L'abeille /, 1 janvier 1943, octobre 1943
Revue mensuelle Au Jeunesse LES FRERES DE L'INSTRUCTION CHRETIENNE.LAPRAIRIE.P.Q 'L'Abeille" appréciée en paroles et en actes Ici tout le monde dévore "L'Abeille", du rez de-chaussée au combla .La lecture de L'Abeille est toujours mon plus agréable passe-temps, t Jean veut son Abeille, lui aussi, car U sait lira les images.Elle seule le consolera.J'apprécie beaucoup "L'Abeille" et je voudrais la voir entre les mains de toutes les institutrices.,.t.~ ., D .Une Sr D.de la Providence.Je viens de parcourir le numéro de l'Abeille de septembre 1943.Votre revue est toujours fort intéressante; mille félicitations ! P.C.Ingénieur civil.Ci-inclus mon réabonnement à t'Abeille, si intéressante et instructive, que je lis toujours avec plaisir.^ ^ La lecture que je fais de l'Abeille dès son armée est très goûtée de mes élèves.Une institutrice.N.li.— Alors, pourquoi ne pas faire durer ce plaisir en y abonnant toute votre classe ?L'ABEILLE parait loua les mois, lulllet at août excepté».Abonnement annual: Canada SO.75: étranger S 1.00.Dix numéros a ta même «dresse : Canada S5.00: étranqar S6.00.Directeur: Frère ARATOR JOSEPH Lanralrle.P.Q.— 34 — Départ de missionnaires "Qu'ils sonl beaux les pieds de ceux qui annoncent l'Evangile de paix, de ceux qui annoncent les vrais biens 1 " Le dimanche, 5 septembre, se déroulait en la chapelle de Laprairie une cérémonie bien émouvante, malgré sa simplicité.Quatre jeunes religieux.Frères de l'Instruction Chrétienne, qui ambitionnaient depuis des années déjà, de consacrer leurs vies dans les missions lointaines, voyaient leurs rêves se réaliser.Désignés par leurs supérieurs pour la mission d'Haïti, ils se trouvaient réunis dans le sanctuaire pour le traditionnel baisement des pieds.Une douzaine de leurs confrères, vinrent à tour de rôle s'agenouiller à leurs pieds pour les baiser pendant que le chceur chantait le "Benedictus Do-minus Deus Israel." et que la loule répétait après chaque verset les paroles ci-dessus : "Qu'ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent l'Evangile de paix.etc.Si le départ des braves qui quittent les rives canadiennes pour aller venger et délivrer les peuples opprimés en Europe et en Asie est toujours Impressionnant, combien plus émouvant et surtout plus consolant est celui de ces missionnaires de paix qui vont porter la civilisation et le salut loin do leur patrie, qui quittent des amis et des parents chéris pour aller vers des inconnus, qui laissent leur bien-être et peut-être un brillant avenir mondain pour aller au-devant des privations, des sacrifices et mener une vie de dévouement que Dieu seul connaît, apprécie et récompense I Ces quatre leunes héros s'en vont prêter main forte aux 87 Frères français et espagnols, ainsi qu'aux 35 Frères canadiens qui se dévouent déjà dans cette lointaine mission.L'Abeille leur souhaite un long et fructueux apostolat et se plaît à espérer que leur exemple fera naître en plusieurs de ses lecleurs le désir de se consacrer un jour au service du Bon Maître, comme prêtre, missionnaire ou religieux enseignant.La moisson est grande et mûre, mais les ouvriers sont trop peu nombreux.Cependant beaucoup sont appelés.mais trop peu ont le courage de répondre.Suivant la recommandation de Notre-Selgnour.prions beaucoup, chers lecteurs et lectrices de l'Abeille, pour que le Maître de la Moisson, trouve de nombreux et vaillants moissonneurs afin que les âmes qu'il aime tant et qui lui ont coûté si cher ne se perdent pas à jamais.Fr.Edouard.— 35 — LA FIN D'UNE HAINE Tu n'as donc point peur, Jean de la Brèche, que tu te hasardes sur ce chemin ?— Et de quoi donc, le grêlé ?— De moi.— Tu es fort, je le sais; mais nous sommes d'âge et de taille à nous regarder en face.— Et des chiens de grand-père ?s'il les lâchait sur toi.— J'ai mon bâton.— Et de grand-père ?— Ton grand-père, le grêlé, est un homme, et ne ferait point de mal à un enfant.D'ailleurs sainte Anne, notre patronne, me protège ! — Tu crois h sainte Anne?— Oui.Un silence suivit.Jean de la lirèche s'était arrêté dans le chemin creux, et, de son regard limpide et franc, examina le gars qui l'avait interpellé du haut du talus garni de broussailles touffues.Jamais les deux enfants ne s'étaient rencontrés face à face, et après les premières paroles ils se regardaient, silencieux, entraînés l'un vers l'autre par une instinctive sympathie.Ils étaient du même âge, forts et vigoureux, presque beaux d'une beauté rustique, n'étaient les marques d'une petite vérole qui ponctuaient le visage de celui qu'on appelait Ir grêlé.\je grêlé, le premier, rompit le silence.— Alors, tu ne me hais point, Jean de la Brèche ?— Je ne hais personne ! — Pourtant, nous sommes ennemis ! L'enfant ne répondit point.En effet, de temps immémorial, une rivalité, une haine profonde avaient mis aux prises les deux familles.Aux plus tristes jours de la Révolution, l'aïeul du grêlé s'était signalé comme un des plus ardents sans-culottes et briseurs de croix, tandis que Parrière-grand-pèrc de Jean de la Brèche avait maintes fois fait le coup de feu avec les chouans.A cette cause première s'étaient ajoutées des rivalités d'intérêt, des procès obstinément poursuivis de père en fils, qui avaient fait passer entre les mains des gens de loi le plus clair des biens des plaideurs.Et après bien des années, il se trouvait que des deux familles rivales, deux hommes, presque deux vieillards, et deux enfants, leurs petits-fils, survivaient seuls.Ils étaient devenus pauvres, la ruine et les deuils les avaient frappés, mais la haine de famille n'avait point désarmé.Les deux vieillards ne se parlaient jamais, s'évitaient, et l'on disait que, s'étant rencontrés un jour dans un étroit sentier, ils n'avaient point voulu se céder le pas, et, sans un mot, comme d'un commun accord, avaient rebroussé chemin.On avait ri de l'aventure dans le pays; l'aïeul de Jean de la Brèche avait méprisé les plaisanteries, mais le grand-père du grêlé avait juré que la prochaine fois cela ne se passerait pas de même et qu'il tenait toujours une balle dans son fusil pour le père ou l'enfant, si jamais l'un ou l'autre croisait son chemin.Elevés dans ces haines traditionnelles, au courant de tous ces faits, les deux enfants étaient demeurés presque inconnus l'un à l'autre.Le seul lieu où ils eussent pu se rencontrer, l'église, ne les avait jamais vus réunis; tandis que Jean de la Brèche suivait assidûment les offices et le catéchisme, le grand-père du grêlé avait interdit à son petit-fils d'y mettre jamais les pieds sous peine des plus terribles châtiments.Et voilà que le hasard ou plutôt la Providence mettait en présence à l'improviste ces deux enfants de haine, et qu'au lieu de se fuir ou de s'injurier ils demeuraient face à face, curieux et intéressés, le cœur remué d'un désir de faire plus ample et intime connaissance.Jean de la Brèche reprit : — C'est vrai qu'on a toujours été ennemis dans nos familles.M.le Recteur enseigne au catéchisme qu'il faut pardonner pour que Dieu nous pardonne.Pourquoi ne viens-tu pas au catéchisme ?— 36 — — Grand-père l'a défendu.— C'est pourtant bien beau, les offices et les prières, et si tu savais comme la Sainte Vierge est bonne, et le bon Dieu, et sainte Anne ! — Grand-père dit que tout ça c'est des mô-meries ! — Oh ! le grêlé, est-ce que tu n'aimes point le bon Dieu ?— Je ne sais point.— Et la Sainte Vierge, et sainte Anne, tu ne leB pries donc pas ?— On ne m'a point appris.— Il faut apprendre, le grêlé.— Et qui m'enseignera ?— Moi, si tu veux.Jean de la Brèche avait dit ces derniers mot* d'une voix presque basse, timide, et il attendait anxieux la réponse.— Alors tu m'apprendrais les prières, dit enfin le grêlé qui descendit du talus et vint se placer à côté de Jean de la Brèche.— Tout ce que je sais, grêlé.— Veux-tu que nous commencions tout de suite ?— Si tu veux.Et sur le bord du chemin verdoyant, tout paré des fleurs de mai, les deux enfants s'assirent et répétèrent mot par mot, sans se lasser, le Pnlcr et VAvc.A partir de ce jour, ils eurent des rendez-vous mystérieux; le grêlé sut promptemént le* prières et le Credo, et son jeune professeur lui répétait maintenant en phrases naïves les enseignements du catéchisme.L'un et l'autre apportaient à cette touchante entreprise une égale ardeur, et ils s'étaient prii d'une vive et profonde affection.(Vpendnnl le grand-père du grêlé avait remarqué la préoccupation et les absences à certaines heures de son petit-fils; un soir, il le surprit faisant un signe de croix avant de se coucher : scandale inouï.Il dissimula sa colère, car il soupçonnait quelque manigance des prêtres, comme il disait en son langage, et résolut de surprendre celui qui endoctrinait son fils et de lui faire passer pour toujours le goût du métier.Si bien qu'un jour, au moment où les deux enfants, assis au pied d'un de ces calvaires rustiques, si fréquents en Bretagne aux croisées de* chemins, étaient tout absorbés dans leur pieuse leçon, un homme surgit devant eux, le fusil au poing.— Ah ! ah ! mes agneaux, je vous y prend» .Et patati, et patata ! .Et le bon Dieu par-ci, et la Sainte Vierge par-là ! Les deux enfants avaient reconnu du premier coup d'œil le terrible vieillard et se tenaient immobiles l'un contre l'autre, tout tremblants do frayeur.— En voilà assez de patenôtres.Toi, mon gars, rentre au logis et attends-moi, tu n'y perdras rien.Quant à toi, Jean de la Brèche, tu peux continuer tes oraisons; je connais quelqu'un qui va en avoir besoin, et les vieux comptes seront réglés d'un coup ! Cela dit, il jeta son fusil en bandoulière et partit à grands pas dans la direction de la métairie d'où Jean de la Brèche tirait son nom.L'enfant demeurait seul au pied de la croix; le grêlé s'en était allé en pleurant.Qu'allait il advenir ?il comprenait qu'un grand danger menaçait son grand-père.; jamais il n'arriverait à temps pour le prévenir, et, à genoux devant le Christ, il répétait d'un cœur plein d'angoisse toutes ses prières.Et tout à coup dans le lointain il entendit un coup de fusil.C'en était fait, mon Dieu ! le misérable avait tué son grand-père.Il s'élança courant à perdre haleine vers la métairie.En approchant, il vit un homme qui détalait à toutes jambes à travers champs : des paysans le poursuivaient avec de grands cris.Une angoisse inexprimable serra le cœur de l'enfant et il s'arrêta, ne pouvant plus avancer; les larmes ruisselaient sur son visage et, tout bas, il continuait d'invoquer la Sainte Vierge et sainte Anne.Il fallait marcher cependant, arriver, secourir son grand-père; d'un effort il se remit en route à pas de plus en plus lents.Devant la métairie, des gens étaient rassemblés déjà : à cette vue, il s'élança, traversa la foule et se précipita dans la salle en criant : — Grand-père, où est grand-père ?— Mais ici, mon lils, lui répondit une voix ferme et affectueuse.Grand-père était là sain et sauf qui lui tendait les bras ! Alors seulement, il aperçut un corps étendu sans connaissance sur le lit dont les rideaux étaient grands ouverts, le corps du grêlé fruppé d'une balle en pleine poitrine, sans connaissance, mort peut-être.En quittant le calvaire, devinant le funeste projet de son grand-père, il avait couru à travers champs pour prévenir l'aïeul de son nouvel ami, il était arrivé trop tard, les deux hommes étaient déjà en présence, et il n'avait eu que le temps de se jeter entre eux avec un grand cri pour recevoir à bout portant le coup destiné au vieillard, rachetant ainsi de son sang un siècle de haine.Mais il est des coupables qui ne sauraient échapper au châtiment : on retrouva deux jours après le corps de l'assassin pendu à un arbre dans un taillis.Le grêlé ne mourut point; après des semaines de souffrances, sa forte constitution triompha des suites de sa blessure.Pendant longtemps, il n'osa demander des nouvelles de son père, et quand il apprit sa triste lin il pleura longtemps, seul à l'écart.Il faisait maintenant partie de cette famille ennemie de la sienne pendant un siècle; et souvent on voit le vieillard et les deux jeunes gens, qu'il considère l'un et l'autre comme ses fils, prier au pied du calvaire pour le coupable.J.C.— 37 — VERS LA VICTOIRE La guerre .un châtiment.La guerre est entrée dans le monde avec_le péché dont elle est la suite et le terrible châtiment.Dieu peut bien donner une certaine prospérité aux méchants, laisser impunis en ce monde certains crimes des individus parce qu'il a toute l'éternité pour récompenser ou punir chacun selon ses œuvres.Mais les nations n'étant pas étemelles doivent recevoir dès ce monde, leur récompense ou leur châtiment.La guerre de peuples contre peuples est la forme la plus ordinaire dont Dieu se sert pour punir les nations qui se rendent gravement coupables.Dieu n'est ni un tyran ni un juge inexorable.Il est avant tout un père qui ne cherche que le bonheur de ses enfants.S'ils ont le malheur de commettre des fautes et de s'écarter do la bonne vole, il est toujours prêt à les recevoir et à leur pardonner au moindre signe de repentir sincère.Marie .notre Médiatrice.Mais comme l'homme coupable n'ose pas toujours s'adresser directement à celui qu'il a offensé, Dieu nous a donné une médiatrice en la personne de la sainte Vierge, la mère do son divin Fils et notre mère depuis que Jésus nous l'a donnée du haut de sa croix avant d'expirer pour nous.Une mère inspire toujours confiance, môme aux enfants les plus coupables et les plus dénaturés.Son amour est si grand qu'elle est toulours disposée à pardonner et à intercéder pour fléchir la colère du père Justement irrité.Marie est pour nous plus que la meilleure des mères de la terre.Elle est notre médiatrice et notre avocate auprès de Dieu; elle est le refuge des pécheurs, le secours des chrétiens.Elle a apparu souvent pour avertir les hommes des dangers qui les menaçaient, pour les supplier de quitter leurs mauvaises voles et de faire pénitence, s'ils veulent échapper aux châtiments prêts à fondre sur eux.C'est dans ce dessein miséricordieux qu'elle a apparu, en France, a la Salette en 1846, à Lourdes en 1858, à Pontmaln en 1871, et à Fatima, en Portugal, en 1917.Apparition de Fatima.A Fatima la sainte Vierge apparut six fois a trois pauvres enfants : Lucie, Hyacinthe et François.Ces apparitions eurent Heu du 13 mal au 13 octobre, une fols par mois, et toujours le 13, août excepté.Aux diverses questions posées par les enfants pour connaître le nom et le but de l'apparition, la Vierge répondit : "le suis Notre-Dame du Rosaire; le désire qu'on me bâtisse ici une chapelle dédiée à Notre-Dame-du-Rosaire.Si les hommes veulent la paix, il faut qu'Us se corrigent, qu'ils cessent d'offenser Dieu, qu'Us demandent pardon de leurs péchés et qu'Us ré- citent le chapelet en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire pour la paix du monde." Pour faire suite à la demande de Marie, une croisade de prières et de pénitence fut entreprise dans le monde entier.Elle ramena la paix dès l'année suivante.Le Portugal, terre des révolutions par excellence, au début du siècle, s'est transformé en un pays aussi heureux que prospère depuis que.répondant à l'appel de Marie, U lui a bâti le beau temple de Notre-Dame du Rosaire à Fatima; depuis que les fidèles s'y rendent en foules immenses, réciter le Rosaire; depuis que sous la direction sage et éclairée de Salazar, U a quitté ses mauvais sentiers et s'est engagé dans le chemin droit et lumineux tracé par les encycliques de notre saint Père le Pape, représentant de Dieu sur la terre.Pendant que les autres pays sont en proie à toutes les horreurs de la guerre la plus horrible qui se soit encore vue, le Portugal a été préservé et continue à loulr de la paix, grâce, sans nul doute, à la bienveillante et maternelle protection de N.-D.du Rosaire de Fatima.1 (1) Nos lecteurs trouveront des défaite supplémentaires sur cette apparition de Fatima en se reportant 4 L'ABFJLLE de novembre 1942, paqes 94 et 95.— 38 — La victoire par Marie.Puisque la guerre esl un châllmenl si terrible, elle ne cessera que lorsque les hommes en auront fail disparaître la cause en leconnais-sanl leurs fautes et leurs égarements et on auront fait pénitence; que lorsque s'élant tournés vers le bon Dieu, Ils en auront imploré le pardon 81 la fin des maux qui les accablent.Le recours à Marie, secours des chrétiens et reine de la paix, obtiendra la victoire plus sûrement et plus rapidement que tous les gros canons, les avions, les sous-marins et toutes les autres aimes des hommes, si puissantes soient-elles.Que peut l'homme seul, avec tout son génie et les moyens humains à sa disposition ?Bien peu de chose, sinon accumuler ces hécatombes qui affaiblissent bien les deux adversaires, mais sans hâter do beaucoup la victoire.L'histoire ancienne, colle du Moyen-Age, comme celle de nos lours, ne le prouvent que trop.Victoire .par le Rosaire.Lorsque les Albigeois, secte fanatique, ravageaient le sud de la France au treizième siècle, ni les troupes du roi, ni les prédications des meilleurs orateurs de l'époque ne purent les réduire ou les convertir.Mais sitôt que saint Dominique, suivant les Instructions de Marie, se mit à leur prêcher les mystères du Rosaire et à leur faire réciter le chapelet, ces farouches hérétiques se convertirent rapidement et tout rentra bientôt dans l'ordre.Vers 1570 les hordes musulmanes, déjà mai-tresses des Balkans, menaçaient l'Europe chrétienne.Les flottes et les armées turques s'apprêtaient à fondre sur l'Italie, lorsque le pape Pie V demanda aux princes chrétiens de s'unir contre l'ennemi commun.Comme humainement 11 y avait peu d'espoir de vaincre un ennemi si puissant, le pape invita tous les chrétiens à implorer le secours du ciel par la récitation publique du rosaire, le premier dimanche d'octobre.L'attenta du souverain Pontife no fut pas trompéo.Pendant que les fidèles du monde entier invoquaient la reine du ciel, la flotte chrétienne, bien que très inférieure à la flotte turque, n'hésita pas à l'attaquer dans le golfe de Lépante, le 7 octobre 1571.Uno victoire, aussi complète qu'inespérée, due au Rosaire, sauva encore une fois la chrétienté.L'homme s'agita .mais c'est Dieu qui mène.Aujourd'hui le danger est encore plus grand que sous Pie V.et l'on peut affirmer que le monde entier traverse la pire crise de son histoire.Jamais on n'a vu tant d'hommes, et si puissamment armés, s'affronter sur toutes les parties du globe.Cest une lutte de géants qui semble défier tou3 les pronostics.Quand tout parait perdu sur un point.Il se produit soudain un redressement qui déloue tous les plans des meilleurs stratèges.Voilà déjà quatre ans que dure cette guerre.Qui pourra en compter les victimes, tant parmi les combattants que parmi les civils ?.que de souffrances endurées I .que de ruines accumulées I .Il semble que tout le génie de l'homme.Saint Dominique recevant le rouira das mains de Maria.ses énergies et ses richesses, ne convergent que vers un but : détruire et anéantir tout ce qui s'oppose à son ambition, à sa cupidité .Quand et de quelle manière se terminera cette horrible boucherie ?Dieu seul le sait.Les chefs d'état, les meilleurs officiers de toutes armes, ne sont souvent que d'aveugles Instruments entre ses mains.Ils font leur possible, sans doute, et probablement sont-Us même persuadés que la victoire sera leur œuvre.Cependant ce ne sont que des pièces que Dieu manœuvre à son gré sur l'échiquier de l'univers.Lui seul peut faire échec et mat qui il voudra, quand il le lugera à.propos et de la manière peut-être la plus inattendue.Tous unis .pour la victoire.Sans être au front, exposés à lous les dangers; sans même travailler dans les usines à munitions, nous pouvons tous, et d'une manière encore plus efficace, contribuer puissamment à la victoire en suivant les conseils do la Vierge de FATIMA, c'est-à-dire en Implorant le pardon de nos fautes passées et en faisant pénitence; en évitant tout ce qui offense Notre-Seigneur; en récitant tous les Jours avec ferveur, Binon le rosaire entier, du moins un chapelet.Que le mois du Rosaire trouve donc toutes nos églises, et non les théâtres ou salles de vues animées, remplies à pleine capacité, par una foule pieuse et recueillie qui fasse un véritable assaut au ciel pour obtenir au plus tôt la.fin des misères qui affligent l'humanité et cette paix si désirée, promise aux hommes de bonne volonté.-39 — Le chapelet de l'oncle Jean Le chapelet de mère-grand Avait fait plus d'une campagne : Il était revenu.d'Espagne, D'Austcrlitz, d'Eylau, de Wagram; Car, depuis ses débuts, sous Hoche, Jusqu'à la fin du Conquérant, Un grenadier, notre parent, Avait toujours eu dans sa poche Le chapelet de mère-grand.Or, ce grenadier de la Garde, L'oncle Jean — comme on l'appelait — Aimait beaucoup son chapelet, Et d'en rire nul n'avait garde, Lorsqu'il l'égrenait dans sa main.Vu qu'il était d'humeur grognarde.Explosif comme une bombarde, Et sans aucun respect humain, Ce vieux grenadier de la Garde.« C'«st mon chapelet, disait-il, Qui m'a toujours remonté l'âme; Quand j'avais prié Notre-Dame, Mon élan était plus viril.Je me ruais dans la bataille, Et, sans même voir le péril, Au milieu des coups de fusil, Je frappais d'estoc et de taille.Et j'en revenais!.disait-il.Aussi, je disais des Ave, Le soir sous ma tente de toile.Et souvent a la belle étoile, La tête sur quelque pavé.Et, jusqu'à la chute de l'Aigle, Partout où je me suis trouvé, Chaque soleil qui s'est levé M'a toujours vu, — c'était ma règle, — Dire une dizaine d'Ave.Et, sauf plus d'une estafilade, Ou parfois du plomb et du fer Qui m'entraient entre cuir et chair.Je n'ai jamais été malade.J'ai pu, sans me rompre le cou, Prendre l'Europe en enfilade, Et, d'escalade en escalade.Aller de Madrid à Moscou : A peine quelque estafilade!.» Mère-grand nous parlait ainsi, D'après l'oncle, et, dans ses doigts pâles, I-ourd, comme fait avec des balles, Pendait le chapelet noirci; Et tandis que, sentant la poudre, Ce rosaire mal dégrossi Glissait sur son index durci.Devenu tout bleu de trop coudre, Mère-grand nous parlait ainsi ."ill'-.;¦.*• ?! ¦•¦•¦m.,': Un silence lugubre succéda à cette scène pénible.Tout A coup des cris plaintifs se firent entendre derrière la foule.C'était une femme, les cheveux épais, qui s'avançait avec peine, portant un enfant dans ses bras, en traînant un autre par la main.C'était l'épouse de Du mais qu'un homme avait été prévenir, précautions préalables.A ce moment, José, Jules et Arche arrivèrent sur les lieux.Celui-ci, d'un coup d'oeil, saisit tout le tragique de la situation.Il bondit vers Marcheterre, en se dépouillant de sea vêtements.Le jeune homme donna ses instructions : « Capitaine, dit-il, je nage comme un poisson ; ne craignes rien pour moi ; attachez-moi un câble léger sous les braa et laissez-moi faire !.> Arche plongea dans la rivière glacée.Les spectateurs respiraient à peine ; l'anxiété était è son comble.Lorsque après des efforts inouïs, Arche rej oignit le pauvre malheureux, Cuirais, malgré son état de torpeur apparente, n ' avait rien perdu de tout ce qui se flassait : un rayon d'espoir avait ui dans son cœur torturé par tant d'émotions.(A suivre.) — 48- -49 — CONCOURS D'OCTOBRE 10 II IX I» MOTS CROISES HORIZONTALEMENT 1.Déchirure — Angle plu» grand que 4S degrés.2.Synonyme de prestidigitateur.3.Genre de ruminant famille des cervidés — Nom de Celte de la Orande Bretagne et de l'Irlande.4.Longueur en aune Genre d'ombellifère araliacée comprenant les plantes qui restent toujours vertes.6.Article simple Abréviation de numéro.7.Se dit de quelqu'un qui suit des cours Cs sur quoi les élèves écrivont en classe.8.Note de la gamme Article simple en revers.9.Meuble sur lequel on mange Instrument pour enlever la terre.10.Appeler en Anglais — Liure moins une lettre.11.Lire à l'imparfait Du verbe dicter.12.Préposition latine signifiant vers.Genre de loranthacée vivant en parasite.Epoque.Adjectif possessif.13.Adj.poss.(plur.) Esau moins une lettre.VERTICALEMENT 1.Du vorbe aider Oui n'ost pas vite Eau entouré de terre.2.Ecrivain français né à Ville-Neuve Acide •n anglais.3.Mouvement rapide des paupières Partie basa d'une chose.4.Rhume moins une lettre Petite ville.5.Charpente du corps Seuil (mélangé).6.Ssigneurs chez les anciens arabes - - Cri de détresse note de la gamme.8.Oui n'a pas de mérite, pas de valeur — Pointe de terra qui s'avance dans la mer — Préposition.9.Article Indéfini - Nommer par voie de suffrage.10.Char romain à 2 ou 4 roues attelé de 2 ou 4 chevaux — Ce qui sert a faire avancer les avions.11.Titre de l'empereur de Russie Du verbe illutar.12.Sa dit des frères ou scaurs de la même mire mais non du même père.Epoques.13.Du verbe léser (mélangé) Présentement, des maintenant.— Liquida incolore, inodore, insipide.JOSEPH-M.ENCYCLOPÉDIE D'OCTOBRE 1.Avec quelle plante fabrique-1on la toile ?2.Qu'entend on par le marché noir ?3.— Pourquoi les œufs noircissent-ils l'argenterie ?4.—Quel est le plus rare animul ù fourrure ?5.—Qu'ont de commun les cinq mots : corolle, pé- tales, étamines.pistil, tige ?6.— Les grenouilles et les crapauds ont-ils des dents > 7.— Pourquoi les sauvages appuîcnt-ils l'oreille sur le sol pour écouter ?fi Pourriez-vous soulever un pied cubique d'or ?9.Pourquoi les pantalons de matelots sont-ils si larges du bas ?10.Quand le canal^de Panama fut-il ouvert à la navigation ?Métagrammt : Coupez ma téte et changez-la : tour à tour je deviens Aliment sain et bien français ; L'objet du désir de tout travailleur : Plaisir de plage pendant la chaleur : Les hommes et les singes sont les seuls qui en aient ; Celui qui malgré lui reste toujours petit ; Resplendissant de santé et de vie.Pettf problème : Bécassine va au marché.Elle a dans son panier une poule, des escargots, une salade qu'elle veut vendre.Elle vend tout, mais ne rapporte cependant que le prix d'une seule marchandise.Laquelle et Pourquoi ) Charade : Quoique je porte un nom vulgaire.Chacun m'estime et me chérit : C'est que mon entier désaltère.Mon un chauffe et mon Jeux nourrit.Enigme : Trouvez dans mes huit pieds, et dans le même mot.Deux êtres différents et de même origine : Je suis un grain qu'on sème et qui porte farine ; De plus, un peuple arabe ancien, semeur de maux.Anagramme : Vous en trouverez cinq en parcourant le monde.Brouillez alors mes pieds : voici l'égalité.Ce travail fut souvent celui du charcutier.On ne voit ce pillard travailler que sur l'onde.En pâture, guider les troupeuux encornés.Elle est chère, dit-on, à tous les cœurs bien nés.DEVINETTES : (Voir Réponses ailleurs.) 1.— Qu'est-ce qui marche la téte en bas ?2.— Si vous vous servez de moi avec soin, je suis tout le monde, mais si vous me grattez le dos e ne suis plus personne, qui suis-jc ?3.— Quel est le légume le plus important de l'histoire ?4.— Quel air a une femme habillée en rouge qui tombe d'un pont dans une rivière ?5.— De quel côté d'une cruche se trouve l'anse ?6.— Qu'est-ce qui est plus haut quand la téte n'y est pas ?RÉPONSES AUX CONCOURS DE SEPTEMBRE : A) — Encyclopédie : 1.- Mère Marie de l'Incarnation ; 2.- Un médecin ; 3.- La pupille ; 4.- Deux cavités supérieures : les oreillettes ; deux inférieures : les ventricules ; 5.- Par les artères et les veines ; 6.- Une pelle mécanique ; 7.- La traversée de New-York a Paris, seul et sans escale : 8.Un genre de route inventé par l'ingénieur MacAdam : 9.- Temple chinois : pagode ; temple musulman : mosquée ; temple juif : synagogue ; 10.- En 1924.par la Société St-Jean-Baptiste.— 50 — Allegro 1 a a_M G-1 ir p r =m En pas .sant par la Lor _ 1 .rai _ ne, À .vec mes sa _ bots,_ En pas .j^-r^rr^rJl r p r p i r r i rP^ _ sant par la Lor .ra.\-ne,Avecmessa.botsf— Rencon- .trai trois ca- pi .tai_nes,./4 .vec mes sa.bots Don- r h i f i 4= *1—-m Rencontrai trois capitaines Avec mes sabots Ils m'ont appelée : Vilaine.4 le ne suis pas si vilaine.Puisque le fils du roi m'aime.6 Il m'a donné pour étrcnne.Un bouquet (le marjolaine.8 Je l'ai planté sur la plaine.S'il fleurit, je serai reine.3 Ils m'ont appelé : Vilaine !.Avec mes sabots Je ne suis pas vilaine.Puisque le fils du roi m'aime.Il m'a donné pour étrenne.Un bouquet de marjolaine.Je l'ai planté sur la plaine.8 S'il fleurit, je serai reine.S'il y meurt, je perds ma peine.(Gracieuseté de l'abbé C.-E.Gadbois, Séminaire de St-Hyacinthe.) — 51 — MELIE Savez'vous que .Seulement 0.0045 d'once de radium est obtenu d'une tonne de minerai ; qu'il faut sept tonnes de produits chimiques pour traiter ce minerai qui exige plus de 23 traitements différents.Une once de radium est à peu prés du même volume qu'un gros pois et sa valeur est estimée à $700.-000.00.Chaque année on capture environ 34 000 000 000 de livres de poisson propre à la consommation évaluées approximativement à $744 000 000.00.Les molaires des éléphants peuvent atteindre des dimensions énormes—jusqu'à un pied de longueur h la couronne et à peu près autant de hauteur— et Qu'elles sont constituées par des lamelles parallèles et verticales.Ces même molaires ne sont pas fixées dans des alvéoles, mais qu'elles glissent le long de la mâchoire comme entre deux rainures.¦ A mesure que s'use leur couronne elles sont poussées de l'arrière de la bouche vers l'avant et quand à cause de leur usure elles ne peuvent plus remplir leurs fonctions, elles sont expulsées a l'état de fragment et que ce chicot ne présente plus que le trentième de la dent originale.Les pieds de devant des éléphants sont plus larges que ceux de derrière et qu'ils ont un contour presque circulaire.La circonférence d'un de ces pieds peut atteindre jusqu'à 68 pouces et que la hauteur de l'épaule est toujours le double de cette mesure et qu'ainsi les empreintes laissées sur le sol donnent au chasseur une idée de la grosseur de la lx-le ¦ JUMBO *.du cirque Barnum.tué dans un accident de chemin de fer au Canada pesait 13,335 livres.• La trompe de l'éléphant remplit la fonction de trois sens : le toucher, l'odorat et le goût et que de plus elle fait office de bras.Le poids d'une défense peut atteindre et même dépasser I 50 livres.La peau de l'éléphant a un pouce d'épaisseur et que malgré cela il est très sensible au froid.Le saut lui est interdit.Son enjambée pouvant atteindre 6 pieds, une excavation de sept pieds constitue devant lui un obstacle infranchissable.L'aspect de sa chair rappelle le bœuf mais la similitude s'arrête la.Le goût en est détestable, on croirait m&cher du carton et pourtant les nègres en sont friands.Les Lamantins, cétacés herbivores, eux aussi ont leurs molaires, quasi mobiles, expulsées de la bouche après usure.vie.HISTOIRES Un pasteur ayant acheté un cheval at une voiture partit avec son épouse pour une promenade a la ville voisine.En y pénétrant il lut sur une affiche : Vitesse 15 milles a l'heure.¦ Tiens I.dit-il à sa femme, prends les guides et conduis ; moi.je vais me servir du fouet : peut-être que la pauvre bete réussira à faire ses 15 milles à l'heure I » • Professeur.— Nommez les os du crane.Élève.— Les os du crâne sont .je ne les ai pas dans la tête A ce moment-ci.Patient nerveux.Souvent il me prend des envies de me tuer .que dois-je faire ?Docteur.Oh rien I .mon ami.laissez moi faire.• A la morgue.— Madame, nous avons plusieurs victimes correspondant A peu près a la description que vous venez de donner de votre malheureux mari.auriez-vous d'autres marques plus particulières qui le feraient distinguer assez facilement 7 La dame.— .Ah oui ! .il était sourd comme un pot t • Propos d'enfant : Albert.— Personne n'a un maire comme le nôtre I Jules.— Tu ne connais pas le nôtre pour parler comme Ç«- Albert Si tu le voyais, notre maire, avec son grand collier et sa chaîne.Jules.Nous autres, nous n'avons besoin de lui mettre ni collier ni chaîne, il ne se sauve pas.vie Différence entre un chameau et un ivrogne : Le chameau peut passer 8 jours sans boire, l'ivrogne peut boire 8 jours sans travailler.Manière d'écrire 100 en se servant des 10 chiffres : 50 1/2 + 49 38/76.Le Professeur : Quand l'eau devient glace, quel changement s'opère ?L'êieve : un changement de prix Monsieur MELOT — 52 — LES ENFANTS DE L'EXILÉ • par R.LIGHTONE et P.DESCHAMPS.S.M.M.(suite) Note: Remerciements au « Messager de[Marie, Reine des coeurs • auquel nous sommes redevables de cette magnifique histoire, texte et illustrations.Résumé de ce qui précède.- En voulant se défendre, Narleff a blessé Pétrowich Friedmann.Celui-ci le fait condamner à l'exil, et Narleff part sans avoir pu embrasser ses deux enfants qui, huit jours plus tard, deviennent orphelins.L'izba est vendue, et les deux enfants confies au Dr Vilna et au pope Turkeff.Sonia et Grégor souffraient en silence ; cependant ils paraissaient résignés, et se montraient pleins de reconnaissance pour les deux excellents cœurs qui les avaient accueillis et protégés dans leur abandon.D'ailleurs, ce silence des deux hommes avait une raison d'être.Dans lo mois qui avait suivi la condamnation de Wladimir, le docteur et le pope s'étaient concertés pour adresser au Tsar une supplique en faveur du condamné, qu'ils représentaient comme un excellent homme, incapable de l'action de violence dont on l'avait accusé.En réponse à cette supplique, ils reçurent un message de la cour de justice de Saint-Pétersbourg leur apprenant que leur recours en grâce avait été communiqué à la cour de Novgorod, seule qualifiée pour l'examiner.Et durant des mois, ils avaient espéré et attendu la décision des juges ; rien n'était venu, et peu à peu tout espoir les avait abandonnés.Sonia venait d'entrer dans sa deuxième année.C'était déjà une fillette grande et forte ; elle aidait courageusement la vieille servante Catherine dans les soins du ménage ; aussi Catherine Perlow n'avait-elle point assez d'éloges pour cette laborieuse enfant.Elle seule parlait du père absent.— Espère, Sonia, espère, ma fille ; Dieu est juste et bon, sa bonté fixera le jour de la justice et de la réparation.De son côté, Grégor, qui avait atteint ses neuf ans, était devenu le compagnon attitré du doc- teur avec qui il allait visiter les malades.Son intelligence très vive tirait un grand profit des leçons de choses et des notions élémentaires dont le bon docteur meublait son esprit dans leurs courses quotidiennes.Lorsque, le soir, tous se retrouvaient assis dans l'izba, près du poêle orné d'images, on causait de l'avenir des orphelins.Le pope et le docteur avaient les mêmes idées au sujet de Sonia.— Sonia Narleff, lui disait Vilna, travaille, mon enfant, nous ferons de toi, plus tard, une institutrice pour nos enfants d'Ourvaï.Tu auras aussi ton izba, qui verra, je l'espère, revenir un jour le cher absent.Quant à Grégor, j'en ferai un docteur qui prendra plus tard ma succession.Mais le pope ne l'entendait pas ainsi.| — Non pas, disait-il, Grégor Narleff sera pope comme je le suis moi-même ; réfléchissez, mon cher Vilna ! Ce petit, que le sort a confié à nos soins, sera bien plus heureux dans ma vieille église d'Ourvaï, qu'à courir les grands chemins, par les pluies, les glaces, comme votre métier l'exige.Ces discussions, qui revenaient souvent, n'altéraient en rien l'amitié que les deux hommes avaient l'un pour l'autre.Au fond do son cœur, chacun pensait qu'il laisserait l'enfant suivre sa vocation quand elle se dessinerait.Une année s'était passée depuis le départ de Wladimir, et les deux amis avaient abandonné tout espoir de connaître la retraite de l'exilé, quand, un matin, le pope entra tout essoufflé chez le docteur Vilna qui venait d'atteler son traîneau pour aller voir ses malades.— Voici du nouveau, mon ami, s'écria le pope en agitant une lettre, c'est une missive de Narleff.— De Narleff ?Enfin ! où était-il ?— Écoutez, mon ami, écoutez.Et le pope lut : SONIA Bon père, c'est la dixième lettre que j'écris au docteur ou à vous.Vous parviendra-t-elle ?Je ne vous dirai que ce qu'il faut dire pour être sûr qu'on la laissera arriver jusqu'à vous.Je ne suis point aux mines de Sibérie, comme vous avez pu le croire.La cour de justice de Novgorod a eu pitié de moi ; elle a prononcé l'exil pour dix ans, il est vrai, mais avec des atténuations dont je dois lui être reconnaissant.Je suis, depuis près d'une année, dans un village appelé Sélo-Narva, de l'autre côté du versant oriental des monts Oural, c'est-à-dire au seuil de la Sibérie, à quatre cents versets au Nord-Est de Perm.Je suis libre dans ce village, qui est assez grand et peuplé, mais je n'ai point le droit d'en sortir.On m'a permis de reprendre ici mon métier d'instituteur, et j'ai un nombre respectable d'élèves.Hélas ! les parents sont pauvres et mes ressources sont bien faibles.Copendant, je serais heureux si j'avais près de moi les êtres qui me sont chers.Mais je n'ose pas espérer ce bonheur, car ma pauvre Nadia était bien près de la tombe quand je la quittai ! Écrivez-moi, bon père, et dites-moi toute la vérité ; il faut aussi que Sonia et Grégor m'écrivent, s'ils sont encore près de vous.S'il en est ainsi, dites-leur bien que je les presse sur mon cceur.A vous, bon père, et au docteur, toute mon amitié.WLADIMIR NARLEFF.Enfin, nous savons, noua savons, s'exclamait le docteur radieux.Et quelle joie d'apprendre au'il n'est point là-bas, perdu dans le noir enfer es mines sibériennes.Encore neuf années, et du moins ses enfants pourront le revoir.Oui, murmura tristement le pope, à moins que le chagrin ne l'ait tué avant.— Que dites-vous ?Nous lui écrirons souvent, ses enfants aussi.Et puis quelle joie pour ces pauvres petits, quand nous allons leur apprendre cette nouvelle ! En effet, ce fut une bonne et douce soirée ; Sonia pleurait dans sa joie immense, et Grégor sautait de plaisir.Dès le lendemain, les deux enfants écrivirent une longue lettre qu'ils remirent au pope qui allait essayer de la faire parvenir.Elle parvint, car trois mois après, Wladimir Narleff en accusait réception, en disant tout le chagrin qu'il avait de la perte de sa chère compagne Nadia.A partir de cette époque, tous les trois mois une lettre vint de Selo-Narva et une année encore s'écoula.Cependant Sonia venait d'entrer dans sa treizième année, elle en paraissait porter quinze tant elle était grande et forte.Et puis elle était aussi plus raisonnable, plus réfléchie qu'on ne l'est d'ordinaire à cet âge ; le malheur l'avait rendue sérieuse.Chaque soir, Sonia, moins gaie, plus soucieuse qu'autrefois, savait amener la conversation sur l'exilé, et elle pressait de questions ses deux bienfaiteurs, sur la contrée qu'habitait Narleff.Elle apprit ainsi que jusqu'à Perm, on pouvait arriver en chemin de fer.Mais à partir de Perm, pour remonter vers le Nord, dans la direction des Monts Oural, il n'y avait point encore de voie ferrée.Cependant le trajet ne présentait pas de trop grandes difficultés.Jusqu'au-delà de la rivière de Kama, le pays offrait des ressources.Mais, plus loin, les contrées désolées apparaissaient ; c'était déjà les steppes inquiétantes qui donnaient une idée des attristantes plaines sibériennes.Alors, disait Sonia, notre père habite donc une de ces contrées désolées dont vous parlez, puisque Sélo-Narva se trouve sur la frontière Sibérienne ?Non, mon enfant, répondit le docteur, parce que Sélo-Narva se trouve situé au-delà de l'Oural central, et que cette contrée est fertile à cause de ses nombreux lacs, et des forêts qui y sont très vastes.— Et pour arriver à Sélo-Narva, combien de temps faudrait-il ?interrogea encore Sonia.Le docteur et le pope se regardèrent.C'était donc là le secret de Sonia 1 Oui, Sonia mûrissait, le projet d'aller là-bas, tout là-bas, retrouver l'exilé.— Mais, pauvre enfant, observa tristement le docteur, cela ne se fait pas ainsi.Il faut à la famille d'un exilé l'autorisation du Tsar, pour aller vivre auprès de lui.— Eh ! bien, dit-elle en se levant, j'irai moi-même demander cette grâce au Père, (ainsi nomme-t-on le Tsar en Russie), si voua voulez bien, tous deux, me le permettre.Ils comprirent qu'il n'y avait pas à refuser.Du reste, le voyage n'était pas impossible.Sonia était une jeune fille intelligente et raisonnable.Grégor, de son côté, n'avait pas tardé à s'enthousiasmer pour le projet de sa soeur.Il fut donc décidé que le docteur et le pope iraient conduire les enfants à Jaroslaw, d'où ils pourraient se rendre par chemin de fer à Saint-Pétersbourg.On ne s'occupa plus, dès lors, que du départ des deux enfants orphelins.Si pénible que lui fut la pensée d'avoir à se séparer bientôt de sa petite Sonia, la vieille servante, Catherine Perlow, ne combattit point son projet ; elle joignit tout simplement ses bons conseils à ceux de son maître et du pope.Un soir, on arrêta les dernières dispositions.Les petits emporteraient, pour les frais du voyage, 250 roubles ($132.00) pris sur leur avoir.On remettrait à Sonia deux lettres : l'une du docteur, pour l'un de ses amis, médecin à Saint-Pétersbourg ; l'autre du pope, pour l'une de ses sœurs, gouvernante chez une comtesse polonaise très influente.Sonia et Grégor s'étant agenouillés, le pope leur donna sa bénédiction.— 84— Le lendemain, le traîneau du docteur les emportait tous quatre.Le trajet fut long ; il fut douloureux surtout.Arrivés à Jaroslaw.Sonia et son frère dirent adieu à leurs deux bienfaiteurs, et montèrent dans le train.La jeune fille portait au bras un petit sac en cuir renfermant leurs papiers de famille et un portrait de Nadia, leur bien-aimêe mère.Vilna et Turkeff avaient, le même soir, repris le chemin d'Ourvaï.Ils étaient tristes et se taisaient.C'est bien cela, la douleur : on songe, on pleure et l'on se tait.Quand on parlera, ce sera pour dire une chose très banale, un petit rien, mais qui soulagera, tout comme un peu d'air pur remet le cœur prêt à manquer.— Belle soirée ! fit le docteur.-— Très belle, en effet : le ciel est partout étoile 1 — Oui, partout I Nouveau silence.Pour le rompre à son tour : Ils sont loin déjà ! fit le pope à voix basse.Oui, loin déjà ! Enfui, à la garde de Dieu ! reprit-il en levant lentement sa main vers le ciel.Le traîneau poursuivit sa route à travers la campagne silencieuse, déjà pleine des clartés indécises de l'aube matinale.(A suivre.) # Encourageons les bonnes revues.# Gagnons à la nôtre de nouveaux abonnés! .Les explosifs Des physiciens modernes nous ont enseigné que l'atome renferme une énergie extrêmement considérable et que si l'on pouvait trouver un moyen pratique de libérer instantanément l'énergie intra-atomique l'on disposerait de l'explosif idéal et de puissance maxima.La chimie nous met déjà en possession d'explosifs terriblement puissants, lesquels, lorsqu'ils sont appliqués ù des fins de guerres causent d'irréparables dégâts.D'où vient cette force ?il est remarquable que ces engins de destruction en se décomposant ne dégagent qu'une quantité d'énergie relativement faible.Les effets brisants sont dus à ce que cette énergie est libérée en un temps extrêmement court.L'un des facteurs les plus importants est la vitesse de détonation.La tetranitropentaérythrite (C (CH ).(NO ) ) atteint une vitesse de 9 180 verges par seconde — l'hexogène (C H N O ) dérivé nitré de l'hexa-méthylénetétraminc 9 160 verges l'acide picrique 7640 la trinitrotohicme 7 320 verges.— La chaleur d'explosion est aussi un élément à considérer dans la détermination de la valeur d'un explosif.Comme autres considérations il y a : a) La densité pouvant fournir un plus grand poids sous un volume plus restreint, chose importante lorsque l'on charge des obus, et c'est pourquoi les explosifs gazeux même sous haute pression et même liquifies sont nettement inférieurs aux explosifs solides.b) La stabilité chimique ; l'histoire dit ce qu'ont coûté les expériences ou mieux les inexpériences en ce domaine où des explosions intempestives ont causé des dégâts là où on n'en voulait pas.c) La facilité de préparation : en se servant des produits qui se trouvent sur son propre territoire.d) La sensibilité aux chocs songez que tout près de nous les plus violents explosifs, par exemple la cordite, sont soumis à une compression de 20 tonnes.! n parlant ainsi d'explosifs, une question se pose quel est le mécanisme même de la réaction explosive.C'est tout simplement la décomposition d'une molécule.-Pour décomposer une molécule explosive, même si sa chaleur de formation est négative, il faut lui fournir, tout comme à une molécule ordinaire une certaine quantité d'énergie que l'on appelle énergie d'activation.Pour que l'explosion puisse se propager à travers la masse de l'explosif il faut que l'énergie dégagée par la décomposition d'une molécule soit supérieure à l'énergie d'activation.Dans cette condition la molécule qui a explosé activera ù son tour la molécule voisine et ainsi de suite de proche en proche et si l'énergie dégagée est très supérieure à l'énergie d'activation, cette molécule pourra activer plusieurs molécules et par conséquent la progression dans plusieurs directions ira à une allure de plus en plus rapide.Dans les explosifs ordinaires, par exemple la dynamite, l'énergie est apportée par le passage de l'onde de choc explosive créée par le détonateur et entretenue par la réaction elle-même.Dans la combustion des poudres en vase clos, l'énergie est apportée par le choc des molécules gazeuses chaudes dégagées par la décomposition.La vitesse de combustion se ru proportionnelle au nombre des chocs moléculaires c'est-à-dire à la pression.Pour les explosifs d'amorçage 'azoture de plomb, fulminate de mercure) l'énergie d'activation passe directerrent des molécules en décomposition aux molécules voisines par phénomène d'induction moléculaire.Enfin lorsque la détonation est provoquée par une décomposition thermique, des températures de plus en plus élevées apportent l'énergie d'activation par suite de la répartition statique de l'énergie calorifique entre les différentes molécules.vie.- 55 Echos apostoliques.Depuis que je suis dans la Croisade, je vais à la messe cinq ou six fois la semaine ; autrefois, je n'y allais qu'une ou deux fois.Un croisé de l'Eucharistie doit avoir de la piété.Je n'ai pas eu de misère à faire dire la prière en famille.Je l'ai proposé à ma mère : • Si on faisait la prière ensemble, ça paraîtrait une famille chrétienne.— Oui, ce soir on la fera.• Et depuis, tous y prennent part avec joie.Papa dit que dans son jeune temps ca se faisait de même.En arrière de moi, en classe, il y avait un de mes compagnons qui voulait me dissiper.Je lui ai dit : « Quand le frère ne le veut pas, c'est le bon Dieu qui nous demande de ne pas parler.* Il a compris et ne cause presque plus durant la classe.La semaine dernière, en rentrant du bois pour les voisins, je m'en échappai un morceau sur les pieds.Loin de me fâcher et de sacrer, je regardai simplement mon insigne de croisé.L'autre jour, notre club revenant de jouer une partie, il y avait deux garçons qui parlaient de mauvaises choses.Je leur dis : • Vous n'avez pas le droit d'offenser Dieu de la sorte.- Ils s'en allèrent sans répliquer.Pour protéger l'innocence de nos petits frères Croisés, nous nous sommes cotisés, les Jecistes de onzième, pour faire disparaître d'une vitrine une statue immodeste.Après l'avoir payée bon prix, nous l'avons brisée en mille morceaux sous les yeux ahuris da la marchand».EU*» appelait cela un chef-d'œuvre, et nous, une ¦ cochonnerie ».Tout en restant dignes, polis et dans les limites de la loi, nous sommes décidés, au besoin, à descendre encore dans la rue pour faire respecter la morale et les yeux candides des tout petits.Mon cousin était malade, je lui ai tenu compagnie toute une après-midi de congé.Il en •tait tout heureux, et mon bon Ange aussi.De ce temps-ci, je communie presque tous les matins pour la conversion d'un voisin qui ne pra- tique pas.J'ai demandé à la sainte Vierge de'me réveiller pour la messe de six heures et demie,_et je ne manque jamais mon coup.A trois gamins qui complotaient pour faire marquer des dépenses Bur le compte de monsieur X., je fis convenir que c'était voler.Il y avait un garçon de dix ans qui profanait le nom de la sainte Vierge.Je l'empoignai et lui fis manger de la neige en disant : ¦ Ravale ton mot, et ne recommence plus si tu ne veux pas aller chez le diable manger du feu.> J'ai aidé une vieille dame que je ne connaissais pas à emporter ses paquets jusqu'à l'autobus.Quand j'avais envie d'étudier à haute voix, j'étudiais à voix basse, comme le demande le Frère.Je suis aussi resté toute une journée sans porter la main à la figure, par mortification.J'ai averti un camarade de se tenir tranquille pendant la prière.Depuis lors, il baisse les yeux et ne s'occupe plus de ses voisins.Tous les jours je fais une visite au Saint-Sacrement et le chemin de la Croix.J'ai dit à un marchand : - Pourquoi placez-vous des revues avec des mauvaises choseB sur la couverture, dans votre vitrine, monsieur?* Il m'a répondu : « C'est pas de tes affaires.» Le lendemain, les magazines avaient disparus ; preuve que le bonhomme comprenait la leçon.J'ai écrit à daiix camarades qui viennent de nous quitter pour entrer dans la vie religieuse pour les féliciter, leur demander des nouvelles du juvénat et les assurer de noB prières pour qu'ils deviennent do bons Frères comme notre profes- Dans notre bout, personne ne sacre.Des ga-barots qui passaient et refusaient de ramasser leurs gros mots l'ont appris à leurs dépens.Espérons que les yeux et les nez ombrés leur rappelleront le bon sens : un jeune chrétien n'insulte pas et ne laisse point insulter son grand Frère Jésus, ni sa Maman du ciel.L'APÔTRE.RÉPONSES AUX DEVINETTES 1.—Les clou» de chaussures.2.— Un miroir.3.— Les dates.4.— Elle a l'air de se noyer.5.— Du côté de dehors.6.— Un oreiller.SOLUTION DES MOTS CROISÉS DE SEPTEMBRE I.- HORIZONTALEMENT : 1.Wilfrid - Ad.; 2.Aloi - Faire ; 3.Goder - Mie ; 4.Ot ; 5.N.; 6.Rien ; 7.V.- Aulne ; 8.Ivresse - Va ; 9.Doute - Ain ; 10.Election - T.II._ VERTICALEMENT : 1.Wagon - Vide ; 2.lot - Vol ; 3.Lod - Rue ; 4.Fie - Etc.; 5.R - R - Set ; 6.If - As - I ; 7.Dam - Rue - O ; 8.II - Il - An ; 9.Are - Envi ; 10.De - Néant.-56 — h Dépari d'un ami Le lendemain malin, dès six heures, Réal se diriqe vers la.demeure de M.Géllnas.Aucune lumière dans la maison.Pierre auralt-il oublié sa promesse ?Réal frappe à la porte.11 sait que la chambre de son ami se trouve juste au-dessus.Un moment d'attente et il secoue de nouveau la poignée.Cette lois, une lumière s'allume.Cinq minutes plus tard, les yeux encore pleins do sommeil, la loto ébourilfée, Pierre descend prosternent l'escalier ot rejoint son compagnon.— Si je n'étais pas venu, tu passais tout droit, gros paresseux ?— J'avais demandé à maman de me réveiller, mais elle a oublié.— En route, dit Réal, et no perdons pas do temps; sans cela nous arriverons en retard.Les deux amis cheminent côte à côte dans la deml-obscuxilé de ce matin d'avril, d'un pas alerte, comme deux voyageurs nocturnes pressés d'atteindre le but de leurs pérégrinations La-haut, quelquos étoiles attardées scintillent encore.On dirait des yeux d'enlants qui les regardent curieusement.La lune projette uno lu mlère pâle qui lutte contre l'obscurité.L'ombre des poteaux do lumière barricade la rue, tous les arpents, tandis que deux silhouettes géantes marchent à côté de nos amis.— Pierre, dit Réal, coupant le long silence qu'ils ont gardé lusqu'alors, sais-tu que c'est une nouvalne d'actions de grâces que je commence aujourdhul ?— Je ne comprends pas.— Bien oui I papa et maman me permettent d'entrer au juvénat le mois prochain.Aussi, je vais remercier le bon Dieu de la grande grâce qu'il vient de m'accorder.— Chanceux I soupire Pierre.— Je vais prier pour toi aussi.— J'en ai besoin car, hier soir, maman m'a dit de ne plus lui parler de vocation.Cest toujours le même refrain : je suis trop Jeune I — Après la neuvaine, tu renouvelleras ta demande.— Je n'ai presque plus le courage.Ce n'est pas Intéressant d'essuyer de continuelles rebuffades.par Dollard des Ormeaux r Photo Pat Réal pari pour le Juvenal — Si tu veux suivre ta vocation, il te faut du courage pour triompher des obstacles.Tu n'es qu'au commencement de la lutte et delà tu faiblis.— J'ai besoin du secours d'en-haut.— Entrons le demander.Agenouillés côte à côte, nos amis entendirent pieusement la sainte messe.Le F.Directeur les remarqua et unit ses prières aux leurs pour que le bon Dieu éclaire les parents trop tendres qui font obstacle à la vocation de leurs enfants.A la fin de la neuvaine.Pierre renouvela sa demande.Hélas ! un nouveau refus vint refroidir son enthousiasme.Il se cantonna par la suite dans un mutisme respectueux, enviant le sort de Pierre qui déjà se préparait à partir en compagnie de Robert Lemay, un autre de ses compagnons de classe. Peu à peu, la rumeur se répandit parmi les écoliers que deux élèves de 7e année partiraient bientôt pour le juvénat.On chuchotait à leur passage et on se les montrait.Les plus hardis les approchèrent.On leur demanda d'envoyer de leurs nouvelles.Plusieurs se promirent de les imiter.Le lour du départ arriva.Le 26 mai au matin, plusieurs de leurs amis se rendirent au collège pour les saluer une dernière lois.Pierre Gélinas était là, rêveur, à côté de Réal Leclerc.— N'oublie pas de m'écrlre, dlt-il à son ami.— Entendu, c'est promis; dès la semaine prochaine, tu recevras une lettre.— Et tu prieras aussi pour moi.— Je ne t'oublierai pas.Les deux amis s'étaient adressé ces mots à la dérobée, car l'auto qui devait les conduire attendait à la porte.Après avoir donné une cordiale poignée de mains à tous les camarades, Jacques et Robert montèrent avec le Frère qui devait le3 accompagner.Réal Leclerc envoya encore un dernier bonjour à son ami pendant que la voiture démarrait pour disparaître bientôt à l'horizon.Ce départ impressionna vivement la plupart des élèves qui en furent témoins et plusieurs sentirent naître en eux le secret désir d'imiter un jour Réal et Robert.De retour à la maison, Pierre lança ces mots qui résonnèrent comme un reproche : — Si vous aviez voulu, je serais parti; maintenant, c'est fini.Et ce fut tout; il n'en parla plus.Une nouvelle étape de sa vie commençait.Jusqu'Ici la seule vue de Réal Leclerc lui avait été un stimulant pour le bien.Une solide amitié les avait unis, les avait acheminés par les sentiers du travail, et de la vertu vers un même idéal.Réal parti, qu'allait devenir le faible Pierre?N'allait-il pas être ballotté de côté et d'autre, comme un frêle esquif privé de son gouvernail ?Ces pensées ne traversèrent pas toutes son esprit, mais il sentit vivement qu'un vide venait de se creuser dans son existence et que, désormais, quelqu'un allait lui manquer : un véritable ami.Les premiers jours qui suivirent le départ de Réal n'amenèrent pas un grand changement dans la vie de Pierre.Il continua, par habitude, d'aller à la messe.En classe, 11 parut plus rêveur.Au sortir de l'école, désorienté, il semblait hésiter dans le choix de ses nouveaux amis.Heureusement, les premiers jours, Jacques Poitras lui épargna le souci de se trouver un compagnon.Il vint à lui comme à un confident sûr et lui confia ses prolets.— Est-ce que Réal t'a dit que j'entre au séminaire l'an prochain ?— Oui, lu es bien chanceux.— On est toujours chanceux quand on suit sa vocation.As-tu eu des nouvelles de Réal?— Pas encore, J'en attends d'un jour à l'autre.— Si nous allions au bureau de poste, peut-être y a-t-il une lettre pour toi.— C'est une bonne Idée, allons-y.Ils ne furent pas déçus.Il y avait, en effet, une lettre pour Pierre qui la saisit vivement.A gauche de l'enveloppe, on pouvait lire la provenance de la lettre.Pierre décacheta et lut : Mon cher Ami, Je m'empresse de t'écrire pour te donner de mes nouvelles.Déjà six jours depuis mon arrivée.J'ai fait un beau voyage.Un peu d'ennui le premier Jour; maintenant, Je suis très joyeux.Le juvénat est situé dans un jolie propriété boisée, tout près d'un magnifique étang.La chapelle est très belle.— 58 — A mon arrivée, le F.Directeur, a chargé un ju-véniste de s'occuper de moi : c'est mon "ange gardien"; très aimable.Comme ie serais content si tu venais me rejoindre; je prie tous les jours à cette intention.Tu salueras lacques Poitras de ma part.Dis-lui de m'écrire.Dans l'espoir de te voir ici bientôt, ie demeure, ton fidèle ami, Real Pierre passa la lettre à lacques : — Comme cela, dit ce dernier, sa lecture terminée, tu rejoindras Réal bientôt.— Peut-être; mais pas cette année, lacques ne comprit pas toute la déception que contenaient ces mots et se contenta d'ajouter : — C'est une belle vocation.Quant à moi, si je n'avais pas décidé de devenir prêtre, je ferais un Frère enseignant.Pierre ne répondit pas et mit la lettre dans sa poche.Une fois chez lui, il s'assit à sa table de travail, prit du papier et écrivit : Mon cher Réal : Un gros merci pour la bonne lettre.Je l'ai relue plusieurs fois, savourant les bonnes choses que tu me dis du juvénat.Je ne vis plus depuis que tu es parti; ma place n'est plus ici.Une pierre d'achoppement m'enlève presque l'espoir de te rejoindre jamais.Prie pour moi afin que je reste dans le sentier de la vertu.En ce moment, une crise de mélancolie me porte à me distraire, à m'étourdir.Ne m'oublie donc pas dans tes bonnes prières.Ton ami, Pierre signa, cacheta l'enveloppe, se prit la tète entre les mains et se mit à sangloter.Sa mère le surprit dans celle attitude et s'enquit de la cause de son chagrin.Pierre ne répondit pas.Le soir, Madame Gélinas fit part à son mari de ses appréhensions.Ce dernier se contenta de répondre : — Il faut le distraire; les vacances approchent, nous Irons camper au lac des Piles et nous l'amènerons.L'année scolaire se termina pauvrement pour Pierre.Pas d'ardeur à l'étude; messes et communions espacées; une autre façon d'agir : moins réservé, plus fier; peu scrupuleux sur le choix de ses compagnons, Pierre souffrait d'un mal inconnu.Le moyen de chasser le cafard I Se distraire, s'étourdir, comme il l'avait écrit à son ami.GAGNANTS DES CONCOURS DE SEPTEMBRE 1.Marguerite Dubreutl, Ste Anne-de-Bellevue; 2.Augustin Dussault, Donnacona; 3.Paul OueHette, Famham; 4.Gisèle Rouleau, 5677.St-Urbain, Montréal; 5.Gérard Mongeau, Farnham; 6.Paul-Emile Iléon.Almaville-en-Ba»; 7.Marcel Rochon.Lapralrle; 8.Yvon Gaqnon.Pointe-du-Lac.Il accueillit le projet d'aller camper au lac des Piles comme une libération après un dur mois de captivité.Là, du moins, pensait-il, loin de la ville, au grand air de la campagne, il oublierait son ennui; des distractions nouvelles lui défumeraient le cerveau et guériraient le mal indéfinissable qui le faisait tellement souffrir.A la distribution des prix, il se classa 15e sur 23 élèves, accusant ainsi un recul de plusieurs places.Le F.Directeur constata que Pierre n'était plus le même depuis le départ de son ami et craignait fort l'influence des vacances sur une âme déjà troublée.Aussi, lorsque Pierre vint lui serrer la main en lui souhaitant : bonnes vacances, le Supérieur ne put s'empêcher de lui dire : — Merci, Pierre; bonnes vacances à vous-même et, surtout restez le même.Pierre comprit, mais il savourait déjà le grand air et la liberté, Il sentait le besoin de "s'aérer".(à suivre) Photo P«l Aux pieds du bon Maître pour lui demander d'envoyer des ouvriers dans sa moisson Ils demandent à Dieu de bénir leurs bons parents pom qu'ils ne s'opposent pas à leur vocation «I Dieu les appelle.-59 — He Cfcrtét eat &oi.31 faut qu'il règne! Dieu le Père nous a créés par sa toute-puissance, et Dieu le Fils nous a ensuite rachetés par son amour et l'effusion de tout son sang.Nous appartenons donc à Dieu à double titre : par droit de création et par droit de rédemption.Il peut dès lors réclamer nos services et notre amour comme étant notre maître et notre souverain.Si les choses vont si mal dans le monde, c'est que la plupart des hommes ne veulent pas reconnaître Noire-Seigneur pour leur Roi et se refusent à le servir.C'est l'histoire du peuple hébreu qui se répète de nos jours.Au temps du prophète Samuel, les lulls ne voulaient plus du joug du Seigneur; ils réclamaient un roi comme en avaient les nations voisines.En vain Samuel leur représenta-t-il tout ce que roi exigerait d'eux : "Il prendra vos fils et vos filles; il prendra vos champs, vos vignes et vos oliviers pour les donner à ses serviteurs; il prendra la dime de vos maisons et de vos troupeaux et vous serez ses esclaves".Les Israélites persistèrent dans leur demande et obtinrent le roi qu'ils voulaient.Los hommes d'aujourd'hui ne veulent plus du Christ eux non plus.Il leur faut un autre maî- tre plus de leur goût.Les uns veulent satisfaire leurs caprices, leurs passions et suivre en tout la mode: les autres courent après le plaisir, les honneurs, les richesses, sans tenir compte des avertissements de leurs pasteurs.Qu'arrive-t-il alors ?Le bonheur qu'ils recherchent les fuit ou ne les satisfait pas.Trop souvent ce bonheur tant convoité n'est qu'un mirage trompeur qui séduit et désenchante, heureux encore lorsqu'il ne laisse pas d'amers regrets.Ce n'est qu'au service du Seigneur que nous trouverons la paix, la joie et le bonheur.Mais tant que le Christ-Roi ne régnera pas sur chacun de nous, comme sur notre pays, nous ne serons pas heureux sur cette terre et nous devons nous attendre à souffrir tous les maux annoncés aux Juils par le prophète Samuel.N'en voyons-nous pas déjà la triste réalisation au cours de cette guerre ?La conscription prend non seulement les fils et les filles, mais encore les pères et les mères.Le rationnement s'empare des produits de la terre au profit des autres, des soldats, serviteurs du roi ou du gouvernement.Les emprunts de guerre ou de la victoire prennent aux rentiers et aux ouvriers plus que la dîme de ce qu'ils possèdent ou de ce qu'ils gagnent.Pris dans l'engrenage de la guerre, il nous faut marcher: nous ne sommes plus LIBRES de reculer; nous subissons des conditions qui font de nous de véritables ESCLAVES.Ce Christ-Roi que les hommes rejettent et qui veut régner sur eux.n'est pas un tyran ou un maître dur.Il ne demande rien au-dessus de nos forces; il nous donne tout le secours dont nous avons besoin.Il ne nous garde aucune rancune de nos infidélités ou de nos fautes dès que nous les regrettons.Il court après la brebis égarée pour la ramener doucement au bercail.Au lieu de punir les coupables, il leur tend ses bras miséricordieux et leur offre son pardon, son amitié.Il ne réclame qu'une chose : notre cœur et toute notre affection.Il ne veut pas d'esclaves à son service et ne s'impose pas par la contrainte.Il veut uniquement des volontaires auxquels il promet les plus magnifiques récompenses.On dirait qu'il veut notre bonheur plus ardemment que nous-mêmes, et pour nous aider à surmonter notre apathie, il nous presse, nous supplie, pour ainsi dire, d'aller à IuL d'accepter son autorité, nous promettant en retour la paix et le bonheur : "Venez à moi, vous qui êtes tristes et accablés, je vous consolerai et vous soulagerai".— "Prenez mon ioug (c'est-à-dire acceptez ma loi, mes commandements) et apprenez de moi à être doux et humbles de cœur, et vous trouverez la paix et le repos de vos âmes; car mon ioug est doux et mon fardeau léger"."Mon fils, nous dit ce bon maître, donne-moi ton cœur".Oui.chers lecteurs et lectrices, donnons-lui tout notre amour; rangeons-nous sous l'étendard du Chris-Roi; marchons à sa suite: imitons-le.Dieu est charité, et notre amour envers Lui ne se prouve pas en parole, mais par l'observation de ses commandements.Or le premier et le plus grand commandemnt de Dieu c'est : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme.de toutes tes forces", tandis que le second lui est semblable : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".Toute la loi est renfermée dans ces deux commandements que Jésus Christ a si bien observés.Ecoutons-le : "Mon Père, me voici pour faire votre volonté".— "Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père".— "Mon Père, que votre volonté se fasse et non la mienne ! " Il ,\ poussé l'amour du prochain jusqu'à l'extrême limite, comme le prouvent son Incarnation, sa vie publique, sa Passion et surtout cette suprême prière sur la croix en faveur de ses bourreaux : "Mon Père, pardonnez-leur.Us ne savent ce qu'Us font".Ce même amour, 11 le demande comme marque distinctive de ceux qui veulent marcher à sa suite : "On reconnaîtra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres".Les premiers chrétiens furent si fidèles à ce conseil que les païens, étonnés, s'écriaient à leur vue : "Voyez comme Us s'aiment !" Si tous les hommes vivaient ainsi dans l'amour de Dieu et du prochain, nous n'aurions pas à déplorer cette affreuse guerre qui sème partout la misère, la ruine et la haine.Nous verrions au contraire régner partout la paix, le plus grand bonheur d'ici-bas; cette paix promise par les anges aux hommes de bonne volonté; cette paix que Jésus ressuscité souhaitait à ses apôtres à chaque apparition: "La paix soit avec vous I" — Cette paix qu'il leur laisse avant de monter au ciel : "Je vous laisse la paix, ie vous donne ma paix I " Voulons-nous goûter la paix avec Dieu"i.Observons ses commandements et évitons le péché.— Avoir la paix avec le prochain ?___Prenons ce prochain comme U est.avec ses défauts, et non comme U devrait être: sachons nous accommoder de lui et au besoin nous priver de quelque chose pour l'obliger et lui rendre service.Et maintenant, un peril examen.Ai-ie la paix avec Dieu, avec mon prochain, avec moi-même 7 Suis-le parfaitement heureux ?ma conscience ne me reproche telle rien ?.Si oui.tant mieux 1 .Si non.quelle en est la cause et que dois-ie faire pour la posséder ?.Une bonne résolution en conséquence, s'il y a Ueu. AIDE-TOI.LE CIEL T'AIDERA Les hommes combattent, mats c'est Dieu qui donne la victoire.Les lumières et les forces d'en haut sont nécessaires même aux plus grands capitaines qui ne rougissent pas de demander et de reconnaître l'assistance divine.Le Maior Général Pattou, commandant en chef des lorce8 américaines qui s'emparèrent du Maroc en novembre 1942, ne craignait pas de déclarer dans son communiqué officiel : "C'est ma conviction profonde que le grand succès qui a couronné, sur terre comme sur mer, l'expédition si hasardeuse de nos troupes d'invasion, n'a été possible que grâce à l'intervention de la divine Providence, manifestée de bien des manières." Nous constatons avec plaisir cetto manifestation pulique de fol en la Providence et souhaitons vivement que tous : gouvernements, chefs, soldats et civils Implorent plus fréquemment le recours divin et se rendent de plus en plus dignes de mériter la victoire qui assurera la paix et le bonheur à l'humanité entière.Le nombre 13 La sainte Vierge ne considère pas le nombre 13 comme de mauvais augure.Toutes ses apparitions de Fatima eurent lieu le 13; la première, le 13 mal, mois de Marie, et la dernière, le 13 octobre, mois du rosaire.Le 13 octobre prochain 11 y aura deux fols treize ans qu'eut lieu la dernière apparition.Prions plus que jamais, en ce jour anniversaire, Notre-Dame-du-Rosalre d'avoir pitié du monde et de lui redonner la paix."Mon Jésus, pardonnez-nous nos offenses, préservez-nous du feu de l'enfer et soulagez les âmes du purgatoire, surtout les plus délaissées".Prière que la sainte Vterge enseigna aux trois voyants de Fatima et qu'elle leur demanda de réciter après chaque dizaine du rosaire.Oraison jaculatoire au Christ-Roi : "Cœur de Jésus, pardonnez nos offenses et soyez notre Roi." ¦ 4?F 2 âT—.-• Une nichée de ieunes canards à l'eau.Vont-Us se noyer ?.Nos trois Jeunes amis semblent bien intrigués.Photo Rie — 62- Voici notre bicyclette N'est-ce pas qu'elle est tentante ?Tout abonné à L'ABEILLE a une chance de la gagner.— Chaque livret de "Mon abonnement à l'Abeille" vous donne droit à une chance supplémentaire.Toute personne qui nous enverra 4 abonnements à .75 sous, pour le Canada ou 4 abonnements à $ 1.00.pour les Etats-Unis, recevra son abonnement gratis, avec une nouvelle chance sur la bicyclette.N.B.— Plusieurs écoles nous ayanl demandé d'étendre la campagne d'abonnements à tout le mois d'octobre alin de donner plus de chances aux élèves qu'Intéresse la bicyclette, nous attendrons (usqu'en novembre pour faire le tirage annoncé dans "Mon abonnement à L'Abeille".Par suite de ce changement le coupon promis pour le numéro d'octobre ne paraîlia que dans l'Abeille de novembre.VIENNENT DE PARAITRE : a) Collection de l'Eveil.No 1.— PLANTES CURIEUSES DE MON PAYS, par Marcelle Gauvreau.Ce gentil volume illustre dans leurs couleurs naturelles quelques-unes des plus belles plantes de notre pays.Il plaira à tous les enfants.Couverture solide.Prix : $ 1.00; par la poste : $ 1.10.b) INVITATION A L'ETUDE, par Esdras Minville.Prix : $0.75; par la poste : $0.85.c) MAMAN MEDITE, par Lorenzo Gauthier, c.s.v.— 152 pages — Prix : $60; par la poste : $0.65.d) NOS DROITS MINORITAIRES, par l'abbé Wilfrid Morin.— volume de 430 pages — Prix : $ 1.50; par la poste : $ 1.65.e) BASES D'UNE CITE HEUREUSE, tract de Gérard l'élit.S adresser aux Editions Eid.s.3425, rue St-Denis, Montréal.— 63 —
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