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Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Mainmise, 1976, Collections de BAnQ.

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Mr \4 Eventail complet de publications et livres américains sur l'alimentation macrobiotique (Kushi, Oshawa), do in, Shiatsu; couteaux japonai», marmites à pression, moulins à farine, thés dt Muramoto.Pour catalogue gratuit, écrire à: Yves Ducuarme 742 rue St-Antoine Terrebonne J6W 1 N9 AIN: Atelier d'Idées Nouvelles: Yousqu'où vous voudrez.Contacter Charles AIN ou Chis-tian Albert: 866-0958.JARDIN BOTANIQUE: Le Jardin Botanique de Montréal tient à informer les lecteurs que ses neufs serres de plantes exotiques sont ouvertes au public.Les visistes sont gratuites.Il tient à annoncer aussi qu'un concours de recettes de plantes sauvages se tiendra au mois de mai (date-limite d'inscription: 14 mai).Pour plus d'informations sur les visistes aux serres et le concours, téléphonez à 872-4135, Local 125.A vendre 2CV (deux chevaux) Citroen 1969, carosserie reconstruite, moteur en bon état, quelques réparations à faire.$250.Tel: 522-1310 Tu es femme "tripative".Tu demeures à St-Germain, St-Georges, Baio Comeau, Montréal.Tu es d'ailleurs, de quelque part, de nulle part.Tu as envie de placoter.Tu as des choses à dire, un "trip" à raconter à faire partager.Eh! bien, je suis Michel Alexandre et je suis là.Femme, je te vois sans âge.Je te vois avec un grand sourire.Des bras, c'est fait pour s'ouvrir, et une main, pour être tendue.Femme, j'ai des choses à te raconter, alors racontons-nous.Michel-Alexandre, 971 Agnès Montréal.Saxophone ténor à vendre.Marque Séverin, $200.00.Appelez Daniel, 622-8567.A vendre, métier à tisser à 6 lames, construit à la main, système inspiré du système finlandais (chaque cadre est à la fois contrebalancé et peut être levé seul).Largeur 65 pouces, construit en merisier,- équipé d'un ourdissoir incorporé et d'une caneteuse incorporée.Un véritable bijou d'artisan permettant de tisser les trois armures (toile, serge et satin).Prix: $500.Tel: 522-1310 Salut, amis! Je suis à la recherche d'une maison en pièce-sur-pièce (bois rond) endommagé sur le point d'être démolie pour faire place à du progrès, bon marché et si possible à proximité de Ste-Agathe, dans les Lauréntides.Si tu peux m'aider, écris à: Claudius Deslauriers, 11, 265 Poutrincourt, Montréal ou bedon, appelle à (514) 331-1424.Merci d'avance et bien le bonjour à tous.P.S.: J'étouffe! ! I Je, Pierre, 525-7885, aimerais rencontrer des personnes humaines qui aiment l'esprit de communes, qui trippent sur la communication, la joie, la gaieté, le plaisir de vivre en commune.J'ai une chatte (a-est grave! ) qui est la fille de Myosotis de Mainmise; elle s'appelle Jubiler; j'ai aussi un siamois, du nom de "Folklore".J'aimerais aussi partager un 4-1/2 avec une fille qui* travaille.Où sont le monde sympathique .?Je vous aime.Quèbécoisement vôtre Frères Musiciens et Musiciennes, allô! Ca nous tente de connaître et de vivre une fin de semaine EPAEPOUSTOU F LANTE EPATANTE en campagne avec toi (toé).Ca se situe dans ma tête et dans tes tripes à St-Alphonse de Rodriguez à 60 milles de Montréal, les 28-29-30 mai 1976.Dans un grand camp où y'a d'Ia place.Il faut se rejoindre coûte-que-coûte, amateurs musiciens pour faire vibrer de nos chants et de notre musique la montagne.$20.00 pour toute (location du dit-camp, transport, nourriture).Plus y aura de monde .O.K.Salut! Ti-Pierre, 2301 Bélanger.No.3 Montréal H2G 1 C9.376-5643.Cherche Mainmise numéros 1 à 6.Jacques Lavigne, 7617 Berri: 274-5373."LE RASSEMBLEMENT FAMILIALE DE LA TRIBU ARC-EN-CIEL" RASSEMBLEMENT DE LA PAIX MONDIALE INTERNATIONALE Le 1 juillet 1976 aura lieu un rassemblement pour tous les peuples du monde au parc de paix internationale Waterton-Glacter (Montana) Nous, Frères et Soeurs, les entants de l'humanité se nommant la Tribu de la Famille Arc-en-Ciel invite humblement tous les peuples, races, tribus, communes, hommes, femmes, et enfants par amour à se joindre à nous ensemble dans le but d'exprimer notre désir sincère pour la paix sur terre et l'harmonie entre tous les peuples et à déterminer les chemins et les moyens par lesquelles on pourra vivre en liberté.Pendant 3 jours on pourra chanter, danser, prier, s'aimer.mais le quatrième jour de Juillet à midi on demande un silence contemplatif, méditatif, pour que nous, les personnes invitées du monde, pourrons considérer et honorer n'importe qui ou n'importe quoi qui a aidé dans révolution positive de l'humanité et la nature de notre terre bien-aimé, demandant des bénédictions pour les peuples du monde dans l'espoir qu'on pourra continuer effectivement à évoluer et vivre en harmonie et en paix.AMEN L'Arc-en-Ciel est le signe de l'unité de tous les peuples.On est tout simplement des frères et soeurs unis ensemble par amour l'un pour l'autre et par notre désir de vivre en paix.On se réunit cet été dans les hautes montagnes pour être ensemble dans la cathédrale de la nature et pour être un exemple de comment on peut vivre et travailler ensemble.Pour plus d'information adresse-toi une enveloppe avec un timbre et envois tout ça à: Yves Géiinas, CP.366 Val-David, Québec Chaman, revue de recherches chamaniques pour ne plus être soi-même mais le monde, le cosmos.Chaman, revue de recherches chamaniques pour l'expansion de la conscience, pour une vie extatique.Chaman, revue de recherches chamaniques pour faire circuler l'énergie cosmique bloquée dans les organismes, les sociétés et les écosystèmes de la nature.Chaman prépare entre autre un numéro spécial consacré à Carlo Suarès et la Cabale qui contiendra des textes de J.Cassou, N.Bourque, M.Thivolet, Cadet.et des inédits de Suarès.Numéro auquel on peut souscrire en versant 15 francs au C.C.P.487 85 Marseille au nom de Jourdan, Revue Chaman, B.P.17,09200 St-Cirons, France.N'oubliez pas ce numéro Carlo Suarès ou comment se brancher sur l'énergie cosmique.Ecris-tu?Si tu est poète et n'as personne pour t'entendre ou te publier, écris-moi quelques lignes.Si l'avenir de la littérature au Kébek t'intéresse, parle-moi-z'en, peut-être qu'on pourrait donner vie à cette poésie qu'on écrit tout temps tout seul.Poète, parleur, voyageur, prends ta plume et parle-moi dans le silence, Daniel Guimond, 720 Maréchal, Longueil, Kébek.P.S.: Tout en vous disant que vous faites quelque chose de bien, pas cher.Surtout si on le lit au magasin.POST P.S.: Mon petit târrieu, achète-lé! J'ai appelé chez tes parents de temps en temps, mais .Si tu as du temps, de temps en temps c'est le temps de m'appeier: Katrick, 6002 Wavèriy, 270-3033.Tu pourrais venir manger des tacos chez nou I Pour activités macrobiotiques, cours de cuisine, cours de massage, cours sur les plantes médicinales etc., contactez Daniel, Centre Macrobiotique, 3935 Drolet.288-2995.Salut! J'me cherche une job à temps plein ou partiel ou autre.J'étudie le design de l'environnement.Mon karma pour les jobs est épuisé.Cherche aussi des musiciens pour former un groupe, éventuellement.Marc (guitare-piano-voix), 799 Pte Rivière-Sud, Ste-Eustache, 472-0393.Le premier mai, je vais me retrouver seule et très désemparée.Je cherche quelqu'un (garçon ou fille) qui voudrait bien nous accueillir, les plantes, le chat (si possible) et moi.J'ai 21 ans et suis intéressée par tous projets (commune vie sur une terre, bois etc .): Lyne Lavoie, 6422 Principale, Ste-Croix-de-Lotbinière: 962-3527.COOP DU PLATEAU La Coop.St-Louis ayant un effectif de plus de 2000 membres et ne pouvant plus en intégrer d'autres, devant aussi le besoin d'une coop alimentaire (d'aliments naturels) dans l'est de Montréal, un groupe de gens ont décidé de former une nouvelle coop.A parti du point focal des énergies au restaurant végétarien La Becquée, situé au 4282 de Lanaudière, un groupe d'achat faisant des commandes à l'avance, fonctionne depuis janvier '76.Ce groupe d'achat mutera, dans les prochains mois, en une épicerie à formule coopérative qui opérera dans un local situé au 436 de Bienville, coin Rivard près du métro Mont-Royal.L'occupation de ce local est prévue dès le premier mai.Il y aura réunion de l'assemblée générale des membres et futures membres lundi le 3 mai à 19 heures 30 au nouveau local.Si ça t'intéresse on a De^oin de ta COOPERATION.INFORMATION: Thérèse: 322-2882 le jour Angèle: 521-8496 le soir NOUS, GENS DE MUSIQUE: Nous, gens de Montréal, aimerions inviter toute la population à notre monde de MUSIC 76.Nous sommes ceux qui font tourner la musique.MUSIC 76 regroupe une société de professionnels du monde de la musique comme les annonceurs de radio, les disque-jockey s, les promoteurs, les manufacturiers et distributeurs de disques, impresario et enfin, tous les amoureux de la musique.Notre but est de faire sortir de l'ombre tous les talents musicaux tant canadiens qu'américains, spécialement ceux qui touchent au domaine du jazz, rythm'n blues et le son disco.Cela se fera en organisant des concerts, des soirées dansantes et autres sortes d'événements musicaux à Montréal pendant l'année.Nous avons des cartes de membre disponibles et demandons un léger montant de contribution pour l'obtention de cette carte, laquelle accordera l'admission gratuite à tous tes prochains événements.Nous faisons appel à votre intérêt et souhaitons recevoir une réponse de votre part, bientôt.S.V.P.Communiquer avec Leslie à Green a Music 76, B.P.573, MONTREAL H2X 3M6.Oyez, Oyez, je serais intéressé à acheter les numéros 1 à 6 de Mainmise.Si vous âtes intéressés à me les vendre, contactez-moi: Louis Lafontaine, 789 Barolet, Sainte-Foy, ou 656-0233, Québec.P.S.: 24 ans, ça prend pas de temps pis cé vite passé.Festival-Bénéfique La Becquée: Un ben bôô festival pis une ben belle Becquée.On parlera pas du bénéfice ($80.00).Tout d'abord, la Becquée est un restaurant végétarien dans l'est de la ville au 4282 De la Naudière (à deux pas du Nord du Parc Lafontaine, 521-6283) et qui a été subventionné par la Coop d'alimentation naturelle St Louis.Après six mois de travail acharné, nous célébrons sa naissance sous les douces lueurs de la Pleine Lune de Décembre (Néoménie).Afin d'aider à remboursés les emprunts et aussi pour la faire connaftre, un comité de recherches et de publicité fut formé, tôt janvier, pour concrétiser l'idée du festival-bénéfice.Ce furent donc aux dates du 23 et 24 janvier, respectivement à L'église St-Louis-de-France et à l'Université McGill, que cette fête se tint, avec des musiciens tels Les Séguin, Chris Rawling, Gilles Lozier, Na Baird, Le Rêve du Diable, Jocelyn Bérubé .et plusieurs autres.Après un délice de souper végétarien préparé par ô moins 25 personnes, sous la planification incroyable de notre frère Ron Spector, 500 et quelques autres personnes, venus directement par la grand Froid du Nord, avec leurs estomacs creux, leurs jambes à dégourdir et des rêves pleins la voix, se sont vus emporter dans une Ode à l'Amour des Séguin .avec l'apparition-surprise de Lise Cou sineau .qui suffit à embraser la stratosphère polaire.Et l'on sentit une grande Foule se transformer en un grand Coeur Unique battant le rythme.Je pourrais vous décrire systématiquement et journalistiquement ce festival mais je n'y tiens pas.Dans un décor de rêverie comme celui qu'a fait Réjeanne, j'ai perdu mon sens linéaire, et ne me souvient que d'une vibration Arc-en-Ciel qui souda les coeurs qui l'aperçurent et s'y donnèrent.Pour les ôtres qui n'ont rien vue de ça, çé qu'y zont manqué le batô.O prochain ticket.Aujourd'hui, je suis ici maintenant, et la Becquée tente de konserver le rythme evanescent de cette fête; les pleines lunes et les fêtes, pis on t'attend, on a revé à toi.On Shantih P.S.: Si tu veux en apprendre pli*s sur le naturisme, si tu veux cuisiner, t'as qu'u faire le contact.Couple qui cherche une place paisible pour vivre: un petit coin de terre pour cultiver la vie pis être bien en échange avec de l'aide ou de la participation.Peut-être y a-til des mutants quekpart qui ont de la place mais pas assez de monde pour se suffire.On aimerait bien vous donner la main.Pour communiquer présentement: André pis Sylvie Alarte, General Delivery, Qualicum Beach, Colombie britannique, V0R 2T0.Salut! David Bowie, Forum de Montréal, 25 février: David Bowie était ce soir-là en grande forme.Le monde de gadgets dans lequel il s'enfermait dans ses tournées antérieures est bien fini.Nous avons eu droit à la vraie personne qu'est Bowie: un chanteur rock.Non, il n'a pas l'impact d'un beatle.Stone ou Dylan des années soixante mais en ces années creuses du rock où personne n'a pris la tête, David Bowie reste le meilleur chanteur rock des années 70.Avec cette tournée, il s'établit vraiment comme le premier rocker des années 70.Empreint d'un sérieux, d'une expérience fort utile et d'une forte personnalité, il a su, ce soir-là, nous séduire et nous convaincre.Parce qu'il est sincère, il faut l'admettre.Il s'est défait de sa coquille pour communiquer avec le public.Avec Bowie, ce jour-là, le rock a fait un pas en avant.Et quel pas! Bernard Pitre, Laval.Allô là! Chus artisan pi je voudrais rencontrer d'autres artisans qui aimeraient fonder une COMMUNE-COOPERATIVE au nord de Montréal.J'ai déjà une boutique qui pourrait être notre centre d'écoulement.Fâ que si ça te tente ou marne si tu fait déjà partie d'une commune d'artisans et que t'as des conseils ou des idées, appelle-moi (après 5 heures P.M.sur semaine).Salut! Pis à la revbyure.Bertrand, 2458 De Maisonneuve Est, Montréal, 523-5644.P.S.Y.faudrait que ça se concrétise au mois de juin.Inforock page 5 Interviews: Les Séguin page 11 Jim et Bertrand page 14 Jazz: Les Festival de McGill page 15 Classique: Beethoven page 16 Disques page 18 Symposium Psi page 30 Le Tour de l'Ile page 32 Interview: Joel de Rosnay page 36 Livres page 40 La Mère de Michel: De retour page 45 Répertoire page 46 Ont participé à ce numéro: Christian Allègre, Pierre Voyer , Jean Clouâtre, Kathou Cordeau, Michèle Favreau, Edgar Fruitier, Richard Houle, Joyce (la cuisinière) Georges Khal, Christine l'Heureux, La Mère Michel, Carol Picard, Michel Saint-Germain, Pierre-François Tassé, George A.Turcot, Photos: Paul Décarie (interviews des Séguin et de La Lune), Henri J.Kahenek Bandes dessinées: Yves Poissant, Daniel Houle, Serge Lapierre.Équipe de production: Arabelle Grondin, André-Gilles d'Astous, Claude Puff-Puff et Michel Chevrier.MAINMISE est un journal mensuel diffusé par les Distributions DYNAMIQUE, 775 Lebeau, Montréal (tél.: 332-0680).Dépôt légal: 1er trimestre 1976.Courrier de deuxième classe: N0.2511.Port de retour garanti par MAINMISE.Le journal n'est pas responsable des taches de café ou autres ennuis pouvant survenir aux manuscrits ou aux dessins qui lui parviennent, mais on vous promet de faire attention quand même.Fondateurs: Jean Basile et Georges Khal.Rédaction, administration, abonnements, fabrication et publicité: MAINMISE, 1589 St-Denis Montréal, H2X 3K2, Tél.: 843-4792 et 843-5844 pour la publicité."CE QUE TOUT JEUNE VOYAGEUR DOIT SAVOIR-LA CARTE INTERNATIONALE D'ETUDIANT Tourbec, le bureau de tourisme des étudiants et des jeunes du Québec, invite les étudiants et les écoliers à se procurer la carte internationale d'étudiant.Les jeunes du Québec ont tout intérêt à posséder cette carte qui leur permettra de profiter de réductions parfois considérables des tarifs de voyages en avion, en train, en bateau, sur des tarifs d'hôtels étudiants et résidences universitaires.Ils pourront, de plus, bénéficier des avantages qu'offrent les musées, les cinémas, les théâtres, les sites historiques, les discothèques ainsi que certains magasins, principalement en Europe mais aussi dans bon nombre d'autres pays.Le porteur de cette carte sera reconnu étudiant à temps plein, et pourra ainsi réclamer une réduction sur le coût de certains services et marchander certains produits.Tout étudiant à temps plein au niveau supérieur (collégial et universitaire) ainsi que tout écolier à temps plein au niveau secondaire peut se procurer cette carte renouvelable annuellement aux bureaux de TOURBEC, 347 est, rue St-Paul, Montréal, et 29, rue d'Auteuil, Québec.Les renseignements nécessaires à l'obtention de cette carte sont les suivants: nom, prénom, date de naissance, adresse, no de téléphone, nationalité et institution fréquentée, avec une photo et une photocopie ou l'original de votre carte d'étudiant ou attestation de votre collège ou université.Le coût est de $2.00 en espèces, chèque visé ou mandat-poste.Pour de plus amples renseignements: TOURBEC - Montréal: (514) 866-1063 - Québec: (418) 694-0424 MAINMISE mai 1976 3 ¦ K Ms i 2 et 3 JUIN à 9h.30P.M.EN SPECTACLE OUTREMONT 1248 Bernard 277-4145 BILLETS EN VENTE (SIÈGES RESERVES) À LA LIBRAIRIE DU CINEMA 277-3186 m i ^ n Mardi 4 mai 1976 à 8.00 PM Discus (Ste-Catherine) 2000 plus International Billets à $6.50 en vente: Music Université du 17 mai au 6 Juin à 8:10 hres Billets:$3.50 à $5.50 ~|"|__|ÉÂTR.E Guichets: du lundi au uAirrvMMri i\/c samedi inclusivement, MAISON N EU VE de midi à 21 heures.Pas de PLACE DES ARTS réservations téléphoniques.Montréal (Québec) H2X 1Z9 Renseignements: 842-2112 MAINMISE mai 1976 4 I GENESIS AU FORUM toujours surpris de constater qu'on fredonne Genesis en marchant.tout le monde voulait marcher au pas! Ils tapaient même dans leurs mains.ce qui gênait passablement les changements subits.On dirait que les jeunes oublient que la musique s'écoute.C'est moi qui est en retard; aujourd'hui, il faut provoquer les musiciens par des cris et des bruits pour qu'ils développent une réaction agressive.Poussés à bout, ils arrivent à jouer assez fort pour terrasser tous leurs adorateurs.Un fan n'avait qu'à se laisser aller.par moment la musique était enlevante, comme elle l'est sur les disques.Elle était illustrée par un déploiement étonnant de diapositives, de films et d'effets variés.Les surprises du spectacle étaient bien préparés et les changement en forme d'éclair pointu ont fait bondir la salle.Les clous de Bill bruford n'étaient pas étrangers à la précision rythmi- que de Genesis.Le message musical était clair et sûr; les musiciens étaient détendus.sauf Col-lins qui se pompait pour chanter, en sautillant un peu partout.Des éclairages abondants nous laissaient voir tous les détails de l'interprétation, mais ils bavaient sur les écrans où des tas d'images étaient projetés sans qu'on arrive à les voir clairement.Celles qui j'ai pu voir m'ont paru dignes de Genesis.On ne colle pas n'importe quoi sur leur musique; elle suggère elle-même la dignité.une sorte de noblesse médiévale que Peter Gabriel incarnait avec beaucoup de grâce.Collins a repris en grande partie une autre direction avec le temps, la sienne.En attendant, j'ai eu vaguement l'impression qu'ils commençaient à réutiliser des effets musicaux, à se citer, à se rester fidèle.Tant qu'ils surprennent et ravissent, rien ne change à Genesis.Pierre Voyer Ce qui m'a toujours ébahi chez Genesis, c'est qu'ils soient arrivés à devenir des vedettes grandioses en faisant de la musique qui ne soit pas tout-à-fait "commerciale" comme on dit.Ils rejoignent un plublic immense et varié avec des histoires particulièrement denses et souvent sophistiquées.C'est leur musique qui pognc.dans la tête, dans les tripes et ailleurs.Et c'est cette musique là que j'ai entendue au Forum.A part quelques remanipulations, ils ont joué note à note leurs plus grands succès, des "classiques" du genre "Super's ready", "The Cinema Show" et une sorte de pot-pourri "The Lamb lies down on Broadway".tout était là.Sauf la présence dramatique de Peter Gabriel.Même si Collins a réussi à remplacer parfaitement Gabriel, le public du forum ne lui a pas donné la chance de s'essayer à la "grande passe": l'échange silencieuse entre le public et le comédien-chanteur qui fait une pause.Phil Collins est loin d'être pause quand il chante; il serait plutôt dans le genre "au-bout! ".C'est assez facile à comprendre.Un chanteur qui veut retenir l'attention du public pour le conduire dans les dédale ravissants de sa musique, n'a pas l'occasion de séduire son public quand une foule sautillante de fans déjà séduits depuis longtemps, ravis, tape sur les bandes du forum pour se récompenser d'avoir reconnu les chansons que les musiciens sont venus leur chanter.assez cher le billet.Je comprends que le public des concerts rocks ne soit pas habitué à recevoir des émotions subtiles, mais ses applaudissements ressemblaient ce soir-là à des encouragements payés de congrès politique.Je resterai Félix Leclerc, Le Patriote: Un grand phare au milieu du fleuve.Que dire encore de Félix Leclerc sinon que ses dernières chansons sont les plus belles chansons politiques québécoises des trois dernières années.A lui seul, Félix pourrait faire la preuve que nous avons repris possession sinon ce pays du moins de sa conscience.Mais par le mot "politique", entendons-nous.A ce propos j'en ai gros sur le coeur à dire, non pas sur Félix Leclerc qui se trouvera peut-être, qu'il me le pardonne, mêlé à une querelle de clochers, mais sur la Direction du Patriote.Je veux bien accorder au Patriote qu'on y défend depuis plusieurs années les intérêts de la chanson québécoise.Mais Monsieur Biais se prétende le spécialiste de la Relève et ce, tout en refusant l'accès de sa boîte aux artistes qui se sont révélés à la Chant'Août a de quoi choquer.Surtout quand il nous présente en premiere partie du spectacle du grand Félix des artistes à l'esprit québécois nationalisant-fascisant (que je qualifierais d'esprit de bottine à clous) comme Cyrille Lepage.Et en avant la petite blague sur les Italien! Et pourquoi pas le petit coup de lancette sur les Juifs! Si c'est ça, la Relève de Monsieur Biais, je la trouve bien basse, sa Relève.Le Patriote est une boîte à chansons financé en grande partie par le gouvernement du Québec.Qu'on refuse des artistes parce qu'on ne les considère par à la hauteur, passe encore.Qu'on le fasse pour de purs motifs politiques, non.Michel Chevrier •*> «MAINMISE'mai 1976 5 dirigé par René Doudou Boicet Centre du live-jazz à Montréal 286 Sainte-Catherine ouest Tel: 861-0657 844-6028 Restaurant ouvert de 6 PM à 3 AM Cuisine exotique 3-8 10-15 17-22 25-29 PROGRAMME DE MAI: Hot Jazz Jazz et percussions Rétrospective du Jazz 1925 aux olympiques 1976 Semaine spéciale: Alio Afrique, alio Montréal! ^ L'Atelier de la nouvelle compagnie théâtrale présente: Conception dramatique et mise en scène: Jean-Marie Francoeur Chorégraphie: Renald Rabu Projections: Kenneth Chalk Ingénieur du son: Richard Gresco Technicien du son: Daniel Farah Costumes: François Laplante Décor: Réal Ouellette Représentations à minuit les: Textes de Pierre Voyer Musique de Réal Trépanier et Pierre Voyer I ormand Morin Réal Trépanier ean-Pierre Piché Pierre Tremblay Pierre Voyer Jean Vallières Gilbert Rozon Yvan Michaud Théâtre du Gésû: 1200 rue Bleury Billets en vente dès le 20 avril» $3.00 866-1964 29-30 avril, 1er mai^ 6.7_8 maif 13.14.15 maj RAOUL TNM, lundi 5 avril, premier spectacle d'une longue série.Raoul Duguay s'envole dans un magnifique élan plein de promesses, d'amour et de paix, conquérir les quatre coins du Québec sur les ailes de Québécair bien sûr, avec un bagage de tounes nouvelles et anciennes ainsi que des sons neufs.Assistait au départ une foule assidue qui emplissait les combles de la salle du TNM ce soir-là une belle foule assoiffée des chansons et des paroles d'un de nos troubadours les plus sérieux et les plus farfelus à la fois: Luoar Yaugud.En tout cas, celui qui a le plus de voix: des vocalises précises s'accordent avec les filets vibrants d'un long souffle traduisant ainsi toute l'émotion qu'ils contiennent.Ah! Qu'il en ait coulé de l'eau sous les ponts depuis les merveilleux temps de i'Infonie.! Sa première pièce au concert, jouée au piano et synthétiseur, fit vite d'enchanter la salle mais l'étonnement procuré par l'élément neuf du synthétiseur et de l'effet vocal du wa-wa dans la bouche fut vite diminué quand on s'aperçut que cher Raoul ne sait pas dire autre chose que allo-alllô-a-lô-là alo-allôôô tout le temps.On s'attendait à du nouveau, à un bye pour faire changement mais non, Raoul, depuis l'Evêché tu n'as pas du tout changé.On veut d'autres mots que des alios, on croit que tu ferais une bonne téléphoniste, on a déjà hâte que tu rentres de tournée pour voir si tu as changé et si tu peux nous dire autre chose.Et cette manie de provoquer la salle à se lever, à Lettre à l'éditeur •u.MAINMISE mai 1976 6 DUGUAY ET CONVENTUM : C'EST PARTI! s'asseoir, à chanter, à s'écouter, à se pomper me fait demander si l'animation sociale est la formule idéale dans un show.Suffit que les dix premières rangées se lèvent d'un bond et te cachent pour que tout le reste derrière boude assis, et attende en t'ou-bliant.André Angelini, ce guitariste qui a la réputation d'être excellent avait ce soir-là cette nervosité remuante qui fit que vous ne sembliez pas sur la même longueur d'ondes.Chris Cas-tel à la batterie semblait complètement perdu dans toute cette poésie qui tentait de se dégager de l'ensemble et Turmel, le beau brummel, avait l'air de mourir de hâte d'aller faire swinger les boogaloos de Rimouski.Par contre la mélodie jouée sur la "corde délireuse" (une création artisanale québécoise de Pierre Tassé) était assez agréable parce que nouvelle.En rappel, on s'attendait à une Bite-à-Tibi telle qu'on l'avait connue, pas si longue pourtant, mais on a bien ri de la can nette écologique et des "Achetez-achetez".Les gens, j'en doute, achèteront-ils ton long-jeu autant que celui d'avant?En attendant, Raoul, on t'espère en bien bonne forme pour ton retour et, s'il-te-plaît, laisse tomber allô à l'eau.Deuxième partie: CONVENTUM: Une journée, ce sera ta tournée! Pendant que les bruits de la ville font leur oeuvre d'enfer, Conventum, lui, fait de la musique de paix.Conventum est plus qu'un kiosque à bêbelles, avec des clochettes et ses klaxons; simplement que les musiciens sont des techniciens du bruit organisé.Quand on entend 'la Chèvre*, on devine les musiciens devenus les bergers de son chromatique; quand on écoute la 'Valse des Fous', on voit passer la fanfare, puis peu à peu, on assiste à un concert philarmoni-que pour enfin sauter à une phrasologie jazzée.Quand on pense à Conventum et à son image-y-nacion, on pense automatiquement à métal et tissu.Leur^ musique est "texturisée" de filaments métalliques ramollis par des sons de dentelles harmoniques.La percussion syncopée contraste avec la douceur des guitares et des textes, puis la texture mélodique rivalise avec la puissance du jeu.Equipé de 45 instruments, du plus gros au plus petit, Conventum s'est crée tout un éventail de possibilités dans sa re cherche des valeurs du son.Chacun de leurs spectacles (comme chaque répétition en pratique) est un exploit d'humour et de folie.Cest l'imitation réaliste de la ville en paral-lèlle avec la rêverie des champs.Si quelques personnes se plaignent du manque de continuité sur une idée, faudrait voir si ce ne serait pas là le déclic de la diversité accouplée avec/dans l'harmonie.Si ces mêmes personnes les trouvent "bizarres", c'est qu'elles n'auront pas compris que SI PAR HASARD UNE VARIATION ATMOSPHERIQUE MODIFIANT SOUDAIN LA TENSION DE NOTRE TYMPAN, TOUTE FORME DE MUSIQUE SERAIT ANEANTIE! Conventum symbolise toute forme de musique.Kathou CE QUI FAIT QUE LA MUSIQUE QUEBECOISE ECHOUE LA OU LA MUSIQUE ETRANGERE Y GAGNE Je vous invite a un petit jeu de comparaisons.Ecoutez d'abord.du Maneige, disons.Ensuite, rangez le disque et faites tourner quelques plages de Emerson (Brain Salad Surgery), Strawbs ou Genesis, ou encore Led Zeppelin (écoutez les bases rythmiques) et comparez juste une chose.le SON.Le produit final.L'enveloppe matrice qui fait la chose.N'importe qui avec un peu de tact et de sens pratique se rendra compte qu'il y a une énorme différence.Pourquoi la différence, pourquoi Doug Pringle ou Serge Plaisance ne feront-il jamais tourner de Maneige à CHOM?Parce que le son anglais est définitivement plus travaillé, plus accompli et plus riche.J'ai dit Maneige, ça pourrait être Pollen, parce qu'il sont plutôt le symbole d'une sorte d'épanouissement de la musique locale.On les voit, apparemment, comme ce qui se fait de mieux au Québec, en ce moment.Et donc, si on fait de la troide comparaison," en mettant à part tous sentiments et toutes préférences, orf en arrive à ce résultat.Et je le certifie totalement.Je ne me sens pas plus attaché ou "obligé" envers la mentalité où les gens d'ici, qu'ailleurs.Je suis libre de toute influence contraignante et assimilar,; te; qu'elle vienne d'ici, des Etats-Unis ou d'ailleurs.Et je ne penserai pas comme les gens d'ici, juste pour leur faire plaisir, suivre le troupeau ou faire comme eux.Je ne serai pas plus assimilé à la culture d'ici, qu'ailleurs et je ne sacrifierai jamais mon individualité pour une prétendue cause qui n'en a jamais été une que dans la tête des gens ou dans leur égoïsme et leur ignorance.ON manipule Pierre, Jean, Jacques plus qu'on a jamais imaginé pouvoir le faire.Et comme dirait Charle-bois, "pis tu chiâles pas".A ce propos, je suis entièrement d'accord avec les propos de Charlebois à Georges-Hébert Germain, retransmis en page I du Mainmise d'avril, sur la musique québécoise.Et je vais expliciter son idée au boutte! Le monde musical anglo-saxon possède la base, le savoir-faire et la science.Le monde français possède l'inspiration, l'idéal et l'art.Nous avons une puissance d'inspiration qui dépasse de beaucoup celle des Anglais ou des Américains.Cest notre origine française et par extension italienne et autres.Mais il nous manque tout le savoir et les méthodes et surtout l'ouverture d'esprit au monde, nécessaire pour évoluer.Patrick Moraz, le claviériste de YES, illustre dans son album-solo, la dualité des deux mondes dont il est question.Il compare l'idéal français au pragmatisme anglais et en fait la synthèse musicale sous l'image de deux femmes, l'une française et l'autre anglaise, alors qu'elles chantent, les deux à la fois des couplets très édifiants.Moi je suis la voix de l'eau de la Bulle irisée de l'Univers Et je me demande qui va vers La destinée de l'au-delà Bulle irisée de l'infini Et l'anglaise chante: Hear the Joker Now his times run dry And another dog Has hit the dust And smiling all the way Has travelled here at last to cry My mouth is far behind me But my mind is still aiive— Et Moraz ajoute, dans on texte explicatif, ses "foot-notes", comme on dit: "La femme française, c'est la réalité non-ordinaire, l'anglaise, c'est la réalité." Ca symbolise bien les deux mondes dont il est question.Prenons Harmonium, par exemple.Harmonium a le privilège de la musique cosmique.Sa musique se situe dans un contexte qui invite à la détente, au voyage, à l'inspiration.La perception de l'Univers qui nous englobe telle qu'ils la transmettent, fait de leur musique, une exclusivité propre à leur espace.Les tendances musicales actuelles au Québec sont affreusement homogènes.C'est le phénomène de l'isolement qui persiste encore et toujours.La Xénophobie, c'est à dire de la peur de l'êtrager, est une terrible lacune, transmise par -nos parents et qui persiste fortement en nous, particulièrement au niveau de la musique, Cest un phénomène visible dans notre mentalité.Le désire de faire "comme" ou de faire "mieux que" l'étranger, motive faussement les exprits.Nous vivons toujours dans la hantise que de trop perméa-biliser notre milieu aux grands courants internationaux, nous vouera indéniablement à l'échec et à la mort.En ce sens nous sommes encore à l'époque duples-siste des années trente.Le mythe qui régit toujours, c'est de "laver le linge sale en famile".C'est toujours la prédominance de la "famille" et du père, mais sous un aspect dont les formes extérieures sont différentes.A l'époque de Duplessis c'était l'Eglise, la famille et la bonne élite libérale.Aujourd'hui, c'est le Québec, les Québécois, "notre" culture, comme s'il s'agissait uniquement de la nôtre,et maintenant c'est "la" musique québécoise.Mais comment une musique peut-elle évoluer, si elle ne s'enrichit pas du savoir et des apports extérieurs?S'enrichir, non en la copiant ou en essayant de faire "aussi bien" ou mieux (style "on va les avoir les anglais"), mais en ECOUTANT, en percevant le message qu'ils nous apportent En laissant ITN-FLUENCE, INFLUENCER, pour nous changer, nous faire évoluer et oublier notre petite identité qui n'est qu'illusion dérisoirement drôle et bonnasse en ce siècle fabuleux où la planète entière s'inter-CONNECTE à tous les niveaux de communication (même des pays plus isolés que nous encore, comme l'Albanie).Le fait de vivre au Québec en 1976 est un avantage, si on le voit dans le sens des apports culturels et de la situation géographique de notre peuple.Nous vivons en Amérique du Nord, Nous sommes des Nord-Américians.Et nous avons une culture de base et d'inspiration européenne.Nulle part ailleurs en Amérique ne vit-on dans une pareille situation, une pareille atmosphère.Le Québec se fortifie de plus en plus à ce niveau.Du point de vue de la musique qui se crée actuellement au Québec, la seule façon d'éliminer cette lacune qui existe entre la musqiue rock progressive d'ici, par exemple et celle d'outre-mer, pour enfin en arriver à ce point où Gentle Giant, Genesis ou Pink Floyd ne seront plus interprétés comme cadres d'inspiration pour une musique qui est finalement du tout au pareil, il faut retourner aux sources des bases rythmiques, de la théorie (le rythme a douze temps) de Theodor Adorno, par exemple, et tra-_ vailler sans cesse le fond, en restant éloignés le plus possible des formes contraignantes comme le jazz ou le classique.D'ailleurs cette dernière est bel et bien morte et enterrée même si on s'en sert parfois comme élément de diversification (Le.Patrick Moraz dans "Fish out of Water", 1'album-solo de Chris Squire).De là viendra une inspiration solide et une authenticité totale.Le son deviendra justement plus riche et plus accompli et notre position dans le monde sera faite et elle deviendra enviable, car finalement, nous sommes et deviendrons à coup sûr, la synthèse de ces fameux deux mondes, ce sera une musique aux bases solides avec une inspiration des plus cosmique.La musique québécoise, actuellement, est comme la tête d'un homme, mais avec un corps maigre et fragile.Et pour alimenter une tête il faut des forces.Guy Aubert P.S.: Pourquoi ne pas donner un buzz à Bob Moog pour qu'il installe une> fabrique de synthétiseurs au Québec?MAINMISE mai 1976 7 MAINMISE mai 1976 8 EN PASSANT PAR LEDEtTr AE AVEC MES SABOTS KEVllAE Par André-Gilles Depuis Paul McCartney, qui le premier employa le son reggae dans Ob-la-di Ob-la-da, en passant par Eric Clapton qui enregistra de Bob Marley "I shot the sheriff, passablement d,e musiciens, groupes, chanteurs comme Rod Stewart, Nazareth et même Gilles Valiquette, y allèrent de leur petite "tune" reggae.En Angleterre et aux Etats-Unis, la popularité du Rag-gae et de ses principaux interprètes ne cesse de grimper.On le proclame le son le plus innovateur des années '70.La majorité des postes de radio des grandes villes Américaines ont depuis quelques mois deux ou trois chansons reggae parmi les dix premiers succès de leur palmarès.Comment expliquer tout cet envoûtement, cet enthousiasme?Comment un son, somme toute assez banal, en arrive-t-il à ce point à hypnotiser?Les uns diront c'est le côté répétitif du beat, les autres que c'est sensuel, physique et que c'est parfait pour danser.Je veux bien, mais à si mince programme, on a vite fait de s'ennuyer.A voir tant d'amis qui semblent y être accrochés, j'ai voulu en savoir plus long.En fouillant un peu la petite histoire qui entoure le reggae et en écoutant ce que ses chansons racontent, j'ai découvert pas mal de choses.Ce que l'on sait généralement, c'est que le reggae vient de la Jamaïque.Que la Jamaïque est une île des Antilles et que sa capitale est Kingston.Que le climat est celui d'un éternel printemps, que son café est l'un des meilleurs au monde et qu'on en fait une liqueur très connue: la Tia Maria.Ce que l'on sait peut-être moins, c'est que le quart de la population vit dans la capitale et que le tiers des habitants de l'île sont illettrés.Que la partie ouest de Kingston s'appelle la ville-tranchée (Trenchtown) et que c'est un immense ghetto où sont parqués les pauvres.C'est dans ce bidonville qu'est né le son reggae.En voulant imiter le rythm'n'blues américain, des jeunes de Trenchtown inventèrent ce qu'à l'époque ils appelèrent le "ska".La particularité de ce son fut de placer l'emphase non sur le premier beat comme pour le rock'n'roll mais sur le deuxième.Même inversé, le son "ska" devient vite très populaire.Plusieurs groupes se formèrent et le son se sophistiquant, on le baptisa "rock steady".C'est en 1968, avec le succès de la chanson du groupe Toots and the Maytals Do the Reggae que le genre fut définitivement connu sous ce nom.Né du ghetto d'une société aux multiples sectes et cultes, le reggae a vite fait de devenir une nouvelle forme de "protest song", passant du message protestataire léger d'un Jimmy Cliff et de Toots and The Maytals à celui plus violent et engagé d'un Bob Marley and The Waliers (wailer qui vient du verbe "to wail", se lamenter).Bob Marley, c'est le superstar, le prince du reggae.Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il est un personnage étrange et passionnant.Il fait partiede la sectedes Rastafariens qui croit que l'empereur Salassié d'ethiopie est le Dieu vivant (même s'il est décédé l'an dernier).C'est un culte surprenant qui prêche, par exemple, que ni le rasoir, ni le peigne ne doivent approcher la chevelure du croyant.Ce qui vaut à Marley une tignasse de petits boudins extrêmement entremêlés.Que chante au juste Bob Marley.Cest l'éternel message de révolution de liberté et d'espoir.Dans I Shot the Sheriff il dit: "J'ai tiré le shérif (la police), mais je n'ai pas tué le député (l'autorité).Si je l'ai tué, d'ailleurs, c'était en légitime défense puisqu'il voulait détruire mon champ d'herbe! " Cette herbe, Marley et ses amis en fument à profusion.On les comprend, cette herbe que les autorités de l'île appellent ganga, est d'une quali- té supéreiure.Ce sont les fines fleurs qu'on trouve dans les montagnes du nord-ouest de l'île.Inutile d'ajouter qu'il en parvient rarement jusqu'ici; charité bien.Malgré ses airs de révolutionnaire au poing levé, qui dénonce et menace Bob Marley laisse une grande place à l'espoir.Dans l'un de ses grands succès, "No woman, no cry", il termine la chanson en disant: "sèche tes pleurs, on ne peut rien contre le passé même pas l'oublier mais tout ira bien pour le 'grand futur" ".La plus simple explication au succès de reggae, c'est qu'il y a une nouvelle génération qui y trouve le message qu'une autre trouva dans Dylan, les Beatles, les Stones, etc.On a toujours besoin de libération, mais les hymnes changent.Cest une musique à laquelle on s'attache très vite et je trouve malheureux que les promoteurs -de spectacle de Bob Marley and the Waiters (qui aura lieu au Centre Sportif de l'Université de Montréal le 4 mai) aient abandonné l'idée de produire un groupe québécois en premiè/e partie.Quand on sait que ce seront surtout des Canadiens-Anglais et des Américains des états financiers qui viendront à ce concert Reggae (comme ce fut le cas pour Jimmy Cliff à l'automne dernier à la salle Wilfrid Pelletier), c'était peut-être l'occasion ou jamais d'initier les uns au reggae et les autres au son d'ici Ce qui m'a le plus frappé, c'est le fait que ce serait apparemment Bob Marley lui-même qui aurait refusé qu'un groupe "de blancs" se produise en première partie.A quelqu'un qui dénonce, comme 3 le fait, Topression, on avait peut-être oublié de dire que ces "blancs", on les appelle les "nègres blancs d'Amérique" (enfin on le prétend! ).Racisme?Fanatisme?ou simplement favoritisme dans la promotion d'un groupe reggae, somme toute obscur, de Toronto.Quelle que soit la carrière que se taillera au Québec le Reggae, ce son laissera sur la musique des années '70 une empreinte évidente.Les Semaines Culturelles du Centre du Québec: Un Festival de Printemps! Il semble bien qu'un mouve- représentants régionaux et de ment de décentralisation de la François Cousineau et Diane Du-culture soit en train de s'amorcer fresne, deux prix de $3,000.00 au Québec.Après celui de là seront accordés aux gagnants.Chant'Août, celui de Sherbrooke Cette somme aurait pu, selon, et des Cantons de l'Est, celui nous être mieux employée puis-encore de la Chanson de Granby, que les orchestres participants c'est au tour du Festival de doivent défrayer leurs coûts de Drummondvilie de vouloir faire transport.Et Dieux sait quelle parler de lui.Cest la quatrième réalités recoupe la bonne vieille année qu'il se produit, ce, pour mentalité oscarienne (comme cett» année, du 12 au 30 mai j'eus l'impression, pendant la re-Sept régions du Québec y sont mise télévisée des Oscars holly-représentées à travers leurs cen- woodiens, d'assister une Chartres, soit: Chicoutimi, Hull, mante et mortelle distribution Montréal, Québec, Shawinigan, de prix de collège ou de petite Sherbrooke et Victoriaville.On école)! La Finale de ce Festival pense éventuellement arriver à aura lieu les 22 et 23 mai Des couvrir toute la province et mê- services de transport d'autobus mes certaines régions des Mari- seron mis sur pied dans divers times et de l'Ontario.Bien que le cégeps, polyvalentes, école.Les Festival entende présenter des gens qui voudraient passer quel-activités dans tous les domaines ques jours auront à leur disposi-d'expressions culturelle, le Festi- tion un lieu où dormir (à condir val d'Orchestres semble l'événe- tion d'apporter son sac de cou-ment central puisque suite à une chage).décision d'un jury composé de Michel Chevrier MAINMISE mai 1976 9 LA FACE CACHÉE DE LA LUNE Un show pas comme les autres.M.M.: Qu'est-ce que vous avez voulu faire au juste avec votre spectacle?La Lune: Y'a encore deux publics séparés: le public du théâtre et celui de la musique, deux publics qui s'ennuient chacun de leur bord.En mettant les deux modes d'expression ensemble, tu risques d'avoir un public mélangé mais aussi plus enthousiaste.Cest ça qui n'a pas encore été fait au Québec.M.M.: Est-ce qu'il n'y a pas un certain danger que le public du théâtre vous boude, en vous reprochant, par exemple, de ne pas être assez "classiques"?La Lune: Non, je pense qu'ils sont assez mal placés pour dire ça.Y'a dans le spectacle tout ce qu'il faut pour satisfaire le public du théâtre.Y a assez de scènes jouées, assez de trucages scénographiques pour qu'un spectateur avide d'effets spéciaux en ait pour son goût.M.M.: Est-ce que les musiciens sont aussi comédiens?La Lune: Les deux chanteurs sont aussi comédiens.Cest eux qui font le lien entre l'orchestre et le public.M.M.: Est-ce qu'y'a des moments où les musiciens sont seuls en scène?La Lune: Ya des moments où les musiciens sont en vedette, quand ils font leurs soli.Y'a des moments où la priorité scénique, visuelle, est donnée aux danseurs ou aux comédiens.Ca varie comme ça.Tout ça est basé sur une trame dramatique; on amène un thème qui est développé par les comédiens; le même thème est repris par les musiciens, dans des chansons, puis par les danseurs, dans une chorégraphie.M.M.: Est-ce que vous vous êtes inspirés du genre de la comédie musicale?La Lune: On n'est pas tellement loin sauf qu'on veut ça moins insipide.On dit des affaires qui sont politiques.Y'a pas d'histoire proprement dite.Cest plus une ligne de pensée sur laquelle viennent se greffer des flashes.M.M.: Cest quand même une formule que beaucoup de gens tentent actuellement .La Lune: La différence est au niveau du contenu.Ce qu'on a écrit, c'est un conte de fée.Cest arrivé accidentellement aussi C'a commencé par un accord de musique, puis une toune puis des chansons qui se sont mises en place.M.M.: C'est quoi le contenu d'idées différent?La Lune: Cest pas tellement au niveau du contenu que dans la manière de dire.Moi, comme principe de base, je ne crois pas tellement à une chanson où tu racontes tes malheurs au monde style "j'ai perdu mon chum, je m'effouère et je pleure .".Ici, c'est plus des histoires racontées en flashes, des personnages qui sont garrochés sans avoir de contours psychologiques trop précis.Cest au niveau de la situation qu'est le drame.M.M.: D'où viennent ces personnages?La Lune: C'est plus des entités psycholo- giques.Cest la mère, le fils .M.M.: Est-ce qu'il y a une mythologie là-dedans?La Lune: C'est essentiellement mythologique comme contenu.Cest de la mythologie à tour de bras.M.M.: Dirais-tu que c'est une tentative de créer ou de mettre à jour une mythologie qui serait proprement québécoise?La Lune: Y va y avoir beaucoup de références au Nord, à la neige, aux aurores boréales.La Lune: Mythologique.c'est ça, le mot.M.M.: Tu dis que c'est politique pas dans ce que ça dit mais dans la manière dont c'est dit.C'est quoi cette manière de le dire?La Lune: C'est une façon mythologique.C'est un peu proche de tous ceux qui ont essayé de faire dire au quotidien des choses intemporelles.Cocteau est le plus bel exemple de ça.De prendre deux gars qui se lancent des balles de neige et de bâtir tout un drame là-dessus, ça, c'est mythologique.M.M.: Tu pars du quotidien?La Lune: Ca part de toutes petites affaires de rien mais qui sont boustées à une dimension très grande.Tu vois l'infini dans chaque affaire.M.M.: Ca va être quoi, les surprises?La Lune: La fraîcheur.Cest la grande surprise de l'affaire, c'est très frais.A tous les niveaux.Y'a rien qui est pris au sérieux, dans le sens de dire des affaires heavy au monde.Au contraire, on a l'air d'être en train de s'amuser.c'est ce qu'il faut arriver à.Cest une sorte de jongleage.On jongle avec toutes sortes de styles, de manières de s'exprimer.M.M.: Comme des magiciens?La Lune: Oui, c'est ce qu'on veut être.Cest là que sont les surprises.M.M.: En mêlant tous les genres et les styles, est-ce qu'il n'y a pas un danger de dispersion?La Lune: Quand on a commencé à travailler sur ce show-là, c'est-à-dire quand Pierre a commencé à écrire les textes, on savait pas encore où on s'en allait.Les chansons ne savaient pas encore qu'elles allaient être dans le même show.La construction a été parfaitement surréaliste.Ce qu'on a inventé, c'a été une manière de ramener toutes ces chansons-là dans une même histoire parce qu'au fond, un gars raconte toujours la même affaire, du moins pendant un certain bout de temps.M.M.: Dans l'écriture des textes et des musiques, est-ce qu'il y a eu une recherche commune?La Lune: Non .C'est une difficulté à surmonter, qui se surmonte avec le temps.C'est sûr que quand tu arrives avec un univers comme celui du spectacle qui est essentiellement un monde de fous, purement imaginaire, c'est pas aussi séduisant pour ceux qui vont travailler avec toi qu'un drame très réaliste qui mettrait en scène une chose que tout le monde a déjà vécue.Quand t'arrives avec des affaires un peu folles, des fées et compagnie, y'a ben du monde qui freaquent là-dessus dans le sens que c'est très démodé, que ça ne se fait plus.Y'a plus personne qui croit au bon Dieu, pis y'a plus personne qui parle de fée.Cet aspect-là, c'est d'abord une barrière mais ça finit par être le contraire "d'une barrière.Autant ça éloigne les gens au départ, autant ça les rapproche par la suite.Une fois qu'ils ont switché.M.M.: Vous ne craignez pas de passer pour hermétiques?La Lune: On a choisi un des sens possibles et ce sens-là est devenu celui qui va être représenté même si la chanson ou la ligne de la chanson pourrait dire encore bien des choses.M.M.: Vous êtes très au courant de ce qui se fait actuellement au Québec.Est-ce que vous croyez que vous allez apporter quelque chose de neuf dans le spectacle?La Lune: On ne sait pas jusqu'où on va se rendre avec cette formule-là.Tout ce qu'on sait, c'est que c'est une formule extraordinaire.On ne réalise pas encore toute l'ampleur de cette affaire-là.Tous les éléments sont créatifs.Toutes les composantes sont nouvelles.Cest une création sur tous les plans.M.M.: Est-ce que ce n'est pas aussi un gros risque?La Lune: Oui.parce que ça peut ne pas marcher du tout.Mais les gens de l'extérieur qui ont vu le spectacle ont tous été très emballés.On a aussi un atout entre les mains.Dans le théâtre québécois, on n'a pas encore eu de Perreault ou d'Andersen ou, disons, de Charles Trenet.M.M.: Voudrais-tu dire qu'on n'a pas encore assez développé le sens de la fantaisie?La Lune: De la fantaisie.du délire aussi.Tu peux être sérieux et dire des choses très profondes dans le délire.Cest même la seule place pour les dire.Je trouve qu'on est dans une période où les gens écrivent ben pogné.Le monde aime encore les histoires pognées, les histoires de payeurs de taxes.M.M.: Vous croyez à la poésie .La Lune: Oui, dans le sens d'un langage quotidien quand même.Le texte est farci de références ésotériques et alchimiques mais y'a jamais un mot qui sort du contexte québécois.Ya plusieurs degrés d'interprétation.M.M.: D'où est venu le titre: La Face Cachée de la Lune?La Lune: Le nom du groupe, c'est La Lune.Cest Jean-Marie qui a trouvé ce titre-là.La lune est partout dans l'affaire.Elle revient à toutes les cinq minutes.C'est mon obsession.Cest le lien de toute l'affaire.M.M.: C'est comme une balle?La Lune: Non, c'est plutôt comme un garçon qui court dans un champ .M.M.: Pourquoi avoir mis la lune au masculin?La Lune: C'est pas nous qui avons pris la lune, c'est elle qui nous a pris.M.M.: Tu n'expliques pas pourquoi tu fais de la lune un astre masculin .La Lune: Dans notre mythologie, le soleil est toujours vu comme la chose éternelle.Dans la réalité biologique, c'est la femme qui est éternelle, c'est pas l'homme.La femme donneuse de vie, génératrice, elle est tout le temps-là.Nous autres, on est des petites "shots".On vient par petites "shots".La lune représente plus quelque chose qui meurt et qui renaît.Le soleil est le vrai symbole de la femme.M.M.: Penses-tu que ce sont là des éléments d'une mythologie qui serait proprement québécoise?La Lune: En partie, même s'il y a beaucoup d'autres aspects.Comme celui de la présence de la mère.Cest la mère qui est créatrice du langage ici Cest elle qui a le répertoire de la psychologie.Les jugements finaux, la phrase qui ramène toute sur ses pattes, ça lui revient toujours.M.M.: Si le spectacle marche bien, est-ce qu'il y a une possibilité que vous fassiez une tournée avec?La Lune: Oui, même si ça serait assez compliqué à organiser.On est trente-cinq personnes dans l'équipe de production.En tournée, il faudrait qu'on soit environ quinze personnes.M.M.: Le spectacle est produit par qui?La Lune: Par les Ateliers de la Nouvelle Compagnie Théâtrale.M.M.: Le spectacle dure combien de temps?La Lune: Une heure et cinquante-cinq minutes.(propos recueillis par Sleepy-la-Goune et Michel Chevrier) M.M.: Est-ce qu'il y a des animaux?La Lune: Oui.Y'a de l'allégorie.Y'a l'utilisation du monde animal pour faire dire des choses bien humaines.M.M.: Le chanteur est un bel animal.MAINMISE mai 1976 10 LES SÉGUIN C'est a deux mille pieds dans l'air hleu des Appahiehes que ce vendredi et ee samedi-là.nous rencontrions le elan Séguin, e'est-a-dire: Richard et Marie-Claire Séguin, tintée Marchèson, te violoniste, Guy Richer et Yves Lapierre.niulti-instrumentistes et I-'raneine Hamèlin, parolière de beaucoup des chansons des Séguin.La veille.Georges Khal.Paul Décarie et nufi avions assisté au Café du Quai de Magog au spectacle des Séguin qui présentaient environ huit nouvelles oeuvres, toutes aussi fortes et belles que celles auxquelles depuis quelques années ds nous ont habitués.Vers la fin du spectacle, des musiciens d'Harmonium, dont Serge Fiori, s'étaient joints éi eux pour jammer.La salle qui a une capacité normale de SU personnes environ en contenait au inoins 300.Ce qui n'empêcha pas ces spectateurs de se mettre spontanément il danser et giguer.C'est dans une atmosphère d'amitié (pic se déroula l'interview suivante dont nous ici à Mainmise, garderons longtemps le souvenir.Merci à Marthe de nous avoir endurés et salut à Sylvie, Simon.Madame Hover el tous les autres' f" JÊ>.Par-delà la réalité objective s'en cache une autre plus intense.C'est elle, la profondeur de la vie.C'est elle qui dans nos bouches cherche le mot précis qui dira nos perceptions, nos clairvoyances d'enfant fou.N'ayant que peu de contrôle sur le monde (ne pouvant l'empêcher d'éclater, quand un génie s'en donnera le pouvoir et les moyens), je le porte en moi comme un rêve à faire pour le protéger du danger.Je le porte et l'interprète depuis sa naissance et la mienne.Réduit à une mince phase de son éternité, j'apprends à le porter, à l'interpréter à à le conduire plus loin.J'apprends aussi à m'y transformer pour qu'il aille un jour sans moi au bout de lui-même.Richard Houle Georges: L'affaire qui m'intrigue, c'est comment le groupe présent s'est formé .Marie-Claire: Le temps l'a formé.(rires) .Richard: Comme je te le disais tantôt, c'est pas juste une question de musique.Récemment, on a décidé qu'Yves (Yves Cloutier) intégrait le groupe.On n'a pas d',abord pensé en termes de musicien, c'est quel son il nous faut, quel instrument.Ca été d'abord parce qu'on connaît Yves depuis longtemps pis qu'on sait ce qu'il fait, que ça rejoint un peu ce qu'on vit, ce qu'on veut.Cest un peu dans cette optique-là qu'on s'est tous réunis.Yves: Moi, avant de connaître Richard et Marie-Caire, quand j'ai entendu leur premier album, je m'étais dit: "Un jour, je vais avoir fait de la musique avec eux autres, je vais les avoir rencontrés pour avoir fait un bout de chemin avec eux autres.Quand t'es sûr de toi, ça arrive, t'es pas surpris.M.Claire: Je t'avais vu dans mon troisième rêve .(rires) .Georges: Finalement, vous vous êtes moins réunis pour la musique que pour un genre de vie ou .M.Claire: C'est beaucoup par amitié.Ca LE MONDE SONT BEAUX va tout ensemble.Richard: Si on arrête de faire de la musique, ça empêche pas d'avoir encore Bruce (Bruce Marchèson) comme voisin, pis Marie-Caire à côté.M.Claire: Si tu choisis quelqu'un pour faire de la musique, c'est forcément quelqu'un qui te ressemble, avec qui tu as des affinités.Georges: Le fait que vous habitiez à peu près tous dans le même coin, c'est venu par la musique?M.Claire: C'est venu tout ensemble.Richard: Chacun faisait une démarche dans sa vie en même temps.Comme Guy (Guy Richer): il restait plus loin et souffrait de n'avoir personne autour de lui Michel: Diriez-vous qu'il manque un sens de la fraternité chez les autres musiciens?Richard: Je peux te dire que j'aurais de la difficulté à vivre un rapport comme "on se rencontre telle place, telle heure, tel local pour pratiquer".Michel: Est-ce qu'il n'y a quand même pas une sélection qui joue dans les musiciens qui constituent le groupe actuel?Au niveau d'une qualité, par exemple?M.Claire: Tous les musiciens travaillent beaucoup avec l'acoustique.Cest violon, mandoline, contrebasse .Richard: Y'a aussi que chaque musicien peut jouer beaucoup d'instruments.Guy peut jouer du piano, de la basse, de la guitare, du cor.Bruce joue l'alto, le violon, le violoncelle.Yves aussi touche un peu à tout.Georges: Je remarque que vous n'avez pas de batterie.Est-ce que c'est voulu comme ça?M.Claire: Si on ajoutait un instrument, ce serait plus de percussion qu'une batterie.Richard: On est assez nombreux pour colorer tout ça.Cest quand même assez nouveau aussi qu'on soit ensemble.On s'est connus surtout par Récolte de Rêves.Michel: Comment s'est faite la rencontre?(Ici survint un incident amusant.L'électricité ayant manqué dans la région où habitent les Séguin, un long-jeu de Bach était resté sur le tourne-disque.De sorte que c'est une musique céleste qui répondit à la dernière question posée.) M.Claire: Et Dieu répondit.(rires) .Bruce: Cest arrivé tout spontanément, comme ça, une petite musique .M.Claire: On connaissai déjà Richard Grégoire qui avait travaillé avec nous sur les deux premiers longs-jeux.Au niveau des textes, ça faisait longtemps qu'on .MAINMISE mai 197,6 11 travaillait avec Francine (Francine Hame- lin).Ca s'est fait assez vite comme long-jeu.Habituellement, on travaille beaucoup les chansons en spectacle et après, on fait un long-jeu.Ce qui est arrivé, à cause d'un décalage entre le deuxième et le troisième long-jeu, c'est qu'on a fait des chansons nouvelles et qu'on est tout de suite allés en studio.Richard: Récolte de Rêves, c'était aussi l'aboutissement d'un paquet de monde qu'on voulait chanter: Raoul, Vi-gneault.pis une toune à Yves.M.Claire: Ce que j'ai trouvé incroyable, c'est que le long-jeu s'est vraiment fait au fur et à mesure.Y'a eu tellement de place pour la spontanéité là-dedans.Prends Prière à la Terre.Guy nous l'avait jouée une fois chez nous pis c'était resté comme ça.Y arrive pis y commence à la jouer en studio.Les micros étaient ouverts.On était dans la boîte pis on entend ça.On s'est dit: "Il faut faire ça." On est allés de l'autre côté.On ne savait même pas la chanson.On l'a chantée comme ça.Pis c'est ça qu'on voulait.Ca été un paquet de choses comme ça.Michel: Appelez-vous ça du hasard ou de la magie?M.Claire: Cest le temps.Ca faisait longtemps que c'était en-dedans pis y fallait que ça sorte.C'est venu en son temps.Richard: A son terme aussi.M.Claire: C'est ça.Tu rencontres des musiciens parce que c'est le temps de les rencontrer, parce que t'as l'ouverture de voir qu'y'a des musiciens à côté.Il me semble que quand une chose arrive, c'est parce qu'on donne la place à ce que ça arrive.Michel: Ultimement, est-ce que vous essayez toujours d'arriver à une création collective?Bruce: Ca arrive comme ça arrive.M.Claire: Cest comme au long d'une tournée.C'est là qu'on s'aperçoit qu'y'a un paquet de petits détails.Cest un bout de chanson, ou l'idée des gazous, ou l'idée d'une présentation qui sont juste là.Pendant la tournée, de temps en temps, ça commence à se placer.Déjà toute la tournure du spectacle prend sa place, à partir des éléments que chacun a apportés.Bruce: Chaque individu reste lui-même là-dedans.Comme Guy qui amène ses partitions dans les tournées.Un moment donné, il écrit ses idées sur un bout de papier.Et puis, peu à peu, ça s'amplifie sur trois pages.Michel: Est-ce que le public apporte quelque chose par sa réponse?Richard: Depuis qu'on est cinq, ça projette ben gros au niveau du message, au niveau de la portée.Je ne sais pas comment dire.Cest peut-être parce qu'on est plus appuyés, plus ensemble pour.dire la même chose.Cest une complicité ben étroite entre le public et nous autres.Cest comme si on se donnait rendez-vous à telle place.M.Claire: Moi, je le sens plus depuis qu'y'a des musiciens.Surtout en ce temps-ci de l'année.A la fin de l'hiver, tout le monde est fatigué.Les gens se disent: "Bon, okay, on peut aller danser! " Richard: Sur la Côte-Nord, c'était effrayant! M.Claire: Cétait la première fois qu'on se rendait compte qu'on pouvait faire danser le monde.Pis c'était l'fun! Michel: Cétait une expérience nouvelle pour vous autres?M.Claire: A deux, tu peux pas le faire.Cest ben de valeur mais ça danse pas beaucoup.C'est le fait d'être beaucoup de musiciens.Michel: Est-ce qu'y'a des genres de salle que vous préférez à d'autres?Bruce: Les gymnases, c'est ben l'fun.Cest pas des endroits consacrés aux concerts.Ca déconditionne.Les sièges peuvent se bouger.Tu peux faire de la place.Georges: Pouvez-vous faire un rapide historique de vos derniers mois?M.Claire: On s'est arrêtés cinq mois, de mai à septembre 75.En septembre, on a fait une tournée en Europe puis on est rentrés.On a fait une petite tournée fin-décembre dans le bout de Trois-Riviè-res-Shawinigan.En janvier, on a fait Chicoutimi-Lac St-Jean.Là, on arrive de Gaspé, Sept-Iles, Rimouski, Hauterive.Georges: Allez-vous travailler cet été?M.Claire: Là on va travailler autour de Montréal en avril et mai On va faire Ottawa, Rouyn, Val d'Or.C'est plus tranquille l'été.On va faire l'Outremont bientôt, en juin, les 2 et 3.Michel: Comment vous situez-vous par rapport à ce qu'on appelle le show-business?Richard: C'est drôle, moi, je suis mêlé avec beaucoup d'autres musiciens pis je n'ai pas l'impression d'être dans la musique.Comme les gigs de studio.Comme être dans l'esprit des musiciens qui se tiennent dans le Vieux (Montréal).Des fois, j'ai pas l'impression que je suis musicien ou qu'on est des musiciens.J'ai l'impression qu'on véhicule quelque chose au complet.Je suis porté à prendre du temps pour connaître la terre, par exemple, au lieu de pratiquer ma guitare.Je trouve que tout ça, ça va revenir dans ma musique, un million avec un.(Suit un long moment où il est question de statut de "l'artiste" et de droits d'auteur.On y apprend, entre autres choses, que les Séguin n'ont, à date, touché aucun droit de vente pour les trois albums qu'ils ont produits.Mais la matière est heavy et nous passons à autre chose.Entretemps sont arrivés Guy Richer (qui travaillait, sous une bruine perçante, à quelques centaines de pieds de la maison de Richard Séguin, à la construction de sa maison) et Paul Décarie, mainmisien photographe perdu quelques heures auparavant dans la nature.) Geroges: Comment se fait la genèse d'une de vos chansons?Richard: Tu veux dire comment on la monte?Georges: Comment ça commence.M.Claire: 99% de transpiration.(rires) .Premièrement, on se réunit tous les trois.Francine: On tripote pendant deux, trois jours de temps.Pis là, ça sort.Richard: On travaille.On s'asseoit.On a déjà des idées de ce qu'on veut dire.On essaie de les traduire.Des fois, ça marche pas pantoute.On a laissé bien des textes de côté.On les déchirait pis on recommençait.M.Claire: C'est tellement drôle parce que des fois, on se dit: "J'aimerais ça dire ça .".Pis ça sort d'une façon tellement .peu poétique.Richard: A chaque fois qu'on fait ces séances-là, y'a tout le temps des bonhom-mes qui nous reviennent, comme Vi-gneault, par exemple.J'appelle ça des séances parce qu'on s'isole peut-être pendant une semaine dans une place.Pour qu'y'ait moins de distractions alentour.Y'a un régime qui s'établit, un ritueL Cest plus un rituel qu'un régime.On se lève le matin.M.Claire: Cest une discipline.La dernière fois que j'étais là, je me suis dit: "Qu'est-ce que c'est qu'on a à dire qu'y'a pas déjà été dit?" Francine: Moi, je peux pas me permettre de penser ou de sentir ça.Le jour où je me permettrai de sentir ça, j'arrêterai d'écrire, de me dire: "Y'a tu quelque chose que je peux encore dire?" Y'a toujours de quoi à dire.La langue, c'est un instrument de la même façon qu'un instrument de musique.Cest infini Georges: Justement, dans les chansons, est-ce que c'est toi qui vas amener les thèmes, les idées ou bien c'est en collaboration avec Marie-Claire et Richard que tu écris?Francine: On en discute pis on essaie des bébelles.Pis, un moment donné, quand on arrête d'essayer des bébelles, ça sort.Pis des fois, c'est tout à fait à côté de ce qu'on avait pensé au départ.D'autres fois, c'est ça.Tu peux pas forcer ça.Georges: T'as pas cette impression-là, des fois, que tout a été dit?Francine: Non pas vraiment.Moi, j'écris.Cest mon métier.Michel: Y'a quand même pas quelque chose que vous essayez de transmettre au niveau d'une vision?Politiquement, par exemple, vous avez des textes très politiques qui tiennent compte de l'information.Richard: Dans le sens d'injustices sociales.oui Michel: Votre ouverture sur le monde correspond aussi à ce que vous racontez.Georges: Comme dans Le Monde est à l'Envers.Richard: C'est plus un aperçu global.M.Claire: Une prise de conscience.Richard: Ca se rapproche d'un phénomène politique.Cest la politique qui s'occupe de ça, malheureusement.Michel: Pourquoi dis-tu "malheureusement"?Richard: Parce qu'ils ne se situent sur aucun plan spirituel dans le façon dont ils dirigent ça.La terre prend une signification de rentabilité, autant que les arbres.Les arbres, ils y pensent en fonction de papier ou de pulpe.La terre me fait penser à un bonhomme qui est blessé à plusieurs places.Cest comme Greenpeace.C'est peut-être juste un petit "plaster^' que tu te mets sur un doigt Cest sûr qu'il y a des plaies plus grosses.Mais y met quand même un "plaster" à une place.Pis ce mouvement-là englobe plus qu'une démarche écologique, dans le sens qu'y'a beaucoup d'Indiens qui sont greffés à ça.Ca aide à la démarche de Wounded Knee qui a été commencée sur l'identité indienne, les problèmes qu'ils peuvent avoir comme race.Bruce: Cest important aussi dans l'impact que ça peut avoir sur l'imagination des gens.Michel: Est-ce qu'il est suffisant de créer des exemples comme ceux-là ou est-ce qu'il ne faudrait pas que tout soit chamboulé, tout réorganisé pour qu'il y ait une transformation réelle?M.Claire: Chaque coeur de l'homme, faudrait qu'il soit changé.Cest la seule façon de changer ça.Richard: Vigneault a tellement bien décrit ça: "Il me reste un pays, il est au tréfonds de moi, il n'a ni président ni roi.".Michel: Le roi, c'est l'enfant.Richard: Moi la notion du pays, j'ai jamais compris ça.Les gens nous demandent des fois: "Qu'est-ce que c'est, le Québec, pour toi?Qu'est-ce que c'est être québécois?" Je le sais pas.Je l'aurais peut-être su si j'avais eu des réponses pendant les événements d'octobre.Tu te fais des réponses, tu te crées des réponses.Mais là, c'est pus ça.Notre voisine, elle.va dire que le gouvernement veut détruire cette partie-là parce qu'y veut faire passer une ligne électrique.Elle va peut-être ben raconter juste ça mais elle est très politisée.Ca reste dans son quotidien, dans son immédiat.Mais elle a une dimension planétaire aussi Guy parle souvent de ça, qu'il faut avoir l'oeil en même temps dans un microscope et dans un télescope.Guy: J'ai parlé de ça seulement une fois .Michel: Pour vous autres, ce serait quoi les éléments d'une transformation possible?Les valeurs qui pourraient amener une transformation, au niveau d'une spiritualité vécue quotidiennement par tout le monde, d'une évolution, en dehors de toute politique établie?Guy: Les vraies valeurs, c'est dur à définir.Mais j'imagine qu'on peut se référer à l'équilibre de la terre, à l'équili- MAINMISE mai 1976 12 brc naturel.Ca, ça pourrait être une vraie valeur.Richard: Ben, c'est encore drôle, ça.Tu vas prendre l'équilibre naturel d'une jungle.Cest le lion qui est le plus fort, pis c'est la gazelle qui va encore se faire bouffer à tous les coups.Je le vois drôlement, cet équilibre-là.Guy: Tu ne peux pas le nier.Tu ne peux pas nier qu'un loup mange un autre animal M.Claire: Cest la même chose qui se passe dans notre monde.Michel: Il s'applique comment dans les relations humaines, ce schéma-là?Guy: Je pense que c'est une question de proportions.On dirait que, nous autres, notre affaire, ça prend des proportions anormales, comme le cancer.Des cellules qui se développent trop vite, des exploitations qui sont complètement disproportionnées.Comme de tout couper les arbres.Après ça, y'en a plus pantoute.M.Claire: Ca n'a plus mesure d'homme.Guy: Les castors coupent les arbres mais ne les coupent pas tous.Nous autres, on est rendus dans un monde complètement déséquilibré.Michel: C'est dû à quoi?Richard: Moi, je trouve ben gros que c'est qu'on a perdu notre centre premier.Situe-le où tu veux.T'est tout le temps rebranché à ça.Ca te branche avec toutes les lois de l'univers.On n'est plus là.M.Claire: On s'aime plus ben gros non plus.L'homme n'a plus pris le temps de se regarder non plus, pis de s'aimer.L'homme, je sais pas s'il respecte l'homme qui est à côté.Richard: La tendresse et le respect, c'est deux choses importantes.Francine: Au niveau écologique, je ne pense pas que ce soit uniquement des solutions de spiritualité qu'il faille chercher.Je pense qu'il va falloir commencer à transformer notre corps.M.Claire: Moi, je pense qu'à la base, c'est toute la même chose.Tu ne peux pas parler d'écologie si en-dedans t'as pas de respect pour ton corps ou pour ta tête, pour toi Bruce: Je pense que le bobo avec notre société, c'est qu'on a essayé de matérialiser la spiritualité.On aspire à l'éternité, à Dieu.Pour devenir Dieu, on s'invente une technologie qui somme toute, nous éloigne de la nature, pour nous donner une permanence très superficielle.C'est pas pour rien qu'on a inventé des plastiques non bio-dégrada-bles.C'est parce qu'on veut que ça dure.Georges: Qu'est-ce qu'on fait avec ça?Comment est-ce qu'on peut faire du yoga et saboter CIL en même temps?Francine: Je ne sais pas si le yoga doit être non-violent.Georges: Moi, ce qui me fascine, c'est que toute la spiritualité est devenue très dangereuse.Après avoir servi les idéologies et la répression, le phénomène revient.Du côté politique, on appelle ça une récupération, du côté scientifique, une "pensée magique".Les Indiens sont bien pittoresques mais danser ne fait pas pleuvoir.Ce que moi, personnellement, je considère comme faux.Je crois que si tu danses et que t'es en relation avec l'univers, ça va pleuvoir.Mais la science considère toute la magie des primitifs comme une "pathetic fallacy".Cest faux mais c'est tellement beau.C'est faux pis on pleure parce qu'on va tous les tuer parce que c'est faux, leur affaire.Francine: Cest une mentalisation.M.Claire: On a séparé le coeur de la tête.Richard: On a tout séparé.Le savant n'a aucun lien avec le philosophe ou avec le poète.Tout ça, c'est tout ensemble.Regarde Fuller.J'ai rien contre la science si elle est en unité avec le bonhomme.Vest poète, écologiste, architecte, y'est toute en même temps.Georges: En attendant, la compagnie (ITT) qui est en train de massacrer 34 millions d'arbres sur la Côte-Nord, qu'est-ce qu'on fait avec?Est-ce que c'est dans le code génétique de la planète de toute façon de mourir par nous, parce que c'est son destin?M.Claire: J'ai pas de solutions.Richard: J'ai pas de solutions.Francine: Je pense pas que ça se change comme ça.Cest comme une hydre à sept têtes.T'en coupes une, il en repousse dix.Michel: La question est peut-être grosse mais comment est-ce qu'on réorganise la société une fois qu'on a fait sauter celle qui est en place et toute forme d'organisation politique?Francine: Tu peux changer les cadres mais si y'a rien qui change à l'intérieur des cadres.Une société est faite d'individus.Bruce: Y'a pas de partition.Y'a rien d'écrit d'avance.M.Claire: Je ne veux pas changer le monde.Les businessmen qui coupent les arbres, pour eux autres, c'est correct.Y va toujours y en avoir des hommes comme ça, des hommes pour qui c'est correct de faire ça parce que leur niveau de conscience est là.Quand tu veux être intransigeant vis-à-vis de toi-même, quand tu veux être droit, quand tu veux dormir comme il faut, tu peux plus le prendre, cette affaire-là.Cest juste la conscience qui peut faire que t'ailles droit, avec le respect de toute, que t'élimines les violences que tu te fais à toi-même.C'est juste ça.Le monde à refaire, je n'y tiens pas.Si la terre a à péter, j'aimerais même ça qu'elle pète.Y'a une tribu en Haïti qui prie pour que la fin du monde arrive.D me semble de ce temps-ci que je me joindrais à eux autres.(rires).Mais dans le bon sens.Cest important aussi qu'on ait une vue pas seulement de notre petite vie sur la planète parce que ça nous ramène toujours à des petits problèmes.D faut voir aussi avec un zoom d'éternité, voir ce qu'on est dans tout ça.Que je revienne sur un grain de sable ou autrement, parce qu'on va toujours être là de quelque façon possible.Bruce: Cest un continuum .M.Claire: Même le voleur a sa place.J'en viens à un moment donné à me dire que tout est parfait.Le voleur me fait penser que j'ai peut-être trop d'affaires à voler.Tout est parfait.Cest ça des fois qui me bouleverse parce que t'as plus rien pour dire: "Ca, c'est correct, ça, ce l'est pas! " Bruce: Tout est parfait dans le meilleur des cycles possibles.Georges: Cest drôle parce que je trouve que ce que vous venez de dire est très dangereux.En tout cas, c'est comme ça que je voudrais le qualifier.Passez-moi la métaphore mais en tant que sentinelle de l'extérieur, je regarde toutes les réactions à ce genre de discours et elles sont farouchement opposés.Vous devez le savoir vous-mêmes.Que la terre meure, si elle doit mourir, qu'elle meure donc et tout est parfait dans le meilleur des mondes.Bruce: Cest pas ça qu'on a dit.M.Claire: Non.parce que quand t'es dans ce niveau-là, quand t'es intransigeant envers toi-même, tu ne peux plus prendre l'injustice et tu travailles à ton niveau, c'est ça que je veux due.Tu travailles où tu es, avec toi-même.La violence qu'on se fait en-dedans, cette purification-là, en fin de compte, tu peux pas la faire pour le voisin.Tu peux juste être un exemple peut-être, dans la mesure où tu est un avec toi Francine: De toute façon, la fin du monde, c'est le début du monde en même temps.Michel: Y'a quand même un danger là-dedans: c'est de dire qu'y'a des gens qui sont conscients et des gens qui ne le sont pas.Ceux qui sont conscients son privilégiés et les autres, tant pis pour eux.Comment est née dans ta conscience, dans les consciences qui sont ici, cette connaissance-là, ce sentiment-là?M.Claire: Je suis allée me promener dans le bois, j'ai regardé les arbre, j'ai essayé de savoir ce qui se passait avec ça.J'ai pris un zoom en arrière.A un moment donné — comme on passe tous dans une phase de vouloir se tuer, je pense (rires) — je suis passée dans cette phase-là pis je me suis dit: "Ca sert à rien, je vais revenir d'une autre façon .Okay, y'a rien là, on continue." J'ai rencontré du monde aussi qui travaillaient là, qui m'ont aimée.J'ai peut-être eu le privilège d'être aimée.Ca aussi, c'est une autre affaire, quand t'es avec du monde que tu peux aimer.Bruce: Cest ben difficile, cette affaire de conscience là.Prends la tournée qu'on vient de finir.A un moment donné, je devais présenter une chanson.A chaque soir, la chanson était pas pareille parce que moi, j'étais pas pareil d'un soir à l'autre, parce que j'avais vécu certaines expériences dans la journée d'avant qui changeaient.Si tu parles de conscience, je pense que ça varie ben gros.Richard: Je trouve qu'on a toute en-dedans, tous les niveaux de conscience.Moi je peux te due qu'à certains moment de la journée, je vais me sentir très agressif, très rocker et qu'à d'autres moments, je vais me sentir très heavy spirituellement Je ne peux pas te dire pourquoi Mais on passe à travers tout ça.Je pense que la seule réponse, c'est d'être conscient qu'on passe à travers tout ça.Georges: Vous sentez-vous bien privilégiés d'être là où vous êtes?Richard: Gâtés en hostie.Moi, je me sens privilégié d'être ici Guy: Veux-tu revenu- à ta question de tantôt.?M.Claire: Dangereux .?Guy: En fait, tu nous demandes si c'est dangereux, cette attitude-là?Georges: Avez-vous conscience que c'est dangereux, toute la spiritualité?Je pose la question parce que moi-même je me suis fait souvent attaquer avec ça, quand quelqu'un m'a sorti tous les exemples historiques: toutes les pensées mythologiques sont essentiellement fascistes parce que vous arrivez à telle, telle, telle conclusion.La deuxième guerre mondiale s'est pas faite seulement sur une question de territoire; elle s'est faite aussi sur une question de mythologie.Je me dis: "Wow! la mythologie a été violée quelque part." C'est pas la mythologie qui est responsable, c'est le viol Toutes les notions de spiritualité, d'où qu'elles viennent, quelles qu'elles soient, y'a toujours une énorme critique sociale qui est là, qui dit: "Attention! ça, ce domaine-là, c'est focké, ça s'appelle de l'idéologie, c'est de l'abstraction, c'est faux .! " Richard: Sais-tu ce qu'un vieux reporter français m'a déjà dit, un vieux bonhomme avec une grande barbe, on l'avait rencontré une demie-heure, après un spectacle: "On ne vit que d'utopie et on meurt du reste." Richard: Cest peut-être ça, quand je te parle de la nécessité de se sentir ensemble.Moi, je sais bien que depuis que je suis avec Bruce, Yves et Guy, mes convictions se raffermissent Ca devient plus évident en moi Y'a des vérités qui deviennent évidentes ou des vérités qui se dessinnent pour moi pis qu'avant j'osais pas.Georges: Dans vos tournées, est-ce que vous sentez que le public réagit avec vous à ce niveau-là, qu'y pense ces choses-là?Richard: Y'a des fois où je remarque que tous les flashes sont récupérés.Comme le flash du "retour à la terre", par des salopettes qu'on va te vendre, le macrobiotique.Serge fait ben des farces sur nous autres en disant: "Du foin dans les oreilles, du granola en-dessous des bras .".Y'a, des fois que ça passe, que ça passe bien fort.Mais y'a des fois où je pense qu'y'a encore des images.Comme toi, y'a fallu que je passe par-dessus l'image de Mainmise.Tes pas Mainmise.Tu t'appelles Georges.Michel: Y nous croyaient pas quand on est arrivés au Café hier avec Paul (Décarie) .Georges: On a commencé à nommer d'autres journaux .Michel: Allô-Police, Echos-Vedettes.Georges: Le prochain disque, vous allez l'enregistrer quand?Richard: Cet été.Il se dégage beaucoup d'été dedans, ben ben du soleil.Georges: Est-ce qu'il est déjà pas mal avancé?Richard: On a déjà travaillé quelques chansons.Y'a peut-être une chanson de Qaude Gauthier qu'on va faire .Guy a fait la musique .Georges: Est-ce que vous sentez que ça va être différent de Récolte de Rêves?Dans le sens où vous avancez vers autre chose?Richard: Moi après Récolte de Rêves, je pensais qu'y sortirait plus rien.J'ai pas joué pendant peut-être trois mois.Récolte de Rêves, c'était une journée .M.Claire: Une hostie de belle journée! Richard: Une bonne journée d'hiver .Georges: Lequel de vos disques préférez-vous?M.Claire: Le dernier.ou le prochain .Michel: Le deuxième.En attendant, comment l'avez-vous ressenti après-coup?Richard: Le deuxième a été très frustrant à bien des niveaux.Dans le sens où j'avais un message à dire et qu'à cause de cette machine-là, j'ai pas pu le dire à temps.J'ai pas eu de feedback du monde.C'est pour ça qu'on reprend beaucoup de chansons de cet album-là, comme Nous Voyagerons, Par Delà l'Hiver .Michel: Avez-vous conscience que dans le Québec actuellement y'a des gens qui sont en train de vivre la même expérience que vous autres?Richard: Beaucoup .Ce qu'ils viennent chercher dans notre musique, c'est un peu eux autres.M.Claire: Y'a un bonhomme en Abitibi qui était venu nous demander: "Ce se passes-tu ailleurs?" C'est un peu ça qu'on veut leur dire en faisant le tour: que ça se fait.par Georges Khal et Michel Chevrier MAINMISE mai 1976 13 t\\\V MM: Y-a-t-il une influence mystique ou le résultat d'une expérience mystique dans, ce que vous faites?Jim: Si ça ressort, c'est involontaire.On n'insite pas là-dessus.Une expression religieuse aujourd'hui, c'est tellement difficile, n ne faut pas nécessairement l'éviter, mais il faut la rebâtir de zéro et non se servir de termes déjà utilisés, parce que ces termes-là n'ont plus rapport avec grand'chose.Si tu veux t'exprimer religieusement, il faut que tu le fasses subtilement pour pas embêter le monde.Les gens en ont eu assez.MM: Est-ce que vous essayez de le faire?Jim: Non, j'essaie pas consciemment de le faire.On fait chacun ce qu'on fait.Je vis, je crois à ce que je fais, mais je ne l'impose pas.J'fais pas d'apostolat, j'ai pas de mission.J'dis pas que je fais un effort pour l'éviter, mais je ne m'embarquerais pas dans des propos évangéliques.Surtout au Québec.Plus d'ailleurs en Amérique.Sociologiquement parlant, le peuple ici s'est fait avoir par l'Eglise.Si t'essaie de revenir avec ça, c'est difficile parce que les gens sont déjà sur la défensive.Et avec raison.MM: Mais il y a quand même des gens qui le font.Je pense à Cockburn et même aux Séguin qui arrivent à faire passer un certain message mystique au niveau simplement des valeurs.Bertrand: Ca c'est bon parce qu'ils expriment quelque chose qui leur ressemble vraiment et qui n'est pas forcé.Cest une religion très subtile, une certaine profondeur qui n'est pas banale.Jim: J'ai horreur des messages religieux mielleux, faciles, empruntés, dilués.Quand c'est vécu, c'est parfait.MM: On remarque dans vos deux microsillons, un message qui peut paraître subtil et parfois difficile à saisir.Rencontrez-vous de la difficulté à exprimer exactement ce que vous êtes?Jim: Moi personnellement, je neveux pas exprimer quelque chose de trop personnel.Je ne veux pas me servir de la chanson comme moyen pour me dévoiler.Cest pour moi un moyen de m'amuser, de me distraire.Même de faire le fou.Bertrand: Mais tu le fais quand même.N'importe qui le fait, si tu trouves quelqu'un qui va lire dans ce que tu fais.C'est pas facile à faire.Mais veux, veux pas, on se met toujours un peu à nu.On peut nous lire dans plusieurs de nos chansons.Ce qu'on fait c'est toujours intégré à notre vie, même si on n'en parle pas directement.UN ANGLOPHONE ERRANT En parlant d'identité, on en est venu à considérer le problème de l'anglophone québécois immersé dans un milieu francophone.De la résistance qu'il rencontre même quand il veut complètement s'assimiler à la culture française.Ce problème est le contrepoids de l'affranchissement deKIKAND TOUT CE QU'ON VEUT, C'EST CHANTER! Après avoir entendu leurs deux microsillons et avoir littéralement flippé sur la qualité et la beauté des chansons, on a beaucoup eu le goût de placer deux visages sur deux belles voix et deux magnifiques jeux de guitare.On pensait rencontrer deux gars intimement liés dans la vie et dans le travail.On a pas eu besoin de leur demander quelle était leur "conception de l'amitié", tant à les écouter parler de leur métier on a senti à quel point il y avait un échange important entre eux.La vraie amitié demeurant toujours un échange important entre eux.La vraie amitié demeurant toujours un échange et un partage continuel en tout.Jim (Corcoran) et Bertrand (Gosselin) ont fait leurs débuts ensemble il y a environ cinq ans.A l'époque, ils se produisaient tous les deux séparément dans la région de Sherbrooke (leur patelin à tous deux) et ailleurs.Leur formation ne pourrait pas être plus différente et c'est ce contraste qui rehausse de beaucoup la saveur de leurs chansons.Bertrand a tout fait musicalement, des Beach Boys au jazz band en passant par les orchestres de mariage, en menant une vie totalement flyée qu'il qualifie en riant de "presque vie de débauche".Quant à Jim, la formation est venue du grégorien, de Palestrina et du Hootenanny du temps des 'flower chidren".Il qualifie sa formation, en riant peut-être un peu moins, de "straight jusqu'aux voeux", puisqu'il a fait le séminaire qu'il a quitté parce qu'il a senti que ce n'était pas sa place et que pour évoluer pleinement il devait changer d'orientation.Donc deux personnalités complètement différentes qui se sont rencontrées sur des idées qui leur sont communes.du québécois.Problème qui demeurait souvent une plus grande ouverture d'esprit de la part des québécois nationalistes acharnés: il faudrait qu'on se rende compte que certains de nos soi-disant "ennemis anglais" voudraient se joindre à nous.Cette résistance, Jim et Bertrand la rencontrent à chaque fois qu'ils font une chanson en anglais.D'un certain côté, ils trouvent ça normal puisqu'ils comprennent que les gens les identifient à leurs disques et sont très surpris et réticents de les entendre en anglais.Mais pour Jim, le problème prend une autre dimension: Jim: Je comprends le problème et à un certain niveau je trouve que c'est normal que les gens soient réticents.J'en arrive maintenant à ne même plus vouloir chanter en anglais devant un auditoire français.Bien sûr ça me met mal à l'aise et ça me frustre aussi Quand je chantais en français aux Etats-Unis, les gens étaient étonnés parce que c'était du matériel original et non'de l'américain traduit.Ils trouvaient ça exotique et intéressant.J'imagine que ça aurait été la même chose si j'avais chanté en espagnol ou en allemand.Mais ici ce n'est pas du tout la même chose.Et pourtant, pour moi qui n'ai pas la même facilité en français qu'en anglais, quand j'écris une chanson en français, c'est un défi Et quand j'ai terminé, c'est vraiment pour moi du travail accompli J'en suis fier, je sens que j'ai vraiment fait quelque chose.DES CHANSONS ENSEMBLE MM: Quand vous écrivez une chanson ensemble, ça se passe comment?Bertrand: On n'écrit jamais de chansons ensemble.On écrit séparément puis on se les joue.Quand j'écris une chanson, je la joue plusieurs fois à Jim.Peu à peu la toune prend forme.Jim est alors le complément, puis éventuellement ça devient une entité.A force de la jouer on sait à quoi s'en tenir.On la connait, on l'a disséquée.Jim: On arrive chacun avec une base et l'autre trouve sa place dans la chancon.Ca devient presqu'une troisième chanson.MM: Vous allez chacun sortir un disque séparément.Pourquoi cette séparation?Bertrand: On a vraiment un surplus de matériel en ce moment.Des tounes qu'on ne fera jamais ensemble.Alors on a chacun eu l'idée de faire un disque où on présenterait ces chanson-là.Ce n'est pas une séparation.Jim: Y'a aussi le fait qu'on est deux personne très différentes.On fait chacun des chansons dans lesquelles l'autre ne se sent pas à l'aise.MM: Comment se fait le choix des chansons que vous faites ensemble?Bertrand: Cest surtout au niveau des choses les moins personnelles, qui rejoignent tout le monde.Sur l'album que j'ai fait seul, j'ai mis des choses extrêmement personnelles dans lesquelles Jim se serait senti mal à l'aise.Jim: On fait ensemble des choses qui sont personnelles à un autre niveau, où, dans le texte et la musique, il y a une espèce de compatibilité, de complicité.C'est au niveau d'amitié et de compréhension.Bertrand: C'est parfois bien subjectif.A un moment on se sent bien dans la chanson de l'autre et ça marche.Ca ne se définit pas.MM: Vos albums séparés, ce sera quoi?Bertrand: Sur le mien, toutes les chansons sont de moi, sauf une, Isabeau, qui est du folklore.C'a été une expérience assez spéciale, l'enregistrement de cette toune-là, qui fait presque le quart de l'album.On l'a fait complètement en studio en un même moment.On était envirion 17 en studio.Marie-Claire Séguin faisait Isa-beau, y'avait un choeur d'hommes et les musiciens.On fait d'autres choses aussi comme ça sur l'album.Cest un tout autre feeling que la surimpression de bandes.T arrives beaucoup plus près du vrai feeling.Cest chaud, ça vibre, parce que tout est là en même temps.Jim: Moi, j'ai traîné longtemps de la patte.Je veux être très certain de ce que je fais.J'ai fait des tracks que je n'aime pas.Des fois j'ai peur de me tromper.J'veux que ça soit beaucoup comme moi J'ai fait une track avec beaucoup de musiciens mais c'était trop énorme, je ne me trouvais pas là-dedans.J'veux ça plus petit.Alors j'ai décidé de le faire indépendamment avec Chuck Grey du Studio Six qui me prête son temps.Dès qu'on aura quelque chose on ira le présenter à une compagnie.Ca ne sera rien de commercial Pas de hit.Plutôt tranquille.AVEZ-VOUS VU NOT'GERANT?MM: C'est bizarre de constater qu'après deux microsillons, vous n'êtes pas plus connus.Comment s'organise votre carrière?Bertand: Disons qu'en ce moment, c'est assez mal synchronisé.Le problème, c'est pas qu'on est pas connus.Partout où on va, les gens connaissent nos tounes.On tourne beaucoup à la radio.Mais les gens n'associent pas nos visages à nos chansons.Cest surtout au niveau de l'organisation que ça ne fonctionne pas.Jim:Y'a aussi le fait qu'on a toujours été à l'ombre de d'autres qui marchaient très fort, qui avaient derrière eux un fonds monétaire très stable.Tandis que nous, on n'a pas trop fait d'efforts pour monter dans le milieu et puis on ajamaiseu le "backing" nécessaire.Bertrand: En plus de ça, on a eu un paquet de troubles avec notre compagnie de disques.Par exemple, mon album aurait du sortir il y a au moins six mois.Tu perds beaucoup d'enthousiasme avec tous ces tracas-là.Il ne s'est rien passé pis t'es complètement épuisé.MM: Aimeriez-vous faire de la tournée?Vous sentez-vous prêts pour le genre de vie que ça demande?Bertrand; Pas à l'année longue, mais un bon 3 à 4 mois par année, définitivement, oui Jim: Ca serait bon pour notre matériel si on se produisait plus.T t'approches plus de ce que tu fais, tu le nettoies à force de le présenter aux gens.Tu découvres ton matériel à force de le jouer.Bertrand: En ce moment, on épuise notre matériel même si on ne joue pas beaucoup.Parce qu'on pratique beaucoup.On épuise le matériel sans qu'il ait vraiment été entendu.Jim: On passe un certain temps à préparer un spectacle, pis on joue une fois.Après ça, plus rien pour longtemps.Dans les derniers deux ans et demi on a joué une fois à Montréal, à l'Outremont en novembre dernier.MM: Avez-vous quand même une certaine vision de votre carrière?Jim: Notre vision n'est peut-être pas assez 'définie.On veut jouer.Mais on se rend compte qui se on veut jouer, il faut se débrouiller pour rencontrer les gens qui vont nous faire jouer.Bertrand: Y'a peut-être aussi des concessions à faire.Mais y'a moyen d'être dans le milieu, de fonctionner tout en étant honnête avec soi-même.Tu prends ce qu'il y a à prendre là.S'il y a des concessions à faire, tu peux les faire en demeurant très correct.Quand on est assez fort, on a pas à avoir peur de ça.Ca ne s'est pas terminé sur cette note.On s'est mis à parler de ceux qui n'ont jamais fait de concessions.Et qui sont devenus les grands.Comme Vigneault, Leclerc.Ceux qui sont allés chercher leur public personne à personne, de ville en ville, de village en village.Ceux qui sont en même temps allés chercher la solidité et la perfection de leur métier, de spectacle en spectacle.Jim et Bertrand m'on semblé de cette trempe-là.Patients.Prêts à attendre, à bûcher pour en arriver exactement là où ils le veulent.propos recueillis par Jean Clouâtre MAINMISE mai 1976 14 Ayoub et l'Ensemble de Jazz du conservatoire de musique de Montréal FESTIVAL DE JAZZ: salle PoUack de l'Université McGill (3-4 avril): Le jazz est loin d'être mort; on en a la preuve quand on voit s'ouvrir un printemps montréalais tout neuf à des concerts et des festivals de jazz, des salles et des boîtes pleines à craquer.344 musiciens, de tous âges, de petite ou grande formation, ont fait (et continueront de le faire) valoir leurs talents pendant deux jours et l'enthousiasme réciproque de la scène et de la salle était grandiose.De midi à dix-huit heures se produisaient les, étudiants en musique, les amateurs et petits ensembles.Le soir, de sept heures allant jusqu'où le jazz mène.(jazzmen) les plus grands prennent place.Par exemple : l'ensemble du Conservatoire de Musique de Montréal, sous la direction de Nick Ayoub a soulevé l'exaltation générale, en plus des 3 groupes de la faculté de McGill et des noms comme Nelson Symonds, Armand Maiste, Sax no End, Toubabou et tant d'autres encore qu'il faudrait une pleine page pour les nommer.Le dimanche 4 avril au Festival de Jazz Alive, je rencontrai le BLACK COMMUNITY CHOIR composé de 37 chanteurs et chanteuses, sous la direction de TREVOR PAYNE.Vêtus de longues tuniques noires bordées de rouge, ils entament d'abord un véritable Negro Spiritual qui rappelle les choeurs noirs de la Nouvelle-Orléans.Puis, ils lancent un blues éblouissant "LORD DO rr FOR ME" en se dandinant sur le beat blues.La soliste Linda Niles promet beaucoup avec sa voix juste et son expression troublante sur "JESUS RIGHT NOW! ".Le soliste Kim Sherwook mène le groupe avec "I DECIDED TO MAKE JESUS MY CHOICE" en tapant des mains sous les accords mineurs pianistiques d'un Trevor Payne satisfait.NICK AYOUB, dirigeant l'ensemble de jazz du Conservatoire composé de 17 gars et 2 filles, ouvrit la grande session du soir avec 7 interprétations et compositions signées Nick Ayoub, Al Baculus, Sammy Nestico et Sunny Rollins.La première pièce, par Baculus pour Ayoub, intitulée "ONE FOR NICK", réchauffa rapidement toute la salle archi-envahie, tant dans le hall que sur les trottoirs du 555 Sherbrooke ouest.La qualité du son et l'aspect visuel du concert sont autant importants que le rituel symétrique de l'emplacement des musiciens et instruments de Jazz.Ainsi Nick dirigeait la section rythmique sise à sa gauche et les trois rangées de cuivres gradées devant lui La deuxième pièce "JAZZ 3/4 TIME" (Ayoub) est une belle mélodie valsante qui rappelle les grandes formations de jazz classique à la Lawrence Welk ou Tommy Dorsey.La troisième (de Stanley Clark, qui a joué avec Chick Corea).arrangée par N.Ayoub, intitulée "DAY-RIDE" met en vedette Martin Fournier, ce spécimen du sex-appeal.A remarquer les déhanchements sûrs du trombone à coulisses ainsi que la belle désilvolture de la trompette.On enchaîne avec "MEZZNOON" de Al Baculus où chacun à tour de rôle, les trombones mis en évidence, s'avance pour exécuter son petit numéro.Il faut sentir cet ensemble éclatant de cuivres sonores luisants amener le public au presque délire."THAT WARM FEELING", cette chaude sensation par sa calme rêverie accompagnerait bien un texte du spleen baudelairien.Dans "WALr KING HOME" le piano (Art Roberts) et les guitares (Syd Freund et Pierre McNicol) fulminent de joie; personne n'a envie de partir.La soirée est jeune, tout le monde aussi On applaudit bien fort le beau travail des filles: Johanne Tétrault, saxe baryton et Kim Watson, la "bionic woman" du trombone.Bravo tous! Le même ensemble du Conservatoire s'est produit au THEATRE MAISONNEUVE DE LA PDA lundi le 12 avril avec au programme les mêmes oeuvres additionnées des épices de Michel Legrand et Miles Davis.Triomphe! McGILL JAZZ BAND NO 3: un ensemble de 18 musiciens lequel, avec leur directeur, recommande fortement à ce qu'jl y ait davantage de musique de jazz à la radio et autres media de diffusion.Tout le monde, je crois, doit convenu- de cette urgente nécessité.Pas vrai?La formation est sensiblement la même que celle de Nick Ayoub sauf qu'elle comporte un vibraphone et un piano électrique.A noter, encore une fois, une présence féminine à la basse .et parfois une autre à la batterie (Paula Rich).Les expressions et impressions qui émanent des pièces "ITS ABOUT TIME" et "SKY BLUE" font prendre conscience que dans l'honnête, sain, solide, joyeux et trépidant monde du jazz, les émotions sont propres et droites et elles s'expriment d'une manière directe et chaleureuse.Dans "THE WALTZ YOU SWANG FOR ME" de Thad Jones, on rencontre un Jerry Steiman, plus qu'en forme, au saxe.Enfin, l'ensemble interprète un magnifique "MAGIC FLEA" de COUNT BASIE qui nous purifie en remontant toujours plus près de la source.La musique adouc-cit les moeurs, possible, mais quand elle réveille la bête qui sommeille, ça ne se passe pas toujours comme dans les proverbes.McGILL JAZZ BAND NO 1: un ensemble presqu'aussi complexe que le précédent et pas très loin du professionnel non plus.Chez eux tout est au pluriel: congas, flûtes traversières.clarinettes.D'abord, les musiciens jouent "DON'T GET SASSY" de Thad Jones, pas mal du tout, suivi de "ORANGE PEBBLES" une composition du pianiste Jeff, dont le style lui arrive à la hauteur du talent."FALLING IN LOVE WITH BEAUTIFUL GIRLS" est joué avec entrain mais la vraie satyre et l'euphorie éclatent avec "GOOD FEELING" de Don Allis, en finale.On ne se trompe pas avec quatre trompettes.Chapeau les anglais! "En fait, d'où provient ce profond changement dans la musique en Amérique?Qu'est-ce qui a propagé l'évangile du jazz à travers tout le pays, qui a, tout au moins en partie, dégagé notre musique des influences européennes?Notre esprit de rébellion.Nos instincts de révolte ont libéré la musique de ce que j'appellerai la discipline des menottes et de la camisole de force de l'école classique, et ont permis aux artistes créateurs de se lever et de s'exprimer à nouveau dans la langue honnête et inspirée qui était la leur .(Milton Mezzro, Really, the Blues, en français La Rage de Vivre).Finalement, le jazz se couche au "SOLEIL LEVANT', 286 ouest, rue Ste-Catherine, où le RISING SUN JAZZ FESTIVAL 1976 s'allumait.Sous la présidence d'honneur de Gilles Tremblay (C.K.V.L), un programme absolument intéressant, avec des artistes tels: WINTER GARDEN, PETER LEITCH, TOUBABOU, ERNIE NELSON, QUINTON-NAL JAZZ, le MULTI-STIMULUS MUSIC SOCIETY de NEW YORK, et JESSICA NOTYH chantant le folk et le blues, ne manqua pas de chauffer le coeur et l'ouïe des fervents du jazz.Cette boîte est pratiquement la seule à date à Montréal à donner au public amateur de jazz l'image véritable recherchée d'une musique présente et unique.J'informe tous les intéressés que chaque soir, de 6 heures p.m.à 3 heures a.m., le restaurant (cuisine naturiste) est ouvert.Pour réserver: 844-6028.Prochainement au RISING SUN: HAPPY BAND, HAPPY TIME, STEPHEN BARRY BAND (BLUES) du 22 au 24 avril; TOUBADOU du 28 avril au 1 mai A la production, contrôle, accueil et bonne marche de la boîte: DOUDOU BOICEL.LE JAZZ EST LOIN D'ETRE MORT! Kathou Cordeau •?\/ERlFlÊZ.ÛfttfS \50Tfl£ SECTEUR SÏ HAWHCsE.EST £>vS?DMifcLE rMJ)C fOÏNTS, BE NfeMTE LES #2) IL tô'Y EST PAS, COKSeiuEZ AO oéfosiTftiRE û€ S AffftOtfCsiONNER.AOffcÊS CfcS" «eSSA&£«u2S £>YNf\Hi(£ûE" * £x/ou écrivez.-nJoos poor nous irto\çueR noh er ROftessE ces etfOOoitB NOKfcesseRvis, NOOS Y FERONS PftfcMErtift.fc€S €XEKpLAifî£S.MAINMISE mat 1976 15 subsides d'un certain Waldstein, dont il se souviendra à Vienne, en lui dédicaçant une sonate, celle qui porte le no 21 dans le recueil des 32 sonates pour piano de Beethoven.Il arrive à Vienne, et réussit à devenir, si peu longtemps, célèbre de Haydn, dont il apprend plus qu'il ne voudra l'avouer.C'est à Vienne que le plus important de sa vie se déroulera.B est entré dans la ville autrichienne, le 10 novembre 1792, en se frayant une route la plus sûre possible entre les différentes lignes des armées autrichiennes et révolutionnaires.Etrange ville que cette Vienne que notre Beethoven choisit: 200.00 habitants sont surveillés par la police régulière et par plus de 5.000 mouchards qui espionnent les habitants de cette ville.Ceux-ci ne perdent pas leur bonne humeur pour autant, et leur joie de vivre plus que catholique, où les jésuites régnaient en maîtres: de nos jours, ce serait intenable! (qu'on pense! .) Un libertaire comme Beethoven dont les idées côtoient les lignes de conduite de BEETHOVEN Quoi dire de nouveau sur un musicien dont la vie spectaculaire a été étudiée autant comme autant: livres, films, etc.?Je pense que tous mes lecteurs ont eu l'occasion d'entendre du Beethoven, authentique ou transformé: on a tant utilisé son hymne à la joie, pour en faire le corps de chansons populaires, on ignore pourtant que Beethoven est resté plus de vingt ans à mouler cette mélodie pour la faire devenir cette entité au rythme précis que l'on connaît sous sa forme chorale à la fin de la 9e symphonie.On vient de révéler une des travers compositionneles de Beethoven: son inspiration mélodique laborieuse.Un musicien ultérieur, Robert Schumann, a été jusqu'à dire que Beethoven trouvait sa mélodie dans la boue et la transformait en or: c'est tout lui, cela.On pourrait presque dire, en effet, que le travail incessant qu'il apportait à faire une mélodie lui donnait une caractéristique personnelle, peut-être même que l'angoisse qui habite beaucoup des pièces de Beethoven se dégage de cette musique à cause de ce problème.Pourtant, Beethoven avait un sens de l'humour qui court cojpme filigrane sous son écriture.Et devant la tragédie que fut sa vie, il reste qu'il a su accepter les coups de boutoir du destin avec une large dose d'humour, autant qu'avec une force défensive peu ordinaire.Il y a quelque chose d'admirable à voir un musicien de génie se dresser avec un courage indomptable, quand, à 27 ans, il se rend compte que son ouïe baisse.D s'écrit avec une sauvagerie éloquente: "Je saisirai le destin par la gueule! " Quelle force de caractère! Oui, et ce'a *st tellement spectaculaire qu'on est porté à voir en Beethoven l'homme dressé dans' l'épreuve: il ne fut pas que cela.Beethoven fut en plus un grand amoureux, dont la vie sentimentale fut relativement camouflée: on n'a jamais su qui au juste était l'immortelle bien-aimée, mais un grand nombre de noms féminins s'alignent dans les listes de conquêtes du grand homme.Beethoven naquit à Bonn en 1770, il était d'origine hollandaise, son grand-père étant descendu des Pays-Bas en Allemagne, quelques années avant sa naissance.Cest d'ailleurs ce qui explique le "van" précédant son nom qui n'a aucun sens en allemand, mais en une particule nobiliaire hollandaise.Non, n'allez pas penser que Beethoven était noble de naissance, il l'était dans sa façon de vivre et de faire de la musique: il aurait été le premier offusqué qu'on lui attribue du sang bleu, il avait vertement replacé le prince Lobkowits en lui disant: "Vous êtes peut-être noble par la naissance, mais rappelez-vous qu'il n'y a qu'un Beethoven." .ou à peu près.Après une jeunesse malheureuse, sous la férule d'un père ivrogne qui voulait faire de son fils un prodige à montrer dans les différentes cours, il réussit à fuLv Bonn, grâce aux la Révolution française doit se sentir bien à l'étroit, au milieu de ce monde religieux et policier.On prétend que Beethoven, tout au long de son existence viennoise, a frôlé l'arrestation de bien près, de nombreuses fois, et que seule la protection de la cour si intensément musicale l'a sauvé des interrogatoires policiers: c'est que le musicien avait son franc-parler aussi bien chez lui qu'au café, de plus il était sourd, et ne savait pas qu'il parlait trop fort.Dans ses cahiers de notes, où ses interlocuteurs écrivaient leurs remarques et questions, on voit parfois ces simples phrases: "Parlez moins fort! " Beethoven était souvent à ces occasions en heu public et clamait ses théories libertaires et humanitaires, sans aucun charme pour les autorités autrichiennes.Mais son attachement à la Révolution française et à ses idées a pris fin le 18 mai 1804, lorsque le sénatus-consulte qui proclamait Napoléon empereur lui enleva toutes ses illusions sur le consul du triumvirat, il redevint alors et jusqu'à la fin de sa vie le plus allemand des allemands, sans pour autant laisser tomber ses idées pour la liberté de l'homme.D'ailleurs, ne vaut-ii pas la peine de préciser que l'hymne à la joie était au début l'hymne à la liberté, selon certains exégètes: en allemand, joie se dit Freude et liberté Friedé, on voit la ressemblance de ces deux mots et la possibilité de confondre, surtout quand on a une écriture comme celle de Beethoven, à peu près illisible: se non e vero, e ben trovato .+ii - -Hou-ha - Aouuuu-aa.m +I1-HOIJ.-HA- HOUUUL)-HA." •1 (ten va \ *Hl-HOll Kfl-HOLkJd; D'abord, les quatuors.Je considère que ces compositions sont sans doute les moments les plus importants dans l'oeuvre de Beethoven.Le combat des quatre instrumentistes, les possibilités de cette combinaison des cordes, les limites qu'impose cette instrumentation dans le sens couleur et dynamique, tout cela a sollicité Beethoven d'une manière unique.On a arbitrairement divisé en trois périodes la vie de compositeur de Beethoven, si tant est que ces divisions ont un sens, on peut dire que les quatuors sont marquants dans chacune de ces périodes.Les six premiers quatuors furent écrits entre 1798 et 1800, donc Beethoven est encore un jeune homme, il atteint tranquillement la trentaine, il ne peut oublier l'enseignement de Haydn, avec lequel il prétend n'avoir qu'échangé des conversations banales autour d'une tasse de chocolat.C'est quand même à Haydn qu'on pense aussi bien pour la forme que pour l'invention.Trois versions me paraissent dominer la discographie actuelle de ces quatuors, et, à dire le vrai ils domineront aussi la discographie des autres quatuors: le Quartetto Italiano (Philips 6500181-647: seuls les quatuors nos 2 et 4 manquent actuellement), où l'intensité de la lecture n'empêche pas un chant ensoleillé et limpide, c'est un enregistrement signé Vittorio Negri et, comme toujours chez ce chef d'orchestre-réalisateur, il affectionne une sonorité pourpre, riche, ce qui donne à ces premiers quatuors une saveur toute personnelle.Le quatuor Hongrois (Seraphim S-6005) joue avec une expérience une sagesse qu'on ne peut négliger, quant au quatuor Vegh (Telefunken 3635042) ils apportent une éloquence réfléchie et presque froide à analyser ces premiers quatuors de Beethoven.J'aime particulièrement le quatuor Amadeus (DGG), mais après consultation, il semble que la version de ces merveilleux musiciens n'est plus disponible sur le marché canado-américain, pourtant, si vous trouvez les quatuors de Beethoven interprétés par les Amadeus, n'hésitez pas, voici une très belle version de notre musicien.Entre 1806 et 1810, Beethoven écrit 5 autres quatuors, les trois de l'opus 59 et les opéras 74-95.Chefs-d'oeuvre de l'homme approchant de ses 40 ans, et jouissant de toutesses facultés, l'ouïe exceptée.Ici la musique est plus personnalisée, tourne plus autour des souffrances et des joies qui font un homme mûr: l'opus 59, no 3, s est typique dans ce sens, il fait se suivre un mouvement lent d'une résignation prenante, à la mélodie longue et touchante et une finale fuguée où il y a, ma foi une étrange joie, un peu insolite après l'intensité du mouvement lent.Beethoven a écrit en marge de cette fugue brillante, enlevante: "Ne garde plus le secret sur ta surdité, même dans ton art! ": peut-être a-t-on ici une clé pour interpréter le sens de cette alternance souffrance-joie.Encore une fois le Quartetto Italiano a gravé une magnifique version, à la générosité char-i nelle et aux couleurs empourprées toujours; sur des surfaces archi-silencieuses de Philips (6747139-6500180).Les Vegh ontl groupé aussi les 5 quatuors dans un album < de trois disques Telefunken (3635041), où leur sens de la structure, la sûreté de leur pensée musicale dans ces merveilleux quatuors.Si les Hongrois m'ont semblé un peu moins éloquents ici, ils donnent une version exceptionnelle, économique, ce qui n'est pas à dédaigner, (Seraphim: S-6006).Toujours même remarque pour la version Amadeus.ET BEEWOVÊN, RlCHÊ D'UNE POULE D'IMPRESSION .RECUEILLIES AU COUPS DE CETTE INOUBLIABLE PROMEN ADE.REPRIT LE CHEMIN DE SA MAISON DANS 53 TÊTE, DE SOMPTUEUX ACCORDS, DE SUBLIMES MÉLODIES NAISSAIENT DEO .L oeuvre de cé géant de la musique est multiple, mais il reste que l'on peut cerner Beethoven en isolant quelques corps d'oeuvres d'une importance particulière dans cette production: nous parlerons des quatuors (qui se sont étages sur à peu près toute la vie du musicien), des symphonies (même remarque), des con-certi, de Fidelio, des sonates et de la Missa Solemnis.Je crois bien que tout Beethoven se trouve dans ces oeuvres-là: avouons que c'est un nombre considérable de disques.S'il faut parler des symphonies, il faut, je crois, ne s'intéresser qu'aux albums contenant toutes les symphonies.Comme pour les quatuors, les symphonies jalonnent toute la production beethové-nienne: la première et la seconde toujours haydnienne, la troisième "Erica" qui prend une allure dramatique, avec sa marche funèbre et son final varié, la quatrième, la plus formelle et la plus passionnante pour beaucoup de musiciens, la 5ème que tout le monde connaît et qu'on a assimilé aux coups du destin, la sixième, pastorale, où Beethoven se défend d'avoir fait de la musique à programme,- la septième aux rythmes joyeux, d'un humour à peine tempéré par l'Allégretto si connu, la huitième habitée de nostalgie et d'un humour féroce, et finalement, la 9ème où Beethoven chante la joie en dernier mouvement.Il y a deux versions diamétralement opposées que j'affectionne particulièrement, parmi la pléthore, d'intégrales qui nous sont proposées: celle de Klemperer (Angel:S-3619), d'une vision toujours située dans la grandeur et d'un humour toujours teinté de philosophie, et celle de Schmidt-Isserstedt (London:CSP-l-3/4, beaucoup plus "pratique", toujours près de l'instrument: il me semble que ces deux chefs situent les deux pôles d'interprétation de ces 9 symphonies.Si on passe aux sonates pour piano de Beethoven, qui elles aussi s'échelonnent sur toute la vie compositionnelle de Beethoven, une version est attachante particulièrement: celle de Claudio Arrau, dont j'aime tant le piano "brun", et la musicalité sévère et précise, il reste que j'ai été amèrement déçu par une des plus importantes sonates de Beethoven jouée par Arrau, la Hammerklavier.Si on cherche d'autres versions valables de ces sonates: Kempff, Backhaus sont de grands beethovéniens, disques DGG et London.La version Arrau est faite sur 13 disques Philips (6747035).Entre 1823 et 1826, Beethoven revient à la formule quatuor et propose aux éditeurs ses dernières réflexions dans ce genre: 5 quatuors, plus la célèbre grande fugue op.133 qui avait été la finale du quatuor op.130 (des amis conseillèrent à Beethoven de faire un nouveau final, le quatuor étant trop long, selon eux).Je ne sais quoi dire de ces oeuvres si extraordinaires où le musicien se dépasse, semble briser toute idée de forme classique et ne vouloir que révéler ce qui est révélable de lui, par la musique si déchirante des quatuors de la fin.Si le quatuor op.131 en do dièse mineur est celui auquel je ne résiste pas, l'adagio du quatuor no 15, une page d'allure religieuse, est d'une telle force émotive que je ne l'écoute que lorsque je le mérite: en tête de cet Adagio, Beethoven a écrit: "Heiliger Dankgesang eines Genesenen and die Got-theit" -Remerciements d'un convalescent à1 Dieu.Qu'on en infère cè qu'on veut.Le dernier quatuor a aussi, dans sa brièveté, un charme prenant qu'on se résigne à ne pas décrire.Ici, je préfère nettement la version du Quatuor Vegh, dont la lisibilité est totale: toutes les lignes se suivent grâce autant à l'enregistrement qu'à l'interprétation.(Telefunken 4635040).Le Quartetto Italiano ne joue pas moins bien, mais on dirait que l'enregistrement moins récent et tout aussi riche cache certaines lignes sous la profusion des couleurs.Superbe réalisation du quatuor Hongrois (Seraphim: S-6007).Quant à la Missa Solemnis, un des moments les plus difficiles à refaire en concert et sur disques, elle n'a été faite de façon satisfaisante, selon moi, que deux MAINMISE mai 1976 16 fois: Sur des disques mono RCA, Tosca-nini dirige cette musique humano-religieuse avec une ferveur et une force dramatique rares, tandis qu'en stéréo (An-gel: S-3679), Klemperer frôle la grandeur de Beethoven d'encore plus près que dans les symphonies et Fidelio.Passons aux 5 concerti pour piano: quelques versions sont irrésistibles.Solomon, pianiste anglais assez peu connu ici, a fait en mono une version qu'on peut retrouver en Angleterre: si par hasard vous mettez la main sur cet album: n'hésitez pas, c'est du grand piano et du grandBeethoven.'Mais j'avoue aimer autant les versions de quelques pianistes plus récents: Arrau joue sous la direction de Haitink (Philips:SC-l-AX-501) et on retrouve ici les mêmes caractéristiques que dans les sonates: un musicien profond qui analyse aussi bien les émotions que les particularités cérébrales de cette musique.Le seul opéra que Beethoven ait écrit est Fidelio, pour lequel il sua sang et eau, et qu'il dut reprendre trois fois, il alla jusqu'à écrire 4 ouvertures pour cet opéra .On parlait de l'invention mélodique laborieuse de Beethoven, au début de cet article.Cet opéra est un hymne à la liberté devant lequel il est difficile de rester insensible: des pages comme le choeur des prisonniers et l'air de Leonara sont faits pour faire passer le grand frisson tragique.Encore faut-il que l'interprétation soit à la hauteur: elle l'est rarement pour une oeuvre de cette dimension.Mais c'est encore Klemperer qui touche au coeur de l'opéra, dans une version où l'héroisme et l'humanité n'empêchent pas la clarté de la ligne (An-gel:S-3625).La version de Karl Bohnv (DGG:2709031) enregistrée à Dresde, avec une distribution éclatante et ce superbe orchestre qu'est le Staatskapelle de cette ville, est aussi grande minute de vérité.En mono seulement, la version de Furtwangler va aussi loin que Klemperer, sans être aussi impeccable dans l'exécution.Une version plus jeune, plus dynamique, au piano somptueux, sous la direction de Georg Solti, à Chicago, est celle du superbe pianiste russe Vladimir Ashkenazy.Dans la distanciation quasi-brechtienne de Wilhelm Backhauss, on retrouve une pensée beethovénienne d'une rare révolu, qu'on nous présente ici: les deux versions Ashkenazy et Backhaus sont sur London (2404 et 2401).Wilhelm Kempff (DGG:3371010) a gravé les concerti avec une sensibilité presque féminine qui ne messied pas certaines pages de ces 5 concerti D'autres versions toutes intéressantes: Barenboim-Klemperer, où deux âges se conjuguent: Barenboim avait à peine 30 ans et Klemperer, plus de 80; Barenboim-dirige la dernière version que je ne connais pas de Arthur Rubinstein, qui en est à sa troisième gravure de ces concerti (disques RCA, pour les 3).Une intégrale fascinante de musicalité et d'intelligence est celle de Stephen Bishop et Colin Davis (Phi-lips:6747104) Signalons les noms de Gilels, Brendel, Serkin, Gould, Fleisher.Le concerto pour violon, où le lyrisme, chose rare chez Beethoven, est d'une générosité sans retenue a été superbement enregistré par Arthur Grumiaux avec Colin Davis (Philips:6500775).D'autres versions récentes ou anciennes: Heifetz, Szeryng, Stern, Oistrakh, j'aime particulièrement le deuxième et le troisième de ces violonistes.Le concerto pour piano violon et violoncelle a été merveilleusement défendu par David Oistrakh, Rostropovitch et Sviatoslav Richter, sous la direction de Karajan, à Berlin (Angel:S-36727); autre belle bataille: celle où à Londres, Szeryng, Starker et Arrau se sont colletés avec ce concerto, sous la direction du^ jeune Eliahu InbaUj'aime autant dire que je n'aurais pas voulu être à la place de ce jeune chef, avec une telle brochette de musiciens à diriger! ) Saurez-vous choisir parmi ces disques, ceux ou celui que vous préférerez?Je vous le souhaite, soyez assurez que, pour ma part, j'ai eu grande joie à les écouter tous! Un appétit gargantuesque, cela est sûr.Edgar Fruitier te cherche la RÉRDKlSE AU JM9-TERE DE LA VIE SCHR05DER.CR0E-TU e croissanc* ftecolre SechA6e ¦ .; ?Roî>RieTés 6éNer»ques ,/3Reffes.v Commun7" réc#e/eR rA»ul7feRAT»ONi (stockcoopej ¦resrs sur opiurç,morrh*Ne,h«ro*Ne,coa)éiNe.NoMBReox *eSSiNS,GRAPhiQueS eTBÎASRArlries B*B|'o6«APh'e (h8 VoluriesÀTRAWRS lessees) TRADUÎT pu BesTsellefl /wr.Criîrt " The CuItWaTor'S jandbook of MARÎJuAMA* © 1970 Par wHIiam j>.DRAKe j.r.les edIt'ous.KabouI ehr.Willez tie f aW PARVenÎR C-7 exeMPlAme (s) 3>u |*vRe »t fbch« Du CulTiVATtoR re Mar»Juana .CooT->l4.oô IVinM (FRAIS TUTAUX Con?R*3) Nom.adr.LES TETES DE PIQCHE "Encore un journal de femmes" diront certaines."Enfin un journal pour nous" diront les autres.Paraît 9 fois l'an Ecrivez-nous: - abonnement pour un an (neuf numéros): $4.00 .— abonnement de soutien .Nom: .Adresse: Versement par chèque ou mandat-patte à l'ordre de: les têtes de pioche Case postale 247 Succursale Ahuntsic Montréal Des livres qui donnent envie de parler.0 $ 1.95 00 $ 2.95 000 $3.50 MAINMISE mai 1976 39 ,011 appelle ça de l'énergie y en a qui appellent ça des livres,nous Déprogrammation générale de l'Occident L'échange symbolique et la mort Jean Baudrillard Gallimard 1976 Les dépossédés Ursula K.Le Guin Laffont 1975 L'échange symbolique et la mort demean Baudrillard est probablement le livre le plus important à être paru en France depuis.'mettre n'importe quelle date.Si c'est plus qu'énorme à dire, c'est que le projet de Baudrillard est en soi le projet le plus radical qui soit, et que s'il dit vrai, la pensée occidentale vient d'atteindre un point de non-retour.Jouant Marx contre Marx, Freud contre Freud et Saussure contre Saussure, Baudrillard démontre que la critique radicale n'est jamais allée au bout d'elle-même et que si on l'y porte, et nous avons tous les instruments pour le faire, nous assistons à l'effondrement complet de toutes les institutions socio-culturelles occidentales, toutes fondées sur l'énorme supercherie de la VALEUR.La valeur, toute valeur, est un phantasme que nous accordons aux objets, aux événements, aux personnes: et elle s'accumule, s'accumule comme un vicieux capital qui empoisonne tous les rapports.Au delà de toute scène de production matérielle ou désirante, "il y a le schéma d'un rapport social fondé sur r EXTERMINATION DE LA VALEUR".Ce rapport a existé, on le retrouve dans les formations primitives où tout est mis en jeu pour EMPECHER que la VALEUR s'accumule où que ce soit.Tout ce qui est reçu est immédiatement Re-donné, ce .qui est produit est détruit, ce qui est gagné est perdu: REVERSIBILITE, REVERSION, ANNULATION.La valeur se crée lorsqu'on introduit n'importe où une distinction barrée du genre: signifiant/signifié, valeur marchande/valeur d'usage, pulsion de vie/pulsion de mort, enfant/adulte, nature/culture, etc.On crée ainsi de toute pièce un féroce principe de réalité (économique, linguistique, psychanalytique): Le Maître et l'Esclave apparaissent-.On ne peut en sortir que par la plus folle des violences théoriques: introduire la mort (qui est le principe même de la perte de toute chose, de la réversibilité) dans le code qui nous régit, et abattre la perfection du code par une perfection d'un ordre supérieur."Le désordre symbolique seul peut faire irruption dans le code.la seule stratégie est catastrophique et non pas du tout dialectique.Contre un système hyper-réaliste (l'occident régi par le code de la simulation des modèles), la seule stratégie est pataphysique.".Non pas d'accumuler de l'argent contre le système, mais le redonner: appliqué partout, le système ne s'en relève plus.C'est le redoublement de toute hypothèse contre elle-même la négation de toute négation, la mort de la mort, la radicalisation totale de tous les reliefs hiérarchiques.et le retour à l'échange.C'est là la véritable utopie, non pas à la fin d'une quelconque histoire religieuse ou dialectique, mais ici-maintenant, toujours là parce que jamais quelque part, dans l'absence de toute distinction, de toute valeur, de toute "barre", de toute castration, de tout habillement.Arrangez-vous ftour qu'au moins une personne dans votre commune lise ce livre.Si vous n'avez pas d'intellectuel-en-résidence, engagez-en un, il en traîne dans les rues, et demandez-lui un compte rendu trippé.Ca ne pourra que vous toucher, car Baudrillard montre comment ce schéma de l'utopie radicale "commence d'exploser lentement à tous les niveaux de notre société.travail, mode, corps, mort, langage poétique." L'explosion atomique culturelle dont rêvait Nietzsche vient de commencer.Tout ceci se retrouve à un autre registre dans un des plus importants romans de science fiction à paraître depuis DUNE.Les Dépossédés d'U.Le Guin, fille du grand anthropologue américain Alfred Kroeber.Deux planètes vivent l'une à côté de l'autre.La première est riche et "libre" comme une sorte d'Amérique Primordiale.L'autre est presqu'un désert où l'on permet aux rebelles de la première planète de "jouer" leur métaphore biologique ("l'Analogie") de l'entraide mutuelle sociale dans un environnement difficile.Aucun communication entre elles depuis des siècles.Mais voici qu'un physicien de la deuxième planète visite la première.Roman profondément politique, roman de la liberté, c'est à dire de l'interdépendance de tout avec tout.Autres livres concourants à tout ceci: le tome VII des Oeuvres Complètes de Georges Bataille (Gallimard) qui comprend toutes ses grandes oeuvres "économiques" (c'est-à-dire du don, de la dépense, de la fête), textes qui résonnnent sublimement en 1976 et déprogrammeront de tout ce qu'on nous a appris à penser comme économie: L'économie à la mesure de l'univers, La part maudite, La limite de rutile.Théorie de la Religion, Conférences 1947-1948 (sur les mêmes sujets) et de longues Annexes.A noter aussi que vient de paraître séparément, en collection poche Idées Gallimard, La théorie de la Religion, petit chef-d'oeuvre pour mutant , lucide.Aussi, toujours chez Gallimard, Ecrits posthumes 1870-1873 de Nietzsche dans la nouvelle (et énorme: 14 tomes, 18 volumes) édition des Oeuvres Philosophiques Complètes.On y retrouve le jeune Nietzsche au moment où il met sur pied sa théorie de la vision dionysiaque.C'est du pré-Bataille, du pré-Baudril-lard.Et ça n'a pas le ton polémique du Nietzsche marginal et isolé.Une joie forte y circule qui ne sait pas encore qu'elle sera traquée et abattue.Autres ouvrages à lire de Baudrillard: Le miroir de la production (Casterman/Poche), Pour une critique de l'économie politique du signe (Les Essais, Gallimard), La société de consommation (Idées poche).GK L'homme programmé I.Eibl-Eibesfeklt Flammarion 1976 (1973) D'abord une correction: le titre véritable (de l'allemand) est plutôt: l'homme préprogrammé.Distinction capitale, car c'est tout le sujet du livre de montrer à quel point insondable il existe une "nature humaine" ancrée dans l'évolution de l'espèce et que nous ne sommes pas une cire vierge sur laquelle la société, la culture et l'environnement socioculturel peuvent écrire n'importe quoi.Nous venons de loin,oh! de si loin.tant de choses, de comportements, d'attitudes, de réflexes, d'instincts ont été inscrits en nous (l'espèce) au cours de l'évolution planétaire.Nous ne sommes pas vierges, nous sommes préprogrammés.Et l'auteur part à la chasse de "preuves" et nous revient avec quelque 130 figures (photos, dessins) où il est possible de constater visuellement l'existence de tout un répertoire inné de comportements que l'on retrouve chez les animaux et les humains, tant anciens et primitifs que modernes et civilisés.Ces photos et dessins sont parmi de qu'il y a de plus fascinant et trippant à voir pour ceux et celles qui s'intéressent plus à retrouver la solidarité avec le bas, le passé et le corps qu'à viser la niaise perfection "morale" de nos idéologies politiques et religieuses.Il existe une nature humaine quoi qu'en dise les imbéciles, et entre l'inné et l'acquis le combat n'est pas prêt d'être fini.Nos sociétés modernes ne tiennent pas compte de ce passé inscrit dans nos corps et veulent à tout prix nous reprogrammer dans la direction d'une efficacité sociale qui nie profondément notre côté végétal, animal et primitif.On ne saurait troptnstster sur l'importance de ce livre de Eibl-Eîbesfeldt, disciple et continuateur de Konrad Lorenz, qui redonne de l'espoir à ce mouvement contemporain de retour aux sources et de déprogrammation du faux vernis de "civilisations", qui n'est qu'un ridicule essai de nier ce que nous sommes.A lire pour les'communes et les éducateurs-trices.GK G Les enfants d'abord Christiane Rochefort L'Etincelle, 1976 Anna et Mister God Fynn SeuU, 1976 L'enfant épouvante et impressionne.On l'adule et on en a peur.Surtout, on le mécon-nait et on l'exploite.Christiane Rochefort, dans Les enfants d'abord part en guerre contre notre vision et exploitation de ce monde de l'enfance qui nous hante comme un poison.Réquisitoire généralisé contre cette distinction adulte-enfant qui déshumanise le premier et enferme le second dans un épouvantable ghetto culturel dont il ne sortira jamais indemne: nous sommes tous des mutilés de guerre.Le livre de Rochefort effraiera quiconque le lira, car c'est l'existence d'un gigantesque camp de concentration et d'extermination de l'enfance qu'elle dénonce avec une rigueur impitoyable et un humour féroce.Nos idées reçues tombent une à une, un nettoyage s'opère et encore une fois l'empereur pst montré tel qu'il est, c'est-à-dire NU.Pour léboucher ailleurs: "Supposons un monde où le plus grand n'est pas conditionné à dominer le plus petit (Indiens d'Amazonia); ou les enfants peuvent s'abreuver è tous les seins environnants (Dakota Sud), vont où ils veulent et sont accueillis partout (Samoa); participant aux travaux selon leurs forces (Hopi); et sont considérés enfants de r Univers et non propriété de gens particuliers (Thibet).que serait alors l'amour filial?- Libre." Il existe un archétype tenace où le devin se manifeste toujours sous les traits d'un enfant: grâce beauté et sagesse s'y trouvent soudées dans un mélange qui monte à la tête et ex-stasie ceux qui en sont témoins.Comme dans incroyable "roman" de Fynn, Anna et Mister God.On ne pourra jamais oublier Anna."A cinq ans, Anna conaissait parfaitement le but de l'existence, la signification de l'amour, et elle était l'amie intime et le bras droit de Mister God.A six ans, elle était théologien, mathématicien, philosophe, poète et jardinier." Ainsi commence la narration des rapports que l'auteur eut vraiment, il y a trente ans à Londres, avec cette petite fille, abandonnée et trouvée un soir.C'est véritablement un "roman métaphysique pour head" où les réflexions d'Anna et les réactions de Fynn, à la fois contraignantes et déroutantes tissent dans notre tête une sorte de trip d'acide où la réalité nous apparait complètement différente et mille fois plus mystérieuse et intéressante et cohérente qu'avant Comme le dit le préfacier, "la philosophie naissante d'Anna allait droit au coeur de certains problèmes spirituels et ontologiques contemporains".Anna, c'est l'envers du livre de Rochefort et son plus parfait complément.Outils pour communes.GK Modèle chinois Chine, La révolution culturale René Dumont SeuU, 1976 220 pp., $9.30 La révolution chinoise va très bien merci.Au point de passer pour le modèle de réussite collective au 20e siècle.René Dumont est allé y voir de plus près en 1926, en 1949 et y est retourné l'an dernier.Il a donc été le témoin des grandes étapes de la mutation agraire (entre autres, et c'est ça qui est important) des Chinois, en a mesuré les réussites et les limites, en indique les conditions indispensables.Son dernier compte-rendu est encourageant et fait en même temps la part des choses (quel Français n'a pas de sens critique?) à renforts conjoints de chiffres et d'observations pleines de sens.Dans un deuxième temps, le plus intéressant il examine les chances de réussite du reste du Tiers-monde, à commencer par la Bangla-desh, si ces pays décidaient d'entreprendre une réforme agraire sans révolutio .r.li' • que, ou à l'opposé, d'adopter le modèle cli nois sans l'adapter aux conditions locales.Dans ces deux cas, bien minces, les chances .Michel St-Germain Les mots et les couleurs La couleur Hubert Roigt Les Editions B.R.S.5355, Rue Montreuil Trois-Rivières Ouest, P.Q.1975, 273 pp.Non pas une thèse sur la couleur, mais une excellente présentation du champ théorique et pratique de la couleur.Pas un traité, mais un bon manuel (scolaire entre autres) où l'on trouve réponse à des questions aussi simples mais méconnues que la définition des couleurs complémentaires (couleurs qui, mélangées par une lentille convergente, donnent du blanc), de couleur primaire, de couleur pure, mais aussi toutes les bases indispensables de physique .L'ouvrage est divisé en 18 chapîtres: La lumière/la vision/les couleurs primaires/l'arbre des couleurs (tentatives de classification à partir de la couleur pure de base, de la luminance et de la saturation)/le vocabulaire de la couleur/ interaction lumière-matière/la perception et les illusions d'optique/l'harmonie des couleurs/la télévision/la photographie (cette section non seulement explique toute la chimie du processus, mais donne en plus des "recettes" de développement à l'ancienne très simples, avec coloration sépia ou bleutée, ou de photogammes/les autres procédés de reproduction de la couleur/l'éclairage/pigments, colorants et peintures/psychologie/effets physiologiques (chromathérapie, par ex.(/parapsychologie/ histoire de la couleur, le tout est très influencé par Johanne Itten.Le premier chapftre, dès le deuxième paragraphe, indique: pour qu'il y ait couleur, il faut qu'il y ait lumière, et il faut que cette lumière soit vue.Il y a dans ces derniers mots matière à tout un autre livre: sur la nécessité d'un observateur, d'un sujet, et par conséquent de la subjectivité de toute l'expérience.Un livre ou un film où débattraient Rudolf Steiner, Schopenhauer et Maître Eckhart d'un côté et Newton et Aristote de l'autre, avec au centre Goethe et Fabre d'Olives disant: la source et l'exaltation de la couleur est la lumière, comme la source et l'exaltation de la forme est le nombre.A la bibliographie j'ajouterais La Traité des couleurs, de Goethe (Editions Triades, 1973, 296 pp.); j'ajouterais que le livre de Josef Albers est traduit en Français: L'inter-action des couleurs; et au livre un chapître sur la symbolique des couleurs.CA.P.S.: Lors d'un colloque sur l'Erotisme au Moyen Age, qui s'est tenu à l'Université de Montréal les 3 et 4 avril derniers, Robert Marteau, de l'université de Mtl, a prononcé un très beau poème sur l'éros universel des alchimistes, et a annoncé la parution prochaine d'un livre (genre livre d'art) intitulé: Le blanc et les teintures.A surveiller parce qu'il pourrait s'agir d'un des plus beaux livres québécois de symbolique traditionnelle, de mystique, de poésie et de langue sacrée.Une première partie paraîtra sous peu dans la revue française Esprit.Guerre des Signes Fondements d'une sémiologie de la musique J.J.Nattiez 10/18 Ce livre "monstrueusement large" balaie le champ de son domaine avec toute l'ampleur d'un raz de marée et toute la maniaque précision d'un rayon laser.Une fois entendu que la "sémiologie musicale" est l'étude des signes de la musique, il faut alors s'entendre pour définir un "signe".J.J.Nattiez, résident québécois, a donc eu comme première tâche, de recenser, analyser et "juger" toutes les théories du signe que la marché linguistique nous offre.Tâche démesurée qu'il mène avec un entrain, un humour, une intelligence et une rigueur impitoyables et qui font de son remarquable livre unevéritable who's who de la sémiologie occidentale.Lentement toutes les approches sont cernées et une fois le champ de bataille abondamment remplis des cadavres de toutes les fausses ou trop faibles définitions.Nattiez introduit son immémorial sujet "la musique" à la table chirurgicale de son analyse.Cest une somme complète, dont la difficulté n'a d'égale que la finesse.Pour les musicologues, ce livre s'impose de toute évidence puisqu'il marque une étape bien solide et avancée des recherches théoriques en musique.Il s'imposera non moins aux sémiologues et aux linguistes qui confrontés à "la musique, ce suprême mystère des sciences de l'homme" (Lévy-Strauss) devront déchanter plus souvent qu'ils ne le voudraient et se mettre à la table de l'humilité.Aux commandos de la guerre des signes, c'est un manuel clé d'apprentissage rapide (même si très difficile), car c'est un "travail de synthèse, le premier à proposer un bilan des recherches sémiologiques pour un domaine particulier".Comme ce "domaine" est le plus difficile et insaisissable résident de la communauté des signes humains, l'entreprise de sa lecture ne peut être qu'un défi, surtout si on se soucie bien de ne demeurer qu'un profane et un généraliste.Un livre qui nettoiera les circuits.GK.Vérité et Méthode Hans-Georg Gadamer Seuil, 1976 Oeuvre philosophique longue, difficile, exigeante mais dont l'importance stratégique dans la guerre des signes s'imposera.On dit classique- MAINMISE mai 1976 40 COMMUNIQUE: Les Jeunesses Littéraires du Québec veulent promouvoir la jeune littérature québécoise par l'intermédiaire de la lecture, de la création, de rencontres d'écrivains, de soirées de poésie et de toute autre activité connexe au livre.Loin d'être une maison d'édition en soi, ce mouvement veut permettre l'expression individuelle ou collective sous plusieurs formes.L'une d'entre elles constitue le poème-affiche sur lequel s'allient le visuel et l'écrit.Nous en avons faut un concours intitulé "Le Grand Pavoise-ment".Un jury formé d'écrivains et d'artistes-peintres choisira les douze meilleures poèmes-affiches qui seront reproduites a 100 exemplaires chacune.De plus, les douze auteurs gagnants recevront $50.00 en prix.La date limite de participation est le 30 mai 76.Il est préférable que l'affiche soit cartonnée pour faciliter l'exposition.Les intéressés peuvent avoir des informations supplémentaires en communiquant au bureau des Jeunesses Littéraires (374-4700, poste 405) ou envoyer directement leurs affiches (vous pouvez participer autant de fois que vous le désirez) au 1415 est, rue Jarry à Montréal.Cest une invitation à ne pas manquer, mais pas la seule; nous avons d'autres projets pour l'automne.Pour être tenu au courant de nos activités futures, vous n'avez qu'à devenir membre en nous faisant parvenir une cotisation en argent ou une cotisation morale (création personnelle).Si la littérature t'intéresse, les Jeunesses Littéraires du Québec s'intéressent à toi.Francine Larose, animatrice LES TETES DE PIOCHE, journal des femmes Au début de mai sortira le troisième numéro du mensuel "Les têtes de pioche", petit tabioTd de 12 pages défini comme publication faite par des femmes pour des femmes.Produit par un collectif de six personnes qui n'y travaillent pas à plein temps, le journal se donne comme but la lutte contre les comportements phallocrati-ques, autant dans l'économique que dans le législatif ou le sexuel.Lutte idéologique, par la recherche d'une solidarité dans l'action.C'est ainsi qu'on y trouve des textes d'information (livres, spectacles), des textes de La presse, la radio, la télévision se sont emparés de nous.Quelle dérision: un si petit journal, avec si peu de moyens et une équipe de 6 femmes, soudainement promu au rôle de porte-parole attitré de-la pensée féministe au Québec! On mousse la publicité.On braque la lampe sur nous pour mieux faire oublier tous ces groupements de femmes -qui travaillent dans l'ombre, quelques-uns depuis fort longtemps et qui livrent des luttes sur tous les fronts (front socio-politique: comité avorte-ment-contraception, SOS garderies, comités syndicats, entreprises publiques, institutions d'enseignement; et front culturel: maisons d'éditions, groupements théâtre - cinéma, librairie).On nous demande de faire des distinctions recherchées entre féminin/féministe: on cherche à brouiller ce qui est clair.On nous demande de nous démarquer par rapport aux autres groupements de femmes: on attend essentiellement de nous d'accuser nos distances et nos différences.On nous demande si nous avons le sens de l'humour et si «nous pouvons faire rire (de donner l'as- dénonciation (les journaux de vedettes, la mode), des textes de réflexion (te corps, le matriarcat, le féminisme), comme des lettres de lectrices et des rappels d'histoire (Marie Guérin-Lajoie)."Le féminisme arrive au moment où la; société a rendu à la femme la possession de son corps par le contrôle des naissances.Il est urgent que tes femmes parlent, et dénoncent les rapports d'oppression".Le médium est ouvert aux propositions, suggestions, collaborations, ou tout simplement contributions (abonnement 1 an, 9 numéros, $4.00, Les Têtes de Pioche, CP 247 Ahuntsic, Montréal).surance que nous ne sommes pas "trop sérieuses" et donc, en fait, que nous ne sommes pas vraiment en révolte).En somme, le procédé de l'idéologie dominante s'indique clairement: édulcorer, annuler, noyer tout ce qui est lutte.Faire de nous, au même titre que tout ce qui se vend dans cette société, une valeur marchande, un produit comestible et portant la garantie "sans danger".Le féminisme i la sauce bourgeoise: une autre bonne "révolution tranquille" avortée avant que d'être commencée ou un féminisme i la sauce québécoise nationaleuse: 100% pur laine: rétablissant le matriarcat et par conséquent sécurisant.Dans ce combat, le journal est pour nous un moyen et ne sera, dans l'histoire du féminisme québécois, sans doute qu'une étape.Nous invitons les fi—iun où qu'elles estent i faire entendre leurs voix, à poursuivre leurs négociations dans le privé et le politique et i trouver, mettre en place ou faire se développer leurs propres moyens de lutte.Le Collectif.ment d'un signe et d'un symbole qu'ils "renvoient à quelque chose qui n'est pas là".Mais cela n'est pas vrai pour "l'image" qui ne renvoie qu'à elle-même.Mais l'image est pourtant une "représentation".Alors?Alors c'est que le mcnd?es* ?~**«"*:'>iiom©nt mijoI™,© oho*"* qui se représente à soi-même, dont "la structure ontologique" (i.e.qui ne soit pas 'seulement un accident ou une donnée secondaire ajoutée) est de se donner en spectacle à un autre.Cycle complet à DEUX focus.Gadamer examine les trois cas séparés du JEU, de la MUSIQUE et du SACRE pour y déceler que dans les trois cas quelque chose se joue, se donne à voir, se donne à être représenté."Le jeu se borne effectivement à se donner en représentation.Son mode d'être est donc sa propre représentation.Or se donner en représentation est un aspect universel de l'être de la nature.Or représenter, c'est toujours par essence représenter pour quelqu'un." L'importance de l'ouvrage de Gadamer (disciple de Heidegger) c'est qu'il fonde philosophiquement les conclusions les plus récentes de l'école américaine de la théorie des jeux, de l'information, de la communication, de l'anti-psychiâtrie et de l'écosystèmique (Bateson, Wilden).Ca prend deux pour faire un; l'unité cohérente d'un message n'est possible que dans la Médi ation.Le monde ne peut venir au monde qu'en tant que "représenté pour quelqu'un", c'est là sa plus profonde nature.Il faut donc que le monde pour se comprendre puisse s'interpréter.Question de méthode; dans quelles limites ceci ou cela est-il vrai etc.Mais aussi question de VERITE: qui parle dans le monde et que dit cette voix?.Oeuvre exaltante qu'on ne peut finir de lire, car toujours le chemin est à faire qui est de comprendre le dialogue que l'univers entretient avec lui-elle-mëme.Pour jeunes et vieux jours.GK.Antiquités -.A la découverte des Antiquités québécoises Stéphane Moisan La Presse, 1976, $6.95 Voulez-vous décaper avec moi?Ce pourrait être le sous-titre de ce manuel d'introduction à l'art de reconnaître, restaurer, réparer et cétéret les authentiques antiquités québécoises.Le livre se veut avant tout pratique et y parvient.On y trouve une description des principaux domaines d'artisanat où il est encore possible de partir à la chasse aux vieux objets; meubles, objets d'orfèvrerie, de verre, faience, céramique, étain, ferronnerie, jouets et objets de bois etc .Le tout est abondamment illustré de photos.Les textes ramassent l'essentiel de ce qu'il faut savoir.On trouve encore dans le livre les adresses utiles à connaître comme celles de bons marchands, d'encanteurs etc .Bref, c'est un livre nécessaire à quiconque veut découvrir cet héritage historique que constituent les antiquités.La seule question, c'est: combien de temps en restera-t-il encore à trouver?M.C.Homosexualité Comme un frère, comme un amant G.M.Sarotte Flammarion 1976 Sous-titre "homosexualité masculine dans le roman et le théâtre amécirain.Oeuvre ambitieuse, majeure et parfaitement lucide, le livre de Sarotte devrait tordre quelques cous et générer beaucoup jde sueurs.Surtout si elle est jamais traduite en américain, ce qui devrait se produire vu son excellence, sa cohésion et sa rigueur.Car c'est l'ensemble de la civilisation américaine qui se dévoile ici dans le rapport si ambigu et mortel qu'elle maintient entre virilité, brutalité et hétérosexualité.Après un historique de la question.Sarotte analyse quatre archétypes fondamentaux du couple homosexuel: les adolescents, le professeurs et l'élève, le capitaine et le soldat, le noir et te blanc.Quelque part le monstre de l'idéal viril agite sa queue.Le moteur de la peur veut tout cacher mais tout ressort quand même.Ce qui amène Sarotte, dans la partie la plus importante de son analyse, à traiter de: L'homosexualité latente, en deçà et au-delà de la véritable hétérosexualité.Premier courant: féminin-masochiste; deuxième courant: l'hyper-viril.Dans ce deuxième courant, où on retrouve tant de l'Amérique, et par résonnance, de la civilisation occidentale, Sarotte passe aux rayons X les oeuvres de Jack London (ou l'échec de la sublimation de l'instinct homosexuel), Ernest Hemingway (ou la sublimation — presque — parfaite de l'instinct homosexuel) et Norman Mailer (ou l'homosexuel latent manifeste).Cest impitoyable et prodigieusement intéressant car des caleçons s'y montrent et ce ne sont pas toujours ceux de qui on pense.L'étude de Sarotte est très bien documentée, avec une abondante bibliographie.Lecture facile et fascinante, et par moments on n'en revient pas .tant de ces choses sont ignorés .et le monstre continue ses ravages.GK Montréal en Jeans Guide de Montréal en Jeans Robert Malenfant Hachette-Edition du Jour, 1976 144 pp., $3.95 Amusant de lire un guide sur sa propre ville! Je le recommanderais à un ami en voyage, mais en faisant quelques corrections et en ajoutant des items.Sinon ce petit guide a tout ce qu'on peut attendre d'un guide de premier contact avec un lieu de villégiature ou l'on n'a jamais mis les pieds.C'est suffisant pour commencer, mais je me demande ce que fait un végétarien par exemple, s'il cherche un restaurant.Le seul marché d'aliments naturels mentionné est Miriam's sur la rue St-Laurent, alors que depuis que les Allemandes qui tenaient ce magasin sont partis, il y a deux ans, c'est une famille de Pakistanais qui l'exploite qui vend de plus en plus de spécialités de leur pays d'origine.Les Pti'Zoizo sont mentionnés comme restaurant alors qu'il s'agit depuis plus d'un an d'une épicerie et d'un marché, et d'une librairie; te restaurant est fermé."Chez Bardet" est de notoriété publique un excellent restaurant français, mais alors y aller en Jeans très très propre.La liste des cafés n'est pas complète, surtout sur la rue St-Denis.Parmi tes librairies, je regrette l'absence de la librairie Champigny (4474, Saint-Denis, Mtl, Métro Montroyal) la meilleure en ville; .etc.Mais à part ça, c'est un petit livre ben-l'fun.CA.Angélologie L'échelle des anges Rita Lasnier Fides, 1975 La planète Terre ne vit pas seule, non plus que le système solaire.Nous sommes sertis dans l'anneau du recyclage universel et posés dans l'écrin des équilibres intelligents.Cette intelligence cosmique, il s'en est trouvé pour dire qu'elle était l'oeuvre quotidienne d'êtres intermédiaires appelés anges, messagers des rapports que l'univers entretient avec lui-même.Question de perspective, car c'est autant de l'aspect cosmologique, astrophysique ou mathématique qu'il s'agit ici que de l'aspect profondément PERSONNEL.Le Tout vibre d'amour.Bien sûr, et alors?Alors, mécanique céleste, qui t'entretient et de quoi t'entretiens-tu?Monde, si tu es vivant, parle-moi et conduis jusqu'à moi ton MESSAGE.Et que le message soit le MESSAGER, pacifiante bonne nouvelle cybernétique.Le livre de Rita Lasnier est l'exploration géographique de ces intermédiaires psychiques dont seule la poésie possède la clé langagière."Chaque fois que le monde refuse au visible sa convergence naturelle avec l'invisible, du même coup il refuse à la poésie sa vocation, et à l'homme, le sens du sacré." Paroles dangereuses aujourd'hui où te sacré n'est plus synonyme que d'oppression.Mais si les "gardiens" terrestres du trésor cosmique oppriment au nom même du trésor, quelle subversion profonde en chacun de nous pourra dévoiler que le Trésor, lui, et sa plainte, qu'il est possible d'entendre et de ressentir en chacun de nous invite à "remonter et redescendre l'échelle de l'Amour dont la douleur est une nuit, et la mort un parfum." Il faut lire ce livre d'un point de vue autre que "religieux" pour ne pas le noyer dans la médiocrité.Plutôt comme un traité d'écosysté-mique psycho-cosmique, une pièce de Shakespeare, un roman de science-fiction sur la communication, un poème d'amour.GK.Ce qui se% passe au 7ème ciel Il me faut user de patience, de Geneviève Labelle, Editions 7ème Ciel."Je prêche par l'exemple I " Il ne faut peut-être pas en douter puisque la personne responsable de la nouvelle maison d'édition 7ème Ciel publie, comme première oeuvre, ses poèmes de jeunesse.Ceux même que nous avons tous écrits ou pensés sans jamais espérer les faire éditer.En effet, les poèmes de Geneviève Labelle (il me faut user de patience) sont une anthologie de nos poèmes fantaisistes d'adolescent.Tous nos petits poèmes, tous nos petits écrits, tous nos petits journaux que l'on gardait précieusement et que dans un mouvement de révolte contre ces cadavres du passé l'on jeta au feu ou que l'on déchira! Quelqu'un les a gardés et se permet de luxe de tes publier.L'éditeur étant l'éditée, elle a ramassée ses souvenirs pour pouvoir en quelque sorte nous immortaliser tous .Evidemment, ça parle de solitude, de tristesse, de liberté, de fleurs, de lunes, soleils et enfin surtout: "L'AMOUR".Les Editions 7ème Ciel est une compagnie à but non-lucratif qui se propose d'accomplir de bien grandes choses.Si on s'en tient à leur communiqué, non seulement leur intention est de publier des livres mais aussi enregistrer, protéger tous manuscrits, cassettes, disques, vidéo, films sélectionnés par son équipe de décision.On y lit aussi le désir de promouvoir toutes les "libres formes d'expression" .Ils entendent par Expressions: Arts-Politique-R e I i g i on-Economie-Nutrition-Sexualité -Education etc .pour en quelque sorte publier aussi bien le poète que le politicien, le musicien que le photographe.En plus, on compte mettre sur pied des ateliers tels: Imprimeries-Distribution- Librairie.Y'a du pain su'a planche.Cest tout un programmel Mais le véritable but recherché par la fondatrice poétesse, c'est d'arriver à fonder un véritable collectif de travail avec des membres permanents et des membres honoraires.Donc, l'invitation est lancée.Si vous avez des projets de publication, d'exposition, de création, n'hésitez pas à les contacter en écrivant à: Editons 7ème Ciel, CP.583, Succursale Outremont, Outremont, Que.André-Gilles Ombellifères, sémaphores et autres garrochages Qui n'aime pas les romans dévoyés?Ces romans qui déplacent les coordonnées du monde et nous le font voir d'une façon encore plus cohérente, malgré qu'elle soit Etrangère, Ailleu-reuse.Les moins gênés incorporent à l'intérieur de la trame la clause que c'est encore plus cohérent justement parce que c'est.et que pi-donc .DONC.C'est généralement là où le fun commence, avec le DONC.On commence avec le maître de la courbe zen-pétée, Jorge Luis Borges dont Folio a publié son génial FICTIONS il y a déjà un an et demi.Borges a influencé un bon nombre d'auteurs sud-américains dans cette voie du fantastique non-romantique où la logique, toujours en train de s'enfarger sur elle-même, officie à la chirurgie de l'ici.Dont A.Bioy Casarès, auteur de L'Invention de Morel que 10/18 vient de publier.Préface de Borges, le sceau dessus.Science-fiction.Dans le lot de la production américaine, certaines oeuvres s'imposent périodiquement et font profondément buzzer: ré- MAINMISE mai 1976 41 LE COIN DES YEUX Le printemps de la Bande Dessinée québécoise Après son ouverture officielle au deuxième Festival International de BD de Montréal (voir article dans le "Petit Supplément Illustré" de ce numéro), le printemps était salué cette année par l'éclosion de quatre nouvelles plantes, dont toutes ne donneront pas des fleurs.Deux espèces étaient déjà connues, pour être les troisièmes éditions de mêmes ""?r.-.rs.BOJOUAL, (le Zeus de la XXiè olympiade, J.Guillemay, Mondia éditeur $3.95) avec 60,000 albums vendus, se trouve être le plus gros succès de ventes de la bande dessinée faite au Québec.Dommage que personne n'ait songé à inviter Guilemay au Festival pour expliquer ça.Il a un truc, c'est sûr.Mais j'ai pas encore réussi à comprendre lequel.A côté de ça, Bernèche, Demers, McKale et Tibo changent une troisième fois d'éditeur pour publier leur dernier recueil de dessins d'humour (noir), et Tibo me donne gratuitement un exemplaire qu'à la condition que j'en dise du bien.Ca ne manque pas d'humour, n'est-ce pas?Si vous voulez vous en assurer par vous-mêmes, consultez FEMMES DE REVES, Quinze éditeurs, $3.95.Présenté en primeur au festival, le premier numéro de BDK, fanzine de la Bande Dessinée Kébécoise sera vite épuisé: des moyens limités n'ont permis qu'un tirage très bas.Ceux qui ne l'auront pas pourront regretter une intéressante étude du "Sombre Vilain" et de son réalisateur Jacques Hurtubise, ainsi que des planches inédites de Zyx, Tan-guay, Bello, Dugas, Paradis et Sela.Preuve est faite que l'artisanat ne conduit pas nécessairement à la mauvaise qualité.Pour information, rappelons que BDK publie régulièrement bien que rarement un feuillet d'information sur la bande dessinée québécoise ($1.00-pour 5 numéros à BDK, CP 1312 Station H Mtl).La revue PRISME, bien qu'imprimée depuis déjà longtemps, n'a vu le jour que ce mois-ci Au lieu de la payer $1.00, on pourra même l'avoir gratuitement en écrivant à la place qu'il faut.N'oubliez pas que c'est les abonnements qui permettent aux petites choses de survivre et que ce sont les petites choses qui font les grandes affaires.De plus la revue, qui sera publiée tous les trois mois, contient des bandes de Bois, Fern', Gilot et Sela.A propos de Sela, on le retrouve partout, ce mois-ci: BDK, Prisme, et même le petit supplément de Mainmise .C'est vraiment le printemps! Mister Moebius et Docteur Gir, Numa Sadoul, Albin Michel édit.Dans la très bonne, bien qu'assez chère série "Graffiti", un livre sur Jean Giraud, l'auteur de Blueberry et de bandes de science-fiction exceptionnelles, celui dont Jodorowski pense qu'il est un des meilleur dessinateur de bandes dessinées au monde.A propos de Jodorowski, savez-vous qu'il prépare son troisième film, que le sujet sera le célèbre roman "Dune" de Frank Herbert, que Pink Floyd a demandé un an pour composer la musique, que le budget du tournage est d'environ six millions de dollars, et que ledit Jean Giraud a dessiné tous les costumes, et l'ensemble du scénario, plan par plan?Ceux que "El Topo" ou "La Montagne sacrée" n'avaient pas convaincu devraient au moins être impressionnés par l'ampleur de "Dune".Quand à Girand-Gir-Moebius, j'espère que personne ne l'ignore, Coeurs vaillants, Spirou, Tintin, et, évidemment, Pilote, Hara-Kiri, l'Echo des Savanes, Métal Hurlant, tous les hauts lieux de la BD française ont publié ses planches.C'est une de ses bandes, "Le Bandar fou", qui avait été utilisé dans Mainmise 55 pour illustrer un article sur le cancer.C'est un fou génial.Dépêchez-vous d'apprendre qui c'est, on en parle dans tous les salons.MARX, vous connaissez?Rius, Seghers édit.$8.20 Edité à Mexico en 72 et enfin disponible en version française, c'est une mine de renseignements condensée sur la vie et l'oeuvre de Monsieur Karl Marx, le tout en bandes dessinées.Le défi est gros, et sa formation intéressante: la planète entière parle de Marx (pour, ou contre), mais presque personne ne sait réellement de quoi il s'agit.Ceux qui ne veulent pas se taper la version annotée de "Das Kapi-tal", ni aucun des théoriciens ennuyeux qui en proposent des interprétations en sauront plus après ces 173 pages que la plupart de ceux qui se disent marxistes.Ca peut mettre du piment dans les conversations.Quelques livres sur des images de début de siècle Deux sur de grands illustrateurs de littérature fantastique: Dulac, et Arthur Rakham (aux éditions du Chêne).De bonnes reproductions en couleurs de peintures choisies, pleines de magiciens, dragons, lutins, géants, jeunes filles innocentes et chevaliers armés.Les enfants de cette époque étaient vraiment choyés.Les codes moraux actuels ne permettraient jamais à Dulac d'illustrer de cette façon les Contes d'Andersen.Ca ferait trop peur à nos chérubins.Avec Patof, au moins, on est sûr que l'imagination ne court pas trop loin.Dans la même série, toujours aux éditions du Chêne, Charles Russe! et l'art "Western", série de peinture de chevaux et de grands espaces.Quand on sait que Charles Russel était lui-même acteur de la grande épopée de l'ouest, et que le centre de sa vie n'était pas la peinture, mais bien la vie auprès des pionniers, des gardiens de troupeaux, des indiens, des convois et des ranchs, on regarde les tableaux d'oeil différent.Et les paysages se chargent de l'authenticité des documents vécus à cette époque dont l'imagerie ne devait s'installer que bien plus tard.Une sorte d'album de photos émouvant, teinté d'un lyrisme parfaitement maîtrisé.On remarquera en passant que les livres d'art commencent à se préoccuper de domaines encore inexploré.De plus, une formule de coédition entre Random House Inc.et les Editions du Chêne a permis pour les trois livres cités plus haut d'imprimer simultanément aux Etats-Unis les versions française et anglaise des mêmes volumes.Pour des recueils de peinture, c'est assez facile, encore fallait-il y penser, et le faire.On espère que l'initiative entraînera une baisse des prix de ce genre de publications.Pour terminer, on peut mentionner la parution de Morceaux Choisis (Justin Grégoire, Editions du Chêne), assemblages de papiers découpés dont la naïveté n'excuse pas la futilité.Même avec un nom pareil.Les enseignants de première et deuxième année y trouveront peut-être une couple d'idées pour les après-midis d'art plastiques.MAINMISE mai 1976 42 cemment il y a eu la trilogie ILLUMINATUS de Robert Shea et Anton Wilson (I.de p.Dell) spécifiquement écrit pour la mentalité freak-head, avec sa vision, sa critique et son langage.Quelque part entre Leary, Joyce Burroughs, Pauwels et Rabelais, cette trilogie raconte les guerres insensées que se livrent les sociétés secrètes/magiques sur la planète depuis Dieu sait quand qui justement, relié à la Bête et à la Centrale Electronique,.Aussi The Mote in God's Eye de Larry Miven et Jerry Pournelle chez Pocket Books dont Robert Heinlein a dit que c'était probablement le meilleur roman de S-F qu'il a jamais lu, et dont Frank Herbert pense qu'il est une des approches les plus brillantes sur cet événment crucial: la rencontre d'une Intelligence Etrangère.L'Angleterre s'est spécialisé dans le roman "merveilleux" bien avant la science-fiction, avec cette particularité que chez eux le merveilleux est intimement actionné et articulé par la dimension morale.Que l'on pense au plus grand représentant du genre, Tolkien" et à sa célèbre trilogie Le Seigneur de l'Anneau dont le livre de poche vient de publier le premier tome, enfin disponible à un prix raisonnable.Un contemporain de Tolkien a beaucoup écrit dans le genre: C.S.Lewis dont Retz vient de publier ce que je crois être la première traduction jamais parue de lui: Le silence de la Terre.Un professeur transporté sur une autre planète y constate qu'elle est encore un Paradis et y rencontre l'intelligence, la parole et l'affectivité.Pour trippeux cosmico-théologiques.Chez Flammarion, parution dans la collection "marginale" Connections de Le cinquième hiver du magnétiseur du suédois Per Olov Enquist, un des auteurs les plus remarqués de la Scandinavie, et celle l'an passé de Une Mort dans la Famille d'un des romanciers américains les plus forts, les plus tendres et les plus secrets: James Agée, qui a été littéralement adulé par l'ensemble des écrivains et romanciers américains, ce qu'on appelle un "writer's writer".Chez Flammarion aussi, un livre extraordinaire et jouissif LES PRIMITIFS DE L'AVANT-GARDE de Roger Shattuck: c'est la description inoubliable de l'époque 1900 à Paris telle que définie par Apollinaire, Jarry, Satie, et Henri Rousseau.Cest fascinant, à mourir de rire, et on s'y retrouve: ce sont ies origines ou un des plus brillants relais de la contre-culture occidentale.L' irruption de "la bohème" dans la conscience générale voit la bohème elle-même se découvrir en tant que force consciente d'avant-garde.La bataille allait commencer, la modernité était née.Une oeuvre à découvrir pour le lecteur québécois qui trouvera,là ce qu'il y a de plus drôle et profond dans le trip français.Pour les enfants, parution enfin du roman-tiré-du-film Merlin l'Enchanteur de Walt Disney.C'est un pur traité de pensée magique où le vieux et très distrait Merlin, sommité de la profession, entreprend avec un viel hibou dur d'oreille l'éducation du jeune Arthur.Il y a dans ce film et ce roman un côté attachant qui devrait fasciner les enfants et encore plus les adultes qui n'auraient pas honte d'y entrer.Dans la collection 1000 Soleils de Gallimard et dans Folio parution du Grand Meaulnes de la littérature crypto-enfantine: L'enfant et la rivière de Henri Bosco.La survie d'un enfant seul sur une rivière, enfui pour aller en sauver un autre, de son âge, enlevé par une tribu de gitans.Le style de Bosco est d'une grande transparence qui dévoile une émouvante profondeur.C'est parfois à en pleurer, comme dans le Grand Meaulnes.Mais avec une finale où c'est de joie.Du côté de l'occulte, une des meilleurs introductions au sujet, L'occulte de Colin Wilson dans J'ai lu (2 vol.).Le sujet y est abordé non pas du côté "secret" mais énergétique.Wilson ne croit pas aux simagrées mais est profondément convaincu que l'humain futur aura développé cette faculté latente dans l'espèce de la transmission de pensée à distance et de l'action à distance.Pour lui "l'occulte" est historiquement le non qu'on a donné à des mouvements qui étaient conscients de cette possibilité qu'ils packagèrent à toutes les sauces mythologiques possibles.Fascinant et très bien fait, car tout y est dans l'approche.Dans la collection Portes de l'étrange, chez Laffont, Nos mystérieux destins de René Bertrand, où la tradition cosmique est reliée à la tradition scientifique et à son émergence organique et humaine.Très beau chapitre sur les étoiles et les fleurs.Le monde psychique des fleurs est le remarquable sujet d'un livre écrit par un des meilleurs savants et enquêteurs dans le domaine de la parapsychologie, Hans Holzer, Psychic World of plants (Fawcett paperback).Le domaine délimité par La vie secrète des plantes de Bird et Thompson y est porté et exploré à un cran supérieur: la vie CONSCIEMMENT physique des plantes et des fleurs en fait des organismes à part entière et égale sur cette planète.Recommandé à tous les jardiniers et parapsychologues.Pour ceux qui trippent sur les pyramides et leurs propriétés énergétiques The secret power of pyramids de Bill Schul et Ed Petit (Fawcett paperback) servira de premier manuel uniquement consacré à cet aspect des pyramides et très à date sur les plus récentes expériences entreprises aux USA.Très terre à terre et peu préoccupé d'occultisme, ce livre explore les possiblités pratiques de cette fascinante forme/ espace géométrique en matière de nourriture (production et conservation), d'énergie (nouvelles source?), de pollution (purification) et de conscience (la pyramide intérieure).Nombreuses photos d'expériences et sérieuse méthodologie.Pour ingénieurs de communes et fanatiques de la survie.De loin ou de près des mêmes sujets, le Journal de Nijinsky chez Gallimard où on découvre un artiste si hyperconscient de sa relation à lui-même et à Dieu (à la follement et grandiosement russe) qu'il ne pourra pas né pas passer pour fou auprès de ses contemporains, alors qu'à lire, nous, nous voyons bien que pas du tout.Cest l'identification absolue avec le monde en tant que Chair, Vie et Mouvement, traversée de part en part par la certitude non moins absolue de l'origine céleste et divine de tout ça.De la très haute navigation .Chez Albin Michel, le dernier roman d'un très parti trop méconnu romancier français, Algues de Marcel Brion, qui continue à représenter en France, après Giraudoux, le courant tenace du "romantisme allemand" (celui du début, de Novalis et non celui de la fin, Wagner) .Chez Fayard, une nouvelle biographie de Raspoutine ou la fascination par Michel de Enden.C'est l'approche très sérieuse et minutieuse, ave tous les documents possibles et plus encore, et ce n'est tendre pour personne, surtout en ce qui concerne la chute du tzarisme russe 1917 et de la Révolution d'Octobre .Chez Gallimard encore, un livre décevant mais fascinant quand même de Louis Pauwells: Blumroch l'admirable ou le déjeuner du surhomme.Bâti comme un dialogue à la Neveu de Rameau, c'est Pauwels faisant parler un solitaire prophète du surhomme "cosmico-scientifique".Le tout se veut provocateur, et l'est sûrement pour la mentalité dite normale.Ca ne manque surtout pas d'intelligence mais lorsque cette intelligence réfléchit sur sa propre intelligence, on obtient une totale désincarnation de la vie, où la bêtise se le dispute au plastic et aux micro-circuits.Pas du tout le sens de la déesse le monsieur.Mais l'humour et une acuité cynique sauvent l'ensemble et le transforment en manuel de réflexion, car elle obligent le lecteur à se situer: on se découvre mieux ainsi.Dans la collection poche Médiations (Gon-thier), un des textes majeurs de la grande Maria Montessori: L'enfant.Celle qui au début du siècle à fondé le mouvement d'éducation qui porte son nom raconte ici sa vision particulière de l'enfant et de son développement.Elle le fait avec une telle sûreté d'instinct et d'intelligence amoureuse qu'on est toujours en train de se dire: il faut que je relise cà, il ne faut que j'oublie cet aspect, etc.Sera d'une grande aide et réconfort pour celles et ceux qui doivent quotidiennement côtoyer l'enfant et interagir avec.A combiner avec le dernier livre de Madeleine Laik chez Denoel-Gonthier: Fille pu Garçon."C'est comment être un enfant, une fille, un garçon?.Comment prend racine la discrimination sexuelle dans l'enfance et comment s'inscrit-elle dans le corps des petites filles et des petits garçons?" Trente-cinq témoignages d'enfants de 8 à 14 ans exposent et démontrent les mécanismes de ce gigantesque et tragique lavage de cerveau.Laik est impitoyable et décode toutes les supercheries.Il est très difficile de demeurer le même parent après lecture de son livre, et les femmes devraient rager.L'immense entreprise de déprogrammation consciente de l'Occident continue, et la surprise des années '70 est de découvrir que seules les femmes peuvent en être la tête dirigeante car toute révolution qui n'aura pas radicalement transformé la relation féminin-masculin est irrémédiablement et immédiatement vouée à perpétuer l'aliénation sociale.Pour les maniaques d'échecs, une excellente anthologie des grandes Parties Courtes, préparée par Henri Tranquille aux Editions de l'Homme: très bonne et claire présentation qui permet au lecteur de jouer sur la place les parties célèbres sans être obligé de sortir le kit.Chez Leméac, rééddition du recueil de nouvelles Ville Rouge de Jean-Jules Richard, notre premier grand bohémien et contre-culturiste, qui publia ce recueil en 1949.Ca n'a pas vieilli du tout.Il faudra un jour faire un grand papier-rétrospective sur Jean-Jules Richard.La collection 10/18 continue de nous en mettre plein partout en continuant son rythme effréné de parutions; le cap du 1000 vient d'être dépassé.Les bons textes continuent: deux autres romans de Jack London, ce qui porte le nombre à 24; la grosse brique de Lénine: Sur l'Art et la Littérature (3 vol.); le premier tome d'un anthologie des meilleurs textes de la revue Arguments, intitulé La Bureaucratie, et qui sera suivi par Marxisme, Révisionnisme et Méta-marxisme: un remarquable essai de Nicolas Will sur La Presse et le Capital ("le lien qui les unit est organique"); et enfin, une merveilleuse surprise qui n'en est pas une, le premier tome du dernier grand livre inachevé de Serguéi M.Eiteimtem: La non-différente nature:Tintelligence et le feelîng y coulent è flots pendant que la grand metteur en scène descend aux racines et structures des choses et remonte à leur reconstruction et représentation par l'art: si vous faites du cinéma ou de la peinture, il ne faut absolument- pas vous en priver.çj^ archéologie de l'erreur et architecture du possible L'utopie, c'est quand tu ne remets plus à demain.Tu abolis le temps, le souvenir, et tout ce qui est du domaine économique est du domaine magique.Plus de mémoire, plus de travail, et chaque pierre que tu poses, participe à une construction; si chaque pierre est bien profilée, belle et correcte sous tous les aspects, la construction aussi sera correcte.Evidemment il va se produire une formidable manipulation de signes dont il ne faut pas mésuser, si l'on ne veut pas répéter les erreurs du passé.Il va donc y avoir une déprogrammation, l'utilisation d'armes de combat, et un reprogrammation .Voilà en tout cas un scénario possible .Parmi les livres et documents qui me sont passés sous les yeux dans les trois dernières semaines, j'ai fait une même pile avec une douzaine de "sémaphores" qui me semblent aller tous dans le même sens: Déprogrammation, désengagement, recul, distance pour mieux voir, miroir.Pour qu'une utopie soit réalisable, il faut qu'elle soit un projet C'est ce qu'explique Yona Friedman, dans Utopies réalisables, 10/18, 1975, $4.50.Utopies réalisables est un véritable manuel de pilotage, l'instrument du Gubernator: il y a beaucoup de sortes d'utopies, mais dans toutes ce qui compte le plus, c'est le consensus; sur quoi est-on d'accord?Pourquoi sommes-nous ensemble?Mais le fonctionnement obéit à des règles, la communication tout particulièrement, et c'est elle qu'il convient de "désigner" le plus aérodynamiquement possible.Ce livre explore tout cela et peut permettre d'éviter bien des écueils à des communautés sur le point de commencer.L'auteur rejoint parfaitement la pensée de E.F.Schumacher, Small is Beautiful (Harper & Row, $2.80) et conclut: c'ast celle des petit groupes.Décentraliser le pouvoir, décentraliser l'information, décentraliser le sa- Politique.Odyssée d'un Amazone, Ti-Grace Atkinson, Editions des femmes.Il faut avoir le coeur solide pour s'attaquer à Ti-Grace.Atkinson.D'abord, à cause de cette écriture logique, structurée, influencée par une vision marxiste du monde et aussi parce que Ti-Grace n'y va pas par quatre chemins: les phrases sont assénées, les gens dénoncés.Elle ne se cache pas, d'ailleurs, de voir son travail comme une mise en forme tactique cherchant à dénoncer l'ennemi (l'homme): on se croirait sur un véritable champ de bataille quand on lit l'énumération des stratégies étalées dans son livre.Collage d'articles, de conférences, de lettres, ce livre est une tentative d'élaboration d'une philosophie et d'une tactique politique: Ti-Grace est bien armée.Cet ouvrage, même s'il apporte des définitions sur le féminisme, le lesbianisme, le mouvement américain, est de lecture rebutante parce qu'il rejoint difficilement un langage de femme et une vision "contre-culturelle".Cest une femme tendue, agressive, violente même qui ne se gêne pas pour excommunier quiconque se tient en dehors de la position orthodoxe de "la lutte des classes".Le travail d'une telle femme est peut-être nécessaire, en ce sens qu'il réussit à poser le problème de l'oppression des femmes comme entité politique, mais il me semble perdre son impact, à partir du moment où les découvertes sont brandies comme seules vérités, sans possibilité de réconciliation avec d'autres tendances.Si vous avez lu le dernier livre de Kate Millett, Envol, vous vous souvenez sûrement de cette fichue conférence sur "la violence dans le mouvement des femmes": le texte inaudible de Ti-Grace est reproduit dans l'Odyssée et une lettre envoyée à la N.O.W.où elle se désengage de ce mouvement.Face au problème de la violence, je préfère l'attitude de Kate Millett qui dit: "Je vous ai parié de la politique Domaine où les moyens corrompent et empêchent la fin.La politique, c'est la répétition.Ce n'est pas le changement Le changement est une chose qui se situe au-delà de ce que nous appelons la politique.Préconiser le changement, c'est préconiser la fin de la violence.En tant que femmes, nous avons déjà commencé à mettre sur pied une nouvelle dynamique sociale, à contester dans nos réunions la hiérarchie* traditionnelle de la place et du rang, ainsi que le concepts conventionnels de leadership, d'autorité et de talent.Pui important encore, nous avons cessé d'observer la vieille séparation entre vie publique et vie privée, de respecter cette ségrégation que nous avons héritée du passé.En adoptant toutes ces façons de procéder, nous forgeons une nouvelle politique.Ou plutôt nous transcendons que l'on nomme habituellement politique et nous arrivons au changement" (Envol, p.551) Théâtre.A lire le premier livre des éditions Remue-Ménage Môman travaille pas, a trop d'ouvrage, deuxième pièce du théâtre de cuisine, la démonstration de Kate Millett devient évidente: en disant à chaque femme son expérience quotidienne de l'oppression, qui se manifeste concrètement pas le double emploi, par la prise en charge exclusive de l'éducation des enfants, du ménage .de la maison, la pièce dénonce par "A" plus "B" les rouages d'un système économique, politique, social concourant à l'oppression des femmes.La démonstration est claire, simple et efficace: le jour où les femmes se révoltent, font la grève, les hommes sont pris à des tâches urgentes qui leur enlèvent toute possibilité d'être efficaces dans une société construite pour une division des tâches (par sexe).Le mari fait garder les petits par le boss, le boss se plaint au ministre, qui craint de voir sa belle structure de fonctionnement s'effron-der sous la pression des femmes.Parce que par la grève des femmes, les hommes prennent conscience d'avoir exploité une main-d'oeuvre à bon marché, pour ne pas dire gratuite.L'intérêt d'une telle pièce réside dans sa grande simplicité d'énonciation et dans son désir de faire prendre conscience que la vie privée est politique: les femmes, chacune dans le fond de sa cuisine, subissent les contrecoups d'un système politique oppressif, mais du fait de leur exclusion de la société, leurs revendications atteignent plus difficilement la politique.En plus, alors qu'auparavant, les femmes n'arrivaient qu'à voir teur situation passée et restaient incapables de se créer un futur, dans cette pièce, on aune mise en forme positive de ce changement proposé par Kate Millet Les femmes savaient depuis longtemps ce qu'elles refusaient, mais ici, de plus en plus, elles découvrent ce qu'elles veulent.Contraception.Deux livres viennent de paraître.Lu deception de Louise Lacey (éditions r Etincelle) et Method* naturelle de régulation des naissances, E.et J.Billings (éditions Paulines).Le premier et magnifique, le second dégueulasse.Une phrase, seulement du second, vous donnera une idée de la vision charriée: "Les relations sexuelles pré-maritales et extra-maritales sont considérées comme une forme de comportement irresponsable, qui mine les fondements du mariage et la stabilité de la famille, cellule essentielle d'une société saine".Sans commentaires.Pourtant, ces deux livres proposent une contraception basée tous les deux sur le même phénomène biologique: l'observation de la glaire cervicale ou sécrétions vaginales comme moyen de déterminer la période de fécondité.Mais Lunaception travaille beaucoup mieux à une connaissance du corps envisagée dans un ensemble de rythmes à l'échelle du cosmos, en tenant compte de découvertes faites sur l'influence de la lune dans le rythme sexuel humain.Alors que la "Méthode" ne propose qu'une seule façon de déterminer sa période de fécondité, posant inévitablement un plus grand laps de temps d'abstinence, de plus grandes chances d'erreur, un peu comme à la roulette russe, Lunaception propose des moyens pour que chaque femmes harmonise son cycle avec lel mouvements lunaires (considérés comme essentiellement féminins): en agissant au moyen d'une ampoule posée au pied du lit (qui fait office de lune de ville), trois nuits par mois, Louise Lacey en est arrivé* à régulariser son cycle menstruel, à déterminer très exactement le moment de fécondité et ainsi, i organiser un nouveau style de contraception, absolument naturel et efficace.Ainsi, seulement 6 jours d'abstinence 'plutôt que 18 comme dans la contraception astrologique, par exempt*.La règle è suivre pose cependant certains problèmes: tous les jours, i la même heure, il faut prendre sa température, dresser un tableau; il est donc nécessaire d'avoir un rythme de vie discipliné, harmonieux lui aussi, comme peu de villes peuvent le permettre.Cette méthode rappelle un peu Ogino-Knoss mais conduit plus loin, par son esprit, sa vision des choses: permettre aux femmes de retrouver leur cycle lunaire, de fonctionner en accord avec la nature.Christine Lheureux MAINMISE mai 1976 43 SEUIL Fiction & Cie Fiction & Cie Kurt Vonnegut Jr.R comme Rosewater ! roman/Seuil î " ' AU et liras MAINMISE mai?976 44 voir-faire.Il est ironique de constater que la véritable utopie, au sens étymologique, n'est pas celle des freaks qui rêvent de villages, de communes, de groupe, d'entraide mutuelle, d'échange symbolique; l'utopie en fait c'est le système tel qu'il est, et son projet fou de tout centraliser pour mieux contrôler.La preuve est faite, ça ne fonctionne pas.Heureusement que les erreurs sont utiles, sinon quel gâchis! Un beau manuel de vie communale ou villageoise: Mutual aid, de Petr Kropotkin, un panorama historique de l'entraide dans diverses communautés, chez les primitifs, les "sauvages" et les animaux, dans la cité médiévale et parmi nous (Extending horizons Books, H.Beacon St.Boston, Mass.USA/et à MTL: Androgyny, Bookstore, environ $3.50) Un instrument très puissant de déprogrammation: La Guérilla économique, par François Partant, Ed.du Seuil, 1976, environ $11; en distribuant notre aide du Tiers-monde, nous distribuons aussi notre vision du monde.L'idéologie de la croissance semble si bien ancrée que le système qui l'a générée semble incapable, maintenant qu'il y voit des dangers, de la discréditer auprès de ceux qu'il avait du persuader, parfois par la force, de l'adopter.L'homme blanc occidental mange de maudites claques ces temps-ci.Pour lutter, François Partant propose la guérilla économique, le sable dans les engrenages.En tout cas, après avoir lu ce livre, on est absolument écoeuré du système libéral-capitaliste.L'auteur y remet absolument tout en question.A un certain niveau, un livre comme Antimilitarisme et Révolution, 1er volume, 10/18, 1975, $5.60, peut être utile.Il s'agit d'une anthologie de l'antimulitarisme révolutionnaire.Ce n'est pas un domaine tellement souvent exploré, et c'est une ouverture sur une autre forme de résistance, la non-violence (Henry-David Thoreau, Gandhi, Tolstoi).De même Voyage ethologiques, Cahier Jussieu-1, Université de Paris VII, 10/18, 1976, $4.60.Il faut passer à la page 102 tout de suite, à une communication par Juliette Grange, intitulée De l'ethnologie à l'écologie.Cest la première fois que je vois exprimée noirsur blanc par un(e) Français(e) l'idée que l'écologie ce n'est pas seulement la science des petites bêtes, de la nature, et du retour à la nature, et que c'est aussi la science systémique par excellence, celle dont l'étude devrait nous mener à la compréhension du fonctionnement de la cellule, du corps humain, du monde, parce qu'elle met l'accent sur la Relation, et non plus sur les pôles (dualisme).Ce n'est pas pour rien qu'on a dit que l'écologie est la science la plus subversive, politiquement (Michel Bosquet, Ecologie et Politique, Editons Galilée, 1975) Dans le processus de Reprogrammation, plusieurs modèles s'offrent.Mais il est certain qu'il faut repenser l'éducation, l'énergie, la nourriture, la santé, l'habitat, toute la technologie, et d'une manière générale toute la "maintenance", l'intendance.Un beau livre vient de paraître chez Penguin Books; le titre est New World Utopias, par Kagan Paul, $5.95.C'est un essai photographique et une recherche historique sur les principales utopies que des groupes d'individus, la plupart du temps d'origine européenne, ont essayé de mettre en pratique sur le contient américain, à partir du XIXème siècle, jusqu'à nos jours.Quand la société parvient au seuil d'une mutation, l'éducation n'est plus reproductrice, elle devient créatrice, écrit Henri Janne, dans L'éducation créatrice.Fondation europénne de la culture, Elsevier-Savoir $10.95; ce livre est une série de propositions concrètes, des approches très travaillées de l'éducation; il s'adresse à des responsables de l'éducation, aux professeurs.Pour l'instant il y a une différence entre éducation et scolarité (ou instruction), mais dans un shéma idéal, les deux devraient être confondues, dans un premier temps, puis dissolues dans une vaste expérimentation du monde-environnement, sans solution de continuité, où apprendre et jouir peuvent coincider.Savoir-vivre en grec se dit Dieta, du moins au temps d'Hippocrate.La diététique est donc l'art de la bonne hygiène de vie.Un vieux sage Sikh de mes amis disait toujours que trois choses tuent un homme: se presser, se faire du souci, et la nourriture non-digérée (trop manger).Cest aussi ce que dit Jean Trémolière dans son dernier livre, Diététique et art de vivre, Seghers, Guides pratiques, 1975, $13.30.Sans doute le professeur Trémolière est l'un des grands experts mondiaux concernant la nutrition, mais ce n'est pas un froid spécialiste.Cest tout l'homme qu'il envisage dans son approche.A la base de toute vraie évolution, il y a une révolution alimentaire, dit-il.L'homme devient ce qu'il mange.Dis-moi ce que tu manges, et je te dirai qui tu es.Voici des vues courantes parmi les freaks, mais point trop parmi les autorités scientifiques en nutrition! Trémolière parsème ses conseils et ses explications de poèmes, mais toute l'information est là surtout centrée autour de deux fléaux très répandus: l'obésité et l'alcoolisme.Naturopathic et Yoga, par Shri Mahacharya Hamsananda Sarasvati, Albin-Michel.1976, est un véritable plan de déprogrammation totale pour encrassés du système; tout y est: les avantages du Hatha yoga, l'effet thérapeutique des postures, la respiration, la relaxation, toutes les règles de l'alimentation, les avantages des principaux régimes, l'importance des fruits, leur valeur curative, celle des légumes, le jeûne thérapeutique, la chromothérapie, ou traitement par les couleurs, la cure solaire, l'hygiène et toutes les pratiques bénéfiques.Des recettes vraiment pratiques pour guérir le rhume, l'insomnie, les maux de tête .L'accent semble être mis sur le régime lactovégétarien.Les éditeurs de la revue Undercurrents viennent de publier un catalogue intitulé Radical Technology, Pantheon Books, 1976, $6.95.Undercurrents depuis le début à toujours concentré son travail autour de la guérilla sur le front de l'écologie.Voici un condensé très bien fait des domaines abordés par toute la contre ou néo-culture: nourriture, énergie, abri, autonomie, matériaux, communications.Cest à la fois un manuel pratique et technique.Il répond à la question: Comment faire fonctionner tout ça sans détruire ou épuiser les ressources, comment vivre en harmonie avec notre environnement.Cest évidemment un livre conçu pour des Britanniques, mais il y a beaucoup à apprendre aussi pour nous.placé ainsi sous le double aspect du visible et de l'invisible, du manifeste et de l'occulte, et d'une topologie de la correspondance entre les deux, selon une morphologie que ne désavouerait pas Goethe et toute l'école de Rudolf Steiner.Comment traiter avec cette morphologie, comment utiliser cette forme de magie pour produire des effets ou des objets?par la pratique des arts divinatoires.Tel est le titre du dernier livre de la collection Aux Origines du sacré, chez Robert Laffont, $15.35; il y est surtout question d'astrologie, de tarots, de chiromancie, de géomancie, et des plantes divinatoires.Dans la même veine, un nouveau livre par Lyall Watson, l'auteur de l'histoire naturelle du Surnaturel, intitulé Histoire naturelle de la vie éternelle, Albin Michel, 1976, $13.35.Des chapitres sur la vie après la mort, l'illumination, la différence entre corps et esprit, la guérison spirituelle, toutes sortes de miracles, l'aura magnétique, la télépathie, en bref tout l'apparemment inexplicable.Mais j'ai p Koi, l£ P£6l .¦ K lEsntik sssTsa7j»^B^ BSBBBBBBBBWnVBBSBnBmBBB*w.BBaBasasSetim^Bj^BSK j^BjêBsb*.Jans BaVSXastSssB^scsaBBBi _ ••OS' 1 il Pour ceux qui viennent ou vont acheter un logis, une maison, et qui veulent rénover, l'association Sauvons Montréal, 932-7422.vient de publier un manuel de rénovation, La rénovation de votre maison, 50 cents, très utile pour les citadins.Les freaks d'Amsterdam, les anciens Kabouters (les lutins) ont des plans de rénovation de quartiers entiers, pourquoi pas nous! Pourquoi ne pas essayer de rendre la ville vivable, en l'aménageant avec des potagers, des jardins, des quartiers?Il faut dire que la municipalité de Montréal est beaucoup moins souple que celle d'Amsterdam.Mais je suis certain que les technocrates de l'hôtel-de-ville, s'il y en a, auraient matière à méditation s'ils recevaient la revue américaine Compost Science.Compost Science est un bi-mensuel qui s'est spécialisé depuis 1972 dans le recensement systématique de toutes les expériences qui ont été tentées au Etats-Unis dans le recyclage des déchets urbains.Et en général, pour ne pas dire toujours, les expériences rapportées sont des réussites.Dans le numé de Janvier-Février '76, on peut lire un article sur l'application de la digestion anaérobique contrôlée pour produire de grandes quantités de gaz méthane (source d'énergie très bon marché! tout en recyclant tous les déchets et sans causer de pollution.Et apparemment c'est tout à fait possible dès aujourd'hui; toute la technologie est disponible et à l'oeuvre dans d'autres secteurs; le seul inconvénient, comme toujours, est l'investissement initial.Abonnez votre maire ou votre conseiller municipal: Compost Science, published by Rodale Press, inc., 33 east Minor Street, Emmaus, Penna.19049, abonnement d'un an: US $6.00 Dans le domaine de l'énergie, un article est très intéressant dans La recherche.No 65, Mars '76, sur la construction d'une machine pour l'étude de la fusion thermonucléaire, appelée Tokamak.La fusion, au contraire de la fission nucléaire n'est pas polluante, mais très difficile à manipuler, puisqu'il s'agit de créer un plasma, état de la matière à environ 2 millions de degrés.Mais l'utopie réalisable, ce n'est pas seulement bâtir une ville idéale, ce peut être vu aussi comme la vie dans un jardin, proche des eaux et des plantes.Là aussi il y a à apprendre.Pierre Gascar, dans un livre paru fin 75 chez Gallimard, $10.95, tient une espèce de chronique de poète fasciné par le monde en tant que représentation et présence, sur un coin de campagne avec ses sources, ses bois, ses dangers de pollution, d'urbanisation, d'industrialisation, mais surtout qui se trouve être la terre natale de Bernard Palissy, le savant, le philosophe, l'écrivain, le huguenot mort pour sa foi, le potier, le céramiste barbu de la Renaissance qui brûle son plancher et ses meubles pour chauffer son four à émaux, l'auteur d'un traité d'hydrologie, le physicien, le chimiste, le géologue, et l'alchimiste.Une sorte de Léonard d/ Vinci français, avec un côté Parcacelse.Paracelse appelait une plante de "l'eau qui pousse".Tout le livre est secrètement l'impression que tout cela est au fond bien simple et même amusant quand on en est maître.Une fois dans le jardin, si vous voulez comprendre ce qui s'y passe il pourrait être utile de comprendre l'astronomie.Tel est le titre du No 275 de la collection Marabout Université, 1975 $4.40; c'est un condense des principaux articles parus dans L'Astronomie, Rolland Guillemard, et dont on a parlé dans les pages du Répertoire des Outils planétaires dans le No 57 de Mainmise.Evidemment j'ai supposé tout au long que notre installation au jardin se faisait dans la bonne humeur la joie.Peut-être y aurait-il à puiser dans un petit livre qui vient de paraître dans la collection Idées chez Gallimard, Epicure et son école, par Geneviève Rod is-Lewis.Epi-cure, le philosophe de la joie a des leçons à nous offrir pour réaliser l'équilibre physique et psychique dans la vie, moduler nos désirs, comprendre la nature du plaisir et des plaisirs et approfondir le problème nature-société.Nous parlions d'éducation il y a un moment.J'imaginerais bien une école où l'on enseignerait uniquement la musique et la bande dessinée.Pour un débutant en bandes dessinées, il y a énormément d'information à puiser dans un petit livre intitulé Votre Corps parle, par P.Weil et R.Tompakov, Marabout Service/psychologie No 263, $4.40 C'est une étude assez exhaustive de toutes les positions du corps humain et de leurs significations psychologiques.Par exemple le corps n'est pas dans la même position si le sujet éprouve du désintérêt, de l'amour ou encore s'il chercher à persuader.Les gestes eux-mêmes sont tout un langage passionnant Personne ne lit jamais Homère, le père des poètes; sans doute faudra-t-il que vous soyiez cloué au lit pour avoir le temps de lire L'Iliade.Gallimard vient de republier ce texte millénaire dans la collection Folio, No 700, $3.50.Extraordinaire parce qu'en un seul livre vous pouvez saisir l'Occident dans son entier, ses codes moraux, son imagination créatrice.Tout est là, tous nos mythes, toute notre sagesse et toutes nos erreurs.Deux parutions importantes pour le milieu: le Bulletin No 3 de Alio tout r monde, février 76, le bulletin de nouvelles de la tribu fabriquée par la commune .Cadet-Roussel.Apparemment le No 4 émanera de la commune de St-Hadrien-de-Ham.Enfin la librairie Populaire d'Alma nous a fait parvenir son catalogue de volumes disponibles.On peut s'y procurer surtout des livres concernant l'agriculture biologique, la bio-dynamique, les sols, le fameux précis d'écologie de Dajoz, la fameuse Encyclopédie permanente d'agriculture biologique et toutes sortes d'excellents titres sur les plantes et leurs utilisations.Librai ris Coop Populaire, 690, rue Collard, Alma G8B 1N4, Kebek.Tél.: 668-7868.CA CHRONIQUE DE LA MERE MICHEL (.tussilage vient du mot latm "tussilare", tousser).Les feuilles qui n'apparaissent qu'après la floraison peuvent servir de la même façon quoiqu'on puisse en obtenir un excellent succédané du sel: on les cueille (à la toute fin de l'été, quand elles ont atteint leur plein développement), sèche carbonise et broie, obtenant une poudre riche en sels minéraux de toutes sortes.La Morille Cest, la fonte des neiges achevée, le premier champignon à percer les croûtes de feuilles mortes des bois clairs et des vergers.Il pousse aussi dans les pâturages riches.J'en ai trouvé deux fois à date.La première, en plein coeur de Montréal, le long d'une voie ferrée, la deuxième, dans un bois de Hearst (si sauvage que j'aurais pu en ramasser une demie-tonne).Le champignon est très facile à reconnaître.Il a plus ou moins la forme d'une éponge allongée et sa couleur varie du brun-grisâtre au brun-jaunâtre.Il peut mesurer jusqu'à six pouces.Le pied du champignon est creux et sa couleur varie du blanc crème au blanc-iaunâtre.On le trouve généralement en groupes nombreux.Bien des amateurs de champignon considèrent la morille comme le meilleur de tous les champignons.Une seule ombre au tableau, mais légère: il ne faut pas confondre le morille avec la gyromitre comestible qui malgré son nom et même si elle est rarement dangereuse, peut incommoder certaines personnes.Celle-ci a la forme (très variable) d'une cervelle aplatie (aplatie par trop de mauvais acide) mais non-trouée.Sa couleur varie du brun-rougeâtre au brun-foncé.Eli* pousse en général sous les conifères ( le pin en particulier).On peut toujours essayer d'en manger (en petite quantité la première fois) après avoir ébouillanté et rejeté l'eau des champignons.Note: Si on veut consommer les morilles fraîches (en omelette ou autrement), il faut voir à les dégorger de leur eau (jusqu'à 90%) à la cuisson.Personnellement, je préfère les.morilles séchées remises a gonfler dans le beurre, le poivre et une pointe d'ail ou une branche de thym (à l'étouffée).LE COIN DE JOYCE: PLANTE £^ QUELQUE ^ SAUVAGE DE PRINTEMPS CHATONS Saule discolore (dé Minous, quoi! ) Arbuste de la famille du saule.C'est surtout dans les endroits humides, bords des routes et des fossés, marécages, tourbières, cédrières, prairies humides, rives des lacs et des cours d'eau qu'on les trouve: bref, partout au Québec.L'écorce interne est comestible: sé-chée et réduite, elle prend son maximum de saveur.Les jeunes pousses (feuilles) riches en vitamine C et les rameaux pelés accompagnent agréablement un repas.La décoction de l'écorce interne referme de l'acide salicylique (décommandé aux gens souffrant de dermatoses) et sert de substitut (merci) à l'aspirine et à la quinine.L'écorce du saule est tonique, astringente (intestin) et fébrifuge.Infuser longtemps ou faire bouillir une cuiller à thé d'écorce pulvérisée par tasse d'eau ou en faire tremper dans une bouteille de vin ou de la boisson locale (bière, cidre .)pendant 48 heures; en boire un verre deux fois par jour.Les feuilles et les chatons ont un effet Lieux humides ouverts: rivages, pâturages, fossés, ruisseaux.Plante charnue à tige creuse, croissant en colonies.Feuilles rondes, en forme de coeur ou de rein, grossièrement dentelées et luisantes.Fleurs d'un jaune brillant, à 5-9 sépales ayant la forme et la coloration des pétales.Les- petits boutons floraux trempés une nuit dans l'eau salée puis cuits dans du vinaigre et des épices (coriandre, laurier, gingembre, clou de girofle etc.) sont un excellent substitut des câpres.N.B.: Si on consomme les feuilles de la plante, il est recommandé de les faire bouillir au moins une heure dans deux eaux différentes.Si par ahsard vous mourrez après avoir lu cette chronique, prière de me le faire savoir en m'écrivant.Je ne recommencerai plus, juré! QUENOUILLE, Typha Plante aquatique, le typha (nom grec) a des particularités biologiques qui lui permettent d'assumer un rôle écologique important et défini: celui d'occuper les rivages vaseux des eaux douces et de les surélever en utilisant les détritus organiques en suspension massive dans l'eau: terrains inondés, tranchées.etc.Le rhizomes (racines) séchés et pulvérisés étaient employés par les Indiens d'Amérique pour faire du pain et des poudings.Ecrasés et bouillis à l'état frais, ils fournissaient un gluten sirupeux que l'on mélangeait à la farine de mais.Dans les campagnes, on fait un onguent contre les brûlures en mélangeant le "coton de quenouille" à du saindoux fondant ou de l'huile.Si l'on veut se servir des épis en bouquets séchés, c'est dès qu'ils sont émergés des feuilles et ont pris leur couleur brune qu'il faut les cueillir.Sinon, ils se déferont pendant l'hiver.AIL DES BOIS Il y en a trois variétés: l'ail trilobé, l'ail civette et l'ail du Canada.Les feuilles sont semblables à celles du muguet et disparaissent tôt à l'apparition des fleurs.Les fleurs, petites et d'un blanc verdâtre, forment une boule à l'extrémité d'un long support nu, les fruits secs contenant trois graines noires chacun.Il pousse généralement dans les érabliè-res riches et les bois feuillus.Il est rapidement masqué par la végétation dense des sous-bois.D faut donc le repérer très tôt après la fonte des neiges avant que les trilles ne déroulent leurs feuilles; pendant deux ou trois semaines, on peut alors récolter les bulbes.Les feuilles et les bulbes sont comestibles; les feuilles sont délicieuses en salades et dans les soupes.On récolte le bulbe au tout début du printemps, quand il est gonflé, toujours avant la floraison.Il est excellent cru ou cuit comme condiment pour un plat de viande ou de légume, ou mariné dans le vinaigre.Il faut, je crois, avant de s'aventurer à la découverte des plantes comestibles s'accompagner d'un connaisseur.Un livre n'est qu'un instrument sommaire et plusieurs erreurs sont commises car beaucoup de plantes se ressemblent ETRANGEMENT .et peuvent être nocives.Prudence, donc! P.S.Une autre plante du type de l'ail des bois peut être consommé: l'Erythrone d'Amérique, facilement reconnaissables à ses feuilles ressemblant à celles du muguet mais tachetées de brun et portant, tôt le printemps, au bout d'une longue tige, une fleur solitaire jaune.Il ne faut manger les bulbes de cette plante qu'en petites quantités car ils sont, à haute dose, vomitifs.Les feuilles peuvent être consommées bouillies comme celles de Pépinard.Bien des gens se sont demandé si la Mère Michel était partie en voyage.Eh! bien non, la Mère Michel n'était pas en voyage! A moins qu'on veuille appeler ainsi les six mois de paresse que depuis le numéro 52 — où.elle publiait rien de moins qu'un dossier sur les plantes grimpantes ornementales sauvages — elle a pris.Paresse à la suite de laquelle elle entreprenait pour le Répertoire des Outils Planétaires du Québec, un dossier sur les plantes médicales sauvages d'ici (il y en a près de 250) et qui sera publié, si Dieu est bon, en automne prochain.Mais comment résister, quand le printemps revient, qu'on est au coeur de la ville et quand il nous est passé dans les mains, dans les derniers mois, les livres les plus extraordinaires qui soient (comme par exemple, La Métamorphose des Plantes de Goethe ou Pour l'Amour du Québec, de Marie-Victorin) au plaisir de communiquer, même si fragmentairement, la beauté qui nous est, à travers la nature et les plantes, donnée?La Mère Michel ne peut pas résister et reprend aujourd'hui sa chronique, secondée désormais par Joyce, sa cuisinière qui contribue ce mois-ci avec un mini-dossier sur les principaux légumes sauvages de printemps.Encore une fois, tant il y a de choses à parler de, par où commencer?Mais puisque c'est le printemps .! Les Plantes Printanières Sauvages, Editeur Officiel du Québec Un livre magnifiquement illustré de photographies des principales fleurs sauvages du printemps québécois.Chaque plante est accompagnée de recettes médicinales, culinaires, tinctoriales.Un des premiers livres québécois à m'impression-ner tant au niveau de la qualité de la représentation que de la recherche.A paraître bientôt, dans la même collection: Les Plantes de Ville.Une nouvelle intéressante pour tous ceux qui croient qu'on peut tirer de la nature toutes les réponses au problèmes de la santé: en vertu du projet de loi 76, sanctiontfé le 9 décembre 1975, les vitamines, tisanes et substances végétales servant à les préparer ne sont pas assujetties à l'impôt sur la vente en détail (taxe de vente).En vertu de la même loi, les ventes de chevaux sont aussi soustraites à l'impôt sur la vente en détail.Pour l'Amour du Québec Marie-Victorin, Editions Paulines, 1971.Le livre est composé d'articles de journaux, causeries etc.écrits par le Frère Marie-Victorin entre 1916 et 1944 (année de sa mort).J'ignore quelle diffusion a pu avoir cette oeuvre mais il me semble qu'elle devrait, tout autant que la Flore Laurentienne, de trouver une place dans la bibliothèque de tout amoureux de la nature et du Québec.Ne serait-ce que pour des textes comme Le Dynamisme dans la Flore Laurentienne ou La Flore du Pays Laurentien.La pensée de Marie-Victorin garde en 1975 toute son actualité et surtout l'inspiration généreuse de celui qui donna sa vie à la cause des plantes.Je dirais même à ceux que rebute la lecture de La Flore Laurentienne que ce livre constitue une introduction parfaite à l'univers plein de merveilles et d'énigmes de la flore de ce pays.En tout cas.grâce à ce livre, la Mère Michel, volontairement pognée en ville pour l'été, sait où elle ira botaniser.Nulle part ailleurs que sur le Mont-Royal, un des points botaniques les plus importants du Québec.TUSSILAGE, Pas d'âne Plante extrêmement facile à reconnaître et qui pousse même en plein coeur de Montréal.Sa fleur jaune doré ressemble à un petit pissenlit et portée par une tige cireuse à écailles violettes ne mesurant jamais plus de quatre pouces.C'est la première fleur québécoise de la saison.On les récolte et, fraîches ou séchées, on en fait une infusion excellente en automne et en hiver dans tous les problèmes des voies respiratoires et affections pulmonaires calmant et watt-chez-vous, anaphrodi-siaque.Contre l'angoisse, l'insomnie et la mauvaise humeur, en prendre une infusion avant le coucher.Les Amérindiens tiraient une teinture jaune des feuilles et se servaient des rameaux pour fabriquer des sifflets ou tresser des paniers.CALTHA, Souci d'eau ou Populage CHICOREE (voir PISSENLIT) DENTAIRE A DEUX FEUILLES, Car-cajou Rhizome blanc et charnu.Tige robuste ne portant que deux feuilles à l'aspect charnu, opposées et divisées en trois parties dentées.Fleurs à quatre pétales blancs disposés en croix, réunis en grappe au sommet de la tige.Fruits semblables à ceux de la moutarde.Le dentaire se rencontre dans les érablières, particulièrement sur les sites humides.Les Amérindiens l'employaient couramment comme condiment.Les Iroquois faisaient une infusion du rhizome avec celui du Sabot-de-la-Vierge (Cypri-pède) pour traiter la tuberculose.Le goût du rhizome s'apparente à celui du raifort.On le consomme cru, râpé et mélangé avec du vinaigre ou encore, bouilli.La plante crue est une bonne source vitamine C.GLECOME LIERRE, Lierre terrestre, Herbe de Saint-Jean Plante rampante, à tige carrée, feuilles opposées, circulaires, à dents arrondies, violacées au moment de la floraison.Fleurs petites et d'un violet clair.On trouve cette plante de la famille des menthes autour des jardins, des maisons ou en bordure des routes.Si l'on respire le jus de la plante, il est sensé guérir les maux de tête réfractaires aux autres médicaments.Réduite en poudre et aspirée par le nez, la plante en arrête les saignements; elle soulage aussi des migraines.On l'emploie en infusion contre le rhume et l'asthme et pour dégager les voies respiratoires; aussi contre les troubles digestifs et la diarrhée; une cuiller à thé par tasse d'eau.Un traitement bénéfique pour les blessures d'yeux: mâcher une ou deux feuilles de glécome et en recracher le jus-dans l'oeil atteint afin de le guérir rapidement.L'huile s'emploie en compresses sur les plaies et les ulcères et en enveloppement contre la bronchite: faire macérer dans un bocal en verre exposé au soleil, une dizaine de poignée de la plante fraîche écrasée dans 5 tasses d'huile d'olive pendant un mois, agiter de temps à autre puis filtrer (le Soleil, il faut le vouloir! ).On attribue au lierre terrestre des pouvoirs bénéfiques: on s'en fait des couronnes pour danser autour des feux de la Saint-Jean.Les fleurs sont d'excellentes melli-fères.PISSENLIT et CHICOREE SAUVAGE Les deux plantes, de la famille des composées, ont beaucoup de ressemblances.Toutes deux se retrouvent presque partout dans les lieux habités.Une légende veut que le pissenlit soit né de la poussière soulevée par le char du soleil! ! ! Les jeunes pousses des deux plantes servies en salade sont digestives, toniques et purifient le sang.Plus tard en saison, elles deviennent amères.Infusées, ces feuilles donnent une tisane efficace contre la grippe.Le vin fait avec les fleurs du pissenlit est apéritif et diurétique.A l'automne, les racines séchées puis torréfiées et moulues peuvent remplacer le café.Ces racines sont un remède excellent contre tous les désordres du foie, la constipation; par conséquent, pour la purification du sang.Les racines peuvent encore être entreposées (celles du pissenlit comme de la chicorée) pour forçage d'hiver (on les plante à trois-quatre pouces de distance dans des boîtes de bois dans un riche terreau; on coupe ensuite et consomme en salade dite "d'hiver" les pousses obtenues).Avez-yous jamais observé de près une fleur de chicorée?Faites-le et vous la verrez passer en quelques heures, dès son éclosion, du bleu ciel au rose au blanc et finalement au brun.Ce phénomène est dû à l'action d'une oxydase qui détruit la matière colorante contenue dans les pétales.Faites une véritable cure de printemps pour remettre votre organisme à neuf en le débarassant des déchets accumulés par la nourriture lourde et écrasante de l'hiver.Jean Palaiseul dit du pissenlit: "Cette fleur qui est un soleil devient une voie lactée, un monde d'astres, après la floraison.".Mainmise mai 1976 45 miimiiiuiiiimmiiinmiiiiiiiiiiimiiiiiiiiihiiiiiiiiimimiiimimiiiiiiiiiiiiiiiiiilllllllmimiiiiuuiiiiilllllllllllllim LE REPERTOIRE QUEBECOIS how to grow more vegetables.un exposé pratique de la méthode "biodynamique/française intensive", une combinaison de deux méthodes très efficaces.la différence avec le jardinage ordinaire, c'est d'abord qu'au lieu de semer en rangs, on plante en buttes séparées par des aûées de paiuis (meilleure aération, on évite le tassement, on gagne de l'espace).de plus, on tient compte des influences lunaires, qui sont très bien expliquées ici les rendements sont, paraît-il, 4 fois plus élevés pour un même espace (d'où le titre).le travail du sol, tel que décrit par fauteur, exige de bon bras et un labeur patient.cependant il a été conçu et expérimenté sur des terres californiennes compactes: un tel soussolage serait inutile sur bien des terres sablonneuses - il les porterait même à l'éclosion et la perte de minéraux.on peut donc s'en passer et faire le reste.le livre vaut quand même par l'information claire qu'il apportera au jardinier biologique "ordinaire", (germination, espacement, transplantation, compostage, compagnonnage, équilibres naturels, etc.) - planter les graines i période de Termination longue transplanter msg.mmtnr- al**''**-SeJc- ' planter les graines! a période de germination courtej et extra-longue e> • * s y 5 « 7 "f^" diminution nL équilibrée £q •dans la croissance des feuilles et des racines o ZI 11 13 *H -2* -27 Z& ~ augmentation 3>q équilibrée kil s^kk dans la croissance (§M des feuilles | \*}W et des racines (huit i/ou evei "tinug/U iiossililr m less J(pid than you ranimajùie How to grow more gegetables than you ever thought possible on less land than you can imagine john jeavons 1974, 82 pp.$4.00 ecology action of the midpeninsula 2225, el camino real palo alto, ca 94306 le pleurote québécois Dans la nature, la pleurote (un beau champignon blanc) se développe sur des troncs de feuillus.La méthode très simple de culture suggérée par M.Ola'h consiste évidemment à reconstituer les conditions naturelles de son développement, à ciel couvert, sur des billots ensemencés.M.Ola'h est un grand mycologue québécois (il a fait des recherches très poussées sur le Psylocibe Quebecensis entre autres) et la clarté de son ouvrage nous fait oublier qu'il a été écrit par un universitaire.Une quizaine de recettes et d'illustrations en font un manuel essentiellement pratique.MSG.Le Jardin potager biologique en français, le meilleur manuel de l'apprenti-jardinier biologique.l'auteur a l'esprit large et n'écarte pas grand chose des aspects multiples du jardinage sans poisons.c'est écrit clairement, sans complication, et centré principalement sur les légumes et les herbes.en vente à la librairie de la coop.opti-zoizo, 1596, st-laurent, mtl, 845-2824, ou chez vogel msg.4.Les trois piliers de l'agriculture et du jardinage biologiques : FERTILISATION, TRAVAIL DU SOL ET ROTATION DES CULTURES.• La fertilisation a pour but de nourrir non pas directement la plante, comme le font les engrais chimiques, maïs les (très vivant dans le sol, et particulièrement les microorgunismes.Cette nourriture doit être : — abondante mais sans excès ; — de bonne qualité ; — aussi variée que possible.Elle consiste principalement en matières organiques auxquelles on ajoute de petites quantités de matières minérales naturelles.• Le travail du sol doit lui donner une « architecture » (une structure, disent les agronomes) favorable à la circulation de l'air et de Peau et à la vie des microorganismes.Un sol travaillé a contretemps, par exemple lorsqu'il est trop humide, ou à contresens, par exemple en enterrant en profondeur la couche superficielle, rendra inefficace la meilleure des fertilisations.• La rotation est la succession des cultures sur un mesne sol.Elle ne doit pas se faire au hasard, mais en respectant des règles sur lesquelles nous reviendrons au chapitre 8.le jardin potager biologique claude aubert le courrier du livre, 1972 222 pp., $5.95 le gai jardin potager excellent manuel pour ceux qui seraient tentés par la méthode biodynamique, ses préparations et ses rendements élevés.couvre un champ d'intérêts moins étendu que les autres, mais offre en revanche de bonnes sections sur le compostage selon la méthode biodynamique et la protection des cultures.MSG.Après avoir recouvert le compost, on le « prépare > c'est-à-dire qu'on y injecte (comme nous l'avons indiqué brièvement pour le fumier) les Préparations de plantes médicinales numérotées de 502 à 507 inclus.Elles provoquent une décomposition rapide, régulière, et transforment les produits de la décomposition en une masse faumique inodore, que le sol peut très vite absorber et assimiler.Les Préparations 502 à 506 sont elles-mêmes des substances végétales mimiques extraites de plantes médicinales bien connues.La Préparation 507 est un extrait de fleure de Valériane.On injecte dans les fumiers et les compost des quantités minimes, mais actives, de ces Préparations.* Le gai jardin potager e.pfeiffer editions triades, 1974 125 pp., $4.50 (envente opti-zoizo) the city people's book of raising food Comment installer une petite ferme en ville, avec potager et basse-cour: Sans ennuyer le lecteur, bien au contraire, les auteurs expliquent les principes généraux et dévoilent des trucs ingénieux indispensables à la manutention inodore des déchets de cuisine pour le compost, à l'utilisation des gouttières pour l'arrosage, ou aux semis dans un espace restreint.Si l'administration municipale rase les espaces verts, rien n'empêche les jardiniers urbains d'en faire pousser.MSG.des contenants aménagés en escalier permettent de loger plus de plantes dans un même espace ou dans un même volume de terre, (coupe transversale) the Qr/ropèàbnok of R&amRxxl ty ttija anJWSar, U&Bwfc The City People's Book of raising food by helga and william olkowski rodale press, 1975, 228 pp., $5.75 au canada Les emplacements les plus propices à la culture sont les érablières semi-ouvertes pu la lisière des bois.L'endroit doit être, autant que possible, protégé du vent violent.Les dépressions humides et sombres près des cours d'eau conviennent particulièrement bien.Vers la mi-août on peut entreprendre la préparation de Taire de culture.On y effectue un très léger nettoyage et on éclaircit le sous-bois.Ensuite, on prépare des tranchées ou des trous d'environ 4 à 5 pouces de profondeur et 1 pied de diamètre pour y installer les billots.En général, on adopte eette installation en fonction de la disponibilité et de la topographie du terrain.La profondeur de 4 à 5 pouces pour les tranchées n'est qu'une mesure approximative.On doit surtout veiller à ce que environ le tiers du billot soit enfoui et qu'il soit en contact avec le sol humide.Dictionnaire de la météologie populaire voici un livre bien documenté mais qui passerait facilement pour un recueil de dictons et de superstitions de bonne femmes, une sorte d'anthologie de curiosités ethnographiques à l'usage des amateurs d'antiquités.il a cet aspect-là, à vrai dire, mais il peut aussi servir d'outil à décorer le comportement des animaux, végétaux, objet plus sensibles que nous aux frémissements de la grande soupe dans laquelle nous baignons tous (à propos, tes cors aux pieds.?) quelle sorte d'hiver aurons-nous si les lièvres sont blancs à la toussaint?quel temps annonce le varech qui flotte?et les canards qui s'agitent?c'est le genre d'indices (classés par ordre alphabétique, avec illustrations) que ce petit dictionnaire permet de déchiffrer.A condition d'avoir l'oeil ouvert, évidemment.MSG.GUÊPES (nid de) si les nids de guêpes sont placés près de terre, il y aura peu de neige l'hiver;" par contre, s'ils sont placés haut dans les arbres, la neige sera abondante.na mainmise mai 1976 46 wctkmuiaire fols météorologie populaire an quebec dictionnaire de la météologie populaire pierre desruisseaux l'aurore, 1976 216 pp., S6.S5 le pleurote québécois gyorgy-m.ola'h presses de l'université laval, 1975 70 pp., $4.95 Il I'll I KOI I Ql I M (OIS iimmiK militer c '.orayM.(Hah pour arrêter de fumer Dans un entretien avec des disciples, Sant Kirpal Singh a donné un jour une recette pour arrêter de fumer en trois jours.Il s'agit de dissoudre 8 ou 10 comprimés homéopathiques de Calcarea phos.3X dans un verre d'eau pure et de prendre cette solution bien mélangée à raison d'une cuillerée toutes les cinq minutes pendant environ deux heures.On ressent paraît-il une aversion pour tout ce qui est tabac.Calcarea phos et un remède homéopathique et 3X représente la dilution.On peut trouver ce genre de préparations à Montréal dans les magasins Volgel, mais le plus sûr est d'en faire venir de la source de produits homéopathiques le plus proche de Montréal: D.L.Thompson Homeopathic Supplies Ltd.844, Yonge Street Toronto, Ont.TeL: (416)922-2300 CA.004853235353534853484853534848535353534853485323235353532323535348532348535323235353485323535348484823535348534853535323535353235348232348535348532353232323532353535353534823 IlllllllUllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllltlllUill llllUIJIIItUIUIIujKiiuai —.-.- DES OUTILS PLANETAIRES Le Répertoire est un outil double: un.manuel d'accès à l'information, aux outils intellectuels et physiques, et un manuel pratique, de techniques de recettes.Ce mois-çi, c'est moins les parutions récentes chez les éditeurs qui ont guidé notre sélection que la venue du printemps, avec le temps des semis, la reprise du jardinage.Michel St-Germain a choisi les outils principaux pour planifier votre jardin de cet été, que vous soyiez en ville ou à la campagne.Avec le réveil de la nature, vient celui de sa mythologie, en tant que science de la communication avec ses métabolismes, science dont les applications se nomment médecine, divination, production-magie, alimentation, célébration.D'où les autres livres de ces deux pages, tous remarquables.Bonne lecture et joyeux printemps! Commentaires et suggestions bienvenus, comme toujours: 1591, rue St-Denis, MTL.Tel: 849-7246.Sans viande et sans regrets Enfin en Français, le livre le plus révolutionnaire des 5 ou 6 dernières années dans le domaine de la nutrition.L'idée centrale est que la terre étant une petite planète et la population augmentant sans cesse, on ne peut plus se permettre de gaspiller les terres cultivables.Or ça prend dix fois plus d'espace pour produire une quantité donnée de protéines animales que la même quantité de protéines végétales.L'épinard par exemple peut produire jusqu'à 26 fois plus de protéines par acre que le boeuf.De plus, combinées ensemble, les protéines végétales sont de meilleure qualité (plus assimilables) que les protéines animales, car elles se synergisent.C'est un livre à avoir absolument, à la ville, à la campagne, dans les familles, les communes, les camps, en voyage, partout et pour tous.Deux cents recettes de synergie végétale.Inattaquable scientifiquement.CA.POURCENTAGE JBJL 5I7-; A rouhier LA PLANTE OUI FAI LES VEUX € MERVEILLE: LE PEYOTL DES PLANTES DIVINATOIRES Le Peyolt La plante qui fait les yeux émerveilles Dr Alexandre Rouhier Editions de la Maisnie 1926, 1975, 422 pp., $29.95 Toute plante est lampe.» V.Hugo : VHomme qui rit.Le livre de poche du cultivateur de Marijuana GREFFE EN COIN COTYLEDON Enfin en français, un manuel complet de culture du pot.Malgré LA DOPE (épuisé), ça manquait.Les Editions Kaboul de Québec comblent le vide avec un petit livre aussi clair que complet.Y sont traités le sol l'eau la natru-tition et l'environnement de la plante cannabis; les processus de départ et de germination des graines; l'éclairage, aussi bien pour l'intérieur que pour l'extérieur (soleil); la récolte et le séchage; comment améliorer la teneur en résine; la production d'un hybride méconnaissable; etc.Nombreux diagrammes et graphiques.Quelques anglicismes.C'est le temps, allez-y, plantez vos graines et n'oubliez pas de parler à vos plants.Et aussi, hélas, soyez prudents: de méchants humains circulent qui veulent du mal à vos plants et à ceux qui les aiment.Méfiez-vous des hélicoptères et camouflez vos plantations.N'oubliez pas, dans votre enthousiasme, les vertus du silence et de la discrétion.Que la terre vous bénisse.GK.(W V Le livre de poche Le livre de poche du cultivateur de Marijuana William D.Orake *.traduit par les Editions Kaboul Québec, 1976, 120 pp., $4.00 23485323485353535353534853482323534853234848535348535348482353534853484853484823235353234823482348485323535348532348534848 MAINMISE mai 1976 47 GK. r Dans ce livre, petit mais dense, Jacques Sadoul passe en revue 200 bandes dessinées françaises, américaines, belges, italiennes, etc., de 1897 à 1975.Chaque série est examinée d'un point de vue historique et critique et toutes sont accompagnées d'une reproduction, soit 210 illustrations en tout.Ca Panorama de la bande dessinée est destiné à devenir la bible de tous les amateurs de B.-D."Jai Lu?La collection qui choisit bien ses livres.MAINMISE mai 1976 48
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