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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-02-11, Collections de BAnQ.

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[" 2LP0101A0211 Page A1/11février 2LP0101A0211 ZALLCALL 67 23:09:17 02/10/03 B MONTRÉAL MARDI 11 FÉVRIER 2003 LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE 65 MONTR ÉAL QUOTI DIEN FRANÇA IS D'AMÉRIQ UE 1 1 9e A N N É E > N O 1 1 1 > 6 8 P A G E S > 6 C A H I E R S ¢ TAXES EN SUS EST ET NORD- OUEST DU QUÉ BEC > GATINE AU-OTTAWA > 70¢ FLORIDE 1,75 $ U.S.DOUBLE VETO À L'OTAN Pied de nez de la « vieille Europe» aux É.-U.Photo ARMAND TROTTIER, La Presse Marcel Desjardins La Presse plongée dans le deuil Photo AP Le président de la République française, Jacques Chirac, donne une chaleureuse poignée de main à son homologue russe, Vladimir Poutine, à la fin d'une conférence de presse commune, à Paris.Paris, Berlin et Moscou ont appelé hier au renforcement des inspections de l'ONU en Irak.LE TON est encore monté depuis 24 heures entre les États-Unis et la « vieille Europe ».Double veto à l'OTAN contre une proposition américaine d'aide militaire d'urgence à la Turquie ; soutien public à Paris et Berlin de la part du président russe Vladimir Poutine, en visite d'État en France.Même si la position russe demeure pour le moins ambiguë.De part et d'autre de l'Atlantique, le ton monte.Et la partie de bras de fer s'intensifie à mesure qu'on se rapproche de la date fatidique du 14 février, où Washington et Londres pourraient engager l'épreuve de force au Conseil de sécurité et tenter de faire adopter cette « seconde résolution » autorisant le recours à la force contre l'Irak.Ou décider au contraire de se contenter de la résolution 1441, déjà existante, pour l'ouverture des hostilités.En s'appuyant simplement sur la « coalition » qui leur est acquise et qui, selon Donald Rumsfeld, compterait déjà « 90 pays ».Le premier acte s'est déroulé à Bruxelles où avait lieu une réunion de crise des ambassadeurs des 19 pays membres de l'OTAN.Voir EUROPE en A2 Une décision à courte vue, déplore Bush HUGO DUMAS ON LE VOYAIT quotidiennement arpenter la salle de rédaction, les yeux perchés au-dessus de ses petites lunettes.On le voyait blaguer avec les gars des sports, jaser de football ou du Canadien de Montréal, discuter de musique avec la section des arts.On le voyait attentif dans les réunions de production.Comme il lisait son journal de la première à la dernière page, aucun détail, même le plus anodin, ne lui échappait, surtout en politique, un domaine qu'il connaissait comme le fond de sa poche.Mais on ne le verra plus.Marcel Desjardins, vice-président à l'information et éditeur adjoint de La Presse, est mort dans son sommeil tôt hier matin, terrassé par une crise cardiaque à sa résidence de Deux- Montagnes.Il avait 61 ans.M.Desjardins laisse dans le deuil son épouse Micheline Danis, ainsi que leurs trois fils, Louis, Mathieu et Dominique.Il était marié à Mme Danis depuis novembre 1963.Voir DEUIL en A2 Autres textes et témoignages en A10, A11 et A12 d'après AFP et AP WASHINGTON \u2014 Le président George W.Bush a estimé hier que le veto opposé par trois membres de l'OTAN, la France, l'Allemagne et la Belgique, au lancement d'une procédure de protection de la Turquie face à l'Irak portait un dur coup à l'alliance atlantique.Le président américain a estimé, dans des déclarations visant plus particulièrement la France, que cette attitude était « à courte vue ».« Je suis déçu que la France empêche l'OTAN d'aider un pays comme la Turquie à se préparer », a déclaré M.Bush en recevant le premier ministre australien John Howard à la Maison-Blanche.« Je ne comprends pas cette décision qui affecte l'alliance de façon négative », a-t-il indiqué, en espérant que la France « allait reconsidérer » sa position.Affirmant qu'« il y a encore une alternative à la guerre », la France, la Russie et l'Allemagne ont adopté en soirée une « déclaration commune » appelant à la poursuite et au « renforcement substantiel » des inspections en Irak, texte qui sera distribué aux membres de Conseil de sécurité de l'ONU où il disposerait d'un large soutien.La France, d'autre part, a commencé à mettre au point et faire circuler un projet de texte précisant ce que pourrait être un renforcement des inspections qui passerait par un doublement, voire un triplement des effectifs.Cette démarche, à quelques jours d'une nouvelle réunion cruciale du Conseil de sécurité qui entendra le rapport des chefs des inspecteurs onusiens, vise à contrer l'offensive américaine en faveur d'une résolution fixant un ultimatum à l'Irak.M.Bush a également accusé Saddam Hussein d'« essayer de gagner du temps » en faisant des concessions de dernière minute, comme l'autorisation hier des vols d'avions espions U2 au-dessus du territoire irakien.« Saddam Hussein doit désarmer.S'il ne le fait pas, nous le désarmerons », a-t-il lancé.Les renforts militaires américains continuent d'ailleurs à affluer dans le Golfe et les pays avoisinants où ils dépassent maintenant 133 000 hommes, a-t-on appris au Pentagone, et ce malgré les querelles entre alliés de l'OTAN sur l'opportunité d'une guerre contre l'Irak.Selon un responsable militaire américain, quelque 55 000 soldats américains sont notamment maintenant au Koweït et 35 000 hommes croisent à bord de navires dans la région.Plus tôt dans la journée, l'administration américaine avait tenté de minimiser la crise au sein de l'OTAN, Washington estimant qu'un accord était encore possible sur la question d'une assistance à la Voir BUSH en A2 Autres textes en A3 et A4 Sérieux problèmes d'accès aux soins médicaux dans les CLSC de Montréal Bandes dessinées E8 Bridge E6 Décès E6, E7 Êtes-vous observateur E4 Feuilleton E8 Forum A11-A13 Horaire spectacles C7 Horaire télévision C2 Horoscope E5 Le monde A14 Loteries A2, B2 Mots croisés E8, S12 Mot mystère E8 Petites annonces - immobilier E4 - marchandises E4-E5 - emplois E5 - automobile E5, E6 - affaires D2 M É T É O Voir page S16 Généralement ensoleillé Maximum -15, minimum -18 ALEXANDRE S I R O I S LES CLSC de Montréal peinent encore à s'imposer comme l'une des portes d'entrée du réseau de la santé.Non seulement près de la moitié n'offrent pas de services médicaux sans rendez-vous, mais dans ces établissements il faut aussi parfois attendre jusqu'à un an avant d'avoir accès à un médecin.lorsque c'est possible ! C'est ce que La Presse a pu constater au moment où le ministre de la Santé du Québec, François Legault, s'apprête à dévoiler le bulletin de santé des CLSC de la province.Au CLSC du Plateau Mont-Royal, par exemple, il faut patienter près de 12 mois si on veut obtenir un rendez- vous médical.« Je peux vous inscrire sur la liste d'attente, mais ne vous attendez pas à avoir un appel dans les mois qui vont suivre.Les gens qu'on jours-ci sont des gens qui se sont inscrits en avril l'an dernier », a précisé une préposée de cet établissement, situé sur l'avenue Papineau.Le CLSC du Plateau Mont-Royal fait partie des 14 CLSC montréalais (sur 29) où il n'y a pas de clinique sans rendez-vous pour l'ensemble de la population.La Presse a téléphoné incognito dans ces établissements pour y solliciter une rencontre avec un médecin.Les résultats de cette démarche démontrent que la clientèle de ces CLSC fait face à de sérieux problèmes d'accès.Dans sept de ces 14 établissements, dont le CLSC Mercier-Est/ Anjou et le CLSC Pierrefonds, on a affirmé sans détour qu'il nous était impossible de rencontrer un médecin.Parmi les sept autres CLSC, seulement deux pouvaient garantir une visite médicale au cours des 30 prochains jours.« Le problème, c'est que le nombre de médecins qui travaillent en CLSC est trop bas pour la mission que l'on a.Alors on est obligé de faire des choix », a indiqué la directrice générale du regroupement des CLSC de Montréal, Michelle Doyon, qui a qualifié la situation de « déplorable ».Les CLSC montréalais avaient promis d'harmoniser leurs services dès les premiers mois de l'année 1999 et s'étaient notamment engagés à offrir des services médicaux dans tous les établissements.Mme Doyon soutient que c'est actuellement le cas.Selon elle, si on affirme aux malades qu'il est impossible, dans certains établissements, de rencontrer un médecin, c'est que ceux-ci ont déjà tous leurs patients.« Si la capacité d'un médecin à prendre une clientèle est atteinte, il ne peut pas en offrir plus », a-t-elle dit.Bientôt pire ?« Le moins que l'on puisse dire des CLSC, c'est qu'ils ne jouent pas le rôle qu'on a souhaité qu'ils jouent quand on a pensé à les créer.Voir CLSC en A2 Du 12 février au 11 avril 2003 Simulation d'investissements financiers dans Internet BOURSTAD 22 000e n$ prix! Participez à Gérez un portefeuille virtuel de 100 000 $ pendant huit semaines et gagnez sur tous les plans : \u0001 Développez vos connaissances en matière de stratégies d'investissements financiers \u0001 Apprenez à prendre des décisions autonomes et éclairées \u0001 Courez la chance de gagner un des nombreux prix Note : L'activité est aussi utilisée dans le cadre de certains cours au secondaire, au cégep et à l'université.Inscrivez-vous à www.cyberpresse.ca/bourstad (514) 864-4782 ou 1 800 665-6400 poste 44782 Bourstad est une activité du Cégep@distance et du Collège de Rosemont.Frais d'inscription Grand public : 15 $ 2LP0202A0211 Page A2/11février 2LP0202A0211 ZALLCALL 67 23:47:27 02/10/03 B A2 LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 DEMAIN DANS LA PRESSE Les Oscars : c'est parti ! On dévoile ce matin l'identité des finalistes en prévision de la cérémonie des Oscars, le 23 mars.La compétition promet d'être relevée et de bons films seront sans doute oubliés.Ne manquez pas, demain, l'analyse de Marc-André Lussier dans nos pages.À lire demain dans le cahier Arts et Spectacles AUJOURD'HUI SUR CYBERPRESSE > Rencontrez l'écrivain et psychologue américain, Howard Buten, à 12 h 30 cyberpresse.ca/clavardage > Pour une soirée de la Saint-Valentin originale et inoubliable cyberpresse.ca/st-valentin > Irak : Washington fait fi des réserves européennes cyberpresse.ca/irak Seule la Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.Envois de publication canadienne Contrat de vente numéro 0531650.Port de retour garanti.(USPS003692) Champlain N.Y.12919-1518 LOTERIES LA QUOTIDIENNE > À trois chiffres : 7-4-5 > À quatre chiffres : 4-7-7-3 SUITES DE LA UNE DEUIL Suite de la page A1 BUSH Suite de la page A1 Rien ne laissait entrevoir une mort aussi subite.Marcel Desjardins, qui souffrait du diabète, arrivait d'un court séjour en Floride et affichait une forme resplendissante, explique le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, qui se trouvait à ses côtés ce week-end.M.Desjardins était rentré chez lui dimanche.Il avait regardé le hockey avant de se mettre au lit.Tout semblait parfaitement normal.Pourtant.Guy Crevier a souligné hier que le départ de M.Desjardins était une grande perte pour le journalisme québécois et que son immense expérience, sa force de travail, sa connaissance des rouages d'un grand journal, ses qualités humaines et son respect pour les gens qui travaillaient avec lui laissaient déjà un grand vide.« C'était un grand travailleur, très rigoureux, il a énormément contribué à l'information au Canada, explique Guy Crevier, en entrevue.Marcel Desjardins adorait La Presse.C'était un pilier de La Presse.Et il avait une mémoire phénoménale : quand il arrivait un événement important, il était toujours capable de le remettre dans un contexte historique.» L'annonce de la mort de Marcel Desjardins a fortement secoué hier le monde des médias.Partout où il a travaillé depuis plus de 40 ans, que ce soit au Droit, à la télévision de Radio-Canada, au défunt Montréal- Matin et à La Presse, M.Desjardins a laissé un héritage professionnel et personnel d'une valeur inestimable.Dans la salle de rédaction de La Presse, la nouvelle a été accueillie avec choc.C'est la deuxième fois en moins de quatre ans que La Presse perd son vice-président et éditeur adjoint dans des circonstances abruptes.En octobre 1999, Claude Masson a péri dans l'avion d'Egypt Air qui a plongé dans l'Atlantique, alors qu'il s'en allait visiter l'Égypte en compagnie de sa femme, Jeannine Bourdages.Marcel Desjardins avait alors succédé à Claude Masson au poste de viceprésident et d'éditeur adjoint.En début d'après-midi hier, le directeur de l'information de La Presse, Philippe Cantin, a réuni tous les employés pour leur rappeler à quel point Marcel Desjardins était associé au renouveau de La Presse et combien sa présence allait leur manquer.Pour une rare fois dans une salle de nouvelles, c'était pratiquement le silence.Les funérailles de ce journaliste de carrière auront lieu samedi à 13 h en l'église Saint-Alphonse de Hawkesbury, une région de l'Est ontarien où M.Desjardins a grandi.Natif de Grenville, au Québec, Marcel Desjardins a fréquenté plusieurs écoles de ce secteur (Chuteà- Blondeau et Hawkesbury, en Ontario, et Kilmar, au Québec), en plus d'amorcer sa carrière de journaliste au Carillon de Hawkesbury, de 1958 à 1962.Son grand ami, Claude Saint- Laurent, le grand patron de l'information à la télévision de Radio-Canada, était ébranlé hier.« Marcel était un type très chaleureux et un sacré bon journaliste.Entre nous, ça a cliqué très vite », se rappelle-til.L'amitié était à ce point cimentée entre eux qu'à tour de rôle, l'un a été le patron de l'autre sans qu'aucun n'en souffre.Durant un moment, alors que M.Desjardins était rédacteur en chef de l'émission Le Point, tous deux travaillaient en étroite collaboration, une période qu'a visiblement adorée M.Saint- Laurent, alors patron au bulletin d'information.En janvier dernier, tous deux ont été photographiés ensemble lors de la télédiffusion du Gala Excellence de La Presse, ce qui devait être la dernière photo publiée de M.Desjardins.Les deux hommes allaient régulièrement manger ensemble, ayant le bonheur d'échanger autant sur le métier de journaliste que sur leur famille.« Marcel était un homme de famille, le genre de gars qui allait aux réunions de parents lorsque ses fils étaient à l'école.Il les suivait dans toutes leurs activités, s'inquiétait parfois pour eux et les a beaucoup aidés.» L'ancien président et éditeur de La Presse, Roger D.Landry, se disait hier « complètement dévasté » par le décès de Marcel Desjardins, qu'il avait embauché à la fin des années 80.« Marcel n'était absolument pas influençable d'aucune façon.C'était un homme de valeurs, un homme de famille.C'était vraiment un homme d'information, très engagé, un très grand professionnel qui faisait son métier avec une rigueur et une pureté exemplaires », a-t-il dit.Hier, amis et collègues se souvenaient de Marcel Desjardins comme d'un homme passionné, intègre, cultivé, rigoureux, doté d'un sens aigu de la nouvelle et doublé d'un bon vivant.Un homme à la stature imposante qui lisait tout.Voyait tout.Et entendait tout.Claude Papineau, qui a connu Marcel Desjardins comme courriériste parlementaire à Ottawa dans les années 1970, a toujours gardé contact avec ce « grand journaliste ».« C'est le bonhomme le plus extraordinaire avec qui on pouvait faire affaire », souligne celui qui est aujourd'hui vice-président des services français de la Presse Canadienne.Marcel Desjardins a toujours eu la passion du terrain, d'être au coeur de l'action, ajoute M.Papineau.« Quand il est devenu patron, il me disait : Je m'ennuie du terrain.Je rêve la nuit que je suis encore là à faire le travail de reporter », précise-t-il.Léon Bédard, qui a côtoyé Marcel Desjardins au Droit d'Ottawa au début des années 1960, abonde : « C'était un gars de terrain d'abord et avant tout.C'était un bûcheur.Je vois encore les feuillets qu'il apportait au pupitre, tout raturés et corrigés.Il était d'une rigueur à toute épreuve », note M.Bédard, aujourd'hui conseiller spécial à la direction du Barreau du Québec.Dans un communiqué, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien dit avoir appris avec « grande tristesse » le décès de M.Desjardins.« Je sais que sa disparition soudaine frappe durement sa famille, ses amis et ses collègues, a déclaré M.Chrétien.Sa brillante carrière témoigne de la contribution inestimable qu'il a apportée au journalisme et aux affaires publiques, tant au Québec que dans l'ensemble du Canada.Jamais nous n'oublierons sa personnalité dynamique et son talent extraordinaire.Je garde de bons souvenirs des années où il était correspondant parlementaire à la Chambre des communes.» Le premier ministre du Québec, Bernard Landry, a transmis en privé ses condoléances à la famille de M.Desjardins, a indiqué hier son attaché de presse, Hubert Bolduc.« Le monde de la presse perd aujourd'hui un de ses grands.Marcel Desjardins était reconnu pour son intégrité et sa rigueur journalistiques.Son sens de l'éthique et de la justice manquera à tous ceux et celles qui l'ont côtoyé », a pour sa part commenté, dans un communiqué, le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, Jean Charest.Avec la collaboration d'André Duchesne et de Gilles Toupin Turquie en cas de guerre avec l'Irak.À Bruxelles, un diplomate de haut rang s'est voulu rassurant, exprimant l'espoir de l'OTAN de parvenir à un compromis pour sortir de l'impasse lors de la seconde réunion extraordinaire des ambassadeurs alliés aujourd'hui.Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a soutenu que « la planification se poursuivra hors de l'OTAN si nécessaire », tout en se disant « sûr que l'OTAN trouvera un moyen d'y arriver finalement ».Plus sobre, le secrétaire d'État, Colin Powell, a souhaité que les membres de l'alliance atlantique se rendent compte « maintenant qu'ils ont une obligation d'aider un membre de l'OTAN qui a demandé une assistance ».Nicholas Burns, l'ambassadeur américain auprès de l'OTAN, avait cependant exprimé auparavant des vues différentes en affirmant que l'alliance traversait une « crise pour sa crédibilité ».Et l'ancien secrétaire d'État, Henry Kissinger, juge, dans une lettre ouverte publiée hier par le Washington Post, que la question du désarmement de l'Irak avait d'ores et déjà provoqué « la crise la plus grave au sein de l'Alliance atlantique depuis sa fondation » en 1949.Le rapprochement sur l'Irak entre la France, l'Allemagne et la Russie a le don d'ulcérer les États-Unis.Pour Colin Powell, les idées francoallemandes « ne répondent pas au problème ».« Ce dont nous avons besoin, a-t-il dit, ce n'est pas de plus d'inspecteurs, c'est de plus de coopération » de la part de l'Irak.Les chefs des inspecteurs en désarmement de l'ONU, Hans Blix et Mohamed El Baradei, ont toutefois réservé un tiède accueil aux propositions franco-allemandes.« Toute augmentation (du nombre des inspecteurs) est la bienvenue, mais nous avons besoin aussi d'une coopération active de l'Irak et des informations utilisables (sur l'armement irakien) de la part des pays membres » du Conseil de sécurité de l'ONU, a indiqué M.El Baradei.Au même moment, l'Irak s'est engagé à se conformer entièrement à son obligation de désarmer.Les vols d'avions espions U2 réclamés par les inspecteurs de l'ONU sont désormais autorisés « sans conditions » au-dessus de l'Irak, a déclaré l'ambassadeur irakien à l'ONU, Mohamed Al-Douri.« Tout est maintenant résolu, nous essayons d'éviter la guerre à tout prix », a-t-il ajouté.M.Al- Douri a également déclaré que, outre les U2, des Mirage français et des Antonov russes seraient autorisés à survoler le territoire irakien.À Bagdad, un porte-parole irakien a annoncé que deux Irakiens ont été tués et neuf autres blessés hier par des bombardements aériens américano-britanniques sur des installations civiles à Bassorah, dans le sud de l'Irak.Le Pentagone a indiqué de son côté que le raid avait eu lieu contre un système de missiles sol-air, mais n'a pas fait état de victimes.Enfin le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a invité le Conseil de sécurité à réfléchir à la mise en place d'une action humanitaire en cas de guerre contre l'Irak, tout en répétant qu'il espérait une issue pacifique à la situation.Il a invité les membres du Conseil de sécurité à le rencontrer jeudi, soit deux jours avant la tenue, à Genève, d'une conférence internationale sur les conséquences humanitaires d'une guerre contre l'Irak.EUROPE Suite de la page A1 Elle était convoquée à la demande des États-Unis et de la Turquie pour approuver d'importantes mesures militaires de l'alliance en territoire turc à la frontière irakienne : envoi de troupes de l'OTAN en remplacement de soldats américains, mise en place d'un dispositif de protection des voies maritimes, etc.Les décisions de l'alliance atlantique se prenant par consensus, chaque pays membre a de fait un droit de veto.La France et la Belgique \u2014 appuyées par l'Allemagne \u2014 ont donc fait savoir qu'elles s'opposeraient à ces mesures.« Leur adoption signifierait que l'OTAN est déjà entrée dans une logique de guerre dans la crise irakienne, a dit le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel.Alors que, pour l'instant, nous refusons justement la fatalité de la guerre.» Cette rebuffade subie par les États-Unis a eu pour effet de faire sortir de ses gonds le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld : « C'est une erreur, a-t-il dit aux journalistes.Notre intention est d'aller de l'avant.De préférence avec l'OTAN.Mais, s'il le faut, avec d'autres alliés.» En réalité, ce double veto ne constitue pas une fin définitive de non-recevoir aux demandes turques de renforcement de ses forces face à l'Irak.Mais cette demande devra être reformulée et présentée par la seule Turquie, en invoquant l'article 4 et des menaces réelles sur son « intégrité territoriale ».La France et l'Allemagne ont annoncé qu'elles ne s'opposeraient pas à cette demande ainsi reformulée \u2014 et qui, du fait même, concernerait une aide militaire nettement plus limitée et sélective.Ce serait une affaire de quelques jours et, comme le soulignent les Belges et les Français, « la sécurité de la Turquie n'est nullement en cause ».Il n'en reste pas moins que, selon les spécialistes, c'est la première fois depuis la création de l'OTAN en 1948 que des pays membres utilisent leur droit de veto « de fait » pour contrer une proposition américaine.Ce qui ne détend pas vraiment l'atmosphère de part et d'autre de l'Atlantique.Cette crise intervient après les débats pour le moins « directs », à Munich pendant le week-end, entre Français, Allemands et Américains.Rumsfeld agitant la menace de l'« isolement » pour la France et l'Allemagne.Tandis que, de son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Joshka Fischer, déclarait ne pas être « du tout convaincu » par la stratégie américaine.Et que la ministre française de la Défense, Michèle Alliot-Marie, ironisait sur le jet lag dont souffrirait M.Rumsfeld.Un climat d'hostilité comme on n'en avait pratiquement jamais vu au sein de l'alliance atlantique.Poursuite du feuilleton diplomatique, hier en fin d'après-midi à Paris, où le président russe entreprenait une visite d'État de trois jours en France.Après de premiers entretiens en tête à tête prolongés, et qui ont retardé de 45 minutes la déclaration commune des deux chefs d'État, MM.Poutine et Chirac ont \u2014 en apparence du moins \u2014 défendu une position identique : « Tout doit être mis en oeuvre pour l'élimination des armes de destruction massive en Irak \u2014 dans la mesure où on en trouverait, ce dont pour l'instant il n'existe pas de preuves irréfutables \u2014, et les inspections de l'ONU doivent être poursuivies et renforcées ».Vladimir Poutine, qui avait déjà déclaré la veille à Berlin que « le recours à la guerre n'était actuellement pas justifié », a confirmé son identité de vues avec Paris.Un soutien affirmé de la Russie à la « vieille Europe » suffirait à changer radicalement le rapport de force au Conseil de sécurité et au sein de la communauté internationale, et ce sont les États-Unis et la Grande-Bretagne qui, du coup, se retrouveraient isolés face à ses plus importants partenaires.CLSC Suite de la page A1 Ni même le rôle que Pauline Marois les avait conviés à jouer lorsqu'elle était ministre de la Santé et avait dit qu'ils devaient être la porte d'entrée du réseau en première ligne », a affirmé le directeur général du Conseil pour la protection des malades, Paul Brunet.Les CLSC jouent très bien leur rôle dans certains secteurs, notamment en matière de services communautaires et soins à domicile, a fait remarquer M.Brunet.« Il y a des choses qu'ils font très bien, mais ce qui m'attriste, c'est qu'à bien des égards, le réseau de première ligne aurait pu être renforcé par les CLSC », a-t-il déploré.Il a par ailleurs confirmé qu'il est très difficile d'avoir accès aux services médicaux en CLSC « si un médecin ne vous connaît pas ».« Il y a des problèmes importants dans notre région pour l'accessibilité aux services médicaux en général, qu'ils soient offerts en CLSC ou en cabinet », a indiqué Mme Doyon.Elle a néanmoins admis que les CLSC ont des problèmes particuliers de recrutement et de rétention des effectifs médicaux.Et la situation risque fort de se détériorer, a-t-elle soutenu.C'est que Québec ne reconnaîtra bientôt plus, comme c'était le cas jusqu'ici, certains actes médicaux en CLSC comme des activités médicales particulières (AMP).La loi oblige les omnipraticiens à consacrer un certain nombre d'heures par semaine à ce type d'activités, ce qui jouait en faveur des CLSC.Parmi les établissements avec lesquels La Presse a pris contact, c'est le CLSC du Vieux-Lachine qui offrait un rendez-vous médical le plus rapidement, soit mercredi ou vendredi.Les places s'étaient libérées en raison d'annulations.Les CLSC Olivier-Guimond, Verdun et Côte-Saint-Paul ont déclaré qu'il était carrément impossible de voir un médecin.Même son de cloche aux CLSC Pierrefonds, Lac-Saint- Louis et Montréal-Nord, sauf dans le cas de patients de moins de 25 ans.Quant au CLSC Mercier-Est/ Anjou, seuls les aînés peuvent y avoir droit à une visite médicale.Le taux annuel du coût d'emprunt sur le terme du prêt (TAC) sera généralement égal au taux d'intérêt indiqué.Le TAC est basé sur un prêt type qui constitue une représentation fidèle de l'ensemble des prêts offerts.Cependant, dans certaines circonstances, certains frais pourraient s'ajouter au taux d'intérêt qui auraient pour effet d'augmenter le TAC.Cette offre d'une durée limitée est sujette à changement sans préavis et ne peut être jumelée à aucune autre promotion.Les prêts sont sous réserve d'approbation du crédit.Certaines conditions s'appliquent.Taux en vigueur au 4 février 2003.Payez moins.sans négocier ! Hypothèque à taux fixe : 5,54% pour 5 ans.L'HYPOTHÈQUE SIMPLIFIÉE » 1 866 BLC-2088 5,54% 3114014A 2LP0301A0211 A-3 MARDI MONDE 2LP0301A0211 ZALLCALL 67 22:07:28 02/10/03 B LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 A3 La crise avant la crise ANALYSE d l e m a y @ l a p r e s s e .c a Le général allemand Harald Kujat, président du comité militaire de l'OTAN, a briefé les ambassadeurs, hier à Bruxelles, sur les « préoccupations » de sécurité de la Turquie à l'approche d'une probable attaque américano-britannique sur l'Irak.« Les préoccupations sont légitimes et les menaces sont réelles », a déclaré plus tard Lord Robertson, secrétaire général de l'alliance atlantique.La Turquie est le seul pays membre de l'OTAN qui partage une frontière avec l'Irak.Depuis 1998, les chasseurs de la US Air Force partent de la base turque d'Incirlik pour leurs missions dans le nord de l'Irak visant à interdire l'activité aérienne irakienne au nord du 36e parallèle (no-fly zone).Depuis plusieurs semaines, des unités de génie militaire américaines travaillent à moderniser des aéroports turcs qui accueilleront bientôt, si ce n'est déjà fait, d'autres avions américains, de transport, de surveillance et de combat.Le Parlement turc s'apprête par ailleurs à autoriser le déploiement de troupes américaines sur son territoire, déploiement indispensable au plan du Pentagone d'attaquer l'Irak sur deux axes : du nord, à partir de la Turquie, du sud, à partir du Koweït.Ankara doit aussi voter l'envoi de troupes turques dans le nord de l'Irak.Pour des missions « humanitaires », dit-on officiellement, mais il est clair que l'objectif réel sera d'assurer une présence dans les territoires kurdes.En plus d'une frontière, la Turquie et l'Irak « partagent » la présence de populations kurdes qui, bien que divisées en de multiples partis et factions, n'en aspirent pas moins à cet État national qu'on leur avait promis en 1920.Les États-Unis ont garanti l'intégrité du territoire national irakien après Saddam, mais quand même.Pour toutes ces raisons, la Turquie se présente comme une cible potentielle à une attaque de missiles irakiens.La menace est « réelle », comme elle l'est pour les autres voisins de l'Irak d'où les Américains lanceraient des attaques : le Koweït où campent présentement plus de 40 000 G.I., et d'autres petits États du Golfe (Qatar, Bahreïn, etc.), l'Arabie Saoudite qui a annoncé hier qu'elle permettrait à Washington d'utiliser la base aérienne de Prince Sultan, près de Riyad (avec restrictions sur le type d'appareils).Officiellement « neutre », la Jordanie, pour sa part, n'en a pas moins accepté le déploiement de missiles antimissiles américains Patriot (et de soldats américains pour les servir), pour l'interception éventuelle des Scuds que l'Irak lancerait vers Israël.En faisait appel à l'OTAN, le mois dernier, Washington voulait déléguer à l'alliance une partie des responsabilités de la défense de la Turquie.La demande révisée portait sur trois points : 1.déploiement de batteries de Patriot ; 2.déploiement aérien d'avions de surveillance et de contrôle AWACS ; 3.renforcement de la protection contre des attaques nucléaires, biologiques ou chimiques.Rappelons que, pour rendre ses demandes « agréables » à tous les pays de l'OTAN, Washington avait retiré deux de ses demandes originales, soit le remplacement des troupes américaines basées en Allemagne et l'augmentation des patrouilles maritimes en Méditerranée.La présente « crise » vient du fait que des membres de l'Alliance\u2014la France, l'Allemagne et la Belgique\u2014se servent exceptionnellement de la plate-forme de l'OTAN pour continuer d'exprimer, il est encore temps, leur désaccord avec les volontés de guerre des États-Unis et de la Grande-Bretagne.Dans le langage de l'OTAN, où « qui ne dit mot consent », on dit que les trois pays ont « rompu le silence ».Ça fait beaucoup de bruit, mais dès qu'il sera clair que la « fenêtre » diplomatique est définitivement fermée, les « dissidents » vont rentrer dans le rang.Les représentants français, belge et allemand ont tous trois affirmé hier leur « détermination à remplir toutes leurs obligations découlant du traité à l'égard de tous les alliés, notamment la Turquie ».Après la guerre contre l'Irak, toutefois, l'OTAN ne pourra plus différer le difficile exercice de redéfinition que lui impose la nouvelle réalité géostratégique mondiale.L'OTAN a été formée il y a plus d'une demisiècle pour faire face à la menace du bloc communiste.Or la fin de la guerre froide en 1990, on l'a souvent dit, a aussi marqué la fin de l'unité stratégique de l'alliance.L'OTAN apprend maintenant que sa dimension multilatérale se conjugue de plus en plus mal avec les attitudes « insulaires » de l'hyperpuissance américaine.Les vieux d'ici diraient que « avec des amis de même, on n'a quasiment pas besoin d'ennemis ».Photo PC Le premier ministre du Canada Jean Chrétien a reçu hier en visite officielle son homologue suédois Göran Persson.Chrétien appuie les préparatifs de l'OTAN en Turquie G I L L E S TOUPIN OTTAWA \u2014 Le premier ministre Jean Chrétien s'est résolument rangé du côté des États-Unis hier en qualifiant de « normale » la proposition américaine d'accroître immédiatement le système de défense de la Turquie afin de parer à toute menace en provenance du voisin irakien, même si aucune guerre contre Bagdad n'est encore déclenchée.Infligeant ainsi un camouflet à ses alliés de l'OTAN que sont la France, l'Allemagne et la Belgique \u2014 qui se sont formellement opposées par veto à Bruxelles hier au démarrage de préparatifs militaires de l'OTAN en Turquie \u2014, M.Chrétien estime qu'il vaut mieux prévenir que guérir.« Être prêt et faire des plans de préparation en cas de problèmes, c'est normal », a dit le premier ministre, en présence de son homologue suédois en visite officielle à Ottawa, Göran Persson.Plus tard hier, la Turquie a exigé un débat d'urgence sur cette question en invoquant l'article 4 du traité de l'alliance, jamais utilisé auparavant, qui précise que les membres doivent se consulter lorsqu'un pays du groupe croit que l'intégrité de son territoire est menacée par un ennemi.M.Chrétien, tout en appuyant la demande d'Ankara de recevoir l'aide des alliés, a par ailleurs affirmé qu'il était trop tôt pour dire si le Canada allait lui-même participer aux préparatifs de défense de la Turquie.« Les Turcs, qui risquent plus que quiconque d'être pris au piège de ce problème, veulent être prêts, en raison de leur voisinage avec l'Irak, estime Jean Chrétien.Ils veulent le déploiement de certains équipements, en cas de guerre.Nous sommes membres de l'OTAN, ils sont membres de l'OTAN et s'ils veulent se protéger et être prêts, c'est normal.Nous appuyons cela.» Le premier ministre a ainsi rejeté les affirmations de la France, de l'Allemagne et de la Belgique qui croient que toute disposition immédiate pour défendre la Turquie enverrait le signal que la guerre est commencée.M.Chrétien a répété hier qu'il espérait qu'il n'y aurait pas de guerre et que son gouvernement avait choisi un seul et unique camp, « celui qui requiert l'autorisation des Nations unies » avant de pouvoir attaquer l'Irak.Il a par ailleurs écarté le scénario de l'envoi de Casques bleus en Irak pour désarmer pacifiquement le régime de Saddam Hussein, affirmant qu'il n'existait pas de proposition semblable de la France et de l'Allemagne à l'heure actuelle, ce qu'ont d'ailleurs reconnu ces deux nations.« Notre position, c'est (la résolution) 1441 », a répété M.Chrétien, une position appuyée d'ailleurs par son homologue suédois, Göran Persson.« M.Blix va faire rapport vendredi et nous verrons le rapport.Estce qu'il recommandera lui-même d'avoir plus d'inspecteurs et de demander un délai ?Nous verrons.Je ne veux pas spéculer làdessus.Débat sur une motion du Bloc québécois G I L L E S TOUPIN OTTAWA \u2014 Le Bloc québécois, qui exige une deuxième résolution de l'ONU avant toute participation canadienne à un conflit armé en Irak, a reproché hier au premier ministre son « silence » sur ses véritables intentions et son « attentisme » sur toute la question irakienne.Le Bloc a d'ailleurs soumis à la Chambre des communes hier, lors d'une journée de l'opposition consacrée à la crise irakienne, une motion qui demande que la Chambre « ne considère l'envoi de troupes en Irak par le gouvernement qu'à la suite d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant explicitement une intervention militaire en Irak ».Le Bloc estime qu'en votant contre cette proposition cette après-midi, le gouvernement libéral fera croire qu'il est prêt à appuyer une action américaine en Irak hors du cadre multilatéral de l'ONU, une position que M.Chrétien s'est bien gardé d'énoncer jusqu'à présent.En votant pour la proposition, le gouvernement risque d'autre part de se lier les mains si jamais un veto d'un membre permanent du Conseil de sécurité contrecarre les desseins de la majorité de ses 15 membres.Le leader en Chambre du gouvernement, Don Boudria, a d'ailleurs indiqué hier que le gouvernement voterait contre la motion bloquiste parce que sa formulation laisse croire à l'interdiction de tout débat sur la crise aux Communes avant une décision du Conseil de sécurité.Le député Réal Ménard a qualifié de « macédoine indigeste » et de « stupide » l'interprétation faite par le ministre Boudria de la motion du Bloc.Une autre motion de l'opposition sera mise aux voix de la Chambre cette après-midi.Proposée par le leader en Chambre de l'Alliance canadienne, John Reynolds, cette proposition demande au gouvernement que les Communes appuient l'éventuelle décision prise par le gouvernement de participer à une campagne militaire pour désarmer Saddam Hussein et que cela se fasse le premier jour de séance suivant cette prise de décision. 2LP0401A0211 A4 mar 2LP0401A0211 ZALLCALL 67 20:33:16 02/10/03 B A 4 L A P R E S S E MONT R É A L MA R D I 1 1 F É V R I E R 2 0 0 3 L'OTAN en crise L'Irak aux quatre vents JOONEED KHAN EN JORDANIE envoyé spécial AMMAN \u2014 On a quitté Bagdad dimanche par une journée superbe, douce et sans nuage, qui s'est avérée un tournant vers une nouvelle baisse de la tension : aussitôt arrivé à Amman, on a pu voir à CNN et à Al-Jazira Hans Blix et Mohamed El Baradei saluer « le début d'un changement d'attitude de l'Irak ».L'Irakien Amer El-Saadi, souriant aux médias, a ensuite confirmé la volonté de son pays de coopérer pleinement avec les inspecteurs de l'ONU.La menace d'une frappe américaine s'éloigne-t-elle pour autant ?Pas du tout.À l'hôtel Al Fanar, tout le personnel, les employés des boutiques, les chauffeurs de taxi nous ont longuement serrés dans leurs bras, avec des souhaits de bonheur et des invitations de revenir bientôt \u2014 quoi qu'il advienne.Le roulement de pacifistes de pays les plus divers est permanent.À la veille de l'Eid al-Adha, la fête du hadj et du sacrifice d'Abraham, ceux qui restent et ceux qui arrivent à Bagdad savent qu'ils risquent d'être pris rapidement sous les bombes \u2014 ils pensent que Washington va frapper quelques jours après la fin du hadj, le temps de permettre aux deux millions de pèlerins de quitter La Mecque et de regagner leurs divers pays d'origine.Deux Canadiens ont fait avec moi le retour à Amman, Mary Foster et Manmohan Singh Panesar ; une troisième, Lisa Ndejuru, de Montréal, a choisi de rester.« Je devais partir avec vous.Je sais que mes parents craignent pour ma sécurité.Mais tout ce que je suis aujourd'hui, mes études religieuses, mon engagement humaniste, mes activités de solidarité avec le réseau de soutien au Québec et au Canada, tout cela est intimement lié à ma présence à Bagdad, aux côtés des Irakiens assiégés et menacés d'une nouvelle attaque apocalyptique », a-t-elle expliqué.Au moins trois autres Canadiens se préparent à affronter le pire à Bagdad : il s'agit d'une jeune femme de Winnipeg, d'une autre de Toronto et d'un étudiant de Waterloo, en Ontario, arrivés la semaine dernière avec le Christian Peace Team (CPT).Alors que nous quittions Bagdad pour Amman, ils prenaient la route de Mossoul, au coeur du Kurdistan irakien, pour des rencontres avec des Kurdes, des chrétiens et des imams.J'étais entré dans Bagdad la nuit.En traversant en plein jour la ville en direction de la frontière jordanienne, j'ai vu pour la première un superbe monument abstrait dominant une grande place : deux énormes blocs de marbre à la base carrée mais sculptés vers le haut en de gracieuses courbes enlacées, d'une insoutenable délicatesse.« C'est une nouvelle sculpture.Elle s'appelle Al Liqa, la prochaine rencontre ou le rendez-vous », a expliqué Sattar, le chauffeur.Sur la belle autoroute à trois voies en chaque sens, avec Sattar roulant à 140-150 km/h, de nombreux véhicules, dont de gros taxis, nous précédaient et nous suivaient, le toit chargés de lourds bagages.« Les Irakiens qui ont les moyens, ou qui ont des permis de travail en Jordanie ou de la parenté en Syrie, s'en vont par crainte d'une attaque américaine », a dit Sattar.« La Jordanie nous refoule.Elle a peur d'une vague de réfugiés.Mais j'ai un cousin à Amman.La Syrie nous accueille plus facilement », a expliqué Abid, commerçant de 45 ans et père de quatre enfants, pendant qu'on attendait ensemble les formalités de sortie au poste frontière irakien de Qadisiyah.Les familles fuyant l'attaque jugée imminente vont pour la plupart en Syrie ; le gros du cortège a bifurqué vers la frontière syrienne longtemps avant Qadisiyah.Parmi les partants, beaucoup d'hommes seuls, avec pour tout bagage un baluchon ou un petit sac à dos.Côté jordanien, au poste frontière d'Al Karameh, encore des hommes seuls, faisant du pouce pour gagner Amman.« S'ils nous demandent de les prendre à bord, dites non, on ne sait pas à qui on a affaire et on peut avoir des ennuis avec les Jordaniens », a conseillé Sattar.Lui-même, Irakien, n'a pas le droit d'entrer dans Amman avec son véhicule ; il se gare à la périphérie et transborde ses passagers dans des taxis jordaniens.Il y a en Jordanie quelques camps de réfugiés irakiens, surtout des Kurdes et des chiites partis lors de l'écrasement de leur soulèvement en 1991 contre le régime de Bagdad.Mais il y a aussi des Arabes sunnites, tel Abdel Qadir, 32 ans, qui fut jeté en prison pour avoir esquivé le service militaire.« Les Irakiens n'ont pas d'avenir en Jordanie, mais je ne peux pas retourner en Irak sous la régime actuel », a-t-il dit, ajoutant toutefois qu'il s'opposait à une attaque américaine.À l'hôtel Monzer à Amman, et dans les autres hôtels entourant le terminus d'autobus d'Abdali, de nouveaux contingents de pacifistes américains, français, allemands, italiens, espagnols continuent d'arriver : ils s'organisent là pour obtenir les visas irakiens avant de gagner Bagdad par la route ou par air, les lignes jordaniennes assurant la liaison Amman-Bagdad.« Si les frappes commencent, tout va changer », dit Lorna, de l'État de New York, coordonnatrice du CPT.On a quitté l'Irak, mais l'Irak nous retient : journaux, radios, télés, conversations de rue, tout le monde à Amman ne parle que de l'attaque américaine appréhendée, tout le monde ne pense qu'aux Irakiens.Le pouvoir jordanien est proaméricain, malgré ses précautions compte tenu de sa majorité palestinienne et de ses militants islamistes.Dans la population, c'est autre chose : le Front d'action islamique appelle les gens à éteindre les lumières pendant une heure vendredi à 20 h, et à se joindre le lendemain aux manifs antiguerre prévues de par le monde, avec des tintamarres de casseroles, de tambours et de sifflets.Manmohan Singh Panesar est persuadé que son séjour en Irak a été utile.« J'ai rencontré des Irakiens chez eux, j'ai vu comment ils survivent malgré les sanctions, les bombardements et les effets de la guerre de 1991, ils m'ont parlé de leurs rêves et de leurs ambitions.Je ramène des voix et des images d'une grande richesse que j'entends transmettre aux Canadiens pour qu'ils voient l'Irak au-delà des clichés et des stéréotypes officiels des va-t-en-guerre », a-t-il affirmé.Coup de théâtre à Bruxelles : la France, l'Allemagne et la Belgique refusent de donner leur aval à des préparatifs militaires visant à protéger la Turquie en cas de guerre contre l'Irak.L'OTAN, alliance militaire héritée de la guerre froide, traverse la pire crise de son histoire.Voici quelques éclaircissements sur ce nouvel épisode de la confrontation entre les États-Unis et ce que le ministre américain de la Défense, Donald Rumsfeld, a appelé « la vieille Europe ».AGNÈS GRUDA Q Qu'est-ce que l'OTAN ?R Le traité de l'Atlantique Nord a été signé en avril 1949, par 10 pays européens et deux pays nordaméricains : le Canada et les États-Unis.L'OTAN est l'organisation qui administre ce traité par lequel les pays signataires s'engagent à se porter mutuellement assistance en cas d'agression extérieure.C'est le principe des trois mousquetaires : un pour tous, tous pour un.Au moment de sa fondation, l'OTAN répondait à une grande menace : celle posée par l'Union soviétique et les forces du pacte de Varsovie.Depuis l'effondrement de l'empire soviétique, l'OTAN a élargi ses rangs, à d'anciens pays de l'Europe de l'Est.Mais l'alliance a aussi dû trouver sa place dans un nouveau contexte international.Elle la cherche encore.Q Qui sont les membres de l'OTAN ?R Aujourd'hui, l'OTAN compte 19 membres.Par ordre alphabétique : l'Allemagne, la Belgique, le Canada, le Danemark, l'Espagne, les États-Unis, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Islande, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Turquie.Q L'OTAN a-t-elle déjà participé à des offensives militaires ?R Paradoxalement, pendant toute la période de la guerre froide, l'OTAN a joué un rôle essentiellement dissuasif.Sa première guerre a été celle du Kosovo, en 1999 : estimant que la majorité albanaise de cette province de la Serbie risquait d'être victime d'un crime contre l'humanité, l'OTAN a lancé une attaque contre Belgrade.Cette décision avait été prise sans l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU.Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, l'OTAN a jugé qu'il s'agissait d'une agression contre un de ses membres, justifiant une réponse commune, en vertu de l'article 5 de sa charte.Mais si elle a appuyé le principe de la riposte militaire, l'OTAN a laissé les États-Unis mener seuls leur offensive contre l'Afghanistan.Selon le politicologue Albert Legault, Washington préférait garder les mains libres et ne pas s'empêtrer dans les procédures de décision communes.Q Comment l'OTAN prend-elle ses décisions ?R Toutes les décisions sont prises à l'unanimité.Ce qui signifie que chacun des 19 membres dispose d'un droit de veto.Q Qu'est-ce qui a provoqué la crise actuelle ?R La crise au sein de l'OTAN est le résultat de profondes divergences d'opinion au sujet de l'opportunité de lancer une offensive militaire pour désarmer l'Irak.Les mêmes divergences déchirent le Conseil de sécurité de l'ONU.Mais la crise est plus vive au sein de l'OTAN parce qu'il s'agit d'une alliance fondée sur une communauté d'intérêts stratégiques, mal armée pour gérer les dissensions.Q Qu'est-il arrivé au juste ?R Depuis la mi-janvier, les États-Unis cherchent à convaincre l'OTAN de s'engager dans des préparatifs militaires en prévision d'une guerre contre l'Irak.La « liste d'épicerie » de Washington comprend, entre autres, le déploiement de missiles antimissiles Patriot et d'avions radars AWACS en Turquie, pays voisin de l'Irak.Hier, la Belgique, la France et l'Allemagne ont refusé de donner suite à cette demande, estimant qu'elle pousserait la crise irakienne dans une « logique de guerre », alors que tous les moyens diplomatiques n'ont pas été épuisés.À la suite de ce refus, la Turquie a invoqué l'article 4 de la Charte de l'OTAN \u2014 qui permet à un pays signataire du traité de demander des « consultations » s'il croit que sa sécurité ou son intégrité physique sont menacées.Q En quoi ces événements constituent-ils une « crise » ?R L'article 4 n'avait jamais été invoqué en 54 années d'existence de l'OTAN.Et les membres de l'Alliance n'ont jamais été divisés par un clivage aussi profond.La seule crise qui s'approche de la situation actuelle est la « crise des euromissiles » qui a causé des palpitations à l'OTAN au début des années 1980.Mais à l'époque, le projet d'installation de fusées Pershing pour faire contrepoids à de nouveaux missiles soviétiques se heurtait surtout à l'opposition de l'opinion publique, rappelle Jocelyn Coulon, du Centre Pearson pour la paix.Aujourd'hui, les ministres s'insultent et se menacent mutuellement \u2014 c'est du jamais vu dans l'histoire de l'OTAN.Q L'organisation risque-t-elle d'éclater ?R Les experts ne le croient pas : aucun pays n'a intérêt à se retirer de l'alliance.Mais, comme l'a signalé l'ancien secrétaire d'État américain, Henry Kissinger, l'OTAN est en train de jouer sa crédibilité.La crise aura aussi un impact déterminant sur le rôle futur d'une organisation qui, une décennie et des poussières après la fin de la guerre froide, cherche toujours sa place sur le nouvel échiquier mondial.« Les États-Unis souhaitent transformer l'OTAN en une force rapide servant leurs intérêts », analyse Albert Legault.Les pays de la « vieille Europe » résistent.Au coeur de la confrontation : l'avenir de l'unilatéralisme américain.Q La crise au sein de l'OTAN peut-elle empêcher la guerre contre l'Irak ?R Non.L'administration Bush s'est déjà montrée prête à lancer une offensive, avec ou sans Conseil de sécurité, et avec ou sans l'OTAN.Photo AP © Un soldat irakien monte la garde à l'extérieur d'une usine de missiles en périphérie de Bagdad, où les inspecteurs de l'ONU étaient de passage hier.1 800 463-5229 Capital entièrement garanti.Rendement selon la performance boursière des 30 plus grandes entreprises du Québec (Indice Québec-30MC).Nouvelle émission en vente jusqu'au 3 mars 2003.REER OBLIGATIONS BOURSIÈRES DU QUÉBEC La Bourse sans le 9-1-1: Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis du 11 janvier au 1er mars, de 10 h à 16 h.Passez nous voir au 2000, av.Mc Gill College à Montréal, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h.Visitez le www.placementsqc.gouv.qc.ca Pour connaître les entreprises composant l'Indice Québec-30MC, visitez le www.iq30-iq150.org Choix du terme Boni REER de 1% du capital investi, applicable sur les nouveaux fonds REER.5ans 10ans rendement maximal de 60% sans limites de rendement 3116027A 2LP0502A0211 a5 mar 2LP0502A0211 ZALLCALL 67 23:48:22 02/10/03 B LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 A5 PIERRE FOGLIA p f o g l i a @ l a p r e s s e .c a Lemal est fait Différée par la grippe, toutes mes excuses, voici donc la conclusion de l'histoire de X, cette athlète soupçonnée de dopage sans être accusée de rien.Je vous devine en attente de nouveaux rebondissements, n'y comptez pas trop.Pas maintenant.C'est que l'affaire est loin d'être terminée.Demain soir, le comité de discipline du Collège des médecins recevra la requête de l'avocat de Radio-Canada qui demande la levée de l'ordonnance de nonpublication.Le comité recevra également les requêtes de l'avocat de X qui, lui, demande le huis clos et un autre truc.Quelles que soient les décisions du comité de discipline, il est à parier qu'une ou l'autre des parties fera aussitôt appel, probablement devant le Tribunal des professions, ce qui peut prendre plusieurs mois.On n'a pas fini d'écrire avec des X et des points de suspension.Pour la forme, juste pour la forme.À peu près tout le monde qui s'intéresse à cette histoire sait maintenant qui est X.Le mal est fait.J'ai travaillé sur cette histoire avec Pierre Hamel, directeur des éditions Tricycle , qui publient la revue Vélomag.Vers la mioctobre, nous avons eu une rencontre pour décider de la suite des choses.On publie ou on ne publie pas ?On a relu nos notes et on s'est reposé la même question pour la 250e fois.Étions-nous devant une athlète dopée à l'EPO ?Nous étions devant un médecin accusé d'avoir administré de l'EPO à une athlète à UNE REPRISE comme test diagnostique.Autre accusation qui venait éclairer la précédente : on reproche aussi à ce médecin d'avoir mal soigné l'anémie de cette athlète.Or, l'EPO est précisément utilisée pour soigner l'anémie.Ce pouvait-il, selon la formule devenue risible depuis Virenque, que X ait été dopée à son insu ?Une shot d'EPO, c'est possible.Mais il est impossible de doper un athlète à l'EPO \u2014 des prises répétées à différentes périodes de l'année \u2014 sans sa pleine et consciente coopération.Alors, étions-nous devant une entreprise de dopage à l'EPO ?Étionsnous dans une de ces affaires comme il y en a eu deux douzaines en Europe depuis la fin des années 1980 ?Ou étions-nous devant un médecin irresponsable qui a soigné intempestivement l'anémie de sa patiente avec une shot d'EPO ?Étions-nous devant une athlète dopée ?Pierre et moi avons répondu non.Non, non et non.Cela veut dire que nous ne croyons pas que X soit dopée.Cela ne signifie pas pour autant qu'on ait tout avalé.L'EPO a été inventée entre autres pour soigner l'anémie, mais sûrement pas, spécifiquement, l'anémie des coureuses cyclistes.Et que veut dire ici, comme test diagnostique ?L'EPO n'est jamais utilisée à des fins de diagnostic.Nous n'avons pas aimé non plus que le coach de X nous mente en pleine face quand on lui a demandé s'il connaissait cet orthopédiste.Alors que deux ans plus tôt il en faisait publiquement l'éloge, l'associant sans hésiter au succès de son athlète, oups ! tout d'un coup, il le connaissait un peu, oui, mais pas plus que ça, trois ou quatre visites.Au dossier, il est dit une quinzaine de visites, c'est pas du tout pareil.Pierre et moi, on connaît X depuis ses débuts, pourquoi ne nous avoir jamais dit qu'elle passait toutes ses nuits sous une tente hypoxique (une tente à oxygène) susceptible de modifier sa formule sanguine ?À cause de (ou grâce à) cette tente, son dossier fait état de taux d'hémoglobine très élevés, ce qui ne fait rien pour apaiser les soupçons, au contraire.Alors, allions-nous écrire qu'un médecin était accusé d'avoir intempestivement administré de l'EPO à X à une reprise, en sachant très bien qu'on foutait en l'air la carrière de X ?Déjà que le milieu cycliste la tient à l'écart, déjà que la rumeur l'assassine depuis le début de sa carrière, accoler l'EPO à son nom, c'était lui donner la lèpre pour toujours.Nous avons décidé de ne rien publier.Deux raisons.Je répète, nous étions convaincus (et nous le sommes toujours) que X n'est pas dopée.Seconde raison, de toute façon, les audiences du comité de discipline du Collège des médecins allaient faire la lumière sur toute l'affaire fin février.Depuis la mi-octobre, nous savions bien sûr qu'à tout moment, un collègue journaliste pouvait tomber sur cette histoire par hasard et la raconter dans les limites de l'ordonnance de non-publication rendue le 27 septembre.C'est ce qui est arrivé lundi dernier.Lundi, aux nouvelles de Radio- Canada : scandale dans le monde du sport ; un médecin accusé de prescrire de l'EPO à des athlètes.Parmi eux, une cycliste de grande réputation.Quelque chose du genre.Comme elles ne sont que trois de ce calibrelà, le lendemain, tout le monde savait laquelle des trois c'était.Le mal était fait.Ou serait-ce le bien ?Figurez-vous que ce n'est pas un hasard, figurez-vous que c'est au nom du bien \u2014 disons « du mieux » \u2014 que la nouvelle a « coulé ».L'informateur de mon confrère de Radio-Canada est un vertueux, un croisé de la lutte antidopage.J'ai pu lui parler.Pourquoi avoir alerté la presse, en l'occurrence Radio-Canada ?J'estime qu'on devait rendre cette information publique.Un médecin poursuivi par le Collège pour administration intempestive d'EPO, on ne pouvait garder cela sous silence.Et s'il s'avère que X n'est pas dopée ?Si, au bout du compte, cette histoire devait détruire sa carrière sans jamais apporter la preuve qu'elle se dope ?En quoi la lutte contre le dopage aura-t-elle avancé ?La bonnevie C'est bien que Marcel soit mort dans son sommeil.C'est bien qu'il n'ait pas eu le temps d'avoir des regrets.Il en aurait eu trop.Il aurait été tellement triste de mourir.Un ancien de La Presse qui avait travaillé avec lui à Montréal-Matin m'appelle parfois pour avoir les derniers potins de la boîte : Pis ?Comment va Marcel ?Marcel, mon vieux, il est content.Il est content de quoi ?J'sais-tu, moi.Il est content, c'est tout.Veux-tu que je le lui demande, justement il s'en vient dans l'allée.Marcel ?Marcel ?J'ai Gobeil au téléphone, il veut savoir pourquoi t'es content ?Dis-lui que c'est parce que je mène une bonne vie.Il aimait La Presse et ses gens, il aimait la nouvelle dynamique du journal, il aimait ce qu'il était devenu, lui, dans ce renouveau.Considérable nounours, plein d'une mémoire qui lui servait à calmer le jeu : il avait tout vu dans le métier.Plein, aussi, d'une confiance qu'il n'a pas toujours affichée.Il fut un temps où il était plus gêné et sa gêne passait parfois pour de la brusquerie, ou de l'originalité.Il avait une façon de m'envoyer en reportage très particulière.Il m'appelait chez nous.C'est Marcel.Et avant que je puisse même le saluer, il continuait : Dis donc, Hong Kong, qu'est-ce que t'en penses Que du bien, Marcel.Ben penses-y.J'y pense, Marcel.Et il raccrochait.Le printemps dernier, j'allais en reportage quelque part en Europe, le hasard a fait qu'on a pris le même avion, il allait en vacances en Belgique, c'était le genre à aller en vacances en Belgique, tout en train, pépère, avec sa femme.Nous attendions nos valises au carrousel, je profite de ce qu'il s'éloigne de quelques pas pour me pencher vers sa femme, une toute petite madame, et je lui demande tout bas : « Est-ce qu'il est aussi content à la maison qu'au bureau ?» Marcel ?Il est toujours content.C'est bien que Marcel soit mort dans son sommeil.C'est bien qu'il n'ait pas eu le temps d'avoir des regrets.Il en aurait eu trop.Sheila Copps veut succéder à Jean Chrétien GARDERIES Le Québec en avance sur les autres provinces Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Il y aura finalement une véritable course à la direction du Parti libéral du Canada, affirme la Société Radio-Canada.La ministre du Patrimoine, Sheila Copps, affrontera donc Paul Martin, qui jouit déjà d'une forte avance dans la course.Selon Radio-Canada, Mme Copps lancera officiellement sa campagne jeudi dans sa circonscription de Hamilton, en Ontario.Il semble que Mme Copps ne puisse accepter de voir Paul Martin marcher seul et sans entrave vers une victoire trop facile.Un autre candidat pressenti, le ministre des Finances, John Manley, n'a toujours pas indiqué s'il serait de la lutte.Sheila Copps a la ferme intention de brasser ce vieux parti, comme lorsqu'elle était candidate aux élections en 1990.Mais celle qui se voit incarner la gauche libérale bénéficierait de l'appui de quelques députés seulement.Aucun ministre ne l'appuie pour l'instant.L'ancien ministre du Québec Marc-Yvan Côté y réfléchit, mais n'a pas encore décidé s'il fera campagne auprès de Mme Copps.Seul le député libéral provincial, Gyslain Maltais, s'est engagé à titre d'organisateur pour l'est du Québec.SOPHIE ALLARD LES SERVICES de garde à l'enfance ne cessent de se dégrader au pays depuis 10 ans.Voilà le constat troublant auquel arrivent des chercheurs de l'Université de Toronto dans un rapport rendu public hier.Seul le Québec réussit à tirer son épingle du jeu et prend ainsi une sérieuse longueur d'avance sur le reste du Canada.Depuis 1992, seulement 65 340 places en services réglementés de garde à l'enfance ont été créées à l'extérieur du Québec.C'est 100 000 de moins que lors de la décennie précédente.Même si le rapport dénote dans l'ensemble une augmentation de places en garderie \u2014 de 371 573 à 593 430 depuis 1992 \u2014, le Québec à lui seul est responsable de 70 % de cet accroissement, soit de 156 517 places.Qui dit hausse de places, dit accessibilité accrue.Aussi, en 2001, 40 % de toutes les places disponibles en service de garde se trouvaient au Québec, accommodant ainsi 21,1 % des enfants québécois.Dans le reste du Canada, le taux d'accessibilité a atteint 12,1 % (à peine 4,2 % en Saskatchewan).Les enfants dont les parents sont sur le marché du travail \u2014 en 2001, 73,4 % des mères d'enfants de 3 à 5 ans avaient un emploi \u2014 se retrouvent donc en majorité dans des milieux privés non réglementés (par exemple, chez un membre de la famille), qui sont parfois très coûteux ou inadéquats.Pourquoi ?Tout simplement parce que les gouvernements semblent ne pas vouloir investir dans les services de garde, avancent les chercheurs.« Alors que les dépenses du Québec en matière de services de garde ont augmenté considérablement depuis 1992, les dépenses globales à ce chapitre ont diminué de quelque 70 millions dans le reste du Canada », peuton lire dans l'étude.Le Québec dépense 980 $ par habitant tandis qu'en Nouvelle-Écosse, c'est 91 $.Il n'est donc pas surprenant d'apprendre que le Québec a dépensé 58 % des 1,9 milliard de dollars alloués aux provinces et territoires pour des services réglementés de garde à l'enfance.Les chercheurs du Centre des ressources et de recherche sur la garde à l'enfance, qui ont produit un document de recherche de 200 pages, s'inquiètent d'autant plus que le déclin a été observé « à une époque où les gouvernements d'un bout à l'autre du Canada prétendaient reconnaître l'importance des jeunes années et donner à chaque enfant un bon départ dans la vie », disent-ils.Si la situation des services de garde québécois est loin d'être rose, les chercheurs indiquent néanmoins que les disparités entre le Québec \u2014 seule province dotée d'un programme éducatif universel en garderie et qui exige des éducatrices qu'elles aient une formation adéquate \u2014 et le reste du Canada ont atteint « un niveau sidérant ».Photothèque, La Presse © Ailleurs au Canada, les gouvernements semblent ne pas vouloir investir dans les services de garde.QUÉBEC PLACE STE-FOY GALERIES DE LA CAPITALE VIEUX-QUÉBEC, MONTRÉAL CENTRE-VILLE, PROMENADES ST-BRUNO, LAVAL CARREFOUR LAVAL, SHERBROOKE CARREFOUR DE L'ESTRIE Le 14 février, offrez-lui un de ses styles favoris, signé WONDERBRA À 45% DE RABAIS.elle aime sa forme demi-buste très féminine, son tissu filet subtilement brodé ton sur ton superposé à un bonnet légèrement coussiné pour son galbe parfait, elle aime son confort et son allure tout simplement.Noir, rouge, blanc.34-36 A et C, 34 à 38 B.Rég.29.50 Culotte coordonnée 7.99 3116321A Créer un ordre professionnel des enseignants est « inutile» SOPHIE ALLARD DANS UN AVIS rendu public hier, l'Office des professions du Québec balaie du revers de la main l'idée de créer un ordre professionnel des enseignants.Cette décision, qui ne fait pas que des heureux, pourrait cependant pousser le gouvernement à renforcer les lois et règlements qui régissent la profession.« Nous croyons que l'encadrement actuel et les capacités du système d'évaluer le travail des enseignants suffisent à assurer la protection du public, dit Jean-K.Samson, président de l'Office des professions du Québec.D'où l'inutilité d'une nouvelle structure de réglementation.» Cette décision est accueillie comme une douche froide par la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) et, plus particulièrement, par le Conseil pédagogique interdisciplinaire du Québec (CPIQ).C'est ce dernier organisme qui, en 1997, a demandé à l'Office des professions de statuer sur la création d'un ordre professionnel des enseignants.« Nous sommes vraiment déçus de cette nouvelle car il existe plusieurs inégalités dans la qualité de la formation offerte dans la province, dit Denyse Gagnon-Messier, présidente du CPIQ.L'Office prétend que l'État veille au grain.C'est vrai, mais réussit-il dans sa tâche ?Les mécanismes en place sont-ils efficaces ?Le constat est plutôt désolant.» Baliser la profession À l'Office des professions du Québec \u2014 où l'on soutient que l'autogestion ne s'applique pas dans le cas des enseignants \u2014, on ne cache pas qu'une réglementation gouvernementale plus poussée pourrait enrichir l'encadrement déjà en place.Le CPIQ craint toutefois que cette recommandation, même si elle est entendue par le gouvernement, ne demeure que « des voeux pieux ».« Nous allons sérieusement réfléchir aux façons de mieux baliser et encadrer la gestion de la profession, répond Nicolas Girard, attaché de presse du ministre de l'Éducation, Sylvain Simard.Le rapport de l'Office va peser lourd dans notre décision.» Avec la création d'un ordre professionnel, le CPIQ demande l'établissement d'un code d'éthique, un mécanisme efficace de gestion des plaintes, des outils pour une formation continue et un système d'évaluation des enseignants.La Fédération des comités de parents va jusqu'à imputer au système actuel une « faible transparence du mécanisme des plaintes », « une difficulté des parents à se faire entendre », « de faibles moyens et incitatifs en ce qui concerne la mise à jour des connaissances » et « l'inexistence d'un véritable code de déontologie ».À la Centrale des enseignants du Québec, tout comme à la Fédération des syndicats de l'enseignement, on se dit soulagé du verdict annoncé hier.« Le débat n'est pas nouveau, dit Monique Richard, présidente de la Centrale des enseignants du Québec.En 1979, l'Office avait déjà statué que la création d'un ordre professionnel des enseignants était superflu.On a même déjà avancé que les enseignants étaient peut-être mieux régis que certaines professions chapeautées par un ordre.» 2LP0601A0211 A-6 MARDI 2LP0601A0211 ZALLCALL 67 22:41:13 02/10/03 B Pauline Marois et Loto-Québec croisent le fer sur la réduction des vidéopokers DENIS LESSARD QUÉBEC \u2014 Une collision est à prévoir aujourd'hui entre la ministre des Finances, Pauline Marois, et le président de Loto- Québec, Gaétan Frigon, sur la façon de réduire le nombre d'appareils de loterie vidéo dans les bars du Québec.En commission parlementaire aujourd'hui M.Frigon doit venir expliquer sa formule pour réduire de 3300 le nombre de vidéopokers dans les bars du Québec pour les redistribuer dans quatre hippodromes et à un nouveau casino, au Mont-Tremblant.Mais, déjà, sa patronne, Pauline Marois, s'est publiquement dite en désaccord avec le plan Frigon d'enlever les vidéopokers aux propriétaires de bars qui ont entre une et trois machines.Les deux protagonistes n'en sont pas à leur première passe d'arme.Déjà l'automne dernier, Mme Marois avait publiquement désapprouvé la publicité de Loto-Québec montrant le côté altruiste de cette société d'État, une idée de M.Frigon, et qui fut retirée des ondes.Plus récemment, elle a demandé une enquête sur l'achat de tableaux douteux par l'administration Frigon à la Société des alcools et à Loto- Québec.Au début de l'année, elle a aussi demandé qu'on vérifie les transactions autour de l'ancienne compagnie de M.Frigon \u2014 et dirigée par sa femme désormais \u2014, Publipage.Au chapitre des vidéopokers, la proposition de Mme Marois mettra toute la pression sur les propriétaires de bars qui ont installé des « multisites », qui ont plus de 10 machines.Ceux-ci, en subdivisant leur espace, ont augmenté artificiellement leur nombre de machine.La loi prévoit que Loto-Québec doit accorder jusqu'à cinq machines à un détenteur de permis d'alcool.Certains propriétaires ont, à l'époque où les lucratives machines étaient encore disponibles, divisés leur commerce et, obtenant un permis d'alcool pour chaque partie, ont ainsi multiplié le nombre d'appareils.Ainsi, le leader d'une manifestation de propriétaires aujourd'hui devant le Parlement, Peter Sergakis, dispose au total d'une quarantaine de vidéopokers qui lui procurent des redevances annuelles d'environ un million par année.Le propriétaire du Top, à Laval, Tony Accurso, gère autant d'appareils avec autant de revenus nets, indiquent des sources à Loto-Québec.Tous ces propriétaires de plus de 10 machines ont au total environ 500 appareils.Quand on lui demande combien il retire de ses 40 machines, M.Sergakis devient plus évasif : « Je ne comprends pas ce que voulez dire.ce n'est pas la question combien on fait.le profit des machines n'est pas de l'argent net, il y a des dépenses.».« On trouve cela bizarre que les décisions semblent être prises avant même la tenue de la commission parlementaire », dit M.Sergakis.Les propriétaires de bars renvoient 700 millions par année au gouvernement grâce à ces machines ; leur commission de 30 % a été ramenée à 26 %.« On a permis d'enlever 50 000 machines illégales, gérées par le crime organisé en 1993 », rappelle M.Sergakis.Le plan de M.Frigon prévoyait envoyer 1500 machines dans les quatre hippodromes du Québec, mais Mme Marois préférerait envoyer 1000 vidéopokers seulement, dans un seul hippodrome à Montréal et dans les trois autres « hippoclubs » à Québec, Gatineau et Trois-Rivières qui ne présenteront plus que des courses sur écran.Mme Marois souligne aussi que l'attrition, les fermetures de bars et les ventes, permettront de réduire le nombre d'appareils détenus par les petits propriétaires.« On était supposé être des partenaires, et on nous annonce des décisions unilatérales, cela va être le bordel.Pour nous, la bonne nouvelle, c'est qu'on ne touche pas aux machines, on a des droits acquis », a lancé M.Sergakis.D'ici trois ans, on passera de 14 300 appareils actuels à 12 500.M.Frigon dit que son plan permettrait d'atteindre dès maintenant la réduction souhaitée.Joint hier, M.Sergakis souligne que bien des propriétaires ont consenti des investissements importants et que leur retirer les machines équivaut à un bris de contrat.« Il y a aura un effet dévastateur pour les 1379 commerces qui ont entre un et trois appareils », a-t-il dit, commentant le plan Frigon, la valeur de leur commerce est carrément « anéantie ».« On a payé des améliorations locatives, on protège 16 500 emplois qui dépendent de l'opération de ces machines », a soutenu M.Sergakis.Photothèque LA PRESSE © D'ici trois ans au Québec, on devrait passer des 14 300 appareils de vidéopoker actuels à 12 500.CONSULTEZ LE WWW.ROGERS.COM/SANS-FIL, COMPOSEZ LE 1 800 IMAGINE OU RENDEZ-VOUS CHEZ NOS DISTRIBUTEURS ROGERSMC AT&TMD PARTICIPANTS.Comment t'appelles ça une fille de Saint-Hyacinthe?Tu prends ton sans-fil, pis tu l'appelles.Économisez jusqu'à 100$ par mois pendant 3 mois.Vous pouvez même utiliser ce temps d'antenne pour les appels effectués lors de vos déplacements.Appels locaux Appels interurbains au Canada Appels à partir de 50 pays Où que vous soyez, Parlez partout.En prime, jusqu'à 300$ de temps d'antenne\u2020.\u2020Le crédit de temps d'antenne de 300 $ apparaîtra sur la facture en tant que crédit (jusqu'à concurrence de 100 $ par mois) pour les trois premiers mois ; le crédit reflétera le montant réel du total des minutes admissibles facturées selon leur tarif respectif courant.Aucune portion non utilisée du crédit ne peut être reportée au mois suivant.Cette offre s'applique aux appels effectués à l'intérieur du Canada, vers le Canada à partir des pays où le déplacement est offert, et à l'intérieur des pays où le déplacement est offert ; elle ne s'applique pas aux appels effectués entre les pays où le déplacement est offert.Pour être en mesure d'effectuer et de recevoir des appels, le téléphone sans fil doit fonctionner sur la fréquence du réseau sans fil du pays à partir duquel l'appel est effectué.Le crédit de temps d'antenne Parlez partout ne s'applique pas aux frais mensuels liés aux forfaits sans-fil et/ou aux services en option, à la messagerie texte, à la transmission de données, aux services facturés à l'utilisation et aux minutes d'interurbain à l'étranger d'un pays à l'autre.Consultez le www.rogers.com/deplacement pour connaître les tarifs d'interurbain et de déplacement à l'étranger.Cette offre est applicable à un nouvel abonnement de deux ans dans le cadre de certains forfaits.Cette offre ne peut être jumelée à aucune autre offre promotionnelle.L'offre peut être annulée ou modifiée en tout temps sans préavis.Cette offre est en vigueur jusqu'au 31 mars 2003.Certains modèles de téléphone nécessitent un bon de remise postale.Les réductions varient selon les modèles et sont établies en fonction d'un abonnement de deux ans ; elles seront créditées sur votre facture Rogers AT&T.© 2003 Rogers Sans-fil inc.Tous droits réservés.MCRogers Communications inc.Utilisé sous licence.MDAT&T Corp.Utilisé sous licence.MOTOROLA C333 NOKIA 8390 ERICSSON T68i MOTOROLA V60 MOTOROLA V70 Vaste gamme d'appareils utilisables en Amérique du Nord et à l'échelle mondiale à partir de 24,99$ MONTRÉAL 1104, rue Ste-Catherine O.(514) 877-0090 3573, boul.St-Laurent (514) 288-0600 Centre Eaton (514) 844-9036 2360, rue Notre-Dame O.(514) 983-1666 Place-Ville-Marie (514) 394-0000 8984, boul.de l'Acadie (514) 387-9999 1201, avenue Greene (514) 933-8000 5150, rue Jean-Talon O.(514) 341-2221 5954, boul.Métropolitain E.(514) 257-8826 6224A, rue St-Jacques O.(514) 369-4000 Centre Rockland (514) 735-4086 Place Alexis-Nihon (514) 865-9949 Place Versailles (514) 355-0003 Les Galeries d'Anjou (514) 356-0356 997, rue St-Antoine O.(514) 866-3326 505, boul.De Maisonneuve O.(514) 845-8353 3339L, boul.des Sources (514) 683-3333 15, boul.Don-Quichotte (514) 425-5505 2758, boul.St-Charles (514) 428-9000 8457, boul.Newman (514) 368-4000 Carrefour Angrignon (514) 368-4230 Place Vertu (514) 745-0745 2100, boul.Marcel-Laurin (514) 856-1884 Fairview Pointe-Claire (514) 695-1554 Complexe Desjardins (514) 842-0288 BOUCHERVILLE Promenades Montarville (450) 449-4998 BROSSARD 7005, boul.Taschereau, bur.150 (450) 926-3111 Mail Champlain (450) 671-3300 Place Portobello (450) 671-4744 CANDIAC 87B-4, boul.Marie-Victorin (450) 444-2100 CHÂTEAUGUAY 129, boul.St-Jean-Baptiste (450) 692-2201 Centre Régional Châteauguay (450) 692-5136 DRUMMONDVILLE 1565, boul.Lemire (819) 478-0851 965, boul.St-Joseph (819) 478-9977 Promenades Drummondville (819) 475-5024 GATINEAU 360, boul.Maloney O., bur.1 (819) 663-8580 Promenades de l'Outaouais (819) 561-3031 GRANBY 575, boul.Boivin (450) 777-6612 Galeries Granby (450) 375-4355 JOLIETTE 517, rue St-Charles-Borromée N.(450) 755-5000 Galeries Joliette (450) 760-3000 LA PRAIRIE 50, boul.Taschereau (450) 444-0091 LAVAL 2142, boul.des Laurentides (450) 629-6060 379, boul.Curé-Labelle (450) 622-0303 Centre Laval (450) 978-1081 3364, boul.St-Martin O.(450) 682-2640 241C, boul.Samson (450) 969-1771 Carrefour Laval (450) 687-5386 1273, boul.Curé-Labelle (450) 680-1234 LONGUEUIL 1490, chemin de Chambly (450) 442-1566 MAGOG 221, rue Principale O.(819) 843-4455 REPENTIGNY 110, boul.Industriel (450) 581-4666 Les Galeries Rive-Nord (450) 581-7756 ROSEMÈRE 209, boul.Curé-Labelle (450) 971-0707 Place Rosemère (450) 971-2000 SAINT-BRUNO Promenades St-Bruno (450) 653-7472 SAINT-EUSTACHE 360, boul.Arthur-Sauvé (450) 974-9299 SAINT-HYACINTHE Les Galeries St-Hyacinthe (450) 261-9991 SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU Carrefour Richelieu (450) 359-4941 SAINT-JÉRÔME Carrefour du Nord (450) 436-5895 108, boul.du Carrefour (450) 431-2355 SHAWINIGAN 2563, boul.des Hêtres (819) 539-5004 SHERBROOKE 2980, rue King O.(819) 566-5555 Carrefour de l'Estrie (819) 822-4650 SOREL 2605, chemin Saint-Roch (450) 742-9600 Promenades de Sorel (450) 746-2079 TERREBONNE 1270, boul.Moody, bur.10 (450) 964-1964 Les Galeries de Terrebonne (450) 964-8403 TROIS-RIVIÈRES 5335, boul.des Forges (819) 372-5000 5635, boul.Jean-XXIII (819) 372-5005 Centre Les Rivières (819) 694-6812 VALLEYFIELD Centre Valleyfield (450) 373-0519 3113331A Hausse de 31,5% pour les dentistes ALEXANDRE S I R O I S IL N'Y A PAS que les médecins spécialistes qui ont pu s'entendre récemment avec Québec sur une bonification de leur rémunération.Les quelque 3200 chirurgiens dentistes de la province ont fait de même.La Presse a appris que les chirurgiens dentistes ont entériné, dimanche, les offres de Québec selon lesquelles une augmentation de 31,5 % sera consentie aux professionnels rémunérés à l'acte.Parallèlement, une hausse de 21,8 % sera offerte à ceux qui travaillent dans le domaine de la santé publique.« L'augmentation peut paraître importante, mais nos tarifs étaient gelés depuis 1993 », a indiqué la présidente de l'Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ), Chantal Charest.Les offres ont été acceptées lors d'une assemblée où étaient présents entre 350 et 375 membres de l'association.Les chirurgiens dentistes sont actuellement remboursés par la Régie de l'assurance-maladie du Québec exclusivement pour les soins prodigués aux enfants de moins de 10 ans et aux prestataires d'aide sociale.Leur entente précédente avec Québec était arrivée à échéance le 31 mars 2001.Le nouvel accord s'applique de façon rétrospective et se terminera en juin 2003.Deux nouveaux candidats libéraux DENIS LESSARD QUÉBEC \u2014 Le chef du PLQ, Jean Charest, annoncera cette semaine deux candidatures de poids dans la région de Montréal.Ainsi, Marcel Théorêt, ancien sous-ministre ajdoint à l'Éducation, deviendra candidat libéral dans la circonscription de Terrebonne, détenue depuis 1989 par la péquiste Jocelyne Caron.M.Théorêt avait fait son entrée à l'Éducation avec Jacques Chagnon dans l'éphémère gouvernement de Daniel Johnson en 1994.Après l'arrivée au pouvoir du PQ, il avait continué à travailler sous Jean Garon, puis Pauline Marois.Il avait participé aux états généraux de l'éducation, et est membre comité de gestion de l'autoroute de l'information du ministère de la Culture.En outre, le PLQ doit annoncer aujourd'hui la candidature d'un économiste, Alain Paquet, enseignant à l'Université du Québec à Montréal.M .Paquet avait été l'un des experts consultés pour valider les chiffres du plan d'action libéral rendu public en septembre dernier.M.Paquet sera candidat dans Laval- des-Rapides, représenté actuellement par le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard. 2LP0701A0211 A-7 Mardi 2LP0701A0211 ZALLCALL 67 21:12:23 02/10/03 B L A P R E S S E MONT R É A L MA R D I 1 1 F É V R I E R 2 0 0 3 Q U É B E C A 7 3 $ de fonds publics en tableaux douteux Gaétan Frigon au coeur d'une controverse touchant Loto-Québec et la Société des alcools DENIS LESSARD QUÉBEC \u2014 Depuis trois ans, plus de 300 000 $ de fonds publics ont été dépensés pour l'achat de tableauxdouteux par les deuxsociété d'État dirigées par Gaétan Frigon, la Société des alcools et Loto-Québec.Loto Québec a payé près de 20 fois sa valeur pour un tableau acquis récemment, ce qui a enclenché une réévaluation des achats faits par la société d'État auprès d'un marchand de Montréal, Pierre Antoine Tremblay.Sous Gaétan Frigon, le processus normal d'acquisition d'oeuvres d'art a été carrément court-circuité ; le spécialiste qui avait la main haute sur les achats a été mis de côté.M.Tremblay a été poursuivi près de 70 fois pour fraude ou fausse représentation à la fin des années 1990.Ex-propriétaire de la galerie Mayfair de Westmount, M.Tremblay avait été acquitté, en 2001, d'accusations de fraude pour son expertise erronnée de gravures de Riopelle qui se sont avérées fausses.C'est pourtant à M.Tremblay que le viceprésident de la Société des alcools de l'époque, Claude H.Roy, a fait appel quand le président Frigon voulut que la SAQ établisse sa collection d'oeuvres d'art.En 2001, M.Roy devint chef de cabinet du premier ministre Landry et Marcel Croux, un ami de longue date de M.Frigon le remplaça.Joint hier, M.Roy a souligné qu'il n'avait jamais entendu parler du passé controversé du marchand Tremblay.« Moi, ce que j'ai acheté à l'époque, c'est un système informatique pour faire l'inventaire de notre collection ! » Comment la SAQ s'est-elle retrouvée avec 200 000 $ de tableaux douteux ?« C'est un hasard », s'est limité à dire M.Roy.La porte-parole de la SAQ, Marcelle Girard, a pour sa part précisé hier que la quasitotalité des oeuvres achetées depuis 1999 l'avaient été par l'entremise de M.Tremblay.Ces achats se sont terminés avec le départ de MM.Croux et Frigon pour Loto-Québec.M.Croux est devenu premier vice-président des affaires corporatives, relevant directement de M.Frigon.Loto-Québec a acheté 26 tableaux, pour un total de 128 000 $, par l'entremise de la galerie de M.Tremblay.En plus, la société d'État avait accepté une entente d'exclusivité avec M.Tremblay : toutes les oeuvres acquises devaient passer par cette galerie controversée.Deuxième collection en importance au Canada Depuis la fin des années 1970, Loto-Québec avait déjà la deuxième collection d'art la plus importante détenue par une entreprise canadienne \u2014 la première est à la Banque Royale.Or, l'acquisition de nouvelles oeuvres était strictement encadrée à Loto-Québec, sous la responsabilité de Louis Pelletier, un professionnel rigoureux, reconnu dans ce domaine, travaillant pour la société d'État depuis 19 ans.Le nouveau comité de sélection comprenait M.Frigon, M.Croux et une secrétaire de Loto-Québec, parce que les règles de la société d'État prévoient que trois personnes doivent choisir les oeuvres.Aucune des trois n'avait d'expérience dans ce domaine.À Loto-Québec, on explique que M.Frigon, constatant que la collection d'oeuvres était constituée essentiellement d'art abstrait, souhaitait y introduire des pièces figuratives.« Son idée du bonheur est davantage une cabane à sucre avec un banc de neige qu'une tache de couleur », ironise-t-on.L'automne dernier, la police montréalaise avait alerté Loto Québec après l'achat des tableaux.Des sources spécialisées expliquent que les acquisitions des deux sociétés d'État étaient la risée dans le milieu d'art à Montréal.Loto-Québec a, par exemple, payé un tableau d'Armand Tatossian, près de 20 000 $ alors que les tableaux de cet artiste se vendent généralement autour de 1000 $.D'autres tableaux acquis par les deux sociétés d'État ont aussi été largement surévalués, « jusqu'à 50 fois le prix réel », a confié une source au coeur de l'enquête.Les encans ont multiplié les ventes de cet artiste depuis parce que Loto-Québec en avait acheté à prix fort.Dans le monde entier, depuis deux ans, il s'est vendu 72 tableaux de cet artiste, entre 800 $ et 1700 $ \u2014 10 fois moins cher que le prix payé par Loto-Québec ! En outre, des 26 tableaux achetés par Loto-Québec, une petite partie se trouve encore au siège social de Montréal.M.Tremblay a dans le passé été l'associé d'Yvan Demers, l'ancien conjoint de Michèle Richard qui avait connu sa part de déboires avec de faux tableaux.Photothèque La Presse © Gaétan Frigon souhaitait introduire davantage de pièces figuratives dans la collection de Loto-Québec.« Son idée du bonheur est davantage une cabane à sucre avec un banc de neige qu'une tache de couleur », ironiset- on.Ça vous enlève les h ! de la bouche.Camry par mois / location 48 mois\u0001 Transport et préparation inclus Option 0 $ comptant également disponible à la location Toutes les Toyota comprennent l'assistance routière, un plein réservoir d'essence et des tapis protecteurs.Programmes de location au détail et de financement à l'achat de Toyota Canada inc.SUR APPROBATION DE CRÉDIT PAR TOYOTA CRÉDIT INC., immatriculation, assurances et taxes en sus.\u0001 Offres de location au détail valables sur les modèles RAV4 2003 (HH20VM AA), Camry 2003 (BE32KP AA), Sienna 2003 (ZF19CS BA), Highlander 2003 (HF21AP AA), neufs en stock.Premier versement de 0 $ (Rav4, Camry, Sienna et Highlander 2003 neufs en stock) et dépôt de sécurité de 325 $ (Rav4), 300 $ (Camry), 325 $ (Sienna), 450 $ (Highlander) sur des termes de location de 48 mois et plus, exigibles au moment de la livraison.Franchise annuelle de 24 000 km.Frais de 10¢ (Rav4, Camry, Sienna), 15¢ (Highlander), du kilomètre excédentaire.\u2020 Offre aucun paiement avant 90 jours s'applique au financement à l'achat des modèles Rav4, Camry, Sienna et Highlander 2003 neufs en stock et débute à la date de livraison du véhicule à l'acheteur, sur des termes de financement de 48 mois et plus.Le nombre de mensualités choisi par le client n'est pas réduit mais reporté de 3 mois.Aucun intérêt pendant les premiers 60 jours.Après cette période, le montant du capital ainsi que les intérêts devront être payés en fonction du terme prévu au contrat.Prix Accès pour les RAV4 2003 (HH20VM AA), Camry 2003 (BE32KP AA), Sienna 2003 (ZF19CS BA) et Highlander 2003 (HF21AP AA), neufs en stock.Le concessionnaire peut vendre à prix moindre.Frais de transport, immatriculation, assurances et taxes en sus.Le rabais aux diplômés (jusqu'à 1 000 $ de remise) peut différer selon le modèle.Photos à titre indicatif seulement.Offres d'une durée limitée.Détails chez votre concessionnaire Toyota participant.Rav4 par mois / location 48 mois\u0001 Transport et préparation inclus Option 0 $ comptant également disponible à la location 269$ 259$ 279$ Highlander par mois / location 48 mois\u0001 Transport et préparation inclus Option 0 $ comptant également disponible à la location Sienna par mois / location 48 mois\u0001 Transport et préparation inclus Option 0 $ comptant également disponible à la location 1000$ de remise 379$ 24 482$ À partir de 24 155$ À partir de 28 797$ À partir de 35 632$ À partir de 0$ à payer pour la première mensualité ne payez rien avant 90 ou à l'achat Financement 48 mois et plus.jours\u2020 location 48 mois et plus.3114661A 2LP0801A0211 2LP0801A0211 ZALLCALL 67 22:13:09 02/10/03 B DROIT D'INTERROMPRE LE COURANT Kyoto: Québec pourrait mettre de côté la filière thermique Hydro-Québec demande l'avis de la Cour suprême CHARLES CÔTÉ LE GOUVERNEMENT du Québec devra peut-être mettre de côté la production thermique d'électricité de façon à se conformer au protocole de Kyoto.C'est l'une des nombreuses avenues explorées par le ministère de l'Environnement dans un document de référence à la veille de la consultation à l'Assemblée nationale sur l'application du protocole de Kyoto.Cette consultation de la Commission des transports et de l'environnement commence mardi prochain.La filière thermique est pour le moment pratiquement absente au Québec, mais il y a actuellement une douzaine de projets de centrales électriques au gaz naturel dans les cartons de promoteurs, dont celui du Suroît proposé par Hydro- Québec.Dans ce dernier cas, une centrale de 800 mégawatts, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a déposé son rapport au ministre de l'Environnement, André Boisclair, le 3 janvier 2003.Le ministre dispose de 60 jours pour le rendre public.Mais le premier ministre Bernard Landry a déjà laissé entendre que ce projet n'était pas prioritaire, à cause des nouvelles possibilités de développement hydroélectrique depuis la signature de la paix des Braves avec les Cris.Un autre projet important, à Varennes, a aussi été mis de côté par Hydro-Québec Toutefois, il reste 11 autres projets pour la vallée du Saint-Laurent.Ils totalisent 2200 mégawatts de puissance et sont capables d'émettre près de 5 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année.Le plus proche de la réalisation est le projet de centrale en cogénération de 547 mégawatts à Bécancour.S'il voulait se conformer à l'objectif de réduction de Kyoto, le Québec devrait réduire ses émissions de 22 millions de tonnes par année, selon le document de référence qui doit être rendu public dans sa version finale prochainement.Cependant, rien ne dit pour l'instant comment l'effort canadien de 240 millions de tonnes sera réparti.Le protocole de Kyoto est un accord international qui vise à combattre le réchauffement climatique global en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.Le Canada l'a ratifié en décembre.Il entrera en vigueur seulement après la ratification de la Russie.Le principal GES est le gaz carbonique (CO2), qui est notamment émis quand on brûle des hydrocarbures.Par exemple, lorsqu'on brûle un litre d'essence, on émet 2,5 kilos de CO2.Les GES emprisonnent la chaleur du soleil dans l'atmosphère.Selon le consensus scientifique mondial, le climat de la Terre a déjà commencé à se réchauffer et ce réchauffement est dû principalement à l'activité humaine.Plusieurs autres mesures possibles qui étaient déjà proposées il y a plus de trois ans dans le Plan d'action québécois sur les changements climatiques sont toujours considérées dans le document de référence.Parmi ces mesures, notons l'instauration d'un système de redevance et de remise pour favoriser l'achat de véhicules moins polluants, la modernisation des systèmes de chauffage des bâtiments publics et les investissements massifs dans les transports publics.L'implantation d'un système obligatoire d'inspection et d'entretien des véhicules est toujours à l'ordre du jour, bien que son démarrage ait été repoussé de deux ans, de 2002 à 2004.Mais quels que soient les moyens choisis, la mise en oeuvre au Québec du protocole de Kyoto ne passe pas « nécessairement par la conclusion d'une entente Canada- Québec », affirme-t-on dans le document, en précisant que des discussions à ce sujet devaient être engagées « dès le mois de janvier ».Dans le cadre de cette éventuelle entente, le Québec pourrait offrir de réduire ses émissions de 6 % sous les niveaux de 1990, soit l'équivalent de l'objectif canadien, à condition toutefois de recevoir des crédits pour l'exportation d'énergie « propre » dans les provinces voisines.L'opportunité de cette approche sera l'un des thèmes abordés la semaine prochaine.Par ailleurs, Québec continue de s'inquiéter de ce que le gouvernement fédéral demandera aux grands émetteurs industriels, dont les centrales thermiques au charbon, de fournir seulement 23 % de l'effort de réduction canadien, alors qu'ils représentent 44 % des émissions.L I A LÉVESQUE Presse Canadienne HYDRO-QUÉBEC demande l'autorisation d'interjeter appel d'un jugement récent de la Cour d'appel concernant son droit d'interrompre l'alimentation électrique dans certains cas précis.La société d'État espère pouvoir s'adresser à la Cour suprême pour faire clarifier la question, à la suite de l'affaire Glykis, un cas de client ayant deux comptes d'électricité.Le couple de Montréal, Modestos et Eleftheria Glykis, avait vu l'alimentation en électricité de son logement de la rue Jeanne-Mance coupée, même s'il payait à temps ses factures d'électricité pour ce logement.Le couple possédait également un immeuble à logements, rue Mountain Sights, où, en raison d'un différend, il avait une facture en souffrance de 1626 $.Après plusieurs avis, Hydro-Québec a sévi en débranchant le domicile des Glykis, rue Jeanne-Mance.Le couple a porté l'affaire devant les tribunaux.La Cour supérieure a, dans un premier temps, donné raison à Hydro-Québec, mais la Cour d'appel a récemment cassé ce jugement, dans une décision rendue à deux juges contre un.Hydro-Québec souhaite donc obtenir l'autorisation d'interjeter appel devant la Cour suprême pour « faire préciser les règles » du droit d'interrompre le courant, au-delà de l'affaire Glykis, a précisé en entrevue Nicolas Carette, porte-parole d'Hydro-Québec Distribution.« Nous estimons que le jugement de la Cour d'appel soulève des questions qui dépassent le cas Glykis », a ajouté M.Carette.Il affirme qu'il est « pratique répandue », au Canada et aux États- Unis, de permettre d'interrompre le courant à une adresse pour un compte impayé à une autre adresse.Hydro-Québec précise qu'elle s'engage à « payer tous les frais relatifs à cette démarche » d'appel, « pour éviter tout fardeau financier à la famille Glykis ».« En toute logique, comme on estime que ce jugement va au-delà de l'affaire Glykis, on estime que ce n'est pas à lui de supporter les frais de cette cause-là », a justifié M.Carette.Du même souffle, la société d'État a annoncé qu'elle s'adresserait à la Régie de l'énergie afin de faire modifier le Règlement sur les conditions de fourniture de l'électricité.Hydro-Québec veut ainsi faire clarifier la portée de son droit d'interrompre le service.Photothèque La Presse L'une des rares centrales thermiques du Québec, celle de Tracy.BI RKS D I A M A N T S .depuis 1879 1240, Square Phillips 397-2511 Fairview Pointe-Claire Centre Rockland Carrefour Laval Promenades St-Bruno 1 800 682 2622 www.birks.com l'émotion en boîte Bague en or blanc 18 carats sertie d'un coeur en diamants, 995 $.3117449A Restaurer les terrains contaminés pourrait rapporter sept milliards par an Presse Canadienne OTTAWA \u2014 Les milliers de terrains contaminés qui affligent les villes canadiennes constituent une mine d'or qu'il faut absolument exploiter, indique une étude commandée par le gouvernement fédéral.La Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie évalue à 30 000 le nombre de terrains urbains contaminés dans tout le pays.Ce sont des raffineries désaffectées, d'anciennes cours de triage, des entrepôts qui tombent en ruine, des stations-service abandonnées, bref des lieux où des substances toxiques ont été entreposées pendant plusieurs années.La décontamination et la réhabilitation de ces lieux pourraient générer jusqu'à sept milliards par an en retombées économiques, a soutenu hier en conférence de presse le PDG de la Table, David Mc Guinty.Ce chiffre impressionnant tient compte de l'accroissement de l'activité économique que suscite la réhabilitation des terrains contaminés et de l'augmentation des revenus d'impôts qui en découle.« Il s'agit d'une fantastique occasion d'affaires », affirme l'un des auteurs de l'étude, Angus Ross, qui a fait carrière dans le domaine de l'assurance.Encore faut-il convaincre les promoteurs et les banques d'investir dans ces terrains peu courus.Pour y parvenir, la Table formule une dizaine de recommandations aux divers ordres de gouvernements, qui visent à rendre plus attrayant le développement des terrains contaminés.On propose d'abord d'apporter des modifications fiscales afin que les entreprises puissent déduire de leurs revenus les dépenses de restauration des terrains contaminés.Les gouvernements devraient notamment octroyer des garanties d'hypothèque aux promoteurs qui souhaitent ériger de nouvelles constructions sur des terrains contaminés.La Table suggère aussi aux gouvernements fédéral et provinciaux de mettre sur pied un régime de subventions afin d'aider financièrement les promoteurs à réhabiliter les terrains contaminés.Bas tarifs aller simple.~ Aucun achat requis à l'avance.~ Aucune obligation de séjour le samedi soir.~ Milles Aéroplan tangonomisez ! Les billets doivent être achetés au plus tard le 13 février 2003 pour déplacements les mardis et mercredis.Tous les voyages doivent prendre fin au plus tard le 2 avril 2003.Halifax: Les billets doivent être achetés au plus tard le 9 février 2003 pour voyager sans restriction sur les jours jusqu'au 2 mars 2003.Toronto: Les billets doivent être achetés au plus tard le 31 mars 2003 pour voyager sans restriction sur les jours jusqu'au 31 mars 2003.Tarifs de chaque trajet basés sur un aller simple, applicables aux nouvelles réservations et les billets sont totalement non remboursables.Les taxes, les redevances de navigation NAV CANADA, les frais d'assurance, de carburant et d'aéroport, le droit à la sécurité des passagers du transport aérien jusqu'à 12 $ ne sont pas inclus.Les modalités et conditions peuvent différer des règlements et conditions tariffaires habituels d'Air Canada.Les billets émis pour les services TangoMC par Air Canada ne peuvent être utilisés sur les services réguliers d'Air Canada.Les vols sont assurés sur des appareils d'Air Canada (faisant affaire sous le nom de TangoMC par Air Canada).L'accumulation de milles représente 50% des milles parcourus avec un minimum de 250 milles et ne constituent pas des milles admissibles à l'atteinte d'un statut supérieur.Offre AéroplanMD:Vous devez être membre AéroplanMD au moment du voyage.Applicable à toutes les classes de réservation admissibles pour l'accumulation de milles AéroplanMD sur les vols assurés par Air Canada (incluant le service TangoMC par Air Canada), les vols à quatre chiffres d'Air Canada exploités par Air Georgian Ltd., Central Mountain Air, et Air Labrador.Les vols exploités par Jazz Air Inc.(faisant affaire sous la raison sociale d'Air Canada Jazz) ou Zip Air Inc.ainsi que sur les vols sans escale de Lufthansa ou de Mexicana en partance ou à destination du Canada.Les vols en partance ou à destination de la Floride, des Caraïbes et d'Hawaii sont exclus de cette promotion.Les membres AéroplanMD peuvent accumuler un maximum de 15 000 milles AéroplanMD.Les taxes, d'autres frais et suppléments de même que les droits d'atterissage et de départ peuvent s'appliquer aux primes-voyages AéroplanMD.Pour tous les détails, visitez aéroplan.com.Certaines conditions s'appliquent.AéroplanMD est une marque déposée.TangoMC par Air Canada est une marque de commerce d'Air Canada.Si vous aimez combiner bas prix et milles AéroplanMD à chaque voyage, vous adorerez tango.Passez au voltango.com pour découvrir d'autres tarifs spéciaux et dates de voyage.Réservez en ligne et économisez 5$ additionnels ! Sinon, consultez votre agent de voyages ou appelez-nous au 1 800 315-1390.Service aux personnes malentendantes (ATS) 1 800 361-8071.Obtenez des milles-bonis Aéroplan Cliquez à aeroplan.com pour tous les détails 92$ Toronto départ de Montréal tarifs aller simple à partir de Les billets doivent être achetés au plus tard le 31 mars pour voyager sans restriction sur les jours jusqu'au 31 mars.Les billets doivent être achetés au plus tard le 9 fév pour voyager sans restriction sur les jours jusqu'au 2 mars.Les billets doivent être achetés au plus tard le 13 fév.Les voyages doivent être effectués les mardis et les mercredis, et doivent être complétés au plus tard le 2 avr.149$ Regina Saskatoon 149$ Orlando Fort Lauderdale 199$ Vancouver 55$ Halifax 99$ Winnipeg 99$ Thunder Bay 149$ Calgary Edmonton 3116112A 2LP0901A0211 A-9 Mardi 2LP0901A0211 ZALLCALL 67 22:04:26 02/10/03 B Les experts s'apprêtent à analyser les 12000 débris de Columbia FRANCIS TEMMAN Agence France-Presse WASHINGTON \u2014 L'enquête sur la catastrophe de la navette Columbia va entrer dans une nouvelle phase cette semaine, avec le rassemblement des débris dans un seul et même lieu et le début de leur analyse par des experts, tandis que la commission d'enquête d'indépendante prend désormais le relais de la NASA.« L'enquête avance à pas rapides », mais entre maintenant dans une phase de « consolidation », a assuré hier l'administrateur de la NASA, Sean O'Keefe, lors d'une conférence de presse à Washington.Les quelque 12 000 débris de Columbia récupérés à ce jour au Texas et en Louisiane ont commencé hier à être acheminés au centre spatial Kennedy, près de Cap Canaveral, en Floride, a-t-il indiqué.Ils seront entreposés dans un vaste hangar, au bout de la piste d'atterrissage dévolue aux navettes spatiales.Sous le feu des critiques pour avoir avancé puis rétracté différentes théories possibles de l'accident la semaine dernière, l'agence spatiale américaine a tenu à souligner que désormais l'enquête était entre les mains d'une commission indépendante.« Toutes les preuves que nous recueillons à ce stade, tous les faits, matériaux et analyses que nous conduisons, toutes ces activités sont coordonnées sous l'égide du Conseil d'enquête sur l'accident de Columbia (CAIB) », a précisé M.O'Keefe.Signe le plus tangible de ce passage de témoin, c'est désormais cette commission dirigée par l'amiral à la retraite Harold Gehman, qui assurera dès aujourd'hui la communication sur les progrès de l'enquête.Pour bien marquer son indépendance, le CAIB a décidé de réécrire sa charte pour accroître sa marge de manoeuvre, en gommant ainsi toute référence au fait qu'elle opérait sous la direction du patron de la NASA.En outre, l'amiral Gehman, qui avait déjà mené l'enquête sur l'attentat contre le destroyer USS Cole en octobre 2000, a indiqué qu'il élargirait la composition de sa commission à d'autres membres que ceux désignés par la NASA, afin d'y faire entrer des experts.Il a annoncé, enfin, qu'il ne limiterait pas son enquête aux seules causes techniques de la catastrophe, mais que les membres de sa commission entendaient également se pencher sur les pratiques de gestion et la culture interne à la NASA.« Toutes les hypothèses seront examinées », a-t-il affirmé au quotidien USA Today.Par ailleurs, la NASA a confirmé hier que le bout d'aile de la navette Columbia retrouvé jeudi dans la région de Fort Worth, au Texas, en amont du champ de débris principal, appartient bien à l'aile gauche.Cette découverte suggère que l'aile gauche, où les problèmes semblent avoir débuté durant la descente mortelle, pourrait être l'une des premières pièces de Columbia à s'être disloquée, mais la NASA s'est gardée d'avancer toute conclusion à ce sujet.« C'est un bout de l'aile gauche.Il a été trouvé à l'est de Fort Worth, près de Lufkin », s'est borné à indiquer Michael Kostelnik, sous-administrateur adjoint de la NASA, lors d'une conférence de presse à Washington.Cette découverte est intéressante à plus d'un titre, puisque c'est dans l'aile gauche de Columbia que sont apparus les premiers signes d'anomalies lors de sa rentrée dans l'atmosphère, le 1er février.Photo Reuters © Les restes de l'astronaute Ilan Ramon, déposés dans un cercueil recouvert du drapeau bleu et blanc israélien, ont été accueillis, hier, en grande pompe en Israël.Le premier ministre Ariel Sharon (notre photo) a rendu hommage à l'astronaute en présence de la famille du défunt.Prix/offre peuvent être modifiés sans préavis.Certaines conditions et restrictions s'appliquent.Le service Messagerie texte payable à l'utilisation est facturé 10¢/message (envoyé ou reçu).Disponible avec certains appareils numériques et compatible 1X, là où la technologie le permet.MESSAGERIE TEXTE 10¢ LE MESSAGE 1888-4MOBILE bell.ca/messagerie 3112451A 2LP1001A0211 2LP1001A0211 ZALLCALL 67 22:32:15 02/10/03 B A10 LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 Monsieur Desjardins YVES BOISVERT MARCEL DESJARDINS avait des mains grosses comme ça, et la première fois que lui en ai serré une, je pensais perdre la mienne, plus une partie du bras droit.C'était en 1988, je faisais le stage d'été, il venait tout juste de débarquer de Radio-Canada, au milieu d'une crise où Michel Roy avait claqué la porte.Au début, j'ai pensé que ces mains, c'était pour la poigne.C'était plutôt pour le calme.Parce que dans ce journal qui compte tout de même quelques « caractères », il faut au moins une personne dont le métier est de ne pas pogner les nerfs.Ce n'étaient pas des mains de grimpeur dans les rideaux.Dans ce journal, qui est tout de même un sacré livre à imprimer chaque jour, il faut quelqu'un pour encaisser, parce que, c'est sûr, il y aura des erreurs.Mauvaise nouvelle.Mauvais titre.Mauvaise photo.Mauvaise mise en page.Quelqu'un, quelque part, n'est pas content.Combien de journalistes, moi le premier, sont allés se plaindre d'être « mal joués », le classique étant évidemment la page des décès.« Ouais.Tu sais que c'est une des pages les plus lues du journal ?» C'étaient des mains pour dire : minute, bonhomme, t'es pas tout seul.Même un mur de briques, on peut le défaire et le recommencer.Pas un journal.C'est imprimé, c'est glorieux, c'est moyen ou c'est raté, mais c'est trop tard.Comme cette veille de 1er avril, en 1989, quand a été imprimée à 300 000 exemplaires ma chronique d'échecs (mon premier poste officiel à La Presse) où j'avais fait un « poisson d'avril » sans avertir qui de droit, sachant cette chronique assez confidentielle, somme toute.Ça n'avait pas fait rire tous les patrons.Il était trop tard pour effacer.Mais pas trop tard pour me congédier, ce que réclamaient certains membres de la direction, estimant que ce genre de rigolade n'avait pas sa place dans un journal sérieux.Marcel Desjardins me convoqua dans son bureau.Porte fermée \u2014 un signe qui ne trompe pas : l'heure était grave.Je m'attendais à un grand sermon.Peutêtre pire.Aussitôt la porte fermée, il a souri.« Moi, j'ai trouvé ça drôle.La prochaine fois, mets-nous donc dans le coup, O.K.?» Fin de la conversation.On a un journal à faire ! La conversation s'éternisait rarement, avec lui, au fait.À moins de parler politique.Ou hockey.Ou d'un film vu en Europe.Ou d'horticulture, quand il croisait Pierre Gingras \u2014 parce que c'était aussi pour les fleurs, ces grosses mains.Ou de ses trois fils, le sujet qui le passionnait entre tous.Il avait la curiosité de presque tout, ce qui n'est pas mauvais quand on est rédacteur en chef.Il avait une passion pour tout ce qui est journalistique, et quand il humectait ses doigts pour tourner les pages des journaux, debout derrière la grande table, on aurait dit qu'il y goûtait.Mais ce qu'un rédacteur en chef a réellement dans le ventre, on ne le teste que dans les moments critiques.Or, celui que nous venons de perdre avait un estomac d'acier.Ce n'était pas un peureux.Ni homme à reculer devant des protestations de quelque gros bonnet.Comme plein de gens dans ce journal, j'ai eu l'occasion de le vérifier, pour avoir reçu quelques mises en demeure au fil des ans, sans parler d'un procès, pour avoir attaqué un certain nombre de personnages à l'ego bien en santé.Ça n'énervait jamais Marcel Desjardins.Finalement, ces grosses mains, c'était pour nous appuyer.« Pis, le sondage est-ilarrivé ?» Quarante-cinq ans V I N C E N T MA R I S S A L dans cinq salles de rédaction « PIS, LE SONDAGE est-il arrivé ?» Combien de fois ai-je entendu Marcel Desjardins me poser cette question quand j'étais responsable des informations politiques à La Presse.Combien de fois me suisje assis dans son bureau pour élaborer les questions du prochain sondage sur le climat politique du Québec.Le vendredi matin, vers 11 h, heure à laquelle SOM ou CROP nous livrent normalement les sondages, Marcel me faisait signe à travers la salle de rédaction : « L'as-tu reçu ?» Ce monsieur qui m'intimidait tant quand j'ai débuté dans le métier prenait soudain un autre visage les jours de sondage : on aurait dit un gamin la veille de son anniversaire.L'exubérance en moins, bien sûr.Ce qui impressionnait d'abord chez l'homme, c'était son calme.Il attendait impatiemment les « nouveaux chiffres » certes, mais il en avait vu d'autres.Il était luimême patron de la couverture politique quand les sondages ont fait leurs premières apparitions dans le paysage politique québécois au début des années 1970.Une heure après avoir reçu le sondage, il réapparaissait dans mon bureau.J'en étais encore à décrypter les nouveaux chiffres que lui me parlait déjà des questions du prochain sondage.« Y'a quelque chose là-dedans », disait-il de façon un peu énigmatique en désignant un élément en particulier, comme pour me laisser deviner la suite.C'était tout un test chaque fois.Des fois, j'avais tellement peur de dire une banalité que je préférais ne rien dire.Avec les années, l'intimidation avec fait place au respect.À force de travailler avec lui, j'avais très graduellement laissé tomber le « Vous, Monsieur Desjardins » pour le « Vous, Marcel ».Mais jamais je n'aurais été capable de le tutoyer, une pratique pourtant tellement fréquente dans le milieu politique, notre point de rencontre.Homme de peu de mots, il lui suffisait d'une phrase pour résumer les 12 questions qui s'étalaient devant nous en 50 pages, 10 tableaux et une analyse méthodologique.Passionné de politique, son analyse s'appuyait sur près de 40 ans de carrière.Parfois, il parlait de ses souvenirs de couverture, il racontait des anecdotes à propos de vols épiques dans les coucous usés du « vieux Dief » (John Diefenbaker).Diefenbaker.je n'étais même pas né.Avec sa grande mémoire, Marcel Desjardins était mon encyclopédie de politique canadienne.Dans un journal qui s'est beaucoup rajeuni au cours des dernières années, M.Desjardins était comme un phare qui nous aura empêchés de commettre bien des erreurs, un repère qui nous aura lancé sur les bonnes pistes.Il y a quelque temps, je lui ai dit qu'il devrait écrire un livre, ses mémoires en quelque sorte.Quatre décennies dans les journaux, à la télévision, dans les parlements et dans la politique, aussi bien à Québec, Ottawa qu'à Montréal à des époques charnières de notre société.Il a souri à l'idée.« Il y aurait beaucoup à dire, je pourrais faire ça à ma retraite », avait-il répondu.Salut Marcel, nos conversations me manquent déjà.ANDRÉ DUCHESNE MARCEL DESJARDINS n'avait que 17 ans lorsqu'il a fait ses premiers pas dans le monde du journalisme.C'était en 1958 à l'hebdomadaire francophone Le Carillon de Hawkesbury, ville ontarienne sise en bordure de la rivière des Outaouais et jumelle de Grenville, municipalité située en territoire québécois où il vit le jour le 28 avril 1941.« Ça n'a pas été long qu'on s'est aperçu qu'il était fait d'un bon bois.Il était débrouillard, il savait écrire et il avait le nez pour trouver la nouvelle », se souvenait hier André Paquette, président-fondateur et encore actionnaire minoritaire de cet hebdomadaire.À l'époque, les destinées de cette publication étaient un peu l'affaire de la famille Danis, avec Bernard à la direction et son frère Marcel, responsable de la salle des nouvelles.Les deux frères devaient par la suite devenir les beaux-frères de M.Desjardins qui a épousé leur soeur Micheline le 30 novembre 1963.Au début, poursuit M.Paquette, Marcel Desjardins a dû, comme beaucoup de recrues, accomplir certaines besognes secondaires.Comme assurer l'acheminement des textes à l'imprimerie.« On lui faisait faire les courses, se souvient en rigolant André Paquette, un homme dont la voix ne trahit pas ses 75 ans.Il allait porter les textes à l'autobus qui parcourait une trentaine de kilomètres jusqu'à l'imprimerie.» M.Desjardins est demeuré quatre ans au Carillon, premier jalon d'une carrière de 45 ans qui l'a tour à tour conduit au quotidien Le Droit d'Ottawa, à La Presse, au défunt Montréal-Matin, à la télévision de Radio-Canada et à nouveau à La Presse depuis 1988.De 1962 à 1967, il fut donc journaliste au Droit d'Ottawa.Durant cette période, il suivit des cours sur les institutions politiques du Canada à l'Université d'Ottawa.De 1967 à 1970, toujours pour Le Droit, il occupa un poste de courriériste parlementaire à Ottawa, période entrecoupée d'un séjour de un an à l'Université de Toronto où, doté de la bourse Southam, il s'intéressa à la politique et à la sociologie.En entrevue téléphonique hier, M.Paquette était très fier de rappeler cette bourse décrochée par son ancien journaliste.« Après son départ de chez nous, j'ai toujours suivi sa carrière.Nous continuions à nous écrire.Que je sois d'accord ou non avec ce qui se fait dans La Presse, je lui écrivais mes commentaires par courriel.M.Desjardins, qui a toujours gardé contact avec sa région natale (un de ses fils tient commerce à Hawkesbury et ses funérailles auront lieu à cet endroit) avait participé, avec sa femme, aux célébrations du cinquantième anniversaire de son premier journal.Courriériste pour La Presse Au cours de l'année 1970, M.Desjardins passe à La Presse tout en demeurant à son poste de courriériste parlementaire à Ottawa.C'est pour le compte du quotidien de la rue Saint- Jacques qu'il suit les événements de la crise d'Octobre, et plus particulièrement l'adoption de la Loi des mesures de guerre par le gouvernement Trudeau.« Au lendemain des événements tragiques des derniers jours, on se demande, aujourd'hui dans les milieux parlementaires fédéraux, si la capitale canadienne ne va pas revivre une autre semaine de chantage et d'angoisse », écrivait-il dans un texte publié le lundi 19 octobre 1970, deux jours après l'assassinat du ministre québécois Pierre Laporte et alors que le diplomate britannique James Richard Cross était toujours aux mains de ses ravisseurs.En 1974, il quitte Ottawa pour Québec où il devient chef du bureau parlementaire pour La Presse.« Avec lui à Québec et Marcel Pépin à Ottawa, ça roulait », lance Claude Saint-Laurent, directeur général de l'information télévision à Radio-Canada et grand ami de M.Desjardins.« Marcel savait toujours débusquer des scoops, parfois avec des moyens peu orthodoxes », ajoute en riant Daniel Marsolais, chef de pupitre à La Presse.En 1976, il est revenu à Montréal où il prit le poste de directeur de l'information au journal Montréal-Matin.Il était encore en poste lorsqu'on décida de fermer ce journal où le photographe Denis Brodeur l'a côtoyé.« Parfois, il me taquinait parce que je m'intéressais surtout au sport, raconte ce photographe bien connu pour ses clichés de hockey, qu'est le père du gardien de but Martin Brodeur.Il me disait que je devais m'intéresser davantage à l'actualité.» Après Montréal-Matin, M.Desjardins a passé neuf ans à Radio-Canada, d'abord comme rédacteur en chef délégué aux nouvelles télévisées, puis comme rédacteur en chef de l'émission Le Point.En 1987, alors qu'il était toujours en poste, l'émission remporta quatre prix Gémeaux.C'est en mai 1988 qu'il revint à La Presse prendre les rênes de la direction de l'information, poste qu'il a occupé jusqu'en décembre 1999, moment où il fut nommé vice-président et adjoint à l'éditeur en remplacement de Claude Masson, décédé tragiquement dans l'avion d'Egypt Air le 31 octobre 1999.Chaque jour, Marcel Desjardins sortait de son grand bureau et faisait le tour de la salle de rédaction de La Presse.Il félicitait l'une pour un texte, s'enquérait du petit dernier d'un autre, s'arrêtait pour parler football, hockey, politique.Encore la semaine dernière, il montrait sa satisfaction de la couverture des événements entourant la désintégration de la navette spatiale Columbia.Marcel Desjardins Les faits, les faits et encore les faits ANDRÉ DUCHESNE DANS LE CONCERT de témoignages rendus hier à la suite de l'annonce du décès de Marcel Desjardins, une constante revient : que ce soit à ses débuts au Carillon d'Hawkesbury dans les années 1960 jusqu'à son dernier emploi de viceprésident et éditeur adjoint de La Presse, l'homme est demeuré un ardent défenseur de la nouvelle.Pour lui, il fallait mettre les faits, les faits et encore les faits au premier plan de l'information.Ils passaient avant l'analyse, les textes d'opinions, les commentaires.« Il avait le culte des faits.Pour lui, la force de frappe d'un journal se mesurait dans sa capacité à apporter de l'information brute.Il disait souvent que la qualité d'un journaliste se mesurait à l'épaisseur de son carnet d'adresses », indiquait hier Jean Pelletier, responsable de la section grands reportages et documentaires à la télévision de Radio-Canada et ancien journaliste de La Presse.Comme à La Presse, l'atmosphère était lourde hier dans les bureaux de Radio-Canada, boulevard René-Lévesque, où M.Desjardins a travaillé durant presque une décennie, d'abord aux informations télévisées puis à l'émission d'affaires publiques Le Point où son passage a été apprécié tant pour sa personnalité que pour son sens de la nouvelle.« Avec lui, on se trompait rarement.Je n'ai jamais connu quelqu'un qui ait autant de jugement pour savoir quelle importance avait une nouvelle », raconte Michèle Ouimet qui l'a côtoyé au Point et qui est maintenant éditorialiste à La Presse.Ce sens de la nouvelle était d'autant plus important que l'équipe du Point se réunissait chaque matin, cinq fois par semaine, pour déterminer les sujets du jour à être traités en toute fin de soirée.Il ne fallait donc pas se tromper au départ de la journée de travail.« Bien avant tout le monde, M.Desjardins avait prédit à quel point l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés allait bouleverser la vie des Canadiens », donne-t-elle en exemple.L'animateur Simon Durivage, qui a lui aussi travaillé au Point, se souvient d'une savoureuse anecdote.« J'étais en reportage depuis trois semaines au Japon où j'avais brossé tout un portrait de l'économie de ce pays en pleine effervescence.Et voilà que du Japon, j'apprends que mon reportage est décalé en raison d'un incendie à Saint-Basile-le-Grand (celui de l'entrepôt de BPC, le 23 août 1987).J'ai appelé au bureau pour faire savoir mon mécontentement.À mon retour, Marcel m'a convoqué et m'a dit : On sait ce qui est important pour le public montréalais.J'en ai tiré une bonne leçon de journalisme.» Des reportages aux quatre coins du monde, plusieurs journalistes en ont fait justement grâce à Marcel Desjardins qui croyait à l'ouverture sur le monde et à la couverture d'événements internationaux.« Je lui dois mon affectation comme correspondant à Washington », raconte Raymond Saint-Pierre, animateur de Montréal ce soir.Il a aussi ouvert la porte aux femmes, laissait entendre la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Anne-Marie Dussault, hier.À une époque où il n'y avait ni Internet ni chaînes de nouvelles en continu, Marcel Desjardins était l'homme le mieux informé en ville.Le jour, lorsqu'il allait dîner avec Daniel Marsolais, chef de pupitre à La Presse, il écoutait les nouvelles à CKAC sur son transistor, petit écouteur fiché dans l'oreille.« Et il prenait des quantités de notes », se souvient M.Marsolais.Il avait toujours sur lui des enveloppes, des bouts de papier, sur lesquels il prenait des notes.« Sous ses dehors bourrus, c'était un gars extrêmement intelligent et doté d'une mémoire phénoménale », dit-il.Bon vivant, aimant parler de sport, Marcel Desjardins avait aussi une passion pour les fleurs, qu'il partageait avec Pierre Mc Cann, photographe depuis 44 ans à La Presse et avec notre chroniqueur horticole Pierre Gingras.« Si, dit-il, La Presse est le journal qui consacre le plus d'espace à l'horticulture, c'est en bonne partie grâce à lui.» Funérailles LA FAMILLE de Marcel Desjardins accueillera parents et amis au salon funéraire Berthiaume du 416, rue Mc Gill à Hawkesbury (Ontario), le vendredi 14 février, de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h, ainsi que le samedi 15 février de 10 h à 12 h.La messe en hommage au vice-président et éditeur adjoint de La Presse aura lieu le samedi 15 février à compter de 13 h en l'église Saint- Alphonse du 470, rue Principale Est, à Hawkesbury.À la discrétion de ceux et celles qui veulent lui rendre hommage, des dons peuvent être faits à l'Association Diabète Québec du 5635, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec), H1N 1A2. 2LP1101A0211 a11 mardi 2LP1101A0211 ZALLCALL 67 20:41:21 02/10/03 B LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 A 1 1 La perte d'un géant PIERRE NADEAU Ex-journaliste à Radio-Canada, l'auteur anime une émission du matin à Info- 690.MARCEL DESJARDINS n'est plus.Son fils Dominique m'a annoncé la nouvelle hier matin, et au moment d'écrire ces quelques mots, j'ai encore peine à le croire.Je perds un ami, et le journalisme québécois, un géant.Marcel faisait partie de ces piliers du monde de l'information que le grand public ne connaît généralement pas, même quand ils occupent un poste aussi important que celui d'éditeur adjoint de La Presse.Mais pour nous, les gens du métier, il était une sorte de vedette.Dans la presse écrite comme dans les médias électroniques, tout le monde le connaissait.et l'estimait.Nous étions, lui et moi, de la même génération.Nos chemins se sont souvent croisés pendant une vingtaine d'années, avant que nous ne nous retrouvions ensemble au Point en 1984.Il venait d'y être nommé rédacteur en chef après avoir refait de fond en comble le Téléjournal.J'ai présenté l'émission pendant quatre ans, en compagnie de Madeleine Poulin et Simon Durivage.Le Point demeure un des plus beaux souvenirs de ma vie professionnelle.En bonne partie, c'est à cause de mes contacts quotidiens avec Marcel, de qui j'ai beaucoup appris.Tous ceux qui sont passés au Point pendant les quatre années où Marcel a été à la barre peuvent témoigner de la solidité de cet homme, qui savait allier fermeté et raffinement.Marcel était au courant de tout.Il était doté d'un jugement sûr, aussi bien pour évaluer la valeur d'une information que celle de votre travail.Mais il n'imposait pas ses vues : il préférait suggérer.On pouvait s'appuyer sur lui en toute circonstance.C'était un roc, qui devenait bouclier quand il le fallait, quand, par exemple, la diffusion d'un reportage ou d'une entrevue provoquait des remous à la haute direction de Radio-Canada, Marcel savait alors s'interposer et défendre l'indépendance de ses journalistes.Grâce à son formidable sens de l'humour, il pouvait désamorcer toutes ces crises comme il s'en produit fréquemment dans un métier aux ego très inflammables.« T'en fais pas mon ami, tout va s'arranger », disait-il souvent.Et avec Marcel, tout s'arrangeait.Nous avons quitté Le Point en même temps.Marcel allait occuper les fonctions de chef de l'information à La Presse, et j'allais poursuivre ma carrière ailleurs.Nous avons quand même continué de nous voir régulièrement.Notre prochain rendez-vous était prévu pour le 24.Nous aurions passé le monde en revue, et je lui aurais demandé conseil sur des décisions que je devais prendre.Elles vont beaucoup me manquer, ces rencontres avec l'ami ironique et bon vivant qu'il était.Pour le moment, je pense beaucoup à Micheline, la femme de sa vie, et à leur trois fils, Louis, Mathieu et Dominique.À eux quatre, je veux offrir toutes mes condoléances.Toute une époque! Il ébranlait MI C H È L E O U IME T nos certitudes L'auteure est éditorialiste à La Presse.JE N'AIME pas les éloges funèbres.La personne morte devient tout à coup si parfaite, comme si elle n'avait aucun défaut.Eh bien, Marcel Desjardins en avait des défauts.Et des gros.Mais les gens aimaient cet homme fait d'une seule pièce.Avec ses gros défauts et ses immenses qualités.Les politically correct le hérissaient.Il aimait se moquer des branchés qui vivent dans Le Plateau et se promènent en vélo en s'imaginant qu'ils ont réinventé le monde.Il était rancunier et bagarreur.Il pouvait se montrer mordant, dur, féroce.Qui n'a pas eu envie de rentrer six pieds sous terre lorsque, du haut de ses six pieds et de sa charpente de colosse, il haussait le ton ?Qui osait lui tenir tête ?Le pire, c'est qu'il avait presque toujours raison.Car Marcel Desjardins avait une intuition du diable.Appelez ça du pif ou du nez, il en avait à revendre.Il sentait la nouvelle 1000 pieds à la ronde.Il se trompait rarement, il voyait venir les événements et il pressentait les grandes tendances.Il n'y avait pas que les journalistes qui tremblaient devant lui.Le responsable des relations publiques à la Sûreté du Québec avait « osé » l'appeler chez lui, un dimanche soir, pour se plaindre du comportement d'une journaliste.Desjardins lui avait répondu, cinglant : « Vous les flics, occupezvous de votre éthique et nous on va s'occuper de la nôtre ! » Sous ses airs d'ours mal dégrossi qui roulait des épaules et parlait d'une voix bourrue, se cachait un esprit fin, un homme drôle et un bon vivant qui aimait rire et prendre un coup.Un homme chaleureux qui adorait parler de sa famille.Un homme sage qui avait vu neiger et que plus d'une vedette n'hésitait pas à consulter.Marcel Desjardins incarne toute une époque du journalisme, celle où les hommes couvraient la politique et où les scoops se ramassaient parfois dans les bars à deux heures du matin.Combien de fois je l'ai vu, pendant une réunion, sortir de la poche de son veston un vieux carton de cigarettes tout fripé qui sentait le lendemain de veille trop arrosé et où il avait gribouillé un nom, une idée, un numéro de téléphone.Il avait une mémoire prodigieuse.Heureusement car son bureau était un véritable foutoir.Mais il se comprenait.Il plongeait parfois la main dans la pile désordonnée de ses papiers et après avoir fourragé quelques instants, il retrouvait sans peine ce qu'il cherchait.Il avait une extraordinaire tête de cochon.J'ai donc été toute étonnée de voir que la mort avait eu raison de lui.C'est avec une immense peine que je renoncerai à nos échanges aigres-doux, moi la fille du Plateau qui se promène à vélo et qui s'imagine.ALAIN DE REPENTIGNY L'auteur est adjoint au directeur de l'information.IL Y AVAIT consensus autour de la table.Puis Marcel levait le doigt et, en quelques mots bien sentis, ébranlait nos certitudes.Pourquoi diable n'y avions-nous pas pensé ?Dans une autre vie, Marcel Desjardins réapparaîtra sans doute sous les traits d'un inspecteur au jugement sûr, aussi curieux que méthodique, qui renvoie tout le monde faire ses devoirs quand on croit dur comme fer que l'enquête est terminée.Il en a déjà l'imperméable.J'ai eu le privilège d'être son adjoint quand il était directeur de l'information.Marcel était (est ?) imposant, intimidant même.Mais quand tu le savais de ton bord, tu abordais tous tes dossiers avec une nouvelle assurance.Je suis chanceux, que je me disais, Marcel trippe sur mes bébés, le sport et les arts.Le Canadien, la NFL, le cinéma bien sûr \u2014 hier encore, il bouillait d'avoir « perdu son temps » en allant voir Jack Nicholson dans About Schmidt \u2014 mais je pouvais lui parler de n'importe quel sujet, il comprenait.D'une oreille, il écoutait la radio cachée dans la poche intérieure de son veston, de l'autre, il m'écoutait et me refilait presque toujours une nouvelle, un conseil, un angle pour un reportage original.Je suis chanceux, que je me disais, mais je sais bien que tous ses adjoints, aux affaires comme en politique \u2014 ah ! comme la politique le passionnait ! \u2014 ont eu la même chance.Ces dernières années, même si on se parlait moins du train-train quotidien du journal, j'adorais m'arrêter dans son grand bureau.On jasait de tout et de rien et, de temps en temps, il pitonnait sur sa zapette pour être sûr de ne rien manquer.Quand on perd quelqu'un d'aussi présent que Marcel, on a de la difficulté à le croire.Puis on pense au grand vide qu'il va laisser au travail, dans notre vie.Et on pense qu'on ne lui a sans doute jamais dit clairement combien on l'aimait.Mais ça aussi, il devait le savoir.PHOTOTHÈQUE, La Presse Simon Durivage et Marcel Desjardins lors du 17e Gala Excellence de La Presse (octobre 2000).Un coup en plein coeur! «Ça va être dur, mon ami» SIMON DURIVAGE L'auteur est journaliste et animateur à Radio-Canada.TRÈS CHER MARCEL, quand ton fils Mathieu m'a téléphoné ce matin pour m'annoncer ton décès, je suis resté sans voix.Comme un coup en plein coeur.Et puis, en moins d'une minute, des tonnes de souvenirs me sont revenus des trop brèves années où nous nous sommes côtoyés quotidiennement.Je me suis rappelé des meetings du Point que tu dirigeais avec tant d'intelligence et de doigté.J'ai revu ton éternel sourire, souvent moqueur mais toujours franc.J'ai repensé au temps que tu ne comptais jamais quand je demandais à te voir.Je me suis souvenu de la fois où tu m'avais donné une bonne leçon de journalisme : je revenais d'un reportage au Japon dont tu avais reporté la diffusion à cause de l'incendie d'un entrepôt rempli de BPC à Saint- Basile, ce qui m'avait beaucoup frustré.Gentiment, tu m'avais rappelé ce que je ne voyais pas de la lointaine Asie que, parfois, les événements d'ici passent avant l'actualité internationale.Plus tard tu es retourné à La Presse, mais je n'ai jamais voulu perdre contact avec toi et tu sais combien, chaque fois que je t'ai consulté avant de prendre une décision importante, tes conseils m'ont été plus que précieux.Si tu le permets, je vais continuer à t'appeler de temps en temps, en pensée.DANIEL LEMAY L'auteur est journaliste à La Presse.MARCEL DESJARDINS aimait le hockey mais encore plus le Canadien, un sujet dont il aimait parler quotidiennement avec ses « semblables ».Avec la même passion tranquille qu'il avait pour son métier, notre métier : « faire » un journal.En parlant de La Presse, il disait toujours « notre journal », façon qui traduisait bien son appartenance à la communauté, davantage comme guide sagace, ou garde-fou, que comme patron de presse.Accoudant à la longue rambarde de la rédaction son impressionnante charpente au blazer marine, il disait quelque chose comme « J'aimerais ça qu'on m'explique.» Pourquoi Untel ne frappe jamais, pourquoi l'autre, « qui gagne quatre millions, esti !, score une fois par mois » ou quelque autre question qui, sans que ce soit la fin du monde, occupe cinq minutes dans le quotidien de l'amateur de hockey moyen.« Avril sera bientôt parmi nous », prévenait-il encore jeudi, référence rieuse à l'arrivée prochaine des éliminatoires, une période où\u2014quand son équipe en était\u2014il aimait gager avec ceux qu'il appelait les « non-croyants ».Avril, oui.Il a terminé notre bref échange quotidien avec le même sourire et sur le même constat qu'à l'habitude quant aux chances de notre club : « Ça va être dur, mon ami.» Hier matin, j'avais hâte de le voir pour lui parler de ce « magistral » 2-0 remporté dimanche à Washington.Il aurait dit comme après chaque victoire, sarcastique devant le malheur appréhendé : « C'est le début d'un temps nouveau, mon ami ».Au lieu de ça, le coup au coeur.La porte du bureau qui ne s'ouvrira pas.« The show must go on ».Cliché des clichés post mortem.Les mots s'embrouillent mais on a Saddam et l'OTAN, le marché Jean-Talon, la crise du Bloc, Brisebois qui est sorti de l'hôpital.Les nouvelles du jour, bonnes et mauvaises.Aujourd'hui, on va faire un autre journal, et demain encore un autre.Sans Marcel Desjardins.Ça va être dur, mon ami.Une passion: la nouvelle Voici le texte que nous a fait parvenir le bureau de direction du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse.C'EST AVEC peine et stupéfaction que la direction et les membres du Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse ont appris la nouvelle du décès de Marcel Desjardins, éditeur adjoint de La Presse.Un seul mot résume la vie professionnelle de M.Desjardins : la nouvelle.Cela a toujours été sa passion comme journaliste, par exemple quand il était correspondant parlementaire pour La Presse dans les années 1970.C'était aussi sa principale préoccupation comme patron, depuis son retour à La Presse en 1988.Il a fortement contribué à entretenir la tradition de notre journal, axé sur la nouvelle, à travers toutes les transformations que La Presse a pu connaître.Pour cela, tous les membres passés et présents du syndicat lui seront reconnaissants.Comme patron, il a signé la lettre d'embauche de pratiquement tous les employés entrés à la rédaction depuis 15 ans.Dans ses rapports avec les employés, il faisait preuve en général d'une grande bienveillance.Il était très attaché et sensible aux événements personnels qui entouraient la vie des gens de la rédaction.Naissance dans la famille ou décès d'un proche, il ne manquait pas de souligner les faits qui composent la vie de chacun.Nous regretterons d'autant plus la disparition de M.Desjardins qu'il nous a quittés à un moment crucial, avec la mise en service prochaine des nouvelles presses.À ce sujet, au cours des derniers mois, certains membres du syndicat avaient eu l'occasion d'aplanir avec lui et d'autres membres de la direction les difficultés prévisibles dans cette transition délicate.Il nous reste à mener le projet à bon port, comme il l'aurait évidemment souhaité.Costaud, de corps et d'esprit GÉRALD LEBLANC L'auteur est un journaliste de La Presse à la retraite.ON DISAIT souvent « le gros » pour parler de Marcel.Il était effectivement imposant, ce gros garçon gêné qui bégayait dès que les mots n'arrivaient pas à incarner sa pensée.Je l'ai déjà vu défier une poignée de joueurs des défunts Nordiques au Château Frontenac, à l'époque de nos folles années.J'ai aussi apprécié le voir me servir de bouclier, un certain soir d'automne 76, au Press Club, alors qu'il avait averti les collègues anglophones, offusqués de mes bravades juvéniles, de passer par lui s'ils avaient des choses à me dire.Costaud de corps, il l'était aussi d'esprit.Marcel n'était pas un intellectuel cérébral qui aurait fait découler ses conclusions de principes philosophiques ou sociologiques.Il était plutôt un penseur organique qui arrivait à élaborer des lignes de conduite à partir de son expérience, toujours présente grâce à une exceptionnelle mémoire de la tourmente canadienne des derniers quarante ans.Si on avait parfois l'impression qu'il n'était pas facile de comprendre ce qu'il pensait et où il se situait, c'était sans doute en raison des réserves que lui imposait son poste d'autorité, mais aussi à cause de sa manière de penser et d'arrêter son jugement.Avant le temps, il était un adepte de la méthode d'essai et de correction, « trial and error » comme disent les Américains.Ni columnist ni éditorialiste, Marcel était resté un reporter dans l'âme, même s'il fut, durant la majeure partie de sa carrière, manager d'équipes de journalistes.L'homme cultivé que cachait ce gaillard un peu fruste, plus à l'aise dans les bruyantes tavernes que dans les salons feutrés, se demandait toujours ce qu'on pouvait dire de nouveau aux auditeurs et aux lecteurs.On se demandait naguère si le journaliste devait être miroir ou moteur de la société.Pour Marcel, le mot clef était plutôt témoin, celui qui raconte ce qu'il a vu et entendu, celui qui fait deux appels ou deux visites de plus pour en avoir davantage à raconter.Pour ses amis, dont je fus même quand il m'affligeât de son implacable autorité, Marcel était un gars plaisant et chaleureux, amène comme il disait souvent, surtout pour qualifier les femmes, avant tout la sienne, la très attachante Miche.C'est un bien gros morceau que nous venons de perdre. 2LP1201A0211 a12 mardi 2LP1201A0211 ZALLCALL 67 20:36:20 02/10/03 B A12 LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 Un homme entier Marcel Desjardins, vice-président à l'information et éditeur adjoint, nous a quittés hier dans son sommeil.Que dire de Marcel ?Beaucoup et c'est significatif.Avant tout un homme, un mari, un père et, depuis peu, un grand-père heureux.Un travailleur acharné, passionné d'information et animé par l'amour du métier.Un homme pour qui l'estime de ses collègues et le respect des journalistes ont toujours figuré au coeur de ses valeurs.Un journaliste rigoureux, intègre et doté d'une mémoire remarquable.Un travailleur d'équipe, dédié et dévoué.Un dirigeant qui aimait profondément La Presse et qui chérissait la volonté d'en faire un des meilleurs quotidiens au Canada.Un homme timide à l'occasion, malgré son imposante stature et la force de sa voix, mais aussi un homme, pour ceux qui le connaissaient bien, capable de démontrer chaleur, passion et appréciation.Un homme entier, simple et doté d'un grand coeur.Un homme d'une grande sagesse, motivé par la conviction d'une société meilleure.Un homme aux intérêts variés, capable de passion.Et surtout un ami, du type de ceux que l'on n'oublie jamais et qui ont cette force, malgré leur départ, de faire sentir leur présence.Au nom de tous les employés de La Presse, j'aimerais offrir mes sympathies à son épouse Micheline, ainsi qu'à ses trois fils, Louis, Mathieu et Dominique.GUY CREVIER Président et éditeur Un pilier s'éteint Serge.Chapleau@lapresse.ca Droits réservés Un pilier.Le mot est devenu cliché au point qu'on hésite à l'employer.Pourtant, aucun autre ne décrit aussi bien le rôle essentiel que jouait Marcel Desjardins à La Presse.Un pilier.Le dictionnaire le dit bien, un pilier « assure la solidité, la stabilité ».À travers la turbulence de l'actualité quotidienne, Marcel savait déceler ce qui était important et ce qui passerait, distinguer l'historique de l'anecdotique.Chaque jour, il nous faisait profiter de sa vaste expérience, et de cette sagesse que seul le temps permet d'acquérir.Alors que tout le monde autour de lui s'agitait à la moindre nouvelle, Marcel savait garder son calme, le sens des proportions, sans perdre pour autant son énergie et son enthousiasme.Ni son amour passionné de l'information.Un pilier.Alors que La Presse vit une période de développement accéléré, Marcel Desjardins était un gage de prudence, de réalisme, de cohérence.Au cours de nombreuses réunions où ça discutait ferme autour de la table, Marcel restait souvent silencieux.Jusqu'à ce qu'on lui demande : « Marcel ?» Il savait nous faire voir des obstacles auxquels nous n'avions pas pensé, tout en nous inspirant la détermination d'en venir à bout.Ayant oeuvré à La Presse pendant plus de 20 ans, Marcel Desjardins nous permettait de plonger vers l'avenir avec l'assurance qu'il nous garderait solidement ancré dans la tradition de cette grande institution.Depuis quelques mois, il participait avec un bonheur évident au passage de La Presse à un nouveau procédé d'impression.Je peux l'imaginer un soir de l'automne prochain, debout dans la nouvelle imprimerie, prendre fièrement un journal encore chaud dans ses mains.Marcel ne sera pas avec nous ce soir-là.Mais son âme sera dans chaque page de la nouvelle Presse.André Pratte LA BOÎTE AUX LETTRES Le parti des jeunes ?QUELLE NE fut pas ma surprise, ce week-end, de constater que l'ADQ, qui se prétend pourtant être le parti des jeunes, a regroupé moins de participants au congrès de son aile jeunesse que les jeunes libéraux ! D'autant plus que la salle regorgeait de têtes blanches ! Et que dire de la venue de Pierre Bourque, Jean-Guy Lemieux et tous les autres vieux politiciens.L'ADQ incarne-t-elle vraiment le changement ?Ma génération n'est pas dupe, nous ne nous laisserons pas berner par Mario Dumont ! ANNE-SPOHIE LAROUCHE 20 ans, Québec Discours courageux ! Monsieur Dumont, FÉLICITATIONS pour votre discours à la jeunesse lors de votre convention à Montréal.Il est grand temps qu'il y ait des politiciens avec assez de courage pour dénoncer la fonction publique et les unions qui surprotègent les fonctionnaires.Il n'y a aucun intérêt pour les Québécois qui travaillent et paient des taxes à avoir une fonction publique qui est supposée nous rendre des services que l'on ne veut pas et des services qu'elle ne nous rend pas.Ce système est rentable pour les unions qui collectent les cotisations syndicales et qui constituent une petite élite qu'il faut démolir.GAËTANE BORDUAS-MARTIN Un nouveau « roi de la garnotte » JADIS SOBRIQUET de l'ancien ministre des Transports du Québec, monsieur Guy Chevrette, l'ADQ risque de se retrouver avec un nouveau « roi de la garnotte ».En effet, la nomination récente de Hubert Meilleur à titre de candidat dans le comté de Mirabel et responsable des questions de transport pour le parti de Mario Dumont semble prôner le développement autoroutier pour faciliter les déplacements de personnes.Doit-on lui rappeler que cette bonne vieille méthode, largement utilisée depuis Duplessis n'a fait que repousser le problème de la congestion de quelques années sans parler de la pollution.M.Meilleur fait sûrement fausse route en demandant aux citoyens de poursuivre leur dépendance à l'automobile et au pétrole ! C'est triste de voir un nouveau parti comme l'ADQ promouvoir de vieilles idées ! LUC CÔTÉ Longueuil, arrondissement St-Lambert Bravo docteur Dugré ! NE TROUVEZ-VOUS pas bizarre qu'au lendemain d'une rentrée d'argent du fédéral, les médecins spécialistes et le gouvernement du Québec s'entendent aussitôt pour régler leur conflit ! Donc, il est facile de conclure que l'argent du fédéral ira dans les poches des médecins spécialistes ce qui veut dire que certains orthopédistes et radiologistes qui ne gagnaient que 700 ou 800 000 $ pourront devenir millionnaires.Youppi ! je suis content ! Bravo Dr Dugré et vos collègues, dépêchez-vous d'aller magasiner un nouveau condo et une nouvelle bagnole.Ce qui me fait suer, c'est que tout au long de vos négociations vous avez eu l'audace et l'arrogance de prétendre que vos demandes étaient pour améliorer les services aux patients ! Foutaise cher Dr Dugré : vous et vos collègues vous carburez à l'argent.Finalement, dites-moi, vous souvenez-vous du serment d'Hippocrate ! Je crois que ceux et celles qui font partie de Médecins sans frontières ou de l'équipe du Dr Réjean Thomas eux s'en souviennent et privilégient les soins aux malades plutôt que leur compte en banque.CLAUDE PERRON Les droits de M.Yvon Cyrenne Monsieur Cyrenne, JE DÉSIRE répondre à votre texte, intitulé « Parodie sur les droits des contribuables », paru le samedi 8 février dans La Presse.Vous avez bien le droit de dénigrer le système québécois qui, il est vrai, a ses limites et ses problèmes de gestion.Le droit aussi de tourner en dérision des décisions politiques ayant des objectifs sociaux, comme ceux de diminuer les écarts démesurés entre les riches et les pauvres.Mais vous avez également le droit de déménager chez nos voisins américains, où l'éducation et les soins de santé sont des marchandises et où vous auriez le plus grand des plaisirs à constater que votre argent ne sert qu'à ce qui vous intéresse, et non pas, par exemple, à garantir l'accès à des services publics à des individus que vous ne connaissez même pas et qui n'arrivent pas à se les payer eux-mêmes.Votre droit d'immigrer aux États-Unis vous offrirait aussi l'opportunité de ne pas être embêté par la présence, de plus en plus rare rassurezvous, d'une volonté d'égalité et d'équité pour les citoyens québécois, ou encore par des questionnements sur les répercussions dans la communauté de la marchandisation des services sociaux et des services de santé publics.Vous reflétez bien l'individualisme croissant de notre société, à la recherche du plus grand confort matériel et économique personnel possible au détriment des conséquences que cela peut avoir sur nos voisins, l'environnement et les générations à venir.À votre avis, cet individualisme devrait-il être considéré comme un droit ou bien comme une grossière erreur de jugement ?MARIE-CLAUDE GAGNON Montréal Réformer la réforme Nous publions aujourd'hui le dernier éditorial sur la réforme de l'école secondaire.m i c h e l e .o u i m e t @ l a p r e s s e .c a Compétences transversales, compétences disciplinaires, domaines généraux de formation, la réforme de l'école secondaire est complexe.Trop.Sur papier, elle est échevelée et confuse.Le ministère de l'Éducation ne jure que par l'approche par compétence.L'idée est séduisante : il ne faut plus enseigner en silo mais faire des liens entre chaque matière.Les fonctionnaires ont donc accouché de neuf compétences transversales, soit exploiter l'information ; résoudre des problèmes ; exercer son jugement critique ; mettre en oeuvre sa pensée créatrice ; se connaître ;, coopérer ; communiquer de façon appropriée, etc.Quant aux domaines généraux de formation, ils forment « un ensemble de grandes questions qui interpellent les jeunes ».Ça sent le vécu \u2014 le foutu vécu ! \u2014 à plein nez.En fait, c'est un ramassis de voeux pieux, une sorte de prêchiprêcha pour bien-pensants.Il y en a cinq : santé et bien-être ; orientation et entreprenariat ; environnement et consommation ; médias ; vivre-ensemble et citoyenneté.Les compétences transversales et les domaines généraux de formation doivent s'articuler, s'imbriquer, se faufiler, s'arrimer \u2014 choisissez le mot qui vous convient \u2014 avec le programme de français qui est démesurément complexe, « jargonneux » et, évidemment, découpé en compétences disciplinaires.Comment réussir ce tour de force ?Comment un enseignant peut-il refiler une compétence transversale ou un domaine général de formation à 30 adolescents tout en expliquant l'accord du participe passé ?La recette est écrite à la page 9 du programme de formation de l'école québécoise.« Conçu comme un système, le programme (.) doit être abordé comme un tout dynamique dont la portée, en tant que référentiel pédagogique, tient à la complémentarité et à l'interdépendance de ses éléments constitutifs.Sa structure vise à faciliter l'établissement de liens entre les différentes parties qui le composent.» Bonne chance.\u0001 \u0001 \u0001 Comment en est-on arrivé à un tel fouillis ?Les États généraux sur l'éducation, qui ont ausculté le système pendant des mois en 1996, avaient pourtant débouché sur un constat lucide et des recommandations qui tombent sous le sens : nettoyer la grille horaire des cours inutiles, revenir aux matières de base, consacrer davantage d'heures au français et à l'histoire, le tout encadré par un programme écrit dans un « langage simple, clair et dépouillé de tout jargon technique », condition essentielle pour éviter que la réforme dérape.On connaît la suite.Que s'est-il passé ?\u0001 \u0001 \u0001 Le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, affirme qu'il tiendra compte des critiques et que la version finale du programme de français, attendue en avril, sera « claire et lisible ».Pas question, par contre, de toucher aux compétences transversales et aux domaines généraux de formation.Mais permettez-nous de douter du pouvoir de M.Simard, aussi ministre soit-il.Un, parce qu'il n'a pas lu la version controversée qui a été dénoncée par un groupe d'universitaires même si le programme est au coeur de la réforme.Il ne sait donc pas de quoi il parle.Et deux, M.Simard ne sera probablement plus à son poste en septembre, élections et remaniement ministériel obligent.C'est d'ailleurs un des drames de ce ministère qui a connu huit ministres depuis 1990.Les ministres passent, mais les fonctionnaires restent.En bout de ligne, ce sont les élèves qui paient pour ces incohérences.\u2014 FIN \u2014 Bush, un nouveau Kennedy?C'EST POUR avoir refusé de déclarer la guerre à Cuba que John F.Kennedy est entré dans l'histoire comme un grand président.En effet, en dépit des insistances de son état-major, il a refusé de faire la guerre à Cuba.Et Dieu sait si, à l'époque, la situation politique était plus explosive et plus dangereuse qu'aujourd'hui.Cependant, John F.Kennedy est resté inébranlable dans son rejet de la guerre.Que sa mémoire soit honorée à tout jamais pour ce choix rempli de sagesse, de modération et de pacifisme.En sera-t-il de même aujourd'hui pour George W.Bush ?L'actuel président des États-Unis passera-t-il à l'histoire comme un pacifiste qui a rejeté la guerre en Irak ; pour un sage qui n'a pas écouté certains esprits belliqueux ; pour un juste qui s'est écarté de ces forces occultes qui rêvent d'étendre leur hégémonie de l'Euphrate jusqu'au Nil ; pour un modéré qui a préféré le parfum des lauriers de la paix à l'odeur du pétrole ?Bref, George.W.Bush sera-t-il un nouveau Kennedy ?C'est à lui de le prouver.J.M.COURTOIS John F.Kennedy Rimouski 2LP1301A0211 a13 mardi 2LP1301A0211 ZALLCALL 67 20:42:20 02/10/03 B LA PRESSE MONTRÉAL MARDI 1 1 FÉVRIER 2003 A13 De l'éparpillement Avec la police de quartier, on a mis en place un système difficile à gérer et à coordonner GILBERT CÔTÉ L'auteur est un policier à la retraite.Il a été membre du bureau de direction de la Fraternité des policiers, de 1976 à 1982, et officier de direction au Service de police de Montréal de 1984-1995.LA PRESSE titrait récemment : « La police de quartier est en pleine réforme.» Ayant oeuvré à la police de Montréal pendant près de 32 ans, et même si je suis à la retraite depuis sept ans, l'évolution du service de police demeure toujours pour moi un sujet d'intérêt.Alors qu'on prépare « encore » une nouvelle réforme et avant de déterminer la direction que prendra la police, il m'apparaît utile de faire un petit retour en arrière et d'examiner les changements vécus au cours des années.En 1964, à mon entrée au Service, la police de Montréal (avant la CUM) était divisée en trois grandes directions, qu'on appelait « départements » : l'administration, la gendarmerie, l'enquête.Un assistant-directeur dirigeait chacune de ces directions, qui opéraient de façon relativement étanches les unes à l'égard des autres.À cette époque, il y avait un peu plus d'une vingtaine de postes de police sur le territoire de la Ville de Montréal, et ils comptaient généralement de 150 à 200 policiers chacun.Les patrouilleurs oeuvrant dans ces postes relevaient du commandant du poste, sous l'autorité de la Direction de la gendarmerie ; les enquêteurs travaillant dans le même poste relevaient d'un officier supérieur de la Direction des enquêtes, dont le bureau était situé dans un autre édifice.Le commandant du poste n'exerçait son autorité que sur les patrouilleurs, on ne pouvait donc pas lui imputer le bon ou mauvais rendement du poste car entre patrouilleurs et enquêteurs on se renvoyait la balle, surtout quand la criminalité était hors de contrôle.Il y avait donc un problème flagrant d'imputabilité.Communauté urbaine À la création de la Communauté urbaine de Montréal, au début des années 1970, le directeur du Service, René Daigneault, avait la responsabilité d'intégrer les Services de police des différentes villes de l'île de Montréal.Le « Plan Daigneault » redistribuait les effectifs en faisant passer le nombre de postes de police de 39 à 24, éliminant du coup les postes de petite dimension que l'on retrouvait surtout dans les municipalités de banlieue.En vertu de la nouvelle philosophie du « Plan », les postes de police créés devenaient des entités administratives autonomes, avec pleins pouvoirs pour intervenir sur la criminalité agissant sur leur territoire.Les patrouilleurs et les enquêteurs relevaient dorénavant du commandant du poste et il devenait imputable des résultats.Ces postes comptaient en moyenne 200 policiers, ce qui donnait la flexibilité nécessaire au commandant pour établir des programmes et stratégies en fonction des problématiques changeantes de la criminalité.La Fraternité des policiers, dirigée à cette époque par le président Gilles Masse, n'était pas reconnue pour sa grande complaisance à l'égard de la direction du Service.Les affrontements ne manquaient pas ; mais le « Plan Daigneault » fut accueilli favorablement par le syndicat, même si une partie de ses membres, les enquêteurs, n'acceptaient pas facilement de tomber sous la direction de la gendarmerie.Pour la Fraternité, le « Plan Daigneault » amenait des principes de gestion et une structure permettant d'améliorer le fonctionnement du Service.Au début des années 1990, afin de diminuer les coûts et augmenter le nombre de patrouilleurs sur le terrain, le directeur Alain St-Germain convainquit les maires de la banlieue et celui de Montréal qu'il fallait ramener de 24 à 14 le nombre de postes sur le territoire de la CUM.Cette mesure permettait d'éliminer des fonctions de supervision et de cadres pour les remplacer par des patrouilleurs et enquêteurs.Un échéancier s'échelonnant jusque vers 1998 fut élaboré pour la construction de postes de plus grande dimension et on commença à les construire.Postes de quartier Puis, quatre années plus tard, au milieu des années 1990, les mêmes maires qui avaient convenu que 14 postes étaient plus économiques et efficaces que les 24 existants, décidaient qu'il fallait maintenant passer à 49 « postes de quartier », pour accéder à l'efficacité ultime.On cessa la construction des gros postes et on commença à se défaire de ceux existant, pour en construire ou louer 49 petits.Contrairement à ce que certains peuvent penser, un poste de police n'est pas seulement un édifice où logent les policiers, c'est aussi et surtout une structure d'organisation qui abrite des systèmes, des programmes, des systèmes d'analyse de la criminalité, un processus de formation du personnel etc.Les nouveaux « postes de quartier », dont certains ne comptent pas plus de 35 policiers, ne comptent que des patrouilleurs dans leur effectif.On a regroupé les enquêteurs dans quatre centres opérationnels (CO), qui desservent une douzaine de « postes de quartier » chacun, en matière d'enquête.La nouvelle structure mise en place, a donné lieu au cloisonnement des patrouilleurs et des enquêteurs, chacun des groupes relevant dorénavant d'une autorité hiérarchique différente.C'était comme ça il y a 40 ans ! La décentralisation de l'autorité au niveau des postes et l'imputabilité, principes si chers à l'implantation du « Plan Daigneault » subissent un dur revers avec la « police de quartier ».Sur le territoire de ces nouveaux postes il n'y a parfois qu'une voiture de patrouille par quart de travail.Certains postes sont fermés la nuit, le ratio de supervision des sergents est parfois de un ou deux agents, alors qu'il devrait, pour atteindre l'efficience, être d'au moins une dizaine d'agents.Avec des effectifs si réduits sur un quart de travail, on ne parle plus de flexibilité, de programmes, de priorités, on se contente de répondre aux appels des citoyens.Lorsque survient un problème particulier, les « gangs » par exemple, on l'affrontera avec moins de conviction à 3 ou 4 agents, que si on était une quinzaine en service.Il y a d'autres sortes de problèmes qui viennent avec les petits postes, dont celui de l'expertise.Actuellement les patrouilleurs ont une ancienneté de 3 à 4 ans dans les « postes de quartier », il n'y a donc pas de patrouilleurs ayant accumulé 15-20 ans d'expérience pour conseiller les plus jeunes, tels qu'on pouvait en trouver sur des quarts à plus nombreux effectifs.On peut aussi se demander quelle qualité de commandants nous aurons plus tard, alors que les candidats pour ces postes seront des sergents ayant eu peu d'expérience de supervision.En matière d'enquête, la structure de la « police de quartier » a obligé le déplacement de l'analyse de la criminalité vers les centres opérationnels.Le problème qui se pose avec l'analyse « à distance », tout comme pour les enquêtes, est celui des priorités.Ayant une douzaine de poste à desservir les CO déterminent des priorité qui ne coïncident pas toujours avec celles des commandants de poste.Nouvelle remise en question En résumé, la « police de quartier » a eu pour conséquence d'éparpiller les effectifs et les responsabilités, on a mis en place un système difficile à gérer et à coordonner ; il ne faut donc pas se surprendre de sa remise en question actuelle.Si après 6 ans d'existence, on conclut que « la criminalité contre la personne et les incivilités ont augmenté considérablement et que le sentiment de sécurité de la population a diminué » ; il faut accueillir favorablement les efforts de réforme actuellement en cours.Quand on regarde les changements survenus au cours des 40 dernières années en fonction de la situation actuelle avec le système de « police de quartier », on ne peut qu'être en accord avec la création de chantiers au Service de police qui visent précisément le rapprochement gendarmerie-enquête, le renforcement des postes de quartier, la valorisation de l'individu, l'optimisation des processus et la structure.Dans le cadre de la réforme en cours, il est à souhaiter que l'élaboration de sains principes de gestion prévaudra sur l'humeur changeante des maires de l'Île de Montréal et leur propension à vouloir maintenir un poste de police dans leur quartier, sans tenir compte des conséquences.L'expérience a maintenant démontré que ce n'est pas un édifice qui permet de réduire la criminalité et d'augmenter la sécurité de la population.PHOTOTHÈQUE, La Presse « La police de quartier a eu pour conséquence d'éparpiller les effectifs et les responsabilités.On a mis en place un système difficile à gérer et à coordonner », analyse l'auteur.Il est à souhaiter que l'élaboration de sains principes de gestion prévaudra sur l'humeur changeante des maires de l'île de Montréal.Indemnisation des victimes: un système à revoir Les tribunaux éprouvent une certaine pudeur en matière de compensation JEAN BLAQUIÈRE L'auteur est avocat spécialisé dans le domaine du droit médical, de la responsabilité civile et de l'assurance.À LA SUITE des pressions exercées par les accidentés de la route, le ministre des Transports, Serge Ménard, réfléchit actuellement à la possibilité d'amender la Loi sur l'assurance automobile dans le but d'autoriser l'institution de recours civils contre les criminels au volant ayant causé des blessures corporelles.Le Parti libéral du Québec a, quant à lui, fait de cette question une promesse électoral le 27 janvier dernier.Comme on le sait, le régime de la SAAQ indemnise les victimes d'accidents de la route sans égard à la faute et leur interdit d'instituer une poursuite judiciaire à l'encontre d'un tiers responsable de leurs blessures corporelles, et ce peu importe les circonstances du dommage.Dès l'instant où une blessure survient à l'occasion de l'utilisation d'un véhicule automobile, la victime, si elle ne se bute pas en cours de processus au lourd appareil administratif de la SAAQ, devra se contenter des maigres indemnités déterminées dans la loi et les règlements que celle-ci doit appliquer.La somme que la victime recueillera aux termes de sa démarche ne compensera ni l'ensemble des postes de réclamation indemnisés par les tribunaux judiciaires, tels les dommages moraux, ni le montant auquel elle aurait eu droit pour chacun de ses préjudices.Une certaine équité Le but poursuivi lors de la création du régime de la SAAQ, en 1976, était d'instaurer une certaine équité dans le processus d'indemnisation des victimes d'accidents de la route, aux prises avec certains problèmes réels.Bien que d'autres solutions plus souples étaient disponibles à l'époque pour faciliter l'indemnisation des victimes d'accidents d'automobile, on a plutôt favorisé un processus d'étatisation et mis en place un régime bureaucratique d'une extrême rigidité fondé sur la disparition de la notion de faute et l'interdiction de recourir aux tribunaux judiciaires.Résultat : que l'on reçoive un tronçon de viaduc en construction sur le toit de sa voiture en roulant sur l'autoroute 15 ou que l'on perde une roue à haute vitesse suite à un défaut de fabrication, le responsable du dommage, qu'il soit entrepreneur en construction ou manufacturier d'automobiles, ne pourra se faire poursuivre par la victime ou ses proches.Juridiquement et socialement inacceptable La rigidité de ce principe est juridiquement et socialement inacceptable.D'autres régimes, tel celui mis en place pour les accidents du travail, autorisent les victimes à poursuivre un tiers responsable, autre que leur employeur, pour récupérer l'excédent de leurs dommages non compensés par les barèmes tout aussi étriqués de la CSST.Pourquoi les victimes de la route se voient, elles, privées de ce droit de poursuite ?Les pressions exercées par les victimes d'accidents d'automobiles auprès du ministre pour obtenir le droit de poursuivre les criminels de la route sont en ce sens légitimes.Toutefois, il est difficile de comprendre pourquoi les accidentés de la route se limitent à ce seul aspect alors que tant d'autres victimes devraient également disposer du droit de poursuivre le responsable des dommages découlant de l'utilisation d'un véhicule.Par exemple, pourquoi les membres d'une famille ne pourraient pas poursuivre le psychiatre qui a erronément donné un congé d'hôpital à une jeune mère aux prises avec une grave dépression post partum qui s'est aussitôt précipitée dans une rivière, avec son véhicule automobile, pour y perdre la vie ?Pourquoi le conducteur qui s'est violemment blessé au visage suite à une perte de contrôle de son véhicule ne pourrait pas poursuivre le fabricant d'un coussin gonflable défectueux En fait, l'injustice créée par la Loi sur l'assurance automobile ne tient pas exclusivement à l'interdiction de poursuivre les criminels de la route, mais davantage à la rigidité idéologique à la base même de ce régime.Voilà pourquoi l'actuel ministre des Transports et son prédécesseur n'ont jusqu'à présent pas réussi à justifier le droit que les accidentés revendiquent.Ouvrir la voie à cette seule exception apparaît en effet difficilement justifiable.Il faut de plus réaliser que le fait de soustraire certaines réclamations au monopole indu de la SAAQ ne réglerait pas le problème de souscompensation des victimes de dommages corporels puisque celui-ci dépasse largement le cadre de la Loi sur l'assurance automobile.Il faut en effet réaliser que le système de compensation mis en place par les tribunaux de droit commun, bien que plus généreux et plus fiable, souffre lui aussi de lacunes et ne réussit pas toujours à appliquer pleinement le principe civiliste de la réparation intégrale, par équivalent monétaire, du préjudice subi.On ne peut ignorer que les tribunaux éprouvent, en effet, une certaine pudeur en matière de compensation et agissent même parfois de façon quelque peu arbitraire sans recourir à de véritables critères.Il faut savoir que les tribunaux du Québec et du Canada se distinguent considérablement des tribunaux américains en ce qu'ils compensent beaucoup moins les dommages moraux, c'est-à-dire les inconvénients, les douleurs, les souffrances, la perte de jouissance de la vie ou le préjudice esthétique découlant d'une blessure et avec lesquels la victime doit composer toute sa vie.Il faut donc se livrer à une profonde réflexion concernant l'indemnisation de l'ensemble des victimes de dommages corporels et psychologiques au Québec et au Canada.Et, respectueusement, ce débat ne concerne pas uniquement le ministre des Transports. 2LP1401A0211 A-14 MARDI MONDE 2LP1401A0211 ZALLCALL 67 19:40:13 02/10/03 B Colombie: guerre totale de la guérilla contre le pouvoir Agence France-Presse BOGOTA \u2014 La guérilla a engagé une guerre totale contre un pouvoir décidé à la mater, et démontré, dans l'attentat de Bogota, sa puissance destructrice et sa détermination à frapper au coeur de la capitale colombienne.Trente-quatre civils ont été tués et 168 autres blessés vendredi dans la destruction, suivie de son incendie, du club El Nogal, haut lieu de l'élite locale, selon le dernier bilan publié hier.L'attentat, commis avec une ou peut-être deux voitures piégées, selon les enquêteurs, a été attribué par les autorités aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), principale guérilla avec 17 000 hommes.Par cette action sanglante dans un lieu de rendez-vous du monde politique colombien, la guérilla a d'abord confirmé dans les faits ses menaces contre l'intégrité de Bogota depuis l'investiture du président de droite Alvaro Uribe.Les rebelles ont dans le même temps fait étalage de leur omnipotence dans l'escalade actuelle de la violence, et pas seulement dans les campagnes, grâce à un réseau de milices urbaines prêtes à intervenir à tout moment sur ordre des commandants des FARC.Cette force urbaine avait été déjà révélée le 7 août lorsque le chef de l'État prenait ses fonctions.Une pluie de 15 roquettes avait été lancée par un commando des FARC près du palais présidentiel de Narino, à partir d'un dispositif télécommandé à 12 km de distance.Cette attaque avait fait 21 morts, la plupart dans un quartier déshérité de la capitale.La sophistication des armes rebelles avait été illustrée une fois de plus le 11 décembre dernier avec la saisie par les services secrets de trois voitures piégées téléguidées à Bogota.Ce système visait à permettre à un guideur, équipé d'une télécommande et d'un écran de contrôle depuis un local quelconque, de piloter à distance ces véhicules et de les faire exploser avec un téléphone portable.Deux jours plus tôt, l'explosion d'une voiture piégée dans un centre commercial de la capitale avait fait 23 blessés.Cette campagne de terreur s'est déplacée en janvier dans le département pétrolier stratégique de l'Arauca (Nord-Est), avec 12 tués dans quatre attentats similaires successifs.La surenchère dans la violence rebelle trouve sa source dans la rupture de tous contacts entre le pouvoir et les FARC pour un éventuel dialogue, y compris pour un échange de prisonniers.Alvaro Uribe, un homme à poigne, ne cache pas son objectif, depuis son investiture, de réduire la guérilla par la force.Huit cents civils, 23 politiques dont Ingrid Betancourt, ancienne candidate des verts à la présidence, et 47 officiers de l'armée, sont otages des FARC dans la jungle.Trois cents rebelles purgent des peines de prison en Colombie.Les projets de négociation pour un tel échange ont échoué en novembre dernier.Le gouvernement voulait une libération de tous les séquestrés, alors que la guérilla limitait un tel accord aux politiques et militaires, à l'exclusion des civils.Le commandement des FARC en a aussitôt tiré les conclusions, pour annoncer dès le 2 décembre son intention de « continuer la bataille pour la conquête du pouvoir » en Colombie par « tous les moyens de lutte ».Cette guérilla poursuit depuis 1964 un combat sans relâche contre l'État, qualifié aujourd'hui par elle de « fasciste », avec un bilan total de plus de 200 000 morts, une moyenne de 3000 enlèvements par an, et 2,7 millions de déplacés par la violence.Photo AFP Trente-quatre civils ont été tués et 168 autres blessés dans la destruction du club El Nogal, lieu de rendez-vous de l'élite de Bogota et du monde politique colombien, selon le dernier bilan publié hier.Des manifestants protestent contre le terrorisme à l'arrière du club en agitant des roses.Le Sénat s'apprête à destituer le président du Paraguay CARLOS MONTERO Agence France-Presse ASUNCION \u2014 Le Sénat paraguayen doit rendre aujourd'hui sa décision dans la procédure en destitution entamée contre le président Luis Gonzalez Macchi pour corruption et mauvaise gestion.Les chefs des groupes parlementaires se sont réunis hier avec le président du Sénat, Juan Carlos Galaverna.« Tout est prêt pour qu'un débat public se déroule avec maturité et respect », a déclaré à la sortie de cette réunion le sénateur de l'opposition libérale, Luis Guanes Gondra.« Nous avons parlé de lobbies et d'offres, d'attitudes indécises, ambiguës et concrètes.Je pense qu'il y a de 29 à 33 voix en faveur de la destitution et si j'étais parieur, mon pressentiment serait de 31, bien qu'il y en ait encore dont l'opinion ne soit pas arrêtée », a ajouté M.Guanes, favorable à la destitution.La décision de la Chambre haute doit être prise à une majorité des deux tiers, soit 30 des 45 sénateurs, et ne peut faire l'objet de recours.M.Gonzalez Macchi, 55 ans, est accusé du détournement de 16 millions de dollars de la Banque centrale sur un compte particulier aux États-Unis, d'achat par la présidence d'une automobile blindée volée au Brésil, d'irrégularités dans la tentative de privatisation de la compagnie nationale de télécommunications et de « terrorisme d'État » contre deux militants de gauche torturés par les forces de sécurité.La procédure en destitution a débuté le 23 janvier devant le Sénat avec la présentation de l'acte d'accusation par une délégation de quatre parlementaires.La plaidoirie avait suivi le 29 janvier, puis le Sénat avait entendu les ultimes arguments des deux parties jeudi dernier.La défense, dirigée par le frère du chef de l'État, l'ex-juge José Gonzalez Macchi, a estimé que l'accusation manquait « de substance probatoire » et a dénoncé « une alliance contre nature » au sein de la Chambre des députés qui avait voté en faveur de cette procédure le 5 décembre 2002.Il a estimé que les parlementaires « ne peuvent juger sans se baser sur des preuves » et leur a demandé de voter « contre la décision » de destitution du président Gonzalez Macchi, membre du Parti Colorado (conservateur).Lors de sa session de jeudi, le Sénat avait rejeté une requête des libéraux réclamant un délai de 15 jours au lieu de cinq avant le verdict.L'opposition comptait mettre à profit ces deux semaines pour faire élire un nouveau vice-président, le poste étant vacant à la suite de la démission en octobre dernier de Julio César Franco, candidat des libéraux à l'élection présidentielle du 27 avril prochain.Elle entendait éviter ainsi l'accession au pouvoir du président du Sénat, également membre du Parti Colorado et premier dans l'ordre de sucession à M.Gonzalez Macchi, du fait de la vacance de la vice-présidence.M.Galaverna, qualifié de « Satanas » ou de « Raspoutine » du régime par ses adversaires, a affirmé la semaine dernière qu'il rassemblait plus des 30 votes nécessaires à la destitution.3116681A "]
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