaucoup de Cubains que nous n'avons pas entendus, une voix pleine d'excès et d'humour qui transforme ses souffrances en beauté ».Dans cette ode à la liberté et à l'esprit de résistance, l'acteur espagnol Javier Bardem incarne l'écrivain « maudit », enfant déçu de la révolution castriste, victime en tant qu'artiste et en tant qu'homme d'une société répressive.Né en 1943 dans une misérable famille de paysans, Reinaldo Arenas manifeste très tôt ses talents de poète et obtient à 20 ans un prix pour son premier et seul livre publié à Cuba, Celestino antes del alba.Julian Schnabel dresse un portrait long (2h05), mais émouvant d'un homme, plein d'énergie et de joie, qui transforme ses douleurs et ses désillusions en mots, poétiques et désabusés, dits en voix off par Javier Bardem.« Il est un témoin et un emblème de la résistance, mais avant tout un être humain », dit le réalisateur qui rappelle qu'on a « crucifié un gay il n'y a pas si longtemps dans le Wyoming ».« La différence entre le communisme et le capitalisme, disait Reinaldo Arenas après son arrivée aux États-Unis, c'est que si on te donne un coup de pied au cul, tu dois applaudir si tu es dans un régime communiste et tu peux crier si tu es dans un pays capitaliste ».Crédible en écrivain gay, Javier Bardem, plus habitué aux rôles de macho, est entouré par un casting international (les Américain Johnny Depp et Sean Penn, le Français Olivier Martinez dans le rôle de l'ami fidèle Lazaro Gomez Carriles, l'Italien Andrea di Stefano) qui s'intègrent parfaitement dans le tableau.Julian Schnabel a même engagé sa femme (basque espagnole) et son fils, qui joue le rôle de Reinaldo Arenas jeune.ANGLAIS COURS AXÉS SUR LA CONVERSATION Petits groupes : 3 à 7 personnes ; admission continue COURS INTENSIFS de jour, 25 h/semaine à temps partiel et semi-intensifs matin, après-midi, soir, samedi 135 $ à 145 $ /semaine 1 à 7 fois/sem.I 195 $/30 h matériel pédagogique inclus, pas de taxe, déductible d'impôt, frais d'inscription : 40$ école de langues postmoderne accréditée par Emploi-Québec 1160, boul.St-Joseph Est, 3e étage, Mtl Laurier (514) 278-5309 www.converlang.com "]
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