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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
F. Lectures
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2003-06-01, Collections de BAnQ.

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[" 7LP0101F0601 F-1 dimanche 7LP0101F0601 ZALLCALL 67 19:08:05 05/31/03 B B0F01PROMO Not Found Plongez dans l'univers du Moyen Âge 224 pages 34,95$ Gratia Dei Les chemins du Moyen Âge didier méhu Visitez l'exposition Gratia Dei Musée de la civilisation de Québec jusqu'au 28 mars 2004 3139621A EXCEPTIONNEL TRÈS BON \u0001\u0001\u0001\u0001 BON \u0001\u0001\u0001 PASSABLE \u0001\u0001 SANS INTÉRÊT \u0001 NOS CRITIQUES DE LA SEMAINE C A H I E R F | L A P R E S S E | M O N T R É A L | D I M A N C H E 1 E R J U I N 2003 Voir BORÉAL en F2 Voir MISTRAL en F2 La Seconde Révolution tranquille, Gil Courtemanche > ESSAI \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 5 Carnet américain, Louise Cotnoir > NOUVELLES \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 2 Amants, Catherine Guillebaud > ROMAN \u0001\u0001\u0001 Page 4 Souvenirs d'outre-monde \u2014 Histoire d'une naissance, Georges Belmont > MÉMOIRES \u0001\u0001\u0001\u0001 Page 4 L Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © 4 0 A N S D 'A U R O R E S e 3 juin, le gratin se réunira pour fêter le 40e anniversaire de la maison qui a pignon sur la rue Saint-Denis depuis 1991.Mais une voix s'élève : « quarante et un ans! On fête en fait le 41e anniversaire du Boréal ».C'est Denis Vaugeois, l'un des fondateurs du journal Le Boréal Express, qui donna naissance à la maison d'édition.«On a créé la compagnie un an après avoir existé», insiste l'homme aujourd'hui président des Éditions du Septentrion, très attaché à l'aventure de ce journal d'histoire qui faisait la manchette avec de «vieilles nouvelles».À titre d'exemple, le premier numéro, paru en 1962 à Trois-Rivières, affichait ces gros titres : «Hochelaga rasé par les flammes», «Les Indiens ont-ils une âme?», «C'est prouvé, la Terre est ronde ».Il tira à 15 000 exemplaires ! Le but de ce journal?Renseigner les Québécois sur leur histoire, au moment même où le Québec vit une ébullition bien connue aujourd'hui sous le nom de Révolution tranquille.Denis Vaugeois, Jacques Lacoursière, l'abbé Gilles Boulet, Pierre Gravel et Lévis Martin, sous l'oeil bienveillant de Mgr Albert Tessier, qui les traite de «bande de fous», se questionnent sur le nom à donner à leur bébé.Le Boréaliste ?Jean Laurin, gérant de l'imprimerie des Forges, n'aime pas.Le Boréal Matin?C'est drôle mais.Le Boréal Match ?Bof.Le Boréal Express, pour faire un clin d'oeil à ce journal français qu'ils apprécient?Oui.Et ce sera plus facile à traduire en anglais, car on voit déjà grand.Denis Vaugeois chérit ces souvenirs : «C'était un travail énorme.Quand un numéro sortait, on le contemplait.C'était le meilleur, le plus beau.Pour fêter ça, Jacques Lacoursière nous faisait une bouffe souveraine.Encore aujourd'hui, il n'y a pas un salon du livre où les gens ne nous parlent pas du Boréal Express.À la suggestion de l'imprimeur, les fondateurs créent la compagnie du Boréal Express.L'aventure du journal se poursuit jusqu'en 1967, année de l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs postaux, qui rendent l'expédition du journal beaucoup trop coûteuse.L'aventure du livre Faute de poursuivre le journal, on se tourne alors vers l'édition de livres historiques et d'essais politiques.Paraissent alors des ouvrages majeurs de Maurice Séguin, Jean Provencher, Paul-André Linteau, Normand Séguin, Claude Morin \u2014 «Le Marie Laberge de 1973 », plaisante Denis Vaugeois \u2014 pour ne nommer que ceux-là.Quand le Parti québécois prend le pouvoir en 1976, Denis Vaugeois est élu député de Trois-Rivières et ne peut plus se consacrer au Boréal Express.Il cède les rênes à Antoine Del Busso, professeur de sciences politiques qu'il a rencontré lors de la réédition de Canada Québec, une synthèse historique, le premier livre du Boréal publié aux Éditions du Renouveau pédagogique.Entre-temps, Vaugeois avait proposé à Pascal Assathiany, de Diffusion Dimédia, de s'occuper de la promotion et de la diffusion de Boréal, plutôt que de ne travailler qu'avec des maisons d'édition françaises.rois ans après Valium, Mistral est de retour et voilà qu'il nous écartèle entre deux bouquins.D'un côté, Vacuum, quatrième et dernier volet du cycle «Vortex Violet».De l'autre, Origines, dans la collection «Écrire», où Victor-Lévy Beaulieu invite les écrivains à livrer les secrets de leur travail.On pourrait se sentir obligé de préférer l'un à l'autre.mais justement, l'un ne va pas vraiment sans l'autre.La forme de Vacuum risque d'en surprendre plus d'un.Il s'agit d'un weblog, c'est-à-dire le journal de Mistral publié sur son site Internet, jour après jour.«Le weblog a été fait en fonction de la publication, explique l'écrivain.J'ai décidé ça dès le début, c'était prémédité.C'est l'aboutissement logique de ce que j'ai fait, des romans à la première personne avec un personnage qui porte mon nom et dont les protagonistes sont des gens de ma vie.Ça ne m'a jamais empêché de faire des romans qui se tiennent en eux-mêmes.C'est sûr que les gens me demandent si c'est vrai.Mais avec Vacuum, il y a plus de résistance.Les gens ont de la misère avec cette forme.C'est un faux journal et un roman vrai.Car si c'était un vrai journal intime, par définition, il ne serait pas sur Internet.» Le plus intéressant de Vacuum, c'est qu'en dépit de sa forme hachurée se dresse une sorte de rayon X d'un roman, son squelette.Que l'anecdotique se transforme en histoire et les amis, en personnages.C'est ce que Mistral voulait.Ajoutons que Vacuum est le premier livre d'une nouvelle collection créée par Mistral chez Trait d'union, «Graal», dont l'intention est de privilégier les auteurs qui font de l'écriture une quête.«L'esprit de cette collection est contenu dans son nom.Je ne veux pas publier les gens d'un seul livre, des écrivains du dimanche, qui font ça en dilettantes.Vacuum, c'est mon premier titre, je connaissais bien l'auteur, ça fait qu'on s'est bien entendu.Je suis un des seuls qui est capable de travailler avec sans problème! (rires)» Ce qui veut dire aussi que Mistral n'est plus chez XYZ.«Je n'ai pas de grief particulier, on s'est entendu d'un commun accord.Je pense qu'on se prenait pour acquis et ça s'embourbait un peu dans ma carrière.Je voulais qu'on s'occupe de moi, un peu plus de challenge, des responsabilités.» La quadrature du Vortex CHANTAL GUY Pascal Assathiany, actuel directeur général des Éditions du Boréal qui fêtent leurs 40 ans cette semaine.Christian Mistral.Le réveil d'Enkil Bilal Page 3 La vie commence à 40 ans.On ne sait trop si cet adage s'appliquera aux Éditions du Boréal, maintenant quadragénaire, mais une chose est certaine : l'histoire du Boréal en est une de constante renaissance, intimement liée à l'évolution du Québec des quatre dernières décennies.a interrogé trois hommes qui représentent trois grandes époques du Boréal : Denis Vaugeois, Antoine Del Busso et Pascal Assathiany.CHANTAL GUY La Presse Missing files that are needed to complete this page: B0F01PROMO Not Found B0F01PROMO80 10X040.00 PROMOTION.LECTURES. 7LP0201F0601 f2 lectures dimanche 7LP0201F0601 ZALLCALL 67 21:13:21 05/31/03 B MISTRAL Suite de la page F1 NOUVELLES Le deuil des origines Ce sera donc le dernier de la série « Vortex Violet », qui a commencé en 1988 avec Vamp, puis Vautour et ensuite Valium.« J'en avais assez qu'on en parle comme d'une trilogie, dit Mistral.Je n'avais jamais annoncé ça.C'est maintenant une tétralogie.Pour mon prochain roman, je vais entamer un nouveau cycle.Le titre parapluie sera « Gala Gitan » et le premier volet se nommera Goth.Ce sera la suite de Vamp, 15 ans après, une nouvelle génération.Je vais m'inspirer de mon fils, qui a eu sa période goth.» L'image du père n'est pas nécessairement ce qui vient spontanément à l'esprit des gens quand ils pensent à Christian Mistral.Elle est cependant très présente dans Origines et Vacuum.Dans le premier, qui porte bien son nom puisqu'il remonte aux origines de son désir d'écrire, l'écrivain aborde les figures d'autorité qui ont peuplé son enfance et sa jeunesse.Dans Vacuum, c'est plutôt son « je » littéraire qui endosse la paternité, biologique autant que littéraire.D'un fils un peu fuyant qu'il se fait une joie de voir, et un regret que ce ne soit pas plus souvent.D'un ami, Kevin Vigneau, qu'il aime comme un fils et qu'il pousse aux études, en espérant qu'il ne bascule pas dans la littérature \u2014 « cette misère romanesque » \u2014 comme lui.Visiblement, Mistral est dans un passage, une étape cruciale.Il est lui-même écartelé entre le passé et son avenir d'écrivain.« Bon sang.Je vieillis vite et mal », écrit-il.Vacuum, un vide, est aspiré dans le vortex et ce n'est peut-être pas pour rien qu'il y a ce côté maniaque à inscrire dans ce journal, en plus des dates, les heures.« C'est pour ça que j'écris des livres, pour me rassurer.J'essaie d'épingler, comme des papillons, un peu du temps qui fuit.Ça passe tellement vite.C'est un sentiment que j'avais très jeune, ce n'est pas une chose qui me vient sur mon vieil âge.C'est tout le temps une entreprise pour conjurer la mort.Il n'y a rien qu'on puisse faire d'autre, apprendre à mourir.Ça a tout le temps été mon moteur.J'ai voulu arriver à un point où, si je me faisais écraser par une voiture en sortant d'un bar, il resterait un petit peu de moi derrière.Ce n'est pas un testament, c'est un graffiti, une marque, un peu comme les Indiens qui font un inukshuk, pour bien dire qu'ils sont passés par là.I was here.» C'est aussi l'heure des bilans, le moment d'assumer ses choix.Pour Mistral, il n'y en avait qu'un seul : écrire.Et ce choix a aspiré toute son existence, avec tout ce que ça implique.Il a beau douter, jamais il n'acceptera de dire que ce fut une erreur.« Je préférerais crever plutôt que de donner satisfaction à ceux qui m'ont découragé de faire ce métier », insiste- t-il.Origines en parle abondamment et presque douloureusement.« Je n'ai jamais changé d'idée, quand bien même j'aurais dû, quand bien même je devrais maintenant que je n'aime plus écrire, sauf que j'ai 38 ans et je ne sais rien faire d'autre, parce que je n'ai jamais changé d'idée.» Mistral n'aime plus écrire ?« Plus comme avant, c'est en grande partie la nouveauté qui est sortie de tout ça.Il y a beaucoup plus à perdre, moins à gagner.J'aime avoir écrit.» Et comme un ancien combattant, il montre ses blessures, ses cicatrices, sans se plaindre, presque avec fierté, comme autant de preuves de sa bataille et de points sur lesquels s'accrocher : de vieux souliers donnés par Guillaume Vigneault, dont il suit dans Vacuum la carrière glorieuse qu'il a déjà connue, cette dent qui lui fait mal et qu'il n'a pas les moyens de réparer, ses propres bouquins qu'il vend à la librairie pour un peu d'argent de poche, cette mélancolie de l'époque où les chanteurs lui demandaient des chansons (dont les droits lui permettent encore de boucler les fins de mois).Ses frasques passées ont tari la source, et il revient souvent sur cette désertion des artistes, mais sans rancoeur réelle.Il assume.Mais il doute.« Peut-être que je ne pourrai jamais faire mieux que Vautour, que je considère comme mon meilleur roman, dit-il.Peut-être que oui.Une de mes hantises, c'est de savoir quand arrêter.Parce que j'ai vu trop de vieux écrivains s'accrocher pathétiquement, parce qu'ils ne savaient rien faire d'autre.J'aimerais saisir ce moment, mais je ne sais rien faire d'autre non plus, alors je vais essayer de rester bon jusqu'au bout.Mais comment fait-on pour savoir ?Est-ce possible ?» Cette angoisse, c'est aussi ça, être écrivain.Et Mistral l'est, indéniablement.SUZANNE GIGUÈRE collaboration spéciale «La mémoire est une affaire de blessures », lance Jacob Szumanski dans Carnet américain, le deuxième recueil de nouvelles de Louise Cotnoir qui est surtout connue comme poète.C'est au cours d'un séjour à New York en 1995, alors qu'elle occupait le studio du Québec, que lui est venue l'idée de brosser quelques portraits d'immigrants et de leurs descendants établis dans cette ville qui tient à la fois de l'île et du continent.Dans les 13 nouvelles qui prennent le relais l'une de l'autre résonnent les voix pathétiques, tendres, burlesques, d'êtres sensibles, blessés, aux racines flottantes ou occultées, qui rêvent de réconcilier l'ombre et la lumière qu'ils portent en chacun d'eux.Un même thème unit les récits : celui du deuil des origines.La nouvelliste décrit les répercussions de ce deuil sur leur imaginaire et sur leur réalité.Elle nous propose un voyage dans les mémoires et les cultures d'êtres déracinés émotivement qui voient basculer leur destin, leurs espoirs et leurs repères, bousculés.Cette quête identitaire omniprésente dans le Carnet américain ne va pas sans douleur.La hiérarchie des appartenances est bouleversée par les déplacements, les rencontres, le croisement des langues et des cultures.Hantés par un sentiment de perte, par la crainte de l'échec, par la nécessité de reconquérir un passé tout en sachant l'incapacité de s'approprier ce qui a été perdu, les personnages, tous masculins, évoluent sur un terrain ambigu, mouvant et productif.Tout ce chaos a pour conséquence de formidables implosions dans leur imaginaire, que l'auteur reconstitue avec éclat.Mosaïque new-yorkaise Un saxophoniste noir hurle sa peine, sa révolte et son désespoir dans une nuit lourde de juillet face au World Trade Center qui lui a ravi sa femme et sa fille.Coupé de ses racines, il s'en veut d'avoir perdu la sagesse de ses grands-parents africains qui l'aiderait à supporter la perte.À travers la mélodie qu'il improvise, il laisse remonter les chants oubliés de sa mère.Kim Sun est un peintre célèbre du Chinatown qui a renié ses origines et a choisi de vivre à l'occidentale.À la mort de ses parents, il ressent un vide vertigineux.Kaji Akira est japonais.Il a échappé à la mort le 6 août 1945.Vingt-cinq ans plus tard, il compose en photos une sorte d'autobiographie imaginaire pour se délivrer de sa dette envers les morts.Après des exils successifs, Vadim Nikolaïevitch ne sait plus à quelle patrie il appartient.Il tente de rassembler les morceaux épars de son existence en racontant au passager français monté dans son taxi jaune à damier noir, les misères et splendeurs de sa Russie natale.Intitulée « Morcellement », cette nouvelle est la plus touchante du recueil.Des portraits émouvants Franz Müller, à qui ses parents ont caché leur passé nazi, éprouve de plus en plus la sensation de n'être rattaché à aucune histoire, petite ou grande.La découverte d'une malle remplie de photos lui permet d'accéder enfin à sa naissance.Fabrice Pucci, le coeur noué par une douleur, a pris autrefois le chemin définitif de l'exil.Dans son restaurant, il a recréé l'atmosphère conviviale de Florence.Il renoue ainsi avec les lieux premiers où se forge toute mémoire.Cette quête d'identité n'est pas propre aux immigrants, comme l'illustre la dernière nouvelle du Carnet américain.Pour Jeremy Olmsted, américain « sans trait d'union », l'exubérante vitalité du melting-pot newyorkais l'oblige à questionner son identité culturelle.« Je suis allé en Europe pour me chercher, mais je n'étais pas là non plus.» Dans son Carnet américain, l'auteur va au-delà d'un portrait en creux de la société new-yorkaise immigrante.Elle parle de sentiments universels comme l'inquiétude, le doute, la douleur et la mélancolie.Ce recueil est porté dans l'ensemble par une intense émotion.L'évocation poétique de certains lieux de New York, comme le pont de Brooklyn avec ses lampadaires « comme des tulipes en flammes », les gospels de l'église Abyssinian Baptist, la voix de Maria Callas et le Don Carlo de Verdi, apportent des inflexions tendres à la belle prose de l'auteure qui, par ailleurs, multiplie les défis formels en ayant recours à un savant jeu de citations d'écrivains qu'elle mêle à son écriture.À la manière d'un Georges Perros qui revendiquait une écriture fragmentaire puisque, affirmait-il, « la vie, c'est par moments ».\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 CARNET AMÉRICAIN Louise Cotnoir L'instant même, 97 pages Photo MARTIN CHAMBERLAND, La Presse © Christian Mistral BORÉAL Suite de la page F1 En 1978, quand Vaugeois devient ministre des Affaires culturelles \u2014 il créa la loi 51 sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre \u2014 il vend toutes ses actions à Antoine Del Busso, qui s'associe alors à Pascal Assathiany.À ce moment, le Boréal Express a 54 titres à son catalogue.« J'ai eu des offres importantes, dont celle d'un homme qui avait gagné à la loterie ! se souvient Denis Vaugeois.Mais l'orientation de la maison convenait à Antoine, pour qui j'avais beaucoup d'estime.» Vers une maison de littérature générale Une nouvelle ère commence pour Boréal Express.C'est sous la gouverne d'Antoine Del Busso que paraissent Histoire du Québec contemporain \u2014 le Linteau- Durocher-Robert pour les intimes \u2014, les Quatre Saisons, de Jean Provencher, la série L'État du monde, Le Canard de bois, de Louis Caron, La Détresse et l'enchantement, de Gabrielle Roy.« Je crois que ma contribution est d'avoir élargi l'éventail des publications, estime Antoine Del Busso, aujourd'hui directeur chez Fides et aux Presses de l'Université de Montréal.On est sorti de l'histoire du Québec pour explorer d'autres avenues, s'ouvrir sur le monde.J'étais sensible à la littérature, à l'essai, à des questions moins centrées sur le Québec.Je pense que ma plus grande réalisation, c'est l'équipe qui a été mise en place.J'ai fait les bons choix.J'ai recruté Pascal, François Ricard, Jacques Godbout, Daniel Latouche.Ce sont des gens qui ont des idées, une façon originale et stimulante de voir les choses.» L'actuel directeur général de Boréal et de Diffusion Dimédia, Pascal Assathiany, le confirme.« En fait, le Boréal, c'est sept ou huit maisons en une, dit-il.Parce que souvent, les maisons, c'est une personne, alors qu'ici, on est plusieurs.C'est ce qui fait notre valeur, car si un de nous a une adhésion très forte pour un texte, il doit arriver à vaincre le scepticisme des autres, comme le dit Jacques Godbout.Il n'est pas seul dans son coin à publier sur un feeling, parce que ça a été discuté, contredit.C'est cette interaction qui donne peut-être la couleur de Boréal.Et son indépendance : on ne dépend pas d'entreprises économiques ni d'un groupe de presse, d'un groupe religieux ou d'un parti politique.On ne dépend que des manuscrits.» La maison traverse une crise de croissance en 1987, année où on laisse tomber le mot « express » pour ne conserver que l'appellation d'aujourd'hui : Boréal.Nouveau nom, nouveau conseil d'administration, un actionnaire parisien minoritaire.Le Boréal s'ouvre vers les relations extérieures et cela ne se fait pas sans heurts.Antoine Del Busso claque la porte.C'est un épisode douloureux sur lequel Vaugeois, Del Busso et Assathiany n'aiment pas trop s'épancher.Vaugeois croit que le Seuil a joué un rôle pour écarter Del Busso.« Mais l'amitié transcende tout et je pense que ça a été pour le mieux pour tout le monde.Ça a permis à Antoine d'aller ailleurs et à Pascal d'avoir l'espace qu'il voulait.» « J'ai le goût de vous dire que j'ai oublié cet épisode, qui fut le plus difficile de ma carrière, répond le principal intéressé.Pascal arrivait de Paris, c'était un conflit de personnalités, même si nous étions d'excellents amis.Je pense que j'étais allé au bout de mon rôle.Boréal a fait des percées très importantes sur la scène internationale depuis, ce qu'on n'avait pas tout a fait réussi à mon époque.C'est devenu une maison de premier plan, un bon modèle, qui ne doit cependant pas être un modèle unique.» « Une séparation, avec un auteur ou un collègue, ça laisse des blessures, dit Assathiany.Ce sont les souvenirs les plus pénibles, mais ce sont aussi des passages qui nous renforcent, qui nous permettent de rebondir.» Les trois hommes conservent encore des liens aujourd'hui, s'appellent par leur petit nom et se sont succédé à la tête de l'Association nationale des éditeurs de livres, malgré les prises de bec.Vaugeois en veut quand même un peu à Assathiany d'avoir refusé de rééditer le journal Boréal Express ! « Ça aurait marché parce que l'histoire de Boréal, ça a toujours été des coups d'audace.C'est mon ami et je sais qu'il ne sera pas content si je dis ça ! s'esclaffe-t-il.Cela dit, je trouve que Pascal a fait un bon travail.mais c'était déjà bien parti ! Il aurait pu gâcher la sauce, il en a fait quelque chose de meilleur.» Demain, le monde Toujours est-il qu'aujourd'hui, le Boréal peut se flatter de compter à son catalogue (1200 titres) les auteurs les plus en vue des dernières années : Proulx, Bismuth, Ondaatje, Vigneault, Hamelin, Lalonde, Bissoondath, Laberge, Martel.nouveaux venus, auteurs réputés, littérature migrante, traductions ; ce n'est là que le volet littéraire.Il y a aussi les essais, la littérature jeunesse, les ouvrages pratiques.Mais un des buts visés par Assathiany est de faire connaître les auteurs québécois à l'étranger, donc d'investir dans la traduction.« Pour moi, c'est fondamental.Ce n'est pas facile, c'est long, c'est très coûteux, mais c'est aussi important que de distribuer chez soi.Aujourd'hui, on a des livres traduits dans à peu près toutes les langues.Ce qui est sûr, c'est qu'année après année, on a une base de plus en plus solide et un réseau de plus en plus fort du point de vue international.Quand un roman nous arrive, on peut identifier 25 éditeurs dans le monde qui pourraient être intéressés.» Les récents succès internationaux de Gaétan Soucy et Gil Courtemanche sont là pour en témoigner.Photo ROBERT MAILLOUX, archives La Presse © Denis Vaugeois OOK CHUNG www.editionsboreal.qc.ca © Josée Lambert Roman 196 pages 19,95 $ Une fascinante métaphore de la création L'EXPÉRIENCE INTERDITE 3143125A Qu'est-ce qu'unbonéditeur ?> Denis Vaugeois « Avant tout, il faut qu'il soit libre financièrement.Il faut être indépendant de fortune pour se lancer dans ce métier- là.Ce n'est pas pour rien que les éditeurs ont un deuxième emploi.Sinon, on fait trop de concessions ou alors on tombe dans des affaires de mauvais goût, bassement mercantiles.Ensuite, c'est l'indépendance.En troisième, l'entêtement.> Antoine Del Busso « Le rôle de l'éditeur est un rôle de soutien.On a tendance à dire que l'auteur existe grâce à nous, à projeter les succès de nos auteurs sur nos propres affaires.Mais c'est faux.On a besoin de se rappeler à une modestie de bon aloi.On peut être fier, mais c'est un travail d'équipe, il faut quand même laisser à chacun ce qui lui revient.Une chose qui me paraît évidente, c'est que le travail d'éditeur est d'autant mieux fait qu'il ne paraît pas.» > Pascal Assathiany « C'est à la fois un bon lecteur, celui qui repère un texte intéressant et celui qui peut accompagner l'auteur dans son travail de mise au point, de finition du texte.Je dis toujours que l'éditeur propose et l'auteur dispose.Ensuite, il faut savoir fabriquer un livre, qu'il soit attrayant, bien fichu, lisible, etc.Après, il faut savoir le vendre.Le commercialiser, en faire parler.mais sans faire de grandes esbroufes, des scandales ou de la provocation \u2014 je déteste ça.C'est le contenu qui compte.Un bon éditeur, c'est celui qui contribue à rendre le lecteur un peu plus humain, plus intelligent et mieux informé après sa lecture.La meilleure réussite, c'est quand on croit à un auteur inconnu et de s'apercevoir que son oeuvre, qui ne suscitait aucune attente, est partagée par des milliers de personnes.» propos recueillis par Chantal Guy 7LP0301F0601 f3 lectures dimanche 7LP0301F0601 ZALLCALL 67 19:38:29 05/31/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1e r J U IN 2 0 0 3 L E C T U R E S F 3 ENTREVUE Le reveil de Bilal ROBERT LAPLANTE collaboration speciale Le 6 juin prochain, 400 000 exemplaires de 32 decembre, la nouvelle bande dessinee d'Enki Bilal, seront distribues dans les differents pays francophones.Un tirage important pour un album qui aura mis cinq ans a paraitre et qui devrait etre l'evenement litteraire de l'ete.J'avais prevu trois ans pour la realisation de l'album, mais j'ai ete sollicite pour un projet cinematographique s'est empresse de preciser l'auteur au cours d'une entrevue telephonique depuis son domicile parisien.Cinq ans d'attente avant de pouvoir prendre entre ses mains l'exceptionnel deuxieme volet de son triptyque consacre a la memoire, un album surprenant, lumineux, epure, tres different du sombre et baroque Sommeil du Monstre, volet initial de cette histoire.Le premier episode de la trilogie etait un portrait de la societe dans laquelle evoluaient mes personnages.J'avais un regard exterieur et descriptif.Mon dessin devait etre lourd, sombre et charge pour bien decrire cette civilisation ou des organisations puissantes tentent d'eliminer toutes traces de culture, de pensee et surtout de memoire.Pour le nouvel album, je me suis substitue a la memoire de Nike, le protagoniste principal ; ce sont ses souvenirs que j'ai dessines, c'est normal qu'ils soient moins precis, moins detailles, plus vaporeux.C'est ce qui explique mes transformations graphiques , confirme l'auteur.Mais si le graphisme de Bilal n'est plus tout a fait le meme, l'univers qu'il tisse inlassablement depuis ses premiers albums publies chez Dargaud au debut des annees 70, lui, n'a pas change.Nous sommes toujours dans ce monde futuriste, glauque, terne et desespere ou les splendeurs architecturales du passe cotoient les froids batiments staliniens.Une societe cynique dechiree entre les dictatures politiques et religieuses du passe, d'ou les etres humains sont absents et qui nous rappelle etrangement les pires aspects des democraties populaires d'Europe de l'Est.Effectivement, explique le dessinateur originaire de Belgrade, l'Europe de l'Est et les republiques de l'ex-Union sovietique jouent un role important dans ma bande dessinee parce que je suis ne en Yougoslavie bien sur, mais aussi parce que la situation chaotique de ces pays devient un terreau ou tout est possible.C'est pourquoi une partie de l'histoire se situe en Siberie orientale, un veritable no man's land au climat inhospitalier et aux infrastructures inexistantes, un far west du futur , affirme l'auteur, qui souligne que le recit se deroule aussi a plusieurs autres endroits dont New York et Bangkok.A l'origine, le Sommeil du Monstre etait ma reaction face a cette guerre civile yougoslave et au silence europeen l'entourant.Dans mon nouvel album, l'histoire depasse ce conflit fratricide.C'est pourquoi les personnages se deplacent dans d'autres theatres.Une logique implacable Sous des allures de fable apocalyptique a la Blade Runner, Bilal met en scene de facon intelligente une histoire solide d'une implacable logique, une qualite qui n'etait pas toujours l'apanage de ses premieres creations solo.C'est vrai que depuis la parution, en 1992, de Froid Equateur, je porte une attention particuliere au scenario.Je veille beaucoup a la logique du recit et a l'importance des mots et, pour la premiere fois, j'ai l'impression d'avoir reussi , raconte le dessinateur, qui attribue ce souci a son experience de realisateur.Realiser des films m'a permis de voir la bande dessinee sous un nouvel angle et de decouvrir l'importance de la narration et ca s'est reflete dans ma production.Ces transformations ont non seulement influence ses conceptions scenaristiques, mais elles ont eu un impact majeur sur sa notoriete.Le bedeiste a vite quitte le cercle intime des amateurs de bandes dessinees pour rejoindre un plus large public.Le prix du meilleur livre de l'annee 1992 de la prestigieuse revue francaise Livre est venu confirmer la place de plus en plus importante que prenait Bilal dans le monde de la litterature.Je ne pourrais pas vous expliquer les raisons de cette consecration.Mais j'ai l'impression que c'est une reconnaissance pour mon audace.J'ai toujours refuse de refaire ce que j'avais deja fait.Des albums de bandes dessinees comme La Femme Piege, des associations avec des romanciers comme Patrick Cauvin ou Dan Frank, des realisations cinematographiques comme Bunker Palace Hotel et Tykho Moon ou encore ma participation aux decors de La Vie est un roman, le film d'Alain Resnais, temoignent de ce besoin de liberte creatrice et c'est peut-etre cette recherche qui a trouve des echos hors du monde de la bande dessinee.32 Decembre devrait consacrer a nouveau Bilal comme un des auteurs les plus actuels de la litterature francaise, meme s'il se trouvera encore des amateurs qui regretteront ses collaborations de la premiere heure avec Pierre Christin.Pierre et moi avons fait des choses fantastiques, mais nous savions en realisant Partie de Chasse que nous etions a la fin de notre association.L'album etait parfait et nous aurions surement ete incapables de refaire quelque chose d'aussi puissant.Mais ca ne veut pas dire que nous ne travaillerons plus ensemble.D'ailleurs nous avons realise quelques projets qui sont a la croisee de la bande dessinee et de la litterature , precise le dessinateur qui, en plus d'envisager le dernier tome de son triptyque, doit orchestrer la post-product cinematographique de sa trilogie Nikopol, qui devrait sortir durant l'annee 2004.Il y aura un album bientot, je ne sais pas quand, mais je peux vous garantir que ca ne prendra pas cinq ans.Enki Bilal LITTERATURE DU VOISIN Desnouvellesd' Amerique collaboration speciale Les Anglo-Saxons ont quelque chose que nous n'avons pas, ou tres peu : la nouvelle, ce qu'ils appellent, tout descriptivement, le short story.Des la naissance du roman au 19e siecle, la nouvelle lui faisait deja concurrence en territoire anglophone.Il y a eu les recits d'Edgar Allen Poe et de Henry James, des chefs-d'oeuvre du genre.Et plusieurs croient qu'Ernest Hemingway fut meilleur nouvelliste que romancier.En litterature anglophone, c'est plutot James Joyce qui a fourni le modele au debut du 20e siecle avec Les Morts dans son recueil Gens de Dublin.La nouvelle, selon lui, devait contenir une action complete, tout comme le roman, et mener inexorablement vers une epiphanie (en bon catholique, il utilisait le langage de l'Eglise), c'est-a-dire une brusque prise de conscience chez le personnage principal.Cet eclat de lumiere provoque un changement de vie qui cloture la nouvelle en beaute.Cette conception de la nouvelle a forme le 20e siecle en litterature anglo-saxonne.Mais comme toute chose, les modeles s'usent.Qu'en est-il de celui de Mr.Joyce, presque 100 ans plus tard ?Est-ce que les nouvellistes d'aujourd'hui commencent a revoir sa theorie ?L'ecrivain Melanie Rae Thon fait plutot dans la tranche de vie que dans l'epiphanie.Elle a comme decor l'Ouest americain, qu'elle presente avec un melange de poesie et de realisme pur et dur.Melanie Thon s'occupe des negliges de la societe ; chez elle, l'ecrivain est accompagne par l'assistante sociale, et ce n'est pas pour rien que le recueil s'intitule Filles de personne.Les personnages sont des Noires, des autochtones, dont l'auteur emprunte les voix avec plus ou moins de succes.Elle joue beaucoup a melanger ces voix ; parfois on pense avoir affaire a une jeune Indienne, tandis qu'il s'agit d'une fille blanche qui se pose des question sur ce que c'est d'etre une exclue.La confusion des identites est voulue.Pour le nouvelliste, c'est toujours une bonne strategie de placer le meilleur morceau au debut.C'est le cas avec D'abord, le corps , qui ouvre la marche.Ce recit met en scene Sid, un ancien combattant au Vietnam qui cherche son chemin a travers des jobs assez sales, comme aux urgences, et ensuite a la morgue du meme hopital, comme s'il voulait retourner vers la boue du Vietnam, ou il n'est pas mort comme ses camarades.C'est un homme de peu de mots : lorsque sa blonde lui demande Qu'est-ce que tu vois en moi ?, il repond sans hesitation : Deux bras, deux oreilles.Quelqu'un qui reste la quand je mange du poulet.L'essentiel, quoi.Une fille qui l'ecoute, qui le serre dans ses bras maigres cicatrises par l'aiguille, car elle est intoxiquee a l'heroine.Une fille perdue.Sid, qui a survecu au Vietnam, finira par perdre une jambe parce qu'il tenait absolument a deplacer un cadavre a la morgue, une femme, un vrai poids mort qui tombe sur lui.La blessure de guerre differee.C'est bien ca, le monde de Melanie Rae Thon : beaucoup de hasards, beaucoup de violence.Comme dans Pere, Amant, Defunt, Reveur , dans lequel un pere fait tout pour deguiser le crime de sa fille, parce qu'il a deja perdu sa femme et qu'il veut garder la deuxieme femme de sa vie a tout prix.Changements d'identite dans la douleur, evocations lyriques de violence, le monde de Thon reconstitue une Amerique sauvage.Le noble art On reste dans le coup de poing avec La Brulure des cordes de F.X Toole.Ce qui brule, ce sont les cordes du ring contre la peau nue du boxeur.La boxe, selon Toole, qui a deja pratique le noble art, est un sport ou on en apprend plus lorsqu'on perd que lorsqu'on gagne.Tout comme l'autre noble art, la vie.Toole a ete egalement soigneur et entraineur, et cet homme sait ecouter.On lit les nouvelles de ce recueil avec plaisir.Il suit les traces d'Ernest Hemingway, un ecrivain qui, lui aussi, savait saisir la poesie du ring.La specialite de Toole, c'est la revanche.Dans Le Regard singe , qui fait allusion a la defiguration causee par trop de cicatrices autour des yeux, un vieux soigneur, un Irlandais, se venge d'un boxeur mexicain et de son manager qui tentent de le rouler.Un Juif noir presente sensiblement la meme mise en scene.Un boxeur et son entraineur sont invites a un combat a Atlantic City ; leur role est de perdre, pour mettre en valeur la gloire du champion en puissance.Sauf que le perdant oublie son role, se prend pour le gagnant et botte le derriere du champion .tout ca parce que la chambre d'hotel dans laquelle on voulait le loger etait crasseuse, et notre homme exige le respect.Non seulement a-t-il demoli le champion, il a crache sur l'offre de son manager .encore une question de respect.Le monde de Toole est strictement divise par races, par ethnies, mais les liens entre hommes honnetes et forts surmontent les barrieres.Un entraineur blanc et son poulain noir sont comme pere et fils dans Traces de cordes , pendant que d'autres Noirs tentent de les separer, sur fond d'emeutes raciales a Los Angeles a l'epoque de Rodney King.Chez Toole, il y a des laches et des purs, des forts et des faibles.C'est un monde ou l'ambiguite n'a pas sa place, ou les codes de comportement ne pardonnent pas.Lire F.X.Toole, c'est retourner dans un monde simple, loin du notre.\u0001 \u0001 1.2 FILLES DE PERSONNE Melanie Rae Thon, traduction de Nadine Gassie Editions de l'Olivier, 235 pages \u0001 \u0001 \u0001 LA BRULURE DES CORDES F.X.Toole, traduction de Bernard Cohen Albin Michel, 303 pages SUZANNE JACOB www.editionsboreal.qc.ca c Guillaume Barbes Roman 88 pages .15,95 $ Un frere, une soeur, les liens de vie et de mort qui les unissent WELLS 3143127A JIMMIE VAUGHAN SOIREE BLUES - PROGRAMME DOUBLE RYTHMES Metropolis Profitez d'un rabais de 2 $ par billet lorsque vous utilisez votre carte Master Card Banque Nationale pour regler vos achats de billets du Festival.Certaines restrictions s'appliquent RABAIS POUR LES DETENTEURSDE LA CARTE MASTERCARD BANQUE NATIONALE Billets en vente Au Spectrum / www.spectrumdemontreal.ca 318, rue Sainte-Catherine Ouest Aux comptoirs Admission / www.admission.com (514) 790-1245 Metropolis 59, rue Sainte-Catherine Est 4 JUILLET OTIS RUSH 7LP0401F0601 f4 lectures 7LP0401F0601 ZALLCALL 67 19:48:30 05/31/03 B LETTRES FRANÇAISES La vérité d'une époque D'amour.collaboration spéciale Pour lire quand l'été sera venu.Sur une chaise longue.Au bord d'un lac, ou du Saint-Laurent.Sur une terrasse fleurie.Quel programme.Pour voir comment se fait, et se passe, le mystère de l'amour, jamais le même, jamais prévisible, toujours passionné.Autant d'amours que de gens, et il paraît que nous sommes quelques milliards.Dans le roman Amants, de Catherine Guillebaud, il s'agit de cette fatalité maintes fois décrite, d'une rencontre entre deux êtres où tout semble avoir été établi d'avance.Ce sera lui, cela ne se discutera même pas, elle pourra attendre quelques jours en toute tranquillité d'esprit, puisque elle est certaine que ce sera lui.Lui, de son côté, la reverra un peu plus tard, sans se presser, avec cette même certitude.Ce sera elle.Tout est écrit.Peut-être ?Ils vont s'aimer, c'est-à-dire s'explorer l'un l'autre.Se découvrir.Se parcourir.C'est très beau.Il y aura un mais, et même deux mais.Il est marié, il aime sa femme, il a une fille qu'il adore.Elle est mariée, elle aime son mari, elle a deux filles qu'elle chérit tendrement.Plus compliqué que cela, c'est rare.Mais beaucoup d'amants vous diront que cela se peut \u2014 puisque cela existe, les amours plurielles.Les voilà donc tous les deux vivant une passion surtout physique, s'aimant un peu partout dans la ville \u2014 sauf chez lui, sauf chez elle, naturellement.Clandestinité, secret, mensonge.Le plus léger possible, le mensonge, c'est-à-dire par omission.Ce que l'on ne sait pas ne fait pas mal, dit-on, mais cela fait peut-être mal à soi-même, de le cacher ?L'écriture de ce roman est presque parfaite, de clarté pour un sujet sombre, de simplicité pour une situation compliquée.Et l'érotisme y est aérien, pour un amour étouffant.Le regret de l'avoir perdue Il était une fois un homme, que l'on qualifierait volontiers de petit garçon parce qu'il aima une femme et ne sut rien faire pour la retenir \u2014 à ce compte-là, le monde est rempli de petits garçons.Il avait peur de tout, ce jeune homme.Peur de la femme en question, peur de sa famille, peur du monde normal (c'est-à-dire bourgeois), peur d'être happé par cette normalité, d'y perdre sa liberté, son coeur, ses sens, et quoi encore.Alors, il abandonna cette femme et se mit illico à en poursuivre d'autres.La liste fut longue, et l'auteur de cette confession décrira ses multiples rencontres.Ses multiples lits.Et celle qui fut son grand amour en a épousé un autre, beau, intelligent, riche, elle a deux enfants, et elle est parfaitement heureuse \u2014 sans lui.On a envie de dire c'est bien fait.Lui-même ne s'en prive pas.Ah ! c'est un sport difficile.Coucher avec l'une et tout de suite après, désirer ne plus la revoir jamais.Sortir avec une autre qui est inscrite au Parti, qui pratique le réalisme soviétique et qui refuse de perdre sa virginité.Essayer l'exotisme, pourquoi pas une Pakistanaise ?Et tant d'autres.Avoir même une fille, et la négliger totalement.Ah ! c'est dur.Ce pauvre André (il s'appelle André) raconte, et raconte encore ses fausses amours qui sont, naturellement, le moyen stupide qu'il a trouvé pour oublier son amour véritable perdu à jamais.Souvent, d'ailleurs, il s'adresse à elle, la tutoyant comme jadis.Y a-t-il pire que cela ?Oui, car André voulait écrire.Or donc, cette femme perdue a eu pour conséquence de tarir en lui toute forme d'écriture.Il s'est égaré dans l'édition, comme on s'égare chez les Madames.Jolie métaphore.Il reste à savoir que l'auteur, Antoine Audouard, a travaillé pour les plus grands éditeurs, et l'on soupçonne alors la grande part de regrets autobiographiques de ce roman.Mais Antoine est moins stérile que son André, heureusement.Il a écrit plusieurs livres, dont Adieu, mon unique, une superbe transposition de l'histoire d'amour entre Héloïse et Abélard.La Peau à l'envers est peut-être un roman désabusé, sans doute, mais se lit comme on boit un bon alcool.Le plaisir augmente avec l'usage.Je vous livre simplement les dernières lignes : « Comment elle avait dit, déjà ?Nos histoires d'amour durent toute la vie.» \u0001 \u0001 \u0001 AMANTS Catherine Guillebaud Seuil, Paris, 173 pages \u0001 \u0001 \u0001 LA PEAU À L'ENVERS Antoine Audouard Gallimard, Paris, 253 pages RÉGINALD MARTEL regimartel@videotron.ca Sans brandir l'encensoir qui me priverait d'une liberté aussi chère que peu rémunératrice, je m'apprête à dire tout le bien que je pense du livre d'un ami très cher, Georges Belmont, dont les Souvenirs d'outre-monde \u2014 Histoire d'une naissance, ont été publiés il y a plus d'un an par la maison Calmann-Lévy à Paris.Les souvenirs de mon ami, auxquels les confidences qu'il m'a faites pourraient ajouter, mais qu'il n'a pas retenues, par pudeur ou discrétion, s'étendent de la petite enfance jusqu'aux années trente.À cette époque, Paris était une nouvelle Athènes.Les écrivains français exerçaient alors leur domination intellectuelle, esthétique et morale sur tout l'Occident.Autour d'eux ou en marge, les écrivains étrangers venaient vivre in situ la fin d'un monde et l'espoir d'un nouveau.Georges Belmont était alors bien jeune (et, ma foi, il l'est encore, entré presque vert dans sa 10e décennie).Né en 1909 dans l'Ain, pays pour lequel il garde une bonne tendresse, il est reçu en 1928 à l'École normale supérieure, dont le prestige à l'époque n'avait pas d'égal.Son tempérament bouillant l'amène à donner sa démission, fait rarissime, au grand désespoir de ses parents.L'Irlande aura provoqué ce rejet, pour des raisons d'abord confuses.Il comprend plus tard qu'il n'est pas fait pour une existence irrémédiablement balisée.Boursier de Normale Sup', le jeune Jurassien séjourne à Dublin dès l'automne 1929, lecteur de français au Trinity College.Il y retrouve à l'occasion Samuel Beckett, qu'il a connu rue d'Ulm et qui deviendra son ami pour toujours.Sans le sou et sans avenir prévisible, il rentre ensuite à Paris, où vient le rejoindre une jeune veuve qu'il a épousée presque clandestinement.C'est la Crise économique, dure époque pour faire carrière en quelque domaine que ce soit.Le jeune homme a des ambitions littéraires, mais il faut survivre d'abord.Il accepte de menus travaux de personnages qu'il n'estime guère et qui le lui rendraient bien, s'ils daignaient le remarquer.Déjà parisien malgré sa courte expérience de la capitale, il sait que pour progresser dans le milieu littéraire, il faut cultiver les contacts (rien n'a changé).Ses démarches vont surtout vers ceux qu'il admire, et tant mieux s'ils peuvent lui être utiles.Le hasard fera le reste, il sera souvent propice.La liste des célébrités chez qui Georges Belmont a fréquenté est impressionnante.Quand il raconte ses rencontres, je me dis que c'est une chance inouïe que d'avoir connu d'aussi près tant de grands écrivains.Puis, je songe aussi que d'être l'ami de Georges Belmont n'est pas rien et qu'ils ont dû en profiter autant que moi ! Il y eut Beckett, donc, et aussi André Gide, Jean Paulhan, Robert Desnos, Raymond Queneau, Roger Vaillant, Thierry Maulnier.Plus tard, James Joyce, Henry James, Evelyn Waugh et Henry Miller et tant d'autres qui ont reconnu en Georges Belmont un traducteur exceptionnel.Le portrait de cette nébuleuse intellectuelle, pas unie du tout, réunit bien d'autres personnages encore, que le mémorialiste ne retient qu'un instant, parfois pour les épingler, avec humeur mais sans rancune rageuse, en quelques mots qui peuvent être dévastateurs.Pour la manière de M.Belmont, quand elle se fait acide, et la saveur de l'anecdote, lisons ce souvenir du temps où il avait 10 ans environ : C'est qu'ils étaient odieux, « les Claudel », ceux du nom comme les latéraux et collatéraux.Le Paul, tout poète qu'il fût, un jour qu'il débarquait du train de Paris de six heures du matin sur le quai de la petite gare de Virieu-le- Grand (.), je l'entendis apostropher un paysan qui se trouvait là comme moi par flânerie et curiosité, mains dans les poches, pour lui enjoindre de porter ses valises jusqu'à la voiture à cheval du « courrier », en usant pour cela d'un tutoiement : « Hé, là, toi.! » dont le ton valait un rudoiement de poigne féodale et m'a sans doute empêché plus tard, en restant dans ma mémoire, de jamais goûter les ampoulades péguygnolesques de son théâtre et de ses prosopoésiopopées.L'écho en était encore dans mes oreilles et dans la suée de répugnance que j'eus du glorieux vieillard assis dans sa superbe, bouffi de fausse bonhomie, une fois (il n'y en eut pas de seconde) où je lui fis visite, par je ne sais quelle nécessité professionnelle, dans les années cinquante.Pas plus que d'amour, on ne vit que d'amitié et d'eau fraîche \u2014 ni même de whisky, et il y a des virées avec Joyce dont la relation, pour être honnête et sincère, est fort joyeuse mais un peu lacunaire, l'alcool ayant brouillé les pistes du souvenir ! Éditeur et journaliste S'il a connu une carrière littéraire modeste, Georges Belmont a excellé vraiment dans l'édition et le journalisme.La collection « Pavillons » de Robert Laffont, c'est lui.Il travaillait avec ses auteurs avec patience et acharnement, à la manière d'un moine qui serait résolument laïque.Je me rappelle un de ses séjours à Montréal alors que, travaillant avec un auteur québécois au manuscrit de celui-ci, il ne trouvait guère le temps de se livrer à ses plaisirs d'élection, marcher et bavarder.Le marcheur trouve dans cet exercice le plaisir qui permet d'apprécier Paris, qui est si beau.Le bavard, qui peut se faire intarissable quand il répond à une sollicitation précise \u2014 « Dis donc, Georges, tu as dû connaître Untel, à Hollywood, quand tu as fait ta célèbre interview de Marilyn Monroe ?» \u2014 cet aimable bavard sait aussi se taire et écouter, contrairement à certains de ses compatriotes qui nous croient trop stupides pour savoir émettre ne serait-ce qu'une opinion.Un commentateur français, à propos d'Histoire d'une enfance, laisse entendre que Georges Belmont s'y intéresse bien plus à sa petite personne qu'aux célébrités qu'il a connues et soutenues.Tant de malhonnêteté peut surprendre qui ne connaît pas les moeurs des médias parisiens.Servis par une plume vive et en quête d'une gratification massive de leur ego, les critiques littéraires de là-bas, souvent à la solde des maisons d'édition, ont toujours des comptes en souffrance, qu'ils ne cessent de régler.La démarche de Georges Belmont est bel et bien autobiographique.Avant d'accompagner le mémorialiste dans l'observation tantôt amusée et tantôt désabusée des soubresauts, séismes et ruptures d'un temps qui couvre presque un siècle, on a d'abord besoin de savoir d'où il vient et où il va.Bref, de connaître la qualité et, s'il y a lieu, l'acuité de son regard.Il est bien évident que Georges Belmont ne se pose pas en modèle.(Tu dois rigoler, Georges, dans ton grand salon du boulevard Saint-Michel.) Quand dans son livre il raconte ses frasques de jeunesse, assez timides d'ailleurs, ses conflits avec sa famille, ses tâtonnements amoureux, ses espoirs et ses doutes dans la quête de la Beauté, il ne vise rien d'autre qu'à situer ses lecteurs dans la vérité d'une époque.Pour mettre les faits et les humains en perspective, il fallait un point de vue signé.Pour le plaisir immédiat, les lecteurs de cette Histoire d'une enfance sont les bénéficiaires de cette mise à nu personnelle.Selon une perspective historique plus vaste, cet ouvrage ajoute, sans les altérer, aux monuments de la culture et de la civilisation que sont les Samuel Beckett, James Joyce, Henry Miller ou Graham Greene que Georges Belmont a annexés, par ses traductions, à la littérature en langue française.Voilà une oeuvre qui dépasse, sans la diminuer, celle d'un homme qui fut aussi un brillant patron de presse, fondateur de la prestigieuse revue Jours de France.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 SOUVENIRS D'OUTRE-MONDE HISTOIRE D'UNE NAISSANCE Georges Belmont Calmann-Lévy, 444 pages Georges Belmont, il a quelques décennies.3121402A MAURICIO SEGURA www.editionsboreal.qc.ca © Martine Doyon Roman 180 pages 19,95 $ Un récit intimiste porté par un érotisme trouble BOUCHE-À-BOUCHE 3143126A 7LP0501F0601 f5 lectures 7LP0501F0601 ZALLCALL 67 20:41:16 05/31/03 B L A P R E S S E MONT R E A L D IMANCHE 1e r J U IN 2 0 0 3 L E C T U R E S F 5 ESSAIS Marx au quotidien NICOLAS BERUBE Karl Marx occupe une place a part dans l'univers des penseurs modernes.Il est adore tant par les communistes et par les etudiants aux inclinaisons gauchistes que par certains adeptes du capitalisme debride.Plus je passe de temps a Wall Street et plus je suis convaincu que Marx avait raison, confiait un riche investisseur americain au New Yorker en 1997.Je suis absolument convaincu que l'approche de Marx est la meilleure facon de considerer le capitalisme.Il n'en fallait pas plus pour piquer la curiosite de Francis Wheen, journaliste et editorialiste au journal anglais The Guardian, qui vient de lui consacrer une biographie inattendue , un ouvrage etonnant et inspire.Pourquoi consacrer une enieme biographie a cet etre plus grand que nature ?Justement parce que Marx est toujours depeint comme un etre plus grand que nature et non comme un homme de chair et de sang , explique l'auteur dans son introduction.Le Marx de Wheen est donc un personnage a la fois studieux et brouillon, qui travaillait dur pendant la nuit, carburant a la biere bon marche et a d'infects cigares .C'est avec surprise qu'on apprend qu'apres ses etudes universitaires en droit, Marx, dont le Capital allait prendre le deuxieme rang des livres les plus lus au monde (apres la Bible), passa une annee complete a errer sans but entre Bonn, Treves et Cologne, apparemment incertain de ce qu'il allait faire .Marx a entrepris sa carriere comme journaliste.A cette epoque, apprend- on, sa propre capacite a discuter du communisme etait handicapee par le fait qu'il n'y connaissait rien .C'est d'ailleurs en travaillant pour le quotidien Rheinische Zeitung qu'il aura, pour la premiere fois, a se pencher sur les problemes de propriete privee, de bien public et de classe sociale.L'anecdote est assez cocasse : elle concerne le vol de bois dans les forets privees.En Allemagne, l'usage commun donnait le droit aux paysans de ramasser le bois mort dans les forets appartenant a des nantis, mais un aristocrate que cette coutume agacait s'etait mis en tete de faire emprisonner les voleurs de bois.C'est precisement parce que le chapardage n'est pas considere comme un vol qu'il se produit aussi souvent , a declare le facheux devant l'Assemblee federale.Ce a quoi Marx avait replique, dans une chronique : C'est parce qu'une gifle n'est pas consideree comme un meurtre qu'elle est devenue si frequente.Il devrait donc etre decrete qu'une gifle est un meurtre.Le ton etait donne.L'opium du peuple On suit Marx dans ses beuveries dans les pubs de Londres avec ses amis, qui se donnaient souvent comme pari de prendre un verre dans chacun des pubs compris entre Oxford Street et Hampstead Road .un territoire qui en comptait exactement 18.Puis ils titubaient au hasard des rues, s'amusant a faire eclater les vitres des lampadaires au gaz a coup de pierres, pour ensuite s'enfuir dans les ruelles quand la police arrivait.L'auteur prend egalement soin de remettre en contexte la celebrissime citation de Marx, que beaucoup citent toujours (.) pour dire que la religion est une drogue dispensee par les dirigeants pervers .La citation d'origine, moins hostile, fait plutot reference a l'opium en tant que reconfort , qui represente, pour le pauvre peuple, la chaleur d'un monde sans coeur .Marx estime que le phenomene religieux est la fuite de l'homme opprime ; Dieu n'existe pas pour autant, mais son image repond a une soif de sens.La biographie est redigee avec beaucoup de souffle, l'ecriture est dense et vivante.On pourra par contre reprocher a l'auteur d'avoir voulu trop en faire : inspire, Wheen n'hesite pas a parler, dans une meme page, de l'enfance de Marx, puis de celle son pere, de ses travaux universitaires, puis encore de son enfance, pour enchainer avec une invective a l'endroit des detracteurs de Marx.Les biographes passionnes ont leurs tics, c'est certain, mais ils ont aussi une formidable qualite : celle de n'etre jamais ennuyeux.\u0001 \u0001 \u0001 1.2 KARL MARX : BIOGRAPHIE INATTENDUE Francis Wheen Calmann-Levy, 396 pages Pourquoicons acrer une enieme biographie a cet etre plus grand que nature ?Justement parce que Marx est toujours depeint comme un etre plus grand que nature .Deficit democratique L'autre economie americaine ARIANE KROL En 1992, Mark Young a ete condamne a la prison a vie sans possibilite de liberation conditionnelle.Son crime ?Avoir mis en contact des cultivateurs de marijuana avec des clients potentiels.Au debut des annees 1950, la Californie cultivait le tiers des fraises americaines.Aujourd'hui, cet Etat fournit plus de 80 % de la production.Le secret de cette reussite ?Les producteurs de fraises, une culture qui exige enormement de travail manuel, peuvent compter sur une abondante main-d'oeuvre immigrante illegale.Le travailleur immigrant moyen est un Mexicain qui gagne moins de 7500 $ US par an pour 25 semaines de travail.Son esperance de vie est de 49 ans.Jusqu'au debut des annees 1990, un seul homme, Reuben Sturman, de Cleveland, en Ohio, controlait une tres grande partie du commerce de materiel pornographique aux Etats-Unis.Apres avoir tente, a plusieurs reprises et sans succes, de le faire condamner pour obscenite, le gouvernement americain a finalement reussi a le mettre a l'ombre pour evasion fiscale.Resultat ?Des entreprises qui n'avaient rien a voir avec l'industrie du sexe se sont emparees du creneau.La location de films XXX fournit aujourd'hui le tiers des revenus de quelque 25 000 clubs video independants aux Etats-Unis et rapporte environ 465 millions par an a des distributeurs comme DirecTV et AOL Time Warner.Marijuana, travail au noir, pornographie.La visite de ces trois corridors de l'economie souterraine nous en apprend autant sur la societe americaine que son economie officielle, affirme l'auteur de Reefer Madness, le nouvel essai (encore non traduit en francais) du journaliste americain Eric Schlosser.Le fosse entre les moyens mis en oeuvre pour reprimer la consommation de marijuana et de materiel pornographique et la relative impunite dont jouissent les entreprises qui fondent leur rentabilite sur l'emploi de clandestins est en effet assez vertigineux.Mais les liens plutot tenus qui unissent les trois chapitres de Reefer Madness font paraitre la these d'ensemble assez decousue.Ce deuxieme ouvrage d'Eric Schlosser n'a pas la puissance magistrale de son best-seller publie en 1997, Les Empereurs du Fast Food (Fast Food Nation).Le manque de cohesion de l'ensemble n'enleve rien a la pertinence des trois essais qui le composent.Ceux qui militent en faveur de la decriminalisation de la marijuana reconnaitront certaines des anecdotes presentees dans le premier chapitre.En 1619, tous les menages americains etaient obliges de faire pousser de la marijuana, dont le chanvre etait alors largement utilise.Est-il normal qu'aujourd'hui, les Etats-Unis depensent 4 milliards par an dans l'espoir d'eradiquer cette herbe, s'interroge l'auteur.Le dernier chapitre sur la pornographie, qui entrecroise habilement les destins de deux magnats du sexe, se lit comme un feuilleton.Mais c'est en enquetant sur un sujet beaucoup moins sexy que la drogue et la porno qu'Eric Schlosser donne toute sa mesure d'essayiste.Il utilise l'exemple des travailleurs agricoles illegaux pour prendre en defaut la grande theorie economique d'Adam Smith.Laisse a lui-meme, le libre marche cherche toujours une maind'oeuvre qui est affamee, desesperee et peu couteuse , ecrit Eric Schlosser.Toute a sa lutte contre l'ennemi venu d'ailleurs, l'Amerique semble en ce moment peu encline aux remises en question.Souhaitons-lui de daigner quand meme poser les yeux sur le miroir que lui tend Reefer Madness.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 REEFER MADNESS : SEX, DRUGS, AND CHEAP LABOR IN THE AMERICAN BLACK MARKET Eric Schlosser Houghton Mifflin Company, 310 pages RUDY LE COURS Gil Courtemanche nous a habitues deja a ses douces coleres.Voila maintenant qu'elles s'affirment dans un vif sentiment d'urgence, celui de redonner aux citoyens quebecois le gout de la vie democratique, aux citoyens de gauche en particulier dont il se reclame sans pudeur.Ecrit l'an dernier en partie dans l'euphorie du sommet de Porto alegre, nouveau lieu culte de la mouvance confuse de la gauche, au plus fort de la popularite de l'Action democratique de Mario Dumont de surcroit, et paru tout juste avant la derniere campagne electorale qui a porte au pouvoir les liberaux de Jean Charest, La Seconde Revolution tranquille .Democratiser la democratie n'a rien perdu de son a-propos, une fois la poussiere retombee.Ceux et celles qui s'inquietent du faible taux de participation a ces elections y trouveront sans doute quelques pistes de reflexions.Cet essai a la fois modeste, courageux et depourvu de cynisme se veut le cri mesure d'un homme qui se presente avant tout comme democrate et qui garde sa capacite de s'indigner au-dela du desenchantement cree par quelques reves brises.Celui du grand soir de l'independance, au premier chef, qu'il percoit desormais comme une quete a la fois sterile et paralysante pour la vie democratique parce qu'on y sacrifie d'autres valeurs qu'il juge primordiales.Le culde- sac de l'utopie independantiste ici (a) evince de l'action politique traditionnelle les militants les plus sinceres , ecrit-il, notant qu'on les retrouve desormais dans l'action communautaire ou la rue.Plus pres du citoyen, en somme, dont le Parti quebecois a moins cure qu'a ses origines.Pour une gauche concrete La Revolution tranquille aura permis de doter les Quebecois d'un Etat et d'institutions modernes qui font encore envie, meme si certaines vieillissent moins bien que d'autres.En revanche, cette vague de reformes a ete faite d'en haut, par une poignee d'elus et de technocrates, observe l'auteur.Cela a eu au fil des ans un double effet pervers : l'abandon par les citoyens de leurs responsabilites democratiques et l'appropriation par cette elite du monopole de la vie politique.Cela n'est en soi pas inquietant, si on appartient a la droite, croit Courtemanche, car elle n'a jamais propose d'utopies, de grand reve rouge, meme si en son for interieur elle nourrit bien un reve, un projet parfait dans lequel il n'y aurait ni syndicats, ni presse libre, ni elections .Mais pour la gauche.Encore faudrait-il qu'elle apprenne a devenir concrete, a se rapprocher des citoyens.Voila pourquoi, l'essayiste-journaliste preconise aux militants qui ont choisi la rue pour theatre de leur action d'investir la vie democratique au niveau municipal pour commencer.Cela ne suffira pas toutefois.Il propose de parachever la Revolution tranquille qui, paradoxalement, a maintenu l'election nominale a un tour, heritee des Britanniques, le plus archaique des modes de scrutin, celui qui avait donne six deputes au Parti quebecois en 1973 malgre 30 % des voix, mais qui 25 ans apres lui apportait une majorite confortable de sieges meme s'il avait obtenu moins de voix que le Parti liberal.L'assainissement des regles de financement des partis politiques par Rene Levesque a, certes, ete un premier pas pour eloigner l'argent, ennemi historique de la democratie , rappelle Courtemanche.Aujourd'hui, croit-il, il faut oser la proportionnelle pour permettre l'emergence d'un veritable parti de gauche non embourbe dans la quete de l'independance comme l'Union des forces progressistes, ou d'un vrai parti vert, pour multiplier les points de vue ayant voix au chapitre.Cela ne suffira pas, previent-il.Il faut aussi modifier les regles de remboursement des depenses electorales qui fixent a 20 % l'obtention necessaire des suffrages pour qu'un candidat ait droit a ce que l'Etat assume l'ardoise.A ses yeux, 5 % representent un seuil plus susceptible de favoriser l'emergence de courants nouveaux aptes a stimuler la vitalite de la democratie.Ces deux objectifs paraissent realistes, aux yeux de Courtemanche, pour cimenter les divers courants qui dechirent la gauche quand elle n'est pas paralysee par l'utopie independantiste.Viendra ensuite, peut-etre, celui de la democratie economique minimale, du droit au revenu.Il ne s'agit pas de financer la lutte contre la pauvrete, mais d'investir dans la dignite.Ensuite, pas avant.\u0001 \u0001 \u0001 \u0001 LA SECONDE REVOLUTION TRANQUILLE Democratiser la democratie Gil Courtemanche Boreal, 172 pages GILLES ARCHAMBAULT www.editionsboreal.qc.ca c Pierre Longtin Nouvelles 168 pages .17,95 $ Que devient la vie quand elle n'est plus que l'acceptation du temps qui passe ?DE SI DOUCES DERIVES 3143123A YING CHEN www.editionsboreal.qc.ca c Tie-Ting Su Roman 168 pages .19,95 $ Un cri de revolte contre les limites du temps et du corps QUERELLE D'UN SQUELETTE AVEC SON DOUBLE 3143124A Ce serait l'histoire d'un dictateur agoraphobe qui se ferait remplacer par un sosie.Ce serait l'histoire de ce sosie qui se ferait a son tour remplacer par un sosie.Mais c'est surtout l'histoire de l'auteur revant a cela dans son hamac.Daniel Pennac : Le Dictateur et le hamac Gallimard 3146720A 7LP0601F0601 F6, dimanche, AILLEURS 7LP0601F0601 ZALLCALL 67 20:59:21 05/31/03 B F6 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1er JUIN 2003 L'Iran s'inscrit-il dans le plan électoral de Bush?L'Administration voudra garder le pouvoir en 2004 en jouant la carte de la guerre au terrorisme Le président des États-Unis fait les manchettes en ce début de juin avec un intense périple diplomatique, au retour duquel il sillonnera les États-Unis en quête de fonds électoraux en brandissant l'étendard de la poursuite de la guerre au terrorisme.Ses conseillers anticipent déjà ce thème comme le meilleur atout électoral pour 2004, vu les perspectives moroses d'une reprise de l'activité économique.George W.Bush débarque à Évian aujourd'hui et tout le monde a hâte de voir les images des premiers contacts qu'il aura avec le président français, Jacques Chirac, et le chancelier allemand, Gerhard Schröder, qui ont fait opposition à la guerre contre l'Irak.Puis le président quittera hâtivement le G8 en direction du Proche-Orient pour y faire avancer le plan de paix connu sous le nom de « Feuille de route ».Mais l'entourage politique du président mise davantage sur les nombreux autres voyages que fera M.Bush en juin \u2014 en Géorgie, à San Francisco, à Los Angeles, à Washington, à New York, à Miami et à Tampa, notamment \u2014 dans son rôle de collecteur de fonds en vue des élections de 2004.Le président est déjà ouvertement en campagne électorale depuis deux semaines.Le Boston Globe a consulté sur Internet le site officiel de la réélection de Bush, un site qui transpire d'images et de sons évoquant la guerre au terrorisme, avec en avant-plan la photo du président levant un pouce triomphaliste.Une circulaire construite elle aussi sur le thème dominant de la guerre au terrorisme a déjà été envoyée à plus d'un million de souscripteurs potentiels.Et ça marche : il y a 10 jours, M.Bush a présidé une rencontre de souscripteurs qui a rapporté la rondelette somme de 22 millions de dollars.« Notre travail n'est pas accompli.Les ennemis de la liberté ne sont pas inactifs, mais nous non plus.Nous n'arrêterons pas tant que les dangers auxquels fait face la civilisation n'auront pas été anéantis », d'expliquer le président.Sus au terrorisme ! En face, les neuf candidats démocrates à l'investiture présidentielle trépignent, accusant le président de politiser la tragédie du 11 septembre.Le congrès républicain de 2004 se tiendra à New York, quelques jours avant l'anniversaire de la tragédie du World Trade Center.En désespoir de cause, l'opposition démocrate se prend à souhaiter que le peuple américain se scandalise que les républicains se servent du 11 septembre comme arme politique.Mais les analystes démocrates ont déjà compris que le président mettra le paquet sur la guerre au terrorisme, l'état prévisible de l'économie d'ici novembre 2004 ne lui procurant pas d'arguments de réélection convaincants.Et M.Bush est fort dans la sollicitation de fonds électoraux.Il avait déjà battu tous les records aux élections de 2000.Cette fois, son comité anticipe amasser 200 millions avant l'élection de 2004.On a déjà catégorisé les souscripteurs : les « Pioneers » sont sollicités pour 100 000 $ chacun ; les « Rangers » pour 200 000 $.Tout le monde en convient : le thème de la guerre au terrorisme est porteur, à la condition que cette guerre puisse être illustrée.Les récentes attaques terroristes attribuées à Al-Qaeda survenues à Riyad servent mal l'image d'une Maison-Blanche victorieuse dans sa guerre.Par ailleurs, si le plan de guerre engendré par les événements du 11 septembre a produit pour l'administration deux temps forts avec les « victoires rapides » obtenues en Afghanistan puis en Irak, il n'est pas dit qu'elles agiront encore sur l'électeur dans 16 mois.Ce qui amène des observateurs à croire que la Maison-Blanche voudra, dans l'intervalle, ajouter un nouveau trophée de chasse à sa collection, l'Iran par exemple.L'hypothèse Iran Ces analystes n'inventent rien.Il y a deux jours, le Financial Times, de Londres, écrivait en manchette que le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, fait campagne à Washington pour qu'un « changement de régime » en Iran devienne politique officielle de l'administration Bush.M.Rumsfeld justifie sa requête par l'évolution rapide du programme nucléaire de l'Iran et par sa conviction que l'Iran a donné asile aux militants d'Al-Qaeda qui ont commis une série d'attentats en Arabie Saoudite.La position de M.Rumsfeld, pourtant, rencontre des résistances chez les décideurs à Washington.Le directeur de la CIA, George Tenet, qui n'en est pas à ses premières divergences avec le Pentagone, ne souscrit pas à l'idée d'un rôle joué par l'Iran dans les attentats de Riyad.Quant à la conseillère à la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, elle s'efforce de calmer le débat sur l'Iran, rapporte le FT.Les États-Unis s'en tiennent pour l'instant à des démarches diplomatiques distantes.Et on fait savoir dans l'entourage que, même si un « changement de régime » en Iran devenait politique officielle de l'Administration, cela pourrait vouloir dire un appui aux forces de l'opposition et des pressions économiques, mais pas nécessairement une intervention militaire.M.Rumsfeld néanmoins obtient des appuis dans sa démarche, les néo-conservateurs hors de l'administration haussant le ton dans leur exigence que cesse le régime théocratique en vigueur en Iran.Certains voient dans la requête du secrétaire à la Défense une pression faite sur les législateurs pour qu'ils adoptent un projet de loi accordant 50 millions de dollars à des opposants iraniens qui réclament un référendum sur la démocratie laïque en Iran.Profiterait de cette manne, notamment, Reza Pahlavi, fils du dernier shah d'Iran, qui réside en Virginie.L'Administration Bush, dans l'intervalle, durcit ses positions à l'égard de l'Iran.On vient d'imposer des sanctions contre la société chinoise Norinco, accusée d'avoir procuré de la technologie nucléaire à l'Iran, et contre des entreprises de Moldavie pour les mêmes raisons.Condoleezza Rice a avoué que l'Iran occupera une place importante dans les entretiens qu'aura ces jours-ci le président Bush avec le président chinois, Hu Jianto, et celui de Russie, Vladimir Poutine.À ce moment-ci, l'Administration fait passer le message qu'elle n'est pas intéressée à ouvrir un nouveau front au Moyen-Orient au moment où la « Feuille de route » relative au conflit israélo-palestinien fait son chemin.Mais cette administration garde aussi en tête une autre feuille de route qui, celle-là, conduit à la réélection du président Bush et des élus républicains en novembre 2004.Cette feuille de route-là, elle est marquée du sceau de la guerre au terrorisme.Et le principal conseiller de Bush en matière politique, Karl Rove, l'a dit en janvier dernier, au désarroi des démocrates : « On peut en appeler au peuple sur cette question-là ! » Il est évident que depuis un certain 11 septembre, les Américains souscrivent assez aisément à ce thème.Ce qui n'empêche pas les démocrates de croire que Bush fils pourrait à terme subir le sort de Bush père, qui a essuyé la défaite pour des raisons économiques, malgré une victoire militaire dans le Golfe.N'en croyez rien, suggère The Economist, qui évoque justement l'influence qu'exerce un homme comme Karl Rove, architecte de la victoire de 2002 qui a donné le Sénat et la Chambre des représentants aux républicains, et animateur de la vaste campagne de souscription électorale qui s'amorce et qui occupera une bonne partie du temps du président d'ici novembre 2004.Science de la gestion Karl Rove a probablement quelque chose à voir aussi avec l'art de la gestion de la Maison-Blanche, élevée au rang de véritable science, écrit le chroniqueur Bill Keller, dans le New York Times.Cette science tient compte notamment du coup de foi chrétienne retrouvé par l'individu Bush.L'auteur ne croit pas, contrairement à certaines idées reçues, que la foi de M.Bush préfigure le contenu de ses décisions législatives, mais pense plutôt qu'elle lui procure le sens de la décision et la confiance en soi qu'on lui connaît.On trouve effectivement chez George W.une détermination du geste et du verbe qu'on décelait mal chez le père.David Frum, exrédacteur de discours du président, n'en revient pas de la « décence, de l'honnêteté, de la rectitude, du courage et de la tenacité » que réussit à projeter George W.Bush.Cité par le Telegraph, de Londres, M.Frum rejette l'idée que le président soit manipulé par le vice-président, Dick Cheney.Mais contrairement au chroniqueur Keller, il croit que ses décisions clés sont personnelles et procèdent de sa vision du bien et du mal.Photo d'archives REUTERS Le président Bush faisant étalage de la victoire militaire des États-Unis sur l'Irak, à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, le 2 mai dernier.Des images qui serviront éventuellement à sa campagne électorale de 2004 aux frais des contribuables, se plaignent les démocrates.Militarisme Déviationnisme Équilibrisme Socialisme L'ACTUALITÉ courante n'en a que pour la guerre au terrorisme ou les guerres officielles comme celle qui vient de se dérouler en Irak.Pourtant, note The Economist, les guerres civiles plus ou moins oubliées, comme celles qui se manifestent au Congo depuis plusieurs années, font un nombre de victimes autrement plus considérable.Le bilan des guerres civiles au Congo depuis 1998 atteint entre 3,1 et 4,7 millions de morts, ce qui dépasse de beaucoup n'importe quelle autre guerre dans le même temps.Ces guerres civiles ont leurs caractéristiques propres.Plutôt que des armées régulières, elles impliquent généralement des milices irrégulières.Les victimes se comptent surtout chez les civils, plus souvent qu'autrement non armés.Il y a un siècle, la plupart des conflits opposaient des nations et 90 % des morts étaient des militaires ; aujourd'hui, la majorité des conflits sont des guerres civiles et 90 % des victimes sont des civils.Il y a 40 ans, les guerres civiles étaient moins fréquentes à cause de la structure coloniale de gouvernement, mais depuis la fin de la guerre froide, un relâchement a fait que les guerres civiles ont augmenté au point qu'un pays sur huit aujourd'hui a vécu un conflit intérieur faisant au moins 1000 morts.INVESTIR dans des entreprises qualifiées de responsables au plan de l'éthique ou de l'environnement fait sourire bien des analystes, des conseillers ou des investisseurs chevronnés, prompts à y voir une excentricité ou une blague.Pourtant, le chroniqueur financier James K.Glassman, dans l'International Herald Tribune, n'y voit rien de tel.Les investisseurs américains ont retiré 13 milliards de dollars des fonds communs de placement au premier trimestre et en ont injecté 185 millions dans des fonds dits responsables au plan de l'éthique ou de l'environnement.Il existe maintenant plus de 200 de ces fonds sur le marché ; la plupart sont de taille minuscule, mais 18 gèrent plus de 100 millions de valeurs et quatre plus d'un milliard.Et ça rapporte.L'indice Domini Social-400, qui évalue la performance d'entreprises soumises à un jeu de critères relatifs à l'éthique et à l'environnement, révèle qu'elles ont rapporté une moyenne de 9,64 % par an ces 10 dernières années, contre 9,66 % pour le Standard & Poor's- 500.À la Bourse de Londres, 100 livres investies dans l'entreprise « éthique » il y a 10 ans valent 319 livres aujourd'hui, contre 318 pour les 100 livres investies dans les autres valeurs.Aux États-Unis à ce jour, 13 milliards de dollars sont investis dans les entreprises « responsables ».LES DIVERGENCES frappant les rapports entre les États-Unis et l'Europe concernent le plus souvent les affaires commerciales ou militaires.Il est un secteur litigieux qui émerge moins souvent dans l'actualité : celui de la navigation par satellite.Les Européens ont décidé la semaine dernière de mettre sur pied leur propre réseau de navigation satellitaire, Galileo, avec la participation possible de la Chine et d'autre pays.Ce type de système de navigation répond à toutes sortes d'objectifs, commerciaux comme militaires, entre autres.Le système américain en usage a permis par exemple de situer avec précision les objectifs de bombardement en Irak.Les Européens ont présentement recours au système américain et à son équivalent russe, mais les deux systèmes relèvent des militaires et peuvent devenir inaccessibles sans avertissement.Les négociations entre l'Union européenne et l'Agence européenne de l'espace pour un système européen ont finalement abouti lundi dernier, indique l'International Herald Tribune, et Galileo devrait être au point en 2008, la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie assumant le gros du financement.L'orientation récente de la diplomatie américaine aurait accéléré l'entente.ON L'IGNORAIT, mais l'administration Bush est porteuse de grands plans socio-démocrates, à la frontière du socialisme.L'écrivaine Barbara Ehrenreich en veut pour preuve, dans le Los Angeles Times, les plans élaborés pour la reconstruction de l'Irak.Quand le secrétaire d'État, Colin Powell, dit que « le pétrole irakien appartient au peuple irakien », personne ne regimbe chez Exxon Mobil en pensant que ce principe généreux pourrait s'appliquer aux États-Unis.Même générosité en matière d'enseignement : on réparera les écoles, les infrastructures et même les plus pauvres des citoyens irakiens auront droit à l'enseignement.Mais jusqu'à nouvel ordre, ça ne vaudra que pour l'Irak, poursuit, pince-sans-rire, Mme Ehrenreich.Même chose en santé : il y aura, en un tournemain, des soins de qualité pour tout le monde en Irak, un programme universel d'un genre qui échappe aux citoyens américains depuis au moins un demi-siècle.Le tout dans un climat démocratique bon enfant, qui a fait dire au secrétaire à la Défense Rumsfeld, par exemple, à propos de la mise à sac du musée d'archéologie de Bagdad, que « les gens libres sont libres de commettre des erreurs et des crimes ».La représentante de Los Angeles Maxine Waters se plaint de s'être battue toute sa vie pour ce grand jeu de compassion, pour constater en fin de course que ses taxes le matérialiseront.en Irak. 7LP0701F0601 F-7 dimanche 7LP0701F0601 ZALLCALL 67 17:07:30 05/31/03 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 1e r J U IN 2 0 0 3 F 7 LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE COMIC01JNM GARFIELD FERDINAND L E P A R I de Dominique Demers - 26 - musclé sans être massif, un bon sourire, des yeux tendres.La première fois qu'elle l'avait vu, Sylvie s'était exclamée, jalouse : - C'est pas juste, Max.T'as toujours eu les plus beaux.C'est un vrai péché ambulant, ce gars-là.Il aurait dû tenter sa chance comme mannequin.Simon avait failli s'étouffer en l'entendant.Sylvie était mannequin à l'époque.Elle n'avait pas eu beaucoup de succès, mais elle s'était reprise en fondant une agence et, depuis, ses affaires allaient bien.Le pauvre Simon, que j'avais pourtant prévenu, avait été complètement désarçonné, ce soirlà, par l'exubérance et la redoutable franchise de ma vieille amie, mais au bout d'une heure il était déjà séduit.Je n'étais pas surprise: il me semblait impossible que quiconque puisse résister au charme de Sylvie.Je parvins à sourire en songeant à mon amie d'enfance.Avaitelle réussi à conserver intacte cette formidable énergie qui l'animait?quand remontait cette unique rencontre avec Simon à Montréal?Quinze ans?Déjà?Depuis, nous avions seulement bavardé au téléphone à quelques reprises.Sylvie avait eu deux enfants.Elle m'avait d'ailleurs priée d'être marraine du premier, mais j'avais refusé maladroitement sous prétexte qu'avec ma charge de travail à l'urgence j'aurais fait une bien mauvaise marraine.dre quelques minutes.T'as eu une bonne journée?- Notre équipe l'a emporté 3 à 2.Les gars sont vraiment formidables! J'avais complètement oublié que les jeunes de l'équipe de soccer intercité jouaient contre Laval aujourd'hui.Des adversaires de taille, mais Simon était un entraîneur du tonnerre, adoré de ses joueurs.Ils étaient prêts à se défoncer pour lui.- Bravo! T'es un as! Non, vraiment, Simon, je suis sûre que tu fais du super bon boulot avec tes gars.- T'as vu la note à côté du téléphone?- Ouais.Je m'y attendais.- Sylvie a mentionné que tes parents allaient fêter leur cinquantième anniversaire de mariage.Tu ne m'en avais pas parlé.- Tu savais qu'ils n'étaient pas divorcés, qu'ils ont attendu dix ans avant de me fabriquer et que je viens d'avoir quarante ans.Fais le compte.Simon replia son journal.Il se leva tranquillement et s'approcha de moi.Je fus surprise, comme cela m'arrivait souvent depuis qu'on se connaissait, de redécouvrir combien il était beau.Des traits réguliers, un corps parfait, À S U I V R E Éditions Québec Amérique www.quebec-amerique.com © 1999 Éditions Québec Amérique Inc.ROMAN01JN À seize heures, j'eus l'impression d'avoir terminé une course de fond.Une autre journée de vaincue! Micheline Tanguay s'approcha comme je passais devant la préposée à l'accueil.Les deux femmes m'interpellèrent en même temps et la préposée me tendit un sac de papier brun.- Un patient a laissé ça pour vous, docteur Laforest.Monsieur Sabourin, je crois.Il dit que vous l'avez vu à l'urgence hier.Le sac contenait une paire de pantoufles jaunes et rouges assez laides, tricotées à la main.Une petite carte était épinglée à l'une d'elles : Merci pour tout ce que vous avez fait pour mon mari.Il dit que vous êtes un ange.Gertrude Sabourin.Micheline se moqua gentiment de moi.- Je te dis que tu vas être sexy avec ces trucs-là aux pieds, Max.C'est pas juste.Tu es toujours la chouchou des patients.En passant, je te dois un repas gastronomique à la cafétéria.Tu avais raison pour le cas dont on discutait hier.C'est bien de l'hyperparathyroïdie! Simon m'attendait avec une table bien mise, un poulet à l'estragon, du riz persillé, des carottes bouillies, et une note bien visible à côté du téléphone.Sylvie a téléphoné.Elle veut absolument que tu rappelles.J'ai déposé un baiser rapide sur la joue de Simon en remarquant au passage que la peau de son cou était légèrement plissée et moins ferme.Simon allait bientôt fêter son cinquantième anniversaire, mais il paraissait encore plus jeune que bon nombre de mes collègues ayant à peine franchi le seuil de la quarantaine.L'idée que sa peau se froisse et qu'il se transforme un jour en vieillard me troubla.Il m'avait toujours paru si solide qu'inconsciemment je l'imaginais inaltérable.- Ça sent bon.mais je suis crevée.J'ai presque envie de m'éten 7LP0801F0601 f08 dimanche 1er juin 7LP0801F0601 ZALLCALL 67 17:53:26 05/31/03 B F8 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 1er JUIN 2003 LE CARNET D'OBSERVATION Photo MICHEL BOULET, collaboration spéciale Une grue du Canada en visite dans un champ fleuri dans la région du lac Mégantic.Photo VINCENT LAMOUREUX, collaboration spéciale Un grand héron dégustant sa proie.Photo CLAUDE PONTHIEUX, collaboration spéciale Un carouge à épaulettes femelle sur une tige de quenouille.Quatre secondes magiques À TIRE D'AILE Photographe amateur depuis presque 20 ans, Claude Ponthieux, de Sherbrooke, s'adonne moins à son hobby mais quand il utilise son appareil, c'est un succès.« Photographier des oiseaux demande un temps fou, explique-t-il.Il faut bien se préparer, attendre le moment propice, être toujours aux aguets.Souvent, la scène la plus intéressante ne dure que quelques secondes.C'est justement ce qui s'est produit avec le carouge, un oiseau vif toujours en mouvement.Heureusement que j'avais un appareil motorisé.» La femelle carouge, présentée aujourd'hui, lui a valu le premier prix de la catégorie libre au concours le Biodôme/La Presse.Technicien dans une boutique de matériel photographique, Claude Ponthieux avait déjà obtenu le grand prix du concours l'an dernier, avec une photo de merle transportant de la boue pour faire son nid.L'oiseau s'était arrêté quatre secondes devant lui.Photographié dans le marais Saint-François, à l'extrémité du lac Magog, dans les Cantons-de-l'Est, le carouge ne s'est guère attardé plus longtemps.« J'avais vu l'oiseau se percher à quelques reprises sur cette quenouille.J'ai placé mon trépied en conséquence et j'ai attendu.Il est passé de nouveau et a pris une pose particulière, une fraction de seconde.» La grue du Canada photographiée par Michel Boulet, de Montréal, deuxième prix catégorie libre, a montré une plus grande collaboration.Le grand échassier s'est attardé durant six longues semaines dans les champs des environs de Nantes, dans la région du lac Mégantic, au cours de l'été 2000.Un visiteur plutôt inusité dans ce coin de pays, où M.Boulet passait lui aussi ses vacances.« L'oiseau arpentait tranquillement un pré fleuri.L'endroit était isolé et la grue, peu farouche.Je l'ai approchée à une douzaine de mètres de distance.J'avais un objectif de 700 mm, tout ce qu'il fallait pour mettre en perspective ses coloris.» Troisième lauréat, Vincent Lamoureux raconte que sa rencontre avec le grand héron a eu lieu au cours de la fin de semaine suivant le tragique 11 septembre.« J'étais encore sous le choc et je suis allé visiter le parc de l'île Bizard pour me remonter le moral.Ce matin-là, il y avait une effervescence incroyable.Les oiseaux étaient partout.Des grandes aigrettes, des hérons, des canards et un grand héron qui chassait tout près avec succès, comme on peut le voir.La vie ne s'était pas arrêtée.J'ai utilisé six ou sept films, le temps de le dire.J'avais retrouvé ma bonne humeur.Membre d'un club de photographes amateurs, Vincent Lamoureux fait surtout de la photo de nature depuis 25 ans.Les oiseaux ne sont pas sa spécialité mais dès que l'occasion se présente.Que faire avec un perroquet qui mord?UNE QUESTION qui revient de temps à autre dans le courrier mais qui ne concerne pas uniquement les grands perroquets.Les petits aussi peuvent mordre.Je me souviens qu'une de mes calopsittes devenait agressive lorsque je la dérangeais alors qu'elle couvait ses oeufs (pourtant stériles faute de mâle).Elle pouvait me mordre le doigt jusqu'au sang.Lise Mailloux, de Lorraine, voulait un oiseau facile à apprivoiser, aimant se faire caresser.« Comme notre budget ne nous permettait pas l'achat d'un gros perroquet, nous avons acquis dans une animalerie une conure à joues grises âgée de moins d'un an », écrit-elle.« Dans ses bons moments, nous avons du plaisir avec elle.Elle se laisse flatter et dit : salut Kiwi ! Mais nous avons maintenant un problème.Elle nous mord les oreilles et le cou.Je n'ai plus le goût de la sortir de sa cage et mon mari ne la prend plus sur son doigt même s'il désire toujours la garder.Y a-t-il une façon de la corriger ?Mordra-t-elle toujours ainsi ?J'ai besoin de conseils sinon j'en ferai un BBQ un de ces dimanches.» J'ai consulté deux expertes pour répondre à vos questions.Johanne Vaillancourt est connue des amateurs de perroquets depuis des années pour ses conseils sur le comportement des « becs crochus », comme on désigne parfois ces oiseaux.Elle est aussi consultante sur le sujet et son site Internet est intéressant (www.perroquet-perroquets.com).Son courriel : centreaviaire@ netc.net Quant à Michèle Aubin, elle élève des psittacidés depuis des années et est copropriétaire du Zoo et refuge d'oiseaux exotiques Icare, à Roxton Pond.Il faut rappeler, insiste Mme Aubin, que l'oiseau se sert de son bec pour explorer son univers, se défendre et établir sa domination.Il est possible, croit-elle, que la conure soit en train de vivre son adolescence, le passage à la vie adulte, une période où l'oiseau tente d'établir sa domination parmi ses congénères dont font maintenant partie Lise Mailloux et son conjoint.Chez les petites conures, cette étape survient à l'âge de 6 à 15 mois.Par ailleurs, il n'est pas impossible que l'oiseau soit en période nuptiale.« Pendant deux à trois semaines, il ne se possède plus, dit-elle.Il pourra alors mordre ou mordiller fréquemment.Le phénomène n'a rien d'agréable mais il est temporaire.» Il est inutile de gronder votre conure, affirme pour sa part Mme Vaillancourt.« Si l'habitude persiste, il faut plutôt l'amener à comprendre que mordre est un comportement inacceptable chez vous.Dès que le perroquet mord, il faut le prendre en évitant le contact visuel, sans lui adresser la parole.On le place ensuite dans un endroit où il restera seul pendant quatre ou cinq minutes.» Ne jamais lui faire réintégrer sa cage, qui est son refuge naturel et non un endroit de punition.Évitez aussi de l'installer sur un perchoir où il se retrouve fréquemment.Vous devrez refaire votre petit manège chaque fois qu'il mord.La situation devrait s'améliorer dans une semaine ou deux, soutient Mme Vaillancourt.Dans mon cas, j'ai constaté que mon perroquet gris d'Afrique avait tendance à mordre avec vigueur lorsqu'il avait une crainte subite ou une violente envie de faire caca, trouvant inconfortable la position perchée sur mon doigt.Soulignons que le terme « conure à joues grises » n'existe pas en français et qu'il y a plusieurs espèces de ce groupe qui ont effectivement les joues grises (conure de Weddell, conure perlée, conure veuve, conure de Deville, etc.).Il est d'ailleurs malheureux que la plupart des animaleries ne fasse pas le moindre effort pour utiliser la nomenclature internationale pour désigner leurs oiseaux, ce qui éviterait de nombreuses erreurs d'identification.Paco, le miraculé.UN AVIS de recherche lancé dimanche dernier a permis à Frédéric Daly, de Saint-Hubert, de retrouver son perroquet gris d'Afrique.Un petit miracle ! L'oiseau a été recueilli à.Dorval.Le dimanche précédent, Paco-le-fugueur avait réussi à s'évader de sa cage pour s'enfuir vers l'Est.Mais plus tard au cours de la journée, il avait été observé en direction contraire, alors qu'il volait vers l'île Saint-Hélène.Le lendemain, il était à Dorval, au bord du fleuve, dans la cour d'un marché aux fleurs.Il s'est laissé approcher sans difficulté et a été confié à l'animalerie Petland.« Quand l'oiseau nous est arrivé, raconte Anne-Marie Binette, une des techniciennes de la boutique, il était affamé et fatigué.Il a dormi toute la journée.» Les employés du magasin estimaient qu'il s'agissait probablement d'un oiseau des environs.Mais après une semaine de soins, toujours sans nouvelles de son maître, on songeait à le mettre en vente.C'est Jean Guérin, client fidèle et lecteur de La Presse, qui a signalé la présence du perroquet à son propriétaire.Il est extrêmement rare de retrouver un oiseau de volière en fugue.Sans point de repère, l'animal panique et se perd rapidement.Non seulement devra- t-il ensuite trouver de la nourriture, mais il lui faudra aussi déjouer les rapaces.En raison de leurs couleurs vives, ces oiseaux attirent rapidement l'attention et deviennent des proies faciles.Quant aux gros perroquets, ils peuvent voler sur de grandes distances comme on a pu le voir avec Paco.S'ils réussissent à survivre, ils ont une chance d'être récupérés par un bon Samaritain mais revoient rarement leurs propriétaires légitimes.L'aventure de Paco devrait servir de leçon.Il faut absolument tailler les plumes des ailes des perroquets et autres gros oiseaux de cage même s'ils volent librement dans la maison et passent la plupart du temps sur leur perchoir.Fini les risques d'évasion.On évite aussi les incidents dont certains sont mortels, comme cela est arrivé à ma calopsitte Surprise, dont j'avais tardé à tailler les plumes.Elle s'est mise à voler et est entrée en collision avec les pales d'un ventilateur de plafond.Je m'en veux encore aujourd'hui.Un colvert arboricole MON COLLÈGUE Ricardo Larrivée a eu toute une surprise la semaine dernière.En effectuant ses travaux de jardinage, il a aperçu une cane colvert nichant sur un tronc d'arbre, à la jonction de plusieurs branches, à environ deux mètres du sol, à quelques pas de la rue.L'oiseau couve neuf oeufs et l'éclosion devrait avoir lieu sous peu.Il est plutôt inusité que ce canard construise son nid dans un arbre mais la chose se produit de temps à autre.Néanmoins, plusieurs autres espèces sont arboricoles au moment de la nidification, le canard branchu étant le plus connu d'entre eux.Le grand harle (grand bec-scie), le harle couronné (bec-scie couronné) de même que les garrots nichent aussi dans les cavités d'arbres souvent creusées par les grands pics, parfois à une hauteur de 10 à 15 mètres au-dessus du sol.Une fois les oeufs éclos, la femelle sort du nid et s'installe au sol en appelant ses petits pour les inciter à partir à conquête du vaste de monde.Elle doit montrer une certaine persuasion mais tôt ou tard, les canetons se lanceront dans le vide.L'épais duvet de l'oisillon permet d'absorber le choc de l'atterrissage brutal.En réalité, les premiers pas vers un point d'eau sont souvent plus périlleux à cause des prédateurs.Des oiseaux pour les enfants C'EST aujourd'hui que le Zoo et refuge d'oiseaux exotiques Icare ouvre ses portes pour la saison estivale.On y trouve 400 oiseaux de 60 espèces, dont de nombreux perroquets.Les enfants pourront cette année découvrir les nombreux oiseaux et oisillons de basse- cour, dont des poules dites de fantaisie, des paons, des canards, des faisans et des oies.Organisation sans but lucratif, le zoo est situé à Roxton Pond, tout près d'Acton Vale.On peut aussi s'y rendre facilement par Granby.Les frais sont de 9 $ par adulte.Le tarif familial (deux adultes et deux enfants de moins de 16 ans) est de 24 $.On se renseigne au 450-375-6118."]
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