Mainmise, 1 janvier 1975, mai
Rédaction, administration, circulation, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 rue St-Denis, Montréal 129, Province de Québec.Téléphone: 843 4792 Dépôt légal 3e trimestre 1974.MAINMISE n'est pas responsable des manuscrits et dessins que nous recevons.MAINMISE est pour la légalisation de la marijuana.Courrier de deuxième classe, numéro 2511.Port de retour garanti par MAINMISE.MAINMISE est un magasine mensuel publié sous l'inspiration directe de Pénélope.Le premier numéro a vu le jour en octobre 1970 (en plein milieu des événements que nous connaissons).Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Directeurs: Roland Vallée, Georges Khal Et Michel Bélair.Distribution exclusive pour l'Amérique du Nord: Distribution ECLAIR, 8320 Place de Lorraine, Anjou 437 Québec.Téléphone: 353 6060 La distribution en France est assurée par les Librairies Parallèles 47 rue St-Honoré Paris (1) tél.: 231-6270.ARonncz-vou* ! BULLETIN D'ABONNEMENT.?DE REABONNEMENT .?COmPICTEZ VOTRE COUSCTIOfl : Complétez votre collection en commandant les numéros qui vous manquent: 6 mois (6 numéros).$7 00!.i .épuisés 1 an (12 numéros) .S12 00D No 7 a 20.S?00 chaque.1 an (abonnement de soutient).' Q No 21 au dernier paru: .$1.25 chaque.Dix numéros au choix à partir du No 21: .$10.00 Nom .Prénom .No .Rue .Appt .Ville .Code.Prov .abonnements pour l'étranger: 1 an $15.00 ou 80FF Par avion, doubler le prix.Paiement par mandat-poste international seulement.) Envoyez le détail de votre commande accompagné d'un chèque Autres publications disponibles: La Dope (tout sur le pot) .$2.50 Embarque mon amour (Pierrot Léger) .$2.50 Les chômeurs de la mort (Claude Péloquin) .$1.00 Comix No 1 (Robert Crumb.Pour adultes seulement) .$1.00 Comix No 2 (Robert Crumb.Pour adultes seulement) .$1.00 Comix No 3 (Gotlib, Mandryka.Bretecher.Pour adultes) .$1.00 ou un mandat à: MAINMISE 1589, St-Denis Montréal H3X 3K3 Difficile de décrire cette semaine-rencontre, ent housiasmant de l'essayer, dangeureux d'en parler.Nous y consacrons donc neuf pages, alors que ce d evrait être cent pages, alors que ce pourrait êtr e le silence.- D'abord le miracle de l'organ isation (essayez d'en faire une rencontre interna tionale) que nous devons au COLLECTIF de l'ATEM.Ensuite le dispositif : cinq débats-ateliers les aprês-nidis suivis d'une séance de films, cinq re ncontres-interventions les soirs, une journée de synthèse et une grande fête-concert le dimanche d e 3 à 3 plus ixe.On craignait les oppositions : il y eut des maria ges.On craignait les compromis : il y eut des du rcissements.Personne ne put rien contrôler : dan: le climat de "libre concurrence" des opinions, ch aque appel â l'action fut noyé par le traditionne 1 "passons maintenant â la prochaine intervention ou "il faut maintenant quitter la salle pour." Nous sommes ici pour échanger.Bien sûr.Mais il y a le fait que les "idées" des autres ont toujou rs un pti côté écoeurant, et il y asurtout le fai t que la "contre-culture" répugne comme un cadavr e dont personne ne veut reconnaître la parenté.L e fantôme de l'hypocrisie circulait â son aise.N on, faux de le dire.Car un loufoque malentendu j ouait dans toutes les têtes : contre-culture ne s ignifie pas "être contre la culture" mais bien "c ulture alternative, une autre façon de vivre, voi r le monde, se relier aux êtres", une nouvelle vi lie dans la ville.Ce qui englobe aussi bien les tenants d'une révolution politique que les pratiq uants de la révolution culturelle.Mais çê pa gra ve bonhomme — et c'est pourquoi d'énormes gants blancs durent manipuler devant nos pauvres oreill es cet énorme mot de contre-culture (scène du cap itaine Haddock se débatant la main pour se débara sser d'un morceau de ruban adhésif gênant).rencontre internationale "de la J, culture11 Mais le vrai show ne fut pas dans la salle, il fu t dans les têtes de toutes-celles-tous-ceux réuni s .là pour poser des questions, y répondre, écoute les débats et partager les interventions.Car fin alement personne ne fut insensible à ce qui se pa sait : même ceux qui dénoncèrent "cte niaiserie-1 à" devaient nécessairement être là pour le faire, ce qui est une subtile façon de se disqualifier.D'énormes choses furent dites, de graves question s posées, et qui donc aurait l'audace de prétendr e que rien dans cette rencontre ne put ébranler 1 aplus petite deses idées reçues, de ses opinions toutes faites, de ses convictions les plus aveugl es ?Le partisan des communes rurales pouvait-il ignorer les marxistes sincères lui reprochant de ne pas tenir compte des ouvriers, des luttes de 1 ibération, du gâchis urbain ?Le partisan de l'ac tion sociale-révolutionnaire pouvait-il ignorer 1 es efforts réels de toute une jeunesse pour redéf inir les valeurs masculino-fuckées de l'occident et expérimenter une nouvelle écologie psycho-soci aie ?Onon ke non : insidieuse rencontre qui débo ussola (troubler ?) plus d'une certitude et qui a du freaker tous les agents doubles éberlués.Comme les Editions de l'Aurore publieront un compte-rendu intégral de la rencontre, il n'était évidemment pas question d'en faire autant de prSs ou deloin.Nous avons préféré faire une carte "acupuncture" avec des reliefs : l'intervention de Paul Chamberland dans la soirée du ma rdi, l'intervention â partir de la salle de Raymond Trottier (certain ement le texte le plus heavy de la semaine),une interview rapide (tro p) de Allen Ginsberg et William Burroughs, une affiche-guérilla de D onald Turcotte, des flashs en pétarades pi photos pi citations.Nous avons assisté aux sept jours : ce fut magnifique, drôle, excitant, pa ssionné, perdu, trippé et réel.Le tout était de lire entre les bruits.1 .vtique d'assises tourmentées.Y a-t-il une contre-culture ou bien n'y a-t-11 que de* con tre-ctil Juristes?Les contre—culturistes ¦ DnhPi-i P"-* -m bourgeois qui contrôlent les media qu'on ouvre n champ de contn de c»"" vue depuis |0 Mois il j Spectacle; il, ve sérieuse s tlon qui lue 1 ment.Cenai *«Mble de < À la Rencontre internationale Les contre-culturels (suite) par Robert Barbe ris r>e nouveau, écriture Valllères.Tu .lens de inonde 1.1" - culpabiliser (oui le ne se sente insulté.Le Baron est trop fin et son mot, toujours placé avec à-propos, venait rappejer à tous, avec une exquise pudeur, qu'il ne fallait rien exagérer, que peu importait la gravité des débats, il ne fallait pas les prendre trop au sérieux.Position de Vallières.La contre-culture doit favoriser l'éclatement du système de l'Occident capitaliste impérialiste privilégié et n'est utile que dans la mesure où elle est subversive consciemment au profit de la majorité des hommes de la terre, ceux d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine.Il souhaite que les contre-culturels se politisent intelligemment et que ceux qui font de l'action politique se contre-culturisent.Le JOUR oie et culture "F'a rien là!" — le Baron Filip Comme quelqu'un le soulignait samedi, "on craignait à tout moment que les débats deviennent autant d'occasions d'affrontements entre les revues Mainmise et Chroniques." ter les enfants et les chiens qui heureusement se promènent en toute liberté.Peut-être même y rencontrerez-vous un fils ou une nièce perdus de vue depuis longtemps.12 , | B Devoir, lundi 28avrlM 975- 'Z 21 22 j 13.00 heures atelier-débat: nouvelles valeurs et modes de vie invités: Normand Bourque Luc Racine Georges Khal Edith Morasse Marie Dumas anim: Gilles Brunelle 16.00 heures films: 13.00 heures i 19 00 heures interventions: Louis Geoffroy Piewo lagoi-Jean-Louis Brau Mary Banch Mnniii Saieat.23.00 heures spectacle: Conventum atelier-débat: les luttes de libération invités: Clnji LaiHin st_ft Lise Moisan Danielle deFontenay Christine l'Heureux Eisa Chamberland anim: Ina Mofois 16.00 heures films: 19.00 heures interventions: Miche Liiniretet Lucien Francoeur Denis Vanier Josée Yvon Nicole Brassard 23.00 heures spectacle: Claude Péloquin .Semaine de la contre-culture.sr\p Un bilan positif et ouvert.iThérlault Les Hippies et vous parJacqueaTherliuit Billet ¦lan» nlunv-iniJe).u,, C CM UU OU H II chien du baron Filip, précieux, se promenai! MAINMISE nips.plus que le simple lussi là une .llternoii-ci îeié de consomma-ment mais très sûre-llirme.nl qu'il serait ruire une société où Semaine de la contre-culture Si c'était la "terre promise"?''"e.que "Quel jeu d'Ottawa Mainmise U?"s'est demandé Straram, de la re-Chroniques.Evidemment, on objecte tout de suite que c'est de l'utopie et du rêve en couleur.Et si c'était faux?Vous n'avez pas besoin d'être d'accord, mais au moins allez voir de plus près.Corn-me dirait Réal Caouette: "Vous n'avez rien à perdre."' 23 24 13.00 heures atelier-débat: les arts et la contre-culture invités: Walter Boudreau -Armand Vaillancourt Claude de Guise Francine Larivée François Charbonneau anim: Francine Couture 16 00 heures films: 19.00 heures interventions: Patrick Straram le Bison Ravi Daniel Biga Charles Plymel Maroc Riouu Jacques Lazure 23.00 heures spectacle: ^aoul Duguay 13.00 heures atelier-débat: le politique dans la contre-culture invités: Léandre Bergeron Patrick Straram le Bison Ravi Muil-iJ rii9i»«j.Michel Bélair Paul Chamberlandjs anim: Jean-Pau! J Gauthier 16.00 heures „}! -s films: 19 00 heure?interventions: Geeigau IHIi«il Ed Sanders Clnudn Daligy Jacques Dion Roger Lemieux 23.00 heures spectacle: Plume Latraverse Abondant en ce sens d'une sorte d'osmose d'idées, le poète Gaston Mi-ron a évoqué pour sa part "l'autosuffi-sance de nos ancêtres" et regretté qu'on soit porté à oublier la mentalité de ces hommes qui s'apparente jusqu'à un certain point à celle q'on voudrait présentement instaurer."Il faut revenir aux sources, a-t-il dit en substance.On parle beaucoup de l'homme de demain et pas assez de nos ancêtres qui travaillaient avec leurs bras et s'autosuffisaient.Personnellement, c'est la seule façon de faire table rase des gouvernements en place et de construire cette société nouvelle dont rêvent les gens de la contre-culture." S u ni s cy.£S • ¦ S g > S " si s •a a s u 41 , C 3 < 3 o.II M ¦a 3 § g a © 41 4, i s * g ' g S £ Ce dernier, absolument suave et ressemblant à un Bacchus croulant sous le poids du nectar.Il se promenait tout partout et me salua pas moins de trois fois sans me reconnaître.Nous nous aperçûmes finalement que ce qui nous attirait l'un vers l'au- tre était la communion de l'âge.tout, ce En coulisse.Straram donne l'accolade à Chamberland.De sa baguette magique, la fée des étoiles (c'était une question de vie ou de mort) fit jaillir une langue de feu de poésie où laideur, obscénité, insulte et agression furent à jamais bannies.Que vive la nouvelle culture! que vive l'utopie! William Burroughs.Aux É.-U., la contre-culture a favorisé la liberté d'expression dans le langage et la sexualité; a encouragé une plus grande flexibilité de pensée et le droit d'existence des minori-n'est tés.Après le Vietnam, il sera plus difficile de commencer une guerre ailleurs.En ,rs que l'on peut trou- Jctif.Etlepetit pas tous les T1 phitip, la Fee de.s décrivant l'univers dans lequel il vit, idd, fragile et ver réunis le Michye et le l'écrivain le dénonce; en décrivant un lrement.Etoiles, Put v\n, Uure sans comp- univers autre dans lequel il voudrait Pape de la contres vré „ ,e fend poss,b|e 25 26 13.00 heures atelier-débat: diffusion, récupération et actions possibles invités: Claude flaMatlIc Goorgot Khal «-.Romeo Bouchard Jacques Dion Anim: Pierre Vallières 16 00 heures films: 19 00 heures interventions: Allen Ginsberg William Burroughs Raoul Duguay Ctîjiie Ojuu Pierre Vallières 23.00 heures spectacle: Komuso à Cordes 13.00 heures atelier de synthèse 19.00 heures films: .la wire ^ Mit»*» 27 14.00 heures spectacle de musique et de poésie au Palais du Commerce , Vous V L'Indien d'Outremont Straram n'écrit pas pour être lu dans les usines.Sa critique s'adresse aux intellectuels petits-Dourgeois qui contrôlent les media afin de transformer leurs schemes mentaux.On le traite d'Indien d'Ou-tremont."J'ai fait quinze ans de travail critique au Québec au service de la classe ouvrière".Contre la mythologie de Mainmise.Lisez Chroniques.L'humanisme individualiste est un leurre qui fait le jeu de l'impérialisme américain.Raoul Duguay.Il rêve d'une "pour-culture"; sinon c'est le désespoir.Être doux et tempéré en transformant notre violence en force créatrice positive, en unité de tous."Je suis blessé par la colère humaine, par la division de l'homme contre l'homme.L'État essaie de diviser les créateurs.La publicité travaille sur l'inconscient de manière à nous transformer en un chien de Pavlov".Sur le même panel que les deux Américains, Duguay dit quelques mots en anglais pendant que l'ex-animateur de 5 D lui crie: "En chinois, en chinois".Imperturbable, Duguay .continue de parler doucement, désamorçant toute agressivité."Bien des affaires ont été résolues et beaucoup d'idées ont été échangées.On a comnuiniqTié, on s'est rapproché, on a sympathisé.malgré les engueu-lades.J'ai vu également des gens de tendances différentes se réconcilier et se parler; dans bien des cas, ils ne s'étaient pas adressés la parole depuis plusieurs années.Ça, c'est assez extraordinaire!" 4 MAINMISE inTepvcnrion D€ Rqymond TROTTI€P Note de Raymond Trottier concernant la publication présente de son texte : "Le texte qui suit est une réalité con-vergente que je vis; il n'était pas question de faire un exposé pour initiés devant une salle parfois aux antipodes de cette convergence.Il est implicite que la formation du GUERRIER DE LA SAINTE VIE passe par le mystico-ésotërique, la sainte connaissance, les astres, les plantes, les arts "softs" de 1'auto-défense, et la formation de cellules de base de vie (communes rurales et urbaines, coopératives, imprimerie)." A PARTIR DE LA SALLE, LORS DE LA DEUXIÈME SOIREE DE LA RENCONTRE ET ALORS QUE DENIS VANIER ET JOSEE YVON VENAIENT DE TERMINER LA LECTURE DE LEUR TEXTE-POEME.Les dominos déguisés en tigre de papier American Dollars s'écroulent.VIVE LE KHMER ROUGE ! VIVE LE GRP .' VIVE LE PATHET LAOS 1 Le premier coup de hache â la folie établie est donné .' 70% de la population américaine se dresse contre la guerre pendant que Kissinger tente KRINKER une dernière seringue de paranoia avec des bains de sang appréhendés.Le commerce des bébés indochinois dans le fond du camion fait l'affaire des inconsciences libérales meurtries.Ford, le Commandant en Chef des Kidnappeurs de Bébés, joue au papa napalm.L'inconscience du capitalisme joue â l'humanisme pour les apparences au son du viol et de la tuerie des réfugiés civils par l'armée saigonnaise démoralisée et amoralisée par la formation du cadavre culturel/POLITIQUE américain.Trudeau, protégeant les mécanismes fascistes, reconnaît la boucherie des Colonels Kentucky du Chili, mais tatillonne en attendant le signal de Rockfeller pour reconnaître les camarades du Cambodge, pendant que Cleveland Cramm, chef terroriste du bureau CIA à Ottawa, tél.: 731-9403, 136 Dorothea Drive, plaque de char CDA 357, passe son temps au bureau 336 du Solliciteur Général Allmand avec le colonel Robert Bourne, sous-ministre, chef de la Gestapo Canadian, mieux connue sous le nom de Police Security Planning and Analysis Group revisant les plans d'internement et de terrorisme légalisé pour le prochain coup d'état québésois.(Les informations qui précèdent sont tirées de la revue canadienne LAST POST.) Pendant ce temps-13, les nouveaux colons S cheveux longs et une jeunesse récupérée fabriquent le mythe du bon gars pa-cifique qui continue à cultiver les pata-tes dans le 6e rang de St-Béatrix paisiblement délaissé et oublié par les chasseurs de sorcières, confortablment assis dans sa chaise berçante, confiant que les sorcières sont uniquement politiques .(.) Al'accompagnement de bruits d'hélicoptëres dans la commune, confiants que les enfants libres ne leur seront point enlevés pour les protéger de la débauche de la liberté, placés loin dans des institutions de rééducation fasciste, les hommes et les femmes bénéficieront d'un traitement spécial électrique, programme de placement dans des camps de concentration pour les idéologies contraires au fascisme.Mais nos bons colons seront propres et non-salis par la politique jusqu'à la dernière minute d'une balle bien placée dans la nuque : IN MEMORIAM IL ETAIT UNE FOIS UN BON PACIFISTE APOLITIQUE.Ils avaient compris trop tard que l'aboutissement logique et inévitable du capitalisme est le fascisme et que faire partie de l'organisation de solidarité révolutionnaire (i.e.le parti ouvrier) de la classe ouvrière et agricole est la seule voie de survie collective pour les fils de la lumière face au fascisme des ténèbres.Voici une page du manuel de Libération des Guerriers de la Vie, chapitre Engagement Politique : La politique n'est que l'aspect organisation de la facette culturelle/spirituelle de la révolution.La politique est la concrétisation nécessaire de l'organisation sociale d'une collectivité {i.e.la tribu).Cette collectivité se soit d'avoir un plan d'action, une stratégie de libération, une défense et une consolidation.Cette consolidation est le regroupement des cellules de base et de ses mouvements constituants dans un parti ouvrier.Nul cellule de base ou mouvement séparé ne peut survivre face au fascisme sans cette présence au sein de l'alliance librE du parti ouvrier.Ce parti ouvrier sera le front uni de tous les mouvements populaires et développera la stratégie et la défense de la nouvelle vie libérée et à libérer.Ainsi constitués , nous serons en mesure de chercher des appuis parmi les pays progressistes.Qui dit regroupement dit défense, surtout dans l'ère apocalyptique de la lutte définitive et finale contre les forces de l'inconscience etdu mal.Tout•reniement de défense et libération organisée 3 l'échelle tribale collective et nationale, ou tout repli de la cellule de base ou d'un mouvement sur soi-même n'est qu'un faux idéalisme suicidaire, même en prétextant le matérialisme de la clas- se ouvrière ou autres sophismes.Car n * oublions pas que chacun de nous était et est dans l'inconscience à un moment donné.Ce genre d'élitisme culturel et spirituel est faux et égoiste.Le corollaire de cet élitisme suicidaire et égoiste est le refus faussement idéaliste d'utiliser la force nécessaire pour agir, libérer et protéger l'organisation sociale de notre matrix/matrice spirituelle et culturelle.Si quelqu'un bat ton enfant, tu vas tenter de l'empêcher par la parole; si ça ne marche pas, tu vas sauter sur lui.De même quand on tue l'enfant en nous, on doit réagir avec toute la force nécessaire pour se libérer.LA VIOLENCE.La violence est le mal moral et physique que l'on fait par haine (i.e.: égoisme) ou inconscience.Mais la force physique ou morale est le bien que l'on déploie par amour de la vraie vie en défense de notre spiritualité et son organisation politique.On lutte pour la défense et la libération de l'enfant dans nous.Certains diront qu'il est plus sain de se laisser traîner à la torture ou au camp de concentration quand il s'agit plitôt d'une soumission â la peur qui n'est qu'égoisme.C'est une fausse soumission au destin.Ici je cite la Sainte Force dè Louis Riel, Jeanne d'arc, et Jésus avec son fouet dans le Temple de la vie prostituée aux forces de 1'inconscience.Certains prétextent qu'utiliser la force pour se défendre c'est devenir comme 1'opprimeur.Mais si cette force est maniée avec amour dans la défense de la vraie vie, quand tu défends l'enfant contre la violence, la force physique que tu utilises pour le défendre n'est point violence car elle est conscience et amour.Tu protèges la vraie vie.Faire autrement serait lâche.La Gestapo des pays répressifs, la CIA, le FBI, le RCMP, leur police secrète s'inquiète de tout ce qui remet en question la fausse réalité.La Gestapo ne différencie pas dans les moments de crise les violents des pacifiques, les spirituels des politiques, les réformistes des révolutionnaires.Tous sont dangeureux et subversifs pour la fausse réalité fasciste.Le PQ réformiste qui veut na-ionaliser l'amiante et favoriser les coopératives ouvrières et agricoles inquiète autant qu'Allende du Chili.Le réformisme radical de la langue au Québec est révolutionnaire, car il permet une nouvelle solidarité et homogénéité dans la classe ouvrière sur les lieux du travail.Ce qui apparente le P.Q.â l'Unité Populaire pour les forces répressives, c'est la conjoncture historique de la grande crise du capitalisme ici au Québec et partout dans le monde.Les réformistes et les révolutionnaires sont tous deux un tremplin dangeureux pour la conscientisation du peuple pour cette autorité.Une coopérative ouvrière autogérée â St-Jérôme est subversive pour cette classe possédante, car il donne au peuple la possibilité de voir que ca marche mieux matériel lement et spirituellement sans les boss capitalistes.La destruction barbare du régime élu d'allende, un régime pacifiste et étapiste, démontre que la police et l'armée du capitalisme fasciste ne différencie les changements ré- .els et radicaux, comme les nationalisations par le moyen des armes ou du bulletin de vote.Tous deux nécessitent unterrorisme Gestapo pour semer la peur et la démoralisation dans une population non-armée.Ce n'est pas la technique utilisée pour libérer qui épeure le capitalisme ; c'est le but, 1'idéal de vivre la vraie réalité socialisée qui est subversive, car la conscientisation et l'organisation efficace sont l'arrêt de mort pour un système d'aliénation et d'exploitation basé sur l'inconscience et la division.La formation du parti ouvrier révolutionnaire ne vise pas la gérance du patrimoine capitaliste pervers mais la création d'une nouvelle vie.Ce parti ne sera pas la chapelle d'un seul groupe dogmatique quelconque mais le FRONT UNI de tous les mouvements populaires au Québec.Ce sont eux les inquisiteurs, les terroristes de l'inconscient.CONSCIENCE ET POUVOIR AU PEUPLE Raymond Trottier Interview cTflllen Girvborg UJilliom Burrouglv Essouflé, j'ai couru, je rentre dans la chambré de Ginsberg.Burroughs est 13.Une demi-heure seulement.Trois autres personnes sont lâ, je m'embrouille et débi-litise comme un amateur du dimanche.On me regarde; dans ma tête, c'est vite une question au plus sacrant 'sti.Un deux trois, ça y est.Q.: Comment voyez-vous la division entre "politique" et "culturel", "social" et "individuel" ?Ginsberg : C'est incroyable que vous soyez pognés encore avec cette archifausse distinction.Elle n'existe absolument pas.Qu'il existe une certaine confusion, d'accord; que ce soit la tour de Babel, d'accord; qu'il y ait une infinie variété de points de vue, d' "arguments", okay; mais cette division est un faux problême et il y a longtemps que cette histoire a été réglée au USA.Burroughs : Cette dichotomie n'existe nulle part.L* uni-vers n'est pas bati selon ces insensées catégories.L'intérieur est 3 l'extérieur et l'extérieur est 3 l'intérieur et tout ceci n'est qu'une question de confusion sémantique.C'est ce que Korzybski appelle la "réaction sémantique" aux mots qui sont les mêmes pour tous mais qui dégagent une impression neurologique différente avec les individus.Ginsberg : C'est de la dialectique au fond.Les gens disaient : 11 exploration spirituelle individuelle est une pure perte de temps; et : toute action sociale ne peut être qu'aveugle.En '65, aux USA, il y eut un rapprochement entre différents groupes, diverses tendances.Ce fut 1'époque des "marches", des manifestations dans la rue, du théâtre de guérilla, des Yippies, etc.Tout le mouvement anti-guerre est né de cette collaboration étroite entre le politique et le spirituel.L * un n'est pas possible sans 11 autre : l'action sociale doit nécessairement avoir une âme, et la spiritualité doit nécessairement s'incarner dans les faits.Pensez 3 l'exorcisme du Pentagone en '67, le Mouvement se servait de la pure poésie pour combattre, 3 la Dada, à la surréaliste.C'est très drôle ce qui est arrivé parce que c'est devenu une guerre psychologique avec une technologie spirituelle.Les gens du mouvement faisaient d'énormes déclarations , laissaient supposer toutes sortes de choses, qu'ils allaient mettre du LSD dans les réservoirs municipaux, dévoyer toute la jeunesse, freaker tout le pays, etc.Et le gouvernement les a pris au sérieux.Il a cru qu'il y avait vraiment un gigantesque complot financé par Moscou et les services de contre-espionnage sesont crus obligés de mettre sur pied un contre-complot.Ils ont appelés ça : "les plombiers", pour combattre les "fuites" dans les tuyaux .' Mais comme il n'y avait pas de complot, seulement de la "poésie", ils se sont enfargés les uns sur les autres 3 qui mieux mieux et c'a finalement donné Watergate, une victoire pour le Mouvement.C'est de la "j ustice poétique".Les poètes et les écrivains ont joué un énorme rôle dans toute cette histoire : Rimbaud, Artaud, Blake, Sartre, etc.La littérature et l'esthétique s'est mêlé au politique avec le résultat que nous connaissons tous.Q.: Quelle importance donnez-vous 3 la Neurologie ?Burroughs : J'en ai parlé l'autre soir.Primordial.Ques-tion de contrôle.Les appareillages techniques sont 13 pour pouvoir absolument maîtriser les citoyens et leur faire faire ce que 1'on veut.Et les gouvernements feront tout pour yarriver.Mais je ne crois pas qu'ils réussiront.Ginsberg : C'est sûr que le gouvernement américain a mis sur pied depuis '56 un complot pour, en 3 points, les journaux ont publié ça, c'est des papiers du FBI qui ont été volé par un groupe pacifiste, un complot très vaste pour : empêcher l'avènement d'un Messie Noir, discréditer absolument les "extrémistes", les intellectuels, les marginaux, et créer de la paranoia partout en donnant l'impression que les gens étaient suivis et que tous les groupes étaient infiltrés.Incroyable cela, ils voulaient volontairement créer un climat de terreur paranoiaque pour détruire ce que le Mouvement a de plus précieux : la confiance des individus les uns envers les autres.Q.: Maintenant que ces choses sont connues, quelle va être la réaction des gens en place ?Ginsberg : Mais ca continue et de plus belle.Ils essayent d'autre chose.Les Services anti-drogue ont eu un budget de $120,000,000.11 an passé, on continue 3 arrêter les gens et 3 les mettre en prison.Ils n'ont certainement pas abandonné l'idée de créer un état policier.C'est ironique dans un certain sens, parce que dans les pays "socialistes", la Tchécoslovaquie par exemple, les citoyens savent qu'ils vivent dans un état policier : tout est très clair, tous sont au courant, et la réaction brusque des autorités ne se fait jamais attendre.Mais ici, les citoyens en majori té ne sont pas au courant de ces tentatives gouvernementales.Burroughs : C'est beaucoup plus subtil ici.Question d'efficacité : plus un gouvernement est efficace moins il a besoin de policiers.Quoique d'autre part, ici ca va beaucoup plus loin : quelqu'un a écrit récemment que ce serait une très mauvaise idée de dissoudre le CIA parce que ca mettrait sur le marché du travail une énorme quantité d'agents qui ne savent rien faire d'autre.De grosses corporations ou de gros millionnaires ont des armées privées maintenant.Une semaine avant l'assassinat de Fayçal, on a photographié un contingent d'une de ces armées privées atterrissant lâ-bas.Q.: Croyez-vous 3 1'éventualité d'une guerre générale ou même 3 la possibilité d'une guerre civile aux USA ?Burroughs : A cause du désastre Vietnamien, les militaires auront beaucoup plus de difficultés 3 faire une autre guerre.De plus, il y a toute la concurrence naturelle qui se dégage 3 l'intérieur des "protecteurs" de la nation.Qui protégera les protecteurs ?Qui surveillera les surveillan ts ?Ils s'embêtent les uns lesautres et se nuisent entre eux au-deia de toute espérance.Ginsberg : L'ennui de toutes ces agences spéciales, c'est qu'elles doivent absolument se maintenir dans l'existence et se crër du travail 3 elle-même.C'est de la production industrielle de paranoia parce que elles n'ont rien d'autre 3 faire et que comme toute bonne bureaucratie, elle doit se justifier 3 tout prix.Burroughs : Il n'y aura pas de guerre civile non plus.Il y a moms de tension sociale aux USA en ce moment que durant les années '60.Ce ne sont pas tant les groupes sociaux qui sont atteints que le tissu social lui-même en tant que système cohérent.Le problème est d'envergure mondiale.Prenez le système monétaire.Toutes les monnaies sont tellement reliées entre elles qu'ils ne peuvent pas se permettre d'en laisser tomber aucune, car la chute de l'une entraînerait la chute des autres.Ginsberg : Le vrai problème qui est la réaction planétaire 3 nos actions, c'est 3 dire le "karma" écologique, concerne tout le monde.Les "straights", les hippies, les blancs, les noirs, les pacifistes, les militaires, tous mangent, respirent, utilisent l'électricité, ont des autos qui consomment du pétrole, etc.Tout le monde est un "energy junkie", tout le monde consomme quelque chose, et c'est 3 ce problème qu'il faudra bientôt faire face, tous ensemble.Q.: Quelle est votre réaction â votre séjour ici ?Ginsberg : L'autre soir lorsque nous avons parlé en public 3 la Bibliothèque nationale, j'avais l'impression que je me trouvais devant 800 Jack Kerouac qui essayaient tous de parler en même temps.c'était très impressidnnant.8 MAINMISE MANIFESTE POUR L'EQUILIBRE DES CONTRADICTIONS — Jeudi après midi après l'atelier politique apparaissait près de la porte de sortie une grande affiche (la seule de la rencontre.En voici quelques extraits : voit Jf««ft/UAsr\\e**r c-opteosetieNT les pîles oe vieox.n^NKises enta^sés fefttfÇ.l£ gp.ra&e.C' Etfkt rlÎHOÎT , ÊT ON a TRAPPE Sor l'aspect réâfcùçoe: t>e l' a^f/mre c powers polices, FurtéÊ , 6A0, GRfWûe éCH6U£< PROiECTeORS, etc-) MÉrtÊ si LA rtOi'Tt'É 00 STOCK rWAÎT oc$PAR.O SOfe\TEr\eNT ÊT
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