La presse, 12 octobre 2003, L. Lectures
[" Le guide sur les tendances MERCREDI dans | M I E U X - Ê T R E | MO D E | MA I S O N | C U I S I N E | UNAUTOMNE HAUTENCOULEUR «L Le Petit Copain Donna Tartt \u203a Roman FFFF PAGE 4 Shutter Island Dennis Lehane \u203a Polar FFFF PAGE 5 Village global Collectif \u203a Beaux livres FFFF PAGE 4 Le Coeur en cavale Fernand Dansereau \u203a Roman FF PAGE 5 Exceptionnel / Très bon FFFF / Bon FFF / Passable FF / Sans intérêt F PHILIPPE GELUCK LE CHAT, C'EST LUI PAGE 3 e livre a changé», dit Jean Fugère, l'animateur de notre nouveau club de lecture.«Notre rapport au livre a changé.Il y a eu une démocratisation de l'accès aux livres.Le livre, ce n'est plus la seule littérature, c'est de plus en plus un outil de discussion, une plate-forme entre les gens.De plus en plus de gens lisent et sont en mesure de parler de livres.Je n'invente rien: voyez le succès des clubs de lecture et des animations dans les bibliothèques et dans les salons du livre.Même à la radio et à la télévision, je crois profondément que l'avenir est là, dans cette interaction avec des lecteurs.En tout cas, le pari de ce club de lecture, c'est ça: faire résonner la parole, les émotions, les impressions des lecteurs.C'est un club échangiste mais juste avec les mots!» Jean Fugère, qui a animé ou participé à plusieurs émissions culturelles ou littéraires de radio ou de télévision depuis 1980, est un passionné de la communication.Aussi un passionné de livres.Il s'est investi complètement dans cette idée et dans cette formule que nous avons ensuite mise au point ensemble, le cahier Lectures et lui, pour «mettre le livre sur la place publique », comme il dit.«C'est la multiplicité des points de vue sur un livre qui m'intéresse, précise-t-il.Plus que ma propre opinion.J'aime ça quelqu'un qui secoue mon opinion.Pas par masochisme.C'est ça qui me fait évoluer.Avoir l'opinion de gars et de filles de 20 ans, par exemple, sur L'Histoire de Pi, de Yann Martel, ça, ça m'intéresse vraiment, et j'ai hâte de les lire dans La Presse, sur Cyberpresse.Le livre permet d'avoir des contacts avec toutes les générations.Mais Jean Fugère en est bien conscient: un club de lecture dans un journal, on n'a pas souvent vu ça.Voilà donc un défi de taille pour lui.Et pour nous.«C'est la première fois, je pense, qu'un média fait appel aux lecteurs à ce point.«Qu'on le veuille ou non, la télé nous a changés.Aujourd'hui on a besoin d'être informé et de participer.L'idée du club, c'est d'aller vers le monde.Ça fait 11 ans \u2014 depuis que je suis revenu au Québec après 15 ans d'absence \u2014 que je mange du livre, que je vis du livre et que je cherche de plus de plus en plus cette communication avec les lecteurs.Votre animateur, Jean Fugère JOCELYNE LEPAGE JOCELYNE LEPAGE \u203a Voir FUGÈRE en page 2 \u203a Voir CLUB en page 2 LA PAROLE EST AUX LECTEURS PHOTO ALAIN ROBERGE LA PRESSE © omment dynamiser un cahier consacré aux livres?Comment vous rejoindre plus intimement, vous, lecteurs de La Presse et amateurs de littérature, d'essais, d'ouvrages de psychologie populaire, de livres pour enfants, de bandes dessinées?Comment créer des liens entre nous qui parlons de livres \u2014 parfois en experts trop loin de vos goûts et préoccupations \u2014 et vous qui aimez lire?Comment permettre aux plus passionnés d'entre vous d'exprimer leur opinion?Voilà une série de questions auxquelles nous croyons avoir enfin trouvé une réponse: un club de lecture, chose rendue possible grâce à notre nouveau collaborateur, Jean Fugère, animateur de son état, qui a les mêmes préoccupations que nous.Et grâce aussi à Cyberpresse, qui a créé un espace exprès pour le Club de lecture La Presse.Il suffit d'envoyer votre opinion à clubdelecture@ lapresse.ca pour qu'elle soit lue par Lectures.Nous choisirons chaque mois la meilleure lettre, celle qui vaudra à son auteur un bon d'achat de 200$ en livres dans les librairies de la chaîne Renaud-Bray.Autour du Livredumois Nous allons procéder en quatre étapes, et à partir du Livre du mois que nous choisirons en fonction de ses qualités intrinsèques, bien sûr, mais aussi de sa capacité à susciter des débats.La première semaine, Jean Fugère présentera le livre choisi (voir son premier texte en page L2), de même que son auteur, et donnera les raisons pour lesquelles il a fait ce choix.Notre premier Livre du mois est L'Histoire de Pi, dont vous avez été 50 000 à acheter un exemplaire en français au Québec.Vous devriez donc être nombreux à avoir le goût d'en parler.Trouvez-vous, par exemple, que le concert de louanges est mérité?Avez-vous l'impression que Yann Martel annonce le retour d'une certaine forme de spiritualité?Si la religion a souvent été et est encore le prétexte de bien des guerres, faut-il s'en méfier?peut jouer encore un rôle dans l'épanouissement des êtres humains, ou faut-il la considérer comme «l'opium du peuple», à l'instar de Karl Marx?La deuxième semaine, Jean Fugère présentera les deux lecteurs qui ont accepté de jouer le jeu avec nous.L'un est une personnalité connue, l'autre, un membre d'un club de lecture déjà établi, en attendant que le nôtre le soit comme il faut.Ces portraits vous feront connaître des gens sous l'angle des livres qu'ils lisent.«Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es.» Nos deux premiers lecteurs sont Paul Ahmarani et Marie-Hélène Audette.Jean Fugère. LECTURES Animateur du livre L'HISTOIRE DE PI Rigueur, humour et magie FUGÈRE suite de la page 1 « Sous la couverture, J'aime, c'était un peu cela, les Mardis Fugère, encore un peu plus, et ce club de lecture, ça va l'être encore davantage.Ça ne m'intéresse pas d'être Monsieur Livre, comme on l'a déjà dit, mais d'être un bon animateur du livre, ça oui ! » Mais d'où sort-il ?Mais d'où sort donc ce Jean Fugère, un érudit disent certains, qui veut parler simplement à tout le monde et faire parler tout le monde ?Qui a fait une maîtrise en littérature allemande, parle couramment la langue et a même traduit un livre de l'allemand ?Et qui étudie aujourd'hui l'espagnol, en plus d'animer à peu près tous les salons du livre de la province ?Jean Fugère est né à Québec en 1951, a étudié à l'Université Mc Gill à Montréal en littérature allemande, puis en Allemagne, où il est resté sept ans et a travaillé pour la radio de l'armée canadienne.De là, il a été engagé par Radio-Canada et TVOntario.En Ontario, il est resté sept ans, animant entre autres le premier magazine culturel français télévisé, qui s'intitulait A comme artiste, ou participant à diverses émissions culturelles de radio et de télé.Il a aussi scénarisé plusieurs documentaires, jusqu'à ce qu'il choisisse de ne parler que de livres.En 1992, il rentre au Québec.Depuis, on l'a entendu aux émissions Christiane Charette en direct, De bouche à oreille, Samedi et rien d'autre et Pourquoi pas dimanche ?, où on peut toujours l'entendre le dimanche matin avec Joël Le Bigot.Il a animé ou co-animé Sous la couverture, J'aime et Cent titres à Télé-Québec.Il fut aussi des Choix de Sophie.Et il a animé pendant six ans les Mardis Fugère de l'Union des écrivaines et écrivains québécois dans les Maisons de la culture.Mais qu'est-ce qui l'intéressait tant chez les Allemands ?« Si j'ai fait une maîtrise en littérature allemande, explique-t-il, c'est à cause de Narcisse et Goldmund, de Hermann Hesse (grand romancier suisse allemand né en 1877, mort en 1962, prix Nobel en 1946 qui a écrit, entre autres, Le Loup des steppes).Ce fut une révélation et je me suis senti attiré par ce pays.J'ai vu les films allemands, j'ai lu les livres allemands, je suis allé vivre là-bas, je suis tombé en amour là-bas, je suis entré dans cette culture.» Maintenant, il lit, outre la production québécoise, la littérature latino-américaine et étudie l'espagnol.Encore à la suite d'une révélation, qu'il doit à Gérard Bouchard, important essayiste québécois.« En Argentine et au Chili, j'ai rencontré des auteurs et des éditeurs et j'ai découvert que j'avais plus d'atomes crochus avec eux qu'avec les Français.Bouchard dit dans Genèse des nations et cultures du Nouveau Monde (Boréal) que les pays du Nouveau Monde ont vécu des mouvements historiques et culturels qui se ressemblent.Il y a un fond souterrain qui unit tout le continent américain.Moi aussi je suis Américain, et je déteste qu'on limite cette appellation aux seuls habitants des États-Unis.» Qu'on se le tienne pour dit ! JEAN FUGÈRE LE CLUB DE LECTURE DE LA PRESSE COLLABORATION SPÉCIALE «Ce livre est né quand j'avais faim.Je vais vous expliquer.Au printemps 1996, mon deuxième livre, un roman, est sorti au Canada.Il n'a pas bien marché.» L'Histoire de Pi débute ainsi, par un aveu.Aveu inusité de la part d'un auteur et d'autant plus surprenant que l'auteur s'appelle Yann Martel et qu'on connaît la suite.Si Self, son deuxième roman, ne s'est vendu qu'à quelques milliers d'exemplaires, les caisses enregistreuses des librairies continuent de résonner dans le monde pour L'Histoire de Pi.Consacré par le Booker Prize en octobre 2002, le roman connaît depuis une carrière fulgurante : plus de 2,5 millions d'exemplaires de par le monde et, depuis sa sortie en traduction française au Québec \u2014 il sortira en France en 2004 \u2014audelà de 50 000 exemplaires vendus.Publié dans plus de 40 pays et traduit dans autant de langues, le roman pourrait en outre connaître un second souffle puisqu'un film scénarisé par Dean Georgaris et produit par Fox est en voie de réalisation.L'Histoire de Pi s'impose comme l'événement de la rentrée littéraire québécoise et ne pouvait être que le premier choix de notre club de lecture.Fils du poète Émile Martel, l'écrivain de 40 ans a grandi et vécu parmi les mots et posé ses pénates un peu partout dans le monde \u2014 en Inde, pour l'écriture de ce roman, mais antérieurement en France, en Iran, en Turquie, en Colombie, au Costa Rica, à Mexico, etc.Attention ! faux profil de jet-setter : Yann Martel a exercé 36 métiers \u2014 de plongeur à gardien de sécurité, en passant par planteur d'arbres\u2014 et semble directement sorti d'un atelier sur la simplicité volontaire.Jusqu'à tout récemment, il se déplaçait en bicylette et vivait avec un coloc.Il ne boit pas, ne fume pas, se dit végétarien, adepte du yoga, fait toujours du bénévolat au service des soins palliatifs de l'hôpital Royal Victoria et se rend chaque semaine à l'église.Une auréole, avec cela ?Yann Martel n'est peut-être pas l'auteur québécois qui connaît le plus de succès à l'étranger \u2014 on pense spontanément à Michel Tremblay\u2014 mais, chose certaine, il est l'écrivain anglo-québécois le plus célèbre sur la planète.S'il préfère la langue française, le romancier écrit directement en anglais parce que « c'est la langue dans laquelle je peux le mieux exprimer la subtilité ».Pas précisément taiseux, mais quand même réservé, quand nous nous croisions ces dernières années à Montréal.Yann Martel semble avoir gagné en assurance avec le succès.Au lancement de son livre en traduction française, il discourait librement sur tout mais jamais sur rien, dans cet accent qui n'appartient qu'à lui, l'accent de celui qui s'est frotté à bien des cultures et qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler celui de l'écrivain John Ralston Saul, dont on dit qu'il l'a beaucoup soutenu.Écrivain montréalais, écrivain québécois, écrivain canadien ?Yann Martel n'exclut aucune appartenance.Comme le confiait sa mère, Nicole Martel, traductrice et philosophe de formation : « Lorsque nous vivions en Alaska, nous parlions espagnol dans la cave, français entre nous, au rez-de chaussée, et anglais à l'extérieur.» Pas étonnant, au fond, que L'Histoire de Pi ait décroché la plus haute distinction littéraire britannique dans le Commonwealth.Le roman raconte la vie du jeune Indien Piscine Molitor Patel qui, en compagnie de sa famille, émigre au Canada \u2014 la famille périt malheureusement en mer à la page 109 \u2014 et traverse le Pacifique à bord d'une barque en compagnie d'un tigre du Bengale, pour finalement gagner les rives du Mexique.Jusque-là, on le voit, aucun Américain dans le décor, pas plus qu'on n'en trouve parmi les jurés ou les candidats du Booker Prize, qui les exclut d'office, Commonwealth oblige.Un enchantement Le roman de Yann Martel m'a enchanté.Son écriture offre un curieux mélange : c'est à la fois de la rigueur, de l'humour et de la magie.Sa phrase est méticuleusement précise, de celles qui évitent autant les débordements que la profusion d'adjectifs et la tirade à l'emporte-pièce.Cela dit, c'est une phrase lumineuse d'intelligence et qui fait croire au plus improbable.Au dire de Yann Martel lui-même, cette traversée du Pacifique qui occupe le centre du roman \u2014et qui a des couleurs de l'Iliade autant que de Rudyard Kipling\u2014 a donné lieu chez les lecteurs à toutes les interprétations.On y a vu une métaphore de la vie, de la traversée de la vie, ou, comme l'avait suggéré cette lectrice européenne, une métaphore du mariage, de gens qui vivent ensemble en état de méfiance (!) et se quittent sans dire au revoir ; d'autres encore ont vu dans ce parcours semé d'embûches une métaphore de l'immigration, véritable course à obstacles, qu'il faut surmonter les uns après les autres avant d'arriver en terre d'accueil.Et vous, qu'y voyez-vous ?« Tout livre est une autobiographie intellectuelle », affirmait le romancier en août lors de son lancement.Déduisons que la quête spirituelle l'habite profondément, car « croire » est un mot-clé du livre de Martel.Pi, son héros, pratique trois religions simultanément et ne survit que parce qu'il a n'a cessé de CROIRE qu'il survivrait.L'Histoire de Pi estelle une réponse au cynisme, à la désillusion ambiantes ?Yann Martel incarne-t-il, comme le suggère son éditeur, André Vanasse, « l'ouverture sur le monde qui caractérise la littérature québécoise moderne » ?Que révèle Pi de Yann ?Qu'avez-vous aimé ou détesté ?Autant de questions que je vous invite à débattre durant tout le mois d'octobre dans notre club de lecture.Le vôtre essentiellement.Écrivez-nous à l'adresse suivante : clubdelecture@lapresse.ca.On vous attend et on a hâte de vous lire.La semaine prochaine, portrait des deux lecteurs qui ont lu pour nous L'Histoire de Pi : le comédien Paul Ahmarani, fervent amateur de bande dessinée et de George Orwell, et Marie-Hélène Audette, membre du club de lecture de la bibliothèque de La Prairie, qui a lu tout Romain Gary ! PHOTO RÉMI LEMÉE, LA PRESSE © L'écrivain Yann Martel, auteur de L'Histoire de Pi.Un forum littéraire virtuel CLUB suite de la page 1 La troisième semaine, Jean Fugère fait le résumé de la rencontre entre nos deux lecteurs, rencontre qu'il a animée soit en personne, soit par téléphone siles lecteurs vivent à Chibougamau, à Gaspé ou à Sept-Îles, parexemple.Ce texte se retrouvera sur cyberpresse.ca/arts, où il y aura un forum auquel vous pourrez participer directement.Ce forum dure indéfiniment.La quatrième semaine, nous faisons le compte rendu des opinions reçues et publions la recension ou l'opinion la plus intéressante qui nous a été envoyée, celle qui gagnera le bon d'achat offert par Renaud-Bray.Neuf autres « meilleures » lettres seront publiées intégralement sur cyberpresse.ca/arts D'abord une place publique du livre Le Club de lecture La Presse est d'abord une place publique du livre.Un lieu où vous, lecteurs, pourrez vous exprimer et échanger avec d'autres lecteurs.Non seulement sur le livre du mois ou sur l'opinion des deux lecteurs en vedette, mais aussi sur d'autres sujets qui concernent les livres et la vie littéraire en général.Il n'y a pas de conditions pour faire partie du club.Il suffit, pour le moment, de nous écrire ou de nous lire.Avec le temps, compte tenu de vos réactions et de vos suggestions, être membre donnera accès à des rencontres, privilèges et autres récompenses, en plus des informations publiées sur le site cyberpresse.ca/arts EN DIAGONALE RUDY LE COURS Les nouveautés françaises sont si nombreuses que, si les libraires les tenaient toutes en stock, ils devraient transformer leurs magasins en entrepôts.Gageons que, mis à part quelques valeurs sûres comme L'Absent, troisième tome de la fresque rude mais admirable de Patrick Rambaud consacrée au tyran Napoléon, ils se contenteront de retenir les finalistes des grands prix littéraires, dont les gagnants seront connus le mois prochain.Certains d'entre eux sont des écrivains chevronnés qui sévissent dans le monde des lettres depuis quelques décennies, mais qui restent fort méconnus chez nous.Ainsi en est-il sans doute de Jacques- Pierre Amette, dont La Maîtresse de Brecht, son dernier roman, paraît fort bien accueilli dans l'Hexagone.Candidat au Goncourt et au Grand Prix du roman de l'Académie française, le roman raconte une histoire fictive d'amour et d'espionnage autour d'un dramaturge bien réel et célèbre, vieillissant et amer.Le décor est gris comme les automnes allemands, froid comme l'après-guerre.Amette avait déjà décrit l'Allemagne et évoqué Brecht dans un roman précédent, Province.Cette fois-ci, il en fait le décor et le personnage pivot de son roman, autour duquel gravitent au moins deux femmes : Maria Eich, l'héroïne fictive, imaginée à partir d'une photo retrouvée dans un carnet, et Hélène Weigel, l'épouse qui doit fermer les yeux.Et puis, il y a Hans, le véritable amour de Maria, agent de la Stasi, qui lui confie la mission d'épier le poète.Ne vous fiez pas à ce court synopsis, ça n'a rien d'un ouvrage de série noire, bien qu'Amette en ait signé plusieurs sous le pseudonyme de Paul Clément.Plus connue à cause de son premier roman, Truismes, qui racontait la singulière métamorphose d'une femme, Marie Darrieussecq refait surface avec une fiction polaire intitulée, snobisme français oblige, simplement White.Il y est question d'une histoire d'amour assez singulière entre un homme et une femme stationnés dans une mission en Antarctique.L'histoire commence à l'aube et, au pôle Sud, « elle dure longtemps ».Darrieussecq jouit d'un bon capital de sympathie en France, ce qui assure à ses livres de figurer sur les tablettes des libraires.En revanche, la critique, sans être glaciale, ne paraît pas encenser son dernier roman.Devant cet amas de pavés de diverses qualités, l'auteur peu ou pas connu dans l'Hexagone fait chou blanc s'il ne parvient pas à enrober la sortie de son ouvrage d'un parfum de scandale.C'est ce qu'avait réussi Nelly Arcan avec Putain, il y a maintenant deux ans.Gil Courtemanche ne s'y prend pas de la même manière.La reprise chez Denoël d'Un dimanche à la piscine à Kigali ne fait pas la manchette des sections ou des cahiers littéraires, même si Le Figaro lui a consacré un bref mais bel article.Pourtant, le génocide rwandais n'a pas qu'un parfum de scandale.Il reste toujours une des pages les plus sombres de la fin du siècle dernier.Ne pas tenter de comprendre, c'est le scandale de l'indifférence.Heureusement, le livre fait davantage parler de lui ailleurs dans ses versions en traduction.En attendant les prix LECTURES PHILIPPE GELUCK Le One-Man.Chat Le bon « Docteur G» est devenu un homme-orchestre à Paris : émissions de radio et télévision, une exposition monstre aux Beaux-Arts à la fin du mois.Mais le dessinateur \u2014belge\u2014 de 49 ans a toujours été fidèle à son animal fétiche, le Chat : depuis 1975, il en est au 15e album de la série.On le retrouve tous les samedis, depuis hier, dans le nouveau cahier Actuel Magazine de La Presse.LOUIS-BERNARD ROBITAILLE COLLABORATION SPÉCIALE PARIS \u2014À 49 ans, haute silhouette mince et du genre timide, lunettes rondes et crâne dégarni, Philippe Geluck (prononcez : Gué-luc) n'a pas franchement la gueule d'une star médiatique.Mais, lorsque nous remontons l'avenue Montaigne après le déjeuner, je le vois faire un geste amical à un passant : « Il m'a salué en me faisant Miaou.Ça m'arrive de temps à autre.C'est quand même sympa.» On passe devant la terrasse bondée de l'Avenue, gargote «branchée » du quartier : il se fait happer par un copain, le chanteur Philippe Lavil, qui déjeune au soleil avec madame.Bien qu'il habite toujours son bled de la Louvière, en Belgique, et ne consacre qu'un jour et demi par semaine à Paris, Geluck est sans doute en France le seul dessinateur franco-belge connu du grand public.Ses collaborations à la radio et, surtout, à la télé, y sont pour quelque chose : quand on fait régulièrement les émissions de l'humoriste Laurent Ruquier (radio et télé) et, mieux encore, celle de Michel Drucker, tous les dimanches après-midi, on ne risque plus de passer inaperçu dans les rues.Et, comme cela dure en continu depuis quatre ans, cela produit un effet secondaire pas désagréable du tout sur l'activité principale de notre homme, qui se veut essentiellement dessinateur : « Je vendais très bien les albums du Chat depuis plusieurs années : dans les 80 000.Mais le dernier a atteint les 350 000 exemplaires ! je me suis retrouvé en quatrième ou cinquième position dans la liste des meilleures ventes : devant moi, il n'y avait qu'Astérix, Blake et Mortimer ou Titoeuf ! » Ça ne se refuse pas.Il se trouve que je me souviens parfaitement de l'apparition \u2014fortuite \u2014 de notre one-man-Chat en France.Une animatrice très spirituelle de France Inter (la grande radio publique), Isabelle Mottrot, l'avait entendu à la radio belge et l'avait annexé à son émission quotidienne de l'été.C'était en 1992.Tous les matins, il lisait « le courrier du docteur G », une correspondance loufoque et absurde dans la veine de l'ancien Hara-Kiri hebdo (publiée depuis en albums).Un petit ton tranquille et bébête : « Cher docteur G.Mon mari a des vers.Est-ce normal et comment le soigner ?- S'il est mort depuis 15 jours, il est parfaitement normal qu'il ait des vers.» etc.À mourir de rire, en somme.Lorsque l'émission avait pris fin, Geluck avait été récupéré par l'humoriste Laurent Ruquier pour une série de talk-shows à la radio le matin.Son humour belge \u2014nettement plus porté sur l'absurde que ce qui se fait en France \u2014 avait séduit.Après quelques années, Ruquier avait quitté France Inter, ce qui mettait fin à la collaboration de Geluck : « On était à l'été de 1999, et je n'avais plus rien dans les médias parisiens, après avoir abandonné les médias belges.D'ailleurs ça ne me dérangeait pas : dans ma tête, j'ai toujours été d'abord un dessinateur.J'avais 45 ans, j'allais rentrer chez moi à La Louvière et lever un peu le pied.Et puis, pratiquement le même jour, j'ai reçu deux appels : celui de Ruquier, qui me proposait de le suivre dans sa nouvelle émission dans une radio privée, et celui de Michel Drucker qui m'offrait une collaboration dans son émission télé du dimanche.» Cela dure maintenant depuis plus de quatre ans.Toujours installé à La Louvière, où ses deux filles ont préféré rester, il vient tranquillement passer deux jours et demi par semaine, pour mettre en boîte les émissions télé de Drucker et de Ruquier, plus une émission de radio.Geluck est désormais installé dans son rôle de vedette.Les ventes du Chat sont astronomiques, et ses dessins sont publiés dans une demi-douzaine de pays européens.Geluck travaille en même temps sur de petits dessins animés du Chat, destinés à la télévision, et auxquels Philippe Noiret prêterait sa voix.Il y a aussi \u2014 petit détail\u2014 une exposition monstre prévue pour la fin octobre à l'École des Beaux-Arts de Paris : un espace immense où Geluck a reproduit son bureau de travail en dimensions géantes (un crayon de 30 mètres de longueur), à l'intérieur duquel les visiteurs circuleront pour voir des objets et des dessins.En fait, l'auteur du Chat a toujours été un touche-à-tout : « J'ai toujours dessiné, dit-il.Mais, à 20 ans, ce n'était pas un métier : j'ai donc été comédien.À 18 ans, alors que j'étais étudiant en art dramatique, j'ai même fait partie de la distribution des Nègres de Jean Genêt, monté par Claude Régy pour la Super Franco Fête de Québec en 1972.Hélas, la pièce fut interdite suite aux pressions de certaines délégations africaines.En tout cas, j'ai assisté au concert de Leclerc, Vigneault et Charlebois.» À partir de 1975, à Bruxelles, il entame une carrière de comédien, joue Shakespeare ou Brecht, mais fonde en même temps Le Théâtre hypocrite, met en scène le dessinateur Chaval ou Copi.Participe à des émissions passablement délirantes à la radio ou à la télé : « Il y avait en Belgique un humour décalé et déjanté bien avant que ça n'apparaisse à la télé française, dit-il.C'est ainsi qu'est né à la radio le Docteur G., ou que nous faisons des sketchs à la Hara-Kiri à la télé dans La Semaine infernale.» Et puis le Chat est né en 1982.D'abord sur le faire-part de mariage et M.et Mme Geluck.Puis pour une bande dessinée dans Le Soir, principal quotidien de Bruxelles.Et ça ne s'est plus jamais arrêté : avec les best of, on en est aujourd'hui à 15 albums.« J'aurais pu me consacrer entièrement au métier de dessinateur \u2014ce que je préfère.Mais en même temps, c'est une activité terriblement solitaire.Vous êtes seul en face de votre planche à dessin.Jusqu'à l'obsession : à la fin de sa vie, Peyo ne pouvait plus voir un Schtroumpf en peinture, et Franquin était dépressif.Ce qui est bien, quand on fait ce métier, c'est d'appartenir à une bande, comme elles existaient avec les revues Tintin, Spirou, Pilote et le premier Charlie Hebdo.Mais lorsque je suis arrivé dans le tableau en 1975, tout ça était déjà fini.Alors je me suis amusé à faire un peu de tout.» Pendant plus de 15 ans, Philippe Geluck avait exercé avec succès en Belgique sa carrière de saltimbanque \u2014mais sans imaginer un instant déboucher sur la France : « Tout le monde, en Belgique ou en province, regarde Paris, et Paris ne regarde personne, dit-il.Et, franchement, c'était à l'époque un lourd handicap que d'être Belge.Bref, ça m'est tombé dessus sans que je le cherche.Et lorsque ça semblait s'arrêter, en 1999, ça ne me dérangeait pas particulièrement.» Entre-temps, le discret jeune homme, couronné par Paris, est devenu une star dans son pays.La preuve : « L'année dernière, Céline Dion est venue pour 10 jours à La Louvière pour préparer son spectacle de Las Vegas.De ma fenêtre, je voyais la maison qu'elle avait louée à 500 mètres de la mienne.D'où la manchette que je trouve aussitôt dans France-Dimanche, grand journal à potins : CÉLINE DION BOULEVERSE LA VIE DE PHILIPPE GELUCK ! » Geluck est désormais un dessinateur qui fait partie du show business.Avec ses collaborations à la radio et à la télé, Geluck est sans doute le seul dessinateur franco-belge connu des Français.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Les amours cannibales MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Ils en sont à leur premier roman, mais certainement pas à leurs premières armes.Le premier a signé d'innombrables (et mémorables) portraits dans le magazine L'Actualité.La seconde a multiplié les articles, critiques et nouvelles dans Les Saisons littéraires, Nouvelles Fraîches ou XYZ.Le premier a publié une pièce de théâtre (Léola Louvain, écrivaine), un pamphlet (Pour en finir avec les casse-cul), un portrait de Diane Dufresne (Cendrillon Kamikaze).La seconde, un recueil de nouvelles (États de manque) une série de 10 émissions intitulée Arthur Buies, chevalier errant, publiée par la suite chez Nota Bene, et un essai, Les Mots pour séduire (éd.Trois).Deux habitués de la forme brève qui font leur premier saut dans le vide du roman.Comment se sent-on, quand on écrit ainsi, sans modèle, sans restrictions ?«À la fois libre et contraint, répond André Ducharme.Libre de tout inventer, mais obligé de bien faire.» « J'ai peur ! » s'exclame avec humour Micheline Morisset.Mais de toute façon, quel que soit le genre, j'ai toujours peur d'écrire, et d'être lue ! » C'est de passions et de ruptures que traite leur premier roman.D'amour « canni-cannibale », comme le chante Cloé Sainte-Marie, mais qui finissent mal, en général.L'amour fou, destructeur, sous la plume d'André Ducharme.L'amour à trois, périlleux, idéalisé, sous celle de Micheline Morisset.Rimbaud Ringuet, le héros de L'Homme en morceaux, d'André Ducharme, est un être double, littéralement, un homme habité par un autre.« Je ne suis pas seul en moi », écritil.« Il y a quelqu'un (.) avec une voix qui ressemble à la mienne, mais plus grave, plus chuchotée, quelqu'un qui me bouscule quand je relâche la vigilance.(.) Nous nous appelons Rimbaud.» Chronique d'un chagrin d'amour annoncé, écrite dans un style fait de charme fou et d'inventivité, de larmes et d'humour grinçant, L'Homme en morceaux raconte la dégringolade de ce personnage éperdu d'amour pour une diva appelée Riva.Le jour où elle lui lance la phrase assassine: « Tu m'encombres ! » il est pris d'une envie folle de « l'assommer sur sa coiffeuse-lavabo, l'achever à coups d'extincteur, puis l'incinérer.Remplir les cendriers, achève-t-il.Elle a horreur des cendriers pleins.Il l'aime tellement ! » « Rimbaud est un homme drabe, explique l'auteur, déconnecté de ses émotions, terrifié par le féminin.Rimbaud n'est que fissures.Mais de ces fissures jaillissent des fragments enfouis de l'enfance qui peu à peu recomposent une histoire, et laissent libre voie à une douleur ancienne, restée sans mots.» Enfance blessée, amours kamikazes?C'est aussi dans le passé, qu'il faut remonter pour mieux saisir le personnage de Louise, discrète héroïne du Chant des poissons rouges, de Micheline Morisset, un roman à la fin désarçonnante, fait d'une écriture très poétique, où présent, passé et futur se fragmentent et se télescopent, créant un effet de sur-place envoûtant.Contrairement au Rimbaud d'André Ducharme, qui a eu « trop de mère et pas assez de père », la Louise du Chant des poissons rouges a vécu auprès d'une mère trop occupée à boire pour se préoccuper d'elle.Une mère imprévisible et inquiétante, à qui il arrivait de se donner en spectacle « devant des beaux-frères subjugués par son décolleté, sous l'oeil choqué de leur conjointe ».Devenue adulte, Louise vit dans le confort fragile et éphémère d'un triangle amoureux, entre Francis le séducteur, « peu conformiste et sémillant », plus proche de Catherine que de Jules et Jim, et Grégoire, sérieux comme un professeur de géographie, « homme soucieux d'exactitude qui classait ses souvenirs personnels en les amalgamant à des faits historiques ».Or bien sûr, le triangle un jour s'entrouvre, laisse couler le bonheur et entrer le chagrin.« Je n'avais pas d'abord comme préoccupation de parler d'une relation particulière, explique l'auteure, qui vit et écrit à Pointe-au-Père, près de Rimouski.Je voulais faire entendre la tendresse, dire que quel que soit le type de relations, homosexuelles, hétérosexuelles, peu importe, au bout du compte, l'important, c'est le besoin d'être aimé, et d'être compris.» Pour André Ducharme comme pour Micheline Morisset, l'appel du roman se faisait entendre depuis un bon moment.« Ça me travaillait depuis longtemps, avoue Ducharme.Un besoin, un défi, une claque au temps qui passe.En même temps, je savais que personne n'attendait ce roman, ça mettait donc les choses à leur place.J'ai pu l'écrire à mon rythme (lent).» «J'ai toujours changé de genre et de forme après chaque livre, explique Morisset.Et c'est sûr que le roman me provoquait, par sa longueur, sa continuité.J'avais besoin de me colleter avec une matière neuve.» Quant à savoir s'ils ont trouvé l'exercice facile, rien n'est moins sûr.«Au départ, mon roman était trop long, confesse Morisset, je n'en étais pas fière, j'ai tout laissé là.Puis j'ai réécrit.Et c'est ça que j'aime vraiment.Peaufiner, réécrire, c'est pour moi le plus grand des plaisirs.» Quant à André Ducharme, pour qui écrire est toujours ardu (« même quand je rédige les brèves de l'agenda, dans l'Actualité, je bûche ! »), son intérêt de lecteur pour les premiers romans des autres n'en sera que plus vif.« Il y a des maladresses dans un premier roman, mais on y trouve souvent l'essentiel de l'oeuvre à venir.C'est bien d'être là quand tout s'éclôt.» On ne saurait mieux dire.Coup de coeur pour les Allusifs Il n'y a pas que Renaud-Bray qui distribue ses coups de coeur.Les libraires et membres de la FNAC, la mégachaîne française, annoncent chaque automne leurs choix de lecture qu'ils publient sur son site Internet (www.fnac.com).Cette année, parmi les 548 titres lus par le comité de lecture, Ich Bin Prager, de la Polonaise Tecia Werbosky, « une romancière hors du commun », publiée et traduite par la maison québécoise Les Allusifs.Ce n'est peut-être pas la mer à boire, mais quand on sait à quel point les éditeurs québécois, même les plus importants, ont du mal à pénétrer le marché parisien, c'est quand même une petite victoire.Autre titre à faire partie de la sélection, L'Expérience interdite, du Montréalais d'adoption Ook Chung, « une fable noire flirtant avec le fantastique », publiée chez Boréal, au Québec, et au Serpent à plumes, en France.FFF1/2 L'HOMME EN MORCEAUX André Ducharme, Leméac, 2003, 140pages FFF1/2 LE CHANT DES POISSONS ROUGES Micheline Morisset, Québec/Amérique, 2003, 99pages Passions et ruptures marquent les premiers romans d'André Ducharme et de Micheline Morisset.APPRÉCIATION Sans intérêt F Passable FF Bon FFF Très bon FFFF Exceptionnel Saisir le présent HAUTE DÉFINITION Saisissez le présent à votreporte.Profitez des offres de lancement : cyberpresse.ca/abonnement 514 285-6911 3176398A LECTURES Une remarquable étude psychologique de l'enfance Le Petit Copain, de Donna Tartt SONIA SARFATI Donna Tartt est une pêcheuse d'une dextérité hors du commun.« La neige fondait dans la montagne et Bunny était mort depuis plusieurs semaines quand nous avons fini par comprendre la gravité de notre situation.Il était mort depuis dix jours quand on l'a trouvé, vous savez.» Ainsi commençait Le Maître des illusions, son premier et très célébré roman (5 millions d'exemplaires vendus en 23 langues), publié il y a 10 ans.Malgré des longueurs et la piètre qualité de la traduction française, le lecteur était ferré pour les 700 pages suivantes.À 40 ans, l'écrivaine n'a pas perdu ce coup de poignet qui permet à une phrase-hameçon d'entrer dans le coeur \u2014sinon la gorge \u2014du lecteur.Et Le Petit Copain, son deuxième roman, de s'ouvrir sur ces mots : « Charlotte Cleve se reprocherait la mort de son fils jusqu'à la fin de ses jours, car elle avait décidé de fixer le repas de la fête des Mères à six heures du soir et non à midi, selon l'habitude de la famille.» Or, au moment où, si la tradition avait été respectée, Robin, 9 ans, aurait été assis à la table familiale, il avait été étranglé puis pendu à un arbre planté dans le jardin de la maison des Cleve à Alexandria (Mississipi).La scène, choquante, est l'une des plus fortes du Petit Copain.Elle s'arrime durablement dans l'imagination \u2014 et les attentes\u2014 du lecteur.Qui « voit » sa voie toute tracée : Donna Tartt et lui vont partir sur les traces du meurtrier en compagnie de Harriet, la petite soeur de Robin.Elle avait moins de 1 an quand il a été tué, au printemps de 1964.Elle a peut-être été témoin du drame mais n'en a aucun souvenir.Elle a maintenant 12 ans et est persuadée qu'elle connaît l'identité du meurtrier.Elle vengera son frère.Voilà qui donne le ton.Croiton.Rien n'est plus faux.Le Petit Copain \u2014sorti en octobre 2002 en version original \u2014 n'est pas un thriller.Ni une enquête policière menée par une détective en jupe courte.Pas plus qu'il n'est de la même veine que Le Maître des illusions, incursion érudite dans un groupe de jeunes gens fréquentant un collège sélect de la Nouvelle- Angleterre, si ce n'est pour son point de départ : une mort violente modèle le reste de la vie des protagonistes.À partir de là, Donna Tartt a bifurqué.Un roman sur l'enfance Elle voulait écrire un genre de roman complètement différent du premier.Elle a réussi.Le Petit Copain est un roman sur l'enfance.Sur la manière dont une petite fille va entrer en contact avec le monde des adultes dans ce qu'il a de plus effrayant.Sur cette intransigeance typique de l'enfant \u2014 alors que la ligne de démarcation entre les méchants et les bons possède la netteté d'un coup de scalpel.Sur la perméabilité qui existe entre le réel et l'imaginaire, entre le quotidien et la fiction, pour ces enfants doués mais laissés à eux-mêmes et à leurs lectures.Sur l'entièreté des émotions des petits : les peines sont d'une profondeur insondable ; les joies voisinent l'extase ; l'amour est inconditionnel ; et la haine, implacable.Le Petit Copain est une remarquable étude psychologique de l'enfance.Roman d'atmosphère bien plus que de suspense, le roman déroule ses pages à un rythme lent.Qui, sans prévenir, s'accélère.Avant de revenir au pas de la tortue.La mort d'un chat, la perte de gants de jardinage rouges, le renvoi de la bonne noire ou encore une partie de billard occupent des pages et des pages, entre l'entrée par effraction dans une maison pleine de serpents, la perte d'un être cher, l'« attentat » au cobra ou la scène finale \u2014 dont on ne dira rien, sinon qu'elle est enlevée.et très cinématographiquement exploitable.Mais autour de ces moments forts, la tension, ici, cède la place à l'introspection ; là, à la description par le menu ; ailleurs, à une fouille en profondeur de l'âme humaine.Le Petit Copain, avec sa narration chorale, sa lenteur voulue, sa dissection du moment, est un roman ambitieux.Pas un roman parfait \u2014 chose que, embelli par le souvenir, est peut-être devenu le premier livre de Donna Tartt.Il ne l'était pas : supérieur en terme d'intrigue, il était plus faible en terme d'émotion, d'atmosphère.Sur le pur plan de la forme, Le Petit Copain est un meilleur roman.Ceux qui adhèreront à la proposition de la romancière, qui oublieront l'idée de thriller pour se perdre dans les méandres familiaux et psychologiques qu'elle a construits ici, le verront ainsi.Pourtant, il risque de moins plaire que Le Maître des illusions.Serait-il là, finalement, le mystère du Petit Copain ?Donna Tartt a accordé une entrevue exclusive à Sonia Sarfati à Paris, qui a été publiée dimanche, et que l'on peut lire sur cyberpresse.ca/ arts FFFF LE PETIT COPAIN Donna Tartt, Plon, 608pages S'éclater avec les années JÉRÔME DELGADO COLLABORATION SPÉCIALE Rarement un catalogue d'exposition aura été aussi vivant, aussi rythmé, aussi fascinant.Au point où celui de Village global : les années 60 donne le goût de le dévorer avant même de visiter le Musée des beaux-arts.Perçu habituellement comme un complément \u2014 on dit souvent d'un catalogue qu'il «accompagne » une expo \u2014, le bouquin est cette fois plus qu'un souvenir.Et dépasse peut-être même, en qualité, la présentation en salle.Vivant, le catalogue ?Constatezle : 14 personnalités-clés de cette décennie se livrent et ouvrent leurs coffres de souvenirs.Sous la forme questions-réponses, genre inusité dans un document de cette supposée sagesse, les témoignages vont au fond des choses.Couverture large D'Alan L.Bean, pilote de la NASA (il était de la deuxième mission d'alunissage en novembre 1969) à Yoko Ono, la provocatrice artiste et veuve de John Lennon, l'ouvrage couvre large, comme le commandait le thème rassembleur de l'exposition.Bien sûr, tout n'est pas du même calibre, mais dans l'ensemble, ce retour dans les années 60 se fait à la fois de l'intérieur et avec du recul.Dans ces multiples face-à-face, Ettore Sottsass, designer et architecte, créateur de la machine à écrire Valentine pour Olivetti, se considère comme un éternel utopiste, alors que Bert Stern, photographe de mode, admet que tout ce qu'il voulait « était devenu accessible ».Agnès Varda parle avec générosité, refusant d'associer son cinéma aux mots « engagé » ou « militant » et nuançant son rôle parmi les hommes de la Nouvelle Vague.Le philosophe Arthur Danto et le théoricien des médias Derrick de Kerckhove fournissent le côté érudit, tout en vulgarisant, tandis que le poète nigérian Okwui Enwezor livre un point de vue rarement entendu : celui sur les années 60 africaines.Pour le coup d'oeil lancé du Québec, Michel Tremblay revient sur ses débuts, qu'il préfère dissocier des mouvements alors en vogue.« Si j'ai vécu cette époque de façon collective, dit-il, c'est par un concours de circonstances, parce que je travaillais dans le théâtre.Mais je ne m'identifiais pas à un mouvement de masse.Mon geste est venu d'un besoin d'abord personnel.» Rythmé et fascinant, le catalogue l'est certainement.Choix des couleurs (on passe du mauve au vert lime), mise en page éclatée, ton des entretiens, reproductions d'oeuvres : tout relève d'une audace qui semble n'avoir été limitée que pour la lisibilité des propos.À ce chapitre, les textes d'introduction, signés Stéphane Aquin et Anna Detheridge, et l'organisation en thèmes \u2014 ceux exploités par l'expo (Espace, Médias, Désordre, Changement) \u2014 sont d'une juste retenue.Seul passage faible : le dialogue avec l'écrivain Tobias Wolff, qui détonne totalement.Racoleur, avec des questions plus longues que les réponses, l'entretien mené par Charles Wylie possède ce que l'ensemble du document a si bien réussi à éviter : le point de vue subjectif, le commentaire d'expert.FFFF VILLAGE GLOBAL : LES ANNÉES 60 Sous la direction de Stéphane Aquin, Musée des beaux-arts de Montréal, 208pages Donna Tartt LITTÉRATURE FRANÇAISE Le roman du ratémagnifique JACQUES FOLCH-RIBAS COLLABORATION SPÉCIALE Il s'agit donc d'un raté, mais d'un raté heureux.Un personnage appelé l'oncle \u2014cela ne trompe personne, c'est l'auteur et pourtant il est inventé \u2014 qui se raconte en long et en travers dans une prose superbe, lente et ronde et longue diraient les oenologues, qui reste en bouche longtemps.Allusion nécessaire, puisque l'oncle boit.Beaucoup.Énormément.À la folie.Quel raté sympathique.On en viendrait à envier sa vie compliquée.Quadragénaire qui autrefois « promettait beaucoup » (ce qui nous fait doucement rigoler en sa compagnie), il est devenu un pilier de bar, un fumeur nerveux, un raté de l'amour, et le mouton noir (encore une allusion, on ne se fatigue pas) d'une famille totalement branchée, c'est-à-dire niaise, d'aujourd'hui, attachée à la réussite sociale et intellectuelle \u2014ce qui va permettre à Pierre Mérot de nous régaler de moqueries et de vacheries sur la condition enviable d'une bonne partie de notre société.De notre société de « mammifères ».Ainsi procède-t-il.Il dit, cet oncle, ce qu'il pense de ce qu'il voit : les femmes, l'alcool, les psychanalystes, les Arabes, les professeurs, les éditeurs, le Salon du livre, un collège de banlieue, les appartements niaiseux de l'architecture moderne (sic).N'importe quoi et tout ensemble.C'est un roman écrit à la mitraillette.Garez-vous, il y en aura pour tout le monde.C'est un livre empli de citations pertinentes.Vous savez, ce genre de phrases qui font « tilt ».Sur l'amour : « Aimer est exceptionnel.Ne pas aimer est la règle.Accepter cette règle devrait donner un début de bonheur ».Ou encore « Il y a des gens qui n'ont vécu que de sensations et pour les sensations (.) Ils sont en réalité les dupes de la vie et, et comme ils le sentent confusément, ils tombent toujours dans une profonde tristesse, où il ne leur reste d'autre ressource que de s'étourdir en se mentant misérablement à eux-mêmes ».(Celle-là est reprise de Simone Weil, que l'oncle ne semble pas porter dans son coeur, s'il en a un, et traite de tous les noms d'oiseaux.) Il est vraiment affreux, ce raté.Sur les bars de nuit : « Un bar de nuit de quartier est un établissement qu'on fréquente parce qu'on va mal, et où l'on s'aperçoit que les autres vont encore plus mal.On s'y sent donc particulièrement bien.C'est un hôpital plein de joyeux perfusés ».Sur les femmes?«En dix ans, l'oncle a fait deux tentatives de suicide affectif.Qu'est-ce qu'une tentative de suicide affectif ?Elle se caractérise d'abord par une durée anormalement longue.Si l'oncle regarde sa propre vie\u2014sa dernière décennie \u2014 il se trouve en possession d'un mariage bizarre avec une intéressante Polonaise d'une durée d'environ quatre années, ce qui, pour lui, constitue un record.Sa seconde tentative \u2014une femme divorcée et dotée de trois enfants et d'une agréable terrasse \u2014 a duré presque autant, mais elle a été agrémentée de plusieurs séparations ».Il est vrai que notre auteur, Pierre Mérot (il faudra se souvenir de ce nom), nous a prévenus par quelques phrases lapidaires : « Personne ne peut durablement vivre en couple.Ceux qui y parviennent ne sont pas des saints optimistes, mais des êtres profondément dépressifs.» À la bonne heure.Nous voici, le cas échéant, prêts pour le psy, ou la pilule calmante.Cette Polonaise, par ailleurs, nous fera la grâce d'accompagner l'oncle en Pologne, et là, nous aurons droit à un récit de voyage qui est un petit chef-d'oeuvre (non, un grand), comme le reste du livre, composé de textes acerbes, ronds, secs, rigolos, dévastateurs, en un mot.Voilà donc un roman de grande classe.L'histoire d'un raté magnifique.Et la réapparition des liquides alcoolisés dans la littérature française.Depuis Blondin, il me semble que l'on n'avait pas vu cela dans les romans.Descriptions des bars, des clubs, des cafés où l'on peut boire, description de l'état d'esprit après la prise de «spiritueux » (les bien nommés), complicité désabusée des alcooliques, mal de vivre et compagnie.Et surtout, la drôlerie et l'humour cultivés comme des fleurs rares, par arrosage quotidien.Buvons à la lecture de ce beau travail de démolition, qui va nous changer des bons sentiments des belles âmes.À la bonne vôtre.FFFF MAMMIFÈRES Pierre Mérot, Flammarion, 250pages C'est un roman écrit à la mitraillette.Garez-vous, il y en aura pour tout le monde. LECTURES POLARS LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Une île mystérieuse, un échiquier mortel On ne naît pas romancier RÉGINALD MARTEL Des Canadiens français sont parvenus, par leur intelligence et parfois leur rouerie, à percer le mur qui a longtemps protégé contre la plèbe les filles et fils des conquérants.D'un côté, des paysans un peu frustes, guère instruits des questions économiques ; de l'autre, des Anglais et des Écossais, négociants et entrepreneurs, gens d'armes et de profession.Grâce à la démocratie ou à ses apparences, quelques francophones ont pu, sous la surveillance tatillonne du clergé catholique et de la bourgeoisie anglophone, prétendre exercer quelque action sur la vie collective.Nos romanciers et conteurs n'ont pas boudé ces petits barons de province, enrichis par l'agriculture et le commerce, qui pouvaient être reçus dans les cercles huppés de l'establishment montréalais.Madeleine Ferron, parmi d'autres, a créé un tel personnage, fort attachant.Le cinéaste Fernand Dansereau s'y met, avec plus de bonne volonté que d'aisance, plus de conviction que de compétence.Damien Loranger, 58 ans, cultivateur de la Rive-Sud, deux fois veuf et père à répétition, s'offre en attendant mieux les services de Simone, une bonne dont l'envergure promet beaucoup moins que ce qu'elle espère.Sans nom et sans argent, elle veut s'emparer du fringant brasseur d'affaires de maquignonnage et d'immobilier, devenir la deuxième ou la troisième mère de ses enfants en attendant de lui en faire d'autres, bref, être la reine d'un empire encore en gestation mais déjà prometteur.Pour Damien, sa maîtresse et servante n'est qu'un accessoire parmi d'autres, utile au four et au lit.Quand elle tente le grand coup et lui demande de l'épouser, il la rabroue sèchement et la renvoie à ses casseroles.Pour se venger, la jeune femme incendie la maison.Elle y périt et avec elle une des filles du patron.Bien que son chagrin soit réel, Loranger n'est pas homme à se laisser abattre à jamais.Après un deuil difficile, qui lui fait remettre en question ses valeurs sinon ses ambitions, il redevient le baroudeur qu'il a toujours été.Il se servira de son influence et de ses contacts pour se lancer dans les entreprises nouvelles que le siècle nouveau, le 20e, va ériger sur les ruines d'une agriculture de subsistance.Le Coeur en cavale aurait pu être écrit et publié il y a 50 ans, 100 ans même, si l'expression d'une sensualité débordante y avait été atténuée assez pour satisfaire à l'humeur des censeurs.C'est un mélodrame, avec cette convergence de rencontres inopinées, de coïncidences opportunes, de passions empêchées et de situations pathétiques qui définit le genre.La dimension historique élargit un peu le champ romanesque.Damien Loranger est devenu un notable assez puissant pour oser défier son curé.Il est l'ami, parmi une foule d'autres citoyens sans doute, de Wilfrid Laurier lui-même et il peut traiter presque d'égal à égal avec l'élite financière anglophone.Un mariage opportun avec la toute jeune Alice Rowell, férue d'ésotérisme oriental mais séduite par la vitalité bien terrienne du bonhomme, suffirait à abolir les dernières frontières.Ce pas de plus semble être un pas impossible.L'écriture de M.Dansereau est sans relief et sans finesse, elle suffit tout juste à soutenir et relancer les séquences d'une intrigue tissée mollement.L'auteur paraît vouloir échapper à cette carence quand il transcrit le monologue intérieur de divers protagonistes ou quand il évoque les dialogues oniriques qu'entretient Damien avec sa plus récente veuve.Malgré cette tentative d'élargissement de l'espace narratif, ces passages font hiatus plutôt que contraste et n'enrichissent pas le récit principal.La notoriété de l'auteur au cinéma ne lui épargnera pas le dur apprentissage du métier d'écrivain.FF LE COEUR EN CAVALE Fernand Dansereau, Boréal, 162 pages NORBERT SPEHNER COLLABORATION SPÉCIALE nspehner@globet rot ter.net Shutter Island, le dernier « shocker » (dixit l'auteur !) de Dennis Lehane commence un peu à la manière du plus célèbre récit d'Agatha Christie, Les Dix Petits Nègres : le marshal fédéral Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule, venus enquêter sur la disparition d'une patiente d'un hôpital psychiatrique situé sur l'îlot de Shutter Island, sont incapables de quitter les lieux parce qu'une tempête fait rage.Puis c'est Kafka (en collaboration avec Stephen King pour la folie et Hitchcock pour le suspense fiévreux) qui fait sentir son influence.Ashcliffe Hospital est aussi une colonie pénitentiaire d'un type particulier : c'est une prison-hôpital où l'on enferme des détenus atteints de graves troubles mentaux.Certains ont commis des meurtres particulièrement sanglants.La rumeur veut qu'une des ailes serve à des expériences horribles dignes des camps nazis.Rachel Solando, une dangereuse schizophrène qui a tué ses trois enfants, manque à l'appel.Sa disparition, totalement inexplicable, est une énigme classique en chambre close : comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ?De plus, il est impossible de quitter l'île.Joli casse-tête ! Mais Daniels et Aule ne sont pas au bout de leurs difficultés.Ils se rendent compte que les autorités locales, notamment le docteur Cawley et certains de ses adjoints, ne collaborent pas vraiment à leur enquête, ne répondent pas à toutes les questions.La tension devient de plus en plus palpable, les policiers commencent à craindre le pire.Et puis, coup de théâtre, Teddy Daniels avoue à Chuck les véritables raisons de sa présence sur l'île.Le récit prend alors une tournure à la Lewis Carroll.Lehane l'illusionniste dévoile peu à peu l'ultime vérité, le miroir se brise et tout bascule ! Un thriller efficace Dans ce polar de bonne facture, Dennis Lehane a su mélanger habilement le mystère, le suspense et l'angoisse.Il est difficile d'interrompre sa lecture même si en apparence, il ne se passe pas grand chose dans les cent premières pages où, en conteur habile, Lehane met en place tous les éléments essentiels du drame.Mais attention : cette narration est piégée ! Les dialogues sont savoureux, les personnages principaux sont sympathiques et bien campés, notamment Daniels, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui a combattu dans les Ardennes, participé à la libération de Dachau et au massacre délibéré de 500 SS qui gardaient les camps.Ce marshal est un être traumatisé.Il n'accepte pas la mort de sa femme qu'il aimait passionnément.Son souvenir le hante jusqu'à la folie.Son séjour forcé sur l'île maudite va soudain libérer des démons qu'il avait de plus en plus de mal à contrôler.S'il n'est pas exagéré de dire que Dennis Lehane est au sommet de son art, il reste que ce roman très noir n'a ni l'originalité, ni la profondeur de Mystic River ou de Gone, Baby, Gone.Il est plus angoissant.C'est aussi un récit très différent.Échec et mat pour Carter Échec et mat, de Stephen Carter, est un pavé de 675 pages qui nous est arrivé précédé d'un concert de louanges extravagant.Tant aux États-Unis qu'en Europe, on a salué en termes dithyrambiques ce premier roman d'un auteur que l'on a comparé (un peu vite) à Tom Wolfe et à John Grisham.Par contre, ces mêmes critiques ont oublié de mentionner que ce récit a de nombreux défauts, le principal étant sa longueur excessive.Comparé à Stephen Carter, Balzac est un auteur du Reader's Digest.C'est dense, c'est touffu, pas toujours maîtrisé, bref, il y a bien deux cents pages de trop, l'écrivain ayant succombé au syndrome du premier roman dans lequel, trop souvent, le débutant zélé essaie de mettre en vrac des éléments biographiques déguisés, des tas d'idées ou d'opinions sur tout et n'importe quoi ! Échec et mat combine deux livres en un.C'est d'abord un roman de moeurs, bien écrit, plutôt intéressant par moments, une fresque sociale de la bourgeoisie noire américaine (que Carter appelle « L'obscure nation ») présentée comme un joyeux panier de crabes, avec une peinture au vitriol des ambitions du monde universitaire.Malheureusement, la plupart des personnages, y compris le narrateur, sont antipathiques, la palme d'or de la tête à claques revenant à son ambitieuse femme, une garce sans coeur qui ne pense qu'à sa réussite professionnelle.Les scènes plus intimistes, notamment celles entre Talcott et son jeune fils, sont gâchées par des dialogues ridicules, le gamin ayant plus souvent qu'autrement l'air d'un demeuré ! Échec et mat est aussi une histoire policière construite comme une partie d'échecs, mais dont l'intérêt est assez mince : Talcott veut tirer au clair la mort mystérieuse de son père, un juge dont la carrière fut jadis éclaboussée par un terrible scandale.Stephen Carter ne connaît pas grand chose aux mécanismes de base du polar.Le seul élément de suspense est de savoir si on finira la brique ou pas, cet écrivain étant maître dans l'art de tuer l'intérêt, de casser le rythme par d'interminables digressions agaçantes.Sa seule originalité aura été d'avoir inventé le thriller soporifique.Quant au concert d'éloges (excessif et sans nuances) qui a accompagné la publication de ce livre, se pourrait-il qu'il soit un effet pervers de cette fâcheuse rectitude politique ambiante qui ramollit parfois le cerveau des esprits les plus éclairés ?Les critiques, commentateurs et promoteurs de ce roman ont beaucoup (trop) insisté sur le fait que Stephen Carter est le premier professeur noir titulaire d'une chaire de la prestigieuse université de Yale.Et alors ?Quel est le rapport avec ses talents d'écrivain SHUTTER ISLAND Dennis Lehane, Rivages/Thrillers, 287 pages ÉCHEC ET MAT Stephen Carter, Robert Laffont, 675 pages Au sommet de son art, Lehane ne fait pas dans l'originalité, tandis que le roman louangé de Carter a bien des défauts.A 3122355A JUDITH COWAN www.editionsboreal.qc.ca ©Martine Doyon Nouvelles Traduit de l'anglais (Canada) par Dominique Fortier 284 pages 22,50 $ «Judith Cowan réussit à insuffler la vie à ses personnages plus vrais que nature.» Marie-Claude Fortin La Presse LA LOI DES GRANDS NOMBRES 3176596A Rouge d'Orient roman Par l'auteur de Nuits afghanes et des Contes du haschisch Le père Martin Launay arrive en Indochine en 1948.Il y découvre le pays des douces tentations, de la belle phou-sao (jeune fille) à l'opium, du cynisme des athées aux pratiques des sorciers.Bref, unmonde qui lui réserve des pièges dont il ne soupçonnait même pas l'existence.320 pages ISBN 2-922245-90-X 22,95 $ w w w .v a r i a .c o m 3174903A Tous les samedis dans LA VIE FORMAT MAGAZINE Le dimanche dans CE QU'ON A LU, CE QU'ON EN PENSE. THE WALL STREET JOURNAL Protectionnisme Il s'est toujours trouvé, aux États- Unis, des groupes hostiles à l'intensification du commerce avec la Chine, pour toutes sortes de considérations comme la pratique des droits de l'homme, répandue dans les milieux liberal, et la concurrence commerciale « déloyale » de la Chine.Ce dernier argument est invoqué surtout en milieu syndical et chez les petits entrepreneurs incapables de soutenir cette concurrence ou simplement mal équipés pour, comme les grands, transférer leurs emplois en Chine.La volonté de commercer avec la Chine a toujours été le fait surtout de la très grande entreprise qui y trouve son bonheur sous la forme de rendements financiers appréciables.Or, écrit le Wall Street Journal, voilà que la communauté des investisseurs se joint maintenant au mouvement de dénonciation de la Chine.C'est que les Chinois apprennent vite : ils ont commencé à gêner l'entrée dans leur pays de cargos américains, brésiliens et argentins chargés de soya, invoquant qu'il est susceptible de contenir du phytophthora.La tactique est perçue par Monsanto, géant de la chimie agricole, comme une mesure protectionniste appliquée à la période de la récolte du soya en Chine.BUSINESSWEEK Gigantisme Il sera intéressant de voir ce que cela signifie pour le port de Montréal : les chantiers navals du Japon et de la Corée du Sud ont commencé à produire des supercargos pour conteneurs, après avoir réussi dans le commerce des superpétroliers.Le géant coréen Samsung donne le ton.Le transporteur OOCL, de Hong Kong, vient de lui commander huit de ces supercargos, à 80 millions de dollars US pièce, pour renforcer sa flotte.Ces supercargos peuvent porter 8000 conteneurs de 20 pieds de longueur, alors que jusqu'ici, les plus gros cargos devaient se limiter à 5000 ou 6000 conteneurs.Le supercargo, explique Business Week, fait 1100 pieds sur 140 pieds.Le coût de transport d'un conteneur sur pareil navire peut baisser de 25 à 30% par rapport à un cargo limité à 4000 conteneurs, mais encore faut-il que les ports d'accueil disposent de la profondeur et de la longueur de quai suffisantes.Le carnet de commande pour ces supercargos au Japon et en Corée du Sud atteint déjà 100 unités.THE ECONOMIST Terrorisme Supercargos ou pas, l'industrie du transport maritime pourrait devoir affronter un écueil de taille ces prochaines années : le terrorisme pratiqué sous forme de piraterie.Les mers du sud-est asiatique sont devenues une aire de prédilection pour cette pratique, les incidents s'y apparentant ayant augmenté de 37% durant les six premiers mois de 2003, écrit The Economist.Ce qui inquiète surtout, c'est que des terroristes commencent à arraisonner des cargos pour, par exemple, apprendre à conduire de gros bateaux, comme d'autres ont appris, aux États-Unis, à piloter de gros avions.L'incident s'est vérifié récemment au large de Sumatra.Un total de 46 000 cargos sillonnent les mers et servent 4000 ports dans le monde.L'OCDE recommande que les transporteurs maritimes investissent cette année 1,3 milliard dans l'amélioration de la sécurité THE NEW YORK TIMES Empirisme Les transporteurs aériens croyaient faire une bonne affaire en abandonnant le service des repas complets à bord de leurs appareils.Cette mesure d'économie, courante chez nos voisins du Sud, a d'abord choqué les voyageurs, qui s'y sont finalement ajustés.Plusieurs voyageurs maintenant, rapporte le New York Times, se font un plaisir de composer le pique-nique qu'ils apporteront à bord, parfois accompagné d'une bouteille de vin.En même temps, toute une gamme de petits traiteurs s'est installée aux portes des salles de départ, rivalisant d'imagination dans l'offre du prêt-à-manger.Un site internet donne une évaluation comparative des petits plats offerts, en termes de prix, de qualité, voire de calories.Tout ça, se plaignent des agents de bord, donne un mélange assez spécial d'odeurs dans les allées.Et les gens apportent de tels volumes de nourriture à bord qu'on ne sait plus où placer les ordures.Sur les vols dits de navette \u2014entre Los Angeles et San Francisco, par exemple\u2014 les préposés à l'entretien n'arrivent plus à faire le ménage dans le court délai qui leur est imparti, les voyageurs ayant laissé tomber de la nourriture par terre, pendant que les filets au dos des fauteuils regorgent de boîtes souillées, de papiers gras et de canettes.Il n'y a pas de formule miracle.PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE© Vue du centre de Kaboul en fin d'après-midi.La ville est constamment enfumée, le sable rend l'air irrespirable et les odeurs sont très fortes.Du goitre et d'autresmaux affectant l'Afghanistan La reconstruction n'y marche pas mieux qu'en Irak et la Maison-Blanche se branche directement sur les opérations RÉAL PELLETIER LA PRESSE D'AILLEURS Il existe peu de zones d'ombre dans les souvenirs d'enfance, merveilleux au demeurant, que je conserve de mes étés passés chez mes grands-parents paysans à l'Île-Verte et à Caraquet, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.Il est une image pourtant qui, bien qu'elle se soit estompée avec le temps, n'est pas morte : des cultivateurs \u2014 des femmes surtout\u2014 ayant au cou un énorme renflement, maladie qu'on appelait mystérieusement du nom de goitre.Le nom m'est réapparu brusquement, la semaine dernière, à la lecture d'un reportage du New York Times, sur le goitre qui sévit en Afghanistan.Le dictionnaire dit du goitre qu'il résulte d'un gonflement de la glande thyroïde.La reporter Carlotta Gall, du NYT, apporte plus de précisions : la maladie gêne la respiration et l'absorption d'aliments.Pour les mères, le goitre peut être facteur de fausses couches ou de mortalité infantile.Les enfants de goitreuses peuvent naître sourds, ou souffrir de retard dans leur croissance intellectuelle et physique.On ne rencontre guère ici, aujourd'hui, de gens souffrant du goitre.Le remède est finalement assez simple : absorber de l'iode.D'où notre « sel de table iodé », probablement.C'est tout simple, mais rien ne paraît simple dans un pays comme l'Afghanistan où, dans certaines régions, entre 60 et 70% de la population souffre du goitre, selon l'UNICEF.Normalement, 10% de goitres visibles donnent déjà le signal d'une déficience communautaire.Le goitre est politique Or, en Afghanistan, même l'adjonction d'iode au sel se transforme en problème politique.Des entrepreneurs en sel, éperonnés par un environnement fondamentaliste musulman, diront volontiers que le sel iodé est le fait d'un complot américain malicieux pour changer les habitudes du pays ; ou, plus crûment, que le sel iodé mène à l'impuissance sexuelle.C'est le genre de fait qui mesure assez la complexité d'une tâche que se sont donnée des Occidentaux de « reconstruire » politiquement un pays comme l'Afghanistan, sujet qui fait l'objet ces jours-ci de reportages bien sentis, dans La Presse, de notre collègue Michèle Ouimet : de l'empire des seigneurs de la guerre à la condition féminine, en passant par la reprise en force des exportations d'opium.Les bombes qui traînent Le goitre n'est qu'une des calamités qui frappent le pays afghan.Plus spectaculaires à nos yeux d'Occidentaux, il y a les mines antipersonnel et les bombes à fragmentation qui jonchent l'arrièrepays.Elles estropient ou tuent plus de 100 personnes par mois, rapporte la reporter Christina Lamb, du Sunday Times, de Londres.Plus de la moitié des victimes sont des enfants, les résidus des bombes à fragmentation se présentant facilement à leurs yeux dans les champs comme des jouets ou des friandises.On estime que dans la seule région d'Herat, 30% des éléments des bombes à fragmentation tirées par les Américains et les Britanniques n'ont pas explosé sur le coup.Or, des démineurs afghans n'ont pas été payés depuis quatre ou cinq mois cette année parce que l'aide internationale promise n'arrive pas.Dan Kelly, du programme ad hoc des Nations unies, constate que seulement le tiers des quelque 110 millions de dollars promis pour le déminage, de janvier 2003 à mars 2004, est arrivé ; un second tiers est engagé en principe, mais on ignore ce qui arrivera du dernier tiers.Pourtant le programme, selon l'ONU, préviendrait 17 000 morts ou blessés ces 10 prochaines années.Et dans l'intervalle, des talibans regarnissent le sud du pays de mines antipersonnel, histoire d'attiser la grogne locale contre les forces d'occupation, pendant que des cultivateurs de pavot font de même pour protéger leurs champs.Loger les nantis Tout ça, c'est la campagne afghane.En ville, le paysage diffère, mais n'est guère plus reluisant au plan politique.La même Carlotta Gall, du New York Times, qui a signalé le phénomène du goitre, découvre dans la capitale, Kaboul, que la reconstruction prend des allures étranges.En plein centre-ville, des conducteurs de bulldozers, protégés par la police, rasent des quartiers de pauvres maisons d'argile pour faire place à des résidences de luxe destinées à des ministres du gouvernement Karzaï, à des mandarins de son gouvernement et à des leaders moudjahidines.Karzaï.La faiblesse du président afghan devient rapidement objet de ridicule.Katty Gannon, ex-chef de bureau de l'agence Associated Press au Pakistan et qui a passé le plus clair de son temps en Afghanistan depuis 1998, reproche au président Karzaï sa mollesse dans une longue lettre au président, que reproduit le Wall Street Journal.Elle salue d'abord la réouverture d'écoles de filles en Afghanistan, l'amorce de construction d'une route nationale traversant le pays, la reprise du bâtiment et l'ouverture de restaurants à Kaboul.Mais ailleurs, les gouvernements régionaux continuent d'exploiter leurs propres armées, de lever \u2014 par voie d'extorsion\u2014 ce qu'ils appellent des taxes et des droits de douane sans qu'une partie de la recette n'aboutisse dans les coffres de l'État central, pendant que cet État réclame de l'aide internationale.Ces leaders régionaux sont parfois acoquinés aux seigneurs de la guerre dans l'arrière-pays, en même temps qu'au ministre de la Défense dans le gouvernement Karzaï, Mohammed Fahim.Les vins d'importation dans les restaurants de Kaboul sont les moins chers au monde parce qu'ils sont exempts de taxes, se plaisent à dire les restaurateurs.Un haut fonctionnaire américain a confié à Mme Gannon que la corruption a envahi les cabinets ministériels à tous les niveaux : un ministre a même mis sur pied trois oeuvres caritatives et collecté des fonds, et ses oeuvres ne font rien.Les gens au pouvoir à Kaboul se recrutent souvent dans l'Alliance du Nord, gratifiés pour avoir contribué à évincer les talibans.Le peuple les voit agir avec mépris, ce qui renforce la position des fondamentalistes radicaux.Mme Gannon reproche au président Karzaï d'avoir évincé le gouverneur du Kandahar pour cause d'incompétence et de corruption, pour ensuite le nommer ministre dans son gouvernement.La liste de griefs de la journaliste est impressionnante.L'hebdomadaire The Economist s'attarde de son côté aux événements de plus en plus sanglants qui frappent le sud du pays, à proximité de la frontière avec le Pakistan, royaume des « néo-talibans ».Terreur et exécutions ont pour objectif de diminuer l'influence du gouvernement Karzaï et de saper le processus devant conduire aux élections prévues l'an prochain.On s'attaque à tout ce qui est étranger, au point où même les gens de la Croix-Rouge se sentent en danger en affichant leur logo.On s'en prend même aux membres de Care International, même si ses 700 agents de terrain sont afghans.Un reporter du Wall Street Journal en rajoute.C'est l'ensemble des services d'aide humanitaire dans le pays qui sont pris à partie dans le sud et le sud-est du pays depuis un mois.Les autorités militaires américaines, fortes des quelques centaines de morts faites chez les talibans en septembre, ne croient pas que le gouvernement Karzaï soit menacé militairement, mais on signale que les talibans ont réussi à occuper des services de gouvernement et de police pendant plusieurs jours dans les provinces de Zabul et d'Oruzgan.Quant aux talibans qui se sont réfugiés au Pakistan, ils font la pluie et le beau temps dans des écoles islamistes, recrutant à qui mieux mieux.La Constitution Le président Karzaï, dans l'intervalle, s'adonne à la réflexion sur la prochaine constitution de l'Afghanistan.Une reporter du Washington Post, Pamela Constable (décidément, il n'y a que des reporters femmes qui s'intéressent à l'Afghanistan), a mis la main sur le projet de Constitution du président Karzaï, qu'elle décrit comme un compromis entre les valeurs musulmanes et laïques, entre les traditions afghanes et les normes internationales, entre les urgences de la politique afghane et les droits.Deux universitaires américaines cependant, Preeta D.Bansal et Felice D.Gaer, de la Commission des États-Unis sur la liberté de religion internationale, ne font pas la même lecture du document.Elles écrivent, dans le New York Times, que ce projet de constitution privilégie une interprétation islamiste du droit, qui criminalise la dissension et reconnaît le blasphème, dans la tradition de la Charia.Déjà que l'actuel juge en chef sous le président Karzaï, Fazl Hadi Shinwari, se dit prêt à souscrire à la Déclaration universelle des droits de l'homme, sauf trois exceptions : la liberté d'expression, la liberté de religion et l'égalité des sexes.« C'est la seule loi », a dit le juge aux deux universitaires, en montrant du doigt le Coran sur son bureau.Mise au point chez Bush Bref, les choses de la reconstruction, en Afghanistan comme en Irak, se présentent plutôt mal, et ça se sait à Washington.Le président Bush, de plus en plus sensible à la critique un an avant les élections, commence à réagir.On vient de décider de réformer le processus décisionnel de manière à ce qu'il soit plus directement branché sur la Maison-Blanche, la conseillère à la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, confidente du président, devant jouer désormais un rôle que le secrétaire à la Défense, M.Rumsfeld, ne se sentait pas le goût de partager. LECTURES La bande à Bandar DIDIER FESSOU LE SOLEIL Avril 2001.Yasser Arafat téléphone au prince héritier Abdallah, à Riyad, pour se plaindre d'un grave incident : des soldats israéliens ont tiré des coups de feu sur un convoi transportant de hauts responsables de l'autorité palestinienne.Sans attendre, Abdallah contacte le prince Bandar Ben Sultan Ben Abdelaziz, l'inamovible ambassadeur d'Arabie Saoudite à Washington.Appelez-le Bandar, c'est un homme simple.L'ambassadeur donne alors un coup de fil au viceprésident Dick Cheney.Celui-ci refile la patate à Colin Powell.Qui, soit dit en passant, est un partenaire de racquet-ball de l'ambassadeur.Que fait Powell ?Il téléphone au chef du gouvernement israélien et lui passe un savon ! Au total, cette séquence a duré moins d'une heure.Que faut-il en déduire ?Une seule chose : à l'époque, la Maison-Blanche n'avait rien à refuser aux Saoud.C'était comme ça avec Bush 2.C'était déjà comme ça avec Clinton.Avant lui, c'était comme ça avec Bush 1, avec Reagan, avec Cacacouhète, avec Ford, avec Nixon.C'était comme ça depuis que le légendaire affairiste Adnan Kashogi avait « oublié» un attaché-case dans le bureau de Nixon, peu de temps après son élection en novembre 1968.Dans cette valise, 1 million de dollars en coupures de 100.Ce jour-là, les Saoudiens avaient compris que Washington était à vendre.Depuis le 11 septembre, l'influence de la bande à Bandar n'est plus ce qu'elle était.Il y a un léger froid depuis qu'on a appris que Mme Bandar, la princesse Haïfa, subventionnait des organisations caritatives musulmanes établies aux États-Unis et qu'une partie de cet argent a servi à financer les attentats du 11 septembre.C'est Robert Baer qui raconte ces anecdotes dans Or noir et Maison Blanche publié chez JC Lattès.Un document de 330 pages qui se lit comme un roman policier.Que dit Robert Baer ?En gros, il dit que l'Arabie Saoudite est une société féodale sur le point d'exploser.Because le fondamentalisme religieux, la déliquescence du pouvoir, le boom démographique, le chômage des jeunes, la crise financière consécutive à la guerre du Golfe.Quand ça arrivera, demain, dans six mois, dans deux ans, le prix du baril de pétrole va.flamber.Selon certains experts, jusqu'à 150 $ le baril ! Aucun pays ne pourrait absorber un tel choc.L'économie mondiale s'effondrerait et l'instabilité politique s'installerait durablement, accompagnée d'un désespoir comparable à celui des années 30.Les Américains voient venir les choses.Pour sauver l'Occident d'une longue et grave dépression, ils ont dressé les plans d'une guerre préventive qui leur permettra de sécuriser l'exploitation des champs pétrolifères de la péninsule arabique.Ils interviendront avec ou sans la permission de l'opinion publique, des Nations unies et des habituels emmerdeurs.Pensez à Chirac, pensez à qui vous voulez.Ce jour-là, en réalité, tout le pouvoir glissera entre les mains de ceux qui contrôleront les approvisionnements pétroliers.États-Unis et Russie en tête.Une situation dramatique, sans aucun doute, sauf pour des pays comme le Canada, le Mexique ou le Venezuela.Le pétrole contenu dans les schistes bitumineux de l'Alberta, le gisement est évalué à 350 milliards de barils, ferait alors du Canada un pays fabuleusement riche.Ce livre, je le répète, se lit comme un thriller.L'auteur a émargé au budget de la CIA pendant une vingtaine d'années.Il a traîné dans tous les bas-fonds du Proche-Orient et de l'Asie centrale.Il s'était fait connaître l'an dernier en publiant La Chute de la CIA.Il dit avoir écrit Or noir et Maison blanche pour faire émerger la vérité.Pour ajouter de la crédibilité à son propos, il a publié son livre avec des passages biffés au noir afin que le lecteur voit comment fonctionne la censure de la CIA.Très efficace ! Nom: Âge : Adresse : Ville : Province: Code postal : Téléphone : Courriel : Répondez correctement à la question suivante : Nommez l'animateur de Bonjour Montréal diffusée sur les ondes de CKAC730.Concours «Découvrez Panama!» Le tirage aura lieu au Salon international tourisme voyages, le dimanche 19 octobre 2003 à 17 h.Un événement Amériques Europe Pacifique/Asie/Orient Afrique Destinations soleil Méditerrannée Pour être valide, ce coupon doit être dûment complété.Ce concours s'adresse aux personnes âgées de 18 ans et plus.Les règlements du concours sont disponibles chez média mondial dmg, à La Presse et à CKAC730.Les facsimilés ne sont pas acceptés.En collaboration avec le Bureau de Tourisme de Panama, courez la chance de gagner l'un des deux voyages de rêve d'une semaine pour 2 personnes à Panama, incluant : le transport aérien sur les ailes de Delta; les hôtels; les visites touristiques; et certains repas.Pour participer, rien de plus simple! Il suffit de remplir ce coupon de participation et de le déposer dans la boîte prévue à cet effet au stand du Bureau de Tourisme de Panama ou à la sortie du Salon.Ou encore, le coupon devra être arrivé pour midi le 17 octobre à l'adresse suivante : La Presse, Concours «Découvrez Panama!» C.P.11052, succursale Centre-ville, Montréal, Québec H3C 4Y8 Une valeur totale de plus de6 000 $ 18 et 19 octobre Place Bonaventure Montréal concours «Découvrez Panama! » Cochez la case si vous désirez recevoir des offres promotionnelles.3176738A NE103A303 ©2003.Sears Canada Inc.Prix en vigueur jusqu au samedi 18 octobre 2003, dans la limite des stocks \u2020Détails complets chez Sears Soyez prêts pour l'hiver.PNEUS D'HIVER BRIDGESTONE BLIZZAK WS-50 à partir de6999 ch.P155/80R13.Série n° 20000.Avec garantie contre les avaries routières\u2020.Autres formats, 95,99-187,99 chacun PNEUS D'HIVER BLIZZAK DMZ2 POUR CAMIONS à partir de 11499 ch.P205/75R15.Série n° 21000.Autres formats, 122,99-178,99 chacun COMPOSÉ MULTICELLULAIRE PAS DE PAIEMENT AVANT 6 MOIS OU PAS D'INTÉRÊT PENDANT 12 MOIS sur produits et services automobiles de plus de 200 $ avec la carte Sears Offre Pas de paiement : pas de paiement avant avril 2004.Offre Pasd int r t : payez en 12 mensualités égales, sans intérêt, jusqu'en octobre 2004.Des frais de crédit s'ajouteront au solde de votre compte pour toute portion impayée d'un montant porté sur votre compte Sears, à compter du mois suivant.Les deux offres: avec la carte Sears seulement, sur approbation de votre crédit.Achat minimum: 200 $.Tous les frais et taxes applicables sont payables au moment de l'achat.Renseignez-vous.À l'exclusion des articles de nos magasins de liquidation.Offres en vigueur jusqu'au samedi 11 octobre 2003.Renseignez-vous.Les formules de paiement et modalités peuvent être modifiées ou supprimées sans préavis.PNEUS D'HIVER Road HandlerMD GLACE ET NEIGE PLUS Soldé, à partir de 4499 ch.P155/80R13.Série n° 19000.Avec service de changement de pneu sur place et garantie contre les avaries routières\u2020.Autres formats, soldé 55,79-96,29 chacun ENTRETIEN D'HIVER Comprend lubrification, huile et filtre (prix du filtre jusqu'à 4,99), permutation des pneus, inspection des freins en 24 points et du régulateur automatique de tension.Ajout de fluides pour les freins, le radiateur et le pare-brise.la plupart des véhicules CENTRE DE L'AUTO TÉLÉPHONE CENTRE DE L'AUTO TÉLÉPHONE ANJOU 514-353-7770 LAVAL 450-682-1200 BROSSARD 450-465-1000 ST-BRUNO 450-441-6603 LASALLE 514-364-7310 LAURENT 514-335-7770 COMPOSEZ LE POSTE 228 Recherchez ce symbole et appelez, sans frais, le 1-888-607-3277 Tous les articles accompagnés de ce symbole peuvent être achetés à votre magasin Sears ou commandés, sans frais, au numéro ci-dessus.CENTRE DE L'AUTO TÉLÉPHONE ANJOU 514-353-7770 LAVAL 450-682-1200 BROSSARD 450-465-1000 ST-BRUNO 450-441-6603 LASALLE 514-364-7310 ST-LAURENT 514-335-7770 C o m p o s ez l e p o s te 2 2 8 3176980A 3177839A O U F ! de Denise Bombardier - 16 - Faible femme, j'ai cédé à Rachel.Seule concession: j'ai refusé que Charles, en service commandé, vienne me cueillir à la maison.Et je suis arrivée en retard, ne voulant pas me retrouver en quasi tête à tête avec le disciple d'Euclide.Ce dernier m'a tenu la dragée haute, subtilement mais sans remords.De bonne guerre, me suis-je dit.À mon avis, il a un peu trop joué l'amoureux transi avec Rachel, regards furtifs, sourires entendus, effleurements appuyés, pour être sûr qu'on a tous remarqué.De l'enfantillage, quoi ! Rachel transpire le bonheur.Franchement, je suis heureuse pour elle.J'estime, par contre, que sa décoration de table manquait de dépouillement.Des roses rouges disposées dans le sens longitudinal, sorte de mur des lamentations amoureuses, et qui dégageaient un parfum mal assorti aux fumets culinaires, des assiettes en coeur pour le fromage et le dessert, une tarte gigantesque aux fruits rouges et du champagne rosé pour avaler le tout.Chère Rachel ! J'ai causé longuement avec Hélène, une de ses associées, qui accompagnait un superbe Afghan en demande de statut de réfugié.En tant qu'avocate, Hélène s'est spécialisée dans le droit de l'immigration et comme femme dans les immigrés du tiers monde.Elle milite d'ailleurs en faveur de toutes les causes vertueuses à la condition qu'elles ne concernent pas des Blancs.Hélène affectionne particulièrement les Africains des pays non colonisés par les Européens.En fait, elle m'a expliqué que les Sénégalais, les Congolais ou les Ivoiriens souffrent de mimétisme face à leurs ex-colonisateurs et aspirent, c'est elle qui l'affirme, à devenir des Blancs colorés.Elle marque aussi un faible pour les tribus en voie d'extinction et il m'a libre !» du Général, qui n'a pas vu Armstrong marcher sur la Lune et qui considère que les Beatles appartiennent à l'époque jurassique ?En fait, je me sentirais honteuse devant les enfants, Albert en particulier.Les femmes de mon entourage sont moins réservées.Plusieurs ne rêvent que de jeunes étalons, sous prétexte que les hommes de notre génération ne se gênent pas pour mettre des minettes dans leur lit.J'imagine que ces dernières, flattées que tant d'expérience s'allonge sur elles, restreignent les exigences qu'elles ont l'habitude d'avoir avec des gamins de leur âge.Henri a failli sombrer et notre agence avec, il y a deux ans maintenant, quand il s'est amouraché d'une gourde de vingt et un ans, diamant dans le nombril, chevelure sur les fesses, ambition à la Wall Street.Sa femme a fermé les yeux, baissé les bras et attendu que ça passe ou que ça casse.Ça a failli casser, et plaise au ciel que des extrasystoles aient ramené Henri dans le droit chemin.Émergeant de la rupture avec Georges, je me suis retrouvée désemparée, face à cet homme sous influence.La métamorphose survenait d'un matin à l'autre.roman Albin Michel semblé qu'elle classait ces dernières dans son coeur selon l'échéance à laquelle elles disparaîtraient.J'ai été heureuse de la retrouver toujours à l'aise, prête à ouvrir le feu de la discussion avec quiconque se risque à mettre en doute la trop grande ouverture du pays face aux demandeurs d'asile.Le jeune Afghan, vingt-cinq ans maximum, a peu parlé mais a conservé son sourire durant toute la soirée.Entré au pays via Londres, il étudie la communication.Avec Hélène, ça doit couler de source.C'est fou l'assurance de cette fille et son aisance à assumer ses goûts.Selon Rachel, ses liaisons durent six mois en moyenne.L'Afghan, une fois son congé reçu, aura réussi une intégration tout en douceur, héritera d'une garde-robe hiver-été et d'une caution financière pour la signature de son bail.Personnellement, je serais incapable de prendre un jeune amant.Que puis-je partager avec un homme né après le «Vive le Québec À S U I V R E www.albin-michel.fr © Éditions Albin Michel S.A.,2002 ROMAN12OE LA DÉVEINE FRANK ET ERNEST PEANUTS PHILOMÈNE GARFIELD FERDINAND COMIC28SEM Saisir le présent HAUTE DÉFINITION 3176625A LECTURES Les États-Unis, sujet phare de la Foire du livre de Francfort 8e édition présente le 15 16 17 18 octobre 2003 LA FORMATION VIE C'EST POUR LA | Partenaires: Un événement Tél.: (514) 272-8885 | En collaboration avec : Je pars en formation à l'étranger.Ce diplôme : un plus pour ma carrière ! Chef cuisinier : pourquoi pas?Place Bonaventure Montréal Découvrez tout sur les programmes de formation, les possibilités de carrière, l'orientation et l'information sur le marché du travail.3178076A CÉLINE LE PRIOUX AGENCE FRANCE-PRESSE FRANCFORT \u2014 Les États-Unis et leur nouvelle politique unilatérale, marquée par leur offensive militaire contre l'Irak, exercent une fascination critique parmi les éditeurs présents à la Foire du livre de Francfort, le plus grand rendez-vous mondial du secteur.« Presque chaque maison d'édition a un titre sur les É.- U.et le nouvel ordre mondial », observe Eva Detig, porte- parole de l'éditeur allemand Beck, qui a sorti fin septembre le dernier ouvrage du politologue américain, Benjamin Barber, ancien conseiller du président Bill Clinton, intitulé Fear's Empire (l'Empire de la peur, ndlr).Alors que juste après les attentats du 11 septembre, une vague de sympathie et de compassion, relayée par des mouvements de solidarité partout dans le monde, avait imprégné la Foire il y a deux ans, l'atmosphère est cette année toute différente.La nouvelle politique extérieure des États-Unis et ses théories d'offensives préventives contre les États voyous ont provoqué une vague de critiques sur toute la terre.Parmi les détracteurs, toute une série d'éminents politologues américains passent au crible la politique néoconservatrice du gouvernement de George W.Bush.Leurs analyses sont particulièrement bien accueillies ici « car elles expriment ce que la plupart des Européens pensent », remarque Rolf Cyriax, directeur adjoint de l'éditeur Blessing et lecteur du dernier livre de l'Américain Chalmers Johnson, dans The Sorrows of Empire.How the American lost their country (La tristesse de l'Empire.Comment les Américains ont perdu leur pays, ndlr), sorti en septembre en allemand.Le coup infligé par le terroriste islamiste Oussama ben Laden a provoqué un changement radical dans la politique étrangère des É.-U., notent ces politologues critiques.S'appuyant jusqu'ici sur un réseau d'alliances de part le monde, les É.-U.ont maintenant seulement confiance en eux-mêmes.Et les détracteurs de prévenir : l'arrogance vient avant la chute.Selon Benjamin Barber, professeur de l'Université du Maryland, âgé de 64 ans, les É.-U.font preuve d'une volonté d'expansion irrésistible qu'ils justifient par leur crainte pour leur propre sécurité.Ils tentent de se protéger en répandant tout autour d'eux la peur.Pour Thomas Carl Schwoerer, directeur de la maison d'édition Campus, qui a publié le dernier livre de Michael Mann, « le sujet va continuer à faire recette l'an prochain.Avec les élections présidentielles en novembre 2004, l'intérêt des gens pour les É.-U.ne va pas faiblir.Au contraire ».Saisir le présent HAUTE DÉFINITION Abonnement: 514 285-6911 LES UNS ET LES AUTRES Le phénomène Colin Farrell Colin Farrell est l'un des 10 jeunes acteurs sur lesquels Hollywood parie.En trois ans et quelques films (Tigerland, Minority Report, Daredevil, Phone Game), il a réussi à être considéré comme « la meilleur chose qui ait été importée d'Irlande depuis la Guinness ».Le magazine Studio a rencontré le phénomène qui fait de plus en plus tourner les têtes.QOn dit que les acteurs américains font ce métier pour être reconnus et que les Européens le font pour la beauté de l'art.Qu'en est-il dans votre cas ?RMalgré mes 27 ans, je suis assez conscient des pièges que peut vous tendre ce métier.Ça ne veut pas dire que je ne tomberai pas dans certains d'entre eux : une chose est sûre, ce n'est ni la gloire, ni le besoin d'être reconnu qui m'ont donné envie de devenir comédien.Beaucoup de bonnes choses me sont arrivées en quelques années, mais j'ai l'impression.comment dire ?.d'être dans I'oeil d'un cyclone.Et si, autour de moi, la tornade a tout chamboulé, rien n'a bougé au coeur du cyclone.Je pense vraiment être le même, et si je suis devenu acteur, c'est tout simplement parce que c'est un métier bandant ! Terriblement bandant ! Et.superbien payé, en plus ! (Rires.) QComment définiriez-vous votre statut à Hollywood aujourd'hui ?RAttention, je ne me considère pas comme américain.J'ai également une maison à Dublin et je partage mon temps entre l'Irlande, où je vis, et les États-Unis, où je travaille.Qu'est-ce que je pourrais vous dire d'autre ?Mon carnet d'adresses est rempli de noms prestigieux, je me suis marié et j'ai déjà divorcé, mon compte en banque n'a jamais été aussi bien garni et j'ai le plaisir de rencontrer et de travailler avec de grosses pointures.Mais, sinon, pour le reste, je dis toujours autant de gros mots, je bois toujours autant de bières, je fume toujours autant, j'espère draguer encore pas mal de minettes et, surtout, j'ai particulièrement hâte d'interpréter Alexandre le Grand sous la direction d'Oliver Stone.C'est un putain de rôle, croyezmoi ZOOM FLASH Johnny Depp: jusqu'à l'obsession Johnny Depp peut très facilement être obsédé par un rôle.« Quand j'atteins un stade où je connais si bien le personnage que ça en devient une seconde nature, il me suffit, a-t-il confié à Ciné Live, de claquer les doigts pour qu'il soit là.Mais je ne crois pas à ces trucs de toqué, quand certains acteurs disent : Je suis devenu le personnage.Non, non, c'est du vent.Mais vous pouvez en arriver à connaître un personnage tellement bien que, même s'il est très différent de vous, vous commencez à réagir aux situations d'une manière qui ne vous ressemble pas.Ça arrive quand vous rentrez dans la peau d'un personnage que vous aimez vraiment, que vous sentez bien.Il y en a quelques-uns comme ça qui m'ont donné une grande impression de sécurité.» « Pause » et « avance rapide » Les scénaristes de Bruce tout-puissant travaillent pour Adam Sandler sur un projet intitulé Click dont le personnage principal est un cadre surmené qui hérite d'une sorte de télécommande lui permettant d'appliquer à sa vie les fonctions d'un magnétoscope telles que « pause » ou « avance rapide ».Mauvais choix Le réalisateur d'Animal House John Landis, a rappelé qu'il voulait tellement une tête d'affiche pour tourner ce film, en 1978, dont la distrbution ne comprenait que de jeunes acteurs de télévision peu connus, comme John Belushi, que pour avoir une vedette, il a accordé un cachet de 25 000$ pour deux jours de tournage, à Donald Sutherland, qui triomphait alors dans MASH.Mais, si Sutherland avait accepté l'autre offre du réalisateur, 10 000 $, plus une participation aux profits, comme cette comédie a connu un succès phénoménal, c'est 5 millions de dollars qu'il aurait empochés.E x p r e s s Le site playboy.com a lancé un concours pour trouver la vendeuse la plus sexy de Wal-Mart qui serait prête à dévoiler ses charmes dans le magazine.Même si elle n'est guère enchantée de cette initiative, la direction de la chaîne de magasins a fait savoir que ses vendeuses étaient parfaitement libres de participer au concours sans craindre d'être congédiées.On est séducteur ou on ne l'est pas.Et si Jude Law n'a aucun souci à se faire de ce côté-là, il devra redoubler de charme pour ses deux prochains projets.Dans Tulip Fever, c'est au XVIIe siècle, à Amterdam, qu'il entretiendra une liaison adultère avec la femme d'un homme d'affaires fortuné, dans la peau d'un peintre sans le sou.Enfin coureur de jupons en pleine remise en question, Jude tournera ensuite dans le remake de Alfie le dragueur, comédie romantique de 1966 avec Michael Caine.Première, Globe, Studio, Movieline Philippe Noiret « Le premier signe concret de mon vieillissement m'est apparu lorsque Granier-Deferre m'a demandé de teindre mes cheveux au niveau des tempes.J'ai compris que je passais de l'autre côté.Maintenant, quand je lis les scénarios, quand je vois que M.Machin est un vieillard qui peine à monter l'escalier, je comprends que c'est le rôle que l'on m'assigne.Au début, c'est un peu dur.Je ne sais pas pourquoi, mais quand on décrit un septuagénaire bien conservé, c'est rarement moi.Cela me fait beaucoup rire.» .Paris Match Johnny Depp LE SOLEIL ET LA LUNE AU PAYS LE MONDE AU SOLEIL L'ALMANACH QUOTIDIEN POUR MONTRÉAL Maniwaki 20/4 Trois-Rivières 21/5 Rimouski 18/10 Thetford Mines 22/5 Sherbrooke 22/6 Burlington 21/9 www.meteomedia.com Les systèmes météorologiques sont prévus pour 14h00 cet après-midi.Les bandes montrent des écarts de cinq degrés Celsius.New York Montréal Halifax Toronto Ottawa Chicago Winnipeg Houston Los Angeles Vancouver Calgary Edmonton PRÉVISIONS RÉGIONALES Régina St-Jean Nouvelle-Orléans Miami Thunder Bay Denver AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI DEMAIN DEMAIN DEMAIN DEMAIN BAIE-COMEAU BAIE-JAMES GASPÉ SEPT-ÎLES LES SYSTÈMES MÉTÉOROLOGIQUES TEMPÉRATURE MAX MIN Hier Normales du jour Auj.l'an passé (Observé hier à 15h) RECORDS Plus haut maximum Plus bas minimum FACTEUR HUMIDEX Aujourd'hui INDICE UV Aujourd'hui PRÉCIPITATION Hier MONTRÉAL ET LES ENVIRONS AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI QUÉBEC OTTAWA TORONTO 17/5 16/6 Brumeux par endroits en matinée, nuageux avec percées de soleil en après-midi.Probabilité de précipitations: 30 %.Vents légers.Généralement dégagé.Probabilité de précipitations: 0 %.Passages nuageux.Probabilité de précipitations: 20 %.Ciel variable.Probabilité de précipitations: 30 %.DEMAIN MAX/MIN CETTE NUIT MINIMUM AUJOURD'HUI MAXIMUM MARDI Généralement ensoleillé.22/7.Nuageux avec percées de soleil.20/5.Plutôt nuageux avec averses dispersées.17/7.Ciel variable.16/5.Passages nuageux.16/5.Passages nuageux.18/6.Ensoleillé.16/9.Nuageux avec faible pluie.14/4.Ensoleillé.20/9.Ensoleillé.15/9.Plutôt nuageux avec quelques averses.14/2.Nuageux avec faible pluie.8/0.Plutôt nuageux avec quelques averses.17/4.Plutôt nuageux avec quelques averses.13/3.24 en 1961 -2 en 1976 18 oct 25 oct 1 nov 9 nov 7h06 18h15 19h22 9h21 Durée totale du jour: 11h09 Bas 0.04 mm AUJOURD'HUI DEMAIN AUJOURD'HUI AUJOURD'HUI MM utilise des données d'Environnement Canada Val-d'Or 15/7 DEMAIN DEMAIN DEMAIN Saguenay 20/8 La Tuque 21/5 Sainte-Agathe 18/5 MONTRÉAL 21/7 QUÉBEC 22/7 Plattsburgh 21/9 Variable 17/5 Variable 12/-3 Soleil 20/12 Averses 19/8 Éclaircies 20/7 Beau 17/5 Beau 14/1 Variable 11/-5 Soleil 23/10 Averses 19/5 Soleil 18/10 Averses 20/9 Éclaircies 1/-3 Pluie 1/-2 Soleil 22/10 Averses 20/6 Variable 12/0 Variable 12/-4 Pluie 15/7 Variable 11/3 Variable 14/8 Variable 15/9 Variable 11/0 Variable 12/-4 Pluie 13/6 Variable 13/5 Beau 13/4 Averses 16/2 Averses 13/8 Averses 13/8 Éclaircies 14/7 Averses 13/6 Nuageux 3/-5 Variable 4/-4 Beau 19/6 Beau 19/7 Beau 14/4 Averses 15/0 Nuageux 2/0 Variable 3/-3 Calgary Charlottetown Cornwall Edmonton Frédéricton Halifax Iqaluit Moncton Régina Rouyn-Noranda Saint-Jean Saskatoon Sudbury Thunder Bay Vancouver Victoria Whitehorse Windsor Winnipeg Yellowknife Acapulco Atlantic City Boston Cancun Cape Cod Daytona B.La Havane Honolulu Key West Kenebunk Pt.Miami Myrtle B.Niagara F.Old Orchard Orlando Palm Springs Tampa Virginia B.W.Palm B.Wildwood Amsterdam Athènes Beijing Berlin Bruxelles Buenos Aires Lisbonne Londres Los Angeles Madrid Mexico Moscou New Delhi New York Paris Port-au-Prince Rio Rome Tokyo Washington Soleil 13/8 Soleil 28/15 Nuageux 8/4 Nuageux 12/5 Beau 15/8 Beau 14/11 Beau 23/16 Beau 17/11 Variable 25/16 Pluie 21/13 Orages 24/15 Nuageux 9/9 Soleil 33/21 Averses 20/13 Soleil 15/11 Orages 34/25 Pluie 22/20 Beau 24/16 Nuageux 26/24 Averses 22/14 Beau 32/24 Averses 20/11 Averses 18/12 Beau 36/23 Averses 18/12 Orages 28/21 Averses 30/22 Beau 31/25 Orages 31/26 Averses 18/8 Orages 30/22 Beau 26/16 Averses 17/8 Averses 18/8 Orages 29/21 Soleil 35/21 Orages 30/21 Averses 23/15 Orages 30/22 Averses 20/11 Gatineau 20/5 Front chaud Front froid Occlusion Creux Anticyclone Dépression Neige Pluie Pluie verglaçante !!!!Orages MÉTÉO Phoenix San Francisco Saskatoon Atlanta Washington Boston Victoria Portland Yellowknife Whitehorse Churchill Minneapolis Kansas City Fredericton Charlottetown Detroit Tampa Pour ou contre la chasse aux dindons sauvages ?PIERRE GINGRAS À TIRE D'AILE pgingras@lapresse.ca Les résultats du premier recensement de la population de dindons sauvages dans le sud-ouest du Québec indiquent qu'il y en aurait entre 1000 et 1500 dans cette partie de la province.C'est le seul endroit où vit en permanence le gros gallinacé, si on fait exception des 52 spécimens introduits dans l'Outaouais en février dernier.Ces chiffres incitent la Fédération québécoise de la faune (FQF) à proposer au gouvernement d'organiser une saison de chasse printanière dès 2005, projet auquel s'oppose farouchement l'Association québécoise des groupes d'ornithologues (AQGO).Les deux organismes semblent bien campés sur leur position.La Fédération estime que les chasseurs ne pourraient abattre qu'un maximum de 90 oiseaux par printemps, tandis que les ornithologues amateurs soutiennent que la population de dindons ne justifie aucunement d'autoriser la chasse.C'est la Société de la faune et des parcs qui devra trancher.Financé à la fois par les deux groupes et divers organismes gouvernementaux, le recensement du printemps a été fait par trois personnes qui ont visité à trois reprises 150 endroits prédéterminés entre le 21 avril et le 20 mai, afin d'écouter les glouglous des dindons.Polygames, les mâles sont particulièrement excités à cette période de l'année et lancent à tout moment leur fameux cri caractéristique afin d'attirer les femelles dans leur harem tout en tentant d'intimider leurs rivaux.Les scientifiques peuvent ainsi avoir une idée du nombre de mâles sur un territoire donné et monter ensuite un modèle mathématique qui permet d'obtenir une estimation de la population.Au cours de la période de recensement, les observateurs ont entendu les cris de 150 oiseaux.D'après de savants calculs, on a établi que le nombre de mâles variait de 524 à 754 individus, ce qui laisse croire que la population globale de l'espèce dans cette partie de la province pourrait atteindre 1500 dindons.Le territoire étudié est situé à l'intérieur d'un périmètre délimité par Dundee, Lacolle, Saint-Louis-de- Gonzague et la frontière canadoaméricaine.Précisons que les dindons « québécois » proviennent de lâchers réalisés aux États-Unis au cours des dernières décennies.C'est autour de Huntingdon, Ormstown et Saint-Jean-Chrysostome que les densités sont les plus élevées.Selon le biologiste Martin Savard, porte-parole de la Fédération, les chasseurs ont aussi signalé des dindons 233 fois dans le même secteur, ce qui permet, selon une autre méthode de calcul, d'en arriver aux mêmes estimations.M.Savard indique qu'une population de 1000 à 1500 oiseaux peut soutenir une chasse si elle est réglementée comme le suggère la Fédération.Même si les modalités du projet qui sera soumis à la Société de la faune et des parcs ne sont pas encore fixées, la chasse serait d'une durée de deux semaines et seul un dindon mâle pourrait être abattu.Les chasseurs choisis par tirage au sort auraient le droit de chasser seulement une semaine sur le même territoire.« La chasse aux mâles est peu dommageable, car ils sont polygames, fait valoir M.Savard.Si on abat un mâle dominant, il sera très vite remplacé par un prétendant.D'après les données obtenues en Ontario, on peut abattre jusqu'à 30% des mâles dans une population sans pour autant modifier sa productivité.» Une femelle pond une douzaine d'oeufs par année.Selon la Fédération, il y a environ 450 lieux propices à la chasse dans le sud-ouest et la Montérégie.Un maximum de 931 chasseurs pourraient donc traquer le dindon.Toujours en s'appuyant sur l'expérience ontarienne, le taux de succès de la chasse serait de moins de 10 %, si bien que 90 oiseaux, tout au plus, seraient éliminés.Martin Savard fait toutefois valoir que la chasse au dindon sauvage est très difficile.Il faut se confondre avec le paysage tout en imitant le cri des femelles ou d'un autre mâle afin d'attirer le « trophée ».Or, la bête est extrêmement méfiante.Mais la proposition de la Fédération est loin d'obtenir l'aval des autorités.D'ailleurs, elle avait présenté un pr o j et de cha s s e expérimentale pour le printemps 2004 qui a été rejeté, notamment en raison de l'opposition manifestée par l'Association québécoise des groupes d'ornithologues.Mais cet échec ne l'empêchera pas de demander les autorisations officielles pour capturer plusieurs dindons dans le sud-ouest au printemps afin de les déplacer dans l'Outaouais ou peut-être en Montérégie.« C'est au printemps 2004 que l'Ontario mettra définitivement un terme à son programme de relocalisation qui a permis depuis 20 ans d'établir de petites populations un peu partout dans cette province, là où les conditions le permettaient, explique M.Savard.Au printemps, nous avons pu ainsi obtenir 52 oiseaux, ce qui pourrait se répéter en avril prochain.Mais nous devons aussi développer notre propre expertise dans ce domaine.» Ces peuplements ont porté fruit puisque la population d'oiseaux en Ontario était estimée l'an dernier à 36 000.Un peu plus de 15 000 permis de chasse ont été vendus et 3496 oiseaux ont été abattus.Quant aux dindons introduits dans l'Outaouais, il n'y a aucun suivi de leur évolution.Les trois oiseaux porteurs de colliers émetteurs sont morts sans qu'on puisse en déterminer la cause.On signale aussi la présence de deux nichées.À la Société de la faune et des parcs, on estime que l'étude de 2003 est seulement préliminaire et qu'un autre recensement doit avoir lieu le printemps prochain pour avoir une idée encore plus précise de la population.Concernant la capture de dindons, la Société refuse de se prononcer mais déplore que l'expérience de l'Outaouais n'ait pas fait l'objet d'un suivi rigoureux.Contre la chasse printanière Pour sa part, l'Association québécoise des groupes d'ornithologues suit la situation du dindon sauvage depuis des années, bien avant que les chasseurs ne commencent à s'y intéresser.Voilà d'ailleurs un bon moment qu'elle réclame que l'espèce figure sur la liste des oiseaux susceptibles d'être désignés vulnérables ou menacés.Non seulement, elle s'oppose aux projets de la Fédération québécoise de la faune, mais Alain Hogue, vice- président de l'AQGO, estime que la chasse au dindon, et plus particulièrement au printemps, est un non-sens.« Il ne faut pas oublier qu'il y a trois fois plus d'observateurs d'oiseaux que de chasseurs.Il serait beaucoup plus rentable pour le gouvernement de favoriser l'observation du dindon que de soutenir une poignée de gens en mal de sensations fortes, dit-il.Et des dindons, il faut bien en convenir, il n'y en a pas beaucoup.» L'Association s'oppose particulièrement à la chasse au printemps parce que cela nuirait à l'observation.C'est, en effet, la saison idéale pour voir les dindons, selon M.Hogue.On vient même du nord du Québec pour les observer.Il ne voit pas comment les amateurs d'oiseaux pourraient pratiquer leur activité préférée avec des chasseurs autour.Le vice-président de l'AQGO ne s'oppose cependant pas à une chasse à l'automne, quand le nombre de dindons le permettra, ce qui est loin d'être le cas actuellement, croit-il.« Les chasseurs ont déjà tout l'automne pour pratiquer leur loisir.C'est un consensus social.Qu'ils laissent les bois en paix au printemps.Ce n'est pas comme la chasse printanière à l'oie des neiges, une exception à la règle puisqu'elle ne vise qu'à contrôler une population.» Mais ce qui l'irrite le plus, c'est la hâte manifestée par les chasseurs pour aller tirer des dindons.« Il faudra encore des années d'étude pour connaître la dynamique de l'espèce au Québec, dit-il.On ignore si nos habitats sont propices, quels effectifs ils peuvent soutenir.Comment expliquer que la population du sud-ouest mette tellement de temps à croître ?Et puis les conditions climatiques en Ontario sont différentes des nôtres.On oublie que nos dindons sont mangés par les prédateurs, que le climat ne leur est pas favorable et qu'ils sont braconnés.Nombreux sont les gens du sud-ouest qui disent avoir bien aimé cette viande », soutient-il.Citant à son tour des chiffres de l'Ontario, M.Hogue mentionne que pour chaque dindon abattu chez nos voisins, trois autres disparaissent, des femelles abattues par erreur, des oiseaux non enregistrés ou encore abattus illégalement.« Si on extrapole ces données pour le Québec, on ne parle plus de 90 oiseaux abattus mais de plus de 300.Quand la population est estimée à 1000 ou 1500 dindons, cela n'a plus de sens.Et même s'il ne s'agissait que de 90 individus, c'est déjà trop quand on ignore presque tout de l'évolution et de la dynamique de la population ».PHOTO REUTERS Une récente étude sur le dindon sauvage indique que la population compterait entre 1000 et 1500 oiseaux dans le sud-ouest du Québec, suffisamment pour permettre la chasse, estime la Fédération québécoise de la faune.Un projet qui soulève de vives protestations chez les observateurs d'oiseaux.LE CARNET D'OBSERVATION Les oies des neiges au rendez-vous Oiseau bleu Cécile Larochelle, de Grand-Remous, au nord de Mont-Laurier, m'a fait parvenir une photo prise à la fin du mois de mai au bord du réservoir Baskatong, sur laquelle on voit un minuscule oiseau bleu dont elle cherche le nom.Si petit soit-il, la couleur vive de l'oiseau ne trompe pas : il s'agit d'un merlebleu de l'Est, une espèce magnifique qui niche dans votre région.Moi-même, j'ai déjà eu la chance d'en apercevoir à quelques kilomètres de Mont-Laurier dans le passé.Imposteur Carmen Dupuis, de Lacolle, croyait avoir photographié un colibri butinant dans une fleur.Mais en observant attentivement la photo, elle a constaté que son oiseau-mouche était bien étrange.« Un bec comme le colibri, des antennes, une queue de crevette.Quelle est cette bête ?» Il s'agit tout simplement d'un sphinx, une espèce de papillon souvent confondu avec un colibri.Rappelons qu'il existe une seule espèce d'oiseau-mouche au Québec, le colibri à gorge rubis, d'une taille beaucoup plus considérable que le papillon imposteur.Des parulines d'automne Alain G.Gauthier, de Montréal, a observé un drôle d'oiseau qu'il aimerait faire identifier.« Le plus surprenant, c'est que je pouvais l'approcher, le toucher même, sans qu'il s'envole.Dès le contact, il a semblé se réveiller et il s'est envolé » écrit-il.Malheureusement, votre description est trop sommaire même s'il semble que ce soit une paruline.À l'automne, plusieurs d'entre elles sont vêtues d'un plumage très différent de celui du printemps, ce qui rend leur identification très difficile.Les oies des neiges étaient au rendezvous cette semaine dans la réserve du Cap-Tourmente et dans l'archipel de Montmagny.C'est à la mi-octobre que les oies sont habituellement le plus nombreuses à leur halte migratoire d'automne.C'est pourquoi la Ville de Montagny a choisi cette période pour créer le Festival de l'oie blanche.Les festivités ont commencé jeudi dernier.Au cours de la semaine, les battures du refuge local ont accueilli quotidiennement une dizaine de milliers d'oies.Le quai de Montmagny est un endroit exceptionnel pour observer de près les grands palmipèdes, qui approchent souvent à quelques mètres des gens.On peut d'ailleurs obtenir leur dénombrement quotidien en cliquant www.cotesud.ca.Pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour visiter le Centre des migrations, qui fournit toutes les informations sur l'espèce ?Plus encore, on vous invite aussi à venir voir les oies de la chercheuse Pascale Otis, dont je vous ai parlé à quelques occasions.Il s'agit de 10 oiseaux dont les oeufs ont été prélevés cet été dans l'arctique canadien, des oisillons nés en juillet à l'Université Laval et arrivés à Montmagny le 27 août, dont la scientifique étudie la croissance.Vous pourrez aussi participer à une visite guidée en plus de visionner le film Le peuple migrateur (13 h 30) ou encore Lumière des oiseaux (10 h 30), une odyssée poétique au pays de l'oie des neiges, un film très intéressant.Les droits d'entrée sont de 6 $.Renseignements : 418-248-4565.PHOTO PIERREMCCAN, ARCHIVES LA PRESSE © La chercheuse Pascale Otis et quelques-unes de ses protégées "]
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