L'abeille /, 1 janvier 1947, mai 1947
TABLE DES MATIÈRES Bassemblrment mariai à SaintHrieue .259 Notre-Dame du Cap .261 Martyrs du Christ .262 L'attentû'n à l'école .20S Le Frère Donat-Marie .266 Le paysan, chant .267 Le coin de la jeun* fille .268 Let Franco américains aux Etats-Unis .271 La gaieté française, article d'exportation ____ 272 Lei vocations .274 La file des mères .276 Jean-Marie de la Mennais .278 Fleurs de sang .280 Prière du soir .283 Jrvida, Ecole supérieure Notre-Dame .284 Je cours me confesser .L.285 Un brave petit montagnard .288 Comment on prend la liberté .287 Une mauvaise nouvelle .287 Bricolage, cabane d'oiseaux .287 Mots croisés .288 Pour les prix : La fin de l'année scolaire approche.Si vous avez l'habitude de donner des prix, n'oubliez pas que "L'Abeille" est le livre préféré des élèves, petits et grands.C'est en même temps la meilleure valeur pour le prix que vous y mettez.DOUZE années sont encore disponibles : 9 à $ 1.00 et 3 à $ 1.25 (Voir "L'Abeille" d'avril, page 254).• Aubaine : Si vous ne disposez pas d'un gros montant, vous pouvez quand même donner de nombreuses recompenses.Nous disposons de plusieurs centaines d'Abeilles non reliées, aux prix suivants : 20c.la douzaine pour les Abeilles antérieures à 1940, et 30c.la douzaine pour celles parues depuis 1940.port compris.Trois, quatre ou cinq de ces numéros attachés ensemble, feront de beaux prix, non dispendieux.Qu'on prollte de cette occasion unique.Placez votre commande de bonne heure et lolgnez-y le montant requis.Concours de Pâques : (voir "Abeille" d'avril, p.228).Nous avons reçu à date un bon nombre d'excellents concours, dont nous félicitons les auteurs.Mais nous aimerions à avoir l'opinion de la majorité de nos lecteurs, surtout des garçons, afin de leur donner l'an prochain, meilleure satisfaction encore, si possible.Il n'est pas trop tard pour participer à ce concours.Reliure de "L'Abeille" : Les abonnés qui désirent faire relier leurs numéros de "L'Abeille" devront nous les faire parvenir le plus tôt possible après la réception du numéro de juin.Chacun est prié d'enlever les broches.Prix de la reliure et retour par la malle : 75c .S'il vous plaît, joindre ce montant à votre revue.Aucun retour ne se fera C.R.ou C.O.D.Rectification : a) Un lecteur nous fait remarquer que le jeune artiste Hemi Crète (voir "Abeille" d'avril 1947, page 249) a fait son cours primaire à l'école St-Zotique ei non à l'école Vaudreull.b) Les ruines de St-Malo.parues en février 1947, représentent diverses vues de la maison natale de notre Fondateur, Jean-Marie de la Mennais.Ce détail ne nous avait pas été communiqué avec les photographies.• Coupon gagnant : Au moment d'aller sous presse nous n'avons pas encore reçu le coupon 13713 du mois de février.Que chacun de nos abonnés regarde donc à la page 167 de "l'Abeille" de février pour voir si son coupon porte ce numéro chanceux, et s'empresse de nous le faire parvenir pour que nous sachions à qui doit aller la deuxième bicyclette.S'il ne nous parvient pas avant le 15 mal, il sera annulé en faveur du numéro suivant.L'ABEILLE Paraît tous les mois, juillet et août exceptés.Publiée avea l'autorisation de Son Exo.Mgr l'évèque de Baint-Jcan, et la permission des Supérieurs.Directeur : Frère AHATOR-JOSEPH, La Prairie, P.Q.Un* messe est dits tous lea mercredis aux Intentions des abonnes.Enregistrée au CANADA comme matière postale de seconde classe. RASSEMBLEMENT MARIAL A SAINT BRIEUC (23 MAI 1946) Nous publions avec plaisir le compte-rendu suivant du rassemblement mariai qui eut lieu en mai dernier à Saint-Brieuc, France."De bonne heure le matin, des trains et des cars, venus de tous les coins du département, déversent leur petit monde sur la place du Champ-de-Mars.Les groupes arrivent, fanions en tête, en chantant des cantiques à la Vierge.Bientôt la place est noire de monde.Vers dix heures le cortège se forme.Les vingt-cinq mille petits gars et petites filles, encadrés de leurs dirigeants, s'en vont, en rangs serrés, chercher dans son sanctuaire la Vierge de chez nous.Puis c'est la descente triomphale sur la place de la Préfecture et la Messe en plein air sur les parvis de la cathédrale.A l'Evangile, notre évêque bien-aimé, Mgr Serrand, nous dit sa joie de voir ses enfants accourus si nombreux de tous les coins du diocèse.La messe s'achève.11 est près de midi.Le cortège se reforme et nous conduisons la Madone à la place St-Michel où aura lieu le "grand jeu mariai" de l'après-midi.Puis les gToupes se dispersent pour aller déjeuner sur l'herbe, qui dans la pittoresque Saint-Brieuc : La vallée du Gouedic et 1» viaduc de Toupin vallée du Couédic, qui sous l'ombrage des grands arbres de la Promenade, qui plus près afin d'avoir une meilleure place pour l'après-midi.Et le Grand Jeu commence.Tous ensemble on prie, on chante, on regarde se dérouler le grand drame de notre Rédemption et les multiples interventions de "Notre Dame Marie" en terre de France.Chacun oublie la fatigue d'une posture incommode.D'ailleurs la Dame n'est-elle pas venue rappeler qu' "il faut faire pénitence".Enfin la journée s'achève.A travers les artères de la cité, le long ruban chantant reconduit la Vierge chez elle, dans son beau sanctuaire de Notre Dame d'Espérance.Avant de partir, c'est Jésus-Christ qui semble remercier chacun de ces petits gars et petites filles d'être venus fêter sa Maman : un salut solennel du saint Sacrement clôture cette splendide journée.Puis, l'âme remplie de joie, chacun retourne vers son clocher, heureux d'avoir senti la grande Unité des petits chrétiens de France autour de leur Maman du Ciel.Quel contraste entre cette grandiose manifestation de 25,000 catholiques, et le — 259 — En haul : Grand Jeu maria] — Apparition de N.-D.de Ponlmain.En ban : La chorale et la Vierge (Notre-Dame d'Espérance).meeting de jeunes organisé par les communistes le dimanche précédent I Ce dernier comptait à peine 700 jeunes garçons et jeunes filles.par un temps épouvantable.Marie, en bonne mère, avait, sans doute, voulu montrer combien cette démonstration lui était agréable, et avait récompensé la générosité et la ferveur de ses enfants en leur envoyant cette température idéale, vrai sourire de Notre Dame.Frère GEORGES ( St-Quay-Portrieux ) RE: —BICYCLETTES.Plusieurs lecteurs auront un désappointement pour ne pas avoir bien compris les indications données en avril dernier.Après avoir publié la liste des numéros chanceux, nous demandions de nous envoyer les coupons indiqués comme les GAGNANTS.Au lieu de faire cela quelques-uns nous ont envoyé les listes où paraissaient les numéros chanceux.Tout le monde aurait pu en faire autant, puisque ces listes paraissaient dans toutes les Abeilles.Nous attendons encore le l" numéro : 13713 de février.Prière à son possesseur de nous l'envoyer au plus tôt.S'il ne nous parvient pas avant le 16 mai, nous l'annulerons et donnerons sa chance aux suivants.-260 - NOTRE-DAME DU CAP {Page frontispice) L'année 1946 a été marquée par de belles démonstrations en l'honneur de Marie da"s les principaux sanctuaires des pays chrétiens.Si la France tient le premier rang par le nombre de ces démonstrations : La Salette, Lourdes, Pontmain, Paris, etc., il convient de signaler aussi le voyage triomphal de la Vierge de Fatima à Lisbonne aux acclamations de plus d'un demi-million de fidèles, ainsi que la consécration de la Pologne à sa chère Madonne de Czestochowa, en présence de tous les archevêques et évêques et d'au-delà d'un million de pèlerins accourus de tous les coins du pays malgré les multiples dangers auxquels ils s'exposaient de ia part des Russes et des communistes.Au Canada, les sanctuaires dédiés à Marie, bien que très nombreux, sont moins connus.Cependant le sanctuaire national de Notre Dame du Cap-de-la-Madeleine attire de plus en plus les foules de pèlerins de toutes les parties du pays et même des Etats-Unis.L'année 1946 a vu plus de 308,000 pèlerins affluer aux pieds de N.-D.du Rosaire : environ 70,000 sont venus en groupes organisés, et les autres 238,000 y sont venus isolément.Un miracle, opéré grâce à la récitation du chapelet, fut pour ainsi dire l'origine de ce sanctuaire.La petite chapelle du Cap de la Madeleine était devenue trop petite.Le curé, l'abbé Luc Désilets, décida d'en construire une plus vaste.La pierre destinée à la nouvelle église, était extraite d'une carrière de la rive sud du Saint-Laurent.On attendait la formation d'un pont de glace sur le fleuve pour la transporter.L'hiver tirait à sa fin et aucun pont ne s'était formé.C'est alors que le curé Désilets, son vicaire l'abbé Duguay, et tous les paroissiens s'unirent pour obtenir du ciel la faveur désirée.Par la récitation assidue et persévérante du rosaire le pont se forma enfin et la première charge de pierre toucha la rive nord la veille de la fête de saint Joseph.A peine le dernier voyage effectué, le pont disparut comme par enchantement.Dix-huit mois plus tard les paroissiens laissaient la vieille chapelle pour entrer dans la nouvelle église.En reconnaissance «le cette faveur, le curé Désilets dédia alors l'antique chapelle à Marie, Reine du Rosaire, et résolut de faire tout en son pouvoir pour amener à ses pieds des pèlerins nombreux de tout le Canada et même de l'étranger.C'est alors que Dieu lui envoya le Père Frédéric, ancien missionnaire de Terre Sainte, pour lui aider à réaliser son désir.Pendant trente-six ans, de 1880 à 1916, le bon Père Frédéric parcourut les paroisses avoi-sinantes; peu à peu il créa un mouvement vers l'humble sanctuaire.Bientôt les foules y affluèrent par trains et par bateaux, et aujourd'hui on y vient par centaines de mille de tous les coins de l'Amérique du Nord.Marie se plait à reconnaître la pié'é des fidèles en les comblant de nombreuses faveurs spirituelles et temporelles.Les miracles opérés dans ce sanctuaire ne se comptent plus et sous peu elle aura un superbe temple qui ne le cédera en rien aux plus célèbres sanctuaires.F A-J.MOT D'ORDRE POUR MAI Tous les lecteurs de L'ABEILLE se feront un pieux devoir d'honorer leur bonne Mère du ciel pendant le mois de mai.Ils se rendront nombreux à la messe du matin, et le soir aux exercices du mois de Marie.Lançons-nous tous, chers amis, à l'assaut de la Reine du ciel pour la supplier d'écraser la tête du serpent infernal qui nous menace plus que jamais, et de donner au monde la paix si ardemment désirée. Ambassadeur Tout en soupirant après son retour chez les Iroquois, Jogues jeûnait et s'habituait à ne pas dormir afin de s'entraîner à la rude vie qu'il mènerait bientôt.Au mois de février, une nouvelle délégation iroquoise amena à Montréal Guillaume Couture, Kiotsaeton.six Iroquois et deux otages hurons.La nation mohawk désirait toujours la paix.Les chefs avaient accepté les présents offerts par Onontio et désiraient poursuivre les négociations.Couture affirmait que les Iroquois étaient de bonne foi.Le Père Jogues reçut des témoignages d'amitié de la part des délégués iroquois.On lui assura qu'il serait le bienvenu à Ossernenon et que sa place était toujours prête autour des feux.Il écrivit donc au Père Lalemant pour lui demander la permission de retourner chez les Mohawks.Il confia sa lettre à Couture qui devait faire le voyage de Québec.Ce dernier, libéré par les Iroquois, désirait demeurer maintenant parmi les Français.Il présenta la lettre de Jogues an Père Lalemant ainsi que sa requête personnelle.Pendant ce temps, le Père Isaac faisait sa retraite annuelle a Montréal.Un messager lui apporta la réponse du Supérieur.Ce dernier accordait la permission demandée à condition que le Gouverneur y consentît et que le conseil de Trois-Ilivières se terminât de façon heureuse.Jogues s'offrit à Dieu, prêt à accomplir sa sainte volonté.Le 7 mai, le gouverneur Montmagny présida à Trois-Rivières les assises finales du traité de paix.Français, Mohawks, Algonquins, Montagnais et IIurons y étaient représentés.Kiotseaton parla le premier.D'une voix suave et éloquente, il offrit de nouveaux présents et affirma l'intention de son peuple de conclure un traité de paix.Guillaume Couture fut le porte-parole des Français.Au nom d'Onontio, il offrit des présents aux Mohawks pour les féliciter de leurs bonnes dispositions; il leur remit un collier de mille perles en les assurant que le feu du Conseil serait toujours allumé pour eux à Trois-Rivières.Un chef algonquin offrit des peaux d'élan aux Iroquois et les invita à venir chasser sur leurs territoires.LTn festin clôtura le Conseil.Le gouverneur Montmagny déclara aux Iroquois qu'il avait l'intention d'envoyer deux ambassadeurs dans leur pays; le grand Robe-Noire, Ondes-sonk, et Jean Bourdon.Kiotseaton se leva aussitôt et accepta la proposition du gouverneur.Les Algonquins offrirent d'envoyer deux de leurs chefs avec les Français.Jogues était heureux de retourner au pays mohawk.Il se prépara, non pas pour un court voyage d'ambassade, mais comme s'il devait demeurer longtemps chez les Iroquois.En conséquence, il emporta tout ce qu'il fallait pour dire la messe et, en plus, des vêtements et toutes sortes d'articles qui devaient lui servir de présents.A titre d'ambassadeur, il revêtit un costume séculier avec bottes et chapeau à large bord.Le mercredi, 16 mai, les délégués français et hurons, accompagnés des envoyés mohawks, étaient réunis sur la rive pour le départ.Il y avait la aussi Jean de la Lande qui eût bien désiré accompagner le Père Jogues.La ville de Trois-Rivières était en fête.Les drapeaux flottaient sur las murailles.Au son du canon tonnant au-dessus de leurs tètes, les ambassadeurs s'élancèrent en canots sur le fleuve, acclamés par les gens massés sur la rive.Ils firent halte au fort Richelieu.Le reste du voyage s'accomplit sans encombres.Les indigènes arrivèrent saluer Ondessonk, le grand ambassadeur français.Le Père Jogues rencontra avec plaisir d'anciens amis : Theresa, la petite lluronne captive, sa vieille "tante", etc- — 262 — Des coureurs partirent dans toutes les directions pour annoncer qu'un grand Conseil aurait lieu à Tionontoguen, le 10 juin.Jogues profita de son passage à Osserne-non pour aller prier sur la tombe de René Goupil.Il retrouva l'arbre marqué d'une croix.On lui raconta que les deux guerriers qui avaient massacré René étaient morts d'une étrange maladie; le même sort avait frappé la femme qui avait coupé le pouce d'Ondes-sonk, ainsi que tous ceux qui l'avaient le plus torturé.Au Conseil, Jogues prit la parole.Il parla en chef, sans crainte aucune.Il rappela combien les Iroquois avaient été bien reçus par les Français à Trois-Rivières; comment ils avaient mangé au même plat, dormi côte à côte, et chanté à l'unisson des chants de paix.Il offrit des présents en signe d'alliance et félicita spécialement le clan des Loups de leur attitude vis-à-vis des Français.A la façon iroquoise, il cria en terminant : "hiro ! j'ai parlé." Les orateurs mohawks répondirent qu'ils acceptaient l'amitié des Français et qu'ils concluraient également la paix avec les Algonquins et les llurons.Le Conseil se termina dans l'harmonie la plus parfaite.De retour à Ossernenon, Jogues dut fournir des explications aux sauvages au sujet d'une petite malle noire solidement fermée à clef, qu'il avait laissée dans la case de sa "tante".Les Iroquois croyaient qu'il y avait quelque démon enfermé dans la boîte et que ce mauvais esprit les ferait périr.Ondessonk ouvrit et ferma la boîte devant eux en leur expliquant le mécanisme du cadenas.Il sor- II écriril an Para Lalemcml pour lui demander la permission de retourner chei les Mohawks.tit tous les objets de la malle et la tourna à l'envers pour montrer qu'il n'y avait rien de caché là-dedans.Les sauvages s'apaisèrent tout en ne paraissant pas convaincus.Ils promirent cependant de lui garder cette malle jusqu 'à son retour.Bientôt une délégation arriva en toute hâte pour avertir Ondessonk de retourner le plus tôt possible à Trois-Rivières parce que des Iroquois d'une autre nation étaient sur le sentier* de la guerre contre les Algonquins.Jogues, indigné, reprocha aux Mohawks de permettre à leurs alliés de faire la guerre à un peuple ami sur leur propre territoire.Les sauvages promirent d'empêcher les massacres, mais tout en conseillant aux Français de hâter leur départ.La délégation française et liuroiine s'embarqua donc à destination de Québec où elle parvint sans avoir rencontré d'ennemis.Le gouverneur Montmagny et ses conseillers furent ravis de ee que, du côté des .Mohawks tout faisait présager la paix.Jogues, sa mission diplomatique terminée, insista pour repartir immédiatement chez les Iroquois.Le l'ère Lalemant et les autres Jésuites trouvaient ce départ fort imprudent.Ils décidèrent donc que le Père Jogues hivernerait soit à Montréal, soit à Trois-Rivières.sauf si une nouvelle occasion se présentait de retourner chez les Iroquois.Isaac se rendit donc jusqu'à Montréal.Il y trouva les llurons fort soupçonneux au sujet de la loyauté des Mohawks, car leurs alliés, les Sénéeas et les Onéidas, avaient envahi le pays huron.Cependant le Saint-Laurent était paisible.Mohawks et Algonquins le parcouraient sans méfiance.Le Père Jogues en profita pour renouveler sa demande à son Supérieur.Une circonstance allait favoriser son départ.Les llurons, désireux de conclure une paix plus rassurante, décidèrent d'envoyer une nouvelle ambassade chez les Mohawks et demandèrent à Ondessonk d'accompagner Otrihouré et les deux autres envoyés.Le Père Lalemant consentit à laisser partir le missionnaire.Celui-ci décida de voyager en soutane.Jean de la Lande, ayant appris le départ du Père Jogues, demanda de l'accompagner.Le Supérieur le lui permit.Les deux amis se retrouvèrent donc heureux de retourner ensemble au pays des Iroquois et d'exposer leur vie pour le salut des âmes.Le lundi, 24 septembre, Jogues ayant donné la communion à Jean et fini de dire sa messe, descendit vers le fleuve on se trouvaient déjà Otrihouré, d'autres llurons et des Mohawks.Après les adieux aux Pères et aux autres personnes groupées sur le ri- — 263 — vage, Isaac el ses compagnons montèrent dans les canots cpii glissèrent vers le large.La troupe campa à l'emplacement du fort Richelieu, abandonne depuis les promesses de paix des Iroquois.Les Iliirons paraissaient inquiets.Ondessonk s'efforça de les rassurer, mais en vain.Leur intuition leur faisait soupçonner le danger.Ils décidèrent donc de retarder leur voyage et firent volte-face.Otri-houré, en tant qu'ambassadeur officiel, continua la route avec les Français.Bientôt les Mohawks qui servaient de guides s'écartèrent du groupe et prirent une direction au hasard.Ce départ à l'improviste ne faisait rien présager de rassurant.Les trois voyageurs pagayèrent des jours sur la rivière Richelieu sans rencontrer aucun Iroquois.Un silence inquiétant régnait partout.Parvenus aux rapides, Jogues et ses compagnons prirent leurs canots sur la tête et grimpèrent à travers bois.Bientôt une file de l'eaux-Rouges apparut dans le sentier.Jogues les appela.Ceux-ci disparurent, A un second appel, ils revinrent en grand nombre, dansant et vociférant des chansons de guerre.Ils brandirent leurs tomahawks couverts de sang coagulé et, saisissant leurs longs couteaux, ils taisaient semblant de vouloir mettre en pièces les deux Français.Jogues leur parla amicalement; les Mohawks se jetèrent sur lui et sur Jean, les piétinèrent et leur arrachèrent leurs vêtements.Des coureurs s'élancèrent pour annoncer la capture d'Ondessonk.Les Iroquois amenèrent leurs captifs sur-la place du village où régnait un tumulte assourdissant.Un certain nombre accoururent pour frapper les prisonniers, tandis que d'autres leur évitaient les coups et les protégeaient.Us furent finalement jetés dans une case derrière la palissade.Us étaient dans la tanière des Loups, leurs amis.La "tante" d'Ondessonk les installa sur une natte et leur expliqua comment s'était opéré le revirement dans les esprits.Plusieurs Mohawks étaient tombés malades; de plus, les champs de maïs avaient commencé à se dessécher.C'est alors que les sorciers avaient déclaré qu'un mauvais esprit enfermé dans la boîte noire qu'Ondessonk avait laissée chez eux était, la cause de tous les maux.Grâce à ce soupçon, le clan des Ours, favorable à la guerre, avait repris le dessus.Jogues comprit.C'était la lin de toute tentative de paix.Des amis lui dirent qu'un grand conseil aurait lieu la nuit suivante pour décider de son sort et de celui de Jean.{à suivre) DES AMIS DE "L'ABEILLE' - ' • - - 1 1- ¦¦• ! a^aB«L-^5W^ v '') 1 ''fi {% ¦j c m kcoi.k -1 ci .1:11 .1 i; i ' \oii:i îmmi- mm il» v, i*.q.- l v mu.-.Brlrntlflqur) I''1 fini lu- A tlroltp : - I .npnlil llulIllmiuU, Itollltul il- 'i .\ i Minuit E r .i m ti I n \ .Ilolllllfl m'.iini.rf.ii-.ii, i Trcinbliiy, Frôrr r.l.w .up.-.Artliur Gtninl, l .un - nt Trinhlu>.KrnitrU llufoiir.— 264 — ^'attention à i'écote Chères amies de L'ABEILLE, Que diriez-vous si je vous donnais aujourd'hui une clef d'or ?Eh bien ! lisez la pensée suivante : "L'attention est une prière que nous faisons à la vérité pour lui demander de se découvrir à nous, et la lumière en est la récompense." Cette parole de Malebranche contient une clef d'or, et cette clef d'or, qui ouvre à notre intelligence le ciel de la vérité avec touie sa lumière, c'est l'attention.Quand vous désirez une faveur de votre maman ou une grande grâce du bon Dieu, vous demandez, vous priez.La demande est la clef du trésor maternel, la prière est la clef des trésors de Dieu.Quand vous voudrez savoir, quand vous voudrez vous instruire, il faudra prier la vérité et employer une clef pour lui arracher ses trésors, la clef de l'attention.Une prière bien faite est toujours exaucée.Si votre attention à l'étude est parfaite, vous réussirez toujours; peut-être pas autant que vous le désireriez, mais vous réussirez quand même.Vous connaissez les conditions d'une bonne prière : il faut se recueillir, combattre les distractions, appuyer nos demandes de quelques sacrifices.C'est la même chose quand il s'agit de faire attention en classe.Un jour d'examen.Louise se plaignait de plusieurs insuccès.Savez-vcus ce qu'elle faisait au temps des leçons ?Elle regardait par la fenêtre chaque fois qu'il passait un avion dans le ciel, ou une auto sur la route, ou un piéton sur le trottoir.Nos yeux sont un des premiers obstacles à l'attention.Mais que pensez-vous de l'étudiante qui, laisant semblant d'être attentive, accueille tous les souvenirs importuns dans sa mémoire et tous les tableaux distrayants dans sen imagination ?Louise et cette autre étudiante se sont mises dans l'impossibilité de réussir; elles n'avaient peut-être pas la force de réagir.Quand vous êtes fatiguées, vous avez fait l'expérience de la difficulté qu'il y a alors à appliquer son esprit à l'étude.C'est pourquoi toutes les jeunes filles bien avisées évitent le surmenage des veilles prolongées, les soirées trop fréquentes au cinéma, et les sports exagérés.Mais le mauvais vouloir est plus perni- cieux que la fatigue.On le rencontre parfois chez les fillettes paresseuses, insouciantes de leur Instruction.C'est très vilain de ne pas vouloir faire attention; c'est presque cruel, puisque c'est se constituer aveugle volontaire des lumières de la science.Notre sens, notre imagination, notre mémoire, la fatiaue et la mauvaise volonté sont les principaux obstacles à l'attention parfaite.Heureusement que nous connaissons un remède souverain, capable de faire tomber toutes los difficultés.Ce remède, c'est la volonté.Quand nous voulons vraiment faire attention, je vous assure que nous savons bien prendre les moyens pour aider notre esprit.Les bruits qui montent du de hors sont méprisés, et les yeux s'attachen', clairs et pétillants, au tableau ncir.à la carte géographique ou à la page d'étud6.Lise est tout attention en classe L'imagination, "maîtresse d'erreur et de fausseté", est forcée au travail méthodique; le mémoire elle-même est accueillie, à la S6ule condition que ses souvenirs nous aident a mieux comprendre.Voici donc une bonne prière à la vérité : l'attention entière, confiante et persévérante.Votre succès aux examens finals est assuré si, ayant conscience de vos responsabilités présentes et futures, vous concentrez toutes — 265 — vos énergies sur vos travaux scolaires par une attention tous les jours renouvelée.Vous pouvez avoir confiance, car le vieux proverbe sera toujours vrai : "Aide toi et le ciel t'aidera".Votre prière à la vérité sera récompensée par une lumière qui réjouira votre intelligence, faite pour le vrai comme l'œil pour la clarté du Jour.Cest la lumière de la vérité religieuse, grâce à votre catéchisme de persévérance; la lumière de la morale chrétienne, grâce à votre petit traité de morale; enfin, la lumière des vérités naturelles, par des aperçus généreux sur l'histoire, la littérature et les sciences.Vous éprouvez dès maintenant une salis-faction Intime plus facile à goûter qu'à exprimer.Plus tard, vous jouirez de vos connaissances, particulièrement aux heures de loisir.Vous pourrez surtout exercer autour de vous une meilleure Influence.A dose égale de vertu, une femme instruite peut faire plus de bien qu'une ignorante.De plus, à l'heure actuelle, quel que soit votre rang spécial, il vous faut un certain degré de connaissances.Il vous faut d'abord des connaissances religieuses et morales, claires et précises, qui soient des conviclions, parce que votre rôle sera d'éclairer, de relever les courages, de soutenir les volontés chancelantes, par la force de vos exemples chrétiens.Il vous faut aussi des connaissances profanes pour savoir apprécier comme il convient les hommes et les événements de notre époque.Une femme de jugement éclairé, peut calmer des esprits agités ou pacifier de3 esprits étroits, et c'est là faire un bien immense à la société.Si la prière à Dieu, à la Très Sainte Vierge, est la clef du ciel, l'attention en classe est pour vous, chères étudiantes, la clef du succès dans vos études, comme la clef du rôle essentiel que toute femme est appelée à jouer dans la vie sociale actuelle.F.de J.Le Frère DON AT MARIE missionnaire en Ouganda Le 5 janvier dernier, un cablogramme du Frère Supérieur de la Mission de l'Ouganda, en Afrique équatorlale anglaise, annonçait la mort accidentelle du Frère Donat-Ma-rle, né Henri Trudel et natif de Montréal.Le Frère Donat-Marie comptait vingt et un ans de mission sous le soleil brûlant de l'Equateur, et H n'était revenu qu'une seule fois au pays nalal.Il venait de terminer sa retraite annuelle, avait renouvelé ses vœux perpétuels de religion et communié, le matin de l'accident.Sur le désir de son Supérieur, le Frère Donat-Marie partit pour la Mission de Mbarara, située à deux cents milles plus au sud, pour y tenir compagnie au Frère Directeur de l'école, durant le mois de vacances.A mi-chemin, sa motocyclette frappa un obstacle, probablement une termitière cachée dans l'herbe de la route.Projeté à quelques pieds en avant, il donna de la tête contre une pierre et perdit connaissance.Quelques heures plus tard, un chauffeur d'autobus le relevait encore inconscient et le transportait à l'hôpital le plus rapproché.Le Frère Donat-Marie expirait le lendemain, entouré de quelques confrères de sa communauté et muni des suprêmes consolations de l'Eglise."Nous avons perdu un de nos meilleurs missionnaires", écrivait le Supérieur de la Mission.Le Frère Donat-Marie possédait à un haut degré les vertus qui font le bon religieux; il était dévoué jusqu'à l'épuisement; — 265 — sa gaité proverbiale, fruit d'une paix qui semblait, chez lui, inaltérable, en faisait un confrère recherché de tous en communauté; il possédait aussi l'estime des Pères missionnaires, des prêtres noirs et de tous les indigènes qui le connaissaient." La mort du Frère Donat-Marie crée un grand vide dans le champ d'apostolat où il travaillait depuis vingt ans.Même avant sa soudaine disparition, les ouvriers apostoliques manquaient déjà en Ouganda.Aussi, avec quelle ordeur ce vaillant apô- tre de la jeunesse africaine ne doit-il pas supplier le Maître de la moisson de se choisir, dans nos écolej canadiennes, d'autres missionnaires qui iront, à sa place, porter la lumière de l'Evangi.e aux pauvres noirs de l'Afrique équatoriale que lui-même a tant aimés et pour lesquels il avait tout sacrifié ici-bas.D'après les notes lournies par le C.F.lOAS, missionnaire.Paroles de J.Aicard Musique du Fr.Gustave, I.C.Aà/h.(miîa^^i.v>m vru5Lut J>2ua, \tfi t/n^wU
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