Le Journal des enfants, 1 janvier 1914, décembre
e ANNEE QUEBEC, DECEMBRE 1914 No 8 ourria Publication mensuelle Rédigé en collaboration PRIX DE L'ABONNEMENT: CANADA, 50 cts PAR ANNEE ETRANGER, $1.00 Pour toute correspondance, s'adresser au "Journal de» Enfants" No 34, RUE GARNEAU, QUEBEC AVIS L'abonnement peut commencer à toute époque de l'année.Il est payable « d'avance.» La direction doit être immédiatement prévenue de tout changement d'adresse, et, en le faisant, on doit indiquer clairement le nom du bureau de poste que l'on quitte.Ne pas envoyer de timbres-poste : le Gouvernement s'objecte à leur emploi comme mode de paiement.N.B.Les envois d'argent seront faits de préférence par bons et mandats de poste ou par chèque de banque.Si le chèque est fait payable à une banque des Etats-Unis, il faut ajouter 0.25 à la somme expédiée afin de couvrir les frais d'escompte.Nous conseillons fortement aux Institutrices de recueillir les abonnements et de les envoyer en mandats, ou bons de poste, ou lettre enregistrée.Toute correspondance doit être adressée, et tout chèque ou mandat doit être payable au "Journal de* Enfant»" 34, ru«* Garneau, P.Q. lire année QUEBEC, DECEMBRE 1914 No 8 LE JOURNAL DES ENFANTS Dessin exécuté par Mlle Blanche Paré, du Couvent de Jésus-Marie, Lauzon. LE JOURNAL DES ENFANTS ooooooooooooooooooooocoo DECEMBRE Evangile selon S.flfearc LE;- SAINTS DU MOIS l.- s.Kloi.evêque.a.—Jtûne — St<- Ribiane, vierge.3.—S.François-Xavier, conf.4.-Jeûne — S.PierreChryeologne.S.—Ste Barbe, vierge et martyre.6.— Ile Dim.de l'Avent—S.Nicolas.7.—S.Ambroise, év.et doct.8.— MMAC LÉK CONCEPTION (d'obi.) 9.—Jeûne — S Pu rre Fourrier.10.—Translation de la sainte Maison de Lorette.II.—Jeûne — S Damase 1er, pape.12.—Ste Adélaïde.13.—Hie Dim.de l'Avent—Sle Lucie.14.—S.Fortunat.15.—Ste Chrétienne.16.—Quatre-Temps.—S Emèbe.17.—S.Lazare, évoque.18.—Quatre Temps.— Exp.de la- B.Vierge Marie.19—Quatre-Temps.- Ste Prolasie.20.—IVe Dini.de l'Avent — S.Zenon.21.—S Thomas, apôtre.22.—S Flavier,, martyr.23.—Jtûne — Ste Victoire.24 — J.ûne —Ste Tharsile.25.-nokl.26.—S.Etienne, 1er martyr.27.—Dim.voc.S.Jean.28.— Les SS.Innocents.29.—S.Thomas de Cantorbéry.30.—S.Sabin, Ste Eugénie.31.—S.Sylvestre, Ste Mélanie.CDCKXXOCiCOO R| N ce temps-là, pendant que Jésus parlait encore, on vint dire au chef de la synagogue : Votre fille est morte : pourquoi tourmenter davantage le Seigneur?Mais Jésus, les ayant entendus, dit au chef de la synagogue : Ne craignez point ; seulement ayez la foi.Et il ne permit à personne de le suivre, sinon à Pierre, à Jacques et à Jean, frère de Jacques Arrivé dans la maison du chef de la synagogue, il vit une foule confuse de gens qui pleuraient et qui jetaient de grands cris.Pourquoi tout ce bruit, dit-il en entrant, et pourqiu i pleurez-vous ?cette jeune fille n'est pas morte, elle n'est qu'endormie.Et ils se moquaient de ui.Mais Jésus ayant fait retire/ tout le monde, prit le père et la mère de la jeune fille et les disciples qui étaient a\ec lui, et tntra dans le lieu où elle était couchée.La prenant alors par la main, il lui dit: Taliiha, cumi, c'est-à-dire, ma fille, levez-vous, je vous l'ordonne.Aussitôt la jeune fille se leva, et se mit à marcher, (elle était âgée de douze ans), et tous furent frappés d'admiration.Mais il leur défendit expressément d'en parler à personne, et il dit qu'on lui donnât à manger.Application.— La résurrection de cette jeune fille représente bien le retour d'une âme à la grâce par la retraite et le silence.Commençons par éloigner de nous les entretiens frivoles, les livres inutiles, les désirs mondains, et Jésus viendra à nous.De sa main puissante, il touchera notre coeur assoupi et son Esprit nous animera d'une vie nouvelle.Résolution.— Pour que cette résurrection ait lieu, je sortirai de mes mauvaises habitudes et je mangerai souvent le pain eucharistique qui est indispensable au soutien de la vie chrétienne. LE JOURNAL DES ENFANTS 3 REVUE DU MOIS i je n'avais pas formellement promis au Directeur du " Journal des Enfants " de me charger de la revue mensuelle, je serais bien tenté de me payer quelques semaines de vacances-, non que la besogne volontairement acceptée me déplaise, mais un résumé, même très succinct, des événements, est en ce moment tellement difficile que je ne sais vraiment par où commencer.Il va sans dire que je dois absolument parler de la guerre qui fait actuellement de l'Europe un vaste champ de bataille.La Belgique et une partie de la France surtout sont couvertes de ruines ; les fleuves et les rivières charrient des cadavres par milliers; la terre boit le sang des innombrables combattants massacrés chaque jour, et des hommes compétents, de vieux guerriers nous prédisent que cela continuera ainsi pendant des mois, peut-être des années encore, et que le jour où la paix sera conclue, la population européenne ne se composera plus que de vieillards, de femmes, d'enfants, d'estropiés et de malades.Les plus optimistes prétendent que les affaires ne s'arrangeront d'une façon satisfaisante, que lorsque l'empire allemand sera complètement détruit et Guillaume de Prusse réduit à l'impuissance.Mais celui-ci parait avoir la vie dure, et depuis quatre mois, il tient en échec toutes les forces alliées.Cependant, si je puis en croire un vieux guerrier, qui m'écrit de temps en temps et que j'ai vu en 1870-71, parmi les défenseurs de la France contre les troupes de Moltke, de Bismarck et du vieux Guillaume, le dénouement serait proche.Voici comment il m'explique cela : Les Allemands sont fatigués, les munitions et 'es vivres commencent à leur manquer, et bientôt, il ne leur sera plus possible de remplacer par de nouvelles troupes celles que le feu des alliés, la maladie et les privations moissonnent chaque jour.Dans quelques semaines, dans quelques jours peut-être, quand le froid hiver aura rendu plus pénible encore la situation des guerriers de Guillaume, ceux-ci seront brusquement attaqués par plus de deux millions de soldats russes, frais et bien reposés, habitués au rude climat du Nord et montés sur des chevaux à moitié sauvages.Ces cavaliers, dignes successeurs de ces terribles Cosaques qui, en 1812, firent tant de mal aux armées du grand Napoléon, auront tôt fait, prétend mon ami, de culbuter, d'anéantir toutes les troupes que le Kaiser pourra leur opposer, ce qui mettra fin à cette abominable guerre.Mes chers enfants, il me répugne beaucoup de vous parler de ces choses, mais vos parents ne manquent pas, sans doute, de jeter un coup d'œil sur votre petit journal, et je suppose qu'ils ne seront pas fâchés de connaître l'opinion de votre vieil ami Michel, relativement à cette guerre dont on parle tant, dans tous les pays du monde.Eh bien ! mon opinion, la voici en deux mots : La guerre ne devrait pas exister.— Cela est vite dit, m'objectera-t-on, mais comment l'éviter?— Ce n'est pas moi qui répondrai à cette question, mais c'est le célèbre philosophe allemand, le protestant Leibnitz, mort en 1716: " Pour éviter la guerre, on n'aurait qu'à former un tribunal d'arbitrage dont feraient partie tous les monarques et présidents de républiques, et que présiderait le Pape de Rome." — " Pourquoi le Pape ?lui demanda-t-on.Et il répondit : — " Parce que nul plus que le Pontife romain ne souhaite de voir la paix régner sur la terre." Hélas! chers enfants, cette paix si ardemment désirée par le Père commun de tous les fidèles n'est pas sur le point de consoler son cœur d'apôtre; cependant, qui sait! En ce moment, si je ne me trompe, tous les belligérants doivent être convaincus que la guerre coûte horriblement cher, et que les plus belles victoires laissent souvent de cruels souvenirs.Au fond, ils doivent tous désirer la fin de ces massacres et des calamités qui en sont l'inévitable suite.Il est probable que le premier qui parlera sérieusement de conclure la paix rencontrera une approbation à peu près unanime." Pour cela, me dira-t-on, il faudrait un miracle." Eh bien ! pourquoi tous les enfants ne demanderaient-ils pas ce miracle au petit Jésus?On célèbre en ce mois, la plus touchante de toutes les fêtes chrétiennes, rappelant la naissance du Divin Sauveur dans l'étable de Bethléem.Voyez donc comme ces accents brûlants des temps messianiques, que l'on chante chaque année dans nos églises, s'appliquent avec précision à notre époque troublée: 4 LE JOURNAL DES ENFANTS Que nos soupirs soient entendus! Les biens que nous avons perdus Ne nous seront-ils pas rendus?Aux plus affreux supplices Nous auriez-vous abandonnes?Erreur! Le petit Jésus, qui a pris la peine de venir naître pour nous, n'abandonne aucun de ceux qui l'implorent et qui espèrent.Sa naissance apporta au monde la paix chantée par les anges : les passions humaines déchaînées sont en train de nous la faire perdre, mais quand il lui plaira de nous la rendre, ce n'est pas ce pauvre petit Guillaume qui l'en empêchera ! Michel.LA CARTE DE VISITE DE M.DE VOLTAIRE Voltaire était en querelle perpétuelle avec un baron catholique qu'il détestait parce que celui-ci ne partageait pas ses idées.Un jour que le baron était à sa fenêtre, il voit arriver Voltaire qui, sans doute, va entrer chez lui.Vite, il descend pour l'aller recevoir, mais on n'avait pas sonné.Tout de même, il ouvre la porte.Sur cette porte, Voltaire avait écrit : Imbécile!, puis il était rapidement parti.Le baron efface le mot, puis, le lendemain, il fait toilette et va cérémonieusement chez Voltaire, fort surpris de le voir arriver en si grand appareil." Comment! c'est vous?dit Voltaire; que me voulez-vous ?" Mais, mon cher, répond le baron, cela ne doit pas vous surprendre! N'êtes-vous pas venu me voir hier?.J'ai trouvé votre carte sur ma porte.N'est-il pas tout naturel que je m'empresse de vous rendre votre aimable visite ?.— Voyons, mon petit homme, pourquoi pleures-tu comme cela?— Comment voulez-vous que je pleure?je ne connais pas d'autre manière !.PAGE DE CHEZ-NOUS QUELQUES APPRECIATIONS tJÇ5§Î7Jj73 ftY* 'a ^V(le ^r Eugène de Florence, ft.PSra Jardin de l'Enfance du Sacré- H dIS^^I Cœur, Valleyfield: — "Mandai uk!J§l9^r^niÈH^t postal de $4.50 pour 9 abonne-ffifê^jSsss^^i ments à votre gentil petit " Jour-¦ nal des Enfants ".Vous pourrez les envoyer tous ensemble à mon adresse: j'en ferai moi-même la distribution à la classe." Du Rév.Jos.Perron, ptre, curé de Ste-Flavie : — " Inclus $4.00 pour 8 abonnements à votre bon petit journal, destinés aux jeunes filles élèves du Couvent du St-Rosaire." Des Rvdes Srs de Ste-Croix, Académie St-Joseph, Cartierville : — " Veuillez trouver le prix de 6 abonnements pour nos élèves.Nous souhaitons tout le succès désirable à ce cher petit visiteur, le " Journal des Enfants ".Que Dieu bénisse cette œuvre de bienfaisance envers notre chère jeunesse du Canada." Du Rvd J.A.Larose, C.S.V., Directeur de l'Ecole St-Clément, Beauharnois : — 6 abonnements.Des Rvdes Srs de Ste-Croix, Académie St-Jean l'Eangéliste, Montréal : — " Ci-inclus l'abonnement à 10 exemplaires du si intéressant " Journal des Enfants ", ce qui porte à 13, je crois, le nombre de numéros distribués à notre Académie.—Nous voudrions vous envoyer 50 abonnements et plus : on ne propage jamais trop le bon journal.Le vôtre est appelé à faire un grand bien, non seulement à la gent écolière, mais encore aux parents qui, en général, aiment et apprécient ce qui intéresse leurs chers enfants." Acceptez donc nos vœux de succès et de longue vie, avec nos félicitations pour l'œuvre de dévouement que vous avez entreprise." P.S.— Veuilez excuser : je reçois à l'instant deux autres abonnements que je suis heureuse de joindre aux précédents." De la Rvde Sr St-Amable, Supre, Couvent de Ste-Anne, St-Henri : — " Mandat de $2.50 pour 5 abonnements." De la Rvde Sr M.Alfred du Sacré-Cœur, Académie Notre-Dame du Cap, Cap de la Madeleine: — " Puisque vous voulez bien accepter le concours de LE JOURNAL DES ENFANTS 5 notre bonne volonté, je vous prie de m'expédier 28 numéros de votre journal pour novembre." De la Rvde Sr St-Calixte, Académie Notre-Dame, Sherbrooke:—"Vous trouverez ci-inclus notre abonnement au "Journal des Enfants".Cette intéressante revue étant encore peu connue des élèves, nous voulons essayer de leur montrer son utilité.Il est probable qu'avant longtemps, un certain nombre d'abonnements vous seront envoyés.Nous espérons que le journal fera du bien ici comme ailleurs." Des Rvdes Srs de N.-D.du Perpétuel Secours, Couvent de St-Apollinaire : — " Veuillez trouver inclus deux abonnements.Nos élèves ont fort apprécié la rédaction de votre journal et nous espérons que plusieurs joindront leur abonnement à ceux-ci." De la Rvde Sr Marie St-Edouard, Dir., Académie Prince, St-Hyacinthe : — " Votre journal est de plus en plus goûté ici : je vous en donnerai de nouvelles preuves encore avant longtemps, je l'espère." De Melle A.Lahaye, Inst., Ancienne Lorette Village: — " Inclus deux abonnements à votre journal.Son apparition excite beaucoup d'émulation parmi mes élèves, qui prennent part aux concours avec un véritable plaisir." De Melle l'Institutrice de l'Ecole St-Emile, Station, l'Islet :—" Dans l'intérêt de ma classe, je laisse partir les compositions et les dessins inclus, comptant sur votre indulgence.J'enseigne le dessin depuis deux ans dans cette école; les progrès sont lents, vu que les élèves n'étaient pas amis avec cette branche." Acceptez, Monsieur le Directeur, mes sincères remerciements pour l'intérêt que vous portez aux jeunes.Grâce au " Journal des Enfants ", la composition et le dessin sont devenus des branches préférées dans ma classe." De Melle Irène Felix, Couvent de Ste-Anne, St-Polycarpe: — " La semaine dernière, j'ai eu le plaisir de lire un exemplaire du " Journal des Enfants " que je trouve des plus intéressants." A quelques-unes de mes compagnes, j'ai suggéré l'idée de prendre un abonnement : à cet effet, vous trouverez sous ce pli un mandat de $2.00.De Melle Annette Blouin, Couvent de Ste-Anne, St-Jérôme : — "Je viens de parcourir les pages si intéressantes de votre revue.Comme elles parlent bien au cœur et à l'intelligence ! Destinées à faire du bien et à être utiles à la jeunesse, vos chères feuilles, j'en ai la confiance, atteignent leur but.Veuillez trouver ici le prix de deux abonnements." De Melle Emma Roy, Secrétaire du Cercle du Bon Parler français, Pensionnat du Sacré-^ceur, Ottawa :—" C'est avec joie qu'un groupe d'écolières saluent l'arrivée de votre journal, si bien fait pour intéresser une jeunesse studieuse et patriotique.Veuillez trouver les 50 sous de l'abonnement dont bénéficiera leur Cercle du Bon Parler français." Une charmante petite, Melle Marie-Jeanne Ber-nier, Ecole du Sacré-Cœur, Québec, nous écrit : — Je ne suis qu'une petite fille de dix ans, et pourtant je désire recevoir mon journal.Vous trouverez dans cette lettre cinquante sous'pour mon abonnement.Je suis la première de notre école à le demander, mais j'espère que je ne serai pas la dernière." etc.Note de la Réd.— Nous l'espérons aussi, mais vous aurez toujours le mérite d'avoir été la première.A tous ceux que nous citons et à combien d'autres que nous ne citons pas, notre plus cordial merci ! Nous recevons d'un de nos fidèles amis, qui ne veut pas, pour le moment, faire connaître son nom, la lettre suivante qui contient des aperçus très-justes.Selon son désir, nous laisserons nos petits abonnés donner leur opinion là-dessus, nous réservant d'ajouter plus tard le mot de la fin.La Direction.LETTRE OUVERTE Le " Journal des Enfants " ne compte que six mois d'existence, et déjà, nous disent les fondateurs, le nombre des abonnés dépasse toute prévision.J'ai lu tous les numéros de cette charmante revue : l'insuccès eut été pour moi une surprise.— Longue vie, chers enfants, à votre beau petit journal! Vos belles compositions de dessin et de littérature en font une revue unique du genre, que le personnel enseignant apprécie grandement.Les fondateurs méritent nos encouragements.Aux enfants je me permets de dire : faites l'épargne de vos sous et puis abonnez-vous au gentil petit 6 LE JOURNAL DES ENFANTS journal.—Vos concours intéressent tout le monde, et ils donnent tant de vie à cette petite publication! Si vous n'avez pas l'heureuse fortune d'arriver le premier, vous faites un effort d'intelligence pour l'avenir.Dans cette courte correspondance, je me permets de donner un conseil à Messieurs les Directeurs : Vous reproduisez trois compositions littéraires et je ne vois qu'un seul concours de dessin.Pourquoi pas trois?je crois avoir la note juste, en supposant que les ressources manquent.— Si telle est la cause, la difficulté peut se résoudre facilement.— Le Gouvernement encourage beaucoup les œuvres d'éducation.I— Votre œuvre, Messieurs, est des plus bienfaisantes sous ce rapport.Alors, demandez.— Le Gouvernement ne peut vous refuser de payer au moins les clichés.Ceci me paraît très juste.La Supérieure du Couvent de ma paroisse me disait hier encore: " Monsieur,, vous n'avez pas l'idée du travail de nos élèves, depuis l'apparition du petit Journal.— Si je ne faisais une défense expresse, les récréations se passeraient à crayonner.Vous comprenez que les murs des corridors deviendraient garnis de dessins." Aux enfants, avant de terminer cette petite lettre.—Il faut ménager les pages de votre revue.—Abonnez-vous.Demandez à vos parents pour vos étrennes, un abonnement.Et de mes suggestions, qu'en pensez-vous, vous, les enfants?Tenez, il me ferait plaisir de lire, dans les pages de votre Journal, une réponse de vous à ma lettre ouverte.— Faites-le donc.Un lecteur du Manitoba.MOTS D'ENFANTS Lili, cinq ans, est gravement malade : elle a coqueluche et pneumonie.Docile, elle prend tous les médicaments, et, comme sa tante la félicite d'être si raisonnable, la mignonne, de sa petite voix faible, répond : — C'est pas pour moi que je prends ces drogues, ça m'est égal de mourir, mais je ne veux pas donner ma coqueluche aux petits anges !.PAGE DE L'ECOLE UN PEU DE CATECHISME AUX TOUT PETITS Par le Père Marie-Antoine oyons, regardez-moi bien, mes enfants, et que la plus savante ou le plus savant réponde sans hésiter à cette grave question : Qui vous a créés, vous a donné l'existence et mis sur la terre?.Mais vous êtes donc tous des savants, puisque pas un d'entre vous n'est resté muet à cette interrogation?—Vous dites: C'est Dieu qui m'a donné l'existence et mis sur la terre.—Oui, chers petits, c'est bien le bon Dieu qui a fait pour nous tout ce que vous venez d'énumérer.Il est donc bien grand ce Dieu-là, bien capable, pour faire des choses si merveilleuses, qu'aucun homme, quelque puissant fût-il, ne pourrait accomplir?.J'entends Paul me répondre, qu'il est le maître et le Créateur du ciel et de la terre.— C'est bien cela, p'tit Paul.— Le bon Dieu peut tout faire, et c'est par un seul acte de sa volonté et de sa toute-puissance qu'il a créé le beau ciel que nous voyons au-dessus de nous, la terre qui nous porte et que nous habitons pour un temps; la mer, les forêts, les oiseaux, les fleurs, enfin tout ce que nos yeux peuvent découvrir.Y a-t-il plus d'un Dieu?.Oh, mais, ne parlez donc pas tous ensemble, on dirait les clameurs de la guerre.Répondez, vous.Marie-Louise.— Mon Père, il n'y en a qu'un Dieu.— Mais tu m'embarrasses là avec ta réponse qui a l'air si solide.J'ai pourtant déjà entendu nommer Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le St-Esprit.Si je sais bien compter, il y en a trois?—Oh, non, Père, ce sont les trois ]>ersonnes en Dieu qu'on nomme ainsi, elles ont la même, puissance, la même divinité, mais ne font, à elles trois, qu'un seul et même Dieu.Bien répondu, brave petite fille.— Saint Patrice, qui expliquait un jour à une grande foule cette LE JOURNAL DES ENFANTS 7 vérité qu'elle admettait difficilement, ramasse à ses pieds un trèfle et démontre à ses auditeurs convaincus cette fois, que les trois feuilles du trèfle ne formaient bien à elles trois ausssi qu'un seul trèfle.Nous ne pouvons pas bien expliquer comment ces trois personnes, distinctes entre elles, ne forment qu'un seul Dieu et c'est ce que nous appelons : quoi ?— Un mystère, Père.Oui, un mystère, et quel mystère?— Celui de la Sainte-Trinité.C'est cela, mes petits enfants.— Bien, c'est assez pour aujourd'hui.Je reviendrai vous voir encore le mois prochain et peut-être qu'alors, nous ferons de l'histoire sainte ou de la grammaire.Au revoir, chers petits, et travaillez bien.Nous devons à la complaisance et au zèle aimable de M.J.Emile John, Instituteur, St-Jean, Québec, la charmante pièce de déclamation qui suit, et dont nous le remercions de tout cœur.je serai Boulanger Une veuve, à ses fils, assis sitr ses genoux, Demandait tendrement: " Que ferais-je de vous?" Bile était pauvre, hélas! mais dans son cœur de mère, Rêvait pour ses enfants fortune moins amère, Et devant Vôtre vide, ainsi que le buffet, Voyait Paul général et Gustave préfet.Les deux frères songeaient.et chacun en soi-même Cherchait une réponse à ce grave problème.La veuve interrogea de nouveau ses enfants : — Voyons, dit-elle à Paul, (un bambin de sept ans,) Réponds: " Que feras-tu?— Je serai militaire! Dit Paul, en agitant un sabre imagimire, Fière de lui, sa mère aussitôt l'embrassa : — Bravo! s'écria-t-elle.Eh bien! nous verrons ça! Et toi, fit-elle alors au plus petit bonhomme, • Que feras-tu plus tard, quand tu.seras un homme?— Moi, répondit l'enfant, je serai boulanger.Pour que toujours maman ait du pain à manger.Victorien Maubri.Explication littéraire du, morceau (Pour les plus petits spécialement) Veuve.— Femme dont le mari est mort.Vôtre.— Foyer de la cheminée, plus souvent remplacé par le poêle surtout à la campagne.Le buffet.— Armoire où l'on conserve le manger entre chaque repas.Général.— Un militaire, officier d'un grade très élevé conduisant une armée.Préfet.— Celui qui administre un département.Grave problème.— Question dont la réponse est difficile.Bambin.— Petit garçon.Militaire.— Soldat ; homme qui s'exerce avec des armes.Boulanger.— Homme qui gagne sa vie à faire du pain.SUJETS DE CONCOURS pour décembre Concours littéraire — Concours modèle Vous nous ferez un tableau du jour de l'an chez vous, avec ses joies chrétiennes et familiales — Illustration appropriée.Cours élémentaire.—Même sujet sans illustration.CONCOURS DE DESSIN L'étable de Bethléem avec l'étoile.— Les personnages étant ce qu'il y a de plus difficile à faire, nous n'en demandons point.sans les défendre toutefois à ceux qui s'en croiront capables.AVIS Nous prions nos nouveaux abonnés de ne pas demander la collection des numéros parus, attendu qu'ils sont presque tous épuisés.A partir du présent numéro, les nouveaux abonnés commenceront à recevoir le journal dans le mois qui suivra la date de l'abonnement.Ainsi, ceux qui s'abonneront dans le cours de décembre recevront leur journal en janvier, et ainsi de suite.Les personnes qui ne désirent pas conserver la collection nous obligeraient en nous renvoyant les numéros de septembre et d'octobre. 8 LE JOURNAL DES ENFANTS QU'EN DITES-VOUS ?Mes chers amis et amies, à la fin de ce beau mois de décembre il y aura par tout le monde une grande et touchante fête.Laquelle ?.Ah ! je savais bien que vous me comprendriez tout de suite.Hé oui ! la naissance du cher petit Jésus ; Noël, la plus belle peut-être de toutes les fêtes catholiques ! En passant, dites-moi : — Vous êtes-vous jamais demandé pourquoi notre divin Sauveur a voulu être petit enfant?.Il pouvait en effet, apparaître tout-à-coup sur la terre à l'âge d'homme, y enseigner sa divine doctrine, y semer-les miracles et les bienfaits, y accomplir en un temps très court sa mission libératrice et remonter vers son Père du ciel.Mais non ; il a voulu commencer comme nous et grandir; passer par les phases de l'enfance et de l'adolescence; demeurer sur notre pauvre terre pendant trente-trois ans.Pourquoi ?Uniquement pour être notre " modèle ".Cela faisait partie de sa divine mission.Or, quand vous " copiez un modèle " d'écriture ou de dessin, vous essayez d'imiter le mieux.possible la perfection de l'exemple.Réussissez-vous bien à imiter votre modèle Jésus?.* Hum ! hum ! j'en vois plusieurs parmi vous dont la contenance embarrassée semble prouver qu'ils ne sont pas très sûrs de leur affaire ! Je vous engage beaucoup à réfléchir souvent à cela.Prenez l'habitude de vous demander : " Que ferait l'Enfant Jésus à ma place ?Aurait-il agi comme moi?Aurait-il parlé comme je viens de le faire?".Et vous verrez comme cela vous aidera à devenir sages et raisonnables! Mais voyez ce que c'est: — j'avais l'intention, en commençant, de vous parler bas et souliers de Noël, et voilà que je vous ai fait un sermon.Revenons bien vite à mon sujet, si intéressant pour vous.Le bas de Noël !.Je vois cela d'ici : plus d'un petit lutin regrette déjà que le sien ne soit pas plus grand, et se demande s'il n'y aurait pas moyen de tricher un peu en pendant celui de maman ou de la grande sœur.Mais, c'est qu'il est bien difficile de tromper le petit Jésus !.Avez-vous pensé à ce que sera la fête de TCoël dans les pays dévastés par la guerre ?.Une foule de pauvres enfants n'ont plus de chez eux, plus de cheminée où pendre leur bas, — que dis-je?— plus même de bas, ni de petits sabots non plus ! Oh! si l'Enfant Jésus daignait mettre le beau cadeau de la paix dans le soulier du monde ! Je viens de lire dans un journal, la charmante nouvelle que voici, et j'ai voulu vous en faire part: " Un cuirassé américain, chargé des cadeaux de Noël des enfants d'Amérique aux enfants d'Europe, que la guerre a rendus orphelins, va quitter les Etats-Unis dans quelques semaines.Le gouvernement de Washington a approuvé l'idée du " navire de Noël ".mais il a fait plus que d'accorder son appui moral, il a offert un des plus grands navires de la flotte de guerre pour transporter de l'autre côté de l'Atlantique les cadeaux de Noël." C'est le directeur du Chicago Herald qui en a eu l'idée, et l'idée a été adoptée avec enthousiasme en Amérique.Le navire de guerre sera désigné dans quelques jours.Il se rendra d'abord en Angleterre, •puis en France et ensuite à Anvers, Rotterdam, Trieste et probablement à Arkangel." Dix mille petits Américains travaillent actuellement au " petit Noël " des Enfants d'Europe." Qu'en dites-vous?N'est-ce pas gentil?Si vous vous sentez le désir de coopérer à cette belle œuvre, je vous applaudis de tout cœur; mais rendez votre charité surnaturelle, en la faisant au nom du divin Sauveur, car II a dit : " Ce que vous ferez au plus petits des miens, c'est à moi-même que vous l'aurez fait." Amicus.HONNEUR AUX VAINQUEURS Parmi les nombreux concours qui nous arrivent de toutes parts, il est parfois réellement difficile de fixer son choix.Beaucoup de travaux se valent et mériteraient également la récompense.Dans des cas semblables, nous regrettons que notre caisse ne soit pas mieux garnie, ce qui nous permettrait d'être plus généreux, mais c'est toujours en vain que nous LE JOURNAL DES ENFANTS 9 répétons le mot favori de notre collaborateur Michel : — "Je donnerais tout ce que j'ai.pour être millionnaire !." Le sujet du concours littéraire donné en octobre était "un tableau (illustré pour le cours modèle), de la guerre en général et des impressions particulières du concurrent sur la guerre actuelle ".Se sont disputé le prix, avec la note d'excellence, les élèves dont les noms suivent : Melle Célestine Pépin, Pensionnat N.D.du Rosaire, St-Tite.Melle Eliane Morissette, Couvent des Srs de la Charité de St-Louis, St-Côme, Linière.Melle Eugénie Chenel, Cap Chat.Melles Tracunda et Fidelia, Pensionnat du Sacré-Cœur, Ottawa.Melle Claire Colombier, Couvent Ste-Geneviève.Melle Gabrielle Langelier, Académie des Srs de la Charité, Cap Rouge.Melle Juliette Falardeau, Ecole modèle, Village d'Ancienne-Lorette.Melle Blanche Noël, Pensionnat de la Congrégation Notre-Dame, Ste-Famille, I.O., Québec.Melles Alba et Mimosa.La gagnante de ce groupe, désignée par le sort, est Melle Gabrielle Langelier, Académie des Srs de la Charité, Cap Rouge, dont nous reproduisons plus loin le travail.Viennent ensuite, avec la note " Très-bien " : Melles Lina Allain et Lucienne Laplante, Couvent Ste-Famille, Tracadie, N.B.Melles Lucie Gauvin, Virginie Matte, Marie-Jeanne Beaupré et Cécile Boivin, Ecole modèle, Village d'Ancienne-Lorette.Melles Marie-Ange et Marie-Lucie Couillard-Des-prés, Eugénie et Berthe Giasson, M.Edouard Giasson, Ecole St-Emile, Station l'Islet.Melles Yvonne Pelletier, Cécile Gendron, Rosine Hébert, Thérèse Chagnon, Marguerite Dansereau, Thérèse Dupré, Gabrielle Mongeon, Louisa Geof-frion, Emérentine Chagnon, Marie-Rose Moreau, Honorine Geoffrion, Anna-Marie Racine, Laura Mongeon, Marguerite Massue et Aline Choquette, Couvent des SS.Noms de J.et M., Verchères.Melles Cécile Comeau et Belzémire Francœur.Pensionnat N.-D.du Rosaire, St-Tite.Melles Héléna Fortin et Doralis Pesant, Ecole St-Charles, Bas du Sault-au-Récollet.Melles Florette Proulx, Rose-Alina Nourry, Eva-Rose Lauzière, Marie-Laure Beaulac, Germaine Lau-zière, Héléna Nourry et Alida Therrien, Ecole No.6, Nicolet.Melle Marie Tousignant, St-Adelphe, Co.Cham-plain.Melle Antoinette Roy, Ecole No.7, St-Pierre-Baptiste.M.Léo Lailberté, Raith, Thunder Bay, Ont.LA GUERRE D'EUROPE Pauvre Europe ! Quel réveil ! Les fanfaronnades du Kaiser se sont enfin terminées par une déclaration de guerre qui met en feu la plus grande partie de l'Europe.Ce pauvre Guillaume veut imiter Napoléon 1er; son orgueil lui attirera peut-être le même sort qu'à ce grand déchu.Dieu, la justice même, ne peut accorder la victoire à un peuple qui viole tout ce qu'il y a de plus sacré, qui ne tient compte d'aucun traité.Notre prière quotidienne sera pour l'écrasement de cet insolent.Que pouvait faire le Canada, en présence de ce conflit?Rien moins que ce qu'il a fait.Quand on voit la pauvre Belgique, pour la défense d'un traité, se jeter dans le feu, voir tuer ses fils, brûler ses villes précieuses et ses villages, massacrer ses habitants.Quel dévouement! Aussi personne ne s'est fait prier.Tous veulent suivre l'exemple de cet héroïque petit pays et courir au secours des deux Mères Patrie si injustement attaquées.A l'appel du Gouvernement, les enrôlements sont arrivés très nombreux, si bien qu'au bout de trois semaines, environ 35,000 mille hommes étaient à Valcartier; une trentaine de mille ont dit adieu à leur patrie, à leur famille.Plusieurs ont laissé des femmes et des enfants en pleurs.La misère guette peut-être ces êtres chéris; n'importe, tout a été mis de côté pour voler au secours de la France et de l'Angleterre.Malgré le danger actuel on est à organiser un second envoi.Dans leur amour pour l'Angleterre et la France, les Canadiens-Français vont former un 10 LE JOURNAL DES ENFANTS régiment de plusieurs milliers d'hommes et qui seront commandés par des officiers de leur race.Le cadre d'enrôlement est déjà rempli.Tout le monde veut y aller, même les jeunes filles.Des hommes incapables de se battre veulent s'unir à ces héroïnes pour soigner les blessés.Ces chers nôtres, leur pays ne les abandonnera pas, quand ils seront blessés.S'ils viennent à Paris, quel bonheur pour eux de se trouver dans un hôpital canadien, soignés par des canadiennes! Ils reposeront dans des lits mis à leur disposition par le Canada ; peut-être plusieurs trouveront-ils le nom de leur paroisse, puisque chaque municipalité est engagée à mettre un lit dans cet hôpital.Il me semble qu'avec tous ces souvenirs de leur patrie, ces pauvres Canadiens guériront pour nous revenir, et remercier les gens ici qui ont tant fait pour adoucir la durée de leur absence.Il me semble que le sacrifice de ceux qui restent doit être assez grand, pour que le bon Dieu veille sur nos chers Canadiens, et que nous aurons le grand bonheur de voir revenir une partie de ceux qui partent et que pères, mères, épouses, enfants, frères et sœurs, pourront embrasser encore ceux qui se sont sacrifiés avec tant de courage.Sur ce sujet : la guerre, nous pourrions en dire des liages et des pages ; il y a tant de beaux traits qui se passent, et aussi tant de barbarie chez les Allemands ; ce sont des sauvages que ces Teutons.Leur ambition n'a d'égale que leur barbarie; ils détruisent des villes remplies de souvenirs historiques; ils volent les objets d'art, pour en orner leur maison ou pour le plaisir de détruire; ils brûlent la Cathédrale de Reims, reconnue comme un chef-d'œuvre d'architecture, et Louvain, il faudrait la plume d'un écrivain pour dire toute l'horreur de sa destruction.Ce sont des dé- sastres qui seront éternellement la honte de ces peuples sans honneur.En terminant, je ne puis passer sous silence la belle réponse du général Joffre aux Allemands qui lui demandaient 24 heures pour enterrer leurs morts." Je vous donne 24 heures pour retirer vos troupes de France." Ceci me rappelle la réponse de Frontenac : " Je vous répondrai par la bouche de mes canons." Ces paroles sont restées dans l'histoire, celles du général Joffre resteront aussi.Elles sont d'un héros.Il est à désirer que ce carnage prenne bientôt fin.Le saint homme que les tristesses de la guerre ont fait mourir, doit intercéder pour que le Dieu des Armées apaise son courroux.La France est déjà régénérée ; ses officiers et ses soldats ont prié avant le départ: des messes se disent sur les champs de bataille.Tous reconnaissent que c'est Dieu qui gouverne.Il y a tant de prêtres dans les rangs de l'armée française ! Tout ce sang de bons chrétiens demande miséricorde, espérons qu'il n'implorera pas en vain.Dieu va se laisser toucher et arrêtera cet affreux massacre en écrasant l'orgueilleux Kaiser et son peuple barbare.D'eux, qu'il ne soit plus question.Gabrielle Langelier, 14 ans.Académie des Sœurs de la Charité.St-Félix du Cap Rouge, Québec.CONCOURS LITTERAIRE Cours élémentaire Le gagnant est M.Lucien Drolet, élève de l'Ecole Modèle du Village d'Ancienne-Lorette.Ex œquo avec le gagnant, c'est-à-dire à mérite égal, sont:— Melles Liliane Bail, Victoria Marcil, Laura Boucher, Annette Bérubé, Jeanne Le Maître, Aurore Lacroix, Marie-Jeanne Caron, Claire Durand et Evelina Brière.Melles Marguerite Rivard, Désaulina Goneau, Marie-Ange Gauthier, Blanche et Clara Rivard, Gabrielle Goneau, Eveline et Marie-Ange Lemire, Simone Gélinas, Imelda Dubord, Cécile Dazé, Blanche Gagné et Eva Lapointe, toutes élèves de l'Orphelinat St-Joseph, Trois-Rivières. LE JOURNAL DES ENFANTS 11 Melle Jeanne Smith et M.Alphonse Smith, Coteau Station.MM.Dominique et Ernest Gagnon, Académie Girouard, St-Hyacinthe.COMPOSITION Oh! quelle triste époque nous traversons.Tous nos frères et parfois des papas sont partis pour l'effrayant théâtre de la guerre, ne sachant s'ils reviendront ou non, vers ceux qui leur sont chers.S'ils reviennent, oh ! ce sera avec un beau degré de gloire, avoir vaillamment défendu sa patrie, quoi de plus sublime?Mais pendant qu'on se bat bien loin, au delà de la mer, que de pleurs versés, que de craintes, que d'angoisses, et combien de pauvres enfants n'ont pas, en ce moment où toutes les denrées sont haussées à un prix fou, on pourrait dire, combien n'ont pas d'argent pour acheter ni sucre, ni thé, ni beurre, peut-être même le pain se fait-il rare par place.Ali! j'y pense tous les jours, et chaque matin, dans ma communion, je prie Notre Seigneur pour ces pauvres familles affligées.Durant l'élévation de la Sainte Hostie, je demande à Dieu qu'il donne la paix à ces pays désolés.Je prie aussi pour cet illustre disparu, le pape de l'Eucharistie et des enfants qui après avoir gouverné la barque de Pierre pendant onze ans, s'éteignit en disant : " Je crois que le Seigneur, dans sa bonté, veut m'épargner les horreurs de la guerre.Je prie pour que la paix règne sur cette pauvre terre." Souvent aussi, je pense aux petits enfants de là-bas qui tremblent toujours en entendant le bruit du canon et de la mitraille retentir jusqu'à leurs oreilles et qui se disent : " peut-être est-ce papa qui tombe à l'instant même, peut-être est-ce mon frère!" Oh! comme leur petit cœur doit toujours être serré, comme leurs larmes doivent couler amères.O mon Dieu ! bénissez, donnez du courage, rendez-donc le bonheur à ceux qui souffrent tant.Lucien Drolet, 12V2 ans.Ecole modèle, Village d'Ancienne-Lorette.1ère classe.CONCOURS DE DESSIN D'OCTOBRE Sujet : Une scène de chasse.Le Comité d'Examen a dû se prononcer entre les travaux excellents des élèves dont les noms suivent : Melles Gabrielle Després, Blanche Paré et Brigitte Paré, Couvent de Jésus-Marie, Lauzon.Melles Blanche Comeau et Alice Thibault, Pensionnat N.-D.du S.Rosaire, St-Tite.Melle Berthe Giasson, Station l'Islet.Melles Jeanne Livernoche et Cécilia Larivière, Ecole St-Philippe, (Ursulines) Trois-Rivières.Melle Léonie Chiasson, Couvent Ste-Famille, Tra-cadie, N.B.Melles Tracunda et Fidelia, Pensionnat du Sacré-Cœur, Ottawa.Melle Marie-Ange Hamel, Village d'Ancienne-Lorette.Parmi ce groupe, le sort a favorisé Melle Blanche Paré, Couvent de Jésus-Marie, Lauzon, dont le dessin parait en première page.Viennent ensuite avec la note " Très-bien " : Melles Marie-Ange et Lucie Couillard-Després, Ecole St-Emile, Station l'Islet.Melles Gabrielle et Marie-Paule Langelier, Académie des Srs de la Charité, St-Félix du Cap Rouge.Melle Cécile Labrecque, Couvent du Bon-Pasteur.Charlesbourg, Que.Melles Alphonsine Couette, Marie-Anne Cor-beault, Berthe Desrochers, Jeannette Bégin et A.Desrosiers, Ecole Garneau, Montréal.Melle Eliane Morissette, Couvent des Srs de la Charité de St-Louis, St-Côme, Beauce.Melles Corinne Lessard et Aima Dupuis, St-Guil-laume d'Upton.Melles Juliette et Jeanne Métivier, Eugénie et Yvonne Laflamme et Eva Baillargeon, paroisse Buckland, Co.Bellechasse.Melles Yvonne Pelletier, Hélène Langlois, Anna Petit, Anna-Marie Racine, Honorine Geoffrion et Aline Choquette, Couvent de Verchères.Melles Héléna Fortin et Doralis Pesant, Melles Gaston Germain, Gaston Lapierre et Gaston Richer.Ecole St-Charles, Bas du Sault-au-Récollet.Melle Juliette Bilodeau, Couvent de Lauzon. 12 LE JOURNAL DES ENFANTS Melles Yvonne Gagné, Lucie Gauvin et Marguerite Hamel.MM.Arthur Drolet, Josaphat Tessier et Freddy Hamel, Ecole modèle, Village d'Acienne Lorette.Melle Héléna Nourry, Ecole No.6, Nicolet.Melle Noélia Roy, Ecole No.7, St-Pierre-Bap-tiste.Melle Marie-Ange Potvin, Albertville, Co.Ma-tane.Melle Célestine Pépin, Pensionnat N.-D.du S.Rosaire, St-Tite.Melle Angélia Landry, MM.Emery Boudreau et Emilien Allard, Ecole No.2, Carleton.M.Théodore Paradis, St-Isidore, Co.Dorchester.Melles Marie-Anne Portier et Léophile Bilodeau, St-Ferréol, ont envoyé deux bons dessins sur des sujets autres que celui du concours.Ont envoyé aussi de bons travaux littéraires sur des sujets de fantaisie: Melle Marie-Ange Potvin, Albertville—La Pêche aux écrevisses.M.Roland Galarneau, Lawrence Mass.— Babil enfantin.M.Joseph Labbé, Ecole St-Emile, L'Islet Station.— Compte-rendu d'une Récréation.Deux charmants bambins du Jardin d'Enfance de Valleyfield envoient chacun un travail littéraire et un dessin très-bien faits sur " La Maison Paternelle ".Nous publierons tout cela avec plaisir.quand l'espace nous le permettra.Le Comité Examinateur, Par ordre, Amicus, Secrétaire.SOIS VICTORIEUX Depuis votre appel j'essaye de résumer mes impressions au sujet de la guerre, afin de les confier au gentil " Journal des Enfants ".Mes impressions, elles sont si noires, que je crains de les écrire de peur de les communiquer à d'autres.Les journaux nous parlent des sanglantes horreurs qui désolent l'Europe, qui fauchent la fleur de la jeunesse, qui brisent les familles, ruinent le sol et des monuments antiques.Dante, dans ton " Enfer " n'aurais-tu jamais pu imaginer rien de semblable.Si tu vivais en 1914 tu n'aurais qu'à te porter sur les champs de bataille européens et ton imagination verrait la réalité.A la bataille de la Marne, conçoit-on des cadavres tombés en si grand nombre, qu'ils permirent à l'artillerie française de traverser une rivière.Quelles devraient être nos impressions en songeant à ces 14,000 Alliés, morts, en défendant la Patrie.Que de deuils, que d'orphelins, Ah ! c'est surtout vers eux que s'envolent nos plus profondes sympathies; pauvres enfants, quel sort malheureux est le vôtre, vous n'avez plus de pères, vous voyez vos mères toujours plongées dans la douleur, quel temps d'angoisse vous traversez.Nous, écoliers canadiens, paisibles, nous n'avons d'autre souci, que celui de mériter l'estime de nos bons parents et de notre dévouée Institutrice.Comme nous serions heureux de vous faire partager notre sort ; nous ferions l'impossible même pour vous faire oublier ces grandes douleurs qui brisent si cruellement vos jeunes ans.Ainsi, quand je pense à la guerre, je frissonne.Qui portera la responsabilité de tant d'horreurs?Oui, nous l'espérons bien, Dieu rendra victorieuses les armes des Alliés; afin que le coupable soit châtié.Berthe Giasson, 13 ans.L'Islet Station, le 21 oct.1914. LE JOURNAL DES ENFANTS 13 Gétt -Gallién i~ U VaiÏÏànt défenseur cte Taris- LA GUERRE « D'où s'élève ce bruit, cette clameur immense, « Qui vient nous arracher à l'éternel silence ?« Qui passe ainsi sur nos tombeaux ?Sont-ils donc revenus ces jours remplis de gloire, « Ces jours où chaque lutte était une victoire, « Bl chaque soldat un héros.Octave Ckëmazik.La guerre! mot funeste, qui, depuis le commencement des siècles existe.Son souffle, elle le puisa dans la discorde, source de tous les maux.A son seul aspect, les peuples de la terre frémissent d'épouvante! Comme un ange exterminateur, elle plane sur toutes choses, ne laissant respirer une nation, que pour en exterminer une autre.Les iniquités des hommes appellent la vengeance du ciel.Dieu est las de retenir son bras prêt à frapper.Aujourd'hui, son courroux divin se déchaîne sur la terre pécheresse, afin que celle-ci entre en elle-même, et considère ses crimes.Le but de toute guerre vient de l'Eternel.Rien ne s'accomplit sans sa permission.Il le permet pour la sanctification de plusieurs, peut-être.En effet, que de familles sont dans la plus noire misère, pendant ces jours sanglants! Epoux, fils et frères, tous combattent avec courage, vaillance, intrépidité, pour sauvegarder la patrie en danger.Au premier signal, ils sont accourus sur le vaste champ de l'honneur.Comme en ces jours d'antan, où chaque lutte était une victoire, ils avancent vaillam- ment; l'ardeur du combat brille dans leurs yeux, le noble sang gaulois coule dans leurs veines.Comment ne pourraient-ils pas vaincre avec gloire, nos braves, avec l'exemple de jadis sous les yeux ?Pourquoi, tout de même, tant d'hommes périssent-ils ?Pour la plus infime cause, le plus léger différend qui existait entre les princes ; ils la voulaient cette guerre, eux.L'ambition dévorait le puissant monarque allemand; l'égoïsme fermait tout bon sentiment en lui.Il ne voyait que l'accroissement de ses possessions.Comme un nouveau Napoléon, il voulait conquérir l'univers.S'il avait su toutes les calamités que le peuple aurait à endurer, je ne sais s'il aurait donné suite à ses beaux rêves ! Que lui importe, puisque sa famille est à l'abri des balles meurtrières, que lui importe le danger?Que Dieu le prenne en pitié et lui dessille les yeux! Admirons tous ces héros qui donnent leur sang pour la patrie! Admirons ce petit peuple de braves, les Belges, qui ont préféré mourir que de laisser passer l'ennemi dans la belle capitale française.Admirons ces dévouées gardes-malades, ne craignant ni les obus, ni le souffle de la mitraille pour accomplir leur œuvre de soulagement envers les pauvres blessés ! Puisse Dieu, l'Etre Suprême, ouvrir les yeux des souverains avides de renommée et de gloire, avant qu'il soit trop tard.Que ces scènes d'atrocité, de carnage et de dévastation cessent, pour le plus grand bien de tous ! Fidélia.L'ANGE ET LE DIABLE On demandait un jour à trois enfants : " Qui a créé les Anges ?" La réponse était aisée ; " C'est Dieu !" — " Mais qui a créé le diable?".Voilà la difficulté !.L'aîné des enfants ne veut pas que ce soit Dieu! Le plus jeune, qui ne manque pas de malice, ne sait trop si ce n'est de lui que l'on veut parler.Le troisième, après avoir réfléchi, s'écrie, comme inspiré : — C'est Dieu qui l'a fait ange, mais c'est lui qui s'est fait Diable ! 14 LE JOURNAL DES ENFANTS MES IMPRESSIONS SUR LA GUERRE ACTUELLE C'est le 28 juillet que commença cette horrible guerre qui fait de l'Europe un immense champ de bataille.Sur terre, sur mer, dans les airs; c'est la guerre avec toutes ses horreurs! Le jeune criminel Serbe qui assassina l'archiduc Ferdinand, héritier présomptif du trône d'Autriche, fut la cause accidentelle des combats meurtriers qui se succèdent depuis deux mois.Néanmoins, treize déclarations de guerre ont été échangées dans le courant du mois d'août.C'est d'abord l'Autriche à la Serbie ; puis l'Allemagne à la Russie et à la France, etc., etc.L'Allemangne, connaissant la force de la frontière française, résolut de se frayer un chemin à travers la Belgique, pays neutre; mais elle trouva dans ce vaillant petit peuple une résistance à laquelle elle était loin de s'attendre.Les Liégeois, déjà célèbres dans l'histoire ont montré au monde entier que le patriotisme n'est pas mort chez eux.Malgré les prodiges de valeur et d'héroïsme que nous dira l'avenir, la noble Belgique est envahie et ravagée ainsi que le nord de la France.Vive la Belgique !.Vive la France ! .Si à la tête des armées allemandes, .on croit voir un autre Attila, fléau de Dieu, par contre, l'union consolante s'est faite entre tous les partis en France ; il n'y a plus que la France de Jeanne d'Arc, la France immortelle.Espérons que notre ancienne mère patrie va renaître d'un second acte de foi sur ce champ de bataille.Prions le Dieu des armées pour que les Alliés refoulent sur leur teritoire les orgueilleux Teutons et que la paix renaisse bientôt en Europe.C'est le vœu que forme la petite Canadienne française qui envoie ces lignes au " Journal des Enfants ".Blanche Noel, Pensionnat de la Congrégation de Notre-Dame, Ste-Famille, I.O.Québec.PAGE DE LA MERE MADAME, MON FILS EST PREFET ! ! ! était en 1846, au commencement de l'été.Le petit courrier pontifical qui, trois fois par semaine, allait d'Ancône à Ferrare, s'apprêtait à quitter, dans la première de ces villes, l'hôtellerie des Tre Pellegrini.En un coin de la diligence jaune et rouge se tenait une dame majestueuse et mûre et fort irritée du retard causé par la personne à laquelle était réservée la seconde place de la cage roulante.La voyageuse était en robe de foulard mauve, coiffée d'une sorte de turban de pourpre sombre, toute étin-celante de chaînes d'or, de bracelets d'or, de bagues, d'émeraudes et de saphirs.Elle agitait violemment un éventail constellé de paillettes luisantes.A l'accent de sa parole hautaine, on devinait en elle une Piémontaise.Un laquais accourt, portant sur son épaule une valise valétudinaire, au dos de laquelle était une inscription très vague: Contessina M.— Sinigaglia.— Une antiquaille romagnole, murmura la dame mauve, en haussant les épaules.Enfin arrivait à la voiture une vieille dame simplement vêtue d'une robe de soie feuille morte, la face débonnaire, une écharpe de dentelle noire sur sa chevelure blanche.Elle était accompagnée par l'Evéque d'Ancône et trois vieux chanoines.L'un de ces messieurs tint dévotement l'escabeau qui lui servit pour monter dans le coupé.L'evêque et les chanoines saluèrent profondément, avec de menues paroles à voix très basse, et se retirèrent.Le postillon sauta sur son cheval, fit claquer son fouet, et la machine s'ébranla sur le pavé rocailleux d'Ancône.— Quelques béguins d'importance, pensait la dame au turban, tout en observant à la dérobée sa compagne d'un air dédaigneux.La dame feuille morte tira de sa poche un chapelet de verroterie.L'autre fit aussitôt sonner entre ses doigts un rosaire aux grains de vermeil.Quand les chapelets furent épuisés: — Vous allez à Sinigaglia, une pauvre ville, dit la dame mauve.Moi, je vais à Turin.C'est une capi- LE JOURNAL DES ENFANTS taie.Nous y avons de la vieille noblesse.Moi, je fais visite à la marquise de Suze, à la comtesse d'Ivrée, à la comtesse de Villanova, à la baronne d'Asti-Spumante.Je vais, l'hiver, aux bals de la cour.Allez-vous au bal, à Sinigaglia ?La dame feuille morte sourit bonnement, hocha sa tète blanche, regarda la nappe bleue de l'Adriatique et, sans répondre, entama un second chapelet.L'autre étouffait d'orgueil comprimé.Au premier relai, un Capucin tendit sa tirelire à la portière du courrier.La dame feuille morte, toujours muette, y mit deux baioques.La Piémontaise y fit tomber avec ostentation une pièce d'argent à l'effigie de Charles-Albert.A midi, on entra à Sinigaglia.A la porte d'un vieux palais délabré, la diligence jaune et rouge s'arrêta avec un vif cliquetis de grelots.Sous le porche du palais, singulière rencontre! se tenaient encore un évêque et trois chanoines.L'évê-que ouvrit lui-même la portière en faisant la révérence.Un chanoine tint l'escabeau de la descente.Toutefois la dame violette, impuissante à modérer ses passions, éclata.Comme sa compagne s'éloignait lentement et gravissait les marches du perron, appuyée sur le bras de Monseigneur, elle lui lança cette fanfare : — Enfin, Madame, mon fils est préfet! — Et moi, Madame, mon fils est Pape ! C'était la mère de Pie IX qui venait d'assister au couronnement de son fils, à Saint-Jean-de-Latran, " mère et tête de toutes les églises du monde ", et qui rentrait au palais de Mastaï.Emile Gebhart.LA SEMEUSE DE PRIERES C'est une femme de ménage qui nous a révélé ce petit métier.Comme elle était maîtresse d'une partie de son temps, elle affectait de passer, plusieurs fois le jour, dans une rue assez écartée de son travail, qui, prolongeant sa course, doublait sa fatigue.— Pourquoi, lui dîmes-nous, cette course inutile?— Oh ! fit-elle simplement, il y a là une personne malade qui ne veut pas se réconcilier avec le Bon Dieu, et je vais, tant que je le puis, jeter devant sa 15 porte quelques Je vous salue, Marie.Je ne sais pas si je pense bien, mais je me figure qu'il en est des prières comme des gouttes d'eau de senteur, qui, jetées sur le sol, répandent jusqu'au bout de la chambre leur bonne odeur; je crois que mes Je vous salue, Marie, finiront par convertir cette pauvre âme.Pendant deux mois, j'ai fait cela devant une autre maison, et celui qui était là-haut malade s'est confessé avant de mourir.NOS MONDAINES Madame: — Qui a sonné?La bonne : — Madame, c'est l'architecte, avec les plans de votre nouveau chapeau ! — Ma chère amie, dit le mari tout doucement à sa femme malade, presque mourante, Mme X.est venue pour te voir, il y a quelques instants, pendant ton sommeil, et elle m'a chargé de toutes ses amitiés pour toi.— Gaston, répond la femme d'une voix très faible qu'on -"'îvait à peine entendre, dis-moi comment était son chapeau et quelle robe elle avait mise ?UNE PENSEE DU CURE D'ARS Il y a dans toutes les maisons un endroit où l'on conserve les provisions de la famille : c'est l'office.L'Eglise est la maison des âmes.Eh bien! dans cette maison, il y a un office.Voyez-vous le tabernacle ?.Si on demandait aux âmes des chrétiens : " Qu'est-ce que cela " ?— Elles répondraient : " C'est l'office." Les grands travaux s'exécutent, non par la force, mais par la persévérance.Le dévouement n'a tout son prix qu'autant qu'on l'ignore, et qu'il n'a pas de témoins pour l'applaudir. 16 LE JOURNAL DES ENFANTS PAGE ANTIALCOOLIQUE L'ALCOOL MENTEUR JEs Anglais ont une expression courte, typique et bien vraie pour qualifier l'alcool : " Alcohol is a mocker ", l'alcool est un menteur, disent-ils.Bien avant les Anglais, DIEU 1 ^'jnamaui un isa uia aq„ : up ueae (Il n'était pas encore question d'alcool dans ce temps-là) et encore : "Le vin trompe celui qui le boit." Donc l'alcool est un menteur.L'alcool prétend être un apéritif.Il ment!."Une fausse clé, dit le docteur Trousseau, n'ouvre pas la serrure et finit par la gâter; ainsi en est-il de l'alcool : il n'OUVRE pas l'appétit, mais le FAIT PERDRE peu à peu.L'alcool prétend être un digestif.11 ment!." L'alcool NUIT à la digestion, dit le docteur Le-grain, soit en se mélangeant aux aliments, soit en altérant la muqueuse de l'estomac, soit en troublant la sécrétion des sucs digestifs." L'alcool prétend être un fortifiant, un aliment.Il ment !.Comment un POISON peut-il FORTIFIER et alimenter, puisque son objet est de DETRUIRE ?L'alcool prétend réchauffer.Il ment!.S'il réchauffe, comment se fait-il que tous les thermomètres accusent un ABAISSEMENT de la CHALEUR du sang, après l'absorption de l'alcool?L'alcool prétend enfin préserver des maladies contagieuses.Il ment encore!.S'il préserve des maladies contagieuses, comment se fait-il que, pendant chaque épidémie de choléra, on a constaté que SOIXANTE-QUINZE par cent des buveurs MOURAIENT, tandis que vingt par cent à peine des abstinents succombaient au fléau?(R.G.P.) LE Grand Menteur.LA BUVETTE On devrait lire sur sa porte : Passant, ne franchis pas le seuil, Car de ce lieu-ci l'on n'emporte Que déshonneur, misère et deuil ! Nou publierons volontiers, quand l'espace le permettra, les petits essais littéraires des élèves qui pourraient nous être envoyés par leurs institutrices, tel que le suivant : Nous y mettons toutefois pour condition qu'ils soient aussi bien faits que possible et méritent la publication.PECHE AUX ECREVISSES C'est par une belle journée d'été ; deux petits garçons, Joseph et Georges, nu-pieds, les pantalons et les manches retroussés, péchaient aux écrevices dans un lieu choisi de la rivière tantôt tranquille, tantôt agitée.Georges, l'un des deux, voulant prendre des ccrevices, elles lui mordirent le pouce et le bout du pied, Joseph se moque de lui et lui dit de les lâchées, mais Georges, tout piteux, lui dit que c'est pas lui qui les tiens, mais c'est les êcrcvices qui le pince.Deux belles grosses vaches sont venu boire et les regarde faire et semble plutôt être du parti du moqueur.Si les ccrevices sont délicieuses à manger, il en coûte quelquefois pour les prendre.Comme on le voit " il n'y a pas de plaisir sans peine ".Marie-Ange Potvin (14 ans), 5e année du cours Ecole No.1 d'Albertville, Comté Matane, P.Q.MOTS D'ENFANTS Bébé entend un roulement lointain de tonnerre; il écoute attentivement, puis, levant son petit doigt, il dit gravement : — Oh !.le petit Jésus qui fait le train !. 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