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Titre :
Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
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Références

Mainmise, 1972, Collections de BAnQ.

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2 % 4> & T DIVINATION: le Tarot, le I 4 O/^S ^'n9 et l'astrologie; la *5» va 4> situation est tendue au ÇfJv?./I Québec.^ ^ ^ 1*> page 36 DE LA BAIE JAMES with Love: Merrily PASKAL a été faire un petit tour à Fort George, sur la Baie James, pour voir comment vivent les Indiens et les Eskimos; elle a écrit quelques lettres à son mari et à sa petite fille, lettres que nous publions ici.page 100 kétaine xi 3 L'AMANITE TUE-MOUCHE: c'est un des champignons les plus beaux; il est rouge tacheté de blanc, ou jaune tacheté de blanc; on le considère comme dangereux.L'Amanite tue-mouche est sans doute le premier hallucinogène connu.C'est l'hallucinogène des Chrétiens.page 72 Les 2 photographies de MICK JAGGER ont été prises au Forum de f/lfp.Montréal par Claude ^O/jk Latour.X beautiful 4 LI LI (Lemaitre-Auger) fait sa première chronique d'un Québec électrique qui a été, cette année, plutôt mouillé .mais ça ne fait rien; on a quand même chanté, dansé et fumé.page 26 calme de Quatre disques et trois grandes réussites, Pénélope dixit.Un grrrand article sur les "grands" du rock n' roll québécois: Péloquin-Sau-vageau.Plume et Landry, Offenbach.blues page 186 \ 6 LA COCAINE - 2: nous avons déjà publié un article sur la coke, en voici un second qui apporte quelques détails supplémentaires sur la "drogue du jour".page 128 MAIN! 7 Bonjour! Ont participé à ce numéro: Jean Basile-Bezroudnoff, Michel Bogos, Guy Latulippe, Rolland Vallée, Daniel Vincent, Lili Lemaitre-Auger, Raymond Lavallée, Jim, Merrily Paskal.MAINMISE est membre de l'UPS.Pas de copyright.MAINMISE n'est pas subventionné par le Conseil des arts et ne fait partie d'aucun projet gouvernemental d'aucune sorte.MAINMISE est situé au 1589, rue St- Denis, Montréal 129.Venez nous voir.Téléphone: 843-4792 Courrier de deuxième classe, enregistrement 2511.Port de retour garanti par MAINMISE.Dépôt légal: troisième trimestre 1972.Venceremos.(MERCI PENELOPE) USE 16 un bonjour 4 Comme chaque année, on va vous donner quelques petits renseignements sur ce qu'on a fait, sur ce qu'on n'a pas fait, sur ce qu'on aurait aimé faire et sur ce qu'on aurait du faire.On va essayer de faire ça court et efficace.1) MAINMISE commence sa troisième année; avec le présent numéro, on a donc mis sur le marché environ 100,000 livres.Ca n'est pas mal pour un début.Ca veut dire qu'on a une vente réelle moyenne de 6,000 exemplaires par numéro.Un millier supplémentaire se vend peu à peu, dans les mois qui suivent la parution.2) Deux transformations techniques majeures ont marqué cette heureuse année.La première est la mise sur pied d'un réseau de distribution complet.Ce réseau de distribution restera l'une de nos préoccupations importantes, cette année encore.On espère l'améliorer considérablement, surtout en-dehors de Montréal.La seconde transformation est la mise sur pied d'un atelier de composition.Pourquoi a-t-on décidé de monter un atelier?La raison est simple: l'Imprimerie Dumont, qui composait et "montait" MAINMISE, a refusé brutalement de continuer de le faire.On ne devait pas d'argent.Le directeur, Henri Duhamel, nous a fait savoir que ses aviseurs lé gaux lui déconseillaient de continuer.Si l'imprimerie Dumont est "bien pensante" en ce qu'elle imprime Le Devoir, elle l'est moins quand on saura que c'est une des imprimeries Péladeau, propriétaire de tous les journaux que l'on sait.3) Cet incident nous a incité à voir des rapports entre les choses et nous vous les donnons comme tels, sans même essayer de les approfondir.Comment se fait-il que DUMONT, propriété de Péladeau, refuse de continuer 9 le chez nous Lili Lemaitre-Auger à travailler avec nous?Comment se fait-il que LE DEVOIR, imprimé par DUMONT, refuse toute publicité de MAINMISE sans censure préalable?Comment se fait-il que les deux journaux dont les attaques ont été les plus systématiques et les plus basses sont: 1) QUEBEC PRESSE, distribué par une filiale du trust Péladeau, les Distributions dynamiques, et 2) P R ESQU'AMERIQUE, périodique distribué également par les Distributions dynamiques et "rescapée" par Péladeau?4) Le personnel maintenant.Depuis sa fondation, MAINMISE a vu un assez grand roulement de gens, d'abord amis, puis parfois ennemis, qui sont entrés chez nous, y sont restés et en sont partis.A tous ces gens, nous disons du plus profond de notre coeur: MERCI.Ils ont travaillé dans des conditions extraordinairement difficiles; ils ont donné beaucoup de leur temps, et souvent pour presque rien.C'est vraiment grâce à eux que MAINMISE a pu passer les moments les plus difficiles.Si l'on considère les quinze premiers mois de notre petite vie, on peut dire que MAINTENANT, ça roule comme sur du velours! Notre problème est un peu moins celui de la survie, que celui de l'amélioration de notre matériel. 10 Guy Latulippe Nos efforts vont porter aussi bien sur les problèmes de la rédaction que sur ceux de l'administration.Nous aimerions avoir des lecteurs heureux, des abonnés heureux, des libraires et des dépositaires heureux.Et puis, pendant qu'on y est, pourquoi pas un gérant de banque heureux et des imprimeurs heureux?Voici donc une liste des gens qui travaillent ici.Bien entendu, ce n'est pas le staff de La Presse.Mais on n'est pas mal quand même.Liliane LEMAITRE AUGER: c'est notre bébé.Lili (on l'appelle ici "La vedette") a déjà fait beaucoup de chose malgré ses vingt ans.Elle a été faire un tour aux Indes d'où elle revient.Elle a été une des principales interprètes du film "La Vie rêvée" de Mireille Dansereau.Pi, elle a fait du théâtre avec Tom Beck, pi elle a été waitress, pi elle a joué dans "Cha Cha Che" au CEGEP Bois de Boulogne.Pi, 11 Rolland Vallée maintenant elle fait pour MAINMISE une chronique "locale".D'ailleurs, Lili est entourée généralement d'une cour jeune et nombreuse de beaux garçons qui lui donnent tous les renseignements qu'elle veut.Rolland VALLEE: grâce à son côté Lion, est notre administrateur.C'est lui qui trippe dans les chiffres, qui ne s'affole pas quand les comptes montent un peu trop haut.Avant de travailler steady chez nous, il avait été faire un tour à la Baie James Mais surtout, il a vécu de pré; toute la crise étudiante de l'année 68-69.C'est ur syndicaliste tourné.Guy LATULIPPE assume la direction commerciale (Hum! ) de MAINMISE.C'est lui qui s'arrange pour que la somme des chèques qui rentrent ici ne soit pas trop inférieure à la somme qui en sort.Guy Latulippe trippe aussi dans la distribution.Si, un jour, vous trouvez MAINMISE à St-Tite, ce sera 12 ********** grâce à Guy Latulippe.Avant de venir chez nous, Guy Latulippe était dans le service pénitencier pour adolescents de la Belle Province.Ca lui donne les plus gros bras de MAINMISE et la tête sur les épaules quand tout le monde est en train de flyer.En plus, c'est un bon joueur de hockey.Daniel VINCENT est notre deuxième bébé mais de sexe mâle.Lui aussi, avant de se réinstaller à Montréal a fait son petit tour du monde.Il joue de la guitare (lead), son frère et lui, ils ont même une Gibson.En attendant de devenir une rock n' roll star, il fait un peu de tout à MAINMISE.J.I.M.c'est notre dernière acquisition: il trip sur les IBM.Le premier jour, il est arrivé avec une cravate.Le troisième, il était en T-Shirt.On espère tous qu'il va avoir bientôt la barbe et les cheveux longs, comme ça, il ressemblera à ses cinq fils.Jean BASI LE aligne à lui tout seul un curriculum vitae qu'on ne peut pas développer ici.En bref, il a écrit six livres, il a été journaliste au DEVOIR pendant 12 ans dont 7 comme directeur du service ARZELETTRE.C'est lui qui tient tout ça ensemble, même s'il n'aime pas trop qu'on le dise.A part tout ce petit monde là, il y a encore tous ceux et celles qui donnent un bon coup de main: Linda Gaboriau, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Georges Kahl, Kenneth Chalk, l'équipe de CHOM, etc .Il y a encore Michel Bogos qui a travaillé un an complet avec nous et qui va se reposer un peu .ou plutôt faire retraite quelque temps pour voyager, pour écrire un recueil de poésie à lui tout seul, pour expérimenter encore quelques substances magiques, quelque part au Mexique.5) Il y a beaucoup de chose qu'on n'a pas pu faire.On devait publier douze numéros en un an, on n'en a publié que 10; ça veut dire qu'on a eu de la difficulté à paraître mensuellement.On va tâcher de faire mieux cette année et de tenir le coup plus régulièrement.6) En ce qui concerne ce qu'on publie dans MAINMISE, on essaie aussi 13 W + + + + + + + + 1 Jean Basile-Bezroudnoff d'améliorer notre qualité.Le but de MAINMISE ne change pas: fournir une information qui n'est pas accessible ailleurs.On croit que l'on a bien fait notre travail jusqu'alors.Mais on a conscience qu'il faut qu'on fasse mieux. 14 Daniel Vincent Jim Depuis quelques numéros, on essaie surtout de "couvrir" mieux la scène québécoise.Ce serait facile si on voulait faire des "chroniques" comme tout le monde.Mais on ne tient pas tellement à rajouter des "critiques" à toutes les critiques qui se font déjà.En fait, on croit mieux servir la pensée québécoise en donnant des informations générales même si elles sont un peu "internationales" que de commencer à dire de untel ou de unetelle, ou de ci ou de ça, ce qu'on en pense.Si on veut bien lire TOUS les journaux d'une seule semaine, on se rendra compte que le sport national au Québec, c'est de dire du mal des Québécois qui ne sont pas dans sa gang.Bien entendu on ne peut pas aimer tout le monde et on ne peut pas avoir les mêmes idées que tout le monde.On croit, chez nous, que le Québec est et sera un pays où grandiront ensemble bien des opinions.Le Québec que l'on souhaite est un Québec où 15 Jean-Marc Côté chacun pourra vivre à sa façon sans être dérangé par son voisin et sans déranger son voisin, un Québec ouvert et joyeux mais cette espèce de freak-out perpétuel que l'on présente dans les journaux "sérieux".Ce n'est pas impossible si on n'est pas sectaire, si on veut bien dire clairement ses idées et accepter celles des autres, à condition que l'on ne veuille pas nous les imposer.Cette façon de toujours "imposer un choix" est bien agaçante.Pour nous, ce qui compte c'est de susciter tout ce qu'on peut de créativité.On n'a pas la prétention d'être parfait.On fait, honnêtement, le mieux qu'on peut.Et on continuera tant qu'il sera dans notre pouvoir de le faire.7) Enfin, il y a vous.Je sais bien que tout le monde dit ça.La seule différence, c'est que nous, on accepte de ne pas avoir l'exclusivité dans nos rapports mutuels et on vous le dit.On sait très bien que MAINMISE ne vous est pas indispensable, même si vous êtes indispensables à MAINMISE.C'est pourquoi nous vous remercions de nous accepter tels que nous sommes.C'est pourquoi nous considérons que notre premier devoir est de vous défendre et de faire front avec vous quand il y a, et quand il y aura, une option à prendre.C'est pourquoi dans ces douze mois qui recommencent, nous allons tout faire pour nous améliorer, pour avoir du fun et vous le faire partager.Pénélope ********** 18 Le Québec Par Lili Lemaitre-Auger Cet été, les vibrations de notre Québec n'ont pas été tellement apeurantes.Sans doute les électriques d'hier se sont reposés pour redevenir les électriques de demain.Il y en a beaucoup qui sont partis pour les pays lointains ou pour une petite ferme, bien éloignée de tout.C'est pas le meilleur pour commencer temps une rubrique.Mais je vais faire ce que je peux.D'abord, de quoi ça va avoir l'air ma rubrique?Je vais tâcher de parler des freaks, de tous les freaks qui font quelque chose pour eux et pour les autres, individus ou gang qui essaient de faire peter les structures sclérosés au Québec.Alors si vous faites quelque chose de sérieux, si vous êtes une gang qui travaillez sur un projet, vous pouvez me téléphoner.Plus on aura d'information et plus ce sera le fun.Je m'appelle Lili; mon téléphone c'est celui de MAINMISE.On commence par ce qu'on a eu cet été.électrique Il y a eu trois picnics-champignons; le premier a eu lieu le 26 août au Parc Lafontaine, exactement le même jour que celui qui a eu lieu Place des Nations; puis il y en a eu un autre à la ferme du P'tit Québec Libre, à Ste-Anne-de-la-Rochelle, toute la fin de semaine du Travail.A part de ça, il y a eu un Festival-exposition à Rouyn; cette manifestation a été organisée par les projets Perspectives-Jeunesse du Nord-ouest québécois.D'un autre côté, un bon cinéaste-freak, Roger 19 Frappier vient de terminer le tournage de son film "Allô toulmonde", avec Raoul Duguay.Enfin des ateliers se montent, des mouvements de protestation se créent.Ainsi va la vie dans notre petit monde.au Parc Lafontaine Ca a commencé au Nelson; une gang réunie autour de verres de bière, décide d'organiser un super-picnic au Mont-Royal.Après tout, les parcs, ça nous appartient à nous, pas seulement aux Italiens et aux Grecs et à tous les gens exotiques qui vivent autour de la Montagne.La bière et le reste aidant, on voit déjà une sorte de S t-Jean-Baptiste tournée: avoir du fun en masse, se vider durant toute une journée, des masses de musique et tout plein de beau monde.Naturellement la gang se transforme bien vite en trois individus qui entendent bien que le projet voit VRAIMENT le jour.C'est souvent comme ça à Montréal; on parle beaucoup DES JEUX D'ENFANTS dans les tavernes, mais quand il faut s'y mettre .Les trois organisateurs demandent un permis à la ville; on le leur accorde pour une durée de douze heures, et au Parc Lafontaine où le théâtre de verdure est mis à la disposition des gens.C'est plus petit que la montagne, c'est plus facile à surveiller.On envoie des communiqués aux journaux.On aurait bien aimé que la "grande presse" s'intéresse un peu à notre petit picnic.Pas un mot, naturellement; ils préfèrent 20 HARE KRISHNA les pets des élus du peuple.Mais CHOM nous annonce.Quant aux orchestres, ils répondent très sympathi-quement à nos demandes.On a eu de la chance, parce que le 26 août, ça été une des plus belle journée du mois d'août: entre le 25 où il a plu à seau et le 27 où il a fait de même.On a eu encore plus de chance parce que M.Allen, de la Place Bonaventure, nous a prêté un système de son extra; plus que ça, il a travaillé avec nous toute la journée.Dans l'après-midi, ça plutôt été calme.A partir de deux heures, il y a eu sur la scène le Jazz libre, Daniel Bourdon, Penny Lane, Dam Balla.Il y a eu aussi un petit freak out spontané d'enfants autour des gonflables de Raymond Charland. 21 UNE VUE D'ENSEMBLE Puis OFFENBACH arrive sur scène avec un équipement pas mal correct et du bon gin chaud dans l'estomac.La soirée commence, les estrades s'emplissent.Mais, à 11 h.30, on vient nous avertir que la lumière va être coupée: c'est la loi de Montréal.Sans électricité plus de show.On aimerait bien discuter.Mais la Loi, c'est la Loi surtout pour des gens qui ne veulent pas comprendre.N'importe, il y a eu un picnic au Parc Lafontaine et il y a eu au moins UN gars qui a pris du plaisir tout ce qu'il a pu.Il passait son temps à se lancer dans le bassin d'eau puis à en sortir.Pourquoi TOUT le monde n'est-il pas comme lui? 22 23 Si vous avec vu "Le Grand film ordinaire", vous savez qui est Jeanne d'Arc .et vous savez aussi qui est Roger Frappier.Roger Frappier c'est l'un de nos cinéastes tournés.Avoir des cheveux longs et une boucle d'oreille, ça ne l'empêche pas d'avoir fait aussi des documentaires sur Gaston Miron (Gaston Miron est un grand freak sans le savoir exactement comme Monsieur Jourdain fait de la prose à son insu) et un autre Alain Grandbois.Roger Frappier vient de terminer le tournage de "Allô toul monde".Toulmonde, c'est EVIDEMMENT Raoul Duguay qui a inventé l'expression.C'est un documentaire d'importance.En effet, Roger Frappier a suivi Raoul Duguay et l'Infonie un peu partout; on les verra à l'Université Laval, au Centre Sportif de l'Université de Montréal, au Gésû (lors du lancement du livre de Duguay "L'apokalipso" - Editions du Jour).Plus encore, Roger Frappier a accompagné Duguay, et un autre Infoniaque célèbre, Walter Boudreault, jusqu'en Allemagne où le cinéaste a tourné deux rencontres particulièrement brillantes: celle de Duguay avec Stockhausen et celle de Boudreault avec Xenakis.On sait que ces deux compositeurs européens sont parmi les plus en vue du monde de la musique contemporaine.A propos d'une de ces deux rencontres, on peut dire maintenant que Duguay va travailler avec Stockhausen qui lui a commandé une partition pour voix laquelle sera mise au répertoire du célèbre ensemble du Collège vocal de Cologne.Selon les mots de Roger Frappier, l'oeuvre est aussi bien une description ''extérieure" d'une personnalité, que la description "intérieure" d'un mouvement.Ces deux pôles pouvant aller jusqu'à l'éclatement.Mais Roger Frappier aime à montrer jusqu'aux racines et aux raisons profondes.Ainsi, cet "éclatement", cette "implosion", on la verra dans une scène du film de Frappier.Cette scène, où deux équipes de film (une à St-Arnaud, l'autre à Montréal) enregistrent et filment une conversation téléphonique, Duguay d'un côté et de l'autre Boudreault.Les deux Infoniaques y discutent de leurs vues artistiques.Et c'est la 24 25 séparation qui est, de fait, la disparition de l'Infonie.Incident de moindre importance qu'il y parait de prime abord.En effet, cette scission n'est, de fait, que le premier pas vers une autre naissance, mais celle-là double: une cellule Duguay et une cellule-Boudreault.Les lois biologiques sont celles qui régissent les groupes rocks.Roger Frappier espère que son film sortira au printemps prochain.Pour nous, c'est NOTRE cinématographie qui se construit.CA TOURNE (bis) A part les polices, s'il y a quelque chose de straight, c'est bien les pompiers.Leur image va changer.En effet, Jean-Guy Noël tourne en ce moment un film qui s'appelle "Tu brûles.tu brûles .", histoire d'un pompier drop-out qui décide de se retirer sur ses terres et fuck le feu qui fait rage.C'est la Coopérative de productions audio-visuelle qui produit le film.C'EST CA LA MAISON QUI VA BRULER 26 DES FREAKS AU TRAVAIL Pourtant croire que tous nos freaks sont des artisses, ça serait pas vrai.Il y en a beaucoup qui font des tas de choses utiles.Ce mois-là, j'ai été voir un atelier de travail.Il se trouve sur Rivard, au coin de Rachel.Ca s'appelle l'Atelier de Charpenterie.Il y a là trois gars et une fille qui font des tas de choses en bois.Ils ont commencé avec une Initiatives locales.Maintenant ils doivent continuer tout seuls.Alors si vous avez besoin de meubles de toutes sortes, allez donc les voir car ils ont besoin que vous ayez besoin de meubles. 27 Un projet de Perspective-jeunesse a publié à 1,000 exemplaires un pamphlet sur la loi: tout ce qu'il faut savoir sur les infractions, la défense, etc .En cette époque où la police veut être considérée plutôt comme des ennemis, il vaut mieux savoir ses droits.Tu peux appeler Louis Fontaine à 674-4674 ou 739-9600.Le pamphlet est gratuit.A propos des lois, je te rappelle qu'il existe un service juridique juvénile, si t'es mal pris.Ce service est ouvert 24 heures; on peut te donner des informations d'ordre légal, on peut te donner une assistance lors des comparutions, etc .Mets cette adresse sur un petit papier dans ton portefeuille entre deux joints: 4623 rue Saint-Laurent, tél.: 849-5371.UN produit de province .C'est comme ça qu'on nous présente une petite revue de bande dessinée, LE TABAC, qui a vu le jour à Sherbrooke.Le numéro deux est consacré à EMILIE et MELO, deux jeunes freaks dans une histoire étrange de bras et de jambes.Selon un des auteurs, Jacques St-Laurent, LE TABAC n'a pas été un succès, commercial s'entend et la revue a disparu.Mais il reste quelques 900 exemplaires de 'Emilie et Mélo'.Alors, si vous en voulez, écrivez (avec un timbre) à Jacques St-Laurent, 190, 1 lié me Avenue nord, Sherbrooke.Il vous en enverra.TABAC] Enfin, on fonde un peu partout des "Front commun des accusés".Ces organisations sont formées de citoyens qui ont à faire face à de graves problèmes, les opposants aux conseils municipaux et aux forces policières.Le premier "Front commun des accusés" a vu le jour après la triste affaire de S te Thérèse.Il y en a maintenant à Sorel et à St Hyacinthe.il 28 si vous ai Il nous reste quelques collections complètes de la première année de MAINMISE; c'est-à-dire les numéros 1, 2, 3, 4, 5 et 6.C'est le garocher.moment de te LES COMIX de MAINMISE 96 pages $1.00 LA COLLECTION DE MAINMISE 1 à 6 / 1,500 pages de lecture et de dessins / introuvable autrement / $20.00 29 imez lire C'est pas cher; c'est le fun: 96 pages des meilleurs dessins de CRUMB.^ 30 Nous avons reçu un coup de téléphone il y a quelques jours."J'ai écrit un poème que j'aimerais vous faire lire" -"D'accord, mais on ne publie pas de poésies de MAINMISE" -"C'est un poème un peu spécial." En effet, il a été écrit par un garçon qui a l'âge d'André Vassard, pour dire ce qu'il pense de la mort d'André Vassard.C'est pour cela que nous avons intitulé ce poème-témoignage: le jeune pusher assassiné 31 32 On est petit Abonnez-vous._aideznousà9randir Choix No.abonnez à pour $15.\ Choix No.2 : Vous vous abonnez à 6 numéros (6 mois) pour $10.Vous économisez $2.MAINMISE 1589, rue St Denis, Mtl 129, remplis ça 1er choix : Je désire m'abonner pour 12 numéros à compter du numéro .(inclus) $1 5.2ième choix m'abonner pour 6 compter du numéro $10.Je désire numéros à .(inclus) ?Si vous voulez compléter votre collection avant qu'il ne soit trop tard.$2 chacun.3 ?10 o 5 ?11 6 ?12 7 ?8 14 ?g ?15 ¦ i }ij j s DOPE .($2.50) ?COMIX .($1.00) ?16 NOM :.Rue :.app.:.Ville :.Zone :.Etat :.Signature :.Ci-joint, chèque au montant de $. 33 34 35 M'astrologie Le thème de la délivrance est dominant.Les querelles passées sur les définitions se résorberont en des changements sans précédents, inusuels, voire révolutionnaires.Nous réévaluerons le concept du mien et du tien.Conflits entre des attitudes établies et des obligations.On poussera de l'avant quelques accusations d'égoïsme.Que le temps est bon pour prendre d'une main la vertu d'humilité, et de l'autre l'opinion honnête! Quel bon temps pour se joindre étroitement avec les plus proches et les plus chers pour faire une révolution privée.Nul ne peut se tenir seul de nos jours, et pourtant, nous devons conserver haute et vivante notre individualité.Si vous désirez recevoir, essayez donc de réunir des amis entre le 6 et le 7 octobre.Dans le monde officiel de la réalité: Les alliances nationales subissent les mêmes lois de transformation que les alliances privées.Il y aura une rupture importante dans l'unité des Nations, à moins que ce ne soit une représentation à grand spectacle.Des brouillards, de la pollution, tout se mêle affreusement.Des déchets Balance, équilibre, paix .Telles sont les clés de la Balance, lesquelles sont clairement reflétées dans l'arcane du Tarot: LA JUSTICE.L'épée haute tenue sépare le faux du vrai.radioactifs se perdent dans les airs.Le monde pourrait bien se rendre compte que c'est maintenant ou jamais.Abdication ou autorité usurpée dans quelques parti, secte, gouvernement établis. Des problèmes de monarchie: une abdication?Les changements sexe/émotion: Le concept du mariage est la cible d'un dissentiment soudain.Tout le monde se met à chercher une ligne de conduite, un scénario, une philosophie.Gardez donc les yeux sur vos jeunes enfants; danger de maniaques et il y aura des meurtres sexuels possiblement.Nous pourrions bien être l'objet d'un amour secret et irréaliste; à moins que ce ne soit quelques expériences flottantes, quelques malentendus aussi, avec nos partenaires habituels.On ressentira le besoin de quelques moments de célibat au milieu de la troisième semaine approximativement.Un nuage de scandale effleure toute chose.ooooooooooooooooooooooooooooooc Les signes >oooooooooooooooooooooooooooooo Les Lions auront quelques problèmes bizarres avec le voisinage ou la famille; ils pourront trouver une certaine aide chez des amis complètement oubliés.Evitez les drogues et l'alcool.Les Sagittaires continuent de se retrouver engagés dans des affaires.Gelez les situations embrouillées et recherchez les travaux qui peuvent être faits et finis.Gardez l'oeil sur les possessions et sur cet ami en qui vous n'avez pas trop confiance.Les signes de FEU, Bélier/Lion/Sagittaire: Si vous savez conserver votre coeur et votre corps clairs, les changements iront dans un sens favorable à vos intérêts.Il pourra y avoir cependant des délais ou des retours en arrière dans votre environnement immédiat.Evitez donc ces discours enflammés et occupez-vous plutôt à clarifier et à fortifier la signification profonde des choses, tant pour vous que pour les autres.Tout peut arriver en ce qui concerne un partenaire, de la sauvage surprise à la violence.Soyez plutôt de ceux qui aident à contrôler un cas d'urgence, que de ceux qui les créent.Les signes de TERRE, Taureau/V ierçe/Capricorne: Regardez donc a nouveau vers 40 l'endroit que vous aviez négligé ou que vous preniez pour acquis.Des torticolis à venir, des nerfs pinces, des orteils tordus s'interposeront entre vous et les jolies choses, à moins que vous ne surveillez attentivement vos activités de routine.Les Taureaux feront bien d'éviter les foules, d'être prudents dans leur travail, d'éviter les mécaniques neuves.Oppositions entre le désir et la possibilité mais on trouvera néanmoins des sujets de satisfaction.Les Vierges auront une révélation ou feront une découverte concernant sa/leur propriété, argent, biens de consommation.Peut-être faudra-t-il y renoncer.Les Capricornes devront jouer les "policiers" jusqu'à un certain point; et peut-être devront-ils quitter un travail ou abandonner un projet pour le plus grand bien de leur corps, de leur âme et de leur esprit.<?Les signes d'AIR, Gémeaux/Balance/Verseau: Cela devrait être votre mois, mais les images et les idéaux changent tellement plus vite que les habitudes.Tous, vous avez besoin d'un endroit où aller et d'une chose à faire, que ce soit seuls ou avec cette personne ou ces personnes particulières.Les Gémeaux auront à faire face à l'inertie qui surgit de partout; pourtant qu'ils suivent la marée tout simplement; ils auront aussi à faire face à des problèmes concernant la maison, les amours, les enfants.Les Balances vont traverser une série de transformations radicales tant sur le plan physique qu'émotionnel; ils traverseront aussi une zone de vibrations extraordinairement intense pour recevoir lumière et bénédiction à la mi-mois.Les Verseau rejeteront un prophète, auront des jumeaux, joindront une religion de charlatan.Travaillez donc avec des groupes importants et des organisations de première grandeur.Les signes d'EAU, Cancer/Scorpion/Poissons: Ils devront tous s'efforcer de rester légers, mais non pas trop frivoles, face aux vibrations pesantes qui fusent de partout.Peut-être pourriez-vous glisser un petit rire à la bonne place?Attention à l'avarice, à la jalousie, à la pitié envers vous-même, au masochisme.Vous pouvez sauver quelqu'un ou quelque chose en étant attentif à ce qui se passera à la mi-mois.C'est peut-être vous.Les Cancer réagiront avec un excès de volonté protectrice qui pourra conduire jusqu'à des tourbillons dans le sein de la maison.Des ultimatum éclatent des deux côtés à la fois.Cachez-vous donc un petit peu si vous le désirez, cependant ne commettez pas le péché d'omission.Les Scorpions verront un de leurs (nombreux) secrets découverts.Ils vivront une expérience surnaturelle, ils ressentiront une humeur de suicide ou de meurtre, ils vivront le besoin vital de transcender leur fameux ego dès maintenant.Les Poissons verront une mort dans la famille, une naissance, un échec grave à la bourse.Attention si vous voyagez, faites confiance à vos amitiés et souvez-vous que, ne pouvant pas l'emporter avec vous, vous feriez mieux de l'aimer immédiatement.(Antonia LAMB) Post-scriptum: Les interactions entre Pluton, le Soleil, Mars et Jupiter ne montrent pas que ce mois sera pacifique.Les complots et les révélations abondent et tous ceux qui ont une place où se cacher sont bien heureux, en vérité. 42 Z.leyiking 34 TA TCHOUANG La puissance du grand En haut: TCHEN, le tonnerre L'éveilleur est comme une coupe ouverte En bas: K'IEN, le ciel Le créateur a trois traits pleins.LE JUGEMENT La puissance du grand La persévérance est avantageuse Commentaires L'hexagramme traduit une époque où la valeur intérieure effectue une ascension vigoureuse et parvient au pouvoir.Mais la force a déjà dépassé le milieu.C'est pourquoi le danger menace que l'on se repose sur sa force sans se demander à chaque instant où est le bien, et aussi que l'on veuille se mettre en mouvement sans attendre le moment opportun.C'est pourquoi il est ajouté que la persévérance est avantageuse.Car la force vraiment grande est précisément celle qui ne dégénère pas en pure violence, mais demeure intérieurement liée aux principes de justice et de droit.Si l'on comprend que la grandeur et la justice doivent être inséparablement liées, on comprend le sens véritable de tout ce qui se passe dans le ciel et sur la terre.L'IMAGE Le tonnerre est haut dans le ciel: image de la puissance du grand.Ainsi l'Homme noble ne marche pas dans des chemins qui ne sont pas conformes à l'ordre.Commentaires Le tonnerre, la force électrique, s'élève au commencement de l'année.Ce mouvement est accordé à celui du ciel.C'est donc un mouvement en harmonie avec celui du ciel qui produit la grande puissance.Mais la vraie grandeur repose sur l'accord avec ce qui est juste.C'est pourquoi l'homme noble évite, en temps de grande puissance, de faire quelque chose qui ne soit pas en harmonie avec l'ordre.9 au commencement La puissance dans les orteils.Continuer amène l'infortune.Cela est certainement vrai.(Les orteils sont tout en bas et ils sont prêts à avancer.Ainsi la grande puissance quand elle se tient à la place inférieure, tend à provoquer de force le mouvement en avant.Mais si l'on continue ainsi cela amène sûrement à l'infortune.C'est pourquoi un avertissement est ajouté en guise de conseil.) 44 HONG La durée 32 LE JUGEMENT Succès.Pas de blâme.La p e rsévérance est avantageuse.Il est avantageux d'avoir où aller._ Commentaires La durée est un état dont le mouvement n'est pas annihilé par les obstacles.Ce n'est pas un état de repos, car la pure immobilité est recul.La durée est plutôt un mouvement s'accomplis-sant suivant des lois déterminées, refermé sur lui-même et, par suite, se renouvelant sans cesse, d'un tout organisé et fortement centré sur lui-même, dans lequel toute fin est suivie d'un nouveau commencement.La fin est atteinte par le mouvement vers l'intérieur, l'inspiration du souffle, la systole, la concentration.Ce mouvement se change en un nouveau début dans lequel il est dirigé vers l'extérieur: c 'est l'expiration du souffle, la diastole, l'expansion.C'est de cette manière que les corps célestes accomplissent leur course dans le ciel et peuvent en conséquence briller d'une manière durable.Les saisons se déroulent suivant une loi fixe de changement et de transformation et peuvent par suite oeuvrer durablement.Ainsi l'homme qui a entendu l'appel incarne une signification durable dans sa manière de vivre et le monde reçoit par là une forme.A partir de ce en quoi les choses puisent leur durée, il est possible de reconnaître la nature de tous les êtres dans le ciel et sur la terre. 45 Que de discours pompeux! Que de déclarations vulgaires! Le roi parle .le roi parle .Mais ce qu'il dit n'a plus aucun sens mystique.C'est un comptable de la réalité: confort, stabilité, prospérité. 46 Autant de paroles de commande, propre à flatter l'obsurantisme en mettant à l'avant la mode et les préjugés.D'ailleurs le roi parle pour gagner.Il doit faire preuve d'une grande habilité pour vaincre tout ce qui l'entoure car, effectivement, il ne rencontre que malice, fausses représentations, idées changeantes.Lui-même n'hésite pas devant le mensonge.Volonté de puissance, viol des foules, la télévision s'y met.L'enjeu se trouve de chaque côté: une femme sèche et froide qui tente de stabiliser quelque chose de fluide qui coule entre deux océans et une femme qui n'a pour elle que ce qu'elle est, n'ayant aucune réalisation finale à son actif.La victoire sera triste; le diable gagnera et il faudra ainsi continuer encore cette longue route à l'envers qui ne mène nulle part.C'est ainsi quand le peuple se tait.En amour, l'homme reprendra l'initiative et la virilité triomphera des éternels féminins.Les maris sentiront le besoin d'une maitresse.Mademoiselle, l'homme qui vous aime vous demandera de devenir son amant; pensez vite, car il ne vous le demandera pas deux fois et, si vous dites "peut-être", vous risquez de le voir partir.De même les épouses frigides devraient bien se forcer un peu si elle ne veulent pas se retrouver célibataires.Mais, paradoxalement un vieil amant, un mari disparu pourraient bien revenir vers celles INJUSTEMENT abandonnées.Au demeurant, on trompe et on se trompe car l'activité génétique est 47 quelque peu incohérente.Ainsi, Les Poissons seront concupiscents et les Verseaux auront bien du mal à se faire à l'idée d'une unouvelle aventure qui leur est offerte.Il y a des voyages dans l'air et cela pourrait bien retarder des événements importants dans un ordre matériel.Cachez-vous.Evitez les autoritaires, surtout quand ceux-ci allient à la puissance de leur sexe, les charmes insinuants et ambigus de l'androgyne tombé du ciel.N'allumez pas votre télévision.A compter de notre prochain numéro, nous aurons dans MAINMISE 24 pages de "sciences magiques"; on y trouvera, outre l'horoscope, le Tarot et le I king, de petites recettes, des commentaires, des analyses de mains, etc . 50 Dans L'Egypte d'aujourd'hui, la seule catégorie sociale qui ne fume pas le haschich est la bureaucratie, cette bureaucratie élitaire qui a vue le jour dès après la révolution et qui, depuis lors, tend à abandonner les valeurs traditionnelles du pays au profit de nouvelles formes de vie venant de l'extérieur.Ces nouvelles valeurs sont "modernes"; comprenons qu'elles viennent de l'Ouest; un Egyptien "moderne" délaissera donc la "galabeyas" (la robe) pour le complet veston et boira du wisky au lieu de fumer du haschich.Ce sont ces Egyptiens "modernes" que les étrangers rencontrent le plus facilement quand ils viennent en Egypte, car ce sont eux qui travaillent dans les grands hôtels, dans les agences de voyages; ce sont eux encore qui parlent d'autres langues que l'arabe.Pourtant, ils ne sont qu'une minorité.Quatre-vingt-dix pour cent de la population représente une autre Egypte, la vraie Egypte, citadine ou rurale.Ici, plus encore qu'en Occident, fumer du haschich est la meilleure façon de passer par-dessus les barrières de classes pour communiquer directement avec la majorité des gens, avec l'Egypte véritable.Disons, pour commencer, que l'Egypte se divise en deux: Le Caire et la campagne.Le Caire est la capitale du pays, creuset de gens parfaitement cahotiques, voire gothiques.Pour l'instant, entrons plutôt dans l'intérieur des terres, dans la vallée du Nil.A cause de la guerre israélo-égyptienne, on ne peut plus voyager partout.Cependant, le joyaux de la Haute-Egypte, Louxor, est accessible.Pour y aller, si l'on est au Caire, on traverse le square Ramsès, maintenant décoré d'une immense statue pharaonique et toujours un des endroits les plus fréquentés de la ville; on arrive devant la gare centrale, construite durant la monarchie et qui conserve encore, mais éternellement fermée, sa majestueuse entrée royale; c'est là qu'on prend l'express de nuit pour Louxor. 52 Après environ seize heures de voyage dans des wagons réfrigérés, on arrive à la gare de Louxor qui, par son architecture et ses fresques, feraient honte à Cecil B.de Mille et, quittant le train, on pénètre dans une fournaise de chaleur qui est la température du pays.Il faut encore aller à l'hôtel par voie de calèche, il en est d'ailleurs de nombreux autour de la gare: Victoria, St-James, New Ramsès, hôtel de la gare, etc.Une courte promenade le long de l'artère principal de Louxor nous conduit sur les bords du Nil.Il reste à emprunter un petit traversier car il n'y a pas de pont.Nous voilà sur la rive ouest, de retour dans l'Egypte éternelle: un pays plat ponctué de petits villages construits en briques de boue.Il doit bien y avoir des centaines de pushers à Louxor.Celui que je connais habite sur cette rive; il passe une grande partie de sa vie dans un petit café, non loin de l'embarcadère du traversier.C'est là qu'il tient son commerce: vendre de la dope aux habitants du coin, ainsi qu'à quelques touristes.Sa maison est à quelques milles à l'intérieur des terres et l'on s'y rend à dos d'âne.Dans cette région, les femmes ne portent pas le voile, ainsi qu'elles le font en ville.Sans doute, doivent-elles arborer une tenue plus commode car elles travaillent dans les champs avec les hommes.Puis nous nous mettons à fumer.La marijuana croit bien en Egypte mais on la cultive peu.La terre est sans doute riche dans la vallée, mais il y a trop de gens pour qu'on puisse le faire discrètement.On peut aussi planter l'herbe plus avant dans le désert, mais elle y pousse mal.Il arrive que les paysans de la vallée plantent de la marijuana parmi d'autres plantes; ils doivent la couper avant qu'elle ne dépasse et la récolte, faite avant la maturité, n'est pas ecellente.D'ailleurs, on considère cette marijuana locale comme de seconde qualité, fumée seulement par les paysans les plus pauvres.La marijuana, en herbe, est appelé "Kamanga" dans le nord du pays et "Bango" au sud. 53 C'est le haschich que l'on considère le plus, bien que, ou parce qu'il est généralement importé du Liban.On en importe aussi des Indes, via Aden; cependant, le haschich indien est considéré comme de moins bonne qualité que le haschich libanais.Le fait que le haschich doit être importé, en fait une denrée assez dispendieuse, du moins en regard du standard de vie égyptien.Comme la demande est grande, le traffic est une affaire commerciale de première importance.L'importance de ce traffic peut se comprendre par l'importance des saisies qui peuvent regarder des quantités allant parfois jusqu'à deux tonnes d'un seul coup.Les commerçants sont de toutes sortes.Ainsi, le commandant en chef des forces militaires, durant la guerre de 1967, était un importateur connu.Grosso modo, les onces sont généralement divisées en huit "qirsh"."Qirsch" signifie "piastre"; pratiquement le huitième de "qirsh" vaut le poids de la moitié d'une pièce d'une demie piastre.Un "qirsh", pesant trois grammes et demi de la meilleure qualité, coûtera environ sept piastres égyptiennes; c'est-à-dire environ $10.au marché noir.Ce tarif s'entend pour nous, car pour un Egyptien la valeur est beaucoup plus grande.On divise encore ces qirsh en moitié, en quart, en huitième et leur prix de vente est évidemment relatif à la quantité.Le haschich est consommé dans une pipe que l'on appelle "Goza"."Goza" signifie, litéralement, "noix de coco".Les pipes originales étaient en effet fabriquées dans une noix de coco évidée et richement décorées avec des motifs d'argent.Ces pipes sont aujourd'hui fort rares et recherchées comme pièces d'antiquité.Désormais le corps de la pipe est fait en métal.Dans les régions intérieures, les paysans utilisent une bombe d'aérosol.Le principe reste le même: sur le dessus de ce réservoir est fixé un tube de bois avec une petite coupe en terre cuite; on met dans cette coupe une mixture de tabac et de mélasse appelée "ma'asile" (cette mixture a un léger effet narcotique et on la fume dans les cafés); le "ma'asil" est surmonté d'une petite pièce de haschich; puis enfin, par dessus le tout, on place le charbon de bois 54 allumé.Enfin un tuyau est placé en bas sur le côté de la bombe, par lequel on peut aspirer la fumée.Fumer du haschich à Louxor est certainement la meilleure façon de faire tomber les barrières de classes.Le paysan égyptien est certainement l'un des individus les plus amicaux de la terre, quand on trouve un terrain d'entente avec lui.La dope est souvent le terrain d'entente: Ainsi les meilleures rencontres que l'on fera en Egypte seront souvent autour d'une petite pipe, par opposition aux rencontres "officielles" faites avec des Egyptiens "occidentalisés".Lors de notre passage à Louxor, nous fumions d'abord seuls avec notre pusher.Peu à peu des voisins se sont joints à nous, jeunes et vieux, hommes et femmes.En règle générale, les femmes fument ensembles, à part des hommes.Dans la présente situation, elles se joignaient à nous car la présence d'étrangers rend les gens plus libres les uns avec les autres en reportant les règles habituelles à plus tard.Au Caire le paysage n'est pas tout à fait le même.Les gens fument le haschich chez eux.Il y a aussi des cafés spéciaux où l'on peut tirer sur une pipe; ces cafés s'appellent "Ghurza".Ce sont généralement de petits locaux d'une seule pièce intérieure; on en trouve aussi à l'air libre le long de la rive du Nil.La plupart sont cachés aux yeux des indiscrets.On les trouve dans de petites rues peu fréquentées et dans les quartiers les plus pauvres.J'en connais nichés dans la vieille ville et dont l'accès n'est possible que d'un côté.Sur le toît, est toujours juchée une vieille femme habillée en noir; elle tient à la main une bouteille qu'elle renverserait immédiatement sur un policier assez fou pour se fourvoyer dans le passage.Le Caire est d'ailleurs la ville la plus "gothique du monde".Non pas gothique dans le sens d'un style architectural mais dans le sens de bizarre, caché, mystérieux, etc.Il y existe de nombreux mondes qui coexistent sur des plans parallèles.Le monde de la dope est l'un de ces mondes.La 55 ville, d'ailleurs, abonde en pushers.Quelques-uns sont des "professionnels" et emploient des enfants du voisinage pour surveiller; d'autres encore sont pushers pour le simple plaisir de l'être.En Egypte, pays croulant sous le poids de la corruption et de l'inefficacité bureaucratique, seul les activités extra-légales permettent de faire briller au firmament le génie de l'imagination égyptienne.En effet, les bureaucraties sont des Midas à l'envers: tout ce qu'elles touchent se transforme en merde.La voie du traffic est un long réseau de connection qui commence par prendre en charge le produit dans les ports du Liban, puis de l'amener dans de petits bateaux jusqu'aux plages de l'Egypte désertique de l'ouest, à moins que ce ne soit les plages de la Libye, puis de traverser le désert jusqu'au Caire.Une partie complète de la ville est le point central du réseau de distribution.C'est le quartier de Ghoyriya, situé près de Al Azhar, mosquée qui abrite la plus vieille université du monde.Les rues de ce quartier sont un véritable labyrinthe parfaitement incontrôlable.Outre que les véhicules de la police ne peuvent pas véritablement y entrer, il y a de nombreuses échappées possibles pour les pushers, que ce soit dans le grand cimetière qui le borde, ou sur les collines qui longent les fortifications.C'est là que les pushers viennent le matin chercher leur approvisionnement quotidien.On dit qu'il y a une entente de passée entre les pushers en gros et la police.Les premiers doivent livrer à la police un certain nombre de pushers chaque mois.Ainsi, si quelqu'un veut aller à la Ghouriya pour acheter quelques grammes de haschich pour son plaisir personnel, il court de grande chance d'être dénoncé à la police comme l'un de ceux qui doivent remplir le quota mensuel.Dans une société aussi structurée et aussi imbue de ses vieilles traditions que l'Egypte, les relations sociales tendent souvent à devenir immobiles jusqu'à la ritualisation.Ainsi, l'aspect du monde de la dope, quoique marginal, est plus léger, plus volatile et par conséquent plus vrai. 59 60 61 62 63 64 65 67 68 69 70 71 72 l'amanite tue mouche Par Jean Basile Tout phénomène social assez répandu trouve sa raison d'être dans ce qui le provoque.Les changements actuels auxquels nous assistons s'expliquent sans doute par des données politiques et sociologiques.Ils s'expliquent aussi par la drogue.Il faut étudier avec autant de précision l'histoire des hallucinogènes que l'on analyse la montée de la pensée socialiste en Occident.Etudier l'histoire des hallucinogènes, c'est étudier l'histoire des religions, donc l'histoire des civilisations du monde.Les hallucinogènes de tous types sont présents dans l'histoire du monde entier.On les retrouve en Eurasie et en Amérique, dans les pays 74 chauds et dans les pays froids.La drogue a été la source d'inspiration de poèmes et la raison de révoltes sanglantes.L'usage conscient des drogues a une portée artistique mais elle a aussi une portée scientifique et une dimension sociale.En bref le monde entier a vécu et vit encore sous l'influence de drogues, et particulièrement des drogues naturelles.Ce qu'il reste à faire, c'est de définir les rapports qui existent authentiquement entre les peuples et leurs civilisations par rapport à leur emploi des hallucinogènes.S'il en est pour croire que T'Iliade" est un poème lyrique de type social, il en est d'autres qui y voient un délire cosmologique qui raconte la bataille de la comète Vénus et de la planète Mars, en ce temps où notre ciel n'avait la belle ordonnance qu'on lui voit aujourd'hui.De même, d'autres savants, d'autres professeurs distingués commencent de découvrir que notre civilisation sort peut-être toute entière d'un hallucinogène peu connu, une de ses plantes redoutées au point qu'on la classe parmi les mortelles: l'Amanite muscaria, autrement dite 'amanite tue-mouche'.Si l'on connait depuis longtemps l'existence de ce champignon mystérieux, on commence seulement à mettre son rôle culturel.Il a fallu attendre la parution dans le grand public de deux ouvrages: "Le champignon sacré et la croix" de John D.Allegro et "Soma, Divine Mushroom of Immortality" (1) de R.Gordon Wasson pour que l'on commence à prendre au sérieux toute une théorie sociale qui place la civilisation occidentale dans son entier sous le chapeau rutilan du "champignon soleil égal de l'or".Signalons que ni Wasson ni Allegro ne sont des "complices" de la contre-culture.Ce sont des 75 savants tout ce qu'il y a de savant.John D.Allegro a participé officiellement au déchiffrage des Manuscrits de la mer Morte.Quant à R.Gordon Wasson, il est reconnu pour être, avec le Dr.Heim de Paris, l'un des meilleurs, sinon le meilleur mycologue moderne.Claude Levy-Strauss (dans "L'Homme") rend hommage d'ailleurs à la perspicacité de son collègue.Sans avoir la prétention d'égaler ces deux remarquables essayistes, dont les travaux vont susciter indubitablement un grand nombre d'autres recherches passionnantes, nous avons tenté d'élucider quelques points de détails, non sans intérêt cependant, puisqu'ils concernent tous notre environnement, aussi bien celui de la répression que celui de la recherche spirituelle, le nôtre et même les nôtres en ce moment.Qu'est-ce que c'est ?Tout d'abord, qu'est-ce que c'est que l'Amanita muscaria?C'est, selon la plupart des livres de botanique, l'un des champignons les plus dangereux.Il est généralement classé dans les "mortels".Cependant, René Pomerleau, dans son livre "Champignons de l'Est du Canada et des 76 L'Amanita muscaria, dite "tue-mouche", peut se présenter de plusieurs façons quand à la forme de son chapeau et quant au nombre, plus ou moins important de ses "spots" blancs ._ Etats-Unis"(2) le classe dans la catégorie "2", la seule catégorie première étant celle des "mortels".C'est une magnifique plante rouge tachée de marques blanches.Au Québec néanmoins le chapeau est généralement de teinte jaune taché de blanc, mais c'est la même plante.Il n'a jamais été possible de cultiver l'Amanita muscaria en laboratoire et l'on n'a pas pu isoler encore définitivement la substance hallucinogène qui serait, selon certains, la "Muscarine".Cependant d'autres mycologues, comme le Tchécoslovaque, Albert Pilât (3), dénie que la muscarine soit le principal hallucinogène que l'on trouve dans l'Amanita muscaria.C'est enfin un champignon largement répandu en Eurasie et en Amérique.On en signale partout au Canada, dans le Wisconsin et même en Californie.Il est donc probable que vous ayez tous vu, au moins une fois dans un bois de pins, ce champignon beaucoup moins rare. 77 Le schéma ci-dessus représente les principales étapes de formation de l'Amanita muscaria.On voit très nettement comment les Anciens ont pu croire que ce champignon naissait d'un "oeuf".beaucoup moins connu aussi que les fameux psilocybes de l'Amérique Centrale.La façon dont l'Amanita muscaria se développe a son importance.Il apparait d'abord de terre une sorte d'oeuf lequel s'ouvre, explose presque pour donner naissance au champignon adulte.Cette naissance presqu'animale a frappé tout autant l'imagination humaine que les fameuses propriétés "mortelles" du champignon qui en a tiré une sorte d'aura fatale et mystérieuse, rehaussée encore par l'impossibilité de le cultiver en laboratoire et par la difficulté que l'on a de classer ses composantes chimiques.C'est déjà beaucoup de mystère et beaucoup de mensonges autour d'une pauvre plante.Ce mystère devient réellement troublant quand on retrouve l'Amanita muscaria aussi bien aux Indes qu'en 78 Mésopotamie, pour sauter ensuite en pleine Europe Centrale et pour finir enfin en Sibérie.Des mystères culturels C'est précisément ces mystères culturels qu'ont tenté d'élucider John D.Allegro et R.Gordon Wasson.Le premier a rattaché sa thèse aux techniques de la linguistique qui permettent de retrouver, à travers la transformation des mots, le "phrasé" exact du développement des religions.R.Gordon Wasson a tenté de prouver que ce que l'on nomme SOMA dans les Hymnes védiques est en réalité l'Amanita muscaria.Signalons que la civilisation sumérienne date de 3,000 avant J.-C.et que les Hymnes védiques sont vraisemblablement aussi vieux que 4,000 ans.Pour que ce champignon, si décrié de nos jours, fut l'objet d'une telle gloire, il faut qu'il soit le siège de qualités bien exceptionnelles.La meilleure façon de connaftre les effets de quelque chose est l'expérimentation.R.Gordon Wasson avala donc de l'Amanita muscaria.Il en avala cru, en jus; il en avala avec du lait et à jeun.Il n'en mourut pas mais le résultat fut quand même désappointant.Le savant eut la nausée, vomit; puis il se sentit prédisposé au sommeil, tellement qu'il s'endormit et reposa comme un loir, "sans même ronfler" aux dires de témoins.Un ami du docteur Wasson décida de refaire l'expérience à son propre compte.Il alla dans un champ, trouva des champignons qu'il partagea avec les vaches présentes.Lui aussi eut la nausée, vomit et s'endormit.mais à son réveil, il était complètement "parti" sans plus ressentir d'effets 79 Pour consommer l'Amanita muscaria, on peut le presser pour en extraire le jus qui est ensuite filtré.C'est la méthode employée par Wasson pour tenter l'expérience.physiques désagréables.Le savant japonais se mit à parler frénétiquement; mais il ne parlait pas comme un homme ivre, sans lien entre les idées et les phrases; tout au contraire il parlait un peu trop brillamment.Comme c'est un savant rival qui rapporte l'expérience, il faut bien que ce soit vrai.En Russie on appelle l'Amanita muscaria "Moukjomor" ce qui veut dire "tue-mouche".On a soupçonné un tzar et sa femme de se droguer aux champignons.C'est dire que l'on connaît un peu mieux l'Amanita muscaria qu'ici.Des études ont donc été conduites par des savants russes sur l'usage de ces champignons.On connait à peu près parfaitement maintenant l'emploi qu'en faisait les 80 Chamanes sibériens.Voici donc selon des observateurs les effets "racontés" de l'Amanita muscaria.Pour l'un, "les Koryaks (tribu sibérienne) préfèrent de loin les champignons à la vodka russe .Ils en absorbent et ne paraissent pas en souffrir .Il y a eu cependant des cas de morts mais après une absorption vraiment massive".Pour un autre, "L'usage de l'Amanita muscaria place les habitants du Kamtchamka qui en usent dans un état d'esprit doux et pacifique et il n'a été observé ni déficiences physiques ni réduction des facultés mentales après absorption".Pour un troisième enfin, plus spécifique sur les effets: "Les usagers décrivent leur narcose comme étant un état de grande beauté.Ils voient des images splendides .Parmi tous ceux que j'ai vu consommer des champignons, il n'en est pas un qui me sembla redevenir sauvage; tout au contraire, ils s'assoient ensemble, souriant et amicaux et se parlent entre eux avec des mouvements lents et précautionneux".Zone de diffusion de l'Amanita muscaria utilisée à des fins magiques par les peuplades sibériennes (d'après V.P.et R.G.Wasson). 82 Des recettes Comme la contre-culture ne laisse rien perdre, ce qui la distingue de l'autre, on aura pu lire dans le LOS ANGELES FREE PRESS du 21 juillet 1972 une "Lettre de lecteur" qui raconte avoir pris un pouce cube d'Amanita muscaria sans en ressentir le moindre effet, ni physique, ni psychédélique; ce même lecteur raconte que de ses amis amis ont fait la même expérience mais en avalant deux champignons; comme ses amis avaient conjointement fumé une grande quantité de haschich et avalé quelques pillules, ils ne purent pas distinguer vraiment les effets; en tout cas, ils survécurent et ne trouvèrent rien de particulièrement différent entre le voyage avec Amanite tue-mouche et les voyages sans.Enfin, il existe une recette souterraine pour la préparation des champignons psilocybe ou Amanita muscaria.Elle est apparue dans le LONG BEACH FREE PRESS, sans nom de source.Nous ne connaissons personne qui l'ai essayée.La voilà à titre de curiosité.Prenez une vingtaine de gros champignons; rincez-lfis pour enlever la terre.Coupez-les en petits morceaux ne dépassant pas 1/16 de pouce et répartissez-les sur une feuille d'aluminium.Placez le tout dans un four à 250 degrés, en laissant la porte entrebâillée.Surtout ne montez pas davantage la température car la substance hallucinogène s'évaporerait.Cuisez jusqu'au moment où les champignons se réduisent en poudre sous la pression d'un doigt; cela prend environ six heures.On avale cette poudre dans de 83 la confiture.La posologie est la suivante: cinq cuillères à thé à niveau provoque un plaisant voyage qui peut être poussé jusqu'à quinze cuillerées, au delà, tant pis pour vous.Des hymnes védiques C'est là, somme toute, des effets psychédéliques assez normaux.La grande expérience des drogues que nous avons tous maintenant nous le montre.Pour bien saisir, cependant, l'importance culturelle de l'Amanita muscaria, il est bon de se replacer il y a 3,000 ou 4,000 ans, date à laquelle Wasson et Allegro placent l'usage intensif et conscient du champignon.A cette époque on connaissait encore mal les effets chimiques sur notre organisme; toute la médecine était "naturelle"; la botanique elle-même n'en était qu'à ses balbutiements.C'est dire que les effets du champignon, tout modestes qu'ils puissent nous paraître aujourd'hui, semblaient alors vraiment miraculeux.Tellement miraculeux en fait que l'Amanita muscaria était considéré comme un Dieu, bien entendu un Dieu de la fécondité, cette jointure étant soulignée encore par l'aspect bisexuelle du champignon: l'oeuf femelle d'où naissait le phallus de la plante.Le SOMA des Hymnes védiques est aussi appelé "fils de Dieu".Le champignon est vraiment né de Dieu qui le place sur terre pour donner aux hommes élus la faculté de communier avec lui par l'extase contenu dans sa chair.Wasson ne fait d'ailleurs que définir le SOMA en tant qu'Amanita muscaria.Il le fait de toutes les façons possibles en s'appuyant sur des citations tirées des 1028 Hymnes védiques dont 120 sont complètement consacrés à décrire ou à magnifier le 84 champignon sacré.Ces citations sont si précises qu'elles peuvent aller jusqu'à des façons d'ingestion.La voici: le SOMA subissait deux filtrages; le premier était fait pour séparer le jus de la chair à travers un tissu de laine; le second était un filtre humain; en effet le premier jus était avalé par un serviteur et le prêtre consommait l'urine de ce serviteur.On ne sait pas encore si les acides contenus dans l'urine modifiait le jus de l'Amanita muscaria ou s'il s'agit d'une sorte de rituel mettant en présence le champignon phallique et l'urine humaine, elle-même était un substitut du sperme.Pour John D.Allegra l'usage de l'Amanita muscaria va beaucoup plus loin.Le champignon serait la base totale de la religion judéo-chrétienne.Il explique "linguistiquement" la formation de tous les noms propres de la Bible et de l'Evangile.Ces mots-noms ne sont en fait que des synonymes cryptés eu champignon sacré.Ce n'est pas la place ici de faire par le détail une description de la technique d'analyse d'Allegro.Disons pour simplifier qu'une grande partie des mots de la Bible et de l'Evangile n'étaient pas compréhensible avant la découverte des manuscrits de la mer Morte car ces derniers apportent un maillon linguistique qui manquait avant eux.Ce maillon existant, on peut remonter à Summer qui semble être la source de toutes les religions ayant pris naissance au Moyen-Orient et donc en Europe.Et la religion-source summérienne était, nous le savons, entièrement basée sur le culte et l'ingestion de l'Amanita muscaria.Si nous ne pouvons pas citer in-extenso une chaine linguistique, du moins pouvons-nous mentionner, dans le domaine de la religion judéo-chrétienne, une fresque qui existe dans une église du centre de 85 La célèbre fresque de Plaincourault qui représente un champignon sacré.Il est difficile de croire que c'est une "stylisation d'arbre", ainsi que certains critiques européens le prétendent.la France (à Plaincourault, Indre, exactement); cette fresque représente la scène célèbre mais l'Arbre de vie est une Amanita muscaria gigantesque.Voici comment John D.Allegro explique la façon dont l'Amanita muscaria est devenu "underground"; il place cet épisode regrettable en l'an 66 après Jésus-Christ."Probablement poussés par des membres du culte (du champignon), amenés par une folie due aux drogues à croire que Dieu les avait appelés à conquérir le monde en Son nom, les Juifs provoquèrent la puissance de Rome qui riposta d'une manière prompte et terrible.Jérusalem fut ravagée, le temple détruit.Le Judaïsme fut démembré et ses adeptes furent 86 En Chine le "champignon de l'immortalité" était le LING CHI.Ce champignon a deux formes: la première est représentée ici; la seconde a pour particularité de ressembler à des cornes de cerfs en plus petit.condamnés à se réfugier au sein des communautés déjà établies autour des côtes méditerranéennes.Les cultes mystérieux se retrouvèrent sans sources d'autorités et nombreux furent ceux de leurs prêtres qui périrent au cours des révoltes manquées ou qui se réfugièrent dans le désert.Les secrets. 87 Les deux formes du LING CHI sont visibles sur ce tableau représentant une servante apportant les champignons à l'empereur.Cette peinture est datée de 1300 avant Jésus-Christ.pour ne pas être perdus à jamais, devaient être consignés par écrit et cependant, si on les trouvait, il fallait éviter que les documents laissent deviner quoi que ce soit ou trahissent ceux qui osaient encore défier les autorités romaines et continuer leurs pratiques religieuses". 88 En bref, la "révélation" judéo-chrétienne ne serait que notre bonne vieille extase psychédélique.La véritable religion chrétienne s'est arrêtée d'un seul coup après l'an 66.L'Eglise choisit de survivre "socialement" et pour ce faire s'inventa une "morale".Oubliant le sens originel, on rédigea une explication officielle aux textes saints et l'on en tira des dogmes d'autant plus sacrés qu'ils préservaient d'un retour à la violence des persécuteurs de l'an 66.Cette "précaution" fut elle-même oubliée par ceux qui dirigèrent l'Eglise qui remplaça dès lors carrément l'enseignement mystique de Jésus, mot qui, éthymologiquement signifie: pénis (champignon) de l'Univers.On comprend mieux maintenant l'histoire des grandes persécutions, comme celle que nous connaissons aujourd'hui.On jette en prison tous ceux qui fument de la marijuana exactement comme on jetait en prison, dans les années 1,000, ceux et celles que l'on soupçonnait de connaître les secrets cachés des plantes: les sorciers et les sorcières.Wasson n'aborde pas du tout la magie occidentale dans son ouvrage.Plus encore il affirme qu'il n'y a pas trace du champignon sacré en Europe Centrale, particulièrement en France, à l'exception de la fameuse fresque que l'on explique généralement comme "un exemple d'arbre conventionnel propre à l'art romain et au gothique".Un peu de magie Il est toujours bon quand on parle de religion d'aller faire un petit tour chez sa jeune soeur, la magie.Il y aurait trouvé de nombreux exemples de l'emploi d'un champignon dans les philtres.En voici au moins un, trouvé dans "Dogme et rituel de haute magie" d'Eliphas Lévi."Au Moyen-âge (français), écrit-il, les nécromanes profanaient les tombeaux, composaient des philtres et des onguents avec la graisse et le sang des cadavres; ils y 91 mêlaient l'aconit, la belladone et le CHAMPIGNON VENENEUX (4); puis ils recuisaient et écumaient ces affreux mélanges sur des feux composés d'ossements humains et de crucifix dérobés aux Eglises; puis ils se frottaient les tempes, les mains et la poitrine de l'onguent infernal, traçaient des pentacles diaboliques, évoquaient les morts sous les gibets ou dans les cimetières abandonnés".Eliphas Lévi ajoute un peu plus loin une description d'une "extase" qui n'est pas loin de rappeler le jugement que porte les ignorants d'aujourd'hui sur les effets des drogues psychédéliques: "Le procédé de magie noire (c'est-à-dire l'ingestion de philtres soi par soi-même ou par une autre personne) a pour but de troubler la raison et de produire des exaltations fiévreuses qui donnent le courage des grands crimes; les grimoires, que l'autorité autrefois faisait saisir et brûler partout, n'étaient pas des livres innocents en effet.Le sacrilège, le meurtre et le vol sont indiqués ou sous-entendus comme moyen de réalisation dans presque toutes ces oeuvres".L'apparition de la violence est à retenir car elle réapparaîtra un peu plus tôt dans la description du comportement des fameux Assassins de l'Afrique du Nord.La mandragore Si cela ne suffisait pas à contredire Wasson quant à la non-présence de l'Amanita muscaria en France, on pourrait trouver dans le livre d'Allegro une chaine linguistique fort intéressante.Elle concerne la Mandragore.La Mandragore est une plante qui existe en effet.Elle est assez rare, quoiqu'elle ne pousse pas sous 92 les gibets comme la tradition occulte le veut.C'est une racine double, poilue.Elle peut représenter soit le bas du corps humain, soit les organes génitaux mâles.Les botanistes la connaissent bien; l'espèce est très légèrement narcotique.En quelques mots, la Mandragore botanique n'approche en rien la Mandragore magique, laquelle permet à celui qui la possède, richesses et pouvoirs.Posséder des pouvoirs, c'est se placer exactement aux côtés de Dieu.John D.Allegro analyse avec précision les mots.Il analyse aussi celui de Mandragore.Le mot MANDRAGORE, qui vient du grec, MAN DR AGO RAS, est en fait le NAM-TAR-AGAR summérien, mot qui veut dire "Demon ou plante fatidique des champs", dénomination traditionnelle de l'Amanite tue-mouche.Ce déchiffrement est d'autant plus intéressant qu'il nous amène à la mythologie grecque avec une autre "drogue célèbre": le nectar des dieux de l'Olympe.Le M summérien de NAMTAR se transforme en K indo-européen et donne en grec NEKTAR, notre brave nectar qui n'est autre que l'Amanita muscaria, qui n'est autre que la Mandragore des magiciens.C'est dire qu'il faut relire à peu près complètement les recettes de philtres et d'onguents.Pauvre haschich Pour en revenir à nos Assassins, voici pourquoi, selon Allegro, le Haschich des assassins n'est pas notre chanvre indien: "La plante d'où les Assassins tirèrent leur nom, KHASHISH, hachisch signifie seulement en arabe, HERBES SECHES.Lorsqu'on parle dans cette langue d'une drogue particulière on doit y ajouter une épithète précise, comme 93 HACHISCH ROUGE, c'est-à-dire la belladone, l'herbe empoisonnée".Le mot hachisch seul est attaché à une forme particulière, CANNABIS SATIVA ou chanvre et la drogue excitante tirée de sa résine.Mais il est difficile de croire que les "fumeurs de marijuana" actuels, les espèces de gâteux fatigués qui errent, apathiques, dans nos villes et nos universités, sont des successeurs spirituels de ces enthousiasmes que la drogue rendaient fous; qui, au mépris de leur sécurité, prenaient d'assaut des forteresses et se glissaient dans les places fortes de leurs ennemis.Si leur hachisch est vraiment l'équivalent du Cannabis, alors celui-ci doit représenter une drogue puissante.Nous pouvons maintenant faire remonter le mot grec KANNABISau summérien GAN, "Chapeau de champignon", suivit du mot qui signifie "rouge taché de blanc", dépeignant en d'autres termes l'Amanita muscaria .Il semble donc probable que le Canabis originel était le champignon sacré".Décidément notre pauvre chanvre indien n'est pas le Fils de Dieu et en le combattant nos législateurs ignorants ne savent même pas que ce qu'ils combattent c'est l'Amanita muscaria, cette cause de la révolte des Zélotes, ce puissant moteur révolutionnaire des Assassins, cette force si terrible, si dangereuse socialement que le "christianisme se purifia de l'holocauste et chassa ses drogués dans le désert comme hérétiques, se pliant tellement à la volonté de l'Etat qu'elle s'intégra complètement aux puissances gouvernantes". 94 Pour nous consoler, disons que le hachisch a ses petits titres de gloire.Ils correspondent aux signes de Terre, à la planète Saturne, aux arcanes de l'Hermite, de la Mort, du Diable et de la Lune dans le Tarot.C'est l'herbe de divination, de l'imagination, des voyages dans l'astral.Il a donc fallu près de 5,000 années pour que la plante sacrée, la plante d'immortalité, le SOMA éclatant, le Nectar des dieux deviennent la plante diabolique par excellence.Cette présence du diable est aisément explicable.Le champignon sacré figure toujours dans des recettes magiques en compagnie d'autres herbes moins mystiques et carrément dangereuses, telles que la jusquiame et la belladone.On ne prête qu'aux riches, même en botanique.L'Amanita muscaria, connue comme étant la plus ancienne et traditionnellement la plus "fantastique" a hérité bien injustement des vertus dangereuses de ses petites soeurs.Où en sommes-nous ?Il reste désormais à jeter le pont qui va relier telle drogue à telle autre drogue.Il n'existe pas, dans nos universités, de chaire de drogues comparées et c'est dommage.On pourrait, par exemple, tenter d'analyser les rapports qui existent entre le psilocybe mexicain et l'Amanita muscaria.On pourrait comparer évolution sociale et légende.On pourrait aussi placer quelque part notre Québec entre les Chamanes de Sibérie qui dansaient, tragiques en frappant sur leurs tambours divinatoires et les curanderos mexicains qui, dans leurs cabannes, bourrées de psilocybe tentaient de 96 mettre face à face les dieux et l'homme.Il faudrait relire nos vieilles légendes, nos vieilles chansons.Il faudrait ne pas faire comme Robert-Lionel Seguin dans sa "Sorcellerie au Québec du 17e au 19e siècle", excellente compilation historique mais linéaire et vidée de toutes visions un peu modernes.Ainsi, nous passerions moins vite que lui sur la légende du moissonneur qui moissonne si vite qu'on le soupçonne de magie; on lui vole sa faucille; on découvre un bouchon au bout du manche; on l'ouvre et une mouche s'en échappe.Une mouche?Cela ne rappelle-t-il pas le surnom de l'Amanite muscarie: Amanite tue-mouche.Cette fameuse mouche que l'on rencontre encore dans un commentaire de Marie de l'Incarnation qui soupçonne les "divagations mystiques" d'une de ses filles d'avoir été provoquée par les "mouches de l'enfer"; nous ne conclurions pas si vite, avec M.Seguin, que ces "mouches de l'enfer" sont les "ancêtres de nos feux-follets", De même, nous ne passerions pas trop vite devant cette légende québécoise qui veut que l'aiguillette, cette maladie de l'impuissance, soit guérie par l'urine.De quelle impuissance s'agit-il et de quelle urine?Car, inutile de se le cacher, il existe une drogue majeure québécoise.Ce pourrait être le tabac ou le chanvre qui poussent ici très bien.Je crois cependant qu'il faudrait aller chercher du côté de l'Amanita muscaria.Nous aurions alors un portrait de nous-même, une identité magique qui n'est pas encore prévue par le parti québécois.Cela fait, nous aurions encore à nous situer dans le monde.Serait-ce celui du champignon sacré, ce SOMA "qui procure à la cuve du ciel sa lumière solaire", ou celui que l'on peut voir dans un tableau de Bosch et qui représente la 97 98 Sainte Vierge, notre Mère nature (?), assise au milieu de son habitacle-champignon flamboyant?Ou celui de la fresque dite de "La tentation d'Adam et Eve" de Plaincourault.A moins que ce ne soit cet autre champignon, qui n'est pas fait pour redorer le blason bien terni du genre: celui de Hiroshima et de Nagasaki; ce champignon tueur d'hommes, ravageurs d'animaux terrestres et marins, brûleur de plantes; ce champignon que manient nos voisins américains avec une impudeur telle que cela ajoute encore à l'odieux de leur répression contre tout ceux qui tentent, avec le courage du Canabis, de revenir aux sources mêmes de l'humanité.Il y a de moins en moins de choix.Si nous ne gagnons pas, ce seront les Nixon, les Manson et les Wagner qui auront encore une fois raison.NOTES (1) LE CHAMPIGNON SACRE ET LA CROIX, par John M.Allegro — 300 pages — Albin Michel éditeur — Ce livre existe évidemment en anglais dans une édition de poche moins cher que l'édition française.En sous titre, ce livre porte la mention suivante: "Etude de la nature et des origines du christianisme dans les cultes de la fécondité du Proche-Orient ancient.SOMA, DIVINE MUSHROOM OF IMMORTALITY, par R.Gordon Wasson — 390 pages — nombreuses illustrations en couleur — Harvest — $9.00 environ.Ce livre n'est pas disponible en français, sauf erreur.2) CHAMPIGNONS DE L'EST DU CANADA ET DES ETATS-UNIS, par René Pomerleau - 300 pages -nombreuses illustrations - Chantecler éditeur.Cet ouvrage est remarquable sous bien des points de vue. 99 3) MUSHROOM, par Albert Pilat - SPRING BOOK, London NW 5.Il ne semble pas y avoir d'édition française.Pilat compare, avec justesse, le "poison" de l'Amanita muscaria, au "poison" contenu dans le peyotl; il ne faut pas entendre "poison" dans le sens chimique mais bien dans le sens des effets qu'il procure.Cette comparaison avec le peyotl est d'autant plus intéressante que l'Amanite muscaria, tout comme le peyotl, a été utilisé comme "drogue sacrée".4) DOGME ET RITUEL DE HAUTE MAGIE, par Eliphas Lévi — éditions Niclaus — Paris.Ce livre, souvent admirable, contient aussi le pire, surtout en ce qui concerne les plantes, domaine dans lequel Eliphas Lévi était complètement ignorant.Pourtant, le mage a des intuitions étonnantes, comme celle d'appeler le crapaud le "champignon animal".Mais il néglige complètement le rôle des simples dans les religions.5) Voici les zones de répartitions de l'Amanita muscaria par tribu sibérienne.Les chiffres se rapportent à ceux inscrits sur la carte de la page 80.1) Tchouktches — 2) Koriaks - 3) loukaghirs - 4) Kamtchadales — 5) Ostiaks de l'ienissei — 6) Ostiaks samoyaèdes — 7) Vogoules — 8) Ostiaks de l'Ob — 9) Tchérémisses — 10) Mordves.fa?rVeH»c7^tUr*: Maria Pr«»ynska dont la spécialité est de t?».m c.hamP'9nons de toutes sortes en céramique- elle Not?;l.,r3aemte,erM0oent^,StaSh'S °" Market' 338 '« delà baie james avec imour Par Merrily Paskal Le projet gouvernemental de la Baie James a pour résultat direct de détruire une grande partie de la balance écologique de la région.Non seulement l'économie naturelle mais l'économie humaine.Merrily Paskal a été visiter Fort George pour y rencontrer des Indiens et des Eskimos. 102 Merrily dans l'hélicoptère en direction de Fort George.En juillet dernier, je suis partie à Fort George (Québec), une installation indienne sur la côte de la Baie James.J'allais, en compagnie de Gilbert (un Indien Crée), faire un programme de radio sur la façon dont les Indiens vivent.Gilbert, en fait, retournait chez lui pour y revoir, après des années, sa famille: père, mère, frères, soeurs, cousins .27 parent à différents degrés en tout.J'y allais, moi, pour apprendre quelque chose, ne sachant rien sur le sujet .même pas comment on se rend à Fort George.Pour y aller, on prend un avion jusqu'à Val d'Or (Air Canada); puis on continue, si le temps le permet, par Air Fecto.Quand nous sommes arrivés à Val d'Or, le temps était mauvais.Nous avons du passer la nuit à l'hôtel: The Continental Hotel: $5.la nuit pour une chambre à une personne et $6.pour une chambre à deux.Arrivés à Fort George, Gilbert s'installa chez sa coeur et me trouva une chambre à la résidence des professeurs.J'étais un peu nerveuse parce que je ne connaissais personne, à l'exclusion de Gilbert.Je l'étais surtout (au point de me sentir un peu paranoiaque) parce que je me sentais BLANCHE, une de ces Blancs exploiteurs qui étaient en train de fourrer une fois de plus les Indiens avec le projet de l'Hydro-Québec.Les récipiendaires de ces lettres sont Tom, mon bonhomme et Kim, l'une de mes petites filles. 103 PREMIERE LETTRE - Cher Tom, Salutations! Il y a environ 1400 personnes à Fort George et Gilbert connait tous les non-Blancs (Indiens ou Eskimos).Ses amis lui ont fait un accueil plein de rires à l'aéroport qui se trouve à environ 10 minutes à pied de la ville.Puis, nous avons passé un bon quatre heures à voyager en camion d'une maison à l'autre, accompagnés par une bande d'enfants et deux jeunes nièces de Gilbert.Inutile de frapper aux portes; on entre; on dit "Watcha"; on se sert la main.Gilbert alors n'a plus qu'à écouter une conversation pétillante.Mais pas de ces longs silences comme lors de la signature d'un traité .au contraire, beaucoup, beaucoup de mots.Les vieilles maisons où vivent les Indiens sont belles; elles ressemblent à des maisons dans le style colonial "canadien français".Les plus récentes ressemblent à des clapiers; les façades sont fausses; ce sont des "taudis instantannés" construits et vendus pour 14,000 dollars par la "Roman Catholic Mission".Les maisons eskimos ont une grande pièce, un grand poêle au milieu et des tas de lits partout.Je me suis sentie très seule au début, mais je commence à me sentir mieux.Les gens sont aimables avec moi; cependant, je me sens comme un centre d'intérêt très provisoire; je suis une "passante".Il m'arrive de me sentir très inconfortable, moins que je ne le prévoyais cependant.De ma fenêtre, je puis voir la rivière et la baie.Le son que l'on entend le plus fréquemment est celui des avions.Où je suis, il y a l'eau courante, un bain, pas de moustiques et une brise fraîche.Impossible de faire le moindre programme de radio sans Gilbert car les Indiens, quand ils sont avec des Blancs, répondent toujours "Je ne sais pas".De surcroît, les plus vieux Crée ne parlent que leur langue propre.DEUXIEME LETTRE- Chère Kim, n gros baiser pour toi.C'est bien sûr que tu me manques t ta soeur aussi, et aussi cette grosse bête poilue qu'est ton 104 papa.Je ne t'écris pas pour faire "Bou hou", mais pour te raconter ce que je vois ici.Je n'ai pas encore vu grand chose parce que ça fait seulement deux jours que je suis ici.Je t'en dirai plus une autre fois.J'ai vu (au moins) cinquante énormes chiens huskies .qui ne ressemblent pas à ceux que nous avons chez nous.Ils sont plus grands, plus longs et tous de couleurs différentes.La plupart d'entre eux sont attachés à une chaine.Cependant, beaucoup de gens ont des chiens avec des yeux en boule de loto.Ce sont des chiens qu'ils gardent chez eux.Il n'y a qu'une automobile ici.Par contre, il y a beaucoup de camions qui appartiennent aux Compagnies.On entend toute la journée des avions et des hélicoptères parce que c'est la seule façon dont on peut venir ici ou en repartir, à l'exception des canoes et d'une grosse péniche qui vient de Montréal (800 milles).Les Indiens disent que les avions effraient les oies sauvages.Gilbert m'a amenée visiter beaucoup de gens qui vivent ici.La plupart des Indiens et des Eskimos sont polis, mais pas vraiment gentils avec les Blancs qui viennent du Sud parce que pour eux, les Blancs se sont des patrons qui le tirent de gauche et de droite et qui ne les laissent pas vivre la vie qu'ils veulent.Cependant, les enfants sont tous très gentils.J'ai mangé de l'oie.C'est délicieux mais très gras; de telle sorte que j'ai eu mal à l'estomac durant la nuit.J'ai beaucoup de plaisir à t'écrire, ma chérie et j'espère que tu peux lire mon écriture.La nourriture coûte très cher ici parce qu'elle vient par avion et qu'elle est revendue par la HUDSON BAY.Un pain coûte 75 cents et une douzaine d'oeufs $1.25.Quand il arrive une caisse d'orange, elles disparaissent le même jour quoiqu'elles coûtent 35 cents pour deux oranges.J'ai aussi vu une peau de phoque qui séchait sur le croquis.Il faut la graisser derrière pour qu'elle reste souple.Il y a aussi un tas de tepees mais, maintenant, ils ne sont plus recouverts de peaux mais de vieux plastiques. 105 106 Il est maintenant 6 heures du soir.Il fait très clair et il y a beaucoup de soleil.Il fera clair comme ça jusqu'à 11 heures et le soleil se relèvera, demain matin, dès 3 heures.Je ne sais pas pourquoi; c'est comme ça! Mais je jurerais que papa le sait.Un garçon qui fait des explorations en canoë m'a dit qu'il a vu un phoque et une baleine.La soeur de Gilbert m'a dit qu'il arrive souvent que l'on voit des baleines en train de jouer dans la mer.J'aimerais beaucoup assister à ce spectacle.Dis à papa que j'ai un très joli fourneau pour faire de la cuisine là où je vis.TROISIEME LETTRE - Cher Tom, Je t'écris tôt le matin comme ça je puis échapper au brouhaha continuel des enfants.Je pense à vous tous avec beaucoup d'amour.J'espère que des tas de choses heureuses surgissent autour de toi, des enfants, de ton travail, de ta tête et de ton corps.Je vais bien.J'ai enfin arrêté d'attendre quelque chose, ce que je faisais les premiers jours.J'ai enfin compris que Gilbert doit aller lentement.Il doit d'abord montrer clairement qu'il est revenu chez lui, qu'il n'a pas changé, qu'il est un Indien, un ami.Il aide le monde qu'il connait, il répare des stéréo-cassettes, il passe beaucoup de temps avec: sa famille, il garde les enfants, il mange, il coupe du bois.Cet endroit a été tant et tant pollué par des journalistes qui mettent leur nez partout.Vraiment, LUI, il ne peut pas faire la même chose.Il me semble que l'on voit MIEUX ici.Mes cheveux sont PLUS rouges, ma jaquette de l'armée PLUS verte, l'herbe brille selon un prisme rouge-bleu-jaune.Toutes les subtilités des couleurs deviennent comme apparentes.Je vous embrasse tous. 107 TROISIEME JOUR - Je me suis levée, j'ai pris un bain, j'enfilai mes jeans, ma chemise, mon chandail, des chaussons épais et des bottes, je suis sortie dehors où soufflait un délicieux vent frais.J'ai marché une centaine de verges jusqu'au cimetière et je me suis mise à prendre des photos des tombes.En particulier, j'ai photographié une tombe très triste, celle d'une petite fille de 3 ans.Sur la pierre il y avait des mots en anglais et en crée.L'une d'entre elles était amusante: celle de Samuel Loutitt, mort à l'âge de 82 ans, avec une grosse pierre tombale.Généralement, les tombes sont ornées d'une croix en bois et souvent elles sont entourées avec une petite barrière.La tombe de ce brave Samuel avait été construite par "ses fils, employés par la Baie d'Hudson".J'ai pris une douzaine de très bonnes photos et d'autant plus à l'aise qu'au cimetière personne ne tourne la tête pour se cacher, comme font souvent les Indiens.On ne peut pas les blâmer; après tout, ce ne sont alors que des "objets pour touristes" et ils le savent.Je suis aussi allée visiter Lucy Salt pour choisir quelques colliers de perles qu'elle fait en se basant sur l'AMERICAN BEADWORK, livre que nous avions vu à Berkely dans un magasin d'artisanat.Elle vit dans une maison aussi pauvre que celle de Jeanne, en bas de la rue près de chez nous, moins la laveuse automatique et autres frissons ménagers.Je suis ensuite allée au magasin de la HUDSON BAY pour acheter du spaghetti avec boules de viande, quelques oranges, du consommé et des oeufs.Les fruits frais et les légumes arrivent difficilement jusqu'ici.Tout le monde attend avec impatience l'arrivée des baies, au mois d'août.Si les Indiens n'avaient pas ce qu'ils trappent, chassent ou pèchent, ils mourraient certainement de faim à considérer tout le plastique vendu dans les magasins de la HUDSON BAY.Les Indiens mangent généralement du poisson, de l'oie, du lapin, du canard, du caribou, du phoque, de l'ours et des baies sauvages. 110 Je suis revenue à la maison avec Violette, la nièce de Gilbert qui est une adolescente.Les adolescents et les enfants sont les seuls qui me paraissent ici, libres: pas d'enfants à prendre soin, pas de travail sinon quelques ouvrages ménagers, pas de hung-up au sujet des races, des couleurs et toutes ces histoires.Je suis allée sur la place où j'ai trouvé "ma" place.J'ai fumé un joint.J'ai regardé le soleil qui descendait peu à peu à l'horizon.J'ai observé aussi un hélicoptère qui descendait et remontait dans le ciel, puis j'ai eu froid et je suis rentrée à la maison qui sentait bon l'oie grillée.J'espère qu'on va m'en donner! Comme c'est plein de paix ici.Comme c'est bon d'être seule mais je ne suis pas chez moi et le travail va très lentement.CINQUIEME JOUR - Gilbert, Bille B., Mike, Sam, Billy N., viennent me chercher à 8 heures du matin pour aller chasser et pêcher.Je mets sur moi tous les habits que je possède.Le canoë est surchargé: tout le monde a un énorme sac à dos, il y a des fusils, des cannes à pêche, des bâches.Gilbert m'a donné des vêtements imperméables, tout le monde porte des tuques, des chapeaux de pluie, des bottes hautes.Il fait très beau et je ne sais pas du tout ce qui va arriver.Le canoë est l'un de ceux que font les Indiens de Great Whale.Je regarde l'eau en m'attendant à une sorte d'excursion dominicale; Billy B.conduit, chevauchant à travers les vagues, sautant de l'une à l'autre, tombant dans des trous en en ressortant, une pluie d'eau en écume mouillant tout ce qui se trouve dans le canoe.Billy me montre comment me préserver avec la bâche et je me souviens d'un seul coup de ces figures mystérieuses, à moitié couverte que l'on voit dans des canoes à Kiamika.Nous descendons la Rivière Fort George pour aller dans la baie James.Le vent est fort, les vagues sont hautes.On cahotte ainsi durant trois heures et on s'arrête enfin pour manger.On a tué un canard; on me presse de le préparer.Je commence à le plumer; il est encore tout chaud et ses yeux me paraissent presqu'humain.Les garçons se moquent de 111 moi; ils me disent de ne pas continuer; de toute façon, il y en a assez à manger dans les sacs.Après manger, nous parlons du sud.Tout le monde, sauf Mike, connait Montréal et même, à Montréal, le BOILER ROOM.Puis les garçons posent des coquilles vides sur une roche et se mettent à les viser avec leurs fusils.Billy B.en attrape une de 1" de long sur 1/2" de large, à 200 verges."Même John Wayne, dit-il, ne peut pas faire ça".On vide les canoes.On fait un portage: 700 livres sur les épaules des garçons.Nous sommes maintenant sur les territoires du Nord-ouest; l'eau est salée.Parfois nous allons très vite, parfois nous naviguons très lentement selon la force du courant.Billy B.se tient au devant du canoë et prévient ainsi les rochers qui se trouvent devant.On arrive à une île où la famille de Billy B.campe depuis quelques semaines pour pêcher et chasser.Ils ont des filets et attrapent des tas de poissons blancs et des truites.Nous allons les visiter et ils nous offrent le thé.L'accueil est chaud et charmant.Je me couche par terre sur une couverture, je ressens tout le plaisir d'être dehors, confronté avec l'air frais et vivifiant, après l'exercice.Le soleil se couche.On a péché un peu et nous avons attrapé quelques truites et un autre canard.Il est 9 heures du soir.On discute pour savoir si l'on va passer la nuit sous les canoes renversés et couverts de bâches, avec des pierres chauffées pour tiédir la nuit.On décide qu'il vaut mieux rentrer.Auparavant, nous retournons vers le wigwam.Les poissons, que nous avions vus en train de sécher, sont maintenant en train de fumer sur un feu.La grand'mère de Billy pose de grands plats de poissons devant chacun de nous.Les poissons sont complètement ouverts.Elle donne aux hommes, avec familiarité, des sacs de magasinage qu'ils remplissent de poissons.Ils lui donnent en échange des cigarettes.Tout le monde parle à la grand'mère avec respect.Nous retournons au canoe.Billy B.me dit de ne pas m'endormir tout simplement couchée sous une bâche.Il demande à Gilbert de m'envelopper complètement car la nuit est froide.Nous revenons bien vite.Il est plus facile de revenir car le vent est moins fort.Je gigotte dans la bâche jusqu'au moment où Gilbert suggère 114 de regarder le ciel.La lune est juste devant nous et le soleil derrière qui ressemble à une boule rose fluorescente.Je me cache complètement sour la bâche et je m'amuse à sentir le mouvement des vagues.Billy me montre les directions de la rivière et la direction de la maison.Très loin, on devine maintenant les lumières de Fort George.J'ai froid jusqu'aux os, mais je ne me sens pas trop mal parce que Billy me demande régulièrement "Froid?" et que je réponds "Juste un peu".Nous arrivons enfin.Il faut encore décharger le canoë et mettre les bâches à sécher.Tout est noir sauf la lune qui brille.On me dit d'aller prendre un bain chaud.Je fais la moitié de la route jusqu'à la maison en compagnie de Gilbert, puis seule.Sur le chemin, deux filles m'appellent "Grace", parce que je porte ses vêtements imperméables.Il est 11 heures 30.Je prends enfin mon bain et m'endors immédiatement après, comme un loir.UNE SEMAINE PLUS TARD - Les choses se dessinent lentement.J'ai fumé, l'autre soir, avec Gilbert et un de ses amis, John.John est une sorte de génie sociologue.Il m'a fait comprendre des choses et je me sens moins paranoiaque.J'espère que je vais pouvoir écrire ce qu'il m'a dit.Nous sommes dans un petit village.Il y a environ 1,200 habitants.Indiens et Eskimos; John, comme Gilbert, est un mélange indien eskimo.Comme le village est très petit, les règles strictes, lesquelles sont faites pour protéger la famille.On peut tout faire dans ce village, à condition d'être discret.Personne ne parle, personne ne dit rien quoique tout le monde sait ce qui se passe.Par exemple, si vous voyez quelqu'un faire l'amour à la femme de quelqu'un d'autre, vous ne direz rien parce que ce pourrait bien être LUI qui VOUS verrait demain dans la même situation.Vous pouvez taquiner celui que vous avez découvert, mais vous ne pouvez pas le dénoncer.Des jeunes gens, filles et garçons, peuvent faire l'amour quand bien même ils ne sont pas mariés; mais cela se fait dans les buissons quand les parents sont loin.En aucun cas, on ne peut distinguer qu'ils ont des rapport ensembles, quand ils sont en public; ils ne se 115 116 sourieront même pas.Si la fille est enceinte, les parents lui demanderont qui est le garçon.Elle le nomme (john dit qu'en fait elle peut dire n'importe qui) et si la famille de la fille trouve que c'est un bon homme, elle va le poursuivre pour qu'il épouse leur enfant.Une fois marié, un couple est indissoluble; aucune femme ne peut quitter son mari, ni aucun mari sa femme.Dans un tel village, il n'y a qu'un homme blanc qui peut quitter sa femme.Les célibataires des deux sexes ne sont pas supposés faire l'amour avec des gens mariés, sans doute par souci d'équilibre familial.Les enfants sont très importants et l'on m'a demandé, d'ailleurs souvent, de montrer les photos des miens.Les gens dans ces petits villages sont des observateurs consommés.Ils savent lire les gestes, les expressions, même la routine.Ils savent tous ce que font tous les autres.Mais personne ne dit rien.C'est avoir le "contrôle de soi", cela (avec l'habileté, la force et l'intelligence) est placé en tant que vertu, plus haut que la beauté en ce qui concerne un choix à faire pour un compagnon, un époux, etc .Il en résulte que les inter-actions entre gens sont extrêmement compliquées et subtiles.Un seul geste, une seule phrase peut être le point culminant d'une année entière d'attente. 117 John dit que, lorsqu'il va au sud, les hommes et les femmes courant l'un vers l'autre, se caressant, s'embrassant, l'embarasse beaucoup.Un garçon me raconte que sa femme a été approchée par un autre homme qui voulait lui faire savoir qu'il désirait lui faire l'amour.— Comment l'a-t-il approchée, lui ai-je demandé?— Il lui a souri quand il est entré dans la maison, mais de derrière l'étagère.D'une certaine façon, un village comme Fort George est un peu comme un camp de vacances d'adolescents.Les filles restent ensemble.On ne laisse pas voir qui on aime.Les hommes cachent leurs bouteilles dans les bois parce qu'ils n'ont pas le droit de boire à la maison.Les femmes ne disent trop rien quand les hommes fument parce que ça les rend amicaux; mais elles n'aiment pas l'alcool.Les hommes aiment aussi fumer, mais il est fort difficile pour eux de trouver du stock.Toutes ces nuances font que la vie est plus épicée et, à en croire John, personne ne peut se fâcher puisque personne 118 n'est blessé .tant que les choses sont discrètes.Ici, "Etre discret" est tout un art et tout un jeu car tout le monde a de bons yeux, de bonnes oreilles et un esprit capable de faire les liens, fussent-ils minuscules.En ce qui concerne John, Il se querelle avec sa femme autant qu'ils font l'amour ensemble.Mais ils ne peuvent faire l'amour que la nuit, car ils vivent avec des parents, un autre couple et des enfants, tout ça dans trois chambres.Pour "être discrets" il faut garder son bandage pour la noirceur.Maintenant je comprends pourquoi je ressentais de si étranges vibrations quand je me promenais dans le village en envoyant des sourires à tout le monde.Merci mon Dieu de ne pas comprendre le Crée, sinon je me serais sans doute enfoncée dix pieds sous terre.UN POEME POUR TOM - C'est plutôt compliqué ici mais je ne vois trop rien comme ce genre de rire-paroles et vive l'amour que nous faisons gelés à mort ensemble Mais il y a ici de si nombreuses choses que je ne sais et que tout le monde sait.Je ne vois jamais les canards qui volent.Je ne vois jamais les scènes amusantes dans les films 'B' que l'on passe à la Mission.Je ne vois pas où ça blesse.Ici, j'ai appris combien culturellement "déterminée" je suis.Conditionnée à avoir peur dans le noir Conditionnée à s'inquiéter pour une chose qu'on vous vole Conditionnée à remplir l'espace avec des paroles Conditionnée à paraître mignonne Conditionnée à ci à ça Conditionnée à croire que les Blancs sont une race supérieure.Ici, aucun de ces conditionnements ne marche. 119 Avoir envie de faire l'amour est une douce faim.Economiser les anciens besoin est une fonction qui consiste à mettre en valeur un ancien genre de vie, une "survivance du passé".Madame Bearckin savait exactement combien elle avait besoin de poissons pour passer l'hiver et elle pouvait donner, le coeur léger, tout le reste."Quand un Indien a besoin de quelque chose, il le demande à son frère et cela lui est donné": Jackie Bullfrog.Les Indiens n'enseignent rien par la parole; ils donnent l'exemple.Quand il s'agit de survivance, quand une personne est apte à assumer la responsabilité car la survivance de UN est la survivance de TOUS, on dessine un ensemble et l'on sait dans le détail.Si l'on vit seul on peut vivre dans le désordre car on sait ce qu'est son désordre.Quand vous avancez en communion avec la nature, le temps humain n'a plus de sens.Quand le vent est lent, vous voyagez.Quand il y a des tempêtes et de la pluie, vous dormez.On peut aussi bien naviguer le jour que la nuit.On peut dormir le jour ou la nuit.Quand on a faim on attrape de la nourriture et on mange et quand on n'a rien à manger, on cherche où est la nourriture.L'exercice n'est pas une chose imposée mais une façon de vivre.Il y a aussi les gestes routiniers mais ce sont encore l'expression du flot de la nature et tout change avec les saisons et le temps.Les policiers ne sont pas nécessaires parce que chacun est relié à chacun.Chacun sait de qui il faut craindre quoi et quand.Et il est certainement plus pénible de mourir que de sentir cet ostracisme général qui stigmatise celui qui a brisé la règle.Le concensus communautaire est une arme de dissuasion efficace.Enfin tous les jeunes de Fort George portent des jeans et ont les cheveux longs.Si vous allez faire un tour dans le nord, n'oubliez pas d'emporter avec vous, votre dope.Merrily Paskal 120 123 127 128 Il nous a paru opportun de publier un deuxième article sur la cocaine.On y trouvera quelques détails supplémentaires sur la "drogue du diable" selon les uns et la "drogue ailée" selon les autres.On y apprendra en tout cas que les fabricants de produits chimiques ont fait beaucoup d'argent avec la cocaine comme d'autres en font, aujourd'hui avec les speeds. 129 par CHARLES PERRY Né sous les ailes de deux feuilles de coca, j'ai volé parmi les splendeurs de 77,438 mots et l'un était plus éclatant que l'autre.Je préfère une vie de dix ans avec du coca qu'une vie de cent ans sans.Il me semblait que j'étais comme séparé du monde entier et que j'étais le possesseur des images les plus étranges, les plus belles en couleurs et en formes que l'on puisse imaginer.Paolo Mantegazza, 1959 130 Préférer une vie de dix ans avec à une vie de cent ans sans, est une affirmation qui dépasse l'ordinaire.Il n'y a pas un fumeur de marijuana, même le plus fanatique, qui tiendrait un tel langage.Mais la cocaine, en effet, est une substance qui peut remplacer le monde.Et combien d'usagers n'affirment-ils pas qu'ils ne sont plus capable de comprendre ce qu'ils étaient AVANT le soir de leur première prise, au point que toutes les choses de la vie leur paraissent pâle mise en comparaison avec la petite pincée de poudre blanche.On a conduit, cette année, un test de laboratoire qui semble montrer que la cocaine est de toutes les drogues celle qui procure le plus de plaisir.On donna à des rats des échantillons de différentes drogues et on les habitua à en redemander quand ils le désiraient en appuyant sur un petit levier.Pour avoir de la caféine, un rat peut appuyer quelques 250 fois sur le levier.Il peut faire le même geste près de 4,000 fois pour de l'héroine.Mais pour de la cocaine, on l'a vu appuyer 10,000! .Avec un tel pouvoir d'attraction, la cocaine n'a pas besoin d'être addictive, comme l'héroine peut l'être.On peut tout simplement rester accroché tout en croyant que l'on contrôle parfaitement et volontairement ses besoins.Pour des raisons diverses, il y avait plus de preneurs de cocaine en Amérique du Nord qu'en Amérique du Sud d'où la drogue vient.En fait la cocaine pouvait être obtenue sur prescription dans toutes les bonnes pharmacies, soit sous forme de médicaments patentés, soit sous forme de liqueurs douces.L'explosion de la cocaine vit le jour dans les années 1880, soutenue d'ailleurs par des docteurs enthousiastes. 131 TOUS LES AUTRES SONT FOUS Le coca est natif des Andes.C'est un arbuste qui a été cultivé de temps immémorable.On connait d'innombrables dessins incas qui figurent des têtes humaines les joues gonflées par des feuilles de coca.Le coca faisait alors partie intégrante de la religion d'Etat.C'était un don de Manco Capac, le fils royal du Soleil, à l'humanité.Quand il accédait au trône, le nouveau roi des Incas recevait le tribu des femmes et du coca, les deux grandes formes de la richesse.Loin de s'éteindre après la conquête espagnole, la culture du coca augmenta.Les Indiens se mirent à mâcher les feuilles de l'arbuste pour deux raisons majeures.La première, d'ordre spirituel, trouvait sa source dans le besoin d'oubli que les Indigènes ressentaient après l'éclatement de leur Empire.La seconde, d'ordre pratique, était un manque de nourriture, le coca supprimant le sentiment de la faim.La raison profonde était sans doute différente.Les Indiens se mirent à mâcher des feuilles de coca pour pouvoir résister aux travaux forcés que leur imposaient les Espagnols.Avec l'aide do coca, ils pouvaient travailler fort et longtemps, sans avoir besoin d'un gros soutien alimentaire.Sans doute leur vie était courte.Mais elle leur semblait plus supportable.Il y a encore des tribus, dans les jungles de Colombie, qui mâchent des feuilles de coca pour leurs effets purement physiques, de même les Péruviens au milieu de leurs difficiles environnements de montagne.Il y a des tribus de chasseurs primitives qui prennent du coca quand ils partent en expédition, dans le but de résister mieux 132 METGALF'S WINE 133 à la fatigue et à la faim.On connait au moins UNE tribu, les KOGI, qui mâchent le coca pour des motifs purement religieux.Ils se considèrent comme les descendants des artisans de l'Empire détruit par les Espagnols.Une sorte de folie par le coca leur aurait permis de préserver complètement leur culture à travers les quatre siècles et demi de domination espagnole.Ils ont des prêtres de coca, nommés MAMA; les femmes sont rigoureusement excluse du culte du coca.Chaque homme adulte porte sur lui une POPOPRA, sorte de gourde qui renferme une mixture de feuilles de coca et de jus de citron filtré à travers des cendres (ce qui rend plus rapide l'absorption du coca par l'organisme).On considère que toutes les frustrations humaines sont enfermées dans cette gourde.Les principes de la religion KOGI ont été résumés ainsi par un anthropologue: "Ne rien manger que du coca; abstinence sexuelle complète; ne jamais dormir; parler toute sa vie durant avec ses ancêtres; leur dédier des chants; danser et prier; vivre une bonne vie avant de retourner dans le royaume de la Mère Nature.Les hommes KOGI sont généralement considérés comme ayant une sorte de mentalité obsessive qui les font regarder tout le reste du monde comme fou.LE NEZ DE FREUD Les premières feuilles de coca furent amenées en Europe par Nicolas Monardes, dès 1580; arrivées en Espagne, elles y restèrent et le reste du Continent ignora complètement la plante.La cocaine fut 134 isolée en 1859 par un savant viennois.Après quelques discussions, la cocaine fut acceptée comme ayant des propriétés médicales et l'on vit apparaître sur le marché de la grande consommation une préparation de vin et de feuilles de coca appelée le VIN MARI ANI.Aux Etats-Unis, le coca déclencha un enthousiasme plus fort qu'en Europe et, dans les années 1870, le corps médical entier en vanta les mérites.On vit apparaître des articles fort sérieux, ainsi le BOSTON MEDICAL AND SURGERY JOURNAL publia des commentaires sur l'emploi de la cocaine .dans le traitement de la mélancolie.Ce fut l'un de ces articles qui déclencha le rush total.Cet article fut publié dans THE THERAPEUTIC GAZETTE OF DETROIT, en 1880, sous la signature d'un médecin de Rockfort, Illinois.Cet article fut lut par un jeune médecin viennois, Sigmund Freud.On connait les rapports de l'inventeur de la psychanalyse moderne avec la cocaine.On connait aussi les découvertes de Cari Koller qui mit en évidence les propriétés anesthésiques de la nouvelle drogue.Pour mieux comprendre l'importance de cette dernière découverte, il faut rappeler que les opérations chirurgicales se déroulaient alors avec le seul secours de l'éther et de l'alcool.Le mot se mit à faire le tour du monde.On commença à opérer sous l'effet de la cocaine.Le médecin américain, Parke Davis reconnut alors les , deux théories, celle de Freud et celle de Koller; dans une monographie sur la "drogue 135 ) The Sum of Clinical Expérience Destitutes Glyco-Herotn (Smith) i as a Respiratory Sedative Superior In AD Respect* to the Prep*- C rations of Opium, Morphine, Codeine and Other Narcotics and withal-devoid of the toxic or depressing effects which characterize the latter when given in aoses sufficient to reduce the reflex irritability of the bronchial, tracheal and.laryngeal mucous membranes.THE PROBLEM of administering Heroin in proper dose* in inch torn a* will .rive the therapeutic virtue* of this drug full sway, and will auit the paJatc of the inoft exacting adult or the moat capnci*ua child HAS BEEN SOLVED BY the pharmaceutical compound known as sGLYCOHEROIN(Smith) 11 G,-'™'H««™ (Snrai „ the aiiev,."hat\T.I »¦» «ta«d by numerous clinical studies that have appeared in the medical journal, within the past fct> yean.Scientifically Compounded.Scientifically Conceived.CLYCO-HEROIN (SMITH) simply stands upon Its merits before the profession, ready to prove Its efficacy to all who are Interested In the advances In the art ol medication.NOTES.Gltio-Hkboin CSattTlO is aupplinl to the drue-frist in aixteen ounce riispensint: bottles only.The quantity ordinarily prescribed by the pbyaiciau i-nvo, three or tour ounces.DOSE.The adult dose of ci wo.il i roin (Shitr) is one teaapoonful.repeated every two hours or at longer intervals, as the case may require.Children often o- more years, from a quarter to a half teaspoonful.Children of three yeera or more, five to ten drops.THOMAS Christy 4CO„ J Ol» lui, UMla T-t.i.|r., london.I.C.Samples and Literature.MARTIN H.SMITH A CO.Chemists, hkw yonk city., Supplied on Request V 136 miraculeuse", on peut trouver ce passage: "La cocaine peut, disent-ils, remplacer la nourriture, rendre le peureux courageux, elle peut donner au silence de l'éloquence; elle libère de leurs habitudes les alcooliques et les preneurs d'opium; en tant qu'anesthésique, elle permet au patient de ne plus sentir sa peine.La cocaine devint une manie d'un seul coup.Des jeunes citadins élégants prisaient la cocaine ouvertement dans les théâtres.Puis on commença de s'apercevoir que la cocaine avait, disons, quelques inconvénients.D'un côté on vit que prise trop souvent, elle produisait un rétrécissement des veines et par là même causait des perforations nasales, puisqu'on l'appliquait dans le nez.D'un autre côté, on nota les premiers cas d'intoxication.Finalement, on abandonna très vite la cocaine comme anesthésique chirurgical car il était trop difficile d'en contrôler les effets.De même, la cocaine était néfaste pour certains tissus, dont la cornée des yeux.SHERLOCK HOLMES ET MR.HYDE .Naturellement les usagers de la cocaine entrèrent très vite dans la littérature.Dans un des Sherlock Holmes de première veine, "A Scandai in Bohemia", Holmes est décrit par le Dr.Watson comme "Hésitant de semaine en semaine entre la cocaine et l'ambition".De son côté, Sherlock Holmes justifie son habitude en ces termes: "Mon esprit se refuse au repos.Donnez-moi des problèmes, trouvez-moi des travaux, proposez-moi les plus compliqués cryptogrammes ou les analyses les plus embrouillées, et me voilà dans ma propre atmosphère.Je pourrais encore me passer de 137 stimulants artificiels.Mais j'abhorre la routine de la vie" (The Sign of the Four).En d'autres termes, ce n'est que quand il était sur un "cas" qu'il pouvait se passer de cocaine.On a déjà beaucoup écrit sur le cas de Sherlock Holmes.Ainsi, on s'est posé la question de savoir si A.Conon Doyle a tracé le portrait de son héros cocainomane en observant les effets de la cocaine sur les autres ou sur lui-même.Pour certains, Sherlock Holmes ne peut pas être un gros preneur de cocaine.Watson parle de Holmes qui prend de la cocaïne trois fois par jour, ce qui est loin d'être un record.Pour un critique comme Edmund Watson, l'habitude de Sherlock Holmes de prendre de la cocaine n'est guère différente de sa manie de jouer du violon; Doyle les a voulues toutes les deux pour donner comme une brisure humaine à l'impossibilité intellectuelle de son héros; le critique appuie sa théorie sur des phrases comme: "Si l'on accepte la cocaine, il n'avait pas de vice" (Watson parlant de Holmes).D'autres critiques cependant voient des indices de paranoia avancée dues à la cocaine dans des livres comme "The Final Problem"(1890).On y lit que Holmes se déguise partout où il est, convaincu que le méchant Dr.Moriaty le suit partout.C'est à cette date, et après la parution de ce livre, que Holmes disparut de la circulation pour deux ans.Quand Conan Doyle publia un autre Sherlock Holmes, celui-ci avait été guéri de "son seul vice".On suspecte un autre héros de ce même temps comme ayant été un adepte de la cocaine.Robert Louis Stevenson écrivit la première version de son célèbre "Dr.Jekyll and Mr.Hyde" en trois nuits.On suggéra — jusque dans le très sérieux 138 C.L.MITCHELL,, M.D.1016 Cherry St-.PHILAJDEl-PHIA.Les illustrations qui illustrent cet article sur la cocaine sont des annonces publicitaires tirées de journaux médicaux américains. 139 140 JOURNAL OF THE AMERICAN ASSOCIATION — que le livre devait quelque chose au fait que Stevenson était alors traité à la cocaine pour une infection tuberculeuse dont il était atteint.Il se peut, en effet, que la rapidité avec laquelle le livre fut écrit rappelle une excitation due à une drogue stimulante.Cependant on doit se rappeler que Stevenson était alors talonné par un urgent besoin d'argent et qu'il rêvait (littéralement) d'écrire un roman à succès qui lui en rapporterait en grande quantité.Les deux ne sont pas contradictoires et l'on a pu voir en France, Balzac faire de même en se maintenant en état d'éveil par la caféine.Cependant, on ne peut considérer que comme peu probable, le fait que la fameuse "potion" qu'absorbe le charmant Docteur Jekyll pour se transformer en méchant Docteur Hyde soit précisément de la cocaine.Il se peut que Stevenson fut traité à la cocaine mais ce dut être d'une façon extrêmement brève.Son docteur, Thomas Scott Bradley, qui ne cache nullement avoir administré de la morphine à Stevenson, ne mentionne jamais la cocaine.En fait, on peut assurer que Stevenson n'était pas en mesure directe de connaître les effets dégénérateurs de la cocaine utilisée à dose massive.A part cela, dans la première version, la "potion" ne change ni la personnalité du docteur, moins encore son métabolisme.La "potion" ne change que son apparence, de telle sorte que le "respectable" docteur peut perpétrer sans risque ce qu'il veut CONSCIEMMENT faire, même en tant que docteur Jekyll.Ce n'est que dans la seconde version que l'allégorie de la potion CHANGEANT la personnalité du docteur vit le jour.Cependant, il faut dire que cette seconde version fut aussi écrite en trois jours . 141 Usagers de cocaine ou non, ni Conan Doyle, ni Stevenson ne furent considérés de leur temps comme des "drogués".Du moins selon le stéréotype victorien qui voit seulement la morphine comme étant LA drogue.Les deux écrivains étaient parfaitement honorables et acceptés comme tels par les yeux du public.Stevenson, un Ecossais avec un arrière-plan fort de calvinisme, écrivait régulièrement sur la double personnalité, résidu de son éducation axée sur le sens du péché et la nécessité d'un examen de conscience constant et sévère: c'est d'ailleurs ce qui le conduisit vers le socialisme.Quant à Conan Doyle, il était connu pour être l'homme de toutes sortes de causes; les unes étaient bizarres, comme celles d'aider à des séances de spiritisme; d'autres étaient fort courageuses, comme ses prises de position contre le racisme et contre les impérialismes de toutes sortes.LES COLA-COCAINE Tout se consomme et tout se commercialise.En ce même temps que les médecins et que les super-détective expérimentaient chacun à leurs façons la cocaine, les fabricants de produits pharmaceutiques et les manufacturiers de boissons faisaient de même.avec dos motifs moins littéraires.En fait, les "médicaments patentés" et les "liqueurs douces" étaient la même chose.En effet, on commença de vendre les eaux minérales comme un aide médicamenté dans les environs de 1808; on les trouvait dans les pharmacies.Pour en augmenter le charme, les pharmaciens commencèrent vite de les "améliorer" soit avec des saveurs fruitées (pour le goût), soit avec des toniques (pour l'effet).C'est de ces petits faits que Vieille gravure américaine tout simplement intitulée: "Cocaine". 144 vient l'habitude américaine bien étrange d'acheter des "liqueurs douces" dans les pharmacies.En 1898, un vendeur de matériels pharmaceutiques, nommé Asa G.Chandler, fit un pas dans l'histoire de notre continent en achetant les droits pour un élixir que venait d'inventer un inconnu parfait: le Dr.J.S.Pemberton, de Columbus, Géorgie.Cet extrait s'appelait COCA-COLA.Mis sur le marché, cet extrait sirupeux mélangé avec des eaux minérales fut un succès immédiat.Voici comment Chandler publicisait sa liqueur douce: "Cette boisson contient conjointement les propriétés toniques de la merveilleuse plante qu'est le coca ainsi que celles de la noix de cola".Les biographes de Chandler décrivent le COCA-COLA comme étant un élixir tonic pour les gens âgés ayant besoin d'un surcroît d'énergie.Les ingrédients qui composent actuellement le COCA-COLA sont gardés rigoureusement secrets - leur liste n'a même JAMAIS été écrite - pourtant l'on sait que l'un des principaux fournisseurs de ces ingrédients était la MALLINCKRODT CHEMICALS de St-Louis, qui est encore aujourd'hui la source principale de cocaïne à usage médical.Très vite la popularité de la fontaine qui dispensait le pétillant COCA-COLA dépassa l'usage médical du sirop.Aux alentours de 1900 la Compagnie cessa donc d'appuyer sa publicité sur l'aspect curatif de l'élixir.Il se peut que COCA-COLA commença à ressentir les premiers effets d'une sorte de contre-publicité peu agréable éable à ses oreilles, aujourd'hui comme hier: en effet, l'appellation populaire pour le COCA-COLA était alors le mot DOPE.C'est en 1906 que l'on retira 145 officiellement le coca du COCA-COLA.Cependant, il y avait alors un grand nombre d'imitations sur le marché et leurs propriétaires ne jugèrent pas toujours bon d'en faire de même.Parmi tous les élixirs, boissons, liqueurs douces, etc.qui contenaient de la cocaine en 1912, citons ces quelques noms: KOCA-NOLA, CAFE-COCA, KOS-COLA, KOLA-ADE, CELERY-COLA, ROCOCOLA, Dr.DON'S COLA (qui contenait de la cocaine mais pas de cola du tout), COCA CAL SAYA, VANI-COLA et WISEOLA.Cette époque était d'ailleurs l'âge d'or des "spécialisés pharmaceutiques".On ne compte plus les médicaments de charlatants proposés aux pauvres patients qui payaient pour voir leur peine ne pas être soulagée.Il y avait encore le vénérable VIN MARIANI (qui n'a pas tout à fait disparu du marché puisque l'on en vendit encore une bouteille de 1880, à Londres, dans une vente aux enchères tenue en 1970, pour quatre livres sterling).Il y avait toujours la ligne complète des produits MARIANI: .'Elixir Mariani (plus alcoolisé et trois fois plus fort en coca que le vin) - la pâte Mariani (des losanges de cola tenus ensemble par de la gomme et du sucre).- les pastilles Mariani (du coca avec de la cocaine) - le thé Mariani (des extraits de coca sous forme sèche à apprêter comme une tisane).En 1892, M.Mariani, fondateur de la maison, écrivait son testament à propos de ce thé: "Le Dr.Fordyce Barker, le Dr.Douglas, le Dr.Henry B.Sans et le Dr.Geo.F.Shrady m'ont autorisé à rendre public le fait que c'est le thé Mariani (dans la proportion d'une cueillère de thé dans un verre de lait) qui permit de nourrir le Général Grant, l'ex-Président, alors qu'il était incapable de supporter quelque nourriture que ce soit". 146 De surcroît, il y avait, face à ces vins de coca et à ces liqueurs douces, d'autres produits qui contenaient, comme ingrédient principal, de la cocaine.Il y avait les toniques comme le CELERY/PAYNE'S COMPOUND.Il y avait aussi les remèdes contre le catarrhe, lequel était à la même échelle que notre "sang faible", une appellation à tout faire de la charlatanerie médicale et pharmaceutique.Les symptômes du catarrhe étaient un nez qui coule, ou, comme on se l'imagine, un nez qui ne coule pas.Le catarrhe conduisait presque inélectablement à la consomption, notre tuberculose.La cure pour le catarrhe vous donnait radicalement une cloison nasale perforée.Parmi les marques de commerce des "poudres à catarrhe", il y avait le Dr.N.TUCKER SPECIFIC pour l'asthme, la fièvre des foin et le catarrhe, lequel médicament causa authentiquement au moins deux morts dûment recensées.Parmi ces poudres, citons l'Agnew Powder (! ), I'Anglo-American Catarrh Powder.Des poudres comme la Ryno'shay Fever and Catarrh Remedy était de la cocaine pure à 99.95 pour cent.La cocaine disparut du marché commercial en 1914 avec la promulgation du HARRISON NARCOTIC ACT.Si l'on excepte quelques opérations spécifiques dans le nez, la gorge et les oreilles, la cocaine comme agent anesthésiant fut remplacée par la procaine (novocaine) qui est moins toxique et moins stimulante.UN BON RESPIR Pourtant la cocaine a de solides racines dans la culture américaine.Il existe un genre presque traditionnel de cocaine-blues, que chantèrent avec Dr.N.TUCKER'S SPECIFIC .FORTH! .PERFECT RELIEF AND CURE ., .OF .ASTHMA, HAY FEVER AND CATARRH 148 un grand plaisir les folkloristes des années '60, trouvant ce genre d'autant plus pittoresque qu'il semblait être banni.On trouve aussi des traces nettes de cocaine dans les chansons Hillbily.On trouve encore sa trace en 1917, dans une pièce de la célèbre série des PROVINCETOWN PLAYS, laquelle s'intitule tout simplement "Cocaine".De même, Cole Porter classe la cocaine comme une des choses qui peut produire un frisson, dans la chanson intitulée "I Get a Kick Out of You".La cocaine devint souterraine dès le premier quart de siècle, tellement souterraine que son usage cessa presque complètement, excepté parmi quelques riches connaisseurs à Hollywood et à New York, ainsi que dans quelques ghettos suburbains.On se doute bien que sa redécouverte était inévitable dans la génération qui expérimenta tant et tant de drogues nouvelles et anciennes.La mode reprit de plus belle avec la célèbre séquence de reniflage de "Easy Rider".En un an la cocaine redevint la manie la plus chaude des cercles avancés du rock n' roll.Il semble même que cette manie va recouvrir le monde, ou au moins une génération de ce même monde.Il se peut aussi que ce ne soit qu'une de ces autres manie collective qui disparaisse subitement.Aux Etats-Unis, l'un de ceux qui sont les plus volontiers et le plus étroitement associés à la cocaine est Paul Kantner de JEFFERSON AIRPLANE.Mais Paul dit que son usage de la cocaine est déjà dans le passé: "Je l'ai utilisée tant que je ne me suis pas aperçu qu'elle était plus dangereuse que positive.Je n'en prends plus depuis plus d'un an.Pourtant c'est vraiment une drogue 149 merveilleuse.Elle vous permet de vous sentir extraordinaire et vous pouvez fonctionner parfaitement 12 ou 14 heures sans perdre une seule fois le fil de vos pensées.Mais elle n'est pas contrôlable.Ce n'est pas que vous ressentez un besoin physique pressant et augmentant toujours, c'est qu'elle est si plaisante que vous n'avez pas envie de la contrôler.Quand vous en prenez beaucoup, cela vous donne tellement d'idées que vous voulez trouver le temps pour les faire toutes, c'est-à-dire que vous oubliez, pour réaliser ce que vous voulez faire, tout le monde.D'un autre côté, la cocaine vous détraque aussi physiquement.Pas nécessairement au point que votre cloison nasale se perfore, mais votre nez coule sans cesse et vous avez besoin éternellement d'un spray.Le spray le plus usité est l'APHRIN.J'ai quitté tout ça quand je me suis aperçu que j'étais plus encore accroché à spray qu'à la coke.Comment un spray peut-il être plus addictif que la coke?C'est bien simple.Quand vous n'en avez pas, vos narines se ferment complètement et vous ne pouvez plus respirer que par la bouche". Si dans l'univers tout ce qui est en haut vaut tout ce qui est en bas, il y a autant d'intérêt à ménager vos pieds que votre tête.En effet, les nerfs finissent exactement dans les outils qui, croyez-vous, ne sont fait que pour vous permettre d'avancer.On vous donne donc un petit diagramme des correspondances tête-pied.Ces correspondances sont bien connues du yoga et de l'acupuncture.En mettant en mouvement les énergies qui se trouvent au bout de vos nerfs, vous provoquez un réflexe dans votre tête qui se répercute dans l'organe que vous voulez atteindre./ t ^CT^ sas DES ho'ws Ce n'est pas un joke mais une réalité élémentaire et la meilleure façon de vous faire une (ou un) ami est de lui faire un bon massage de pieds.Notez aussi que si le massé ressent une douleur à la zone que l'on est en train de travailler, cela signifie que l'organe relatif est affecté.Il se peut aussi que le massage de telle ou telle zone suscite des réactions organiques inattendues.Cessez les massages en attendant que ces symptômes disparaissent et recommencez. 152 1) Ce mouvement attire le sang aux pieds et active ainsi la circulation; il empêche également la formation des adhérences.Le mouvement se fait avec la paume de la main allant du milieu vers les côtés du pied avec étirement.3) En appuyant rythmiquement sur ce Ai point-réflexe, on soulage la tension du l plexus solaire.La personne massée doit respirer rythmiquement; on aspire quand le masseur pèse sur le point-réflexe, on expire quand la pression se relâche. 5 153 4) Trouvez d'abord la jointure située sous q la base du deuxième plus petit orteil.Saisissez là entre deux doigts et tirez.La jointure peut craquer; c'est bon signe.Ce massage fait sur le pied droit affecte les réflexes du foie et de la vessie; il affecte le soeur quand on l'effectue sur le côté gauche.Si vous désirez régulariser les battements du coeur, travaillez en cercle sur cette jointure avec votre pouce.6) Le coin intérieur du gros orteil peut être massé dans le but de soulager des problèmes aux yeux, aux oreilles, ainsi qu'à la glande thyroide. 158 8) Cette vignette vous indique comment tenir le pied pour les imprimer d'abord une rotation, puis une flexion et extension.On fait ces trois mouvements en début de massage.On recommence ces différents mouvements de 3 à 6 fois.9) Piler sur le dessous du petit orteil affecte les sinus, les yeux et les oreilles.10) En pilant sur la ligne marquée sur la vignette, on délasse la colonne vertébrale.11) Cette vignette montre la façon de travailler la région thyroide et parathyroide en massant la zone relative à la base inférieure du gros orteil.7) Avez-vous des maux de tête?Saisissez le gros orteil d'une main et de l'autre travaillez la région des sinus avec le pouce et l'index de l'autre main.Puis faites faire une légère rotation à tous les orteils, dans le sens des aiguilles d'une montre, puis dans l'autre sens.Finalement tirez un petit coup sec pour disloquer (légèrement) les jointures. 159 12) Les réflexes de la vessie, des reins et de l'utérus sont affectés en travaillant le pied le long de la zone marquée en pointillé.13) Trouvez le point dentelé à moitié chemin à l'arrière du talon et de la cheville.Saisissez-le entre le pouce et l'index et tirez.A l'intérieur du pied, cela affecte l'utérus chez la femme et la prostate chez l'homme.A l'extérieur, le réflexe affecte les ovaires et les testicules.Si l'on veut soulager les conditions chroniques du rectum, de l'utérus ou de la prostate, il faut serrer le long du tendon d'achille avec trois doigts sur un côté et le pouce de l'autre.a», 160 161 163 164 165 166 167 168 169 170 171 172 173 176 178 179 180 181 182 184 C lâchez pas cesc parCH 186 Beaucoup de mes lecteurs se sont sans doute demandés pourquoi je ne parlais pas de disques rock québécois.Eh! bien, j'attendais.J'attendais que les oeuvres s'empilent, afin de pouvoir commencer sur un terrain où les pousses assez nombreuses seraient sorties de terre.En effet, la seule critique qui m'intéresse ne supporte pas la comparaison extérieure.En d'autres mots, je ne voulais surtout pas dire que Untel me rappelle "Black Sabbath", qu'un autre est proche de ELP, etc .Un rock national doit s'appuyer sur un tout national.Il faut, bien entendu, que la qualité moyenne soit suffisante.Je crois qu'elle l'est désormais.Pour moi, tout disque n'appartient pas DE FAIT à la culture du rock, en ce qu'il me fait entendre un beat de rock n' roll sur une dentelle, plus ou moins réussie, de guitare électrique.La culture rock a des spécifications particulières; elle exprime une sensibilité, elle a une morale bien précise.Par conséquent, quoique leur réussite et leur talent, des gens comme Claude Dubois, comme Ferland, comme Donald Lautrec, etc .ne font pas partie de cette culture.Ils empruntent un "son" et le plie à un genre différent.Je crois que nous sommes en mesure, maintenant, de parler SERIEUSEMENT d'une musique rock québécoise.Les derniers mois ont vu, en effet, une floraison de disques qui, pour être encore modeste numériquement, nous montre d'une façon éclatante que nous sommes rentrés, de plain-pied, au sein de la création musicale universelle.Il y a, bien entendu, Charlebois.mais de celui-là nous ne parlerons pas ici.Il y a surtout quatre disques, lesquels sont tous, pour une raison ou pour une autre, des disques majeurs.Il est bon de les écouter en détail, sans parti pris (ni POUR, ni CONTRE).On pourra alors en déduire des "écoles" qui ne manqueront pas de faire fortune, sitôt que les 187 compagnies de disques commenceront à faire le travail qu'on attend d'elles.Ces cinq disques sont: 1) TRINITERRE (les disques ZODIAQUES, ZO 6905); 2) VOS VOISINS - ALLO POLICE, Polydor 2424048; 3) PELOQUIN/SAUVAGEAU - Laissez-nous vous embrasser où vous avez mal, Polydor 2424061; 4) OFFENBACH - "Soap Opera", Barclay 80137 et "DIMENSION M" de FRANCK DERVIEUX (Columbia FS 900 72).PELOQUIN/SA UVA GEA U Quand la comète Charlebois est entré, si brutalement, dans notre ciel, tout s'écarta sur son passage.Les premiers frappés furent ceux qui constituaient "SA" gang.Il y avait des chanteurs, des dessinateurs, des poètes, dont Péloquin.Robert Charlebois, par son succès, déclencha un véritable bloquage psychologique qui sembla arrêter tout élan créateur chez les membres de sa gang.Péloquin, cependant, résista aidé en cela par beaucoup de bière.Il publia un nombre important de recueils de poésie.IL réussit à faire parler de lui par les habitants de Quebec City, lors de la fameuse affaire de la "murale" du Grand théâtre de Québec.Physiquement, c'est un garçon frisé, séduisant, léger et généralement de bonne humeur.Sa poésie, jusqu'à date, était simple et efficace, une poésie généreuse, un peu vite faite, tout à fait "psychédélique" dans le bon sens du mot.Tout cela pour dire que Péloquin n'est pas un petit jeune, un "serin".C'est un garçon à la maturité évidente, à la technique avancée aussi.Comme il a un sens critique parfaitement développé, Péloquin savait donc qu'il ne devait A AUCUN PRIX rappeler Charlebois de près ou de loin. 188 Il y a parfaitement réussi et son premier disque est, d'ores et déjà, une date dans l'histoire de la musique rock québécoise.On y décèle immédiatement une vision intellectuelle et sensible, un sens de l'observation sans complaisance (on n'y dit pas tabarnak pour le plaisir de faire "pop"), une grande exigence dans la qualité de production.Il va sans dire que Sauvageau n'est pas pour rien dans la réussite de ce disque puisque c'est lui qui tisse autour de Péloquin tout un réseau d'ondes sonores.Disons, tout de suite, que Péloquin ne chante (presque) pas.Disons encore qu'il DOIT chanter.Il doit chanter parce que cette dimension manque à son disque et qu'il est au meilleur de lui-même quand la déclamation touche au chant.Entendons-nous.Il peut bien chanter ou mal chanter s'il le veut.Qu'est-ce que cela peut faire; mais il faut qu'il module, qu'il entre pleinement dans la participation au grand OM.Je crois que ce disque aurait été LE chef d'oeuvre québécois, à date, si Péloquin avait chanté.Le monde de Péloquin est fait de contraires (cher Too).Il y a lie fa dérision chez lui, dérision que l'on sent quand il appelle une face du disque une "fesse" et que l'on retrouve, à un degré ou à un autre, dans toutes les chansons.Mais Péloquin est aussi un tendre.C'est peut-être ce côté "en rire pour ne pas en pleurer" (mais pas kétaine) qui lui donne cette vibration si particulière, si attachante.En ce sens, "L'Hymne international des clowns" est une réussite très rare; d'un côté, Claude Péloquin y exprime en quelques mots (merci, thank you, muchas gracias, etc.) ce désir profond que nous tous, nous Québécois, ressentons à être aimés et admirés (oui! admirés aussi); de l'autre, il se place face à l'Univers, qui comme chacun sait est un grand cirque qui tourne, et lui 190 dit "merci, thank you very much, muchas gracias, merci", pour le simple fait d'exister.Si une chanson comme "Monsieur l'Indien" est quand même d'une portée morale un peu courte, "Emilio" nous introduit à la satire de Péloquin.C'est l'histoire de deux révolutionnaires (eh! eh! ) qui laissent passer tous les trains .sauf le dernier.Satire que l'on retrouve, poussée vraiment au bout, dans les deux chansons "anglaises" du disque: "Mama Vagina " et "Sterelization", peut-être les deux pièces où le "bouffon" pousse jusqu'à l'insupportable le regard qu'il a décidé de jeter sur nous-mêmes.Disons quelques mots sur l'anglais car cela a son importance; l'anglais de Péloquin n'est pas TOUT A FAIT de l'anglais, c'est un anglais en français que l'on comprend très bien notre anglais."Down the Drain" est la pièce la plus rythmée du disque.C'est celle qui nous fait regretter, cruellement, que Péloquin ne se lance pas dans la vraie chanson.Elle est excellente, elle aussi et me rappelle "Pit le Plombier" de Crumb.Mais c'est, aux côtés de "L'Hymne international des clowns", "Les Grands Silencieux" qui me frappe le plus.Là, Péloquin développe sa vision positive du Monde.On y croise les "grands silencieux qui ont des lazers dans les yeux".Le tout sur un fond polyphonique qui opposent à la vision du Québec "tourné" de demain, au Québec magique de la science fiction, au Québec des "vieux de la Montagne", à celui des "sages", la kétainerie de nos cantiques; c'est-à-dire de nos petites haines locales, de nos petites envies mesquines, de notre facilité à nous juger durement, de notre méfiance totale les uns vis-à-vis des autres, etc .// faudrait, pour être tout à fait juste, parler presqu'aussi longuement de la musique de 191 Sauvageau.Son "accompagnement" est en fait une entreprise de participation totale qui ne doit rien à personne.Il va de soi que ce disque est une oeuvre personnelle, une oeuvre morale.Pourtant on y entre sans aucune difficulté.Le duo Péloquin/Sauvageau développe pour nous beaucoup de bonnes vibrations.C'est un trip à faire et l'on y atteindra vraiment des sommets.L'avenir est pour eux très brillant.Qu'ils ne se pressent pas, qu'ils travaillent, qu'ils soient simples et vrais et nous aurons là quelqu'un pour nous chanter quelque chose d'important.TRINITERRE La SAINTE TRINITE a été, pour un moment, une des gloire du Vieux Montréal.Une partie de cette SAINTE TRINITE a fondé une sorte de succursale qui a été appelée TRINITERRE.Il s'agit de PLUME, dont on connaît l'imagination créatrice et du Dr.Landry, yin de cette dualité bien agissante.Ce disque est passé un peu inaperçu.La qualité de modestie des interprètes en est une raison.La méfiance de la compagnie enregistreuse aussi.Enfin, ce qui n'arrange rien, les paroles sont dans le percutant.ce qui leur interdit les "ondes", qui nous dispensent pourtant un nombre incroyable de déclarations pornographiques dans les émissions (nocturnes?) dites d'Affaires publiques.Pourtant, nous avons là aussi un autre disque d'importance qui ouvre toute une direction à notre musique rock.C'est une voie plus simple, plus directe, plus forte par certains côtés, que celle ouverte par Péloquin.Plume et le Dr.Landry s'y montrent, de concert, comme les plus "virulents" de nos commentateurs et comme les plus imaginatifs de nos "producteurs" de disques, bien Franck Dervieux 193 que ce disque précis souffre (disons-le carrément) d'une sorte de sous-production, sans doute infligée par des budgets limités.Quelle erreur a donc fait la compagnie de disque! En effet, et malgré bien des limitations, ce disque est un petit enchantement de "trouvailles" sonores, de constructions mentales et musicales, d'inventions mélodiques et vocales.Cela se sent dans des chansons comme "Bleu comme un char de beu" où Plume nous déclare justement "Qu'c'est ben beau d'et'cool tout l'temps, mais faut qu'ça sorte de temps en temps".Ou encore dans "Le Picnic sur le Métropolitain".Cette dernière, particulièrement, est tellement amusante avec ses sous-titres allemands et, moralement, tellement plus juste que "Le Monstre de la Main" dont nous parlerons tout à l'heure.Deux chansons, enfin, sont des chefs d'oeuvre D abord "A moi les étoiles" et la trilogie qui clôt le disque: "A même la vie - poème - accroché".C'est dans cette dernière pièce, si juste, si émouvante que Ion se rend compte jusqu'à quelle hauteur pourrait aller cet autre duo Là encore, il s'agit d'une oeuvre de maturité et d une oeuvre à portée morale.Ni Plume, ni le Dr Landry ne sont des enfants.Ils ont souffert, ils se sont amusés, ils ont de la vie une vision, LEUR vision.Ce sont tous deux des grands freaks québécois que l'on salue bien bas car ils le méritent.En fait, TRINITERRE est un disque extrêmement cultive, mentalement et musicalement.Sous des aspects un peu anodins, c'est sans doute le disque le plus cultivé des quatre dont je vous entretiens aujourd'hui.On ne peut donc que regretter que le 194 soin le plus grand n'ait pas été apporté à la production.Mais peu importe, TRINITERRE est né maintenant.Il faut ABSOLUMENT qu'il nous revienne sous des auspices plus adaptés à leur immense et généreux talent.Comme le duo a bien voulu m'inclure dans la dédicace de son disque entre Sylvan "needle" Tremblay, Renée Claude Plastic Band, un arbre fruitier et Monsieur Muffler, je voudrais ici les remercier et dire au Dr.Landry combien je l'apprécie et combien je l'aime.OFFENBACH Stéphane Venne n'est pas un inconnu dans le monde de la chanson.C'est même l'un de nos rares vieux singes du métier et l'on peut dire qu'il est l'un de ceux qui savent comment mettre en boîte une vedette; il l'a fait, et avec talent, pour Renée Claude et d'autres encore.C'est aussi un compositeur de chansons "populaire-canal 10", ce que je ne juge pas mal, au contraire.Quelle est la part active qu'il a pris au disque, je ne le sais pas, du moins, dès son coup d'essai, OFFENBACH se présente comme une formation tout à fait professionnelle; le son est soigné; la volonté de "plaire" est évidente et je crois que c'est excellent car, veux veux pas, rien n'est plus ennuyeux que les disques rock prétentieux.D'ailleurs, la moyenne d'âge des musiciens est de 24 ans environ.OFFENBACH, c'est heavy.La formation est donc classique du heavy blues: guitares, drums et voix.Deux voix, d'ailleurs: celle de Pierre Harel qui est, selon mes informations, l'un des principaux animateurs de ce groupe; l'autre est celle de l'organiste, Gerry.Pourtant, à l'inverse de groupes méritoires comme DYONISOS, et plus récemment 195 ELLISON, OFFENBACH exprime toujours une certaine distance entre sa musique et la karma de ses musiciens.Cette "objectivation" (pardon) est absolument nécessaire pour produire de la qualité; en effet, le musicien domine sa musique, il contrôle.Ainsi la première qualité d'OFFENBACH est que, JAMAIS, le groupe ne nous donne l'impression de vivre au-dessus de ses moyens.Tout au contraire, on sent une réserve de force qui nous rend bien confortable.Merci.Ce disque est VRAIMENT un premier disque.On y retrouve toutes les interrogations des musiciens.En ce sens, une chanson comme "Câline de blues" est l'interrogation majeure, celle de tout le monde d'ailleurs: peut-on chanter le blues en français et, si oui, comment?Par exemple, OFFENBACH nous apporte une réponse très positive et d'autant plus brillante que le "passage" du folklore à ce fameux blues est VECU devant nos oreilles dans une chanson comme "Faut que j'me pousse" qui commence comme un Charlebois première manière pour se transformer imperceptiblement en ce fameux blues, yeah.En fait, ce groupe "heavy" l'est de toute évidence, par choix, par décision, beaucoup plus que par ignorance, ou par intuition pur.On sent chez les musiciens le refus de toute intellectualisation, ce qui ne veut pas dire qu ils sont bêtes.Aides de Stéphane Venne, peut-être même sont-ils presque trop intelligents.Du moins peut-on regretter que le jeu "heavy" si bien commencé par le beat qui ouvre l'album ne se continue pas vraiment tout le temps, mais TOUT le temps.Je crois pourtant qu'après quelques présentations sur scène, et compte tenue de leurs "images" que je ne connais pas, OFFENBACH développera un style vraiment intéressant, après s'être débarassé de son piano assez faible sur ce disque. 198 A part cet incident pianistique qui se répète deux fois (sous les doigts de fée de Marcel Beauchamp et de Stéphane Venne), les musiciens sont intéressants.Le Vieux (?) sait manier ses tambours et Willy est dans la tradition des bassistes anglais, c'est-à-dire qu'il a toujours tendance à en jouer comme on joue d'un lead guitare.La guitare est un peu faible peut-être et manque encore d'un style bien propre.Il faut dire, à sa décharge, que l'arrangeur du disque semble avoir tendance à maintenir son son dans les "mediums", ce qui ne permet guère de virtuosité de ce côté-là.A part l'ensemble de ce groupe, le personnage le plus intéressant est incontestablement le chanteur Gerry (qui joue de l'orgue de temps en temps).Au début, sa voix mal faite, naive est assez exaspérante.Puis, on se surprend à l'aimer.C'est exactement ça la personnalité: un sentiment de gêne puis une adhésion.Ce que j'avance est particulièrement vrai dans la dernière chanson de l'album, "Faut que j'me pousse".voir plus haut.Pierre Harel chante aussi et, dans un certain sens, sa voix est plus séduisante que celle de Gerry, moins personnelle aussi.Il est évident que ce disque devrait, et va, remporter un grand succès.Plus de succès, vraisemblablement, que les deux premiers dont j'ai parlé ici.Le style en est plus accessible.Je crois cette option tout à fait valable.En effet, qui ne sait ce besoin que nous avons tous parfois d'un bon vieux beat heavy?En tout cas, c'est la première fois que je puis aimer un groupe de ce genre au Québec.Avec OFFENBACH nous venons de passer, et brillamment, une étape.VOS VOISINS VOS VOISINS ne sont pas encore tout à fait un "groupe".Quoique le disque qu'ils ont publié 199 récemment soit souvent de bonne qualité lui aussi, on sent ici et là des accrochages qui sont dus, pour la plupart, à un personnel choisi, semble-t-il, un peu au hasard.Ainsi, il est évident que VOS VOISINS se séparent en deux.Le premier Voisin, c'est Jacques Perron qui signe une bonne partie des chansons.Le second est Pierre Ringuet qui signe l'autre.Il y a entre la musique de Jacques Perron et mon goût, une dychotomie évidente: je ne peux pas supporter les dégoulinades de son piano.Dès lors, comment apprécier des chansons comme "Sous la lune" ou comme "Tania", sorte de romances vieillotes qui rappellent les plus mauvais moments de Léveillée, beat en plus.Mais j'aime beaucoup ce que fait Pierre Ringuet qui tente, du moins, de ne pas se laisser aller dans la guimauve.Tout cela est très dommage, finalement, parce que le son de VOS VOISINS sonne bien.Serge Vallière est un bon guitariste et Parenteau est efficace à la basse mais que de sottises au piano! .¦ Sans atteindre la qualité des trois autres, VOS VOISINS nous offrent quand même de bons moments.Il faut aussi s'interroger sur les paroles de Marcel Sabourin.On connaît ce garçon de talent.Il a fait des chansons pour Charlebois; il a même fait toute une opérette dont le succès ne se confirma pas.J'ai toujours cru qu'il y avait quelque chose de "forcé".Ainsi cette histoire de "Le Monstre de la Main" qui raconte la vie d'un jeune prostitué masculin, le fameux "serin" presqu'évoqué par TRINITERRE dans "Le Picnic sous le Métropolitain".C'est du sous Rimbaud, dans le genre "Coeur volé".La vraie 202 culture, je crois qu'elle est beaucoup plus dans "Câline de blues", dans "Les grands silencieux" et dans "bleu comme un char de Beu".VOS VOISINS confirme d'ailleurs son peu de sens du "groupe" en accompagnant Pauline Julien dans "Au milieu de ma vie, peut-être à la veille de".On ne les reconnaît pas du tout.sauf les dégoulinades au piano de Jacques Perron qui s'en donne à coeur joie.Le moins que l'on puisse dire, c'est que Pauline Julien n'apporte rien à VOS VOISINS, ni VOS VOISINS à Pauline Julien.En fait VOS VOISINS devrait, tout naturellement, se séparer.Il y aurait un groupe autour de Jacques Perron et un autre autour de Pierre Ringuet.Leur deux styles sont parfaitement à l'opposé l'un de l'autre.Ce n'est pas souhaiter inutilement un divorce.En effet, il arrive, il doit arriver de ces séparations pour que le nombre cellules créatrices augmentent.Pour le plaisir de tous.FRANCK DER VIEUX Franck Dervieux s'inscrit tout à fait en marge des groupes qui précèdent.Il a choisi la "voie royale", celle qui consiste d'abord à croire en quelque chose, puis à dire ce quelque chose-là.Son disque, "Dimension M" est son discours.Il y exprime ce qu'il comprend de l'Univers et il nous y chante son regret de nous voir si fous, nous qui ne savons pas lire dans le futur puisque nous ne voulons pas regarder dans le passé.C'est un disque dédié à Moebius, à l'Atlantide, à Hyperborée.C'est aussi le disque de la réflexion sur Baalbeck et sur Machu Pichu.Disons, en bref, que le monde de Dervieux, nous le connaissons tous et il nous a fait triper au cinéma et à la télévision, même si Charoux ce n'est quand même pas les chants védiques, le grass, la septième Chakras et les terrasses de l'hôtel Bonaventure un jardin zen. 203 Le sujet est grand.L'inspiration de Franck Dervieux a déjà bien du mérite de se maintenir à flot.Nous pouvons mettre au crédit du musicien, toutes les parties lentes, comme le début de "Dimension M", ou la partie vocale de "Atlantide".En effet, dans une préface, Franck Dervieux nous explique qu'il aimerait composer une musique pour "donnera voir".Bravo! car il y arrive dans ces cas-là.J'apprécie moins les parties rapides; le talent de Franck Dervieux va plus dans l'évocateur que dans le rythmé.A moins, évidemment, que l'on aime ce qu'on appelle en France le "free jazz".Ce genre a ses lettres de noblesse .tout comme la musique classique que Franck Dervieux emploie un peu trop généreusement.D'ailleurs, l'interprète vaut moins que le compositeur et certains passages de piano sont à faire frémir.surtout quand Franck Dervieux nous offre les arpèges de "Rêve d'amour", à moins que ce ne soit des bavardages de music-hall.Vive le music hall! Je crois profondément que le music hall est un "style" et que ce style-là doit être intégré dans le rock n' roll et le blues québécois.Mais Franck Dervieux n'a pas réussi sa synthèse, du moins sur ce disque.Néanmoins, Franck Dervieux ouvre une porte et nous verrons y passer tous ceux qui ont besoin de "classique", tous ceux qui sont plus spectateurs que mathématiciens, tous ceux qui préfèrent Moussorgvsky à Bach.Amateurs de ELP, soyez contents! EN BREF Je crois que l'on peut dire maintenant OBJECTIVEMENT (et bien stone ayssi d'ailleurs) que Charlebois n'est plus le seul, face à de s groupes conçus pour faire des salles de danse.Le rock 204 québécois est né.Il y a lieu maintenant de nourrir ces groupes de notre amour et de notre attention.Souhaitons qu 'en retour il continue de produire avec sensibilité et intelligence; souhaitons que les groupes restent groupés tant que leur musique est bonne, souhaitons que les maisons de disques continuent une politique d'avancement musical.Je sais tout ce que l'on doit à Gilles Vigneault, Félix Leclerc, Pauline Julien pour ne parler que des moins anciens.Je crois cependant que, désormais, nous avons nos "modernes".Ce sont Péloquin-Sauvageau, Landry-Plume, OFFENBACH et même Franck Dervieux et VOS VOISINS.Bon.Je sais que tous les bons auteurs de la contreculture vont immédiatement me faire jeter en prison.Tant pis.je vais discerner des petits prix.J'hésite beaucoup entre Péloquin et Triniterre pour le premier.Puis je me dis qu'OFFENBACH, quand même.En second, je mettrais Franck Dervieux et je suis sûr qu 'il va faire u i TRES BEA U disque, dès qu 'il oubliera de jouer du piano sur un disque.Puis VOS VOISINS.Pénélope 205 CHOM 97 206 THE KINKS & THE KINKS / "Everybody's A Star" / RCA VPS 6065 Pleurez si vous voulez ou réjouissez-vous: la grande tradition des Beatles est en voie d'extinction.Incendie à Montréal, meurtre à Munich, folie au Vietnam, élection bidons, fascisme larvé en Europe, au Moyen-Orient.John Lennon a bien raison et ceux qui lui reprochent, aujourd'hui, de ne pas continuer éternellement à nous faire des "Imagine" avec choeur d'enfants se réveilleront, un jour, et leur surprise sera grande.Mais il reste quelque chose de cette tradition Beatles.Quelque chose même qui a précédé cette "tradition'.Ce sont les KINKS, menés tambour battant par Ray Davies que l'on a comparé à Dylan et à Lennon- McCartney c o mme compositeur de chansons."Everybody's A Star" est, d'abord, un magnifique recueil de chansons.Sur les 10 numéros qui remplissent l'album de studio (l'autre est live), il n'en est pas une de plate.J'ai noté machinalement une valeur relative allant de une étoile pour les moins bonnes à quatre pour les excellentes.Il y a trois "2 207 étoiles", cinq "3 étoiles" et deux "4 étoiles".C'est beaucoup.Les paroles de Ray Davies sont parmi les meilleures qui ont jamais été écrite.Le parolier sait mêler l'humour et le sérieux dans une très juste dose.Son regard nous voit sans pitié et il sait se voir, lui aussi.Un peu comme " Z i ggy S tardust", "Everybody's A Star" est la réflexion d'une étoile du rock n' roll sur ce qu'il est.Sans voir tout cela aussi noir, aussi désespéré que Bowie, le tableau n'est pas des plus charmants.Il y a, bien sûr, la musique.Les KINKS sont connus pour leur perfectionnisme.Jamais ils ne sont pesants et ils savent, comme PERSONNE, vous fabriquer des harmonies dans tous les sens sans même que vous vous en aperceviez.J'ai aimé TOUT le disque mais il y a trois chansons que j'apprécie énormément.C'est "Sitting in my Hotel", sorte de réflexion sur la "solitude de la gloire" — "Hot Potatoes" qui est une sorte de parodie de "You Know What You Eat You Are" de Harrison — enfin "Celluloid Heroes" qui nous amène au cinéma en compagnie de Greta Garbo, de Marilyn, de Bela Lugosi, etc .Enfin une quatrième me séduit beaucoup; c'est "Supersonic Rocket Ship", sans frisson électronique mais sur un rythme latino-américain! A propos de ces deux dernières chansons, il est assez amusant de remarquer comme les thématiques se croisent.Nous avons eu au moins trois "rockerman", cette année: celui de Charlebois, celui d'Elton John et celui des KINKS.Même remarque pour le cinéma et "Celluloid Heroes" n'est pas sans rappeler "Fu Man Chu".Le second disque de ce double album est "live".On y retrouve les KINKS en jam.Nettement plus de blues mais toujours ce charme et cette bonne humeur communica-tifs. 208 CHICAGO / Columbia 31102 Chicago Ceux qui enterrent les trompettes ont tord.CHICAGO publie un disque (vous avez bien lu UN SEUL) et le voilà immédiatement en tête du palmarès.Ce disque, dans le style, le mérite certainement car CHICAGO réussit à merveille à tisser un kaleidoscope de sons basé sur ces éléments fort divers: trio rythmique, piano-orgue, section de cuivre, voix solo-polyphonie.Les possibilités sont presque illimitées et d'autant plus que le groupe, qui connait parfaitement son métier, se garde bien de mettre trop d'emphase sur l'un ou l'autre de ces éléments.L'équilibre est donc parfait et nous vaut des réussites comme "Dialogue 1 et 2" ou "Now that you've gone".Mais, à part quelques instants de platitude relative, l'ensemble des chansons (écrite par Robert Lamm) est solide et divertissant.Peter Cetera est toujours le chanteur que l'on sait.Il brille à chaque chanson qu'il chante. 209 pooooooooooooooooooooooooooooood ©VENDREDI, LE 27 OCTOBRE A 8:00 P.M.O O FRANK ZAPPA & THE MOTHERS OF INVENTION© O TIM BUCKLEY O ©CURTIS MAYFIELD© LUNDI, LE 2 OCTOBRE A 8:00 P.M.ELTON JOHN ET THE FAMILY * Les ballets sont $6.00, en vente au Forum et au Montreal Trust de la Place Ville-Marie.Les billets sont $5.00, en vente au Forum et au Montreal Trust de la Place Ville-Marie._LES PRODUCTIONS DONALD K DONALD 210 The THE DOORS / "Full Circle" / Elektra 75038 La pochette du nouveau THE DOORS a un côté MOODY BLUES un peu agaçant.Ne vous laissez pas agacer car à l'inverse de la pochette, qui est quand même un peu prétentieuse, le nouveau dis- Sue des désormais trois >OORS est d'un grand charme et d'une grande simplicité.C'est un disque de musiciens gui connaissent leur metier et qui savent exploiter une trouvaille quand elle est bonne.D'ailleurs, au contraire de leur premier disque post-Morrison, "Full Circle" comprend presqu'exclu-sivement des compositions de Mazarek-Krieger et Densmore.Certaines chansons sont un peu fades, comme 211 Doors "The Mosquito" et le trio est bien meilleur dans des chansons rapides comme "Hardwood Floor" ou "Get Up and Dance".Le seul grand problème auquel semble taire face le groupe est celui des voix.En effet, aucun des trois musiciens ne parait être vraiment capable de s'imposer dans ce domaine.C'est dire qu'il faut rechercher son plaisir dans la musique en général et l'on s'apercevra vite que, sous une apparente simplicité, l'univers de ce nouveau groupe est très riche, très divers, une sorte de petit kaleidoscope qu'il faut tourner lentement pour en apprécier les couleurs.Il ne fait aucun doute maintenant que THE DOORS sont sur une bonne voie.Leur troisième disque sera certainement excellent.Quant à celui-ci, il mérite une attention particulière et nul ne sera déçu de refaire connaissance avec eux. 212 HOMEGROWN ********* BOOKER T.et PRISCILLA / "Home Grown" / AM Records SP 4351 ********* Il ne faut pas demander à Booker T.et Priscilla d'être d'accès facile.La musique qu'ils entendent faire est sérieuse, voulue.C'est, généralement, un blues expérimental propre à mettre en valeur les possibilités vocales de Booker T.que sert, modestement, Priscilla, un peu comme Ike et Tina Turner.Il faut bien dire que Priscilla a une des voix les plus étonnantes qui soient en ce moment.Elle rappelle un peu Laura Nyro, mais avec une touche à la Yma Sumac.Elle passe sans difficulté du contre alto au soprano lyrique.On peut dire, à l'avance, que la voix de Priscilla sera l'une des "voix de l'année" tôt ou tard, avec tous ces registres: le noir et le blanc, le grave et l'aigu.Le disque lui-même a différents registres, les bons et les moins bons.C'est, dans l'ensemble, un disque de blues et du très solide blues.On y trouve aussi quelques petites incursions dans le folk avec des chansons de Bob Dylan ("Maggie Farm" et "Don't Think Twice .").Quant à Booker T., il fait un tout petit numéro de country, avec "The Sequence", qui nous montre tout du moins qu'il peut chanter aussi haut que Priscilla peut chanter bas.Booker T.et Priscilla 213 Les "grandes" pièces de ce disque sont, de toute évidence, les blues.Ce sont les pièces où Priscilla peut développer le plus à l'aise son étonnante versatilité vocale.Que ce soit dans une chanson lourde et sensuelle comme "Muddy Road", ou dans un blues lourd et évocateur comme "Born Under a Bad Sign".Le duo a peut-être un goût trop prononcé pour les effets chargés.Ainsi, certaines chansons, comme "Maggie Farm", sont vraiment des petits drames théâtraux.C'est le cas aussi de la chanson la plus importante du disque, "Who Killed Cock Robin?", qui clôt l'ensemble sur un bon douze minutes.Là, c'est toute la voix de Priscilla qui est employée, juste soutenue par des interventions fort discrètes, de Booker T.; on y côtoie le blues noir du sud, les vocalises blanches, un peu de folklore et de country, plus quelques trouvailles personnelles assez étonnantes.Je me demande cependant si je ne préfère pas à ces pièces ambitieuses, le bon blues qui, pour être moins Hitchock, me para ft plus juste, plus sincère.On a compris que c'est un disque difficile, quoique souvent surprenant.Pour les amateurs de "monstres": Laura Nyro, Tim Buckley, LAMB, etc .ATOMIC / "Made in England" / Elektra 75039 Vincent Crane est l'âme d'ATOMIC ROOSTER; les amateurs d'orgues le savent qui peuvent apprécier son style solide, sans fioritures inutiles.Il vient de refaire son orchestre et, en compagnie de Chris Farlowe, de Rie Parnell et de Steve Bolton nous livre donc un disque parfaitement anti-intellectuel.Cet anti-intellectualisme ne va d'ailleurs sans une petite prétention qui se lit dans certains titres: "Ail in Satan's Name", "Space Cowboy" ou "A Little Bit of Inner Air" .Mais la face 2 est, malgré tout, une bonne face professionnelle et solide quand Vincent Crane ne se prend pas pour un autre, en particulier quand il joue du piano ("Breathless") car son jeu est vite sec.Les chansons rapides et rythmées sont donc les meilleures avec "People You Can Trust" ou "Never to Lose". 214 David Ackles DAVID ACKLES / "American Gothic " / Elektra 75032 II arrive dans le cadre d'une production qu'un disque sorte de l'ordinaire pour des riasons d'excellence dans des critères bien établis et bien connus.C'est même le cas général.Mais il arrive aussi que des disques innovent et leur réussite tient à cette nouveauté.C'est le cas du disque de David Ackles, "American 215 3UC DOC 31 Gothic".Voici donc un disque tout "original" qui doit tout autant à Kurt Weil (de r'L'Opéra de quat'sous") qu'aux comédies musicales des années '40 sur Broadway, qu'au rock n' roll et qu'aux blues.En bref, c'est un disque-album d'images où le chanteur exprime non seulement son monde personnel mais aussi toute une mythologie musicale avec beaucoup d'invention et beaucoup d'à propos.Le monde de Ackles est, de toute évidence, le monde du souvenir.L'histoire de ce disque est simple: Ackles a quitté momentanément les Etats-Unis pour se reposer; il s'est installe dans une maison de campagne en Angleterre et c'est là qu'il a fait son disque, aidé par Bernie Taupin, le co-équipier de Elton John.De ce lointain exil, le chanteur voit donc comme un "nouveau pays"; il chante sa nostalgie de la California ou son amour du Montana, où il a grandit ("Montana Song", la plus belle des chansons de cet album).Il se penche aussi vers toutes ces "choses qui passent et qui disparaissent dans le temps" avec "Waiting for the Moving Van".On l'aura compris, "American Gothic" est un album très nostalgique, très "américain" aussi, un peu comme Vigneault serait très "québécois".Une des parties les plus intéressantes de ce disque est évidemment l'accompagnement musical.Il ne s'agit plus d'un petit orchestre, mais bien d'un ensemble très complet, qui interprète des "partitions où violons et cuivres s'en donnent à coeur joie.Bien entendu, un tel disque doit être extrêmement émouvant pour les Américains qui y découvriront tout leur amour pour un pays étrangement déchiré.Pour nous, nous pouvons simplement y admirer une perfection musicale qui ouvre des horizons, un peu comme ouvrent des horizons les disques de Mark-Almond. 216 Three Dog Night THREE DOG NIGHT / "Seven Separate Fools" / ABC Record THREE DOG NIGHT n'a jamais eu la prétention d'être un groupe "sérieux".Tout au contraire.Le groupe se veut bien sonnant et bien rythmé.Les musiciens veulent divertir et plaire; ils veulent vendre et tel est le dessein de ce disque souvent joyeux, parfois rêveur, toujours agréable et actif.L'ennui, c'est que THREE DOG NIGHT a deux personnalités.La première est celle de ces quatre musiciens; la seconde est celle de ces trois chanteurs .puisqu'il y a trois chanteurs qui se partagent les parties vocales.Grosso modo, l'orchestre est bien meilleur que le choeur et l'on se surprend souvent à détester les "harmonies" à la Beach Boys (quand ce n'est pas à la Bee Gees) où se perdent Danny Hutton, Chuck Negron et Cory Wells, ce seul dernier ayant assez de piquant et d'épices dans la voix pour être acceptable.Mais ne soyons pas trop difficiles car les mélodies sont souvent plaisantes.Citons "My Old Kentucky Home" (avec Cory qui chante), ou encore "Going Circle".Moins heureuse est une double pièce comme "Prelude to Morning" suivie de "Pieces of April', vraiment trop suave.Mais parfois il nous faut de la douceur.Alors n'en médisons pas. 217 TOYISION Depuis la popularisation des appareils portatifs, des expériences diverses ont été tentées, afin de libérer la télévision des contraintes commerciales.LE VIDEOGRAPHE, pour sa part, cherche à libéraliser la production de documents télévisés en mettant à portée de non-professionnels, le support technique nécessaire à leur réalisation.Par ailleurs, certains cables privés, voulant offrir à leurs abonnés des émissions d'intérêt communautaire, il en est résulté la mise sur pied d'un projet conjoint entre la COMPAGNIE VIDEOTRON, qui détient le cable diffusant sur le canal 9 et 11, desservant Beloeil, St-Bruno, St-Hilaire, McMasterville et Otterburn Park (B.H.M.O.) et le Videographe.C'est ainsi que pour la première fois chez nous, des téléspectateurs pourront, sur simple demande téléphonique, visionner sur leur petit écran, des émissions choisies par eux.Dès le 22 septembre, les studios des canaux 9 et 11, accepteront les appels téléphoniques de 2 heures P.M.à 2 heures A.M., assurant aux abonnés du cable, la réception de l'émission demandée.Un programme leur sera distribué, décrivant plus de 80 productions en provenance du Videographe et d'autres centres communautaires.La nouveauté de l'expérience se situe donc dans l'accessibilité des documents videoscopiques produits par des citoyens et destinés à être vus par des citoyens susceptibles de produire à leur tour.L'expérience a été pensée pour offrir le maximum de service individualisé: sur le canal 9, un animateur reçoit en permanence les appels, dresse le bilan des demandes et dialogue avec le public.L'utilisateur verra donc sur son écran l'animateur répondre à "sa" demande; celle-ci est alors transmise à un opérateur qui lui, est branché sur le canal 11.L'abonné n'a plus qu'à synthoniser ce poste pour visionner son document.C'est ça, la Sélectovision! 7TÏÏ oooooooooooooooooooooooooooooo nouvfiiuTss oooooooooooooooooooooooooooooo Jefferson Airplane / "Long John Silver" / Grint FTR 1007: tous réunis (à part Balin) pour nous crier dix chansons dont pas une n'est indifférente malgré une sorte de redite mélodique.Les Chrétiens en prennent pour leur compte et l'American way of live aussi.NITTY GRITTY DIRT BAND / "All the Good Time" / UAS 5553: un disque sans prétention pour ceux qui aiment le country rock dans le style du Texas.THEM - Van Morrison / London-Parrot BP / 71053-4: les deux albums du groupe Irlandais THEM avec lequel Van Morrison a fait ses premières armes étaient épuisés.Ils sont republiés maintenant et vendus sous la même enveloppe.C'est donc des gravures "historiques", un peu comme les disques de Beck-01 la le sont pour Rod Steward.Même si Van Morrison y est encore très jeune, il a déjà sa "voix en or" et son style est parfait.THE PHOSPORESCENT LEECH AND EDDIE / WB 0598: les deux ex-Turtle, les deux ex-chanteurs des MOTHERS OF INVENTION dans un disque-solo qui est exactement à leur hauteur: c'est-à-dire très haut pour le rythme, l'humour et la tenue.COMMANDER CODY / "Hot Licks, Cold Stell and Truckers Favorites" / Paramount PAS 6031: les derniers venus des too much de la côte ouest dans leur second disque qui est, comme toujours, outrageusement country, outrageusement underground.COMMJinDtRCODy © 219 LES GROS DE CAPITOL LEON RUSSEL NITZINGER "Carney" SMAS-11091 SW8911 «M *> FREE AT LAST HUMBLE PIE SW-9192 ^ ^'Town and Country" B SBA-16014 Capitol 220 Nitzinger NITZINGER / Capitol 11091 Bien sûr, ce n'est pas tous les jours que l'on découvre une fille qui est un bon batteur.C'est pourtant le cas de NITZINGER, inventeur du groupe du même nom qui vient de publier son premier long jeu.Elle s'appelle Linda Waring et elle ne laisse sa place à personne.sans préjugé pour le toujours beau sexe.Quant au troisième larron, il se nomme Curly Benton, à la guitare basse; John Nitzinger, lui, jouant les guitares lead et faisant les frais de la voix principale.Bon.Il y a, à chaque début d'année, un groupe ou deux qui "donnent le ton".Cet été, ça été le renouveau du country de la côte ouest.Cet automne ce pourrait bien être le renouveau du rock n' roll sonore et rapide, heavy même, et un peu mystérieux de NITZINGER.En effet, si l'on excepte la virtuosité, NITZINGER a un son bien étonnant et ses chansons sont pas mal freakantes (paroles incluses dans la pochette).Citons, pour les paroles, "Louisiana Cock Fight" ou "No Sun" .à moins de préférer une autre conversion a Jésus, via la bière et la cocaine, illustrée dans "Witness to the Truth".C'est évidemment John Nitzinger lui-même qui donne le show, que ce soit vocalement ou à la guitare qu'il a -'de et cochonne, comnr il nous le prouve dans "Boogie Queen".La seconde face est plus solide que la première mais l'on appréciera pour son rythme, son allant, sa tenue sans aucune prétention, ce nouveau groupe qui fera parler de lui, inévitablement.WITNESS TO THE TRUTH I don't wantta wear this suit, wear this And shine my shoes today.I know you've heard me say before, car Believe there really is a Lord.I've got a witness to the truth and He says he wants to testify.Jesus knew his future his daddy knew his past.And I was born in a hurricane Not much chance to last.And then the good Lord he found me I was cold and nearly dead The man laid me down in a wheatf ield And eased my weary head Lord I've been disappointed And I tried them one by one Drinking down to cocain but I never go My gun.And then the good Lord, he found me And I was cold and nearly dead The man laid me down in a wheatf ield And eased my weary head. 221 NOUVELLES HERBES A FUMER Des nouveaux mélanges pour fumer.Faits à base d'herbes multiples, ces mélanges procurent une fumée sans nicotine.Se vend en blague de canevas, d'une once pour 75 cents ou 3 pour $2.00.Trois mélanges disponibles: Herborix (vert) Pour commande postale: PURPLE UNKNOWN, CP.1945, suce.B, Montréal 110.2145 BLEURY_ 849-6872 222 ********* comment la célébrité arrive, d'un seul coup.En attendant, Marc Benno publie "Ambush", disque de blues extrêmement intelligent, extrêmement bien produit, extrêmement raffiné, extrêmement bien écrit.et pourtant ce disque n'arrive pas à nous soulever de terre.C'est que Marc Benno, comme chanteur et comme guitariste, est souvent un peu fade.Il s'est entouré cependant d'une horde de musiciens.Il y a Jesse Davis, magnifique à la slide guitare dans "Southern Woman" et Bonnie lui donne une bien bonne réplique dans "Here to Stay" (la meilleure chanson de l'album sans doute).Quant à l'orchestre, il est impressionnant.On y retrouve particulièrement Carie Radie à la guitare basse et Bobby Keys au saxophone.C'est peut-être Keys la vedette de cet album par ses interventions ouattées et inventives.Quand les chansons seront un peu plus vivantes, un peu moins ressassées ("Je t'aime .pourquoi ne m'aimes-tu pas autant que moi"), alors Marc Benno sera une vedette car il en a le potentiel.En attendant, Ambush" luit faiblement, mais luit comme une étoile fort lointaine.Marc Benno MARC BENNO / "Ambush" / AM Records SP 4364 Si Russell est devenu maintenant une "vedette" de plein droit, son ancien compère, Marc Benno, reste dans le purgatoire de tous ces chanteurs de blues dont on dit grand bien .mais qui n'arrive jamais à percer le mur du son de la gloire générale.Ne soyons pourtant pas trop impatient.Qu'on se souvienne de ce qui est arrivé à T-REX pour comprendre 223 UNITED ARTISTS VOUS PRESENTE Nitty Gritty Dirt Band Peter Thorn "All The Good Times" UAS-5587 UAS-5553 UMTH3 ARTISTS RHXH3S Cornelius Brothers and Ike Turner Sister Rose "Blues Roots" UAS-5568 UAS-5576
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