Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

Mainmise, 1971, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
1 80 MAINMISE est distribué par LES MESSAGERIES DU JOUR 1651, rue Saint-Denis, Montréal 849-8328.MAINMISE -4 avril 1971 Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 2511 Port de retour garanti par MAINMISE 351, rue Emery Montréal 129 Dépôt légal, 2ième trimestre 1971 CRE monte haut par la glucogenese les cellules du cerveau privées de sucre pendant un certain temps altèrent leur fonction en devenant plus perméables et en ouvrant la porte a une foule de nouveaux stimuli qui ne pouvaient franchir le seuil avant la privation de sucre à la cellule. les portes 8 I les seuils oV chaque sons I il I mil I il réalité Ici marijuana baisse les seuils "ouvre les portes de la perception" et laisse entrer clans le champ île la conscience ce qui est toujours là sans que nous le sachions un nouveau mode de conscience est né une nouvelle façon de voir, entendre, sentir.réfléchir hou le \ erse présentement l'Amérique capitalisme vs quiélismc dt» I*herbe Alors que le vaillant chevalier de l'autorité en place classe l'inoffensif dragon qu'est "la menace de la drogue", notre société croule sous le poid des problèmes oubliés: pollution de l'air, éducation, désarmement, explosion de la population, etc.Quelle génération va hériter de ces problèmes? 17 18 pouvez-vous 19 MAINMISE 4 MAINMISE est un magazine périodique publié par PPPénélope Rédaction et administration: 351, rue Emery, Mtl 129.Téléphone: 843-4792 Distribution: Les Messageries du Jour, 1651, rue Saint-Denis, Montréal.849-8328 MAINMISE est membre de l'Underground Press Syndicate.Seuls les membres de l'UPS sont autorisés à reproduire les articles contenus dans ce magazine.Droits de reproduction interdits dans tous pays et pour tous les autres.Administration: Serge LKalien, Gérard Lambert.Roc h Michon Rédaction: Georges Khal, Jean Basile Bezroudnoff, Kenneth Chalk, Denis Vanier, Linda Gaboriau, Jacques-Serge Neveu, Normand Bourque, Rey-nald Tremblay, Lise Archambault, Guy Lacoste,Michel St-Pierre.Dessin du TRIPORAMA: Pierre Gaboriau Mise en pages exécutée aux Ateliers Dumont à Ville La Salle.Tirage chez Payette et Payette, à Saint-Jean Premier tirage, avril 1971, 5,000 exemplaires Prochain numéro, à paraître le 20 juin.Il sera consacré aux paranoias du commencement d'un autre monde. Et maintenant Pénélope parle du pot Aussi étrange que cela puisse sembler, MAINMISE 4-spécial P.O.?.est le premier livre non clinique publié en français sur le sujet.Parce que, chaque fois que l'on parle du pot en français, on peut être sûr qu'il y a sur la couverture un nom de médecin, ou de psychiatre, ou de psychologue, ou de n'importe quoi.Le pot est un bon sujet à condition d'en dire du mai, avec le sourire en coin.La vérité est un peu différente.Il y a plusieurs centaines de millions de personnes qui fument de la marijuana sur la terre.Le pot n'a jamais tué personne.Le pot n'a jamais détruit une nation."Pot is fun", Allen Ginsberg.Quand les tribunaux américains ont mis John Sinclair en prison pour dix ans a cause de deux joints, nous, on a compris que la repression-pot n'était qu'un prétexte.Un prétexte politique comme un autre.Quand la police de Montréal ratde les cafés de jeunes "pour trouver les pushers", nous, on comprend que c'est répresion de type social.Soyons clair: le pot est devenu le symbole d'une lutte de classe. Le pot est le cheval de bataille d'une couche sociale contre une autre couche sociale.Au Québec, on est plutôt chanceux.Bien sûr, il y a encore des peines de prison pour posession et des peines de prison pour "trafic".Bien sûr, la Ligue des droits de l'Homme ne s'est jamais préoccupée des cas d'emprisonnement pour pot.Bien sûr, il y a une repression larvée dont sont victimes les cheveux longs.Mais dans l'ensemble, le front est plutôt calme.Il se peut même que le Québec soit le front du pot le plus calme dans le monde.Si vous ne le croyez pas, lisez donc Paris-Match.Si tout va bien, le Canada sera sans doute ie premier pays à établir une législation sensée sur le problème du pot.La vérité, dans le fond, est bien simple: de plus en plus de gens fument du pot.Malgré la chasse des douaniers, le pot rentre au Québec.Malgré les dénonciateurs, le pot pousse au Québec à plein champ.Le pot est devenu, non plus le fait de quelques-uns, mais le fait de tous.Le pot est devenu un phénomène socio-culturel.On peut même aller jusqu'à dire que l'Etablissement a récupéré le pot, comme l'Etablissement a récupéré l'alcool.En poussant encore un peu plus loin, on peut dire qu'en récupérant le pot, l'Établissement tente d'annuler les effets à longs termes de la contre-culture, laquelle a trouvé une de ses bases les plus solides dans le pot. Un exemple?Si tous ceux qui fument du pot se plaçaient automatiquement dans les forces de la con tre-culture, MAINMISE aurait ie plus gros tirage de tous les magazines québécois.Nous ne sommes pas ie plus gros tirage de tous les magazines québécois.Par le fait même que son usage s'est répandu si aisément, ie pot n'est plus qu'un élément, et non ie plus fort, de la culture parallèle.Si le pot est le moins fort des hallucinogènes, c'est aussi ie moins radical spirituellement.Tout dépend de son emploi.Le gros problème n'est plus de savoir si le pot sera légal un jour ou ne le sera pas.Le problème est de savoir comment une Société du type de la nétre va intégrer, puis exploiter, le pot.L'exemple le plus frappant de l'intégration et de l'exploitation du pot et de ses effets sont la musique rock, le design en publicité et les commerciaux de télévision.Il y en a pour dire que l'usage généralisé du pot transformera le Québec en une sorte de pays du Moyen-Orient à la population "sans ambition, paresseuse, indifférente.".Cest, non seulement mal analyser le problème, mais c'est surtout faire peur défibéremment aux gens.En réalité, il nous appartient de faire du pot un élément positif de notre Société.Nous avons d'ailleurs commencé. La légalisation, de fait, n'est plus qu'un problême politique.Comment faire avaler à l'électeur moyen Tidée même de cette légalisation inévitable, compte tenu de la contre-publicité générale qui encombre tous nos média.Voici, selon nous, comment se pose le dilemne de nos "dirigeants": 1} on ne légalise pas ie pot et tout le monde fume du pot.2) on légalise le pot et tout le monde fume du pot.Le numéro présent de MAINMISE est une contre-contre-publicité.Nous avons considéré ie pot sous l'angle de l'usager, à l'exception d'un article scientifique qui nous parait être le meilleur que l'on ait jamais publié sur le sujet.Nous avons essayé de montrer le pot sous ses différents aspects.Pas de panégyrique! Pas de bullshit! Nos sources sont extrêmenent diverses.Elles vont du SCIENTifiC AMERICAN au EAST VILLAGE OTHERS, en passant par nos expériences propres.Nous avons éliminé impitoyablement tout ce qui est psychiatrique, sociologique, médical, etc.Notre SPECIAL-POT est un SPEClAL-fun Pénélope 28 La marijuana: une approche objective par Lester Grinspoon Parmi les innombrables études publiées sur la marijuana, il en est une qui ressort particulièrement.Elle a été publiée dans SCIENTIFIC AMERICAN, la plus grande revue sérieuse de vulgarisation scientifique.On ne peut pas accuser cette revue d'avoir des préjugés, d'un côté ou de l'autre.C'est pourquoi nous l'avons choisi pour être le seul article scientifique de ce numéro.Les nombreuses recherches effectuées dans ce domaine ont permi d'établir que les cannabis est une drogue relativement faible.Son usage très répandu m'a cependant amené à rechercher les motivations de ses adeptes, ainsi que celles de ses détracteurs.Les débuts de la marijuana C'est en Chine que l'on a trouvé le premier document rapportant l'utilisation de la marijuana par l'homme.Cette drogue était en effet décrite dans l'Encyclopédie herboristique et médicale de l'Empereur Sheng-Nung, datant de deux mille sept cent trente sept av.J.C.En ces temps lointains, la marijuana était déjà l'objet de controverses sociales passionnées.Certains prétendaient que cette drogue conduisait aux enfers tandis que les autres voyaient en elle la clé du Paradis.La consommation du Cannabis et de ses dérivés s'étendit de la Chine à l'Inde, puis à l'Afrique du Nord, pour atteindre enfin l'Europe au début du siècle dernier.On pense que le Cannabis a été introduit en France par les soldats de Napoléon à leur retour de la campagne d'Egypte.En Amérique du Sud et en Amérique centrale, le Cannabis était connu depuis des siècles, mais sa consommation aux Etats-Unis ne commence à se développer que vers 1920.Le cannabis sativa ou chanvre indien, d'où est tiré la drogue sous ses diverses formes, est une plante commune qui pousse facilement sous des climats variés.Il est donc impossible de connaître avec précision le pourcentage des consommateurs sur le total de la population mondiale.Une enquête entreprise à cet effet en 1950 par les Nations-Unies a abouti toutefois à une estimation de quelque deux cents millions de marijuanaphiles dans le monde, localisés principalement en Asie et en Afrique.Au cours de sa longue histoire, le Cannabis sativa a été utilisé comme source de fibres textiles, comme drogue notamment dans les cérémonies religieuses tribales et comme médicament, en particulier aux Indes.Au 19e siècle, le Cannabis sativa était largement utilisé dans le monde occidental pour combattre des affections ou malaises très divers: toux, fatigue, rhumatismes, asthme, delirium tremens, menstruations douloureuses, etc.Bien que son usage diminue par la suite à cause de l'apparition des hypnotiques et analgésiques synthétiques, le Cannabis resta inscrit à l'U.S.Pharmacopeia jusqu'en 1937.Les restrictions apportées à son usage et à sa circulation par le Tax Act de 1937 sonnèrent le glas de sa carrière médicale.Le principal intérêt du Cannabis a, toutefois, toujours résidé dans ses propriétés euphorisantes.L'appellation de "marijuana" viendrait du portugais mariguan-go qui signifie "grisant, enivrant".On peut avoir une idée de la diffusion du Cannabis dans le monde d'après le grand nombre de termes qui servent à le désigner. 30 Aux Etats-Unis seulement on l'appelle: "weed, stuff, indian Hay, grass, pot, maryjane".En Amérique du Nord, on le fume presque toujours sous la forme de cigarettes appelées joints ou reefers, mais dans d'autres pays, la drogue est souvent absorbée sous forme de breuvage ou de nourriture solide: sucreries.Anatomie de la plante et résine Les dérivés du Cannabis varient beaucoup en qualité et en puissance suivant le climat, le terrain, le mode de culture et de préparation.La drogue provient pres-qu'exclusivement de la plante femelle.Lorsque la plante de culture est tout-à-fait mûre, les feuilles supérieures et les grappes de fleurs sont recouvertes d'une sorte de résine jaune, gluante, fleurant la menthe.C'est cette résine qui contient les substances actives.On distingue trois catégories de drogues, différant par leurs qualités, et désignées par des noms indiens.La moins chère et la moins puissante, appelée "Shang", est tirée de la partie supérieure des plantes sauvages; sa teneur en résine est faible.La majeure partie de la marijuana fumée aux Etats-Unis est de ce type.Pour le connaisseur indien, le "Shang" n'est qu'un pauvre succédané du "Ganja", un peu comme si nous comparions la bière à un bon scotch.En Inde, le "Shang" est méprisé de tous excepté des gens très pauvres.Le "Ganja" est tiré des fleurs et des feuilles situées à la partie supérieure des plantes cultivées, soigneusement sélectionnées; la résine s'y trouve de meilleure qualité et en plus grande quantité.Mais tout en haut de l'échelle se trouve le "Charas" qui est fabriqué avec la résine elle-même, soigneusement grattée sur la partie supérieure de la plante adulte.Seule cette dernière préparation est appelée couramment "hachisch".Ce terme est quelquefois utilisé à tort pour désigner toute drogue tiré du Cannabis.Le "Charas" ou hachisch est en fait cinq à huit fois plus fort que la marijuana ordinaire vendue aux Etats-Unis.Chimie de la marijuana La chimie du Cannabis est extrêmement complexe et comporte encore des lacunes.On détermina en 1940 que les composants actifs sont divers isomères du tetrahydrocannabinol.Récemment, l'un de ces isomères, appelé "forme delta 11", a été obtenu synthétique-ment.On pense qu'il est le principal agent actif de la 31 marijuana.Toutefois, on a tout lieu de penser que d'autres substances, ainsi d'ailleurs que le mode d'absorption de la drogue, ont une incidence sur les effets de celle-ci.Quatre-vingt dérivés ont été tirés du canna-binol et quelques-uns d'entre eux ont été essayés sur des animaux et des personnes volontaires pour en déterminer les effets.Les effets de la mari Les effets du Cannabis sur les animaux sont concentrés sur le système nerveux central.La drogue n'affecte pas de façon notable le comportement général des rats et des souris, ni l'apprentissage simple chez les rats.Elle calme cependant les souris rendues agressives par isolement.Chez les chiens, le Cannabis provoque un état de rêverie somnolents ressemblant au dernier stade de la période "high" chez les humains.Les fortes doses de Cannabis produisent chez les animaux des symptômes tels que vomissements, diarrhées, tremblements fébriles et manque de coordination musculaire.Quelques décès ont été notés chez les animaux; pour les chats la dose mortelle, absorbée par voie buccale, est de trois grammes de "Charas", huit grammes de "Ganja" ou dix grammes de "Bhang", par kilo de poids du sujet.Toutefois des doses plus importantes ont été administrées à des chiens sans qu'ils n'en meurent et on ne signale aucun cas de décès chez l'homme.Les effets psychologiques du Cannabis ont été décrits dans une très volumineuse littérature.Certains écrivains ont contribué à créer au hachisch une sinistre réputation, c'est le cas des écrivains français, Baudelaire, Gauthier, Dumas père, etc., qui formaient le Club des Hachichins qui se réunissait à Paris vers 1850.Leurs sensations, relatées sous l'influence de grandes quantités de hachisch doivent être considérées comme largement exagérées.En tout cas, elles ne s'appliquent pas au fumeur moyen.On prétend que le hachisch fut responsable de la psychose et de la mort de Baudelaire, mais l'histoire néglige le fait que Baudelaire était alcoolique et syphilitique.C'est l'écrivain, conférencier et voyageur américain Bayard Taylor, bien connu pour sa traduction à l'anglaise du Faust de Goethe, qui rédige les premiers rapports sur les effets du Cannabis, en des thèmes se rapprochant de la description clinique.Il prit la drogue au cours d'un voyage en 32 Egypte en 1854 et écrivit: "Je sentais mon corps et mon esprit délicieusement légers.J'avais une perception merveilleusement aiguë du grotesque dans les objets les plus simples et les plus familiers.Au cours de la demi-heure que durèrent les effets, je notai soigneusement les sensations agréables qui parcouraient tous mes tissus et mes fibres nerveuses; chaque frémissement nouveau m'aidait à me dépouiller de mon enveloppe charnelle, jusqu'à ce que ma substance ne m'apparût pas plus dense que les vapeurs de l'atmosphère.Assis nonchalamment dans le calme crépuscule égyptien, je m'attendais à être, d'un instant à l'autre, soulevé et transporté par la brise légère qui effleurait la surface du Nil.Pendant cette expérience, les objets de mon entourage revêtaient une expression étrange et capricieuse.J'eus un long accès d'hilarité.L'hallucination s'évanouit graduellement comme elle était venue, me laissant en proie à une douce et agréable somnolence à laquelle succéda un sommeil profond et réparateur." Mais le rapport clinique le plus riche, est peut-être celui du psychiatre new-yorkais Walter Bromberg qui décrivit en 1934 les effets psychologiques du Cannabis à la suite de nombreuses observations et entretiens avec des personnes sous l'influence de la marijuana.Il tira également certains éléments de son expérience personnelle."L'intoxication, écrit-il, débute par une période d'anxiété; pendant cette période, le fumeur ressent une crainte morbide et d'autres anxiétés de diverses natures, accompagnées d'agitation et d'hyperactivité.Quelques minutes plus tard, il commence à se sentir plus calme et sombre dans l'euphorie.Il devient bavard, exalté et exhubérant.Une sensation d'étonnante légèreté commence à envahir son corps et ses membres.Il éclate de rire spontanément et sans contrôle.Sa conversation lui semble brillante et spirituelle; le déroulement rapide des idées lui donne l'impression d'avoir l'esprit vif mais la confusion apparaît lorsqu'il essaie de se souvenir de ce qu'il pensait quelques secondes auparavant; à ce moment-là, il se peut qu'il ait des hallucinations visuelles.des flashes de lumière, qu'il voie des formes imprécises aux couleurs vives évoluer, se développer en figures géométriques, en corps et visages humains et en images d'une grande complexité.Après une période plus ou moins longue, au maximum 33 deux heures, le fumeur devient somnolent, puis tombe dans un sommeil profond et sans rêve.A son réveil, il ne ressent aucun effet physiologique et garde une mémoire précise des détails de son intoxication." La plupart des observateurs confirment le rapport de Bromberg et reconnaissent que cette description correspond à l'état high de la marijuana.Tous admettent que les effets de la marijuana en cigarettes, durent de deux à quatre heures, et de cinq à douze heures lorsqu'elle est absorbée par voie buccale.Pour le néophyte, la période initiale d'anxiété est diminuée s'il se trouve au milieu d'amis avec lesquels il peut communiquer.Les utilisateurs expérimentés appellent quelquefois cette période "anxiété heureuse".Le fait que l'intoxication accroisse la sensibilité aux stimuli extérieurs révèle des détails qui, autrement, passeraient inaperçus: les couleurs semblent plus brillantes et plus riches, les travaux d'art qui auparavant n'avaient pas grand signification pour le sujet acquièrent une nouvelle valeur.La musique, elle aussi, est mieux appréciée.De nombreux musiciens de jazz ont déclaré qu'ils jouaient mieux sous l'influence de la marijuana, mais cela n'a pas été confirmé objectivement.L'estimation du temps est déformée et dix minutes peuvent sembler aussi longues qu'une heure.Par un curieux effet, on assiste souvent à une séparation de la conscience qui fait que le fumeur tout en ressentant le high, est en même temps un observateur objectif de son intoxication.Il se peut par exemple qu'il ait des tendances paranoïaques et en ait réellement conscience, ou même qu'il rie, qu'il plaisante d'elles et dans un certain sens, y prenne plaisir.La faculté de garder un certain degré d'objectivité peut expliquer que beaucoup d'usagers expérimentés réussissent à se comporter en public d'une manière tout à fait normale, même s'ils sont très intoxiqués.La marijuana se distingue nettement des autres hallucinogènes (LSD, DMT, mescaline, peyote et psilocy-bine).Bien qu'elle produise quelques effets similaires, la marijuana est bien moins puissante que ces dernières drogues.Elle altère beaucoup moins la conscience et ne produit pas de tolérance croissante dans l'organisme.En outre, les fumeurs de marijuana sont LE CHANVRE INDIEN (CANNABIS SATIVA) est une plante commune qui pousse à l'état sauvage dans de nombreux pays du monde.D est utilisé en médecine, comme euphorisant, et comme source de fibres textiles.Le Cannabis est une plante dio'ique, c'est-à-dire qu'il y a une plante mâle (à gauche) et une plante femelle (à droite).En bas de la page se trouvent les détails des deux types de fleurs.Les substances actives de la drogue sont contenues dans une résine jaune, gluante, qui recouvre les grappes de fleurs et les feuilles du sommet de la plante femelle lorsqu'elle est mûre. 36 habituellement capable de juger les effets de la drogue et de s'astreindre à n'en prendre que la quantité nécessaire pour parvenir au degré d'euphorie désiré.Étude et enquêtes sur la marijuana Essayons maintenant d'analyser les éléments que nous avons recueillis, pour tenter de mesurer objectivement les effets phychologiques, physiologiques, psychiques et sociaux de la marijuana.Il existe dans ce domaine une vaste littérature qui s'étend sur un siècle ou plus; celle-ci est particulièrement volumineuse, à partir de 1960.Bien qu'au point de vue méthodologique, la plupart de ces études laissent à désirer, il y en a quand même un grand nombre qui apportent une contribution appréciable à notre connaissance delà drogue.Une enquête approfondie, visant à explorer les divers aspects du problème de la marijuana, fut entreprise en 1930 par un comité nommé par le maire de New-York, Fiolerro La Guardia.L'un des membres de ce comité, Robert S.Morrow examina les effets de la drogue sur les fonctions psychomotrices et sur certaines facultés sensorielles.Il remarqua que, même prise en grande quantité, la marijuana n'affectait pas la faculté de frapper rapidement à petits coups, ni la rapidité de réflexes dans le cas de stimuli simples; qu'elle ne diminuait pas non plus l'acuité auditive ni les facultés musicales, ni la faculté d'estimer les brèves périodes de temps et les courtes distances.La drogue affecte cependant la sûreté de la main, l'équilibre statique et la rapidité des réflexes dans les cas de stimuli complexes.Plus récemment, Lincoln O.Clark et Edwin N.Nakas-hi du Collège de Médecine de l'Utah utilisèrent huit tests de perception de coordination et d'apprentissage pour étudier les sujets absorbant la marijuana par voie buccale.Sur ces huit tests, six ne révélèrent aucune modification des facultés.Les tests de rapidité des réflexes et de mémorisation d'un code chiffré.Dans le premier cas, cependant, cette conclusion était basée sur seulement deux sujets et le deuxième test était basé sur cinq sujets dont l'un d'eux avait tendance à l'amélioration en continuant à prendre de la drogue. Activités intellectuelles Andrew T.Weil, Norman E.Zinberg et Judith M.Nel-sen de l'Université de Médecine de Boston appliquèrent récemment d'autres tests à deux groupes de sujets, un groupe de cannabinophiles chroniques et un groupe de non-initiés.Sur la faculté de garder une attention soutenue (continuous performance test), les résultats des deux groupes n'étaient affectés ni par une faible dose ni par une dose élevée.Dans l'essai des reconnaissance des symboles chiffrés, le groupe de non-initiés commis quelques erreurs au cours de la période high, mais les résultats des usagers chroniques ne révélèrent aucune défaillance significative; on con-tasta au contraire une amélioration aux plus fortes doses de drogue.Dans le test de coordination musculaire et d'attention (pursuit rotor test), les résultats furent identiques à ceux du test des symboles chiffrés mais dans ce cas l'amélioration du résultat des usagers chroniques est peut-être dû simplement à l'apprentissage.Neuf sujets non-initiés furent également soumis au test d'estimation du temps écoulé.Avant de prendre la drogue, il leur arrivait d'estimer à deux minutes près un laps de temps de cinq minutes.Après avoir absorbé un placebo, aucun sujet ne modifia son estimation.A faible dose, trois sujets doublèrent à peu près leur estimation et à forte dose, quatre sujets augmentèrent leur estimation initiale.Dans l'étude La Guardia, Forence Halpem recherche les effets de la marijuana sur les activités intellectuelles.Elle nota que les résultats des tests d'intelligence, en particulier lorsqu'il s'agissait de concepts numériques, avaient tendance à baisser au cours des derniers stades de la période high pour redevenir normaux par la suite.Dans quelques tests de mémoire et de facilité d'élocution pratiqués à de faibles doses, les résultats furent identiques ou même meilleurs qu'avant l'absorption de la drogue.Elle en conclut que lorsque le fonctionnement intellectuel était réduit, la diminution des résultats était due à une perte de rapidité et de précision au cours de l'intoxication./ Effets physiques et psychologiques / Un certain nombre de chercheurs, y compris des membres de l'étude La Guardia, du groupe Weil, etc., ont examiné les effets physiques et physiologiques de la Cannabinol Trans-tétrahydrocannabinol Les composants actifs du Cannabis comprennent plusieurs dérivés du cannabinol; quelques-uns d'entre eux sont représentés dans les diagrammes moléculaires ci-dessus.L'un des isomères du tetrahydrocannabinol appelé forme (en deuxième position sur la planche) a été obtenu synthétiquement; on pense qu'il est le principal composant actif de la marijuana.Il est cependant probable que d'autres composants contribuent également aux effets de la drogue. 39 marijuana.Il en ont conclu qu'elle peut produire des nausées, des vomissements et des diarrhées, en particulier si la drogue est prise par voie buccale.Habituellement les symptômes corporels accompagnant l'état high sont faibles: On note quelquefois une dilatation des pupilles accompagnée d'alourdissement des paupières sous la stimulation de la lumière, de légers tremblements et un manque de coordination.Souvent aussi, on observe une augmentation du pouls qui s'accompagne quelquefois d'une faible augmentation de ia pression sanguine.Le sujet urine plus souvent et plus abondamment.Quelquefois il a la bouche et la gorge sèches, ce qui lui donne soif.Mais l'un des effets les plus frappants de la marijuana est la sensation de faim qu'elle procure.Le sujet devient très porté à la jouissance gastronomique; ainsi une personne sous l'influence de la marijuana peut avoir pour une nourriture ordinaire, l'enthousiasme du gourmet assis en face d'un plat de banquet.Cet effet donne à penser que ia drogue pourrait être utile dans les cas de perte d'appétit pathologique ou anorexie nerveuse.Accoutumance Il est maintenant abondamment prouvé que la marijuana n'engendre pas l'accoutumance.Lorsque le sujet cesse de se droguer on ne note aucun symptôme de sevrage-, il ne ressent pas, non plus, ie besoin d'augmenter ia dose chaque fois qu'ii prend de ia marijuana.Certains chercheurs se sont aperçus que l'habitude de la marijuana ne s'implantait pas aussi fortement que celle du tabac ou de l'alcool.Bromberg en conclut que ia marijuana ne provoque pas d'accoutumance et qu'elle sert simplement à mettre en valeur l'instinct de recherche du plaisir présent en chacun de nous.Il est possible que quelques personnes parviennent à une certaine dépendance par rapport à la drogue, mais c'est surtout à cause de i'expérience agréable qu'ils en ont tiré ou parce qu'elle soulage ieurs malaises pshychi-ques.Un tel usage peut-ii être appeié abus?Le terme abus est difficile à définir; son interprétation varie d'une culture à l'autre; si l'abus est jugé en fonction du danger que court l'individu et la société, on peut faire remarquer que, bien que les dangers de l'alcoolisme et même de notre social drinking institutionnalisé soient tout à fait prouvés, le social drinking n'est pas considéré comme un abus aux Etats-Unis.En ce qui nous concerne, nous estimons que les dangers de ia marijuana n'ont pas été déterminés de façon précise. 40 L'attitude de l'Américain moyen envers la marijuana est chargée de partialité hyperémotionnelle due en partie à la campagne éducative entreprise après 1930 par le Federal Bureau of Narcotics, rebaptise depuis, Bureau of Narcotics and Dangerous Drugs.Cette campagne a diffusé beaucoup d'idées déformées et des renseignements erronés sur la drogue.Marijuana et morale Il existe, en outre, des facteurs sociaux et cultureis qui contribuent à renforcer l'appréhension du public envers la marijuana: les vestiges, encore vivaces de ia morale protestante dans notre pays condamnent la marijuana uniquement parce qu'elle incite ses adeptes à jouir librement de la vie, tandis que cette morale accepte l'alcool parce qu'il stimule le commerce et ie profit tout en servant de catalyseur aux relations sociales.L'effet de la marijuana produisant un état d'introspection et de passivité répugne à la culture traditionnelle qui attache un grand prix à l'agressivité, à l'activité et au rendement.Il est probable également, qu'il existe parmi le public des préjugés aliarmistes.Ces préjugés émanent de ia vieille génération qui considère la marijuana comme une drogue proscrite aux blancs et réagit contre sa diffusion galopante dans la blanche qui, quelquefois, peut-être inconsiemment, considère la marijuana comme une drogue proscrits aux blancs et réagit contre sa siffusion galopante dans ia population blanche.Cela provient du fait que jusqu'à une époque relativement récente, la marijuana était fumée presqu'exclusivement dans les ghettos noirs, portoricains et mexico-américains.Ce n'est peut-être pas par pure coincidence que quelques états du Sud disposent de lois draconiennes contre le trafic de la marijuana; certaines de ces lois vont jusqu'à l'emprisonnement à vie et même la peine de mort.La mari conduit-elle aux narcotiques ?Pour parvenir à une approche rationnelle du problème de la marijuana aux Etats-Unis, il est indispensable de laisser de côté la tension émotionnelle qui fausse ce problème et de remplacer les mythes par des faits, dans la mesure où ces derniers peuvent être déterminés.Examinons maintenant les questions que se pose le public au sujet de la marijuana.La marijuana conduit-elle ses adeptes à la consommation de narcotiques?La loi fédérale de 1937, qui consacra l'illégalité 41 du Cannabis, provoqua une hausse des prix qui incita les pushers de narcotiques à distribuer également de la marijuana sans prendre davantage de risques.Le marché résultant du contact des clients avec les deux types de drogues aurait dû, semble-t-il, provoquer un accroissement de la consommation des narcotiques étroitement lié à l'accroissement de la consommation de ia marijuana.Aucune relation de ce genre n'a été décelée au cours de plusieurs études entreprises dans ce domaine, y comprises l'étude La Guardia et l'enquête présidentielle américaine sur les abus de narcotiques et de drogues.Il est vrai que l'étude fédérale démontra que 50% des hérdinomanes avaient déjà fumé de la marijuana.Cette étude révéla également que la plupart des hérdinomanes avaient été des adeptes de l'alcool et du tabac.On n'a, par conséquent, aucune preuve indiquant que la marijuana risque, plus que l'alcool et le tabac, à conduire à la consommation de narcotiques.Marijuana et crime La marijuana rend-elle agressif et incite-t-elie à un comportement criminel violent comme certains chercheurs l'ont soutenu?Dans une étude approfondie sur le problème de la marijuana à Manhattan, Bromberg ne trouva aucune indication d'une telle relation."Aucun cas de meurtre ou de crime sexuel dû à la marijuana n'a pu être établi", écrit-il.En examinant à ia loupe un cas qui avait été cité par le Federal Bureau of Narcotics, impliquant un homme qui avoua avoir tué un ami sous l'influence de ia marijuana, Bromberg s'aperçut que le meurtrier était un menteur psychopathe et il ne trouva aucun indice permettant d'établir que ce dernier avait absorbé de la marijuana ou tout autre drogue avant son crime.Un psychiatre du Nigeria, le docteur T.Asuni, note que ia pauvreté d'une communauté avait une grande influence à la fois sur ie crime et sur la consommation de hachisch, mais il en conclut que cette conséquence était attribuabie à une frustration du peuple plutôt qu'à une relation entre la drogue et le crime.Enquêtant sur ie problème de ia drogue en Inde, R.N.Chopra et G.S.Chopra ont conclu qu'au lieu d'inciter à un comportement criminel ie Cannabis tend plutôt à le supprimer.L'intoxication à la marijuana, écrivent-ils, produit un état de léthargie défavorable à toute activité physique, à plus forte raison défavorable au crime.Les inhibitions se libèrent verbalement plutôt que par ie comportement. 42 Pendant l'état high, le marijuanaphile peut dire des choses qu'il tairait ordinairement, mais il ne commet généralement aucun acte contraire à sa nature; donc, s'il n'est pas déjà un criminel, il ne commettra aucun crime sous l'influence de la drogue.La marijuana incite- telle à.Cette expression populaire doit probablement ses origines en parties aux fantaisies d'écrivains qui ont commis quelques excès et en partie au fait qu'autrefois, au Moyen-Orient, on mélangeait la drogue avec des aphrodisiaques.Il n'existe, en fait, aucune preuve que le Cannabis stimule le désir ou la puissance sexuelle; c'est un fait reconnu, même par Ahmed Benabud, psychiatre marocain et chercheur en matière de drogues, qui condamne sévèrement le Cannabis pour ses effets psychologiques.D'autres, au contraire, prétendent que la marijuana affaiblit le désir sexuei, mais cette assertion n'est pas davantage fondée.Quelques marijuanaphiles rapportent que l'état high accentue le plaisir au cours des relations sexuelles.Il se peut qu'ils aient raison dans le sens que la marijuana accentue également les plaisirs de l'art et de la musique, il est cependant douteux que la marijuana effrite les barrières murales qui ne sont pas déjà tombées.Marijuana et dégénérescence La marijuana conduit-elle à la dégénérescence physique et mentale?Les rapports de nombreux chercheurs, en particulier en Egypte et en Orient, indiquent que les cannabinophiles chroniques consommant les catégories de drogue les plus puissantes, sont, en fait, typiquement passifs, improductifs, paresseux et manquent totalement d'ambition.Il est possible que l'utilisation chronique du Cannabis sous ses formes les plus puissantes ait des effets débilitant analogues à ceux du social drinking sur une longue période.Il y a cependant une autre explication possible: beaucoup parmi ceux qui prennent du Cannabis sont des gens malades, désespérés ou moralement accablés, lis cherchent dans cette drogue bon marché un moyen d'adoucir l'impact d'une réalité autrement insupportable.Dans la plupart des cas, on ne peut pas être certain du phénomène qui précède l'autre: drogue ou dé- 43 TEST 2 TEST 3 L'ETUDE COMPARATIVE sur les effets de la marijuana et de l'alcool sur la conduite automobile a été menée par l'Office des Véhicules à Moteur de l'état de Washington.Le graphique indique le nombre moyen d'erreurs dans des tests comportant trois stades de traitement: alcool (en haut), marijuana (noir) et placebo (gris).Il apparaît qu'en général, la marijuana diminue beaucoup moins les facultés de conduite que l'alcool. pression.Cette remarque s'applique notamment à beaucoup de potheads aux Etats-Unis.Une étude approfondie sur les collégiens ayant pris de la marijuana indique que beaucoup d'entre eux avaient souffert de graves conflits et de dépressions longtemps avant de commencer à prendre de la drogue.On dispose d'un vaste assortiment de preuves indiquant que l'usage modéré de la marijuana ne produit aucune détérioration psy-sique ou mentale.L'une des plus anciennes et des plus vastes enquêtes dans ce domaine fut menée par le gouvernement botanique en Inde, dans les années 1890.On soupçonne d'ailleurs que les motifs réels de cette enquête auraient été de prouver que le Cannabis était plus dangereux que le scotch-wisky, ce qui aurait permis au gouvernement de prélever beaucoup plus d'impôts sur la marijuana.Pourtant cette enquête fut effectuée avec une impartialité et une minutie typiquement britanique.La commission d'enquête appelée Indian Hemp Drug Commission interroge quelques 800 personnes parmi lesquelles des usagers et des vendeurs de Cannabis, des médecins, des directeurs d'asiles psychiatriques, des chefs religieux et toute une gamme d'autres personnalités; en 1894, cette commission publia un rapport de plus de trois mille pages concluant qu'il n'existait aucune preuve que l'usage modéré du Cannabis produisait plus de troubles mentaux ou moraux, ou plus d'excès que l'usage modéré de whisky.Dans l'étude de La Guardia, à New-York, un examen portant sur des usagers chroniques fumant depuis environ huit ans une moyenne de sept cigarettes de marijuana par jour, ce qui donne une dose relativement importante, indiqua que ces fumeurs ne souffraient d'aucune déficience physique ou mentale causée par l'absorption de la drogue.Une étude similaire menée par H.L.Freedman et M.J.Rockmore, portant sur trois cent dix militaires qui avaient pris de la marijuana depuis environ sept ans, aboutit aux mêmes résultats.Marijuana et alcool Lorsqu'on s'efforce de parvenir à une perspective rationnelle du problème de la marijuana, on est amené inévitablement à faire de nombreuses comparaisons entre cette drogue et l'alcool et entre l'attitude du public 45 envers la drogue et envers l'alcool.Le social drinking est considéré comme une habitude bénigne qui ne soulève aucune désapprobation chez le public; cette absorption d'alcool comporte pourtant des dangers très graves et irréfutables.Les statistiques des compagnie d'assurance-vie indiquent chez ies social drinkers un taux de décès beaucoup plus élevé que la moyenne, pour les causes suivantes: maladie de coeur et du système circulatoire, cancer, maladie du système digestif, meurtre, suicide et accidents d'automobile.On a remarqué que ia majorité des conducteurs tués dans les accidents avaient bu de l'alcool.Par contre, on n'a relevé aucune preuve que la marijuana contribue au développement de maladies organiques, et pour la seule enquête faite jusqu'à ce jour sur les effets de la marijuana sur les conducteurs, — étude contrôlée menée récemment par le Bureau des Véhicules à Moteur de l'état de Washington —, on s'est aperçu que ia marijuana affecte beaucoup moins le comportement du conducteur que l'alcool.Marijuana et psychose Peut-être la charge la plus lourde relevée contre le Cannabis, réside-t-elle dans le fait que sa consommation peut provoquer des psychoses ou des troubles de la personnalité.Il existe à ce sujet une vaste littérature, divisée entre toutes les tendances et toutes les opinions.En Inde, en Egypte, au Maroc et au Nigeria, de nombreux psychiatres ont déclaré énergiquement que la drogue pouvait conduire à la folie, tandis que d'autres sont d'avis contraires.Une des autorités la plus souvent citée en cette matière, est le docteur marocain Ahmed Benabud.Ce dernier croit que la drogue produit un syndrome appelé "Cannabis psychosis" ou psychose du Cannabis; cependant sa description de cette psychose est loin d'être claire; d'ailleurs d'autres chercheurs réfutent son existence.Les symptômes donnés par Benabud comme caractéristiques de ces syndromes sont commun aux autres états toxiques aigus et en particulier à la malnutrition et aux infections endémiques.Benabud estime que le nombre de fumeur de kit (marijuana) souffrant d'un type quelconque de psychose, ne s'élève pas à plus de cinq pour mille; ce taux est cependant plus faible que l'estimation du nombre de psychoses dans la population totale des autres 46 pays.On peut donc supposer qu'il y a parmi les fumeurs de kif marocains un nombre beaucoup plus faible de psychoses autres que la "Cannabis psychosis", ou bien que la "Cannabis psychosis" n'existe pas et que la drogue ne contribue pas - ou très peu - au taux de fréquence des psychoses.Le psychiatre américain Bromberg, dans le rapport d'une de ses études, mentionne trente-et-un patients dont il attribue les psychoses aux effets toxiques de la marijuana.Parmi ces trente et une personnes, sept étaient prédisposées à des psychoses fonctionnelles que la drogue n'avait fait qu'aggraver; on s'aperçut plus tard que sept autres de ces patients étaient schizophrènes, un autre fut diagnostiqué ultérieurement comme maniaque dépressif et il est possible qu'un certain nombre d'autres aient eu une attaque de psychose aigiie et temporaire (Five days schizophrenia) qui a pu être confondue avec une réaction à la drogue.Bromberg ne trouva aucun psychotique parmi 67 prisonniers criminels, anciens marijuanaphiles, Freed-man et Rockmore n'en trouvèrent pas non plus parmi les trois cent dix soldats, fumeurs de marijuana, et des résultats similaires ont été rapportés dans plusieurs autre études portant sur une quantité appréciable de sujets.Les recherches de Chopra portant sur 1238 cannabinophiles ne révélèrent que treize psychotiques, ce qui représente à peu près le taux habituel de psychoses dans la population totale des pays occidentaux.Dans l'étude La Guardia, neuf sujets sur soixante-dix-sept, après un examen approfondi, révélèrent un problème de psychose.Ce taux élevé pourrait être cependant attribué au fait que tous les sujets étaient des patients dans des établissements hospitaliers.Samuel Allentuck et K.H.Bowman, les psychiatres qui ont examiné ce groupe, conclurent que la marijuana n'est pas génératrice de psychose chez une personne stable et bien équilibrée.Cela ne veut pas dire poutant que la drogue n'aggrave pas un état d'anxiété aiguë avec tendances parandiaques ou même une psychose temporaire chez une personne prédisposée.Après tout, il est possible qu'une drogue qui modifie l'état de la conscience et déforme la perception et la vision des corps, produise un certain effet sur un Moi d'équilibre délicat et déjà chargé d'anxiété, et 47 que, dans des cas semblables, elle puisse générer une réaction schizophrène.Dans le programme de recherche cliniques du Centre Psychiatrique du Massachusetts, à Boston, nous avons étudié les cas de qua-rante-et-un patients qui avaient été admis dans un état de schizophrénie aiguë; six d'entre eux avaient consommé de la marijuana de temps à autre, mais quatre de ces patients n'en avaient pas pris depuis longtemps lors de leur attaque de schizophrénie.Pour les deux autres cas, une étude approfondie ne put indiquer de façon précise si la drogue avait précipité ou non la psychose.Marijuana et.Dans ces recherches, on a accordé très peu d'attention au fait que la marijuana puisse éventuellement protéger quelques personnes contre une psychose.Parmi les cannabinophiles, la proportion de névroses ou de troubles de la personnalité est habituellement plus élevée que dans la population générale; on pourrait donc s'attendre à ce que l'incidence des psychoses soient plus élevée dans ce groupe.Le fait qu'il n'en est rien suggère que, pour quelques personnes souffrant de troubles mentaux, l'évasion par la drogue peut servir à prévenir une crise psychotique.Il y a cent ans, un médecin français, Jacques Joseph Moreau de Tours, rapporta qu'il avait traité avec succès la mélancolie et d'autres maladies mentales chroniques avec un extrait du Cannabis.D'autres médecins, en France, en Allemagne et en Angleterre, utilisèrent le Cannabis à des fins thérapeutiques avec des résultats contradictoires.Dans les années 1940, on nota un certain intérêt pour le synhexyl qui est un tetrahydrocannabinol synthétique.Ce produit paraissait prometteur pour le traitement des psychoses dépressives, mais la seule étude contrôlée révéla qu'il n'était pas plus efficace qu'un placebo.Des essais sur l'utilisation du Cannabis pour le sevrage des narcomanes donna des résultats beaucoup plus prometteurs.La première utilisation médicale dans ce but fut rapportée en 1889 par un médecin anglais, Edward Birch, qui traita un consommateur d'hydrate de chlore et un opiomane en remplaçant leur drogue par du Cannabis sans présenter les troubles caractéristiques du sevrage.Des succès similaires furent obtenus récemment dans deux autres tentatives; l'une rapportée en 1942 par Allan Tuck et Bowman qui 48 traitèrent des opiomanes avec un dérivé du Cannabis, et l'autre, entreprise en 1953 par deux médecins de la Caroline du Nord, L.S.Thompson et R.C.Proctor, qui sevrèrent des adeptes de narcotiques, de barbituriques et de l'alcool à l'aide d'un tetrahydrocannabinol appelé pyrahexyl.Il est curieux que ces résultats encourageants n'aient pas été suivis d'essais cliniques sur une large échelle ou de recherche fondamentale.Il semble que la recherche sur l'usage médical de la marijuana soit découragée par la croyance courante que la marijuana occasionne une accoutumance et par le fait que le Cannabis soit interdit par la loi et difficile à obtenir légalement, même à des fins de recherches.Pourquoi fume-ton de la marijuana ?L'étude des motivations des gens sur la consommation de la marijuana est indispensable pour comprendre les effets de la drogue et sa vogue croissante de nos jours.En Inde, où son usage est légale et où il n'y a par conséquent aucune complication due aux anxiétés provenant de la crainte et de la culpabilité, le Cannabis sert purement et simplement à soulager les misères de la pauvreté.L'étude Chopras montre que pendant la saison de la moisson, la consommation de drogue augmente de 50% chez les fermiers de certaines régions.Ces chercheurs ont observé que les ouvriers de la construction et des travaux publics avaient l'habitude de tirer chaque soir quelques bouffées sur une pipe de "Ganja" ou de boire un verre de "Bhang".Cette pratique leur donne une sensation de bien-être, soulage la fatigue, stimule l'appétit et provoque une douce stimulation qui permet à ces travailleurs de supporter d'un coeur plus léger la dure routine de la vie quotidienne.Cette simple motivation explique largement le fait qu'aux Etats-Unis, la marijuana se répandit d'abord largement dans les ghettos.Plusieurs études d'échantillons de population pris dans l'armée ont montré que 87% au moins des marijuanaphiles étaient des noirs.En recherchant les motivations des trois cent dix marijuanaphiles qu'ils étudièrent, Freedman et Rock-more trouvèrent des réponses allant généralement 49 dans ce s.is: "La drogue donne une sensation agréable, elle remplace le whisky; je me sens mal tout le temps mais quand je fume je me sens mieux; ça me fait dormir et ça me fait oublier mes problèmes; avec de la mari, je sens que je suis un homme".Pour de nombreuses personnes la marijuana représente une évasion des frustrations personnelles, de l'anxiété et delà dépression.Marijuana et société Cpendant pour expliquer la vogue actuelle de la marijuana parmi de larges couches de la population aux Etats-Unis, on devra regarder plus loin que les facteurs personnels.Une étude portant sur cinquante quatre malades psychiatriques de race blanche, de classe moyenne et diplômés d'un collège, montra qu'ils prirent de la marijuana par curiosité, pour être mieux avec leurs amis, pour la stimulation ou pour une expérience inhabituelle.La marijuana exerce un puissant attrait sur la jeunesse de notre pays pour ceux qui ont tendance à l'introspection, à la méditation ou qui ressentent le besoin urgent de se dégager de l'emprise de la société.Pour beaucoup d'entre eux la consommation illégale de drogue est un acte de défi envers l'establishment.Comme l'a observé C.P.Snow: "Etre mal dans sa peau semble faire partie du climat de notre société".Il est difficile d'éviter la conclusion que l'usage croissant de la marijuana est lié en partie aux craintes terribles de la surpopulation, des conflits raciaux et de ia guerre nucléaire.D'autre part, les mêmes menaces peuvent contribuer indirectement à la campagne émotionnelle dirigée contre la drogue.Il est concevable qu'une partie de l'affect produit sur la population par la violence et l'esprit martial de notre temps aie été déplacé et se décharge actuellement sur la marijuana.Considérée comme essentiellement néfaste et dangereuse, adoptée par les hippies et autres marginaux, qui manifestent et attirent l'attention sur les aspects de la réalité et les menaces de l'avenir que beaucoup d'entre nous trouvent trop dur à affronter, la marijuana est devenue le bouc émissaire naturel.En fait, l'anxiété et le sentiment d'impuissance devant les dangers de notre époque sont peut-être, en partie, centrés sur la marijuana.Ces sentiments conduisent les hommes à prendre de la drogue pour oublier, éveillant 50 chez les autres une croisade contre cette dernière.Bien que l'une et l'autre de ces motivations puissent s'assouplir dans une certaine mesure selon la psyche individuelle, ni l'une ni l'autre ne contribuent à renforcer la sécurité du monde. tes Vrest* s^llipe4 w« 4» We.motel, via.Je.Très vite elle **«*.prenn* I» main.Arrivés p.-lui avais proposé une balf natte.Allongé sur te dos.t» I» regardais.I«s yeux mis LGs*«iveau 1- Atomique: c'est ie niveau de conscience des transactions d'énergie entre tes structures moi\écu\aires à l'intérieur de la cellule.On y arrive au moyen de doses modérées de LSD (300 à 500 microgrammes).3- Somatique: niveau de conscience des transactions d'énergie à l'intérieur des plexus neuronaux qui règlent les rapports et les échanges entre les différents organes du corps.On y arme au moyen die doses modérées de mescaline, psilocybine, petites doses de LSD, ou fortes doses de hachisch. 171 fn2S!2^ ÏST^65 ?™*
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.