La presse, 21 janvier 2001, B. Lectures - Arts et Spectacles
[" 7LP0101B0121 b1 lect21 7LP0101B0121 ZALLCALL 67 00:43:53 01/21/01 B fill70 7LP0201B0121 b2 lect21 7LP0201B0121 ZALLCALL 67 00:39:13 01/21/01 B B2 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 2 1 JANVIER 2001 TOURMENTE Suite de la page B1 BEAUX LIVRES Le Paris le plus beau, comme si vous y étiez Bien décidé à mener à terme cette entreprise Ð enfin intitulée La Fortune des armes Ð, NiL récidive: en plus de ressortir le premier volume sous un nouveau titre (La Fortune dissipée), il publie Les Montagnes de Thessalie qui narre les tribulations des Pringle à Athènes, et il annonce aussi Les Vents du désert, début de la «trilogie du Levant» qui se déroule, elle, en Égypte.Bravo! mais.Car il y a malheureusement un mais.La version que NiL nous offre a été traduite (plutôt bien) et adaptée par Michèle Lévy-Bram.Vous avez bien lu, adaptée! En clair, cela veut dire l'ajout d'exergues et de transitions absentes de l'original et, beaucoup plus grave, des coupures.Un mot, un bout de phrase par ci, des paragraphes entiers par là.Une rapide estimation statistique indique que The Balkan Trilogy compte une bonne centaine de pages de plus (!) que sa version française adaptée en deux volumes.Outre l'éthique douteuse d'un tel procédé, il faut en souligner tout l'arbitraire: ont été ainsi coupées aussi bien des descriptions géographiques et historiques que des réflexions intérieures de Harriet Pringle, essentiels pourtant à la compréhension de l'évolution de ce personnage.On appréhende de voir ce qui restera, une fois les ciseaux passés, des batailles dans le désert, des promenades et des soirées mondaines qui abondent dans The Levant Trilogy.Estce pour cela qu'au quatrième de couverture, NiL s'obstine à qualifier fautivement La Fortune des armes de trilogie, sans référence aucune aux six romans qui la constituent originellement?Cet amateurisme, voire ce mercantilisme philistin, m'enrage vraiment.Le lecteur non averti, lui, ne boudera sûrement pas son plaisir.Dans la mouvance britannique Que les ténors de l'édition française aient ignoré si longtemps Olivia Manning paraît incompréhensible.Cette oeuvre s'inscrit parfaitement dans la mouvance littéraire britannique des années 50, 60 et 70 qui vit de grandes suites romanesques (pour la plupart traduites) célébrer avec verve mordante ou lyrisme nostalgique les derniers feux de l'Empire, que ce soit l'armée avec Evelyn Waugh et sa Sword of Honour Trilogy (Officiers et Gentlemen), les colonies avec Paul Scott et son Raj Quartet, Anthony Burgess et sa «trilogie malaise» (The Long Day Wanes), la société anglaise avec Anthony Powell et les quatre trilogies de A Dance to the Music of Time (La Ronde de la musique du temps), sans oublier le Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durrell (bien que Manning récuse l'exotisme effréné de celui-ci).Concédons que le bourbier des Balkans n'était peut-être pas très in avant que la guerre de Bosnie et du Kosovo ne le remette dramatiquement à la une de l'actualité.Le pénétrant reportage de Rebecca West sur la Yougoslavie des années 30, Black Lamb and Grey Falcon (Agneau noir et faucon gris, enfin traduit à L'Âge d'homme), a ainsi souffert du même oubli condescendant que les romans de Manning.Les qualités de ces derniers qui semblent se bonifier avec l'âge sont néanmoins évidentes: totale maîtrise de l'intrigue et de la composition, que les plans soient panoramiques ou rapprochés; sens du détail juste et du dialogue qui porte; le tout servi par un style sobre, précis, fluide, étonnamment moderne.Ainsi, nulle part - à l'exception peut-être des Boyards de Petru Dumitriu Ð a-t-on vu fresque aussi contrastée de la Bucarest des premières années de la guerre, une cité peuplée de mendiants amputés, d'aventuriers, d'expatriés, de réfugiés, d'espions, de juifs persécutés, de barons de la finance, de fonctionnaires et de princes renvoyés soudainement aux marges de l'Histoire.Dans cette Roumanie vacillant au bord du gouffre, à la fois royaume d'opérette avec son système féodal et son faste tapageur, et bouillon politique explosif avec ses factions ennemies (royalistes, libéraux et fascistes de la Garde de Fer) fomentant leurs petites guerres tribales, les Pringle s'accrochent à un groupe hétéroclite de connaissances, à défaut de véritables amis.Qu'ils soient Britanniques ou Roumains, les personnages sont tracés avec force mais aussi délicatesse, souvent absurdes mais toujours comme des êtres qui souffrent.Le plus coloré est sans conteste le prince Yakimov, entremetteur de première, pique-assiette invétéré ne reculant devant aucune flatterie, Pagliaccio tragique et grotesque.Ce Russe blanc exilé affiche avec superbe les maigres symboles de sa gloire déchue: une pelisse doublée de zibeline, cadeau du tsar à son père, mais dont l'ourlet décousu traîne par terre, ainsi qu'une Hispano- Suiza bloquée à la frontière yougoslave.Sa mort accidentelle dans une rue d'Athènes (il est abattu par un policier pour ne pas avoir éteint assez vite sa cigarette lors d'une alerte aérienne) symbolise avec une terrible dérision le crépuscule de la vieille Europe.Un regard sans concessions Olivia Manning porte le même regard sans concessions sur la colonie diplomatique britannique: à la morgue suffisante, la rapacité et l'incompétence aveugle des uns répond l'ennui hédoniste ou l'héroïsme sans mesure des autres.Rarement a-t-on aussi bien capté l'air du temps sous toutes ses variantes: refus de voir la réalité en face, passage de l'euphorie à l'hystérie au gré de la fortune des combats ou des négociations, insécurité qui devient mode de vie, oppressante sensation d'impuissance devant une inéluctable apocalypse ou irrépressible instinct de survie.Si l'Histoire impose sa loi d'airain au récit, le personnage de Harriet Pringle en constitue le point d'ancrage, et sa maturation, la nécessaire ligne de force puisque, pour l'essentiel, l'histoire est racontée de son point de vue.La jeune mariée du début ne connaît pas l'homme qu'elle vient d'épouser: charmeur et énergique (il réussit à monter du Shakespeare à Bucarest), idéaliste gauchiste un brin naïf qui se laisse aveugler par sa serviabilité maladive, Guy tient manifestement pour acquise la fidélité de sa femme qu'il délaisse souvent pour sauver d'autres âmes perdues.Par nécessité, Harriet se découvre et gagne progressivement son autonomie.Après avoir repoussé les avances d'une jeune officier à Athènes, elle s'affirmera en laissant son mari en Égypte et en gagnant Damas en quête de travail.La réconciliation finale se fera sous le signe de l'acceptation résignée de l'autre, l'important en ces temps déraisonnables ayant d'abord été de survivre.H H H 1¤2 LA FORTUNE DES ARMES T.1 : La Fortune dissipée T.2 : Les Montagnes de Thessalie Olivia Manning, traduit et adapté par Michèle Lévy-Bram NiL éditions, Paris 2000, 555 et 299 pages.JACQUES FOLCH-RIBAS collaboration spéciale Nous connaissons tous ce Paris- là.Pas seulement ceux d'entre nous, les dinosaures, qui ont eu la chance (est-ce bien une chance ?) de se promener dans ces rues presque vides et sur ces quais en pavés de granit.Non, pas besoin d'être un vieillard pour connaître ce Paris-là.Il est dans tous les films, les plus célèbres films du cinéma français ou étranger.Il est dans tous les reportages sur l'avant-guerre, la guerre et l'après-guerre.Il est dans les photographies et les tableaux d'une foule d'artistes.Il est dans les chansons.Rien qu'à voir, rien qu'à entendre, vous le reconnaissez.Il est surtout dans la littérature, et pas seulement française.Certes, Apollinaire nous a fait voir comment coulait la Seine sous le pont Mirabeau, et d'immenses romans français se passent à Paris.Mais la littérature étrangère de ce dernier demi-siècle n'est pas en reste.Des Anglais, des Allemands, des Américains, des Italiens, des Espagnols, des Turcs et des Bachibouzouks (parmi les meilleurs) ont écrit sur Paris, sur ce Paris-là que l'on n'a aucun mal à appeler populaire.En ce temps-là, souvenez-vous, on rencontrait des hommes tout noirs qui venaient livrer du charbon chez le bougnat.Comme Mimile le Charbonnier de la page 25.Le bougnat était auvergnat Ð la chanson de Brassens Ð et faisait aussi bistrot.Bistro, c'est vite , en russe.Au retour de la guerre, je ne sais plus laquelle, les soldats insistaient pour boire un coup, vite, il leur suffisait d'aller crier cela au bistrot (qui s'est ramassé un t, le Tsar sait pourquoi).Voilà comment le peuple invente un mot.Aux Halles, qui étaient un chefd'oeuvre d'architecture qu'aucun imbécile nommé Pompidou ne songeait encore à démolir, il y avait des forts, les Forts des Halles qui prenaient un demi-boeuf sur une épaule et le déchargeaient d'un coup sec, deux cents livres, bien pesé.Puis buvaient un Picon-grenadine.Et voilà pour les durs.À Saint-Germain-des-Prés, les placoteux placotaient.Les artistes, là-dedans ?Vous rencontriez au pied de la Butte Montmartre le peintre, amateur ou non, qu'on appelait un rapin.Les jeunes étudiants des Beaux-Arts, au siècle précédent, pour vivre, pratiquaient un peu le vol, la rapine.Le nom est resté aux peintres.Celui-là, à la page 95, il s'était mis le chapeau mou, alors qu'un joueur d'orgue de Barbarie s'était coiffé de la casquette ouvrière pour moudre une ritournelle, genre Les Escaliers de la Butte, que chantait qui déjà ?Le Moulin Rouge était très bête, très touriste, très démodé, et aussi laid qu'aujourd'hui.La rue Lepic, en pente, accueillait la course des garçons de café.En haut, sur la place, Boris Vian, Ionesco et Raymond Queneau buvaient un verre en écrivant des vers de mirliton pour faire rire les ouvrières blanchisseuses de Drôle de drame, les dernières d'une race en voie d'extinction.Le long du Canal Saint-Martin de la page 13 rôdait, la nuit, un grand maigre à grand nez, nommé Louis Jouvet, que poursuivait une Arletty glapissante : « Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ?! » tandis que Marcel Carné rêvait d'un film qui s'appellerait peutêtre Hôtel du Nord ?À Saint-Germain-des-Prés, les placoteux placotaient.C'est tout cela, ce Paris-là que vous pouvez trouver dans ce livre.Une nostalgie énorme, même pour ce que nous n'avons pas connu.Une poésie énorme, aussi.Parce que, tout ce temps-là, un poète appelé Jacques Prévert se promenait avec son chien (il l'avait baptisé Hergé, pour contrecarrer Milou) et écrivait de petits poèmes sur de petits bouts de papier dont il égarait la bonne moitié (prière de ne rien rapporter, disait-il).Des poèmes où vivait ce Paris-là, populaire, ces gens-là, ce peuple-là.Tout ce temps, aussi, des photographes considérables, genre Doisneau, Cartier-Bresson, Bovis, René- Jacques, mitraillaient en noir et blanc le Paris le plus beau.Voilà un livre d'amour, de fantaisie, écrit par Jean-Paul Caracalla, bourré d'anecdotes, d'images et de poésie, avec évidemment quelques poèmes de Prévert.On y entend plein de chansons.H H H LE PARIS DE JACQUES PRÉVERT Jean-Paul Caracalla Poèmes de Jacques Prévert Flammarion, Paris, 127 pages Photo tirée du livre Le Paris de Jacques Prévert Tout au long de sa vie, Jacques Prévert, souvent accompagné de ses amis photographes, a arpenté les rues et les places de Paris.Un homme.ou presque collaboration spéciale Il est de ces émois littéraires dont on ne se remet pas, des lectures qui restent à tout jamais gravées dans notre mémoire et notre coeur.Par exemple, je garde un souvenir impérissable des chocs que m'ont infligés cette poignée d'écrivains dont vous connaissez les noms, que j'appelle mes auteurs fétiches ; sans doute certains d'entre vous sont-ils même un peu las de mon agaçante habitude de les citer à tout bout de champ.Je les évoque néanmoins, pour la forme : Jacques Stéphen Alexis, Jorge Luis Borges, Albert Camus, Julio Cortàzar, Philip K.Dick, mes deux Ellison (Harlan et Ralph), Jacques Ferron, Anne Hébert, Edgar Allan Poe, William Shakespeare.Et, bien sûr, Kafka, visionnaire halluciné de l'absurdité de notre condition.J'ai découvert Franz Kafka à l'adolescence, dans le cadre d'un cours de français où l'une de ses oeuvres figurait parmi les lectures optionnelles.Déjà entiché de Camus, j'avais opté de travailler sur L'Étranger.Intrigué cependant par le titre de la novella qu'avait choisie un compagnon de classe comme sujet de dissertation, je lui avais demandé son avis sur cette fameuse Métamorphose.« C'est tellement plate, Stan, de soupirer mon copain Maxime.C'est l'histoire d'un gars qui se lève un matin transformé en coquerelle, il est coquerelle tout le long puis il meurt coquerelle ! » Le résumé visait manifestement à me décourager de m'aventurer dans les pages ennuyantes au coton ; inutile de dire qu'il eut l'effet inverse.Car comment le passionné d'insolite et de fantastique que j'étais à cette époque aurait-il pu résister à l'envoûtante prose du Praguois, à la froide rigueur de ses délirantes allégories à l'humour résolument noir et dont l'influence s'est imposée à la littérature mondiale ?Vous comprendrez alors que je me sois volontiers laissé séduire par les premières pages du deuxième roman de Zakaria Lingane, Qui mâle y pense, dont le ton évoque volontiers le désarroi de Gregor Samsa métamorphosé au sortir de ses rêves agités en cancrelat.Au terme d'une nuit peu reposante, passée à cuver le trop-plein de bière ingurgité la veille, un architecte londonien s'éveille un lundi, comme par enchantement privé du « flambeau de sa virilité », dixit le romancier.John Wayne Bobbitt, malsain patron des castrats et des eunuques, priez pour lui, qui ne comptait pourtant aucune amante castratrice parmi ses fréquentations ! Et en dépit de la soudaine incongruité de son patronyme, Harry Lance devra se résoudre à vivre avec son handicap inexpliqué.Contrairement à lui, le mystère demeure entier : niché dans son entrejambe, ne restent plus que ses bijoux de famille devenus inutiles, pendouillant sous un orifice de la taille d'un tube de stylo.Croyant son membre tout simplement coincé dans un quelconque repli de la chair de son bas-ventre, Harry n'hésite pas à le réprimander tendrement.« Je peux admettre que tu tombes malade, que tu refuses de bander, que tu me reproches un vagin trop lubrifié, mais ça ! Tu vas arrêter cette comédie ?» lui lance-t-il, cédant à cette manie un peu enfantine qu'ont certains hommes d'anthropomorphiser leur phallus.Peine et pénis perdus ! Rien n'y fera : ni les insultes, ni les menaces, ni les lamentations.ni même le recours au Viagra ou à d'autres traitements miraculeux.Pauvre Harry Lance ! Lui qui s'enorgueillissait des nombreuses conquêtes qui avaient jalonné sa vie de mâle adulte et pas trop dépourvu de charme ! Sans le moindre espoir de guérison, le voilà réduit à un statut d'humilié, condamné à ne vivre sa libido qu'à travers souvenirs, fantasmes et autres formes de sublimation.Que faire ?Un homme peutil vivre ainsi, sans ce qui prétendument fait de lui un homme ?Le vouloir disparaît-il avec le pouvoir ?Toutes ces questions et bien d'autres se posent avec d'autant plus d'insistance qu'Harry ne sait pas trop comment annoncer la nouvelle à Susan, sa charmante petite amie avec laquelle il doit d'ailleurs partir en vacances bientôt.Faut-il tout lui dire ou lui cacher ce handicap qu'elle ne saurait ne pas voir ?Tel est en partie l'enjeu de cette fable absurde mais jamais ridicule sur les thèmes de l'identité sexuelle et de la masculinité.Si l'entrée en matière pouvait passer pour un clin-d'oeil à La Métamorphose, la suite nous éloigne bien vite des préoccupations de Kafka pour rejoindre davantage celles du regretté Alberto Moravia dans Moi et Lui (un dialogue de quelques centaines de pages entre un homme et son organe) ou mieux de Philip Roth, notamment dans son savoureux pastiche kafkaïen intitulé Le Sein (les déboires d'un homme métamorphosé en glande mammaire).Avec une précision chirurgicale et une ironie vivifiante, Zakaria Lingane développe dans leurs moindres implications les répercussions des prémisses abracadabrantes de son récit, dont on rêve de voir une adaptation cinématographique.idéalement signée Woody Allen.Écrit dans un style classique, sans surprises mais sans bavures, prodigue en situations aux confins du burlesque et du tragicomique, ce deuxième roman d'un docteur en anthropologie-ethnologie de l'Université de la Sorbonne constitue une lecture fort amusante et beaucoup moins gratuite qu'elle pourrait en avoir l'air.Méditation d'un pince-sans-rire sur les nouveaux rapports entre les sexes au surlendemain de la révolution féministe et de l'émancipation sexuelle occidentale, Qui mâle y pense aborde aussi par la bande la question du désir féminin Ð du moins l'idée que peuvent s'en faire les hommes Ð encore là, avec pas mal de doigté, si vous me pardonnez mes calembours un brin douteux.H H H 1¤2 QUI MÂLE Y PENSE Zakaria Lingane Lanctôt, 234 pages. 7LP0301B0121 b3 livres 21/01 7LP0301B0121 ZALLCALL 67 00:39:24 01/21/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 L E C T U R E S B 3 ROMAN EN POCHE Maryse Rouy dans la machine à voyager dans le temps Histoires d'amours Maryse Rouy est propriétaire d'une machine à voyager dans le temps qui, contrairement à ce que l'on aurait pu croire à la lecture de ses trois premiers romans, peut s'arrêter à d'autres époques que le Moyen Âge.Après le 12e siècle d'Azalaïs ou la vie courtoise et de Guilhèm ou les enfances d'un chevalier, après le 13e siècle des Bourgeois de Minerve, voici le 19e de Mary l'Irlandaise Ð où la romancière change non seulement de temps mais de lieu et de rang social, délaissant le Sud de la France pour la Nouvelle- France et la noblesse pour les petites gens.Pas par désintéressement mais parce qu'il y a des offres difficiles à refuser et des occasions qui, si elles ne font pas le larron, sont du bonbon.« Il est plus facile de partir de quelque chose d'existant que de travailler une histoire à partir de rien, non ?» fait Maryse Rouy avec, dans les mots, la musique de cet Occitan qu'elle a quitté il y a 25 ans mais qu'elle porte encore dans la voix jusqu'à la pointe des phrases.Le « quelque chose d'existant », c'était un cahier aux pages jaunies, à l'encre fanée, appartenant à son amie Claude Rocray.Son grand-père y avait, sur sept pages, couché l'histoire de sa mère.Ou, plus précisément, l'histoire de l'arrivée de sa mère en Nouvelle-France.Elle s'appelait Mary Hugues, elle était Irlandaise et fille de forgeron, elle avait 14 ans en 1833 lorsque ses parents, pour des raisons de santé, l'avaient confiée à un oncle et une tante qui partaient pour le Nouveau Monde.Après une traversée mouvementée, l'homme et la femme qui devaient la mener jusqu'à New York l'avaient abandonnée à Québec.Où une famille l'avait recueillie avant qu'elle ne devienne servante chez le médecin de Berthier.Point.La trame est succincte.Mais Maryse Rouy y a trouvé assez de prise pour y tisser une histoire, celle de Mary O'Connor Ð l'héroïne de Mary l'Irlandaise qui, édité par Québec Amérique, sera en librairie le 23 janvier.Mary, donc.Immigrante malgré elle.Douloureusement dépaysée au départ.Qui survivra en se mettant au service des autres, mais sans renier ce qu'elle est.Quand elle a modelé le personnage sous sa plume, la romancière a pensé à sa grand-mère.D'origine espagnole, elle est arrivée en France pour des raisons non pas politiques mais de misère.Elle est bientôt devenue bonne dans une maison bourgeoise.« Quand j'étais enfant, elle me parlait souvent de sa jeunesse.Et elle me parlait de Madame.Madame.Il y avait tout un monde dans sa façon de prononcer ce mot.Pendant l'écriture de Mary, j'ai été nourrie par ce fonds de souvenirs qui m'a permis de comprendre la mentalité de quelqu'un qui sert quelqu'un d'autre.Et puis, j'ai lu plusieurs essais traitant des servantes et des bonnes au Québec.» Quant aux sentiments de dépaysement, Maryse Rouy les a fréquentés de l'intérieur, même si sa venue au pays était désirée Ð « des raisons sentimentales.Ça n'a pas duré mais l'amour du Québec, lui, est resté ».Cela, et le fait de connaître bien de ces gens venus d'ailleurs, l'a aidée à mieux camper les états émotifs de Mary au moment du débarquement.Le piège, par contre, aurait été de trop transposer.De greffer à cette fille du 19e siècle une mentalité d'aujourd'hui.ou encore du Moyen Âge, période dans laquelle la romancière a navigué pendant 10 ans.Mais Maryse Rouy, depuis ses premiers pas dans le roman, évite ce piège Ð et se l'est d'ailleurs fait reprocher : certains, par exemple, trouvaient Azalaïs trop soumise.Pas assez féministe.Cela l'a agacée.L'agace encore.Parce que, justement, elle donne dans le roman historique pour faire revivre les gens qui ne sont pas passés à l'histoire avec leurs forces, leurs faiblesses.Leur bagage.Leurs différences.Azalaïs était femme du 12e siècle.Mary, du 19e.Et Maryse, du 20e.L'une ne doit pas colorer les autres.N'en a pas le droit.Ce souci-là se traduit par la minutie dont la romancière fait preuve quand vient le temps de la recherche.Temps qu'elle n'a pas trouvé particulièrement facile pour Mary l'Irlandaise.« Quand il est question du Moyen Âge, je sais toujours où chercher.Ce n'était pas le cas pour les années 1800 en Nouvelle-France.» En ces jours où la révolte grondait au sein de ceux qui allaient devenir les Patriotes.Mais elle s'est prise au jeu Ð et de passion pour l'époque.Sinon, sa Mary n'aurait pas vu le jour : Maryse Rouy n'écrit que si elle est passionnée.Et elle écrit tous les week-ends.Peu pendant les longues vacances d'été que lui permet son métier d'enseignante.Deux ans, toujours, pour amasser les informations puis les glisser entre les fils d'une histoire qu'elle s'est inventée.Lorsque vient le moment d'une pause Ð parce qu'elle est bloquée ou que, alors transformée en rat de bibliothèque, elle est en manque d'écriture Ð elle se lance dans un roman jeunesse.Elle en a quatre à son actif.Le cinquième est en cours.« Cela me donne un regain d'énergie », dit-elle.Avoir toute l'histoire en tête, apercevoir le point final à portée de semaines et non de mois ou d'années : du concentré de confiance et de désir d'écrire encore, que cela.Ce qu'elle écrira après, donc, puisqu'elle est déjà dans son après : un polar mettant en scène un tueur en série.Le tout, sur fond de Moyen Âge.Le présent n'est pas pour elle : « Je n'ai pas envie d'écrire un roman contemporain.peut-être par peur de mal interpréter mon époque.Le passé, je le découvre en lisant.Le présent est ce que j'en vois.Et je n'en vois qu'une petite partie, qui ne me semble pas très intéressante.» Et puis, franchement, pourquoi se contenterait- elle d'aujourd'hui alors qu'elle a une machine à voyager dans le temps dans la tête ?ALEXANDRE VIGNEAULT collaboration spéciale Située rue Saint-Jean, au coeur du Vieux-Québec, la librairie Pantoute est un arrêt obligé tant pour les touristes en quête d'un lexique du parler québécois que pour les lecteurs exigeants.Les libraires n'y sont jamais à court de suggestions, comme le prouvent les nombreuses cartes de commentaires apposées sur les livres qui les ont fait craquer.Ils partagent avec nous leurs coups de coeur.« J'ai un faible pour les auteures américaines et britanniques », avoue Dominique Caron.Ces jours-ci, elle attend avec impatience Manuel de pêche à l'usage des filles, de l'Américaine Melissa Bank, qui paraîtra d'ici mars chez Rivages Poche.« Dans chacune des nouvelles, il y a un personnage de femme qui revient.On suit les étapes de la vie de Jane Rosenal, de l'adolescence à la trentaine.L'une des forces de ce livre-là, c'est justement l'unité que l'auteur parvient à créer tout en utilisant la forme de la nouvelle.» « L'autre force, poursuit la libraire, c'est l'humour.Un humour dérangeant, très new-yorkais.Notamment dans la nouvelle-titre, où la célibataire ose finalement aller voir ce qu'on dit dans ces fameux manuels de psychologie pour séduire.Elle applique ce qu'elle lit, mais ça ne marche pas du tout ! Elle en vient même à penser qu'elle devrait faire exactement l'inverse de ce qu'elle lit.» Contrairement à ce que le titre indique, ce recueil ne s'adresse pas qu'aux filles.« Ce serait vraiment trop dommage que les gars n'y jettent pas un oeil ! » lance Mme Caron.L'humour est aussi une caractéristique de L'Invitation à la vie conjugale, d'Angela Huth.Mais il s'agit cette fois d'une ironie subtile et constante, parfaitement britannique.L'auteure y analyse avec finesse les relations dans lesquelles sont engagés des personnages de diverses générations.« C'est une sorte de chassé-croisé qui se joue au niveau psychologique.On ne sait pas toujours où ça s'en va, mais cette sensation de flou qu'on a parfois n'est pas du tout désagréable.Surtout que l'auteure, elle, sait où elle veut en venir ! » « On a le sourire aux lèvres tout le long du livre, c'est un délice du début à la fin, insiste Mme Caron.Je l'ai beaucoup testé auprès des clients de la librairie et ça a été un succès.Les gens revenaient me voir pour me dire combien ils avaient aimé.» La libraire estime que L'Invitation à la vie conjugale constitue une excellente introduction à l'oeuvre de la romancière britannique, à qui l'on doit également Les Filles de Hallows Farm, aussi chez Folio, et Tendres silences.Dans une veine plus méditative, Mme Caron a bien aimé Consigne des minutes heureuses de Françoise Lefèvre, qui avait gagné le Goncourt des lycéens avec Le Petit Prince cannibale.« Étant donné le sujet, on pourrait penser que c'est un livre serein, mais ce n'est pas le cas.Françoise Lefèvre a vécu des choses très difficiles, des deuils et des difficultés amoureuses ; on sent que c'est un défi pour elle de coucher ça par écrit.Ça donne d'ailleurs beaucoup de grâce et d'émotion à ses récits.C'est dans la lignée des écrits intimistes à la Philippe Delerm, la sérénité en moins.» Un bond dans le futur Claire Taillon, gérante de la Librairie Pantoute, est une mordue de science-fiction.Elle scrute avec une attention toute particulière les listes de parution chez Pocket, la collection poche qui s'intéresse le plus à ce genre d'aventures.En février ou mars paraîtra Le Moineau de Dieu, de Mary Doria Russell, un livre sorti chez Albin Michel il y a deux ans et qu'elle avait beaucoup aimé.« Dans un futur assez rapproché, l'humanité a découvert une autre planète.Ce sont des jésuites qui vont initier la mission et y aller les premiers en se disant qu'ils ne feront pas les mêmes erreurs que lorsqu'ils ont découvert le Nouveau Monde.» La revanche des religieux ?« Au contraire, ils se plantent encore ! » rigole Mme Taillon.Les auteurs de science-fiction projettent souvent dans l'avenir des problèmes des sociétés actuelles.C'est exactement le genre de mécanique à l'oeuvre dans Le Moineau de Dieu, où la romancière montre qu'on ne peut pas débarquer dans un autre monde et y imposer sa façon de penser.« Ça remet en question beaucoup de nos certitudes et bien des préjugés », ajoute Mme Taillon.Pocket a le sens du timing.L'Éveil d'Endymion, de Dan Simmons, qui fait partie de son fameux cycle Hypérion, est paru en poche (en deux tomes) quelques semaines seulement avant Noël.Un must, pour tous ceux qui aiment les « space opera » à la manière de Dune de Frank Herbert.« Tout le monde s'est lancé dans le fantastique aujourd'hui ; ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu de space opera.Je trouve que Dan Simmons a donné un nouveau souffle à ce type d'histoires qui se déroulent dans l'espace, avec des extraterrestres et des voyages interstellaires.C'est un vrai bonbon ! » assure Mme Taillon.Photo ROBERT MAILLOUX, La Presse © Maryse Rouy Pocket a le sens du timing.L'Éveil d'Endymion, de Dan Simmons, qui fait partie de son fameux cycle Hypérion, est paru en poche (en deux tomes) quelques semaines seulement avant Noël.Un indispensable pour tous ceux qui aiment les « space opera » à la manière de Dune de Frank Herbert.ROMAN HISTORIQUE Les chemins de la liberté MARIO DUFRESNE collaboration spéciale Lorsqu'à 18 ans Pierre Leblanc débarque à Québec, après un voyage de six, sept ou dix semaines Ð on ne sait pas au juste Ð sur la Fringante, il n'a qu'une idée en tête : prendre au plus vite le chemin de Montréal.Le seul endroit d'où il pourra se faire coureur de bois.Bien loin de se douter que ce sera escorté par des guerriers iroquois, les bras solidement attachés et une épaule ensanglantée.Maintenant il est là, au milieu de nulle part, avec pour compagnons des Hurons, prisonniers comme lui des Onondagas.La mort « dans moins de trois soleils », leur a-t-on annoncé.Mais le sort en a décidé autrement.Pierre Leblanc s'appellera désormais Mahigan, fils de Meewama et appartiendra au clan du Loup.Doté d'une capacité d'adaptation étonnante, il franchira avec bonheur les nombreux rites d'initiation auxquels on le soumet.Rien n'est insurmontable.Rien, sauf apprendre à tuer des Français.Dès lors, il n'aura d'autre choix que de s'enfuir.Et, après une série d'aventures, ma foi pas trop tirées par le scalp, il y parviendra.L'impression qu'il me restait, en refermant L'Appel des rivières, c'est que ç'aurait très bien pu faire un excellent roman jeunesse.Un genre où il faut tenir le lecteur en haleine.Grâce à un sens du rythme peu commun doublé d'un immense talent de conteur, André Vacher réunit ici toutes les qualités propres à cette littérature.Il parvient à faire en sorte que nous ayons le sentiment de marcher dans les traces de ce jeune Français épris de liberté.Non seulement arrive-t-il à nous faire voir avec les yeux de Leblanc, mais on goûte et hume avec lui.Même les bruits de la forêt nous font sursauter.Un vrai roman jeunesse, je le maintiens.Sauf que 238 pages c'est peut-être b e a u c o u p , même pour ma fille la plus vieille.J'en aurais tiré deux histoires.Une première chez les Iroquois et une seconde après l'évasion.Or, qu'est-ce que j'apprends ! cette histoire a également été publiée dans un autre format.Pour un public de 11 ans et plus.Le texte est identique, mais la version jeunesse comporte deux tomes.Exact, le premier chez les Iroquois et le second.Est-ce que je pourrais avoir une chronique du paranormal Source d'inspiration : les Patriotes À part la recherche de liberté, La Chouayenne n'a rien en commun avec le premier ouvrage cité.Si ce n'est qu'ils sont tous les deux édités par des maisons peu connues qu'on aurait sûrement avantage à découvrir un peu plus.Sous-titré Récits de 1837-1838, le livre de Renée Blanchet réunit six courts textes qui ont chacun pour toile de fond cette période tragique de notre histoire où de nouveaux héros sont venus prendre la place des Dollard des Ormeaux dans le coeur des Québécois.Six courts textes, j'insiste, car contrairement à ce que pourrait laisser croire l'endos de la couverture, il ne s'agit aucunement d'un portrait de Rosalie Cherrier qui, à l'époque, s'était farouchement opposée à son cousin Papineau, d'où son surnom de chouayenne Ð amie du pouvoir, antipatriote.D'ailleurs, ce récit est peut-être le moins bon, tellement il nous laisse sur notre appétit.En revanche, on suit avec un vif intérêt les destinées de Madame Clouet et du docteur Pinchaud.L'abbé Mailhot est aussi un personnage qui ne manque pas de panache.Salopard et séducteur, ivrogne à ses heures, condamnant les Patriotes à brûler en enfer en même temps qu'il séduira sa jeune servante.Il terminera ses jours à San Francisco, converti au protestantisme et à la tête d'une nombreuse lignée.Inégal.H H H L'APPEL DES RIVIÈRES André Vacher Éditions Michel Quintin 238 pages H H LA CHOUAYENNE Récits de 1837-1838 Renée Blanchet Les éditions Varia 186 pages Ne manquez pas ce cahier spécial mercredi dans Rencontrez votre idéal au SALON INTERNATIONAL DE L'AUTO DE MONTRÉAL 26 janvier au 4 février S TA DE OLY M PI QU E www.salon-auto.com 7LP0401B0121 b4 lectures dimanche 7LP0401B0121 ZALLCALL 67 00:39:35 01/21/01 B ENTREVUE Le nouveau stade du capitalisme É L I A S LEVY collaboration spéciale Sous les effets conjugués de la mondialisation et d'Internet, une nouvelle société est en train se constituer.Nous sommes les témoins d'une grande révolution « Nétéconomique » inaugurant un cycle de croissance qui ne ressemble à rien de ce que nous avons connu jusqu'ici.Le réputé essayiste et financier français Alain Minc est persuadé que nous venons d'entrer dans un « nouveau stade du capitalisme » Ð pour reprendre la célèbre expression de Karl Marx.Le « capitalisme managérial », qui a prédominé pendant plusieurs décades dans les pays industrialisés occidentaux, a été évincé et remplacé par un « capitalisme patrimonial », qui donne désormais le pouvoir aux actionnaires et aux consommateurs.C'est du moins la thèse que ce spécialiste chevronné des questions économiques européennes et internationales soutient avec brio dans son nouveau livre (www.capitalisme.fr) qui vient de paraître aux Éditions Grasset.Un excellent essai où Alain Minc décrit exhaustivement les mécanismes de cette nouvelle économie qui prend son essor, tout en soulignant avec acuité les excès et les dérives.« Ce capitalisme patrimonial, dominé par les actionnaires, est là pour longtemps.Il durera autant que la phase actuelle du cycle Kondratiev Ð c'est-à-dire un cycle économique d'une longue période de croissance (20 à 25 ans) Ð laquelle est à peine entamée.Puis, le moment venu, suivant une logique bien rodée qui fait de l'économie de marché « l'horizon indépassable » de nos sociétés, une mutation aujourd'hui imprévisible obligera un autre capitalisme à germer qui démodera à son tour le modèle patrimonial avec la même force que celui-ci la version managériale.Ce sera alors au tour des actionnaires, aujourd'hui maîtres incontestés des managers, de se trouver sur la sellette.», prédit ce penseur néolibéral très écouté du monde politique, économique et financier, président du Conseil de surveillance du journal Le Monde.Les sociétés de marché D'après Alain Minc, la compétition, incarnation primitive du marché, sera un des principaux moteurs de la nouvelle société qui se met en place.Même dans les domaines dont la production privée demeure exclue, la concurrence s'imposera avec force.Ainsi, les économies de marché sont en train de se métamorphoser en sociétés de marché.« On a vécu pendant des années avec l'idée qu'il y avait, d'un côté, l'économie de marché, pour produire des biens, et, de l'autre côté, un système de redistribution public et parapublic qui produisait un autre type de biens.Aujourd'hui, force est de reconnaître que la compétition ou la concurrence se manifeste aussi bien dans le secteur des biens « publics » que dans le secteur des biens « privés ».Je dis bien la compétition, ce qui ne veut pas dire la propriété du capital.Je crois que nous nous acheminons vers une société où ce qui échappe à la compétition est de plus en plus restreint.Les économies de marché sont en voie de devenir des sociétés de marché.Cela ne veut pas dire que tous les biens seront dorénavant produits par le secteur privé pour être ensuite vendus à titre privé.Mais ça veut dire que les biens non fabriqués par le secteur privé, qui continueront à être gratuits parce que ce sont des services qu'on estime devoir donner à tout le monde, tels que l'éducation, les soins de santé.seront aussi prodigués par le truchement d'un mécanisme régi par la notion de compétition.Compétition entre les universités, les hôpitaux, les centres de recherche.La compétition est le maître mot de la société où nous vivons.» Le nouveau « capitalisme patrimonial » a remis en route le moteur de l'inégalité, mais aussi celui de la tension productiviste.« Ce nouveau capitalisme est inégalitaire, reconnaît Alain Minc.Mais il est porteur aussi de nouvelles richesses.Le capitalisme, c'est l'inégalité.Cependant, le capitalisme a toujours survécu parce que, tout en générant énormément d'iniquités, il a aussi sensiblement amélioré le niveau de vie des classes moyennes.Le « capitalisme patrimonial » est porteur d'une grande révolution technologique, dont Internet est le principal symbole.À leurs débuts, les révolutions technologiques sont toujours un gigantesque facteur d'inégalités.Ensuite, elles s'insèrent progressivement dans une dynamique beaucoup plus égalitaire.» La mondialisation bienfaisante Selon Alain Minc, la mondialisation est un état de fait incontournable qui ne devrait pas être considéré comme « un épouvantail menaçant les libertés individuelles et nationales ».Au contraire, insiste-t-il, la mondialisation peut même être bienfaisante, pour autant que, tel un judoka qui prend appui sur un point de faiblesse, nous sachions la transformer en force, jouer des libertés qu'elle nous offre, assumer les mutations qu'elle induit.Il estime que les identités nationales et la mondialisation ne sont pas deux réalités antinomiques.« La mondialisation, qui engendre une mondialisation des marchés, véhicule un modèle culturel assez homogène, à dominante américaine, qui, par voie de conséquence, provoque de vives réactions identitaires.Mais la mondialisation et les identités nationales peuvent cohabiter et coexister ensemble.Pour corroborer cette assertion, je vous donnerai un exemple européen.Celui de la Catalogne.En réalité, les Catalans se sentent plus Catalans, plus Européens et plus mondiaux qu'Espagnols.» Les entités régionales qui jouent à fond la carte de la mondialisation économique, ajoute- t-il, ont aussi « un besoin symétrique » de défendre avec entrain leurs particularismes culturels, linguistiques, historiques.« Aujourd'hui, les régions trouvent plus facilement leur raison d'être identitaire dans des petites communautés que dans des pays de 50 millions d'habitants, dit-il.À mes yeux, on s'en va vers un univers où c'est le pays de taille moyenne qui est le perdant et la petite communauté, d'un côté, et les grands ensembles, de l'autre côté, les gagnants.Je crois qu'on peut appartenir à une petite communauté et à un grand espace national.Ce n'est pas du tout incompatible.» Haro sur les souverainistes En ce qui a trait au cas du Québec, Alain Minc n'hésite pas à mettre en charpie les thèses économiques, qu'il qualifie de « saugrenues et ineptes », prônées par les ténors du mouvement souverainiste québécois.« Les comparaisons que les souverainistes québécois s'escriment à établir entre leur projet utopiste et l'association économique et monétaire concoctée par les pays membres de l'Union européenne sont incongrues et n'ont aucun fondement.Ces derniers pensent faux.Ils ne comprennent pas que le Québec appartient dores et déjà à une grande Union politique et économique de la même nature que celle qui existe aujourd'hui en Europe.Cette Union, c'est le Canada.» D'après lui, le départ du Québec du giron confédératif canadien aurait des conséquences désastreuses pour tous les Québécois.« Vos souverainistes ne comprennent pas que si jamais leur projet sécessionniste se concrétisait, ils transformeraient le Québec en un Haïti riche.C'est-à-dire que les investissements partiraient et que l'effet de dissociation serait dévastateur pour l'économie québécoise.Les investisseurs étrangers bouderont un Québec indépendant.En plus, les élites dirigeantes d'un Québec indépendant auraient évidemment une réaction nationaliste un peu protectionniste, un peu socialisante.Enfin, toutes les choses susceptibles de dégoûter un investisseur international », soutient-il.Alain Minc récuse l'analogie établie souvent entre les nationalismes québécois et catalan.« Il s'agit de deux cas bien différents.Les souverainistes québécois veulent démanteler le Canada.La Catalogne ne veut pas se séparer et démembrer l'Espagne.Les Catalans veulent tout simplement gagner sur tous les tableaux.L'indépendance n'est pas au coeur de leur projet national.La Catalogne se sent très bien comme elle est.Elle veut tout simplement piquer un peu plus d'argent à l'Espagne.» WWW.CAPITALISME.FR Alain Minc Éditions Grasset, 2000, 220 pages.Photo ROBERT SKINNER, La Presse© Le réputé essayiste et financier français Alain Minc est persuadé que nous venons d'entrer dans un « nouveau stade du capitalisme ».ESSAI FLASH LIVRE Le vieux néolibéralisme Une remarquable complexité RUDY LE COURS Après 20 ans maintenant de domination idéologique sans conteste, le néolibéralisme fait l'objet de critiques plus sérieuses tant sur le terrain pratique, où ses fruits déclenchent des manifestations comme le sommet de l'Organisation mondiale du commerce à Seattle, que sur le plan conceptuel, où ses fondements philosophiques sont très critiqués.N'empêche.La force du néolibéralisme n'est pas tant intellectuelle que matérielle, car la dynamique du capital et de ceux qui le détiennent consiste moins à théoriser qu'à investir.Seulement, le capitalisme, ou l'économie de marché comme on préfère l'appeler aujourd'hui, a ses chantres, voire ses ténors qui se sont efforcés au cours de leur carrière de construire un système de pensée servant à le justifier davantage qu'à l'expliquer.Au nombre de ces Caruso et autres Pavarotti, il faut compter Milton Friedman et surtout Friedrich A.Hayek, tous deux nobélisés.Les origines Dans L'imposture néolibérale, Jean- Claude St-Onge nous présente un texte des plus polémiques à l'endroit de ceux qui ont réussi à « remplacer les idées d'hier par celles d'avant-hier et (à) les présenter comme celles de demain ».Joli brûlot au demeurant fort pédagogique et rédigé dans une langue très vivante, L'imposture néolibérale retrace les origines fort modestes du néolibéralisme, présente un à un ses phares philosophiques (John Locke et Adam Smith surtout), étudie les concepts clés qui le nourrit, essentiellement la propriété privée et la liberté de posséder.St-Onge rappelle que c'est en réplique aux thèses de John Maynard Keynes et peut-être aussi au New Deal de Franklin D.Roosevelt qu'une poignée d'intellectuels se réunit à Paris en 1938.Leurs travaux progressent discrètement pendant la guerre et ils refont surface en 1947 pour créer en Suisse la Société du Mont-Pèlerin qui compte aujourd'hui plus de 5000 membres, tous voués auprès des élites politiques à la défense active du marché et à la déconstruction de l'État.Au Québec, leurs dignes représentants logent à l'Institut économique de Montréal.Des élans pamphlétaires St-Onge ajoute que cette idéologie est devenue dominante à la faveur d'une conjoncture bien partic l'effritement puis à l'effondrement du bloc soviétique ainsi qu'à l'essoufflement des politiques keynésiennes, lesquelles en étaient venues à engendrer de lourds déficits des finances publiques.Une fois réglée la partie historique, le polémiste se donne des élans pamphlétaires.Il s'amuse à pourfendre les concepts de « main invisible » de « nature » du marché, comme si l'économie obéissait à des lois comparables à celles régissant les astres, les plantes ou les bêtes.« La notion de marché passe sous silence le fait que le pouvoir est une condition essentielle à tout consentement véritable », écrit-il.Et où réside le pouvoir sinon dans les mains de ceux qui détiennent les moyens de produire, de ceux qui possèdent ?Là est toute la question occultée par le néolibéralisme qui se formalise fort peu de la distribution des richesses.On le constate d'emblée, St- Onge se range dans la foulée de Karl Marx dont les écrits paraissent valables pour critiquer le néolibéralisme puisque ce dernier doit ses origines à une pensée que l'auteur du Capital avait pourfendue à son époque.Répartition de la richesse St-Onge se démarque par contre de ses successeurs, Lénine et consorts, dont les modèles sociaux ont aliéné les individus tout autant sinon davantage que l'économie de marché.Dans sa brève conclusion, l'auteur en appelle à une répartition plus équitable de la richesse, réitère son postulat que les sociétés ne sont pas un produit de la nature mais de la culture des hommes.Et de trancher : « Le néolibéralisme tente de nous convaincre de l'impuissance des uns pour assurer les privilèges des autres.» H H H H L'IMPOSTURE NÉOLIBÉRALE Marché, liberté et justice sociale Jean-Claude St-Onge Écosociété, Montréal, 2000, 202 pages.Pas facile de synthétiser la vie d'un pays, des gens qui l'ont façonné ou qui le construisent encore, qui y ont laissé leur marque.Pas facile non plus d'expliquer de manière claire et précise les innombrables facettes, relations, hauts faits et difficultés à surmonter qui font du Canada le pays qu'il est devenu malgré sa jeune histoire.C'est une tâche qu'accomplissent pourtant avec brio les quelque 3000 collaborateurs de L'Encyclopédie du Canada, refondue et augmentée en 2000 par rapport à sa version initiale de 1987.Sans concurrent papier, cédérom ou Internet, c'est encore l'outil documentaire le plus achevé pour aborder quasiment n'importe laquelle des innombrables réalités de la société canadienne.Dans la présente édition, le coéditeur Stanké ne s'est pas contenté d'une traduction, mais il a enrichi le corpus d'une série d'articles traitant de réalités typiquement québécoises ou canadiennes-françaises.H H H H L'ENCYCLOPÉDIE DU CANADA Collectif, Stanké, 2000, 2639 pages.Saviez-vous que.Un échappatoire ou une échappatoire ?Échappatoire est féminin Pour corriger les anglicismes ou résoudre des problèmes grammaticaux, Le lexique des difficultés du français dans les médias de Paul Roux répondra à vos questions.Un outil indispensable pour toute la famille que ce soit à la maison, à l'école ou au travail.1995$ Seulement frais postaux et tps en sus 218 pages Les quantités étant limitées, commandez dès maintenant (514) 285-6945 1 877 299-6299 Télécopieur : (514) 285-6988 Interurbains (sans frais) : PM21 7LP0501B0121 b5 lect21 7LP0501B0121 ZALLCALL 67 00:39:57 01/21/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 L E C T U R E S B 5 JOURNAL INTIME ROMAN Un authentique talent d'écrivain La vie au couvent ÉLISABETH BENOIT collaboration spéciale Àla fois poète, romancière et essayiste, France Théoret a beaucoup écrit sur les femmes, notamment dans Bloody Mary (1977) et Une voix pour Odile (1978).Huis clos entre jeunes filles, son dernier roman, plonge le lecteur dans l'univers des internats à Montréal dans les années cinquante.Étrange roman que ce roman, d'abord et avant tout à cause du ton de la narratrice, une fonctionnaire de la Ville qui se remet constamment en question et qui s'autodétruit « en devenant l'objet de ce mouvement introspectif mortifère », ainsi qu'elle le précise elle-même avec ce choix de mots parfois lourds et anguleux qui la caractérise.Un matin, cette fonctionnaire effacée et sans amies reçoit une lettre.On ne sait pas exactement ce qu'elle contient, mais elle lui rappelle son passé, un passé qu'elle évoque longuement (c'est là en fait presque tout le roman).À 16 ans, à l'internat, elle rencontrait Yolande, 20 ans, avec son « allure de grande Anglaise », ses souliers plats de mauvaise qualité, son costume réglementaire, sa coupe de cheveux informe et, surtout, son indépendance totale, sa « solitude qui n'avait rien à voir avec l'ennui et la désolation » et qui fascine la narratrice.Mais à l'internat, les conversations entre les deux jeunes filles ne sont pas spontanées, elles ne mangent pas ensemble à la cafétéria, et un jour Yolande disparaît.La narratrice prendra alors l'habitude de jouer aux cartes avec Muriel, Josée et Marie-Paule.L'histoire est mince, c'est la vie au couvent, morose; les adultes qui affirment qu'un visage de jeune fille change lorsqu'elle n'est plus vierge; les histoires de garçons (qui s'appellent presque tous Yves dans le roman); la fascination de la narratrice pour certaines femmes; les promenades le soir avec les « feux de circulation (qui) signalaient le vide ».L'écriture de France Théoret a une dimension à la fois intellectuelle et poétique, sans épaisseur, sans recherche de virtuosité, sans sensualité, à l'image de ces jeunes filles qui ont des corps « transparents ».Les phrases sont hachurées, le ton terne, monocorde, parfois un peu maniéré, mais c'est là le personnage de la narratrice.Et il y a, dans Huis clos entre jeunes filles, ce qu'on appelle une voix, un ton particulier et singulier qui, sans éblouir, a un effet sur le lecteur, ne serait-ce, à la limite, que de lui faire éprouver un étrange malaise.H H H HUIS CLOS ENTRE JEUNES FILLES France Théoret Les herbes rouges, 135 pages RÉGINALD MARTEL Joséphine Marchand n'avait donné à la littérature canadienne- française, pouvait-on croire, que des saynètes d'une aimable insignifiance, selon le jugement des courageux rédacteurs du Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, et des articles d'un féminisme encore timide, voué à la gloire de la bonne bourgeoisie Ð s'il en est une mauvaise.Elle était la fille d'un politique libéral de la variante rouge, Félix-Gabriel Marchand, qui fut un temps, fort bref, Premier ministre du Québec, et elle devint la femme d'un notaire d'allégeance voisine, Raoul Dandurand, homme de culture dont Wilfrid Laurier fit pourtant un sénateur.Le Journal intime 1879-1900 de Joséphine Marchand, édité grâce aux bons soins d'Edmond Robillard, révèle un itinéraire spirituel et intellectuel beaucoup plus riche que ce que laisse supposer l'oeuvre déjà éditée et oubliée.Il apporte surtout sur l'époque de sa rédaction des lumières que l'histoire officielle, généralement axée sur les dimensions politique ou économique de la vie collective, a tendance à occulter.Quand elle entreprend d'écrire son journal, Joséphine a dix-sept ans.Elle ne lui sera pas toujours fidèle, trop prise certainement par les tâches diverses qu'elles s'est assignées : rédaction d'articles pour divers journaux et revues, participation aux activités d'une association canadienne des femmes, représentation du Canada à l'Exposition universelle de Paris, diffusion du livre dans les milieux défavorisés, etc.À cela s'ajoutent les activités habituelles d'une femme de sa condition, supervision des tâches domestiques et réceptions mondaines.Pendant un mois ou plusieurs, voire quelques années, le journal est abandonné.Joséphine y revient pour diverses raisons, dont le désir de s'émouvoir plus tard sur la jeune fille et la jeune femme qu'elle a été et celui de léguer quelque chose à ses descendants.Ce que révèle d'abord le Journal, c'est un authentique talent d'écrivain.Même toute jeune, et à moins que l'oeuvre ait été lourdement retouchée, ce dont l'éditrice de la Pleine Lune ne dit rien, Joséphine non seulement maîtrise parfaitement la grammaire française, elle écrit aussi avec une grande aisance.Il y a bien quelques anglicismes, ce qui était et demeure courant dans les milieux juridiques.Ses pages, bien que les matériaux autobiographiques soient minces, sont habilement construites et le vocabulaire en est varié et abondant.On remarque ensuite, et c'est ce qui convainc de poursuivre la lecture, d'une part la très grande sincérité de l'écrivain, d'autre part l'absence presque totale des bons et pieux sentiments qui ont longtemps été la marque de notre littérature nationale.Mme Marchand-Dandurand écrit vraiment pour n'être lue par personne.Elle mentira même un jour à son mari, ce dont elle est un peu fière, prétendant qu'elle a détruit les pages où elle raconte la difficultueuse naissance de leur amour.Malgré ce qu'elle dit d'elle-même, elle est de nature généreuse et son journal n'est pas le lieu des défoulements.Les errements des autres sont excusables, les siens, beaucoup moins.Femme de tête.et de coeur Joséphine Marchand est croyante, ce qui est tout naturel pour l'époque.Elle a tout de même le bon goût de douter parfois, ce qu'explique sans doute la vigueur relative de la libre pensée dans cette fin de siècle encore lourdement dominée par l'appareil autoritaire de l'Église romaine, au Québec du moins.Pour raffermir sa foi, elle n'hésite pas à s'imposer une retraite fermée dont elle n'a guère envie, promettant à son terme de fréquenter les sacrements plus régulièrement.Tout de même, peu de bondieuseries dans le discours de cette femme de tête.et de coeur, puisque les sentiments sont aussi la grande affaire de sa vie.De ses dix-sept ans jusqu'au mariage, qui sera tardif selon son voeu, elle n'en finit pas de s'interroger sur la pertinence, pour elle et pour toutes les femmes, d'une telle union.On lui a dit, et elle l'a cru, que le mariage correspond au début de l'esclavage, que les femmes y perdent leur liberté et avec elle leur dignité.Ce que Joséphine n'écrit pas, probablement parce qu'elle l'ignore elle-même, c'est que la sexualité, dont elle n'a aucune idée, l'effraie et la dégoûte à la fois.Elle est en cela semblable sans doute à la plupart des jeunes filles de son temps, mais le romantisme qui devrait s'opposer à cette attitude fait place plutôt à un souci d'indépendance extrêmement marqué, indépendance qu'elle souhaite aussi chez Raoul Dandurand, son prétendant transi.Il n'empêche qu'elle exige de lui une très grande soumission.Il devra comme on disait la « respecter » jusqu'au mariage et même au-delà, elle ne tolérera même pas le tutoiement, il devra être toujours bon et fidèle.Si Joséphine se sait exigeante, elle sait surtout que la vocation des femmes ne se limite pas à la maternité.Elle les veut plus émancipées, plus autonomes, plus versées dans les arts et les sciences que ce qui leur a été permis jusqu'alors.Ce n'est qu'après de longues hésitations, et dans l'espoir que l'amour vienne mettre un peu de folie dans une alliance tout à fait dominée par la raison, qu'elle consent à épouser son patient soupirant.Elle ne le regrettera pas.Si on excepte quelques gestes un peu brusques que la distraction plus que la méchanceté explique, le jeune notaire sait rendre Joséphine tout à fait heureuse.Au point qu'elle reçoit assez froidement l'annonce d'une première grossesse, inquiète que l'« intrus » ne vienne troubler son bonheur tranquille.Elle met du temps à s'inventer un instinct maternel qui manifestement ne lui est pas naturel et les pages dans lesquelles elle parle de sa fille concernent bien davantage l'éducation qu'elle entend lui donner que les épanchements affectifs.La petite devra apprendre la grammaire, l'histoire universelle, les lettres classiques, le latin, le dessin, la musique, l'anglais, l'italien et l'allemand ! L'éducation physique importe aussi : équitation, natation et tir.On voit que la grande bourgeoise ne manque pas d'ambition.Et celle qui, plus jeune, voulait détourner son futur mari de la politique fera tout pour assurer son ascension sociale et pour faire mousser sa candidature au Sénat, a u q u e l l u i - même n'ose rêver d'accéder.Des idées sur tout Quand se termine le Journal, Joséphine Marchand a trentehuit ans et son père vient de mourir.Si elle relit ses premières pages, elle doit bien sourire.L'adolescente à la fois romantique et rationnelle est devenue une femme du monde, elle brille partout et s'en vante un peu, elle a des idées sur tout.Tantôt ce sont des idées très conservatrices et qui étonnent chez une féministe.Ainsi Mme Dandurand trouve-t-elle que les bonnes sont nulles : « Comme ces filles de la campagne, si elles étaient capables de comprendre l'idée du devoir, devraient être heureuses dans nos maisons.(.) Il faut un peu faire l'ouvrage de ces servantes pour constater leur incurie.(.) Les domestiques sont le fléau du siècle.» Et tantôt elle adopte le langage des libéraux qu'elle a fréquentés pendant toute sa jeune vie : « L'argent employé par les fabriques et les communautés à acheter des propriétés, des biens immobiliers et productifs, à bâtir des presbytères-châteaux et des cathédrales dans les petites paroisses de campagne, serait certainement plus profitable, si on l'appliquait aux écoles et au soulagement immédiat des misères du peuple.» Sur le plan de l'édition, le dominicain Edmond Robillard a fait un travail de bénédictin.Les notes sont nombreuses, précises autant qu'il est possible, et distinguent bien l'hypothèse et la certitude.Il n'est cependant écrit nulle part que la version publiée du Journal est intégrale, ni que des corrections orthographiques ou grammaticales y ont été apportées.Ce sont là pourtant des renseignements importants.Pour le reste, il y a peu à red typographiques, l'absence des illustrations que Joséphine annexe à son texte, celle d'un index onomastique.Peut-être l'arbre généalogique des Marchand et des Dandurand aurait-il simplifié aussi la lecture de ce texte passionnant.H H H 1¤2 JOURNAL INTIME 1879-1900 Joséphine Marchand La Pleine lune, 2000, 276 pages France Théorêt Groupe des Lundis littéraires 514.277.6231 Concours litt.raire Ateliers de lecture Ateliers dÕ.criture L E C T U R E A T E L I E R S D ' É C R I T U R E La communion des amants d'Hélène Savard-Huot aux éditions caméléon 77 poèmes d'amour juste à temps pour la Saint-Valentin Un livre à lire pour mieux s'aimer.à 19,95 $ chez votre libraire INDIGO REÇOIT Venez rencontrer l'auteur à succès, Frédéric Beigbeder, lors de la séance de signature de son tout dernier roman, 99 Francs.Profitez d'un rabais de 30 % sur une sélection de meilleurs vendeurs ! Le dimanche 28 janvier, de 13h à 15h Place Montréal Trust - 1500 avenue Mc Gill College Frédéric Beigbeder 2924614A 7LP0601B0121 B-6 dimanche - ARTS 7LP0601B0121 ZALLCALL 67 00:38:53 01/21/01 B B6 LA PRESSE MONTREAL DIMANCHE 2 1 JANVIER 2001 AVOIR DU PLAISIR ( SEXUEL ).Le Robert precise que l'expression ne se rattache pas etymologiquement a pied ; comme etre sur un pied d'egalite, elle renvoie au sens d'unite de mesure .Prendre son pied, c'est donc prendre sa part dans le partage du plaisir a deux.LES UNS ET LES AUTRES Arts martiens Avant de replonger dans l'enfer de Matrix, Carrie-Anne Moss a passe un moment sur La Planete rouge.Le point avec le magazine Cine Live.Q Apres Matrix, vous voici a nouveau dans un film de science-fiction.C'est un genre auquel vous etes accro ?R Je dois vous avouer que je ne suis pas une fan de science-fiction, je prefere les films romantiques.Cela dit, j'aime le cinema de sciencefiction de qualite.Pour etre franche, je n'ai jamais pense que Matrix etait un film de sciencefiction.Pour moi, c'etait avant tout une histoire d'amour.Avec La Planete rouge, d'accord, je savais qu'il s'agissait de la planete Mars.Mais le film avait une intrigue de depart solide, traitee de maniere credible.On y pose la question, intrigante a mon avis, d'imaginer ce qui se passerait si on aneantissait toute possibilite de vie sur la Terre et qu'il fallait trouver le moyen de survivre sur une autre planete.Q Kate Bowman, votre personnage, est la seule femme du film.On a l'impression qu'elle eprouve une satisfaction quasi jouissive a commander les hommes qui sont sous ses ordres.R Je ne l'ai pas percue ainsi.Elle fait partie d'une equipe ayant pour but une mission tres importante.Elle est responsable et doit en evaluer les risques.C'est une scientifique, mais c'est aussi une femme qui a des emotions, qui est prete, le moment venu, a se sacrifier pour sauver la vie de l'un de ses partenaires.Je lui ressemble car je n'hesiterais pas une seconde a faire la meme chose dans la vie, si l'occasion se presentait.Q Qu'est-ce que ce metier signifie pour vous ?R J'ai toujours eu envie d'etre actrice, et ce depuis que je suis toute petite, meme si je n'ai pas la moindre idee d'ou m'est venu ce desir.J'ai pris des cours avec plusieurs professeurs.J'eprouve desormais plus de plaisir dans ce que je fais.Je me souviens d'une epoque, il y a cinq ans, ou rien de ce que je faisais ne me satisfaisait.Tout me semblait dur, a tel point que je voulais abandonner ce metier.Je me rendais malade.Mais c'est fini.Je sais que je me donne a fond, je fais confiance au realisateur.Du coup, ma vie est bien plus agreable.Carrie-Anne Moss ZOOM FLASH A la Saint-Valentin ?Maintenant qu'elle est dument divorcee d'avec Bruce Willis, Demi Moore n'a plus de raisons de ne pas epouser son fiance et professeur de karate Oliver Whitcomb qui veut depuis un bon moment fonder une nouvelle famille avec elle.Demi aimerait bien avoir d'autres enfants, mais elle n'est pas prete a se remarier aussi rapidement, a la Saint-Valentin par exemple, comme le voudrait son fiance.Pour rendre les choses plus faciles, le pretendant, qui est bien conscient de l'ecart dans leurs fortunes, a deja accepte de conclure un arrangement prenuptial qui clarifierait la situation mais ca n'a pas ete suffisant pour la flechir.Fusion.domestique IL SEMBLE QUE LA VILLA de cinq millions de dollars de Los Angeles qu'occupent Antonio Banderas, Melanie Griffith et leur petite fille Stella ne satisfasse pas leurs besoins ; ils viennent en effet d'acquerir pour un million et demi la maison de leur voisin et ils entendent relier les deux demeures pour en faire une seule de 19 000 pieds carres.Lorsque les travaux seront termines, la nouvelle residence comprendra 13 chambres, un immense salon, une cave a vin, un solarium, un studio ou ils pourront repeter leurs roles, et un gymnase.Mais comme leur maison est de style espagnol et celle de leur voisin de style ranch moderne, l'unite ne sera peut-etre pas facile a realiser.Textuel ! VOICI QUELQUES CITATIONS de stars tirees du dernier ouvrage de Rosemarie Jarski Hollywood Wit.>>> Si quelqu'un est assez fou pour m'offrir un million de dollars pour jouer dans un film, je ne serai certainement pas assez folle pour refuser.D Elizabeth Taylor >>> Arnold Schwarzenegger a joue dans un tas de films, mais c'est l'acteur qui compte le moins de repliques au cinema a l'exception, peut-etre, de Lassie.D Robin Williams >>> Un producteur celebre, dont je tairai le nom, a pris une pose indecente alors qu'il etait seul avec moi dans son bureau.Je lui ai dit : Monsieur X, je croyais que vous etiez dans la production, non dans la reproduction.DShirley Temple E X P R E S S UN PRENEUR AU LIVRE ecossais prend les paris a 25 contre 1 que Britney Spears, 19 ans, qui fait volontiers etat de sa virginite, aura un enfant avant le premier janvier 2002.Nosferatu, le vampire D Une symphonie de l'horreur ( 1922 ) reste encore aujourdhui l'une des plus notables versions de Dracula.A l'epoque, la veuve de Bram Stoker avait refuse que Murnau adapte le roman de son mari.Dracula est donc devenu le comte Orlok, alias Nosferatu, qui signifie non-mort .Carlos Saura s'apprete a mettre en scene un film sur Luis Bunuel et ses comediennes.Ben Affleck suit un traitement sous hypnose pour perdre cette mauvaise habitude qu'il a depuis l'enfance de se ronger les ongles.SOURCES : Film Review, Globe, Premiere, Star Claude Chabrol D Vous avez arrete de fumer combien Demi Moore de fois ?J'ai arrete une fois, a 18 ans.Mon pere m'a traite de cretin et m'a incite a reprendre, a la seule condition que je fume raisonnablement.Il pensait que c'etait bon pour la sante de fumer un peu.Finalement, j'ai triche, et j'ai beaucoup fume.Ensuite, j'ai abandonne la cigarette pour la pipe.Mais je n'aimais pas.Alors j'ai repris la cigarette.Puis, quand j'ai eu du pognon, j'ai commence le cigare.J'ai rencontre mon ami Davidoff, et la, j'ai frole la ruine ! Alors j'ai repris la pipe.Aujourd'hui, j'en fume deux ou trois par jour, ce qui est raisonnable.Et je me porte tres bien.Premiere VOUS DITES.POP-CORN Prendre son pied >>> DES FEMMES peuvent poser le regard unique sur une actrice que certains hommes ne sont pas capables d'avoir, mais il y a aussi des femmes misogynes.Ne faisons pas des femmes metteurs en scene la seule solution artistique pour les actrices.Isabelle Adjani >>> IL EST DIFFICILE de predire ce qui va donner de l'espoir aux gens.Certains, apres avoir vu un de mes films, m'ont dit : C'etait tres deprimant .D'autres m'ont dit le contraire.Je me souviens d'un spectateur qui m'a confie : J'ai vecu la meme histoire que le heros du film.A l'epoque, je n'avais pas verse une larme.Grace a vous.j'ai pu donner libre cours a mon emotion .C'est en effet tres gratifiant.Patricia Arquette >>> JE VOUDRAIS REUSSIR a jouer comme Bogart, qui avait toujours l'air de regarder l'heure a la pendule du studio.Jacques Dutronc VOTRE SOIREE DE TE L E V I S I O N Louise Cousineau 11:00 a - MEDIAS La famille Lavigueur victime des medias?Aussi, reportage sur l'annonce de la demission de Lucien Bouchard.Parce qu'on avait des sources fiables, on n'a pas attendu la confirmation officielle.19:30 P - VIVEMENT DIMANCHE Michel Drucker recoit Celine Dion.L'entrevue a ete realisee a Jupiter en Floride le meme jour que celle de Michel Jasmin.Mais il n'y sera pas question de jumeau congele.20:00 a - LE VIOLON ROUGE Surement le film quebecois le plus couteux de l'histoire.Signe Francois Girard.20:00 t - GOLDEN GLOBE AWARDS Soiree annonciatrice des Oscars alors que les critiques etrangers couronnent des films.Et egalement des emissions de tele.20:00 X - MUSICOGRAPHIE L'histoire des Sultans, un groupe ne dans le Liverpool quebecois, Saint-Hyacinthe.Son chanteur Bruce Huard a fait crier d'hysterie les filles au debut des annees 60.21:15 P - BOUILLON DE CULTURE Parmi les invites, la romanciere quebecoise Madeleine Gagnon.21:30 A - CINEMA VERITE: LE MOMENT DECISIF Documentaire sur des cineastes passionnes qui ont revolutionne le style documentaire et dont l'influence est omnipresente.23:00 a - LES IDEES LUMIERE Le Dr Rejean Thomas parle pour la premiere fois de son homosexualite.18h00 18h30 CANAUX 18h00 a q 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 VD VDO c j o r y A E M z H CBC h ABC D CBS b NBC g CANAUX 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 CABLE PBS CTV TQS TQ TVA RC CABLE PBS CTV TQS TQ TVA RC VD VDO Le Telejournal Decouverte / Le dragon des mers; expo-sciences Le Monde de Charlotte Cinema / LE VIOLON ROUGE (4) avec Samuel L.Jackson, Jean-Luc Bideau Le Telejournal Les Idees Lumiere Sport Le TVA 18 heures Un monde de fous Juste pour rire / Jean-Michel Anctil, Francois Leveillee Cinema / DES HOMMES D'HONNEUR (4) avec Tom Cruise, Demi Moore Le TVA Sports / Lot.(23:25) Malcolm Les Francstireurs Le National d'impro Juste pour rire Le plaisir croit avec l'usage./ Jean Lapointe L'Oeil ouvert / Cinema verite: le moment decisif Chasseurs d'idees (23:19) La Porte des etoiles Cinema / DOUBLE MEMOIRE (5) avec Ray Liotta, Linda Fiorentino Cinema / AU BENEFICE DU DOUTE (5) avec Donald Sutherland, Amy Irving Grand Journal (23:20) Pulse Travel, Travel Figure Skating Championships The 58th Annual Golden Globe Awards CTV News Pulse / Sport News HTTV News Cinema (17:00) Wind at my Back Canada: A People's History Sun.Report Undercurrents Canada: A People's History News ABC News Cinema / WILLY WONKA AND THE CHOCOLATE FACTORY (4) Who Wants to be a Millionaire?The Practice News Pretender Friends 60 Minutes Touched by an Angel Cinema / ABSOLUTE POWER (5) avec Clint Eastwood, Gene Hackman ER NBA Basketball / Heat - Lakers (17:00) Dateline The 58th Annual Golden Globe Awards Stargate Red Green Jazz / Swing: Pure Pleasure (1935-1937) Nature: Triumph of Life Theatre / Bramwell (2/5) Great Performances Mystery! / Touching Evil BBC News Religion.Noah's Ark Great Performances / Paul Simon Manilow Live Cinema 100 Centre Street Law & Order News Radio Blood Ties: Ralph Fiennes Arts, Minds StarTV The Photographer Cinema / BIG (4) avec Tom Hanks, Elizabeth Perkins Cinema / THE WIZARD OF OZ Insectia .Animal Hors Serie / Aux origines de l'homme Filiere D / ALMANACH.Documentaire Cinema / LA SARRASINE (4) Benelux.Russian.Focus Grec Tele-serie Grece Lica (Serb.) Caribbean.Kontakt (Ukraine) .juive Justice des mineurs Educational Psychology Le Monde a la carte .Internet Maternelle Le Monde des affaires Peinture moderne au Quebec Disc.Sunday Showcase Sunday@Discovery Discovery's Sunday Showcase: Building the Impossible Storm Warning!: .all Odds Sunday@Discovery Pret a partir Memoires de palaces Romantique Plaisirs.Les plus beaux voyages.Montagnes Vu d'en haut Pret a partir Franklin Little Lulu N'Sync in Concert So Weird .Heartbeat Cinema / CAMELOT (3) avec Richard Harris, Vanessa Redgrave Jamie Foxx The PJ's Futurama King of the Hill The Simpsons Malcolm in the Middle The X-Files Hype Nikki A.Hitchcock Global News The X-Files The Practice A.Hitchcock Sportsline Journal de bord Histoire maritime du Canada Histoire des Etats-Unis Cinema / SEPT HOMMES A L'AUBE (4) avec Timothy Bottoms, Martin Shaw Greatest Journeys on Earth Voices of War Nat.Geographic Adventures Cinema / AWAKENINGS (4) avec Robin Williams, Robert De Niro Royal.Flick TV Guide .for Love .Families .Miracles .Homes Specials Weekender: Sydney Real World The Cruise .Miracles .Homes Generation 60 Ed Sullivan Pop up.Musicographie / Les Sultans Speciaux / Eros Ramazzotti - Barcelone Single Luck Musicographie / Les Sultans d.Box Office Groove Concert Plus: MTV Movie Awards 2000 Farmclub.com Clip BBC News Foreign.Hot Type Sports Jrnl Counter Spin Sun.Report Mansbridge The Passionate Eye Sunday Showcase Branche Medias Journal RDI Histoires.Zone libre Le Telejournal Culture-choc Point de presse Sec.Regard Enjeux / Les Reines du foyer Sport Sports 30 Patinage artistique Hockey junior / Ottawa - Hull Sports 30 Mag .extreme Les Contes d'Avonlea Saint-Tropez, sous le soleil Haute Finance L'Hopital Chicago Hope Sexe a New York Loi & l'Ordre: Crimes sexuels Prime Suspect 10-07: The Kafka Affair F/X: The Series Cinema / LOVE IS THE DEVIL (4) avec D.Jacobi, D.Craig Beastmaster Earth: Final Conflict Cinema / VICE VERSA (4) avec Judge Reinhold, Fred Savage Cinema / THE RANDOM FACTOR avec Andrew Divoff Sportscentral Wrestling: WWF Heat Mastercard Championships / Golf - derniere ronde Sportscentral Wrestling: WWF Heat Grouille-toi Volt Panorama Un air de.Explorateur Cinema / LE CHAGRIN ET LA PITIE (3) Documentaire (1/2) Panorama O Zone Real America - 48 Hours Code Blue: Free and Easy Unmasked: .Deception High Stakes - Bet your Life on Vegas Unmasked: .Deception .(16:30) Sportsdesk That's Golf Canadian Nat.Bodybuilding Poker Million Tennis: Australian Open J.Bravo .Mimi?Redwall Ned.triton .le meilleur Drole, voyou Simpson Cybersix Avengers South Park Simpson .le meilleur .(18:15) Journal suisse Journal FR2 Vivement dimanche chez Celine Dion Bouillon de culture (21:15) .arts (22:35) Journal belge Soir 3/Invite Get a Life! The Tribe Vox Inquiring.Cinema / THREE COLOURS: WHITE (3) avec Z.Zamachowski Diplomatic.Imprint Allan Gregg 4th Reading Vivre a deux Les Copines Quand la vie est un combat Coup de coeur Medecine.secondes .en vedette Les Copines Ca sex'plique Place publique .mange?Question Sante L'Ombudsman Vos droits Sur la colline Passion Deco Action Emploi S.Holmes Story Studio Zack Files Caitlin's.Radio Active Action Man 3 Friends.S.Holmes Hometown Big Wolf.Lost Nebula Shadow.Tekwar Zone extreme Invasion Planete Terre Sliders Chroniques du paranormal Technofolie .c'est fait Madeleine Gagnon 7LP0701B0121 B-7 dimanche - ARTS 7LP0701B0121 ZALLCALL 67 00:39:45 01/21/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 B 7 CINÉMA Benicio Del Toro en lice pour un Golden Globe d'après AP et AFP NEW YORK \u2014 Benicio Del Toro est assis dans un hôtel de Manhattan, vêtu d'un complet sombre, sirotant un espresso et tirant une bouffée de sa cigarette.Il est très relaxe ; il parle lentement et calmement.Sa performance dans le film Traffic de Steven Soderbergh, où il incarne Javier Rodriguez, un policier las de Tijuana, lui a valu l'accolade du Cercle des critiques de cinéma de New York à titre de meilleur acteur dans un second rôle et une nomination pour les Golden Globes qui seront décernés ce soir par l'Association de la presse étrangère d'Hollywood (CTV, 20 h).Del Toro a des rivaux de calibre dans sa quête pour le Golden Globe du second rôle : Jeff Bridges (The Contender), Willem Dafoe (Shadow of the Vampire), Albert Finney (Erin Brockovich) et Joaquin Phoenix (Gladiator).Est-il excité ?« Oui.» C'est tout ce qu'il a à dire ?Seulement « oui »?« C'est un moment agréable pour moi », répond l'acteur de 33 ans avec un léger sourire.Son attitude décontractée étonne, surtout lorsqu'on pense à ses rôles au cinéma.Des personnages en proie à de vives émotions comme ce Fenster qui mangeait ses mots dans The Usual Suspects ou encore le voyou armé dans The Way of the Gun.S'il hésite un peu à parler des récents honneurs qu'il a récoltés, Del Toro est heureux de louanger les autres.Il parle davantage de ses livres préférés, Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway et Fear and Loathing in Las Vegas de Hunter S.Thompson ; des acteurs qu'il respecte, Robert De Niro et Lon Chaney père ; et de ses réalisateurs préférés, Soderbergh et Sean Penn.Del Toro joue dans deux nouveaux films qui ont pris l'affiche vendredi : Snatch, réalisé par Guy Ritchie et mettant en vedette Brad Pitt, et The Pledge, signé Sean Penn et dont la tête d'affiche est Jack Nicholson.Q On dit de votre personnage dans Snatch qu'il « fait des paris stupides avec des gens dangereux ».Êtes-vous un joueur ?R Non, pas vraiment.Je joue à l'occasion, mais j'aime jouer au blackjack avec quelqu'un qui s'y connaît vraiment.Quelqu'un qui peut me faire un signe, vous savez, « Une carte, pas de carte.Passe.» J'ai besoin d'aide.Q Comment choisissez-vous vos rôles ?R Le scénario doit être clair dans ma tête.Puis je passe à la prochaine étape : est-ce que j'ai des questions à poser ?Si j'en ai, je vais en parler au réalisateur.Quand je lis un scénario, je me dis rarement « Oh, c'est parfait ».Mais le scénario est la base de tout film.Q Espérez-vous être mis en nomination pour un Oscar pour votre rôle dans Traffic ?R On espère toujours.On est aussi bon que le sont nos films, donc c'est très bien de jouer dans un film comme Traffic et d'être louangé.C'est idéal quand le film est bon et que le réalisateur est encensé, lui aussi.J'aurais un peu peur si ce n'était que moi tout seul.Ça vaut ce que ça vaut, mais il faut toujours se débrouiller pour trouver un prochain film.Q Compte tenu de l'intérêt que suscitent Traffic et Snatch, entrevoyez-vous une différence dans le genre de films qu'on va vous offrir à l'avenir ?R Je n'y peux rien.Je dois seulement m'en tenir à ce que je fais.Je suis un acteur.Avec un peu de chance, je serai capable de trouver des histoires qui me stimuleront, et qui vont stimuler le public.Travailler avec des gens que je respecte.Mais j'ai été chanceux.J'ai joué dans des films très solides.Q Comment avez-vous réagi quand votre famille est déménagée de Porto-Rico en Pennsylvanie quand vous aviez 13 ans ?R J'ai pris cela pour ce que c'était.Je ne me suis jamais vraiment dit (« Oh mon Dieu, qu'est-ce que je fais ici?» Les gens sont pareils n'importe où.Les êtres humains peuvent s'adapter à n'importe quoi.Aujourd'hui, nous avons quatre ans pour nous adapter à un nouveau président.Je suis sûr que nous allons survivre.Les Golden Globes Si les Golden Globes sont vraiment un avant-goût des Oscars, Steven Soderbergh est plutôt bien placé pour se couvrir d'honneurs.En effet, Traffic est cité cinq fois pour les Golden Globes (comme Gladiator de Ridley Scott) et son film précédent, Erin Brockovich, a récolté quatre mises en nomination.D'ailleurs, Soderbergh est luimême deux fois candidat au Golden Globe du meilleur réalisateur.Ses rivaux sont Ang Lee (Crouching Tiger, Hidden Dragon), Ridley Scott (Gladiator) et Istvan Szbao (Sunshine).Trois autres films ont reçu quatre nominations: Almost Famous, Wonder Boys et Chocolat.Bien que favorite pour le Golden Globe de meilleure actrice dans un film dramatique, Julia Roberts devra compter avec la concurrence de la chanteuse Björk, en nomination pour son rôle dans le film de Lars von Trier, Dancer in the Dark.Pour sa part, Juliette Binoche est en nomination dans la catégorie des meilleures actrices dans une comédie pour sa prestation dans Chocolat.La star française sera en compétition avec Brenda Blethyn pour Saving Grace, Sandra Bullock pour Miss Congeniality, Tracey Ullman pour Small Time Crooks et Renee Zellweger pour Nurse Betty.Chez les acteurs, dans la catégorie dramatique, Michael Douglas est cité pour Wonder Boys, avec Tom Hanks pour Cast Away, Russel Crowe, héros de Gladiator, Geoffrey Rush pour Quills et Javier Bardem pour Before Night Falls.Côté comédie, l'affiche réunit Jim Carrey pour The Grinch, Robert De Niro pour Meet the Parents, Mel Gibson pour What Women Want, George Clooney pour O Brother.et John Cusack pour High Fidelity.L'acteur Benicio Del Toro a des rivaux de calibre.Mme Jeannette Laquerre Mme Mariette Allard M.Lamontagne M.Robichaud M.Claude Raiche M.Lévesque M.Mario Champagne Mme Gaëtane Simard Mme Anger M.John Craig Outremont Laval Verdun St-Hubert Laval St-Laurent Lachenais Boucherville Sorel Montréal 2925287A 7LP0801B0121 B-8 dimanche - ARTS 7LP0801B0121 ZALLCALL 67 00:41:53 01/21/01 B B 8 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 Il y a quarante ans: Mehta SPECTACLES Salles de répertoire AVENTURE MALGACHE MBA: 14h30.BEDAZZLED Cinéma du Parc (3): 15h15.BON VOYAGE MBA: 14h.COMIC BOOK CONFIDENTIAL Cinémathèque québ.: 17h.DEATH AND THE MAIDEN Cinéma du Parc (2): 21h40.ÉMILIE DU CHÂTELET, NAPOLÉON BONAPARTE, GEORGE BERNARD SHAW ET T.DAMIEN BOUCHARD Cinémathèque québ.: 19h30.FUNNY FELIX Du Parc: 17h20, 19h05, 21h.LISTEN TO THE CITY Cinémathèque québ.: 21h.PEAU D'ÂNE Cinémathèque québ.: 14h.STATE AND MAIN Impérial: 19h30, 21h30.SUZHOU RIVER Du Parc: 18h20, 20h.TESS Cinéma du Parc (2): 15h.2000 CANNES INTERNATIONAL ADVERTISING FESTIVAL Du Parc: 15h, 17h, 19h, 21h.TWIST Cinémathèque québ.: 19h.YOUNG AND INNOCENT MBA: 16h.Danse ESPACE TANGENTE (840, Cherrier E.) Sarah Joy Stoker, Katharina Vogel: 19h30.Musique CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE Ensemble Arion.Dir.Barthold Kuijken.14h PLACE DES ARTS Dim., 16h, Ruth Ann Swenson, soprano.Au piano: Carrie-Ann Matheson.Cavalli, Handel, Rossini, Bellini, Verdi, Hahn, Duke.OLD BRICK CHURCH Dim., 15h, Dang Thaï Son, pianiste.Chopin, Debussy, Ravel.Théâtre THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE Mambo italiano, de Steve Galluccio.Trad.de Michel Tremblay.Mise en scène de M.Duceppe.Mar.à ven., 20h; sam., 16h et 20h30.THÉÂTRE DU N.MONDE Monsieur Bovary, de Robert Lalonde, inspiré de Gustave Flaubert.Mise en scène de Lorraine Pintal.Du mar.au ven., 20h; sam., 15h et 20.THÉÂTRE DE QUAT'SOUS Le Mouton et la Baleine, de Ahmed Ghazali.Mise en scène de W.Mouawad.20h.THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI Le Langue-à-langue des chiens de roche, de Daniel Danis.Mise en scène de René Richard Cyr.20h.THÉÂTRE ESPACE GO Les Règles du savoir-vivre ., de J.-Luc Lagarce.Mise en scène S.Denoncourt.Mar.à ven., 20h; sam., 16h et 20h.SALLE FRED-BARRY Extasy-land.com, de Jean- Frédéric Messier.19h30, sauf lun.LA LICORNE Le Rire de la mer, de Pierre- Michel Tremblay.Mise en scène de Marie Charleboix.Mar.à sam., 20h; mer., 19h.Supp.21 et 28 janvier à 15h.GESÙ Le Visiteur, d'Éric- Emmanuel Schmitt.Mise en scène de F.Faucher.20h.CAFÉ-THÉÂTRE DU CCSE MAISONNEUVE (4375, Ontario E.) La Commedia dell' arte, de Marc Favreau: 19h30.USINE C (1345, av.Lalonde) Mr Lear, de John Sipes.Avec Georges Molnar, John Sipes: 20h.CAFÉ-THÉÂTRE DE CHAMBLY Knock, de Jules Romain.Mise en scène de Sylvie Bibeau et Manon Cardinal.Ven., sam.: 20h.Pour Enfants LA MAISON THÉÂTRE Un Autre Monde, de Réjane Charpentier.Mise en scène d'André Laliberté.Marionnettistes: Simon Boudreault et Marie-Pierre Simard: 13h et 15h (4-8 ans) CENTRE S.BRONFMAN La Tribu Hurluberlu, chorégraphie de Hélène Langevin.(Spectacle bilingue): 14h.(4 à 9 ans).Variétés SPECTRUM (318, Ste-Catherine O.) Renaud: 20h30.LA PLACE À CÔTÉ (4571, Papineau) Le Dixieband: 20h.CAFÉ LUDIK (552, Ste-Catherine E.) Thibaud de Corta: 21h.L'ESCOGRIFFE (4467, St-Denis) Flamenco: 20h; groupe de jazz: 22h.LE SERGENT RECRUTEUR (4650, St-Laurent) Soirée de contes: 19h30.L'OURS QUI FUME (2019, St-Denis) Nick Payne: dès 21h30.BIDDLE'S (2060, Aylmer) Geraldine Hunt avec le Trio d'Arnold Ludvig: dès 20h.JAZZI'Z (4075B, St-Denis) Sonia Johnson et Swing Souls: 22h.THÉÂTRE DU VIEUX-TERREBONNE Jean-Pierre Ferland: 20h30.AUDITORIUM DU COLLÈGE LIONEL-GROULX (100, Duquet, Ste-Thérèse) Avec le temps, cent ans de chanson, de Louise Forestier: 20h.SOUVENIRS-SOUVENIRS Quarante ans déjà que La Presse (24 janvier 1961) annonçait que le jeune Zubin Mehta, âgé de seulement 25 ans, allait succéder à Igor Markevitch comme directeur artistique et chef résidant de l'Orchestre Symphonique de Montréal à compter de la prochaine saison.Mehta avait, dans les faits, fait ses débuts avec l'OSM le 25 octobre 1960, au Forum, et il avait ensuite dirigé un concert double, au Plateau, les 1er et 2 octobre suivant, remplaçant Igor Markevitch, retenu en Europe par la maladie.Mehta, disaiton, avait décidé de s'établir à Montréal avec sa jeune femme, une Canadienne de descendance polonaise et écossaise, et leurs deux filles.Il devait diriger la majorité des concerts de la saison suivante et avoir l'entière responsabilité artistique de l'Orchestre.« Malgré son jeune âge, pouvait-on lire, M.Mehta, qui parle couramment le français et l'anglais, en plus de plusieurs autres langues, a déjà une carrière impressionnante.» Né aux Indes, Zubin Mehta était fils de musicien, son père étant violoniste et chef de l'Orchestre Symphonique de Bombay.Zubin Mehta s'était perfectionné à Vienne, puis à Sienne, et avait gagné le premier prix de direction d'orchestre de la Philharmonique de Liverpool.Il avait fait ses débuts canadiens avec l'Orchestre Symphonique de Radio-Canada, à Toronto.Le père de la gravure québécoise IL Y A TRENTE ANS (19 janvier 1971), La Presse déplorait le décès du « père de la gravure québécoise », comme on titrait alors.Il s'agissait d'Albert Dumouchel, qui de 1942 à 1960 avait enseigné à l'École des arts graphiques avant de devenir, en 1960, directeur de l'atelier de l'École des beaux-arts de Montréal.En 1969, lorsque l'École des beaux-arts fut rattachée à l'Université du Québec à Montréal, il était un des trois artistes résidents de la nouvelle institution, avec Jacques de Tonnancour et Louis Archambault.Dans une entrevue accordée à Claude Jasmin en 1965, Dumouchel avait toutefois déclaré qu'il n'enseignait pas, mais s'amusait.Il avait aussi édité les Cahiers des ateliers des arts graphiques de 1945 à 1955, était du groupe des signataires de Prisme d'yeux, avait participé à d'importantes expositions comme exposant ou membre du jury et était membre de l'Académie des Arts de Florence, le premier Nord-Américain à recevoir cet honneur.Pierre Hétu, chef d'orchestre IL Y A UN QUART DE SIÈCLE, Claude Gingras écrivait (17 janvier 1976) : « Du garçon plutôt timide, un peu gauche et forcément inexpérimenté qu'il était il y a quelques années, Pierre Hétu, à la veille d'avoir 40 ans, est devenu, je pense, un véritable chef d'orchestre.» Selon Gingras, Hétu, depuis quelques saisons, et plus particulièrement en janvier 1976 alors qu'il revenait à la tête de l'OSM comme chef invité, avait montré qu'il possédait toutes les qualités d'un chef digne de ce nom : « Tout d'abord, une connaissance visiblement complète de l'écriture musicale et instrumentale (il lit une partition comme un autre, un roman, jongle avec les instruments transpositeurs et autres sujets compliqués).Ensuite, une totale assurance et une parfaite articulation dans l'expression de sa pensée, en conversation ou de ses désirs face à un orchestre en répétition.Enfin, en concert, une aisance absolue et un contrôle total dans l'expression gestuelle.» Une Semaine du théâtre IL Y A SOIXANTE-DIX ANS, l'idée d'une Semaine du théâtre était nouvelle et Jean Béraud y avait consacré sa chronique du 24 janvier 1931 : « Vous croyez que ce n'est pas sérieux, et que bien frivole est ce peuple (les États-Unis) qui organise, à côté de Semaines du livre et de la musique, une Semaine du théâtre.Cette initiative est plus méritoire que vous ne pensez, peutêtre.Le théâtre n'est pas une activité aussi frivole qu'on est parfois porté à le croire.L'art dramatique n'est pas que divertissement, il a exercé une haute mission chez tous les grands peuples, il a eu son influence sur les moeurs, sur la pensée, voire même sur la politique des nations.» LA NOUVELLE SÉRIE D'ÉMISSIONS et Jean-Michel Anctil Jean-Marc Parent Gumboots Pierre Légaré François Léveillé Gad Elmaleh Pierre Prince Serge Thériault Jacques Chevalier André Ducharme CE SOIR 19 H avec Anthony Kavanagh www.hahaha.com 2925133A 7LP0901B0121 B-9 dimanche - ARTS 7LP0901B0121 ZALLCALL 67 00:40:18 01/21/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 B 9 EN BREF Billets en vente ajourd'hui pour le spectacle de U2 LES BILLETS pour le spectacle très attendu du groupe U2 à Montréal seront mis en vente à midi aujourd'hui, au Centre Molson.Le passage du groupe irlandais promet d'être un des moments forts de l'année dans le monde du spectacle à Montréal.U2 vient de lancer un nouvel album qui s'est avéré un succès instantané.Ouverture du 35e MIDEM à Cannes CANNES, France Ð Le 35e MIDEM (Marché international du disque et de l'édition musicale) s'est ouvert hier à Cannes par une journée consacrée à la musique en ligne qui a montré que les professionnels du disque commencent à apprivoiser la « toile », media encore jugé comme menaçant il y a peu.Signe des temps, le discours d'ouverture de la deuxième édition du MIDEMnet, prélude au MIDEM, a été prononcé par Michael Robertson, président de MP3.com, site de téléchargement musical qui était encore récemment en procès avec les cinq « majors » du disque John Sipes et Georges Molnar dans Mr.Lear.(AOL-Warner, BMG, EMI, Sony et Vivendi-Universal).THÉÂTRE 2924914A Père manqué, fille à jamais manquante MARIE-CHRISTINE B L A I S collaboration spéciale Comment Le Bourgeois gentilhomme aurait-il survécu à l'humiliation si le rideau de scène ne s'était baissé sur ses mésaventures ?Germaine Lauzon aurait-elle pu reprendre du poil de la bête une fois les Belles-Soeurs parties avec ses timbres-primes ?Et le roi Lear, s'il n'était mort sur le cadavre de sa fille tuée par sa faute, auraitil pu faire la paix avec lui-même et se pardonner ses errements ?Autant de questions qui pourraient demeurer sans réponse puisque, après tout, une fois une pièce terminée, ses personnages cessent de vivre à nos yeux.Directeur de la section mouvement du Festival Shakespeare d'Orégon, le dramaturge, metteur en scène et comédien John Sipes a, lui, décidé de redonner vie au Roi Lear de Shakespeare afin d'étudier la douleur d'un père manqué dont la fille est manquante à jamais par sa faute, sa très grande faute.Simple papa bourrelé de remords, le roi est devenu tout bonnement Mr.Lear, présenté à l'Usine C jusqu'au 27 janvier.Le pauvre vieux monsieur fou de douleur est incarné par Georges Molnar (qu'on a notamment vu dans l'installation La Paresse au Musée d'art contemporain), et le seul témoin de sa peine est son Fou, interprété par John Sipes luimême.Molnar et Sipes se connaissent de longue date, ayant notamment tous deux étudié avec le fameux maître du mime et du mouvement Étienne Decroux.Pendant un peu plus d'une heure, le Fou tentera, avec des mots, des gestes de réconfort dignes de la mère la plus maternante, des farces, des jeux de rôles et des chansons, de permettre au vieux roi de vivre sa douleur, sa culpabilité et sa colère.Et quand le roi oubliera pendant un instant sa responsabilité dans la mort de sa fille, le Fou la lui rappellera à l'aide d'une poupée ou de cris d'enfant perdu.Car ce n'est pas l'oubli ou la négation de ses actes que le Fou propose au Roi comme voie de rédemption, c'est le pardon de soi.Ce sont là des thèmes forts et fascinants en soi.Alors, pourquoi ne sommes-nous pas vraiment touchés par ce qui se déroule sous nos yeux dans le studio de l'Usine C ?Peut-être tout simplement parce que, devant ces deux acteurs qui font habituellement de leur corps ce que d'autres font de leur voix, nous attendions une oeuvre où les mots auraient très peu de place, au profit du mouvement qui émeut.Or, ils sont bien présents, ces mots, et bien lourds, d'une familiarité qui déroute, d'une contemporanéité qui rebute presque.C'est étrangement quand Molnar s'exprime en hongrois que la compréhension est la meilleure, que l'émotion est présente Peut-être est-ce aussi parce que le fil de l'histoire, si important dans les pièces de Shakespeare, est ici difficile à suivre.En particulier, la conclusion de Mr.Lear et le destin funeste du Fou laissent les spectateurs perdus, pour ne pas dire confus, bien qu'y soient intégrés quelques-uns des beaux vers du dernier acte de la pièce de Shakespeare.Peut-être enfin est-ce la disparité entre les deux comédiens, Sipes incarnant un clown verbo-moteur au ton jovial affecté et Molnar jouant plutôt de son vieux et magnifique corps avec naturel et passion ?À la défense de Mr.Lear, soulignons tout de même que c'était soir de création mondiale mercredi, et que l'oeuvre se décantera sans doute d'elle-même au cours des représentations subséquentes.Ce n'est pas un hasard si elle est présentée dans le petit studio de l'Usine C, c'est parce qu'il s'agit d'une première étape dans la production.Ce sont donc ceux qui s'intéressent aux différentes phases de création d'une pièce qui trouveront intérêt à ce Mr.Lear.En outre, les amateurs d'expériences « in vitro » théâtrales pourront apprécier la beauté des éclairages de Mathieu Marcil et, surtout, la superbe musique composée par la violoniste Kristin Molnar Ð aucun lien de parenté avec Georges ! Sans un mot, justement, cette musique traduit souvent à merveille la peine, la douleur, la folie et même l'espoir rédempteur.MR.LEAR, conçue et mise en scène par John Sipes.Distribution: Georges Molnar et John Sipes.Consultante artistique: Michèle Renaud- Molnar.Musique originale: Kristin Molnar.Éclairages: Mathieu Marcil.Une production du Théâtre à l'Oblique et de l'Usine C, présentée au studio de l'Usine C jusqu'au 27 janvier.Les représentations sont en anglais.Info: 514 521-4493.FINDING FORRESTER S E A N CONNERY «UN FILM MERVEILLEUX! SEAN CONNERY EST ABSOLUMENT FANTASTIQUE.» - Lou Lumenick, NEW YORK POST - version originale anglaise CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES 4 LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 4 LES CINÉMAS GUZZO LACORDAIRE 11 4 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) 4 FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 4 FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT 4 FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL 4 LAISSEZ-PASSER REFUSÉS CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS! 16 À L'AFFICHE ! VIOLENCE LANGAGE VULGAIRE ANS + 4 SON DIGITAL FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT 4 FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL 4 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 4 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) 4 FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL 4 CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) 4 LES CINÉMAS GUZZO LACORDAIRE 11 4 LES CINÉMAS GUZZO DES SOURCES 10 4 CINÉMA PINE STE-ADÈLE 4 CINÉMA ST-EUSTACHE 4 FAMOUS PLAYERS STARCITÉ HULL 4 CINÉMA CARNAVAL CHÂTEAUGUAY 4 MAISON DU CINÉMA SHERBROOKE 4 CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS! G À L'AFFICHE ! VISA GÉNÉRAL version originale anglaise Distribu.par les films Columbia Tri Star du Canada « UN RÉCIT HYPNOTISANT.» David Denby, THE NEW YORKER « Une explosion d'émotions qui vous coupera le souffle ! » Rex Reed, NEW YORK OBSERVER « Un des films les plus inoubliables que vous verrez.» Jeff Craig, SIXTY SECOND PREVIEW « Vous sortirez du cinéma remplis d'admiration.» Joel Siegel, GOOD MORNING AMERICA FAMOUS PLAYERS CENTRE EATON 4 LES CINÉMAS GUZZO LACORDAIRE 11 4 FAMOUS PLAYERS COLOSSUS LAVAL 4 FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 4 CINÉMA ST-EUSTACHE 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 4 FAMOUS PLAYERS VERSAILLES 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO SPHERETECH 14 4 FAMOUS PLAYERS PARAMOUNT 4 FAMOUS PLAYERS COLISÉE KIRKLAND 4 CINÉPLEX ODÉON CAVENDISH (Mail) 4 CINÉPLEX ODÉON CÔTE-DES-NEIGES 4 CINÉPLEX ODÉON POINTE-CLAIRE 4 FAMOUS PLAYERS STARCITÉ MONTRÉAL 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO PONT-VIAU 16 4 CINÉ-ENTREPRISE PLAZA REPENTIGNY 4 CINÉ-ENTREPRISE ST-BASILE 4 CINÉMA PINE STE-ADÈLE 4 LES CINÉMAS GUZZO STE-THÉRÈSE 8 4 CINÉMA ST-EUSTACHE 4 GALERIES ST-HYACINTHE ST-HYACINTHE 4 CAPITOL ST-JEAN 4 CARREFOUR DU NORD ST-JÉRÔME 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO TASCHEREAU 18 4 LES CINÉMAS GUZZO TERREBONNE 8 4 CINÉMA DE PARIS VALLEYFIELD 4 MÉGA-PLEXTM GUZZO JACQUES CARTIER 14 4 LES CINÉMAS LANGELIER 6 4 CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE 4 CINÉPLEX ODÉON CHÂTEAUGUAY ENCORE 4 CINÉPLEX ODÉON PLAZA DELSON 4 CINÉPLEX ODÉON CARREFOUR DORION 4 CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) 4 CINÉPLEX ODÉON LAVAL (Carrefour) 4 CINÉPLEX ODÉON QUARTIER LATIN 4 CINÉPLEX ODÉON ST-BRUNO 4 4 SON DIGITAL À L'AFFICHE! VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE GVISA GÉNÉRAL CINÉPLEX ODÉON LASALLE (Place) 4 FAMOUS PLAYERS CENTRE LAVAL 4 CINÉMA PINE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS! STE-ADÈLE 4 2925176A Pour assurer la qualité de vie, la santé, la sécurité et la prospérité de tous les citoyens, il faut investir un milliard de dollars pendant 15 ans pour rattraper le retard dans l'entretien de nos infrastructures.Un défi urgent Ne manquez pas ce cahier spécial mercredi dans INFRASTRUCTURES MUNICIPALES : 7LP1001B0121 B-10 dimanche - ARTS 7LP1001B0121 ZALLCALL 67 00:40:10 01/21/01 B B 1 0 L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 Invitent 250 personnes à l'Avant-première le jeudi 1er fevrier à 19h00 au cinéma Quartier Latin Pour participer, remplissez le coupon apparaissant du 16 au 21 janvier dans La Presse et retournez-le à l'adresse suivante: Tirage de 125 laissez-passer doubles le 24 janvier 2001.Les fac-similés seront refusés Valeur approximative des prix: 1500$ Les règlements du concours sont disponibles chez Remstar Concours «MERCI POUR LE CHOCOLAT» 85, St-Paul Ouest, suite 530, Montréal (Québec), H2Y 3V4 Nom: Prénom: Adresse: Ville: Code postal: Téléphone: À l'affiche dès le 2 février MEILLEUR FILM FRANÇAIS DE L'ANNÉE (PRIX LOUIS-DELLUC) 2000 PRIX D'INTERPRÉTATION FEMININE MONTRÉAL 2000 SÉLECTION OFFICIELLE VENISE 2000 MERCI POUR LE CHOCOLAT Un film de Claude Chabrol www.remstarcorp.com ISABELLE HUPPERT JACQUES DUTRONC 2923580A Photothèque La Presse © Au micro de CJMS de même qu'à la télé, le tandem André Robert (à gauche) et Éward Rémy a fait les beaux jours de la chronique mondaine et artistique.Le chroniqueur artistique André Robert meurt à l'âge de 76 ans Presse Canadienne L'ANCIEN ANIMATEUR et chroniqueur de la vie artistique québécoise André Robert est mort vendredi à l'âge de 76 ans.Fondateur de l'hebdomadaire de potins artistiques Échos Vedettes, en compagnie de son collègue Edward Rémy, André Robert vivait en Floride depuis sa retraite des médias québécois.Il y oeuvrait cependant jusqu'à tout récemment au sein d'hebdomadaires francophones à Miami.Durant sa longue carrière, il a animé à la télévision et à la radio de nombreuses émissions culturelles et « artistiques ».À Télé-Métropole, avec son émission hebdomadaire Toute la ville en parle, il a fait la chronique mondaine et artistique pendant près de 20 ans.Plus tard, André Robert a lancé, toujours à TM, une émission culturelle le dimanche midi, Bon dimanche, reprise ensuite par Reine Malo puis Christiane Charette.Il a aussi animé, encore à Télé-Métropole, une émission de tourisme, Destination voyage, avec Robert Viau.Il laisse dans le deuil sa femme Diane et deux fils.CENTRE-VILLE EST CENTRE-VILLE OUEST RIVE SUD RIVE NORD 4SON DIGITAL VEUILLEZ PRENDRE NOTE QUE LE GUIDE EST SUJET À CHANGEMENTS SANS PRÉAVIS.RIVE SUD QUARTIER LATIN (17 SALLES DE CINÉMAS) 350 rue Emery, coin St-Denis 849-FILM-111 SIÈGES DISPOSÉS EN GRADINS (Sightline seating™) 3 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.au Jeu.12:50 3 LES DESTINÉES SENTIMENTALES (G) Dim.au Jeu.1:00,4:45,8:45 3LIMITE EXTRÉME (G)Dim.au Mer.12:25,3:20,6:20,9:15 Jeu.12:25,3:20,9:30 3 TIGRE ET DRAGON (G) Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.au Jeu.12:15,1:10,3:35,4:10,6:35,7:05, 9:20,9:50 3 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.au Jeu.12:05,2:30,5:05,7:30, 10:00 3 CHOCOLAT (v.française) (G) Dim.au Mar.Jeu.12:45,3:50,7:00,9:40 3 SEUL AU MONDE (G) Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.au Jeu.12:00,1:00,3:05,4:30,6:15,8:00, 9:30 3 PERE DE FAMILLE (G) Dim.au Mar.Jeu.4:00,6:55,9:55 Mer.4:00,9:55 MALENA (sous-titre français) (13+) Dim.au Jeu.12:20,2:35,4:55,7:20,9:30 Trafic (v.française) (13+)Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.au Mer.12:20, 1:05,3:25,4:15,6:25,7:45,9:35 Jeu.12:20,1:05,3:25,4:15,7:45,9:35 3PLEURE PAS GERMAINE (13+) Dim.Mar.au Jeu.2:00,4:30,7:10,9:40 Lun.2:00,4:30,9:40 3TREIZE JOURS(G) Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.au Jeu.12:10, 1:30,3:15,5:00,6:30,8:30,9:35 3 LA PROMESSE (13+) Dim.au Jeu.12:40,3:45,6:50,9:45 3 NATIONALE 7 (16+) Dim.au Jeu.12:00,2:30,5:00,7:30,10:00 CENTRE-VILLE OUEST FAUBOURG PV 1616 ouest, rue Ste-Catherine 849-FILM 121 YOU CAN COUNT ON ME (G) Dim.Mar.au Jeu.1:20,4:00,7:10,9:30 Lun.1:20,4:00,9:30 DON'T CRY GERMAINE (VOSTA)(13+) Dim.Mar.au Jeu.1:00,3:00,5:00,7:00,9:00 Lun.1:00,3:00,5:00,9:20 THIRTEEN DAYS (G)Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.au Jeu.12:30, 1:10,3:20,4:30,6:15,7:40,9:15 THE WEDDING PLANNER CAVENDISH (MAIL) PV Cavendish, coin Kildare 849-FILM -122 WHAT WOMEN WANT (G) Dim.& Mar.12:40,3:20,6:35,9:10 Lun.Mer.& Jeu.6:35,9:10 CAST AWAY (G) Dim.& Mar.12:35,4:25,9:05 Lun.Mer.& Jeu.9:05 CHOCOLAT (v.o.Anglaise) (G) Dim.& Mar.12:45,3:45,6:45,9:35 Lun.Mer.& Jeu.6:45,9:35 3 TRAFFIC (13+) Dim.& Mar.12:20,3:25,6:20,9:25 Lun.Mer.& Jeu.6:20,9:25 FINDING FORRESTER (G) Dim.& Mar.12:30,3:35,6:30,9:20 Lun.Mer.& Jeu.6:30,9:20 THIRTEEN DAYS (G) Dim.& Mar.12:25,3:30,6:25,9:30 Lun.Mer.& Jeu.6:25,9:30 3 ANTITRUST (v.o.Anglaise) (G) Dim.& Mar.12:55,3:15,6:50,9:15 Lun.Mer.& Jeu.6:50,9:15 3 THE PLEDGE (13+) Dim.& Mar.12:45,3:40,6:40,9:40 Lun.Mer.& Jeu.6:40,9:40 CÔTE-DES-NEIGES PV 6700 Côte-des-Neiges 849-FILM -124 ADMISSION ADULTES- APRÈS 18H00 (exc.mar.& mer.) 6,50$ ENFANTS (13 ans et moins) 4,25$ ÂGE D'OR (65 ans et plus) 4,25$ MATINÉE EN TOUT TEMPS AVANT 18H00 4,25$ MARDI ET MERCREDI TOUTE LA JOURNÉE 4,25$ 3 CAST AWAY (G) Dim.Mar.& Mer.2:00,6:30,9:15 Lun.& Jeu.7:50 3TRAFFIC(13+) Dim.Mar.& Mer.1:50,6:10,9:10 Lun.& Jeu.7:30 3DOUBLE TAKE(G) Dim.Mar.& Mer.1:40,3:40,5:30,7:30,9:45 Lun.& Jeu.7:30,9:45 3 SAVE THE LAST DANCE (G) Dim.Mar.& Mer.1:30,3:50,7:10,9:30 Lun.& Jeu.7:10,9:30 3 THIRTEEN DAYS (G) Dim.Mar.& Mer.1:55,6:20,9:20 Lun.& Jeu.6:20,9:20 SNATCH(16+) Laissez-passer refusés Dim.Mar.& Mer.1:45,4:00,7:20,9:50 Lun.& Jeu.7:20,9:50 3 THE GIFT (13+) Dim.Mar.& Mer.1:35,4:10,7:00,9:40 Lun.& Jeu.7:00,9:40 ÉGYPTIEN PV 1455, rue Peel 849-FILM -125 MALENA (v.o.Anglaise) (13+) Dim.au Mar.Jeu.1:40,3:35,5:30,7:25,9:35 Mer.1:40,3:35,9:35 CHOCOLAT (v.o.Anglaise) (G) Dim.au Jeu.2:00,4:30,7:00,9:25 QUILLS(16+) Dim.au Jeu.1:50,4:20, 6:50,9:15 EST DE MONTRÉAL DAUPHIN 2396 est, rue Beaubien 721-6060 MALENA (v.française) (13+) Dim.1:20,3:25,7:20,9:30 Lun.au Jeu.7:20 CHOCOLAT (v.française) (G) Dim.1:00,3:45,6:50,9:15 Lun.au Jeu.6:50 LANGELIER Carrefour Langelier 255-5551 NOUS N'ACCEPTIONS AUCUN LAISSEZ-PASSER, COUPON OU CERTICAT-CADEAU CINÉPLEX ODÉON 3 CE QUE FEMME VEUT (G) Dim.1:10,3:35,7:10,9:35,11:55 Lun.au Jeu.7:10,9:35 3DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.1:10,3:15 3 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.5:20,7:30,9:40,11:50 Lun.au Jeu.7:30,9:40 3 SEUL AU MONDE (G) Dim.1:05,4:00,7:05,9:55 Lun.au Jeu.7:05,9:55 3 Trafic (13+) Dim.12:55,3:50,7:00,9:50 Lun.au Jeu.7:00,9:50 3 TREIZE JOURS (G) Dim.1:00, 3:55,7:00,9:55 Lun.au Jeu.7:00,9:55 3 LA PROMESSE(13+) Dim.1:15, 3:45,7:15,9:45,12:10 Lun.au Jeu.7:15,9:45 MONTRÉAL SUD PLACE LASALLE PV Angle bl.Champlain et Bishop Power 849-FILM -171 3LIMITE EXTRÉME (G)Dim.Mar.& Mer.3:35,9:35 Lun.& Jeu.9:35 3 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.Mar.& Mer.1:10,3:30,6:50,9:10 Lun.& Jeu.6:50,9:10 3SEUL AU MONDE (G)Dim.Mar.& Mer.12:45,3:35,6:30,9:20 Lun.& Jeu.6:30,9:20 3 CAST AWAY (G) Dim.Mar.& Mer.12:30,3:25,6:25,9:10 Lun.& Jeu.6:25,9:10 3 PERE DE FAMILLE (G) Dim.Mar.& Mer.12:45,6:45 Lun.& Jeu.6:45 3 Trafic (v.française) (13+)Dim.Mar.& Mer.12:20,3:40,6:20,9:15 Lun.& Jeu.6:20,9:15 3 TRAFFIC(13+) Dim.Mar.& Mer.12:10,3:25,6:25,9:20 Lun.& Jeu.6:25,9:20 3TREIZE JOURS (G)Dim.Mar.& Mer.12:00,3:00,6:20,9:20 Lun.& Jeu.6:20,9:20 3 FINDING FORRESTER (G) Dim.Mar.& Mer.12:55,3:45,6:35,9:25 Lun.& Jeu.6:35,9:25 3THIRTEEN DAYS (G) Dim.Mar.& Mer.12:20,3:15,6:15,9:15 Lun.& Jeu.6:15,9:15 3LA PROMESSE(13+) Dim.Mar.& Mer.1:00,4:00,6:35,9:30 Lun.& Jeu.6:35,9:30 3 SNATCH (16+) Laissez-passer refusés Dim.Mar.& Mer.1:20,4:10,9:10,9:45 Lun.& Jeu.9:10,9:45 3 TIGRE ET DRAGON (G) Dim.Mar.& Mer.12:40,3:20,9:15,9:40 Lun.& Jeu.9:15,9:40 OUEST DE L'ÎLE POINTE-CLAIRE PV 6341 Transcanadienne 849-FILM -131 BILLY ELLIOT (G) Dim.& Mar.1:30,3:50,6:50,9:10 Lun.Mer.& Jeu.6:50,9:10 CHOCOLAT (v.o.Anglaise) (G) Dim.& Mar.1:40,4:30,7:00,9:35 Lun.Mer.& Jeu.7:00,9:35 STATE AND MAIN (G) Dim.& Mar.2:10,4:40,7:10,9:25 Lun.Mer.& Jeu.7:10,9:25 THE FAMILY MAN (G) Dim.& Mar.1:50,4:15,7:05,9:30 Lun.Mer.& Jeu.7:05,9:30 CAST AWAY(G) Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.& Mar.1:20,2:00,4:00, 5:00,6:40,8:00,9:20 Lun.Mer.& Jeu.6:40,8:00,9:20 CARREFOUR DORION PV 391 Bl.Harwood, Dorion-Vaudreuil 849-FILM -132 DRACULA 2000 (v.française) (13+) Dim.au Jeu.7:10,9:20 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.1:40 LIMITE EXTRÉME (G) Dim.1:50, 4:20,7:00,9:40 Lun.au Jeu.7:00,9:40 SEUL AU MONDE (G) Dim.1:30, 4:30,8:00 Lun.au Jeu.8:00 PERE DE FAMILLE(G) Dim.4:00, 6:50,9:35 Lun.au Jeu.6:50,9:35 CE QUE FEMME VEUT (G) Dim.1:00,3:50,6:50,9:35 Lun.au Jeu.6:50,9:35 Trafic (13+) Dim.1:15,4:15,8:15 Lun.au Jeu.8:15 TREIZE JOURS (G) Dim.1:15,4:15,8:15 Lun.au Jeu.8:15 LES 102 DALMATIENS (G) Dim.1:10,3:30 ANTITRUST (v.française) (G) Dim.1:20,4:10,7:10,9:30 Lun.au Jeu.7:10,9:30 ST-BRUNO PV Près des Promenades St-Bruno 849-FILM -143 3DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.Mar.& Mer.1:40,4:05 LES 102 DALMATIENS (G) Dim.Mar.& Mer.12:40,2:45,4:50 3 LIMITE EXTRÉME (G) Dim.au Jeu.7:05,9:40 3 SEUL AU MONDE (G) Dim.Mar.& Mer.12:40,3:40,6:45,9:35 Lun.& Jeu.6:45,9:35 PERE DE FAMILLE (G) Dim.au Jeu.6:55,9:35 3 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.Mar.& Mer.1:45,4:15,7:15,9:45 Lun.& Jeu.7:15,9:45 3 CE QUE FEMME VEUT (G) Dim.Mar.& Mer.1:25,4:15,7:00,9:40 Lun.& Jeu.7:00,9:40 Trafic (13+)Dim.Mar.& Mer.12:45, 3:40,6:40,9:30 Lun.& Jeu.6:40,9:30 TREIZE JOURS (G) Dim.Mar.& Mer.12:35,3:35,6:40,9:30 Lun.& Jeu.6:40,9:30 TIGRE ET DRAGON (G) Dim.Mar.& Mer.1:20,4:10,7:05,9:35 Lun.& Jeu.7:05,9:35 3LE DON(13+) Dim.Mar.& Mer.1:40,4:20,7:10,9:45 Lun.& Jeu.7:10,9:45 3 LA PROMESSE(13+) Dim.Mar.& Mer.1:25,4:20,7:00,9:40 Lun.& Jeu.7:00,9:40 3 ANTITRUST (v.française) (G) Dim.Mar.& Mer.1:45,4:30,7:15,9:50 Lun.& Jeu.7:15,9:50 BOUCHERVILLE PV Aut.20, sortie Boul.Mortagne 849-FILM -144 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.1:00,3:20 Mar.& Mer.2:10,4:25 LES 102 DALMATIENS (G) Dim.1:10,3:15 Mar.& Mer.2:30,4:35 LIMITE EXTRÉME (G) Dim.Mar.& Mer.6:55,9:45 Lun.& Jeu.7:00,9:45 CE QUE FEMME VEUT (G) Dim.1:15,3:55,6:50,9:35 Lun.& Jeu.7:00,9:35 Mar.& Mer.2:35,6:50,9:35 SEUL AU MONDE (G) Dim.12:55, 3:50,6:35,9:25 Lun.& Jeu.7:35 Mar.& Mer.2:00,6:35,9:25 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.1:20,3:35,7:30,9:55 Lun.& Jeu.7:30,9:55 Mar.& Mer.2:00,4:20,7:30,9:55 PERE DE FAMILLE (G) Dim.au Jeu.7:05,9:50 Trafic (13+) Dim.12:50,3:45,6:30,9:20 Lun.& Jeu.7:30 Mar.& Mer.2:15,6:30,9:20 TIGRE ET DRAGON (G) Dim.1:25,3:55,7:05,9:35 Lun.& Jeu.7:05,9:35 Mar.& Mer.2:05,4:30,7:05,9:35 TREIZE JOURS (G) Dim.12:45, 3:40,6:30,9:20 Lun.& Jeu.9:15 Mar.& Mer.2:30,6:30,9:20 LA PROMESSE(13+)Dim.1:25, 4:00,7:00,9:40 Lun.& Jeu.7:00,9:40 Mar.& Mer.2:40,7:00,9:40 ANTITRUST (v.française) (G) Dim.1:10,3:35,7:10,9:30 Lun.& Jeu.7:10,9:30 Mar.& Mer.2:20,4:40,7:10,9:30 DELSON (PLAZA) PV 900, Bl.Georges-Gagné, Delson 849-FILM -145 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.1:00,3:20 3LIMITE EXTRÉME (G) Dim.7:00 Lun.7:50 Mar.au Jeu.7:00,9:35 SEUL AU MONDE (G) Dim.1:30, 4:30,7:40 Lun.7:30 Mar.au Jeu.7:40 PERE DE FAMILLE (G) Dim.1:40,4:20,6:55 Lun.7:45 Mar.au Jeu.6:55,9:30 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.1:10,3:35,7:20 Lun.8:00 Mar.au Jeu.7:20,9:45 Trafic (13+) Dim.1:50,4:55,7:55 Lun.7:35 Mar.au Jeu.7:55 TREIZE JOURS(G) Dim.2:00,5:05,8:00 Lun.7:40 Mar.au Jeu.8:00 ANTITRUST (v.française) (G) Dim.1:20,3:45,7:10 Lun.7:55 Mar.au Jeu.7:10,9:40 BROSSARD PV Mail Champlain - 2150, Lopinière 849-FILM -141 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.& Mar.12:55,3:10,5:25,7:35 Lun.Mer.& Jeu.7:35 CHOCOLAT (v.française) (G) Dim.& Mar.1:00,4:00,6:50,9:35 Lun.Mer.& Jeu.6:50,9:35 ATTENTION ON TOURNE (G) Dim.au Jeu.9:45 MALENA(v.française)(13+) Dim.& Mar.1:40,3:40,5:40,7:40,9:40 Lun.Mer.& Jeu.7:40,9:40 TIGRE ET DRAGON (G) Dim.& Mar.1:20,4:10,6:55,9:25 Lun.Mer.& Jeu.6:55,9:25 ALL THE PRETTY HORSES (G) Dim.& Mar.1:30,4:20,7:05,9:30 Lun.Mer.& Jeu.7:05,9:30 3Trafic (13+) Dim.& Mar.12:45, 3:45,6:45,9:45 Lun.& Jeu.8:00 Mer.6:45,9:45 PLEURE PAS GERMAINE (13+) Dim.& Mar.1:10,3:20,5:20,7:20,9:20 Lun.Mer.& Jeu.7:20,9:20 CHÂTEAUGUAY ENCORE 180, Boul.D'Anjou Châteauguay 699-3579 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.1:45,3:45 PERE DE FAMILLE (G) Dim.1:45,4:05,7:05,9:25 Lun.& Jeu.7:40 Mar.& Mer.7:05,9:25 3 SEUL AU MONDE (G) Dim.1:40,4:20,7:00,9:35 Lun.& Jeu.7:35 Mar.& Mer.7:00,9:35 LIMITE EXTRÉME (G) Dim.Mar.& Mer.7:10,9:40 Lun.& Jeu.7:45 Trafic (v.française)(13+) Dim.1:30, 4:10,6:50,9:30 Lun.& Jeu.7:30 Mar.& Mer.6:50,9:30 TREIZE JOURS (G) Dim.1:35, 4:15,6:55,9:35 Lun.& Jeu.7:30 Mar.& Mer.6:55,9:35 LONGUEUIL (PLACE) PV 825, St-Laurent O.Longueuil 849-FILM -142 DU CINÉMA D'AUJOURD'HUI Á PRIX D'HIER LES MARDIS ET MERCREDIS 1,50$ DU JEUDI AU LUNDI 3,00$ LA BELLE-FAMILLE (G) Dim.1:35,3:45,7:05 Lun.& Jeu.8:10 Mar.& Mer.7:05,9:30 LE 6È JOUR (13+) Dim.1:20, 4:05,6:50 Lun.& Jeu.8:00 Mar.& Mer.6:50,9:20 CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES(G) Dim.1:40,4:00,6:55 Lun.& Jeu.8:00 Mar.& Mer.6:55,9:10 PAYEZ AU SUIVANT (G) Dim.1:30,3:50,6:45 Lun.& Jeu.8:15 Mar.& Mer.6:45,9:15 LE LÉGENDE DE BAGGER VANCE(G) Dim.1:25,4:10,6:50 Lun.& Jeu.8:10 Mar.& Mer.6:50,9:25 RIVE NORD LAVAL (GALERIES) PV 1545, boul.Le Corbusier 849-FILM -151 ATTENTION ON TOURNE (G) Dim.& Mar.3:30,9:30 Lun.Mer.& Jeu.9:30 LA PLUME ET LE SANG (16+) Dim.& Mar.1:10,6:35 Lun.Mer.& Jeu.6:35 THE FAMILY MAN (G) Dim.& Mar.1:05,3:50,6:30,9:10 Lun.Mer.& Jeu.6:30,9:10 CHOCOLAT (v.française) (G) Dim.& Mar.1:00,3:35,6:45,9:20 Lun.Mer.& Jeu.6:45,9:20CHOCOLAT Dim.& Mar.12:50,3:30,6:30,9:05 Lun.Mer.& Jeu.6:30,9:05 STATE AND MAIN (G) Dim.& Mar.12:35,7:05 Lun.Mer.& Jeu.7:05 ALL THE PRETTY HORSES (G) Dim.& Mar.3:55,9:15 Lun.Mer.& Jeu.9:15 MALENA(v.française)(13+) Dim.& Mar.12:30,2:45,4:50,7:00,9:05 Lun.Mer.& Jeu.7:00,9:05 PLEURE PAS GERMAINE (13+) Dim.& Mar.12:35,2:50,5:00,7:15,9:25 Lun.Mer.& Jeu.7:15,9:25 TREIZE JOURS (G) Dim.& Mar.12:20,3:20,6:20,9:20 Lun.Mer.& Jeu.6:20,9:20 LAVAL (CARREFOUR) PV 2330, boul.Le Carrefour 849-FILM -152 CHARLIE ET SES DRÔLES DE DAMES (G) Dim.au Jeu.9:45 DUNGEONS & DRAGONS (G) Dim.Mar.& Mer.12:45,3:00,5:15,7:30 Lun.& Jeu.7:30 MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.Mar.& Mer.12:45,3:00,5:20,7:35,9:50 Lun.& Jeu.7:35,9:50 3 PERE DE FAMILLE (G) Dim.Mar.& Mer.1:40,4:15,7:10,9:45 Lun.& Jeu.7:10,9:45 3 SEUL AU MONDE (G) Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.Mar.& Mer.12:30,2:00,3:25,5:00,6:30, 8:00,9:25 Lun.& Jeu.6:30,8:00,9:25 TIGRE ET DRAGON (G) Dim.Mar.& Mer.1:20,3:45,7:00,9:30 Lun.& Jeu.7:00,9:30 ST-EUSTACHE PV 25e Avenue (450)472-6666 - LE GROUPE MATHERS - NOUS N'ACCEPTIONS QUE ODÉON AUCUN AUTRE LES CERTICATES-CADEAU CINÉPLEX COUPON-RABAIS N'EST ACCEPTÉ 3 DR.SEUSS, LE GRINCHEUX QUI VOULAIT GÅCHER NOEL (G) Dim.& Mar.12:00,2:15,4:30 3 LES 102 DALMATIENS (G) Dim.& Mar.12:00,2:00 3 LIMITE EXTRÉME (G) Dim.& Mar.1:30,4:05,7:00,9:40 Lun.Mer.& Jeu.7:00,9:40 3 PREUVE DE VIE (13+) Dim.au Jeu.6:50,9:40 L'EMPEREUR NOUVEAU GENRE(G) Dim.& Mar.12:45, 2:45,4:35,7:00 Lun.Mer.& Jeu.7:00 3 DRACULA 2000 (v.française) (13+) Dim.au Jeu.9:10 3MISS PERSONNALITÉ (G) Dim.& Mar.12:05,2:25,4:45,7:05, 9:25 Lun.Mer.& Jeu.7:05,9:25 3 SEUL AU MONDE (G) Á L'AFFICHE SUR 2 ÉCRANS Dim.& Mar.12:30,1:30,3:30,4:30, 6:40,8:30,9:40 Lun.Mer.& Jeu.6:40,8:30,9:40 3 PERE DE FAMILLE (G) Dim.& Mar.1:05,3:40,6:50,9:25 Lun.Mer.& Jeu.6:50,9:25 3 CAST AWAY (G) Dim.& Mar.12:45,3:45,6:45,9:35 Lun.Mer.& Jeu.6:45,9:35 3 Trafic (13+) Dim.& Mar.12:40,3:40,6:40,9:35 Lun.Mer.& Jeu.6:40,9:35 3 TRAFFIC(13+) Dim.& Mar.4:00,6:50,9:40 Lun.Mer.& Jeu.6:50,9:40 3 CE QUE FEMME VEUT (G) Dim.& Mar.1:15,3:55,6:55,9:30 Lun.Mer.& Jeu.6:55,9:30 3FINDING FORRESTER (G) Dim.& Mar.1:05,3:50,6:45,9:30 Lun.Mer.& Jeu.6:45,9:30 3 TIGRE ET DRAGON (G) Dim.& Mar.1:35,4:05,6:55,9:25 Lun.Mer.& Jeu.6:55,9:25 3TREIZE JOURS (G)Dim.& Mar.12:25,3:25,6:45,9:45 Lun.Mer.& Jeu.6:45,9:45 3 LA PROMESSE (13+) Dim.& Mar.1:10,3:45,6:45,9:20 Lun.Mer.& Jeu.6:45,9:20 3ANTITRUST(v.française)(G) Dim.& Mar.12:00,2:20,4:40,7:00, 9:20 Lun.Mer.& Jeu.7:00,9:20 DU Dimanche 21 à Jeudi 25 2925108A 7LP1101B0121 B-11 dimanche - ARTS 7LP1101B0121 ZALLCALL 67 00:41:22 01/21/01 B L A P R E S S E MONT R É A L D IMANCHE 2 1 J ANV I E R 2 0 0 1 B 1 1 DANSE Terre des femmes FRÉDÉRIQUE DOYON e t STÉPHANIE BRODY collaboration spéciale La jeune danse se bouscule à la porte de la saison 2001.Une jeune danse sous le signe de la féminité avec les débuts de la série Danséchange à Tangente et l'éclosion du nouveau collectif de danseuses Échine Dô au Théâtre La Chapelle.Judith Baribeau, Mireille Baril, Annie De Pauw, Isabelle Lacoste et Manon Sylvestre ont joliment baptisé leur vie de danseuses professionnelles, sous le chapeau du collectif Échine Dô.Pour leur premier spectacle, elles ont uni leurs forces à l'intensité des chorégraphes Lucie Boissinot et Harold Rhéaume.De ce dernier, Éclipse a littéralement fasciné le public.Attirées à l'intérieur d'un cercle de bois baigné de lumière Ð petite scène dans la grande scène Ð, les interprètes y livrent, chacune leur tour, une danse qui les met au monde.Tout autour du disque, les quatre autres assistent, mi-amusées mi-inquiètes, à la curieuse alchimie du geste, se soutenant et se cédant mutuellement place.La communion entre les cinq femmes est entière, comme celle d'ailleurs entre la musique et la gestuelle, entre l'éclairage et l'humeur ensorcelante de pleine lune.Une communion telle qu'on en oublie presque la première pièce de ce programme double.C'est pourtant leur histoire commune que dansent les jeunes femmes dans Traverses de Lucie Boissinot : l'histoire de la Femme qui porte en elle la douleur, jusqu'à ployer face contre terre, et l'incommensurable force de toujours relever la tête, pleine de rêve.Mais la danse y est moins soutenue.Il faut dire que pour cette pièce, l'interprète Annie De Pauw a dû céder sa place à une doublure, Sandrine Vachon, qui, sans mal faire, rompt l'étroite union des cinq fondatrices d'Échine Dô.Parions que la nervosité de cette grande première pour les nouvelles venues en danse y était aussi pour quelque chose.Au secours, la planète Sarah Joy Stoker, une nouvelle venue au sein des chorégraphes montréalais, fait preuve de talent et d'audace.Alors que la danse se fait rarement revendicatrice, elle a choisi de dénoncer la destruction progressive de notre planète par le biais de They cut down trees so you can wipe your ass and blow your nose with the softest tissues ever, présentée à Tangente jusqu'au 21 janvier, dans la série Danséchange.La danse douce et subtile de Stoker fait contrepoint à un vidéo très réussi (collaboration entre Stoker et Pat Dunn) qui illustre, sans équivoque, la bêtise humaine dans toute sa splendeur face à l'anéantissement des forêts, des mers et de la faune.Tandis que la danseuse murmure sa tristesse et son désarroi, le film, lui, hurle l'urgence et brandit le poing.Le contraste rend le tout très efficace.Seule ombre au tableau : le film est si captivant qu'on en oublie la danseuse par moments.Malgré cela, et malgré certaines sections qui traînent un peu en longueur, Stoker est assurément une jeune femme qui a quelque chose à dire.À suivre.Étrange Katharina La même mélancolie et le même abandon dans le geste teintent le travail de Stoker et de la Suissesse Katharina Vogel dans Velvet Igloo, présentée en seconde partie de Danséchange.Vogel est accompagnée sur scène par le chanteur anglais Phil Minton, véritable légende dans le milieu de la musique actuelle, et par le violoncelliste suisse Martin Schütz.Au son des étranges crissements et borborygmes de Minton (l'homme est absolument fascinant à regarder), Vogel zigzague et titube autour de deux néons accrochés au plafond.Puis, elle chute au sol et s'y tord comme foudroyée, à la manière de papillons de nuit qui se grillent contre une lumière trop séductrice.L'oeuvre est très répétitive, ce qui devient vite lassant.Mais curieusement, ce sentiment se transforme en cours de route pour faire place à une sorte de bien-être engourdi.À notre insu, Vogel nous a happés dans son cocon.TRAVERSES, de Lucie Boissinot, et ÉCLIPSE, de Harold Rhéaume, présentés par Échine Dô au Théâtre La Chapelle du 18 au 21 janvier, 20h.Info: 514 843-7738.KATHARINA VOGEL et SARAH JOY STOKER dans le cadre de la Série Danséchange, à Tangente jusqu'au 21 janvier.Info: 514 525-1500.Photo Maxime Côté, collaboration spéciale La communion entre les danseuses d'Échine Dô est entière dans Éclipse, de Harold Rhéaume.G É N I E S EN HERBE En collaboration avec Génies en herbe Pantologie Inc., 3535, boul.Rosemont, Montréal H1X 1K7 A-CERVEAU 1 Dans quelle activité le cerveau passe-t-il en ondes alpha et bêta ?2 Quel nom porte l'écorce du cerveau ?3 Quelle expression courante synonyme d'intelligence provient de la couleur de l'amas des cellules nerveuses du cerveau ?4 Quel mot signifiant en grec « écoulement nasal » est le nom scientifique du rhume de cerveau ?5 Quelle maladie, pouvant être fatale, est causée par l'infection des membranes qui entourent le cerveau ?B-BIG BAND 1 Quel chanteur noir des années 30 a popularisé la chanson Minnie the Moocher ?2 Quel ancien leader du groupe rockabilly The Stray Cats s'est recyclé dans la musique swing ?3 Quel groupe dont le nom est inspiré d'une friandise des années 30 est un des pionniers du renouveau du swing dans les années 90 ?4 Avec quel chef de big band québécois le groupe Offenbach a-t-il enregistré l'album En fusion ?5 Quel chef d'orchestre de big band a composé la pièce In the Mood ?Chef de Big Band Québécois.2 Quel personnage de la comédie italienne, marchand vénitien avare et borné, a le même nom que le vêtement qu'il porte ?3 Quel roi de France établit la Comédie Italienne, une troupe de comédiens italiens basés à Paris, en 1680 ?4 Quel dramaturge italien du 18e siècle, auteur de La Locandiera, tenta de moderniser la commedia dell'arte ?5 Quel nom prendra le personnage de Pulcinello en Angleterre, où il deviendra une sorte de symbole national et donnera son nom à un journal satirique ?2 Sur quelles divisions terrestres les zones de changement d'heures sont-elles basées ?3 Combien de temps une décade dure-t-elle ?4 Quelle expression contenant un chiffre et le mot temps signifie rapidement ?5 Quel savant d'origine allemande a postulé qu'une horloge en mouvement retarderait par rapport à un observateur fixe ?C-GÉOPOLITIQUE DE LA SAUCISSE 1 Quelle ville allemande donne son nom à la saucisse généralement utilisée dans les hot-dogs ?2 Baloney, nom affectueux que nous donnons à une charcuterie, est en fait la corruption du nom d'une ville italienne.Laquelle ?3 Quel premier ministre canadien avait fait scandale en traitant Robert Bourassa, alors Premier ministre du Québec, de « mangeur de hot-dogs » ?4 De quel pays la saucisse de porc très épicée appelée chorizo est-elle originaire ?5 Quel est l'ingrédient principal de l'andouille lyonnaise ?G-CULTIVONS-NOUS AVEC LES SIMPSONS 1 Quel animal, dieu farceur dans les mythes des Amérindiens du Sud américain, Homer rencontre-t-il après avoir mangé un piment qui rend fou ?2 Quel chanteur au country vigoureux prêtait sa voix à l'animal mythique de la question précédente (il est l'auteur de la chanson Ring of Fire) ?3 Quel poème d'Edgar Allan Poe fut adapté dans un spécial d'Halloween avec Bart Simpson dans le rôle titre ?4 Au musée, après avoir battu le David de Michel-Ange au babyfoot, Homer se prépare à affronter le Cri;, quel artiste norvégien en est l'auteur ?5 De quel pachyderme la déesse Ganesh emprunte-t-elle les traits, ce qui n'empêche pas Apu de lui faire des offrandes ?E-HISTOIRE 1 Quel réformateur tchèque provoqua un intervention de Moscou en août 1968 ?2 Dans quel pays Léon Degrelle fonda-t-il le rexisme, mouvement fasciste et collaborateur pendant la Seconde Guerre mondiale ?3 Qui fut la deuxième femme de Louis XIV, qui succéda à madame de Montespan?4 Quel nom donnait-on aux fonctionnaires de la Chine ancienne qui faisaient respecter les préceptes du confucianisme ?5 Qui a succédé à Boris Eltsine à la présidence de la Russie ?D-COMMEDIA DELL'ARTE 1 Quel dramaturge, prix Nobel de littérature de 1997, est associé à une relecture du théâtre populaire italien teintée de marxisme ?F-TEMPS 1 Quelle unité de temps est calculée à partir de la période d'une radiation de césium 133 ?H-IDENTIFICATION D'UN PERSONNAGE 1 Peintre espagnol né à Barcelone en 1923.2 Il est influencé a ses débuts par Miro dont il a fait la connaissance.Ses oeuvres sont alors teintées de surréalisme.3 Il s'intéresse à la calligraphie et à l'art oriental.Il commence à intégrer des objets dans ses peintures.Il participe à la plupart des grandes exposition internationales.4 Il est un des pionniers de « l' art pauvre », qui utilise des matériaux non nobles, des Il a succédé à Boris Eltsine.objets trouvés.SOLUTION DANS LE CAHIER DES PETITES ANNONCES Mort du penseur chrétien Gustave Thibon Agence France-Presse SAINT-MARCEL-D'ARDECHE, France Ð Le penseur chrétien Gustave Thibon, monarchiste et catholique réactionnaire mais aussi ami et éditeur de la philosophe Simone Weil, est décédé vendredi à l'âge de 97 ans à Saint- Marcel-d'Ardèche, son village natal, a-t-on appris hier auprès de sa famille.À la fois mystique et très attaché à la terre et au monde paysan, Gustave Thibon a abordé à travers une vingtaine d'ouvrages les grandes interrogations traversant toute son oeuvre : la présence de la foi, l'amour, la domination de la technique, les ersatz que l'homme substitue à Dieu, l'évolution d'une société présentée comme « l'ère du vide ».Il a notamment publié Diagnostics (1940), Destin de l'Homme (1941), L'Échelle de Jacob (1942), Retour au réel (1943), Le Voile et le Masque, (1985), Au soir de ma vie (recueil de souvenirs, 1993), et L'Illusion féconde (1995).En juillet 41, il avait accueilli dans sa ferme ardéchoise Simone Weil, chassée de l'université parce que juive.Elle lui confie le manuscrit de La Pesanteur et la Grâce que Thibon fait éditer en 1947, révèlant ainsi au monde la jeune philosophe morte de tuberculose quatre ans plus tôt.Pendant ces mêmes années, il déjeune plusieurs fois avec le maréchal Pétain qu'il trouve « très drôle », mais refuse un poste d'ambassadeur à Berne et la francisque.Autodidacte influencé par Pascal et Péguy, mais aussi par Nietzsche et Maurras, Gustave Thibon avait trouvé la foi à 23 ans mais ne cachait pas ses doutes.« J'arrive au soir de ma vie à la conclusion qu'on ne peut dire sur Dieu qu'une chose : nous ne savons pas qui il est », déclarait cet habitué des cercles et rencontres royalistes, qui avait obtenu le Grand Prix de philosophie de l'Académie française en 2000. 7LP1201B0121 page sciences 7LP1201B0121 ZALLCALL 67 15:57:15 01/22/01 B B12 LA PRESSE MONTRÉAL DIMANCHE 2 1 JANVIER 2001 SCIENCES Photo ROBERT SKINNER, La Presse Les déchets, à la longue, ont eu raison du système de filtration du bassin du Biodôme.ANNE FLEISHMAN Agence Science-Presse Le Biodôme de Montréal possède un immense bassin d'eau de mer : le Saint- Laurent marin, dans trois millions de litres d'eau salée.Une eau salée très.sale.Les responsables ?Les oiseaux, poissons, et autres locataires du Biodôme, qui produisent des déchets.Ces déchets, à la longue, ont eu raison du système de filtration du bassin.Résultat : le niveau de nitrates est de sept fois supérieur à la normale.Des chercheurs de l'Institut Armand-Frappier ont été appelés à la rescousse.Leur mission : générer une bactérie « miracle » pour venir à bout des nitrates, ces dérivés de l'azote présents dans la nature mais dangereux à trop haute concentration.Les compétences recherchées : capacité à transformer les nitrates, adaptation à l'eau salée et actif dans la température plutôt tonifiante du golfe Saint-Laurent.Un beau défi.La flore bactérienne servira à ensemencer le dénitrificateur du Biodôme Ð un équipement spécialement destiné à l'élimination des nitrates.Installé en 1998 pour faire face à ce problème grandissant de contamination, il a aujourd'hui besoin d'un sérieux coup de pouce : la concentration en nitrates du bassin a atteint 140 mg/l, une dose néfaste pour la faune aquatique, en particulier pour les invertébrés.« Nous avons décidé de recycler l'eau plutôt que de la gaspiller, pour des raisons à la fois financières et environnementales, explique Serge Parent du Biodôme.Vider une partie de l'aquarium pour y faire circuler de l'eau propre entraînerait des coûts trop importants.En plus, cette pratique ne correspondrait pas à la mission de recherche que s'est fixée le Biodôme.» Mais ce n'est pas tout.Les chercheurs du Biodôme, en collaboration avec une équipe de l'Université de Montréal, mettront en place cette année un autre projet-pilote.Il s'agira cette fois de venir à bout d'une nouvelle source de pollution naturelle : les phosphates.Le principe est simple : au lieu de se débarrasser illico des contaminants, ceux-ci seront réutilisés afin d'enrichir le sol du.Jardin botanique ! Nés dans les mêmes circonstances que les nitrates, dans le bassin du Biodôme, les phosphates, à trop forte concentration, présentent un risque pour la santé des animaux.Mais ces nutriments naturels sont aussi au menu quotidien des plantes.Pourquoi alors ne pas faire d'une pierre deux coups ?« Nous voulons mettre au point un procédé qui permettra de réutiliser les phosphates du bassin en les libérant en nature, là où ils sont requis au niveau végétal, note Jean Bouvrette du Biodôme.C'est une belle manière de boucler la boucle ! » Bref, une solution à la fois économique et écologique à un problème pour le moins insolite.Mars : des vallées formées par de la glace et non des cours d'eau Des ancêtres de l'homme utilisaient des outils d'os VILEM BISCHOF Agence France-Presse PARIS Ð Des ancêtres de l'homme utilisaient, il y a plus d'un million d'années, des os pointus vraisemblablement pour pêcher les termites, annoncent deux chercheurs dans une étude publiée mercredi dernier dans les comptes rendus de l'Académie nationale américaine des sciences (Proceedings of the National Academy of Sciences/ PNAS).Francesco d'Errico, de l'Institut de préhistoire et de géologie du quartenaire (Bordeaux, sud-ouest), et Lucinda Backwell, étudiante en doctorat à l'Université de Witwatersrand à Johannesburg, proposent cette interprétation nouvelle d'outils dont ils ont étudié les traces d'usure au microscope.Plus d'une centaine d'os de ce genre ont été récupérés à ce jour sur trois sites paléontologiques d'Afrique du Sud (Sterkfontein, Swartkrans et Drimolen) où la présence d'hominidés, en l'occurrence d'australopithèques dits robustes (Australopithecus robustus) et d'Homo habilis, a été établie.Les australopithèques robustes Ð appelés ainsi par opposition aux australopithèques graciles, telle que la célèbre Lucy Ð ainsi que les Homo habilis Ð les premiers à avoir été élevés par la science à la « dignité » du genre Homo (Homme), en raison de la découverte d'outils de pierre associés à leurs fossiles, Ð ont cohabité en Afrique il y a deux à un million d'années.Il y a une vingtaine d'années, le Sud-Africain Bob Brain et l'Américaine Pat Shipman avaient suggéré que ces outils avaient pu servir à chercher des tubercules.« En fait, explique Francesco d'Errico à l'AFP, les rayures fines que nous avons relevées sont identiques à celles que nous avons obtenues expérimentalement en imitant la technique utilisée par certains chimpanzés pour pêcher des termites à l'aide de brindilles ou de petites branches introduites dans les termitières.» « Les stries sur les zones usées, leur orientation et leur largeur correspond à la fouille de termitières.On trouvera peut-être plus tard une autre explication, admet le chercheur, mais ces traces sont dans tous les cas incompatibles avec les stries larges qu'y auraient laissées les tubercules.C'est comme si l'on avait enfoncé ces os dans du chocolat, dans le cas des tubercules, dans du sable fin, dans l'autre.» Francesco d'Errico et Lucinda Backwell ont par ailleurs réussi à identifier la nature de ces outils : il s'agit de grands éclats d'os et des chevilles osseuses, mais qui n'ont pas été cassés intentionnellement ou travaillés.Depuis plus d'un siècle, les archéologues essaient de savoir quel fut l'usage des outils en os les plus anciens, par qui ils furent utilisés et à quelle époque.Les résultats de cette étude franco-sud-africaine apportent quelques éléments de réponse à ces questions.Les termites constituent une source importante de protéines pour de nombreux primates et font encore partie de l'alimentation de plusieurs groupes humains.L'australopithèque robuste a été traditionnellement considéré comme une espèce mangeuse de fruits.Des analyses isotopiques des fossiles de ces deux espèces ont cependant détecté récemment des traces en quantités relativement élevées de carbone moléculaire (C4) qui pourrait provenir de la consommation d'herbivores mangeurs de plantes de savane ou de termites nourris de ces mêmes plantes.Conclusion : l'« homme habile » et l'australopithèque robuste, ou au moins l'un des deux, se nourrissaient de termites.Des analyses isotopiques des différentes espèces de termites pourront peut-être aboutir à l'identification de l'utilisateur de ces outils.Agence France-Presse WASHINGTON Ð Certaines des vallées à la surface de Mars auraient été creusées par de la glace en mouvement et non par des cours d'eau comme on le pensait jusqu'à présent, estime une géologue, Baerbel Lucchitta, dans une étude à paraître dans le numéro de février des Geophysical Research Letters.Le Pr Lucchitta, du Bureau géologique des États-Unis (U.S.Geological Survey) de Flagstaff (Arizona), a trouvé des ressemblances frappantes entre des traits du relief sur Mars et en Antarctique, lui permettant de conclure à une même origine : des sortes de rivières de glace.Ces vallées peuvent avoir des dizaines de kilomètres de large et des centaines de kilomètres de long.En Antarctique, il existe à l'intérieur de la couche de glace des sortes de courants de glace en mouvement qui finissent par se fondre dans la plate-forme des îles de Ross ou de Ronne.Les vallées martiennes, de leur côté, s'élèvent brutalement à partir de terrains chaotiques ou de fractures et se terminent dans les plaines du Nord, où un océan a pu exister autrefois.Dans les deux cas Ð courants de glace en Antarctique et certaines vallées martiennes Ð ces traits sont au-dessous du niveau de la mer, défini sur la planète rouge comme l'élévation moyenne des plaines du nord.Mme Lucchitta montre, à partir d'observations réalisées par sonar, que les caractéristiques de ces vallées martiennes, comme Kasei Valles, sont les mêmes que celles connues pour avoir été creusées en Antarctique par les courants de glace.Elle compare notamment dans son article le courant de glace Rutford en Antarctique, qui se divise autour d'un bloc de glace plus solide en arrivant à la plate-forme de glace de Ronne, et Ares Vallis.Au bout de cette dernière vallée il y a des indications claires que le courant a également contourné une île, et elle présente les mêmes courbes en se jetant dans l'océan hypothétique qui se serait trouvé sur Mars.Il se pourrait que de la glace se trouve toujours sous la couche de poussière recouvrant Ares Vallis, à moins qu'elle ne se soit évaporée, note le Pr Lucchitta.En tout cas, « ces observations appuient l'idée qu'un océan a bien existé dans les plaines du nord de Mars », écritelle.Deux différences auraient existé cependant entre les courants de glace sur la planète rouge et sur la Terre : sur notre planète cette glace provient de la couche de glace alors que sur Mars elle se serait formée à partir de fluides venant de sources souterraines, et sur Terre ces courants auraient coulé entre des murs de glace alors que sur Mars ils le faisaient entre des parois de roches, indique la géologue.Une petite station de Cornouailles fête les exploits de Marconi Agence France-Presse LONDRES Ð La plus vieille station de radio du monde va réémettre le 23 janvier en Cornouailles (sud-ouest de la Grande-Bretagne), 100 ans après la première transmission par télégraphie sans fil par Guglielmo Marconi.Le 23 janvier 1901, à 16 h 30 locales précises, Marconi avait réussi depuis la petite station de Lizard, à l'extrême-pointe de la Cornouailles, à recevoir un message envoyé en morse par un collègue depuis l'île de Wight, à 300 km plus à l'est.Ce succès avait ouvert la voie à la première liaison transatlantique réalisée quelques mois plus tard entre la Cornouailles et Terre- Neuve (est du Canada) par le physicien, né de père italien et de mère irlandaise.Jusque-là, les bateaux ne pouvaient communiquer entre eux que par signaux lumineux, à vue.La station d'émission de Lizard a longtemps été abandonnée avant d'être reprise en main en 1996 par les monuments historiques, qui l'ont restaurée.«Le bâtiment est un tel joyau qu'il ne pouvait être abandonné à l'océan», a commenté l'une de ses responsables, Debbie Peers.Le 23 janvier, la petite station rejouera l'histoire en recevant un message de l'île de Wight.Elle sera ensuite ouverte au public, à qui elle proposera un historique des exploits de Marconi.Le site de Poldhu, également en Cornouailles et d'où le physicien avait réussi la première transmission transatlantique le 12 décembre 1901, fera l'objet d'une cérémonie le 12 décembre 2001."]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.