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Titre :
L'Action catholique ouvrière.
L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. [...]

L'Action catholique ouvrière est l'organe mensuel de la Ligue ouvrière catholique publié à Montréal de 1951 à 1957. Il fait suite au Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique (1942-1947) et est suivi de Prêtre d'aujourd'hui (1958-1966), de Prêtres et laïcs (1967-1973), de Dossiers « Vie ouvrière » (1974-1978), de Vie ouvrière (1979-1990), puis de VO (1990-1997) qui, en fusionnant avec Carnets de VO (1996-1997), devient Recto verso (1997-2004).

L'Action catholique ouvrière, dirigée par Égide Sénécal, prêtre oblat, est destinée aux militants du mouvement de L'Action catholique ouvrière (ACO), qui peuvent être prêtres ou laïcs. Cette organisation a été créée par l'Église pour favoriser et alimenter un encadrement pastoral actif du monde ouvrier. La revue est rédigée par les aumôniers nationaux et diocésains de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC).

Ces rédacteurs ont manifesté un souci constant d'adaptation à l'évolution de la société québécoise, d'où une certaine ambivalence qui prend source dans leur attachement à la doctrine sociale de l'Église.

L'Action catholique ouvrière s'intéresse à tous les aspects de la condition ouvrière : salaire, syndicalisme, instruction, famille, etc. Elle publie enquêtes, reportages et articles de fond.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, vol. VIII, p.182-183.

COLLIN, Jean-Pierre, La Ligue ouvrière catholique canadienne, 1938-1954, Montréal, Boréal, 1996, p. 29-31.

Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1951-1957.
Contenu spécifique :
septembre 1953
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin des aumôniers des mouvements spécialisés d'Action catholique.
  • Successeur :
  • Prètre d'aujourd'hui.
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Références

L'Action catholique ouvrière., 1953, Collections de BAnQ.

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L'ACTION CATHOLIQUE OUVRIERE VOLUME III, No 8 SEPTEMBRE 1953 SOMMAIRE « Ils sont l'Eglise répandue dans le monde du travail.» .La Rédaction 370 Vision d'Asie : en marge d'un tour du monde .Mgr Joseph CARDIJN 371 Nominations .377 .Le rayonnement social de la L.O.C.dans le diocèse de Trois-Rivières .Paul-Emile PELLETIER, o.m.i.378 Nouvelle présidente diocésaine de Montréal .398 Retour du R.P.Sanschagrin au Canada .399 La voix du Pape : La Fête du Travail : les problèmes actuels du travail .S.S.PIE XII 400 Message à S.Em.le Cardinal Léger : « La paroisse, cellule sociale » .Mgr J.B.MONTINI 403 La vie des mouvements : 12e Session intensive de la L.O.C.409 18e Session intensive de la J.O.C.412 Deux témoignages qu'il faut lire .414- "L'Action Catholique Ouvrière" est publiée sous la responsabilité des Aumôniers nationaux et diocésains de la J.O.C.et de la L.O.C.Avec autorisation de l'Ordinaire.Rédaction et Administration: 1001, rue St-Denis, Montréal 18, P.O.Canada Conditions d'abonnement (de janvier à décembre) Abonnement régulier : $2.00 — Pour les Séminaristes : $1.50 Le numéro : 0.25 Editorial "M dont l C^atiôe répandue dans le monde du travail (S.S.Pie XII) Le Saint-Père vient d'envoyer à Son Eminence le Cardinal Léger, par son pro-secrétaire d'état Mgr Montini, un important message, à l'occasion de la prochaine semaine sociale d'Edmunston sur « la paroisse, cellule sociale ».L'influence de ce magistral document sera d'autant plus profonde qu'il a été adressé également aux catholiques de langue anglaise pour leur première semaine sociale tenue récemment à Antigonish, N.E.Ce message que nous reproduisons au complet, souligne d'abord le rôle providentiel de la paroisse dans la société moderne : « la première communauté de la vie chrétienne, communauté à la taille humaine, » « foyer de vie religieuse » et « cellule vraiment vivante et active du corps du Christ ».Il développe ensuite plus longuement la fonction sociale de la paroisse qui doit s'adapter aux conditions nouvelles de l'action sociale chrétienne et y collaborer efficacement.Et la lettre se termine par un salut spécial à la paroisse canadienne dont le Saint-Père « connaît les mérites qu'elle s'est acquis depuis plus de trois siècles au service du pays.» Après avoir rappelé que l'action bienfaisante de la paroisse canadienne est due d'abord à la valeur de ses prêtres, le Saint-Père précise la part des militants de l'Action Catholique : « Elle la doit au rayonnement de ses laïcs militants de l'Action Catholique, « par qui l'Eglise est le principe vital de la société humaine ».; ils sont l'Eglise répandue dans le monde du travail ou de la culture, sur les chantiers et dans les foyers, et leur présence y est un ferment de régénération chrétienne.» Saurait-il être témoignage plus autorisé et plus éloquent sur le rôle des militants d'Action Catholique qui « sont l'Eglise » dans leur milieu ! N'est-ce pas en même temps une pressante invitation à nos paroisses de tout mettre en oeuvre pour promouvoir de solides sections d'A.C, d'où les militants iront porter le message évangélique dans leurs milieux propres de vie profane ?C'est ainsi que nos paroisses seront de véritables paroisses-missionnaires qui continueront leur mission providentielle au pays.La Rédaction — 370 — En marge d'un tour du monde.VISIONS D'ASIE par Mgr Joseph CARDIJN fondateur de la J.O.C.Dans L'Action Catholique Ouvrière de février 1953 nous relations un bref interview de Mgr Cardijn à la veille d'entreprendre une « grande tournée jociste » aux Indes.Nous sommes heureux de publier les impressions du « Père du jocisme mondial » sur sa prise de contact avec l'Asie.Nous comprendrons mieux le rôle providentiel réservé aux militants jocistes et lo-cistes dans l'ascension des masses ouvrières dans ces immenses pays dont dépendra le sort du monde de demain.Au moment où nous allons sous presse nous recevons des nouvelles de Mgr Cardijn qui est parti de Bruxelles le 29 juin dernier avec deux dirigeants du Bureau international pour une autre importante « randonnée jocistç » de trois mois en Afrique, particulièrement au Congo belge.Il se recommande aux prières de tous les jocistes et de leurs amis.Les lecteurs de l'Action Catholique Ouvrière se feront un plaisir de répondre à l'invitation de l'infatigable fondateur de la J.O.C.La Rédaction.Ce fut vraiment un voyage « à vol d'oiseau ».Parti de Bruxelles le 20 novembre 1952, j'y suis rentré le 4 mars 1953, ayant survolé la France, l'Italie, la Méditerranée, le Proche-Orient, le Pakistan, l'Inde, Ceylan, les Philippines, le Japon, l'Océan Pacifique, les îles Hawaï, San Francisco, Miami, Cuba, l'Est des Etats-Unis, l'Océan Atlantique, la Hollande et la Belgique.En quelques jours, j'ai relié les centres les plus importants du monde : Rome, Beyrouth, Bagdad, Karachi, Bombay, Colombo, Madras, Madura, Ernakulam, New-Delhi, Calcutta, Manille, Tokio, Honolulu, San Francisco, La Havane, Chicago, Washington et New-York.J'ai pu faire des randonnées en auto dans les régions les plus différentes de l'Inde, de Ceylan, du Japon ; assister à des conférences et des rencontres internationales sur les problèmes les plus passionnants de l'heure, voir et consulter — 371 — les personnes les plus représentatives de notre temps.Tout cela a fait sur moi un choc que je croyais impossible à mon âge1.L'ASIE, CONTINENT DE LA FAIM Je l'ai découvert une fois de plus, le monde nouveau, avec ses dimensions, ses problèmes, ses dangers et ses menaces, ses possibilités et ses richesses.et par-dessus tout l'incommensurable champ de mission que l'Asie offre à l'apostolat, à l'apostolat des missionnaires-prêtres, religieux et laïcs, hommes et femmes — à l'apostolat de l'Eglise.L'Inde compte 360 millions d'habitants, le Pakistan 80, Ceylan 10 ; l'Asie dans son ensemble : 600 millions au Sud de l'Himalaya, plus 700 millions au Nord, soit en tout plus de 1 milliard 300 millions d'hommes ; plus de la moitié de l'humanité ! Et cette population d'Asie augmente chaque année de plus de 20 millions ! Toutes les images qu'avaient fait naître mes lectures passées se sont évanouies devant le peuple de l'Inde ; la rencontre d'un peuple hautement civilisé, un peuple doux, poli, distingué ; des femmes respectées, drapées dans leurs longs vêtements aux plis harmonieux qui les font ressembler aux plus belles statues de l'antiquité ; des enfants nombreux, aimés et soignés ; un accueil ouvert, hospitalier, à la fois gracieux et discret, des danses et des chants, des guirlandes et des fleurs, des bijoux et des ornements qui, chez les plus pauvres et dans les slums2 les plus horribles, révèlent un grand peuple, un peuple de race, avec de grandes vertus naturelles.Et c'est une crainte qui vous saisit instinctivement : ce peuple ne va-t-il pas perdre ses vertus, ses richesses, ses qualités naturelles au contact de la civilisation occidentale ?Et on se rappelle la gêne qu'on a ressentie soi-même, en voyant les réclames et les films américains en contraste avec ces mœurs dignes, respectueuses du sexe, de la pudeur et de l'amour.Le peuple indien est profondément religieux.Il donne un sens sacré aux êtres, à la vie, aux institutions.Quand on entre dans les temples et qu'on suit les cérémonies, les offrandes et les prières ; quand on voit, dans les maisons et devant les portes, les autels, les inscriptions, les signes religieux ; quand on contemple les foules immenses, hommes et femmes, enfants et jeunes, à des processions, des péleri- 1.Mgr Cardijn venait d'atteindre ses 70 ans quand il entreprit ce long voyage.2 Quartiers de taudis.— 372 — nages, des fêtes religieuses ; quand on constate l'absence complète de respect humain, de scepticisme, de raillerie et d'attaques à l'égard de la religion, on se demande avec angoisse ce que réservent à ce peuple des doctrines, des conceptions et des méthodes, non seulement vides de toute idée religieuse, mais radicalement et inexorablement hostiles à toute signification et à toute portée religieuse de l'homme, de la vie, de la famille, du travail et de la société.L'Asie est le continent de la faim, de la mortinatalité, de la mortalité infantile, de la vie la plus courte, des épidémies, des taudis, des sans-logis, des mendiants et des analphabètes.Pour des centaines de millions d'hommes, pas de médecins, pas d'instituteurs, pas de sages-femmes, pas d'infirmières, pas d'hôpitaux, pas de sanatoriums, pas de médicaments.Les statistiques sont effrayantes.Et en face de ces besoins meurtriers et destructeurs, des ressources économiques inépuisables, tant dans l'agriculture que dans le sous-sol minéral, dans l'élevage, dans les industries, dans la construction.Il suffirait de capitaux et de personnel pour faire de l'Asie le grenier du monde.Le prolétariat d'Asie était hier surtout un prolétariat rural, victime du servage et de l'usure.Aujourd'hui le prolétariat rural est en train de se transformer ou plutôt de se compléter d'un prolétariat ouvrier.La naissance et l'extension des villes tentaculaires et d'une industrialisation inévitable se fait aujourd'hui sans aucun frein moral ni social.Une masse populaire inorganisée et inculte est abandonnée, impuissante, à l'exploitation la plus honteuse.Bas salaires, longues heures de travail, accidents, chômage, travaux lourds pour les femmes et les enfants, absence d'organisations syndicales libres et fortes : toutes les causes de la prolétarisation s'abattent à la fois sur des masses qui, aujourd'hui impuissantes, seront demain les arbitres de l'ordre, du progrès et de la paix.Faut-il être aveugle pour ne pas le voir ?Il suffit de réfléchir un instant aux situations pour voir surgir les problèmes.La population de l'Asie décidera de la population du monde.Aucune force technique ne pourra empêcher ce phénomène.Les races de couleur décident de l'avenir de la race blanche.Il y eut dans le passé tant d'injustices, d'abus, d'erreurs et de préjugés qui, à eux seuls, expliquent les différences de niveaux de vie, de culture, de civilisation, avec toutes leurs conséquences d'oppositions et de méfiances.La lutte des classes qui a ravagé nos pays d'Occident sera-t-— 373 — elle suivie de la lutte des races qui ravagerait, elle, tous les continents ?Le Communisme ?Je l'ai rencontré partout, dans toutes les villes, toutes les usines, tous les quartiers de slums, tous les villages.C'est le mouvement le plus dynamique, le plus missionnaire du moment.Il exploite à la fois les contrastes à l'intérieur des pays et des régions, et les oppositions avec l'extérieur.Et le terrain s'y prête admirablement.Le continent de la faim offre le meilleur bouillon de culture à sa propagande.C'est quand on réunit, dans une vision d'ensemble, les situations et les problèmes, qu'on voit le tournant auquel le monde et l'humanité sont arrivés.Il ne s'agit plus d'attendre si on veut prévenir une catastrophe finale.Et ce n'est pas la peur qui peut guider les recherches et les solutions ; c'est l'amour, c'est le respect de la vérité ; c'est la certitude du progrès, du bonheur, du salut pour les petits et les plus humbles, qui doit insuffler l'Esprit créateur, qui doit renouveler la face de la terre : « Emitte spiritum tuum et creabuntur Et renovabis jaciem terrae.» L'EGLISE EN ASIE L'Eglise jouit, en Inde et en Asie, d'un prestige inouï.Les Universités, les collèges et hautes écoles, les institutions d'assistance — pour malades, lépreux, aveugles, sourds, muets, tuberculeux, orphelins et pour tous les déshérités — qu'elle a fondés, lui ont mérité l'admiration et la reconnaissance des autorités et des masses.La célébration du 19ème Centenaire de l'arrivée de l'Apôtre Saint Thomas aux Indes, et celle du 4ème Centenaire de la mort de Saint François-Xavier ont été l'occasion de mesurer la grandeur de la tâche et de l'héroïsme des missionnaires.Aujourd'hui que l'Eglise est « établie » dans la plupart des pays du continent, avec sa hiérarchie, son clergé, ses rites différents, il faut mesurer, à côté de l'œuvre accomplie, la tâche immense à réaliser.Le bloc asiatique n'a pas encore été entamé.Les chrétiens sont restés à la frange, au bord, à côté, parfois à distance ; ils ne sont pas le levain dans la pâte.En contemplant l'Asie, on se pose la question : Le christianisme est-il devenu un christianisme occidental, européen, blanc, compromis avec les erreurs et les abus que les peuples blancs, occidentaux et européens ont commis en Asie ?Il ne — 374 — faut pas hésiter à étudier le problème.Mais il faudra surtout, devant les besoins de l'Asie et les structures nouvelles du monde, revoir les méthodes et les moyens d'Evangélisation.Le problème social à quelque point de vue qu'on le regarde — rural et ouvrier ; professionnel, économique ou social ; hygiène, ressources, sécurité, durée, conditions et rétribution du travail ; culture et éducation de base — exige l'attention, la participation, l'action de l'Eglise ou de ses membres.En vue de cette action dans le bloc asiatique, il faudra repenser la multiplication et la formation du clergé et des missionnaires, leur utilisation et leur distribution dans l'enseignement, dans le ministère paroissial et dans l'action sociale.Mais en Asie, moins que dans n'importe quel continent, l'apostolat sacerdotal et missionnaire ne suffira pas à la tâche missionnaire.Il faut des médecins, des instituteurs, des assistants sociaux, des accoucheuses, des infirmières, des dirigeants et des militants de l'action ouvrière, syndicale et sociale, des éducateurs de base qui, dans tous les milieux ruraux, urbains et industriels, coopéreront ensemble à l'œuvre gigantesque du relèvement des peuples d'Asie.C'est à les multiplier, à les former, à les soutenir que devront être consacrés les efforts pour préparer et équiper un laicat indigène qui demain pourra seul répondre aux besoins et valoriser une Eglise indigène en Inde, au Japon et dans tous les pays d'Asie.Il ne faut pas se le cacher, le problème missionnaire dépasse en Asie toutes les dimensions qu'il a dans les autres continents et toutes les dimensions qu'on aurait pu prévoir dans le passé : 1,300 millions d'hommes, qui augmentent de 20 millions chaque année.Cette masse humaine est païenne, ce qui ne veut pas dire antireligieuse ni areligieuse.L'Eglise y compte 12 millions de membres, mises à part les Philippines qui appartiennent à un autre monde.Si l'Eglise y enregistre chaque année 200,000 conversions, c'est un record ; mais ce sont 200,000 en face de 20 millions de nouveaux païens chaque année.C'est l'histoire qui recommence, mais à une allure qu'on n'a pas pu prévoir : comme elle a autrefois conquis l'Europe, l'Eglise peut gagner l'Asie et tous les continents.La moisson est grande ; prions le Maître qu'il envoie des moissonneurs pour la moisson.LA J.O.C.EN ASIE J'ai rencontré des sections et des fédérations jocistes dans tous les pays d'Asie que j'ai visités.Aujourd'hui, elles sont trop souvent dispersées, sans lien suffisant entre elles.C'est la grande œuvre qui — 375 — doit commencer immédiatement : la coordination des groupes dans chaque pays, la coordination entre les pays pour former le secteur asiatique du mouvement jociste international.Ce sera le front le plus large et le plus profond.Puisse-t-il être le front le plus dynamique.Les sections que j'ai rencontrées me laissent plein d'espoir : une nouvelle J.O.C.est là, avec un nouvel élan et un nouvel héroïsme.Puissent nos militants rencontrer et recevoir l'encouragement et l'assistance dont ils ont besoin ! Les anciens et les anciennes jocistes, aujourd'hui missionnaires en Asie, peuvent beaucoup les aider.Les résultats qu'ils ont déjà obtenus sont des garanties pour l'avenir.La J.O.C.internationale y enverra des équipes jocistes pour faciliter le démarrage de nouvelles sections et la formation des dirigeants et des militants indigènes.Ceux-ci seront invités au siège de la J.O.C.internationale pour des stages de formation.Des sessions sacerdotales permettront à des séminaristes et à des prêtres d'Asie qui étudient en Europe de se mettre au courant des méthodes jocistes.Et les missionnaires, hommes et femmes, pourront venir prendre « un bain jociste » avant leur départ.Comme l'a montré la Journée de la J.O.C.internationale, célébrée le 26 avril, la J.O.C.de tous les pays et de tous les continents est solidaire de la J.O.C.d'Asie.Le front international de la nouvelle jeunesse travailleuse du monde sera un gage d'union, de solidarité, de collaboration entre les travailleurs de toutes les races, de toutes les couleurs et de toutes les langues.Quelques différentes que soient les sections jocistes, dans le monde entier, elles parleront toutes une seule langue : la langue du respect et de la compréhension mutuels, la langue de la justice et de la fraternité, la langue de l'Amour.COLLABORATION INTERNATIONALE Pendant mon séjour se sont tenues en Inde et dans l'Asie du Sud-Est plus de dix conférences internationales, inter-gouvernemen-tales et non-gouvernementales.Toutes traitaient des problèmes les plus importants pour l'avenir de l'Asie et du monde.J'ai assisté à trois d'entre elles : l'une à Kandy (Ceylan) sur le travail des jeunes dans les pays d'Asie ; l'autre à Bombay sur la Protection de l'Enfance et la troisième à Madras sur le Service Social.J'ai pris la parole devant un grand nombre de délégués et lu les rapports des autres conférenciers.Dans toutes ces réunions, les catholiques étaient une infime minorité, quoiqu'ils y aient fait du très beau travail.C'est l'image du monde d'aujourd'hui, dans lequel les chrétiens sont un sur six, et dans certains continents, un sur cent.Ce problème de — 376 — la collaboration des chrétiens, des organisations chrétiennes, des délégués et des militants catholiques avec les organisations non-catholiques, dans les conférences inter-gouvernementales et non-gouvernementales, pour la solution des problèmes humains les plus urgents et les plus importants, devient capital pour l'avenir de l'Eglise et du monde.C'est un des aspects les plus décisifs du problème mondial : dans un monde qui doit s'unir pour survivre, et qui est divisé sur des questions essentielles faut-il recourir à l'opposition ou à la collaboration et une collaboration loyale, généreuse, efficace et durable est-elle possible ?Aujourd'hui ce n'est pas un Saint Thomas qu'il nous faudrait ; c'est toute une équipe de penseurs et de docteurs, prêtres et laïcs, animés de l'esprit de Saint Thomas, qui devrait chercher et mettre au point les principes de solution.Alors l'Eglise et les chrétiens pourront apporter à la reconstruction du monde la lumière et l'amour nécessaires : une lumière et un amour capables d'illuminer, d'unir et de sauver toutes les races et toutes les nations.Que la Lumière et l'Amour qui sont venus d'Asie y rejaillissent bientôt et s'y répandent pour le salut du monde ! •J* *J* ♦■*« *J* •■** **■* *** »■*■* *** »J* »*■« .** «-J* »*» *** *** »** +** »J* »J« »J« t-*.*■** r** »*» *J« »J* *** »J» *** *** *■** •*■* «J* »J* *J< »J* *J» *J* «J* *** **■• »*« **< t-** •** »J* »** **+ *Jt ' + * NOMINATIONS *:• -!- .;.Au diocèse de Trois-Rivières M.l'abbé Charles-Henri LA- .j.•3* POINTE, jusqu'ici aumônier diocésain de la J.E.C., vient d'être ♦ *£ nommé directeur diocésain de l'Action Catholique en remplace- X 4.ment de Mgr F.-X.St-ARNAUD, curé de la Cathédrale.Au ?••* nouveau directeur diocésain nos meilleurs voeux de succès avec j* I£ l'assurance de notre entière collaboration ; et à Mgr St-Arnaud £ •;• notre vive reconnaissance pour son admirable dévouement au + *£ service de l'A.C.dont il a été un pionnier au pays.+ M.l'abbé Henri-J.Bourassa, aumônier diocésain de la J.O.C.F., * t sera l'assistant du nouveau directeur diocésain.J Au diocèse de Ste-Anne-de-la-Pocatière M.l'abbé Paul-Emile f * DESCHENES, à son retour d'un stage d'étude de l'Action Catho- .j.••* lique et des œuvres sociales en Europe, a été nommé, il y a déjà y 1£ quelque temps, aumônier diocésain des mouvements de J.O.C.et 1|* ♦!• L.O.C., de J.E.C.et de J.A.C.Nos sincères félicitations et nos 4> T vosux fraternels de succès.La Direction t — 377 LE RAYONNEMENT SOCIAL DE LA L.O.C.DANS LE DIOCESE DE TROIS-RIVIERES par le R.P.Paul-Emile PELLETIER, o.m.i., aumônier national-adjoint de la L.O.C.Cet article avait été préparé pour le dernier numéro de I'Action Catholique Ouvrière (juillet-août), numéro spécial consacré aux dix ans de la L.O.C.du diocèse de Trois-Rivières.A notre grand regret nous n'avons pu publier alors, faute d'espace, cet important article dans lequel l'auteur essaie de mesurer le rayonnement social de la L.O.C.trifluvienne au cours de cette première décade.LA REDACTION La caractéristique la plus marquante de toute l'Action Catholique spécialisée ce fut, à coup sûr, cette prise de conscience plus nette de l'influence du milieu social sur la vie chrétienne.Et comme c'est dans la classe ouvrière que cette influence s'est révélée plus active et plus néfaste, les mouvements d'Action Catholique Ouvrière ont dû mettre l'accent sur ce point dans leur travail d'apostolat.Qu'on nous permette de rappeler ici ce texte connu de Pie XI : « II est exact de dire que telles sont, actuellement, les conditions de la vie sociale et économique qu'un nombre très considérable d'hommes y trouvent les plus grandes difficultés pour opérer l'œuvre, seule nécessaire de leur salut »'.Il faudrait souligner en particulier tous ces grands moyens modernes d'opinion publique, presse, radio, cinéma, télévision qui multiplient les échanges et façonnent peu à peu une mentalité collective.Songeons surtout à tous les raffinements de la publicité que ne cessent d'inventer ceux que M.Folliet appelle « les ingénieurs des âmes ».Les victimes en seront ces foyers de la masse qui y sont déjà prédisposés par leur situation de salariés, de locataires, de prolétaires.La L.O.C, pour sa part, a toujours considéré comme un des aspects les plus importants de sa mission apostolique de travailler sur le milieu social, sur ces cadres de vie qui entourent les travail- 1.Quadragesimo Anno, dans Rutten, o.p.La Doctrine sociale de l'Eglise, p.368.— 378 — leurs, pour qu'ils favorisent davantage l'cclosion et l'épanouissement de la vie chrétienne et la rendent dès lors plus facile à tous les hommes de bonne volonté2.La L.O.C.trifluvienne a connu, au cours de ses dix années d'histoire, un rayonnement social déjà considérable.Elle exerça d'abord une action directe sur l'opinion publique par son journal, son magazine et ses campagnes.En même temps elle exerça une influence indirecte en engageant d'autres organismes à travailler dans le sens de sa mission apostolique et cela, soit par des rencontres officielles, soit par des militants qui portèrent dans leur milieu de vie le témoignage d'un christianisme convaincu.Nous essaierons de donner ici un bref aperçu d'un travail dont l'efficacité ne se mesure pas facilement, mais dont on peut d'une certaine façon fixer les résuîtacs.I—LES JilUAKDS MOYENS D-I\FLIM(E DE L'OPINION FIUSLIOI'E : LE JOURNAL ET LE MAGAZINE La L.O.C.comprit très vite la nécessité de posséder à son service une presse d'Action catholique.Elle n'était pas encore née officiellement qu'elle avait déjà son journal mensuel : Le Mouvement Ouvrier.Le premier numéro parut en avril 1939 et la L.O.C.ne fut lancée publiquement qu'en juillet suivant.Lorsque la L.O.C.démarra dans le diocèse de Trois-Rivières, elle épousa très vite les préoccupations de la grande L.O.C.canadienne autour de la nécessité d'un journal de la famille ouvrière.Dès les débuts, on s'efforce de faire pénétrer le Mouvement Ouvrier.On s'en fait également un instrument de contact.On passe de porte en porte pour vendre le journal.Et on trouve là une occasion merveilleuse de pénétrer à l'intérieur de beaucoup de foyers ouvriers.Il faut entendre le R.P.Albert Loubier, s.s.s., raconter comment, un bon soir, il « jeta à l'eau » ses premiers militants en leur mettant dans les bras une pile de « Mouvement Ouvrier ».Partis plus ou moins à reculons, ils revenaient tous pleins d'enthousiasme après la soirée, chacun racontant ses expériences, ses succès ou ses échecs, les discussions soulevées, les misères rencontrées.Ils avaient vraiment commencé à voir.et à voir en agissant ! Les rapports de la fédération de la L.O.C.trifluvienne affirment 2.Cf.Lettre pastorale collective de Nos Seigneurs les Evêques sur le problème ouvrier, no 98.— 379 — qu'au cours de la 1ère année, soit 1943-44, l'on a vendu 13,500 numéros du Mouvement Ouvrier dont 6,500 par abonnement.Le Front Ouvrier Le 22 juillet 1944, à la session intensive qui coïncide avec les « noces de bois » du mouvement, on annonce la naissance d'un hebdomadaire qui sortirait de la fusion des deux mensuels la Jeunesse Ouvrière et le Mouvement Ouvrier.Ce nouvel hebdomadaire qui ne devait commencer à paraître qu'au début de décembre 1944, c'était Le Front Ouvrier.C'était une entreprise très considérable et qui était loin de disposer des moyens financiers nécessaires pour marcher en toute sécurité.Il fallait donc une collaboration très active de toutes les fédérations.Dès le mois de février 1945, la fédération de Trois-Rivières recevait la visite de M.Léo-Paul Turcotte, dirigeant national, propagandiste officiel du Front Ouvrier.« La force du mouvement est dans notre journal », concluait le secrétaire fédéral dans son rapport.Lors de la journée d'étude du 29 avril 1945, le responsable du Front Ouvrier faisait la déclaration suivante : « Sans son journal, la L.O.C.ne peut pas réaliser son but : la conquête de la masse ouvrière.Pour cela le journal est indispensable.Seul il peut atteindre toute la masse.De là son importance.C'est pourquoi le problème du journal est d'intérêt capital en L.O.C.Donc, comme première préoccupation au programme, nous allons placer notre journal.» A cette fin on organise un bureau diocésain du Front Ouvrier composé des représentants de la J.O.C., de la J.O.C.F., de la L.O.C.et de la L.O.C.F.Un de ces délégués est nommé responsable du Front Ouvrier.C'est lui qui en est le propagandiste officiel, tantôt en organisant des campagnes d'abonnements, tantôt en incitant les militants à la vente du numéro, tantôt en s'efforçant de multiplier les contrats de publicité ou les instruments de réclame.C'est ainsi que l'on installa à l'arrière de l'hôpital St-Joseph, à l'angle des rues Ste-Marie et Champflour, l'un des coins les plus achalandés de la ville, un magnifique panneau-réclame qui frappe le regard de tous les passants : « Lisez le Front Ouvrier, l'hebdomadaire du Foyer ».Tous ces moyens firent monter le chiffre de la circulation dans le diocèse.Un rapport du bureau central du journal nous donne les résultats suivants pour le diocèse : 1er novembre 1945 : Vente au numéro.530 abonnements .1256 — 380 — 1er novembre 1948 : Vente au numéro.523 abonnements .3686 1er novembre 1949 : Vente au numéro.353 abonnements .3640 Le sommet de la campagne fut atteint au cours des années 1947-50.Tomes les paroisses ouvrières du diocèse furent visitées.Un prédicateur faisait le sermon le dimanche et des propagandistes couvraient la paroisse au cours de la semaine.Au cours de l'année 1947-48, le responsable diocésain du Front Ouvrier organisait une série de six grandes soirées populaires qu'on appela les Soirées du Front Ouvrier.Elles attirèrent des auditoires considérables.A chacune des soirées on y distribuait un programme spécial imprimé.Le premier de ces programmes comportait un message du Maire Arthur Rousseau des Trois-Rivières patronnant la soirée du 9 novembre 1947.Et le second contenait un message de Son Excellence Mgr Georges-Léon Pelletier adressé aux locistes cie son diocèse.En voici un extrait bien expressif : « Votre soif apostolique de relever l'importante société du monde ouvrier vous pousse à déclancher une grande propagande en faveur du journal qui leur est particulièrement destiné : « Le Front Ouvrier.» je ne saurais vous encourager trop fortement dans cette bienfaisante initiative.Je souhaite donc à ce journal la plus large diffusion possible.» Chacune de ces soirées voulait en même temps mettre en vedette un service ou un aspect du mouvement.Selon l'expression d'un grand apôtre, fondateur du journal « Le Droit » d'Ottawa, le journal n'est-il pas « l'œuvre qui accote toutes les autres » ?Voici la liste des soirées : 9 novembre 1947 : L'entraide familiale 14 décembre 1947 : L'habitation ouvrière 1 février 1948 : Le budget familial 14 mars 1948 : La coopérative de consommation 23 mai 1948 : Ouverture de la semaine de la famille ouvrière 30 mai 1948 : Clôture de la semaine de la famille ouvrière et 5e anniversaire du mouvement dans le diocèse On peut affirmer sans crainte que le Front Ouvrier a joué un rôle prépondérant dans le travail de pénétration chrétienne du milieu social par une influence profonde sur la grande opinion publique en même temps qu'il a semé les idées fécondes de l'Eglise chez beaucoup de lecteurs.— 381 — On peut trouver un indice assez révélateur de cette influence par le fait suivant.Très souvent le Front Ouvrier -s^est vu attaqué par certains milieux dont le sens social chrétien est assez douteux.D'autre part les témoignages sont nombreux de militants locistes qui affirment que le fait d'avoir lu le Front Ouvrier pendant un certain laps de temps les a conduits à l'apostolat et à la L.O.C./>«• Magazine A côté de son journal le Front Ouvrier la L.O.C.possède son magazine-almanach annuel « Le Mouvement Ouvrier ».Il contient, avec toutes sortes d'autres petites choses, une série d'articles sur les programmes en cours.La L.O.C.présentera avec 1954 son 14e magazine annuel.Le but de cette publication est de diffuser le message du Mouvement à la masse.Elle complète ce que fait le Front Ouvrier en faisant rentrer dans les foyers un instrument plus durable que le journal, essentiellement denrée périssable.Dès l'année 1943-44, la L.O.C.trifluvienne fit sa vente de magazines.En moyenne, 3 à 4000 magazines sont vendus chaque année.Parfois on obtient le concours d'un patron.Ainsi on lit au rapport du Conseil fédéral du 5 novembre 1945 : « Le propagandiste fait acheter à Kimball des magasines pour tous ses employés.» II—LES (GRANDES CAMPAGNES La technique lociste s'établit selon un plan uniforme.Après observation faite sur le milieu ouvrier, le Conseil National qui réunit les présidents et aumôniers de tous les diocèses, choisit un programme d'action en fonction d'un problème plus aigu des familles ouvrières.Ce programme va se répartir sur toute l'année.Chacun des aspects du problème en question sera repris par tous les militants du mouvement qui sans relâche vont voir, juger et agir et cela le plus apostoli-quement possible.De temps en temps la section locale organisera une assemblée populaire pour jeter dans le public les résultats obtenus à date et faire participer le public au travail qui reste à faire.L'année se clôture par une grande semaine de la famille ouvrière où le mouvement met en branle tous les moyens possibles pour émouvoir et éclairer l'opinion publique et l'orienter dans le sens de la doctrine de l'Eglise.Nous signalerons maintenant les principales campagnes du mouvement au cours de ses dix années d'histoire.En même temps nous es- saierons de donner un bref aperçu de l'influence qu'elles ont pu exercer sur le milieu social de la Mauricie.1—L'habitation : "A chaque famille sa maison" Parmi toutes les campagnes que la L.O.C.a conduites, celle qui eut le plus de retentissement, qui connut également les effets les plus considérables, ce fut sûrement celle de l'habitation.Et parmi toutes les fédérations locistes, il n'est pas difficile d'affirmer que.c'est la fédération de Trois-Rivières qui apporta la plus grande collaboration, une collaboration telle que.sans elle, la campagne aurait été loin de connaître d'aussi amples répercussions.Si la L.O.C.a mis tant d'insistance sur le problème du logement, c'est qu'elle a vite constaté qu'il s'agissait là d'un problème très grave qui comportait des implications morales profondes.La L.O.C.fut effarée en se rendant compte d'une façon plus précise du petit pourcentage d'ouvriers propriétaires, d'un pourcentage qui ne cessait de décroître, de la multiplication des logis surpeuplés, des familles en chambre, des taudis.C'est alors qu'elle entreprit de chercher une solution à ce problème en dépit des obstacles presque insurmontables qui se dressaient sur son chemin.En 1943-44, le sujet de l'enquête sociale du mouvement porta sur l'habitation ouvrière.On y insista sur les droits et devoirs des propriétaires comme des locataires.En 1944-45, on continua dans la même ligne en adoptant comme programme d'action : les Coopératives d'habitation.C'était la solution idéale que l'on voulait ainsi faire mieux voir à tous les militants.En même temps s'amorçait la grande campagne sur l'habitation ouvrière.Le Crédit Onrrior (I!)lt-18) Au cours des années 1943 à 1945, quelques coopératives d'habitation s'étaient organisées dans la province sous l'inspiration de la L.O.C.mais on s'aperçut très vite que le fardeau était trop lourd pour les épaules des ouvriers.C'est alors que l'idée d'un crédit ouvrier surgit dans la tête d'un apôtre de la coopération, alors gérant de la coopérative Ste-Monique des Saules près de Québec, M.Albert Côté, i.e.A la suggestion de ce dernier, l'affaire est étudiée par le Conseil Supérieur de la Coopération qui s'empare de cette idée et présente au cours du printemps 1944 un mémoire au gouvernement provincial en vue de l'obtention d'un crédit à l'habitation.Le crédit ouvrier naissait ainsi plus officiellement.La L.O.C.reprendra ce mémoire du Conseil Supérieur qui réclamait l'adoption du crédit ouvrier et s'en — 383 — fera le principal élément, nous dirions même, le pivot de toute sa grande campagne de l'habitation.Arrêtons-nous à préciser le merveilleux travail accompli par la L.O.C.trifluvienne.Résolutions et grandes Assemblées (1945-46) La campagne commença à l'automne 1945.Au Conseil fédéral du 3 décembre 1945, on peut lire dans le rapport du secrétaire fédéral le résumé d'un exposé fait par M.Jean-Marie Provencher, le propagandiste d'alors, annonçant le départ prochain d'une campagne du crédit ouvrier dans le diocèse.C'est au cours de l'hiver 1946 que la campagne s'organisa plus strictement.Le 3 février 1946, une résolution est proposée par Jean-Marie Provencher et secondée par Gustave Beaulieu, président de LaTuque, à l'effet de lancer officiellement la campagne.On donne immédiatement des directives précises : rencontre des rédacteurs du Nouvelliste par Léo-Paul Turcotte, propagandiste national ; résolution adoptée par chaque comité local réclamant une loi provinciale de crédit ouvrier envoyée au premier ministre, aux journaux et au comité fédéral ; résolution semblable adoptée à l'issue de chaque forum ou assemblée populaire ; chaque ville devra former une délégation qui ira rencontrer les conseils de ville, les députés, et l'exécutif des différentes associations et groupements en vue de demander leur appui ; que chacun fasse une grosse propagande individuelle ; en parler à tout le monde.Dès le mois suivant, le travail accompli est considérable.On a déjà fait quatre forums avec une assistance moyenne de 250 personnes à chacun.On a obtenu l'appui officiel des Conseils de ville de Trois-Rivières, du Cap de la Madeleine, de Shawinigan et d'Almaville.Les associations et groupements publient également leur appui officiel.Grandes pages de publicité dans le Nouvelliste.— Ce qui a l'effet d'une bombe atomique.« Dans les usines, dit le chroniqueur du mouvement, il y a deux sujets de conversations : l'espionnage et le crédit ouvrier.» Dans un restaurant de Shawinigan, un voyageur soulève les gens pour le crédit ouvrier après avoir assisté à un forum aux Trois-Ri-vières.Et un journaliste affirme : « // est vraiment surprenant que vous ayez capté aussi rapidement l'opinion publique.» Le 31 mars 1946, il y eut grand ralliement des foyers ouvriers du diocèse à l'auditorium La Salle de Trois-Rivières.Plus de deux mille personnes se rendent à l'appel.Les orateurs suivants portent la parole : — 384 — le Maire Arthur Rousseau, de Trois-Rivières ; M.André Laurendeau, chef du Bloc populaire ; M.Wilfrid Hamcl, m.p.p., représentant l'Honorable M.Adélard Godbout ; M.Maurice Bellemarc, député U.N., comté de Champlain.Tous se déclarent en faveur du crédit ouvrier.Au cours du mois de mai, a lieu la première semaine de la famille ouvrière qui continue de redire au public l'urgence d'une loi favorisant la petite propriété ouvrière.Le 1er juin, le Comité national de la L.O.C.présente un mémoire au 1er ministre de la Province et la campagne continue sans relâche.On donne comme mot d'ordre : « Profitez des fêtes champêtres, des pique-niques et demandez à tous : « Etes-vous en faveur du crédit ouvrier ?» Enquête sur l'habitation et la semaine tie la famille ouvrière (1946-47) La campagne du crédit ouvrier devient un service permanent de l'habitation.Il s'agit d'entreprendre un travail de longue main en vue de faire l'éducation du peuple.Il s'agit de démontrer aux foyers ouvriers les avantages de posséder sa maison et les moyens concrets pour y arriver : budget, cercles d'études, coopérative.La L.O.C.lance alors sa grande enquête échantillonnage sur l'habitation ouvrière dans 25 villes de la province.Le diocèse de Trois-Rivières y apporta sa collaboration entière.Et les résultats qu'on obtint continuèrent d'alarmer l'opinion publique.Seulement 8% des ouvriers consultés dans la région étaient propriétaires.Dans la seule paroisse de la cathédrale 300 familles vivaient en chambre et une centaine dans la paroisse Notre-Dame.Sans parler des nombreux cas de surpeuplement et de taudis rencontrés.Les résultats de cette enquête paraissent en février 1947.Ils déclanchent une nouvelle vague de résolutions à l'endroit des gouvernements concernés.On multiplie les assemblées populaires.Les Forums : création d'organismes spéciaux Le 3 mars 1947, M.Louis Allyson est nommé responsable fédéral de l'habitation.M.Allyson sera l'un des principaux artisans des succès que la campagne remportera.En mai 1947, à l'occasion de la grande semaine de la famille ouvrière, il deviendra président du comité du logement de Trois-Rivières composé des représentants des principaux organismes sociaux de la ville : Chambres de commerce, Ligue de propriétaires, Unions ouvrières, Société St-Jean-Baptiste, Coopératives d'habitation, Ligue Ouvrière Catholique et Conseil Municipal.C'est à l'occasion de la formation de ce comité du logement que M.Gérard Pelletier dans un article qu'il écrivait dans le journal Le Devoir pouvait affirmer que la L.O.C.et les coopératives d'habitation avaient doté la ville de Trois-Rivières d'une « véritable conscience » sur ce grave problème [Le Devoir, 26 nov.1947) Au cours du mois d'août 1947, la Commission Nationale de l'habitation est formée.Elle est composée de représentants de fédérations — 385 — locistes, et des principales coopératives d'habitation.M.Louis Allyson en devient le président.Et lorsque l'année suivante la Commission Nationale de l'habitation donna naissance à la Fédération des Coopératives d'habitation, M.Allyson devint également le premier président de cet organisme, poste qu'il occupe encore aujourd'hui.Il faudrait parler de cette semaine de la famille ouvrière de 1947 qui avait pris comme slogan « A chaque famille sa maison » et qui sut mobiliser tant d'énergies et fit avancer de beaucoup la cause du crédit ouvrier et de l'habitation ouvrière et où l'on multiplia les soupers-causeries, les forums, les causeries radiophoniques au poste CHLN, les pages de publicité dans le Nouvelliste, etc.Les coopératives d'habitation On sait que la loi provinciale du crédit à l'habitation familiale fut adoptée au cours du printemps 1948.Elle apportait des avantages signalés à tous les ouvriers qui voulaient devenir propriétaires, en particulier en payant la moitié de l'intérêt sur les prêts qui leur était consentis.Mais la campagne du crédit ouvrier eut d'autres résultats encore plus intéressants.Elle éveilla l'opinion publique et sut donner à bon nombre de foyers ouvriers une nouvelle confiance en eux-mêmes, de façon à leur faire envisager la possibilité d'une maison bien à eux.Combien d'entre eux nous ont dit : « Je n'aurais jamais cru que c'était possible à nous, ouvriers, de penser à devenir propriétaires.» Les coopératives existantes Lorsque la L.O.C.trifluvienne commença sa campagne, plusieurs coopératives venaient de naître à Trois-Rivières.Et cela grâce à une récente orientation plus sociale de la Ligue des Retraitants du diocèse.Quatre coopératives existaient donc : Ste-Marguerite, Laflèche, Centre Mauricien et Carré des Pins.Même si la L.O.C.n'a pas joué une influence directe sur leur naissance, elle leur apporta par la suite un appui qui s'est manifesté de toutes sortes de manières.Soulignons que M.Aldéric Rheault, président fédéral fut un temps président de la coopérative Laflèche et M.Louis Allyson a été tour à tour directeur, vice-président, gérant et président de la Coopérative du Centre Mauricien.Un bon nombre de militants ont appris par la L.O.C.à désirer devenir propriétaires et à faire leur budget et sont devenus des coopéateurs du curé Chamberland de Ste-Marguerite.Celles qui sont nées de la campagne de la L.O.C.Mais plusieurs autres coopératives ont vu le jour sous la poussée de la campagne de la L.O.C.Chacune d'elles mériterait un long chapitre où l'on consignerait les dévouements prodigieux, les obstacles rencontrés, les sacrifices multipliés.Nous nous contenterons d'en dire quelques mots : — 386 — 1) La coopérative La Tuque eut comme principal animateur M.Gustave Bcaulieu, le président de la section de La Tuque.Elle a bâti à date une trentaine de maisons unitamiliales.2) La coopérative d'AlmavUle fondée au printemps 1948, avec comme principal initiateur M.Rosaire Jacques, président de la L.O.C.de la paroisse Ste-Jeanne d'Arc.Cette coopérative a bâti à date cinquante-quatre maisons.Et son expansion est loin d'être terminée.3) La coopérative Notre-Dame de la Présentation de Shaivinigan-Sud qui fut organisée par des militants de la section du même nom.4) La coopérative La Famille de la paroisse Ste-Famille du Cap-de-la-Madeleine, fruit de la collaboration de la L.O.C, de la caisse populaire de la paroisse et du dévouement éclairé de leur aumônier, M.l'abbé Gaston Bellemare.La Coopérative a bâti une cinquantaine de maisons.5) La coopérative Pierre Boucher du Cap-de-la-Madeleine (paroisse St-Lazare) dont le gérant fondateur fut M.Gérard FOREST, un ardent militant lociste.A date elle compte une dizaine de maisons avec une possibilité d'environ 200 maisons.6) La coopérative St-Georges de Shawinigan.Elle est née des sections de Shawinigan en particulier de celle du Christ-Roi.Le président de la coopérative est l'ex-président de la section du Christ-Roi, M.Armand Bornais.Les dix premières maisons sont pratiquement terminées.Cette coopérative est dans la paroisse de l'Assomption de Shawinigan.Son Excellence Mgr l'Evêque vient, au cours du mois d'août, de la bénir officiellement.Ce qui restera remarquable de toute cette campagne de l'habitation, ce sera toutes les collaborations suscitées.Rappelons la venue aux Trois-Rivières du Conseil Supérieur de la Coopération, le 18 novembre 1947, pour discuter avec les dirigeants de la Mauricie de l'orientation du mouvement de l'habitation ouvrière.Enfin signalons la sympathie active et l'appui maintes fois réitéré du maire Arthur Rousseau de Trois-Rivières, de Son Excellence Mgr Georges-Léon Pelletier, évêque de Trois-Rivières.Le 3 décembre 1947 Son Excellence écrivait aux dirigeants de la L.O.C.une lettre officielle sur ce sujet de l'habitation : « Une autre question vitale qui vous occupe, c'est l'habitation familiale.La L.O.C.a réalisé jusqu'ici beaucoup dans ce domaine.Comprenant la nécessité pour le travailleur de s'attacher à un foyer qui est sien, non seulement pour aimer la vie mais pour y remplir plus parfaitement ses devoirs d'éducation — 387 — familiale, sociale, morale.nos locistes ont mis de l'avant ce mot d'ordre : « A chaque famille sa maison ».Comment ne pas louer cette clairvoyance ! » 2—Le coût de la vie : "Famille ouvrière, où va ton salaire ?" Si l'habitation s'est révélée le problème numéro un des familles ouvrières, celui du coût de la vie devait également très vite préoccuper la L.O.C.Car s'il est avant tout un problème économique, il comporte une multitude d'aspects spirituels qu'il est fort important de considérer.N'est-ce pas là l'une des exigences fondamentales du foyer ouvrier que le revenu soit suffisant pour les besoins essentiels de la famille et de plus qu'il soit bien utilisé.Or la L.O.C.a très vite constaté que le revenu de la famille ouvrière est trop souvent insuffisant pour faire face à toutes les charges normales de la famille et que ce même revenu est encore plus souvent mal employé, mal dépensé.Il s'agissait alors de trouver les solutions possibles selon les méthodes ordinaires du mouvement : enquêtes, programmes d'action, campagnes et services.a) Les allocations familiales En 1943, au moment où la L.O.C.naissait aux Trois-Rivières, le mouvement terminait une enquête échantillonnage sur le coût de la vie.C'est à partir de cette enquête que s'intensifia la campagne pour réclamer les allocations familiales.Encore à ses débuts la L.O.C.tri-fluvienne commence à se révéler au grand public.C'est ainsi qu'elle organise trois assemblées populaires à l'occasion desquelles on envoie des télégrammes aux autorités politiques pour appuyer la campagne en cours en faveur des allocations familiales.On sait que la loi fédérale des allocations familiales fut votée au printemps 1944.b) Les programmes d'action Le programme d'action de 1944-45 avait porté sur les coopératives d'habitation.Celui de.l'année suivante (1945-46) porta sur celles du crédit et de consommation.On sentait le besoin de faire une éducation plus profonde de l'ouvrier dans le sens d'une coopération plus facile et plus proche de lui, dans les domaines du crédit et de la consommation.Et c'est alors aussi que l'on lança le service du Budget familial.« C'est le grand service de l'année, lit-on dans les minutes du Conseil fédéral de la L.O.C.du 3 décembre 1945.Le Budget rend quantité de services à la famille par l'économie.Souvent même le budget sera l'instrument qui ramènera l'accord au foyer.Qu'on fasse donc son budget et qu'on vende l'idée du budget plutôt que le cahier ! » Le programme d'action de l'année 1946-47 continua à travailler dans le même sens puisqu'il portait sur le revenu familial et son utilisation Voici les détails de ce programme : le salaire ; acheter selon ses besoins, selon ses moyens, au comptant ; savoir acheter ; le budget familial ; l'épargne ; acheter chez les nôtres, aux coopératives.ej l-ii Hemainp de la fnmille ourrière Enfin le programme d'action de l'année 1948-49 porta sur le coût de la vie et se termina par une grande semaine de la famille ouvrière « Famille Ouvrière, où va ton salaire ?» Cette semaine se tint du 22 au 29 mai 1949.Elle eut comme thème principal le budget familial.Des soirées populaires se tinrent dans toutes les sections et rassemblèrent des auditoires nombreux grâce à une publicité bien orchestrée.La soirée de clôture voulut souligner le 10e anniversaire de la L.O.C.canadienne.800 personnes s'étaient rendues à l'Auditorium La Salle pour la circonstance.Au cours de l'année 1948-49, il y eut dans le diocèse 85 assemblées populaires dont 22 forums, 19 soirées familiales, 10 déjeuners causeries etc.Les présences totales se sont chiffrées à 24,326.Plus de 200 pancartes portaient en inscription le slogan de la semaine de la famille.Plusieurs sections avaient organisé des vitrines sur le budget avec la collaboration des marchands.20,000 copies du manifeste sur les dix ans de la L.O.C.canadienne furent distribuées dans les villes du diocèse.Une douzaine d'émissions radiophoniques s'ajoutèrent à cette occasion.Et comme résultats concrets, des milliers de cahiers de budgets furent vendus, des centaines de foyers commencèrent à tenir ensemble une vraie comptabilité domestique, à mettre de l'ordre dans leurs affaires, à mieux se comprendre, à pouvoir même envisager la possession d'une maison.Voici un témoignage intéressant pour confirmer.Il est de M.et Mme Rosaire Lemay de Trois-Rivières : « C'est par le moyen du budget familial tenu fidèlement depuis six ans nous avons réussi à nous acheter une maison.» Et Mme Lemay ajoutait : « Je n'ai pas le temps de travailler très activement dans le mouvement lociste, car j'ai onze enfants, mais la préparation du budget selon la méthode, lociste m'a été du plus grand secours — 389 — grâce à ce système, j'ai réussi à éliminer beaucoup de dépenses inutiles.» il i Les coopérative* de conitommution et de crédit Pour mieux arriver à la solution du problème du coût de la vie, la L.O.C.ne pouvait ignorer certains organismes qui sont spécialement destinés au salut économique des foyers plus humbles : les coopératives de consommation et de crédit.Du côté des coopératives de consommation, la L.O.C.s'appliqua à collaborer au succès et au développement des quatre principales de la région : L'Unité coopérative de Trois-Rivières, L'Equitable d'Almaville, La Bienfaisante de Shawinigan, La Coopérative de Consommation de La Tuque.L'Unité coopérative de Trois-Rivières avait été fondée en 1939 mais vers 1946-47, elle se voyait acculée à une faillite qui aurait été désastreuse.C'est alors que sous l'inspiration de la L.O.C, elle engagea comme gérant, un des meilleurs dirigeants fédéraux de la L.O.C, M.Bruno Lemire, qui, par esprit d'apostolat social, laissa une belle position de gérant au magasin « Atlantic and Pacific » pour se consacrer au relèvement de cette coopérative.Peu de gens savent le dévouement quasi héroïque que M.Lemire y a déployé de 1947 à 1953.Lentement, à force d'esprit d'économie et de sagesse, il outilla le magasin tout en faisant face aux lourdes obligations qui grevaient le budget de la coopérative.En même temps la L.O.C.multiplia les assemblées pour faire l'éducation des cooperateurs.On entreprit même de bâtir des cercles d'étude qui servirent à organiser des équipes d'étude.Mais les résultats étaient loin d'être ce que l'on espérait.Le champ de la consommation est resté le plus difficile à organiser en coopératives.Pendant ce temps, les dirigeants d'une entreprise de magasins à chaînes se présentaient chez M.Lemire pour lui offrir la position de gérant général de leurs magasins avec un salaire bien supérieur et autrement garanti.M.Lemire refusa.A son aumônier du temps, il affirmait qu'il serait le dernier à partir du magasin.De guerre lasse, le conseil d'administration vient de vendre le magasin à de très bonnes conditions sans qu'aucun créancier ne perde un sou.La Bienfaisante de Shawinigan est née de ce bouillonnement d'organisations sociales que l'on a constaté à Shawinigan de 1940 à 1945.La L.O.C.y prit sa grande part de responsabilité.L'un de ses dirigeants M.Camille Paré y fut gérant.Mais la coopérative dut bientôt disparaître après quelques années d'efforts inouis et infructueux.— 390 — Les deux autres coopératives de consommation de la région ont connu un meilleur sort.On peut dire que toutes deux sont prospères.L'Equitable d'Almaville n'a cessé de compter sur l'appui et le dévouement des militants et dirigeants du Mouvement.Le président actuel est nul autre que M.Rosaire Jacques, le président fondateur de la section Ste-Jeanne d'Arc et de la fédération régionale de Sha-winigan.La coopérative de consommation de La Tuque est également très florissante.Plusieurs des dirigeants et militants de la L.O.C.ont toujours fait partie des Conseils d'administration ou de surveillance.La coopérative comptait le 24 février 1953, 420 coopérateurs.Elle a fait un chiffre d'affaire de $237,844.39.Et l'an passé elle a distribué $9,214.66 en ristournes tout en gardant une réserve de $6,580.61.Les caisses populaires ont toujours attiré l'attention du mouvement.Deux caisses ont reçu un support tout particulier de la L.O.C.à l'occasion de leur lancement.Celles d'Almaville et de Ste-Famille du Cap-de-la-Madeleine.On trouve dans un rapport de la L.O.C.cet entrefilet qui en dit beaucoup : « Notre étude sur la coopération semble avoir porté beaucoup de fruits.Nous avons 98% des militants qui déposent dans les caisses populaires, 50% ont amené de nouveaux membres aux caisses.» Ici et là, des militants et des dirigeants détiennent des postes de commande à la tête des caisses.Nombreux sont les cas rapportés de foyers qui ont appris à épargner ou à emprunter plutôt que d'acheter à crédit.3—Salaire et conditions de travail : "Tu y regagnes !" La L.O.C.s'est d'abord et avant tout centrée sur le foyer ouvrier.Aussi a-t-elle entrepris en premier lieu de travailler à la solution des problèmes du milieu familial.Mais elle ne pouvait ignorer le milieu de travail qui joue un rôle si considérable sur toute la vie ouvrière.Le travail industriel n'est-il pas le premier facteur qui conditionne toute la vie ouvrière.La L.O.C.trifluvienne, surtout celle des hommes dès les débuts se préoccupa du milieu de travail et chercha de toutes façons à éveiller les militants à une action apostolique en profondeur.Le 3 juin 1946, — 391 — au Conseil fédéral menuel, le président fédéral pose cette question aux délégués des différentes sections : « Resterons-nous à la porte des usines ?» Le milieu de travail est un milieu d'influence très important.Sachons nous mettre à ta portée de tous, gagner la confiance de nos compagnons de travail, et leur porter les lumières de la doctrine de l'Eglise, » Et le mot d'ordre devient plus explicite : « il faut faire rayonner le message évangélique dans les milieux de travail.» a) Programme» d'action Au cours de l'année 1946-47 le programme d'action porta sur le revenu familial, son utilisation et sa défense.Et l'on aborda le problème des unions et des conventions collectives.On en profita pour faire l'éducation de nos militants sur la nécessité de l'association professionnelle.Et nombreux sont ceux qui nous ont déclaré dans leurs témoignages avoir compris ce jour-là leurs devoirs de travailleurs.« Moi, affirme l'un d'eux, je me rappelle avoir reçu la visite chez nous, d'un organisateur des syndicats.Je ne connaissais pas alors la L.O.C.Seulement je faisais partie activement d'un syndicat de boutique.Et ce que j'ai fait, j'ai simplement mis l'organisateur à la porte.C'est la L.O.C.qui m'a fait comprendre la doctrine de l'Eglise sur ce point.» Et il ajoutait : « Il faut dire qu'on ne nous l'avait pas souvent enseigné.Jamais je ne me serais imaginé que c'était une affaire de conscience.» En 1949-50, le programme social voulut faire en sorte que l'on réfléchisse sur le sens profond du mouvement et l'on décida de travailler sur le sens social de la classe ouvrière.La semaine de la famille ouvrière vint clôturer cette année de travail.Le thème en était la conscience professionnelle avec comme slogan : « Tu y regagnes ! » Encore là tous les moyens publicitaires furent employés : 5 banderolles ont traversé les rues de nos villes ; une cinquantaine de vitrines proclamèrent à leur façon le thème de la semaine ; 300 pancartes ; 20 émissions radiophoniques.Chaque paroisse y alla de son assemblée populaire et les auditoires nombreux se pressèrent pour entendre l'invitation de la L.O.C.à la conscience professionnelle.Les grands quotidiens y consacrèrent un editorial.Celui du Nouvelliste du 13 mai 1950 avait comme titre : « La conscience professionnelle — Un examen qui s'impose à toutes les classes.» — 392 — Le 21 mai ce fut la clôture de la semaine qui coïncida avec le dimanche de la justice sociale.A cette occasion, il y eut grande assemblée conjointe des organisations professionnelles patronales et ouvrières et des mouvements d'Action Catholique Ouvrière.M.le curé Miville Deschênes était le conférencier invité.Il y traita des grands devoirs que commande à tous la vertu de justice sociale.b) Trierait d'iniluence Il faudrait, pour être complet, tenter de délimiter le travail de pénétration chrétienne qui a pu s'opérer dans le milieu de travail sous l'influence des militants de la L.O.C.On l'aura remarqué dans l'historique du début, il existe dans le diocèse de Trois-Rivières, un fait social qu'il faut mentionner ici.Alors qu'à Shawinigan toute l'organisation syndicale est confessionnelle suivant en cela les directives de l'Eglise et en particulier celles de Nos Seigneurs les Evêques, les principales industries de la région de Trois-Rivières sont organisées en grande partie dans les unions internationales.Ce qui n'est pas sans causer un problème tout particulier sur le plan spirituel.Et les militants chrétiens qui, la plupart du temps sont obligés de faire partie de ces unions ont une obligation beaucoup plus stricte de faire triompher les principes de l'Eglise au sein d'un organisme qui se proclame oifriciellement neutre.D'après un rapport officiel de 1950 jour de la fédération régionale de Trois-Rivières (ce qui englobait alors le Cap-de-la-Madeleine) 32% sont membres des syndicats catholiques alors que 62% des militants sont membres des unions internationales.Plusieurs d'entre eux détiennent des postes d'importance.L'un est vice-président de son local, un autre est chef du comité de griefs, un troisième fut plusieurs années secrétaire-trésorier.Il est maintenant vice-président.Un de ceux-là vient d'être délégué à la prochaine réunion annuelle de fédération provinciale du travail.Et les faits seraient nombreux à citer où les militants conscients de leur responsabilité apostolique, ont réussi à améliorer leur entourage sous les aspects conscience professionnelle, respect du dimanche, protection des droits contre un mauvais patronage, moralité à l'usine ou dans les organisations.Dans une manufacture importante, les militants réussissent à faire une campagne pour une assurance-santé, coopérative de chez nous.La Caisse populaire accepte de faire une entente avec le Service de Santé du Québec : 40 pères de familles s'y inscrivent.Le même travail d'influence se constate au sein des syndicats na- — 393 — tionaux.Tel président de section, apôtre convaincu et fervent, a refusé cette année pour la deuxième fois de devenir président de son syndicat prétendant avoir trop d'ouvrage.En fait il avouait à ses intimes avoir une influence beaucoup plus considérable à l'arrière plan.Et ses compagnons affirment : « Il obtient ce qu'il veut, tant des ouvriers que des autorités ».Tel autre militant est président de son syndicat en même temps que du Comité d'éducation du Conseil Central.Tel autre dirigeant est assistant-chef du personnel de son usine et y joue un rôle de premier plan.Il faut souligner également que les deux présidentes actuelles des syndicats d'institutrices de Shawmigan et de Trois-Rivières sont deux dirigeantes de L.O.C.D'une façon générale la L.O.C.a mieux fait comprendre aux ouvriers leurs responsabilités sur le plan économico-social et les a aidés à les accomplir.Notons ici l'aveu d'un chef syndicaliste : « Nous constatons tout de suite quand nous avons affaire à un membre de la L.O.C.Ca paraît dans la manière de discuter, d'exposer son point de vue.» e) Quelque» exemple» Voici quelques faits entre beaucoup d'autres qui illustrent concrètement l'influence des militants locistes dans leur milieu de travail.—Dans une usine, il existe un comité de loisirs qui, chaque année, organise un ique-nique pour tous les employés de la Compagnie et leurs familles.La Compagnie fournissait la « boisson ».Deux militants réussissent à se faire élire au Comité de loisirs et gagnent les autres membres du comité à demander que la compagnie paie plutôt le passage que la « boisson ».Ce qui est accepté.On obtient une assistance record au pique-nique et on fait cesser ces orgies qui se produisaient infailliblement lors des pique-niques des années précédentes.—Une lociste s'étant vue charger d'une responsabilité très grande à la tête d'une association professionnelle y mit toute la simplicité d'action de notre mouvement lociste.Cette charge étant jusque-là regardée comme difficile à remplir par tous les membres.Dernièrement une autre officière fit cette réflexion : « On s'imaginait que presque personne ne pouvait remplir la charge, mais elle est facile, bien simple à présent ; on n'en aura plus peur ».Plusieurs sont prêtes à se laisser porter sur les rangs pour remplir cette responsabilité.—Un lociste suggère de faire un crucifix dans leur département à l'usine.Le contre-maître accepte et donne la première piastre pour en défrayer le coût.Tous fournissent quelques sous et voilà qu'un beau crucifix s'érige dans ce département.Les autres départements sont en train de suivre l'exemple.—Un ouvrier fait venir des Etats-Unis des images parnographi-ques qu'il vend et distribue dans l'usine.Un lociste s'enquiert de 'a provenance de ces images et il se fait ami avec un agent de la douane qui coupe toutes les entrées au pays.— 394 — —Un collet-blanc affichait des filles nues dans son bureau.Un lociste, sans lui parler de cela, le convainc de venir en retraite fermée.A son retour, toutes les images sont déchirées et depuis ce temps il parle et travaille contre ceux qui affichent de telles indécences.—Dans un département, on faisait beaucoup de « bricolage ».; même on fabricait des articles qu'on revendait ensuite.Voilà que les militants locistes se réunissent, comprennent leur rôle et lentement convainquent le contre-maître de voir à faire cesser cela.Lui qui en faisait plus que les autres, comprend et avertit ses hommes.Aujourd'hui, il ne s'en fait plus.On a compris son devoir d'honnêteté de conscience professionnelle.Et la liste pourrait s'allonger indéfiniment de ces petits faits peu bruyants qui constituent la trame de l'apostolat lociste et qui contribuent à faire pénétrer la religion dans cette vie profane d'où elle est beaucoup trop exclue.4—Education des enfants : "Mission ou démission" Si la L.O.C.a cru de son devoir de descendre sur le terrain économico-social, c'est que, avec l'Eglise, elle y a vu des valeurs morales qui y étaient engagées et compromises.Car la L.O.C.ne peut perdre de vue son unique objectif véritable qui est d'ordre spirituel.Toutes les campagnes qu'elle organise sont toujours destinées à favoriser l'épanouissement chrétien de la famille.Et parce que la famille n'existe qu'en fonction des enfants, l'un des problèmes majeurs qui a constamment préoccupé le mouvement, c'est bien l'éducation des enfants.Là comme dans d'autres domaines, la L.O.C.ne s'est pas contentée de faire un travail d'influence Individuelle auprès des foyers qu'elle atteignait par ses militants.Elle s'est attaquée également au milieu social pour essayer d'enrayer les mauvais courants qui entraînent la masse vers la démission de leurs responsabilités chrétiennes.Et on peut dire que même si la mentalité de la masse est loin d'être complètement transformée, les succès remportés sont très intéressants.ïï,4>tt prof/ramme» d'aetion Si l'on parcourt les divers sujets des programmes d'action de la L.O.C.depuis dix ans, on constatera que dès 1945, on entreprend de travailler à l'éducation des enfants d'âge scolaire.Deux ans plus tard, c'est l'éducation des grands enfants que l'on adopte avec une insistance sur leur orientation morale et professionnelle.Mais c'est surtout au cours des dernières années que l'on a davantage centré les énergies du mouvement sur ce point.En 1950, le Conseil National décide de s'arrêter à l'une des questions les plus impor- — 395 — tantes pour l'éducation des enfants : la collaboration qui doit exister entre la famille et l'école.Au préalable, on avait recueilli des observations nombreuses qui manifestaient déjà l'ampleur du problème.Tantôt ce sont des paroles qui révèlent des attitudes : — « Si l'école peut commencer, on va être débarrassé des enfants ! » — « N'étudie pas si fort que je puisse écouter mon programme de radio !.» Tantôt ce sont des faits tout aussi inquiétants,: —40% des enfants qui s'inscrivent en première année ne se rendent pas en 7e année.—Dans une école de garçons, huit élèves sur 30 sont allés à confesse au cours des vacances.On lance alors le programme famille-école que l'on divise en trois périodes : 1 ) Vigilance sur l'école : classes surchargées : instruction superficielle ; rôle de l'école ; orientation professionnelle.2) Prise de conscience des responsabilités des parents : étude et travail à la maison ; le foyer milieu éducatif.3) Collaboration avec les représentants des parents : les professeurs et les commissions scolaires.L'enquête Familie-Eeoie Mais en même temps que les militants du mouvement accomplissaient leur travail apostolique, ils étaient invités à collaborer à une grande enquête-échantillonnage sur le problème concerné.Cette enquête fut conduite à l'aide d'un questionnaire auquel répondirent 5,613 familles vivant dans 32 villes différentes de la province.Toutes les villes de la Mauricie étaient largement représentées.Ce qui a surtout frappé dans la compilation de l'enquête, ce fut de constater comment les résultats se ressemblaient d'une région à l'autre.Voici quelques-unes des conclusions les plus significatives : —40% des mères de familles et 70% des pères avouent ne jamais aider aux leçons et aux devoirs de leurs enfants.—40% des foyers se permettent d'écouter la radio en même temps que les enfants étudient leurs leçons ou font leurs devoirs et cela dans le même appartement.^59% des parents affirment ne jamais rencontrer les professeurs de leurs enfants.— 396 — /,« Semaine de la Famille Ouvrière Elle se tint du 14 au 21 octobre 1951 et fut un véritable succès.On avait pris comme slogan de la semaine : « Mission ou démission ».Et comme thème, on décida de bien faire voir au public que l'école n'est que le complément de la famille et qu'elle ne saurait libérer les parents de leur responsabilité primordiale.Partout on sentit un rapprochement remarquable entre l'école et les parents.La semaine fut ouverte par un grand souper causerie à la salle Ste-Madeleine, sous la présidence d'honneur de Mgr P.-E.Doyon, P.A., V.G.On y avait invité tout spécialement les autorités provinciales et municipales, les commissions scolaires, les syndicats des professeurs et institutrices.La présidente fédérale Mme Camille Laudya Gélinas posa devant son auditoire le problème Famille-Ecole avec beaucoup de clarté et de conviction.Les résultats furent merveilleux.On organisa les rencontres de parents-maîtres et on s'ingénia à les rendre le plus fructueuses possible.Témoin ces rencontres de l'Ecole St-Joseph du Cap-dc-la-Made-leine qui connut un tel succès que 85% des parents s'y rendirent, soit 335 sur 390.ifautref: faits —La Supérieure d'une Académie comptant près de 1,000 fillettes attribue à la L.O.C.le changement de mentalité dans son école.« Les fillettes des locistes, par leur exemple entraînant, exercent une très grande influence », dit-elle.—Une institutrice de Shawinigan témoigne que lors de son arrivée dans la paroisse, il y a huit ans, les garçons du collège comme mentalité générale aspiraient à rester à l'école jusqu'à leur communion solennelle et encore.Très peu pensaient à faire un cours complet.Aujourd'hui, avec le même nombre d'élèves, il y a quatre classes de 7e au lieu de deux et parmi les élèves de ces classes, presque tous désirent finir au moins le cours technique.Plusieurs se préparent à entrer au cours classique.Ces élèves se permettent même de ridiculiser les garçons qui terminent sans raison leur cours en 7e année.Le milieu a changé.Et ce changement, l'institutrice en cause l'attribue pour une bonne part à la L.O.C.qui a donné des forums sur l'éducation et qui fait connaître à ses militants et par eux aux autres foyers le grand avantage de l'instruction.— Et cet aveu d'une autre institutrice à une militante amie : c< Ah bien ! votre L.O.C.en a fait du bien dans telle famille .'.Les petites filles deviennent propres, elles sont régulières en classe, elles viennent chaque dimanche à la messe des enfants.Auparavant, elles traînaient à la queue de la classe avec les grandes arriérées.Aujourd'hui, elles sont dans la bonne moitié de la classe.» — 397 — Mais la L.O.C.est la première à constater qu'il reste encore beaucoup à faire pour que les parents soient les Educateurs qu'ils doivent être.C'est même la raison pourquoi elle a décidé de continuer sa campagne au cours de 1951-52 sur un sujet connexe en reprenant un thème qui touchait au devoir de l'éducation des enfants.Il faudrait ici parler de la semaine de la famille ouvrière de 1952 qui avait comme thème : « Parents, sommes-nous à la page ?» Mais il nous faut arrêter.Car nous avons la certitude d'être bien incomplet.Il y a sûrement des omissions sur des points importants.En particulier pour ces domaines où la L.O.C.a joué sans cesse un rôle de corps représentatif des familles ouvrières, de porte-parole des foyers chrétiens dans le but de sauvegarder les droits des familles et de faciliter l'accomplissement des devoirs.Puissent ces pages déjà trop longues démontrer le dynamisme extraordinaire et les richesses d'action apostolique que possède un mouvement comme la L.O.C.Si les fils de lumière doivent être plus avisés que les fils de ténèbres ,ils ne sauraient négliger tous ces moyens modernes d'apostolat qui savent dépasser le stage de l'influence individuelle et travaillent au salut des masses.Souhaitons qu'ils aient à oceur de tout oser, « sans trêve, ni repos jusqu'à ce qu'ils aient transformé leur milieu de vie selon les exigences de l'Evangile ».(Pie XII à Cardijn) Nouvelle présidente diocésaine de Montréal On vient d'annoncer la nomination d'une nouvelle présidente diocésaine de la L.O.C.F.de Montréal.Il s'agit de Mme Ivanhoe Léger, qui était depuis quelques mois vice-présidente du même comité diocésain.Mme Léger fait partie du mouvement lociste depuis octobre 1945.En janvier 1946 elle devenait présidente de la section du Très Saint-Nom de Jésus de Maisonneuve.Elle devint par la suite, avec son époux, responsable des services et responsable du service d'orientation des foyers.C'est là que le foyer Léger déploya un grand dévouement et un bel esprit de charité.Mme Léger fut ensuite responsable de services pour le district-Est et devint bientôt présidente de district.C'est l'an dernier que Mme Léger devenait dirigeante diocésaine.Elle occupait le poste d'assistante présidente.Mme Léger est la maman d'une belle famille de 10 enfants dont 7 garçons.Nous formulons nos meilleurs vœux de succès apostoliques à la nouvelle présidente de Montréal.— 398 — RETOUR DU R.P.A.SANSCHAGRIN AU CANADA Tous nos lecteurs auront appris avec joie le retour du R.P.Albert Sanschagrin au pays, pour y remplir la charge importante de Supérieur Provincial des Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée de l'Est du Canada.Le Révérend Père fut en effet un collaborateur dévoué et apprécié de notre Revue L'Action Catholique Ouvrière depuis sa fondation.Nous avons pu suivre, par ses articles, les développements de la J.O.C.en Amérique latine et particulièrement au Chili où il s'est dépensé sans compter ces six dernières années.L'on sait que le R.P.Sanschagrin avait consacré plusieurs années au service de la J.O.C.canadienne en qualité d'aumôniei national adjoint, charge qu'il occupa de 1939 à 1947.Impossible d'énumérer brièvement tout ce que lui doit la J.O.C.et toute l'A.C.canadienne.En plus de la responsabilité régulière absorbante d'un aumônier national le Révérend Père s'est donné avec un grand esprit d'initiative au lancement et au développement de Service de Préparation au Mariage dont il est le fondateur au Canada.De plus il a déployé beaucoup de zèle dans l'organisation des inoubliables Journées d'Etude sacerdotales nationales organisées au Grand Séminaire de Montréal ; Il fut pendant plusieurs années secrétaire de l'équipe des aumôniers nationaux des mouvements d'A.C.et rédacteur de la Revue des mouvements spécialisés d'A.C.; il a publié plusieurs brochures et volumes, notamment sur Mgr Cardijn et sur le Service Jociste du soldat.En 1947 il était demandé par le Cardinal Archevêque de Santiago Mgr Caro, pour collaborer au développement de la J.O.C.du Chili.Il consacra deux années à ce ministère avec un tel succès qu'on le demanda pour secrétaire de toute l'A.C.chilienne, charge- qu'il remplit pendant quelques mois.C'est alors qu'il fut choisi par ses Supérieurs majeurs pour fonder une mission dans les déserts de sable de la Pampa au diocèse d'Iquiqué, en plein pays communiste.Il fit un succès de cette fondation, jeune de cinq ans et qui compte déjà vingt-cinq missionnaires canadiens.La J.O.C.et la L.O.C.furent l'un des plus efficaces moyens d'influence de ces missionnaires.Entretemps le Révérend Père visita plusieurs pays de l'Amérique latine, participa à plusieurs congrès d'A.C.et aida à la fondation de missions oblates dans d'autres pays d'Amérique du Sud.Le R.P.Sanschagrin fut appelé au Chapitre général de sa communauté tenu à Rome en mai dernier et c'est là qu'il fut choisi comme Supérieur provincial des Oblats de Marie Immaculée de l'Est du Canada en remplacement du R.P.S.Larochelle devenu assistant général du T.R.P.Deschatelets, supérieur général, un canadien originaire de Montréal.Le R.P.Sanschagrin sera beaucoup regretté des Chiliens dont il avait su gagner toute la confiance, mais il laisse là-bas une équipe de missionnaires animés de son esprit apostolique et de son amour des ouvriers.Le R.P.Maurice Veillette, un autre ex-aumônier national adjoint bien méritant de la J.O.C.canadienne, lui succède comme vice-provincial des Oblats du Chili.Les dirigeants nationaux de la J.O.C.ont été les premiers à souhaiter la bienvenue au R.P.Sanschagrin en se portant à son arrivé à Montréal et en l'accueillant peu après à la Centrale nationale de la J.O.C.Sa présence parmi nous aidera à resserrer les liens entre la J.O.C.canadienne et la J.O.C.d'Amérique latine.Au nom de tous nos lecteurs et de tous les aumôniers de la J.O.C.et de la L.O.C.nous adressons au R.P.Sanschagrin nos sincères félicitations avec nos meilleurs vœux de succès dans sa nouvelle responsabilité.L'Action Catholique Ouvrière — 399 — La voix du Pape LA FETE DU TRAVAIL LES PROBLEMES ACTUELS DU TRAVAIL Le 1er mai dernier, à l'occasion de la «Fête du Travail» cuti est célébrée à cette date en Europe, Sa Sainteté le Pape Pie XII a reçu en audience plus de 3,500 ouvriers, venus la plupart de la région de Frosinove et des environs de Bologne.Nous reproduisons la traduction du discours qu'il leur fit en cette circonstance en omettant cependant les passages concernant les ouvriers des deux régions mentionnées (Osservatore Romano, édition française, 8 mai 1953) Nous avons là un sujet de réflexions salutaires pour notre « Fête du Travail » célébrée chaque année en Amérique, au début de septembre.(Sous-titres de l'Action Catholique Ouvrière.) La Rédaction Les mots Nous manquent presque, chers fils, pour vous exprimer la profonde émotion de Notre âme et la joie de Notre cœur paternel en face du merveilleux spectacle que vous offrez à Notre regard.Marie, la Vierge très Sainte, toujours si pleine de maternelles tendresses envers Nous, a voulu Nous faire un don des plus agréables pour ce premier jour du mois qui lui est consacré, en Nous réjouissant par votre présence, très chers travailleurs venus à Rome de tant de régions d'Italie.Nous vous donnons Notre affectueux salut de bienvenue à vous tous qui, isolément ou par petits groupes, avez voulu profiter de l'occasion pour vous réunir autour de Nous et recevoir Notre Bénédiction.Le sens profond de la "Fête du Travail" .Le monde célèbre aujourd'hui, Premier Mai, la « Fête du Travail ».Qui pourrait mieux que le vrai chrétien donner à celle-ci un sens profond ?Pour lui, c'est un jour où il vénère et adore d'autant plus intensément l'Homme-Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, pour être notre modèle, pour notre consolation et notre sanctification, passa la plus grande partie de sa vie dans l'exercice d'un métier manuel, comme un simple ouvrier (cfr.Mt.13, 55 ; Me.6,3) ; c'est le jour de la reconnaissance envers Dieu de tous ceux auxquels il est donné, par le moyen du travail, d'assurer à eux-mêmes et à leurs familles une vie tranquille et paisible ; — c'est le jour où s'affirme la volonté de vaincre la lutte et la haine de classe par la force provenant — 400 — de la justice sociale, de l'estime réciproque et de la charité fraternelle inspirée par l'amour du Christ ; — c'est le jour enfin où l'humanité croyante promet de créer par le travail de son esprit et de ses makis une culture à la gloire de Dieu, culture qui, loin d'éloigner l'homme de Dieu, le 1 approche de Lui toujours davantage.Le problème du travail Mais la « Fête du Travail » ne doit pas faire perdre de vue le problème du travail lui-même.Trop nombreux sont encore ceux que frappe le fléau du chômage, et nombreux sont aussi ceux qui malgré un emploi momentané, en subissent la constante appréhension.Et on ne peut oublier — il y en a tant, en particulier parmi les manœuvres — ceux qui souffrent de leur état de demi-emploi : état qui, du fait du nombre limité ou de la diminution des heures de travail, n'assure pas à l'ouvrier un salaire suffisant pour la satisfaction de ses besoins fondamentaux et de ceux de sa famille.Bien volontiers.Nous reconnaissent les multiples mesures prises en ces derniers temps au profit des ouvriers ; mais combien il reste encore à faire ! Et Nous voudrions vous dire, chers fils, jusqu'à quel point Nous prenons part à vos angoisses et à celles de vos familles ! Si toutefois l'Italie souffre douloureusement du chômage, ce fléau et déjà son redoutable spectre ne sont pas un mal qui frappe seulement l'Italie ; il atteint aussi, plus ou moins, tous les peuples de l'Europe.Et il apparaît clairement aussi à tout observateur serein que le manque de travail, aujourd'hui du moins, ne dépend pas seulement de la mauvaise volonté ou de l'abus de pouvoir de ceux qui pourraient en procurer.Ceci est d'autant plus vrai que certaines conditions essentielles qui, pendant plus de cent ans, avaient été favorables au développement économique de l'Europe se sont aujourd'hui complètement transformées.L'Eglise toujours du côté du travailleur L'Eglise certes, comme elle le fit toujours, restera aujourd'hui encore du côté du travailleur, quand il souffre par suite d'un contrat de travail injuste ou que les conventions collectives de travail ne sont pas observées, ou quand, sans léser les droits d'autrui, sa condition juridique, économique et sociale peut être améliorée.A l'heure actuelle toutefois le problème du travail est devenu une question plus vaste encore, dans laquelle l'Europe est solidaire.Les efforts actuels pour donner à l'Europe son unité — quel qu'en soit le moyen, pourvu qu'il se révèle efficace — entraînent également l'instauration de nouvelles conditions pour son développement économique ; ce n'est qu'ainsi qu'il y a espoir de résoudre le problème du travail.Il est dans l'erreur, quicon- — 401 — que croit servir les intérêts du travailleur par les vieilles méthodes de la lutte des classes ; et il se trompe bien davantage, celui qui se croit au surplus en droit de justifier ses efforts en ce sens comme étant l'unique moyen d'exercer encore une influence religieuse sur le monde du travail.Problèmes actuels du travail L'avantage d'une économie européenne ne consiste certes pas seulement dans l'existence d'un espace unifié et étendu où le mécanisme du marché, comme on l'appelle, réglerait la production et la consommation.Il importe plus encore que, dans le cadre de la concurrence, on ait en vue, outre la construction de l'économie européenne, l'établissement d'une vie vraiment sociale, le sain développement de la famille, d'une génération à l'autre, et que ce soit sous cet angle et dans cette perspective qu'on fasse valoir les critères naturels d'une organisation de la production dans l'espace et dans le temps et d'une consommation rationnelle.C'est la seule manière de permettre aux peuples où abondent les familles nombreuses, comme l'Italie, d'apporter contribution de leur richesse en main-d'œuvre et de leur potentiel de consommation.Avant de vous quitter, chers fils, Nous voulons vous dire une autre parole que Nous avons dans le cœur.Nous la prenons dans l'Evangile que Nous avons lu dans la sainte messe d'aujourd'hui.Après la dernière Cène, Jésus dit à ses Apôtres, et Nous vous le répétons, à vous tous qui êtes ici présents : « que votre cœur ne se trouble pas : Non turbetur cor vestrum » (]o.14, 1).Confiance en la forte et paternelle Providence Quand vous êtes inquiets pour vous-mêmes, quand vous songez au sort des vôtres, quand naît en vous l'appréhension pour ce qui pourrait arriver dans le monde, que votre cœur ne se trouble pas : non tubertur cor vestrum ! Il semble sans doute que la volonté de quelques puissants de ce monde règle le sort des hommes et dirige les choses et les événements ; et, au contraire, tout est dans les mains de Dieu, sans que rien puisse être soustrait à sa forte et paternelle Providence.Certes les temps que le monde traverse ne sont pas de nature à laisser en repos ceux qui, faute d'une foi vive, mettent toute leur confiance dans les personnes et les calculs humains.Il n'en va pas ainsi de vous, chers fils ; sans doute devrez-vous agir avec ardeur et courage et parfois serez-vous contraints de lutter pour défendre votre droit à la vie et au travail.Mais cela ne troublera pas la sérénité de votre âme, parce que vous placerez toujours, même dans les peines et les inquiétudes quotidiennes, votre confiance dans le Père qui est dans les Cieux.— 402 — "LA PAROISSE, CELLULE SOCIALE" message à l'occasion des Semaines Sociales canadiennes Sa Sainteté Pie XII vient d'adresser par son prosecrétaire d'état un important message aux Semaines Sociales du Canada sur « le rôle de la paroisse ».Ce message fut adressé en anglais à S.Em.le Cardinal James C.McGuigan, archevêque de Toronto, pour la 1ère Semaine Sociale des catholiques de langue anglaise tenue à Antigonish, N.E., au début d'août dernier.Le même message fut envoyé en français à S.Em.le Cardinal Paul-Emile Léger pour la 30e Semaine Sociale des catholiques de langue française qui se tiendra du 24 au 27 septembre, à Ed-munston, N.B.Nous reproduisons, de la Semaine Religieuse de Montréal (\2 août 1953J, le texte de cet important document qui donne la pensée pontificale sur la mission de la paroisse à l'heure actuelle.Le rôle des militants d'Action Catholique y est souligné avec une particulière insistance.Les sous-titres sont de l'A.C.O.La Rédaction Segreterta di Stato Dal Vaticano, li 18 Juillet 1953.di Sua Santita N.305306 Son Eminence Révérendissime Le Cardinal Paul-Emile Léger, Archevêque de Montréal.Eminentissime Seigneur, Une étape décisive Cette année marquera une étape décisive dans l'histoire des Semaines Sociales du Canada, qui doivent à la province de Québec, et spécialement au zèle éclairé du R.P.Archambault, leur origine et leur premier développement.Sur l'initiative de l'épiscopat, en effet, les catholiques de langue anglaise tiendront, au mois d'août, à Antigonish, leur première session, présidée par Son Exe.Mgr MacDonald, tandis que, quelques semaines plus tard, leurs frères de langue française se réuniront à Edmundston, dans le Nouveau Brunswick.Le thème d'étude sera d'ailleurs le même de part et d'autre, et ainsi l'unité des recherches se conjuguera heureusement à la dualité des sessions pour assurer aux conclusions un plus large retentissement.Aussi m'est-il agréable de transmettre à Votre Eminence les paternelles félicitations — 403 — du Souverain Pontife, qui souhaite de tout cœur que cette extension nouvelle soit pour le plus grand bien du pays tout entier."La paroisse, cellule sociale" Le sujet de cette double Semaine se situe du reste au cœur de la vie catholique canadienne, où la paroisse est si en honneur.Au regard de tant de problèmes sociaux qui se posent aujourd'hui à la conscience des fidèles, l'enquête proposée sur « la paroisse, cellule sociale » entend manifester le rôle de l'institution paroissiale dans la société contemporaine, urbaine et rurale.Rôle providentiel, à vrai dire, dont il plaît au Saint-Père de souligner ici quelques aspects majeurs, à la lumière des principes supérieurs qui régissent toute la vie paroissiale.Qu'est-ce donc qu'une paroisse ?C'est la plus petite portion de l'unique et universel troupeau confié à Pierre par le Seigneur.Sous l'autorité d'un prêtre responsable, qui a reçu de son Evêque la charge des âmes, elle est, dans l'Eglise de Jésus-Christ, la première communauté de la vie chrétienne, communauté à la taille humaine, telle que le berger puisse connaître ses brebis et ies brebis leur berger.Un territoire délimité en trace normalement les contours au sein du diocèse, et ainsi la paroisse est-elle fixée à un sol, insérée dans des traditions locales et des horizons définis.Au cœur de ce territoire, voici enfin, surmontée de son clocher, l'église paroissiale, avec son baptistère, son confessionnal, son autel et son tabernacle, l'église, symbole de l'unité, centre de la vie commune.Un foyer de vie religieuse Car, il importe de s'en souvenir, la paroisse est avant tout un foyer de vie religieuse et de rayonnement missionnaire ; ses vrais fidèles se comptent au pied de l'autel quand le prêtre distribue le pain de vie.Le curé n'est pas chef de sa communauté, au sens profane du terme (Cfr.Mt 20, 25-28), il est bien plutôt ministre du peuple de Dieu, n'ayant reçu autorité spirituelle sur ses ouailles que pour être parmi elles le dispensateur des mystères de Dieu « afin qu'elles aient la vie et l'aient en abondance?, (Joan.10, 10).Jésus connu, aimé et servi de tous : telle est, selon les propres termes du Saint-Père, la fin de toute vie paroissiale.Et Sa Sainteté ne craint pas d'insister : « Le reste est estimé en tant qu'il sert et dans la mesure où il sert la réalisation du but que l'Eglise veut obtenir.Le terrain de sport, le théâtre, le cinéma paroissial, l'école même, s'il y en a une, — institutions toutes des plus utiles et souvent nécessaires, — ne sont pas le centre de la paroisse.Le centre, c'est l'ê- — 404 — glise.Le centre s'appelle « vies des âmes », s'appelle Jésus ».(Discours à une paroisse de Rome, du 11-1-53, O.R.du 21-1-53) Or, c'est précisément une telle paroisse, cellule vraiment vivante et active du Corps du Christ, qui est appelée, par sa fidélité même à sa propre mission religieuse, à jouer dans la régénération de la société moderne un rôle de premier plan.La paroisse et les conditions nouvelles de l'action sociale Pour mieux souligner cette vérité, les maîtres des Semaines Sociales ne manqueront pas d'attirer l'attention de leurs auditeurs sur certains traits de la situation sociale des villes et des campagnes qui préoccupent aujourd'hui, à juste titre, l'épiscopat canadien.Si la paroisse, en effet, est principalement ordonnée au Royaume de Dieu, elle ne saurait pour autant se désintéresser des institutions et réalités quotidiennes qui conditionnent le développement de la personne et la vie de la cité ; la nécessité et les bienfaits de l'action sociale chrétienne ne sont plus à dire, et la paroisse doit évidemment y collaborer.Mais prenons garde toutefois que la plupart des grands problèmes sociaux auxquels les catholiques doivent désormais faire face débordent largement, dans leurs données comme dans leurs solutions, le cadre restreint de la paroisse ; tels, parmi tant d'autres, les problèmes soulevés par la création d'une grande industrie ou les migrations de populations.L'esprit de clocher nuirait ici à toute réalisation efficace ; l'impulsion et la coordination doivent normalement venir de plus haut.Et la paroisse doit respecter ces conditions nouvelles de l'action sociale.La fonction sociale de la paroisse La fonction propre de la paroisse est à la fois plus profonde et plus essentielle.Ecoutons plutôt le Saint-Père : « L'Eglise, déclarait-il en une mémorable circonstance, s'efforce de former l'homme, de modeler et de perfectionner en lui la ressemblance divine.Et, dans ces hommes ainsi formés, l'Eglise prépare à la société humaine une base sur laquelle elle peut reposer avec sécurité » ; grâce à eux, « elle contribue à la cohésion et à l'équilibre de tous les éléments multiples et complexes de l'édifice social.» (Allocution Consistoriale du 20-2-46, A.A.S., t.XXXV111, pp.143-144.) C'est ici que le rôle des paroisses est irremplaçable.La cellule d'Eglise, qui est la plus proche de l'homme, la plus apte à former sa vie personnelle, familiale, communautaire, n'est-elle pas à ce titre même la plus indispensable à la société ?En vérité, cette fonction sociale de la paroisse s'impose sous plusieurs aspects à la gratitude de la cité.Que Votre Eminence me permette d'en évoquer quelques-uns.— 405 — Elément de stabilité Soutien de l'édifice social, la paroisse l'est déjà par sa stabilité.« L'homme, tel que Dieu le veut et que l'Eglise l'embrasse, ne se sentira jamais fermement fixé dans l'espace et le temps sans un territoire stable et sans traditions.» (Alloc.Consist.citée, ibid., p.147.) Or la paroisse, c'est l'Eglise implantée sur tous les sols avec ses institutions permanentes et les richesses de son expérience : autour du clocher, les générations se succèdent sans brisure, les foyers qui ont scellé leur union devant l'autel ne cessent d'y trouver le principe de leur cohésion et de leur force, tandis qu'à l'école catholique leurs enfants reçoivent l'éducation qui perpétue, avec la foi surnaturelle, les vertus ancestrales de la famille canadienne.Par le ministère du prêtre résidant au milieu de son peuple, l'Eglise pénètre aux intimes profondeurs de l'être humain ; elle l'atteint chez lui, parmi les siens, dans sa réalité concrète et historique qu'on ne saurait perdre de vue sans compromettre l'économie normale de la communauté humaine.Quand on sait les périls de l'exode rural, quand on a vu les désastres psychologiques et moraux des déplacements de populations, comment ne pas apprécier l'inestimable bienfait pour la société d'une paroisse forte et stable ! Edueatriee de la vie sociale Plus encore, la paroisse est éducalrice de la vie sociale par ses dimensions humaines, qui permettent à la vie de communauté d'atteindre sa fin, l'union des hommes entre eux par les liens de l'amitié.Dans cette grande famille dont le prêtre est le père, où nul n'est étranger aux autres, où, autant que possible, la joie et la douleur de chacun sont la joie et la douleur de tous, le chrétien découvre les exigences quotidiennes de la charité ; il mesure toute la portée de l'avertissement de St-Jean : « Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit ne saurait aimer Dieu qu'il ne voit pas.» (I Joan., 4,20.) La paroisse unie et fervente devient alors le terrain d'élection des précieuses vertus qui doivent animer les relations sumaines ; elle est par excellence le champ d'action des initiatives charitables et sociales qui suppléent aux inévitables limites des Organismes officiels (Cfr.Radio-message de Noël 1952, ^4.^4.6"., t.XXXXV, p.46).Et, avec le Saint-Siège.« nous voyons par la pensée les pauvres qui n'ont pas de pain, les malades qui n'ont pas de remèdes ou qui manquent du réconfort d'une bonne parole chrétienne, les découragés de l'existence.Nous pensons aux enfants orphelins, aux vieillards déclinants, aux veuves affligées.Nous pensons enfin à ceux à qui rien ne manque de ce qui concerne la vie terrestre, mais dont — 406 — l'âme est morte et qui ont ainsi, dans leurs maisons, la plus terrible des misères.» (Discours à une paroisse de l'Ornbrie, du 4-6-53, O.R.du 5-6 juin 1953.J Ecole de paix et de justice sociale Dans notre société tragiquement divisée, la paroisse, au surplus, n'est-elle pas une école de paix et de justice sociale, elle qui invite tous ses fidèles, sans distinctions, à s'unir autour de son autel ?Intellectuels et illettrés, pauvres et riches, employeurs et salariés, s'y rassemblent sur un pied d'égalité chrétienne ; « il n'est plus question de grec ou de juif.d'esclave, d'homme libre ; il n'y a que le Christ qui est tout et en tous.» (Col.3.11.) Au regard de cette commune et éminente dignité, les légitimes différences sociales sont d'importance secondaire ; sans les méconnaître, les respectant même jusque dans la diversité de ses groupements de culture et d'apostolat, la paroisse les surmonte en demeurant ouverte à tous, mieux même accessible et accueillante pour tous.Son esprit est celui de la paix du Christ, à laquelle nous avons été appelés pour ne former qu'un seul corps (Cfr.ibid, 3, 15).Mais c'est aussi un esprit de justice, qui ne tolère ni l'impudent contraste du luxe et de la misère parmi les membres de la communauté paroissiale, ni l'hypocrisie d'une fraternité à l'église qui ne serait pas, dans le travail, génératrice de relations sociales plus fraternelles.L'autel, autour duquel se nouent les liens plus serrés, n'in-vite-t-il pas du reste quiconque s'y présente à s'examiner sur ses devoirs de justice vis-à-vis de ses frères?(Cfr.Ait.5, 23).Centre de ta prière publique Cellule sociale, la paroisse l'est enfin parce qu'elle est le centre' de la prière publique.Au milieu de l'agitation des foules et de la dissipation des esprits, dans une atmosphère desséchée par les soucis temporels, l'église paroissiale, où le peuple s'assemble pour rendre gloire à Dieu et implorer sa grâce par Jésus-Christ, est pour la société entière une arche de salut.C'est au pied de l'autel du sacrifice, autour de la chaire de vérité, que le repos dominical prend sa signification plénière : halte dans le travail, détente du corps et de l'esprit, oui sans doute, — et l'on ne saurait trop louer les initiatives paroissiales destinées à offrir aux jeunes surtout la satisfaction de leurs justes désirs de culture ou de loisir, — mais avant tout journée consacrée au culte de Dieu, sous la forme communautaire et sociale qui lui est due.Pour Léon XIII, disait récemment le Saint-Père évoquant « Re- rum Novarum », la sanctification des dimanches et jours de fête est « un signe qui révèle si et jusqu'à quel point l'homme sain et la véritable harmonie du progrès dans la société humaine subsistent encore.La technique, l'économie et la société ma- — 407 — nifcstent leur degré de santé morale par la manière dont elles favorisent ou contrarient la sanctification du dimanche.» (Discours du 14-5-53, A.A.S., t.XXXXV, p.407.) Le Saint-Père et la paroisse canadienne Au terme de ces quelques réflexions, Eminence, comment ne pas saluer spécialement la paroisse canadienne, objet et bénéficiaire des travaux de ces deux prochaines Semaines.Le Saint-Père connaît les mérites qu'elle s'est acquis depuis plus de trois siècles au service du pays et il apprécie son action bienfaisante qui se répercute en de multiples secteurs de la vie sociale.Cette action elle la doit sans nul doute à la valeur de ses prêtres, artisans de la vie religieuse et morale des populations, qui, dans l'humble accomplissement de leur ministère sacerdotal, sont les premiers combattants.« sur le pont du renouveau général de la vie chrétienne, sur la ligne de défense des valeurs morales, pour la réalisation de la justice sociale, pour la reconstruction de l'ordre chrétien.» (Exhortation du 10-2-52, A.A.S., t.XXXXIV, p.160.) Elle la doit au rayonnement de ses laïcs militants de l'Action Catholique « par qui l'Eglise est le princibe vital de la société humaine » (alloc.Consit.citée, ibid., p.149) ; ILS SONT L'EGLISE REPANDUE DANS LE MONDE DU TRAVAIL OU DE LA CULTURE, SUR LES CHANTIERS ET DANS LES FOYERS, et leur présence y est un ferment de régénération chrétienne.Elle la doit enfin au témoignage de sa communauté rassemblée dans la foi, la prière et la charité, témoignage dont l'étonnante puissance soulevait déjà la société aux temps apostoliques ; puisse chaque paroisse, par sa ferveur et son unité, être encore dans le monde d'aujourd'hui la révélation d'un idéal social trop méconnu, en même temps qu'un pôle d'attraction pour tous les hommes de bonne volonté ! A toutes les chères paroisses canadiennes, auxquelles il adresse ses paternels encouragements, à tous les maîtres de la double Semaine Sociale, dont les études serviront une cause si digne d'estime, au méritant Père Archambault et à ses collaborateurs, le Souverain Pontife accorde de grand cœur, ainsi qu'à Votre Eminence Révé-rendissime, la Bénédiction apostolique.Daignez agréer, Emincntissime Seigneur, l'expression respectueuse des sentiments de vénération dans lesquels je suis heureux de me redire de Votre Eminence Révérendissimc le très humble, très dévoué et très obéissant serviteur en N.S.(Signé) J.B.MONTINI, Prosecr.— 408 — Vie des mouvements A LA L.O.C.12e SESSION INTENSIVE ANNUELLE A VALLEYFIELD L'événement le plus considérable de la saison pour le mouvement de la L.O.C.est sans contredit la Session intensive annuelle.Cette année, elle se tint au séminaire de Valleyfield les 27 et 28 juin dernier.Pour la douzième fois, les délégués des diverses fédérations se réunissaient pour envisager ensemble le programme de l'année 1953-54.Les quelque 250 participants représentaient trente-huit fédérations et districts venant de neuf diocèses différents.La session fut un succès complet.Elle était sous la présidence conjointe de M.David Bosset, président national de la L.O.C.et Mme Rose-Annette Migneault, présidente nationale de la L.O.C.P.M.Robert Halle, président de la jeune fédération lociste de Valleyfield, souhaita la bienvenue et exprima sa joie de recevoir d'aussi belle visite.Semaine de la Famille Ouvrière Comme d'habitude la L.O.C.tiendra à l'automne sa grande semaine de propagande appelée Semaine de la Famille Ouvrière.On profita de la Session pour en publier les grandes lignes.Comme cette semaine de propagande termine le travail de l'année, elle portera sur le sujet du programme d'action en cours : les loisirs de la famille ouvrière.Ce sera un grand point d'interrogation que l'on posera à toutes les familles ouvrières.« Que valent nos loisirs modernes.?Sont-ils profitables ou nuisibles.?Que faut-il faire pour qu'ils soient le plus profitables possible.?» Le slogan de la semaine sera « Profit ou perte ».La semaine aura lieu du 18 au 25 octobre prochain pour se terminer avec la fête du Christ-Roi.XVe anniversaire La L.O.C.canadienne, fondée en 1939, au lendemain des « cent mariages », célébrera l'an prochain son XVe anniversaire par une série de manifestations dans les principaux centres de la province.La Session intensive qui devrait se tenir à Shawinigan au début de juillet, constituera l'ouverture des célébrations ; il y aura alors banquet officiel et réunion de masse.A la fin de l'été, un grand ralliement des familles ouvrières aura lieu au sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine.Le mois d'octobre sera tout entier consacré à la famille ouvrière, ce qui donnera à la semaine annuelle de la famille ouvrière une ampleur inaccoutumée.Durant ce mois des manifestations auront lieu à Trois-Rivières (semaine du 3 octobre), à Québec (semaine du 10 octobre), à Sherbrooke (semaine du 17 octobre), et à Montréal (semaine du 24 octobre).Au cours de la Session, on a formé un comité d'organisation du XVe anniversaire.t.ea programmes de Vannée Les dirigeants ont aussi étudié, au cours de la Session, leurs pro- — 409 — grammes de l'année 1953-54.Le programme religieux portera sur la Bte-Vierge, soulignant ainsi le centenaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception.Ce programme a été approuvé par NN.SS.les Evêques et sera adopté par tous les mouvements d'Action Catholique spécialisée.Les dirigeants ont ensemble cherché quels étaient les meilleurs moyens pour développer un véritable culte mariai chez les ouvriers.Quant au programme social, il portera sur l'insécurité de la famille ouvrière.La L.O.C.veut découvrir quelles sont les inquiétudes de la famille ouvrière d'aujourd'hui, en analysant ses problèmes d'ordre matériel, humain et surnaturel.Elle voudrait chercher les causes de ces inquiétudes et travailler à y remédier de son mieux.Les participants de la Session ont également réfléchi, en commis sions, sur le thème de formation de Vannée : le militant et son équipa d'influence.On y ajouta une commission technique qui porta sur le conseil fédéral.Ajoutons à cela une revue rapide des activités de l'année dan»< les diverses fédérations que compte le mouvement.Ce récit d'expériences vécues fut une source d'émulation et démontra à tous l'influence considérable de la L.O.C.dans le milieu ouvrier.Nombreux aumônier» et visiteur* de marque Les aumôniers présents à la session étaient au nombre de dix-huit.On remarquait en particulier le nouvel aumônier de la jeune fédération de Shawinigan-Sud, M.le chanoine Arthur Jacob, curé de Notre-Dame de la Présentation.De plus mentionnons les visiteurs suivants : Son Excellence Mgr Caza évêque auxiliaire et directeur diocésain de l'Action Catholique de Valleyfield, M.le chanoine Roland Potvin, aumônier national adjoint de l'Action Catholique Canadienne, M.l'abbé Jean-Denis Cadieux, secrétaire français de la Conférence Catholique Canadienne, Me Albert Coté, conseiller juridique et délégué officiel de la C.T.C.C, M.Richard Kummer du Christian Family Movement de New-York, Mlle Anna-Maria Pigeon, secrétaire de l'Action Catholique Canadienne.Son Kxeellenee Mgr Caza Le clou de la session, ce fut la magistrale allocution de Son Excellence Mgr Caza.Mgr l'auxiliaire a d'abord souligné le rôle de précurseur qu'avait joué la classe ouvrière sur le terrain de l'Action Catholique.« Noblesse oblige », a-t-il ajouté, en insistant sur la nécessité de continuer un travail qui demeure toujours aussi urgent.« L'Action Catholique spécialisée joue un rôle irremplaçable, » ajouta-t-il.Et pour appuyer son affirmation il cite plusieurs textes pontificaux, entre autres ce passage de S.S.Pie XII, du 11 mars 1945 : « L'apostolat des laïcs, est indispensable même là où l'ennemi du Christ ne semble pas avoir pris pied ni donner des signes particuliers de mouvement ou d'action parce que partout les conditions pratiques et les besoms quotidiens du travail salarié bouleversent les esprits, même ceux des hommes profondément croyants, et soulèvent des problèmes qui, touchant de près aux intérêts religieux et moraux, requièrent le secours de l'assistance de l'Eglise.» — 410 — Son Excellence conclut en disant qu'à l'occasion de cette Session, le Séminaire de Valleyfield s'était comme transformé en un nouveau cénacle où des apôtres étaient venus puiser la lumière nécessaire à leur difficile travail apostolique.M.le chanoine Potvin L'aumônier national adjoint de l'A.C.C.prononça une allocution qui fit réfléchir très sérieusement tous les délégués.Après avoir souligné le fait que parce qu'elle est le seul mouvement adulte d'A.C.spécialisée sur le plan national, la L.O.C.possède une responsabilité plus grande, celle de promouvoir cette formule qui veut aller porter le message de l'Eglise dans tous les milieux de vie profane.M.le Chanoine décrit ensuite ce qu'il appelle les « idées-forces » de l'Action Catholique Canadienne : 1— Assurer la présence dans tous les milieux d'un laÂcat responsable, conscient qu'il est l'Eglise dans les milieux profanes.2— Promouvoir une vie chrétienne adulte intégrale dans un grand climat de liberté.Que chacun prenne conscience de sa responsabilité personnelle vis-à-vis de l'ensemble et soit une cellule vivante.3— Faire prendre conscience aux laïcs que la vie chrétienne ne se vit pas individuellement mais avec l'ensemble, la masse.Que l'on comprenne mieux l'aspect social de la grâce et cette interdépendance surnaturelle qui nous oblige à participer tous ensemble à la vie de tout le Corps Mystique du Christ.
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