La presse, 15 juillet 2007, C. Lectures - Arts et spectacles
[" ÉLISE TURCOTTE COLLABORATION SPÉCIALE Quelle drôle de question! ai-je pensé en raccrochant le téléphone.Mais c'était trop tard, toujours trop enthousiaste, j'avais dit oui sans réfléchir.J'ai bien été tentée de rappeler Daniel Matte, l'attaché de presse, pour lui dire que j'aimerais cent mille fois mieux aller me baigner dans sa nouvelle piscine beige poudre de sable que de revenir ainsi sur le passé et que cette question était impossible, pas réelle du tout.Mais dans la minute, quelque chose a dû m'en empêcher, car chez moi, la vie est pleine d'imprévus, une blessure de chat, un oiseau qui s'évade, ma grand-maman partie dans l'autre monde comme un petit ange chétif, mes grands enfants aux idées surprenantes, des épreuves à corriger, des robinets qui fuient, des gouttières qui débordent, et ces gloires du matin bleues qui viennent d'éclore\u2026 Le temps a filé et je n'y ai plus pensé.Aussi, lorsque Daniel me rappelle quelques semaines plus tard pour savoir où j'en suis, je réponds : «Comment va ta piscine?Et Harry, ton chiot?» Le problème est que je n'aime pas me relire, ça ne m'intéresse pas, et que, pour bien répondre à la question, il me faudrait remarcher dans les pas d'Albanie et de Maria, revoir à tout le moins mes brouillons, mes faux-plans, savoir ce que j'avais en tête quand j'ai écrit ce premier roman dans mon sous-sol sombre et humide (ah, ça non, je n'y retournerais pas!).Et pourquoi je ferais ça ?Parce qu'on te l'a demandé et que tu as dit oui, me répond Daniel.Bon.D'accord.Je possède somme toute un endroit pour le passé : un coffre en osier où sont entreposés des cahiers de notes et des manuscrits, car depuis que j'ai un amoureux à l'esprit archivistique, je n'ai plus le droit de rien jeter.D'ailleurs, si c'était à refaire, je ne balancerais pas à la poubelle les manuscrits de mon premier roman.En effet, dans cette malle, il n'y a que deux grands cahiers de notes et un dictionnaire de mots-clés écrits en parallèle au roman.Ainsi, le journal de voyage d\u2018Albanie et de Maria en Alaska n'existe plus.J'en avais fait le dernier chapitre du roman, et, d'un commun accord avec mon directeur littéraire, je l'avais mis de côté (dans mon cas, ça veut dire jeté !).Et ça, quand même, si c'était à refaire\u2026 Les traces de mon voyage imaginé en Alaska, je les garderais, comme un album photos.Me voilà donc en train de feuilleter le premier cahier.SÉRIE D'ÉTÉ / Mon premier roman Réécrire mon premier roman?Votre premier roman, le récririez-vous autrement ?Nous avons avons posé la question à des écrivains d'expérience.Vous pouvez lire leurs réponses tous les dimanches pendant l'été dans le cahier Lectures.Aujourd'hui, Élise Turcotte.PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE © Même si la piscine a ses attraits, Élise Turcotte a tout de même accepté de répondre à la question de La Presse : aujourd'hui, écrirait-elle autrement Le bruit des choses vivantes, son premier roman?« Je cherche où ça commence, la première image du roman, la première idée, le premier mot.J'ai beau chercher, je ne trouve pas de moment précis : c'est partout que ça commence.Partout, et de tous les côtés à la fois.» >Voir ROMAN en page 4 ARTS SPECTACLES MULTIMÉDIA ECLYPS FAIT OUBLIER KOSMOGONIA PAGE 5 LECTURES Exceptionnel /Excellent HHHH / Bon HHH / Passable HH / À éviter Retrouvez Manon Le Blanc dans samedi 20h30 et lundi 19h30 à EN KIOSQUE DÈS MAINTENANT! Abonnés de La Presse Club Privilèges LECTURES Rechutes CHANTAL GUY SIGNET Bien sûr, il y a tous ces livres qu'il-faut-avoirlus, les coups de coeur de l'année, les incontournables pour comprendre notre époque, cette culture générale à élargir.Et aussi ce garage à ranger, cette pièce à repeindre, ce jogging qu'on s'était promis de faire, ce projet à terminer.Bref, organiser le présent, pour préparer, pense-t-on, l'avenir.Eh puis, voilà qu'en faisant un peu de rangement, en toute innocence et plein de bonne volonté, l'on succombe à ses penchants.On tombe sur des livres qui ont toujours compté.On feuillette comme ça, par hasard, puis on se surprend à relire ce que l'on a déjà lu, alors qu'il y a tant à lire.Les jeunes auteurs ont de ces obstacles effrayants, c'est à se demander ce qui leur donne le courage d'écrire malgré ces éc riva ins qui sont solidement ancrés dans nos esprits, et qui montent la garde.Nous ne sommes pas différents en cela des enfants qui veulent se faire raconter la même histoire, soir après soir.Nous avons chacun une histoire préférée à d'autres.Et si elle est préférée, c'est bien parce que c'est la nôtre.J'aime les gens qui ont des fixations, c'est la preuve qu'ils ont une constance.Qu'ils ont une histoire, en fait.Une histoire fondatrice de leur personne.Je pardonne tout aux obsédés, bien qu'ils puissent se montrer parfois insupportables dans leurs manies.Il y a ces maniaques qui relisent tous les ans Le seigneur des anneaux de Tolkien.Les «complétistes » qui ne peuvent résister à aucun ouvrage touchant de près ou de loin leur dada - les fans de Napoléon, par exemple.Les Tintinophiles qui connaissent les moindres détails de chaque case d'Hergé.Les farouches lecteurs de Bukowski, convaincus qu'ils sont les seuls à le comprendre\u2026 Je connais bien ces rechutes.Si j'ai le malheur (ou le bonheur) d'ouvrir un livre d'Anne Hébert , c 'est bien simple, je le termine, même si je l'ai déjà lu trois fois.Pareil pour Duras et Borges.Je suis incapable de résister aux journaux intimes, mémoires et cor respondances , c 'est comme ça.Aux écrivains des années folles aussi.Je suis en train de me taper tout Scott et Zelda Fitzgerald, ne me demandez pas pourquoi.Peut-être parce qu'on approche du centenaire de leurs oeuvres , peut- êt re parce qu'ils sont des enfants de la guerre, peut-être parce qu'ils ont appartenu à la génération jazz et que je crains d'appartenir à la génération plate\u2026 De même, tout ce qui touche le XVIIIwwe siècle m'est sensible, et je peux passer des semaines dans cette époque en ignorant sans regret la mienne que je trouve trop souvent mortellement ennuyeuse et sérieuse.Alors je lis le Prince de Ligne et tout me devient léger, absolument tout.Je me dis qu'on pourrait séparer les lecteurs en deux clans : ceux qui perpétuent la mémoi re en ne s' intéressa nt qu'aux écr ivains morts (ils sont plus agréables à fréquenter, ne pouvant offrir que le meilleur d'eux-mêmes, sans mauvaise surprise puisque la bio est close) et ceux qui agissent comme défricheurs, c'est-àdire ceux qui n'ont pas peur de plonger dans la jungle de la publication contemporaine pour dénicher la perle rare.Comme s'il y avait des marcheurs et des joggeurs.Ce qui me fait penser à la fable de La Fontaine à propos d'un lièvre et d'une tortue\u2026 Qui gagne, déjà ?COURRIEL Pour joindre notre journaliste: cguy@lapresse.ca MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE En 1981, quand paraît Le matou, le terme de best-seller était rarement employé au Québec; les écrivains n'étaient pas des vedettes; les éditeurs ne posaient pas d'affiches publicitaires géantes au-dessus du pont Jacques-Cartier; la littérature québécoise connaissait un succès public très relatif.Il y avait Gabrielle Roy, Roger Lemelin, Michel Tremblay, Louis Caron.Arlette Cousture n'avait pas encore publié Les filles de Caleb.Et les Jacques Poulin, Jacques Godbout, Anne Hébert ou Marie-Claire Blais n'étaient lus que par les étudiants en littérature.La publication du Matou a été un événement mémorable.Non seulement parce qu'au Québec, il ralliait, dans une rare unanimité, le grand public et la critique.Mais parce qu'en France, les grands manitous des belles-lettres - Bernard Pivot, Jérôme Garcin, François Nourrissier\u2026 - s'étaient enflammés pour les mésaventures de ce jeune Montréalais qui rêve d'acheter son propre restaurant, de sa femme Élise, et du petit Émile, cet enfant alcoolique négligé par sa mère qui allait être incarné, au cinéma, par Guillaume Lemay- Thivierge, M.Nitro lui-même.Depuis sa parution, Le matou a récolté plusieurs prix, fait l'objet d'un film (qui, lui, a malheureusement bien mal vieilli, désolée pour Jean Beaudin), été traduit en 18 langues, et aurait été vendu à 1,6 million d'exemplaires.Pourquoi relire cette brique de près de 700 pages plus de 25 ans après sa publication?Parce que Le matou est l'un de ces romans qui ne vieillissent pas.Un roman enraciné dans une époque et un lieu: les années 70; le Plateau Mont-Royal, qui n'est encore qu'un petit quartier populaire, et que l'on défigure allègrement à coups de marteaux piqueurs; la Binerie Mont-Royal, royaume de la tourtière, du ragoût de pattes et du pouding chômeur.Nostalgie, quand tu nous tiens\u2026 Florent travaille chez un distributeur de disques pour un maigre salaire.Mais rêve de devenir restaurateur.Comme Élise, sa femme, entend bien avoir une trâlée d'enfants, il doit jouer de prudence.Un jour, grâce à un concours de circonstances ahurissant, il fait la rencontre d'un vieillard du nom de Ratablavasky, qui va l'aider à réaliser son rêve.C'est presque un cliché de le dire: Yves Beauchemin a un don de conteur.Mais il a aussi celui de créer des personnages inoubliables.Ceux du Matou - Florent, Élise, Émile, mais aussi ce cuisinier au coeur d'or et aux colères dignes du Capitaine Haddock, cet associé vlimeux qui joue les agents doubles, ce journaliste qui se rit de l'éthique, et bien sûr, le matou du titre - sont passés à l'histoire.Rassurez-vous, cette «édition définitive», entièrement revue et corrigée par l'auteur, ne comporte que des changements mineurs.«Plutôt du peaufinage, nous dit l'auteur.Environ 2000 modifications, corrections, petites coupures, petits rajouts, adaptations, etc.Une partie de ce travail n'avait jamais été faite, car, en 1981, l'année de la publication du Matou, je ne pouvais compter sur une correctrice professionnelle.Cela dit, pour l'essentiel, Le matou demeure Le matou.» Pour notre plus grand bonheur.HHHH LEMATOU Yves Beauchemin Fides, 2007, 672 pages.ROMAN QUÉBÉCOIS Le matou, revu et corrigé DAVID HOMEL COLLABORATION SPÉCIALE Le nom de Bill Gaston m'était vaguement connu.Un de ces écrivains de la Colombie-Britannique, duquel beaucoup de kilomètres et de distance culturelle me séparent.Il a gagné certains prix et en a frôlé d'autres.Il était temps de faire connaissance avec lui.J'ai commencé par ce recueil de nouvelles, Mont Désirs.J'ai bien fait.Ironique, surprenant, capable de faire d'une scène familière un tableau rempli d'étrangetés, Gaston mérite la reconnaissance qu'on lui accorde au Canada anglais.Il sait prendre un drame ordinaire et en faire le révélateur d'une vérité.Cet homme qui vogue de bar en bar au volant de sa camionnette est-il un fou dangereux, une menace pour les bonnes gens ?Oui, sans doute, mais depuis qu'il a aperçu cette jolie policière au barrage routier, son désir le plus cher, c'est de la rencontrer de nouveau.Même au prix de sa propre arrestation.Il y a plusieurs camionnettes dans ce livre.Le véhicule en question semble un symbole de choix dans l'Ouest.Il y a celle qui, par ses pannes, empêche le héros de la nouvelle Comedian Tire de se rendre au chevet de son frère mourant qu'il a toujours détesté.La camionnette le sait, et ça s'appelle le karma, selon sa femme.Son frère, qui a poussé sa haine des «Asiates» jusqu'à traverser la frontière américaine pour s'enrôler afin de participer à la guerre du Vietnam, mourra entouré d'aides-soignants asiatiques, et sans son frère.Les camionnettes pullulent dans ce recueil, et la boisson aussi ; les deux semblent aller de pair.L'alcool joue son rôle habituel: il permet aux personnages de triompher de l'autocensure.Le meilleur coup, comme dans la nouvelle La part des anges, c'est lorsqu'on prive le buveur de sa bouteille pour voir ce qu'il deviendra.C'est une sorte d'heure de vérité.L'excès n'est pas limité à l'alcool.Dans Le petit drogué qui était capable (problème de traduction du titre, peut-être?), un jeune veut se désintoxiquer avec l'aide de son oncle, qui lui offre une chambre où il fera sa cure.Mais rien n'est simple, et la thérapie prendra une drôle de tournure.Voilà la spécialité de Gaston: le renversement dramatique.Les rôles sont en effet nettement renversés dans Un sentier en forêt, qui met en scène le fils (fictif) de Malcolm Lowry, célèbre auteur de Sous le volcan.Lowry, un écrivain anglais qui a vécu en Colombie- Britannique, était aussi connu pour ses beuveries que pour ses romans.Voilà que son fils, qui a honte de ses origines, essaie de détruire le mythe autour de l'écrivain excessif.Le jeu est savant.Gaston s'amuse avec les stéréotypes sur les artistes, tout en se moquant de cette tendance chez les Canadiens anglais de vouloir mettre la main sur des artistes nés ailleurs.La littérature canadienneanglaise trop sage, trop rangée ?Il suffit de lire du Gaston pour être convaincu du contraire.HHHH MONT DÉSIRS Bill Gaston, traduit par Ivan Steenhout.Pleine Lune, 256 pages.ROMAN CANADIEN La folie de l'Ouest Les camionnettes pullulent dans ce recueil, et la boisson aussi ; les deux semblent aller de pair.SUGGESTION BEAU LIVRE Beau livre en effet: l'artiste pluridisciplinaire Dominique Desbiens, mieux connu pour son travail en bande dessinée, s'est payé la traite avec ce nouveau bouquin un peu pompeusement intitulé Il manque aux humains un prédateur: Carnet de création, publié aux éditions Cités internes.Les textes et les poèmes, souvent politiquement engagés et écrits en toute bonne foi mais de qualité discutable, ne font pas honneur aux illustrations, magnifiques, troublantes, ici d'une beauté hypnotique, là d'une dureté saisissante.Desbiens n'aime pas son époque, lequel écrit «ça sent l'apocalypse à quarante mille kilomètres à la ronde».Rarement le spectre de la fin du monde n'aura été aussi merveilleusement illustré.Les textes sont ici en quelque sorte «alimentaires» ou «accessoires» tant les images, inspirées d'une impressionnante variété de courants artistiques (de l'esthétique BD à l'art abstrait, passant par la photographie, le croquis et le tableau objet) disent déjà tout.\u2014 Aleksi K.Lepage ILMANQUE AUX HUMAINS UN PRÉDATEUR Dominique Desbiens Cités internes, 150 pages En Jamaïque, Ian Fleming avait l'habitude d'écrire 1000 mots le matin, ensuite d'aller faire de la plongée, de prendre un cocktail, de dîner sur une terrasse, de plonger encore, d'ajouter 1000 mots dans l'après-midi, puis de se taper des martinis et des femmes fabuleuses.À Londres, j'ai suivi la même routine, sauf pour les cocktails, les dîners et la plongée.\u2014 L'écrivain SÉBASTIAN FAULKS, qui signe les nouvelles aventures de James Bond dans le roman Devil May Care, pour le centenaire de la naissance de Ian Flemming en mai 2008.Sébastien Faulks PHOTO AP LECTURES JOCELYNE LEPAGE Le pays dans le pays est plus qu'un beau livre dont les prouesses photographiques vantent les mérites du photographe au lieu de ceux de la région photographiée.C'est un livre respectueux.Un hymne à la beauté des immensités nord-côtières et à celle de l'infiniment petit qui pousse, fragile, dans le sol ingrat de la toundra.C'est un inventaire des paysages, de la flore et de la faune de la Côte-Nord, y compris les humains qui y sont depuis toujours, les Innus, et les autres arrivés là plus récemment pour y travailler.L'ouvrage présente d'abord un court texte de Francine Chicoine, texte à la fois poétique et informatif inspiré de la série de photos qui suit, sur un thème.Les photos peuvent être aussi bien des vues aériennes, comme celles du chapitre intitulé Des lieux connus des dieux - photos divines -, que des gros plans de chicouté, suivis d'un ensemble rassemblant divers fruits de la région dans une seule page.Pour connaître le nom des régions, des animaux, des fruits, des fleurs et des êtres humains photographiés, on va à la fin du volume où tout est repris en vignettes et bien identifié, en français et en anglais.On a ajouté un CD au livre.On comprend à la lecture des textes, et de la préface signée Serge Bouchard, que les auteurs sont engagés dans la protection de la flore et de la faune de la Côte-Nord et qu'ils défendent l'honneur des autochtones, souvent bafoué par les préjugés des Blancs.Ainsi, dans le chapitre consacré aux Innus, Innus d'autrefois et d'aujourd'hui, le texte est traduit dans leur langue.Mais cet engagement n'est pas tonitruant.La Côte-Nord est aussi une région industrielle qui fait vivre des habitants de plus en plus conscients du besoin de protéger leur environnement.Il en est question dans cet ouvrage.Et puis il y a tous ces mots qui chantent: crabe des neiges, balbuzard pêcheur, durbec des sapins, chicouté, fleur de saccarénie pourpre, linaigrette dense, panic raide, Raguenau, Pointedes- Monts, rivière Moisie, rorqual, Nakoto (fils de pêcheur), aurore boréale\u2026 Francine Chicoine et Serge Jauvin ne sont pas originaires de la Côte-Nord.Ils ont adopté ce «pays dans le pays» il y a une trentaine d'années et ont pris le temps de leparcourir, on dirait pouce par pouce, nuit et jour, saison après saison.Cela donne un merveilleux chant d'amour.HHHH LE PAYSDANSLE PAYS Francine Chicoine et Serge Jauvin Les éditions David, 260pages, 65$ BEAUX LIVRES Bénie soit la Côte-Nord C'est un hymne à la beauté des immensités nord-côtières et à celle de l'infiniment petit qui pousse, fragile, dans le sol ingrat de la toundra.AU PIED DE LA LETTRE ALEKSI K.LEPAGE, COLLABORATION SPÉCIALE PROTÉGER LA BIBLIODIVERSITÉ Même s'il ne figure ni chez Larousse ni chez Robert, le mot patenté « bibliodiversité » est un très beau vocable qui porte en lui-même sa propre définition.C'est cette « bibliodiversité » que défend depuis 2002 l'Alliance des éditeurs indépendants (initiative française) laquelle vient de lancer son premier manifeste, à la suite des évènements Assises internationales de l'édition indépendante.Une déclaration signée par près de 80 éditeurs (venus de partout, Québec compris) et qui, essentiellement, s'oppose à la censure sous ses multiples formes, promeut la libre diffusion des livres et, du coup, des idées.Ladite déclaration est disponible sur www.alliance-editeurs.org CONGRATULATIONS Des généreuses poignées de confettis sur la tête de notre compatriote Naïm Kattan, romancier et essayiste, auteur d'une vingtaine de bouquins, né à Bagdad et « montréalisé » depuis 50 ans, qui vient de se voir décerner le nouveau Prix Hervé-Deluen par l'Académie française.Ce prix récompense la contribution à la défense et à la promotion du français en tant que langue internationale.Notons que Kattan n'en est pas à sa première médaille, lui qui est notamment officier de l'Ordre du Canada et chevalier de l'Ordre du Québec.L'auteur recevra son prix (ainsi qu'une bourse de 10 000 euros) lors d'une séance de l'Académie en novembre prochain.VERSION CINÉMA Le jeune écrivain Charles Bolduc, auteur du recueil de nouvelles fort prisé Les perruches sont cuites, verra bientôt l'une de ses nouvelles adaptée pour le cinéma.« Dans le fond de la 7 vers Place d'Youville » sera rebaptisée Corps d'argile et mise en images par le réalisateur Michel Lam, cela grâce aux bons services du Conseil des arts et de la maison Laterna Films.Puisqu'il s'agit d'une nouvelle, Corps d'argile est un court métrage qui saura idéalement suivre le rythme et le souffle de l'oeuvre originale.Le court met en vedette Pierre-Luc Brillant, révélé par C.R.A.Z.Y.et plus récemment Naïm Kattan apprécié dans Ma fille, mon ange.PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE © ROMAN HH1/2 UNE PASSION INDIENNE Javier Moro Robert Lafont/Points, 436 pages Ce roman promet en sous-titre «la véritable histoire de la princesse de Kapurthala», une jeune Andalouse qui, en 1908, à l'âge de 17 ans, a épousé un maharadjah.Un destin inouï, un pays fabuleusement exotique, une toile de fond historique riche en rebondissements.Tous les ingrédients sont réunis pour clouer le lecteur à son fauteuil.On pense à De la part de la princesse morte, de Kenizé Mourad, ou à L'équilibre du monde, de Rohinton Mistry.Malheureusement, contrairement à ces deux oeuvres magistrales, quelque chose ici ne lève pas - est-ce l'écriture sans relief, le manque d'intensité dramatique?Est-ce que, une fois de plus, la traduction a altéré l'oeuvre originale?Quoi qu'il en soit, on reste fâcheusement sur son appétit et l'on se prend à sonder internet pour en savoi r plus.Mais le livre, que l'on a eu le bon goût d'enrichir de photos, vaut tout de même bien des romans de gare et a du moins le mérite de nous mettre sur la piste de cette jeune femme à la destinée hors du commun.Fabienne Couturier RÉCIT HH1/2 TROISWAGONS À BESTIAUX Zila Rennert Phébus, 269 pages Zila Rennert a traversé la Première Guerre, la Révolution russe et la Seconde Guerre.Elle a laissé derrière elle, outre son mari et bon nombre de membres de sa famille, ce récit un peu maladroit, écrit à l'intention de ses descendants, que sa fille a trouvé après sa mort et fait éditer.Certes, nous sommes loin de la poignante Suite française d'Irène Nemirovsky, loin aussi de plusieurs oeuvres plus fortes sur le même sujet.Mais Zila Rennert n'a jamais eu la prétention (ni l'intention) d'être écrivaine.Non, il faut prendre ce témoignage pour ce qu'il est: un témoignage, justement, un de plus, sur le long calvaire des Juifs d'Europe, qui avait commencé bien avant la montée du nazisme, ce qu'on a tendance à oublier.Fabienne Couturier lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll PRESSE CANADIENNE QUÉBEC\u2014Le journaliste et historien Jean-François Nadeau publie cet automne une biographie synthèse sur Pierre Bourgault (1934-2003), tribun, intellectuel, polémiste, indépendantiste et expoliticien québécois.Quatre ans après la mort de l'homme, ce livre porte un regard sans précédent sur sa vie personnelle et sa carrière.Le livre intitulé Bourgault sera publié au début septembre chez Lux Éditeur.Il a représenté trois ans de recherches et d'écritures minutieuses pour Jean-François Nadeau, lui-même historien de formation et directeur des pages culturelles du quotidien Le Devoir.«C'est le premier livre sur lui.Le tout premier.Et ça fait 650 pages.J'ai l'avantage d'être historien, et d'avoir grandi dans lemême village que Bourgault: Cookshire, dans les Cantons-de-l'Est.Ses parents habitaient exactement en facedes miens, rue Craig Sud.Donc sur les années de l'enfance, j'en mène large, très large», a raconté M.Nadeau.Il indique avoir eu accès à des témoignages et des documents que personne n'a pu avoir auparavant.On parle d'un travail de recherche monumental.Au total, M.Nadeau a réalisé 140 entrevues et passé des centaines d'heures aux archives pour peaufiner son ouvrage.«J'ai remonté ainsi, à partir des racines, le fil de sa vie.J'ai même passé trois semaines sur la Côte-Nord pour retracer sa campagne électorale de 1966 à titre de président du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN)», mentionne M.Nadeau, un passionné de la politique et de l'histoire du Québec.Il a découvert un personnage complexe, profondément sensible et fascinant en Pierre Bourgault.L'homme a été en fait marqué au fer rouge des blessures que lui a infligées une vie menée de bout en bout, jusque dans la démesure, sans compromis.«Dans la longue vague qu'a été sa vie, j'ai trouvé un homme complexe, très secret, qui ne mélangeait pas toujours la politique avec d'autres secteurs de son existence qui le fascinait.Du côté politique, toutefois, je suis le premier, je crois, à avoir documenté sérieusement la guerre qui l'opposait à René Lévesque.À cet égard, Lévesque n'est pas toujours d'une grande élégance », souligne M.Nadeau.Le livre sera en librairie le 6 septembre et le premier tirage sera de plus de 20 000 exemplaires.Une première biographie de Pierre Bourgault 3451120A En librairie 9,95 $ www.les-mordus.com Supergrille des Mordus Citations secrètes Grilles blanches Mini-supergrilles Casse-tête Mots logiques Mots croisés Grilles thématiques Mots fléchés Alphacroisés Mots-bulles Carrés magiques 3490022A LECTURES SÉRIE D'ÉTÉ Réécrire mon premier roman?Voyage plus intéressant pour moi que revisiter un roman déjà écrit et publié.Je cherche où ça commence, la première image du roman, la première idée, le premier mot.J'ai beau chercher, je ne trouve pas de moment précis : c'est partout que ça commence.Partout, et de tous les côtés à la fois.Il faut dire que ce roman n'est pas mon premier livre, il est venu après plusieurs recueils de poèmes: écrire, j'étais déjà prise avec ça.Alors si j'écrivais aujourd'hui mon premier roman, il me faudrait repasser par la poésie, de ça je suis certaine, car c'est par elle que j'ai appris à écrire.Et n'est-ce pas toujours d'apprentissage qu'il s'agit, d'expérience, de mode de connaissance?C'est aussi pourquoi, à la question posée, je pourrais répondre oui, bien sûr, si j'avais à réécrire mon premier roman maintenant, je le ferais autrement, l'expérience serait différente, je ne serais pas assise au sous-sol, le tremblement de terre de San Francisco serait remplacé par une autre catastrophe sur l'écran du téléviseur, et sous les mots, l'inquiétude serait encore plus grande\u2026.Mais je n'arrive pas à l'affirmer.Je ne sais pas.S'il y a bien une autre chose dont je suis certaine, c'est que je ne sais pas.D'ailleurs, comme l'a écrit mon ami le poète André Roy, «la seule conviction qui peut animer l'écrivain (\u2026), c'est celle de savoir qu\u2018il ne saura jamais».Car il est tourné «vers le futur du présent».Je continue cependant à feuilleter ce cahier, et puis le deuxième.Je trouve alors une image-source à la date du 24 juillet 1989 : «Entendu dans un film: Je sais enfin ce que c'est que de perdre la tête.Cet instant est à moi.Je suis libre.» Du coup, je me souviens: cette phrase m'avait presque dicté la première page de mon roman.Et voi là qu'elle m'off re maintenant une réponse presque assez dense à la question.Oui, cette phrase, je pourrais encore la jeter comme un hameçon dans la rivière, mais ce qui remonterait à la surface au bout de ma ligne serait différent, c'est certain.Le monde est différent, comme le fond des rivières.N'empêche, si j'avais à écrire mon premier roman, maintenant, je ferais exactement comme il y a 18 ans : j'attendrais le temps qu'il faut pour être prête, pour que se révèle le monde que je veux mettre en place.Puis j'irais là où seule je veux aller, et je commencerais à tisser ma toile.André Roy, J'ai toujours appris à écrire, Éditions Trois-Pistoles, 2006.ROMAN suite de la page 1 L'auteure Élise Turcotte est venue au roman par les détours de la poésie.Elle a écrit plusieurs recueils, dont La terre est ici (VLB, 1989).Et reçu de nombreux prix, dont le prix Émile-Nelligan (deux fois !), et le Grand Prix du festival international de la poésie 2002.Avec Le bruit des choses vivantes (Prix Louis-Hémon 1991), l'auteure, née à Sorel en 1957, s'est attiré un nouveau public de lecteurs qui l'ont suivie jusque dans L'île de la Merci (Leméac, 1997) et dans La maison étrangère (Prix du Gouverneur général 2003).Le 11 septembre paraîtra chez Leméac son deuxième recueil de nouvelles, Pourquoi faire une maison avec ses morts.Le roman Le bruit des choses vivantes, c'est la fabuleuse histoire d'un tout petit royaume, celui d'Albanie et de sa fille Maria, deux êtres unis par l'amour filial et leur besoin viscéral de rêver leur vie pour mieux la vivre.Chaque jour, Albanie regarde grandir Maria, 3 ans, dans l'enchantement et l'inquiétude.Alors qu'à l'extérieur, le monde semble si menaçant, entre les murs de leur appartement la mère et la fille s'inventent des voyages à travers les mots, les images, les pays imaginaires.La critique à l'époque «Le bruit des choses vivantes est un roman de charme, au sens fort, où le bonheur opère comme une magie.» - Gi l l e s Mar c o t t e d a n s L'Actualité, 1er mars 1992.«\u2026une voix nuancée, touchante de justesse, empreinte d'une simplicité émouvante.(\u2026) Une voix qui raconte le monde en le réinventant, qui sait montrer même les petites choses et révéler le secret de toute chose.» - Lucie Côté dans La Presse, 13 octobre 1991.Élise Turcotte Quelques repères PHOTO JEAN-YVES LÉTOURNEAU, ARCHIVES LA PRESSE © Élise Turcotte, photographiée en 1990.« S'il y a bien une chose dont je suis certaine, c'est que je ne sais pas.» Après une trop brève incursion dans l'écriture de télésérie, le coauteur de Cover Girl revient au roman.Avec Catastrophes, un portrait caustique et désopilant du milieu culturel québécois.MARIE CLAUDE FORTIN COLLABORATION SPÉCIALE Si une littérature qui sait se moquer d'elle-même est une littérature en santé, alors réjouissonsnous : tout va très bien, dans le petit monde des lettres québécoises.Après les coups de griffes de Patrick Brisebois dans Trépanés (L'Effet pourpre, 2000), puis les coups de gueule d'Alain Beaulieu dans La Cadillac blanche de Bernard Pivot (Québec/Amérique, 2006), entre autres exemples, voilà que Pierre Samson, auteur d'une trilogie romanesque remarquée (Le Messie de Belém, Un garçon de compagnie, Il était une fois une ville, parus aux Herbes Rouges), d'un pamphlet (Alibi, Leméac) sur le roman contemporain, et coauteur, avec Richard Blaimert, des deux saisons de la suave comédie Cover Girl, vient à son tour brasser la cage.Lepointdedépartde Catastrophes est vaudevillesque.Critique littéraire, Ivanhoé Mc Allister travaille à la pige pour une revue littéraire (Pensus) tenue artificiellement en vie par les tours de passe-passe de son propriétaire éditeur.Pour alimenter une rubrique qui vise à ressusciter des chefs-d'oeuvre injustement tombés dans l'oubli, notre héros décide de rédiger la critique d'un roman qui n'a simplement jamais existé.De toute façon, croit-il, personne ne lit ses articles.Erreur fatale.Quelqu'une les lit.Et veut en savoir plus long sur cet énigmatique Taissir Vilchis, qui aurait publié aux défuntes éditions de l'Oblivion (Saint-Jovite), en 1977, Sueurs sur le marbre.Ainsi démarre cette aventure rocambolesque qui fera plusieurs victimes.Et pas seulement sur papier\u2026 Quiconque imaginerait que Samson ait écrit ce polar littéraire pour régler ses comptes avec la critique, certains éditeurs, certains auteurs, voire l'institution littéraire au grand complet, serait pourtant bien à côté de la plaque.«Pour moi, Catastrophes est un roman léger, un roman d'été.Un roman à lire pour s'a-mu-ser!» Et on le croit sur parole.Car on s'y amuse ferme.Silence, on tourne Né sur le Plateau de Michel T remblay, ma is élevé dans Hochelaga, sur Notre-Dame, au coin de Joliette, un quartier devenu terrain vague («la ville l'a rasé pour y construire l'autoroute Ville-Marie qui ne s'est jamais rendue jusquelà! »), Pierre Samson n'avait pas publié depuis sept ans.L'écriture de la série Cover Girl, qui mettait en vedette René-Richard Cyr, Gilles Renaud et Anne-Marie Cadieux, l'occupait entièrement.«J'ai pris tellement de plaisir à écrire Cover Girl, dit-il, ça m'a réconcilié avec les dialogues.Quand la série s'est arrêtée, j'étais littéralement en manque.C'est à ce moment que je me suis remis à l'écriture de Catastrophes, que j'avais commencé quelques années auparavant, puis mis de côté.Soudain, tous les éléments se sont mis en place: ce personnage qui veut être reconnu, qui désespère de faire une différence dans son métier, et qui décide de commettre un petit mensonge innocent.Or, aussi petit soit le milieu, il y a tellement d'envie autour de lui, et de soif de pouvoir, il se rend vite compte qu'il a déclenché des forces maléfiques incroyables!» À travers l'intrigue imaginaire, des personnages réels apparaissent, venant brouiller la frontière entre la réalité et la fiction.Comme Danielle Roger, l'auteure, amie de Pierre Samson, convertie en personnage de livre.Pierre Samson, qui, comme Stéphane Bourguignon, a été scripteur pour la télé (il a collaboré à Ad Lib, Jeopardy, Salut, bonjour), et qui a pratiqué trente-six métiers (caissier dans une banque, barman, chauffeur de camion\u2026), a toujours été choyé par le milieu littéraire.Bien qu'il ne soit pas un universitaire patenté («je n'ai même pas un bac»), on l'a accueilli dans ce milieu à bras ouverts.Pour lui, l'écriture de Catastrophes est moins une dénonciation qu'une caricature d'un milieu qu'il observe depuis longtemps, sourire en coin.Au fil des pages, se dessine un petit monde fait de maîtres ès demandes de subventions, d'éditeurs qui sont aussi diffuseurs, distributeurs, experts en marketing.D'écrivains qui ont l'ego plus grand que le talent.Et de faiseurs d'images allergiques aux livres.Cynique, Pierre Samson?«Je dirais plutôt \"caustique\", rétorque ce grand lecteur de Nabokov, de Zola et de Calvino.Ce que je critique, c'est moins le milieu littéraire que la vision de la société québécoise face à la culture et la littérature.» Et pour ce faire, il a recours à un procédé qui a fait ses preuves: la démonstration par l'absurde.Un exemple?«Dans son rêve, Bertillon prend en otage le directeur de la programmation d'une chaîne télé et lui dit qu'il a un projet, ou, plutôt, un concept d'émission à lui proposer: une émission sur la vie animale conçue, structurée, dirigée et animée par, voyons, Madeleine Gagnon et François Charron.Les deux poètes visitent un pet shop, la SPCA, un salon de toilettage, voire l'Aquarium de Québec s'il existe encore.Ça s'intitule Dans la litière.Une mine d'informations passées au tamis vulgarisateur.Vous savez comment il finit ce cauchemar?Le directeur me croit atteint de delirium tremens: qui oserait mettre un sujet si sérieux entre les mains de tels ignorants en la matière?» « Se reconnaîtra bien qui peut!», comme l'écrit l'éditeur en quatrième de couverture.Roman à clés?À «clin d'yeux», plutôt.«Pour moi, Catastrophes est un divertissement, répète l'auteur.Une histoire pour se laisser emporter, avec des personnages un peu fous, disproportionnés.Au fond, c'est de l'autodérision.Car je me connais, j'aurais cette tendance (et je ne serais pas le premier écrivain!) à croire que je suis un incompris.Il faut faire attention, rester serein, et faire son travail, tout simplement.» Son prochain roman sera encore très différent du précédent.Une fresque, cette fois, qui aura pour cadre l'Hochelaga de son enfance.Et pour personnages, des habitants du quartier qui l'a vu grandir.Le grand roman hochelagien?«Je ne sais pas, rit-il, mais pour l'instant j'ai déjà près de 400 pages d'écrites.Et je compte en faire le double!» «Pour moi, conclut Samson, écrire, c'est un cheminement.Je suis comme un bûcheron dans la forêt de la littérature.J'avance, avec ma hache, et je fais mon chemin.J'abats des arbres.Je ne sais pas où ça va me mener.Mais j'avance.L'important, pour moi, c'est de créer, et de ne pas se répéter.» HHH1/2 CATASTROPHES Pierre Samson Les Herbes Rouges / roman, 2007, 217 pages.ENTREVUE / Pierre Samson Le bal des ego PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE © Le point de départ de Catastrophes, le plus récent roman de Pierre Samson, est vaudevillesque.Cynique, Pierre Samson?«Je dirais plutôt \"caustique\", rétorque ce grand lecteur de Nabokov, de Zola et de Calvino.Ce que je critique, c'est moins le milieu littéraire que la vision de la société québécoise face à la culture et la littérature.» EN KIOSQUE DÈS MAINTENANT scrapbooking Faites le plein d'idées FILL227P ARTS ET SPECTACLES LINDA CORBO LE NOUVELLISTE SHAWINIGAN \u2014 Le spectacle multimédia est amusant, la comédie fantaisiste est tout à fait familiale, ce qui n'est certes pas à dédaigner pour une production estivale, et la distribution est aussi généreuse que belle à voir évoluer.En une seule soirée, Eclyps a fait oublier le Kosmogonia des dernières années à la Cité de l'énergie.Rares sont les occasions où l'on peut affirmer aussi clairement que le rendez-vous est sûr et qu'il deviendra vite un incontournable dans la région, mais aussi au Québec.Dans les décors naturels qui encerclent l'amphithéâtre extérieur tournant et au coeur d'une scénographie qui offre plusieurs effets visuels et pyrotechniques, les comédiens, danseurs et acrobates peuvent déployer leur art sous toutes ses formes, et s'éclater drôlement.Mardi dernier, soir de première et, inévitablement, de grand trac, la magie a opéré illico.Du haut de ses échasses, au fil des six dernières années, tandis qu'il incarnait le personnage du Temps au sein de Kosmogonia, l'auteur Bryan Perro a manifestement sondé le terrain et saisi judicieusement ce que le public attend des belles soirées estivales.Perro a évité tous les pièges de la production précédente en imaginant, cette fois, un univers ludique, drôle, éclatant et ingénieux.Les Sélénites Eclyps nous entraîne dans l'univers sympathique des Sélénites, peuple de la Lune.Pour assurer leur survie, ils doivent compter sur la foi des Terriens en leur existence.Or, lorsque cette croyance s'effrite sur Terre, jusqu'à ne plus se retrouver que dans le coeur d'un petit garçon (Sacha Larocque), il y a péril en la demeure.Par conséquent, au moment où le doute commence à s'installer chez le gamin, les Sélénites chercheront le moyen d'aller le rejoindre et de le convaincre.À défaut de réussir, la Lune s'éclipsera dans 29 jours, annonce-t-on en tout début de spectacle.Pour inciter l'un des Sélénites à risquer l'aventure périlleuse, le gouvernant des lieux (Martin Larocque en projections vidéos) promet la main de sa tendre fille, une princesse pour le moins imposante et qui est loin d'incarner le charme.Affublée d'un accoutrement volontairement ridicule, la comédienne Renée Houle y est suave jusque dans le ton de voix emprunté, exploitant avec un dosage réussi tout le potentiel comique des situations.Même choix heureux pour le personnage du narrateur, incarné par un Jean Laprise qui semble se fondre dans toutes les époques, voire toutes les planètes.Avec son profil de grand sage, sa gestuelle leste, sa voix paisible et sa tenue réservée, le comédien trifluvien épouse cet univers avec prestance, ajoutant un aspect poétique à la trame autrement plus éclatée du spectacle.Habiles trouvailles Enfin, le scénario, un peu naïf et saupoudré d'humour, a surtout le grand avantage d'ouvrir la porte à toute une batterie de possibilités, dont le metteur en scène, Martin Larocque, a su tirer profit.Ses trouvailles sont aussi nombreuses qu'habiles: élans festifs et attitudes souvent clownesques d'acrobates colorés et enjoués ; quelques bribes poétiques en forêt pour évoquer la création des étoiles, avec manoeuvres sur tissus; danses africaines énergiques pour alimenter le moteur à ions positifs servant à mouvoir la soucoupe volante; projections efficaces pour donner du caractère à l'usine des Sélénites ; et, enfin, superbe tableau qui nous ramène à Shawinigan, en 1953, avec acrobates en folie.Quand s'ajoutent le feu, les artifices et autres petites surprises, la beauté des lieux en est encore rehaussée.Belle ingéniosité aussi du côté musical avec une trame ravissante, signée Patrice Moïse.Ses pièces servent aussi bien un rock'n'roll festif qu'une musique plus langoureuse, honorée par un couple de chorégraphes qui exécutent une danse de l'attraction à vous donner quelques frissons.Quelques pépins techniques rencontrés le soir de la première - un micro déficient en début de soirée, un atterrissage de soucoupe volante laborieux, un effet visuel raté et quelques petites longueurs ici et là - ne sont pas parvenus à ternir un tableau d'ensemble séduisant.Au contraire, on se surprend à sourire en imaginant la suite des choses.Déjà féconde, la production ne peut que se bonifier au fil des prochaines semaines, et des prochaines années.La Cité de l'énergie tient dans son âtre un spectacle qui n'est pas prêt de s'éclipser.Jusqu'au 25 août, ce conte pour tous est offert du mardi au samedi inclusivement, au coucher du soleil.Spectacle multimédia à la Cité de l'énergie Eclyps fait oublier Kosmogonia PHOTO FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE La voici, l'imposante princesse sortie de l'imagination de Bryan Perro et incarnée par une Renée Houle suave.PHOTO FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE Entre deux tableaux aux rythmes plus vifs se glisse une danse langoureuse, tout à fait magnifique.Le scénario, un peu naïf et saupoudré d'humour, a surtout le grand avantage d'ouvrir la porte à toute une batterie de possibilités, dont le metteur en scène, Martin Larocque, a su tirer profit.31 Juillet, 20h Théâtre Maisonneuve, PdA les événements RENSEIGNEMENTS INFO-FRANCOS 514 876-8989 1 888 444-9114 francofolies.com Billets BILLETTERIE CENTRALE En personne au Spectrum de Montréal 318, rue Sainte-Catherine Ouest PLACE DES ARTS 514 842-2112 pda.qc.ca 514 790-1245 admission.com BÉNÉFICIEZ D'AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RÉCOMPENSES VISA DESJARDINS AU 1 877 BILLETS Acoustique ANNIE VILLENEUVE 13 MUSICIENS SURSCÈN E avec invités spéciaux Antoine Gratton, Laurence Jalbert, Marc-André Fortin, Suzie Villeneuve et plusieurs autres. ARTS ET SPECTACLES VOTRE SOIRÉE DE TÉLÉVISION DIMANCHE 15 JUILLET Le Téléjournal Découverte / L'Europe sauvage - L'englaciation du continent (2/4) .Laflaque / Edmond est inventeur.Pleins Feux / Les Acoustiques - Les Respectables L'Odyssée de l'espèce / Les Préhumains (1/3) Le Téléjournal Zone Doc / L'homme de cuivre, Vic Vogel Le TVA 18 heures L'École des fans / Jean- François Brault Bête et Surdouée Juste pour rire en direct / Jean- Marc Parent Tout pour toi CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR (5) É.-U.1998.Drame à d'espionnage avec Ralph Fiennes.\\ Deux agents secrets britanniques luttent contre un mégalomane qui menace de congeler l'Angleterre.Juste pour rire en direct / Jean- Marc Parent Rire et Délire PAS ENCORE UN FILM D'ADOS (6) É.-U.2001.Comédie satirique de J.Gallen avec Chyler Leigh.\\ Largué par sa copine, un étudiant populaire fait le pari de transformer une consoeur peu sociable en reine de bal.NOUS ÉTIONS SOLDATS (4) É.-U.2002.Drame de guerre de Randall Wallace avec Mel Gibson, Sam Elliott et Barry Pepper.\\ En 1965, un officier américain prend la tête d'un bataillon dans la première attaque héliportée contre les Nord-Vietnamiens.Macaroni tout garni Les nouvelles aventures de Lucky Luke Belle et Bum / Andrée Watters, le groupe Ouanani, Laurence Jalbert Docs Plus / Barbiers: une histoire d'hommes THE WAR ZONE (3) avec Ray Winstone, Lara Belmont (22:29) VIRGINIA'S RUN (5) (17:00) Just for Laughs Soccer / FIFA U-20 World Cup - Quarts de finale: Argentine - Mexique Sunday Night Soccer CTV News E.Spotlight Degrassi.Instant Star Corner Gas Robson Arms Cold Case Law & Order: SVU News House & Home Global National The Simpsons / Deux épisodes Big Brother Family Guy American Dad Brothers & Sisters Driving TV ABC News Ebert & Roeper America's Funniest Home Videos Extreme Makeover: Home Edition Desperate Housewives Alias News CBS News 60 Minutes Big Brother Cold Case Without a Trace News NBC News Dateline NBC Law & Order Law & Order: SVU BBC News Foreign.An Ice Cream Show Nature / Kalahari (2/2) Mystery! / Miss Marple: Towards Zero Life BBC News Last.Wine Office Gossip Globe Trekker / Madagascar Nature / Deep Jungle (2/3) Expose .Swimming Criss Angel Mindfreak / Six émissions (17:00) Dog the Bounty Hunter Gene Simmons Family Jewels / Quatre émissions The First 48 Vive les mariés! Pour l'amour du country Viens voir./ Michel Côté Toute une soirée avec des amoureux de la mer LE GRAND BLEU (4) The Lowdown on Lowbroy Arts & Minds Annie.Beyond Words RED DRAGON (4) avec Edward Norton, Anthony Hopkins Claudine Mercier Les enfants vedettes du rock Docu-d / Venezuela Dossiers FBI / Projets secrets Détectives LE FLIC DE BEVERLY HILLS 2 RIEN NE SERT DE COURIR QUELQUES ARPENTS DE NEIGE Myth Busters / Confederate.101 Things Removed from.Myth Busters / 22,000 Foot Fall Discovery Presents / Secrets of Egypt's Lost Queen 101 Things Hakuna Matata Tour de France 2007 Passeport pour la gourmandise Village.(17:39) Flight 29.That's so Raven Zoey (19:25) Life.(19:51) Life.(20:38) MR.MAGOO (6) avec Leslie Nielsen, Kelly Lynch Movie.SIX.(22:46) The Game .Hates Chris THE LOST WORLD: JURASSIC PARK 2 (4) avec Jeff Goldblum, Julianne Moore Reba / Deux épisodes Supernatural Opération Survie Pare-chocs à pare-chocs À la conquête de l'espace JAG Café: histoire de conquête .de trains Challenger: Disaster (17:00) Junking the Shuttle Falling Star - Columbia APOLLO 13 (4) avec Tom Hanks, Kevin Bacon Les 101 diètes extrêmes Chute libre Liaison.Va à Granby L'Index.Génération 90 Musicogra./ Chloé Sainte-Marie Acoustiques Top5.anglo Top5.franco Presque.Flambant.Bienvenue chez les Barker Tatoués Exposé La Prochaine Pussycat Doll Le Gros Show Noir de monde Luso Montreal Extreme Makeover: Home Edition Polonia In Montreal Bangla TV Paysage.Teleritmo Vivre ici Rodger Brulotte Le Monde Planète Prise Découverte / L'Europe sauvage Le Téléjournal Les ratés de Bagdad Le Téléjournal L.A.Enquêtes prioritaires Les yeux d'Angela Sans laisser de trace Six pieds sous terre Nip/Tuck JOSÉPHINE.STORMBREAKER: LES AVENTURES D'ALEX RIDER (18:25) LIFE SUPPORT RENCONTRE FATALE (21:35) Regenesis SWARM avec Jessalyn Gilsig, Antonio Sabato Jr.Park Boys Billable Hours The Riches Boys (23:04) Marmitons 1er Emploi Panorama Cinquième.Canadian Geographic présente LES MISÉRABLES: LES THÉNARDIER (4) Profils École, cirque Little People, Big World / Huit émissions (17:00) SCOOY DOO.(17:00) Kappa Mikey Di-Gata.L'Île des défis Futurama Les Simpson Boondocks South Park Décalés.Les Simpson .(17:30) Journal FR2 Passe-moi les jumelles Goran Bregovic - Jazz 2006 Palaces.Musiques au coeur / Sénèque.Jrnl (23:10) Oui, je le veux! .simplement César.Dre Nadia Si un rêve.L'espace.30 Jours / Musulmans.Quand la vie est un combat Adoption Sans filtre Vert tendre .pour rire Bourlingueurs Livre Show Ici et là Baromètre Parole et Vie .pour rire Hannah Montana Frank vs Girard / Quatre émissions Tête première / Deux émissions Degrassi Junior High Réal-TV Techno marine Autopsie d'un désastre Les Stupéfiants Délire techno ROBOTS EN ALERTE (6) avec Don Michael Paul NASCAR Coupe Nextel (16:00) Sports 30 Golf PGA / Classique John Deere - dernière ronde Sports 30 Jeux extrêmes d'été 2006 Baseball / Cardinals - Phillies Sportsnet.Jays Connected Week Baseball Chris Myers Sportsnet.2007 NASCAR Nextel Cup Auto Racing (15:00) Boxing / Allan Green - Darryl Woods 2007 ESPY Awards Sportscentre 556 \u2014 67 180 \u2014 201 137 \u2014 \u2014 \u2014 9 9 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 BEV VD VDO 18 h 00 18 h 30 19 h 00 19 h 30 20 h 00 20 h 30 21 h 00 21 h 30 22 h 00 22 h 30 23 h 00 BEV VD VDO CBC CTV-M GBL-Q ABC CBS NBC PBS-P PBS-B A & E ARTV BRAV CD CinéPOP DISC EV FC FOX HI HIST MMAX MP MTL RDI S+ SE SHOW TFO TLC TTF TV5 VIE VOX VRAK RDS SPN TSN SRC TVA TQS TQc CLAUDE GINGRAS CRITIQUE Alain Lefèvre a reçu le traitement royal au Festival de Lanaudière.Comme quoi un vendredi 13 n'est pas nécessairement synonyme de malchance ! «Porte-parole» du Festival qui l'ignora pendant tant d'années, notre pianiste le plus «people» est devenu l'un des rares récitalistes à se voir ouvrir pour lui seul l'Amphithéâtre (lui et quelques auditeurs placés à ses côtés).Et on lui laissait carte blanche pour le programme.Par ailleurs, son récital, en plus d'être enregistré pour la radio, était magnifié sur écran géant.Les mains courant en plongée sur le clavier, le visage inspiré, les yeux fermés, les deux bras en l'air à la fin d'une pièce: partout, du Lefèvre multiplié par 10.La formule a déplu à certains esthètes (qui n'avaient qu'à ignorer les images, comme ils peuvent ignorer les surtitres à l'opéra!), mais elle a été fort appréciée des spectateurs placés sur la pelouse et sur les hauteurs.Une sorte de grande fête, donc, suivie d'une ovation à tout casser.Ce programme «carte blanche», Lefèvre l'avait établi avec goût et originalité, deux qualités qu'il sait avoir.Avant même le début du Festival, il avait remplacé les Schumann annoncés par trois sonates de Padre Soler, le moinecompositeur et continuateur de Scarlatti.Sans chercher à imiter le clavecin, Lefèvre apporte à cette musique toutes les ressources du piano moderne, la dramatise même, et y déploie une technique d'une déconcertante facilité.Des «Drei Klavierstücke » («Trois Pièces pour piano») que Schubert composa quelques mois avant sa mort, la dernière est assez tapageuse et Lefèvre y cabotine un peu.Retenons plutôt les deux premières, pages de grande confidence qu'il livra presque à la perfection, variant délicatement les reprises, conservant partout une totale concentration et y entraînant l'auditeur, et ce malgré les retardataires et les oiseaux qui chantaient dans les arbres.Passionné de Rachmaninov autant que de Schubert - chose très rare -, Lefèvre consacra ensuite près de trois quarts d'heure aux neuf «Études-Tableaux» op.39.Mémoriser ces milliers de notes et en traduire avec autant de force et de nuances la richesse quasi orchestrale et l'atmosphère sont, en soi, des exploits.Cette musique reste, pour moi, assez vide, mais j'admire sans réserves le zèle du pianiste, qui s'y donne corps et âme.Le froid et l'humidité commencent à affecter l'aigu du piano.Les représentants de Yamaha, présents parmi les 3 000 auditeurs, auront sans doute pris note.Lefèvre termine sur la «Toccata» de Prokofiev.Tempo un peu lent, plusieurs fautes de frappe.C'est de trop, comme le petit rappel où - problème de micro - on n'a pas bien compris de quel «père» il parlait.ALAIN LEFÈVRE, pianiste.Vendredi soir, Amphithéâtre de Lanaudière.Dans le cadre du 30e Festival de Lanaudière.(Radiodiffusion: Radio-Canada, 17 juillet, 20h.) Programme: Trois Sonates - Soler «Drei Klavierstücke » D.946 (1828) - Schubert «Études-Tableaux» op.39 (1916-17) - Rachmaninov «Toccata» op.11 (1912) - Prokofiev FESTIVAL DE LANAUDIÈRE La fête d'Alain Lefèvre JEAN BEAUNOYER CRITIQUE La troupe Exalta, qui présente une créationdu jeune Québécois Jonathan Charbonneau à la sal le l'Opale de Saint-Lin- Laurentides, a misé sur l'humour cette année.Une chance qu'on s'aime est une comédie d'été qui fait beaucoup rire en s'inspirant des relations de couples de deux générations.Un jeune couple en di f ficulté, François et Julie, interprétés par Marie-Ève Larivière et Pierre-Michel Le Breton, demande l'aide d'un couple plus expérimenté, Ginette et Gilles, joués par Johanne Fontaine et Yvan Benoit.Les deux hommes travaillent à la même usine et ignorent que leurs femmes se connaissent et s'entraînent ensemble au même centre de conditionnement physique.François se confie à son aîné Gilles, à l'heure du lunch, et lui demande comment améliorer son couple qui n'est plus ce qu'il était au début de son mariage.Gilles, macho vieux jeu, lui enseigne à ne pas parler pour sauver son ménage et à toujours être d'accord avec tout ce que sa femme dit.Pendant ce temps, Ginette conseille à la jeune Julie d'améliorer la communication pour sauver sa vie de couple.Le problème, c'est que ça ne fonctionne manifestement pas.Les événements se précipitent en deuxième partie du spectacle quand Gilles invite le jeune François à la maison en compagnie de sa femme pour un grand souper entre amis.Le repas de Ginette brûle dans le four, on commande de la pizza, on boit beaucoup et on f init pa r se dire ses quatre vérités.Tordante d'un bout à l'autre, cette comédie authentiquement québécoise ressemble par son style et ses répliques aux Voisins de Claude Meunier.Un portrait pas particulièrement flatteur d'une société inculte, incapable d'exprimer des sentiments et des idées en plus de n'avoir aucunes manières à table et d'ignorer les règles élémentaires de la politesse.Pas grave parce que c'est très drôle et que ça concerne les autres , jamais nous.J'aime bien le travail du metteur en scène Denis Brassard qui dirige fort bien les comédiens, mais j 'ai moins aimé la scénographie de la pièce et le décor limité à sa plus simple expression.Lorsqu'il faut imaginer la vie de deux couples, un cent re d'ent ra î nement et une usine dans le même salon, c'est beaucoup demander aux spectateurs.D'autant plus que l'éclairage ne supporte pas suffisamment les changements de scène et que les effets sonores ne sont pas très pertinents.Heureusement que les répliques de l'auteur sont souvent incisives, déroutantes et drôles et que les comédiens sont efficaces et jouent en harmonie.Et finalement, c'est le rire qui l'emporte.Une chance qu'on s'aime de Jonathan Charbonneau est présentée à la salle l'Opale à Saint- Lin-Laurentides, les vendredis et samedis à 20h30 jusqu'au 25 août.Réservations au 514-522-4221.THÉÂTRED'ÉTÉ / Une chance qu'on s'aime Rions en couple PHOTO BAPTISTE GRISON, FESTIVAL INTERNATIONAL DE LAUNAUDIÈRE Alain Lefèvre au piano vendredi soir à l'Amphithéâtre de Lanaudière.Tordante d'un bout à l'autre, cette comédie authentiquement québécoise ressemble par son style et ses répliques aux Voisins de Claude Meunier.maintenant interactif sur cyberpresse.ca Suivez LE TOUR DE FRANCE en direct et en exclusivité sur À compter de 8 h 30 tous les jours.En rediffusion tous les soirs dès 19 h 00.www.canalevasion.com Ne manquez pas la capsule vidéo quotidienne du TOUR DE FRANCE sur 3491719A ARTS ET SPECTACLES PRESSE CANADIENNE SHAWINIGAN \u2014 La ministre de la Culture et des Communications, Christine Saint-Pierre, interviendra dans le litige qui oppose des artistes privés de 115 000$ de cachets par l'ancienne administration du Festival de théâtre de rue de Shawinigan.À la suite de la 10e présentation de cet événement, une vingtaine de troupes, dont quelques-unes d'Europe, n'ont reçu qu'une partie de leurs cachets.Certaines n'ont même pas été payées.La créance totale s'élève à 115 000$.Même si aucune date n'est encore fixée, le bureau de la ministre a confirmé qu'une rencontre sera organisée au cours des prochaines semaines.La porte-parole du groupe d'artistes, Marie-Hélène Côté, est convaincue que Québec est disposé à verser une certaine somme d'argent.Elle a même prétendu avoir obtenu une confirmation en ce sens.L'attachée de presse de Mme Saint-Pierre, Nathalie Gélinas, ne veut pas aller aussi loin pour le moment, mais elle convient qu'il faut trouver une solution à cette situation plutôt inconfortable.«Nous voulons rassembler les gens du Conseil des arts et des lettres, des représentants du Ministère et les artistes autour d'une même table, a-t-elle expliqué.On doit trouver un moment pour réunir tous ces gens.» L'actuelle directrice du Rendez-vous des arts de la rue, Léna Sauvageau, a déjà tendu la main aux artistes en proposant 50% de leur dû à des troupes québécoises, ce qui avoisinerait les 22 000$.Elle proposait de verser ce dédommagement sur trois ans, mais son offre a été refusée.Les artistes d'ici veulent demeurer solidaires avec ceux de l'étranger.«Je ne peux pas dire encore quelle forme prendra l'aide du Ministère, a ajouté prudemment Mme Gélinas.C'est certain qu'il y a une volonté de voir de quelle façon nous pourrions les aider.» Même souci du côté de Carl Allen, directeur des relations publiques au Conseil des arts et des lettres du Québec.«Nous sommes sensibles aux préoccupations des artistes, a-t-il assuré.Nous allons voir la meilleure façon de les soutenir.» L'attachée de presse de la ministre présume que la Ville de Shawinigan «devra aussi faire partie du processus», mais la mairesse, Lise Landry, mentionne qu'elle n'a toujours pas reçu d'invitation pour une telle rencontre.FESTIVAL DE THÉÂTRE DE RUE DE SHAWINIGAN La ministre cherche une solution Diffuseur officiel TOUS LES DÉTAILS DISPONIBLES AU WWW.LANAUDIERE.ORG BILLETTERIE ET PROGRAMME DE SAISON : 1 800 561-4343 KENT NAGANO ET L'ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL DEUX CONCERTS À L'AMPHITHÉÂTRE DE JOLIETTE 3E SYMPHONIE DE MAHLER, UN HYMNE À LA NATURE Samedi 21 juillet / 20 h OPÉRA EUGÈNE ONÉGUINE DE TCHAÏKOVSKI Samedi 4 août / 19 h Écoutez Kent Nagano présenter ses concerts au www.lanaudiere.org CONCERT CONCERT TOURBILLON DE VALSES VIENNOISES Dimanche 15 juillet / 14 h Amphithéâtre de Joliette SINFONIA DE LANAUDIÈRE Stéphane LAFOREST, direction J.STRAUSS II : Le beau Danube bleu; Tonnerre et éclairs (Polka) ; Les voix du printemps; Roses du sud MACDONALD : Symphonie no 2, « La grande vague » (création) CONCERT DU CHARME À LA GUITARE Lundi 16 juillet / 20 h Église de la Purification à Repentigny Jérôme DUCHARME, guitare Premier Prix du Concours International de la prestigieuse Guitar Foundation of America OEuvres de MILÁN, MORENO TORROBA, HÉTU, TURINA, MANÉN et RODRIGO MUSICA INTIMA - UN TEMPLE DE BEAUTÉ Mardi 17 juillet / 20 h Église de Saint-Paul ENSEMBLE VOCAL MUSICA INTIMA Salué par The National Post et Classics Today comme l'un des meilleurs ensembles vocaux d'Amérique du Nord.OEuvres de POULENC, ELGAR, VIVIER, CHATMAN BEETHOVEN : L'INTÉGRALE DES SYMPHONIES SUR UN WEEK-END À L'AMPHITHÉÂTRE DE JOLIETTE DIE DEUTSCHE KAMMERPHILHARMONIE BREMEN PAAVO JÄRVI, direction Vendredi 27 juillet / 20 h Symphonies no 1, no 2 et no 3 « Eroica » Samedi 28 juillet / 15 h Symphonies no 4 et no 5 Samedi 28 juillet / 20 h Symphonies no 6 « Pastorale » et no 7 Dimanche 29 juillet / 19 h Symphonies no 8 et no 9 « Ode à la joie » CONCERT RABAIS DE 15 % POUR L'ACHAT DES 4 CONCERTS CONCERTS JEAN-SÉBASTIEN ROY, PRIX D'EUROPE 2006 Mardi 24 juillet / 20 h Sainte-Émélie-de-l'Énergie Jean-Sébastien ROY, violon Jean SAULNIER, piano Récipiendaire en 2006 du prestigieux Prix d'Europe et lauréat du Concours Musical International de Montréal BEETHOVEN : Sonate « Le printemps »; MESSIAEN : Thème et variations; FRANCK : Sonate en la majeur MARCO CALLIARI VIVA LA CHANSON ITALIENNE! Dimanche 22 juillet / 14 h Amphithéâtre de Joliette Marco CALLIARI, accompagné de ses musiciens Chansons italiennes extraites du disque « Mia dolce vita » CONCERT PAUL LEWIS - TROIS DERNIÈRES SONATES DE BEETHOVEN Jeudi 26 juillet / 20 h Église de L'Assomption « Un beethovénien susceptible de rejoindre les plus grands.» (La Presse) BEETHOVEN : Sonates op.109, op.110 et op.111 MOMENTS FORTS DE LA SAISON 30eanniversaire 3488995A Pour les cinémas et les horaires, veuillez consulter la page Horaires des Cinémas ou www.ratatouille.com ©Disney/Pixar LA COMÉDIE NO1 AU CANADA 2 SEMAINES DE SUITE! (Version française) 3496280A 3490982A «Version française de \u2039FANTASTIC FOUR: RISE OF THE SILVER SURFER\u203a» «EXTRAORDINAIRE.» «ÉBLOUISSANT.» NICK LaSALLE SCOTT BOWLES À L'AFFICHE Consultez les guides-horaires ou visitez les sites web suivants: Cineplex.com Cinemas Guzzo.com Cinemas Fortune.ca cinentreprise.com enprimeur.ca Joe Morgenstern À L'AFFICHE Consultez les guides-horaires ou visitez les sites web suivants: Cineplex.com Cinemas Guzzo.com Cinemas Fortune.ca cinentreprise.com enprimeur.ca «Version française de \u2039LIVE FREE OR DIE HARD\u203a» www.vislibreoucreve.com LE FILM LE PLUS APPRÉCIÉ DE L'ÉTÉ! «INTELLIGENT.FORMIDABLE DIVERTISSEMENT.» «LE MEILLEUR DE LA SÉRIE.Mick La Salle Richard Roeper and Katherine Tulich, Guest Critic «DEUX FOIS BRAVO.» ® 3496449A CELEBRITES.MADELEINE SOUCY ET JEAN-MARIE PARISE Joyeux 50e anniversaire de mariage! On vous aime! Roch, Line, Patrick, Caroline, Camille, Jeremie, Felix, Elie, Maelle.DIANE PELLETIER ET MARIO JACQUES Felicitations chers parents pour votre 25e anniversaire de mariage Stephane, Genevieve, Philippe.LOUIS RODRIGUE Felicitations pour ta medaille du Gouverneur General! Nous sommes vraiment tres fiers de Toi! Ta Famille FRANCOISE ET JACQUES MARTIN Felicitations Ils ont celebre leur 60e anniversaire de mariage le 14 juin 2007 De leurs enfants, petits-enfants et arriere-petit-fils CLAUDE LAPOINTE ET MARCELLE DESAULNIERS FELICITATIONS pour leur 30e anniversaire de mariage, le 16 juillet De vos deux filles Andreanne et Claudia qui vous aiment beaucoup.ANDREA JEAN ET ROLAND PETIT 50e anniversaire de mariage ¡V 20 juillet 2007 Toutes ces annees remplies de bonheur font de vous un couple merveilleux.Et avoir la chance de vous avoir comme parents est le plus beau present que la vie nous ait donne.Diane et Lorraine RITA RENE ET ADRIEN FORTIER 50 ANS DE MARIAGE FELICITATIONS! Le 13 juillet 1957, vous unissiez vos destinees a Plessisville.BRAVO! Vos fils Marc et Sylvain FRANCOIS GELINAS Felicitations Francois pour la reussite de ta maitrise en gestion de projet, profil professionnel, UQAM Bonne chance! Tes parents Jacques et Therese DANIELLE PLANTE Felicitations medaillee d'argent au championnat canadien de cyclisme en Beauce au CLM 40 ans + Nous sommes fiers de toi : ta mere Nicole, Robert ton mari et tes filles Dominique, Andree et Laurence Dufour.Un merci special a Andre Bouchard son entraineur.JULES ET LOUISE GRAVEL Felicitations pour votre 35e anniversaire de mariage Mathieu, Justin, Marjolaine, Jeremie et Emilie VOUS AVEZ UN EVENEMENT A CELEBRER ?tous les dimanches dans La Presse Composez le (514) 285-7274 appels interurbains (sans frais) 1 866 987-8363 CELEB_15-07-07 ANDRE ET MARIE-PAULE LACHAPELLE 18 juillet 1957-2007 Felicitations pour ces 50 ans d'amour que vous avez si bien su partager avec vos enfants, petits-enfants et amis.BILLETS / INFO : TICKETPRO 1-866-908-9090 www.fass.ca DU 2 AU 11 AOUT LA MUSIQUE ! ALAIN LEFEVRE Eglise de Saint-Sauveur Samedi 4 aout VIVA VOCE Eglise de Saint-Sauveur L'art de la fugue Lundi 6 aout BACH AND BEYOND! Vendredi 10 aout LA DANSE ! MOMIX DE NEW YORK Premiere canadienne de Lunar Sea Joyeuse, fantastique, magique.- New York Times 2 et 3 aout LES BALLETS JAZZ DE MONTREAL (bjm_danse) avec RUBBERBANDANCE A ne pas manquer.Samedi 4 aout CARMEN! La romance et la passion Alberta Ballet 9 et 11 aout Momix: ¡§Incroyable pour les yeux et rocambolesque pour l'esprit!¡¨ 3494497A ARTS ET SPECTACLES SPECTACLES C L A S S IQUE FESTIVAL DE LANAUDIERE ƪ AMPHITHEATRE Sinfonia de Lanaudiere.Dir.Stephane Laforest.Strauss: 14h.FESTIVAL DE LACHINE Entree libre) ƪ PAVILLON DE L'ENTREPOT Trio Crow-Mc Nabney-Haimovitz: 20h.BASILIQUE NOTREƪDAME Olivier Latry, organiste.Sinfonia (Bach-Dupre), Marche (Widor), Choral no 3 (Franck), Priere (Alkan), Symphonie no 3 (Vierne), improvisation: 19h.VA R I E T E S CABARET DU CASINO DE MONTREAL Flower Power: 20h30.CASA DEL POPOLO Preach + Black Bird + Epsi: 21h.FOUFOUNES ELECTRIQUES Madball, Death Before Dishonor, Outbreak, Try to win: 21h.kOLA NOTE Ousmane Toure: 20h30.METROPOLIS The Cat Empire: 20h.PETIT CAFE CAMPUS The Acousticolics: 20h30.SALA ROSSA LA) Head and Hands .Sense Project.Benefit feat: 20h.THEATRE DE VERDURE ƪ PARC LAFONTAINE Musiques et traditions du monde: 20h30."]
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