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Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
No 6
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Mainmise, 1971, Collections de BAnQ.

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et marei Et maintenant Pénélone vous parle de Mainmise qui a 1 an J'ai été chargée de confectionner un gâteau d'anniversaire.J'en ai fait un; tout le monde l'a goûté; tout le monde m'a félicitée mais rien qu'à la grimace que je pouvais lire sur leur visage, j'ai bien vu que quelque chose n'allait pas.Ce qui n'allait pas, je le sais: une sorte de petite complaisance envers MAINMISE .qui se traduisait soit par une petite larme sur nous-mêmes en trop, soit par une petite égratignure sur les autres, en trop aussi.Alors, j'ai tout jeté.Ce que je conserve de cette première version de mon gâteau d'anniversaire, le voici: MAINMISE a un an d'existence; nous avons publié 1,392 pages; notre situation financière est bonne (voir tableaux); nous avons freaké à notre tour et à notre façon; nous en sommes sortis, merci; on continue parce qu'on a bien du plaisir à le faire; on freakera encore, comme nous tous; on s'en sortira, merci.Et nous n'avons pas coupé nos cheveux longs.Mieux encore, le seul d'entre nous qui avait les cheveux assez courts pour travailler chez Steinberg, ne le pourra plus maintenant.en attendant que Steinberg ouvre un rayon de produits naturels où les vendeurs auront, bien entendu, le genre de têtes propres au carré St-Louis.Attendons.Il n'en reste pas moins qu'un an de travail à MAINMISE nous aura appris quelque chose.Beaucoup de choses même, dont certaines sont encore trop vagues pour être clairement exprimées.La plus évidente de ces choses, c'est qu'il est assez difficile de construire une coopérative d'édition au Québec, comme partout ailleurs.La seconde évidence, c'est que le Québec était prêt à soutenir une tentative comme la nôtre.Car il est certain que MAINMISE n'aurait pas vécu si MAINMISE n'avait répondu à certains besoins, confus chez certains, clairs chez d'autres mais profonds chez tout le monde.La troisième, que nous déduisons un peu vaniteusement de notre année d'existence, c'est qu'il est POSSIBLE de faire rouler au Québec une entreprise de type parallèle, à condition de s'accrocher tous les jours au présent, à condition de s'accorder, sans arrières pensées, à tout ce qui est bon et positif, à condition de travailler, à sa place et juste à sa place, pour l'avènement d'une Société qui n'a rien d'idéale mais où il fera bon de vivre dans un style et selon une hiérarchie dont nous ne connaissons pas encore les nuances.En tous cas, une Société où l'individu aura récupéré son corps et son âme, avant de s'engager dans une entreprise collective de pognage d'où, tôt ou tard, il sortira fourré.Bien entendu, on se demande: mais qu'est-ce que ça peut bien être cette Société?Pour nous qui la vivons, elle est un peu partout, cette Société.Quand on ne la vit pas, elle peut paraître illusoire; tout simplement, on la rejette dans un tout petit coin de sa cervelle, ou bien on peut la craindre; dès lors, c'est le combat.Le combat.L'assassinat des étudiants de Kent fait partie du combat.Le harcèlement par les autorités po- licières de Montréal de la communauté mutante québécoise fait partie du combat.Quand mon amant se promène dans la rue et qu'un passant-brylcream le traite de "crotté", ce mot fait partie du combat.Quand mon amant m'arrive, superbe avec sa barbe et ses cheveux longs, sa splendeur fait partie du combat.La paranoia que nous ressentons, et celle que nous provoquons, font partie du combat.Nous avons le LSD moins mystique que celui de notre cher et vieux Leary; nous avons la japonaiserie moins rapide que celle de notre vieux et cher Watts; nous sommes moins jolis que nos ancêtres de Carnaby Street et moins fleuris que nos ancêtres de Haight-Ashury.Nous sommes même un peu sales mais, tout simplement parce que c'est un peu salissant le combat.La musique sait tout.Ceux qui veulent savoir comment nous sommes passés de la cascade de couleur au tré-pidement de nos mitraillettes mentales, n'ont qu'à écouter consécutivement Sgt PEPPER et GRAND FUNK LIVE.Chacun de nous devrait, d'ailleurs, écouter plus attentivement le combat du futur que raconte la musique rock.Car la musique est toujours en avance sur les temps; elle est comme une vibration qui nous renseigne discrètement sur l'avenir de l'univers.Qui savait, il y a sept ans, que le génie contemporain allait être exprimé par ces jeunes garçons aux cheveux presque longs qui s'appelaient les Beatles, les bibittes, sinon la forme la plus décriée, celles des groupies et des teeny-boppers?Ils avaient hier seize ans, ces groupies et ces teeny-boopers; aujourd'hui ils en ont vingt-deux et demain, avec leur trente ans, ils seront à la tête du monde. Sans paradoxe, nous sommes tous sortis de la musique rock puisque nous sommes tous sortis de Sgt Pepper.Le Québec avec, qui s'est mis à tourner, lui aussi, sur le naif rythme cosmique de cette chanson de gestes de l'ère psychédélique.La suite n'est qu'une avalanche d'événements qui se sont différenciés peu à peu, selon l'heure, selon le pays, à cause de leur richesse exubérante même.Nous gagnerons parce que, dans ce qui sera un jour l'histoire de notre préhistoire, il faudra comparer tôt ou tard les chantres de l'Etablissement répressif et ceux de la contreculture: Engelbert Humperdinck, "Please Release me", et le Beatles, "Sgt Pepper".En d'autres termes, Michel Louvain et Charlebois.L'histoire n'est pas pour le carré St-Louis, ni pour Jean Roy, ni pour ceux qui veulent que "ça arrive", ni pour MAINMISE.Le pot nous aura, du moins, appris à vivre dans le présent.Ce présent magnifique qui contient tout entier, et simultanément, la racine du passé Pour 1 exemplaire vendu en librairie Prix de vente Dépenses Revenu 2.00 $0.60 Impression S0.20 Composition $0.02 Graphisme $0 02 Promotion $1 00 Distribution $1.84 $0.16 Pour 1 exemplaire vendu en abonnement Prix de vente Dépenses Revenu 1 80 $0.60 Impression $0.20 Composition $0.28 Promotion $0.02 Graphisme $0.01 Administration $0.15 Frais de poste $1 20 $0.60 et le bourgeon de l'avenir.Il n'y a de craintes et de peurs que dans le passé et dans l'avenir.Il n'y a de défaites et de victoires que dans le passé et dans l'avenir.Dans le présent, il n'y a que l'organisation: l'obstinée organisation qui doit passer par tous les canaux disponibles: l'ouverture d'un nouveau magasin, rue Prince Arthur, la création d'une commune quelque part dans la région de Drummondville, l'organisation d'une coopérative d'alimentation, un plombier qui débouche pour un prix normal une toilette bouchée chez les freaks.Je trouve qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre un joueur de guitare et un plombier, entre une bonne femme qui fait son pain dans sa cuisine et Janis Joplin.Pour être authentiquement un Rock n'Roll Star, il suffit d'avoir un bon beat: SON beat.C'est si simple de l'écrire que l'on oublie que ce n'est pas facile.On réalise vaguement que le monde de demain ne sera pas le monde d'hier, ni même le monde Une bonne affaire Pour commencer a "faire de l'argent" avec MAINMISE, nous devons, d'abord, vendre environ 3,800 exemplaires de chaque numéro.Cette première vente couvre, grosso modo.nos frais de fabrication.Cela fait, il nous reste encore à payer, évidemment, notre loyer $115.par mois), des frais comme le téléphone, les taxes municipales ($240.par an), le papier, les timbres, etc.En pratique, si nous ne vendons pas VRAIMENT 4.500 exemplaires de chaque numéro, nous sommes déficitaires.Nous ne pouvons pas nous permettre d'être déficitaire.Et nous devons penser aussi à rétribuer modestement nos collaborateurs d'aujourd'hui.Nous allons même jusqu'à ressentir violemment que ce que nous vivons n'est pas une fin mais un commencement.Nous savons bien, malgré leurs accusations, que nous ne sommes ni des barbares sanguinaires, ni des Babyloniens décadents.Nous devinons bien, sous nos pieds, une fondation qui se stabilise et nous sentons tout autour de nous des structures qui s'érigent en forme d'arc-boutant qui nous aident à nous tenir mieux debouts.Tout cela est encore si ténu, si mou que nous sommes littéralement comme flottant dans une sorte de vide, exactement comme le premier astronaute sorti de sa capsule dans le vacuum interplanétaire, à cette différence près que nous, nous n'avons même plus de rassurant cordon.Nous sommes ainsi, selon moi, parce que nous sommes passés de la cathédrale gothique qui est la marque de la conquête de notre espace physique, au computer de l'an 2000 qui est la marque de la conquête de notre espace mystique.Selon Youngblood, génial disciple de Fuller et de Theillard de Chardin, nous en sommes, parlant de notre évolution, au début de notre ère paléocybernétique.Nous sommes, en d'autres termes, les hommes des cavernes de la flamboyante technologie de notre futur électronique.Tout va si vite que nous en sommes, déjà peut-être, au Moyen-Age de l'ère cybernétique.Comme l'homme du Moyen-Age nous sommes simples, brutaux, constructeurs, jouisseurs, mystiques, optimistes.Nous sommes tout cela avec une dimension en plus: celle de notre avancement spirituel qui coincide avec l'avancement de notre technologie.Ainsi, le triptyque du Jardin des délices de Bosch correspond à notre grand écran cinématographique qui nous a donné la fresque terminale de Kubrick: SPACE ODYSEE:2001.Ainsi notre cathédrale gothique n'est plus faite de ces grosses pierres bien rudes aux mains, bien physiques.Elle est faite de sons, d'ondes que nous pouvons percevoir quand il s'agit de musique ou d'images qu'organise pour nous le circuit de télévision mais que nous ne pouvons pas encore percevoir quand ces ondes sortent directement de nos cerveaux.Chaque chose que nous faisons est, littéralement parlant, un infime détail de cette cathédrale cybernétique. Cette éblouissante cathédrale cybernétique dont nous ne connaîtrons que l'incohérent commencement, à l'instar de notre ancêtre direct, le sculpteur-maçon du premier moyen-âge qui fit la min du Christ sur le tympan central de la cathédrale de Chartres ou celui qui creusa, avec un simple marteau et un petit burin, à Rheims, les deux lèvres d'un ange souriant, sans jamais voir, ni même rêver de voir, la dernière pierre d'angle sur le dernier clocheton.Nous comprendrons mieux le type de Société que nous construisons, et la place que nous y occupons, si nous nous référons aux structures du premier Moyen-âge en y ajoutant notre dimension.Je veux parler maintenant du niveau pratique, non plus de l'étage mental.Quel que soit le but projeté, nous ne devons pas nous acharner sur ce que nous ne sommes pas encore capables de faire.Les difficultés que nous rencontrons, et que, par une sorte de bravade innocente, L'organisation La principale difficulté rencontrée n'a pas été.chose curieuse, la circulation financière quoique l'argent a été souvent une véritable plaie.MAINMISE n'étant ni un commerce, ni une industrie, mais l'émanation d'une commune de travail, les heurts graves et les crises aigiies ont toujours eu pour source la difficulté que rencontre tout groupe d'individus qui travaillent ensemble.Publier un périodique avec une relative régularité, et un maximum d'exigence, demande une discipline qu'il est fort difficile de suive, et tout à fait impossible d'imposer dans le cadre d'une expérience sans but lucratif, conduite par des individus qui doivent trouver ailleurs leurs sources de revenu.Dans de telles conditions, il est à peu près impossible de trouver des participants stables, autres que ceux qui ont provoqué la naissance de MAINMISE et participé à sa croissance. nous tentons de vaincre, sont la plupart du temps des pièges, des trappes tendus par les tenants de l'ancien monde.Les superstitions valient mieux, pour la vitalité de notre âme, qu'un catholicisme sclérosé au même titre que nos jeans délavés valient mieux que le complet rose de Gold and Sons.Un anarchisme commenté vaut mieux qu'un trip politique pogné, au même titre qu'une bonne et saine partie de fesses vaut mieux qu'un trip amoureux stéréotypé.Parce que nous sommes au Moyen-âge, nous avons encore besoin de nos artisans et de nos seigneurs, de nos Jeanne d'Arc et de nos Gilles de Ray, de nos docteurs en théologie et de nos sorcières.Parce que nous sommes au Moyen-âge nous avons nos bûchers, nos Cauchons, nos juges à robe rouge, nos Compagnons du tour du monde, nos pèlerinages à Compostel.Nous en sommes au stade du poète, du commerçant, de l'habitant et du guerrier.Abonnements L'ensemble de nos abonnements payants, a l'exclusion des services de presse et autres, s'élève au numéro 6 à 467.En voici la répartition par région: Région de Montreal: 169 Region de Quebec: 61 Sherbrooke: 10 Chomedey-Laval: 13 Ottawa-Hull 9 Chicoutimi: 8 Jonquiere: 5 Trois-Rivières: 4 Autres villes 171 Autres Provinces: 14 Etranger: 3 Pierre Gaboriau Pour survivre à la répression qui vient de tous côtés, et parfois même de nous mêmes, nous avons besoin de cette structure simple et brutale.Pour survivre, il faut accepter d'y participer.A ce prix, nous serons efficaces.Mais il ne faut pas oublier que si nos mots sont des mots, aussi simples que arbre, cuisine, campagne, sexe, âme, riz, ce sont désormais des mots cybernétiques.Je sais bien qu'il y a, ici ou là, un grand nombre de personnes qui ne voient guère d'avenir possible pour l'homme au delà de cinq ans.Sans aller jusqu'à annoncer que la fin du monde est prévu pour le 7 avril 1976, à 8 heures 32, il est indéniable que de solides 13 convulsions viennent nous rappeler quotidiennement que la terre n'est pas éternelle et que la race humaine ne l'est guère plus que la terre.Pour nous, cela n'a guère d'importance dans le fond et, quitte à voir une apocalypse, participons-y consciemment, notre regard tourné vers la lumière.Technologique, atomique ou écologique, je ne pense pas que la vision de cette apocalypse possible soit une bonne raison que nous pouvons nous donner pour excuser cette envie que nous avons tous de nous asseoir sur le cul.Je ne vois pas cependant pourquoi, cela dit, nous serions plus sévères qu'il ne faut avec nous-mêmes.Si un an de travail sur le tas, nous a bien montré qu'il y a des freaks qui, effectivement, ne veulent rien faire (ce qui est bien leur maudit droit, d'ail- leurs), nous avons bien vu aussi, dans ce même laps de temps, que la Société répressive met tout en oeuvre pour conduire ceux qui la conteste vers un isolement matériel et moral.La théorie du ghetto n'est pas jeune dans le monde.Elle consiste à parquer des gens dans un enclos, de mettre du barbelé autour, puis de dire: "Voyez ces imbéciles, ils n'ont même plus le courage d'en sortir".Pour les gens clairvoyants, il y a derrière l'exotisme de WOODSTOCK, un arrière goût de NUIT ET BROUILLARD et, derrière la fumée d'encens, point déjà celle des crématoires.On va me dire que je suis devenue paranôiaque.D'une part, c'est trop commode; de l'autre, je ne le crois pas.Je ne crois pas que je sois devenue paranôiaque quand je lis dans les journaux, à chaque jour, que l'on a arrêté celui-ci ou celui-là.Son délit: possession de pot ou une faribole de cette espèce.Plus grave encore, on n'en parle même plus, à moins qu'il ne s'agisse d'un bon cent livres.Je ne crois pas que je sois devenue paranoïaque quand je prétends D'où viennent nos fonds Le financement de MAI NMISE aura été particulièrement difficile et.souvent, incohérent Voici les principales sources de financement 1) Don privé: $2.000.2) TOMMY: l'ensemble des redevances qu'a touchées Pénélope pour avoir donné aux Grands ballets canadiens l'idée de monter TOMMY a été d'environ $2.000 (soit $20.par représentation).D'autre part.Jean Basile a versé à MAINMISE le cachet de $500.qu'il a reçu pour avoir participé à la rédaction du scenario de ce ballet.3) La Commission Le Dain a chargé l'équipe de MAINMISE d'un travail d'enquête sur la présence des hallucinogènes dans la littérature d'expression française.Ce travail a rapporté net $2,000 qui ont été versés à MAINMISE.4) Abonnements: $3,750.5) Subvention du Conseil des arts du Canada: $6,000. 15 qu'il est malsain et immoral de fermer le carré St-Louis à 11 h.du soir; ou qu'il est défendu de jouer de la musique de la rue; ou que l'on ne peut plus se promener sur la montagne avec des cheveux longs sans être suivi par un policier à cheval; ou que l'on dresse des chiens (des chiens) pour renifler l'odeur possible du pot sur ceux qui passent les frontières; ou que l'on fasse tant d'histoire pour un cap de mescaline quand nous savons que demain nous allons être confronté, avant deux ans, avec notre chère vieille heroine; ou que le service des parcs de la ville de Montréal EXIGE que l'on se fasse tondre les cheveux, coupe réglementaire, pour pouvoir travailler à Terre des Hommes.En bref, après un an de réflexion, j'en suis venue à me demander de quelle Terre et de quels Hommes, il s'agit à Montréal quand on passe par le super-tampax de notre municipalité?Nous avons, depuis un an, une règle de conduite à Tirage et vente 1) Tous les numéros de MAINMISE ont été tiré à 5,000 exemplaires, à l'exception du numéro 4 qui a été imprimé a 6.000 exemplaires.2) MAINMISE est distribué dans 3,000 points de vente repartis dans le Québec, soit environ 75 pour cent des libraires disponibles.3) La vente est extrêmement régulière depuis le commencement de la publication.On note cependant une accélération des ventes à partir du numéro 3.4) On calcule que la première série de MAINMISE soit les six premier numéros, sera complètement épuisée avant la fin de l'année.5) Nous avons deux réseaux de distribution.Le premier est géré par les Messageries du Jour et couvre, grosso modo, les librairies, kiosques, etc.Le second est géré par MAINMISE et couvre essentiellement les head-shops et les magasins spécialisés dans les disques rock. 16 MAINMISE, règle à laquelle nous n'avons jamais dérogé et à laquelle nous ne dérogerons jamais: pas d'insultes.Nous comprenons les insultes mais, personnellement, nous avons choisi de ne jamais les employer.Dans le monde de l'Etablissement, le mot "complice" n'est plus, depuis longtemps, une insulte et ce n'est certainement pas les insulter que dire que l'Etablissement par sa peur, son ignorance ventrue, se fait complice, d'abord, d'un harcèlement qui n'a pas lieu d'être, puis complice lentement de l'établissement d'un ghetto.Pour ceux qui ne me croient pas, je puis leur suggérer d'aller faire un petit tour au East Village de New York.S'ils veulent vraiment de ce ghetto au Québec et à Montréal, qu'ils continuent dans leur complicité.On a souvent, d'ailleurs, dénoncer l'américanisme de MAINMISE.S'il y a, en effet, un américanisme dont nous ne voulons pas ici, c'est bien celui qui dresse la moitié d'une Nation contre une autre moitié dans ce qui semble bien être le dernier sprint de notre civilisation vers l'image mortuaire du fascisme.Le Québec est et reste un Pays à faire et je ne crois pas que l'avenir du Québec passe par ceux qui, parce qu'ils ont peur d'eux-mêmes, se promènent en courant comme des fous pour couper tous les cheveux longs.Peut-être, tout ce que je viens d'écrire n'est-il que le glaçage de notre gâteau d'anniversaire.Car, qui ne le sait, le bon gros gâteau, l'Angel Cake, c'est ce bon vieux gros Québec.Et là, on peut dire que la fleur de lys en a vu assez et de toutes les couleurs, ces derniers temps, pour qu'on puisse la qualifier, aujourd'hui, de psychédélique.C'est sans doute ridicule, mais à MAINMISE nous n'arrivons pas à voir la fleur de lys baignant comme un oiseau défunt dans sa mare de sang.Nous le voyons bien vivant au contraire.Nous ne sommes pas frappé par le syndrome de la bonne grammaire.Si nous éliminons toute la bullshit poli-électoraliste, nous voyons où la créativité québécoise nous mène, avec nos maux de tête: vers le plus détonnant optimisme.Nous n'allons quand même pas à MAINMISE vous torcher en un an, sur la tune de la revanche des berceaux, la revanche du psychédélisme en sept joints (de Sorel) et quatre caps d'acide. Nous pensons que le Québec n'a plus besoin de survivre mais bien de vivre.Pour nous, vivre, c'est se grouper en formant des centrales d'énergie.De ces faisceaux qui se rencontrent naîtront d'autres faisceaux, beaucoup plus importants encore, d'énergie.Sous le langage radical politique, c'est ce que veut dire Jean Préfontaine et son jazz quand il a créé la Ferme du P'tit Québec libre.Tant que son énergie reste diri- 19 gée vers l'extérieur, une commune de n'importe quel type est une centrale d'énergie.Un magasin d'aliment naturel est une centrale d'énergie.Pour nous, l'identité québécoise de base ne se définit pas par une option politique, ni par un graphique d'évolution économique, mais bien par l'addition de toutes nos centrales d'énergie.La stratégie de la contre-culture québécoise, sous une forme ou sous une autre, 21 est de transformer tout le Québec en une immense centrale d'énergie.La stratégie de la Société établie, à n'importe lequel de ses échelons, est d'épuiser lentement si possible, violemment s'il le faut, les centrales d'énergies créatrices afin de canaliser à son seul profit tous les atomes actifs des individus.Sous le couvert de la démocratie, tout notre système politique est conçu pour subsister, en tant que supersystème élitiste, sur l'énergie "votée" par les individus.La libération des Nations et des Hommes n'est pas une lutte politique mais une lutte pour ('intercommunication des énergies.Pour MAINMISE, libérez le Québec veut dire transformer d'abord le Québec en centrales d'énergie positive.Libérez le Québec veut dire libérez notre énergie.Pour terminer ce gros gâteau, je voudrais vous raconter cette histoire.J'ai lu, dans un journal du soir, que deux jeunes hommes, sous l'effet du LSD, étaient devenus aveugles à force de regarder le soleil.Puissions-nous tous devenir aveugles à force de regarder vers la lumière du soleil.Pénélope Catégories d'âge: garçons 18 pour cent ont moins de 21 ans.30 pour cent ont entre 21 ans et 24 ans.40 pour cent ont entre 24 ans et 33 ans.12 pour cent ont plus de 33 ans.Travail: garçons et filles 40 pour cent travaillent ou travaillent et étudient 33 pour cent travaillent soit à plein soit à mi-temps.27 pour cent ne travaillent pas.Z7o/w.' garçons et filles 60 pour cent fument un peu.15 pour cent fument beaucoup 15 pour cent fument assez souvent.10 pour cent ne fument pas (ou plus) du tout.90 pour cent ne dropent pas (ou plus) du tout.10 pour cent drope une fois par trois mois. Groupe rock les plus cités: filles Beatles, Charlebois, Rolling Stones, Joplin, Mayall, Dylan, Led Zeppelin et King Crimson.alimentaire: garçons et filles 2 pour cent suivent une diète macrobiotique.10 pour cent sont végétariens.88 pour cent n'ont pas de diète précise.Catégories dage: filles Il semble que la plus grande partie de nos lectrices ont entre 18 et 25 ans.Cheveux: garçons 50 pour cent ont les cheveux longs.40 pour cent ont les cheveux mi-longs.10 pour cent ont les cheveux courts. MAINMISE 6 Personnel: Jean Basile Bezroudnoff, Georges Khal, Michel St-Pierre, Gérard Lambert, Roch Michon, Raymond La-vallée, Pierre Gaboriau, Linda Gabo-riau.MAINMISE est membre de L'Underground Press Syndicate.Seuls les Membres, de l'UPS sont autorisés à reproduire les' articles contenus dans ce magazine.Mise en page exécutée aux Ateliers Du-mont à vïlle-Lasalle.Tirage chez Payette et Payette, à St-Jean.Prochain numéro à paraître, le 20 octobre.MAINMISE est un magazine périodique publié par Pénélope.Rédaction et administration: 351, rue Emery, Montréal 129, Téléphone: 843-4792.Distribution: les Messageries du Jour, 1651, rue Saint-Denis, Montréal.849-8328. 28 Il ne suffit pas d'habiter six personnes dans un appartement, ou même dans une ferme, pour que l'on puisse parler d'une commune.Il s'agit alors d'une simple regroupement de personnes, souvent dans le but pratique de diminuer les dépenses de logement, de nourriture, etc.et d'aboutir, également, à une meilleure répartition de la dépense du temps de chacun.Pour qu'un groupe donné d'individus devienne une commune, il doit y avoir, au delà du groupe, une INTENTION.La première intention d'un groupe communal est de PARTAGER quelque chose, puis, généralement, de le communiquer vers l'extérieur.Le grand boom des communes date de trois ans.On admet généralement que les années 1969-70 on été les plus profitables à la créations de communes; ainsi le NY Times signalait, en 1970, que l'on pouvait en dénombrer plus de 2,000 communes aux E.U.Il est assez difficile de rentrer vraiment dans la vie d'une commune.La plupart des communes sont, en effet, discrètes sur leurs conditions de vie; de plus en plus, d'ailleurs, les grandes communes refusent les visiteurs.Selon le mot d'un porte parole de l'une d'entre elles "la publicité est la mort des communes; une commune ouverte peut recevoir les visiteurs par douzaines, chaque semaine, de telle sorte que ceux qui participent à la commune finissent par se sentir comme des bêtes curieuses que l'on vient voir".C'est, sans doute, une position un peu trop radicale.En effet, toute commune a besoin, un jour ou l'autre, de sang nouveau et où le trouver mieux que parmi des visiteurs.Quoi qu'il en soit, le fait même que les communes connues reçoivent tant et tant de visites montre assez le grand intérêt que suscitent de telles expériences dans le cadre des activités réelles de la contre-culture. Depuis le grand début de la mise en pratique des communes, il s'est produit, d'ailleurs, de nombreux changements.Généralement ces changements vont dans le sens de la tolérance des habitants sur le territoire desquels s'installe une nouvelle commune.Nous n'en sommes plus, sauf exceptions rares, à ce qui est arrivé à une Commune célèbre, celle de "Gorda Mountain", sur la côte de Big Sur, qui était composée d'environ 200 hippies; la réaction des habitants de l'endroit fut telle, que l'on pouvait voir sur la devanture de tous les magasins du village: "Positively no service to hippies (except the use of the public telephone) on these premises".Si l'on doit admettre qu'il y a autant de styles que de communes, on peut, malgré tout, tenter une sorte de classification au sein desquelles surgissent, naturellement, des modifications dans le détail de l'organisation et du comportement.Cette classification a été faite après le recencement et la visite d'un grand nombre de communes installées en territoire américain, Canada anglais compris.Mais on peut admettre que le schéma se repète partout de la même façon au niveau de l'esprit, étant entendu que le climat, les habitudes alimentaires, etc.peuvent apporter des changements importants, mais d'apparence.La première distinction à faire doit l'être entre les communes rurales et les communes urbaines.Il est indéniable, cependant, que l'expérimentation communale est plus volontiers de type rural.Les communes urbaines n'ont généralement que le nom de commune sans en avoir!'esprit.Voici donc, en bref, une liste classifiée des principales communes de quelque importance existant sur le territoire américain. 30 1) LES COMMUNES DE RELIGIONS DU NOUVEL AGE: Word of God, Family of Mystic Arts, Lama Foundation, Ananda Cooperative, Himalayan Academy, Maui Zendo, Messiah's World Crusade, City of Light.2) LES COMMUNES DES ANCIENNES RELIGIONS: Hutterinas/Forest River, Deerboine Community, The Amish, Society of Brothers (Bruderhof ).3) LES COMMUNES IDEOLOGIQUES: Llano/New Llano, Nevada Coop Colony, Yellow Spring/Homer Morris, School of Living/Heathcote.3)LES COMMUNES SCIENTIFIQUES: Walden House Twin Oaks.4)LES COMMUNES PSYCHEDELIQUES: Milbrook, Lower Farm, Taos Communes, Hog Farm, Drop City, Libre, Magic Forest, Olompi, Morning Star, Sheep Ridge Ranch, Gorda Mountain, Tolstoy Farm, Yellow Submarine, East Village.5) LES MARIAGES DE GROUPE: The Family, Crow Research.Harrad West, Multilateral Relations.6) COMMUNES DE TYPES DIVERS: Catholic Worker, Camphill Willage, Gould Farm, Synanon, New Left.Greenfeel.7) LES COMMUNES DU RENOUVEAU HISTORIQUE: Overview, Oneida Community. 31 Il va sans dire que cette liste n'est pas limitative mais elle contient un bon échantillonage selon une recherche et une analyse systématique fait par un autre groupe, de forme communale aussi, dont le travail a été le recencement des communes précisément, et dont les résultats sont périodiquement publiés dans une revue: THE MODERN UTOPIANS.Il faut bien comprendre qu'une expérience ne se répète pas.C'est un modèle à partir duquel on peut s'inspirer, en lui ajoutant les spécificités des particularités de son groupe et de son pays.Il est évident qu'une commune québécoise ne semblera pas à une commune de la côte ouest américaine.L'environnement est différent, la nature du sol aussi, l'héritage de même.>lais la régit» uV hase rosit* la môm(k tient en 2 points A.Avec qui fonder une commune?B.Pourquoi fonder une commune? 32 Les communes de type religieux Il semble, d'après les enquêtes, qu'une commune de type religieux, quelle qu'elle soit, ait besoin d'un leader, autour duquel se regrouperont les énergies (déclaration de Bob Carey de "Family of Mustic Arts").Cela ne veut pas dire qu'il y a une véritable hiérarchie installée délibérément.Les activités sont généralement axées, autres que celles de la survie, autour d'éléments religieux qui peuvent aller du Zen occidental, à la lecture -du I Ching.Ces activités sont évidemment le fait des membres mais elles peuvent être aussi tournées vers l'extérieur.Ainsi la LAMA Foundation donne des cours durant l'été.Ces cours, payants, sont ouverts au public.D'une façon générale, les activités extérieures sont le reflets de la recherche religieuse, voir mystique, de ces groupes.Ainsi, encore la Lama Foundation publie régulièrement des livres dont le célèbre DOME COOBOOK.Selon un porte-parole de la Lama Foundation, la commune entend publier chaque année deux livres.Le premier, de type profane, doit servir à aider ceux qui veulent s'établir en commune et le second est toujours un livre religieux.La discipline intérieure, d'ailleurs librement acceptée, est également un signe général qui caractérise ce type de commune.Par exemple, la commune Ananda, qui se trouve à peu près à trois heures de San Francisco, a un horaire établi qui inclut aussi bien l'heure de souper que l'heure du yoga.Il n'y est pas permis d'utiliser aucunes drogues, ni même de fumer sauf dans un endroit réservé; de même, les chiens ne sont pas admis.Là encore, on y reçoit des visiteurs, contre une rétribution.La commune HIMALAYAN ACADEMY ressemble un peu, en plus modeste, à la Commune Ananda et à la Lama oundation.Il en est encore beaucoup 33 Lama Foundation 34 d'autres, rassemblées autour d'un guru ou d'un maître.Toutes ces communes semblent, non seulement durer, mais encore progresser malgré la discipline assez stricte qui y règne.Elles sont toutes bien installées, parfois même un peu "classe moyenne".Ce sont souvent des sortes d'Ashram occidentaux, inspiré par les religions orientales.Selon les dires, les gens qui y vivent à l'année longue paraissent harmonieux, heureux et l'on ne signale guère de problèmes majeurs avec l'environnement.D'ailleurs, les terres où elles sont installées leur appartiennent (la commune Ananda paie, par exemple, environ $1,700 d'hypothèque par mois).Les bâtiments sont construits par les membres et s'inspirent généralement des théories de Fuller.les communes des anciennes religions Il existe un assez grand nombre de communes chrétiennes basées, à un plan ou à un autre, sur l'enseignement de Jésus.Elles n'appartiennent pas directement au "Nouvel âge", mais certaines d'entre elles sont fort vivantes et tentent un authentique renouveau de la pensée christique.On devrait connaître l'histoire des Hutterites qui ont des communautés aussi bien en Alberta qu'au Montana.Au Québec, qui ne connait les Frères de l'Amour infini?On signale aussi l'existence, à Montréal, d'une jeune commune rassemblée autour de l'adoration du saint pied de Marie.On verra, certainement, naître de nombreuses communes autour du mouvement connu sous le nom de Jesus Freaks. 35 Les communes idéologiques Au même titre que les communes précédentes, les communes idéologiques ne sont pas exactement des communes issues de la génération psychédélique.Elles sont, pour la plupart, inspirées d'un socialisme modéré, ou des formes coopératives habituelles.Les communes idéologiques s'occupent également de diffuser les idées nouvelles concernant ce que l'on peut appeler les "Ecoles de vie", thérapie de groupe, éducation nouvelles, etc.Il est un peu prétentieux de parler, spécifiquement, dételles communes.En réalité, il s'agit d'une commune de type psychédélique dont l'intérêt des membres va vers la science.Ainsi, le fondateur de la commune Walden House est un électronicien.Les problèmes de la vie en commune restent ceux de toutes les autres communes de type non religieux.L'intérêt de telles communes réside dans le fait qu'elles peuvent participer, d'une façon directe, à l'élaboration de petites industries parallèles.L es communes scientifiques 38 Les communes psychédéliques Les communes'psychédéliques sont évidemment les plus connues, puisqu'elles représentent, d'une façon ou d'une autre, une réalisation DIRECTEMENT issue des théories de la contre-culture.Ce sont, avec les communes des religions du Nouvel âge, les plus nombreuses mais, à l'inverse des dernières, elles sont généralement beaucoup proches de l'archétype anarchiste.Une bonne définition de telles communes serait le manifeste de Lower Farm.Sous son apparence un peu cocasse, ce manifeste reflète assez bien les aspirations des communes psychédéliques: retour à la vie simple, une éducation humaine, pas de repression policière et fumer son pot en paix. 39 Manifeste de Lower Farm 1) Personne ne devrait être forcé de faire quelque chose, mais il y a des choses qui ne doivent pas être faites, comme la pollution industrielle de l'eau et de l'air.2) On devrait développer le long des routes des chemins spéciaux pour aller à cheval; de même, on devrait encourager tout le monde à pratiquer ce genre de locomotion.3) La bureaucratie doit être restreinte et, plus particulièrement, on devrait couper de 50 pour cent la dépense en papier gouvernementale, afin d'économiser les arbres.4) La police devrait porter des uniformes blancs; son rôle devrait être d'aider les vieilles dames à traverser les rues et d'aider les automobilistes à changer leurs pneus crevés; une police d'aide.à la place d'une police de force.5) Le retour à la formule "une seule classe pour tous", en ce qui concerne l'éducation.6) La légalisation de la marijuana. 40 En réalité, on devrait dire que le meilleur y côtoie le pire si ces deux mots ont encore un sens dans la contre-culture.Ce sont aussi les communes qui disparaissent le plus vite, car l'équilibre y est difficile à trouver.La plupart, d'ailleurs, ont des implications religieuses, mais sans le radicalisme des communes de la classe "1".Mais il y a des réussites admirables dont l'une peut être Drop City.C'est le type même de la commune psychédélique souple, capable de susciter des énergies puis d'aller jusqu'au bout d'une expérience.On y trouve toute sorte de gens qui pourrait, finalement, représenter une sorte de microcosme harmonieux.A Drop City toutes les décisions sont prises sur consensus.L'organisation humaine est simple: les couples vivent ensembles et les célibataires séparément, il y a actuellement deux hommes pour une femme.Les habitants de Drop City cultivent la terre, élèvent des chèvres; ils échangent entre eux les produits en surplus.La commune Libre est également de ce type.C'est essentiellement un rassemblement de jeunes gens, énergiques, avec un esprit de pionnier qui fondent, VERITABLEMENT, un environnement de vie qui convient à leur nouvelle spécificité.Les communes de ce genres sont généralement assez fermées et n'acceptent les visiteurs qu'avec réticences.Un des problèmes majeurs pour la fondation de communes de ce type est, évidemment, le financement.Il faut, en effet, acheter la terre, le matériel de construction, etc.Il semble que ce qui assure leur continuité est leur grande souplesse, un certain laisser-fa ire.Si l'on peut faire un commentaire négatif, ce sera celui-ci: bien que leur générosité moyenne est plus élevé que la plupart des gens moyens de l'Etablissement, de telles communes reflètent finalement les standards de la société établie: propriété privée, habitations Drop City 42 séparées avec toutes les facilités individuelles, rôle familial traditionnel, schéma familial de type patriarchal traditionnel, etc.Un des réels problèmes de telles communes est l'organisation.Si, comme il est dit plus haut, certaines communes empruntent aux anciens modes de vie des éléments de base en les transformant selon des normes contemporaines (fumer du pot, par exemple, ou encore cultiver son propre jardin), d'autres se fondent sur les nouvelles théories anarchistes, comme la Tolstoy Farm qui, malgré tout, est basée sur la vie individuelle ou en couple, le tout conçu selon une forme communale multidimensionnelle.Certains travaux sont fait selon les normes du travail coopératif.En 1969, il y avait treize maisons individuelles; il y a même une école pour les enfants.La seule tension qui semble exister à Tolstoy Farm est une sorte de dissidence entre les membres de la commune dont certains veulent conserver un statut individuel, alors que d'autres souhaitent une vie communale plus active.Heureusement, la Tolstoy Farm possède 200 acres de terrain et, quand la tension devient trop grande, les membres peuvent du moins s'isoler.Il est à remarquer, sur ce point, qu'une commune a besoin de beaucoup de place pour vivre en harmonie.Les communes urbaines Reste le problème des communes psychédéliques urbaines.La commune Yellow submarine est un exemple assez typique.Il s'agit d'un groupe de garçons et de filles vivant ensembles depuis maintenant deux ans.Il ne reste que quatre des fondateurs de cette commune mais le remplacement des membres ne semble pas avoir entamer leur style de vie. Ce style de vie parait simple mais il est basé sur une volonté de communication permanente, sans règle rigide, d'ailleurs.Ainsi, le matin, au petit déjeuner, les membres de la commune discutent de leurs rêves.Il y a un immense tableau noir, dans la cuisine, où l'on inscrit les possibles activités des jours à venir.Durant la journée, les membres sortent à l'extérieur pour danser et chanter dans les parcs.Le soir, après diner, tout le monde fume un peu de pot pour aider à l'expansion de la conscience et, généralement, tout le monde fait de la musique ensemble.Tout le monde, enfin, prient avant d'aller se coucher.Cest le type même d'une commune de jeunes, sans idées constipées.La commune se supporte financièrement en vendant des céréales dans les coopératives alimentaires des alentours.Le profit est réparti également entre les membres de la commune.La plupart des communes urbaines connues pratiquent, plus ou moins, une forme d'artisanat et organise un "style de vie" qui est le moyen terme entre les aspirations de chacun.Les mariages de groupes Nous avons parlé, longuement, de ces communes dans le numéro 5 de MAINMISE.Nous prions nos frères et nos soeurs de s'y rapporter. 44 45 On s'inquiète un peu légèrement de voir qu'une commune disparait.Or le succès ou l'échec de sa commune ne dépend ABSOLUMENT pas de sa continuation dans le temps.La forme de vie communale quelle qu'elle soit est une expérience qui, comme toute les expériences humaines ne sont pas faites pour l'éternité.Vivre, en tant qu'individu, une expérience communale est TOUJOURS un enrichissement et c'est la première chose qu'il faut savoir et admettre avant de tenter l'expérience.D'autre part, l'expérience communale est également extrêmement positive pour le pays, fait ou à faire, où elle a lieu.C'est le véritable germe de la révolution de la conscience vers la compréhension et la communication, au-delà de la solitude morbide et de l'intolérance.C'est la voie première vers l'Unité.Il est indéniable que tous ceux qui ont été, sont, ou veulent être membres d'une commune ont d'innombrables points de vue sur ce qu'il faut faire, et sur ce qu'il ne faut pas faire, dans le but de créer une meilleure société.Voici en tous cas quelques points de base qui paraissent retenir l'accord de tous ces meneurs d'Utopie des Temps modernes. 48 - 1 - Un environnement et un lieu choisis, créé authentiquement par les membres de la commune.Cela veut dire: a) L'ABRI: une maison qui reflète les besoins physiques et moraux du groupe et non pas une quelconque cabane préfabriquée.b) LE VETEMENT: un habit qui reflétera l'individualité de chaque membre, y compris le style de la coiffure.En fait tout ce qui plaira vraiment à CHACUN, y compris la nudité.c) LA NOURRITURE: une nourriture NATURELLE, pas de l'ordure.Il ne s'agit pas de devenir des paranoiaques de la nourriture mais de s'assurer une diète saine et complète avec le moins d'additif chimique possible.d) L'ENVIRONNEMENT EXTERIEUR: choisir le site avec soin, beaucoup de bois et d'eau, ou de 49 magnifiques rocs.Plantez d'autres arbres s'il le faut et ne pas construire n'importe où.e) L'EDUCATION: le développement harmonieux de TOUTE la personne; pas cette espèce d'enseignement intellectuel que l'on offre généralement; il y a de nombreuses techniques pour ce faire et l'on doit se renseigner avant même de commencer la commune.- 2 - Le retour aux choses essentielles.Cela veut dire: a) LES VRAIS BESOINS: de quoi avons-nous VRAIMENT besoin?Nous venons d'une Société ou le gadget, homme ou chose, est roi.Ça prend du temps avant de se débarrasser de tout ça.Apprenez à acheter bien et peu.On réalise ainsi des prodiges d'économie.b) LA DEPENDANCE AUX CHOSES: Un jour le Pèlerin a dit: "Est-ce que ces choses vous 50 appartiennent ou est-ce que vous appartenez a ces choses?"Travaillez-vous pour payer votre maison ou votre terre, ou pour acheter un nouveau stéréo, une nouvelle TV, ou une nouvelle.c) CONSOLIDATION DES RESSOURCES: la forme coopérative est encore la meilleure pour consolider vos ressources.Souvent une seule TV suffit, et une seule voiture.On s'en arrange très bien.d) LES CONSIDERATIONS D'ETHIQUE, puisque vous travaillerez moins, peut-être trouverez -vous plus de temps, dans votre profond et douillet lit, pour penser aux enfants de Calcuta qui dorment par terre?Peut-être les Pharaons d'Egypte construisant leurs grosses pyramides sur le dos des esclaves, vous rappelleront-ils ce que vous êtes?Si la loi du Karma existe, nous aurons tous (vous et moi) à souffrir de ce que nous sommes AUSSI des Pharaons.Peut-être alors trouverez-vous une meilleure solution.- 3 - LE RETOUR A LA TERRE: L'homme moderne a été coupé de son habitat naturel.Les hommes des 51 communes veulent quitter ce qui est notre pollution, la congestion des cités.Ils veulent retrouver le bon sol et non pas de l'asphalte sous leurs pieds.- 4 - LE RETOUR AUX HUMAINS: c'est un cliché que de parler de l'isolement d'un individu dans la ville.Mais, comme tous les cliché, c'est vrai.Vivre en commune, c'est détruire lentement cet isolement, non seulement le vôtre, mais celui des autres, peu à peu.- 5- LA RECHERCHE DU SOI: la vie communale est une vie de dé-spécialisation dans un monde qui tue l'homme complet à force de spécialisation.- 6- LE CHANGEMENT SOCIAL: il faut affirmer avec force que vivre en commune ce n'est pas s'échapper, d'une façon ou d'une autre, de la Société.C'est, au contraire, un exemple concret 52 et immédiat de restructuration de la Société.Enfin, et ceci pour ne pas oublier les autres, celui qui participe à une Commune, le fait aussi parce qu'il est fatigué de ces révolutionnaires qui veulent détruire le système pour mettre le leur à la place, croyant sans doute qu'ils ne seront pas plus mauvais que ceux qui dirigent le système qu'ils veulent détruire. 53 Cependant, il ne faut pas croire que tout est facile.Généralement on s'aperçoit, quand on analyse les communes, que ces nouveaux pioniers pèchent par trois joints majeurs.Il faut les connaître pour les éviter. 54 A ) T r o p f I * i cl éa I i s m e Il ) Trop de naivete particulièrement en ce qui eo née rue les résultats possibles de l'expérience.C) Trop d'intellectualisme Voici donc pour terminer, le résultat final de tout ce qui précède, avec dans l'idée que chacun d'entre nous participera, tôt ou tard' à une commune.Ce qui suit n'est pas un évanglie mais des faits basés sur l'expérience.1) Les grandes idées et les idéaux trop élevés n'ont aucun sens réel.2) IMAGINER une réalité meilleure ne veut pas dire VIVRE une réalité meilleure.IMAGINER une réalité meilleure, et seulement l'IMAGINER peut, au contraire, rendre le présent encore pire, sinon carrément invivable.3) Pour en arrivera percevoir la réalité d'une façon plus vraie et plus belle, il est indispensable que l'individu entreprenne d'abord de se changer lui-même, de grandir lui-même, au lieu de vouloir d'abord transformer ses voisins et son environnement.En règle général, c'est très difficile de se changer soi-même.4) La meilleure façon de rendre les autres meilleurs, c'est de devenir meilleur soi-même; c'est ainsi que le monde deviendra meilleur, lui-aussi.Mais cette amélioration personnelle ne peut se faire qu'avec les autres.5)11 faut BEAUCOUP de patience.6) Nous sommes tous U N 7) Chacun de nous est l'univers.8) Chaque chose influence quelque chose, et à chaque action équivaut une égale réaction.9) Il faut savoir exactement ce que l'on veut.10) Il faut réapprendre le plaisir en choisissant délibérément le chemin de la pauvreté.11) Nous sommes tous uniques et seuls avec nous-mèmede notre sorte, SOLITAIRE. Tout ec qui Mais fonder une emit m tine demande beaucoup de simplicité.Il y a des aères et des aères de terres abandonnées au Québec. 58 Branchez-vous Cette rubrique n'est pas de la publicité.Elle s'adresse à tous ceux qui participent, d'une façon ou d'une autre, à la formation d'un Québec parallèle.1) Les commerces: les commerces qui participent à cette chronique emploient des freaks et font bon accueil aux freaks; ils pratiquent des tarifs raisonnables.2— les services: il y a des freaks qui travaillent (mais oui) et qui aiment travailler pour des autres freaks.Si vous savez faire quelque chose, plomberie, menuiserie, impression, ménage, peinture, baby sitting, etc.branchez-vous.3) les annonces personnelles: il se peut aussi que vous cherchiez quelque chose ou quelqu'un; on est là aussi pour vous aider à le trouver.Le problème majeur de tout groupe social parallèle est celui de la communication.Nous appelons ça le BRANCHEMENT.Si vous achetez vos vêtements dans un magasin qui emploie des cheveux longs, vous donnez de l'emploi à des cheveux longs.Si vous dépenses votre argent chez ceux qui pensent et agissent comme vous, vous vous aidez a penser et à agir comme vous le voulez.Mangez, habillez-vous, lisez, écoutez de la musique, faites l'amour entre nous.Tarifs: nous n'avons pas de tarifs réguliers.Si vous êtes VRAIMENT pauvres, dites-le et on ne chargera rien.En principe, nous demandons $2.00 pour une annonce personnelle de trois lignes dactylographiées.Si vous êtes un commerce, on vous fera payer le prx que vous pouvez payer selon l'importance de vos affaires.Si vous offrez un service professionnel (plomberie, déménagement, imprimerie, etc.) pour lequel 59 vous demandez une rétribution, on vous fera un prix à votre convenance.Comment: vous pouvez-nous téléphoner, 843-4792; vous pouvez nous écrire, MAINMISE, 351 est Emery; vous pouvez venir nous voir.MAINMISE a actuellement entre 10,000 et 12,000 lecteurs et lectrices.Ça fait déjà un beau petit village multidimensionnel.Faites-vous connaître les uns aux autres.Branchez-vous et participez.SAtORt aliments mac robio tiques de qualite prixtressas yng, cuisine montreal causeries Tel.861 -8740 Métier d'art LES SANTONS est une boutique de métiers d'art situé dans le Vieux Montréal au 346 est de la ru Notre Dame.On y trouve des oeuvres de bijouterie, d'artisanat et des poteries.Henriette et Claude sont là pour vous recevoir.866-5155.La vacherie A deux pas du métro Berri-de-Montigny, très exactement au 1714, rue St-Denis.C'est une boutique d'artisanat, de vêtements (suède et fourrures); nous avons aussi des chemises mexicaines, des manteaux tartares à $60.Communal Shop C'est au 3506 de l'avenue du Parc, coin Milton.On vend des jeans à $6.ou $7.(double boutonnage), des chandails à $2.50 des chemises et robes indiennes à partir de $3., des T-Shirtsà $1.Tél.843-8529.Appartement File aimerait partager son appartement de Ahuntsic avec deux autres filles (20-25 ans)?Appeler à 332-0143 (le jour) ou à 435-7838 (le soir).Marie-Thérèse. 60 521-1191 Disc-o-Crac Enrg.DISQUES — POSTERS Encens - Fleurs séchées - Cadeaux 2424 est, rue Ste-Catherine Montréal LA DOPE/1 Selon Ken Kesev.l'un des premiers grands freaks de notre génération, on ne peut plus vraiment recommander l'Acide.Voici ce qu'il dit à propos des dopes (on lui laisse la responsabilité): "Je ne peux plus vraiment recommander l'ACIDE parce que l'acide que l'on achète dans la rue n'est plus qu'un produit chimique quelconque, sans réelle signification.Le premier acide que j'ai pris était fabriqué par Sandoz et c'était vraiment extraordinaire; mais Sandoz ne fabrique plus officiellement de LSD.Si j'exclus le LSD fabriqué par Owlsey, tout ce que j'ai essayé depuis était intéressant, illuminant, agonisant, bizarre, tout ce que l'on voudra, mais rien qui puisse approcher ce que j'ai ressenti avec le LSD sandoz, c'est-à-dire le LSD pur.J'ai le même commentaire à faire sur la psylocibine Je ne puis pas recommander davantage le speed ou la cocaine puisque je ne suis pas un commerçant.Je dois décommander formellement le STP.Je ne crois pas qu'il y ait quoi que ce soit de mauvais sur le STP.si l'on parie au plan de Karma.Mais le STP provoque un trip long et presque sans jus qui peut provoquer des dommages dans nos liens conducteurs.Et je ne puis que décommander également les downers parce que j'ai vu trop de mes amis descendre un peu trop bas, avant de faire une sortie définitive.Auriez-vous vu, par hasard, quelqu'un qui monte haut et qui sort?Moi, jamais.Je dois toujours décommander les tranquilisants car, la seule expérience réelle que j'ai avec eux.c'est dans une maison de fou où on les emploie comme des menottes chimiques.MAIS je puis recommander en toute sécurité ce bon vieux pot car.avec lui, vous serez juste sans être fou.vous serez pacifique sans être stupide, tout vous intéressera sans devenir maniaque, vous serez heureux sans être hystérique.Oui.fumez du pot." 6T ?LE CHÂTEAU On se déshabille, on s'habille, on cherche, on trouve, des jeans, des robes, des filles, des disques, des gars, des chaussures, des pantalons.Une place le fun pour le monde le fun. 64 JE SI IS Je suis un garçon ?Je suis une fille ?J'ai.ans.Je suis petit ?moyen ?grand ?J'ai les cheveux courts ?mi-longs ?longs ?très longs ?Mon signe astrologique est.ascendant .Je suis étudiant ?je travaille ?je ne travaille pas ?Je vis chez mes parents ?seul ?en commune ?Je fume du pot un peu ?souvent ?beaucoup ?Je drope de l'acide une fois par mois ?une fois par trois mois ?une fois par an ?pas du tout ?J'écoute de la musique classique ?j'écoute du rock ?J'aime (cocher trois groupes seulement): Beatles ?Rolling Stones ?Janis Joplin ?Moody Blues ?Quicksilver ?Bob Dylan ?Led Zeppelin ?Crosby, Stills and Nash ?Robert Charlebois ?John Mayall ?Procol Harum ?Rod Stewart ?King Crimson ?Ma diète est végétarienne ?macrobiotique ?pas de diète ?Mon bag cosmique est le zen ?le bouddhisme ?le yoga ?la magie ?la méditation ?Jésus ?Haré Krishna ?ma paranoia cosmologique personnelle ?rien ?Je suis politisé ?je ne suis pas politisé ?Je veux le sexe un peu ?beaucoup ?passionnément ?pas du tout ?N'oubliez pas de remplir ça Nom et prénom.Adresse.Ville.Signature. 65 .IK
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