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Mainmise
Réponse québécoise à l'underground californien qui exerçait alors un puissant magnétisme culturel sur la jeunesse rebelle du monde entier, Mainmise a été le principal et le plus durable des porte-étendards de la culture hippie au Québec. [...]

Mainmise est une revue bimestrielle, puis mensuelle, publiée à Montréal de 1970 à 1978. Parmi les principaux porte-étendards québécois de la culture hippie d'influence américaine, la revue offre une incursion dans le mode de vie et les aspirations de la jeunesse séduite par le rock, la poésie et les plaisirs sensuels et psychédéliques véhiculés par la contre-culture des années 1960 et 1970.

La première équipe est constituée de Jean Basile Bezroudnoff, journaliste culturel au Devoir et hippie notoire, Georges Khal, animateur radio à CKGM, Kenneth Chalk, professeur à l'université Sir George Williams, Linda Gaboriau, animatrice radio à CKGM, Christian Allègre et Denis Vanier. Se joindront à eux, au cours des années, Michel Bélair, Liliane Lemaître-Auger, Rolland Vallée, Guy Latulipe, Daniel Vincent, Merrily Paskal, Gérard Lambert, Michel Bogos, Paul Chamberland, Raôul Duguay et Claude Péloquin.

Comme membre associé de l'Underground Press Syndicate, Mainmise a, pour une modique contribution annuelle, accès à une banque de textes et d'images produite par un réseau de publications contre-culturelles principalement américaines. Plusieurs des textes sont traduits en français; c'est le cas surtout d'articles thématiques et spécialisés. Les éditoriaux, chroniques et textes de création sont en grande partie des créations originales.

Le mouvement de la contre-culture auquel s'alimente Mainmise est diffusé à partir des États-Unis, et est relayé ailleurs dans le monde, particulièrement en Europe. Il s'attaque aux institutions établies qui, selon ses adeptes, transmettent la tradition et le conformisme : école, famille, Église et système politique. La subversion sociale prendrait les chemins épars de la transformation de la conscience individuelle, de la spiritualité et des religions orientales, du rejet de la recherche d'intérêts pécuniaires, ainsi que de la lutte au contrôle de l'information, le tout facilité par une expérimentation de plaisirs sensoriels artificiels.

La drogue, la libération sexuelle, le féminisme, l'écologie, l'école alternative, la musique rock, le syndicalisme et l'autogestion sont les principaux sujets qui alimentent les pages de Mainmise, alors que l'utopie et la pensée magique en colorent l'approche.

D'abord présentée en format poche, la revue adopte en 1973 la forme du magazine, puis celle du tabloïd à partir de l'automne 1975. Ces changements entraînés par des considérations financières et de mise en marché, ainsi que des tentatives de distribution sur le marché européen, ne permettront pas à Mainmise de surmonter ses difficultés budgétaires récurrentes, mais la revue survit tout de même jusqu'en 1978. Cette même année, la revue Le Temps fou viendra combler le vide laissé par la défunte Mainmise.

Après avoir oscillé autour de 8000 exemplaires pendant les premières années de vie de la revue, le tirage de Mainmise aurait atteint son apogée à l'automne 1973 avec 23 000 ou 26 000 exemplaires.

MOORE, Marie-France, « Mainmise, version québécoise de la contre-culture », Recherches sociographiques, vol. 14, no

WARREN, Jean Philippe, « Fondation et production de la revue Mainmise (1970-1978) », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no

Éditeur :
  • Montréal :Payette et Payette,1970-1978
Contenu spécifique :
octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
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Références

Mainmise, 1976, Collections de BAnQ.

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3CTOBRE1976 $1.00 PER M 414 LSD interview de son immi LI LE œMBAT DES NATURES pour une cosmo-politique f'Vmf, COMPOST tout ce que vous n'avez jamais osé demander ACUPUNCTURE .Michel Séguin en liberté LE CHÂTEAU CERWIN-VEGA-FENDER Dynachord-MOOG-Système SG-Amps.V.T.-SHURE- Disco tek Amplificateurs Haut-Parleurs CLAVIERS Système de Son-Chant Microphones SYNTHETIZERS Pédales d'Effets-Wah Wah-Fuzz-Etc.Locations Systèmes de sons Amplis Instruments Guitares ARIA, GIBSON, FENDER, MARTIN, OVATION GUILD, DO-BRO, RICKENBACKÈR, LUDWIG, RODGERS, KING, DEFORD, SEL-MER, LATIN PERCUSSION, ETC.REPARATIONS Amplis.Fuzz.etc.P.MARRAZZA MUSIQUE INC.INFORMATIONS: 7082 St-Hubert.Montréal, 271-1182 475 Ste-Catherine Ouest.Montréal 849-8069.LE VA-ET-VIENT Achat et vente de disques usagés.• •• 768 Rachel (St-Hubert).Mtl 521-3375 LE JOINT UN PENDENTIF INEDIT ORIGINAL Il a toutes les apparences d'un "véritable joint" roulé à la main.Il est ensuite coulé dans du polyester transparent et il se porte au cou ou avec un anneau, comme porte-clef.Complétez le coupon ci-dessous et procurez- vous ce pendentif très "particulier" $ 4.95 plus frais de poste et manutention.Ci-joint mon chèque ou mandat poste pour.joints au montant de.(ajoutez 0.50 cts pour frais de poste et manutention) NOM POSTEZ A ADRESSE CHAROnEN«.CP.736 VILLE LAC BEAUPORT PROV QUEBEC GOA-2C0 ABONNEZ-VOUS! Pour mieux demeurer informé de l'actualité cinématographique québécoise.Veuillez m'abonner pour un an (lO.numéros) à la revue Cinéma/Québec que vous adresserez a: NOM.ADRESSE .Ci-joint le montant quebec$800 étranger.Si 0 00 Inclure cheque ou mandat postal et retourner a Cinéma/Québec, c p 309.station outremont Montreal.Quebec H2V 4N1 la\£erzna£}£ 2 MAINMISE Octobre 1976 4 MAINMISE No 63 OCTOBRE 1976 éditorial Les réactions au Mainmise de septembre nous ont fait chaud au coeur.Nos lecteurs ont apprécié, semble-t-il, le fait qu'il y ait un plus granJ nombre d'articles "substantiels" dans ce numéro, construit autour d'un thème : le fait aussi que ces articles soient écrits dans une langue accessible : " A travers l'Histoire, le chemin vers la connaissance, la maftrise et l'extase a été un long et sinueux voyage vers la simplicité et l'unité", écrit George B.Leonard, auteur de "Education and Ecstasy".On a réagi favorablement aussi à l'aspect physique de ce numéro.Nous avons donc essayé de garder, pour le numéro d'octobre, cette "qualité" générale, et d'améliorer encore la présentation formelle.Nous n'avons pas vraiment choisi un thème, mais il semble que d'elle-même, une unité se soit créée autour du corps et de ses métamorphoses.Le lecteur le moindrement attentif r et doué d'imagination verra facilement des liens entre ces différents articles.Nous inaugurons nos deux pages "front de libération" (des enfants cette fois), pas tout-à-fait comme nous l'aurions voulu.La "rentrée" trop récente ne permettait pas de prévoir pour cette fois la con-conception et la fabrication spontanée de ces deux pages par les enfants eux-mêmes.Ce sera pour le numéro de novembre.Nous n'avons plus de pages "Répertoires des Outils Planétaires", pour la bonne raison que les auteurs de ces pages sont complètement "partis" dans la rédaction du "vrai" répertoire - un grand beau livre qui sortira dans les mois qui viennent.En compensation, notre section "alternative pratique" est plus consistante : Les plantes, le compost, l'aménagement des ilôts de mutants à la campagne, les échanges d'information entre ces ilôts."il faut coordonner nos actions", nous dit notre acupuncteur.Eh bien, justement, c'est notre "projet" pour l'année.Michèle Favreau.Ont participé : Christian Belleau - Bruno - Paul Chamberland - Michèle Favreau -Georges Khal - Claude Beausoleil -Yolande Villemaire - Micheline Danquigny - Médor - Claude Puff-Puff - Madeleine Hébert - Pierre-François - Bernard Grimaux - Pierre Rodrigue - Arabelle - André Gilles d'Astoux - La Marmaille - Bernard Saulnier - Pierre Voyer - Clodomir Sauvé - Christian Allègre - Michel Chevrier - Mao - le Grand Bernard -Sleepy la Goune - Michel Bélair -Marlyse - Normand Bourque -Christine Linget - Yves Poissant -Paul Décarie - Pierre McDuff -Albert Hoffmann - Danielle Arsenô-Donald Turcotte - Eric Brunet -Josée Yvon - Denis Vanier_ Jean Guernon - Christine Pillet.Mainmise est publié mensuellement par les Editions Mainmise, Inc., filiale à 60 pour cent de la Fondation de Recherche en Ecologie et Alternatives Québécoises, Inc., et distribué par les Messageries Dynamiques, 775 Lebeau, Montréal (514) 332-0680.Dépôt légal 2e trimestre 1976.Courrier de 2e classe.No : 2511.Port de retour garanti par Mainmise.Fondateurs : Jean Basile et Georges Khal.Administration : André Gilles d'Astoux.Rédaction, Fabrication, Administration, Abonnements : Mainmise, 1591 St-Denis, Montréal (514) 843-4792.On peut rencontrer ou rejoindre par téléphone l'équipe de rédaction les lundis et jeudis de 13 h.à 17 h.à l'adresse du journal.Mainmise se vend $1 l'exemplaire.Abonnements : $10 par année.Imprimé au Québec.Mainmise n'est pas responsable des taches de café ou pistes de pattes de chat ou tous autres ennuis pouvant survenir aux manuscrits ou dessins qui lui sont envoyés.On vous promet de faire attention quand même.1 MUSIQUE L'OISEAU-ROCK Clodomir Sauvé.p.6 TOUBABOU M.Favreau et C.Sauvé.p.8 CHRONIQUE ANACHRONIQUE Pierre McDuff.p.11 DISQUES.P- 13 2 RECHERCHE LE COMBAT DES NATURES Normand Bourque.p.17 VERS UNE ACUPUNCTURE INTEGRALE Michèle Favreau.p.20 LE FRONT DE LIBERATION DES ENFANTS.p.24 LA CHALEUR, LE CORPS, LE SACREMENT Paul Chamberland.p.26 GUDULIEN, SENSASUEL, FARIBULEUX & METAFREAQANT Pages collectives d'humir dans Mainmouse.p.28 DE LA CHIMIE ET DE LA MAGIE Entrevue avec le Docteur Albert Hofmann.p.30 4 CONTACT5 LE COMPOST Eric Brunet & Bernard Saulnier.p.40 CHRONIQUE DE MAT ANE Michel Bélair.p.42 LA MERE MICHEL.p.45 RAMASSONS LES POTS CASSES le Grand Bernard.p.46 3 PRAXIS PAGE COUVERTURE ANDRE ROUSSIL ET MADELEINE HEBERT LIVRES.p.34 LA FIN D'UN MONDE ?Mao & Médor.p.37 LES CARNETS DE MEDOR Médor(encore).p.38 LE COIN DES YEUX Claude Puff-Puff.p.39 sommaire MAINMISE Octobre 1976 3 Suite à mon entretien téléphonique - hélas ! court mais fort intéressant avec une jolie voix à l'autre bout du fil, au sujet des "Chroniques de Médor" nouvellement parues dans l'édition de septembre et que je perçois comme une implication politique de l'extérieur, aussi positive que celle entreprise intensément par votre cousin du sud, Rolling Stone, re : articles sur les "millions de Ronald Reagan", et plus récemment sur le "flirtage" grotesque et ridiculement éléphantesque du candidat démocrate Jimmy Carter avec les superstars du rock américain pour avoir des millions de plus dans sa caisse électorale, je trouve votre initiative fantastique ! et j'ai appelé pour vous encourager et espérer que ça va s'intensifier aussi du côté de Mainmise cette incursion, cet étalage du cirque des dollars et du béton mécanique.J'ai justement beaucoup flashé sur ce que vous écriviez dans cette chronique, i.e."et cette énergie qui lui manque, à la machine, si cruellement" en lisant les articles de Rolling Stone sur Ronald Reagan et sur Jimmy Carter et le Rock Moi, je trouve ça trippant au boutte ces articles-là, ça a l'air d'une parade de finissants de maternelle - cé pas possible ce qu'y feraient pour leurs suçons en papier vert avec un $ dessus - Carter qui se fait photographier avec Gregg Allman des Allman Brothers Band, qui lui, s'en crisse ben - si ce n'est pour le champagne, le caviar et la coke discrètement versée dans son verre par un chum de chez Capricorn Records qui a donné $10,000 à Carter pour qu'il leur fasse de la publicité - Et ainsi de suite, jusqu'à Jefferson Starship qui fait un concert pour le candidat Jackson Browne pis sortent de là écoeurés au boutte en appelant ça "the wejrdest political benefit of the year".Ce qui fait que, comme la campagne électorale s'en vient, ça va péter ben plus fort que nos petites foires du voisinage, comme les Zeux Olympiques ou l'Expo.- Ca fait qu'ensemble on pourrait faire quelque chose là-dessus - Ca ferait tripper le monde autant que cette chronique de disques ou le Datura maléfique de la mère Michel - Tout dépend dans quelle optique et surtout de quelle façon on le présente - Le plus trippant là-dedans c'est que ce cirque-là est réel, que ça arrive une fois tous les quatre ans, et que cette fois-ci comme leur civilisation est de plus en plus en destruction, ça sonne vraiment comme les bêlements d'un mouton enfoui dans le sable mouvant jusqu'au cou, ou les tataouinages d'une gang d'épais qui se sentent crever.- Carter, ça devait être un clown dans sa vie antérieure - C'est pour ça que cette fois-ci, c'est un planteur de pinottes en Géorgie.Ya vécu aux dépens du monde.Je ne sais pas comment vous vous arrangez pour vos copyrights avec Rolling Stone mais je pourrais traduire l'article du no.227 sur Carter et le Rock pis vous envoyer ça gratuit, si vous promettez de le publier.On pourrait publier ça pour les élections en novembre.Je veux que le monde puisse tripper là-dessus pis s'aperçoivent vraiment quel cirque d'enculés c'est le système - s'ils le savent pas déjà -.Cet article-là, c'est la PERLE de Rolling Stone depuis des mois.Merci, Joe Klein et Dave Marsh de Rolling Stone Salut, Guy N.B.: Chu pas en politik, je l'étudié pas, je veux rien savoir du P.Q.pis sa merde narcissik pis frustré de bûcherons pas plus que les autres, mais c't'article-là est au boutt ! messages lettres Québec le 31 août 76 Aye, sassepeutu ?J'venais d'finir de travailler pis j'me disais : a soir, j'vas lire mainmise en fumant un bon joint pis en écoutant Genesis.Tout un programme.Ca fait que j'pars pis -j'vas à tabagie avec mon 75 cts dans poche.J'prend mainmise, j'vois que ça parle de Leary Dionne-Brégent pis d'école, j'flippe.J'arrive pour payer ; le gars me dit que ça coûte une piasse.Je laisse mainmise là pis j'vas souper.J'y retourne après le souper en me disant que si c'était toujours pareil pis qu'asteurre y d'mande une piasse pour, ben je l'achèterais pu.BOUM ! ! J'apprend que l'équipe est changée pis que ça fait déjà six ans.J'décide de fumer un aut'joint pour fêter ça.Je feuillette le journal pis j'me fait vite une idée : c'est bon, très bon.D'abord l'idée du sommaire qui est très bien fait soit dit en passant, est bonne.L'envol de l'oiseau-rock est merveilleux !! Bravo Clodimir.Michèle est flippante ; lâche pas Michelle.La critique de disques a très bien sa place pis est ben faitte.Les articles sont tous très bien.Bref en deux mots : JE FLIPPE !!!! Lâchez pas, on vous lâcheras pas.Y'a rien qu'un hic (ique, ic, ik.) J'me demande si ça s'rait pas possible asteurre que MM coûte une piasse pis que le format a pas changé ben de mettre une couverture en carton because ça se conserve beaucoup mieux.Personnellement je s'rait ben prêt à payer $ 1.25 par mois pour cela.Qu'est-ce que vous en pensez ?S'Iut tru (Claude, Québec) C'est mon surnom PS Salut bien particulier à la gang de Matane On vous entend pas ben ben parler de dope, qu'est ce qui arrive ?Branchez-vous sur High Times.J'ai beau être Verseau, avoir longtemps rêver l'Utopie des Hommes libres avec un gros H (même si ce manifeste est très peu connu).J'ai beau croire comme Chamber-land que l'Utopie est une réalité qui serait facilement réalisable (il suffirait d'un tout petit peu de bonne volonté, de la disparition de l'impérialisme sous toutes ses formes) je n'arrive pas encore à flotter de fleur en fleur, à engranger assez de rêves pour passer l'hiver sans dormir.C'est probablement dû au fait que je sens trop de distance entre le monde dans lequel je voudrais vivre et celui dans lequel je me débats.Je me' butte à des hypocrisies qui ne révoltent, probablement parce qu'en soi l'hypocrisie est la grande porte de l'Injustice.la pierre angulaire du fascisme.Par exemple, dans un an nos deux gouvernements fédéral et provincial auront mis au point leurs nouvelles lois concernant la sexualité des enfants et les rapports adultes -enfants.Derrière quelques peanuts, un petit voile de libéralisation, les choses vont demeurer au même point.sauf, qu'au lieu d'être le Canada qui sera le réprimant face aux adolescents et enfants en matière sexuelle ce sera le gouvernement provincial à travers la loi de la protection de la Jeunesse.Si les changements marquent un point du fait que les activités sexuelles chez les enfants ne seront plus un délit, il n'en reste pas moins que derrière cette libéralisation, la répression aura encore la vie facile.Par exemple, si un jeune de'17 ans fait l'amour avec une fille de quatorze ans, les parents pourront toujours porter plainte et les enfants seront poursuivis par la Cour sous prétexte qu'une telle relation peut constituer un danger physique ou moral.De là, il leur sera évidemment interdit de se revoir et la Cour pourra même exiger qu'un ou les deux soient placés dans une maison de correction.Quelle différence avec le passé autre que de pouvoir dire que tu ne peux plus être délinquant juvénile pour des raisons sexuelles, mais que tu subis les mêmes contraintes et punitions.Qu'est-ce que ça changera dans l'approche du jeune de la sexualité ?L'hypocrisie tient seulement au fait qu'on prétend que trop peu de jeunes filles sont informées des questions sexuelles.Il me semble que le problème devrait alors être référé plutôt au Ministère de l'éducation.A mon avis, une telle loi ne pourrait vraiment marquer un pas que si la question morale était retranchée quant aux possibilités de recours au système judiciaire.De quel droit peut-on forcer un jeune à adhérer à une morale ?Que la Cour se donne un visage un peu plus humain, cela ne modifie en rien l'interdit pourtant dénoncé comme étant une des principales causes de névrose et source de frustrations et de violence.Comme dit Reich, ça sert la société puisqu'elle crée des êtres serviles.Par ailleurs, pour les adultes, plus question de passer en Cour du Bien-Etre Social puisque celle-ci est trop libérale dans ses sanctions.Les pédérastes et pédophiles devront passer en cour fédérale et verront, là, leurs sentences augmentées puisque la peine maximum est plus élevée et qu'ordinairement, en appel, les juges demandent une augmentation de la sentence.Belle libéralisation ! Pour faire croire en sa clémence le gouvernement a trouvé (comme dans bien d'autres domaines) la solution de jouer sur l'ambiguïté de notre système : plutôt que d'être condamné par deux cours d'injustice, tu ne le seras plus que par une, mais tu y goûteras.Il est aussi à noter qu'au code fédéral, un mineur, c'est toute personne en bas de 21 ans alors qu'au provincial c'est 18 ans.Avec de tels changements, nous sommes loin d'une société libertaire.Nous sommes loin des exigences des mouvements homosexuels canadiens qui revendiquent l'abolition des lois appelées "grossière indécence" et "attentat à la pudeur", j'ajouterais : abolir l'article 33-1 -b, nommé incitation à la délinquance (ce que fera éventuellement le nouveau projet de loi) et la rharpe Hp détournpment de mineurs et ne pas faire rentrer les expériences sexuelles pour les mineurs (es) dans la définition de la délinquance juvénile.Le tout serait remplacé par une définition de la "contrainte", i.e.que les gestes sexuels ne deviendraient illégaux que dans la mesure où la police pourrait démontrer qu'un des participants (es) mineurs ou adultes a été forcé d'agir.De mon temps, pour nous enlever le goût et la curiosité sexuelle, les journaux s'appliquaient à nous montrer les mauvais pédérastes qui avaient déchiqueté des enfants ; les curés nous faisaient croire que nous pouvions mourir en nous masturbant.La violence s'est cristallisée dans un phénomène encore fortement répandu et qu'on appelle "peur".Heureusement, l'hypocrisie des Paul VI a mangé sa claque et aujourd' hui plusieurs comprennent que personne n'est devenu fou en se passant un poignet.Mais sommes-nous tellement plus évolués ?On commence à peine à se réveiller.Reste encore bien du chemin à faire.Peu de personnes ont réalisé qu'abolir la curiosité sexuelle équivaut à semer de graves complexes d'infériorité.Il y a eu des efforts en ce sens grâce à Freud, à A.S.Neil, W.Reich et David Cooper.L'évolution se fait lentement : l'analyse des perversions de Freud qui vivait dans un milieu bourgeois où la sexualité était entièrement tabou, on est passé à Reich qui le premier avec Neil (ils ne théorisaient plus, mais vivaient la libération dans leurs écoles) ont perçu combien la répression sexuelle maintenait l'asservissement des masses de travailleurs en les culpabilisant de se sentir "vivants".L'orgasme a été redéfini, l'org^one a été découverte et une nouvelle perception de l'univers et de la vie en a découlé.Pourtant, plusieurs années se sont écoulées avant qu'un nouveau voyant affirme que la pédérastie et la' pédophilie ne sont pas des perversions, mais un acte primaire d'amour dans une civilisation qui en abolissant le toucher et la fascination corporelle est devenue complètement malade.Malgré l'évolution de la connaissance de l'être humain, les lois continuent d'être pourries et bornées.Ce n'est pas surprenant puisque la société continue de croire dans l'anti-naturalisme du judéo-christianisme et les gouvernements s'ingénuent, pour des raisons d'ordre électoraliste, à tramer la sexualité dans la merde des cours "d'injustice".Faut pas politiser le débat.les lois nous viennent probablement de Dieu.Pourtant, ce même dieu dans sa belle création nous a aussi donné le pot que les hommes se sont empressés d'interdire de peur qu'ils ne deviennent aussi fins que Lui.mais quand on y regarde de près on s'aperçoit que ce racket doit sa rentabilité à l'interdit.Il faut peu de vision pour se rendre compte que la caractéristique fondamentale de notre "démocrassie" est l'hypocrisie, la superdicialité, la mode.Il suffit de permettre à quelques centaines de Gens de l'Air de parler français alors que quelques 5,000 autres travailleurs de'Air Canada à la maintenance doivent continuer de travailler en angler pour faire croire que le bilinguisme est autre chose qu'un procédé d'anglici-sation du Québec.Il suffit de permettre l'émission de quelques permis de camps de nudistes pour faire croire en la libéralisation du nudisme alors qu'en fait on institution nalise un autre privilège bourgeois qui coûte parfois jusqu'à $ 10 par jour pour s'en prévaloir."Everything good is something bringing back lot of money".Heureusement, il reste les gens "cool" pour pouvoir en parler.mais il ne faut pas aller trop loin car ce ne sera pas tellement long que la censure viendra sucer la moelle des textes et des conversations.Nous sommes à l'époque où il faut se raconter des fables pour pouvoir se dire qu'on a mauditement besoin de vivre.l'époque de la machine molle.Jean Simoneau a MAINMISE Octobre 1976 mm sgpicute /as \ fiououes Gausses £ JARDIN NATUREL ou comment reconnaître, cultiver, utiliser tes herbes et plantes du Quebec dont le gmseng et le riz sauvage On y trouvera en outre, des details pertinents sur le compost naturel les arbres a oiseaux, les plantes compagnes les epices et (organisation des jardins J^L AURORE tfon .f R.é(\jOK.•- ADC£SS>€-.rue.Saint" -J^ervi%, KoUTRÉ^vu il ne faudrait pas que le titan se mette à ébranler les montagnes (en I'occurence, les musiciens).Depuis "Rough and Ready", un seul musicien est resté fidèle à Jeff, et c'est Max Middleton.Je pense qu'ils auront du mal à se séparer, si jamais ils le font, et maintenant plus que jamais étant donné ce changement de style orienté vers un jazz reluisant de nouveauté.C'est aujourd'hui que Max doit se sentir vraiment à l'aise et avoir une influence pleinement bénéfique sur le guitariste qui n'a jamais été aussi près du funk et du soul.Ici c'est le cercle vicieux de la cause et de l'effet : depuis longtemps, la majeure partie de ses musiciens sont des noirs (Hammer.Middleton, Walden, Tench, Chaman).Malheureusement je ne connais pas la gueule des autres, qui sont un bassiste, Wilbur Bascomb, et un autre batteur, Richard Bailey.Walden compose quatre pièces, dont une qu'il nous joue au piano (Love is green); Hammer en compose une [Blue Wind) à laquelle ne participent que Jan et Jeff; Jan y joue la batterie et la basse, tandis que Jeff assure les guitares.Parce qu'il introduit de plus en plus le jazz, le funk et le soul dans sa musique, Beck est de moins en moins Anglais (un peu comme McLaughlin qui s'est fait naturaliser Américain), mais par son style qu'il épure sans cesse, il l'est davantage.Jeff Beck est un guitariste qui touche beaucoup à la sensibilité de l'auditeur; après McLaughlin et Ralph Towner, il a repris le "Goodbye Pork Pie-Hat" de Charles Mingus, et pour moi c'est une des plus belles marques de sensibilité de la part d'un guitariste.Avec "Wired" nous voilà connectés aux grandes sources indéfinissables du jazz explosif.L'eau de la source nous caresse et nous transperce.Christian Belleau RALPH TOWNER SOLSTICE ECM 1060 Towner canalise ici les effets combinés de Jon Christensen, batterie, et de Jan Garbarek dans un sens nouveau, celui d'une musique organisée en fonction des sauts équestres et ensoleillés qu'il fait sur le manche de sa guitare.Eberhard Weber continue sa course inusitée au violoncelle et à la basse.Entendre une décomposition rythmique de Ralph Towner à la guitare douze cordes et ne pas fléchir, ou s'ébahir, me parait louche ! Ses expériences multiples avec le groupe Oregon - que 13 MAINMISE Octobre 1976 VALOIS & JODOIN ECLIPSE ie ne saurais jamais trop louer - ont fait de lui un musicien de premier plan, i'oserais dre d'intérêt majeur.pour ceux qui attendent de se faire enlever par un ange sonore, un ange caché dans la musique et qui saisit le coeur, envahit de surprise la région des poumons.Il rejoint rarement la zone sexuelle que les swings les plus variés se tuent à exciter partout en ville.Oregon et Ralph Towner frappent dans la tête, parfois direct au coeur.Sa guitare à lui, chacun de ses disques, ont sur mon métabolisme un effet siphonnant que, malgré mon application, je ne parviendrais pas à décrire convenablement.Il va de la guitare au piano sans qu'on sente vraiment ses différents paliers techniques.C'est l'ambiance reflexive qui compte et la paix qu'ils mettent en sillons avale tout sur son passage.Eberhard Weber a dés pincements et des vibratos subversifs ; il rappelle sur Drifting Petals la saveur orientale d'Orégon.Towner en est pourtant déjà loin.dans les nuages.C'est sur Nimbus qu'il donne ici son dessert ennivrant ; il y fait une sorte de tempête à douze cordes, à mille accords, qui met en valeur son sens des contradictions.La flûte de Garbarek arrive là-dessus comme une cerise volante sur un sunday dont la crème était en nuage., La texture des percussions contribue fortement à faire passer cette musique pour du jazz ; elle la maquille traditionnellement.Christensen est peut-être le plus respectueux de ses habitudes dans le groupe.Les autres s'agressent et se battent toujours pour trouver dans la simplicité et la nudité les petites notes, les petites phrases et les riens qui jettent dans un néant relatif leurs innovations antérieures.La dernière pièce du disque est une composition de Weber Sand, qui décrit un paysage d'âme qui rappelle Rypdal.J'en profite pour signaler aux amateurs que le groupe Flowers d'Eberhard Weber jouera à Québec, au CEGEP de Limoilou, samedi le 16 octobre.Si j'en crois les informations que j'ai reçues, le groupe de Tardje Rypdal jouera aussi à cette occasion.C'est juste platte qu'on ne les voit pas à Montréal.Serait-ce que l'ex-métropole - on raconte que la nouvelle est Toronto - est trop nerveuse et se laisse peu d'occasions pour découvrir des musiques calmes où il se passe finalement plus de choses que dans bien des musiques heavy.Pierre Voyer.Stomu Yamashta, Steve Windwood, Michael Shrieve GO llps 9387 Go.Un vent mélancolique souffle, un piano et des cuivres délicats s'installent, une voix surgit, elle est triste, des violons romantiques passent, c'est riche et plein d'un relief errant, c'est solitude, c'est nature.Michael Shrieve, ancien Santana, meuble de beats pesants la mélancolie orchestrée; des synthétiseurs de cosmos, lointains, tragiques, remplis de timbales pathétiques, dressent un pont, s, « O m « r à « à S H T a « r t i s: w i n w o ô o ¦ -¦> lui de Windwood, pour le moins banal/commercial, achève cet espèce de chef-d'oeuvre raté pour lequel Yamashta, le japonais brillant, a donné des arrangements impeccables, des moments de composition hors-pair, qui font de l'album une réussite remarquable, presqu'indispensable.Clodomir Sauvé Split Enz Mental Notes Chrysalis CHR 1131 en plus direct.Split Enz possède un sens du plaisant si poussé, si gratuit, qu'on croirait le marketing commercial le plus poussé, des airs à fredonner succèdent à des moments d'hawaien en quelques secondes, ça va de l'hymne poignant au Charleston le plus fou, du violoncelle ici, quelques trompettes là, c'est mental.surveillez ça, achalez votre disquaire, les bizarres australiens méritent un succès beau.Clodomir Sauvé Van der Graaf Generator Still Life Charisma 1116 ¦"âBL on dirait des chorales, c'est vaste et profond, on se retrouve avec Windwood, l'ex-Traffic, qui chante à sa façon bien standard un peu mélodramatique les poésies très simples d'un certain Quartermain.L'album est basé sur le jeu de Go, hasard, abstraction, quintessence, et s'attaque aux thèmes éternels de la philosophie : réalité, vie et mort.La guitare électrique pique de cascades surdouées, des gros choeurs à la "Dark Side of The Moon" se mêlent à la mélodie genre populaire, un grand cri puis c'est le rush style Sly 6 I* COOH une entrevue aV Tinventeur/découvreur La revue "High Times" dans son numéro de Juillet, publiait une entrevue avec le "père" de l'acide lysergique, le chimiste Albert Hofmann.High Times est généraleriient très appréciée par les nombreux adeptes de "la drogue" comme on dit, aux Etats-Unis, et même au Québec.Albert Hofmann, lui, a tenu à présenter l'entrevue d'une note explicative où il prend très fermement position contre la manière "irresponsable" et souvent "mal informée" dont High Times aborde la question.Finalement le savant a consenti à ce que cette entrevue soit publiée dans High Times pour cette masse de lecteurs - surtout les jeunes • auxquels il pourrait enfin donner la "vraie" version de la découverte du LSD, et une information "juste" sur les effets positifs et négatifs de cette drogue, et par la même occasion, des plantes magiques mexicaines, qu'il a étudiées par la suite.High Times souligne le fait significatif qu'une trace d'acide lysergique absorbée par accident ait "explosée tranquillement", dans la tête d'un chimiste sérieux des laboratoires Sandoz, en Suisse, quatre mois après que la première explosion nucléaire ait été artificiellement provoquée, à Chicago, d'un amas d'uranium.Hofmann raconte : " J'ai été obligé d'interrompre mon travail et de rentrer chez moi, en plein après-midi.je me sentais bizarrement agité, un peu étourdi.une sorte d'ivresse agréable, caractérisée par une activité folle de l'imagination.Un flot ininterrompu d'images fantastiques d'une plasticité et d'une clarté extraordinaires m'envahit, accompagnée d'un jeu de couleurs intense et kaléidoscopique".Une série d'expériences systématiques est aussitôt entreprise par Hofmann sUr" lui-même et sur des volontaires, qui confirme la puissance de cette drogue psychoactive, capable de-produire des effets exceptionnels à partir de doses aussi infimes.La psychiatrie européenne, puis américaine, se l'approprie, espérant trouver là peut-être "la clef de la maladie mentale", ou tout au moins un nouvel instrument de travail (le LSD semble t-il reproduit artificiellement l'état psychotique).L'armée elle-même tente de récupérer le LSD comme "arme" capable d'inhiber l'agressivité de l'adversaire.Mais, surtout, la rumeur que le LSD est un "mind expander" se répand comme une tramée de poudre."Expérience psychique.mystique.extatique." telle qu'Aldous Huxley ou Robert Graves la décrivent.Un marché noir de l'acide s'organise, et des millions de gens, aux Etats-Unis surtout, en font "l'expérience", ce qui déclenche évidemment une controverse véhémente autour de la "liberté académique".En 1966, le Congrès déclare le LSD illégal.Hofmann, lui, continue tranquillement sa recherche sur les drogues psycho-actives, en particulier les plantes magiques mexicaines, dont il fait la synthèse en laboratoire.Faire la part du pouvoir réel de ces drogues, du point de vue de la transformation de la conscience, et des dangers qu'elles comportent, semble être le but que poursuit Hofmann, aujourd'hui retraité paisible entre la France et la Suisse.Albert Hofmann, futur prix Nobel de Chimie ?HT : Quelles recherches faisiez-vous avant de découvrir le LSD ?H : Durant les premières années de ma carrière au laboratoire de Recherche Pharmaceutique de Sandoz à Basel, je m'occupais surtout d'étudier les composantes cardiaques, les glycosides de la "Scilla maritima".J'élucidais ainsi la constitution chimique du noyau commun à tous ces agents fournisseurs de médicaments que l'on utilise très souvent dans le traitement des arrêts cardiaques.A partir de 1935, j'ai travaillé sur les alkaloides naturels de l'ergot et mis au point la première préparation synthétique de ces alkaloides naturels, l'ergonovine ; la Méthergine utilisée en obstétrique pour arrêter les hémorragies et l'hydergine contre les douleurs gériatriques.Enfin en 1943 un journal spécialisé "l'Helvetica Chimica Acta" a publié les résultats de cette 1ère période de recherche.Ces 8 années d'études de l'ergot m'ont amené à synthétiser un grand nombre de ses (dérivés, les amides de l'acide lysergique (car l'acide lysergique est le noyau caractéristique des alkaloides naturels de l'ergot) et parmi celles-ci le diethylamide d'acide lysergique.HT : Aviez-vous déjà du LSD en laboratoire en 1938 ?H : Oui, on avait fait quelques expériences au département de pharmacologie de Sandoz.On avait pu observer une nette excitation chez certains animaux mais ces effets n'intéressaient pas vraiment mes collègues.Les travaux sur le LSD ont été relégués aux oubliettes pendant quelques années.Comme j'avais le sentiment étrange qu'il valait la peine d'approfondir les recherches avec ce composé, j'ai préparé une nouvelle quantité de LSD au printemps 43.En cours de préparation une observation due au hasard m'a amené à expérimenter de façon planifiée ce composé sur moi-même.Les extraordinaires effets psychiques du LSD étaient découverts ! HT : Quelle sorte de médicament cher-chiez-vous à fabriquer quand vous avez synthétisé le LSD ?h : Lors de la synthèse de l'acide lysergique diethylamide, dit "LSD 25" suivant le code du laboratoire ou simplement "LSD", je préparais un composé analeptique c'est-à-dire un stimulant circulatoire et respiratoire.Par sa structure chimique l'acide lysergique diethylamide est apparenté à l'acide nicotinique diethylamide, un analeptique efficace.HT : La découverte du LSD est-elle accidentelle ?h : Je dirais plutôt qu'elle est le résultat d'un processus complexe, né d'un concept bien défini, suivi d'une synthèse appropriée - celle de l'acide lysergique diethylamide - au cours de laquelle une observation due au hasard a servi de point de départ à cette expérience planifiée sur moi-même qui m'a permis de découvrir les effets psychiques de ce composé.HT : Pourquoi "LSD 25" ?Est-ce parce que cette préparation de LSD ayant des effets psychoactifs caractéristiques a été la 25eme pour vous ?h : Non le nombre 25 indique que le LSD est le 25e composé que j'ai obtenu dans la série des amides de l'acide lysergique.HT : Dans le rapport publié de votre 1ère expérience avec le LSD du 16 avril 1943 à 15 h à Basel vous parlez d'une "intoxication de laboratoire".Auriez-vous avalé quelque chose, inhalé un gaz ou avez-vous reçu sur vous quelques gouttes de la solution ?h : Non je n'ai rien avalé, j'avais l'habitude de travailler dans des conditions extrêmement hygiéniques car ces substances sont en général toxiques, et de telles précautions sont indispensables.La peau de mes doigts a sans doute absorbé une trace de la solution d'acide lysergique diethylamide que je cristallisais à partir de l'alcool méthylique.HT : Quelle quantité de LSD avez-vous absorbé et quelle a été la nature et l'intensité de l'expérience ?h : Je n'en ai pas idée, une quantité trop infime pour être mesurée.La première expérience a été très faible, les changements minimes.Elle m'a donnée l'agréable sensation de vivre un conte de fées.Trois jours plus tard, le 13 avril I943, j'ai fait ma 1ère expérience planifiée avec 0,25 milligrammes de LSD, soit 250 microgrammes.HT : Par voie orale ?h : Oui, j'ai préparé une solution de 5 milligrammes, et j'en ai pris une fraction de 250 microgrammes, soit 25 millionièmes de gramme.En fait, je ne m'attendais pas à ce que ce soit suffisant et j'avais décidé d'en prendre de plus en plus pour obtenir plus d'effet.Vous comprenez, aucune substance connue à l'époque ne faisait effet à si petite dose.HT : Vos collègues étaient-ils au courant h : Seulement mon assistant.HT : Connaissiez-vous les travaux effectués sur la mescaline vers la fin des années 20, avant que vous-même n'expérimentiez des substances hallucinogènes, par Kluver Beringer et Rouhier ?h : Non je m'y suis intéressé après la découverte du LSD 25.Ce sont des pionniers en matière de plantes psychoactives.Lewin a étudié la mescaline pour la première fois en 1888 ; elle est le 1er hallucinogène dont on a disposé comme composé chimiquement pur.Ensuite vint le LSD.Le résultat des recherches de Beringer ont parues dans la monographie classique : "Der Meskalin rousch" en 1928.Malheureu-^ment l'intérêt pour les recherches sur les hallucinogènes a baissé au cours des années suivantes -et il a fallu attendre la découverte du LSD, 5 à 10 000 fois plus puissant que la mescaline, pour que la recherche en ce domaine reprenne.HT : Cet après-midi là, combien de temps avez-vous pu continuer à prendre des notes ?30 MAINMISE Octobre 1976 H : Pas longtemps.Comme les effets se faisaient plus intenses, j'ai réalisé que je n'avais aucune idée de ce qui pouvait arriver, je ne savais même pas si j'en reviendrais, je me voyais mourir, ou devenir fou.j'ai pensé à ma femme, à mes deux enfants : ils ne sauraient jamais, jamais ils ne comprendraient pourquoi j'avais fait cela ! Je peux dire que mon expérience planifiée a plutôt été ce qu'on appelle aujourd'hui un "bum trip".HT : Pourquoi a-t-on attendu 4 ans après votre découverte des effets du LSD sur le cerveau pour publier votre rapport ?Vos informations ont-elles été censurées ?H : Non, j'ai demandé à des volontaires parmi le personnel de Sandoz de me confirmer les pouvoirs de cet étonnant composé.Alors Arthur Stoll, qui était en charge à ce moment-là du département pharmaceutique m'a demandé si j'autoriserais son fils, qui était au début de sa carrière de psychiatre à l'hôpital de l'Université de Zurich, à soumettre le nouvel agent à une recherche psychiatrique fondamentale sur des volontaires "normaux" ou des patients psychiatriques.L'étude claire et détaillée qui en a résultée nous a pris pas mal de temps car, en cette période de guerre, le docteur Stoll, moi-même et la plupart des jeunes Suisses, devions fréquemment abandonner le laboratoire pour le champ de bataille ; c'est la raison pour laquelle elle n'a pu être publiée avant 1947.HT : Pendant la Seconde Guerre Mondiale, avez-vous été contacté par des représentants du gouvernement qui connaissaient l'existence du LSD ?H : Avant que le rapport du psychiatre Werner Stoll ne paraisse, on ne connaissait pas le LSD à l'extérieur des milieux scientifiques.Cependant, dès 1950 dans les cercles militaires, lors des tables rondes, on mentionnait le LSD comme drogue pouvant frapper d'incapacité, donc comme arme non meurtrière.L'armée américaine a envoyé un représentant à Sandoz pour faire enquête sur les procédés de fabrication de LSD en grandes quantités.Mais c'était impossible de l'utiliser aux fins prévues, les doses ne pouvant être réparties uniformément ; certains auraient tout reçu, d'autres rien.La controverse sur l'utilisation militaire du LSD n'était pas secrète - même si certains journalistes ont voulu le laisser croire - HT : Le nom d'Arthur Stoll est apposé au votre sur le rapport qui décrit la 1ère synthèse du LSD.Quelle part a-t-il pris dans la recherche ?H : Son nom apparaît sur tous les bulletins des laboratoires de recherche de Sandoz parce qu'il est chef de département, mais il n'a pas participé à la découverte.Il était parmi les pionniers de l'étude de l'ergot, ayant réussi à isoler en 1918 le 1er alkaloide de l'ergot chimiquement pur, l'ergotamine, qui constitue un médicament efficace contre la migraine - l'étude de l'ergot a été abandonnée par la suite, jusqu'à ce que je la reprenne en 1935.HT : Qui a été la seconde personne à prendre du LSD ?H : Le professeur Ernst Rothlin, chef du département de pharmacologie à l'époque.Il mettait en doute les effets du LSD et se vantait d'avoir assez de volonté pour les réduire à néant.Il a été convaincu après en avoir pris 60 microgrammes, soit le quart de la dose que j'avais avalée auparavant et je n'ai pas pu m'empêcher de rire à la description de ses visions fantastiques.HT : Avez-vous pris du LSD ailleurs qu' en laboratoire ?H : Oui, de 49 à 51, j'ai organisé quelques "scéances" de LSD à la maison avec 2 bons amis : le pharmacologue Heribert -Konzett et l'écrivain Ernst Junger auteur de "Approaching Revelation : Drugs and Narcotics" (Annàherungen ; Drogen und Rausch.Stuttgart : Klett 1970) entre autres.J'ai fait ça pour déterminer l'influence du milieu, de l'état intérieur de la personne et des conditions extérieures sur les effets du LSD.Je sais l'impact énorme, et le mot est faible, des conditions de la séance et de l'environnement sur le contenu et la qualité de l'expérience.J'ai compris aussi que la planification avait ses limites : malgré la bonne humeur qui régnait au début, due à l'attitude positive de chacun, à la bonne entente et au milieu agréable, j'ai sombré un jour dans une terrible dépression.Le plus grand danger, avec le LSD, c'est de ne pouvoir en prévoir les effets.HT : Pendant combien de temps, et à quelle fréquence avez-vous continué à prendre du LSD ?H : J'ai fait 10 à 15 expériences réparties sur 27 ans - la dernière en 1970 - Je n'en drogues psychédéliques pourrait faire place, dans notre société, à un respect basé sur la connaissance scientifique de ces incomparables effets psychiques.Un tel respect pour le LSD pourrait être renforcé par des conditions extérieures appropriées, à savoir, un environnement qui serait une source d'inspiration, des amis agréables choisis en vue de la session et la présence d'un médecin au cas où ce serait nécessaire.HT : Les effets de l'ergotisme sont-Ils similaires à ceux du LSD ?H : Il y a deux types d'ergotisme : "l'ergotismus gangrenosus" caractérisé par les symptômes de gangrène sans les effets psychiques qui l'accompagnent et "l'ergotismus convulsius" dont les contractions musculaires et les convulsions sont souvent comparables aux états épileptiques, eux-mêmes fréquemment ai plus repris, je pense que tout ce qu'une telle expérience peut apporter m'a déjà été donné.Peut-être que plus tard, j'éprouverais le besoin d'en reprendre une ou plusieurs fois.HT : Quelle est la dose la plus forte que vous ayiez prise ?H : 250 microgrammes.HT : A votre avis, l'usage du LSD est-il à conseiller ?H : Je suppose que vous parlez d'usage non-médiçal ?hé bien, si c'était légal, ce qui n'est pas le cas, je donnerais les conseils suivants : L'expérience est très bénéfique pour une personne mûre, équilibrée et qui en prend pour une raison valable.Pour ce qui est des effets psychiques, et de la constitution chimique, le LSD appartient au groupe des drogues mexicaines comme le peyotl, le teonanacatl et l'Ololiuqui qui sont des drogues sacrées en raison de leurs facultés surnaturelles d'affecter le centre même du cerveau.La terreur religieuse des Indiens pour les apparentés aux effets produits par le LSD parce qu'ils sont accompagnés d'hallucinations.Vous comprenez, les alkaloides de l'ergot ont le même noyau de base que le LSD ; ce sont des dérivés de l'acide lysergique.HT : Le terme "psychédélique" inventé par Osmond vous convient-il ?H : Je le trouve bien choisi.Il correspond mieux aux effets de ces drogues que le terme "hallucinogènes" ou "psychoto-mimétriques".Louis Lewin avait lui aussi trouvé un terme approprié :"Phantasti-ca" en I920, mais il n'a pas été accepté par les pays anglophones.HT : Vous décrivez vos recherches sur les drogues hallucinogènes comme un cercle vicieux.Que voulez-vous dire ?H : Mes recherches sur les amides de l'acide lysergique m'ont conduit au LSD, le LSD aux champignons mexicains, et à la synthèse de la psylocibine.Je dois à la psylocibine la visite de Gordon Wasson, et les recherches ultérieures que j'ai faites sur l'ololinqui, où j'ai retrouvé ces mêmes amides de l'acide lysergique.La boucle était bouclée, après ces 17 années.HT : Pouvez-vous décrire les événements qui vous ont amené là ?H : Après avoir étudié les cérémonies du champignon sacré au Mexique en I954 et I955, Gordon Wasson et sa femme ont invité en I956 le mycologue Roger Heim à les accompagner en expédition pour identifier ces champignons.Il a découvert que la plupart d'entre eux étaient de nouvelles espèces appartenant au genre Psylocibe Mexicana de la famille des Strophariacâé.Il a réussi à en cultiver quelques uns artificiellement dans son laboratoire parisien sans pouvoir en isoler l'élément actif et les a envoyés à Sandoz, dans l'espoir que nos expériences sur le LSD permettraient de résoudre le problème.Dans un sens, c'est le LSD qui m'a amené aux champignons sacrés.Nous avons d'abord fait absorber l'extrait d'un champignon à des cobayes, mais les résultats ont été négatifs.Comme je ne savais pas si ces champignons cultivés et séchés à Paris étaient encore actifs j'ai tout simplement décidé de les essayer sur moi-même et j'en ai avalé 32 ! HT : Ca parait énorme.H : Non, ils étaient minuscules et ne pesaient que 2,4 grammes, une dose très moyenne selon les critères indiens.HT : Quel en a été l'effet ?H : Tout est devenu mexicain ! Que je pense ou que j'ouvre les yeux, je ne voyais que des motifs et des couleurs Mexicaines.Le docteur qui se penchait sur moi pour prendre ma pression, s'est transformé tout à coup en prêtre Aztèque et j'aurais été le dernier étonné de le voir sortir un couteau d'obsidienne.L'expérience a été très intense et a duré 6 heures.Nous pouvions donc en conclure que les champignons étaient toujours actifs et que les résultats négatifs n'étaient dûs qu'à la faible sensibilité des animaux aux hallucinogènes.HT : Je suppose qu'ensuite vous avez procédé à la synthèse ?H : Après cette petite vérification sur des êtres humains - mes collègues et moi avions absorbé les portions qui devaient être vérifiées - j'ai isolé les éléments actifs des champignons, les ai purifiés et enfin cristallisés.J'ai appelle "psylocibine" le principal élément actif du "Psilocybe Mexicana" et "psylocine" l'ai kaloi'de associé que l'on ne trouve en général qu'en infimes quantités.J'ai découvert avec l'aide de mes compagnons la structure chimique de la psylocibine et nous avons réussi à en synthétiser les composés Il est beaucoup plus économique de produire synthétiquement la psylocibine que de l'extraire du champignon.Ainsi Teonanacatl est démystifié : on peut maintenant fabriquer en éprouvette les deux substances dont les effets magiques ont fait croire aux Indiens qu'un dieu habitait le champignon.HT : Au cours d'une conférence enregistrée, Aldous Huxley a décrit l'émerveillement de la fameuse "Curandera" de Wasson, Maria Sabina de Huautla, qui venait d'ingérer de la psylocibine.Elle comprit tout à coup qu'elle pouvait faire de la magie à l'année longue et non plus seulement pendant la saison des champignons.H : Ha ! Ca c'est grâce à ma psylocibine.Quand nous avons rendu visite à Maria ' Sabena elle n'avait plus de champignons car la saison était très avancée, alors je lui ai donné des pilules de psylocibine synthétique.Elle en a pris une bonne dose au cours d'une séance nocturne et elle a déclaré qu'il n'y avait aucune différence entre les pilules et le champignon."L'esprit du champignon est prisonnier de la pilule" dit-elle prouvant ainsi que notre préparation synthétique était parfaitement identique au produit naturel.HT : Qu'est ce qui vous a amené à étudier l'Ololinqui, cette autre plante sacrée^?H : Quand Wasson est venu à Sandoz MAINMISE Octobre 1976 31 pour voir les cristaux de Psylocibine synthétique, il a été ravi d'apprendre que nos recherches en chimie confirmaient ses études ethno-mycologiques du champignon sacré.Nous sommes devenus très bons amis et nous avons décidé de poursuivre les recherches sur les plantes mexicaines sacrées.Il fallait s'attaquer à l'énigme de l'Ololinqui., le nom aztèque pour désigner les graines de certaines "gloires-du-matin".Grâce à Wasson, j'ai pu obtenir quelques graines ramassées par les Zapotèques.L'analyse de ces graines nous réservait des surprises.L'élément actif isolé était un amide de l'acide lyser-gique entre autres alkaloïides de l'ergot.HT : Ainsi l'ololinqui est chimiquement apparenté au LSD ?H : Oui, le principal alcaloVde de l'Ololinqui est un amide de l'acide lysergique qui ne diffère du LSD (acide lysergique diethylamide) que par 2 radicaux éthyles.Je ne m'attendais vraiment pas à trouver, dans des plantes plus importantes telles que les "gloires du matin", de la famille des Convalvulacées, ces dérivés de l'acide lysergique que l'on croyait à l'époque n' être que des moisissures secondaires, du Type de l'ergot.C'était si surprenant que mes collègues ont accueilli mon rapport à Melbourne en I960, avec beaucoup de réserve.Non, décidément ils refusaient de me croire ! "Oh ! mais vous avez tellement de composés d'acide lysergique dans votre laboratoire ! Ils ont bien pû contaminer les extraits d'Ololinqui".HT : Quelle était la raison de votre voyage au Mexique ?H : Une expédition organisée en Automne 1962 par Wasson, à la recherche d'une autre plante magique non-identifiée, appellee "hojas de la Pastora".Nous avons voyagé à cheval, empruntant des sentiers indiens à travers la Sierra Mazateca pour arriver à la hutte d'une curandera qui ne buvait que le jus des feuilles de I' hojas de la Pastora juste à temps pour la cérémonie.Peu après, j'ai obtenu des spécimens.Il s'agissait d'une espèce de la famille des menthes, botaniquement identifiée beaucoup plus tard à Harward et nommée Salvia divinorum.Dès mon retour à Sandoz j'ai essayé d'en extraire l'élément actif ; sans succès, je dois dire, parce qu'il est trop instable.HT : Les effets du Salvia divinorum sont ils semblables à ceux du Psilocybe Mexi-cana et du LSD ?H : Oui mais moins prononcés.HT : Quels sont les écrivains qui à votre avis ont le plus de talent pour communiquer l'expérience psychédélique ?H: Les meilleurs descriptions, on les trou ve dans l'oeuvre d'Aldous Huxley.Viennent ensuite Timothy Leary, Alan Watts et chez les Français Henri Michaux.Il ne faut pas oublier Rudolf Gelpke en littérature allemande ; malheureusement ses livres ne sont pas traduits en Anglais.J'admire tout particulièrement son "Von Fahrten in den Weltraum der Seele (Voyage dans le cosmos intérieur)publié en I962 dans le journal Antaios.La nouvelle monographie du docteur Stan Grof, Realms of the Human Unconscious (New York, Vicking 1975) contient une excellente description de sessions de LSD vues sous un angle psychiatrique.HT : Herman Hesse et Carl Jung se sont-ils intéressés à vos découvertes ?H : Je n'ai jamais rencontré Hesse mais ses oeuvres - plus particulièrement The Glass Bead Game et Steppenwolf - m'ont passionnées.J'y vois un rapport avec mes recherches sur le LSD.Il est d'ailleurs fort possible que Hesse, comme on le dit, ait fait des expériences de Mescaline, mais je n'en suis pas sûr.Quand à Jung, je n'ai eu l'occasion de le rencontrer qu'une seule fois lors d'un congrès international de psychiatres.HT : Avez-vous déjà rencontré Huxley ?H : Oui, deux fois.Nous avons déjeuné ensemble à Zurich en 1961 et je l'ai revu en 1963 à Stockholm où nous assistions tous deux à la Conférence du WAAS (World Academy of Artaud Science).Le débat portait sur la surpopulation, l'épuisement des ressources naturelles et l'écologie en général.Huxley m'a fait une profonde impression : il rayonnait littéralement de vie, d'intelligence, de bonté et d'ouverture d'esprit.Il était, bien sûr, en plus, extrêmement cohérent.HT : Que pensez-vous du "Livre des Morts Tibétains " comme guide pour une expérience psychédélique comme I' ont suggéré, entre autres, Huxley et les savants de Harvard ?H : Les notions générales et les directives qu'il fournit sur la préparation et le déroulement d'une séance psychédélique résultent d'une longue expérience.Elles ont donc une grande valeur.La seule ombre au tableau, c'est le symbolisme Tibétain ; j'aimerais que nous nous en tenions à notre propre cadre de référence culturel, à la symbolique des écrivains mystiques occidentaux comme Silese, Eckhart, Boehme et Swedenborg.HT : Que pensez-vous des travaux de Timothy Leary sur les drogues psychédéliques ?H : Je me suis fait une première opinion sur le docteur Leary en 1963.Avec son collègue Richard Alpert, il s'occupait à Harvard
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